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samedi 16 novembre 2019

Åℳi∃

Où êtes-vous chère amie ?

Chère âme ?

Nous vous avions rencontrée cet été 2014. Une chatte claire, avec une petite queue. À chaque fois, dans ce jardins des Hespérides, vous vous présentiez à nous. Cachée, à l'abri, dans un buisson, vous sortiez venir nous voir et vous blottir de nouveau sur nous, dans nos habits. Nous étions ces ignorants, d'instinct reconnaissants, nous vous apportions chaleur. Aviez-vous besoin de nous ? Non. Nous avions besoin de vous, à ce moment. Nous avions trouvé chaleureux vos salutations bien plus distinguées, que celles que nous recevions. Les êtres humains, vous saviez leur insensibilité. Vous vous cachiez. Nous êtres humains, nous ne savions pas que vous étiez pleine. Nous pensions que vous étiez abandonnée, et si domestiquée. Mais non. Vous preniez nos cuisses comme de confortables divans, nous étions un peu paralysés, sans vouloir vous déranger. Nous attendions votre sieste se terminer.

Quelles joies, vous nous aviez là données. Pas de ces joies pétillantes, mais celles aussi pleines d'interrogations. Alors nous avions décidé de vous protéger. À notre manière et si peu de fois, nous le faisions. Vous aviez besoin de repos, vous étiez sans arrêt fatiguée, vous dormiez. Vous sembliez si apaisée. Vous nous aviez beaucoup apaisés. Les êtres humains ne sont pas apaisés, ils cherchent des peluches, des canapés, et des papiers toilettes. Ils cherchent des coupables. L'été se terminait, nous vous avions perdue de vue. L'automne, nous avons trouvé un chaton fier parcourir, les remparts, une petite queue, comme la vôtre.

Vous étiez pleine de grâce et de vie. Par vous, les plus petits arriveraient, sans dire à personne qui vous étiez. Personne ne sera plus qui vous êtes, vous avez disparue.

Amie, chère âme disparue, pourquoi ce sobriquet m'était venu : Nougat.

Vous étiez mère et femelle de nombre de chatons qui portent votre marque.

À présent, nous le savons, nous ne vous ignorons plus. Nous avons pensé à vous.

La phase de l'ignorance, l'artiste exprime avec ses mains, ses pensées qui les dirigent, ce qu'il ne peut dire. Pourquoi des extraterrestres sont-ils arrivés ?

Ils étaient tendus, la tête haute, ils nous regardaient, avec de si grandes oreilles, ils nous entendaient, mais ils étaient murés dans le silence.

Était-ce des femmes ? Des hommes ?

Des enfants nés. Eux-aussi, par quelle mère ?

La création, la terre.

Le masque de la peinture vous a protégé, ainsi personne ne saurait qui vous a créé.

Le monde passerait son temps à chercher d'où venez-vous.

Les religions apporteraient un soutien, une ruine, la philosophie, un costume vénérable et inaccessible.

Et vous chère amie, chère âme, vous avec cette connaissance, depuis là où vous êtes.

Permettez-moi, de vous remercier.

Photographies et volumes © Sonia Marques

mardi 21 mai 2019

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PHOTOGRAPHIES © SONIA MARQUES



PAPAVER



On appelle pavots toutes les papavéracées du genre Papaver, regroupant plusieurs espèces allant du coquelicot au pavot à opium. On appelle également pavots des papavéracées qui ne font pas partie du genre papaver comme le pavot de Californie ou encore le pavot bleu de l'Himalaya.

Qu'ils sont beaux ces pavots qui pavent ce chemin vers papa. Les papavers...



ARCHIVES



Le site des Archives nationales est voué aux archives postérieures à la Révolution française. Il contient près de 40 kilomètres linéaires d'archives provenant du site parisien, et 120 kilomètres linéaires d'archives provenant du site de Fontainebleau. Sa construction permet de regrouper de manière cohérente les archives contemporaines, aujourd’hui réparties entre deux sites selon une coupure chronologique dépourvue de toute signification historique, et d'assurer à ces archives un meilleur accès, le site de Pierrefitte-sur-Seine ayant été choisi en raison de sa proximité d'une station de métro. L'architecte du nouveau site est Massimiliano Fuksas. La première pierre du bâtiment a été posée le 11 septembre 2009 par le Premier ministre François Fillon. La construction du site de Pierrefitte-sur-Seine est également l'occasion d'une refondation complète des Archives nationales, grâce à un ambitieux programme de reconditionnement, de numérisation et de développement d'un nouveau système informatique. La quasi-totalité des instruments de recherche doit être disponible sur l'Internet. Les fonds conservés à Pierrefitte-sur-Seine le sont autour de cinq sections : archives du pouvoir exécutif et législatif ; archives des administrations de l'Intérieur et de la Justice ; archives des administrations chargées de l'Éducation, de la Culture et des Affaires sociales ; archives des Hommes et territoires comprenant les fonds de l'Équipement, de l'Aménagement du territoire, de l'Agriculture, de l'Écologie, de l'Industrie, du Commerce, du Tourisme, de l'Économie et des Finances ; archives privées. Parmi ces fonds contemporains, on trouve par exemple les archives de l’ORTF, versées aux Archives nationales lors de son éclatement, les fonds des cabinets ministériels, les fonds des services du Premier ministre, les archives du Centre national de la cinématographie, le Fonds de Moscou, le fonds de la Cité internationale universitaire de Paris, la Photothèque du Tourisme, la photothèque du ministère de l'Agriculture, les fonds audiovisuels de l'institution, etc. Parmi les fonds privés, on trouve ceux que les missions ont eu l’occasion de collecter auprès de personnes ou d’organismes privés travaillant en liaison avec le département ministériel de leur domaine d’intervention. C’est par exemple le cas des archives de Pierre Laroque, chargé de la mise en place de la Sécurité sociale de 1930 à 1932. La salle de lecture de Pierrefitte-sur-Seine a ouvert au public le 21 janvier 2013.


Pfff, c'est immense, la conservation, c'est un syndrome, celui de Diogène... Mais il y a le syndrome de Noé aussi, avec les animaux... Cela tombe bien, la nuit des Musées m'ouvrira les portes du Musée de la chasse...




Le musée de la chasse et de la nature, « Musée de France » depuis 2003, est un musée privé rassemblant les collections de la Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature. Il est situé à Paris, dans l’hôtel de Guénégaud et l'hôtel de Mongelas dans le quartier du Marais.
Il est situé rue des archives... Décidément !



