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21/06/2019

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Lascaux Vézère, vallée de l'Homme

Rêves et prémonitions

On a éliminé de la Cité les savants.
Leurs vies erratiques ostracisées sont vouées à l'invention d'espaces étanches avec la Cité.
Ces espaces plus ou moins clos, avec une porosité diplomatique, ou courtoise, sont confinés à l'intérieur du derme. La peau, en surface, s'exprime sensiblement en poils et boutons.
Sous le derme, des espaces agglomèrent des idées.
Il ne faut pas croire que les esprits sont séparés du corps. Dans chaque cellule, des idées se développent, ou peuvent aussi devenir anarchiques, être un terrain nocif pour le corps.
Si les savants avec leurs espaces sous leur derme, riche d'idées et d'histoires, ne sont pas admis à converser ni participer de la Cité, il doivent quotidiennement veiller à ce que l'anarchie ne surviennent dans leur corps. Donc, chaque jour, une éthique de vie et de l'entretien du corps, profile les heures, les matinées et les soirées, en dehors de tout calendrier de la Cité.

Nous sommes néanmoins dubitatifs sur le devenir de la Cité telle qu'elle se conçoit. Les règles d'organisations ont été érigées sur un modèle militaire et les savants sont regardés comme des solitudes, que l'on veut bien tolérer prisonnières.
Pourtant nombre de manifestants marchent dans la Cité, avec des slogans, les mêmes que l'on trouve sur les paquets des aliments du petit-déjeuner, ou du déjeuner, ou du dîner.

Tout est à vendre, les bêtes et les pierres, leurs gênes et leurs enfants. L'intelligence artificielle milite en silence vers l'accroissement de gênes modifiés dont la surface du derme est lisse et impénétrable. Ces enveloppes ne contiennent aucune cellule. Le cerveau est plat. Ce qu'elles racontent ? Elles vendent n'importe quel paquet de petit-déjeuner, du déjeuner, ou du dîner. En dehors de ces militantes affirmations, convaincantes, il n'y a plus une once d'intelligence sensible.

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Le pot de terre cuite déterré, présentant un motif en forme d’auroch et une série de trous. La pièce date d’il y a 38 000 ans. (Musée National de la Préhistoire)
Grottes, gouffres, châteaux forts, forteresses médiévales, parcs et jardins, parcs préhistoriques, aquariums, parcs à thèmes, cités troglodytiques et gabares, au profit du tourisme des 1,5 millions de visiteurs, dans la vallée de la Dordogne ; un chien a fait une découverte en 1940 et il a touché l'intelligence humaine pour en faire de véritables lieux de pèlerinages, à la recherche, tel ce chien, de fossiles et d'histoires. Dans un récent article j'écrivais sur les qualités du chien, celui conspué dans la Cité d'Athène, au temps des ostrakas, icône du traître. Quatre garçons en 1940 (nous sommes bien dans un moment de l'histoire française très sombre, avec l'eugénisme, cette idée mortelle et criminelle, une des bases d'une politique officielle du Troisième Reich dès 1933), explorent le terrier dans lequel leur chien vient de s’engouffrer. Ils ne s’attendent pas à une découverte d’une telle ampleur : une grotte. Elle révèle des salles aux peintures exceptionnelles réalisées il y a 18 000 ans par l’Homme de Cro-Magnon. Que fera l'humain de cette découverte ? Du tourisme. Un public nombreux viendra admirer ce chef-d’œuvre de l’art pariétal avant que le ministre de la Culture de l’époque André Malraux décide, par souci de préservation, de sanctuariser la grotte. Lascaux est alors inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO et en 1983 une première réplique de la grotte est réalisée. Mais plusieurs autres découvertes se succèdent dans cette région.

Un pot de terre cuite découvert dans l’une des grottes de la vallée de la Vézère en Dordogne approfondit la connaissance d’un peuple européen mal connu, de la culture de l’Aurignacien. Ce peuple aurait vécu dans des cavernes il y a plus de 40 000 ans en raison de la période critique des températures polaires. Le travail réalisé sur la pierre calcaire contient le motif d’un auroch, un bovidé préhistorique disparu, avec une douzaine de trous décoratifs alignés. Cette découverte a été faite lors d’excavations réalisées dans la grotte de l’abri Castanet et l’analyse de cette poterie montre qu’elle a été réalisée il y a 38 000 ans. L’étude qui a été publiée dans la revue Quaternary International le 24 janvier propose la création d’un nouveau terme pour qualifier ces habitants, les Aurignaciens. Les auteurs principaux, la spécialiste en archéologie culturelle Raphaëlle Bourrillon de l’université de Toulouse et l’anthropologue Randal White du Center for the Study of Human Origins de New York, ont utilisé le laboratoire de l’université d’Oxford pour mesurer les résultats. Ils ont commencé les excavations en 2011 dans l’espoir de trouver quelque chose en plus sur les ancêtres de l’homme moderne s’étant répandu principalement vers le centre Nord de l’Europe. Les auteurs ont expliqué avoir choisi les grottes de la vallée de la Vézère en raison de rapports datant d’avant la Première Guerre mondiale qui indiquent avoir observé de nombreuses pièces archéologiques. Les chercheurs ont également souligné le fait qu’ils avaient déjà découvert de nombreux ustensiles, des pièces d’art et des instruments de musique qui auraient été produits par les Aurignaciens. D’autres ont également été retrouvés dans la grotte de Chauvet en Ardèche, aussi bien que dans des grottes en Allemagne et en Roumanie. L’analyse comparative des pièces retrouvées dans les grottes du Vézère en comparaison de celles d’autres sites européens a montré des similarités remarquables aussi bien dans les techniques que dans les thèmes exprimés. La nouvelle étude conclut cependant que chaque population a marqué sa propre identité régionale. Dans une fouille précédente, le professeur Toma Higham de l’université d’Oxford avait suggéré que les Aurignaciens avaient vécu en Europe depuis au moins 42 à 43 000 ans. Selon une publication de l’académie du 19 juin 2012, le Dr. Higham en est arrivé à ces conclusions après avoir découvert en Allemagne des instruments de musique creusés dans des os d’animaux et dans l’ivoire, qui ont été reliés aux animaux datant de ce temps. Différents artefacts de la culture de l’Aurignacien semblables à ceux retrouvés à l’abri Castanet. Dans la même étude, le professeur Nick Conard de l’université de Tübingen a ajouté que les Aurignaciens avaient probablement utilisé le Danube comme un couloir pour se déplacer il y a 40 à 45 000 ans, depuis qu’ont été retrouvés de nombreux ornements, des figures d’art ainsi que des œuvres à la signification mystique. « Les humains modernes sont entrés dans la région du Danube avant l’arrivée du froid extrême d’il y a 39 à 40 000 ans, lorsqu’un énorme iceberg s’est rompu dans l’Atlantique Nord et que les températures ont chuté », a déclaré le professeur Higham, en notant que cela devait signifier une période de grande crise pour les aurignaciens. Les chercheurs Bourrillon et White et les collègues pensent que ces premiers colons de l’Europe ont survécu jusqu’à 33 000 ans avant aujourd’hui. À la pièce artistique de l’auroch avec les trous à l’arrière s’ajoutent de nombreux ustensiles trouvés dans les grottes. Selon un rapport précédent de l’université de New York en octobre 2016, il a aussi été retrouvé des dents perforées d’animaux, des coquilles perforées ainsi que de nombreuses gravures et peintures témoignant de la vie prolifique des ancêtres, malgré des conditions climatiques adverses.

Le souci de découvertes archéologiques est toujours suivi d'un appât du "public", d'un gain, du tourisme. Savoir qu'il y a plus vieux que soi, n'est pas un signe majeur de découverte. Savoir que des chemins ont été foulés par plus vieux que soi et que l'on traverse les mêmes lieux, n'est pas non plus une révélation. Nos anciens, nos proches nous ont déjà beaucoup appris de leurs chemins à travers leurs propres routes. Non, la seule invention autorisée, c'est la mise en scène, de ces vestiges, qui occupe des régiments entiers d'experts nommés et chercheurs qui transmettent cet art nouveau du spectacle, de ces écrins préhistoriques. Ce sont d'immenses Musées, à ciel ouvert, que l'on ferme partiellement ou que l'on construit sur les lieux mêmes, dont les entrées sont payantes et dont la publicité est déployée comme des flèches d'un arc bien tendu. Cela fait des vacances en famille, on peut, preuves à l’appui, expliquer que l'on vient bien de la préhistoire, on savait déjà peindre, faire du feu, marcher loin et fonder des familles entières, ce que l'on continue de faire, finalement. Il faut se persuader tout de même, les étiquettes sous les petites terres sous verre, indiquent quelques détails numérotés. Nous sommes bien des savants, n'est-ce pas ?

Les peintres étaient-il autant exclus qu'aujourd'hui ? La question n'est pas posée. Pourquoi passe-t-on de Lascaux à l'interdiction de peindre sur les murs ?

Le parcours n'est pas assez fléché, les chercheurs n'ont pas pensé... le parcours de la pensée depuis Lascaux.

Dans les écoles d'art, justement, on ne forme pas à la création, on indique un chemin fléché, celui de cet art de la mise en scène : construire des écrins pour les Musées et le Patrimoine, afin que le tourisme rapporte un peu plus, et que rayonne la publicité des plus anciens, les terres les plus vielles du monde, les terres de la terre, celle où nous marchons encore. La tendance est plutôt à l'interdiction de peindre, conserver les murs... Alors oui, c'était beau Lascaux. Les jeunes étudiants diplômés apprennent à mettre en scène leurs productions, déjà, dans l'école, selon les goûts de leurs professeurs, et apprennent à éditer des dépliants, des parcours fléchés pour faire venir d'autres pèlerins,  il faut aller voir ceci d'abord, puis cela ensuite, dormir chez untel, manger chez truc, se déplacer avec l'engin, le pétrole, bref plus tard ce seront hôtels, restaurants, avions, trains, avec des déchets par milliers abandonnés aux quatre coins du monde, afin de trouver de nouveaux slogans "Oh la pollution !". Mais sortis de l'école, ils seront stagiaires longtemps à compter les entrées des Musées ou réciter les étiquettes et publicités des dépliants. Avec un peu d'obstination, ils pourront un jour assister des conservateurs, afin d'installer de petites terres ou peintures, avec des gants blancs afin de ne pas abîmer les surfaces, ou bien dépoussiérer quotidiennement ces œuvres anciennes, dont ils ne connaissent ni les auteurs, ni le contexte de création, apprenant bien leurs leçons, ils et elles répèteront, on pourra parfois faire une distinction : ceux-là sont cultivés ! Ils auront déjà eu le temps de fonder familles et ils et elles feront partie de la culture autorisée. Pourtant, ils et elles garderont secrets leurs cultures, leurs parcours singuliers, leurs expériences, leurs chemins de pensée, ce n'est pas de la sociologie, ni des statistiques, cela dépasse l'entendement. Aujourd'hui pour tenter de comprendre un jeune, on lui envoie un questionnaire sur écran, avec des grosses icônes de réseaux sociaux en lui posant des questions simples, il aime, il n'aime pas ? Combien de fois visite-t-il-elle le site ? La fréquence ? Cela présage des parcours et affluences touristiques, le nombre de clics et de "likes" sont des mots d'ordre, nous ne sommes plus dans la finesse, l'art pariétal, est très loin. On l'attend le jeune, on l'attend de pied ferme à l'entrée des sites. Beaucoup d'évènements payants dépendent de ces jeunes. On nous dit bien "La culture pour tous", ce fameux accès pour tous aux Musées que nous rabâchent les ministres successifs à la culture. Hélas, la culture ne s'impose pas, ni n'est payante. Ce chemin personnel comporte déjà des bagages transmis, transportés, transformés, il est cultivé ce chemin, déjà. Il est très difficile d'enseigner à reconnaître la culture, car il faut apprendre à connaître l'autre, et cela ne s'impose pas. Cette recherche, en soi à destination, peut se partager si les conditions sont réunies, et la réception acceptée. Le bombardement d'informations nuit considérablement à la recherche et la concentration, au vagabondage même de trouvailles fortuites.

Peut-être parmi ceux-ci, celles-ci, des savants continueront leurs vies, à penser ces multitudes de découvertes, dans leurs abris clos, étanche à la vie de la Cité.

La découverte c'est un écart des sentiers battus, il faut la taire et l'enterrer. Un chien saura trouver trésor.

Avoir du chien !

Pour qu'une femme ait « du chien », il ne suffit pas qu'elle soit belle ; il lui faut ce petit « truc en plus », ce charme indescriptible qui la rend totalement irrésistible aux yeux des autres. N'est-ce pas ce flair, celui qui présage la découverte d'une grotte, n'est-ce pas à discrétion que les savants font de véritables découvertes et que d'autres s'emparent de celles-ci pour marchander une merveille. Il faut certes, un peu de flair, il faut connaître l'ostracisme, il faut tout simplement être une véritable bête, pour découvrir et creuser loin, déterrer.

Par kiwaïda at 11:50

20/06/2019

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Les graffitis sur les ostraka athéniens
Certains tessons de poterie qui furent utilisés dans le cadre de la procédure athénienne de l’ostracisme sont gravés d’un dessin, de facture médiocre, qui représente un animal et/ou une figure humaine. La présence de ces dessins surprend dans la mesure où la procédure n’exigeait rien de plus que d’apposer le nom du citoyen à ostraciser. Ces images étaient pourtant loin d’être ornementales : leur analyse montre qu’elles servaient à rendre compte des vices de caractère, des inconduites voire des postures idéologiques inadmissibles de l’individu pris pour cible. En somme, donc, elles dispensaient un discours qui visait à justifier, du moins à expliquer, le vote.
(Studying Ostracism in Drawings, Graffitis on Athenian Ostraka : Jean-Noël Allard)

Aujourd'hui j'ai étudié un mot, comme chaque jour, j'étudie les mots.
Chaque puzzle de cette langue écrite, en signe, entre en résonance avec ce chemin de vie.
Alors voici celui-ci :

OSTRACISME

Définition : À Athènes, décision de bannissement d'un citoyen votée par l'assemblée du peuple (Ecclesia) pour une durée de dix ans. La procédure est la suivante : chaque année, l'assemblée vote sur la question de savoir s'il y a lieu de recourir à l'ostracisme (ostracophorie) : le vote intervient lors d'une autre assemblée plénière. Si d'autres cités ont connu cette procédure, elle demeure dans notre esprit comme une disposition plus particulièrement liée au fonctionnement des institutions athéniennes pendant une durée d'environ soixante-dix ans. Le premier ostracisé fut un parent de Pisistrate (488/487) (Aristote, Constitution d'Athènes), le dernier un certain Hyperbolos (417) dont nous reparlerons (Thucydide, La guerre du Péloponnèse).

Origine du mot : ostrakismos, dérivé d'ostrakon; qui désigne un morceau de poterie, sur lequel on inscrivait le nom de celui qu'on voulait bannir (Plutarque, Vie d'Aristide). Le mot peut désigner la peine de l'ostracisme comme la sentence d'ostracisme.

Quelques exemples célèbres : Aristide en 483, Thémistocle en 471, Cimon en 461, le gendre de Cimon, Thucydide fils de Mélésias, en 443.

Ce que nous savons de la vie de ces personnages, nous permet de comprendre comment les choses se passaient : - La cause de l'ostracisme et les conditions dans lesquelles un homme politique était frappé sont variables mais toujours sa présence dans la cité était devenue insupportable au dèmos (Plutarque, Vie de Thémistocle). Il peut y avoir une raison précise : Cimon fut tenu pour responsable d'un affront que les Spartiates avaient infligé aux Athéniens (renvoi par ceux-ci d'un contingent venu les aider à combattre les hilotes) (Plutarque, Vie de Cimon). D'autres fois, un citoyen est condamné pour sa conduite ou pour les arrière-pensées ou les ambitions qu'on lui prête : la défiance du peuple est attisée par un rival politique : Thémistocle se débarrassa ainsi d'Aristide (Plutarque, Vie d'Aristide).

- Il découle de ce qui précède que ce sont les hommes politiques jouant un rôle important qui sont exposés à cette sanction (Plutarque, Vie de Nicias,). La popularité dont ils jouissent pour services rendus les rend suspects : l'ostracisme est en quelque sorte une mesure préventive. Il n'est pas une peine infamante Le banni conserve ses biens Il peut être rappelé ou autorisé à rentrer avant le terme (Plutarque, Vie d'Aristide). Il retrouve alors la plénitude de ses droits. Aristide et Cimon furent rappelés mais non Thémistocle. De ce point de vue, l'ostracisme qui frappa Hyperbolos, personnage de peu d'envergure, surprend : il avait surpris les Anciens (Plutarque, Vie d'Alcibiade).

"Rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient"

Ostracisme en français : le mot est naturellement employé avec le sens qu'il a en grec. Depuis le XVIIIe siècle il s'applique à l'éviction d'un personnage politique de la fonction qu'il exerce dans l'état ou dans un groupement politique puis, par extension, du rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient.

À l'origine, le terme d'ostracisme n'avait pas la valeur péjorative qu'on lui donne aujourd'hui. Il sanctionnait un vote des Athéniens contre un citoyen suspect, qui était alors banni pour dix ans. Ce jugement devait atteindre les citoyens trop avides de popularité ou à qui leurs actes avaient valu une popularité jugée excessive. Il s'agissait donc en droit d'une réaction de défense d'une collectivité nationale éprise de justice et redoutant les coups d'État.

Sous couvert de défendre la communauté, on prenait le risque de niveler ; sous prétexte de préserver la liberté, on prenait celui d'immobiliser ;  sous couvert d’organiser la vie, on prenait celui d’exalter la mort. 

Un tel processus supposait l'existence d'un groupe de citoyens se connaissant entre eux, théoriquement aptes à distinguer la vie privée de la vie publique et à porter les uns sur les autres un jugement sans passions inspiré par un idéal civique commun. Il impliquait en fait la possibilité d'exclure un citoyen à cause de son esprit critique (ou pour ce qu'on appelle aujourd'hui, dans les pays totalitaires, le « révisionnisme », dans les démocraties conservatrices, la « subversion »). Il condamnait la remise en cause et la contestation par un individu isolé, pouvant alors être accusé de sacrifier au « culte de la personnalité » ou au star system ; de plus, sous prétexte d'éviter les à-coups politiques, il prêtait des intentions obscures à des citoyens exagérément populaires. La possibilité de bannir pour délit d'opinion avait ainsi pour corollaire celle de bannir pour délit d'intention. Cette critique réciproque des citoyens les uns par les autres, qui se fondait sur une philosophie de la liberté, de la solidarité et de l'idéal civiques, portait donc son principe de destruction, car le passage est étroit qui mène de la critique publique à la justice dite populaire et à la délation, du bannissement à la chambre à gaz, de la suspicion à la jalousie, de la divergence de points de vue à l'accusation de trahison, de la discussion à la haine, de la perception de la différence à l'assassinat. Sous couvert de défendre la communauté, on prenait le risque de niveler ; sous prétexte de préserver la liberté, on prenait celui d'immobiliser ;  sous couvert d’organiser la vie, on prenait celui d’exalter la mort. 

