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16/07/2018

∂Ѧℕϟ Ðℰ ℬℰ∀Ü✕ Ḏℰ∀ℙϟ !

"Être dans de beaux draps" (Photographie © Sonia Marques)

Les "draps" ont longtemps désigné les "habits". Autrefois, on disait "être dans de beaux draps blancs". Cette expression décrivait une situation honteuse. En effet, à cette époque, les gens accusés de luxure devaient assister à la messe habillés de blanc, ce qui devait faire ressortir les aspects "noirs" de leur vie. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, "mettre un homme en beaux draps blancs" signifiait le critiquer. "Être dans de beaux draps blancs" voulait donc dire que l'on était sujet aux moqueries, que l'on était dans une mauvaise situation. Aujourd'hui le qualificatif "blanc" a disparu, mais le sens de l'expression n'a pas changé et veut dire : Être dans une situation compliquée. Les femmes étaient-elles épargnées ? On les trouvait, en France, appauvries dans les rues, un 15 juillet, en 2018, drapées de patriotisme, pour la fête des hommes millionnaires.

Appauvrir :
épuiser, déforcer, aveulir, ruiner, efflanquer, s'anémier, efféminer, débiliter, frelater, émasculer, alanguir, s'affadir, féminiser, s'atrophier, attiédir, ramollir 
[antonyme] : viriliser, fortifier 

Ramollir le peuple est une façon de viriliser la nation...

Vision d'une nuit :

La femme devient gardienne de la nation, lorsqu'elle est chaste. Elle incarne l'honneur du groupe. Toujours belle et désirable, la femme nationale incarne les espoirs investis dans la grandeur et le sentiment d'honneur. La Marianne française doit avoir une beauté éclatante, celle de la mère féconde, calme et sacrée et celle de la désirable à tous. Elle ne doit pas se laisser importuner, et, dans le même temps, être importunée tout le temps, par les assauts des hommes. La place des femmes est exigée pour érotiser la nation. Pas comme la vierge, trop hésitante, cette incarnation de la beauté chaste et respectable n'est ni passive, ni bousculable. Cette érotisation participe de la définition de la nation sexuelle : virile et hétérosexuelle avec le rejet de l'homosexualité et de positionnements ambigus. L'obligation du peuple de fanatiser les matchs fait œuvre de moralisme violent pour combattre une supposée dégénérescence des mœurs. Si la nation est belle et attirante, elle s'adresse en priorité aux hommes forts et convaincus de leur identité sexuelle, comme le guerrier, le combatif. La sauvegarde du corps national dépend de sa constante séduction et de son militarisme. Cette virilité s'exprime dans la violence, les carnages de tous les combats pour la procréation masculine. L'amour est tout entier au service de sa patrie. Les pratiques de violences sexuelles, faites aux femmes, affirment l'identité masculine exacerbée et démonstrative. La guerre apparait comme moyen de pallier aux manquements (crise, emplois) Les viols constituent des marques de pouvoir sur le corps national, non perçu comme une violence faite aux femmes, mais un déni de la force de l'homme protecteur et nourrisseur de la famille. C'est une atteinte sur l'honneur masculin. L'intégrité atteinte des femmes victimes de viol devient un langage entre hommes pour la nation, et la violence de l'acte est dénié. Les hommes se battent entre eux pour la victoire, à la place de faire l'amour entre eux, ils refoulent l'acte homosexuel. Les femmes sont des objets d'échanges. Les corps des femmes déshonorées deviennent des champs de bataille, et juridiques et médiatiques, des rituels, pour la parade du plus fort et de sa victoire. Longues, les joutes verbales entre avocats, s'illustrent dans les médias. La souffrance des victimes n'est pas reconnue, définies comme mortes. L'esclavage sexuel est la récompense du guerrier (prostitution) dans les climats enivrés militaristes et dans les victoires sportives. Le violeur n'est plus un délinquant mais un héros qui domine la femme de l'autre. Dans l'esclavage sexuel, les bourreaux protègent les victimes d'une mort certaine, en échange d'une soumission totale, renforçant l'homme dominant, seul maître de la survie des victimes, renforçant le machisme et le nationalisme. L'inaction de l'État et l'absence de reconnaissance des politiques discriminatoires engendrent les souffrances des communautés, des frustrations collectives. La violence devient la seule réponse aux situations d'injustice, de mépris.

Synthèse : il n'y a plus d'idée de justice et d'égalité lorsque les priorités sont celles du guerrier. Il n'y a plus de place pour d'autres qualités, plus aucune. La nation s'installe dans de beaux draps blancs, son principe même, en représentation officielle et drapée.

...Une nuit de vision débile de l'état éthylique des habitants de ce pays, la France...

Par kiwaïda at 11:45

11/07/2018

ⓀⒾⓌⒶÏⒹⒶ

Date inconnue, les années 70 en France, une photo à l'école...

Est-ce que l'on change ?

J'aurai l'audace de penser non, je n'ai pas changé. Pourtant tout a changé, l'esprit s'est adapté aux terres rencontrées où son corps s'est mis à pousser. Mais l'enfant que j'étais, dont je me souviens très bien, même de ce qu'il pensait, est toujours là et il se souvient de tout. Cet enfant sage qui n'enlevait pas sa blouse pour la photographie, en col blanc, afin de garder ce qu'il pense intacte. Cet enfant n'a pas changé, il savait déjà tout et tout lui fut difficile, l'exprimer dans les mots des grands. Alors, à travers la poésie, l'art, cet enfant a trouvé d'autres formes d'expressions, en attendant de parler, écrire pour tous ces grands imbéciles.

Années 2015 à Limoges... 
Photographies de mon amoureux, et avec Nougat, une chatte en liberté avec une petite queue.
Elle attendait des petits, notre amie d'un été.

Années 2012, la porcelaine.

Les changements de vies... Le compagnon fidèle, le bien aimé, Pépino.

Je lis sur un lit...

Années 2000, je lis sur un futon, je lis toujours n'importe comment et à travers plusieurs livres, en déplacement, en mangeant, en écrivant, mon amoureux me disait que j'avais des yeux de celle qui lit, et celle qui savait.

Année 2010, je n'aime plus que la clarté et la lumière, les livres sont lourds et remplis de mots, alors que voir et percer à jour est beaucoup plus facile et immédiat. Je sais qui tu es.

Une parenthèse, c'est l'arbre de ce qu'on devient, sans changer les racines, photo de mon amoureux, dans sa ville.

Une des seules photos que j'utilise dans mes curriculums, réalisée à la cité de la céramique, par mon amoureux... je lui souris, ce n'est pas donné à tout le monde, je n'aime pas les photographes...
Et ces curriculums ne servent à rien en réalité, alors ne reste que le sourire dédié à l'amour et pas au travail...

2018, je me rapproche de l'enfant que j'étais et qui savait déjà tout, je le vois.

Il y a quelques jours : mes racines ressemblent à ma lapine Satori japonaise (3 couleurs) celles de mon enfance à laquelle je pense.
Car dans la première photo avec ma blouse et mon col blanc, enfant, j'ai des lapins dans la tête qui retiennent mes cheveux.

Et bien, c'est ce matin au réveil ! Après un voyage plein de sagesse, comme la première photo...

Je suis cette Kiwaïda, ce yeti crabe aux bras poilus soyeux, découvert il y a quelques temps dans les profondeurs de l'océan, près de la Polynésie... Alors que je suis née il y a 45 ans d'après mes papiers d'identité...

(Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 16:09

03/07/2018

ʟα ßℯʟʟ℮



Par kiwaïda at 11:08

21/06/2018

Ð∀Ḱiℵi

La subjugation de l’ego (tradition tantrique) (interprétation visuelle et synesthésique d'une Dakini : Sonia Marques)

La nudité de la dākinī symbolise l'état naturel et sauvage, et selon l'interprétation bouddhiste l'absence d'ego ou d'obstacle mental, la nature propre révélée. Généralement le terme dākinī semble provenir de la racine de daksha, signifiant capacité, habilité. La libératrice Verte – Divinité la plus populaire au Tibet. Protège des lions et de l’orgueil, des éléphants sauvages et de la confusion mentale, du feu et de la haine, des serpents et de la jalousie, des voleurs et des vues fausses, de la prison et de l'avarice, des inondations et des désirs, des démons et des doutes. Et tout cela sans jamais faire la grève !

Par kiwaïda at 12:31

09/06/2018

L@ ß☺ᾔᾔε ḉ☺ηⅾʊї⊥ε

Photographies © Sonia Marques


Just Another Dance, exposition au CCS d'Urs Lüthi


Essayer encore, rater encore, rater mieux, exposition Rosa Brux avec les Archives contestataire (Ah ! les suisses )


Affiche dans le métro


Permis sans voiture, conduite sans pneu


Anticipation ? Rem Koolhaas & Lafayette


À l'ombre des cruautés


La dignité


À la conquête du goût


L'indignité


La dignitaire


De la hauteur

Par kiwaïda at 13:09

16/05/2018

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"My Greatest Friend. A circus elephant and the trainer's daughter were the best of friends."
Photo by John Drysdale, England, 1986

L'éléphant dans le noir

"Des Indous avaient amené un éléphant; ils l'exhibèrent dans une maison obscure. Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir. Ne pouvant le voir des yeux, ils le tâtèrent de la main. L'un posa la main sur sa trompe; il dit : "Cette créature est-elle un tuyau d'eau ?" L'autre lui toucha l'oreille : Elle lui apparut semblable à un éventail. Lui ayant saisi la jambe, un autre déclara : "L'éléphant a la forme d'un pilier." Après lui avoir posé la main sur le dos, un autre dit : "En vérité, cet éléphant est comme un trône." De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il la comprenait d'après la partie qu'il avait touchée. Leurs affirmations variaient selon ce quils avaient perçu : l'un l'appelait "dal", l'autre "alîf"*. Si chacun d'eux avait été muni d'une chandelle, leurs paroles n'auraient pas différé. L’œil de la perception est aussi limité que la paume de la main qui ne pouvait pas cerner la totalité de l'éléphant. L’œil de la mer est une chose, l'écume en est une autre; délaisse l'écume et regarde avec l'oeil de la mer. Jour et nuit, provenant de la mer, se meuvent des flocons d'écume; tu vois l'écume, non la mer. Que c'est étrange ! Nous nous heurtons les uns contre les autres comme des barques; nos yeux sont aveuglés; l'eau est pourtant claire. Ô toi qui t'es endormi dans le bâteau du corps, tu as vu l'eau; contemple l'Eau de l'eau. L'eau a une Eau qui la pousse, l'esprit un Esprit qui l'appelle."

Rûmi
Le nom complet de Rûmî (1207-1273), poète mystique persan qui a profondément influencé le soufisme, il est Mawlânâ Jalâl alDîn Muhammad ibn Muhammad al-Balkhî al Rûmî.
("Hier, j'étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd'hui, je suis sage et je me change moi-même" / "Ne reste que parmi les amoureux, des autres éloigne-toi")

Je pensais à la quête de la vérité, que ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle, dans le sens où la vérité ne se possèderait pas, elle se chercherait. Rûmi, ce poète écrivait ceci :
"La Vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la Vérité s’y trouve."


Son conte de l'éléphant rassemble ces aveugles qui tâtonnent et cherchent la vérité. Ils ne peuvent voir l'éléphant dans sa totalité, tout entier, car ils sont dans le noir, l'éléphant est au centre de la maison dans l'obscurité (version parfois trouvée). Chacun touche une partie et interprète selon son expérience, à quoi lui fait penser cette partie et le dit à haute voix. Mais aussi, chacun entendant ce que l'autre dit est influencé et transforme son interprétation, en fonction de ce que l'autre à dit, et de sa propre expérience sensorielle, du toucher. Aucune de ces interprétations ne se ressemblent, elles sont toutes différentes, elles ne sont pas éclairées, l'éléphant est dans le noir, l'obscurité. On trouve même des versions, comme celle ci-dessus, qui qualifient l'obscurité, le noir. Même éclairée à la chandelle, à la bougie (donc faiblement), cela ne révèlera pas la vision de la totalité de l'éléphant, et les versions de chaque personne seront chacune différente, incomparable. Le conte raconte. Toutes ces versions sont aussi des vérités et entendables, mais elles ne sont pas la vérité, ne parlent pas de l'éléphant. Celui-ci est si gros (un animal au milieu de la pièce) que dans l'obscurité, personne ne le voit, chacun interprète, marche à tâtons dans son raisonnement. C'est une belle "figure" et une énorme, que de ne pas voir la vérité et seulement entendre les rumeurs, ou les lire, les mots des rumeurs. Ne pas voir, ne pas comprendre, dans la totalité, ne pas pouvoir embrasser le tout, résume cette vision éléphantesque de la vérité.

Il y a aussi une autre petite histoire, dont le nom de l'auteur (ou du gourou, du sage, enfin peu importe) je ne l'ai pas trouvé, et cela tombe bien, qui est celle-ci :

Le diable et son ami marchaient dans la rue. Ils aperçurent un homme qui se baissait pour ramasser quelque chose et le mettre dans sa poche.
L’ami dit au diable : « Qu’est‑ce que cet homme vient de ramasser ?
« Un petit bout de Vérité » répondit le diable.
« Mauvaise affaire pour vous ! » remarqua l’ami.
« Pas du tout ; répliqua le diable, car je la lui laisserai l’organiser !»


Ici, le mal, représenté par le diable, qui a toujours un complice, s'amuse de ce qu'un homme a trouvé et pris possession, un bout de miroir dans sa poche. Car, le diable, n'a besoin de rien faire, il sait que cet homme ne trouve pas la vérité avec une partie du tout et qu'il pourra l'interpréter comme bon lui semble, c'est-à-dire de façon confuse et partielle, tronquée, érronée, et mieux, que ses interprétations emmêlées ne seront que le cafouillis de son esprit et de ses tromperies. Le diable se réjouit de savoir que cet homme peut croire n'importe quoi, il se réjouit de semer la zizanie ainsi en n’intervenant surtout pas et en laissant les êtres humains organiser comme bon leur semble, la vérité, c'est à dire, en se disputant, voire en s'entretuant. Que le doute soit semé, certes, mais qu'il le soit, sans besoin de faire le mal, sans que le diable n'agisse, ni ne trouble, est bien là la perversité du diable. Il peut garder l’apparence du bien, de celui qui n'y est pour rien dans tout le mal. Tout du moins, peut-il, à loisir, observer le désastre, et même s'en moquer, rajouter du grain à moudre. Il suffit que ce modèle fonctionne et que d'autres fassent de même, le mal ne peut être localisé, il est partout à la fois, dès qu'il a su se transmettre. La donne changerait si les personnes se solidarisent et optent pour le respect et l'écoute et qu'ils ne se fassent pas du mal, sachant que chacun se trouve fragilisé, avec seulement, un bout de vérité. Chez les sages, l'écoute se trouve peut-être, mais, dans nos sociétés, où les harcèlements et les rumeurs sont des outils pour semer le trouble, avoir du pouvoir, dominer, détruire, tuer, il devient plus facile d'épouser l'objectif du mal et de le perpétuer, que de réfléchir, méditer, penser ou se mettre en quête de soi, de la vérité.

Quand une zizanie est semée dans une société et que le dirigeant ou la dirigeante, le sait, l'observe, et ne rétabli pas l'ordre ou ne déplie pas, ce qui est resté caché dans les plis, des uns et des autres, c'est qu'il ou elle jouit de ce climat, où les suspicions et les délations sans dessous-dessus, la haine... déclareront une guerre quotidienne aux êtres qui évoluent dans un système clôt, plus ou moins fermé, sectaire, un groupe, une école, un réseau, une institution, etc. (qui n'extériorise jamais ses pratiques et méthodes) Mais à la plus perverse des situations, le dirigeant ou la dirigeante est manipulé.e par un simple collègue, ou des complices, il ou elle ne dirige plus rien, et c'est dans l'ombre qu'agissent les employés, certains, pas tous, manipulant, à leur tour, les plus fragilisés. J'ai publié un texte, long, peut-être inachevé, en 2016, sur cette quête (Marée irisée) qui ouvre plusieurs pistes. Il puise dans ce que sont devenues nos communications avec les médias, mais aussi ce que l'intelligence artificielle promet et défait. Il n'est pas étonnant que j'y suis revenue ces jours-ci à l'aune de nouvelles découvertes et organisations secrètes démasquées. Ce que j'aime dans cette photographie (sans doute une carte postale) c'est qu'elle n'a rien à voir avec mon article philosophique. Et peut-être que c'est ce que je préfère, cette dernière découverte. Cet enfant qui s'attache à un éléphant, dans l'image, ils sont comme amis, mais aussi comme rassurés ensemble de s'être trouvés. Et bien si, il y a en fait un rapport, mais pas sur la suspicion, l'ignorance, comme l'avancent mes phrases. Sur l'apaisement. Cette image vient annuler le doute semé.
L'enfant a trouvé l'éléphant tout entier et c'est devenu son ami.

Par kiwaïda at 17:10

09/03/2018

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Aujourd'hui j'ai reçu une invitation de la ministre de la culture à aller à une soirée Vj en l'honneur des enseignements de Nathalie Magnan. La première phrase est celle-ci :
...travaux et recherches de nombreux artistes, chercheur.es, (h)acktivistes et étudiantes qui continuent à labourer les territoires qu'elle explorait.
Et bien la ministre de la culture ne doit pas être au courant que son équipe à mis fin à la carrière d'une enseignante (qui labourait ?), successivement à sa disparition, parce qu'elle était trop pauvre et trop sale, ou trop migrante. Et que nombre de faux procès en un temps rapide furent intentés sur ma personne par une femme médaillée de la légion d'honneur ! Peut-être qu'une terroriste aurait eu le même traitement ? Est-ce qu'il y en a d'autres, en a eu, est-ce que cela va continuer ainsi ? C'est l'effet du respect des droits des femmes ou bien pour l'égalité des salaires entre hommes et femmes, ou bien pour les mesures contre le harcèlement moral, sexuel, contre les discriminations, politiquement correct sur l'écran, mais en réalité ? C'est moche.

Le 8 mars est moche en fait, il sonne faux, il faudrait le boycotter. Le 9 mars, cela va déjà un peu mieux, on respire.