Un monde fou, il faisait si chaud, étouffante ambiance, débauche de touristes, venus gratuitement profiter de cet hôtel particulier. Je quittais une tapisserie, très belle, dans le limousin, pour arriver dans ce lieu décoré de tapisseries bien passées. Au sous-sol un DJ set (oui, oui, devant des tapisseries, il se nomme DJ Niagarra) Pourquoi cette boîte de nuit dans ce Musée ? Pour attirer le monde ? Un monde blasé, Paris, c'est fou !

 
 Et puis l’artiste Théo Mercier est venu crâner encore une fois, il a installé des œuvres dans ce Musée, pêle-mêle, cabotin qu'il est, humour, fantaisie, horreur, gadget, tout est finement sténographié...



Il s'est intéressé aux objets commerciaux pour les animaux domestiques et ils les a mélangés (oiseaux, hamsters, lapins...) comme il aime faire. Il avait déjà pris ce truc, à Montrouge au salon, avec des pierres d'aquarium... C'est Jardiland ou Truffaut qui sont ses partenaires favoris...



Comme une impression de familiarité, chez moi, sauf que c'est le vivant qui m'intéresse. Les trucs empaillés c'est à la mode chez les artistes depuis longtemps. Moi, je n'aime pas vraiment les œuvres des artistes qui utilisent la taxidermie, comme mettre en scène des renards empaillés ou faire des gueuletons avec des taureaux, ce genre de truc polémique, mais en fait, ce n'est pas très beau. Être cruel ou chasseur pour prôner des trophées empaillés comme art plastique, s'imaginer patriarche d'un clan. Il y a eu aussi la mode des oiseaux dans les cages exposés... Enfin, il ne faut pas bien aimer les animaux pour exhiber ses tableaux de chasse. Cela ne m'intéresse pas, les étudiantes, les filles surtout, en font des copies de copies... Je préfère aller visiter ce Musée, destiné à cet effet. Mais Théo, il est doué. Il a arrêté le côté plasticien pour devenir scénographe, et il est très demandé pour les théâtreux. Il est vrai que l'art en France... La scéno, c'est bien plus lucratif et aussi jouissif, les moyens sont là, et l'artifice est hors normes. Tout est fugace et le public est au rendez-vous. Espiègleries... Pieds de nez... Punk, affreux comportement diraient les énervés, les anti-art contemporain. Pourtant il y a un savoir faire, faire illusion réussi.



Les échelles, c'est toujours impressionnant de se retrouver regarder de haut par un ours...



Trés bien installés ces fauves et bêtes à cornes...



Se confronter aux échelles toujours, à la prédation, bêtes en cage, empaillées, épinglées comme des papillon, Musée, collection, archives, toujours et encore... la conservation.



Twins



Je me sens comme celui-ci ce soir, accroché, doudou, l’œil méditatif... Paris c'est vraiment de la confiture pour les cochons...



Éponger son effroi... Il fait trop chaud pour travailler (devise française)



Théo par ci, théo par là... des pneus et ressorts, des cruches, comme nous tous...



Les chaises sont comme chez moi aussi, sans le renard empaillé (ça c'est pour les artistes sans idée) mais avec des lapins vivants...



Une arbalète, qu'elle est belle... Il y a des gourous de secte, de nos jours, qui se servent de ces outils pour épingler leurs conquêtes, allemandes, pauvres femmes... Mais n'est-ce pas ainsi que s'organise le monde du travail ? Avec des gourdes, cruches et des manchots pour les diriger, à la libido crasse... Les Google et Cie...



Combien de fois a-t-il été photographié ?



Paris c'est cela aussi, tags sur les arbres, tags sur les boutiques, place de la République, et plots anti-sdf, scotchés de publicité...



À 4 heures de là, c'est le carnaval sous la pluie, à Limoges, confettis partout et pauvres gens rassemblé pour une fête populaire que l'on a raccourci...



Les mains dans les confettis, chacun son pari... Les paris sont ouverts.

Je préfère le vivant à la conservation.

dimanche 12 mai 2019

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La dame à l'orgue est l'une des 6 tapisseries de la Dame à la Licorne, découverte en 1841 par Prosper Mérimée dans le château de Boussac.


À la fin du Moyen Âge, les tapisseries sont des éléments importants dans la décoration des riches demeures. Elles sont utiles pour isoler les murs, mais elles participent aussi de la manière dont un propriétaire peut faire étalage de sa fortune. Leur confection est en effet fort coûteuse et nécessite l’intervention de plusieurs maîtres : le peintre qui en dessine les cartons, le licier qui les tisse, tous deux ne résidant pas nécessairement ni dans la même ville, ni dans le même État. Les cartons de la Dame à la licorne ont été réalisés à Paris par un artiste majeur de la fin du XVe siècle dont l’identité demeure incertaine, tandis que le tissage a été réalisé dans les Flandres où se trouvaient alors les meilleurs ateliers de lice de toute l’Europe. Plus encore que le dessin, la couleur rouge du fond fait de cette tenture un objet de luxe. Le fait que ce rouge ait conservé sa vivacité indique en effet que la laine a été teintée avec un pigment à base de garance de très haute qualité. Un univers merveilleux Ces tapisseries nous entraînent dans l’imaginaire des classes aisées de la fin du Moyen Âge. Le fond de mille fleurs crée un espace à la fois familier et merveilleux. Familier parce que les fleurs représentées avec réalisme sont celles des jardins du temps (œillet, menthe, muguet) et les animaux qui gambadent semblent tout droit sortis d’une forêt ou d’un château (des oiseaux, des lapins, des chiens, des singes…). Merveilleux car les fleurs symbolisent un printemps éternel d’où le froid, la maladie et la vieillesse sont bannis, tandis que les animaux cohabitent en paix. Dans l’esprit de l’homme médiéval, une telle harmonie n’est possible qu’en un seul lieu, l’Éden, le jardin du Paradis, décrit dans la Genèse comme une création de Dieu.

