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Philosophie

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16/11/2019

Åℳi∃

Où êtes-vous chère amie ?

Chère âme ?

Nous vous avions rencontrée cet été 2014. Une chatte claire, avec une petite queue. À chaque fois, dans ce jardins des Hespérides, vous vous présentiez à nous. Cachée, à l'abri, dans un buisson, vous sortiez venir nous voir et vous blottir de nouveau sur nous, dans nos habits. Nous étions ces ignorants, d'instinct reconnaissants, nous vous apportions chaleur. Aviez-vous besoin de nous ? Non. Nous avions besoin de vous, à ce moment. Nous avions trouvé chaleureux vos salutations bien plus distinguées, que celles que nous recevions. Les êtres humains, vous saviez leur insensibilité. Vous vous cachiez. Nous êtres humains, nous ne savions pas que vous étiez pleine. Nous pensions que vous étiez abandonnée, et si domestiquée. Mais non. Vous preniez nos cuisses comme de confortables divans, nous étions un peu paralysés, sans vouloir vous déranger. Nous attendions votre sieste se terminer.

Quelles joies, vous nous aviez là données. Pas de ces joies pétillantes, mais celles aussi pleines d'interrogations. Alors nous avions décidé de vous protéger. À notre manière et si peu de fois, nous le faisions. Vous aviez besoin de repos, vous étiez sans arrêt fatiguée, vous dormiez. Vous sembliez si apaisée. Vous nous aviez beaucoup apaisés. Les êtres humains ne sont pas apaisés, ils cherchent des peluches, des canapés, et des papiers toilettes. Ils cherchent des coupables. L'été se terminait, nous vous avions perdue de vue. L'automne, nous avons trouvé un chaton fier parcourir, les remparts, une petite queue, comme la vôtre.

Vous étiez pleine de grâce et de vie. Par vous, les plus petits arriveraient, sans dire à personne qui vous étiez. Personne ne sera plus qui vous êtes, vous avez disparue.

Amie, chère âme disparue, pourquoi ce sobriquet m'était venu : Nougat.

Vous étiez mère et femelle de nombre de chatons qui portent votre marque.

À présent, nous le savons, nous ne vous ignorons plus. Nous avons pensé à vous.

La phase de l'ignorance, l'artiste exprime avec ses mains, ses pensées qui les dirigent, ce qu'il ne peut dire. Pourquoi des extraterrestres sont-ils arrivés ?

Ils étaient tendus, la tête haute, ils nous regardaient, avec de si grandes oreilles, ils nous entendaient, mais ils étaient murés dans le silence.

Était-ce des femmes ? Des hommes ?

Des enfants nés. Eux-aussi, par quelle mère ?

La création, la terre.

Le masque de la peinture vous a protégé, ainsi personne ne saurait qui vous a créé.

Le monde passerait son temps à chercher d'où venez-vous.

Les religions apporteraient un soutien, une ruine, la philosophie, un costume vénérable et inaccessible.

Et vous chère amie, chère âme, vous avec cette connaissance, depuis là où vous êtes.

Permettez-moi, de vous remercier.

Photographies et volumes © Sonia Marques

Par kiwaïda at 22:34

13/11/2019

À ʟ❝é¢øʊт℮ ∂ℯṧ øiṧ℮αü✖

Par kiwaïda at 20:26

04/11/2019

ⓒⓗⓐⓟⓔⓐⓤⓣⓔⓡ

Photographies © Sonia Marques

Faits mains par Christine de l'association S.O.S. Mistigri (Merci Julien !)

TROIS PTITS CHATS

Trois p'tits chats

Trois p'tits chats

Trois p'tits chats chats chat

Chapeau de paille

Chapeau de paille

Chapeau de paille paille paille paille

Paillasson

Paillasson

Paillasson son son son

Somnambule

Somnambule

Somnambule bull bull bull

Bulletin

Bulletin

Bulletin tin tin tin

Tintamarre

Tintamarre

Tintamarre marre marre

Marabout

Marabout

Marabout bout bout bout

Bout d'ficelle

Bout d'ficelle

Bout d'ficelle celle celle celle

Selle de ch'val

Selle de ch'val

Selle de ch'val val val val

Ch'val de course


Ch'val de course


Ch'val de course
course
course

Course à pied

Course à pied

Course à pied
pied
pied

Pied-à-terre

Pied-à-terre

Pied-à-terre
terre
terre

Terre de Feu

Terre de Feu

Terre de Feu
Feu
Feu

Feu follet

Feu follet

Feu follet
let let
Lait de vache
Lait de vache
Lait de vache vache vache

Vache d'ferme


Vache d'ferme


Vache d'ferme
ferme
ferme

Ferme la boîte
Ferme la boîte
Ferme la boîte boîte boîte
Boîte aux lettres

Boîte aux lettres

Boîte aux lettres
lettres
lettres

Lettre d'amour
Lettre d'amour
Lettre d'amour mour mour

Mourre-à-trois


Mourre-à-trois


Mourre-à-trois
trois
trois

Trois p'tits chats


CHAPEAUTER

> Coiffer d'un chapeau. Synonyme : coiffer
> (Sens figuré) Contrôler, avoir la responsabilité d'un groupe de personnes ou d'un organisme.


Raymond Queneau

 > Exercices de style. 1947

Philosophique :

«Les grandes villes seules peuvent présenter à la spiritualité phénoménologique les essentialités des coïncidences temporelles et improbabilistes. Le philosophe qui monte parfois dans l’inexistentialité futile et outilitaire d’un autobus S y peut apercevoir avec la lucidité de son œil pinéal les apparences fugitives et décolorées d’une conscience profane affligée du long cou de la vanité et de la tresse chapeautière de l’ignorance. Cette matière sans entéléchie véritable se lance parfois dans l’impératif catégorique de son élan vital et récriminatoire contre l’irréalité néoberkeleyienne d’un mécanisme corporel inalourdi de conscience. Cette attitude morale entraîne alors le plus inconscient des deux vers une spatialité vide où il se décompose en ses éléments premiers et crochus. La recherche philosophique se poursuit normalement par la rencontre fortuite mais anagogique du même être accompagné de sa réplique inessentielle et couturière, laquelle lui conseille nouménalement de transposer sur le plan de l’entendement le concept de bouton de pardessus situé sociologiquement trop bas.»

Par kiwaïda at 21:00

24/07/2019

ß℮αʊ m@ü♥ε

barbylurique.jpg

que de drôles de sensations, de drôles de situations, que de drôles d'oiseaux…
je vis dans le pli d'un éventail fermé
qu'il est beau ce murano, ce geste sensuel, comme une goutte d'eau, un bec
et cet œil qui nous regarde
son corps n'est que le prolongement de ce geste premier artisanal

transparence
froid
eau

ce bleu si mauve, cette allure si babylurique
il me donne envie d'inventer un mot
babylurique
parce que c'est encore un bébé perroquet
je le sais je connais
parce qu'il fait confiance en son regard en la personne qui le regarde et accompagne ses interrogations
comme ce blog, mon écriture se fait témoin de la personne qui le lit, elle la regarde
et seulement cette écriture la regarde
"vois-tu comme je te vois me lire"

un verre d'eau
s'il te plait

un verre de mauve
il me plait

cet éventail peut s'ouvrir
mais il reste fermé même lorsqu'il fait assez chaud
il ne reste plus beaucoup d'air, d'espace pour respirer
dans ce pli

nous avons appris à demeurer pliés
nous avons connu les dépliés

nous ne pouvons plus nous déplier
nous sommes repliés

babylurique
mon bébé qui parle dans ce repli
ventriloque ermite

nous ne connaissons pas les sédatifs
ni l'anesthésie des sens

nous ne connaissons pas les barbituriques
nous vivons dans l'intensité des recoins de nos potentiels
oui nous pouvons

bébé clin d’œil
ailes repliées
grands éventails

nos œuvres s'ombrent
laissant les malmoches parader
cela nous protège

encore un mot inventé
malmoches

nos œuvres s'ombrent
à la lecture des robots

mots transparents
mots froids
m'eaux

être loin
être petit
dans l'immensité d'un tableau bleu
horizon bleu
mon mauve
mon beau

nous attendons cette humilité
dignement nous sommes pliés
de rire
repliés d'espoir
de vivre

Par kiwaïda at 17:28

18/07/2019

ℒℰ ḠѺÛ† ℯт łℯ ṧα♥◎ḯя

D'après une photo de George Barris de Marylin Monroe sur la plage de Santa Monica le 13 juillet 1962. Elle a 36 ans.

C'était dans ce pays où les lumières avaient éclairé une bonne partie des inventions, les sciences, la littérature et les beaux-arts, durant des années, peut-être 2 siècles...

Que restait-il de ces étoiles ? Il n'était pas bon avoir du goût, il n'était pas bon savoir, en ces temps de lynchage. Alors à quoi servaient ces études, si longues et complètes, si épanouissantes, si elles se trouvaient lapidées par des bricoles pour appâter le maire alcoolique du coin, nommé le "trouduc" ? Il fallait remonter un peu plus loin dans l'histoire, les habitants avaient perdu le goût mais aussi, ne savaient plus rien, si bien qu'ils se penchaient, depuis des années vers les idées présentées toutes cuites, ou parfois recuites, des idées très simples que l'on peut répéter. Une des idées reçues, est celle la plus adulée comme on adulait des images. Ce sont des sortes d'iconodules de la pensée toute faite, à l'aide de drapeaux et d'oripeaux, ils ont assombri une partie du ciel, ne gardant que celle où les étoiles ne sont plus. Donc une de ces idées faciles à assimiler, par n'importe quel icono cono, c'est que l'argent est volé. Qu'est-ce que cela veut dire ? L'argent est volé ou s'envole ? Non, l'argent d'où qu'il vienne, transformé en mets coûteux ou vins, ou vêtements de luxe ou propriétés, enfin de ce que les habitants peuvent encore voir, là où il est encore visible et montré en image, dans les magazines, sur Internet, cet argent n'est jamais gagné, mais volé.

C'est la première idée, et elle, cette idée, gagne du terrain, remporte toute les adhésions. Il suffit d'alimenter l'hystérie des eaux troubles dans laquelle ce pays des lumières éteintes se trouve béni, par les icono cono, et l'adhésion populaire est quasiment définitive et peut tuer n'importe quel icono cono ! Cette idée simple qu'on "nous vole notre argent" s'illustre depuis des années à différents niveaux et elle fonctionne comme un rouage nanofacturé, imprimé en 3D, parce que l'idée ne coûte pas cher à fabriquer, et s'étend comme feu aux poudres en un éclair de temps : elle est très rapide à diffuser, ça marche de suite, et de plus en plus vite.

Donc sur cette thèse, nombre de docteurs (celles et ceux qui écrivent des thèses, pas celles et ceux qui auscultent des corps nus, voire plus) se complaisent à la nourrir et à s'inviter experts en commentaires, de tous poils donc. Aujourd'hui, une thèse s'achète par imprimante 3D, pas besoin d'étudier, il faut copier l'idée la plus répandue. Elle se décline ainsi : un homme pauvre ne peut pas devenir riche, une femme belle ne peut pas être intelligente, une femme savante n'a pas de goût, un homme de goût est un homme riche, les riches sont celles et ceux qui ont volé aux pauvres, les pauvres n'ont ni goût ni savoir, le savoir et le goût ne vont jamais ensemble, mieux vaut vivre sans goût et sans savoir pour rester vivant et sans être lynché...

Le pays se laissait ainsi mordre de tous côtés par l'irrésistible envie de tuer ce qui semblait beau, ce qui semblait intelligent, mais de toutes ces semblances, les habitants icono cono ne tuaient que des images, en bons iconodules. C'est que l'icono trash faisait, justement fortune. Et pour les habitants d'un pays où l'idée première la plus entendue était que l'argent s'envole, il fallait le rattraper et le dépenser très vite, avant qu'il ne se perde...

Pour ce qui n'était plus matériel, c'est-à-dire l'argent lui-même, point de problème, les habitants ne s'en occupaient pas, car ils ne croyaient que ce qu'ils voyaient.

La deuxième idée quelle était-elle ? Oui, le savoir. On imagine qu'il est plus difficile d'émettre une idée simpliste sur le savoir, et bien non. Il faut garder souvenir, que ces habitants sont quasiment dans l'ombre et qu'ils ne voient plus les étoiles. Ils ont conçu des statistiques et des questionnaires afin de mesurer le quotient intellectuel des habitants. Évidemment ceux-ci sont complètement caduques et bien désuets, ne serait-ce que pour mesurer le niveau de culture générale, ils se sont basés sur d'anciens modèles masculins de bande-dessinées misogynes ou sur des femmes écrivains féministes, dont le mot féministe ne pouvait même pas exister étant donné que le féminisme n'existait pas lorsqu'elles ont été publiées par des hommes. Il y a plusieurs points très discutables, mais revenons à cette deuxième idée, pourquoi mesurer l'intelligence des habitants ? Afin de créer une cloche, d'un côté en bas de la cloche, les débiles, au milieu la population en majeure partie, celle qui paye les impôts et peut travailler dans la société des lumières éteintes et de l'autre côté, toujours en bas de la cloche mais à l'opposé, les précoces, celles et ceux qui ont un haut potentiel, définis, par les icono cono comme les débiles, celles et ceux dont on ne peut rien faire et qui emmerdent le bon fonctionnement de l'extinction générale des lumières !

En gros, après avoir effectué ces mesures, il faut éliminer, de la société tout élément, en bas de la cloche dingdong. On peut aller chercher des écrivains, des femmes renommées, déjà publiées depuis des lustres avec l'aide de leur mari bien placé, jalouse d'une précocité, d'un enfant même disposé à l'analyse de ses faits et gestes quotidiens, l'enfant en sait bien plus que l'écrivain. Et pousser ces femmes sans talent à écrire sur leur proie : un enfant surdoué. Ce sera une arme afin de combattre tous les enfants qui espèrent grandir dans cette société et qui imaginent pouvoir rallumer les lumières. Il n'est point question là des enfants avec un porte-voix tendu par des adultes manipulateurs pour passionner les foules coupables à la découverte écologique de ce sur quoi ils marchent depuis leur naissance : la terre. Non, il est question des enfants non manipulables, ils savent en avance mais ne peuvent être désignés comme savants, car les savants se désignent entre eux, entre adultes plutôt débiles, et votent à qui sera le génie d'un siècle ou d'un quart d'heure américain.

