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01/12/2017

ᑭᖇᗴᗰᓮèᖇᙓᔕ ᘉᙓᓮᘐᙓᔕ

Photographies & dessins © Kiwa & TheJazzist

Quel beau jour !

Par kiwaïda at 18:48

01/10/2017

∃ṧ☂εηⅾʊë їᾔƒїηi℮ ⅾε łїεü


Photographie © JD - 2016 (sélection Sonia Marques)

L'espace de la mer, lieu de narration, lieu du rien et du vide : il n'y a rien à dire. Un espace d'absence de nouveauté, où la répétition des marées rythme cet absence. Un interlude entre deux moments, la terre et la mer. L'ordre météorologique décrit cet espace, le vent, la température, les vagues, leur taille, les poissons qui arrivent, ce que l'on voit du gouvernail (son regard, celui du bateau, du nageur, de la nageuse…)
- Le voyageur est-il authentique ?
Moins je prends de vacances, plus on m'envoie des photographies de vacances.
La mer. Mes voyages par procuration. Un peu comme un imaginaire scindé, comme si partir ailleurs était synonyme de vacances, d'évasion. On croit toucher les Indes et on rapporte des motifs exotiques, hors on ne touche que soi, soi et son regard inchangé, soi et son image dans le monde, on se trompe, on prend les Indes pour les terres d'indiens, mais ce sont des américains qui n'ont jamais vu les Indes qui habitent en Amérique. Les voyages sont fait de duperies ancestrales et de découvertes déviées, avortées, racornies aux cartes vieillies comme des feuilles automnales. On voudrait que vous ne bougiez plus, que vous soyez malade à en mourir que vous ne pouviez plus même faire vos courses à côté, mais votre imagination vagabonde et s'enivre d'images et d'imaginaires, de paysages que vous n'aviez jamais vus, et peut-être que vous ne verrez jamais de votre vivant.
Les représentations étaient confondues, les américaines, les mots ont figé cette confusion indienne. On a cru découvrir, mais ce n'était pas la bonne direction. On a maintenu la découverte, et on a assigné un nom préconçu à cette découverte pour faire bonne figure laisser une trace fidèle aux à priori dans l'histoire. Ne sommes-nous pas toujours dans ces déviations, fausses routes, afin de relire notre histoire telle que nous la souhaitions écrite ?
Sédentarité luxueuse qui regarde le nomadisme douloureux, ses déplacements, ces voyageurs incertains, dont nul retour n'est possible.
On dit, rencontrer l'autre, mais c'est aveugle que se passent ces rencontres. Entre myopes, entre côlons avec une encyclopédie à la main face à des ennemis sauvages, on souffre lorsque l'on voyage, on n'y comprend rien, on se regarde dans une flaque d'eau comme narcisse croyant voir son image.

Photographie © JD - 2017 (sélection Sonia Marques)


Compétition, on ramène ce que l'on a cru voir, des images, ce sont des souvenirs auxquels on doute au fur et à mesure : était-ce ainsi ?
Quadrillage mental de mes espaces imaginés, ramener un souvenir et augmenter un cabinet de curiosité. Je suis "le curieux" celui qui ne voyage pas, celui qui n'a d'ailes que dans ses souvenirs. Entre naturels et artificiels, ces curiosités forment mes voyages mentaux. Mon déplacement spatial est digne d'une handicapée physique aux ouvertures d'un oiseau rapace, dont l'acuité visuelle est décuplée, je vois loin.
Cette volonté de miniaturiser le monde, celui qui est dans ma main, à proximité, c'est celui qui est le plus doux, le plus indocile, je ne puis fermer ma main.
Condensés de vies humaines et inventées, ne serait-ce que voir le jour pointer son nez est un nouveau voyage, une nouvelle journée, les maussades et les belliqueuses, les maternelles, les maquerelles, rares paternalistes, car du père dans les journées point d'image. Elles sont liée à la Lune ces journées, liées à la nuit, liées à des rythmes qui n'ont aucune stabilité et pourtant peuvent être profondément ennuyeuses.
J'étais dans cette houle angoissante happée par des monstres marins dont j'ignorais la couleur, la texture, l'humeur et la force. Alors tout devenait si fantastique, que dormir me paraissait être une aventure toute inédite. Ainsi je ne pourrai la dire. Je ne savais quel outil, quel navigation allais-je opérer mais le nouveau jour arrivé, j'étais si pleine de ces épopées, qu'auprès d'un humble thé mérité, et de sa fumée silencieuse, j'avais ce sourire sage et si coquin, d'être revenue de mélopées radieuses et diaboliquement ravageuses. Je revoyais ces prairies sous-marines vertes, si riche dans cette tasse à café du même vert céladon.
L'espace, merveilleuse création de mon imaginaire oscillait si imprévisible qu'il ne pouvait se partager avec les érudits voyageurs et leurs sponsors.
Chaque nuit me séparait davantage du jour et chaque jour me ramenait à la rive des ennuis des vies des autres si besogneuses et sans éclat, si marchandes et si procédurières.
Espaces étendues infinis lieux d'histoires, visiter tant de contrées sans même sortir de sa chambre, dans ce divertissement plus sage, celui de connaître ce que le divin nous apporte, nous tous fainéants.
J'ai vu la face du despotisme est-elle noire ? est-elle blanche ?
Elle fut si blanche que sa démesure a encore cours, propice à une structure patriarcale qui a du mal à cacher sa mauvaise foi, son désir clivant, sa jalousie, sa laideur si biscornue.
Dans ces tromperies de fastueuses et barbares coutumes, elle justifie la tradition de l'esclavage. Les trousseurs de domestiques sont à présents maquillés, ce sont des femmes immondes qui disposent des clés de la maison.
Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas dans son usage. C'est le problème de la dissemblance, tout ce qui n'est pas d'ici, n'est pas qualifiable, insignifiant au mieux.
On fait du pâté en déclarant que c'est bien de chez nous et que toutes celles et ceux qui sont bien de chez nous doivent s'empâter et ne pas moufter de la recette. Ce sera du plaisir pour eux, du pêché pour d'autres. Pêché de tuer la bête, pêcher de manger celle que l'on a si mal nourrie et élevée au rang des cochoncetés.
Les gens sans amours serait ainsi celles et ceux qui ne savent accueillir et prétendent que leurs mets imposés seront ceux que les oies gavées les fois éclatés accepteront, sans maux dire.

Photographie © JD - 2016 (sélection Sonia Marques)

Photographie © JD - 2016 (sélection Sonia Marques)

Photographie © JD - 2017 (sélection Sonia Marques)

Photographie © JD - 2016 (sélection Sonia Marques)

Photographie © JD - 2017 (sélection Sonia Marques)

Par kiwaïda at 18:30

11/09/2017

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Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 11:03

09/09/2017

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Eternity (Photographie © Sonia Marques)
Les vraies cornes (Photographie © Sonia Marques)
Retraite (Photographie © Sonia Marques)
Island without contemporary art (Photographie © Sonia Marques)
"Protège tes racines"  (Photographie © Sonia Marques)
Tendresse (Photographie © Sonia Marques)
I will survive (Photographie © Sonia Marques)
DER BÄR (Photographie © Sonia Marques)
UM PEPINO ? (Photographie © Sonia Marques)
Ervilhas, feijões (Photographie © Sonia Marques)
Porcelaine de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 20:53

07/09/2017

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Photographie © Kiwa & JD

Par kiwaïda at 23:17

22/08/2017

Ṕéґї❡øґḓ √ℯят, ♭ℓαη¢, ρ◎υґ℘ґ℮, ᾔøїґ

Toutes les photographies © Sonia Marques, et JD

Par kiwaïda at 01:30

14/08/2017

ßαℓʟεяїηℯ


Mes Cendrillons (Repettos) sur ma Fanett (Ilmari Tapiovaara) (Photo © Sonia Marques)
Visite du magasin d’usine Repetto, en Dordogne, à Saint-Médard-d'Excideuil, qui vend des articles de surstocks, des chaussures des saisons précédentes, des fins de série et des articles dits de deuxième choix, c’est-à-dire qu’ils présentent des défauts mais ceux-ci n’empêchent pas de porter les chaussures. Cette usine produit, depuis 1967, essentiellement les chaussons de danse et ballerines de la marque, mais pas seulement. Les autres modèles sont même quelques-uns des plus légendaires, comme les chaussures Zizi et BB. Après avoir failli disparaître, Repetto connaît aujourd’hui le succès avec ses mocassins, ballerines de ville, bottes et bottines, babies ou sneakers.
Repetto : une histoire familiale : Rose Repetto, maman d’un prodige de la danse qui décide de créer des chaussons pour son fils qui revenait les pieds meurtris par ses répétitions. Bonne couturière, elle se charge de lui confectionner des chaussons plus adaptés et surtout plus confortables. Dans un atelier situé à deux pas de l’Opéra National de Paris, elle met au point la technique du “cousue & retournée” qui consiste à coudre la semelle en cuir à l’envers avant de la retourner. Grâce à ce savoir-faire unique, Madame Repetto acquiert très vite une grande notoriété et devient la fournisseuse attitrée des danseurs étoiles de l’Opéra Garnier.



Le chanteur belge Stromae, fondateur de la marque Mosaert en 2009 avec sa femme, la styliste Coralie Barbier, ont lancé une collection capsule en collaboration avec la marque de chaussures de danse, Repetto.

La marque Mosaert propose, depuis sa création, des vêtements unisexes et riches en couleurs et présente cette fois-ci, pour sa quatrième collection capsule, des souliers fleuris mixtes. La styliste expliquait que le chanteur avait toujours eu envie de porter des ballerines et qu’il regrettait le fait qu’elles ne soient réservées qu’aux femmes. De là,  Jean-Marc Gaucher, PDG de Repetto, lui en a envoyé une paire et lui a proposé cette collaboration.



Visuels, Brigitte Bardot avec des Repettos (à 18 ans, et aussi dans l'atelier de Picasso)

 Avant de devenir une des stars les plus incandescentes du cinéma français, la jeune Brigitte Bardot était une danseuse classique indéniablement douée. À l'époque, la Repetto ne se portait pas ailleurs qu'aux pieds des petits rats de l'Opéra. Bardot, elle, s'échappa rapidement du carcan de la danse classique pour s'improviser mannequin puis actrice débutante chez Sacha Guitry ou René Clair.  C'est en 1956 que bascule le destin de la simple starlette mariée à son Pygmalion Roger Vadim. Juste avant le tournage de Et Dieu... créa la femme, elle commande à Rose Repetto (fondatrice de la maison), une chaussure aussi légère et confortable qu’un chausson de danse. Mais avec le sex-appeal en plus ! Ainsi naît le modèle Cendrillon, dont le profond décolleté laisse découvrir la naissance des orteils. Moue boudeuse, crinière blonde, Repetto rouge carmin aux pieds: le mythe B.B voit lui aussi le jour dans Et Dieu... créa la femme. Si l'accueil réservé au film de Vadim est un peu frileux dans l'hexagone, les Américains, eux, s'enflamment pour la beauté insolente de Bardot. Grâce à leur fièvre contagieuse, la célébrité de l'actrice explose en France. On n'a jamais vu une sensualité aussi débridée et assumée, assortie d'un parler aussi nonchalant. Porté par ce succès fou, la ballerine peut alors descendre dans la rue et s'invite même à Hollywood. Quant à B.B., avant d'apposer ses initiales chez Gainsbourg (autre amateur de Repetto), elle mènera une vie aussi mouvementée que celle de Juliette, l'héroïne imaginée pour elle par Vadim - dont elle divorcera en 1957. Etre une femme libérée, ce n'est pas si facile... (article Vanity Fair, par Rosemont - 2014)


Entrée du château d'Excideuil lors du Hoop Festival (Photos © Sonia Marques)




Génial au Japon (Photo © Sonia Marques)

Génial au Japon
Quand elles ne composent pas avec leurs copains du groupe Le A, Blandine Peis et Émeline Marceau se réunissent au sein de Génial au Japon pour évoquer les grands espaces, les road-trips infinis et incertains et les sentiments humains dans un dédale de sons modernes, qui laissent la part belle à des rythmiques électroniques, des mélodies pop et des envolées parfois rock. Dans la musique de ces deux Bordelaises, les boîtes à rythme percutent sans jamais froisser les sens, les synthés se dévoilent à travers des nappes célestes ou des basses épaisses tandis que les guitares, déliées ou plus distordues, finissent de tapisser un décor jamais figé, toujours en mouvement. De Blonde Redhead à Radiohead en passant par Portishead, LCD Sound system ou Tame Impala, le duo féminin, créé à l’automne 2015, met en lumière tout un pan du patrimoine pop, rock et électro des années 2000 dans ses chansons habitées qui nourrissent aussi bien les rêves que la réalité. Qu’on vive au Japon… ou ailleurs.


