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06/05/2018

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Chloé Fontaine et Victor Habchy, sont les deux artistes à l’origine du film "Je suis ordinaire"

Ce court-métrage a été imaginé par Chloé Fontaine. La jeune femme a été confrontée à des propos hallucinants de la part d’amies. Elle explique au Huffington Post : « Faire ce film est devenu une nécessité pour moi après avoir eu une conversation avec une amie, au sujet d’un garçon avec qui elle avait passé la nuit quelques jours auparavant. Elle m’a dit: ‘J’en avais pas envie non, mais alors pas du tout. Mais je voyais pas d’autre moyen pour qu’il me laisse tranquille alors… » Une autre amie lui fait des confidences similaires : « Et là je me suis dit qu’il y avait un problème. Réel. J’ai commencé à faire des recherches sur internet. Je suis tombée sur des témoignages poignants de jeunes (ou moins jeunes) filles qui se posaient les mêmes questions. ».

  • Chloé Fontaine résume l’enjeu de ce film avec cette phrase :

« Si rien ne vous choque, c’est que vous êtes l’un d’eux… »

 J'avais déjà écrit un petit article dans ce blog, sur ce que j'estime être le plus tabou, dans cette culture du viol : Les viols conjugaux. Bien des articles dans tous les sens sont rédigés au sujet des viols, sur la typologie des agresseurs et la typologie des victimes. De plus en plus, les articles s'orientent et la justice française les oriente, sur ce que serait "une victime parfaite". Il y aurait un canon de beauté de la victime admise comme victime et toutes celles qui ne correspondent pas à ce canon (de beauté) seraient donc exclues, ne seraient pas des victimes de viols. Le terme employé de "canon de beauté" est une caricature, empruntée des diktats de la mode, mais aussi des règles fondées par des hommes, sur le corps des femmes, que nous pouvons observer à travers l'histoire de l'art et ses œuvres exposées (celles admises), dans n'importe quel Musée ouvert au public. C'est-à-dire qu'il y aurait une "bonne tenue" à avoir, des gestes très normés pour que la justice reconnaisse une victime de viol. L'article récemment publié de Cheek MAgazine, en français, fait référence à un autre article publié sur le Harper's Bazaars, en anglais : "Sometimes You Make Your Rapist Breakfast", et résume assez bien la question. La chroniqueuse américaine Marissa Korbel, déconstruit le mythe de la victime parfaite, cette femme imaginaire qui lors d’un viol ou d’une agression sexuelle réagirait comme il le faut, sous-entendu comme la société l’exige. Avocate bénévole pour le Victim Rights Law Center, une association américaine qui aide les victimes de crimes sexuels à mener une action en justice, Marissa Korbel revient sur le concept de zone grise, les viols conjugaux, ou les agressions à domicile pour passer en revue les multiples raisons, toutes valables, qui peuvent pousser des femmes à ne pas se débattre, à céder face à un violeur, voire à lui préparer le petit déjeuner. Dans la réalité, un violeur n’est que rarement un inconnu planqué dans un parking, et une femme n’est jamais responsable des violences qu’elle subit, même lorsqu'elle connait l'agresseur, même lorsque c'est son conjoint. Dans la grande majorité des viols, les agresseurs (majoritairement des hommes) connaissent leur victime.

"La victime parfaite est un mirage auquel sont opposées toutes les autres victimes (normales, imparfaites, humaines), et croyez-moi, nous ne sortons jamais gagnantes d’une telle comparaison. La victime parfaite dit ‘non’ distinctement et régulièrement, se bat comme une lionne contre son agresseur et, si elle ne peut pas s’échapper, elle continue de proférer son non-consentement tout au long de l’agression, idéalement en hurlant ‘non’ à tout bout de champ, tout en continuant à se débattre du mieux qu’elle peut. La victime parfaite a le courage d’une équipe de quaterbacks amateurs. La victime parfaite griffe et mord. La victime parfaite crache et pleure. La victime parfaite n’abandonne pas. La victime parfaite ne mouille pas. La victime parfaite ne prépare pas le petit déjeuner à son violeur."(extrait de Cheek MAgazine)

Bien des femmes n’osent pas s’exprimer sur le sujet. Dans une société bien trop sexualisée, refuser un rapport sexuel avec son amoureux signifie être coincée. Mais non. Il faut garder à l’esprit que tout le monde a droit de ne pas avoir envie. Et ce droit doit être respecté et non pas ignoré. 31% des auteurs de viols ou de tentatives de viols sont les conjoints des victimes. Le petit film est à destination des jeunes femmes, évidemment, nous pouvons penser que bien des femmes plus âgées, des mères, des grands-mères, ont subit des viols conjugaux et tout est resté caché dans les familles, et même, jamais les mères à leurs filles, leurs fils, n'ont pu transmettre la vérité, tant celle-ci leur est enlevée par la société patriarcale. Et mieux : jamais les pères à leurs fils, les pères à leurs filles, n'ont pu transmettre la vérité. Ce qui change, c'est notre société devenue, où le corps de la jeune femme, de la fille, du petit garçon, sont des marchandises. Toutes les publicités valorisent le corps comme un potentiel à valeurs marchandes, pour vendre n'importe quoi, sexualisent ces corps pour satisfaire des pulsions (d'achat et sexuelles) Ces personnes aux jeunes corps (qui seraient, selon notre société, désirables), se retrouvent représentées par d'autres. Et les gestes, les attitudes, les formes en image, sont d'autant plus d'injonctions à se plier à ces représentations. Le corps (jeune et désirable) doit se plier aux (vieilles) règles marchandes, il doit se vendre, en échange de tout, de l'amour, du travail, de la famille.... En ce qui concerne la zone grise des violences conjugales, un couple se confrontera très tôt, dans son adolescence (ou dès sa petite enfance), à ces formes véhiculées par la société. Un jeune homme malveillant, pense qu'il peut marchander la sexualité de la jeune femme, dans un couple hétérosexuel (exemple du clip ci-dessus). Le chantage opère dès qu'il obtient satisfaction, pour son seul plaisir sexuel, et que la femme n'a ni le choix de s'exprimer, ni la force, ni le droit, devant lui, d'ailleurs, qu'elle reste muette lui semble tout à fait normal. Dans une société où l'on impose le silence aux femmes, où elles doivent se taire, la répétition des actes, par le seul chantage psychologique, une pression peut revêtir différents aspects : regarder un film ensemble, écouter de la musique ensemble, sortir ensemble, habiter ensemble, faire un enfant ensemble, travailler ensemble, voir des amis ensemble, réaliser un projet professionnel, familial, etc. Les occasions ne manquent pas pour marchander du sexe, déguisé en devoir conjugal, ou en autre principe sociétal, et du "vivre ensemble" convivial, comme, "être" décomplexé dans la sexualité, et faire passer des viols (imposés) pour l'amour, la liberté sexuelle, et à la cadence désirée par l'homme, puisqu'il est décomplexé, lui, et ne sacralise pas trop l'amour. Le corps de la femme devient un objet. Sur plusieurs années, on observe une passivité extrême installée, chez la femme, et le culte de la toute puissance chez l'homme, très confiant, d'ailleurs, il brille en société, tandis que la femme s'est éteinte d'un coup. L'homme n'a pas l'impression d'user de la force, il n'y a aucune trace physique, pas de coups, c'est presque magique, tant et si bien, que durant des années, celui-ci aura l'âme, dans le privé, d'un violeur expérimenté dans l'art de travestir la vérité, et, publiquement, il sort vainqueur, et peut jeter son dévolu sur une autre femme, lorsque celle-ci sera usée, et, dans l'incapacité de comprendre, ce qui, durant des dizaines d'années l'a murée dans le silence et lui a enlevé toute possibilité, ne serait-ce que de jouir du bonheur d'être en vie, puisque psychiquement c'est sa mort, que ces crimes répétés, dans le lit conjugal, ont déclarés. L'homme pourra à loisir décrire la femme comme frigide, et elle de le croire, et même lui conseiller d'aller voir un médecin spécialisé, car lui, il en est sûr, c'est un homme virile. Il jouit surtout de voir la femme détruite. Il la tue, à sa façon, car il est doué de stratèges. Dans ces situations, la société se charge de le protéger. Les familles, les amis, le réseau social, le secret est partagé. On sait, mais on tait, parce qu'on tait car on sait. Et les secrets se transmettent dans les familles, ils sont parfois non vus, non connus, mais toujours là, ils empêchent de reconnaître ce que l'autre ressent, ce qui est ressenti en soi.
Au moment où cela est dit, cela se dit en soi, tous les comportements doivent changer, tous les liens sont modifiés. La séparation avec le mal peut alors s'effectuer. Rien ne sera plus jamais pareil, car oui, les choses peuvent changer et ces maux peuvent être soignés.

« But when I did mean it, I watched men, magnificent, grown men, not know the difference. Whether I meant it, or was just sort of half-protesting as flirtation, men treated both the same: they didn’t stop. Were they really more skilled at knowing what I meant than I was, or were they just overconfident ? »

(« Que je le pensais ou que je protestais à moitié c'était pareil : ils ne s'arrêtaient pas. Étaient-ils vraiment plus doués pour savoir ce que je voulais dire que j'étais, ou étaient-ils juste trop confiants ? )

"Quand il s'agissait de mon désir, les hommes savaient, ou étaient censés savoir, mieux que moi"

"Les femmes ont tendance à refroidir, à apaiser, à se lier d'amitié. J'ai réagi aux menaces, j'ai quitté mon corps. J'ai essayé de négocier, en disant oui aux gestes que je pourrais supporter. Je me suis dit que les expériences que je n'ai pas appréciées ou même techniquement acceptées n'étaient pas, en fait, des violations; que ce n'était pas si mauvais. J'ai tenté de réécrire des expériences après qu'elles se soient produites, une forme de logique inverse: aucune femme ne ferait son petit-déjeuner à un violeur. Si elle lui fait le petit déjeuner, il n'est pas un violeur. S'il n'est pas un violeur, elle n'est pas une victime. Elle n'a pas été violée. Elle va bien. Elle va bien."

Sometimes when I said no and he kept going, it was okay. I mean, I was okay. I mean, I didn’t cry or anything. It wasn’t that bad. Sometimes I said no, and he kept going, and I... left. I mean, my body stayed, but the rest of me went floating up and to the right. Dissociation sounds scary, but it doesn’t feel bad. Sometimes it feels like sliding into a warm, cozy bed. A secret, safe place where I can stay as long as I want. It’s the coming back that breaks me open. That’s when I always cry.

(Harper's Bazaars)


Dans notre société patriarcale et sa culture du viol, ces règles (de bonnes conduites) sont produites, écrites et conduites par les hommes, assistés de femmes. La perversité la plus aboutie est lorsque des femmes elles-mêmes érigent ces règles, comme des principes essentialistes. En France, au début de cette année, une femme critique d'art, qui dirige une revue mensuelle internationale de référence dans le monde de l'art contemporain, est allée même parcourir tous les médias, à l’étranger, afin de transmettre la parole (à la place des autres) de ce que serait la femme libérée : une femme qui se tait, se laisse importunée et ne se débat pas lors de viols, une femme qui ne fait pas la différence entre un viol subit et l'agression d'une personne sur le corps d'une autre personne, qui ne sait ce qui est un crime. Bref une femme non cultivée, idiote, mais une femme qui prône le féminisme, et qui, grâce à ses gestes et sa pensée (se taire, se laisser importuner, ne pas reconnaître les crimes) peut devenir une référence dans l'art contemporain, ce domaine inventé par les hommes et orienté par les hommes, car elle transmet la parole de ces hommes. Ce n'est pas sans se poser de questions sur ce domaine de l'art et comment il fonctionne, qu'est-ce qui le motive, qu'est-ce qu'il transmet, à travers quels écrits, quelles revues, quelles écoles même accueillent ces écrits, les conférences de cette femme qui s'est exposée fièrement, comme porte-parole féministe et, par ses fonctions, porte-parole du fonctionnement d'un certain milieu de l'art contemporain. Dans un domaine où majoritairement, ce sont les hommes qui invitent, exposent, jugent les artistes et les œuvres, publient, commentent, récompensent, honorent, il n'est pas étonnant que des propos qui valident les hommes dans leur toute puissance, leur domination sur les femmes, puissent être montrés et publiés comme la norme. Une façon de sceller le secret.
Ne serait-ce pas ces femmes qui disent doucement : Non, ce n'est pas encore le moment de dire, nous ne sommes pas prêtes, gardons notre secret, sinon je vais perdre mon travail, mon honneur, car je l'ai obtenu en gardant secret ces règles... Ne serait-ce pas toutes ces femmes, en France, qui empêchent que la parole soit libérée, à observer tant d'omerta dans les lieux culturels, chez les intellectuelles et les artistes ? Ne serait-ce pas toutes les femmes qui ne souhaitent pas que la société évolue, ou qui trouvent qu'elle évolue trop vite, que d'autres femmes, plus jeunes devraient se taire aussi, tout comme elles l'ont bien fait, afin de vivre sereinement et d'être exposée de temps en temps, de publier un peu, mais pas trop afin de ne pas éveiller les pulsions... Car il faut que les règles soient établies par eux, en majorité, avec notre consentement, mais pas par elles en majorité, avec l'avis des hommes.
Dans cet esprit, seule, une "typologie" de femmes, valideraient ce qui doit être acceptable comme comportement de femme (pour trouver un travail, rencontrer des amis, fonder une famille, voyager, publier, réaliser une conférence, participer de séminaires...) Mettre en valeur ces femmes et leurs donner même l'illusion qu'elles dirigent quelque chose (une revue, une école, un Musée...) c'est avoir réalisé une bonne sélection, selon notre société patriarcale, baignée dans la culture du viol. Si une critique d'art française est venue nous tirer les oreilles en ce début d'année 2018, comme une maîtresse de cérémonie sur fond de #metoo et # balancetonporc, c'est qu'elle s'inquiète alors de la réelle valeur de ses écrits, ses livres, mais aussi de sa revue sur l'art contemporain.

Les prix nobels, en littérature, les génies déclarés, l'histoire de l'art, les musiciens et toutes ces œuvres admises, dans notre société, sont arrivées à notre connaissance par les mêmes motifs, les mêmes moteurs, du privé au public, par un savant déguisement, des truchement qui cachent des crimes.
Chaque fois que l'on me montre une œuvre, si soutenue et si publiée par diverses institutions, je ne peux que douter très sérieusement de sa légitimité.

Est-ce que les œuvres entretiennent les zones grises ? Ne seraient-elles que du divertissement ? Afin de détourner l'attention ?

