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mercredi 8 septembre 2021

Ḱїƒf℮ Ḱїƒf℮ Ḱїƒf℮ Ḱїƒf℮

Une orchidée (1941) peinture de Georgia O'Keefe

En septembre 2016, j'écrivais un petit article sur Georgia O'Keefe (Ḱїƒf℮) il y a 5 ans. En parcourant ma librairie de plumes je distingue un catalogue imposant de cette peintre, elle m'a accompagnée plus jeune, bien plus jeune, avant que je n'étudie dans les écoles d'arts parisiennes, les arts appliqués et les beaux-arts. Plus tard, lorsque je suis partie étudier au Canada, j'ai saisi ses paysages et ses étendues. Je découvre ainsi en parcourant ce nouveau catalogue qu'une exposition, une monographie va se dérouler au Centre Pompidou, dans quelques jours ! Du 8 septembre au 6 décembre. C'est toujours par hasard que je découvre les dates des expositions, le catalogue est déjà prêt, même en province ! Et quel plus beau hasard, quelques jours auparavant je photographiais mon orchidée caméléon...


samedi 14 août 2021

ℙ@﹩ε◎ α øяїłℓ@ṧ ḓℯℓ μαґ


Paseo a orillas del mar (promenade au bord de la mer) 1909, huile sur toile, 205 × 200 cm


La couture de la voile, huile sur toile, 1896, 220x302 cm


La Sieste, huile sur toile, 1911, 200x 200 cm

Joaquín Sorolla Bastida (Valencia 1863 – Cercedilla 1923), peintre espagnol de la lumière...

jeudi 12 août 2021

♭ℓℯü αṧ﹩℮


Peinture de l'artiste Geneviève Asse, Impressions gris et bleue (2007)

Que voit-on ? La mer, le bleu, l'écume, une abstraction, une peinture, c'est une œuvre de la peintre bretonne Geneviève Asse, cette artiste s'est éteinte à 98 ans le mercredi 11 août 2021, à l’Ehpad des Invalides, à Paris.
Entre 2003 et 2013, elle avait pris part au chantier de restauration des vitraux de la collégiale Notre-Dame-de-Grande-Puissance, à Lamballe. Retenue dans le cadre d’un marché public, Geneviève Asse avait alors collaboré avec le vitrailliste Olivier Debré.



« J'aime la solitude. » disait-elle, c'est une philosophie de vie. Dans sa maison de l'Île-aux-Moines, lovée dans le golfe du Morbihan, elle y trouvait une respiration et une inspiration. Née en 1923 à Vannes, Geneviève Asse est élevée par sa grand-mère au manoir de Bonervo, dans la presqu'île de Rhuys. Ce n'est qu'à 10 ans que Geneviève et son frère jumeau rejoignent leur mère à Paris.

Le bleu, c'est son secret



Alors que les jeunes de son âge jouent dans la cour de récré, Geneviève s'échine à faire et refaire ses peintures. « Sans jamais prendre de cour... Je tenais à rester seule. ». Face à l'horreur de la guerre de la seconde guerre mondiale, la Vannetaise trouve dans l'art un refuge apaisant. On a nommé ainsi « le bleu Asse ». Un bleu unique dont personne ne sait vraiment d'où il vient. À chaque fois qu'on lui demande, elle répond que c'est son secret, reconnaît Florence Camarroque, réalisatrice du film Geneviève Asse, entre ciel et mer : "Une ligne d'horizon entre le ciel et la mer, c'est son univers"




Elle fut d'abord attirée par la nature morte puis s'est éloignée du figuratif au profit de l'espace, de l'étendue. Ses recherches vont de l'opacité à la transparence. Cette couleur tant vécue de l'intérieur, d'une rare intensité dans sa longévité, et son engagement, sa foi, s'est emparée d'elle, comme elle, qui vivait dans cette couleur, celle du ciel et de la mer de la Bretagne. Élément sacré, cette couleur, la sienne, est à mon sens, bien plus "éternisée"que le bleu de Klein, dont on a fait un pataquès pas possible (surtout dans les écoles d'art) Le bleu Asse parcourt de multiples bleus. J'ai la chance de vivre aussi dans ce bleu, celui de mes fenêtres, comme elle, j'ai repeint tous les murs en blanc, comme elle, je ne peux rien accrocher au mur, ni même ne trouvera-t-on de miroir, ni une seule de mes œuvres, ou presque, pourtant j'ai fait des efforts, j'ai installé un miroir derrière une porte ;.) Un temps j'avais effectué des recherches pour les étudiants sur la fabrication de la couleur bleue, les pastels des teinturiers, les bleus de guède, le bleu Indigo... C'est passionnant, parfois ce que l'on recherche ne peut se transmettre, n'est pas accueilli, le climat n'est ni propice ni ouvert, ni serein. Alors la solitude, le retrait, le silence, rechercher en silence, c'est l'intériorité qui nous pousse à travailler, non plus pour être mis à mal et ostracisé sans cesse, mais pour soi, et pour nos proches, pour l'infime partie du monde qui nous a vu naître et continue de nous accompagner, notre famille, nos racines, toujours pour l'espoir d'un meilleur avenir.

Je partage l'idée que rien ne peut parasiter la pensée, lorsqu'elle se définit par l'alliance entre la main et l'esprit. Aussi, je pense que la vie d'artiste est emplie de solitude, de retranchement, peu le comprennent, surtout dans nos jours, où tout doit se faire en groupe, en collectif, il faut suivre toute rumeur, tout complot. Pourtant, il existe des artistes, dont on surprend comprendre, hélas tardivement, qu'ils et elles étaient aussi bénis par la lumière et la conviction d'être en retrait des roulements des vagues perpétuelles, et contemplatifs de l'écume qui s’efface chaque minute de la vie.

Son œuvre est un signe de sérénité, de sobriété aussi, mais tout de même, d'une grande générosité : donner sa vie au bleu, et jouer une partition singulière, accueillant parfois des points rouges ou des lignes blanches, ou bien couper la toile en deux pour laisser passer la lumière, comme on peut le voir dans ses vitraux bleus qui laissent passer des raies de lumières. J'aime beaucoup entendre que dans cette invitation au silence, se cache un tas de saletés remarquables, ses tubes, ses palettes, ses pinceaux, ce désordre bien réel, qui est celui de la vie d'artiste, d'où jailli une forme de perfection visible et à la fois impassible face à toutes les haines et les mauvaises ondes.