Nathalie m'entends-tu ? Est-ce lumineux comme tu le souhaitais ce qu'il se passe dans le monde de l'enseignement d'où tu viens ?

Je réfléchis beaucoup en ce moment à la parole que l'on appose aux morts et aux mortes en particulier, car le particulier ici résonne. Une partie du tout. C'est une parole que l'on a jamais donné aux mortes de leur vivant, qui fait autorité. J'ai remarqué aussi cela d'un autre enseignant qui n'était pas encore retraité et dont sa disparition, à peine son esprit quittait notre monde, que des annonces très officielles sont apparues. Vie d'artiste et d'enseignants officieux > Disparition/Apparition d'un nouveau discours officiel. C'est comme effacer l'essentiel. Pourquoi tous ces efforts ? Pourquoi les morts ne pourrait-ils-elles pas vivre leur vie après leur mort comme bon leur semble. Il y a eu tant de morts et de jeunes morts dans mon métier de l'enseignement en art, que l'on oublie de les compter ensemble. Pourtant, ils et elles faisaient tous partie du même corps, de métier, de ces fonctionnaires, liés au ministère de la culture.

Comme ces morts, j'ai quitté mon enseignement, sans l'avoir décidé, ni prémédité,  parce que l'on ne me voyait pas assez, je n'étais pas assez en représentations officielles, j’œuvrais trop discrètement, je n'avais pas d'amis avocat, ou bien d'autres criaient plus fort, pas spécialement mieux mais plus fort. Leurs cris étaient relayés. On préfère le brouhaha au discernement, on préfère le divertissement à l'apprentissage de la concentration. Agitez-vous, montrez que vous êtes important.
Parce qu'en fait personne ne l'est.

Quitter c'est aussi accepter et espérer que d'autres seront mieux compris, mieux intégrés et c'est tenter de trouver une autre place, aussi précaire ou moins ou meilleure. Cela ne peut être que cela : meilleure. Car d'où je serai, je communiquerai avec tous ces morts qui m'ont appris à ne pas accepter ces représentations officielles toutes ces annonces qui valideraient que soit prolongée la parole des morts. Non, les morts ne prolongent rien dans le monde des vivants, ils s'en vont, ils nous quittent, et nous les quittons.

Quitter son enseignement, c'est savoir qu'il ne sera pas prolongé. Et de son vivant, qu'il sera enterré vivant, officiellement.

Quand la terre ne peut plus être labourée et qu'on ne reçoit plus le sel de la vie, on ne laboure plus. On passe pour des morts, mais on est encore vivant. On fabrique le sel de notre vie, on invente son paradis ailleurs loin de l'enfer que l'on a semé à votre place.

Par kiwaïda at 19:38

21/02/2018

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Nourriture pour Cafuné & Satori (Photographie © Sonia Marques)

L’art de bailler sa vie

Lapin au destin retiré du monde qui ne souhaitait se perdre dans de vaines agitations. L’ennui subi ou choix orgueilleux de l’inaction, à bas les expositions égotistes, vive l’acédie. Ne rien faire plutôt que faire comme tout le monde.

Étirement. Adieux les enfants gavés d’activités et d’images, gros, gras, grands, idiots. Ils ne peuvent rêver, ce que l’ennui promet, ni éprouver cette impatience du lendemain : y a-t-il encore quelque chose à conquérir ?

Lapin dit : Ma présence.

Cet ennui nuit à l’éducation. Pourtant il n’est ni la peur du manque, ni la fascination du vide. Après avoir été dégoûté de ce que les enseignements provoquent : un sentiment de vomi...

Lapin dit : Apprivoisons le ralentissement propice aux aspirations créatrices.

Tous ces enfants, ces adolescents en proie à l’hyperactivité, sans cesse, le faire et l’avoir sollicitent la jeunesse. Les stimulations et les dispersions devenues de ces enseignements tourbillonnants apportent cette illusion qu’il est vivant, l’enfant.

Lapin dit : Je dors le jour, je saute la nuit.

Mon ennui serait à rejeter, sans valeur, indigne, superficiel, alors que les tâcherons et tâcheronnes ne redoutent l’ennui, il ne sera jamais devant eux. Dans leur banalité, leur mensonge assuré, rien ne parlera de la finitude, ni du temps qui passe, car il ne passe plus dans une vie bien remplie, d’ailleurs plus rien ne peut passer, ni le temps, ni les pauses, ni l’imaginaire. Il n’y a que des priorités, des occupations urgentes dans un calendrier désorganisé mais bien ordonné, tout à une place définie et ressemble à des projets. La vie serait projets, elle deviendrait dans ces cases remplies des valeurs à créditer.

Lapin dit : Depuis que le dégoût de l’enseignement est arrivé soudainement, le désœuvrement s’est installé dans une situation non choisie mais déterminée par la médiocrité. Tout est devenu fastidieux et inutile.

Fatigue de voir ces mensonges s’étaler au grand jour, ces prédations fières de leurs victimes, ces bienséantes communications, rassurantes, dont l’éducation raffole.

Lapin dit : La nuit la vérité, le foin la liberté.

Ce sentiment d’impuissance devant ces écartèlements, tortures, tous ces objectifs impossibles à tenir, ces faux paris sur la vie.

En silence lapin s’ennuie, son intelligence endormie, ce sont les bêtes qui décident, alors que lapin s’échappe. Singulier ennui qui disparaît dès qu’il est approché, il faut le fuir pour entrer dans l’ennui, sans être importuné.

C’est un passe-temps, un retrait dans l’indifférence générale. Presque une exclusion vécue et habitée comme un ennui féroce, suave et juvénile.

Il ne grandira jamais.

Il ne promet rien.

Il n’expose rien.

Pourtant, il ne s’obstine pas quand il s’ennuie.

Lapin dit : Possible.

Nu désespoir, jouissance d’atteindre un jour, plaisir des nuits paisibles et sans mystère.

Si tu n’avais pas été lassé par tant de médiocrité, aurais-tu un jour connu l’art de bailler ta vie ? Ce sont les ignorances, les corruptions, les faibles. Ton ennui n’est pas une acédie corruptrice, ni un pêché mortel. Tu lui consacres tout ton temps.

Entier. Tu boudes les parties et les miettes. Tu savoures avec des piqûres anxieuses.

Même prier serait remplir, manger gaver, mais cueillir l’appétence dans la patience que la tristesse fait naître des secondes de joie.

Lapin dit : Je préfère ne pas. Paresse qui somnole dans une prison ouverte sur les ruines des enseignements, dévastés, ravagés par les milices.

Lapin : Je baille.

Satori (Photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 22:43

20/01/2018

Tнé☺ґḯε ∂ü ℋѺℵḰ ℋѺℕḰ

cafou-sato.jpg

Honk Honk (Photographie © Sonia Marques)

(*•̀ᴗ•́*)و ̑̑

Je regardai le texte féministe que j'ai signé (déjà abordé lors d'un article, nommé "Les fessées") et l'évolution de ses traductions. Une version portugaise est mise en ligne, As feministas podem falar ?. Cela m'intéressait de savoir comment avaient-elles (ce sont des femmes) traduit cette drôle d'expression, à laquelle je ne souscris pas, de notre société française : "la drague lourde".

Le paragraphe en français :

De quel camp provient donc la confusion ? Elle agit sans doute davantage parmi celles qui croient voir dans le harcèlement une uniformisation de la « drague lourde ». Et on ne saurait imputer un tel contresens à de l’ignorance ou encore seulement à une méconnaissance de ces situations. Il y a là une volonté politique délibérée : nier la permanence des violences sexuelles et sexistes, surtout lorsque celles-ci sont le fait d’hommes de pouvoir et se perpétuent ainsi dans les milieux les plus privilégiés.

La traduction du paragraphe en portugais :

De que campo provém então a confusão? Ela está certamente presente entre aquelas que acreditam que o assédio é apenas uma forma de « engate / cantada pesado/a » Este absurdo não deve ser imputado à ignorância ou a um desconhecimento deste tipo de situações. Ele remete para uma vontade política deliberada: negar a permanência das violências sexuais e sexistas, sobretudo quando estas últimas são praticadas por homens de poder, perpetuando-se assim nos meios mais privilegiados.

La traduction de la drague lourde :

Uma forma de “engate / cantada pesado/a”

Étrange, je crois que cela n'existe pas ainsi.

Par ailleurs, je me suis souvenue de ce terme "faire du gringue". Il y a très longtemps que je ne l'ai entendu en France. Peut-être lorsque j'étais petite, dans des films des années 50 ? À ne pas confondre avec "faire la bringue" (faire la fête). Et je pensais aussi à celle-ci, "avoir du béguin" (être amoureux)

Originaire de Belgique, plus précisément de Liège, le mot « béguin » vient du premier couvent de béguines, au XIIe siècle, où les religieuses portaient cette coiffure faite d’une toile fine. Ainsi, croisée avec l’expression « être coiffé de quelqu’un », qui signifie « être aveuglé par quelqu’un », « avoir le béguin » est rapidement devenue une formule courante pour affirmer l’amour ressenti par une personne. 

J'émets l'hypothèse que la drague a bien changé, et si vite, à tel point que certain.es ne se sont pas aperçu.es du changement et ont ajouté "lourde". Mais il n'y a point de "lourd" ou "lourde", mais bien "violences" au pluriel. En fait, ce qui me gène dans ce texte, que j'ai signé, c'est le camp femmes d'un côté et hommes de l'autre : "nier la permanence des violences sexuelles et sexistes, surtout lorsque celles-ci sont le fait d’hommes de pouvoir et se perpétuent ainsi dans les milieux les plus privilégiés". La participation des femmes est omise, qu'elle soit sous une forme de pouvoir et d'emprise, ou bien de connivence et de complaisance, ou bien même lorsqu'elle est tue, ou que les femmes taisent ou dénient les actes physiques et/ou psychologiques, et donc les effets, sur les femmes ET sur les hommes, sur la société. Je préférai le texte américain "Not surprised", signé également, fin 2017, et dont j'ai publié le texte dans un de mes articles, intitulé "Il pulcino nero", dans lequel je joins un récit de mon expérience personnelle. D'ailleurs l'un semble copier l'autre, dans sa volonté de le traduire en plusieurs langues, mais aussi, dans sa forme publiée... J'observe qu'il y a des lacunes en graphisme et en multimédia, car les interfaces ne sont pas très modernes pour le coup (progressistes) ni pensées. Alors ces réunions de femmes qui se disent progressistes n'ont pas encore trouvé de femmes progressistes dans l'expression artistique. Elles n'interrogent pas non plus leurs signataires, ni même les commentaires. Alors peut-être n'est-ce qu'une recherche de pouvoir de plus : collectionner des signatures ? Lorsque j'ai enseigné à l'école d'art de Bourges, un collectif, mené par une femme (ou plus ?) s'est formé et un blog fut mis en ligne. Interface confuse et non actualisation des informations, ce qui laissa douter de l'activisme des instigatrices et instigateurs. D'ailleurs, ce blog s'est arrêté lorsque j'ai été amenée à partir. Un crash test en quelque sorte. Les revendications sur les statuts des professeurs n'étaient pas clairs non plus et ne représentaient pas la majorité de celles et ceux qui enseignent dans ces écoles. Ainsi tout est gelé, banquise des statuts, crises, crises. Le manque de transparence sur qui fait quoi et qui écrit quoi m'avait sidéré. Brouillon, brouillon.
Bref, ce qui diffère outre-Atlantique, c'est la conscience du jeu sexiste et régressif que les femmes (et oui !) et les hommes imposent sous des valeurs progressistes dont on loue le bienfondé de l’égalité entre femmes et hommes.

Extrait de nouveau du texte "Not surprised" :

De nombreuses institutions et personnes en position de pouvoir dans le monde de l’art contemporain adhèrent en théorie et sans sourciller à la rhétorique féministe et au principe d’égalité. Souvent, ils ou elles tirent profit de cet engagement de façade en faveur de politiques progressistes, tout en préservant, en pratique, des conventions sexistes néfastes et oppressantes. Chaque jour, celles et ceux qui détiennent le pouvoir font le choix d’ignorer et d’excuser, quand ils ou elles ne commettent pas eux-mêmes des actes de harcèlement et d’humiliation. Ils ou elles créent ainsi un climat arrangeant, voire complice, envers des abus de pouvoir illégaux et potentiellement plus graves.

٩(⸝⸝⸝◕ั ௰ ◕ั⸝⸝⸝ )و

Cette différence, entre autres, dans ces textes, me semble très importante. Dans mon expérience personnelle, en France, j'ai dû revoir les théories féministes, dès lors que j'ai été confrontée aux femmes féministes (je ne sais jusqu'à quel degré... étaient-elles brûlées, je ri un peu, sinon...) soutenant mordicus des théories diverses tout en harcelant et participant du harcèlement moral et sexuel des hommes sur certaines femmes, avec violence, abusant de leur pouvoir, sans jamais défendre les victimes. Ou pire : se taisant, tout en sachant comment elles pourraient leurs venir en aide. Dans les syndicats c'est assez révélateur de les trouver, du côté du pouvoir. Alors "mordicus" est très intéressant comme mot. Il date de la fin du XVIIe siècle et vient du latin 'mordere' signifiant 'mordre'. Au sens propre, il signifie "en mordant". Au figuré, il prend le sens de 'obstinément', à l'image de la chienne qui a planté ses dents dans le bras de celui qui voulait la caresser et qui ne veut plus du tout lâcher prise.

Les femmes qui ne lâchent prise ressemblent aux hommes qui ne lâchent prise, lorsque l'on dit :

"STOP, arrêtez vous me faites mal !"

*

◟(◔ั₀◔ั )◞ ༘♡

Alors faire du gringue sinon c'est quoi ?

Origine :

Au milieu du XVIe siècle, le 'grignon', dérivé de 'grigner' qui a donné 'grignoter', désignait régionalement un morceau de pain (tout comme 'quignon' qui est étymologiquement lié). Et du 'gringue', mot dérivé de 'grignon', c'était du pain, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. C'est au tout début du XXe, chez Aristide Bruant, qu'on trouve le mot 'gringue' dans faire du gringue avec le sens de "chercher à plaire" qui a évolué vers "faire la cour, généralement de manière pressante" dix ans plus tard. Tout esprit un tant soit peu éveillé se demandera in petto comment on a pu ainsi passer du pain à la cour. D'autres esprits, éveillés également, se sont déjà posé la question, et la seule réponse, apportée par Gaston Esnault, mais hélas sans aucune certitude, viendrait d'un rapprochement avec l'ancienne locution "faire des petits pains pour quelqu'un" qui a d'abord voulu dire "faire l'aimable pour appâter" puis par extension, "faire la cour".

Les expressions étrangères sont délicieuses :

Allemagne    "üßholz raspeln"    Râper de la réglisse
États-Unis    "To hit on (someone)"    Frapper sur (quelqu'un)
Espagne    "Ligar "   Draguer
Espagne    "tirar los tejos a alguien"    jeter les palets
Espagne   ""Hacer la corte" "   "Faire la cour"
Canada (Québec)   "Chanter la pomme"   
Italie    " Fare il filo/fare la corte"    Faire le fil/faire la cour
Belgique (Flandre)    " Zoete broodjes bakken"    Faire cuire des petits pains sucrés
Portugal    "Arrastar a asa "   Trainer l'aile
Roumanie    "A se da la cineva"    Se donner/frapper à quelqu'un/une

Chanter la pomme, râper de la réglisse, faire cuire des petits pains sucrés, trainer l'aile

Et oui, c'est pas mal, s'intéresser aux langues....

Si quelques femmes ont été lancées par des hommes de pouvoir, à écrire ou à parler à travers des médias qui détiennent le monopole de la diffusion (pas une seule femme ne dirige ces groupes de presse), c'est qu'elles correspondaient bien à ce qu'elles devaient dire et devaient taire, puisqu'elles n'ont pas de média autonome. Elles ont été choisies, c'est celles que l'on lit, que l'on voit, pour le meilleur et le pire, évidemment. Les médias se lèchent les babines de donner la parole sur un sujet très précis (= petit cadre) et se chargent de couper ensuite cette parole (très très petit cadre), ce qui ne nous donne pas le meilleur mais des phrases et des prises de positions littérale empruntées des réseau sociaux (j'aime, j'aime pas être frottée par les hommes, j'aime, j'aime pas être importunée par les hommes...) empêchant d'élever le niveau et d'y voir des femmes actives, celles qui font et réalisent des choses. On préfère montrer des hommes qui font et des femmes qui attendent que les choses se passent. Ainsi, cela reste sur cette horizontalité décidée, pas de relief, pas d'humour, pas de croisements de disciplines. Cela donne aussi l'occasion à d'autres d'écrire et de fédérer sur diverses tribunes, faute de mieux, répondre à ce que certain.es, une poignée, ont lancé comme joutes verbales. À ce petit jeu, personne ne sort gagnant.

Ce qui n'est pas abordé dans tous ces commentaires de femmes plus âgées qui disent "aimer" se faire importuner, ou vouloir que cela continue ainsi, sans broncher, par consentement muet de la société et des autorités en présence, parce qu'elles auraient "un joli petit cul", ou qu'elles sont (ont été) selon leur terme "une belle bombe", ou celles qui regrettent qu'à leur âge, elles ne sont plus importunées ou frottées dans le métro, c'est tout simplement qu'elles ne connaissent absolument pas comment les femmes plus jeunes vivent aujourd'hui. Et lorsque l'on dit plus jeunes... cela va loin dans l'âge. Il suffit de sortir en fait, d'être une femme active, de ne pas avoir de chauffeur, chauffeuse (?) et d'être souvent mêlée à la foule, ou à des groupes, dans le travail avec de de jeunes femmes, de jeunes hommes, et des plus vieilles, des plus vieux ; et faire du sport avec diverses personnes, oui ça change un peu les manières de faire et de penser. Tous âges, toutes religions, toutes cultures. Une certaine connaissance du brassage culturel est nécessaire et de l'évolution des migrations. Oui les rassemblements aujourd'hui, n'ont pas les mêmes effets que ceux d'hier. De toute évidence, ces femmes qui concoctent un pauvre texte entre elles pendant un réveillon arrosé pour le balancer au début de l'année nouvelle qui commence, l'exhibant fièrement à tous (en fait juste une communauté protégée) comme la pensée intellectuelle de 2018 pour tous... ont scié la branche sur laquelle elles végétaient un peu trop. Bim ! Nous voici donc avec des branches en moins. Finalement c'est pas plus mal.

