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vendredi 16 septembre 2022

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En 1901, Claude Debussy n'est pas encore au faîte de sa gloire mais a déjà composé de nombreuses mélodies (Cinq poèmes de Charles Baudelaire, Chansons de Bilitis…), les Arabesques pour piano ainsi que plusieurs œuvres pour orchestre comme ses Nocturnes et le Prélude à l’après-midi d’un faune. Il termine également la composition de son opéra Pelléas et Mélisande, créé l'année suivante sur la scène de l'Opéra Comique. Publicité En parallèle de ses compositions, il démarre une activité de critique musical, et rédige pour des revues qui circulent dans les milieux intellectuels et les salons mondains.  Claude Debussy invente le personnage de Monsieur Croche dans le cadre de son activité de critique, qu’il débute en avril 1901. A cette époque, il est sollicité par les fondateurs de La Revue blanche, qui paraît depuis 1891, pour donner son point de vue sur l’actualité musicale parisienne. Séduit par le ton libre et hétérogène de la revue, Debussy accepte l’offre. C’est ainsi que, tous les 15 jours, il livre une chronique musicale au ton pour le moins inhabituel. Dès son premier papier, le musicien avertit les lecteurs : « On trouvera donc à cette place des impressions sincères et loyalement ressenties, beaucoup plus que de la critique ». Loin de l’objectivité revendiquée par les critiques habituelles, Debussy assume un ton totalement subjectif. L’auteur met également en garde ceux qui attendraient de lui une revue exhaustive des événements musicaux : « Je parlerai fort peu des œuvres consacrées, soit par le succès, soit par la tradition ». Il écrit uniquement sur ce qu’il l’intéresse. Son but n’est pas d’informer ses lecteurs mais plutôt de propager ses idées sur des sujets aussi divers que la symphonie, l’opéra, la musique de Wagner, le Prix de Rome ou encore la musique de plein air. Plus que pour ses analyses d’œuvres, les critiques de Debussy sont précieuses pour connaître ses conceptions musicales, sa pensée.

Portrait de Monsieur Croche :
Prénom : inconnu
Nom : Croche
Âge : inconnu
Adresse : vraisemblablement quelque part dans Paris
Profession : antidilettante.



« Antidilettante », en voilà un drôle de métier ! En quoi consiste-t-il ? Difficile à dire… Si le dilettante désigne celui « qui s'adonne à une occupation, à un art en amateur, pour son seul plaisir » (Larousse), l’antidilettante doit donc désigner le non-amateur de musique. Pourtant, Monsieur Croche aime la musique, c’est même son principal sujet de conversation. Mais pour lui, ce n’est donc pas un divertissement fantaisiste, mais une affaire sérieuse.
(extrait de l'émission de Radio France)

I

MONSIEUR CROCHE
ANTIDILETTANTE.

La soirée était charmante et je m’étais décidé à ne rien faire… (pour être poli, mettons que je rêvais). En réalité, ce n’étaient pas de ces minutes admirables dont on parle plus tard avec attendrissement et avec la prétention qu’elles avaient préparé l’Avenir. Non… c’étaient des minutes vraiment sans prétention, elles étaient simplement de « bonne volonté ».

Je rêvais… Se formuler… ? Finir des œuvres… ? Autant de points d’interrogation posés par une enfantine vanité, besoin de se débarrasser à tout prix d’une idée avec laquelle on a trop vécu ; tout cela cachant assez mal la sotte manie de se montrer supérieur aux autres. Être supérieur aux autres n’a jamais représenté un grand effort si l’on n’y joint pas le beau désir d’être supérieur à soi-même… Seulement c’est une alchimie plus particulière et à laquelle il faut offrir sa chère petite personnalité en holocauste… C’est dur à soutenir, et absolument improductif. Par ailleurs, solliciter l’assentiment unanime représente un temps considérable perdu en de constantes manifestations ou d’inlassables propagandes ; on peut y gagner le droit de faire partie d’un paquet de grands hommes dont on échange les noms pour ranimer de languissantes conversations d’art… Je ne voudrais pas insister, afin de ne décourager personne.