Il y a des artistes qui réalisent des œuvres bien différentes les unes des autres, qu'elles soient minimales ou baroques, somptueuses, ou silencieuses et parcimonieuses, multiples ou rares et précieuses ; parfois s'arrêter, ne rien produire, ne rien faire de beau, ni d'art, une année, deux années, et contempler, être présent au monde, c'est aussi cela, être artiste. De mon point de vue, je vis dans une économie de moyen quasi absolue et sans aucune attente, ni obéissance à quiconque. Je n'ai pas le sentiment de devoir, sauf le respect d'autrui et de soi. Je n'ai pas le sentiment de droit imposé par des communautés qui pensent dominer un territoire, en écrasant les plus vulnérables, par lâcheté, et les plus silencieux, les plus discrets, ou qui donnent des leçons de comment un, une artiste doit penser et vivre et produire et mériterait de recevoir des prix, d'avoir des droits à une culture d'entre-soi. Il existe des gens, dans nos contrées, qui vivent sans brandir de pancarte, car travailler chaque jour au meilleur, ne laisse pas de temps pour se plaindre, d'autres crient plus fort, sans entendre. Ceux-ci, celles-ci n'ont aucun article de presse, aucun média pour les accompagner, car ils et elles sont déjà des médiateurs, des médiatrices, dans leur vie de tous les jours, et avec, toutes les personnes rencontrées sur leur chemin de traverse. Parfois, les éléments naturels, le paysage, aussi urbain, donnent des leçons de catastrophes, que l'on ne peut éviter, et l'art ne peut rien, ni l'histoire que les hommes construisent, car parfois, pour une poignée, la volonté de liberté se remplace par la volonté de domination. Comme l'écrivait Camus, "les valeurs humaines ont été remplacées par les valeurs du mépris et de l’efficacité, on n'a plus raison parce qu’on a la justice et la générosité avec soi. On a raison parce qu’on réussit. Et plus on réussit, plus on a raison."  (Albert Camus, Franchise No 3, novembre – décembre 1946)  Des années et des années plus tard, pas tout à fait un siècle, mais presque, dans une société riche, qui se retrouve excessive et tente de faire des économies et de mieux distribuer à égalité sa production, on peut trouver une confusion des priorités, si ce n'est, une confusion de la pensée, se croire tout permis, entraîner les plus pauvres en justice, à la police, des artistes, des érudits, par ignorance toujours, en les insignant, sans même qu'ils n'aient les moyens d'être défendus ou d'avoir la parole une seule fois, parce que l'on croit avoir réussi, on croit avoir le pouvoir sur l'autre, (l'altérité), dont on pense qu'il ou elle n'est rien parce qu'il ou elle n'a rien, on pense alors avoir la justice et la police avec soi, en omettant toutes les étapes du droit, et bien avant, du dialogue, on pense avoir un accès direct à la loi pour soi seulement, mais pas pour les autres, on se croit légitime par l'accumulation de biens, on passe en force, et en agissant ainsi, on sème la terreur (et le texte inédit de Camus analyse cette notion à l'aune de l'inertie) ; on perd ce qui faisait de nous des êtres humains. Il faut rester vigilant, aux uns, unes et aux autres qui s'égarent sur ces chemins (de réussite) si tentants, fussent-ils pour une communauté, un groupe, une idée, qui s'avèrent, avec le temps, et par répétition, de petites armes destructrices contre toutes les parties invisibles de notre humble condition humaine, si tendre.

Parfois le bleu s'éternise. Et le silence demeure.


dimanche 8 août 2021

฿ℝѺ☾Åℵ✝€

J'écrivais un article le 23 octobre 2020, nommé, Grâce, (❡ґâ¢℮), sur le peintre et sculpteur britannique de l'époque victorienne Frederic baron Leighton, (1830 -1896) Et c'est grâce à sa June flamboyante (Flaming June) réalisée en 1895, que j'avais effectué quelques recherches... Elle fut peinte à l'huile sur une toile carrée de 120× 120 cm, et est considérée comme le chef-d’œuvre de Leighton. La femme représentée est certainement une nymphe endormie, une naïade. Le tissu transparent orangé de la femme nonchalante, offerte au regard, montre le réalisme de la figure, et le coucher de soleil éclatant et blanc en arrière-plan, brille, comme de l'or blanc ou du sable irisé. C'est l'été et un tableau de bois sculpté de feuilles et de fruits ou fleurs s'offre également  à mon regard, où se trouve la petite June reproduite. Le soleil vient juste de se cacher à cet instant et laisse quelques gouttes d'un nuage gris bleuté saupoudrer le tableau. La brocanteuse se dépêche de tout emballer et m'offre quasiment le tableau, le bois est bien travaillé me dit-elle, c'est juste pour cela... Elle ne connaissait donc pas, ni le peintre, ni cette peinture reproduite. Mais ne serait-elle pas La belle au bois dormant ? Serait-ce Carabosse l'ayant plongée dans un sommeil profond sur les pavés aux pieds de la cathédrale Saint-Étienne ? Je la porta délicatement et le soleil poussa gentiment les nuages, avant de laisser tomber une franche averse, nous chassant sous les arbres admirer ce paysage incroyable et lumineux de l'éclaircie. Sous mon bras, June bien encadrée, j'imaginais laisser le prince venir la réveiller à son retour. Quel bel hasard, pour un bel été ! Peindre n'est parfois plus nécessaire, lorsque l'on chine avec une robe vintage postimpressionniste... J'ai trouvé un oiseau à 50 centimes, une enfant me dit que je peux donner même ce que je veux, je trouve 1 euros, c'est tout ce que j'ai. Qu'il était étrange ce faucon de bois orné de laiton et de nacre, une antiquité. Mais il y avait une peinture turquoise sur le bois, j'ai remarqué tout de suite que quelque chose clochait. J'ai demandé où avait-elle trouvé cet oiseau ? Elle m'a dit : Oh ! Dans un château ! L'air de ne pas y penser, que cela n'était guère intéressant. Un petit nettoyage magique, tel l'Aladin dans le conte des Mille et Une Nuits et sa lampe merveilleuse... Et voici que mon petit faucon de bois devient un bijou. Il faut un peu de temps, un travail consciencieux. D'autres oiseaux, sans bois mais à plumes, se demandaient si je n'allais pas réussir à le faire voler. Puis, il s'est mis à me dire quelque chose...  Avec les bijoux du Sahara, j'écrivais une nouvelle partition d'un recueil anonyme de contes populaires d'origine persane, indienne et arabe, les Mille et Une Nuits, sont autant de nuits où je pense à toi.



Photographies © Sonia Marques

mardi 18 mai 2021

℘@ƴṧα❡ε ρℯїᾔ☂üґ℮



Si la peinture m'était contée ?

Elle se trouverait au détour d'une cabane, en dessous d'une feuille de l'arbre vert, sur les plumes du mâle ou de la femelle d'un oiseau exotique, sur l'eau diluée d'un portrait comme une aquarelle du mois de mai, sur le bleu cyan d'un regard qui en dit long... Elle serait la symbiose d'une mémoire sensorielle, elle serait mes souvenirs avec les êtres chers, la ballade avec le soleil et l'amoureux, l'inquiétude de l'orage, le bonheur qu'il éclate, les gouttes de pluie et l'averse sur nos pieds nus, en connexion sans le Wifi ni le Bluetooth, en télépathie avec l'abeille, le miel de notre cœur...