Les révélations explosives ces derniers temps, sur les agressions aux corps des femmes et de jeunes enfants, les traques qui n'en finissent pas sur les agresseurs présumés toujours innocents, sur les différentes justices dans différentes zones territoriales qui n'aboutissent pas ou se font oublier, les effets d'annonces du gouvernement pour faire passer la pilule, inventée par les hommes, la pilule des droits des femmes toujours bafouées, les inégalités salariales dont les syndicales manifestations sont inaudibles au quotidien (pourtant femmes et hommes continuent de travailler ensemble), reprennent le plus souvent des attributs liés aux corps et aux apparences. On le mesure dans la discrimination, le sexisme, etc.
Il y a un angle mort, de mon point de vue, qui est celui de la pensée. Ces visions gonflantes ou dégonflées des corps et de leurs gestes, empêchent de lire une pensée, d'accéder à l'intelligence des femmes, à leurs réflexions, à pouvoir même la partager, qu'elles deviennent, ces pensées, aussi multiples soient-elles, des références et des moteurs, pour tous. Ce n'est jamais par leurs idées qu'elles sont entendues, regardées, respectées, mais par leur corps, cet objet du désir qui serait, lui seul, l'objet de tous les tracas du monde. Même lorsque des femmes prennent la parole, pour donner un avis, faire un commentaire, elles ont suivi, sans réfléchir, la vague énorme de cet appel aux corps meurtris, aux cris, quand certaines au pouvoir se sont arrogés le droit de supprimer la pensée des femmes, leurs idées, pour les attaquer au corps, à ce qu'elles estimaient sale (voire d'autres articles à ce sujet) et abject, afin de les exclure de tous médias officiel, toute possibilité que leur pensée soit relayée. Il n'y a plus que ces ministères dédiés à la famille, ou pour l'égalité des droits des femmes, pour reléguer la parole des femmes, qui ne doivent s'exprimer qu'à travers leurs corps et donc, à leurs corps défendant. Ce brouhaha, ces fumées, ont de belles volutes devant elles. Nous l'avons remarqué lorsque notre président réalisait ces temps-ci, pour nous, une interview, face à deux journalistes briscards français. Quelques minutes avant la fin, près de 2 heures plus tard, quelques phrases liminaires ont été citées sur les violences faites aux femmes, tandis que notre pays fume chaque jours, de faits divers transversaux à toutes les couches sociales de notre société, comme une cocotte minute, une bombe à retardement et nous assaillent les réseaux d'horreurs, de terreurs. Cela nous terrorise. Ce sont des attentats terroristes psychologiques quotidiens, si l'on se connecte aux médias, qui provoquent de gros stress post traumatiques, rappelant les vécus des femmes et des hommes, abandonnés par la justice (et le gouvernement). Mais c'était sans compter que ces quelques phrases laminaires, seraient balayées par le final : les résultats du foot, pour lesquels, les 3 hommes, au sommet de l'état et des médias, se sont mis d'accord, rien ne serait changé et que la fumée embaume nos esprits ! Voilà ce à quoi ressemblent les avancées féminines dans notre pays, à rien. En tous cas, elles ne sont pas relayées, elles existent évidemment, mais sont rendues inaudibles, invisibles, ou remplacées par des épouvantails. Et au gouvernement, ces épouvantails-femmes épouvantent tant, qu'elles sont les premières à être décriées, puis remplacées. Le bal à la culture est devenu une danse macabre. Aucun artiste français, aucune artiste française ne s'en est jamais offusqué, et contrairement à ce que disent les artistes officiels, non les artistes ne sont pas morts, ni en danger, vous ne les entendez tout simplement plus, ni ne les voyez. Dans ces atteintes aux corps, notre gouvernement n'a qu'une petite voilure. Aucun oiseau libre n'accepterait cette voilure. Aucun artiste. Et ce n'est pas la vente de gros avions qui fera avancer les choses, car les oiseaux continuent de disparaître, sans raison disent les experts...

Pour revenir à ce petit clip, il a le mérite de proposer une fiction adaptée aux gestes de l'amour, aujourd'hui désacralisés, tels que nous le montre notre société (une partie majoritaire liée à la société de consommation, d'ailleurs il y a un "DVD", objet à consommer dans ce film) Il nous montre plus une scène, où tout est imbriqué et va très très vite, et où la jeune femme n'a pas le temps de réfléchir, et souhaite prendre ce temps, le temps de ressentir. Hors le jeune homme sait exactement ce qu'il veut obtenir et prend de court cette jeune femme. L'espace exigu du lit, où tout se replie (la couverture enferme la scène taboue) devient un espace de négociation rapide et d'arguments pauvres, dans lesquels l'amour n'a plus de place, et n'est pas partagé. La perte de sens est assez bien formulée dans cette fiction, en faisant d'eux, de jeunes personnes ordinaires. La scène est ordinaire, le temps de ne rien voir, ni comprendre, juste le temps d'être violé.e., et de maquiller le viol en une scène d'amour, alors que le malaise a supprimé la voix de la victime et a faussé celle d'un homme en agresseur. Ces gestes et cette voix très en confiance de cet homme, d'autres hommes ne peuvent s'y reconnaître, mais aussi, ne peuvent nier que cela existe au quotidien, car ils sont invités, sollicités sans arrêt, par notre société à de tels comportements. Tout comme les femmes, elles ne peuvent nier l'existence de tels comportements, ou juger ces femmes de soumises, au seul prétexte que cela ne leurs est jamais arrivé, ou qu'elles sont parvenues à sortir de telles situations ou se sont insurgées contre et ont fait justice (elles-mêmes ou accompagnées) Les mères et les pères, souvent épargnés par de tels clips pédagogiques, puisqu'ils sont destinés aux jeunes, oublient que se sont leurs enfants à l’œuvre, ou que ces enfants deviendront père et mère, oncle et tante... Pour ces parents, ce sont toujours les enfants des autres, mais pas les leurs. Celles et ceux qui sont au pouvoir d'écrire des lois, de légiférer, sont aussi assez habiles pour fermer les yeux sur ces gestes de notre société, et les tenir à distance de leur foyer. Car si cette réflexion était bien là, dans le privé, notre société et ses lois décidées démocratiquement, avanceraient en faveur des victimes et non des agresseurs. Hâtivement, je pourrai conclure que la démocratie est faite pour les uns mais pas pour tous. Mais, comme dans ce clip, il appartient à toutes et à tous de reconnaître ses propres gestes, passifs et actifs, dans le feu de l'action, puisqu'en dépend notre action commune et à venir.

Ces masturbations solitaires dans le corps des femmes ne pourraient se résumer à "une misère sociale", mais bien à des comportements tolérés dans notre société contemporaine, c'est-à-dire, à l'usure, des fémicides organisés, des crimes. Dans l'exemple de ce film, la responsabilité de l'homme et de la femme sont questionnés, du laisser faire au taire, du passage en force au viol, surtout lorsque cette scène, dans la réalité, se répète, durant toute la "conjugaison" du couple, et sous différentes manières de faire et de taire.

Les solitaires ne peuvent prétendre à faire œuvre commune.

Par kiwaïda at 12:17

14/03/2018

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BEAUX ARTS L'ÉCOLE ABRITE LE RACISME : Affiche réalisée par les étudiants de l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (mars 2018)

« Les noirs ne sont pas propres »

« Vous faites reculer la France en faisant trop d’enfants »

« Est-ce que ta femme est propre, comment elle a préparé ça ? »

« Elle ne nous serre pas la main parce qu’on “pue”, elle ne touche pas la anse de la bouilloire après nous, quand on ramène des baguettes pour le petit déjeuner, elle coupe la partie qu’on a touchée. »

« Vous êtes des animaux, vous ne devriez pas être en France. »

« Il ne me reste plus qu’une seule personne dont je dois me débarrasser, c’est la vieille. » 

« Les Sri Lankais c’est des connards, vous êtes sales. Ta bouche pue car tu bois de l’alcool. »

« Les noirs sont tellement feignants, sont tellement connards, sont tellement des bons à rien. »


« Est-ce que tu te sens toi-même ? Tu sens quoi ? Tu sens le noir. Va travailler ! »

«Tout est propre à part la couleur de ta peau »

Cela se passe aujourd'hui dans une école nationale des beaux-arts à Paris

Bon nombre des étudiants, indignés, attendent aussi une réponse ferme de leur école. Le soir du vernissage de l’exposition « Images de mai 68 », en février, ils ont ainsi distribué 3.500 tracts pour alerter. Un collectif s’est monté, qui veut interpeller la ministre de la Culture. (Article du 12 mars 2018)

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Affiches des étudiants de l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (mars 2018)

Cela me rappelle mon histoire :

J'ai été harcelée moralement par la direction de l'école nationale d'art de Limoges et envoyée au tribunal pour avoir rendu un ordinateur portable dans "une saleté remarquable", avec des "déchets", de la "terre", selon la directrice, ce qui justifiait que je ne "prenais pas soin des équipements de l'école"... Des étudiantes de l'école d'origine étrangère n'obtenaient pas leurs crédits comme les autres étudiants, car elles présentaient leurs installations sur le sol "sale" de l'école. Hors, le sol est le même pour tous, dans cette école, ce que j'ai toujours défendu. La symbolique du sol est celle de notre démocratie. Elle se trouve salie selon certain.es et il faut désigner des coupables : les pauvres. Ce qui est une richesse pour notre pays, des étudiants d'horizon divers et cultivés, comme des professeurs, des employés, se transforme en souillure pour les racistes (et à tous niveau de poste) . Silence du ministère : la directrice serait une débutante, il faut la laisser continuer insulter qui elle veut. Les sociétés de nettoyages sont insultées, renvoyées, sous pression, rien n'est jamais trop propre pour valoriser une architecture (l'école) que même Catherine Millet est venue saluer lors d'une conférence publique, une référence que l'on ne nomme plus, rejointe dans ses propos récents en début d'année par des politiciens des extrêmes droite de notre pays. Ces écoles forment à l'exclusion par ces modèles institués, et hissent le déchet social comme norme, pendant qu'elles font nettoyer par d'autres toutes traces de leurs sévices. Honte !
Je soutiens ces employés dévalorisés dans leurs fonctions, à l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (où j'ai étudié également), moi professeure artiste ayant subis des discriminations, humiliations, racisme et sexisme dans une autre école nationale du même réseau, dans ma ville, sur les mêmes thématiques de la saleté. J'ai réalisé des cours artistiques et philosophiques afin d'enseigner sur ces problèmes de racisme dans les écoles d'art, j'ai été exclue, mise à l'écart et actuellement l'école a mis mon poste en vacances. Silence du ministère, des collègues, "tout le monde savait", "tout le monde se tait"
Ces méthodes racistes sont légions et il est bien plus à la mode de faire des affiches pour les droits des femmes dans une école supérieure d'art le 8 mars afin d’effacer que ces droits sont bafoués dans l'enceinte de l'école, tout comme réaliser, dans une autre, une exposition sur mai 68 dans le même temps où ces pratiques quotidiennes du racisme qui semblent d'un autre temps sont impunies. Des expositions contreproductives et aveugles, dans la bienséante ambiance nostalgique du communisme quand des professeurs s'inventent révolutionnaires en lisant l’insurrection qui vient et en embrigadant les jeunes filles en fleurs, sélectionnées pour leur aptitudes à faire la cuisine et la bonne communication pour graisser les tuyaux, une école où souffle un vent de liberté... et de poésie proprette mais surtout pas sale ! Et comble de la bonne décoration : obligation d'utiliser l'écriture inclusive, au cas où "les autres" pourraient s'apercevoir que l'exclusion sert à l'affichage d'une sélection réussie, entre-soi.

Ce qui est visible demeure "invisible" pour certains, certaines. Honte !

Il est bien plus à la mode de réaliser des pétitions pour des personnalités artistiques de renommées internationales licenciées, signées par un name dropping de noms de personnalités, afin de se montrer "sur le marché" du capitalisme, que de soutenir des employés aux basses tâches. Je suis professeure et j'ai été associée à ces employés de ménage bien souvent dans les écoles d'art. J'ai dédiée une œuvre d'art (Cendrillon) à une employée à l'école de Limoges, la seule qui me disait bonjour le matin, la femme de ménage. Nous travaillions dans les cendres, avec des couleurs et les nuances brunes pour la peau et le biscuit en céramique, afin de révéler les véritables icônes à l’œuvre.

Et puis le salaire, va avec la saleté, il faut le saisir et le supprimer pour les sales pauvres (ce qui m'est arrivé) Étonnant non, je n'ai jamais eu le droit aux tickets restaurants contrairement aux autres employés administratifs, cela me faisait penser aux femmes de ménage de l'Assemblée, dont Ruffin a communiqué leurs conditions de travail le 8 mars dernier. Cette communication m'a mise mal à l'aise, car (pas encartée "France insoumise", ni d'un autre partis politique) cet exemple est un peu "facile", et nombre d'intellectuels que je connais ont relayé cette vidéo, du haut de leurs principes de familles socialistes (et non de leur éthique), et pour vite passer à autre chose, c'est-à-dire, se taire lors d'injustices sociales véritables entre collègues de la même profession. Cet exemple rentre bien dans la case. Chacun son groupe, pas de mélange de genre. Non ce qui est plus difficile à dénoncer, ce sont ces situations de services, dans lesquels, aujourd'hui, les exclusions et discriminations ne se font pas seulement avec les employés de ménage, mais aussi, avec les professeur.es, avec toute personne qui ferait un peu trop d'effort pour être intégré et qui, malgré les injustices, aurait réussi à s'intégrer, si bien, que cela est devenu, pour de petits chefs, des cheftaines, des directions, insoutenable, pour toutes ces personnes qui n'ont aucune qualité pour diriger les autres et leurs donner des directives, des directions. Non, ce n'est pas la bonne direction que notre pays doit prendre, mais c'est celle-ci que des directions s'arrogent le droit de prendre par force, par abus de pouvoir et sans aucune sanction, avec la complicité des exécutifs. C'est moche. Il n'y a plus d'art, mais je ne vois que des politiques de l'extrême se fondre dans les écoles. Cela m'a inquiété, beaucoup, des nuits d'insomnies. Aujourd'hui, je ne suis plus étonnée, car il n'y a plus de justice. Il y a la moitié de la France qui votait extrême droite, tous éparpillés, et dans nos écoles à des postes divers. Employés, directions, professeurs, théoriciens, artistes, oui, la pensée raciste s'est immiscée partout, dans une conversation, un mail, untel n'est pas de "chez nous", "ils viennent d'ailleurs", "ils sont toujours ensemble car ils ont les mêmes origines, ils s'isolent, ils complotent, il faut les exclure", "untel n'est pas artiste, cet écrivain est mauvais, ses références sont mauvaises, elles sont étrangères", "on se comprend", "ils ne sont pas compréhensibles", "il faut supprimer leurs références de leur mémoire, diplôme", "il y a des vols de livres, c'est eux", "le sol est sale, ils doivent le nettoyer pour tous", "on leur enlève la caution", "on ne leurs donne pas leur bourse", "il ne faut pas aller dans cette ville étrangère, elle pue", "il ne doit pas mettre de tongs à l'école", "il doit changer de tenue pour sa soutenance", "note-le, moi je ne perds pas de temps à corriger les étrangers", "ils vous donnent des cadeaux, ils sont tellement soumis", "son travail artistique vient des îles, des prostituées", "c'est comme ça chez eux, il ne sont pas cultivés", "elle vient d'un milieu pauvre, elle n'a aucune ressource, une année de plus, elle mérite un redoublement", "regardez comme ce dessin est sale", "comme elle écrit mal, venez voir", "ils n'ont pas d'expositions majeures dans leurs pays", "ils viennent étudier ici pour nous piquer nos références et puis s'en aller dans leurs pays avec", "ils ont appris à dessiner sous la dictature, ils n'ont aucune sensibilité", "ils ne sont pas aussi libres que chez nous", "ils ne s'expriment pas, on ne comprend rien", "il est insoumis, il a répondu, il a critiqué, il mérite le redoublement", "elle est prostrée quand je vais la voir, elle doit avoir un problème psychiatrique, il faut la renvoyer dans son pays", "c'est une menace pour nous, on a prévenu l'ambulance", "il est parano et croit que nous sommes racistes parce qu'il est noir", "il est agressif, il veut plus nous voir, cela tombe bien", etc. etc. Toutes ces phrases quotidiennes finissent par vous sculpter un cerveau qui acquiesce à tout, c'est un lavage. Nombre de collègues commencent à être d'accord, c'est facile, ce sont les autres désignés, puis après ils s'y mettent chacun à leur tour, et les administratifs aiment à faire un peu de zèle. La délation, les procès, les rumeurs, les accusations, les fautes, les avertissements, les menaces, puis les exclusions, la fin de la carrière, et parfois de la vie. Au fur et à mesure s'installe sur plusieurs années une vraie collaboration à la pensée raciste qui a trouvé un terreau fertile dans notre pays, dans ces terres où plus rien ne se passe, et les idées ont disparues. Les belles idées, les inventions, la sensibilité, la solidarité...