(Encyclopædia Universalis)

Aujourd'hui l'ostracisme, sa définition est celle-ci :

Action de tenir quelqu'un qui ne plaît pas à l'écart d'un groupe, d'une société, d'une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d'ostracisme.

Une étude émanant de la School of Business de l’université de Colombie-Britannique au Canada atteste que l’indifférence à l’égard d’un employé sur son lieu de travail est plus néfaste que le harcèlement moral.
« On nous apprend qu’il est socialement préférable d’ignorer quelqu’un : quand on n’a rien d’agréable à dire, mieux vaut se taire », explique Sandra Robinson de l’université de Colombie-Britannique.
Un point sur le harcèlement tout d’abord. Une enquête du Workplace Bullying Institute estime que plus d’un quart des Américains sont harcelés au travail, et ce, le plus souvent par leurs supérieurs.
Des effets on ne peut plus sérieux tels que : anxiété, dépression, ou encore dans certains cas, stress post-traumatique.

L’indifférence, plus grand des mépris ?


Il serait pire d’être ignoré sur son lieu de travail. Cette affirmation nous vient d’une étude publiée dans la revue Organization Science (article universitaire ICI) par Sandra Robinson qui, avec son équipe, a entrepris l’analyse d’enquêtes mettant face à face harcèlement et ostracisme. Le sentiment d’appartenance à l’entreprise et de bien-être au travail serait mis à mal dans les deux cas, mais entrainerait un taux de démission plus important en cas d’ostracisme.

L’ostracisme se matérialise par la négligence d’un collègue de travail, son exclusion. Par exemple, les faits d’être mis à l’écart des conversations, l’absence d’échanges, ou encore d’être ignoré dans les couloirs entrent dans le cadre de l’ostracisme. Une forme de maltraitance face à laquelle il devient difficile de réagir. Selon Sandra Robinson, cette forme de discrimination n’a pas besoin d’être intentionnelle pour être nocive. Ainsi, une surcharge de travail générale où la présence de certains employés d’un naturel distant pourrait impacter d’autres employés peut être plus propice aux échanges sociaux.

Voici une définition du mot « ostracisme » disponible sur Larousse.fr : « Action de tenir quelqu’un qui ne plaît pas à l’écart d’un groupe, d’une société, d’une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d’ostracisme. »

Les mots sont durs, cependant Benjamin Lubszynski, thérapeute et coach à Paris pense qu’il faudrait prendre les résultats de cette étude avec retenue. Il explique (pour atlantico.fr) qu’« Une personne qui souffre aura forcément tendance à penser que la souffrance qu’elle est en train de vivre est la pire que l’on puisse ressentir. Il est profondément humain finalement de penser que l’on souffre du pire des maux», mais il admet volontiers, en plus des relations cordiales et amicales jouant un rôle bienfaiteur que « même quelqu’un ayant confiance en lui aura besoin d’un minimum de reconnaissance, d’une validation de la part de ses supérieurs et de ses collègues sur la qualité de son travail, sur la pertinence de son action. »

De plus, l’ostracisme peut provenir d’un personnel entier au sein d’une entreprise et non seulement des supérieurs qui eux, seraient plus friands d’intimidation. Le harcèlement quant à lui, laisserait entrevoir tout de même une once d’attention envers l’individu concerné, quand bien même négative, alors que l’ostracisme est réellement synonyme d’exclusion par l’indifférence.

Il semble qu’une ambiance positive sans exclusion au sein d’une entreprise permet d’être dans une position de bien-être. Ainsi, toujours selon Benjamin Lubszynski, l’ostracisme rendrait l’individu sujet à la solitude, cette dernière occasionnant un stress qui enfermerait l’employé concerné dans la seule pratique de son travail et à terme, entrainer au moins une dépression, puis une véritable détérioration physiologique médicale dans des cas plus sérieux.

Une question que l’on pourrait peut-être se poser : la concurrence entre employés et la productivité exigée dans bon nombre d’entreprises seraient elles directement sources d’ostracisme ? N’est-ce qu’un « combat » entre extravertis et introvertis ? Ou encore, devrait t’on simplement penser que ce genre de situation relève du cas par cas et qu’une multitude de paramètres peuvent entrer en ligne de compte dans les relations sociales en milieu professionnel ?


Être ostracicée, un chemin, une étude, une meilleure compréhension du monde... Il est bon de savoir, et dans la réalité, dans les usages des vocables, il est très difficile de se faire entendre, lorsque l'on sait. Car, je rencontre peu de savants, même dans le milieu des professeurs et des hautes fonctions. Savoir est une chose, savoir transmettre le savoir en est une autre, mais "pouvoir savoir" est une association de mot volcanique que des artistes comprennent bien. De mon point de vue, on peut savoir mais sans avoir de pouvoir, on peut avoir le pouvoir mais sans savoir, et même sans le savoir (ce qui est très différent)
Un jour, il y a quelques années, je me retrouve à la direction de la création artistique au ministère de la culture, pour traiter des questions de discriminations, car j'avais observé une série assez incroyables et encore d'actualité, d'ostracismes. À l'entrée, une œuvre d'art siégeait, au-dessus d'une très jeune femme d'origine étrangère qui me demanda ma carte d'identité. Ce sera la seule femme d'origine étrangère que je vis ensuite aux étages supérieurs. Cette œuvre "SAVOIR C'EST POUVOIR" de la féministe Brabara Krugguer, et américaine, me signifiait là tout ce que j'allais observer de la compréhension d'une œuvre. C'est-à-dire, que dans ma situation, le pouvoir n'était pas associé au savoir. Ne serait-ce que la signification de cette œuvre à cet endroit, allait me donner la couleur même, de l'ignorance du sens  de cette œuvre. C'était devenu un achat, avec son explication, mais rien, de ce que j'allais observer, n'était en réalité, en actes, au sein même de l'institution qui en avait acquis les droits (CNAP) Ce qui est intéressant de noter, c'est qu'en explicitant un contexte américain, la France s’exonère totalement de sa responsabilité même des droits des citoyens, en matière de discrimination, dans une institution où les droits des femmes ne sont pas respectés, ni les égalités de traitement. En discutant avec cette très jeune femme au guichet, face au gardien de sécurité qui la matait sans arrêt, elle ne savait pas ce que représentait cette impression rouge et l'incidence de cette œuvre. Ainsi ai-je pu comprendre que le pouvoir, pouvait, ne pas savoir. Et le comprendre, c'est avoir accès à la terrifiante histoire de notre pays. Non, savoir ce n'est pas pouvoir, dans notre pays, savoir c'est être ostracisé par le pouvoir. Pas toujours je l'espère, mais, à ce jour, c'est l'état de ma réflexion. La majeure partie des citoyens préfèrent "ne pas savoir" au risque de cette ostracisation. Pire, dans les écoles, sont transmis ces notions à tel point que des élèves choisissent d'être médiocres, de ne pas apprendre, ni savoir, afin d'avoir une vie plus libre. Lorsque l'on observe cela, la notion de liberté, ne peut aller avec celle de la pensée. Je rencontre peu de penseur-es, avec lesquel-les, j'ai la liberté de penser ces notions d'ostracisme aujourd'hui, dans notre pays, et comment prévenir et exposer sa vision, lorsque l'on visionne assez bien ces phénomènes installés, depuis l'histoire ?

Cette œuvre fait partie de la suite “Estampes et Révolution, 200 ans après”, commande du Ministère français de la Culture dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution française.
Pour commémorer le Bicentenaire de la Révolution française, Barbara Kruger a choisi deux modes d'expression complémentaires. Comme dans tous ses photomontages, elle a utilisé une image stéréotypée et un slogan d'une apparente banalité. Le propos initialement formulé par le philosophe empiriste anglais Francis Bacon en 1597, " Nam et ipsa scientia potestas est ", mieux connu sous sa forme proverbiale actuelle " Savoir c'est pouvoir " conduit le spectateur vers une double réflexion. Le portrait d'une beauté sans faille, figé dans une implacable dualité, renvoie à l'expérience de l'artiste elle-même : le parcours intime et professionnel d'une femme américaine dans les milieux essentiellement masculins que sont l'art conceptuel et le monde publicitaire des années 80. Plus largement, l'image de cette Marianne en papier glacé assortie de sa légende péremptoire, met en garde contre les clichés de l'Histoire.

Simultanément, la même image a été utilisée par Barbara Kruger aux Etats-Unis dans le cadre des revendications féministes portant sur le droit à l'avortement. Sous le slogan Your Body is a Battleground elle s'insurge contre les tentatives de réduction du champ d'application de l'arrêt Roe v. Wade qui reconnaissait depuis 1973 l'avortement comme un droit constitutionnel. Une autre version, sous forme d'affiche invite à une manifestation organisée à Washington le 9 avril 1989 en faveur du droit à l'avortement et à la contraception.

Des inconduites voire des postures idéologiques inadmissibles de l’individu pris pour cible

Sur les tessons de poterie, il est remarquable que ma situation professionnelle ait prit tout son sens dans une école de céramique. Je ne désespère pas de continuer à cheminer du sens dans l'insensé. "Attitude inadmissible" fait partie des mots reçus par courrier administratif, du harcèlement subit, sans aucune autre qualification. J'ai trouvé très intéressant d'apprendre que les animaux qui étaient, dans cette pratique antique de l'ostracisme, médiocrement dessinés sur les tessons de poterie avec le nom de la personne, servaient à mettre en avant des facettes peu amènes du citoyen ciblé par l’ostracisme.
Ex : Associé au renard et au serpent, Mégaclès est ainsi présenté comme vil et sournois. Comparé pour sa part au bœuf, Ménon serait, si l’on s’en tient à Aristote « doux, nonchalant et sans obstination ». Il convient cependant de reconnaître la plasticité de cette grammaire qui confère des caractères singuliers aux espèces animales. En effet, si le bœuf est associé à la nonchalance par Aristote, il semble aussi pouvoir désigner des hommes lourds et incapables. Ce dernier sens pourrait bien convenir à Ménon qui est qualifié, sur une série d’ostraka, d’aphelès, c’est-à-dire de « simple », « sans recherche », « naïf », voire « niais ». L’assimilation d’un individu à un animal peut de surcroît constituer un outrage dans la mesure où les Anciens, à l’instar de très nombreuses civilisations anciennes comme contemporaines, ont pu faire de certains noms d’animaux des insultes en se fondant notamment sur les caractéristiques qui leur étaient attribuées. Si l’on imagine que le dessin accolé à Ménon n’est pas un bœuf, mais un chien, cette dimension injurieuse est probablement essentielle dans la mesure où « chien » (kyon) apparaît déjà dans l’Iliade comme une insulte véhémente. Une telle insulte demeure néanmoins polysémique et le sens de ce dessin s’en trouve difficile à démêler. Le chien est un animal à la « personnalité complexe », qui, loin de n’être que la bête affectueuse et fidèle décrite par Aristote, est encore insubordonné, traître, impudent, perfide et lâche. Appliqué à un homme, un tel qualificatif peut ainsi mettre à l’index ces vices, mais également l’avidité, l’opportunisme ou la vulgarité.

(Voir les études de Jean Noël Allard, Docteur en histoire grecque de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Cela me fait penser au film Chien réalisé par Samuel Benchetrit en 2018 (de son roman) dont l'art de l'observation est traitée avec perfidie... à la perfection.

Hyppokratos et chouette, cela me correspond, finalement. Ne voit-on pas mieux la nuit ?

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Mémoires présentés par divers savants étrangers à l’Académie Année 1913 par A.Martin

Par kiwaïda at 15:26

19/06/2019

℘☺üґⓠυ☺i Tʊ √i﹩

Porque Te Vas (version Française)

On t'as fait un monde trop petit Pour tes idées Pour l'appétit De tes grands yeux écarquillés Sur l'infini Tu es prisonnière de ta maison De tes parents De cet adulte qui te dit qu'il a raison Et qui te ment [Refrain] Toi, tu es née pour la folie Pour la lumière Pour des pays Peuplés de rois Et tu te demandes dans ta nuit De prisonnière Pourquoi tu vis Et où tu vas Pourquoi tu vis Et où tu vas Tu n'as pas d'avion ni de bateau Pour t'en aller Les illusions qui restent Sont comme un radeau Qui va couler Et pourtant tu veux de tout ton corps De tout ton cœur Briser enfin le noir et blanc de ton décor Vivre en couleurs

Par kiwaïda at 00:39

27/05/2019

ϟÜℳ♏Ṳϟ

Embouteillages aux sommets

Au summum du génie : le choix d'une civilisation

Même jour, même objectif, même candidat, même idée, même résultat

La mort comme cordée pour afficher victoire


Par kiwaïda at 11:43

26/04/2019

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Illustration © Sonia Marques

Par kiwaïda at 01:15

01/04/2019

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Dessin du livre "les picolores" © Sonia Marques
Aujourd'hui 1er avril, je repensais aux poissons et à mon livre réalisé : Les picolores. Le 25 mai 2016, je donnais une conférence sur une sélection de travaux artistiques de ces dernières années à l'École nationale supérieure d'art de Bourges, Intitulée Mouvance. Il y avait un seul professeur (de la théorie) présent, et pour cause, je ne faisais partie d'aucun parti, ni de propagande, ni d'élus, ni syndiquée. Tous mes étudiants présents. D'ailleurs, je n'ai jamais eu cette idée saugrenue comme c'est le cas cette année, dans les écoles d'art nationales en région, de bloquer les cours, les notes, ni les concours d'entrée, ni de faire grève pour gagner plus et travailler moins. Il y a tellement de problème de racismes, de harcèlements, de violences, dans ces écoles, que faire grève pour les statuts desdits violents professeurs est bien une signature de leur impuissance à faire réellement bouger les choses (c'est pour avoir l’adhésion obligatoire de tous sur, justement leurs pratiques, et surtout ne rien faire bouger pendant encore les années à venir). D'ailleurs, je me suis toujours demandée, avec de tels arguments que rien n'avait bougé durant au moins vingt années, comment des professeurs pouvaient encore adhérer aux mêmes élus représentants syndiqués depuis toutes ces années, sans faire le constat alarmant qu'ils avaient signé et été emmenés en bateau durant tout ce temps comme des moutons, par des personnes sans aucune volonté de faire évoluer leur statut. Après, ils s'estiment tous bien représentés, et oui, cela fait un monde tout de même, sans conviction, d'artistes subventionnés. J'ai toujours enseigné jusqu'à ce que j'ai pu le faire, avec enthousiasme et une belle joie. Je n'ai jamais voulu prendre en otage les étudiants, une tendance sans courage des professeurs. Je ne me suis jamais sentie dans l'obligation de justifier de mon enseignement, ou de valoriser mon statut, ni de créer de pétitions avec une cohorte d'artistes distants et mutiques pour prouver que je suis légitime en tant qu'artiste, ou faire pression au ministère et influencer un ou deux journalistes, pour en avoir vu les dégâts et la récupération enflée par des féministes en communauté fermée (si j'étais un homme, aucune femme n'actionnerait le système "féminisme" qui espère une place au pouvoir toujours de sa communauté, à laquelle je n'ai, encore une fois, aucun parti, ni adhésion) C'est bien pour ces raisons, que j'ai été exclue, par force du cirque foutraque. Qui ne se soumet pas, ne peut travailler, ni enseigner, car il faut faire petite copie politique, pas de création. Et pour grossir les listes, même les non enseignants sont les bienvenus, les morts et les étudiants embobinés, les secrétaires, puisque le ministère a déjà abandonné de s'intéresser à ces écoles, tout est possible. Il ne faut pas s'étonner des climats délétères.
Laissez-nous cette naïveté artistique de ne pas connaître les loges du pouvoir et de continuer à travailler avec passion, et que tous ces frustrés du pouvoir et de la politique fassent un effort de plus pour se diriger vraiment du côté de la politique, en laissant les études artistiques libres de toutes démagogies, avec leur sensibilité, leur temps de création. Elles en sont envahies et suffoquent.
Je l'observe à présent, quel cirque tout ce gâchis ces énergies, ces réunions, depuis si longtemps ! Elles ne produisent rien ces réunions, parce que la pensée fait défaut. Pour dire avec expérience, c'est une pensée par défaut, ce qui va avec l'esthétique, un systématisme par manque de temps et d'engagement. Il y a une vraie paresse de la pensée. Par facilité, il y a une répétition grandiose mais si mal vécue par les professeurs qui signent sans se poser de question. Comme je l'ai déjà explicité par le passé, à défaut de, la singularité se développe, dans un jardin, un isolat inaccessible. L'imaginaire est la plus belle part de mon enseignement et y donner l'accès fut des chemins que j'ai traversé avec bonheur, avec chaque étudiant, étudiante, dans sa singularité.
 J'ai explicité ma réflexion pour ce conte à destination des adultes, lors de ma conférence, mais je n'ai eu le temps de le lire, car lire une histoire prend déjà tout le temps d'une conférence, j'ai fait le choix d'en restituer la genèse et le cheminement de pensée. J'aime beaucoup ce conte et comment il est arrivé à se créer dans mon imaginaire. Voici ce que j'ai raconté.

