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17/09/2017

﹩αʟαü∂﹩ ∂ℯ ℘@ʊ♥ґε﹩



La Traversée de Paris est un film franco-italien, réalisé par Claude Autant-Lara, sorti en 1956. Le scénario s'est inspiré de la nouvelle de Marcel Aymé, Traversée de Paris, parue en 1947 dans le recueil Le Vin de Paris. Le thème du film se base sur le marché noir qui s'organisa durant l'occupation de la France par l'armée allemande entre 1940 et 1944. Le film a connu un certain succès à sa sortie et plusieurs répliques du film furent considérées très vite comme des répliques cultes, dont la célèbre expression « Salauds de pauvres ! », proférée par l'acteur Jean Gabin à l'adresse d'un couple de cafetiers et reprise par Coluche, dans les années 1980.
Pendant l’Occupation, Marcel Martin (Bourvil), un chauffeur de taxi au chômage, survit grâce au marché noir. Il trafique avec l’épicier Jambier (Louis De Funès), qui lui confie la livraison d’un cochon. Privé de son complice habituel, il propose à un inconnu, un certain Grandgil (Jean Gabin), de l’aider à transporter les valises qui contiennent la précieuse viande. Seulement, son acolyte d’un soir est un curieux personnage au caractère bien trempé, qui lui réserve quelques surprises… Dans cette scène, les deux compères se cachent dans un bar pour échapper à la police. Comme les patrons et la clientèle menacent de les « jeter aux flics », Grandgil laisse éclater sa colère dans une tirade d’anthologie

Aujourd’hui, personne ne peut dire que les pauvres sont plus sales que les riches. En revanche, une chose est sûre, les riches ont le pouvoir de rendre invisibles leurs déchets par toutes sortes de moyens.

"...ceux qui consomment des produits de luxe sont aussi bien moins nombreux que les autres — les riches sont bien moins nombreux que les pauvres. Aujourd’hui, personne ne peut dire que les pauvres sont plus sales que les riches. En revanche, une chose est sûre, les riches ont le pouvoir de rendre invisibles leurs déchets par toutes sortes de moyens. Par exemple, en faisant pression sur les pouvoirs locaux pour que leurs rues soient mieux nettoyées et en employant des pauvres pour traiter leur déchets. Il faut aussi prendre en compte le fait que les communes riches (c’est-à-dire celles où vivent des riches qui payent des taxes foncières élevées) ont bien plus de moyens pour embaucher des nettoyeurs ou pour payer les services d’une entreprise spécialisée."

Denis Blot est sociologue spécialiste des déchets et maître de conférences à l’université de Picardie - Jules Verne. Entretien a été réalisé par des lycéens de Saint-Denis (93), dans le cadre du projet Climat et quartiers populaires.

Les riches ont le pouvoir de rendre invisibles leurs déchets par toutes sortes de moyens, en accusant les pauvres de saleté et en les envoyant au tribunal pour avoir sali leurs propres outils de travail. Les outils de travail supprimés aux pauvres, ils demeurent sans emplois et remplaçables par de plus pauvres. Les riches sont ainsi lavés de tous soupçons et s'enrichissent encore plus, soutenus par l'état qui leur offre une évaluation sur l'invisibilité de leurs déchets.

Par kiwaïda at 15:09

18/04/2017

α♭ṧℯη☂ї☺ᾔ

2017 (Photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 13:00

11/12/2016

☺⑂℮ü✄ ηøëʟ


Carte de Noël à vendre, prix libre, me contacter, message personnalisé...

La mère Noël est passée par derrière plus tôt que prévu, vidant les poches de l'État, afin de participer à la mort des écoles d'art. Le sabotage dans le système, en choisissant les victimes. Culture des abattoirs municipaux, abominables méthodes. Étourdissements ratés et répétés à maintes reprises. Nous sommes terrorisés. Nous sommes les animaux. C'est à Limoges que cela se passe, capitale des spécialités bouchères, servies sur des assiettes de porcelaine blanche. Les mains propres. Ce sont les autres qui sont sales, des animaux qu'il faut tuer. L'État valide, l'état exécute, et verse de l'argent, d'ailleurs ils vous l'écrivent : vous ne vous êtes pas exécuté, assez vite, nous le ferons. Les clampins ont cru au sapin doré des vernissages, en attendant, attention vos fesses les petits croyants, la culture hissée en haut des cannes à pêche, c'est pour vous les idiots maternés. Par surprise votre tour viendra, l'État copie les méthodes terroristes. Les ogresses ne savent rien de la culture, ainsi se font-elles juges des savoir faire. Faisons semblant de prier, car nos poches sont déjà vides, mais notre mémoire pleine. Les gras déjà trop gras sont tous malades, ils cachent leur pathologie et tuent leurs petits. C'est une boucherie. Ça sent le sapin partout dans ce modèle de société qui objétise le vivant. La lâcheté des décideurs politiques se visibilise prêts à tout au nom de l’emploi. Nous sommes épiés, traqués, surveillés, punis, infantilisés. Dans quel état sommes-nous ?

Ils perdront tous leurs multiples emplois.

Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus,
le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen.

Par kiwaïda at 12:28

09/12/2016

ßαᾔⅾḯт ღαηḉн☺⊥

Démo dessin (pour des étudiants) 7 et 8 décembre 2016 (© Sonia Marques)

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. Premier dessin démo ce semestre, devant les étudiants, improvisé pour mon studio "Il pulcino nero".
Elles travaillent, elles dessinent, elles apprennent, et moi aussi, avec un peu d'avance. J'ai mis de la couleur, mais nous sommes au trait noir, les temps sont difficiles, nous n'avons plus beaucoup de moyens.
Autours de nous, il y a beaucoup de moyens, et peu d'idées. Nous continuons à chercher des idées et les développer, avec très peu de moyens, nous continuons.
C'est Noël, tous les fonctionnaires sont récompensés de leur année, de leur service effectué.
Ils ont tous bien travaillé, ils ont reçu des primes, la paye est bien arrivée, très tôt, très très tôt.
Ils font des cadeaux. Ils partent en vacances.

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. Des guirlandes colorées, des fils barbelés, des accordéons du savoir, désaccordés. D'accord, d'accord.

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. Des maladroits, des blessés, des familles entières, des plus lourds, des empereurs.Tableaux de fils.

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. De ceux que l'on insulte, des estropiés, des amputés. De ceux que l'on écrase, de leurs cicatrices, des marques de pneus.

D'où viennent ces pieds ?
Des manchots. De ceux qui se soutiennent, des familles téméraires, ils se portent, se supportent, se transportent, s'importent, s'exportent, qu'importe... Du porte à porte.

D'où viennent ces pieds ?
Des fonctionnaires obéissants qui vivent sur la banquise glacée au service des autres.
Ce sont des manchots, ils limitent les forces de frottement lorsqu'ils nagent.
34 jours de mue, très rapide. Le mois de janvier annonce un plumage nuptial, les manchots palissent.
Ils redeviendront sombres, année 2017.



Démos dessins (pour des étudiants) 7 et 8 décembre 2016 (© Sonia Marques)

Les bandits manchots se tiennent les ailes, raides et aplaties, solidaires.
Incapables de voler.

Par kiwaïda at 12:14

15/10/2016

яüღ℮üя

Réalisation : Nathalie Magnan (8 juin 1996) Émission l’œil du cyclone ("Il n'y a pas de fumée sans feu")

Théoricienne des médias, réalisatrice, (h)activiste et cyberféministe

Une longue bataille pour Nathalie dont beaucoup pensions qu'elle vaincrait cette maladie, le cancer du sein.
Elle s'était rapprochée de la mer et Marseille et avait quitté Paris, dans cette optique d'être proche des éléments marins.
Je l'ai connue en 1996 à l'Ensba de Paris, elle était invitée alors par Monique Bonaldi, responsable du pôle vidéo et avait réalisé un workshop. Étudiante, je faisais de la vidéo entre autre et Monique nous avait parlé de son intervention et son engagement féministe, qu'elle venait des États-Unis. Cela avait fait fuir plusieurs étudiants. À ce moment, elle ne devait pas mettre ce mot, féministe, dans son CV, on lui disait que cela pouvait arrêter sa carrière en France. Ses cours étaient clairvoyants, engagés et joyeux, on pouvait lui parler de tout. Lorsqu'elle nous présentait la multitude de féminismes, malgré les interdictions pour sa carrière, les étudiants, nous découvrions en même temps de nouvelles techniques, tactiques et artistes et groupes (télévision, vidéo, art, performances, littérature…)  Nous nous sommes retrouvés un petit groupe, jeunes femmes et jeunes hommes face à une passionnée du montage, du sens des images, de leurs manipulations, avec des références singulières comme Sadie Benning, qui était de notre génération et avait toute jeune fait ses premiers films avec une caméra Ficher Price, qu'elle nous a montré. Monique nous avait transmis une cassette, à l'époque c'était des Hi8, ou sur une VHS d'un journal télévisé du 20H00 et nous devions réaliser un montage, en cut, le numérique à côté demandait des formations nouvelles pour l'équipe technique et elle commençait à installer les premiers ordinateurs équipés de logiciel. Nathalie nous a informé sur les images télévisées de la Guerre du Golf, nous les avions passées au crible. Ces deux professeures et techniciennes nous ont à chacune, chacun, filé une caméra et nous avons réalisé nos premiers essais et montages dans la foulée. Il y avait cet aspect technique et pratique très rapide, pris dans l'évolution des technologies des médias, mais aussi cette ouverture sur les genres et les identités, aussi rapide et de savoirs accessibles, dans nos formations où ces sujets n'étaient jamais abordés. Elle nous a donné des textes de différentes langues et s'attachait à nous les traduire en français. J'ai eu cette impression que j'avais appris quelque chose qui avait échappé à plusieurs de mes camarades et de mes professeurs, chefs d'atelier. Une distance critique sur nos états de gouvernance et la liberté de pouvoir inventer des formes nouvelles, toujours par les outils, mais surtout de les partager. Ce territoire n'a cessé de s'enrichir ensuite.

Plus tard nous nous sommes revues, elle s'intéressait de près au collectif que j'avais co-fondé sur Internet et nos mobilités. Elle était déjà passée à l'Internet et ses codes, en autoformation coopérative toujours et attachée à la transmission, professeure dans différentes écoles, mais aussi à organiser des formations et rencontres pour fabriquer son propre serveur, pour les femmes et les hommes qui parvenaient à se dire "femme" le temps de la formation, c'était ludique. Dans ces nouveaux domaines techniques, nous avons gardé contact mais bien plus pour des soutiens mutuels, des espoirs lumineux et pacifistes. Sororité et bienveillance, elle a aidé, et accompagné différentes générations, parfois en retrait, traductrice, technicienne, elle aimait l'écriture, les théories, s'interrogeait sur les mouvements féministes, les regroupements, les alliances passagères, parfois en était même rejetée, comme son expérience chez les CDG (Chienne de garde) qui étaient abolitionnistes (de la prostitution), ce que n'était pas Nathalie. Elle avait cet art de moderniser les groupes en leur donnant accès à des outils (forums, sites Internet, machines...) mais surtout en donnant la parole, écoute, respect des différences, positionnement, et modularité, acceptation des changements. Débats, combats, elle a participé aux changements et ceux à venir. Elle m'avait conviée à une mailing list américaine (FACES) très active lorsque je participais d'une autre, (du CEDAR), qu'elle co-modérait, sur les écoles d'art en réseau. Et curieusement, nos derniers échanges cet été, étaient portés sur les éléments naturels, et à la mer, ces derniers temps salutaires, bien loin de toute théorie.

Elle n'avait que de bons souvenirs de l'école de Bourges, l'école où elle enseignait dernièrement, et des milieux artistiques autours, cela a été important dans son parcours d'enseigner dans cette école. Elle me disait qu'elle ne voyait que cette école parmi toutes, en France, pour son enseignement.

