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Enseignement

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12/08/2022

Tґøυ♭ʟ℮ ε√ґ¥ ⅾα¥

© Dessin de Jean-Jacques Sempé, dit Sempé, né le 17 août 1932 à Pessac, près de Bordeaux et mort le 11 août 2022

Lorsque j'ai été sélectionnée pour enseigner à l'école supérieure des beaux-arts d'Angers, en 2001, l'école commençait à ouvrir ses équipes pédagogiques aux femmes professeures, artistes et designers. Il y avait alors 3 options dans cette école, et c'était Monsieur Pierre Vélon qui la dirigeait.
L'option art avait présélectionné, Madame Isabelle Levenez, l'option design avait présélectionné Madame Inga Sempé, l'option communication avait présélectionné Madame Sonia Marques. C'était très rare, un geste fort et engagé, pour une petite école de province avec une belle histoire derrière elle. Nous avions presque le même âge, diplômées d'écoles artistiques différentes et déjà des expériences professionnelles et artistiques reconnues.
Je travaillais alors dans une société pour la santé des fonctionnaires, les mois d'été, souvent, je ne partais pas en vacances l'été, mais je travaillais, pour pouvoir payer mon loyer, là c'était en tant que graphiste, et nous passions à l'Euros, j'avais un tas de fascicules à réaliser, en imprimerie. Et je suis partie passer le concours ardu un vendredi 13 juillet à Angers (profitant même du cinéma "les 400 coups" pour voir le film de Claire Denis "Trouble every Day") cela a changé ma vie, ce concours. Je ne savais pas d'ailleurs, en découvrant la bande son du groupe anglais Tindersticks, que je le retrouvais bien plus tard Stuart Staples, dans ma ville où j'enseignais ensuite à Limoges, choisissant des fruits et légumes, dans mon marché même (joie !)
Le directeur, avec l'un des enseignants de l'option communication, son coordinateur, Monsieur Alain Manceau, également musicien et vidéaste, ont vu débouler une jeune artiste qui avait quelques cordes à son arc, et un collectif, avec lequel, elle avait sillonné la France, dans les arts numériques, et pas mal d’expériences professionnelles réussies avec des designers et artistes, et j'enseignais, depuis une dizaine d'années pour les tous petits, puis les adolescents, puis les lycéens, à Paris. Je réalisais des livres avec les plus jeunes, des scénarios de films, des diaporamas et des peintures de paysages et de portraits.
Juste, je pensais ne jamais être sélectionnée, car je pensais faire très jeune physiquement à 28 ans, c'était sans compter mes études et mon expérience, dont je ne me retournais pas encore, pour en valoriser les acquis. Pourtant j'avais déjà un curriculum bien rempli, et 3 diplômes supérieurs parisiens, et 6 mois d'études au Canada Britannique, mais je faisais jeune. J'avais pourtant déjà réalisé une scénographie pour la chorégraphe de dans contemporaine, avec laquelle je dansais également, ce qui corrélait certainement avec le développement à venir du centre de danse angevin. Une enseignante m'a dit plus tard qu'il y avait 10 candidats hommes et déjà, seul mon CV et mon parcours et portfolio, avait intéressé toute l'équipe et ils avaient hâte de me rencontrer, il n'y avait alors, ni photo, ni site Internet, celui de mon collectif n'était pas bavard sur les individus, ni bouche-à-oreille, dans ces domaines là, en multimédia, par contre j'aimais confectionner des formes d'édition déjà qui permettaient de comprendre l'ensemble d'un parcours, de faire des liens et surtout : partager mes connaissances. Je réalisais toutes les communications graphiques de mon collectif et fédérait le groupe autours de démos gigantesques publiques (vidéoprojetées et sonores) J'étais passionnée de musiques électronique et folkloriques et je composais des albums musicaux. J'avais réalisé quelques expositions en galerie de mes vidéos-Songes et j'avais travaillé un peu pour la designer Matali Crasset qui m'avait repérée et son mari galeriste. Ce que je ne savais pas, tellement persuadée qu'enseigner en école supérieure d'art, c'était pour les très très très grands artistes, très très très renommés. Cependant, j'avais des prétentions sur la recherche pédagogique et de nouvelles façons d'aborder l'enseignement, avec mes savoirs faire, donc, sur cette motivation et cette énergie premières, j'ai tenté, puisque j'aimais beaucoup enseigner et voir évoluer des plus jeunes, les élever, tout simplement "aimer apprendre", apprendre aux autres, tout en continuent d'apprendre. Les années 90 étaient fécondes, dans mon parcours, simplement car je courrai contre la montre, survivre plus que vivre... C'était notre lot quotidien. Nous allions tous changer de siècle, et je pense que nous avions tous ressenti cette frénésie du passage. Un rite que mon employeur avait aussi consacré au changement de tous les francs en euros, dans tous les papiers... Les graphistes s'en souviennent encore...

Lorsque j'étudiais à l'école des beaux-arts de Paris, sous le chef d'atelier de l'artiste Jean Luc Vilmouth, mes échanges avec lui l'aidaient beaucoup, pour fédérer et bénéficier de nouveaux étudiants. Car il était très seul au début, dans cette école. Il n'a d'ailleurs jamais su, que je postulais dans cette école, mais ne fut pas étonné de l'apprendre, lorsque je l'ai rencontré plusieurs années après par hasard dans le métro, en allant, justement à la gare Montparnasse courir pour aller à Angers un matin, si tôt, parmi les technocrates les plus chics, lui il passait des examens à jeun de santé et moi, en professeure azimutée, comme "Zazi dans le métro" (De Raymond Queneau) Comme il y avait une grève, nous nous sommes retrouvés dans ce café immense, prendre le petit déjeuner et je lui racontais que j'enseignais depuis un bout temps. Pour ne pas l'embêter, je ne lui ai jamais raconté à quel point, nous rations tous les concours pour être titularisées, nous les jeunes professeures, et demeurions sous le revenu mensuelle garanti minimum. Il avait un éléphant sur son t-shirt, je me souvenais de son empreinte d'éléphant en céramique. Il avait été invité par la manufacture de sèvre à réaliser une porcelaine, et invité des techniciens à le rejoindre au Zoo de Vincennes pour retrouver Siam l’éléphant et faire l’empreinte d’une de ses pattes. C'était dans les années 90, moi j'avais cofondé mon collectif chez moi, en face du Zoo de Vincennes. Il n'était pas étonné du tout de ce que je réalisais, professeure, même s'il n'était pas enclin encore, à imaginer l'essor des arts visuels dans la dématérialisation. Il s'y est mis, dès que j'étudiais la vidéo, à s'intéresser à la vidéo comme forme plastique, non comme cinéma, puis s'est consacré à la nature, ce qui le touchait le plus : les arbres. Je ne pourrai jamais lui dire, que, plus tard, je retrouverai la porcelaine, j'aurai bien apprécié avoir son point de vue. Je pense que parfois, je le capte.

Tout en m'excusant, à la fin de mon entretien, d'avoir 28 ans, le directeur et l'enseignant, assez austères, ne montrant aucune connivence, mais avec des connaissances avérées dans le design et le graphisme et tout ce que j'apportais comme nouveautés, me dire chacun leur tour : J'ai commencé en tant que directeur et j'avais 28 ans, et me voici encore là, et l'autre enseignant de me dire : j'ai commencé enseignant à 28 ans et me voici encore là.
 J'avais du mal à y croire, c'était étonnant. Plus tard, j'ai appris que j'avais été sélectionnée. Malgré les difficultés liées aux conditions de nos enseignements, pour nous les jeunes femmes, je leurs en suis infiniment reconnaissante, de m'avoir fait confiance. Durant une dizaine d'années, cette confiance s'est confirmée, et avec toute l'équipe. Nous avions développé tant de belles choses. Je n'écrirai pas sur la différence de traitements entre les femmes et les hommes enseignants en école d'art, car elles nous ont usé, mais seulement sur tout ce que j'ai pu développer et qui a fait de moi, une référente et une très bonne enseignante en école d'art ensuite. J'ai eu le temps de remercier mes pairs et de leurs donner de mes nouvelles. Nous avons le souvenir d'un catalogue ("Iconorama") très singulier, que j'ai confectionné, avec plusieurs étudiants. Le directeur avait la vue qui baissait, malgré cela, il a tenu à préfacer celui-ci, car mon sujet le passionnait : les icônes précieuses.
Inga Sempé a refusé le poste de suite à la rentrée, ce qui a mis en colère les équipes en design et le directeur, Isabelle et moi avions commencé, en sachant qu'une des femmes n’acceptait pas le poste. En effet, lors de notre entretien, on nous avait spécifié, aux ressources humaines, un petit contrat avec un salaire de base, acceptable, étant donné que nos trajets n'étaient pas défrayés, nous étions toutes de Paris. Mais, lors de la rentrée, de la signature du contrat, il fut de 1000 francs en moins de ce qu'il nous avait été annoncé (ce qui à l'époque était énorme) J'ai accepté tout de même, et je trouve que c'était très courageux, de la part de Inga Sempé de refuser. J'ai réalisé, ainsi, la majeure partie de cette première expérience réussie en enseignement avec ma collègue Isabelle Levenez, qui s'est éteinte il y a quelques temps, prématurément, elle y enseignait toujours, j'appréciais être collègue, et nous avions du respect pour nos parcours respectifs, si courageuse, Isabelle. J'avais déjà été amenée à changer d'école, en passant d'autres concours, puisqu'enseigner ne me permettait plus de vivre, ni manger, ni me loger. Ces jours-ci j'apprends que le dessinateur Sempé n'est plus. Je n'avais jamais fait le rapprochement, mais Inga Sempé est sa fille. J'apprécie beaucoup ce qu'elle fait en tant que designer, ses objets sont élégants et je les avais de suite bien suivis, lorsque je pensais que ce serai une de mes collègues. Elle a trouvé de suite à enseigner en école d'art à Paris. Les dessins de son père, formaient aussi une référence, pour mes amis aussi, et le père de mon premier conjoint. Sa vie décrite, pas facile, ses relations avec sa mère, montrent bien, comment, les artistes, sans mots, apprennent et nous donnent des expressions, qui sont, pour toute une génération "nos expressions", elles expriment nos sensibilités.
La vie continue.

