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lundi 19 novembre 2018

ṧαη﹩ ¢ґїεя ℊαяℯ


gare

, s  


      nf  
      interj  
1    holà, précaution, doucement, attention  
[antonyme]   distraction, absence  
      nf  
2    terminus, embarcadère, aéroport, halte, station, aérogare, terminal  
[antonyme]   marche 



Que vois-je ? Une belle gare, celle d'où je pars, celle où je reviens. Une dizaine d'années avant d'habiter à Limoges j'avais passé des vacances en Creuse (juste un week-end) pendant des mois à travailler pour des plantes vertes (une start up) en virtuel et pour 6 pays différents avec un directeur d'une vingtaine d'années, plus jeune que moi. Je m'étais octroyée ces jours pour rejoindre mon conjoint qui passait ses vacances chez ses parents, ils avaient loué un gîte en Creuse. Il ne travaillait pas et passait du bon temps en famille, tandis que moi je me devais de gagner ma vie, payer mon loyer, et louper quasiment toutes mes vacances, d'autant plus que mes parents, eux partaient dans un autre pays très loin, et donc, c'était encore plus coûteux, en déplacement, en énergie et impossible de se reposer au final, donc je ne retournais pas revoir une partie de ma famille, car rien ne me garantissait d'avenir, j'avais tout à entreprendre par mes seuls moyens (et mon petit sac à dos magique). Drôle de vies. C'était bien plus confortable, encore en ce temps, d'être à la place de l'homme, mais tellement plus émancipateur d'être à la place d'une jeune femme qui aime découvrir, et toujours. On doit laisser bien des bagages en route, pour partir léger. Tant de gares, tant de fois et si légèrement, l'oiseau. J'ai des photographies de moi qui courre attraper mon train à cette gare de Limoges avec mon sac à dos, le même que j'ai encore et qui m'a servi à aller au Canada effectuer mes études. Oui, on n'a pas besoin de beaucoup de choses pour voyager, comment était-ce possible ? L'une de ces photos est surprenante car c'est la belle-mère d'alors, photographe, qui l'a prise à mon insu, je me vois de dos (la photographe prend en photo mon dos), en jupe couleur amande, si consciencieuse et pourtant, personne ne voyait que c'était une femme d'affaire qui portait ce sac espagnol sportif. Apparences trompeuses, souvent, puissant caméléon. Au dos et moi devant cette gare, au départ. Je vois qu'elle ne prenait pas de vacances cette jeune femme et pourtant son diplôme s'intitulait : "Les grandes vacances", car sa vie ne serait plus que des grandes vacances, telle fut sa devise, mais des vacances pas comme les autres. Le mot "vacant" fut un mot très étudié à cette période, je pense qu'il reste d'actualité. Et c'est la gare splendide en décor qui surplombe sa course figée par la photographie. Je vois donc ce dos, je courre aussi derrière elle, mais je ne la vois pas, elle va trop vite.

Quand on part, est-ce que l'on perd toujours sa place ? Quand on part, est-ce que l'on oublie d'où l'on partait ? Les liens affectueusement construits laissent toujours de la place dans le cœur et mesurent assez bien la distance parcourue, c'est un effet élastique et transgénérationnel. Les gares peuvent faire partie de notre patrimoine, et les distances de notre amour pour l'autre, et pour l'ailleurs, du patrimoine qui nous situe le mieux.

Cette gare, je la retrouve plus tard, et là j'ai eu le temps de bien l'observer. J'ai assisté au début de mon installation, à des conférences sur Roger Gonthier (de Périgueux !), l'architecte de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Cela m'a ouvert sur la cartographie de la ville où j'allais emménager. J'étais parmi des têtes grises et blanches à ces conférences et j'ai ainsi mieux saisi comment se construisait toute la ville. Passionnant. J'étais alors une tête grise aussi, mais d'un jeune âge. Une résidence qui dure, un point de repère que j'ai fixé sur une carte, au centre d'un pays.

Point de déplacement sans repère ? Point de repère sans déplacement.

Architecte parisien, licencié en droit, Roger Gonthier (1884-1978) est le fils d’Henri Gonthier, architecte-inspecteur des bâtiments de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Lui même architecte de la Compagnie du Paris-Orléans, il réalise à Limoges en 1919, un pavillon frigorifi- que à viande dans le quartier du Verdurier, ainsi qu’en 1941 l’abattoir municipal (actuellement entrepôt municipal), sis 15 avenue de l’Abattoir. Seuls subsistent de cette construction les bureaux aujourd’hui désaffectés : le bâtiment fut très largement modifié en 1968 par l’architecte Henri Coussy. Roger Gonthier est également l’auteur de la cité des Coutures et de la cité-jardin de Beaublanc.




