bmk

blog m kiwaïda

Enseignement

Fil des billets

16/03/2020

ℳ∀ϟℚṲ€$ Ѧℕ✞i➸ṼЇℜÜϟ

Par kiwaïda at 23:05

25/02/2020

η☺ᾔ ṧℯ∂ü¢⊥i◎ᾔ

Les femmes françaises trainent, les femmes françaises s'ennuient, n'aiment ni la politique, ni l'économie, ni le tennis, elle ne sont pas cultivées, n'aiment pas le porno, ni la censure, et achètent des tas de vêtements. Elles vieillissent en aimant regarder la télévision et en aimant manger de plus en plus et en aimant se coucher tôt. Un portrait sincère de Claire Brétécher, illustratrice française née le 17 avril 1940 à Nantes et morte le 10 février 2020 à Paris. Agrippine et Les frustrés. Et les hommes ? Ils disent tout le contraire. Il en va d'être un homme un vrai, un Charlie ou un Piotr, entourées de belles femmes, il faut qu'elles soient toujours amoureuses... et consentantes. Ainsi va notre pays, un pays complètement syndiqué, au dualisme marqué, sans nuances et sans couleurs, aux conflits animés et désirés plus que tout, dans une fascination de la violence, toujours renouvelée, la violence des autres... Il faut suivre le protocole, la retraite c'est aussi simple que cela, qui veut réformer... s'oppose à la culture française. Ce que j'aime chez Claire Brétécher, c'est sa non séduction. Elle n'a jamais cherché à plaire, et aujourd'hui, la recherche de like et d'achat d'amis, dans le monde de la culture (c'est-à-dire tout le monde, si l'on comprend un jour que la culture s'incarne dans chacun.e des êtres vivants, et même des pierres minérales...) a complètement miné la visibilité de telles créatrices, celles d'aujourd'hui, qui ne sont, ni dans la séduction, ni dans l'hyper-visibilité, ni narcissiquement auréolée par un débile qui s'expose, ou se cloue les couilles... Ni suivie par tous les syndicats qui aiment faire du papier, dans la culture et contre les artistes, in fine... du vent. Pourtant, les créatrices sont là, un mot décalé, des idées singulières, un monde à part, une vision, cela ne plait pas à tous, ni aux journalistes, ni aux élus, cela ne séduit pas ni ne glisse dans le sens attendu, cela ne suit rien, aucun groupe, aucun parti, sans adhésion aucune, impossible de copier des créatrices, de les soutenir même, de les aider, de leur donner la parole : non, trop risqué, cela pourrait donner des idées <3 C'est pour cela que l'on donne la parole aux femmes qui ne créent pas ou n'en font pas leur vie, et que l'on lisse des portraits de femmes qui travaillent dans l'administration, sans goût, sans sensibilité, censé soutenir des femmes créatrices : faut pas rêver ! La création n'est pas un métier, et il n'y a aucun modèle... C'est hélas ce qui est soutenu, ces stéréotypes de la création des femmes françaises, en France, seulement des femmes qui travaillent dans des institutions et payées par l'État. La création n'est pas libre, loin de là.

Claire Brétécher est née à Nantes, après un passage à l'école des beaux-arts de Nantes, elle monte à Paris à 19 ans ! Elle n'aime ni sa ville natale ni s’accoutume de son père violent (juriste) et sa mère au foyer. De difficiles débuts, mais une indépendance d'esprit, et une expérience de la vie qui a pu s'exprimer dans ses dessins, pionnière de l'auto-édition. Si l'on suit son parcours, personne n'a bien regardé ses virages et sa manière d'appréhender la vie, ainsi, ses dessins figeaient, à toute vitesse (il y a une notion d'urgence et de trait vif et jeté) ce que l'on peut voir, dans des modèles de femmes créatrices, accompagnées de façon trop lente et passive, alors qu'en fait, la vie bat son plein et avec énergie. On a trop longtemps cru que les femmes n'avaient pas de culture, on a créé un ministère pour régenter cette croyance, dirigé par un nombre assez important de femmes, cheffes et responsables et directrices. Mais cela s'est basé sur une fausse croyance. Les femmes n'avaient pas besoin d'être régentées, ni dans leur parcours, ni dans leurs choix, ni dans leur façon d'appréhender la création et les outils de création. L'indépendance est une condition sine qua none, pour créer, suivie par la recherche de son autonomie, une chambre à soi, bien plus qu'un réseau d'amis Piotr à la noix.

Par kiwaïda at 13:38

17/02/2020

℘я☺⊥ℯṧ⊥



50 ans plus tard, depuis 1970, cette formation de manifestants professionnels se trouve dans les écoles nationales supérieures d'art en France, à effectuer en 5 à 7 ans, selon les banderoles, les slogans, les harcèlements, la pratique de la délation sur les réseaux sociaux, la surveillance, la création de groupes et d'ateliers en Amérique du Sud ou en Chine, selon les crédits à l'art de la propagande, le nombre de punitions reçues, de facultés à répéter le mind control, la pratique de la photographie dans les manifestations (feu et police et du sang et de la matraque bien aimée), les lectures diverses d'hommes célébrés de révolutions entre petits bourgeois, la capacité à enrôler de jeunes femmes et leur donner un rôle (féministe encarté) et des tâches autour d'un chef, parfois elles peuvent se mettre nues et revendiquer leur liberté, se laisser filmer par des pervers mais professeurs bien payés par l'administration, tout cela dans l'espoir de passer à la télévision (sur bfmtv) avec une performance d'art politique, pour être du même niveau que les candidats au pouvoir qui aime caresser, espoir qui pourra mettre des années pour être invité à des conférences devant 3 étudiants, sérieusement retransmises sur Internet, avec des traducteurs, avec une petite lampe dans le noir, une galeriste fière de représenter un groupuscule de mêmes formations, des éditions signées et numérotées par les 3 étudiants présents, quelques jeunes femmes toujours prêtes à se mettre nues pour appâter les ennemis, la faiblesse des hommes qui se caressent devant leur miroir, bref, la formation est plus longue car les professionnels sont devenus des experts et un nombre considérable à présent, même sans aucune formation agrée par l'État, peut devenir professionnel et aussi devenir le chef d'une communauté éphémère autours d'un rond point. C'est que l'art a été très dévalorisé ces derniers temps, les slogans et les banderoles ne sont plus efficaces, l'action directe, le terrorisme, l'incendie, le virus, le féminicide, le suicide, sont devenus des modes qui se sont passées de formations, de modèles même et d'histoire. L'an 3000 : plus aucun professionnel de la manifestation : ils et elles ont tous démissionné. L'amour de son prochain a repris le dessus, dire comment, pourquoi, serait trop long, il suffit juste de fermer, aujourd'hui les yeux, et d'imaginer la puissance et la beauté des êtres humains se délestant de la paranoïa, la méfiance, le mépris, le voyeurisme, la surveillance, la mésestime de soi, et le désir de faire du bien, de travailler pour le bien de tous, pour soi et celles et ceux que l'on aime. Écrit ainsi, aujourd'hui, avec tous ces professionnels arrogants du mécontentement, on ne peut pas comprendre la profondeur d'une telle imagination, on peut croire même qu'elle est superficielle. Mais dans 1000 ans, on ne se souviendra même plus de ces formations caduques et du vide qu'elles comblaient.

Le rocher Petros

Par kiwaïda at 02:06

10/02/2020

αღ◎υя





Je suis resté.e très japonais.e <3

Par kiwaïda at 00:29

09/02/2020

F∃ℳℳ€$ ℜѺ฿ѺTϟ



Le titre laisse songeur : À quoi servent les femmes ?, et les commentaires instructifs. En 1964, bien après la seconde guerre, les femmes étaient déjà bien préparées pour devenir des robots.
Le document donne un effet loupe sur l'usine et le milieu ouvrier. Le choix des hommes et des femmes, des parents, pour que les femmes restent au foyer était loin d'être idiot, dans cette configuration où les risques pour les femmes, au travail étaient énormes, réduites à l'esclavage. Sans compter, les situations où la femme au travail, secrétaire, subit du harcèlement en permanence, dans des mondes masculins ou du moins, avec un patron qui l'utilise comme un robot ou comme objet sexuel, esclavage toujours. Cela n'a pas disparu, en 2020.



Quand les femmes parlent, elles obéissent à ce que l'on attend d'elles et le font même exécuter à leur fille, prête à émettre une idée politique, travailler moins à l'entreprise, à l'extérieur, que les hommes, pour travailler plus, à l'intérieur du foyer, c'est-à-dire, ne plus avoir aucun moment pour elle et pour penser. Cet aspect politique n'a pas changé, et a été depuis bien appliqué. Il ne faut pas toujours croire que ce sont les hommes qui obligent les femmes à se soumettre. Les femmes sont parfois les plus difficiles, à s'émanciper, même avec elles, entre elles, elles restent très dures, par soucis de la reproduction. Reproduire serait-ce si important ? L'invention arrive dans le moment où la production et la reproduction sont remis en question. Penser ne peux pas advenir lorsque la concentration si intense, se focalise, sur des tâches définies, qui comblent un vide existentiel.

Par kiwaïda at 23:41

08/02/2020

é́͋͆p͊͘͘i͆̿͆z͘͝ö́̚͠o̾͒͝t͑̿͑ì͑̐ë́̐̚

chat.jpg

Un homme dans son château, ne supportait pas les lapins. Afin de continuer à vivre sa vie de châtelain, dans sa propriété, il décida de les exterminer par un virus mortel. Il réussi, à exclure ainsi toute cette faune naturelle de sa vue, en les tuant, comme un nazi. Mais une volonté criminelle, son racisme, ne vient pas sans un drame écologique plus vaste que son petit château privé, tous les lapins du voisinage, puis tous les lapins de la région, puis tous les lapins de France furent touchés par la maladie du virus introduit par ce tueur en série, une sorte de Barbe Bleue (du conte celui qui tue les femmes et enferment les cadavres dans son château... le prédateur effrayant)

C'est une histoire vraie, et la maladie est toujours là, les lapins meurent toujours de cette maladie. On peut se demander comment les virus (que l'on pense inconnus) sont introduits sur un territoire... Voyons comment s'est passé, de plus près cette histoire vraie.

La myxomatose :

La Nièvre a eu son serial killer ! Le docteur Paul Armand-Delille, né à Fourchambault en 1874, était spécialiste des maladies infectieuses infantiles. Et il a, sans le vouloir, eu la peau de millions de lapins dans les années cinquante. Hors de tout contrôle En inoculant le virus de la myxomatose à la population animale aux grandes oreilles de sa propriété de Maillebois, en Eure-et-Loir, afin de mettre un terme à leur reproduction effrénée, il a diffusé la maladie dans toute l’Europe. Les murs de son domaine n’étaient pas si impénétrables et arriva ce qui devait arriver… En 1952, las de constater que les lapins pullulent dans le parc de son château, ce professeur et membre de l’Académie française de médecine leur prépare leur fête. Il se fait envoyer le virus de la myxomatose par un laboratoire de Lausanne, en Suisse. Les lapins ne bougeront bientôt plus une oreille, ni deux d’ailleurs… Il attrape deux cobayes et programme leur mort. En deux mois, la quasi-totalité de l’espèce présente sur son domaine est décimée. Une véritable machine de guerre est en route. Elle échappe à tout contrôle. En dix-huit mois, tout l’hexagone est infecté par la myxomatose. Les lapins succombent par millions. Adieu civets et autres pâtés. La production de peaux est en chute libre. Les chasseurs ne décolèrent pas. Pire, la maladie court se répandre à l’étranger. L’Angleterre, puis l’Italie, l’Espagne… sont tour à tour contaminées.

À la fin des années cinquante, toute l’Europe est touchée par le fléau. Même l’Afrique du Nord voit ses lapins passer de vie à trépas. Face à l’ampleur du phénomène, la réplique ne se fait pas attendre. Le docteur Paul Armand-Delille est visé par une action en justice d’une association de défense contre les épizooties. Elle sera déboutée. Le propriétaire d’un parc dans le département voisin de l’Eure l’attaque à son tour. La cour d’appel de Paris condamnera le Nivernais à 5.000 francs de dommages et intérêts. À l’inverse, des agriculteurs et forestiers se réjouissent de l’épizootie, provoquée en pleine période de reboisement d’après-guerre.

D’ailleurs, en 1956, lors d’une réception privée en son château, à laquelle assistent des personnalités du ministère de l’Agriculture, le Fourchambaultais reçoit une médaille d’or. Il y est écrit : « La sylviculture et l’agriculture reconnaissantes ». C’était sept ans avant sa mort. Renseignements pris, le docteur Paul Armand-Delille ne semble pas avoir laissé de souvenir dans sa commune natale de Fourchambault.

Les symptômes de la myxomatose

Cette maladie affecte aussi bien les lapins domestiques que les lapins de garenne. Après une période d’incubation pendant huit à dix jours, elle provoque une élévation de la température, une perte de l’appétit et des symptômes oculaires (inflammation des paupières, conjonctivite…). Un gonflement de la face, des organes génitaux et de l’extrémité des membres peut aussi apparaître.

Origine de l’épizootie française

Contrairement aux tentatives antérieures étrangères, l’épizootie provoquée en France au printemps 1952 ne repose sur aucun fondement officiel succédant à des essais scientifiques nationaux. Il s’agit de l’initiative individuelle d’un médecin résidant en Eure-et-Loir, le docteur Armand-Delille, membre de l’Académie de médecine et Vice-président de la Société de Biologie. Ce dernier, propriétaire du domaine de Maillebois, composé d’un château et d’un parc de 300 hectares, exploite avec son fils, ingénieur agronome, les surfaces non boisées. Bien que l’ensemble soit clos par sept kilomètres de murs, la destruction des lapins, principal nuisible de l’exploitation, correspond à une activité reproduite périodiquement. Ainsi, 3 à 4 000 Oryctolagus sont tués chaque année au sein de la propriété en particulier à l’aide des furets. Le Docteur Armand-Delille, ayant eu par ailleurs l’occasion de rencontrer Sanarelli826, connaît parfaitement les résultats des premiers essais australiens et souhaite découvrir une méthode de destruction aisément applicable en France. Souhaitant répandre, sur ses terres, un agent biologique inféodé aux lapins, il copie en cela, d’après ses propres déclarations, les agissements de l’Institut Pasteur qui produit le “virus Danisz” contre les rongeurs827. Étant en relation avec le Professeur Hauduroy, chef du Centre de collection de types microbiens, organisation internationale dont le siège se trouve à Lausanne, Armand-Delille s’adresse à ce confrère afin d’obtenir un échantillon du virus de Sanarelli. Le 19 janvier 1952, il reçoit de Suisse, « à titre personnel et gratuit », une ampoule d’une contenance d’environ 1 cm3. L’expéditeur se permet cependant d’opérer une ultime recommandation : « Je vous signale aussi, mais vous le savez probablement, que les lapins infectés sont éminemment contagieux, que la cage dans laquelle ils se trouvent doit pratiquement être détruite après leur mort, que les personnes qui soignent ces lapins risquent d’infecter d’autres animaux ». Le 2 ou le 3 juin, son fils ayant capturé deux garennes, le docteur Delille réalise l’inoculation et relâche les bêtes contaminées au centre du domaine, près d’un pont surplombant la rivière traversant la propriété828. Alors qu’aucune des personnes travaillant dans le parc ne connaît l’opération réalisée, « six semaine plus tard tout le monde constate que, dans une proportion que l’on peut évaluer à 90 %, les lapins qui infestaient Maillebois sont décimés par un mal mystérieux »829. Le 6 septembre 1952, un rapport du service forestier d’Eure-et-Loir soulève un étrange problème. L’auteur de ce texte affirme : « un propriétaire de la région de Chateauneuf en Thimerais, M…, m’a signalé au cours d’une conversation que les lapins de garenne “se suicidaient” dans le domaine de Maillebois ». De fait, l’aspect et le comportement de ces animaux ne peuvent que susciter l’interrogation : « Sans que l’on sache pourquoi, les lapins ont la tête enflée, ils paraissent sourds et aveugles et ils se jettent à la rivière »830. En septembre 1952, alors que la maladie se propage au sud d’Orléans, « on pensait alors et on disait même que les lapins, de sexualité si prononcée, avaient contracté, eux aussi, la syphilis, mais une syphilis mortelle ». L’explication populaire ne résiste pas aux analyses des microbiologistes de l’Institut Pasteur. L’identification scientifique a lieu à partir d’un cadavre récupéré dans les environs de Rambouillet dans les premiers jours du mois d’octobre 1952 par Henri Jacotot et André Vallée831. La découverte du myxome de Sanarelli engendre une certaine perplexité quant à son origine et aux possibilités d’extension de la maladie. Très rapidement, l’Eure-et-Loir apparaît comme étant le département d’origine de la myxomatose, sans toutefois que le lieu exact de l’introduction soit identifié par les pastoriens832. Les biologistes considèrent que « toutes les hypothèses sont permises, depuis l’éclosion spontanée de novo qu’en d’autres domaines des maladies infectieuses certains ont invoqué déjà, jusqu’à l’imprudence d’un propriétaire désireux de mettre fin à la pullulation des lapins sur ses terres et s’aidant, pour se faire, d’une arme bactériologique pour une fois efficace et, de surcroît, terriblement dangereuse »833. D’autres imaginent une acclimatation accidentelle quelque peu complexe. En Belgique, les chercheurs du laboratoire de diagnostic et de recherches vétérinaires de l’Etat (Uccle-Bruxelles) affirment quelques années après l’introduction : « On pensait à ce moment que la myxomatose avait été introduite en France par des lapins congelés importés d’Australie, où cette maladie était entretenue et propagée intentionnellement dans le but d’exterminer les lapins sauvages » 834. La communication du Docteur Armand-Delille, présentée le 24 juin 1953 à l’Académie d’Agriculture et intitulée « une méthode nouvelle permettant à l’agriculture de lutter efficacement contre la pullulation du lapin », met un terme aux multiples hypothèses avancées afin d’expliquer la présence du virus sur le sol français.

Ce bactériologiste, professeur, membre de l'Académie française de Médecine et vice-président de la Société de biologie, est essentiellement connu pour avoir accidentellement provoqué l'effondrement de la population de lapins à travers une grande partie de l'Europe et au-delà dans les années 1950 pour les avoir infectés avec le virus de la myxomatose. La maladie a aussi touché le prédateur des lapins : le lynx ibérique.
Médaillé, on se souvient encore de lui, car aucun vaccin n'a été trouvé...

Parfois les virus sont introduis par une volonté de nuire et d'extermination d'une espèce, les êtres humains ont aussi été le laboratoire d'expériences de ce type, aussi gynécologiques sur des femmes, par les nazis... D'ailleurs si l'on pense à l'invention d'instrument (et là, je me suis toujours demandé comment se fait-il que des femmes n'inventent rien de mieux...) comme "le speculum", dont l'inventeur est un médecin térrifiant originaire de Caroline du Sud (qui a inventé plusieurs instruments de gynécologie et d’obstétrique) Ce spéculum, encore essentiel aujourd’hui à tout examen gynécologique ! J. Marion Sims, né James Marion Sims (25 janvier 1813 — 13 novembre 1883) est un pionnier de la chirurgie, considéré comme le père de la gynécologie américaine. Ses méthodes sont critiquées d'un point de vue éthique car il utilisait des esclaves noirs comme sujets d’expérimentation, et les opérait sans anesthésie. Ce médecin gynécologue qui torturait donc des femmes a eu sa statue en plein New York, et il a fallu attendre 2018 (il y a 2 ans) pour qu'elle soit enlevée !

Je pense aussi à ce médecin SS et ses délires racistes :

Joseph Mengele était un monstre, un de ces médecins nazis formés dans le mythe de la pureté de la race, prêt à toutes les absurdités scientifiques pour prouver la supériorité de l’Européen nordique, incarnation parfaite de la race aryenne.

Mengele est né le 16 mars 1911 à Günzburg, une cité médiévale bavaroise sur les bords du Danube. Issu d’une riche famille catholique et nationaliste, il arrive à Munich en 1931 où il adhère immédiatement aux thèses nationales-socialistes. On le retrouve ensuite à Francfort où il étudie la philosophie et la médecine. Il soutient sa thèse en 1935 en ayant choisi un sujet révélateur : « L’examen morphologique de la mâchoire inférieure dans quatre groupes raciaux ». En 1938, il obtient son doctorat et rentre dans la SS sous le matricule 317 885. La guerre déclarée, il s’engage dans la Waffen SS, servant comme médecin militaire sur le front de l’Est . Mais à la suite d’une blessure à la jambe, en 1942, il est déclaré inapte au combat. Il rentre en Allemagne avec le grade de SS Hauptstürmfürher et reçoit quatre décorations dont la Croix de fer.