Photographies et peinture © Sonia Marques

Si la peinture m'était contée ?

Il n'y aurait plus de tableau, plus de Musée, plus de muse, plus de pinceau, juste l'éclat du trait de génie, la trace de son passage au gré du vent et de sa bise discrète... Et les yeux fermés, contempler la peinture ainsi faite.

dimanche 16 mai 2021

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Illustrations © Sonia Marques

lundi 26 avril 2021

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Super Lune Rose (mardi 27 avril 2021 - 3h31)
Peinture © Sonia Marques

jeudi 18 février 2021

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Gabriel Cornelius Ritter von Maxest un peintre austrichien (1840 – 1915).  Ces thèmes picturaux sont l’anthropologie, la parapsychologie et le mysticisme. Il fait partie de l’école de Munich. Darwiniste convaincu, il observe régulièrement des singes qu’il garde chez lui et qui lui servent aussi de modèle.

samedi 6 février 2021

﹩üяяé@ʟ☤ṧтε

Leonor Fini, est une artiste née à Buenos Aires (Argentine) (1908-1996) peintre surréaliste, graveuse, lithographe, décoratrice de théâtre et écrivaine française d'origine italienne. La page Wikipédia qui lui est dédiée, est assez complète




André Pieyre de Mandiargues garda de sa relation avec Leonor Fini le souvenir d’une femme passionnée et d’une artiste entière : «Une de ces rares femmes extraordinaires dont la rencontre me paraît essentielle, sinon déterminante, pour tout homme». L’écrivain savait de quoi il parlait. Il rencontra Leonor Fini en janvier 1931 à Paris ; ils s’installèrent ensemble au printemps de l’année suivante, et s’ils se quittèrent un temps en 1937, ils se sont bien vite retrouvés. Une amitié amoureuse les tiendra très proches jusqu’à la brouille définitive de 1951, suite au mariage d’André Pieyre. Les deux artistes côtoyaient le même monde intellectuel, notamment le cercle surréaliste avec Max Ernst, Giorgio De Chirico, Paul Éluard, Victor Brauner, Max Jacob ou encore l’Italien Filippo De Pisis, qui avait aidé sa compatriote lors de son arrivée à Paris, à 23 ans, en l’introduisant dans les salons de Robert de Montesquiou et d’Anna de Noailles. Mais Leonor Fini, indépendante de caractère, ne fit jamais partie du groupe des surréalistes. André Breton la garda à l’écart, goûtant peu ses contacts avec la société mondaine et avec le monde de la mode, qu’il jugeait trop futiles. Cela n’empêcha pas Leonor de connaître une riche carrière faite de peintures, de livres illustrés, de décors et costumes de théâtre. Celle-ci débute en décembre 1932 avec une première exposition à la galerie parisienne Bonjean, dirigée par Christian Dior. Son marchand, Julien Levy, lui permet en 1936 de traverser l’Atlantique avec à la clé une exposition à New York partagée avec Max Ernst. La peintre est désormais célèbre en France comme à l’étranger, grâce à ses portraits, mais aussi à ses toiles oniriques mettant en scène des femmes déguisées, travesties, se battant ou rêvant dans un univers où l’érotisme n’est jamais absent. Des œuvres qui font écho à sa vie et au personnage qu’elle s’est créé. Très théâtrale, elle se teignait souvent les cheveux de toutes les couleurs possibles, aimait faire son entrée dans les soirées mondaines habillée en homme, avec ses grandes bottes blanches. Une habitude prise dès l’enfance puisque sa mère, s’étant enfuie de Buenos Aires à Trieste pour échapper à son mari, l’habillait en garçon afin de dissimuler la petite fille à son père, qui voulait la récupérer. Certaines de ses œuvres ont à l’époque scandalisé les critiques artistiques du Daily Mail, qui voyaient dans ces œuvres des gifles au visage de la décence…

(extrait de La gazette Drouot)








Superbes !

*


Autre artiste surréaliste, une magicienne :


Ithell Colquhoun, photographiée par Man Ray (1932)


Ithell Colquhoun
, née le 9 octobre 1906 à Shillong, au Meghalaya (Inde) et décédée le 11 avril 1988 en Angleterre, est une peintre et femme de lettres surréaliste britannique. Des années 1930 à sa mort, son œuvre a été largement exposée en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Ses illustrations de cartes de taro, sont très belles.

http://www.ithellcolquhoun.co.uk/

Colquhoun_taro_cards.jpg


Ithell Colquhoun voit le dessein divin de la nature infusé à travers tous les êtres vivants. Les formations rocheuses, les souches d'arbres et les légumes se transforment pour devenir des membres humains et des parties du corps. L'artiste a toujours eu un amour pour l'eau et un intérêt pour les profondeurs de sens trouvées sur le site des espaces liminaux. Au début de sa carrière, elle a inclus des portes, des fenêtres et des escaliers dans ses peintures et a parfois représenté la figure humaine. Plus tard, lorsque l'œuvre de Colquhoun atteignit sa maturité, elle se tourna entièrement vers la nature; elle a rejeté la figuration et répété des sujets terreux tels que les volcans, les grottes et les bassins rocheux. Elle a paradoxalement exploré les thèmes de l'ambiguïté, de l'instabilité et de l'union. Avec de fortes tendances alchimiques, Colquhoun a cherché à combiner la terre et la mer, la matière fluide et solide, et le mâle et la femelle. Elle a été particulièrement influencée parLes «présences fantasmatiques» de Salvador Dalí et ses images agrandies de la flore suscitent des comparaisons intéressantes avec celles de Georgia O'Keeffe . Presque entièrement autodidacte, l'artiste a passé des années à travailler à Londres où elle s'est associée aux surréalistes, mais par qui elle a également été qualifiée de dissidente en raison de sa forte croyance en l'occulte. Colquhoun s'est installée dans les Cornouailles isolées où elle pouvait trouver une inspiration appropriée dans la nature et s'éloigner des gens.

jeudi 4 février 2021

℘AяTḯґ

Peinture © Sonia Marques

À la veille de ne jamais partir



Na véspera de não partir nunca

Ao menos não há que arrumar malas

Nem que fazer planos em papel,

Com acompanhamento involuntário de esquecimentos,

Para o partir ainda livre do dia seguinte.

Não há que fazer nada

Na véspera de não partir nunca.

Grande sossego de já não haver sequer de que ter sossego!

Grande tranqüilidade a que nem sabe encolher ombros

Por isto tudo, ter pensado o tudo

É o ter chegado deliberadamente a nada.

Grande alegria de não ter precisão de ser alegre,

Como uma oportunidade virada do avesso.

Há quantas vezes vivo

A vida vegetativa do pensamento!