Les intégrations réussies et irréprochables sont, pour certains, certaines et tant de racistes qui s'ignorent, impensables, elles ne doivent plus exister et doivent être rendues invisibles, il faut les masquer, les dénier, les dévaloriser, les raturer, les supprimer, par tous les moyens. Cela se nomme le tri collectif et individuel, d'où l'importance des déchets et de la qualification de ce qui est une saleté remarquable. Il faut inventer des motifs pour rendre incompétents les compétents, il faut leur supprimer leurs outils de travail, leur lieu, leurs liens professionnels, leurs attachements affectifs, leurs lieux de vie, leurs résidences. Il faut les désunir, surtout quand ils unissent trop facilement, il faut saboter, saboter lâchement, par derrière, toujours à l'insu et par surprise. Il faut terroriser. Le mot est lâcher : le modèle terrorisant. Il faut les désigner "fous", les enfermer, les envoyer chez les psychiatres, ceux de chez nous, sous nos valeurs. Quand la pensée a totalement disparu des écoles au niveau supérieur, il faut se rassurer quotidiennement, et entre-soi, des critères de sélections et d'exclusions, par rumeurs, humiliations, harcèlements. Afin que le tri s'opère de façon tacite collective, sans laisser aucune trace visible. Il faut punir celles et ceux qui alertent encore et les mettre en prison, ou soustraire les esprits critiques, supprimer les analyses et les bonnes actions. Ne pas révéler tout ce qui serait sain, salvateur, les soignés, soignants, soigneux. Comment poursuivre son œuvre, son travail, son engagement dans de telles situations malsaines ? Comment continuer à étudier, se concentrer ? Trop de temps passé à éviter les mines, les bombes, les insultes, enlève du temps au sel de la vie, comme le décrivait Françoise Héritier.
- Sommes nous dans l'obligation de militariser nos vies ?
- Oui
, avait répondu le gouvernement antérieur, nous sommes en guerre.

Non, réponds-je, artiste et pacifiste.

Pour info, mes articles sur la saleté :



À méditer :

« Vous êtes des animaux,
vous ne devriez pas être en France. »

Par kiwaïda at 00:36

01/03/2018

Il Barone rampante

Photographie © Sonia Marques

Il est un moment où le silence de la campagne se forme, au creux de l'oreille, d'une menue poussière de bruits: un croassement, un glapissement, un froissement furtif dans les herbes, un clapotis dans l'eau, un piétinement entre terre et cailloux, et, dominant tout autre son, le crissement des cigales... Les bruits se mêlent l'un à l'autre, l'ouïe parvient toujours à en discerner de nouveaux, comme, sous les doigts qui cardent un flocon de laine, chaque nœud se révèle fait de brins plus fins, plus impalpables encore. Les grenouilles ne cessent de coasser et cette basse continue ne trouble pas plus le fourmillement sonore que la continuelle palpitation des étoiles ne change la lumière de la nuit. Mais que s'élève ou passe le vent, tous les bruits aussitôt se transforment et se renouvellent. Seul reste, au plus profond de l'oreille, l'ombre d'un mugissement ou d'un murmure - celui qui vient de la mer.

Le Baron perché (titre original en italien : Il Barone rampante) est un roman d'Italo Calvino publié en 1957

Séquoia

Dans ma ville, Limoges, un homme est monté dans l'arbre devant la mairie le 14 février dernier. Perché en haut du Séquoia, il est resté la nuit, le jour. Il voulait dire quelque chose au maire. Le maire, psychiatre retraité est venu le prendre en nacelle avec une psychologue, mais au lieu de l'entendre, ils l'ont envoyé à l'asile des fous. Ce baron perché est grimpeur-élagueur de profession. Il a 47 ans et vit à cieux. Quel nom de ville prédestiné ! (lire l'article de presse locale)
Ce qu'il souhaitait exprimer : une injustice. Convoqué au tribunal, car il n'avait pas payé une amende lorsqu'il a été arrêté pour avoir fumé un joint, se soignant ainsi d'une sciatique chronique, il a attendu 3 heures au tribunal et a été condamné sans avoir été auditionné alors qu'il était bien présent. En colère, il s'est senti abusé, que l'on se soit moqué de lui et a souhaité aussi se moquer des injustes en se perchant dans le plus grand arbre, la fierté de la mairie, souvent décoré à Noël : un Séquoia.
Depuis il est enfermé dans un asile.
Non seulement, il n'a pas été entendu au tribunal, mais pas non plus après sa rencontre avec le maire.

Installation des écoutants (terre, peinture, tissage) © Sonia Marques


Profession professeure

Cette histoire m'a interpellée car il m'est arrivé la même chose dans ma ville. En septembre 2016, la veille de ma rentrée scolaire, j'ai été convoquée à ce tribunal, à côté de la prison de Limoges. Le lendemain, je devais me rendre à l'école d'art de Bourges pour une réunion pédagogique. J'avais alors 43 ans et 16 années d'expérience dans ma profession d'artiste professeure en multimédia. Le motif : selon la directrice de l'école d'art de Limoges, j'aurai rendu un ordinateur portable dans un état de "saleté remarquable", avec des "déchets", "de la terre", ce qui prouvait que je ne "prenais pas soin des outils de l'école". Sans aucune preuve et l'ordinateur rendu 2 années auparavant fonctionnait très bien. Sur cette convocation, ma profession n'était pas inscrite et mon lieu de travail non plus. À la place était inscrit mon lieu de naissance, c'est-à-dire en banlieue de Paris, dans le 93.
J'étais donc accusée d'avoir détérioré un ordinateur portable d'une école d'art nationale (sous la tutelle du ministère de la culture), moi, une femme de la banlieue du 93, sans profession, qui souille volontairement les équipements de l'école.
Somme réclamée : 134 euros et quelques.
Le tableau impressionniste : Touche après touche, humilier une professeure, dans le cadre de ses fonctions, en modifiant son statut, c'est-à-dire, en déniant sa profession et son lieu de travail, afin que les juges ne puissent juger à bien. L'interprétation première lorsque l'on a ni le temps de lire, ni le temps d'enquêter, lorsqu'un tribunal est bondé et que plusieurs erreurs sont déjà dans le décor c'est :  une femme qui vient de sa banlieue 93, doit être jugée pour avoir été sale et souiller les équipements de l'école. Et pourquoi ferait-elle cela ? Parce qu'elle est bête, n'a pas fait d'étude; une sauvageonne qui mérite la prison et vole le travail des autres...
En attendant dans ce tribunal, une vingtaine d'affaires, des avocats partout, des affaires de viols, j'étais parmi les violeurs. Un homme est même tombé à terre évanoui, les pompiers sont arrivés, il y avait tellement d'attente, 2 ou 3 heures de retard, les inscriptions sur les salles d'audiences étaient erronées, chacun rentrait dans une salle d'audience comme s'il rentrait dans sa boulangerie chercher son pain, alors qu'une autre affaire était en cours et se faisait insulter pour refermer la porte aussitôt. Ce décor de film à la Tati, dans ce tribunal tout neuf et glacial, provoquait quelques pas de danse mécanique et en rétropédalage.

Comme le baron perché, j'ai attendu que l'on m'appelle et l'affaire fut jugée sans moi. Il se trouve que la directrice avait envoyé une comptable de l'école nouvellement recrutée, donc ni elle ni moi ne nous connaissions, n'avions jamais été présentées. L'employée déléguée ne devait même pas connaître l'affaire, ni ma profession. Et un autre nom que le mien a été appelé, puisque mon nom a été écorché. Le temps passant très long, l'ouïe parvenait toujours à en discerner de nouveaux sons, comme, sous les doigts qui cardent un flocon de laine, chaque nœud se révèle fait de brins plus fins, plus impalpables encore, je me suis adressée à l’accueil pour savoir quand est-ce que je devais passer, car cela faisait 2 heures que j'attendais. Quelques pas de danses mécaniques et rétropédalages plus loin, on m'apprenait que l'affaire venait d'être passée, sans moi et que tout était déjà jugé, sans ma présence avec seulement la partie adverse. En me présentant et décrivant mon identité devant la juge, elle me dit ceci : "Si vous étiez vraiment professeure, vous seriez plus concentrée" car rien n'indiquait que j'étais professeure. Le président qui s'occupe du tribunal a vu la scène, tous les avocats présents avaient bien remarqué ma présence également et se plaignaient de la désorganisation ce jour là, mais cela semblait être comme cela tous les jours. Ce président m'a épaulé afin que l'audience soit reconduite et m'a dit que ma convocation c'était n'importe quoi.
En recevant ma nouvelle convocation, je suis devenue un homme sur les papiers et ma profession ne fut toujours pas inscrite, malgré ma demande. Puis un report plus tard, la comptable ne s'est jamais présentée, ni au 2e, et la somme m'a été enlevée de mon salaire, sans aucune information, sans que je ne sois convoquée de nouveau. D'autres procédés de harcèlement se sont succédés, par cette direction, jusqu'à ce jour, mon poste est en vacances, afin que je sois remplacée.

Ce baron perché me rappelait vraiment mon histoire, j'ai été assez traumatisée de la désorganisation du tribunal qui juge sans que l'on soit présent. Ma convocation était fausse, l'identité et le motif. J'en ai conclu, malgré mes courriers, sans réponses, que l'on pouvait être accusé à tort et que l'on pouvait avoir une saisie sur le salaire sans avoir été jugé, sans avoir même pu être entendu ou pire, sans être vu (tout en étant présent)

Serions-nous devenus des hommes et des femmes perchés sur un arbre :

"Pour bien voir la terre, il faut la regarder d'un peu plus loin." Ecrivait Italo Calvino.


On imagine ainsi le nombre d'affaires réglées par la justice lorsque des directions ne vous apprécient pas, parce que vous êtes trop pauvre, trop brillante, trop belle ou trop moche, trop sale, selon l'appréciation, trop incompétente ou pas assez, qui sait, …selon l'humeur du jour.
Et ainsi on fini par vous enlever votre poste, et votre carrière s'arrête.

Comment dénier l'être femme, l'être professeure.
En sélectionnant la bêtise, qui ne sait ni lire ni écrire, pour vous juger.
Apprenons que dans la bêtise, une société entière se cache, la plus contemporaine, celle de maintenant.

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Les écoutants (sculpture, terre, peinture) © Sonia Marques

Il est un moment où le silence de la campagne se forme, au creux de l'oreille, d'une menue poussière de bruits: un croassement, un glapissement, un froissement furtif dans les herbes, un clapotis dans l'eau, un piétinement entre terre et cailloux, et, dominant tout autre son, le crissement des cigales... Les bruits se mêlent l'un à l'autre, l'ouïe parvient toujours à en discerner de nouveaux, comme, sous les doigts qui cardent un flocon de laine, chaque nœud se révèle fait de brins plus fins, plus impalpables encore. Les grenouilles ne cessent de coasser et cette basse continue ne trouble pas plus le fourmillement sonore que la continuelle palpitation des étoiles ne change la lumière de la nuit. Mais que s'élève ou passe le vent, tous les bruits aussitôt se transforment et se renouvellent. Seul reste, au plus profond de l'oreille, l'ombre d'un mugissement ou d'un murmure - celui qui vient de la mer.

À ce moment, mes œuvres étaient prédestinées en écho à ces actes malveillants obstinés. J'ai réalisé une série de sculptures en terre, nommée "Les écoutants", car, à force de se taire, ces habitants ont eu les oreilles plus grandes, elles ont poussé, car ces habitants écoutaient tout en se taisant. Il veillent la nuit car ils transforment leur peinture en lumière, une fois le soleil couché. J'ai bénéficié d'une aide à la création de la DRAC du Limousin, pour laquelle, en toute indépendance, j'ai réalisé des tissages différents. Ce long travail de recherche m'a mené à une conférence à l'école d'art de Bourges où j'ai décrit toutes ces réalisations. Dans les photos ci-dessus, on peut voir également une sculpture nommée "La main de Bouddha". C'est une réalisation au nom du pacifisme qui m'a animé durant le harcèlement moral subit. Je reste une artiste soigneuse, de l'écrit aux images et tissages, de la sculpture aux photographies, à ce blog, au multimédia, qui s'est bien intégrée dans son nouvel environnement, le Limousin et a célébré, de façon singulière, la discrétion de son regard sur ce monde touffu, tout fou.

Par kiwaïda at 05:10

30/01/2018

☾εґḟεʊ☤ł тʊ♭éяεü✖

Le cerfeuil tubéreux est un délicieux légume racine de culture, ancien et oublié dit-on. Une petite carotte conique, terreuse. Elle possède une chaire excellente, sucrée et fondante entre châtaigne et pomme de terre. Je le cuisine cuit puis revenu dans du beurre à la poêle, c'est exquis. Tout d'abord je les lave les tubéreux, vite fait hein ! Puis je les dispose dans une casserole qui accueillera de l'eau bouillante : 15 minutes d'ébullition, je rajoute une pincée de bicarbonate de soude, histoire de conserver plein de bonnes choses. Puis je les épluche (non, nous les épluchons, c'est plus sympa à deux) et je les coupe en deux. je les dispose dans une grande poêle, j'aime quand il y a de l'espace, comme pour tout finalement ! Avec une bonne dose de beurre (non salé), un beurre Échiré, le beurre AOP Charente Poitou, par exemple, puis je fais délicatement revenir (pas le feu à fond évidemment) Puis je saupoudre d'une pincée de fleur de sel de Guérande et nous dégustons la préparation, à deux c'est plus sympa. C'est doux, c'est délicieux, c'est fondant et d'un goût très rare, un peu artichaut aussi. Avec un bon vin blanc. Même si ce soir c'était du rouge, un Big Red Beast, avec une étiquette digne de Shoboshobo (s'il m'entendait ;.) Vin du Languedoc, millésime 2016, ouh c'est quoi ce truc !

