bmk

blog m kiwaïda

Tag - amour

Fil des billets

lundi 30 avril 2018

Ḻ∃ ℙ∀$$∃➸ℳÜℜÅℑḺḺ∃

"Dutilleul venait d'entrer dans sa quarante-troisième année lorsqu'il eut la révélation de son pouvoir."

Je me suis demandée dans quelle occasion écrit-on que "c'est écrit en trop petits caractères". J'ai vu l'adaptation filmique de la nouvelle de Marcel Aymé, "Le passe-muraille". Le téléfilm français est réalisé par Dante Desarthe et est accessible sur Arte ces temps-ci. La nouvelle fantastique est parue en 1941, et en 1943, il y a eu un recueil de nouvelles du même nom. La critique indique que c'est un livre qui contient 222 pages écrites en petits caractères et qu'il ne convient pas à des enfants de 13 ans car il est difficile à lire et à comprendre.

Ainsi le passe-muraille, téléfilm que j'ai beaucoup apprécié, plein de malice et magie, tout en finesse, il m'a émerveillé, m'apportait une réponse. Dans le harcèlement subit de l'école d'art de Limoges et tous les courriers reçus, l'un d'entre eux, toujours signé de la directrice (ou les autres, du secrétaire général) mentionnait, que mon courrier de 4 pages (le seul envoyé, pour la vingtaine reçue) était "écrit en trop petits caractères" et m'accusait de fautes que je n'avais pas commises, et m'ordonnait de payer en envoyant un chèque dans les 24H à l'école. Cette lettre administrative ne faisait nullement mention du sens de mon courrier, ni ne répondait à mon souhait d'obtenir un rendez-vous de visu, afin d'échanger sur la pédagogie et mes difficultés à enseigner dans des conditions plus que malhonnêtes.

Alors peut-être que cela signifiait que ce courrier ne convenait pas à des enfants de 13 ans, il serait difficile à lire et à comprendre. Car, je n'ai jamais eu, depuis plusieurs années d'échanges à ce sujet, de visu. Par contre, je fus convoquée au tribunal d'instance de Limoges, et l'audience s'est effectuée sous un autre nom que le mien, de sortes que même présente, je n'ai pas été appelée. L'école, avec sa représentante, a passé l'audience seule, afin de régler seule, le conflit qu'elle avait elle-même créé de toutes pièces, en trouvant une coupable idéale, celle qui écrivait en trop petits caractères, ne convenant pas à des enfants de 13 ans, trop difficile à lire et à comprendre. Si bien que la coupable devait être exclue de toute apparition et devait être murée dans le silence. À moins que le pouvoir du passe-muraille émerveille tous les chemins inédits, et les non-dits.

Le savoir, écrire et lire, devenait donc un délit, en notre temps. Il ne fallait ni bien lire (ou au moins pas plus qu'un niveau adolescent) ni bien écrire pour faire perdurer sa profession : professeure. Au mieux, nous devions, professeurs, dévaluer nos savoirs et savoir-faire et surtout ne pas faire savoir. C'est-à-dire que nous devions alors nous transformer en quelque chose d'autre, pas en professeur, mais rien n'était indiqué. Si nous avions ce modèle souligné sur le papier de ces invectives administratives tamponnées, la haine de l'autre, seuls seraient acceptés celles et ceux qui la pratiquaient. En retour, ce modèle me soumettait à répliquer, à avoir, en retour, de la haine, mais n'être plus rien, et agir en conséquence : attaquer. Dans une école, cet apprentissage de la haine ne me semblait pas convaincant. Cela ne m'a pas convaincu. Non, il y a un effort supplémentaire afin d'accéder à la paix. Peut-être une discipline, une rigueur, que n'ont pas ces directions du grand n'importe quoi, du désordre autorisé comme parade à la liberté d'expression, au niveau le plus bas : le climat délétère.

Parfois, on ne parvient pas à comprendre, mais la culture nous amène à des chemins de traverse, et, par la poésie, le pouvoir devient d'autant plus héroïque, pour des gens tout à fait normaux. On comprend que même dans une école d'art, d'un niveau d'études supérieures, qui prône dans ses publicités la liberté et la poésie, on ne cherche plus ni ne trouve, mais on accuse à tort et on sanctionne. Le pouvoir attribué à l'administration, mais aussi à la direction, sous couvert d'être artiste, scelle à jamais la possibilité d'énoncer l'être. C'est sur le registre de "l'avoir" et l'argent que cette direction mène aux tribunaux afin de régler et juger les innocents et les exclure de la voix officielle, afin qu'ils se taisent et ne soient ainsi jamais entendus. L'institution marginalise en laissant ces petits chefs bazarder le sens commun, tout en s'arrogeant le droit de grève au nom de la commune. Perversité quand vous tenez le beurre et l’argent du beurre... Et les syndicats des professeurs en écoles d'art de s'aligner sur le même registre et d'écraser le sensible : l'argent, demander plus d'argent, un meilleur salaire et travailler moins, tandis qu'ils ne seront jamais solidaires de celles et ceux dont le sel de la vie et donc, le salaire, a été confisqué par tout ce beau monde interconnecté, syndicats et directions et ministères, les seuls exclus, sur lesquels, finalement, l'enseignement avait peut-être encore des valeurs singulières et un engagement de l'esprit non monnayable, qui passe par l'écriture et le savoir... et non par un rayonnement international d'expositions tant attendues, affiché sur les réseaux sociaux, comme preuve que les boutiques de formations fonctionnent à plein régime, avec si peu d'artistes qui font carrière ensuite (ou ont accès aux expositions ne serait-ce que celles des autres)

Cet emmurement des innocents au niveau de lecture adolescente, ayant le pouvoir de vous confondre avec le violeur, la violeuse des lois, devient la démonstration, la plus criante, des bâtisseurs de l'horreur, c'est-à-dire, de la perversité. C'est l'art d'inverser, mettre sens dessus dessous l’ordre. Il y a un objectif immoral qui est celui de convertir les innocents au vice, à les égarer, à les corrompre, et à leur éviter toute forme de confrontation avec la souveraineté du bien et de la vérité.