La troisième idée, c'est celle, encore plus complexe que l'on croit, mais en fait toujours aussi simpliste, c'est que le spirituel devienne un sujet de guerre. Les icono cono nés aveugles de cœur, mais dans l'impossibilité de comprendre l'invisible, ils ont beaucoup perdu de leur sensibilité, ont décidé que des religions différentes devaient s'affronter et s'entretuer, afin d'atteindre l'invisible, puisqu'ils ne le voyaient pas. Ils pensent que seule l'identité, l'appartenance à une religion, une communauté, une secte, un club de golf même, pouvait résumer le parcours social et professionnel d'une personne. Donc tout ce qui n'était pas visible, et la sensibilité en fait partie, et le goût, parce qu'avoir du goût c'est aussi savoir goûter, sentir, devait être en guerre et les icono cono devaient militer, s'associer, afin de faire la guerre à tout individu qui ne déclinerait pas son identité.

De ces 3 idées illustrées à tous niveaux et dans toute la presse, gouvernait de plus en plus un pouvoir simplifié, qui attribuait des droits aux icono cono, simplifiés. Dans le domaine de la simplification, on trouve des simplets, mais aussi plusieurs autres petites unités, ou parties réduites de façon différentes et c'est là où la simplification, si l'on y regarde d'un peu plus près, c'est-à-dire, en se baissant un peu, en rapetissant, après avoir bu la potion magique "buvez-moi", peut devenir complexe. Oui, la simplification, quand on change d'échelle de valeur, de crédit, peut devenir complexe. Pour cela il faut savoir lire "buvez-moi", et on sait à présent, que les habitants ne savent plus rien, ni même lire la notice d'une boisson. Les dégâts dans ce pays, sont innombrables, et les maires trouduc ont dépassé la dose prescrite. Un mode de gouvernance simplifié se décline en plusieurs élus sur des terres, non écologiques, définitivement non écologiques. Les votes sont simplifiés, contre avantages et crédits, ajoutés puis enlevés après élections, et se réalisent avec des boutons incrustés au creux des poignets. c'est rapide et non anonyme. Ainsi l'ostracisation peut également s’effectuer en temps réel. On peut un peu mieux observer que la jalousie, l'envie, la haine, toutes ces qualités, devenaient les meilleurs outils pour adhérer à un pouvoir, dit vertueux, un pouvoir simplifié, au service de l'extinction des lumières, mais pas des feux. Seul le savoir pouvait donner des clés de lectures, afin de comprendre et non pas seulement voir (ça voir), que sous ces vertus affichées sans goût de luxe, ou ces slogans syndicaux qui défendent la veuve et l'orphelin, officiaient les idées simplistes les plus viles et vulgaires, détruisant à petits feux les savoirs et savoirs faire de ce pays. L'argent ayant perdu le monopole et le socle divin des échanges et procédures par intérêt, les repères et les pères s’effondraient sous ces jours de plus en plus incertains, ces genres indéfinis et ces transformations rapides, sans aucun savoir, dans la semi-obscurité.

Les éclipses peuvent générer des moments, quelques secondes seulement, de lumière. C'est pour cela que les habitants se précipitent tous à regarder le ciel, dans des points névralgiques différents des plateaux et sommets, ou même aux fenêtres, afin de tendre vers cet espoir que la sagacité toucherait la fêlure d'un de leur cerveau, et que le plus fêlé d'entre eux parviendrait à avoir, ou recevoir, une idée, cette lumière non prosaïque, dénuée de prose, d'une force poétique inouïe comme le bouleversement d'un mode de penser terne et fonctionnaire, servile et sans transparence. Mais cette limpidité, ce fluide sensuel et intellectuel n'arrivait jamais. Et même s'il arrivait, le fêlé d'un coup devenu un génie ne délivrerait jamais son idée, il serait lapidé sur le champ ou torturé. Il finirait ses jours dans l'obscurité la plus totale, ce qui, finalement ne l'atteindrait pas, puisque la lumière, il la trouverait dans son cœur, les yeux fermés, l'insularité incassable du diamantaire et non du lapidaire.

Si les lumières s'éteignaient et qu'étaient tués dans l'oeuf les enfants et les animaux doués d'une intelligence sensible, les seuls pour sauver les icono cono, ces derniers ne pouvaient même plus comprendre que l'argent ne leur était jamais volé, mais que les efforts payent, et pas ceux visibles, mais ceux éprouvés de l'intérieur, en interrogeant même leur sensibilité. Alors les icono cono perdaient leur beauté première, celle qui demeure à l'intérieur, celle qui sait, qui a du goût, qui travaille parce qu'elle aime et qui se repose en paix. La beauté première rongée par l'idée que toute beauté n'a aucune spiritualité, serait même illusoire, une image à détruire, avait beaucoup de mal à perdurer, elle devenait jetable, utilisable mais jamais regardée pour ce qu'elle était. Pourtant la beauté qui siège dans les cœurs est celle encore qui allume les lumières. Tout le ciel n'est pas obscur puisque ce sont les étoiles qui font la nuit. L'obscurité totale advient lorsque la prison des idées simples prend trop de place.

Si sont montrés des lingots d'or aux icono cono, par jalousie, ils chercheront sans fin à savoir qui les a. Le lynchage, leur seule passion, devient alors leur seule recherche. Mais un lingot d'or, même l'image d'un lingot d'or, n'est pas une étoile (inaccessible) dans le ciel de la nuit, il n'éclaire pas grand chose, et n'a pas trop de goût. Ce serait même un mauvais goût. De même savoir que son voisin vit sur un tas de lingots d'or, ce n'est pas savoir grand chose. De même si ce voisin s'est identifié à une religion et la placarde un peu partout où il passe, ne fait pas de lui un gage de spiritualité et de sagesse accomplie et il n'est pas non plus utile, quoique l'utilitaire ici est coquin, de le vilipender, d'inciter à la haine de ce que l'on ne sait pas.

Sur le sable, les beautés drapées dans des serviettes usées par le temps, les cheveux lumineux et sans pigments, dessinent des étoiles, des grains de sable, sur lesquels nous marchons en oubliant ce temps qui passe.

Par kiwaïda at 16:02

21/06/2019

Ṕéґḯ❡◎ґḓ & Ḏ◎ґ∂øℊη℮

Lascaux Vézère, vallée de l'Homme

Rêves et prémonitions

On a éliminé de la Cité les savants.
Leurs vies erratiques ostracisées sont vouées à l'invention d'espaces étanches avec la Cité.
Ces espaces plus ou moins clos, avec une porosité diplomatique, ou courtoise, sont confinés à l'intérieur du derme. La peau, en surface, s'exprime sensiblement en poils et boutons.
Sous le derme, des espaces agglomèrent des idées.
Il ne faut pas croire que les esprits sont séparés du corps. Dans chaque cellule, des idées se développent, ou peuvent aussi devenir anarchiques, être un terrain nocif pour le corps.
Si les savants avec leurs espaces sous leur derme, riche d'idées et d'histoires, ne sont pas admis à converser ni participer de la Cité, il doivent quotidiennement veiller à ce que l'anarchie ne surviennent dans leur corps. Donc, chaque jour, une éthique de vie et de l'entretien du corps, profile les heures, les matinées et les soirées, en dehors de tout calendrier de la Cité.

Nous sommes néanmoins dubitatifs sur le devenir de la Cité telle qu'elle se conçoit. Les règles d'organisations ont été érigées sur un modèle militaire et les savants sont regardés comme des solitudes, que l'on veut bien tolérer prisonnières.
Pourtant nombre de manifestants marchent dans la Cité, avec des slogans, les mêmes que l'on trouve sur les paquets des aliments du petit-déjeuner, ou du déjeuner, ou du dîner.

Tout est à vendre, les bêtes et les pierres, leurs gênes et leurs enfants. L'intelligence artificielle milite en silence vers l'accroissement de gênes modifiés dont la surface du derme est lisse et impénétrable. Ces enveloppes ne contiennent aucune cellule. Le cerveau est plat. Ce qu'elles racontent ? Elles vendent n'importe quel paquet de petit-déjeuner, du déjeuner, ou du dîner. En dehors de ces militantes affirmations, convaincantes, il n'y a plus une once d'intelligence sensible.

dordogne2.jpg

Le pot de terre cuite déterré, présentant un motif en forme d’auroch et une série de trous. La pièce date d’il y a 38 000 ans. (Musée National de la Préhistoire)
Grottes, gouffres, châteaux forts, forteresses médiévales, parcs et jardins, parcs préhistoriques, aquariums, parcs à thèmes, cités troglodytiques et gabares, au profit du tourisme des 1,5 millions de visiteurs, dans la vallée de la Dordogne ; un chien a fait une découverte en 1940 et il a touché l'intelligence humaine pour en faire de véritables lieux de pèlerinages, à la recherche, tel ce chien, de fossiles et d'histoires. Dans un récent article j'écrivais sur les qualités du chien, celui conspué dans la Cité d'Athène, au temps des ostrakas, icône du traître. Quatre garçons en 1940 (nous sommes bien dans un moment de l'histoire française très sombre, avec l'eugénisme, cette idée mortelle et criminelle, une des bases d'une politique officielle du Troisième Reich dès 1933), explorent le terrier dans lequel leur chien vient de s’engouffrer. Ils ne s’attendent pas à une découverte d’une telle ampleur : une grotte. Elle révèle des salles aux peintures exceptionnelles réalisées il y a 18 000 ans par l’Homme de Cro-Magnon. Que fera l'humain de cette découverte ? Du tourisme. Un public nombreux viendra admirer ce chef-d’œuvre de l’art pariétal avant que le ministre de la Culture de l’époque André Malraux décide, par souci de préservation, de sanctuariser la grotte. Lascaux est alors inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO et en 1983 une première réplique de la grotte est réalisée. Mais plusieurs autres découvertes se succèdent dans cette région.

Un pot de terre cuite découvert dans l’une des grottes de la vallée de la Vézère en Dordogne approfondit la connaissance d’un peuple européen mal connu, de la culture de l’Aurignacien. Ce peuple aurait vécu dans des cavernes il y a plus de 40 000 ans en raison de la période critique des températures polaires. Le travail réalisé sur la pierre calcaire contient le motif d’un auroch, un bovidé préhistorique disparu, avec une douzaine de trous décoratifs alignés. Cette découverte a été faite lors d’excavations réalisées dans la grotte de l’abri Castanet et l’analyse de cette poterie montre qu’elle a été réalisée il y a 38 000 ans. L’étude qui a été publiée dans la revue Quaternary International le 24 janvier propose la création d’un nouveau terme pour qualifier ces habitants, les Aurignaciens. Les auteurs principaux, la spécialiste en archéologie culturelle Raphaëlle Bourrillon de l’université de Toulouse et l’anthropologue Randal White du Center for the Study of Human Origins de New York, ont utilisé le laboratoire de l’université d’Oxford pour mesurer les résultats. Ils ont commencé les excavations en 2011 dans l’espoir de trouver quelque chose en plus sur les ancêtres de l’homme moderne s’étant répandu principalement vers le centre Nord de l’Europe. Les auteurs ont expliqué avoir choisi les grottes de la vallée de la Vézère en raison de rapports datant d’avant la Première Guerre mondiale qui indiquent avoir observé de nombreuses pièces archéologiques. Les chercheurs ont également souligné le fait qu’ils avaient déjà découvert de nombreux ustensiles, des pièces d’art et des instruments de musique qui auraient été produits par les Aurignaciens. D’autres ont également été retrouvés dans la grotte de Chauvet en Ardèche, aussi bien que dans des grottes en Allemagne et en Roumanie. L’analyse comparative des pièces retrouvées dans les grottes du Vézère en comparaison de celles d’autres sites européens a montré des similarités remarquables aussi bien dans les techniques que dans les thèmes exprimés. La nouvelle étude conclut cependant que chaque population a marqué sa propre identité régionale. Dans une fouille précédente, le professeur Toma Higham de l’université d’Oxford avait suggéré que les Aurignaciens avaient vécu en Europe depuis au moins 42 à 43 000 ans. Selon une publication de l’académie du 19 juin 2012, le Dr. Higham en est arrivé à ces conclusions après avoir découvert en Allemagne des instruments de musique creusés dans des os d’animaux et dans l’ivoire, qui ont été reliés aux animaux datant de ce temps. Différents artefacts de la culture de l’Aurignacien semblables à ceux retrouvés à l’abri Castanet. Dans la même étude, le professeur Nick Conard de l’université de Tübingen a ajouté que les Aurignaciens avaient probablement utilisé le Danube comme un couloir pour se déplacer il y a 40 à 45 000 ans, depuis qu’ont été retrouvés de nombreux ornements, des figures d’art ainsi que des œuvres à la signification mystique. « Les humains modernes sont entrés dans la région du Danube avant l’arrivée du froid extrême d’il y a 39 à 40 000 ans, lorsqu’un énorme iceberg s’est rompu dans l’Atlantique Nord et que les températures ont chuté », a déclaré le professeur Higham, en notant que cela devait signifier une période de grande crise pour les aurignaciens. Les chercheurs Bourrillon et White et les collègues pensent que ces premiers colons de l’Europe ont survécu jusqu’à 33 000 ans avant aujourd’hui. À la pièce artistique de l’auroch avec les trous à l’arrière s’ajoutent de nombreux ustensiles trouvés dans les grottes. Selon un rapport précédent de l’université de New York en octobre 2016, il a aussi été retrouvé des dents perforées d’animaux, des coquilles perforées ainsi que de nombreuses gravures et peintures témoignant de la vie prolifique des ancêtres, malgré des conditions climatiques adverses.

Le souci de découvertes archéologiques est toujours suivi d'un appât du "public", d'un gain, du tourisme. Savoir qu'il y a plus vieux que soi, n'est pas un signe majeur de découverte. Savoir que des chemins ont été foulés par plus vieux que soi et que l'on traverse les mêmes lieux, n'est pas non plus une révélation. Nos anciens, nos proches nous ont déjà beaucoup appris de leurs chemins à travers leurs propres routes. Non, la seule invention autorisée, c'est la mise en scène, de ces vestiges, qui occupe des régiments entiers d'experts nommés et chercheurs qui transmettent cet art nouveau du spectacle, de ces écrins préhistoriques. Ce sont d'immenses Musées, à ciel ouvert, que l'on ferme partiellement ou que l'on construit sur les lieux mêmes, dont les entrées sont payantes et dont la publicité est déployée comme des flèches d'un arc bien tendu. Cela fait des vacances en famille, on peut, preuves à l’appui, expliquer que l'on vient bien de la préhistoire, on savait déjà peindre, faire du feu, marcher loin et fonder des familles entières, ce que l'on continue de faire, finalement. Il faut se persuader tout de même, les étiquettes sous les petites terres sous verre, indiquent quelques détails numérotés. Nous sommes bien des savants, n'est-ce pas ?

