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Musique

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03/04/2020

ᗷᒪ〇ᘉᗪᓰᕮ







Graphisme © Sonia Marques (tribute to Deborah <3, the photographers : Lynn Goldsmith and Robert Mapplethorpe)

Par kiwaïda at 00:22

07/02/2020

Ḻℯ ¢ḯᾔéM@

Par kiwaïda at 02:29

19/12/2019

♏Åℝ☾iÅ ℳϴℛℰ✝✞☮

Par kiwaïda at 00:47

14/12/2019

ᗩᙢ〇ᕰᖇ ᗩᗰᓮ♈ᓰÉ

Par kiwaïda at 00:37

14/11/2019

Ḻ ∀м◎üґ ∃ṧт Åü Ðεṧ﹩üṧ Ðε ℒ@ Fḯ℮ґ☂é

Par kiwaïda at 00:45

03/11/2019

ʟα℉Ôґε⊥

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Depuis mon article : pièces d'or, que de chemins parcourus, avec Marie Lafôret, dont j'adore la chanson :

Ivan, Boris et moi

Ses yeux, son élégance...


Beauté Maïténa Doumenach

Par kiwaïda at 20:35

26/09/2019

ℓℯ ḉα⊥αℓ☺ℊυ℮ ∂℮﹩ øїṧ℮αüϰ



Au début des années 50, Messiaen propose d'ouvrir de manière spectaculaire la musique sur la nature. Il justifie ainsi sa réponse salvatrice : « La nature, les chants d’oiseaux ! Ce sont mes passions. Ce sont aussi mes refuges... que faire, sinon retrouver son visage oublié quelque part dans la forêt, dans les champs, dans la montagne, au fond de la mer, au milieu des oiseaux ? C’est là que réside pour moi la musique ». Dès l’âge de 14 ans, Messiaen transcrit ses premiers chants d’oiseaux. Mais, à partir du printemps 1952, par le truchement de son éditeur, Gilbert Leduc, Messiaen prend contact avec l’ornithologue Jacques Delamain qui l’invite dans sa propriété des Charentes, « La Branderaie de Gardépée ». Là, débute son inlassable rédaction de 300 carnets de notations des chants d’oiseaux transcrits d’abord dans les provinces de France puis dans le monde au gré de voyages dont certains accomplis dans le seul but d’écouter un oiseau inédit. Quant à sa méthode, Messiaen nous livre ses secrets :

« Le moment favorable, dit-il, est le printemps, la saison des amours, c'est-à-dire, les mois d’avril, mai et juin [...] Les meilleures heures de la journée correspondent au lever et ou coucher du soleil.»

Catalogue d’oiseaux

Entre 1956 et 1958, la rédaction du « Catalogue d’oiseaux », immense recueil pour piano, est un geste artistique proprement inouï. D’abord, par son ampleur, puisqu’il comporte 13 pièces réparties en 7 livres savamment ordonnés selon un principe de symétrie (3+1+2+1+2+1+3). La pièce centrale, le livre 4, « La Rousserole Effarvate », est le pivot d’un ensemble, qui selon la belle formule d’Alain Louvier, peut-être décrit comme « Un grand poème symphonique avec piano seul en 13 tableaux ». Tout aussi extraordinaire est son contenu : « J’ai tenté, précise Messiaen, de rendre avec exactitude le chant de l’oiseau type d’une région, entouré de ses voisins d’habitat, ainsi que les manifestations du chant aux différentes heures du jour et de la nuit, accompagnées dans le matériel harmonique et rythmique des parfums et des couleurs du paysage où vit l’oiseau ». Chaque pièce est introduite par un argument littéraire, où Messiaen campe le décor et transmet à l’auditeur son parcours sonore et visuel. Ainsi, pour « Le Chocard des Alpes », la première pièce du Livre 1, Messiaen écrit : « Strophe : les Alpes du Dauphiné, l’Oisans. Montée vers la Meidje et ses trois glaciers. 1 ER couplet : près du refuge Chancel : le lac du Puy-Vacher, merveilleux paysage de montagne, abîmes et précipices. Un Chocard des Alpes, séparé de sa troupe, traverse le précipice en criant ». L’ensemble du « Catalogue d’Oiseaux » fût créé, le 15 avril 1959, à la salle Gaveau, dans le cadre des concerts du Domaine musical par Yvonne Loriod. Rappelons que « Le Catalogue d’oiseaux » est doublement dédicacé à « Mes modèles ailés, à la pianiste Yvonne Loriod »

Olivier Messiaen mêlait formalisme et extrême réalisme : c’est l’objet de ses recherches dans les années 50. Il tentait de trouver un équilibre entre formes acceptées et inventées, entre le naturel et la linguistique.
Il faut préciser que parmi les 300 à 400 espèces d’oiseaux qui se trouvent dans son œuvre, figurent très peu d’oiseaux imaginaires. Pour rendre le timbre d’un oiseau, Messiaen procède à des agrégats de notes : c’est la méthode additive. Il n’y a pas d’harmonie, pas de fonction tonale ou modale, mais une vision acoustique du son. Difficile synthèse entre le langage modal purement humain et un monde de sonorités et de syntaxes complexes.

« Dans mon Catalogue d’Oiseaux, disait Messiaen, on pourrait relever un grand nombre d’innovations, parce que la reproduction du timbre des oiseaux m’a contraint à des constantes inventions d’accords, de sonorités, de combinaisons de sons et de complexes de sons qui aboutissent à un piano qui ne sonne pas « harmoniquement » comme les autres pianos. Exemple avec le Merle bleu. »

Messiaen disait aussi : « C’est dans mon Catalogue d’Oiseaux et dans la Fauvette des jardins que vous trouverez ma plus grande innovation formelle. Là, au lieu de me référer à un moule antique ou classique, j’ai cherché à reproduire sous une forme condensée la marche vivante des heures du jour et de la nuit. »

Passé 1949 et la composition de Turangalila , la présence de chants d’oiseaux dans l’œuvre d’Olivier Messiaen est très fréquente.

