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Musique

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23/06/2018

∃ẌЇḺ∃

Geoffrey Oryema

Quelle voix ! Une de mes Cendrillons... cheveux décolorés, peau noire...

Par kiwaïda at 12:12

22/06/2018

℃ḯ☂éε ∂εṧ ℬѺℕs À ℝi∃ℵ

❤ J'aime ma ville (Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 11:02

08/05/2018

ℱεṽ℮я ℜαƴ

Par kiwaïda at 22:50

ℳḯ﹩✄❡¥ηƴ Ðґ✄℘ Ðεαḓ

Par kiwaïda at 00:50

04/05/2018

ḓéḟḯℓεґ ℓα √iε

On voit nos vies défiler
Sur le fil
On voit les années filer
On essaye de filer droit
Et on n’peut pas rembobiner
Tout ces nœuds dans nos vies
Si on pouvait les dénouer
Alors dites-moi comment ça marche

En groupe ou pas, on marche seul
Qu’on l'veuille ou pas on a une valeur marchande, du plus jeune âge au linceul
Marche ou crève mais marche droit, marche à l’envers ou ne marche pas
Et le business, ça marche

D'ailleurs pourquoi les barrières, devraient être toujours dépassées
Pourquoi j'ai peur d'être dépassé, par qui et par quoi
Je ne sais pas mais c'que je sais, c'est que si j'ai peur c'est que j'suis pas l'dernier
Comme si y'avait qu'une arrivée, qu'un seul endroit
Qu'une seule route où on devrait aller, ça m'étonnerait
Tout ce que j'sais c'est qu'je sais pas, j'y vais pas à pas
Ouais pas à pas, ouais pas à pas

La tête dans son téléphone
Sans écouteurs, on la croirait folle
Sans Google, on la croirait conne
Et sans filtres, on la croirait bonne
C'est trop facile de juger, c'est trop facile de juger

On n'est pas tous égaux face à la beauté, c'est si facile d'être haut quand on les voit défiler
Petit, avant d'apprendre un métier
Faut d'abord apprendre à retoucher la photo d'un CV

*

Dédicace au privilège du hasard et aux escalators...

Par kiwaïda at 12:42

19/02/2018

ʝαґⅾḯᾔ м◎üїʟłé

Le Jardin mouillé pour harpe (1913) / Jacques de la Presle, sur un poème de Henri de Régnier

LE JARDIN MOUILLÉ


La croisée est ouverte ; il pleut
Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu,
Sur le jardin frais et dormant,

Feuille à feuille, la pluie éveille
L’arbre poudreux qu’elle verdit ;
Au mur, on dirait que la treille
S’étire d’un geste engourdi.

L’herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l’on croirait là-bas
Entendre sur le sable et l’herbe
Comme d’imperceptibles pas.

Le jardin chuchote et tressaille,
Furtif et confidentiel ;
L’averse semble maille à maille
Tisser la terre avec le ciel.

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.






Photographies © Kiwaïda & Thejazzist

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.


Par kiwaïda at 03:14

14/01/2018

Ḏ‷∀мøґℯ $ї Ṽїṽε

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Nous sommes allées voir Christophe en concert à Limoges. Une belle histoire nous a rassemblé ce soir là. Il y a un an, je découvrais son affiche, il passait dans ma ville. Désoeuvrée j'étais, les places à l'Opéra sont coûteuses. Puis l'année 2017, telle qu'elle fut jetée passait, j'écrivais, j'avais le temps, mais plus d'argent. Une matrone avait souhaité ma démission et avait déployé une armada à son service, pour en déléguer les menaces exécutives. C'était pour montrer que l'égalité entre hommes lourdingues et femmes lourdingues prenait forme dans nos écoles, kif-kif bourricot, harceleurs et harceleuses, tandis que les #balancetonporc avaient omis les #balancetatruie, histoire de maintenir les inégalités. Arriva la fin d'année, nous décidâmes de ne point nous offrir de cadeaux de fin d'année, mais de réserver tout pour nos acceuillants et hébergeants. Une idée venait, et si nous nous offrions pour cadeau ce concert ? La fin d'année nous a emportée de la banlieue parisienne au Nord de paris, au centre de la France, heureux de nos retrouvailles, c'était l'essentiel.

2018, la nouvelle année et son lot déplorable des mal aimé.es dans nos journaux, nous empêchant de parler d'amour et ramènant tout au sexe et à la violence, me faisaient penser à cette perte de vitesse de la consommation par le sexe et la violence. On n'en veut plus, de toute cette culture post-68, de toutes ces directions moches et débiles. La tendresse écrivais-je...
Vendredi, mon ami jeta au hasard un coup d’œil averti sur le Bon Coin, le célèbre site web d’annonces commerciales sur lequel le dépôt et la lecture d’une annonce sont gratuits. Il est le plus utilisé des sites de ce type en France, (créé en 2015) Il y trouva 2 places pour le concert de Christophe à un tarif dégressif par rapport à leur bon emplacement. En téléphonant, mon ami conversa avec une femme, qui se disait "d'un certain âge". Elle avait acheté ces places en avril 2017, et s'était trompée, c'est assez compliqué à expliquer. Elle en a acheté une puis une autre en oubliant qu'elle en avait déjà acheté une… Bref, ne pouvant s'y rendre, une amie plus jeune, dit-elle, lui conseille à la dernière minute de les disposer sur le Bon Coin, dont elle ne connaissait pas l'usage ni la portée. Son amie réalisa la mise ne ligne à sa place. Le rendez-vous pris, elle nous klaxonna heureuse et elle descendit de sa voiture, mal garée, un jeune homme derrière fâchée de notre transaction attendait. Elle dit : "Oh, il m'emmerde, il ne peut pas passer à côté ?" Elle n'était pas d'un certain âge, alors c'était amusant. Nous avons fait une rencontre sympathique et elle a fait des heureux ce soir. Elle nous a remerciés et nous a dit penser trouver un homme aux cheveux blancs. Elle avait mal compris : "Mais ils sont blonds ?" Nous dit-elle, "Je me disais bien que la voix était celle d'un jeune homme" Affaire d'âge, de rencontre, nous avons discuté, elle avait l'habitude de prendre des places précises à un certain endroit. Nous nous sommes quittés.

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)


Le soir, nous découvrîmes ses places, très bien situées au premier balcon, dans ce bel Opéra de Limoges, la salle pleine de gens d'un certain âge, un peu comme elle, c'est-à-dire, pas vieux, tous ayant la possibilité de se payer des places assez régulièrement à l'Opéra, donc pas vraiment de jeunes gens. À Paris, j'ai assisté à nombre de représentations de danse contemporaine, de concerts, d'expériences artistiques. Ici, à Limoges, notre sélection est plus aguerrie de nos cultures partagées et l'offre moins excitante, et pourtant, ici, nous avons vu nos cher.es artistes de plus près, parfois avec peu de public, savants privilégiés, car sachant où aller et qui voir, les priorités, les sélections. Je n'ai jamais croisé un seul ou une seule personne de l'école d'art dans nos sélections, comme si, ici, à Limoges, il n'y avait rien d'ouvert vers l'imaginaire et la création. Pourtant, chercher, aimer, trouver.
À l'école de Bourges, j'avais souhaité voir le spectacle de Wim Wandekeybus, mais le personnel en charge de bénéficier de tarifs dégressifs de cette salle de spectacle partenaire de l'école, m'avait affirmé ne pas pouvoir m'intégrer et que c'était complet. Le soir, après une journée pleine de cours sur le dessin en grands formats (j'avais aidé une étudiante à rattraper son retard, en associant la technicienne en photographie, et les tirages étaient excellents) je partais à pieds à la recherche de cette salle, assez loin, très très loin. J'arrivais et je trouvais une place aussitôt et juste devant. En sortant, j'ai pu voir de loin, plusieurs membres du personnel de l'école me regardant interloqués, comme si je ne devais pas être là. Tous avec leurs places réservées. Peu d'étudiants et aucun professeur.es. Parfois, je pense qu'il y a des habitudes, celles que les institutions favorisent leurs personnels pour l'accès aux représentations, aux créations, mais excluant les artistes, enseignants et dont les créateurs et créatrices, très concernés par la création justement, pourraient bénéficier, ou d'autres, non spécialisés. Les entre-soi, cercles de cercles de cercles clôts. De cette épopée, la secrétaire générale m'a raccompagnée en voiture, et de nos échanges, nous découvrîmes notre goût pour la danse contemporaine, sa fille ayant participé de cours et moi participé de scénographies (en tant que scénographe) et spectacles de danse (en tant que danseuse) Heureux dénouement. Les lendemains, toujours à accompagner les étudiants, j'avais pu avoir de bons échanges avec la technicienne en photographie, car nous avions assisté au spectacle. Le jour s'était déroulé sur nos émotions et notre expérience des différentes évolutions du chorégraphe. ce spectacle était sur l'amour. J'ai écris un article frais, sur ce blog, de cette retrouvaille, sans savoir ce qui allait m'arriver les jours suivants dans cette école. Ce fut mon premier et dernier spectacle de danse pendant que j'enseignais à Bourges, les lendemains, je fus empêchée de poursuivre mon enseignement, un peintre malveillant m'importunant, me menaçant. Les harcèlements en école d'art sont durs et structurels, n'en déplaise aux Catherine Millet-Deneuve qui souhaitent que cela continue ainsi. D'ailleurs, "Art Press", comment cette revue a-t-elle eu un tel monopole en France, si inintéressante ? Ha oui, la patronne des partouzes a fait son business et a tenu en laisse des années des artistes et commissaires et critiques... Drôle de milieu, en marge du monde.