"C’est un conte que j’ai écrit au mois de janvier 2016. C’est l’histoire d’un dessin. Je marche souvent, sans connaître les chemins et parfois sans carte. Voici que l’hiver dernier je rencontre un chat au milieu de mon chemin, dans le lieu dit, nommé « Gain », de la commune d’Isle, dans le Limousin. On dit du gain que c’est une action de gagner, par exemple : le gain d’un procès. On dit aussi que le gain de temps ou de place fait que l’on obtient un avantage. On dit aussi que l’on peut retenir un gain énorme de ses lectures. Mais surtout, le gain est bien plus entendu comme un bien à obtenir et de nos jours, on peut facilement céder à l’appât du gain. Dans ce lieu-dit du Gain, de la commune d’Isle, le chat est venu vers moi et m’a observé, sans bouger. Ses yeux étaient ceux d’un être humain, de son fantôme. Dans ce temps d’observation mutuel, il m’a délivré une histoire. En retournant chez moi, j’ai dû réaliser un dessin de cette histoire, puis j‘ai ensuite retranscrits à la lettre, le conte. Voici ce que le chat du Gain dans cette île, me racontât. C’est l’histoire des picolores.
 Je me suis inspirée de la literatura de cordel, des productions populaires traditionnelles du monde ibérique et plus particulièrement du Nord-est du Brésil, un lien ténu entre l’oralité et le colportage, souvent dans des régions touchées par l’analphabétisme. Car c’est toute une histoire des migrations et de l’exil qui est en jeu, d’aventures sociales. L’écriture de ce conte comporte une facture et des typographies proches de celles trouvées sur la literatura de cordel mais adaptée à l’écran aussi bien qu’aux impressions papier et rejoint l’autoédition. Son sujet est aussi une fable contemporaine, un conte social et il est fait pour être colporté. Petite histoire de la literatura de cordel : A l'époque des peuples conquérants gréco-romains, Phéniciens, Carthaginois, Saxons, etc., la littérature de corde existait et est venue dans la péninsule ibérique (Portugal et Espagne) autour du XVIe siècle. On nommait cela « folhetos » au Portugal, comme « feuille », « volante ». Du Portugal au XVIIe siècle, la littérature de Cordel est arrivée par les colonisateurs au Brésil, au XIXe siècle, à Bahia, à Salvador. Ces livrets sont réalisés par des poètes du peuple, pour un journal du peuple. Les Cordels se compose principalement de longs poèmes narratifs, appelés «romans» ou «histoires», imprimées dans des séries et des brochures de 32 ou rarement 64 pages qui parlent de l'amour, les souffrances ou les aventures dans un discours de fiction héroïque, des défis, des batailles, des faits de la vie quotidienne, des épisodes historiques, des thèmes religieux, c’est un loisir et un bon moyen d’information, de revendications sociales et politiques. La littérature de cordel est d'une inestimable importance pour véhiculer les identités culturelles locales et les traditions littéraires régionales ; elle contribue à la perpétuation du folklore brésilien. Le fait que les œuvres soient publiées dans un nombre élevé d’exemplaires et fassent l’objet d’une lecture publique, favorise l’habitude de lire. Cette littérature est imprimée sur des petits feuillets de papier bon marché, avec une couverture un peu plus épaisse. Le format est d'environ 11 à 16 cm soit une feuille format A4 pliée en quatre, ce qui donne des pages multiples de 8, 16 ou 32 pages, rarement plus. En ce qui concerne la couverture des folhetos, elle est reproduite par le procédé de xylogravure, la gravure sur bois. La xylogravure est la porte d’entrée de l’imaginaire du fascicule de cordel, c'est donc elle qui attire l'attention des lecteurs et les invite à entrer dans cet univers. De ce fait, l'expansion du cordel est devenue plus grande à partir de la Révolution Industrielle et l’arrivée de l'imprimerie au Brésil. Les gravures, appelées xylogravures, représentent un important héritage de l'imagerie populaire et sont vendues dans le monde entier. Enfin, la diversité des thèmes qui touchent la critique sociale, la politique et les textes d’opinion, fait que la littérature de cordel a un impact remarquable du point de vue didactique et éducatif.

Ce conte est très important car il parle d'un phénomène grave : la maladie et le travail, le savoir-faire, les origines, les discriminations et surtout de la beauté, puisque cela se passe dans un institut de beauté. Je réalisais également tout un travail de dessin en enseignant aux étudiants l'art de créer avec des logiciels car il n'y avait aucun cours dans ce domaine dans cette école. Il y avait bien plus d'enseignements théorico-politiques, mais point de pratique. Il n'y avait pas non plus d'assistant technique ayant pu me soutenir dans cet enseignement. Dans les écoles d'art, les employés souhaitent tous devenir responsables de quelque chose, ou directeurs, directrices, coordinateurs, coordinatrices, reconnus comme chercheurs, etc, des étiquettes qui leurs permettent de gagner un peu plus d'argent, mais surtout qui leurs donne la croyance qu'ils peuvent être au-dessus des autres employés. C'est une croyance qui s'obtient par beaucoup de chantages et de manipulations des instances, et dont se soumettent très facilement tous les employés. Mais plus personne n'apprend aux étudiants. Le retard s'est accumulé, et seules les communications des expositions font la vitrine des ces lieux d'enseignement. Et lorsque l'on a le souhait d'enseigner et apporter son savoir faire, c'est toute une déflagration souterraine qui s'abat sur vous, par derrière, des syndiqués, des élus, des représentants, qui décident de votre vie ou de votre mort (plutôt cette dernière solution) comme des peureux sous des couvertures, à la bougie dans une salle de réunion, s'inquiétant d'une révolution des arts et des pratiques clarifiant d'un coup l'absence de maîtrise des outils techniques des écoles, l'absence de pensée.

Quelques mois plus tard, un professeur de l'école me menaça afin que je n'enseigne plus dans cette école, évoquant des rumeurs de l'école de Limoges où j'avais subis de graves actions de harcèlements (humiliations grossières, discriminations en tous genre, menaces par courriers très mal écrits, convocation au tribunal sans preuves, saisie illégale sur salaire, sur de faux motifs, sans que personne ne soit informé, sauf ma banque, vers un interdit bancaire, tout cela sans avoir aucune faute professionnelle, ni aucun motif concernant la pédagogie ou l'art, que des calculs assez fous, d'horaire, d'heures, de dates, de crédits, de réunions, avec des mots très symboliques comme "saletés remarquables", "déchet", "exécution"... de la haine, de la terreur, parfois jusqu'à 2 ou 3 courriers par semaine, avec injonction de répondre aussitôt). Le ministère de la culture n'a aucune main sur ces pratiques, et depuis longtemps, quelques représentants (ces professeurs acharnés) font la loi, et même la justice, en fait ils peuvent tout faire dans votre dos, les grèves aussi, les blocages, sans avoir de retenue sur leur salaire. Ainsi les couteaux sont envoyés sans même que vous ne sachiez qui les envoie.
Avancer dans ces zones c'est comme le jeu 1,2, 3, soleil. Quand vous êtes touché et que vous vous retournez, les employés ne bougent plus, afin que vous ne sachiez pas d'où vient l'attaque, ni comment. Mais ils apprécient votre retournement, ils se sentent ainsi valorisés. S'ils avaient des missions avec un sens, alors leur activité ne s'attacherait pas à harceler, celles et ceux qui donnent un sens à leur travail et s'investissent. Ils seraient alors valorisés par leur propres initiatives dans le cadre des missions suivies par leur employeur. Un climat délétère favorise les harcèlements à toute hiérarchie, ascendante, descendante et du même niveau, entre collègue. Et lorsqu'il n'y a plus de suivi, sur plusieurs années, lorsqu'il n'y a aucune reconnaissance, lorsqu'il n'y a plus de formations pour suivre les évolutions d'une société, pour s'adapter, pour participer de sa richesse et sa diversité, alors il y a une peur de cette diversité, des fantasmes sur l'étranger, sur ces nouveaux professeurs, sur ces nouveaux logiciels, sur les étudiants. Avec le moindre petit pouvoir, ne reste que l'exclusion, ne pas intégrer celles et ceux qui sont dynamiques et proposent des idées, apportent des connaissances et les partagent, ne reste que le harcèlement pour soumettre l'autre à se taire et se terrer dans la peur de dire, ne reste qu'à s'enfermer, à devenir sectaire et organiser une institution, entre-soi, avec des règles tacites, momentanées et contradictoires et en travaillant uniquement dans l'urgence.
Lorsque j'enseignais à l'école de limoges, j'ai fini par ne plus prendre de café à la machine à café pour ces raisons, car il y avait toujours une bande d'employés derrière, puisqu'ils restaient tout le temps à la machine à café, à comploter, je ne prenais donc jamais de pauses, ni de poses. Et comme quasi tous les employés passaient la majeure partie de leur temps devant la machine à café, s'ils ne vous voyaient pas c'est que vous ne travaillez pas. Beaucoup de professeurs dorment dans l'école, j'ai déménagé dans la ville où je travaillais, car j'estimais que c'était normal, mais aucun professeur n'avait fait cette démarche. Ils venaient de Paris ou d'autres villes, et craignaient de perdre une réputation s'ils choisissaient vraiment la ville dans laquelle ils enseignaient. Bref, ce manque d'engagement se ressentait dans chacun des cours et des réunions de travail, peu connaissait la ville, ils avaient tout loisir pour la critiquer et médire sur sa pauvreté, se sentir plus riche. Ils dormaient ensemble, et moi non, je ne dormais pas à l'école. Alors oui, je n'étais pas présente les nuits sur mon lieu de travail et cela en préoccupait quelques uns. Je n'étais pas avec eux, j'avais une vie privée, ainsi "on ne me voyait pas" ou "pas assez". Les décisions se prenaient principalement dans ces dortoirs, ou dans les soirées arrosées, j'étais d'emblée exclue des négociations. J'ai même entendu la directrice me convoquer pour me dire "on ne vous voit plus" alors que j'enseignais chaque semaine dans l'école sans aucune pause, tandis que je ne voyais plus de collègues enseigner, ni même m'adresser la parole (c'est un concept artistique emprunté à l'art minimal, c'est un mini mal, cela fait un peu mal, mais pas trop, multiplié par beaucoup de mini maux, cela fait très très mal) Tout en me disant "on ne vous voit plus", elle me demandait de "ne plus me voir" en m'excluant de la vie de l'école et des réunions. Une injonction paradoxale qui situe bien la folie des entretiens.
Et ce professeur enseignant à Bourges, à plusieurs kilomètres de là (donc lié quelque part de façon très rapide, comme un bouche-à-oreilles stratège) s'arrogeait le droit de me virer en faisant pression sur le directeur (qui se soumis finalement) lors d'une instance (le conseil d'administration) mais sans aucun motif, ou celui d'avoir été blessé dans son propre enseignement (la peinture) Il ne connaissait ni mon travail, ni mon enseignement, ni mon parcours. D'origine espagnol, je l'ai croisé quelque fois s'amusant à me draguer en chuchotant mon nom de famille d'origine portugaise. Il aimait se vanter auprès de moi d'avoir été commissaire d'exposition au Portugal. Mais en parlant avec lui en portugais, il ne connaissait pas la langue. Voilà ce qu'il reste de mon souvenir de cet homme grincheux. Que j'enseigne le dessin avec mon expérience le rendait sans doute jaloux et anxieux, comme cela arrive souvent lorsqu'une femme enseigne dans une école d'art. La bêtise n'a pas de limite lorsqu'elle s'enracine dans l'ignorance. Alors oui, nous ne pouvons pas apporter notre expérience et notre savoir faire dans ces lieux où la raison n'a plus sa place. Mais il n'était pas seul aveugle dans la grotte, il faut tenir la bougie, il faut une autre personne pour la rallumer si elle s’éteint, il faut répéter plus fort au creux de l'oreille, si d'autres n'entendent pas bien, et il faut aussi se mettre d'accord pour choisir qui va sortir de la grotte, et cela peu durer une année. Chose faite ce professeur m'a envoyé un message, il n'avait pas de messager, mais beaucoup de rumeurs dans son oreille fatiguée, il m'a dit être très malade et épuisé et avoir déjà tant souffert dans cette école et sa famille aussi. Quand je repense aux picolores, mon conte, c'était devenu une prophétie. Que pouvais-je faire si ma présence causait tant de soucis, ne plus revenir pouvait alors apaiser ses affres libidineuses, en le laissant à celles et ceux qui l'avait élu dans la grotte. C'est la peur qui dominait.
Platon, dans son allégorie de la caverne raconte cela. Si l'un d'entre eux (dans la grotte) se libère de ses chaînes, accompagné de force vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, « ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure » ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir « le monde supérieur », ce que Platon désigne comme « les merveilles du monde intelligible ». Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : « Ne le tueront-ils pas ? ». Hostilité des personnes dans leur confort illusoire et leurs habitudes de penser.

Décidément, dans les yeux d'un chat, on peut lire l'avenir, l’œil de l'âme. Artiste, ma difficulté, est de réussir, à travers ma création, d'apporter la nouvelle et la bonne. Une œuvre est souvent un assemblage sensible d'expérience, de rencontres, de joies mêlées aux peines, et c'est toujours quelque chose de nouveau, qui renouvelle le regard, la façon de penser, et qui donne beaucoup d'espoir. Comme l'écrivait si bien Platon: « Il s'agit de tourner l'âme du jour ténébreux vers le vrai jour »

Les picolores, c'est un conte qui me fait penser à Agnès Varda. Elle savait raconter ce que l'on ne peut pas dire à travers sa création. La culture, n'est-ce pas cela ? Lorsque l'on cultive, quelque chose advient pousse et subit les saisons. C'est de cette expérience de la culture, cultiver son jardin, son esprit que naissent les bonnes et mauvaises récoltes. Années de cultures, années de récoltes. Cette année, je glane, je re-découvre le chemin parcouru, je vois très loin, derrière et devant, je cultive.

On trouve un nombre considérable d’adhérents à l'appât du gain. Celles et ceux qui veulent trouver des adhésions pour leur pouvoir, ont compris depuis longtemps, que seule cette carotte rendrait louable toutes leurs actions, même les plus malhonnêtes.
C'est à ce jour, 1er avril, avec un poisson dans le dos, que se perdent sur les flots, de bonnes âmes sans réflexion, espérant richesse en flottant sur des costumes de pauvres. Il y avait pourtant de petits artistes qui courraient sur la rive en s'écriant :
- Je le vois, je le vois, le poisson qui brille, je vais l’attraper, c'est peut-être une pièce...

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Non, non, c'est un poisson qui se mord la queue.

Par kiwaïda at 13:31

22/01/2019

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Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 23:15

02/12/2018

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Diaspora (dans l'île de Seuqramainos - 2000...)

Lorsque j'ai découvert l'île de Seuqramainos, j'étais en migration du collectif que j'avais co-fondé, Téléférique (1999). Il était déjà question de migration et de déplacement de données. Dans cette même période j'intégrais l'université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle pour effectuer des études lusophones et également l'université Paris 8 en Master sur le numérique (quel nom ingrat, rayon Fnac encore...) Tout cela avec VAE (validation des acquis de l'expérience) Ces Universités n'étaient pas situées au même endroit dans Paris, l'une était même à Saint-Denis dans le 93. Mais le plus difficile, c'est que j'enseignais à l'école supérieure des beaux-arts d'Angers chaque semaine, tout en habitant à Charenton (là où le collectif s'est déclaré en association...) On peut comprendre là, une complexité, une cartographie qui se fie des distances réelles, car je n'ai pu mener à terme mes études universitaires, mon enseignement me prenait tout mon temps, et aucun aménagement n'était dédié pour ce cas "atypique" mais néanmoins, de nos jours, obligatoire, lorsque l'on a ce souhait d'être chercheure. Il faut comprendre qu'aucun moyen n'était, à cette époque, mis en place par les différentes institutions, pour qu'une artiste puisse être reconnue chercheure. Et aujourd'hui, toujours pas, en 2018, bientôt 19 ! Ayant devancé ces impasses très françaises, je suis restée artiste et chercheure en dépit de toutes les procédures administratives cloisonnées qui nous empêche de mener un vrai travail. Car seuls, quelques hommes, parrainés par d'autres hommes, avec des crédits à la recherche qu'un paquet de secrétaires femmes et bien placées au ministère (sous la séduction desdits commandeurs élus entre eux) ont accès à ce genre de crédits, avec la bénédiction des syndicats (toutes les écoles sont syndiquées et c'est pour les hauts échelons par pour les autres) Dans ce panorama, qui ne changera pas de si tôt, (peut-être dans 150 ans selon les prédictions, syndicales elles-mêmes) il faut bien que se prolongent les activités de recherches et d'expressions artistiques, lorsque l'on est engagé, et très certainement jusqu'à la fin de sa vie. Dans ce constat là, on espère plus du tout de crédit, ni même de logement décent. La vie devient quelque chose hors-norme, parfois délicieuse et à jamais incomprise pour les normaux-pensants, parfois très périlleuse et obtuse, ascétique et haute perchée ! (Adieux tout le périmètre des fêtes communes, des vacances communes scolaires, des lieux de grands marchés et de supermarchés, des dates mêmes clés de retrouvailles, de fêtes de famille, de mariage et de tout ce qui concernerait le religieux, car dans ce cas, l'esprit communie complètement avec sa recherche, et elle est passionnée) Et attention la santé... Après, nous sommes amenés à rencontrer d'autres passionnés, d'autres fous, il faut bien savoir communiquer et de force vive, plutôt que de morne vie.

Bref, c'est à ce moment qu'il y a un décochement, dans la généalogie : On vous a perdu totalement. D'ailleurs, on ne sait plus à quoi vous ressemblez, ni si vous êtes en vie ou si vous avez sombré dans une grande dépression (et là vous pouvez être sûr que l'on ne demandera pas de vos nouvelles) Vos parents (s'ils sont encore là) ont fait une croix définitive sur votre avenir, et le leurs, car vous avez raté l'âge légal de la procréation, et plus aucun pari sur vous ne mérite attention. C'est à ce moment là, où vous comprenez que "la recherche" a bien commencé, et félicitation vous êtes bien un ou une chercheure, pas besoin de tampon administratif ! Et puis, la paix, le silence, vous pouvez continuer à chercher (et trouver) dans quelque domaines où vous vous êtes lancés, tête baissée (mais aussi haute, car cela dépasse l'entendement) à moins que les 'gilets jaunes' murent votre bibliothèque en la confondant avec un centre des impôts (si, si, aujourd'hui c'est cela, enfin c'est ce qui ne cesse de défier l'intérrêt de toute recherche : le niveau de notre pays)

Alors, pour en revenir sur ma première allumette frottée : l'île, la migration ! Dans cette île, Diaspora était un projet d'envergure, lié à cette motivation saugrenue et bien solitaire d'allier "migration et numérique" en université, jusqu'à ce qu'on m'expliqua bien que ma recherche est bien trop en avance, car en France, les départements-même de la recherche, des universités sont cloisonnés et jamais je ne pourrai mener à bien cette recherche, mais seule oui et sans l'université. Ni une ni deux, je fondais "Nissologie" l'université pour une personne ! Alors de ces conclusions de doctorants qui croulaient sous les papiers, en phase de thésaurisation pathologique, juste avant que le syndrome de Diogène ne se déclare... Je pris mes cliques et mes claques et je continuais à ma vitesse (rapide et circonvolotionnaire) et grâce à Internet et aux bibliothèques (non murées par accident, par les habitants avec un gilet fluo, ayant une trop haute estime de l'écrit) avec un rythme très singulier. Malgré tout, mes études lusophones entamées (que j'ai beaucoup appréciées avec des cap-verdiennes) et le master numérique abandonné (super en retard, au regard de ce que nous avions développé en collectif) me laissèrent une drôle de vision de tous ces étudiants que l'on gavait à coup de textes, parfois érudits, mais non corrélés à notre existence présente, c'est-à-dire non dynamisée par une lecture contemporaine et critique.

Diaspora avait ce souhait de ne considérer que les migrations des membres de ma famille, une sorte de généalogie sur les déplacements et par des dates collectées oralement. Un site Internet dédié en faisait la démonstration (présenté dans divers lieux artistiques en France et ailleurs) Il y avait une planète, la terre photographiée par le système RADAR, et des pop-up (fenêtres verticales qui apparaissaient) qui se superposaient à ces images en noir en blanc, de la terre. Puis ce projet, comme l'île fut ensevelis.