Et puis, si se frotter, c'est draguer et si importuner, c'est draguer, alors un coup de pelle sur la tête, c'est du jardinage et un coup de guitare sur la figure, c'est de la musique...

.( ̵˃﹏˂̵ ) (˃̶᷄︿๏)

La drague disent-elles, ou disent-ils, ce n'est plus ces mots là grivois. C'est "J'te suce, j'te suce" le doigt majeur levé lorsque vous attendez le bus, par des bandes de jeunes ouvriers, ce sont des crachats par de jeunes étudiants habillés en cadre dynamique, des bousculements par de moins jeunes lorsque l'on ne répond pas aux avances et injures, et lorsque les dragueurs sont véhiculés, ils ne manquent pas de vous écraser. Et si vous ripostez pour vous sauver, c'est "Sale pute, ta mère la pute" , en boucle (c'est un refrain !) et j'en passe. En banlieue ? Et bien non, aussi à Paris et dans les villes de provinces, les grandes villes et les moyennes. Dans le métro parisien ? Et bien non, comme je l'écrivais plus haut, tout transport collectif. L'âge ? Il suffit d'être là, dans le bus aux sorties des collèges et lycées et observer les harcèlements qui s’effectuent à ciel ouvert. Il suffit d'assister à une réunion de travail, chez les plus grands, c'est-à-dire les adultes, dans leurs milieux professionnels, et à la pause "clope" ou pas clope, pour entendre que le joli petit cul, le devient moins et que des hommes sifflent les femmes comme s'ils sifflaient leur chien, ou leur chienne, devant un groupe, composé de femmes et d'hommes, acceptant ces modes de communications : se laisser importuner au travail. Cela va plus loin, il y a des paliers, jusqu'à l'irréversible. C'est un vocabulaire qu'on ne peut classer dans "drague", n'est-ce pas ? À moins que ce vocable, dans les parties privées avec invités de tous poils de Catherine Millet soit d'usage. Dans l'espace public, il n'y a pas d'invitations privées, de marivaudages ou troussages de domestiques collectifs. Devons-nous le rappeler ? Les rassemblements, des manifestations, dans des lieux même festifs, ne sont pas des terrains où celles et ceux qui importunent (synonyme de harcèlement) font leurs lois. Ces agressions ne sauraient devenir des modes de communication tolérés entre passant.es. Ainsi, avons-nous plus, en France, des tribunes de femmes célèbres, pas si décérébrées que cela, paresseuses peut-être (pourquoi penser plus et mieux ?)  qui imposent des allégeances rivales en y opposant les allégeances citoyennes. Et la violence terroriste est faite des mêmes ressorts : mettre à mal la distinction entre espace public et espace privé. La confusion entre l'espace intime et l'espace du politique, société civile et société d'État, entretient les violences terroristes. Si l'État tolère encore les troubles de rue, révélés ces temps-ci par des femmes en majorité, qui dénoncent ces violences quotidiennes de harcèlement de rue, c'est que le rapprochement et le passage ne s'est pas encore fait. Rien n'a été réalisé pour la mobilité des femmes dans l'espace public, alors que la libre circulation est menacée quotidiennement. La violence terroriste est la seule, qui n'est ni tolérée ni acceptée. Le mépris des femmes et de leurs mobilités dans l'espace public est devenu intolérable, pour nombre de femmes et d'hommes (on l'oublie hélas), car les violences se sont aggravées et n'ont pas été sanctionnées. Pourtant, elles empêchent les femmes d'aller au travail, de voir leurs amis, d'imaginer se rendre plus loin, voyager, former des circuits, faire du jogging, du sport, etc...

On peut qualifier ces violences, de violences interindividuelles car il existe des violences urbaines (rixes, émeutes, manifestations, etc) Elles augmentent. Pourquoi, hommes et femmes, et ce retour à l'état sauvage et belliqueux ? La consommation de masse opérée dès les années 50 (quand on faisait "du gringue") explique ces changements rapides, où le désir doit être satisfait immédiatement. Le capitalisme dominant encourage ces violences, le désir immédiat, pour des raisons commerciales, le rendement à court terme, et aussi les relations interpersonnelles dégagées de tout rapport hiérarchique. Ces transformations de vie en commun ont fragilisées les barrières entre communautaire et institutionnel. Cette décivilation des mœurs a gagné nos rues. Si aujourd'hui, des femmes disent "pas touche", cela ne veut pas révéler "un puritanisme", celui que quelques femmes protégées ont dénoncé, pétries dans un temps révolu, avec une galanterie et une drague si courtoise, le beau gringue bien élevé qui n'existe plus. Il faudrait plutôt le ré-introduire ? Est-ce à comprendre que ces dames ont échoué dans l'éducation de leurs fils ? Oui, certainement, et de leurs filles aussi, puisqu'elles ne leurs ont pas appris à dire "pas touche" assez tôt. Aujourd'hui, il ne suffit plus de le dire, il faut l'écrire. Car prendre un non pour un oui, ou penser que si on ne dit ni oui ni non, c'est qu'on peut violer et que même la justice valide un consentement lorsqu'une mineure est violée par un adulte, obéissant à son désir immédiat, sans penser à qui s'adressait-il... Oui, il y aura des contrats comme en Suède !

Alors ce temps où les Bardot et Deneuve étaient courtisées n'existent plus, il est aboli. Celui même, où elles perpétueraient leurs modes de communication, d'exposition et d'interdits de dire, d'écrire, tout en laissant d'autres les écraser, écrire à leur place et les former en images de leurs fantasmes. Nous sommes au temps où les femmes doivent se faire respecter, plutôt que se faire continuellement agressées, violées, rabaissées, dans leur vie professionnelle ou privée. Nous sommes dans ce temps où il y a des hommes qui ont oublié que les femmes étaient des êtres humains et où d'autres hommes en ont franchement marre de payer le prix de toutes ces agressions réduisant leur chance d'être en confiance avec une femme et qu'une femme soit en confiance avec un homme, et les gays et lesbiens et les transgenres, la confiance se perd aussi et pour longtemps, il n'est là pas question de genre justement, mais de comportements entre humains, de relation interindividuelles.

En fait, il se passe la même chose avec certaines femmes. Il y a des femmes agressives, ou très agressives, qui ont oublié que toutes les femmes et tous les hommes sont des êtres humains. Et si elles sont dans des situations de pouvoir, elles n'hésitent pas à sortir un arsenal, que l'on peut considérer comme machiste ou misogyne. C'est que l'on oublie ce qu'est le sexisme et qu'on peut le rencontrer dans un comportement féminin. Certaines femmes souhaitant accéder au pouvoir pensent qu'elles doivent copier un comportement, qu'elles ont dû observer et qui selon elles "fonctionnaient" bien pour assujettir d'autres personnes à leur désirs, souhaits, volontés… Elles n'ont pas reçu de bons modèles et ont été entourées de comportements abusifs. Elles répètent. De même pour les hommes, de tout individu.La question du genre me paraît vaine en fait. Ce sont des comportements agressifs, dans une société qui favorisent ces violences quotidiennes (accès au pouvoir par l'emprise, dans le monde du travail, le couple, la vie familiale, le voisinage, etc…) Et la drague, dites "lourdes" n'est autre qu'une emprise pour assujettir l'autre qui ne veut pas se subordonner. Car notre société s'est tournée vers une évolution où "la réussite sociale" devient celle de la visibilité de possessions de biens matériels, virtuels, et des êtres vivants, de leurs échanges, de leurs commercialisations. Des êtres vivants ou des parties des êtres vivants. Pour le côté virtuel, qui n'est nullement opposé au matériel, les réseaux sociaux participent de mêmes structures : acquérir, échanger, collectionner, vendre… Le nombre devient important.

೭੧(❛▿❛✿)੭೨    ໒( ͡ᵔ ▾ ͡ᵔ )७   ( ◑ٹ◐)   ( ՞ٹ՞)   (★^O^★)   ヾ(^-^)ノ   ヽ(*⌒∇⌒*)ノ  

D'autres valeurs ont été délaissées dans notre société, qui naguère créaient de la beauté, du bien, des partages et échanges… Le bonheur n'était pas une image, la beauté non plus, le bien également, n'était pas un concept pour vendre des aliments qui seraient meilleurs que d'autres, plus sains… Disons que les échanges, les idées, la discussion (et non le débat violent pour faire du "buzz" en opposant des antagonistes) les balades et promenades, les flâneries, l'imagination, la contemplation, les apprentissages, les études, l'enseignement… Tout cela disparaît peu à peu, ne parlons pas de la tendresse.

Mon métier d'enseignante m'a beaucoup appris des comportements, des critères d'évaluations, des objectifs qui ont changé, aussi de la forme de communication que devait prendre les études, les formations et à quoi devaient-elles servir. Le plus souvent à obtenir de l'argent, plus de crédit pour l'école, et tout peut être moteur pour valider certains cours, du moment que cela rapporte. Les moyens de pressions sont tels, que tous les comportements sont permis, afin que l'emprise fonctionne et que soient assujettis les plus faibles, c'est-à-dire celles et ceux qui ne partagent pas les mêmes valeurs (et non les plus "faibles")

Je pense qu'il n'y aura pas d'évolution dans l'égalité entre hommes et femmes. Car je me suis aperçue que dans cette course à l'égalité, des femmes ont réussi à ce que des quotas soient inscris et que des femmes accèdent ainsi au pouvoir, ne favorisait nullement de changement de comportement. La société est toujours de plus en plus agressive et des femmes au pouvoir ne changent pas la qualité des relations humaines. Elles peuvent, à contrario, rendre les relations encore plus cruelles et les détruire, plutôt que construire une meilleure société ensemble.

Alors tout est à la recherche de femmes au pouvoir et à des postes de directions, pour ces raisons d'égalités entre les femmes et les hommes. N'est-ce pas un argument supplémentaire qui empêche de comprendre et apprendre de ce que nous sommes capables de faire ensemble, en commun, en préservant les différences de tout à chacun, chacune ? Car oui, il y a des différences. Ces femmes sont choisies par des hommes qui se font juges et sélectionnent des manipulables et dont les engagements et la culture faiblards ne favoriseront pas l'intégration à l'emploi d'autres femmes parmi leurs salariés, bien au contraire.

Ce qui est positif, avec toutes ces actrices déchues, c'est le rapport à l'image créé par les hommes, que les femmes subissaient. Les apparences physiques et les comportements étaient dirigés, et le sont toujours, par des hommes. Elles devaient ressembler à ci ou à ça, selon les fantasmes des hommes, elles devaient également s'y conformer sans broncher : se taire. La Brigitte Bardot et la Catherine Deneuve ne comprennent pas que des femmes ne souhaitent pas ressembler à ci ou à ça, selon le fantasme d'une poignée d'hommes au pouvoir, et ne souhaitent pas se taire, ou passer leur temps à défendre ces hommes, les satisfaire en tous points. Elles n'ont jamais réalisé qu'elles pouvaient être libres de ces regards et directions, même ne pas être obligées de passer devant les caméras pour obtenir ce qu'elles souhaitaient dans la vie et s'imposer nombre de contraintes pour rentrer dans le petit cadre, le petit écran, ou grand écran, mais c'est le même. Le gendre (de Deneuve) Benjamin Biolay dit : "Ne brisez pas nos icônes". En fait il dit sagement : "Pas touche à la maman, la putain". Car, en France, pour être une icône il faut être à la fois, la maman et la putain. Il le dit très bien "nos" icônes, les siennes d'abord. L'esprit de possession s'est exprimé, affirmant encore plus l'enchaînement dans lequel, les hommes, les fils, attachent les femmes, leurs mères, belles-mères, leurs sœurs, leurs filles.

Alors elles se rebiffent et clament aux hommes inquiètent : "Miroir, miroir, suis-je toujours la plus belle ?" Mais ce n'est toujours pas au nom des apparences que la majorité des femmes aujourd'hui parlent. Il n'est pas question des formes, mais du fond. Et cela induit de nouvelles formes, que ces femmes de l'autre temps considèrent comme vulgaires, idiotes, violentes. Ce sont les coups reçus (le "j'te suce" ou "ta mère la pute") ces dragues vulgaires, idiotes, violentes. Elles ont engendré ces délations vulgaires, idiotes, violentes en pagaille et de nécessaires dénonciations de crimes comme les viols. Cela concerne le droit, la justice, notre vie civile, citoyenne.

La pensée ne peut agir dans ces agressions quotidiennes lorsqu'elles sont permises par une société. D'ailleurs les comportements violents, et cette drague qualifiée de "lourde" pour minimiser ses effets ou ses motivations, révèlent cet embrasement d'une société violente, terrorisante. Ils nous indiquent toujours que quelque chose dans l'être humain est en train de disparaître et qui ne peut être résolu avec des arguments aussi débiles que ces histoires d'apparences et de querelles d'images. Une façon de faire diversion, tandis que l'on rattrape un retard et revoit des délais de prescription si courts qu'ils protègent toujours les agresseur.es., libres de continuer à importuner (mot emprunté à la tribune des quelques femmes célébrées mais pas très actives)

Je trouve d'ailleurs un peu ridicule les exemples fournis par le ministère pour l'égalité des femmes et hommes, qui tente d'expliquer la problématique. Il y a vraiment quelque chose qui est resté dans les stéréotypes et que l'on ne retrouve pas dans notre société.

Il est écrit :

Les stéréotypes de sexe

    Définition
    Préjugés, clichés, représentations réductrices et généralisantes qui essentialisent ce que sont et ne sont pas les filles et les garçons, les femmes et les hommes.
    Exemples
    – « Les jeunes filles ne lèvent pas la voix. »
    – « Un garçon, ça ne pleure pas. »
    – « Les filles sont plus douées pour s’occuper des bébés. »
    – « Les jeux vidéo, c’est pour les garçons. »
    – « Mécanicien ? Mais c’est un métier d’hommes ! »


( -̩̩̩͡˛ -̩̩̩͡ )

J'ai rencontré dans le milieu professionnel, qui relève d'un ministère donc, des actions très concrètes et irréversibles, lorsque l'on demande que les harcèlements s'arrêtent. Il n'y a plus de : Les jeunes filles ne lèvent pas la voix, mais : "Si vous parlez on vous attaquera en diffamation". Puis cela va très vite : suppression du mail professionnel, de l'accès aux mailing liste, du salaire, des outils pour travailler, des lieux… On ne s'embarrasse plus, lors de harcèlement moral, sexuel et de discrimination, de ces types de phrases niaises. Non, la radicalité de notre société et notre époque en 2018 est bien plus violente et moins séparée qu'elle n'est décrite sous ces lignes (filles et garçons de chaque côté) Ni même écrites en coquetteries des femmes souhaitant être importunées. Celles-ci ne sont plus dans le monde du travail pour dépeindre un décor suranné et sirupeux, destinés aux romans. C'est la guerre tout simplement et les armées choisissent leurs équipes pour faire la guerre. Et les violences au sein du couple participent de rapports de domination et de prise de pouvoir des un.es sur d'autres, les victimes, créant un climat de peur et de tension permanents. Et lorsque le couple œuvre dans le même domaine professionnel, des emprises s'activent d'autant plus, du privé à l'emploi, de l'emploi au privé. On le voit notamment dans le gouvernement français, et ce que médiatisent les différentes affaires de harcèlements. Ils sont prônés en modèles de société, où les couples de pouvoir engendrent des violences partout où ils se trouvent.

(´;︵;`)

S'il y a tant de chômage dans notre pays, depuis mon expérience, c'est que nombre de personnes en marge du monde du travail, ne partagent pas ces valeurs compétitives, ni ces comportements agressifs, ces images communiquées, ou ont été exclus par toutes ces armées et équipes, qui les ont considérés comme "faibles". S'il y a tant de personnes, dans notre pays, n'ayant pas eu la volonté, ni la motivation d'aller voter, ou ne se reconnaissaient pas dans les programmes de leurs représentants, c'est que quelque chose n'est plus possible dans notre société, la façon dont elle s'organise et avec quels comportements, quels moteurs, quelles visions et projections, quels outils, quels espaces, quelles règles, quelle justice, etc…

( ᵒ̴̶̷̥́ _ᵒ̴̶̷̣̥̀ )

De même, les violences sexuelles sont révélatrices de cette société qui n'est plus fondée sur des principes que l'on partage, dans l'usage, car les lois ne sont pas appliquées. Les heurts et confrontations deviennent criminelles. La suppression d'un individu (psychiquement, ou physiquement), parce qu'il ou elle ne se serait pas soustrait aux volontés d'autrui, est un acte définitif qui n'a pas pensé d'autres solutions pour exprimer la colère. Violences verbales, menaces, viols conjugaux, harcèlements sexuels au travail, harcèlement moral et dans la rue, au quotidien, sur Internet, en lisant les mails privés et ceux des groupes professionnels, les silences, les lynchages, les meutes.. On ne peut qu'être étonné, de la façon dont notre société, parvient à lisser, effacer ces actes odieux et criminels, à les remplacer par des images bienséantes et dont les élus s'appliquent à arborer un discours de langue de bois. Si ces discours sont portés au gouvernement et diffusés aux moments de grandes écoutes, ils font très mal : ils clôturent l'aventure de la libération de la parole et délivrent un message extrême : l'obligation d'obéir aux diktats (l'exigence absolue imposée par le plus fort au plus faible et n'ayant pour appui et justification que la force)

( ´•̥̥̥ω•̥̥̥` )

En amont d'actes criminels, nombre de comportements institués permettent de supprimer la vie professionnelle, privée d'autrui, en éliminant toute trace. Ces subtilités et insidieux réflexes de survies que le monde du travail à bien développé ne sont pas expliqués, on les découvre par l'expérience ou par les faits relatés. Ainsi les agresseur.es peuvent écrire aisément "ni plaies, ni blessures", avant de vous supprimer d'un milieu social.