La soirée continuait à être charmante ; mais, on a pu s’en apercevoir, je ne m’aimais pas… je me perdais de vue et me voyais dans les idées générales les plus fâcheuses.

C’est à ce moment précis que l’on sonna à ma porte et que je fis la connaissance de M. Croche. Son entrée chez moi se compose d’incidents naturels ou absurdes dont le détail alourdirait inutilement l’intérêt de ce récit.

M. Croche avait une tête sèche et brève, des gestes visiblement entraînés à soutenir des discussions métaphysiques ; on peut situer sa physionomie en se rappelant les types du jockey Tom Lane et de M. Thiers. Il parlait très bas, ne riait jamais, parfois il soulignait sa conversation par un muet sourire qui commençait par le nez et ridait toute sa figure comme une eau calme dans laquelle on jette un caillou. C’était long et insupportable.

Tout de suite, il sollicita ma curiosité par une vision particulière de la musique. Il parlait d’une partition d’orchestre comme d’un tableau, sans presque jamais employer de mots techniques, mais des mots inhabituels, d’une élégance mate et un peu usée qui semblait avoir le son des vieilles médailles. Je me souviens du parallèle qu’il fit entre l’orchestre de Beethoven représenté pour lui par une formule blanc et noir, donnant par conséquent la gamme exquise des gris, et celui de Wagner : une espèce de mastic multicolore étendu presque uniformément et dans laquelle il me disait ne plus pouvoir distinguer le son d’un violon de celui d’un trombone.

Comme son insupportable sourire se manifestait particulièrement aux moments où il parlait de musique, je m’avisai tout à coup de lui demander sa profession. Il me répondit d’une voix qui tuait toute tentative de critique : « Antidilettante… » et continua sur un ton monotone et exaspéré : « Avez-vous remarqué l’hostilité d’un public de salle de concert ? Avez-vous contemplé ces faces grises d’ennui, d’indifférence, ou même de stupidité ? Jamais elles ne font partie des purs drames qui se jouent à travers le conflit symphonique où s’entrevoit la possibilité d’atteindre au faîte de l’édifice sonore et d’y respirer une atmosphère de beauté complète ? Ces gens, monsieur, ont toujours l’air d’être des invités plus ou moins bien élevés : ils subissent patiemment l’ennui de leur emploi, et s’ils ne s’en vont pas, c’est qu’il faut qu’on les voie à la sortie ; sans cela, pourquoi seraient-ils venus ? — Avouez qu’il y a de quoi avoir à jamais l’horreur de la musique »… Comme j’arguais d’avoir assisté et même participé à des enthousiasmes très recommandables, il répondit : « Vous êtes plein d’erreurs, et si vous manifestiez tant d’enthousiasme, c’était avec la secrète pensée qu’un jour on vous rendrait le même honneur ! Sachez donc bien qu’une véridique impression de beauté ne pourrait avoir d’autres effets que le silence… ? Enfin, voyons ! quand vous assistez à cette féerie quotidienne qu’est la mort du soleil, avez-vous jamais eu la pensée d’applaudir ? Vous m’avouerez que c’est pourtant d’un développement un peu plus imprévu que toutes vos petites histoires sonores ? Il y a plus… vous vous sentez trop chétif et vous ne pouvez pas y incorporer votre âme. Mais, devant une soi-disant œuvre d’art, vous vous rattrapez, vous avez un jargon classique qui vous permet d’en parler d’abondance. » Je n’osai pas lui dire que j’étais assez près d’être de son avis, rien ne desséchant la conversation comme une affirmation ; j’aimai mieux lui demander s’il faisait de la musique. Il releva brusquement la tête en disant : « Monsieur, je n’aime pas les spécialistes. Pour moi, se spécialiser, c’est rétrécir d’autant son univers et l’on ressemble à ces vieux chevaux qui faisaient tourner anciennement la manivelle des chevaux de bois et qui mouraient aux sons bien connus de la Marche Lorraine ! Pourtant, je connais toute la musique et n’en ai retenu que le spécial orgueil d’être assuré contre toute espèce de surprise… Deux mesures me livrent la clef d’une symphonie ou de toute autre anecdote musicale.