Les peintres étaient-il autant exclus qu'aujourd'hui ? La question n'est pas posée. Pourquoi passe-t-on de Lascaux à l'interdiction de peindre sur les murs ?

Le parcours n'est pas assez fléché, les chercheurs n'ont pas pensé... le parcours de la pensée depuis Lascaux.

Dans les écoles d'art, justement, on ne forme pas à la création, on indique un chemin fléché, celui de cet art de la mise en scène : construire des écrins pour les Musées et le Patrimoine, afin que le tourisme rapporte un peu plus, et que rayonne la publicité des plus anciens, les terres les plus vielles du monde, les terres de la terre, celle où nous marchons encore. La tendance est plutôt à l'interdiction de peindre, conserver les murs... Alors oui, c'était beau Lascaux. Les jeunes étudiants diplômés apprennent à mettre en scène leurs productions, déjà, dans l'école, selon les goûts de leurs professeurs, et apprennent à éditer des dépliants, des parcours fléchés pour faire venir d'autres pèlerins,  il faut aller voir ceci d'abord, puis cela ensuite, dormir chez untel, manger chez truc, se déplacer avec l'engin, le pétrole, bref plus tard ce seront hôtels, restaurants, avions, trains, avec des déchets par milliers abandonnés aux quatre coins du monde, afin de trouver de nouveaux slogans "Oh la pollution !". Mais sortis de l'école, ils seront stagiaires longtemps à compter les entrées des Musées ou réciter les étiquettes et publicités des dépliants. Avec un peu d'obstination, ils pourront un jour assister des conservateurs, afin d'installer de petites terres ou peintures, avec des gants blancs afin de ne pas abîmer les surfaces, ou bien dépoussiérer quotidiennement ces œuvres anciennes, dont ils ne connaissent ni les auteurs, ni le contexte de création, apprenant bien leurs leçons, ils et elles répèteront, on pourra parfois faire une distinction : ceux-là sont cultivés ! Ils auront déjà eu le temps de fonder familles et ils et elles feront partie de la culture autorisée. Pourtant, ils et elles garderont secrets leurs cultures, leurs parcours singuliers, leurs expériences, leurs chemins de pensée, ce n'est pas de la sociologie, ni des statistiques, cela dépasse l'entendement. Aujourd'hui pour tenter de comprendre un jeune, on lui envoie un questionnaire sur écran, avec des grosses icônes de réseaux sociaux en lui posant des questions simples, il aime, il n'aime pas ? Combien de fois visite-t-il-elle le site ? La fréquence ? Cela présage des parcours et affluences touristiques, le nombre de clics et de "likes" sont des mots d'ordre, nous ne sommes plus dans la finesse, l'art pariétal, est très loin. On l'attend le jeune, on l'attend de pied ferme à l'entrée des sites. Beaucoup d'évènements payants dépendent de ces jeunes. On nous dit bien "La culture pour tous", ce fameux accès pour tous aux Musées que nous rabâchent les ministres successifs à la culture. Hélas, la culture ne s'impose pas, ni n'est payante. Ce chemin personnel comporte déjà des bagages transmis, transportés, transformés, il est cultivé ce chemin, déjà. Il est très difficile d'enseigner à reconnaître la culture, car il faut apprendre à connaître l'autre, et cela ne s'impose pas. Cette recherche, en soi à destination, peut se partager si les conditions sont réunies, et la réception acceptée. Le bombardement d'informations nuit considérablement à la recherche et la concentration, au vagabondage même de trouvailles fortuites.

Peut-être parmi ceux-ci, celles-ci, des savants continueront leurs vies, à penser ces multitudes de découvertes, dans leurs abris clos, étanche à la vie de la Cité.

La découverte c'est un écart des sentiers battus, il faut la taire et l'enterrer. Un chien saura trouver trésor.

Avoir du chien !

Pour qu'une femme ait « du chien », il ne suffit pas qu'elle soit belle ; il lui faut ce petit « truc en plus », ce charme indescriptible qui la rend totalement irrésistible aux yeux des autres. N'est-ce pas ce flair, celui qui présage la découverte d'une grotte, n'est-ce pas à discrétion que les savants font de véritables découvertes et que d'autres s'emparent de celles-ci pour marchander une merveille. Il faut certes, un peu de flair, il faut connaître l'ostracisme, il faut tout simplement être une véritable bête, pour découvrir et creuser loin, déterrer.

Par kiwaïda at 11:50

20/06/2019

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Les graffitis sur les ostraka athéniens
Certains tessons de poterie qui furent utilisés dans le cadre de la procédure athénienne de l’ostracisme sont gravés d’un dessin, de facture médiocre, qui représente un animal et/ou une figure humaine. La présence de ces dessins surprend dans la mesure où la procédure n’exigeait rien de plus que d’apposer le nom du citoyen à ostraciser. Ces images étaient pourtant loin d’être ornementales : leur analyse montre qu’elles servaient à rendre compte des vices de caractère, des inconduites voire des postures idéologiques inadmissibles de l’individu pris pour cible. En somme, donc, elles dispensaient un discours qui visait à justifier, du moins à expliquer, le vote.
(Studying Ostracism in Drawings, Graffitis on Athenian Ostraka : Jean-Noël Allard)

Aujourd'hui j'ai étudié un mot, comme chaque jour, j'étudie les mots.
Chaque puzzle de cette langue écrite, en signe, entre en résonance avec ce chemin de vie.
Alors voici celui-ci :

OSTRACISME

Définition : À Athènes, décision de bannissement d'un citoyen votée par l'assemblée du peuple (Ecclesia) pour une durée de dix ans. La procédure est la suivante : chaque année, l'assemblée vote sur la question de savoir s'il y a lieu de recourir à l'ostracisme (ostracophorie) : le vote intervient lors d'une autre assemblée plénière. Si d'autres cités ont connu cette procédure, elle demeure dans notre esprit comme une disposition plus particulièrement liée au fonctionnement des institutions athéniennes pendant une durée d'environ soixante-dix ans. Le premier ostracisé fut un parent de Pisistrate (488/487) (Aristote, Constitution d'Athènes), le dernier un certain Hyperbolos (417) dont nous reparlerons (Thucydide, La guerre du Péloponnèse).

Origine du mot : ostrakismos, dérivé d'ostrakon; qui désigne un morceau de poterie, sur lequel on inscrivait le nom de celui qu'on voulait bannir (Plutarque, Vie d'Aristide). Le mot peut désigner la peine de l'ostracisme comme la sentence d'ostracisme.

Quelques exemples célèbres : Aristide en 483, Thémistocle en 471, Cimon en 461, le gendre de Cimon, Thucydide fils de Mélésias, en 443.

Ce que nous savons de la vie de ces personnages, nous permet de comprendre comment les choses se passaient : - La cause de l'ostracisme et les conditions dans lesquelles un homme politique était frappé sont variables mais toujours sa présence dans la cité était devenue insupportable au dèmos (Plutarque, Vie de Thémistocle). Il peut y avoir une raison précise : Cimon fut tenu pour responsable d'un affront que les Spartiates avaient infligé aux Athéniens (renvoi par ceux-ci d'un contingent venu les aider à combattre les hilotes) (Plutarque, Vie de Cimon). D'autres fois, un citoyen est condamné pour sa conduite ou pour les arrière-pensées ou les ambitions qu'on lui prête : la défiance du peuple est attisée par un rival politique : Thémistocle se débarrassa ainsi d'Aristide (Plutarque, Vie d'Aristide).

- Il découle de ce qui précède que ce sont les hommes politiques jouant un rôle important qui sont exposés à cette sanction (Plutarque, Vie de Nicias,). La popularité dont ils jouissent pour services rendus les rend suspects : l'ostracisme est en quelque sorte une mesure préventive. Il n'est pas une peine infamante Le banni conserve ses biens Il peut être rappelé ou autorisé à rentrer avant le terme (Plutarque, Vie d'Aristide). Il retrouve alors la plénitude de ses droits. Aristide et Cimon furent rappelés mais non Thémistocle. De ce point de vue, l'ostracisme qui frappa Hyperbolos, personnage de peu d'envergure, surprend : il avait surpris les Anciens (Plutarque, Vie d'Alcibiade).

"Rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient"

Ostracisme en français : le mot est naturellement employé avec le sens qu'il a en grec. Depuis le XVIIIe siècle il s'applique à l'éviction d'un personnage politique de la fonction qu'il exerce dans l'état ou dans un groupement politique puis, par extension, du rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient.

À l'origine, le terme d'ostracisme n'avait pas la valeur péjorative qu'on lui donne aujourd'hui. Il sanctionnait un vote des Athéniens contre un citoyen suspect, qui était alors banni pour dix ans. Ce jugement devait atteindre les citoyens trop avides de popularité ou à qui leurs actes avaient valu une popularité jugée excessive. Il s'agissait donc en droit d'une réaction de défense d'une collectivité nationale éprise de justice et redoutant les coups d'État.

Sous couvert de défendre la communauté, on prenait le risque de niveler ; sous prétexte de préserver la liberté, on prenait celui d'immobiliser ;  sous couvert d’organiser la vie, on prenait celui d’exalter la mort. 

Un tel processus supposait l'existence d'un groupe de citoyens se connaissant entre eux, théoriquement aptes à distinguer la vie privée de la vie publique et à porter les uns sur les autres un jugement sans passions inspiré par un idéal civique commun. Il impliquait en fait la possibilité d'exclure un citoyen à cause de son esprit critique (ou pour ce qu'on appelle aujourd'hui, dans les pays totalitaires, le « révisionnisme », dans les démocraties conservatrices, la « subversion »). Il condamnait la remise en cause et la contestation par un individu isolé, pouvant alors être accusé de sacrifier au « culte de la personnalité » ou au star system ; de plus, sous prétexte d'éviter les à-coups politiques, il prêtait des intentions obscures à des citoyens exagérément populaires. La possibilité de bannir pour délit d'opinion avait ainsi pour corollaire celle de bannir pour délit d'intention. Cette critique réciproque des citoyens les uns par les autres, qui se fondait sur une philosophie de la liberté, de la solidarité et de l'idéal civiques, portait donc son principe de destruction, car le passage est étroit qui mène de la critique publique à la justice dite populaire et à la délation, du bannissement à la chambre à gaz, de la suspicion à la jalousie, de la divergence de points de vue à l'accusation de trahison, de la discussion à la haine, de la perception de la différence à l'assassinat. Sous couvert de défendre la communauté, on prenait le risque de niveler ; sous prétexte de préserver la liberté, on prenait celui d'immobiliser ;  sous couvert d’organiser la vie, on prenait celui d’exalter la mort. 

(Encyclopædia Universalis)

Aujourd'hui l'ostracisme, sa définition est celle-ci :

Action de tenir quelqu'un qui ne plaît pas à l'écart d'un groupe, d'une société, d'une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d'ostracisme.

Une étude émanant de la School of Business de l’université de Colombie-Britannique au Canada atteste que l’indifférence à l’égard d’un employé sur son lieu de travail est plus néfaste que le harcèlement moral.
« On nous apprend qu’il est socialement préférable d’ignorer quelqu’un : quand on n’a rien d’agréable à dire, mieux vaut se taire », explique Sandra Robinson de l’université de Colombie-Britannique.
Un point sur le harcèlement tout d’abord. Une enquête du Workplace Bullying Institute estime que plus d’un quart des Américains sont harcelés au travail, et ce, le plus souvent par leurs supérieurs.
Des effets on ne peut plus sérieux tels que : anxiété, dépression, ou encore dans certains cas, stress post-traumatique.

L’indifférence, plus grand des mépris ?


Il serait pire d’être ignoré sur son lieu de travail. Cette affirmation nous vient d’une étude publiée dans la revue Organization Science (article universitaire ICI) par Sandra Robinson qui, avec son équipe, a entrepris l’analyse d’enquêtes mettant face à face harcèlement et ostracisme. Le sentiment d’appartenance à l’entreprise et de bien-être au travail serait mis à mal dans les deux cas, mais entrainerait un taux de démission plus important en cas d’ostracisme.

L’ostracisme se matérialise par la négligence d’un collègue de travail, son exclusion. Par exemple, les faits d’être mis à l’écart des conversations, l’absence d’échanges, ou encore d’être ignoré dans les couloirs entrent dans le cadre de l’ostracisme. Une forme de maltraitance face à laquelle il devient difficile de réagir. Selon Sandra Robinson, cette forme de discrimination n’a pas besoin d’être intentionnelle pour être nocive. Ainsi, une surcharge de travail générale où la présence de certains employés d’un naturel distant pourrait impacter d’autres employés peut être plus propice aux échanges sociaux.

Voici une définition du mot « ostracisme » disponible sur Larousse.fr : « Action de tenir quelqu’un qui ne plaît pas à l’écart d’un groupe, d’une société, d’une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d’ostracisme. »

Les mots sont durs, cependant Benjamin Lubszynski, thérapeute et coach à Paris pense qu’il faudrait prendre les résultats de cette étude avec retenue. Il explique (pour atlantico.fr) qu’« Une personne qui souffre aura forcément tendance à penser que la souffrance qu’elle est en train de vivre est la pire que l’on puisse ressentir. Il est profondément humain finalement de penser que l’on souffre du pire des maux», mais il admet volontiers, en plus des relations cordiales et amicales jouant un rôle bienfaiteur que « même quelqu’un ayant confiance en lui aura besoin d’un minimum de reconnaissance, d’une validation de la part de ses supérieurs et de ses collègues sur la qualité de son travail, sur la pertinence de son action. »

De plus, l’ostracisme peut provenir d’un personnel entier au sein d’une entreprise et non seulement des supérieurs qui eux, seraient plus friands d’intimidation. Le harcèlement quant à lui, laisserait entrevoir tout de même une once d’attention envers l’individu concerné, quand bien même négative, alors que l’ostracisme est réellement synonyme d’exclusion par l’indifférence.

Il semble qu’une ambiance positive sans exclusion au sein d’une entreprise permet d’être dans une position de bien-être. Ainsi, toujours selon Benjamin Lubszynski, l’ostracisme rendrait l’individu sujet à la solitude, cette dernière occasionnant un stress qui enfermerait l’employé concerné dans la seule pratique de son travail et à terme, entrainer au moins une dépression, puis une véritable détérioration physiologique médicale dans des cas plus sérieux.