Mais c’est surtout dans la licorne que réside le merveilleux, car c’est une créature fabuleuse au corps de cheval, à la tête et aux pattes de chèvre, et à la dent de narval en guise de corne. Sa présence témoigne de la place qu’elle occupe dans l’imaginaire médiéval. Les bestiaires médiévaux dans lesquels elle est décrite sont inspirés des légendes véhiculées durant l’Antiquité. On y raconte que cette bête sauvage ne peut être domptée que par une vierge.
En dépit de son caractère fabuleux, la licorne est souvent représentée au Moyen Âge dans un environnement quotidien. Elle est montrée comme un animal réel au même titre que le lion ou le faucon, comme c’est le cas ici. Persiste alors, quant à son existence, un doute que viennent renforcer les récits de certains voyageurs qui s’aventurent en Orient et sont convaincus d’en apercevoir. Marco Polo, le plus célèbre d’entre eux, la décrit dans son Livre des merveilles. Tenace est alors la croyance que les régions orientales lointaines et fascinantes sont peuplées de lions, singes, éléphants, licornes, griffons, tous aussi réels les uns que les autres. Plus qu’une dame, une allégorie La dame de la tenture, au teint de lys, aux lèvres vermeilles et aux cheveux dorés, est d’une beauté dont la littérature courtoise chante les louanges depuis le XIIe siècle. Elle n’est pas le portrait d’une femme qui vécut dans l’entourage des Le Viste, mais l’incarnation de la femme idéale selon les critères médiévaux. Pour comprendre la tenture et ce qu’elle représente, il faut la regarder comme un ensemble. Il apparaît ainsi clairement que c’est une allégorie des cinq sens. Sur chaque tapisserie, le geste de la dame désigne le sens concerné : elle nourrit un oiseau pour le goût  ; elle joue de l’orgue pour l’ouïe  ; elle charme la licorne avec un miroir pour la vue ; elle tresse une couronne de fleurs pour l’odorat ; ses mains se posent sur l’étendard et sur la corne pour le toucher . Les sens sont un thème fréquent à cette époque, et pas seulement pour les artistes. Ils sont en effet au cœur des préoccupations de certains érudits qui les classent dans un ordre précis. Pour les théologiens, ils permettent à l’homme de comprendre la création de Dieu et d’élever son âme. La vue, au sommet de la hiérarchie, rappelle l’importance de la lumière et des couleurs en lien avec Dieu. « À mon seul désir » La sixième tenture, où la dame apparaît devant une tente entrouverte sur laquelle est inscrite la devise À mon seul désir, est plus la complexe d’interprétation.



L’Ouïe : Ici la composition se resserre dans un espace encore plus étroit, les bannières sont placées devant les arbres et les cachent en partie. Le lion et la licorne de part et d’autre de la dame et la demoiselle tiennent les hampes des bannières. La dame et la demoiselle sont de part d’autre d’une table, couverte d’un tapis aux motifs décoratifs de types orientaux, où est posé un orgue portatif (que l’on appel un « positif ») dessiné en perspective. Les deux montants du positif sont ornés de pierreries et à leur sommet sont sculpté un lion et une licorne. La dame porte une robe bleu, pardessus la quelle se trouve un surcot or, richement brodé et orné de perles et pierreries. La dame porte un diadème, sur le front à la naissance des cheveux, un large bandeau brodé de roses tombe sur ses épaules, ses cheveux ramenés de part d’autre attachés d’un ruban bleu, sont ramenés sur le dessus de sa tête en toupet. Elle porte toujours colliers et bracelets. La demoiselle porte également un diadème, elle a les cheveux dissimulés par un voile transparent. La dame joue du positif, pendant que la demoiselle actionne les soufflets. Sur la terrasse fleurie, se retrouvent les animaux, lapins, renard, levrette, lionceau. Le fond aux mille fleurs, et aussi parsemé d’animaux, agneau, faucon, renard, lapins, et un oiseau a bec de canard aux longues pattes non palmées.



 



Anniversaire
(Photographies © Sonia Marques)

Jean Pierre Jourdan, et Alain Jaubert, nous rappellent comment un courant de pensée qui s’est développé à la fin du moyen âge, issus d’un commentaire de Marsile Ficin du Banquet de Platon commandé par Laurent de Médicis, et traduit en Français par Symphorien Champier dans le livre du vrai amour publié à Lyon en 1503. Marsile Ficin évoque les six moyens dont dispose l’homme pour atteindre le Beau : les cinq sens, mais aussi l’entendement. Ce sixième sens peut être dit l’intelligence. C’est une théologie de l’amour, qui eu une grande influence à la cour de France dans la morale, la pensée religieuse et l’art. cet amour doit orienté vers Dieu. Toute une lecture des cinq sens est opérée : le toucher, le gout et l’odorat, sont de sens qui rapproche de la matière, alors que l’ouïe et la vue, rapproche de l’esprit, quand à la beauté de l’âme elle ne se connaît que par l’entendement.

Jean-Patrice Boudet, fait quand à lui référence à l’œuvre de jean Gerson (1363_1429) qui dans « la moralité du cœur et des cinq sens », évoque un sixième sens « en dedans » qui est le cœur, qui gouverne les cinq sens . Ces textes étaient diffusés à la fin du XVème siècle, et place ainsi la tenture de « la Dame à la licorne » dans cette tradition littéraire. Mais ce cœur peut à la fois être source du libre arbitre et siège de la passion. En effet on peut aussi lire cette tenture sous le prisme de l’amour courtois, de nombreux symboles présents dans la tenture, végétaux ou animaux s’y réfèrent. Les roses et les œillets, sont fleurs présentent dans le « jardin d’amour ». En effet le « Champfleury »est le « paradis d’amour, lieu d’un éternel printemps. Cette dimension courtoise permet aussi de donner une autre signification à la licorne, qui n’est pas simple porteuse d’armoirie, mais qui est un symbole ambivalent à la fois de chasteté et d’amour charnel. Ce double langage à la fois issu de la morale chrétienne et inspiré de l’amour courtois, est courant à cette époque.

Animaux et fleurs

Les fleurs représentées dans la tenture le sont avec tellement de détails que l’on peut en déterminer une quarantaine d’espèces différentes. Ces espèces de fleurs, recensées constituent la flore habituelle du moyen âge. On y retrouve aussi bien des fleurs sauvages communes, tel que la pâquerette, la pervenche, la jacinthe, la violette, le muguet ou la pensées sauvage, que des fleurs cultivées, jasmin, œillet, rose. La plus part de ses fleurs qui fleurissent entre le moi de mai et le moi de juin évoquent le printemps.

Saison des fêtes de Mai : ce printemps éternel du « jardin d’amour »

Cette végétation fleurit est ainsi souvent présente dans les textes d’amours courtois.
Comme dans la plus part des fonds « mille fleur » retrouvés dans les manuscrits ou tapisseries, ceux ci sont peuplé d’un bestiaire varié.

