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lundi 7 novembre 2022

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© Andy Goldsworthy (Ammonite, Spiral of twigs)

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Je retrouve l'une de mes références lorsque j'étudiais à l'École Dupérré, pour le diplôme supérieure en arts appliqués "Modes et environnements", l'artiste anglais Goldsworthy. Mon mémoire s'intitulait : "L'énergie du geste" en 1994. Bien que je réalisais de longs trajets pour étudier, bus, train, métro, chaque jour, pour arriver dans le tout urbain du marais, très beau quartier parisien, avec mes camarades qui habitaient plutôt à Paris, j'étais imprégnée d'air et de nature. Je ne vivais pas en appartement, mes parents avaient un jardin et un temps, cultivaient des légumes et des fruits. Enfant, ce fut, mon terrain de jeu, je déterrais les vers de terre, regardait un peu comment tout cela poussait ou dépérissait, enfin c'était un peu, mes premières sensations avec des formes naturelles. Je côtoyais une tortue, que j'aimais beaucoup. C'est assez naturellement que passant des jours à la bibliothèque de mon école, assez bien documentée, pour mon mémoire, début des années 90, que je découvre les œuvres de cet artiste, anglais Andy Goldsworthy, en image. Je prenais des cours de danse contemporaine, j'aimais assister ma chorégraphe, elle avait besoin de documenter ses chorégraphies.
Je savais filmer, et elle m'a demandé de la suivre, parfois à Paris. J'ai ainsi eu accès à ses petits entretiens privilégiés dansés, dans des salles de danses privées, avec des femmes plus âgées, célèbres danseuses, et moi, je filmais d'en haut d'une mezzanine, afin de donner à ma chorégraphe, ce qu'elle souhaitait : une archive de ses rencontres.
Un jour je vois que l'artiste Goldsworthy travaille avec une chorégraphe, et leur spectacle passe à Paris (1995 ou 1996). Complètement inaccessible, les places sont hors de prix. Je ne sais comment je parviens à voir ce spectacle, de places que d'autres ne désiraient, et cela n'intéressait pas non plus ma chorégraphe, l'idée qu'un plasticien artiste travaille avec les danseurs. Puis, de nos échanges, elle a ensuite fait appel à mes créations et je me suis trouvée scénographier une de ses pièces, avec mes sculptures, avec laquelle, elle a obtenu un prix pour les plateformes de Seine-Saint Denis.
J'ai donc assisté au Théâtre du Châtelet à la pièce "Végétal" de Régine Chopinot conçue avec Andy Goldworthy. J'avais l'impression d'être la seule à apprécier ce spectacle, je découvrais un public très arrogant, malotrus, et peut-être ignorant. J'avais des voisins qui ont hué le spectacle du début à la fin, je n'avais jamais vu cela. C'était très gênant. D'autres ont souhaité se lever et faire la démonstration à tous qu'ils partaient, des couples bourgeois habitués de ce théâtre. Je n'avais jamais vu une pièce dans ce théâtre, habituée à celui de ma banlieue, et à ce moment, en Seine-Saint-Denis, les spectacles étaient assez innovants.
"Végétal" avait connu un bon retour, lorsqu'il fut présenté au Japon. L'échec qu'a rencontré, à Paris cette pièce, je me l'explique aujourd'hui avec les méconnaissances parisiennes, d'alors sur la création contemporaine avec la nature. Les articles de journaux spécialisés semblent d'ailleurs, dans les années 95, ne pas avoir pressenti l'intérrêt sensible et écologique associé à la beauté du geste, ils sont complètement à côté de la plaque.
Je repensais à Claude Debussy, avec son écrit (Monsieur Croche) prenant la plume d'un critique musical, en 1901. Il s'amuse à nous décrire ceci, afin d'expliquer comment des spectateurs ou experts dans le domaine musical, invités de coutume, aux prestations, peuvent s'y ennuyer et aussi, être dénués de sensibilité, le tout étant d'être vus et bien vus.  :

« Avez-vous remarqué l’hostilité d’un public de salle de concert ? Avez-vous contemplé ces faces grises d’ennui, d’indifférence, ou même de stupidité ? Jamais elles ne font partie des purs drames qui se jouent à travers le conflit symphonique où s’entrevoit la possibilité d’atteindre au faîte de l’édifice sonore et d’y respirer une atmosphère de beauté complète ? Ces gens, monsieur, ont toujours l’air d’être des invités plus ou moins bien élevés : ils subissent patiemment l’ennui de leur emploi, et s’ils ne s’en vont pas, c’est qu’il faut qu’on les voie à la sortie ; sans cela, pourquoi seraient-ils venus ? — Avouez qu’il y a de quoi avoir à jamais l’horreur de la musique »…