» Voyez-vous ! Si l’on peut constater chez quelques grands hommes une « obstinée rigueur » à se renouveler, il n’en va pas ainsi chez beaucoup d’autres, qui recommenceront obstinément ce qu’ils avaient réussi une fois ; et leur habileté m’est indifférente. On les a traités de maîtres ! Prenez garde que cela ne soit qu’une façon polie de s’en débarrasser ou d’excuser de trop pareilles manœuvres. — En somme, j’essaie d’oublier la musique, parce qu’elle me gêne pour entendre celle que je ne connais pas ou connaîtrai « demain »… Pourquoi s’attacher à ce que l’on connaît trop bien ? »




La fille aux cheveux de lin en distanciel (Photographies © Sonia Marques)

lundi 4 juillet 2022

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Photographies © Sonia Marques



  



Écouter les hirondelles : As andorinhas

A andorinha é um símbolo da cultura portuguesa : a lembrança mais sentimental do país: andorinhas de cerâmica.
Um símbolo nostálgico, as andorinhas só saem do ninho quando todas as suas crias saeme regressam sempre.

Esta ligação ao ninho – ao lar ou à pátria – é importante na cultura portuguesa.

A andorinha é considerada a personificação desse sentimento da saudade. Quando temos uma andorinha dentro ou fora de casa, essa ave transporta consigo a saudade de quem a ofereceu, uma boa recordação.

Em 1896, Raphael Bordallo Pinheiro registou a patente da sua versão original da andorinha de cerâmica. Raphael Bordallo Pinheiro e o seu irmão Feliciano já eram artistas de destaque na época. Quem visita Portugal provavelmente já viu os seus pratos de cerâmica – que ainda são feitos com os moldes originais em Caldas da Rainha – com o formato da comida que devem conter e celebrando coisas como repolhos, galinhas e peixes. Estes itens encontraram uma vida nova nos últimos anos entre os millennials e instagrammers, mas o capricho destas obras é diferente do trabalho feito na solene andorinha. Ricardo Brochado diz que a andorinha de Raphael Bordallo Pinheiro marcou um momento crucial na história do país. Portugal estava a afastar-se do romantismo na literatura e na arte para adotar a celebração do realismo. As andorinhas de Raphael Bordallo Pinheiro foram ficando cada vez mais populares ao longo dos anos. Apesar de ainda podermos comprar as versões originais, há artesãos por todo o país que agora oferecem as suas próprias versões desta forma icónica. Os viajantes encontram opções que variam desde os mais de cem euros até aos 50 cêntimos.

As andorinhas também servem como amuletos de proteção. Algumas pessoas acreditam que este símbolo funciona como uma mezuzá judaica, os pequenos rolos de pergaminho que são colocados nas ombreiras das portas e em templos judaicos. Existe uma ligação comum entre o povo judeu e a diáspora portuguesa.

A andorinha representa que existe um ninho algures em Portugal, embora existam portugueses a viver pelo mundo inteiro.

    



samedi 21 mai 2022

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Photographies © Sonia Marques

jeudi 12 août 2021

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Peinture de l'artiste Geneviève Asse, Impressions gris et bleue (2007)

Que voit-on ? La mer, le bleu, l'écume, une abstraction, une peinture, c'est une œuvre de la peintre bretonne Geneviève Asse, cette artiste s'est éteinte à 98 ans le mercredi 11 août 2021, à l’Ehpad des Invalides, à Paris.
Entre 2003 et 2013, elle avait pris part au chantier de restauration des vitraux de la collégiale Notre-Dame-de-Grande-Puissance, à Lamballe. Retenue dans le cadre d’un marché public, Geneviève Asse avait alors collaboré avec le vitrailliste Olivier Debré.