Todos os dias sine linea

Sossego, sim, sossego...

Grande tranqüilidade...

Que repouso, depois de tantas viagens, físicas e psíquicas!

Que prazer olhar para as malas fítando como para nada!

Dormita, alma, dormita!

Aproveita, dormita!

Dormita!

É pouco o tempo que tens! Dormita!

É a véspera de não partir nunca!

 

 +

Poesias de Álvaro de Campos.  

Ática, Lisboa, 1944


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À la veille de ne jamais partir

du moins n’est-il besoin de faire sa valise

ou de jeter des plans sur le papier,

avec tout le cortège involontaire des oublis

pour le départ encore disponible du lendemain.

Le seul travail, c’est de ne rien faire

à la veille de ne jamais partir.

Quel grand repos de n’avoir même pas de quoi avoir à se reposer !

Grande tranquillité, pour qui ne sait même pas hausser les épaules

devant tout cela, d’avoir pensé le tout

et d’avoir de propos délibéré atteint le rien.

Grande joie de n’avoir pas besoin d’être joyeux,

ainsi qu’une occasion retournée à l’envers.

Que de fois il m’advient de vivre

de la vie végétative de la pensée !

Tous les jours, sine linea,

Repos, oui, repos...

Grande tranquillité...

Quelle paix, après tant de voyages, physiques et psychiques !

Quel plaisir de regarder les bagages comme si l’on fixait le néant !

Sommeil, âme, sommeille !

Profite, sommeille !

Sommeille !

Il est court, le temps qui te reste ! Sommeille !

C’est la veille de ne jamais partir !


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mercredi 3 février 2021

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Échantillon de paysage © Sonia Marques

dimanche 24 janvier 2021

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Echo et Narcisse
du peintre John William Waterhouse (1903) Huile sur Toile > 109.2 x 189.2 cm

Ce tableau de 1903 de John William Waterhouse (1849- 1917) s'appuie sur le poème « Echo et Narcisse » d’Ovide que l’on retrouve dans ses célèbres Métamorphoses.

Je pensais à Écho, ce soir, et la nymphe Écho... En fait je pensais au syndrome d'Echo, tout s’échafaude et je me dis à l'instant que je vais faire l'effort de cristalliser ma pensée. Elle est mouvante donc elle ne sera plus qu'un écho demain. Et là, elle est émouvante. Je voyais mon pays comme pris dans un syndrome d'Écho... Plusieurs éléments, je ne saurai les décrire, des faits divers, des lois votées, des ratés, des voix oubliées, inaudibles, des échos sur l'eau, qui disparaissent. Demain le consentement de la sexualité a été voté au Sénat à 13 ans, sans même la voix des enfants, mais cela a été voté, et on leurs dit surtout : taisez-vous, ne dites rien. Un enfant, qui ne dit rien consent aux lois des adultes, c'est le vote d'une permission au viol, autant le dire, car que sait un enfant de la sexualité à 13 ans ? Ni même après. Rien. Aimer oui, mais aimer tout entier. Et ne reste que l'écho, cela se répète à l'infini. L'âge est répété comme une limite, à partir de laquelle, l'enfant ne serait plus protégé par la loi des hommes. Pourquoi la sexualité entre en jeu à cet âge, et qui a décidé de cette limite ? Les adultes, seulement les adultes, selon leur fantasme. Un enfant de 12 ans, peut ignorer la sexualité, ne pas la côtoyer, mais dès qu'il a 13 ans, la loi, dans mon pays lui impose la pression des adultes, l'enfant doit y consentir, sans que jamais, ces adultes ne l'entende, ni ne puisse le croire, à 13 ans, il ne sera plus cru, et d'ailleurs, il sera voué au silence.

Alors comme un enfant, je lisais l'histoire de la nymphe Écho, un récit dédié pour les enfants, dans une encyclopédie plus simplifiée, qui résume l'histoire :

Dans la mythologie grecque, Écho est le nom d’une nymphe. Elle est l'héroïne de plusieurs mythes différents.Zeus lui demande de détourner l'attention de sa femme Héra, en lui parlant sans cesse. Pendant ce temps Zeus peut se livrer à des « aventures amoureuses ». Héra, jalouse, comprend la tromperie et lance une malédiction sur Écho. Désormais, celle-ci ne peut plus parler la première, mais doit se contenter de répéter ce que les autres ont dit avant elle. Dans un autre mythe, Écho rencontre Narcisse et en tombe amoureuse ; mais Narcisse, qui n’aime que son reflet, ne répond pas à son amour. De chagrin, la nymphe se retire dans une grotte. Comme elle ne se nourrit plus, elle finit par s’évaporer ; il ne reste d’elle que sa voix qui, toujours soumise à la malédiction d'Héra, répète sans cesse les dernières syllabes que l'on prononce. Dans un autre mythe, Écho, reste indifférente à l'amour que lui porte le dieu Pan. Celui-ci furieux la fait mettre en pièces par des bergers. Il ne reste d'Écho que sa voix.


Dans le tableau du peintre britannique, John WIiliam Waterhouse, (un Préraphaélite) il représente la nymphe Echo regardant amoureusement Narcisse. Cette dernière se laisse dépérir suite au refus de Narcisse de s’abandonner à ses désirs. Elle est assise dans un tronc d’arbre et tourne la tête pour regarder le jeune homme. Narcisse est plongé dans l’observation de son propre reflet, passionné et incapable de détourner les yeux tellement il est épris de son image. Ce dernier désespéré de ne pas pouvoir s’embrasser et se toucher se laissera mourir. Et sur les bords de l’eau où il est décédé, poussa une Narcisse (la fleur).