On y trouve quelques animaux domestiques commun, tel que l’agneau ou la chèvre, sinon la plus part des autres animaux sont lié à la chasse, activité principal de l’aristocratie au moyen âge chien, lapin, renard, perdrix, faucon, héron. On peu de plus voir des animaux exotiques, singes, perruche, lionceaux, genette, panthère et guépard qui pour certain portent des colliers, et rappelles les animaux exotiques que pouvaient posséder les princes dans leurs ménageries.


Description de Rainer Maria Rilke les cahiers de Malte Laurids Brigge :


"il y a six tapisseries ; viens passons lentement devant elles ;Mais d’abords fais un pas en arrière et regarde les, toutes à la fois. Comme elles sont tranquilles n’est ce pas ? Il y a peu de variété en elles. Voici toujours cette île bleu ovale flottant sur le fond discrètement rouge, qui est fleuri et habité par de petites bêtes toutes occupées d’elles mêmes. Là seulement , dans le premier tapis l’île monte un peu, comme si elle était devenue plus légère Elle porte toujours une forme , une femme, en vêtements différents, mais toujours la même. Parfois il y a à coté d’elle une figure plus petite, une suivante, et il y a toujours des animaux héraldiques : grands, qui sont sur l’ile, qui font partie de l’action. A gauche un lion et à droite , en clair, la licorne ; ils portent les même bannières qui montent haut au dessus d’eux : de gueules à bande d’azur aux trois lunes d’argent."

*

Aux lendemains anniversaires, après des tresses fratries par la sœur indienne aux boucles d'oreille étincelantes, une fitness de plusieurs heures, les vêtements trempés, des framboises et étoiles, des jardins japonais, des lapins qui gambadent et des oiseaux joueurs et amusés, un chevalier musicien échevelé son album doué terminé, des parfums enchanteurs et roses, des paillettes abandonnées dans le sillage des souvenirs partagés, une tapisserie s'offre au regard sur un camion sans prétention, c'est elle, la Licorne. Le rouge et le bleu de l'île au pied des lunes, je regarderai encore, cet amour invincible et courtois, mes jours et mes nuits à venir. Une licorne tombée du ciel <3

mercredi 27 février 2019

ᴉʇʇnzɹǝɅ ɐʞᴉɹƎ








Dans le cadre de la troisième édition de « Mutations / Créations », le Centre Pompidou vous propose de découvrir pour la première fois en France une riche exposition consacrée à l’artiste brésilienne Erika Verzutti reconnue internationalement pour son œuvre autour du vivant. Principalement composé de sculptures, le travail de l'artiste, non dénué d’humour, est caractérisé par la sensualité de ses formes, la tactilité des matériaux et l'inclusion de détails inattendus. Réalité et fiction, naturel et artificiel sont autant de relations de dualité qui sous-tendent ses recherches. Une scénographie inédite a été imaginée en étroite collaboration avec l’artiste pour cette exposition. S’articulant autour d’une sculpture qui fait office de socle pour les autres œuvres, telle une arche de Noé, elle revient sur dix-huit années de création foisonnante.



Un peu par hasard, en passant devant la verrière transparente du centre Pompidou, sous un soleil éclatant traversant la salle d'exposition, je vois une installation étonnante. Je décide donc de privilégier une visite de cette salle d'exposition. C'est la brésilienne Érika Verzutti qui expose. J'ai beaucoup apprécié cette découverte. La lumière était limpide et donnait aux éléments exposés une animation toute particulière, ceux-ci déjà, habitant le lieu, et les visiteurs, aussi traversant que les rayons de soleil, invités à circuler entre les "choses", les bêtes, l'espèce de gros piano préhistorique (c'est mon interprétation) avec ses planètes à demi-sphériques posées dessus, ou ces morceaux de rues urbaines et ces colonnes infinies malicieuses. Entre ces pierres précieuses de roches ou ces familles ludiques, je voyais là une liberté assez joueuse de l'histoire de l'art qui la précède, sans en faire un plat, ni respecter bien des principes conceptuels. La couleur se pose partout même dans le mur d'exposition par des touches vives picturales intenses. Parfois je trouvais ses objets comme sortis d'une grotte, réalisés avec les matériaux récoltés sur le passage, à même la roche, ou dans les interstices des murs, tout de bronze et si jamais elle trouve des bananes, une papaye, ou des pavés, elle se raconte des histoires, dans lesquelles, oui, nous pouvons circuler. Le catalogue du centre n'est pas très bien réalisé (comme beaucoup de catalogues de Pompidou, hélas, format inadéquat, mise en page bâclée et iconographie pas bien prise en photo, bref, à ne pas acheter), ni l'article de la commissaire d'exposition très intéressant (Celle qui avait tant médis sur les femmes artistes, en compagnie de Bustamante et de Xavier Veilhan... s'est-elle repentie depuis ?) alors j'ai pris des photos et j'ai préféré lire les articles portugais.
















