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20/12/2016

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Page du site kiwaida.nu (© Sonia Marques)

Sou guardador de rebanhos
O rebanho é os meus pensamentos
E os meus pensamentos são todos sensações.
Penso com os olhos e com os ouvidos
E com as mãos e os pés
E com o nariz e a boca.

Pensar uma flor é vê-la e cheira-la
E Comer um fruto é saber-lhe o sentido.

Por isso quando num dia de calor
Me sinto triste de goza-lo tanto.
E me deito ao comprido na erva,
E fecho os olhos quentes,
Sinto todo o meu corpo deitado no realidade
Sei a verdade e sou feliz.

(O Guardador de Rebanhos, de Alberto Caeiro - heterônimo de Fernando Pessoa)

Je suis un gardeur de troupeaux.
Le troupeau ce sont mes pensées
Et mes pensées sont toutes des sensations.
Je pense avec les yeux et les oreilles
Et avec les mains et avec les pieds
Et avec le nez et avec la bouche.
 
Penser une fleur c’est la voir et la respirer
Et manger un fruit c’est en savoir le sens.
 
C’est pourquoi lorsque par un jour de chaleur
Je me sens triste d’en jouir à ce point,
Et couche de tout mon long dans l’herbe,
Et ferme mes yeux brûlants,
Je sens tout mon corps couché dans la réalité,
Je sais la vérité et je suis heureux.

O Guardador de Rebanhos é um poema constituído por 49 textos escritos pelo heterônimo Fernando Pessoa, Alberto Caeiro em 1914 e Fernando Pessoa atribuiu sua gêneses a uma única noite de insônia de Caeiro. Foram publicados em 1925 nas 4ª e 5ª edições da revista Athena, com exceção do 8º poema do conjunto que só viria a ser publicado em 1931, na revista Presença. A obra contêm poemas "em que a personagem surge sob iluminações imprevistas, revelando aspectos que contradizem o seu ideal de Si-Mesmo e lhe conferem verossimilhança ficcional". Os poemas mostram a forma simples e natural de sentir e dizer de seu autor, voltado para a natureza e as coisas puras.

Par kiwaïda at 02:27

14/11/2016

☾ґḯℯґ

Par kiwaïda at 15:43

03/11/2016

ℳѦℛÉℰ ḯґḯṧé℮

Babel (© Sonia Marques)

Nourriture pour machines

L’exercice d’analyse de la rumeur fut un bon fil conducteur pour réfléchir sur la transformation des données. Les formes de harcèlement que j’ai pu étudier, font partie de cette gestion auto-organisée et sociétale, elles orientent les lois et la justice. L’interprétation, les commentaires, modifient constamment le flux des données humaines mais leurs enregistrements et leurs archives est encore une autre variable, et les décisions sont tout autant, internées dans le domaine scientifique, logiques d’interprétations et de commentaires déviés, remaniés, sélectionnés dans une marée noire. Elle est décrite noire.

Si je me concentre un peu, si je devais choisir dans le spectre coloré, une nuance associée, je ne choisirai pas une sombre. La marée me semble bien choisie, métaphore maritime, pour rester dans l'océan des réseaux puisque cette association avec l'élément naturel liquide s'est effectuée dès les débuts du Net (aussi avec l'air, et la Noosphère...) Admettons, la marée, variation de la hauteur du niveau des mers et des océans, la Lune et le Soleil, actifs. Mais je ne la qualifierai pas noire, plus dans des tons assez transparents, voir translucides, mais chargée d'une substance virtuelle. Elle se déplacerait comme les groupes d’étourneaux et leurs fascinants ballets, mais touts petits, des nanomètres, sans leader, et non visibles à l’œil nu.
Voici une difficulté de taille : comment la qualifier cette marée ? Je la nomme la Marée Irisée. Cette marée de données serait plutôt brillante, et parfois opalescente, iridescente, chromatisée, multicolorée, nacrée, perlée... Je ne peux la teinter définitivement, ni même la stigmatisée. Fait-elle partie de moi ou agit-elle sans ma participation ? Me domine-t-elle ? Est-ce que je la connais ? Je pense qu'elle me connait bien, pour m'avoir copiée, imitée, voici que je l'imite, je lui octroie un peu d'aura, alors qu'elle doit sans doute effondrer des théories, comme des tours de Babel un peu prétentieuses qui osent se mesurer au divin, à une puissance ignorée. Je la mesure sans le moi, et pourtant mes exemples, mon expérience, toute relative, s'insère dans l'observation. Sincère...

Le Big Data, considéré métaphoriquement comme une marée noire informationnelle, croissante, est aussi vue comme une pollution. Encore un adjectif emprunté à notre histoire (noire, pollution...) et stigmatisant. Nos productions d'informations sont qualifiées, il y a des humains qui les qualifient encore mais pas pour longtemps. Les machines se parlent entre elles et surement que la rumeur est en marche et nous échappe. Digne de la science fiction, un virus se propageant dans un système agit comme une rumeur qui transforme le milieu.

J'ai dessiné un grand nuage cet été, figuré dans la nuit ou en plein jour, translucide. J'avais publié un article nommée, Bille des cieux, mais ce n'était pas le titre des dessins. Il ressemble à un virus, mais n'en est pas un, ou l'intérieur d'une bille de verre,  alors arrive ce texte, serait-il plus de cette Marée Irisée ? Entre figuratif et abstraction. Il est sympathique, mais on ne connait vraiment sa force, il est craint aussi. Bientôt je le porterai, car mon ami m'a invité à en faire un vêtement.

Revenons à la rumeur, latence, épaississement, politique, jeu, badinage, ouï-dire, entreprise de mort, complot, bruit et silence, légendes urbaines, propagande, canulars, préjugés, commérages, (Gossip), force invisible, trainée de poudre, fumée sans feu...

Il y a un art très humain et très politique, celui de dire ce que l'on a entendu dire, redire le ouï-dire. C'est une forme de connaissance, répéter les opinions entendues, comme si avoir entendu suffisait à valider leur vérité. C'est ce qui caractérise cet art de "dire ce qu’on a entendu dire", littéralement c’est la connaissance par le ouï-dire redit. Bref, c’est l’art de répéter des opinions entendues, comme si avoir entendu suffit à valider leur vérité. Le dire vrai est que "je dis ce que j’ai vraiment entendu", comme "le président a pour maîtresse une actrice", ou bien "le ministre, le beau gosse, est gay". Ces opinions entendues flouent la véracité tandis que le politique, le sachant, joue avec les opinions.
Le philosophe français Michel Foucault a cherché à mettre en évidence combien dire la vérité fut non seulement constitutif de la démocratie grecque, mais également comment celle-ci entra en crise quand le parler franc s’est avili, dans la mesure où il a été transformé en un dire n’importe quoi. Durant le cours de 1982-1983, en effet, Foucault étudie la notion de parrêsia, mot grec formé sur le pronom pan (tout) et le verbe rein (dire) et qu’on peut traduire par « dire-vrai » ou « franc-parler ». La dimension de vérité de ce franc parler s’est perdue, puisque la conviction qui marquait le parlant dans sa version originaire a été transformée en une pratique de simple persuasion et de leurre. Ses derniers travaux portaient sur "Le courage de la vérité". Quand on ne sait pas un truc, on va chercher si d'autres savent mieux, ou ont déjà étudié des notions qui s'approcheraient de ce que l'on croit approcher, mais jamais vraiment. C'est ce que je fais. Ce qui est riche, c'est de parvenir à se glisser dans les mots des autres, tout en allant se balader un peu, afin de changer d'air et prendre de la distance. Mais parfois, il faut aller à son rythme, et donc accepter de lâcher certains, certaines en route. Ne plus aller au rythme des autres, mais aller à son rythme.
En marchant proche d'une cathédrale avec mon ami, nous lisions à travers une vitrine dédiée à la religion chrétienne, une phrase, plutôt une question écrite en grand : "Et si aujourd'hui la vérité était le mensonge" ? En continuant notre chemin, nous réfléchissions à haute voix, non sans humour, sur cette phrase affichée comme un nouveau mantra et comment pouvaient réagir les disciples de la religion. Quel renversement ! Notre monde serait pétri de relativisme et la vérité ne serait plus une notion moderne, celui ou celle qui prétend la connaître ou savoir en quoi elle consiste est suspecté ou déclaré fou. Le relatif est plus vrai que la vérité. Cette phrase me sautait ainsi aux yeux, dans le courant de ma pensée. Foucault tente de définir le parrésiaste, celui qui ose dire les choses (Discours et vérité) dans le sens que la franchise et la sincérité ne seraient pas seulement des qualités psychologiques, mais politiques, éthiques et philosophiques. La parole vraie serait sans doute, dans nos sociétés, ce qui est le plus rarement entendu et le plus difficile à exprimer. Ce dire-vrai avancé par le philosophe, en opposition à la flatterie du courtisan, de l'hypocrite, ce franc parler de l'ami, implique un courage, au risque de déplaire, de fâcher, impliquant d'entendre ce qui n'est pas agréable. Une conduite à risque.
Je me demandais comment ces conduites philosophiques étaient arrivées à être réprimées aujourd'hui, dans nos espaces démocratiques, nos lieux de travail. Le temps de la pensée n'était plus compris.

Dans le monde du sport, il y a cet instrument le vuvuzela (prononcé : le vouvouzela) une grande corne jouée par les supporters. Cet instrument de musique fait un bruit (vou-vou). Les joueurs n'entendent plus les entraîneurs et les supporters s'en servent pour manipuler le match, par le bruit assourdissant. La rumeur classique colportée d'une oreille amie à une autre, fonctionne comme une machine acousmatique, le dire vrai s'emploie à plein régime, sans que personne ne connaisse la source. Le "bruit acousmatique" désigne un bruit qu'on entend sans en voir la source. C'est un autre philosophe Pythagore, il y a très longtemps, réformateur, religieux, mathématicien, énigmatique, dans un temps av. J.-C., dans les îles grecques (quoiqu'il a pas mal voyagé), qui en a fait l'expérience, avec un rideau, et ne peut-on pas imaginer de plus belle illustration du possible complotage ? Ou bien de jeux inventifs, entendre sans voir, sans être vu... Acousmatique était donc le nom donné aux disciples de Pythagore, qui écoutaient ses leçons derrière un voile, sans le voir (les auditeurs, à ne pas confondre avec ses autres disciples, les mathématiciens) durant 5 années. Les vuvuzelas ne sonnent pas à l’unisson, chacun son intonation, son volume, son timbre, mais ces cornes jouées ensemble donnent l’impression non pas d’une unanimité mais d'un bruit acousmatique, une adhésion qui produit de l'assentiment. Ce serait vrai et cette rumeur, ce bruit brouille le vrai tout en simulant un accord, alors qu'il est complètement désaccordé. Et passer d'une corne d'un match de foot à un voile de Pythagore... Trop entendre, être assourdi, et ne pas voir pour mieux entendre (telle la pédagogie du silence de Pythagore). Il a fallu développer de complexes algorithmes pour espérer retrouver cet apprentissage au calme. Involution encore, n'y comptons pas de retrouver le voile, tout est à découvert. Marée Irisée.

De rebonds en rebonds, quatre chercheurs du MIT, (l'institut de recherche et université américaine, spécialisée dans les domaines de la science et de la technologie, près de Boston) qui baignent dans ces mêmes références (le sport, les réseaux, la communication) ont conçu une messagerie appelée Vuvuzela. Elle sert à brouiller toute écoute en noyant les messages au milieu d’une masse de données qui font diversion. Tout cela à des fins de protections et sécurisation des communications. La complexité de tels systèmes montre les paradoxes de notre société. La recherche s'oriente vers le brouillage, pour mieux s'entendre... Cette messagerie serait réputée intraçable. Évidemment, les objectifs étaient vertueux, mais peuvent également être utilisés à d'autres fins. Ce système s’adresserait en priorité à certains professionnels (journalistes, défenseurs des droits de l’Homme, lanceurs d’alertes…) ayant besoin de protéger leurs communications avec des sources sensibles ou bien à des personnes vivant sous des régimes pratiquant la censure et la surveillance.

Dans notre République, la citoyenneté glisse vers la pratique de la vuvuzela et on comprend de moins en moins le dire-vrai des politiques. Cette république de vuvuzelas, ce bruit commun, n'interrompt pas la rumeur, ni les mafias sportives. Les citoyens sont comme des abeilles dans une ruche à produire du miel pour reines et rois, chérissant et acclamant, montrant en exemple les tricheurs, les violeurs et les échappés fiscaux, les prétendants aux élections, toutes ces figures récurrentes qui nous font oublier que nous perdons de plus en plus d'animaux sauvages. C'est un exemple, mais les espèces en voix de disparition ne seront pas acclamées et chéries tout autant.Enfin, de mon côté, c'est plus ce qui me préoccupe, mes centres d’intérêts.

Je ne connaissais pas l'instrument vuvuzela. Un jour, je commençais à travailler dans une entreprise, oui disons que ce fut une entreprise, et, des secrétaires commençaient à me demander pas mal de choses, individuellement, chacune, que je les aide à écrire un texte, déboguer leur logiciel de correction, organiser leurs concours, réaliser des tableaux... Bref, cela n'arrêtait pas et c'était toujours sous couvert que le directeur leur avait dit que ce serait bien que ce soit moi qui... Donc un jour, je demande au directeur, afin de vérifier ces dires, car je n'avais plus de temps pour mes missions et on commençait à me le reprocher. Il me répondit : "Il ne faut pas écouter les vuvuzela". Spécialiste sportif, il me décrit à quoi sert cet instrument lors des matchs. Afin de ne pas être mêlé aux bourdonnements assourdissants de ses multiples secrétaires, il avait nommé leurs dires, des vuvuzelas. C'était aussi pour décrire le pouvoir qu'il n'avait plus dans ce lieu, me donner l'information de qui dirigeait qui à ce moment. La direction était prise, et toutes celles d'avant avaient également échouées à orienter le court des choses.

Des entreprises fondent leur démocratie comme un pique-nique : chacun y apporte son bout de lard et de ce manque d’unisson gastronomique, on en fait un banquet ; de coups de vuvuzelas à tire-larigot (expression du début du XVIe siècle associée au verbe 'boire'), on en fait un concert humain, un semblant d'assentiment. Celle ou celui qui n'y est pas convié, devient le bouc émissaire.
S'abstenir, s'absenter, les absents ont toujours tort, côté français. Il est convivial même de se moquer des absents, car ils ne peuvent se défendre. Contre exemple en arabe, Il est dit que l'absent détient son motif, donc on ne peut le juger que lorsqu'il soit présent pour se justifier. 

Les mythes du complot doivent en premier lieu désigner des bouc émissaires. Cette sélection victimaire se fait dans les groupes minoritaires ou marginaux par rapport à une culture donnée. Minorité ethniques ou religieuses... Les boucs émissaires sont soupçonnés, à priori, de vouloir subvertir l'ordre politique, social, économique et moral établi. Ils et elles sont désignés comme étrangers à un groupe social déterminé, à ses valeurs, ses normes. Il en va de même si la norme est la corruption. Si, se servir de l'argent public devient la norme d'un groupe, le bouc émissaire sera désigné car il ne se sert pas de l'argent public pour ses propres intérêts. La persécution alors du bouc émissaire, sous formes de harcèlements divers aura alors pour accusations exactement ce à quoi le bouc émissaire, parfois sans le savoir, est fidèle, car de sa conduite, il porte allégeance à celle du groupe. Il sera accusé de se servir de l'argent public pour ses propres intérêts. Plus les accusations sont grotesques, plus, auprès de l'opinion et du commérage, la rumeur agit. Il est des situations si ridicules, que se renversent les états. La victime, malgré elle et désignée par le groupe, joue le rôle de la justice, tant la faille est énorme et arrive à un point de rupture. C'est aussi ce qui arrive dans des sociétés où la justice ne joue plus son rôle, est saturée d'erreurs, autant que les prisons le sont.