Monstrueux, cruel et abject Le 30 mai 1943, il arrive à Auschwitz avec la fonction de médecin chef de Birkenau. Sa tache principale est de s’occuper de la sélection des déportés apportés par milliers de l’Europe entière. Désormais pour Mengele c’est une constante escalade dans la monstruosité, la cruauté et l’abjection. Les déportés survivants gardent de lui quelques images terrifiantes, fouettant de sa cravache les déportés refusant leur sort ou abattant froidement d’un coup de revolver une mère qui refuse d’être séparée de ses enfants. Parallèlement, on le croise régulièrement dans les salles de l’hôpital du camp déambulant « avec son manteau blanc immaculé qu’il porte par dessus son uniforme et sifflant du Wagner ». Il a droit de vie et de mort sur les malades qu’il envoie à la chambre à gaz d’un simple pouce baissé. Il fait aussi un jour tracer une ligne horizontale sur l’un des murs du block des enfants. Tous ceux dont la taille n’atteignent pas la limite fixée sont gazés. Des expériences sur les nains, les homosexuels et les bossus Mengele profite aussi de son passage à Auschwitz pour mettre en pratique l’enseignement qu’il a reçu à l’Institut de biologie héréditaire et d’hygiène raciale de Francfort où on lui a appris « que le meilleur moyen de repérer les influences héréditaires était d’étudier les jumeaux » . Mengele va ainsi entamer une série d’effroyables expériences sur les jumeaux, mais aussi sur les nains, les homosexuels, les bossus… Sinistre « collectionneur » d’anomalies physiques, il s’intéresse aussi à une maladie qui provoque de graves mutilations faciales, le noma. Pour en étudier l’évolution, il se sert d’enfants tziganes chez qui cette pathologie est fréquente et les gave de sulfamides et de vitamines. Mais dès que des progrès sont observés, attestant de l’efficacité de son traitement, il l’interrompt, envoyant ces enfants à la mort. Fasciné aussi par les jumeaux, Mengele les traite comme des rats de laboratoire, leur injectant ou appliquant sur leur peau diverses substances chimiques… Mengele va poursuivre ses épouvantables activités jusqu’en janvier 1945, peu avant la libération du camp par l’Armée rouge. Rentré dans sa famille, en Bavière, il vit quelques années paisibles, parents et voisins ne voyant en lui qu’un brave soldat qui avait fait son devoir. Mais, au fil des ans, les langues commencent à se délier et les témoignages des survivants d’Auschwitz remontent à la surface. Les preuves accablantes s’accumulant tant et plus, les Américains qui contrôlent la Bavière, se décident à se pencher sur son cas. Sentant le vent tourner, Mengele fuit l’Allemage. On le retrouve successivement à Merano, en Italie, puis en Espagne ou il organise son exil en Amérique du Sud. Pignon sur rue à Buenos Aires En 1952, il a pignon sur rue à Buenos Aires où il a ouvert un cabinet médical, fort de ses excellentes relations avec le président Juan Peron et sa police. Mais, à la chute du dictateur, en 1955, Mengele – tout comme la plupart des nazis exilés en Argentine - doit trouver un nouveau point de chute. Ce sera le Paraguay et le début d’une longue cavale, recherché par les autorités allemandes et poursuivi par les agents du Mossad israélien. Mais si ceux-ci ont réussi à mettre la main sur Adolf Eichmann, autre grand criminel de guerre, il ne pourront jamais capturer Mengele qui après avoir quitté Asuncion, se réfugie dans une province reculée du Paraguay où il vit sous divers noms d’emprunt : Dr Gregor Gregorry, Dr Fritz Fischer… Finalement, Mengele passe les dernières années de sa vie dans un modeste deux-pièces de la banlieue de Sao Paulo, au Brésil. C’est dans ce pays qu’il meurt noyé le 7 février 1979… D’autres monstres... Mengele est passé à la postérité comme « l’ange de la mort ». Mais bien d’autres médecins nazis auraient mérité cette appellation comme en attestent les extraits de ce rapport publié à Varsovie en 1948 sur « Les crimes allemands en Pologne » : « Il y a des preuves irréfutables qui démontrent que certaines expériences ont été faites sur des hommes vivants. Ce sont les dépositions de plusieurs témoins et le compte rendu de la séance de la Section de chirurgie du 16 décembre 1943 qui cite notamment: 90 castrations, 10 ablations d'ovaires et une ablation de l'oviducte. Les expériences avaient lieu dans le Block 10 du camp principal. On peut les classer comme suit : expériences visant à l'examen du cancer, expériences de stérilisation, expériences hématologiques et sérologiques. Le plus souvent, des juives étaient employées à cet effet. Beaucoup d'entre elles furent à plusieurs reprises l'objet d'expériences. On constata, après quelques essais, qu'une fois opérées, les femmes n'étaient plus bonnes pour les expériences et dès lors on les expédiait directement aux chambres à gaz. Les expériences de stérilisation au moyen de rayons étaient l'oeuvre du professeur Schumann de Berlin, lieutenant d'aviation de la Wehrmacht. Beaucoup de femmes vomissaient violemment après de telles expériences, beaucoup moururent peu après. Au bout de trois mois, chaque opérée subissait encore deux opérations de contrôle, pendant lesquelles une partie de leurs organes était incisée afin d'en vérifier l'état. C'est probablement à la suite de transformations hormonales provoquées par ces opérations que les jeunes filles vieillissaient précocement et faisaient l'impression de femmes âgées » « Quant aux hommes, un testicule seulement était soumis à l'insolation. Après cette opération, ils retournaient aux Blocks généraux et, après un repos d'une journée seulement, ils étaient remis au travail, sans qu'on tienne compte de leur état de santé. Beaucoup d'entre eux succombaient à la première expérience. Ceux qui y avaient survécu étaient au bout d'un mois castrés par le même Schumann, qui collectionnait les testicules coupés et les expédiait à Berlin. On choisissait pour ces expériences des hommes et des femmes jeunes et robustes, le plus souvent des Juifs de Grèce. Au cours d'une séance, trente femmes environ étaient soumises à l'insolation. De telles séances étaient organisées par Schumann deux ou trois fois par semaine. Mais c'est le Pr Clauberg, gynécologue allemand, qui fut le principal expérimentateur sur des êtres humains vivants. » Effroyable...

Que dire... L'histoire se répète...à différents niveaux, mais elle se répète...
Je suis partie des lapins, car en 2025, avec les hérissons, ces espèces seront en voix de disparition... On sait pourquoi...

On peut aussi prendre des institutions publiques, pour les privatiser, c'est-à-dire, croire qu'un service public devient "son" château, quand on est simplement nommé par l'État pour le diriger. Combien d'institutions publiques sont-elles alors défectueuses, et pourvoyeuses de souffrances au travail ? Pourquoi des fonctionnaires se sentent exclus de forteresses publiques où ils ont travaillé durant des années, où leur carrière s'est construite ? Les expériences dans un laboratoire ne sont pas rendues publiques, ni les modalités de recrutement et de licenciement. Cela reste une souffrance si l'on ne comprend pas que l'absurde est absurde, que le « turn over » est important. Le renouvellement de l’emploi ou ce qu’on appelle couramment la rotation de l’emploi, s'il est important, cela signifie que le rythme de renouvellement des effectifs est important et que le lieu de travail connait beaucoup de départ qui se sont suivis par des recrutements, ou pas. C’est un indicateur qui est étudié avec beaucoup de précision car il décrit l’ambiance au travail mais aussi les coûts des départs et des arrivées de ces effectifs. Un recrutement coûte cher et de nombreux départs coûtent cher, un montant important à l’organisation. Dans les cas de souffrance au travail, cet indicateur n'est pas étudié. Ainsi, les suicides et maladies graves, congés maladies, accidents de travail, ne sont pas écrits ni révélés, afin que les forteresses soient impénétrables. C'est notre myxomatose contemporaine. Il est absurde de croire qu'une carrière se construit dans ces conditions de travail. C'est une carrière construite sur du vent, des illusions, de la médiocrité des relations humaines (elles n'existent pas, il faut s'endurcir pour tenir, être insensible) On donne alors à de pauvres personnes l'idée que la puissance individuelle et l'accès à la propriété, s'acquière alors, dans ce respect de la hiérarchie (et quelle hiérarchie !) Mais il n'y a pas de méchant ici, car pour postuler dans ces forteresses de solitudes, il faut être dépourvu d'émotion. Il faut correspondre à une typologie psychologique, avoir une faille dans son parcours. Celle-ci est de l'ordre de l'affection, qui donne cette impression du re-devoir systémique, en échange d'une loyauté, la forteresse donne des échelles graduelles, dont les graduations seront, en permanence, le seul sujet de débats, de blocages, donc, une espèce de vide absolu, qui convient très bien à l'absurde. En échange du devoir discrétionnaire, ce qui fortifie une forteresse, et de sa communication effrénée du "tout va bien" (elle brille) l'individu vieilli parvient difficilement à ses rêves, c'est-à-dire qu'il s'aperçoit qu'il n'en a jamais eu, pour travailler dans ces conditions. Non seulement, il n'y a jamais pensé, mais en plus, arrivé si fatigué (certes avec une carrière... quelconque) il n'en a plus : il n'a pas de quoi réaliser ses rêves car il n'en a plus.

Et c'est au nom de communautés parfois, que se greffent les lois des forteresses maudites, car il faut bien cimenter, donner l'illusion de liens humains, dans ce qui n'a ni foi, ni spiritualité, ni labeur. C'est un autre sujet mais les sectes peuvent se formaliser dans ces lieux et demeurer longtemps dans des esprits limités.

Imaginer, reste, de mon point de vue, la capacité de retrouver ses rêves ou bien d'accéder à une part d'invention, non négligeable, car elle permet de se libérer des prisons, dans lesquelles tout s’appauvrit, car l'amour ne trouve grâce nulle part.

Ici on croit que la privatisation du service public arrive du ciel et est très débattue comme les méchants du privé. C'est sans compter l'histoire, les abus et les excès, de toutes ces privatisations déjà exercées à l'insu des employés, des espaces publiques, ou avec l'accord des employés, et pour des intérêts personnels, ce qui a engendré cette détérioration du service public. Cela n'arrive pas comme ça, d'un seul coup, ce sont toutes ces tolérances aux abus, et aussi, cet aveuglement général des employés mêmes, ou les niaiseries entretenues, qui ont fait perdre du temps sur l'analyse et la méthode et l'imaginaire (collectif) au profit d'illusions individuelles.

Une incapacité à penser le mal, au sens philosophique. On n'en voit qu'un problème économique, quand on ne parvient pas à articuler le psychologique et les faits écologiques. Le châtelain, les nazis, ont une obsession psychologique qui les amènent à penser l'extermination et la torture sur ce qu'ils considèrent comme des espèces, races ou proies spécifiques à leurs obsessions. Les viols dans différentes institutions publiques (santé, sport, éducation) ou religieuses, sont aussi des obsessions psychologiques qui nuisent, et durant des dizaines d'années, trouvées dans des forteresses où "tout va bien", à l'économie, ou la relation écologique à son milieu, son habitat. C'est ce que je nomme de la niaiserie, c'est un peu ridicule, pour ce qui est plus grave, mais du ridicule on peut comprendre de plus grands principes.
Absurdité, simplicité, fadaise, stupidité.

Il est complètement stupide que penser éradiquer des lapins dans son jardin par l'introduction d'un virus (qui provoquera une maladie, sur une espèce saine), sera l'idée la plus adaptée à son milieu, son habitat.
On a beau avoir des médailles, des diplômes et des honneurs, être reconnu par ses pairs et sa communauté... scientifique, on n'en reste pas moins atteint de stupidité, très sévère, et ne parlons pas de toute la communauté qui valide ces niaiseries !

La stupidité arrive parfois à son comble quand on allume sa radio.

Monde absurde.


Par kiwaïda at 19:02

14/01/2020

ℯη⊥яℯ ʟ❝ℑηⅾґε ℮☂ ℓ℮ ☾нεґ

Nous étions garés là au numéro 7 : les timorés.

Où sont ces courageux du Cher ? Chère école d'art ? Les indignés, les syndicalistes, les grévistes, les écologistes, les féministes, les anarchistes, les artistes ? Tous ces ISTES ? Ne serait-ce que des bourgeois calfeutrés à Bourges, avec leurs images contre les policiers, pour toutes les ZAD, contre et contre et contre... Mais en fait, nul part, le courage, nul part. Le train train, avec ou sans train, refrain quotidien, zones privilégiées, confort rétro-viseur. Regarder, ne rien dire, ne pas voir, mais la délation... Toujours. L'imprévu est arrivé. Adieux timorés.

Berbères, marocains, algériens, années 50-60-70, broches de nacres et porte-bonheur cœur rose, la vie qui bat et qui s'arrête de battre. À la recherche de l'oasis, dans un désert d'amour et de dunes, aux tortures de sables mouvants et des maladies de mouches. Les gazelles en fuite car les cornes, je me souviens, artistes berruyers et berruyères encornés, qu'un correcteur informatique remplace par serruriers, parce qu'ils ont perdu les clés de la sincérité. Travestir la vérité et inventer des rumeurs, afin de fermer les portes à clés et qu'aucune joie ne souffle sa fantaisie. Aux militaires l'organisation, aux marais, les noyés sur fond d'explosions nostalgiques de guerres jamais déclarées. Le racisme file doux, on ne l'entend pas vous rejeter Cher Bourges, aux rives des silencieux des croches pattes ivres et rougeâtres, mais au trans punk politiquement correct.

Adieux le Cher, bonjour l'Indre. Une visite au hasard : « Je pense donc je suis » de l'artiste Paul Bonnin, à l’école municipale des Beaux-Arts de Châteauroux. Nous quittions Bourges, l'artiste fut diplômé de l'école des serruriers, mais non, des bourgeois, mais non, des cornes, mais non des manipulateurs de wikipédia... Les rois sont nus et les reines se prennent pour la crème des crâneuses en chiant sur les vieux art press. Qu'est-ce qu'ils écrivent mal...

Qui se souvient de lui ? Qui se souvient de moi ? Nous voici réunis par le plus grand des hasards, et celui-ci se nomme René, né une seconde fois. Persévérants, logiques et intelligents, ils sont efficaces, les Renatus. Réfléchis et raisonnables, ils ne prennent pas de décisions à la légère. Cent ans de réflexion. Qu'est-ce que le désert ?

RENATUS

Photographies de l’œuvre "Chaînon manquant" de Paul Bonnin

Photographie de sa documentation

Photographies de l’œuvre "Albinos" de Paul Bonnin

Vue de« l'exposition " Je pense donc je suis" de l'artiste Paul Bonnin, à l’école municipale des Beaux-Arts de Châteauroux

cogito ergo sum

Le vernissage allait se dérouler le soir, pendant que je discutais avec l'artiste, quelques interférences se sont produites, comme autant de bruits et de parasites. Les essais du micro pour la présentation du soir, un ancien enseignant interrompant notre échange, des visiteurs et visiteuses... Cela ne nous a pas empêché de continuer le lien de la conversation. Oui, car comme l'exprime si bien le titre, nous pensons, donc nous sommes. Descartes savait déjà supposer qu'un malin génie pouvait nous empêcher de penser, si nous nous arrêtions à ce que nous percevons, nous entendons, nous répétons :

“Je supposerai donc qu’un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, a employé toute son industrie à me tromper; je penserai que le ciel, l’air, la terre, les couleurs, les figures, les sons, et toutes les autres choses extérieures , ne sont rien que des illusions et rêverie dont il s’est servi pour tendre des pièges à ma crédulité; je me considérerai moi-même comme n’ayant point de mains, point d’yeux, point de chair , point de sang ; comme n’ayant aucun sens , mais croyant faussement avoir toutes ces choses; je demeurerai obstinément attaché à cette pensée ; et si, par ce moyen, il n’est pas en mon pouvoir de parvenir à la connaissance d’aucune vérité, à tout le moins il est en ma puissance de suspendre mon jugement : c’est pourquoi je prendrai garde soigneusement de ne recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce grand trompeur , que, pour puissant et rusé qu’il soit, il ne me pourra jamais rien imposer“

Sans évoquer sa pathologie, l'artiste est atteint de mucopolysaccharidoses, une maladie génétique dégénérative qui le contraint à se déplacer essentiellement en fauteuil roulant, je demandais si je pouvais photographier 2 de ses céramiques et quelles étaient leurs noms. "Chaînon manquant", une bête entre caniche et sirène et "l'Albinos" sont venus me dire bonjour. J'étais loin de savoir que nous aurions pu nous croiser à l'école supérieure des beaux-arts de Bourges, chassé-croisé au milieu de tant de courageux...

Ainsi, de ce périple, et nos échanges, je réfléchissais à la connexion entre la monstruosité et la beauté.

La peur que suscitent ces 2 entités phénoménologiques, le rejet, la haine, la cruauté, la jalousie, l'envie, le dégoût...

Pierre Ancet, (dans son livre : Phénoménologie  des  corps  monstrueux, 2006.) écrit :

Le monstre met en péril la confiance que nous avons placée en la régularité de la forme humaine, cette confiance qui nous empêche d’envisager une déformation trop impressionnante de notre propre corps ou de ceux des autres. La monstruosité va trop loin dans la plasticité du corps pour les capacités de tolérance de l’observateur, il se protège donc en portant ce jugement qui le nie dans son humanité : « c’est un monstre » (quand bien même il est évident pour tout le monde qu’il est un être humain avant tout). La condamnation de l’autre permet à peu de frais de se protéger soi-même contre une trop grande proximité. Sans être dite, cette même idée de monstre peut être suscitée par le grand handicap physique ou le polyhandicap. L’atteinte du visage est tout particulièrement frappante. Mais là encore, nous le nions : dans le discours commun, le monstre n’existe pas, il n’y a que des personnes. Nous sommes tous égaux. N’en parlons plus. Et le silence se substitue à l’effort de verbalisation. La bonne conscience peut elle aussi être redoutable. Elle peut condamner par avance tout effort pour comprendre l’origine des représentations associées au corps monstrueux, pour dévoiler ses propres craintes, ses propres tendances au recul, masquées sous le rappel forcé des principes moraux.


Je pensais à ce qui repousse et attire, et comment repousse-t-on une personne qui nous attire ? J'ai vécu cela, sans comprendre ce que cela signifiait, mais entre la saleté et la sexualité il n'y a qu'un pas, un pas d'un passé que j'ignore et dont j'ai été, un moment, le réceptacle, seul miroir de l'histoire d'une femme qui souffre. Le rejet s'effectue alors à l'insu de la personne qui souffre, elle n'ose s'avouer son désir envers l'autre, et cet autre devient un repoussoir qu'il faut rejeter hors du monde. Cette sorte d'accouchement involontaire ou d'avortement avant que le désir ne s'affiche, permet à la personne souffrante de ne pas ressentir sa souffrance. Et pour s'en convaincre, elle doit convaincre le groupe où elle se manifeste, c'est-à-dire, la communauté même qui avait vécu sans se soucier des vices cachés de la personne souffrante. Pour convaincre, il faut user de la langue de la communauté, il est interdit d'interdire, mais il faut interdire sans le dire, c'est-à-dire : au nom de la liberté d'expression. Priver l'expression du non-dit, c'est avorter du désir, avant qu'il naisse aux yeux de tous. Et comme le désir était déjà là, avant la souffrance, la communauté est témoin du vice, toute la communauté est sommée de se taire. Et par ce seul secret, elle devient communautaire. Taire.

Le  désir  que  cet  être  difforme  pourrait  avoir  pour  moi,  ou
pire, que je pourrais éprouver pour lui, est selon la psychanalyste
Simone  Sausse  l’une  des  grandes  peurs  associée  à  la  figure  du
monstre viable. La sexualité est en effet un lieu où l’étrangeté peut
être attirante (ne serait-ce que par l’étrangeté des organes de l’autre
sexe).  Mais  cette  attirance  pour  l’étrange  doit  rester  cachée.
Qu’elle  appartienne  à  notre  sexualité,  qu’elle  soit  partie  prenante
de  notre  désir,  voici  qui  est  aussi  inavouable  qu’inacceptable.  Et
pourtant, ce qui est repoussant peut aussi attirer, voire séduire.
Voilà  pourquoi  les  images  apparemment  valorisantes  des
portraits  de  famille  deviennent  grâce  aux  monstres  l’envers  exact
de  ce  qu’elles  sont  censées  être :  elles  sont  une  exhibition  de  la
différence. L’image permet de regarder à loisir cette scène étrangement 
inquiétante,  avec  l’excuse  de  valoriser  l’individu  et  son
intégration  sociale  réussie.  Ce  recul  historique  nous  permet  de
réfléchir aux formes contemporaines d’exhibition du handicap. La
frontière  est  ténue  entre  le  voyeurisme  et  le  fait  de  montrer  la
différence dans le but de la rendre acceptable.

(Pierre Ancet)



Ce que je percevais des lâches, c'était leur facultés mentales de la délation. Elle était rapide, et irrévocable, au seul doigt levé. Non pas que tous ne voyaient pas la lune et seulement le doigt, mais qu'ils se pensaient ainsi tous cachés derrière un doigt levé, pointé vers autrui. Cette faculté historique, laissait feutrés et calfeutrés, les uns et les unes et les autres, attendant qu'un doigt se lève et pointe l'ahuri, le désinvolte, le négligeant, le distrait, le rêveur, le paresseux, le naïf, le brut, le figurant, tout ce que l'art nous permet, lorsque l'on est artiste, d'être, afin de créer. Si la création disparaît peu à peu, c'est qu'elle est jugée, elle ne peut plus figurer, elle doit se draper, ne plus se montrer, monstrueuse, si belle et si intelligente, si rusée, que les philistins prirent peur, et rejetèrent ce dont ils n'avaient guère l’appréhension, sensible.