J'étais disposée à accepter ces agissements, sans être consentante, comme témoin de ma propre identité, inacceptable par ces pervers. J'assistais, mais de très loin, à toutes les procédures inimaginables à mon encontre. Elles éludaient le sens, l'existence, et s'inscrivaient dans la déviance. Elles contournaient les lois en utilisant les lois-même et la justice. Le déni "de l'accepté" percé à jour, faisait la démonstration de l’inacceptable et de la perversité des situations. Le déni de l'acceptable, l'identité, le parcours, l'être lettré, donnait le change à l’inacceptable des agissements violents. 

Le négatif de la liberté était au pouvoir, avec sa cohorte d'armée, anéantissement, déshumanisation, haine, destruction, emprise, cruauté, jouissance, se faisant passer par la plus haute des libertés, une école d'art, où l'expression de la liberté devient un slogan, un commerce, un contrat, une négociation entre communicants et les affiches sont des outils de propagande, tout comme les incursions obligatoires dans les réseaux sociaux. Pour faire partie de la secte, le mot d'ordre se transforme en liberté d'importuner l'autre et lui enlever le sel de la vie, son salaire.

Loin du téléfilm, qui m'a fait beaucoup de bien, il décrit aussi une situation de mise au placard, de harcèlement moral, une autre de harcèlement sexuel, tout ce que l'on trouve dans notre société et que Marcel Aymé n'avait pas encore injecté dans ses nouvelles dans un bain de Seconde Guerre Mondiale, quoique. L'image que j'ai choisie (une des dernières du film) n'est pas révélatrice des images du films, mais cette espèce de porte targuée, picturale, est le retour à la norme, après la perte du pouvoir, mais aussi la sérénité d'avoir découvert le plus important : l'amour.

Dutilleul avait trop accepté de l'inacceptable, et dans le déni de son identité et de son pouvoir, il donnait le change à l’inacceptable des agissements violents. Le passage transgressif à travers les murs, le décloisonnement véritable, la puissance du "voir à travers" les murs épais et tous ces obstacles, devant ces petits chefs adeptes des slogans de la transparence pour mieux licencier l'expérience et la rendre jetable, ou bien, ce que j'ai connu, ces adeptes de l'horizontalité pour toujours plus vous subordonner au petit chef, à la directrice, au despote, est une belle illustration héroïque et fantastique, avec des effets spéciaux si bien ajustés, qu'on aimerait, spectateur, spectatrice, aussi, passer à travers les difficultés, la prison. Scène absolument magique, le moment où Dutilleul enlève ses quatre bracelets épais électroniques dans sa cellule, puis passe à travers les murs, sans aucune violence. 

Bien sûr, Dutilleul méritait la prison puisqu'il volait des œuvres d'art et des bijoux, grâce à son pouvoir. Son petit appartement s'est transformé en caverne d'Ali Baba. Mais ce qui est intéressant, dans ce téléfilm, c'est qu'en haut, puisque la société française est étatique et administrative, en haut de la verticalité du pouvoir, une femme et ses conseillers (ayant la preuve de son pouvoir magique), dont on imagine les fonctions de chaque partie, décide que cet homme ne soit jamais connu des autres, de l'opinion publique, car son pouvoir pourrait être plus grand que ces fonctionnaires au pouvoir, et que son aura d'autant plus grande, et que c'est à la vision uniquement narcissique, celle de la célébrité, qu'est jugé cet homme, vue d'en haut. Il faut d'une part qu'il soit pris ou chloroformé vivant, englouti dans un océan, et toutes les stratégies de disparitions sont imaginées, même la torture, par ces hauts-fonctionnaires, qui savent aussi taire leurs motivations et faire disparaître également leurs responsabilités (peut-être en affiliant celles-ci à d'autres) Jusqu'à demi-mot énoncer la finitude de cet homme, son extermination, dans des phrases elliptiques que les conseillers comprennent, par habitude, et n'ont même pas besoin de répéter, motus et bouche cousue. Cette illustration sibylline des arcanes du pouvoir, à mon sens, je l'interprète comme la volonté de couper la tête à celles et ceux qui seraient plus intelligents. Comme dirait un avocat que j'ai rencontré à Limoges : dans l'administration, aucune tête ne doit dépasser, en bons soldats, il ne doit pas y avoir de meilleurs, mais on nivèle tout par le bas. C'est ainsi, que les avocats ont de beaux jours devant eux, car les souffrances au travail dans les institutions publiques amènent plusieurs clients et beaucoup d'argent. Parfois, on ne pense pas aux véritables voleurs, plus malins que les autres.

Il en est que Dutilleul sera empoisonné en buvant un décaféiné dans un café (par ces hauts fonctionnaires cachés donc). Cela me rappelle une collègue professeure, qui m'avait dit me méfier car même le café offert par la direction pouvait être empoisonné si j'acceptais, devant un directeur qui me proposait de remplir ma tasse de thé vide. Une façon de mettre l'ambiance, de me menacer si je souhaitais continuer à enseigner avec une équipe de collègues soudés pour exclure. Rester murer, telle est l'attitude à prendre, plutôt que le café. Le passe-muraille adopte cette attitude très vite, il s'adapte, afin de garder son pouvoir secret. Très vite, on ne prend plus de café, plus de pause, on travaille plus qu'il n'en faut, on devient la cible de rumeurs, sans jamais les connaître, et on aide les plus démunis, puisque le chemin est connu et l'expérience n'est jamais perdue. Je pense que ce film doit être très inspiré des us et coutumes du pouvoir invisible des fonctionnaires soudés (pour le meilleur ?) pour le pire. J'ai eu la chance d'étudier de près des comportements malveillants ayant remplacé les fonctions et la production afin que le sens puisse devenir la propriété de quelques uns. Par des comportements ainsi pervers, il devient possible d'attribuer n'importe quel sens au travail, sans dessus dessous, au détriment des êtres et de leurs recherche de sens, de leur dignité. J'ai pu observer combien des enclaves sont propices à la transmission systémique de la folie et que, même des organismes de santé (trop) affiliés, contribuaient à effacer toute trace des effets de ces comportements, des souffrances, et conduisaient à l'exclusion des plus lucides. Et c'est là, la chance, d'être exclu de ces systèmes.

Quoi de plus héroïque que la personne qui passe à travers la perversité, à travers le sans dessus dessous, sens dessous dessous ? Le don divin de Dutilleul rend chèvre le petit chef qui l'a mis au placard, mais par de gentils tours de passe-passe. Tel est pris qui croyait prendre. Et c'est là tout le pacifisme de ce personnage comme tout le monde et exclu bienheureux d'un système toxique, car il n'y sera plus pour résister, il n'y participera plus du tout et trouvera sa voix ailleurs.