On peut aussi se poser les mêmes questions quand le bouc émissaire est intelligent, a une capacité de comprendre le monde dans lequel il évolue et que le groupe est constitué de personnes, qui majoritairement, ne seraient pas intelligentes, même que leurs associations biaiseraient le niveau de compréhension des choses par leurs dissonances cognitives, la force de rumeurs négatives constituant leurs principaux échanges. Si l'on donne à ce groupe un pouvoir certain de décision, la majorité des membres, pour le maintien et la cohésion du groupe, va choisir un bouc émissaire, une cible, un paravent (à exclure ou à montrer comme preuve de différence), le plus intelligent, afin de valider le pouvoir. Ce bouc émissaire, sans le savoir, va dissimuler les actes répréhensibles du groupes, par ses actes non répréhensibles, car il va être dans la position de devoir toujours se justifier de faire les choses bien, dans un groupe où rien n'est bien fait, dont la majorité des membres va le harceler, le persécuter. Ce bouc émissaire représente une menace, selon les complotistes, car il pourrait à tout moment, renverser le pouvoir par sa seule faculté de comprendre les choses, de façon plus claire ou lucide, c'est-à-dire être en position de mieux définir ou qualifier se qui tend à être obscurci. Admettons que nous sommes dans une société qui régresse et nombre de cas avec des aspects, formes, contextes, contenus, très variés, voir de points de vues divergents, se trouveraient dans des configurations d'endosser le rôle de la victime. Victime d'arriver ou d'évoluer dans une société qui régresse. Parfois c'est fatal, ou les crises migratoires peuvent nous faire observer, que quitter un lieu où l'individu ne doit pas évoluer, s'épanouir, découvrir, sont des phases obligatoires pour continuer à vivre ailleurs, et non plus survivre ou être menacés (de mort), persécutés.

Le bouc émissaire est une personne qui vient d'ailleurs, désignée, comme étrangère, une personne de marque, ou remarquable. À la fois oustsider, comme Le petit poucet, il ne fait pas partie des favoris, puisque non initié au groupe social déterminé (à une nation, à ses valeurs, ses normes), mais aussi à un alien, avec son spectre de la déstabilisation de l'ordre, dont il faut se méfier. Les films de science fiction en regorgent pour relater du danger des invasions possibles. Si en France, l'alien est souvent défini comme un extraterrestre, dans le monde anglophone, l'alien c'est l'immigrant étranger, celui qui est en situation illégale. Le groupe de rock anglais Genesis, en 1983, a dédié une chanson, avec humour, à cette stigmatisation : Illegal Alien. La dimension négative et morale des aliens et cette désignation d'illegal alien, est dans le langage courant aux États-Unis, un sans-papier.

Les boucs émissaires vont représenter la source exclusive de toutes les tares dont une société est atteinte, ou un groupe donné, un groupe qui complote, qui conspue. Et cela peut être chargé de tout un poids, poids de l'histoire du groupe, de sa structure historique, un poids très lourd de frayeurs ancestrales d'une nation. La menace que représente le bouc émissaire est celle du vagabond, dont je faisais mention dans l'un de mes articles ici de ce blog. Celui qui rôde autours des maisons, le voyageur sans nom qui porte avec lui la maladie ou les épidémies, dont l'arrivée fait pourrir les moissons et périr le bétail. Cette image d’Épinal est le fond des convocations aux visites médicales et aux demandes répétées de justification des papiers d'identité, des récits de parcours, des preuves des diplômes, etc. La croyance des groupes conspirationnistes qui vise des boucs émissaires est souvent dans l'appétence du pouvoir, des richesses : "Il veut prendre le pouvoir, il veut être toujours plus riche, il veut avoir plus d'amis que tous, etc." Il peut se remplacer avec elle, et "il" peut être aussi une communauté de personnes. Parfois ces croyances peuvent aller très loin, car le "il" ou le "elle" se trouve dans un tel dénuement, sans aucune volonté d'accès à aucun pouvoir, ni propriétés, ce qui provoque des conflits, des guerres. On le voit lorsque des pacifistes sont stigmatisés par de grandes entreprises capitalistes, ou que des personnes manifestent sans arme aucune, ni protection, ni sécurité, face à des arsenals policiers et que des mésinterprétations surviennent lorsque disparaissent des êtres vivants qui ne demandaient qu'à s'entendre au départ.

Je ne prétends pas faire de sciences politiques, mais dans des analyses de rumeurs, j'ai adopté une méthodologie sociologique réactive pour pouvoir juger les communicants et ce qu'ils communiquent, de ce qui est crédible et plausible. Afin de ne pas briser la confiance, dans des situations critiques et nauséabondes, puisque je suis professeure, j'ai été amenée à soustraire du champs de la transmission, de mes cours, toute plausibilité de rumeurs. Si la rumeur est liée à la manière dont une société se constitue, si celle-ci devient une croyance définitive, elle va en constituer la mémoire collective, la structure. Ainsi on peut se trouver arriver ou enseigner dans des structures imbibées de croyances qui ont sédimenté même les murs, et dont les savoirs ne sont plus distingués des croyances. Et ainsi, par l'analyse des rumeurs, on peut concevoir la façon selon laquelle la structure s'est construite. Je n'étais pas orientée vers cet axe d'expertise, mais, par sauvegarde éthique, il m'a fallu en faire l'expérience et la critique. La genèse d'un de mes cours a prit corps dans l'une de ces expériences d'analyse, et entre des murs de rumeurs édifiés, afin d'élaguer des concepts philosophiques de travail, pour, avec distance, réaliser des exercices pratiques et humoristiques avec des étudiants en art. Une rumeur n'arrive pas de façon fantaisiste ni sur des préjugés chaotiques qu'on ne saurait analyser, elle fait partie de la pensée sociale, dans un champs cognitif avec ses constructions culturelles et mémorielles. Sans l'exalter ni l'absoudre, son indice est précieuse pour la connaissance sociale en un lieu, un territoire, un groupe, une entreprise, une institution...

La rumeur laisse penser à un effondrement de la confiance dans les institutions. L’existence de la rumeur suggère que ceux qui la font circuler prétendent – implicitement ou explicitement – que l’information venant de sources autorisées est ou bien incomplète ou bien inexacte. Ces sources sont considérées soit comme incompétentes, soit comme immorales.

Si nos présidents n’ont plus d’idée mais commentent ou archivent leurs commentaires et les publient, nous sommes dans cette Marée Irisée, cette pollution translucide, invisible, car ce ne sont plus que des données partagées incomplètes. On peut s’y complaire, comme l'exemple des secrétaires (avec secret et taire) et finalement n'est-ce pas le plus véridique miroir de notre involution. Le sentiment de noyade est d’autant plus fort que le sauvetage est impossible. La hantise de la perte devient seule la maîtresse organisant les ambitions humaines vers la sauvegarde de ce qui pourrait être notre culture inqualifiable. Fiable ?

Fiable, le mot est lancé pour couronner l’âge d’or de la surveillance, la déshumanisation, cet état d’être de l’impossible protection de ses données personnelles.
Faille. Puisque tout repose sur l’informatique, la sécurité du monde interconnecté n’est pas sans faille.

Dans cet exercice d’analyse de la rumeur, excellente source de création et d’inventivités humaines, avec de graves conséquences, comme d’imaginations inimaginables en travail, je glisse vers l’apophénie, un terme utilisé en psychiatrie, et ses illusions. On commence par donner une signification à un signal ambigu ou complexe, par l’envie de comprendre. Il y a exagération, et sur-interprétation, dans cette envie d’en savoir plus, ou attirer l'attention. On devine, et là on touche aux Dieux. On décortique des signes émis, des émetteurs, des traducteurs, des opinions et commentaires, de la transmission, de la valorisation et la perte du signal, en partie, et pourquoi, etc. avec des volontés insoupçonnées de lire dans l’avenir, les astres, tarots, jeux de hasard, marc de café. On croit en une véracité de propos, pour satisfaire cette envie d’en savoir plus, d’avoir accès au sens caché, que d’autres n’auraient perçu, vus, compris. Voici le sentiment plein d’avoir un contrôle sur son existence.

Si dans l’art ou la faculté de croire à des formes de création, je suis de plus en plus en observation de formes mouvantes et de phénoménologie, c’est que l’émergence d’un sens, dans ce qui provient du bruit, produit des erreurs, des illusions. Et donc des désillusions.

Les narcissiques pensent en exagérant qu’ils suscitent envie et admiration et les paranoïaques s’imaginent être la cible de malveillance dans les moindres signes quotidiens. Si l’on pense aux groupes occultes qui chercheraient à nous manipuler, on trouve facilement des signes manipulés comme preuve. Erreurs faciles à commettre puisqu’elles arrivent par le biais de confirmation d’hypothèse. Les hypothèses négligent inconsciemment tout fait qui pourrait contredire ce que nous pensons savoir.

À partir de là, nous sommes capables de voir ce qui est invisible également, par l’interprétation des formes, voir un visage dans un nuage, c’est faire l’expérience de la paréidolie, autre terme qui peut être lié à l’apophénie.

Notre survie dépendrait donc de cette faculté à croire et percevoir, souvent selon des témoignages à travers le temps, fabuleux, et mystiques, des phénomènes mystérieux et scientifiquement prouvés, sinon comment survivre ?

L’altération de la perception des uns des unes et des autres constitue des groupes, des communautés, des petites sociétés de rumeurs. Ce que j’observe, c’est le flux de ces mouvements. J’observe de multiples erreurs, et celles-ci s’empilent sans se rectifier, car les tâches sont de plus en plus automatisées, les statistiques des preuves.

Le décodage erroné d’un signal donné développe des programmes de prédictions (deviner) à l’aide de statistiques, prévoir la grippe à l’aide des requêtes effectués par les internautes sur le moteur Google, afin que ce géant du Net invente un programme de prédiction…

Rumeur de la foule, rumeur de la mer, rumeur de la Marée Irisée

Plusieurs problèmes se posent dans la gestion des Big Data, les données massives. En lisant pas mal d’experts en informatique, je crains le pire, mais le pire est déjà là. Les décisions sont toutes biaisées, les interprétations si nombreuses. La grande majorité des chercheurs experts en informatique sont aujourd’hui des hommes, sans la participation d'historiennes féministes des philosophes des sciences. Pourtant leurs questions posés sont déterminées par leurs cultures, leurs références, leurs croyances... L’interprétation de l’autre, celui ou celle qui n'est pas présent et qui n’est pas une donnée, nous rappelle aux violents mépris, dans l’histoire, de communauté, de genre… menant aux guerres, déportations, crimes et effacements volontaires… Nous en subissons des conséquences sociopsychologiques et cela depuis la fracture numérique, avec les accès privilégiés aux données et ceux qui les créées de toutes pièces. On oriente donc les règles, on développe des applications, on cible… par mésinterprétation.

L'altérité, le présage de la Grande Tour de Babel du passage de la Genèse, dans la Bible... Il y a l'invention de la diversité et des langues, afin de ne pas tout comprendre, il faut s'intéresser à l'autre, le traduire, l'écouter...

Dans cette gestion des données, les dérives sont éthiquement insoutenables et les enjeux monopolistique (GAFA et autres) mauvaises productions, mauvais usages, mauvais archivages…
Révélations en tous genres, inintéressantes mais révélées comme signifiantes pour faire la loi, traçage des cartes de paiement, de fidélité, de santé, de pointage, des caméras de surveillance (qui sont à présent surveillées par la police), outils domotiques, objets connectés géolocalisés, etc.

La production de notre déluge d’informations et de rumeurs, cette Marée Irisée, des illégales, incontrôlées aux officielles répétées et copiées tant de fois à travers le monde, telle une pollution croissante, gave tout connecté et même sans l’être, tout badaud, par bouche-à-oreille, jusqu’à l’infobésité, mais cela ne se voit pas à l’œil nu.

Ainsi, ne soyons pas interloqués d’apprendre l’énergie et l’argent dépensé dans cette datacratie, cette fouille de données, cette recherche, ces archives du Web, consacrés aux vallées de refroidissement des datacenters, ces centres de stockage et de serveurs qui remplacent les bibliothèques, sans qu’aucun citoyen, et citoyenne ne s’en aperçoive.

Comment stocker de l’invisible ? Telle est la tâche des nouveaux Sisyphes avec l’altération du signal, dont je décrivais les mésinterprétations. Philosophiquement, je dirai qu’il faut supporter l’incertitude, le poids de l’ignorance multiplié. Et quel poids ! Imaginons qu'il devienne très léger, la Marée Irisée, est très légère.

Algorithmes, supercalculateurs hybrides, cloud computing, combien encore de supports pour notre intelligence qui diminue. Combien encore de soutien pour supporter cette Marée Irisée impossible à gérer, qualifier, quantifier, archiver : voir.

Alors tout se développe en ce sens : inventons des visualisations de données, cartographions les pour pouvoir les voir. Voir des statistiques, incroyable ! Les rendre belles : Oui c’est beau toutes ces cartes, c’est beau de voir tant de beautés traduites et interprétées, que l’on ne comprend plus.
Les politiques n’ont plus de politique, ils n’attirent plus les masses, mais ils ont des cartographies, des programmeurs qui proposent, qu’ils font interpréter selon leur volonté de gouvernance. Ils se rassurent et les inventeurs de ces cartographies gagnent pas mal d’argent en rassurant les politiciens perdus. Regarder comme la courbe s’inverse, voter pour moi !
Il fut un temps j'enseignais les visualisations de données toujours pour des étudiant.es en art, en mixant des questions de design, et d'art. Le mot cartographie n'était pas encore à la mode et aucun de mes cours n'était crédité. Puis ce mot est devenu une sauce, un liant qui faisait passer n'importe quel crédit, pour un séminaire, une recherche, un projet, des colloques, j'en ai vu et revu. J'ai même rencontré une jeune entreprise qui en a fait petite fortune en devenant l'agence de communication des plus tristes statistiques administratives que personne ne regardaient plus. Mais, bon, ce n'était pas non plus l'orientation que je proposais dans mes cours. Mais c'est celle qui est le plus usité. D'ailleurs, dans les journaux on écrit "infographie" pour intituler une illustration d'un sujet, en fait, une cartographie, une visualisation des données, avec des couleurs et des chiffres, qui rendent plus "véridique" des opinions ou des votes (comme les dernières élections régionales ont ainsi cartographié des points noirs isolés dans les campagnes, pour marquer des villages entiers, dont peu de médias ne se souciaient, et dont les votes étaient majoritairement, ou en totalité pour le parti de l'extrême droite) Des sociologues se sont aussi aidés, de cartographies, de programmeurs afin de rendre plus séduisantes leurs théories auprès des plus jeunes. Il en est que nous sommes toujours face à des chiffres et des statistiques, en relief ou en 3 dimensions... Ce n'est parfois pas une grande avancée. J'ai depuis arrêté mes cours en visualisation de données, car cet aspect littéral et redondant apparu dans nos médias en a atténué la portée artistique et imaginaire. Et puis plusieurs collègues, qui ne me soutenaient pas à mes débuts dans cette voix de la cartographie, se sont mis à élaborer des intitulés avec ce mot dedans, en faisant passer pas mal de contradictions... Cela a noyé le petit poisson et ses préparations méthodiques dans un capharnaüm de name dropping associé des grands classiques de l'art contemporain. La notion de contrôle m'est apparue comme celle qui avait emporté l’adhésion, plutôt que celle de la recherche.
Il faut capter l’attention, capter. Regardez, tout est à l’art du capteur. Mettons des capteurs partout : réplication, stockage, exploitation des données. Tout cela pour contrôler.
Quelques protestations citoyennes tout de même pour réclamer le doit à la vie privée et en établir des droits : droit à la solitude, l’intimité, l’anonymat, la réserve… Autant de droits qui me font rêver.

Travailler quelque part, c’est déjà ne plus avoir ces droits. Dans notre système de travail, l’exclusion d'untel, d'unetelle, se fait principalement lorsque la personne ciblée ne se sociabilise pas assez, c'est-à-dire, ne raconte pas assez de conneries sur elle-même ou sur les autres. On veut tout savoir, avec qui vous êtes, votre alimentation, votre lieu de vacances, vos amis (sur Facebook bien sûr, on ne veut plus rien savoir l'expérience de l'amitié) vos maladies… Ne comptez pas être une femme célibataire dans un groupe de travail, c’est impossible, ce n’est pas normal, il faut au moins être Tinderisable, de l'application de réseautage social fonctionnant sur le système d'exploitation mobile Android utilisé sur les smarphones lancée en septembre 2012, pour rencontrer des partenaires dans une logique d'attraction géographique sur des critères sexués. Il faut être géolocalisable pour un RDV éventuel, ou il faut être affilié à un groupe reconnu (gay, anti-racisme, pro-nativité, antispéciste, afro-futuriste, contre l'avortement, pour la peine de mort, nudiste, fan de choux-fleurs ou de libération des insectes femelles, et là j'écris n'importe quoi…) Vous n’êtes pas catalogable : dehors. Vous êtes en couple, ça va, on ne vous embêtera pas. De jeunes gens, juste pour une entrevue, une relation sexuelle après une fête arrosée, souhaitent plus que tout, être catalogué comme étant « en couple », afin d’être en sécurité quelque temps, au moins sur FB. Mais cela n’a rien à voir avec le couple, l’association amoureuse, la connaissance, l’expérience, oublions ces vagues souvenirs de l’amour. « Être en couple », le graal d’un jour, d’une semaine, la paix pour quelque temps, éloignement des prédations et intégration en faux self réussie.
Seul ? Personne ne vous soutiendra en cas de gros problèmes de mésinterprétations, même s’il est évident que vous ne participez d’aucune mésinterprétations. La question est juste d’être dans un groupe, mais pas seul.