Nous rigolions que j'emprunte son casier à l'école, sans cadenas pour mettre mes affaires. J'avais demandé récemment si son prénom noté "Bathalie" dans l'organigramme du site Internet pouvait être changé en "Nathalie" sur l'organigramme ;.) Elle avait cet humour et ce regard ouvert sur les mouvements de l'identité que traversent les êtres et j'imagine que celle qui n'aimait que les minuscules et aucune majuscule, aurait supprimé toutes les majuscules de tous les textes, juste pour jouer. Elle signait : xx

Elle était bien entourée ces temps-ci et il y a eu une pluie de reconnaissance et de souvenirs ce WE, exceptionnels et cela va continuer.

Je garde nos derniers échanges, celle d'une belle personne, femme forte, énergique, empathique, et apaisée, son sourire, sa voix.

Nous avons redécouvert les émissions de l’œil du cyclone, truchées d'humour (voir celle sur le 1% artistique, ou sur le poil) années 90 où j'ai rencontré ce cyclone magique, nat.

Mon ami me le dit justement, à la fin de son émission sur la rumeur, de 1996, après tous les crédits, une phrase est écrite, était-elle d'elle ?

On ne peut pas allez plus vite que le temps qu'il nous reste.

Lire l'article d'Élisabeth Lebovici sur son blog, Le beau vice : Nathalie Magnan (1956-2016)
Et celui sur le site de l'École nationale supérieure d'art de Bourges

Par kiwaïda at 23:46

14/10/2016

η☺ṧ☂@ʟℊḯα

Quelques heures après la publication de cet article dans ce blog, au mot clé étoile, Nathalie Magnan disparaissait.
Hier soir, 3 images, étaient postées ci-dessus, sans références, suite à un workshop (L'art de la disparition) de 5 journées pacifiques, dans les marais de Bourges, avec les étudiants. Comme disait l'une d'entre nous, cela vide la tête, relâcher la pression, se mettre en état d'observation. Nos échanges, les explorations des unes et des uns et des autres continuaient la contemplation mais aussi du ciel, des constellations d'observatoire du Chili et de films de Patricio Guzmán ("La nostalgia de la luz" de 2010 que l'artiste Françoise Quardon nous a projeté et "Le bouton de nacre" de 2015 que je vais projeter, grâce à la commande de Cécile Liger, conservatrice des bibliothèques) Des histoires d'eau et de canoë des étudiant.es, de leurs navigations, des cartographies envisagées à venir. Un peu d’ethnographie, de rites magiques. Discerner le savoir des croyances, tel est mon acte de transmission, mais pour mieux les confondre dans celui de la création. Car, on ne peux oublier les astres, lorsque l'on a pu les observer, interroger les étoiles, et dans des situations inextricables, telles celles des prisonnier.es, des malades, les étudier et les imaginer, de l'espoir dans la disparition.
*
Je lui disais que je n'étais pas (h)activiste, j'étais pacifiste, elle était dans ces questionnements, elle était rassurée. Mais pour être pacifiste, je le réalise de plus en plus, il faut activer la paix. Aucune immédiateté. Le temps de comprendre.

Hommage et apaisement, étoile était un présage, successivement, Nathalie s'est éclipsée depuis Marseille, mais n'était pas très loin de nous. Son sourire, sa bienveillance, prendre soin, désarmer. Des yeux d'eau, de la mer.

Sorority



Par kiwaïda at 22:36

04/10/2016

мαღℯ

ももへの手紙 Momo e no Tegami

Par kiwaïda at 00:16

25/08/2016

ﬡᗝᔕ ᖙéᔕᓰᖇᔕ Fᗢﬡ♈ ᖙéᔕᗢᖇᖱᖇᙓ



Grande traversée : Women's power, les nouveaux féminismes


Une cartographie des luttes et des pensées féministes, sur le terrain, dans les universités, en politique et sur internet, pour comprendre les acquis et le enjeux d'avenir d'un mouvement, pluriel, vivant et métissé, situé au cœur des transformations sociales que nous vivons.

Elles sont filles d'Olympe de Gouge et d'Angela Davis, de Simone de Beauvoir, de Judith Butler, de Virginia Woolf ou d'Audre Lorde. Depuis la révolution française, leurs aînées ont conquis peu à peu des fonctions qui furent longtemps réservées aux hommes, puis le droit à disposer de leur corps. Pourtant, en 2016, les femmes gagnent moins que les hommes et réalisent la majorité des tâches domestiques, avorter est encore tabou, la révolution sexuelle n'a pas aboutie, l'hétérosexualité reste la norme et tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Dans la sphère privée et dans la sphère publique les rapports entre hommes et femmes sont toujours inégalitaires. Alors, les féministes poursuivent leurs luttes pour atteindre l'égalité réelle politique, économique, culturelle, sociale et juridique.

Les réformistes proposent de changer les lois. Les plus révolutionnaires prônent un renversement total du système. Les abolitionnistes, dénoncent la pornographie quand le mouvement sex-positif veut se la réapproprier. Les féministes post-coloniales articulent les questions de sexe, de race, et de classe et le mouvement queer révèle la multiplicité des catégories sexuelles. Ainsi, traversé par une multitude de courants, le féminisme n'est pas et n'a jamais été homogène. Les grands débats d'actualité le clivent : comme la question du voile, la prostitution ou les mères-porteuses. Beaucoup d'autres sujets, pourtant, rassemblent comme la défense du droit à l'avortement, la lutte pour l'égalité salariale, pour l'éducation à la sexualité, contre le viol, les violences conjugales ou le harcèlement sexuel.

Cette grande traversée vous propose d'écouter la diversité du mouvement féministe. Écouter ces militantes, chercheuses et féministes du quotidien nous parler de travail salarié et de travail domestique, de l'IVG et de la maternité, des violences, des sexualités, du colonialisme. Au fil des documentaires, des archives, des entretiens et des débats, elles nous font découvrir les acquis et les enjeux d'avenir des luttes et des pensées féministes.


Charlotte Bienaimé est documentariste à France Culture. Cette grande traversée s'inscrit dans le prolongement de la diffusion sur les grille d'été de France Culture 2014 et 2015 de deux séries « Nasawiyat », portraits de jeunes féministes en France et dans le monde arabe, prolongées dans le livre « Les nouvelles féministes du monde arabe », paru en janvier 2016, aux éditions Les arènes.


Dernières émission à écouter sur France Culture


26.08.2016

 "Ne nous libérez pas, on s'en charge."

Vers un féminisme post-colonial

25.08.2016 1H 48 min

"Nos désirs font désordre."

Sexe, genre et sexualités.

24.08.2016 1H 48 min

"Quand c'est non, c'est non !"

Les violences faites aux femmes.

23.08.2016 1H 48 min

"Nos corps, nos choix"

IVG et maternités.

22.08.2016 1H 48 min

"Et qui va faire la vaisselle, on fait des manifestations"

Travail salarié, travail domestique.

Par kiwaïda at 15:02

α☂øღї¢ ß◎м♭

L'explosion atomique Baker, déclenchée dans le cadre de l'Opération Crossroads, une série d'essais nucléaires menés par les États-Unis sur l'atoll de Bikini, dans les Îles Marshall le 25 juillet 1946.

L'atoll de Bikini est un atoll des îles Marshall. Il fut le théâtre d'essais d'armes atomiques menés par les États-Unis, à partir du 1er juillet 1946, date de la première explosion de l'opération Crossroads.

L'explosion atomique Baker, déclenchée dans le cadre de l'Opération Crossroads, une série d'essais nucléaires menés par les États-Unis sur l'atoll de Bikini, dans les Îles Marshall le 25 juillet 1946. Le large nuage blanc est un nuage de condensation (Nuage de Wilson) qui n'a duré qu'un temps très court. L'explosion n'a pas formé un champignon atomique classique, mais une colonne d'eau qui s'est étalée « en chou fleur » puis est retombée dans le lagon. L'image est à comparer avec celle-ci, prise après la disparition du nuage de condensation. L'eau déplacée par l'explosion était fortement radioactive et a contaminé les bateaux qui avaient été placés à proximité. Les bateaux contaminés, mais en état de marche, ont été emmenés vers les chantiers de Hunter's Point, à San Francisco, pour y être décontaminés. Ceux qui n'ont pas pu être décontaminés ont été coulés au large de la ville.

Le but de l'opération était de valider la puissance destructrice de bombes A sur des navires et des sous-marins situés aux alentours.

Le mannequin Micheline Bernardini porte le premier bikini et montre la boîte d'allumettes (1946)


Bikini serait une déformation du nom mélanésien local Pikinni que l'on traduit par pik (« aire », « surface ») et ni (« cocotier »).

L'atoll a donné son nom au bikini, un type de maillot de bain féminin. En 1946, Louis Réard a lancé un maillot de bain « révolutionnaire » qu'il baptisa du nom de l'atoll de Bikini, où venait de se dérouler un essai nucléaire américain. Ce maillot deux pièces, vendu dans une boîte d'allumettes, est commercialisé avec le slogan : « Le bikini, la première bombe anatomique ! ». De quoi susciter à l'époque un véritable raz de marée de protestations. Les autorités italiennes, espagnoles et belges en interdisent le port. En France, le maire de Biarritz aura recours à un arrêté municipal pour bannir ces bouts de tissu de la plage du casino.

Cinquante ans après l’explosion de la bombe H BRAVO sur l’atoll de Bikini, les habitants des îles Marshall développent des cancers liés aux radiations qu’ils ont reçues lors de ce test nucléaire américain. D’après un rapport remis à une commission du Sénat par l’Institut national du cancer (NCI), il faut s’attendre à 9% de cancers supplémentaires dans la population exposée à l’époque, sachant que la moitié de ces cancers liés aux radiations ne se sont pas encore déclarés.

Entre 1946 et 1958, les Etats-Unis ont mené 66 essais nucléaires, répartis en sept séries, sur les îles Marshall. L’explosion de la bombe BRAVO en 1954 fut la plus dangereuse pour la population de l’atoll Bikini et de ses voisins Rongelap, Alinginae et Utrik. L’Etat américain a versé 270 millions de dollars de compensation dans les années 80 mais les habitants des îles Marshall demandent une réévaluation des dommages subis. C’est dans ce cadre qu’un comité du Sénat a demandé un rapport au NCI.

Les auteurs du rapport, remis en septembre mais rendu public seulement maintenant, évaluent à près de 14.000 personnes la population exposée aux retombées de l’explosion de 1954. Sans ce test, on pouvait s’attendre à 5.600 cancers, selon le NCI. Suite aux fortes doses radioactives reçues par la population, le nombre de cancers devrait être de 6.130, soit un excédent de 530 cancers. Les gens ayant été exposés très jeunes, la moitié de ces cancers sont à venir, selon les auteurs.

C.D.
(18/04/05)


Un homme mesure le maillot de bain de femmes. S’il était trop court, elles recevaient une amende, 1920



Août 2016, en France, une femme qui se repose sur la plage est interpellée par 4 policiers armés. Elle porte un foulard turquoise et blanc noué au-dessus de la nuque et une tunique de même couleur à manches longues. Les policiers lui demandent de se déshabiller sur ordre et lui délivrent une amende.

La mairie de Nice n'était pas en mesure de préciser dans l'immédiat les circonstances de ce contrôle. Mais elle a confirmé qu'une quinzaine de femmes avaient été verbalisées depuis le début de la semaine, en raison de leur tenue de plage.

Annette Kellerman (1887-1975) née à Sydney, est une nageuse synchronisée et une actrice australienne. Elle promeut l’utilisation d’un maillot de bain 1 pièce en 1907, elle sera arrêtée pour exhibitionnisme. Enfant, Annette Kellermann est atteinte de la polio. Son médecin lui recommande de nager. Elle devient championne de natation. Elle tente aussi la traversée de la Manche mais échoue, au bout de 10 heures de nage, dans une eau à 11 °C.

Les organisateurs essayant de stopper la première femme à finir un marathon, Boston, 1967

Lisa Lyon, photographie de Robert Mapplethorpe (1984)

Lisa Lyon, née en 1953, est une bodybuildeuse féminine et une top-modèle américaine. Elle est considérée comme l'une des pionnières du bodybuilding féminin. Une des muses de Robert Mapplethorpe

Itsi Bitsi Petit Bikini - Dalida

Ce titre est extrait de l'album : Garde-Moi La Derniere Danse Vol 8
Année de sortie : 1961
Label : Barclay

Sur une plage il y avait une belle fille

Qui avait peur d'aller prendre son bain

Elle craignait de quitter sa cabine

Elle tremblait de montrer au voisin

Un deux trois elle tremblait de montrer quoi ?