Donc, même ce pouvoir perdu, le comptable se satisfait de proposer ses services dans une compagnie de cirque où il a trouvé l'âme sœur, l'artiste.

L'hérédité de ce pouvoir, et le secret partagé de la mère au fils, ce désir d'en user mais d'en souffrir, serait préférable à la vie d'adaptabilité forcée, une vie terne et sans aucune intensité, une vie sans vivre les choses, mais sans aucune souffrance. La mère, avant son dernier souffle écrit une lettre à son fils et lui raconte ce secret, ce pouvoir, il doit désormais choisir, le sachant.

L'amour ferait partie de ces émotions intenses qui sortent de l'ordinaire. L'évènement, cet extraordinaire moteur de vie, "aimer" et "être aimé", n'est ni quantifiable, ni raisonné, et aucune preuve juridique, administrative ne peut le comptabiliser, le réguler, le normer. Puisqu'il est unique et né d'une relation ontologique où les êtres se sont dépris de leurs avoirs, mis à nus, mais épris désarmés.

Petit clin d’œil aux inséparables.

dimanche 18 mars 2018

ℬḺℰṲ

bleu.jpg

Le petit prince bleu s’est fait discret pour ne pas nous inquiéter. Il a attendu que notre dîner se termine pour s’en aller dans la pénombre, dans la pièce de l'imaginaire, éclairée par les étoiles de la nuit et les lanternes de la rue. Son esprit vole au-dessus de nous, si difficile à réaliser son absence, toute sa joie illuminait mon appartement.
Il était mon petit bonhomme, j’étais sa petite femme, mon amoureux était son ami, il était notre ami. La joie était parmi nous, sur mon épaule était le bout de paradis, le bleu de l’esprit. Si beau si élancé, si gai, si déterminé à aimer, il était tout entier, tout curieux. Il est parti par la petite porte, c’était un artiste, me dit mon amoureux.
Il était encore sur mon épaule à me dire ne t’inquiète pas, je serai toujours là.
Il me disait : « Ça va ? Ça va ? » Toujours il me questionnait ces derniers temps à savoir si cela allait, car cela n’allait pas souvent.
Et je lui demandais : « Ça va Pépino ? »
Il me répondait du tac au tac, oui avec ce cri si positif en plissant les yeux et d’un geste enthousiaste de tout son petit corps, s’élançant vers le haut, même s’il somnolait, il me répondait de ce petit cri, afin de me dire, « je suis là », « je serai toujours là ».
Il me répondait, il était toujours là, il veillait sur moi, sur nous tous. Chaque matin, il ne sera plus là, chaque soir, il ne me demandera plus « faire dodo » afin que je le cape. Il adorait tout nouvel aliment, il savourait et exprimait son plaisir, il savait aussi dire ce qu’il ne voulait pas, et comment ne pas le déranger, il savait nous faire comprendre tant de choses. Huit années sont passées si vite en accompagnant sa vie, lui en accompagnant la mienne, dans cette ville inconnue et pendant mon travail si difficile où mon environnement professionnel fut si toxique. Mais chez moi, avec lui, tout devenait positif, merveilleux, évolutif, interactif, fantaisiste, artistique. Loyal et fidèle, sans aucun jugement, d’une délicatesse rare, ses gestes doux, son plumage soyeux, son intelligence et sa douance me surprenaient, sa grande sensibilité face aux souffrances et surtout son excitation de tout bonheur quotidien, tout rayon de soleil.
Sa voix était si gentille et adorable que son animation disparue a rendu mes jours sans aucun sens et sans force.
Nous avions appris récemment qu’il adorait voyager en notre compagnie en voiture, il aimait nous voir partir loin et nous regarder à l’arrière, rire et chanter. Il aimait Satie, l’écoute se faisait plus attentive lorsque les premières notes de piano s’enchaînaient doucement, comme si quelques questions étaient lancées à l’infini, devant l’horizon, ou comme lorsqu'il regardait goutter un papier qu'il avait préalablement déposé dans sa grande écuelle d'eau : écouter tomber chaque goutte l'une après l'autre, comme un métronome. Il rythmait ma vie et m'offrait des soupirs, des respirations et surtout des points d'orgue.
Il aimait nous voir heureux. Alors c’est devant cet horizon qu’il avait fait ce voyage avec nous, afin qu’il soit soigné. Il avait fait mine d’être en meilleure santé devant le vétérinaire, en nous montrant sa hardiesse, en replaçant ses barbes et ses barbules de son plumage, en appliquant l’huile sur ses plumes qu’il sécrétait par sa glande uropygiale située à la base de la queue. Ainsi il nous montrait qu’il nettoyait bien ses plumes afin qu’elles demeurent imperméables, belles et en bonne santé. Tous ces moments avec lui étaient de bons moments, tout était bon, clair, rien de néfaste et de mauvais, tout était éclatant de simplicité, je me sentais pousser des ailes, il m’apprenait de cette liberté que les humains ne connaissent pas. Il savait des mots de notre langage, des phrases, il les répétait, il nous parlait, il nous écoutait, il savait tout. J’aurai aimé lui montrer la mer et tant de chose encore, qu’il vole en notre compagnie, ou que je vole en sa compagnie, au dessus de tout.
Mon petit prince, mon savant personnage, peu te connaissait ou on eu la chance de te reconnaître. Je fus de ceux-ci et ta voix résonne encore. Quelque chose en moi est parti avec toi, quelque chose d’unique, de singulier, d’infaillible. Je souhaiterai de tout cœur, te croire, tu es toujours là, sur mon épaule, petit esprit rieur, la liberté d’aimer.

dimanche 14 janvier 2018

Ḏ‷∀мøґℯ $ї Ṽїṽε

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Nous sommes allées voir Christophe en concert à Limoges. Une belle histoire nous a rassemblé ce soir là. Il y a un an, je découvrais son affiche, il passait dans ma ville. Désoeuvrée j'étais, les places à l'Opéra sont coûteuses. Puis l'année 2017, telle qu'elle fut jetée passait, j'écrivais, j'avais le temps, mais plus d'argent. Une matrone avait souhaité ma démission et avait déployé une armada à son service, pour en déléguer les menaces exécutives. C'était pour montrer que l'égalité entre hommes lourdingues et femmes lourdingues prenait forme dans nos écoles, kif-kif bourricot, harceleurs et harceleuses, tandis que les #balancetonporc avaient omis les #balancetatruie, histoire de maintenir les inégalités. Arriva la fin d'année, nous décidâmes de ne point nous offrir de cadeaux de fin d'année, mais de réserver tout pour nos acceuillants et hébergeants. Une idée venait, et si nous nous offrions pour cadeau ce concert ? La fin d'année nous a emportée de la banlieue parisienne au Nord de paris, au centre de la France, heureux de nos retrouvailles, c'était l'essentiel.