Ainsi, le ragot est une réponse à des situations d’isolement social qui soulignent le besoin d’appartenance. La rumeur réduit la menace réelle ou potentielle puisqu'elle se fonde sur des craintes et le ragot diminue l’isolement social réel ou potentiel. Entretenir des relations, un des besoins essentiels de l'être humain, le sentiment d'appartenance à un groupe est une motivation à la création de liens sociaux. Les réseaux sociaux virtuels sont devenus des lieux privilégiés où circulent nombre de ragots et rumeurs le plus souvent pour le pire de l'individu. Il n'est pas étonnant que ces réseaux sont à présent les premiers pourvoyeurs de harcèlements, moraux, sexuels, de chantages, d'atteintes à la dignité et parfois jusqu'à la mort psychique si ce n'est à l'origine de passages à l'actes, tels que les suicides, notamment chez les jeunes gens.
Mark Elliot Zuckerberg, informaticien et chef d'entreprise américain, né en 1984, est le fondateur du site Internet de réseautage social Facebook dont il demeure l'actuel président. Il fait partie des plus jeunes milliardaires du monde. Il a très tôt compris, en s'enrichissant, cette recherche des jeunes gens à être intégrés à un réseau, à être invités aux fêtes des universités, des match, etc... Il est le créateur en 2004 à Harvard, du réseau en ligne Facebook, qui permet à ses utilisateurs de publier des images, des photos, des vidéos, des fichiers et documents, d'échanger des messages, joindre et créer des groupes et d'utiliser une variété d'applications. Le principe d'inviter ou de demander à être l'ami de, va changer les relations, les communautés d’intérêts et donc constituer un carnet de contacts prolifique et virtuel pour les uns, de vastes faux semblants d'amitiés pour les autres ou de véritables armes d'exclusions. L'invention du pouce comme icône pour apposer un "j'aime" sur toute opinion émise, écrite sur le mur (page d'une personne visible ou non), tout commentaire d'une photographie, d'une animation, toute réplication d'une information, d'un article médiatisé, ou d'une simple erreur de manipulation technique, va orienter l'opinion et valider nombre de rumeurs et ragots, sans que jamais la critique ne soit plus possible. Il y eut même des internautes critiques qui inventèrent le pouce baissé, le "j'aime pas" pour tenter d'apporter une valeur critique. Le pouvoir alloué et réel à Facebook est tel qu'il fait partie des GAFA, ces géants du Web (Google, Apple,Facebook et Amazon) de la Silicon Valley, qui ont, depuis une bonne dizaine d’années tissé la toile mondiale de la consommation.
Le nombre de critiques de ce réseau social concernent la vie privée, la sécurité infantile et l'incapacité de supprimer un compte, sans préalablement en supprimer le contenu manuellement. Plusieurs censures s'appliquent en dehors et dans ce réseau à présent, de façon justifié ou injustifié. Les conditions d'utilisations de Facebook interdisent aux utilisateurs de publier des contenus à caractère haineux ou discriminatoires, mais dans les faits de tels contenus sont régulièrement publiés en toute impunité. Il y a depuis la création de ce réseau un problème éthique majeur car les informations sur les utilisateurs sont collectées pour cibler des publicités qui s'affichent alors. Des sites tiers grâce à Facebook utilisent les informations amassées sur les utilisateurs. Leurs données contiennent des informations personnelles comme le niveau d'études, les opinions politiques, la religion, les emplois occupés... Et depuis 2011, l'adresse et le téléphone mobile ont été ajoutés. D'autre part les employés de Facebook ont accès aux pages de tous les utilisateurs, d'après de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme et de la vie privée. Ils peuvent vendre ces données à d'autres entreprises ou les mettre à disposition d'autorité fédérales américaines à leur demande. Facebook va plus loin en créant des "profils fantômes", pour collecter des informations sur des personnes n'ayant jamais créées de compte sur ce réseau.
Les informations sur la vie privée publiées sur Facebook peuvent être lues et utilisées. Certaines entreprises utilisent Facebook pour recueillir des informations sur leurs employés et des recruteurs s'en servent pour leur sélection de candidats, en refusant par exemple tel ou tel candidat car il serait vu photographié avec un verre d'alcool à la main, ou pour d'autres à priori et analyses rapides des images et opinions véhiculées, ce qui conclut à de nombreux quiproquos et accusations. Certains parents se servent de Facebook pour surveiller la vie de leurs enfants, les punir, leur interdire des accès. Les Renseignements généraux collectent des informations pour compléter leurs fichiers, un nouveau fichage avec le développement de logiciels d'analyse de réseaux sociaux qui permettent d'effectuer ce genre d'opérations. Bref, les réseaux sociaux sont autant de nouvelles connexions, contacts et créations ou voyages que de sources d'à prioris et surveillances, de persécutions quotidiennes, qu'on soit dehors ou dedans, connecté ou non. L'addiction à ce réseau est d'autant plus fascinant chez les jeunes gens scolarisés, où la dépendance génère de nouveaux comportements qui modifient la relations aux autres, l'empathie, l'apathie, la fragmentation de l'identité, ses avatars, ses miroirs, le rapport narcissique aux images, aux rumeurs et son expérience apporte une nouvelle fonctions aux images, une certaine dévaluation aussi. La nouvelle fonction voyeuriste permet de rassembler les ragots, qui sont en fait les renseignements d’un point de vue social concernant les membres individuels de ses amis, sans que ces amis soient avérés ou même jamais rencontrés. "Tenir à l’œil", ou tenir en joue ces icônes d'amis, apporte de nouveaux syndromes, celui de la toute puissance, imaginer voir un plus grand nombre de personnes que ce qui est possible à un individu.
Parfois la recherche d'amis dans les cercles artistiques, peut devenir une chasse assez ridicule mais affichée comme des trophées, surtout lorsque vous tombez sur un profil qui collectionne plus de 4000 amis, dont une panacée de personnes reconnues et très médiatiques ou mondaines. Cela masque le plus souvent l'extrême solitude dans laquelle sont confinées ces individus collectionneurs-euses d'amis, ou l'avidité à devenir aussi célèbre qu'une petite icône de quelques millimètres carrés. Cela permet de devenir un média publicitaire individuel en envoyant une petite information, une opinion, une image, la publicité d'un évènement publique (une exposition) ou privée (la naissance se son bébé) aux 4000 amis, le plus souvent contre leur gré. Après, dans des pays où l'information ne circule plus, ce média est utilisé pour relayer la parole, les accidents, les menaces, en quelques secondes, sur des évènements que les médias officiels, comme la presse écrite, ne relaie pas, puisque chaque participant peut devenir le diffuseur d'une source d'information. Il y a comme un dépôt, les intox et autres hoax sont la lie de ces formes médiatiques. Le journalisme ne se constitue-t-il pas de ces annonces entre faussaires et experts, parfois transformées en véritables cabotinages ? Les émissions télévisées fondent leurs concepts sur le faux réel, la téléréalité... La documentation revisitée de morceaux d'informations passées, de faits divers, historiques... sismiques, qu'importe le sens, le divertissement a pris la parole. La qualité du discernement se fait très rare chez les plus jeunes. Le milieu scolaire nous l'apprend vite et les tabous, en France du manque d'analyse des violences à l'école, du primaire au secondaire, est criant.

Si l'on ne souhaite disposer de temps et de disponibilité cérébrale pour ces relations interpersonnelles, on se retrouve exclu de bien de petites communautés formées sur ce réseau social, mais on échappe aussi aux dépendances et fonctions panurgiques. En quantité limitée, le ragot permet d’apprendre quelque chose de la communauté, c'est un indice rapide, mais pas une réflexion mature. D'ailleurs la durée de vie d'une rumeur est limitée, elle permet le divertissement, le croustillant entre amis qui nous fait nous sentir proches, des alliés, des attaches, par des faits aussi fantaisistes et maladroits. Lorsque les ragots sont utilisés par des hiérarchies dans un milieu professionnel contre vous, pour vous avilir, vous user et convoquer tous les collègues à vous exclure de toute réunion ou information, élever de fausses rumeurs comme vraies et certifiées (validées par d'autres organismes), signalant des incompétences, ou de fausses maladies ou handicaps, vous pouvez, à juste titre commencer à vous poser des questions sur les objectifs de telles entreprises. De telles stratégies managériales ne sont plus obscures et ont été dénoncées, à cause de suicides en séries d'employés, afin de révéler des harcèlements moraux institués pour licencier des salariés, voir fermer entièrement la boutique.

Tout comme le ragot qui créé du lien, il sert aussi à briser le lien. Il peut renvoyer à des épisodes extrêmement douloureux d'exclusion, tout comme il peut accroître le prestige ou le statut social d'un individu au sein du réseau. De jeunes filles et jeunes garçons, dans une école primaire, se servent exclusivement du ragot pour maintenir leur clique. Si je l'ai observé de façon plus pernicieuse chez les filles, c'est que les groupes se formaient par des meneuses, mais pas par les parias, ni celles qui n'étaient pas très "ragot". Ainsi voit-on des binômes d'amies, mais elles n'appartiennent pas à un groupe. Les meneuses diffusent intentionnellement des informations négatives concernant leurs non alliées, mais positives à propos de leurs alliées. Et c'est un travail à part entière. Les ragoteuses sont d'ailleurs les plus assidues dans la formation d'associations d'anciens étudiants, actives. Dans des relations de travail entre adultes, il n'est pas rare de retrouver cette ancienne meneuse de la petite école, abuser, de façon sympathique, à l'outil de la rumeur, ou bien celle, plus avide de pouvoir, la perverse, entraîner tout un groupe, les plus faibles en général, sans opinion ou engagement, afin de subtiliser toute autre concurrente, passible d'avoir un meilleur statut qu'elle (pour ses qualités, compétences, ou liens professionnels ou d'amitié) On peut déplorer que de telles activités de la primaire se retrouvent agir dans des institutions supérieures. C'est, dans ces cas, que s’effondre toute institution ou idée d'un niveau supérieur.

Vastes ensembles, camps de concentrations de connaissances...

Quand on lit qu’une poignée d’hommes, ont, depuis une vingtaine d’années, été bien rémunérés et ont trouvé de multiples emplois à d’autres pour archiver le Web, cliquer sur un bouton, ou plutôt poser le doigt sur une page à flasher de façon mécanique sans bouger le corps, dans une box, on comprend qu’on ne va pas mourir plus intelligents, avec quelque skyblog (ancêtre francophone du blog dès 2002) d’antan non fonctionnels. Surtout quand la priorité c’est quand même d’archiver les sites liés aux élections présidentielles, une réplication assez dantesque de notre souffrance de cette surinformation phalocentrique. Voici des multimilliardaires auto-satisfaits de leur invention, déjà auto-congratulés par une presse béate d’admiration en citant les premiers, comme les premiers hommes ayant découvert le feu en même temps que ceux qui tuaient leur femme avec leur gourdin. Whaou !

Faire l'expérience : Nous avons déjà connu la flatterie de remonter quelques années auparavant pour voir à quoi ressemblaient nos premiers sites Internet, comme monter dans le grenier (ou descendre à la cave) pour revoir les jouets abîmés de notre enfance. Oh il manque des liens, les images ne s’affichent pas, Oh comme c’était mignon et balbutiant et, Oh comme on disait des choses, qu’on ne peut plus dire aujourd’hui et qui seraient révélatrices d’une époque certaine, moins formatée... Haha ?

Mais nous ignorions que ce passage égocentrique de nos souvenirs épars dans les archives du net, les petits exploits et savoirs perdus, et qui faisaient de nos soirées une bonne remise en question des futures égocentrismes à venir allaient faire partie, sans notre consentement, des datacenters hautement ventilés, nous privant d’un peu d’air, mais nous écrasant un peu plus de foutaises et savoirs tronqués.
Il est à noter que la récupération par la mode business est très récente en France. Pour le défilé Chanel nommé : "Chanel Data Center" et sa collection Printemps-Été 2017 présentée au Grand Palais (donc à une visée aussi artistique), le mardi 4 octobre, Karl Lagerfeld fait défiler sa collection, non sans ironie, devant ou dans des allées de centre de données et fils colorés en sigle (double "C" emblématique de la marque transformé en câbles électriques), ainsi que nombre de stars mondaines (Carla Bruni, Inès de la Fressange, Lilly Rose Depp, le retour de Courney Love...) ce qui a intéressé les moins intéressés par la mode, les pourvoyeurs mêmes les businessmen des données, les datacenter dynamics. Cette ovation du business pour les beautés cachées de ces entreprises de données, ou trop vues (décors des mondanités qui se montrent comme diktats de la mode) ne devraient pas nous laisser naïfs. Ce musée de cire flamboyant et mortuaire n'est pas des plus économiques (marché de l'art + marché de la mode + marché des technologies + marché des marchés = mort)

Cette archive de l'Internet est calquée sur notre égocentrisme, et nous envisageons les causes dangereuses sous cet angle qui met en crise notre identité humaine. L'automatisation algorithmique vécue comme une aliénation, hors si celle-ci devient si distante de nos repères analytiques, et que les humains la craigne, c'est qu'elle passe aussi par une imitation. On apprend aux machines à s'adapter à nos besoins et la Marée Irisée, toutes ces données, ces informations traitées, cette poussière qui révèle une infinité d'informations sur nos existences, et pour inventer d'autres besoins encore plus précis, qui touche à l'affect, cette imitation trompe les connectés : à la fois semblables et différents. On donne une forme par un programme, une forme à une expérience inventée, comme un logiciel sait imiter les traces du passé, sans que celui-ci (l'expérience du passé) n'ait existé. On définit dès lors ce qu'il y a de mal, l'éthique par rapport à un anthropocentrisme, mais qui sait de quoi se nourrissent les machines, quelle est leur alimentation ? Toutes ces métaphores, pollution, marée noire, tromperie, virus, océan, deviennent des repères anthropocentrés et d'ailleurs nous ne sortons jamais d'une périodisation du Web assez linéaire (Web 1, 2, 3, 4...) Alors les retours dans le passé et ceux dans l'avenir ? Dans quel sens ? On se surprend à rêver à l'abolition du genre, à rêver aux données abstraites, afin d'en finir avec toutes les stigmatisations, les exclusions. Abolir les différences ? Devenir machine ? Alors on commence par déraciner, séquencer, radicaliser, mixer et remixer, décentrer... cela sera du fluide et puis on verra. Mince, l'oubli des souvenirs. Nous avons des souvenirs, on refoule, on met de côté, mais on doit réparer tout changement, toute suppression. La machine est stressée, elle passe son temps à réparer les liens. Les crash disk, la saturation, les défaillances de la mémoire...

N'était-ce pas la mode du rhizome ? Cette racine, tige souterraine ou subaquatique remplie de réserve alimentaire (cela aurait put être le gingembre d'ailleurs) dont la théorie philosophique de Gilles Deleuze et Félix Guattari, ont tiré un modèle : un rhizome ne suit pas une ligne de subordination hiérarchique, avec une base, ou un tronc, offrant l'origine de plusieurs branchements, mais où tout élément peut affecter ou influencer tout autre (1980). Un filon que nombre de personne, dans l'art, dans les sciences de l'information, la sémiotique, la philosophie sociale ont abordé, dans cette recherche dans l'Internet, un rhizome sans centre, sa direction peut être inopinée, sa progression chaotique. Il n'a ni début ni fin institués par avance : il intègre l'aléatoire dans l'épanouissement de sa virtualité. Chaque maillon est un potentiel en devenir (ou au repos, alternativement, et a-priori anonymement). Chacun dans son style et son herbier, Nicolas Bourriaud, critique d'art français, dans cet esprit, utilise aussi une métaphore végétale, le radicant , qui désigne des plantes qui, tel le lierre, s’enracinent en avançant, pour illustrer ce que serait la modernité. Non plus radicale comme au siècle dernier, mais radicante, c’est-à-dire en mouvement, fluide, polyglotte, et donc très attachée à un concept primordial de cette altermodernité : la traduction.
Deleuze avait évoqué dans son Abécédaire sa rencontre avec les surfeurs et les plieurs de papier, la rencontre avec les musiques électroniques seraient arrivées aussi, même s'il n'a pas eu le temps. Une pensée/ du flux et du pli que l'on relie et remixe, ayant inspiré nombre de projets de musicien.es électroniques.
La mode de prendre un petit élément naturaliste et d'en développer une vision philosophique sur nos comportements contemporains. Du plus petit pour aller vers le plus grand, maîtriser l'univers. Quand d'autres sont dans dans des flux. La Marée Irisée est incertitudes. Imaginer le plus grand et l'improbable quantité pour aller vers le plus petit, l'invisible, celui qui se mêle aux rumeurs humaines, pas très fiables. Je philosophe sur des sables mouvants.

