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24/06/2018

ƒευ ∂εṧ αм@η⊥ṧ

Chez le rêve, ses mains, son bol, ses chats, ses ciels, sa lune

Chez les ponticauds, leur feu, leur joie

Chez les artificiers, leur folie, leurs couleurs

Dans mes photographies, mes peintures, mon regard

Aux amants, à l'amour

(Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 13:26

11/04/2018

ṔÉ℃Ѧℛi ÐÜ CℋѦ℃ϴ

Tes rêves sont plus doux que les questions posées
Tu ne pourras jamais exprimer ceux-ci
Ils te poseront toujours les mêmes questions
Quelle exposition avez-vous vu dernièrement ?
Le zoo de Vincennes
Quelle exposition d'art ?
Le zoo
Au cordonnier on ne posera pas la question
Avez-vous déjà vu une chaussure ?

Savez-vous qu'il existe des Musées en France où il n'y a que de l'art
40, 50 60 ans je suis un enfant
Je ne suis pas encore née
Ils me regardent comme un bébé
Et je réponds
Areu areu

Ce monde est absurde et il oublie qu'il ne sait rien
Et qu'aucune réponse ne pourra le rassurer
areu
areu


Est-ce vraiment primordial un livret d'étudiant ?
Non, ni même d'étudier

Allons au zoo, nous sommes en cage
Les perruches indiennes à collier nous narguerons
Elles ont tout compris

Pensées à Pépin

Photographies ci-dessus © Sonia Marques

Merci Céline © Photographie ci-dessus

Par kiwaïda at 20:48

12/03/2018

∀ṧρℌ⑂✄їε

etouf01.gif

En observant toutes ces directions d'écoles d'art, ces expositions artistiques en France,
tous ces projets débiles, et sur le numérique, ces @, et ces @,
et l'état d'urgence attentat qui empêche toute circulation et nomadisme :
désir profond de partir de ce pays, étouffement, entre-soi, manque de circulation,
d'air de bonheur !

Je suffoque !



baleine3.png

La robe à baleines...
« Je m’appelle baleine. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n’ayant plus d’argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l’envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l’eau. C’est ma façon à moi de chasser le cafard et de me purger le sang. Quand je me sens des plis amers autour de la bouche, quand mon âme est un bruineux et dégoulinant novembre, quand je me surprends arrêté devant une boutique de pompes funèbres ou suivant chaque enterrement que je rencontre, et surtout lorsque mon cafard prend tellement le dessus que je dois me tenir à quatre pour ne pas, délibérément, descendre dans la rue pour y envoyer dinguer les chapeaux des gens, je comprends alors qu’il est grand temps de prendre le large. Ça remplace pour moi le suicide. »
En hommage à Herman Melville, Moby Dick (1851)


Par kiwaïda at 21:31

07/03/2018

ϟÜṔℰℛ ∃ℒℒ∃

super-elle.jpg

Image de l'île Supershe…

Have you ever wanted to run away to a deserted island, breathe fresh air, swim naked in the sea, and sleep under the stars ?

Commençons par le début et non par la publicité. Kristina Roth est une cheffe d’entreprise américaine, PDG de Matisia Consultants, une société classée parmi les dix plus rentables du monde en 2015 par Forbes. Elle a acheté une île finlandaise dans l'idée commerciale d'en faire un hôtel réservé aux femmes. Dans la publicité, l'idée se transforme en l'imagination d'une île refuge pour les femmes sans aucune présence d'hommes, afin qu'elles puissent "se concentrer sur elles-mêmes, sans personne pour réveiller leurs hormones. Il s’agirait de favoriser le rassemblement de femmes afin d’entretenir leurs rêves et préserver les désirs de chacune." Kristina Roth explique son concept depuis son observation sur les femmes qui passent leurs vacances avec des hommes et ne se reposent pas véritablement ne ne peuvent se détendre. Son récit se lit sur tous les magazines pour lancer son projet qui serait né de son observation si fine qu'elle se résume à ceci :
- Lorsqu'une femme voit un bel homme, elle ne pense qu'à se mettre du rouge à lèvre, (cqfd) quand les hommes se mêlent aux femmes, la séduction est omniprésente.

Si cette conceptualisation arrive en ce moment, c'est qu'elle peut servir un marché juteux, sous couvert du "ne laissez pas vos hormones prendre le contrôle". Un petit côté "castratrice" à peine déguisé. Ainsi, cette île, reviendrait à ne plus se maquiller (mais se maquiller quand même, on le verra plus tard) Le nom de cette île finlandaise : SuperShe. C'est aussi, pour cette fondatrice, de créer un réseau afin de recenser à travers le monde les femmes qui seraient intéressées par le projet. Ce havre de paix qui exclut les hommes sera ouvert à la réservation dès juin 2018 ! 

“Women need to spend time with other women. Being on vacation with men can cause women to become sidetracked, whether it’s to put on a swipe of lipstick or grab for a cover-up. We want SuperShe Island to be rejuvenating and a safe space where women can reinvent themselves and their desires. A place where you can recalibrate without distractions”

Cela marche déjà, car ce projet a provoqué des critiques criant à la discrimination envers la gente masculine, on y voit ainsi une "interdiction" faite aux hommes. Dans notre monde occidental avec les campagnes des #metoo et #balancetonporc, on peut dire que ce projet arrive à point et va donc bien fonctionner (pour qui, c'est autre chose) Les critiques portaient aussi sur l'éventualité que ce projet serait porté par une lesbienne qui a eu une lubie afin de rassembler des femmes, lesbiennes qui s'ignorent ou se revendiquent ou fantasment l'homosexualité. Kristina Roth a donc dû soutenir qu'elle aimait les hommes, en bonne hétérosexuelle. Donc le marché tient toujours ses promesses. Quel est ce marché ? Si l'on part du constat que 85 % des femmes dépensent tout l'argent des ménages et que le capitalisme développe beaucoup de projets pour s'adapter aux besoins (en inventant de nouveaux besoins en réalité) et aux modes nouvelles, il en est une mode nouvelle : le féminisme. Et ce féminisme, dans notre monde capitalisme tiendrait toutes les nouvelles promesses d'un monde meilleur pour toutes les personnes aux pouvoir d'achat assez conséquent.

En découvrant ce projet, je me suis dit que c'était assez ingénieux. Spécialiste des îles, j'ai trouvé cette nouvelle prison attractive, mais je n'avais pas vu les images (ni entendu la musique de fond du site) et j'ai commencé à m'imaginer, sans penser une seconde que je n'avais ni le fric, ni ne serait jamais sélectionnée pour passer mes vacances dans cette île privatisée, me balader sans regards masculins. Comme exactement on peut le faire dans nos contrées, où il y a peu de vacanciers et de touristes à vrai dire, dans tout ce qui n'est pas montré ou exposé aux publicités.

Mais très vite, j'ai aussi pensé à être confrontée aux regards féminins, de toutes ces femmes inintéressantes avec leur maquillage "naturel" et leur sac Gucci, tel que la publicité de cette île le montre, des mannequins partout (donc profilées pour plaire aux hommes) très sveltes et toutes un peu semblables, blondes aux dents blanches (quoique là oui je pourrai y figurer, mais sans l'aide de Gucci). Et là j'ai commencé à me dire que cela deviendrait l'horreur, un peu comme une île au bagne (comme celle dont j'ai écrit un article, l'île du Salut des prisonniers) Surtout si je croise une femme, une directrice par exemple, qui aurait harcelé d'autres femmes jusqu'à leurs faire perdre leur emploi, jusqu'à arrêter leurs carrières, usant d'un droit inventé, celui d'être plus riche (et plus bête mais ça le capitalisme ne le dit jamais) et parce que ces autres femmes lui feraient de l'ombre. Après il faut assumer la pleine visibilité de ses actes odieux, sous le soleil Satan lubrique... Voilà, la sélection entre riches me faisait penser plutôt qu'à cette idée d'interdire aux hommes l'accès à ces vacances de rêve pour les femmes, l'interdiction aux pauvres d'y participer.

Un accès réservé aux riches femmes. Et là je me suis dit que non, je n'ai pas du tout envie de passer des vacances avec des femmes matrones, dans ce matronat professionnel. Surtout lorsque j'ai lu que Kristina Roth autorisera peut-être des hommes à venir dans cette île. On y est ! Mon œuvre d'anticipation, bien nommée, "La reine" (et son texte de fiction "L'orphelinat") fera de nouveau office de représentation contemporaine de ce monde en changement.

