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mardi 16 juin 2020

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Textiles © Sonia Marques

Recherches en continu, mes superbes tissus sont très différents. Je choisi de travailler du brillant et du mat et du velouté. Je suis toujours dans une ode maritime, de l'eau et des mouvements.

Le souffle : insuffler, respirer et nager, sont des actions propices à mes créations.

jeudi 11 juin 2020

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Dessin (extrait) - peinture (100 x 70 cm) © Sonia Marques

Les gorgones : Euryale et Sthéno (les immortelles) Méduse (la plus célèbre et la seule à être mortelle)

*

Pas facile de faire une capture d'un grand dessin très minutieux, travail d'orfèvrerie, c'est du bijou !

Il n'y a plus de Janus, si la troisième entité est arrivée, elles me faisaient penser aux Gorgones.

Sthéno serait « puissante », Euryale « grand domaine » et la plus célèbre, Méduse « dirigeante », qui était mortelle, contrairement à ses deux sœurs qui ne connaissaient ni la mort ni la vieillesse.

Dans la mythologie, l'histoire des Gorgones :

Dans la culture moderne, Médusa est dépeinte comme un être méchant et cruel qui transforme quiconque rencontrant son regard en pierre. Mais beaucoup de mystères trainent autour de l’histoire de la Gorgone. Si elle est souvent dépeinte comme étant un être fondamentalement mauvais, d’autres versions de son histoire affirment qu’elle est en fait la victime des vicissitudes et du mauvais jugement d’êtres plus puissants qu’elle.

Médusa est l’une des sœurs Gorgone dans la mythologie grecque et est toujours décrite comme étant un monstre. Il a été dit que ses cheveux étaient faits de serpents venimeux et qu’un seul coup d’œil dans ses yeux pouvait transformer une personne en pierre. Les histoires décrivent souvent ses victimes comme figées sur place, conservées sous forme de sculptures de pierre pour toute l’éternité. En fait, en lisant ces histoires, il est évident que les Grecs de l’Antiquité avaient peur d’elle. Cependant, elle n’a pas toujours été comme ça. Son histoire a en fait commencé avant qu’elle ne devienne un monstre. Les trois sœurs Gorgones – Médusa, Esteno et Euryale – étaient les filles de Forcis et Ceto ; ou parfois, de Typhon et Echidna, selon les versions racontées. Dans les deux cas, ce sont des monstres du monde archaïque. Selon Hésiode, dans sa Théogonie, les Gorgones étaient les sœurs de Graeae, d’Echidna et de Ladon. Tous les frères et sœurs de Médusa étaient des monstres de naissance et, même si elle ne l’était pas, elle avait eu le malheur d’être transformée en la plus hideuse de toutes. Médusa et ses sœurs Gorgone vivaient à Hespérides, au-delà d’Oceanus. Des auteurs ultérieurs, tels que Hérodote et Pausanias, établissent le domicile des Gorgone en Libye. Des sœurs Gorgone, seule Médusa était mortelle alors que ses sœurs étaient immortelles. Des trois sœurs, seule Médusa pouvait également prétendre être belle alors que les deux autres sont apparemment hideuses. La malédiction de Médusa Bien qu’Hésiode raconte la fin tragique de Médusa, il n’en dit pas davantage sur la Gorgone. En revanche, un récit plus complet de Persée et de Médusa se trouve dans Les Métamorphoses d’Ovide. On y raconte que Médusa était à l’origine une belle jeune femme dotée d’une magnifique chevelure magnifique. Elle a été désirée et courtisée par de nombreux prétendants. Comme elle avait fait vœu de servir Athéna, elle était considérée comme inaccessible aux hommes qui la poursuivaient. Cependant, avant qu’elle puisse être fiancée à un mari potentiel, Poséidon la trouva dans le temple d’Athéna. Selon les différentes versions, certains racontent que Poséidon a réussi à conquérir Médusa. La version la plus courante raconte cependant qu’il l’a violé. Athéna fut très offensée par la violation de son temple sacré, et a puni Médusa en transformant ses belles tresses en serpents et en lui donnant le pouvoir destructeur de transformer en pierre toute personne qui la regardait directement. Les mythes décrivent sa transformation en monstre comme incroyablement douloureuse. Une fois sa transformation achevée, Médusa fut de condamnée à passer le reste de sa vie en isolement. Athéna la bannit dans une île isolée où elle ne serait plus en contact avec le monde extérieur. Son récit ne se termine pas avec son bannissement, cependant. Maintenant, les hommes ne la recherchent plus parce qu’ils veulent jouir de sa beauté. Ils l’ont poursuivie dans un but tout à fait différent : la tuer. Le mythe de Persée et de Médusa, selon Pindare et Apollodore, a commencé par une quête. Perseus était le fils de Danaé et de Zeus. Le père de Danaé, Acrisius, avait prédit que le fils de Danaé le tuerait. Alors Acrisius a enfermé sa fille dans une chambre en bronze, mais Zeus s’est transformé en une pluie d’or et l’a imprégnée quand même. Acrisius, ne voulant pas provoquer Zeus, jeta à la mer sa fille et son petit-fils dans un coffre en bois. La mère et le fils ont été sauvés par Dictys. C’était Dictys qui avait élevé Persée, mais ce fut le frère du roi Dictys, Polydectes, qui l’avait envoyé dans sa quête légendaire. Polydectes est tombé amoureux de la mère de Persée et souhaitait l’épouser, mais Persée protégeait sa mère, car il pensait que Polydectes était déshonorant. Polydectes a cependant réussi à tromper Persée ; il a organisé un grand banquet sous prétexte de collecter des contributions pour le mariage d’Hippodamia, qui a apprivoisé ses chevaux. Il demanda à ses invités d’apporter des chevaux comme cadeau, mais Perseus n’en avait pas. Quand Persée a avoué qu’il n’avait aucun cadeau, il a proposé d’offrir tout cadeau que le roi nommerait. Polydectes saisit l’opportunité de le déshonorer et même de se débarrasser de lui, et demanda la tête de Médusa. Avec l’aide d’Athéna et d’Hermès – qui lui avaient donné plusieurs armes dont des sandales à ailes magiques, un casque, un étui et un bouclier en forme de miroir – il a combattu la Gorgone et réussit à la décapiter en faisant en sorte que Médusa regarde dans le miroir de son bouclier. De sa tête décapitée jaillirent le cheval ailé Pegasus et le géant Chrysaor. Les sœurs de Médusa, les Gorgones, ont ensuite poursuivi Persée, mais n’ont pas réussi à l’attraper, car son casque magique le rendait invisible. Après avoir tué Médusa, il mit sa tête dans son sac, et il retourna à Seriphos. Cependant, lorsqu’il survola la Libye, des gouttes de sang de Médusa tombèrent au sol et se transformèrent immédiatement en serpents. On raconte que c’est pour cette raison que la Libye regorge de serpents. Après cela, Persée donna la tête de Médusa à sa bienfaitrice, Athéna, en guise de cadeau votif. La déesse la plaça sous l’égide de Zeus dans son temple. Bien que Médusa soit généralement considérée comme un monstre, sa tête est souvent considérée comme une amulette protectrice qui éloignerait le mal. Ainsi, l’image de la tête de Médusa peut être vue dans de nombreux artefacts grecs et romains subséquents tels que des boucliers, des cuirasses et des mosaïques. Une tête de marbre de Médusa, vieille de 2 000 ans, a par exemple été retrouvée il y a peu de temps dans un ancien centre commercial romain en Turquie. Aujourd’hui, l’image la plus connue de la tête de Médusa appartient au logo de la société de mode italienne, Versace.