Satori fait ses premiers pas de découverte, sans cage. Et c'est plein de "binkies" qui s'offrent au regard. Tandis que Cafuné m'avait habituée à de superbes flops. Il est devenu un bonze, un gros bouddha. Satori, son éveil, c'est surtout l'éveil de sa libido. Il ressemble à un yéti blanc de neige, très curieux et très câlin, avec une rayure couleur café sur son pyjama nuage. Elle, à une petite malicieuse satinée, très délicate, mordorée rosée, pas si facile à cerner. Méthodique et reconnaissante, ne donne pas sa confiance à n'importe qui : il faut montrer patte blanche, ce que Cafuné s'évertue à réaliser assez maladroitement pour l'instant. Il est foufou, bien dans ses pattes, et il toise, les yeux bleus en amande, d'un air supérieur, mais pas condescendant. Il ressemble à une sculpture animiste, impassible, roi en son temps, en sa langue, quand ce n'est pas à un adolescent qui cherche comment circuler hors passage piétons, avec ses nouvelles grosses baskets blanches. Il est intrépide mais pas belliqueux. Elle est rapide et très prudente, elle demande la permission, puis s'en passe largement : parle à mon pompon ! Ces petits hôtes japonais mangent principalement du foin de Grau, aussi des granulés, puis en ce moment c'est découverte des plantes aromatiques fraîches, menthe, thym, persil, cerfeuil, romarin, coriandre, fleurs de soucis...

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 23:08

19/12/2017

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La vérité

© Sonia Marques (2013-2016)

Par kiwaïda at 23:32

17/12/2017

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Photographies © Sonia Marques

Notre-Dame-la-Grande l'église romane de Poitiers, peinte, avec des polychromies byzantines, inspirées par les croisades. J'avais déjà visité celle-ci en 2015. Le concert alors de Koudlam au Confort Moderne était bienvenu. Depuis, cet espace fut fermé pour travaux et sa réouverture ce week end, au public, avec une exposition collective d'artistes et une pelleté de concerts gratuits. Il y a 2 ans déjà, le temps passe vite. Trop de monde pour cette réouverture, d'un inconfort certain, l'humain n'est pas pensé dans l'architecture, pas de sièges, froideur générale, tout en vrac, le froid, le monde, la fumée et l'alcool des gens des mêmes, pas de métissage, manger debout, personne ne se parle vraiment, des groupes, des niches. J'ai trouvé le nouvel espace peu convivial et la thématique de l'exposition "d'art contemporain" creuse, le texte du commissaire est pathétique. L'accès reste aussi impensé, tant d'argent dans cet espace mais quelles démarches pour le public ? L'open space et le style brut hangars s'est banalisé, c'est triste. Mais quelques pièces m'ont semblé intéressantes dans le lot exposé, quoique mal installées. Il y avait des priorités, artistes cachés derrière avec manque de recul, ou artistes sur une scène et sans plasticité... La mode, les vestes partout, les textiles qui pendent, combien encore en a-t-on vu ces temps-ci ? Ils sont durs les temps de l'art pour artistes perdus et maltraités. Aucune critique n'est souhaitée, la communication marche à plein turbines, il faut faire des annonces partout, plus de critique d'art, l'entre-soi fait sa loi, c'est pour nous, pas pour vous, cela n'est ni engagé, ni surprenant, ni bien fabriqué, c'est juste la tendance, un seul mot d'ordre : se taire. Pourquoi tant de vrac, pour quel public ? Les jeunes gens seraient si creux entre eux, sans idées pour faire quelque chose ensemble ? Fumer et boire et parler Youtube et Facebook. Déceptives ces expositions. Déjà au centre de Vassivière, j'y avais vu aussi d'anciens amis exposants, mais ce fut si mal installé et là des médiatrices fatiguées des mêmes remarques, un lieu si grand avec si peu de générosité, venir de loin sur une île pour de si pauvres expositions sans sens, ni complétude, ce n'est pas dit, mais le public est déçu, toujours déçu, inaccessibilités. Alors se taire, ne rien dire, la communication fait le reste : il y avait du monde, il y a des photos de la foule sur Instagram. Ces preuves irréfutables des réseaux sociaux, on photographie une foule et c'est bon. On comptabilise les entrées, d'espace on passe à centre d'art, et là c'est le jackpot, pas pour les artistes évidemment. On se demande si exposer a encore un sens dans ces compétitions fatiguées, assez déconnectées de ce que nous vivons, le désenchantement est oppressant. Je peine à voir de la singularité et des savoir faire. Le petit texte de l'exposition qui ne décrit aucun artiste ni œuvre est consternant. Une exposition sans médiateurs : débrouille toi le public, pour venir, pour trouver, pour partir, car nous, on a déjà fait le point presse, et invité tout le ministère, les élus et les journalistes avant, c'est blindé, et toi, public, démer* toi ! Après le punk dans tout cela... Si c'est paupériser les artistes, oui c'est déjà le cas : rester dehors et comme les sdf, pas de sièges, assis-toi à terre par zéro degré l'hiver et regarde-nous à travers la vitre : nous travaillons chauffés. Vu aucun concert, trop full, trop de prétention. Et puis les artistes doivent circuler dans les mêmes réseaux, les mêmes se refilent leurs petits, et de petits en petits, on voit les mêmes exposés, les petits des petits commissaires, avec un gros égo. On ne voit que cela la petitesse d'esprit et des écharpes qui ne nous réchauffent plus.

Mais c'est Noël et les églises sont froides mais accessibles et y méditer est encore possible. La fumée qui sort de nos bouches, c'est la flamme fragile qui côtoie le silence des morts. Ils veillent. Il n'y a pas d'alcool, ni de cigarette pour te donner une contenance, ni de diktats rassemblement post-Johnny, vroum-vroum président. Dans cet inconfort pas moderne du tout, il y avait des reliques de blousons noirs, cela rappelle cette débauche d'argent pour le défunt interprète ami du président, lui qui a été accusé de viols sur mineures, célébrer sa mort juste après le discours interminable du président soufflé au théâtre pour la journée des violences contre les femmes... On y croit. Prières.

Si tu n'es pas Johnny, pas Charlie, pas Cantat, pas... la liste est longue, tu n'es pas français. On ne veille pas sur toi, on te surveille. Tu ne dois rien dire, tu peux à présent dénoncer afin que l'on t'inscrive sur une liste administrative à désintégrer. Tu perds ton emploi, on t'enverra à l'hôpital psychiatrique avant même que l'on ne sache qui es-tu. Si tu parles, tu deviens un danger pour les institutions, de l'argent est en jeu, beaucoup d'argent.
Les Marie c'est pour la pénitence, elles ne doivent pas survivre dans ce pays, prendre des coups et savoir qu'on les aime fort, quand elles se taisent, et plus quand elles se taisent pour toujours. Prières.

Mais comme l'écrit le commissaire de l'exposition, la mode est à la prédation et l'égo, et un paquet de femmes artistes fait bien l'affaire pour illustrer les trophées choisis. Sauvez-vous les filles !

Il fait trop froid pour guérir dans ces contrées de l'art à la cible trop jeune, trop cool, trop sexy, trop uberisé, trop crevards. Merci au confort moderne de nous avoir tendu la perche, nous avions besoin de réconfort, après les cadavres, les sacrés réchauffés dans leurs tanières.

Nicole Wermers, The violet Revs, 2016
Chaises en plastique, vestes en cuir

We are the painters, 2015-2017 (Gardienne, La muse de l'eau, La muse de la montagne, La muse du musée, La fée, Brune aux reflets bleus, La fermière, Gardienne)
Tissus, peintures, cheveux synthétiques

Lise Hailer Baggesen, Refuseniks (2017, textiles trouvés.
Dommage qu'il n'y avait pas la pancarte Refuse Abuse

Celia Hempton 2017

*

C'est une photographie d'un parking, cela me faisait penser aux architectures dédiées à l'art contemporain dont les architectes sont portés aux nues. Et des écoles d'art aussi... Mais nous ne sommes pas des bagnoles !

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 22:41

17/11/2017

#ßαℓαηç℮taTяʊiℯ

Culs noirs - d'après un échange entre un père et sa fille (Peinture © Sonia Marques - novembre 2017)

CULS NOIRS

Dans l'histoire du porc limousin et d'après l’ouvrage publié en 1868 de Lefour inspecteur en agriculture,  le porc « Cul Noir » fait partie des 6 races anciennes locales répertoriées en France. Les animaux présentent une robe bicolore claire et noire. La tête, la croupe et les membres postérieurs présentent des parties noires. Son origine suit la Vallée de la Gartempe, rivière qui prend sa source en Creuse puis passe par la Haute-Vienne, l’Indre et l’Indre et Loire. Le « Cul Noir » a la noblesse de son ancienneté et de sa rusticité comme le cochon basque ou le noir de Bigorre, le corse à condition que toutes ces races anciennes soient élevées en plein air sur des grands espaces herbeux et boisés sans surnombre avec une nourriture naturelle. Sous l’appellation « Cul Noir » il existe deux types : le limousin et le périgourdin. Ce sont deux génétiques différentes mais très « cousines ». Le « Cul noir » est une race non génétiquement modifiée, résistante, et, particularité : race à croissance lente.

- Le limousin est un porc non gras (5 cm de lard pour 130 kg à 20 mois);
La tête est longue, conique, à chanfrein droit, à oreilles moyennes ou petites baissées mais non pendantes. La tête et l’ arrière sont à peau noire avec soies noires de 7 cm environ et corps blanc avec truitures (minuscules taches noires) avec soies blanches de 7 cm. Le corps est haut et long avec ossature fine. Il n’excède pas 180 kg adulte et il reste élégant.

- Le périgourdin est plus trapu et plus gras que le limousin. Il possède plus de taches noires sur le corps et peu de soies voire pas du tout. S’il n’a pas suffisamment d’espaces et d’herbe et suivant la nourriture c’est un porc qui fera du lard (dans mon élevage les périgourdins n’excèdent pas les 6 cm de lard pour 130 kg à 20 mois).

La reproduction des truies

Les porcs sont des animaux qui présentent un cycle de reproduction court, c'est-à-dire que la maturité sexuelle des porcs est atteinte dès l'âge de 6 mois. Les animaux reproducteurs pèsent autour de 100 kilogrammes. La truie n'a pas de cycle de reproduction saisonnier. En effet, elle peut se reproduire tout au long de l'année, contrairement à des espèces comme la brebis qui elle fait ses petits au printemps. De ce fait, la truie peut mettre bas (avoir des petits porcelets) plusieurs fois dans l'année (généralement deux fois par an). Après fécondation, la durée de gestation de la truie est de trois mois, trois semaines et trois jours soit 115 jours en moyenne. Lors de la mise bas, la truie donne naissance à une douzaine de porcelets qui pèse chacun à peu près 1,5 à 2 kilogrammes. Dans les premières heures de la naissance, les porcelets doivent téter le premier lait de la mère qui s'appelle le colostrum. Ce premier lait est important pour que les porcelets naissant acquièrent une immunité microbienne pour la suite de leur existence.

La truie reconnaît ses petits grâce à leur odeur. Elle s'allonge pour que les porcelets puissent téter chacun une mamelle.

Dans la littérature et dans le langage familier, on (qui ? > les porcs) a donné le nom de truie aux femmes. C'est une femme grosse et malpropre, une femme de mauvaise réputation. (Synonyme : souillon) C'est une femme sale qui souille ce qu'elle touche.
Mais c'est le premier, ou la première, qui dit qui est ;.)

Ha les belles souillons ! Les marâtres et matrones les adorent, jusqu'à les harceler.

#balancetonporc


En 2017, dans la période de l'automne, un vent de délation a soufflé sur les routes des réseaux sociaux. Les hachtag #balancetonporc , #MoiAussi au Canada francophone, ou #MeToo ont été largement diffusés pour dénoncer l'agression sexuelle et le harcèlement, à la suite d'accusations de cette nature portées contre le producteur américain Harvey Weinstein. C'est la version francophone de la campagne Me too, utilisée depuis 2007 en ce sens par l'activiste Tarana Burke et relancée en octobre 2017 sous forme du hashtag #MeToo par l'actrice Alyssa Milano, qui a encouragé les femmes à partager sur Twitter leurs expériences. Les messages portant l'un des mots-dièses de la campagne font état de « violences sexuelles de tous types, allant de l’interpellation salace au harcèlement, à l’agression ou au viol ». Les victimes évoquent des faits survenus au travail, dans le cadre familial et à l'école. Elles indiquent parfois leur âge au moment des faits, montrant la jeunesse des victimes de ces pratiques. Les milieux professionnels décrits comptent aussi bien le monde du divertissement que la politique, la finance, le sport et les nouvelles technologies.

La culture du viol :

La notion de culture du viol est un concept sociologique forgé aux États-Unis, et utilisé pour qualifier le lien entre les rapports sexuels non consentis et le tissu culturel d'une société. L'utilisation du terme viol pour y décrire une culture suggère l'existence d'un schéma comportemental appris qui a été créé, organisé et transmis d'une génération à l'autre comme faisant partie des attentes associées au fait d'être un homme ou d'être une femme. De plus, la culture du viol ne serait pas un phénomène du type optionnel en tout ou rien mais s'imposerait à différents degrés, allant de l'institutionnalisation du viol jusqu'à sa punition, considérée comme seulement de façade. Dans sa forme la plus véhémente, la culture du viol se manifesterait par le fait que les femmes sont la propriété des hommes qui leur refusent tout respect ainsi que le droit de contrôle et de maîtrise de leur propre corps. La culture du viol relie ainsi un concept établissant des liens entre le viol et la culture de la société où ces faits ont lieu dans laquelle prévalent des attitudes et des pratiques tendant à tolérer, excuser, voire approuver le viol, à un processus global de domination. En France, si les études sur les causes culturelles du viol existent, la communauté universitaire ne s'est pas encore saisie de la notion...