La question de la nature du monstre n'est donc pas à entendre dans un sens métaphysique. Elle n'est pas qu'est-ce que ?, mais plutôt qu'est-ce que c'est que ça ? : ça, cette chose que j'ai sous le regard, ici et maintenant. Elle formule une interrogation pratique qui nous met en quête d'autrui, de cette trace de notre propre corps qui est un constituant fondamental de notre perception. Percevoir autrui, c'est pouvoir se repérer dans son propre corps, ressentir ses actions possibles comme de l'intérieur, d'une manière beaucoup plus profonde que dans une simple projection de soi sur l'autre. Autrui est toujours déjà donné, y compris dans la manière dont nous nous rapportons à notre propre corps. La correspondance entre le corps d'autrui et le mien n'a pas à être constatée : elle est vécue avant d'être constatée. Elle se vit sur le mode d'une correspondance entre ses actions et mes actions possibles (réelles ou imaginaires, puisque je peux sentir cette correspondance en suivant les actes d'un sportif de haut niveau). Dans ce cadre, la forme précise du corps importe moins que l'ensemble des actions possibles . Ainsi Merleau-Ponty ne parle jamais directement de la saisie de la forme corporelle de l'autre dans la Phénoménologie de la perception, mais du corps propre, comme moyen d'appropriation du monde et d'autrui, saisi à travers son action et son dessein plus que sa forme.

Je pensais à cette forme de cet oiseau pataud en terre noire, d'un gris profond que j'ai formé les lendemains d'un incendie qui a mis en péril nos vie. J'apprenais les jours suivants une révélation qui changea ma compréhension, toute une défiance disparue, la lune enfin dévoilée, plus besoin de voir et d'être vue, puisque le précieux fut reconnu. Si la communication se veut sauver les plus faibles et les plus pauvres, si elle revêt le costume du parfait gauchiste, du gilet jaune, ou de l'écharpe rouge, si les filles sont aussi serveuses en boîte de nuits qu'aux directions des écoles d'art, nous sommes bien là devant des incendiaires, d'une volonté qui n'est ni courageuse ni une évolution, mais un masque terrifiant sous la bienséance, une nouvelle vilénie qui n'a d'opportunités que les amertumes d'un passé inassouvis. Ces interdits d'interdire et ces désirs d'importuner l'autre toujours plus, comme si l'autre était l'objet, l'étranger toujours, le monstre à jamais, que l'on montre du doigt, afin qu'il devienne l'immonde, jugé par tous dans un instant de folie pure, de terreur, nous sommes bien là devant un nouveau diktat, qui a tout l'apparence de la liberté, et qui cache les vices les plus vils. Si l'on te nomme le monstre, c'est que les désignants ne savent ni dessiner ni désigner la lune. Si l'on te conspue, aussi vite que l'éclair, sans que tu ne puisses sentir la foudre, c'est que ton corps est si répugnant, si monstrueux et beau, ton intelligence déforme la réalité crasse des désignants. Tu es chosifié, mais tu sais que tu es sujet, qu'il échappe à l'entendement des mortels déjà morts sans avoir été cette feuille sensible où s'imprime le ténu, le temps, le vide, l'ennui et le manque, et que c'est par ton ouverture d'esprit que la liberté de penser passe dans ton corps et ton esprit.

Pourquoi les vielles personnes sont-elles rejetées de notre société ? Pourquoi ces vielles personnes détournent-elles leurs regard ? Pourquoi les jeunes personnes sont-elles violées par notre société ? Pourquoi les jeunes personnes détournent-elles le regard ? Pourquoi le regard disparaît ? Pourquoi ne dit-on plus bonjour ? Pourquoi part-on sans rien dire, ni au revoir ? Parce que seuls les corps parlent et disent adieux, même en fauteuil roulant, parce que seules nos pensées se rejoignent lorsque le même sentiment d'injustice s’égare, lorsque ce même espoir d'être compris se conjugue à l'instant : cela nous regarde.

Renatus, Repose en paix.

Pourquoi alors, la beauté se voile ?

Parce que la bêtise viole. Pourquoi les autorités se cachent derrière les indignés ou les policiers, parce qu'elles rejettent ce qu'elles sont, elles ne pensent plus, elles ne sont plus. Elles ont la fièvre.

La pudeur de se dire au revoir, comme baisser le regard au croisement d'un regard.

Et puis l'humour est arrivé d'un bateau d'Australie...

"Je pouvais me faire cueillir au moindre faut geste au moindre soupir. Il fallait faire très attention à la sécuritate. La sécuritate ramassait tout ce qui bougeait. Je me souviens les agents de la sécuritate de l'époque étaient tout en noir. Ils avaient des lunettes noires, des costumes, des chaussures et des voitures noires. Pour ressembler à l'ombre noire du pouvoir. Le rêve du dictateur de l'époque, c'était d'avoir un agent de la sécuritate par habitant. C'est-à-dire que la moitié de la population va surveiller l'autre moitié. Et vice-versa. Tu as fini de me surveiller, c'est à mon tour. Dans toute dictature, tout citoyen est présumé coupable tant qu'il n'a pas prouvé qu'il est innocent. Ce qui fait que les agents de la sécuritate circulent par millier au milieu de la population et ils ramassent n'importe qui au hasard, des échantillons de citoyens et ils les torturent pour voir s'ils sont innocents. Un gars de mon quartier a été emmené pendant 6 mois. Il a été torturé, comme il était innocent, il a été relâché, 3 jours après ils lui ont envoyé la facture pour rembourser l'électricité qu'il avait consommé durant les séances de… torture. Et en plus de cela il avait remboursé 14 matraques qu'il avait cassé avec son dos. Dans le procès verbal, c'était marqué : Pour détérioration, pour détournement de matériel de l'État à destination collective."

Extrait de Mohamed FELLAG - Un bateau pour l'Australie(spectacle complet)
Mohamed Saïd Fellag, de son vrai nom Muhand Fella, est né le 31 mars 1950 à Azeffoun, Kabylie, en Algérie est un acteur, humoriste et écrivain algérien. En 1991, Babor Australia est créé en kabyle, puis joué en arabe algérien à Paris. Au théâtre de l'Europe en 1992, il est joué alternativement en kabyle et en arabe algérien. Babor Australia, actualisé en Un bateau pour l'Australie en 2002, est basé sur une rumeur, évoquant l'arrivée prochaine à Alger d'un bateau australien supposé emmener des chômeurs pour leur procurer là-bas emploi et logement, qui provoqua une file d'attente devant l'ambassade d'Australie.

*

OPALE A ENVOYÉ SES VŒUX EN AUSTRALIE EN FEU

*

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 23:37

22/12/2019

Ḻℯ ƒυ⊥ʊґ @ʊ ℘α﹩ṧé

Ces enfants français, aujourd'hui en 2020, sont retraités. En 1962, ils donnaient des réponses aux questions posées par le journaliste : Comment sera l'an 2000 ? Quel régime ? La paix ? Les pauvres ? Les idées ? Les guerres ? Les inventions ?

Ce futur, aujourd'hui dépassé, figure toujours parmi les rêves devenus illusions. Il y aurait toujours des pauvres et des riches, et vous en l'an 2000, que deviendrez-vous ? Pauvre.

Même dans la possibilité d'imaginer le futur, certains, certaines, ont cette confiance en soi, de leur éducation, ils et elles peuvent projeter un futur pour un collectif, d'autres n'imaginent même pas, sortir de leur condition, elle est définitive. Ils n'auront guère la possibilité de s'émanciper de leur caste sociale. Qui a réalisé ses rêves, qui était réaliste, aujourd'hui en 2020, 58 années plus tard ? Si Rêver est un leurre, pourquoi supprimer celui-ci de nos formes éducatives ? Pourquoi supprimer la psyché ? Ce qui nous gouverne se coupe de nos rêves.

En 2020, notre éducation collective ne nous incite-t-elle pas, sans cesse à penser que notre avenir est inexistant ? L'imaginaire aurait aussi disparu de nos pensées et de nos savoirs ?

Imaginer ? Qu-est-ce que c'est ? Notre éducation française depuis l'an 2000, n'a-t-elle pas pris le sens "commun" de choisir un monde fini, éteint, limité, et parce que périssable et sans soins de la terre, le choix de la culpabilisation et du suicide comme seule ouverture ?

Imaginer ? Qu'est-ce que c'est ? Notre éducation française depuis l'an 2000, a-t-elle oublié le rêve ? Pour choisir l'autoflagellation et de qui va payer l'addition ?

Notre éducation française est-elle restée assise à la table des grands, en craignant plus que tout au monde, de payer l'addition, après s'être régalée d'une viande, d'un homard congelé, avec 2 bougies pour fêter le souvenir d'une religion oubliée ?

En craignant, les fesses serrées, les gouttes de sueur, à regarder autours de la table, celui ou celle qui allait payer pour tous ?

En trouvant un nom, au hasard des incivilités, bloqués par tant d'inerties et de grève de penser, notre éducation française depuis l'an 2000 n'a-t-elle pas oublié son enfance ? En choisissant de l'achever définitivement ?

Ces enfants de cirque qui deviennent de petits soldats de la morale, manipulés par de grands enfants du spectacle, sans aucune imagination, ne savent pas qu'ils sont regardés comme des marionnettes dans un boudoir.

Depuis 1962, ces enfants ont fait notre société, sans déterminer une direction définie, sans influencer les puissants.
C'était des enfants.

Par kiwaïda at 14:11

20/12/2019

Ḡяè♥℮ ∂℮ṧ αṧṧiṧ℮ṧ ⅾü ∂εṧїℊη ρ☺ℓḯ⊥їⓠüℯMeᾔ⊥ ¢◎ґґε¢т

mafalda.jpg

C'est dit !

Par kiwaïda at 19:13

11/12/2019

฿ϴis

Il y a différentes variétés de bois. Et il y a la langue de bois.

La langue n'est pas en bois, mais pourquoi est-elle celle entendue ? Est-elle dure ? Dure d'oreille ?

C'est un langage qui agit souvent lorsqu'il y a un rapport de force. En France, ces rapports de force, très connus, dans notre société, et traditionnels, avec les grèves et leurs syndicats, nous redistribuent donc, une parole dans le champ politique et le champ professionnel, plutôt en bois.
Ce langage est souvent là pour pacifier, rassurer, surtout dans des moments violents. C'est un peu le moyen de parler pour éviter la guerre. Les relations internationales utilisent la langue de bois, en diplomatie. Elle serait donc positive.

Mais, comme toute langue d'échange, elle a son côté négatif.

La langue de bois est perçue de manière négative lorsqu'il y a des décalages entre la manière dont l’entreprise se raconte dans son discours et la perception réelle qu’en ont les salariés. Elle se manifeste quand on ne comprend pas la réponse à une question posée, quand on ne parle que des trains qui arrivent à l’heure ou quand les problèmes sont euphémisés, quand on rend compte uniquement des projets menés à bien sans mentionner ceux qui ont échoué.

La langue de bois devient autoritaire, car, si, elle enferme les échanges, plutôt qu'elle ouvre, elle les prédéfinit aussi. Lorsque cette langue devient creuse et participe des non dits, des dénis même, elle devient un champ clos, imposé, elle appauvrit et dessèche les relations humaines.

Carole Thomas (Directrice de la Com et du marketing digital, Immobilière 3F), voit entre autres, des causes juridiques. Ainsi, « la loi qui interdit de dispenser des informations aux salariés sur un projet avant d’en informer le comité d’entreprise ou qui oblige l’assemblée générale d’un conseil d’administration à voter une décision comme un changement de gouvernance pour qu’elle s’officialise complique sérieusement notre tâche et pousse malheureusement à la langue de bois »

Plus généralement, ajoute Guillaume Aper, « deux facteurs ont contribué, à mon avis, à la généralisation de la langue de bois. D’abord, un discours d’entreprise beaucoup plus contrôlé, je dirais même, sur-validé. Ces précautions, vis-à-vis de l’externe ont rejailli sur l’interne. Ensuite, un management intermédiaire dépourvu des connaissances de base dans les domaines aujourd’hui essentiels, comme la finance, les ressources humaines, le dialogue social, et qui ne peut faire autrement que répéter le discours ».

Quant à Arnaud Benedetti (Directeur de la Com de l’INSERM)., il y voit aussi une explication davantage psychologique. « Elle peut se développer en réponse à des besoins réels. En premier lieu, elle veut rassurer. Par exemple, dans le cas d’une réorganisation d’entreprise, on évitera les mots ‘’réorganisation’’, ‘’plan social’’ ou ‘’restructuration’’, auxquels on substituera la notion d’’accompagnement du changement’’, censée les inquiétudes et les doutes du personnel…. Elle sert à réagir en cas de crises : dans une société qui accepte de moins en moins le risque, les organisations développent toute une ingénierie de la communication pour s’adresser aux parties prenantes lorsqu’une crise éclate. On le voit, la langue de bois répond surtout à un besoin de sécurité. Mais elle ne sécurise que l’émetteur, sans vraiment rassurer le récepteur »

Dans nombre de colloques et d'assises (debout sur pupitres, sans assises) et autre rassemblement de sociétés, d'affaires privées et publiques, d'associations, en liaison avec l'emploi, et donc les formations et le système éducatif, on assiste à des intervenant-es qui sont dans une forme répétée de la langue de bois. Car la question de l'emploi, en France est bloquée. Le nombre de chômeurs et chômeuses et les savoir faire qui disparaissent, ainsi que les pressions syndicales, toujours plus violentes, afin de conserver des statuts qui mettent en péril le bien commun, et la transition numérique qui ne s'est pas faite, nous donnent des conditions favorables pour lisser les rencontres à un niveau maximum de langues de bois. On peut ne rien apprendre de ces échanges convenus et sur-validés, qui se sur-valorisent, sinon, que rien ne peut s'ouvrir ni s'avancer dans une relative honnêteté. Car, pour ce faire, il faudrait que chacun, chacune, puisse reconnaître que sa participation aux échecs présents est entière.

Parfois, il est de bon ton, de se raccrocher à un mot, qui serait plus à la mode qu'un autre. Le langage "geek" et technocrate a aussi ses limites, tant ces mots ont trouvé leur limite, dans leur volonté même de "transformation" de nos administrations, afin de les moderniser. Ces mots ont enfermés de nouveau, dans un entre-soi incompréhensible, tous les possibles, interdits. Les langages de la langue de bois avec les langages du jargon informatique ont largement complexifié la compréhension des métiers. C'est-à-dire, que "nous" ne savons plus ce que "nous" faisons. Le public ne sait plus. Ce ralentissement de la diffusion des savoirs peut s'entendre. On l'écoute lors de conférences, exemple sur un mot tendance : le design. Il habille à présent toutes les entreprises, alors qu'il existe depuis la nuit des temps. Mais si le costume design permet de penser que tout le monde est designer, il continue d'ignorer le commun des mortels qui mange, s'habille, et se meut, sans costume de langue de bois, mais avec l'usage adapté.

Si les services publics numériques se sont embourbés dans des méthodes qui les empêchent de communiquer, nous ne sommes pas sur la meilleure longueur d'onde.

Tous les Hackatons, les Datathons et Openlabs, avec ses méthodologies agiles et leurs actions : pitcher, pivoter, pour des produits numériques, ne font que retarder nos possibles, dans un langage compréhensif.

Il me semble que la faculté d'être honnête reste une possibilité pour communiquer, et pour cela, la langue de bois, celle répétée, doit se renouveler et briser le silence, la chape de plomb, des formations jusqu'aux modalités de créer de l'emploi (cela passe par créer des offres d'emploi, le langage utilisé), employer qui, pourquoi, comment, aujourd'hui.

Il n'y a pas de connaissance des chercheurs d'emploi, donc les offres ne sont plus adaptées aux savoir faire. Les formations, les diplômes et le nombre d'années, pour effectuer des études sont "hors sol", c'est-à-dire, ils ne sont plus adaptés à la transformation sociale et à ses mobilités en augmentation.

Dans le travail (et les formations), lorsque les méthodes employées sont subies plutôt qu'elles sont pensées plus finement, on obtient des formes de harcèlement telles, que l'abandon des études et du travail, sont bien plus importantes que l'accord entre employé-e et employeur-e, formateur-e et formation.

Lorsque l'on commence à imaginer des stratégies internationales, la langue de bois s'installe dans un déni, celui de s'appuyer sur les plus démunis, une main d’œuvre précaires, parfois sur-diplômées, qu'on délocalise. La langue de bois va sur-valoriser les actions d'une entreprise, afin qu'elle se promotionne, et présenter des chiffres gonflés comme si les chefs se devaient de faire de la musculation. Cette gonflette apporte toujours un mot phare : "le rayonnement".

Comme un soleil, il serait tout à fait entendu, que l'on doit rayonner, au risque de cramer toutes les ressources et de faire du "burn out" ou du "brown out" son capital désastre assuré.

Les saisons nous donnent quelques indices : le rayonnement, en hiver est moindre. Lorsque la pression du rayonnement arrive en fin d'année, elle est propice à la faillite. Ce qui fait défaut, c'est une pression au moment inopportun du rythme naturel et de provoquer, non seulement une fatigue intense, mais un manque de concentration, et des abandons des exercices. Demander plus de "visibilité" à un moment (qui dure au moins 4 mois à 6 mois) de moindre "visibilité", car le soleil se couche plus tôt, est contre-productif. Favoriser la dépression par la fatigue, organiser une pression violente sur les corps et les modes de pensée, favorise des crises et incompréhension et affirme une langue de bois plus dure, qui, elle, s'installe dans le temps. Le repos n'est jamais accepté. Dès lors, il est organisé des modes de promotions à overdose, afin d'arroser tous les territoires et les étrangers, pour espérer convaincre de sa force et son rayonnement. Ce n'est là qu'un point faible et un niveau de compréhension médiocre de nos activités, de nos corps, de nos exercices et nos saisons.

Demander des profils de challenger sans arrêt, n'est plus possible. Relever le défi ("challenger") dans des situations difficiles c'est justement d'agir dans une confiance retrouvée, plutôt qu'une défiance affirmée, sans arrêt.

Sans arrêt je lis des choses sur comment valoriser les "chercheurs" (leurs attribuer plus de crédits, un meilleur salaire, une reconnaissance nationale et internationale).

Mais on ne parle jamais des chercheurs, les véritables : les chercheurs d'emploi.

Car s'ils existent des chercheurs, dans le domaine de ce que la recherche est quotidienne est expérimentée, c'est celui de la recherche d'emploi.

Et personne ne peut financer cette intelligence collective et partagée, car elle se trouve engagée pleinement par les relations humaines et les capacités d'introspection, et non de rayonnement en hiver (c'est loin d'être économique)

Hibernation obligatoire (nouvelle langue d'eau et de feu)

Aujourd'hui il y a une confusion entre le "design du discours" et celles et ceux qui savent faire.

L'argumentaire des discours vendeurs de méthodes (ou le designthinking) s'est éloigné de l'expérience de vie. La nécessité tactique de survivre est une légitimité éthique, qui n'a pas besoin de financer le "design".

On en est là, puisque la raréfaction a réduit toute idée de rayonnement, le soleil disparaît, ou plutôt il brûle et fond nos glaces, donc la sur-valorisation des discours sur le design sont à abandonner, pour prendre de l'avance, et ne pas perdre de nouveau, dans la qualité de nos conditions de vivre.

Car lorsque chacun (plus souvent les hommes) estime mettre en place "la première pierre", le premier portail, le premier service nationale (même mondial), chacun convoqué à parler la langue de bois, dans le design, c'est que, chacun peut faire une croix sur le bien fondé de la pierre posée au-dessus d'une histoire de petites pierres, dont l'issue de ne sera qu'un effondrement de la pensée. Et elle l'est, elle, invisible.

Tout est sensible !

Langue de bois

dede.jpg

Malena Ernman et sa fille Greta Thunberg chez elle...

Pour reprendre cette idée que le design serait désormais associé à la lutte contre le réchauffement climatique ou aux questions économiques et environnementales, écologiques, la langue de bois devient de plus en plus dure.

En regardant bien cette photographie, la mère et la fille sont sur des fauteuils de design. Chaque étudiant formé dans les écoles de design reconnaîtra les auteurs.
Le siège blanc, derrière, la Eames Lounge Chair, (Charles et Ray Eames en 1956) est en cuir (plus de 8600 euros) La chaise jaune où elles sont confortablement assises,l'Egg Chair d'Arne Jacobsen, est en cuir (1960), (plus de 9000 euros).

Être rebelles, c'est être belles deux fois, n'est-ce pas. Ne devient pas princesse qui n'a pas son siège en cuir (je n'ai pas compté le coût de la fabrication, les matières utilisées, ni de la production)

Pour avoir pu m'asseoir sur chacun de ces sièges (pas les leurs, hein) au gré de mes rencontres chez des enfants d'amis en études dans les écoles de design, à l'ancienne mais toujours à un rythme consuméristes très tape à l'oeil, je peux affirmer, qu'ils sont très confortables, agréables et que c'est un luxe de bénéficier de telles détentes après une journée ouvrière à transporter de lourdes charges. C'est pour cela, qu'à un autre et moindre coût, il y a toujours, dans les familles ouvrières, un siège dédié, plus confortable, au travailleur ouvrier, mais qui est loin du design, de ce design si inconséquent, destiné à faire "bonne" impression, pour affirmer sa classe sociale, celle qui peut l'ouvrir et quelque part fermer la boîte à camembert de tout un chacun.

Qui sont ces rebelles ?