/(=✪ x ✪=)\   /(^ x ^)\

Ma réflexion s'étend davantage en observant le monde animal. Depuis que Cafuné fait son honk honk, sa parade amoureuse et que la plus jeune Satori subit ses assauts, en observant ces lapins et en complétant ces observations et hypothèses scientifiques avec des professionnels, ou des lectures éthologiques d'experts, je prends conscience du rapport hiérarchique. La nécessité d'établir des règles de vie commune, même lors d'assauts sexuels et de rétablir des périodes de jeux, sans à priori de genre. Une autorité peut agir sur une vie en société et pour son bien.

(/(°∞°)\)   、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ /( =゚ェ゚=)ヽ

Je conclue par le constat des effets de l'amenuisement d'autorité dans notre société, afin que la vie sociale, soit une vie sociale possible. Évidemment, cela arrange une frange sociale, et elle s'offusque que l'on souhaite participer de notre société pour son évolution, également, en faveur de tous, et pas que d'une minorité de protégés, d'intouchables (mot utilisé par les fonctionnaires hauts placés) Les lois ne sont plus appliquées et sortir des tas de textes produits pendant des années avec de micro-changements de virgule n'y changeront rien, voire augmentent le retard d'une vie sociale possible. Les écarts se creusent, les radicalisations sont devenues des modes de gouvernances (on radie sans prévenir, on exclu tout salarié de tout, on exclu définitivement les sans-ressources de la vie en société en les désignant comme "faibles")
Mais les désignations approximatives des "faibles" m'ont toujours posé question. Mes hypothèses vont dans le sens que cette désignation cache en fait les valeurs attribuées à ces faibles. Elles ne correspondraient pas ou plus aux modes de gouvernance du pays, qui sont des modes violents, radicaux.
Je m'appuie sur mon expérience personnelle, celle d'autres personnes que je connais moins et dont j'ai vu le traitement, mais aussi de toutes les communications réalisées, du gouvernement, au sein de structures, qui sont en décalage avec ce que nous vivons.

(♥x♥*)

Cet article est dédicacé aux efforts de gringue de Cafou le joyeux qui a le béguin pour Sato qui s'éveille et commence à jouer librement. C'est sûr, il en pince pour elle <3
Et merci à Virginie pour ses conseils avisés et Julien pour ses idées de mises en situations.

(´∀`)♡   ღƪ(ˆ◡ˆ)ʃ♡ƪ(ˆ◡ˆ)ʃ♪   ⁽ ¨̮⁾⁽¨̮ ⁾*˚‧♡

♡⑅*ॱ˖•. ·͙*̩̩͙˚̩̥̩̥*̩̩̥͙·̩̩̥͙*̩̩̥͙˚̩̥̩̥*̩̩͙‧͙ .•˖ॱ*⑅♡ ♡。゚.(*♡´◡` 人´◡` ♡*)゚♡ °・

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Cafuné & Satori à quelques semaines, en 2017

Par kiwaïda at 16:38

17/01/2018

É√εїʟ

Satori (Photographie © Sonia Marques)

LES MOTS DOUX & DÉCISIFS

(japonais 悟り satori ; chinois, issu du chinois : 悟 ; pinyin : wù ; littéralement : « réaliser ») est un terme des bouddhismes chan, son et zen qui désigne l'éveil spirituel. La signification littérale du mot japonais est « compréhension ». Il est parfois utilisé à la place de kenshō (chinois : 見性 ; pinyin : jiànxìng ; littéralement : « voir la nature/caractère ou propriété »), toutefois kenshō désigne la première perception de la nature de Bouddha ou vraie nature – une expérience qui ne dure pas. Le satori par contre désigne une expérience qui se prolonge, à l'instar d'un bébé qui apprend à marcher – après beaucoup d'efforts il se tient debout, trouve son équilibre et fait quelques pas puis tombe (kenshō). Après un effort prolongé l'enfant se rendra compte un jour qu'il peut marcher tout le temps (satori). Le bouddhisme zen reconnaît dans l'éveil une expérience transitoire dans la vie, presque traduisible mot à mot par épiphanie, et le satori est la réalisation d'un état d'éveil épiphanique. Comme d'après la philosophie zen toute chose est transitoire, la nature transitoire du satori n'est pas vue dans l'aspect limitant qu'il aurait dans l'acception occidentale du mot « éveil ».
La nature transitoire du satori, par opposition au permanent nirvāna qu'on retrouve dans les traditions bouddhiques de l'Inde, doit énormément aux influences taoïstes sur le bouddhisme chan de Chine, à partir duquel le bouddhisme zen du Japon s'est développé. Le taoïsme est une philosophie mystique qui met l'accent sur la pureté du moment, alors que les racines hindoues du bouddhisme indien visent une vue dans une plus grande durée – vers la sortie du cycle karmique des réincarnations perpétuelles dans le monde matériel. De l'attention du taoïsme à l'importance du moment, et de la négation de l'existence individuelle ou d'un moi individuel du bouddhisme mahāyāna, est né le bouddhisme zen avec son concept d'état transitoire du satori. (Extrait Wikipédia)

悟り Satori : une épiphanie

Barthes reconnaît dans l’épiphanie quelque chose de proche de ce qu’il nomme incident — où quelque chose survient, apparaît — dont il souligne l’affinité avec le haïku, par quoi se manifeste une certaine figure de la vérité, qui s’exprime selon la théorie zen par le terme satori, et dans la théologie catholique occidentale par le terme quidditas introduit par saint-Thomas. Le texte bref, explique Barthes, est l’expression du « C’est ça ! » — soudaine révélation du réel surgissant dans la nudité même d’une apparition irréductible à tout commentaire. En ce sens, épiphanie et haïku s’apparentent à la photographie, à laquelle Barthes donnera le nom devenu célèbre de punctum. Par le poème — haïku ou épiphanie — comme par la photographie, quelque chose fait image et qui a valeur de marque laissée dans le temps par un évènement, évènement qui ne peut pas être exactement raconté mais comme désigné, pointé du doigt de manière à faire signe vers un certain moment de vérité.

Le Satori et le Nirvana sont des états d’être bien heureux où le « moi » est délivré de ses limites, de ses attachements. Aux tensions en vue de dominer, de briller, de posséder, succède une détente intérieure. Il s’agit d’une véritable mutation psychologique où se révèlent les sommets de l’amour et de l’intelligence. Ceux-ci, loin de nous engager dans la voie de l’inaction, nous conduisent au contraire vers une vie intense, créatrice, pleine d’initiatives heureuses.

La vérité est si proche et tu ne la vois pas, tu pars loin, très loin chercher le Bouddha et le Satori et tu tombes en enfer. Tu te hâtes dans la confusion et la précipitation, quand tu arrives, il n'y a rien. La brume soudain se lève : ce n'était qu'un mirage. Tu veux revenir au pays d'où tu viens, mais tu t'aperçois que tu es maintenant entouré de montagnes acérées comme des lames et qu'il n'y a plus de retour ; c'est l'enfer dans le désert. On veut s'échapper du monde que l'on juge détestable, mais, après l'avoir quitté, on le regrette comme un paradis perdu. On veut toujours partir ailleurs et quand on arrive à destination, on a le sentiment que le pays d'où l'on vient paraît plus merveilleux.

C'est ça !

Ma petite Satori, l'éveil
Elle combat la pensée rationnelle, les opérations logiques, de classification en catégories. Elle est la découverte de la véritable vision des choses. Il ne faut ni rechercher ni vouloir Satori. Elle existe en nous bien avant notre naissance, alors pourquoi chercher à l'obtenir. Ce n'est pas mystérieux, c'est le retour à la voix normale. Voir le monde tel qu'il est.

Sato, cela veut dire "sucre" en japonais. Est arrivé un petit sucre lapin satin, nommé Satori, une illumination !

Phonologie du japon :
Satouya [sato:ja] *[sato?oja] « marchand de sucre » satooya [sato:ja] ou [sato?oja] « parents nourriciers »




Cafuné

Et la petite Satori, dites Sato, rejoint Cafuné, le lapin couleur café et nuage de lait, dit Cafou, le foufou aux yeux bleus.
Ils sont japonais, ou presque.


Le portugais séduit par son élégance et ses intonations caressantes. Il y a des mots qui n'ont pas de traduction ailleurs.

Le terme cafuné entre dans la catégorie des mots intraduisibles, sa signification exacte est spécifique : cafuné décrit le geste de passer tendrement sa main dans les cheveux de quelqu’un que l’on aime.
Comme carinho, chamego, cafuné, xodo, ces mots traduisent l'affection.
Fazer cafuné signifie faire des caresses en massant les cheveux de son amoureuse, de son enfant, de son animal, avec tendresse.

Il a des origines africaines. En général pratiqué par des mains féminines, le cafuné est l'art de faire semblant de chercher des poux dans la tête de quelqu'un pour l'aider à se détendre ou à s'endormir. “Je sais bien que le cafuné réaffirme une présence de l'Angola au Brésil” dit Luis da Câmara Cascudo. Le cafuné ou cafunê est bien une réalité culturelle brésilienne, sans doute en désuétude maintenant, de même qu'en Angola. Óscar Ribas en donne la définition suivante : « Petit claquement qu’on produit sur la tête de quelqu’un d’autre, comme si on y tuait un pou, et dont l’effet vise à susciter la somnolence. ». Roger Bastide a consacré un article à cette pratique au Brésil sous le titre « La psychologie du cafuné ». Óscar Ribas en donne une étymologie convaincante : cafuné se dit en kimbundu kifune, de kufunata, plier, tordre.

"A psicanalise do cafuné"

O que se considera vulgar na Espanha e em Portugal se pratica aqui em todas as classes da sociedade... Os dois sexos o fazem sem distinção, especialmente as mulheres, que preenchem suas horas de lazer com esse elegante divertimento. E é quase impossível, a menos que seja nas horas das refeições e da sesta, entrar em uma casa onde não haja alguns dos habitantes se dedicando a isso. Digo isso porque, hoje, ao entrar na casa de um prisioneiro vizinho (até então um homem respeitável na província), o vi enquanto conversava colocar deliberadamente a cabeça no colo de sua esposa, como se a presença de um estranho não devesse impedir a operação da qual acabo de falar e que ele parecia considerar com uma espécie de prazer.

Lindley (1806), no texto que citamos, parece pensar que o cafuné brasileiro vem dos colonos portugueses, que teriam transportado esse costume para o novo habitat: ele apenas se teria se difundido das classes baixas a todas as classes da sociedade. Mas a etimologia do termo parece indicar origem muito diversa; Renato Mendonça (1935) faz vir esta palavra, que designa primitivamente o estalido das unhas no alto da cabeça, do quimbundo Kafundo, que significa estalar, enterrar, e o prefixo classificador caf, que se encontra no Brasil no africanismo cafua, quarto de reclusão para os alunos dos colégios, indica uma ideia de penetração, o que é de fato perfeitamente típico do movimento das mãos penetrando na cabeleira. Há, portanto, probabilidades de que o cafuné brasileiro seja mais de origem africana que lusitana, e esta hipótese é, ainda mais, confirmada pelo fato de o cafuné ter-se desenvolvido nas zonas escravagistas e ser mais difundido no Nordeste da cana de açúcar do que no Rio, e mais no Rio do que no sul do país.



Les dessins sont tirés d'un grand format (120 x 200 cm) © Sonia Marques

Uma distração e um prazer

Par kiwaïda at 23:37

13/01/2018

Ḻε﹩ ḟ℮﹩﹩é℮ṧ

"Le 9 janvier 2018, à l’heure où Oprah Winfrey affirme aux États-Unis, lors des Golden Globes, « Nous avons tou•te•s vécu dans un monde brisé par des hommes puissants et brutaux… […] Mais leur temps est révolu. Leur temps est révolu ! », au même moment, en France, une tribune publiée dans Le Monde par des femmes majoritairement blanches et bourgeoises (qui n’emploient pas l’écriture inclusive) vient au secours de ces hommes puissants, revendiquant leur “droit à importuner” les femmes. Elles nous informent que de toute façon « les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité ». Et que « le viol est un crime. Mais… ». Mais quoi ? « La drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste. »

Extrait du texte : Les féministes peuvent-elles parler ? Des auteures : Hourya Bentouhami, philosophe, Isabelle Cambourakis, éditrice, Aurélie Fillod-Chabaud, sociologue, Amandine Gay, réalisatrice, Mélanie Gourarier, anthropologue, Sarah Mazouz, sociologue, Émilie Notéris, auteure et théoricienne queer.

Je suis signataire de ce texte, car ok, il en fallait un auquel je puisse un peu me référer en ce début d'année, avec des auteures dont les travaux ont un intérêt, intellectuel, que je peux suivre. Je déteste les pétitions et ne les signe pas, surtout lorsqu'il y a une pelleté d'artistes qui ne signent que pour valider leur intégration dans le système de l'art. Signer des textes que l'on juge, après lecture posée, comme faisant partie des paroles que l'on pourrait porter, ok, et après ? Le titre, je ne le trouve pas bien (Les féministes peuvent-elles parler ?) De mon point de vue, c'est de l'écriture que nous manquons, d'auteures et non de blablas, il y en a tant relayé par nos médias. Fatigance.
Le logo, peu faire mieux, le blog wordpress, bon, c'est vite fait. J'avais déjà signé le texte "Not surprised", versus américain, sur le site, il était vite fait aussi. J'avais écrit un article sur mon blog, Il pulcino nero, avec mon expérience, des dessins. Parfois je me dis, à quoi bon ? Je ne fais que devenir une aquoiboniste qui philosophe et questionne la nécessité d'entreprendre toute action, quelle qu'elle soit, au risque de parfois ne rien réaliser car est-ce que l'action mérite autant d'effort ? Tant de pédagogie après cette tribune, ce petit monde ne mérite pas tant d'attention, tant d'explication de textes... En tous cas, mes efforts ne vont pas dans ce sens, ainsi ne sont-ils pas lus de ce petit monde ;.) Poésie mon amie.

Partir d'une tribune mal écrite par des femmes désespérées et anciennement starisées, du porno à l'art au cinéma... c'est un mauvais départ. Surtout s'il n'y a que les extrêmes (droite) pour y adhérer ou les dictateurs (d'Italie à d'autres bientôt). Honte plutôt. Car, en fait, on ne s'y intéresse pas à cette tribune protégée dans le journal étatique LeMonde... Ces femmes veulent être frottées ? Qu'elles commencent par publier de façon autonomes, et non protégées, dans une presse entièrement conçue par des hommes aux portefeuille pas du tout riche, ni intérieurement puissants (à inverser aussi). Ce qu'il nous manque, évidemment c'est la visibilité d'auteures vraiment précises, sensibles, d'artistes de notre temps, d'inventeur.es, tout cela est effacé par ces starlettes tristounes que l'on doit supporter davantage, tant elles alourdissent toujours un peu plus les débats, rejointes par leurs copains, si ce ne sont leurs copains qui les commandent à distance (aller hop, au boulot ma grande ! Defend mon merdique comportement, et puis blanchie mon viol au passage, le tout en une phrase)  Et oui la Suède peut bien rire de ce qui est montré en France. Cela parle bien, blabla, inefficace, c'est cela que l'on montre fièrement. On préfère toujours maltraiter des femmes, les lyncher. Mais les plus intéressantes on ne les montre pas, car on ne sait les reconnaître. Gros problème de critères en France, c'est le foutoir en quelque sorte ! L'extrême désordre, la perte de sens, mais aussi ce foutoir, ce lieu de débauche. Tout débat se termine par des insinuations culculs inintéressantes. Le débat médiatique peut prendre en France, s'il contient ce supplément de sexe à l'ancienne et ces fantasmes d'un autre monde, un monde sadien, triste et peureux, dans de petits salons poussiéreux. Cacher ce sein que je ne saurai voir, ce sexe... Ha les femmes et leurs dures histoires de passations. La filiation... On écrit nos pairs, côté université, mais nos mairs, cela existe cela ? Marâtre oui, mais parâtre, on n'utilise pas ce mot, il existe pourtant. On préfère lyncher les femmes. Donc dures histoires, ça passe mal, ça fracasse et ça fait pleurer. Je ne suis pas pour le panthéon matriarcat, quelle horreur. Nombre de femmes veulent le pouvoir pour faire exactement la même chose que l'on a détesté chez les hommes, leurs décorations militaires, etc. Alors elles s'activent dans le mauvais sens, et vas-y que jt'e file une légion d'honneur de mère en fille, d'une année sur l'autre... Ridicule. Comme Harvey Weinstein, elles veulent la légion d'honneur. Ok. Chacun son truc. Observer ces tragiques circonvolutions post-mortem de femmes en groupe pour mettre un nom oublié sur Wikipédia, motiver les troupes pour écrire des textes sur des femmes, qui, de leur vivant, n'en aurait pas voulu, se battre pour obtenir la signature, son nom, son édition, en profitant des morts. Stop. Pfff ! Fatigance.
Gratter, gratter, faire les fonds de casseroles pour espérer avoir son icône, son effigie, qui représenterait toutes les autres, besoin d'un modèle, d'une présidente, à manipuler. Tout cela ne m'intéresse pas. Ainsi, la recherche au féminisme correct ou provoquant, politique ou archaïque, régressif, extrême, tout cela ne m'intéresse pas du tout. D'ailleurs tous ces textes qui cherchent des électeurs, électrices potentiel.les, savoir si l'on peut trouver des suiveurs et des suiveuses... Mais déjà tous les followers du monde à cliquer sont à disposition de façon virtuelle, pour celles et ceux que la recherche horripile, penser plus besoin, je te veux dans mes followers, le programme fera le reste. Le programme ? Mais par qui et comment est-il fait ? Cela intéresse-t-il ? Femmes artistes, actrices des hommes, comme les Catherine déchues, cliquent comme de jeunes connectées sur tous les réseaux sociaux, afin de récolter des suiveurs et suiveuses et exposer leurs photos, leurs trucs et babioles. A quoi bon ?