En écrivant cet article, je m'aperçois qu'aucune des 3 professeures engagées en 2001, ne sont plus dans cette école. Toutes les 3 avions déjà résolus, tout ce qu'une école d'art peut faire pour améliorer les études, par le courage de nos décisions, certes, qui bousculèrent nos vie. Le dessin est une habilité à se passer de mots. Nous n'avons plus les mots pour décrire nos affections et désaffections, artistes, nous dessinons l'amour autrement. Pourtant, de mon côté, la forme poétique a donné une tonalité expressive, tout aussi artistique, j'aime beaucoup les mots, agencer ma pensée, l'adapter, jouer avec et construire, ou déconstruire pour inventer de plus bel. Moralité : il n'y pas d'âge pour enseigner, et il faut aider les plus jeunes le long de leur parcours d'enseignant... Et les plus anciens, évidemment !

Donc, ma culture cinématographique s'est enrichie, localement, j'ai vu depuis tous les films de Claire Denis, écouté tous les albums de Tinderstick, et j'ai écris mes plus beaux poèmes lors de mes nombreux et coûteux trajet en TGV, chaque semaine, pendant des années... Dont "Permis d'aimer", dans les 400 poèmes... les 400 coops !

À nous tous, petit Nicolas ! À nos belles années !


Par kiwaïda at 14:51

27/03/2022

¢αη¢ґ℮ℓ@⊥




La pensée totalitaire n'a pas d'altérité :
"Si vous ne pensez pas comme moi, je vais vous envoyer à la police"
"On va faire en sorte que vous redeveniez normal… c'est-à-dire, comme moi"
C'est l'avantage de la pensée paresseuse qui s'impose...
Réciter la même chose au même moment, le conformisme c'est la grande arme de la dictature...
Avoir la même croyance...
Celui ou celle qui n'a pas la même croyance sera, torturé, ré-éduqué, etc…
Une pensée sans altérité, il n'y a pas de débat possible, il n'y a qu'une récitation...
La récitation est un excellent tranquillisant...
L'arrêt de la pensée est sécurisant, euphorisant...
Scander le même slogan, le réciter, est euphorique...
Manifester en groupe sous un même slogan est euphorisant...
Penser c'est casse-pieds...
Ne pas avoir à penser, à élaborer, rend heureux...

La pensée intérieure, la liberté

La poésie / vouloir supprimer le malheur c'est supprimer les artistes, les œuvres d'art...

Par kiwaïda at 00:45

16/12/2021

ßℯʟʟ ♄øøḱ﹩

Photographies © Sonia Marques

Bell Hooks n'est plus, il y a quelques années, son ouvrage m'avait marqué, par son intelligence et sa pertinence, il m'a beaucoup apporté dans l'étude féministe des noires américaines, je remarquais alors qu'il n'y avait rien, en France, dans les bibliothèques des écoles d'art à ce sujet, et pour cause. Elle avait utilisé son nom de plume (en minuscules) en hommage à son arrière-grand-mère, Bell Blair Hooks, née Gloria Jean Watkins le 25 septembre 1952 à Hopkinsville dans le Kentucky, elle a publié plus de 40 ouvrages au cours de sa vie, dont le recueil de poésie And There Wept (1978) et ainsi que Ain't I A Woman (1981) : Black Women and Feminism. Ses dernières réflexions portaient sur l'amour. En octobre dernier paraissait, traduit en français, son ouvrage : La volonté de changer - les hommes, la masculinité et l'amour, résumé ainsi :

Si pour beaucoup d’hommes, le féminisme est une affaire de femmes, bell hooks s’attelle ici à démontrer le contraire. La culture patriarcale, pour fabriquer de « vrais hommes », exige d’eux un sacrifice. Malgré les avantages et le rôle de premier choix dont ils bénéficient, ces derniers doivent se faire violence et violenter leurs proches pour devenir des dominants, mutilant par là-même leur vie affective. La volonté de changer est un des premiers ouvrages féministes à poser clairement la question de la masculinité. En abordant les préoccupations les plus courantes des hommes, de la peur de l’intimité au malheur amoureux, en passant par l’injonction au travail, à la virilité et à la performance sexuelle, bell hooks donne un aperçu saisissant de ce que pourrait être une masculinité libérée, donc féministe.

*

Conception et réalisation de l’œuvre en céramique Cendrillon à Limoges (Photographie © Sonia Marques - 2010)

Ainsi, j'ai pensé à l’œuvre d'art que j'ai réalisé en mai 2010, il y a 11 ans. Elle s'intitulait Cendrillon. Toute réalisée à la main, par mes soins, en céramique (4Mx4M), une prouesse technique qui matérialisait le transfert d'une icône informatisée et numérisée des arts du codage des années 80 à un véritable tapis carrelé, de 1600 biscuits peints à la main. Mon projet de recherche réalisé en un temps record, faisait participer les étudiants de l'école d'art nationale de Limoges-Aubusson, où je venais d'être professeure en infographie et création multimédia, sélectionnée sur concours national en 2009... J'ai travaillé quasiment tous les jours et mes nuits sur ce projet avec passion et avec une énergie canalisée très saine et vitale pour une collectivité. J'avais une grande confiance dans mes acquis artistiques et techniques, que je souhaitais, avec générosité, partager. J'ai aussi ouvert mes esprits aux différentes façons d'aborder les techniques de la céramique, et j'ai appris, autant que je formais d'autres personnes (techniciens, étudiants) Ma capacité à trouver des solutions, malgré mon nouvel habitat sommaire et l'inconnu de la nouvelle ville et mon déménagement rapide pour le poste, a été un superbe relancement pour les étudiants, les nouveaux collègues, et la direction, et celles et ceux qui étaient en place depuis longtemps. J'ai donné beaucoup de mon art et mon affection, ce qui forment la patience inouïe des artistes ingénieux, ici, ingénieuse, en dépit de la dégradation de la valeur de l'enseignement, de l'art et de l'ouvrage, de la culture, au fil des années.

© Sonia Marques

Un mois après mon arrivée, l'école limougeaude, suite à ma conférence publique, le directeur me proposait d’exposer dans l’école, une œuvre multimédia de mon choix, lors du WIF (Festival International du Webdesign) programmé pour le mois de mai 2010. J’ai ainsi imaginé un projet de production artistique, d’une œuvre de grande envergure (mais étapes par étapes, de façon très modeste et discrète), au sein de l’atelier céramique en transversal avec l’atelier d’infographie et d’arts graphiques dans lequel je donnais des cours régulier à tous les niveaux depuis quelques mois. Ce projet était une réflexion sur la céramique mais aussi sur mon histoire culturelle. Cette œuvre réalisée (Cendrillon) de 16 m2, composée de 1600 carreaux de céramique peints, a fait participer les étudiants, par la pratique plastique (couleurs, vibrations, nuances, motifs) et les techniques (céramique, cuisson, peinture) et, de façon théorique, questionner des processus innovants dans des ateliers techniques croisés, qui ne se côtoyaient pas dans leur conception pédagogique. L’aspect culturel et le métissage opéré résultaient d’une recherche iconographique sur les interfaces graphiques des années 80 et s’inspirait de l’art traditionnel de l’azulejaria portugaise, dans sa technique en mosaïque. Je revisitais l’artisanat du côté du sociologue américain Richard Sennet, de son livre, Ce que sait la main, La culture de l'artisanat, (The Craftsman) de 2008, et je posais des questions sur les métiers d'art et le numérique, bien que ces disciplines n'étaient pas, alors valorisées par les écoles d'art. Le laboratoire des couleurs et pigments de l’école limougeaude, historiquement abandonné mais en l’état, a ainsi été fonctionnel et l’assistant technicien sur le décor, a pu depuis, par cette recherche, investir ce lieu et en faire l’atelier du petit décor pour la céramique et les étudiants. Cette œuvre fut exposée à l’école, puis les mois d’été suivant, au Centre Culturel Jean-Pierre Fabrègue à Saint-Yrieix-la-Perche, invitée par la directrice de l’espace, qui avait beaucoup apprécié mes recherches, pour prendre place dans une exposition programmée avec de jeunes designers de la région, sur des questions d'éco-responsabilité, ce qui était manifeste dans ma proposition artistique. Le matériau principal utilisé provenait des déchets et des chutes de terre, destinés aux poubelles, que l'école produisait chaque jour. Ces rébus de terre, amalgamés sous formes de boudins et mis de côté, pour mon projet, devenaient ma matière première, une œuvre d'art qui posait, pour la première fois, le recyclage, au centre de ses intérêts, dans une école où le luxe et les excédents n'étaient pas envisagés, ni considérés. L’année suivante, en 2010-2011, l’équipe enseignante et la direction m’ont donné la mission de coordonner la première année, avec une quinzaine de professeurs et assistants des ateliers techniques et de remettre en fonction les fondamentaux (couleurs, volume, dessin) J’y ai ajouté les fondamentaux des « médias », pour lesquels j’ai valorisé les enseignements des modes d’impressions afin d’élever le niveau des étudiants dès cette année, jusqu’à l’initiation à l’infographie, d’un point de vue artistique, avec une émulation créative au sein de l’atelier.

