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vendredi 22 septembre 2017

ℓα ∂øяღ@η¢ε

David Hockney
Bois de Woldgate, 21, 23 et 29 novembre 2006 (Woldgate Woods, 21, 23 & 29 November 2006)
Huile sur 6 toiles - 182 x 366 cm
© David Hockney

Aujourd'hui c'est l'équinoxe, (qui vient du latin æquinoctium, qui lie æequs (égal) à nox (nuit), le moment où la durée du jour est égale à celle de la nuit. C'est l'automne aussi et je me souviens de la très belle exposition de David Hockney.

Si les feuilles perdent leur couleur verte avec l'arrivée de l'automne et la disparition de la chlorophylle dans les cellules végétales causée par les baisses de température et de lumière, elles prennent quand même de la couleur en devenant rouge, jaune ou orange.
Pendant l'hiver, les arbres sont en état de "dormance", mais avant cela, jusqu'à fin octobre environ, ils passent d'abord par un état de transition appelé "paradormance" lors duquel sa croissance ralentit, avant de se stopper intégralement. L'arbre stocke aussi du soleil pendant les beaux jours, à la manière de carburant pour ses nouvelles pousses au printemps. Un peu comme un ours qui anticipe son hibernation de plusieurs mois. Un peu comme moi.


La dormance (photographies © Sonia Marques)


bet-hedging
Contrer la prédation
Forme de dispersion temporelle
Stratégies de dormance prolongée
Stratégie de minimisation des risques
Contrer les conditions environnementales




David Hockney
The Arrival of Spring in Woldgate, East Yorkshire in 2011 (twenty eleven) − 2 January

Dessin créé sur iPad puis imprimé sur papier
144,1 x 108 cm ; d’une série de 52 œuvres
© David Hockney

Et je me souviens de l'un de mes dessins de la série Mouvance, dont j'ai exposé une conférence à l'Ensa de Bourges en mai 2016.
Extrait :

"(...) Il n'y a pas d'à priori sur le final. Je ne me dis pas, je vais faire quelque chose de joyeux, coloré. Il en est que l'on peut dire, une fois abouti, que tel dessin est joyeux, frais, ou qu'un carnaval se prépare, une fête, des cerfs volants sont dans le ciel et se laissent porter par le vent. Mais je ne pense pas du tout à tout cela. Et pourtant pour certains, l'un d'eux même, je le regarde comme l'expression d'un sentiment de résignation, dans des tons chauds, d'automne, car je perçois le geste entropique. Celui-ci est plus engagé, car il m'inspire l'incertitude. De la glue verte presque fluorescente, dans un semblant de nez, au milieu d'un visage constitué de feuilles... Si je m'attarde sur l'un, il raconte une histoire. L'arbre transforme la lumière du soleil en énergie et en automne, il y a moins de lumière, il commence à faire froid, les feuilles ne fabriquent plus de nourriture pour l'arbre, les feuillent se dessèchent, fragiles elle tombent, tandis que l'arbre passera l'hiver au ralenti. Pour ce dessin, il figure le ralentit, car il manifeste en lui ces transformations. Il s'apprête à tomber. Il semble se dessaisir de lui-même, de ses peaux. Lorsque je dessine, je pense et je suis des gestes, je rêve d'amplitude, d'altitude, de diffusion, dispersion, de mélanges, et aussi de rassemblement de toutes les hétérogénéités produites. Mes gammes colorées sont les secrets de ma mémoire, de mon expérience de synesthète, et c'est un vrai plaisir de composer. Composer des dessins, chaque dessin serait le concert, depuis une partition unique. Pour que la surface apparaisse, il existe une source, dans la profondeur, qui connaît l'obscurité. Je pense souvent aux nénuphars, au lotus, cette fleur qui naît dans les eaux troubles. Ce sont ces images qui motivent l'expression de ces dessins mais surtout, plus finement, des expressions à visage humain."




