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lundi 14 août 2017

ßαℓʟεяїηℯ


Mes Cendrillons (Repettos) sur ma Fanett (Ilmari Tapiovaara) (Photo © Sonia Marques)
Visite du magasin d’usine Repetto, en Dordogne, à Saint-Médard-d'Excideuil, qui vend des articles de surstocks, des chaussures des saisons précédentes, des fins de série et des articles dits de deuxième choix, c’est-à-dire qu’ils présentent des défauts mais ceux-ci n’empêchent pas de porter les chaussures. Cette usine produit, depuis 1967, essentiellement les chaussons de danse et ballerines de la marque, mais pas seulement. Les autres modèles sont même quelques-uns des plus légendaires, comme les chaussures Zizi et BB. Après avoir failli disparaître, Repetto connaît aujourd’hui le succès avec ses mocassins, ballerines de ville, bottes et bottines, babies ou sneakers.
Repetto : une histoire familiale : Rose Repetto, maman d’un prodige de la danse qui décide de créer des chaussons pour son fils qui revenait les pieds meurtris par ses répétitions. Bonne couturière, elle se charge de lui confectionner des chaussons plus adaptés et surtout plus confortables. Dans un atelier situé à deux pas de l’Opéra National de Paris, elle met au point la technique du “cousue & retournée” qui consiste à coudre la semelle en cuir à l’envers avant de la retourner. Grâce à ce savoir-faire unique, Madame Repetto acquiert très vite une grande notoriété et devient la fournisseuse attitrée des danseurs étoiles de l’Opéra Garnier.



Le chanteur belge Stromae, fondateur de la marque Mosaert en 2009 avec sa femme, la styliste Coralie Barbier, ont lancé une collection capsule en collaboration avec la marque de chaussures de danse, Repetto.

La marque Mosaert propose, depuis sa création, des vêtements unisexes et riches en couleurs et présente cette fois-ci, pour sa quatrième collection capsule, des souliers fleuris mixtes. La styliste expliquait que le chanteur avait toujours eu envie de porter des ballerines et qu’il regrettait le fait qu’elles ne soient réservées qu’aux femmes. De là,  Jean-Marc Gaucher, PDG de Repetto, lui en a envoyé une paire et lui a proposé cette collaboration.



Visuels, Brigitte Bardot avec des Repettos (à 18 ans, et aussi dans l'atelier de Picasso)

 Avant de devenir une des stars les plus incandescentes du cinéma français, la jeune Brigitte Bardot était une danseuse classique indéniablement douée. À l'époque, la Repetto ne se portait pas ailleurs qu'aux pieds des petits rats de l'Opéra. Bardot, elle, s'échappa rapidement du carcan de la danse classique pour s'improviser mannequin puis actrice débutante chez Sacha Guitry ou René Clair.  C'est en 1956 que bascule le destin de la simple starlette mariée à son Pygmalion Roger Vadim. Juste avant le tournage de Et Dieu... créa la femme, elle commande à Rose Repetto (fondatrice de la maison), une chaussure aussi légère et confortable qu’un chausson de danse. Mais avec le sex-appeal en plus ! Ainsi naît le modèle Cendrillon, dont le profond décolleté laisse découvrir la naissance des orteils. Moue boudeuse, crinière blonde, Repetto rouge carmin aux pieds: le mythe B.B voit lui aussi le jour dans Et Dieu... créa la femme. Si l'accueil réservé au film de Vadim est un peu frileux dans l'hexagone, les Américains, eux, s'enflamment pour la beauté insolente de Bardot. Grâce à leur fièvre contagieuse, la célébrité de l'actrice explose en France. On n'a jamais vu une sensualité aussi débridée et assumée, assortie d'un parler aussi nonchalant. Porté par ce succès fou, la ballerine peut alors descendre dans la rue et s'invite même à Hollywood. Quant à B.B., avant d'apposer ses initiales chez Gainsbourg (autre amateur de Repetto), elle mènera une vie aussi mouvementée que celle de Juliette, l'héroïne imaginée pour elle par Vadim - dont elle divorcera en 1957. Etre une femme libérée, ce n'est pas si facile... (article Vanity Fair, par Rosemont - 2014)


Entrée du château d'Excideuil lors du Hoop Festival (Photos © Sonia Marques)




Génial au Japon (Photo © Sonia Marques)

Génial au Japon
Quand elles ne composent pas avec leurs copains du groupe Le A, Blandine Peis et Émeline Marceau se réunissent au sein de Génial au Japon pour évoquer les grands espaces, les road-trips infinis et incertains et les sentiments humains dans un dédale de sons modernes, qui laissent la part belle à des rythmiques électroniques, des mélodies pop et des envolées parfois rock. Dans la musique de ces deux Bordelaises, les boîtes à rythme percutent sans jamais froisser les sens, les synthés se dévoilent à travers des nappes célestes ou des basses épaisses tandis que les guitares, déliées ou plus distordues, finissent de tapisser un décor jamais figé, toujours en mouvement. De Blonde Redhead à Radiohead en passant par Portishead, LCD Sound system ou Tame Impala, le duo féminin, créé à l’automne 2015, met en lumière tout un pan du patrimoine pop, rock et électro des années 2000 dans ses chansons habitées qui nourrissent aussi bien les rêves que la réalité. Qu’on vive au Japon… ou ailleurs.