Dans Oiseaux exotiques, Messiaen a même placé côte à côte des oiseaux de différents continents, qui ne se rencontrent jamais ! Ces chants sont soutenus par une écriture ‘strophique’ pour les percussions aux bois, les cuivres, le xylophone, le glockenspiel et le piano.

Dans Réveil des Oiseaux, la partition retranscrit uniquement des chants d’oiseaux, sans aucun rythme ni contrepoint ajoutés, et les oiseaux se trouvent réunis par la nature. C’est une œuvre véridique.

Dans Chronochromie, le mouvement "Epode", écrit pour 18 cordes soli, retranscrit 18 chants d’oiseaux de France. Ils entrent les uns après les autres, un peu comme dans une fugue. Il s’agit d’une sorte contrepoint à dix-huit voix réelles, qui dure dix minutes. L’œuvre a fait scandale. Hors de leur contexte naturel, les chants d’oiseaux seraient-ils difficilement audibles... ?

Le phénomène est amplifié dans Le Prêche aux oiseaux, de l’opéra Saint-François d’Assise. Il s’agit d’un « grand fouillis organisé, sans équivalent dans la musique contemporaine », décrivait Messiaen. Il la considérait comme sa « meilleure musique d’oiseau ».

Un grand fouillis organisé, la meilleure musique d’oiseau

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Dessin © Sonia Marques

Par kiwaïda at 11:34

11/08/2019

ᒪᗩ ℱᓰᒪᒪᗴ ᗩᘎჯ ᑕᖺᙓᐯᙓᘎჯ ᖱᙓ ᒪᓰN

Par kiwaïda at 20:21

30/06/2019

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Mes copines font un tour du monde et un nouvel album ! J'ai beau venir du Sud, je suis complètement d'un mental musical, délicieusement suédoise, énergisante, gnagnagna ! Glace en plein feu ! Le métissage fait des miracles et donne des théories redbull !

Par kiwaïda at 13:05

20/05/2019

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Photographie (© Sonia Marques)

Planningtorock – aka Jam Rostron – is a Bolton-born Berlin-based singer-songwriter, composer, producer and director with three critically acclaimed studio albums of left-field dance to their name – not to mention various collaborations, operas, film scores and remixes. A self-taught, non-binary, working-class musician, they’ve spent a decade plus queering sound and vision as Planningtorock. Planningtorock debuted in the Noughties with 2006’s Have It All [Chicks On speed], finding artistic community among fellow DIY outliers and gender outlaws such as Peaches and The Knife. Their sound – tense, spellbinding dance music with classical flourishes, unexpected brass and pitched-down vocals that have become Planningotorock's signature – have earned them a dedicated following. W, Planningtorock’s critically acclaimed 2011 debut on DFA, revealed a visionary and politicised producer. It offered up deeply queered art-pop – 2014’s All Love’s Legal (“a masterclass in left-of-centre dance music”, Mixmag), released on Rostron's own imprint Human Level with banner-ready slogans (‘Patriarchy Over And Out’, ‘Let’s Talk About Gender Baby’), revealed their ability to combine pop-oriented music with a political message.

https://planningtorock.bandcamp.com/album/powerhouse

Powerhouse marks the Berlin-via-Bolton producer’s most intimate album to date, a kinetic, self-produced record flush with attitude, humour, vulnerability and swagger. W, Planningtorock’s critically acclaimed 2011 debut on DFA, revealed a visionary and politicised producer. It offered up deeply queered art-pop – tense, atmospheric dance music cut with classical flourishes, and spell-binding androgyny. But it was 2014’s All Love’s Legal (“a masterclass in left-of-centre dance music”, Mixmag), released on Rostron's own imprint Human Level, where Planningtorock, with banner-ready slogans (‘Patriarchy Over And Out’, ‘Let’s Talk About Gender Baby’), revealed their ability to combine pop-oriented music with a political message. Powerhouse offers up something infinitely more personal: emotionally-charged, biographical anthems drawn from Rostron’s lived experiences as a non-binary genderqueer artist, experiences around family, identity and music itself. Powerhouse was written and recorded across Berlin, London, New York and Los Angeles. It comes couched in the precision-tooled synths that have become Rostron’s signature, though critics and fans will hear a subtle, ear worm-y shift in style here: from the Noughties US r&b swagger of ‘Transome’ and the bubbling oldschool ‘90s house of 'Beulah Loves Dancing' and ‘Non Binary Femme’, to the funky, flute-laced ‘Much To Touch’ (the only track on Powerhouse to feature a co-producer, long-time friend and collaborator Olof Dreijer of The Knife). The striking, pitched-down vocals that shook fans of W are as radiant as ever on Powerhouse. It was pitching that gave Rostron’s then-hidden inner self an authentic, external voice; and it was pitching that enabled them to come out, beginning “this long, complex and very much still evolving process of living their non-binary genderqueer self”. For Rostron, pitching became the sonic embodiment of taking T (testosterone). Listen closely, for example, to the lyrics on W’s ‘Doorway’ and you’ll see a through-line connecting that song with the refrain on Powerhouse’s ‘Jam of Finland’:  “I feel a transformation in me / All those empty spaces in me / Are filling up with me…” Ultimately, Powerhouse is a celebration of liberation, a groove-filled record that sees Rostron consolidating power both personal and artistic. 