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

D'or et d'argent, en paillettes et brillants d'espoir, nous nous sommes installés à la place d'une autre et le reste s'est offert à nos oreilles, nos yeux, nos sens, pour un délicieux moment que nous n'oublierons pas.

Failles, ce sont nos failles qui nous font avancer.

Christophe avait une anecdote : son piano acheté à Aix en Provence il y a 2 ans pour réaliser sa tournée. L'homme qui accorda son piano ce soir-là, à l'Opéra, lui apprit en enlevant une touche du piano qui portait son nom, que celui-ci venait de Limoges. Ce qui m'a fait sourire, c'est lorsque Christophe nous saluait, les limougeauds, tentant de trouver une connivence avec son public : "J'aime la campagne, les paysans, Limoges, la province, c'est toujours la campagne, j'aime la terre" Face à la bourgeoisie de Limoges très urbaine, et habituée à se déplacer, comme lui. Je cherchais les paysans à côté de moi, mais je ne les ai pas trouvés. Nos racines ne sont-elles pas toutes les mêmes ? De notre terre ? Nous venions du Bon coin, ni de la bourgeoisie, ni des paysans du coin, ni des âges certains. Limogés de tous clichés, stéréotypes, libres, dans un petit coin, minuscules fourmis.

Scénographie de lumière élégante, espaces sonores extatiques, les mots doux, la retenue, les instruments, le piano, l'ombre et la lumière, le rouge, le rose, le bleu, le blanc, la séduction, la nostalgie, l'amour, le flirt, le souvenir, les vestiges, la fragilité, l'électronique, l'organique, le sensuel, les fausses notes, l'humour, le désir, la santé, la subtilité, la douceur, le calme, le slow,les douches de lumières, les frétillements, les projections, les phares de voiture, la nuit, les lunettes bleues, la crinière blonde, les santiags, le velours, l'Italie, les femmes, les hommes, la drague (pas la lourde ;.) la douleur, les larmes, les remerciements, la félicité…


Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)


Et puis la recherche de Silvano Agosti, son documentaire "D'amore Si Vive" (On vit d'amour) de 1982, qui est revenu dans ma mémoire avec la voix de ce garçon philosophe...
Cet entretien ci-dessous avec Franck est un extrait du film documentaire "D'Amore Si Vive" tourné par Silvano Agosti et monté en 1982. Celui de Lola est disponible en ligne.

Silvano Agosti, réalisateur indépendant optant pour l'autogestion de sa production artistique depuis les années 60, censuré par le Vatican et interdit de diffusion en Italie, ce fascinant personnage présente pour la première fois au public bordelais son cinéma singulier. Compagnon de route de Marco Bellochio et d'Ennio Morricone, soutenu par Ingmar Bergman, Silvano Agosti nous parle sans cesse d'une « vérité qui bouge en sous-sol et ne peut être dite à haute voix. »

D'AMORE SI VIVE
Réalisé et monté par Silvano AGOSTI - documentaire Italie 1983 1h35mn VOSTF -

D'AMORE SI VIVE

"La tendresse sans sexualité ni amour engendre l’hypocrisie.
La sexualité sans tendresse ni amour engendre la pornographie.
L’amour sans tendresse ni sexualité engendre le mysticisme.
En fait, nous avons affaire à une société hypocrite, pornographique et mystique. "
Silvano Agosti


L'amour, la tendresse et la sexualité. Durant trois années, Silvano Agosti a rencontré et interrogé la population de Parme sur ces trois éléments constitutifs du sentiment amoureux. Il en a extrait 7 portraits poignants, 7 témoignages parfois bouleversants nous permettant d'approcher cette exigence qui porte chaque être humain à aimer malgré tout. Cette recherche au plus vif de multiples vérités sur la nature humaine se transforme pour nous, spectateurs conviés au partage, en une fructueuse et singulière expérience. À travers ces fragments de vie, au plus près de l'intime, le réalisateur fait émerger les violences souterraines issues de l'éducation, de la religion, de la négation d'une sexualité propre à l'enfant. Agosti nous met à l'écoute de l'énigme des corps aux prises avec le désir et le besoin insatiable de tendresse amoureuse. Besoin bouleversant dans la sublime séquence-épilogue toute de silence vivant : là, comment s'accommoder de ce terrible regard qui, soudain, en une dernière image, fait face à notre oeil-caméra pris en flagrant désir de (sa)voir…?

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Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Daniel Bevilacqua, dit Christophe, est un chanteur français, né le 13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge (Essonne). Il a 72 ans. Le père de Daniel, Georges Jacques Bevilacqua est un entrepreneur italien, il tient une entreprise d'installation de chauffage central qui prospère assez pour s'étendre à la vente d'électroménager ; sa mère est couturière. Il a grandi dans la grande banlieue parisienne, dans l'Essonne... tout en rêvant d'Amérique. Rebelle comme James Dean, son idole, il s'est fait virer d'une dizaine de lycée, avant de se lancer dans la musique et de connaître un succès fulgurant avec Aline, à seulement 20 ans.   

Dans l'art contemporain, il a été re-découvert lorsque l'artiste Dominique Gonzalez-Foerster (D-G-F.) réalisa la scénographie de son concert de Christophe à l'Olympia en 2002, à l'occasion de la tournée La Route des Mots.  

Ce que j'aime dans sa musique ce sont ses sons, et aussi les quelques mots posés. Il n'y a rien d'intellectualisé et pourtant tout est pensé et très technique. Ses références musicales sont les miennes aussi, Lou Reed et Laurie Anderson, Alain Bashung... Le beau bizarre, dernier dandy, nuits blanches et autodidacte. Ayant composé quelques morceaux, conçu des albums musicaux et travaillé avec d'autres musiciens d'autres planètes, d'autres langues, mon écoute est très réceptive aux sons, à la technique, à la précision. Et puis cette synesthésie entre son et lumière arrive à maturité, et oui pas besoin de rappels. À fleur de peau. Les paradis retrouvés.


Par kiwaïda at 22:48

10/01/2018

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Photographies > Bourges - Châteauroux - Limoges (© Sonia Marques - merci Patrick !)




2018/
Catherine Deneuve :
J’ai toujours trouvé que le mot de viol avait été excessif

En 2018, des femmes françaises oubliées des écrans et livres, se sont liguées pour avertir le monde entier qu'elles souhaitaient être importunées, harcelées, violées, lasses de ne pas l'être assez, elles enviaient toutes celles frottées dans le métro *. La vie sexuelle ennuyeuse de celles-ci ayant déjà été diffusée en France et traduites à travers le monde, comme des appels à l'aide. Elles demandent plus d'esclaves. Non satisfaites d'avoir dessiné une image de la France aux violences sexuelles favorisées et aux dénonciations punies, elles décidèrent d'inviter le mari de Mariama Kallo, 32 ans, défenestrée après 23 coups de couteau ces derniers jours à Montreuil, pour prendre un thé et lui souffler à l'oreille : pose ta main sur mon genou, puis nous irons aux bois *

* Catherine Millet aime aller aux bois s'enivrer de liberté d'importuner avec ses collectionneurs d'art, et des biches trouvées sur le chemin.

* Catherine Dorléac a pris un dernier métro dans les années 80, mais ce n'était que du cinéma, et Jean-Philippe Smet n'a rien pu lui dire.

Aux Catherines soumises aux hommes de leurs classes sociales : les frotteurs n'ont pas réussi à faire sortir le génie de votre corps.
Sans le mal gaze (le regard masculin) elles ne se sentent plus exister.
Les matrones aiment les garçons aux comportement merdiques et immatures. Elles jalousent la liberté de ne pas en vouloir et de ne plus vouloir les voir et les subir au quotidien.