Mouvance © Sonia Marques (2014-2015) - Série de dessins



lundi 9 mai 2016

я℮ḯᾔℯ

Caribou (photo : National Géographic Kids)

Cervidae

Les Cervidés (Cervidae, du latin cervus, « cerf », venant du grec κεραός / keraos, « cornu »), forment une famille de mammifères ruminants présentant un nombre pair de doigts, qui comprend entre autres les cerfs, les chevreuils, les rennes et les daims mais aussi des espèces moins connues appelées pudus.

Terminologie :

    Le mot « faon » peut désigner le jeune de différentes espèces, notamment celui du cerf, du chevreuil, du daim, du renne.
    Le hère est un jeune cerf de six mois à un an, qui ne porte pas encore de bois.
    Le daguet est un jeune cerf qui porte ses premiers bois.
    Le brocard est le mâle de plus d'un an chez le chevreuil.
    Pour certaines espèces, la femelle porte un nom spécifique :
        cerf : biche ;
        chevreuil : chevrette ;
        daim : daine.
La particularité des Cervidés est de porter des bois, des organes osseux caducs présents sur la tête des mâles. Il existe toutefois quelques exceptions :
    - chez le renne, les deux sexes portent des bois;
    - chez certaines espèces, les bois sont absents (Hydropotes inermis), ou à l'état de vestiges (genres Pudu et Mazama).
Les bois des Cervidés forment un trophée (terme cynégétique employé aussi bien pour la parure sur l'animal vivant, que dans le sens plus connu de trophée de chasse). Ils muent chaque année ; le produit de la mue (les bois morts délaissés) s'appelle la mue.
Les Cervidés constituent les derniers grands ruminants sauvages des régions tempérées. À travers le monde, il en existe quarante-quatre espèces réparties en dix-sept genres.
Les Cervidés les plus fréquents dans les forêts d'Europe sont le cerf élaphe, elaphus, le chevreuil, capreolus ; le daim, dama, quant à lui, n'y est plus présent à l'état sauvage. En Scandinavie, s'y ajoutent le renne, Rangifer tarandus, et l'élan, alces, également présent en Europe centrale. D'autres espèces ont été acclimatées en Europe et peuvent s'y rencontrer occasionnellement, comme le cerf Sika, Cervus nippon.
Ils sont nettement divisés en deux ensembles phylogénétiquement cohérents : l'un, paléarctique et asiatique : Cervidés européens ; l'autre, néarctique et néotropical : Cervidés américains. Trois espèces seulement échappent à la règle, avec une répartition holarctique : le cerf élaphe, ou wapiti, en Amérique, le renne, ou caribou et l'élan, ou orignal.
La taille des Cervidés varie de celle d'un lièvre pour le pudu à celle d'un grand cheval pour l'élan.


Image du film Finisterrae du catalan Sergio Caballero (2010)


Je me suis posée quelques questions sur le nom des cervidés, qui du cerf ou du renne figurait dans le film que je venais de voir.

"J'en ai marre d'être un fantôme"