2018, la nouvelle année et son lot déplorable des mal aimé.es dans nos journaux, nous empêchant de parler d'amour et ramènant tout au sexe et à la violence, me faisaient penser à cette perte de vitesse de la consommation par le sexe et la violence. On n'en veut plus, de toute cette culture post-68, de toutes ces directions moches et débiles. La tendresse écrivais-je...
Vendredi, mon ami jeta au hasard un coup d’œil averti sur le Bon Coin, le célèbre site web d’annonces commerciales sur lequel le dépôt et la lecture d’une annonce sont gratuits. Il est le plus utilisé des sites de ce type en France, (créé en 2015) Il y trouva 2 places pour le concert de Christophe à un tarif dégressif par rapport à leur bon emplacement. En téléphonant, mon ami conversa avec une femme, qui se disait "d'un certain âge". Elle avait acheté ces places en avril 2017, et s'était trompée, c'est assez compliqué à expliquer. Elle en a acheté une puis une autre en oubliant qu'elle en avait déjà acheté une… Bref, ne pouvant s'y rendre, une amie plus jeune, dit-elle, lui conseille à la dernière minute de les disposer sur le Bon Coin, dont elle ne connaissait pas l'usage ni la portée. Son amie réalisa la mise ne ligne à sa place. Le rendez-vous pris, elle nous klaxonna heureuse et elle descendit de sa voiture, mal garée, un jeune homme derrière fâchée de notre transaction attendait. Elle dit : "Oh, il m'emmerde, il ne peut pas passer à côté ?" Elle n'était pas d'un certain âge, alors c'était amusant. Nous avons fait une rencontre sympathique et elle a fait des heureux ce soir. Elle nous a remerciés et nous a dit penser trouver un homme aux cheveux blancs. Elle avait mal compris : "Mais ils sont blonds ?" Nous dit-elle, "Je me disais bien que la voix était celle d'un jeune homme" Affaire d'âge, de rencontre, nous avons discuté, elle avait l'habitude de prendre des places précises à un certain endroit. Nous nous sommes quittés.

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)


Le soir, nous découvrîmes ses places, très bien situées au premier balcon, dans ce bel Opéra de Limoges, la salle pleine de gens d'un certain âge, un peu comme elle, c'est-à-dire, pas vieux, tous ayant la possibilité de se payer des places assez régulièrement à l'Opéra, donc pas vraiment de jeunes gens. À Paris, j'ai assisté à nombre de représentations de danse contemporaine, de concerts, d'expériences artistiques. Ici, à Limoges, notre sélection est plus aguerrie de nos cultures partagées et l'offre moins excitante, et pourtant, ici, nous avons vu nos cher.es artistes de plus près, parfois avec peu de public, savants privilégiés, car sachant où aller et qui voir, les priorités, les sélections. Je n'ai jamais croisé un seul ou une seule personne de l'école d'art dans nos sélections, comme si, ici, à Limoges, il n'y avait rien d'ouvert vers l'imaginaire et la création. Pourtant, chercher, aimer, trouver.
À l'école de Bourges, j'avais souhaité voir le spectacle de Wim Wandekeybus, mais le personnel en charge de bénéficier de tarifs dégressifs de cette salle de spectacle partenaire de l'école, m'avait affirmé ne pas pouvoir m'intégrer et que c'était complet. Le soir, après une journée pleine de cours sur le dessin en grands formats (j'avais aidé une étudiante à rattraper son retard, en associant la technicienne en photographie, et les tirages étaient excellents) je partais à pieds à la recherche de cette salle, assez loin, très très loin. J'arrivais et je trouvais une place aussitôt et juste devant. En sortant, j'ai pu voir de loin, plusieurs membres du personnel de l'école me regardant interloqués, comme si je ne devais pas être là. Tous avec leurs places réservées. Peu d'étudiants et aucun professeur.es. Parfois, je pense qu'il y a des habitudes, celles que les institutions favorisent leurs personnels pour l'accès aux représentations, aux créations, mais excluant les artistes, enseignants et dont les créateurs et créatrices, très concernés par la création justement, pourraient bénéficier, ou d'autres, non spécialisés. Les entre-soi, cercles de cercles de cercles clôts. De cette épopée, la secrétaire générale m'a raccompagnée en voiture, et de nos échanges, nous découvrîmes notre goût pour la danse contemporaine, sa fille ayant participé de cours et moi participé de scénographies (en tant que scénographe) et spectacles de danse (en tant que danseuse) Heureux dénouement. Les lendemains, toujours à accompagner les étudiants, j'avais pu avoir de bons échanges avec la technicienne en photographie, car nous avions assisté au spectacle. Le jour s'était déroulé sur nos émotions et notre expérience des différentes évolutions du chorégraphe. ce spectacle était sur l'amour. J'ai écris un article frais, sur ce blog, de cette retrouvaille, sans savoir ce qui allait m'arriver les jours suivants dans cette école. Ce fut mon premier et dernier spectacle de danse pendant que j'enseignais à Bourges, les lendemains, je fus empêchée de poursuivre mon enseignement, un peintre malveillant m'importunant, me menaçant. Les harcèlements en école d'art sont durs et structurels, n'en déplaise aux Catherine Millet-Deneuve qui souhaitent que cela continue ainsi. D'ailleurs, "Art Press", comment cette revue a-t-elle eu un tel monopole en France, si inintéressante ? Ha oui, la patronne des partouzes a fait son business et a tenu en laisse des années des artistes et commissaires et critiques... Drôle de milieu, en marge du monde.

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

D'or et d'argent, en paillettes et brillants d'espoir, nous nous sommes installés à la place d'une autre et le reste s'est offert à nos oreilles, nos yeux, nos sens, pour un délicieux moment que nous n'oublierons pas.

Failles, ce sont nos failles qui nous font avancer.

