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18/09/2021

ℭυґ¢üя♭itA



La pauvreté a-t-elle toujours le visage de la misère ?


Lorsque des virus touchent la population, le monde, le virus le plus invisible, ne serait pas celui d'une seule pauvreté, mais des pauvretés. Différentes maladies, différents vaccins : différentes pauvretés.

Quel rapport avec des cucurbitacées et leurs fruits comestibles que j'admirais dans ce jardin de la mairie de ma ville ?
Il y a une manifestation réunissant des cuisiniers sur la thématique des arts de la table, à Limoges. Je pensais donc dans cette déambulation et mon plaisir à toucher les herbes de basilic et le nommé "Basilic opal" au parfum étonnant et au feuillage pourpre, à la culture, mais aussi à l'accès aux parfums, à la cuisine, et aux fruits dérobés de mes souvenirs sur les routes portugaises : la figue. Nous avions dégusté des bouchées délicieuses avec une demi-figue en dessert et une brandade de morue façon limousine, c'était trois fois rien, mais trois fois de souvenirs en plus.

Plus graves étaient mes pensées, dans ces moments de convivialité. Comment naissent les isolements, quand tout semble réussir partout. Où se cachent les isolés pour ne pas déranger et devenir les dérangés.

Les carences alimentaires impactent la santé, l'accès aux soins et aux vaccins sont déniés, même dans des sphères où elles devraient être pour tous. On évite de se faire soigner, on évite de se rendre aux urgences, on évite d'être fiché, non pas que la préférence de mourir serait la priorité, mais la préférence de ne pas être montré, ne pas être vu, ne pas rendre visible cette partie abjecte que montrent du doigt les ignorants, ce qui serait vu comme l'immonde, l'impropre, le sale.

Il est très rassurant pour des personnes qui possèdent de ficher celles qui ne possèdent pas, et il est très facile de le faire. Il est très facile de les empêcher de bénéficier d'un accompagnement de santé, pourtant, dans notre pays, c'est une priorité, l'accès aux soins, aux vaccins.
Mais il demeure une maltraitance, l'affaire de quelques-uns, quelques unes, imaginant déroger aux droits communs. Pourquoi ?
Il y a une culpabilité qui ronge la vie, celle d'avoir pris le bien d'autrui, ce qu'il ou elle a produit, de ses mains, avec sa pensée, ce qu'il ou elle a transmis. Afin de ne pas être démasqué, il faut trouver un ou une coupable et ce sera toujours la vie précaire. Car celles et ceux qui ont un mode de penser et vivre différent, n'ont pas le droit de continuer à exister, cela gène, pour une poignée d'ignorants.

Les discours sur la pauvreté, permettent aussi de la tenir à l'écart, qu'elle ne fasse même pas partie de la société. Aucun enfant, aucun adolescent, aucun adulte, parmi ses semblables, alors on imagine qu'ils et elles pensent ainsi : ni mes enfants, ni mes cousins, cousines, ni mes grands-parents, ni mes collègues, ni les voisins et voisines, personne, ni ma femme, ni mon amoureux, ni la belle-famille, personne, ni même ces voisins qui crient sans cesse, certainement des ivrognes. Si les féminicides sont à présent plus médiatiques, il en est que les conditions de vie, bien avant les drames, ne sont pas assez visibles : la restriction, la coupure avec l'entourage, la famille, l'accès aux soins, l'éloignement, l'impasse sur les vacances, les loisirs, les repas en groupe, ne parlons même pas des réseaux sociaux, aucune femme ne crie son désespoir sur ces réseaux, avant le drame. Et quand elles écrivent, bien maladroitement, et sans aucune forme de courtoisie, il est bien trop tard, et la réception est si silencieuse qu'elle finie de sceller le musellement vers une inhumation ou une incinération, sans mot dire, sans maudire quiconque, sans aucune cérémonie, aux employeurs et collègues ignorants. Les discours sur la pauvreté permettent d'imaginer que la pauvreté est toujours tenue à distance, comme dans un camp imaginaire, où il y aurait des gens que l'on ne connait pas, sous la torture quotidienne, mais on ne sait où ils et elles vivent, ni qui les a enfermés, ignorés, déniés, tués. Et le deuil de la pauvreté, il n'est jamais fait.

Je ne puis faire le deuil de la pauvreté, même en vivant mieux qu'avant. L'expérience nous apprend que la pauvreté touche tout individu, parfois par surprise, mais elle ne devient vraiment pauvre, dans son esprit, si l'humanité que l'on a connue, nous a quittée. Les monstres qui se retrouvent aux tribunaux, malgré eux, à la places d'autres, ou à cause de leurs mauvais comportements et leurs crimes, s'ils ont tous une histoire, bien peu peuvent la raconter. Il est impossible pour un individu, qui s'est longtemps soumis au silence, car dominé, ou maltraité, de se révéler devant la justice des hommes, de s'exprimer. Il est impossible de parler lorsque les accusations proviennent du processus de la maltraitance. Le bout de la chaîne est un bout de malheur, qu'aucun autre bout de réussite ne veut croire : cela ne doit pas exister, sinon cela voudrait dire que celui celle qui juge n'a pas le droit de juger.

Nous avons toujours cette possibilité : celle de ne pas juger.

Se sauver de la pauvreté, c'est masquer même la sienne lorsque l'on a un emploi, lorsque l'on mange avec ses collègues, lorsque l'on s'efface si tout va mal et si la santé brise le continuum de la vie. À ce moment là, aucune solidarité, les collègues sont les premiers à ignorer la maladie de leurs comparses et leur isolement.

Si la moitié des français ne se cache plus pour savoir qu'une personne de leur entourage est confrontée à la pauvreté, selon un très récent sondage du Secours populaire, il y a dans l'autre moitié, toutes les personnes qui cachent leur pauvreté, leur situation. Ou bien, dans la première moitié qui sait, qu'un autre est pauvre, beaucoup ignorent ou dénient qu'ils sont aussi, pauvres. On peut montrer qui sont les pauvres, mais qui sont les pauvres d'esprit ? Celles et ceux qui font le malheur d'autrui et sans aucun problème de logement, ne seraient-ils, ou elles, pas les moins bien lotis ?  Les statistiques font l'impasse sur l'impacte psychologique de la pauvreté, lorsqu'un individu ne se trouve plus dans la détresse, et lorsqu'il l'était, il pouvait encore y échapper, tant les aides sociales, il peut les fuir, l'individu, qui veut échapper à la pauvreté. Et qui ose exprimer sa détresse ? Au bout de combien d'années ? Et est-ce qu'une détresse est écoutée, lue, vue, est-elle entendue ? C'est bien là toute la question, ne pas souhaiter tomber dans la pauvreté et y être totalement, ou y être familièrement habitué, échappe à toutes les statistiques sur la pauvreté. Survivre c'est encore échapper à la captation, à la domination, et afficher une joie de vivre, n'est pas forcément un gage de ne pas vivre dans une pauvreté. Peut-on mesurer l'indigence avec l'immatérialité devenue de nos manières de communiquer, d'échanger, de se nourrir, ou le refus d'un héritage empoisonnant, ou tant de situations, comme l'impression de vivre pleinement et bénéficier d'appuis de réseaux virtuels, peut aussi devenir la meilleure façade, celle admise pour une intégration réussie, afin de cacher une vie pauvre, ou, qui s'est appauvrie, d'une grande pauvreté. Les publicitaires ont toujours su utiliser la beauté de la jeunesse extrêmement pauvre, dans les modèles féminins dans le besoin, pour s'enrichir et produire en excès. Rien n'a changé. Si tout se contient à présent dans un téléphone, que penser de celles et ceux qui n'ont plus, n'ont jamais eu, n'auront jamais de téléphone, ou de celles et ceux qui ne savent pas les utiliser, n'ont jamais bénéficié de formation, changent de toit, d'adresse... Doit-on les classer dans les pauvres, si un pass sanitaire leur est difficilement accessible, alors même qu'ils sont vaccinés ? Le logement a toujours été le point culminant des discriminations sociales. Si un tiers des français a des difficultés à payer le loyer, toujours dans les statistiques récentes, posons-nous la question des deux tiers. Le logement est le dernier rempart contre la précarité. Posons-nous la question de pourquoi des personnes n'ont pas, ou n'ont jamais eu de mutuelle pour se soigner en France. Pourquoi son enfant ne trouve pas de travail, avec tant de qualité, pourquoi son parent n'a pas été soigné, pourquoi son amie ne parle plus, pourquoi en tant d'années, il n'y a plus jamais eu de retrouvailles, pourquoi une collègue s'est suicidée. Pourquoi personne ne dit rien à personne.

Il y a des choix de vie, qui s'effectuent en cachette. Vivre c'est pouvoir se nourrir, mais l'accès à une nourriture saine et des trois repas par jours devient un calcul mental pour beaucoup. Se cacher pour éviter les repas dans son travail, dans son école, se cacher pour éviter les voyages collectifs, se cacher pour éviter tout ce qui mettrait en péril, le peu, déjà calculé. Se cacher quand son toit tombe, se cacher quand son mari a pris tous les meubles, se cacher quand on sait que plus jamais une terrasse de café ne sera accessible, une fête, un saut dans une halle de marché. Sauter des repas, pour calculer comment terminer ses journées, se priver pour nourrir ses enfants, ses animaux de compagnie, les loger tant que l'on peut et longtemps, ainsi que les grand-parents, mais aussi, on l'oublie très vite, ne plus manger pour aider son parent, se priver pour qu'il évite de sombrer, ne pas prendre de place, penser sa vie dans une boîte à chaussure, où seuls se rassemblent des souvenirs heureux. Ces restrictions fondent un rythme de vie bien différent de celui proposé par notre société. Les injonctions de manger sain, de faire du sport, d'avoir des énergies pour se chauffer et savoir faire des économies d'énergie, étudier ou travailler, deviennent alors des discours très peu réalistes et si loin d'une vie précaire.

La vie psychique est touchée dans sa longévité, une vie de privation est aussi une vie qui pense et formule sa pensée, sa créativité très différemment. Les moyens de survie, dans un pays riche, deviennent des tactiques invisibles, à jamais tues. Les employeurs ont cette habitude, de penser avoir le pouvoir sur la production des personnes vivantes, des vies qu'ils et elles précarisent. Le salaire est impacté, les jugements sur les apparences et les modes de vie sont légion. Si la manière et la façon de penser des plus pauvres gênent, c'est qu'ils n'optent pas pour le même chemin. Dans la vie psychique, on sait qu'un être humain ne peut surmonter longtemps des privations et qu'il ne peut pas vivre s'il est tous les jours, des années, privé de plaisir, de désir, de sentiment de sécurité et donc d'espérance, pouvoir juste espérer, n'est pas possible, c'est ainsi que les statistiques s'analysent. Lorsque l'on ne sait pas si notre faim pourra être calmée, on ne sait même pas ce qu'est le plaisir à manger. Et pourtant, on se trompe encore sur ce qu'est la pauvreté, où sont les pauvres. Car savoir quels sont les mets et les herbes qui guérissent ou ceux qui calment la faim, pour nourrir une famille entière à peu de frais, c'est un savoir, c'est aussi une culture. Il est toujours très dangereux de croire qu'une vie sans accès à l'excès, est une vie pauvre et surtout liée à l'inculture. Ces inventions d'analyses peuvent nourrir des cabinets de psychologues, toujours pour celles et ceux qui ne sont pas pauvres, mais elles sont si éloignées des cultures et des savoirs transmis dans les familles modestes. Comme il existe une variété de basilic et des variétés d'usages, de goûts, selon les terres et les saisons et les coutumes, il existe des façons de se nourrir, dans la pénurie même. La culture se situe dans cette recherche, comme celle de cultiver son esprit, de miettes en cailloux, d'herbes en lettres, en livres trouvés, en textiles chinés. Se trouver face à des personnes très riches qui vous privent du sel de la vie, est la source de l'inculture.

Si l'idée de famille disparaît, qu'elle ne germe pas, si l'on ne peut se loger, ni se nourrir, fonder une famille devient une abstraction véhiculée par une norme sociale, où la charge des désorganisations revient à la mère. Et bien avant, la vie sexuelle n'a pas du tout celle que l'on peut lire ou voir pour faire acheter un produit devenu désirable, une vie culturelle vernie, ou entendue dans des milieux professionnels, que le commun des mortels ne connait pas. Ces modèles de vies sexuelles gâchées de gâchis permanent d'épuisement, d'insatiabilité, de dépenses ou de déchéances, ne sont même pas dans l'imaginaire de celui ou celle qui recherche sa nourriture, de façon plus ingénieuse, créative et riche de sens. Ce monde de la publicité a fait naître des monstres de parade, tristes à souhait, goulus et très mal en point. C'est à la jeunesse, éperdue de sens, de ne point désirer ce monde affiché comme réussite.
La question du plaisir et du désir est du même ordre. Les être désirants, les êtres désirés, les êtres exploités par le désir des autres, on retrouve ces mêmes clichés lorsqu'il est demandé de répondre sans cesse à une culture du désir des ignorants (dit aussi des dominants), et de leur désidératas.
Mais cette culture d'injonction n'est plus possible aujourd'hui. On ne peut pas adhérer à une culture qui exploite sans arrêt les plus démunis et se gausse de ses non-réussites.

Il y a des transformations car les peuples et habitants se sont déplacés, et sont amenés à se déplacer, déménager, changer de pays, travailler autrement, s'adapter (le verbe d'une intelligence de l'expérience) et donc des transformations de la pauvreté. Elle n'a plus le même visage. Sortir du déni d'être pauvre, serait, dans notre pays, le début de réflexions collectives sur le travail et l'économie.

Se sauver de la pauvreté, c'est masquer même la sienne lorsque l'on a un emploi, lorsque l'on mange avec ses collègues, lorsque l'on s'efface si tout va mal et si la santé brise le continuum de la vie. À ce moment là, aucune solidarité, les collègues sont les premiers à ignorer la maladie de leurs comparses et leur isolement, c'est le déni. En continuant à travailler lorsque l'on perd ses partenaires, on continue à concevoir le travail comme un mal, prisonniers du déni.

Se retirer de son métier, se retirer de ce que l'on sait encore faire, avec ses mains et sa pensée, se retirer du monde de celles et ceux qui dirigent et les mets à plat sans arrêt, est la meilleure manière de s'en sortir, encore. Le sentiment de sécurité, la bienveillance inconnue, quand elle n'existe pas, provoque des carences psychologiques, elles hypothèquent la santé, et bloquent tout avenir, toute participation à la vie d'une société.

Voir ses enfants malgré tout réussir des études est un bonheur inouï, lorsqu'une famille s'est privé toute une vie, et aussi malheureux, quand notre société ne reconnait pas celles et ceux qui persévèrent dans la difficulté et parfois les punis. Oui car la pauvreté n'a pas toujours le visage que la société souhaite qu'elle ait.