vendredi 1 mai 2020

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Peintures © Sonia Marques

dimanche 19 avril 2020

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© Sonia Marques (peinture - 2019)


Dans l’ombre de la nuit

 

Le Soleil s’est définitivement couché. L’obscurité réduisait notre pouvoir, nous attendions le lever du jour comme promesse d’une lumière de l’action et de l’espoir. Mais le jour ne se lèvera plus. Il ne nous regardera plus de haut. Il ne désignera plus le compte du temps humain. La Lune a pris l’avantage, elle ne sera plus la soustraction de nos nuitées sur nos journées. Elle est notre seul espoir. Tu le sais, mon amour, la Lune a éclairé nos rapprochements, dans l’intimité cachée du jour après jour. Nous nous sommes abrités, lapins lunaires, désignés par la Lune, lorsqu’elle tombait sur les préjugés du jour. Nous avons inventé une ombre dans le nocturne, afin que la Lune devienne notre lumière. Le scintillement des étoiles parsemait nos draps insomniaques puis, notre imaginaire impétueux courrait dans les champs noctambules des délices chavirés à chaque métamorphose. Entrer dans la nuit et ne plus en voir la fin, s’éterniser en elle et tâter le paysage à l’aveugle. Sombrer sans pouvoir plus rien retenir et être transpercé par la Lune sans pouvoir percer le jour, sans plus aucun pouvoir. Consacrer notre amour au voyage des astres, dessiner des liens d’étoiles en planète, d’une galaxie à l’autre, sans plus aucun point d’émission, ni de limite entre l’être et le paraître. L’amour a confondu les hiérarchies, nous a fondu, nos sens crépusculaires interpénétrés. Tu le sais, l’extinction du Soleil a troublé nos représentations. Les rêves ont envahi notre réalité, anéantissant tous les calculs visibles à l’œil nu. Encore plus nus et invisibles aux autres, dénudés et sans arrêt frôlés par les rêves débordés par le divin, il y a toujours plus à voir que d’ordinaire. Nous avons trouvé, dans l’ombre de la nuit, de quoi toucher l’essentiel, un amour dont la clarté des horizons s’est évanoui et respire profondément dans le sublime, ce drap nocturne éternel, propice aux enlacements et caresses. Fermer les yeux en pleine nuit, se retrouver à l’ombre, en phase avec sa seule conscience. Nos paupières ainsi fermées rejoignaient toutes celles des autres. Les solitaires, les pouvoirs de faire disparaître, ils se dérobent à la possession. Les couleurs apparaissent dans la nuit avec un effort discret de variation. L’obscurité impose le contraste et les demi-teintes et les fantaisies espèrent naître avec exubérance de cette opacité silencieuse. Nous n’avions rien vu venir, nous sommes devenus cette pénombre, après une inertie et une fatigue lente, le jour avait pris nos forces, sans écouter nos sensibilités. Le rideau est tombé, la nuit nous a emporté, et nos angoisses avec, bercées, et chaleureusement bénies, le sommeil n’est pas notre ennemi. Pour récupérer des forces, il est même notre fidèle ami. L’amitié du sommeil a trompé les dépressions du jour, afin d’échapper à ses devoirs de paraître, le seul calendrier de l’être humain, basé sur les jours et non, les nuits. En fermant les yeux sur tous les mots d’ordre, solidaires, nous nous en sommes sortis, nous sommes nés de l’obscur, en accompagnant le vertige du monde. Désespérément improductifs pour les traces diurnes et les rois de la distinction, notre destinée s’abîmait, pour eux, dans l’indistinct et l’inquiétude. Notre décalage avec la norme, nous rapprochait des solitudes trop en mouvement, incontrôlables, sans obligation de reproduire le visible. Artistes amoureux, dans nos théâtres d’apparitions, dans l’ombre de la nuit, nous avions mis à distance le réel, pour mieux nous en souvenir et tracer dans notre mémoire sensible, les dessins rédempteurs, des phénomènes de l’amour. C’est dans cette promiscuité profonde et lunaire que la surface s’était engloutie et nous avait enveloppé ensuite, pour nous habiller de son invisibilité.
Tu ne me vois plus. Je ne te vois plus. Nous nous sommes perdus de vue.
Là, dans l’indicible, une seule certitude : je t’aime.

jeudi 16 avril 2020

❞Ð☺ яεмεμ♭ℯя ☂ℌℯ¥ ¢αη❝☂ ¢@ηḉ℮ł ⊥♄ℯ ṧ℘яїᾔ❡❞


Do remember they can't cancel the spring © David Hockney (2020, iPad drawing)


"Souvenez-vous qu’ils ne peuvent annuler le printemps"


Lettre du peintre David Hockney (16 avril 2020)

«Chère Ruth,

Nous sommes actuellement en Normandie, où nous avons séjourné pour la première fois l’année dernière. J’ai toujours eu en tête de m’organiser pour vivre ici l’arrivée du printemps. Je suis confiné avec Jean-Pierre et Jonathan, et jusqu’ici tout va bien pour nous. .Je dessine sur mon iPad, un medium plus rapide que la peinture. J’y avais déjà eu recours voilà 10 ans, dans l’East Yorkshire, quand cette tablette était sortie. Avant cela, j’utilisais sur mon iPhone une application, Brushes, que je trouvais d’excellente qualité. Mais les prétendues améliorations apportées en 2015 la rendirent trop sophistiquée, et donc tout simplement inutilisable! Depuis, un mathématicien de Leeds, en Angleterre, en a développé une sur mesure pour moi, plus pratique et grâce à laquelle j’arrive à peindre assez rapidement. Pour un dessinateur, la rapidité est clé, même si certains dessins peuvent me prendre quatre à cinq heures de travail.

Dès notre découverte de la Normandie, nous en sommes tombés amoureux, et l’envie m’est venue de peindre et dessiner l’arrivée du printemps ici. On y trouve des poiriers, des pommiers, des cerisiers et des pruniers en fleur. Et aussi des aubépines et des prunelliers. Dans l’East Yorkshire, nous n’avions qu’aubépines et prunelliers. Nous sommes tombés sur cette maison au grand jardin - moins chère que tout ce que nous aurions pu trouver dans le Sussex - comme une rencontre attendue et espérée depuis longtemps.