Photographies © Sonia Marques (2010)
L’œuvre Cendrillon est née dans les cendres de cette école, telle que le conte se raconte encore, même en Afrique, et pourtant c’est devenue une princesse sur un trône avec une myriade de couleurs. La recherche de la couleur de sa peau (le brun) de la figurine de pixels, représentaient 2 mois consacrés de recherche afin d’obtenir un marron chaud très particulier. Ce qui m’a permis de classifier les pigments de l’école, et de vérifier, après cuisson, la tenue de la couleur. Quelques années plus tard, en 2016, je fis la rencontre d’une écrivaine, Élisabeth Lemirre, venue présenter son ouvrage à la médiathèque de Limoges, une anthologie « Sous la cendre, figures de Cendrillon », en partenariat avec l'Opéra-théâtre de Limoges, dans le cadre de la programmation autour de Cendrillon, quelle coïncidence, un spectacle lyrique chorégraphié par Ambra Senatore (qui a écrit le rôle du Prince pour un travesti, pour une voix de mezzo et non de ténor) auquel j’ai assisté. J’ai apprécié nos échanges entre son ouvrage très documenté, notamment dans les pays africains, et l’œuvre que j’avais réalisée en céramique.

Argentina & Alvaro © Sonia Marques (2010)

C'est un merveilleux souvenir et une étape formatrice, dans ma vie artistique. Il y a eu un point convergent entre ma vie privée, publique, enfantine, adulte, de femme, de conjointe, d'ex-conjointe, de partenaires professionnels très différents, entre périphérie et capitale, banlieue et insularité, individu et collectif, enseignante-enseigné.es, théorie et pratiques, faire et savoir, art et artisanat, médias numériques et couleurs écraniques et un incroyable passage entre les couleurs lumineuses de l'écran et les couleurs de la terre, dont je devais trouver, également la correspondance lumineuse (ce qui est un vrai défi technique, lorsque l'on maîtrise le décor) Une œuvre qui a dépassé toutes les frontières. Ma composition faisait appel à la lusophone. Raconter l'histoire de sa fabrication est un véritable conte de fée. Je suis aussi très heureuse, que les parties masculines aient transférées toute leur affection à ce projet et que mes parents aient pu voir le puzzle assemblé, que l'on peut désassembler à souhait. Une œuvre d'une mobilité déconcertante, manipulable, d'un poids certain, et en même temps, légère, volubile. Mouvante. Très chaude, vibrante, saturée, mathématique, digne d'une maçonne fantaisiste et appliquée à l'art.

Par kiwaïda at 17:09

20/10/2021

ЇḺ




















































Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 17:07

30/09/2021

ґεηтґé℮

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Au temps des donjons

Poésie de Robert DESNOS
Recueil : "État de veille"  (1942)

As-tu déjà perdu le mot de passe ?

Le château se ferme et devient prison,
La belle aux créneaux chante sa chanson
Et le prisonnier gémit dans l’in pace.
Retrouveras-tu le chemin, la plaine,
La source et l’asile au cœur des forêts,
Le détour du fleuve où l’aube apparaît,
L’étoile du soir et la lune pleine ?
Un serpent dardé vers l’homme s’élance,
L’enlace, l’étreint entre ses anneaux,
La belle soupire au bord des créneaux,
Le soleil couchant brille sur les lances,
L’âge sans retour vers l’homme jaillit,
L’enlace, l’étreint entre ses années.
Amours ! Ô saisons! Ô belles fanées !
Serpents lovés à l’ombre des taillis.

Par kiwaïda at 01:22

25/09/2021

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Jeannette Dussartre-Chartreux sur le grand bassin du Champ de Juillet...

Dans les maisons tranches-de-pain, les femmes de linge...

Très intéressant. Le syndicalisme a beaucoup perdu pour l'émancipation des femmes.

À écouter. Une histoire peu relayée aujourd'hui.

Jeannette Dussartre-Chartreux, la militante des luttes émancipatrices

C’est en 1923 à Limoges, dans le quartier populaire des Ponticauds, que naît Jeannette Dussartre. Sur les berges industrialisées de la Vienne, elle forge son caractère au sein de générations de femmes du peuple, avant de travailler en atelier puis dans l’administration. Convertie au catholicisme, elle cultive avec Henri, son époux prêtre-ouvrier, une vision altruiste de la religion et s’engage toute sa vie dans les mouvements de paix. On retrouve l’engagement de Jeannette Dussartre à travers son investissement dans l’Institut d’histoire sociale de la CGT : elle travaille à la collecte de la mémoire ouvrière. En 2009, elle révèle un épisode emblématique des combats féministes, celui des corsetières … L’histoire des corsetières En 1895, des ouvrières de la Maison Clément à Limoges où l’on produit des corsets, engagent la grève ; les revendications visent des améliorations salariales et de conditions de travail. Ainsi, une pratique des plus humiliantes consiste pour l’épouse du directeur à faire agenouiller les femmes pour la prière avant le travail. Le mouvement dure 108 jours, mais le patron ne cède pas. Cet épisode est révélateur du traitement accablant des ouvrières, dévaluées matériellement au-delà des hommes et assignées moralement. Certaines représentantes sont présentes au congrès fondateur de la CGT tenu à Limoges en 1895..

Épisode 1, sur les archives de la police, sur le conflit des corsetières, des rapports de police (1895) :
Les Corsetières décorsetées

Sont rapportés des indics qui surveillent les communications des corsetières : la plupart des jeunes filles ont bu de la bière et ont dansé entre elles et se sont séparées vers 6H et sont rentrées chez elles...

Les corsetières avaient des amendes, des retenues sur salaire, malgré qu'elles travaillaient à temps plein, c'est la femme du directeur qui les humiliait, les coupaient du monde, les faisait agenouiller et leurs interdisait de parler entre elles...
Si elles communiquaient entre elles, une matrone allait le répéter afin de séparer, isoler et punir les femmes qui parlaient entre elles... le plus souvent à la police directement... Beaucoup de choses trouvent des échos dans notre période.
Les femmes grévistes ne parvenaient pas à entraîner les autres femmes, à être solidaires et se tenir les coudes...
Le rapport du commissaire est très significatif sur le traitement des ouvrières soumises au droit divin des patrons. La patronne moralise sans cesse les ouvrières, par des sanctions, des punitions, alors que les ouvrière demandent le droit à la dignité et la liberté de conscience.

Quand vous gagnez rien du tout, trouver de l'information demande une force de caractère et beaucoup d'écoute, une sensibilité au "parler vrai".

Épisode 2, de fils en aiguilles, des ouvrières

À Limoges, de 1889 à la fin des années 1960, la Maison Clément était une entreprise de confection de corsets prospère. Malgré cette réussite, personne ne peut imaginer la discipline de fer et les conditions de travail épouvantables qui y régnait. La Maison Clément ne s’embarrasse pas de l’adhésion librement consentie à des ouvrières. À ces conditions morales, elle impose les siennes ! La patronne oblige ses ouvrières, et cela sous surveillance, à faire trois jours de retraite, à aller à confesse le samedi, et faire leur Pâques le dimanche. Les absentes sont punies par une distribution de mauvais travail avec menace de renvoi, selon l’enquête diligentée par le Commissariat central ! Jeannette Dussartre-Chartreux (1923-2017) Les corsetières fondent un syndicat féminin, libre, et sortent de la tutelle du syndicat patronal fondé par la maison. Leur grève dure quatre mois. Marie Saderne avec Madame Barry et Mademoiselle Coupaud assistent au congrès national constitutif de la CGT tenu à Limoges, en septembre 1895.


Jeannette Dussartre-Chartreux habitait à côté de la cathédrale (quartier de l'Abessaille en grande partie rasé vers 1900) ) dans des taudis (vers le quartier de la règle aujourd'hui), les femmes étaient avec les enfants et les maris étaient maçons, il immigraient dans différentes régions. Jeannette dit qu'elle était maigre et faisait le clown, élevée principalement par sa mère et sa grand-mère.Son grand père était anticlérical. Il couchait dans une petite chambre, car il avait la tuberculose. Les chrétiens et les communistes travaillaient ensemble et avaient le soucis d'être au service des autres.