Photographie (© Sonia Marques)
Juste avant le concert à la Gaîté Lyrique à Paris, je croise dans la rue incognito Jam Rostron déambulant et d'une démarche assurée chaloupée. Personne ne la reconnait ou sait qui elle est, mais c'est à une demi-heure de son show qu'elle arrive tranquillement. Le temps est humide, Paris est foutraque et prépare sa nuit des Musées, il pleut parfois, il fait doux, ce n'est pas un temps binaire, il change, il nous impose de nous abriter, de nous déshabiller, de nous surprendre, c'est un temps pour voir Planningtorock. Quasi une quinzaine d'années je découvre cette artiste pluridisciplinaire, aux masques et au nez singulier, à l'allure discrète et puissante. J'avais posté un article récent ici et ici en 2011, et de 2013 ici, ici en 2018, et les articles sur The Knife...) C'était en même temps de ma découverte du duo suédois The Knife (formé par Olof et Karin Dreijer), mais Jam Rostron était plus mystérieuse et ses sonorités expérimentales géniales. La question du genre n'était pas encore à la mode, et tout le monde pouvait s'identifier à Planningtorock. Moi je travaillais des sons, je réalisais des albums sonores, des dessins, du graphisme, des masques multiples, et très naturellement, ses musiques me parlaient. J'entendais du violon ou alors de la contrebasse, je ne savais pas bien et puis lorsque je voyais une collerette (je ne l'avais jamais vue en concert à part ces jours-ci) j'imaginais qu'elle sortait d'un opéra, ou d'un théâtre où elle était seule, un héro. J'avais adoré Have it hall, en 2006 et ses pianos sorciers. Sa voix sombre et monstrueusement magique faisait écho à mes expérimentations sonores (album Pépino de 2001, avec "Orient") mes développements sur les voix, des oiseaux. Dans ce que proposait Planningtorock, j'aimais son mélange de cordes, ses influences classiques et vocaux androgynes. Dans son nouvel album Powerhouse, Jam Rostron aborde sa vie personnelle, et son entourage familial, ses attaches, de façon sentimentale et sincère. Elle relate avec pudeur de son enfance et ses difficultés, et de son amour à l'intérieur. Justement, cet amour intérieur transparait lorsqu'on la voit et que l'on entend ses mots et ses maux mélodieux. Elle témoigne de son amour pour sa mère, son père n'est plus en vie et était très malade, sa mère a toujours été malade chronique, sa sœur est autiste. En particulier, à sa sœur, elle rend un bel hommage en sa passion : la house music (arrivée de Chicago dans les année 80, la house music est un genre musical descendant du disco des années 1970. Elle mélange des styles musicaux comme la soul, le R'n'B, la funk, la salsa, le rock ou la pop avec un message progressiste et pro-diversité)
Elle raconte qu'il est difficile de vivre dans la société avec ce genre de maux, l'autisme asperger, et en tant que personne handicapée.
Il y a peu de soutien, mais sa famille a utilisé comme outils, l'amour et l'humour. C'est la meilleure façon de faire face à la situation. Devant nous, elle prend le temps de nous raconter comment elle a découvert son pouvoir, celui d'aimer la musique, en regardant sa mère dancer. Elle avait un tas de disque, et elle s'éloignait pour dancer sur le rythme d'un de ses vinyles. Et petite, Jam Rostron (Janine) voyait sa mère bouger son corps, mais ne savait pas ce que cela signifiait, à présent, avec humour, elle sait et nous le dit, de nouveau, elle nous transmet cela.

"Quand j'y réfléchis maintenant, ça lui chargeait toujours les piles. J'y pensais toujours comme si elle le portait, comme une armure ou quelque chose du genre. Parfois, ce serait vraiment difficile pour elle. Elle devait faire face à beaucoup de difficultés elle luttait pour les droits de ma sœur et elle subissait de nombreux préjugés, en particulier parce que le type d'autisme de ma sœur n'était pas reconnu avant le début des années 90. Ma mère savait que ma sœur était autiste. Je ne peux pas imaginer parce que je ' Je ne suis pas un parent, mais ça doit être déchirant de raconter toute cette merde à propos de votre enfant, quand vous savez. Elle avait donc beaucoup de force en écoutant Aretha Franklin ou Ray Charles. Je pense donc que cela a eu un effet considérable. La musique peut non seulement vous émouvoir, mais aussi vous donner le sentiment de pouvoir réaliser des choses, elle peut vous donner cette force et pour ma sœur, c’était vraiment un espace sûr, un endroit où elle pouvait être elle-même à son goût et se sentir vraiment bien dans sa peau. Je suis reconnaissante d'avoir reçu cela très fortement dans ma maison, et cela m'a également aidé à découvrir la musique en général. Ça a été ma sortie aussi, ça m'a totalement sauvé. Pour pouvoir faire de la musique et en faire mon travail. "


Elle est touchante et la voir en concert, en toute simplicité, nous a apporté beaucoup de bienveillance et d'ondes positives. J'avais adoré son clip avec sa sœur (Beulat Loves Dancing) et lors de son concert, elle nous a raconté son histoire singulière avec amour et un regard protecteur, une histoire de fratrie. J'ai été assez étonnée de ne voir que peu de femmes, ou féministes à ce concert (autant que l'on puisse en reconnaître) peut-être parce-que ce qu'elle représente est très ouvert et amusant, sa vision positive et plastique (elle a fait une école d'art en Angleterre : le Blackburn College of Art on the Foundation course) est complètement décalée par rapport aux propositions artistiques ou musicales en France. Le patriarcat, la misogynie, les stéréotypes de genres ont des entités traitées avec liberté et joie, chez Jam Rostron : Feminism has rarely sounded so much fun !

Elle dit :
"So I set myself an exercise to write about patriarchy in a really simple way. What do I think about it? I just don't want it to be there, I want it to get out of the way. So why not just say that? It is very simple, to the point where it's actually a little bit funny. Which is perfect, because I don't want people to feel threatened. It is a complex, heavy topic but I didn't want to be fearful."