En ce moment, je réintègre ces recherches mais d'un point de vue plastique et complètement décalés du scientifique, du documentaire, et du commentaire. C'est un paysage qui sera, pour moi, un repère. C'est une démarche plus en profondeur et plus large sur l'étendue de mes connaissances généalogiques. Le lien humain est privilégie (à l'heure où les photos et l'images ont remplacé largement tout lien), il n'y a aucune image, mais une sensation exprimée et constellée. En regardant Diaspora, rétrospectivement, quelque chose me plaît beaucoup, et de touchant, dans ma façon de comprendre les migrations. Dans les années 2000, la presse faisait peu d'écho (hormis dans les presses spécialisées des historiens) de ce qu'étaient les migrations. Si la cartographie m'a toujours intéressée, c'est que c'est en cartographiant que j'ai appris, c'est-à-dire que ma culture familiale se basait sur les cartes et les dimensions historiques nécessaires à la compréhension de l'homme et son habitat, sa survie, sa culture. Peut-être dans un soucis ethnographique, je repérais aussi, par mes voyages, ce qui me construisait, une artiste chercheure, puisque je récoltais, je photographiais, je notais, je tirais ensuite les photographies, je tirais les conclusions, bref, je faisais déjà de la recherche parmi mes cousines, en écoutant mes grands-parents, en voyant faire mes parents et en m'émancipant des attendus. Je ne pouvais pas faire autrement, je voyais tant de choses, impossibles à dire. L'oralité ne me suffisait pas et le barrage des langues formaient un barrage des larmes émotionnelles plus grand qu'un petit obstacle facile à dépasser. De l'eau de la terre.

Ici quelques notes comprises dans Diaspora, dont la dimension prenait tout son sens entre deux verbes "être" SER et ESTAR :

Manière d'être 

"être ce que l'on est" et "être là où l'on est"

Etant donné ceci, j'écris cela, n'étant pas sûre de l'être ni de l'avoir été, toujours en devenir. 
Mais y suis-je allée ? Je pense donc je suis. Nous y sommes tous encore quelque part.

Mon être se confond avec sa situation, mais quelle est sa situation ? 
Sur quelle carte puis-je me situer ? Par rapport à quoi ? 

Je suis une géographie.

Je me suis perdue. Pour retrouver mon chemin, j'ai traversé les limbes de ma mémoire familiale individuelle croisant une mémoire collective sociologique. Puis je me suis retrouvée dans la philosophie et je me suis perdue à nouveau dans la poésie, avec saudade. Il n'y a pas de commencement, ni d'origine, pas une seule en tous cas. Il y a des croisements et des rites interfrontaliers. Des passages qui rendent atypiques les caractères malgré les apparences. Et les apparences sont multiples car multiples sont les adaptations, plus grands sont les décalages.

J'y suis.

Dans la langue portugaise il y a deux manière d'être, "ser" indique l'identité, qui ne change pas et "estar" indique une localisation ou un état passager. Deux verbes "être" symboles d'un état typique dans les histoires des allers et venues, des migrations, mais invisible dans l'Histoire.

Je suis née là, entre ici et ailleurs.

La fenêtre "ser" est une compilation de recherches sociologiques et philosophiques sur mes origines. Ces études témoignent d'une partie de mes origines et de mes états d'accoutumance. La fenêtre "estar" est ouverte sur mes états passagers, mes "êtres-là". Ces deux fenêtres ouvertes sur le monde, d'hier, de ce moment aléatoire, de celui que je n'ai jamais connu, ne connaîtrais jamais, posent des questions sur mon existence, ma raison d'être, de faire, de créer là où je suis. 

Je vis, en France dans un milieu artistique, mais avec une mémoire migrante qui se cherche, se cache et se révèle. Il n'y a que dans le langage poétique que je peux repenser la vérité comme dévoilement de l'être, et dans l'art. Je me situe par là sur une carte mentale, je me déplace sur une carte officielle qui ne tient pas compte de ma situation, une grille historique commune en France dans laquelle je n'ai jamais eu d'histoire généalogique. J'ai du re-parcourir des chemins, beaucoup restent à faire. Dans ces véhicules de vies parcourus, j'ai saisi la mienne, je la questionne. Mon parcours individuel se connecte sur un parcours prédéterminé d'une artiste française en élargissant les frontières jusqu'à plus soif. 

Sonia Marques
04/2003 

 

Ser indique l'identité, l'essence, ce qui ne change pas.
Estar indique plutôt la localisation ou un état passager :

ele é francês : il est Français
ele está em Lisboa : il est à Lisbonne

ele é amado : il est aimé
ele está cansado : il est fatigué

avoir sa raison d'être : ter sua razão de ser
cela peut être : pode ser
être bien avec : estar de bem com
elle est toujours jeune : ela é sempre jovem


"Le Portugal, d'abord immergé avec douceur dans le monde, naturellement et surnaturellement merveilleux, était devenu île-saudade. Un lien sans extérieur ou il lui était impossible de distinguer la réalité du rêve".
"Avec la saudade, nous ne récupérons pas seulement la passé comme paradis perdu ou menacé de perte ; nous l'inventons."
"Dans leur île-saudade, à la fois île des morts et île des amours, comme les enfants, ils ignorent la mort."
"Un tel peuple, à l'aise partout dans le monde comme s'il était chez lui, en fait ne connaît pas vraiment de frontières car il n'a pas d'extérieur. Comme s'il était à lui seul une île-monde, ou, Dom Sebastien de lui-même, il attendrait un retour toujours différé, en rêvant à sa vie antérieure."
"L'un des traits les plus connus des Portugais est leur aptitude à se fondre dans le paysage. Leur étrangeté est, à tous les titres, indécelable. Eux-mêmes ne peuvent en rendre compte. Ils font corps avec leur étrangeté, car ils ne peuvent la percevoir à partir d'une quelquonque extériorité, même imaginaire."(Eduardo Lourenço, "

(Eduardo Lourenço, "Mythologie de la saudade", éditions Chandeigne, 1997)

"L'ouverture d'esprit est une qualité commune à de nombreux Portugais. Ainsi ils vous poseront rapidement des questions personnelles qui, chez nous, en France, seraient bien souvent considérées comme déplacées. Cette curiosité se fonde sur un réel intérêt et un désir de participation."

("Le Portugais" de poche, édition Assimil évasion, 1997)

"Les portugais qui sont venus en France avaient l'habitude d'être en quelque sorte, multidimensionnels. Ils avaient l'habitude, selon les saisons, de passer des travaux des champs, à ceux de la pierres, d'être laboureurs ou maçons, charpentiers, vignerons ou boulangers. Ils passaient ainsi de la campagne à la ville sans que cela provoque grand dommage dans leur philosophie de la vie. Ce qui leur importait c'était de gagner leur vie mieux qu'avant, car travailler dur ils en avaient déjà l'habitude."

"Les jeunes insoumis

Parmi les clandestins, on trouvait beaucoup de jeunes insoumis qui refusaient de partir à l'armée pendant 3 ou 4 ans et de faire la guerre coloniale. On estime leur nombre à environ 180 000. Pour eux, l'émigration était un exil car ils ne pouvaient plus rentrer au pays tant que le régime serait le même. Comme la porte de leur pays se refermait derrière eux, ces jeunes ont été vite intégrés dans la société française, et, en partie, ont fait des mariages mixtes et beaucoup sont naturalisés."

Importance de la maison # vie errante, "sans toit ni loi". Le migrant passe ses vacances à choyer sa maison comme si elle ne s'achevait jamais : l'éternel recommencement.

(THERESA Pires Carreira et Maria-Alice Tomé, "Portugais et Luso-Français", tome I, Recherches universitaires et migrations, 1994)


"Moins de 4% des françaises d'origine portugaises de 25-29 ans en Ile- de-France, appartiennent à la catégorie des cadres et professions intellectuelles supérieures. Par contre les françaises d'origine portugaise de 20-24 ans ont tendance à avoir plus de diplômes que la moyenne française. En Ile-de-France et midi-Pyrénées, seulement 10% d'entre elles ne possèdent pas de diplômes." 

(Nathalie Kotlok-Piot, "L'insertion professionnelle des jeunes nés de parents portugais", magazine "Hommes & Migrations n°87, décembre 1997)

"Au vu de cette polarité là, l'étrangers se demande l'impossible, on lui demande l'impossible : il doit rester lui-même et devenir un autre, comme nous autres. Ce numéro d'équilibriste, il peut le réaliser par exemple en offrant la révélation de ses origines, en livrant son secret, en le mettant en scène, en oeuvre écrite ou orale, en le présentant en écot au passage des seuils qui le conduisent dedans, et éventuellement très haut dans la reconnaissance locale. Ou bien il peut l'enfermer au plus profond de lui-même et rester seul gardien de ce secret (relatif aux causes de ce départ, aux modalités de sa route, aux épreuves et enjeux divers...) Ainsi enkysté, il peut demeurer "incognito". 

(Anne Raulin, revue "Sigila" n°3)

"L'identité est en effet à la fois processus d'identification et de séparation. Pour se définir, se reconnaître, se distinguer, il faut pouvoir se détacher, se différencier, s'opposer. Parler de l'identité, c'est se référer à des appartenances, à des ressemblances, à des définitions de soi ; mais c'est aussi compter sur des autres, des différences, de la dissemblance." 

(Fabienne Wateau, Lusotopie 2002,  : Du Portugal à l'Europe Effets d'échelles, de Melgaço à Alqueva)


"C'est dans la région parisienne que l'on trouvait le plus grand nombre de Portugais vivant dans des bidonvilles, la plupart du temps à côté d'autres immigrés espagnols ou algériens, parfois dans des bidonvilles "portugais" (du plus grand comme celui de Champigny/Marne, à d'autres plus petits comme ceux des Francs-Moisins (à St Denis), La Courneuve, Aubervilliers, Carrières/Seine, Massy, Villejuif, Villeneuve-le Roi). Lors de l'enquête faite par la Préfecture de la Seine en 1965 sur les Portugais dans les bidonvilles de la région parisienne, 15 000 des 40 000 portugais dénombrés dans ce département vivaient dans une dizaine de bidonvilles (celui de Champigny/Marne, le plus grand de France, abrita une population très fluctuante qui passa de 6000 environ en 1961 à plus de 12 000 deux et trois ans plus tard)."

(Les phases de l'immigration portugaise, des années vingt aux années soixante-dix. Par Marie Christine Volovitch-Tavarès (2002))

L'exploitation des registres de baptême et de mariage permet également de vérifier le profond et durable attachement d'une partie au moins des émigrés au village natal. L'examen de la liste des témoins et des parrains des actes concernant les immigrés permet de plus de conclure que, malgré leur départ, ils restent insérés au sein des réseaux d'alliances et de connaissance locaux. Ces résultats confirment donc ce qui était en introduction présenté comme une hypothèse : beaucoup d'émigrés maintiennent des liens étroits avec le village d'origine.

("Le va et vient identitaire. Migrants portugais et villages d'origine" par Yves CHARBIT, Marie-Antoinette HILY, Michel POINARD, avec la collaboration de Véronique PETIT - 1998)

Mes recherches sont assez étonnantes et finalement, ont rarement fait l'objet d'une revendication quelconque, car intégrées complètement dans mon travail artistique, sans qu'une connotation soit distinguée et reprise. Car, plus tard, la mode fut aux artistes, enfants d'immigrés, un peu plus mis au devant de la scène, institutionnalisés, une façon de montrer que la France "intègre" ses enfants, même "ces enfants là". Mais ce n'est qu'à partir du moment où sont bien définissables les travaux d'enfants d'immigrés, ou travaillant sur la colonisation ("les "cultural studies", ce courant de recherche d'origine anglophone à la croisée de la sociologie, de l'anthropologie culturelle, de la philosophie, de l’ethnologie, de la littérature, de la médiologie, des arts) Ce qui n'a jamais été visible dans mon travail (au premier abord), quoique, des experts peut-être. Être en recherche, ne peut être une réussite aux yeux d'un plus grand nombre. Le Rubik's cube comporte d'autre challenges que celui de faire toutes les faces d'une même couleur, si, si, il y a d'autres possibilités.

Aux yeux de mon petit nombre et de ma faible reconnaissance prévue, selon les statistiques, j'ai décidé de continuer mes recherches, un peu spéciales et dans tous les sens que ma conscience puisse aller, tout azimut.

Lorsqu’il s’agit de phénomènes migratoires déjà anciens (plus du siècle, c’est-à-dire plus de trois générations), on peut se trouver confronté à deux situations :

    > la migration a été importante durant une brève période, puis les descendants ont quitté la zone d’immigration ou s’y sont totalement assimilés,
    > la migration s’est effectuée à un rythme faible mais régulier et les migrants et leurs descendants, par le fait d’une relation continue au « pays », ont conservé une conscience de leur identité,

Ces deux grandes formalisations de la migration ne se prêtent pas au même type de construction : la première sera essentiellement historique alors que la seconde aura surtout recours à la méthode ethnographique.

La démarche est fastidieuse parce qu’elle nécessite un réajustement constant entre deux niveaux cognitifs de nature différente : le dit et l’écrit.

(Institut de recherche sur les migrations)

Entre le dire et l'écrit

Ma démarche serait fastidieuse parce qu'elle se constelle également en Espagne, quoique ce Sud-européen fut un seul territoire naguère. Mais dans le détail, chaque femme perd son nom de famille, fille du père, elle prend mari, et reperd de nouveau le nom, le nom de son père, de sa famille. Toutes les femmes, les noms des femmes disparaissent peu à peu, en laissant aux patriarches descendre leurs noms. Jusqu'aux femmes d'aujourd'hui qui écrivent sous le mail au nom du mari ou de la famille, jusqu'à s’effacer totalement sans jamais reprendre contact avec leur propre famille, mais en comptant bien plus sur leurs belle-famille, la famille de leurs maris. Les femmes sont comme des oubliées de leurs propres racines, comme arrachées aux leurs, comme si des mères, elles n'en avaient jamais eu, comme si, de leurs cousines, elles n'en faisaient grand cas, comme si tout cela n'avait pas de place, ni besoin d'être soutenu. Comme si, des terres, elles n'en avaient jamais eu, comme si des biens, tout serait dispersé, dilapidé, parsemé, comme si des cendres, elles retournaient aux poussières et que seuls les phénix les sauveraient de cet abandon patriarcal et répétitif. Des phénix donc, autant d'étoiles que l'on peut admirer, en secret, faute de pouvoir leur parler, car même leur parler n'est plus possible, même vivantes, elles ont abandonné de dire. Et pourtant, de leur vivant, le lien était au cœur de leurs activités, relier ce qui nous séparait, tel une religion (re-ligare, le principe de la religion, celui de relier) Je suis dans ce mouvement, cette relecture. Relire et relier des points qui se sont séparés, sans même le savoir, sans même le vouloir. Et pourtant dans chacune de ces entités, chacune a ce pouvoir magique de relier, de créer du lien, de réunir et de ré-enchanter, ce qui n'a plus de voix, ce qui s'est tu, en imaginant juste que chanter est encore possible. Fatigués, chanter s’éteint, et lorsque s'épuise le sens de la reproduction, d'autres sens peuvent s'éveiller, celui de la fraternité. Quand plus rien n'est dit, l'écrit ressemble à cet espace inaudible, secret et précieux, laissant la confidence s'offrir un lieu viable, parfois enviable, mais accessible qu'aux seuls lettrés.

Une grande majorité de nos contemporains français ne lisent plus, pas plus qu'ils n'écrivent.
Écrire dans la langue française c'est comme se confier à des pages blanches qui ne seront lues.
En tous cas, dans ma généalogie, qui ne seront lues par les membres de ma famille.

Auprès de mes pairs, cela fut très souvent la preuve, qu'aucun d'eux, ne pouvaient comprendre la richesse de ma culture, puisque dans la langue française, les origines et la question des migrations, a toujours été très sensible, divisée, ignorée, vulgarisée, afin de lisser des profils "types" intégrables, toujours vissés aux politiques sociales.
Je pense qu'aujourd'hui, avec les générations métissées, ces encastrements normés ne peuvent plus se satisfaire des typologies de bazars en ignorant ce qu'il se passe au-delà des frontières et du contour national et l'histoire qui a traversé celles-ci. J'ai rencontré nombre d'étudiants, dans les études supérieures, qui n'avaient jamais eu de cours d'histoire sur les migrations, et qui ne connaissaient pas leurs camarades de classes, ni certains de leurs professeurs, me demandant simplement : - pourquoi sont-ils là, pourquoi ne sont-ils pas restés dans leurs pays d'origine, de leurs parents ou grands-parents ? Les questions peuvent faire frémir, mais elles sont légitimes, et souvent j'ai dû me confronter à un domaine qui n'était pas le mien : celui de faire de l'histoire ou de guider vers des documents qui pouvaient répondre à leur curiosité première, afin de ne pas les laisser sans apports et les laisser être récupérés par d'autres camarades bien plus radicaux, sans questions, mais avec toutes les réponses : - qu'ils retournent d'où ils viennent. Lorsque vous avez des étudiants qui ont de bons résultats scolaires, les moins bons et les plus méchants, recherchent une cause. Que ce soit élève, étudiante ou professeure, en France, pas un seul niveau ne m'a laissé tranquille de cet état nauséabond français, où le souhait d'étudier et d'enseigner, de transmettre, ne fut mis en péril, parce que si ma culture avait cette richesse dynamique (invisible) et mes résultats évoluaient de façon positive, c'est qu'elle concurrençait assez gravement, des étudiants qui n'avaient réalisé aucune démarche sur la recherche de leurs origines, ou qui en étaient dépourvus de par leurs parents. Cette pauvreté là est difficile à accepter et la recherche du coupable, est bien plus facile à adopter, surtout, lorsque le climat national, entraine aux vindictes et aux injonctions de se plier à une histoire (très récente) qui manque cruellement de distance.

Lorsque vous observez que ce n'est plus de jeunes étudiants qui tentent de comprendre, avec plus ou moins de maladresse, la richesse de l'histoire et ses temps différents, ses croisements, sa densité, sa multitude, et le parcours singulier qui chemine dans tout cela, mais que ce sont des directions d'école qui coupent les arbres... Vous pouvez, à ce moment, avoir un indicateur assez significatif de l'évolution du niveau et de l'espérance de vie qu'il vous reste, ou de viabilité, de vos trésors, à jamais invisibles.