J'avais un sourire tout de même en voyant cette publicité qui favoriserait l'épanouissement des femmes sans les hommes (donc exit le harcèlement de rue, enfin, de plage ! Une idée de génie pour notre gouvernement qui va tenter de trouver plein de trucs à dire pour le 8 mars, c'est-à-dire demain !) donc sans être importunées tous les mètres, afin de se promener tranquillement, sans mecs qui crient : "Jte suce, jte suce" comme j'en rencontre chaque semaine pendant mes vacances…) J'avais un sourire car j'imaginais que si j'étais sur cette île finlandaise, SuperShe, je ne croiserais pas nos françaises si attachées à être importunées par des obsédés sexuels (et non des hommes), ni Catherine Millet (qui représente un petit milieu artistique ringard), ni Catherine Deneuve (qui représente un petit milieu cinématographique ringard) et c'est vrai que cela présageait déjà de bonnes vacances ;.) Et cela me faisait bien sourire de penser que ces Catherines, symboles de notre pays au rut valorisé, n'auraient plus rien à faire là-bas, ne sauraient même comment se comporter si elles n'étaient plus confrontées au risque d'être violées, d'être frottées, ou même juste regardées par des hommes de tous bords (et les migrants bien-sûr) et ne plus se sentir en compétition avec leurs homologues femmes afin de retenir l'attention de l'un d'entre eux, un homme dévoué à la cause des femmes… Pauvres Catherinettes… À moins que ce ne soit en fait, une vraies île de Catherinettes !!! Elles continueraient ainsi de fantasmer l'arrivée d'un homme qui émet des jets d'urine et dépose ses petites crottes noires partout et se frotte le menton sur tout ce qu'il trouve pour marquer son territoire (je m'égare, c'est le comportement de mon petit lapin dont la libido s'est déclarée, qui me faisait penser à quelques hommes… et dont la castration fut obligatoire au risque du harcèlement sur ma petite lapine… Sacré 8 mars de castrations !!!) Oui cela deviendrait assez dingue toutes ces femmes frustrées, ensemble, hétérosexuelles, qui, en secret, rêveraient d'être enlevées par le premier venu. Cela me rappelle quelque chose… La cellule familiale et comment a-t-on imaginé le prince charmant venant enlever la jeune fille à ses parents (avec quelques billets pour montrer "qu'il en a", afin de perpétuer le modèle patriarcal, jeune fille chez papa, jeune femme chez mari, mère et déjà placardisée) En jouant avec les stéréotypes on fini par trouver des scénarios d'îles de femmes… Une île des hommes interdite aux femmes… Non, cela existe déjà, évidemment les hommes ont pensé à tout même les sociétés offshore, et les sociétés secrètes maçonniques interdites aux femmes.

Et puis, je pensais qu'en fait, notre société m'a toujours séparée de mes conjoints, afin que je puisse travailler ou même passer des vacances. Et la seule île dans laquelle je souhaiterai passer des vacances, ce serait avec mon amoureux. Oh c'est beauuuuu <3

SuperShe est une conception des intérêts regroupés. Combien n'avons-nous pas été témoins de ces intérêts groupés ensemble qui excluent l'amour, au sens celui altruiste, du don. Des intérêts secrets ou obscurs font que l'on peut se trouver exclu.e (vive l'écriture inclusive !) lorsque nous n'avons pas d'intérêt commun, de placement héréditaire par exemple. La lutte des successions que l'on observe actuellement dans notre pays de stars défuntes après les avoir consacrées au plus haut niveau de l'État, en leur offrant les Champs Élysées comme enterrement national est toujours cette lutte pour l'argent, avoir plus, délaissant l'amour à un parfum d'antan naïf. C'est "notre" modèle social, c'est celui favorisé par notre gouvernement actuel, avec un vernis sincère "Que je t'aime, que je t'aime", scandé pour le public, nous les populaires devenus (oui nous avons été rebaptisés "populaires", tous ceux qui ne connaissaient pas les sociétés Offshore) Nos traditions c'est un peu notre devoir conjugal. Non, tu ne choisis pas qui tu aimes, tu te fait violer par nos traditions, c'est le devoir conjugué à notre façon. Il ne faut pas s'étonner que les plus pauvres n'obtiennent aucune réponse à leurs questions, lorsque les plus riches les remplacent par leurs amis. Car ces derniers sont médaillés par notre gouvernement et ces médailles, faute d'être dans l'idée d'un mérite particulier, ces médailles décernées par le pouvoir, sont celles des lègues familiaux. Seules les familles bien nées sont autorisées à officier dans nos sociétés et légiférer. Et puis les rejetons idiots, il faut bien les placer, quand même, quelque part, dans des directions, dont on ne parlera jamais sinon la réputation familiale... finito.

Nous pouvons penser que les discours féministes avancés par notre gouvernement et toutes ces mesures dont les applications n'ont jamais vues le jour et ne le verront jamais (tant d'années et de changements de gouvernement et chaises musicales nous garantissent un gavage médiatique des meilleurs), sont de nouvelles chapes de plomb pour éviter que des individus qui ne figurent pas sur les listes familiales des lègues ne puissent jamais parler, vivre, écrire, s'épanouir, témoigner de leur vivant. Lorsque j'ai vu cette idée du rubans blanc apparaître partout dans les médias pour être apposé comme décoration sur les robes des femmes invitées au Césars (manifestation du cinéma français aux trophées de la sculpture de bronze de César, l'artiste défunt marseillais, l'homme, le vrai, celui qui compresse et expanse…) et sur les costumes de tous ces hommes riches, prêt à épouser en un clin d’œil la cause des femmes, sans même sourciller, comme s'ils épousaient la venue d'un nouveau vin, d'une nouvelle vigne, je me suis dit, c'est comme une lettre à la poste dont on a jamais apposé les noms des destinataires, mais seulement ceux des expéditeurs. Et lorsque l'on observe que cette manifestation n'est ni engagée ni n'a de mots intelligents, c'est comprendre que ces décorations sont des outils de propagande pour déculpabiliser les milieux les plus riches. C'est comment mieux surfer sur la vague des #metoo, sans jamais avoir à prononcer un seul mot véritable sur sa position, son parcours, son engagement. Aux États-Unis, avec leurs Oscars (même manifestation dédiée au cinéma américains) ils ne pouvaient que faire mieux, surtout en nommant Frances McDormand, meilleure actrice, qui a remporté le deuxième Oscar de sa carrière pour sa performance dans le film Three Billboards, (Les Panneaux de la vengeance, très bon film que je recommande) Non, en France on s'endort sur l'actrice qui doit parler de son rubans blanc et s'emmêle les pinceaux tellement l'analyse n'est pas encore faite entre les "vieux", "les viols" et "les violences faites aux femmes" et abrège son discours pour s'enfoncer dans son fauteuil et rester muette. Car oui, en France, il est écrit, "à l’occasion de la 43e cérémonie des César, ce vendredi 2 mars 2018, les 1700 invités portent un ruban blanc pour soutenir les femmes victimes de violences. Une façon simple et silencieuse d’exprimer sa solidarité."  Simple et silencieuse… Tout un programme politique. Mais il faut rester au Paradis et non parler de l'enfer, ce n'est pas très vendeur pour les "vieux", "les viols" , heu, non les violences, merde !

Une actrice française qui en remplace une autre française (aux rôles bienséants de féministes) qui fut tuée sous les coups de son chanteur amoureux français, avec cet autre vernis sincère "Le vent l'emportera... et tout ira bien" (paroles du tueur de femmes que l'on a entendu des années dans tous les supermarchés après son féminicide et le suicide de son ex femme... c'est dire l'analyse des médias en France) Oui, nous on a ça, ici et aucune personne invitée n'a même pensé faire la connexion avec le rubans blanc. Qu'il soit vert, jaune ou rouge n'aurait rien changé, si celui-ci n'avait déjà eu une histoire depuis les années 90 (White Ribbon Campaign), qu'aucune n'a eu le courage de rappeler, mais juste copier la déco. piquée à un autre pays. Ha ! Le Canada ! Beau pays.

Au Canada, suite à la tuerie de l’École Polytechnique de 1989, des hommes fondent, à l’automne 1991, The White Ribbon Campaign, la « Campagne du Ruban Blanc », contre la violence à l’égard des femmes. Institué en 1991 par le Parlement du Canada, en mémoire des 14 jeunes filles assassinées ce jour-là, le 6 décembre devient la « Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes ». C’est une occasion de réfléchir à ce phénomène de société et de penser aux femmes et aux filles qui sont aux prises avec la violence masculine au quotidien. Le 6 décembre est devenu une date significative de la lutte contre les violences faites aux femmes. Chaque année les féministes commémorent dans tout le pays, le massacre antiféministe du 6 décembre 1989 en portant un ruban blanc ce jour-là.

Il faut comprendre que partout dans le monde, le terme de fémicide est entendu et inscrit. Femicide,  en anglais, est un mot-valise constitué des termes « female » (ou « féminin ») et « homicide », sur le même modèle que « parricide » ou « infanticide ». Il a été popularisé par deux féministes, Jill Radford et Diana Russell, qui ont publié en 1992 le livre Femicide, The Politics of Woman Killing (en français : « l’aspect politique du meurtre des femmes »). Fréquemment utilisé en Amérique latine et repris par des instances internationales, comme l’Organisation des Nations unies (ONU) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais en France, le terme de féminicide, est entré dans le dictionnaire que très récemment et encore, il n'est pas accepté dans le langage courant, ni en politique, malgré des faits-divers aux crimes classés féminicides (lire les contradictions du tueur français qui a étranglé sa femme et qui, après l'avoir tuée ou brûlée, a maquillé sa mort auprès de tous ses proches et des médias en inventant le stéréotype le plus répandu en France : qu'elle fut tuée pendant une séance de jogging ; puis, après avoir avoué le meurtre, a fait passer l'idée que la victime c'était lui et que sa femme morte était l'accusée coupable, avec un avocat complice de la propagation du féminicide bien français : les femmes sont coupables, même tuées par les hommes / les hommes se défendent en tuant leurs épouses, car elles ne méritent pas d'exister trop longtemps) Mortes les femmes, les hommes parlent et écrivent à leur place. Ils les remplacent.