Les pauvres devaient être toujours serviles, aux tâches les plus ingrates, soumis au plafond de verre, ne jamais être vus, ne jamais être accompagnés, ne jamais fédérer, ne jamais prodiguer des méthodes, celles expérimentées pour survivre, ne jamais transmettre, et surtout, ne jamais être aimés. Mais aussi, toujours moches, incultes et ne pas savoir ni écrire, ni s'exprimer, ni se défendre, et dans les plus cruelles sphères, les pauvres puent. La cruauté n'a pas de frontière. De voir des ralliements aux plus cruels, c'est parcourir des années silencieuses mais riches, sur le discernement, sur l'attractivité, l'illusion, le pouvoir, les influences et l'aveuglement.

Hors, sur l'image que l'on se fait de la pauvreté, elle s'est faussée, et le fossé n'est point exagéré. Il se passe une transformation, celle de comprendre la privation comme un chemin qui attire la richesse spirituelle, une philosophie de vie qui mène à une capacité morale et psychique incroyablement forte. La solidarité est une notion qui disparait dans les sphères les plus égotistes et imbues d'elles-mêmes, mais qui trouve d'infinies ressources, dans nos sphères le plus communes.

La capacité de se mentir à soi-même, est celle la plus intégrée dans des milieux où l'on communique sur la richesse, la culture, les propriétés, le patrimoine. Il faut savoir faire ce pont incroyable entre vivre dans une précarité, et une pauvreté psychique et exercer un métier qui valorise la réussite, la richesse, la culture, les propriétés, le patrimoine.

Cet état de vie, de mensonges en permanence, crée une sorte de décalage cosmique. Il est impossible, pour un être humain, bien constitué de ne pas se trouver mal, dans son emploi qui lui demande de mentir sans cesse.

Se sentir mal, dans une insécurité permanente, la bonne santé donc, déniée, la maladie mise à distance, dans un camp, très loin, change le milieu, par force. Un milieu qui agit en groupe ainsi, est un milieu qui est voué à mal se comporter, mal vivre et à faire du mal, à tuer des vies, à participer d'une mort à petit feu, invisible, car les morts sont cachés et l'on cache les morts.

Alors ? Il faudra un jour ouvrir les yeux sur le visage de la pauvreté, non seulement le regard doit changer, mais la pensée aussi, car si les apparences sont trompeuses, les discours aussi.
Il y a des volontés, et des façons de vivre, qui n'intègrent pas ce que l'on doit absolument avoir pour en être.
Être en accord, c'est déjà ne plus avoir et savoir perdre.

La pauvreté, elle, elle n'aurait ainsi plus de honte à cacher son visage, car il n'y aurait là point de misère à montrer, même aux policiers, le vocable de sa vie précaire, est si riche, à la mesure de sa discrétion.

Il est chou d'être en vie pour l'écrire.

Sentir du bout des doigts, lorsque l'odorat est encore là, le basilic de différentes origines. Et le mangerico de Saint Antoine...

Le bonheur des fiancés, pauvres, d'un amour si riche, qu'il est resté à l'abri des publicités, un invendu.



Cette heureuse bénédiction, du savoir, devrait nous sortir des plaintes.


Ce regard offert est celui de la mise en confiance du regardant.


Ce regard offert est la confiance du regardant.

Et cette publication est l'engagement d'un soutien à toutes épreuves.

Cheminons sans manger de trop, sans grands espoirs non plus, chaque fin de journée est une réussite.
Une frugalité.


Photographies © SM & JD


Par kiwaïda at 16:23

30/05/2021

♭øη♄εʊя



Le bonheur n'existe pas, pensais-je, en faisant autre chose que penser.

Baloo dit, il en faut peu pour être heureux, dans Le livre de la jungle de Disney… The Bare Necessities, nous sommes dans les années 68…
Inventer des besoins pour des personnes qui n'ont pas ces besoins, telle est la société de consommation…

Autre dimension, un poème, celui de Rudyart Kipling (If) publié en 1910.

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,




Alors le bonheur n'existe pas, pensais-je.
Si celui-ci est approché, ce n'est que dans le bruissement du malheur qu'il devient vrai.
Connais-tu le bonheur ? Seulement si je m’efforce de le voir devant moi ou si je le perçois autour de moi. Ce sont les choses et les évènements, les infimes sensations, que je peux percevoir, et pas forcément en sollicitant la vue seule, qui sont indiciels de bonheur. Mais le bonheur n'existe pas, il existe pour vendre un produit, un séjour en vacances, un standing de vie, un don déculpabilisant pour les plus démunis…

Non le bonheur ne s'apprécie qu'au détour d'un malheur, mais longtemps après. Et c'est une profonde sensation éphémère, mais que l'on peut prolonger en y travaillant un peu. Le travail est aussi un éventuel bonheur, tout dépend de la valeur et du sens que l'on peut y percevoir, sans retour sur investissement. Gestes et pensées alliées et fatigues saines, tant de choses. Les addictions ne sont pas sources de bonheur, mais un enivrement, l'anesthésie du bonheur.

Baloo avec ses bananes, il fait la planche sur le dos, car il en faut peu pour être heureux. C'est une image du bonheur et l'enfance a l'art, comme les animaux que je connais, de s'approcher de ce bonheur et des bananes, sans les compter. Se focaliser sur une saleté quand on a tout ce qu'il nous faut autour, en demander toujours plus aux autres, qu'ils ne peuvent donner, alors que nous n'avons pas besoin de le faire.

Les miettes sont-elles pour les Dieux ou pour les morts ? S'il ne faut pas les ramasser. C'est tout simplement que ce qui tombe à terre était considéré comme source de contamination et que l'éducation forme à ne pas manger ce qui est tombé à terre.
Il en est que laisser les choses qui tombent et ne pas les ramasser, c'est prendre la mesure de ce qui est et devait être. Oui, on jettera les pots cassés dans les poubelles appropriées, on nettoiera le sol maculé de grenade ou de fruits de la passion, pour y circuler de nouveau sans glisser, mais ce n'est pas grave. La perte et la saleté sont nécessaires au laisser tomber. Il faut perdre pour gagner. Et lorsque l'on doit se nourrir, sans rien avoir depuis des jours et des nuits, alors ramasser les miettes, les Dieux et les morts, nous les donnent volontiers. Puisque celui ou celle qui a laissé tomber, laisse tomber pour autrui.

Jamais notre vie intrinsèque, chaque organe, ne nous envoie un message en nous informant : je vais bien, de sorte que nous n'allons jamais bien, même quand tout va bien parce que nous sommes envahis par des messages qui nous signalent que tout va mal et que ce que l'on fait n'est jamais assez. Les objectifs ne sont jamais atteints et pourtant, dans la vérité du moment, à l'instant même où tout va mal : nous allons très bien par ailleurs. Comme la douleur est la plus ressentie, nous pensons ne pas aller bien. Dans l'idée du carpe diem, quand tout arrive d'un coup, un tas de difficultés, le carpe diem sort une carte intéressante : tout est là, chaque chose qui se présente est une occasion de vivre vraiment.

Souvent je me dis que résoudre, cela nécessite pas mal de ressources, chaque jour, des problèmes surviennent mais s'il n'y pas de force, les problèmes se résolvent, car les choses arrivent toutes. Les laisser passer résout beaucoup de problèmes, non pas que l'on s'absente, mais au contraire, que l'on soit aussi présent que les choses, elles ne sont pas subies mais vécues, elles sont.

Le bonheur n'existe pas, s'il est toujours à venir, alors il ne sera.
S'il se présente, on ne l'a pas souhaité.
Mais que fais-tu bonheur ?
Je ne t'ai pas invité aujourd'hui !
Autre chose : ne pas accueillir le bonheur lorsqu'il se présente c'est fermer la possibilité qu'il revienne.
Alors on l'installe quelque part,

on lui sert un café et on le regarde,
il n'est pas heureux le bonheur,
il a plein de choses à raconter tristes,
et pourtant c'est le bonheur qui est là,
c'est d'être vivant que de le percevoir,
et puis il s'oublie,
rien ne le remplace,
la nostalgie prend sa place,
mais non il ne partira jamais,
puisque les êtres et la nature,
ce que l’artificiel fait de mieux,
tout est là,
surtout,
ne jamais le toucher,
le bonheur, il n'existe pas.

Par kiwaïda at 02:02

17/03/2021

℃ϴЇИ ℃☮Їℵ



Cabane revisitée par mes soins, du film musical français Peau d'âne, écrit et réalisé par Jacques Demy, sorti en 1970, inspiré du conte Peau d'Âne de Charles Perrault...

La confection du nous et sa trahison


- Quelle est la partie que tu préfères dans ta maison ?
- C'est le coin.

- Le petit coin ?

- Non je suis confiné, et je suis un coin-coin.

Quelle serait la plus belle forme de soulagement lorsque la pression sociale fut contraignante, que celle, un peu taboue, du confinement ? Lorsque l'éventail d'interaction soumettait les résistants à une trop grande sollicitation des sens, jusqu'à l'épuisement. Le relâchement n'est pas lâche mais un retranchement dans sa cabane, dans son coin, merveilleux. Même s'il n'est que le petit coin, comme la punition des ânes, il est parfois celui de la paix. Subir un entre-soi et d'un seul coup découvrir son coin à soi, peut être une véritable libération, coupé du monde, avec des ustensiles qui ne marchent pas, aborder un temps qui n'existait pas, celui de la poussière qui s'installe, des saisons qui passent alors que l'on s'habille toujours pareil, oublier que déjà Noël arrive bientôt, ou bien qu'il est déjà passé et que son sapin est encore là, comme si le merveilleux s'éternisait, ou que le père-Noël était encore attendu, ou les cadeaux... Faire durer les meilleurs vœux alors qu'une nouvelle année ne parvient pas à effacer les autres, ou que l'année passée n'en fini jamais.  Alors il n'y a plus d'avenir ? N'était-ce pas l'adage des punks : Fuck the futur ? N'est-il pas si étrange de voir que tous les déclarés punk sont les plus peureux aux confinement ? Et que l'avenir construisait leur rébellion. Si plus possible d'imaginer contre quoi se rebeller, alors un punk est-il toujours un punk ? Ou n'est-il pas encore sorti de sa peau-d'âne, et traîne-t-il son malheur, alors qu'il pourrait en faire un merveilleux quelque chose...
Coin-coin est entré en cabane...


Trahir, toute une culture, rien d'exceptionnel.
Dans certaines contrées, la trahison est le principe même du pouvoir, il faut confectionner un "nous", fidéliser ses apôtres, puis les trahir afin d'envisager de prendre la pouvoir, la tête d'une autre contrée. Cette figure traitresse arbore toutes les facettes de l'escroc, la balance, le "collabo", la girouette (le masculin de "collabo" est évidemment à formuler également au féminin) et parsème les contes et mythes et récits religieux, ou bien, elle agence les scénarios filmiques, ou de grandes peintures et fresques, ou encore, dans les moindres informations, et commentaires, partout, cette figure s'immisce comme un filigrane de nos mœurs humaines.
Dans les moindres recoins...
Les romans abordent la trahison sous des formes différentes, l'infidélité, l'adultère, l'espionnage, la mutinerie, le sabotage, le chantage, le fait de fayoter ou colporter de mauvaises rumeurs, la dénonciation, le retournement de veste, en politique c'est un peu la règle, jusqu'aux modes sociales : faire la grève, briser la grève, occuper et bloquer des lieux, se réapproprier l'argent des autres pour en faire son propre butin, mentir sur son statut social, c'est le plus fréquent : manifester au nom des précaires et s'asseoir sur l'accumulation de richesses qui appartient aux dons des pauvres.
La trahison c'est aussi prendre le costume de l'indigence, se maquiller en mendiant et rentrer chaque soir dans sa demeure chauffée, avec un emploi à vie, ou sans emploi, mais avec un revenu, ou abrité par ses familles, son mari, sa femme, son parti politique, son mécène, etc.
La peau d'âne, c'est un costume pour se sauver de l'inceste, entre un père et sa fille, c'est trahir le père et les villageois pour se cacher dans une chaumière en laideron, alors que l'on est une princesse.
Mille et une façon de trahir les siens.
De toutes les manières, la trahison est une opposition (visible ou invisible) au "nous". C'est un moment de différenciation. La pire trahison est d'avoir construit le "nous", d'avoir soumis les membres du "nous" à soi, et de les laisser, de s'évader de ce "nous" construit, pour conquérir un autre lieu, une autre ville, une autre société, et recommencer le même schéma sectaire : la fabrique du "nous". C'est une manière de rendre fou. La sidération fait ainsi table rase de ce qui faisait le "nous", en l'implosant.
Dans ce "nous", la loyauté exigée, le dévouement, les motifs de sincérité, peuvent être aveugles à la traîtrise engagée. Le travail du lien est le seul travail expérimenté, chaque jour, la règle est de confirmer et sédimenter ce lien, avec toutes les parties du nous, jusqu'à parfois en perdre toute connexion avec la réalité. C'est le principe des sectes. Lorsque le gourou s'en va, ou est déchu, les membres perdent tous repères. La personne que l’on trompe sans qu’elle en ait le moindre soupçon n’est qu’une dupe : elle ne se sentira trahie que le jour où elle en prendra connaissance. Ainsi la connaissance est fondamentale pour avoir accès aux actes de trahisons et aux personnes qui trahissent. Sans cela, un groupe, peut rester très longtemps dans la duperie, tous dupes, mais jamais trahis. Ce n'est qu'en connaissance des actes de trahisons et de qui fut traître, que les dupes deviennent des trahis.
La trahison a toujours un point d'appui, et c'est dans une relation triangulaire qu'elle se joue. C'est par rapport à un autre, étranger, que le pacte entre 2 entités se brise. Pour aller vers cet étranger.
La trahison est une séparation, il y a du mensonge dans l'air, de la faute, du secret, de la manipulation. Tout lapsus, actes manqués, signes du corps peu trahir une personne, de ce qu'elle a enfoui et de ce qu'elle se cache à elle-même. À son insu, ces signes arrivent, parfois aux yeux de tous, sans que ces yeux de tous ne puissent jamais dire ou réagir, c'est parfois sidérant : cette personne a fait cela, sans même qu'elle ne sache bien ce qu'elle a fait, sans même savoir qu'elle a trahi : elle s'est trahie ou elle a trahi les siens.
Aussi : elle s'est trompée elle-même, ou elle a trompé les autres, le sachant ou sans le vouloir. La configuration est toujours avec un tiers. Sont sacrifiés les intérêts du "nous" pour le tiers, le troisième larron, fait tourner à son avantage, la dualité supposée entre 2 parties.
Après on ne peut pas comparer la petite balance d'un jeu de bille à un déserteur lors d'une guerre. Pourtant, dans les écoles, il y a un jeu qui est extrême et mortel : le harcèlement moral, ou sexuel. La trahison est jouée par toutes les parties de l'école, en défaveur de la cible. Souvent un ami, une amie, va être le vecteur, puisque la fidélité crée un lien intime, et sera le déclencheur de la trahison en allant vers un tiers et en commençant la danse de la mauvaise rumeur, sur des éléments intimes d'une relation d'amitié (ou amoureuse) cela dégénère en complices et dupes et harcèlement totalitaire. Il n'y a pas assez tôt d'arrêt, car toute l'école est dans un mouvement de dupes. La trahison n'est ni nommée, ni révélée, car c'est dans un "nous" de dupes, que ce jeu mortel choisi une cible, afin de l'exclure du grand "nous".
L'escroc, est un ou une as de ces jeux de trahisons. Il a l'art, ou elle a l'art du déplacement. Il faut fuir avant d'être trahi, ou bien avant que les dupés ne comprennent qu'ils furent trahis. Lorsque l'on laisse une grosse ardoise (matérielle et/ou psychique) et que l'on a un peu de pouvoir ailleurs, d’intérêt, on file se cacher, là où d'autres dupes ou traîtres peaufinent leurs plans ennemis. Parfois c'est en parcourant depuis des années, les ardoises laissées, que l'on parvient à saisir l'escroc. Il connaît les failles et s'immisce dans la crédulité la plus vilaine.
Pauvre d'esprit, sans expérience et désireux de gagner en jalons ? Qui veut bien croire qu'il gagnerait dans la confiance d'une personne de pouvoir, s'il ne savait pas qu'il est le seul à croire à ce pouvoir ? Il ne le sait pas.
L'exemple le plus simple est celui de l'administration. La personne, ou les personnes qui décident de révéler publiquement un dysfonctionnement, (on parle aussi de « lanceurs d’alerte ») sont perçus comme des traîtres. Ce "nous" percevra que se sont celles et ceux qui ont vendu la mèche. Dans la grande majorité de ces cas, ils sont licenciés ou démis de leurs fonctions, quand ils ne sont pas harcelés par ceux qui les emploient. C'est pour cela que les administrations sont pourvoyeuses de harcèlements, elles sont soumises au secret discrétionnaire. Les directions changent et sont déplacées ou interverties, mais restent dans la même administration, et recommencent les harcèlements, puisqu'elles n'ont jamais été arrêtées, mais déplacées. Les personnes qui révèlent des dysfonctionnements et s'enfuient dans d'autres régions ou pays, sont considérés comme des traîtres, et ne peuvent jamais revenir au point de départ. La fuite peut durer toute une vie. Il y a des lanceurs d'alertes qui doivent se cacher toute leur vie.
Lorsqu'est révélé un viol, un inceste un abus sexuel de toute nature, est brisé le pacte du "nous", le couple, le groupe, la famille, l'école, l'administration, l'entreprise, la tribu, la nation, parfois le pays, et est répudiée la personne qui a révélé l'acte illégal ou criminel. Ainsi la peur de révéler, d'être exclu ou banni d'une société, est un frein à l'émancipation de pratiques illégales dans un groupe, une famille, une école, une institution, une entreprise.