Par kiwaïda at 01:58

15/06/2016

ℱѦℛ☾∃

Par kiwaïda at 14:19

13/06/2016

ᖆᓌᔜᕧ

Rose - Cathédrale à Périgueux 2016  (photographie © Sonia Marques)

Rose

Couleur enfouie dans mes souvenirs, elle remonte à la surface.
Des peintures d'il y a longtemps.
Rose et je pense à la rose des sables, car du désert j'en ai parlé dans ma conférence.
Enfant j'aimais ces roches des terrains tendres et déformables, cristallisations de gypse...
Je pense au film du réalisateur américain Abel Ferrara, "Pasolini", sur le poète et écrivain italien Pier Paolo Pasolini, réalisé en 2014 avec Willem Dafoe.
Dans ce film, il y a des images, de la naissance des images de la poésie, la possibilité d'y croire.
J'ai cru au désert rose.

Poésie en forme de rose sur la longue route du sable.
Un portrait dans la cathédrale périgourdine. Subjuguée par la lumière des vitraux. Les fenêtres dans mes yeux.
Je suis devenue rose.

Rose.
Et je me souviens d'un tableau de la peinture d'Albert Marquet au Musée de Cognac. Il était turquoise, de Marseille. Je voyais le rose aussi. Je suis restée un certain temps devant, puis l'ai photographié. Toutes ses peintures me sont familières, ses couleurs, ses lignes.

Et le rose.

Proche de Matisse, ses paysages sont dans mes yeux.
Je ne savais pas que se profilerait alors une monographie rétrospective un an plus tard à Paris.

Pas vue.



Albert Marquet (French, 1875-1947), Port d'Alger dans la brume, 1943. Huile sur toile, 65 x 81 cm



Rose donc.

Roses, sont mes efforts de faire remonter à la surface ces souvenirs où tout était couleur.
Surement bien avant avoir fait des études artistiques. Couleur interdite.

Il devenait interdit de s'embrasser dans l'école d'art de Paris.
J'ai réalisé en 1996, une vidéo, Gum, des baisers, un passager clandestin, le chewing-gum rose.
On s'embrassait tous.

Le film était tissé des pixels de l'écran rose.
La peinture n'était pas bien vue.
Alors, je faisais des sculptures de pétales de rose au chewing-gum.

Rose, je me redresse. Ma colonne vertébrale laisse l'hiver derrière avec les vautours qui attendaient ma carcasse recroquevillée.

Je me redresse et je vois bien le ciel. Allongée sur l'eau bleue.

Je suis rose.

Cela devait s'arrêter là.



Orlando, ville d'un crime de masse le 12 juin 2016 dans un club emblématique de la cause des lesbiennes, gays, bisexuelles, trans-genres, intersexuée.



À quoi ressemble Orlando ?

Tout le monde est gai pourquoi tant de haine.
Devraient être combattues ces haines de l'autre, en commençant dans les écoles.
Même si l'on continue de faire taire celles et ceux qui dénoncent les inégalités de traitement.
Si l'on continue d'invisibiliser l'homophobie, le racisme, la misogynie.

Même si l'on est écarté lorsqu'on défend celles et ceux touchés par l'homophobie, le racisme, la misogynie.
C'est cela être engagé-e.

On continue d'invisibiliser celles et ceux que l'on écarte.
Celles et ceux qui dénoncent les inégalités de traitement.
Cela fait partie d'invisibiliser l'homophobie, le racisme, la misogynie.

Dans les écoles aussi.


Je suis rose.

*

J'ai vu le film Queen of Montreuil réalisé par Sólveig Anspach. J'aime les films de cette réalisatrice, qui n'est plus là pour continuer.

Il y a la voix d'une chanteuse de Fado, métisse, née en 1973, née au Mozambique, Mariza, son nom de famille Marques.
Thomas Blanchard dans ce fado joue le rôle d'un travesti.
Il porte la robe rose de mariée tant convoitée.

Tristesse et allégresse.

Tendresse et délicatesse.

Fesse. Confesse. Agresse. Détresse. Paresse. Faiblesse.
Clownesse. Décompresse. Prouesse. Justesse.
Jeunesse et vieillesse. Politesse. Prêtresse. Forteresse. Ivresse. Caresse.
Sagesse. Souplesse.
Promesse.

S

Rosace.


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Par kiwaïda at 15:53

31/05/2016

Éяüⅾḯ☂їøᾔ


Jornadas Cantianas (a 16 e 17 de Março 2012), evento em torno da obra de Paulo de Cantos, figura enigmática da auto-edição, cuja obra é largamente desconhecida do público.
As Jornadas Cantianas apresentarão, pela primeira vez, a obra (possível) do autor (livros, maquetas e objectos) ao público, convocando igualmente autores do design, tipografia e crítica cultural para um ciclo de conferências em torno de temáticas tangenciais à obra do autor.
As Jornadas abrem um ciclo dedicado a figuras pouco estudadas e amplamente desconhecidas do universo cultural Lusófono. Expansível a diversas áreas de conhecimento artístico, inicia-se com as artes da edição e da publicação.
Esta primeira Jornada intitula-se Cantiana (de canto e cantão, de cotovelo e cunhal) de Paulo José de Cantos (1892-1979), um ilustre desconhecido dos meandros bibliófilos, um prolífico pedagogo Povoense impelido pela publicação, banzado por tipografia, por acrósticos destravados e pelo universalismo da língua e da lusofonia. Paulo Cantos foi um auto-editor de invulgares, idiossincráticos, inclassificáveis e imprudentes livros que povoam (cada vez menos) as prateleiras de várias lojas de alfarrabistas.
As Jornadas vão decorrer ao longo de dois dias em que vários convidados apresentam, abertamente, analogias e possíveis referências empáticas às suas
edições. Em torno dos livros dissecados iremos falar das principais quimeras presentes na lista de obras do autor.
Os livros do autor, em exposição, serão acompanhados de outras publicações relativas às apresentações dos oradores convidados. Como pequenas extensões biográficas poder-se-á ver material epistolar, desenhos, dedicatórias, ilustrações e maquetas originais entre outros objectos ludo-documentais, encontrados no decurso da pesquisa.

Érudite /

Du latin eruditus (« instruit, éduqué, savant, habile, érudit »), participe passé de erudire (« enseigner, instruire, éduquer »). Étymologiquement, un érudit est une personne « polie » par le savoir et la connaissance.

Érudition : Savoir approfondi dans un ordre de connaissances, et en particulier dans toutes celles qui sont fondées sur l'étude des textes, des documents : Un ouvrage d'érudition.

Qui s'intéresse à l'érudition ?

L'une des personnes illustre et curieuse qui enseignait au collège d'Eça de Queirós à Povoa de Varzim au Portugal, était le professeur Paulo de Cantos. Né à Lisbonne le 13 Mars 1893 il y mourut le 9 Avril 1979. Le professeur Paulo de Cantos a fréquenté les Universités de Lisbonne, Porto et Coimbra. Il est dit de lui qu'il fut "doté d'une grande intelligence, la curiosité et le désir d'apprendre et doué d'une mémoire prodigieuse, de nombreuses formations, incluant diplômes en mathématiques, dessin, physique et chimie, sciences naturelles et biologiques, langues romanes (philologie romane), et même des cours de beaux-arts et a, entre autres, un diplôme en viticulture ". Puis il a été professeur de l'enseignement secondaire, en commençant par Pedro Nunes à Lisbonne et plus tard a enseigné au collège Eça de Queirós à Povoa de Varzim, dans lequel il a passé la plupart de sa vie professorale, et est devenu recteur pendant 10 ans. L'approche du mouvement allemand du Bauhaus ou du surréalisme tel qu'on le connait en France, est approprié pour cet auteur extravagant, original et singulier.


Plusieurs traces écrites attestent qu'il est difficile de faire la synthèse de qui était Paulo de Cantos, professeur, rédacteur en chef, graphiste, philanthrope, philologue. Son intérêt s'est porté sur des manuels d'enseignements, livrets frénétiquement édités depuis les années 20 jusqu'à sa mort. Sur plusieurs sujets, la langue, la géographie, de l'anatomie, de la littérature, les mathématiques, le folklore - et dont la particularité est le chemin utilisé pour créer la composition des caractères, des dessins stylisés, des cartes anthropomorphes. Un travail de pionnier, pratiquement inconnu, très visuel, avec un souci pédagogique. Il est rare de trouver ses livres. Paulo de Cantos a créé son propre langage. Après un voyage au Brésil, vers 1965, l'auteur a organisé dans sa maison un Congrès Luso-brésilien dédié à la langue portugaise. D'où l'idée d'unifier l'orthographe des deux langues, qu'il appelait PAK.
Paulo de Cantos a été un homme en avance sur son temps. La plupart des livres de Cantos trouvés dans les librairies n'ont même pas été ouverts. Il y a une grande distance entre le travail qu'il a produit et le public reçu, qui n'a pas été comprit à l'époque mais son travail a des choses à dire.
Cantar
veut dire Chanter, en portugais, son nom est celui d'un chant, d'un champ ?



Il est retourné à Lisbonne, où il a fondé le Centre de Prophylaxie de la vieillesse dans sa maison, et a créé une librairie adoptée par Fernando Pessoa, Cesariny, entre autres. Mais contrairement à ses contemporains, Paulo de Cantos est resté pratiquement inconnu, ce qui crée un certain mystère autour de lui, comme liés à la dictature. Dans quelle mesure il a influencé les artistes qui le connaissaient ?  Paulo de Cantos va au-delà des livres. Il a inventé un mobile construit en taille réelle, qui s'ouvre et a l'intérieur des os humains pour simuler un squelette, ou une canne bizarre avec plusieurs compartiments pour stocker de petites quantités de produits d'épicerie. La vision polygraphique de Paulo de Cantos, un artiste scientifique a permit de déplacer certains problèmes concrets, de nature technologique, vers des couches plus abstraites de la culture, impliquant la langue et la cognition, dont la théorisation arrive à des limites obsolètes ou absurdes. Comme Fernando Pessoa, Paulo de Cantos, modernistes, a construit un travail basé sur la diffusion imaginative de la science, dans des livres comme Astrarium (1940) ou O livr-o-mem (1930-1936). L'imagination dépasse toujours l'élan de la diffusion. Le travail "Cantianas" est est arrivé à connaissance de nouveaux chercheurs, car invisible et ignoré pendant longtemps, et commence tout juste à être découvert par des designers portugais. Ils sont enchantés par l'utilisation créative des éléments typographiques et rédactionnels, dans tous les livres étrangers publiés par Cantos. Cependant la langue originale et poétique conçue dans des configurations complexes par Cantos, attendent toujours une analyse systémique.
Robert Massin, graphiste, typographe, directeur artistique, français considéré comme un génie, avait été invité à une conférence à Lisbonne en 2012, sur Paulo de Cantos et avouait qu'il ne connaissait absolument rien sur celui-ci, mais plus largement sur l'art au Portugal, ou même son histoire. 

* José Maria de Eça de Queirós ou Queiroz, (25 novembre 1845 – 16 août 1900) est un auteur naturaliste et diplomate portugais.
* Fernando António Nogueira Pessoa est un écrivain, critique, polémiste et poète portugais (13 juin 1888 - 30 novembre 1935)
Théoricien de la littérature engagé dans une époque troublée par la guerre et les dictatures, inventeur inspiré par Cesário Verde du sensationnisme.






 

Tous les visuels sont de Paulo de Cantos

J'ai logé là à Lisbonne, peut-être en 2006, pour pouvoir créer un contact avec l'école angevine, lorsque j'étais professeure, juste à côté de la maison de Paulo de Cantos, dans le Bairo Alto, où il a créé en 1949, un centre de prophylaxie de la vieillesse pour la valorisation de la motricité humaine. Une institution d'utilité publique. En médecine, une prophylaxie désigne le processus actif ou passif ayant pour but de prévenir l'apparition, la propagation ou l'aggravation d'une maladie. J'ignorais cette proximité, mais j'ai photographié cette maison, comme toutes de façades d'azulejaria. Ce contact fut une  aubaine pour l'école d'art angevine qui peinait à avoir un contact bilatéral avec une capitale, au moins européenne, afin que les étudiants partent étudier à l'étranger. J'ai vu récemment de jeunes artistes angevines, ayant étudié là-bas, à la FBA de Lisbonne, par cet échange, créer plusieurs projets, exposer.