Cette thématique est souvent représentée dans l'histoire de l'art. Ce que je trouve représentatif de notre moment, et les rois mages nous ont apporté beaucoup de cadeaux, il faut les développer tous, et j'avoue que ce n'est pas évident, il y a des indésirables, mais il faut mieux les considérer, c'est pour notre évolution. Nous avons reçu des images de croque-mitaines, et puis notre pays s'est empressé de voter une loi, pour sauver ses ogres et ogresses, en défaveur des victimes, dont, notre pays, pensait, qu'elles n'avaient pas droit à la parole, parce qu'elles ne pensaient pas, ou qu'elle n'avaient aucun ressenti. Alors il fallait écrire par-dessus, les mots qui décrivaient l'insoutenable tabou, de l'inceste aux viols sur enfants et adolescents. Dans ce tableau, je vois  deux générations qui ne se rencontrent pas. Il y a celles et ceux qui ont un miroir en face et tout le monde peut le voir aussi, c'est une sorte de presse quotidienne, de micro tendu... aux Narcisses. De l'autre il y a la génération vouée à répéter, et à n'entendre que son écho. Elle souhaiterait s'adresser à la première génération, mais celle-ci a voué son empire sur l'image qu'elle projette, et elle doit être belle, magnifiée. Ce qu'elle est. L'image est fascinante. Écho est une sorte de sœur, de frère, de voisin, de collègue, d'un parent éloigné, il ou elle est dans la confidence, de celui ou celle qui agit, qui peut agir et qui a le pouvoir. C'est une sorte de témoin, il voit tout, mais ne dit rien, pire, il ne peut rien dire. Pendant que celles et ceux qui ont le pouvoir, les grands Zeus, font leurs affaires, en cachette, Echo devient un ustensile afin de détourner le regard d'autrui des manigances des grands Zeus, des gens de pouvoir. Pour cela, elle a reçu l'ordre de faire du "buzzz", de générer des rumeurs, de détourner l'attention, en monopolisant l'audience, toute personne qui pourrait voir ce qui dérange. Les grands Zeus sont tranquilles quand Echo répète, et brouille les esprits. Puis elle tombe amoureuse de ces Narcisses qui se mirent sans cesse, ils ne la voient pas, et ne voient que leur image, autant dire : ils en font des caisses. Si Écho disparaît, sa voix reste, son écho, elle répète, et cela gène énormément. Entendre toujours la même rengaine, c'est comme si une génération répétait sans cesse les viols qu'elle subissait et que l'autre génération ne pouvait comprendre le sens, trop occupée à se regarder sans cesse, et même très agacée par cette génération et ses voix sans cesse qui répètent la même chose.

Et je reliais ceci au syndrome d'Écho, cette disproportion parfois pathologique où la confiance en soi est brisée, à tel point, que des personnes atteintes de ce syndrome sont influencées par une figure narcissique dans leur entourage et elles ne prennent plus soin d'elles. Elles utilisent leur énergie pour nourrir émotionnellement les autres. Ce syndrome arrive à point pour le moment que j'observe, dans lequel, notre pays s'embrouille, c'est une fracture de l'estime de soi. Echo répète tout ce qu'elle entend, toutes les conversations, tous les faits divers, elle connaît l'actualité par cœur. Elle est connectée sur ce que racontent, comme récits, les médias. Echo symbolise cette lutte et cet épuisement, quotidien, pour résister et faire entendre sa voix, dans un monde qui ne l'entend pas. Elle lutte pour être visibilisée, mais dans son entourage, une personne, un groupe, ont une présence narcissique, on parle aussi d'échoïsme... Une partie de la population se sent oppressée, et conditionnée par une figure narcissique. On retrouve chez ces personnes un caractère sensible et affectueux, des émotions fortes si elles se trouvent au centre de l'attention, un grand malaise, car elles craignent d’exprimer leurs besoins et font passer en priorité ceux des autres. Je pense à une génération qui s'est sans arrêt soumise à une autre à son pouvoir (pouvoir économique, emploi, vie amoureuse, affective, partenaires multiples et excès, addictions...) Cette génération passive, en raison des pressions de l'autre, habitée par le narcissisme, pourrait se résumer au désir de parler d'elle, de soi, à des personnes égoïstes habituées, voir conditionnées à ne parler que d'elles. Une société entière a fabriqué des outils de médiations pour des narcisses, alors que cette société a enfanté des Échos qui ne parviennent à exprimer leur besoin, et aussi leur limite.

Ainsi, leur impose-t-on des limites d'âges, sans même leur demander leur avis, ce qu'ils et elles ressentent. Et puis, ils et elles n'ont de voix que leur échos.

Dans le mythe de la nymphe Écho, celle-ci s'enfonce dans une profonde tristesse. Elle est rejetée, et c'est d'autant plus douloureux, qu'elle perd sa voix. Dans le syndrome d'Écho, rencontrer une personne narcissique, un temps, annule sa propre voix, l'écrase totalement, et on peut se trouver retourner dans une caverne, se réfugier quelque part, ce peut être sur un Mont, en hauteur, où dans un terrier, sous terre, ou, tout simplement, entre quatre murs, confinés. C'est un peu comme devenir un animal, se nourrir comme un animal, se vêtir à peine et toujours de même et dormir avec ses peaux de bêtes. Sentir comme un animal qui bouge sans cesse sa truffe, incapable de parole, mais qui sent tout. Une pure sensibilité, à fleur de peau. Ce moment est paradoxalement un moment où l'écoute et l'empathie sont à leur paroxysme. Mais il est impossible de pouvoir exprimer ses propres besoins aux autres. Dans ces moments, le manque d'initiative est très flagrant, afin de ne pas gêner celles et ceux, au devant de la scène. Ce qui encoure, c'est de décliner tout projet, et d'être laissé de côté, voir d'être nié. C'est aussi, comme Écho, une forme de disparition, mais en toute conscience. L'effet conflictuel le plus saisissant est l'abdication face à cette pression égocentrique, surdimensionnée :
Si ces Échos, veulent être sûr d'elles et recevoir un minimum d'affection, elle s'imposent de demander le moins possible d'attention, et, de donner tout ce qu'elles peuvent. L'apprentissage d'Écho, de ces personnes, que j'imagine être une génération entière, c'est l'habilité à vivre dans le silence, elles apprennent à ne plus avoir de voix, d'ailleurs elles ne votent plus, elles apprennent à ne pas gêner dès leurs plus jeune âge. Et on peut observer qu'on leur donne des limites pour la sexualité, on légifère sur leurs corps même, et elles doivent obtempérer, autant dire : elles n'ont pas le choix. Les narcisses, avec l'autre génération, au pouvoir, ont alors, tous les moyens pour déployer des ruses à l'infini, contourner même les lois qu'ils définissent, et travestir la vérité, s'il y en a une. Il n'y en a plus. Disons que la véracité des propos d'une génération entière vouée à répondre aux besoins d'une autre au pouvoir, est, elle-même, décrite comme une affabulation, ou un écho, qui ne fait pas autorité.

Est-ce qu'il y a une fenêtre ou que des miroirs ? Oui. La fenêtre entre-ouverte de cette tension entre deux générations qui ne s'écoutent plus, est l'apprentissage que l'échoïsme voué à répétition, ne doit pas répéter tout ce qu'on lui dit, ni les comportements mirés dans l'eau, le miroir. Il est question là, de dignité, d'arriver à exprimer ses besoins, regagner une confiance en soi, sans copier ces grands verbeux ni avoir besoin de son reflet pour comprendre sa propre valeur. Il ne faut pas oublier que les narcisses ont une sanction inéluctable : ils et elles se noient dans leur reflet.