Jam Rostron était vidéaste mais fut effrayée par le monde de l’art trop élitiste et impitoyable. Alors que la musique, tout le monde sent qu’elle peut lui appartenir; elle n’a pas besoin d’être validée par aucun institut.
Elle a une voix exceptionnelle et son ton est direct. Elle parle avec son public, et dans la salle plutôt intimiste, c'était comme une amie qui est venue nous présenter ses nouvelles vocalises, il y avait quelque chose qui faisait tomber toutes les barrières de la star attendue, ne serait-ce que dans sa scénographie, quasiment nue (elle au micro et une projection de ses clips derrière) avec elle complètement habillée. Ce qui change avec ses anciennes apparitions, c'est qu'il n'y a plus de masques. Le groupe The Knife suédois, avec lequel elle a collaboré, usait aussi de stratèges pour déjouer les stéréotypes et les cases dans lesquelles les journalistes attendent les stars et les apparitions. Planningtorock jouait aussi souvent avec sa voix, afin de ne pas définir à l'écoute si c'est un homme ou une femme qui chantait. Elle avait défiguré son visage avec des prothèses, avec du silicone à la colle de théâtre. À présent, elle est là, sans artifice, sur le podium, assumant totalement sa voix, ses gestes, son empathie.



Photographie (© Sonia Marques)

Je sens une transformation en moi /
Tous ces espaces vides en moi /
je suis en train de me remplir…



POWERHOUSE, nous avons tous une powerhouse, nous dit-elle en anglais, une sorte de point spirituel, un karma qu'il faut trouver, un lieu où habiter, le sien est la musique. Elle ne le saura pas, mais cet album m'a beaucoup aidé. Je l'ai écouté en boucle dans une salle de sport pour la cardiologie, aux écouteurs, j'en connaissais toutes les paroles, et j'ai découvert son histoire au fur et à mesure que j'arrivais à traduire un mot anglais en français dans ma tête, tout en faisant du rameur, ou du vélo, parfois 2 heures ou 3, sans m'arrêter. C'est un hasard que j'ai choisi cet album pour m'entrainer, j'ai ainsi découvert mon rythme cardiaque s'améliorer. C'est toute une histoire de cœur, de résistance et de puissance. J'aime beaucoup son logotype choisi, en forme de cœur. Il y a des rythmes différents dans son album, très lents et profonds et très énergiques comme si faire du step (une des composantes fondamentales dans les activités du fitness) ou de la course à pieds, épousaient complètement les appuis des pieds, des cuisses, ce fut, pour moi, une expérience inédite et complètement sensuelle, tout en transpiration.
Il y a surtout la notion de repos. Le rythme cardiaque peut ralentir, on peut s'asseoir écouter une chanson plus lente et ne pas avoir la tête dans le guidon, enchaîner des beats. Il y avait quelque chose d'assez détoxifiant, comme une cure de bonheur liée à la musique et à cette sensation d'être en vie et se battre contre la maladie. Remplir un espace que l'on découvre et se sentir plein, de force et d'amour. Chaque victoire et chaque demi-heure passée à faire du sport en écoutant "le pouvoir de sa propre maison", était une étape à dépasser. Le dépassement de soi fut révélateur avec cette musique et je me devais d'aller voir cette artiste en concert pour la remercier de m'avoir aidé, afin que je retrouve ma maison. Je ne savais pas ce que c'était ces courses de personne, avant, pour le cancer du sein, par exemple, je ne comprenais pas. C'est seule que j'ai dû comprendre l'intérrêt de faire différents sports et que vraiment, ces efforts sont des efforts qui vainquent la maladie, celle d'autrui, des personnes chers. On fait ainsi du sport pour aider les autres à guérir, s'aider soi. Sa musique est peut-être faite pour cela, guérir, se sentir encourager dans nos efforts, se dépasser. Merci Janine.



Photographie (© Sonia Marques)
En 2013, Planningtorock publie le Misogyny Drop Dead EP à l'occasion de la Journée internationale de la femme. La chanson titre est également apparue dans All Love's Legal de 2014, qui a livré des manifestes dansables pour l'égalité transnationale entre les femmes et les hommes, comprenant des chants décalés et des grooves inspirés du R & B. L'année suivante, Rostron compose de la musique pour l'émotivité de la mâchoire, première partie du travail en série du chorégraphe Ian Kaler. Après avoir effectué une résidence à la Villa Aurora à Los Angeles, Planningtorock est revenu avec Powerhouse, la collection de chansons la plus personnelle de Rostron sur leur expériences en tant qu’artiste non binaire, non sexiste. Enregistré à Los Angeles, à New York, à Londres et à Berlin, avec une collaboration avec Dreijer ("Much To Touch", morceau de Powerhouse en co-production avec l'ami et collaborateur Olof Dreijer de The Knife), l'album est arrivé en novembre 2018.

Photographie (© Sonia Marques)

Première page Internet de son site

Je ne connais pas l'auteur de cette photographie...

J'aime aussi ce titre "Too much"  qui décrit combien, que vous soyez femme ou handicapée, ou que sais-je, on entend que vous êtes "trop", trop ceci, trop cela. J'aurai évidemment beaucoup de choses à écrire sur ce "trop", car j'écris et mes écrits ne sont pas formatés, il sont donc "trop". J'adore cette idée du trop, alors si c'est trop, en voici encore plus !

Suis-je trop ? Laissez-moi vous en donner plus !