Parfois endosser la peau d'âne est un costume qui ne dure pas, juste le temps de grandir un peu. Et éventuellement apprendre à faire des gâteaux dans une mansarde…

Il existe aussi le dissident, qui a trahi le "nous" et qui est réintégré, ou réhabilité. Car sa parole a fait évoluer le groupe, et a eu des échos à travers d'autres groupes. Dans le couple, il y a des révélations d'infidélité au dénouement positif, car est révélé un problème de couple, mais dans la majorité des cas, c'est cette trahison qui défini le contentieux et brise le pacte de mariage ou d'union intime entre les amoureux. Le ou la dissidente a exposé un problème, qui est rencontré partout, similaire. Cela oblige le "nous" du départ à revoir sa copie, au risque que ce "nous" se délite et disparaisse : c'est-à-dire, au risque que le groupe, l'institution, la famille, ne subsiste plus à la pression de son exposition, de ses délits.
Il y a aussi l'invention du traître, ou de la traite, ce qui créé l'unité, comme le bouc émissaire, d'un groupe. Car tant que ce traître est ciblé, ou une traîtresse, tout idée de conflit au sein du groupe est occulté. C'est l'effet magique du "tout va bien", ou "on est les champions". L'unité d'un groupe, surtout lorsque ses membres sont en conflit permanent, cibler une personne traître, permet d'éviter d'aborder les conflits interactionnels. Tout est déposé sur la personne traître, même les pires fraudes et délits. Cette invention de toute pièce permet de masquer les véritables responsabilités, et évite ainsi aux responsables de s'expliquer, puisque la personne traître est désignée par le groupe. Le traître (comme le bouc émissaire) incarne l'ennemi sans visage, car le plus souvent, la personne désignée n'a même pas besoin d'être présente (elle est toujours absente de réunion) ni même d'apparaître. C'est son absence qui fait objet de réunion et de délations. Le groupe se réuni et se focalise sur cette passion : désigner le bouc émissaire qui portera toutes les passions négatives du groupe. On comprend bien que les formes de harcèlements agissent dans ce sens et sont mortelles. Souvent un groupe qui n'a aucun pouvoir, ni aucune qualité ou compétence, va devoir désigner un traître, un bouc émissaire, pour se donner toutes les compétence et qualités volée à cette personne désignée. Afin que persiste ce groupe, si le traître n'existe plus (est licencié, disparaît, se suicide, est tué) et que persiste ce groupe, un autre traître lui succédera, et tous les membres du groupe le sachant, vont à leur tour trouver le plus rapidement possible la personne, à un moment donné, ou celle-ci porte une marque, une différence. Un premier va harceler une personne, et tous les membres vont s'y mettre de plus bel, de peur de subir le même destin que la personne traître du passé. Comme un fantôme du passé, celui-ci s'ajoute à d'autres, qui hantent le groupe, les familles, les institutions, les pays. Parfois, des personnes qui rentrent dans un espace pour la première fois, visitent une maison, sont capables de ressentir si elle est hantée, si l'entreprise est murée dans le silence, si l'institution fonctionne ou fait semblant de fonctionner. Un étranger à une famille dysfonctionnelle peu sentir, dès sa première fois, s'il sera intégré ou rejeté, si le climat est celui de taiseurs ou s'il y a des cadavres cachés. Mais généralement, cette première impression disparaît, car la loi du groupe est la plus forte. C'est lors des premiers accidents que la première impression refait surface, à moins que la place soit trouvée, ou à prendre, de sa participation à maquiller les crimes, du passé et ceux à venir. La systémie est telle, que cela peut se répéter de génération en génération, de promotion en promotion. Car se sont bien des modèles de fabrique du "nous".
Les scènes recèlent et les coins révèlent.
La poussière se niche dans les coins. Car elle est en suspension et entraînée par les courants d’air chaud qui montent au centre des pièces. Ces courants atteignent le plafond et retombent le long des murs, où il fait plus froid. Lors de la descente, les particules de poussière se collent sur les murs et papiers peints puis se déposent sur les armoires ou tombent au pied du mur. Les élevages de moutons ne sont pas des surprises. Quand bien même pour masquer quelque chose, le ménage est fait de fond en comble. C'est bien dans les hôpitaux où se nichent nombre de maladies, et où le ménage et l'aspect propre et clinique est de mise. Les appartements témoins sont impersonnels et les hôtels, même si cela change ne doivent avoir aucune marque, rien de personnel. Ce qui est personnel est dérangeant. Cela trahi quelque chose.


- Qu"est-ce que tu fais dans ton coin tout seul ?
- Où avais-tu disparu, je t'ai cherché et ne t'ai point trouvé ?
- Ne reste pas dans ton coin tout seul.
- Tu m'en bouches un coin ! Je ne savais pas tout cela !

Parti bouder dans son coin...

Empêcher de parler, est à l'origine du mot "coin" car la bouche était désignée par un de ses coins, un angle rentrant à la jonction des lèvres.

Parti dans son coin de paradis.

D'ici j'aperçois déjà un coin de ciel bleu.

J'ai ce petit sourire en coin, qui en dit long.

Malgré ce confinement, au coin du feu, de mon écran, je me réchauffe en pensant à toi.



Par kiwaïda at 23:58

18/02/2021

∀ ℳṲḎ€



mude2.jpg
Fotografías © Sónia Marquès

a muda

no meu país professora e desempregado 
sofri um interrogatório sobre a minha vida privada 
sem ninguém para proteger-me 
sem advogado 
sem ter sido avisada

representantes do estado enviaram-me à polícia
seguidamente fui tomada em fotografia como uma criminosa 
para um ficheiro não sei onde 

desde não durmo mais
ou durmo-me demasiado 
vivo em terror 
sinto-me ameaçado de morte 

e estes ataques vêm de representantes da cultura
mas que são, quem são eles ? 
por fazerem isso ?

à quantos inocentes fazem aquilo?
tenho medo todo o tempo 
não posso contar à ninguém 
tenho este blog 
por isso deixo cair essas dores aqui

não me sinto bem no meu país
observo uma sensação
de um linchamento permanente
sobre outras pessoas também
vejo todas aqueles que sabem e calam-se
faz muita pressão 

então o que escrevo para vós
endereço-o por primeiro a mim mesma
a muda e vossa língua 
pensando que eles não me punirão 
por escrever para você
porque não compreendem a nossa língua 
a língua dos inocentes 

o que é cultura ?

uma pergunta cada dia renovada
ao prisma das minhas origens 
você que está aí 
você que não teve as palavras

você que sabe gritar e rir
você que teve a cultura
mim que está em outro lá
onde a cultura mostra-se com milhões 
mim que é desempregado 
depois de ter passado minha vida 
aprendendo e ensinando aos outros 

sempre estranhos para si

quem sou eu para estar assim tão longe
da cultura que você me deixou aprender 
aprender na solidão 
aprender com solicitude 
aprender sem ser forçada a nunca 
aprender olhando para si

ser privado da palavra
às vezes da escuta 
não poder ser entendido 
mas ser presente ao mundo 
vê-lo enquanto nos sentamos
passar por si sem vos ver

somos mudos
mas somos a cultura 

havia nada, eles diziam ?
havia todo 

Par kiwaïda at 22:10

12/02/2021

☮ℭÉѦℵiℚṲ∃

Voyage sous la mer
Alexandre le Grand
1300-1325, enluminure sur parchemin
tirée du Roman d’Alexandre.

*

Je regardais cette enluminure d'Alexandre le Grand, "Voyage sous la mer", et je pensais au retour à la mer, à la mère, à l'origine, à la fois impossible, qu'évoque cette gravure, folle, comme lorsque l'on jette une bouteille à la mer, à la mère donc.

Différents mots me venaient à l'esprit, non sans humour et aussi gravité, tant la chose, parfois, s'illustre et trouve les mots dont l'esprit manque, justement.

Cloaque, comme un retour au cloaque.
Le cloaque est le lieu destiné à recevoir les immondices, les eaux usées. Nommé aussi "Cloaca".
Mais c'est aussi l'ouverture postérieure qui sert de seul orifice pour les voies intestinales, urinaires et génitales, de certaines espèces animales.
Dans mon observation éthologique, les oiseaux ont cette particularité. Qui de l’œuf et la poule, fut le premier, la première ?

Voici comment Freud arrive, avec ses grandes lunettes historiques et me rappelle sa réflexion, sur ce retour in utero. J'y viens, j'y viens, car, à la base, cet article, devait parcourir l'océanique. Comme c'est impossible, je fais l'expérience du manque et de la perte, comme dans certains de mes écrits, et donc, le désir advient toujours lorsque l'on fait la demande. Je pars en quête... Enquête...

Freud pensait à peu près ceci : quand la mère ou le sein ne répondent plus à l’appel du nourrisson. L’espace laissé vacant par la mère est rempli par la demande adressée au père. Et le père devra ainsi sauver l’enfant de l’appel vers le maternel, de ce retour in utero qui représente l’aspiration de fusion avec le tout, mais aussi l’annulation du sujet en tant que tel. Le père empêche, en quelque sorte, que le négatif maternel et les forces délirantes, expressions de la pulsion de mort, ne prévalent.

Je pensais ces temps-ci au sauvetage par le père. Les actualités françaises nous engloutissent, de l'inceste à la pédophilie, aux viols répétés, aucun père pour nous sauver, lorsque l'on se noie.
Ou, dans un autre registre, vous souhaitiez ne pas être re-confinés, vous ne serez pas re-confinés, dit la mère. Et les enfants paniqués, ne savent plus quoi faire, il n'y a plus d'interdit ?
Ce retour au cloaque, propice à la permissivité des pervers et du tout fusionnel, fait poindre des injonctions paradoxales, et des formes d'abandons inattendues.

On entend déjà : Nous laisser dans ce "foutraque", pas question : re-confinez-nous ! Et d'urgence (du jour au lendemain)
De la folie douce à la folie, les "gens" ne savent plus à quel saint se vouer... Et quel sein !

Pourtant, il est bien un nom qui sauve : le nom du père.

Dans mon expérience personnelle, le nom du père fut très important, d'autant plus qu'il y est question de "limites", de "marques" dans son étymologie même, de frontières.

Je porte le nom de mon père. Dans les traditions portugaises, ou espagnoles, on porte souvent toute une lignée, maternelle et paternelle. C'est un peu sa barque, ou son navire, parfois, il reste un petit bateau qui a traversé bien des mers, que dis-je, des mères !

Que je reprenne ma partie d'un tout. L'espace illimité que constitue un retour à l'indifférenciation, et je pense à Nadir, l'artiste portugais et ses dessins à la ligne, superbes, d'une architecture dynamique, nommés, je crois, "espaces illimités". J'ai vu ses céramiques dans le métro lisboète.. Je m'égare, quoique.

Donc cet espace qui annule les limites, où la confusion des corps, règne, cet espèce de fantasme originaire, cette régression au prégénital et à l'incestueux, c'est aussi s'annuler soi-même, au profit de la fusion, l'illusion de ne faire qu'un avec l'autre. Lorsque l'on est amoureux, on perçoit ce sentiment, quasi océanique, mais le percevoir encore adolescent ou enfant… C'est que le père s'est fait la malle…

Dans une certaine mystique, les extatiques font l'expérience du vide et du plein, puisque tout est perdu, il faut rechercher un dieu à aimer, mais parfois, ils se perdent pour toujours.