Ce que j'observe ce sont des monopoles, surtout dans l'art et les médias et la finance (ils marchent ensemble ces systèmes) Celles et ceux qui écrivent ou peuvent avoir une tribune dans un journal étatique sont celles et ceux en marge de notre monde. On a cru pouvoir nous faire croire l'inverse (cette phrase est un peu escarpée, croire pouvoir, mais cru, pas cuit). Pourtant ces gens, ces groupes, sont en marge de notre monde. On les regarde, on les lit, parfois on ne veut plus, on s'éloigne, trop c'est trop. Le "on" c'est l’anonyme, nous tous. Ils et elles ne savent pas, ils ne connaissent rien, ils ont peur de perdre, de vieillir, de mourir et font confiance aux images, ce sont leurs illusions. Pourquoi en marge ? Parce qu'ils et elles ne vivent plus mais aimeraient tant, tant être frottés aux autres, être violés, être sous une tente (combien de riches soutiennent haut et fort aider les migrants)... Halala. Et puis, ils et elles s'embarquent pour représenter les pauvres. Les artistes et leurs milles résidences et projets bien corrects. Ça craint non. Les images se brisent. Et les actrices comprennent qu'elles ont été manipulées, quand d'autres espèrent encore devenir actrices, être manipulées.

Fessées pour tous. Mais pas pour toutes !

J'aime bien l'image qui illustre cet article. Je n'ai pas de référence, c'est rare. Surtout les 2 souris qui regardent la fessée, attendent-elles leur tour ? Ou bien, leur tour est déjà passé. Peut-être que les 3 souris ont harcelé la grande souris juste avant ? Je ne sais rien, mais cette illustration me faisait penser à cette tribune débile donnée à ces femmes désespérées qui tapent au hasard, sans discernement, en commençant par la première souris qu'elle voit, le #metoo ou le #balanceonporc. Ces # ont terriblement réduit les phrases et les échanges. Enfin, cette illustration représente, de mon point de vue, toutes ces tentatives vaines de moralisations de la vie publique et privée, tandis que notre monde s’éteint, devient inaudible, dans ces tornades et coups de vent, ces naufrages métrologiques, ces inondations, ces violences, oui, tant et tant d'impunis. On ne sait pas, après ce monde... le grand jugement, transformation en carotte ou concombre selon tes fautes, en endive ou en ortie.
Tu piqueras plus tard, en attendant tu polis.

Il y a eu plusieurs textes, certains je trouve ok aussi :

"A vouloir les défendre (les hommes), vous les méprisez, au même titre que les femmes. Vous méprisez les hommes et leurs possibles remises en question, leurs réflexions et solutions sur la question. Voire leur pardon et prise de conscience! Pire vous les infantilisez... pour les élever au statut des enfants rois. De ceux qui ne géreraient ni leurs caprices et leurs agissements, si englués qu'ils sont dans leur misère sexuelle. Et donc n'en auraient à assumer encore moins les conséquences de leurs actes. La sentence. La punition!"

Mathilde Bourmaud, journaliste : article du 11/01/2018 , "Madame Deneuve, vous n'aurez ni notre peur, ni notre renoncement"


«Ceux qui s’inquiètent d’une disparition de la séduction à la française opèrent un glissement très problématique entre séduction et harcèlement, explique Catherine Achin. Même s’il y a eu quelques dénonciations brutales, ce mouvement ne veut pas dire qu’on refuse les relations de séduction mais qu’il n’est pas normal de penser que les femmes sont disponibles.» En toile de fond, la tribune d’un collectif de 100 femmes publiée par le Monde défendant «la liberté d’importuner». «La séduction, c’est l’art de s’assurer que l’autre veut aller plus loin, explique la sociologue Irène Théry. Ce qu’on reproche à DSK, Weinstein… ce n’est pas d’être des séducteurs, cette confusion doit cesser. C’est d’avoir agi comme des prédateurs sexuels.»
«Certes, sous l’ancien régime des femmes tenaient des salons, avaient des positions de pouvoir, mais elles étaient quand même exclues de la politique. On fait comme si l’universalisme républicain, l’idéal d’égalité, nous mettait à l’abri des discriminations. Ce n’est pas le cas», juge Catherine Achin, professeure de sciences politiques à Paris Dauphine.
«La France est l’endroit où naît l’amour courtois : le chevalier s’adresse à la femme du seigneur qui est inaccessible. Nous avons un système de pensée dans lequel il y a les femmes pour lesquelles la sexualité serait une souillure, et les autres.»
C’est aussi la thèse de l’historienne Michelle Perrot : «La galanterie est une merveilleuse invention du siècle des Lumières, qui fait des femmes les maîtresses des salons de la société en leur refusant l’égalité.»

Charlotte Belaich, journaliste : article du 11/01/2018, "La «séduction à la française» est-elle en danger ?"


"Or, loin d’être politique ou critique, ce texte semble l’expression d’un fantasme sexuel construit à l’époque où Catherine Deneuve, la signataire emblématique de cette tribune, tournait Belle de Jour (1967). En effet, la scène sexuelle qui hante ce pamphlet est née à l’époque où les femmes investirent en masse les universités et le monde du travail tandis que dans leur vie sexuelle et familiale, elles continuaient à être dominées par les hommes. Les femmes émancipées de l’époque fantasmaient un érotisme «ancillaire» qui leur servait de compensation à leur nouveau pouvoir social."
"Les signataires n’imaginent même pas une seconde que ce soient les femmes aux pulsions bestiales et incontrôlables qui importunent les hommes de leurs assauts. Ce sont toujours elles les objets que l’on convoite. On dira que c’est juste un tout petit détail qui n’entame en rien la revendication de la liberté d’importuner, le cœur de la liberté sexuelle que les signataires revendiquent avec tant d’ardeur."
"Pourtant, c’est cette inégalité supposée naturelle dans la position sexuelle des hommes et des femmes que rend cette tribune si réactionnaire, si terriblement ringarde. En effet, si les hommes et les femmes s’importunaient réciproquement, à égalité, il n’y aurait plus de domination de genre dans la scène érotique. Bien sûr, il y aurait toujours des abus sexuels liés à des situations de pouvoir, mais ils ne seraient plus du tout le reflet d’une domination structurelle exercée par les hommes sur les femmes, comme c’est le cas aujourd’hui."

Marcela Iacub, journaliste : article du 12/01/2018, "Que truies et porcs s’importunent réciproquement !"


Un autre article écrit quelques jour après cet article sur mon blog BMK, me paraît clair, celui de Françoise Vergès. Alors, je l'ajoute, en joutes. Il est intéressant, dans chacune des parties exposées, des articles de femmes (Iacub, Vergès) d'y lire leur "pâte" depuis leur parcours écrit (Iacub et son livre, "Belle et bête" de 2013, où déjà le porc était décrit depuis l'affaire de viol franco-américaine du politicien DSK ; Vergès et son parcours familiale de pouvoir, complexe, et ses récents engagements sur l'écriture post-coloniale) Cela dit, chacune défend sa paroisse, et là, aucune d'entre elles n'a souhaité être associée à cette tribune ringarde et a souhaité le dire et l'écrire... au cas où. Peut-être fallait-il, pour ces femmes, se mettre du côté du gouvernement, qui s'est tout de même engagé à faire bouger les lignes, contre les violences faites aux femmes...

Il est intéressant de noter qu'aucun homme, jeune ou vieux, ou pas tout à fait homme, ou nouvellement... que sais-je... ne s'est encore prononcé dans les médias. CQFD : Ils ne sont pas concernés par l'égalité entre femmes et hommes, ni par les violences faites aux femmes, ou bien, ils ont trop peu d'expérience pour la relater, trop peu de volonté politique pour se joindre, ou apposer un autre regard, avec celui de toutes ces femmes armées, ou désarmées, interrogées sans cesse.

"Le manifeste des 100 femmes (qui défend la « liberté d’importuner » est une ode à l’idéologie néolibérale. Dans leur perspective, l’individu.e fait librement son marché choisissant parmi toute une panoplie de possibilités. Cet individu.e vit dans un monde impartial où toutes les femmes jouissent des mêmes facilités, ressources, moyens, droits et opportunités. C’est un monde enchanté et enchanteur où ne s’exerce aucun pouvoir ni aucune distinction de classe, d’ethnicité ou d’âge. Mais ce monde-là n’existe pas."

"Il ne me semble pas qu’il soit utile de leur reprocher un manque d’empathie et de solidarité. Certes, il est tentant d’opposer l’action des actrices nord-américaines qui ont rassemblé plusieurs millions de dollars pour un fonds consacré à l’aide judiciaire de femmes victimes de violence et harcèlement sexuels (ouvrières agricoles, ouvrières dans les métiers de services…) à celle de ces actrices et auteurs françaises."

"Face au vide abyssal de leur argumentation, on aurait également envie de leur rappeler l’action des femmes salariées d’une entreprise effectuant le nettoyage des trains de la gare du Nord qui se sont battues pendant cinq ans pour faire reconnaître que le harcèlement sexuel — avec attouchements, gestes obscènes, humiliations, licenciements, et racket — n’était pas une attaque contre la « liberté d’importuner », mais une demande légitime de respect et de dignité.
"

"Elles sont persuadées que leurs fantasmes sont la preuve d’une culture, d’une éthique et d’une esthétique supérieures à celles de ces pauvres gens qui s’imaginent que faire l’amour dans un lit est source de plaisir ou qui n’ont rien compris au marivaudage. Ce sentiment profond de supériorité culturelle leur sert de bouclier. L’ennui nous saisit d’ailleurs à voir se recycler de vieilles lunes sur le pouvoir au cœur des jeux sexuels. Peut-on avouer la fatigue d’avoir affaire à des adversaires qui nous obligent à une pédagogie que pourtant nous savons être inutile ? Leur ignorance est intentionnelle — en effet, vouloir apprendre, vouloir comprendre c’est toujours d’abord, ne plus se mettre au centre — leur intérêt profond est d’ignorer des faits, de nier l’existence d’abus de pouvoir, de la manière dont sexisme et racisme agissent quotidiennement dans la vie de millions de femmes."

Françoise Vergès, politologue : article du 15/01/2018, « La liberté d’importuner est une ode à l’idéologie néolibérale »

Tuning et maquillage complet ce soir, paillettes et vestiges du chaos *



Par kiwaïda at 17:48

29/12/2017

ᖶᙓᘉᗦᖇᕮᔕᔡᙦ

Aimer un être, c'est le voir comme Dieu a voulu qu'il soit
Heureux sont les doux, ils possèderont la terre
Heureux ceux qui pleurent, Dieu sèchera leurs larmes
Soignés, soignants, soigneux
Rose infini

(✿ ♥‿♥)

(●♡∀♡)

◟(◔ั₀◔ั )◞ ༘♡

(°◡°♡).:。

༼♥ل͜♥༽

(灬♥ω♥灬)

໒( ♥ ◡ ♥ )७

⊆♥_㇁♥⊇

♱♡‿♡♰

(●♡∀♡))ヾ☆*。

ლ(́◉◞౪◟◉‵ლ)

ʚ♡⃛ɞ(ू•ᴗ•ू❁)

乂❤‿❤乂

Par kiwaïda at 16:45

25/11/2017

üη @ηℊℯ ℘α﹩ṧ℮

amour.jpg

JE NE SAVAIS PAS (colorisation Sonia Marques), d'après la gravure de J.J. Grandville qui illustra la fable de Jean de La Fontaine, L'amour et la folie
  • Un ange passe

  • Il faut trouver un nouveau mode de gouvernance
  • Combien d'électeurs potentiels ?
  • Peu
  • Très peu
  • Alors il faut trouver la personne qui ne savait pas
  • Parce que si c'est une personne qui sait
  • Il y aura trop d'électeurs
  • Il ne faut pas que cette personne puisse incarner la majorité
  • Nous ne pourrions plus la diriger
  • Comment la trouver
  • Réunissons-nous
  • As-tu un élève qui ferait l'affaire
  • Studieux
  • Oui
  • Il se nomme
  • Je ne savais pas
  • C'est parfait !
  • Guide le jusqu'aux élections
  • Mais c'est un garçon
  • C'est ce qu'il nous faut
  • Il ne sait pas sanctionner
  • Il ne fait pas autorité
  • Nous n'aurons pas à l'infantiliser davantage
  • Il sera le nôtre
  • Il doit faire un long discours
  • Faisons appel à nos souffleuses
  • Il le récitera comme à l'école
  • Mais il ne sait pas ce qu'il dit ?
  • Oui
  • Il ne le saura pas
  • Donnons lui le plus difficile
  • Faisons de ce discours sa priorité
  • Car il n'en a pas de prévu
  • Sans aucun moyen de la réaliser
  • Faisons le réciter longuement
  • Noyons le
  • Mais que comprendront-ils ?
  • Rien
  • Comme lui
  • Ils ne savaient pas
  • Faisons le énumérer
  • Donnons lui des noms
  • Ils aiment les mortes
  • Certaines pas toutes
  • Des noms de femmes
  • Pas ceux des hommes
  • Réservés pour la patrie
  • Il pourrait se réveiller
  • Savoir quelque chose
  • Faisons lui adopter notre camp
  • Faisons ainsi de notre camp le nouveau mode de gouvernance
  • Mais il ne s'y intéresse pas ?
  • Il ne sait pas ce qu'il dit
  • Faisons le voyager
  • Loin
  • Faisons le reste
  • Et puis ?
  • Rien
  • Nous l'avons capturé
  • Et nous le faisons savoir
  • Grâce au
  • Je ne savais pas

Par kiwaïda at 12:23

20/09/2017

c̶̲̅a̶̲̅t̶̲̅a̶̲̅s̶̲̅t̶̲̅r̶̲̅o̶̲̅p̶̲̅h̶̲̅i̶̲̅l̶̲̅i̶̲̅e̶̲̅

Mickey Gulliver est un dessin animé de Mickey Mouse produit par Walt Disney pour United Artists et sorti le 19 mai 1934. Le film se base sur la nouvelle de Jonathan Swift Les Voyages de Gulliver (1726).

Le radical chic ou comment créer des communes désurbanisées, un aggloméré de jeunesse désenchantée pour fuir l'aliénation et aussi celle des milieux militants usés et impuissants aux éternelles réclamations et appels de l'État au secours, d'échecs historiques et d'amertume. Mais l'attirance du désastre et de ses effondrements forment ces communes qui souhaitent le dépassement, la vengeance, le morbide. Cette fascination sans nuance d'une réalité devenue évidente et violente engendre la violence également. Le désir de vivre se remplace par le désir de vengeance. Il faudrait prendre acte de toutes choses mauvaises pour faire commune et prendre toute chose détestable pour son entièreté. Organiser le pessimisme n'est pas suffisant. Toutes ces théories insurrectionnelles n'ont d'avantage que de multiplier les partisans, de les articuler, comme une armée qui vise une guerre civile, toutes opaques avec autant de principe de blocages, pillage et sabotage. Ces guerriers de l'ombre se calquent dans une misogynie déjà présente au pouvoir et attendent patiemment un signe puisqu'ils patientent, en rang et bien organisés. Cette vocation vers le désastre, le positif de la mort est l'angle, cette fois-ci, vivant d'une virilité classique du guerrier, de la fascination pour la violence. Ne reste que la délinquance comme pratique acceptable et pardonnable à souhait, figure de rebelles.
La catastrophe devient alors, par hasard de catastrophe, le moment idéal pour messianiser le peuple. On retrouve là, tout des attirails terroristes. Les crises écologistes, les ouragans, tout ce qui fragilise les êtres et demande de nouvelles organisations en autosuffisance, des autodéfense et approvisionnement pour la survie. Ces crises deviennent autant de chance d'apparition de communes pour transformer le monde.
Aucun enthousiasme pour ces pratiques morbides.

Séisme à Mexico le 19 septembre 2017, 32 années après le séisme de 1985 à Mexico (19 septembre 1985), provoquant environ 10 000 morts et 30 000 blessés.

Avec beaucoup de retard, on observe des copies de copies exaltées par connivences de devenir un contre-pouvoir par intégration d'une commune. Aucun projet positif n'a été jusque là inventé, mais de critique en critique du même système, les copies rendues en retard, ne reste que les communes pour participer du même geste du renoncement d'une invention positive. Inquiétude et ravage, ces guerriers moroses et quasi dépressifs sont en germe dans une société en crise, avec un excès de travail, plutôt qu'un travail qui a du sens et de la convivialité. Ce marché de l'emploi en souffrance invente ainsi un refus de s'intégrer à ce marché qui tue plus qu'il ne ressource et ne cultive. Alors ces guerriers ne sont pas là et s'inventent pour leur mort. Ils ne vivent pas mais projettent, ce projet de vie qu'est la mort. Le seul projet auquel le monde du travail ne peut toucher, puisque ce monde du travail ne s'exécute que pour activer une société animée et consommante, qui se consume à petit feu. Alors ce projet morbide se pense, ici ou là, par la violence et la terreur, par la manipulation et tant de jeunesse aux désirs ardents de projets et de sens, s'engouffrent dans la brèche laissée béante, des politiques successives et sans succès.
Les catastrophes naturelles sont les moments des pertes de la foi et des confiances aux autorités, là où les naufrages sont comptés et aucun sauvetage énoncé. Les villes sont abandonnées, les dégoûts des gouvernements augmentent, les actes illégaux sont même appréciés et favorisés dans de telles circonstances. Les pillages sont justifiés, le crime rentre dans le domaine de la survie, plus rien n'est justifiable, fiable. Le viol est chose commune et jamais un crime. La subversion paralyse les systèmes mais ne permet aucune construction positive. Quelques héros, des hommes toujours, en tirent partis, puis s'oublient comme on oublie le cri d'un animal rejeté de son arbre, car il y a tant d'arbres et de femelles cachées, bientôt ne veulent plus procréer. Ces modes dans l'art à l'insurrection qui se distillent dans des écoles en crise et embrigadent des étudiants sans savoir ni discernement, la chair fraîche, là, disponible, puisque sans plus aucun enseignement, est devenu insupportable, validés car l'État a déserté ses écoles. Souvent de jeunes femmes sont en nombre, vaisselles, service, écriture, liant du groupe, sourires et popotes. Tandis que les hommes et les gourous se pressent de rajeunir Debord dans les terreaux laissés des enseignements retraités, les seuls a avoir capitalisé, dans les sphères de la culture. Toute tentative constructive et ouverte sur le monde, dans ces mines territoires, ces chasses gardées, est éliminée, au profit d'un enfermement, d'un rétrécissement de la pensée.  La fuite, le groupuscule, contre les enseignements, contre la pluralité. Il y a une volonté d'adhérer aux mêmes, à l'idée nostalgique d'une révolution, sans jamais l'incarner, avec les mots insurrectionnels, avec les formules, tout en rejetant ce qui est différent, toutes les différences, c'est-à-dire, ce qui n'a ni formule, ni lourdes références, ni dépression.