Extrait de "Um bicho de sete cabeças" (2016) de José Augusto Ribeiro

Para além de representar, as esculturas de Erika Verzutti dão forma
a sensações e fantasias – querem ser e fazer delícias e horrores...
Evocar um bicho, um monstro, aparentar-se com um objeto utilitário,
lúdico, ritualístico, incorporar à própria constituição física a moldagem
de frutas e legumes em bronze e concreto. Mas, ao fazê-lo, querem
revolver, combinar essas e outras coisas e matérias na construção de
unidades ativas, irresolúveis, que não se deixam apreender por uma
única identidade ou um significado só. Cada figura é uma e contém
diversas: num tripé de galhos de árvore, um avestruz; numa jaca, um
sólido com um desenho geométrico fatiado; e numa estrutura formada
por dois cocos e um cacho de bananas fundidos em metal, há uma
silhueta feminina e uma máscara africana. Ora, de início espanta
que a partir de poucas operações com elementos triviais essas peças
adquiram força sugestiva capaz de articular o que categorias, reinos
e classes separam nos domínios da arte, da natureza e da vida social.
Depois, são as experiências com pesos, consistências, texturas,
contornos, cores, brilhos e temperaturas que contribuem para a
indução de estímulos contraditórios e solicitam do observador um olhar
tátil, se possível gustativo, numa percepção quase sinestésica. O que
se desprende daí é tão composto quanto a própria obra: envolve humor,
beleza, erotismo, estranhamento e violência, a uma só vez. Para falar
de outra maneira, o trabalho é suculento e ácido e doce e amargo e
azedo, em vários sentidos.
Como realizações da libido, essas esculturas parecem também
cheias de vontades, e não é por acaso que assumem conformações
heterogêneas. Talvez nem seja exagero dizer que são dotadas de
comportamento, a julgar pela maleabilidade, movimentação e animação
interna que sugerem. Meio cambaleantes, meio desengonçadas,
adaptam chifres,
focinho, orelhas e pescoço compridos, forjam penas,
pelos, pintas, rabo, patas e genitália, casca, polpa, talo e caroço.
 Obtêm um caráter orgânico impetuoso e, numa estranha existência biológica,
insinuam estrelar um filme pornô, ser atração de parque temático,
dão pistas do ânimo para repousar na prateleira de uma estante, na
mesa de centro da sala, numa cozinha, ao ar livre, no museu. Usam as
ferramentas da educação artística, os pincéis, as tintas, a massa de
modelar, a espátula. Algumas têm pedestais próprios, outras refazem
um Pablo Picasso (1881-1973), uma Tarsila do Amaral (1886-1973), um
Constantin Brancusi (1876-1957), um Sergio Camargo (1930-1990)...
Umas vestem saia, outras maquiam-se, descansam, beijam e morrem.
Com a condição de que possam manter ainda, depois de tudo, as formas
frescas, tentativas e para sempre provisórias.
Esse vitalismo da produção de Erika Verzutti só podia surgir
mesmo de um desembaraço, uma desenvoltura que é por natureza
liberatória, tanto na lida com os materiais como nos modos de aparecer
em público. O trabalho não aspira a nenhum tipo de perfeição, e
o que nele parece primário não tem inocência, senão um tanto de
malícia. Fora as etapas de preparação do bronze e do concreto,
os procedimentos de formação das esculturas são elementares,
dispensam habilidades específicas. Consistem em justapor e empilhar
elementos, modelar formas simples, espichar as magricelas, tornear as
bojudas, espetar objetos ou imprimi-los em pedaços de argila. Tarefas
que requerem, se muito, a destreza de um aprendiz, um principiante.
Realizadas, porém, para tomar licenças, romper protocolos e
desautorizar as chamadas normas cultas; para abrir caminho à
coloquialidade e insolência de uma obra cuja linguagem opera em
desalinho com o suposto caráter edificante da cultura – seja aquela
de expressão sisuda e impostada, seja aquela atividade subsidiária
de benfeitorias, seja aquele passatempo mensageiro, do tipo que traz
ensinamentos “produtivos”.
Além de ambíguas, essas figuras são tortas, irregulares e
instáveis, aparentemente sujeitas a uma inversão. Seriam apenas
desajeitadas, não fossem a graciosidade e o garbo de suas posturas
Avestruz (2008), Henry (2008), Painted lady (2011) e Romana (2011)
são exemplos disso. A maioria dos trabalhos tem origem na montagem
precária de seus componentes, com equilíbrios frágeis e apoios
incômodos, em que prevalece o aspecto de uma solução temporária
ou variável. Outros, de fato, se arranjam com a simples disposição
de integrantes independentes, soltos no espaço, em relação um com
o outro. E preferem restar assim, vacilantes, disponíveis, a adotar
esquemas que possam cristalizar afirmações categóricas, posições
bem assentadas e, por consequência, um conforto. Não, nada disso.
Os acabamentos são rápidos e lambuzados, em especial nos processos
manuais com argila e tinta, a informar da urgência dos gestos, da
arbitrariedade em “chutes” e apostas e das deliberações para resolver
impasses. Resoluções que deixam evidentes as marcas de feitura, os
amassados, as dedadas, as contingências com a matéria pastosa, a
despeito de virtuosismos, de condicionamentos, da possibilidade de um
controle absoluto e da eficiência.
Os mesmos flagrantes se encontram na pintura das superfícies,
com o preenchimento parcial – a rigor, inacabado – para a subdivisão
das partes, em aplicações pontuais de cor; ora na produção de
manchas e efeitos, ora em retoques e detalhes; às vezes, em ações
largas e enérgicas, noutras, cheias de capricho. Um labor mas também
uma aventura prazerosa, entre a irresponsabilidade e a dedicação, sem
esconder hesitações, erros, acidentes (alguns ardilosamente previstos),
nem o enleio com motivos decorativos e outras extravagâncias. O
trabalho não acredita na pura espontaneidade, antes, está preocupado
em conquistar as condições de ser espontâneo. Para que componentes
sujos, grosseiros e ásperos se mostrem também planejados e
meticulosos, para que motivos delicados, afeitos à ornamentação,
guardem lá o seu tônus improvisado e intuitivo.  O fato é que as
arestas, as rebarbas, essa aparência de algo por terminar, concorrem
para a manutenção das formas em aberto e febris. Um pouco como se
o material viesse à tona ainda úmido, em secagem, com o processo
latente, vicejante, e as decisões expostas em palpitação. Até segunda
ordem, nada se calcifica, nada é definitivo nem está, assim como se
encontra, finalizado. O trabalho se recusa a considerar-se pronto.













mardi 14 août 2018

Ḡ∀ḠÅTiϟℳ€

GAGA / les petites sculptures de l'été © Sonia Marques

Gagatisme > État de celui qui est gaga.
Popelin me donnait des renseignements sur l'état de douce imbécillité, de gai gagatisme, dans lequel serait tombé Burty, ne trouvant plus ses mots, appelant Louis XV, « quinze, quinze », et s'amusant de son aphasie, de son déménagement de cervelle (Goncourt, Journal,1887, p. 724).
Ga-ga > Onomatopée faite à l'imitation du bredouillement des personnes retombées en enfance; le rapprochement avec gâteux n'est que secondaire.