La danse épurée et sans costume, sans artifice (les habitués s’accompagnaient de J.P. Gaulthier) avait inauguré, je pense, quelque chose de précurseur dans la danse. Heureuse d'y avoir assisté. Il faut dire que ce spectacle était sonorisé par le poète et peintre sonore Knud Viktor, danois (1924-2013), pionnier du field recording, un des précurseurs de l’écologie sonore, lui aussi méconnu. Étrangement, il était fasciné par le peintre Van Goght, dont je faisais référence il y a quelques jours. Le musicien s’installera d'ailleurs dans le Lubéron. Je me souviens donc de différents tableaux dansés, lors de cette pièce, des bois et des gestes de serpentins des danseurs, la construction d'un nid, de branches d'arbres, des mouvements circulaires, des feuilles sèches, tout un vocabulaire plastique que Goldsworthy développait. Je réaliserai ensuite plusieurs projets inspirés de mes références assez joyeuses. Quelques années plus tard, lorsque je rentrais à l'école supérieure des Beaux-Arts de Paris, et qu'à la rentrée j'apprends que le sculpteur Jean-Luc Vilmouth devient un chef d'atelier, j'ai quelques images et un catalogue de lui, mais je pense qu'il s'inscrit un peu dans la même veine de Godsworthy, car il avait réalisé un encerclement de pigments rouge à au sol autours d'un tronc d'arbre, qui ressemblait beaucoup aux œuvres de l'anglais Godsworthy. Je n'ai pas vraiment eu d'échanges sur ces parallèles que j'effectuais, mise en relation, entre deux pays, la France et l'Angleterre. J'avais apprécié le geste de Vilmouth, dans mon catalogue, qui l'archivait, en train de balayer toutes les feuilles du trottoir face à son atelier, pour les faire entrer, toutes, séchées. Voici pourquoi je trouvais des corrélations, et des points d'échanges, nourris de connaissances. Le mémoire que j'avais confectionné était assez inédit en 1994, car il associait des questionnements sur la nature et la création artistique, mais aussi sur l'animal, en particulier le perroquet.

Si Goldsworthy était connu à l’international, l'échec rencontré à Paris, de la pièce de Chopinot, m'informait du peu de connaissance des parisiens, et du succès qu'elle a rencontré au Japon.

L'étudiant anglais n'était pas satisfait du travail qu'il réalisait durant ses études (Bradfort Art College) désabusé de travailler à l'intérieur. "Je me sens comme doivent se sentir les oiseaux avant leur première migration : un instinct viscéral que quelque chose ne va pas là où ils sont, la puissante impression qu'ils doivent partir pour des lieux où ils n'ont jamais été auparavant". Goldsworthy décrit là, ce que tous les migrants ressentent. Pourtant dans les années 70, le travail présenté dans son école, venait d'artistes qui travaillaient sur l'environnement, ce qui l'influencera de façon assez significative. Le Land Art était bien développé, et les horizons ouverts. De mon côté, de ses œuvres archivées, dont la photographie a une grande importance, puisqu'elles sont fugaces, c'est celle avec les feuilles de sorbier, disposées autours d'un trou, sous la forme d'un dégradé du jaune au rouge, aux bruns de la terre, réalisé en 1987, elle m'interrogeait, dans ces mêmes années, étudiante en art, quelque part, j'ai été inspirée par ce que je trouvais, dans le même temps, d'autres artistes si loin de mon lieu d'habitation, mais si proches, dans le sens que les bibliothèques, dans les écoles d'art spécialisées, disposaient, aussitôt, les publications de recherches émises par ces artistes, encore fallait-il, faire de la recherche, et pas tous les étudiants, mes camarades, s'installaient, pour lire, récolter, étudier, comprendre (Internet n'existait pas, pour tous, ma mère nous avait très tôt, enfants, habitués à "vivre" dans les livres et les bibliothèques) Il semble qu'un chien a bondit dans le trou, et qu'il a dû tout recommencer. Les éléments de glace, les galets et la réussite de piéger, avec la réverbération de l'eau, les effets d'un arc-en-ciel, sont autant de matériaux trouvés in situ. Même chose, avec l'érable japonais (Ouchiyama-Mura) en 1987, dont il rassemble les feuilles rouges, dans l'eau, autour de l'illusion d'un trou noir, mais en fait soutenus par un anneau de ronces tressées. Le camouflage fut aussi exploré, même si je trouve que son œuvre se situe plus dans l'effet, le spectaculaire et moins dans ce qui est invisible ou révélé en se confondant avec l'environnement. Dans le Land Art, les œuvres processuelles, qui se transforment avec le temps (terre craquelée, assèchement, fonte des glaces, décomposition, irrigation...) ont un vocabulaire riche.
Ces temps-ci, les activistes qui lancent des purées ou des soupes dans les musées, sur des tableaux, souhaitent éveiller les consciences sur le changement climatique. Je ne sais pas si ces happenings qui mobilisent alors tout les services de sécurité, et les renforcent, auprès des ministères de la culture, dans des capitales européennes différentes, ont l'effet escompté. Même si les spectacles de danse, il y a 20 ou 30 années n'avaient pas éveillé "immédiatement" les consciences sur des sujets écologiques, l'action violente, qui semble la plus médiatisée, n'est pas la meilleure solution, de mon point de vue. L'énergie est perdue.
Rétrospectivement, je m'aperçois que ce que j'envisageais, dans mon mémoire, avec ce titre révélateur, "L'énergie du geste", parlait de recyclage, comment des uns aux autres, et de notre mémoire, se trame une histoire. Elle s'écrit aussi parce qu'on projette un dessein. L'histoire dessinée peut voir loin. On ne sait pas où nous mènent nos desseins, mais s'ils sont sincères, le temps favorise leurs gestes, leurs actions. Et d'autres prennent la relèvent, en faisant (bien) mieux.
Sous pression, les jeunes se demandent assez justement, s'ils vont avoir le temps, eux de faire quelque chose de bien mieux.
Ils questionnent les anciens, leurs valeurs, leurs conforts, mais sont-ils (bien) compris ?