Autoconstruction de paille, apprendre à potager et appâter les urbains pour la sortie de la techno-marchande avec techniques de combat, afin de savoir se battre, ouvrir les maisons, les institutions, piller les uns et les unes en signant à la place de l'État, s'approprier les salaires et les sels de la vie, contourner les règles et la loi, monter des cantines de rue, faire des affiches avec des feutres enfantins pour singer la manifestation, étudier les plantes, croire à l'invention de l'immédiat et nier l'histoire, le je égale le je, rassembler les êtres qui se sont oubliés et ne veulent plus savoir d'où ils viennent.
Le refus de la pensée s'exprime par défaire en se réappropriant tout savoir-faire acquis des plus pauvres et en le faisant savoir. Comment apprendre à piller, violer, sans se faire prendre. Radical chic.
Et c'est bien témoins de cette pauvreté copiée des ignares des histoires, que nous accompagnons le peu de sensibilité et d'invention nous obligeant d'enterrer les nôtres, les sages.

Les crises deviennent autant de chance d'apparition de communes pour transformer le monde. Tout climat délétère est entretenu afin que les communes s'organisent. Il ne faut absolument pas que le climat s'améliore, il faut le désintégrer davantage afin que le règne des plus morbides arrive.
Aucun enthousiasme pour ces pratiques.

Signé : La comète

"Un Autre Monde" de J.J Grandville (du livre : Pérégrinations d'Une Comète  - 1844)

Par kiwaïda at 16:16

14/07/2017

ℒεṧ ʟїღ☺ü❡℮@üḓṧ ρ@ґ⊥ℯᾔ☂ ℮η √@¢@ᾔ¢℮ṧ

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La cheffe de cabinet et le psychiatre (sculptures avril 2017 © Sonia Marques et JD)

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L'inspecteur  (photographie juillet 2017 © Sonia Marques)

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Papa et maman  (photographie et dessin le 13 juillet 2017 © Sonia Marques)

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Le bouquet final  : BISOUS  (photographie le 13 juillet 2017 © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 17:07

18/04/2017

ℙÅℰѺℵℐѦ

Paesonia (Photographie © Sonia Marques)
Les pivoines, {genre Paeonia du grec ancien >propre à guérir, salutaire) - païônía : pivoine, plante médicinale} sont des plantes à racines tubéreuses, originaires de diverses régions de l’Europe à l’Extrême-Orient, notamment de Chine, où elles sont associées à la ville de Luoyang, ainsi que de l’ouest des États-Unis.
Péon (Παιὠν - Paiôn) était un des plus anciens dieux guérisseurs des Grecs.
Les anciens Grecs dénommaient aussi la pivoine paiônia.
Les astrologues grecs affirmaient qu'il existait une parfaite unité du cosmos, se traduisant par une interdépendance entre les éléments qui le composent. Ils décrivaient ainsi des "chaînes" verticales, reliant entre eux divinités, astres, pierres, animaux, plantes, parties du corps. La plupart des textes astrologiques de l'Antiquité reliaient la pivoine à la Lune : la pivoine croissait et diminuait selon les phases lunaires. Elle avait la vertu de soigner les fièvres cycliques, les éruptions cutanées, et de hâter la cicatrisation des plaies. La pivoine était aussi une plante magique, dont la cueillette était entourée de pratiques rituelles, déconcertantes pour l'homme moderne.

« Cette plante, que l'on appelle aussi γλυκυσίδη / glukusidê, doit être arrachée la nuit ; si on l'arrache de jour, et que l'on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux, et si on coupe la racine, on risque la procidence de l'anus » (Histoire des plantes, IX, 8, 6.)

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 Tree peony and butterfly (Katsushika Hokusai / 1760-1849)

Par kiwaïda at 12:29

03/02/2017

ᒪᙓ ᔕᗴᒪ ᖱᗴ ᒪᗩ ᐯᓮᗴ

SAL


Salaire, du latin salarium (“solde”), partie de la solde des troupes romaines, versé en sal “sel”.
Le salaire est donc une rémunération pour un travail. L'emploi de salaires bien ou mal distribués, contribue beaucoup à la prospérité ou à la dégradation d'un système, d’un pays, d’un royaume, à la régularité ou au dérèglement des mœurs d'une Nation, et à l'accroissement ou à la diminution de la population. Si le mot « salaire », au sens propre, peut se comprendre comme la récompense d’un service, car toute peine mérite salaire, au sens figuré, c’est une punition, un châtiment qui mérite une mauvaise action, comme avoir le salaire de ses crimes. Le salaire se transforme en punition, lorsqu’un.e employeur.e estime qu’un.e employé.e ne mérite pas son salaire. Il peut être saisi, diminué ou supprimé. L’employé.e peut avoir des dettes, s’endetter. L’employeur.e doit toujours motiver une saisie sur le salaire et l'employé.e doit être averti et passer devant un juge au tribunal. Dans les cas de harcèlements et de discriminations, ces étapes sont rapidement évitées. Les stratégies de l’évitement des « indésirables » sont multiples et ont pour but de diminuer le sel de la vie. Selon certain.es employeurs, il y a des vies qui ne valent pas la peine d'être sauvegardées, protégées et considérées. Il y a des vies jugées faibles et non dignes d'être pleurées.
Ainsi, on peut l'observer, l’emploi de salaires mal distribués contribuent à la dégradation d’un système, d’un pays, au dérèglement des mœurs d’une nation. Dans le déclassement d'un pays, son déclin, on observe un rapport au travail qui entretient des inégalités de salaires, de l'esclavage, une corruption au niveau les plus hauts des gouvernances. Les inégalités continuent de croître, tandis que le pays décline, et les conflits sociaux prennent la forme du racisme, du sexisme, de la xénophobie, de l’homophobie, mais sont habilement moins visibles et donc, difficiles à dénoncer.
Les gouvernances d’un pays corrompu salissent les salariés et leurs attribuent leurs saletés. Elles leurs font payer leur ingérence.
Le masque du racisme s’effectue par des motifs administratifs, qui illustrent La banalité du mal, dont Hannah Arendt (politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine), en 1963 en a conceptualisé une philosophie (dans son ouvrage Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal) Ce concept a été l’objet de controverses, d’opinions hostiles à l’égard d’Arendt, par de nombreuses incompréhensions. Elle évoque les mécanismes, ou les logiques, qui sont à l’origine de la destruction des populations civiles et qui caractérisent le comportement d’une grande quantité d’exécutants bureaucrates. Arendt parle de crime administratif, appuyant sa nature bureaucratique, et largement accompli par ce qu’elle nomme des criminels de bureaux. Dès les premières observations d’Eichmann, Arendt fut surprise de découvrir qu’il ne portait pas les traits d’une brute, ou d’un monstre, comme le laissait présager l’imaginaire populaire, alors convaincu que seuls ceux-ci étaient capables de tels crimes. Certains pensaient que cette notion revenait à déresponsabiliser les responsables nazis de leurs crimes, de les innocenter, ce qui n’était pas l’intention de la philosophe. La chaîne des agissements malveillants d'apparence neutre sont toujours exercés dans les administrations.

Samuel Tanner, « Réflexion autour de la banalité du mal inspirée d’une conversation avec Jean-Paul Brodeur »,  2012, Extraits :
École de criminologie et Centre International de Criminologie Comparée - Université de Montréal (Canada).

"En effet, Eichmann – comme tout bureaucrate – effectuait des tâches dans un horizon restreint impliquant un travail segmenté, dépersonnalisé, bref de routine. Certes, dans son cas, la bureaucratie nazie tout entière poursuivait une entreprise criminelle qui n’apparaissait pas, ou n’était jamais présentée comme telle. Les victimes n’étaient jamais évoquées pour ce qu’elles étaient, c’est-à-dire des êtres humains, mais plutôt identifiées comme des colis dont il fallait organiser le flux. Ainsi, l’attention des bureaucrates et fonctionnaires nazis, Eichmann compris, bien qu’eux-mêmes impliqués dans le convoyage et la déportation des Juifs vers les camps de la mort, était toute mobilisée et concentrée à établir des listes, dresser des horaires de transport, bref à réaliser un ensemble de tâches techniques en vue de coordonner ces flux. En conséquence, l’action s’évaluait en termes de rendement et d’efficacité plutôt qu’en vertu de ses conséquences humaines – et de facto morales – ultimes. La banalité du mal évoque la civilisation industrielle sous sa forme pervertie et sa version criminelle paroxystique. Elle implique une rupture radicale entre gestes techniques bureaucratiques quotidiens et conséquences – aussi extrêmes soient-elles – en bout de chaîne. C’est parce qu’Eichmann était mû par un zèle tout particulier dans l’application des directives technico-juridiques que requiert la bureaucratie, sans qu’il eût jamais été en contact avec l’horreur des conséquences de ses gestes, qu’il était particulièrement redoutable dans le processus de destruction des Juifs. Le crime administratif, ou moderne, qui évoque un fonctionnement bureaucratique, implique une distance entre le producteur et le consommateur, entre l’agent et la victime. Poussée à son comble, la thèse de la banalité du mal évoque l’Iliade et renvoie au crime de Personne, puisqu’il n’aurait jamais été possible sans les centaines de milliers de fonctionnaires agissant sur le même mode qu’Eichmann au sein d’une bureaucratie qui déresponsabilise et rend les actions anonymes.
Ce qui choque dans cette thèse tient au fait qu’Eichmann ne soit pas le monstre auquel on s’attend dès lors qu’il entre dans le box des accusés. Plutôt, il est le produit du fonctionnement bureaucratique, et ce, à deux égards. Premièrement, il s’agit d’un être qui ne pense pas, c’est-à-dire qu’il ne considère pas la nature de l’action, ou l’entreprise, à laquelle il participe, ni les conséquences inhumaines qu’elle implique. De fait, il agit en l’absence de tout jugement moral. Eichmann n’a envisagé cette entreprise – pourtant criminelle – que sous un angle technique, administratif et bureaucratique plutôt qu’en vertu de cette disposition à vivre avec soi et être engagé dans un dialogue silencieux entre « moi et moi-même », action précisément qualifiée de penser par Arendt. Cette mobilisation par la nature technique des tâches prévient, in fine, l’individu de répondre à la question suivante : « serais-je capable, une fois les événements terminés, de vivre avec le tueur en moi » ? Pourtant, met en garde la philosophe, il serait faux de croire qu’Eichmann ne faisait qu’obéir aux ordres. En réalité, affirme-t-elle, il consentait aux ordres.
Ce consentement est caractéristique de toute bureaucratie moderne, indépendamment de la tâche dans laquelle celle-ci est déployée. C’est une dimension importante de la banalité du mal : Eichmann, tout comme l’ensemble des fonctionnaires, s’est approprié l’esprit du contexte situationnel – tant social que politique – et l’organisation dans laquelle il évoluait. Il a soutenu l’entreprise, bien plus qu’il n’a obéi à ses supérieurs, et son dévouement s’explique en grande partie par un objectif carriériste.
Chaque initiative, qu’elle provienne de la base ou du sommet de la bureaucratie nazie, était appuyée en haut lieu dès lors qu’elle cadrait avec les objectifs absolutistes d’Hitler, définis pour la plupart du temps en termes généraux, s’inscrivant dans l’idéologie nationale-socialiste et à forte saveur émotionnelle. L’initiative est à la base même des dynamiques de radicalisation conduisant à l’extermination des Juifs. Pour autant qu’elle fasse la promotion directe des objectifs du Führer, elle permettait une promotion de carrière immédiate. Compte tenu de la rivalité qui existait entre les différentes instances de la bureaucratie nazie en vue de s’attirer les faveurs du Führer, la « bonne » initiative, celle qui cadrait avec les vues d’Hitler et qui s’intégrait pleinement dans le système bureaucratique nazi, constituait un avantage certain dans la promotion de carrières des fonctionnaires nazis, Eichmann compris. Dès lors, la banalité du mal évoque ce fonctionnement technico-bureaucratique de soutien du système d’avancement de carrière et des rôles attendus par ses représentants."



Notes de l'Unité de recherche migrations et société CNRS Paris 7 et 8 (racisme et discrimination dans le travail) :

L’inégalité de rémunération, l’accès à la promotion, à la formation professionnelle, entre étrangers et français est lisible. L’existence est attestée dans ce que certains auteurs américains nomment « racisme institutionnel », phénomène totalement ignoré en France. Le bénéfice de divers droits dérivés de la qualité de salarié est souvent difficile à obtenir pour les « immigrés » (étrangers, Français d’origine étrangère, Français de « couleur »). Particulièrement pour l’obtention d’un logement. Aux confins des discriminations légales et illégales se situent les différences instaurées par l’administration publique au regard des buts de service ou d’intérêt publics tels qu’ils sont fixés par la loi. Le pouvoir discrétionnaire, c’est-à-dire de libre appréciation, dont dispose de fait l’administration, est le plus souvent conforté par les tribunaux qui statuent sur l’absence de détournement de pouvoir, plus que sur le principe d’égalité. Les actions en justices et les jugements des tribunaux ne constituent pas une source de renseignement. Car il est aisé de laisser entendre que ce sont les « prétendues victimes » qui mésinterprètent ou exagèrent les faits. Les discours sur le monde du travail les excluent presque toujours. Tout ce passe comme s’il n’existait que des cas isolés, condamnables et parfois condamnés, résultant d’actes ramenés à des comportements individuels qualifiés de maladroits, imbéciles et rabaissés au rang d’anecdotes. Les employés sont accusés de ne pas être soigneux, de porter préjudice à l’établissement par leur attitude inadmissible, de salir les équipements, que ce soit de façon volontaire ou non, d’avoir des dettes ou d’être en retard, absents des réunions où ils sont exclus. Tout cela forme des motifs suffisants pour manipuler les salaires, et compromettre l’avenir professionnel des employés. La non prise en compte des actes racistes produite par la culture nationale bloque toute évolution du travail. Les contournements de la loi du travail et de l’égalité des droits deviennent des stratégies de l’évitement des « indésirables ».

UNE VIE BONNE

"Ce qui est ici en jeu, c'est un type d'enquête consistant à se demander quelles vies sont déjà considérées comme n'étant pas des vies, ou considérées comme des vies ne vivant que partiellement, ou comme des vies déjà mortes et envolées, et ce avant toute destruction ou abandon explicites. Bien sûr, cette question devient très douloureusement tangible pour qui se comprend déjà comme une sorte d'être dispensable, un être qui enregistre à un niveau affectif et corporel que sa vie ne vaut pas la peine d'être sauvegardée, protégée et considérée. Il s'agit de quelqu'un qui comprend qu'il ne sera pas pleuré s'il perd la vie, et donc de quelqu'un pour qui l'affirmation conditionnelle "Je ne serais pas pleuré" est vécue concrètement au moment présent. S'il s'avère qu'aucun réseau social, aucune institution ne me prendrait en charge en cas d'effondrement, alors j'en arrive à relever de la catégorie du "qui-n'est-pas-digne-d'être-pleuré. Cela ne signifie pas qu'il n'y en aura pas certains pour me pleurer, ou que celui qui n'est pas digne d'être pleuré n'a pas de manières d'en pleurer un autre. Cela ne signifie pas que je ne serai pas pleuré à un endroit et pas à un autre, ou que la perte ne sera pas enregistrée du tout. Mais ces formes de persistance et de résistance interviennent toujours dans une sorte de pénombre de la vie publique, faisant occasionnellement irruption pour contester ces systèmes par lesquels elles se voient dévaluées en affirmant leur valeur collective. Alors, oui, celui qui n'est pas digne d'être pleuré participe parfois à des insurrections publiques de grande tristesse, raison pour laquelle il est difficile dans tant de pays de distinguer la procession funéraire de la manifestation. "


Extraits de : Qu'est-ce qu'une vie bonne ? | Judith Butler, philosophe américaine /
> En 2012, au moment de recevoir le Prix Adorno, Judith Butler se demande s’il est possible de vivre une bonne vie dans une mauvaise vie. Que peut donc signifier mener une vie bonne, une vie vraie quand la plupart sont exposés dans leur chair à la vulnérabilité d’une mauvaise vie ? Comment penser la résistance de la vraie vie à la fausse ? Cette ancienne question de la philosophie morale prend un sens neuf si on la pose dans les conditions concrètes de nos existences.

"La raison pour laquelle quelqu'un ne sera pas pleuré, ou a déjà été jugé comme n'ayant pas à être pleuré réside dans l'inexistence d'une structure d'appui susceptible de soutenir à l'avenir cette vie, ce qui implique qu'elle est dévaluée, qu'elle ne mérite pas d'être soutenue et protégée en tant que vie par les systèmes de valeur dominants. L'avenir même de ma vie dépend de cette condition de soutien. Si donc je ne suis pas soutenu, alors ma vie est jugée faible, précaire, et en ce sens indigne d'être protégée de la blessure ou de la perte, et est donc une vie qui n'est pas digne d'être pleurée. Si seule une vie digne d'être pleurée peut être considérée, et considérée à travers le temps, alors seule une vie digne d'être pleurée pourra bénéficier d'un soutien social et économique, d'un logement, de soins médicaux, d'un emploi, de la liberté d'expression politique, de formes de reconnaissance sociale, et d'une capacité de participation active à la vie publique. On doit, pour ainsi dire, être digne d'être pleuré avant d'être perdu, avant que se pose la question d'être négligé ou abandonné et on doit être capable de vivre une vie en sachant que la perte de cette vie que je suis serait déplorée, et donc que toute mesure sera prise afin de prévenir cette perte."