D'ailleurs Denis Baupin a signé la tribune avec un bisous rouge sur les genoux des Catherinettes.
Poupées de cire et poupées de son.
Isabelle Gall avait déjà compris que le sens de ce tube était merdique, et elle a gagné sa voix.
Libre : France


Par kiwaïda at 00:51

28/12/2016

ᗩᖇTᓰFᓰᙅᓮᗩᒪ_ᖰᖇᗴᔕᙓﬡᙅᙓ

© Album cover : Julien Ducourthial  / Artificial presence by Rico Zerone / 2017

Rico Zerone is back with another beautiful music album, called Artificial presence, it's due out jan.1, for the new year 2017. It is more philosophic than the other albums, sometimes grave, meditative, lively, exotic, cinematic, inquiring, with deep harmonies and cinematic innovation. The result is the very best of Rico. Visuals and animation was made by The jazzist, wonderful graphic designer, Julien Ducourthial, here : http://artificialpresence.thejazzist.nu/

© Visuals and animation by The jazzist, for the music album : Artificial presence by Rico Zerone  http://artificialpresence.thejazzist.nu/

When everything falls, the sparkling and joyful creation appears.
Congratulations ! Sensual synchronized shapes, round, square, trophies, accordions, orgasmic circles, sights and snipers, minimal, pop, smart, sexy, kinetics arts waves and rhythms, multidimensional and virtual movement, with pink and coffee, chocolate and apricot, in philosophical music of mirages of harmony and a phenomenological perspective, sinusoidal, depth, hypnosis, monument, horror of the vacuum, the strange foreigners of the science fiction, estrangement, desirous synaesthesia, representation of visual, auditory, haptic sensations, left and right, painting, serious, comic trip, sweet and calm.
An electronic colored machine that might facilitate the creation of a sonic standing wave.
We are convinced that we can see something in an image even though, at the same time, we are certain, that this something is not really, but only artificially, present.
The album the most elaborate by Rico Zerone and gifted animations by Julien Ducourthial joined together, combined. Some ideas of meetings, and they found in a fabulous, serious, vampiric cosmic vessel.
Unity, Fragmentation, Cellular Automaton 1, Cellular Automaton 2, Cellular Automaton 3, Second Nature, Estrangement, Horror Vacui, Monuments (Artificial Presence - Rico Zerone)
I am filled with emotion. What a beautiful end of the year, apotheosis, pink !
In highlight, hypnotic !

Happy new year 2017 !

Mil abraços e beijinhos ❤

© Visuals and animation by The jazzist, for the music album : Artificial presence by Rico Zerone  http://artificialpresence.thejazzist.nu/

Interviews of crossed keys : Rico Zerone & The Jazzist / by Kiwaïda

RICO ZERONE

K : - Can you describe the process of creation of your music ?
The main theme of this project are several variations on Technoromanticism, or in other words the re-enchantment of a rationalized world through the means of technology. This is a very ambivalent program: on one hand it is very nostalgic about a lost past of ancient unity, a place in time when paradise was real and humankind was united with it, on the other hand it lives from the projection of the said ideal state in the future transcending the present fragmentation of modern life. So it goes in both directions: back to the past and into the future,  both transcend the present. The polarity between nature and civilization provides the point of departure for these kinds of narratives. I will try to illustrate it by reference to the tracks of "Artificial Presence".

K : - How did you narrating, all the title ? Like Horror Vacui, Second Nature, Monuments ?

If we take Unity it has a very idealistic, absolute, omnitude demanding character. I leave it up for the listener to affirm it or not because the same glorious, harmonizing atmosphere can be perceived as compulsion and unfreedom. 

Fragmentation is the fall from this state of perfection and at the same time it represents the act of liberation. Stillistically it breaks with harmonic, tonal conventions and such. Also there is a beat something material, non-spiritual but concrete, terrestrial so to speak. It is possible to contrast Unity and Fragmentation with the ancient dualisms of light and darkness, spirit and matter, etc. but I wouldn't give any of the two a preference over the other.

Horror Vacui or the fear of vastness is a sublime motive. In this particular case it represents the abscence of clear form: infinity. Something truly fearful but at the same time fascinating is happening. I had a particular quote of the French mathematician and philosopher Blaise Pascal in my mind as I began to write this track. It is from "Pensées sur la religion et sur quelques autres sujets". I came across it through reading an essay by Hans Jonas who describes this quote as Pascals characterisation of the solitude of man in the physical universe of modern age cosmology: 


Je vois ces effroyables espaces de l'univers qui m'enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu'en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m'est donné à vivre m'est assigné à ce point plutôt qu'à un autre de toute l'éternité qui m'a précédé et de toute celle qui me suit. Je ne vois que des infinités de toutes parts, qui m'enferment comme un atome et comme une ombre qui ne dure qu'un instant sans retour.

Monuments is directly linked to the fear of vastness. Memorials, landmarks are collective strategies to dam back contingency, established for eternity. But there was also a quote by Schiller which inspired me to write this track. It is in particular the root of the theory of the unconscious. He writes that in consciousness the I only finds monuments and memorials of a path, but not the path itself (unconscious) - it is up to transcendental Idealism as science to bring to mind (anamnesis) what is buried in a region beyond consciousness. Again we operate with dualisms this time between the realms of conscious and unconscious, which is the foundation of psychoanalysis. 

Second Nature is the very general term for the area which was created by man and is supposed to be similar to (first) nature. 

Estrangement is directly linked to it - also a marxist key term but has its historico-cultural roots in the theological discourse. For the track itself: it is more lighthearted, think about the first half of Charlie Chaplins "Modern Times" :)

Cellular Automata (1-3) are dynamic systems who seem to visualize organic lifeforms within a determined set of rules. This is also linked to Second Nature, but in a more playful way. I'd like to add that Cellular Automaton 2 is the most Kraftwerkesque track I ever made. I think in their early period they also were pretty technoromantic - simple sequences, almost naive melodies and a hypnotic motorik beat. This is something I tried to incorporate in that particular track. Complexity through iterations, emergence - btw this was also the main theme of "Morphic Resonance" a track on my previous album "Passenger". Alex Bond made a fantastic video piece with feedback:  it could represent self awareness of determined systems (thematically this is also the ground for many science-fiction movies and novels) or just be a trippy experience overall. Musically it is a droney meditation on cosmic nihilism - it culminates and ends in a big implosion as the camera zooms out of the screen. I can truly recommend this video, as it is directly linked to the creation process of "Artificial Presence". 

K : - What's the origin idea of this philosophical artificial presence ?
The title "Artificial Presence" derives from phenomenological image theory. My intention differs - I want to expand it to a wider category than only images. Music itself is produced - it has a presence, in a sense  it is artificially manufactured- (even instruments like an acoustic guitar require craft and tech to build). Same goes for the computer, or any object of utility. But also art - all these have in common that they aren't generated in a natural way (a house doesn't give birth to a house), they are constructs made by humans. I am also thinking of the common root of arts and technology in the aristotelian téchne. Another connotation is again - a true (techno-)romantic topos : the entanglement of organic life and mechanical machines. 


K : - What studies did you make?

Movies i liked and which delve in the same area: Silent Running, Amphibian Man, Solaris, 2001- a space odyssey.

Concluding I want to ask you: Is there a better way to reflect on the process of rationalization in the postmetaphysical age than writing songs in a tracker ?

K :
- Yes maybe, there are lots of way to reflect, it takes time and a great distance, a wisdom, but I think that even by walking, we can think in a postmetaphysical way ;.)

K : - What kind of music you listen to while you read ?
I can't read and listen to music simultaneously, I get distracted either by the music or the text. So I have to say I am not a multitasking person :)

K : - What are your future projects ?
My next project will focus on a more carefree attempt of writing good old module disco tracks. Therefore Orchestral Disco Instrumentals of maestros like Barry White are my primary source of inspiration. There is still much to discover.

K :  - Something to add ? Some wishes for 2017 ?

I came across Juliens artwork through the online label/community micromusic.net- in an instant his graphics fascinated me. He has a very distinctive style which I profoundly admire.

Wishes for 2017: to keep on with writing music :) And best wishes to you two in 2017 !

THE JAZZIST

K : - How did you imagine the shapes and colors animated to illustrate the sounds of this musical album ?
I wanted something minimal & ambient to fit the music of Rico Zerone, that morph to the mood & atmosphere of the album. I started from circle shape and deployed loops around this idea. For the colours used, I have a swatch of 34 colors that I use in general, here they are working by cycling.