Origine du terme:
L’expression « culture du viol » est une traduction littérale de l’expression anglaise rape culture, introduite par des féministes américaines dans les années 1970. Le terme fut employé par la première fois dans l’ouvrage « Rape: The First Sourcebook for Women » publié aux Etats-Unis en 1974 par le groupe des New York Radical Feminists. En 1975, le documentaire américain Rape Culture popularise le terme.
Définition: La culture du viol, telle que définie par la théorie féministe, est la manière dont le viol est perçu/ représenté dans l’imaginaire collectif, dans une société donnée et à une époque donnée. C’est un concept qui établit que la représentation du viol dans une société dépend d’un ensemble de croyances et d’attitudes. La littérature existante sur le sujet montre que la culture du viol découle de «mythes» qui faussent la réalité du viol telle qu’elle est perçue par les chiffres. Selon la théorie féministe, ces mythes témoignent de la persistance des stéréotypes de genre. On peut entretenir la culture du viol sans pour autant être un violeur soi-même ou soutenir le viol de manière publique. La culture du viol découle de croyances et d’attitudes profondément ancrées dans nos sociétés et souvent relayées de manière inconsciente. Elle suppose que les individus entretiennent un certain nombre d’idées reçues concernant la notion de consentement à l’acte sexuel, le profil des victimes de viol et celui des agresseurs. S’il est communément admis que personne, dans la société, n’encourage le viol de manière publique, la recherche montre que les individus ont souvent du mal à « reconnaitre » le viol tel que défini par la loi. Ceci explique par exemple, que des chercheurs qui demandent à des individus s’ils ont déjà commis un viol puissent obtenir des résultats très différents que lorsqu’ils demandent à ce même groupe d’individus s’ils ont déjà forcé une personne à avoir des relations sexuelles (Edwards Sarah R., Bradshaw Kathryn A., and Hinsz Verlin B., 2014). De la même façon, dire que la culture du viol existe dans un pays ne signifie pas forcément que le viol n’est pas reconnu et puni par la législation de ce pays. En revanche, cela signifie qu’un certain nombre de stéréotypes existants sont susceptibles de biaiser les jugements rendus par les tribunaux et que dans les faits, un grand nombre de violeurs ne sont pas condamnés.

♡ méditations

Les porcs naissent des truies, les truies naissent des truies.
Balancer un porc c'est balancer la truie.

Ce sont des animaux, les humains les tuent pour les manger. Ils sont roses mais pas toujours, ils sont adorables, ils sont vivants, ils ont des émotions, une histoire. Ils ont joué un rôle très important dans l'agriculture. Ils sont interdits dans certaines religions, on ne peut les manger, dans d'autres ils sont sacrés. C'est une sous-espèce du sanglier sauvage, un mammifère domestique omnivore de la famille des porcins, ou suidés. Appelé porc (du latin porcus) ou cochon ou encore cochon domestique.
Le cochon : Le terme désigne aussi la viande fournie par cet animal qui est la viande la plus consommée dans le monde alors même que le porc fait l'objet d'un interdit alimentaire dans certaines religions (dans le judaïsme et l'islam notamment).
La production se concentre dans trois zones : l’Europe (y compris la Russie), l’Asie (notamment la Chine) et l’Amérique du Nord (le Canada - l'un des plus grands producteurs, avec notamment le Québec - et les États-Unis). La Chine avec 46 millions de tonnes (2003) produit presque la moitié du total mondial.

"Cochon" est une insulte remontant au Moyen-Âge. Un cochon "serait", par nature, un animal sale et répugnant vivant dans la crasse. On soulignera plus loin, que c'est faux. C'est au XIIIe siècle que cette expression apparaît : celui qui ne respecte pas ses engagements ne vaut pas mieux qu'un porc, un cochon. Souvent le terme est classé X, dans la pornographie, dans l'obscène. Un cochon est un débauché, dégoûtant, dépravé, égrillard, érotique, goret, grivois, grossier, inconvenant, leste, licencieux, malpropre, marcassin, nauséabond, obscène, ordure, ordurier, paillard, pécari, pervers, polisson, porc, porcelet, porno, pornographique, pourceau, raide, répugnant, sagouin, sale, salé, sordide, verrat, vicieux...
Et la cochonne, dans le style péjoratif et vulgaire est une baiseuse, salope, sauteuse, lubrique... 

Le cri des porcs et des truies : ils et elles grognent ! Avec ce grand débarras social, il y a de quoi !
Les cochons ont un comportement social très différent de la plupart des espèces domestiques. Ils ont une vie sociale très hiérarchisée, et ce dès leur naissance : ils vont s’affronter pour se répartir les différentes mamelles de leur mère. Ils naissent avec des dents très aiguisées pour pouvoir se battre entre eux !
Une fois qu’ils se sont répartis les différentes mamelles entre eux (ils tètent toujours la même mamelle), ils se battront à chaque fois qu’un de leurs frères ou sœurs essayera de la leur voler ! A priori, le fait d’établir cet ordre aide à prévenir le besoin de toute autre agression concernant l’allaitement en assurant à chacun assez de lait. En général, le plus gros de la portée gagne la mamelle la plus productive. Du coup, il grandit et grossit plus vite que les autres et garde ainsi son statut de dominant jusqu’au sevrage. L’agressivité commençant dès les premières heures de la naissance joue un rôle très important dans la vie des cochons.
Et pour tordre les préjugés : Les cochons et cochonnes sont des animaux très propres malgré leur réputation. Ils apprennent à faire leurs besoins loin de leur nourriture et de leur couchage dès le premier jour de leur naissance et retournent toujours à ce même endroit tant qu’il n’est pas trop sale. Une fois que cet endroit est trop souillé à leurs yeux, ils vont faire à un autre endroit jusqu’à ce que ce nouveau coin toilette devienne sale à son tour. (S’ils ont le choix bien évidement. Dans une étable sale, ils feront où ils peuvent)
La propreté est apprise aux petits par leur mère. Les cochons font leurs besoins là où leur odeur d’urine se trouve. La première fois, ils feront là où la mère a déjà fait. Puis, ils y retourneront car l’odeur de leurs propres excréments s’y trouve. Les cochons sevrés trop tôt (moins de 6 semaines) peuvent avoir des problèmes quant à la propreté.
Les cochons se roulent dans la boue…  C’est vrai car c’est le seul moyen pour eux de réguler leur température corporelle lorsqu’il fait trop chaud, comme anti-parasitaire et crème solaire !

L'insulte marque une profonde inculture. Comme toute insulte, pour fonctionner elle doit être très "bête". Les bêtes, ces animaux le savent bien.

♡ PORCELAINE

Revenons dans le Limousin... et ce début de l'article qui aborde le cul noir, ce cochon si particulier, qui a les fesses noires mais aussi la tête ! Quel cochon !

Au XVe siècle, les premiers vases en provenance de la Chine arrivèrent à Venise, et l'on se demandait de quoi était faite cette céramique translucide comme l'albâtre, sonore comme le cristal. Les Italiens appelèrent la matière "porcellana" et tout l'occident adopta le vocable sans se poser de questions quant à l' origine du mot. Pendant plus de 2 siècles, une véritable fièvre parcourt toute l'Europe. Chaque Prince veut trouver et détenir le secret de cette porcelaine considérée comme aussi précieuse que l'or. Et c'est en effet un alchimiste qui trouve - ou croit avoir trouvé - la formule magique tant convoitée. Il s'appelle Böttger et travaille pour la manufacture de Meissen en Saxe. Aussitôt, les ateliers français, notamment ceux de Sèvres, s'empressent d'imiter cette "porcelaine de Saxe". Mais il faut attendre encore un demi siècle avant que des géologues trouvent dans la région de Limoges le précieux Kaolin, matière de base de la porcelaine de Chine...

Ainsi le mot "porcelaine" cette histoire commence par le "porcus" latin, "le porc".
"Porcella" fut d'abord le terme italien pour la "truie". Puis "porcella" devint un mot vulgaire pour désigner la vulve, le sexe féminin. Changement de nouveau du vocable : on appela "porcella" un coquillage univalve et fendu - que les Français connaissent d'ailleurs sous le nom de "porcelaine". Et lorsque les premières céramiques de Chine furent déchargées à Venise, les marchands vénitiens supposèrent - à tort comme on voit - que ces objets fabuleux étaient faits de coquillages broyés et ils appelèrent la matière "porcellana" : " porcelaine ".


Dans l’édition de 1832, du Nouveau dictionnaire de la langue française rédigé par messieurs Noël (inspecteur général de l’Université, chevalier de la Légion d’honneur) et Chapsal (professeur de grammaire générale), on trouvait cette unique définition, méconnue de nos jours (et peut-être de ces jours anciens), du mot “pucelage” : Dans un dictionnaire de 1832... Balades en bord de mer ? Ou aventures dans le Dictionnaire raisonné et universel des animaux, ou dans le règne animal, paru à Paris en 1759, est détaillé l’aspect de ce pucelage ? “La porcelaine & le pucelage", chez M. d’Argenville, ne font qu’un genre. C’est une coquille univalve, ainsi nommée à cause de la longue fente, avec une bouche garnie de dents des deux côtés, de forme ronde, oblongue, quelquefois bossue, quelquefois terminée par des mamelons.

Mais ce n'est pas fini !
Porcellana est un genre de crabes de la famille des Porcellanidae. Ils sont souvent appelés « crabes porcelaine », même si ce sont en réalité des galathées.
Tout comme Kiwaïda, le nom de mon pseudonyme, mais aussi du nom de domaine choisi pour mon site Internet, et tant de poésies, vient de La Galathée yéti (Kiwa hirsuta) ou crabe yéti. C'est un crustacé décapode habitant dans les profondeurs abyssales de l'océan Pacifique sud. Elle mesure 15 centimètres de long. Ses yeux très atrophiés et sans pigmentation laissent supposer qu'elle est aveugle. Elle est reconnaissable aux soies abondantes qui couvrent ses pattes, à l'origine de la deuxième partie de son nom. Ces soies semblent abriter des bactéries. Vivant auprès des sources hydrothermales à 2 500 mètres de profondeur, ce crustacé des grandes profondeurs est probablement carnivore et nécrophage. Le premier spécimen a été découvert en avril 2005 à 1 500 km au sud de l'île de Pâques, à l’occasion d’une mission organisée par Robert Vrijenhoek, du centre de recherche de l’Aquarium de Monterey Bay, en Californie, et par Michel Segonzac, biologiste de l'Ifremer. Il est le premier représentant d'une nouvelle famille, les Kiwaidae (de Kiwa, divinité des nacres et crustacés, dans la mythologie polynésienne). De nouveaux spécimens ont été observés dans les profondeurs de l'Océan Antarctique en 2010.
Et c'est bien avant que mon Yéti Crabe fut adopté, car Kiwaïda, reine des nacres et crustacés en a fait son principe même, habitante des profondeurs abyssales, aveugle et aux soies abondantes qui couvrent ses pattes...

little_yeti_crab_kiwaida.gifDessin de mon Crabe Yéti

Par kiwaïda at 01:01

17/09/2017

﹩αʟαü∂﹩ ∂ℯ ℘@ʊ♥ґε﹩



La Traversée de Paris est un film franco-italien, réalisé par Claude Autant-Lara, sorti en 1956. Le scénario s'est inspiré de la nouvelle de Marcel Aymé, Traversée de Paris, parue en 1947 dans le recueil Le Vin de Paris. Le thème du film se base sur le marché noir qui s'organisa durant l'occupation de la France par l'armée allemande entre 1940 et 1944. Le film a connu un certain succès à sa sortie et plusieurs répliques du film furent considérées très vite comme des répliques cultes, dont la célèbre expression « Salauds de pauvres ! », proférée par l'acteur Jean Gabin à l'adresse d'un couple de cafetiers et reprise par Coluche, dans les années 1980.
Pendant l’Occupation, Marcel Martin (Bourvil), un chauffeur de taxi au chômage, survit grâce au marché noir. Il trafique avec l’épicier Jambier (Louis De Funès), qui lui confie la livraison d’un cochon. Privé de son complice habituel, il propose à un inconnu, un certain Grandgil (Jean Gabin), de l’aider à transporter les valises qui contiennent la précieuse viande. Seulement, son acolyte d’un soir est un curieux personnage au caractère bien trempé, qui lui réserve quelques surprises… Dans cette scène, les deux compères se cachent dans un bar pour échapper à la police. Comme les patrons et la clientèle menacent de les « jeter aux flics », Grandgil laisse éclater sa colère dans une tirade d’anthologie

Aujourd’hui, personne ne peut dire que les pauvres sont plus sales que les riches. En revanche, une chose est sûre, les riches ont le pouvoir de rendre invisibles leurs déchets par toutes sortes de moyens.

"...ceux qui consomment des produits de luxe sont aussi bien moins nombreux que les autres — les riches sont bien moins nombreux que les pauvres. Aujourd’hui, personne ne peut dire que les pauvres sont plus sales que les riches. En revanche, une chose est sûre, les riches ont le pouvoir de rendre invisibles leurs déchets par toutes sortes de moyens. Par exemple, en faisant pression sur les pouvoirs locaux pour que leurs rues soient mieux nettoyées et en employant des pauvres pour traiter leur déchets. Il faut aussi prendre en compte le fait que les communes riches (c’est-à-dire celles où vivent des riches qui payent des taxes foncières élevées) ont bien plus de moyens pour embaucher des nettoyeurs ou pour payer les services d’une entreprise spécialisée."

Denis Blot est sociologue spécialiste des déchets et maître de conférences à l’université de Picardie - Jules Verne. Entretien a été réalisé par des lycéens de Saint-Denis (93), dans le cadre du projet Climat et quartiers populaires.

Les riches ont le pouvoir de rendre invisibles leurs déchets par toutes sortes de moyens, en accusant les pauvres de saleté et en les envoyant au tribunal pour avoir sali leurs propres outils de travail. Les outils de travail supprimés aux pauvres, ils demeurent sans emplois et remplaçables par de plus pauvres. Les riches sont ainsi lavés de tous soupçons et s'enrichissent encore plus, soutenus par l'état qui leur offre une évaluation sur l'invisibilité de leurs déchets.

Par kiwaïda at 15:09

18/04/2017

α♭ṧℯη☂ї☺ᾔ

2017 (Photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 13:00

11/12/2016

☺⑂℮ü✄ ηøëʟ


Carte de Noël à vendre, prix libre, me contacter, message personnalisé...

La mère Noël est passée par derrière plus tôt que prévu, vidant les poches de l'État, afin de participer à la mort des écoles d'art. Le sabotage dans le système, en choisissant les victimes. Culture des abattoirs municipaux, abominables méthodes. Étourdissements ratés et répétés à maintes reprises. Nous sommes terrorisés. Nous sommes les animaux. C'est à Limoges que cela se passe, capitale des spécialités bouchères, servies sur des assiettes de porcelaine blanche. Les mains propres. Ce sont les autres qui sont sales, des animaux qu'il faut tuer. L'État valide, l'état exécute, et verse de l'argent, d'ailleurs ils vous l'écrivent : vous ne vous êtes pas exécuté, assez vite, nous le ferons. Les clampins ont cru au sapin doré des vernissages, en attendant, attention vos fesses les petits croyants, la culture hissée en haut des cannes à pêche, c'est pour vous les idiots maternés. Par surprise votre tour viendra, l'État copie les méthodes terroristes. Les ogresses ne savent rien de la culture, ainsi se font-elles juges des savoir faire. Faisons semblant de prier, car nos poches sont déjà vides, mais notre mémoire pleine. Les gras déjà trop gras sont tous malades, ils cachent leur pathologie et tuent leurs petits. C'est une boucherie. Ça sent le sapin partout dans ce modèle de société qui objétise le vivant. La lâcheté des décideurs politiques se visibilise prêts à tout au nom de l’emploi. Nous sommes épiés, traqués, surveillés, punis, infantilisés. Dans quel état sommes-nous ?