« J'aime la solitude. » disait-elle, c'est une philosophie de vie. Dans sa maison de l'Île-aux-Moines, lovée dans le golfe du Morbihan, elle y trouvait une respiration et une inspiration. Née en 1923 à Vannes, Geneviève Asse est élevée par sa grand-mère au manoir de Bonervo, dans la presqu'île de Rhuys. Ce n'est qu'à 10 ans que Geneviève et son frère jumeau rejoignent leur mère à Paris.

Le bleu, c'est son secret



Alors que les jeunes de son âge jouent dans la cour de récré, Geneviève s'échine à faire et refaire ses peintures. « Sans jamais prendre de cour... Je tenais à rester seule. ». Face à l'horreur de la guerre de la seconde guerre mondiale, la Vannetaise trouve dans l'art un refuge apaisant. On a nommé ainsi « le bleu Asse ». Un bleu unique dont personne ne sait vraiment d'où il vient. À chaque fois qu'on lui demande, elle répond que c'est son secret, reconnaît Florence Camarroque, réalisatrice du film Geneviève Asse, entre ciel et mer : "Une ligne d'horizon entre le ciel et la mer, c'est son univers"




Elle fut d'abord attirée par la nature morte puis s'est éloignée du figuratif au profit de l'espace, de l'étendue. Ses recherches vont de l'opacité à la transparence. Cette couleur tant vécue de l'intérieur, d'une rare intensité dans sa longévité, et son engagement, sa foi, s'est emparée d'elle, comme elle, qui vivait dans cette couleur, celle du ciel et de la mer de la Bretagne. Élément sacré, cette couleur, la sienne, est à mon sens, bien plus "éternisée"que le bleu de Klein, dont on a fait un pataquès pas possible (surtout dans les écoles d'art) Le bleu Asse parcourt de multiples bleus. J'ai la chance de vivre aussi dans ce bleu, celui de mes fenêtres, comme elle, j'ai repeint tous les murs en blanc, comme elle, je ne peux rien accrocher au mur, ni même ne trouvera-t-on de miroir, ni une seule de mes œuvres, ou presque, pourtant j'ai fait des efforts, j'ai installé un miroir derrière une porte ;.) Un temps j'avais effectué des recherches pour les étudiants sur la fabrication de la couleur bleue, les pastels des teinturiers, les bleus de guède, le bleu Indigo... C'est passionnant, parfois ce que l'on recherche ne peut se transmettre, n'est pas accueilli, le climat n'est ni propice ni ouvert, ni serein. Alors la solitude, le retrait, le silence, rechercher en silence, c'est l'intériorité qui nous pousse à travailler, non plus pour être mis à mal et ostracisé sans cesse, mais pour soi, et pour nos proches, pour l'infime partie du monde qui nous a vu naître et continue de nous accompagner, notre famille, nos racines, toujours pour l'espoir d'un meilleur avenir.

Je partage l'idée que rien ne peut parasiter la pensée, lorsqu'elle se définit par l'alliance entre la main et l'esprit. Aussi, je pense que la vie d'artiste est emplie de solitude, de retranchement, peu le comprennent, surtout dans nos jours, où tout doit se faire en groupe, en collectif, il faut suivre toute rumeur, tout complot. Pourtant, il existe des artistes, dont on surprend comprendre, hélas tardivement, qu'ils et elles étaient aussi bénis par la lumière et la conviction d'être en retrait des roulements des vagues perpétuelles, et contemplatifs de l'écume qui s’efface chaque minute de la vie.