J’ai immédiatement commencé à dessiner dans un carnet japonais tout ce qui entourait notre maison, puis la maison elle-même. Ces créations furent exposées à New York, en septembre 2019. Mais étant fumeur, je n’ai pas d’attirance pour New York et n’y ai jamais mis les pieds.

Nous sommes revenus en Normandie le 2 mars dernier et j’ai commencé à dessiner ces arbres décharnés sur mon iPad. J’y suis en ce moment, avec Jonathan et Jean-Pierre. Depuis que le virus a frappé, nous sommes confinés. Cela ne m’impacte que peu, mais Jean-Pierre (Gonçalves de Lima, son bras droit, NDLR) et Jonathan, dont la famille est à Harrogate, sont plus affectés.

Qu’on le veuille ou non, nous sommes là pour un bout de temps. J’ai continué à dessiner ces arbres, desquels jaillissent désormais chaque jour un peu plus bourgeons et fleurs. Voilà où nous en sommes aujourd’hui.

Je ne cesse de partager ces dessins avec mes amis, qui en sont tous ravis, et cela me fait plaisir. Pendant ce temps, le virus, devenu fou et incontrôlable, se propage. Beaucoup me disent que ces dessins leur offrent un répit dans cette épreuve.

Pourquoi mes dessins sont-ils ressentis comme un répit dans ce tourbillon de nouvelles effrayantes? Ils témoignent du cycle de la vie qui recommence ici avec le début du printemps. Je vais m’attacher à poursuivre ce travail maintenant que j’en ai mesuré l’importance. Ma vie me va, j’ai quelque chose à faire: peindre.

Comme des idiots, nous avons perdu notre lien avec la nature alors même que nous en faisons pleinement partie. Tout cela se terminera un jour. Alors, quelles leçons saurons-nous en tirer? J’ai 83 ans, je vais mourir. On meurt parce qu’on naît. Les seules choses qui importent dans la vie, ce sont la nourriture et l’amour, dans cet ordre, et aussi notre petit chien Ruby. J’y crois sincèrement, et pour moi, la source de l’art se trouve dans l’amour. J’aime la vie.

Amitiés, David Hockney»

*

Ruth Mackenzie est une proche de David Hockney depuis sa mission en tant que directrice du London 2012 Festival , le programme culturel officiel des Jeux olympiques de Londres 2012 pour lesquels elle a été nommée CBE (l’ordre de l’Empire britannique). Confinée à Londres auprès de sa mère, elle raconte, en exclusivité pour Le Figaro, comment est née cette collaboration au long cours.

*

«Comme j’étais à Londres, j’ai vu les images qu’il a confiées à The Art Newspaper. Je lui ai écrit, le sachant en Normandie. Je lui ai dit que le confinement était beaucoup plus dur en France qu’en Angleterre et que ce serait une vraie belle idée de s’adresser à tous les Parisiens, à tous les Français privés de nature. Nous avions fait la même chose pour les JO de 2012. David Hockney nous avait donné une oeuvre - une vue de sa fenêtre, derrière une tasse de thé bleue, avec le profil d’un arbre en hiver sous la neige - pour soutenir ce programme culturel exceptionnel. Bouquet et premier grand évènement de ce festival, «David Hockney: A Bigger Picture», son exposition incroyable début 2012 à la Royal Academy of Arts de Londres avec ses paysages, ses arbres, ses tableaux énormes peints dans les bois et les collines de l’East Yorkshire. Je l’ai adorée. C’est donc la deuxième fois que je le sollicite. C’est un un peu impertinent, mais pour une bonne cause!

David Hockney est une personnalité extraordinaire. Il est extrêmement intelligent et d’une grande humanité. Il est aussi complètement nature, se comporte comme n’importe quel homme dans la rue. Il n’a pas de prétention, il dit ce qu’il pense, comme il le pense. Il m’a montré comment l’application Brushes de l’iPad marchait, comment il regardait un arbre et peignait directement, l’oeil fixé sur l’arbre, sans regarder son iPad avant d’appuyer sur la touche Replay et de voir la succession des coups de pinceau apparaître par magie. Pour nous deux, c’était un miracle! Nous étions saisis par ce que nous voyions, comme deux enfants pétrifiés dans la Cour d’honneur de la Royal Academy. Les artistes ont cette faculté de créer cette joie. Alors que tout le processus du London 2012 Festival a été difficile, tout avec David a été joyeux.

Est-il très anglais? Il vient de l’Ouest du Yorkshire, de la ville de Bradford, une ville industrielle, sinistrée et marquée par le chômage. Son frère a été maire de Bradford. Il a un humour très anglais. Il est très drôle. Mais c’est aussi un intellectuel, ce qui est mal vu en Angleterre. «Arty» en Angleterre est souvent une insulte, comme l’exprime la formule «arty farty» qui veut dire prétentieux, poseur, sans sagesse, sans pragmatisme, sans esprit pratique, avec une connotation homophobe. David n’a pas peur d’être un artiste, se soucie profondément de l’art, de ce qu’il se passe et des enjeux de la nature. Cette crise du COVID-19 implique de changer tout dans la marche du monde. C’est donc son moment».



"La source de l’art se trouve dans l’amour.

J’aime la vie."


samedi 21 mars 2020

α♭αᾔḓøη

C'était fin mai 2019, ma PP était née, hier je la tenais dans ma main, lumineuse, la plus petite peinture, j'étudiais les pangolins, les fourmiliers écailleux, et j'avais aussi des tendresses qui ne se laissent pas faire, m'exposant leurs manières, les plus belles expositions, des voyages immobiles, sans visiteurs, ni touristes.

Photographie de PP © Sonia Marques

Le vrai pouvoir c'est d'être tranquille.
Accepter la vie dans l'instant ne nécessite aucune théorie.
Le soir, le passage dans le sommeil.
Tout ce que j'ai voulu, désiré, contemplé, espéré, se meurt.
La jouissance la plus profonde.
Sombrer dans le sommeil et tout abandonner.
Aucune fortune ne vaut cette possibilité de sombrer.
*

Photographie © Sonia Marques

Quel cadeau les amis ! Sombrons, sombrons, abandonnons.

Dimanche 22 mars 2020 : Dernier croissant
Lundi 23 mars 2020 : Nouvelle lune

Laissons la lune libre

lundi 16 mars 2020

€ⅾωαяḓ ℋ☺℘℘ℯґ





















Edward Hopper, né le 22 juillet 1882 à Nyack dans l’État de New York et mort le 15 mai 1967 à New York, est un peintre et graveur américain. Exerçant essentiellement son art à New York, où il avait son atelier, il est considéré comme l’un des représentants du réalisme américain, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Au début de sa carrière, il a représenté des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages américains et de devenir un témoin attentif des mutations sociales aux États-Unis. Il produisit beaucoup d’huiles sur toile, mais travailla également l'affiche, la gravure (eau-forte) et l'aquarelle. Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime par contraste la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Dans une « ambiance métaphysique », en un monde devenu autre où la relation humaine est comme effacée, ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.