Bloum (Photo © Sonia Marques)

Bloum

voit le jour en 2013. Les six membres se retrouvent autour d’une idée : construire un live où la musique et l’image pourraient se mêler et ainsi former une matière à part entière. Le but étant de proposer un espace où son et image se rejoignent, s’inspirent et se connectent. La notion de croisement a toujours intéressé la formation : Image-son ; électronique-acoustique ; graphisme-vidéo ; plastique-numérique… Chaque matériau serait support de l’autre. Pour ce faire, les membres travaillent en commun du début à la fin de la période de création. Les rôles se répartissent de la manière suivante : Côté sonore : Léo, Paul, Max et Bastien. Musiciens aux parcours bien différents. Du deejaying à l’orchestre classique en passant par le sound design ou la jam session sauvage… Côté visuel : Marie et Glen. Respectivement graphiste et plasticien de formation. Travaillent avec différents outils : vidéoprojection, modules, lumière… Sortes d’instruments d’un orchestre insolite qui répond à l’appel de la musique​.​ Véritable artisanat de la musique, Bloum compose, arrange et mixe ses morceaux de ses petites mains, au même titre que l’identité visuelle du groupe, ses clips, ainsi que les artworks de ses albums.​


Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil  (Photo © Sonia Marques)
Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil : Le site est né de l'imagination d'un couple de lyonnais installé là depuis 22 ans. Et jusqu'en 2031 maximum précisent-ils. Moniqa Ray-Bool est l'artiste propriétaire des lieux, cette ancienne enseignante a disséminé des citations d'auteurs dans tout le parc.




Œuvre de l'artiste chinoise Xuefeng Chen au jardin d'Hélys (Photos © Sonia Marques)

Née en Chine en 1975 dans le Yunnan, Xuefeng a vécu auprès de sa mère dans son village, en pleine campagne et montagne jusqu’à l’âge de 13 ans où elle courait, pieds nus, dans ces paysages. Sa pensée va sans limite entre lacs et montagnes, prés de sa maman un peu chamane, qui connait les rituels ancestraux. Pendant les années d’une enfance heureuse, chaque jour était un voyage inconnu. Sa curiosité la conduite en France, à Strasbourg, à l’école des Arts décoratifs. Pendant ses études, ses recherches dansent autour des cultes, des cérémonies, les gestes de sa maman, les dessins traditionnellement chinois, les écritures, tout ce qu’elle a connu et vu pendant son enfance. Le papier découpé, la broderie, le textile, la sculpture, Xuefeng touche à ces techniques qu’elle fait siennes et navigue dans ses racines pour faire pousser son arbre.

https://www.xuefengchen.fr/
https://www.instagram.com/xuefengchen_art/




Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil  (Photo © Sonia Marques)

Au piano (Photo © JD)

Nouvelle étagère  (Photo © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 16:56

06/08/2017

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(Photographies Kiwa & JD)

Festival très sympathique :

Il était une fois... un village appelé Les Cars où il y a longtemps une grande fête avait lieu chaque année à la Pentecôte et mobilisait le village entier... Mais c'était il y a très longtemps... Lorsque nous étions enfants. Les graines étaient semées, les idées ont germé...Ces enfants depuis ont bien grandi et ne pouvaient se résoudre à l'idée que ce village retombe dans la tristesse. Ainsi est né le Festival Les Carrioles. A l'image d'un voyage en carrioles, le temps d'un week-end, nous invitons le public à ralentir le temps et à revenir à des choses plus essentielles, se rencontrer, échanger et découvrir les richesses de notre territoire...
En effet, l'organisation du Festival part du constat qu'il existe de très nombreux savoir-faire locaux, qu'il s'agisse des produits fermiers, des artistes ou de l'artisanat, et un besoin de les faire découvrir et de les valoriser. De ce fait, le Festival Les Carrioles se veut un événement vivant, familial, citoyen et festif qui propose une multitude d'animations, de spectacles, d'ateliers... et tout ça dans une démarche de respect de l'environnement et de consommation responsable, afin d'encourager la consommation locale. Il a lieu chaque année le 1er week-end d'Août aux Cars, sur le site des Ribières.

Un éco-festival, c'est-à-dire ?
Le festival "Les Carrioles" est mis en place dans l’esprit du développement local et durable, et souhaite s'inscrire dans une démarche la plus respectueuse possible de notre environnement. Il s'agit en premier lieu, par les animations proposées et les exposants invités, de faire connaître à tous les richesses de notre territoire (agriculture, artisanat, faune et flore, patrimoine, etc...). Nous essayons ensuite de mettre en oeuvre ces principes dans toutes les composantes du festival : par le recours systématique à des produits locaux aux buvettes et à la restauration, l'utilisation de vaisselle compostable ou réutilisable, le tri des déchets, l'impression des documents de communication dans le respect de normes environnementales élevées, l'installation de toilettes sèches, etc …

On y mange super bien, tout est délicieux, l'ambiance est très sympathique, tout le monde se parle, les commerçants, les jeunes et les moins jeunes, pas mal de diversité, des festivaliers libres et pacifiques.

Super concert de Zoufris Maracas et j'ai particulièrement aimé "Chienne de vie", dont le chanteur, Vincent Sanchez (qui a déjà eu plusieurs articles publiés qui relatent sont parcours) Dernier album (2016) Le live de la jungle :

Ah chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé.
Comme s’il fallait tout oublier
A chaque fois que tout s’effondre
Comme s’il fallait recommencer
Et surtout ne jamais confondre
Son présent avec son passé
Et puis courir jusqu’à la tombe
En faisant semblant qu’on est pressé
En slalommant entre les bombes
Celles qu’on à soi-même placées
Celles des autres, celles du monde
Qui finiront par explorer
Ce n’est qu’une question de secondes
Et l’angle dans l’quel on est placé
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé
Comme s’il fallait s’immuniser
Pour à nouveau pouvoir se fondre
Dans la masse des civilisés
Dans laquelle les cons abondent
Les cons aigris, les cons grisés
Les cons vernis, les cons frisés
Les cons groguis, les cons rasés
Et un con à chaque seconde
Une nouvelle variété
Qu’il nous faudrait apprivoiser
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé.
Comme s’il fallait laisser glisser
Tous ces sentiments qui nous plombent
Comme s’il fallait les effacer
Alors qu’on a le cœur qui gronde
Et qu’on voit bien qu’il est blessé
Même si on a d’jà trouvé la blonde
Qui nous permettrait d’oublier
La profondeur à laquelle, ah
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé
Comme s’il fallait tout essayer
Toutes celles qui passent sur la route
Et toutes les déshabiller
Pour s’économiser du doute
Qu’on aurait voulu y goûter
Juste un petit peu juste quelques gouttes
Pas trop pour pas s’habituer
Assez pour fracasser son couple
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé

Paroliers : Vincent ALLARD / Vincent SANCHEZ / Youri KETELERS

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Par kiwaïda at 14:34

01/05/2017

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Photographies © Sonia Marques

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Photographie © Sonia Marques

Par kiwaïda at 17:07

06/11/2016

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En octobre 2010, plus de 20 000 Sahraouis ont quitté El Aaiun pour installer à Gdeim Izik dans le désert un camp de 8000 tentes pour défendre leurs droits politiques, économiques et sociaux.  Depuis l'assaut des forces de sécurité marocaines le 8 novembre 2010 (6 années se sont écoulées depuis) pour démanteler ce camp, les manifestations se succèdent au Sahara occidental. Toujours pacifiques, elles sont réprimées, avec de nombreux blessés et de nouvelles arrestations.


En ouverture du deuxième festival du film d’Ici et d’Ailleurs, a été projeté dans la salle de la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges, le 4 novembre dernier, le film « Enfants des nuages, la dernière colonie », réalisé en 2012, par Alvaro Longoria et Javier Bardem. Un débat intéressant fut animé par Sdiga Dauger, membre de la délégation Sahraouie en France. J'ai pu rencontrer de dynamiques personnes associatives et apprendre des Saharaouis, et revoir une bonne rencontre au début de mon arrivée à Limoges.

Cultures Maghreb-Limousin est une association, culturelle, apolitique et non confessionnelle. Elle rassemble tous ceux et celles qui ont des affinités culturelles avec le Maghreb ou ceux et celles qui souhaitent aller à la rencontre des différentes cultures du Maghreb. L'action culturelle et éducative de l'association s'inscrit dans une démarche d'ouverture à l'autre pour un enrichissement mutuel des peuples des deux côtés de la méditerranée. Ainsi, l'association espère faire reculer l'intolérance, le rejet de l'autre et l'extrémisme. La présence de Sdiga Dauger, sahraouie a favorisé le partage d'une expérience et de son histoire, bien au-delà du film américano-espagnol (dont l'acteur Javier Bardem et Victoria Abril pour la voix off, ajoutent une autre teinte cinématographique) En découvrant le documentaire, on comprend comment celui-ci n'a pas trouvé assez de salles pour le diffuser, pourquoi il a été peut-être censuré aussi. Les intérêts de la France sont intrinsèquement mêlés à l'histoire des ces peuples nomades pacifistes, toujours réfugiées, qui ont connu pendant 18 années la guerre, dans le Sahara occidental.

Extrait de l'article "« Enfants de nuages, la dernière colonie » : le conflit oublié du Sahara occidental, Ce documentaire engagé, récipiendaire d'un Goya en 2013, affiche  une volonté pédagogique manifeste" de Sandrine Marques, journaliste au Monde :

Le Sahara occidental fut, jusqu'en 1976, une colonie espagnole. Depuis quarante ans, la région est à l'origine d'un conflit entre le Maroc, convaincu de sa souveraineté, et de l'Algérie qui a apporté son soutien au Front Polisario, constitué d'indépendantistes. Les opposants au gouvernement marocain continuent de subir une répression violente, dans le plus grand mépris des droits de l'homme. Depuis 2008, l'acteur espagnol Javier Bardem (dont la mère œuvrait avant lui en direction des femmes sahraouies), est allé à la rencontre des hommes politiques du monde entier pour les rallier à cette cause, ce que montre le documentaire.