Greta Thunberg née le 3 janvier 2003 à Stockholm, est une militante suédoise pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Malena Ernman, sa mère, est une chanteuse d'opéra mezzo-soprano lyrique suédoise, née le 4 novembre 1970 à Uppsala. Outre l'opéra, elle a exploré d'autres univers : le cabaret, la comédie musicale, le jazz, le lied ou la pop. En 2009, elle représente la Suède au Concours Eurovision de la chanson. Une active artiste internationale qui, formée en Suède et en France, a publié une quinzaine d'albums. Si sa fille l'a convaincu d'arrêter sa carrière (si,si) Malena Ernman a fini par mettre le faire, mettre un terme à sa carrière internationale en raison de l'impact négatif des avions qu'elle employait pour se déplacer, sur le changement climatique.  Malena Ernman s'était par ailleurs activée lors de la négociation des accords de Paris en 2016 en cosignant une virulente tribune en faveur de la signature des accords dans le quotidien suédois Dagens Nyheter.

Quant à Svante Thunberg, son père de 50 ans (de Greta et de sa sœur Beata), il est à la fois acteur, auteur et producteur. Sa carrière d'acteur a été brève : un peu de théâtre, une participation à Skärgårdsdoktornn, une série suédoise en 1998. Depuis, il travaille pour l'essentiel comme manager et producteur de son épouse Malena Ernman. Ensemble, ils ont co-écrit avec leurs deux filles en 2018 un livre, Scènes du cœur, au sujet de leur famille, du parcours de Greta et de la crise environnementale. L'ouvrage Scènes du cœur a été publié en France en novembre 2019 aux éditions Kero, avec le plan communication bien ficelé et l'image de Greta "pas contente" sous un ciré jaune et sa capuche.

L'histoire de cette famille hissée à des grandes représentations mondiales, pourrait réaliser une introspection et faire la grève (de la promotion sur-validée et autoritaire) et se poser des questions : Et si la fille, n'avait tout simplement pas repris la carrière de la mère, ce qu'elle reprochait, avec tous ses vols afin de rejoindre les 4 coins du monde, en promotion (sur-valorisation) des individus et du privé, avec la langue de bois que nous connaissons bien, à présent, du bien commun.

Nous sommes là devant un cas de rivalité féminine, bien plus que d'autisme affirmé. La question des atypiques, des neuros-atypiques n'est pas exempte de nos névroses communes à tous et aux normaux-pensant.

Au moins, le bien commun me semble égalitaire dans ces affres de nos psychologies générationnelles, nous sommes égaux, dans ce qui nous échappe le plus, et surtout car notre inconscient est encore loin d'être mesuré et revendiqué comme exemple du "bon", du "bien".

Je termine en imaginant seulement m'améliorer demain, car aujourd'hui, j'ai subis la saturation intellectuelle de la langue de bois.

Voici ma langue asséchée, car l'eau vient à manquer, et les bouteilles en plastiques interdites, sont toujours là, vides, mais partout jonchée comme des cadavres d'écriture, sans ciré jaune, sans Eames Lounge Chair.

Et malgré tout, je garderai la Eames Lounge Chair, lorsqu'elle sera mise au rébut, car j'adore réparer. En fait c'est encore plus appréciable lorsque l'on peut prendre soin des objets, autant que des êtres vivants ou minéraux, mais est-ce si gratifiant de le montrer au monde entier ?

Demandons donc à notre inconscient. Pourquoi certain-es ont besoin d'autant d'exhibitions ?Mais aussi, pourquoi ces sujets sont-ils autant relayés, médiatisés ? Les idéologies sont toujours au service de.
Et le design, se trouve, dans ce relais, au service de.

Je sais, j'ai déjà mauvaise conscience d'avoir écorné des images de bien-pensance, et ce sera très mauvais, ou très "bon" pour une désintégration sociale...Mais d'un petit ordre social, éphémère, recyclable.

Par kiwaïda at 15:15

18/11/2019

ᙢᗩᓰᔕᗢﬡ ᖙᗴᔕ ᙓᔕᙅᒪᗩᐯᙓᔕ

https://journals.openedition.org/insitu/10303

Pour aller plus loin :

La fabrication du Patrimoine : l’exemple de Gorée (Sénégal)
Hamady Bocoum et Bernard Toulier

Résumé

L’île de Gorée est aujourd’hui un des symboles emblématiques de la mémoire de la traite atlantique. Dès la période coloniale, une « maison des esclaves » est proposée pour l’accueil des touristes et le « centre historique » de l’île protégé au titre des monuments historiques et des sites avec l’ouverture d’un musée historique de l’Afrique occidentale française. À partir de l’indépendance, l’État du Sénégal prend le relais. Le discours patrimonial national rejoint la demande de connaissance sur les « racines » de la diaspora noire des afro-descendants : le site est mis sur la liste du patrimoine mondial en 1978, un projet de mémorial est lancé sous l’égide de l’UNESCO et une campagne internationale de sauvegarde est initiée par l’organisation internationale. Mais seule une réplique, dont l’impact négatif est évident, a été édifiée sur l’île. Aujourd’hui, on assiste à une surenchère de cette construction de la mémoire et du patrimoine à travers le projet d’édification d’un nouveau « mémorial de Gorée » sur le site des Amaldies à Dakar. Au-delà du discours du célèbre conservateur du musée de la Maison des esclaves, Boubacar Joseph Ndiaye, aujourd’hui décédé, ne faut-il pas reconvertir l’ensemble des musées de l’île pour accompagner cette transmission de la mémoire et cette demande d’« histoire » ?

Par kiwaïda at 18:36

23/09/2019

ℓε sιℓεŋ¢ε

Par kiwaïda at 00:06

20/09/2019

ⅾ℮ℓḯ¢αтα

Photographies © Sonia Marques

J'ai un nouveau téléphone

Delicata & Manjericão











J'entends ce qui est bon, les herbes sacrées, amoureuses, noisettes et cacahuètes...
Et un gâteau aux carottes : Râpez les carottes, 280g (3 grosses). Beurrez et farinez un moule, préchauffez le four à 180°C. Séparez les 5 blancs des jaunes d'oeufs. Saladier : fouettez les jaunes d’œuf et le sucre ensemble (100 ou 200g si on veut devenir grosse ou moins grosse) = mélange mousseux Ajoutez les carottes, la poudre d’amandes, 125g, et de coco 125g, grosso modo, un peu de vanille (comme on veut en gousse, ou en poudre) et le jus d'1 citron et son zeste. Tamisez la farine (80g), et la poudre à lever. Nouveau saladier : montez les 5 blancs en neige, avec une pincée de sel, incorporez-les à l’autre mélange délicatement. Versez le mélange dans votre moule et enfournez pendant 50 minutes, vérifiez la cuisson du gâteau ou cake à l’aide de la pointe d’un couteau Délicatement, délicatement...

Par kiwaïda at 19:48

05/09/2019

éłéℊ@ηḉε

Photographies © Sonia Marques

Élégance

Paix

Recherches

Textiles

Végétal

Par kiwaïda at 23:02

07/08/2019

ÐiḠИℰ

Photographies © Sonia Marques

Sékou était assez surprise de lire un commentaire sur le blog de Yvonne à son sujet, puis finalement pas surprise du tout. Yvonne avait écrit un article, de façon indépendante, et sans l'interroger, sur la discrimination qu'elle subissait à l’hôpital Mary. Cela n'a fait qu'empirer sa situation ensuite, comme quoi, le féminisme dans ce pays est très rétrograde. Sékou avait écrit une circulaire dédiée à l'institution, c'était un S.O.S., et celle-ci expliquait clairement ce qu'il lui arrivait. Yvonne avait librement choisit un paragraphe où JALIL était cité, mais avait occulté l'essentiel, le contenu de Sékou, ses idées. Son article intitulait "Sékou contre l’hôpital Mary". Par cet article, Sékou découvrait une communauté qui ne la connaissait pas et qui protégeait celle qui lui avait envoyé des courriers insultants, la directrice de l’hôpital Mary : Georgette. Peut-être parce que "fille de" . Sa mère cardiologue Raymonde, avait la carte au parti politique Binto, reconnu comme le plus dictateur et démagogue du pays. En tous cas, Sékou était constamment insultée par Georgette, elle la méprisait comme si elle était un déchet social, impropre, mal née. Le harcèlement subit a été exponentiel, Sékou, chirurgienne a été remplacée par un de ses stagiaires qui ne savait pas encore opérer. Celui-ci se mit à prendre des airs supérieurs et a fomenté des complots contre elle, afin de prendre sa place. Georgette a commandé un procès, afin que Sékou soit humiliée dans son village, à Oumou, sans que cette directrice n'ait à se déplacer au tribunal. Il y avait des violeurs jugés, dans ce tribunal, et des femmes qui excisent les petites filles. Sékou, parce qu'elle aurait souillé un outil de travail pendant une opération s'est retrouvée parmi les violents de son village. Puis Georgette la remplacée dans sa fonction, par Roger, son ami qui rêvait depuis longtemps opérer, mais il n'avait jamais passé de concours, comme Sékou.

Sékou se retrouva sans emploi durant des années. Aucun de ses collègues n'avaient répondu à son S.O.S. Ni Fernand qu'elle avait aidé à s'intégrer, ni Gaston qui lui avait demandé tant de fois de le remplacer, ni Antoine qui l'avait mise à disposition dans un autre Hôpital, ni Anne qui ne savait pas parler la langue du village et dont Sékou l'avait épaulée plus d'une fois, ni Hélène qui ne savait pas opérer, ni Marcel, qui se faisait passer pour un dentiste en arrachant simplement toutes les dents.




Voici son S.O.S. :


Oumou, le 30 juin 2045,

 

Chers collègues,

   

Suite à un courrier reçu ce jour en recommandé avec accusé réception de Geogette m'indiquant que je suis en situation de faute professionnelle sans aucun motif, je vous informe que je n'envisage pas sereinement les opérations dans ces conditions de travail.

En février, j'écrivais une lettre à la direction de l'hôpital Mary, pour mettre un terme aux courriers administratifs, une vingtaine à ce jour, avec des mesures vexatoires et des remarques discriminantes, sans rapport avec  les modes opératoires, la pratique de la chirurgie, qui ont pour effet, une dégradation de mes conditions de travail. Je n'ai pu répondre de suite à ces courriers répétitifs en pensant qu'ils seraient relus, conjugués et corrigés. Ce retrait fut nécessaire à la réflexion. Dans ma lettre, j'attirais l'attention sur une notion à reconsidérer en cette période de confusion, celle de « prendre soin du langage ».

Extrait :

« Il y a des imprudences qui sont terriblement nuisibles de la part d'institution et conduisent à l'isolement des individus. Ces imprudences, si elles ne sont pas relues attentivement, et dans leur portée sémantique et dans leurs actes policiés, deviennent des incitations à la haine, au mépris de l'autre, surtout, si elles se trouvent relayées par des directions. Le manque de communication que nous subissons, médecins, urgentistes, dans cet Hôpital, ne peut se résoudre par des courriers administratifs, individualisés qui empêchent le dialogue et renient tout récit, toute histoire.

Les courriers que je reçois, de la direction, ne sont pas dédiés à une chirurgienne. Ils sont dans le déni de la fonction, de la transmission d'un savoir, de mon métier. Les mots écrits ne sont pas recevables et s'inscrivent dans une succession de travers administratifs indéfectibles qui provoquent de violentes nuisances au bon déroulement pédagogique en interrompant toute fonction de transmission du savoir de la médecine et en éradiquant le lien essentiel, par lequel, tout enseignant et enseigné, fonde sa confiance : la relation humaine. »

J'ai reçu aussitôt, une réponse signée de la direction, en recommandé avec accusé de réception, m'indiquant que ce courrier était écrit en « très petits caractères ». Toutes les questions de fond évoquées restent en suspend.

Je suis chirurgienne, diplômée de l'École de Djenaba, ayant travaillé durant neuf années à l'hôpital de Boubacar, intervenante dans différents hôpitaux de notre pays et à l’étranger. Je vis à Oumou depuis plus de dix années. Mon métier est basé sur la valorisation du travail des stagiaires, la bienveillance, le respect d’autrui et la non exclusion.

Ce courrier arrive une semaine après les réunions de juin auxquelles j'ai participé, et dans un moment où les hôpitaux questionnent les modalités des nominations des directions.

Mes échanges et les plus récents, avec différents collègues, directrices, inspecteurs, inspectrices, entreprises, et personnels des hôpitaux, m'invitent à leurs envoyer ce message d'alerte et de solidarité. Je suis très inquiète pour mon avenir et la paupérisation de mes fonctions au sein de l'hôpital Mary. J'assiste à la disparition de statuts, la non communication des résultats, malgré nos réalisations. Les tabula rasa successives chaque année, ne favorisent pas la pérennisation de nos savoir faire.

Alors que les hôpitaux sont en en mutation, Mary s'installe dangereusement dans un silence assourdissant, où aucun sujet sociétal ne la traverse et ne circule dans ses arcanes internes. Ce mauvais signal reçu illustre nombre d'exclusions et la volonté d'amoindrir les forces vives de cet hôpital, tout acte de penser, d'échanger, de porter sa voix.

Si dans les Hôpitaux, comme dans le champ de l’enseignement  supérieur  en  général en médecine,  les conditions  peuvent être propices au harcèlement et à toutes sortes de domination,elles créent aussi  des contextes favorables pour les questionner et les combattre. Comme nous le documente la charte de JALIL, contre les discriminations, je suis engagée :

«… à la  mise  en  œuvre d'une  politique  structurelle  d’égalité  entre  les  femmes  et  les  hommes  et  de  lutte  contre toutes les discriminations, qui concerne aussi bien la gouvernance des établissements et l’ensemble des personnels  et intervenants, participe au travail  nécessaire de reconstruction  du  champ des représentations.Comme le monde de la médecine,nos écoles ont depuis longtemps ouvert leurs portes aux sciences politiques et sociales. »

J'ai informé la direction afin d'ouvrir les échanges, aborder ces questions urgentes, vis-à-vis des facteurs positifs de la diversité des médecins, accompagner et soutenir leurs réalisations et tissages entre les outils et histoires, investissant les laboratoires et trouver les moyens d’apprécier leurs évolutions, réunir ces différences et les conduire aux opérations en favorisant le développement de leurs recherches et projets plutôt que confirmer les inégalités de traitement, tout comme celles des scientifiques . Suite à ces apports écrits, à l’écoute des collègues, ce dernier courrier cautionne une nouvelle fois des méthodes d'exclusions, alors même que j’ai organisé ces années un cadre de recherche évolutif transversal à tous les niveaux, et que nous cherchons à faire résonner leurs opérations dans des contextes culturels contemporains et référencés.

Chers collègues, vous connaissez mes apports et mon engagement dans votre établissement, je reste sincèrement projetée dans cet avenir commun, et résolument, dans la situation présente, dans l'espoir que l'Hôpital Mary puisse se remettre en question et aller de l’avant.

Je vous invite à me répondre à mon adresse.

J'invite également tous les collègues des autres hôpitaux amis et partenaires, auxquels, j'envoie ce message, afin de me faire part de leur soutien et j'informe celles et ceux qui organisent les séminaires de JALIL à Taha de ma participation et de ma disponibilité aux débats.

Mes plus cordiales salutations,

Sékou

Copie à la Georgette, l'hôpital Mary, JALIL, les associations de Oumou, Boubakar...
(Ce texte est écrit en très petits caractères, veuillez porter vos lunettes)



L'article d'Yvonne sur son blog, a provoqué l'ire de Georgette, la furie, la directrice de l'hôpital Mary, qui évitait déjà tout dialogue, mais s'empressait de harceler Sékou par courrier et par son pouvoir de direction d'y émettre des menaces, non fondées, mais déjà de licenciement. Sous cet article un commentaire encore plus significatif d'une communauté aux pratiques étranges : "N'importe quelle incompétente comme ça va se servir de JALIL pour crier à la discrimination. Vous êtes déjà gâteuse ?" Un commentaire qui exprimait bien toute la bêtise que Sékou avait déjà reçu de cette directrice, en anonyme mais à peine anonyme. Déjà, tout comme la saleté reprochée par cette directrice, alors que Sékou est propre, c'est l'incompétence qui fut ici qualifiée comme critère, alors que Sékou est très compétente. Mais ce qui est plus intéressant c'est le jugement de "n'importe quelle". Comme s'il fallait, être quelqu'un de reconnu dans cette communauté obscure, mais démasquée, pour écrire, ou parler, ou s'y connaître sur les discriminations. C'est-à-dire que le n'importe qui n'avait pas le droit ni de vivre ni de décrire, ni d'avoir une expérience, puisque "l'incompétence" se trouvait là, en plus d'être "n'importe qui". Sékou trouvait cette façon pathologique de tordre les mots, assez accusatrice et du même ordre que tous les courriers qu'elle avait reçus, sidérants, mal conjugués. Et puis l'adjectif "gâteuse", au passage, histoire d'éliminer toute connaissance, décrite par Yvonne, toute re-connaissance, pensait Sékou.

Une femme déviante ou avec une pathologie grave, quérulente, qui fait des procès, et multiplie les actions en justice, va sans arrêt attaquer l'intelligence et déposer son mal être sur l'autre, qu'elle méprise et juge être n'importe qui. Elle a souvent surchargé les tribunaux, pour rien, in fine, et employé nombre de juges et greffières et comptable autours de ses procès, et d'un ou d'une accusée. Là l'accusée c'était Sékou, se demandant bien ce qu'elle fichait dans le tribunal d'Oumou. Un avocat lui avait dit, cette Georgette est complètement cinglée. Elle a une tendance pathologique à se croire victime d'injustice alors elle plaide en justice, elle est délirante.

Après l'idée de "se servir" dans le commentaire sur le blog d'Yvonne, est très intéressant aussi, car cette directrice se sert de l'argent public pour ses propres intérêts, privés donc et sa communauté Binto. Elle choisit les médecins, des hommes et fait partir les femmes. Il ne reste plus beaucoup de femmes qui peuvent opérer, à moins d'une soumission sans borne et contre chantage, afin d'espérer obtenir des crédits, puisque la despote est devenue un guichet. Le sexisme est arrivé à son apogée. Elle se trouve protégée, non pas par ce qu'elle croit (sa famille, son parti politique) mais par ces féministes qui, au nom de l'anti-sexisme, revendiquent, sans arrêt et avec une politique d'attaque, de disposer des femmes aux têtes des institutions. Mais pour faire "image" seulement. C'est donc ça le truc, pensait Sékou, quelle idée débile. Car, dans les arcanes du management, c'est un sexisme, qui ne peut alors se dénoncer. Ces féministes ont refermé le cadenas de la porte de la mixité sociale, à jamais, dans un écrin de stupidité. Ce sont des familles entières qui sont à la tête de ces directions, on pourra trouver le conjoint de Georgette, Sultan, à la tête de l'Hôpital Maurice, tous deux qui prônent l'horizontalité, la mort de la hiérarchie, s'amusant à se mêler aux secrétaires et aux assistants et stagiaires, comme si tous étaient au même niveau, ou eux intégrés aux inférieurs sociaux. Évidemment la directrice n'est pas du tout à l'horizontale, puisqu'elle exclue, grâce à sa seule signature, son pouvoir, l'employée qu'elle n'aime pas, qu'elle jalouse pour la remplacer par l'un des siens (pyramide hiérarchique donc, en contradiction avec l'horizontalité demandée) Il faut afficher que la liberté d'expression est là, Sékou voit bien, en fait, que c'est une vraie dictature, ils importunent l'autre, c'est leur liberté d'expression et l'autre doit se taire, et même se cacher pour mourir, comme les oiseaux.

Sékou se remémorait ce commentaire, sexiste et raciste. L'anonyme ne semble d'ailleurs rien connaître. Sékou fut déjà étonnée que Yvonne l'associe, dans son article à deux nom d'hommes, Tchoupi et Patchouli, lesquels ne l'ont pas aidé dans sa profession bien au contraire. Sékou se demandait si Yvonne craignait d'écrire sur son nom seul, comme si elle était tellement "n'importe qui" qu'il fallait y apposer deux noms d'hommes, pour faire plus sérieux, et "pas n'importe qui", des hommes qui ne sont pas du tout dans la reconnaissance des femmes médecins. Elle pensait aussi qu'elle l'avait infantilisée ainsi, comme il faut mettre le nom des tuteurs pour un enfant qui n'a pas encore grandi. Bref, le fait est que Sékou a été convoquée, deux mois plus tard, par la directrice de l'hôpital Mary, le lendemain du jour, où une femme secrétaire décédait, dans son équipe administrative, et soudainement, et jeune (elle lui avait donné une charge importante de travail pour son idée d'aller "tous", mais pas vraiment tous, à Coumba, afin d'afficher un club touristique monstrueux pour facebook) Cet entretien, Sékou pensait pouvoir pacifier la bête, mais Georgette l'accusait d'avoir fait passer une circulaire "à tire larigot", son expression, sans qu'elle le sache qui vient de "boire", connotait le problème de Georgette : elle buvait trop, et n'avait aucun savoir, elle répète. Personne n'aurait jamais dû être informé que Georgette maltraitait ainsi une chirurgienne. Cela devait rester secret. À discrétion donc et pour continuer à faire joujou comme elle l'entend, dans sa communauté.

Oui tout le monde et n'importe qui peut se cultiver et être cultivé. N'importe qui a connu des discriminations. N'importe qui peut vous démasquer, Madame la directrice, pensait Sékou.