Et l'enfant a mal. Partout l'enfant s'efface, on se demande même, dans les cas de dénis très avancés : mais comment a-t-il mal, l'enfant, puisqu'on ne l'entend pas, mais on lui permet tout. Et pourquoi tout ce temps sans rien dire, ni maudire. Sans mot dire.
Indécence de la surpuissance du déni, ce que l'on entend, c'est le poids de l'écrasement de toutes ces feuilles mortes, lettres mortes, adressées pourtant, mais jamais lues. Peut-être cette société ne sait plus lire. Elle n'écrit d'ailleurs plus, elle martèle, elle tape aveuglément, de poings levés, leurres de revendications, pendant qu'elle écrase de ses maladroites lois, dont les applications durent une éternité, enjoignent les victimes à mourir précocement.

Dans certains milieux, je peux remarquer, que les limites font peur, que toute idée d'interdit, angoisse. C'est que l'interdit est resté tabou. C'est une problématique, qui n'est pas encore bien digérée, dans la société française et dans ce qu'elle a institué de culturel. Se subordonner à l'instituel, en écartant le cultuel, toute foi en un autre dieu.
Pas facile de croire en ces systèmes vicieux, percés à jour. Les rayons de lumière sont violents : vous étiez niais, vous étiez naïfs, vous avez cru à tout ce qui était scandé, toutes les manifestations, vous y avez cru ? Que c'est épuisant ces fornications en tous sens, cachés puis jetées en pâture à la vue de tous les petits restés petits. Ce que vous voyez est un tableau de Jerôme Bosh, le primitif flamand.  Oui je sais, je suis un peu dans cette période, entre 1300 et 1500. Bon, reprenons : "Le jardin des délices" ? ou "Ecce Homo" ? Non, moi je suis un peu dans le "Chariot de foin", c'est l'effet cuniculture ;.)
Les petits pleurent et personne pour les consoler : débrouillez-vous avec vos salades ! Déclarent toutes les institutions, tous à la justice et à la prison.  Plus de place : Et bien restez confinés, tous, et ne sortez plus, tapez-vous dessus et qu'on ne vous entende plus jamais, ne faite pas de bruit quand vous faites mal.
C'est surtout cela l'insupportable, avant il y avait encore des murs... À présent, il y a les réseaux sociaux... Tous parqués dans des petits groupuscules, des communautés, avec des pseudonymes, et des adorations d'un dixième de seconde, j'aime, j'aime pas, je te déteste, je t'adore, je suis solidaire, je te supprime (n'avais-je pas réalisé un catalogue sur la miniaturisation des icônes, aucun hasard à ce qu'il fut pensé dans la cité angevine...)

Finalement, le harcèlement, c'est simple, à portée de tous, d'un simple clic. Les pétitions ne sont écrites aujourd'hui, qu'à partir de rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux, elles n'ont aucune incidence sur la transformation de notre société, même si sont espérées des révolutions avec des hashtags fantomatiques, des hologrammes de révoltes.

L'interdit est tabou. Est-ce que tout est permis ? Non, seuls les secrets sont des leurres, afin de masquer le secret du tabou. Ainsi, l'idée des masques, de papier, de tissus, de protection, afin d'éviter toute contamination, est un leurre de plus. Le virus n'est jamais identifié, il fait peur et empêche de faire circuler les vérités individuelles.

La mer toujours recommencée, le manque de mère, l'acceptation de la perte :

Dans tout sujet narcissique, il y a l'insupportable, c'est-à-dire : le manque.
L'altérité, ce qui différencie, n'est pas supportable.
On retrouve, dans les dénis, cet impossible "pensé" de l'incomplétude première.
Rejeter ce qui est différent, jusqu'à violenter, tout ce qui rappelle cet éden, ce paradis perdu.

Si l'être humain se résout à avoir perdu ce bonheur premier, il accède alors au manque, et donc au désir. Ce qui est fendu et défendu, si on emprunte cette fois-ci le langage Lacanien, c'est l'accès au fantasme et au désir : la fente.

Le sujet narcissique, adulte, ne supporte pas le manque, puisqu'il fut rempli et se trouve insatiable. Le refus de perdre peut recourir à différentes perversions.

Dans celles-ci, on trouve la dépendance à l'objet. L'institution maternante, ici, se structure ainsi, elle surestime celles et ceux qui en sortent. Ceux-ci ne peuvent se dé-liaiser de ce narcissisme déposé. L'institution possède les qualités qu'elle a volé aux artistes, qu'elle n'a fait qu'exposer sans arrêt. Sans ces formes d'expositions, peu survivent ensuite. À moins d'un récit d'individuation, des formes d'autonomies sans subventions, ni références, ce qui peut permettre d'accepter la perte et d'accéder aux désirs, aux projets.

On entend ces cris, des artistes qui ne peuvent pas vivre sans exposition. Il y a là, quand on les entend bien, un cri du miroir, ils sont à l'agonie face au "non", à cet interdit, qu'ils n'ont jamais éprouvés.

Ce que ne supportent pas les pathologies narcissiques, c'est de se retrouver face à l'altérité, l'autre les renvoie à une possibilité de finitude, ils sont dans une destructivité envieuse, quasi morbide : violenter la différence.

Dans notre monde, en ce moment, il faut absolument trouver des coupables, et se mettre dans le camp des "sans soucis", de celles et ceux qui ne mangent pas le même pain. Le lynchage, est, pour l'instant, la seule forme solidaire et collective, qui motivent les troupes. Dans l'histoire de ce pays, cela pourrait alerter, mais dans l'histoire qui se répète, non. Cela se répète.

L'interdit est resté tabou et il est ce secret qui se partage, dans notre société, encore.
Autant de cibles montrées, à la place des expositions et cinémas habituels, ont remplacé le divertissement.
Ce sont, sur ces impensés, que se divertissent, de façon morbides, toutes les attentions.

Cette société est comme figée, tout pas d'émancipation serait un signe du secret dévoilé.
Et pourtant, se séparer de ces assistances, et accepter la perte, ne plus être materné, permettrait que des individus évoluent.

Cet Alexandre qui est descendu sous la mer, sous verre, regardant les poissons géants est une tentative folle de désaveu. Il se refuse à être, hors de l'eau, et il ne peut pas nager comme les poissons, respirer sous l'eau. Dans sa cage de verre, il baigne dans cette résolution du sentiment océanique, sans en éprouver l'engloutissement, l'anéantissement.

Je pensais donc que je vivais un peu comme cela, comme dans un sous-marin. Oui, j'ai vu l'énorme poisson passer... Lui, il est retourné dans sa mer, en fusion totale avec sa mère, il ne sait même pas qu'il y a d'autres mondes. Si, il les a considérés comme immondes.

Je ne suis pas un poisson, pourtant je me rêve nageant, ondoyant sous l'eau, parcourant des durées infinies de découvertes sous-marines, en respirant "comme un poisson dans l'eau".

Il me semble que la recherche a quelque chose à avoir dans ces sentiments là. Peut-être suis-je une extatique, une mystique, absorbée par mes recherches. De temps en temps, j'opère une apparition en dehors de l'eau et je m'aperçois que c'est mon élément, la terre, je marche, et l'air aussi, je respire, sur terre. Puis je dois refaire quelques recherches sous l'eau, ce n'est pas mon élément, mais seul, le désir d'y parvenir, me fait réaliser des projets.

Ils s'engloutissent, sont menacés sans cesse d'anéantissement : qu'importe, je vis dans l'inachevé, je sais que la finitude impose des limites, celles que j'ignore. L'altérité est une forme étrange et apprenante, s'éloignant sans cesse de ce que l'on connait, sans jamais que l'on puisse la prendre. Quelque part, c'est rassurant, de se penser, comme passager, dans un monde étranger, dont on ne peut jamais se sentir en totale fusion.

Je regardais cette enluminure d'Alexandre le Grand, "Voyage sous la mer", et je pensais que je ne la voyais pas. Je n'ai ni parchemin devant moi, ni poisson. C'était amusant de partir si loin, dans des mers inconnues, et imaginer qu'Alexandre avait vraiment expérimenté le confinement, en toute transparence...

Par kiwaïda at 20:21

24/01/2021

∃☾Ħϴ

echo.jpg
Echo et Narcisse
du peintre John William Waterhouse (1903) Huile sur Toile > 109.2 x 189.2 cm

Ce tableau de 1903 de John William Waterhouse (1849- 1917) s'appuie sur le poème « Echo et Narcisse » d’Ovide que l’on retrouve dans ses célèbres Métamorphoses.

Je pensais à Écho, ce soir, et la nymphe Écho... En fait je pensais au syndrome d'Echo, tout s’échafaude et je me dis à l'instant que je vais faire l'effort de cristalliser ma pensée. Elle est mouvante donc elle ne sera plus qu'un écho demain. Et là, elle est émouvante. Je voyais mon pays comme pris dans un syndrome d'Écho... Plusieurs éléments, je ne saurai les décrire, des faits divers, des lois votées, des ratés, des voix oubliées, inaudibles, des échos sur l'eau, qui disparaissent. Demain le consentement de la sexualité a été voté au Sénat à 13 ans, sans même la voix des enfants, mais cela a été voté, et on leurs dit surtout : taisez-vous, ne dites rien. Un enfant, qui ne dit rien consent aux lois des adultes, c'est le vote d'une permission au viol, autant le dire, car que sait un enfant de la sexualité à 13 ans ? Ni même après. Rien. Aimer oui, mais aimer tout entier. Et ne reste que l'écho, cela se répète à l'infini. L'âge est répété comme une limite, à partir de laquelle, l'enfant ne serait plus protégé par la loi des hommes. Pourquoi la sexualité entre en jeu à cet âge, et qui a décidé de cette limite ? Les adultes, seulement les adultes, selon leur fantasme. Un enfant de 12 ans, peut ignorer la sexualité, ne pas la côtoyer, mais dès qu'il a 13 ans, la loi, dans mon pays lui impose la pression des adultes, l'enfant doit y consentir, sans que jamais, ces adultes ne l'entende, ni ne puisse le croire, à 13 ans, il ne sera plus cru, et d'ailleurs, il sera voué au silence.

Alors comme un enfant, je lisais l'histoire de la nymphe Écho, un récit dédié pour les enfants, dans une encyclopédie plus simplifiée, qui résume l'histoire :

Dans la mythologie grecque, Écho est le nom d’une nymphe. Elle est l'héroïne de plusieurs mythes différents.Zeus lui demande de détourner l'attention de sa femme Héra, en lui parlant sans cesse. Pendant ce temps Zeus peut se livrer à des « aventures amoureuses ». Héra, jalouse, comprend la tromperie et lance une malédiction sur Écho. Désormais, celle-ci ne peut plus parler la première, mais doit se contenter de répéter ce que les autres ont dit avant elle. Dans un autre mythe, Écho rencontre Narcisse et en tombe amoureuse ; mais Narcisse, qui n’aime que son reflet, ne répond pas à son amour. De chagrin, la nymphe se retire dans une grotte. Comme elle ne se nourrit plus, elle finit par s’évaporer ; il ne reste d’elle que sa voix qui, toujours soumise à la malédiction d'Héra, répète sans cesse les dernières syllabes que l'on prononce. Dans un autre mythe, Écho, reste indifférente à l'amour que lui porte le dieu Pan. Celui-ci furieux la fait mettre en pièces par des bergers. Il ne reste d'Écho que sa voix.


Dans le tableau du peintre britannique, John WIiliam Waterhouse, (un Préraphaélite) il représente la nymphe Echo regardant amoureusement Narcisse. Cette dernière se laisse dépérir suite au refus de Narcisse de s’abandonner à ses désirs. Elle est assise dans un tronc d’arbre et tourne la tête pour regarder le jeune homme. Narcisse est plongé dans l’observation de son propre reflet, passionné et incapable de détourner les yeux tellement il est épris de son image. Ce dernier désespéré de ne pas pouvoir s’embrasser et se toucher se laissera mourir. Et sur les bords de l’eau où il est décédé, poussa une Narcisse (la fleur).

Cette thématique est souvent représentée dans l'histoire de l'art. Ce que je trouve représentatif de notre moment, et les rois mages nous ont apporté beaucoup de cadeaux, il faut les développer tous, et j'avoue que ce n'est pas évident, il y a des indésirables, mais il faut mieux les considérer, c'est pour notre évolution. Nous avons reçu des images de croque-mitaines, et puis notre pays s'est empressé de voter une loi, pour sauver ses ogres et ogresses, en défaveur des victimes, dont, notre pays, pensait, qu'elles n'avaient pas droit à la parole, parce qu'elles ne pensaient pas, ou qu'elle n'avaient aucun ressenti. Alors il fallait écrire par-dessus, les mots qui décrivaient l'insoutenable tabou, de l'inceste aux viols sur enfants et adolescents. Dans ce tableau, je vois  deux générations qui ne se rencontrent pas. Il y a celles et ceux qui ont un miroir en face et tout le monde peut le voir aussi, c'est une sorte de presse quotidienne, de micro tendu... aux Narcisses. De l'autre il y a la génération vouée à répéter, et à n'entendre que son écho. Elle souhaiterait s'adresser à la première génération, mais celle-ci a voué son empire sur l'image qu'elle projette, et elle doit être belle, magnifiée. Ce qu'elle est. L'image est fascinante. Écho est une sorte de sœur, de frère, de voisin, de collègue, d'un parent éloigné, il ou elle est dans la confidence, de celui ou celle qui agit, qui peut agir et qui a le pouvoir. C'est une sorte de témoin, il voit tout, mais ne dit rien, pire, il ne peut rien dire. Pendant que celles et ceux qui ont le pouvoir, les grands Zeus, font leurs affaires, en cachette, Echo devient un ustensile afin de détourner le regard d'autrui des manigances des grands Zeus, des gens de pouvoir. Pour cela, elle a reçu l'ordre de faire du "buzzz", de générer des rumeurs, de détourner l'attention, en monopolisant l'audience, toute personne qui pourrait voir ce qui dérange. Les grands Zeus sont tranquilles quand Echo répète, et brouille les esprits. Puis elle tombe amoureuse de ces Narcisses qui se mirent sans cesse, ils ne la voient pas, et ne voient que leur image, autant dire : ils en font des caisses. Si Écho disparaît, sa voix reste, son écho, elle répète, et cela gène énormément. Entendre toujours la même rengaine, c'est comme si une génération répétait sans cesse les viols qu'elle subissait et que l'autre génération ne pouvait comprendre le sens, trop occupée à se regarder sans cesse, et même très agacée par cette génération et ses voix sans cesse qui répètent la même chose.