I AM A MAN


I AM A MAN > Memphis Sanitation Workers Strike (1968)

Martin Luther King a été assassiné le 4 avril 1968, à Memphis, dans le Tennessee. Le chef de file du mouvement en faveur des droits civiques était venu manifester sa solidarité avec les 1300 éboueurs en grève, principalement des Afro-Américains, qui protestaient contre leurs pénibles conditions de travail, leur salaire de misère et le refus de la ville de reconnaître leur syndicat. Même si les États et les municipalités ne pouvaient plus invoquer les lois « Jim Crow », en 1968, pour imposer la ségrégation raciale, comme ils l'avaient fait pendant des dizaines et des dizaines d'années, les Noirs dans le sud du pays éprouvaient encore les plus grandes difficultés à trouver de bons emplois.
À Memphis, le ramassage des ordures était souvent leur seule option. Les conditions de travail étaient pénibles et souvent dangereuses. Les éboueurs s'étaient mis en grève en février 1968, suite au décès de deux de leurs collègues qui étaient morts écrasés par le compacteur d'ordures défectueux de leur camion alors qu'ils cherchaient à se protéger contre la pluie.
«Le règlement de la ville interdisait aux employés noirs de se mettre à l'abri des éléments ailleurs que dans le bac arrière de leur camion, avec les ordures», explique l'historien Taylor Branch.
Martin Luther King était à la tête d'une manifestation à Memphis, en mars, qui avait prit une mauvaise tournure lorsqu'un petit nombre de manifestants avaient cassé des vitrines et que la police avait répondu par la force. Lorsqu'il revint dans la ville en avril, il était déterminé à ce que la nouvelle manifestation se déroule dans le calme.
« Nous devons redescendre dans la rue, dit-il, et forcer tout le monde à voir qu'il y a ici 1.300 enfants de Dieu qui souffrent, qui ne mangent pas toujours à leur faim, qui passent les nuits à se morfondre en se demandant comment va finir cette affaire. » (Pendant la grève, les éboueurs n'étaient pas payés.)
Le lendemain, le 4 avril, Martin Luther King fut abattu par un tireur isolé. Les éboueurs et des milliers d'autres personnes défilèrent ensuite dans les rues, dans le calme, en mémoire du pasteur et pour soutenir la grève. Le président Lyndon Johnson dépêcha un responsable du ministère du travail chargé de faciliter les négociations entre les grévistes et la municipalité, et la grève prit fin vers la mi-avril lorsque la ville de Memphis accepta d'augmenter le salaire des éboueurs et de reconnaître leur syndicat.
« Ce groupe d'ouvriers américains ordinaires s'engagèrent de manière extraordinaire en faveur de la justice sur le lieu de travail », déclara l'actuelle ministre du travail, Mme Hilda Solis, en avril 2011, en inscrivant les éboueurs au « Hall d'honneur » du monde du travail.
« Ils s'engagèrent en faveur de la dignité humaine par quatre mots simples : I AM A MAN », le slogan qui figurait sur les pancartes brandies par bien des grévistes.



I AM A MAN > Memphis Sanitation Workers Strike (1968)

FAIRE DU SALE

Nouvelle expression issue de la jeunesse des banlieues et de la musique hip-hop. Là où les codes sont inversés.
Dans un tel univers, « faire du sale » s’apparente à quelque chose de positif. « It’s a good shit » comme disent les américains pour signaler un morceau de qualité. Il en va de même du « Smell that shit » pour proposer l’écoute d’un morceau qui nous a plu.
« Faire du sale » ou « salir autrui », c’est quelque chose dont on peut se réjouir et qui est approuvé par son groupe, sa bande, son crew. Il y a quelque chose de jouissif à faire des choses « interdites » avec légèreté et insouciance. C’est comme imposer indirectement sa domination aux autres.
L’expression « faire du sale » a deux visages, l’un exprime la réussite au sens propre :
Farid a eu 15 au contrôle de d'arts plastiques, Pedro s’exclame : « Whaou, il a fait du sale !  »
La classe répond : « Graaaaaaave l’enculé  »
Et l’autre dans un sens moins propre :
Martin-Emmanuel revient de sa skin party, Pierre-Antoine lui demande : « Alors la soirée ? »
Martin-Emmanuel répond : « J’ai fait du sale l’ami, je suis carbooo  »

"On va commencer par faire du sale" est une phrase du groupe Marin Monster feat. Maître Gims - Pour commencer, dont les paroles ainsi :

Meugiwarano, du nine, je n'ai pas changé depuis
Je n'ai juste plus le time, de m'poser oui la j'en pâli
Et à l'heure où j'te parle, j'suis pt'être dans un autre pays
J'vais vous raconter ma life, en commençant par faire du sale (la-la-la-laaa)

[Maître Gims]
La la la la la, Meugiwarano, Yanslo du Ni-Ni-Niiiine , on va commencer par faire du sale

...


Dans les inversions et les codes à décrypter des bancs de la société, Booba : 92i Veyron (Clip Officiel) de son album "Nero Nemesis"

On trinque à nos balafres, à nos crochets tous les soirs
Noir c'est noir ont-ils dit, y'a donc vraiment plus d'espoir
Les vainqueurs l'écrivent, les vaincus racontent l'histoire
Les vainqueurs l'écrivent, les vaincus racontent l'histoire
Personne dans le monde ne marche du même pas
Leurs règles ont toutes une tombe
C'est ça qu'ils ne comprennent pas
Des allers-retour en prison certains n'en reviennent pas

...

NERO

Cette réponse, qui s'exprime souvent dans le domaine artistique (musique, clip, peinture, performance, écriture...) dans le langage populaire, est celle donnée, en miroir ou copie, aux mauvais agissements effectués par des dominants ou en position de pouvoir agir sur le sel de la vie, qui font du sale pour asseoir leur domination sur autrui.
« Faire du sale » ou « salir autrui », c’est quelque chose dont les dominants se réjouissent et qui peut être approuvé par un groupe, une société. Il y a quelque chose de jouissif à faire des choses « interdites » lorsqu'elles passent inaperçues et ne sont jamais dénoncées, surtout lorsqu'elles s'effectuent avec légèreté et dont les actes paraissent anodins.
C’est imposer indirectement sa domination aux autres, son pouvoir, en discriminant les plus faibles, les précaires, tout en ayant l’adhésion d'un plus grand nombre pour le faire (un groupe, un système) Lorsqu'un système se dérègle, entre en crise, il peut se passer un demi-siècle, des siècles avant de rendre justice aux opprimés ou reconnaître les génocides, les dégâts collatéraux des colonisations, des exterminations des peuples. Mais aussi, il peut se passer que la reconnaissance n'arrive jamais.
Les réponses artistiques peuvent choquer ou provoquer, bien qu'elles représentent un miroir déformant ou caricatural, ou poétique, fantaisiste, de fiction ou de science-fiction... de ces agissements, surtout lorsque les modèles érigés en gouvernance de pays, de nations, de pouvoirs, de dominations sur les opprimés, sont parsemés d'actes répréhensibles jamais jugés, jamais arrêtés, ni pénalisées (emplois fictifs, détournements de fond, viols, harcèlements, esclavages, tortures, exploitations de populations, etc...). Ce sont ces gouvernances qui sont les plus répressives envers l'humour ou les réalisations artistiques, toute expression, tous lieux culturels, médias, journaux, canaux de diffusion artistiques..., toute pédagogie ou médiation qui revisite l'Histoire et ses civilisations, et communique sur les guerres et les massacres, rencontre des obstacles, et ses négations, car le miroir doit refléter de bonnes images surtout lors de dictatures, et faire taire ses agissements. Ce que ne peut réaliser un gouvernement, la guerre dans son pays, il le réalise dans d'autres pays, afin de décharger chez d'autres, les pulsions de destruction, et non chez "les siens" (problématique des colonisations, des guerres et conflits de politique extérieure...)

Lors d'une conférence publique en mai 2016, à La Fondation Calouste Gulbenkian (institution portugaise privée) à Paris, organisée par le Collège d'Études Mondiales, de la Fondation des maison des sciences de l'homme, et pour la chaire Global South(s) (qui aborde les Sud(s) comme des espaces et des temporalités qui se croisent et interagissent)
Françoise Vergès (titulaire de la Chaire, politologue et féministe) échange avec Achille Mbembe, enseignant universitaire et philosophe, théoricien du post-colonialisme, sur son ouvrage "Politique de l'inimitié".

Achille Mbembe dit de l'impur :

Il n'y a d'humain que dans notre disposition et notre volonté de vivre exposé les uns aux autres.
Pour rendre la terre habitable il faut vivre avec des personnes que l'on n'aime pas.
Il faut partager avec toutes les figures du vivant au delà d'un rapport anthropocentré.
Accepter l'impureté.
Au fond nous sommes tellement impurs.
Les recherches récentes nous informent que notre corps, une grosse partie de qui nous sommes c'est de l'eau.
Un énorme pourcentage de nous c'est un tissu de microbes.
Nous sommes composés de microbes, nous sommes biologiquement impurs.
Nous voulons nier de façon radicale notre étant impur et nous pensons que nous pouvons penser avec notre état de pureté en coupant tout lien avec autrui qui constituait une menace.
Il faut inventer un mode de relation à nous-même qui passe par Autrui.
C'est autrui qui nous confère à nous notre identité.

Le fantasme : tuer l'autre, le disséquer.
Il n'y a pas d'autre en dehors de cette phénoménologie.
Quel type de fantasme hante notre époque ?
La vie fantasmatique de notre époque menace l'idée du politique, l'idée de la relation.

La force de ce fantasme, ce qui nourrit ce fantasme c'est en partie qu'il nous dispense de réflexion critique.
Beaucoup d'entre nous ne veulent pas réfléchir de façon critique.
Une responsabilité, il n'y a pas de démocratie là où il y a capitulation de l'exercice critique.
Tout nous pousse à ne plus penser, à ne plus réfléchir.
C'est un refus de la pensée complexe.
Penser est remplacer par la foi, la religion.
Un enthousiasme par les idées toutes faites, typique de l'ère néo-libérale.
Les discours politiques dans le monde, les nouveaux entrepreneurs politiques se sont les gens qui diviseront le plus. Ils vous diront l'immigration est un danger existentiel.
Ils diront, j'ai une solution, je vais construire un mur entre les États-Unis et le Mexique.
Il y a une foule de gens qui croient à cette idée.
Il y a une ferveur aux idées simples.
Cela se passe maintenant aux États-Unis (Mois de mai 2016, date de la conférence)

La force du fantasme vient du renoncement à la faculté critique.
La pulsion autoritaire se trouve partout y compris dans l'Europe, le désir de fascisation.

Dans 50 ans, la grande majorité des gens viendrons de l'Asie et l'Afrique.
Les jeunes porteurs du futur seront des africains.
Point de vue démographique, le futur de la planète se joue ailleurs que dans l'Europe.

Alors que l'Europe ferme ses portes, l'Afrique doit faire exactement l'inverse.
Il n'y a aucune raison pour que les africains se noient en mer.

L'éthique du passant.
L'histoire des humains est très courte, une parenthèse dans la géologie.
Le monde a commencé avant nous et le monde se poursuivra longtemps après nous.
Nous sommes fondamentalement des passants.
Notre destinée est de passer.
L'éthique du passant : à partir du détachement qui implique le lien avec ce qui est essentiel, on peut imaginer d'autres formes du politique qui vont au-delà du cercle dans lequel l'état nation nous a enfermer.
Relativiser les concept de nation, d'état, de citoyens.

Crise de la phallocratie

Ce n'est pas uniquement une affaire d'hommes, ça l'est mais, il y a des femmes phallocrates aussi.

La phallocratie c'est l'adhésion à un modèle d'existence qui repose sur le virilisme entendu comme vertu.
Le virilisme impliquant en grande partie la capacité à s'imposer.
Le projet de suprématie sur tout ce qu'il n'est pas soi.
Exercice qui consiste à bombarder des gens.
Économie phallocratique et nihiliste qui caractérisent les conflits contemporains.

L'objet perturbateur (dans The society of Enmity / Radical Philosophy, décembre 2016, par Achile Mbembe)

Le terme «mouvement» implique nécessairement la mise en mouvement d'une pulsion qui, même impure, est composée d'une énergie fondamentale. Cette énergie est enrôlée, consciemment ou non, dans la poursuite d'un désir, idéalement un désir-maître. Ce désir-maître - comprenant à la fois un champ d'immanence et une force composée de multiplicités - est invariablement dirigé vers un ou plusieurs objets. «Nègre» et «Juif» étaient autrefois les noms favorisés pour de tels objets. Aujourd'hui, les Noirs et les Juifs sont connus sous d'autres noms: l'Islam, le Musulman, l'Arabe, l'étranger, l'immigré, le réfugié, l'intrus, pour n'en citer que quelques-uns. 

Le désir (maître ou autre) est aussi ce mouvement par lequel le sujet - enveloppé de tous côtés par un fantasme spécifique (qu'il s'agisse de toute puissance, d'ablation, de destruction ou de persécution, peu importe) - cherche à se retourner sur lui-même L'espoir de se protéger du péril extérieur, tandis que d'autres fois il atteint en dehors de lui-même pour faire face aux moulins à vent de l'imagination qui l'assiègent. Une fois déracinée de sa structure, le désir se propose alors de capturer l'objet perturbateur. Mais puisque, en réalité, cet objet n'a jamais existé - n'existe pas et n'existera jamais - le désir doit l'inventer continuellement. Un objet inventé, cependant, n'est toujours pas un objet réel. Il marque un espace vide et enchanteur, une zone hallucinatoire, à la fois enchantée et maléfique, une demeure vide hantée par l'objet comme par un charme.

Le désir d'un ennemi, le désir d'apartheid, de séparation et de clôture, le fantasme de l'extermination, aujourd'hui hantent l'espace de cette zone enchantée. Dans un certain nombre de cas, un mur suffit à l'exprimer. Il existe plusieurs types de mur, mais ils ne remplissent pas les mêmes fonctions. On dit qu'un mur de séparation résout un problème de nombre excessif, un surplus de présence que certains considèrent comme la raison principale des conditions de souffrance insupportable. Restaurer l'expérience de son existence exige en ce sens une rupture avec l'existence de ceux dont l'absence (ou disparition complète) est à peine vécue comme une perte du tout - ou alors on voudrait croire. Cela implique également de reconnaître qu'entre eux et nous, il ne peut y avoir rien qui soit partagé en commun. L'angoisse de l'anéantissement est donc au cœur des projets contemporains de séparation.

Partout, la construction de murs et de clôtures en béton et d'autres «barrières de sécurité» est en plein essor. Outre les murs, d'autres structures de sécurité apparaissent: des postes de contrôle, des enclos, des tours de guet, des tranchées, toutes sortes de démarcations qui, dans de nombreux cas, n'ont d'autre fonction que d'intensifier le zonage de communautés entières sans jamais réussir à écarter celles considérées comme menace.


Dans un article, ​The age of humanism is ending, daté de décembre 2016, il écrit ceci /


La position anti-humaniste croissante qui va de pair avec un mépris général pour la démocratie. Appeler cette phase de notre histoire fasciste pourrait être trompeur à moins que par fascisme nous entendons la normalisation d'un état social de guerre.

Un tel état serait en soi un paradoxe parce que, si quelque chose, la guerre conduit à la dissolution du social. Et pourtant, dans les conditions du capitalisme néolibéral, la politique deviendra une guerre à peine sublimée. Ce sera une guerre de classe qui nie sa nature même - une guerre contre les pauvres, une guerre de race contre les minorités, une guerre de genre contre les femmes, une guerre religieuse contre les musulmans, une guerre contre les handicapés.
Le capitalisme néolibéral a laissé dans son sillage une multitude de sujets détruits, dont beaucoup sont profondément convaincus que leur avenir immédiat sera celui de l'exposition continue à la violence et à la menace existentielle.

Ils aspirent sincèrement à un retour à un sentiment de certitude, le sacré, la hiérarchie, la religion et la tradition. Ils croient que les nations sont devenues semblables aux marécages qui doivent être drainés et le monde tel qu'il est doit être mis fin à. Pour que cela se produise, tout doit être nettoyé. Ils sont convaincus qu'ils ne peuvent être sauvés que dans une lutte violente pour restaurer leur masculinité, la perte qu'ils attribuent aux plus faibles parmi eux, les faibles qu'ils ne veulent pas devenir.

Dans ce contexte, les entrepreneurs politiques les plus réussis seront ceux qui parlent de manière convaincante aux perdants, aux hommes et aux femmes détruits de la mondialisation et à leurs identités ruinées.

Dans un monde qui vise à objectiver tout le monde et tous les êtres vivants au nom du profit, l'effacement du politique par le capital est la véritable menace. La transformation du politique en entreprise soulève le risque de l'élimination de la possibilité même de la politique.

La question de savoir si la civilisation peut donner naissance à toute forme de vie politique est le problème du XXIe siècle.


Et pour finir en beauté :

Charles - Vicomte (clip officiel)

Columbine, collectif d'artistes composé de 8 membres (Yro, Foda C, ChamanBeats, Sacha, Lujipeka, 3W., Larry Garcia et Chaps)

"Les pauvres ne savent pas.
Je veux bien lâcher un billet mais qu'ils ne réclament pas.
On est des vicomtes, on roule sur l'or et en Vespa."


Par kiwaïda at 03:14

18/01/2017

スヤスヤ, すやすや


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SUYA SUYA


Dialogue entre Shizuko et Yoshihiro

Je me suis longtemps demandé comment fallait-il l'écrire ? Déjà en parler.

Comment pouvait-on croire à d'intentionnelles nuisances quotidiennes, pendant que la vie continue, pendant que l’on aime ce que l’on fait, que l’on aime son métier et ses proches.

Je me suis longtemps demandé comment pendant la guerre invisible, nombre de personnes devaient choisir leur camp, dire, ne pas dire, faire semblant, se taire, ou bien dire et se faire tuer, déplacer.