Tout d'abord, Sékou ne connaissait pas bien la directrice et s’interrogeait sur le pourquoi avait-elle été choisie. Elle se demandait que se passait-il pour qu'une telle haine arrive, sans que la personne violente ne la connaisse. C'est que les pratiques de harcèlement sont systémiques. Il y avait bien plusieurs personnes cachées derrière Georgette, et certainement des collègues, qu'elle n'entendait plus. Elle en croisait parfois dans son village, en allant faire des courses, et même de ses stagiaires qui avaient réussi à séduire Georgette pour devenir assistants de l'hôpital sans avoir à passer des concours, et toutes ces personnes baissaient la tête, comme coupables devant Sékou, sans emploi. Ils avaient honte, et plus ils avaient honte, plus Sékou voyait qu'ils avaient mal, à une jambe, à un bras, les cheveux devenaient gris, ils ne savaient plus marcher, ni parler, il marchonnaient, ils merdouillaient, ils se trainaient comme de petits bébés hippopotames. Sékou aurait eu pitié, mais tout cela est passé, digne, elle est passée à d'autres sphères plus clémentes.

Elle commença à chercher qui était cette interlocutrice qui l'accusait d'avoir souillé l'équipement de l'hôpital. En l’occurrence, les recherches sont une mauvaise piste, car pour qu'une personne aussi faible comme Georgette, mauvaise médecin, mauvaise pédagogue, en vienne à tester son autorité auprès d'une chirurgienne, plutôt bonne, et humble, c'est qu'elle était sous influence, manipulée, puisque manipulatrice à son tour. Sékou s'aperçoit qu'un climat général de harcèlement structurait cet hôpital, et ce depuis, bien avant qu'elle y travaille. Ces pratiques du harcèlement sont transmissibles, et sont érigées comme seuls modèles qui statut sur les relations interpersonnelles. Le responsable d'une telle situation est le gouvernement, qui a totalement abandonné ces hôpitaux, et pour bien des raisons politiques. L'interlocutrice a commencé à invité sa mère Raymonde à l'hôpital, afin d'espérer faire autorité. Puis, elle a invité Catherine, la sexologue, au cas où, personne ne savait que la directrice faisait partie d'un réseau influent et caritatif, auquel elle n'est pas du tout intégrée, et ça, il faut le remarquer depuis longtemps, car son conjoint, qui a présidé le Grand Hôpital Zizito avec ses amis, pas très porté sur la cause des femmes, ou alors des très jeunes et soumises... ne l'a jamais intégré à son réseau. Sauf que lorsqu'il fut nommé directeur à la clinique Boghosse du pays Habib, elle s'est empressée de faire un partenariat avec l'hôpital Mary, et une des médecins fut sélectionnée, passée devant les autres candidats donc, pour un séjour à la clinique Boghosse du pays Habib. Premier problème, quand le privé et le public s'emmêlent les pinceaux. Donc Sékou se demandait pourquoi cet acharnement ? Lors du premier entretien qui a duré quelques minutes, parce qu'elle avait "mal au ventre", Georgette lui raconta, sans la regarder, qu'il y avait un "tas de rumeurs sur elle" à l'hôpital. C'était la première fois que Sékou apprenait cela. Elle lui dit "des mauvaises et des très bonnes" et "beaucoup de mauvaise foi". Mais Sékou n'a jamais su qu'elles étaient ces rumeurs ni de qui. Dans un doute consternant, au sujet de tous les employés de l'hôpital, Sékou ne pouvait plus saluer ses collègues comme avant. Georgette ne savait pas du tout qui était Sékou. Mais Sékou comprit qu'elle allait être harcelée, par des rumeurs dont elle ne saurait jamais qui les propage, ni comment et de quoi s'agissait-il, afin qu'elle soit remplacée par un homme chirurgien. Le problème c'est qu'elle ne connaissait pas la durée de ce harcèlement, qui allait la démettre de ses fonctions et la pousser à la démission. Dès lors, il n'y avait plus aucune confiance entre collègues. La suspicion prenait toute la place, et l'isolement.

Sékou découvrit les personnes qui avaient colporté toutes ces rumeurs, à partir de rumeurs qu'elle avait reçu sur d'autres collègues quand elle travaillait à l'hôpital Mary. La propagation était à son comble et chaque collègue avait un dossier. Incroyable découverte. Il y avait bien une personne complètement folle derrière tout cela. Cela avait pourri cet hôpital et bien d'autres encore, tant cette personne siégeait à tous niveaux. Quelle hideuse personne, malade, aucun psychiatre, même en l'épousant n'a pu la soigner. Comment pouvait-elle continuer à travailler ? En travaillant une image respectable, et cela prend tout le temps. Il faut être aux commandes partout et dès qu'une critique l'atteint, il faut la dévier sur quelqu'un d'autre. Ainsi, chaque employé avait un dossier bricolé, par rumeur, uniquement. L’effondrement du savoir, des trous de gruyère, devenait le lieu même des petites souris, à l'abri des chats. Des galeries souterraines avaient été creusées, si profondément, que le gouvernement devait envoyer des gros rats les pister, mais ils revenaient transformés en souris encore plus petites et si mauvaises, que le gouvernement ne pouvait voir de différence entre des rats et des souris. En même temps, Sékou aimait bien les souris, elle n'avait jamais pu en tuer aucune. Sékou n'était pas féline.

Lors d'une autre réunion de l'équipe avec la directrice, à laquelle Sékou participait, très houleuse, chacun des présents, s'évertuant, à se dire le meilleur médecin venant d'écoles prestigieuses, mais pendant laquelle, comme toutes, Sékou ne disait rien ; ceux-ci étaient tous embarrassés comme s'il y avait un malentendu sur un sujet, non-dit. Ils décrivaient que la médecine avait bien changé dans les écoles et que Georgette devait en prendre compte, que depuis ses études, il y a eu d'autres enseignements et l'école de Djenaba était devenue la meilleure. Et là elle arrêta toute discussion en s'exclamant : "il n'y a pas d'enseignement à l'école de Djenaba, ils ne sélectionnent que les meilleurs, et déjà étudiants ce sont de bons médecins, les profs n'ont plus rien à faire ensuite". Les collègues regardaient Sékou en coin effarés, s'apercevant que Georgette ne savait même pas que Sékou venait de cette école. Ils étaient face à une ignare complète qui tournait sur son siège en leurs disant "Moi je suis pénarde, il ne peut rien m'arriver".

Antoine, Gaston et Marcel se frottaient les mains et pensaient, qu'ils allaient bien se marrer cette année. Ils étaient en face de la plus bête des directrices, ils n'en feront qu'une bouchée de pain, il fallait la mettre au trot et leur avenir serait ainsi facile, ils se voyaient déjà en haut de l'affiche en léchant les sabots de Georgette, autant qu'elle le souhaitait, ce n'était rien en comparaison à ce qu'ils obtiendraient d'elle. Personne d'autre ne laisserait de tels bandits s'emparer ainsi du pouvoir, de cette direction. Mais Georgette, c'était Georgette, une petite bière, une petite attention, un petit diner bien arrosé, une douceur, tout ce qu'elle n'avait pas eu, et cela suffisait. Georgette ne manquait de rien, sauf d'une affection. Et celle-ci serait toujours trompeuse, car Georgette officiait comme un guichet et proposait l'argent public, comme échange d'un peu d'attention. Elle s'entourait de tout ceux qui faisaient mine de l'aimer. Cette insincérité parfois retournait ses sabots à l'envers, et elle ne pouvait plus avancer. Elle s’affaissait comme une bête après une course pour être décorée, mais elle courait après une carotte. Cette ânesse devait confesser s'y être mal prise, ou bien que ses disciples étaient indisciplinés, ou infernaux. Ils lui menaient la vie si dure, qu'elle piquait des crises de rage. Les villages avoisinant, l'entendaient crier.

Cette phrase devait les éclairer pour la suite : je fais ce que je veux, je suis protégée, vous allez tous mourir. De ces présents à cette réunion première, ils ne reste que deux hommes médecins, tous les autres ont été amenés à partir, à discrétion, dans le conflit, mais à discrétion. Ces deux hommes, venant de la même famille, allaient pouvoir demander ce qu'ils voulaient, et ne pas faire d'opérations.

Les arguments mis en avant pour l'hôpital Mary par Georgette avec une injonction : un hôpital ça se regarde ! Tout est dit. La despote aime être regardée, mais elle ne voit rien.



Que fait le gouvernement : rien, Il ne sait rien et ne voit rien.

Ses inspecteurs ? Des hommes élus entre eux, qui ne visitent jamais les hôpitaux et écrivent des rapports médiocres à distance en recopiant ce qu'il y a écrit sur les sites Internet. Qui sont-ils ? Ce sont des retraités, anciens médecins ou directeurs, tous de l'école d'Imani, chacun avec un poulain, qui fut leur étudiant. Dans plus d'une centaine de pages sans aucune analyse, ces inspecteurs des hôpitaux du pays, vont mettre en avant le mérite de leur chouchou, les pauvres, nommés. Une affaire entre hommes, pommade logorrhée assez lisible, ou risible ? Mais qui les nomme ? Personne, ce système est bien clôturé, ils se nomment entre eux, les administratif, toutes des femmes (au gouvernement elles sont majoritaires) ne sont ni médecins, ni n'ont fait d'études de médecine mais, vont suivre à la lettre leurs recommandations : pas une seule femme ne doit être valorisée, pas une seule médecin. Depuis un siècle, il ne s'est rien passé, pour eux, ils n'ont d'ailleurs pas vu le temps passé et sont restés aux bancs de leurs écoles, avec un parterre de gourdes qui attendent leurs crédits. Et il faut pour cela sceller : ajouter des préconisations et une charte bien épaisse et inefficace à souhait contre les discriminations. Bref, un système, où aucune évolution n'est possible, tout est bien verrouillé. Il est tout à fait normal que ces écoles de médecine soient les plus conservatrices, sexistes et racistes qu'il existe dans ce pays, car ce sont les moins ouvertes, et les critères sont opaques, non pas parce qu'ils seraient définis, non, ils se basent sur le mépris du savoir (de l'analyse, du discernement, de la différence, des histoires)... Mépris des évolutions des techniques et des usages, des rapports sociaux. Bref il n'existe pas de rapport d'inspection aussi médiocres que ceux-ci. À quel date s'est arrêtée l'analyse ? Qu'est ce que l'on doit lire, qu'untel est devenu, reconnu par cette petite communauté et qu'elle doit, de cette petite lorgnette se passer une pommade bien chargée pour nous en convaincre : ils le méritent. Parfois des médailles d'honneur rajoute à cette charge, au cas où les doutes subsisteraient. Et ils subsistent, à force de ne voir que ces caduques rapports se lit un triste constat : personne ne peut plus rien faire pour les aider, il se sont enfermés.

Oumou ne sait même pas qui sont-ils et heureusement, car dans leur carrière chargée comme un mulet qui ramène les mauvaises herbes et que l'on pousse avec une branche afin qu'il avance un peu plus vite qu'un éclopé, ils n'ont pas su faire le tri. Sans distance critique, en oubliant bien la moitié de la population, les roues de leur charrette ne sont pas sorti de l'ornière des préjugés. Il fallait parfois bander les yeux de ces mulets pour parvenir à les bâter. Et là seulement, on pouvait lire, dans les rapports de ces inspecteurs d'hôpitaux, uniquement publiés pendant les vacances, lorsque tous les médecins et stagiaires sont partis, en évitant soigneusement qu'ils soient lus, de petites décorations qu'ils se donnaient, quelques pages dédiées sur leur fameuse carrière, sans aucun tri. Ils ne pouvaient pas être des modèles, tant leurs mauvais usages du service public, pour leurs seuls intérêts privés, ne pouvaient servir la médecine, mais bien accroître sa désertification auprès des plus jeunes. On ne pouvait plus s'engager dans ces ornières, ce n'était plus possible, ni attractif, ni économique, ni facteur de développement pour le pays.

Mais pour Oumou, si c'était redéfini, si la mixité sociale et l'ensemble du village se sentait concerné, si ses enfants pouvaient grandir par la médecine, le village se développerait et les enfants guériraient, assurément. Les rapports d'inspection ne mentionne jamais Oumou, ni ce qu'il s'y passe, ni les bons médecins.

Et Yvonne envie la place de Georgette, elle rêve depuis longtemps être l'une de ces femmes à la tête d'une institution structurée par les hommes, pour les hommes. Elle voulait être un homme, un médecin reconnu, comme son père. Mais elle est une femme qui s'ennuie et pour passer le temps, écrit des articles, sur ce qu'il n'y a plus à écrire, et se reçoit des commentaires qui l'assassinent, et la pousse à se sentir trop vieille pour sa communauté. Et pour se sentir différente de cette famille, elle suppose n'aimer que les femmes, mortes de préférences, tout en copiant chaque geste des hommes, leur musique, leur maladie, leur façon de gouverner, leur façon de patrimoiniser. Alors elle matrinoine. Mais à la différence de Georgette, qui ne sait rien, Yvonne a cheminé en terrain hostile et a pu observer son pays de loin, depuis Touchatou, ce pays où tout est possible et où tout est interdit aussi. Dans ses articles, il y a ce côté exotique, qui permet, à tous ces mulets chargés, d'imaginer un ailleurs, où ils auraient été mieux compris, et dans lequel, les interdictions leurs auraient donné un cadre, une reconnaissance, des étapes vers l'humilité.

Sékou voit la bougie.

Sékou regarde son village la nuit, tous les habitants, les commerçants qui la connaissent. Le soir une bougie s'allume seule, puis toute la nuit se consume. Sékou pense que tout ce qu'elle a fait était sans connaître les règles. Elle aurait bien voulu former d'autres femmes médecins, mais elle ne pouvait pas le faire seule, comme elle l'avait fait jusqu'à présent. Les bintos l'avait ciblé comme la sorcière, la chasse a été lancée, dans tous les hôpitaux du gouvernement et Sékou ne pouvait plus opérer. Personne ne pourra jamais plus être guéri.

Que va devenir Oumou ?

Sékou trouva Moussa qui lui dit : Tu sais, ces Georgette, Yvonne, Sultan et leurs inspecteurs, Chiasse, Euthanasia, Lampe et Clitorine, sont de la même génération et de la même famille. Ils ne représentent personne, qu'eux-mêmes, ils ne savent pas dans quel pays ils habitent, ni quelle culture les a formée. Ils ne guériront pas. Ne t'inquiète pas de leur destin, ils ne savent rien de toi, de nous tous.

Oumou les ignore et c'est pour cela qu'il sont si méchants. Ils dépensent toute leur énergie pour attirer les regards sur eux, mais ils s'adressent à des aveugles de cœur. Ils ne récoltent que leur reflet, et ce n'est pas beau. Ils sont furieux, elles sont furies.

Puis il regarde Sékou dans les yeux : Mais toi, ton chemin a croisé leur route, pourquoi ?

Sékou regarde la bougie qui vibre. Moussa ferma les yeux.

Par kiwaïda at 12:41

30/07/2019

ḯL ρʊʟḉїη☺ ♭i@η¢☺

J'ai vu ce documentaire qui passe sur Arte, visible en ligne, Tanzanie, l'enfance volée des albinos, réalisé en 2018 par Catherine Monfajon. Les images sont délicates, quelques unes sont en visuel de cet article. Mes derniers enseignements portaient sur un sujet que je nommais "Il pulcino nero". Cette histoire du poussin noir illustrée sous différents angles, de la fable au dessin animé, aux animations, aux films était un prétexte pour l'analyse des discriminations, un prétexte à dessiner. La vie réelle m'a rattrapée puisque j'ai été ostracisée des écoles nationales, du moins de deux, liées, par des rumeurs, dont j'ignore la portée, la couleur, mais certainement nauséabondes et fausses. Sujet tabou, sujet incompris, dessins trop noirs, trop beaux, trop parfait, trop et trop, tout en retrait et dans une ligne minimale, un trait, une idée. En toute inconscience, car il n'y a pas de lecture, on se sait plus regarder des images et les analyser, ni lire un texte, alors on coupe, sabre, raye, biffure, on rejette, on fantasme, on inverse, on perverti les faits. Cela reste, de mon côté, l'un des plus fort sujet que j'ai pu donner aux étudiants. C'est pour cela que l'on m'a pris mon salaire, afin de supprimer ce sel de la vie d'une intellectuelle, une artiste, une femme. "On" c'est une institution, c'est ce qui nous gouverne, ce qui devrait être un modèle, et nous protéger. Et qui plus est, cela s'est passé dans des écoles. Il y avait une sorte d'anticipation, de ma part, à vouloir apprendre, enseigner. Mais il est très difficile d'enseigner lorsque les institutions ont elles-mêmes abandonné d'apprendre.

Et puis je tombe sur ce documentaire et cette histoire que je connaissais des albinos rejetés, méprisés. Ils vivent enfants solidaires, parfois orphelins, ou très loin de leurs parents, en tous cas dans un lieu, une sorte de prison, mais il faut dire "école", institution où ils seraient protégés des leurs et c'est le gouvernement qui insiste sur le fait qu'ainsi, ces enfants sont protégés. Protégés ou abandonnés ? Oui, l'abandon a été, non pas autorisé, mais rendu obligatoire. Des parents disent que s'ils n'avaient pas été obligés d'abandonner ces enfants pour qu'ils soient enfermés dans ce lieu, cette "école", jamais ils n'auraient laissé leurs enfants loin de chez eux. Dans ce contexte terrorisant, puisqu'il s'agit bien de terreur instiguée, oui ils préfèrent imaginer que leurs enfants sont en sécurité dans cette "école", bien plus que chez eux, même s'ils admettent que la sécurité est revenue. Ces enfants souffrent de cet abandon familial en plus de leur ostracisme, mais cela va plus loin, c'est une ségrégation. Leur communauté, parce qu'ils sont nés albinos, les rejette, et les tue. Et plus pervers, c'est-à-dire que l'on a quasiment inversé les choses, ils sont recherchés et coupés en morceaux, car, selon une rumeur, "ils rendraient riches", ils sont devenus des objets, des marchandises. En pensant à ces poussins blancs, dans le cadre de mes enseignements du poussin noir, en pratiques artistiques à dessein, j'accédais à la connaissance de ce que les croyances d'un groupe peuvent avoir de mortel et stigmatisant. Est-ce seulement la couleur de la peau ? Non. Il y a une fragilité apparente chez ces enfants, même en grandissant, ils sont en quête d'amour, attachant, et déjà petits, leur regard peut avoir une maturité, et pourtant, ils ne savent rien faire (entendons, ni compter, ni lire, ni écrire) pour les institutions. D'ailleurs, le centre qui les enferme a cette ambiguïté, il ne faut pas dire que c'est un centre, mais bien une école qui "devrait" les protéger, justement de leur propre communauté qui les tue. Pourtant dans ce lieu clos aux barbelés de guerre, ils sont voués à eux mêmes, pacifistes, se solidarisent, s'entraident, voués aux tâches ménagères, esclaves enfants, sans aucun regard d'adultes, ils vivent en toute transparence, l'adulte ne les voie pas, mais les ignore. On peut dire, que les adultes sont ignorants. Ces enfants mangent la même chose, chaque jour, une monotonie, la diversité ce n'est pas pour eux, ils sont définis "semblables" et non autorisés au mélange, ni aux mets variés. Ils sont considérés invariables. Il fut un temps, où il n'y avait pas assez à manger pour tous. Ils pouvaient dormir à 3 dans un lit, enfants. Drôle d'école. Un pays peut faire cela, au nom de la protection : exclure. Cet ostracisme montre de petits êtres doués d'amour et entourés de mépris et de haine. Ce sont des insularités, de mon point de vue, ces terres humaines, sont des continents qui recèlent évidemment des trésors, des qualités que l'on ne peut trouver chez celles et ceux qui méprisent. La peur parcourt ces êtres, ils sont traqués, menacés, leur vie est une menace, leurs parents, certains, n'en veulent pas, ou plus. D'un point de vue d'artiste, ils sont très beaux et je pense à cette peinture de Marlène Dumas, que je dispose en visuel dans cet article. Dans le documentaire, je suis frappée par la manière qu'ils ont, ces jeunes, de se toucher, s’agripper, se grouper, comme se rassurer, comme s'ils avaient réussi à créer du lien, à former une fratrie par leurs sens et leur empathie, alors même que l'on a déployé une féroce manie, en œuvre du mal, de les démembrer et les séparer, de défaire leurs liens, leurs familles, de les désunir de la vie. C'est une capacité, "réunir", créer des liens, que l'on peut difficilement développer dans note société, par exemple, ou bien elle se trouve rejetée, ou convoitée. On valorise le guerrier qui désuni pas l'art de créer du lien, du sens. On peut mesurer les climats délétères, dans cette visée. Faculté aussi d'apprendre à apprendre, lorsque, tous débutants. Le pardon est tout proche, lorsque l'on reconnait les erreurs. Cette amabilité, rare, chez ces enfants qui se pardonnent en s'aidant à s'habiller, est nouée dans ces gestes simples et tendre, quelque chose de maternant alors qu'ils sont en âge d'être materné, protégés par leurs parents, par l'école, l'institution.