Une question que l’on pourrait peut-être se poser : la concurrence entre employés et la productivité exigée dans bon nombre d’entreprises seraient elles directement sources d’ostracisme ? N’est-ce qu’un « combat » entre extravertis et introvertis ? Ou encore, devrait t’on simplement penser que ce genre de situation relève du cas par cas et qu’une multitude de paramètres peuvent entrer en ligne de compte dans les relations sociales en milieu professionnel ?


Être ostracicée, un chemin, une étude, une meilleure compréhension du monde... Il est bon de savoir, et dans la réalité, dans les usages des vocables, il est très difficile de se faire entendre, lorsque l'on sait. Car, je rencontre peu de savants, même dans le milieu des professeurs et des hautes fonctions. Savoir est une chose, savoir transmettre le savoir en est une autre, mais "pouvoir savoir" est une association de mot volcanique que des artistes comprennent bien. De mon point de vue, on peut savoir mais sans avoir de pouvoir, on peut avoir le pouvoir mais sans savoir, et même sans le savoir (ce qui est très différent)
Un jour, il y a quelques années, je me retrouve à la direction de la création artistique au ministère de la culture, pour traiter des questions de discriminations, car j'avais observé une série assez incroyables et encore d'actualité, d'ostracismes. À l'entrée, une œuvre d'art siégeait, au-dessus d'une très jeune femme d'origine étrangère qui me demanda ma carte d'identité. Ce sera la seule femme d'origine étrangère que je vis ensuite aux étages supérieurs. Cette œuvre "SAVOIR C'EST POUVOIR" de la féministe Brabara Krugguer, et américaine, me signifiait là tout ce que j'allais observer de la compréhension d'une œuvre. C'est-à-dire, que dans ma situation, le pouvoir n'était pas associé au savoir. Ne serait-ce que la signification de cette œuvre à cet endroit, allait me donner la couleur même, de l'ignorance du sens  de cette œuvre. C'était devenu un achat, avec son explication, mais rien, de ce que j'allais observer, n'était en réalité, en actes, au sein même de l'institution qui en avait acquis les droits (CNAP) Ce qui est intéressant de noter, c'est qu'en explicitant un contexte américain, la France s’exonère totalement de sa responsabilité même des droits des citoyens, en matière de discrimination, dans une institution où les droits des femmes ne sont pas respectés, ni les égalités de traitement. En discutant avec cette très jeune femme au guichet, face au gardien de sécurité qui la matait sans arrêt, elle ne savait pas ce que représentait cette impression rouge et l'incidence de cette œuvre. Ainsi ai-je pu comprendre que le pouvoir, pouvait, ne pas savoir. Et le comprendre, c'est avoir accès à la terrifiante histoire de notre pays. Non, savoir ce n'est pas pouvoir, dans notre pays, savoir c'est être ostracisé par le pouvoir. Pas toujours je l'espère, mais, à ce jour, c'est l'état de ma réflexion. La majeure partie des citoyens préfèrent "ne pas savoir" au risque de cette ostracisation. Pire, dans les écoles, sont transmis ces notions à tel point que des élèves choisissent d'être médiocres, de ne pas apprendre, ni savoir, afin d'avoir une vie plus libre. Lorsque l'on observe cela, la notion de liberté, ne peut aller avec celle de la pensée. Je rencontre peu de penseur-es, avec lesquel-les, j'ai la liberté de penser ces notions d'ostracisme aujourd'hui, dans notre pays, et comment prévenir et exposer sa vision, lorsque l'on visionne assez bien ces phénomènes installés, depuis l'histoire ?

Cette œuvre fait partie de la suite “Estampes et Révolution, 200 ans après”, commande du Ministère français de la Culture dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution française.
Pour commémorer le Bicentenaire de la Révolution française, Barbara Kruger a choisi deux modes d'expression complémentaires. Comme dans tous ses photomontages, elle a utilisé une image stéréotypée et un slogan d'une apparente banalité. Le propos initialement formulé par le philosophe empiriste anglais Francis Bacon en 1597, " Nam et ipsa scientia potestas est ", mieux connu sous sa forme proverbiale actuelle " Savoir c'est pouvoir " conduit le spectateur vers une double réflexion. Le portrait d'une beauté sans faille, figé dans une implacable dualité, renvoie à l'expérience de l'artiste elle-même : le parcours intime et professionnel d'une femme américaine dans les milieux essentiellement masculins que sont l'art conceptuel et le monde publicitaire des années 80. Plus largement, l'image de cette Marianne en papier glacé assortie de sa légende péremptoire, met en garde contre les clichés de l'Histoire.

Simultanément, la même image a été utilisée par Barbara Kruger aux Etats-Unis dans le cadre des revendications féministes portant sur le droit à l'avortement. Sous le slogan Your Body is a Battleground elle s'insurge contre les tentatives de réduction du champ d'application de l'arrêt Roe v. Wade qui reconnaissait depuis 1973 l'avortement comme un droit constitutionnel. Une autre version, sous forme d'affiche invite à une manifestation organisée à Washington le 9 avril 1989 en faveur du droit à l'avortement et à la contraception.

Des inconduites voire des postures idéologiques inadmissibles de l’individu pris pour cible

Sur les tessons de poterie, il est remarquable que ma situation professionnelle ait prit tout son sens dans une école de céramique. Je ne désespère pas de continuer à cheminer du sens dans l'insensé. "Attitude inadmissible" fait partie des mots reçus par courrier administratif, du harcèlement subit, sans aucune autre qualification. J'ai trouvé très intéressant d'apprendre que les animaux qui étaient, dans cette pratique antique de l'ostracisme, médiocrement dessinés sur les tessons de poterie avec le nom de la personne, servaient à mettre en avant des facettes peu amènes du citoyen ciblé par l’ostracisme.
Ex : Associé au renard et au serpent, Mégaclès est ainsi présenté comme vil et sournois. Comparé pour sa part au bœuf, Ménon serait, si l’on s’en tient à Aristote « doux, nonchalant et sans obstination ». Il convient cependant de reconnaître la plasticité de cette grammaire qui confère des caractères singuliers aux espèces animales. En effet, si le bœuf est associé à la nonchalance par Aristote, il semble aussi pouvoir désigner des hommes lourds et incapables. Ce dernier sens pourrait bien convenir à Ménon qui est qualifié, sur une série d’ostraka, d’aphelès, c’est-à-dire de « simple », « sans recherche », « naïf », voire « niais ». L’assimilation d’un individu à un animal peut de surcroît constituer un outrage dans la mesure où les Anciens, à l’instar de très nombreuses civilisations anciennes comme contemporaines, ont pu faire de certains noms d’animaux des insultes en se fondant notamment sur les caractéristiques qui leur étaient attribuées. Si l’on imagine que le dessin accolé à Ménon n’est pas un bœuf, mais un chien, cette dimension injurieuse est probablement essentielle dans la mesure où « chien » (kyon) apparaît déjà dans l’Iliade comme une insulte véhémente. Une telle insulte demeure néanmoins polysémique et le sens de ce dessin s’en trouve difficile à démêler. Le chien est un animal à la « personnalité complexe », qui, loin de n’être que la bête affectueuse et fidèle décrite par Aristote, est encore insubordonné, traître, impudent, perfide et lâche. Appliqué à un homme, un tel qualificatif peut ainsi mettre à l’index ces vices, mais également l’avidité, l’opportunisme ou la vulgarité.

(Voir les études de Jean Noël Allard, Docteur en histoire grecque de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Cela me fait penser au film Chien réalisé par Samuel Benchetrit en 2018 (de son roman) dont l'art de l'observation est traitée avec perfidie... à la perfection.

Hyppokratos et chouette, cela me correspond, finalement. Ne voit-on pas mieux la nuit ?

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Mémoires présentés par divers savants étrangers à l’Académie Année 1913 par A.Martin

Par kiwaïda at 15:26

19/06/2019

℘☺üґⓠυ☺i Tʊ √i﹩

Porque Te Vas (version Française)

On t'as fait un monde trop petit Pour tes idées Pour l'appétit De tes grands yeux écarquillés Sur l'infini Tu es prisonnière de ta maison De tes parents De cet adulte qui te dit qu'il a raison Et qui te ment [Refrain] Toi, tu es née pour la folie Pour la lumière Pour des pays Peuplés de rois Et tu te demandes dans ta nuit De prisonnière Pourquoi tu vis Et où tu vas Pourquoi tu vis Et où tu vas Tu n'as pas d'avion ni de bateau Pour t'en aller Les illusions qui restent Sont comme un radeau Qui va couler Et pourtant tu veux de tout ton corps De tout ton cœur Briser enfin le noir et blanc de ton décor Vivre en couleurs

Par kiwaïda at 00:39

27/05/2019

ϟÜℳ♏Ṳϟ

Embouteillages aux sommets

Au summum du génie : le choix d'une civilisation

Même jour, même objectif, même candidat, même idée, même résultat

La mort comme cordée pour afficher victoire


Par kiwaïda at 11:43

26/04/2019

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Illustration © Sonia Marques

Par kiwaïda at 01:15

01/04/2019

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Dessin du livre "les picolores" © Sonia Marques
Aujourd'hui 1er avril, je repensais aux poissons et à mon livre réalisé : Les picolores. Le 25 mai 2016, je donnais une conférence sur une sélection de travaux artistiques de ces dernières années à l'École nationale supérieure d'art de Bourges, Intitulée Mouvance. Il y avait un seul professeur (de la théorie) présent, et pour cause, je ne faisais partie d'aucun parti, ni de propagande, ni d'élus, ni syndiquée. Tous mes étudiants présents. D'ailleurs, je n'ai jamais eu cette idée saugrenue comme c'est le cas cette année, dans les écoles d'art nationales en région, de bloquer les cours, les notes, ni les concours d'entrée, ni de faire grève pour gagner plus et travailler moins. Il y a tellement de problème de racismes, de harcèlements, de violences, dans ces écoles, que faire grève pour les statuts desdits violents professeurs est bien une signature de leur impuissance à faire réellement bouger les choses (c'est pour avoir l’adhésion obligatoire de tous sur, justement leurs pratiques, et surtout ne rien faire bouger pendant encore les années à venir). D'ailleurs, je me suis toujours demandée, avec de tels arguments que rien n'avait bougé durant au moins vingt années, comment des professeurs pouvaient encore adhérer aux mêmes élus représentants syndiqués depuis toutes ces années, sans faire le constat alarmant qu'ils avaient signé et été emmenés en bateau durant tout ce temps comme des moutons, par des personnes sans aucune volonté de faire évoluer leur statut. Après, ils s'estiment tous bien représentés, et oui, cela fait un monde tout de même, sans conviction, d'artistes subventionnés. J'ai toujours enseigné jusqu'à ce que j'ai pu le faire, avec enthousiasme et une belle joie. Je n'ai jamais voulu prendre en otage les étudiants, une tendance sans courage des professeurs. Je ne me suis jamais sentie dans l'obligation de justifier de mon enseignement, ou de valoriser mon statut, ni de créer de pétitions avec une cohorte d'artistes distants et mutiques pour prouver que je suis légitime en tant qu'artiste, ou faire pression au ministère et influencer un ou deux journalistes, pour en avoir vu les dégâts et la récupération enflée par des féministes en communauté fermée (si j'étais un homme, aucune femme n'actionnerait le système "féminisme" qui espère une place au pouvoir toujours de sa communauté, à laquelle je n'ai, encore une fois, aucun parti, ni adhésion) C'est bien pour ces raisons, que j'ai été exclue, par force du cirque foutraque. Qui ne se soumet pas, ne peut travailler, ni enseigner, car il faut faire petite copie politique, pas de création. Et pour grossir les listes, même les non enseignants sont les bienvenus, les morts et les étudiants embobinés, les secrétaires, puisque le ministère a déjà abandonné de s'intéresser à ces écoles, tout est possible. Il ne faut pas s'étonner des climats délétères.
Laissez-nous cette naïveté artistique de ne pas connaître les loges du pouvoir et de continuer à travailler avec passion, et que tous ces frustrés du pouvoir et de la politique fassent un effort de plus pour se diriger vraiment du côté de la politique, en laissant les études artistiques libres de toutes démagogies, avec leur sensibilité, leur temps de création. Elles en sont envahies et suffoquent.
Je l'observe à présent, quel cirque tout ce gâchis ces énergies, ces réunions, depuis si longtemps ! Elles ne produisent rien ces réunions, parce que la pensée fait défaut. Pour dire avec expérience, c'est une pensée par défaut, ce qui va avec l'esthétique, un systématisme par manque de temps et d'engagement. Il y a une vraie paresse de la pensée. Par facilité, il y a une répétition grandiose mais si mal vécue par les professeurs qui signent sans se poser de question. Comme je l'ai déjà explicité par le passé, à défaut de, la singularité se développe, dans un jardin, un isolat inaccessible. L'imaginaire est la plus belle part de mon enseignement et y donner l'accès fut des chemins que j'ai traversé avec bonheur, avec chaque étudiant, étudiante, dans sa singularité.
 J'ai explicité ma réflexion pour ce conte à destination des adultes, lors de ma conférence, mais je n'ai eu le temps de le lire, car lire une histoire prend déjà tout le temps d'une conférence, j'ai fait le choix d'en restituer la genèse et le cheminement de pensée. J'aime beaucoup ce conte et comment il est arrivé à se créer dans mon imaginaire. Voici ce que j'ai raconté.