Pour se présenter Sdiga Brahim Dauger dit ceci :

Je ne sais pas exactement en quelle année je suis née. Je sais que c’est au début des années soixante dix. Ma mère m’a dit que c’était par une nuit pluvieuse, sous une « bénia », tante sahraouie en tissus légers utilisée par les jeunes mariés pour camper dans la « badia ». Mais une chose dont je suis sûre, c’est que je suis une sahraouie ! En octobre 1979, lors des bombardements de Smara par l’armée marocaine, ma famille et beaucoup d’autres familles sahraouies, ont dû fuir au milieu de la nuit sous les bombes et les balles en abandonnant maisons et biens... Avec l’aide du Front Populaire de Libération de Saguiat el Ramra et Rio de Oro (Front Polisario), nous avons atteint les campements de réfugiés implantés par le HCR près de Tindouf en Algérie en 1975, année de l’invasion de notre pays, le Sahara occidental, par la Mauritanie et le Maroc... Dès le début de l’exil, beaucoup de pays, dont Cuba, ont offert leur aide aux réfugiés. Cuba n’ayant pas les moyens de fournir une aide matérielle ou financière, a proposé au Front Polisario de prendre en charge la scolarité secondaire et supérieure d’enfants sahraouis. En 1982, ma famille a accepté la séparation et j’ai été accueillie à Cuba avec un très grand nombre d’autres enfants des campements... A La fin de mes études supérieures en 1994, je suis rentrée dans les campements de réfugiés où j’ai vraiment découvert avec des yeux d’adulte les conditions terribles faites aux miens.

Le débat après le film m'a permis de compléter mes recherches sur les dynamiques de l’État, les crises politiques et les transformations politiques des conflits, quand l’État ne protège plus ses citoyens. Dans des contextes de fragilités de l’État, qui ne remplit pas ses fonctions, de crise politique, quand il est contesté, ou lors de conflit armé, des organismes de paix agissent. Par la réalité des pays riches en ressources naturelles stratégiques et les géants de l’économie française, il y a aussi des entreprises qui s'implantent afin de travailler sur la paix ou favoriser les échanges de connaissances. Les ressources naturelles sont généralement entre les mains de l’État, et peu redistribuées, elles contribuent à maintenir au pouvoir des régimes non démocratiques.

    Mieux comprendre les dynamiques des conflits
    Approfondir les connaissances et le savoir faire sur « comment transformer le conflit »
    Concevoir une action dans le conflit et une action sur le conflit
    Donner à voir des expériences existantes

L'association Irénées.net (site de ressources) s'emploie dans ce sens. C'est sur leur site que j'ai pu trouver un bon résumé concernant les Origines, enjeux et perspectives de paix du conflit du Sahara occidental. Malgré la projection du film, quelques repères historiques me manquaient dans l'histoire du Sahara occidental, très complexe concernant les conflits.


Le Sahara occidental est situé à l’ouest du Maghreb et présente comme voisins frontaliers : Le Maroc au nord ; au nord –est l’Algérie avec qui il partage une courte frontière; et enfin la Mauritanie à l’est, et dans tout le sud. Toute sa frontière ouest donne sur l’atlantique. Sa superficie est de 266000 km². A l’époque de son occupation par l’Espagne en 1884, le territoire du Sahara Occidental est essentiellement occupé de tribus guerrières, maraboutiques et tributaires, organisées et indépendantes entre-elles.

Les Sahraouis sont des nomades du désert, « enfants des nuages », fiers, libres, peu enclins à la violence. Les femmes, belles et racées, vêtues de leurs tissus aux magnifiques couleurs bleutées ou rosées, jouissent de plus d’autonomie que les femmes des sociétés arabes sédentaires. Leur islam s’apparente à une forme de panthéisme, proche de la nature, sans fanatisme. À la question posée à Sdiga Dauger, la place de la religion chez les sahraouis, elle nous informe qu'elle est mineure, d'autant plus que ces nomades sont d'une organisation matriarcale, et tribale, qu'ils n'ont pas le temps de prier et que la religion ne gouverne ni leurs pensées, ni leurs décisions. Jusqu’en 1975, ils sillonnaient le Sahara, avec leurs chèvres et chameaux, voyageant sans entraves entre le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie et le Nord Mali. Mais en cette année 1975, alors que l’Espagne, puissance coloniale, s’apprête à se retirer du Sahara occidental, le destin du peuple sahraoui bascule. Pour comprendre ce passé dont les douleurs transversales se prolongent jusqu’à aujourd’hui. Depuis près de quarante ans, la question du Sahara occidental se perd régulièrement dans les sables de la diplomatie internationale. Dans une région constamment sous tension.

Il y a eu "la marche verte" en 1975 qui a été doublement bénéfique au roi, en écartant le danger qui venait de l’armée en la mobilisant pour défendre cette province du sud et de gagner en popularité en faisant des Sahraouis les boucs émissaires de tous les maux du Maroc. 

Bouc émissaires

La Marche Verte du 16 octobre 1975 se veut une récupération symbolique et pacifique du territoire du Sahara « marocain » par le Maroc. Cette Marche a à sa tête la personne même du roi Hassan II du Maroc, suivi par une grande foule brandissant le coran et le drapeau marocain; le coran se voulait un symbole pacifique de l’action de récupération, alors que le drapeau traduisait un signe indicateur de l’appartenance de ce territoire au Maroc.
Pour les membres du front polisario, la présence de l’armée marocaine sur le territoire (celle-ci y a précédé les marcheurs) représente une nouvelle occupation étrangère, alors même que l’Espagne n’y a pas encore achevé son retrait. Ses derniers soldats en partiront en janvier 1976, et elle mettra officiellement fin à sa présence sur ce territoire en février 1976. Ceci explique pourquoi les combattants du front polisario allaient prendre les armes une nouvelle fois pour se défaire de cette nouvelle occupation. Dans la même période, plus précisément le 24 novembre 1975, le Maroc, la Mauritanie et l’Espagne signent à Madrid (Espagne) les accords (tripartites) de Madrid. Ceux-ci voient l’Espagne octroyer à la Mauritanie et au Maroc, l’administration conjointe du territoire du Sahara occidental. Partant du territoire quelques mois après, l’Espagne devait signifier aux Nations Unies sa démission du titre de puissance administrante du Sahara occidental, titre que les Nations Unies n’ont pas eu à octroyer à un autre Etat.

Le plus grand mur du monde dans le désert : Le mur des sables (mur de la honte, mur de la sécurité)

Depuis la chute du Mur de Berlin, les murs frontières ne disparaissent pas, mais au contraire se multiplient. Certaines de ces barrières sont connues : le mur entre le Mexique et les États-Unis, justement ou celui séparant l'Espagne du Maroc. D'autres le sont moins, comme le «mur de sable» dans le Sahara occidental, ou encore les barrières qui séparent l'Inde du Bangladesh et du Pakistan. Le mur de sable, appelé aussi le «Berm», est un mur long de 2700 km construit par le Maroc au Sahara occidental entre 1980 et 1986. Malgré un nom qui pourrait évoquer une certaine fragilité, le mur de sable est un véritable ouvrage militaire composé de remblais de sable sur 2 ou 3 lignes, de champs de mine, de barbelés  et surveillé en permanence par 120 000 soldats marocains.
Le Sahara occidental est un territoire désertique de 284 000 km2 (un peu plus de la moitié de la France), frontalier du Maroc et de la Mauritanie, avec une population en partie nomade. Par ailleurs, ce désert contient 28% des réserves internationales de phosphate avec un minerai pur à 80%. Les 1’200 kilomètres de côte représentent des ressources énormes en pêche, surexploitées par le Maroc, l’Union européenne, la Russie, la Corée. Ils viennent avec des bateaux usines et pêchent sans limites. Cette côte est la seule qui ne bénéficie pas des deux mois de repos obligatoires qui existent dans toutes les autres les mers. Pour contrer les attaques éclairs de la guérilla, le Maroc construit en 1981 un mur de 2’500 kilomètres qui divise le Sahara occidental entre un territoire contrôlé par le Maroc (80%) et par le Front Polisario (20%). Rabat militarise massivement la zone et y pose des millions de mines antipersonnel, en en faisant, selon l’ONU, l’un des territoires les plus gravement pollués par les mines au monde.

Photo du Berm

Je me suis intéressée à la dignité des sahraouis, l'émancipation et l'organisation tribale des femmes, leurs rapports au pacifisme, enserrés dans des territoires pris dans des conflits indéfectibles et de luttes armées.

Les Sahraouies sont héritières d’une société matriarcale et ont su conserver leurs droits bien avant la nouvelle Moudawana (droit de la famille marocain codifié en 1958). Un article de la journaliste Laetitia Grotti installée au Maroc (Femmes sahraouies: L’avant-garde de l’émancipation) décrit bien les enjeux de cette organisation matriarcale.

Ce que femme veut, Dieu le veut

Il existe chez les Sahraouis une image première des femmes qui est semblable à l’opinion dominante dans la plupart des cultures du monde, l’idée qu’elles sont physiquement moins fortes que les hommes. A la différence fondamentale « qu’argument est tiré de cette faiblesse pour justifier tous les moyens et les institutions capables d’assurer le pouvoir économique et social des femmes » explique l’ethnologue Hélène Claudot-Hawad. Ce que confirme Elazza Likhili, de l’Union Nationale des Femmes Marocaines (UNFM) section Laayoune, « la femme sahraouie a toujours eu un rôle dans notre société et dans nos familles. Elle joue le rôle de l’homme dans une société nomade ». La même souligne, « qu’historiquement, la seule activité était le commerce, via les caravanes. Or, il fallait trois mois pour rejoindre Goulmime qui était le premier point commercial. Du coup, il incombait à la femme la gestion des biens et de la tente. C’est ce qui a donné sa force et son indépendance à la femme sahraouie ». Ce raisonnement conduit à une représentation donnant au pôle féminin une nécessité vitale, image pour le moins marginale dans la pensée du monde méditerranéen. « La femme représente le chaînon stable et permanent de la communauté, le point fixe autour duquel évolue et s’agite le reste du monde » précise encore Hélène Claudot-Hawad.
Le Maroc, matriarcal jusqu’au 17ème siècle Pour Batoul Daoudi, de la tribu des Aït Lahcen et responsable de l’Agence de développement social des provinces du sud, il faut remonter dans le temps pour comprendre cet état de fait. « N’oublions pas que jusqu’à l’arrivée des Beni Hassan au 17ème, venant d’Arabie, les tribus sahraouies, essentiellement senhaja, étaient régies selon le modèle matriarcal. Ce n’est qu’avec les Beni Hassan que les tribus basculeront peu à peu vers le modèle patriarcal, tout en gardant des caractéristiques senhajas, notamment en ce qui concerne le rôle des femmes ». Ainsi, même si la législation islamique a gagné du terrain et se trouve adoptée partout, la construction du monde autour du principe féminin résiste encore sur le plan idéologique. Pour preuve, Salka Benabda, de l’association Basmat Al Amal, section Laayoune précise que « depuis sa naissance, la fille sahraouie est sacrée, elle est placée au centre de l’attention familiale. D’ailleurs, insiste-t-elle, les tribus les mieux cotées sont celles qui prennent soin de leurs filles ». Ainsi, toutes sont unanimes pour dire que de l’enfance à l’adolescence, la fille sahraouie est choyée et qu’une fois devenue femme, son avis est primordial. Elle est d’ailleurs consultée pour toutes les affaires du foyer comme de la tribu. Ce que relève une fois encore notre ethnologue, « dans les assises ou les conseils, qui réunissent hommes et femmes d’une même lignée, la voix féminine pèse autant et même davantage que celles des hommes. Une décision ne peut être arrêtée que si les femmes sont d’accord ».
Autant dire que la femme sahraouie jouit d’un respect, tant familial que tribal, que peuvent lui envier bien des femmes du « dakhil ». C’est, à n’en pas douter, ce qui explique l’absence quasi-totale du phénomène de la violence conjugale chez les Sahraouis, « les relations de mariage empêchent les relations guerrières entre tribus, d’où le respect envers la femme, car la violenter, reviendrait à infliger cette violence à toute la tribu » détaille Batoul Daoudi.