Sur le syndrome d'Asperger, j'ai une anecdote, un souvenir sensible. Lorsque j'enseignais à l'école d'art de Limoges (où j'ai subis un harcèlement moral de la direction), j'accompagnais nombre d'étudiants très différents et je me suis battue pour la différence, j'ai été maltraitée ensuite pour avoir défendu les valeurs de la diversité et du talent. Il y avait une étudiante très douée qui réalisait des peintures célestes, le ciel et ses constellations avaient une part belle, elle était très sensible à la couleur et complètement marginalisée par le corps enseignant, et pas par les étudiants qui étaient très en empathie avec elle. Elle était parmi nous, lors de mes cours, et parfois elle interrompait l'un d'eux et s'exclamait que j'avais une bague extraordinaire (rien à voir avec le cours) et elle plongeait dans ma bague. Elle avait raison, c'était une bague très particulière, un miroir rond en pointe, en acier. Cella ressemblait à ses recherches étoilées, et ce qui brillait l'attirait, mais de l'ordre du précieux. Son regard était précieux et s'intégrait dans ce que peut être des études en art, c'est évident ! Un jour elle m'a fait part d'une confidence, elle venait d'être diagnostiquée d'un autisme d'Arperger, et elle était rassurée car cela faisait 5 années qu'elle attendait ce diagnostique. Elle se sentait en confiance avec moi, mais elle n'avait pas confiance aux autres professeurs, alors elle n'a pas voulu que cela se sache. Elle avait déjà exposé ses peintures, elle avait vraiment une longueur d'avance sur les autres étudiants dans sa recherche picturale. Et puis elle disait ce qu'elle ressentait, comme le fait qu'elle sentait que cette école était basée sur la "surveillance", qu'elle ne se sentait pas bien. Nous étions situés en sous-sol, et l'architecture était transparente, plusieurs personnes pouvaient observer les cours derrière les vitres aux étages supérieurs et il est vrai qu'il y avait une ambiance terrifiante, on se sentait tout le temps observé, il n'y avait aucun espace isolé, à l'abris des regards, comme si nous étions en geôle, dans une prison grise, et les bruits de chaque chaise résonnait, était amplifié par la réverbération, la hauteur sous plafond. L'architecte n'aurait pas mieux pu concevoir une école de ce type, s'il voulait détruire les liens humains, la sensibilité. Il n'y avait qu'une étudiante autiste pour ressentir fortement cela, ce que tous, nous ressentions sans pouvoir le dire aussi franchement et sans détours, sans ces conventions hypocrites que l'on peut garder, afin de ne pas être "mals vus".
Plus loin, il y avait un couple d'étudiantes amoureuses, elles étaient épiées sans arrêt, à cause de leur orientation, leur genre, et aussi moquées. Je ressentais encore plus intensément ces discriminations partout autours. Et puis, cette étudiante peintre douée à été convoquée par la directrice, celle-ci lui a annoncé qu'elle refusait qu'elle reste dans l'école à cause de son handicape, dont sa famille lui avait fait part, trop heureuse de pouvoir être soutenue par une institution. Ce fut terrible. Il y avait une accompagnatrice et un lieu dédié à côté pour elle, elle était suivie par un corps médical, elle ne posait aucun problème à personne dans l'école. Cette accompagnatrice nous a écrit à tous, enseignants, pour nous sensibiliser à ce handicape et nous demander d'influencer la direction afin qu'elle reste. J'étais tout à fait d'accord. Mais hélas, la direction a été encore plus fermée. Et j'ai été déçue de mes collègues, ils n'avaient pas valorisé les excellents résultats de cette étudiante. Le seul professeur peintre ne l'a pas défendue, pourtant il reconnaissait ses qualités. Je n'étais pas identifiée comme professeure de peinture, et pourtant, je suis aussi peintre, j'ai des connaissances avérées, ma pratique n'est pas quotidienne, mais ma culture est picturale autant que sonore. Cette école créait des cases et des stéréotypes très forts, impossible à traverser, nous avions une place dédiée et décidée par de médiocres administrations, sans possibilité de dialogues humains, empêchant toute spontanéité, toute création. Elle cloisonnait tout, tout en ne souhaitant aucune singularité, chaque espace devait être surveillé, nettoyé, chaque trace de beauté devait être éliminé. Chacun de nous devenions sales. L'étudiante ne fut plus admise en cours, après ses 3 années passées avec nous, elle était devenu un moteur, elle devenait le symbole d'une grande discrimination. Les étudiants n'ont plus rien dit, plus de la moitié de la classe ne s'est plus ré-inscrite l'année suivante. L'école a masqué les chiffres. Tous, ont oublié, les meilleurs éléments sont partis (dans le théâtre ou d'autres école, dans le cinéma, ou d'autres sont retournés dans leurs îles créoles, car la couleur de peau aussi, est encore un préjudice en France). Puis plus tard ce fut autour de l'étudiante lesbienne de subir l'intolérance de la directrice. Puis plus tard, ce fut moi, la professeure. Tout cela a été extrême et incompréhensible. À notre époque, j'ai compris que même celles et ceux qui se disent défendre la diversité ou les gays et lesbiens (et même s'ils elles et eux, estiment "en être") il existe des freins culturels très fort, pernicieux, qui évitent d'aborder le talent artistique, et parce qu'une personne serait différente, ce serait pour cela qu'elle serait exclue de la société, de l'institution. Alors que l'on aurait dû valoriser les personnes qui ont du talent avant tout, valoriser le talent. Ainsi ai-je pu observer qu'au nom de la norme, tous les talents avaient été exclus. Ce tabou ne sera jamais abordé, de nos jours, mais on peut être exclu par une lesbienne et parce qu'on est lesbienne. Ce n'est pas parce que l'on dispose une femme à la direction d'une école d'art qu'il n'y aura pas un patriarcat dominant et sexiste, bien au contraire, il peut se trouver, que celui-ci trouve le plein emploi et que la misogynie s'installe de façon perverse transmissible. Et qu'un nombre inconsidérables de discriminations se développent, sans qu'elles puissent jamais être dénoncées, par le sceau de la présence d'une femme à la direction. Cela suffit, en France, pour expliquer que l'égalité est en marche (sous-entendu que seuls les hommes seraient incompétents pour l'égalité entre femmes et hommes au travail, et que les femmes, parce qu'elle sont femmes sur la carte d'identité, seraient favorables à de nouveaux postes de femmes au travail... Archi-faux.) Il y a des femmes qui détestent les femmes et il est malheureux qu'elles aient du pouvoir de diriger des femmes et des hommes soumis.

Je pense ainsi à cette étudiante et j'espère que son chemin sera plus sain ailleurs, très certainement. Mais cette école a perdu beaucoup, sa liberté, sa création, ses expressions franches, sa santé. Et de la joie d'être ensemble. Résultat : Sa seule manifestation visible : le blocage. La fluidité, ce n'est pas pour demain.