Et puis, comme j'ai dû fuir, j'ai dû partir, j'ai été menacé, il fallait me taire, ou bien, il fallait endurer sans dire, ou devenir celui à qui l'on n'adresse plus la parole car il est ciblé, on change de place, on ne dit plus bonjour, on n'a plus de place, et dans le même temps on vous surveille plus que d'autres, on vous suit, on vous écrit souvent, très très souvent, on vous cible, on vous commente, on vous juge, on vous nomme très mal, on commence à supprimer votre nom, ou à le démanteler, le fracturer, le changer, on change votre sexe, votre adresse, puis on vous copie, on recopie, on prend votre place, on supprime vos outils, on supprime les accès, il y a des mots de passe, ils changent, puis il y a le mépris, on vous nomme par les majuscules de votre prénom et de votre nom, on vous oblige d'être là à telle heure, dans une heure, le lendemain, on vous accuse de ne pas être venu, de ne pas avoir lu, de ne pas avoir dit, d'avoir dit, d'avoir pris une pause, de ne pas avoir pris de café, d'être arrivé en avance, en retard, on vous accuse de ne pas être là alors qu'on ne vous attendait plus, on vous montre du doigt le dos tourné, on ne vous convie plus, on parle sur vous, sur ce que vous n'êtes pas, sur ce que vous devriez être, dans un coin, on vous demande de vous excuser, de vous expliquer, de vous justifier de vivre, de respirer, de travailler, de lire, de penser, de réfléchir, de ne rien dire, d'être en congé, d'être malade, on vous reproche de guérir trop vite, de prendre le bus et de sourire, d'aller aux toilettes, de vous lever, de regarder par la fenêtre, de ne pas répondre, on vous reproche de travailler trop tard, trop peu, trop vite, on vous reproche de trop bien travailler, de mal travailler, de ne pas dire bonjour quand on vous ne dit pas bonjour, on vous accuse d'avoir peur de venir, d'avoir peur de plaisanter, d'avoir peur d'être bien, de faire comme tous les autres, de mentir, de prendre un café, toute la journée, il faut prendre des cafés et discuter avec tout le monde, faire semblant de comprendre le mal de tous.

Il y a ça et il y a le bonheur. Il faut trouver le temps, se concentrer, emmener loin les autres, évoluer, comprendre, attendre, analyser, penser, apporter, traduire, entreprendre, apprécier, sourire, encourager, discerner, surpasser, exceller, le bel hiver, l'automne, la perfection, la bonté, la bénédiction, l'espoir véritable, l'enfant de la danse, la renaissance, la permission, l'approbation, la beauté éternelle, la neige légère, la petite vague, l'enfant du poney, le petit caillou, l'étoile étincelante, le garçon en or, l'épée du cœur, la défense de l'harmonie, le doux rêve, la fermeté, la fille luciole, l'intelligence, l'écho, la fleur du printemps...

C'est si peu, par rapport à tout le reste.

Un jour, on trouve la force de dire, plutôt de l'écrire, d'envoyer à tous ceux qui feignent.
Sans aucune réponse, on trouve la force de partir, d'aller ailleurs.
De recommencer.

Il faut trouver le temps, se concentrer, emmener loin les autres, évoluer, comprendre, attendre, analyser, penser, apporter, traduire, entreprendre, apprécier, sourire, encourager, discerner, l'enfant de la feuille d'arbre, l'enfant de la plage, l'ambition, la lettre de la lune, le message parfumé,  l'invulnérabilité, le vaisseau,  la tempête de neige, la beauté bénie, le divin sourire, le joyau éternel, le beau récit, la gloire, la chance durable, les milles générations, les cigognes, le splendide, le magnifique, le rouge écarlate, le lotus blanc, la soie tissée, la beauté du matin, le coucher du soleil, l'ange, la nuit de pluie, la confiance brillante...

Et puis cela recommence :

Il faut se taire, ou bien, il faut endurer sans dire, ou devenir celui à qui l'on adresse plus la parole car il est ciblé, on change de place, on ne dit plus bonjour, on n'a plus de place, et dans le même temps on vous surveille plus que d'autres, on vous suit, on vous écrit souvent, très très souvent, on vous cible, on vous commente, on vous juge, on vous nomme très mal, on commence à supprimer votre nom, ou à le démanteler, le fracturer, le changer, on change votre sexe, votre adresse, puis on vous copie, on recopie, on prend votre place, on supprime vos outils, on supprime les accès, il y a des mots de passe, ils changent, puis il y a le mépris, on vous nomme par les majuscules de votre prénom et de votre nom, on vous oblige d'être là à telle heure, dans une heure, le lendemain, on vous accuse de ne pas être venu, de ne pas avoir lu, de ne pas avoir dit, d'avoir dit, d'avoir pris une pause, de ne pas avoir pris de café, d'être arrivé en avance, en retard, on vous accuse de ne pas être là alors qu'on ne vous attendait plus, on vous montre du doigt le dos tourné, on ne vous convie plus, on parle sur vous, sur ce que vous n'êtes pas, sur ce que vous devriez être, dans un coin, on vous demande de vous excuser, de vous expliquer, de vous justifier de vivre, de respirer, de travailler, de lire, de penser, de réfléchir, de ne rien dire, d'être en congé, d'être malade, on vous reproche de guérir trop vite, de prendre le bus et de sourire, d'aller aux toilettes, de vous lever, de regarder par la fenêtre, de ne pas répondre, on vous reproche de travailler trop tard, trop peu, trop vite, on vous reproche de trop bien travailler, de mal travailler, de ne pas dire bonjour quand on vous ne dit pas bonjour, on vous accuse d'avoir peur de venir, d'avoir peur de plaisanter, d'avoir peur d'être bien, de faire comme tous les autres, de mentir, de prendre un café, toute la journée, il faut prendre des cafés et discuter avec tout le monde, faire semblant de comprendre le mal de tous.

Que fait-on le mieux pour empêcher l'autre de vivre ?

On le tue.

Il y a différents moyens de le tuer.

Vivre c'est se nourrir.

Travailler c'est se nourrir.

 

On l'empêche de travailler.

On lui coupe les vivres.

On lui diminue le salaire, l'emploi.

On lui supprime les outils.

On l'envoie au tribunal pour être jugé.

On l'emprisonne, on l'empoisonne.

On le disqualifie, on le liquéfie.

On le vole, on le viole.

On le fait faire par d'autres, par plein d'autres.

Le nombre cela fait plus mal, un nombre incertain, vers d'incertitudes accusations.

Toutes en mêmes temps, pour décerveler.

 

La torture.

 

Je me suis demandé comment les résistants avaient résisté.

Comment pouvait-on savoir qui des collaborateurs, des dénonciateurs, des imposteurs, de celles et ceux qui tamponnent très loin sur un bureau, de celles et ceux qui mettent un timbre, de celles et ceux qui envoient un courrier avec un accusé, de celles et ceux qui signent et aujourd'hui qui relayent les mails, sans écrire leur point de vue, celles et ceux qui signent votre arrêt de mort en signant, mes cordiales salutations.

Je me suis demandé combien de grandes institutions avec de vénérables publicités, une presse qui collabore, un service de plusieurs personnes, pouvaient ne pas répondre aux suicides et aux morts annoncées, aux tortures et aux crimes, aux alertes, comment, elles pouvaient continuer à afficher leur bonne conduite.

Je me suis demandé, avant, comment les gens pouvaient voter et croire au gouvernement, tandis que la vie d'autres personnes étaient en danger.

Quand il fait froid, quand il n'y a plus à manger, quand on est suspecté toute la journée, quand faire les poubelles est le pire des crimes, s'asseoir par terre aussi, dormir aussi, dehors comment était-ce possible ? Quand les uns et les autres ne vous aident plus, quand tout s'arrête, quand on n'a pas un sous pour un bout de pain mais qu'on ne demande rien, on ne demande plus rien car on n'a jamais rien demandé.

La raison de l'amour, la charité, le bénéfice, le gain, l'enfant de la longévité...

À présent je sais, je sais comment tout cela advient.

Je sais que la torture n'est pas visible, je sais que mourir est indicible, je sais que rire n'est pas une respiration, mais un cil bien rangé parmi les autres lorsque la paupière se ferme et que l'on entend le suya suya d'un petit enfant.


  • .凧抱たなりですやすや寝たりけり

  • tako daita nari de suya-suya netari keri


スヤスヤ, すやすや
SUYA SUYA : Onomatopée japonaise  qui exprime le sommeil du juste

Shizuko 静子 : enfant du calme

Yoshihiro 義啓  : révèle la justice / éclairé par la chance

Par kiwaïda at 00:20

15/01/2017

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Vains vœux valeureux : Photographies © Sonia Marques






Par kiwaïda at 15:29

18/02/2016

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Affiche du film Black Moon de Louis Malle, réalisé par René Ferracci (1975)

Tandis que j'écoutais le musicologue et philosophe français Vladimir Jankélévitch s'entretenir sur l'autre philosophe Henri Bergson, je me souvenais de la veille et du film Black Moon de Louis Malle, réalisé en 1975, et de Joe Dallessandro et du premier long métrage de l'artiste multiforme tchèque Jan Švankmajer son Alice, dont j'ai déjà posté un article... Et mes récents projets photographiques de paysages secrets. J'aime bien l'affiche de René Ferracci, directeur artistique et affichiste français.
Déjà qu'un philosophe parle sur un autre philosophe, il faut pouvoir être en accord de pensées. J'apprécie Vladimir Jankélévitch et ses acrobaties de pensées, j'y nage comme un poisson dans l'eau.

J'entendais alors, des explications sur l'Essai sur les données immédiates de la conscience, 1889 d'Henri, par Vladimir. En finissant mon verre de vin, un des graves de Bordeaux, mes préférés, je découvrais plus tard ses mots :

Nos sensations simples, considérées à l’état naturel, offriraient moins de consistance encore. Telle saveur, tel parfum m’ont plu quand j’étais enfant, et me répugnent aujourd’hui. Pourtant je donne encore le même nom à la sensa­tion éprouvée, et je parle comme si, le parfum et la saveur étant demeurés identiques, mes goûts seuls avaient changé. Je solidifie donc encore cette sensation ; et lorsque sa mobilité acquiert une telle évidence qu’il me devient impossible de la méconnaître, j’extrais cette mobilité pour lui donner un nom à part et la solidifier à son tour sous forme de goût. Mais en réalité il n’y a ni sensations identiques, ni goûts multiples ; car sensations et goûts m’appa­raissent comme des choses dès que je les isole et que je les nomme, et il n’y a guère dans l’âme humaine que des progrès. Ce qu’il faut dire, c’est que toute sensation se modifie en se répétant, et que si elle ne me paraît pas changer du jour au lendemain, c’est parce que je l’aperçois maintenant à travers l’objet qui en est cause, à travers le mot qui la traduit. Cette influence du langage sur la sensation est plus profonde qu’on ne le pense généralement. Non seulement le langage nous fait croire à l’invariabilité de nos sensations, mais il nous trompera parfois sur le caractère de la sensation éprouvée. Ainsi, quand je mange d’un mets réputé exquis, le nom qu’il porte, gros de l’approbation qu’on lui donne, s’interpose entre ma sensation et ma conscience ; je pourrai croire que la saveur me plaît, alors qu’un léger effort d’attention me prouverait le contraire. Bref, le mot aux contours bien arrêtés, le mot brutal, qui emma­gasine ce qu’il y a de stable, de commun et par conséquent d’impersonnel dans les impressions de l’humanité, écrase ou tout au moins recouvre les impres­sions délicates et fugitives de notre conscience individuelle. Pour lutter à armes égales, celles-ci devraient s’exprimer par des mots précis ; mais ces mots, à peine formés, se retourneraient contre la sensation qui leur donna naissance, et inventés pour témoigner que la sensation est instable, ils lui imposeraient leur propre stabilité.

Extrait de l'Essai sur les données immédiates de la conscience, Henri Bergson 1889
Puis Vladimir Jankélévitch vint me conforter sur mes explorations des malentendus, de mes intuitions, des cercles et des sectaires. Le film Black Moon, venait écheveler la suite de mes pérégrinations sur la campagne, la fuite, la virginité en présence d'une licorne et pouvait ainsi retrouver Vladimir sur l'ipséité, retour aux choses mêmes. J'y suis, superbe fin de soirée où parfois les pensées dansent et forment un esprit plus cohérent que les autres jours, avec lequel on peut s'appuyer, se sentir soutenu. Comme le dit si rapidement Vladimir, la vérité a été embrouillée alors qu'elle est tout près et il n'y a qu'à l’accueillir. Les problèmes viennent de malentendus, d'obstacles imaginaires, créés par le langage, mais qui n'ont pas de réalité. Chez Henri Bergson, le problème est inexistant, les difficultés s'évanouissent comme par enchantement. Regarder Joe Dallessandro me fait le même effet, je tentais d'expliquer ma théorie du JD à mon ami, il me faudra en faire un théorème du masculin, libéré de la domination masculine. Je me suis aperçue que cela n'était pas anodin et que ma vision pouvait intéresser, au moins un homme.
"Nous sommes dans la poussière et nous nous plaignons de ne pas voir" Disait Fénelon, un autre philosophe un peu plus loin. Vladimir le prend en exemple pour éclairer Henri, bien qu'il peut s'avérer une antithèse du bergsonisme. Mais j'aime bien cet écart. Un peu comme la caverne de Platon.
Il revient à Bergson : Victimes des apories du langage, il s'agit de les éliminer, ce sont des problèmes factices qui s'interposent. C'est notre timidité, notre lâcheté, la peur du contact qui nous prend alors que la reprise du contact consiste à élaguer les dimensions parasitaires, tout ce qui nuit à la transparence d'une vision ingénue.

Pour revenir à son essai à Henri, la donnée immédiate est la chose vue sans exposant, à l'état direct, l'état primaire, une vision naïve, fraîche, c'est un peu ma vision en regardant le film Black Moon, d'ailleurs, ne peut-il en être autrement ?
Sans à priori, sans parti-pris. C'est ce que je tente d'enseigner avec quelques beaux échecs en laissant les choses être prises en main par d'autres et des partis-pris. Je revois l'Alice du film Black Moon qui traverse une guerre et des paysages apocalyptiques depuis sa petite voiture, conduisant sa destinée, hors des massacres, vers la poésie, le regard vierge et la pensée de l'intuition de Bergson, tout en regardant de très près les insectes et ouvrant des tiroirs.
Je pensais à cette sculpture, l'Exilé, d'Antonio Soares Dos Reis, de 1872, en marbre, que j'ai découvert dans le catalogue, "Soleil et ombre, l'art portugais du XIXe siècle" (1988). L'exilé (o desterrado) de 1872, est le correspondant du Penseur de Rodin, créé en 1880, représentation idéale d'un homme exilé de sa patrie, en proie à la nostalgie, désespéré mais incapable de toute révolte. Emblème d'un courant de pensée de la fin du XIXe siècle au Portugal, expression de l'esprit intime portugais à travers le sentiment de la saudade. Tout comme le penseur de Rodin, toutes deux sculptures, symboles des démarches dramatiques de l'esprit humain.
Il est des fois où l'on se sent exilé, désespéré, mais incapable de toute révolte. J'aimerai bien voir cette sculpture, elle est à Porto. Les exilés ont droit à quelques vacances.

La perception pure

Réalisme / intuitionnisme

Une sorte d'extase

Extraversion de la conscience (différent des images mentales)
En ce sens, Platon critique la skiagraphie, les jeux d'ombres sur la parois de la caverne et Begson dit que l'homme est timide et préfère avoir affaire aux images, aux mirages. Il demande à revenir à une vision virginale des formes. L'ipséité (retour aux choses elles-mêmes)... principe de l'île de Seuqramainos.

Le secret de l'intuition est l'art acrobatique de penser les choses au plus près tout en étant dedans (sans être dedans, sans être trop loin) Être à la fois dedans et dehors (métaphore du papillon)

Briser le cercle

À la foi être et savoir, frôler la vérité au plus près, en un éclair. Bergson est donc contre l'optique intellectualiste. Car être à la fois acteur et spectateur, c'est ne plus avoir d'optique. C'est la distance qui rendait possible les apories vertigineuses et rendait impossible le mouvement (la perspective falsifiante) Il s'agit donc d'être un acteur, une actrice et un spectateur, une spectatrice, et d'être capable d'en parler. Immanence et transcendance.

Penser en femme d'action

Il y a une sagesse qui fait entrer l'un dans l'autre. Paradoxe du Bergsonisme : Briser le cercle, le cercle qui m'interdit (qui fait que c'est interdit)

On ne peut pas faire les deux à la fois "il faut se jeter à l'eau", dit Bergson dans l'évolution créatrice.

On devient cithariste en jouant de la cithare, comme c'est en forgeant que l'on devient forgeron. Dans la décision aventureuse de se jeter à l'eau, l'apprenti rompt le cercle, et miraculeusement, irrationnellement, commence à nager ; la solution d'elle-même germe et se dessine dans l'initiative. Il y a donc une espèce de trouvaille magique et immédiate qui est déjà inhérente à la recherche drastique. Bergson, dans l'Évolution créatrice, s'exprime à peu près ainsi : l'intelligence est capable de chercher n'importe quoi, mais à elle seule ne peut rien trouver ; et vice et versa, l’instinct trouve du premier coup et infailliblement, mais il ne trouve qu'une seule chose : celle pour laquelle il est fait. Eh bien, seule l'intuition est capable des deux, à la fois de trouver et de chercher.

Première et dernières pages de Vladimir Jankélévitch, 1994
Cela me fait penser à mon texte Des longueur en 20 minutes paru chez Monsieur Toussaint Louverture

Grave et lucide, la chaudière entretenue du dedans, au zéro degré du dehors, aux quelques acrobaties rêveuses...
Merci Vladimir et merci JD.
Il n'est pas tous les jours que l'on entretien la chaudière en faisant philosopher un perroquet.
À découvert et sans regrets.


O Desterrado (l'Exilé) - detail, António Soares dos Reis, 1872 (sculpture, marbre)

As linhas sinuosas do tronco e dos membros flectidos, o olhar distante da figura e a presença do mar conduzem a uma leitura romântica da obra, que se inspira num poema de exílio de Alexandre Herculano. A esta referência literária do romantismo português deve-se acrescentar um significado saudosista, próprio do espírito de decadência da nação, vigente em finais do século XIX.

*

Je ne suis pas loin avec mon Topaze et mes Tropical JD et noctambule JD de ce que je cherchais. J'ai cherché, erré, j'ai trouvé.

Sur Herculano, je me couche.

Par kiwaïda at 22:41

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