Et je reliais ceci au syndrome d'Écho, cette disproportion parfois pathologique où la confiance en soi est brisée, à tel point, que des personnes atteintes de ce syndrome sont influencées par une figure narcissique dans leur entourage et elles ne prennent plus soin d'elles. Elles utilisent leur énergie pour nourrir émotionnellement les autres. Ce syndrome arrive à point pour le moment que j'observe, dans lequel, notre pays s'embrouille, c'est une fracture de l'estime de soi. Echo répète tout ce qu'elle entend, toutes les conversations, tous les faits divers, elle connaît l'actualité par cœur. Elle est connectée sur ce que racontent, comme récits, les médias. Echo symbolise cette lutte et cet épuisement, quotidien, pour résister et faire entendre sa voix, dans un monde qui ne l'entend pas. Elle lutte pour être visibilisée, mais dans son entourage, une personne, un groupe, ont une présence narcissique, on parle aussi d'échoïsme... Une partie de la population se sent oppressée, et conditionnée par une figure narcissique. On retrouve chez ces personnes un caractère sensible et affectueux, des émotions fortes si elles se trouvent au centre de l'attention, un grand malaise, car elles craignent d’exprimer leurs besoins et font passer en priorité ceux des autres. Je pense à une génération qui s'est sans arrêt soumise à une autre à son pouvoir (pouvoir économique, emploi, vie amoureuse, affective, partenaires multiples et excès, addictions...) Cette génération passive, en raison des pressions de l'autre, habitée par le narcissisme, pourrait se résumer au désir de parler d'elle, de soi, à des personnes égoïstes habituées, voir conditionnées à ne parler que d'elles. Une société entière a fabriqué des outils de médiations pour des narcisses, alors que cette société a enfanté des Échos qui ne parviennent à exprimer leur besoin, et aussi leur limite.

Ainsi, leur impose-t-on des limites d'âges, sans même leur demander leur avis, ce qu'ils et elles ressentent. Et puis, ils et elles n'ont de voix que leur échos.

Dans le mythe de la nymphe Écho, celle-ci s'enfonce dans une profonde tristesse. Elle est rejetée, et c'est d'autant plus douloureux, qu'elle perd sa voix. Dans le syndrome d'Écho, rencontrer une personne narcissique, un temps, annule sa propre voix, l'écrase totalement, et on peut se trouver retourner dans une caverne, se réfugier quelque part, ce peut être sur un Mont, en hauteur, où dans un terrier, sous terre, ou, tout simplement, entre quatre murs, confinés. C'est un peu comme devenir un animal, se nourrir comme un animal, se vêtir à peine et toujours de même et dormir avec ses peaux de bêtes. Sentir comme un animal qui bouge sans cesse sa truffe, incapable de parole, mais qui sent tout. Une pure sensibilité, à fleur de peau. Ce moment est paradoxalement un moment où l'écoute et l'empathie sont à leur paroxysme. Mais il est impossible de pouvoir exprimer ses propres besoins aux autres. Dans ces moments, le manque d'initiative est très flagrant, afin de ne pas gêner celles et ceux, au devant de la scène. Ce qui encoure, c'est de décliner tout projet, et d'être laissé de côté, voir d'être nié. C'est aussi, comme Écho, une forme de disparition, mais en toute conscience. L'effet conflictuel le plus saisissant est l'abdication face à cette pression égocentrique, surdimensionnée :
Si ces Échos, veulent être sûr d'elles et recevoir un minimum d'affection, elle s'imposent de demander le moins possible d'attention, et, de donner tout ce qu'elles peuvent. L'apprentissage d'Écho, de ces personnes, que j'imagine être une génération entière, c'est l'habilité à vivre dans le silence, elles apprennent à ne plus avoir de voix, d'ailleurs elles ne votent plus, elles apprennent à ne pas gêner dès leurs plus jeune âge. Et on peut observer qu'on leur donne des limites pour la sexualité, on légifère sur leurs corps même, et elles doivent obtempérer, autant dire : elles n'ont pas le choix. Les narcisses, avec l'autre génération, au pouvoir, ont alors, tous les moyens pour déployer des ruses à l'infini, contourner même les lois qu'ils définissent, et travestir la vérité, s'il y en a une. Il n'y en a plus. Disons que la véracité des propos d'une génération entière vouée à répondre aux besoins d'une autre au pouvoir, est, elle-même, décrite comme une affabulation, ou un écho, qui ne fait pas autorité.

Est-ce qu'il y a une fenêtre ou que des miroirs ? Oui. La fenêtre entre-ouverte de cette tension entre deux générations qui ne s'écoutent plus, est l'apprentissage que l'échoïsme voué à répétition, ne doit pas répéter tout ce qu'on lui dit, ni les comportements mirés dans l'eau, le miroir. Il est question là, de dignité, d'arriver à exprimer ses besoins, regagner une confiance en soi, sans copier ces grands verbeux ni avoir besoin de son reflet pour comprendre sa propre valeur. Il ne faut pas oublier que les narcisses ont une sanction inéluctable : ils et elles se noient dans leur reflet.

Quand je regarde un peu le bruit (parce qu'un bruit peut aussi se voir, mais pas s'entendre), et que je me retrouve anéantie par celui-ci, en reprenant mes rituels matériels et sans reflet aucun, je vois de loin que ce bruit se noie. Et j'oublie, j'oublie le bruit d'hier, même s'il était bien plus fort que celui de la semaine passée, et qu'il fallait rentrer dans son petit ermitage, dépoussiérer sa propre grotte, afin de voyager plus léger, comme dans Le Loup des steppes du roman de Hermann Hesse. De toutes façons, rien ne sert de courir, il faut partir à point, de cette morale ouvrant la fable, Le lièvre et la tortue, de La Fontaine.
Bref, partagés entre se couper de tout et restés connectés, lire qu'aucune guerre n'est déclarée, et qu'un virus a pris le pouvoir, sans qu'on puisse rien y faire, et pourtant le voir faire reste un supplice, reléguant tout accessoire au placard et introspectant l'essentiel en priorité, dans une inertie nouvelle, et des empilements procrastinés. Faire bonne figure ne dure qu'un temps, même si les narcisses, on les aime sur l'eau, flottant comme des bouddhas silencieux qui cachent une profondeur crasseuse et peut-être dégoutante.

Nous vivons ceci : hâtez-vous lentement. Et c'est très fatiguant de ne rien faire. Et quelle torture de ne pouvoir gagner en vitesse, mais quel bonheur retrouvé de savoir n'avoir rien précipité, pour rien. Je fais partie de cette génération, dont on a confiné la parole, et dont on pense qu'elle a disparu dans une grotte.

Les parois de la grotte sont tapissées de dessins et de mots, indéchiffrables pour les Narcisses. Point de miroirs sur les murs, c'est à la bougie que l'on dîne et au rayon de soleil que l'on hume. L'humeur est changeante, et c'est la fuite des idées que l'on voit défiler, sans pouvoir, jamais en attraper une. Parfois un éclat, celui du miroir brisé, dont on a oublié les effets.

Par kiwaïda at 00:24

20/01/2021

ℭѺℳÈ✝ℰ



Illustration d'après la gravure du système géocentrique dans une scène avec les systèmes de Ptolémée et de Tycho Brahé, de l'Harmonia Macrocosmica (un atlas céleste écrit par Andreas Cellarius et publié en 1660 par Johannes Janssonius)

Tirer des plans sur la comète

Afin d'éviter le désastre, les hommes tirent des plans sur la comète, depuis la nuit des temps. La comète reste un phénomène inexpliqué, il fait peur, aux hommes. Il annonce alors des malheurs, car ce phénomène symbolise un désastre, un inattendu qui s'abat sur la terre, le lieu d'habitation des hommes. À la fin du XIXe siècle, les hommes tirent des plans sur la comète, une expression qui vient de cette ambition de tirer des plans, avec précision, de les tracer, les dessiner donc, avec rigueur, pour préparer les projets importants. Autant dire : les grands projets. Mais la comète, elle, est toujours en mouvement, et son passage à proximité de la terre, de la vue des hommes est éphémère. Cela contredit tous les plans, les desseins tracés des hommes, bien fixés, en tous points. Cette tension entre deux ambitions opposées met en péril, ou révèle alors les fondements instables des desseins des hommes, de leurs ambitions, de leurs grands projets.

Tirer des plans sur la comète, est une expression, qui signifie qu'une personne s'imagine des choses (négatives en général) dans une situation donnée, mais qui n'arriveront probablement pas.
Quant à la comète, c'était celle 'du moment', en 1882, très remarquée car très brillante et qui a provoqué la naissance de cette expression.

Une comète visible à l’œil nu en plein jour a été signalée ces derniers jours de Nice (France), de Washington, de Rochester et de San Francisco.

C’est une comète à spectre de sodium, à queue courte et à noyau très brillant. Elle était hier à 120 à l’ouest du soleil, dont elle s’éloigne avec une vitesse de 5 à 6 degrés par jour.

Dans quelques jours d’ici, les personnes qui voudront prendre la peine de se lever un peu avant le soleil verront «L’astre chevelu» dans tout son éclat.

Le 28 septembre 1882, Le Canadien écrit : «La comète. Elle était visible à l’œil nu, hier, dans la direction de l’Est. Mais on ne peut la voir briller dans tout son éclat que vers deux heures de la nuit».

Deux jours plus tard, on retrouve dans le quotidien de Québec cette nouvelle : «La comète que l’on remarque au firmament depuis quelques jours est la plus grande que l’on ait encore vue ici. C’est vers quatre heures, le matin, que l’on peut la voir dans tout son éclat et son étendue».


Astronomie : Une comète est un petit corps céleste constitué d'un noyau de glace et de poussière en orbite autour d'une étoile.

La comète tant qu'elle est loin du Soleil n'est pas lumineuse et n'a pas de queue. Mais en s'en approchant, les particules du vent solaire agissent sur sa tête faisant fondre la matière. Un halo lumineux se déploie alors autour de celle-ci. On appelle ce halo la chevelure de la comète ou encore coma. On peut voir aussi une queue se déployer. En général, une comète a deux queues : une queue de gaz provoquée par le vent solaire, appelée la queue ionisée et une queue provoquée par son déplacement. Cette dernière est constituée principalement de poussière, si fine que l'on peut voir les étoiles au travers. Elle peut atteindre plusieurs millions de kilomètres. La queue ionisée sera toujours dirigée vers le côté opposé du Soleil. Le noyau de la comète réfléchit la lumière du soleil, au contraire les queues de comètes émettent leur propre lumière. Il est arrivé que l'on puisse observer des comètes ayant jusqu'à neuf queues. Lorsqu'une comète fait son apparition, elle n'est d'abord pas visible à l'œil nu mais uniquement avec des télescopes. Elle se présente comme une petite tache floue, faiblement lumineuse, comparable à une nébuleuse. Au fur et à mesure de son approche, elle devient de plus en plus lumineuse jusqu'à devenir visible à l'œil nu. À ce moment-là, on voit très nettement le noyau et ses queues. Son éclat continuera d'augmenter jusqu'à ce qu'elle atteigne sa distance la plus proche de la Terre. Les comètes peuvent s'approcher jusqu'à moins de 1 million de kilomètres de la Terre. Elles se déplacent très rapidement mais, du fait de leur distance il faut plusieurs nuits d'observation pour se rendre compte de leur déplacement. Ainsi les hommes s'essayent à observer la comète. Télescopages de vues, de visées, à courte distance. Trop courtes.

Ce coma impressionne, quel vertige de l'invisible, de la puissance de la fonte de la matière. Quelle imprévisibilité ! Quelle déstabilisation. Impossible de tirer des plans sur la comète, impossible. Tous les fondements des hommes, se trouvent mis en péril par leurs jugements tous erronés, jusqu'ici, structures de pensées et de civilisations. Déployer son courage et s'élever jusqu'aux astres, en traversant le désastre, sans médicastres. Un peu d'huile de massage du bel alabastre. Un parfum d'odalisque nous rappelle combien les hommes sont esclaves de leur enveloppe, tous nés sous une bonne étoile, qu'ils peuvent tout d'abord aimer et chérir, sans craindre son jugement.



Anonyme, La Comète et trois œufs, eau-forte et burin, 1681

Par kiwaïda at 02:10

13/01/2021

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Photographie © Sonia Marques


Pensée du soir et de soi, un peu, pas beaucoup...

L'exemple de la peur du bannissement, me semble être la base de la consolidation d'un pacte de silence dans tout milieu sectaire. On peut également observer une structure de ce type, de ligature, dans un type de famille, incestuelle, qui s'oppose à toute séparation et individuation du sujet. Cela fige la venue même de toute parole singulière en dehors du groupe. Il n'est pas surprenant alors, d'apprendre très tardivement, lorsque 2 générations se sont passées, des actes violents, criminels, au sein des groupes, fratries, familles, groupes politiques, familles d'idées et de genre, clubs marginaux, associations construites sur toute exclusion et sur l'inclusion seule du pacte, du secret. Lorsque les leviers du secret sont potentiellement à lever, particulièrement lors de l'adolescence, l'emprise devient alors bien plus forte, afin de resserrer le lien, ligaturer. L'interdit de parole est à son comble. Les familles, les écoles, les centres d'accueils et lieux de soins, peuvent être des espaces regroupant ces ligatures. Toute apparition de l'individuation devient alors une menace suffisante pour la mise en place de complicités, afin d'évincer les caractères trop critiques, et la mise en récit personnel, une mémoire, qui ne serait pas celle du groupe, de la famille, du vécu instauré comme collectivement vécu et jamais indivisible, dont les sentiments personnels n'ont pas leurs place. Sont inscrits des évènements, et ceux-ci ne peuvent être interrogés de façon individuelle, mais répétés, et dans l'ordre dans lequel ils ont été dictés. Même si un sujet, un membre, n'a jamais vécu tel ou tel évènement (historique, familial) il peut le répéter, comme s'il l'avait toujours vécu. Sa propre expérience, dans un monde réel, peut même ne pas trouver d'expérimentation convaincante, tant la force de la mémoire du groupe prendra le dessus, sur sa propre expérience, qu'elle soit sentie ou non. Dans les expressions, on note une esthétique par défaut, où tout le groupe s'active à une mémoire unique et sans aspérité, presque reproductible. Dans des groupes familiaux intégristes, communautaires et sectaires, les individus présentent alors des pathologies, un problème avec les limites, car imbriqués, notamment, les adolescents, dans des attachements très serrés, où la ligature est une forme d'emprise, et la frontière entre les uns et les autres s'estompent.

Je me demandais quand la culture s’appauvrit, sont valorisés des styles limités, des esthétiques similaires, d'appartenance, et parfois à un haut niveau, considéré comme une élite. Mais il est difficile de pouvoir penser ladite fabrique d'une culture de l'élite sans en comprendre sa structure. Et il est quasiment impossible de la penser, de l'intérieur, en étant formée par elle, et en l'exerçant, en exerçant le pouvoir. En revanche, les manifestations peuvent être suffisamment visibles, même sans faire partie d'une élite, lorsque s'érode un groupuscule, ou qu'une parole se libère. On mesure alors l'appauvrissement de la culture d'une élite, à ses lézards. Je pense aussi à une culture qui lézarde depuis longtemps et s'immobilise dans le temps.