Christophe avait une anecdote : son piano acheté à Aix en Provence il y a 2 ans pour réaliser sa tournée. L'homme qui accorda son piano ce soir-là, à l'Opéra, lui apprit en enlevant une touche du piano qui portait son nom, que celui-ci venait de Limoges. Ce qui m'a fait sourire, c'est lorsque Christophe nous saluait, les limougeauds, tentant de trouver une connivence avec son public : "J'aime la campagne, les paysans, Limoges, la province, c'est toujours la campagne, j'aime la terre" Face à la bourgeoisie de Limoges très urbaine, et habituée à se déplacer, comme lui. Je cherchais les paysans à côté de moi, mais je ne les ai pas trouvés. Nos racines ne sont-elles pas toutes les mêmes ? De notre terre ? Nous venions du Bon coin, ni de la bourgeoisie, ni des paysans du coin, ni des âges certains. Limogés de tous clichés, stéréotypes, libres, dans un petit coin, minuscules fourmis.

Scénographie de lumière élégante, espaces sonores extatiques, les mots doux, la retenue, les instruments, le piano, l'ombre et la lumière, le rouge, le rose, le bleu, le blanc, la séduction, la nostalgie, l'amour, le flirt, le souvenir, les vestiges, la fragilité, l'électronique, l'organique, le sensuel, les fausses notes, l'humour, le désir, la santé, la subtilité, la douceur, le calme, le slow,les douches de lumières, les frétillements, les projections, les phares de voiture, la nuit, les lunettes bleues, la crinière blonde, les santiags, le velours, l'Italie, les femmes, les hommes, la drague (pas la lourde ;.) la douleur, les larmes, les remerciements, la félicité…


Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)


Et puis la recherche de Silvano Agosti, son documentaire "D'amore Si Vive" (On vit d'amour) de 1982, qui est revenu dans ma mémoire avec la voix de ce garçon philosophe...
Cet entretien ci-dessous avec Franck est un extrait du film documentaire "D'Amore Si Vive" tourné par Silvano Agosti et monté en 1982. Celui de Lola est disponible en ligne.

Silvano Agosti, réalisateur indépendant optant pour l'autogestion de sa production artistique depuis les années 60, censuré par le Vatican et interdit de diffusion en Italie, ce fascinant personnage présente pour la première fois au public bordelais son cinéma singulier. Compagnon de route de Marco Bellochio et d'Ennio Morricone, soutenu par Ingmar Bergman, Silvano Agosti nous parle sans cesse d'une « vérité qui bouge en sous-sol et ne peut être dite à haute voix. »

D'AMORE SI VIVE
Réalisé et monté par Silvano AGOSTI - documentaire Italie 1983 1h35mn VOSTF -

D'AMORE SI VIVE

"La tendresse sans sexualité ni amour engendre l’hypocrisie.
La sexualité sans tendresse ni amour engendre la pornographie.
L’amour sans tendresse ni sexualité engendre le mysticisme.
En fait, nous avons affaire à une société hypocrite, pornographique et mystique. "
Silvano Agosti


L'amour, la tendresse et la sexualité. Durant trois années, Silvano Agosti a rencontré et interrogé la population de Parme sur ces trois éléments constitutifs du sentiment amoureux. Il en a extrait 7 portraits poignants, 7 témoignages parfois bouleversants nous permettant d'approcher cette exigence qui porte chaque être humain à aimer malgré tout. Cette recherche au plus vif de multiples vérités sur la nature humaine se transforme pour nous, spectateurs conviés au partage, en une fructueuse et singulière expérience. À travers ces fragments de vie, au plus près de l'intime, le réalisateur fait émerger les violences souterraines issues de l'éducation, de la religion, de la négation d'une sexualité propre à l'enfant. Agosti nous met à l'écoute de l'énigme des corps aux prises avec le désir et le besoin insatiable de tendresse amoureuse. Besoin bouleversant dans la sublime séquence-épilogue toute de silence vivant : là, comment s'accommoder de ce terrible regard qui, soudain, en une dernière image, fait face à notre oeil-caméra pris en flagrant désir de (sa)voir…?

christophe6.jpg
Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Daniel Bevilacqua, dit Christophe, est un chanteur français, né le 13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge (Essonne). Il a 72 ans. Le père de Daniel, Georges Jacques Bevilacqua est un entrepreneur italien, il tient une entreprise d'installation de chauffage central qui prospère assez pour s'étendre à la vente d'électroménager ; sa mère est couturière. Il a grandi dans la grande banlieue parisienne, dans l'Essonne... tout en rêvant d'Amérique. Rebelle comme James Dean, son idole, il s'est fait virer d'une dizaine de lycée, avant de se lancer dans la musique et de connaître un succès fulgurant avec Aline, à seulement 20 ans.   

Dans l'art contemporain, il a été re-découvert lorsque l'artiste Dominique Gonzalez-Foerster (D-G-F.) réalisa la scénographie de son concert de Christophe à l'Olympia en 2002, à l'occasion de la tournée La Route des Mots.  

Ce que j'aime dans sa musique ce sont ses sons, et aussi les quelques mots posés. Il n'y a rien d'intellectualisé et pourtant tout est pensé et très technique. Ses références musicales sont les miennes aussi, Lou Reed et Laurie Anderson, Alain Bashung... Le beau bizarre, dernier dandy, nuits blanches et autodidacte. Ayant composé quelques morceaux, conçu des albums musicaux et travaillé avec d'autres musiciens d'autres planètes, d'autres langues, mon écoute est très réceptive aux sons, à la technique, à la précision. Et puis cette synesthésie entre son et lumière arrive à maturité, et oui pas besoin de rappels. À fleur de peau. Les paradis retrouvés.


lundi 11 septembre 2017

ⓓⓤ ⓥⓔⓝⓣ !