Au pied d'un château j'ai rencontré une sculpteure. Elle m'a ouvert son atelier. Quelques années à apprendre à modeler la terre, dans tous ses états, avec différents médiums, qu'elle allait chercher dans différentes villes. Autodidacte depuis 5 ans, des iguanes, des bisons, un paresseux, tout était merveilleux. Secrètes sont ses réalisations singulières, je me suis dit qu'aucune école d'art ne formait en 5 années les étudiants aussi bien. Cette femme a fait un parcours seule, loin des écoles et des ateliers de sculptures, par ailleurs trop fermés. Mais avec une expérience de vie. Je venais de réaliser de modestes sculptures, très différentes, en argile blanche, elles ressemblent à un biscuit de porcelaine, une expression du gagatisme, de la gaga au gogo, des expressions de ce que je ressens, en regardant mes lapins. C'est que l'on a quitté depuis trop longtemps, la figure, dans ces écoles financées par l'État. Depuis longtemps, on a répudié toute étude de la figuration, de l'expression, humaine, animale, végétale. Et le petit, tout ce qui était petit. On a mis de côté, on a marginalisé. Certes, ce ne fut pas aussi radical, ainsi, on a oublié peu à peu, l'expression de la figure, les attachements, les choses délicates et tout ce qui serait bon. Le cynisme a emporté tout regard encore allumé par l'attachement aux jolies choses, reléguant aux niaiseries toute sensibilité intacte, toutes les premières fois possibles et imaginables. Pour pouvoir étudier, j'ai gardé secret ce regard, et toutes mes réalisations, comme beaucoup, ne sommes nous pas en attente d'un bonheur du faire, sans autorité pour nous sermonner ce que serait l'art contemporain ? Cette liberté là, d'enseigner, sans juger, je suis parvenue à l'engager et à la réaliser, malgré nombre d'obstacle. Je pense avoir résisté longtemps, pour aider les autres. À présent, je pense que la figure peut s'affirmer, sans mépris.

"Quand il était devenu complètement gaga de son état, il s'en était parfaitement rendu compte et en avait profité pour dire aux gens toutes les choses désagréables qu'il n'avait pu leur dire pendant toute sa vie"

Goncourt, Journal,1895, p. 811.
Cette rencontre et l'échange avec la sculpteure a mieux développé mes questionnements sur les formations artistiques aujourd'hui, sur la valorisation de tel ou tel artiste institutionnel, leur soutien excessif et répétitif, et la marginalisation d'artistes par millier, dans toutes les terres de ce pays, leurs secrets de fabrication, heureusement bien gardés, et la liberté de créer, d'apprendre. Ainsi étaient conservés les châteaux et patrimoines, pour que les visites soient payantes et que les touristes comprennent en toutes les langues une légende, un fauteuil poussiéreux, afin de les restaurer et faire la publicité d'un village à l'abandon, où l'art et la culture ont déserté les terres, jusqu'à ignorer les artistes qui modèlent encore des formes. Quelque chose me fait penser que l'on peut se passer de formations dans des écoles, aujourd'hui, quand la vie vous apprend, quand l'envie vous prend, quand il n'y a pas d'autres moyens pour survivre, pour guérir, pour aimer vivre et créer. Quand on peut voir ce qui se trame dans les rigoles et les petits chemins de traverse. J'écris cela, pourtant j'ai recherché à étudier dans des écoles, à y enseigner ensuite, jusqu'à comprendre que des dégâts pouvaient être plus grand sur d'autres, lorsque l'on empêche des personnes d'étudier, d'apprendre, ou qu'on leur supprime le sel de la vie, par jalousie. Il y a donc, dans des lieux sauvegardés, des trésors, qui ne savent rien des écoles et ont progressé en faisant des recherches. Rechercher par soi-même une couleur, un pigment, un médium, sans jamais cloisonner, un peu de sable, un peu de photographie, un peu de flou et de sagacité, des arts artisanaux de logiciels, d'apprentissages, finalement, n'est-ce pas ainsi que je défile les choses ? La culture, c'est dans ces familles où l'on comprend une sœur artiste, un frère artiste, une mère qui se découvre sculpteur à 50 ans, et quand tous vont se trouver solidaires autours de l'art, pour que tout progresse, pour que toute rencontre infra-familiale devienne le lieu d'une expression plastique, inaugurale d'un champs nouveau, singulier... La main à la pâte.
Et aujourd'hui, il est bien plus accessible d'apprendre, il y a des tuteurs, des livres, Internet, des vidéos pédagogiques. Quand aimer est bien plus fort, quand l'émotion peut se canaliser à travers un objet et se frayer un chemin, parfois, de frayeur, comme se faire peur, comme découvrir par mégarde que ce que l'on imagine est très différent de ce que l'on créé. Mais, comme me disait cette sculpteure, si exposer n'est pas une priorité, le retour est important, et cette rencontre, fut, pour elle, tout aussi importante que pour moi.
De la bonté.



samedi 28 juillet 2018

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Blue Samouraï (© Sonia Marques)

Toute mouillée, sortant de l'eau chlorée de la piscine bleue, elle se dirige vers les cabines blanches. Elle pousse la porte, il y a un petit insecte sur la tablette pour poser ses affaires, il sautille. Non ! Pas cette cabine, elle repousse la porte et choisi la porte d'à côté. Non ! Elle veut revoir quel est cet insecte, elle repousse la première porte et s'abaisse pour observer cet étrange moustique plus grand que les autres, qui saute de plus en plus haut. Elle le regarde de très près : c'est une libellule, peut-être un bébé libellule, avec une longue queue bleue et de gros yeux bleus globuleux qui scintillent, de fines ailes transparentes. C'est merveilleux. La libellule souhaite s'envoler mais se cogne aux parois de la cabine, si blanches. Elle trouve un petit trou au bout de la tablette mais ne peut s'y faufiler, alors elle saute, elle vole haut mais se cogne contre les parois de nouveau. Quels efforts pour ce petit Samouraï ! Elle décide de l'aider, minutieusement, ses gestes d'humains se transforment en ceux d'un fil de pêche, mais sans le harpon. Elle suit la libellule et l'invite à sauter sur sa main. La libellule se cogne de nouveau contre les parois blanches puis se dépose délicatement sur son doigt. Là, elle ne bouge plus, elle se sent bien. Et bien, les voici toutes deux bien avancées ! L'une devrait se changer, l'autre devrait voler de ses propres ailes ! Elle décide de sortir vite afin de libérer la libellule dehors. Elle sort de sa cabine et voit une énorme cabine ouverte destinée aux handicapés. Elle traverse cette immense cabine, toujours avec sa libellule sur le doigt, et vêtue de son maillot de bain mouillé chloré. Elle ouvre une porte, avec un signe interdit rouge dessus, elle atterrit dans une salle pour les personnes habillées qui mettent leurs chaussures aux pieds et tombe nez à nez avec une dame outrée de la voir en maillot mouillé avec un doigt tendu devant. Personne ne doit sortir de là, normalement. Elle referme vite cette porte et repasse par la grande cabine abandonnée, puis revient dans sa petite cabine blanche. Elle dépose la libellule sur la tablette et lui dit : "Tu vas bien m'écouter, il faut que tu me fasses confiance, j'ai trouvé un passage secret et je vais te libérer, pour cela, tu dois m'attendre, le temps que je me change, car je dois m'habiller de vêtements secs, afin que je puisse t'emmener plus facilement à travers le passage interdit, ainsi, nous sortirons directement dehors et tu verras, la nature sera là."