Par kiwaïda at 12:31

27/03/2019

❥ᕾᒸᗗᘘᘗᓲᘙᘜᖶᓋᖇᓎᓧᖽᐸ❥

Par kiwaïda at 01:35

04/03/2019

Ḡøт т◎ ω@ℓк øʊт ◎ḟ ♄ℯґℯ

Par kiwaïda at 23:43

23/06/2018

∃ẌЇḺ∃

Geoffrey Oryema

Quelle voix ! Une de mes Cendrillons... cheveux décolorés, peau noire...

Par kiwaïda at 12:12

22/06/2018

℃ḯ☂éε ∂εṧ ℬѺℕs À ℝi∃ℵ

❤ J'aime ma ville (Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 11:02

08/05/2018

ℱεṽ℮я ℜαƴ

Par kiwaïda at 22:50

ℳḯ﹩✄❡¥ηƴ Ðґ✄℘ Ðεαḓ

Par kiwaïda at 00:50

04/05/2018

ḓéḟḯℓεґ ℓα √iε

On voit nos vies défiler
Sur le fil
On voit les années filer
On essaye de filer droit
Et on n’peut pas rembobiner
Tout ces nœuds dans nos vies
Si on pouvait les dénouer
Alors dites-moi comment ça marche

En groupe ou pas, on marche seul
Qu’on l'veuille ou pas on a une valeur marchande, du plus jeune âge au linceul
Marche ou crève mais marche droit, marche à l’envers ou ne marche pas
Et le business, ça marche

D'ailleurs pourquoi les barrières, devraient être toujours dépassées
Pourquoi j'ai peur d'être dépassé, par qui et par quoi
Je ne sais pas mais c'que je sais, c'est que si j'ai peur c'est que j'suis pas l'dernier
Comme si y'avait qu'une arrivée, qu'un seul endroit
Qu'une seule route où on devrait aller, ça m'étonnerait
Tout ce que j'sais c'est qu'je sais pas, j'y vais pas à pas
Ouais pas à pas, ouais pas à pas

La tête dans son téléphone
Sans écouteurs, on la croirait folle
Sans Google, on la croirait conne
Et sans filtres, on la croirait bonne
C'est trop facile de juger, c'est trop facile de juger

On n'est pas tous égaux face à la beauté, c'est si facile d'être haut quand on les voit défiler
Petit, avant d'apprendre un métier
Faut d'abord apprendre à retoucher la photo d'un CV

*

Dédicace au privilège du hasard et aux escalators...

Par kiwaïda at 12:42

19/02/2018

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Le Jardin mouillé pour harpe (1913) / Jacques de la Presle, sur un poème de Henri de Régnier

LE JARDIN MOUILLÉ


La croisée est ouverte ; il pleut
Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu,
Sur le jardin frais et dormant,

Feuille à feuille, la pluie éveille
L’arbre poudreux qu’elle verdit ;
Au mur, on dirait que la treille
S’étire d’un geste engourdi.

L’herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l’on croirait là-bas
Entendre sur le sable et l’herbe
Comme d’imperceptibles pas.

Le jardin chuchote et tressaille,
Furtif et confidentiel ;
L’averse semble maille à maille
Tisser la terre avec le ciel.

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.






Photographies © Kiwaïda & Thejazzist

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.


Par kiwaïda at 03:14

14/01/2018

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Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Nous sommes allées voir Christophe en concert à Limoges. Une belle histoire nous a rassemblé ce soir là. Il y a un an, je découvrais son affiche, il passait dans ma ville. Désoeuvrée j'étais, les places à l'Opéra sont coûteuses. Puis l'année 2017, telle qu'elle fut jetée passait, j'écrivais, j'avais le temps, mais plus d'argent. Une matrone avait souhaité ma démission et avait déployé une armada à son service, pour en déléguer les menaces exécutives. C'était pour montrer que l'égalité entre hommes lourdingues et femmes lourdingues prenait forme dans nos écoles, kif-kif bourricot, harceleurs et harceleuses, tandis que les #balancetonporc avaient omis les #balancetatruie, histoire de maintenir les inégalités. Arriva la fin d'année, nous décidâmes de ne point nous offrir de cadeaux de fin d'année, mais de réserver tout pour nos acceuillants et hébergeants. Une idée venait, et si nous nous offrions pour cadeau ce concert ? La fin d'année nous a emportée de la banlieue parisienne au Nord de paris, au centre de la France, heureux de nos retrouvailles, c'était l'essentiel.

2018, la nouvelle année et son lot déplorable des mal aimé.es dans nos journaux, nous empêchant de parler d'amour et ramènant tout au sexe et à la violence, me faisaient penser à cette perte de vitesse de la consommation par le sexe et la violence. On n'en veut plus, de toute cette culture post-68, de toutes ces directions moches et débiles. La tendresse écrivais-je...
Vendredi, mon ami jeta au hasard un coup d’œil averti sur le Bon Coin, le célèbre site web d’annonces commerciales sur lequel le dépôt et la lecture d’une annonce sont gratuits. Il est le plus utilisé des sites de ce type en France, (créé en 2015) Il y trouva 2 places pour le concert de Christophe à un tarif dégressif par rapport à leur bon emplacement. En téléphonant, mon ami conversa avec une femme, qui se disait "d'un certain âge". Elle avait acheté ces places en avril 2017, et s'était trompée, c'est assez compliqué à expliquer. Elle en a acheté une puis une autre en oubliant qu'elle en avait déjà acheté une… Bref, ne pouvant s'y rendre, une amie plus jeune, dit-elle, lui conseille à la dernière minute de les disposer sur le Bon Coin, dont elle ne connaissait pas l'usage ni la portée. Son amie réalisa la mise ne ligne à sa place. Le rendez-vous pris, elle nous klaxonna heureuse et elle descendit de sa voiture, mal garée, un jeune homme derrière fâchée de notre transaction attendait. Elle dit : "Oh, il m'emmerde, il ne peut pas passer à côté ?" Elle n'était pas d'un certain âge, alors c'était amusant. Nous avons fait une rencontre sympathique et elle a fait des heureux ce soir. Elle nous a remerciés et nous a dit penser trouver un homme aux cheveux blancs. Elle avait mal compris : "Mais ils sont blonds ?" Nous dit-elle, "Je me disais bien que la voix était celle d'un jeune homme" Affaire d'âge, de rencontre, nous avons discuté, elle avait l'habitude de prendre des places précises à un certain endroit. Nous nous sommes quittés.