Imitations, traductions, arborescences, séries, et ces oiseaux qui se rassemblent par grappe ?

Les grands groupes d’Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris), qui se forment et nous émerveillent. Ils volent de façon coordonnée comme s’ils ne formaient qu’un seul être, réagissant tous ensemble de façon quasi-instantanée. Des chercheurs ont constaté que les interactions comportementales entre individus étaient indépendantes de la taille du vol, suggérant que ces groupes se comportaient comme des systèmes critiques réagissant de façon optimale aux perturbations environnementales. Les corrélations entre étourneaux sont donc indépendantes du nombre d’individus : le changement d’état du comportement d’un oiseau affecte et est affecté par celui des autres individus du groupe, quelle que soit la taille de celui-ci. Les mouvements de chaque oiseau sont ainsi influencés par ceux de tous les autres, comme s’ils étaient reliés entre eux, permettant une coordination parfaite de l’ensemble.

Auto-organisation et criticalité.

Pas de leader : Ce comportement auto-organisé d’un vol d’étourneaux est différent de celui d’un groupe qui suivrait un chef de file. Un tel groupe se dirigerait aussi suivant la même direction et semblerait parfaitement ordonné, mais il n’y aurait pas de transmissions quasi-instantanées d’informations entre les individus et les fluctuations comportementales seraient indépendantes : les changements de direction d’un oiseau donné seraient différents de ceux imprimés par l’oiseau-leader, et auraient peu d’impact sur ceux des autres membres du groupe. Le comportement de l’étourneau en groupe est ainsi un exemple d’auto-organisation, et la réponse collective de cette espèce grégaire à des événements perturbants tels que les attaques de prédateurs lui donne un net avantage évolutif. Les interactions au sein d’un grand groupe fournissent à chaque animal une gamme de perceptions effectives beaucoup plus large que s’il était isolé, améliorant ainsi la réponse globale du groupe aux perturbations.

Groupes et organisations de l’archive ont besoin d’améliorer leur niveau d’alphabétisation des données, car quand même, on remarque de nombreux problèmes venant de définitions de données inadéquates, des interprétations multiples. Il faut penser qu’avant, les compétences en sémantique, taxonomie, ontologie et de gestion d’information se faisaient dans les bibliothèques. Dans une grande entreprise mondiale de la data-ification, des archives du Web, depuis, allez, une trentaine d’années, on en vient juste à penser que oui peut-être, il faut des compétences. Pourtant Jorge Luis Borges, l'écrivain argentin, dans sa bibliothèque de Babel, décrite en 1941, nous parlait déjà de cette bibliothèque mythique, quasi algorithmique, qui contiendrait tous les livres, dans toutes les langues, l’Évangile et son commentaire, et le commentaire du commentaire, les faux catalogues… Bref la bibliothèque, que dire l’Univers, qui enchâsse toutes les informations. Mais dont aucune connaissance ne peut être découverte, car précisément, la connaissance est mise de côté, avec tout le mensonge.

Cette bibliothèque de Babel serait de taille gigantesque contenant tous les livres de 410 pages possibles, et donc avec toutes les combinaisons possibles. Cet art de la combinatoire, rejoint aujourd'hui l'informatique, puisque le thème de la « Bibliothèque de Babel » a été réactualisé par le développement de l'informatique qui permet de composer toutes les suites possibles avec un nombre donné de caractères, dans la limite de l'explosion combinatoire. Mais si celle-ci venait à exister, ses œuvres, par la combinatoire, ne seraient toujours pas terminées. Bibliothèque de Babel comme lieu de quête du sens, entre conservation et Chaos, ruine...

Paul Valery, autre écrivain français, poète et philosophe (dans "L'homme et la coquille" de 1937) disait ceci d'une chose remarquable, et cela vaut pour la rumeur dont une personne peut être l'objet, d'une accusation sans preuve :

« Tout le reste, -tout ce que nous ne pouvons assigner à l'homme pensant, ni à cette Puissance génératrice, - nous l'offrons au "hasard", - ce qui est une invention de mot excellente. Il est très commode de disposer d'un nom qui permette d'exprimer qu'une chose remarquable (par elle-même ou par ses effets immédiats) est amenée tout comme une autre qui ne l'est pas. Mais dire qu'une chose est remarquable, c'est introduire un homme, - une personne qui y soit particulièrement sensible, et c'est elle qui fournit tout le remarquable de l'affaire. Que m'importe, si je n'ai point de billet de la loterie, que tel ou tel numéro sorte de l'urne ? Je ne suis pas "sensibilisé" à cet évènement. Il n'y a point de hasard pour moi dans le tirage, point de contraste entre le monde uniforme d'extraction de ces numéros et l’inégalité des conséquences. Ôtez donc l'homme et son attente, tout arrive indistinctement, coquille ou caillou ; mais le hasard ne fait rien au monde, - que de se faire remarquer..."… »

*

Et quel hasard lorsque l'on vous remarque, alors que vous n'y êtes pour rien.

Dans une nouvelle nommée « Les inséparables » je décrivais comment l’Oubli et le Souvenir, deux personnages inséparables recherchaient ou perdaient Connaissance. Il y avait là, le souhait de relater d'une aventure de l'Internet avec ses contradictions, ses couples incompris et soudés par leur incompréhension.

Dans l’histoire de la Bibliothèque de Babel, comme notre datacratie cherche à archiver toutes nos données, il n’y a plus parfaite surabondance de l’information.

La folie des hommes, plus d'un siècle avant le cloud computing (le nuagique, exploitation de la puissance de calcul ou de stockage de serveurs informatiques distants par l'intermédiaire d'un réseau), et les appareils mobiles connectés, Charles Babbage le mathématicien, du 19ème siècle et ingénieur, prévoyait une autre bibliothèque de Babel, celui où l'air serait une vaste bibliothèque, où sur les pages serait écrit tout ce que l'homme n'a jamais dit ou la femme n'a murmuré. On trouve cette citation dans son ordinateur programmable, de 1837, et on en fait des expositions. Les mathématiques rejoignent la poésie et la littérature, c'est plutôt dans cet esprit que j'ai aimé le domaine des chiffres, sinon, c'est dans l'art que je me fondais le mieux.

“The air itself is one vast library, on whose pages are for ever written all that man has ever said or woman whispered. There, in their mutable but unerring characters, mixed with the earliest, as well as with the latest sighs of mortality, stand for ever recorded, vows unredeemed, promises unfulfilled, perpetuating in the united movements of each particle, the testimony of man’s changeful will.”

Concédons déjà, que les hommes disent, mais que les femmes murmurent, ou sont emmurées dans le silence. Étudier l'histoire d'Ada Lovelace, pionnière de la science informatique qui a travaillé sur la machine de Babbage pour trouver le premier programme informatique, premier algorithme, de cette fille de poète (égérie des cyberféministes contemporaines). Ce qui explique que le silence n’est pas acceptable par tous, ni enviable. Pourtant, dans ce texte véloce et diffus, comme la Marée Irisée, un peu sauvage et fait de rumeurs technologiques, se cache l'aspiration au silence, et donc un aspirateur intellectuel, avec pas mal de poussières dedans.

Dans un monde où le bouche-à-oreille est devenu un monde de données, ce qui provoque parfois la panique au sujet de qui peut être à l'écoute, la vision de Babbage d'un enregistrement permanent de chaque énoncé humain se réalise, de façon moins poétique. Nous sommes dans ce monde où l’enregistrement est devenu le métier le plus courant, même de ceux qui sont sans emploi. Même potentiellement on enregistre, le spectacle, le son, la performance musicale, le baiser des amis, leurs engueulades, l’ascenseur, la nouvelle boutique, le volcan, le cyclone, l’attentat, le match, l’appareil photo à portée de main, le téléphone, les ordinateurs de stockage… Tout ce qui n’est pas visible, ce qui passe très vite dans le flux, ce que l’on retient, l’enregistrement permanent.

Tous ces nouveaux industriels richissimes avec des mots aussi rassurants que think tank, incubateurs, start up, autoentrepreneur, écosystèmes numériques, profil, programme, même créatif, égalité, université, nous annoncent des systèmes d’ordonner, des images de « grand ordonnateurs » qui forment dans nos cauchemars une destruction activée de notre espèce à grande vitesse. Je pense qu’il y a là, une vélocité, qu’on ne peut refréner. La machine s’est emballée, mais elle est blasée aussi. "L’optimisation de nos conduites" rien que cela, est, déjà, à notre insu, le monde du travail. Cette phrase engage l’administration de nos affaires privées.
Si la datacratie pour certains, et pas les plus pauvres, c’est de miser sur l’intelligence artificielle, rien que cela, c’est peut-être ne pas avoir beaucoup confiance en son intelligence sensible ?
À ce moment même du texte, Google plante, je n’ai plus accès au Web. Suis-je épiée, ai-je écrit quelque chose sur l’intelligence artificielle de répréhensible ?

Digressions, digressions, continuons...

Les étudiants dans ces groupes de recherches et au MIT pour ne pas le nommer, sont des jeunes hommes blancs qui construisent des bases de données pour l’IA (l’intelligence artificielle) ayant perdu le sens du dialogue avec les êtres humains et préférant parler à des machines, des ordinateurs. Cela nous laisse comprendre la misère dans laquelle se trouve ces étudiants mis en avant comme une élite, mais incapables de relations humaines, et qui sait connaissent-il l’amour ? C’est un mot qui d’un coup devient complètement mystique dans ce texte.
L’amour ? À quoi bon. Trop de problèmes. Si des terroristes attentent à nos vies, et par hasard, c’est qu’ils ne croient qu’à la mort, c’est un accès à l’autre monde, après la mort, ils pourront vivre et jouir. En attendant, ils ne vivent pas, ni ne jouissent. Mais celles et ceux qui vivent (bêtement) et jouissent, s’ils aiment, alors ils  et elles doivent mourir, c’est insupportable, quand d’autres sont dans la misère. Il y a confusion dans la misère, des élites ou des pauvres ?

Dans la Marée Irisée tout s'assemble, se ressemble mais diffère. C'est une production de données et le tri devient périlleux, laborieux.

On ne sait pas à quoi pensent les algorithmes créés dans cette recherche d’IA, ni l’usage prévu industriel, les applications au marché, les forces économiques, tous les abus… Ne pas savoir nourrit tant de thèses dans ces domaines, de vies humaines technocratiques consacrées encore aux mystères de la connaissance. Prenons cette idée devenue de plus en plus réalisable et bien recherchée depuis tellement longtemps par les scientifiques, celui de l'utérus artificiel. Le mystère de la femme et de la naissance, les scientifiques souhaitent depuis longtemps percer celui-ci, ouvrir et tout déplié sur la table. Aussi bien dans une volonté que la femme perde ce privilège là, que dans celui de la réduction des souffrances ou dans celle de sauver des vies. C'est un autre sujet qui bouleverse toute notre biologie. Concernant l'IA, en 2014, pour la première fois, certains technophiles (comme Bill Gates, de Microsoft, Steve Wozniak, d’Apple...) ont publié une lettre pour émettre des critiques sur l'IA, en appelant à encadrer la recherche dans ce domaine pour qu’elle soit "fiable et bénéfique" : "En raison du grand potentiel de l’intelligence artificielle, il est important de se demander comment en recueillir les fruits tout en évitant les pièges potentiels." D'autres titres de journaux nous informe : Si vous êtes une femme et que vous êtes dans un poste administratif, alors vous êtes la grande perdante de la prochaine révolution de l’emploi initiée par les robots et l’intelligence artificielle.

"L’intelligence artificielle, les robots et l’impression 3D seront les principaux moteurs de la prochaine révolution de l’emploi. Dans un rapport du World Economic Forum, on apprend que 7 millions d’emplois sont menacé dans les 5 prochaines années dans les pays industrialisés. Les grandes perdantes seront les femmes puisque la majorité des nouveaux emplois seront crée dans le secteur technologique et actuellement, les grandes entreprises technologiques n’emploient que 15 % de femmes.
Les fonctionnaires et la plupart des postes administratifs pourront être remplacés. Les juristes, avocats et une grande partie des spécialistes du droit sont aussi menacé puisque l’intelligence artificielle sera capable de traiter des milliards de données sur des dossiers administratifs ou pénaux. Même si on ne risque pas de voir un robot qui plaide devant une cour, la menace est réelle sur le long terme."

Par expérience, je peux affirmer que même si ce n'est pas encore le cas, ce grand remplacement, les juristes, avocats et une grande partie des spécialistes du droit, sont déjà dans cette marche, eux-même croulant sous les tâches qui deviennent assez déshumanisées, et où la place de l'humain, n'a plus vraiment d'action (de droit ou d’intérêt à être présent) Les affaires se règlent avec tant d'erreurs et de gestes robotiques, parfois on peut observer le burnt out, des juges et greffiers (tous des femmes) dans les provinces. C'est comme si, et sans qu'aucune femme ne s'en inquiète, tout était déjà planifié. Elles seraient amenées à être remplacées, puisque déjà ont ne leur attribue plus aucun pouvoir décisionnel, étant donnée les démarches déjà vissées bien au préalable et par formulaire (mal remplis) administratifs. Bientôt le pré-rempli. C'est terrifiant, mais c'est notre monde contemporain. Lieux propices à inspirations de nouvelles, de films, d’œuvres littéraires...

Sinon, il y a des chercheurs tous contents de travailler, d'être employés pour la recherche en Intelligence Artificielle, surtout de leurs trouvailles, comme le Deep Learn, un ensemble de méthodes d'apprentissage profond, automatique. Il n'est pas inutile d'affirmer que toutes ces recherches sont au profit de ceux qui les financent (les GAFA) Et les applications du Deep Learn, concernent l'analyse du signal sonore, visuel, la reconnaissance faciale, vocale, de la vision par ordinateur, du traitement automatisé du langage. Et cela donne des trucs pas très intéressants mais très valorisés comme le fait que Facebook peut à présent sur n'importe quelle photographie reconnaître l'identité de la personne. Ou bien la création d'un logiciel qui permet de faire des images infographiques, comme le ridicule générateur Deep Dream. Oui, on remplace les graphistes et autres artistes (c'est le projet de l'automatisation et il faut bien que les machines apprennent à rêver aussi, si l'on supprime celles et ceux qui rêvent encore) Les informaticiens aiment bien trouver des programmes qui leurs permettent de faire de la création, sans être amenés à imaginer quoi que ce soit. Un informaticien m'avait appris que l'invention de la molette sur la souris était typique de ces objectifs là : uniquement dédiés à la paresse de réflexion et d'action de l'informaticien, juste aller plus vite dans la page de l'écran. Il avait un bon sens de l'auto-critique et c'est pour cela que l'on travaillait ensemble. Bref, ce logiciel, qui ne fait absolument rien d'intéressant au niveau artistique, permet à des utilisateurs, utilisatrices, de s'imaginer être imaginants. La machine va imaginer à leur place, dès qu'ils insèrent leur image et faire apparaître des éléments qui n'étaient pas dans l'image (selon des textures et répétition de motifs très classiques et reconnus par ailleurs par les spécialistes entre art et science) Il y a bien des chercheurs qui travaillent sur ces technologies, et la validation, sur les réseaux sociaux, est une manne considérable pour la manipulation des opinions en faveur de ces recherches, grâce aux utilisateurs, les usagers directs de ces logiciels. Sur leur profil, dans les réseaux sociaux, se propagent directement, l'utilisation de ce logiciels par l'intermédiaire des photographies des usagers. Ce sont comme de petits test directs sur les utilisateurs, sans aucun frais, des bénévoles, sans qu'ils le sachent. Ce qui est intéressant, c'est que ces nouvelles méthodes utilisent le bruit, ce fameux brouillage. Une création serait ni plus ni moins qu'un bruit. On peut en qualifier l'esthétique, un beau bruit ou un bruit médiocre, selon les cultures. Mes créations sont un paquet de beau bruit, qui peuvent être moins bien perçues par d'autres.