K :  - Your animation is very enthusiastic and joyful, what makes you so happy ?
I don't know, maybe the joy of building animations around shapes & colors, and trying to make it nice. That's been quite a while I didn't do animated visuals so maybe this spontaneity can appear as enthusiastic.

K :  - What kind of visual artists do you like today ?
I like swiss & japanese graphic design in general with a focus on experimentations.

K :  - How do you met Rico Zerone ?
I met him on Micromusic I think, after a release called Microdisco Bleepy Ballads if I remember but Rico Zerone has to confirm !

K :  - You live in France, where the best place to dream ?
I like Bretagne a lot. Not much to do but good for riding a bike along the coast there and clear my mind.

K :  - What are your future projects ?
I'm thinking about them, I didn't decide yet !

K :  - Something to add ? Some wishes for 2017 ?
Best wishes to you and Rico & people who will appreciate this project !

Par kiwaïda at 12:50

14/08/2016

н◎ø℘☺℮

Young hoopoe chicks peek their heads out of their tree nest to get a snack from papa bird. (Photo © Bildagentur Zoonar GmbH/Shutterstock)

Le château d'Excideuil (Photographie © Sonia Marques)

Découverte d'un festival sympathique qui projette un développement ambitieux. Il se nomme le Hoopp Festival, dans le Périgord : créé par quatre amies (Sophie-Olynde Le Barbier, Nolwenn Le Marhollec, Margot Dorel, Margot Maumy) des jeunes femmes diplômées de Paris, dont l’une originaire d’Excideuil. Liées par la même sensibilité pour les arts, le spectacle vivant, l’événementiel et la découverte de nouveaux talents, elles décident de s’engager ensemble. L’aventure commence en 2015 par un projet pédagogique de fin de Master dont le sujet est de  "Dynamiser le tourisme culturel à Excideui". Après plus d’un an et demi de travail et de rencontres, l’association décide de concrétiser son projet en organisant une première soirée : La Hoopette. Cette dernière est un avant goût du Hoop’ Festival qui se tiendra à l’été 2017 et reviendra chaque année sur la commune.

Communication du festival (Nathanne Le Corre pour le graphisme, Charlotte Le Glatin et Audrey Klaus pour le web design )

Nous sommes allés à la Hoopette, et cet avant goût fut très agréable, en espérant que ce projet ne deviendra pas une grosse machine à festival. À cette échelle, sans arrogance, ni prétention, accessible à tous, avec une exigence, sans tomber dans le piège de l'amateurisme, une qualité sonore, de l'espace et une liberté de circulation avec un bon encadrement, une sécurité appréciable en ce moment, non autoritaire. Petit bémol, les espaces pour se nourrir, trop succincts, le festivalier à faim et soif, ils et elles ont besoin de sucre, quand ils dansent toute la nuit. Mais nous avons rencontré les parents d'une des organisatrices en grignotant des frites un peu trop grillées, très attentifs à ce projet. Des soutiens de toutes parts, c'est très encourageant.



Rentrer un long ballon dans son corps... Mais que devient-il après ? (Photographie © Sonia Marques)

Jouer, jouer, jouer, j'ai entendu une belle improvisation d'un joueur de guitare, la musique me faisait penser à King Krule (Photographie © Sonia Marques)

Oiseaux à la mode, magie, animations sur les murs du château, Vj set exotique qui transforment l'espace en garden party, grande boom, et nombre d'enfants aux spectacles qui gambadent partout.

Pour le son et les vidéoprojections, nous pouvions nous rappeler nombres de soirées parisiennes ou bien dans des châteaux ou ailleurs, des années auparavant, plus exigeantes et en avance sur leurs temps, mais sans cette organisation, plus ouverte et généreuse. Avant, les organisateurs, n'étaient pas des jeunes femmes, et je me souviens avoir dormi avec une couverture de survie à même le sol d'un château lors d'une de nos démos, seule jeune femme dans toute la programmation… Ce qui n'arriverait pas dans ces nouveaux cadres super friendly et pacifistes.

Night bird  (Photographie © Sonia Marques)
Après plusieurs discussions autours des festivals et autres lieux de rassemblements électroniques, à tendance berlinoise, à composante majoritairement masculine, avec aussi des amis musiciens sur ce constat alarmant, il y a effectivement des différences quand c'est pris en main par des femmes (communication, graphisme, chanteuses… bénévoles…)

La commune d'Excideuil est partagée, à la fois enthousiaste, et réservée, le premier habitant qui tenait une boutique de chaussure en bas du château était charmant et soutenait cette initiative. Il m'a bien dépanné, j'ai de nouvelles chaussures espagnoles confortables et sexy, typiques du coin. Marcheuse et danseuse, je trouve toujours un moyen de chausser localement mes nouveaux véhicules de pèlerin au féminin. La deuxième qui tenait un bar, avec une cour agréable, plus en retrait, ne connaissait pas les conditions du festival et craignait de rester enfermée dans le château sans pouvoir sortir librement. En lui expliquant qu'il y avait un ticket lui permettant de sortir, nous l'avons retrouvée la nuit en plein dancing, certainement une fois sa boutique fermée, me faisant un coucou. Super chou !

Cela change un bourg, et comme ils disent : c'est moderne et de qualité !

Sous les tilleuls  (Photographie © Sonia Marques)

Les peintres  (Photographie © Sonia Marques)

Au Château d’Excideuil, l’oiseau Huppe Fasciée (Hoopoe en anglais) a proposé "un voyage culturel enivrant sous la forme d’une guinguette artistique", festive et décalée.

Pour cette Hoopette j'ai particulièrement apprécié "Vingt-deux", le mix du jeune artiste bordelais émergent, éclectique, rêveur entre deep, disco et house, aux sonorités downtempo et electronica, avec un Jacques Brel revisité.

Au château, "Vingt-deux" (Photographie © Sonia Marques)




La version originale de Jacques Brel

Ces gens-là est une chanson écrite et interprétée par Jacques Brel, (1966) dont le thème est le désespoir d'un amour impossible. C'est une chanson très sombre sous forme d'invective, au texte corrosif, dont la musique est un trois temps lent à thème répétitif.

Cela m'a fait pensé que Jacques Brel est aussi un auteur dont j'ai interprété "Ne me quitte pas" dans l'une de mes compositions ("Orient"), de l'album "Pépino" (2011) et aussi récemment présenté à ma conférence à l'école d'art de Bourges. Mais pour une installation sonore artistique, plus expérimental, ce n'est pas un mix.
Là pour danser, ce qui était agréable c'est de redécouvrir ces paroles, le ton était donné, car "Ces gens là" est une description, dans le texte, d'un "Monsieur" et décrit les différents membres d'une famille, dont l'existence est particulièrement médiocre et mesquine. Il fustige en particulier leur immobilisme.

Pour ma reprise, j'expliquais ce même processus en tension dans le texte (du "Ne me quitte pas") que j'ai associé à la dictature, au Printemps Arabe, composé au moment des premiers émois de libération.

La vérité progressive du texte de "Ces gens là" est très forte.

Je me souviens que mes parents l'écoutaient et commentaient le texte, comme Brassens, j'ai tellement roulé la nuit que je me souviens de tous ces voyages de nuit avec la radio et la musique enfant, lorsque l'on me conduisait dans un autre pays, d'autres gens-là, comme dans ce festival, il était question des gens là et de l'électronique qui rassemblent tous ces gens là avec leurs racines là.