Qui s'intéresse à l'érudition ?



  

Par kiwaïda at 16:20

14/05/2016

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Vol d'un lapin blanc (Photographie © Sonia Marques)

« Un lapin traverse une route de nuit et est pris dans les phares d'une voiture : pétrifié, figé, tétanisé, incapable de réagir, il se laisse écraser par la voiture. »


Mois de mai 2016 : les actualités



Une jeune femme se suicide en direct sur une plateforme de vidéo, téléphone en main, se jettant au dessus d'un pont sur les rails de trains, évoquant un viol dont elle était victime.
Un groupe de femmes dénonce des pratiques archaïques, le harcèlement sexuel, dans des cercles de pouvoirs, depuis des années impunis.

Plusieurs victimes isolées dévoilent leur viol, du patron, au ministre, au collègue, parfois des dizaines d'années plus tard.

Un président voile sa compagne et elle le tait bien.

Depuis la fin du 20e siècle de nombreuses affaires d'abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres et des religieux sont rendues publiques mais étouffées par la hiérarchie ecclésiastique.

Depuis le début du 21e siècle, de nombreux diocèses reconnaissent publiquement leurs torts sur les crimes sexuels dans les églises.

Ils violent des milliers d'enfants, au nom de Dieu.

Depuis sa reconnaissance par une jurisprudence de la Cour de cassation en 1990, le viol entre époux est enfin reconnu et le consentement à la sexualité doit être exprimé, ou le refus respecté.

Les chiffres alarmants révélés par certaines enquêtes, estiment jusqu'à 50% le pourcentage de femmes ayant subi un ou plusieurs viols conjugaux dans leur vie maritale.

Il y a 75 000 viols par an en France ce qui fait 206 viols par jour et concerne une femme sur 6.

80% des victimes sont des femmes.

Les viols collectifs concernent 7% des cas.

63% des femmes violées l'ont été dans l'enfance ou à l'adolescence par des connaissances.

Le viol concerne toutes les catégories sociales.

Les hommes violents coûteraient 2.5 milliards à la société entre les services de santé, de police, de justice mis à contribution ainsi que les pertes productives occasionnées.

Pour soigner les violeurs, il y a l'injonction de soin ou l'obligation de soin.
L'injonction est difficile à suivre car les médecins coordinateurs sont débordés.

En 2010, 32 tribunaux de grande instance, 16 départements n'avaient pas de médecin coordinateur.

49 % des viols sont commis sans aucune violence physique.

Le viol est un acte de domination qui commence souvent par de la peur, un sentiment que l'on trouve dans nombre de témoignages de victimes.

Une peur qui paralyse totalement la victime, ou la sidère selon le terme utilisé en psychologie.

«La victime se retrouve dans la même situation qu'un lapin traversant une route de nuit et qui est pris dans les phares d'une voiture: pétrifié, figé, tétanisé, incapable de réagir, il se laisse écraser par la voiture.»

La difficulté à réagir peut venir de la nature soudaine et brutale de l’événement, mais aussi pour des raisons psychologiques liées au fait que l’agression ne correspond pas à l’image que l’on a de l’agresseur, qui peut être une personne que l’on pensait de confiance.

La victime peut aussi ne pas réagir violemment pour ne pas causer du tort à l’agresseur, ou à cause du statut de celui-ci.

Dans d’autres cas, l’ascendant moral de l’agresseur ou la surprise va suffire à empêcher toute réaction de la victime.

C’est pourquoi la loi française précise qu’un viol est une pénétration commise par «violence, contrainte, menace ou surprise».
La difficulté à réagir au début du viol peut entraîner une sorte de cercle vicieux de l’engagement: la victime se retrouve pendant l’agression à éprouver un sentiment de honte ou de culpabilité pour s’être retrouvée dans cette situation.
Pratiquer une fellation non consentie peut entraîner des séquelles psychologiques particulières, qui viennent s’ajouter aux symptômes habituels chez les victimes de viol que sont la culpabilité, la honte, le sentiment d’impuissance et la grande difficulté à parler de ce que l’on a subi.
Mais le sentiment de culpabilité pour une situation qu’on ne contrôle pas n’est pas spécifique aux victimes de viols.
C’est même un symptôme classique du stress post-traumatique.
On le retrouve chez les personnes ayant subi d’autres types de traumatismes, comme des agressions physiques gratuites ou des accidents.
Face à un niveau de stress très important, il existe plusieurs réactions instinctives: fuite, contre-attaque, paralysie etc.
Mais il est impossible de prévoir la réaction d’une victime, et même une personne sûre d’elle et de ses droits peut connaître une paralysie.
En France, une femme sur six est victime de viol ou de tentative au cours de sa vie, soit 206 viols chaque jour.
Le violeur peut être le père, le frère, le collègue, le voisin, le conjoint.
Celui dont on ne se méfie pas.
La plupart des victimes ont moins de 18 ans et la majorité des filles et femmes violées le sont par quelqu’un de leur entourage, familial, professionnel ou amical.
Pour violer, nul besoin de couteau ou de pistolet.
Un viol sur deux est commis sans violence physique.
Peur, sidération, menaces suffisent à pétrifier la victime.
La justice française a ouvert une enquête préliminaire visant l'armée française, après une nouvelle accusation de viol en Centrafrique.
Des enquêteurs du Fonds des Nations unies pour l’enfance ont recueilli, mi-mars, les témoignages d’une centaine de filles en République centrafricaine affirmant avoir été abusées sexuellement par des soldats des forces internationales.
« des soldats envoyés pour protéger les habitants ont au contraire plongé au cœur des ténèbres ».
Disparus de la mémoire de la Libération, les viols de masse commis au printemps 1944 par les troupes françaises restent une plaie ouverte dans le cœur des Italiens du Latium.
Sept décennies plus tard, la France ne s’est jamais excusée et les victimes n’ont pas oublié.
En 2004 le gouvernement italien a reconnu comme avérées les violences et les viols commis par les troupes marocaines en Italie en 1944 en Ciociarie.
Ces exactions ont reçu en Italie l’appellation de marocchinate (littéralement « maroquinades »).
Ces viols en masse et homicides ont été commis sur les populations civiles par des membres du corps expéditionnaire français.
Plus de 2 000 femmes et enfants ont été violées, ainsi que 600 hommes.
La Commission Néerlandaise à l'Euthanasie (CNE) a autorisé l'année dernière une jeune femme victime d'abus sexuels à mourir grâce à l'assistance de médecins.
Ce cas vient seulement d'être rendu public par la commission, soulevant un vif débat quant à l'opportunité d'une telle décision
Les spécialistes ont estimé que son traumatisme était incurable, et que l'euthanasie serait pour elle une forme de libération.
La jeune femme, âgée d'une vingtaine d'années mais dont l'identité n'a pas été révélée, avait subi plusieurs abus sexuels alors qu'elle avait entre cinq et 15 ans.
Selon plusieurs psychiatres, qui ont longuement examiné la jeune femme, son traumatisme était "insupportable" et "incurable" comme l'explique CBS News.
La jeune femme souffrait d'anorexie, de dépression chronique, de tendances à l'auto-mutilation, d'hallucinations et restait alitée en permanence.
Conformément au droit hollandais, qui a légalisé l'euthanasie en 2002, la jeune femme a donc reçu une dose létale de médicament.
Selon les juristes de la CNE, lui refuser l'euthanasie aurait été illégal, la loi de 2002 autorisant l'euthanasie pour les personnes dont les souffrances sont jugées "sans solution".
Si aux Pays-Bas la nouvelle est passée quelque peu inaperçue, elle a relancé un débat difficile au Royaume-Unie ou les pro-euthanasie réclament une loi de longue date.
Un député a balayé cette idée, en argumentant que ce cas était l'exemple type de ce qu'il refusait.
Il a expliqué que c'était comme dire aux victimes de viol "vous devez être punie par la peine de mort".
À Nuit Debout comme ailleurs, les femmes se font agresser, insulter, emmerder.
100% des femmes ont été victimes, au moins une fois dans leur vie, de harcèlement dans les transports en commun.
Le harcèlement sexiste ou sexuel dans la rue et les espaces publics et le harcèlement dans l'espace politique sont les 2 faces d'une même médaille : les harceleurs disent que l'espace public et / ou de pouvoir appartient aux hommes, les femmes doivent payer pour y avoir droit de cité.
Les politiques qui harcèlent les femmes à l'assemblée nationale sont les mêmes machos que ceux qui se frottent à elles dans le métro.
La culture patriarcale conquérante, c’est-à-dire guerrière, est étayée sur les valeurs matérielles d’extension des territoires, d’accumulation des biens et de compétitivité.
La culture guerrière postérieure, qui est toujours la nôtre et qui a démonisé le féminin et chassé le spirituel (l’être et l’âme) de ses préoccupations, pour se consacrer au monde matériel de l’avoir, a progressivement réussi, presque partout, à effacer cette « première culture » ou culture du féminin divin, en se faisant alors passer pour le Commencement.

RAPE CULTURE



Image tirée d'une leçon de cuisine : savoir râper le fromage

2006 : souvenir d'un livre


Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas boniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toute façon je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas.

C’est tout de même épatant, et pour le moins moderne, un dominant qui vient chialer que le dominé n’y met pas assez du sien… Il y a une fierté de domestique à devoir avancer entravées, comme si c’était utile, agréable, ou sexy. Il faut minorer sa puissance, jamais valorisée chez une femme : « compétente » veut encore dire « masculine ». C’est en fait un moyen de s’excuser, de rassurer les hommes. J’ai les moyens de vivre autre chose, mais je décide de vivre l’aliénation via les stratégies de séduction les plus efficaces. Les femmes adressent aux hommes un message rassurant : n’ayez pas peur de nous. Soyons libérées, mais pas trop. Nous voulons jouer le jeu, nous ne voulons pas des pouvoirs liés au phallus, nous ne voulons faire peur à personne.

Les femmes se mettent en position de séductrices, réintégrant leur rôle, de façon d’autant plus ostentatoire qu’elles savent que, dans le fond, il ne s’agit plus que d’un simulacre. Depuis toujours, sortir de la cage a été accompagné de sanctions brutales. C’est l’idée que notre indépendance est néfaste qui est incrustée en nous jusqu’à l’os. La révolution féministe des années 1970 n’a donné lieu à aucune réorganisation concernant la garde des enfants. Nous manquons d’assurance quant à notre légitimité à investir le politique. Délaisser le terrain politique comme nous l’avons fait marque nos propres réticences à l’émancipation. Il faut oublier d’être agréable, serviable, il faut s’autoriser à dominer l’autre, publiquement. Quand Sarkozy réclame la police dans l’école, ou Royal l’armée dans les quartiers, ça n’est pas une figure virile de la loi qu’ils introduisent chez les enfants, mais la prolongation du pouvoir absolu de la mère. Nous régressions vers des stades d’organisation collective infantilisant l’individu. Les corps des femmes n’appartiennent aux hommes qu’en contrepartie de ce que le corps des hommes appartiennent à la production, en temps de paix, à l’État, en temps de guerre. Car la virilité traditionnelle est une entreprise aussi mutilatrice que l’assignement à la féminité.
*
Sur le viol, en France, on ne tue pas les femmes à qui c’est arrivé, mais on attend d’elles qu’elles aient la décence de se signaler en tant que marchandise endommagée, polluée. Toujours coupables de ce qu’on nous fait. Créatures tenues pour responsables du désir qu’elles suscitent. Le viol, l’acte condamné dont on ne doit pas parler, synthétise un ensemble de croyances mentales concernant la virilité.
*
King Kong Girl : Pourquoi les mères encouragent-elles les petits garçons à faire du bruit, alors qu’elles encouragent les filles à se taire ? Pourquoi continue-t-on à valoriser un fils qui se fait remarquer quand on fait honte à une fille qui se démarque ?