Les questions développées dans mon texte, sur les rumeurs et l'information biaisée, se retrouvent dans la recherche sur l'Intelligence Artificielle, dans cette évolution des systèmes cognitifs (la rumeur est un système cognitif) et celui computationnel. Pour résoudre ces questions du véridique, une information est-elle complète, incomplète, vraie, fausse ? La recherche en IA, s'est cantonnée à 2 possibilités : le bien et le mal définis. Ce sont 2 grandes typologies de problèmes exposés dans les sciences cognitives. Julian Breitman est le fondateur d'une communauté de simulation pour résoudre des problèmes complexes. Il travaillait pour l'armée américaine en 1947, puis ingénieur systèmes et informatiques plus tard, une des premières personnes à utiliser le système de simulation d'IBM (GPSS). En 1964, Breitman distingue alors 2 problèmes. Le problème bien défini est celui qui se comprend aisément. Les informations relatives à la situation du départ jusqu'au but à atteindre sont clairement énoncées. En plus il comporte une règle, une procédure, chargée d'évaluer toute solution proposée. Mots croisés ou casse-tête, problèmes de logiques, résolutions mathématiques, sont tous des exemples de problèmes bien définis. Le problème mal défini, est une tâche dans laquelle la situation de départ, le but à atteindre, où les critères à l'évaluation..., les 2 ou les 3 éléments... ne sont pas clairement précisés. Comme des situations de la vie quotidienne, celles vécues lors de conflits familiaux ou professionnels, ou lors d'un examen, la recherche d'un emploi. Donc la meilleure façon d’aborder un problème mal défini consiste à le fractionner en plusieurs sous-problèmes pour chacun desquels une solution sera recherchée. En fait un problème est considéré comme mal défini lorsqu’on peut appliquer à toute proposition de solution une pluralité indéterminée de critères évaluatifs, à l’exclusion du critère binaire vrai/faux. 

Ces problèmes mal définis le seraient par nature et toutes les questions pratiques (éducation, travail, amour, politique, mort) ne se prêtent qu’à des évaluations à multiples critères qui ne peuvent jamais se fixer en démonstration d'universalité vraie pour tous. La rumeur est donc un problème mal défini. Elle admet un nombre indéterminé de solutions dont aucune ne peut être considérée comme absolue et définitive.

Mais avec ces 2 typologies, on peut, par exemple résoudre le cas d'une rumeur comme un problème mal défini, si sous sa catégorie traitée, plusieurs propositions, mêmes contradictoires de critères opposés se retrouvent rattachées au même cadre initial (cas du problème bien défini) jusqu'au but à atteindre. Seront pris en compte la reconnaissance de la communauté considérée, "qui dit que", apportant sa rumeur, l'aspect véridique d'un fait, d'autre part la valorisation consensuelle visant à la disparition "du dire" ou à son traitement.

On sait que lorsque les rumeurs trainent trop longtemps dans l'enceinte professionnelle, l'entreprise ou l'institution ralentie et parfois se bloque totalement, car il n'y a pas de remise en question, ni d'analyse convoquée. Cela engendre des symptômes cliniques, non reliés, des incidences sur la santé au travail, qui à ce stade, sont très peu relevées ou déclarées (déni, ensevelissement, aucune formation des responsables des ressources humaines et des dirigeants, faible implication citoyenne des employés, etc.)

Nous travaillons avec toutes sortes de mésinterprétations et de croyances.

Professeure en multimédia, année 2001, quelques jours après l’effondrement World Trade Center (1973-2001), symbole de la puissance américaine aux yeux du monde entier, icône de New York, mon enseignement prenait un tournant, ces tours avaient 28 ans, mon âge. Ce nouveau métier dans les écoles d'art était assez critiqué, et aucun des enseignements ne fut ébranlé de ces attentats. J’atterrissais dans des enceintes où le courrier mail n'avait pas encore contaminé les relations, puisque tous rechignaient à l'utiliser et les réseaux sociaux virtuels n'existaient pas. En revanche, ils faisaient tous des films et des vidéos, bref le cinéma était encore une valeur sûre et devenir le réalisateur des histoires se prolongeait malgré tout, comme possible, avec cet effondrement et ces images relayées, aux réalisateurs terroristes, sans formation, fissuraient un peu le savant édifice des enseignements filmiques. À la seule condition qu'il ne fallait pas comprendre, ni même tenter, pas d’hypothèses d'effondrements, dans cette même culture occidentale, de l'autre côté de l'océan. La vieille Europe devait se serrer les coudes, sa civilisation tremblait et ses jeunes enfants américains avaient élevé un peu trop haut leurs constructions. Ce sont des années où l'apparence devait être sauvegardée. Les images continuaient à se faire, comme avant, et leur diffusion aussi. L'histoire des codes ou de la cryptographie n'était pas encore comprise comme une recherche à intégrer, sur les socles solides des enseignements de ceux qui détiennent le contrôle du regard sur l'autre, et souvent sur les femmes (les actrices) Et pourtant, il fallait dire et affirmer, non, non, chez nous, les femmes ne sont pas voilées, violées, murmurées, emmurées... Le masque de l'actrice et ses émotions au centre des attractions, voir le célèbre Hitchcock et ses pulsions scopiques, et le harcèlement subit par ses actrices, ou l'essai Visual Pleasure and Narrative Cinema, de la critique de cinéma Laura Mulvey, écrit en 1973 et publié en 1975, qui a élaboré le concept de male gaze, (regard masculin) comme signe d'un pouvoir asymétrique. Ce concept a eu une forte influence sur la théorie féministe du cinéma et sur les études des médias. En enseignant en France, dans des écoles d'art où l'on enseignait le cinéma, j'observais que cet essai n'avait pas traversé l'océan. D'ailleurs le nom de Laura Mulvey, n'a pas encore trouvé de traduction en français par les wikipédistes en 2016...
Mon enseignement était très étranger, exotique et j'en ai fait un site dédié, au même nom "êtrAngers", versus ontologique et situation du voyage, partagé, jamais en concurrence avec les autres, à partir du moment où il restait à une place mineure (et cela n'a jamais changé depuis) Qu'un enseignement ne tienne pas beaucoup de place, soit mobile, souple et très rapide, soit, mais il peut disparaître aussi facilement, car il a besoin de manger pour vivre. Quand on ne sait pas que d'autres mangent beaucoup autours, il ne reste plus rien, ni même pour les machines. Mais connaît-on la nourriture des machines ? 
Des hommes professeurs me soulignaient des passages contre l’Internet en fluo, d’articles entiers débiles sur les dangers de ce nouveau média, dans mon casier, juste avant de commencer mes cours, tout en accordant beaucoup de crédits aux responsables informatiques, qui réparaient les dysfonctionnements des machines des professeurs et directions n'ayant aucune connaissance, techniques ou culturelles. En dialoguant ensuite, nous avions des échanges humains et théoriques, j'en garde de souvenirs rigolos, plutôt maladroits, mais cela faisait partie des inventions des cours, la réaction cutanée. Oui car début des années 2000, la gauche des écoles d'art, ou plutôt les écoles d'art toutes de gauche, était encore celle qui décélérait. Comprendre qu'en 2013, on inventa à Londres "L'accélérationisme". Encore un manifeste, décidément (Traduit en français dans Multitudes)

Le 14 mai 2013, deux jeunes doctorants de la London School of Economics, Nick Srnicek et Alex Williams, publiaient, sur le site Critical Legal Thinking, un texte intitulé : " #ACCELERATE. Manifesto for an Accelerationist Politics ". Ils y défendaient une thèse iconoclaste : la gauche, si elle veut sortir du marasme dans laquelle elle se complaît désormais, doit repenser sa relation au futur, à la technologie, au travail et à l'économie. Plutôt que continuer à résister aux innovations qui ne cessent d'être produites dans tous les domaines, il est grand temps qu'elle apprenne à les embrasser si elle veut parvenir à dépasser un jour le capitalisme. Il faut accélérer plutôt que tenter de décélérer - car seule une accélération politique, technologique, scientifique et économique assez puissante pourrait nous donner les chances de réaliser une révolution qui ne soit pas réactionnaire et vouée à l'échec. La parution de ce texte a suscité un débat mondial, et a aussitôt fait de Srnicek et Williams les chefs de file de ce qui a été appelé " accélérationnisme " - le mouvement défendant le dépassement du capitalisme par le haut, plutôt que par le bas. (Résumé du livre Accélération ! Du philosophe belges Laurent De Sutter)

Puis ces mêmes personnes, retard à l'allumage, plongeaient dans les réseaux sociaux, se gavaient de mésinterprétations à des fins de surveillance, de preuves tronquées à souhaits, supprimant ainsi tout dialogue salutaire humain, surtout si elles se trouvaient à des postes de direction. Pas simple. Enfin, si, de gauches, elles devenaient les meilleurs ambassadeurs et ambassadrices du capitalisme dans l'usage de leurs outils et le comportement médiatique, tout en gardant les mêmes pentes savonneuses de la pensée bienséante de gauche. Autant dire que le tricot en laine de mouton était passé à la machine et nous n'étions pas dupes de la réduction opérée, car nous ne pouvions plus porter le tricot de cette gauche. Les mêmes qui pensent que l'outil est la preuve d'un raisonnement, si ce n'est politique, ou d'une compétence avérée, la seule à être tangible. Il faut, dès lors, éliminer le sens et s'en tenir aux preuves remarquables. Je préférai le temps où mes collègues bien plus âgés, des grands papas me faisaient la leçon au feutre fluo, au moins, il y avait du graphisme et de l'attention, sans le savoir du lien hypertexte, prétexte à la recherche. Maintenant c'est le tribunal, la prison, sans passer par la case fluo, "on en parle sympathiquement". C'est l'encre qui est sympathique à présent, elle s’efface dès qu'on a lu le mot de passe, il faut retenir par cœur, il n'y a plus de trace d'un dialogue humain. La gauche est devenue l'acceptation du contraire des idées de la gauche, mais sans que l'on puisse vraiment accepter quoique ce soit. L'être cyborg se souvient avec nostalgie qu'il parlait et lisait ou du goût de la confiture comme dans le film classique de science fiction "Soleil vert" réalisé en 1973 de Richard Fleischer (adapté du roman Make Room ! Make Room ! de Harry Harrison publié en 1966). Ce film se passe en 2022, alimentation falsifiés, euthanasie, réchauffement climatique dans un monde totalitaire financièrement et moralement en faillite, manipulé par une « élite » qui détient tous les pouvoirs.

Mais à ce moment, je vois une mésange bleue venir à ma fenêtre et me parler... Je ne suis pas encore dans soleil vert, mais d'ici 2022 ? 6 années c'est dans quelques minutes.

On retrouvait sur Facebook les interconnectés et bloqués en train d’essayer de démêler le vrai du faux, impossible, et de faire des autopromotions plus individualistes que le télémarketing et plus adaptées aux affects des cibles, afin de valoriser toutes les erreurs produites, et ainsi magnifiées. J'aime ce que tu fais, j'aime ce que tu publies, j'aime ce que tu répliques, j'aime ton humeur, ton décès, j'aime même ta disparition et on continue à écrire aux morts sur un mur. C'est terrifiant. Il s'écrit des mots que du vivant personne n'écrirait à ceux qui ne sont plus là pour répondre. Les absents ont toujours tort. Mais n'oublions pas, ils ont un motif.

Facebook s'organise pour mettre à disposition les commémorations des utilisateurs qui ne sont plus là, et aussi pour sauvegarder les données ou les attribuer à des héritiers qui peuvent à leurs tour gérer les comptes des défunts. Facebook estime que un sur cent profils, est un profil d'un.e défunt.e. C'est déjà imaginer que ce réseau devient l'un des plus grand cimetière numérique !
J'ai eu cette expérience, récemment avec ce réseau. J'ai quitté celui-ci après m'y être inscrite il y a quelques années, et je ne souhaitais pas avoir beaucoup d'amis, faire l'expérience conceptuelle et artistique des "4 amis". Et puis, j'ai été plutôt déçue de l'accès aux données, aux amis, aussi ceux qui postent leurs souvenirs et photographies, dont parfois vous faite partie, sans consentir à ce que tous regarde cette partie de vous, considérée comme plus intime, une expérience du dedans, d'une vie qui ne nécessitait pas de regards inconnus. Mais, je trouvais cela assez étonnant de remarquer des amis apposer des pouces aux moindres photographies ou choses que je disposais sur le mur. Des amis avec lesquels je ne communiquais plus, par la distance, ni par téléphone, ni de visu. C'était agréable mais un peu pauvre, de mon point de vue. Il y avait là un comportement assez régressif que je ne soupçonnais pas chez ces amis. Ni même, à avoir accès à leurs compte, pouvoir visionner le nombre assez rocambolesque des amis collectés, parfois prêtait à rire, parfois m'empêchait de communiquer simplement, si untel connaissait untel qui n'était pas d'un parti politique très heureux avec mes idées... L'idée de participer à ce réseau est venu d'un musicien avec lequel je travaillais à distance, d'un autre pays, et il m'avait alors convaincu de m'y inscrire. J'étais déjà très réticente. Souvent l'addition distance et proximité à moindre frais (sans frais pour mon cas pour un travail en commun) résout ou emporte l'adhésion. On en oublie le contexte et le nombre, les implications idéologiques... Participe-t-on des actions de Facebook dans le transhumanisme par exemple ? L'expérience de travail ne m'a pas plus apporté, avec mon ami musicien et bien au contraire, sauf que l'analyse sociologique des amis ou des intérêts (le contexte dans laquelle cette proposition s'inscrivait, cette invitation) fut assez riche, de la même manière, on analyse l’intérêt des rumeurs, comme je l'expliquais, pour comprendre la structure d'un groupe et son historique. Puis, mon ami musicien a quitté ce réseau en expliquant bien qu'il venait d'avoir connaissance des problèmes éthiques et très critiqués des données personnelles et leur usage par Facebook, ce que je savais déjà. Plus cet ami, plus vraiment d'utilité de participer à ce réseau hormis de façon divertissante, mais j'ai quitté aussi le réseau. Mon compte ne fut pas supprimé, l'un des principes de Facebook. Ma dizaine d'amis est resté.
Récemment, et j'en viens à la question de la disparition, du défunt, une de mes amies (dont j'ai écrit un petit article récemment) nous a quitté. Peut-être est-ce un hasard, mais elle faisait partie de ma dizaine d'amis du réseau Facebook d'il y a quelques années, de mon inscription. C'est ainsi que j'ai pu avoir accès à son mur. Et malgré sa disparition, son mur n'a pas désempli, d'hommages et d'images, que je n'avais jamais vues, d'elle plus jeune. Alors c'est assez étrange ce que cela a produit. Au début, cela me gênait vraiment que des personnes (ami.es, ou connaissances) s'adressent sur le mur de son profil pour écrire lui parler comme si elle était toujours là, à regarder son profil. Je ne comprenais pas cette façon de s'afficher aux yeux des autres et parler comme si le profil était activé. Puis, j'ai découvert tant de photographies de cette amie, plus jeune, très joyeuses, par cet intermédiaire, qu'un autre sentiment a laissé place à mes déceptions, la volonté d'y aller régulièrement, comme déposer des fleurs, en regardant celles des autres. Et ce profil, qui naguère était assez impersonnel, car cette amie engagée et cyberféministe, hactiviste, postait un tas d'informations et revendications, comme une journaliste pouvait le faire, sans faire état de sa vie privée (contrairement à la majorité des profils), est devenu uniquement personnel, même très personnel, intime. Aucune information de l'extérieur (disons des informations, des médias et désastres et guerre) n'est plus venu s'incruster sur son mur. Il n'y a plus qu'un album photographique commenté, qui rejoint le journal intime, mais écrit par ses ami.es, de différents pays, avec des impressions chacune différentes et personnalisées. Cette expérience des données, après la disparition, je pense même qu'elle ne fut pas envisagée par la principale actrice, devenue une icône très vite. Je pense que c'est l'expérience la plus étonnante, sur les données entre humains et dématérialisation, présence et absence, que j'ai pu observer. Cela est dû aussi, car cette amie, était comme un média à elle seule, diffusant et relayant des informations cruciales ou rares, parfois non officielles, qui permettait d'avoir accès très rapidement à une information différente, sélectionnée par ses soins, avec donc, des indices de son humeur ou ses idéologies, ses attaches. Mais cela était réalisable, pour ma part, de faire cette expérience, par le fait, que cette amie fut toujours restée une amie sur ce réseau (et en dehors du réseau) Sinon, il est gênant de voir l'icône de cette amie sur ce réseau, ne plus être activée par elle. Cette icône n'évoluera plus, mais est alimentée par ses amies à présent. Ce sont des sentiments que nous n'aurions pu avoir, avant l'existence de tels réseaux virtuels. Ils sont ceux de la fraternité, mais aussi de la fragmentation de l'identité et de la dispersion, sur le réseau, de cendres digitales. Si je n'étais pas informée par ce réseau, je n'aurai pas lié connaissance avec une partie de ses ami.es, aussi rapidement. Cela pose la question de la distance nécessaire qui se réduit, dans les formes de condoléances et de deuil. C'est aussi problématique encore. Je n'ai toujours pas adhéré à ce réseau. Les absents ont toujours tort. Mais n'oublions pas, ils ont un motif.

Les mésinterprétations des métiers, le déni de la pensée.