Dans plusieurs pays d’Amérique latine, le féminicide est la circonstance aggravante du meurtre, lorsqu’il est commis sur une femme par son mari ou son ancien compagnon. Les pays dont le code pénal mentionne le féminicide sont la Bolivie, l'Argentine, le Chili, le Costa Rica, la Colombie, Salvador, le Guatemala, le Mexique et le Pérou. Les très nombreux meurtres de femmes à Ciudad Juarez, au Mexique, sont qualifiés de féminicides. Dans certains pays d'Asie, en particulier la Chine, l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan, la naissance des filles est combattue pour diverses raisons, conduisant à un déficit de femmes. Les crimes d'honneur sont généralement des féminicides. (Source : Wikipédia)

Donc aux Césars : 1700 invités portent un ruban blanc. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est le nouveau "Nous sommes Charlie" ? On peut ainsi se dédouaner de parler, lutter, crier, avec une décoration ? D'un seul coup on est transformé d'un coup de baguette magique gouvernementale, on devient simple et silencieux, faisant partie de la grande muette. Le féminisme m'apparaît de plus en plus devenir un outil de propagande qui empêche les luttes de classe de continuer leur travail. Ce féminisme "chic" et "bienséant", parfois aux couleurs des lesbiennes, parfois des théoriciennes, car dans la pratique, peu (de femmes et d'hommes) luttent, se saupoudre au gré des annonces de presse, en toute indécence, par groupement d’intérêts. Car s'il y avait réellement des luttes, aujourd'hui, nous n'en serions pas à imposer l'écriture inclusive dans les établissements scolaires où les femmes sont exclues et ne peuvent comprendre cette lubie des riches, ni imposer des expositions d'affiches contre les violences faites aux femmes des années 68 dans des établissements où l'on licencie des femmes ou on les pousse à la démission, avec l'arsenal du harcèlement moral, sexuel, et les discriminations si sourdes et si efficaces, ou "simples et silencieuses", qui ne laissent aucune trace. Bientôt on va faire plancher les femmes sur un Panthéon matriarcal, histoire de les faire un peu stationner dans la salle d'attente, après les avoir confinées dans le seul espace proposé : baptiser des noms féminins de rues afin que l'on ne remarque pas trop que toutes les rues et avenues et faubourg et autres, en France, sont baptisés de noms masculins. Alors elles ont planché, recherché des noms illustres de femmes ayant inventé un truc (ou que les hommes ont reconnu qu'elles ont un peu aidé leur conjoint) et cela prend du temps de cerveau qui ne sera pas utilisé pour des causes plus grandes et à visée de réelles transformations sur le monde.

Ne vous étonnez pas de recevoir, de la part de collègues qui vous ont exclu du monde du travail, et de collègues femmes, lors du 8 mars, des messages bienséants pour la journée des droits de la femme. Ne vous étonnez pas d'observer des hommes debouts et vainqueurs qui affichent des slogans et parlent à la place des femmes, dans des écoles où nombres de jeunes femmes placées à terre, regardent encore le gourou présenter une collection de slogans postsoixantuitarde.

Évidemment, quelque chose est cassé, ne marche pas bien, est fendu, quelque chose comme un grand malaise vous prend lorsque vous êtes témoins de ces publicités, qui deviennent atroces. C'est comme apprendre qu'une société caritative qui soutient les enfants, a, en réalité, abusé de ceux-ci, comme apprendre qu'un prête viol les enfants qui se confessent à lui (les mots parlent), bref, c'est dégudegueulasse (nouveau mot formé par un correcteur orthographique, pas encore hachtagué) C'est savoir que tous les mots poussés hors confession, les mots rendus public, les mots criés et dessinés sont les plus courageux malgré les couvertures des beaux discours et des affiches publicitaires qui écrasent toute incarnation, toute vérité. Personne n'est prêt à entendre la vérité, et encore moins une nation, d'où l'intérrêt des décorations passagères et militaires.

Et lorsque vous observez des collectifs de féministes se montrer fièrement et avoir des tribunes pour écrire les mêmes récitations universitaires des études de genres aux références indigestes et d'un autre temps où le bourrage de crâne des femmes étaient encore prodigué dans les universités pour les vieillir plus vite, et que dans la vie quotidienne vous vous étonnez, de les voir dans le travail, n'avoir aucune attention envers les pires discriminations, les plus sourdes envers les femmes, les plus pauvres, sous leurs yeux, là oui, vous comprenez ce qu'est le féminisme en France. Bientôt une île des "elles" pourra leur correspondre afin d'affirmer leur pouvoir : interdire les hommes et sélectionner leur semblables.

Sic.

Et là je deviendrai Catherinette.

Maintenant passons à la publicité. Sur le site Internet de SuperShe, on peut trouver les préceptes de Kristina Roth en superbe VRP de produits de marques, car, bien entendu, on ne voyage qu'en avion My Dear et les inconvénients de l'air aviatique méritent quelques produits haut de gamme pour rectifier les affres du capitalismes sur notre peau. J'oubliais, en vraie gourou qui se respecte, il y a des règles :

1 Rule #1 Hydrate on the Plane: Coconut Oil & Hauschka
Kristina purchases organic coconut oil from Whole Foods. She recommends the dual use of coconut oil for weight loss and as a full body moisturizer. She uses coconut oil on her skin, hair, face, and body. It’s the only oil that has molecules small enough to quickly absorb deep into the body. Drink water! Doctor Hauschka Hydration is her favorite organic line of spf cream, amazing value for the price and hydrating. Air in the plane is horrible. Hard on your skin. 
2 Big Plans Means Big Bags 
Kristina travels with an oversized black leather Gucci Signature bag. This is one of Gucci’s biggest baddest handbags. Kristina swears by it, being one of the most durable bags she’s owned. She’s carried it around the world from Paris to Tokyo and it fits everything she needs. 
3 Sexy Comfort Black Woolford Leggings + Onzie Pants
Leggings are a traveler’s best friend, but Woolford leggings in particular are sexy, high quality, and they offer multiple thicknesses for both summer and winter travel. Onzie pants – keep it simple and keep it fashionable. Kristina swears these are the most comfortable, basic, and chic black pants.
4 Entertain Yourself with Bang + Olufsen Headphones and Audio Books

Noise-cancelling headphones that drown out the crying baby on the airplane, these are beautifully designed and high quality headphones. Listen in style.
5 Apple iPhone & iPad

We all have our own brand loyalty, Kristina’s is Apple everything. Her Apple iPad is essential on long flights to not only run SuperShe from the air but also catch up on her reading via audiobooks or Kindle.

6 Walk the Walk in Rag & Bone Boots

You can find Kristina running from one airport terminal to the other in quality-made, comfortable Rag and Bone Boots. Designed as a classic ankle boot, these boots are well-crafted and although a higher price point than other similarly designed boots, these are worth every penny. 3.5 inch heel, deep V designed on the upper, if you had to pick a heel to walk miles on cobblestone streets these would be the ones.


Si tu n'as pas ton iPhone, tu n'es rien, si tu ne prends pas l'avion, tu n'apprends rien... etc. Pour une île qui prétend se concentrer sur l'être plutôt que sur l'apparence, celle de plaire aux hommes, je préfère tout de même appliquer la règle 7 :
> Mettre mon rouge à lèvre rouge et rester en pyjama chez moi, loin de la secte She, pas super.
Ou : I prefer not to.

Il faut swimmer naked in the sea, dans cette île (n'emmène pas ton burkini, sauf si tu as du pétrole familial !) et puis tu seras prises en photo, comme dans un zoo, depuis un drone ;.)

J'ai pas fait gaffe, mais c'est le quatre-centième article posté sur ce blog, BMK !
Cela se fête ! I'm a Super She writter ! Sans aucune règle, à poil de bête !

Par kiwaïda at 12:13

16/02/2018

ḓ℮﹩ ℌ◎ღμ℮ṧ ∂@η﹩ʟαłʊмḯèя℮

Réflexion sur les modes d'exclusion en France, de dissimulations, de négations, de dénis, d'oublis.
À suivre...

Photographie d'un article de presse nommé "La "quasi-totalité" des restes de la petite fillette ont été retrouvés jeudi",
phrase que l'on retrouve dupliquée sur des pages entières sur Internet d'après différents journaux, locaux, nationaux.
"La quasi-totalité" représente des ossements d'un être qui n'est plus, une fille, qui ne sera jamais devenue une femme.
Mais la quasi-totalité pourrait être celle d'un repas, des affaires de bureau, d'objets.
L'enfant, la fille, la femme est objetisée, elle n'a pas d'existence et la preuve est là.
Objet de désir, de possession, de crime.
Dessus, une liste des termes employés dans l'actualité de différents médias français, le signe d'une croix jaune semi-opaque,
un croisement sur le négatif d'une photo ratée. Une négation.
Il n'y a rien à voir, il n'y a jamais rien eu à voir, il n'y aura jamais plus rien à voir.
Ici, dans un paysage, une croix dans un paysage de neige.

Le croisement d'une femme, d'une fille, d'une victime et d'un homme, d'un garçon, d'un meurtrier.
Un homme dans la lumière, une femme dans l'obscurité.

Unis-Désunis.

Par kiwaïda at 01:12

09/02/2018

ⓟⓞⓤⓓⓡⓔ

Quel beau jour !














Photographies © Thejazzist & Kiwaïda

Par kiwaïda at 18:11

06/02/2018

℃ⒿṔϟ$ℒ

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 23:25

22/12/2017

ⓃⓄËⓁ

Alive
Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 23:34

01/12/2017

ᑭᖇᗴᗰᓮèᖇᙓᔕ ᘉᙓᓮᘐᙓᔕ

Photographies & dessins © Kiwa & TheJazzist

Quel beau jour !