C'est une phrase du film "Finisterrae" du catalan Sergio Caballero (2010). La fin des terres. C'est un peu comme en avoir marre d'être invisible et d'aller voir plus loin, à la fin de la terre, une quête de sens. La fin du chemin de Compostelle, en Galice d'Espagne, est l'objectif des deux fantômes que l'on suit dans le film. Comme dans un roman médiéval, de chevalerie, mais ici dans un monde contemporain (où l'on peut voir d'anciens petits films d'artistes vidéastes des années 80 dans le trou d'un arbre) Le film me rappelle Don Quichotte et son inséparable écuyer Sancho Panza. D'ailleurs José Saramango, écrivain portugais disait ceci du roman de Miguel Cervantès de 1605, El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha :
Don Quichotte s’obstine à ne pas être lui-même, mais à être celui qui sort de chez lui pour entrer dans ce monde parallèle et vivre une nouvelle vie, une vie authentique. Je crois qu’au fond, ce qui est tragique, c’est l’impossibilité d’être quelqu’un d’autre.
Ce roman est une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde. Je me souviens enfant d'une petite sculpture, ou reproduction, dans ma chambre aux meubles blancs des pays du Nord de l'Europe, anciennement celle de mes parents. C'était Sancho Panza et Don Quichotte argentés, sur un socle noir. De quoi méditer sur leurs gestes. Elle appartenait à ma mère, je me demande bien ce qu'elle est devenue. Je pensais au Livre des Solitudes de Bernardim Ribeiro, écrivain portugais du XVI siècle et au roman pastoral, un genre littéraire du XVIe siècle et du XVIIe siècle ayant pour personnages des bergers et bergères, l'une des premières œuvres introduisant la notion de saudade et le premier roman du genre pastoral de la littérature lusophone et de la péninsule Ibérique. Il est antérieur au Don Quichotte de l'espagnol Miguel de Cervantes Saavedra. Un goût pour l'aventure.

Image du film Finisterrae du catalan Sergio Caballero (2010)

“Finisterrae” raconte l’histoire de deux fantômes qui en ont assez de vivre dans le monde des ombres. Ils décident donc de faire le pèlerinage de la route de St-Jacques de Compostelle jusqu’à la fin du monde pour, une fois rendu à la fin de leur périple, commencer à vivre dans l’univers terrestre et mortel des vivants. On se retrouve à vivre avec eux l’expérience d’un voyage introspectif à travers des paysages inhospitaliers et la rencontre d’étranges êtres vivants, d’animaux sauvages et de créatures surréalistes. Les deux fantômes se verront confrontés à des situations inattendues et devront faire face à leurs propres tensions.

Dans le film espagnol de 2010, c'est masqués d'un drap blanc que les acteurs peuvent appréhender une nouvelle route. J'imagine aussi que c'est une critique de la fabrique d'acteurs et d'actrices, du cinéma, tel qu'il nous est encore donné de voir, avec un hyper-narcissisme concentré sur les identités privées et publiques et leurs starisations par la presse imprimée et écranique. Ici point de figure, si ce n'est des draps blancs qui effacent toute reconnaissance ou assimilation réaliste avec notre monde, mais cette fiction est pourtant bien jouée par des personnages qui se recouvrent d'un voile. Très intéressant renversement des crispations sur l'interdiction du voile. Cette disparition de soi, laisse place aux interactions avec le paysage et la part est offerte aux animaux rencontrés, aux situations de déambulations, de défilement dans le cadre.

Image du film Finisterrae du catalan Sergio Caballero (2010)

Image du film La cicatrice intérieure du français Philippe Garrel (1972)


Si la quête existentielle de ces deux fantômes parait saugrenue, plein d'humour, leur errance n'en demeure pas moins une inspiration du film français La cicatrice Intérieure, de Philippe Garrel (1972) avec une superbe citation du cercle de feu et de la chanson de Nico, célèbre et mystique "Janitor of lunacy" de son troisième album Desertshore de 1970. Mais contrairement au film de Garrel, dénué d'humour, celui-ci, Finisterrae, en citation et en hommage, restitue bien ainsi notre mode contemporain. Celui de la revisitation de signes et mythes, avec une distance, celle du pastiche parfois, du décalage, sorte de re-enactment (pratique dont les artistes s’emparent depuis une dizaine d’années pour interroger l’écriture de l’histoire et ses résonances dans le temps vivant) Les deux fantômes parlent russes, l'absurde jouxte le stupide surtout si l'on imagine que deux burqas blanches se dirigent vers St Jacques de Compostelle, sur une route médiévale, en traversant des forêts et des paysages enneigés qui peuvent vraiment rendre invisibles deux fantômes blancs sur fond blanc. Leurs draps attrapent toutes les couleurs du sol, mouillés, enneigés, dans la boue, peu importe, ils doivent conquérir l'espace imaginaire et tant de fois emprunté d'une voix spirituelle d'un autre temps, dans notre temps où disparaître devient un vœux pieux.