*
Être complexée, voilà qui est féminin. Effacée. Bien écouter. Ne pas trop briller intellectuellement. Juste assez cultivée pour comprendre ce qu’un bellâtre a à raconter. Bavarder est féminin.

Parmi les choses qu’on a bien inculquées aux hommes, il y a la peur d’être PD, l’obligation d’aimer les femmes.

Les femmes sont des lascars comme les autres, et les hommes des putes et des mères, tous dans la même confusion. Les femmes de pouvoir sont les alliées des hommes, celles d’entre nous qui savent le mieux courber l’échine et sourire sous la domination.



Extrait de l'essai Kingkong Theorie de Virginie Despentes, (2006)

« Je n’ai pas vraiment mené un combat féministe, je ne suis pas très militante. Parce qu’écrire est trop prenant, et parce que j’ai encore beaucoup de mal avec les groupes. Moins je vois de gens et mieux je me porte. Donc ça ne va pas trop bien avec une activité politique. »

(Extrait d'une interview)

1982 : souvenir d'une œuvre


Protect me from what I want, 1982. Artiste américaine : Jenny Holzer, Times Square, New York

Par kiwaïda at 00:49

23/04/2016

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Superbe photographie de © Brian Reffin Smith (Ensa Bourges - avril 2016) et Jean-Michel Ponty en rouge

Alors j'ai déjeuné avec Brian Reffin Smith, régent du Collège de 'Pataphysique (Catachimie & Métallurgie computative), qui m'a invitée, puis j'ai assisté à sa conférence et, il le sait à présent, j'étais aussi un zombie. Je lui ai parlé un peu de mon Monstrum ("il y avait du monde... des habitants..."), je viens de retrouver mon poème Zombinoscope, une analyse des artistes. Il m'a raconté son histoire du computer art et de toutes ses investigations pédagogiques. C'est très amusant, nous nous sommes croisés surement. J'avais du papier toilette autours de ma tête et des lunettes rouge et bleue pour voir des images en trois dimensions. Entre temps je faisais des dessins avec mes étudiants et je faisais une démo d'un grand tigre bien installé devant tous. Il trônait tranquille. Puis je décidais de faire une autre démo d'un dessin de nu, une Olympia aussi installée très tranquillement devant nous, elle trônait, à poil.

Demos dessins (© Sonia Marques)
« Quand, lasse de songer, Olympia s'éveille
Le printemps entre au bras du doux messager noir ;
C'est l'esclave, à la nuit amoureuse pareille,
Qui vient fleurir le jour délicieux à voir ;
L'auguste jeune fille en qui la flamme veille... »
(Zacharie Astruc )

Personne ne le sait, mais pourquoi ces dessins improvisés sont si bien installés devant nous, si sereins ? Je l'expliquerai une autre fois, n'oublions pas que nous sommes rivés sur le noir. Le soir j'avais mes sacs et mes cadeaux, je préparais un anniversaire dans une autre ville, la mienne. J'assistais à une lecture entre deux écrivains poètes, Laura Wasquez et Olivier Cadiot. Mais c'était superbe ! C'était ma famille de mots.

Alors quelques jours plus tard, j'ai retrouvé mon poème de zombie… On est en train de faire quelque chose avec un tas de mes mots, un tas de mes road movie mots. Retourner dans cette période et tous ces personnages est fantastique. C'est ma mathématique. Mon ami plonge dans ma tête, mes labyrinthes de pensée, il visualise l'impossible, les abstractions et dessine des lignes. Dans le même temps j'apprends à dessiner… à des étudiants, aux jeunes années, des lignes noires. Nous faisons des gammes. En fait, ce que personne ne sait, c'est que nous dessinons les partitions que nous allons jouer.

Le directeur de l'école d'art m'a dit que c'était de la transgression, je faisais du dessin dans une école d'art, et il y en avait partout dans une salle, sur les tables et parterre et en plus avec des crayons, des feutres, des stylos  ! Nous avons bien ri. Je leurs apprends à dessiner pas vraiment comme dans l'ancien temps... ni le nôtre...
En fait je dessine avec les étudiants, en même temps, et c'est bien agréable. Les artistes le faisaient bien avant, quand les femmes étaient interdites d'entrer et d'étudier dans une école d'art, il y avait plein d'hommes au chevalet avec le maître artiste, tous devant une femme nue. Et bien je fait de même, je suis l'artiste qui apprend à dessiner aux étudiants, et là il y a plusieurs genres d'étudiants, et mes modèles sont aussi spéciaux, cela peut être des animaux à poils, mais nous dessinerons aussi des hommes et des mathématiques nus… à la souris, toujours une affaire animale, minimale. Mail le poil c'est très important !

J'improvise, ma devise : inventer sur place, faire et composer, se concentrer, regarder, prendre modèle...




06/06/2006

zombinoscope

mon zombi
le vaudou au regard ailleurs
je l’ai connu
reconnu
tombée amoureuse
j’en ai reconnu d’autres
des zombis sans pareil dépareillés
en proie
aux dézombifiants
mon zombi
a pris du poids
maître de lui-même il marche tout seul
parfois empreint de panique
il se jette dans mes bras
je le console
il en raffole
puis il s’en va
loin
loin
je le perds de vue suffisamment
pour aller voir d’autres zombis
je parcours des cimetières
de valeurs
d’art et de culture mortifères
quand quelques uns sortent de terre
charmants ils titubent
se chahutent
je les reconnais
ce sont des artistes
ils sont très attachants
mais il y a les dézombifiants
et les zombis courent devant
droit devant
ils se font dézombifier sur le champ
les zombis au regard ailleurs
eux ne sont pas pris
car les dézombifiants ne les voient pas
ils ne sont pas assez spectaculaires
souvent très discrets
et très étranges
je parle leur langage
« le zombi »
ils ne tardent pas à me reconnaître
je les emmène ailleurs
heureusement
ils ont le réflexe de ne pas me suivre
ils s’en vont
moi aussi
dans une autre direction
de vrais zombis autonomes
nous venons d’ailleurs
nous repartons ailleurs

y a-t-il un zombi qui meurt ici
pour me consoler
dans mes terres froides ? 







Photographie © Sonia Marques
Des radio-radio… dans une petite rue... un chat rouge...



La ’Pataphysique : La plus vaste et la plus profonde des sciences, celle qui d’ailleurs les contient toutes en elle-même, qu’elles le veuillent ou non, la ’Pataphysique ou science des solutions imaginaires a été illustrée par Alfred Jarry dans l’admirable personne du Docteur Faustroll. Les Gestes et Opinions du Docteur Faustroll, pataphysicien écrits en 1897-1898 et parus en 1911 (après la mort de Jarry) contiennent à la fois les Principes et les Fins de la ’Pataphysique, science du particulier, science de l’exception (étant bien entendu qu’il n’y a au monde que des exceptions et que la « règle » est précisément une exception à l’exception ; quant à l’univers, Faustroll le définissait « ce qui est l’exception de soi »). Cette Science, à laquelle Jarry avait voué sa vie, les hommes la pratiquent tous sans le savoir. Ils se passeraient plus facilement de respirer. Nous trouvons la Pataphysique dans les Sciences Exactes ou Inexactes (ce qu’on n'ose avouer), dans les Beaux-Arts et les Laids, dans les Activités et Inactivités Littéraires de toutes sortes. Ouvrez le journal, la radio, la télévision, explorez l’Internet, parlez : Pataphysique ! La Pataphysique est la substance même de ce monde.

Chaque domaine de l’expérience humaine, en effet, a le droit de bénéficier de la pataphysique. Premier né, le célèbre OuLiPo, (Ouvroir de Littérature Potentielle), suivi de près par l’OuLiPoPo, (Ouvroir de Littérature Policière Potentielle), apporte à la littérature française le souffle dynamisant de nouvelles solutions créatrices. La peinture, considérée dans sa plus vaste extension, bénéficie aussi de son ouvroir, l’OuPeinPo.

Présentation de la conférence de Brian Smith :
Zombies - les zombies philosophiques, et non pas les mangeurs de cerveaux chers à Hollywood - sont une transgression. Ils ne sont pas les morts-vivants ni les vivants-morts, mais vivants et morts, oui et non, 1 et 0, plus proche de la physique quantique qu’à un cimetière. Un(e) zombie est tout comme nous, mais n'a pas de vrais sentiments. Ce qui est intéressant pour l'art, la créativité par ordinateur, pour l'intelligence artificielle, et surtout comme une raison de demander divers "et si ..." questions dans un contexte artistique. L’assistance sera zombifié, et invité à participer à diverses expériences artistiques, psychologiques et intellectuelles. Bandages de Zombie et lunettes stéréoscopiques rouge-bleu seront fournis.




Demos dessins (© Sonia Marques)

Par kiwaïda at 12:42

11/04/2016

Ḃ̊̎͠l̈́̏̈͘a͒̂̀͘c̛̽̿͠k̀̽͋͝ ̌̾̊́i͂̐̅͘s̅͊̏̓ ̔̌͌̈́ā̆͋͝ ̌͗̓́ċ̌͌͘ŏ̒͑͠l̿̍͐̚ó̏̽̃r͌͛͊͒

Quelques photographies de mon dernier cours ce semestre à l'école de Limoges, l'occasion de réaliser une exposition manifeste en quelques heures avec les étudiantes qui se sont inscrites à mon projet pédagogique et ont réalisé chacune des dessins multimédias. Avec 3 jours dédiés seulement de réalisations, et trois jours il y a un mois d'études et recherches. Je développe un studio avec les mêmes recherches pédagogiques à l'école de Bourges, de façon plus soutenue. Selon les expressions, les idées et le langage plastique de chaque étudiante, leur parcours singulier, leurs acquis, je les forme à réaliser des recherches dessinées après avoir dialogué sur des analyses de films et dessins d'animations, de cultures et d'histoires de différents continents. Un jeu graphique s'opère lorsque l'on dessine à la ligne, les masses, les pleins et vides s'agencent et cartographient un langage à définir, et de façon plus technique à redessiner et agrandir. La mise en espace apporte un autre jeu (je) collectif et le travail en binôme ou l'indépendance peut ainsi délimiter des territoires éphémères, dans lesquels tout est possible et en dehors desquels l'imaginaire continue de dessiner des chemins de traverses.


Il y a souvent, dans cet enseignement, une méthode que je transmets, elle devient une méthodologie de la recherche. Elle commence assez librement mais passe par une discipline enseignée plus technique, afin de préciser et acquérir de meilleures définitions, un regard sur l'image de l'ordre du macro, du micro. Ensuite la prise de distance et la vue de l'ensemble, voir l'orchestration de formes et formats différents arrive et devient également un exercice pour l’œil. De ces 2 actions (regarder de près et de loin), assisté d'outils infographiques et de périphériques d'impressions, les allers et retours se font de plus en plus naturels et mon accompagnement peut laisser place à une certaine autonomie de travail. La mise en espace est vraiment une sortie de la page, de la feuille, sans être totalement dépaysante. Elle fait travailler une autre fonction de l’œil, cette fois avec le corps entier et ne concerne plus les écrans, hormis pour une éventuelle diffusion, publication (entre le Web et le Print). La kinesthésie entre les tracés les gestes des corps et ceux représentés s'articulent. Le travail sur le sens, bien en amont, puisque la pensée motorise tous ces dessins et ces gestes, prend vie avec les agencements, les déplacements ou les accointances des feuilles les unes avec les autres, les différences, les soustractions ou les dominances. C'est comme une danse. J'ai particulièrement apprécié voir ces étudiantes s'organiser et décider de comment elles agissaient sur l'espace disponible en fonction des accès et des contraintes que nous avons rencontrées. C'est ce que j'appelle, après la discipline, l'indiscipline retrouvée des premières esquisses de la pensée. Mais tout dépend de la prise d'initiatives personnelles, de la conscience au groupe ou bien de sa séparation assumée. Chaque groupe apporte une énergie différente de l'autre, je compose avec les différences.