Par kiwaïda at 18:52

19/11/2018

ṧαη﹩ ¢ґїεя ℊαяℯ


gare

, s  


      nf  
      interj  
1    holà, précaution, doucement, attention  
[antonyme]   distraction, absence  
      nf  
2    terminus, embarcadère, aéroport, halte, station, aérogare, terminal  
[antonyme]   marche 



Que vois-je ? Une belle gare, celle d'où je pars, celle où je reviens. Une dizaine d'années avant d'habiter à Limoges j'avais passé des vacances en Creuse (juste un week-end) pendant des mois à travailler pour des plantes vertes (une start up) en virtuel et pour 6 pays différents avec un directeur d'une vingtaine d'années, plus jeune que moi. Je m'étais octroyée ces jours pour rejoindre mon conjoint qui passait ses vacances chez ses parents, ils avaient loué un gîte en Creuse. Il ne travaillait pas et passait du bon temps en famille, tandis que moi je me devais de gagner ma vie, payer mon loyer, et louper quasiment toutes mes vacances, d'autant plus que mes parents, eux partaient dans un autre pays très loin, et donc, c'était encore plus coûteux, en déplacement, en énergie et impossible de se reposer au final, donc je ne retournais pas revoir une partie de ma famille, car rien ne me garantissait d'avenir, j'avais tout à entreprendre par mes seuls moyens (et mon petit sac à dos magique). Drôle de vies. C'était bien plus confortable, encore en ce temps, d'être à la place de l'homme, mais tellement plus émancipateur d'être à la place d'une jeune femme qui aime découvrir, et toujours. On doit laisser bien des bagages en route, pour partir léger. Tant de gares, tant de fois et si légèrement, l'oiseau. J'ai des photographies de moi qui courre attraper mon train à cette gare de Limoges avec mon sac à dos, le même que j'ai encore et qui m'a servi à aller au Canada effectuer mes études. Oui, on n'a pas besoin de beaucoup de choses pour voyager, comment était-ce possible ? L'une de ces photos est surprenante car c'est la belle-mère d'alors, photographe, qui l'a prise à mon insu, je me vois de dos (la photographe prend en photo mon dos), en jupe couleur amande, si consciencieuse et pourtant, personne ne voyait que c'était une femme d'affaire qui portait ce sac espagnol sportif. Apparences trompeuses, souvent, puissant caméléon. Au dos et moi devant cette gare, au départ. Je vois qu'elle ne prenait pas de vacances cette jeune femme et pourtant son diplôme s'intitulait : "Les grandes vacances", car sa vie ne serait plus que des grandes vacances, telle fut sa devise, mais des vacances pas comme les autres. Le mot "vacant" fut un mot très étudié à cette période, je pense qu'il reste d'actualité. Et c'est la gare splendide en décor qui surplombe sa course figée par la photographie. Je vois donc ce dos, je courre aussi derrière elle, mais je ne la vois pas, elle va trop vite.

Quand on part, est-ce que l'on perd toujours sa place ? Quand on part, est-ce que l'on oublie d'où l'on partait ? Les liens affectueusement construits laissent toujours de la place dans le cœur et mesurent assez bien la distance parcourue, c'est un effet élastique et transgénérationnel. Les gares peuvent faire partie de notre patrimoine, et les distances de notre amour pour l'autre, et pour l'ailleurs, du patrimoine qui nous situe le mieux.

Cette gare, je la retrouve plus tard, et là j'ai eu le temps de bien l'observer. J'ai assisté au début de mon installation, à des conférences sur Roger Gonthier (de Périgueux !), l'architecte de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Cela m'a ouvert sur la cartographie de la ville où j'allais emménager. J'étais parmi des têtes grises et blanches à ces conférences et j'ai ainsi mieux saisi comment se construisait toute la ville. Passionnant. J'étais alors une tête grise aussi, mais d'un jeune âge. Une résidence qui dure, un point de repère que j'ai fixé sur une carte, au centre d'un pays.

Point de déplacement sans repère ? Point de repère sans déplacement.

Architecte parisien, licencié en droit, Roger Gonthier (1884-1978) est le fils d’Henri Gonthier, architecte-inspecteur des bâtiments de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Lui même architecte de la Compagnie du Paris-Orléans, il réalise à Limoges en 1919, un pavillon frigorifi- que à viande dans le quartier du Verdurier, ainsi qu’en 1941 l’abattoir municipal (actuellement entrepôt municipal), sis 15 avenue de l’Abattoir. Seuls subsistent de cette construction les bureaux aujourd’hui désaffectés : le bâtiment fut très largement modifié en 1968 par l’architecte Henri Coussy. Roger Gonthier est également l’auteur de la cité des Coutures et de la cité-jardin de Beaublanc.




 



La gare des Bénédictins, monumentale, est construi- te au-dessus des voies sur une platforme en béton armé, ce qui permet de conserver le réseau des voies ferrées existantes. L’ossature de béton armé et d’acier est masquée par un habillage de pierre et de roches calcaires qui portent les ouvrages décoratifs. La silhouette générale du bâtiment est recon- naissable avec son campanile, qui culmine à 57 m de hauteur, et son grand dôme (31 m) qui surmonte la coupole. Le programme décoratif est en grande partie dû à Henri-Frédéric Varenne, les verrières du hall sont de l’atelier de Francis Chigot. La façade principale rappelle aux voyageurs l’importance des arts du feu à Limoges : deux allégories féminines, aux dimensions monumentales, représentent la porcelaine et l’émail. Les écoinçons de l’arc du portail d’entrée portent deux divinités romaines : Cérès, la déesse de l’agriculture, et Mercure, le dieu des voyageurs. La façade nord propose, elle aussi, une représentation de Mercure : la tête du dieu ro- main surplombe le monogramme « PO » de la Com- pagnie du Paris-Orléans. A l’ouest, on découvre, dans les tympans des fenêtres du cinquième niveau, les armes des principales villes du réseau ferroviaire : Limoges, Orléans, Toulouse, Montauban, Agen, Périgueux, Blois, Bourges, Poitiers, Bordeaux et Tours. La façade orientale, peu décorée, présente le blason de la ville de Paris et celui de la ville de Limoges. L’immense hall, de près de 4 000 m2, frappe tout d’abord par son décor de verre dû à Francis Chigot. Ce dernier a privilégié, dans une composition de bandes horizontales ou verticales, un décor de feuillages, rappelant la végétation du Limousin : le chêne et le châtaignier. Henri Varenne est l’auteur des décors de stuc qui habillent l’intérieur du hall. Il propose dans les écoinçons de la coupole quatre allégories féminines représentant le Limousin, la Touraine, la Gascogne et la Bretagne.




(Photographies © Sonia Marques)

Je m'interrogeais sur l'antonyme de "gare" :

DISTRACTION, ABSCENCE

et aussi sur la définition :

DOUCEMENT, ATTENTION

Sans crier gare, j'ai effectué une bonne marche arrière dans mon parcours, sans écraser personne, car j'avais oublié de prendre quelques bagages émotionnels, heureuse de ne plus être cette femme d'affaire et réserver mon sac à dos pour mes grignotages de balades, en marche avant, avec attention et doucement.


Par kiwaïda at 13:50

25/07/2018

ℓα √iε S℮ηṧї♭ℓε

De la vie sensible
Cela arrive même les yeux clos ou quand tous les autres organes des sens semblent être fermés au monde. Si ce n’est pas le bruit de notre respiration, c’est un souvenir ou un rêve qui nous arrachent de notre isolement apparent pour nous replonger dans la mer du sensible. Nous considérons que nous sommes des êtres rationnels, pensants et parlants, et pourtant, pour nous, vivre signifie avant toutes choses regarder, goûter, toucher ou sentir le monde. Nous ne savons vivre, nous ne pouvons vivre qu’à travers le sensible, et non pas seulement pour connaître ce qui nous entoure. Ce n’est pas une question gnoséologique : la sensibilité n’est pas seulement une de nos facultés cognitives. Sensible, c’est notre corps même qui l’est : en tout et pour tout. Nous sommes sensibles dans la mesure même et à l’aune selon laquelle nous vivons du sensible : nous sommes pour nous-mêmes et nous ne pouvons être pour les autres qu’une apparence sensible. Notre peau et nos yeux ont une couleur, notre bouche a un certain goût, notre corps ne cesse d’émettre des lumières, des odeurs et des sons en se déplaçant, en parlant, en mangeant, en dormant. Nous vivons du sensible, mais la question ne saurait non plus se réduire à une nécessité physiologique. Dans tout ce que nous sommes et dans tout ce que nous faisons, nous avons affaire au sensible. Seule la médiation de la lueur de l’imagination sensible nous permet d’accéder à notre passé et à notre futur. Et surtout, nous nous rapportons à nous-mêmes non pas comme à une essence incorporelle et invisible, mais comme à quelque chose dont la consistance est avant tout sensible. Nous passons des heures, chaque jour à donner à nos corps et aux choses qui nous entourent des formes, des couleurs, des odeurs différentes de celles qu’ils devraient avoir naturellement. Nous voulons vraiment cette étoffe, cette coupe, cette couleur et ces rayures. Nous faisons tout ce qu’il faut pour qu’il y ait des odeurs ; et sur notre peau, comme sur notre visage et notre corps, nous traçons des signes, des couleurs autour de nos yeux ; nous peignons nos ongles comme s’il s’agissait de marques, de talismans efficaces dont dépend notre futur. Il ne s’agit pas d’une obsession pour l’image de soi. Le soin de soi et le soin du monde ne se confondent pas avec une activité immatérielle ou contemplative : ce n’est pas davantage une « pratique » ou une action ; ces soins se ramènent à une activité ininterrompue de production de réalités sensibles. Tout ce que nous créons, comme tout ce que nous produisons, est fait de matière sensible : outre nos propres mots, cela vaut pour le tissu des choses dans lesquelles nous objectivons notre volonté, notre intelligence, nos désirs les plus violents, nos imaginations les plus disparates. Le monde n’est pas une simple extension, il n’est pas non plus une collection d’objets et on ne saurait davantage le reconduire à une pure et simple possibilité abstraite d’existence. Être-au-monde signifie avant toutes choses être dans le sensible : s’y déplacer, le faire et le défaire sans interruption. La vie sensible n’est pas seulement ce que la sensation éveille en nous. C’est à la fois la manière par laquelle nous nous donnons au monde, la forme qui nous permet d’être dans le monde (pour nous-mêmes et pour les autres) et la voie par laquelle le monde se fait pour nous connaissable, praticable, vivable. Ce n’est que dans la vie sensible qu’un monde s’offre à nous, et ce n’est que comme vie sensible que nous sommes au monde.

La vie sensible  > Emanuele Coccia / Éditions Rivages (Philosophie Rivages - 2013)




































Spéciale dédicace à la Panthera Pardus et sa perle noire (photographies © Sonia Marques)


Par kiwaïda at 15:45

16/07/2018

∂Ѧℕϟ Ðℰ ℬℰ∀Ü✕ Ḏℰ∀ℙϟ !

"Être dans de beaux draps" (Photographie © Sonia Marques)

Les "draps" ont longtemps désigné les "habits". Autrefois, on disait "être dans de beaux draps blancs". Cette expression décrivait une situation honteuse. En effet, à cette époque, les gens accusés de luxure devaient assister à la messe habillés de blanc, ce qui devait faire ressortir les aspects "noirs" de leur vie. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, "mettre un homme en beaux draps blancs" signifiait le critiquer. "Être dans de beaux draps blancs" voulait donc dire que l'on était sujet aux moqueries, que l'on était dans une mauvaise situation. Aujourd'hui le qualificatif "blanc" a disparu, mais le sens de l'expression n'a pas changé et veut dire : Être dans une situation compliquée. Les femmes étaient-elles épargnées ? On les trouvait, en France, appauvries dans les rues, un 15 juillet, en 2018, drapées de patriotisme, pour la fête des hommes millionnaires.

Appauvrir :
épuiser, déforcer, aveulir, ruiner, efflanquer, s'anémier, efféminer, débiliter, frelater, émasculer, alanguir, s'affadir, féminiser, s'atrophier, attiédir, ramollir 
[antonyme] : viriliser, fortifier 

Ramollir le peuple est une façon de viriliser la nation...

Vision d'une nuit :

La femme devient gardienne de la nation, lorsqu'elle est chaste. Elle incarne l'honneur du groupe. Toujours belle et désirable, la femme nationale incarne les espoirs investis dans la grandeur et le sentiment d'honneur. La Marianne française doit avoir une beauté éclatante, celle de la mère féconde, calme et sacrée et celle de la désirable à tous. Elle ne doit pas se laisser importuner, et, dans le même temps, être importunée tout le temps, par les assauts des hommes. La place des femmes est exigée pour érotiser la nation. Pas comme la vierge, trop hésitante, cette incarnation de la beauté chaste et respectable n'est ni passive, ni bousculable. Cette érotisation participe de la définition de la nation sexuelle : virile et hétérosexuelle avec le rejet de l'homosexualité et de positionnements ambigus. L'obligation du peuple de fanatiser les matchs fait œuvre de moralisme violent pour combattre une supposée dégénérescence des mœurs. Si la nation est belle et attirante, elle s'adresse en priorité aux hommes forts et convaincus de leur identité sexuelle, comme le guerrier, le combatif. La sauvegarde du corps national dépend de sa constante séduction et de son militarisme. Cette virilité s'exprime dans la violence, les carnages de tous les combats pour la procréation masculine. L'amour est tout entier au service de sa patrie. Les pratiques de violences sexuelles, faites aux femmes, affirment l'identité masculine exacerbée et démonstrative. La guerre apparait comme moyen de pallier aux manquements (crise, emplois) Les viols constituent des marques de pouvoir sur le corps national, non perçu comme une violence faite aux femmes, mais un déni de la force de l'homme protecteur et nourrisseur de la famille. C'est une atteinte sur l'honneur masculin. L'intégrité atteinte des femmes victimes de viol devient un langage entre hommes pour la nation, et la violence de l'acte est dénié. Les hommes se battent entre eux pour la victoire, à la place de faire l'amour entre eux, ils refoulent l'acte homosexuel. Les femmes sont des objets d'échanges. Les corps des femmes déshonorées deviennent des champs de bataille, et juridiques et médiatiques, des rituels, pour la parade du plus fort et de sa victoire. Longues, les joutes verbales entre avocats, s'illustrent dans les médias. La souffrance des victimes n'est pas reconnue, définies comme mortes. L'esclavage sexuel est la récompense du guerrier (prostitution) dans les climats enivrés militaristes et dans les victoires sportives. Le violeur n'est plus un délinquant mais un héros qui domine la femme de l'autre. Dans l'esclavage sexuel, les bourreaux protègent les victimes d'une mort certaine, en échange d'une soumission totale, renforçant l'homme dominant, seul maître de la survie des victimes, renforçant le machisme et le nationalisme. L'inaction de l'État et l'absence de reconnaissance des politiques discriminatoires engendrent les souffrances des communautés, des frustrations collectives. La violence devient la seule réponse aux situations d'injustice, de mépris.

Synthèse : il n'y a plus d'idée de justice et d'égalité lorsque les priorités sont celles du guerrier. Il n'y a plus de place pour d'autres qualités, plus aucune. La nation s'installe dans de beaux draps blancs, son principe même, en représentation officielle et drapée.

...Une nuit de vision débile de l'état éthylique des habitants de ce pays, la France...

Par kiwaïda at 11:45

11/07/2018

ⓀⒾⓌⒶÏⒹⒶ

Date inconnue, les années 70 en France, une photo à l'école...

Est-ce que l'on change ?

J'aurai l'audace de penser non, je n'ai pas changé. Pourtant tout a changé, l'esprit s'est adapté aux terres rencontrées où son corps s'est mis à pousser. Mais l'enfant que j'étais, dont je me souviens très bien, même de ce qu'il pensait, est toujours là et il se souvient de tout. Cet enfant sage qui n'enlevait pas sa blouse pour la photographie, en col blanc, afin de garder ce qu'il pense intacte. Cet enfant n'a pas changé, il savait déjà tout et tout lui fut difficile, l'exprimer dans les mots des grands. Alors, à travers la poésie, l'art, cet enfant a trouvé d'autres formes d'expressions, en attendant de parler, écrire pour tous ces grands imbéciles.

Années 2015 à Limoges... 
Photographies de mon amoureux, et avec Nougat, une chatte en liberté avec une petite queue.
Elle attendait des petits, notre amie d'un été.

Années 2012, la porcelaine.

Les changements de vies... Le compagnon fidèle, le bien aimé, Pépino.

Je lis sur un lit...

Années 2000, je lis sur un futon, je lis toujours n'importe comment et à travers plusieurs livres, en déplacement, en mangeant, en écrivant, mon amoureux me disait que j'avais des yeux de celle qui lit, et celle qui savait.

Année 2010, je n'aime plus que la clarté et la lumière, les livres sont lourds et remplis de mots, alors que voir et percer à jour est beaucoup plus facile et immédiat. Je sais qui tu es.

Une parenthèse, c'est l'arbre de ce qu'on devient, sans changer les racines, photo de mon amoureux, dans sa ville.

Une des seules photos que j'utilise dans mes curriculums, réalisée à la cité de la céramique, par mon amoureux... je lui souris, ce n'est pas donné à tout le monde, je n'aime pas les photographes...
Et ces curriculums ne servent à rien en réalité, alors ne reste que le sourire dédié à l'amour et pas au travail...

2018, je me rapproche de l'enfant que j'étais et qui savait déjà tout, je le vois.

Il y a quelques jours : mes racines ressemblent à ma lapine Satori japonaise (3 couleurs) celles de mon enfance à laquelle je pense.
Car dans la première photo avec ma blouse et mon col blanc, enfant, j'ai des lapins dans la tête qui retiennent mes cheveux.

Et bien, c'est ce matin au réveil ! Après un voyage plein de sagesse, comme la première photo...

Je suis cette Kiwaïda, ce yeti crabe aux bras poilus soyeux, découvert il y a quelques temps dans les profondeurs de l'océan, près de la Polynésie... Alors que je suis née il y a 45 ans d'après mes papiers d'identité...

(Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 16:09

03/07/2018

ʟα ßℯʟʟ℮



Par kiwaïda at 11:08

21/06/2018

Ð∀Ḱiℵi

La subjugation de l’ego (tradition tantrique) (interprétation visuelle et synesthésique d'une Dakini : Sonia Marques)

La nudité de la dākinī symbolise l'état naturel et sauvage, et selon l'interprétation bouddhiste l'absence d'ego ou d'obstacle mental, la nature propre révélée. Généralement le terme dākinī semble provenir de la racine de daksha, signifiant capacité, habilité. La libératrice Verte – Divinité la plus populaire au Tibet. Protège des lions et de l’orgueil, des éléphants sauvages et de la confusion mentale, du feu et de la haine, des serpents et de la jalousie, des voleurs et des vues fausses, de la prison et de l'avarice, des inondations et des désirs, des démons et des doutes. Et tout cela sans jamais faire la grève !