La meilleure action serait de donner accès à la parole singulière, et ce, par le biais de l'écriture, du récit, ce que j'observe le plus souvent. C'est que l'écriture d'un récit autobiographique qui diffère d'une structure qui se répète : ex > nous sommes une famille libre, ouverte, chacun s'exprime comme il l'entend… bouleverse la structure et elle se forclôt d'autant plus et resserre ses liens d'appartenance, en rejetant celui ou celle qui s'exprime comme il ou elle le souhaite, et non pas comme il ou elle l'entend.

La question de la liberté d'expression est un apanage parfait pour forclore et priver de la faculté à penser, à penser son individualité, dans un groupe qui met son énergie à confondre les limites et rendre flou toute hiérarchie et priorité, où l'éthique et la morale sont bannis.

Le secret se base sur la liberté exercée par les plus habiles à la répétition du discours admis, et leur pouvoir s'exerce sur leur faculté à garder celui-ci. Les fidèles acquièrent plus de pouvoir et de liberté s'ils réussissent à se réunir sur le secret. Plus le secret est tenu, plus grandes sont les chances, du groupe de resserrer, de ligaturer les destins. L'incestuel se construit ainsi.

Le tais-toi et ne dit rien, sur ce secret est "pour" le groupe, il est dit pour "nous". Le "nous" devient plus fort que le je.
Ne rien avouer est l'injonction parfaite de cette lutte entre le "je" et le "nous". Ces maux de genoux empêchent de se mouvoir à sa guise et dans des directions opposées, contraires, singulières au groupe.

Je remarque alors que lorsqu'un individu sort d'un groupe et interagit avec d'autres, si le groupe a eu de mauvais agissements, l'individu ne peut plus ré-intégrer le groupe, car celui-ci "ne le reconnaît" plus. Le groupe s'est structuré pour fonctionner à l'unisson, tout le temps, pour toujours.

Si le groupe n'avait pas de mauvais agissements, il en serait tout autrement. La réintégration est un enrichissement du groupe, de la famille, de la profession.

Comme un enfant, qui grandissant, va rencontrer une autre personne, s'unir. La nouvelle union, qui n'est pas semblable, n'est pas exclue de la famille, ni inclue comme une obligation. Le fonctionnement unaire d'une relation familiale est passible d'être affranchie au moment de l'adolescence, car l'enjeu est bien de devenir un sujet avec les questions de sa sexualité, indépendante des préférences et contraintes familiales, des idées politiques et des gestes affectifs acceptés, ou interdits. C'est un enjeu inédit, un mouvement de séparation, alors que des groupes peuvent immobiliser ce mouvement afin d'interdire au sujet de penser.

Pourtant la sortie du groupe est salutaire, elle n'est pas synonyme de départ définitif, ni de casser des liens affectifs ou d'idées, lorsque ceux-ci sont confiants et relativement altruistes.

L’incestualité vise à maintenir une indifférenciation et une confusion des êtres et des places générationnelles par brouillage ou déni. L’abus narcissique et l’emprise sont destinés à interdire l’accès du sujet à une identité, à ses besoins vitaux et à ses désirs
(selon Racamier). L’incestualité désigne ainsi un climat familial dans lequel l’enfant est amené contre son gré, mais par une violence encore plus pernicieuse que dans l’inceste, à satisfaire le désir de ses parents au prix de sa propre subjectivité. La finalité de tels aménagements est de ne laisser à l’autre aucune place pour être, d’éradiquer sa singularité et d’arracher tout mouvement de conquête indentificatoire. L’enfant, puis l’adolescent, sont captifs et traités comme des ustensiles (Racamier, op. cit.). Le lien est remplacé par la ligature et l’amalgame.

Les mafias s'édifient dans l'identique et se reproduisent à l'identique, les bourreaux du passé hantent les générations suivantes, sont incorporées. Il n'y a plus de limites entre le passé, le présent et ce qui est projeté. L'extérieur et ce qu'il se passe à l'intérieur est la même chose, tout s’emboutit. La loi du silence et l'omettra demeurent des principes fondamentaux comme un contrat narcissique, qui vise à disqualifier la loi pour la requalifier en famille. Cet espèce de renoncement à soi, pour le "nous" intrinsèque et emmêlé comme une pelote de laine, permet la subsistance du groupe, comme un accord entre sujets (à ce renoncement à soi) pour l'investissement unaire du groupe et la "réputation" qu'il projette. Dès lors, on peut observer que l'adversité est souvent inexistante, et parfois, le groupe doit la créer de toute pièce. Plus l'ennemi est visé et devient réel, plus les sujets du groupe se soudent. La soudure peut être très violente à l'égard d'un individu, dont la singularité gêne et est un obstacle, un danger à la cohésion des sujets de renoncement. Je peux poser comme concept que la négativité devient le seul moteur énergétique du groupe. Et celle-ci a besoin d'une positivité même imaginée à l'extrémité, à l'autre polarité. C'est là que l'on tend à la radicalisation. Le déni permet, lui de ne pas voir la violence, au moment même où le groupe, ou, l'un des sujets du groupe (en renoncement à soi) viole, agit violemment sur un autre membre du groupe. Tout est à ce moment permis, même les actes les plus inconcevables pour l'humain. La cohésion du groupe négatif, se mesure à des actes prohibés.

J'ai observé ces rapports dans des écoles, des groupes d'idées, des familles artistiques, superbement engagées à aider les plus démunis, évidemment, respectés par des localités sans culture, elles cimentent des territoires dévastés. Au moment de l'adolescence ils attirent d'autant plus celles et ceux qui sont fascinés par l'image des ligatures provoquées, et les réseaux sociaux sont des moyens de former ces images, encore plus fermement, car elles s'inscrivent dans le virtuel, comme dans une mémoire imaginaire, lorsque l'expérience sensorielle manque cruellement.

Le confinement peut provoquer des situations d'isolement et d'intégration par réseaux virtuels, d'appartenances intégristes, et former de formidables militaires à répéter, des slogans, des styles vestimentaires, des formes d'expressions artistiques mêmes, sans goût personnel, sans idée, mais à l'unisson. Ces armées de l'ombre sont d'autant plus ligaturées qu'aucun sujet n'est sujet, et ne se rend compte, même adulte, de sa participation du déni, et du rejet qu'il oppose à toute singularité.

Ces individus, qui ne sont plus, répètent inlassablement et pendant des années, les mêmes slogans. Des générations après, ils semblent comme immobilisés dans le temps.
Souvent gros, gras et riches, ils ne peuvent plus bouger. Point de hasard dans ces lézards si nous rencontrons des ogres et ogresses, des barbes bleues avec la clé des portes fermées ou trop étroites et des loups couchés à côté des chaperons rouges, si ce n'est de tomber sur les traces du petit poucet qui nous mène à la maison en pâtisserie d'Hansel et Gretel, tout en apercevant le haricot magique de Jack, bien déterminé à tuer les géants...

L'apathie ou la dépression, l'ennui arrivent et submergent toute volonté de se mouvoir, le désir d'invention disparaît, non pas par manque d'idée, mais par manque d'énergie et de dynamique à se ré-inventer, s'autoriser à penser différemment. Mais lorsque les nouvelles sont trop accablantes, ne rien faire, même si nous sommes très loin des évènements tragiques qui touchent un groupe sectaire, un groupe idéologique, politique, une élite inaccessible, une ville lointaine, un hameau éclairé (existait-il avant ces faits ?) une nation fermée, une étoile qui se rapproche soudainement, un astre oublié, ne rien faire, reste aussi, une des solutions les plus propices à laisser la main aux évènements, sans en commenter le déroulement, et s'en remettre : à soi.

On ne s'aperçoit jamais assez, que des sphères entières fonctionnent avec cette incapacité à s'autoriser à penser différemment. Cela constitue parfois une histoire qui se fige dans le temps, un demi-siècle, ou 2 ou 3 siècles plus tard, il y a un changement qui engage une société à organiser le civil, la relation à la terre et aux astres très différemment, et chacun, chacune avec ses inventions, son potentiel et ses problèmes à résoudre.

Peut-être est-ce dans ces résolutions, que j'entrevois une année charnière, de changements car ils ont déjà commencé il y quelques temps. Nous n'avons jamais fini d'en discerner les effets, dans nos vies quotidiennes.

Bonne année 2021 !

Par kiwaïda at 01:27

14/12/2020

ℬϴṲḺℰ Ð❝☮ℝ

Boulophile :

La boule de l'église Saint-Michel-des-Lions à Limoges est un point de repère dans le paysage de la ville, du centre ville, à la fois historique, mais surtout visuel, pour le quidam. Je ne suis plus un quidam, mais une limougeaude, depuis 11 années. Je n'ai pas pris cette belle photographie, ni n'ai le nom de l'auteure. Un jour, un homme âgé m'a dit : "Savez-vous qu'un homme peut se tenir debout dans cette boule ?" Il avait un local professionnel juste en face de la DRAC Nouvelle-Aquitaine, un service déconcentré du ministère de la Culture, placée sous l'autorité de la Préfète de région, elle exerce son action sur 3 sites : Bordeaux, Limoges et Poitiers, et dans 12 Unités Départementales de l'Architecture et du Patrimoine (UDAP). Cet homme n'est plus de ce monde, mais il peut mieux observer cette boule, là où il se trouve. Sur ce chemin, il me fit découvrir cette extrémité, qui non, seulement, lui a fait perdre la boule, mais, aussi, désigne une échelle, hors de portée des êtres humains, celles et ceux qui marchent sur terre. D'où nous étions, nous ne pouvions voir qu'une minuscule boule, elle perdait déjà ses détails, et devenait une petite perle, qui pouvait se tenir sur l'index d'un être humain, d'un quidam. Je ne voyais ni la boule, ni le doigt, ni celui qui me désigna ce qu'il voyait. À ce moment, je m'interrogeais sur mes desseins. Qui était le sage ? Je pensais que des lapins vivaient sur la Lune. Ils étaient descendus sur terre pour m'apprendre la sagesse dans la sottise des autres. Devenue très sage, je m'interrogeais sur moi-même, les sots interrogent les autres. Je désignais alors une Lune, lorsqu'un idiot regardait encore le doigt.

Entre toi et moi



Photographie (© Sonia Marques)

L'église de style gothique, fut construite entre les XIVe et XVIe siècles. Ce clocher limousin surmonté d'une boule métallique raconte son histoire :

En 1810, lorsque la foudre s'abat sur le clocher de l'église, l'édifice religieux est endommagé. Le militaire chargé du projet de réfection de la flèche du monument a l'idée de le coiffer d'une boule, « pour faciliter les opérations de triangulation et les mesures géodésiques ». Cette sphère pèse 600 kg et fait environ 2 m de diamètre. Les Limougeauds se sont habitués à cet appendice militaire (un hôtel lui emprunte même son nom : l'hôtel de la Boule d'Or) mais il présente une grande prise au vent et met à nouveau l’édifice en péril. Des travaux de restauration sont lancés et le débat fait rage entre ceux qui veulent un clocher avec ou sans boule. Les membres de la Société Archéologique et Historique du Limousin se divisent eux aussi entre boulophiles et boulophobes. Le Préfet de l’époque tranche en demandant l'avis du Ministère des Beaux-Arts. Une nouvelle boule doit remplacer l'ancienne mais la Première Guerre est déclarée. La nouvelle sphère est ajourée et en cuivre mais elle devra attendre la fin de la guerre pour trouver sa place aux côtés de la girouette qui, elle, n’a pas bougé depuis 1824. L'église est classée au titre des monuments historiques en 19092.
(Wikipédia)

Voutée d'ogives, c'est ce qui m'impressionne une fois le silence retrouvé à l'intérieur, au carrefour de plusieurs rues du centre ville. Dans la boule de cristal située au point le plus culminant de la pensée : des formes de perception extrasensorielles d'objets ou d'évènements... Qui sait ?


Dans cette église, il y a une crèche... Et un étrange personnage est distrait, un peu à part... Il regarde une scène d'écureuils...
Personne ne voit ce qu'il voit... Car une scène très médiatique et centrale attend le chalant, la chalante.
En préparant Noël, j'étais comme ce personnage, regardant une scène sans intérêt, ou presque.

Écureuils...

Coquillage...

À peine avais-je terminé un nouveau sapin, avec des décorations nouvelles, j'aime bien le petit renne en porcelaine, et le chat en feutre, ou les étoiles et cœur en tartan...
Que j'en commençais un autre, celui de l'année dernière, des dernières années passées, où j'ai fabriqué et peint un arbre..
Pourquoi 2 sapins ? Parce que le nouveau et celui des années passées.

Avant, je disposais des photos de décorations bien plus importantes que des photos de ma petite bouille. Cela change...
La décoration a toujours une place importante, elle fait partie d'une attention à la figuration, aux symboles et à la manifestation de mes intentions, mes gestes, ils doivent être délicats. Les moments de dépôts des petites attentions, sont, pour moi, des symboles de résistance. On ne peut pas les vulgariser et s'en moquer, car ils symbolisent le temps passé de la réflexion, de la pensée. Où se manifeste cette pensée si invisible ? Dans des choses d'apparence futiles pour celles et ceux qui ne pensent pas, pas assez. Mais il n'y a jamais de trop ni de peu. Penser s'entend comme panser, et moi je l'entends comme "danser".

Un beau coup de pied dans la porte des boules d'or, doux, sans aucune force. J'ai trouvé un masque en sequins, c'est très particulier, j'adore les sequins, de petites perles en forme de disque, encore de la décoration. Ils sont utilisés sur les vêtements, bijoux, sacs, chaussures, tout est possible. Aujourd'hui en plastique, avant ils étaient fabriqués à partir de métaux, d'ailleurs, Le mot « sequin » provient du nom familier vénitien zecchino prononcé en Vénitien : [tseˈkino], désignant le sequin, une pièce de ducat vénitienne. Le ducat a cessé d'être frappé après la campagne d’Italie et le nom de sequin a perdu son sens initial. Il a ensuite pris son sens actuel en France. Les sequins du XIXe siècle étaient en métal brillant. De gros sequins, attachés uniquement au sommet, étaient utilisés sur les panneaux d'affichage et d’autres formes de signalisation, en particulier avant le développement des enseignes lumineuses.
Ces paillettes nous font voyager. J'écrivais sur les boules et les perles, c'est une question d'échelle. La boule que l'on observe à une extrémité qui semble toucher les cieux, est celle que l'on peu observer dans un sequin, si l'on y pense bien.

Je me suis demandée si l'on pouvait distinguer un sourire sous un masque, oui, les yeux rieurs.

Je me suis demandée si je pouvais voir mon amie dans le miroir...

...Oui

Photographies (© Sonia Marques)

Par kiwaïda at 12:43

04/12/2020

℃☮Ṳ✔ℜ∃➸FℰṲ

Ici on instaure le pot-au-feu à 21h et à 6h le pequeno almoço…
Entre Limoges et Lisbonne
Bah quoi, j'ai rien compris ?