Image du film Finisterrae du catalan Sergio Caballero (2010)

Image du film La cicatrice intérieure du français Philippe Garrel (1972)


Fantastique périple, avec l'envie de devenir ces enfants vêtus d'un drap, afin de réaliser plein de choses dans un monde d'adultes qui ne rêvent plus. Le réalisateur plasticien et multidisciplinaire Sergio Caballero, nous offre des tableaux que l'on peut contempler, avec de belles photographies, comme cette dernière scène surréaliste d'un renne qui déambule dans les fresques et motifs d'un château. La pensée magique de l'enfance interprétée par deux trous noirs dans un drap blanc, me faisait penser aux histoires des livres pour enfants de Inger et Lasse Sandberg, un couple d'auteur suédois, dont Per Ahlin, Lasse Persson, Alicja Jaworski se sont inspirés pour réaliser les films d'animations de Laban, le petit fantôme, dont j'ai intégré une petite scène animée quelque part dans ce blog BMK.

Images du film, Der Rechte Weg, des artistes suisses, Peter Fischli et David Weiss (1983)

Je me suis souvenue de l'exposition au musée d'Art moderne de la Ville de Paris qui accueillait en 2007 la rétrospective des deux artistes suisses Peter Fischli et David Weiss qui travaillaient de concert depuis les années 80, via des supports aussi divers que la photographie, la vidéo ou le modelage. Et en particulier du film "Le droit chemin", (Der Rechte Weg) tourné en 1983, ou l'on suit ces deux artistes vêtus de costumes de peluche, un ours et un rat. Ils jouent de la trompette et du tambourin au sommet d’une colline et disent : “Tu crois que quelqu’un nous entend ?” demande l’un. “Il faut jouer plus fort”, répond l’autre.
Dans ce road-movie naturaliste des deux hommes, cachés sous leurs costumes d’animaux, traversant la campagne suisse, cette fois-ci, en franchissant différents obstacles naturels, comme un fleuve, souhaitant sauver le monde, je voyais des échos avec le film de 2010, Finisterrare. Par ce mélange de burlesque, d'humour désespéré, de la confrontation avec le milieu naturel et du retrait du monde, de ses hyperconnexions. Ce conte philosophique et politique intègre avec une incroyable distance toutes les contradictions de notre société, ceci avec un ton satirique et humoristique qui est devenu la marque et le style du travail de Peter Fischli et David Weiss. 

Images du film, Der Rechte Weg, des artistes suisses, Peter Fischli et David Weiss (1983)
On retrouve dans le film espagnol avec les fantômes et dans le films suisse avec les peluches, un moment d'angoisse exprimés sans ambages :

« je dois partir d’ici, je ne veux pas mourir, je veux rentrer à la maison » (dans le film de Fischli & Weiss) et dans le film de Sergio Caballero, la fatigue d'être un fantôme, de demeurer dans l'ombre ou de ne pas être vu, remarqué. Il y a là quelque chose à voir avec la reconnaissance. Et dans chacun des films, il y a également des sentiments de bien-être à contrario (d'être en retrait, sans être vus) comme celui de se baigner dans une eau chaude au sein d'une grotte (dans le film de Fischli & Weiss) ou se faire un feu le soir dans l'obscurité, pour les deux fantômes, quitte à sauter dans un split screen et bénéficier d'une rencontre dans une autre scène où trône un fauteuil en osier qui rappelle celui du film érotique français Emmanuelle (1974) réalisé par Just Jaeckin. Dans cette scène, la rencontre impromptue avec un autre fantôme qui montre ses seins et donne une pierre à écouter au petit fantôme devenu, supprime tout érotisme mais est digne d'une installation de sculptures (Famille invisible) de l'artiste français Théo Mercier (avec Desperanza, au Tri postal à Lille, en 2013). Encore une manière d'interroger les sujets désirants, en quête de sens. La satire des films vidéos d'artistes dans un trou d'arbre est aussi une vision archéologique du tube cathodique comme relique, tombé en désuétude, abandonnée, mais aussi comme critique de l'utilisation des animaux manipulés et torturés. Car, dans ce film, l'animal est un sujet, comme le fantôme, que l'on laisse déambuler, et que l'on suit. Un crapaud, c'est à son niveau que le regard se pose, il peut devenir une princesse. Un bisou suffit.
Sujets à des sentiments contradictoires, parfois les fantômes vivent les évènements de façon séparée tout comme dans le film de Fischli & Weiss, le rat souhaiterait être assez dur pour abandonner l’ours qui est affaibli et représente un poids pour lui, mais il n’y parvient pas.