"C’est un conte que j’ai écrit au mois de janvier 2016. C’est l’histoire d’un dessin. Je marche souvent, sans connaître les chemins et parfois sans carte. Voici que l’hiver dernier je rencontre un chat au milieu de mon chemin, dans le lieu dit, nommé « Gain », de la commune d’Isle, dans le Limousin. On dit du gain que c’est une action de gagner, par exemple : le gain d’un procès. On dit aussi que le gain de temps ou de place fait que l’on obtient un avantage. On dit aussi que l’on peut retenir un gain énorme de ses lectures. Mais surtout, le gain est bien plus entendu comme un bien à obtenir et de nos jours, on peut facilement céder à l’appât du gain. Dans ce lieu-dit du Gain, de la commune d’Isle, le chat est venu vers moi et m’a observé, sans bouger. Ses yeux étaient ceux d’un être humain, de son fantôme. Dans ce temps d’observation mutuel, il m’a délivré une histoire. En retournant chez moi, j’ai dû réaliser un dessin de cette histoire, puis j‘ai ensuite retranscrits à la lettre, le conte. Voici ce que le chat du Gain dans cette île, me racontât. C’est l’histoire des picolores.
 Je me suis inspirée de la literatura de cordel, des productions populaires traditionnelles du monde ibérique et plus particulièrement du Nord-est du Brésil, un lien ténu entre l’oralité et le colportage, souvent dans des régions touchées par l’analphabétisme. Car c’est toute une histoire des migrations et de l’exil qui est en jeu, d’aventures sociales. L’écriture de ce conte comporte une facture et des typographies proches de celles trouvées sur la literatura de cordel mais adaptée à l’écran aussi bien qu’aux impressions papier et rejoint l’autoédition. Son sujet est aussi une fable contemporaine, un conte social et il est fait pour être colporté. Petite histoire de la literatura de cordel : A l'époque des peuples conquérants gréco-romains, Phéniciens, Carthaginois, Saxons, etc., la littérature de corde existait et est venue dans la péninsule ibérique (Portugal et Espagne) autour du XVIe siècle. On nommait cela « folhetos » au Portugal, comme « feuille », « volante ». Du Portugal au XVIIe siècle, la littérature de Cordel est arrivée par les colonisateurs au Brésil, au XIXe siècle, à Bahia, à Salvador. Ces livrets sont réalisés par des poètes du peuple, pour un journal du peuple. Les Cordels se compose principalement de longs poèmes narratifs, appelés «romans» ou «histoires», imprimées dans des séries et des brochures de 32 ou rarement 64 pages qui parlent de l'amour, les souffrances ou les aventures dans un discours de fiction héroïque, des défis, des batailles, des faits de la vie quotidienne, des épisodes historiques, des thèmes religieux, c’est un loisir et un bon moyen d’information, de revendications sociales et politiques. La littérature de cordel est d'une inestimable importance pour véhiculer les identités culturelles locales et les traditions littéraires régionales ; elle contribue à la perpétuation du folklore brésilien. Le fait que les œuvres soient publiées dans un nombre élevé d’exemplaires et fassent l’objet d’une lecture publique, favorise l’habitude de lire. Cette littérature est imprimée sur des petits feuillets de papier bon marché, avec une couverture un peu plus épaisse. Le format est d'environ 11 à 16 cm soit une feuille format A4 pliée en quatre, ce qui donne des pages multiples de 8, 16 ou 32 pages, rarement plus. En ce qui concerne la couverture des folhetos, elle est reproduite par le procédé de xylogravure, la gravure sur bois. La xylogravure est la porte d’entrée de l’imaginaire du fascicule de cordel, c'est donc elle qui attire l'attention des lecteurs et les invite à entrer dans cet univers. De ce fait, l'expansion du cordel est devenue plus grande à partir de la Révolution Industrielle et l’arrivée de l'imprimerie au Brésil. Les gravures, appelées xylogravures, représentent un important héritage de l'imagerie populaire et sont vendues dans le monde entier. Enfin, la diversité des thèmes qui touchent la critique sociale, la politique et les textes d’opinion, fait que la littérature de cordel a un impact remarquable du point de vue didactique et éducatif.

Ce conte est très important car il parle d'un phénomène grave : la maladie et le travail, le savoir-faire, les origines, les discriminations et surtout de la beauté, puisque cela se passe dans un institut de beauté. Je réalisais également tout un travail de dessin en enseignant aux étudiants l'art de créer avec des logiciels car il n'y avait aucun cours dans ce domaine dans cette école. Il y avait bien plus d'enseignements théorico-politiques, mais point de pratique. Il n'y avait pas non plus d'assistant technique ayant pu me soutenir dans cet enseignement. Dans les écoles d'art, les employés souhaitent tous devenir responsables de quelque chose, ou directeurs, directrices, coordinateurs, coordinatrices, reconnus comme chercheurs, etc, des étiquettes qui leurs permettent de gagner un peu plus d'argent, mais surtout qui leurs donne la croyance qu'ils peuvent être au-dessus des autres employés. C'est une croyance qui s'obtient par beaucoup de chantages et de manipulations des instances, et dont se soumettent très facilement tous les employés. Mais plus personne n'apprend aux étudiants. Le retard s'est accumulé, et seules les communications des expositions font la vitrine des ces lieux d'enseignement. Et lorsque l'on a le souhait d'enseigner et apporter son savoir faire, c'est toute une déflagration souterraine qui s'abat sur vous, par derrière, des syndiqués, des élus, des représentants, qui décident de votre vie ou de votre mort (plutôt cette dernière solution) comme des peureux sous des couvertures, à la bougie dans une salle de réunion, s'inquiétant d'une révolution des arts et des pratiques clarifiant d'un coup l'absence de maîtrise des outils techniques des écoles, l'absence de pensée.

Quelques mois plus tard, un professeur de l'école me menaça afin que je n'enseigne plus dans cette école, évoquant des rumeurs de l'école de Limoges où j'avais subis de graves actions de harcèlements (humiliations grossières, discriminations en tous genre, menaces par courriers très mal écrits, convocation au tribunal sans preuves, saisie illégale sur salaire, sur de faux motifs, sans que personne ne soit informé, sauf ma banque, vers un interdit bancaire, tout cela sans avoir aucune faute professionnelle, ni aucun motif concernant la pédagogie ou l'art, que des calculs assez fous, d'horaire, d'heures, de dates, de crédits, de réunions, avec des mots très symboliques comme "saletés remarquables", "déchet", "exécution"... de la haine, de la terreur, parfois jusqu'à 2 ou 3 courriers par semaine, avec injonction de répondre aussitôt). Le ministère de la culture n'a aucune main sur ces pratiques, et depuis longtemps, quelques représentants (ces professeurs acharnés) font la loi, et même la justice, en fait ils peuvent tout faire dans votre dos, les grèves aussi, les blocages, sans avoir de retenue sur leur salaire. Ainsi les couteaux sont envoyés sans même que vous ne sachiez qui les envoie.
Avancer dans ces zones c'est comme le jeu 1,2, 3, soleil. Quand vous êtes touché et que vous vous retournez, les employés ne bougent plus, afin que vous ne sachiez pas d'où vient l'attaque, ni comment. Mais ils apprécient votre retournement, ils se sentent ainsi valorisés. S'ils avaient des missions avec un sens, alors leur activité ne s'attacherait pas à harceler, celles et ceux qui donnent un sens à leur travail et s'investissent. Ils seraient alors valorisés par leur propres initiatives dans le cadre des missions suivies par leur employeur. Un climat délétère favorise les harcèlements à toute hiérarchie, ascendante, descendante et du même niveau, entre collègue. Et lorsqu'il n'y a plus de suivi, sur plusieurs années, lorsqu'il n'y a aucune reconnaissance, lorsqu'il n'y a plus de formations pour suivre les évolutions d'une société, pour s'adapter, pour participer de sa richesse et sa diversité, alors il y a une peur de cette diversité, des fantasmes sur l'étranger, sur ces nouveaux professeurs, sur ces nouveaux logiciels, sur les étudiants. Avec le moindre petit pouvoir, ne reste que l'exclusion, ne pas intégrer celles et ceux qui sont dynamiques et proposent des idées, apportent des connaissances et les partagent, ne reste que le harcèlement pour soumettre l'autre à se taire et se terrer dans la peur de dire, ne reste qu'à s'enfermer, à devenir sectaire et organiser une institution, entre-soi, avec des règles tacites, momentanées et contradictoires et en travaillant uniquement dans l'urgence.
Lorsque j'enseignais à l'école de limoges, j'ai fini par ne plus prendre de café à la machine à café pour ces raisons, car il y avait toujours une bande d'employés derrière, puisqu'ils restaient tout le temps à la machine à café, à comploter, je ne prenais donc jamais de pauses, ni de poses. Et comme quasi tous les employés passaient la majeure partie de leur temps devant la machine à café, s'ils ne vous voyaient pas c'est que vous ne travaillez pas. Beaucoup de professeurs dorment dans l'école, j'ai déménagé dans la ville où je travaillais, car j'estimais que c'était normal, mais aucun professeur n'avait fait cette démarche. Ils venaient de Paris ou d'autres villes, et craignaient de perdre une réputation s'ils choisissaient vraiment la ville dans laquelle ils enseignaient. Bref, ce manque d'engagement se ressentait dans chacun des cours et des réunions de travail, peu connaissait la ville, ils avaient tout loisir pour la critiquer et médire sur sa pauvreté, se sentir plus riche. Ils dormaient ensemble, et moi non, je ne dormais pas à l'école. Alors oui, je n'étais pas présente les nuits sur mon lieu de travail et cela en préoccupait quelques uns. Je n'étais pas avec eux, j'avais une vie privée, ainsi "on ne me voyait pas" ou "pas assez". Les décisions se prenaient principalement dans ces dortoirs, ou dans les soirées arrosées, j'étais d'emblée exclue des négociations. J'ai même entendu la directrice me convoquer pour me dire "on ne vous voit plus" alors que j'enseignais chaque semaine dans l'école sans aucune pause, tandis que je ne voyais plus de collègues enseigner, ni même m'adresser la parole (c'est un concept artistique emprunté à l'art minimal, c'est un mini mal, cela fait un peu mal, mais pas trop, multiplié par beaucoup de mini maux, cela fait très très mal) Tout en me disant "on ne vous voit plus", elle me demandait de "ne plus me voir" en m'excluant de la vie de l'école et des réunions. Une injonction paradoxale qui situe bien la folie des entretiens.
Et ce professeur enseignant à Bourges, à plusieurs kilomètres de là (donc lié quelque part de façon très rapide, comme un bouche-à-oreilles stratège) s'arrogeait le droit de me virer en faisant pression sur le directeur (qui se soumis finalement) lors d'une instance (le conseil d'administration) mais sans aucun motif, ou celui d'avoir été blessé dans son propre enseignement (la peinture) Il ne connaissait ni mon travail, ni mon enseignement, ni mon parcours. D'origine espagnol, je l'ai croisé quelque fois s'amusant à me draguer en chuchotant mon nom de famille d'origine portugaise. Il aimait se vanter auprès de moi d'avoir été commissaire d'exposition au Portugal. Mais en parlant avec lui en portugais, il ne connaissait pas la langue. Voilà ce qu'il reste de mon souvenir de cet homme grincheux. Que j'enseigne le dessin avec mon expérience le rendait sans doute jaloux et anxieux, comme cela arrive souvent lorsqu'une femme enseigne dans une école d'art. La bêtise n'a pas de limite lorsqu'elle s'enracine dans l'ignorance. Alors oui, nous ne pouvons pas apporter notre expérience et notre savoir faire dans ces lieux où la raison n'a plus sa place. Mais il n'était pas seul aveugle dans la grotte, il faut tenir la bougie, il faut une autre personne pour la rallumer si elle s’éteint, il faut répéter plus fort au creux de l'oreille, si d'autres n'entendent pas bien, et il faut aussi se mettre d'accord pour choisir qui va sortir de la grotte, et cela peu durer une année. Chose faite ce professeur m'a envoyé un message, il n'avait pas de messager, mais beaucoup de rumeurs dans son oreille fatiguée, il m'a dit être très malade et épuisé et avoir déjà tant souffert dans cette école et sa famille aussi. Quand je repense aux picolores, mon conte, c'était devenu une prophétie. Que pouvais-je faire si ma présence causait tant de soucis, ne plus revenir pouvait alors apaiser ses affres libidineuses, en le laissant à celles et ceux qui l'avait élu dans la grotte. C'est la peur qui dominait.
Platon, dans son allégorie de la caverne raconte cela. Si l'un d'entre eux (dans la grotte) se libère de ses chaînes, accompagné de force vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, « ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure » ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir « le monde supérieur », ce que Platon désigne comme « les merveilles du monde intelligible ». Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : « Ne le tueront-ils pas ? ». Hostilité des personnes dans leur confort illusoire et leurs habitudes de penser.

Décidément, dans les yeux d'un chat, on peut lire l'avenir, l’œil de l'âme. Artiste, ma difficulté, est de réussir, à travers ma création, d'apporter la nouvelle et la bonne. Une œuvre est souvent un assemblage sensible d'expérience, de rencontres, de joies mêlées aux peines, et c'est toujours quelque chose de nouveau, qui renouvelle le regard, la façon de penser, et qui donne beaucoup d'espoir. Comme l'écrivait si bien Platon: « Il s'agit de tourner l'âme du jour ténébreux vers le vrai jour »

Les picolores, c'est un conte qui me fait penser à Agnès Varda. Elle savait raconter ce que l'on ne peut pas dire à travers sa création. La culture, n'est-ce pas cela ? Lorsque l'on cultive, quelque chose advient pousse et subit les saisons. C'est de cette expérience de la culture, cultiver son jardin, son esprit que naissent les bonnes et mauvaises récoltes. Années de cultures, années de récoltes. Cette année, je glane, je re-découvre le chemin parcouru, je vois très loin, derrière et devant, je cultive.

On trouve un nombre considérable d’adhérents à l'appât du gain. Celles et ceux qui veulent trouver des adhésions pour leur pouvoir, ont compris depuis longtemps, que seule cette carotte rendrait louable toutes leurs actions, même les plus malhonnêtes.
C'est à ce jour, 1er avril, avec un poisson dans le dos, que se perdent sur les flots, de bonnes âmes sans réflexion, espérant richesse en flottant sur des costumes de pauvres. Il y avait pourtant de petits artistes qui courraient sur la rive en s'écriant :
- Je le vois, je le vois, le poisson qui brille, je vais l’attraper, c'est peut-être une pièce...

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Non, non, c'est un poisson qui se mord la queue.

Par kiwaïda at 13:31

22/01/2019

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Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 23:15

02/12/2018

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Diaspora (dans l'île de Seuqramainos - 2000...)