La libellule patiente sur cette page blanche, cette cabine blanche. Elle se change à toute vitesse comme par magie, et passe du mouillé au sec, en un clin d’œil. Elle met son sac sur le dos, ses nageoires, elle invite de nouveau la libellule bleue à venir sur son doigt, et les voilà parées toutes deux : À l'aventure ! Elles passent la cabine des handicapés, elles ouvrent la porte interdite, et traversent glorieusement l'espace des personnes affairées à remettre leurs chaussures. Occupées à regarder par terre, chacune à récupérer leurs chaussures et sandalettes diverses, les personnes, toutes individualistes, ignorent la magie qui s'opèrent sous leurs yeux. Une libellule chevronnée qui aime la piscine, va regagner sa liberté, sa nature. Bien évidement, toutes deux, elles zappent l'étape des chaussures, elles montent l'escalier, elle avec son bébé libellule sur le doigt tendu, son gouvernail : c'est par là ! Personne ne voit le petit Samouraï bleu, chacun, chacune voit une femme discrète avec un doigt tendu devant, comme si elle montrait une direction. Elle passe le tourniquet électronique, la libellule ne s'affiche même pas à l'écran, le passager est invisible pour les scanneurs. De gros hommes musclés sont devant, elles se faufilent, transparentes et fines. Elles passent toutes les portes et arrivent dehors. Elle dit à la libellule : "Tu vois, ici c'est la nature, attends un peu, je vais te déposer sur un arbuste japonais, près des marais". Fièrement, elles arrivent toutes deux, en redescendant un grand escalier en bois, devant un arbuste japonais, un saule crevette, de couleur crème avec des tâches vertes et des pointes roses. Elle dépose délicatement l'élégante libellule, qui la regarde avec ses yeux bleus immenses, comme si elle venait de réaliser quelques longueurs avec son masque et son tuba dans la piscine et lève sa longue queue et la dépose en signe de reconnaissance et de fratrie sur son doigt. Sa queue forme un arc de cercle. Puis elle vole vers une pétale de l'arbuste japonais, nommé Hakuro Nishiki. "Bonne chance dans ta vie petite libellule bleue !" Son amoureux assiste à la scène finale de la libération, avec un sourire.

Cette libellule est une demoiselle, plus exactement une Agrion jouvencelle (Coenagrion puella) Une espèce d'odonates zygoptères (demoiselles) de la famille des Coenagrionidae et du genre Coenagrion. Elle est commune dans la plupart des pays d’Europe. L'espèce a été décrite en 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné sous le nom initial de Libellula puella. L'Agrion jouvencelle, est aussi appelée : l'Agrion fillette, l'Amélie, la Libellule Amélie, la sophie (en anglais : Azure Damselfly )

LIBELLULE, subst. fém.

De libella « niveau », allusion au vol plané de l'insecte.

Dans le Dictionnaire des symboles, on découvre que"la libellule, admirée pour son élégance et sa légèreté, est en outre un symbole du Japon, qu'on désigne parfois sous le nom d'Île de la libellule (Akitsu-chima). Cette dénomination, qui s'explique par la forme générale de l'île de Hondo, proviendrait de l'exclamation légendaire de Jimmu-tennô, fondateur de la dynastie, alors qu'il contemplait le pays d'une hauteur : on dirait une libellule !..."

Avec la fleur de cerisier (さくら : sakura), la libellule était bien souvent affiliée aux samuraïs. En effet la libellule symbolise pour les japonais la force et le courage, voire la victoire. Il semblerait même qu’elle était pendant longtemps dénommée « kachimushi » : l’insecte de la victoire. L’une des principales raisons du rattachement aux samuraïs tient à ce que la libellule a la particularité de toujours aller de l’avant et de ne jamais faire demi-tour. Elle peut certes faire « marche arrière » mais elle reste toujours de face, tel le samurai faisant continuellement face à ces adversaires sans jamais leur tourner le dos et ce quelque soit la situation.

❤ Dragonfly

Pour les Celtes, la libellule était un symbole de transformation pour arriver au but ultime : la libération de tout son potentiel. La libellule le montrait bien par ses étapes successives de métamorphose, de l'état larvaire sous l'eau jusqu'à la magnifique libellule volante, vive et rapide dans les airs. La libellule enseignait qu'en chaque être vivant se trouvent des ressources cachées capables de se libérer et de s'épanouir. Dans la pratique chamanique celtique, tout pratiquant allait régulièrement contacter l'esprit de la libellule pour travailler dans son quotidien cette libération des ressources cachées. Celles-ci pouvaient se révéler dans n'importe quel domaine, permettant à la personne de déployer ses capacités profondes et devenir maître-artisan, expert dans l'utilisation des plantes, spécialiste de la communication avec les esprits de la nature, astrologue, chaman ou druide spécialisé dans un domaine précis, etc. Il pouvait également s'agir d'une ou plusieurs facultés qui s'exprimaient enfin dans toute leur ampleur : sagesse, empathie, intelligence, patience, calme, amour, compassion, sérénité... Le phénomène de cette libération des ressources cachées pouvait être progressif ou se produire quasiment du jour au lendemain ; dans ce cas il était beaucoup plus spectaculaire. L'esprit de la libellule était le guide par excellence que nos ancêtres consultaient pour découvrir les ressources de leur être profond. Et lorsqu'une telle métamorphose avait lieu, la personne concernée gagnait en ardeur, en passion dans chacun de ses actes, ce qui ne manquait jamais de rejaillir positivement sur son environnement.