Lorsque l'on m’engageait à former des étudiants aux logiciels propriétaires, enfin que ceux-ci puissent lire le mode d’emploi et en faire des démonstrations, cela ne nous échappait nullement, cette vision intervenait lorsque des crédits du gouvernement étaient alloués aux écoles uniquement en matière de nouvelles technologies et qu'il fallait apporter la preuve que ces crédits étaient bien arrivés dans les enseignements. Lors d'inspections du gouvernement, on sortait un vidéoprojecteur sous la table pour visionner contre un petit mur, l'enseignement de la professeure, avec les quelques projets d'étudiants qui avaient bien voulu apprendre des trucs (sans recevoir de crédits car ces enseignements ne comptaient jamais collégialement) et puis c'était bouclé. On pouvait remplacer l'enseignante après, ou ne pas la titulariser, ce n'était pas un problème, ces enseignements étaient mineurs. Parfois on s'inquiétait un peu, si l'enseignement ne pouvait plus s'effectuer, si l'enseignante tombait malade, ou n'avait plus les moyens de prendre le train pour enseigner, car quand même c'est sympathique et les étudiants apprécient, viennent en cours et sont tous présents. Mais pas question de considérer cet enseignement intégré aux autres, si encore l'enseignante ressemblait à un gros ogre comme les autres, un homme un vrai. La paupérisation pouvait continuer et les crédits alloués allaient autre part, dans d'autres projets. Malgré tout, ces enseignements pouvaient perdurer par leur seule activation d'une distance critique, jusqu'à ce que des étudiants opportunistes comprennent qu'ils pouvaient un peu se servir des directions non expertes mais inspirée par des vuvuzelas et prendre la place des enseignements et de leur histoire, par force, en inventant des compétences que de toutes façons, aucune vuvuzela ne comprend. De petits ogres bientôt gros. Cela rentre en conflit avec le rôle de la transmission et les acquis de la pensée, si les enseignements sont perçus comme interchangeables et péréclités, il y a un déni. Pour le psychosociologue américain Festinger (1957), un état de dissonance cognitive est créé lorsqu’un sujet est confronté à des opinions ou à des événements qui contredisent son système de représentation du monde. Afin de rétablir la consonance cognitive, le sujet doit ou bien modifier sa conception du monde, ou bien nier ces éléments extérieurs dissonants, ou bien encore les "aménager" pour les rendre assimilables. De brisures en brisures, ne seront transmises que des miettes de pain... pour des pigeons.
L’effondrement de la pensée, dans nos sociétés contemporaines, de notre pays, ne se fait pas du jour au lendemain. C'est long et sédimenté, après on fouille pour comprendre.

Faille-fiable.

Dès qu’un étudiant avait utilisé le mot « numérique » dans ses projets, il devait automatiquement passé par l'enseignante en multimédia. Peut importe le contenu, le propos, la sensibilité. Cet indicateur répertorié, avait même dans une université (classé par les universitaires doctorants, donc, qui ont écrit une thèse en quelque chose) associé mon nom à numérique en profession, tandis que mes autres collègues avaient encore un métier et un propos associé (chercheur en littérature comparée, ou artiste plasticien, ou designer graphique pour les plus avancés…)

Dès lors j’ai tenté de dire que plutôt que « numérique » j’étais « chocolat ». Il fallait venir me voir s’il y avait le mot chocolat dans le projet, parce que le rayon numérique de la Fnac était déjà bien fournit en explications et guides pratiques.

Je reste assez étonnée de la confiance que l’on a faite dans le domaine du design numérique justement. Il n’y a surement plus personne qui ne sait lire pour que nous soyons arrivés à tous ces développements, ces crédits. On se demande qu’est-ce que chercher. Ou « chercher » a-t-il encore de la valeur, si l’on sait parfaitement où l’on va.
Le terrain de l’intelligence laissé à une poignée d’hommes survalorisés et l’avidité de l’intérrêt de l’IA me semblent très prématurés. Mais il faut accepter que notre monde est encore prématuré. À savoir que nombres d'entre nous seront employés pour qualifier et trouver des critères aux données, là où il n'y en a plus, ou jamais eu, afin de résoudre des problèmes. Au nom de qui et quoi ? Les employés, même diplômés dans ces technologies, n'auront pas à le savoir pour gagner leur pain, espérer faire partie d'une groupe, se réinsérer dans la société... de demain ou d'aujourd'hui ?

Il y a longtemps que l’on souhaitait rejoindre la science fiction et se battre avec les machines sur le terrain de l’intelligence. Sommes-nous déjà tous des cyborgs ? Dans la Marée Irisée, nous évoluons.

S’octroyer du temps par l’automatisation, c’est croire que seuls les bénéficiaires du temps gagné seraient supérieurs aux autres. Un temps gagné pour louer un culte aux données.

Il y a un projet qui illustre bien l'incapacité à prendre en compte l'ignorance, ou plutôt l'élever à un drôle de niveau, entre sacré et gadget, mais s'il y avait une once d'humour...

Brewster Kahle qui est décrit comme un inventeur ingénieux dans un article récent du Monde ici (à moins que le degré de lecture ne soit caché dans un datacenter) est le sujet d'un documentaire, daté de 2013 qui ne figure pas en lien dans l’article, dommage. Cela commence bien, juste quelques ronds lumineux dans le noir, comme un concert minimaliste, mais cela s'engage mal après, car c'est plus sérieux et moins musical en fait. Véritable missionnaire de la sanctuarisation des données qui a convaincu la France d’en faire autant et dans d’autant d’endroit secrets, sous terre. L’internet Archive applique alors l’idée que le savoir n’est pas mouvant, serait immuable et sectorisé, territorialisé dans une tour de babel à répliquer, afin de sauvegarder des milliers d’années de la culture. On savait déjà que la numérisation des livres, à la BNF, avait donné de fabuleux ratages, qu’il ne faut absolument pas publier, et depuis a externalisé nombre de ses programmes à flasher des documents toute la journée (clin d’œil au spécialiste) dans la poussière, mais en blouse blanche pour l’interview télévisuelle et bonjour les conditions de travail illégales… Bref, de même l’IA (Internet Archive qui a le même acronyme que l’Intelligence Artificielles, n’est-ce pas) a placé ses serveurs dans une vielle église de San Francisco, Grande Arche. Église ouverte au public et consultable à volonté, comme un buffet à Flunch. Une sorte de messe, avec ses fidèles éclairés par la lumière de l’écran. Il ne faudra pas leurs dire que la culture n’est pas seulement figée dans ces pages. Et puis quand tout cela sera accessible sur une puce de la taille d’un pouce… Adieux l’église.
Autant d’opportunistes avec un diplôme de la conservation, passant un petit coup de téléphone à Brewster pour tirer la ficelle.

Finalement, il ne suffit de pas beaucoup d’hommes aujourd’hui pour construire ces nouvelles cathédrales du savoir ? Mais beaucoup de nouveaux esclaves assurément. On ne change pas les règles malgré d’aussi monumentaux savoirs gardés secrets.

En 1985, Donna Haraway, zoologiste, philosophe américaine, pionnière du cyberféminisme, publie Simians, Cyborgs and Women: The Reinvention of Nature, un livre où elle expose les possibilités offertes par la technoscience pour sortir du patriarcat. Elle y a recours à la métaphore du cyborg, mi-homme mi-machine, ou, plus exactement, ni homme ni machine, pour critiquer l’essentialisme (qui insiste sur des valeurs et comportements typiquement féminins ou masculins) dans lequel on enferme encore les femmes. Le cyborg, selon elle, n’a pas besoin d’une identité essentialiste – ce dont les féministes feraient bien de s’inspirer. “Il n’y a rien, dans le fait d’être une femme, qui lie naturellement les femmes entre elles en une catégorie unifiée. “Être” une femme n’est même pas un état, mais une catégorie hautement complexe, construite par de discutables discours sexuels et scientifiques et autres pratiques sociales”, écrit Haraway. Une ligne proche de celle de Judith Butler, la papesse des études de genre, pour qui il existe autant de genres que d’êtres humains. Haraway défend également l’idée selon laquelle il n’y a pas de différence fondamentale entre la nature et les machines, entre l’homme et le robot. Et, ce faisant, ouvre le champ de la technoscience comme un espace de liberté pour les minorités.

Donna Haraway, dans son Manifeste Cyborg disait ceci de la révolution industriel (Première publication "Manifesto for Cyborgs: science technology, and socialist feminism in the 1980's" Socialist review 80 (1985), publié en français dans" Connexion, art réseaux , média", Annick Bureaud, Nathalie Magnan, edition de l'ensb-a, collection guide de l'étudiant en art, 2002). C'est l'enseignante Nathalie Magnan, qui nous a quitté récemment (et dont j'ai publié un article ici), venue tout droit de Santa Cruz, faire quelques cours à l'école supérieure des beaux-arts de Paris, où j'étudiais, qui en fera une traduction française  :

L’écriture constitue de façon pré-éminente la technologie des cyborgs, surfaces gravées de la fin du XXe siècle. La politique cyborg lutte pour le langage, elle lutte contre la communication parfaite, contre ce code unique qui traduit parfaitement chaque signification, dogme central du phallogocentrisme. Voilà pourquoi la politique cyborgienne insiste sur le bruit, défend la pollution, et se réjouit des fusions illégitimes entre l’animal et la machine. Ces accouplements rendent l’Homme et la Femme problématiques, ils subvertissent la structure du désir, force conçue pour générer le langage et le genre, et subvertissent ainsi la structure et les modes de reproduction de l’identité “ occidentale ”, de la nature et de la culture, du miroir et de l’œil, de l’esclave et du maître, du corps et de l’esprit. “ Nous ” n’avons pas choisi, à l’origine, d’être cyborgs, mais ce choix fonde une politique et une épistémologie libérales qui imaginent la reproduction des individus avant la reproduction plus large des “ textes ”.

Depuis Donna Haraway, qui est aussi primatologue, a publié un autre manifeste, s'intéressant à la relation des humains avec leurs animaux domestiques (Le Manifeste des espèces de compagnie). Évidemment, cela est proche de mes questionnements, sauf que les chiens ne sont pas la catégorie de mes compagnons... Elle parle souvent de poème et d'écriture et de communication, il est évident qu'à la découverte de ses écrits, j'ai un peu mieux compris que je pouvais créer et m'amuser plutôt que décrire et m'opposer aux nouvelles technologies.

Babel, on y arrive. On y revient. C'est un peu ne pas prendre à la lettre les théories Cyber-Xéno-féministes. Voir à ce sujet le mouvement Xénoféministe, berlinois, créé par Laboria Cuboniks, (anagramme du pseudonyme Nicolas Bourbaki) un collectif de six femmes qui ont créé une théorie, un mélange de biohacking et de philosophie rationaliste, considéré sous l’angle de l’émancipation de l’être humain, anti-naturaliste, un peu transhumaniste, mais le pouvoir est aux minorités...) Le xénoféminisme cherche à construire une politique coalitionnelle, une politique désinfectée de toute pureté. Ok, car les sales histoires de saletés discriminantes, ce n'est plus possible. Le nom me faisait penser à un médicament ou un poison, donc c'est cohérent avec la nouvelle théorie en vogue (des gens qui ont le pouvoir d'élaborer de telles théories...) À noter que les xénoféministes sont sympas, elles n'envoient pas leurs copines plus âgées dans les orties :

Les possibilités qu’offrait la première culture, textuelle, de l’internet – résister aux régimes de genres répressifs, générer une solidarité parmi les groupes marginalisés et créer ces nouveaux espaces d’expérimentation qui furent à l’origine du cyberféminisme des années 1990 – se sont nettement réduites au XXIème siècle. La prédominance du visuel dans les interfaces en ligne actuelles a réinstauré des modes bien connus de politique identitaire, des relations de pouvoir et des normes de genre dans la représentation de soi. Mais cela ne signifie pas que les sensibilités cyberféministes appartiennent au passé.
(...)
Si la nature est injuste, changez la nature !
(traduction française du manifesto xénoféministe par Marie-Mathilde Burdeau)

Cela en fait des manifestes... Celui-ci date de 2015. Tout un programme, il est un peu plus "produit" en fait que celui de Donna Haraway (certes, 30-40 années ont passées) un peu sous design argumentaire, ce que je critique tout à la fin, de ce texte babélien, barbatruc. Et dire qu'en France, on découvre juste celui de Donna... Ceci-dit, tout ce qui me semble être enchâssé comme une listes d'ordres, cela ne me semble pas très inventif. Quels seront les cobayes ? Et puis le site Internet s'est mis au format des vêtements à customiser en ligne... Vers une pensée customisée ? Customisable ? Il faut y penser. Je change de vêtement, de peau, de sujet, tout en me raccordant aux fondements de cet article.

Entre la théorie et la pratique, de grands écarts. Là où j'habite, il y a en ce moment des affiches intitulées : "Comme en 40" avec une image en noir et blanc d'une femme dans les années 40 (pas 2040, ni 3040, ni 1240) L'intitulé est si peu explicite qu'il s'adresse implicitement à des habitants qui comprennent, que "comme en 40", c'est un temps qui est encore là, c'est quasiment le contemporain, du moins, dans les souvenirs très présents. Avec l'autre intitulé proche de la cathédrale, "Et si aujourd'hui la vérité était le mensonge", nous pourrions penser, en touriste, que cette ville est un peu perdue. Le curseur n'est pas encore à la page du xénoféminisme, pourtant j'ai bien vu des cyborgs passer ou travailler. Il y a une place de la République (pas celle de Pythagore, ni celle de Foucault, mais imaginons que si, ce sont forcément les miettes de tout cela), éventrée depuis quelques années, à cause de fouilles archéologiques, du budget patrimoine, cela augure d'un projet d'urbanisation de verre et boutiques autours des découvertes, afin de renforcer l'attractivité touristique par la valorisation des vestiges archéologiques. Surtout pour renforcer l'économie du centre-ville (que les habitants achètent un peu plus) Pour les fouilles, ils n'ont toujours pas trouvé Babylone, mais des sarcophages et sépultures venant des églises et du culte de Saints. Ces chantiers intempestifs et récurrents dans cette ville sont le résultat de plusieurs campagnes de fouilles menées de 1960 à 1974 dans des conditions très diverses. Travail d’inventaire, plans, photographies, cahiers de fouille, fiches d’enregistrement. Tout cela va aux collections donc, publiques (les musées des églises), ou privées (essentiellement d’anciens fouilleurs). J'ai fini par penser que j'étais en compagnie de fouilleurs et fouilleuses, avec une pratique assidue de gestes de chercher, gratter, enregistrer, des cyborgs, avec lesquels j'appris également à fouiller, mais un peu plus vers la science fiction, avec les technologies. Le décalage entre mes recherches et les leurs est une ironie qui peut favoriser les imaginaires dystopiques.

Babel, on y arrive. On y revient. Parce que ces figures du passé bibliques m'intéressent, tout autant que les fictions de la science, qui tentent d'éradiquer les fables ou les fabuleuses histoires, tout aussi en demande d'être désirables et désirées.

Une peinture que j'ai choisie, la Grande tour de Babel de Bruegel, peinte vers 1563, m'a inspirée, au début, pour l'écriture de cet article. Son écriture a souvent été interrompue par mon quotidien et ses évènements, mais il a été écrit en un seul tenant, sur quelques jours (surement quelques heures avec les interruptions)  Son cousu m'intéressait, car il laissait corrélés dans un mental "fantôme", tous les liens et articles et éléments connexes qui avaient pu nourrir cette réflexion. L'avantage de cette dévalorisation (un simple article dans sur blog, qui sera recouvert de tant d'autres, à des niveaux de réflexions si différents, mais cela reste ma réflexion) est que sa digestion ne tient pas beaucoup de place, elle s'archive ou se dépasse d'un autre moment écrit. Mais cela reste au désavantage d'une dévalorisation. Je pense que la cascade des dévalorisations sont qualifiables et se transforment en une valorisation très gratifiante sur les effets. Ce serait plutôt l'inverse de cette allégorie de la tour de Babel.
La peinture de Bruegel est une allégorie, de plusieurs interprétations religieuses ou laïques. Sont alors proposées, toujours sur le versant d’un péché ou d’une illusion. Pêché d’orgueil des hommes avec la punition divine. Danger de la recherche de la connaissance. Prétention à s’élever au dessus de leurs conditions humaines avec des moyens purement matériels. Condamnation des grands centres de civilisation (Babylone) et instauration de l’altérité (diversité des langues) qui oblige à la civilisation. La diversité serait alors plus riche que l’uniformité.
Parfois, cette peinture est l'illustration des utopies et des ruines (quand ce n'est pas des bibliothèques) La miniature et les détails des scènes de l’activité humaine, le chantier, le port, la ville, le vaste paysage, et les signes de l’échec par le grand déséquilibre, l’instabilité de la construction, voir des fondations douteuses, la spirale. L’absurde de l’architecture, l’inachèvement, me fait penser ainsi à plusieurs constructions contemporaines gigantesques abandonnées avant leur achèvement.