Le divorce, fête de la liberté des femmes

Et a contrario, c’est aussi ce qui justifie le taux si élevé de divorces dans la région. La même souligne, « la femme sahraouie quitte le foyer à la moindre injure qui touche sa dignité ou en cas d’adultère ». Loin de lui valoir l’infamie, le divorce est souvent l’occasion de faire la fête. « On signifie à l’ex-mari que ce n’est pas la fin du monde, que la vie de son ex-femme vient à peine de recommencer » explique Batoul. Pour l’anthropologue Mohamed Naïmi, cette fête symbolise également l’acquisition d’une entière liberté, « quand elle se marie, la femme passe de la tutelle du père à celle de son mari. Une fois divorcée, elle devient libre. C’est précisément ce que l’on célèbre ».
Quand le droit tribal prime sur le droit d’Etat. Du coup, nos trois amies sourient franchement quand on leur parle de la réforme de la Moudawana, visant à rendre effective l’égalité entres sexes, énoncée dans la constitution. « Dans notre société, la Moudawana n’a jamais été appliquée, ce sont les lois tribales qui prévalent » précise d’emblée Elazza Likhili. C’est sans doute ce qui explique que les concepteurs du nouveau texte se sont largement inspirés des propositions formulées par la section de l’UNFM des provinces du sud.

C’est la femme qui prend époux

A titre d’exemple, depuis toujours, la femme sahraouie est consultée pour son mariage, c’est elle qui « prend époux ». L’expression est d’autant plus explicite qu’il existe, selon l’anthropologue Mohamed Naïmi, des « tribus donatrices » de femmes. Ce qui signifie, non pas que l’on « donne » une femme à la tribu du mari mais qu’au contraire, le mariage permet de « prendre » l’homme à la tribu en question, renforçant ainsi le poids de celle dont est issue la future mariée. Pour Naïmi, les « tribus donatrices » sont celles qui dominent économiquement. Plus intimement, la tradition veut que les deux époux se vouent une vie de respect ou une séparation à l’amiable. Pas de communauté de biens dans le mariage. D’ailleurs, en cas de divorce, la femme emporte tout : tant les biens légués par son père au moment du mariage (c’est lui qui achète tout pour que sa progéniture n’ait rien à devoir à son époux) que ceux que lui aura achetés son mari pendant l’union. La tradition veut que l’homme ajoute encore des biens pour garder de bonnes relations avec la famille de son ex-femme.

Le divorce, une simple formalité  tribale

Du coup, il est aisé de concevoir que le divorce, véritable chemin de croix des Marocaines du Dakhil, n’a jamais été vécu comme tel par nos sahraouies. D’autant qu’au sud, le moment pénible passé devant les tribunaux de famille ne représente qu’une simple formalité. « Les problèmes se règlent au sein de la tribu. Nous allons au tribunal juste pour le tampon. Il est honteux pour un homme de pousser sa femme à se présenter devant un juge pour réclamer ses droits ou ceux de ses enfants. Ces derniers sont d’ailleurs automatiquement pris en charge par la famille » ajoute B. Daoudi.

Pas de polygamie

Et la polygamie dans tout ça ? Un extra-terrestre. Le contrat de mariage des Sahraouies comprend depuis des décennies une clause stipulant que « la sabiqa wa la lahiqa, wa ida tamma dalika fa amrouha biyadiha », ce qui signifie approximativement, « ni précédente, ni suivante et si cela se passe, c’est à la femme de décider de son sort ». Voilà qui est clair.
Bouleversés par l’administration sédentaire

Lumineuse également, la conclusion de Mohamed Naïmi précisant que « les tribus sahraouies ont connu un bouleversement radical avec l’arrivée de l’administration marocaine et la sédentarisation forcée. Reste que la dimension nomade est enracinée… et non l’inverse ». Un enracinement tel, qu’il a permis le maintien d’une indéniable construction symbolique, centrée autour de la femme, pilier de la famille, de la tente, de la tribu, de l’univers.


Ci-dessus Galuha, 66 ans (à droite)

Du 16 au 24 octobre 2015, des pluies d’une exceptionnelle intensité ont entrainé des destructions importantes dans les camps de réfugiés sahraouis. Si les fortes pluies sont un phénomène courant dans les camps à cette période de l’année, l’ampleur de ces inondations fut sans précédent. Galuha a eu 66 ans à cette période, peut-on lire sur la newsletter de la voix du désert de décembre 2015. Un mois après les plus graves inondations ayant frappé les camps de réfugiés sahraouis, Galuha est catégorique : « C’est la première fois que je vois autant de maisons détruites en 40 ans. Pratiquement toutes les familles ont été affectées ». Elle et sa famille n’ont pas été épargnées. A l’intérieur de sa maison, les fissures sont nombreuses et l’habitation menace encore de s’effondrer à tout moment. Alors, comme depuis le début des inondations, Galuha et sa famille vivent dans la tente traditionnelle familiale, la jaima : « Nous étions dans une situation de panique généralisée. Mes enfants, petits-enfants et voisins sont venus dans notre tente. Nous étions une quinzaine à y vivre, avec ce qu’on a pu sauver de nourriture. Nos effets personnels, nos vêtements ont soit été détruits, soit endommagés ». « Il a plu pendant plusieurs jours, mais il a suffit de 20 minutes intenses pour qu’un véritable fleuve se constitue entre notre quartier et le voisin ». A ce moment-là, raconte-t-elle, la tente familiale menaçait de s’effondrer sous le poids de la pluie. En catastrophe, ils ont monté une autre petite tente de fortune pour y placer les enfants : « Il s’agissait de sauver des vies ». Elle raconte ainsi comment, avant même l’arrivée de l’aide humanitaire, la solidarité entre familles s’était constituée pour organiser des repas communs dès les premières heures.

Galuha se souvient de toutes les catastrophe auxquelles ont fait face les réfugiés sahraouis. Les inondations de 1994, se rappelle-t-elle, avaient ravagé son quartier, faisant 7 morts au sein des camps. Aujourd’hui, elle déplore de voir sa famille et ses amis reconstruire avec les mêmes matériaux si fragiles. Avec calme, Galuha s’indigne : « Mais quel autre choix avons-nous ? Où pouvons-nous aller? Avec quel argent pouvons-nous reconstruire ? Tant que ce conflit existera et que nous ne pourrons pas voter pour l’autodétermination, nous continuerons de subir ces mêmes catastrophes, années après années ». (Oxfam et le désert du Sahara occidental : Oxfam International est une confédération composée de 18 organisations indépendantes de même sensibilité qui agissent « contre les injustices et la pauvreté ». Elles travaillent ensemble et en collaboration avec des partenaires locaux répartis dans plus de 90 pays.)

Coïncidence, pendant l'écriture de cet article, des inondations sont de nouveaux arrivés chez les sahraouis. Les autorités marocaines n'ont présenté aucune aide aux sinistrés, ni pris de mesures d'urgence pour gérer la situation provoquée par les inondations de la rivière de Saguia El-Hamra le 31 octobre 2016, mais elles ne respectent pas leurs souffrances, leur chagrin et le respect à donner à leurs morts, c'est le mépris d'un peuple sous l'occupation. Les autorités sont seulement préoccupées par les préparatifs des festivités de la « marche verte » qui commémore l'invasion du Sahara Occidental par le Maroc, les drapeaux marocains brandis dans toutes les rues, la musique qui sort des hauts parleurs, les photos du Roi partout et bien gardées par la police, des centaines de colons marocains transportés par des bus pour scander "vive le Roi" ; de célèbres joueurs  de football y sont présents ; l'important pour les autorités marocaines est de transmettre une image (même si c'est une image fausse) au monde : celle du territoire occupé du Sahara Occidental célébrant dans la joie les festivités de la « marche verte ».

(information transmise par Michèle Decaster (AFASPA) le dimanche, 6 Novembre, 2016 pour Humanite.fr)

Par kiwaïda at 19:13

30/10/2016

À тøʊṧ ʟℯṧ ᔕαḯη⊥ṧ

L'air était sans preuve du contraire, l'air était celui que l'on attendait. Poussés par son évidence, nous ne rebroussions chemin. Feuilles jaunes parsemées posées délicatement sur la surface de l'eau en mouvement, chacune offrant leur face lumineuse au ciel. Nous faisions mine de ne rien voir, afin de ne pas troubler le silence de ces apparitions merveilleuses. Espiègles voyants derrière nos lunettes d'ignorants, nous avancions, sans preuve du contraire, dans les traces des autres, poussés par l'évidence.
(SM)

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 10:51

09/10/2016

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Cumulus sur Limoges Octobre 2016 (Photographie © Sonia Marques)

Je suis en préparation d'un workshop à L'École nationale supérieure des arts de Bourges, que j'ai nommé, "L'art de la disparition" en 2 temps, octobre 2016 et janvier 2017.

De belles coïncidences arrivent pour cette observation du paysage et je le dois à mon ami du Sahara qui m'avait chaleureusement fait découvrir la ville de Bourges au printemps 2013. J'avais même écrit fraîchement un article (Écoles buissonières) sur ce blog à propos de ma découverte des marais et un autre jour, à propos du centre culturel Emmetrop, et le centre d'art contemporain Le Transpalette. J'avais réalisé de belles photographies que le centre d'art avait apprécié. Puis, ils ont fermé et après 18 mois de travaux et de rénovations, le centre d’art à réouvert ses portes le 8 octobre dernier, toujours implanté depuis 1998 sur la friche culturelle l’Antre-peaux à Bourges. Pas encore vu. Je redécouvre cet article...
L'idée m'est donc venue, en commençant à enseigner à Bourges, dès janvier 2016 et avec de bons dialogues avec la direction et collègues, suite à mes souvenirs et aussi de mes recherches sur le paysage et l'apparition-disparition. En souhaitant partager ces recherches artistiques, notamment sur le mimétisme et l'animal camouflage, je pense inaugurer des pistes de travail, généreuses, à la fois en marge de l'urbanisation, et juxtaposées.

Marais sur Bourges Octobre 2016 (Photographie © Sonia Marques)

Les terrains marécageux qui entouraient Bourges ont longtemps assuré la défense de la ville. Au XVIIe siècle, les jésuites achètent une partie de ces "marais" et les louent à des particuliers qui les transforment en parcelles cultivables. Avec la Révolution et la vente des biens nationaux, cette mise en culture s'intensifie : les maraîchers ou « maretiers » alimentent la ville en fruits et légumes pendant trois siècles. Au milieu du XXe siècle, avec le changement des modes de production et de distribution, la profession décline pour disparaître dans les années 1970. Aujourd'hui exploités en jardins familiaux, les Marais de l'Yèvre et de la Voiselle ont été classés en 2003 sur la liste des Monuments Naturels et des Sites.

Ailleurs sur Bourges Octobre 2016 (Photographie © Sonia Marques)

Pour le travail, j'organise un cadre d'étude spécifique, déjà expérimenté en groupe, adapté ici à une zone humide. Plusieurs lectures chemineront de concert, la rencontre des habitants a commencé, ses histoires sources au passé, mais au devenir des regards des étudiants.

En finissage de préparatifs. J'ai pu la semaine dernière tâter un peu le terrain, rencontrer des spécialistes. D'un autre côté, lorsque j'y suis allée, il y a déjà 3 ans, j'avais échangé avec mon ami et ses liens particuliers sur la palmeraie, et les palmiers... Cela n'entre pas dans ce cadre d'étude pédagogique, et on sort bien du territoire français. De façon plus introspective,  je me poserai d'autres questions relatives à nos échanges d'il y a 3 ans. Comme quoi, souvent de multiples fenêtres s'ouvrent en simultané lorsque j'enseigne, avec des allers et retours dans l'histoire et les petites histoires. Les idées peuvent surgir de ma recherche personnelle artistique, de ce qui est déjà appris, acquis, pour le transmettre et d'une bonne dose d'expérimentation, mais elle est très bien dissociée, pourtant de cette recherche personnelle. Mon enseignement n'est absolument pas un refuge de ma pratique artistique. Seuls les concepts déjà partagés par d'autres chercheurs ou artistes ou professionnels des terrains abordés sont engagés (bien digérés pour la transmission d'un savoir) Concernant ma pratique, la liberté de penser et de la réalisation s'élaborent assez loin des écoles.