Image du film Finisterrae du catalan Sergio Caballero (2010)


Dans l'errance à deux, un binôme, un couple, il y a toujours un moment qui questionne la séparation, comme dans La cicatrice intérieure de Garrel, un film représentant bien ce sentiment de crise, où le couple, à la vie comme dans le film, en tenues médiévales et traversant des paysages grandioses, arides et extrêmes, (d'Islande et d'Égypte) dignes de vestiges de planètes sauvages, crient, chantent leur douleur en toute beauté, s'abandonnent mutuellement, fardeau de l'un et de l'autre, comme s'attachent et se fusionnent, dépendants devenus, nus dans l'intime. Le repli vers les origines archaïques, celles du dénuement, sont souvent des sources d'inspirations dans des contextes d'excès de nos sociétés contemporaines qui jouxtent l'extrême précarité de populations entières, et leurs exodes.
Si ces films expriment souvent assez bien la détresse de génération entières, marginalisées par un système marchand où le guichetier aux finances, accordent ou non des faveurs, et donc défavorise en grand nombre, ils nous apportent aussi leurs inventions, leur poésie, leur imaginaire, absurde, biblique, apocalyptique, mais aussi leur dialogue entre l'amitié et l'amour, entre des peluches ou des animaux, des paysages dont on oublie la force lorsque les éléments se déchaînent... L'errance et le vagabondage, comme je l'ai souvent écrit ici, sont des chemins que j'emprunte dans l'écriture et dans l'association d'images, de mots, et à travers des réalisations artistiques diverses. Cette liberté provoque des rencontres et allume un petit feu dans l'obscurité. Écrits issus d'un ardent travail, de croisements de références et de recherche, dans l'objectif d'en partager quelques parties émergées. Un temps pris en dehors des temps contrôlés et évalués, des mots ciselés échappés de ma mémoire, ils ravivent ce qui n'est plus et sont à dessein de l'inconnu.

L'aventure des personnages, métaphores du chemin de la vie, ont des certitudes malmenées par les doutes au fil du parcours. Souvent le brouillard, ou la brume, ou les fumées ou fumigènes diverses, les nuées symbolisent l'inconnu ou la mort, que l'on trouve dans les peintures romantiques, les interrogations philosophiques (dans sa dimension céleste par Bachelard dans L'air et les songes, par exemple) Nombreux sont les écrits sur Caspar David Friedrich, le peintre qui a incarné l'âme émotive et spirituelle du romantisme, avec sa peinture comme méditation sur le sens de la vie. Ces sensations d'émerveillement et d'impuissance se sont retrouvées partout en Europe du début du XIXe siècle. Le romantisme, un état d'âme, qui s’est développé parallèlement au néoclassicisme et réagissant contre ce dernier, par le besoin d’un retour à l’expression des sentiments, trop longtemps réfrénée, par l’emphase baroque d’abord, puis par les règles néoclassiques. Dans un autre mouvement Géricault va saisir dans ses portraits d’aliénés des lueurs troubles, des regards voilés, des expressions vides, et offrir une image désenchantée d’une condition de marginalisation, de solitude. C'est un héritage, dont j'observe les réalisations artistiques contemporaines. Des éclats de nos tragiques actualités.