Voici les paroles :

D'abord il y a l'aîné, lui qui est comme un melon
Lui qui a un gros nez, lui qui sait plus son nom
Monsieur tellement qui boit ou tellement qu'il a bu
Qui fait rien de ses dix doigts mais lui qui n'en peut plus
Lui qui est complètement cuit et qui se prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits avec du mauvais vin
Mais qu'on retrouve matin dans l'église qui roupille
Raide comme une saillie, blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie et qui a l'oeœil qui divague
Faut vous dire Monsieur que chez ces gens-là
On ne pense pas Monsieur, on ne pense pas, on prie

Et puis, il y a l'autre des carottes dans les cheveux
Qu'a jamais vu un peigne, qu'est méchant comme une teigne
Même qu'il donnerait sa chemise à des pauvres gens heureux
Qui a marié la Denise, une fille de la ville
Enfin d'une autre ville et que c'est pas fini
Qui fait ses petites affaires avec son petit chapeau
Avec son petit manteau, avec sa petite auto
Qu'aimerait bien avoir l'air mais qui n'a pas l'air du tout
Faut pas jouer les riches quand on n'a pas le sou
Faut vous dire Monsieur que chez ces gens-là
On ne vit pas Monsieur, on ne vit pas, on triche
Et puis, il y a les autres, la mère qui ne dit rien
Ou bien n'importe quoi et du soir au matin
Sous sa belle gueule d'apôtre et dans son cadre en bois
Il y a la moustache du père qui est mort d'une glissade
Et qui regarde son troupeau bouffer la soupe froide
Et ça fait des grands *shllls* et ça fait des grands *shllls*
Et puis il y a la toute vieille qu'en finit pas de vibrer
Et qu'on attend qu'elle crève vu que c'est elle qu'a l'oseille
Et qu'on écoute même pas ce que ses pauvres mains racontent
Faut vous dire Monsieur que chez ces gens-là
On ne cause pas Monsieur, on ne cause pas, on compte

Et puis, et puis, et puis il y a Frida
Qui est belle comme un soleil et qui m'aime pareil
Que moi j'aime Frida même qu'on se dit souvent
Qu'on aura une maison avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs et qu'on vivra dedans
Et qu'il fera bon y être et que si c'est pas sûr
C'est quand même peut-être, parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça, qu'elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon à égorger les chats
J'ai jamais tué de chats ou alors y a longtemps
Ou bien j'ai oublié ou ils sentaient pas bon
Enfin ils ne veulent pas parfois quand on se voit
Semblant que c'est pas exprès avec ses yeux mouillants
Elle dit qu'elle partira, elle dit qu'elle me suivra
Alors pour un instant, pour un instant seulement
Alors moi je la crois, Monsieur
Pour un instant, pour un instant seulement
Parce que chez ces gens-là Monsieur, on ne s'en va pas
On ne s'en va pas Monsieur, on ne s'en va pas
Mais il est tard Monsieur
Il faut que je rentre chez moi



Du foin !  (Photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 17:35

24/06/2016

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Bergeronnette grise Motacilla alba - White Wagtail (Photographie c.c.: Luciano95)

34 degrés à l'ombre. Hier, J'ai rencontré une Bergeronnette grise. Elle volait du bas de la piscine jusqu'en haut du palmier. Bel oiseau élégant, délicat comme tous, haut sur pattes, noir et blanc. C'est un oiseau aquatique, il peut être bien près de l’eau pour chasser que dans les villes et les parcs urbains pour dormir dans les arbres. Là c'était un palmier, parfois, cette Bergeronnette marchait près de moi, avec son casque noir, puis s'envolait. Elle semblait vouloir me dire quelque chose du haut de son palmier, le bec s'ouvrait par intermittence et de petits cris ainsi (superbe site de sons, Xeno-Canto). La Bergeronnette grise fréquente une grande variété d’habitats humides ou secs mais ouverts comme les rives maritimes, les cours d’eau en altitude ou les rivières au cours lent en plaine, les bords des lacs. Mais cette espèce se trouve aussi dans les zones cultivées, les parcs urbains et les jardins, et près des villes et des grandes cités. Cet oiseau est commun dans les jardins, près des habitations. Pendant les migrations ou en hiver, elle fréquente aussi différentes zones humides comme les lisières des réservoirs, les lacs et les étangs, les rizières et les champs irrigués, les villes, les campings et les plages.
Cette espèce peut se reproduire depuis les basses terres jusqu’aux hautes montagnes (jusqu’à 5000 mètres d’altitude dans l’Himalaya). En anglais elle est nommée "White Wagtail", en allemand, "Bachstelze", en espagnol, "Lavandera Blanca", en italien, "Ballerina bianca"., en suédois, "Sädesärla"... Mais c'est une MOTACILLA ALBA et il existe plusieurs variétés :


Le soir, au hasard d'une ruelle à Limoges, je reconnais Pierre Belouïn attablé. Quel hasard, notre défunt, Jean-Luc Vimouth (dont j'ai écrit un long article RIP), chef d'atelier de l'Ensba de Paris, milieu des années 90, et artiste disparu en décembre dernier, qui nous avait fait réunir d'échanges entre anciens étudiants, m'a guidé afin que nous nous rencontrions, dans ma ville. Du haut du palmier cette bergeronnette me faisait des signes. JLV, le monsieur palmier, qui avait construit un escalier hélicoïdal pour que l'on puisse découvrir un autre point de vue.

Jean-Luc Vilmouth : Autour d'un palmier, 1989

Pierre avait monté une structure d'édition (Optical-sound) son blog présente en ce moment Acoustic Caméra, il nous a donné une carte de visite noire. Il nous a parlé de ses souvenirs et sa formation de sa culture musicale et la cold wave. Cette vague froide, dont Pierre en avait fait le titre de l'une de ses expositions. Je me souviens de son affiche à l'atelier (Ensba Paris) où nous étudions ensemble, "Ne me quitte pas" et tant d'autres évènements, manifestations. Je me demande si ma découverte de la vidéo en VHS, un weekend, dans notre atelier, Trash, qui m'a inspirée avec Joe Dalessandro, pour une bonne partie de mes Songes (vidéos aussitôt exposées dans une galerie avant le passage de mon diplôme et achetées par un collectionneur...), ne venait pas de Pierre. En février 1997, je réalisais une exposition, dans la galerie gauche de l'école, avec autorisation qu'elle soit ouverte le soir, nommée "Optique Valentine", avec Étienne Cliquet, le 14 février. J'avais compilé sur K7 plusieurs chansons d'amour, mais c'était un hommage féministe à la Valentine, que j'inventais, le jour de la Saint Valentin, mais surtout sur la chanson de Chet Backer, My Funny Valentine. Première dans l'école, la galerie gauche n'était utilisée que pour des accrochages de peinture et jamais ouverte le soir. Nous avions réalisé successivement une édition, complètement artisanale, j'étais dans une fine fabrique très près de la photocopieuse couleur aux halles, très remarquée, Claude Closky nous enviait. Elle nous a emmenée loin, jusqu'à Vancouver. Fête de pliages de papiers, de dragées installés de façon très spécifique, éclairés par des projecteurs de diapositive au sol, une légèreté, mais la majeure partie de notre diffusion sonore était techno, cold, hard, parsemée de bonbons (de mariage) à sucer, et de slows, où plusieurs danseurs se sont succédé pour inaugurer cette balade, ainsi que l'artiste qui étudiait avec nous Otobong Nkanga, en photo dans l'édition, avec Noëlle Pujol, qui porte des masques. C'est une période, après un passage où je fus hospitalisée, je souhaitais réaliser une fête à l'école et pour tous, mais une fête très inspirée et conceptualisée depuis mes références, l'artiste Félix González-Torres, ou Nan Goldin étaient dans mes bagages. Des masques en papier, une ouverture au public, premiers origamis, sans le savoir encore... Des billets de tombola tous gagnants, aux noms de saints, d'hommes et de femmes, étaient à piocher, bleus ou roses, afin que de nouvelles rencontres, sans à priori de genre s'inaugurent, et parsemaient après utilisation le sol. On y accédait par un bocal dont l'orifice était recouvert de pâte d'amande. J'avais vu plusieurs expositions de Matthew Barney, et vu le cycle de film de ses Cremasters et j'aimais beaucoup ses objets avec de la paraffine. Pierre Belouïn avait beaucoup apprécié le nom choisi de notre réception manifeste, avec le mot "Optique" et était venu m'annoncer qu'il avait trouvé le nom de sa structure d'édition : Optical Sound. Je crois qu'il fut le premier à m'inviter à danser un slow. En écrivant cet article, j'écoute "Light Speedream" de Blue Baboon (album HiTop (OS.005)

Optical Sound est une structure hybride et atypique, furtive et mobile qui dessine ses propres frontières entre musique expérimentale et art contemporain. Bien avant l'exode des musiciens vers les contrées plus accueillantes des arts plastiques - crise du disque oblige et soif insatiable de nouveauté - Optical Sound œuvre depuis 1997 au mixage interdisciplinaire .../...