 



La gare des Bénédictins, monumentale, est construi- te au-dessus des voies sur une platforme en béton armé, ce qui permet de conserver le réseau des voies ferrées existantes. L’ossature de béton armé et d’acier est masquée par un habillage de pierre et de roches calcaires qui portent les ouvrages décoratifs. La silhouette générale du bâtiment est recon- naissable avec son campanile, qui culmine à 57 m de hauteur, et son grand dôme (31 m) qui surmonte la coupole. Le programme décoratif est en grande partie dû à Henri-Frédéric Varenne, les verrières du hall sont de l’atelier de Francis Chigot. La façade principale rappelle aux voyageurs l’importance des arts du feu à Limoges : deux allégories féminines, aux dimensions monumentales, représentent la porcelaine et l’émail. Les écoinçons de l’arc du portail d’entrée portent deux divinités romaines : Cérès, la déesse de l’agriculture, et Mercure, le dieu des voyageurs. La façade nord propose, elle aussi, une représentation de Mercure : la tête du dieu ro- main surplombe le monogramme « PO » de la Com- pagnie du Paris-Orléans. A l’ouest, on découvre, dans les tympans des fenêtres du cinquième niveau, les armes des principales villes du réseau ferroviaire : Limoges, Orléans, Toulouse, Montauban, Agen, Périgueux, Blois, Bourges, Poitiers, Bordeaux et Tours. La façade orientale, peu décorée, présente le blason de la ville de Paris et celui de la ville de Limoges. L’immense hall, de près de 4 000 m2, frappe tout d’abord par son décor de verre dû à Francis Chigot. Ce dernier a privilégié, dans une composition de bandes horizontales ou verticales, un décor de feuillages, rappelant la végétation du Limousin : le chêne et le châtaignier. Henri Varenne est l’auteur des décors de stuc qui habillent l’intérieur du hall. Il propose dans les écoinçons de la coupole quatre allégories féminines représentant le Limousin, la Touraine, la Gascogne et la Bretagne.




(Photographies © Sonia Marques)

Je m'interrogeais sur l'antonyme de "gare" :

DISTRACTION, ABSCENCE

et aussi sur la définition :

DOUCEMENT, ATTENTION

Sans crier gare, j'ai effectué une bonne marche arrière dans mon parcours, sans écraser personne, car j'avais oublié de prendre quelques bagages émotionnels, heureuse de ne plus être cette femme d'affaire et réserver mon sac à dos pour mes grignotages de balades, en marche avant, avec attention et doucement.


vendredi 5 octobre 2018

ḓé℘α⑂ṧαℊ℮

Photographies © Sonia Marques

jeudi 27 septembre 2018

Lø⑂Aυ⊥é

Matinales de septembre (Photographies © Sonia Marques)

mardi 31 mars 2015

ℤÉ ℒÜÍϟ

© Joe Wuerfel/Lusafrica

ZÉ LUÍS, A força de uma voz que emerge!
ZÉ LUIS, o cantor de forte carisma, voz quente e cativante, só agora, na faixa dos 60 anos, surge com um primeiro disco, intitulado SERENATA, depois de algumas décadas a cantar na informalidade das noites musicais em Cabo Verde.
Nasceu na cidade da Praia em 1953. Deve à mãe, que sempre cantara durante os afazeres domésticos, o gosto pela música e pela cozinha – foi quem lhe transmitiu e ensinou ambas as paixões. Guarda na memória, como relíquia, para além das mornas, letras de fados que sua mãe aprendera na juventude.
A morna, onde Zé Luis se encontra e reconhece como cabo-verdiano e como artista, lamento romântico que tem tanto de melancolia, quanto de sensualidade, está umbilicalmente associada à própria identidade cabo-verdiana, à sua alma, ao sentimento de todo um povo!
Aos oito anos, Zé Luis emigra com a família para a Ilha do Príncipe, no arquipélago de S. Tomé e Príncipe, à época, colónia portuguesa, onde viviam muitos conterrâneos. Na altura, um grande fluxo migratório levava trabalhadores de Cabo Verde para o cultivo agrícola naquelas ilhas. Para além do trabalho, havia o natural convívio, em que a música, para matar a sodade, era um ingrediente indispensável!
Ao regressar já quase adulto à sua terra, rapidamente se inseriu nas actividades musicais, cantando em serenatas, participando em concursos, actuando em sessões culturais a convite de entidades várias. Sempre que era necessário encantar com os sons de Cabo Verde e uma voz sedutora, lá estava ele, que, contudo, sempre viveu da profissão de marceneiro.
A música, essa paixão sempre presente, ia ficando para os tempos livres. Agora, eleva-a a lugar central na sua vida, ao emergir para um público bem maior que o da sua cidade, pela força de uma voz que não podia ficar como privilégio de tão poucos…