Babylone, sa chute dans les textes religieux, arrive par une rumeur et la colère de l'Éternel est terrifiante. À noter la connotation négative des théologiens lorsque la Babylone devient la femme, la grande mère de la prostitution et des abominations sur terre, mais aussi un grand mystère, celui de l'Apocalypse (fiancée de Jésus ? Église ? Ivresse spirituelle ? Bête ?). Après que chacun se soit entretué dans cette Babylone, la mer a tout englouti, après est laissé place à une terre aride et au désert où plus personne ne peut vivre. Babylone, à lire son histoire antique, l'une des plus brillantes civilisation du monde déchue, actuellement ruine située en Irak est une connaissance étourdissante de l'histoire jusqu'au contemporain. Babilou, porte des Dieux. Empires, monopole du grand commerce, invasions, déclins, archéologie...

Dans les propos notés de la Prophétie sur Babylone de Jérémie (50.1-51.64), à la fin :

56 Oui, le dévastateur a fondu sur elle, sur Babylone. Ses guerriers sont capturés, leurs arcs brisés, car l'Eternel est un Dieu qui verse à chacun son salaire, qui traite chacun comme il le mérite.
57 Je rendrai ivres ses princes et ses sages, ses gouverneurs, ses magistrats et ses guerriers. Ils s'endormiront d'un sommeil perpétuel et ne se réveilleront plus, déclare le roi, celui dont le nom est l'Eternel, le maître de l'univers.
58 Voici ce que dit l'Eternel, le maître de l'univers: Les murailles de Babylone seront totalement démantelées malgré leur épaisseur et ses portes seront réduites en cendres malgré leur taille. Ainsi *des peuples auront travaillé pour du vide, des nations se seront épuisées pour du feu.
59 Voici l'ordre donné par le prophète Jérémie à Seraja, fils de Nérija et petit-fils de Machséja, l'aide de camp du roi, lorsqu'il se rendit à Babylone avec Sédécias, roi de Juda, la quatrième année du règne de Sédécias.
60 Jérémie enregistra par écrit dans un livre tous les malheurs qui devaient frapper Babylone, toutes ces paroles écrites à l'intention de Babylone,
61 puis il dit à Seraja: «Une fois arrivé à Babylone, tu veilleras à faire la lecture de toutes ces paroles
62 et tu diras: 'Eternel, c'est toi qui as déclaré que cet endroit serait rayé de la carte et qu'il ne serait plus habité ni par les hommes ni par les bêtes, mais qu'il deviendrait un désert pour toujours.'
63 Quand tu auras terminé la lecture de ce livre, tu y attacheras une pierre et tu le jetteras au milieu de l'Euphrate,
64 puis tu diras: 'Babylone disparaîtra de la même manière. Elle ne se relèvera pas des malheurs que je ferai venir sur elle. Ils tomberont épuisés.»
Fin des paroles de Jérémie. 

Babylone est devenue une ruine éternelle, un repaire de chacals et de moqueries. Ses jardins suspendus étaient considérés comme une des 7 merveilles du monde.
Une prophétie consiste en des paroles ou des écrits divinement inspirés qu'une personne reçoit par révélation.
Parfois entre prédictions et textes savants, rumeurs, les prophéties sont utilisées comme armes de guerre et machine à produire des effets, des ondes de choc. Celles que l'on a entendues après des attentats terroristes ou bien avant, par exemple.

Le bonbon, relief de cette ruine qu'est devenue cette tour de Babel, spongieuse, est née d'une simulation infographique. Cette gaufre crie "Mange-moi". L'intelligence n'est pas sacrée, ni sacrifiée.
Cela donne un visuel adéquat pour cet article, long, ou texte, ou pensées, ou collages d'impressions sans soleil levant, ou titinements peureux. Je n'ai pas piétiné la tour, elle est gaufrée, on peut la déguster. Manger les rumeurs dans l'air contaminé de la Marée Irisée que l'on ne peut voir.

Pouvoir continuer à écrire longuement et lire longuement. Contrairement à l'ivresse spirituelle, il y a une sélection aromatique. La réduction du contenu d'un article en biscuit sucré, revient à miniaturiser par l'humour, la portée de telles rumeurs diverses, à consommer donc, avec modération.

De quoi se nourrissent les machines ? Sans doute de la Marée Irisée.

Malgré les difficultés de mon métier, de l'enseignement, j'aime beaucoup cette aventure et le chemin tergiversant emprunté. Je n'écris pas vraiment sur les données dans ce blog car tout est tissage de ces médias, ni dedans, ni dehors, je suis dans mon temps, je ne justifie ni cette profession ni ne professe de théories, mais évidemment je parcoure des kilomètres d'informations, de Marée Irisée, et les analyse un peu, pas beaucoup, on laisse passer bien des nuages pour créer, apprécier le moment. Je n'ai d'ailleurs plus, dans ma besace de modes d'emploi tout prêt pour être tout numérique et mes initiations passent par une réflexion primordiale à l'utilisation des outils, et quels outils ! De plus en plus, nous n'intervenons que par touche, comme s'il fallait s'octroyer des plages non outillées et très peu utiles. Il y a les déçus qui souhaitent toujours connaître le rayon de la Fnac et savoir la fonction de tous les outils commercialisés d'un coup et espérer rivaliser avec les artistes de renommée internationales avec de nouvelles techniques encore inconnues. Pour cela, spécialement, oui, je donne des trucs qui marchent. Je n'assure pas le service après vente, car le marché de l'art n'est pas encore adapté à ces nouvelles techniques artistiques, mais il ne faut pas trop le dire. Les drones sont à la mode. Les imprimantes 3D déchues déjà... Ainsi véloces et féroces industries, qui passent et trépassent en attendant leurs musées sarcophages. Il y le côté grave et responsable, le divertissant, le gadget, le révélateur de comportements psychologiques, les addictions, les crises économiques, écologiques, mais je n'utilise que légèrement le côté de la création et de l'invention (l'innovation est un terme sans idée), ma pratique est très réduite par souci d'économie.

Il ne faut pas écrire de longs textes, mais de petits textes synthétiques, de nos jours, car les lecteurs fatiguent plus qu'avant et ne tiennent pas longtemps. Les textes écrits par des informaticiens ou des chercheurs, ou designers, s’astreignent à cette discipline du design argumentaire, avec plus ou moins d'adresse. Mais quitter un texte devrait mettre le lecteur, la lectrice, dans une approbation totale au nouveau produit (invisible) décrit. Les idées ne sont plus discutables, elles doivent amener à l'approbation, l’adhésion, voire la fidélité. On appartient au flux de l'un ou de l'autre, mais toujours en survolant.

La Marée Irisée serait, selon mon analyse, non pas le Big Data, d'un côté, cette marée informationnelle à gérer, nommée marée noire, et de l'autre, les rumeurs humaines, mais cette indissociable texture formée par les rumeurs humaines et les données, avec lesquelles, si ce n'est qu'elles nous gouvernent ou pilotent nos actions, nous nous mouvons.

Ce texte est une construction que j'abandonne avant son achèvement. C'est mon droit poétique. Il restera là archivé ou non, disparu, ou tronqué, repris ou effacé par moi-même. Je ne le donnerai pas à mes plantes, car elles poussent bien sans ces données. Elles me regardent, je pense que je suis sous domination verte, ma tour de Babel ressemble à une jungle, en cage, sans jardin. Quoique le jardinage de données a déjà bien commencé. Les feuilles, même en automne, ne tombent pas. Des noms d'hommes, et le titinement de la mésange a interrompu leur élévation à temps et ma pépie aussi.

Dédicace aux créations artistiques, ces paquets de beaux bruits.

Balade(© Kiwa & JD)

"Bonjour la mésange bleue"

Par kiwaïda at 16:00

19/08/2016

ᘉᗢ⋒ᐯᗴᒪᒪᙓ ᐯᗩᘐ⋒ᙓ

Ci-dessus, photographies de magazines en Chine

Ci-dessous photographies de Philipp Engelhorn, série "Swimmers"

Quindao Beach 1.
(China)

ON THE BEACHES of Miami or Rio, it's all about showing skin. But on a beach outside Qingdao, China, it's all about covering up, even if it means looking like a lucha libre star. Swimmers there have become famous, even fashionable, for the funky "facekinis" worn over their heads to complement the colorful swimsuits they wear for protection against the sun and giant jellyfish.

The facekini is just what it sounds like: a headsock, often in colorful patterns, worn over the head to protect one's face from the sun. They've become hugely popular in China, and the world of high fashion embraced them with a spread in CR, the new magazine from former Vogue Paris editor Carine Roitfeld. CR called the masks "a hidden retreat in this season's swimwear," but they brought something else to mind for photographer Philipp Engelhorn, who spent a week this summer making a gorgeous series of portraits.

"It's sorta like Mexican wrestling to me visually," he says.

That may be, but the people wearing them do not care. They take skin protection very seriously, Engelhorn says, and jellyfish stings really hurt. And the masks have taken on something of a fashionable air. You can buy them in local stores for a couple dollars, but swimmers often make their own, along with the full-body swimsuits. The resulting garb often reveals something about the person wearing it.

Photography Swimmers : © Philipp Engelhorn

Photography Swimmers : © Philipp Engelhorn

 

Photography Swimmers : © Philipp Engelhorn

Ci-dessous, modèles en vente

Un intru...

swim14.png

Souvenirs, souvenirs... Un cyclope !

Aaron Rodríguez Arellano, plus connu sous le nom de Mil Máscaras (Mille masques), est un catcheur et acteur mexicain né le 15 juillet 1942 à San Luis Potosí, au Mexique.

Photographie de Lourdes Grobet Argüelles (née le 25 juillet 1940 (76 ans) à Mexico), photographe mexicaine contemporaine, rendue célèbre par ses photographies des catcheurs mexicains de la Lucha libre.

Par kiwaïda at 14:05

29/09/2013

ℒϴϴИ$

loons.jpg

Image captée de la vidéo du projet Loons de Google

Dans mon article intitulé "Love Vole", du 28 Aout dernier, illustré principalement de photographies de montgolfières, et, d'autre part, d'artistes utilisant le "gonflé" dans leurs projets, dont une photographie un peu plus dégonflée que j'avais réalisée d'ailleurs (un peu tête de mort) on peut y trouver une photographie, que j'avais trouvée énigmatique et porteuse de voyage (scientifique), mais sans indication, sans référence (ou celle que j'ai indiquée "Les love volent")

Il faut là quelques explications. Cette photographie est tirée d'un des nouveaux projets de Google, qui fait polémique actuellement. La vidéo qui vend le projet est efficace. On ne parle jamais des dessins, de sa réalisation, puisque sa visée est uniquement commerciale. Un premier point qui me semble être un défaut. Je l'ai trouvée convaincante et très inspirée des films d'animations italiens La Linéa, réalisés par Osvaldo Cavandoli et diffusée à partir de 1971 sur la Rai, avec lesquels j'ai grandi, pour peu que j'ai pu être face à une télévision aux moments de son passage. C'est quelque chose, lorsque l'on est amené à dessiner et inventer, qui marque un enfant. 

Le film de Google fait appel à cette mémoire affective, et créative, mais sa visée est commerciale, est-elle politique ? Pas si sûr.
Aujourd'hui, comment peut-on passer du poétique au prosaïque, telle est ma question ?

D'un côté, je trouve ravissants ces objets de communication, qui sont les dessins et les animations, réalisés par les équipes qui travaillent chez Google (donc pas de noms personnels d'auteurs, la société "aspire" la création), mais de l'autre... Voyons :

loons2.jpg
Un des dessins du projet Loons de Google


Petits rappels :

Selon Google, les deux tiers de la population mondiale n’ont pas accès à une connexion Internet « rapide et bon marché » en raison de « nombreux obstacles naturels (jungles, archipels, montagnes, etc.) et d’ordre financier ». Alors que des offres Internet par satellite pour les pays émergents se mettent en place, le géant américain vient de présenter sa solution à ce problème, baptisée Project Loon. « Loon » - diminutif de « Balloon », ballon ou synonyme de « fou », « dingue ».
La nouvelle expérience mondiale du géant américain ; sorti tout droit du centre de R&D Google X Lab (à qui l’on doit les Google Glass et les voitures autonomes), ce concept est celui d’un accès Internet à haut débit diffusé depuis les airs par un réseaux de ballons stratosphériques. "Nous espérons qu’ils constitueront à terme une solution pour connecter des zones rurales, reculées et mal raccordées, notamment pour faciliter les communications en cas de catastrophe naturelle", explique Google, qui précise que ce réseau peut fournir un débit équivalent voire supérieur à la 3G. Les ballons sont conçus pour évoluer à une vingtaine de kilomètres d’altitude, dans la partie inférieure de la stratosphère et pour utiliser la circulation des vents pour les faire naviguer. À cette altitude, les vents sont très stables et les engins évolueraient bien au-dessus des avions de ligne. Une flottille de ballons pourrait couvrir une zone en permanence. La connexion avec le sol se fait à partir de la station relais d’un fournisseur d’accès, qui émet vers le ballon le plus proche. Celui-ci s’interconnecte avec ses semblables pour transporter la connexion vers des zones non couvertes, où des antennes relais vont capter le signal depuis le sol. Google explique avoir développé un système doté d’émetteurs-récepteurs radio spécifiques, qui filtrent les signaux pour ne recevoir que les informations du Project Loon pour une transmission longue distance. Actuellement en phase de test en Nouvelle-Zélande, ce projet est, selon Google, uniquement motivé par son idéologie première, en l’occurrence promouvoir l’accès à Internet pour tous. Trente gros ballons gonflés à l’hélium ont été lancés ces dernières semaines, depuis la Nouvelle-Zélande, afin de développer l’accès à l’Internet dans les zones les plus reculées de la planète. Les ballons dériveront au niveau de la stratosphère, équipés d’un système mélangeant énergies solaire et éolienne. Chaque ballon est sensé assurer la couverture internet d’une zone de 1200 km carré. Ce projet est issu du laboratoire de recherches de Mountain View en Californie, dirigé par le co-fondateur de Google, Sergey Brin, qui porte déjà le projet Google Glass. Après la Nouvelle-Zélande, Google souhaite étendre l’expérimentation dans des pays à la même latitude, comme l’Afrique du sud, l’Uruguay, l’Australie ou encore le Chili.
Le service de comm. est en place. Et comme Google possède quasiment "tous" ces services : arrosage au plus grand nombre.

Grosso modo, l'idée est "ingénieuse", voir, lorsqu'on est sensible aux nouvelles technologies, et aussi au low tech, à la poésie géographique et aux principes des connections partagées et à l'aspect esthétique et magique, c'est génial... Compte tenu de la nature du paquet délocalisée de l'Internet lui-même et la capacité des technologies de l'information de pointe pour être très légers nécessitant peu d'énergie pour fonctionner sous tension, ce projet de réseaux de ballons a un grand potentiel. Et j'ajouterai, une histoire des inventions, comme mon article le suggérait, de l'idée de "voler", grand projet de tout petit humain sans ailes, jalousant tous ces oiseaux et autres organismes et particules libérées de l'attraction terrestre. Le vent, grande puissance naturelle, souvent associée à une divinité, serait ce moyen par lequel ces ballons navigueraient. Tout cela ressemble aussi à de l'espionnage évidemment.

Mais le message est destiné "aux pauvres", là ça cloche un peu. « Rapide et bon marché », sont des mots qui me piquent toujours surtout quand de riches personnes (riches uniquement avec le pouvoir de l'argent) se tournent vers les pauvres personnes (pauvres uniquement sous-entendues qu'elles sont "pauvres" parce qu'elle n'ont pas d'argent) en leur inculquant, voir imposant ce qui leur semble de mieux pour elles : du rapide et du bon marché. Oulala ! La pauvreté est prise comme un grand ensemble mais les pauvres ne sont ni les gentils abusés, ni les méchants voleurs des riches (et les riches ne sont pas les voleurs et méchants et les gentils abusés) La qualité d'être pauvre n'est jamais analysée de près, c'est un grand sac et pourtant cela implique plusieurs valeurs, parfois non marchandes et des choix de vie (par exemple)

Ce qui devient le backdoor de ce projet, c'est la guerre commerciale des puissants qui contrôlent pas mal de nos activités quotidiennes, surtout lorsqu'on lit le point de vue de Bill Gates. Le milliardaire critique ce projet visant à octroyer un accès Internet à toutes les régions reculées du Globe. L’ancien P-DG de Microsoft estime, dans une interview, que cette initiative "n’aidera pas les populations pauvres de la planète". "Quand vous mourrez de la malaria, je ne suis pas sûr que voir des ballons voler vous aidera. De même, quand un enfant a la diarrhée, aucun site Internet ne pourra améliorer son état." Il en conclut : "Google a commencé par annoncer un vaste ensemble de choses. Ils ont embauché Larry Brilliant et ont obtenu une publicité fantastique. Puis ils ont cessé de mettre tout cela en valeur pour se concentrer sur les implications pour leur business. " Mais notre cher Bill a ses propres raisons d'émettre des critiques (concurrence, pouvoir... cow boy...) Et c'est ce qui est inquiétant.