Par kiwaïda at 18:48

01/10/2017

∃ṧ☂εηⅾʊë їᾔƒїηi℮ ⅾε łїεü


Photographie © JD - 2016 (sélection Sonia Marques)

L'espace de la mer, lieu de narration, lieu du rien et du vide : il n'y a rien à dire. Un espace d'absence de nouveauté, où la répétition des marées rythme cet absence. Un interlude entre deux moments, la terre et la mer. L'ordre météorologique décrit cet espace, le vent, la température, les vagues, leur taille, les poissons qui arrivent, ce que l'on voit du gouvernail (son regard, celui du bateau, du nageur, de la nageuse…)
- Le voyageur est-il authentique ?
Moins je prends de vacances, plus on m'envoie des photographies de vacances.
La mer. Mes voyages par procuration. Un peu comme un imaginaire scindé, comme si partir ailleurs était synonyme de vacances, d'évasion. On croit toucher les Indes et on rapporte des motifs exotiques, hors on ne touche que soi, soi et son regard inchangé, soi et son image dans le monde, on se trompe, on prend les Indes pour les terres d'indiens, mais ce sont des américains qui n'ont jamais vu les Indes qui habitent en Amérique. Les voyages sont fait de duperies ancestrales et de découvertes déviées, avortées, racornies aux cartes vieillies comme des feuilles automnales. On voudrait que vous ne bougiez plus, que vous soyez malade à en mourir que vous ne pouviez plus même faire vos courses à côté, mais votre imagination vagabonde et s'enivre d'images et d'imaginaires, de paysages que vous n'aviez jamais vus, et peut-être que vous ne verrez jamais de votre vivant.
Les représentations étaient confondues, les américaines, les mots ont figé cette confusion indienne. On a cru découvrir, mais ce n'était pas la bonne direction. On a maintenu la découverte, et on a assigné un nom préconçu à cette découverte pour faire bonne figure laisser une trace fidèle aux à priori dans l'histoire. Ne sommes-nous pas toujours dans ces déviations, fausses routes, afin de relire notre histoire telle que nous la souhaitions écrite ?
Sédentarité luxueuse qui regarde le nomadisme douloureux, ses déplacements, ces voyageurs incertains, dont nul retour n'est possible.
On dit, rencontrer l'autre, mais c'est aveugle que se passent ces rencontres. Entre myopes, entre côlons avec une encyclopédie à la main face à des ennemis sauvages, on souffre lorsque l'on voyage, on n'y comprend rien, on se regarde dans une flaque d'eau comme narcisse croyant voir son image.

Photographie © JD - 2017 (sélection Sonia Marques)


Compétition, on ramène ce que l'on a cru voir, des images, ce sont des souvenirs auxquels on doute au fur et à mesure : était-ce ainsi ?
Quadrillage mental de mes espaces imaginés, ramener un souvenir et augmenter un cabinet de curiosité. Je suis "le curieux" celui qui ne voyage pas, celui qui n'a d'ailes que dans ses souvenirs. Entre naturels et artificiels, ces curiosités forment mes voyages mentaux. Mon déplacement spatial est digne d'une handicapée physique aux ouvertures d'un oiseau rapace, dont l'acuité visuelle est décuplée, je vois loin.
Cette volonté de miniaturiser le monde, celui qui est dans ma main, à proximité, c'est celui qui est le plus doux, le plus indocile, je ne puis fermer ma main.
Condensés de vies humaines et inventées, ne serait-ce que voir le jour pointer son nez est un nouveau voyage, une nouvelle journée, les maussades et les belliqueuses, les maternelles, les maquerelles, rares paternalistes, car du père dans les journées point d'image. Elles sont liée à la Lune ces journées, liées à la nuit, liées à des rythmes qui n'ont aucune stabilité et pourtant peuvent être profondément ennuyeuses.
J'étais dans cette houle angoissante happée par des monstres marins dont j'ignorais la couleur, la texture, l'humeur et la force. Alors tout devenait si fantastique, que dormir me paraissait être une aventure toute inédite. Ainsi je ne pourrai la dire. Je ne savais quel outil, quel navigation allais-je opérer mais le nouveau jour arrivé, j'étais si pleine de ces épopées, qu'auprès d'un humble thé mérité, et de sa fumée silencieuse, j'avais ce sourire sage et si coquin, d'être revenue de mélopées radieuses et diaboliquement ravageuses. Je revoyais ces prairies sous-marines vertes, si riche dans cette tasse à café du même vert céladon.
L'espace, merveilleuse création de mon imaginaire oscillait si imprévisible qu'il ne pouvait se partager avec les érudits voyageurs et leurs sponsors.
Chaque nuit me séparait davantage du jour et chaque jour me ramenait à la rive des ennuis des vies des autres si besogneuses et sans éclat, si marchandes et si procédurières.
Espaces étendues infinis lieux d'histoires, visiter tant de contrées sans même sortir de sa chambre, dans ce divertissement plus sage, celui de connaître ce que le divin nous apporte, nous tous fainéants.
J'ai vu la face du despotisme est-elle noire ? est-elle blanche ?
Elle fut si blanche que sa démesure a encore cours, propice à une structure patriarcale qui a du mal à cacher sa mauvaise foi, son désir clivant, sa jalousie, sa laideur si biscornue.
Dans ces tromperies de fastueuses et barbares coutumes, elle justifie la tradition de l'esclavage. Les trousseurs de domestiques sont à présents maquillés, ce sont des femmes immondes qui disposent des clés de la maison.
Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas dans son usage. C'est le problème de la dissemblance, tout ce qui n'est pas d'ici, n'est pas qualifiable, insignifiant au mieux.
On fait du pâté en déclarant que c'est bien de chez nous et que toutes celles et ceux qui sont bien de chez nous doivent s'empâter et ne pas moufter de la recette. Ce sera du plaisir pour eux, du pêché pour d'autres. Pêché de tuer la bête, pêcher de manger celle que l'on a si mal nourrie et élevée au rang des cochoncetés.
Les gens sans amours serait ainsi celles et ceux qui ne savent accueillir et prétendent que leurs mets imposés seront ceux que les oies gavées les fois éclatés accepteront, sans maux dire.

Photographie © JD - 2016 (sélection Sonia Marques)

Photographie © JD - 2016 (sélection Sonia Marques)

Photographie © JD - 2017 (sélection Sonia Marques)

Photographie © JD - 2016 (sélection Sonia Marques)

Photographie © JD - 2017 (sélection Sonia Marques)

Par kiwaïda at 18:30

11/09/2017

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Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 11:03

09/09/2017

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Eternity (Photographie © Sonia Marques)
Les vraies cornes (Photographie © Sonia Marques)
Retraite (Photographie © Sonia Marques)
Island without contemporary art (Photographie © Sonia Marques)
"Protège tes racines"  (Photographie © Sonia Marques)
Tendresse (Photographie © Sonia Marques)
I will survive (Photographie © Sonia Marques)
DER BÄR (Photographie © Sonia Marques)
UM PEPINO ? (Photographie © Sonia Marques)
Ervilhas, feijões (Photographie © Sonia Marques)
Porcelaine de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 20:53

07/09/2017

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Photographie © Kiwa & JD

Par kiwaïda at 23:17

22/08/2017

Ṕéґї❡øґḓ √ℯят, ♭ℓαη¢, ρ◎υґ℘ґ℮, ᾔøїґ

Toutes les photographies © Sonia Marques, et JD

Par kiwaïda at 01:30

14/08/2017

ßαℓʟεяїηℯ


Mes Cendrillons (Repettos) sur ma Fanett (Ilmari Tapiovaara) (Photo © Sonia Marques)
Visite du magasin d’usine Repetto, en Dordogne, à Saint-Médard-d'Excideuil, qui vend des articles de surstocks, des chaussures des saisons précédentes, des fins de série et des articles dits de deuxième choix, c’est-à-dire qu’ils présentent des défauts mais ceux-ci n’empêchent pas de porter les chaussures. Cette usine produit, depuis 1967, essentiellement les chaussons de danse et ballerines de la marque, mais pas seulement. Les autres modèles sont même quelques-uns des plus légendaires, comme les chaussures Zizi et BB. Après avoir failli disparaître, Repetto connaît aujourd’hui le succès avec ses mocassins, ballerines de ville, bottes et bottines, babies ou sneakers.
Repetto : une histoire familiale : Rose Repetto, maman d’un prodige de la danse qui décide de créer des chaussons pour son fils qui revenait les pieds meurtris par ses répétitions. Bonne couturière, elle se charge de lui confectionner des chaussons plus adaptés et surtout plus confortables. Dans un atelier situé à deux pas de l’Opéra National de Paris, elle met au point la technique du “cousue & retournée” qui consiste à coudre la semelle en cuir à l’envers avant de la retourner. Grâce à ce savoir-faire unique, Madame Repetto acquiert très vite une grande notoriété et devient la fournisseuse attitrée des danseurs étoiles de l’Opéra Garnier.



Le chanteur belge Stromae, fondateur de la marque Mosaert en 2009 avec sa femme, la styliste Coralie Barbier, ont lancé une collection capsule en collaboration avec la marque de chaussures de danse, Repetto.

La marque Mosaert propose, depuis sa création, des vêtements unisexes et riches en couleurs et présente cette fois-ci, pour sa quatrième collection capsule, des souliers fleuris mixtes. La styliste expliquait que le chanteur avait toujours eu envie de porter des ballerines et qu’il regrettait le fait qu’elles ne soient réservées qu’aux femmes. De là,  Jean-Marc Gaucher, PDG de Repetto, lui en a envoyé une paire et lui a proposé cette collaboration.