Lorsque s'engagent des projets pédagogiques, tout est dédié à l'accompagnement et à la valorisation des travaux d'étudiants. Ce sont aussi des périodes clés, où se tourner vers les autres, dispose d'un bel oubli de soi. De ces disparitions rassemblées, des apparitions émergent, ou de l'oubli, du passé, ou de l'invention, d'un imaginaire qui ne s'était pas déclaré aussi vaillant qu'il n'en avait l'air. Un étudiant peut sembler endormi, ses inspirations en sommeil et déclarer la trêve terminée et tenter sa performance, sa manifestation. Un autre peut commencer sa grève de la création, production, en amorçant un travail d'observation et de contemplation. Ainsi allons-nous, artistes au tempo si différents, aux rythmes chaloupés.

Je trouve des solutions sur les économies de moyens, je compte réfléchir un peu mieux sur l'écologie.

Par kiwaïda at 15:42

07/10/2016

ℓ’◎υґ@ℊαη ℳα⊥⊥♄℮ω 

Ses vents soufflent à plus de 200km/h.

L’ouragan Matthew est le quatorzième système tropical de la saison cyclonique 2016 dans l'océan Atlantique nord, le treizième à recevoir un nom, le cinquième ouragan et le second ouragan majeur (catégorie 3 ou plus). Issue d'une onde tropicale sortant de la côte africaine le 22 septembre et qui a a traversé l'Atlantique tropical avec peu d'intensification, Matthew est devenu rapidement une tempête tropicale en arrivant près des îles du Vent le 28 septembre et un ouragan de catégorie 5 en moins de 2 jours dans la mer des Caraïbes, le premier ouragan à l'atteindre ce niveau dans le bassin atlantique depuis Felix en 2007.

En ce moment Haïti : plus de 300 morts, l'ouragan va en Floride.

"N'allez pas sur les plages. Vous serez tués"

Rappel Haïti : Le pays ne s’est que partiellement relevé du séisme de janvier 2010, qui a fait plus de 200 000 morts. Amoncellements de décombres dans la capitale, Port-au-Prince. Six ans après le tremblement de terre, 60 000 sans-abri vivaient toujours dans des campements de fortune.

1.74° S, 61.11° W
130° @ 4
km/h
Date | 2016-10-07 11:00 Local ⇄ UTC
Data | Wind @ Surface
Mode | AirOceanChemParticulates
Height | Sfc10008507005002507010 hP
Overlay | WindTempRHWPD3HPACAPE
| TPWTCWMSLPMINone
Projection | AAECEEOPSWBW3

Par kiwaïda at 12:55

29/08/2016

√Å☾@ᾔ¢¥











Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 10:40

11/08/2016

☾ÅℵḎℰṲℜ





Photography © Sonia Marques

Candour

(ˈkændə) or

candor

1. the quality of being open and honest; frankness

2. fairness; impartiality

3. obsolete purity or brightness

[C17: from Latin candor, from candēre to be white, shine]

Collins English Dictionary – Complete and Unabridged, 12th Edition







Photography © Sonia Marques

Knife making has gone on in Thiers since the 15th century. At this time there were thirty or so cutlers listed on the tax register. A century later there were 200. And yet nothing had marked out this medieval town for such a specialisation. There was nothing on the spot, no iron or steel mining, no quarries for grinding stones. But there was the Durolle, that torrent of a river that for centuries would provide the energy needed by the mills and factories of the knife makers. There was also the formidable determination of a population who eked out their existence on such thankless soil.


Photography © Sonia Marques

For olives, for honey, for coffee... (Photography © Sonia Marques)

For nails and memories (Photography © Sonia Marques)

Photography © Sonia Marques

Photography © Sonia Marques

Photography © Sonia Marques

Memory of a Site, Memory of an Art Centre


From "The rock of St. Genet" to the "Creux de l’enfer" contemporary art centre.

By Frédéric Bouglé, director of the Creux de l’enfer

The Saint

If in philosophy, it is in the mirror of death that life finds meaning, the existence of the Creux de l’enfer would begin with the tragic disappearance of Saint Genet. According to Gregory of Tours, the Saint was decapitated on a highly visible outcropping rock in the Durolle valley, in a place so marked by a torrent that local people called it the Rock of Hell. The Saint has since been associated with water. The imagination of the ancient world, peopled with pagan memories, enjoyed making legends. Whatever the stories, this jutting rock really exists, as did the first workshop that was established at the rock’s base. It was a knife-grinder’s belonging to Jehan Ahon Florat, which had already been established for some time in 1476. It was called ‘Le roc de la fadas’ in the local dialect meaning the fairy rock, with a waterfall at its feet called ‘La chute d’eau de la pélière.’It was this black ithyphallic rock which attracted local valley inhabitants to this austere location. It was also homage to the cantankerous and kindly fairies who haunt the crypt under the waterfall that the whole site was baptised ‘Le gour de la fadas’, the fairy hollow, or ’le Creux de fées’, in modern French. This was at a time when the high and the low, the good and the bad, the sacred and the profane, did not have extensive connotations. However, in the seventeenth century, in counter-reformation times, the creux would be attached to evil, while the waterfall became the devil’s home. In George Sand’s novel ‘Ville noir,’ (written in 1860 it was the first of romanesque tales about the tough working lives of ordinary people in the 19th century, written 25 years before Emile Zola’s Germinal ,) the site is variously called the valley of hell, the hell hole, the holy hell or the fairy way, and was even called ’At the edge of hell’s leap’. As for the rock, it was placed with care under the protection of the headless Saint; a cross was erected on the block’s flat summit. The name ‘Le Creux de l’enfer’ became generally accepted for the whole site. Over time, when the grinding wheel grew into a factory and increased in importance, the construction sacrificed much of the view down to the rock. This still remained, its head sticking out, even if the architecture clung to the rock’s huddling figure. The Creux de l’enfer factory, located near that of de May, was burnt down on several occasions, and always at dusk, as though to confirm the imagination of ordinary people clouded in sulphuric gases. It is said that a woman and child once threw themselves into the thundering torrent in order to escape the licking flames.


Industry & The Devil

Other social realities, no less cruel, have been added to the blackness of the myth. In the middle of the nineteenth century country blacksmiths, poor indebted craftsmen were brought into the factories set up all down the Durolle valley. These unsuspecting people discovered a hellish universe. They would live shut up between incandescent ovens, mechanical cutters, shapers, so many drop hammers and grinding clashing springs. The reddening glow of the ovens’ blaze, intense heat, shattering noise, limbs torn in machines, bodies broken by exploding moulds; all added to the exhaustion of production line employment conditions. Workers, women and children who were no longer in possession of their own means of production, hurried hour after hour, day after day in these terrifying blocks of architecture. The workers realised that even the devil would not want to live in this situation.

The first devil depicted at the Creux de l’enfer is thought to have been painted on a simple canvas, and fixed against the wall of the factory like a banner or sign. He had the usual attributes of a devil; horns, claw-like hands and a twisting forked tail. He was a great sight over the rough waters of the fall, just below the bridge. Following a major fire in 1934 the façade had to be restored. It was decided to paint a great horny gentleman over two metres tall, (the same image is used as a logo for the Creux de l’enfer today). This Lucifer, this Georgeon, a traditional name for the devil, this Evil of somewhat androgynous make with its delicate profile, was painted by Louis Guelpa and his brother, handy local decorators from Thiers. To reach the exposed façade for their painting, the brothers had to build a scaffold perched on the edge of the roof in a precarious seesaw balance; weighted down by some boxes stuffed with cutlery. But legend was confirmed during the restoration works, the sky darkened, a clear midday light took on that worrying colour of black ink. A gale swept through the valley gorge, tearing of roof tops and factory chimneys. People took shelter just in time. The painters’ scaffold was swept into the river waters, ... but the devil had already been painted!

Some years later, at the beginning of the Second World War, American made machine guns were tucked away as part of the secret armory of the French navy. In the basement, ammunition belts would be checked out each time the river Durolle swelled; the pounding noise of the waters would cover the noise of explosions. Even though the Germans occupied the region in 1942 and the factory was requisitioned, seventy-five Resistance radio transmitters were hidden inside. From 1956 onward, when the red devil was still visible on the façade, the factory was abandoned. Many other factories in the valley had also closed down; electricity and larger plants were replacing the unpredictable Durolle and hydraulic power. So for a further thirty years the building was left derelict, to the fairies, tormenting a poor lonely devil that finally disappeared.


Photographie (Sonia Marques) d'une partie d'un dessin (Chien de face n°1, 2015, 114 x 182 cm, gouache sur papier) de l'artiste Damien Cabane (une semaine d'enfer !)

Vue de l'exposition de Damien Cabane (Photographie : Sonia Marques)

Vue de l'exposition de Damien Cabane (Photographie : Sonia Marques)

J'ai particulièrement apprécié cette exposition en découvrant le cadre pittoresque et isolé du lieu, son histoire infernale, entre fable et vérité sociale. Le parcours pour y arriver rocambolesque sous un soleil de plomb, la descente aux enfers paradisiaque pour enfin voir de la peinture. Je quittais des projets picturaux que je vais continuer et je prenais le temps d'écouter Damien Cabanes qui a fait la même école d'art parisienne que moi, bien avant. Je mesurais les évolutions de l'enseignement, car j'ai travaillé dans le même atelier que lui, celui du sculpteur Georges Jeanclos, décédé en 1997. C'est le sculpteur Jean-Luc Vilmouth qui reprit cet atelier lorsque je suis arrivée en 1996 et avec lequel j'ai travaillé. Il est décédé en 2015. Nous avions repeint ensemble cet atelier et tout lavé, il était très grand, car il était complètement tâché, avec de la terre, il avait une histoire, la fin de sa maladie, l'histoire de l'école, la bibliothèque... Il est devenu lumineux cet atelier et aucun de mes camarades arrivant au fur et à mesure ne connaissait l'histoire de ce lieu, ni le sculpteur qui avait enseigné avant. Je savais et cela m'a fait comprendre les évolutions des histoires des artistes enseignants. Je retourne à la peinture, la boucle est bouclée, j'accorde de l'attention aux tâches et salissures, depuis que je sais que cela peut-être une injure lorsque l'on n'aime pas une personne et qu'on lui veut du mal. C'est ne pas aimer la peinture. La peinture est faite de tâches, elle est sale et si belle, j'aime la peinture et ici, dans le paysage, j'aime la façon dont l'artiste a intégré ses gestes au paysage, ce qu'il a reçu et ce qu'il nous donne. Je n'ai pas du tout les mêmes outils, ni la formation, mais ce même héritage, avec lequel je malaxe quelques axes de recherches. J'ai une vie dans le paysage et mon enfance avec mes yeux de peintre m'ont engagé sur une voix singulière, pour exprimer mes sensations. Damien Cabanes fait référence à l'école des beaux-arts de Paris, et ses professeurs, comme je peux le faire et c'est rare de l'entendre, de saisir depuis sa formation, son engagement dans son activité artistique et son parcours raconté, qui ne laisse rien à la facilité, de cette vie d'artiste.
Ces dessins me faisaient me souvenir d'un autre peintre français, Gérard Gasiorowski, et en particulier de son exposition au Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle, le centre Pompidou  (C'est à vous Monsieur Gasiorowski ! ) qui a eu lieu en 1995, je n'étais pas encore étudiante dans l'école des beaux-arts, mais peut-être que cela m'a encouragé à tenter le concours. Je me souviens de sa série de fleurs et de chapeaux. Une monographie, elle m'apprenait l'automatisme et la série, après j'ai réalisé beaucoup de série de dessins. Fin des années quarante, il était entré à l'Ecole des arts appliqués. J'en étais issue et un professeur m'avait conseillé de voir cette exposition, que l'on pouvait très bien avoir fait les arts appliqués et passer aux beaux-arts, à la peinture, même si cela fait partie des interdictions et des discordes françaises. Ce fut un bon conseil. La gouache, la parodie, l'éclipse, le processus, cette exposition m'a marqué et c'est ici que je m'en souviens bien, ces recommencements arrivent car les boucles se bouclent et un nouveau cycle peut commencer.