Bloum (Photo © Sonia Marques)

Bloum

voit le jour en 2013. Les six membres se retrouvent autour d’une idée : construire un live où la musique et l’image pourraient se mêler et ainsi former une matière à part entière. Le but étant de proposer un espace où son et image se rejoignent, s’inspirent et se connectent. La notion de croisement a toujours intéressé la formation : Image-son ; électronique-acoustique ; graphisme-vidéo ; plastique-numérique… Chaque matériau serait support de l’autre. Pour ce faire, les membres travaillent en commun du début à la fin de la période de création. Les rôles se répartissent de la manière suivante : Côté sonore : Léo, Paul, Max et Bastien. Musiciens aux parcours bien différents. Du deejaying à l’orchestre classique en passant par le sound design ou la jam session sauvage… Côté visuel : Marie et Glen. Respectivement graphiste et plasticien de formation. Travaillent avec différents outils : vidéoprojection, modules, lumière… Sortes d’instruments d’un orchestre insolite qui répond à l’appel de la musique​.​ Véritable artisanat de la musique, Bloum compose, arrange et mixe ses morceaux de ses petites mains, au même titre que l’identité visuelle du groupe, ses clips, ainsi que les artworks de ses albums.​


Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil  (Photo © Sonia Marques)
Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil : Le site est né de l'imagination d'un couple de lyonnais installé là depuis 22 ans. Et jusqu'en 2031 maximum précisent-ils. Moniqa Ray-Bool est l'artiste propriétaire des lieux, cette ancienne enseignante a disséminé des citations d'auteurs dans tout le parc.




Œuvre de l'artiste chinoise Xuefeng Chen au jardin d'Hélys (Photos © Sonia Marques)

Née en Chine en 1975 dans le Yunnan, Xuefeng a vécu auprès de sa mère dans son village, en pleine campagne et montagne jusqu’à l’âge de 13 ans où elle courait, pieds nus, dans ces paysages. Sa pensée va sans limite entre lacs et montagnes, prés de sa maman un peu chamane, qui connait les rituels ancestraux. Pendant les années d’une enfance heureuse, chaque jour était un voyage inconnu. Sa curiosité la conduite en France, à Strasbourg, à l’école des Arts décoratifs. Pendant ses études, ses recherches dansent autour des cultes, des cérémonies, les gestes de sa maman, les dessins traditionnellement chinois, les écritures, tout ce qu’elle a connu et vu pendant son enfance. Le papier découpé, la broderie, le textile, la sculpture, Xuefeng touche à ces techniques qu’elle fait siennes et navigue dans ses racines pour faire pousser son arbre.

https://www.xuefengchen.fr/
https://www.instagram.com/xuefengchen_art/




Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil  (Photo © Sonia Marques)

Au piano (Photo © JD)

Nouvelle étagère  (Photo © Sonia Marques)

mardi 26 novembre 2013

♭℮ґᾔн@я∂ ẘḯʟʟнℯℓღ

Oups ! je viens de recevoir une invitation pour la conférence de Bernhard Willhelm, styliste dont j'apprécie les créations et le parcours... Hihihi, pour demain à Genève ! Je note que même les écoles renommées ne sont pas douées pour l'envoi un peu en amont de leurs programmations... prestigieuses. Je ne peux pas décommander mon programme du demain. Exactement là où je suis intervenue, il y a un an. Il n'était pas là à ce moment, c'est bien dommage :

Talking Heads - mercredi 27 novembre à 19 heures
Conférence publique - Auditoire Boulevard James-Fazy 

Alors voici la jolie annonce :

Bernhard Willhelm est un designer de mode allemand réputé pour son goût de la provocation, de l’humour, de l’absurde et du mélange des genres. Né à Ulm en 1972, il part étudier à l'Académie Royale des Beaux-Arts d'Anvers. Pendant ses études déjà, il travaille comme assistant de plusieurs grands noms de la mode, comme Alexander Mc Queen, Vivienne Westwood, Walter van Beirendonck ou Dirk Bikkembergs. Il obtient son diplôme en 1998 et établit son propre label la même année.