Blue Baboon c'est aussi Olivier Huz, dont j'avais adoré son album : "Frz & Blue Baboon & Etereo Expandeum Club ‎– Machine That Also Let You Draw !" qu'il m'avait passé en 2001 (label Vacum), période où il a fait partie de mon collectif Téléférique. En fait, je pense que c'est Étienne qui l'avait invité pour son programme informatique, pastiche d'un virus pour Mac, sonore, dont la composition était très fine, tous les dossiers allaient à la poubelle. Makoto Yoshihara, notre ami artiste, membre du collectif, était fan de ce petit objet ludique. C'est ainsi qu'il m'a parlé de ses compositions que je trouvais vraiment réussies. Il avait remarqué mes compositions sonores et m'avait encouragé à continuer. Il est aussi graphiste sous le nom à présent de Huz & Bosshard (Huz & Bosshard est le diminutif pour Olivier Huz et Ariane Bosshard, graphistes associés depuis 2008-09). Années 1997 donc c'était l'année de l'Aspic Record aussi. J'ai connu le couple Claire Moreux et Olivier Huz avant sous le nom de Blue Baboon, de Lyon, graphistes et aussi ils composaient de la musique (Aspic record les archives : Aspic Records was a label dedicated to Cd-r. Now, it is the place where you can have news and hear sounds of all the people involved in the label, their friends and all the people we like. All the past releases are now online, help yourself! ) Puis, ils se sont associés à Optical sound.
De cette fête amoureuse dans toute l'école, inauguratrice de ces années festives et derniers éclats d'un siècle, période Sida (l'année 2000 se profilait avec moins de partage et voici où nous en sommes arrivés !), Optique Valentine, je suivais les cours de critique d'art d'Élisabeth Lebovici, entre autres, je faisais des études à pas d'heures et un peu plus qu'il était prodigué dans l'école, je l'avais conviée à la fête, et elle, également à ses fêtes. Il y avait aussi la Gay Pride à Paris, et dans l'une de ses fêtes, j'avais convié d'autres amis, qui ne connaissaient aucun trouble dans le genre.
Sinon, cela faisait donc presque 20 ans que je n'avais pas vu Pierre, tout de suite je l'ai reconnu, dans la nuit noire, éclairée par un repas bien mérité. JLV roublard, devait bien rigoler du haut de son palmier céleste. Nous remercierons la bergeronnette élégante de cette nouvelle rencontre impromptue et à mes qualités de physionomiste. À cet instant je me suis souvenue d'avoir rencontré dans les rues de Berlin, Martine Maffetti, artiste aussi de cette école d'art parisienne, avec laquelle j'avais tant et tant marché et tourné en rond, à l'espace d'art contemporain de la Fondation Cartier, embauchées toutes deux à garder les expositions, seule je l'avais reconnue, une dizaine d'années plus tard, en plein hiver, alors que j'exposais, invitée par mon ami Johannes Buss, artiste et commissaire d'exposition. Il m'a fait découvrir Berlin. J'avais effectué mes études à Vancouver, sur l'île plus exactement avec lui, puis nous étions constamment en contact, entre le Brésil, l'Allemagne et la France. C'est important tous ces changements, les artistes sont des vagabonds très sensibles et sympathiques, qui changent beaucoup et ont une belle expérience de vie. Et tout cela en toute indépendance des institutions, assez libres en fait, précaires mais plein d'idées. Cela n'a pas changé pour tous ces artistes. J'ai l'impression que nous sommes en période de résistance, chacun dans notre coin, mais on ne peut rien montrer, nous sommes interdits, le sensible n'a plus droit à la parole, seul les discours militaires et les forces armées des technologies invincibles des marchés signés sont acceptés, avec objectifs et résultats, des copies de copies de copies. Il me faut continuer ce recueil de poésie, j'ai vu la vidéo de ma conférence, malgré leur problème de captation, c'est vraiment pas mal, ça grouille d'idées. Je vais tenter d'insérer mes visuels ce sera mieux...



Paraganba (photographie © Sonia Marques)

Encore une boutique qui ferme, désuète à souhait, j'aimais beaucoup son enseigne et cette typographie déliée, ses pictogrammes charmants :

La maison Parangaba, qui ne date pas d'aujourd'hui, attire toujours une clientèle BCBG et exigeante sur la qualité. Côté parapluies, c'est Piganiol qui offre, avec sa collection L'Aurillac, une belle diversité qui va du traditionnel parapluie de berger à des modèles sobres ou plus fantaisistes, droits ou pliants, imprimés ou unis. L'élégance est toujours au rendez-vous avec de jolis gants de cuir et de la petite maroquinerie signés entre autres Buscarlet, Azzaro. En soierie, des carrés chic sont griffés par de grands couturiers (Inès de la Fressange, Pier Olivier). Etoles et écharpes complètent le panel.

Aujourd'hui il pleut tant que je pensais à mon "Monstre de la pluie" dessin déclencheur d'une longue série (Les incognitos) qui n'a pas fini de raconter des histoires et de donner des leçons d'enseignement. Juste avant de rencontrer Pierre, je vois dans une librairie de livres pour enfants, une illustration de Maurice Sendak. Cette série, de mes incognitos, avait inspiré mon ami Johannes, ainsi avait-il le souhait de voir figurer une partie de mes dessins à Berlin, ensuite il s'est mis à dessiner aussi, ce qu'il ne faisait pas habituellement. Des dessin de couleurs, queers et transgenres. Un jour, j'avais exposé tous mes dessins en cours dans mon appartement, cela prenait tout le mur. Mon ami avait invité ses collègues, dont Bertrand Lamarche et Katarina Schmidt, moi j'avais invité Régine Kolle, un peu de l'Allemagne. Nous apprécions tous ces artistes et étions amenés à travailler ensemble, souvent dans l'enseignement. Bertrand s'est exclamé en voyant l'un des dessins le
"Monstre de la pluie" qu'il ressemblait à un dessinateur américain qu'il aimait beaucoup depuis l'enfance : Maurice Sendak, que je ne connaissais pas du tout, surtout le succès international avec Max et les maximonstres (Where the Wild Things Are) publié en 1963. Plusieurs de mes amis, connaissaient cet ouvrage. En France cela a dû être un des livres de la jeunesse. En arrivant à Limoges, en décembre, dans cette ville inconnue, en pleine neige et Noël, le premier film que j'ai été voir c'est l'adaptation de son histoire Max et les maximonstres, réalisée par Spike Jonze, fin 2009. J'ai beaucoup aimé ce film.

Spéciale dédicace aux rencontres et hasards bienheureux... au monstre de la pluie et à la bergeronnette du palmier.



Monstre de la pluie  (dessin © Sonia Marques - 2006)

Par kiwaïda at 14:42

21/06/2016

ℙѦ✝✞Ї ϟℳℐ†♓

C'est la fête de la musique aujourd'hui, j'embarque mon livre avant de partir parmi mes superbes autres livres empruntés que je laisse à l'abri, quelle chance cette bibliothèque, quelle chance a cette école et leurs étudiants.

Je découvre la suite du livre de Patti Smith, M Train, de cette année, j'avais adoré son livre Kids, et écrit un petit bout ici, sur ce blog. C'était un article sur le Printemps de Bourges en 2013, il y a 3 ans, je ne connaissais pas alors son école d'art. Quelle coïncidence. Je tombe sur un passage où elle décrit un voyage dans les années 80 en Guyane, c'est étonnant, le lendemain de mon article loufoque. Un portrait d'elle fait là-bas, ainsi que celui de Fred. Romantiques... C'est sa retraite anticipée et cela commence par ce voyage en Guyane. Au moment où elle devait ouvrir un café à New York, son rêve. Fred est à Détroit, par amour, elle quitte littéralement son rêve et part le rejoindre. Il ne faut pas croire, il y a des hommes capables du même geste romantique.

À la fin des années 1970, Patti Smith rencontre Fred "Sonic" Smith, guitariste du défunt groupe américain MC5, qui tourne à présent avec son Sonic's Rendezvous Band et partage notamment son amour de la poésie. Ils s'aiment et se marient. Mère d'un fils, Jackson (né en 1980) et d'une fille Jesse Paris née en 1987, Patti se retire presque entièrement du monde de la musique pour élever ses enfants, n'enregistrant en près de quinze ans qu'un seul album, Dream of Life, sorti en 1988.

Juste avant, Mapplethorpe faisait une photo d'elle en 1979, avec des colombes. Célèbre photo, une étude de contrastes, entre les cheveux noirs et les colombes blanches, entre la légèreté de la robe et la netteté des traits de Smith. Une atmosphère paisible, presque arcadienne évoqué par l'arbre, les colombes et la robe et l'intensité du regard et l'expression de Patti Smith. L’Arcadie est une région de la Grèce située au centre de la péninsule du Péloponnèse, connue pour ses sites pittoresques, ses mœurs antiques, son peuple de bergers adonné à la musique et à la poésie. Arcadien pauvre et vertueux...