Une partie d'un dessin de Damien Cabane (Photographie : Sonia Marques)

Une partie d'un dessin de Damien Cabane (Photographie : Sonia Marques)

Dans ses dessins, j'aime la découpe de ses papiers, ses pans de peintures gouachées et surtout ce que cela produit dans la tranche entre deux dessins, leurs interstices colorés et vibrants. Un paysage en 3 volets, un lac triptyque. La liberté de ses formats et l'expression en quelques gestes de ses chiens, ses fleurs. Ses couleurs peuvent être sombres et rehaussées d'un rouge presque fluorescent en sous-couche ou sur les bords. Le noir a une importance et la densité de la matière est proche de la sculpture, ce sont des plans massifs droits devant nous, lorsque cela devient plus figuratif, le blanc du papier fait respirer les gestes, quelques coups de pinceaux, une tension minimal, une concentration maximale. J'ai entendu plusieurs fois le mot "Respiration" dans sa vidéo qui documentait l'exposition, c'est aussi ce que j'ai ressenti de cette découverte, du lieu et de ses peintures, plus précisément, ses dessins à la gouache. Pendant 5 années j'ai enseigné la peinture à la gouache sur papier à des enfants de 5 à 10 ans, j'ai appris qu'il faisait cela aussi. Lorsque les enfants commençaient par des couleurs claires, puis terminaient par les plus foncées, le noir par exemple, emportait tout. Dans mon travail artistique, j'ai travaillé très différemment et je vois avec distance, que je dissémine mes couleurs, sans qu'une seule emporte tout. En regardant les petits livres, traces d'expositions antécédentes de ce lieu, je préférai nettement cette édition de Damien Cabanes, elle me laissait entrevoir que j'avais eu beaucoup de chance, de venir à la meilleure exposition, de mon point de vue, située dans cette ville incroyable. Pourtant le partis pris écrit et orienté sur son œuvre (très français) synthétisée dans cette phrase "reste à contre-sens de la dématérialisation moderniste" n'a aucun sens dans ma vision de l'art et ma façon de vivre l'art aujourd'hui. Ces oppositions deviennent vite des systèmes de pensées pour paresseux, et heureusement, nombre de nos activités artistiques dynamitent cette bien bienpensance. Il est rassurant de croire que la peinture serait en dehors de toute réalité, hors, le travail de Damien Cabanes nous apporte tout le contraire : il est dans le paysage.
Les petits livres en éditions accessibles à toutes les bourses sont très bien. Mais pour sa peinture, je trouve que le papier mat a terni les couleurs, alors que par exemple ses rouges sont très importants, dans la lumière qu'ils apportent. C'est un détail, et lorsque je photographie, j'essaye de restituer la lumière et la couleur en infographie, je pourrai le faire aussi sur papier, c'est un travail d'édition de professionnel, j'aime cette technique, j'ai le regard pour préciser la pensée plastique qui l'engage. Les photographies de ce blog, précisent ma vision, ce sont des croquis dansants et sans devoirs.



Vue de l'exposition de Damien Cabane (Photographie : Sonia Marques)



Une partie d'un dessin de Damien Cabane (Photographie : Sonia Marques)

Vue de l'exposition de Damien Cabane (Photographie : Sonia Marques): Roses trémières (114 x 171 cm, gouache sur papier)


Photographie (Sonia Marques) d'une partie d'un dessin (gouache sur papier) de l'artiste Damien Cabane (une semaine d'enfer !)


Swiss and philosophical things friends (Photography © Sonia Marques)

Memories of holidays and parties, music and meeting with friends and Swiss German friend of my love. Views and peaceful days, far away from this French country "si discordieux". The corn, mimaces, the absolute green, cheese, experience the love life, the water surface and its mirrors, its depth, all these waves are like my drawings floating, sky that disappears in night, fire, heat, prehistory of our stories. No judgment, no trial, the simple life.

Speak in English all day, it was so long. The first word I was looking to translate from French to English was "candeur". We had no connection. This word came naturally, I do not know why, it has also mobilized the spirit of our host. Finally candor was the perfect word to describe what I felt for several days. Thank you to my friend, my lover.

Lovers (Photography © Sonia Marques)

Tout est à l'avenant… On dit : Défaire ce qui a été fait ; et par exemple : défaire la guerre par la paix, le mariage par le divorce, etc. Mais comment peut-on prétendre après coup que telle ou telle épreuve fut un détour inutile ? La santé restaurée n'est pas santé tout court, ni le pur et simple rétablissement du statu quo. Il faut mériter sa santé, et c'est "le bon usage des maladies" qui nous l'enseigne. À blancheur égale, un esprit perspicace distinguera aisément la pureté incolore, celle que la grisaille de l'impur n'a jamais ternie, et la pureté purifiée ; pour un niveau donné, il s'interroge non pas sur le degré actuel de la candeur, mais sur ce que représente cette candeur en fait de chemin parcouru, ce qu'elle a coûté d'efforts, de sacrifices et de renoncements. Ce qui est vraiment éthique, ce n'est pas la limpidité en acte à tel ou tel moment, mais ce qu'il a fallu faire pour en arriver là. La justice proportionnelle ou, mieux encore, l'équité sont subtilement calculées par l'esprit de finesse en vue d'apprécier cette moralité dynamique, relative, dialectique qui a nom Mérite.

Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien : La Méconnaissance, le Malentendu, Vladimir Jankélévitch, 1981












The magical deer (all photographs © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 18:20

29/07/2016

ℒ℮ ℊ☺ʊƒḟґε ⅾε﹩ ℋїґ◎ηⅾℯʟℓεṧ

À l'aube...

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 18:49

21/07/2016

ᖰᖺᗝ☂ᗝᘐᖇᗩᕈᖺᓮᙓ ᕈᗩᎩᔕᗩᘐᙓ


Azulejo & Laranja sont sur un lac
(Photographie nissologique © Sonia Marques - 2007)

Enquête photographique : voyage à travers les images


Sur le site Internet Nissologie (la science des îles, créé en 2006), lorsqu'il était en ligne, il y avait un onglet nommé "FOT", dans lequel un millier de photographies étaient visibles, au format 800 x 600 pixels (plein écran dans les années 2000) et s'affichaient de façon aléatoire à chaque actualisation de la page dédiée. D'où une pratique de la photographie assidue et exposée, qui détermina le nom de "photographies nissologiques" si particulières. Chaque photographie portait le nom de la ville où était prise la photographie et la date, avec une typographie "Atari" du nom des ordinateurs de ce type, mais plutôt du nom de l'entreprise américaine, Atari, pionnière et fondatrice de l'industrie des jeux vidéos, dès 1972. Tout a une incidence sur les images, comment nous les observons, les recevons, les produisons, dans quel contexte. L'une d'elle, photographiée à Charenton, commune du département du Val-de-Marne en région Île-de-France, représente 2 oiseaux, des inséparables perchés sur une image, plus exactement un agrandissement d'une photographie d'un paysage. Ces oiseaux de différentes couleurs, font partie de la famille d'oiseaux exotiques arboricoles au bec court et très courbé, au plumage vivement coloré et comprenant les perroquets et les perruches : Les Psittacidés.

La famille des Psittacidés comporte plusieurs genres: Psittrichas, Nestor, Cyclopsitta, Psittaculirostris, Prospeia, Eunymphicus, Cyanoramphus, Purpureicephalus, Barnadius, Platycercus, Northiella, Psephotus, Neopsephotus, Neophema, Lathamus, Melopsittacus, Psittinus, Prioniturus, Tanygnathus, Electus, Alisterus, Aprosmictus, Polytelis, Psittacula, Loriculus, Agapornis, Coracopsis, Psittacus, Poicephalus, Anodorhynchus, Cyanopsitta, Ara, Orthopsittaca, Propyrrhura, Diopsittaca, Rynchopsitta, Guarouba, Aratinga, Nandayus, Cyanoliseus, Pyrrhura, Enicognathus, Myiopsitta, Psilopsiagon, Bolborhynchus, Forpus, Brotogeris, Pionites, Pionopsitta, Graydidascalus, Pionus, Amazona, Deroptyus et Triclaria.

Et ce couple d'oiseaux photographié, appartient aux "Agapornis", (Agapornis dérive des termes grecs αγάπη / Agape et όρνις / Ornis qui signifient respectivement amour et oiseau c'est-à-dire oiseau amoureux). On les appelle également "lovebirds", en anglais, car ils sont très unis en couple, on les observe souvent collés l’un contre l’autre. Ils sont originaires de Madagascar ou d'Afrique, on les nomme aussi, les petits africains. Pour ce que l'on ne voit pas, ces deux oiseaux, je les ai nommés : Azulejo (comme le nom des carreaux de céramiques bleus portugais, Azul veut dire Bleu en portugais) et Laranja (qui veut dire orange en portugais comme la couleur, mais aussi le fruit : une orange) Ils furent de bonnes influences pour une œuvre en céramique, une azulejaria, que j'ai réalisée quelques années plus tard dans le Limousin, jusque dans la gamme de couleur recherchée. Dans ma chambre, en région Île-de-France, ils sont perchés sur un agrandissement d'une photographie que j'ai prise en haute altitude, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Entre la prise de vue des montagnes et celle de la chambre, peut-être 7 années représentent cette association décidée par des oiseaux : atteindre le lac.

Dans cette famille d'agapornis, il y a aussi différentes mutations possibles.

L'oiseau de gauche est un Fischer Bleu. La tête est blanche et le corps de plumes est bleu turquoise. L'un de ses parents était peut-être un inséparable masqué ou à tête noire (Agapornis personatus) car on voit un peu de noir sur sa tête blanche. Il sait qu'on le photographie. Celui de droite est un Agapornis Fisheri. C’est la deuxième espèce d’inséparable la plus populaire en captivité. Sa couleur standard est dominé par le vert (dos, ailes, ventre), tandis que la gorge, les joues et le front sont orange, le reste de la tête est d’un mélange d’orange et de vert qui donne une couleur olivâtre. Son Iris est brun-noir et le croupion bleu-violacé. C’est l’espèce qui a connue le plus de nouvelles mutations ces dernières années… Comme on peut l'observer, ses parents furent sans doute des inséparables masqués ou à tête noire (Agapornis personatus) car on voit un peu de noir sur sa tête orange. Ils ont cela en commun, dans leurs origines, mais seuls des spécialistes peuvent le remarquer.
Le masqué, plus connu sous le nom d’inséparable personata, dans sa version sauvage, a la tête noire puis brun-olive vers le cou. Le plumage majoritairement vert, plus foncé vers les ailes, son collier et sa poitrine sont jaunes. Son bec est rouge et la cire (narines) est blanche. Cet espèce offre également une grande variété de couleurs, notamment la série de bleu (cobalt, bleu simple facteur foncé, bleu double facteur foncé…)
Tous deux, les yeux sont bruns foncés, entourés d’un cercle oculaire de peau nue et blanche très net. Comme on peut l'observer sur la photo, le croupion est violet, ils ont cela en commun également. La photographie est prise au flash, ce qui n'est pas bien vis-à-vis de ces oiseaux, mais n'est arrivé que cette fois là. Ainsi les couleurs sont exaltées et le plumage vibrant, le paysage transformé devenu turquoise, ciel et l'eau comme Azulejo... Entre éthologie et photographie seul-es les spécialistes peuvent décrypter les images, mieux si l'on a un panache de connaissances, les images produites sont panachées, voir en mutation. Ces hybrides ne peuvent être distingués que des voyageurs.