florida.jpg

hurricane.jpg

Photographies © Sonia Marques

vendredi 25 novembre 2016

ʝʊᾔтїη♄øṧ

Maria Helena Vieira da Silva et Arpad Szénes

Eu ensino na escola nacional superior de artes de Bourges, desde janeiro 2016, à jovens estudantes. Então um curso específico e muito preciso, eu as ensino a desenhar unicamente à linha preta (mas eu também faço outros cursos diferentes artísticos e com outros colegas). Aquilo faz uma quinzena de anos que ensino em diferentes escolas superiores de arte na França com intervenções no estrangeiro (em Suíça, na Bélgica, em Portugal) Em Bourges, (na sua forma portuguesa Burges), a antiga capital da região do Berry, praticamente no centro geográfico da França, parece que a vida é mais sossegada do que a agitação permanente de Paris, mas conservando sempre todas as características e vantagens de uma cidade com 100 000 habitantes. Acho que Bourges têm um óptimo ambiente para se viver ao dia à dia. Nada de buzinas, nada de pessoas cheias de pressa em toda à parte, nada de turistas chatos : é um sossego.
Com essas estudantes, ensino a trabalhar por meio de software de desenhos para aumentar as realizações, escalar as imagens, desenhar edições de conteúdos visuais em formato vetorial, conceber grandes formatos e imaginar impressões muitos grandes, nas paredes, em volume (estudos em arte multimédia). As mudanças culturais e tecnológicas registadas, no decurso das últimas duas décadas, têm vindo a alterar os modos de representação e de produção gráfica e deram origem ao aparecimento de novas formas de ensino-aprendizagem e de aplicação prática do desenho. A expressão gráfica como domínio específico da realização artística não representa, hoje, a totalidade das funções do desenho, tendo em conta a importância do desenvolvimento da informática e da informação elaborada por computador e transmitida de forma gráfica. Neste contexto, a função cognitivo-comunicativa do desenho, como instrumento de pesquisa e de informação científica, o meu ensino proporciona uma formação pluridisciplinar assente em temas que integram aspetos estéticos, organizacionais, sociais e tecnológicos relacionados com a criação, desenvolvimento e aplicação de conteúdos multimédia, mas com uma metodologia muito simples (meu segredo, minha experiência de vida). Os estudos das obras de arte e a história da arte são muito importantes, assim como a arte contemporânea, ou das novas tecnologias. Nas minhas aulas, a aprendizagem do desenho à mão é fundamental. Penso que aprendo sobretudo a observar, então contemplar.
Nas grandes oficinas de pintura, trabalham em silêncio, muito concentradas e eu também. Os professores franceses estão muito surpresos e dizem quando eles atravessam o espaço “Reina uma calma Olímpica”, ou “Existe aqui um silêncio religioso”. Desejei saber por que era tão excepcional hoje, que as estudantes em arte sejam assíduas e muito concentradas no trabalho, desenhando, mesmo, se cada uma delas ouvém música com seus fones.
Uma delas tinha desenhado traços enérgicos à tinta da China preta, que desenhavam um espaço. Pensei às pinturas de Maria Helena Vieira da Silva. Ensinei o que era esta pintor, inteligente, sensível e à frente de seu tempo. Um pouco depois, encontrei um professor pintor, também é um crítico de arte nesta escola. Diz-me que ele escreveu um artigo num catálogo de exposição sobre Vieira da Silva e foi para Portugal. Vim para casa com lembranças. Seguidamente procurei na minha biblioteca e redescobria um catálogo desta pintor portuguese. Então, eu redescobri o seu grande amor com um outro pintor de origem húngara, Arpad Szénes. Ambos moraram em Paris. Até ao fim das suas vidas, uma cama pequena celebrou o amor deles juntinhos até de madrugada. Eu vi um filme, "Ma femme chamado bicho", de 1976, um filme documental de José Alvaro de Morais (1943-2004) sobre os pintores Maria Helena Vieira da Silva e Arpad Szenes. Arpad Szénes apaixonado, descreve a sua mulher pintor, que beleza esta protecção mútua, salvaguardando imaginários próprios, criativamente diferentes, um amor verdadeiro. Diz uma coisa que me marcou sobre o silêncio e a concentração que existem em meus cursos de desenho : Não podemos falar e pintar ao mesmo tempo. É necessário escolher. Quando estamos a pintar, não estamos a falar.

Esta calma é a expressão do pensamento. Para mim é a ideia da felicidade.

E nas minhas salas de aula reinava uma calma olímpica...um silêncio religioso...

Chambre grise, 1950 (65 X 82 cm, huile sur toile)

Maria Helena Vieira da Silva, Paris, 1948

Maria Helena Vieira da Silva, Rio de Janeiro, 1940-42

Maria Helena Vieira da Silva et Arpad Szénes, Budapest, 1930

A correspondência íntima, sobretudo gráfica e alguma inédita, trocada entre os pintores já falecidos Maria Helena Vieira da Silva e o marido, Arpad Szénes, foi exposto, no Museu Nacional de Machado de Castro, em Coimbra, (2015).
Uma revelação de parte dos 55 anos em que viveram juntos, numa relação que acabou com a morte de  Arpad Szénes em 1985 e de Vieira da Silva sete anos depois.
Fonte da Fundação Arpad Szénes-Vieira da Silva (FASVS) indicou que a exposição “Escrita íntima” é baseada na mostra apresentada em Lisboa, entre fevereiro e abril do ano passado, tendo sido “remodelada para ser adaptada ao espaço” do Museu Machado de Castro.
A mostra, apresentada no âmbito da programação do 7.º Festival das Artes, revela, através de desenhos, cartas e pinturas, a história do grande amor entre os dois artistas, que se conheceram em Paris.

(Vídeo 1 et video 2, com 62 fotografias da exposição “Escrita Íntima: Cartas e Desenhos”, que mostra correspondência trocada entre Arpad Szenes e Vieira da Silva, na sua maioria desenhos e cartas íntimas deste casal de pintores, escritas num francês cheio de códigos e léxicos muito próprios. No Museu Nacional de Machado de Castro (MNMC), em Coimbra, 2015)

“Escrita íntima”

O núcleo de correspondência agora publicado integra o acervo epistolar dos artistas Arpad Szenes e Maria Helena Vieira da Silva, mais de dois mil documentos provenientes de família, amigos e contactos oficiais, à guarda da Fundação Arpad Szenes-Vieira da Silva, por legado testamentário da artista. O conjunto foi selecionado de um núcleo particular: o da correspondência entre o casal, produzido entre 1932 e 1961, que documenta os raros e curtos períodos em que esteve geograficamente separado. O critério de seleção das cartas obedeceu a três parâmetros: estarem completas ou quase completas; acrescentarem ou clarificarem informação relativa ao período histórico referido ou à vida dos artistas nesse mesmo período; e, finalmente, a qualidade literária e o interesse público dos conteúdos. In Nota Editorial