Fotografías © Sónia Marquès


Par kiwaïda at 00:17

23/10/2020

♏☮ℳℰℕ✝ϟ


Uma viagem em silêncio ...



Há três anos que não acabo esta pintura, em duas telas, mas é mágica, e continua a motivar-me...


Um ponto de vista que já não existe hoje, excepcional, sobre a minha cidade, Limoges. Memória...



Quando dava aulas na natureza com alunos muito simpáticos, há já 4 anos. Veio um gato para aproveitar, emprestamos-lhe uma cadeira. Estava frio lá fora, era outono, como hoje.
Desenhar flores...


Se a luz viesse iluminar-nos, às vezes, porque uma estrela morre...

Hoje é descanso.

Fotografías © Sónia Marquès

Par kiwaïda at 14:59

30/08/2020

@Lмα

Fotografías © Sónia Marquès, e poema...

A ALMA E O SAL

Comecei de imediato a sonhar com o mar, com o murmúrio manso das ondas de Setembro, comecei a sonhar com a maravilhosa liberdade do mar, o rumor do mar, o mugido das rochas cobertas de lapas, de mexilhões, de conchas, quando a maré desce...

Sentimentos contraditórios,

O ser humano é percorrido por emoções opostas, de uma sensibilidade rica e generosa, ele pode partir para a guerra e capaz de piores atrocidades...

Por que as pessoas procuram o mal e machucam outras que não conhecem e nunca conhecerão ?

Porque há frustrações profundas e por vezes uma cegueira profunda: não sentir, não ter emoção, não reconhecer as paisagens

Confundir as imagens com o que sentimos perante as ilusões, do que pensávamos ver e saber, o ser humano engana-se no caminho, e às vezes por muito tempo, talvez para sempre...

No espelho dos pássaros
Reconhecer as paisagens não é apenas vê-las
Comecei de imediato a sonhar com as ondas de Setembro

É ninguém é ninguém, eu também sou pessoa
Não sou nada
Nunca serei nada
Não posso querer ser nada
À parte isso, tenho em mim todos os sonhos do mundo

O valor das coisas não esta no tempo em que elas duram,
mas na intensidade com que acontecem.
Por isso existem momentos inesqueciveis, coisas inexplicaveis e pessoas incomparaveis
(FP)

A vida
A vida de todo ser humano é um caminho em direção a si mesmo, a tentativa de um caminho, o seguir de um simples rastro. Homem algum chegou a ser completamente ele mesmo; mas todos aspiram a sê-lo, obscuramente alguns, outros mais claramente, cada qual como pode. Todos levam consigo, até o fim, viscosidade e casas de ovo de um mundo primitivo. Há os que não chegam jamais a ser homens, e continuam sendo rãs, esquilos ou formigas. Outros são homens da cintura para cima e peixes da cintura para baixo. Mas cada um deles é um impulso em direção ao ser.
(HH)

Homem ? E mulheres...


boa10.jpg

bia9.jpg


Não sei quantas almas tenho.
Cada momento mudei.
Continuamente me estranho.
Nunca me vi nem achei.
De tanto ser, só tenho alma.
Quem tem alma não tem calma.
Quem vê é só o que vê,
Quem sente não é quem é,
Atento ao que sou e vejo,
Torno-me eles e não eu.
Cada meu sonho ou desejo
É do que nasce e não meu.
Sou minha própria paisagem,
Assisto à minha passagem,
Diverso, móbil e só,
Não sei sentir-me onde estou.
Por isso, alheio, vou lendo
Como páginas, meu ser
O que segue não prevendo,
O que passou a esquecer.
Noto à margem do que li
O que julguei que senti.
Releio e digo: «Fui eu?»
Deus sabe, porque o escreveu.
(FP)


Cada momento mudei...


Fotografías © Sónia Marquès, e poema...

Par kiwaïda at 13:52

23/08/2020

∀ℬℰℝtÜℝÅ

Fotografías © Sónia Marquès, e poema...

ABERTURA

Se há uma coisa que me parece luminosa e digna da mais linda aprendizagem, é o despertar. Sendo mais "terra-a-terra", porque meus escritos não são acessíveis a todos, minha linguagem e meu pensamento, pela manhã descobrindo cada pessoa ao acordar, sempre me pareceu a melhor forma de me sentir perto do outro, do ser humano. No entanto, minhas manhãs são alongadas, sempre e não se parecem com as manhãs "genéricas", que podem ser reproduzidas a baixo custo. Não, falo daquelas manhãs, todas minhas, em que o pensamento é o mais fluido, o mais ilógico para alguns, o mais preciso e livre, o mais puro. São aqueles rostos, a pele relaxada da noite, sem maquiagem, os olhos sem nenhum preconceitos, das imagens já prontas que a sociedade dar-nos, mas está tudo desfeito. Você tem que começar, refazer tudo e refazer o mundo torna-se brincadeira de criança.

Um dia, enviei um cartão postal de Boas Festas, mostrou minha cara de sono (de sohnos, de Sónia ?) com meu papagaio bebê, uma fêmea. Não havia nada que contasse a hora da filmagem, nem mesmo o que era esse bicho, cujas migalhas de sua comida ficavam grudadas sobre no bico, e eu, atenciosa, cabelos e rosto da manhã, tudo nesta refeição matinal. Aliás também não sabemos o que chamamos de manhã. Para alguns, algumas, o amanhecer é levantar-se às 4h, para outros ao meio-dia, para outros às 16h, as noites não têm igual, e cada noite é única, seja passada em solitário, a dois, a vários, em família, num deserto, numa canícula sufocante, ou numa noite fria sob as estrelas, ou numa masmorra, ou na rua num banco público ... Em suma, a fotografia não dizia nada de tudo isso. A única coisa que você poderia pensar é que tinha uma cara engraçada e um animal estranho e mal cuidado. Os papagaios bebês, como outros bebês, colocam o comido em todos lados !

É um exemplo, o do despertar. Este cartão também significava, por meio de um sinal escrita desejando a todos “Boas Festas”, que estava longe, muito longe; não porque quisesse, mas porque tinha que ficar em segundo plano. Assim como os militares, fui chamado para ficar em casa, confinado, não como se tivesse de esperar pelo fim da guerra, embora, mas como alguns lutadores que pensam e não estão armados, que devem ser protegidos. Então descobrir os seres pela manhã, é realmente descobri-los e compartilhar um momento de paz. Descobrir os seus entes queridos de manhã, sem o incómodo da vida deles, sem ruídos e boatos, sem nunca abrir um media, sem teledistância, è para mim estar o mais próximo possível das coisas e dos seus adventos, è estar em que há melhor e há potencial.

Não sou madrugadora. Mas sou de todas as manhãs do mundo.

O acontecimento mais marcante foi a obrigação de ser confinada, e vários anos depois observar, à medida que as manhãs iam passando, um confinamento súbito estendido a todos. Este cruzamento, do particular ao general, esta comunhão do tempo, significava, do meu ponto de vista, que mesmo os mais recalcitrantes para imaginar o isolamento, sofrido ou voluntário, por diferentes razões, se encontravam na mesma situação. Assim, já não existia a sensação de estar isolada do mundo, mas de fazer parte do mundo, em comunhão, vivida para alguns, para algumas, como uma restrição, e para outros, em todas as manhãs do mundo, como a partilha de uma situação pouco comum, mas que se tornou comum.

Há nessas atribuições da sociedade, de que diferença, uma anulação do efeito de deficiência que constituem estas atribuições por apriorismo. Quando a sociedade impõe um modo de estar junto que prejudica a todos, é anulada qualquer ideia da diferença, que se baseia em outra ideia : haveria privilegiados.

Com os privilégios abolidos, ainda era necessário reescrever a história, insistindo bem no facto de que os deficientes sofriam muito mais do que outros o confinamento. No entanto, a questão do "sofrer" nunca foi aprofundada, apenas do ponto de vista da privação de liberdade. Porém, muitos confinados, que já estavam confinados e submetidos a um confinamento pela sociedade de acordo com atribuições arbitrárias, experimentaram a liberdade de pensamento e viveram o confinamento generalizado, a todos , como um grande alívio, uma paz tão nova e indizível, que nem sequer pode ser descrita, sob pena de ser censurada.

Mas sim, o silêncio reencontrado, a paz interior, a suspensão de um estado de embriaguez forçado a consumir, o regresso às manhãs calmas, os motores desligados, a pausa mereceria ser renovada, uma nova forma de bem-estar no mundo.



Par kiwaïda at 12:46

10/05/2020

ℝøṧε ḯ﹩ α ґøṧℯ iṧ α ґøṧε ḯ﹩ @ ґ◎ṧε

Au début il y a des œufs jaunes séparés des blancs, c'est le confinement.
Puis il y a la montée des blancs en neige, un moment magique et scientifique.
Puis il y a les jaunes et le sucre, battus, une mousse jaune s’éclaircit,
mais point trop car le sucre est de canne, roux comme les cheveux d'un ange qui fête son anniversaire...
Puis, et puis, et puis... le secret, une erreur, une idée (la sagacité) Eurêka !!!
La teinte du jus des fruits rouge, il coule, réservons-le, il sera notre colorant pour la ganache prévue blanche,
ou plutôt jaune coquille, du chocolat blanc crémeux.
Cette teinte est si belle, elle sera la teinte de la journée : un lilas, à peine mauve, violet mais pas trop, un rose qui a du vécu,
une douceur mystique et spirituelle.
Le champagne est aussi un blanc de noir, son habillage est lilas glacé.

Puis il y a... des bougies trouvées dans un ramequin portugais en céramique fait à la main, les anses cassées, on les met toutes !!!
Puis on s’apprête à souffler, le téléphone sonne, Cocotriste répond !
Le père s'invite, en télépathie, en télé-distance, en confinement, il souffle avec elle :

FFFFFFFFFFFFFF !

C'est une première, la fille accompagnée par le souffle de son père pour ses 47 années.

La distance rapproche. Merci le confinement.

Et puis après, et bien, c'est le dé-confinement.
Depuis très longtemps, femme confinée par le gouvernement, restera confinée encore, comme l'or.
Matière pure dense, ductile et molle, facile à travailler, à la main et au bâton, connue de toute antiquité,
appréciée pour son fort éclat de « petit soleil », en particulier sous forme de diverses parures
ou de pièces de monnaie depuis l'Antiquité, et très recherchée, avec l'argent,
depuis les temps historiques pour sa fonction monétaire déterminante.
C'est l'histoire du huit infini, un ruban de Möbius, comme des boucles d'oreille,
juste un pli et l'on circule à l'infini.

(Photographies Kiwaïda & Thejazzist)

Par kiwaïda at 19:01

24/07/2019

ß℮αʊ m@ü♥ε

barbylurique.jpg

que de drôles de sensations, de drôles de situations, que de drôles d'oiseaux…
je vis dans le pli d'un éventail fermé
qu'il est beau ce murano, ce geste sensuel, comme une goutte d'eau, un bec
et cet œil qui nous regarde
son corps n'est que le prolongement de ce geste premier artisanal

transparence
froid
eau

ce bleu si mauve, cette allure si babylurique
il me donne envie d'inventer un mot
babylurique
parce que c'est encore un bébé perroquet
je le sais je connais
parce qu'il fait confiance en son regard en la personne qui le regarde et accompagne ses interrogations
comme ce blog, mon écriture se fait témoin de la personne qui le lit, elle la regarde
et seulement cette écriture la regarde
"vois-tu comme je te vois me lire"

un verre d'eau
s'il te plait

un verre de mauve
il me plait

cet éventail peut s'ouvrir
mais il reste fermé même lorsqu'il fait assez chaud
il ne reste plus beaucoup d'air, d'espace pour respirer
dans ce pli

nous avons appris à demeurer pliés
nous avons connu les dépliés

nous ne pouvons plus nous déplier
nous sommes repliés

babylurique
mon bébé qui parle dans ce repli
ventriloque ermite

nous ne connaissons pas les sédatifs
ni l'anesthésie des sens

nous ne connaissons pas les barbituriques
nous vivons dans l'intensité des recoins de nos potentiels
oui nous pouvons

bébé clin d’œil
ailes repliées
grands éventails

nos œuvres s'ombrent
laissant les malmoches parader
cela nous protège

encore un mot inventé
malmoches

nos œuvres s'ombrent
à la lecture des robots

mots transparents
mots froids
m'eaux

être loin
être petit
dans l'immensité d'un tableau bleu
horizon bleu
mon mauve
mon beau

nous attendons cette humilité
dignement nous sommes pliés
de rire
repliés d'espoir
de vivre

Par kiwaïda at 17:28

18/07/2019

ℒℰ ḠѺÛ† ℯт łℯ ṧα♥◎ḯя

D'après une photo de George Barris de Marylin Monroe sur la plage de Santa Monica le 13 juillet 1962. Elle a 36 ans.

C'était dans ce pays où les lumières avaient éclairé une bonne partie des inventions, les sciences, la littérature et les beaux-arts, durant des années, peut-être 2 siècles...

Que restait-il de ces étoiles ? Il n'était pas bon avoir du goût, il n'était pas bon savoir, en ces temps de lynchage. Alors à quoi servaient ces études, si longues et complètes, si épanouissantes, si elles se trouvaient lapidées par des bricoles pour appâter le maire alcoolique du coin, nommé le "trouduc" ? Il fallait remonter un peu plus loin dans l'histoire, les habitants avaient perdu le goût mais aussi, ne savaient plus rien, si bien qu'ils se penchaient, depuis des années vers les idées présentées toutes cuites, ou parfois recuites, des idées très simples que l'on peut répéter. Une des idées reçues, est celle la plus adulée comme on adulait des images. Ce sont des sortes d'iconodules de la pensée toute faite, à l'aide de drapeaux et d'oripeaux, ils ont assombri une partie du ciel, ne gardant que celle où les étoiles ne sont plus. Donc une de ces idées faciles à assimiler, par n'importe quel icono cono, c'est que l'argent est volé. Qu'est-ce que cela veut dire ? L'argent est volé ou s'envole ? Non, l'argent d'où qu'il vienne, transformé en mets coûteux ou vins, ou vêtements de luxe ou propriétés, enfin de ce que les habitants peuvent encore voir, là où il est encore visible et montré en image, dans les magazines, sur Internet, cet argent n'est jamais gagné, mais volé.

C'est la première idée, et elle, cette idée, gagne du terrain, remporte toute les adhésions. Il suffit d'alimenter l'hystérie des eaux troubles dans laquelle ce pays des lumières éteintes se trouve béni, par les icono cono, et l'adhésion populaire est quasiment définitive et peut tuer n'importe quel icono cono ! Cette idée simple qu'on "nous vole notre argent" s'illustre depuis des années à différents niveaux et elle fonctionne comme un rouage nanofacturé, imprimé en 3D, parce que l'idée ne coûte pas cher à fabriquer, et s'étend comme feu aux poudres en un éclair de temps : elle est très rapide à diffuser, ça marche de suite, et de plus en plus vite.