Je retrouve d'ailleurs cette photographie sur le site de Johanne de Vaillancourt, ethologue, canadienne, avec laquelle j'ai beaucoup appris et correspondu. Elle avait publié une de mes photographies, donc celle-ci, en 2007. L'éthologie est la discipline scientifique de l'étude du comportement des espèces animales (incluant l'être humain) dans leur milieu significatif. Elle a pour objet de décrire et de comprendre les comportements. L’objet ultime de l’éthologie aviaire (psittacidés) est de répertorier l’ensemble des comportements que possède le perroquet.

Ce qui n'est pas visible sur cette photographie, c'est que ces oiseaux sont 2 mâles et qu'ils étaient amoureux, l'un de l'autre.

À présent, comment en suis-je arrivée à cette photographie ?

Mes photographies sont des signes mémoriels


Le paysage : c'est un lac au milieu de montagnes.

Aujourd'hui, je découvre les vallées des merveilles, en France, pas loin de l'Italie. Ainsi me suis-je souvenue de cette photographie.

Les vallées des Merveilles et de Fontanalbe présentent un intérêt patrimonial unique qui leurs confèrent, au sein des Alpes méridionales, un caractère exceptionnel. Univers sauvage entre le ciel, l’eau et la roche, est un endroit magique. Végétation exceptionnelle, faune présente comme nulle part ailleurs, le randonneur évolue entre cols et alpages, forêts et sites préhistoriques où quelque 30 000 gravures énigmatiques de l’âge du bronze sont disséminées dans les roches rouges.

De multiples sites de randonnées plébiscitent leurs chemins.

Puis je me souviens, dans le parc de Mercantour, plus haut, j'ai déjà effectué une randonnée dans le vallon du Lauzanier.

Au siècle dernier s'étendait encore ici des cultures de céréales et des prés de fauche jusqu'à 2200 mètres d'altitude. Cette ancienne exploitation est aujourd'hui en partie à l'origine du nombre exceptionnel d'espèces de plantes à fleurs dans le Lauzanier. Ce trésor floristique valu au vallon d'être classé en réserve naturelle dès 1936, avant d'être rattaché au Parc National du Mercantour en 1979. De nombreux botanistes reconnus se succédèrent sur les lieux, baptisés "la mer du lauzanier". Aujourd'hui, le vallon du Lauzanier est devenu un lieu de pâturage pour les troupeaux transhumants. Entre juin et octobre, environ 7000 brebis réparties en troupeaux de 1500 à 2000 têtes viennent estiver dans le vallon.

Je ne connaissais pas d'itinéraire, ni l'histoire de ce lieu lorsque je l'ai foulé. J'y étais allée avec mon ami, alors conjoint, et nous étions invités par son ami de l'école des beaux-arts de Paris, tous deux issus de l'Atelier d'Anne Rochette, sculpteure, diplômée de cette école parisienne en 1979 et qui enseigne toujours depuis 1993. Il nous avait invité, dans la maison de sa compagne, bibliothécaire, située à Jausier dans les Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, plus exactement dans la vallée de l'Ubaye. La maison était une Villa Mexicaine, bourgeoise avec plusieurs chambres et des millions d'acariens, ou acaris (pas Atari) Il ne fallait alors pas  mépriser les forces du microcosme et ce qu'il est capable de nous faire faire, même en ne mesurant que quelques dizaines de micromètres...

La communauté franco-mexicaine issue du mouvement migratoire ubayen au Mexique (1850-1950) avait réunit plusieurs milliers de descendants. Étalée sur un demi-siècle (1880-1930), la construction des villas de Barcelonnette et Jausiers regroupait une cinquantaine d'édifices qui ont favorisé la création d'un nouvel urbanisme proche de celui des villes d'eau contemporaines où, de la même façon, les parcs et jardins l'emportent sur le bâti. Il en résultait un esprit et un mode de villégiature qui ont caractérisé l'émergence de cette nouvelle architecture plus familière du littoral méditerranée et des stations balnéaires de la côte Atlantique. Ouverte depuis toujours au commerce et aux échanges, l'économie de la Vallée a longtemps reposé sur l'activité textile associant manufacture de laine et filatures de soie. Les habitants de l'Ubaye, formés très tôt à « l'art d'être marchand » quittaient la Vallée pour aller vendre leur production de draps et soieries en Provence, en Dauphiné, en Piémont, en Flandres… Au milieu du XIXe siècle, l'émigration définitive remplace l'émigration saisonnière et conduit les entrepreneurs de la Vallée jusqu'aux Amériques, d'abord en Louisiane au souvenir français, puis au Mexique où Jacques Arnaud (1781–1828) installe vers 1818–1820 un magasin de tissus, associé à ses frères Dominique et Marc-Antoine, ouvrant ainsi la voie aux soyeux du Mexique. Destination privilégiée depuis le Second Empire, le Mexique va concentrer la plus importante communauté d'émigrants originaires de l'Ubaye, appelés les Barcelonnettes. Ils donneront naissance à plusieurs générations d'industriels, négociants et banquiers, qui seront les « interlocuteurs préférentiels » (Jean Meyer) de la jeune république des États-Unis du Mexique entre 1870 et 1910.

Je venais juste d'obtenir mon diplôme supérieur nationale de l'école des beaux-arts de Paris en juin 1999, dans ma quatrième année, décidant de le passer une année plus tôt, afin de m'occuper assez vite des activités artistiques collectives déjà bien entamées. Le collectif Téléférique était déjà débutant, en mars 1999, le mois de notre installation à Charenton, date de l'inscription de l'association du même nom. Arrivée dans cette maison historique les vacances d'été, qui semblait être impossible à entretenir par les petits-enfants, avec une dizaine de chambres et maintenue dans le jus, les acaris mexicains avec, je découvrais un décor ou un cauchemars, avec de petites robes conservées. "Les personnes étaient petites dans le temps", nous avait décrit l'ami en nous ouvrant les placards encore remplis. Aujourd'hui cette bâtisse doit certainement être vendue ou en vente. Nous commençâmes à penser aux ballades dans la montagne, acariens oblige. Guidés par le père de la bibliothécaire, nous sommes partis très tôt. Barbu avec des chaussures de randonnées et chemise à carreaux, devant nous. Nous sommes partis tous les quatre, trois hommes et une femme pour quelques heures de randonnée. Photographe chevronnée, mon pareil photo comptait. Nous ne savions pas, moi et mon ami, que nous allions vraiment marcher des heures durant. Mon ami avait acheté des chaussures de randonnée coûteuses, neuves, jamais portées et il a fait une crise en pleine route, nous menaçant tous d'appeler un taxi pour redescendre… Autant dire, qu'il était urbain.
Quelque figues et noix et amandes plus loin, nous avons pu observer un paysage minéral incroyable : montagnes et lacs silencieux, invincibles, avec quelques petits chemins tracés. Le père, qui ressemblait à un grand-père, savait que j'aimais me baigner et avait prodigué en souriant, que nous pourrions profiter de lacs à l'état pur. Ce n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde, et j'avais emmené mon maillot de bain, sans savoir que ces lacs à 3000 mètres d'altitude seraient très froids et qu'en fait, personne ne s'y baignait. Nous avons parcouru le vallon du Lauzanier.

Il a été creusé par d'immenses glaciers il y a plusieurs milliers d'années. Au siècle dernier s'étendait encore ici des cultures de céréales et des prés de fauche jusqu'à 2200 mètres d'altitude. Cette ancienne exploitation est aujourd'hui en partie à l'origine du nombre exceptionnel d'espèces de plantes à fleurs dans le Lauzanier. Ce trésor floristique valu au vallon d'être classé en réserve naturelle dès 1936, avant d'être rattaché au Parc National du Mercantour en 1979. De nombreux botanistes reconnus se succédèrent sur les lieux, baptisés "la mer du lauzanier".

Passé le lac du Lauzanier, sans doute celui prit en photo, quoique j'ai vraiment des doutes, je me souviens que nous sommes allés un peu plus loin, jusqu'à d'autres lacs, aux Lacs des hommes. Le guide nous prédisait qu'il n'y aurait personne et que l'on pouvait se baigner. C'est du vallon du Lauzanier, vallon très fréquenté aussi bien par les hommes que par les marmottes, que cette randonnée bucolique en son début conduit aux lacs des Hommes situés à 2640 m. Contrairement au lac du Lauzanier, il est peu fréquenté même en plein été par les randonneurs. Cet univers minéral et austère permet de profiter de moment de solitude. L'altitude nous faisait perdre notre souffle et mon ami pestait contre le guide et me promettait de lui faire sa fête à l'arrivée tellement il souffrait dans ses nouvelles bottes et le trouvait trop rustre. Un calvaire pour ceux qui ne connaissent pas les joies de l'altitude. J'étais attentive à sa rage soudaine et je l'attendais, le long de la traine. Il ne semblait pas avoir d'ampoules, ou bien je ne m'en souviens pas. Son anniversaire approchait, peut-être était-ce la trentaine. J'avais décidé d'acheter un grand jouet téléguidé : un téléférique. Car, nous préparions, avec son ami, la naissance du collectif Téléférique, et notre découverte de l'Internet, côté transferts, plus tard deviendra téléchargement. Je souhaitais en faire la surprise, un cadeau, nous étions partis en secret l'acheter avec son ami, ce grand jouet télécommandé, en pleine montagne, voici qu'il nous était prédestiné, c'était un signe, venu de l'enfance. Comme les petites robes, nous étions confinés dans un temps, une histoire mexicaine qui nous échappait. Ici était né notre collectif, dans l'imaginaire de ces montagnes, en haute altitude. J'ai pu en écrire des textes poétiques, sur le téléchargement, le transport des images, les grandes vacances (mon diplôme aux beaux-arts de Paris, Atelier Jean-Luc Vilmouth), transport des œuvres d'art, de fichiers. Personne ne connaissait le mot téléchargement, et la dématérialisation n'était pas du tout arrivée dans l'école d'art du marbre et du bronze. Nous avions avec sa compagne, maman d'un bébé, réalisé un gâteau au chocolat, caché dans une des chambres. En solo, de mon côté, grimper des montagnes devenait méditatif. J'avais chopé quelques boutons faciaux résultant de mon adaptation aux milieux des acaris, et ces petits mexicains microscopiques me donnaient des ailes.

J'ai quelques autres vues retrouvées, de ce souvenir, et ces vues photographiées, sont donc grignotées par ces oiseaux amoureux qui s'étaient posés sur la photo émérite.

Mise en abîme de genoux (Photographie © Sonia Marques - juillet 2016)

Voici les vues retrouvées grignotées, qui datent d'avant les années 2000.