Alors il existe un dragon qui vole, et qui parfois nage comme un poisson... dans des piscines conçues pour les êtres humains. Libellule, elle se métamorphose même dans les cabines...

samedi 9 août 2014

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C’est au début du XVIe siècle que se répand la mode de semer une véritable constellation de petites fleurs en fond de tapisserie. Les “Mille-Fleurs” agrémentent ainsi des tapisseries évoquant la vie rustique, les divertissements des nobles et des seigneurs. Parmi les principales tapisseries “Mille-Fleurs”, on peut admirer “Les Bergers” (Musée des Gobelins), “La Vie seigneuriale” (Musée de Cluny), et “La Noble Pastorale” (Musée du Louvre). La plus extraordinaire des tapisseries “Mille-Fleurs” est “la Dame à la Licorne”, (Musée de Cluny). L’origine recèle encore quelques mystères. Tenture de six pièces qui, pour cinq d’entre elles, représentent les “Cinq Sens”. La sixième, dont la devise est “À mon seul désir”, reste inexpliquée.

Extrait de la tapisserie "Rambouillet" de René Perrot (tissage Atelier Pinton, Aubusson, vers 1970) - Photographie : Sonia Marques

LES OISEAUX
56 exposition d'été de l'Eglise du Château de Felletin

La 56e exposition estivale de tapisseries de l’Eglise du Château de Felletin, produite par la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson, est consacrée cette année aux oiseaux. Panoramique polyphonique, dispositif architectural et sonore tissé pour lequel Cécile Le Talec a remporté le Grand Prix de la Cité de la tapisserie en 2011, est au centre de l’exposition. Conçu comme un salon de musique circulaire, Panoramique polyphonique invite les visiteurs à pénétrer dans l’espace tissé circulaire et à se laisser porter par une bande-son mixant des chants d’oiseaux et le Silbo, langage sifflé de l’île de Goméra. Cet étonnant dispositif architectural tissé rend la parole aux oiseaux qui ont toujours peuplé en silence les tapisseries, animaux phares des bestiaires médiévaux puis sources délicates d’inspiration pour les artistes de la tapisserie depuis lors. Autour de cette œuvre sont présentées des tapisseries mettant en scène ces animaux et provenant de tous centres de fabrication et de toutes époques. Face au chœur, l’exposition s’ouvre avec le puissant Oiseau de Feu de Mario Prassinos. Dans le chœur, puis chapelle après chapelle, les visiteurs découvriront les œuvres tissées de grands maîtres comme Jean Arp et sa Porte d’Oiseaux, L’Oiseau de George Braque ou encore un tissage de La Grande Famille de René Magritte, aux côtés des scènes colorées de Dom Robert (notamment Pavane de novembre), René Perrot – peintre passionné d’ornithologie qui a produit plus de 500 cartons de tapisseries– avec Rambouillet, Elie Maingonnat ou Marc Petit.

Extrait de la tapisserie "Rambouillet" de René Perrot (tissage Atelier Pinton, Aubusson, vers 1970) - Photographie : Sonia Marques

Un air de ressemblance - Photographie © JD
Faire tapisserie, faire le même âge - Photographie © JD

 

 

Extrait de la tapisserie "Plaisir d'automne" de René Perrot (tissage Atelier Pinton, Aubusson, vers 1970) - Photographie : Sonia Marques

Un château (Photographie © Sonia Marques)

Extrait de la tapisserie "Rambouillet" de René Perrot (tissage Atelier Pinton, Aubusson, vers 1970) - Photographie : Sonia Marques

Naissance et essor d'un artisanat d'art

L’histoire de cette production semble correspondre au développement de plusieurs activités artisanales dans le Massif central (coutellerie, papeterie, armurerie, soierie et un peu plus tard dentelle). Si les origines flamandes sont incertaines, les tapisseries marchoises pourraient découler de la reconversion de l'industrie drapière locale en un artisanat d'art. Il existait à Felletin une tradition de production de couvertures et de draps. La présence d'une infrastructure textile avec une main d'œuvre de qualité et une clientèle établie peut expliquer que les fabricants de tissus aient saisi l'opportunité économique de transformer leur industrie utilitaire en une production d'art. Les premières mentions fiables sont des actes notariés de 1457 et 1473, mentionnant la présence de tapissiers à Felletin. Les productions se spécialisent, se perfectionnent et s’intègrent à un commerce d’exportation porté par des marchands qui ont confiance en la maîtrise de la laine des ouvriers creusois et leur construisent un réseau d'exportation efficace et prospère.
Dès le XVIe siècle, les tapissiers locaux s’approprient les genres à la mode produits à Arras ou en Flandres. Apparaissent alors des tapisseries à décor de « verdures » à feuilles de choux ou à aristoloches, millefleurs, scènes de chasse et bestiaires fantastiques ou exotiques. D’après les archives, l’inventaire de Jeanne d’Albret (La Châtre, Indre), rédigé en 1514, mentionne plus de 70 tapisseries de Felletin dont plusieurs « à menus feuillages » évoquant les millefleurs. En 1546, Jehan Chartier de Bourges commande à deux lissiers de Felletin une tenture en neuf pièces représentant les neuf Preux (Godefroy de Bouillon, le roi Arthur...). La thématique chevaleresque est en effet très à la mode durant le Moyen Âge et jusqu’au milieu du XVIe siècle, comme dans la production flamande de la même époque, également réalisée sur métier de basse-lisse.

Une cachette (Photographie © Sonia Marques)

Un bouquet (Photographie © Sonia Marques)

Muraille (Photographie © Sonia Marques)

Fleur (Photographie © Sonia Marques)

Mille-Fleurs (Photographie © Sonia Marques)

Fleurs (Photographie © Sonia Marques)

Gammes à Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Gammes à Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Nature morte (Photographie © Sonia Marques)

Espièglerie 1 (Photographie © Sonia Marques)

Un autre bouquet (Photographie © Sonia Marques)

Espièglerie 2 (Photographie © Sonia Marques)

Gammes (Photographie © Sonia Marques)

Gammes (Photographie © Sonia Marques)

Gammes (Photographie © Sonia Marques)

Juillet, travail, recherches, tourisme, partenaires, entreprises, soutien, couleurs, fleurs, oiseaux, luxe, calme et volupté, désertification, eldorado, road-movie...

Août, plus rien ne bouge, fermeture, peinture, culture, nage, aménagement, le parking, l'essence, les cartes, les routes, la découverte, il n'y a vraiment personne dans ces contrées luxuriantes

- Aller où personne ne va, rester quand tout le monde part, partir, quand tout revient et rester loin de tout, toute l'année, au coeur de la vie

Création : Les inspirations sont souvent plus proches qu'on ne le croit, les impressions n'ont pas de frontières, les sensations sont primaires, la réflexion secondaire et la troisième : la liberté de faire et penser