Dès mars 1999, Bernhard Willhelm présente sa première collection femme à la Paris Fashion Week. Inspirée de la Forêt noire de son enfance bavaroise, celle-ci présente déjà tous les ingrédients caractéristiques d’un style libertaire très personnel : approche humoristique de la mode, mélange de folklore et de culture urbaine, un grand soin apporté aux détails, broderies, techniques artisanales, imprimés, accessoires.
L’univers de Bernhard Willhelm, dénué de tout calcul cynique, mélange subtil de références poétiques et triviales, d’un registre stylistique et graphique inédit et très coloré, séduit rapidement la presse et les acheteurs. En 2000, il lance sa première collection homme et en 2002, il décide de transférer ses ateliers d’Anvers à Paris. Cette même année, il est également nommé directeur artistique de la marque italienne Capucci, ainsi que rédacteur en chef invité de B, deuxième numéro de la revue d’avant-garde ABC, éditée à Anvers.
Bernhard Willhelm a reçu de nombreux prix pour son approche singulière et provocatrice de la mode. Il remporte le Moet & Fashion Award Chandon en 2001, ainsi que le prix de l'accessoire de l'ANDAM (Association Nationale pour le Développement des Arts et de la Mode) des mains du Ministre français de la Culture en 2005.
En 2003, il met en scène sa vision personnelle des liens entre la mode et l’art dans l’exposition Moderne Mode à la Ursula Blicke Foundation en Allemagne. Puis en 2004, c'est la sortie d'un livre sur la jeune carrière de Willhelm aux éditions Lukas & Sternberg. Depuis, il poursuit son travail dans plusieurs directions, en créant un uniforme d'écolier pour l'association d'aide aux orphelins Misericordia, en lançant une première collection de chaussures, en élaborant une ligne de vêtements pour le site de vente en ligne YOOX.com. Il conçoit la garde-robe de Bjork pour le World Tour 2007 ainsi que la tenue sculpturale que l’artiste porte sur la pochette de son album VOLTA, ceci en collaboration avec le photographe Nick Knight.
En 2006, Bernhard Willhelm ouvre son premier flagship store à Tokyo ; il en conçoit en collaboration avec Cyril Duval. Frame magazine lui donne d’ailleurs cette année-là THE GREAT INDOORS AWARD pour le meilleur concept de magasin.
D’autres nombreuses collaborations artistiques ponctuent une carrière foisonnante et tonitruante, comme une exposition en Suède avec l’artiste berlinois Carsten Fock, ou des costumes pour une pièce de théâtre adaptée de Fassbinder à Berlin.
Willhelm montre une rétrospective de son œuvre au Musée de la Mode d'Anvers en 2007 et 2008 : “HET TOTAAL RAPPEL”. L’exposition et le livre sont conçus avec les artistes suisses Taiyo Onorato & Nico Krebs et le livre reçoit le Prix du plus beau Livre suisse. En parallèle, il présente le film “Red rose pink donkey”, en collaboration avec Dirk Bonn à la Biennale d’Athènes. En 2008, il présente le film 'Men in tights' réalisé par Nick Knight à la New York Fashion Week.
En 2008, Bernhard Willhelm lance une ligne de chaussures avec CAMPER “Bernhard Willhelm-Camper-together”. En 2009 et 2010, une nouvelle exposition rétrospective retrace la carrière de Bernhard Willhelm et de son associée Jutta Kraus au Groninger Museum au Pays-Bas.
La HEAD – Genève est heureuse et honorée d’accueillir Bernhard Willhelm pour la Talking Heads, conférence publique, qui aura lieu mercredi 27 novembre à 19 heures, mais également pour un workshop de deux jours avec les étudiant-e-s de la filière Design Mode, Bijou et Accessoires.