« Tout ce qu’on mange pourrit, tout ce qu’on donne fleurit »

Un entretien très riche de Jeannette Dussartre (décédée en 2017) réalisé par Jean-Pierre Cavaillé, le 1er mai 2006

Par kiwaïda at 00:44

01/09/2021

Ṕαґїṧ

De beaux souvenirs sur cet Endless Summer de Fennesz...

Avec la lumière des soirées parisiennes et du bel été indien des jardins d'agrément...

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 20:17

29/08/2021

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Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 17:19

01/08/2021

ⒿṲÐѺ

Capture d'un moment de vidéo lors des jeux olympiques de Judo au Japon... ces jours-ci

La vidéo ici

JUDO | Clarisse Agbegnenou médaille d'or  | Jeux Olympiques - Tokyo 2020


Sacrée championne olympique des 63 kg à Tokyo, Clarisse Agbegnenou, après avoir gagné sa compétition, a pris dans ses bras la slovène Tina Trstenjak, son adversaire, qui l'avait battue en finale à Rio il y a cinq ans. Clarisse Agbegnenou avait alors obtenu la médaille d'argent à Rio en 2016, et ces jours-ci, en 2021, l'or au Japon. Le geste de Tina Trstenjak, portée par son adversaire qui vient de la battre, de prendre sa tête sur son cœur, est une belle réponse au jeu, et à la revanche prise par Clarisse Agbegnenou, 5 ans plus tard.

Clarisse Agbégnénou, née le 25 octobre 1992 à Rennes en France, est une judoka française évoluant en moins de 63 kg (poids mi-moyens), licenciée au Red Star Club (RSC) de Champigny-sur-Marne. Elle possède le plus beau palmarès du judo féminin français, avec une médaille d’argent (2016) et deux médailles d’or olympique (2020 en individuel et par équipes), cinq titres de championne du monde (2014, 2017, 2018, 2019 et 2021), deux médailles d'argent mondiales (2013 et 2015) et cinq titres européens (2013, 2014, 2018, 2019 et 2020).

Sur Wikipédia, on apprend ceci : Clarisse Agbegnenou est une enfant née prématurée avec son frère jumeau, nés deux mois avant terme. Elle connaît un début de vie très difficile, après un passage en couveuse durant quatre semaines, elle subit une opération due à la malformation d'un rein, puis tombe dans le coma pendant sept jours. Sa mère Pauline raconte : « Lorsqu'elle s'est réveillée, dans une grande inspiration, tous ceux qui étaient présents dans sa chambre ont applaudi et je me souviens que le médecin a dit que ma fille était une battante. » Elle grandit à Gennevilliers. Son père, Victor Agbegnenou, est un scientifique togolais. Clarisse a trois frères. Elle rentre au club de l'AMA (Arts martiaux d'Asnières) à l'âge de neuf ans puis elle entre au pôle France d'Orléans à quatorze ans5. Hors des tatamis, elle est adjudant de la Gendarmerie nationale française.

Ce geste doux d'un dixième de seconde, au regard d'années d'entrainements extrêmement durs, représente une émotion, non martiale, qui rassemble ces compétitrices dans un même haut niveau, de reconnaissance, des efforts et sacrifices, le prix des médailles. Ce geste fait entrer, à mon sens, une nouvelle donne dans les arts martiaux, qui nous montre la gémellité des compétitrices, ou compétiteurs, à ce très haut niveau. Point de hasard si Clarisse Agbegnenou, est également jumelle depuis sa naissance, avec un frère. Au-delà de l'idée de sororité, nous sommes face à des origines différentes, et si semblables de par leur statut, et leurs parcours d'athlètes, des vies singulières et similaires en compétition, bien qu'elles soient différentes depuis leurs pays et villes traversés.

Donner le meilleur de soi et respecter ses adversaires.


Par kiwaïda at 12:23

26/05/2021

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Taktshang, le “nid du tigre”, est le plus célèbre monastère bouddhiste du Bhoutan. Suspendu à une falaise à plus de 3000 mètres d’altitude, il semble prêt à tomber dans le gouffre qui lui fait face. Selon la légende, c’est à cet endroit que le Guru Rinpoche, le père du bouddhisme au Bhoutan, aurait volé sur le dos d’une tigresse pour atteindre la grotte dans laquelle un démon terrorisait la population de la vallée. Toujours selon la légende, celui-ci y aurait médité durant 3 années, 3 mois, 3 jours et 3 heures…

Vesak

(Pali : Vesākha, sanskrit : Vaiśākha), également connu sous les noms de WesakBuddha Purnima et Buddha Day, est une fête traditionnellement observée par les bouddhistes et certains hindous en Inde, au Sri Lanka, au Népal, au Tibet, au Bangladesh, au Bhoutan, en Indonésie, à Singapour, en Thaïlande, au Cambodge, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, la Mongolie et les Philippines et la Chine, le Japon, la Corée du Sud, la Corée du Nord, Taiwan et le Vietnam comme « l' anniversaire de Bouddha », ainsi que dans d'autres parties du monde. Le festival commémore la naissance, l'illumination (bouddhéité) et la mort (parinirvana) du Gautama Bouddha dans la tradition theravada ou du sud. La décision d'accepter de célébrer la fête de Wesākha à l'occasion de l'anniversaire du Bouddha a été officialisée lors de la première conférence de la Fraternité mondiale des bouddhistes qui s'est tenue au Sri Lanka en 1950, bien que les festivals étaient, dans le monde bouddhiste, une tradition séculaire. Le jour de Vesākha, les bouddhistes du monde entier commémorent des événements qui ont de l'importance pour les bouddhistes de toutes les traditions: la naissance, l'illumination et le décès du Bouddha Gautama. Lorsque le bouddhisme s'est répandu depuis l'Inde, il a été assimilé à de nombreuses cultures étrangères et, par conséquent, le vesakha est célébré de nombreuses façons différentes dans le monde entier. En Inde, le jour Vaishakh Purnima est également connu comme le jour du Bouddha Jayanti et a été traditionnellement accepté comme le jour de la naissance du Bouddha.
En 1999, les Nations unies ont décidé de célébrer la journée de Vesak au niveau international, à son siège et dans ses bureaux.

À Vesākha, bouddhistes fervents et adeptes se rassemblent dans leurs temples avant l’aube pour hisser cérémonieusement et honorablement le drapeau bouddhiste et chanter des hymnes pour louer le saint triple joyau : Le Bouddha , le Dharma (ses enseignements) et le Sangha (ses disciples). Les fidèles peuvent apporter de simples offrandes de fleurs, bougies et bâtons d' encens aux pieds de leur professeur. Ces offrandes symboliques rappellent aux adeptes que, tout comme les belles fleurs se faneraient au bout de quelques instants et que les bougies et les bâtonnets allaient bientôt s'éteindre, la vie est également sujette à la dégradation et à la destruction. Les dévots sont invités à faire un effort particulier pour s'abstenir de tuer. Ils sont encouragés à manger de la nourriture végétarienne pour la journée. Dans certains pays, notamment au Sri Lanka, deux jours sont réservés à la célébration de Vesākha et tous les magasins d’alcool et les abattoirs sont fermés par décret du gouvernement pendant ces deux jours.
Des milliers d'oiseaux, d'insectes et d'animaux sont également relâchés par ce que l'on appelle un «acte de libération symbolique» consistant à donner la liberté à ceux qui sont en captivité, emprisonnés ou torturés contre leur volonté. (Cette pratique est toutefois interdite dans certains pays, comme Singapour, car on pense que les animaux relâchés sont incapables de survivre à long terme et peuvent avoir un impact négatif sur l'écosystème local s'ils le font.)
Certains bouddhistes dévots porteront une simple robe blanche et passeront la journée dans des temples avec une détermination renouvelée pour observer les huit préceptes.
Certains temples affichent également une petite statue du Bouddha devant l'autel dans un petit bassin rempli d'eau et décoré de fleurs, permettant aux passionnés de verser de l'eau sur la statue; c'est symbolique de la purification du mauvais karma d'un pratiquant et de la reconstitution des événements qui ont suivi la naissance du Bouddha, lorsque des dévas et des esprits lui ont fait des offrandes célestes.
Les fidèles sont censés écouter les discours des moines. Ce jour-là, les moines réciteront des versets prononcés par le Bouddha il y a vingt-cinq siècles afin d'invoquer la paix et le bonheur pour le gouvernement et le peuple. Il est rappelé aux bouddhistes de vivre en harmonie avec les personnes d'autres religions et de respecter les convictions d'autrui enseignées par le Bouddha.
Célébrer Vesakha (Vesak) signifie également faire des efforts particuliers pour apporter le bonheur à des malheureux comme les personnes âgées, les handicapés et les malades. À ce jour, les bouddhistes distribueront des cadeaux en espèces et en nature à divers organismes de bienfaisance du pays. Vesākha est aussi une période de grande joie et de bonheur, exprimée non pas par la tentation de l'appétit mais par la concentration sur des activités utiles telles que la décoration et l'éclairage de temples, la peinture et la création de scènes exquises de la vie du Bouddha destinées à être diffusées publiquement. Les bouddhistes fervents se disputent également pour fournir des rafraîchissements et une nourriture végétarienne aux fidèles qui visitent le temple pour rendre hommage à l'Enlightened One.
Rendre hommage au Bouddha
La tradition attribue au Bouddha lui-même une instruction sur la manière de lui rendre hommage. Juste avant de mourir, il vit son fidèle serviteur Ananda pleurer. Le Bouddha lui conseilla de ne pas pleurer, mais de comprendre la loi universelle selon laquelle toutes les choses composées (y compris son propre corps) doivent se désintégrer. Il a conseillé à chacun de ne pas pleurer sur la désintégration du corps physique mais de considérer ses enseignements (le Dhamma) comme leur enseignant dès lors, car seule la vérité du Dhamma est éternelle et non soumise à la loi du changement. Il a également souligné que la manière de lui rendre hommage ne consistait pas simplement en fleurs, en encens et en lumières, mais en s'efforçant véritablement et sincèrement de suivre ses enseignements. C'est ainsi que les bouddhistes sont censés célébrer Vesak: saisir l'occasion pour réitérer leur détermination à mener une vie noble, à développer leur esprit, à faire preuve de bonté et à apporter la paix et l'harmonie à l'humanité.
Dates d'observance
La date exacte de Vesak est basée sur les calendriers lunisolaires asiatiques et est principalement célébrée le mois de Vaisakha du calendrier bouddhiste et du calendrier hindou , d'où le nom Vesak. Au Népal, qui est considéré comme le pays natal de Bouddha, il est célébré le jour de la pleine lune du mois Vaisakha du calendrier hindou et s'appelle traditionnellement Buddha Purnima, Purnima signifiant le jour de la pleine lune en sanscrit. Dans les pays de Theravada qui suivent le calendrier bouddhiste , il tombe un jour de pleine lune à Uposatha, généralement au cinquième ou sixième mois lunaire. De nos jours, au Sri Lanka, au Népal, en Inde et au Bangladesh, Vesak / Buddha Purnima est célébré le jour de la pleine lune de mai dans le calendrier grégorien. En Thaïlande, au Laos, en Indonésie, Vesak est célébré le quatorzième ou le quinzième jour du quatrième mois du calendrier lunaire chinois. En Chine et en Corée, au Vietnam, l'anniversaire de Bouddha est célébré le huitième jour du quatrième mois du calendrier lunaire chinois, au Japon le même jour mais dans le calendrier grégorien. La date varie d'année en année dans le calendrier grégorien occidental, mais elle tombe habituellement en avril ou en mai. Dans les années bissextiles, il peut être célébré en juin. Au Bhoutan, il est célébré le 15ème jour du quatrième mois du calendrier bhoutanais basé sur le calendrier lunaire.
Les Nations-Unies retiennent comme jour de la célébration le jour de la pleine lune du mois de mai, dont elles ont fait en 1999 une journée internationale, par décision de l'Assemblée générale des Nations Unies, afin « de saluer la contribution que le bouddhisme, l’une des plus vieilles religions du monde, apporte depuis plus de 2 500 ans et continue d’apporter à la spiritualité de l’humanité. »