Maria Helena Vieira da Silva, L'espace en jeu : Bibliothèque (1949, huile sur toile - 114,50 x 147,50 cm)


Vieira da Silva e Arpad Szénes. 1970 . “Estavam em casa de familiares em Loures, ela muito revoltada com o país”. A celebrada pintora portuguesa cedo revelou o seu talento ao ingressar, aos onze anos, na Academia de Belas-Artes de Lisboa. E logo aos vinte anos, isto é, em 1928, decidiu transferir-se para Paris; aqui estudou com Fernand Léger e outros mestres e, neste ambiente, conheceu o pintor húngaro Arpad Szenes, com quem se casou. Durante a segunda guerra mundial, considerando que o marido era judeu e que a pintora tinha perdido a nacionalidade portuguesa, o casal “apátrida” residiu longo tempo no Brasil, onde deixou marcas na arte brasileira, sobretudo entre os modernistas. A partir de 1948 cresce o apreço da sociedade francesa pela sua pintura, com o reconhecimento público através da naturalização francesa em 1956, e de prémios e condecorações, tendo sido a primeira mulher a receber o “Grand Prix National des Arts” em 1966. Sem ter cortado os laços com a primeira pátria, favoreceu a criação da Fundação Arpad Szenes-Vieira da Silva, junto do Jardim das Amoreiras, em Lisboa, onde se pode admirar uma pequeníssima parte da sua obra inconfundível. Não ficou, por outro lado, insensível ao movimento do 25 de Abril, sendo responsável pelos cartazes “A poesia está na rua”, de colaboração com Sophia de Mello Breyner. Também desenhou os painéis de azulejos que animam as estações do Rato e da Cidade Universitária do Metropolitano de Lisboa. A última consagração, já em 2013, foi a atribuição do seu nome a uma cratera em Mercúrio, distinção conferida pela União Astronómica Internacional (MS).




Mário Cesariny privou com eles em Paris e tornou-se seu amigo.
Com eles partilhou muitas experiências e em particular com Vieira Da Silva trocou muita correspondência. O Mário tinha um enorme carinho por ambos e adorava a forma como Maria Helena o tratava por Mário “le chat”.
A história que convosco quero partilhar, ouvi da boca do Mário e arrebatou o meu coração.
Foi um breve dialogo que terá acontecido em Paris, na casa de Maria Helena e Arpad, no número 34 da Rua de l’Abbé Carton, no XIV bairro da cidade, entre o Mário e o Arpad. É curta, tão curta e simples como só os grandes amores se permitem transmitir.
O Mário, ao verificar que a suposta cama do casal era afinal uma cama de solteiro, terá perguntado a Arpad qual a razão de terem uma cama tão pequena.
Arpad terá respondido:
“Porque assim temos a certeza que adormecemos e acordamos juntinhos.”.
Um gesto, uma decisão, uma forma de vida, tão simples que deixou para sempre o Mário maravilhado. O que ele considerava misteriosa esta situação, e para ele a adjectivação superlativa de algo deslumbrante era… misterioso.
O Mário nunca se esqueceu desta história, encontrou nela motivos para o seu encantamento. Tal como eu. Pois também eu passei a ter uma resposta válida e simples para uma das perguntas mais difíceis desta vida.
“O que é o amor? Uma cama pequena onde se adormece e acorda, com a certeza que se está sempre junto.”

Ma Femme Chamada Bicho

(1976, 79 min)

sinopse
 Um retrato da mulher-pintora Maria Helena Vieira da Silva (1908-92), pelo olhar surpreendente de Arpad Szenes. Relação vivida a dois - uma protecção mútua, salvaguardando imaginários próprios, criativamente diferentes, apesar dos pontos de inter-penetração. A câmara à superfície das telas, além do mero itinerário visual. O “mundo de Vieira”: genialidade, ritmo, cor, formas desafiantes. Evocações por artistas, historiadores, galeristas, poetas, escritores, gente da cultura.

Filme documental de José Alvaro de Morais (1943-2004) sobre os pintores Maria Helena Vieira da Silva e Arpad Szenes. Com a presença de Guy Wellen, Mário Cesariny, Sophia de Mello Breyner, Augustina Bessa Luís, entre outros.




Portrait de Maria Helena Vieira da Silva par Arpad Szénes

Maria Helena Vieira da Silva
Testamento
:

Eu deixo para os meus amigos
um azul cerúleo para voar alto
um azul cobalto para a felicidade
um azul de além-mar para estimular o espírito
um vermelhão para que o sangue circule alegremente
um verde musgo para acalmar os nervos
um amarelo ouro: riqueza
um violeta cobalto para o devaneio
um carmim que faz soar o violoncelo
um amarelo barita: ficção científica, cintilância, estardalhaço
um ocre amarelo para aceitar a terra
um verde Veronese para lembrar a primavera
um índigo a fim de afinar o espírito com a tempestade
um laranja para aguçar a visão de um limoeiro distante
um amarelo-limão para a graça
um branco puro: pureza
terra de Siena natural: a transmutação do ouro
um negro suntuoso para ver Ticiano
um terra sombrio natural para melhor aceitar a negra melancolia
um terra de Siena queimado para o sentimento da duração.


Creio que juntando pequena mancha a pequena mancha, laboriosamente, como uma abelha, o quadro se faz. Um quadro deve ter um coração próprio, um sistema nervoso, ossos e circulação. Nos seus movimentos, deve parecer-se com uma pessoa, deve ter tempo para os seus movimentos. Aquele que o olha deverá encontrar-se diante de um ser que lhe faça companhia, que lhe conte histórias, que lhe dê certezas. Porque o quadro não é a evasão, deve ser um amigo que nos fala, que descobre riquezas em nós e à nossa volta.*
______________

*citação extraída da monografia Vieira da Silva, de vários autores, publicada por Skirra , Genebra, 1993.



dimanche 8 novembre 2015

ⒻⓄⓄⓉ ⒻⒺⒶⓉ ⒻⒺⓈⓉ



i'M A POOL (photographie © Sonia Marques)

i'M A FOOT (photographie © Sonia Marques)

i'M A FEAT  (photographie © Sonia Marques)

i'M A FEST (photographie © Sonia Marques)

Dedicace to negus <3

mercredi 20 mai 2015

ℒ@üґℯηḉε Åη⑂ẘα⑂﹩

Laurence Anywhays, film de Xavier Dolan à revoir ici ou ici (The knife, etc.)