Son œuvre est un signe de sérénité, de sobriété aussi, mais tout de même, d'une grande générosité : donner sa vie au bleu, et jouer une partition singulière, accueillant parfois des points rouges ou des lignes blanches, ou bien couper la toile en deux pour laisser passer la lumière, comme on peut le voir dans ses vitraux bleus qui laissent passer des raies de lumières. J'aime beaucoup entendre que dans cette invitation au silence, se cache un tas de saletés remarquables, ses tubes, ses palettes, ses pinceaux, ce désordre bien réel, qui est celui de la vie d'artiste, d'où jailli une forme de perfection visible et à la fois impassible face à toutes les haines et les mauvaises ondes.

Il y a des artistes qui réalisent des œuvres bien différentes les unes des autres, qu'elles soient minimales ou baroques, somptueuses, ou silencieuses et parcimonieuses, multiples ou rares et précieuses ; parfois s'arrêter, ne rien produire, ne rien faire de beau, ni d'art, une année, deux années, et contempler, être présent au monde, c'est aussi cela, être artiste. De mon point de vue, je vis dans une économie de moyen quasi absolue et sans aucune attente, ni obéissance à quiconque. Je n'ai pas le sentiment de devoir, sauf le respect d'autrui et de soi. Je n'ai pas le sentiment de droit imposé par des communautés qui pensent dominer un territoire, en écrasant les plus vulnérables, par lâcheté, et les plus silencieux, les plus discrets, ou qui donnent des leçons de comment un, une artiste doit penser et vivre et produire et mériterait de recevoir des prix, d'avoir des droits à une culture d'entre-soi. Il existe des gens, dans nos contrées, qui vivent sans brandir de pancarte, car travailler chaque jour au meilleur, ne laisse pas de temps pour se plaindre, d'autres crient plus fort, sans entendre. Ceux-ci, celles-ci n'ont aucun article de presse, aucun média pour les accompagner, car ils et elles sont déjà des médiateurs, des médiatrices, dans leur vie de tous les jours, et avec, toutes les personnes rencontrées sur leur chemin de traverse. Parfois, les éléments naturels, le paysage, aussi urbain, donnent des leçons de catastrophes, que l'on ne peut éviter, et l'art ne peut rien, ni l'histoire que les hommes construisent, car parfois, pour une poignée, la volonté de liberté se remplace par la volonté de domination. Comme l'écrivait Camus, "les valeurs humaines ont été remplacées par les valeurs du mépris et de l’efficacité, on n'a plus raison parce qu’on a la justice et la générosité avec soi. On a raison parce qu’on réussit. Et plus on réussit, plus on a raison."  (Albert Camus, Franchise No 3, novembre – décembre 1946)  Des années et des années plus tard, pas tout à fait un siècle, mais presque, dans une société riche, qui se retrouve excessive et tente de faire des économies et de mieux distribuer à égalité sa production, on peut trouver une confusion des priorités, si ce n'est, une confusion de la pensée, se croire tout permis, entraîner les plus pauvres en justice, à la police, des artistes, des érudits, par ignorance toujours, en les insignant, sans même qu'ils n'aient les moyens d'être défendus ou d'avoir la parole une seule fois, parce que l'on croit avoir réussi, on croit avoir le pouvoir sur l'autre, (l'altérité), dont on pense qu'il ou elle n'est rien parce qu'il ou elle n'a rien, on pense alors avoir la justice et la police avec soi, en omettant toutes les étapes du droit, et bien avant, du dialogue, on pense avoir un accès direct à la loi pour soi seulement, mais pas pour les autres, on se croit légitime par l'accumulation de biens, on passe en force, et en agissant ainsi, on sème la terreur (et le texte inédit de Camus analyse cette notion à l'aune de l'inertie) ; on perd ce qui faisait de nous des êtres humains. Il faut rester vigilant, aux uns, unes et aux autres qui s'égarent sur ces chemins (de réussite) si tentants, fussent-ils pour une communauté, un groupe, une idée, qui s'avèrent, avec le temps, et par répétition, de petites armes destructrices contre toutes les parties invisibles de notre humble condition humaine, si tendre.