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)


Le soir, nous découvrîmes ses places, très bien situées au premier balcon, dans ce bel Opéra de Limoges, la salle pleine de gens d'un certain âge, un peu comme elle, c'est-à-dire, pas vieux, tous ayant la possibilité de se payer des places assez régulièrement à l'Opéra, donc pas vraiment de jeunes gens. À Paris, j'ai assisté à nombre de représentations de danse contemporaine, de concerts, d'expériences artistiques. Ici, à Limoges, notre sélection est plus aguerrie de nos cultures partagées et l'offre moins excitante, et pourtant, ici, nous avons vu nos cher.es artistes de plus près, parfois avec peu de public, savants privilégiés, car sachant où aller et qui voir, les priorités, les sélections. Je n'ai jamais croisé un seul ou une seule personne de l'école d'art dans nos sélections, comme si, ici, à Limoges, il n'y avait rien d'ouvert vers l'imaginaire et la création. Pourtant, chercher, aimer, trouver.
À l'école de Bourges, j'avais souhaité voir le spectacle de Wim Wandekeybus, mais le personnel en charge de bénéficier de tarifs dégressifs de cette salle de spectacle partenaire de l'école, m'avait affirmé ne pas pouvoir m'intégrer et que c'était complet. Le soir, après une journée pleine de cours sur le dessin en grands formats (j'avais aidé une étudiante à rattraper son retard, en associant la technicienne en photographie, et les tirages étaient excellents) je partais à pieds à la recherche de cette salle, assez loin, très très loin. J'arrivais et je trouvais une place aussitôt et juste devant. En sortant, j'ai pu voir de loin, plusieurs membres du personnel de l'école me regardant interloqués, comme si je ne devais pas être là. Tous avec leurs places réservées. Peu d'étudiants et aucun professeur.es. Parfois, je pense qu'il y a des habitudes, celles que les institutions favorisent leurs personnels pour l'accès aux représentations, aux créations, mais excluant les artistes, enseignants et dont les créateurs et créatrices, très concernés par la création justement, pourraient bénéficier, ou d'autres, non spécialisés. Les entre-soi, cercles de cercles de cercles clôts. De cette épopée, la secrétaire générale m'a raccompagnée en voiture, et de nos échanges, nous découvrîmes notre goût pour la danse contemporaine, sa fille ayant participé de cours et moi participé de scénographies (en tant que scénographe) et spectacles de danse (en tant que danseuse) Heureux dénouement. Les lendemains, toujours à accompagner les étudiants, j'avais pu avoir de bons échanges avec la technicienne en photographie, car nous avions assisté au spectacle. Le jour s'était déroulé sur nos émotions et notre expérience des différentes évolutions du chorégraphe. ce spectacle était sur l'amour. J'ai écris un article frais, sur ce blog, de cette retrouvaille, sans savoir ce qui allait m'arriver les jours suivants dans cette école. Ce fut mon premier et dernier spectacle de danse pendant que j'enseignais à Bourges, les lendemains, je fus empêchée de poursuivre mon enseignement, un peintre malveillant m'importunant, me menaçant. Les harcèlements en école d'art sont durs et structurels, n'en déplaise aux Catherine Millet-Deneuve qui souhaitent que cela continue ainsi. D'ailleurs, "Art Press", comment cette revue a-t-elle eu un tel monopole en France, si inintéressante ? Ha oui, la patronne des partouzes a fait son business et a tenu en laisse des années des artistes et commissaires et critiques... Drôle de milieu, en marge du monde.

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

D'or et d'argent, en paillettes et brillants d'espoir, nous nous sommes installés à la place d'une autre et le reste s'est offert à nos oreilles, nos yeux, nos sens, pour un délicieux moment que nous n'oublierons pas.

Failles, ce sont nos failles qui nous font avancer.

Christophe avait une anecdote : son piano acheté à Aix en Provence il y a 2 ans pour réaliser sa tournée. L'homme qui accorda son piano ce soir-là, à l'Opéra, lui apprit en enlevant une touche du piano qui portait son nom, que celui-ci venait de Limoges. Ce qui m'a fait sourire, c'est lorsque Christophe nous saluait, les limougeauds, tentant de trouver une connivence avec son public : "J'aime la campagne, les paysans, Limoges, la province, c'est toujours la campagne, j'aime la terre" Face à la bourgeoisie de Limoges très urbaine, et habituée à se déplacer, comme lui. Je cherchais les paysans à côté de moi, mais je ne les ai pas trouvés. Nos racines ne sont-elles pas toutes les mêmes ? De notre terre ? Nous venions du Bon coin, ni de la bourgeoisie, ni des paysans du coin, ni des âges certains. Limogés de tous clichés, stéréotypes, libres, dans un petit coin, minuscules fourmis.

Scénographie de lumière élégante, espaces sonores extatiques, les mots doux, la retenue, les instruments, le piano, l'ombre et la lumière, le rouge, le rose, le bleu, le blanc, la séduction, la nostalgie, l'amour, le flirt, le souvenir, les vestiges, la fragilité, l'électronique, l'organique, le sensuel, les fausses notes, l'humour, le désir, la santé, la subtilité, la douceur, le calme, le slow,les douches de lumières, les frétillements, les projections, les phares de voiture, la nuit, les lunettes bleues, la crinière blonde, les santiags, le velours, l'Italie, les femmes, les hommes, la drague (pas la lourde ;.) la douleur, les larmes, les remerciements, la félicité…


Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)


Et puis la recherche de Silvano Agosti, son documentaire "D'amore Si Vive" (On vit d'amour) de 1982, qui est revenu dans ma mémoire avec la voix de ce garçon philosophe...
Cet entretien ci-dessous avec Franck est un extrait du film documentaire "D'Amore Si Vive" tourné par Silvano Agosti et monté en 1982. Celui de Lola est disponible en ligne.