Edward Hopper déclarait en 1964, en préambule pour une interview sur NBC : "Je sais bien que des peintres contemporains vont manifester le plus grand mépris pour cette citation. Mais je la lirai quand même. Goethe a dit : "La fin première et dernière de toute activité littéraire, c'est la reproduction du monde qui m'entoure via le monde qui est en moi ; toute chose devant être saisie, reprise et recrée, assimilée et reconstruite sous une forme personnelle et originale". Pour moi, c'est le principe fondateur de la peinture. Et, je sais qu'il existe mille opinions différentes sur la peinture et que beaucoup objecteront que c'est dépassé et désuet. Mais, pour moi, c'est une vérité première." Ainsi, même si par facilité, et pour le distinguer des courants abstraits et expressionnistes, on rattache Hopper au réalisme comme Andrew Wyeth, puis les peintres du Pop'Art et de l'hyperréalisme, il convient de ne pas oublier la dimension abstraite et symbolique de son oeuvre. Celle-ci propose un constant va et vient entre l'extérieur et l'intérieur, entre un espace sans limites qui a toujours fasciné les artistes américains et sa rétractation sur l'individu isolé dans un monde clos. La maison près de la voie ferrée (1925) propose une version diurne de ce dialogue, Fenêtres, la nuit (1928) ou Un bureau, la nuit (1940) en sont les versions nocturnes.

(Citation sur un site dédié, avec un bon dossier complet... ici)

lundi 27 janvier 2020

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Femme couchée dormant

Félix Vallotton (1899) :  56,5 cm x 76 cm

L'art de la suspension...

Discret jusqu'à être secret....
Il donnait l'impression de promener son ennui, sans ennuyer personne...
Ses amis lui reprochait, amicalement, de ne pas être très effusif, il n'était pas d'une lecture très facile...

(citation du peindre Francis Jourdain)
Ce qui est retranché du monde... Vallotton enlève des détails, il introduit l'abstraction dans la figuration.
Ses gravures sont magnifiques. Il était aussi romancier et critique, très peu connu du grand public... français.
Valloton ne possède pas les femmes, nombre de nus de ce peintre, ce qui est rare, ne sont pas des femmes qui aguichent celles et ceux qui regardent ses nus.
Elles ne menacent pas les hommes dans leur virilité, en leur demandant d'être le maître à tous prix de la scène, de les dominer.
Elles sont aussi autonomes, et d'un riche intérieur. La plénitude, mais aussi une certaine forme de retranchement au monde s'expriment dans les ombres parfois angoissantes, mais aussi dans la lumière et les couleurs vives, étincelantes. Cette femme couchée dormant, me fait penser à Matisse, car il y a des motifs très présents, mais ses tissus forment un paysage d'émotions déformées, inaccessibles et silencieuses. Cet informe paisible, ce repos mérité, après de longues journées bavardes, signalées par ces tapisseries qui saturent toute la toile, me donnent ce sentiment de contemplation mais aussi de distance nécessaire à celle-ci : ne pas troubler, ni agir, juste contempler.
Une contemplation si simple, un accès déroutant, au silence retrouvé.

mardi 3 décembre 2019

яøмαη☂iṧღℯ

Thomas Cole


Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (Bolton-le-Moor, Lancashire, 1801 – Catskill, New York, 1848).

Sa famille émigra en 1819 d'Angleterre à Philadelphie, puis à Steubenville, dans l'Ohio. Cole travailla d'abord chez un graveur sur bois de Philadelphie ; ayant rejoint sa famille, il apprit ensuite les rudiments de la peinture auprès d'un portraitiste allemand nommé Stein. Vers 1822, il exécuta des portraits, sans grand succès, et travailla à quelques peintures religieuses. L'année suivante, il fréquenta la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie et eut sans doute connaissance, à ce moment, des paysages de Doughty et de Thomas Birch. Il s'établit peu après à New York (1825) et, après avoir effectué un voyage sur les bords de l'Hudson, exposa quelques peintures qui firent rapidement sa réputation ; Trumbull en acheta une et prévint William Dunlap et Asher B. Durand de sa découverte : ceux-ci firent immédiatement de même ; Cole était lancé et fut, en 1826, l'un des fondateurs de la National Academy of Design. De cette époque date le Dernier des Mohicans (1827, 2 versions : Hartford, Wadsworth Atheneum, et Cooperstown, New York State Historical Association), inspiré du roman de Fenimore Cooper, qui venait d'être publié. L'artiste fut dès lors tenu pour l'un des principaux paysagistes américains. En 1829, il s'embarqua pour l'Europe, où il resta jusqu'en 1832. Il exposa sans succès à Londres (Royal Academy et British Institution), visita Paris et l'Italie, séjournant longuement à Florence. Ce voyage eut une grande importance pour sa carrière. L'étude directe des maîtres anciens lui permit d'améliorer sa palette, et l'iconographie de ses tableaux se transforma. Outre de grands paysages panoramiques dans lesquels il se veut l'émule de Lorrain ou de Turner (The Oxbow [le Connecticut près de Northampton], 1836, Metropolitan Museum ; le Rêve de l'Arcadie, 1838, Saint Louis, City Art Museum), il exécuta des œuvres à sujets fantastiques (la Coupe de Titan, 1833, Metropolitan Museum) et philosophico-historiques (le Cours de l'Empire, 5 tableaux, 1836, New York, Historical Society, élaboré durant son voyage en Europe et commandité à son retour par le collectionneur new-yorkais Luman Reid ; le Voyage de la vie, première version, Utica, N. Y., Munson Williams-Proctor Institute, deuxième version, commandée par le banquier Samuel Ward, 1842, 4 tableaux, Washington, N. G. ; le Songe de l'architecte, 1840, Toledo, Ohio, Museum of Art). Cole retourna en Europe en 1841-42 et voyagea en France, en Grèce, en Suisse et en Italie. Il en revint encore plus désireux de créer des peintures religieuses, se convertit et vécut jusqu'à la fin de sa vie dans l'isolement des Catskill. Il y projeta une nouvelle série, The Cross and the World, jamais achevée, et réalisa des toiles telles que la Vue d'un lac américain (1844, Detroit, Inst. of Arts), la Croix dans la solitude (1845, Louvre), la Vision (1848, New York, Brooklyn Museum). Ces dernières œuvres, qui correspondent à une redécouverte du paysage américain, illustrent les théories que Cole avait exprimées dès 1841 dans un écrit poétique, Lecture on American Scenery. Thomas Cole est le principal représentant du romantisme américain en même temps que, par ses élèves, tels A. B. Durand ou F. G. Church, le fondateur de l'Hudson River School, groupe qui réunira différents paysagistes du deuxième quart du xixe s., aux États-Unis. Il est représenté principalement à New York (Metropolitan Museum et New York Historical Society) ainsi qu'à Washington, Baltimore, Chicago, Detroit, Hartford, Cleveland, Providence. Une exposition Thomas Cole a été présentée (Detroit, Institute of Arts) en 1996.