En attendant meilleures dispositions, sur la photo du carton c'est bien lui (je ne me souvenais pas qu'il était musclé...) photographié par Juergen Teller (off course) Afin de ne pas croire que je rencontre par hasard que des personnes cultivées d'un âge avancé (sur Ettore Sotssas et Andrea Branzi, le post d'avant), je dois bien avouer que Bernhard Willhelm, (à peu près mon âge, donc plus jeune que les italiens cités), je l'ai rencontré à Paris en 2000 dans l'espace Public> (qui n'existe plus, remplacé par une galerie, mais à ce moment, cet espace artistique était derrière le Centre Pompidou) Je devais installer un film vert sur la vitrine pour une des démos programmée de mon collectif Téléférique (si, si, encore là), et lui, Bernhard Willhelm, il désinstallait son show room. Il était tout seul avec ses fringues cousues par ses petites mains. J'étais déjà un peu avertie sur ses créations, et donc assez chanceuse de le voir là, en simple installatrice et désinstallateur que nous étions. Il venait à peine de présenter ses premières collections, premier défilé. Il ne savait pas s'il allait pouvoir continuer, tellement c'était extrêmement difficile, ce milieu de la mode, et il n'avait pas d'argent (oui, je crois même qu'il n'était pas du tout musclé, gringalet, comme tous les créateurs de ce moment : on crevait la dalle et on ne faisait pas de gonflette, mais nous avons tous résisté et continué à nous cultiver) Je me souviens avoir vu dans notre espace de rencontre, à Public>, la jupe "Mickael Jackson" (retrouvée !) et certaines créations folkloriques très précises. Bref une superbe rencontre modeste, et depuis, un phénoménal développement... de la gonflette, si, si. Postmodernité oblige... Post Internet (l'objet d'un de mes cours pour les 5e année en art, disons niveau master ;.) chaque effet de mode, et le styliste anticipe un minimum les signes de notre temps. Et les vieilles écoles qui ne sont pas folksonomiées, se retrouvent à la traine. Parfois je me dis que ce n'est pas plus mal d'être dans la longue traîne, du référencement. Enfin, si l'on a conscience que c'est une position radicale et artistique ;.) Sinon... c'est effectivement déprimant d'être immergé tout en ne souhaitant qu'apparaître au-dessus des autres. Bref, Bernhard Willhelm a compris une chose, assumons le ridicule de ce monde interconnecté (enfin des plus riches)

Son site Internet rassemble ses dernières créations. Sa home page est géniale, elle nous rit au nez, une micro-animation :

Ses collections sous forme d'animations aussi. J'ai un faible pour sa collection spring summer 2014 avec la famille Boyajian, la modèle Patricia Rust, et les photos de Bruno Staub. Cela me faisait penser à mes amis de la banlieue. Tandis qu'on permet aux vieux riches de porter des vêtements frisant le kitch, et de les associer librement, on met sur le même plan, les vieux pauvres, qui ont une culture de l'association libre (libérée des diktats de la mode) mais sans les marques. De cet aplatissement, permettre la distraction pour celles et ceux qui s'ennuient, le déguisement, et que deviennent à la mode les banlieusards, les marginaux, les survivants, nous ne sommes pas encore vainqueurs sur les inégalités et les castes, mais tous un peu plus zombis des inversements que nous prépare l'avenir. Si notre société défile sous le thème de l’égalité tout en mettant systématiquement des mécaniques d’exclusion, notre question commune sera de réfléchir à comment être épanoui avec moins d’argent. Et, nous les inventeurs, n'avons pas dit notre dernier mot.

Bernhard Willhelm, joue à fond avec les stéréotypes des genres, et aussi de la pyramide des âges, avec un humour décapant ! C'est un styliste que je trouve tout droit dans la lignée de ses pairs, Walter van Beirendonck, né en 1957, d'Anvers. Bernhard Willhelm devient lui-même une inspiration pour les plus jeunes, comme Cassette Playa, la marque de la styliste designer anglaise Carri Munden, née en 1980. Elle, complètement musicalement M.I.A. (Mathangi Maya Arulpragasam), l'anglaise d'origine srilankaise, pourtant elle plus âgée, née en 1975 (son dernier album vient de sortir, Matangi, et voici un clip YALA, un peu de "rainbow rave explosions" que son label a refusé de sortir il y a déjà un an, jugé trop "optimiste") Un souvenir de mon phosphène expérimental...

Cela dit, Bernhard Willhelm me fait de plus en plus penser à l'artiste suisse, un peu du même âge, Olaf Breuning, maelström jouissif et schizophrénique, atmosphère post-apocalyptique, qui puise dans les codes visuels de la culture de masse, mixe les origines. Surtout au niveau photographique, où j'ai vu quasi les mêmes objets visuels, des petits fantômes (chez Willhelm et Breuning) Le savent-ils ? En attendant une chanson que j'aime bien, du moment : être honnête, d'un petit fantôme justement, parce que :

C'est tout ce qu'il nous reste, pour tenir, pour tenir...

Travailler avec des vieux jeunes dans leur tête et des jeunes qui aiment travailler avec les vieux car ils les trouvent vraiment fou-fou et plus engagés que leur génération de l'immédiat, n'être plus tout à fait jeune et pas encore assez vieux pour être adulé ou respecté, mais agir, oui agir, réfléchir ensemble et revoir tous nos à priori. Prendre le temps de comprendre. Refuser d'aller trop vite. Et dire quand on n'est pas respecté, afin que les pauvres imbéciles ne recommencent pas la ronde de leurs intimidations, sur les plus riches et inventifs.

Et bien bonne conférence BW, rassurons-nous, les meilleurs moments, sont les rencontres par hasard et sans pousse-pousse.

Je pense y arriver, sans toi, sans amis, sans amours, sans amours...