SERENATA
1. Amigo
2. Mar de feijão d'agua
3. Bartolomeu Dias
4. Terra di alguém
5. Mario
6. Mar di Saradjeu
7. Ku nha kin bêm
8. Dimingo na Orgon
9. Ganha gasta
10. Noticia
11. Partida é um dor
12. Cebu d'Holanda
13. Rapacinho
14. Sodadi Na Distancia

Interview de José LUÍS (Sónia Balasteiro)

Cresceu a ouvir as mornas e os fados que a mãe cantava enquanto cozinhava na ilha do Príncipe, e isso acabaria por definir o seu caminho na vida. Zé Luis é a personificação de um conto de fadas tornado realidade. Diz-se que canta a morna e a alma do povo crioulo como ninguém.

a sua mãe cantava fados e mornas quando o zé luis era criança. como foi crescer nesse ambiente ?

sim, cantava muito. e eu, criado nesse ambiente, só poderia ser músico... mas, entretanto, veio a outra faceta, que seria a minha profissão, marceneiro.

voltou do príncipe para cabo verde aos 18 anos. como foi o regresso ?

foi um pouco estranho, porque eu não conhecia cabo verde, a terra dos meus pais. lembro-me que tínhamos de descer no bote que ia buscar as pessoas ao barco para as trazer para terra. estranhei quando vi os homens com shorts, com chinelas, remando, e perguntei à minha mãe: ‘mamã, aqui é que é a nossa terra?’. e ela disse que sim.

era muito diferente do lugar onde estava habituado a viver ?

a ilha de príncipe, onde eu cresci, é um paraíso. lá, para ver o chão, é difícil. tem uma natureza luxuriante, está cheia de mato, de palhotas… e foi um transtorno quando cheguei a cabo verde, porque não via nada verde… como escrevem os nossos poetas, sinto-me feliz de ser cabo-verdiano. em cabo verde fiz-me homem.

como era a vida lá quando voltou ?

tinha de ajudar os meus pais e as oportunidades de brincar eram poucas. o meu pai era pedreiro, mas nessa altura não podia trabalhar mais, porque já era velho. a minha mãe, que era vendedeira no mercado da praia, abriu uma oficina de carpintaria para garantir o sustento a mim e aos meus oito irmãos.

nessa altura já cantava mornas ?

sim, aos fins-de-semana havia sempre tocatina com os meus amigos. iam buscar-me a casa já com duas ou três violas, e diziam-me: ‘vá zé, temos de sair. vamos a casa de fulano, sabes que não podemos ir sem ti’. e íamos para lá tocar e cantar até às tantas, fazer serenatas. e assim passávamos as noites, até de madrugada.

cantar morna é uma forma de ser cabo-verdiano ?

a morna faz parte da minha essência. adoro cantar mornas, embora também cante coladeiras, samba brasileiro… mas a morna é o meu estilo preferido. é metade da minha vida e acho que sem ela o meu mundo seria triste. traz-me tudo: o alento, a paz, a alegria. às vezes, tristezas, também nostalgias, claro.

continua a cantar na oficina ?

a morna é a minha companheira enquanto estou a trabalhar. às vezes, passa-me uma música antiga pela cabeça e rabisco-a no bloco em que tenho as medidas do trabalho que estou a fazer, para não esquecer. faço as duas coisas juntas.

a música está sempre presente.

sim, viajo sempre no mundo do imaginário, de coisas boas que tenho para mim. se todo o mundo se juntasse e afinasse num só diapasão, ficaria uma coisa boa. se a paz que mora em mim morasse também no coração dos outros, talvez houvesse felicidade para todos.

em 2012 gravou o seu primeiro disco, serenata, que está a promover na europa e apresenta agora em portugal. passou a ter uma produtora [a lusáfrica de josé da silva, que lançou cesária évora]. como vê esta nova fase ?