vendredi 11 avril 2014

Ї ℓ☺♥ℯ ℙ@ґiṧ


S... (Photographie © Sonia Marques)

"Ce qui est ici en jeu, c'est un type d'enquête consistant à se demander quelles vies sont déjà considérées comme n'étant pas des vies, ou considérées comme des vies ne vivant que partiellement, ou comme des vies déjà mortes et envolées, et ce avant toute destruction ou abandon explicites. Bien sûr, cette question devient très douloureusement tangible pour qui se comprend déjà comme une sorte d'être dispensable, un être qui enregistre à un niveau affectif et corporel que sa vie ne vaut pas la peine d'être sauvegardée, protégée et considérée. Il s'agit de quelqu'un qui comprend qu'il ne sera pas pleuré s'il perd la vie, et donc de quelqu'un pour qui l'affirmation conditionnelle "Je ne serais pas pleuré" est vécue concrètement au moment présent. S'il s'avère qu'aucun réseau social, aucune institution ne me prendrait en charge en cas d'effondrement, alors j'en arrive à relever de la catégorie du "qui-n'est-pas-digne-d'être-pleuré. Cela ne signifie pas qu'il n'y en aura pas certains pour me pleurer, ou que celui qui n'est pas digne d'être pleuré n'a pas de manières d'en pleurer un autre. Cela ne signifie pas que je ne serai pas pleuré à un endroit et pas à un autre, ou que la perte ne sera pas enregistrée du tout. Mais ces formes de persistance et de résistance interviennent toujours dans une sorte de pénombre de la vie publique, faisant occasionnellement irruption pour contester ces systèmes par lesquels elles se voient dévaluées en affirmant leur valeur collective. Alors, oui, celui qui n'est pas digne d'être pleuré participe parfois à des insurrections publiques de grande tristesse, raison pour laquelle il est difficile dans tant de pays de distinguer la procession funéraire de la manifestation. "

(Qu'est-ce qu'une vie bonne ? | Judith BUTLER)

Photographies de Robert Mapplethorpe / Vues exposition Grand Palais par Sonia Marques)

Peinture sacrée (Photographie © Sonia Marques)

Bijoux des hommes (Photographie © Sonia Marques)

Peinture sucrée (Photographie © Sonia Marques)

Soleil roux (Photographie © Sonia Marques)

Soleil jaune (Photographie © Sonia Marques)

Avril (Photographie © Sonia Marques)

A cuca (Oeuvre de Tarsila © 1924)

Soleil bleu (Oeuvre de Kumi Sugaï © 1969)

Qui ? (Photographie © Sonia Marques)

Tulipes oui (Photographie © Sonia Marques)

Volé (Photographie © Sonia Marques)
La raison pour laquelle quelqu'un ne sera pas pleuré, ou a déjà été jugé comme n'ayant pas à être pleuré réside dans l'inexistence d'une structure d'appui susceptible de soutenir à l'avenir cette vie, ce qui implique qu'elle est dévaluée, qu'elle ne mérite pas d'être soutenue et protégée en tant que vie par les systèmes de valeur dominants. L'avenir même de ma vie dépend de cette condition de soutien. Si donc je ne suis pas soutenu, alors ma vie est jugée faible, précaire, et en ce sens indigne d'être protégée de la blessure ou de la perte, et est donc une vie qui n'est pas digne d'être pleurée. Si seule une vie digne d'être pleurée peut être considérée, et considérée à travers le temps, alors seule une vie digne d'être pleurée pourra bénéficier d'un soutien social et économique, d'un logement, de soins médicaux, d'un emploi, de la liberté d'expression politique, de formes de reconnaissance sociale, et d'une capacité de participation active à la vie publique. On doit, pour ainsi dire, être digne d'être pleuré avant d'être perdu, avant que se pose la question d'être négligé ou abandonné et on doit être capable de vivre une vie en sachant que la perte de cette vie que je suis serait déplorée, et donc que toute mesure sera prise afin de prévenir cette perte.
(Qu'est-ce qu'une vie bonne ? | Judith BUTLER)

Jorindas resa (film de Liselotte Wajstedt © Music Video: The Knife © Rabbit Records, 2014

Jorindas resa (film de Liselotte Wajstedt © Music Video: The Knife © Rabbit Records, 2014

Royal Iris (Photographie © Sonia Marques)

Photographies de Robert Mapplethorpe / Vues exposition Grand Palais par Sonia Marques)

Photographies de Robert Mapplethorpe / Vues exposition Grand Palais par Sonia Marques)

De loin (Photographie © Sonia Marques)

De près (Photographie © Sonia Marques)

"Si en effet la résistance doit entraîner une nouvelle manière de vivre, une vie plus vivable s'opposant à la distribution différentielle de la précarité, alors les actes de résistance diront non à une manière de vivre dans le même temps où ils diront oui à une autre. L'action concertée qui caractérise la résistance se trouve parfois dans l'acte discursif verbal ou dans le combat héroïque, mais elle se trouve également dans ces gestes corporels de refus, de silence, de déplacement, de refus de bouger, caractérisant ces mouvements qui promulguent des principes démocratiques d'égalité et des principes économiques d'interdépendance en en appelant à une nouvelle manière de vivre plus radicalement démocratique et plus substantiellement interdépendante."

(Qu'est-ce qu'une vie bonne ? | Judith BUTLER)

Ring (Photographie © Sonia Marques)

Night ring (Photographie © Sonia Marques)

NP (Photographie © Sonia Marques)

BL (Photographie © Sonia Marques)

WK (Photographie © Sonia Marques)

L'amour (Photographie © Sonia Marques)

République (Photographie © Sonia Marques)

NP (Photographie © Sonia Marques)
"J'ai tenté de montrer que la précarité est cette condition contre laquelle luttent plusieurs mouvements sociaux nouveaux ; de tels mouvements ne cherchent pas à surmonter l'interdépendance, ou même la vulnérabilité, lorsqu'ils luttent contre la précarité ; ils cherchent plutôt à produire les conditions dans lesquelles vulnérabilité et interdépendance deviennent vivables. "
(Qu'est-ce qu'une vie bonne ? | Judith BUTLER)

Rose corbeau (Photographie © Sonia Marques)
Merci Judith, merci Paris, merci fabuleux Minya pour ces cadeaux et le soutien.