Par kiwaïda at 12:31

09/06/2018

L@ ß☺ᾔᾔε ḉ☺ηⅾʊї⊥ε

Photographies © Sonia Marques


Just Another Dance, exposition au CCS d'Urs Lüthi


Essayer encore, rater encore, rater mieux, exposition Rosa Brux avec les Archives contestataire (Ah ! les suisses )


Affiche dans le métro


Permis sans voiture, conduite sans pneu


Anticipation ? Rem Koolhaas & Lafayette


À l'ombre des cruautés


La dignité


À la conquête du goût


L'indignité


La dignitaire


De la hauteur

Par kiwaïda at 13:09

16/05/2018

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"My Greatest Friend. A circus elephant and the trainer's daughter were the best of friends."
Photo by John Drysdale, England, 1986

L'éléphant dans le noir

"Des Indous avaient amené un éléphant; ils l'exhibèrent dans une maison obscure. Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir. Ne pouvant le voir des yeux, ils le tâtèrent de la main. L'un posa la main sur sa trompe; il dit : "Cette créature est-elle un tuyau d'eau ?" L'autre lui toucha l'oreille : Elle lui apparut semblable à un éventail. Lui ayant saisi la jambe, un autre déclara : "L'éléphant a la forme d'un pilier." Après lui avoir posé la main sur le dos, un autre dit : "En vérité, cet éléphant est comme un trône." De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il la comprenait d'après la partie qu'il avait touchée. Leurs affirmations variaient selon ce quils avaient perçu : l'un l'appelait "dal", l'autre "alîf"*. Si chacun d'eux avait été muni d'une chandelle, leurs paroles n'auraient pas différé. L’œil de la perception est aussi limité que la paume de la main qui ne pouvait pas cerner la totalité de l'éléphant. L’œil de la mer est une chose, l'écume en est une autre; délaisse l'écume et regarde avec l'oeil de la mer. Jour et nuit, provenant de la mer, se meuvent des flocons d'écume; tu vois l'écume, non la mer. Que c'est étrange ! Nous nous heurtons les uns contre les autres comme des barques; nos yeux sont aveuglés; l'eau est pourtant claire. Ô toi qui t'es endormi dans le bâteau du corps, tu as vu l'eau; contemple l'Eau de l'eau. L'eau a une Eau qui la pousse, l'esprit un Esprit qui l'appelle."

Rûmi
Le nom complet de Rûmî (1207-1273), poète mystique persan qui a profondément influencé le soufisme, il est Mawlânâ Jalâl alDîn Muhammad ibn Muhammad al-Balkhî al Rûmî.
("Hier, j'étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd'hui, je suis sage et je me change moi-même" / "Ne reste que parmi les amoureux, des autres éloigne-toi")

Je pensais à la quête de la vérité, que ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle, dans le sens où la vérité ne se possèderait pas, elle se chercherait. Rûmi, ce poète écrivait ceci :
"La Vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la Vérité s’y trouve."


Son conte de l'éléphant rassemble ces aveugles qui tâtonnent et cherchent la vérité. Ils ne peuvent voir l'éléphant dans sa totalité, tout entier, car ils sont dans le noir, l'éléphant est au centre de la maison dans l'obscurité (version parfois trouvée). Chacun touche une partie et interprète selon son expérience, à quoi lui fait penser cette partie et le dit à haute voix. Mais aussi, chacun entendant ce que l'autre dit est influencé et transforme son interprétation, en fonction de ce que l'autre à dit, et de sa propre expérience sensorielle, du toucher. Aucune de ces interprétations ne se ressemblent, elles sont toutes différentes, elles ne sont pas éclairées, l'éléphant est dans le noir, l'obscurité. On trouve même des versions, comme celle ci-dessus, qui qualifient l'obscurité, le noir. Même éclairée à la chandelle, à la bougie (donc faiblement), cela ne révèlera pas la vision de la totalité de l'éléphant, et les versions de chaque personne seront chacune différente, incomparable. Le conte raconte. Toutes ces versions sont aussi des vérités et entendables, mais elles ne sont pas la vérité, ne parlent pas de l'éléphant. Celui-ci est si gros (un animal au milieu de la pièce) que dans l'obscurité, personne ne le voit, chacun interprète, marche à tâtons dans son raisonnement. C'est une belle "figure" et une énorme, que de ne pas voir la vérité et seulement entendre les rumeurs, ou les lire, les mots des rumeurs. Ne pas voir, ne pas comprendre, dans la totalité, ne pas pouvoir embrasser le tout, résume cette vision éléphantesque de la vérité.

Il y a aussi une autre petite histoire, dont le nom de l'auteur (ou du gourou, du sage, enfin peu importe) je ne l'ai pas trouvé, et cela tombe bien, qui est celle-ci :

Le diable et son ami marchaient dans la rue. Ils aperçurent un homme qui se baissait pour ramasser quelque chose et le mettre dans sa poche.
L’ami dit au diable : « Qu’est‑ce que cet homme vient de ramasser ?
« Un petit bout de Vérité » répondit le diable.
« Mauvaise affaire pour vous ! » remarqua l’ami.
« Pas du tout ; répliqua le diable, car je la lui laisserai l’organiser !»


Ici, le mal, représenté par le diable, qui a toujours un complice, s'amuse de ce qu'un homme a trouvé et pris possession, un bout de miroir dans sa poche. Car, le diable, n'a besoin de rien faire, il sait que cet homme ne trouve pas la vérité avec une partie du tout et qu'il pourra l'interpréter comme bon lui semble, c'est-à-dire de façon confuse et partielle, tronquée, érronée, et mieux, que ses interprétations emmêlées ne seront que le cafouillis de son esprit et de ses tromperies. Le diable se réjouit de savoir que cet homme peut croire n'importe quoi, il se réjouit de semer la zizanie ainsi en n’intervenant surtout pas et en laissant les êtres humains organiser comme bon leur semble, la vérité, c'est à dire, en se disputant, voire en s'entretuant. Que le doute soit semé, certes, mais qu'il le soit, sans besoin de faire le mal, sans que le diable n'agisse, ni ne trouble, est bien là la perversité du diable. Il peut garder l’apparence du bien, de celui qui n'y est pour rien dans tout le mal. Tout du moins, peut-il, à loisir, observer le désastre, et même s'en moquer, rajouter du grain à moudre. Il suffit que ce modèle fonctionne et que d'autres fassent de même, le mal ne peut être localisé, il est partout à la fois, dès qu'il a su se transmettre. La donne changerait si les personnes se solidarisent et optent pour le respect et l'écoute et qu'ils ne se fassent pas du mal, sachant que chacun se trouve fragilisé, avec seulement, un bout de vérité. Chez les sages, l'écoute se trouve peut-être, mais, dans nos sociétés, où les harcèlements et les rumeurs sont des outils pour semer le trouble, avoir du pouvoir, dominer, détruire, tuer, il devient plus facile d'épouser l'objectif du mal et de le perpétuer, que de réfléchir, méditer, penser ou se mettre en quête de soi, de la vérité.

Quand une zizanie est semée dans une société et que le dirigeant ou la dirigeante, le sait, l'observe, et ne rétabli pas l'ordre ou ne déplie pas, ce qui est resté caché dans les plis, des uns et des autres, c'est qu'il ou elle jouit de ce climat, où les suspicions et les délations sans dessous-dessus, la haine... déclareront une guerre quotidienne aux êtres qui évoluent dans un système clôt, plus ou moins fermé, sectaire, un groupe, une école, un réseau, une institution, etc. (qui n'extériorise jamais ses pratiques et méthodes) Mais à la plus perverse des situations, le dirigeant ou la dirigeante est manipulé.e par un simple collègue, ou des complices, il ou elle ne dirige plus rien, et c'est dans l'ombre qu'agissent les employés, certains, pas tous, manipulant, à leur tour, les plus fragilisés. J'ai publié un texte, long, peut-être inachevé, en 2016, sur cette quête (Marée irisée) qui ouvre plusieurs pistes. Il puise dans ce que sont devenues nos communications avec les médias, mais aussi ce que l'intelligence artificielle promet et défait. Il n'est pas étonnant que j'y suis revenue ces jours-ci à l'aune de nouvelles découvertes et organisations secrètes démasquées. Ce que j'aime dans cette photographie (sans doute une carte postale) c'est qu'elle n'a rien à voir avec mon article philosophique. Et peut-être que c'est ce que je préfère, cette dernière découverte. Cet enfant qui s'attache à un éléphant, dans l'image, ils sont comme amis, mais aussi comme rassurés ensemble de s'être trouvés. Et bien si, il y a en fait un rapport, mais pas sur la suspicion, l'ignorance, comme l'avancent mes phrases. Sur l'apaisement. Cette image vient annuler le doute semé.
L'enfant a trouvé l'éléphant tout entier et c'est devenu son ami.

Par kiwaïda at 17:10

09/03/2018

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Aujourd'hui j'ai reçu une invitation de la ministre de la culture à aller à une soirée Vj en l'honneur des enseignements de Nathalie Magnan. La première phrase est celle-ci :
...travaux et recherches de nombreux artistes, chercheur.es, (h)acktivistes et étudiantes qui continuent à labourer les territoires qu'elle explorait.
Et bien la ministre de la culture ne doit pas être au courant que son équipe à mis fin à la carrière d'une enseignante (qui labourait ?), successivement à sa disparition, parce qu'elle était trop pauvre et trop sale, ou trop migrante. Et que nombre de faux procès en un temps rapide furent intentés sur ma personne par une femme médaillée de la légion d'honneur ! Peut-être qu'une terroriste aurait eu le même traitement ? Est-ce qu'il y en a d'autres, en a eu, est-ce que cela va continuer ainsi ? C'est l'effet du respect des droits des femmes ou bien pour l'égalité des salaires entre hommes et femmes, ou bien pour les mesures contre le harcèlement moral, sexuel, contre les discriminations, politiquement correct sur l'écran, mais en réalité ? C'est moche.

Le 8 mars est moche en fait, il sonne faux, il faudrait le boycotter. Le 9 mars, cela va déjà un peu mieux, on respire.

Nathalie m'entends-tu ? Est-ce lumineux comme tu le souhaitais ce qu'il se passe dans le monde de l'enseignement d'où tu viens ?

Je réfléchis beaucoup en ce moment à la parole que l'on appose aux morts et aux mortes en particulier, car le particulier ici résonne. Une partie du tout. C'est une parole que l'on a jamais donné aux mortes de leur vivant, qui fait autorité. J'ai remarqué aussi cela d'un autre enseignant qui n'était pas encore retraité et dont sa disparition, à peine son esprit quittait notre monde, que des annonces très officielles sont apparues. Vie d'artiste et d'enseignants officieux > Disparition/Apparition d'un nouveau discours officiel. C'est comme effacer l'essentiel. Pourquoi tous ces efforts ? Pourquoi les morts ne pourrait-ils-elles pas vivre leur vie après leur mort comme bon leur semble. Il y a eu tant de morts et de jeunes morts dans mon métier de l'enseignement en art, que l'on oublie de les compter ensemble. Pourtant, ils et elles faisaient tous partie du même corps, de métier, de ces fonctionnaires, liés au ministère de la culture.

Comme ces morts, j'ai quitté mon enseignement, sans l'avoir décidé, ni prémédité,  parce que l'on ne me voyait pas assez, je n'étais pas assez en représentations officielles, j’œuvrais trop discrètement, je n'avais pas d'amis avocat, ou bien d'autres criaient plus fort, pas spécialement mieux mais plus fort. Leurs cris étaient relayés. On préfère le brouhaha au discernement, on préfère le divertissement à l'apprentissage de la concentration. Agitez-vous, montrez que vous êtes important.
Parce qu'en fait personne ne l'est.

Quitter c'est aussi accepter et espérer que d'autres seront mieux compris, mieux intégrés et c'est tenter de trouver une autre place, aussi précaire ou moins ou meilleure. Cela ne peut être que cela : meilleure. Car d'où je serai, je communiquerai avec tous ces morts qui m'ont appris à ne pas accepter ces représentations officielles toutes ces annonces qui valideraient que soit prolongée la parole des morts. Non, les morts ne prolongent rien dans le monde des vivants, ils s'en vont, ils nous quittent, et nous les quittons.

Quitter son enseignement, c'est savoir qu'il ne sera pas prolongé. Et de son vivant, qu'il sera enterré vivant, officiellement.

Quand la terre ne peut plus être labourée et qu'on ne reçoit plus le sel de la vie, on ne laboure plus. On passe pour des morts, mais on est encore vivant. On fabrique le sel de notre vie, on invente son paradis ailleurs loin de l'enfer que l'on a semé à votre place.

Par kiwaïda at 19:38

21/02/2018

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Nourriture pour Cafuné & Satori (Photographie © Sonia Marques)

L’art de bailler sa vie

Lapin au destin retiré du monde qui ne souhaitait se perdre dans de vaines agitations. L’ennui subi ou choix orgueilleux de l’inaction, à bas les expositions égotistes, vive l’acédie. Ne rien faire plutôt que faire comme tout le monde.

Étirement. Adieux les enfants gavés d’activités et d’images, gros, gras, grands, idiots. Ils ne peuvent rêver, ce que l’ennui promet, ni éprouver cette impatience du lendemain : y a-t-il encore quelque chose à conquérir ?

Lapin dit : Ma présence.

Cet ennui nuit à l’éducation. Pourtant il n’est ni la peur du manque, ni la fascination du vide. Après avoir été dégoûté de ce que les enseignements provoquent : un sentiment de vomi...

Lapin dit : Apprivoisons le ralentissement propice aux aspirations créatrices.

Tous ces enfants, ces adolescents en proie à l’hyperactivité, sans cesse, le faire et l’avoir sollicitent la jeunesse. Les stimulations et les dispersions devenues de ces enseignements tourbillonnants apportent cette illusion qu’il est vivant, l’enfant.

Lapin dit : Je dors le jour, je saute la nuit.

Mon ennui serait à rejeter, sans valeur, indigne, superficiel, alors que les tâcherons et tâcheronnes ne redoutent l’ennui, il ne sera jamais devant eux. Dans leur banalité, leur mensonge assuré, rien ne parlera de la finitude, ni du temps qui passe, car il ne passe plus dans une vie bien remplie, d’ailleurs plus rien ne peut passer, ni le temps, ni les pauses, ni l’imaginaire. Il n’y a que des priorités, des occupations urgentes dans un calendrier désorganisé mais bien ordonné, tout à une place définie et ressemble à des projets. La vie serait projets, elle deviendrait dans ces cases remplies des valeurs à créditer.

Lapin dit : Depuis que le dégoût de l’enseignement est arrivé soudainement, le désœuvrement s’est installé dans une situation non choisie mais déterminée par la médiocrité. Tout est devenu fastidieux et inutile.

Fatigue de voir ces mensonges s’étaler au grand jour, ces prédations fières de leurs victimes, ces bienséantes communications, rassurantes, dont l’éducation raffole.

Lapin dit : La nuit la vérité, le foin la liberté.

Ce sentiment d’impuissance devant ces écartèlements, tortures, tous ces objectifs impossibles à tenir, ces faux paris sur la vie.

En silence lapin s’ennuie, son intelligence endormie, ce sont les bêtes qui décident, alors que lapin s’échappe. Singulier ennui qui disparaît dès qu’il est approché, il faut le fuir pour entrer dans l’ennui, sans être importuné.

C’est un passe-temps, un retrait dans l’indifférence générale. Presque une exclusion vécue et habitée comme un ennui féroce, suave et juvénile.

Il ne grandira jamais.

Il ne promet rien.

Il n’expose rien.

Pourtant, il ne s’obstine pas quand il s’ennuie.

Lapin dit : Possible.

Nu désespoir, jouissance d’atteindre un jour, plaisir des nuits paisibles et sans mystère.

Si tu n’avais pas été lassé par tant de médiocrité, aurais-tu un jour connu l’art de bailler ta vie ? Ce sont les ignorances, les corruptions, les faibles. Ton ennui n’est pas une acédie corruptrice, ni un pêché mortel. Tu lui consacres tout ton temps.

Entier. Tu boudes les parties et les miettes. Tu savoures avec des piqûres anxieuses.

Même prier serait remplir, manger gaver, mais cueillir l’appétence dans la patience que la tristesse fait naître des secondes de joie.

Lapin dit : Je préfère ne pas. Paresse qui somnole dans une prison ouverte sur les ruines des enseignements, dévastés, ravagés par les milices.

Lapin : Je baille.

Satori (Photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 22:43

20/01/2018

Tнé☺ґḯε ∂ü ℋѺℵḰ ℋѺℕḰ

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Honk Honk (Photographie © Sonia Marques)

(*•̀ᴗ•́*)و ̑̑

Je regardai le texte féministe que j'ai signé (déjà abordé lors d'un article, nommé "Les fessées") et l'évolution de ses traductions. Une version portugaise est mise en ligne, As feministas podem falar ?. Cela m'intéressait de savoir comment avaient-elles (ce sont des femmes) traduit cette drôle d'expression, à laquelle je ne souscris pas, de notre société française : "la drague lourde".

Le paragraphe en français :

De quel camp provient donc la confusion ? Elle agit sans doute davantage parmi celles qui croient voir dans le harcèlement une uniformisation de la « drague lourde ». Et on ne saurait imputer un tel contresens à de l’ignorance ou encore seulement à une méconnaissance de ces situations. Il y a là une volonté politique délibérée : nier la permanence des violences sexuelles et sexistes, surtout lorsque celles-ci sont le fait d’hommes de pouvoir et se perpétuent ainsi dans les milieux les plus privilégiés.

La traduction du paragraphe en portugais :

De que campo provém então a confusão? Ela está certamente presente entre aquelas que acreditam que o assédio é apenas uma forma de « engate / cantada pesado/a » Este absurdo não deve ser imputado à ignorância ou a um desconhecimento deste tipo de situações. Ele remete para uma vontade política deliberada: negar a permanência das violências sexuais e sexistas, sobretudo quando estas últimas são praticadas por homens de poder, perpetuando-se assim nos meios mais privilegiados.

La traduction de la drague lourde :

Uma forma de “engate / cantada pesado/a”

Étrange, je crois que cela n'existe pas ainsi.

Par ailleurs, je me suis souvenue de ce terme "faire du gringue". Il y a très longtemps que je ne l'ai entendu en France. Peut-être lorsque j'étais petite, dans des films des années 50 ? À ne pas confondre avec "faire la bringue" (faire la fête). Et je pensais aussi à celle-ci, "avoir du béguin" (être amoureux)

Originaire de Belgique, plus précisément de Liège, le mot « béguin » vient du premier couvent de béguines, au XIIe siècle, où les religieuses portaient cette coiffure faite d’une toile fine. Ainsi, croisée avec l’expression « être coiffé de quelqu’un », qui signifie « être aveuglé par quelqu’un », « avoir le béguin » est rapidement devenue une formule courante pour affirmer l’amour ressenti par une personne. 