veio a fama e mudou tudo. eu vou abrindo a porta do mercado pouco a pouco, e isso vai dando os seus frutos. mas sempre com a minha forma de ser e de estar. aproveito para felicitar todos os portugueses que contribuíram para o meu sucesso. eu canto no quintal da música e, na minha noite, fica sempre sempre cheio de portugueses.

hoje vai apresentar o serenata ao vivo no b.eleza. como vai ser concerto ?

vou transmitir coisas boas: paz, tranquilidade e muita música mexida para vocês esquecerem os problemas. vamos seleccionar muitos funanás, muitas coladeiras.

e mornas ?

também. morna é para dançar apertadinho. é muito sentimental. aconselho quem gosta da morna a pensar no seu significado, com quem quer dançar. não é com qualquer pessoa que se dança morna. quando começar uma morna e chegar ao ouvido, ao coração, tens de ficar sentado e perceber de longe com quem a queres dançar. porque é uma coisa muito íntima. 

morna é para dançar apertadinho

FUNANA
FONASON
BATUQUE
MORNA
COLADEIRA
CAVAQUINHO

Les rythmes comme le funana, le finason et le batuque sont propres à l'île de Santiago. Il y a aussi des musiques d'origine française, sur l'île de Santo Antao par exemple, où on retrouve des mots, des danses qui sont chantées en français. Ensuite il y a des différences d'instruments. Le funana est chanté et dansé avec le ferrino, une barre de fer sur laquelle on gratte pour battre le rythme, et avec le gaita, l'accordéon diatonique. La morna et la coladeira sont jouées avec violons et guitares, puis avec le cavaquinho qui est arrivé un peu plus tard. Rythmiquement, le funana est assez rapide alors que la morna est lente, pour des danses intimes. Le coladeira est plus rythmé et on y parle de tous sujets. Mais aujourd'hui ces traditions n'existent plus vraiment, on peut se marier avec une guitare, un piano. Les choses ont évolué parce qu'il y a eu des apports d'instruments qu'on n'avait pas à l'époque.

le batuque a été interdit parce que c'était une manifestation culturelle. Si j'avais envie de te dire quelque chose, si tu m'avais volé par exemple je pouvais le faire en improvisant dans le chant du batuque. C'était une forme de langage très spontané des femmes surtout à travers le chant et la danse. Elles se réunissaient dans les champs de récolte, emmenaient un peu de rhum avec elles et elles s'exprimaient ainsi. Le batuque était d'autant plus interdit que les femmes chantaient souvent des thèmes de contestation vis-à-vis des colonisateurs, c'était des chants et des danses assez osées.



ZÉ LUÍS : para dançar apertadinho - en concert à Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Muito obrigado !


vendredi 31 octobre 2014

çα ♥α ʝαṧℯя !

Julien Ducourthial © The jazzist

En cette veillée de la Toussaint, aux allures insolentes d'été indien, je dédie mon article au site Internet The jazzist avec ses graphismes percussifs. It's nice that, la plate-forme de diffusion d'art et de design de Londres a écrit un article sur son auteur, Julien Ducourthial, "a cool pseudonym is a good two-fingers-up to life on the quiet side".

Improvisations ♯

Dans sa méthode artistique et dans son style, il est bien celui qui joue du jazz et donne libre cours à ses envies comme un peintre des motifs (patterns) qui métisse les palettes de couleurs et les formes. Je l'ai vu s'intéresser aux bouquets de fleurs, aux portraits, aux objets de l'atelier, au paysage, autant de thèmes abordés dans la peinture. Ses influences sont multiples, des électros joyeux musiciens 8 bit, aux femmes élégantes Dj Acid Maria & Electric Indigo, d'Uwe Schmidt et son inventif Señor Coconut, de quelques as du courant du pixel art à ceux des piques des arts contemporains, des coeurs classiques Matisse à Lichtenstein, aux plus récentes sculptures d'Aaron Curry, des fabuleuses animations de Paul Grimault, jusqu'à la féministe Linder Sterling ou les fanzines punk de Mike Kelley avant sa reconnaissance. Des trèfles de chance.

Dilletant ♭


Mais on peut en rester au nom choisi pour son site Internet, The jazzist. Il peut se comprendre en anglais comme celui qui joue du jazz, mais aussi en allemand "jazz ist", avec le verbe "être", comme celui qui est le jazz, qui habite le jazz.

Ou bien sous forme d'exclamation :

Le jazz est là !