Le plus haut Bouddha d’Europe à La pagode du bois de Vincennes, siège de l'Union bouddhiste de France

C'est donc le jour de la pleine lune du mois de mai, et c'est la fête à Bouddha. Durant quelques années, je visitais La grande Pagode du bois de Vincennes, c'est là que j'ai observé tous ces anniversaires du mois de mai et le long de l'année, les festivités. J'ai ainsi vu le plus grand Bouddha d'Europe, impressionnant, et invité des amis à venir manger les différents repas des communautés. Nous habitions pas très loin, avec mon conjoint d'alors, et j'ai peu à peu étudié la vie de Bouddha, en autodidacte, tout comme je dessinais à l'encre de Chine, ou bien je visitais des Musées spécialisés, comme Guimet à Paris, ou d'autres, selon des périodes et expositions temporaires. Je faisais aussi un sport de combat, le Viet Vo Dao, quasiment en famille, de kimonos en kimonos noirs, toutes mes inspirations artistiques s’imprégnaient de ces arts divers asiatiques. Nous travaillions avec des amis japonais, mon conjoint réalisait des origamis singuliers, ma sœur est devenue ceinture noire et plus tard, je me lançais dans l'apprentissage de La Mangas à mes étudiants en école d'art à travers le Maître Katsushika Hokusai, peintre, dessinateur et graveur spécialiste de l’ukiyo-e. Je me souviens avoir effectué des lectures sur Siddhartha Gautama à mon ami et artiste partenaire à l'époque, qui le découvrait, dans un village où nous étions, dans le Limousin, en été, en période de pluie. Chaque jour, lire un peu de son périple, apportait une lumière différente au seul paysage vert, immuable, de notre fenêtre, puisqu'il pleuvait des cordes. Me voici dans le Limousin, j'y habite et je repense en ce jour à La Pagode, que je retrouverai bientôt, et tous ces moments simples. Il pleut des cordes et c'est la fête à Bouddha, et le soleil perce les nuages, en exerçant un espoir, et parvenant à nous faire aimer la pluie comme des grenouilles. Je partage ma vie avec un amoureux des arts du soleil levant, par bien des aspects, et des lapins japonais inspirés par la Lune. J'aime les lotus et c'est peut-être la seule chose que j'ai pu voir très souvent ces dernières années : des lotus.

Aucun de nous est tibétain. Sommes-nous en sûrs ?

Je me souviens d'un film que nous avions aimé pour son aspect décalé et magnétique : All you can eat Bouddha, du réalisateur québécois Ian Lagarde, de 2017...

Ce souvenir n'a peut-être rien à voir avec Vésak... Mais en tous cas, l'offrande, l'indigestion, le mutisme et le solide, sont des ingrédients qui faisaient de ce film, une mystérieuse allégorie d'une société de consommation, avec le poème de ce Bouddha qui ne juge pas son monde.






Photographie © Sonia Marques

Par kiwaïda at 13:27

30/01/2021

À ṽ◎ṧ мαґⓠüℯ﹩▣▣▣

Du couvre-feu hybride au confinement débridé...

À vos marques, prêts, partez pas !

(synthèse et images par kiwa)

Par kiwaïda at 01:02

19/12/2020

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Visuel : Sonia Marques

Une petite histoire écrite en allemand, m'a été envoyée par une cousine du Portugal, elle a vécu longtemps en Allemagne, pour les fêtes de fin d'année. Cette histoire résonne, pas seulement dans les écoles, la voici et sa traduction française :

Die Professoren gaben jedem Schüler einen Luftballon, mit der Aufgabe, diesen aufzublasen, mit dem eigenen Namen zu versehen und in den Flur zu werfen. Die Professoren haben dann alle Ballons gemischt. Die Schüler erhielten 5 Minuten, um ihren eigenen Ballon zu finden. Trotz hektischer Suche hat niemand seinen Ballon gefunden. An diesem Punkt haben die Professoren den Schülern gesagt, sie sollen den ersten Ballon nehmen, den sie gefunden haben, und ihn der Person, deren Name darauf steht, übergeben. Innerhalb von 5 Minuten hatte jeder seinen eigenen Ballon. Die Professoren sagten zu den Schülern: ′′ Diese Ballons sind wie Glück. Wir werden es nie finden, wenn jeder sein eigenes sucht. Aber wenn uns das Glück anderer Menschen wichtig ist, werden wir auch unseres finden. Frohe Feiertage! ❤️ Sei in dieser harten Zeit für andere da, du wirst vom positiven Ergebnis überrascht sein.

Luftballon 

Des professeurs ont donné à chaque étudiant, étudiante, un ballon avec pour tâche de le gonfler, de donner son propre nom et de le jeter dans le couloir. Tous les professeurs ont ensuite mélangé tous les ballons. Les étudiants ont eu 5 minutes pour trouver leur propre ballon. Malgré une recherche agité, personne n'a trouvé son ballon. À ce stade, les professeurs ont dit aux étudiants de prendre le premier ballon qu'ils ont trouvé et de le remettre à la personne dont le nom est dessus. En moins de 5 minutes chacun avait son propre ballon. Les professeurs ont dit aux étudiants : "Ces ballons sont comme le bonheur. Nous ne le trouverons jamais si chacun cherche le sien. Mais si nous nous soucions du bonheur des autres, nous trouverons aussi le nôtre"
Joyeuses fêtes  ❤️
Soyez là pour les autres pendant cette période difficile, vous serez surpris par le résultat positif <3

Par kiwaïda at 14:47

18/12/2020

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I lived in a house like this in Vancouver, Canada...