Parler, crier, tirer la langue, se lécher les lèvres ou les babines, montrer sa langue pour un examen médical, mordre, tourner sa langue 7 fois dans sa bouche, chanter... On ne le voit pas ci-dessus, mais la langue qu'a dessinée l'étudiante Narae Shin, a plein de petites étoiles, ronds, carrés, autant de signes, de papilles gustatives. Le jeu anthropomorphe des signes, lorsqu'il est conscient et conduit le geste dans un dessin d'une genèse des formes, interroge notre façon de percevoir, et de dire ce que l'on voit. Sexes féminins et masculins, mollusques marins bivalves, fleurs et feuilles, nervures et pulpes... Grains de maïs en dentitions...



Je ne publie pas de traces photographiques de mes cours sur ce blog, pourtant nombreux, mais ce dernier cours a impulsé quelques photographies, quelques marques du temps. Professeurs, nous sommes voués à laisser le temps travailler et laisser nombre d'étudiants partir avec nombre de nos recherches, de concert, travaillées. Et parfois ce sont les professeurs qui sont amenés à partir. Considérant que le noir est toutes couleurs, j'espère que cet enseignement noir laissera la place aux couleurs, aux couleurs du temps.

Par kiwaïda at 17:09

06/04/2016

Ḻε﹩ @ґ¥ℯη﹩

Images du documentaire de la réalisatrice la réalisatrice allemande d'origine ghanéenne Mo Asumang "Les aryens" de 2013 

Documentaire à voir ici sur dailymotion, part.1 part.2, ou sur Arte, pour diffusion ces temps-ci.

En Allemagne, certaines localités, rebaptisées « zones nationales libérées », sont désormais sous le contrôle du NPD (Parti national-démocrate), qui a fait fuir les étrangers et imposé un climat de terreur. Aux États-Unis, les groupuscules d'extrême droite prolifèrent dans le sillage du Ku Klux Klan ou de suprématistes blancs tels que le fondateur de la White Aryan Resistance, qui affirme sans détours : « Notre religion, c'est notre race. » Si leurs dénominations et leurs méthodes diffèrent, ces mouvements reposent sur une idéologie commune : la croyance en la supériorité de l'homme blanc, et plus particulièrement de l'Aryen, qui fut glorifié par les nazis pour mieux rayer de la communauté nationale les juifs, les étrangers et tous les individus jugés inférieurs. Mais que signifie être aryen ?

Instrumentalisation

Descendant de grands-parents enrôlés dans la SS d'un côté, d'aïeuls ghanéens de l'autre, la réalisatrice, présentatrice et actrice Mo Asumang (The ghost writer) est confrontée depuis l'enfance à la haine raciale. De manifestations publiques en entretiens en tête-à-tête, bravant les intimidations et les silences obstinés, elle part à la rencontre des néonazis pour décrypter leurs motivations et les confronter à leurs incohérences. Au fil de son enquête, elle interroge le sens du mot « Aryen », popularisé au XIXe siècle par Joseph Arthur de Gobineau. Elle met ainsi en lumière l'instrumentalisation du terme, qui désigne en réalité une peuplade de bergers du IIIe millénaire avant J.-C., installée sur les hauts plateaux de l'Iran actuel. Une vérité anthropologique irréfutable qui ébranle les postulats nazis toujours en vogue aujourd'hui, qualifiés de « sinistre plaisanterie » par un archéologue persan.


Sur l'Encyclopédie Universalis, cette définition à "Aryen" :

Francisé en « aryen », le terme sanskrit ārya (avestique, airya) signifie « excellent, honorable, noble ». Ainsi se désignent, avec la morgue coutumière des conquérants, les populations de langue indo-européenne qui, vers la fin du III e millénaire avant l'ère chrétienne, s'établissent sur le plateau iranien pour pénétrer dans le Pendjab entre les ~ XVIII e et ~ XV e siècles. Une imposture de près de deux siècles allait accréditer chez des peuples européens, sensibles à l'impérialisme économique qui présidait à la conquête de colonies, l'idée qu'ils étaient de la race de ces lointaines tribus guerrières et se devaient d'imposer leur joug à des races qualifiées d'inférieures. L'aberrante identification que les milieux à vocation scientifique établirent entre la race et une communauté de langue, dont sont en effet issus le hittite, l'arménien, le celtique, le germanique, l'italique, l'albanais..., allait prêter sa caution au génocide érigé en système par le national-socialisme.

Par kiwaïda at 01:46

05/04/2016

Ḻ‷îℓ℮ @υϰ ƒʟℯʊяṧ

DES ÎLES

Dédicace ce jour aux Panama papers
Les Panama Papers désignent la fuite de plus de 11,5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, détaillant des informations sur plus de 214 000 sociétés offshore ainsi que les noms des actionnaires de ces sociétés. Parmi eux se trouvent des hommes politiques, des milliardaires, des sportifs de haut niveau ou des célébrités. Les chefs d’États de cinq pays — l'Arabie Saoudite, l'Argentine, l'Islande, l'Ukraine et les Émirats Arabes Unis — sont directement incriminés par ces révélations, tout comme des membres de leurs gouvernements, et des proches et des associés de chefs de gouvernements de plus de 40 autres pays, tels que l'Afrique du Sud, la Chine, la Corée du Sud, le Brésil, la France, l'Inde, la Malaisie, le Mexique, le Pakistan, la Russie, le Royaume-Uni et la Syrie. Les documents fournis par un lanceur d'alerte anonyme remontent aux années 1970 et vont jusqu'à fin 2015, représentant un total de 2,6 teraoctets de données. Initialement envoyées au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung en 2015, les données ont rapidement été partagées avec les rédactions de media dans plus de 80 pays par l'intermédiaire du Consortium international pour le journalisme d'investigation (International Consortium of Investigative Journalists, ICIJ) basé à Washington. Les premiers articles sont publiés le 3 avril 2016, accompagnés de 149 documents. D'autres révélations suivront les publications initiales, l'intégralité des sociétés mentionnées par les documents devant être dévoilée d'ici mai 2016.

☼☁


 

L'Île aux fleurs, Jorge Furtado, Brésil, 1989


Ce film n'est pas une fiction.
Il existe un lieu appelé Ile aux fleurs.
Dieu n'existe pas.
Nous sommes à Belém Novo, banlieue de Porto Alegre, état du Rio Grande do Sul, à l'extrême sud du Brésil. Plus précisément à trente degrés douze minutes et trente secondes de latitude sud, et cinquante et un degrés, onze minutes et vingt-trois secondes de longitude ouest. Actuellement, nous marchons dans une plantation de tomates, et nous pouvons voir, debout devant nous, un être humain. En l'occurrence un Japonais.
Les Japonais se distinguent des autres êtres humains par la forme de leurs yeux, leurs cheveux noirs et leur nom caractéristique. Le Japonais en question s'appelle Suzuki.
Les êtres humains sont des animaux mammifères, bipèdes, qui se distinguent des autres mammifères comme les baleines, ou bipèdes comme la poule, principalement par deux caractéristiques : le télencéphale hautement développé et le pouce préhenseur. Le télencéphale hautement développé permet aux êtres humains d'emmagasiner des informations, de les mettre en relation, de les ordonner et de les comprendre. Le pouce préhenseur permet aux êtres humains un mouvement de pince des doigts. Celui-ci, à son tour, permet une manipulation de précision. Le télencéphale hautement développé, allié à la capacité de faire un mouvement de pince avec les doigts, donna à l'être humain la possibilité de réaliser d'innombrables améliorations sur sa planète. Entre autres, de cultiver des tomates.
La tomate, contrairement à la baleine, à la poule et au Japonais, est un végétal. Plante de la famille des solanacées, la tomate commença à être cultivée pour ses qualités alimentaires à partir de 1800. La planète Terre produit environ soixante et un millions de tonnes de tomates par an. Monsieur Suzuki, bien que travaillant environ douze heures par jour, est responsable d'une partie infime de cette production. L'utilité principale de la tomate est l'alimentation des êtres humains. Monsieur Suzuki est un Japonais, et donc, un être humain. Cependant, Monsieur Suzuki ne plante pas des tomates dans l'intention de les manger. Presque toutes les tomates produites par Monsieur Suzuki sont livrées à un supermarché en échange d'argent.
L'argent a probablement été créé à l'initiative de Gygès, roi de Lydie, grand royaume d'Asie mineure, au VIIème siècle avant Jésus-Christ.
Jésus-Christ était un Juif. Les Juifs ont le télencéphale hautement développé et le pouce préhenseur. Ce sont donc des êtres humains.
Jusqu'à la création de l'argent, l'économie se basait sur l'échange direct. La difficulté d'évaluer la quantité de tomates équivalant à une poule, et les problèmes de l'échange direct de poules contre des baleines ont été les motivations principales de la création de l'argent. Depuis le IIIème siècle avant Jésus-Christ, n'importe quelle action ou objet produit par les êtres humains, fruit de la conjugaison des efforts du télencéphale hautement développé et du pouce préhenseur, de même que toutes les choses vivantes ou non vivantes sur la Terre : tomates, poules et baleines, peuvent être échangées contre de l'argent.
Pour faciliter l'échange de tomates contre de l'argent, les êtres humains ont créé les supermarchés.
Madame Anete est un bipède mammifère catholique apostolique romain. Elle a le télencéphale hautement développé et le pouce préhenseur. Par conséquent, c'est un être humain. Elle est venue à ce supermarché pour, entre autres choses, échanger son argent contre des tomates. Madame Anete a obtenu son argent en échange du travail qu'elle effectue. Elle utilise son télencéphale hautement développé et son pouce préhenseur pour échanger des parfums contre de l'argent.
Les parfums sont des liquides normalement extraits des fleurs, et qui donnent aux êtres humains une odeur plus agréable qu'au naturel.
Madame Anete n'extrait pas le parfum des fleurs. Elle échange avec une entreprise une quantité déterminée d'argent contre des parfums. Après quoi, Madame Anete fait du porte à porte pour échanger ces parfums contre une quantité un peu supérieure d'argent. La différence entre ces deux quantités s'appelle : le profit.
Longtemps interdit aux catholiques, le profit aujourd'hui est libre pour tous les êtres humains. Le profit de Madame Anete est inférieur à celui d'une entreprise. Mais il est suffisant pour être échangé contre un kilo de tomates et deux kilos de viande. En l'occurrence, de porc.
Le porc est un mammifère, comme les êtres humains et les baleines, cependant quadrupède. Il sert d'aliment aux Japonais, aux catholiques et autres êtres humains, à l'exception des Juifs.
Les aliments que Madame Anete a échangés contre de l'argent, lui-même échangé contre des parfums extraits des fleurs, seront totalement consommés par sa famille en l'espace d'un jour.
Un jour, c'est l'espace de temps que met la planète Terre pour effectuer un tour complet sur son axe. La moitié d'un jour, c'est midi.
La famille est la communauté formée par un homme et une femme unis par le lien matrimonial, et par les enfants nés de ce mariage.
Quelques tomates que Monsieur Suzuki a échangées contre de l'argent et qui à leur tour ont été échangées contre l'argent que Madame Anete a obtenu grâce au profit dû à l'échange des parfums extraits des fleurs, ont été transformées en sauce pour la viande de porc. Une de ces tomates, que Madame Anete n'a pas jugée bonne pour la sauce, a été mise aux ordures.
Les ordures, c'est tout ce qui est produit par les êtres humains dans une conjugaison d'efforts du télencéphale hautement développé et du pouce préhenseur et qui, selon le jugement d'un être humain déterminé, n'est pas bon pour la sauce. Une ville comme Porto Alegre, habitée par plus d'un million d'êtres humains, produit environ cinq cents tonnes d'ordures par jour. Les ordures attirent tous les types de germes et bactéries qui, à leur tour, sont la cause de maladies. Les maladies nuisent sérieusement au bon fonctionnement des êtres humains. Même quand elles ne provoquent pas de maladies, l'aspect et l'odeur des ordures sont extrêmement désagréables. C'est pour cela qu'on emmène les ordures dans des endroits déterminés, très loin, où elles peuvent librement salir, sentir mauvais et attirer des maladies.
A Porto Alegre, un de ces endroits choisis pour que les ordures sentent mauvais et attirent des maladies s'appelle l'Ile aux fleurs.
Une île est une portion de terre entourée d'eau de tous côtés.
L'eau est une substance inodore, insipide et incolore, formée par deux atomes d'hydrogène et un atome d'oxygène.
Les fleurs sont les organes reproducteurs des plantes, généralement odorantes et de couleur vive. Des fleurs odorantes, on extrait les parfums, comme ceux que Madame Anete échangea contre de l'argent qu'elle échangea pour des tomates.
Il y a peu de fleurs sur l'Ile aux fleurs. Il y a par contre beaucoup d'ordures, et parmi elles, la tomate que Madame Anete jugea n'être pas bonne pour la sauce de la viande de porc. Il y a aussi beaucoup de porcs, sur l'île. La tomate que Madame Anete jugea inadéquate au porc qui allait servir d'aliment pour sa famille peut devenir un excellent aliment pour le porc et sa famille, selon le jugement du porc. Il faut rappeler que Madame Anete a le télencéphale hautement développé, alors que le porc n'a pas même de pouce, et encore moins préhenseur.
Le porc a cependant un propriétaire. Le propriétaire du porc est un être humain avec le télencéphale hautement développé, le pouce préhenseur, et de l'argent. Le propriétaire du porc a échangé une petite quantité de son argent contre un terrain sur l'Ile aux fleurs. Il est ainsi devenu propriétaire du terrain.
Un terrain est une portion de terre qui a un propriétaire et une clôture. Ce terrain, où les ordures sont déposées, a été clos pour que les porcs ne puissent en sortir, et pour que les autres êtres humains ne puissent y entrer.
Les employés du propriétaire du porc séparent des ordures les matières d'origine organique qu'ils jugent adéquates à l'alimentation du porc.
D'origine organique est tout ce qui un jour a été vivant, sous la forme animale ou végétale. Les tomates, les poules, les porcs, les fleurs et le papier sont d'origine organique. Ce papier, par exemple, a été utilisé pour l'élaboration d'un contrôle d'histoire à l'école Notre Dame des douleurs, et soumis à l'élève Anne-Louise Nounes, un être humain.
Un contrôle d'histoire teste les capacités du télencéphale d'un être humain de se souvenir des données qui se réfèrent à l'étude de l'histoire. Par exemple, qui fut Gengis Khan ? Quels étaient les deux fleuves de la Mésopotamie ?
Se souvenir, c'est vivre.
Quelques matières d'origine organique, comme les tomates et les contrôles d'histoire, sont donnés aux porcs comme aliment. Ce qui a été considéré inadéquat à l'alimentation des porcs sera utilisé pour l'alimentation de femmes et d'enfants.
Les femmes et les enfants sont des êtres humains avec le télencéphale hautement développé, le pouce préhenseur, et sans argent.
Ceux-ci n'ont pas de propriétaire. Et pire encore, ils sont nombreux.
Parce qu'ils sont nombreux, ils sont organisés en groupes de dix par les employés du propriétaire du porc, et ont la permission de passer à l'intérieur de l'enclos. A l'intérieur de l'enclos, ils peuvent prendre tous les aliments que les employés du propriétaire du porc ont jugés inadéquats pour le porc. Les employés du propriétaire du porc ont stipulé que chaque groupe de dix êtres humains a cinq minutes pour rester à l'intérieur de l'enclos afin de ramasser les matières d'origine organique.
Cinq minutes, c'est trois cents secondes.
Depuis 1958, la seconde est définie comme étant équivalente à neuf milliards cent quatre-vingt-douze millions six cent trente et un mille sept cent soixante-dix cycles de radiation d'un atome de césium.
Le césium est une matière non organique trouvée dans les ordures de la ville de Goiania.
La tomate, plantée par Monsieur Suzuki, échangée contre de l'argent avec le supermarché, échangée contre l'argent que Madame Anete a échangé contre des parfums extraits des fleurs, refusée pour la sauce du porc, jetée aux ordures et refusée par les porcs comme aliment, est maintenant disponible pour les êtres humains de l'Ile aux fleurs.
Ce qui place les êtres humains après les porcs dans la priorité de choix des aliments, c'est le fait de n'avoir ni argent, ni propriétaire.
Les êtres humains se distinguent des autres animaux par le télencéphale hautement développé, par le pouce préhenseur, et par le fait d'être libres.
Libre est l'état de celui qui jouit de liberté.
Liberté est un mot que le rêve humain alimente. Il n'existe personne qui l'explique, et personne qui ne le comprenne.