Sublimes paysages pour s'approprier sa destinée. Thomas Cole plaidait en faveur de la préservation de l’environnement naturel.


Une exposition soigneusement pensée met à l’honneur le fondateur de l’école de l’Hudson, Thomas Cole (1801–48), et inscrit dans une dimension internationale ce pionnier de la peinture de paysage américaine qui mérite d’être reconnu et apprécié des deux côtés de l’Atlantique. Après son succès au Metropolitan Museum of Art de New York, Thomas Cole: Eden to Empire [De l’Éden à l’Empire] est aujourd’hui à l’affiche à la National Gallery de Londres. À Londres comme à New York, les commissaires Tim Barringer et Elizabeth Mankin Kornhauser ont secoué l’image traditionnelle et nationaliste d’un peintre typiquement américain dont les sublimes paysages s’adressaient à une jeune nation de plus en plus prête à s’approprier sa destinée. Ils définissent un personnage plus complexe et pétri de contradictions, un immigrant ambitieux et conscient de sa position sociale, un homme imprégné des traditions religieuses et artistiques européennes et un grand admirateur des poètes romantiques, entre autres Byron. Loin de se faire le chantre de l’expansionnisme américain et en s'opposant à l’idéologie jacksonienne qui prévalait alors, Cole plaidait en faveur de la préservation de l’environnement naturel.


Thomas Cole a déjà une formation de graveur lorsqu’il émigre avec sa famille en Amérique à 17 ans, il y a exactement 200 ans. Pendant son adolescence, il s’était rendu compte des dégâts environnementaux causés par l’industrialisation dans son Lancashire natal. Principalement autodidacte, l’artiste commence par peindre des paysages sauvages, puis il décide à 28 ans de repartir pour l’Europe afin d’étudier les maîtres anciens en Italie et en Grande-Bretagne. Cole est parmi les premiers à mettre en relief la beauté et l’échelle majestueuse des paysages nord-américains qu’il cadre et allégorise de nouvelles façons tout en remettant en question les comportements couramment liés à l’exploitation de la nature. Il forme aussi la nouvelle génération de paysagistes américains, notamment Frederic Edwin Church et Jasper Francis Cropsey, montrant la direction qu’allait la peinture de paysage américaine. Toutefois ses élèves admiratifs projettent souvent dans leurs œuvres des valeurs très différentes des siennes, tendant à exalter le nationalisme et à présenter une vue harmonieuse de l’occupation humaine. Centrée sur la période 1832­–37 qui suit le premier voyage d’études de Cole en Europe, l’exposition de Londres regroupe plus de 35 esquisses et tableaux de l’artiste. Mort relativement jeune à l’âge de 47 ans, ce peintre prolifique a réalisé plus de cent tableaux dont nous ignorons le sort d’une partie d’entre elles. L’exposition réunit aussi quelque 25 toiles de ses contemporains britanniques, notamment J.M.W. Turner et John Constable, qui entrent en dialogue avec les œuvres de Cole et les situent en contexte. Cole avait fait la connaissance de ces artistes et soigneusement étudié leurs techniques.
(extrait de l'exposition canadienne - 2018)

mercredi 21 août 2019

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Photographie © JD & Kiwa

Photographie © Sonia Marques

Image du film français  "Perdrix" réalisé par Erwan Le Duc - 2019

Nous sortions de visions du peintre américain Edward Hopper, pour naviguer dans des décors que nous retrouvions dans un film contemporain, magique, au nom d'un oiseau. Traverser des images, des décors, vivre dans des peintures et des films enveloppés dans le choix le plus doux, celui de la solitude de Purcell...

dimanche 18 août 2019

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Dessins © Sonia Marques


Amore peniculus

vendredi 31 mai 2019

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PP - Petite Peinyure (© Sonia Marques - mai 2019)

Elle est arrivée comme par magie, elle vient de naître et très maladroitement son nom fut mal orthographié lors de sa saisie au clavier d'un ordinateur. Ainsi ce petit tableau bleu fut nommé : Petite Peinyure (ou PP)

C'est que les erreurs administratives sont des prétextes à la coupure de nourriture par surprise.
800 pièces d'étain pour vivre sur 2 mois par erreur, ressemble à une bévue, toute une culture signée d'un zélé, brouillon.
De pénurie en pénurie, c'est la peinyure qui réchauffe nos peines délicatement en chuchotant l'amour au dessus de tout.
C'est une erreur de frappe, c'est tout et c'est l'art d'une petite frappe décorée. Un ou une bête ? Immondice est son nom.
Mon salon des refusés est le plus honnête, pas le plus beau, pas assez prétentieux, mais le plus admirable et téméraire.

C'est que ce pépé cache la grande peinyure... Un pépé devient un nouveau né dans l'histoire toute récente, de la peinyure.

Seule Kiwaïda est en mesure de relater la découverte de ces spécimens, des œuvres approximatives.

L'inspiration est toute particulière, il y avait une lapine japonaise qui faisait un boucan d'enfer la nuit, tout était balancé par dessus bord de sa cage, les bouts de bois déplacés sans arrêt, ce trafic impressionnant posait des questions, elle grignotait son tapis férocement et bazardait tout son foin avec énergie, comme un petit personnage debout. Qu'est-ce que cela signifiait ? Auparavant elle avait réalisé des sauts de crabes dans son enclos, comme un cabri. Le mâle japonais était circonspect et écoutait avec attention ce remue-ménage, les pattes de devant sur le bord de sa litière, de sorte qu'il ressemblait à un Napoléon sur l'île de Sainte-Hélène visant le large... Et puis, il y avait un sentiment qui planait, celui de l'attachement, ou la peur du détachement, ou bien une excitation. Les désordres amoureux de Cafuné et Satori illustraient bien d'autres désordres : l'envie d'être attaché et la peur de se sentir abandonné, et la ferme volonté de réclamer de l'attention, des caresses, de soumettre son éconduit. Ces étranges bêtes, bien que stérilisées, avaient des sentiments amoureux de toutes sortes et aussi de la colère envers le, comment peut-on dire, conjoint, ou l'humain, ou le lapin ? Ils n'étaient qu'échos des sentiments amoureux des êtres humains. Êtres sensibles.

Je les avais prévenus : nous allons devoir faire des économies de foin, la moitié des pièces d'étain était déjà dépensée pour le toit (Heu non, la totalité en fait) Nous vivrons comme des bêtes, près de vous. Je m'en vais recycler vos petites pépites de chocolat.