Cela dit, voir un ballon voler provoque pas mal d'ondes positives, donc guérir de la malaria... pourquoi pas, mais s'il s'agissait seulement de contempler, sans message humanitaire. Mais qu'est-ce que Bill a en tête ? Peut-être promouvoir sa propre société destinée à lutte contre la Malaria, fondée avec sa femme Melinda...

Ces idées à grandes concentration d'argent et de pouvoir doivent toujours être considérées avec suspicion, et Google est déjà gigantesque, et en pleine croissance. Je m'interroge toujours sur ces profits ponctionnés justement sur les plus démunis, créant un fossé encore plus grand d'inégalité, Google a-t-il besoin de croître encore plus ? Si l'on interroge celles et ceux qui ne bénéficient pas de connexion, pas sûr qu'ils soient OK pour que Google s'enrichisse évoquant un manque et en leur imposant des besoins dont ils n'ont peut-être pas besoin. Plusieurs commentaires sont instructifs, car selon certains, Google utilise une méthode publicitaire à présent dépassée où la fraîcheur et la pureté (agressives) seraient galvaudés. "Ne pas faire le mal" est un mantra qui commence à ressembler de plus en plus à une publicité "pour" faire le mal. Des arguments louables décrivent que ce projet serait une bonne manière pour la NSA, pour obtenir des données sur les personnes dans les régions mal desservies du monde. D'autres imaginent déjà des scénarios de guerre, géopolitique lorsque ces ballons seraient en territoire ennemi, cibles faciles pour la technologie des missiles. 

Après, même si ce piratage de ballon Internet ne s'avère pas réalisable, il est déjà un formidable sujet de complot pour l'écriture de romans. Et, de mon côté, les images sont très séduisantes, alors pourquoi les utopies seraient-elles toujours "à réaliser". Évidemment, selon mes engagements artistiques, la réponse est "non" (voir plus loin avec Yona Friedman)

Google, Apple et Facebook, et d'autres, sont récidivistes (dans leurs dommages) quand il s'agit de la vie privée de leurs «client» et la sécurité des données des «clients». Cela s'est démontré par des violations répétées - même de leurs propres restrictions prétendues - les données de notre vie privée, d'identifications personnelles, font leurs recettes. Ces infractions en série sont faites par les professionnels (et de la sécurité) sur le personnel et clients de chacune des trois sociétés citées. On oublie souvent que les bandits ne sont plus les cambrioleurs de banque aujourd'hui, mais les infractions sur l'identité, les viols de l'autre, les usurpations et ce, jusque dans le langage, la société de travail et l'épargne du gain de ce travail. Cela passe par des pressions sur le rapport à l'autre, et uniquement sur ces rapports, qui sont très archaïques et non évolués, j'y reviendrai, en fin d'article.

Il y a des arguments plus légers mais réalistes néanmoins. Ces accès, par exemple, aux habitants de Cuba, vont générer, comme chez nous, de drôles de comportements et de nouvelles addictions. Les populations desservies vont être impressionnées par toutes ces vidéos de chats et d'animaux qui sont les plus vues sur Internet et mises en relation et toiles d'araignées (en lien hypertextes) Bien que Google déclare que "fournir un accès Internet à des régions mal desservies par des ballons météorologiques, c'est vraiment très cool. Et dans des endroits comme Cuba, cela fera beaucoup de bien, permettant aux dissidents politique de communiquer avec le monde extérieur." Lorsque Google voit une demi-douzaine de dissidents renversant un régime "du mal" de l'intérieur par son invention, on peut y voir d'un coup, que 10 millions de personnes téléchargeraient du porno et des vidéos de Justin Bieber

Il faut s'interroger aussi sur tous ces militants du transhumanisme, ravis : "Google s'inspire de concepts déjà connus mais le groupe a l'équipe et l'argent pour les faire fructifier. C'est là sa valeur". Sachant que Google est aujourd'hui le principal vecteur de l'idéologie transhumaniste dans le monde. Etant donné que le pape de ce mouvement, le "pape" du transhumanisme (Ray Kurzweil) a été embauché par Google comme ingénieur en chef pour faire du moteur de recherche la première intelligence artificielle de l'histoire.

Les domaines comme la génomique personnelle ou l'amélioration des capacités humaines posent de vrais débats éthiques et les fondateurs de Google ont une mentalité d'ingénieurs, c'est tout.

Des "pensants" voient dans le projet transhumaniste une haine de la chair et du corps, dénonçant une nouvelle forme de pudibonderie. Si le corps est présenté comme encombrant et vieux, symbole de finitude, de fragilité et de mort, c’est bien une nouvelle pudibonderie scientiste qui s’élabore. Cette néo-pudibonderie scientiste ajoute ainsi ses effets à la rétractation, elle aussi puritaine, perceptible dans le champ religieux. Avec ce terme on parle d'Internet comme des algorithmes du puritanisme ou le nouveau Graal pour immortels friqués.

Les contres disent :

« La technolâtrie est le symptôme de cette fatigue d’être soi, diagnostiquée par les sociologues depuis Alvin Toffler dans les sociétés hypertechnologisées. Plus nous nous sentirons impuissants et déprimés, plus nous serons tentés de nous tourner vers les machines. » Le transhumanisme serait une «utopie de substitution pour une humanité fatiguée d’elle-même, pour des êtres humains qui se sentent dépassés, en termes de capacités, par les technologies qu’ils ont créés. » (Jean-Michel Besnier, théoricien et auteur de “Demain les posthumains”) Les néolluddistes pensent qu’ils faut remettre en cause la société et nom l’Homme.

D'autres pensants s'allient à présent à ces thèses, comme le philosophe allemand Peter Sloterdijk, après le posthumanisme (voir une cartographie infographique)

Les transhumanistes prônent la transition vers le posthumanisme ou vers l'hyperhumanisme un «H+», et défendent l'idée d'une utilisation des biotechnologies pour améliorer la condition humaine, notamment par l'élimination du processus de vieillissement, et de la mort involontaire liée au vieillissement et aussi par l'amélioration du potentiel humain cognitif, émotionnel et physique. Le transhumain évoque un monde nouveau, alors que le progrès est une notion accrochée au monde ancien, un monde qui croit à l'humain et à sa pérennité.

> À lire un développé de ce qu'est le transhumanisme, des pour et un peu des contres, véritable tarte à la crème des g33k, cyberpunk et cyborg autodéclarés, sur un blog du réseau de blogs de l'ENSCI, Les Ateliers (espace de publication associé au cours Humanités numériques de Jacques-François Marchandise)
> À lire sur le néoluddisme : Alors que le néo-luddisme est un mouvement marginal, certaines de ses idées, des ses critiques et des solutions ont une large résonance dans la culture contemporaine, par exemple, des aspirations à un "simple" mode de vie, et une capacité critique et un principe de précaution vis-à-vis des technologies.

Toutes ces strates et ces niveaux différents de réactions et de pensées, ne peuvent pas stopper le projet de Google, qui lui, est mue, par son innovation technologique et son financement multiple. Mais bon, y réfléchir, me semble être un bon sujet sur l'éthique, mais aussi artistique, ou quand la création de symboles s'ajoute à la technologie, véhicules de transformations de notre éco-système... fragile.

J'ai été confrontée à des informaticiens et des scientifiques, en travaillant avec eux et leur apportant mes connaissances artistiques, et inversement, leurs connaissances du monde informatisé (sachant que je suis née dans un monde déjà informatisé) m'ont beaucoup apporté pour mon imaginaire (car l'histoire de l'art fut si peu informatisée sans ma formation, mes études) et également pour me débrouiller de façon autonome avec les outils technologiques, partagés. Je suis évidemment ainsi connectée au monde et spécialiste parfois dans le domaine de ces usages, mais j'ai pu observer de très près, les dégâts, pour l'imaginaire et la liberté de penser, la création individuelle et son apport toujours singulier au bien commun, de ces méthodes justement très archaïques, de celles de "jouer à Dieu". Et le monde informatisé, des informaticiens est un monde sans pitié, parfois sans culture, déracinés. La logique peut résoudre des conflits humains, mais jamais psychologiques et éthiques. Et l'histoire l'a prouvé, toute dictature fondée sur la logique, peut anéantir la culture, des vies innocentes. En groupe, en communauté, réunis en société, ces méthodes peuvent devenir de formidables armes pour détruire l'autre, et parfois très précisément une personne, son intégrité, sa différence, ou bien à l'aveugle, des personnes différentes. À partir du moment où la masse fait corps comme opinion également (ou absence totale), n'avons-nous pas vu ces temps-ci des pétitions exister uniquement sous prétextes qu'elles étaient signées de milliers d'amis sur Facebook (combien d'inconnus et de faux amis composent ce réseau factice, de miroir et de publicité ?) La société de l'image est friande de reflets narcissiques et nous en produisons toujours plus, sous couvert de bien pour tous.
Un ami informaticien, ayant fait des études scientifiques, me disait que dans notre société du progrès, et la science le prouve à chaque fois, les avancées phénoménales ont été si rapides qu'elles ont ignorées tout le sensible, le psychologique, l'imperfection, l'autorégulation, une certaine complexité, qui dans leurs incompréhensions, aujourd'hui, nous destinent à une ère de sous développés, incapables de parler ensemble, comme si de ce côté-ci, nous ne savions toujours pas aimer et que nos avancées ne servent absolument à rien pour ce faire.
Un coup d'épée dans l'eau.

Je n'ai malheureusement pas d'exemple réussi, en matière de possession de technologie à bien, même dans des institutions d'éducation. Le plus souvent l'achat d'outils se fait par les mêmes et leur accumulation privatisée rend visible les incompétences et l'impuissance de ceux-ci, sans plus. Le pouvoir à l'ancienne s'installaient par là et les prises de terrain par la force. Nous constatons les destructions engendrées et très peu d'idées sorties de là.
Lorsqu'on s'attache à comment des organismes subsistent sans ces moyens et se métamorphosent, s'adaptant au milieu, c'est là le plus bel enseignement, de mon point de vue.
J'imagine juste que de participer à une équipe de recherche dans des zones géographiques éloignées à faire voler ces ballons, doit être une belle aventure et que je comprends bien qu'on puisse s'y lancer sans s'encombrer de questions trop éthiques. En tant qu'artiste, y participer me semble, même pour mieux cerner ces enjeux, une expérience honorable et totalement dépaysante, depuis des sphères artistiques et intellectuelle. Je me suis posée la question si je le ferai, si on me proposait d'amener mes idées. Au-delà de la question de la rémunération, je crois que cela me plairait, mais seulement si les équipes sont intelligentes, éthiques et fantaisistes, en tous cas paritaires, sans aucune pression individuelle et collective, et si nous sommes tous des pauvres amenant de vraies paradigmes, irrésolvables, pour une société jamais équitable. Bref, avec une manière de travailler totalement différente, mais réfléchie ensemble avec les participants.

Et puis, je me dis que tout cela est inutile, je jette toutes ces idées, ces efforts et ces strates, ces backdoors, car en matière d'aider les plus démunis, voir celles et ceux qui n'ont pas l'accès à l'information, il me semble, qu'à mon échelle, c'est une priorité assez accomplie dans mon parcours... sans les ballons.
Quoique je me demande si je ne suis pas un peu gonflée, ou ballonnée pour avoir réalisé cette utopie, que peine à faire émerger Google, avec tout ses moyens financiers. À une échelle humaine, sans moraliser le monde, il suffit d'avoir du bon sens pour aider son prochain... À condition qu'il vérifie bien sa capacité à rendre la pareille ;.)

Du côté de l'art, pour reprendre la facture du film d'animation et des desseins qui dessinent un projet, je me souviens d'une exposition de Yona Friedman, un architecte français, sociologue, d'origine hongroise, artiste, visitée sur l'île des impressionnistes à Chatou au CNEAI (Centre National Edition Art Image) J'avais visionné des petits films d'animation très étonnants que j'avais beaucoup appréciés (Les aventures de Cheveux-de-lion, Celui-qui-ne-regarde-pas-en-arrière, Le forgeron qui était oiseau...) Il n'y a pas d'images disponibles hormis cette vignette. Ces films, ont été réalisés par Yona Friedman entre 1960 et 1963 et ont pu être retrouvés et restaurés par le CNEAI. Leur histoire mérite une description :

En 1960, Yona Friedman réalise avec son épouse Denise Charvein, monteuse, un 1er film d'animation à partir d'un conte africain recueilli par l'ethnologue allemand Frobenius. Il en respecte le phrasé répétitif. Pierre Schaeffer lui commande pour l'ORTF 12 autres films. L'illustration sonore est réalisée à partir d'enregistrements de musiques africaines recueillis par l'UNESCO. La voix est celle de Georges Aminel. Yona Friedman réalise ensuite Histoire de Persée, dont il ne maîtrise pas l'ensemble de la conception. Les animations sont réalisées au truca dont il améliore la technique jusqu'à pouvoir réaliser un film en une journée. Le film Annalya tou Bari, second épisode du cycle Samba Gana reçoit un lion d'or à la 13è Nostra internationale du film documentaire de Venise en 1962. Jean Rouch diffusa les films en Afrique où ils connurent un énorme succès. Les bobines sont alors perdues jusqu'en 2007. C'est à l'occasion d'une collaboration avec le CNEAI donnant lieu à l'exposition « Dare to make your own exhibition », à la construction de 3 structures irrégulières et aux 3 volumes manuels 1,2 et 3 consacrés aux histoires dessinées, que le CNEAI édite ces films d'animations. 2 copies n'ont pu être éditées ici : Seedimwe et La hyène et le chat sauvage. 


C'est d'ailleurs cet artiste (ou plutôt architecte, philosophe) qui a été invité à réaliser ce projet du dessin d'une licorne en 2010 sur la pelouse du centre d'art de l'île de Vassivière, d'une commande du Ministère de la Culture que j'ai pu observer à mon arrivée sur cette terre.

Bref, j'avais parcouru ce livre des Utopies réalisables, aux éditions de l'éclat, qui rend compte un peu mieux de ce que je souhaite exprimer par "dessein" et ce pourquoi, le film d'animation de Google perturbe sa visée utopique, et m'a amené à convoquer quelques notions non envisagées et parvenir à un point de vue artistique. Selon mon expérience avec les technologies, j'affine un peu celui-ci.

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Sur ce, je file à mes activités personnelles qui ne feront avancer pas un plus grand nombre, mais un tout petit petit... des volatiles et autres amours.
Des aspirations à un "simple" mode de vie, et une capacité critique et un principe de précaution vis-à-vis des technologies.

Par kiwaïda at 13:43

31/03/2012

ℒε ḉ℮ґ¢ł℮ ⅾℯṧ αґ☂☤ṧ☂εṧ α℘℘αґʊṧ

Press-Magic-Ring

Le cercle des artistes apparus (Presse sur Magic-Ring / journal Libération du 24 et 25 mars)

Par kiwaïda at 20:17

09/12/2011

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Par kiwaïda at 23:36

04/09/2011

Kiwaïda.nu

Home page du site Internet kiwaida.nu de Sonia Marques

Voici la page d'accueil de mon nouveau site Internet kiwaida.nu
Et ci-dessous, la page avec mon nouvel album musical à écouter en ligne : Pépino.

Album musical Pépino de Sonia Marques sur le site kiwaida.nu
Captures-écran : © Sonia Marques
Pour ce nouvel album, Rico Z, fut de la partie ! Il y a 2 ans déjà nous avions conçu l'album Cocotriste !
Ici, Blue, Planète, Slow, sont ses nouvelles collaborations musicales, avec ma voix et mes poèmes (Planète est une reprise de Plastic Bertrand) Blue était une évidence venant de sa proposition, depuis l'Autriche, tandis que je plongeais dans des eaux bleues limpides au centre de la France à ce moment, en plein air... puis sur kiwaida.nu.
Mais la vedette c'est Pépino qui me fait souvenir que je travaille dans une jungle cristalline...
Il est surtout question de voix, d'échos et de diapason avec autrui, petit, grand, animal, grave, sombre, féminin, masculin, travesti... histoire de dialoguer avec ses multiples et orchestrer ces êtres vivants. Ne pas se quitter soi-même.

Par kiwaïda at 01:42