Ils perdront tous leurs multiples emplois.

Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus,
le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen.

Par kiwaïda at 12:28

09/12/2016

ßαᾔⅾḯт ღαηḉн☺⊥

Démo dessin (pour des étudiants) 7 et 8 décembre 2016 (© Sonia Marques)

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. Premier dessin démo ce semestre, devant les étudiants, improvisé pour mon studio "Il pulcino nero".
Elles travaillent, elles dessinent, elles apprennent, et moi aussi, avec un peu d'avance. J'ai mis de la couleur, mais nous sommes au trait noir, les temps sont difficiles, nous n'avons plus beaucoup de moyens.
Autours de nous, il y a beaucoup de moyens, et peu d'idées. Nous continuons à chercher des idées et les développer, avec très peu de moyens, nous continuons.
C'est Noël, tous les fonctionnaires sont récompensés de leur année, de leur service effectué.
Ils ont tous bien travaillé, ils ont reçu des primes, la paye est bien arrivée, très tôt, très très tôt.
Ils font des cadeaux. Ils partent en vacances.

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. Des guirlandes colorées, des fils barbelés, des accordéons du savoir, désaccordés. D'accord, d'accord.

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. Des maladroits, des blessés, des familles entières, des plus lourds, des empereurs.Tableaux de fils.

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. De ceux que l'on insulte, des estropiés, des amputés. De ceux que l'on écrase, de leurs cicatrices, des marques de pneus.

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. De ceux qui se soutiennent, des familles téméraires, ils se portent, se supportent, se transportent, s'importent, s'exportent, qu'importe... Du porte à porte.

D'où viennent ces pieds ?
Des fonctionnaires obéissants qui vivent sur la banquise glacée au service des autres.
Ce sont des manchots, ils limitent les forces de frottement lorsqu'ils nagent.
34 jours de mue, très rapide. Le mois de janvier annonce un plumage nuptial, les manchots palissent.
Ils redeviendront sombres, année 2017.



Démos dessins (pour des étudiants) 7 et 8 décembre 2016 (© Sonia Marques)

Les bandits manchots se tiennent les ailes, raides et aplaties, solidaires.
Incapables de voler.

Par kiwaïda at 12:14

15/10/2016

яüღ℮üя

Réalisation : Nathalie Magnan (8 juin 1996) Émission l’œil du cyclone ("Il n'y a pas de fumée sans feu")

Théoricienne des médias, réalisatrice, (h)activiste et cyberféministe

Une longue bataille pour Nathalie dont beaucoup pensions qu'elle vaincrait cette maladie, le cancer du sein.
Elle s'était rapprochée de la mer et Marseille et avait quitté Paris, dans cette optique d'être proche des éléments marins.
Je l'ai connue en 1996 à l'Ensba de Paris, elle était invitée alors par Monique Bonaldi, responsable du pôle vidéo et avait réalisé un workshop. Étudiante, je faisais de la vidéo entre autre et Monique nous avait parlé de son intervention et son engagement féministe, qu'elle venait des États-Unis. Cela avait fait fuir plusieurs étudiants. À ce moment, elle ne devait pas mettre ce mot, féministe, dans son CV, on lui disait que cela pouvait arrêter sa carrière en France. Ses cours étaient clairvoyants, engagés et joyeux, on pouvait lui parler de tout. Lorsqu'elle nous présentait la multitude de féminismes, malgré les interdictions pour sa carrière, les étudiants, nous découvrions en même temps de nouvelles techniques, tactiques et artistes et groupes (télévision, vidéo, art, performances, littérature…)  Nous nous sommes retrouvés un petit groupe, jeunes femmes et jeunes hommes face à une passionnée du montage, du sens des images, de leurs manipulations, avec des références singulières comme Sadie Benning, qui était de notre génération et avait toute jeune fait ses premiers films avec une caméra Ficher Price, qu'elle nous a montré. Monique nous avait transmis une cassette, à l'époque c'était des Hi8, ou sur une VHS d'un journal télévisé du 20H00 et nous devions réaliser un montage, en cut, le numérique à côté demandait des formations nouvelles pour l'équipe technique et elle commençait à installer les premiers ordinateurs équipés de logiciel. Nathalie nous a informé sur les images télévisées de la Guerre du Golf, nous les avions passées au crible. Ces deux professeures et techniciennes nous ont à chacune, chacun, filé une caméra et nous avons réalisé nos premiers essais et montages dans la foulée. Il y avait cet aspect technique et pratique très rapide, pris dans l'évolution des technologies des médias, mais aussi cette ouverture sur les genres et les identités, aussi rapide et de savoirs accessibles, dans nos formations où ces sujets n'étaient jamais abordés. Elle nous a donné des textes de différentes langues et s'attachait à nous les traduire en français. J'ai eu cette impression que j'avais appris quelque chose qui avait échappé à plusieurs de mes camarades et de mes professeurs, chefs d'atelier. Une distance critique sur nos états de gouvernance et la liberté de pouvoir inventer des formes nouvelles, toujours par les outils, mais surtout de les partager. Ce territoire n'a cessé de s'enrichir ensuite.

Plus tard nous nous sommes revues, elle s'intéressait de près au collectif que j'avais co-fondé sur Internet et nos mobilités. Elle était déjà passée à l'Internet et ses codes, en autoformation coopérative toujours et attachée à la transmission, professeure dans différentes écoles, mais aussi à organiser des formations et rencontres pour fabriquer son propre serveur, pour les femmes et les hommes qui parvenaient à se dire "femme" le temps de la formation, c'était ludique. Dans ces nouveaux domaines techniques, nous avons gardé contact mais bien plus pour des soutiens mutuels, des espoirs lumineux et pacifistes. Sororité et bienveillance, elle a aidé, et accompagné différentes générations, parfois en retrait, traductrice, technicienne, elle aimait l'écriture, les théories, s'interrogeait sur les mouvements féministes, les regroupements, les alliances passagères, parfois en était même rejetée, comme son expérience chez les CDG (Chienne de garde) qui étaient abolitionnistes (de la prostitution), ce que n'était pas Nathalie. Elle avait cet art de moderniser les groupes en leur donnant accès à des outils (forums, sites Internet, machines...) mais surtout en donnant la parole, écoute, respect des différences, positionnement, et modularité, acceptation des changements. Débats, combats, elle a participé aux changements et ceux à venir. Elle m'avait conviée à une mailing list américaine (FACES) très active lorsque je participais d'une autre, (du CEDAR), qu'elle co-modérait, sur les écoles d'art en réseau. Et curieusement, nos derniers échanges cet été, étaient portés sur les éléments naturels, et à la mer, ces derniers temps salutaires, bien loin de toute théorie.

Elle n'avait que de bons souvenirs de l'école de Bourges, l'école où elle enseignait dernièrement, et des milieux artistiques autours, cela a été important dans son parcours d'enseigner dans cette école. Elle me disait qu'elle ne voyait que cette école parmi toutes, en France, pour son enseignement.

Nous rigolions que j'emprunte son casier à l'école, sans cadenas pour mettre mes affaires. J'avais demandé récemment si son prénom noté "Bathalie" dans l'organigramme du site Internet pouvait être changé en "Nathalie" sur l'organigramme ;.) Elle avait cet humour et ce regard ouvert sur les mouvements de l'identité que traversent les êtres et j'imagine que celle qui n'aimait que les minuscules et aucune majuscule, aurait supprimé toutes les majuscules de tous les textes, juste pour jouer. Elle signait : xx

Elle était bien entourée ces temps-ci et il y a eu une pluie de reconnaissance et de souvenirs ce WE, exceptionnels et cela va continuer.

Je garde nos derniers échanges, celle d'une belle personne, femme forte, énergique, empathique, et apaisée, son sourire, sa voix.

Nous avons redécouvert les émissions de l’œil du cyclone, truchées d'humour (voir celle sur le 1% artistique, ou sur le poil) années 90 où j'ai rencontré ce cyclone magique, nat.

Mon ami me le dit justement, à la fin de son émission sur la rumeur, de 1996, après tous les crédits, une phrase est écrite, était-elle d'elle ?

On ne peut pas allez plus vite que le temps qu'il nous reste.

Lire l'article d'Élisabeth Lebovici sur son blog, Le beau vice : Nathalie Magnan (1956-2016)
Et celui sur le site de l'École nationale supérieure d'art de Bourges

Par kiwaïda at 23:46

14/10/2016

η☺ṧ☂@ʟℊḯα

Quelques heures après la publication de cet article dans ce blog, au mot clé étoile, Nathalie Magnan disparaissait.
Hier soir, 3 images, étaient postées ci-dessus, sans références, suite à un workshop (L'art de la disparition) de 5 journées pacifiques, dans les marais de Bourges, avec les étudiants. Comme disait l'une d'entre nous, cela vide la tête, relâcher la pression, se mettre en état d'observation. Nos échanges, les explorations des unes et des uns et des autres continuaient la contemplation mais aussi du ciel, des constellations d'observatoire du Chili et de films de Patricio Guzmán ("La nostalgia de la luz" de 2010 que l'artiste Françoise Quardon nous a projeté et "Le bouton de nacre" de 2015 que je vais projeter, grâce à la commande de Cécile Liger, conservatrice des bibliothèques) Des histoires d'eau et de canoë des étudiant.es, de leurs navigations, des cartographies envisagées à venir. Un peu d’ethnographie, de rites magiques. Discerner le savoir des croyances, tel est mon acte de transmission, mais pour mieux les confondre dans celui de la création. Car, on ne peux oublier les astres, lorsque l'on a pu les observer, interroger les étoiles, et dans des situations inextricables, telles celles des prisonnier.es, des malades, les étudier et les imaginer, de l'espoir dans la disparition.
*
Je lui disais que je n'étais pas (h)activiste, j'étais pacifiste, elle était dans ces questionnements, elle était rassurée. Mais pour être pacifiste, je le réalise de plus en plus, il faut activer la paix. Aucune immédiateté. Le temps de comprendre.

Hommage et apaisement, étoile était un présage, successivement, Nathalie s'est éclipsée depuis Marseille, mais n'était pas très loin de nous. Son sourire, sa bienveillance, prendre soin, désarmer. Des yeux d'eau, de la mer.

Sorority



Par kiwaïda at 22:36

04/10/2016

мαღℯ

ももへの手紙 Momo e no Tegami

Par kiwaïda at 00:16

25/08/2016

ﬡᗝᔕ ᖙéᔕᓰᖇᔕ Fᗢﬡ♈ ᖙéᔕᗢᖇᖱᖇᙓ



Grande traversée : Women's power, les nouveaux féminismes


Une cartographie des luttes et des pensées féministes, sur le terrain, dans les universités, en politique et sur internet, pour comprendre les acquis et le enjeux d'avenir d'un mouvement, pluriel, vivant et métissé, situé au cœur des transformations sociales que nous vivons.

Elles sont filles d'Olympe de Gouge et d'Angela Davis, de Simone de Beauvoir, de Judith Butler, de Virginia Woolf ou d'Audre Lorde. Depuis la révolution française, leurs aînées ont conquis peu à peu des fonctions qui furent longtemps réservées aux hommes, puis le droit à disposer de leur corps. Pourtant, en 2016, les femmes gagnent moins que les hommes et réalisent la majorité des tâches domestiques, avorter est encore tabou, la révolution sexuelle n'a pas aboutie, l'hétérosexualité reste la norme et tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Dans la sphère privée et dans la sphère publique les rapports entre hommes et femmes sont toujours inégalitaires. Alors, les féministes poursuivent leurs luttes pour atteindre l'égalité réelle politique, économique, culturelle, sociale et juridique.

Les réformistes proposent de changer les lois. Les plus révolutionnaires prônent un renversement total du système. Les abolitionnistes, dénoncent la pornographie quand le mouvement sex-positif veut se la réapproprier. Les féministes post-coloniales articulent les questions de sexe, de race, et de classe et le mouvement queer révèle la multiplicité des catégories sexuelles. Ainsi, traversé par une multitude de courants, le féminisme n'est pas et n'a jamais été homogène. Les grands débats d'actualité le clivent : comme la question du voile, la prostitution ou les mères-porteuses. Beaucoup d'autres sujets, pourtant, rassemblent comme la défense du droit à l'avortement, la lutte pour l'égalité salariale, pour l'éducation à la sexualité, contre le viol, les violences conjugales ou le harcèlement sexuel.

Cette grande traversée vous propose d'écouter la diversité du mouvement féministe. Écouter ces militantes, chercheuses et féministes du quotidien nous parler de travail salarié et de travail domestique, de l'IVG et de la maternité, des violences, des sexualités, du colonialisme. Au fil des documentaires, des archives, des entretiens et des débats, elles nous font découvrir les acquis et les enjeux d'avenir des luttes et des pensées féministes.


Charlotte Bienaimé est documentariste à France Culture. Cette grande traversée s'inscrit dans le prolongement de la diffusion sur les grille d'été de France Culture 2014 et 2015 de deux séries « Nasawiyat », portraits de jeunes féministes en France et dans le monde arabe, prolongées dans le livre « Les nouvelles féministes du monde arabe », paru en janvier 2016, aux éditions Les arènes.


Dernières émission à écouter sur France Culture


26.08.2016

 "Ne nous libérez pas, on s'en charge."

Vers un féminisme post-colonial

25.08.2016 1H 48 min

"Nos désirs font désordre."

Sexe, genre et sexualités.

24.08.2016 1H 48 min

"Quand c'est non, c'est non !"

Les violences faites aux femmes.

23.08.2016 1H 48 min

"Nos corps, nos choix"

IVG et maternités.

22.08.2016 1H 48 min

"Et qui va faire la vaisselle, on fait des manifestations"

Travail salarié, travail domestique.

Par kiwaïda at 15:02

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L'explosion atomique Baker, déclenchée dans le cadre de l'Opération Crossroads, une série d'essais nucléaires menés par les États-Unis sur l'atoll de Bikini, dans les Îles Marshall le 25 juillet 1946.

L'atoll de Bikini est un atoll des îles Marshall. Il fut le théâtre d'essais d'armes atomiques menés par les États-Unis, à partir du 1er juillet 1946, date de la première explosion de l'opération Crossroads.