J'émets l'hypothèse que la drague a bien changé, et si vite, à tel point que certain.es ne se sont pas aperçu.es du changement et ont ajouté "lourde". Mais il n'y a point de "lourd" ou "lourde", mais bien "violences" au pluriel. En fait, ce qui me gène dans ce texte, que j'ai signé, c'est le camp femmes d'un côté et hommes de l'autre : "nier la permanence des violences sexuelles et sexistes, surtout lorsque celles-ci sont le fait d’hommes de pouvoir et se perpétuent ainsi dans les milieux les plus privilégiés". La participation des femmes est omise, qu'elle soit sous une forme de pouvoir et d'emprise, ou bien de connivence et de complaisance, ou bien même lorsqu'elle est tue, ou que les femmes taisent ou dénient les actes physiques et/ou psychologiques, et donc les effets, sur les femmes ET sur les hommes, sur la société. Je préférai le texte américain "Not surprised", signé également, fin 2017, et dont j'ai publié le texte dans un de mes articles, intitulé "Il pulcino nero", dans lequel je joins un récit de mon expérience personnelle. D'ailleurs l'un semble copier l'autre, dans sa volonté de le traduire en plusieurs langues, mais aussi, dans sa forme publiée... J'observe qu'il y a des lacunes en graphisme et en multimédia, car les interfaces ne sont pas très modernes pour le coup (progressistes) ni pensées. Alors ces réunions de femmes qui se disent progressistes n'ont pas encore trouvé de femmes progressistes dans l'expression artistique. Elles n'interrogent pas non plus leurs signataires, ni même les commentaires. Alors peut-être n'est-ce qu'une recherche de pouvoir de plus : collectionner des signatures ? Lorsque j'ai enseigné à l'école d'art de Bourges, un collectif, mené par une femme (ou plus ?) s'est formé et un blog fut mis en ligne. Interface confuse et non actualisation des informations, ce qui laissa douter de l'activisme des instigatrices et instigateurs. D'ailleurs, ce blog s'est arrêté lorsque j'ai été amenée à partir. Un crash test en quelque sorte. Les revendications sur les statuts des professeurs n'étaient pas clairs non plus et ne représentaient pas la majorité de celles et ceux qui enseignent dans ces écoles. Ainsi tout est gelé, banquise des statuts, crises, crises. Le manque de transparence sur qui fait quoi et qui écrit quoi m'avait sidéré. Brouillon, brouillon.
Bref, ce qui diffère outre-Atlantique, c'est la conscience du jeu sexiste et régressif que les femmes (et oui !) et les hommes imposent sous des valeurs progressistes dont on loue le bienfondé de l’égalité entre femmes et hommes.

Extrait de nouveau du texte "Not surprised" :

De nombreuses institutions et personnes en position de pouvoir dans le monde de l’art contemporain adhèrent en théorie et sans sourciller à la rhétorique féministe et au principe d’égalité. Souvent, ils ou elles tirent profit de cet engagement de façade en faveur de politiques progressistes, tout en préservant, en pratique, des conventions sexistes néfastes et oppressantes. Chaque jour, celles et ceux qui détiennent le pouvoir font le choix d’ignorer et d’excuser, quand ils ou elles ne commettent pas eux-mêmes des actes de harcèlement et d’humiliation. Ils ou elles créent ainsi un climat arrangeant, voire complice, envers des abus de pouvoir illégaux et potentiellement plus graves.

٩(⸝⸝⸝◕ั ௰ ◕ั⸝⸝⸝ )و

Cette différence, entre autres, dans ces textes, me semble très importante. Dans mon expérience personnelle, en France, j'ai dû revoir les théories féministes, dès lors que j'ai été confrontée aux femmes féministes (je ne sais jusqu'à quel degré... étaient-elles brûlées, je ri un peu, sinon...) soutenant mordicus des théories diverses tout en harcelant et participant du harcèlement moral et sexuel des hommes sur certaines femmes, avec violence, abusant de leur pouvoir, sans jamais défendre les victimes. Ou pire : se taisant, tout en sachant comment elles pourraient leurs venir en aide. Dans les syndicats c'est assez révélateur de les trouver, du côté du pouvoir. Alors "mordicus" est très intéressant comme mot. Il date de la fin du XVIIe siècle et vient du latin 'mordere' signifiant 'mordre'. Au sens propre, il signifie "en mordant". Au figuré, il prend le sens de 'obstinément', à l'image de la chienne qui a planté ses dents dans le bras de celui qui voulait la caresser et qui ne veut plus du tout lâcher prise.

Les femmes qui ne lâchent prise ressemblent aux hommes qui ne lâchent prise, lorsque l'on dit :

"STOP, arrêtez vous me faites mal !"

*

◟(◔ั₀◔ั )◞ ༘♡

Alors faire du gringue sinon c'est quoi ?

Origine :

Au milieu du XVIe siècle, le 'grignon', dérivé de 'grigner' qui a donné 'grignoter', désignait régionalement un morceau de pain (tout comme 'quignon' qui est étymologiquement lié). Et du 'gringue', mot dérivé de 'grignon', c'était du pain, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. C'est au tout début du XXe, chez Aristide Bruant, qu'on trouve le mot 'gringue' dans faire du gringue avec le sens de "chercher à plaire" qui a évolué vers "faire la cour, généralement de manière pressante" dix ans plus tard. Tout esprit un tant soit peu éveillé se demandera in petto comment on a pu ainsi passer du pain à la cour. D'autres esprits, éveillés également, se sont déjà posé la question, et la seule réponse, apportée par Gaston Esnault, mais hélas sans aucune certitude, viendrait d'un rapprochement avec l'ancienne locution "faire des petits pains pour quelqu'un" qui a d'abord voulu dire "faire l'aimable pour appâter" puis par extension, "faire la cour".

Les expressions étrangères sont délicieuses :

Allemagne    "üßholz raspeln"    Râper de la réglisse
États-Unis    "To hit on (someone)"    Frapper sur (quelqu'un)
Espagne    "Ligar "   Draguer
Espagne    "tirar los tejos a alguien"    jeter les palets
Espagne   ""Hacer la corte" "   "Faire la cour"
Canada (Québec)   "Chanter la pomme"   
Italie    " Fare il filo/fare la corte"    Faire le fil/faire la cour
Belgique (Flandre)    " Zoete broodjes bakken"    Faire cuire des petits pains sucrés
Portugal    "Arrastar a asa "   Trainer l'aile
Roumanie    "A se da la cineva"    Se donner/frapper à quelqu'un/une

Chanter la pomme, râper de la réglisse, faire cuire des petits pains sucrés, trainer l'aile

Et oui, c'est pas mal, s'intéresser aux langues....

Si quelques femmes ont été lancées par des hommes de pouvoir, à écrire ou à parler à travers des médias qui détiennent le monopole de la diffusion (pas une seule femme ne dirige ces groupes de presse), c'est qu'elles correspondaient bien à ce qu'elles devaient dire et devaient taire, puisqu'elles n'ont pas de média autonome. Elles ont été choisies, c'est celles que l'on lit, que l'on voit, pour le meilleur et le pire, évidemment. Les médias se lèchent les babines de donner la parole sur un sujet très précis (= petit cadre) et se chargent de couper ensuite cette parole (très très petit cadre), ce qui ne nous donne pas le meilleur mais des phrases et des prises de positions littérale empruntées des réseau sociaux (j'aime, j'aime pas être frottée par les hommes, j'aime, j'aime pas être importunée par les hommes...) empêchant d'élever le niveau et d'y voir des femmes actives, celles qui font et réalisent des choses. On préfère montrer des hommes qui font et des femmes qui attendent que les choses se passent. Ainsi, cela reste sur cette horizontalité décidée, pas de relief, pas d'humour, pas de croisements de disciplines. Cela donne aussi l'occasion à d'autres d'écrire et de fédérer sur diverses tribunes, faute de mieux, répondre à ce que certain.es, une poignée, ont lancé comme joutes verbales. À ce petit jeu, personne ne sort gagnant.

Ce qui n'est pas abordé dans tous ces commentaires de femmes plus âgées qui disent "aimer" se faire importuner, ou vouloir que cela continue ainsi, sans broncher, par consentement muet de la société et des autorités en présence, parce qu'elles auraient "un joli petit cul", ou qu'elles sont (ont été) selon leur terme "une belle bombe", ou celles qui regrettent qu'à leur âge, elles ne sont plus importunées ou frottées dans le métro, c'est tout simplement qu'elles ne connaissent absolument pas comment les femmes plus jeunes vivent aujourd'hui. Et lorsque l'on dit plus jeunes... cela va loin dans l'âge. Il suffit de sortir en fait, d'être une femme active, de ne pas avoir de chauffeur, chauffeuse (?) et d'être souvent mêlée à la foule, ou à des groupes, dans le travail avec de de jeunes femmes, de jeunes hommes, et des plus vieilles, des plus vieux ; et faire du sport avec diverses personnes, oui ça change un peu les manières de faire et de penser. Tous âges, toutes religions, toutes cultures. Une certaine connaissance du brassage culturel est nécessaire et de l'évolution des migrations. Oui les rassemblements aujourd'hui, n'ont pas les mêmes effets que ceux d'hier. De toute évidence, ces femmes qui concoctent un pauvre texte entre elles pendant un réveillon arrosé pour le balancer au début de l'année nouvelle qui commence, l'exhibant fièrement à tous (en fait juste une communauté protégée) comme la pensée intellectuelle de 2018 pour tous... ont scié la branche sur laquelle elles végétaient un peu trop. Bim ! Nous voici donc avec des branches en moins. Finalement c'est pas plus mal.

Et puis, si se frotter, c'est draguer et si importuner, c'est draguer, alors un coup de pelle sur la tête, c'est du jardinage et un coup de guitare sur la figure, c'est de la musique...

.( ̵˃﹏˂̵ ) (˃̶᷄︿๏)

La drague disent-elles, ou disent-ils, ce n'est plus ces mots là grivois. C'est "J'te suce, j'te suce" le doigt majeur levé lorsque vous attendez le bus, par des bandes de jeunes ouvriers, ce sont des crachats par de jeunes étudiants habillés en cadre dynamique, des bousculements par de moins jeunes lorsque l'on ne répond pas aux avances et injures, et lorsque les dragueurs sont véhiculés, ils ne manquent pas de vous écraser. Et si vous ripostez pour vous sauver, c'est "Sale pute, ta mère la pute" , en boucle (c'est un refrain !) et j'en passe. En banlieue ? Et bien non, aussi à Paris et dans les villes de provinces, les grandes villes et les moyennes. Dans le métro parisien ? Et bien non, comme je l'écrivais plus haut, tout transport collectif. L'âge ? Il suffit d'être là, dans le bus aux sorties des collèges et lycées et observer les harcèlements qui s’effectuent à ciel ouvert. Il suffit d'assister à une réunion de travail, chez les plus grands, c'est-à-dire les adultes, dans leurs milieux professionnels, et à la pause "clope" ou pas clope, pour entendre que le joli petit cul, le devient moins et que des hommes sifflent les femmes comme s'ils sifflaient leur chien, ou leur chienne, devant un groupe, composé de femmes et d'hommes, acceptant ces modes de communications : se laisser importuner au travail. Cela va plus loin, il y a des paliers, jusqu'à l'irréversible. C'est un vocabulaire qu'on ne peut classer dans "drague", n'est-ce pas ? À moins que ce vocable, dans les parties privées avec invités de tous poils de Catherine Millet soit d'usage. Dans l'espace public, il n'y a pas d'invitations privées, de marivaudages ou troussages de domestiques collectifs. Devons-nous le rappeler ? Les rassemblements, des manifestations, dans des lieux même festifs, ne sont pas des terrains où celles et ceux qui importunent (synonyme de harcèlement) font leurs lois. Ces agressions ne sauraient devenir des modes de communication tolérés entre passant.es. Ainsi, avons-nous plus, en France, des tribunes de femmes célèbres, pas si décérébrées que cela, paresseuses peut-être (pourquoi penser plus et mieux ?)  qui imposent des allégeances rivales en y opposant les allégeances citoyennes. Et la violence terroriste est faite des mêmes ressorts : mettre à mal la distinction entre espace public et espace privé. La confusion entre l'espace intime et l'espace du politique, société civile et société d'État, entretient les violences terroristes. Si l'État tolère encore les troubles de rue, révélés ces temps-ci par des femmes en majorité, qui dénoncent ces violences quotidiennes de harcèlement de rue, c'est que le rapprochement et le passage ne s'est pas encore fait. Rien n'a été réalisé pour la mobilité des femmes dans l'espace public, alors que la libre circulation est menacée quotidiennement. La violence terroriste est la seule, qui n'est ni tolérée ni acceptée. Le mépris des femmes et de leurs mobilités dans l'espace public est devenu intolérable, pour nombre de femmes et d'hommes (on l'oublie hélas), car les violences se sont aggravées et n'ont pas été sanctionnées. Pourtant, elles empêchent les femmes d'aller au travail, de voir leurs amis, d'imaginer se rendre plus loin, voyager, former des circuits, faire du jogging, du sport, etc...

On peut qualifier ces violences, de violences interindividuelles car il existe des violences urbaines (rixes, émeutes, manifestations, etc) Elles augmentent. Pourquoi, hommes et femmes, et ce retour à l'état sauvage et belliqueux ? La consommation de masse opérée dès les années 50 (quand on faisait "du gringue") explique ces changements rapides, où le désir doit être satisfait immédiatement. Le capitalisme dominant encourage ces violences, le désir immédiat, pour des raisons commerciales, le rendement à court terme, et aussi les relations interpersonnelles dégagées de tout rapport hiérarchique. Ces transformations de vie en commun ont fragilisées les barrières entre communautaire et institutionnel. Cette décivilation des mœurs a gagné nos rues. Si aujourd'hui, des femmes disent "pas touche", cela ne veut pas révéler "un puritanisme", celui que quelques femmes protégées ont dénoncé, pétries dans un temps révolu, avec une galanterie et une drague si courtoise, le beau gringue bien élevé qui n'existe plus. Il faudrait plutôt le ré-introduire ? Est-ce à comprendre que ces dames ont échoué dans l'éducation de leurs fils ? Oui, certainement, et de leurs filles aussi, puisqu'elles ne leurs ont pas appris à dire "pas touche" assez tôt. Aujourd'hui, il ne suffit plus de le dire, il faut l'écrire. Car prendre un non pour un oui, ou penser que si on ne dit ni oui ni non, c'est qu'on peut violer et que même la justice valide un consentement lorsqu'une mineure est violée par un adulte, obéissant à son désir immédiat, sans penser à qui s'adressait-il... Oui, il y aura des contrats comme en Suède !

Alors ce temps où les Bardot et Deneuve étaient courtisées n'existent plus, il est aboli. Celui même, où elles perpétueraient leurs modes de communication, d'exposition et d'interdits de dire, d'écrire, tout en laissant d'autres les écraser, écrire à leur place et les former en images de leurs fantasmes. Nous sommes au temps où les femmes doivent se faire respecter, plutôt que se faire continuellement agressées, violées, rabaissées, dans leur vie professionnelle ou privée. Nous sommes dans ce temps où il y a des hommes qui ont oublié que les femmes étaient des êtres humains et où d'autres hommes en ont franchement marre de payer le prix de toutes ces agressions réduisant leur chance d'être en confiance avec une femme et qu'une femme soit en confiance avec un homme, et les gays et lesbiens et les transgenres, la confiance se perd aussi et pour longtemps, il n'est là pas question de genre justement, mais de comportements entre humains, de relation interindividuelles.

En fait, il se passe la même chose avec certaines femmes. Il y a des femmes agressives, ou très agressives, qui ont oublié que toutes les femmes et tous les hommes sont des êtres humains. Et si elles sont dans des situations de pouvoir, elles n'hésitent pas à sortir un arsenal, que l'on peut considérer comme machiste ou misogyne. C'est que l'on oublie ce qu'est le sexisme et qu'on peut le rencontrer dans un comportement féminin. Certaines femmes souhaitant accéder au pouvoir pensent qu'elles doivent copier un comportement, qu'elles ont dû observer et qui selon elles "fonctionnaient" bien pour assujettir d'autres personnes à leur désirs, souhaits, volontés… Elles n'ont pas reçu de bons modèles et ont été entourées de comportements abusifs. Elles répètent. De même pour les hommes, de tout individu.La question du genre me paraît vaine en fait. Ce sont des comportements agressifs, dans une société qui favorisent ces violences quotidiennes (accès au pouvoir par l'emprise, dans le monde du travail, le couple, la vie familiale, le voisinage, etc…) Et la drague, dites "lourdes" n'est autre qu'une emprise pour assujettir l'autre qui ne veut pas se subordonner. Car notre société s'est tournée vers une évolution où "la réussite sociale" devient celle de la visibilité de possessions de biens matériels, virtuels, et des êtres vivants, de leurs échanges, de leurs commercialisations. Des êtres vivants ou des parties des êtres vivants. Pour le côté virtuel, qui n'est nullement opposé au matériel, les réseaux sociaux participent de mêmes structures : acquérir, échanger, collectionner, vendre… Le nombre devient important.

೭੧(❛▿❛✿)੭೨    ໒( ͡ᵔ ▾ ͡ᵔ )७   ( ◑ٹ◐)   ( ՞ٹ՞)   (★^O^★)   ヾ(^-^)ノ   ヽ(*⌒∇⌒*)ノ  

D'autres valeurs ont été délaissées dans notre société, qui naguère créaient de la beauté, du bien, des partages et échanges… Le bonheur n'était pas une image, la beauté non plus, le bien également, n'était pas un concept pour vendre des aliments qui seraient meilleurs que d'autres, plus sains… Disons que les échanges, les idées, la discussion (et non le débat violent pour faire du "buzz" en opposant des antagonistes) les balades et promenades, les flâneries, l'imagination, la contemplation, les apprentissages, les études, l'enseignement… Tout cela disparaît peu à peu, ne parlons pas de la tendresse.

Mon métier d'enseignante m'a beaucoup appris des comportements, des critères d'évaluations, des objectifs qui ont changé, aussi de la forme de communication que devait prendre les études, les formations et à quoi devaient-elles servir. Le plus souvent à obtenir de l'argent, plus de crédit pour l'école, et tout peut être moteur pour valider certains cours, du moment que cela rapporte. Les moyens de pressions sont tels, que tous les comportements sont permis, afin que l'emprise fonctionne et que soient assujettis les plus faibles, c'est-à-dire celles et ceux qui ne partagent pas les mêmes valeurs (et non les plus "faibles")

Je pense qu'il n'y aura pas d'évolution dans l'égalité entre hommes et femmes. Car je me suis aperçue que dans cette course à l'égalité, des femmes ont réussi à ce que des quotas soient inscris et que des femmes accèdent ainsi au pouvoir, ne favorisait nullement de changement de comportement. La société est toujours de plus en plus agressive et des femmes au pouvoir ne changent pas la qualité des relations humaines. Elles peuvent, à contrario, rendre les relations encore plus cruelles et les détruire, plutôt que construire une meilleure société ensemble.

Alors tout est à la recherche de femmes au pouvoir et à des postes de directions, pour ces raisons d'égalités entre les femmes et les hommes. N'est-ce pas un argument supplémentaire qui empêche de comprendre et apprendre de ce que nous sommes capables de faire ensemble, en commun, en préservant les différences de tout à chacun, chacune ? Car oui, il y a des différences. Ces femmes sont choisies par des hommes qui se font juges et sélectionnent des manipulables et dont les engagements et la culture faiblards ne favoriseront pas l'intégration à l'emploi d'autres femmes parmi leurs salariés, bien au contraire.