mardi 27 septembre 2022

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Arbres (Photographie © Sonia Marques)


Secours mutuels


- Dans un mois ce groupe sera comme ça, à la fin octobre, comme l'année dernière.
Maintenant tu peux prédire.
Ils s'agglutinent, ils vont perdre leurs feuilles.

- Est ce que l'amoncellement est toujours un signe de lâcheté ?
Faire famille pour taire ensemble ?
Faire parti pour masquer son trouble ?
Mentir tout un syndicat pour oublier, toute une vie ?
Pour survivre plutôt que vivre enfin ?

- Un groupe de menteurs, ils complotent pour se rassurer.
Ils ne savent pas faire autrement. Ils répètent.
Ils défendent leurs intérêts, leurs secrets de famille.

-Ils peuvent apprendre ?

-Ensemble non. ils sont déjà dissous.

-Et seuls ?

- Regarde, c'est l'heure de la répétition.
Le spectacle va commencer.

-Mais personne n'est invité ?

Ils répètent sans spectateurs.

- Ils sont enfermés ?
Non, ils ne veulent pas être libérés.

- J'aime beaucoup ces arbres.
C'est un repère pour les saisons.
ils sont infestés parfois, leurs branches pourrissent.

- Oui, ils ont planté des jeunes, ils les ont mis dans le groupe.

- Mais c'est la même terre ?

- Oui, à leur tour de se taire.

- Et de répéter sans spectateurs ?

- Ils ont déjà commencé.

- Personne ne voit rien.

- Mais si : les fantômes

- Bah oui, ils ont ghosté tout le monde.

jeudi 6 janvier 2022

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Illustrations © Sonia Marques

dimanche 17 octobre 2021

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Photographies © Sonia Marques

Temps radieux, arbres ténébreux, majestueux, rabougris, tortueux, souverains, pétales de feuilles jaunes puis vertes magiciennes, loin des bruits et des expositions. Infinité de lumière, de crépitement d'or sur les chemins débroussaillés, poèmes fugaces incantés dans l'amour des pas aventuriers. Pensées profondes, légères, en forme de buissons, de souches immenses, de vérités éclatantes, toutes ces poussières sans aucune valeur jaillissent fontaine, sources des désirs, recueillies dans la cruche qui tinte creuse, de sa terre polie et rugueuse, fragile et oubliée. Petites palmes se baignent et dorment, sans mentir et sans forcer.

mercredi 15 septembre 2021

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Photographies © Sonia Marques


There was a girl
A very strange enchanted girl
They say she wandered very far
Very far
Over land and sea

A little shy and sad of eye
But very wise was she

And then one day
A magic day she passed my way
And while we spoke of many things
Fools and kings

This she said to me :

"The greatest thing you'll ever learn
Is just to love and be loved in return"

"The greatest thing you'll ever learn
Is just to love and be loved in return"




lundi 20 juillet 2020

√é☂éґαηs

LION

CYGNES

FLEURS

ARBRE

CHAT

EAU

HERBE

YEUX

CHEVAUX

NUAGES

PERROQUET

PLUMES

SEXY

CHAPELLE

FOIN

LIBELLULE

GRANGE

MAISONS

SURPRISE

PLANTES

ÉGLISE

MAISON POUR DEUX

Photographies © Sonia Marques


lundi 8 juin 2020

¢♄αღ℘ṧ

Natures égotiques / Balade limousine

Abondance, Bichon, Fumaison, Sakura, Galletout, Rouelle, Losange, Cabécou, Taupinette, Lechatolet, Monbriac, Ovalie, Coquillon, Calisson, Dauphin, Enrobé du Soleil, Picodon, Pecorino,  Moelleux, Vœu, Chabichou, Vacherin, Buchette, Gratte-Paille, Bleu, Fleur du Maquis, Fondue, Romarin, Fondant, Regal, Queijo do Pastor...

Photographies © Sonia Marques

mardi 26 mai 2020

çα ṧℯη⊥ Lε ßøʊ¢

Photographies © Sonia Marques