Lorsque j'ai découvert l'île de Seuqramainos, j'étais en migration du collectif que j'avais co-fondé, Téléférique (1999). Il était déjà question de migration et de déplacement de données. Dans cette même période j'intégrais l'université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle pour effectuer des études lusophones et également l'université Paris 8 en Master sur le numérique (quel nom ingrat, rayon Fnac encore...) Tout cela avec VAE (validation des acquis de l'expérience) Ces Universités n'étaient pas situées au même endroit dans Paris, l'une était même à Saint-Denis dans le 93. Mais le plus difficile, c'est que j'enseignais à l'école supérieure des beaux-arts d'Angers chaque semaine, tout en habitant à Charenton (là où le collectif s'est déclaré en association...) On peut comprendre là, une complexité, une cartographie qui se fie des distances réelles, car je n'ai pu mener à terme mes études universitaires, mon enseignement me prenait tout mon temps, et aucun aménagement n'était dédié pour ce cas "atypique" mais néanmoins, de nos jours, obligatoire, lorsque l'on a ce souhait d'être chercheure. Il faut comprendre qu'aucun moyen n'était, à cette époque, mis en place par les différentes institutions, pour qu'une artiste puisse être reconnue chercheure. Et aujourd'hui, toujours pas, en 2018, bientôt 19 ! Ayant devancé ces impasses très françaises, je suis restée artiste et chercheure en dépit de toutes les procédures administratives cloisonnées qui nous empêche de mener un vrai travail. Car seuls, quelques hommes, parrainés par d'autres hommes, avec des crédits à la recherche qu'un paquet de secrétaires femmes et bien placées au ministère (sous la séduction desdits commandeurs élus entre eux) ont accès à ce genre de crédits, avec la bénédiction des syndicats (toutes les écoles sont syndiquées et c'est pour les hauts échelons par pour les autres) Dans ce panorama, qui ne changera pas de si tôt, (peut-être dans 150 ans selon les prédictions, syndicales elles-mêmes) il faut bien que se prolongent les activités de recherches et d'expressions artistiques, lorsque l'on est engagé, et très certainement jusqu'à la fin de sa vie. Dans ce constat là, on espère plus du tout de crédit, ni même de logement décent. La vie devient quelque chose hors-norme, parfois délicieuse et à jamais incomprise pour les normaux-pensants, parfois très périlleuse et obtuse, ascétique et haute perchée ! (Adieux tout le périmètre des fêtes communes, des vacances communes scolaires, des lieux de grands marchés et de supermarchés, des dates mêmes clés de retrouvailles, de fêtes de famille, de mariage et de tout ce qui concernerait le religieux, car dans ce cas, l'esprit communie complètement avec sa recherche, et elle est passionnée) Et attention la santé... Après, nous sommes amenés à rencontrer d'autres passionnés, d'autres fous, il faut bien savoir communiquer et de force vive, plutôt que de morne vie.

Bref, c'est à ce moment qu'il y a un décochement, dans la généalogie : On vous a perdu totalement. D'ailleurs, on ne sait plus à quoi vous ressemblez, ni si vous êtes en vie ou si vous avez sombré dans une grande dépression (et là vous pouvez être sûr que l'on ne demandera pas de vos nouvelles) Vos parents (s'ils sont encore là) ont fait une croix définitive sur votre avenir, et le leurs, car vous avez raté l'âge légal de la procréation, et plus aucun pari sur vous ne mérite attention. C'est à ce moment là, où vous comprenez que "la recherche" a bien commencé, et félicitation vous êtes bien un ou une chercheure, pas besoin de tampon administratif ! Et puis, la paix, le silence, vous pouvez continuer à chercher (et trouver) dans quelque domaines où vous vous êtes lancés, tête baissée (mais aussi haute, car cela dépasse l'entendement) à moins que les 'gilets jaunes' murent votre bibliothèque en la confondant avec un centre des impôts (si, si, aujourd'hui c'est cela, enfin c'est ce qui ne cesse de défier l'intérrêt de toute recherche : le niveau de notre pays)

Alors, pour en revenir sur ma première allumette frottée : l'île, la migration ! Dans cette île, Diaspora était un projet d'envergure, lié à cette motivation saugrenue et bien solitaire d'allier "migration et numérique" en université, jusqu'à ce qu'on m'expliqua bien que ma recherche est bien trop en avance, car en France, les départements-même de la recherche, des universités sont cloisonnés et jamais je ne pourrai mener à bien cette recherche, mais seule oui et sans l'université. Ni une ni deux, je fondais "Nissologie" l'université pour une personne ! Alors de ces conclusions de doctorants qui croulaient sous les papiers, en phase de thésaurisation pathologique, juste avant que le syndrome de Diogène ne se déclare... Je pris mes cliques et mes claques et je continuais à ma vitesse (rapide et circonvolotionnaire) et grâce à Internet et aux bibliothèques (non murées par accident, par les habitants avec un gilet fluo, ayant une trop haute estime de l'écrit) avec un rythme très singulier. Malgré tout, mes études lusophones entamées (que j'ai beaucoup appréciées avec des cap-verdiennes) et le master numérique abandonné (super en retard, au regard de ce que nous avions développé en collectif) me laissèrent une drôle de vision de tous ces étudiants que l'on gavait à coup de textes, parfois érudits, mais non corrélés à notre existence présente, c'est-à-dire non dynamisée par une lecture contemporaine et critique.

Diaspora avait ce souhait de ne considérer que les migrations des membres de ma famille, une sorte de généalogie sur les déplacements et par des dates collectées oralement. Un site Internet dédié en faisait la démonstration (présenté dans divers lieux artistiques en France et ailleurs) Il y avait une planète, la terre photographiée par le système RADAR, et des pop-up (fenêtres verticales qui apparaissaient) qui se superposaient à ces images en noir en blanc, de la terre. Puis ce projet, comme l'île fut ensevelis.

En ce moment, je réintègre ces recherches mais d'un point de vue plastique et complètement décalés du scientifique, du documentaire, et du commentaire. C'est un paysage qui sera, pour moi, un repère. C'est une démarche plus en profondeur et plus large sur l'étendue de mes connaissances généalogiques. Le lien humain est privilégie (à l'heure où les photos et l'images ont remplacé largement tout lien), il n'y a aucune image, mais une sensation exprimée et constellée. En regardant Diaspora, rétrospectivement, quelque chose me plaît beaucoup, et de touchant, dans ma façon de comprendre les migrations. Dans les années 2000, la presse faisait peu d'écho (hormis dans les presses spécialisées des historiens) de ce qu'étaient les migrations. Si la cartographie m'a toujours intéressée, c'est que c'est en cartographiant que j'ai appris, c'est-à-dire que ma culture familiale se basait sur les cartes et les dimensions historiques nécessaires à la compréhension de l'homme et son habitat, sa survie, sa culture. Peut-être dans un soucis ethnographique, je repérais aussi, par mes voyages, ce qui me construisait, une artiste chercheure, puisque je récoltais, je photographiais, je notais, je tirais ensuite les photographies, je tirais les conclusions, bref, je faisais déjà de la recherche parmi mes cousines, en écoutant mes grands-parents, en voyant faire mes parents et en m'émancipant des attendus. Je ne pouvais pas faire autrement, je voyais tant de choses, impossibles à dire. L'oralité ne me suffisait pas et le barrage des langues formaient un barrage des larmes émotionnelles plus grand qu'un petit obstacle facile à dépasser. De l'eau de la terre.

Ici quelques notes comprises dans Diaspora, dont la dimension prenait tout son sens entre deux verbes "être" SER et ESTAR :

Manière d'être 

"être ce que l'on est" et "être là où l'on est"

Etant donné ceci, j'écris cela, n'étant pas sûre de l'être ni de l'avoir été, toujours en devenir. 
Mais y suis-je allée ? Je pense donc je suis. Nous y sommes tous encore quelque part.

Mon être se confond avec sa situation, mais quelle est sa situation ? 
Sur quelle carte puis-je me situer ? Par rapport à quoi ? 

Je suis une géographie.

Je me suis perdue. Pour retrouver mon chemin, j'ai traversé les limbes de ma mémoire familiale individuelle croisant une mémoire collective sociologique. Puis je me suis retrouvée dans la philosophie et je me suis perdue à nouveau dans la poésie, avec saudade. Il n'y a pas de commencement, ni d'origine, pas une seule en tous cas. Il y a des croisements et des rites interfrontaliers. Des passages qui rendent atypiques les caractères malgré les apparences. Et les apparences sont multiples car multiples sont les adaptations, plus grands sont les décalages.

J'y suis.

Dans la langue portugaise il y a deux manière d'être, "ser" indique l'identité, qui ne change pas et "estar" indique une localisation ou un état passager. Deux verbes "être" symboles d'un état typique dans les histoires des allers et venues, des migrations, mais invisible dans l'Histoire.

Je suis née là, entre ici et ailleurs.

La fenêtre "ser" est une compilation de recherches sociologiques et philosophiques sur mes origines. Ces études témoignent d'une partie de mes origines et de mes états d'accoutumance. La fenêtre "estar" est ouverte sur mes états passagers, mes "êtres-là". Ces deux fenêtres ouvertes sur le monde, d'hier, de ce moment aléatoire, de celui que je n'ai jamais connu, ne connaîtrais jamais, posent des questions sur mon existence, ma raison d'être, de faire, de créer là où je suis. 

Je vis, en France dans un milieu artistique, mais avec une mémoire migrante qui se cherche, se cache et se révèle. Il n'y a que dans le langage poétique que je peux repenser la vérité comme dévoilement de l'être, et dans l'art. Je me situe par là sur une carte mentale, je me déplace sur une carte officielle qui ne tient pas compte de ma situation, une grille historique commune en France dans laquelle je n'ai jamais eu d'histoire généalogique. J'ai du re-parcourir des chemins, beaucoup restent à faire. Dans ces véhicules de vies parcourus, j'ai saisi la mienne, je la questionne. Mon parcours individuel se connecte sur un parcours prédéterminé d'une artiste française en élargissant les frontières jusqu'à plus soif. 

Sonia Marques
04/2003 

 

Ser indique l'identité, l'essence, ce qui ne change pas.
Estar indique plutôt la localisation ou un état passager :

ele é francês : il est Français
ele está em Lisboa : il est à Lisbonne

ele é amado : il est aimé
ele está cansado : il est fatigué

avoir sa raison d'être : ter sua razão de ser
cela peut être : pode ser
être bien avec : estar de bem com
elle est toujours jeune : ela é sempre jovem


"Le Portugal, d'abord immergé avec douceur dans le monde, naturellement et surnaturellement merveilleux, était devenu île-saudade. Un lien sans extérieur ou il lui était impossible de distinguer la réalité du rêve".
"Avec la saudade, nous ne récupérons pas seulement la passé comme paradis perdu ou menacé de perte ; nous l'inventons."
"Dans leur île-saudade, à la fois île des morts et île des amours, comme les enfants, ils ignorent la mort."
"Un tel peuple, à l'aise partout dans le monde comme s'il était chez lui, en fait ne connaît pas vraiment de frontières car il n'a pas d'extérieur. Comme s'il était à lui seul une île-monde, ou, Dom Sebastien de lui-même, il attendrait un retour toujours différé, en rêvant à sa vie antérieure."
"L'un des traits les plus connus des Portugais est leur aptitude à se fondre dans le paysage. Leur étrangeté est, à tous les titres, indécelable. Eux-mêmes ne peuvent en rendre compte. Ils font corps avec leur étrangeté, car ils ne peuvent la percevoir à partir d'une quelquonque extériorité, même imaginaire."(Eduardo Lourenço, "

(Eduardo Lourenço, "Mythologie de la saudade", éditions Chandeigne, 1997)

"L'ouverture d'esprit est une qualité commune à de nombreux Portugais. Ainsi ils vous poseront rapidement des questions personnelles qui, chez nous, en France, seraient bien souvent considérées comme déplacées. Cette curiosité se fonde sur un réel intérêt et un désir de participation."

("Le Portugais" de poche, édition Assimil évasion, 1997)

"Les portugais qui sont venus en France avaient l'habitude d'être en quelque sorte, multidimensionnels. Ils avaient l'habitude, selon les saisons, de passer des travaux des champs, à ceux de la pierres, d'être laboureurs ou maçons, charpentiers, vignerons ou boulangers. Ils passaient ainsi de la campagne à la ville sans que cela provoque grand dommage dans leur philosophie de la vie. Ce qui leur importait c'était de gagner leur vie mieux qu'avant, car travailler dur ils en avaient déjà l'habitude."

"Les jeunes insoumis

Parmi les clandestins, on trouvait beaucoup de jeunes insoumis qui refusaient de partir à l'armée pendant 3 ou 4 ans et de faire la guerre coloniale. On estime leur nombre à environ 180 000. Pour eux, l'émigration était un exil car ils ne pouvaient plus rentrer au pays tant que le régime serait le même. Comme la porte de leur pays se refermait derrière eux, ces jeunes ont été vite intégrés dans la société française, et, en partie, ont fait des mariages mixtes et beaucoup sont naturalisés."

Importance de la maison # vie errante, "sans toit ni loi". Le migrant passe ses vacances à choyer sa maison comme si elle ne s'achevait jamais : l'éternel recommencement.

(THERESA Pires Carreira et Maria-Alice Tomé, "Portugais et Luso-Français", tome I, Recherches universitaires et migrations, 1994)


"Moins de 4% des françaises d'origine portugaises de 25-29 ans en Ile- de-France, appartiennent à la catégorie des cadres et professions intellectuelles supérieures. Par contre les françaises d'origine portugaise de 20-24 ans ont tendance à avoir plus de diplômes que la moyenne française. En Ile-de-France et midi-Pyrénées, seulement 10% d'entre elles ne possèdent pas de diplômes." 

(Nathalie Kotlok-Piot, "L'insertion professionnelle des jeunes nés de parents portugais", magazine "Hommes & Migrations n°87, décembre 1997)

"Au vu de cette polarité là, l'étrangers se demande l'impossible, on lui demande l'impossible : il doit rester lui-même et devenir un autre, comme nous autres. Ce numéro d'équilibriste, il peut le réaliser par exemple en offrant la révélation de ses origines, en livrant son secret, en le mettant en scène, en oeuvre écrite ou orale, en le présentant en écot au passage des seuils qui le conduisent dedans, et éventuellement très haut dans la reconnaissance locale. Ou bien il peut l'enfermer au plus profond de lui-même et rester seul gardien de ce secret (relatif aux causes de ce départ, aux modalités de sa route, aux épreuves et enjeux divers...) Ainsi enkysté, il peut demeurer "incognito". 

(Anne Raulin, revue "Sigila" n°3)

"L'identité est en effet à la fois processus d'identification et de séparation. Pour se définir, se reconnaître, se distinguer, il faut pouvoir se détacher, se différencier, s'opposer. Parler de l'identité, c'est se référer à des appartenances, à des ressemblances, à des définitions de soi ; mais c'est aussi compter sur des autres, des différences, de la dissemblance." 