Visuels, Brigitte Bardot avec des Repettos (à 18 ans, et aussi dans l'atelier de Picasso)

 Avant de devenir une des stars les plus incandescentes du cinéma français, la jeune Brigitte Bardot était une danseuse classique indéniablement douée. À l'époque, la Repetto ne se portait pas ailleurs qu'aux pieds des petits rats de l'Opéra. Bardot, elle, s'échappa rapidement du carcan de la danse classique pour s'improviser mannequin puis actrice débutante chez Sacha Guitry ou René Clair.  C'est en 1956 que bascule le destin de la simple starlette mariée à son Pygmalion Roger Vadim. Juste avant le tournage de Et Dieu... créa la femme, elle commande à Rose Repetto (fondatrice de la maison), une chaussure aussi légère et confortable qu’un chausson de danse. Mais avec le sex-appeal en plus ! Ainsi naît le modèle Cendrillon, dont le profond décolleté laisse découvrir la naissance des orteils. Moue boudeuse, crinière blonde, Repetto rouge carmin aux pieds: le mythe B.B voit lui aussi le jour dans Et Dieu... créa la femme. Si l'accueil réservé au film de Vadim est un peu frileux dans l'hexagone, les Américains, eux, s'enflamment pour la beauté insolente de Bardot. Grâce à leur fièvre contagieuse, la célébrité de l'actrice explose en France. On n'a jamais vu une sensualité aussi débridée et assumée, assortie d'un parler aussi nonchalant. Porté par ce succès fou, la ballerine peut alors descendre dans la rue et s'invite même à Hollywood. Quant à B.B., avant d'apposer ses initiales chez Gainsbourg (autre amateur de Repetto), elle mènera une vie aussi mouvementée que celle de Juliette, l'héroïne imaginée pour elle par Vadim - dont elle divorcera en 1957. Etre une femme libérée, ce n'est pas si facile... (article Vanity Fair, par Rosemont - 2014)


Entrée du château d'Excideuil lors du Hoop Festival (Photos © Sonia Marques)




Génial au Japon (Photo © Sonia Marques)

Génial au Japon
Quand elles ne composent pas avec leurs copains du groupe Le A, Blandine Peis et Émeline Marceau se réunissent au sein de Génial au Japon pour évoquer les grands espaces, les road-trips infinis et incertains et les sentiments humains dans un dédale de sons modernes, qui laissent la part belle à des rythmiques électroniques, des mélodies pop et des envolées parfois rock. Dans la musique de ces deux Bordelaises, les boîtes à rythme percutent sans jamais froisser les sens, les synthés se dévoilent à travers des nappes célestes ou des basses épaisses tandis que les guitares, déliées ou plus distordues, finissent de tapisser un décor jamais figé, toujours en mouvement. De Blonde Redhead à Radiohead en passant par Portishead, LCD Sound system ou Tame Impala, le duo féminin, créé à l’automne 2015, met en lumière tout un pan du patrimoine pop, rock et électro des années 2000 dans ses chansons habitées qui nourrissent aussi bien les rêves que la réalité. Qu’on vive au Japon… ou ailleurs.


Bloum (Photo © Sonia Marques)

Bloum

voit le jour en 2013. Les six membres se retrouvent autour d’une idée : construire un live où la musique et l’image pourraient se mêler et ainsi former une matière à part entière. Le but étant de proposer un espace où son et image se rejoignent, s’inspirent et se connectent. La notion de croisement a toujours intéressé la formation : Image-son ; électronique-acoustique ; graphisme-vidéo ; plastique-numérique… Chaque matériau serait support de l’autre. Pour ce faire, les membres travaillent en commun du début à la fin de la période de création. Les rôles se répartissent de la manière suivante : Côté sonore : Léo, Paul, Max et Bastien. Musiciens aux parcours bien différents. Du deejaying à l’orchestre classique en passant par le sound design ou la jam session sauvage… Côté visuel : Marie et Glen. Respectivement graphiste et plasticien de formation. Travaillent avec différents outils : vidéoprojection, modules, lumière… Sortes d’instruments d’un orchestre insolite qui répond à l’appel de la musique​.​ Véritable artisanat de la musique, Bloum compose, arrange et mixe ses morceaux de ses petites mains, au même titre que l’identité visuelle du groupe, ses clips, ainsi que les artworks de ses albums.​


Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil  (Photo © Sonia Marques)
Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil : Le site est né de l'imagination d'un couple de lyonnais installé là depuis 22 ans. Et jusqu'en 2031 maximum précisent-ils. Moniqa Ray-Bool est l'artiste propriétaire des lieux, cette ancienne enseignante a disséminé des citations d'auteurs dans tout le parc.




Œuvre de l'artiste chinoise Xuefeng Chen au jardin d'Hélys (Photos © Sonia Marques)

Née en Chine en 1975 dans le Yunnan, Xuefeng a vécu auprès de sa mère dans son village, en pleine campagne et montagne jusqu’à l’âge de 13 ans où elle courait, pieds nus, dans ces paysages. Sa pensée va sans limite entre lacs et montagnes, prés de sa maman un peu chamane, qui connait les rituels ancestraux. Pendant les années d’une enfance heureuse, chaque jour était un voyage inconnu. Sa curiosité la conduite en France, à Strasbourg, à l’école des Arts décoratifs. Pendant ses études, ses recherches dansent autour des cultes, des cérémonies, les gestes de sa maman, les dessins traditionnellement chinois, les écritures, tout ce qu’elle a connu et vu pendant son enfance. Le papier découpé, la broderie, le textile, la sculpture, Xuefeng touche à ces techniques qu’elle fait siennes et navigue dans ses racines pour faire pousser son arbre.

https://www.xuefengchen.fr/
https://www.instagram.com/xuefengchen_art/




Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil  (Photo © Sonia Marques)

Au piano (Photo © JD)

Nouvelle étagère  (Photo © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 16:56

06/08/2017

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(Photographies Kiwa & JD)

Festival très sympathique :

Il était une fois... un village appelé Les Cars où il y a longtemps une grande fête avait lieu chaque année à la Pentecôte et mobilisait le village entier... Mais c'était il y a très longtemps... Lorsque nous étions enfants. Les graines étaient semées, les idées ont germé...Ces enfants depuis ont bien grandi et ne pouvaient se résoudre à l'idée que ce village retombe dans la tristesse. Ainsi est né le Festival Les Carrioles. A l'image d'un voyage en carrioles, le temps d'un week-end, nous invitons le public à ralentir le temps et à revenir à des choses plus essentielles, se rencontrer, échanger et découvrir les richesses de notre territoire...
En effet, l'organisation du Festival part du constat qu'il existe de très nombreux savoir-faire locaux, qu'il s'agisse des produits fermiers, des artistes ou de l'artisanat, et un besoin de les faire découvrir et de les valoriser. De ce fait, le Festival Les Carrioles se veut un événement vivant, familial, citoyen et festif qui propose une multitude d'animations, de spectacles, d'ateliers... et tout ça dans une démarche de respect de l'environnement et de consommation responsable, afin d'encourager la consommation locale. Il a lieu chaque année le 1er week-end d'Août aux Cars, sur le site des Ribières.

Un éco-festival, c'est-à-dire ?
Le festival "Les Carrioles" est mis en place dans l’esprit du développement local et durable, et souhaite s'inscrire dans une démarche la plus respectueuse possible de notre environnement. Il s'agit en premier lieu, par les animations proposées et les exposants invités, de faire connaître à tous les richesses de notre territoire (agriculture, artisanat, faune et flore, patrimoine, etc...). Nous essayons ensuite de mettre en oeuvre ces principes dans toutes les composantes du festival : par le recours systématique à des produits locaux aux buvettes et à la restauration, l'utilisation de vaisselle compostable ou réutilisable, le tri des déchets, l'impression des documents de communication dans le respect de normes environnementales élevées, l'installation de toilettes sèches, etc …

On y mange super bien, tout est délicieux, l'ambiance est très sympathique, tout le monde se parle, les commerçants, les jeunes et les moins jeunes, pas mal de diversité, des festivaliers libres et pacifiques.

Super concert de Zoufris Maracas et j'ai particulièrement aimé "Chienne de vie", dont le chanteur, Vincent Sanchez (qui a déjà eu plusieurs articles publiés qui relatent sont parcours) Dernier album (2016) Le live de la jungle :

Ah chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé.
Comme s’il fallait tout oublier
A chaque fois que tout s’effondre
Comme s’il fallait recommencer
Et surtout ne jamais confondre
Son présent avec son passé
Et puis courir jusqu’à la tombe
En faisant semblant qu’on est pressé
En slalommant entre les bombes
Celles qu’on à soi-même placées
Celles des autres, celles du monde
Qui finiront par explorer
Ce n’est qu’une question de secondes
Et l’angle dans l’quel on est placé
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé
Comme s’il fallait s’immuniser
Pour à nouveau pouvoir se fondre
Dans la masse des civilisés
Dans laquelle les cons abondent
Les cons aigris, les cons grisés
Les cons vernis, les cons frisés
Les cons groguis, les cons rasés
Et un con à chaque seconde
Une nouvelle variété
Qu’il nous faudrait apprivoiser
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé.
Comme s’il fallait laisser glisser
Tous ces sentiments qui nous plombent
Comme s’il fallait les effacer
Alors qu’on a le cœur qui gronde
Et qu’on voit bien qu’il est blessé
Même si on a d’jà trouvé la blonde
Qui nous permettrait d’oublier
La profondeur à laquelle, ah
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé
Comme s’il fallait tout essayer
Toutes celles qui passent sur la route
Et toutes les déshabiller
Pour s’économiser du doute
Qu’on aurait voulu y goûter
Juste un petit peu juste quelques gouttes
Pas trop pour pas s’habituer
Assez pour fracasser son couple
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé

Paroliers : Vincent ALLARD / Vincent SANCHEZ / Youri KETELERS

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Par kiwaïda at 14:34

01/05/2017

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Photographies © Sonia Marques

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Photographie © Sonia Marques

Par kiwaïda at 17:07

06/11/2016

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En octobre 2010, plus de 20 000 Sahraouis ont quitté El Aaiun pour installer à Gdeim Izik dans le désert un camp de 8000 tentes pour défendre leurs droits politiques, économiques et sociaux.  Depuis l'assaut des forces de sécurité marocaines le 8 novembre 2010 (6 années se sont écoulées depuis) pour démanteler ce camp, les manifestations se succèdent au Sahara occidental. Toujours pacifiques, elles sont réprimées, avec de nombreux blessés et de nouvelles arrestations.