Pourtant, lorsque cette peinture se créait, pas toute seule évidemment, Satori faisait du bruit, mais je ressentais juste des sensations étranges en moi depuis des échanges amoureux secoués de réflexions de solitudes séparées. Satori et Cafuné, séparés dans chacun leur petit théâtre de foin, répétaient la scène à leur manière. Et moi je faisais de la peinture, pardon, une petite peinyure. La nuit pourtant ce sont les êtres humains qui font le plus de bruit, de jeunes gens ivres racontent des histoires sans queue ni tête et chantent des refrains parasités par l'engouement de nouvelles connaissances hybrides. Ils sont bêtes et bien plus bêtes que les bêtes. Et puis, coup de théâtre : c'est Cafuné qui tape du pied et cela retentit comme une fin de non recevoir, puis un autre coup, puis un autre ! Cafuné brigadier veut du silence, c'est lui le maître de la nuit, il régule la circulation et remet de l'ordre dans son environnement. Le calme est revenu, la petite peinyure est arrivée. C'est un joli PP.

Le sexe n'est pas encore déterminé. Il ou elle, a tout de notre attachement, de nos couleurs de cet instant, fugace.
L'amour en un éclair.

dimanche 6 janvier 2019

¢ґé℘ʊṧ¢ʊL℮

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Félix Valloton "Coucher de soleil, marée haute gris-bleu" (1911)

Ce tableau est celui de Félix Valloton peint en 1911 "Coucher de soleil, marée haute gris-bleu". Nous le retrouvons dans le premier film "Un beau voyou" de Lucas Bernard sorti ces jours-ci, dans le genre policier élégant nous embrigadant dans les ficelles du recel des tableaux à la valeur intermédiaire, d'artistes contemporains. Coïncidence ce tableau est montré par le père d'une restauratrice, lors d'un dîner où le commissaire s'aventure à rechercher un voleur, amateur d'art. J'avais publié quelques œuvres appréciées de Félix Valloton l'été dernier sur ce blog, mais ne figurait pas ce coucher de soleil. Au moment de son apparition, dans le film, le père demande au policier s'il connait le peintre très connu qui a réalisé cette toile. Mon ami me dit que cette toile ressemble à la peinture que je suis en train de réaliser. En fait je n'avais jamais fait le rapprochement avec Valloton. C'est une interprétation de ma part, d'un ciel étoilé en Galice, un point où les constellations sont le plus visibles. Donc ce film me révèle une de mes références, génial ! L'histoire est celle de nos non-dits, dans notre société et de la fragilité du "dire", de se "décrire" aujourd'hui, quand l'identité se masque pour mieux vivre. En effet, le jeune voleur, l'amoureux  transit, sur la pointe des pieds, ne dit mot de son mode de vie, où il vit, dort, comment il vit, se nourrit, et s'il travaille. Il dit de lui-même qu'il est entre 2 truc, en recherche personnelle, une façon d'éliminer toute question trop intrusive jusqu'à ce que ses parents ne sachent même pas de quoi vit-il, ni qui est son entourage. Dans tout le film, et par ricochet, les familles que l'on découvre sont elles-mêmes à cette lisière, n'être pas bien repéré ni vu, ni compris d'une société qui attend toujours que soient ciblés les objectifs de vie, d'amour, d'emploi. Les parents partent à la retraite, mais aussi sur la pointe des pieds et les enfants ne savent rien de ce nouvel élan vers le vide à programmer et laissent ceux-ci abandonnés à leur sort et leur pièce évidée où juste un avenir jonché de maladie et de décroissance les attend, sans plus aucun contact avec la vie professionnelle d'avant. D'ailleurs les collègues sont les premiers à oublier ceux-ci, dès leur pot de départ et à les empêcher de revenir comme s'ils devenaient un spectre proche de la mort et que le travail, seul, fait oublier ce spectre trop brillant. Je pensais ainsi au crépuscule. Ce film est crépusculaire, lunaire aussi avec des visions somnambules, seules élévations que l'on peut entrevoir peut-être, de ces logements si chers et inaccessibles. Tout comme les objets, les petits vols des petits cambrioleurs, des petits poucets qui ne souhaitent nullement retourner dans les maisons de ces parents qui les ont abandonnés à un avenir bouché. Cette société où les grands de ce monde, ces parents ont volontairement transmis un avenir miséreux aux enfants, sans aucun espoir, ni une espérance de vie saine. Les enfants, sans emploi, diplômés et pas près de trouver un "job" sont eux-mêmes incompris de leurs parents, pas de vie stable, ni d'amour porteur, ni de carrière et ni d'enfant pour lesquels les parents auraient encore un job à venir après leur retraite : s'occuper des petits enfants. Toutes ces habitudes et normes sociales disparaissent dans ces logements minuscules dans les greniers de grands immeubles dont il faut payer l'énorme somme, et personne n'a les moyens de les pourvoir, malgré la file indienne mascarade qui laisse à penser que les agences vampires ponctionnent sans penser comment reconfigurer tout ce système qui mène à la mort, de l'emploi et l'économie, voire des constructions familiales. Alors que reste-t-il ? L'art, une valeur plus sûre où investir, pas dans les grands artistes qui ont la côte, non, dans les intermédiaires. Voici ce que nous dit le film. D'ailleurs le voleur surdoué connait bien les failles. Il sort des radars technophiles, et surfe sur les toits de Paris, belles épopées nocturnes et agiles, à la recherche de la toile et des collectionneurs, des notables, des restaurateurs, toute une filière dans l'ombre des terreurs d'aujourd'hui, de ce qui fait peur et attise les haines. Car ce voleur illumine le temps et le regard. Il nous encline à voir, à mieux voir le tableau. Le commissaire aiguise son histoire de l'art à travers ses souvenirs de visites de Musée avec sa femme défunte, l'art cela sert à cela, aux souvenirs. Donc ce père truculent insiste face à ce policier néophyte, afin qu'il dise ce qu'il aime ou n'aime pas dans les tableaux qu'il montre. Le policier hésite, trébuche, n'ose pas penser, ni dire son point de vue, il tâtonne dans le noir, car il est sommé de ressentir, réfléchir et dire, tout un art, de contempler, d'observation. Nous y sommes, c'est notre métier, celui de l'expérience du regard. Tout commencerait ainsi, qualifier ce que l'on voit, apprendre à voir. Qu'est-ce que le goût ? Est-ce de l'art moderne ou contemporain, est-ce récent ? Nombre de portraits avec de petits points des visages un peu surréalistes sont présents dans ce film. On ne sait toujours pas quel est l'artiste, dont le réalisateur a emprunté ses tableaux pour scénariser une exposition. Cela donne envie de refaire un tour aux Musées et expositions avec les amis, en parler, écrire un bout dessus, vivre de ces contemplations et passer des soirées à admirer les œuvres d'inconnus, découvrir de nouveaux noms, de nouvelles histoires, se sentir faire partie d'une très grande famille, et pas celle qui nous est présentée avec un écran géant qui trône au milieu des salons, le son à fond et nous abruti, non, la famille des inventions, de l'imagination, de l'observation, de la sensibilité. Oui car chacun son parcours, son histoire, ses observations, ses ressentis. Cela se travaille et cela fait grandir. Il y a bien d'autres fenêtres et ce n'est pas une chance de les connaître et les ouvrir, afin de découvrir des paysages, c'est un travail. Oui c'est un travail, c'est par nos efforts, notre obstination, notre appétence et nos facultés à voir ce qui demeure, pour le plus grand nombre, invisible. Ces vies sont sorties des radars et des politiques, à jamais. Toujours cultiver.

samedi 5 janvier 2019

℘ièḉ℮ṧ ⅾ‷øℝ

Cela mérite réflexion

Parle à mon pompon

Le sel de la vie

La fabrique des pièces d'or

Créer de la richesse

Et des rebus

Pétales, poudre magique, chaque geste compte, replier, secret, cuisine

Lotus

Barques qui flottent sur le ciel étoilé

Fuck la jalousie !