Julien Ducourthial © The jazzist : Still life


Les origines du mot Jazz sont controversées. On dit que son étymologie vient de l'argot des esclaves noirs affranchis. Il serait une altération de JASM, traduisible par «vitalité», «énergie». La caractéristique de cette musique, Le jazz, c'est l'improvisation. Elle donne libre cours à l'invention. Ce genre musical est né à La Nouvelle-Orléans aux États-Unis, au début du XXe siècle. Croisement du blues, du ragtime et de la musique européenne, le jazz est une forme musicale afro-américaine. Musique métisse par excellence, on le dit "JAJA" des racines africaines comme le mot bantou jaja, « danser », « jouer de la musique » JASI sur le terme africain jasi, « être excité », « vivre à un rythme rapide, sous pression » JIZZ, de l'argot avec des connotations sexuelles, jizz. JASS désignerait en argot d'Afrique occidentale l'acte sexuel. Le mot se serait étendu à la musique de jazz dans la mesure où celle-ci se jouait beaucoup dans les multiples maisons closes de La Nouvelle-Orléans. Dans cette région, on évoque aussi souvent un sens dialectal obscène au verbe anglais to jazz : copuler. Certains lexicologues renvoient à un argot en usage vers 1880 dans cette même région qui signifierait « exciter » - avec une connotation rythmique et érotique. JASER, du terme français jaser (discuter, palabrer) ou qui indiquent l'énergie ou la force, aussi comme une conversation spontanée entre les instruments de musique. D'autres histoires comme celui de JAS, le nom d'un esclave, Jas, qui vivait vers 1820 dans une plantation du sud des États-Unis ; ou bien de JASBO, surnom que l'on donnait à des musiciens de La Nouvelle-Orléans, berceau de ce courant musical. Côté parfum, on évoque aussi le JASMIN, que l'industrie cosmétique française avait utilisé dans ses parfums, qui étaient vendus... également à La Nouvelle-Orléans !

 "Musique nègre", écrit Gide dans ses Feuilles de Route en 1896, "que de fois je me suis levé de mon travail pour l'entendre... A trois, ils exécutent de véritables morceaux de rythme, bizarrement haché de syncopes, qui affole et provoque les bondissements de la chair".


Ça va jaser ♩♪♫♬

Julien Ducourthial © The jazzist : Portraits
Il suffit juste de transposer ces notions aux graphismes de Julien Ducourthial, de véritables morceaux de couleurs, bizarrement hachés de syncopes, qui parfois affolent et provoquent des bondissements... donnent libre cours à l'interprétation, plein d'énergie et de force ♪♫♬ ♪♫♬

Ses palettes d'outils sont des éléments indissociables de ses formes, lisibles, précises, où la narration flirte avec la théorie de la forme (Gestalttheorie) vers un objectif toujours plus abstrait. Dans les arts, la simplicité visuelle n'est pas la plus facile. À partir d'un visuel minimal, on peut accéder à plus de complexité. Le collage, les motifs décoratifs, les trames, les icônes, les formes géométriques, les dégradés, sont autant de termes connus des graphistes, mais peu les élèvent au statut pictural. Certains dessinateurs et illustrateurs japonais sont d'ailleurs ceux qui inspirent le plus le jazzist.

Les villes devraient faire plus confiance aux graphistes dont la culture traverse les arts et la musique. Les habitants auraient ainsi des fenêtres ouvertes sur la couleur, ce domaine traversant les âges qui nécessite une culture du partage.

Côté graphisme, il y a plusieurs références auxquelles je pense. Mais je vais m'arrêter sur l'une d'elle, qui avait fait la joie de mes yeux posés sur des affiches en banlieue Nord, durant mon adolescence. Des sortes de fenêtres fluos, percussives, qui ne laissaient pas indifférentes. Je pense à Michel Quarez, une légende de l'affiche en France. Personnage engagé, intransigeant, qui a imposé une esthétique singulière, associée à des messages forts. Affichiste, né en 1938 à Dama en Syrie, formé également aux écoles des beaux-arts et des arts décoratifs, il exposait cette année au musée d’art et d’histoire de Saint-Denis. Un parcours qui serait très intéressant de revoir aujourd'hui, des étincelles dans des mouvements consensuels où la couleur et le métissage sont mis au ban. Dans ma banlieue, ses affiches ont été de véritables fenêtres, ouvertures sur l'art, la peinture, elles donnaient une direction aux habitants : Tu vois là haut, c'est le soleil  !