Ce qui est positif, avec toutes ces actrices déchues, c'est le rapport à l'image créé par les hommes, que les femmes subissaient. Les apparences physiques et les comportements étaient dirigés, et le sont toujours, par des hommes. Elles devaient ressembler à ci ou à ça, selon les fantasmes des hommes, elles devaient également s'y conformer sans broncher : se taire. La Brigitte Bardot et la Catherine Deneuve ne comprennent pas que des femmes ne souhaitent pas ressembler à ci ou à ça, selon le fantasme d'une poignée d'hommes au pouvoir, et ne souhaitent pas se taire, ou passer leur temps à défendre ces hommes, les satisfaire en tous points. Elles n'ont jamais réalisé qu'elles pouvaient être libres de ces regards et directions, même ne pas être obligées de passer devant les caméras pour obtenir ce qu'elles souhaitaient dans la vie et s'imposer nombre de contraintes pour rentrer dans le petit cadre, le petit écran, ou grand écran, mais c'est le même. Le gendre (de Deneuve) Benjamin Biolay dit : "Ne brisez pas nos icônes". En fait il dit sagement : "Pas touche à la maman, la putain". Car, en France, pour être une icône il faut être à la fois, la maman et la putain. Il le dit très bien "nos" icônes, les siennes d'abord. L'esprit de possession s'est exprimé, affirmant encore plus l'enchaînement dans lequel, les hommes, les fils, attachent les femmes, leurs mères, belles-mères, leurs sœurs, leurs filles.

Alors elles se rebiffent et clament aux hommes inquiètent : "Miroir, miroir, suis-je toujours la plus belle ?" Mais ce n'est toujours pas au nom des apparences que la majorité des femmes aujourd'hui parlent. Il n'est pas question des formes, mais du fond. Et cela induit de nouvelles formes, que ces femmes de l'autre temps considèrent comme vulgaires, idiotes, violentes. Ce sont les coups reçus (le "j'te suce" ou "ta mère la pute") ces dragues vulgaires, idiotes, violentes. Elles ont engendré ces délations vulgaires, idiotes, violentes en pagaille et de nécessaires dénonciations de crimes comme les viols. Cela concerne le droit, la justice, notre vie civile, citoyenne.

La pensée ne peut agir dans ces agressions quotidiennes lorsqu'elles sont permises par une société. D'ailleurs les comportements violents, et cette drague qualifiée de "lourde" pour minimiser ses effets ou ses motivations, révèlent cet embrasement d'une société violente, terrorisante. Ils nous indiquent toujours que quelque chose dans l'être humain est en train de disparaître et qui ne peut être résolu avec des arguments aussi débiles que ces histoires d'apparences et de querelles d'images. Une façon de faire diversion, tandis que l'on rattrape un retard et revoit des délais de prescription si courts qu'ils protègent toujours les agresseur.es., libres de continuer à importuner (mot emprunté à la tribune des quelques femmes célébrées mais pas très actives)

Je trouve d'ailleurs un peu ridicule les exemples fournis par le ministère pour l'égalité des femmes et hommes, qui tente d'expliquer la problématique. Il y a vraiment quelque chose qui est resté dans les stéréotypes et que l'on ne retrouve pas dans notre société.

Il est écrit :

Les stéréotypes de sexe

    Définition
    Préjugés, clichés, représentations réductrices et généralisantes qui essentialisent ce que sont et ne sont pas les filles et les garçons, les femmes et les hommes.
    Exemples
    – « Les jeunes filles ne lèvent pas la voix. »
    – « Un garçon, ça ne pleure pas. »
    – « Les filles sont plus douées pour s’occuper des bébés. »
    – « Les jeux vidéo, c’est pour les garçons. »
    – « Mécanicien ? Mais c’est un métier d’hommes ! »


( -̩̩̩͡˛ -̩̩̩͡ )

J'ai rencontré dans le milieu professionnel, qui relève d'un ministère donc, des actions très concrètes et irréversibles, lorsque l'on demande que les harcèlements s'arrêtent. Il n'y a plus de : Les jeunes filles ne lèvent pas la voix, mais : "Si vous parlez on vous attaquera en diffamation". Puis cela va très vite : suppression du mail professionnel, de l'accès aux mailing liste, du salaire, des outils pour travailler, des lieux… On ne s'embarrasse plus, lors de harcèlement moral, sexuel et de discrimination, de ces types de phrases niaises. Non, la radicalité de notre société et notre époque en 2018 est bien plus violente et moins séparée qu'elle n'est décrite sous ces lignes (filles et garçons de chaque côté) Ni même écrites en coquetteries des femmes souhaitant être importunées. Celles-ci ne sont plus dans le monde du travail pour dépeindre un décor suranné et sirupeux, destinés aux romans. C'est la guerre tout simplement et les armées choisissent leurs équipes pour faire la guerre. Et les violences au sein du couple participent de rapports de domination et de prise de pouvoir des un.es sur d'autres, les victimes, créant un climat de peur et de tension permanents. Et lorsque le couple œuvre dans le même domaine professionnel, des emprises s'activent d'autant plus, du privé à l'emploi, de l'emploi au privé. On le voit notamment dans le gouvernement français, et ce que médiatisent les différentes affaires de harcèlements. Ils sont prônés en modèles de société, où les couples de pouvoir engendrent des violences partout où ils se trouvent.

(´;︵;`)

S'il y a tant de chômage dans notre pays, depuis mon expérience, c'est que nombre de personnes en marge du monde du travail, ne partagent pas ces valeurs compétitives, ni ces comportements agressifs, ces images communiquées, ou ont été exclus par toutes ces armées et équipes, qui les ont considérés comme "faibles". S'il y a tant de personnes, dans notre pays, n'ayant pas eu la volonté, ni la motivation d'aller voter, ou ne se reconnaissaient pas dans les programmes de leurs représentants, c'est que quelque chose n'est plus possible dans notre société, la façon dont elle s'organise et avec quels comportements, quels moteurs, quelles visions et projections, quels outils, quels espaces, quelles règles, quelle justice, etc…

( ᵒ̴̶̷̥́ _ᵒ̴̶̷̣̥̀ )

De même, les violences sexuelles sont révélatrices de cette société qui n'est plus fondée sur des principes que l'on partage, dans l'usage, car les lois ne sont pas appliquées. Les heurts et confrontations deviennent criminelles. La suppression d'un individu (psychiquement, ou physiquement), parce qu'il ou elle ne se serait pas soustrait aux volontés d'autrui, est un acte définitif qui n'a pas pensé d'autres solutions pour exprimer la colère. Violences verbales, menaces, viols conjugaux, harcèlements sexuels au travail, harcèlement moral et dans la rue, au quotidien, sur Internet, en lisant les mails privés et ceux des groupes professionnels, les silences, les lynchages, les meutes.. On ne peut qu'être étonné, de la façon dont notre société, parvient à lisser, effacer ces actes odieux et criminels, à les remplacer par des images bienséantes et dont les élus s'appliquent à arborer un discours de langue de bois. Si ces discours sont portés au gouvernement et diffusés aux moments de grandes écoutes, ils font très mal : ils clôturent l'aventure de la libération de la parole et délivrent un message extrême : l'obligation d'obéir aux diktats (l'exigence absolue imposée par le plus fort au plus faible et n'ayant pour appui et justification que la force)

( ´•̥̥̥ω•̥̥̥` )

En amont d'actes criminels, nombre de comportements institués permettent de supprimer la vie professionnelle, privée d'autrui, en éliminant toute trace. Ces subtilités et insidieux réflexes de survies que le monde du travail à bien développé ne sont pas expliqués, on les découvre par l'expérience ou par les faits relatés. Ainsi les agresseur.es peuvent écrire aisément "ni plaies, ni blessures", avant de vous supprimer d'un milieu social.

/(=✪ x ✪=)\   /(^ x ^)\

Ma réflexion s'étend davantage en observant le monde animal. Depuis que Cafuné fait son honk honk, sa parade amoureuse et que la plus jeune Satori subit ses assauts, en observant ces lapins et en complétant ces observations et hypothèses scientifiques avec des professionnels, ou des lectures éthologiques d'experts, je prends conscience du rapport hiérarchique. La nécessité d'établir des règles de vie commune, même lors d'assauts sexuels et de rétablir des périodes de jeux, sans à priori de genre. Une autorité peut agir sur une vie en société et pour son bien.

(/(°∞°)\)   、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ /( =゚ェ゚=)ヽ

Je conclue par le constat des effets de l'amenuisement d'autorité dans notre société, afin que la vie sociale, soit une vie sociale possible. Évidemment, cela arrange une frange sociale, et elle s'offusque que l'on souhaite participer de notre société pour son évolution, également, en faveur de tous, et pas que d'une minorité de protégés, d'intouchables (mot utilisé par les fonctionnaires hauts placés) Les lois ne sont plus appliquées et sortir des tas de textes produits pendant des années avec de micro-changements de virgule n'y changeront rien, voire augmentent le retard d'une vie sociale possible. Les écarts se creusent, les radicalisations sont devenues des modes de gouvernances (on radie sans prévenir, on exclu tout salarié de tout, on exclu définitivement les sans-ressources de la vie en société en les désignant comme "faibles")
Mais les désignations approximatives des "faibles" m'ont toujours posé question. Mes hypothèses vont dans le sens que cette désignation cache en fait les valeurs attribuées à ces faibles. Elles ne correspondraient pas ou plus aux modes de gouvernance du pays, qui sont des modes violents, radicaux.
Je m'appuie sur mon expérience personnelle, celle d'autres personnes que je connais moins et dont j'ai vu le traitement, mais aussi de toutes les communications réalisées, du gouvernement, au sein de structures, qui sont en décalage avec ce que nous vivons.

(♥x♥*)

Cet article est dédicacé aux efforts de gringue de Cafou le joyeux qui a le béguin pour Sato qui s'éveille et commence à jouer librement. C'est sûr, il en pince pour elle <3
Et merci à Virginie pour ses conseils avisés et Julien pour ses idées de mises en situations.

(´∀`)♡   ღƪ(ˆ◡ˆ)ʃ♡ƪ(ˆ◡ˆ)ʃ♪   ⁽ ¨̮⁾⁽¨̮ ⁾*˚‧♡

♡⑅*ॱ˖•. ·͙*̩̩͙˚̩̥̩̥*̩̩̥͙·̩̩̥͙*̩̩̥͙˚̩̥̩̥*̩̩͙‧͙ .•˖ॱ*⑅♡ ♡。゚.(*♡´◡` 人´◡` ♡*)゚♡ °・

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Cafuné & Satori à quelques semaines, en 2017

Par kiwaïda at 16:38

17/01/2018

É√εїʟ

Satori (Photographie © Sonia Marques)

LES MOTS DOUX & DÉCISIFS

(japonais 悟り satori ; chinois, issu du chinois : 悟 ; pinyin : wù ; littéralement : « réaliser ») est un terme des bouddhismes chan, son et zen qui désigne l'éveil spirituel. La signification littérale du mot japonais est « compréhension ». Il est parfois utilisé à la place de kenshō (chinois : 見性 ; pinyin : jiànxìng ; littéralement : « voir la nature/caractère ou propriété »), toutefois kenshō désigne la première perception de la nature de Bouddha ou vraie nature – une expérience qui ne dure pas. Le satori par contre désigne une expérience qui se prolonge, à l'instar d'un bébé qui apprend à marcher – après beaucoup d'efforts il se tient debout, trouve son équilibre et fait quelques pas puis tombe (kenshō). Après un effort prolongé l'enfant se rendra compte un jour qu'il peut marcher tout le temps (satori). Le bouddhisme zen reconnaît dans l'éveil une expérience transitoire dans la vie, presque traduisible mot à mot par épiphanie, et le satori est la réalisation d'un état d'éveil épiphanique. Comme d'après la philosophie zen toute chose est transitoire, la nature transitoire du satori n'est pas vue dans l'aspect limitant qu'il aurait dans l'acception occidentale du mot « éveil ».
La nature transitoire du satori, par opposition au permanent nirvāna qu'on retrouve dans les traditions bouddhiques de l'Inde, doit énormément aux influences taoïstes sur le bouddhisme chan de Chine, à partir duquel le bouddhisme zen du Japon s'est développé. Le taoïsme est une philosophie mystique qui met l'accent sur la pureté du moment, alors que les racines hindoues du bouddhisme indien visent une vue dans une plus grande durée – vers la sortie du cycle karmique des réincarnations perpétuelles dans le monde matériel. De l'attention du taoïsme à l'importance du moment, et de la négation de l'existence individuelle ou d'un moi individuel du bouddhisme mahāyāna, est né le bouddhisme zen avec son concept d'état transitoire du satori. (Extrait Wikipédia)

悟り Satori : une épiphanie

Barthes reconnaît dans l’épiphanie quelque chose de proche de ce qu’il nomme incident — où quelque chose survient, apparaît — dont il souligne l’affinité avec le haïku, par quoi se manifeste une certaine figure de la vérité, qui s’exprime selon la théorie zen par le terme satori, et dans la théologie catholique occidentale par le terme quidditas introduit par saint-Thomas. Le texte bref, explique Barthes, est l’expression du « C’est ça ! » — soudaine révélation du réel surgissant dans la nudité même d’une apparition irréductible à tout commentaire. En ce sens, épiphanie et haïku s’apparentent à la photographie, à laquelle Barthes donnera le nom devenu célèbre de punctum. Par le poème — haïku ou épiphanie — comme par la photographie, quelque chose fait image et qui a valeur de marque laissée dans le temps par un évènement, évènement qui ne peut pas être exactement raconté mais comme désigné, pointé du doigt de manière à faire signe vers un certain moment de vérité.

Le Satori et le Nirvana sont des états d’être bien heureux où le « moi » est délivré de ses limites, de ses attachements. Aux tensions en vue de dominer, de briller, de posséder, succède une détente intérieure. Il s’agit d’une véritable mutation psychologique où se révèlent les sommets de l’amour et de l’intelligence. Ceux-ci, loin de nous engager dans la voie de l’inaction, nous conduisent au contraire vers une vie intense, créatrice, pleine d’initiatives heureuses.

La vérité est si proche et tu ne la vois pas, tu pars loin, très loin chercher le Bouddha et le Satori et tu tombes en enfer. Tu te hâtes dans la confusion et la précipitation, quand tu arrives, il n'y a rien. La brume soudain se lève : ce n'était qu'un mirage. Tu veux revenir au pays d'où tu viens, mais tu t'aperçois que tu es maintenant entouré de montagnes acérées comme des lames et qu'il n'y a plus de retour ; c'est l'enfer dans le désert. On veut s'échapper du monde que l'on juge détestable, mais, après l'avoir quitté, on le regrette comme un paradis perdu. On veut toujours partir ailleurs et quand on arrive à destination, on a le sentiment que le pays d'où l'on vient paraît plus merveilleux.

C'est ça !

Ma petite Satori, l'éveil
Elle combat la pensée rationnelle, les opérations logiques, de classification en catégories. Elle est la découverte de la véritable vision des choses. Il ne faut ni rechercher ni vouloir Satori. Elle existe en nous bien avant notre naissance, alors pourquoi chercher à l'obtenir. Ce n'est pas mystérieux, c'est le retour à la voix normale. Voir le monde tel qu'il est.

Sato, cela veut dire "sucre" en japonais. Est arrivé un petit sucre lapin satin, nommé Satori, une illumination !

Phonologie du japon :
Satouya [sato:ja] *[sato?oja] « marchand de sucre » satooya [sato:ja] ou [sato?oja] « parents nourriciers »




Cafuné

Et la petite Satori, dites Sato, rejoint Cafuné, le lapin couleur café et nuage de lait, dit Cafou, le foufou aux yeux bleus.
Ils sont japonais, ou presque.


Le portugais séduit par son élégance et ses intonations caressantes. Il y a des mots qui n'ont pas de traduction ailleurs.

Le terme cafuné entre dans la catégorie des mots intraduisibles, sa signification exacte est spécifique : cafuné décrit le geste de passer tendrement sa main dans les cheveux de quelqu’un que l’on aime.
Comme carinho, chamego, cafuné, xodo, ces mots traduisent l'affection.
Fazer cafuné signifie faire des caresses en massant les cheveux de son amoureuse, de son enfant, de son animal, avec tendresse.

Il a des origines africaines. En général pratiqué par des mains féminines, le cafuné est l'art de faire semblant de chercher des poux dans la tête de quelqu'un pour l'aider à se détendre ou à s'endormir. “Je sais bien que le cafuné réaffirme une présence de l'Angola au Brésil” dit Luis da Câmara Cascudo. Le cafuné ou cafunê est bien une réalité culturelle brésilienne, sans doute en désuétude maintenant, de même qu'en Angola. Óscar Ribas en donne la définition suivante : « Petit claquement qu’on produit sur la tête de quelqu’un d’autre, comme si on y tuait un pou, et dont l’effet vise à susciter la somnolence. ». Roger Bastide a consacré un article à cette pratique au Brésil sous le titre « La psychologie du cafuné ». Óscar Ribas en donne une étymologie convaincante : cafuné se dit en kimbundu kifune, de kufunata, plier, tordre.

"A psicanalise do cafuné"

O que se considera vulgar na Espanha e em Portugal se pratica aqui em todas as classes da sociedade... Os dois sexos o fazem sem distinção, especialmente as mulheres, que preenchem suas horas de lazer com esse elegante divertimento. E é quase impossível, a menos que seja nas horas das refeições e da sesta, entrar em uma casa onde não haja alguns dos habitantes se dedicando a isso. Digo isso porque, hoje, ao entrar na casa de um prisioneiro vizinho (até então um homem respeitável na província), o vi enquanto conversava colocar deliberadamente a cabeça no colo de sua esposa, como se a presença de um estranho não devesse impedir a operação da qual acabo de falar e que ele parecia considerar com uma espécie de prazer.

Lindley (1806), no texto que citamos, parece pensar que o cafuné brasileiro vem dos colonos portugueses, que teriam transportado esse costume para o novo habitat: ele apenas se teria se difundido das classes baixas a todas as classes da sociedade. Mas a etimologia do termo parece indicar origem muito diversa; Renato Mendonça (1935) faz vir esta palavra, que designa primitivamente o estalido das unhas no alto da cabeça, do quimbundo Kafundo, que significa estalar, enterrar, e o prefixo classificador caf, que se encontra no Brasil no africanismo cafua, quarto de reclusão para os alunos dos colégios, indica uma ideia de penetração, o que é de fato perfeitamente típico do movimento das mãos penetrando na cabeleira. Há, portanto, probabilidades de que o cafuné brasileiro seja mais de origem africana que lusitana, e esta hipótese é, ainda mais, confirmada pelo fato de o cafuné ter-se desenvolvido nas zonas escravagistas e ser mais difundido no Nordeste da cana de açúcar do que no Rio, e mais no Rio do que no sul do país.



Les dessins sont tirés d'un grand format (120 x 200 cm) © Sonia Marques

Uma distração e um prazer

Par kiwaïda at 23:37

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