(Fabienne Wateau, Lusotopie 2002,  : Du Portugal à l'Europe Effets d'échelles, de Melgaço à Alqueva)


"C'est dans la région parisienne que l'on trouvait le plus grand nombre de Portugais vivant dans des bidonvilles, la plupart du temps à côté d'autres immigrés espagnols ou algériens, parfois dans des bidonvilles "portugais" (du plus grand comme celui de Champigny/Marne, à d'autres plus petits comme ceux des Francs-Moisins (à St Denis), La Courneuve, Aubervilliers, Carrières/Seine, Massy, Villejuif, Villeneuve-le Roi). Lors de l'enquête faite par la Préfecture de la Seine en 1965 sur les Portugais dans les bidonvilles de la région parisienne, 15 000 des 40 000 portugais dénombrés dans ce département vivaient dans une dizaine de bidonvilles (celui de Champigny/Marne, le plus grand de France, abrita une population très fluctuante qui passa de 6000 environ en 1961 à plus de 12 000 deux et trois ans plus tard)."

(Les phases de l'immigration portugaise, des années vingt aux années soixante-dix. Par Marie Christine Volovitch-Tavarès (2002))

L'exploitation des registres de baptême et de mariage permet également de vérifier le profond et durable attachement d'une partie au moins des émigrés au village natal. L'examen de la liste des témoins et des parrains des actes concernant les immigrés permet de plus de conclure que, malgré leur départ, ils restent insérés au sein des réseaux d'alliances et de connaissance locaux. Ces résultats confirment donc ce qui était en introduction présenté comme une hypothèse : beaucoup d'émigrés maintiennent des liens étroits avec le village d'origine.

("Le va et vient identitaire. Migrants portugais et villages d'origine" par Yves CHARBIT, Marie-Antoinette HILY, Michel POINARD, avec la collaboration de Véronique PETIT - 1998)

Mes recherches sont assez étonnantes et finalement, ont rarement fait l'objet d'une revendication quelconque, car intégrées complètement dans mon travail artistique, sans qu'une connotation soit distinguée et reprise. Car, plus tard, la mode fut aux artistes, enfants d'immigrés, un peu plus mis au devant de la scène, institutionnalisés, une façon de montrer que la France "intègre" ses enfants, même "ces enfants là". Mais ce n'est qu'à partir du moment où sont bien définissables les travaux d'enfants d'immigrés, ou travaillant sur la colonisation ("les "cultural studies", ce courant de recherche d'origine anglophone à la croisée de la sociologie, de l'anthropologie culturelle, de la philosophie, de l’ethnologie, de la littérature, de la médiologie, des arts) Ce qui n'a jamais été visible dans mon travail (au premier abord), quoique, des experts peut-être. Être en recherche, ne peut être une réussite aux yeux d'un plus grand nombre. Le Rubik's cube comporte d'autre challenges que celui de faire toutes les faces d'une même couleur, si, si, il y a d'autres possibilités.

Aux yeux de mon petit nombre et de ma faible reconnaissance prévue, selon les statistiques, j'ai décidé de continuer mes recherches, un peu spéciales et dans tous les sens que ma conscience puisse aller, tout azimut.

Lorsqu’il s’agit de phénomènes migratoires déjà anciens (plus du siècle, c’est-à-dire plus de trois générations), on peut se trouver confronté à deux situations :

    > la migration a été importante durant une brève période, puis les descendants ont quitté la zone d’immigration ou s’y sont totalement assimilés,
    > la migration s’est effectuée à un rythme faible mais régulier et les migrants et leurs descendants, par le fait d’une relation continue au « pays », ont conservé une conscience de leur identité,

Ces deux grandes formalisations de la migration ne se prêtent pas au même type de construction : la première sera essentiellement historique alors que la seconde aura surtout recours à la méthode ethnographique.

La démarche est fastidieuse parce qu’elle nécessite un réajustement constant entre deux niveaux cognitifs de nature différente : le dit et l’écrit.

(Institut de recherche sur les migrations)

Entre le dire et l'écrit

Ma démarche serait fastidieuse parce qu'elle se constelle également en Espagne, quoique ce Sud-européen fut un seul territoire naguère. Mais dans le détail, chaque femme perd son nom de famille, fille du père, elle prend mari, et reperd de nouveau le nom, le nom de son père, de sa famille. Toutes les femmes, les noms des femmes disparaissent peu à peu, en laissant aux patriarches descendre leurs noms. Jusqu'aux femmes d'aujourd'hui qui écrivent sous le mail au nom du mari ou de la famille, jusqu'à s’effacer totalement sans jamais reprendre contact avec leur propre famille, mais en comptant bien plus sur leurs belle-famille, la famille de leurs maris. Les femmes sont comme des oubliées de leurs propres racines, comme arrachées aux leurs, comme si des mères, elles n'en avaient jamais eu, comme si, de leurs cousines, elles n'en faisaient grand cas, comme si tout cela n'avait pas de place, ni besoin d'être soutenu. Comme si, des terres, elles n'en avaient jamais eu, comme si des biens, tout serait dispersé, dilapidé, parsemé, comme si des cendres, elles retournaient aux poussières et que seuls les phénix les sauveraient de cet abandon patriarcal et répétitif. Des phénix donc, autant d'étoiles que l'on peut admirer, en secret, faute de pouvoir leur parler, car même leur parler n'est plus possible, même vivantes, elles ont abandonné de dire. Et pourtant, de leur vivant, le lien était au cœur de leurs activités, relier ce qui nous séparait, tel une religion (re-ligare, le principe de la religion, celui de relier) Je suis dans ce mouvement, cette relecture. Relire et relier des points qui se sont séparés, sans même le savoir, sans même le vouloir. Et pourtant dans chacune de ces entités, chacune a ce pouvoir magique de relier, de créer du lien, de réunir et de ré-enchanter, ce qui n'a plus de voix, ce qui s'est tu, en imaginant juste que chanter est encore possible. Fatigués, chanter s’éteint, et lorsque s'épuise le sens de la reproduction, d'autres sens peuvent s'éveiller, celui de la fraternité. Quand plus rien n'est dit, l'écrit ressemble à cet espace inaudible, secret et précieux, laissant la confidence s'offrir un lieu viable, parfois enviable, mais accessible qu'aux seuls lettrés.

Une grande majorité de nos contemporains français ne lisent plus, pas plus qu'ils n'écrivent.
Écrire dans la langue française c'est comme se confier à des pages blanches qui ne seront lues.
En tous cas, dans ma généalogie, qui ne seront lues par les membres de ma famille.

Auprès de mes pairs, cela fut très souvent la preuve, qu'aucun d'eux, ne pouvaient comprendre la richesse de ma culture, puisque dans la langue française, les origines et la question des migrations, a toujours été très sensible, divisée, ignorée, vulgarisée, afin de lisser des profils "types" intégrables, toujours vissés aux politiques sociales.
Je pense qu'aujourd'hui, avec les générations métissées, ces encastrements normés ne peuvent plus se satisfaire des typologies de bazars en ignorant ce qu'il se passe au-delà des frontières et du contour national et l'histoire qui a traversé celles-ci. J'ai rencontré nombre d'étudiants, dans les études supérieures, qui n'avaient jamais eu de cours d'histoire sur les migrations, et qui ne connaissaient pas leurs camarades de classes, ni certains de leurs professeurs, me demandant simplement : - pourquoi sont-ils là, pourquoi ne sont-ils pas restés dans leurs pays d'origine, de leurs parents ou grands-parents ? Les questions peuvent faire frémir, mais elles sont légitimes, et souvent j'ai dû me confronter à un domaine qui n'était pas le mien : celui de faire de l'histoire ou de guider vers des documents qui pouvaient répondre à leur curiosité première, afin de ne pas les laisser sans apports et les laisser être récupérés par d'autres camarades bien plus radicaux, sans questions, mais avec toutes les réponses : - qu'ils retournent d'où ils viennent. Lorsque vous avez des étudiants qui ont de bons résultats scolaires, les moins bons et les plus méchants, recherchent une cause. Que ce soit élève, étudiante ou professeure, en France, pas un seul niveau ne m'a laissé tranquille de cet état nauséabond français, où le souhait d'étudier et d'enseigner, de transmettre, ne fut mis en péril, parce que si ma culture avait cette richesse dynamique (invisible) et mes résultats évoluaient de façon positive, c'est qu'elle concurrençait assez gravement, des étudiants qui n'avaient réalisé aucune démarche sur la recherche de leurs origines, ou qui en étaient dépourvus de par leurs parents. Cette pauvreté là est difficile à accepter et la recherche du coupable, est bien plus facile à adopter, surtout, lorsque le climat national, entraine aux vindictes et aux injonctions de se plier à une histoire (très récente) qui manque cruellement de distance.

Lorsque vous observez que ce n'est plus de jeunes étudiants qui tentent de comprendre, avec plus ou moins de maladresse, la richesse de l'histoire et ses temps différents, ses croisements, sa densité, sa multitude, et le parcours singulier qui chemine dans tout cela, mais que ce sont des directions d'école qui coupent les arbres... Vous pouvez, à ce moment, avoir un indicateur assez significatif de l'évolution du niveau et de l'espérance de vie qu'il vous reste, ou de viabilité, de vos trésors, à jamais invisibles.

Par kiwaïda at 18:52

19/11/2018

ṧαη﹩ ¢ґїεя ℊαяℯ


gare

, s  


      nf  
      interj  
1    holà, précaution, doucement, attention  
[antonyme]   distraction, absence  
      nf  
2    terminus, embarcadère, aéroport, halte, station, aérogare, terminal  
[antonyme]   marche 



Que vois-je ? Une belle gare, celle d'où je pars, celle où je reviens. Une dizaine d'années avant d'habiter à Limoges j'avais passé des vacances en Creuse (juste un week-end) pendant des mois à travailler pour des plantes vertes (une start up) en virtuel et pour 6 pays différents avec un directeur d'une vingtaine d'années, plus jeune que moi. Je m'étais octroyée ces jours pour rejoindre mon conjoint qui passait ses vacances chez ses parents, ils avaient loué un gîte en Creuse. Il ne travaillait pas et passait du bon temps en famille, tandis que moi je me devais de gagner ma vie, payer mon loyer, et louper quasiment toutes mes vacances, d'autant plus que mes parents, eux partaient dans un autre pays très loin, et donc, c'était encore plus coûteux, en déplacement, en énergie et impossible de se reposer au final, donc je ne retournais pas revoir une partie de ma famille, car rien ne me garantissait d'avenir, j'avais tout à entreprendre par mes seuls moyens (et mon petit sac à dos magique). Drôle de vies. C'était bien plus confortable, encore en ce temps, d'être à la place de l'homme, mais tellement plus émancipateur d'être à la place d'une jeune femme qui aime découvrir, et toujours. On doit laisser bien des bagages en route, pour partir léger. Tant de gares, tant de fois et si légèrement, l'oiseau. J'ai des photographies de moi qui courre attraper mon train à cette gare de Limoges avec mon sac à dos, le même que j'ai encore et qui m'a servi à aller au Canada effectuer mes études. Oui, on n'a pas besoin de beaucoup de choses pour voyager, comment était-ce possible ? L'une de ces photos est surprenante car c'est la belle-mère d'alors, photographe, qui l'a prise à mon insu, je me vois de dos (la photographe prend en photo mon dos), en jupe couleur amande, si consciencieuse et pourtant, personne ne voyait que c'était une femme d'affaire qui portait ce sac espagnol sportif. Apparences trompeuses, souvent, puissant caméléon. Au dos et moi devant cette gare, au départ. Je vois qu'elle ne prenait pas de vacances cette jeune femme et pourtant son diplôme s'intitulait : "Les grandes vacances", car sa vie ne serait plus que des grandes vacances, telle fut sa devise, mais des vacances pas comme les autres. Le mot "vacant" fut un mot très étudié à cette période, je pense qu'il reste d'actualité. Et c'est la gare splendide en décor qui surplombe sa course figée par la photographie. Je vois donc ce dos, je courre aussi derrière elle, mais je ne la vois pas, elle va trop vite.

Quand on part, est-ce que l'on perd toujours sa place ? Quand on part, est-ce que l'on oublie d'où l'on partait ? Les liens affectueusement construits laissent toujours de la place dans le cœur et mesurent assez bien la distance parcourue, c'est un effet élastique et transgénérationnel. Les gares peuvent faire partie de notre patrimoine, et les distances de notre amour pour l'autre, et pour l'ailleurs, du patrimoine qui nous situe le mieux.

Cette gare, je la retrouve plus tard, et là j'ai eu le temps de bien l'observer. J'ai assisté au début de mon installation, à des conférences sur Roger Gonthier (de Périgueux !), l'architecte de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Cela m'a ouvert sur la cartographie de la ville où j'allais emménager. J'étais parmi des têtes grises et blanches à ces conférences et j'ai ainsi mieux saisi comment se construisait toute la ville. Passionnant. J'étais alors une tête grise aussi, mais d'un jeune âge. Une résidence qui dure, un point de repère que j'ai fixé sur une carte, au centre d'un pays.

Point de déplacement sans repère ? Point de repère sans déplacement.

Architecte parisien, licencié en droit, Roger Gonthier (1884-1978) est le fils d’Henri Gonthier, architecte-inspecteur des bâtiments de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Lui même architecte de la Compagnie du Paris-Orléans, il réalise à Limoges en 1919, un pavillon frigorifi- que à viande dans le quartier du Verdurier, ainsi qu’en 1941 l’abattoir municipal (actuellement entrepôt municipal), sis 15 avenue de l’Abattoir. Seuls subsistent de cette construction les bureaux aujourd’hui désaffectés : le bâtiment fut très largement modifié en 1968 par l’architecte Henri Coussy. Roger Gonthier est également l’auteur de la cité des Coutures et de la cité-jardin de Beaublanc.