On le sait, il existe des ravages dans le faux maternage de nos institutions, c'est de faire pour les personnes, sans les personnes. La critique du fonctionnement de la plupart de nos institutions, de soins, de formations, d’accueils, politiques, se trouvent dans la gratuité, l'infantilisation, le sur-handicape, c'est-à-dire chosifier l'autre. Il existe des écoles où l'on n'apprend plus rien, les enseignants ont déserté leur condition civique et sont rivés dans leurs intérêts personnels, les jeunes sont quasiment voués à eux-mêmes et à l'entretien des murs, du patrimoine. Ils sont surprotégés, c'est-à-dire, enfermés. Ils évoluent entre eux durant quelques années, de même milieu social, parfois de même famille, à l'abri du monde extérieur, et on les décrit "en liberté", libres de s'exprimer. Évidemment que c'est faux. On peut même rajouter "ils ont tout gratuit", accès aux salles, aux matériaux, ils sont véritablement libres. Libre de quoi exactement ? Si les enseignants ne pensent qu'à se servir de ces établissements, pour leurs propres intérêts, en laissant les petits prisonniers se débrouiller, ceux-ci, en sortant, ne savent pas grand chose pour faire société, prendre des décisions, mais ils peuvent devenir de véritables soldats d'idées nauséabondes, tant ils ne savent pas discerner, ils n'ont rien appris et seront les plus aptes à être dociles d'idées extrêmes, sans le savoir. Dans ces écoles, dans notre pays, les critères de sélection sont toujours racistes, sexistes, sinon nous ne nous retrouverions pas dans cette situation de se demander pourquoi la reproduction de ces critères sociaux fonctionne aussi bien. Devenues des machines de tri sélectif, comment s'étonner encore, sans jamais interroger les critères de sélection par les enseignants, les institutions, que l'ascenseur social est en panne depuis longtemps.

En France, on a cette triste et fâcheuse tendance à penser à des pédagogies alternatives, où l'enfant serait libre et découvrirait la vie, qu'il serait même adulte plus tôt en se frottant aux autres adultes, plutôt que les adultes restent dans leur rôle d'enseignant un savoir. Le résultat est toujours le même : ce sont les adultes enseignants qui se frottent aux enfants, les dérives s'accumulent, les déviances cachées, se trouvent donc être protégées par l'institution même, qui a abandonné son rôle de contrôle, ou plutôt, l'institution ne sait plus, elle n'apprend plus. C'est justement dans cette défaillance que s'installent des confusions entre liberté et apprentissage. Non le viol n'est pas un rite de passage obligatoire pour atteindre cette liberté (de penser souvent aboyée à gauche), mais ce sont bien les enseignements et les savoirs sur ces questions qui doivent être r-enseignés. Il y a un retard considérable, car sont cachés et inavoués des pratiques condamnables, et l'institution ne sait pas regarder, avoir un regard instruit, sur les violences à l'école. On le voit surtout, partout où ces écoles déviantes, accusent à tort des enseignants qui font juste leur travail : enseigner. Pour cacher la forêt, on lynche, en groupe, l'arbre innocent. Car cela prend du temps de lyncher, juger, et cela en fait perdre aux bonnes actions, cela masque une profonde désertion de la pensée, avec la force d'un groupe ignare, dans le costume de l'école, l'institution, vénérable donc. Tout semble respectable, mais on a laissé des enseignants avec de lourdes pathologies exercer, des directions, des chercheurs, tout ce qui encadre. D'ailleurs, lorsque l'on enseigne, on doit souvent s’accommoder avec des collègues aux pathologies remarquables, les élèves en font les frais, en premier lieu.

Pour protéger un des leurs, qui déconne, un petit nombre va s'organiser pour faire sortir d'un corps enseignant la personne morale, puisque l'immoralité doit perdurer et les pratiques rester secrètes. L'école en bateau créée en 1969, est un exemple de structure pédagogique pédophile mais pas si exceptionnel, puisque cela a donné plusieurs autres écoles alternatives. L'objectif masqué est toujours le même, soumettre des jeunes à la déviance d'adultes. Pour que cela fonctionne, il faut en faire bonne publicité. La communication devient le fer de lance de ces lieux clos. Liberté, création, joie même et pourquoi pas le bonheur absolu, tout est possible en matière de communication. On peut même inventer des chartes qui décrivent la bonne tenue morale de ces lieux : pas de racismes, pas de sexisme, pas de violence et de discrimination. Bientôt, à force de révélations, il faudra écrire sur ces chartes : pas de pédophilie, même si...

J'ai lu récemment un petit paragraphe de syndicat d'école d'art qui m'a fait réfléchir :

Au titre de ses forces, se trouve la neutralité des fonctionnaires qui préserve tout citoyen de la corruption, du favoritisme, du népotisme, du fait du prince. Certes, il arrive que des fonctionnaires trahissent leur devoir de neutralité, mais il s’agit de cas isolés et relevant de pratiques déviantes, d’individus eux même déviants, qui, quel que soit le cadre juridique de leur action, aurait agit de façon identique. Hormis ces cas anecdotiques et regrettables, la fonction publique est globalement exemplaire du point de vue de sa neutralité et de sa probité.

Il y a une peur, dans ce paragraphe, car insister sur la neutralité semble effectivement, de mon point de vue et de mon expérience, manquer de lucidité ou mentir car l'institution ne se réforme pas, a du mal, avec toutes ces anecdotes accumulées qui finissent par donner une mauvaise forme globale. Mentir afin que les mêmes gardent leurs privilèges et leurs déviances, protégés. Les problèmes sont posés depuis longtemps, seuls les syndicats craignent de perdre leurs avantage dans une réforme, pas les victimes d'un système caduque. Qu'est-ce qui est exemplaire lorsque les déviants sont aux manettes ? Probité ou opprobre ? Neutralité ou coups de canifs dans la déontologie ?

Albino (1986) Artist: Marlene Dumas
South African, born 1953
About this artwork :
Since the early 1980s, Marlene Dumas has created figurative paintings and ink-wash drawings that raise provocative questions about gender, beauty, sexuality, race, and the resultant conditions of oppression and violence. The artist takes her images from the mass media, particularly newspapers and television, and she manipulates them to achieve her desired effect. Characterized by spontaneous brushwork and a subjective use of color, her works merge art-historical and popular-culture references with private, autobiographical allusions. As a white woman who was raised under Apartheid rule in South Africa, some of her strongest works tackle the complicated themes of racial politics. This representation of a black African albino exposes race as a social construct that fails to correspond to identity. By choosing a subject whose very existence complicates the notion of racial categorization, and by rendering his skin tone and hair color in a sickly green hue, Dumas insisted on destabilizing the division between black and white. This work ultimately questions the ability of both skin color and paint to carry meaning.

Évidemment, j'étudie ces croyances, comment elles arrivent à obtenir l'adhésion de plusieurs. Ils semblerait que pendant les élections, les massacres des albinos décuplent, car, une des croyances serait que l'on peut gagner des élections, plus on obtient de morceaux d'humains, d'albinos. Nombre d'enfants sont mutilés, et se retrouvent sans un membre, sans bras, car des hommes sont rentrés dans leur maison pour leur prendre un bras, ou un autre membre. Évidemment, c'est extrapoler que d'écrire que me couper une partie de mon salaire, par derrière, par surprise, relèverait d'une même ignominie. Pourtant je vis depuis avec une prothèse invisible, psychique et elle est assez efficace : l'écriture. Il faut le penser. Couper le salaire, couper un bras. Car de toutes les formes de rejets, nombre d'illustrations et actions s'avèrent possibles, selon la communauté, le pays, les croyances et les outils mis à disposition. Manière de faire des mondes. Dans des administrations, ce sera le papier administratif, la forme la plus usitée, et inodore, ou presque, par décrets, on signe votre arrêt, votre mort psychique, jusqu'au rejet social, vous devenez un déchet, même on vous l'écrit, au cas où, comme vous savez lire, on ne vous le dit plus, on vous le fait parvenir, par la poste. Cinglés, piqués, sonnés, toqués, des courriers timbrés, qui sonnent faux, le mensonge et la mauvaise foi, alambiqués à souhait.

Les formes de rejets de harcèlements, en France sont inscrites dans la gouvernance du pays. Une société étatique comme France Telecom (vers Orange), les télécoms, un service industriel de l'État français, dont le procès n'est arrivé que cette année, a laissé des suicides en série (35 en une année, et certain par immolation, période 2009), un nombre infini d'employés cassés, on peut dire démembrés, sans ressources, ni soutiens, et cela touche d'autres membres de leurs familles, leurs amis, leurs conjoints, bref, cela revient à exterminer, par le seul mouvement étatique. C'est une forme de gouvernance maltraitante de notre pays, à l’organisation kafkaïenne. Il faut comprendre là, que nombre d'autres entreprises, administrations, que ce soit du service public ou privé, sont du même modèle. Un modèle en sourdine, avec la complicité, de tous les employés, à tous niveaux. C'est une société entière qui ne sait pas, elle tue, mais elle ne le sait pas, et pire, ne sait pas faire autrement.

On peut décrire qu'est-ce qu'un esprit faible pour être embobiné dans des croyances qui créent le mal, sans le savoir ? Faible parce que manipulable et manipulateur, les deux coexistent. Il est là le rôle de l'école, qu'on se le dise, le rôle d'apprendre, le rôle du savoir transmettre. S'il n'y a plus de savoir, comment peut-on apprendre aux plus jeunes, à discerner, à penser, à acquérir une critique nécessaire pour plus de clairvoyance. Étudier, les études c'est très important. Pourquoi sacrifier le fruit de nos savoirs vieillissants au profit d'exclusions de nos savoirs débutants ? Ce serait penser instruire sans l'autre, sans les personnes même qui demandent à être instruites.
Penser faire le bien en accusant une personne, parce que d'autres personnes se plaignent, par jalousie, par haine, par ignorance, par lâcheté, et penser devenir grand dans cette obsession de l'accusation, du procès, jusqu'à devenir un modèle avancé dans le procédé criminel. Qui a décrété que ces enfants albinos avaient un pouvoir ? Il devient convoité ce pouvoir. Ce serait des sorciers qui commencèrent ces rumeurs. Des sorciers sont déjà ceux qui se sont élus, sans électeurs. Ces représentants, très peu, deviennent des guerriers, ou mieux, désignent les guerriers qui vont aller chercher les albinos. Les sorciers ces syndicalistes qui manipulent les gouverneurs grâce à leurs rumeurs. Je reprécise : ces syndicalistes, petits sorciers déviants et méprisants, notre pays a fabriqué ces âmes en peine, petit scribouillards sans esprit. Par laxisme et raccourcis, on dira juste : esprits brouillons. Par affection ou histoires communes, on donne bien des médailles à des nazillons. Allez une récompense, et qu'on n'en parle plus. Allez, on enlève la récompense d'un bien moindre mal pour en faire un modèle de rigueur et protéger les plus mauvais, chut.

Le lynchage est devenu un outil bien rodé, dans notre pays, il trouve adhésions et d'ailleurs bien plus que dans des bonnes idées (qui n'attirent pas foule ici) C'est une force centrifuge, au moindre virage, tout le monde est emporté, peu importe les arguments, ils peuvent être discordants, c'est même mieux, incohérents, la lâcheté de désigner un coupable, au hasard, ou au gré des opinions affadies et psychorigides, car le chaos doit l'emporter, plus besoin de démocratie. Nous pouvons observer le tourniquet politique, toujours en mouvement et les passagers immanquablement attirés vers l'extérieur, force centrifuge encore. Mais dans un vrai tourniquet, il y a des barrières de protections, dans la politique, seuls les plus hauts placés s'accrochent à une barrière, sinon tout est emporté, dans un même mouvement centrifuge, vers l'extérieur. On connait le programme essorage d'une machine à laver. Chaque virage politique et contradictoire entraîne un essorage définitif, on lave les cerveaux. Les procès sont basés sur du flou, de la fumée, des cendres, et une rumeur en remplace une autre comme si la fin d'un ou d'une des nôtres ne nous touchait plus, comme enjamber des corps sans domicile fixe afin d'acheter sa baguette de pain et revenir en marchant sur ces mêmes corps gisants, jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que ces corps sont des proches, des membres de notre famille. Non, il faut bien nommer une différence, celui-ci est blanc, moi je suis noir, par exemple.

Je me suis concentrée sur des mouvements rectilignes afin d'économiser mes forces. Il n'y a pas de raison d'essorer ou pressuriser un employé, une femme, un homme. Dans un mouvement rectiligne, tout doit pouvoir se déplier et se replier, selon son rythme. Les problèmes doivent pouvoir être posés, ouverts et étudiés. Le repos est mérité, de la durée qu'il convient pour replier les énergies, après les avoir transmises, le temps que chacun chacune les étudie. Je préfère la glisse, parce que je n'ai pas d'autre moyen, je vais parfois trop vite. Mais enseigner le dessin et la ligne claire, c'est visualiser des desseins sur lesquels on peut glisser ensuite, penser avec aisance et maîtriser des outils, ses gestes et ses logiciels, ou petits outils pratiques, il n'y a pas de sacré dans la technique, il y a sa propre technique, son adaptation entre la manipulation et son confort des gestes, c'est ce qui fait l'unique possibilité d'être en phase avec ses outils, sa pensée, selon mon expérience, dans la création et la capacité d'être en possession de ses moyens, et d'en être fier. L'erreur que j'ai commise, c'est de croire, que l'on pouvait aller aussi vite, penser aussi rapidement, et donc, d'imaginer qu'il serait possible à un plus grand nombre d'être égal à ce rythme. Sauf qu'un nombre très infime de la population à des fulgurances de pensées. J'ai dénié nombre de jalousies et de frustrations, dans des écoles qui peinent encore et ont un passé lourd de cachoteries inutiles et peu glorieuses. Je suis passée trop vite, là où des institutions demandent plus de temps, voire s'enlisent en attendant doucement la fermeture. Parce que l'on pense possible que cela reste ouvert, on oublie, avec lucidité de mesurer les forces en présence, et beaucoup sont dans l'incapacité de penser l'avenir d'une école et de l'orienter à bien. C'est pour cela, qu'il y a des mouvements où toute idée d'ouverture ne peut qu'être clôturée, parce que la majorité des participants au mouvement institutionnel ont déjà décidé de mettre fin à leur parcours, (et donc par mauvais ricochet aux parcours des autres, même des plus jeunes) puisque la majorité part à la retraite et décide de l'avenir, toujours élus et décisionnaires, ils n'ont pas su passer la main, transmettre et ne peuvent que réduire les effectifs. On inaugure plus facilement des édifices architecturaux énormes, que l'on souhaite lumineux et transparents et vastes, on s'amuse à couper tant de rubans, mais jamais on a pensé aux êtres qui allaient travailler dedans, en effectif bien réduit, aux pressions inhumaines à venir. C'est pour la photo, un futur patrimoine classé, une signature, mais lorsque l'on regarde qui va travailler dans ces lieux, et comment, on comprend qu'il y a là des manques, les forces en présence ont toutes été exclues par les tourniquets politiques. Peu importe, car la photo sera toujours la même, l'édifice magnifié encore des années, la complexité des relations humaines qui s'y trame, jamais montrée ni valorisée, puisqu'il faut pour cela un dessein clairvoyant, du vivant avec le minéral, et non plus minéraliser les matériaux, seuls. On trouve toujours un benêt pour couper le ruban et une cohorte de benêtes pour pousser l'autre et rester dans le petit cadre d'une petite photo. Ils suivent de bonne foi toute machination et force centrifuge, c'est pour cela qu'ils semblent si bien incarner, à ce moment seulement, le geste de l'inauguration afin d'enterrer la politique passée et nous permettre de croire que tout sera bien mieux, c'est promis.

Que fabrique-t-on, des écoles ? Vraiment ? Ou des centres de rétentions (d'idées) ? Des Musées ou des écoles ? Des cimetières d’œuvres climatisés au milieu de villes étouffantes habitées par des migrants, nous tous ? Des lieux sacrés de culture pour qui, pourquoi, quand leur accès sont interdits, quand les objets enfermés ne représentent qu'une famille ou un groupement de benêts. Des études pour qui, pourquoi ? Pour décorer ces Musées interdits et nettoyer les traces des pas, les toilettes ? Et insulter à loisir tout employé, le traiter de saleté parce qu'il n'aurait pas assez bien nettoyer la merde des autres ? Bel édifice, écrin de bêtises et de niaiseries.

Une question plus large comme notre vaste monde, pour revenir à ce documentaire : pourquoi ne faisons-nous rien pour ces enfants albinos ? Mais nous pouvons faire des images, ce qui sous-entend que nous pouvons (pas moi, hein) être payés pour ces images capturées. Mais pas ces enfants. Jamais ces enfants. Est-ce que ces images, ces films iront dans ces Musées interdits ? Est-ce que des enfants albinos deviendront les employés de ces Musées, afin d'en nettoyer les toilettes ? Si j'intègre des images de ces enfants (c'est moi, hein), je suis dans ce même rapport au monde et aux images, ce sont des images mais elles viennent de ces conflits, elles sont conflictuelles, hors, elles n'ont aucune apparence d'un conflit. Il y a des personnes malintentionnées qui veulent à tous prix mettre du conflit, là où il n'y en a pas, à priori. Des personnes qui passent leur temps à décréter un conflit là où le pacifisme règne. Envenimer une situation, pour passer le temps. Ces personnes s'ennuient assurément.

Comme la première image, un enfant albinos qui porte une casquette, où il est écrit : Angry birds... Nous ne pouvons qu'être des oiseaux en colère, nous aussi, très en colère. Je suis en colère. Mes pensées filent à toute allure et posent des questions à l'épreuve de mon vécu, arborescence, petites feuilles qui poussent, déjà un jardin en une nuit, le matin, est arrivé.

Ce qui emmerde les gens, celles et ceux témoins, ou auteurs des méfaits, ou complices, c'est de voir ces enfants albinos, devenus forts, en faire une vie, un parcours de ces attaques, de ces questions du rejet et de les porter fièrement à un niveau politique, beaucoup rêvent d'être avocats, des femmes, elles ont des idées, elles savent. Ce qui emmerde les gens, c'est de voir ces oiseaux en colère, de toujours les voir, c'est ce miroir constant tendu, consternant, une femme avec un bras en moins qui écrit ou s'habille en toute beauté. Ce n'est pas seulement physique c'est aussi entendre ces idées. Ce qui emmerde les gens, c'est que constamment ils sont face à ce que produit leur haine, et cela leurs est insupportable. Comme l'épée Damoclès, tant que les choses ne changeront pas, ils seront toujours face à des oiseaux en colère, qui leurs rappelleront leurs manquements à la question "être humain".

Et qu'on puisse y réfléchir sans cesse, cela emmerde profondément celles et ceux qui n'ont rien fait, qui n'ont pas avancé d'un iota. Que l'on puisse se hisser sur les traces des crimes et raconter notre histoire, depuis ce que l'on a victimisé, peut être insupportable et les gens préfèrent être sourds et aveugles et illettrés, ne pas savoir, pour pouvoir continuer à faire semblant, semblant de vivre. Vivre c'est reconnaître la colère d'où l'on vient. Et des visages d'anges naissent les colères et la rage de vivre.

À l'ombre du soleil...

Dans les villages reculés de Tanzanie, toutes sortes de conseillers, guérisseurs, sorciers ou devins, appelés waganga en swahili, sont consultés pour des problèmes allant de la vache tarie à l’épouse abstinente. Les prescriptions peuvent inclure des racines pulvérisées, des infusions d’herbes ou encore du sang d’animal. Mais aussi des restes humains de personnes atteintes d’albinisme.
Certains waganga pensent que les cheveux, les os, les organes génitaux ou les pouces de personnes albinos auraient des pouvoirs spécifiques. Séchés, pilés et empaquetés, ou répandus en mer, ces morceaux d’êtres nés avec un déficit de production de mélanine dans un pays ou la majorité des habitants ont la peau noire sont réputés gonfler un filet de pêche, révéler la présence d’or dans un terrain ou faire gagner des voix à un politicien.
Comment ces parties corporelles ont-elles acquis leur réputation magique ? Nul ne le sait précisément, mais des chercheurs en situent l’usage comme marchandise vers le début du XXe siècle, quand les petits agriculteurs ont pensé que la pêche ou l’extraction de l’or offraient davantage d’opportunités, mais comportaient plus de risques.

https://www.nationalgeographic.fr/photographie/tanzanie-pourquoi-les-albinos-sont-ils-persecutes

Par kiwaïda at 00:24

16/07/2019

ϴℝÅℝ∃


Statue de l'intendant Ebih-Il, les mains jointent, en position d'orant. Époque des dynasties archaïques, vers 2400 av. J.-C. Mari, temple d'Ishtar Gypse, lapis-lazuli, coquille H. : 52,50 cm. ; L. : 20,60 cm. ; Pr. : 30 cm

Et nous devrions lui en savoir gré car son sujet qui porte sur la guerre et sur un siège et, par conséquent, sur un problème de virilité supérieure, se passerait avantageusement de cette déliquescence qu’est la prière, laquelle représente la situation de soumission la plus extrême puisque l’orant s’y abandonne sans lutte, s’étant livré à Dieu une bonne fois pour toutes

— (José Saramago, Histoire du siège de Lisbonne, 1989 ; traduit du portugais par Geneviève Leibrich, 1992, p. 20)

orant

\ɔ.ʁɑ̃\ masculin (Religion) (du latin ōrāre, prier)
Qui est en prière ; qui prie.

Toute la vie de l'ermite est contenue dans cette tension vers Dieu, cette attention de l'âme orante pour la fidélité de laquelle les anciens moines d’Égypte avaient inventé l'oraison jaculatoire.

— (Nathalie Nabert, Les larmes, la nourriture, le silence, Éditions Beauchesne, 2001, page 110)



 

Statue d’Ebih-Il

(alabaster, seashell, bitumen, lapiz lazuli)

Hauteur: 52.5 cm Largeur : 20.6 cm
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/statue-d-ebih-il-nu-banda


De nombreux fidèles ont déposé des statues à leur effigie dans les temples de Mari, perpétuant ainsi leur présence devant la divinité. Ces statues d'orants et d'orantes les représentent, la plupart du temps, les mains jointes et vêtus d'un vêtement appelé kaunakès. La statue d’Ebih-Il est, sans conteste, un chef-d'oeuvre par la qualité de son exécution, par son état de conservation et par le caractère expressif de son style.