En ouverture du deuxième festival du film d’Ici et d’Ailleurs, a été projeté dans la salle de la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges, le 4 novembre dernier, le film « Enfants des nuages, la dernière colonie », réalisé en 2012, par Alvaro Longoria et Javier Bardem. Un débat intéressant fut animé par Sdiga Dauger, membre de la délégation Sahraouie en France. J'ai pu rencontrer de dynamiques personnes associatives et apprendre des Saharaouis, et revoir une bonne rencontre au début de mon arrivée à Limoges.

Cultures Maghreb-Limousin est une association, culturelle, apolitique et non confessionnelle. Elle rassemble tous ceux et celles qui ont des affinités culturelles avec le Maghreb ou ceux et celles qui souhaitent aller à la rencontre des différentes cultures du Maghreb. L'action culturelle et éducative de l'association s'inscrit dans une démarche d'ouverture à l'autre pour un enrichissement mutuel des peuples des deux côtés de la méditerranée. Ainsi, l'association espère faire reculer l'intolérance, le rejet de l'autre et l'extrémisme. La présence de Sdiga Dauger, sahraouie a favorisé le partage d'une expérience et de son histoire, bien au-delà du film américano-espagnol (dont l'acteur Javier Bardem et Victoria Abril pour la voix off, ajoutent une autre teinte cinématographique) En découvrant le documentaire, on comprend comment celui-ci n'a pas trouvé assez de salles pour le diffuser, pourquoi il a été peut-être censuré aussi. Les intérêts de la France sont intrinsèquement mêlés à l'histoire des ces peuples nomades pacifistes, toujours réfugiées, qui ont connu pendant 18 années la guerre, dans le Sahara occidental.

Extrait de l'article "« Enfants de nuages, la dernière colonie » : le conflit oublié du Sahara occidental, Ce documentaire engagé, récipiendaire d'un Goya en 2013, affiche  une volonté pédagogique manifeste" de Sandrine Marques, journaliste au Monde :

Le Sahara occidental fut, jusqu'en 1976, une colonie espagnole. Depuis quarante ans, la région est à l'origine d'un conflit entre le Maroc, convaincu de sa souveraineté, et de l'Algérie qui a apporté son soutien au Front Polisario, constitué d'indépendantistes. Les opposants au gouvernement marocain continuent de subir une répression violente, dans le plus grand mépris des droits de l'homme. Depuis 2008, l'acteur espagnol Javier Bardem (dont la mère œuvrait avant lui en direction des femmes sahraouies), est allé à la rencontre des hommes politiques du monde entier pour les rallier à cette cause, ce que montre le documentaire.

Pour se présenter Sdiga Brahim Dauger dit ceci :

Je ne sais pas exactement en quelle année je suis née. Je sais que c’est au début des années soixante dix. Ma mère m’a dit que c’était par une nuit pluvieuse, sous une « bénia », tante sahraouie en tissus légers utilisée par les jeunes mariés pour camper dans la « badia ». Mais une chose dont je suis sûre, c’est que je suis une sahraouie ! En octobre 1979, lors des bombardements de Smara par l’armée marocaine, ma famille et beaucoup d’autres familles sahraouies, ont dû fuir au milieu de la nuit sous les bombes et les balles en abandonnant maisons et biens... Avec l’aide du Front Populaire de Libération de Saguiat el Ramra et Rio de Oro (Front Polisario), nous avons atteint les campements de réfugiés implantés par le HCR près de Tindouf en Algérie en 1975, année de l’invasion de notre pays, le Sahara occidental, par la Mauritanie et le Maroc... Dès le début de l’exil, beaucoup de pays, dont Cuba, ont offert leur aide aux réfugiés. Cuba n’ayant pas les moyens de fournir une aide matérielle ou financière, a proposé au Front Polisario de prendre en charge la scolarité secondaire et supérieure d’enfants sahraouis. En 1982, ma famille a accepté la séparation et j’ai été accueillie à Cuba avec un très grand nombre d’autres enfants des campements... A La fin de mes études supérieures en 1994, je suis rentrée dans les campements de réfugiés où j’ai vraiment découvert avec des yeux d’adulte les conditions terribles faites aux miens.

Le débat après le film m'a permis de compléter mes recherches sur les dynamiques de l’État, les crises politiques et les transformations politiques des conflits, quand l’État ne protège plus ses citoyens. Dans des contextes de fragilités de l’État, qui ne remplit pas ses fonctions, de crise politique, quand il est contesté, ou lors de conflit armé, des organismes de paix agissent. Par la réalité des pays riches en ressources naturelles stratégiques et les géants de l’économie française, il y a aussi des entreprises qui s'implantent afin de travailler sur la paix ou favoriser les échanges de connaissances. Les ressources naturelles sont généralement entre les mains de l’État, et peu redistribuées, elles contribuent à maintenir au pouvoir des régimes non démocratiques.

    Mieux comprendre les dynamiques des conflits
    Approfondir les connaissances et le savoir faire sur « comment transformer le conflit »
    Concevoir une action dans le conflit et une action sur le conflit
    Donner à voir des expériences existantes

L'association Irénées.net (site de ressources) s'emploie dans ce sens. C'est sur leur site que j'ai pu trouver un bon résumé concernant les Origines, enjeux et perspectives de paix du conflit du Sahara occidental. Malgré la projection du film, quelques repères historiques me manquaient dans l'histoire du Sahara occidental, très complexe concernant les conflits.


Le Sahara occidental est situé à l’ouest du Maghreb et présente comme voisins frontaliers : Le Maroc au nord ; au nord –est l’Algérie avec qui il partage une courte frontière; et enfin la Mauritanie à l’est, et dans tout le sud. Toute sa frontière ouest donne sur l’atlantique. Sa superficie est de 266000 km². A l’époque de son occupation par l’Espagne en 1884, le territoire du Sahara Occidental est essentiellement occupé de tribus guerrières, maraboutiques et tributaires, organisées et indépendantes entre-elles.

Les Sahraouis sont des nomades du désert, « enfants des nuages », fiers, libres, peu enclins à la violence. Les femmes, belles et racées, vêtues de leurs tissus aux magnifiques couleurs bleutées ou rosées, jouissent de plus d’autonomie que les femmes des sociétés arabes sédentaires. Leur islam s’apparente à une forme de panthéisme, proche de la nature, sans fanatisme. À la question posée à Sdiga Dauger, la place de la religion chez les sahraouis, elle nous informe qu'elle est mineure, d'autant plus que ces nomades sont d'une organisation matriarcale, et tribale, qu'ils n'ont pas le temps de prier et que la religion ne gouverne ni leurs pensées, ni leurs décisions. Jusqu’en 1975, ils sillonnaient le Sahara, avec leurs chèvres et chameaux, voyageant sans entraves entre le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie et le Nord Mali. Mais en cette année 1975, alors que l’Espagne, puissance coloniale, s’apprête à se retirer du Sahara occidental, le destin du peuple sahraoui bascule. Pour comprendre ce passé dont les douleurs transversales se prolongent jusqu’à aujourd’hui. Depuis près de quarante ans, la question du Sahara occidental se perd régulièrement dans les sables de la diplomatie internationale. Dans une région constamment sous tension.

Il y a eu "la marche verte" en 1975 qui a été doublement bénéfique au roi, en écartant le danger qui venait de l’armée en la mobilisant pour défendre cette province du sud et de gagner en popularité en faisant des Sahraouis les boucs émissaires de tous les maux du Maroc. 

Bouc émissaires

La Marche Verte du 16 octobre 1975 se veut une récupération symbolique et pacifique du territoire du Sahara « marocain » par le Maroc. Cette Marche a à sa tête la personne même du roi Hassan II du Maroc, suivi par une grande foule brandissant le coran et le drapeau marocain; le coran se voulait un symbole pacifique de l’action de récupération, alors que le drapeau traduisait un signe indicateur de l’appartenance de ce territoire au Maroc.
Pour les membres du front polisario, la présence de l’armée marocaine sur le territoire (celle-ci y a précédé les marcheurs) représente une nouvelle occupation étrangère, alors même que l’Espagne n’y a pas encore achevé son retrait. Ses derniers soldats en partiront en janvier 1976, et elle mettra officiellement fin à sa présence sur ce territoire en février 1976. Ceci explique pourquoi les combattants du front polisario allaient prendre les armes une nouvelle fois pour se défaire de cette nouvelle occupation. Dans la même période, plus précisément le 24 novembre 1975, le Maroc, la Mauritanie et l’Espagne signent à Madrid (Espagne) les accords (tripartites) de Madrid. Ceux-ci voient l’Espagne octroyer à la Mauritanie et au Maroc, l’administration conjointe du territoire du Sahara occidental. Partant du territoire quelques mois après, l’Espagne devait signifier aux Nations Unies sa démission du titre de puissance administrante du Sahara occidental, titre que les Nations Unies n’ont pas eu à octroyer à un autre Etat.