Parfois le bleu s'éternise. Et le silence demeure.


vendredi 23 avril 2021

ℱℓêḉℌ℮ ♭łℯʊε

Martin-pêcheur


Par deux fois, je découvre du bleu scintiller et plonger dans l'eau, ressortir aussi vite et se percher dans le même arbre, quelle fugacité ! Quelle sagacité de pouvoir observer cet animal, que dire, cette palette de couleur, d'un bleu très particulier... L'étincelant Martin pêcheur : la flèche bleue. Quelques jours après avoir surpris un écureuil intrépide sortir sous la grille d'une maison abandonnée, puis courir devant nous sur le trottoir bien plus rapidement que nous ne pourrions le réaliser et se glisser sous une autre grille pour grimper aussitôt, de toute beauté dans un arbre de fleurs roses. J'avais cette impression d'être au Canada, à Vancouver, où je pouvais approcher les écureuils chaque jour. Le Martin pêcheur est très précieux, à mes yeux. Sa trajectoire fut si surprenante, avant de tomber dans l'eau, qu'il me faisait penser à un colibri... D'ailleurs, je me documentais sur le plus petit oiseau du monde, un colibri-abeille... Pour cette flèche bleue, son plumage est irisé, je le vois brillant comme allumé en plein jour. Pourtant, celui-ci n'a pas de pigment plus intense que d'autres, mais une façon d'être ciselé, chaque plume est géométrique et isolante, ce qui lui permet de trancher lorsqu'il pénètre la surface de l'eau et il s'apparente à des nageoires. Il y a chez ce martin-pêcheur, un effet d'optique provoqué par la décomposition de la lumière, encapsulé dans les barbes et barbules de chaque plume. Dessous, plus sombres sont les plumes. On obtient ainsi un effet Tyndall, un phénomène optique de diffusion de la lumière (effet découvert au XIXe siècle par le scientifique irlandais John Tyndall) Ces jours-ci, je pouvais observer ce phénomène très particulier de la lumière, lorsque je regardais la surface de l'eau. Mes récentes photographies publiées sur ce blog, relatent de cet effet très particulier. Les canards, mâles et femelles glissent le long de ces lumineuses particules. Parfois, c'est la saison, j'ai pu observer des cannes avec leurs petits, bien encadrés...
L'effet Tyndall c'est aussi ce que l'on trouve dans les yeux de certaines personnes, des couleurs bleues/vertes.
Pour l'oiseau bleu, la flèche, ce martin-pêcheur, cet effet est aussi révélé par la vitesse de celui-ci, lorsqu'il vole au-dessus de la rivière. Il peut atteindre une vitesse de pointe de 45 km/h, et lorsqu'il touche la surface de l’eau, son corps se transforme en une torpille fuselée qui plonge à une vitesse de 2 à 4 m/s !
Comme tous les oiseaux (et je sais de quoi je parle... ou pourquoi je l'écris...) le plumage est entretenu toute la journée. Le martin-pêcheur interrompt ses activités au minimum six fois par jour pour une séance de toilettage d’une vingtaine de minutes. Toute saleté ou défaut de l’étanchéité du plumage représente une menace mortelle. L’oiseau commence par trois à quatre plongeons dans l’eau avant de se poser sur un perchoir. Puis, avec son bec, il lisse et graisse toutes ses plumes. On peut parler d'une beauté remarquable n'est-ce pas ;.)