Dans notre époque bien sous le signe de l'évasion, à tous point de vue (fiscal, mystique, humaine, politique, chimique…) des voies artistiques, qui se cherchant, trouvent, se fraient un chemin, ardu, sensible. Ce n'est pas pour tous, l'accès est difficile.

Ces temps-ci je travaillais dans la couleur noire, mais voici que des teintes différentes du blanc arrivent, avec ces réalisations artistiques. Désert de craie pour les errances de Nico, son cheval, son manteau, son petit chevalier, les glaces, les neiges, les fantômes, les cerfs et les rennes...

Mais les costumes, c'est aussi un peu lourd en fait... à porter. Demain je serai la reine d'un seul jour, mais c'est un costume bien invisible, qui commence à peser tout de même. Je porte des bois quelque part, des organes osseux caducs. Trophées fantomatiques.


Renne entre deux séquoias géants (Photographie © Sonia Marques - Août 2014)

Rencontre (Photographie © Sonia Marques - Août 2014)

Bonjour (Photographie © Sonia Marques - Août 2014)

Extrait du film d'animation historique et fantastique japonais de Hayao Miyazaki :
Princesse Mononoké
(もののけ姫,  litt. Princesse des esprits vengeurs) - 1997.

mardi 29 septembre 2015

ღ☺η⊥αℊη℮

Arbres du paradis (Photographie © Sonia Marques)

Un début de semaine glacial qui fini sur une apothéose chaleureuse, dans la nature. La forêt, le silence, la musique, une fête sur la montagne, des repas, l'analyse à distance des états de surveillance, des échanges des agriculteurs, des communications, de la réactivité d'un jour sur l'autre, des partages d'idées, des points de vue différents, des graines oubliées, des mille pommes et ses croqueurs, croqueuses, des précieux, des solitudes, des singuliers, de l'air, de l'eau, des émaux multicolores, bleus, verts, mauves, une lumière envoyée du ciel par mouchetés, à travers les feuilles, de la vie.

On a fait la fête au rythme de la calypso, merci aux caribéens, aux autonomes temporaires.

Parking des oubliés (Photographie © Sonia Marques)

Top model (Photographie © Sonia Marques)

Le petit coin (Photographie © Sonia Marques)

Respire (Photographie © Sonia Marques)

Lumière (Photographie © Sonia Marques)

Impressionnisme (Photographie © Sonia Marques)

Armure (Photographie © JD)

Poterie secrète (Photographie © Sonia Marques)

Agnus Dei (Photographie © Sonia Marques)

Place des Ages (Photographie © Sonia Marques)

Communauté (Photographie © Sonia Marques)

Déracinement (Photographie © Sonia Marques)

Pleine lune (Photographie © Sonia Marques)

La fiesta (Photographie © Sonia Marques)

Lord Rectangle (Photographie © Sonia Marques)

Une relecture du Calypso caribéen, éclairée à l’électricité par des musiciens épris d’angles et de points de fuite, et enchantée par Charles X, le petit prince de la soul.

« Mon univers est indescriptible. Si seulement tout le monde pouvait voir les choses que j’ai vu, qu’elles soient passées, présentes, ou à venir… ce n’est pas pour les cœurs fragiles. Si vous preniez le temps de faire un voyage avec moi au cœur de mes rêves, vous ne reviendrez pas à ce que vous croyez savoir aujourd’hui. La réalité est un rêve et le rêve est une réalité ».
Charles X

Charles X, voix
Johann Loiseau, steel drum, orgue, percussions
Monsieur Gadou, guitare électrique
Eric Camara, contrebasse
Johann Mazé, batterie

Calypso (Photographie © Sonia Marques)

Charles X (Photographie © Sonia Marques)