Julien Ducourthial © The jazzist : Objects & items

JAJA JIZZ JAS JASI JASMIN JAZZIST

lundi 5 août 2013

ℳéღ☺iя℮ ḓ‷υη ♭ḯ﹩☺ᾔ


Photographies © Sonia Marques

That day just before Jane and her father walked in she'd asked us to draw the body of a man. Unlike most brown buffalos, I couldn't draw worth a shit. The torso wasn't bad, but I just didn't know how to draw the crotch and legs. With Miss Rollins peering over my neck, I tried over and over. Finally she pulled her chair right in front of my desk and stood on it! She lifted her calf-length, purple skirt to nearly three inches above her fantastic knees.

"Now just look at my legs and try to copy them," the young woman said to me. Miss Rita Hayworth obviously didn't know that even nine-year old brown buffalos get horny when they see pure flesh. If it hadn't been for the sudden intrusion of Mr. Addison and his daughter who knows what I might have done.

Miss Rollins was cool as a cucumber. She dropped her skirt, took Jane's hand and introduced her to the class. To keep the roll in order, she made every one sitting behind me get up and move back to make room for Addison. Jane sat behind me for the next three years.

She was blonde, shy and had red acne all over her beautiful face. She was the smartest girl in the class and lived no more than seven blocks from me in the American sector. I never got to carry her books, but I found a new route to my house from that first day on. She didn't speak a single word to me for over a month. Then one day, during the afternoon recess she came up to me at the water fountain and said, "Do you know your mother works for my father?"

That did it. Despite her acne and the fact she got better grades than me, I knew from then on that some day we'd get married. I would work in her father's lumber mill until I proved myself. He'd make me foreman eventually and, who knows, perhaps I'd even inherit the business? The only problem would be my mother. I couldn't imagine my old ma taking orders from me.

That same night I went into the chicken coop, took my hooked knife which I used to pit peaches with, and carved her initials on the back side of my left hand. . . JA. Jane Addison. My first true love. The original Miss It.

Autobiography of a Brown Buffalo is a novel by Oscar Zeta Acosta.

ⒸⓁⓄⓌⓃⓈ

Visuels vintage (infographies © Sonia Marques)

We lived in a two-room shack without a floor. We had to pump our water and use kerosene if we wanted to read at night. But we never went hungry. My old man always bought the pinto beans and the white flour for the tortillas in 100-pound sacks which my mother used to make dresses, sheets and curtains. We had two acres of land which we planted every year with corn, tomatoes and yellow chiles for the hot sauce. Even before my father woke us, my old ma was busy at work making the tortillas at 5:00 a.m. while he chopped the logs we'd hauled up from the river on the weekends.

Reveille was at 6:00 a.m. sharp for me and my older brother, Bob. Radio Station KTRB came on the air each morning with "The Star Spangled Banner." A shrill, foggy whistle woke us to the odors of crackling wood in the cast iron stove cooking the perfectly rounded, soft, warm tortillas.

"All right, boys. Up and at 'em," the wiry indio calls out to me and Bob. Sleep is for the lazy, those whom my parents detest, the slow-minded types afraid of the sunlight. And so to prove my worth I'm always the first one to jump up, stand on the bed and place my hand respectfully over my heart -- I'm only a civilian -- to show my allegiance to my father's madness for a country that has given him a barge and a badge at Okinawa in exchange for an honorable discharge. And made him a citizen of the United States of America to boot.

After the salute we scramble to dress while on KTRB one of the Maddox brothers says to Rose, "Give us a great big smile, Rose." She giggles and they stomp away to an Okie beat. Roll call comes on the Acosta ship at exactly 6:10 on the button. My father waits for his crew outside. We stand in line, my brother, myself and my mother who is trying to lose weight.

She has been on a diet all my life. She has a definite concern about people being overweight. She has nagged me and my sisters -- my brother Bob was always skinny -- until we all ended up with some doctor or another; but I stayed fat and she has always had a fine body, even sexy you might say.

After we eat our scrambled eggs and chorizo guzzled down with Mexican chocolate, we trudged through the well-worn paths across empty lots with wild wheat to Riverbank Grammar School where I learned my p's and q's from Miss Anderson. At noon we ran down Patterson Road for lunch. Two miles in fifteen minutes flat. My mother was of the strict opinion that you cannot learn without a hot lunch in your stomach. So we were permitted exactly thirty minutes to finish up our daily fights at the old black oak tree. A tree with gnarled branches with small, cork-like, burnt balls we used for floaters when we waited for catfish down at the river near the Catholic church where the sisters taught us about sin and social politics.

Autobiography of a Brown Buffalo is a novel by Oscar Zeta Acosta.