Par kiwaïda at 11:48

08/03/2016

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BB (montage Sonia Marques avec images du film de Bozzetto et photographie de l'école de Bourges)

Souvenir de ce 8 mars, journée des droits de la femme, journée de travail pour moi, à l'école d'art de Bourges.

Officialisée par les Nations Unies en 1977, la “Journée Internationale des Femmes” trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes.

Première journée où je voyais des flocons de neige tomber cet hiver. Moment où je projetais un film de ma programmation des années 70 de Bozzetto, dans lequel, il y a également des flocons de neige. Une façon de célébrer les droits des femmes, car dans ce film, l'orchestre est composé de femmes âgées qui travaillent pour les hommes. Ils ont été les chercher loin, transportées dans un camion, afin qu'elles jouent chacune, costumée, d'un instrument de musique. Affamées et toujours vaillantes. Allégorie de la pauvreté masquée. Le dessinateur et la femme de ménage tombent amoureux et s'enfuient en volant, métamorphosés en animation... Fantaisie, humour, mise en scène du patriarcat, divertissement. À ce moment, un singe entre en scène et se bagarre avec le dessinateur, et les femmes applaudissent.

ecologia, consumismo, sessualità, politica...

Fiction, réalité, mise en abîme, renversement : une femme dessinatrice montre un film dans une école... Un peu comme le singe, elle arrive aux flocons de neige et tout se transforme en fantaisie et j'entends des rires de joie, je vois des sourires. Tout est prétexte à dessiner. Beaux sapins verts, belle journée de rencontre et d'apprentissages et des amusements, de sérieuses notions abordées par traits d'humour, de l'esprit, de l'esprit.

Par kiwaïda at 23:54

10/02/2016

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Planche de Tezuka (Alabaster)

Je viens de terminer le manga Alabaster de Tezuka Osamu. Une future référence pour le studio que je vais développer avec de nouveaux étudiants, regroupés autours de ma pratique artistique, dans une nouvelle école d'art. Il n'était pas encore dans ma bibliographie. J'aime Tezuka Ozamu pour pas mal de raisons, en premier lieu son graphisme, aux confluents de la littérature et du cinéma, qui a inspiré mon grand dessin "My first manga" de 4 m2, en 2009, un paysage à l'encre de Chine, mais aussi pour la philosophie, que l'on retrouve dans toute son œuvre. Alabaster évoque des questions morales autours de l'invisibilité et la haine de la beauté. L'anneau de Gygès est une fable racontée par Platon (2e livre de La République, en -372 Avant JC) sur un anneau qui permet de devenir invisible (la justice est le sujet de La République)

J'avais exploré l'invisibilité, sous une autre forme, avec l'anneau, et un projet de recherche, "Magic ring", en 2012 avec Étienne Cliquet et l'école d'art de Toulouse, ainsi que celle où j'ai mené ce projet à Limoges. Avec quelques workshops préparés, à Toulouse, sur la cartographie, puis sur les communautés associées à l'invisibilité, j'avais organisé une session dessins, et les étudiants avaient réalisé des planches graphiques. J'aurai souhaité que cela devienne une édition, puis tous les dessins ont disparu... Invisibles. Pour le texte, la pêche à l'anneau, j'ai réalisé des dessins, des poissons d'or, un homme qui porte le monde, un atlas sur le site Internet, comme dessin qui repose en paix, outre sa nudité et son insouciance, est une pierre tombale, Rest In Peace, qui inscrit automatiquement la naissance et la mort d'un site, lorsque celui-ci, pour une raison ou une autre, quitte l'anneau magique. Un article a vu le jour, le cercle des poètes apparus. Et aussi, j'ai réalisé une vidéo, qui a fait partie avec les artistes et étudiants de l'anneau, Ghost blue indian ringneck & magic black hat. Je n'avais pas tout lié ainsi, mais c'était un investissement, en temps et en réflexions, créations, pédagogie, pourtant dans un temps très rapide (avec exposition, conférence) Je dédiais mes articles sur la pédagogie, le collectif, mais finalement, j'ai engagée ma pratique artistique et mes recherches individuelles. Mon expérience, ma pratique artistique et mes réflexions, ont été des supports manifestes pour ce projet de recherche. Ce serait, de mon point de vue, la spécificité de la recherche en art en école d'art. Qu'à travers l'apport des artistes qui dirigent la recherche soient questionnés la pratique artistique, des conceptions techniques, esthétiques, philosophiques, grâce à leur expérience, leur méthodologie.
Nous avions organisé un programme miraculeux, un cercle vertueux, malgré la disparité des soutiens. Cela reste une expérience qui relativise la question de recherche en école d'art et ce qui est alloué comme recherche, ce qui est "bankable", pour reprendre un mot du jargon cinématographique, car les financements viennent des institutions. Sur quels noms aujourd'hui finance-t-on la recherche en art ? Sur quel projet, et par quelles écoles ? Dans un système concurrentiel, qui échappe complètement à la racine du projet. De cette expérience, j'ai pu comprendre, que la recherche ne nécessitait pas vraiment de moyens, mais d'une vision économique et de projets portés par des artistes, qui, même, sans être retenus, ou "bankable", réalisent la recherche et remettent en circulation ces notions de recherche en art, les habitent assez pour qu'elles soient porteuses de sens et délivrent des modèles, des méthodes, pour de jeunes chercheurs. Tout simplement, car, dans leur pratique artistique, ils sont chercheurs, dans des spécificités intrinsèques à leurs parcours et leur méthodologie singulière. Parfois, la méthodologie découle de cohabitations spirituelles et d'expérience de travail en collectif, de faire équipe. De façon plus scientifique, il fut intéressant, pour ma part, d'en relever les récurrences, ce qui, pouvait servir de modèle. L'économie devrait être restituée aux artistes, afin que perdure le projet, car ils sont moteurs.

Pour Platon, l'expérience de pensée est quelque part renouvelée avec Alabaster, versus manga.
Le conte que j'ai écrit, d'ailleurs, le mois dernier, tourne autours de la justice et de la mort et il y a aussi des poissons.
Hasard ou bien mes recherches trouvent ce qu'elles souhaitent chercher. Ce que je développe dans mon enseignement, est plutôt autour de la figure (figuration), des représentations (symboles, icônes), des rapports sociaux (domination/soumission), de l'exclusion (racisme et d'autres "isme") et, dans la forme plastique, du dessin (augmenté par différentes connaissances de médiums et médias, multimédias)
Le héros du manga est noir dans son histoire, mais dès le début devient translucide (est transformé mais pas jusqu'au bout, pas jusqu'à l'invisibilité désirée) Si le noir dans l'histoire afro-américaine est invisible dans un monde de blancs, le héros de Tezuka est un athlète triomphant, d'un coup très visible pour un monde de blancs, il est superbe, le meilleur. Tombé amoureux d'une petite star, qui le rejette à cause de sa couleur de peau, sa déception, son narcissisme blessé le conduira à la violence et à la prison, et son souhait de ne plus être noir. Par désespoir et touché par l'injustice, Alabaster définira le genre humain, comme une espèce maudite. La suite est de l'ordre de la science fiction, mais il n'atteindra pas son but, celui de devenir invisible, mais d'albâtre, il sera translucide faisant apparaître à la lumière toutes ses veines. De l'homme noir et innocent, à la peau sombre, il devient coupable, tue, transforme, hybride, tout translucide qu'il est devenu, s'habillant de noir.
Arrive Amy, petite fille vraiment invisible, qui satisfait les désirs fous d'Alabaster. Il voit en elle l'innocence et la pureté, d'une part car elle est invisible, donc ne supporte pas les apparences et trompe le monde des apparences par sa poudre, mais aussi car elle est douée d'une morale que va mettre en défaut son gourou.
Amy est la dépositaire de fantasmes érotiques divers et l'objet de manipulations, de plusieurs hommes. Alabaster transformé en parfait narcisse (et il y en a d'autres comme l'inspecteur Rock qui n'aime que son miroir) ne peut totalement anéantir Amy, car il y voit son souhait d'apparaître invisible. Il ne peut détruire son image, ce qu'il estime de beau dans ce monde, mais lui inflige quelques supplices par l'intermédiaire des affres de la société, qui s'occupera de son sort. Amy est exclue de tout système, même, de celui qu'elle croit être son protecteur, Alabaster. Il dit être un père, mais son comportement incestueux l'empêche de vivre sa vie, d'être autonome, même si elle est aussi séduite par un petit voyou qui s'est éprit d'elle. Alabaster la surveille et éloigne les prétendants.
Amy symbolise la femme objet et une dérive de ses usages divers et variés selon les manipulateurs. Son pouvoir, la seule à le détenir, être invisible, n'est pas utilisé selon sa volonté, mais c'est à travers son pouvoir que les hommes qui l'entourent vont l'utiliser comme média. Elle y perdra la vie, un suicide. Triste fin. Entre temps la haine se sera propagée partout, par les idées les plus repoussantes les unes que les autres d'Alabaster. Amy n'a aucune conscience féministe et est dépendante. Déjà sa mère lui ment et la poudre afin qu'elle soit visible en public. De ce mensonge premier, sa mère avocate ne lui sera d'aucun secours dans sa vie, malgré son affection. Ce rapport au corps et à la nudité, dans le manga, avec le personnage Amy, inaugure parfois des stratégies de disparitions, qui pourraient être, aujourd'hui, utilisées dans un rapport magique au monde (ou renversant les genres). Une supercherie, comme un super pouvoir. Mais, ce pouvoir n'est pas utilisé par Amy. Ce serait une autre histoire à inventer. En cela, ce manga rentre dans les classiques du genre.