Today I was thinking of Vancouver, Canada. I spent 6 months studying at Emily Carr University of Art + Design, on Vancouver Island, in 1997, selected by photographers and filmmakers. I came with my lover, also a student at the School of Fine Arts in Paris (l'École des beaux-arts de Paris). I had made an artistic dossier for him, his work and for myself, and I wrote a dialogue between our 2 very different artistic practices, so that we could be selected together. Each had chosen a different school, even very far from each other, for him, it was the university. I had made these artistic records in my parents' house, my mother had a computer, long before the others, it was rare, she was ahead of her time. We didn't need schools to make the models, I had already studied graphic arts at Masters level, I was doing quite well. We lived in a house, after having lived for 1 month in a youth hostel, the women on one side and the men on the other. I had never opened my large suitcase and I had met a Brazilian stripper, who spoke Portuguese, she was staying in one of the 6 women's beds in the compartment where I was. So many stories. I followed the courses of the photographer Sandra Semchuk (born in 1948), during these 6 months and we realized with the team of students, from divergent backgrounds, I made many friends, a very beautiful exhibition of photographs, in a gallery. I had made a panorama of 400 color photographs displayed on top of each other like a large mandala (the mandala represents a perfect universe full of precious objects, in the Hindu and Buddhist usually circular) exhibited by color, named "Vancouver lover". One of my photographs had been selected by the group and Sandra, for the invitation card of the group exhibition named "Story". It was an underwater view as I was swimming in the open blue pools of Vancouver. I loved the attention of this photographer, she taught me so much. In France, I never had a teacher photographer, but there was a photographer recognized in my jury of fine arts diploma (Valérie Jouve) who said this sentence: "Your work is so open that I am lost". It represented me well. In Vancouver, my photographic views went beyond the intimate and public setting, underwater, in the air, airplane views, views of a couple of artists working, sometimes naked, winter landscapes, summer, autumn, there was an intense love and a vision of the artist woman at work, in front of her camera and behind, in the landscape, as if, love was part of nature, the human nature. In total destitution. I pay tribute to this photographer, who loves genealogy, in search of her culture, migrations, cultural mixing, bisons and bears, I learned that she had received a prize 2 years ago. I rediscover her, she hasn't changed, her voice, her face.
I learned to photograph at a very young age with my father, who had a good quality camera, and my mother made Super 8 films. Long before I passed competitions to study in Parisian art schools, I practiced in the image, in a very natural way, adopting an open-minded, and without preconceived ideas, nor any culture of the history of the photographers. So I kept this strange freedom, which needs no artistic recognition, on the images produced. Because it's almost as a family that we approach the images, but without claiming authority. We did images, as we did cooking, it was a question of framing, technique, color and above all, for me, it was a real pleasure, which I have always kept. I thus had a good artistic record
Sandra Semchuk is second generation Canadian of Ukrainian and Polish ancestry. She has been a photographer for 40 years, and is a co-founder of the Photographers Gallery in Saskatoon, Saskatchewan, Canada and a teacher at Emily Carr University. When I met Sandra, my teacher, she was making an exhibition on her relationship with her father, she showed me her work and that impressed me a lot, because in France, this relationship is almost taboo, and no artist works on this subject. She wrote this :

My father suffered from a serious heart attack in July, 1988. In Coming to Death’s Door: A Daughter/Father Collaboration (a series of work which includes the piece entitled Death is a Natural Thing, Sweetheart, was shown at Presentation House Gallery, 199 ), he and I look together at the event, which led to my helping him escape from the hospital. In the photographic images I trace my own responses to my father and to his inevitable death. This investigation occurs within the simple experiences of moving from the tent where I slept separate from my father’s home, overlooking a lake in northern Saskatchewan, and of situating myself in his bedroom. I use the camera gesturally as a way sustaining the experience from the inside, and of leaving a trace as an outside observer. The broken image, like the broken self, hastens the processes of reconstruction and synthesis.







Bio : Sandra Semchuk is a Ukrainian Canadian photographer and video artist born in Meadow Lake, Saskatchewan. She was a co-founder of the Photographers Gallery artist run gallery in Saskatoon. Semchuk often works collaboratively using the familial, autobiography, and dialogue across generations, cultures and species. She worked collaboratively for fifteen years with her late husband, James Nicholas, Rock Cree actor and orator, to consider potential conciliations within the self and between the indigenous and non-indigenous. Their dialogue was grounded in experience–in the primary knowledges of place–land, flora and fauna and weather–and in human stories. The wider-than-human is the larger context. In her most recent 3D stereographic video poems she collaborates to resuscitate familial connections with the tree and forest. Semchuk’s book on the internment of Ukrainians in Canada: The Stories Were Not Told, Canada’s WW I Internment Camps will be published by the University of Alberta Press in 2018. This book brings together stories by internees and descendants with Semchuk’s photographs, cross cultural writing and historical documents. Semchuk has exhibited her work and collaborations at Presentation House, the Belkin, Vancouver and Comox Valley Art Galleries, British Columbia, the Photographers Gallery, the Mendel, Chapel, Mann, Godfrey Dean and McKenzie Art Galleries of Saskatchewan, Urban Shaman in Manitoba, the Canadian Museum of Contemporary Photography in Ottawa, the Center for Creative Photography, Arizona, the Museum of Modern Art, New York; the San Francisco Museum of Modern Art, fotofeis in Scotland and the Museu D’art Contemporani in Spain. Sandra teaches at Emily Carr University in Vancouver.


Par kiwaïda at 12:12

12/10/2020

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Saturne vue par le télescope spatial Hubble lorsqu'elle était au plus de la Terre le 20 juin 2019
© NASA, ESA, A. Simon (Goddard Space Flight Center), et M.H. Wong (University of California, Berkeley)


Lorsque le soleil s'est couché sur les anneaux de Saturne en août 2009, les scientifiques de la mission Cassini de la NASA les surveillaient de près. C'était l'équinoxe - l'une des deux fois de l'année saturnienne lorsque le soleil illumine de bord l'énorme système d'anneaux de la planète. L'événement a fourni une occasion extraordinaire pour le vaisseau spatial Cassini en orbite d'observer des changements de courte durée dans les anneaux qui révèlent des détails sur leur nature. Comme la Terre, Saturne est inclinée sur son axe. Au cours de son orbite de 29 ans, les rayons du soleil se déplacent du nord au sud sur la planète et ses anneaux, et inversement. La lumière changeante de la lumière du soleil fait varier la température des anneaux - qui sont constitués de milliers de milliards de particules glacées - d'une saison à l'autre. Pendant l'équinoxe, qui n'a duré que quelques jours, des ombres inhabituelles et des structures ondulées sont apparues et, alors qu'ils restaient assis au crépuscule pendant cette brève période, les anneaux ont commencé à se refroidir....
Des études antérieures basées sur les données de Cassini ont montré que les particules de l'anneau glacial de Saturne sont pelucheuses à l'extérieur, comme de la neige fraîche. Ce matériau externe, appelé régolithe, est créé au fil du temps, car de minuscules impacts pulvérisent la surface de chaque particule. L'analyse de l'équipe a suggéré que la meilleure explication des températures d'équinoxe de l'anneau A était que l'anneau était composé en grande partie de particules d'environ 1 mètre de large constituées principalement de glace solide, avec seulement une fine couche de régolithe. "Une concentration élevée de des morceaux de glace denses et solides dans cette région des anneaux de Saturne sont inattendus », a déclaré Morishima. «Les particules annulaires s'étalent généralement et deviennent uniformément réparties sur une échelle de temps d'environ 100 millions d'années.» L'accumulation de particules annulaires denses à un endroit suggère que certains processus ont placé les particules là-bas dans un passé géologique récent ou que les particules sont en quelque sorte confinées Là. Les chercheurs suggèrent quelques possibilités pour expliquer comment cette agrégation est née. Une lune a peut-être existé à cet endroit au cours des cent derniers millions d'années environ et a été détruite, peut-être par un impact géant. «D'autres parties des anneaux peuvent être aussi vieilles que Saturne elle-même.» Au cours de sa dernière série d'orbites proches de Saturne, Cassini mesurera directement la masse des anneaux principaux de la planète pour la première fois, en utilisant la science de la gravité. Les scientifiques utiliseront la masse des anneaux pour imposer des contraintes sur leur âge. La mission Cassini-Huygens est un projet coopératif de la NASA, de l'ESA et de l'Agence spatiale italienne. JPL, une division du California Institute of Technology à Pasadena, gère la mission de la Direction des missions scientifiques de la NASA à Washington.


Saturne est la structuration dans le sens de donner une forme, de trouver des limites, un cadre, une frontière, aussi dans le sens du respect de la rigueur, du sérieux, de la temporalité, de la sagesse voire de la fatalité

Dans l’image des préjugés populaire, si Jupiter est la fête et le faste, Saturne sonne la fin de la récré…



Symbolisme :
Planète de terre, Saturne est très froid et très sec, diurne et masculin

Pour les anciens, Saturne était la planète frontière entre le connu et l'inconnu, la dernière planète visible à l'œil nu, après c'est l'inconnu, c’est la fin du système, la limite de ce que l’on peut voir. Il représente les limites de ce que l’on peut faire, la loi, les règlements. Il représente tous ceux qui représentent l’autorité et tous ceux qui s’occupent de l’éducation. Les anciens lui donnaient la fonction du père dans un thème nocturne (thème dont le Soleil est en dessous de l’horizon). Il représente aussi la maturité, les personnes âgées, l’isolement, la solitude, le temps, la rigueur, la discipline, la sévérité, la froideur, la raison, la persévérance, le frein, le retard, le professionnalisme, la prudence, la sagesse.

Saturne est la planète des frustrations mais aussi la planète de la concrétisation.
Cette idée de frontière, c’est aussi celle de notre peau qui nous délimite.
Lorsque les parents ne mettent pas de limite avec Saturne, les 3 planètes qui suivent sont à risque :
- Uranus apporte l’anarchie, la révolution
- Neptune apporte les dangers dû à la boisson et la drogue
- Pluton, la destruction totale.