Silvano Agosti, réalisateur indépendant optant pour l'autogestion de sa production artistique depuis les années 60, censuré par le Vatican et interdit de diffusion en Italie, ce fascinant personnage présente pour la première fois au public bordelais son cinéma singulier. Compagnon de route de Marco Bellochio et d'Ennio Morricone, soutenu par Ingmar Bergman, Silvano Agosti nous parle sans cesse d'une « vérité qui bouge en sous-sol et ne peut être dite à haute voix. »

D'AMORE SI VIVE
Réalisé et monté par Silvano AGOSTI - documentaire Italie 1983 1h35mn VOSTF -

D'AMORE SI VIVE

"La tendresse sans sexualité ni amour engendre l’hypocrisie.
La sexualité sans tendresse ni amour engendre la pornographie.
L’amour sans tendresse ni sexualité engendre le mysticisme.
En fait, nous avons affaire à une société hypocrite, pornographique et mystique. "
Silvano Agosti


L'amour, la tendresse et la sexualité. Durant trois années, Silvano Agosti a rencontré et interrogé la population de Parme sur ces trois éléments constitutifs du sentiment amoureux. Il en a extrait 7 portraits poignants, 7 témoignages parfois bouleversants nous permettant d'approcher cette exigence qui porte chaque être humain à aimer malgré tout. Cette recherche au plus vif de multiples vérités sur la nature humaine se transforme pour nous, spectateurs conviés au partage, en une fructueuse et singulière expérience. À travers ces fragments de vie, au plus près de l'intime, le réalisateur fait émerger les violences souterraines issues de l'éducation, de la religion, de la négation d'une sexualité propre à l'enfant. Agosti nous met à l'écoute de l'énigme des corps aux prises avec le désir et le besoin insatiable de tendresse amoureuse. Besoin bouleversant dans la sublime séquence-épilogue toute de silence vivant : là, comment s'accommoder de ce terrible regard qui, soudain, en une dernière image, fait face à notre oeil-caméra pris en flagrant désir de (sa)voir…?

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Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Daniel Bevilacqua, dit Christophe, est un chanteur français, né le 13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge (Essonne). Il a 72 ans. Le père de Daniel, Georges Jacques Bevilacqua est un entrepreneur italien, il tient une entreprise d'installation de chauffage central qui prospère assez pour s'étendre à la vente d'électroménager ; sa mère est couturière. Il a grandi dans la grande banlieue parisienne, dans l'Essonne... tout en rêvant d'Amérique. Rebelle comme James Dean, son idole, il s'est fait virer d'une dizaine de lycée, avant de se lancer dans la musique et de connaître un succès fulgurant avec Aline, à seulement 20 ans.   

Dans l'art contemporain, il a été re-découvert lorsque l'artiste Dominique Gonzalez-Foerster (D-G-F.) réalisa la scénographie de son concert de Christophe à l'Olympia en 2002, à l'occasion de la tournée La Route des Mots.  

Ce que j'aime dans sa musique ce sont ses sons, et aussi les quelques mots posés. Il n'y a rien d'intellectualisé et pourtant tout est pensé et très technique. Ses références musicales sont les miennes aussi, Lou Reed et Laurie Anderson, Alain Bashung... Le beau bizarre, dernier dandy, nuits blanches et autodidacte. Ayant composé quelques morceaux, conçu des albums musicaux et travaillé avec d'autres musiciens d'autres planètes, d'autres langues, mon écoute est très réceptive aux sons, à la technique, à la précision. Et puis cette synesthésie entre son et lumière arrive à maturité, et oui pas besoin de rappels. À fleur de peau. Les paradis retrouvés.


Par kiwaïda at 22:48

10/01/2018

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Photographies > Bourges - Châteauroux - Limoges (© Sonia Marques - merci Patrick !)




2018/
Catherine Deneuve :
J’ai toujours trouvé que le mot de viol avait été excessif

En 2018, des femmes françaises oubliées des écrans et livres, se sont liguées pour avertir le monde entier qu'elles souhaitaient être importunées, harcelées, violées, lasses de ne pas l'être assez, elles enviaient toutes celles frottées dans le métro *. La vie sexuelle ennuyeuse de celles-ci ayant déjà été diffusée en France et traduites à travers le monde, comme des appels à l'aide. Elles demandent plus d'esclaves. Non satisfaites d'avoir dessiné une image de la France aux violences sexuelles favorisées et aux dénonciations punies, elles décidèrent d'inviter le mari de Mariama Kallo, 32 ans, défenestrée après 23 coups de couteau ces derniers jours à Montreuil, pour prendre un thé et lui souffler à l'oreille : pose ta main sur mon genou, puis nous irons aux bois *

* Catherine Millet aime aller aux bois s'enivrer de liberté d'importuner avec ses collectionneurs d'art, et des biches trouvées sur le chemin.

* Catherine Dorléac a pris un dernier métro dans les années 80, mais ce n'était que du cinéma, et Jean-Philippe Smet n'a rien pu lui dire.

Aux Catherines soumises aux hommes de leurs classes sociales : les frotteurs n'ont pas réussi à faire sortir le génie de votre corps.
Sans le mal gaze (le regard masculin) elles ne se sentent plus exister.
Les matrones aiment les garçons aux comportement merdiques et immatures. Elles jalousent la liberté de ne pas en vouloir et de ne plus vouloir les voir et les subir au quotidien.

D'ailleurs Denis Baupin a signé la tribune avec un bisous rouge sur les genoux des Catherinettes.
Poupées de cire et poupées de son.
Isabelle Gall avait déjà compris que le sens de ce tube était merdique, et elle a gagné sa voix.
Libre : France


Par kiwaïda at 00:51

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