L'explosion atomique Baker, déclenchée dans le cadre de l'Opération Crossroads, une série d'essais nucléaires menés par les États-Unis sur l'atoll de Bikini, dans les Îles Marshall le 25 juillet 1946. Le large nuage blanc est un nuage de condensation (Nuage de Wilson) qui n'a duré qu'un temps très court. L'explosion n'a pas formé un champignon atomique classique, mais une colonne d'eau qui s'est étalée « en chou fleur » puis est retombée dans le lagon. L'image est à comparer avec celle-ci, prise après la disparition du nuage de condensation. L'eau déplacée par l'explosion était fortement radioactive et a contaminé les bateaux qui avaient été placés à proximité. Les bateaux contaminés, mais en état de marche, ont été emmenés vers les chantiers de Hunter's Point, à San Francisco, pour y être décontaminés. Ceux qui n'ont pas pu être décontaminés ont été coulés au large de la ville.

Le but de l'opération était de valider la puissance destructrice de bombes A sur des navires et des sous-marins situés aux alentours.

Le mannequin Micheline Bernardini porte le premier bikini et montre la boîte d'allumettes (1946)


Bikini serait une déformation du nom mélanésien local Pikinni que l'on traduit par pik (« aire », « surface ») et ni (« cocotier »).

L'atoll a donné son nom au bikini, un type de maillot de bain féminin. En 1946, Louis Réard a lancé un maillot de bain « révolutionnaire » qu'il baptisa du nom de l'atoll de Bikini, où venait de se dérouler un essai nucléaire américain. Ce maillot deux pièces, vendu dans une boîte d'allumettes, est commercialisé avec le slogan : « Le bikini, la première bombe anatomique ! ». De quoi susciter à l'époque un véritable raz de marée de protestations. Les autorités italiennes, espagnoles et belges en interdisent le port. En France, le maire de Biarritz aura recours à un arrêté municipal pour bannir ces bouts de tissu de la plage du casino.

Cinquante ans après l’explosion de la bombe H BRAVO sur l’atoll de Bikini, les habitants des îles Marshall développent des cancers liés aux radiations qu’ils ont reçues lors de ce test nucléaire américain. D’après un rapport remis à une commission du Sénat par l’Institut national du cancer (NCI), il faut s’attendre à 9% de cancers supplémentaires dans la population exposée à l’époque, sachant que la moitié de ces cancers liés aux radiations ne se sont pas encore déclarés.

Entre 1946 et 1958, les Etats-Unis ont mené 66 essais nucléaires, répartis en sept séries, sur les îles Marshall. L’explosion de la bombe BRAVO en 1954 fut la plus dangereuse pour la population de l’atoll Bikini et de ses voisins Rongelap, Alinginae et Utrik. L’Etat américain a versé 270 millions de dollars de compensation dans les années 80 mais les habitants des îles Marshall demandent une réévaluation des dommages subis. C’est dans ce cadre qu’un comité du Sénat a demandé un rapport au NCI.

Les auteurs du rapport, remis en septembre mais rendu public seulement maintenant, évaluent à près de 14.000 personnes la population exposée aux retombées de l’explosion de 1954. Sans ce test, on pouvait s’attendre à 5.600 cancers, selon le NCI. Suite aux fortes doses radioactives reçues par la population, le nombre de cancers devrait être de 6.130, soit un excédent de 530 cancers. Les gens ayant été exposés très jeunes, la moitié de ces cancers sont à venir, selon les auteurs.

C.D.
(18/04/05)


Un homme mesure le maillot de bain de femmes. S’il était trop court, elles recevaient une amende, 1920



Août 2016, en France, une femme qui se repose sur la plage est interpellée par 4 policiers armés. Elle porte un foulard turquoise et blanc noué au-dessus de la nuque et une tunique de même couleur à manches longues. Les policiers lui demandent de se déshabiller sur ordre et lui délivrent une amende.

La mairie de Nice n'était pas en mesure de préciser dans l'immédiat les circonstances de ce contrôle. Mais elle a confirmé qu'une quinzaine de femmes avaient été verbalisées depuis le début de la semaine, en raison de leur tenue de plage.

Annette Kellerman (1887-1975) née à Sydney, est une nageuse synchronisée et une actrice australienne. Elle promeut l’utilisation d’un maillot de bain 1 pièce en 1907, elle sera arrêtée pour exhibitionnisme. Enfant, Annette Kellermann est atteinte de la polio. Son médecin lui recommande de nager. Elle devient championne de natation. Elle tente aussi la traversée de la Manche mais échoue, au bout de 10 heures de nage, dans une eau à 11 °C.

Les organisateurs essayant de stopper la première femme à finir un marathon, Boston, 1967

Lisa Lyon, photographie de Robert Mapplethorpe (1984)

Lisa Lyon, née en 1953, est une bodybuildeuse féminine et une top-modèle américaine. Elle est considérée comme l'une des pionnières du bodybuilding féminin. Une des muses de Robert Mapplethorpe

Itsi Bitsi Petit Bikini - Dalida

Ce titre est extrait de l'album : Garde-Moi La Derniere Danse Vol 8
Année de sortie : 1961
Label : Barclay

Sur une plage il y avait une belle fille

Qui avait peur d'aller prendre son bain

Elle craignait de quitter sa cabine

Elle tremblait de montrer au voisin

Un deux trois elle tremblait de montrer quoi ?

Par kiwaïda at 01:58

15/06/2016

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Par kiwaïda at 14:19

13/06/2016

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Rose - Cathédrale à Périgueux 2016  (photographie © Sonia Marques)

Rose

Couleur enfouie dans mes souvenirs, elle remonte à la surface.
Des peintures d'il y a longtemps.
Rose et je pense à la rose des sables, car du désert j'en ai parlé dans ma conférence.
Enfant j'aimais ces roches des terrains tendres et déformables, cristallisations de gypse...
Je pense au film du réalisateur américain Abel Ferrara, "Pasolini", sur le poète et écrivain italien Pier Paolo Pasolini, réalisé en 2014 avec Willem Dafoe.
Dans ce film, il y a des images, de la naissance des images de la poésie, la possibilité d'y croire.
J'ai cru au désert rose.

Poésie en forme de rose sur la longue route du sable.
Un portrait dans la cathédrale périgourdine. Subjuguée par la lumière des vitraux. Les fenêtres dans mes yeux.
Je suis devenue rose.

Rose.
Et je me souviens d'un tableau de la peinture d'Albert Marquet au Musée de Cognac. Il était turquoise, de Marseille. Je voyais le rose aussi. Je suis restée un certain temps devant, puis l'ai photographié. Toutes ses peintures me sont familières, ses couleurs, ses lignes.

Et le rose.

Proche de Matisse, ses paysages sont dans mes yeux.
Je ne savais pas que se profilerait alors une monographie rétrospective un an plus tard à Paris.

Pas vue.



Albert Marquet (French, 1875-1947), Port d'Alger dans la brume, 1943. Huile sur toile, 65 x 81 cm



Rose donc.

Roses, sont mes efforts de faire remonter à la surface ces souvenirs où tout était couleur.
Surement bien avant avoir fait des études artistiques. Couleur interdite.

Il devenait interdit de s'embrasser dans l'école d'art de Paris.
J'ai réalisé en 1996, une vidéo, Gum, des baisers, un passager clandestin, le chewing-gum rose.
On s'embrassait tous.

Le film était tissé des pixels de l'écran rose.
La peinture n'était pas bien vue.
Alors, je faisais des sculptures de pétales de rose au chewing-gum.

Rose, je me redresse. Ma colonne vertébrale laisse l'hiver derrière avec les vautours qui attendaient ma carcasse recroquevillée.

Je me redresse et je vois bien le ciel. Allongée sur l'eau bleue.

Je suis rose.

Cela devait s'arrêter là.



Orlando, ville d'un crime de masse le 12 juin 2016 dans un club emblématique de la cause des lesbiennes, gays, bisexuelles, trans-genres, intersexuée.



À quoi ressemble Orlando ?

Tout le monde est gai pourquoi tant de haine.
Devraient être combattues ces haines de l'autre, en commençant dans les écoles.
Même si l'on continue de faire taire celles et ceux qui dénoncent les inégalités de traitement.
Si l'on continue d'invisibiliser l'homophobie, le racisme, la misogynie.

Même si l'on est écarté lorsqu'on défend celles et ceux touchés par l'homophobie, le racisme, la misogynie.
C'est cela être engagé-e.

On continue d'invisibiliser celles et ceux que l'on écarte.
Celles et ceux qui dénoncent les inégalités de traitement.
Cela fait partie d'invisibiliser l'homophobie, le racisme, la misogynie.

Dans les écoles aussi.


Je suis rose.

*

J'ai vu le film Queen of Montreuil réalisé par Sólveig Anspach. J'aime les films de cette réalisatrice, qui n'est plus là pour continuer.

Il y a la voix d'une chanteuse de Fado, métisse, née en 1973, née au Mozambique, Mariza, son nom de famille Marques.
Thomas Blanchard dans ce fado joue le rôle d'un travesti.
Il porte la robe rose de mariée tant convoitée.

Tristesse et allégresse.

Tendresse et délicatesse.

Fesse. Confesse. Agresse. Détresse. Paresse. Faiblesse.
Clownesse. Décompresse. Prouesse. Justesse.
Jeunesse et vieillesse. Politesse. Prêtresse. Forteresse. Ivresse. Caresse.
Sagesse. Souplesse.
Promesse.

S

Rosace.


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Par kiwaïda at 15:53

31/05/2016

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Jornadas Cantianas (a 16 e 17 de Março 2012), evento em torno da obra de Paulo de Cantos, figura enigmática da auto-edição, cuja obra é largamente desconhecida do público.
As Jornadas Cantianas apresentarão, pela primeira vez, a obra (possível) do autor (livros, maquetas e objectos) ao público, convocando igualmente autores do design, tipografia e crítica cultural para um ciclo de conferências em torno de temáticas tangenciais à obra do autor.
As Jornadas abrem um ciclo dedicado a figuras pouco estudadas e amplamente desconhecidas do universo cultural Lusófono. Expansível a diversas áreas de conhecimento artístico, inicia-se com as artes da edição e da publicação.
Esta primeira Jornada intitula-se Cantiana (de canto e cantão, de cotovelo e cunhal) de Paulo José de Cantos (1892-1979), um ilustre desconhecido dos meandros bibliófilos, um prolífico pedagogo Povoense impelido pela publicação, banzado por tipografia, por acrósticos destravados e pelo universalismo da língua e da lusofonia. Paulo Cantos foi um auto-editor de invulgares, idiossincráticos, inclassificáveis e imprudentes livros que povoam (cada vez menos) as prateleiras de várias lojas de alfarrabistas.
As Jornadas vão decorrer ao longo de dois dias em que vários convidados apresentam, abertamente, analogias e possíveis referências empáticas às suas
edições. Em torno dos livros dissecados iremos falar das principais quimeras presentes na lista de obras do autor.
Os livros do autor, em exposição, serão acompanhados de outras publicações relativas às apresentações dos oradores convidados. Como pequenas extensões biográficas poder-se-á ver material epistolar, desenhos, dedicatórias, ilustrações e maquetas originais entre outros objectos ludo-documentais, encontrados no decurso da pesquisa.

Érudite /

Du latin eruditus (« instruit, éduqué, savant, habile, érudit »), participe passé de erudire (« enseigner, instruire, éduquer »). Étymologiquement, un érudit est une personne « polie » par le savoir et la connaissance.

Érudition : Savoir approfondi dans un ordre de connaissances, et en particulier dans toutes celles qui sont fondées sur l'étude des textes, des documents : Un ouvrage d'érudition.

Qui s'intéresse à l'érudition ?

L'une des personnes illustre et curieuse qui enseignait au collège d'Eça de Queirós à Povoa de Varzim au Portugal, était le professeur Paulo de Cantos. Né à Lisbonne le 13 Mars 1893 il y mourut le 9 Avril 1979. Le professeur Paulo de Cantos a fréquenté les Universités de Lisbonne, Porto et Coimbra. Il est dit de lui qu'il fut "doté d'une grande intelligence, la curiosité et le désir d'apprendre et doué d'une mémoire prodigieuse, de nombreuses formations, incluant diplômes en mathématiques, dessin, physique et chimie, sciences naturelles et biologiques, langues romanes (philologie romane), et même des cours de beaux-arts et a, entre autres, un diplôme en viticulture ". Puis il a été professeur de l'enseignement secondaire, en commençant par Pedro Nunes à Lisbonne et plus tard a enseigné au collège Eça de Queirós à Povoa de Varzim, dans lequel il a passé la plupart de sa vie professorale, et est devenu recteur pendant 10 ans. L'approche du mouvement allemand du Bauhaus ou du surréalisme tel qu'on le connait en France, est approprié pour cet auteur extravagant, original et singulier.


Plusieurs traces écrites attestent qu'il est difficile de faire la synthèse de qui était Paulo de Cantos, professeur, rédacteur en chef, graphiste, philanthrope, philologue. Son intérêt s'est porté sur des manuels d'enseignements, livrets frénétiquement édités depuis les années 20 jusqu'à sa mort. Sur plusieurs sujets, la langue, la géographie, de l'anatomie, de la littérature, les mathématiques, le folklore - et dont la particularité est le chemin utilisé pour créer la composition des caractères, des dessins stylisés, des cartes anthropomorphes. Un travail de pionnier, pratiquement inconnu, très visuel, avec un souci pédagogique. Il est rare de trouver ses livres. Paulo de Cantos a créé son propre langage. Après un voyage au Brésil, vers 1965, l'auteur a organisé dans sa maison un Congrès Luso-brésilien dédié à la langue portugaise. D'où l'idée d'unifier l'orthographe des deux langues, qu'il appelait PAK.
Paulo de Cantos a été un homme en avance sur son temps. La plupart des livres de Cantos trouvés dans les librairies n'ont même pas été ouverts. Il y a une grande distance entre le travail qu'il a produit et le public reçu, qui n'a pas été comprit à l'époque mais son travail a des choses à dire.
Cantar
veut dire Chanter, en portugais, son nom est celui d'un chant, d'un champ ?



Il est retourné à Lisbonne, où il a fondé le Centre de Prophylaxie de la vieillesse dans sa maison, et a créé une librairie adoptée par Fernando Pessoa, Cesariny, entre autres. Mais contrairement à ses contemporains, Paulo de Cantos est resté pratiquement inconnu, ce qui crée un certain mystère autour de lui, comme liés à la dictature. Dans quelle mesure il a influencé les artistes qui le connaissaient ?  Paulo de Cantos va au-delà des livres. Il a inventé un mobile construit en taille réelle, qui s'ouvre et a l'intérieur des os humains pour simuler un squelette, ou une canne bizarre avec plusieurs compartiments pour stocker de petites quantités de produits d'épicerie. La vision polygraphique de Paulo de Cantos, un artiste scientifique a permit de déplacer certains problèmes concrets, de nature technologique, vers des couches plus abstraites de la culture, impliquant la langue et la cognition, dont la théorisation arrive à des limites obsolètes ou absurdes. Comme Fernando Pessoa, Paulo de Cantos, modernistes, a construit un travail basé sur la diffusion imaginative de la science, dans des livres comme Astrarium (1940) ou O livr-o-mem (1930-1936). L'imagination dépasse toujours l'élan de la diffusion. Le travail "Cantianas" est est arrivé à connaissance de nouveaux chercheurs, car invisible et ignoré pendant longtemps, et commence tout juste à être découvert par des designers portugais. Ils sont enchantés par l'utilisation créative des éléments typographiques et rédactionnels, dans tous les livres étrangers publiés par Cantos. Cependant la langue originale et poétique conçue dans des configurations complexes par Cantos, attendent toujours une analyse systémique.
Robert Massin, graphiste, typographe, directeur artistique, français considéré comme un génie, avait été invité à une conférence à Lisbonne en 2012, sur Paulo de Cantos et avouait qu'il ne connaissait absolument rien sur celui-ci, mais plus largement sur l'art au Portugal, ou même son histoire. 