Le plus grand mur du monde dans le désert : Le mur des sables (mur de la honte, mur de la sécurité)

Depuis la chute du Mur de Berlin, les murs frontières ne disparaissent pas, mais au contraire se multiplient. Certaines de ces barrières sont connues : le mur entre le Mexique et les États-Unis, justement ou celui séparant l'Espagne du Maroc. D'autres le sont moins, comme le «mur de sable» dans le Sahara occidental, ou encore les barrières qui séparent l'Inde du Bangladesh et du Pakistan. Le mur de sable, appelé aussi le «Berm», est un mur long de 2700 km construit par le Maroc au Sahara occidental entre 1980 et 1986. Malgré un nom qui pourrait évoquer une certaine fragilité, le mur de sable est un véritable ouvrage militaire composé de remblais de sable sur 2 ou 3 lignes, de champs de mine, de barbelés  et surveillé en permanence par 120 000 soldats marocains.
Le Sahara occidental est un territoire désertique de 284 000 km2 (un peu plus de la moitié de la France), frontalier du Maroc et de la Mauritanie, avec une population en partie nomade. Par ailleurs, ce désert contient 28% des réserves internationales de phosphate avec un minerai pur à 80%. Les 1’200 kilomètres de côte représentent des ressources énormes en pêche, surexploitées par le Maroc, l’Union européenne, la Russie, la Corée. Ils viennent avec des bateaux usines et pêchent sans limites. Cette côte est la seule qui ne bénéficie pas des deux mois de repos obligatoires qui existent dans toutes les autres les mers. Pour contrer les attaques éclairs de la guérilla, le Maroc construit en 1981 un mur de 2’500 kilomètres qui divise le Sahara occidental entre un territoire contrôlé par le Maroc (80%) et par le Front Polisario (20%). Rabat militarise massivement la zone et y pose des millions de mines antipersonnel, en en faisant, selon l’ONU, l’un des territoires les plus gravement pollués par les mines au monde.

Photo du Berm

Je me suis intéressée à la dignité des sahraouis, l'émancipation et l'organisation tribale des femmes, leurs rapports au pacifisme, enserrés dans des territoires pris dans des conflits indéfectibles et de luttes armées.

Les Sahraouies sont héritières d’une société matriarcale et ont su conserver leurs droits bien avant la nouvelle Moudawana (droit de la famille marocain codifié en 1958). Un article de la journaliste Laetitia Grotti installée au Maroc (Femmes sahraouies: L’avant-garde de l’émancipation) décrit bien les enjeux de cette organisation matriarcale.

Ce que femme veut, Dieu le veut

Il existe chez les Sahraouis une image première des femmes qui est semblable à l’opinion dominante dans la plupart des cultures du monde, l’idée qu’elles sont physiquement moins fortes que les hommes. A la différence fondamentale « qu’argument est tiré de cette faiblesse pour justifier tous les moyens et les institutions capables d’assurer le pouvoir économique et social des femmes » explique l’ethnologue Hélène Claudot-Hawad. Ce que confirme Elazza Likhili, de l’Union Nationale des Femmes Marocaines (UNFM) section Laayoune, « la femme sahraouie a toujours eu un rôle dans notre société et dans nos familles. Elle joue le rôle de l’homme dans une société nomade ». La même souligne, « qu’historiquement, la seule activité était le commerce, via les caravanes. Or, il fallait trois mois pour rejoindre Goulmime qui était le premier point commercial. Du coup, il incombait à la femme la gestion des biens et de la tente. C’est ce qui a donné sa force et son indépendance à la femme sahraouie ». Ce raisonnement conduit à une représentation donnant au pôle féminin une nécessité vitale, image pour le moins marginale dans la pensée du monde méditerranéen. « La femme représente le chaînon stable et permanent de la communauté, le point fixe autour duquel évolue et s’agite le reste du monde » précise encore Hélène Claudot-Hawad.
Le Maroc, matriarcal jusqu’au 17ème siècle Pour Batoul Daoudi, de la tribu des Aït Lahcen et responsable de l’Agence de développement social des provinces du sud, il faut remonter dans le temps pour comprendre cet état de fait. « N’oublions pas que jusqu’à l’arrivée des Beni Hassan au 17ème, venant d’Arabie, les tribus sahraouies, essentiellement senhaja, étaient régies selon le modèle matriarcal. Ce n’est qu’avec les Beni Hassan que les tribus basculeront peu à peu vers le modèle patriarcal, tout en gardant des caractéristiques senhajas, notamment en ce qui concerne le rôle des femmes ». Ainsi, même si la législation islamique a gagné du terrain et se trouve adoptée partout, la construction du monde autour du principe féminin résiste encore sur le plan idéologique. Pour preuve, Salka Benabda, de l’association Basmat Al Amal, section Laayoune précise que « depuis sa naissance, la fille sahraouie est sacrée, elle est placée au centre de l’attention familiale. D’ailleurs, insiste-t-elle, les tribus les mieux cotées sont celles qui prennent soin de leurs filles ». Ainsi, toutes sont unanimes pour dire que de l’enfance à l’adolescence, la fille sahraouie est choyée et qu’une fois devenue femme, son avis est primordial. Elle est d’ailleurs consultée pour toutes les affaires du foyer comme de la tribu. Ce que relève une fois encore notre ethnologue, « dans les assises ou les conseils, qui réunissent hommes et femmes d’une même lignée, la voix féminine pèse autant et même davantage que celles des hommes. Une décision ne peut être arrêtée que si les femmes sont d’accord ».
Autant dire que la femme sahraouie jouit d’un respect, tant familial que tribal, que peuvent lui envier bien des femmes du « dakhil ». C’est, à n’en pas douter, ce qui explique l’absence quasi-totale du phénomène de la violence conjugale chez les Sahraouis, « les relations de mariage empêchent les relations guerrières entre tribus, d’où le respect envers la femme, car la violenter, reviendrait à infliger cette violence à toute la tribu » détaille Batoul Daoudi.

Le divorce, fête de la liberté des femmes

Et a contrario, c’est aussi ce qui justifie le taux si élevé de divorces dans la région. La même souligne, « la femme sahraouie quitte le foyer à la moindre injure qui touche sa dignité ou en cas d’adultère ». Loin de lui valoir l’infamie, le divorce est souvent l’occasion de faire la fête. « On signifie à l’ex-mari que ce n’est pas la fin du monde, que la vie de son ex-femme vient à peine de recommencer » explique Batoul. Pour l’anthropologue Mohamed Naïmi, cette fête symbolise également l’acquisition d’une entière liberté, « quand elle se marie, la femme passe de la tutelle du père à celle de son mari. Une fois divorcée, elle devient libre. C’est précisément ce que l’on célèbre ».
Quand le droit tribal prime sur le droit d’Etat. Du coup, nos trois amies sourient franchement quand on leur parle de la réforme de la Moudawana, visant à rendre effective l’égalité entres sexes, énoncée dans la constitution. « Dans notre société, la Moudawana n’a jamais été appliquée, ce sont les lois tribales qui prévalent » précise d’emblée Elazza Likhili. C’est sans doute ce qui explique que les concepteurs du nouveau texte se sont largement inspirés des propositions formulées par la section de l’UNFM des provinces du sud.

C’est la femme qui prend époux

A titre d’exemple, depuis toujours, la femme sahraouie est consultée pour son mariage, c’est elle qui « prend époux ». L’expression est d’autant plus explicite qu’il existe, selon l’anthropologue Mohamed Naïmi, des « tribus donatrices » de femmes. Ce qui signifie, non pas que l’on « donne » une femme à la tribu du mari mais qu’au contraire, le mariage permet de « prendre » l’homme à la tribu en question, renforçant ainsi le poids de celle dont est issue la future mariée. Pour Naïmi, les « tribus donatrices » sont celles qui dominent économiquement. Plus intimement, la tradition veut que les deux époux se vouent une vie de respect ou une séparation à l’amiable. Pas de communauté de biens dans le mariage. D’ailleurs, en cas de divorce, la femme emporte tout : tant les biens légués par son père au moment du mariage (c’est lui qui achète tout pour que sa progéniture n’ait rien à devoir à son époux) que ceux que lui aura achetés son mari pendant l’union. La tradition veut que l’homme ajoute encore des biens pour garder de bonnes relations avec la famille de son ex-femme.

Le divorce, une simple formalité  tribale

Du coup, il est aisé de concevoir que le divorce, véritable chemin de croix des Marocaines du Dakhil, n’a jamais été vécu comme tel par nos sahraouies. D’autant qu’au sud, le moment pénible passé devant les tribunaux de famille ne représente qu’une simple formalité. « Les problèmes se règlent au sein de la tribu. Nous allons au tribunal juste pour le tampon. Il est honteux pour un homme de pousser sa femme à se présenter devant un juge pour réclamer ses droits ou ceux de ses enfants. Ces derniers sont d’ailleurs automatiquement pris en charge par la famille » ajoute B. Daoudi.

Pas de polygamie

Et la polygamie dans tout ça ? Un extra-terrestre. Le contrat de mariage des Sahraouies comprend depuis des décennies une clause stipulant que « la sabiqa wa la lahiqa, wa ida tamma dalika fa amrouha biyadiha », ce qui signifie approximativement, « ni précédente, ni suivante et si cela se passe, c’est à la femme de décider de son sort ». Voilà qui est clair.
Bouleversés par l’administration sédentaire

Lumineuse également, la conclusion de Mohamed Naïmi précisant que « les tribus sahraouies ont connu un bouleversement radical avec l’arrivée de l’administration marocaine et la sédentarisation forcée. Reste que la dimension nomade est enracinée… et non l’inverse ». Un enracinement tel, qu’il a permis le maintien d’une indéniable construction symbolique, centrée autour de la femme, pilier de la famille, de la tente, de la tribu, de l’univers.