À côté, le livre « Manga« , de Jean-Marie Bouissou, sous-titré « Histoire et univers de la bande dessinée japonaise », historien, chercheur, a refait ma chronologie des mangas et apporté un éclairage sur les perceptions occidentales des personnages, la transcendance des notions du bien et du mal.

Alabaster (アラバスタ) est un shōnen manga créé par Osamu Tezuka, prépublié dans le magazine Weekly Shōnen Champion entre décembre 1970 et octobre 1971 puis publié en trois tankōbon par Akita Shoten1. La version française a été éditée en un volume par FLBLB en janvier 2012.

Résumé

Superbe athlète noir américain, James Block est rejeté par la fille qu’il aime à cause de sa couleur de peau. En tentant d’échapper à un lynchage, il tue accidentellement un homme et se retrouve sous les verrous. L’injustice et le désespoir font naître en lui une haine indicible pour le genre humain. En prison, James Block rencontre un savant dont la dernière invention, un rayon qui rend invisible, va lui permettre de se venger de l’humanité toute entière, sous le nom d’Alabaster.

Les points forts de la série:

Tezuka crée ici un personnage de méchant complexe, pervers et très humain, à mi-chemin entre Fantomas et Hollow Man, le jumeau maléfique du comte de Monte Cristo.

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Tout cela me faisait penser à mes dessins les Incognitos et surtout au Jockey, mais, ils ont tous disparus, le site Nissologie a disparu... Je viens de le voir. Bon faut remettre un php, pffff refaire un dossier en ligne. Les Incognitos sont vraiment invisibles à présents.

Bon tout cela pour plus tard, procrastination vs nuit blanche. Beaux rêves noirs. Philosophie des poussières, tout est amené à disparaître.

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L'anneau de Gygès ou l'homme juste selon Platon

(Platon, La République, texte établi et traduit par Émile Chambry, Collection Guillaume Budé, Paris 1959)

Extrait choisi :

IV
Quant au jugement à porter sur les deux hommes en question, considérons-les séparément l’un et l’autre dans le plus haut degré de justice et d’injustice : c’est le seul moyen de bien juger. Comment faire cette séparation. Voici. N’ôtons rien a l’injustice du méchant, rien à la justice de l'homme de bien et supposons-les parfaits chacun dans leur genre de vie. D'abord que le méchant fasse comme les artistes supérieurs. Un habile pilote, un grand médecin voit jusqu'où son art peut aller ; ce qui est possible, il l'entreprend ; ce qui ne l'est pas, il l'abandonne, et s'il lui échappe quelque bévue, il est capable de la réparer. De même l'homme injuste doit conduire adroitement ses entreprises injustes sans se laisser découvrir, s'il veut être supérieur dans l'injustice; s'il se laisse prendre, il faut le tenir pour un piètre artiste ; car le chef-d'œuvre de l'injustice, c'est de paraître juste sans l'être. Donnons donc à l'injuste parfait l'injustice la plus parfaite, sans en rien retrancher ; qu'en commettant les plus grands crimes il se ménage la plus grande réputation b de justice, et, si parfois il fait un faux pas, qu'il soit capable de s'en relever, qu'il soit assez éloquent pour se disculper, si l'on dénonce un de ses crimes, qu'enfin il emporte par la violence ce qu'il ne peut obtenir autrement, en s'aidant soit de son courage et de sa force, soit des amis et des richesses qu'il s'est procurés. En face d'un tel scélérat plaçons en imagination le juste, homme simple et généreux, qui veut, comme dit Eschyle, non pas paraître, mais être homme de bien. Aussi ôtons-lui cette apparence ; car, s'il paraît juste,  il recevra des honneurs et des récompenses à ce titre, et dès lors on ne saura pas si c'est pour la justice ou pour les récompenses et les honneurs qu'il est juste. Dépouillons-le donc de tout, excepté de la justice, et, pour que le contraste soit parfait entre cet homme et l'autre, que sans être coupable de la moindre faute il passe pour le plus scélérat des hommes, afin que sa justice mise à l'épreuve se reconnaisse à la constance qu'il aura devant la mauvaise réputation et les suites  qu'elle comporte ; qu'il reste inébranlable jusqu'à la mort, toujours vertueux et paraissant toujours criminel, afin qu'arrivés tous deux au dernier terme, l'un de la justice, l'autre de l'injustice, on puisse juger lequel des deux est le plus heureux.

Inébranlable jusqu'à la mort, toujours vertueux et paraissant toujours criminel

Par kiwaïda at 23:54

20/11/2015

∀ʟlℯẕ ℤ@¢к !

Un bonheur, un cadeau, une joie... en ouvrant ma boîte aux lettres :.)

J'ai reçu le livret des étudiants de École supérieure d'art Cambrai, dessiné par Grégoire Romanet, avec les ponctuations de Betty Bone et sa superbe carte postale. Dans ces moments si tristes et dramatiques dans notre pays, de solitude et d'isolement, je peux admirer le travail d'une école d'art et d'un graphiste, qui me réchauffent le cœur et me rend fière d'enseigner dans ces domaines. Le plus kawaï des livrets, le plus exaltant. Jaime beaucoup la carte postale, l'image et son impression. Cela vaut bien un billet enthousiaste ! Ma joie m'a aussi fait prendre conscience que je ne crois pas avoir reçu, depuis quelques années, de courriers positifs de la part de mon école, hélas.
J'apprécie sa prise en main, ses calembours, et, concernant la crispation sur cet outil, qui peut coexister à sa conception et à la gestion des contenus (de l'organisation même des études), c'est un évènement heureux que de l'avoir dans la paume de sa main, le montrer, sa liberté graphique, son humour et sa légèreté, l'initiative de pousser un peu plus loin les catégories et les échelles. Et oui, nous sommes des créateurs ! La fabrication d'objets pédagogiques (ici outil de communication) nous permet de défendre l'idée que la recherche en art passe par bien d'autres façonnages et pas seulement celui des écrits universitaires aux milliers de signes que l'on compte, plus qu'on ne diffuse les idées, les contenus, la création artistique et graphique... dont les étudiants rencontrés, nous intiment de rester maîtres, et maîtresses, de nos arts et savoir faire, de continuer à enseigner la création, confirmée par nos expériences diverses et précises, nos bonheurs, nos désirs de partager ce que l'on apprend, ce qu'on fait, ce que l'on pense, ce qui est en formation... Mon enthousiasme est à la hauteur des terrifiantes nouvelles que nous apprenons ces jours-ci. Il faut compenser et retrouver l'imaginaire nécessaire à notre création, ne pas tomber dans ces sempiternelles transmissions de la terreur et de la guerre.

"sur les traces bien comprises et appropriées d’un graphisme joueur et coloré"

Dans l'ordre : Ce n'est pas la première fois que le graphiste Grégoire Romanet nous fabrique un outil graphique essentiel à la pédagogie en école d'art et celle de Cambrai a vu juste avec les cartes blanches dédiées à ce professionnel. Plusieurs de leurs livrets antérieurs furent déjà réalisés par l'attention du graphiste aux études et au sens des mots, des signes.
J'avais déjà apprécié une exposition de la graphiste Fanette Mellier qui m'avait étonnée dans la scénographie (Projet Replay aux Arts Décos avec ses flippers, mon article ici)... Et bien c'était Grégoire Romanet qui l'avait assistée.

Tout petit mais solide !


      

Dans le cadre de la manifestation "Le livre s'expose" (de Graphisme en France) programmée au Pavillon Blanc (médiathèque / Centre d'art de Colomiers, près de Toulouse) du graphisme en France, on peut écouter, voir, Grégoire Romanet ici.

Graphiste français installé à Paris, Grégoire Romanet est diplômé de l’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg en 2001, il s'est fait la main à l'Atelier de création graphique, aux côtés de Pierre Bernard, avant de devenir indépendant en 2006. Pour chaque projet, qu'il s'agisse d'une commande ou d'une expérimentation, d'objet imprimé, de mobilier urbain ou de supports d'exposition, il développe une économie où les matériaux et les techniques de fabrication sont au coeœur du processus de communication en recherche d'équilibre, de simplicité et de poésie. Il enseigne le graphisme à l'école d'art et de design d'Amiens (Esad-Amiens). Il travaille pour des institutions culturelles, associations, éditeurs et artistes autour de deux axes complémentaires dans sa pratique : le graphisme et la scénographie. Parmi ses dernières réalisations, on relève son travail de scénographie pour l’exposition Lieux dits à la médiathèque François Mitterrand de Poitiers (2013), La conception de l’identité visuelle de l’Ecole Supérieure d’Art de Cambrai, la signalétique du Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis (2013), la Conception de l’édition Roman Signer pour l’éditeur Dilecta (2012) et de l’édition Mourenx, paysages sous influences pour l’Ecole Supérieure d’Art des Pyrénées (2012) qui poursuit sa collaboration avec l’artiste David Coste, initiée à Colomiers en 2011 avec la conception de l’édition Territoires Intermittents.

« Grégoire Romanet est un de ces designers que l’on pourrait qualifier de «français». Ce qu’il y a dans son travail pour que l’on puisse dire cela, ce sont les traces bien comprises et appropriées d’un graphisme joueur et coloré toujours poétique et bien fabriqué que l’on reconnait facilement chez Pierre di Sciullo, Frédéric Teschner, Fanette Mellier, Mathias Schweizer ou encore Paul Cox. C’est trop évident et ça n’est pas un mal de le dire. Surtout quand ce charme national est soutenu par une habileté plus suissesse, dans tous les cas plus étrangère, à faire du livre à partir de concepts (en témoigne le très bien fait «Roman-photo» pour Roman Signer publié aux Éditions Dilecta). » (large.la/blog – Léa Carbonnet, Arthur Bonifay, Geff Pellet, Emmanuel Besse).

Photographies au pied levé (Sonia Marques)

"Cachotiers que nous sommes, vous avait-on dit que le livret des étudiants de l'École supérieure d'art Cambrai avait, en insert, une carte postale au format A5, amalgame de lieux emblématiques de notre cité? ? Toujours dessiné par Grégoire Romanet, son verso est maculé des noms des personnalités intervenantes durant notre saison 2015—16"


Pour infos techniques de la carte postale : 250 g/m² CHROMOLUX Pearl : recto nacré blanc. Impression quadri avec séchage UV, traité avec vernis UV sur toute la surface.

Par kiwaïda at 16:09

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