Quand je regarde un peu le bruit (parce qu'un bruit peut aussi se voir, mais pas s'entendre), et que je me retrouve anéantie par celui-ci, en reprenant mes rituels matériels et sans reflet aucun, je vois de loin que ce bruit se noie. Et j'oublie, j'oublie le bruit d'hier, même s'il était bien plus fort que celui de la semaine passée, et qu'il fallait rentrer dans son petit ermitage, dépoussiérer sa propre grotte, afin de voyager plus léger, comme dans Le Loup des steppes du roman de Hermann Hesse. De toutes façons, rien ne sert de courir, il faut partir à point, de cette morale ouvrant la fable, Le lièvre et la tortue, de La Fontaine.
Bref, partagés entre se couper de tout et restés connectés, lire qu'aucune guerre n'est déclarée, et qu'un virus a pris le pouvoir, sans qu'on puisse rien y faire, et pourtant le voir faire reste un supplice, reléguant tout accessoire au placard et introspectant l'essentiel en priorité, dans une inertie nouvelle, et des empilements procrastinés. Faire bonne figure ne dure qu'un temps, même si les narcisses, on les aime sur l'eau, flottant comme des bouddhas silencieux qui cachent une profondeur crasseuse et peut-être dégoutante.

Nous vivons ceci : hâtez-vous lentement. Et c'est très fatiguant de ne rien faire. Et quelle torture de ne pouvoir gagner en vitesse, mais quel bonheur retrouvé de savoir n'avoir rien précipité, pour rien. Je fais partie de cette génération, dont on a confiné la parole, et dont on pense qu'elle a disparu dans une grotte.

Les parois de la grotte sont tapissées de dessins et de mots, indéchiffrables pour les Narcisses. Point de miroirs sur les murs, c'est à la bougie que l'on dîne et au rayon de soleil que l'on hume. L'humeur est changeante, et c'est la fuite des idées que l'on voit défiler, sans pouvoir, jamais en attraper une. Parfois un éclat, celui du miroir brisé, dont on a oublié les effets.

vendredi 23 octobre 2020

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Cymon et Iphigénie


Frederic baron Leighton, (1830 -1896) est un peintre et sculpteur britannique de l'époque victorienne.


Selon une histoire publiée en 1897, Leighton a passé six mois à chercher dans toute l'Europe un modèle correspondant à son idéal imaginé d'Iphigénie pour sa représentation prévue de Cymon et d'Iphigénie. Il a vu une jeune actrice, Dorothy Dene, dans un théâtre à Londres et sa recherche était terminée. Possédant une beauté de style grec classique, Dene avait des cheveux ondulés dorés avec une excellente texture de peau et une excellente coloration sur son visage; elle était plus grande que la moyenne avec des bras et des jambes gracieux ainsi qu'un «buste superbement moulé». Elle est apparue dans plusieurs autres des travaux de Leighton, y compris Flaming June, Greek Girls Playing Ball et Summer Moon. Lena, une des plus jeunes sœurs de Dene, apparaît dans la peinture comme l'enfant esclave. D'autres peintures de Leighton comportant Dene sont: Le Bain de Psyché, Clytie, Persée et Andromède, Solitude, Le Retour de Perséphone et La Vestale.
La peinture a pris huit mois. L'ambiance est automnale. L'artiste souhaitait capturer l'impression générale de somnolence juste avant de s'endormir, surtout les longues journées chaudes alors que la nuit commence à tomber. Selon Greenhough White, Leighton avait la capacité de montrer «la perfection du repos» et «l'abandon de soi et l'inconscience du sommeil»

 
Leçon de musique




Mère et enfant



Flaming June


Solitude

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Changement de teinte et recadrage, mon éclairage sur le sommeil bleuté...

mardi 29 septembre 2020

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Antoine Berjon, né à Lyon le 17 mai 1754 et mort dans la même ville le 24 octobre 1843, est un peintre et illustrateur français, réputé pour ses natures mortes de fleurs.

Originaire du quartier lyonnais de Vaise et contemporain de Pierre-Joseph Redouté, il a été formé pour la « fabrique lyonnaise ». Ses compositions étaient utilisées par les dessinateurs des fabriques de soieries et tissus.

Il est le fils d’un boucher de Vaise. À Lyon, capitale du tissu façonné, Antoine Berjon suit l'enseignement du sculpteur Michel Perrache et d'un agronome renommé, François Rozier. Eu cours de ses voyages à Paris, il acquiert des talents de portraitiste et de miniaturiste sous l'influence du peintre Jean-Baptiste Augustin.
La Révolution l'oblige à quitter Lyon pour Paris, mais, vivant misérablement, il regagne Lyon vers 1810 et travaille dans une entreprise de broderies. Il devient, par décret du 6 juillet 1810, professeur de dessin à l’école des Beaux-Arts de Lyon. Il est chargé d'une classe de fleurs destinée à former les dessinateurs d'une nouvelle fabrique de tissage mise au point par l'ingénieur mécanicien Jacquard (Métier Jacquard). Outre ses activités en tant que professeur à l'École de beaux-arts de Lyon, il est également un portraitiste de la société lyonnaise, portraits qu'il réalise à l'huile ou à la sépia. Il pratiqua aussi la miniature et la gravure. Victime d'une cabale ultraroyaliste fomentée par son collègue, le peintre Pierre Révoil, Berjon est chassé de son poste en 1823, il est remplacé par Augustin Alexandre Thierriat. Il vit alors très retiré dans une pension et continue pendant une vingtaine d'années à dessiner et à peindre en solitaire, laissant une œuvre abondante qui rompt avec les conventions hollandisantes et se distingue par son inspiration poétique.

samedi 19 septembre 2020

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Victor Brauner > RÊVERIE

Le Musée d’Art Moderne de Paris ouvre une exposition consacrée à Victor Brauner (1903-1966), figure singulière du surréalisme, du 18 septembre 2020 au 10 janvier 2021. L’exposition consacrée à Victor Brauner comprend une importante monographie regroupant plus d’une centaine d’œuvres, peintures et dessins, dont certaines montrées en France pour la première fois depuis la dernière rétrospective à Paris au musée national d’art moderne en 1972.