Le chef-d'oeuvre de la sculpture de Mari
 

Les fouilles menées dès 1933 par André Parrot sur le site de Mari, en Syrie ont permis de mettre au jour des temples consacrés à différentes divinités (Ishtar, Ishtarat, Ninni.ZAZA..), datant des environs de 2340 av. J.-C. La statue d’Ebih-Il a été découverte dans le temple de la déesse Ishtar virile, premier sanctuaire fouillé à Mari. De ce dernier provient une autre statue de la même période représentant le roi Ishqi-Mari, dont l'inscription permit d'identifier Tell Hariri comme étant le site de l'ancienne Mari.
Ebih-Il est assis sur un tabouret en vannerie. Il est torse nu et porte une jupe longue de kaunakès, vêtement fait d'une peau de mouton ou de chèvre ou encore d'un tissu imitant par ses longues mèches la toison de l'animal. Le kaunakès était aussi bien porté par les hommes que par les femmes. La manière dont sont traitées les mèches laineuses du kaunakès d'Ebih-Il, ainsi que la présence d'une queue à l'arrière de ce vêtement, confirment bien qu'il s'agit d'un vêtement en peau d'animal, rendu ici avec un réalisme rare. Le personnage a le crâne rasé et arbore une longue barbe qui devait être incrustée d’un autre matériau. Seuls les yeux ont conservé leurs incrustations de coquille et de lapis-lazuli enchâssés dans une monture de bitume. Le lapis-lazuli, provenant d'Afghanistan, témoigne des relations établies sur de longues distances, dès cette époque ancienne au Proche-Orient. L'albâtre translucide, dans lequel cette oeuvre est façonnée, donne beaucoup de subtilité au modelé du buste comme au léger sourire qu’esquisse le personnage. Au dos de la statue se trouve une inscription qui identifie l'oeuvre : « Ebih-Il, nu-banda, a offert sa statue pour Ishtar Virile ». Autrefois traduit par le terme d’intendant, le titre d’Ebih-Il a récemment été compris comme celui de nu-banda. Les fonctions d’un nu-banda pouvaient inclure des responsabilités importantes, notamment reliées à l’armée. Avec cette nouvelle distinction, il est désormais acquis qu’Ebih-Il appartenait aux plus hautes élites du royaume, ce qui rentre en cohérence avec la qualité de sa statue. Celle-ci fut l’objet de soins importants, restaurée dans l’antiquité à la suite d’un accident. De récentes études ont montré le lien qu’il convient de dresser entre la présence de ce nu-banda dans le temple de la déesse de la guerre et du pouvoir et celle du roi Ishqi-Mari.
 

Les statues d'orants
 

Les statuettes d'orants étaient destinées à être déposées dans les temples, vouées à leurs divinités tutélaires. L'attitude des mains jointes, la plus fréquente, est interprétée comme celle de la prière et visait sans doute à perpétuer l'acte de dévotion dans le temple. Le personnage peut également tenir dans ses mains un gobelet, comme sur les reliefs perforés figurant une scène de banquet, également déposés dans les temples. Ce type de statuaire, inauguré à l'époque des dynasties archaïques (essentiellement aux phases II et III, soit vers 2800-2340 av. J.-C.), perdurera aux époques postérieures et les nombreuses statues représentant le prince Gudea de Tello (musée du Louvre) illustrent ce phénomène. Malgré des variantes, les représentations d'orants répondent à un même schéma. Elles figurent le fidèle, homme ou femme. La plupart sont en pierre, mais il existe aussi des exemplaires en métal. Leur hauteur varie de quelques centimètres à plus d'un mètre ; la statue d'Ebih-Il mesure 52 cm. Les personnages peuvent être représentés debout ou assis. Certaines statues portent des inscriptions qui permettent d'identifier les personnages représentés et de les faire revivre dans leur fonction. A Mari, ces inscriptions ne concernent que les hommes, les femmes restant toutes anonymes. Ces hommes et ces femmes appartenaient aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale : ils possédaient de hautes fonctions dans l'administration de l'état ou de la cour (rois, frères du roi, nu-banda, grand chantre, intendants, officiers, chefs du cadastre, scribes, échansons...), ou bien pouvaient faire partie du clergé (telles les prêtresses représentées par la statuaire féminine de Mari), ou bien encore appartenir à des couches aisées de la société (marchands).






Découverte de la tête de la statue de l'intendant Ebih-Il le 22 janvier 1934. La statue est aujourd'hui conservée au musée du Louvre. Département des Antiquités orientales.


Cela me fait penser à une de mes réalisations artistiques, un conte, un livre qui se nomme Les picolores.
Il existe plusieurs statues (comme les gisants) d'orants, dans cet acte de prier, que je trouve très beau.
Par exemple, dans la prière chrétienne, l'acte de communication, la prière, invoque un interlocuteur invisible et convoque une communauté virtuelle. Toute sa rhétorique habilite l'orant à recevoir un don qui lui est proposé ; par son aspect pragmatique, elle ouvre une béance dans l'orant et accroît sa capacité à recevoir le don. Parole sauvée, elle demande le salut qui lui est déjà donné.
(dans "Quand la réponse précède la demande, la dialectique paradoxale de la parole chrétienne d'Olivier Boulnois)
Dans ce blog d'écriture, sont comme des prières mes articles, il s'adresse à l'invisible et convoque une communauté virtuelle. Ses paroles sont sauvées et demandent le salut qui leurs est déjà donné. Je deviens ce que je dis, ce que j'écris, ce sont mes prières...
Je devine.

Rhétorique de la prière :

 La place de l'énonciation La prière suppose-t-elle des paroles ou constitue-t-elle une simple attitude de l'être humain ? Le sommet de la prière, est-ce parler ? se taire ? penser ? sentir ? agir ? désirer ? voir ? La prière s'inscrit dans un corps : elle implique des postures, des pestes, une imitation corporelle du Christ. Elle agit sur celui qui prie : elle réoriente ses sentiments intérieurs sur ce qu'il signifie. Ainsi, ce ne sont pas les paroles qui se règlent sur l'intériorité, mais la pensée qui peu à peu s'accorde avec la parole ruminée par l'orant. La prière n'est pas seulement la traduction des états subjectifs de l'orant en leur donnant forme objective, elle les ordonne, les décante, les pacifie. Le locuteur s'efface devant ce qu'il énonce, il devient ce qu'il dit.

Il devient ce qu'il dit

Par kiwaïda at 23:48

25/04/2019

ℊḯ﹩@ᾔ⊥

Le Bouddha couché est un motif iconographique et statuaire important du Bouddhisme. Il représente le bouddha historique lors de sa dernière maladie, sur le point d'entrer dans le parinirvâna. Allongé sur le flanc droit, il a la tête posée sur un coussin ou s'appuie sur son coude droit, soutenant sa tête de la main. Ce motif semble être apparu en même temps que les autres représentations du Bouddha, dans l'art gréco-bouddhique du Gandhara.








Images de Sonia Marques d'après le Bouddha gisant de Polonnâruvâ au Sri Lanka

Polonnâruvâ, est une ville du district de Polonnaruwa dans la Province du Centre-Nord du Sri Lanka. Elle est l'un des sites du « triangle culturel » et l'une des anciennes capitales du Sri Lanka, dans le Royaume de Polonnaruwa. Le Gal Vihariya fait la célébrité de Polonnâruvâ. Il s'agit de trois grands bouddhas sculptés dans une paroi rocheuse. Le premier se présente assis en méditation, le deuxième debout les bras repliés sur la poitrine, posture synonyme de son illumination, et enfin le troisième couché. Le grand Bouddha gisant, parvenu au nirvāna, passe pour être à la fois la plus parfaite et la plus mystérieuse des statues du passé de Sri Lanka. Elle a été mise au jour il y a cent ans dans le site archéologique. Long de 15 mètres, le Bouddha est sculpté à même le roc.

Le Sri Lanka pleure et moi aussi, depuis ce 21 avril 2019. Guerres de religions, christianophobie, un mot nouveau. Une île magnifique. Beauté du monde. Je faisais honneur au bouddha (de Chine) en porcelaine dans l'un de mes derniers articles. Au Sri Lanka, c'est la principale croyance. Nombre de site de tourisme relatent bien les différentes religions qui se côtoient, et ces crimes nous révèlent encore que le voisinage de croyances n'est pas sans violence. Vouloir atteindre la foi de l'autre en le tuant, c'est être sans foi, ni loi, c'est ne pas connaître, l'ignorance fait des dégâts. La foi ne se tue pas, en définitive. Atroces actes de violence.
En février dernier, le commerce du tourisme annonçait fièrement que le Sri Lanka était la destination n°1 et que le pays souhaitait atteindre les 3 millions de touristes d’ici 3 ans. La barre des 100.000 touristes français au Sri Lanka a été atteinte et dépassée en 2018. Le pays vise la clientèle des millenials en France et au Royaume-Uni. Les programmes et circuits touristiques couvrent désormais tout le pays. Je ne suis jamais allée dans ce pays. Je pense que le tourisme est néfaste dans tous ces pays et îles, dont l'histoire est complètement déniée. Je fus étonnée de découvrir des milliers d'images de touristes, sur Internet, au Sri Lanka et si peu de documents des habitants, de leurs origines. Seuls les sites touristiques ont un monopole sur l'information du pays. On peut déplorer les méconnaissances de ces masses de touristes au pouvoir économique grandissant, pour participer à ces tour-opérateurs et revenir avec des images d'eux, selfinesques, au milieu des paysages, sans s'inquiéter du climat, certes. Mais viser volontairement celles-ci, au nom d'une foi, afin de faire une démonstration de qui est le plus fort... Stupidité absolue de l'être humain, capable du pire, alors que la beauté même est accessible à tous, et sans tourisme. N'est-ce pas en cette foi intérieure qu'on la recherche et trouve ? Anéantir des civilisés en pleine prière, que ce soit en Nouvelle Zélande par islamophobie ou au Sri Lanka par christianophobie, au nom de la vengeance... On en est là, faire le mal à distance, par lâcheté absolue. Mais les guerres ne sont-elles pas souvent effectuées à distance, ordonnées par des lâches qui se cachent, élus par des ignorants ? La haine, les mauvaises rumeurs, sont des propagations de longues distances, d'interprétations, de médias en bouches à oreilles distraites et ennuyées, des passes-temps sans méditation, des obsessions vertigineuses et attractions du mal, des phobies de la vie, des amours funèbres. Quand vivre dans le corps d'un humain devient une peur, et quand l'extermination de l'autre et de soi entrent en symbiose dans un acte de folie, des individus persécutés en proies à la persécution. Peut-on enseigner la sagesse ?
Si je réfléchis, dans mon quotidien, ou dans ce qu'il m'est arrivé, en France, il est vrai que lorsque l'on reçoit des courriers malveillants, à distance, et outranciers, signés d'une institution qui se montre exempt de toute discrimination, par l'intermédiaire de sa propre direction, de son école d'art, dans sa propre ville, et que l'on est envoyé au tribunal sur de fausses accusations, et que l'on ne peut plus travailler dans sa ville où l'on aimait son métier, tout en y habitant... Des agissements qui ne choquent personne, dans l'indifférence même. Et bien, il est vrai que ce sont des appels à la violence, à la haine, à devoir réagir de manière encore plus négative, ou bien, il ne reste qu'à prier, prier pour apprendre de la sagesse et ne jamais copier ces actes malveillants, qui ordonnent la vengeance, qui donnent le plus mauvais modèle que l'on puisse voir de ses propres yeux, dans une école, dans un lieu de transmission du savoir. Comme dans toutes institutions, il y a des savoirs qui se transmettent, mais qui ne sont pas bons. Et il n'y a pas de justice pour tous. Le discernement est un apprentissage, long, mais salvateur. Comprendre s'il est bon d'enseigner dans de telles institutions, si les mauvais signes reçus ne sont-ils pas révélateurs d'un malaise devant des célébrations ou expositions sans aucun sens ? Chacun pour soi dans un égo affiché assez idiot ? Mais il faut célébrer, les célébrations sont importantes, comme les anniversaires. Les messages violents que j'ai reçus, j'ai compris, avec le temps, qu'ils m'ordonnaient d'y répondre avec violence, avec autant de procédures et injures. C'était là, le message. C'est là où j'ai compris la paix.
Ma réponse c'est la paix.
Je suis un peu gisant ces derniers temps. Il faut parfois méditer en paix. Cela impose un temps, non quantifiable, le temps de la méditation propre à chaque situation.
Chaque jour, une étape vers la paix. La limite est le dénuement, même s'il doit s'envisager. Ce sont dans des sociétés d'excès que l'on massacre les plus faibles (désignés comme tel), celles et ceux qui ne répondent pas à l'agression par l'agression. Cela me fait penser à la tuberculose, en ces temps où la sous-alimentation décimaient des victimes de la guerre, dans un état de dénuement total. Ce temps n'est jamais loin, il n'est point besoin d'être sous les bombes pour arriver dans un parcours de vie dans un état de dénuement total, en vivant et œuvrant dans une société d'abondance, parmi les ogres.
Le dénuement c'est aussi le manque. Apprendre à vivre dans le manque et la frustration, c'est très différent que combler un vide, en agressant les autres, en désirant prendre leurs places.

Bouddha affirme que la souffrance naît du désir ou de l'envie. La cause de la souffrance est l'envie basée sur l'ignorance. La suppression de cette envie doit donc faire disparaître la souffrance. Si la vacuité ne vide pas les choses de leur contenu, et qu'elle est leur véritable nature, c'est un grand effort pour un occidental animé par le monothéisme de comprendre la nature. Nous vivons dans l'appât du gain, de la productivité et de la surconsommation. Même les créations collectives, comme le bâti, récemment l'église Notre-Dame à Paris, perdent de leur spiritualité et, celui-ci, a révélé par son incendie, l'appât du gain et le moteur de l'argent comme seule source d'espoir, et le tourisme le transformant en machine à sous, ou storystelling politique, ce qui est pire. La montée de l’extrémisme religieux n’épargne pas les bouddhistes, théoriquement pacifistes. Les extrémistes bouddhistes sri-lankais (en Birmanie ou en Thaïlande) agissent aussi et ont commis des atrocités à l'encontre d'autres minorités religieuses, comme les musulmans. Et de même, sont utilisés des rumeurs et une propagande afin de semer un climat islamophobe. C'est de la terreur. Se radicaliser advient dans toute institution, religion, il n'y a pas de meilleure situation. On ne peut qu'être responsable de notre propre ignorance et de notre sagesse. Les lieux de prières n'ont encore pas mis en place des modes de sélections d'entrée, à savoir, qui est le plus croyant, écartant les pêcheurs et les âmes perdues de leurs antres, à l'aide de caméras, badges, tickets ou autre scanneurs de corps. Mais ces terreurs inclinent les responsables des pays de faire payer l'entrée, de monnayer l'accès au silence et à la prière. C'est-à-dire que les plus démunis seront exclus de ces lieux pour lesquels des bâtissent ont été construites par plusieurs et souvent, des esclaves. Déjà toute entrée dans une pyramide se paie. Mais on ne sait plus déchiffrer ce qu'il s'y trouve. Trésors et mystères. La recherche est infinie.

Les écoles publiques disparaissent.


Bouddhisme


Les bouddhistes, majoritairement cinghalais, représentent 74 % de la population du Sri Lanka. Religion et ethnie se confondent et être cinghalais, c’est être bouddhiste et vice versa même si une petite communauté cinghalaise embrasse le catholicisme sur la côte ouest autour de Negombo. Cette religion, à l’origine d’un fort sentiment identitaire qui perdure aujourd’hui, joue un rôle important dans le pays, à la fois spirituel, politique et culturel. Les arts, la littérature et l’architecture sont influencés par le bouddhisme.

Au Sri Lanka, le bouddhisme du « Petit véhicule » ou bouddhisme du Theravada suit la « voie des Anciens » en préservant la foi dans sa forme la plus orthodoxe comme à Myanmar ou en Thaïlande. Selon cette doctrine, le nirvana ne peut être atteint que par un effort spirituel de tous les instants et implique donc la responsabilité du fidèle dans son salut qu’il atteindra au fil de moult vies. Introduit au Sri Lanka au IIIe siècle av. J.-C. par les émissaires de l’empereur indien Ashoka, le bouddhisme s’est développé et enraciné grâce à la conversion du roi cinghalais, Devanampiya Tissa. Le Sri Lanka détient une dent de Bouddha, relique oh combien vénérée et protégée à Kandy dans le Sri Dalada Maligawa, plus connu sous le nom du Temple de la Dent. Les vestiges des cités anciennes d’Anuradhapura et de Polonnaruwa, les grottes du temple de Dambulla témoignent de la prééminence du bouddhisme au Sri Lanka depuis des siècles.

Statues de Bouddha, temples et dagobas sont omniprésents sur tout le territoire. Chaque jour de pleine lune, « poya » est un jour sacré et jour férié du calendrier sri lankais. Les fêtes religieuses adossées sur les jours de pleine lune ponctuent le calendrier annuel : Vesak, la fête des lumières en mai, Poson en juin qui célèbre l’introduction du bouddhisme dans l’île et les « Peraheras », « processions » en cinghalais, qui se déroulent tout au long de l’année dans les principaux temples du pays. La plus connue est celle de Kandy, l’éblouissante Esala Perahera aui a lieu en juillet ou août.

Indouisme


Les Tamouls représentent 15 % de la population sri lankaise et sont majoritairement hindous. Les rois tamouls d’Inde du Sud ont introduit l’hindouisme dans le nord de l’île. Cette religion existait bien avant l’arrivée du bouddhisme, favorisée par les incessants échanges culturels avec l’Inde voisine. Aujourd’hui, la communauté hindoue se concentre principalement dans le nord de l’île, l’Est et la région centrale des plantations de thé où les Tamouls immigrèrent pour y travailler au XIXe siècle. Au Sri Lanka, les Hindous vénèrent principalement Shiva, ses deux fils, Skanda aussi dénommé Murugan et Ganesha, le dieu à tête d’éléphant. Les temples appelés « kovils » sont généralement très colorés. C’est dans la péninsule de Jaffna qu’ils sont les plus nombreux : le Kandaswamy de Nallur est le plus imposant.

Islamisme


On dénombre près de 2 millions de musulmans au Sri Lanka. L’islam est pratiqué par environ 9% de la population sri lankaise. Cette religion monothéiste a été introduite dans l’île par les premiers colons arabes qui, dès le VIIIe siècle, créèrent des comptoirs sur la côte Ouest, de Galle à Jaffna. A l’arrivée des Portugais, ces premiers musulmans sri lankais, autrefois appelés Maures, sont contraints de migrer vers la région montagneuse de l’île et de se placer sous la protection des rois kandyens.

Pendant la colonisation hollandaise, des colons Malais viennent grossir la communauté musulmane alors que des Indiens originaires du Kerala, du Tamil Nadu, du Gujarat et du Pakistan s’installent sur l’île à l’époque britannique. Aujourd’hui, les musulmans sont implantés un peu partout et surtout présents à Colombo, Puttalam, Galle, la côte Est et la région de Kandy. Majoritairement sunnites, ils suivent les paroles et actes du Prophète et respectent les 5 piliers de l’islam : la prière, le ramadan, le pèlerinage à la Mecque, la shahada (déclaration de foi) et la zakat (donation sous forme de taxe). Les musulmans sri lankais célèbrent les grandes fêtes islamiques dans l’une des 5000 mosquées que compte le pays. La plus grande, celle de Kachimalai, se trouve à Beruwela, là où s’établirent les premiers colons arabes.

Les grandes fêtes religieuses comme celles du Vel à Colombo, de Kataragama ou du temple Kandaswamy donnent lieu à de longues processions de chars bariolés. Les pénitents se livrent à d’impressionnants actes de mortification : ils marchent sur les braises ou se criblent le corps de broches métalliques.

Christianisme


Le christianisme représente environ 7,5% de la population sri lankaise. Il a été introduit au XVIe siècle par les missionnaires portugais qui déployèrent un zèle considérable à convertir les pêcheurs de l’île de Colombo jusqu’à Jaffna. Ces catholiques romains vivent essentiellement sur la côte Ouest de l’île. Negombo et sa multitude d’églises est même surnommée « la petite Rome ».

La communauté catholique de l’île est aussi fortement représentée chez les Tamouls des plantations de thé tout comme chez les Burghers de la côte ouest, ces sri lankais largement minoritaires d’origine portugaise, hollandaise ou britannique. Les Hollandais ont introduit le calvinisme prôné par l’Eglise Réformée et les colons britanniques sont à l’origine de la création de l’Eglise anglicane de Ceylan et de l’introduction des confessions chrétiennes pentecôtiste, baptiste et méthodiste. Aujourd’hui, le catholicisme reste prépondérant et représente 90% des fidèles chrétiens.

L’une des églises les plus importantes, « Notre dame de Madhu », fut érigée en 1872 dans le nord de l’île, près de Mannar. Madhu est un haut-lieu saint pour les pèlerins catholiques qui s’y rendent chaque 15 août. Au Sri Lanka, les religions se mêlent les unes aux autres joyeusement. Les statues du panthéon hindou se retrouvent dans les temples bouddhistes, Jésus côtoie Bouddha. Les pèlerins hindous, bouddhistes, chrétiens et musulmans s’acheminent ensemble vers le sommet de l’Adam’s Peak, lieu de pèlerinage pour les quatre confessions.