* José Maria de Eça de Queirós ou Queiroz, (25 novembre 1845 – 16 août 1900) est un auteur naturaliste et diplomate portugais.
* Fernando António Nogueira Pessoa est un écrivain, critique, polémiste et poète portugais (13 juin 1888 - 30 novembre 1935)
Théoricien de la littérature engagé dans une époque troublée par la guerre et les dictatures, inventeur inspiré par Cesário Verde du sensationnisme.






 

Tous les visuels sont de Paulo de Cantos

J'ai logé là à Lisbonne, peut-être en 2006, pour pouvoir créer un contact avec l'école angevine, lorsque j'étais professeure, juste à côté de la maison de Paulo de Cantos, dans le Bairo Alto, où il a créé en 1949, un centre de prophylaxie de la vieillesse pour la valorisation de la motricité humaine. Une institution d'utilité publique. En médecine, une prophylaxie désigne le processus actif ou passif ayant pour but de prévenir l'apparition, la propagation ou l'aggravation d'une maladie. J'ignorais cette proximité, mais j'ai photographié cette maison, comme toutes de façades d'azulejaria. Ce contact fut une  aubaine pour l'école d'art angevine qui peinait à avoir un contact bilatéral avec une capitale, au moins européenne, afin que les étudiants partent étudier à l'étranger. J'ai vu récemment de jeunes artistes angevines, ayant étudié là-bas, à la FBA de Lisbonne, par cet échange, créer plusieurs projets, exposer.

Qui s'intéresse à l'érudition ?



  

Par kiwaïda at 16:20

14/05/2016

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Vol d'un lapin blanc (Photographie © Sonia Marques)

« Un lapin traverse une route de nuit et est pris dans les phares d'une voiture : pétrifié, figé, tétanisé, incapable de réagir, il se laisse écraser par la voiture. »


Mois de mai 2016 : les actualités



Une jeune femme se suicide en direct sur une plateforme de vidéo, téléphone en main, se jettant au dessus d'un pont sur les rails de trains, évoquant un viol dont elle était victime.
Un groupe de femmes dénonce des pratiques archaïques, le harcèlement sexuel, dans des cercles de pouvoirs, depuis des années impunis.

Plusieurs victimes isolées dévoilent leur viol, du patron, au ministre, au collègue, parfois des dizaines d'années plus tard.

Un président voile sa compagne et elle le tait bien.

Depuis la fin du 20e siècle de nombreuses affaires d'abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres et des religieux sont rendues publiques mais étouffées par la hiérarchie ecclésiastique.

Depuis le début du 21e siècle, de nombreux diocèses reconnaissent publiquement leurs torts sur les crimes sexuels dans les églises.

Ils violent des milliers d'enfants, au nom de Dieu.

Depuis sa reconnaissance par une jurisprudence de la Cour de cassation en 1990, le viol entre époux est enfin reconnu et le consentement à la sexualité doit être exprimé, ou le refus respecté.

Les chiffres alarmants révélés par certaines enquêtes, estiment jusqu'à 50% le pourcentage de femmes ayant subi un ou plusieurs viols conjugaux dans leur vie maritale.

Il y a 75 000 viols par an en France ce qui fait 206 viols par jour et concerne une femme sur 6.

80% des victimes sont des femmes.

Les viols collectifs concernent 7% des cas.

63% des femmes violées l'ont été dans l'enfance ou à l'adolescence par des connaissances.

Le viol concerne toutes les catégories sociales.

Les hommes violents coûteraient 2.5 milliards à la société entre les services de santé, de police, de justice mis à contribution ainsi que les pertes productives occasionnées.

Pour soigner les violeurs, il y a l'injonction de soin ou l'obligation de soin.
L'injonction est difficile à suivre car les médecins coordinateurs sont débordés.

En 2010, 32 tribunaux de grande instance, 16 départements n'avaient pas de médecin coordinateur.

49 % des viols sont commis sans aucune violence physique.

Le viol est un acte de domination qui commence souvent par de la peur, un sentiment que l'on trouve dans nombre de témoignages de victimes.

Une peur qui paralyse totalement la victime, ou la sidère selon le terme utilisé en psychologie.

«La victime se retrouve dans la même situation qu'un lapin traversant une route de nuit et qui est pris dans les phares d'une voiture: pétrifié, figé, tétanisé, incapable de réagir, il se laisse écraser par la voiture.»

La difficulté à réagir peut venir de la nature soudaine et brutale de l’événement, mais aussi pour des raisons psychologiques liées au fait que l’agression ne correspond pas à l’image que l’on a de l’agresseur, qui peut être une personne que l’on pensait de confiance.

La victime peut aussi ne pas réagir violemment pour ne pas causer du tort à l’agresseur, ou à cause du statut de celui-ci.

Dans d’autres cas, l’ascendant moral de l’agresseur ou la surprise va suffire à empêcher toute réaction de la victime.

C’est pourquoi la loi française précise qu’un viol est une pénétration commise par «violence, contrainte, menace ou surprise».
La difficulté à réagir au début du viol peut entraîner une sorte de cercle vicieux de l’engagement: la victime se retrouve pendant l’agression à éprouver un sentiment de honte ou de culpabilité pour s’être retrouvée dans cette situation.
Pratiquer une fellation non consentie peut entraîner des séquelles psychologiques particulières, qui viennent s’ajouter aux symptômes habituels chez les victimes de viol que sont la culpabilité, la honte, le sentiment d’impuissance et la grande difficulté à parler de ce que l’on a subi.
Mais le sentiment de culpabilité pour une situation qu’on ne contrôle pas n’est pas spécifique aux victimes de viols.
C’est même un symptôme classique du stress post-traumatique.
On le retrouve chez les personnes ayant subi d’autres types de traumatismes, comme des agressions physiques gratuites ou des accidents.
Face à un niveau de stress très important, il existe plusieurs réactions instinctives: fuite, contre-attaque, paralysie etc.
Mais il est impossible de prévoir la réaction d’une victime, et même une personne sûre d’elle et de ses droits peut connaître une paralysie.
En France, une femme sur six est victime de viol ou de tentative au cours de sa vie, soit 206 viols chaque jour.
Le violeur peut être le père, le frère, le collègue, le voisin, le conjoint.
Celui dont on ne se méfie pas.
La plupart des victimes ont moins de 18 ans et la majorité des filles et femmes violées le sont par quelqu’un de leur entourage, familial, professionnel ou amical.
Pour violer, nul besoin de couteau ou de pistolet.
Un viol sur deux est commis sans violence physique.
Peur, sidération, menaces suffisent à pétrifier la victime.
La justice française a ouvert une enquête préliminaire visant l'armée française, après une nouvelle accusation de viol en Centrafrique.
Des enquêteurs du Fonds des Nations unies pour l’enfance ont recueilli, mi-mars, les témoignages d’une centaine de filles en République centrafricaine affirmant avoir été abusées sexuellement par des soldats des forces internationales.
« des soldats envoyés pour protéger les habitants ont au contraire plongé au cœur des ténèbres ».
Disparus de la mémoire de la Libération, les viols de masse commis au printemps 1944 par les troupes françaises restent une plaie ouverte dans le cœur des Italiens du Latium.
Sept décennies plus tard, la France ne s’est jamais excusée et les victimes n’ont pas oublié.
En 2004 le gouvernement italien a reconnu comme avérées les violences et les viols commis par les troupes marocaines en Italie en 1944 en Ciociarie.
Ces exactions ont reçu en Italie l’appellation de marocchinate (littéralement « maroquinades »).
Ces viols en masse et homicides ont été commis sur les populations civiles par des membres du corps expéditionnaire français.
Plus de 2 000 femmes et enfants ont été violées, ainsi que 600 hommes.
La Commission Néerlandaise à l'Euthanasie (CNE) a autorisé l'année dernière une jeune femme victime d'abus sexuels à mourir grâce à l'assistance de médecins.
Ce cas vient seulement d'être rendu public par la commission, soulevant un vif débat quant à l'opportunité d'une telle décision
Les spécialistes ont estimé que son traumatisme était incurable, et que l'euthanasie serait pour elle une forme de libération.
La jeune femme, âgée d'une vingtaine d'années mais dont l'identité n'a pas été révélée, avait subi plusieurs abus sexuels alors qu'elle avait entre cinq et 15 ans.
Selon plusieurs psychiatres, qui ont longuement examiné la jeune femme, son traumatisme était "insupportable" et "incurable" comme l'explique CBS News.
La jeune femme souffrait d'anorexie, de dépression chronique, de tendances à l'auto-mutilation, d'hallucinations et restait alitée en permanence.
Conformément au droit hollandais, qui a légalisé l'euthanasie en 2002, la jeune femme a donc reçu une dose létale de médicament.
Selon les juristes de la CNE, lui refuser l'euthanasie aurait été illégal, la loi de 2002 autorisant l'euthanasie pour les personnes dont les souffrances sont jugées "sans solution".
Si aux Pays-Bas la nouvelle est passée quelque peu inaperçue, elle a relancé un débat difficile au Royaume-Unie ou les pro-euthanasie réclament une loi de longue date.
Un député a balayé cette idée, en argumentant que ce cas était l'exemple type de ce qu'il refusait.
Il a expliqué que c'était comme dire aux victimes de viol "vous devez être punie par la peine de mort".
À Nuit Debout comme ailleurs, les femmes se font agresser, insulter, emmerder.
100% des femmes ont été victimes, au moins une fois dans leur vie, de harcèlement dans les transports en commun.
Le harcèlement sexiste ou sexuel dans la rue et les espaces publics et le harcèlement dans l'espace politique sont les 2 faces d'une même médaille : les harceleurs disent que l'espace public et / ou de pouvoir appartient aux hommes, les femmes doivent payer pour y avoir droit de cité.
Les politiques qui harcèlent les femmes à l'assemblée nationale sont les mêmes machos que ceux qui se frottent à elles dans le métro.
La culture patriarcale conquérante, c’est-à-dire guerrière, est étayée sur les valeurs matérielles d’extension des territoires, d’accumulation des biens et de compétitivité.
La culture guerrière postérieure, qui est toujours la nôtre et qui a démonisé le féminin et chassé le spirituel (l’être et l’âme) de ses préoccupations, pour se consacrer au monde matériel de l’avoir, a progressivement réussi, presque partout, à effacer cette « première culture » ou culture du féminin divin, en se faisant alors passer pour le Commencement.

RAPE CULTURE



Image tirée d'une leçon de cuisine : savoir râper le fromage

2006 : souvenir d'un livre


Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas boniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toute façon je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas.

C’est tout de même épatant, et pour le moins moderne, un dominant qui vient chialer que le dominé n’y met pas assez du sien… Il y a une fierté de domestique à devoir avancer entravées, comme si c’était utile, agréable, ou sexy. Il faut minorer sa puissance, jamais valorisée chez une femme : « compétente » veut encore dire « masculine ». C’est en fait un moyen de s’excuser, de rassurer les hommes. J’ai les moyens de vivre autre chose, mais je décide de vivre l’aliénation via les stratégies de séduction les plus efficaces. Les femmes adressent aux hommes un message rassurant : n’ayez pas peur de nous. Soyons libérées, mais pas trop. Nous voulons jouer le jeu, nous ne voulons pas des pouvoirs liés au phallus, nous ne voulons faire peur à personne.

Les femmes se mettent en position de séductrices, réintégrant leur rôle, de façon d’autant plus ostentatoire qu’elles savent que, dans le fond, il ne s’agit plus que d’un simulacre. Depuis toujours, sortir de la cage a été accompagné de sanctions brutales. C’est l’idée que notre indépendance est néfaste qui est incrustée en nous jusqu’à l’os. La révolution féministe des années 1970 n’a donné lieu à aucune réorganisation concernant la garde des enfants. Nous manquons d’assurance quant à notre légitimité à investir le politique. Délaisser le terrain politique comme nous l’avons fait marque nos propres réticences à l’émancipation. Il faut oublier d’être agréable, serviable, il faut s’autoriser à dominer l’autre, publiquement. Quand Sarkozy réclame la police dans l’école, ou Royal l’armée dans les quartiers, ça n’est pas une figure virile de la loi qu’ils introduisent chez les enfants, mais la prolongation du pouvoir absolu de la mère. Nous régressions vers des stades d’organisation collective infantilisant l’individu. Les corps des femmes n’appartiennent aux hommes qu’en contrepartie de ce que le corps des hommes appartiennent à la production, en temps de paix, à l’État, en temps de guerre. Car la virilité traditionnelle est une entreprise aussi mutilatrice que l’assignement à la féminité.
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Sur le viol, en France, on ne tue pas les femmes à qui c’est arrivé, mais on attend d’elles qu’elles aient la décence de se signaler en tant que marchandise endommagée, polluée. Toujours coupables de ce qu’on nous fait. Créatures tenues pour responsables du désir qu’elles suscitent. Le viol, l’acte condamné dont on ne doit pas parler, synthétise un ensemble de croyances mentales concernant la virilité.
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King Kong Girl : Pourquoi les mères encouragent-elles les petits garçons à faire du bruit, alors qu’elles encouragent les filles à se taire ? Pourquoi continue-t-on à valoriser un fils qui se fait remarquer quand on fait honte à une fille qui se démarque ?

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Être complexée, voilà qui est féminin. Effacée. Bien écouter. Ne pas trop briller intellectuellement. Juste assez cultivée pour comprendre ce qu’un bellâtre a à raconter. Bavarder est féminin.

Parmi les choses qu’on a bien inculquées aux hommes, il y a la peur d’être PD, l’obligation d’aimer les femmes.

Les femmes sont des lascars comme les autres, et les hommes des putes et des mères, tous dans la même confusion. Les femmes de pouvoir sont les alliées des hommes, celles d’entre nous qui savent le mieux courber l’échine et sourire sous la domination.



Extrait de l'essai Kingkong Theorie de Virginie Despentes, (2006)

« Je n’ai pas vraiment mené un combat féministe, je ne suis pas très militante. Parce qu’écrire est trop prenant, et parce que j’ai encore beaucoup de mal avec les groupes. Moins je vois de gens et mieux je me porte. Donc ça ne va pas trop bien avec une activité politique. »

(Extrait d'une interview)

1982 : souvenir d'une œuvre


Protect me from what I want, 1982. Artiste américaine : Jenny Holzer, Times Square, New York

Par kiwaïda at 00:49

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