 



La gare des Bénédictins, monumentale, est construi- te au-dessus des voies sur une platforme en béton armé, ce qui permet de conserver le réseau des voies ferrées existantes. L’ossature de béton armé et d’acier est masquée par un habillage de pierre et de roches calcaires qui portent les ouvrages décoratifs. La silhouette générale du bâtiment est recon- naissable avec son campanile, qui culmine à 57 m de hauteur, et son grand dôme (31 m) qui surmonte la coupole. Le programme décoratif est en grande partie dû à Henri-Frédéric Varenne, les verrières du hall sont de l’atelier de Francis Chigot. La façade principale rappelle aux voyageurs l’importance des arts du feu à Limoges : deux allégories féminines, aux dimensions monumentales, représentent la porcelaine et l’émail. Les écoinçons de l’arc du portail d’entrée portent deux divinités romaines : Cérès, la déesse de l’agriculture, et Mercure, le dieu des voyageurs. La façade nord propose, elle aussi, une représentation de Mercure : la tête du dieu ro- main surplombe le monogramme « PO » de la Com- pagnie du Paris-Orléans. A l’ouest, on découvre, dans les tympans des fenêtres du cinquième niveau, les armes des principales villes du réseau ferroviaire : Limoges, Orléans, Toulouse, Montauban, Agen, Périgueux, Blois, Bourges, Poitiers, Bordeaux et Tours. La façade orientale, peu décorée, présente le blason de la ville de Paris et celui de la ville de Limoges. L’immense hall, de près de 4 000 m2, frappe tout d’abord par son décor de verre dû à Francis Chigot. Ce dernier a privilégié, dans une composition de bandes horizontales ou verticales, un décor de feuillages, rappelant la végétation du Limousin : le chêne et le châtaignier. Henri Varenne est l’auteur des décors de stuc qui habillent l’intérieur du hall. Il propose dans les écoinçons de la coupole quatre allégories féminines représentant le Limousin, la Touraine, la Gascogne et la Bretagne.




(Photographies © Sonia Marques)

Je m'interrogeais sur l'antonyme de "gare" :

DISTRACTION, ABSCENCE

et aussi sur la définition :

DOUCEMENT, ATTENTION

Sans crier gare, j'ai effectué une bonne marche arrière dans mon parcours, sans écraser personne, car j'avais oublié de prendre quelques bagages émotionnels, heureuse de ne plus être cette femme d'affaire et réserver mon sac à dos pour mes grignotages de balades, en marche avant, avec attention et doucement.


Par kiwaïda at 13:50

25/07/2018

ℓα √iε S℮ηṧї♭ℓε

De la vie sensible
Cela arrive même les yeux clos ou quand tous les autres organes des sens semblent être fermés au monde. Si ce n’est pas le bruit de notre respiration, c’est un souvenir ou un rêve qui nous arrachent de notre isolement apparent pour nous replonger dans la mer du sensible. Nous considérons que nous sommes des êtres rationnels, pensants et parlants, et pourtant, pour nous, vivre signifie avant toutes choses regarder, goûter, toucher ou sentir le monde. Nous ne savons vivre, nous ne pouvons vivre qu’à travers le sensible, et non pas seulement pour connaître ce qui nous entoure. Ce n’est pas une question gnoséologique : la sensibilité n’est pas seulement une de nos facultés cognitives. Sensible, c’est notre corps même qui l’est : en tout et pour tout. Nous sommes sensibles dans la mesure même et à l’aune selon laquelle nous vivons du sensible : nous sommes pour nous-mêmes et nous ne pouvons être pour les autres qu’une apparence sensible. Notre peau et nos yeux ont une couleur, notre bouche a un certain goût, notre corps ne cesse d’émettre des lumières, des odeurs et des sons en se déplaçant, en parlant, en mangeant, en dormant. Nous vivons du sensible, mais la question ne saurait non plus se réduire à une nécessité physiologique. Dans tout ce que nous sommes et dans tout ce que nous faisons, nous avons affaire au sensible. Seule la médiation de la lueur de l’imagination sensible nous permet d’accéder à notre passé et à notre futur. Et surtout, nous nous rapportons à nous-mêmes non pas comme à une essence incorporelle et invisible, mais comme à quelque chose dont la consistance est avant tout sensible. Nous passons des heures, chaque jour à donner à nos corps et aux choses qui nous entourent des formes, des couleurs, des odeurs différentes de celles qu’ils devraient avoir naturellement. Nous voulons vraiment cette étoffe, cette coupe, cette couleur et ces rayures. Nous faisons tout ce qu’il faut pour qu’il y ait des odeurs ; et sur notre peau, comme sur notre visage et notre corps, nous traçons des signes, des couleurs autour de nos yeux ; nous peignons nos ongles comme s’il s’agissait de marques, de talismans efficaces dont dépend notre futur. Il ne s’agit pas d’une obsession pour l’image de soi. Le soin de soi et le soin du monde ne se confondent pas avec une activité immatérielle ou contemplative : ce n’est pas davantage une « pratique » ou une action ; ces soins se ramènent à une activité ininterrompue de production de réalités sensibles. Tout ce que nous créons, comme tout ce que nous produisons, est fait de matière sensible : outre nos propres mots, cela vaut pour le tissu des choses dans lesquelles nous objectivons notre volonté, notre intelligence, nos désirs les plus violents, nos imaginations les plus disparates. Le monde n’est pas une simple extension, il n’est pas non plus une collection d’objets et on ne saurait davantage le reconduire à une pure et simple possibilité abstraite d’existence. Être-au-monde signifie avant toutes choses être dans le sensible : s’y déplacer, le faire et le défaire sans interruption. La vie sensible n’est pas seulement ce que la sensation éveille en nous. C’est à la fois la manière par laquelle nous nous donnons au monde, la forme qui nous permet d’être dans le monde (pour nous-mêmes et pour les autres) et la voie par laquelle le monde se fait pour nous connaissable, praticable, vivable. Ce n’est que dans la vie sensible qu’un monde s’offre à nous, et ce n’est que comme vie sensible que nous sommes au monde.

La vie sensible  > Emanuele Coccia / Éditions Rivages (Philosophie Rivages - 2013)




































Spéciale dédicace à la Panthera Pardus et sa perle noire (photographies © Sonia Marques)


Par kiwaïda at 15:45

16/07/2018

∂Ѧℕϟ Ðℰ ℬℰ∀Ü✕ Ḏℰ∀ℙϟ !

"Être dans de beaux draps" (Photographie © Sonia Marques)

Les "draps" ont longtemps désigné les "habits". Autrefois, on disait "être dans de beaux draps blancs". Cette expression décrivait une situation honteuse. En effet, à cette époque, les gens accusés de luxure devaient assister à la messe habillés de blanc, ce qui devait faire ressortir les aspects "noirs" de leur vie. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, "mettre un homme en beaux draps blancs" signifiait le critiquer. "Être dans de beaux draps blancs" voulait donc dire que l'on était sujet aux moqueries, que l'on était dans une mauvaise situation. Aujourd'hui le qualificatif "blanc" a disparu, mais le sens de l'expression n'a pas changé et veut dire : Être dans une situation compliquée. Les femmes étaient-elles épargnées ? On les trouvait, en France, appauvries dans les rues, un 15 juillet, en 2018, drapées de patriotisme, pour la fête des hommes millionnaires.

Appauvrir :
épuiser, déforcer, aveulir, ruiner, efflanquer, s'anémier, efféminer, débiliter, frelater, émasculer, alanguir, s'affadir, féminiser, s'atrophier, attiédir, ramollir 
[antonyme] : viriliser, fortifier 

Ramollir le peuple est une façon de viriliser la nation...

Vision d'une nuit :

La femme devient gardienne de la nation, lorsqu'elle est chaste. Elle incarne l'honneur du groupe. Toujours belle et désirable, la femme nationale incarne les espoirs investis dans la grandeur et le sentiment d'honneur. La Marianne française doit avoir une beauté éclatante, celle de la mère féconde, calme et sacrée et celle de la désirable à tous. Elle ne doit pas se laisser importuner, et, dans le même temps, être importunée tout le temps, par les assauts des hommes. La place des femmes est exigée pour érotiser la nation. Pas comme la vierge, trop hésitante, cette incarnation de la beauté chaste et respectable n'est ni passive, ni bousculable. Cette érotisation participe de la définition de la nation sexuelle : virile et hétérosexuelle avec le rejet de l'homosexualité et de positionnements ambigus. L'obligation du peuple de fanatiser les matchs fait œuvre de moralisme violent pour combattre une supposée dégénérescence des mœurs. Si la nation est belle et attirante, elle s'adresse en priorité aux hommes forts et convaincus de leur identité sexuelle, comme le guerrier, le combatif. La sauvegarde du corps national dépend de sa constante séduction et de son militarisme. Cette virilité s'exprime dans la violence, les carnages de tous les combats pour la procréation masculine. L'amour est tout entier au service de sa patrie. Les pratiques de violences sexuelles, faites aux femmes, affirment l'identité masculine exacerbée et démonstrative. La guerre apparait comme moyen de pallier aux manquements (crise, emplois) Les viols constituent des marques de pouvoir sur le corps national, non perçu comme une violence faite aux femmes, mais un déni de la force de l'homme protecteur et nourrisseur de la famille. C'est une atteinte sur l'honneur masculin. L'intégrité atteinte des femmes victimes de viol devient un langage entre hommes pour la nation, et la violence de l'acte est dénié. Les hommes se battent entre eux pour la victoire, à la place de faire l'amour entre eux, ils refoulent l'acte homosexuel. Les femmes sont des objets d'échanges. Les corps des femmes déshonorées deviennent des champs de bataille, et juridiques et médiatiques, des rituels, pour la parade du plus fort et de sa victoire. Longues, les joutes verbales entre avocats, s'illustrent dans les médias. La souffrance des victimes n'est pas reconnue, définies comme mortes. L'esclavage sexuel est la récompense du guerrier (prostitution) dans les climats enivrés militaristes et dans les victoires sportives. Le violeur n'est plus un délinquant mais un héros qui domine la femme de l'autre. Dans l'esclavage sexuel, les bourreaux protègent les victimes d'une mort certaine, en échange d'une soumission totale, renforçant l'homme dominant, seul maître de la survie des victimes, renforçant le machisme et le nationalisme. L'inaction de l'État et l'absence de reconnaissance des politiques discriminatoires engendrent les souffrances des communautés, des frustrations collectives. La violence devient la seule réponse aux situations d'injustice, de mépris.

Synthèse : il n'y a plus d'idée de justice et d'égalité lorsque les priorités sont celles du guerrier. Il n'y a plus de place pour d'autres qualités, plus aucune. La nation s'installe dans de beaux draps blancs, son principe même, en représentation officielle et drapée.

...Une nuit de vision débile de l'état éthylique des habitants de ce pays, la France...

Par kiwaïda at 11:45

11/07/2018

ⓀⒾⓌⒶÏⒹⒶ

Date inconnue, les années 70 en France, une photo à l'école...

Est-ce que l'on change ?

J'aurai l'audace de penser non, je n'ai pas changé. Pourtant tout a changé, l'esprit s'est adapté aux terres rencontrées où son corps s'est mis à pousser. Mais l'enfant que j'étais, dont je me souviens très bien, même de ce qu'il pensait, est toujours là et il se souvient de tout. Cet enfant sage qui n'enlevait pas sa blouse pour la photographie, en col blanc, afin de garder ce qu'il pense intacte. Cet enfant n'a pas changé, il savait déjà tout et tout lui fut difficile, l'exprimer dans les mots des grands. Alors, à travers la poésie, l'art, cet enfant a trouvé d'autres formes d'expressions, en attendant de parler, écrire pour tous ces grands imbéciles.

Années 2015 à Limoges... 
Photographies de mon amoureux, et avec Nougat, une chatte en liberté avec une petite queue.
Elle attendait des petits, notre amie d'un été.

Années 2012, la porcelaine.

Les changements de vies... Le compagnon fidèle, le bien aimé, Pépino.

Je lis sur un lit...

Années 2000, je lis sur un futon, je lis toujours n'importe comment et à travers plusieurs livres, en déplacement, en mangeant, en écrivant, mon amoureux me disait que j'avais des yeux de celle qui lit, et celle qui savait.

Année 2010, je n'aime plus que la clarté et la lumière, les livres sont lourds et remplis de mots, alors que voir et percer à jour est beaucoup plus facile et immédiat. Je sais qui tu es.

Une parenthèse, c'est l'arbre de ce qu'on devient, sans changer les racines, photo de mon amoureux, dans sa ville.

Une des seules photos que j'utilise dans mes curriculums, réalisée à la cité de la céramique, par mon amoureux... je lui souris, ce n'est pas donné à tout le monde, je n'aime pas les photographes...
Et ces curriculums ne servent à rien en réalité, alors ne reste que le sourire dédié à l'amour et pas au travail...

2018, je me rapproche de l'enfant que j'étais et qui savait déjà tout, je le vois.

Il y a quelques jours : mes racines ressemblent à ma lapine Satori japonaise (3 couleurs) celles de mon enfance à laquelle je pense.
Car dans la première photo avec ma blouse et mon col blanc, enfant, j'ai des lapins dans la tête qui retiennent mes cheveux.

Et bien, c'est ce matin au réveil ! Après un voyage plein de sagesse, comme la première photo...

Je suis cette Kiwaïda, ce yeti crabe aux bras poilus soyeux, découvert il y a quelques temps dans les profondeurs de l'océan, près de la Polynésie... Alors que je suis née il y a 45 ans d'après mes papiers d'identité...

(Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 16:09

03/07/2018

ʟα ßℯʟʟ℮



Par kiwaïda at 11:08

21/06/2018

Ð∀Ḱiℵi

La subjugation de l’ego (tradition tantrique) (interprétation visuelle et synesthésique d'une Dakini : Sonia Marques)

La nudité de la dākinī symbolise l'état naturel et sauvage, et selon l'interprétation bouddhiste l'absence d'ego ou d'obstacle mental, la nature propre révélée. Généralement le terme dākinī semble provenir de la racine de daksha, signifiant capacité, habilité. La libératrice Verte – Divinité la plus populaire au Tibet. Protège des lions et de l’orgueil, des éléphants sauvages et de la confusion mentale, du feu et de la haine, des serpents et de la jalousie, des voleurs et des vues fausses, de la prison et de l'avarice, des inondations et des désirs, des démons et des doutes. Et tout cela sans jamais faire la grève !

Par kiwaïda at 12:31

09/06/2018

L@ ß☺ᾔᾔε ḉ☺ηⅾʊї⊥ε

Photographies © Sonia Marques


Just Another Dance, exposition au CCS d'Urs Lüthi


Essayer encore, rater encore, rater mieux, exposition Rosa Brux avec les Archives contestataire (Ah ! les suisses )


Affiche dans le métro


Permis sans voiture, conduite sans pneu


Anticipation ? Rem Koolhaas & Lafayette


À l'ombre des cruautés


La dignité


À la conquête du goût


L'indignité


La dignitaire


De la hauteur

Par kiwaïda at 13:09

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