Mettre des limites, c'est la capacité de s'intégrer d'une manière responsable dans la société.
Saturne est parfois appelé le grand maléfique.
Lorsqu’il est en aspect inharmonique, il apporte manque, frustration et peur.
Mais Saturne n’est maléfique que pour les personnes qui refusent d’évoluer.
Saturne permet d’accéder à des postes à responsabilité.

Fonctions physiologiques
Principe : Restriction, concentration, rigidité. Organisation et structures rigides.
Froideur, pessimisme.

La couleur la couleur de Saturne est la couleur noire
Métal : le plomb (Le métal qu'il fallait transformer en or)

Saturne nous apporte la méthode, la logique, le goût de l’effort, de la persévérance, de l’ascèse et de la solitude, de la concentration, de la discipline, le sens à retenir du temps qui passe et de la patience, la stabilité, la permanence, la conscience professionnelle, l’organisation, tout ce qui nous permet de penser logiquement et d’avoir des actions constructives, ce que l’on appelle nos « expériences » (voir le mythe de Sisyphe). Saturne fait en quelque sorte le bilan consécutif de Jupiter, il nous permet de convertir nos acquis sociaux ou d’intégrer nos pertes. Ce réalisme saturnien peut être pesant, véhiculer une certaine gravité et les responsabilités qui en découlent sont lourdes aussi (on subit une certaine fatalité), et cela conduit bien souvent à l’isolement (avec parfois une Dépression)… Certes ce n’est pas la « fête du Trigone » de Jupiter, ou du moins la réputation qu’on lui imagine… Mais ces capacités accrues d’introversion pouvant mener à une plus grande conscience de soi, à une profonde introspection, à la maturité, et une fois sublimées, à un affinement du psychisme et du mental, puis à des états mystiques dans un sens concret de sagesse. C’est la « Coagulatio » du processus alchimique, étape si mal comprise.

En alchimie / COAGULATIO, Jung distingue des opérations alchimiques :

CALCINATION (calcination) SOLUTIO (dissolution) ELEMENTARUM SEPARATION (séparation des éléments) CONIUNCTIO (conjonction) PUTREFACTIO (putréfaction) COAGULATION (coagulation) SUBLIMATIO (sublimation) EXALTATIO (élévation)


Lapis philosophorum... Sole et coagula...




Par kiwaïda at 00:18

11/09/2020

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Today, I learned from the press the death of Shere Hite, the pioneering feminist, known for her research on female sexuality, she has died at the age of 77. She was best known for The Hite Report: A Nationwide Study of Female Sexuality, which has sold more than 50m copies since publication in 1976. I had never seen a picture of her, except this day, on the Internet with the media coverage of her disappearance. But I read her report very early on, when I was a teenager, and it changed a woman's life, a young woman's life. It was my mother who had this book, which I thought was quite big, and surprising, whereas in our French schools, there was absolutely nothing written or transmitted, no education on the subject. Besides, my friends, in middle school, didn't even know who this scientist was, this very famous woman in the United States, and absolutely nothing about women’s sexuality. Thanks to my mother, who is a woman of readings, I had access very early to this work, which obviously opened up to me as a certain autonomy and criticism of other works on female sexuality, often written by men, and psychologists or psychoanalysts, who didn't know much, and certainly absolutely nothing, about women, but were graciously paid and awarded medals for their works, some of which destroyed the construction of a fulfilled female sexuality  (I'm thinking about Freud who did well damage, and unfortunately, is still well recommended by men and women) So this article to quote that of the Guardian, in English, because it allows to know in a few lines who was this woman, and me, I had access, for my first time to a face on this big book from my teenage years, in the family library. And yes, sometimes we are readers of other people's words, and the image doesn't matter, there are the words that lead to pleasure, and here, it's a question of female orgasm. She was also a powerful voice in the middle of a barren desert. In reality, it's to my mother that I owe this insight in making different readings available to her daughters, what an advance, and what a generosity !

(I therefore chose photographs that I found interesting and I modified the color, with a montage with the title of his book. The photography in pajamas is very glamorous, finally we can (not too late) take an interest in the faces of an author, and discover, that she was a beautiful woman, in the very "American actress" spirit iconic)

The pioneering feminist Shere Hite, known for her research on female sexuality, has died at the age of 77. She was best known for The Hite Report: A Nationwide Study of Female Sexuality, which has sold more than 50m copies since publication in 1976. Based on the views of 3,500 women, it challenged male assumptions about sex by revealing that many women were not stimulated by sexual penetration. It also encouraged women to take control of their sex lives. It was dismissed as “anti-male” and dubbed the Hate Report by Playboy. Shere Hite: 'We need to make a film about me' Read more “I was saying that penetration didn’t do anything for women and that got some people terribly upset,” she told the Guardian in 2011. She added: “I was the only sex researcher at that time who was feminist. I tried to extend the idea of sexual activity to female orgasm and masturbation.” Hite’s husband, Paul Sullivan, confirmed that she had died at their home in Tottenham, north London, on Wednesday. Hite was born in the socially conservative US state of Missouri, to her 16-year-old mother, and was raised by her grandparents. While doing postgraduate research at Columbia University she posed nude in an advert for an Olivetti typewriter in the early 1970s. When the advert appeared in Playboy under the caption: “The typewriter so smart, she doesn’t have to be,” she backed protests against it. Sustained criticism of her in the US, much of it highly personalised, led Hite to renounce her US citizenship in 1995. She was married for 14 years to the German pianist Friedrich Höricke before the couple divorced in 1999. She lived all over Europe before settling in north London with her second husband, Paul Sullivan. The writer Julie Bindel, who interviewed Hite in 2011 and stayed in touch afterwards, told the Guardian she had been suffering from Alzheimer’s and Parkinson’s disease. Bindel said: “Her work was groundbreaking – in many ways she began the real sexual revolution for women in the 1970s after the abject failure of the so-called sexual revolution of the 1960s. In the 60s, women didn’t ever feel that they had the right to sexual pleasure. Shere Hite put women’s sexual pleasure first and foremost for the first time ever. “She centred women’s experiences as opposed to seeing men as the default position and women as secondary. That really spoke to a lot of women about their own bodies, their own sexual liberation and sexual pleasure.”

Matthew Weaver (The Guardian) Thu 10 Sep 2020 17.30 BST



O Relatório Hite, publicado em 1976 nos EUA e em 1979 em Portugal, foi, em si, uma revolução. Nunca ninguém tinha pensado, perguntado, falado ou escrito assim sobre a sexualidade feminina, o orgasmo, o clitóris ou a masturbação. Shere Hite fê-lo. E revolucionou a forma de pensar o prazer feminino. O livro foi reeditado este ano por cá e nós pedimos-lhe esta entrevista. As respostas chegaram finalmente. Entrevista de Catarina Pires | Fotografia de Getty Images O questionário que deu origem ao Relatório Hite, reeditado este ano pela Bertrand com o título O Relatório Hite – Um Profundo Estudo Sobre Sexualidade Feminina, tinha 58 perguntas, as primeiras onze sobre orgasmo, as formas de o atingir, as sensações que provoca, a importância que assume, outras tantas, ou mais, dedicadas à masturbação, mas também ao sexo oral – fellatio e cunnilingus – e anal. Os relacionamentos emocionais não foram deixados de fora, nas suas diversas formas, nem a forma de viver o sexo nos vários estádios da vida, da infância à velhice. As perguntas abrangiam tanto relações heterossexuais como homossexuais e bissexuais e procuravam enquadrar as respostas do ponto de vista cultural, intelectual, social e político. Aos 76 anos, Shere Hite considera que, apesar do muito que tem sido conquistado, a revolução sexual continua por fazer, que o feminismo em parte implodiu-se e que nunca é tarde para o sexo. Mais de três mil mulheres responderam, com uma honestidade e detalhe por vezes desconcertante, e foi dessas respostas que nasceu o Relatório Hite, uma pedrada no charco, que, segundo a autora, foi mal recebido, sobretudo pelos homens do seu país, que se “sentiram atacados na sua virilidade”. Afinal, ao longo das mais de 500 páginas do livro, a conclusão a que se chega é que a penetração não é assim tão importante para o prazer feminino. Seja como for, o livro vendeu mais de 50 milhões de cópias, foi traduzido em várias línguas e a sua autora, Shere Hite, nascida no Missouri, feminista, licenciada em História pela Universidade de Columbia, que chegou a posar nua para a Playboy para pagar a faculdade, tornou-se o nome incontornável do feminismo e da sexologia. Aos 76 anos, considera que, apesar do muito que tem sido conquistado, a revolução sexual continua por fazer, que o feminismo em parte implodiu-se e que nunca é tarde para o sexo.

Entrevista de Catarina Pires por DN Life (17/10/2019)

E você cocô robô da biblioteca nacional da França, você leu o livro de Shere Hite em vez de capturar meu site sem parar ?
Idiota !