Elle avait 30 ans sur cette photo, elle est née le 30 décembre 1946. Elle pourrait être ma mère.
J'ai la même plante à côté d'un immense ficus vert brillant, une jungle, pas tout à fait arcadienne, du coup... et pas tout à fait mais presque quinze ans de plus... Et les pas tout à fait colombes sont colorées et très bruyantes... Elles chantent.
C'est la fête de la musique et elles ont monté un groupe : La mue

Patti Smith par © Mapplethorpe (1979)

Quelques jours plus tôt, à Limoges, c'était la fête des ponts. Nous étions des ponticauds. Leur histoire m'avait intéressé à mon arrivée, et celle des lavandières. J'imaginais toutes ces femmes en bas de la cité et dans la rivière, laver tous les draps de tous les habitants. Il y a un peu de cette réflexion dans mon poussin noir enseigné.

Donc c'est un moment populaire et les feux d'artifices sont lancés. Quelques peintures abstraites sont arrivées de cette marche nocturne, mais aussi un petit tour dans une Guyane artificielle...

Brown © Sonia Marques

Gray © Sonia Marques

Blue © Sonia Marques

Et des états de fumées très beaux et passagers.

C'était aussi les feux de la St Jean...

Une jungle aussi plantée...

Même un crocodile... Lionne ou Guerilla girl ?

Vive la musique !

Pépites et pépin (Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 18:45

20/05/2016

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Bachar Mar-Khalifé en concert (Photographie © Sonia Marques)

Bachar Mar-Khalifé l'indocile que je découvre plein d'humour à Périgueux. Une salle décomplexée, danse de femmes en farandole, enfants chahuteurs, raconteuses d'histoires aux pieds des musiciens…
au Sans réserve, une salle qui porte bien son nom.
Des dédicaces, aux anges partis trop vite, aux réfugiés syriens et palestiniens qui vont apporter de belles choses à la France, un Assalamu alaykoum, cela signifie que la paix soit avec vous, et Bachar Mar-Khalifé ajoute ce n'est pas plus grave que cela.
Extatique concert, parfois intimiste mais dédié aux célestes, une voix spirituelle, des cris et appels, expérimental et jazz, électronique et improvisation, un super batteur avec lui, des duos de force et de douces mélodies très simples au piano.
Libres chants, déracinés, percussifs, il frappe de ses touches et ses recueillements.
Ténébreux, discret aussi, timide parfois et envoûtant. Sa voix aiguë par moment, subtiles tonalités dans le silence avec, par surprise, une puissance incisive, rythmée scandée. Il y a une prise de risque et un lâcher prise et la sensation, public, que tout est possible, que nous pouvons espérer, aussi expérimenter. Un live charismatique.
En dépassant l'heure, il nous amène en transgression douce et tourmentée dans des boucles électroniques hypnotiques éprises de liberté. Fougueux et féroce il commence par Layla. Scène réduite à l'essentiel, il sont 3 et l'on commence et fini en paix avec eux.
Dans une ville que nous découvrons, riche en histoire, avec un patrimoine gallo-romain, médiéval et de la Renaissance.
L'antique Vesunna. Murailles, vestiges, ruines… De quoi poursuivre les envoûtements et les voix célestes.

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 22:50

22/04/2016

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Fichier audio intégré

Par kiwaïda at 01:13

13/04/2016

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Bachar Mar-Khalifé - Kyrie Eleison


J'aime beaucoup la musique de Bachar Mar-Khalifé, chanteur, compositeur et multi-instrumentiste franco-libanais, aussi joueur de oud. Il est arrivé à l'âge de 6 ans en France avec sa famille qui a fuit la guerre du Liban, s'est formé au Conservatoire de Paris, avec son frère Rami Khalifé. Il a obtenu le prix du Conservatoire en piano.
J'avais découvert son album "Who's gonna get the ball" de 2013, c'est mon ami qui me l'a fait écouter. Je ne sais comment l'exprimer, mais en l'écoutant, c'est arrivé à un moment où cet album exprimait ce que je ne pouvais exprimer, par le son, le chant, les percussions. Je l'ai beaucoup écouté, il y avait quelque chose de ténébreux, sombre et très joyeux, percutant. Puis j'ai découvert "Ya balad" son album de 2015, que je trouvais plus dans la lumière, à la différence du précédent, vraiment beaucoup aimé. Il le dit lui-même, qu'il y a quelque chose d'utopique dans cet album, son pays de souvenir, sans le nommer, le Liban, quelque chose qui n'existe pas. Dans celui-ci, si l'exil s'illustre, il vient peut-être aussi de son parcours à trouver sa voix. Ardent, révolté, chuchotant, gémissant, criant.
Son père, Marcel Khalifé, est une icône de la chanson arabe au Moyen-Orient, sa mère est ancienne choriste dans l'orchestre paternel, Yolla Khalifé est revenue à la musique après avoir élevé ses enfants.

J'apprends ces jours-ci qu'une de ses chansons, "Kyrie Eleison"de son dernier album, celle que je préfère vient d'être censurée par la Sûreté générale, pour "atteinte à l'entité divine". La Sûreté générale motive sa décision en se fondant sur trois passages précis de la chanson. Dans l'un d'eux, il chante en arabe les mots "Prends pitié de nous ("erhamna" en arabe). La SG reproche à M. Mar-Khalifé d'avoir pratiqué une césure dans la prononciation de ce mot,  la première partie signifiant ainsi "sexe masculin" en langage familier. Le deuxième reproche concerne les mots "fiche-nous la paix" qui suivent, s'adressant à Dieu. Enfin, dans le dernier passage mis en cause par la Sûreté, il est dit ceci: "Seigneur, cela fait cent ans que je jeûne et que je prie". La SG reproche au chanteur d'émettre dans cette phrase l'idée que Dieu l'a forcé à faire quelque chose. La loi au Liban interdit la publication de ce qui incite à la discorde confessionnelle et porte atteinte à la religion ou au culte. Le code pénal interdit également tout ce qui porte atteinte à l'entité divine. (source : L'Orient le jour)
Son père défend son fils et écrit (sur Facebook) :
"Je m'excuse, fils. Il s'agit de l'une de tes premières déceptions, dans ce pays où l'homme vit des déceptions quotidiennes et écrasantes, en raison de l'absence de justice et du déni des libertés fondamentales qui témoignent de l'effondrement, de l'explosion et de la décadence de notre civilisation", écrit-il notamment, dénonçant "la langue bien pendue" de la Sûreté générale. "A la Sûreté générale, je dis : 'prenez pitié et laissez-nous tranquilles'", conclut-il, reprenant les paroles incriminées par la SG de la chanson de son fils.
Bachar Mar-Khalifé répond (sur Twiter) :
 "Pardonnez à la Sureté générale libanaise, elle ne sait pas ce qu'elle fait".

Il sera vendredi 15 avril programmé au Printemps de Bourges, et bien d'autres dates ailleurs.

Hier je découvrais le film français "Réalité" réalisé par Quentin Dupieux, sortie en 2014, avec du Philip Glass tout en longueur en unique bande son, avec son "Music With Changing Parts" (des années 1970-1994) Un film sur la duplicité et le rêve-cauchemars ou sur la folie, avec une quête du gémissement ultime, le meilleur. Partir à l'expression de cette douleur, souffrance, ce fantasme du cri de l'intérieur jusqu'à imaginer, voir des êtres humains imploser. Nous ne sommes pas très loin de notre indicible sentiment, ou inaudible douleur collective, ou l'impossibilité de se réveiller du monde réel. Je lis que Bachar Mar-Khalifé, est aussi inspiré par Philip Glass. Et dans le même temps je redécouvrais les albums sonores d'Ash Ra Tempel (groupe allemand de Krautrock des années 70), dont certaines plages m'avaient inspirées au moment de réaliser mes contemplations (et celles de Terry Rilley). J'écoutais la bande son d'un autre film ("Le berceau de Cristal", de 1975) du réalisateur français Philippe Garrel, avec Nico, Frédéric Pardo le peintre, dont j'ai appris qu'il y avait une rétrospective de ses peintures récemment à la Villa Tamaris (centre d’art situé à La Seyne-sur-Mer consacré à l’exposition de l’art contemporain) J'aime beaucoup "Le Sourire Volé" d'Ash Ra Tempel dans cet album. Et j'écoutais leur album de 1976, "New Age Of Earth"

Bref, tout cela forme un contexte d'écoute. Les écoutes permettent de s'isoler d'autres contextes et d'informations. C'est très beau l'écriture libanaise, ces signes, le texte du père de Bachar Mar-Khalifé est crypté pour ma lecture, ses signes et cette calligraphie c'est du dessin. L’arabe libanais vernaculaire est généralement écrit en lettres arabes.