On s'en fou de mai 68 !

97 ans c'est beaucoup ! Avec toi c'est mieux <3

Photographies © Sonia Marques

Merci pour la chanson :

An-ton, I-van, Bo-ris et moi

Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi

moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi

Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi

Ivan, Boris et moi

1. Lors-que nous é-tions en-core en-fants
Sur le che-min de bruy-ères
Tout le long de la ri-vière
On cueil-lait la mi-ra-belle
Sous le nez des tour-te-relles
An-ton, I-van, Bo-ris et moi
Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi
moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi
Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi.

2. Le di-man-che pour al-ler dan-ser

On met-tait tous nos sou-liers
Dans le mê-me pa-nier
Et pour pas les a-bi-mer
On al-lait au bal à pied
An-ton, I-van, Bo-ris et moi
Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi
moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi
Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi.

3. Ça compliquait bien un peu la vie

Trois garçons pour quatre filles
On était tous amoureux
Toi de moi et moi de lui
L'une hier l'autre aujourd'hui

Au refrain

4. Dir' qu'au moment de se marier

On est tous allé chercher
Ailleurs ce que l'on avait
À portée de notre main
On a quitté les copains

Au refrain

5. Aujourd'hui chaque fois qu'on s'écrit

C'est qu'il nous vient un enfant
Le monde a beau être grand
C'est à peine s'il contient
Nos enfants et leurs parrains

Au refrain
Paroliers : Emile Stern / Eddy Marnay

jeudi 15 novembre 2018

¢ʟ☺ẘη тяḯ﹩⊥℮

C'est parti !

Elle pense avec des pinceaux ?

Olala qu'est-ce qu'elle fait ?

La nuit est tombée... je vais me coucher...

(Photographies © Barnabé l'impatient)

mardi 17 juillet 2018

ⅤÅḺℒ☮††☮И

Félix Vallotton, Soleil Couchant dans la Brume , 1911

Félix Vallotton, Soirée sur la Loire, 1923

Félix Vallotton, Coucher de soleil à Grasse, ciel orangé et violet, 1918

Félix Vallotton, La baie de Trégastel, 1917

Felix Vallotton, Paysage de la Creuse, 1925

J'aime beaucoup la peinture de Félix Vallotton et ses xylogravures. Je n'ai pas le souvenir, lors de mes études artistiques, d'avoir entendu son nom. Un article de Jaqueline Le Razan (Félix Vallotton : Un artiste étrange(r)?), lors de son exposition au Grand Palais en 2013-2014 (pas vue !) pose la question de sa mise à l'écart en France :

"Sa polyvalence artistique en irrite plus d’un. Originaire de suisse, Félix Vallotton  (1865-1925) a laissé à la postérité une œuvre abondante composée de 1600 peintures, 237 gravures et d’innombrables dessins. Et à ses heures perdues, l’artiste fait place à l’auteur. Vallotton échange alors le pinceau pour la plume et devient tour à tour critique d’art, essayiste et romancier.
(...)
Doté d’une sensibilité pour la ligne et d’un goût prononcé pour le décoratif, le peintre met en scène de mystérieuses représentations dans des ambiances feutrées. Afin de commenter la comédie humaine qui se déroule sous ses yeux, Vallotton démultiplie les styles et les supports. L’artiste bascule d‘une esthétique à une autre et ne cesse de surprendre le spectateur. Il retient d’Ingres la leçon du nu, d’Holbein le souci du réalisme et des Nabis la couleur.
(...)
Il semblerait donc que le mouvement de retrait si caractéristique de l’œuvre de Vallotton, cette distance que l’artiste établit entre son œuvre et le spectateur qui la contemple, soit projeté par le public français sur l’artiste lui-même. Félix Vallotton est perçu comme un étranger. Ce sentiment se cristallise d’ailleurs dans les nombreuses études consacrées à sa personne : il est le « Nabi étranger », il est « singulier », il est le « peintre de l’ambigu ».
(...)
Vallotton, était conscient de cet écart. Dans une lettre datant de 1898, envoyé depuis Paris, il écrit à son frère Paul, son confident et son premier marchand : « ma situation irrégulière ici devient intenable […] il est nécessaire que je la précise ; je vais donc demander ma naturalisation [….] je crois faisant cela, bien faire, car tel que je suis, je me sens trop à la merci de tout, et sans secours possible. Cela me paralyse aussi pour mes dessins et le titre d’étranger commence à devenir une gêne »
(...)
A l’aube de la première guerre mondiale, qui est accompagnée d’un endurcissement des valeurs nationalistes, Vallotton fait preuve de goûts suspicieux. L’étranger en vérité, dispose selon les critiques de l’époque d’un « goût trop allemand ». Admirant des peintres comme Holbein, Lucas Cranach et Albrecht Dürer, sa vision est trop sobre et n’est pas suffisamment « latine »[4]. Cette admiration est au demeurant partagé de l’autre côté du Rhin (les plus importants mécènes de son vivant sont allemands : Julius Meier-Graefe, Harry Graf Kessler, Otto Julius Bierbaum etc) et son influence sur les artistes allemands est irrévocable (Ludwig Kirchner, Bruno Paul etc). Aujourd’hui, cet héritage se perpétue à travers de nombreuses expositions destinées à l’artiste."



Félix Vallotton, La falaise de la grève blanche, 1913
Influencé par le peintre allemand Hans Holbein, Félix Vallotton (1865-1925) regarde les corps en clinicien, tenu par l'obligation de vérité héritée de son éducation protestante. Graveur et illustrateur subversif, dessinateur prolifique, peintre de portraits, de nus, de scènes mythologiques et de paysages, le peintre suisse est multiple. Fait rare, c’est aussi un homme de plume à qui l'on doit critiques d'art, essais, pièces de théâtre et romans. L'homme comme l'œuvre sont complexes.


Félix Vallotton, Hautes Alpes, glaciers et pics neigeux, 1919

"J'aurai toute ma vie été celui qui de derrière la vitre voit vivre et ne vit pas"

Voir documentaire : Félix Vallotton, la vie à distance (Bande-annonce)  : Une exploration de l'œuvre multiple de Félix Vallotton, peintre et écrivain suisse, qui, toute sa vie, se tint à l'écart du monde.