Par kiwaïda at 14:42

14/07/2020

Ṽℰℛ✞ℐℭÅℒЇ†É

Photographies © Sonia Marques

En préparant ma tarte aux courgettes jaunes, au curcuma et poivre et comté, parsemé de persil, je pensais à ce besoin de verticalité, que je ressentais. Nous étions encore le 13 juillet, et lorsque je publie ma courgette, au 14 juillet, jour de la fête nationale française, ma courgette est encore horizontale... On dirait une banane, un panneau de signalisation, écologique. Il nous manque un nouveau système immunitaire, une sorte d'ascèse non plus dans son coin, mais coopérative. Il nous manque une figure d'autorité et non pas autoritaire, qui incarne le chemin le plus difficile que nous avons à réaliser les prochains mois. Ma courgette aimerait se lever et évoquer ce besoin de verticalité. La traction vers le haut. Car nous sommes las et pourtant bien là à attendre. Consommer comme des hébétés ne nous convient plus. Demeurés englués dans cette horizontalité chaotique non plus. Ma courgette va-t-elle réussir à incarner ce besoin d'autorité ?

*

Elle est bien bonne. J'aime cuisiner et les idées politiques ne manquent pas. Dommage que l'on a réduit à ne rien faire, tous les citoyens et citoyennes, de notre pays, qui avaient encore, un peu de vigueur. Ne nous reste que la cuisine pour rectifier le tir et apprécier récompenses de nos efforts, chacun, chacune, dans notre coin. Il est des goûts, des couleurs et des cultures, maintenues à l'écart des corporatismes. Le choix des ingrédients est plutôt bon, la méthode rapide et efficace, néanmoins fine, la cuisson parfaite, la mise en bouche délicate, quoique un peu trop chaude. L'impatience a brûlé l'étape du "laisser reposer", et l'hydratation glacée à fait exploser l'émail. Encore du chômage pour longtemps, de nouvelles recettes de cuisine en prévision. Ainsi va notre pays.

Mon besoin de verticalité arrive au moment même, où je perçois que l'on m'impose de demeurer inactive, comme tant d'autres. Je peux avoir des idées, mais pas les mettre en action. Car, il n'appartiendrait plus qu'aux corporations, d'agir. Pour ou contre notre bien.

Un peu de hauteur face à la densité.

Si c'est dans l'action que nait la pensée, le petit être humain, pour s'élever, se hisser sur ses jambes, doit trouver des appuis pour s'agripper. Mais comment s'élever lorsque tous les appuis, de notre société, ont été détruis ? Une marche réduite, des réflexes psychomoteurs réduits, un développement réduit. Nos éprouvés de l'instant à vivre ont conduit à de toniques actions, de survie, une pandémie nous condense dans un état d'impuissance et d'inaction collectifs. L'infiniment lointain, la vision à long terme, cette vue d'ensemble, n'est pas l'infini hautain. La liberté d'initiative, sans crainte, nous a été enlevée, par tant de blocages. Pourtant, les acquisitions de connaissances de plus en plus élaborées et "prothésées" par les machines, n'ont pas encore relié l'intelligence à l'habilité des actions. Ma liberté d'action s'est réduite, tandis que ma liberté de penser s'est élevée. C'est un ratio tout à fait plausible, car il s'inscrit dans une société assistée, qui se construit sur l'idée que nous serions de plus en plus assistés par des machines, que nos emplois seraient supprimés. Dans cette espèce de "fatum", tout blocage le rempli assez bien, les manifestations s'impriment comme seules activités entendues. La politique des platrâges a effacé toutes les aspérités des niveaux et marches à gravir. On oublie les exercices, par facilité. L'ascèse n'est plus le chemin envisagé. Alors, pour celles et ceux qui demeurent dans leur cuisine, dont on a confisqué tout outil de travail, il ne reste qu'à retrouver le manche. Un simple outil, par lequel on le tient, afin de trouver de nouveaux appuis, pour s'élever et viser des hauteurs... de la courgette, viser de meilleurs cieux.

*

Bon appétit !

(un brin de fatuité mais point de connotation sexuelle, il faut bien crâner un peu, tout en cuisinant sa pensée)

Par kiwaïda at 16:29

28/06/2020

✔ѺЇẌ




A voté !

Photographies et masque © Sonia Marques



Par kiwaïda at 14:59

05/05/2020

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Chemise en lin (design : Bela Silva, artiste portugaise)

Photographies © Sonia Marques

Moi femme ménagère de moins de 50 ans, je n'ai pas disparu ;.)

Définition sur Wikipédia :

La femme responsable des achats de moins de cinquante ans (FRDA-50), auparavant ménagère de moins de cinquante ans est une notion publicitaire et marketing correspondant à une population de consommatrices fort peu précise mais qui est néanmoins considérée comme déterminante dans les dépenses du ménage, constituant donc une cible privilégiée à séduire. Ce « concept » publicitaire est apparu dans les années 1960, à l'âge d'or de la consommation de masse. Dans le même ordre d'idées, en France, on parle parfois de Français moyen. Cette catégorie est bien trop vague pour constituer un réel objet statistique, il s'agit plus d'un idéal incarnant un marché. C'est une sorte d'individu moyen, un idéal-type weberien résumant l'aspect de tout un marché, achetant des biens et des services de consommation courante (lessives, nourriture, vêtements, etc.), peu sensible aux campagnes innovantes, mais attentif aux prix et aux arguments les plus terre-à-terre, à la fois très conservateur, peu fantaisiste mais pourvu d'un pouvoir d'achat considérable. La personnification peut, symboliquement, être poussée assez loin et essaimer en dehors du monde publicitaire. Pour le publicitaire elle sera perçue comme une femme austère, ni très aimable ni très subtile qu'il faut néanmoins savoir séduire parce que c'est elle qui dicte sa loi. Le général de Gaulle s'est essayé de décrire ce concept lors d'un entretien télévisé en 1965 dans lequel il tentait de décrire la philosophie du gaullisme, le mouvement et l'ordre, par une métaphore : « Regardons ce qui se passe dans une maison : la ménagère veut avoir un aspirateur, un réfrigérateur, une machine à laver et même, si possible, une automobile. Ça, c’est le mouvement. Et en même temps, elle ne veut pas que son mari aille bambocher de toutes parts, que les garçons mettent les pieds sur la table et que les filles ne rentrent pas la nuit. Ça, c’est l’ordre ! La ménagère veut le progrès, mais elle ne veut pas la pagaille. Aujourd'hui les sociétés de sondages et de mesures de parts d'audiences utilisent l’expression « femmes responsables des achats » pour caractériser cette catégorie très scrutée des agences publicitaires.

La ménaf :

Connaissez-vous la «Menaf»? Derrière ce néologisme un peu barbare né de la contraction des termes «ménagère» et «enfants» se dissimule celle qui fut pendant longtemps l'idole des annonceurs et des régies TV: la «ménagère de moins de cinquante ans». Créée en 1989, cette figure symbole et cible prioritaire de la publicité avait été conçue à l'époque où le modèle familial encore hégémonique était celui du couple hétérosexuel avec enfants. Mais qu'on se le tienne pour dit: la petite fée du logis qui, rouleau de pâtisserie en main et enfants accrochés à ses jupons, fit les belles heures de Moulinex, n'existe plus. Première étape décisive de cette petite révolution: le 11 décembre 2014, le comité Audimétrie, composé de 19 représentants de diffuseurs de télévision, annonceurs et publicitaires, prononce la mort sémantique de la «ménagère de moins de cinquante ans». La nature ayant horreur du vide, les «sages» de l'audimat se trouvent alors une nouvelle égérie en la personne de la «Femme Responsable principale Des Achats du foyer», également surnommée «FRDA». Son règne aura été de courte durée. Selon une étude réalisée par l'agence KR Media*, en partenariat avec le Celsa Paris Sorbonne, les professionnels du marketing lui préfèrent désormais le «responsable des achats».

(article 2017, Le Figaro)


La ménagère est de moins en moins accro au petit écran. En 2019, la cible préférée des annonceurs est même celle dont le temps passé quotidiennement devant la télévision a le plus diminué: 14 minutes volatilisées en un an, selon Médiamétrie. Soit davantage que les 13 minutes perdues sur la cible des 15-34 ans, pourtant réputés plus volages. Certes, la femme responsable des achats de moins de 50 ans, selon la formule consacrée, reste aux avant-postes avec 3 h 08 consacrées chaque jour aux programmes TV. Quasiment deux fois plus que les 15-34 ans, qui y sacrifient 1 h 43 de leur temps.

(article 2020, Le Figaro)

*

Les statistiques, cela n'a jamais été pour moi, je ne suis jamais rentrée dedans <3

Ma toute première fois, le confinement me fait repasser, ressasser, devenir une ménagère dans sa ménagerie, adorer le Lin, swinguer sur du textile, comme on parcoure des yeux les plus belles réalisations, comme on touche toutes les matières et on les détaille, les cajole, les expérimente, les froisse, les lave, les déchire, les dispose, tout ces corps et ces costumes, le temps d'une vie repassée et si bien ressassée. Merci le Portugal ! Vive Lisbonne !

Les statistiques, cela n'a jamais été pour moi, je suis trop haptique <3

Spéciale dédicace à ma famille <3

Par kiwaïda at 15:51

10/02/2020

αღ◎υя





Je suis resté.e très japonais.e <3

Par kiwaïda at 00:29

05/09/2019

éłéℊ@ηḉε

Photographies © Sonia Marques

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Paix

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Textiles

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Par kiwaïda at 23:02

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