Né en Roumanie, Victor Brauner participe à l’effervescence artistique de Bucarest dans les années 1920, avant d’intégrer le mouvement surréaliste à Paris en 1933 et jusqu’en 1948, date de son exclusion du groupe. Il est un familier des avant-gardes (expressionnisme, constructivisme et dada), dont la radicalité correspond à son caractère indépendant, jusqu’au glissement progressif vers une peinture surréaliste lors de ses séjours à Paris entre 1925 et 1938, date de son installation définitive. Dès son adhésion au surréalisme en 1933, il participe alors aux manifestations du groupe autour d’André Breton. La perte de son œil en 1938 fait de son Autoportrait, peint sept ans auparavant, une œuvre prémonitoire : illustration des théories surréalistes, sa peinture revêt alors un caractère magique. La guerre va le contraindre, de par son statut de juif, sa situation irrégulière et son opposition à toute forme d’oppression fascistes et totalitaires, à entrer dans la clandestinité dans le sud de la France, ne pouvant émigrer aux États-Unis. Brauner invoque alors les doctrines les plus secrètes (tarot, alchimie, spiritisme, kabbale) pour se protéger de la France occupée en se réfugiant dans ce monde de rêve où la réalité n’a pas cours donnant à ses œuvres une dimension mystérieuse. Paradoxalement, cette période de frayeur et de dénuement matériel est d’une grande richesse d’invention techniques (l’usage de la cire et de matériaux de récupération) et de formes. L’après-guerre est marquée par une traversée de styles due à sa liberté recouvrée, sans atténuer les angoisses et les tourments des évènements qui l’entourent. D’autres influences se font sentir de la psychanalyse à la pensée sauvage à travers des cycles, comme les Victor de la série Onomatomanie, les Rétractés, puis Mythologies et Fêtes des mères. Il crée un langage nouveau pour donner à voir non pas le réel, mais les ressorts invisibles du monde. Le catalogue présente de nouvelles analyses sur l’artiste avec des contributions d’écrivain et historiens d’art tels Georges Sebbag, Fabrice Flahutez, Radu Stern, Sophie Krebs, Camille Morando et Jeanne Brun. Conçue par le Musée d’Art moderne, cette exposition sera ensuite présentée à La Barnes Foundation à Philadelphie d’octobre 2020 à janvier 2021.
(extrait du communiqué de presse)
Commissaire : Sophie Krebs
Commissaires scientifiques : Jeanne Brun et Camille Morando


Victor Brauner > ACCOUPLEMENT D'ÉLÉMENT


Victor Brauner > CONGLOMÉROS


Victor Brauner > LE SURRÉALISTE


Victor Brauner > L'APHRODISIEN


Victor Brauner >  PRÉVOLONTÉ, HÉSITATION


Victor Brauner > L'AIR SOLAIRE

lundi 17 août 2020

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Photographies © Sonia Marques

mardi 16 juin 2020

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Textiles © Sonia Marques

Recherches en continu, mes superbes tissus sont très différents. Je choisi de travailler du brillant et du mat et du velouté. Je suis toujours dans une ode maritime, de l'eau et des mouvements.

Le souffle : insuffler, respirer et nager, sont des actions propices à mes créations.

jeudi 11 juin 2020

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Dessin (extrait) - peinture (100 x 70 cm) © Sonia Marques

Les gorgones : Euryale et Sthéno (les immortelles) Méduse (la plus célèbre et la seule à être mortelle)

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Pas facile de faire une capture d'un grand dessin très minutieux, travail d'orfèvrerie, c'est du bijou !

Il n'y a plus de Janus, si la troisième entité est arrivée, elles me faisaient penser aux Gorgones.

Sthéno serait « puissante », Euryale « grand domaine » et la plus célèbre, Méduse « dirigeante », qui était mortelle, contrairement à ses deux sœurs qui ne connaissaient ni la mort ni la vieillesse.

Dans la mythologie, l'histoire des Gorgones :

Dans la culture moderne, Médusa est dépeinte comme un être méchant et cruel qui transforme quiconque rencontrant son regard en pierre. Mais beaucoup de mystères trainent autour de l’histoire de la Gorgone. Si elle est souvent dépeinte comme étant un être fondamentalement mauvais, d’autres versions de son histoire affirment qu’elle est en fait la victime des vicissitudes et du mauvais jugement d’êtres plus puissants qu’elle.

Médusa est l’une des sœurs Gorgone dans la mythologie grecque et est toujours décrite comme étant un monstre. Il a été dit que ses cheveux étaient faits de serpents venimeux et qu’un seul coup d’œil dans ses yeux pouvait transformer une personne en pierre. Les histoires décrivent souvent ses victimes comme figées sur place, conservées sous forme de sculptures de pierre pour toute l’éternité. En fait, en lisant ces histoires, il est évident que les Grecs de l’Antiquité avaient peur d’elle. Cependant, elle n’a pas toujours été comme ça. Son histoire a en fait commencé avant qu’elle ne devienne un monstre. Les trois sœurs Gorgones – Médusa, Esteno et Euryale – étaient les filles de Forcis et Ceto ; ou parfois, de Typhon et Echidna, selon les versions racontées. Dans les deux cas, ce sont des monstres du monde archaïque. Selon Hésiode, dans sa Théogonie, les Gorgones étaient les sœurs de Graeae, d’Echidna et de Ladon. Tous les frères et sœurs de Médusa étaient des monstres de naissance et, même si elle ne l’était pas, elle avait eu le malheur d’être transformée en la plus hideuse de toutes. Médusa et ses sœurs Gorgone vivaient à Hespérides, au-delà d’Oceanus. Des auteurs ultérieurs, tels que Hérodote et Pausanias, établissent le domicile des Gorgone en Libye. Des sœurs Gorgone, seule Médusa était mortelle alors que ses sœurs étaient immortelles. Des trois sœurs, seule Médusa pouvait également prétendre être belle alors que les deux autres sont apparemment hideuses. La malédiction de Médusa Bien qu’Hésiode raconte la fin tragique de Médusa, il n’en dit pas davantage sur la Gorgone. En revanche, un récit plus complet de Persée et de Médusa se trouve dans Les Métamorphoses d’Ovide. On y raconte que Médusa était à l’origine une belle jeune femme dotée d’une magnifique chevelure magnifique. Elle a été désirée et courtisée par de nombreux prétendants. Comme elle avait fait vœu de servir Athéna, elle était considérée comme inaccessible aux hommes qui la poursuivaient. Cependant, avant qu’elle puisse être fiancée à un mari potentiel, Poséidon la trouva dans le temple d’Athéna. Selon les différentes versions, certains racontent que Poséidon a réussi à conquérir Médusa. La version la plus courante raconte cependant qu’il l’a violé. Athéna fut très offensée par la violation de son temple sacré, et a puni Médusa en transformant ses belles tresses en serpents et en lui donnant le pouvoir destructeur de transformer en pierre toute personne qui la regardait directement. Les mythes décrivent sa transformation en monstre comme incroyablement douloureuse. Une fois sa transformation achevée, Médusa fut de condamnée à passer le reste de sa vie en isolement. Athéna la bannit dans une île isolée où elle ne serait plus en contact avec le monde extérieur. Son récit ne se termine pas avec son bannissement, cependant. Maintenant, les hommes ne la recherchent plus parce qu’ils veulent jouir de sa beauté. Ils l’ont poursuivie dans un but tout à fait différent : la tuer. Le mythe de Persée et de Médusa, selon Pindare et Apollodore, a commencé par une quête. Perseus était le fils de Danaé et de Zeus. Le père de Danaé, Acrisius, avait prédit que le fils de Danaé le tuerait. Alors Acrisius a enfermé sa fille dans une chambre en bronze, mais Zeus s’est transformé en une pluie d’or et l’a imprégnée quand même. Acrisius, ne voulant pas provoquer Zeus, jeta à la mer sa fille et son petit-fils dans un coffre en bois. La mère et le fils ont été sauvés par Dictys. C’était Dictys qui avait élevé Persée, mais ce fut le frère du roi Dictys, Polydectes, qui l’avait envoyé dans sa quête légendaire. Polydectes est tombé amoureux de la mère de Persée et souhaitait l’épouser, mais Persée protégeait sa mère, car il pensait que Polydectes était déshonorant. Polydectes a cependant réussi à tromper Persée ; il a organisé un grand banquet sous prétexte de collecter des contributions pour le mariage d’Hippodamia, qui a apprivoisé ses chevaux. Il demanda à ses invités d’apporter des chevaux comme cadeau, mais Perseus n’en avait pas. Quand Persée a avoué qu’il n’avait aucun cadeau, il a proposé d’offrir tout cadeau que le roi nommerait. Polydectes saisit l’opportunité de le déshonorer et même de se débarrasser de lui, et demanda la tête de Médusa. Avec l’aide d’Athéna et d’Hermès – qui lui avaient donné plusieurs armes dont des sandales à ailes magiques, un casque, un étui et un bouclier en forme de miroir – il a combattu la Gorgone et réussit à la décapiter en faisant en sorte que Médusa regarde dans le miroir de son bouclier. De sa tête décapitée jaillirent le cheval ailé Pegasus et le géant Chrysaor. Les sœurs de Médusa, les Gorgones, ont ensuite poursuivi Persée, mais n’ont pas réussi à l’attraper, car son casque magique le rendait invisible. Après avoir tué Médusa, il mit sa tête dans son sac, et il retourna à Seriphos. Cependant, lorsqu’il survola la Libye, des gouttes de sang de Médusa tombèrent au sol et se transformèrent immédiatement en serpents. On raconte que c’est pour cette raison que la Libye regorge de serpents. Après cela, Persée donna la tête de Médusa à sa bienfaitrice, Athéna, en guise de cadeau votif. La déesse la plaça sous l’égide de Zeus dans son temple. Bien que Médusa soit généralement considérée comme un monstre, sa tête est souvent considérée comme une amulette protectrice qui éloignerait le mal. Ainsi, l’image de la tête de Médusa peut être vue dans de nombreux artefacts grecs et romains subséquents tels que des boucliers, des cuirasses et des mosaïques. Une tête de marbre de Médusa, vieille de 2 000 ans, a par exemple été retrouvée il y a peu de temps dans un ancien centre commercial romain en Turquie. Aujourd’hui, l’image la plus connue de la tête de Médusa appartient au logo de la société de mode italienne, Versace.