Felix Vallotton, Mont Blanc

Felix Vallotton, Mont-Rose, 1892

Felix Vallotton, Glacier du Rhône, 1892

Félix Vallotton, La Paresse, 1896

Félix Vallotton, Le beau soir, 1892


dimanche 24 juin 2018

ƒευ ∂εṧ αм@η⊥ṧ

Chez le rêve, ses mains, son bol, ses chats, ses ciels, sa lune

Chez les ponticauds, leur feu, leur joie

Chez les artificiers, leur folie, leurs couleurs

Dans mes photographies, mes peintures, mon regard

Aux amants, à l'amour

(Photographies © Sonia Marques)

samedi 12 août 2017

J℮ mℯ ﹩üїṧ ṧ℮яяé ʟα ρ℮їηтüя℮

Je me suis serré la peinture (Photographies © Sonia Marques)

dimanche 15 janvier 2017

†Ħ∃ ṔѦℐИ†∃ℛ$








































Vains vœux valeureux : Photographies © Sonia Marques






vendredi 30 septembre 2016

Ḱїƒf℮

Photographie: Michael A. Vaccaro (1960) Artiste : Georgia O’Keeffe, œuvre peinture : Pelvis Series, Red with Yellow (1945)

Dans cette 1960 photographie, l'artiste américaine Georgia O’Keeffe a soixante-treize ans. Elle pose à côté de sa toile, Pelvis Series, Red with Yellow (1945). Cette peinture fait partie d'une grande série de compositions faites entre 1943 et 1947 qui dépeint l'os d'un animal, (dans son intégralité ou en fragments). Habituellement O'Keeffe reproduit la couleur naturelle, le gris-blanchi de l'os, mais ici, elle la couleur change, de façon audacieuse, et fait apparaître l'image plus abstraite. En éliminant tous les détails superflus et tout sens et contexte, notre attention se concentre uniquement sur les éléments essentiels de la composition du vide de l'os à travers lequel un ciel d'or peut être vu. Son ami, le romancier Jean Toomer, fait remarquer qu'elle peint "l'univers à travers la porte d'un os."

C'est un petit livre de ses peintures acheté dans une braderie, lorsque j'étais adolescente, qui m'a fait découvrir ses œuvres. J'avais alors réalisé une peinture de 2 mètres sur 2, bleue et noire, d'une masse entropique et abstraite laissant apparaître un dégradé bleu jusqu'au blanc. C'était suite au décès de mon grand-père paternel au Portugal. Plus tard, cette peinture, est apparue dans le nouveau logement de ma sœur, en France, sans que je n'en sois informée, mais à l'envers. J'ai trouvé cette inversion très intéressante. Je découvrais l'abstraction à partir d'une figure et la possibilité de son interprétation, par d'autres, indépendant de ma volonté. Lorsque je regarde cette photographie, que j'ai choisie, je ne vois pas Georgia O’Keeffe, je vois ma grand-mère maternelle, espagnole, celle qui a vécu un peu à Cuba. Est-ce que l'on peut identifier ses grands-parents à des artistes ? Oui je pense, par leur vie, leur manière d'être, leur vision philosophique de la vie. J'aime cette photographie en particulier, car, de mon point de vue, ce n'est pas seulement une peinture que tient l'artiste de dos, c'est aussi un rideau, un nouveau décor. Grâce à Georgia, je découvre un nouveau décor, je passe à autre chose, la couleur, et c'est exactement, cette scène rêvée, qui me remet dans mes dessins, Mouvance. Il faut faire rideau, pour pouvoir continuer à créer, sans trop désespérer. J'ai eu l'occasion de voir les peintures de Georgia O’Keeffe dans les Musées, toujours une émotion. Je n'ai jamais vu d'exposition personnelle, alors à celles et ceux qui ont la possibilité... Prendre ce temps là.

Rupture et contre-pied : Se laisser enfermer était du reste, à l’évidence, ce qu’elle détestait le plus. Jeune femme, elle ne s’est laissé prendre par aucune des conventions de son époque, qui l’auraient voulue mariée et rangée alors qu’elle allait d’une université à une autre, d’abord comme élève, puis comme enseignante, à Chicago, à New York ou au Texas.

...

Si O’Keeffe commence à peindre Manhattan en 1925, c’est à la fois parce qu’enfin marié, le couple vient de s’installer dans un appartement au trentième étage d’un building avec vue panoramique, mais aussi parce que la jeune épousée se doit de rompre sans équivoque avec l’interprétation un peu trop freudienne à son gré que son époux diffuse de sa peinture. On pourrait poursuivre ainsi. O’Keeffe pratique la rupture et le contre-pied avec une volonté d’indépendance et d’expérimentation qui ne se soucie ni de plaire, ni d’être comprise.

...

Cette liberté est autant dans sa manière de peindre que dans ses voyages, et dans le renouvellement de ses sujets. Les formes, qu’elles soient humaines, florales ou minérales, sont définies par un dessin sinueux et ininterrompu qui synthétise en simplifiant. De l’observation du sujet, si attentive soit-elle, il s’avance vers une stylisation qui se passe de tout le superflu. Une maison est un rectangle et sa porte un autre rectangle. Un os pelvien est une forme blanche percée d’un ovale. Les cornes d’un cervidé mort sont des courbes symétriques. Les nuages vus d’avion sont des hexagones blancs réguliers sur fond bleu, une sorte de pavement céleste que l’on découvre avec stupeur. La toile date de 1963. A cet âge et en dépit de problèmes de vue, O’Keeffe trouve un motif qu’elle n’avait pas encore traité, conséquence de ses voyages en avion entre la Côte est et Santa Fe.

La couleur est traitée avec la même netteté et la même intensité, qui fait de temps en temps penser aux toiles les plus éclatantes de Gauguin dans le Pacifique. Rose fuchsia, pourpre, rouille, jaune jonquille, jaune citron : ce sont les nuances des sols et des falaises, des sédiments ravinés des bad lands et des calcaires et des grès des mesas – les tables dont les horizontales découpent l’espace en bandes parallèles. A moins que les pentes soient d’une noirceur de cendre sous des nuages aussi sombres, quand les rivières ressemblent à des éclairs et les nuées à des fleurs de coton. Les séries qu’O’Keeffe consacre dans les années 1940 à Black Place, en pays navajo, et à White Place, dans la vallée de la Chama River, sont simplement admirables.


...

Extrait de l'article de Philippe Dagen : L’artiste américaine Georgia O’Keeffe, la nature jusqu’à l’abstraction, paru dans Le Monde du 30.09.2016

Une exposition de Georgia O’Keeffe (1887-1986), a lieu ces jours-ci à la Tate Modern, Bankside, Londres, jusqu’au 30 octobre.




Shirley Jaffe :  Horizons, 2012, Huile sur toile, 146 x 114 cm

Mon ami vient de m'apprendre que l'artiste peintre américaine Shirley Jaffe est décédée à Paris ces jours-ci, elle avait 93 ans. Nous avions découvert son travail et revisité son parcours, il y a quelques temps et regrettions de ne trouver aucune édition qui respecte ses couleurs. Bientôt alors. La galerie parisienne Obadia la représentait. Swing et papivole.

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