 

Par kiwaïda at 15:52

15/02/2019

ʝ❝ℯ✖℘łїḉiт℮

tg.jpg

C'était en juin 2006 je crois bien. Un professeur, et ami, Reynald Drouhin, m'avait invité à être membre du jury des diplômes de 5ème année à l'école supérieure d'art de Rennes où il enseignait, et enseigne toujours. Auparavant j'avais travaillé plusieurs fois avec lui, pour un workshop, et j'avais donné une conférence, dont résultait la publication : "Habiter Internet ?". J'avais publié un texte important sur la naissance de l'Île de Seuqramainos, ma découverte, ma séparation. À ce moment, plusieurs d'entre nous étions en réseau et amitié, dans ce que pouvait développer le multimédia dans les écoles d'art, intégrer, consteller, que ce soit à travers nos découvertes et réalisations artistiques en ligne, en le montrant à tous, en France et au-delà de nos frontières physiques mais aussi bien plus en dématérialisant nos apports en connaissances, avec Internet. Bref, nous communiquions, bien avant que les écoles obligent à "faire produit" et excluent les unes et les autres de ce qui serait "le numérique" institutionnel. Donc, ce mois de juin, toujours professeure à l'école supérieure d'art d'Angers, je participais activement à ce jury, durant 5 jours, il me semble. Le nombre d'étudiants était considérable, et j'ai encore quasiment toutes les réalisations des étudiants en tête. Le niveau était excellent. Ce qui m'amène à écrire sur ce sujet, ce n'est pas la création en école d'art, ni son accompagnement, puisqu'ils ont été toujours présents, et puis, car je suis à l'écart des écoles d'art à présent pour des faits de violences sur ma personne.
C'est cette rencontre avec Didier Larnac, le président du jury, de ce même jury. Il était alors professeur à l'école supérieure d'art d'Angers et s'occupait d'accompagner les étudiants de la 5 année dans l'option art. Personne ne se doutait que 2 professeurs seraient alors présents dans ce jury. Et Didier Larnac ne le savait pas, nous n'échangions pas beaucoup à ce moment, mais nous nous côtoyions chaque semaine à Angers. C'est que la hiérarchie entre professeurs, femme et homme, a toujours été très codifiée, normalisée. Il était tout à fait "normal" et attendu, que ce soit un homme qui soit président de jury, lequel était aussi attendu qu'il s'occupe des 5e année d'une école, ou qu'il soit directeur d'école d'art, tout cela est dans la norme. Donc qu'une même professeure de la même école soit membre de jury, ne faisait pas partie des mêmes réseaux, et il est arrivé que nous œuvrions là ensemble, alors que rien ne nous prédestinait à nous retrouver en jury. Cela dit, rien ne m'a jamais prédestiné à travailler en école d'art, ni poussé, ni cooptée.
Notre jury était très sérieux, nos échanges très riches. Mais il s'est passé quelque chose de pas comme d'habitude. Au bout du 3e jour, nous étions moins gelés les uns, les unes avec les autres, et nous remarquions que nous avancions bien ensemble, tout en nous respectant et en nous écoutant. Les étudiants et majoritairement les étudiantes, recevaient nos appréciations bien argumentées et nos conseils pour la suite, beaucoup de félicitations, de mentions. Je posais la question si Rennes était loin de la mer, un soir que nous dînions ensemble, sans jamais faire trop état de nos journées de travail, ce qui est rare. Nous étions plutôt à nous décontracter et à sortir des normes du ticket de défraiement pour notre dîner. Nous n'étions pas très "fonctionnaires" mais nous avions des projets différents et nous en parlions. Ce soir, Didier Larnac nous répondit que non ce n'était pas loin de la mer, en voiture. Nous avons eu cette idée folle, de programmer pour le lendemain, notre dîner à la mer, car Didier Larnac connaissait un restaurant en face de la mer. Les autres membres trouvaient cette idée dingue et craignaient d'être réprimandés si cela venait à être su par l'école. Pourtant, il n'y avait aucune faute à dîner où nous le souhaitions le soir, puisque notre travail était terminé. Mais il est vrai, que ces formules de jury, ou même ces drôles de formes d'intégration ou non, dans les écoles d'art, nous oblige presque à rester grouper, être ensemble, tout le temps et "dans les écoles", sans jamais en sortir. Ce que je nomme l'effet "secte". De mon point de vue, c'est ce côté sectaire qui est bien acquis inconsciemment par les employés, et c'est malheureusement ce qui nous donne des écoles trop fermées et non ouvertes vers l'extérieur. L'implicite est fort. Après réflexions, nous décidions donc de faire cet écart "méritant", aller dîner au bord de la mer, pour l'avant-dernière fois. Nous avions donc tout à payer à nos frais et le déplacement, aller et retour, mais nous étions certains de nous réserver un hors piste riche et salvateur. Nous nous sommes donnés RDV pour partir, je crois que c'était avec la voiture de Didier Larnac, nous allions diviser les frais d'essence et avec une carte mentale (la nôtre) nous sommes partis, sans connaître bien la route. L'une des membres du jury flippait un peu mais était excitée comme une puce, car elle redevenait un peu l'étudiante qui part sans prévenir ses parents (l'institution). Nous sommes arrivés dans ce restaurant vide, le coucher de soleil rose et orangé rayonnant sur la mer, effaçant notre tableau fonctionnaire, afin de créer une petite joie, une réjouissance modeste mais ensoleillée par la peinture, oui nous étions aimants de la peinture, quelque part, nous aimions l'art plus que tout. Chacun avec nos téléphones portables pour raconter le "devines où je suis" à la compagne, au compagnon, à la famille. Moi j'avais toujours un forfait de quelques minutes à ne pas dépasser, pour une professeure dans le multimédia, ne pas avoir le téléphone dernier cri est toujours suspect.

Mais peu importe, même si j'avais eu les outils techniques les plus chers et à la mode, on trouve toujours un moyen de vous envoyer au tribunal de votre ville comme l'accusation perverse, que vous auriez souillé un outil informatique, sans aucune preuve, et comment prouver le trop "sale" ? Sans se confondre avec les racistes ? À moins de marteler avec force et moyens administratifs que l'institution est la plus propre (dernière injonction de l'école limougeaude, nationale, de ses employés si fiers et si médiocres d'exclure les pauvres, de cibler au hasard la personne qui portera le costume général du ou de la coupable idéale) C'est l'implicite, il est interdit d'expliciter les choses. C'est sidérant, la cruauté est partout, nichée sous le vernis du dialogue social, de la diversité, en prônant l'écriture inclusive et en s'affichant contre les violences faites aux femmes, ou que sais-je, du "faire le potager ensemble" jusqu'à la popote "ensemble", ou s'afficher "aider les migrants", mais de très très loin, ou bien pire encore, en réclamant de gagner plus, tout en travaillant beaucoup moins, et en cachant ses cumuls d'emplois et son hors classe, sa légion d'honneur, et tutti quanti, la sauce "engagée", qui dégage la vérité. Vérité bien plus complexe, que la boîte à outil du parfait professeur en école d'art, prêt à la léguer, de force, aux petits étudiants qui ne savent pas quoi faire de leurs études : faites des banderoles pour nous, soyez nos communicants, effacer nos véritables traces, soyez du bon côté et pour cela, ciblez celles et ceux qui seraient du mauvais côté. Comment priver du sens et des études ? En privant les étudiants de leurs appréciations, de leur parcours différent, de leur histoire, de leur temps, en les prenant en otage de statuts qu'ils n'auront jamais et dont ils ne connaissent absolument rien et souvent de jeunes professeurs aussi, les premiers volontaires à se porter grévistes, alors qu'il n'y a jamais eu de grévistes véritablement, dans ces contrées bien huilées, et ce seront les premiers à en faire les frais réels. Pourquoi ces associations de malfaiteurs sont-elles pérennes ? C'est un système qui ne fonctionne plus et qui ne sait plus comment faire autrement, et qui ne tente même pas. C'est une aparté, celle qu'on ne peut plus communiquer aux défunts, s'ils partent c'est qu'ils savent.

Puis Didier a commandé des huitres (moi je n'aime pas les huitres, mais les voir, me donnait un goût de Noël familial, j'étais la plus jeune, alors je profitais de ce moment exceptionnel) Nous étions heureux et aucun de nous ne nous connaissions auparavant. Je dois dire qu'après cette expérience, nous n'avons pas non plus réitérer de partenariat, dans les écoles d'art ou ailleurs, en tous cas, je ne l'ai fait, ni repris contact. Je n'ai pas cette tendance, certes salvatrice, lorsque l'isolement nous gagne et que s'efface notre nom, par le gommage de l'implicite, son usure rappelle celle des sans abris. Ce fut comme un moment jalousement gardé, il devait solder notre travail commun, sachant que nous étions très mal payés pour nos emplois respectifs et nous avions la vie difficile avec tant de déplacements à nos frais, depuis des années. Nous sommes revenus par la route et nous avons certainement eu des étoiles dans les yeux, une liberté artistique, car ce rêve "voir la mer en une soirée", mine de rien, demande une organisation audacieuse et fulgurante, un moment où nous sommes tous d'accord, sans complicité aucune (ni syndicat), si ce n'est celle d'être dans ce manque de la mer. Pas d'implicite mais que de l'explicite. Les serveurs et serveuses ont été amusés de notre escapade et nous avions racontés notre emploi, nos métiers et la raison de notre volonté de vivre, notre gastronomie en coucher de soleil.
Le lendemain, Didier était devenu Didier. Je n'employais plus son nom de famille, quelque peu comique, mais son prénom, malgré la distance que nous mettions dans les formes de représentations et de vouvoiement. Il voulait que l'on dîne ensemble, et il me raconta son souhait de postuler à la direction d'Angers, mais d'avoir été exclu de la course. Il me disait être un éternel "outsider" et me parlait de la galerie qu'il avait créé, et moi du collectif Téléférique. Il était en admiration devant nos activités et surtout de ma passion du moment : le son. Cela ne se faisait pas dans les écoles d'art. Il me disait que j'étais aussi une outsider. J'ai vraiment retenu ce mot par l'incarnation qu'il en faisait, et je n'imaginais pas un seul instant qu'il y avait une course quelque part dans nos métiers. Est-ce un travers ? Le hors piste ?  J'avais été déboutée du concours à la fonction publique 2 fois (le cnfpt : je ne serai jamais titulaire des écoles territoriale, la 3e fois, le cnfpt a fait plusieurs erreurs administratives sur mon dossier puis sur le concours, je ne me suis pas présentée, in fine, les implicites n'ont pas besoin de tout ce parcours, on éloigne celles qui en savent trop et qui partagent leurs connaissances) car j'enseignais le son, entre autres et les membres de jury misogynes, ne supportaient pas qu'une femme enseigne, mais alors du son, on me disait "c'est interdit dans les écoles d'art", entre autre. J'étais aussi interdite d'enseigner le multimédia. Seuls des professeurs hommes et avec un entretien abscons également, pouvaient enseigner, ils étaient plus malins que moi, car il ne racontaient rien de leur enseignement. Et moi, j'expliquais tout et même je donnais des résultats, ce n'était pas envisageable de raconter ce que l'on fait dans une école d'art, cela ne pouvait pas avoir lieu, et si jeune, comment oser braver les conventions implicites de la sorte ? Hors j'enseignais depuis au moins 5 années toujours en CDD, en développant toute cette partie multimédia dans les écoles d'art, mais sans avoir le bénéfice d'une carrière soutenue et accompagnée, comme les autres. D'ailleurs celles et ceux qui parvenaient à être titularisés, ne trouvaient pas automatiquement de poste par la suite, voir jamais. Hors j'étais bel et bien à un poste, mais on avait décidé qu'il serait temporairement temporaire, que je devais m’efforcer de le garder ainsi, tandis que d'autres collègues étaient titularisés sur une fonction vide, sans qu'elle ne soit jamais inscrite dans une école. Le plus machiavélique c'est qu'en interrogeant les inspecteurs, le plus souvent les inspectrices accessibles sur cette situation impossible à vivre, celles-ci ne s'étonnaient guère et disaient : on ne peut rien faire, c'est ainsi, ce concours ne sert à rien, et les meilleurs enseignants ne sont jamais titularisés, on ne peut rien faire, rien changer. Des inspectrices chargées donc d'organiser et de soutenir ce genre de concours et de le valider, d'en réaliser même des rapports auprès du ministère, avec des grilles qui ne veulent rien dire.  Je redoublais de travail, j'étais convaincue de mes avancées, mais chaque année, mon salaire ne bougeait pas et je voyais mes collègues, même plus jeunes avoir une titularisation automatique et une carrière assurée. Ils étaient plus pantouflards d'ailleurs. Didier m'expliquait pourquoi il était si déçu de ne pas avoir été choisi pour la direction angevine. Je lui proposais de réitérer sa candidature pour un autre poste, il me disait qu'il y avait alors celle du Mans en lice. Je l'ai, à ce moment, vivement encouragé. Il m'a lu son projet, je l'ai conseillé. Je ne l'ai su que bien après, il a été reçu, et durant ces 12 années, je savais qu'il y était bien. Chose heureuse et inattendue, il a ouvert son projet sur le "son", et de nos échanges et des difficultés rencontrées il a compris qu'il y avait là, de nouveau, un risque à prendre, comme pour aller à la mer. Un hors piste.
Ces jours-ci j'ai appris sa disparition par Internet, derrière mon écran. Je ne savais rien de sa mise à l'écart de l'école, ni de sa maladie, son cancer. 62 ans c'est jeune je trouve. Mais lorsque je l'ai connu, il y a douze ans, il sortait déjà de cette maladie, cela doit être donc un retour. Un article non accessible indique qu'il était mis à la retraite seulement depuis 1 mois. Je pense à cela, mais aussi à toutes celles et ceux, qui n'atteignent pas la retraite dans les écoles d'art, que j'ai côtoyés, très jeunes ou moins, à la direction, à l'administration, aux professeurs, employés. Serait-ce des institutions qui ne souhaitent pas que leurs employés profitent d'une retraite méritée ? Sont-ils tous maltraités ? Comment comprendre alors qu'une poignée se bat pour la retraite et leur statut à carrière bien déroulée, une poignée qui a déjà reçu tous les bénéfices de cette carrière quand d'autres sont dans l'obligation d'arrêter par maltraitance, souffrance au travail ou à cause de plafonner à l'échelon 1 ou 2 ou 3 pendant des dizaines d'années ? Pourquoi se battre pour une fonction réservée d'office à quelques uns, unes, celles et ceux qui ont poussé les meilleurs vers la sortie, sans souvenir aucun, sans enseignement ?
Je pense à ces rencontres à ces personnes qui attendaient d'arrêter. Elles avaient des projets pour leur retraite et avaient peut-être économisé, enfin c'est rarement possible. Je pense à cela, à l'arrêt. Je suis comme figée et pétrifiée devant la violence de mon métier, devant cette impossibilité de dire et d'écrire la dureté d'un métier qui est si mal aimé et si méconnu. Le mal est dans ces écoles, hélas, ce n'est pas l'extérieur qui maltraite ces écoles d'art, ce sont, le plus souvent, les uns et les unes et les autres qui se désolidarisent implicitement, de l'explicite. Expliciter ne fait pas partie de cet enseignement qui a une tradition visuelle, du taire et de la sacralité des images. Communiquer, certes, mais ne surtout pas communiquer sur le sens de cet enseignement si particulier, ne rien écrire sur les liens qui nous unissent ni surtout sur les désolidarisations, oui nous sommes tous différents. Ces écoles montrent toujours qu'elles sont solidaires, ou que l'on vient du même milieux, de la même famille, le plus souvent celle qui fantasme mai 68, voir que le ministère nous connait si bien, hors il n'en est rien. De cet implicite autoritaire elles devront s'affranchir pour comprendre pourquoi tant d'étudiants sont abandonnés après leurs études, et perdent tout espoir de poursuivre leur création, en France. Hors, je pense que nous n'avons plus autant besoin d'images aujourd'hui, ni de slogans et ces écoles ne peuvent plus être le lieu des propagandes des syndicats en mal de communication. Et qu'il ne sert plus à grand chose d'apprendre à produire plus, ni à consommer autant de formations divergentes, avec une pensée implicite. C'est une question quasi écologique face au gâchis et à l'exclusion. Pour cela, l'explicite doit être moteur.
Quand douze années deviennent les plus précieuses, le hors piste dans la poudreuse est un champ des possibles pour les outsiders, et laisse une trace sensible et sonore. Navrée de ne pas avoir pu voir tout ce travail, certainement porteur pour celles et ceux qui en profitent encore.

De mon côté, en douze années que de changements, et je n'aurai même plus l'occasion de faire une virée à la mer pour raconter mes nouvelles avancées à Didier et lui donner un second souffle, ou bien, que je puisse à mon tour l'emmener en voiture, avec des collègues embarqués bienveillants, et que ce soit lui, qui me souffle une idée magique pour la suite. Quoique... je viens d'allumer ma lanterne. Parvient-on à le réaliser avec nos parents qui ne connaîtront jamais ce milieu si fermé ?

Didier Larnac appréciait les artistes, le plus souvent des hommes. On pourrait trouver cela étrange de ma part d'écrire à son sujet, car je n'ai aucun lien d'amitié avec lui, ni même avec les artistes dont il a réalisé l'accompagnement ou la publication. Ce serait encore là délimiter un terrain attendu. À travers cette rencontre et l'éloignement de nos activités centrées dans les sphères artistiques ou rémunérées par ce même système, je décris une tristesse, celle du grand écart entre l'étouffante proximité affichée des artistes et des acteurs de l'art, en réunion, en exposition, en mission, et l'indifférence glacée des conditions réelles de vie et du sel de la vie, qui elle, est signe d'un éloignement infini, il permet de ne pas être touché lorsque l'autre tombe à côté de vous, alors qu'il était assis là et assistait à la même conférence, la même réunion et semblait avoir les mêmes sentiments. Semblance et discrétion du réel, afin qu'il ne gâche pas la fête des apparences et des images. L'être humain peut revêtir cette lâcheté, mais c'est pour continuer sa route, sans doute, seul.

Toni Grand, la légende, dont il a publié un livre, n'est pas un moteur dans mon travail, et pourtant, comme d'autres, ce sont des hommes-racines parmi d'autres racines qui m'ont permis d'avoir un accès (intellectuel) à l'art, en côtoyant leur production, et cela, bien plus qu'ils n'auront jamais à côtoyer ce que je fais, ce que j'écris, ni même à dialoguer avec moi. Et cela, c'est aussi une norme, un attendu, que d'écrire seulement sur ses pairs. Tout m'est étranger dans le monde de l'art, ainsi tout m'est exotique, et il n'y a pas de linéarité dans mon approche, que seule ma curiosité peut expliquer l'intensité succincte du lien à une œuvre et à son auteur, au hasard d'une rêverie ou d'un souvenir, d'une information ou d'une antique histoire, d'un conte, d'un caillou trouvé sur le chemin. Et là, j'ai des cailloux plein les poches, Poucette a ramassé trop de trucs et n'avance pas vite du tout, elle devient pierre.

Peut-on se couper de ces histoires ? Refuser le père ou la mère et imposer le parent 1 et le parent 2. Les pères et les mères ne sont plus les bienvenus dans notre société, et il faut numériser le premier et le second, diviser, mais plus définir. Pourtant expliciter serait plus abordable et singulier. Je choisi d'être l'enfant zéro. L'éternel enfant de l'art, sans pairs et plein de petits repères, avec un père et une mère.

Par kiwaïda at 16:33

24/11/2018

м℮мóґїα

Algumas coisa que queria aconteceu :
Quando eu era pequena a minha avó explicou-me com palavras simples…
a dificuldade de falar e escrever… mais a linda expressão de o saber chorar

Uma fotografia concebida por meu pai e enviou por minha mãe, no primeiro plano, minha avó paterna, a palhaça

Sónia sohna

Süße Gedanken an die schöne Elizabeth

As emoções não são iguais, umas são ruins, outras boas. A tristeza está caracterizada como uma emoção negativa em nossa sociedade. Um dos sinais de tristeza melhor identificados por nós é quando choramos. Porém, nem sempre o choro é acompanhado de uma emoção ruim. Muitas vezes as pessoas choram de alegria. O casamento de uma filha, o nascimento do sobrinho, do neto, uma apresentação da filha na escola podem nos despertar muita alegria e podemos chorar por isso. Algumas pessoas têm maior sensibilidade para algumas emoções e muitas delas choram por qualquer coisa. Uma expressão muito conhecida e que a pessoa se caracteriza é “sou uma manteiga derretida, choro por qualquer coisa”. Tem pessoas que tendem a chorar com mais facilidade e isso não é um defeito; ela só é mais sensível naturalmente para lidar com algumas emoções que a situação desperta. A pessoa que nunca foi de chorar à toa provavelmente está apresentando outros sintomas que podem estar sinalizando que está com depressão e não está se dando conta. Nunca quis alguém que me dissesse: “Ei, não chora... Não vale a pena chorar!” Que bom que encontrei alguém pra me dizer: “Pode chorar, eu estou aqui com você!".

"Creio no riso e nas lágrimas como antídotos contra o ódio e o terror"

(Charles Chaplin)

Par kiwaïda at 18:07

- page 1 de 4