Ci-dessus Galuha, 66 ans (à droite)

Du 16 au 24 octobre 2015, des pluies d’une exceptionnelle intensité ont entrainé des destructions importantes dans les camps de réfugiés sahraouis. Si les fortes pluies sont un phénomène courant dans les camps à cette période de l’année, l’ampleur de ces inondations fut sans précédent. Galuha a eu 66 ans à cette période, peut-on lire sur la newsletter de la voix du désert de décembre 2015. Un mois après les plus graves inondations ayant frappé les camps de réfugiés sahraouis, Galuha est catégorique : « C’est la première fois que je vois autant de maisons détruites en 40 ans. Pratiquement toutes les familles ont été affectées ». Elle et sa famille n’ont pas été épargnées. A l’intérieur de sa maison, les fissures sont nombreuses et l’habitation menace encore de s’effondrer à tout moment. Alors, comme depuis le début des inondations, Galuha et sa famille vivent dans la tente traditionnelle familiale, la jaima : « Nous étions dans une situation de panique généralisée. Mes enfants, petits-enfants et voisins sont venus dans notre tente. Nous étions une quinzaine à y vivre, avec ce qu’on a pu sauver de nourriture. Nos effets personnels, nos vêtements ont soit été détruits, soit endommagés ». « Il a plu pendant plusieurs jours, mais il a suffit de 20 minutes intenses pour qu’un véritable fleuve se constitue entre notre quartier et le voisin ». A ce moment-là, raconte-t-elle, la tente familiale menaçait de s’effondrer sous le poids de la pluie. En catastrophe, ils ont monté une autre petite tente de fortune pour y placer les enfants : « Il s’agissait de sauver des vies ». Elle raconte ainsi comment, avant même l’arrivée de l’aide humanitaire, la solidarité entre familles s’était constituée pour organiser des repas communs dès les premières heures.

Galuha se souvient de toutes les catastrophe auxquelles ont fait face les réfugiés sahraouis. Les inondations de 1994, se rappelle-t-elle, avaient ravagé son quartier, faisant 7 morts au sein des camps. Aujourd’hui, elle déplore de voir sa famille et ses amis reconstruire avec les mêmes matériaux si fragiles. Avec calme, Galuha s’indigne : « Mais quel autre choix avons-nous ? Où pouvons-nous aller? Avec quel argent pouvons-nous reconstruire ? Tant que ce conflit existera et que nous ne pourrons pas voter pour l’autodétermination, nous continuerons de subir ces mêmes catastrophes, années après années ». (Oxfam et le désert du Sahara occidental : Oxfam International est une confédération composée de 18 organisations indépendantes de même sensibilité qui agissent « contre les injustices et la pauvreté ». Elles travaillent ensemble et en collaboration avec des partenaires locaux répartis dans plus de 90 pays.)

Coïncidence, pendant l'écriture de cet article, des inondations sont de nouveaux arrivés chez les sahraouis. Les autorités marocaines n'ont présenté aucune aide aux sinistrés, ni pris de mesures d'urgence pour gérer la situation provoquée par les inondations de la rivière de Saguia El-Hamra le 31 octobre 2016, mais elles ne respectent pas leurs souffrances, leur chagrin et le respect à donner à leurs morts, c'est le mépris d'un peuple sous l'occupation. Les autorités sont seulement préoccupées par les préparatifs des festivités de la « marche verte » qui commémore l'invasion du Sahara Occidental par le Maroc, les drapeaux marocains brandis dans toutes les rues, la musique qui sort des hauts parleurs, les photos du Roi partout et bien gardées par la police, des centaines de colons marocains transportés par des bus pour scander "vive le Roi" ; de célèbres joueurs  de football y sont présents ; l'important pour les autorités marocaines est de transmettre une image (même si c'est une image fausse) au monde : celle du territoire occupé du Sahara Occidental célébrant dans la joie les festivités de la « marche verte ».

(information transmise par Michèle Decaster (AFASPA) le dimanche, 6 Novembre, 2016 pour Humanite.fr)

Par kiwaïda at 19:13

30/10/2016

À тøʊṧ ʟℯṧ ᔕαḯη⊥ṧ

L'air était sans preuve du contraire, l'air était celui que l'on attendait. Poussés par son évidence, nous ne rebroussions chemin. Feuilles jaunes parsemées posées délicatement sur la surface de l'eau en mouvement, chacune offrant leur face lumineuse au ciel. Nous faisions mine de ne rien voir, afin de ne pas troubler le silence de ces apparitions merveilleuses. Espiègles voyants derrière nos lunettes d'ignorants, nous avancions, sans preuve du contraire, dans les traces des autres, poussés par l'évidence.
(SM)

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 10:51

09/10/2016

☡ϴИℰ ℋÜ♏iÐ∃

Cumulus sur Limoges Octobre 2016 (Photographie © Sonia Marques)

Je suis en préparation d'un workshop à L'École nationale supérieure des arts de Bourges, que j'ai nommé, "L'art de la disparition" en 2 temps, octobre 2016 et janvier 2017.

De belles coïncidences arrivent pour cette observation du paysage et je le dois à mon ami du Sahara qui m'avait chaleureusement fait découvrir la ville de Bourges au printemps 2013. J'avais même écrit fraîchement un article (Écoles buissonières) sur ce blog à propos de ma découverte des marais et un autre jour, à propos du centre culturel Emmetrop, et le centre d'art contemporain Le Transpalette. J'avais réalisé de belles photographies que le centre d'art avait apprécié. Puis, ils ont fermé et après 18 mois de travaux et de rénovations, le centre d’art à réouvert ses portes le 8 octobre dernier, toujours implanté depuis 1998 sur la friche culturelle l’Antre-peaux à Bourges. Pas encore vu. Je redécouvre cet article...
L'idée m'est donc venue, en commençant à enseigner à Bourges, dès janvier 2016 et avec de bons dialogues avec la direction et collègues, suite à mes souvenirs et aussi de mes recherches sur le paysage et l'apparition-disparition. En souhaitant partager ces recherches artistiques, notamment sur le mimétisme et l'animal camouflage, je pense inaugurer des pistes de travail, généreuses, à la fois en marge de l'urbanisation, et juxtaposées.

Marais sur Bourges Octobre 2016 (Photographie © Sonia Marques)

Les terrains marécageux qui entouraient Bourges ont longtemps assuré la défense de la ville. Au XVIIe siècle, les jésuites achètent une partie de ces "marais" et les louent à des particuliers qui les transforment en parcelles cultivables. Avec la Révolution et la vente des biens nationaux, cette mise en culture s'intensifie : les maraîchers ou « maretiers » alimentent la ville en fruits et légumes pendant trois siècles. Au milieu du XXe siècle, avec le changement des modes de production et de distribution, la profession décline pour disparaître dans les années 1970. Aujourd'hui exploités en jardins familiaux, les Marais de l'Yèvre et de la Voiselle ont été classés en 2003 sur la liste des Monuments Naturels et des Sites.

Ailleurs sur Bourges Octobre 2016 (Photographie © Sonia Marques)

Pour le travail, j'organise un cadre d'étude spécifique, déjà expérimenté en groupe, adapté ici à une zone humide. Plusieurs lectures chemineront de concert, la rencontre des habitants a commencé, ses histoires sources au passé, mais au devenir des regards des étudiants.

En finissage de préparatifs. J'ai pu la semaine dernière tâter un peu le terrain, rencontrer des spécialistes. D'un autre côté, lorsque j'y suis allée, il y a déjà 3 ans, j'avais échangé avec mon ami et ses liens particuliers sur la palmeraie, et les palmiers... Cela n'entre pas dans ce cadre d'étude pédagogique, et on sort bien du territoire français. De façon plus introspective,  je me poserai d'autres questions relatives à nos échanges d'il y a 3 ans. Comme quoi, souvent de multiples fenêtres s'ouvrent en simultané lorsque j'enseigne, avec des allers et retours dans l'histoire et les petites histoires. Les idées peuvent surgir de ma recherche personnelle artistique, de ce qui est déjà appris, acquis, pour le transmettre et d'une bonne dose d'expérimentation, mais elle est très bien dissociée, pourtant de cette recherche personnelle. Mon enseignement n'est absolument pas un refuge de ma pratique artistique. Seuls les concepts déjà partagés par d'autres chercheurs ou artistes ou professionnels des terrains abordés sont engagés (bien digérés pour la transmission d'un savoir) Concernant ma pratique, la liberté de penser et de la réalisation s'élaborent assez loin des écoles.

Lorsque s'engagent des projets pédagogiques, tout est dédié à l'accompagnement et à la valorisation des travaux d'étudiants. Ce sont aussi des périodes clés, où se tourner vers les autres, dispose d'un bel oubli de soi. De ces disparitions rassemblées, des apparitions émergent, ou de l'oubli, du passé, ou de l'invention, d'un imaginaire qui ne s'était pas déclaré aussi vaillant qu'il n'en avait l'air. Un étudiant peut sembler endormi, ses inspirations en sommeil et déclarer la trêve terminée et tenter sa performance, sa manifestation. Un autre peut commencer sa grève de la création, production, en amorçant un travail d'observation et de contemplation. Ainsi allons-nous, artistes au tempo si différents, aux rythmes chaloupés.

Je trouve des solutions sur les économies de moyens, je compte réfléchir un peu mieux sur l'écologie.

Par kiwaïda at 15:42

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