بعشقك

Parlée par plus de 300 millions de personnes dans le monde, l’arabe est la langue officielle de 23 pays ainsi que de plusieurs organisations internationales (ONU, Ligue arabe, Unesco, OMS, Organisation de la conférence islamique, etc.). C’est également la langue religieuse - que l’on apprend pour lire le Coran - de plusieurs pays non-arabes de culture musulmane (Turquie, Pakistan, Iran, Indonésie, Bangladesh...). Mais la langue arabe se meurt.  Pour les jeunes, au Liban, parler cette langue n’est pas 'cool'. Ils panachent leurs conversations de mots étrangers.  Aucun Libanais n’envoie de CV rédigé en arabe. Au restaurant, on prend soin de mélanger au dialecte arabe des mots étrangers pour faire chic. Enfin en littérature, en poésie ou au théâtre, il y a de moins en moins d’œuvres en arabe. Dès l'école, de nombreux écoliers ont du mal à lire leur langue maternelle. Certains n’hésitent même plus à écrire l’arabe en caractères latins, en langage dit 'sms'. (dixit , Suzanne Talhouk, présidente de l’association "Fiil Amr" (un verbe à l’impératif, ou une action à mener impérativement) qui mène, avec la Fondation de la pensée arabe, une campagne pour protéger la langue arabe) Ce phénomène d’acculturation ne se limite malheureusement pas au Liban. La quasi-totalité des pays arabes subit l’hégémonie de l’anglais, dans les conversations comme dans les publicités. Seule la Syrie fait encore de la résistance.

J'ai toujours trouvé cela merveilleux des personnes qui apprennent une langue étrangère sans connaître les pays ou habitants, une façon de s'évader et d'apprendre d'autres cultures. J'ai rencontré une femme médecin, avec laquelle nous devions avoir des échanges sur un contexte difficile de travail, il y a quelques années. Nous avons parlé de cultures étrangères, elle apprenait l'espagnol et était d'origine marocaine. Sa découverte de la langue fut totale. Quelques mois après, je partais en Espagne et elle au Maroc, et nous avons échangé des cartes postales. Je lui ai appris où nager dans quelle piscine et elle, elle m'a appris à rester comme je suis, saine d'esprit, que j'avais le bon comportement dans un système très nocif. Elle m'a enjointe à partir en Espagne avec ma sœur pour découvrir les terres de ma grand-mère, lors de vacances. Son rêve était aussi de découvrir l'Espagne et elle se formait en dehors de son métier, la médecine du travail, avec différentes personnes, pour apprendre une langue étrangère. Plus tard elle a démissionné de son travail, je pense inversement que je l'ai guérie. Elle a quitté un système nocif.

La plage sonore nommée Kyrie eleison, interprétée par Bachar Mar-Khalifé sur son dernier album, ce que j'aime c'est ce mélange messianique, de l'ordre de la messe, avec ce que je me souviens de mes découvertes d'une Meredith Monk, artiste américaine  totale pluridisciplinaire, compositrice, chanteuse, réalisatrice, scénariste, actrice, danseuse et chorégraphe, notamment pour ses innovations vocales en matière de techniques de jeu étendues. Je l'imaginais ainsi, ce mélange dans mon écoute. Mais le "Kyrie eleison", dans le dictionnaire de la musique (Larousse) sont les premiers mots d'une invocation grec, "Seigneur, prends pitié", qui inaugure le commun ou ordinaire de la messe latine.

Au Liban, Bachar Mar-Khalifé vient de donner un concert exceptionnel qui a enflammé le Music Hall tant attendu, il savait à l'avance qu'il serait réduit au silence à un moment ou un autre. Il a d'ailleurs choisi en photo de couverture de son album, "Ya balad", de cacher sa bouche par sa main.

Une occasion comme une autre de poster l'adresse du Discog de Kiwaïda récemment mis en ligne. C'est vrai, il n'y en avait pas avant, de répertoire. Merci pour la réalisation. Beaucoup de références et de révérences gravitent ici, en voici une ligne pour moi, sans qualificatifs.

Par kiwaïda at 14:38

30/03/2016

ℳϴℕ ÐЇℰṲ

Par kiwaïda at 21:36

10/03/2016

ℵαᾔá Ⅴαṧḉ◎ᾔ¢℮ʟ☺ṧ



Fichier audio intégré



Um minuto de Naná Vasconcelos (Album : Amazonas / 1973)
Lembro-me deste momento quando o meu amor me fez escutar este percussionista brasileiro, no seu quarto minúsculo onde ele viveu, pela primeira vez, com apenas um Alto-Falante, muito bom, um som excelente para descobrir o talento de Naná Vasconcelos, eu que tinha perdido minhas Alto-Falantes, minhas origens, apoios, meu trabalho....

☮ ❤ rip

Par kiwaïda at 16:50

19/11/2015

ᒪ〇ᐯᕮ ᓮᔕ ᔕ♈ᖇ〇ᘉᘐᕮᖇ ♈ᕼᗩᘉ ᑭᖇᓮↁᕮ

Par kiwaïda at 10:17

17/10/2015

ᘉᗴᐯᙓᖇ ᗯᙓᖇᙓ ♈ᖺᙓ ᙡᗩᎩ ᔕᖺᙓ ᙡᗩᔕ

Colin Stetson and Sarah Neufeld (Photographie © Sonia Marques)
"Colin Stetson et Sarah Neufeld, tous deux acclamés pour leurs albums instrumentaux en solo sur le label Constellation, unissent leurs forces en duo sur leur album « never were the way she was » , époustouflant de compositions originales pour saxophone basse et violon."
C'était hier au Centre culturel Jean Gagnant de Limoges.


Élégance, présence, rage, beauté, quel binôme brillant, lumineux dans la nuit. Dans une économie de moyen, leurs gestes justes, réservés au tempo étiré de leurs souffles et sons, Colin Stetson et Sarah Neufeld nous ont emmené très loin puiser dans nos émotions, à la source des larmes, des batailles, de la puissance et de la beauté de la fragilité de ce monde. D'une énergie du violon, la vitalité ciselée et indestructible de cette arme archet sur quelques cordes, la répétition et le rythme effréné d'une course infinie, s'accorde avec les sons graves du saxophone basse, ténor, et de la clarinette basse. Une maîtrise des instruments de la retenue et du souffle impressionnante. Entre le violon et la voix de Sarah Neufeld et l'utilisation des différents instruments de Colin Stetson, des aigus aux graves, un espace vertigineux et spectaculaire, pour les oreilles, nous a été donné d'entendre. Rares sont ces moments, quelle chance d'avoir été là.
J'ai beaucoup d'affinités avec ces sons graves et Colin Stetson est en pleine possession de sa force, son jeu physique, sa respiration et l'amplification de ses sons. Ils grognent, lui il est un capitaine marin dans un bateau et la mer n'est pas calme, mais il sait naviguer et accompagner la voix, les cordes de Sarah Neufeld.
Plusieurs références de la musique répétitive ou classique me venaient, et des Béla Bartok, Steve Reich, Arvo Pärt... mais ce binôme ingénieux a tout effacé car leur invention contemporaine, entre musique expérimentale, électronique et jazz mais étonnamment percussive, n'avait d'égal dans ma mémoire, de musicienne, compositrice ou d'oreille parmi les oreilles attentives. Il y a une tension jusqu'au bout, minimale, tendue, érotique, nerveuse et pleine. L'une virevolte dans l'air et circule et s'éloigne, sa voix arrive de loin, repart très loin, lui maintient le cap, maîtrise sa force, animale, sans jamais la donner toute, il met en valeur le déploiement d'une danse précise et singulière, déterminée, qui regarde droit dans les yeux, jamais ne se défile. Nous ne pouvons qu'attendre la fin de chaque partition afin de reprendre nos esprits et les regarder jouer, prendre du plaisir et nous en donner. Une décontraction, simplement des pros ! Des solistes qui nous hissent vers l'extatique.
Sensation ténébreuse d'être présente où poignent les belles choses.
Synesthésie totale, bouleversante, une expérience inoubliable.

Colin Stetson and Sarah Neufeld (Photographie © Sonia Marques)

Never Were the Way She Was is a collaborative album by Colin Stetson and Sarah Neufeld, released in 2015 by Constellation Records. It was recorded live in the studio without the use of overdubs or loops at the End of the World studio in Vermont.Neufeld and Stetson had first met in 2006 when Neufeld's Bell Orchestre shared a bill with Antibalas, who Stetson was playing with. The two artists had previously collaborated on the soundtrack to the 2013 film Blue Caprice.




❤ Témérité, ténacité ❤

Par kiwaïda at 13:49

22/06/2015

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Kiosque à musique (Photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 13:27

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