Donc sur cette thèse, nombre de docteurs (celles et ceux qui écrivent des thèses, pas celles et ceux qui auscultent des corps nus, voire plus) se complaisent à la nourrir et à s'inviter experts en commentaires, de tous poils donc. Aujourd'hui, une thèse s'achète par imprimante 3D, pas besoin d'étudier, il faut copier l'idée la plus répandue. Elle se décline ainsi : un homme pauvre ne peut pas devenir riche, une femme belle ne peut pas être intelligente, une femme savante n'a pas de goût, un homme de goût est un homme riche, les riches sont celles et ceux qui ont volé aux pauvres, les pauvres n'ont ni goût ni savoir, le savoir et le goût ne vont jamais ensemble, mieux vaut vivre sans goût et sans savoir pour rester vivant et sans être lynché...

Le pays se laissait ainsi mordre de tous côtés par l'irrésistible envie de tuer ce qui semblait beau, ce qui semblait intelligent, mais de toutes ces semblances, les habitants icono cono ne tuaient que des images, en bons iconodules. C'est que l'icono trash faisait, justement fortune. Et pour les habitants d'un pays où l'idée première la plus entendue était que l'argent s'envole, il fallait le rattraper et le dépenser très vite, avant qu'il ne se perde...

Pour ce qui n'était plus matériel, c'est-à-dire l'argent lui-même, point de problème, les habitants ne s'en occupaient pas, car ils ne croyaient que ce qu'ils voyaient.

La deuxième idée quelle était-elle ? Oui, le savoir. On imagine qu'il est plus difficile d'émettre une idée simpliste sur le savoir, et bien non. Il faut garder souvenir, que ces habitants sont quasiment dans l'ombre et qu'ils ne voient plus les étoiles. Ils ont conçu des statistiques et des questionnaires afin de mesurer le quotient intellectuel des habitants. Évidemment ceux-ci sont complètement caduques et bien désuets, ne serait-ce que pour mesurer le niveau de culture générale, ils se sont basés sur d'anciens modèles masculins de bande-dessinées misogynes ou sur des femmes écrivains féministes, dont le mot féministe ne pouvait même pas exister étant donné que le féminisme n'existait pas lorsqu'elles ont été publiées par des hommes. Il y a plusieurs points très discutables, mais revenons à cette deuxième idée, pourquoi mesurer l'intelligence des habitants ? Afin de créer une cloche, d'un côté en bas de la cloche, les débiles, au milieu la population en majeure partie, celle qui paye les impôts et peut travailler dans la société des lumières éteintes et de l'autre côté, toujours en bas de la cloche mais à l'opposé, les précoces, celles et ceux qui ont un haut potentiel, définis, par les icono cono comme les débiles, celles et ceux dont on ne peut rien faire et qui emmerdent le bon fonctionnement de l'extinction générale des lumières !

En gros, après avoir effectué ces mesures, il faut éliminer, de la société tout élément, en bas de la cloche dingdong. On peut aller chercher des écrivains, des femmes renommées, déjà publiées depuis des lustres avec l'aide de leur mari bien placé, jalouse d'une précocité, d'un enfant même disposé à l'analyse de ses faits et gestes quotidiens, l'enfant en sait bien plus que l'écrivain. Et pousser ces femmes sans talent à écrire sur leur proie : un enfant surdoué. Ce sera une arme afin de combattre tous les enfants qui espèrent grandir dans cette société et qui imaginent pouvoir rallumer les lumières. Il n'est point question là des enfants avec un porte-voix tendu par des adultes manipulateurs pour passionner les foules coupables à la découverte écologique de ce sur quoi ils marchent depuis leur naissance : la terre. Non, il est question des enfants non manipulables, ils savent en avance mais ne peuvent être désignés comme savants, car les savants se désignent entre eux, entre adultes plutôt débiles, et votent à qui sera le génie d'un siècle ou d'un quart d'heure américain.

La troisième idée, c'est celle, encore plus complexe que l'on croit, mais en fait toujours aussi simpliste, c'est que le spirituel devienne un sujet de guerre. Les icono cono nés aveugles de cœur, mais dans l'impossibilité de comprendre l'invisible, ils ont beaucoup perdu de leur sensibilité, ont décidé que des religions différentes devaient s'affronter et s'entretuer, afin d'atteindre l'invisible, puisqu'ils ne le voyaient pas. Ils pensent que seule l'identité, l'appartenance à une religion, une communauté, une secte, un club de golf même, pouvait résumer le parcours social et professionnel d'une personne. Donc tout ce qui n'était pas visible, et la sensibilité en fait partie, et le goût, parce qu'avoir du goût c'est aussi savoir goûter, sentir, devait être en guerre et les icono cono devaient militer, s'associer, afin de faire la guerre à tout individu qui ne déclinerait pas son identité.

De ces 3 idées illustrées à tous niveaux et dans toute la presse, gouvernait de plus en plus un pouvoir simplifié, qui attribuait des droits aux icono cono, simplifiés. Dans le domaine de la simplification, on trouve des simplets, mais aussi plusieurs autres petites unités, ou parties réduites de façon différentes et c'est là où la simplification, si l'on y regarde d'un peu plus près, c'est-à-dire, en se baissant un peu, en rapetissant, après avoir bu la potion magique "buvez-moi", peut devenir complexe. Oui, la simplification, quand on change d'échelle de valeur, de crédit, peut devenir complexe. Pour cela il faut savoir lire "buvez-moi", et on sait à présent, que les habitants ne savent plus rien, ni même lire la notice d'une boisson. Les dégâts dans ce pays, sont innombrables, et les maires trouduc ont dépassé la dose prescrite. Un mode de gouvernance simplifié se décline en plusieurs élus sur des terres, non écologiques, définitivement non écologiques. Les votes sont simplifiés, contre avantages et crédits, ajoutés puis enlevés après élections, et se réalisent avec des boutons incrustés au creux des poignets. c'est rapide et non anonyme. Ainsi l'ostracisation peut également s’effectuer en temps réel. On peut un peu mieux observer que la jalousie, l'envie, la haine, toutes ces qualités, devenaient les meilleurs outils pour adhérer à un pouvoir, dit vertueux, un pouvoir simplifié, au service de l'extinction des lumières, mais pas des feux. Seul le savoir pouvait donner des clés de lectures, afin de comprendre et non pas seulement voir (ça voir), que sous ces vertus affichées sans goût de luxe, ou ces slogans syndicaux qui défendent la veuve et l'orphelin, officiaient les idées simplistes les plus viles et vulgaires, détruisant à petits feux les savoirs et savoirs faire de ce pays. L'argent ayant perdu le monopole et le socle divin des échanges et procédures par intérêt, les repères et les pères s’effondraient sous ces jours de plus en plus incertains, ces genres indéfinis et ces transformations rapides, sans aucun savoir, dans la semi-obscurité.

Les éclipses peuvent générer des moments, quelques secondes seulement, de lumière. C'est pour cela que les habitants se précipitent tous à regarder le ciel, dans des points névralgiques différents des plateaux et sommets, ou même aux fenêtres, afin de tendre vers cet espoir que la sagacité toucherait la fêlure d'un de leur cerveau, et que le plus fêlé d'entre eux parviendrait à avoir, ou recevoir, une idée, cette lumière non prosaïque, dénuée de prose, d'une force poétique inouïe comme le bouleversement d'un mode de penser terne et fonctionnaire, servile et sans transparence. Mais cette limpidité, ce fluide sensuel et intellectuel n'arrivait jamais. Et même s'il arrivait, le fêlé d'un coup devenu un génie ne délivrerait jamais son idée, il serait lapidé sur le champ ou torturé. Il finirait ses jours dans l'obscurité la plus totale, ce qui, finalement ne l'atteindrait pas, puisque la lumière, il la trouverait dans son cœur, les yeux fermés, l'insularité incassable du diamantaire et non du lapidaire.

Si les lumières s'éteignaient et qu'étaient tués dans l'oeuf les enfants et les animaux doués d'une intelligence sensible, les seuls pour sauver les icono cono, ces derniers ne pouvaient même plus comprendre que l'argent ne leur était jamais volé, mais que les efforts payent, et pas ceux visibles, mais ceux éprouvés de l'intérieur, en interrogeant même leur sensibilité. Alors les icono cono perdaient leur beauté première, celle qui demeure à l'intérieur, celle qui sait, qui a du goût, qui travaille parce qu'elle aime et qui se repose en paix. La beauté première rongée par l'idée que toute beauté n'a aucune spiritualité, serait même illusoire, une image à détruire, avait beaucoup de mal à perdurer, elle devenait jetable, utilisable mais jamais regardée pour ce qu'elle était. Pourtant la beauté qui siège dans les cœurs est celle encore qui allume les lumières. Tout le ciel n'est pas obscur puisque ce sont les étoiles qui font la nuit. L'obscurité totale advient lorsque la prison des idées simples prend trop de place.

Si sont montrés des lingots d'or aux icono cono, par jalousie, ils chercheront sans fin à savoir qui les a. Le lynchage, leur seule passion, devient alors leur seule recherche. Mais un lingot d'or, même l'image d'un lingot d'or, n'est pas une étoile (inaccessible) dans le ciel de la nuit, il n'éclaire pas grand chose, et n'a pas trop de goût. Ce serait même un mauvais goût. De même savoir que son voisin vit sur un tas de lingots d'or, ce n'est pas savoir grand chose. De même si ce voisin s'est identifié à une religion et la placarde un peu partout où il passe, ne fait pas de lui un gage de spiritualité et de sagesse accomplie et il n'est pas non plus utile, quoique l'utilitaire ici est coquin, de le vilipender, d'inciter à la haine de ce que l'on ne sait pas.

Sur le sable, les beautés drapées dans des serviettes usées par le temps, les cheveux lumineux et sans pigments, dessinent des étoiles, des grains de sable, sur lesquels nous marchons en oubliant ce temps qui passe.

Par kiwaïda at 16:02

19/06/2019

℘☺üґⓠυ☺i Tʊ √i﹩

Porque Te Vas (version Française)

On t'as fait un monde trop petit Pour tes idées Pour l'appétit De tes grands yeux écarquillés Sur l'infini Tu es prisonnière de ta maison De tes parents De cet adulte qui te dit qu'il a raison Et qui te ment [Refrain] Toi, tu es née pour la folie Pour la lumière Pour des pays Peuplés de rois Et tu te demandes dans ta nuit De prisonnière Pourquoi tu vis Et où tu vas Pourquoi tu vis Et où tu vas Tu n'as pas d'avion ni de bateau Pour t'en aller Les illusions qui restent Sont comme un radeau Qui va couler Et pourtant tu veux de tout ton corps De tout ton cœur Briser enfin le noir et blanc de ton décor Vivre en couleurs

Par kiwaïda at 00:39

22/01/2019

ⓋⒶⓋⒶ

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 23:15

25/07/2018

ℓα √iε S℮ηṧї♭ℓε

De la vie sensible
Cela arrive même les yeux clos ou quand tous les autres organes des sens semblent être fermés au monde. Si ce n’est pas le bruit de notre respiration, c’est un souvenir ou un rêve qui nous arrachent de notre isolement apparent pour nous replonger dans la mer du sensible. Nous considérons que nous sommes des êtres rationnels, pensants et parlants, et pourtant, pour nous, vivre signifie avant toutes choses regarder, goûter, toucher ou sentir le monde. Nous ne savons vivre, nous ne pouvons vivre qu’à travers le sensible, et non pas seulement pour connaître ce qui nous entoure. Ce n’est pas une question gnoséologique : la sensibilité n’est pas seulement une de nos facultés cognitives. Sensible, c’est notre corps même qui l’est : en tout et pour tout. Nous sommes sensibles dans la mesure même et à l’aune selon laquelle nous vivons du sensible : nous sommes pour nous-mêmes et nous ne pouvons être pour les autres qu’une apparence sensible. Notre peau et nos yeux ont une couleur, notre bouche a un certain goût, notre corps ne cesse d’émettre des lumières, des odeurs et des sons en se déplaçant, en parlant, en mangeant, en dormant. Nous vivons du sensible, mais la question ne saurait non plus se réduire à une nécessité physiologique. Dans tout ce que nous sommes et dans tout ce que nous faisons, nous avons affaire au sensible. Seule la médiation de la lueur de l’imagination sensible nous permet d’accéder à notre passé et à notre futur. Et surtout, nous nous rapportons à nous-mêmes non pas comme à une essence incorporelle et invisible, mais comme à quelque chose dont la consistance est avant tout sensible. Nous passons des heures, chaque jour à donner à nos corps et aux choses qui nous entourent des formes, des couleurs, des odeurs différentes de celles qu’ils devraient avoir naturellement. Nous voulons vraiment cette étoffe, cette coupe, cette couleur et ces rayures. Nous faisons tout ce qu’il faut pour qu’il y ait des odeurs ; et sur notre peau, comme sur notre visage et notre corps, nous traçons des signes, des couleurs autour de nos yeux ; nous peignons nos ongles comme s’il s’agissait de marques, de talismans efficaces dont dépend notre futur. Il ne s’agit pas d’une obsession pour l’image de soi. Le soin de soi et le soin du monde ne se confondent pas avec une activité immatérielle ou contemplative : ce n’est pas davantage une « pratique » ou une action ; ces soins se ramènent à une activité ininterrompue de production de réalités sensibles. Tout ce que nous créons, comme tout ce que nous produisons, est fait de matière sensible : outre nos propres mots, cela vaut pour le tissu des choses dans lesquelles nous objectivons notre volonté, notre intelligence, nos désirs les plus violents, nos imaginations les plus disparates. Le monde n’est pas une simple extension, il n’est pas non plus une collection d’objets et on ne saurait davantage le reconduire à une pure et simple possibilité abstraite d’existence. Être-au-monde signifie avant toutes choses être dans le sensible : s’y déplacer, le faire et le défaire sans interruption. La vie sensible n’est pas seulement ce que la sensation éveille en nous. C’est à la fois la manière par laquelle nous nous donnons au monde, la forme qui nous permet d’être dans le monde (pour nous-mêmes et pour les autres) et la voie par laquelle le monde se fait pour nous connaissable, praticable, vivable. Ce n’est que dans la vie sensible qu’un monde s’offre à nous, et ce n’est que comme vie sensible que nous sommes au monde.

La vie sensible  > Emanuele Coccia / Éditions Rivages (Philosophie Rivages - 2013)




































Spéciale dédicace à la Panthera Pardus et sa perle noire (photographies © Sonia Marques)


Par kiwaïda at 15:45

03/07/2018

ʟα ßℯʟʟ℮



Par kiwaïda at 11:08

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