Photographie d'une photographie d'un lac dans le vallon du Lauzanier (Photographie © Sonia Marques - juillet 2016)

Photographie d'une photographie d'un lac dans le vallon du Lauzanier (Photographie © Sonia Marques - juillet 2016)

Nous sommes arrivées devant un petit lac, le guide nous disait qu'il était à 3000 mètres. Depuis quelques heures nous marchions, grimpions, j'écoutais mon ami en colère, et la tension était palpable… Silencieuse, la vue du lac symbolisait un objectif certain, avec mon maillot de bain, celui-ci s'offrait devant mes yeux. Devant l'un des lacs des hommes je demande aux 3 hommes s'ils vont se baigner : "Surement pas !" Parce que l'eau est trop froide, quasi gelée. Je me déshabillais, et avec mon bikini noir, je rentrais dans l'eau glaçante, sans hésitation, le cœur suspendu. Les défenses immunitaires stimulées. Mon corps, par ses récepteurs sous la peau, m'envoyait des signaux, l'eau était très très froide. Mon hypothalamus me le disait glagla et me faisait frissonner. Mon corps produisait de l'énergie qui favorisait la combustion des graisses, tout cela s'activait. Euphorique, je devais sortir de l'eau en quelques minutes afin de ne pas finir en hypothermie. Puis un bien être.

Certaines personnes réagissent mal au contact brusque dans un bain glacé. Ils ressentent des maux de tête et un engourdissement des membres; après quelques, tous les muscles se contractent et le contact de l'eau devient insupportable. La personne doit sortir immédiatement du bain, sa peau est violacée, son nez pincé, les yeux enfoncés dans les orbites, les lèvres violettes, le visage livide. Cette réaction est due à un véritable choc histaminique et est comparable à un choc anaphylactique et est souvent imprévisible. J'ai pu parfois voir ces inégalités face à la température de l'eau.

Le guide n'avait jamais vu cela. Il n'a pas arrêté de le dire : se baigner à 3000 mètres ! Nous étions au mois de juillet, peut-être à cette même date. Je n'étais pas spécialement équipée pour la randonnée, mais pour la baignade en site balnéaire tropical... Un peu comme les petits africains, avec rien, je rentrais dans l'eau. Je ne pouvais même pas penser que c'était le signe d'une quelconque hardiesse, c'était naturel. J'ai une trace photographique de cet instant, car l'ami avait souhaité prendre mon appareil pour en faire un cliché. Sur la photo, on ne peut saisir pourquoi un homme est allongé tranquillement (le guide barbu) et étend ses jambes (de soulagement), un autre (mon conjoint) debout grimaçant pas encore installé, et juste une petite tête qui dépasse de l'eau au milieu d'un lac. Très certainement une version contemporaine en montagne du tableau d'Édouard Manet (1863) : Le Déjeuner sur l'herbe. Je sais tout aujourd'hui de cette femme nue ordinaire nous regardant et des hommes tous habillés qui l'entourent, cette scène peinte qui a suscitée le scandale (tableau exposé au Salon des refusés) Elle n'a pas froid aux yeux.
Revenus de nos émotions, je tire mes photographies en couleur, de mon 24x36. Le numérique n'existait pas et l'appareil prenait de la place. Cette photographie est restée très longtemps punaisée dans notre chambre, jusqu'à ce qu'un jour, des oiseaux se posent dessus, et qu'une nouvelle photographie émerge de mon imaginaire, de l'amour de ces oiseaux exotiques au lac inaccessible des hommes, où seule une femme se baigna.
Mais ce n'est pas le lac où je me suis baignée, il ressemble vraiment au lac du Lauzanier, celui de la photographie.
Pour la petite histoire, bien plus en amont : Je fus envoyée bien souvent en colonie de vacances pour aller faire du ski. Sport que j'adorais et dont je suis assez vite montée en médaille, le temps des colonies, après on ne peut plus faire ce sport, car c'est trop onéreux. Mais j'étais réputée rapide, un petit bolide, ou précoce comme on veut.
C'est dans cette région et précisément entre Jausier et Barcelonnette que j'ai dévalé les monts et merveilles enneigés en ski alpin et dont il me reste des certificats de ces villes de mes médailles reçues, jusqu'à la flèche, en frêle composition et combinaison old school, pas du tout à la mode sportive, c'était exceptionnel. Le guide ne savait rien de mes connaissances.
Qui nous guidait dans cette haute traversée ?

Photographie : toutes mes photographies procèdent du même découpage migratoire. De voyages qui ne peuvent pas être définis par un seul lieu, une seule topographie.
Le souvenir est un long voyage. Ceux qui ne peuvent voyager l'ont bien compris. L'imaginaire est parfois source d'un périple sportif, de haut niveau. Lorsque les paysages deviennent inaccessibles, restent l'art et l'invention.
- Pourquoi punaise-t-on des cartes postales dans les cellules de prison ?

Gravir des montagnes...

Par kiwaïda at 18:58

15/07/2016

༼ ͠ຈ Ĺ̯ ͠ຈ ༽

Il pleuvait des larmes dorées

Par kiwaïda at 12:16

14/07/2016

ṧéґ℮ᾔḓї℘ї⊥é

 Le processus de découverte

Chercher la nuit (Photographie © Sonia Marques)

Être sur la piste de quelque chose par une anomalie, par une erreur, quelque chose d'inexpliqué.

Fleurs d'océan (Photographie © Sonia Marques)

Sagacité :
Pénétration, finesse, vivacité d'esprit qui fait découvrir et comprendre les choses les plus difficiles. Synon. clairvoyance, discernement, finesse, flair, lucidité, pénétration, perspicacité; anton. aveuglement, lourdeur.

Edgar Poe s'était trouvé pour considérer les choses de l'esprit, et parmi elles, la production littéraire, avec une netteté, une sagacité, une lucidité qui ne s'étaient jamais à ce point rencontrées dans une tête douée de l'invention poétique (Valéry, Variété II, 1929, p. 142).

En écoutant le président je pensais que notre pays avait perdu de sa sagacité. Combien de ces sagaces voix ne s'expriment plus ou sont conduites à se taire ?
Ce n'était pas anodin que pour traduire la sérendipité (serendipity) de l'anglais, les français en avaient supprimé la sagacité. Comme si le hasard, sans être conduit par la vivacité d'esprit pouvait être le seul moteur d'une découverte. Par hasard j'ai entendu l'officiel qui conduit à l'enterrement, la mort, la fermeture nationale. Mais ma sagacité ne me conduit pas dans ce chemin. Combien de découvertes ne sont-elles pas entendues dans ce pays ? Car par hasard, sans même plus savoir lire ni écrire, la mort des plus sagaces d'entre nous serait souhaitée. C'est à travers ces aveuglements et ces lourdeurs que nous devons alors cheminer et conduire nos recherches vers leurs étoiles.

Ainsi scintillent nos esprits téméraires.

C'était une autre ville et c'était la même (Photographie © Sonia Marques)

Le pastel rouge dans le ciel pourpre.

La rosace accrochée au cœur  (Photographie © Sonia Marques)

Les amoureux distinguaient les néons volatils (Photographie © Sonia Marques)


Il pleuvait des larmes dorées, les dieux avaient pitié des âmes glorieuses (Photographie © Sonia Marques)

Prêter attention à ce qui surprend, se laisser surprendre.
Accorder du temps au phénomène surprenant ainsi peut-on être amené à faire une découverte.

Toute découverte est seréndipielle.

Les jeux sont faits.

Par kiwaïda at 15:32

30/06/2016

ḟґ◎ℨ℮η ł☺♥ℯ

Sur le tournage du film L'effet aquatique, de Sólveig Anspach (2016), photographié par Isabelle Razavet

J'avais récemment écrit succinctement, sur les films de Sólveig Anspach, disparue l'été 2015, après avoir gagné une rémission et des sursis de son cancer. Ses films sont finement brodés de ces aventures de la vie et des essentiels. Le dernier film actuellement sur les écrans, "L'effet aquatique", me laisse sur la fin.

Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. Son mensonge ne tient pas trois leçons – or Agathe déteste les menteurs ! Elle s’envole pour l’Islande où se tient le 10ème Congrès International des Maîtres-Nageurs. Samir n’a d’autre choix que de s’envoler à son tour...


Beau film, doux, dernière ligne bleue qui montre ce qui est difficile à montrer ou dire : le désir. Parce qu'il n'y a pas de déclaration d'amour, si ce n'est des silences et rencontres manquées, des mensonges et fuites, des retenues.
La puissance de l'oubli et du souvenir, dans ces moments de premières fois est amenée par un accident burlesque, une micro science-fiction de la prise électrique : un électrochoc (celui de l'amour impossible à dire)
La force du désir, la guérison par l'eau et l'utopie que l'élément liquide, une piscine, rassembleraient bien des territoires en conflit, parce que l'on ressort toujours, après une nage, paisible, je le crois aussi.
Apaisés, après ce film, comme après une nage en piscine.
Des plaisanteries hygiénistes en pays islandais, mais assez cruciaux. Ici, nous en sommes encore à laisser les nageurs et nageuses sans bonnets, sans douche préalable ni après… J'ai toujours trouvé cela étonnant, les autres n'existent pas.

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Nageuse, j'avais aimé connaître les piscines à Vancouver et ces douches similaires où tous les corps sont nus de tout âge, toutes corpulences, avec une saine camaraderie. "Vancouver lover" fut une installation artistique photographique exposée dans 2 galeries en 1997-98 à Vancouver, dont une partie des centaines de tirages de couleurs se passaient sous l'eau, dans des piscines découvertes au bord de la mer. Je me souvenais de cela et des teintes bleutées travaillées avec le ciel, agencées près des roses...

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Dans ce film, il y a des plans sous l'eau, avec un jeu sur la frontière (dessus-dessous) air-eau, lorsque débute la découverte de l'autre, puis la vapeur bleutée du Blue lagon islandais forme un rêve, celui de l'accès à l'amour.
J'ai lu que l'un de ses documentaires se nommait Vestmannaeyjar, du nom de l’île islandaise où elle est née, le 8 décembre 1960. Me reste à compléter ma lecture de son œuvre. Actrice et acteur dans ce film, Florence Loiret-Caille et Samir Guesmi, issus du précédent film Queens of Montreuil, ici dans les eaux, toujours entre Montreuil et l'Islande, sont deux antagonistes amoureux transis.

Ce sentiment d'affection tellement fort qu'il paralyse la personne qui l'éprouve, l'amour transi (frozen love, en anglais) est révélé dans ce film par le manque et la force romantique, tout quitter pour rejoindre l'autre, ou tenter d'apprendre à se souvenir de son désir, lorsqu'il échappe au temps, ou que la mort menace de le laisser à l'oubli.

Un médecin, dans le film, parle de l'eau, de l'effet aquatique, tout se qui est parti, revient toujours, quelque chose comme cela. Ici se joue la mémoire, comme dans le jeu de Memory (excellent jeu pour pour exercer et de développer sa mémoire, développé dans les années 50), un film posthume qui nous donne un signe de vitalité (ne m'oublie pas), dans lequel la réalisatrice Sólveig Anspach, s'insère actrice, avec ses grands yeux bleus.
Transparence.
Une transmission de la notion du bonheur avec un regard tendre, sur les corps, les visages, les paysages, le jaune et le bleu. Sólveig veut dire soleil en islandais. Malgré les tumultes traversés des personnages, affrontant leur peur, ils accèdent à l'amour, in fine.

Encore un palmier, celui du maillot de bain de Samir, acteur de 48 ans. La réalisatrice en révèle le corps et la démarche élégante qui ne semble pas toucher terre, juste la survoler, comme ses brasses sur un tabouret. Pas une seule fois, il n'est question dans ce film, de voir les crawls compétiteurs que nous connaissons bien. Mais le plaisir de voir la pointe des pieds sous l'eau, danser, vers un désir émergeant.


Costumes de Samir (costumière et décoratrice Marie Le Garrec de la réalisatrice Sólveig Anspach)

Par kiwaïda at 09:58

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