vendredi 1 mai 2020

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Peintures © Sonia Marques

dimanche 19 avril 2020

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© Sonia Marques (peinture - 2019)


Dans l’ombre de la nuit

 

Le Soleil s’est définitivement couché. L’obscurité réduisait notre pouvoir, nous attendions le lever du jour comme promesse d’une lumière de l’action et de l’espoir. Mais le jour ne se lèvera plus. Il ne nous regardera plus de haut. Il ne désignera plus le compte du temps humain. La Lune a pris l’avantage, elle ne sera plus la soustraction de nos nuitées sur nos journées. Elle est notre seul espoir. Tu le sais, mon amour, la Lune a éclairé nos rapprochements, dans l’intimité cachée du jour après jour. Nous nous sommes abrités, lapins lunaires, désignés par la Lune, lorsqu’elle tombait sur les préjugés du jour. Nous avons inventé une ombre dans le nocturne, afin que la Lune devienne notre lumière. Le scintillement des étoiles parsemait nos draps insomniaques puis, notre imaginaire impétueux courrait dans les champs noctambules des délices chavirés à chaque métamorphose. Entrer dans la nuit et ne plus en voir la fin, s’éterniser en elle et tâter le paysage à l’aveugle. Sombrer sans pouvoir plus rien retenir et être transpercé par la Lune sans pouvoir percer le jour, sans plus aucun pouvoir. Consacrer notre amour au voyage des astres, dessiner des liens d’étoiles en planète, d’une galaxie à l’autre, sans plus aucun point d’émission, ni de limite entre l’être et le paraître. L’amour a confondu les hiérarchies, nous a fondu, nos sens crépusculaires interpénétrés. Tu le sais, l’extinction du Soleil a troublé nos représentations. Les rêves ont envahi notre réalité, anéantissant tous les calculs visibles à l’œil nu. Encore plus nus et invisibles aux autres, dénudés et sans arrêt frôlés par les rêves débordés par le divin, il y a toujours plus à voir que d’ordinaire. Nous avons trouvé, dans l’ombre de la nuit, de quoi toucher l’essentiel, un amour dont la clarté des horizons s’est évanoui et respire profondément dans le sublime, ce drap nocturne éternel, propice aux enlacements et caresses. Fermer les yeux en pleine nuit, se retrouver à l’ombre, en phase avec sa seule conscience. Nos paupières ainsi fermées rejoignaient toutes celles des autres. Les solitaires, les pouvoirs de faire disparaître, ils se dérobent à la possession. Les couleurs apparaissent dans la nuit avec un effort discret de variation. L’obscurité impose le contraste et les demi-teintes et les fantaisies espèrent naître avec exubérance de cette opacité silencieuse. Nous n’avions rien vu venir, nous sommes devenus cette pénombre, après une inertie et une fatigue lente, le jour avait pris nos forces, sans écouter nos sensibilités. Le rideau est tombé, la nuit nous a emporté, et nos angoisses avec, bercées, et chaleureusement bénies, le sommeil n’est pas notre ennemi. Pour récupérer des forces, il est même notre fidèle ami. L’amitié du sommeil a trompé les dépressions du jour, afin d’échapper à ses devoirs de paraître, le seul calendrier de l’être humain, basé sur les jours et non, les nuits. En fermant les yeux sur tous les mots d’ordre, solidaires, nous nous en sommes sortis, nous sommes nés de l’obscur, en accompagnant le vertige du monde. Désespérément improductifs pour les traces diurnes et les rois de la distinction, notre destinée s’abîmait, pour eux, dans l’indistinct et l’inquiétude. Notre décalage avec la norme, nous rapprochait des solitudes trop en mouvement, incontrôlables, sans obligation de reproduire le visible. Artistes amoureux, dans nos théâtres d’apparitions, dans l’ombre de la nuit, nous avions mis à distance le réel, pour mieux nous en souvenir et tracer dans notre mémoire sensible, les dessins rédempteurs, des phénomènes de l’amour. C’est dans cette promiscuité profonde et lunaire que la surface s’était engloutie et nous avait enveloppé ensuite, pour nous habiller de son invisibilité.
Tu ne me vois plus. Je ne te vois plus. Nous nous sommes perdus de vue.
Là, dans l’indicible, une seule certitude : je t’aime.

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