Alors voici un autre oiseau, qui me faisait penser à celui que j'ai pu observer si près de moi, mais que je n'ai jamais vu de mes yeux : le plus petit, le Colibri d'Elena.
Mellisuga helenae, dit aussi colibri d'Helen, ou colibri-abeille, une espèce d'oiseau de la famille des Trochilidae. Ce nom lui a été donné en l'honneur d'Elena Booth, l'épouse d'un ami de Juan Gundlach (1810-1896), naturaliste allemand qui a séjourné pendant plusieurs années à Cuba. D'après Alan P. Peterson, c'est une espèce monotypique. Avec une longueur totale de 5 à 6 cm et un poids de 1,6 à 1,9 gramme, le mâle de cette espèce est le plus petit de tous les oiseaux. La femelle a un poids de 2 grammes et pond possiblement les plus petits œufs amniotiques au monde, bien qu'il n'y ait aucune certitude à ce sujet. Cet oiseau-mouche vit dans les bois, les marécages, les massifs d’arbustes et les jardins. Il a un collier iridescent : une gorge rouge étincelante.
Le voici, une beauté de plus, dans un monde, où l'observation et la contemplation, sont des arts à part entières, délivrées de la prédation, si nous parvenons, à nous positionner à la juste distance.

dimanche 18 avril 2021

℘α℘ḯℯя ḟʟ℮ʊґї







Photographies, graphismes © Sonia Marques

Visioconférences


lundi 12 avril 2021

ℙéρїη◎

Photographies © Sonia Marques

jeudi 11 juin 2020

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JANUS-DIANUS

Dessin (extrait) - peinture (60x50 cm) © Sonia Marques

J'ai réalisé un dessin très fin qui ressemble à une ode marine, le bleu du ciel, l'eau et l'écume. Longtemps je faisais des recherches sur Sandro Botticelli, le peintre italien (1445-1510) dont j'apprécie les œuvres.
Son modèle, souvent fut Simonetta Vespucci (1453-1476) une femme noble italienne de la Renaissance, célèbre par sa beauté et son charme, de la cour de Laurent le magnifique. Je suis heureuse que mes inspirations se soient exprimées dans un dessin contemporain.
Et en dessinant, je pensais aux masques, qui à la fois, masquent la bouche, atténuent ce que l'on dit, c'est plus feutré, et à la fois, symbolisent, tout ce que la respiration, le souffle, les projections, les postillons, sont devenus, des phénomènes naturels très importants, avec le confinement et la pandémie en ce début d'année 2020.

Cela marque un grand changement.

Le début d'année, c'est janvier, c'est Janus, le nom d'un dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes. Il est bifrons (« à deux visages ») et représenté avec une face tournée vers le passé, l'autre sur l'avenir. Il est fêté le 1er janvier. Le féminin serait Dianus.

Fermer les portes de Janus, c'est conclure la paix, mettre un terme à une polémique. Ordonner de fermer les portes de Janus, ordonner de cesser le feu, d'arrêter la guerre.

L'histoire de Janus est arrivée, par hasard, mais si Dianus était à l'origine Janus, et que c'était un dieu des bois, cela change aussi les interprétations. Dans mon dessin, c'est une sorte d'évasion de la parole masquée. Il y a un avant et un après, puisque ce "Janus-Dianus" est un passage, entre le passé et l'avenir. La porte que je dessine est maritime, inspirée des mers et je pense à Neptune, une sorte de descendant des eaux, rattaché à des animaux : le cheval (désignant l'animal ou le navire), l'hippocampe (animal mythique mi- poisson et mi- cheval), le dauphin, les poissons, le taureau, le bélier.

En même temps, ces têtes pensantes, sont certainement l'allégorie d'une même pensée, mais qui souffle dans 2 sens opposés, non pas contraires, mais divinement associés. Je vois ce dessin, comme une image de la féminité, douce, vive, expressive mais subtile, et surtout, tout en transparence. C'est une féminité agit par sa part masculine, j'aime beaucoup ce dessin. C'est comme un "splach", dans une piscine. Lorsque je dessinais, un sentiment très sain m'accompagnait, comme un air marin, puissant, celui qui vous emmène loin, en voyage.

La porte des voyages, ciel bleu. Ce dessin symbolise une vraie libération. J'ai plein d'autres croquis, très différents, de couleurs et de formes et un très grand dessin d'1 mètre, sur un fond jaune très clair. Mais j'ai choisi d'écrire sur celui-ci, car il ressemble à un croquis préparatoire, j'aime son énergie, son jeté.