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mardi 18 janvier 2022

ṽ@ʟłø⊥☺η

 


 


 


 
 


   


 


   
Peintures de Félix Vallotton (1865-1925)

J'ai déjà publié sur Valloton, avec mes quelques vignettes de ses peintures, je trouve des points en commun avec mes photographies, dessins, un siècle plus tard, et avec de nouveaux outils ou manières de voir le monde. Dans ces vignettes figurent une douceur du regard et des facultés de coloriste indéniables. Il y a quelque chose de frais et d'enfantin, celui d'envisager les arbres, étendues d'eau, couchers de soleil, comme des éléments de couleurs. Ils s'agencent dans l'espace comme des objets en relation intime les uns avec les autres, liés par un sentiment paisible, qui masque bien des tourments. Il était écrit à son sujet, indépendant, secret, passionné, réfléchi et sensuel, misanthrope, dessinateur prolifique, il s’est essayé à la sculpture et aux arts appliqués, il a écrit dès son plus jeune âge (des critiques d’art et des essais, des pièces de théâtre et trois romans) Des capacités hors normes pour échelonner ses expressions sur différents médiums, médias...  Ses œuvres m’apparaissent comme des évidences, non parce qu'elles sont décrites comme "simples", mais parce qu'elles résument, elles sont la synthèse de ces sentiments sereins, après le chaos, d'un retour au calme et aux aspects savants de la méditation intérieure, du repos, d'un art complexe de saisir le moment opportun de la lumière ; d'un point de vue de découvreur, sur une vallée, ou celui d'un photographe ou d'un graveur, qui regarde d'en haut ; les petits hommes et les petites femmes, le sable depuis une falaise, des sortes de vues grand angle, ou télescopiques. Ses gravures en noir et blanc sont charmantes et esquissent cet art de poser le yin et le yan, de savoir déceler une émotion entre deux, et entre deux personnages, deux amoureux, une foule, la délectation d'une paresse, d'un chat noir qui s'étend comme un chemin d'abandon. 

L'abandon de soi, sublimé. 

Lorsque l'on est passionné, il nous reste encore de quoi partager, à d'autres passionnés de l'art. L'imagination libère d'autres temps pour les artistes et les doux rêveurs, rêveuses.

mercredi 29 décembre 2021

♓∀Ṕℙ¥ ℋ∀ṔℙУ

feerie51.jpg

Um mar calmo e brilhante, uma mãe.

O mar, o oceano, a paisagem sem senha, sem palavra de passe, sem caixa eletrônico...

Mãezinha.

Illustration © Sonia Marques

lundi 27 décembre 2021

♭αηḓ℮ ḓε﹩﹩ḯηéε : iℓʟüμїᾔ@⊥ḯ☺ηṧ

Illuminations

































































































Illustrations de la bande dessinée © Sonia Marques



samedi 18 décembre 2021

ℬ☮Ѧϟ ℉∃$†Åϟ

Cette carte de vœux est toujours d'actualité. Je l'ai créée pour les fêtes de fin d'année en 2017 ou 2018, cela n'a pas d'importance, puisqu'elle fut intégrée à la page d’accueil de mon site Internet. Celui-ci, visionnaire, préfigurait une notion de confinement. Les bonnes fêtes étaient ainsi souhaitées à toutes celles et ceux avec qui j'ai travaillé, mes amis également, mes proches et très proches, et les amis très distants, celles et ceux, dont la distance kilométrique, de pays à traverser, ne permet, ces temps-ci, que d'être en relation, par écran interposés, bien plus que par la voix (le téléphone) Nous pouvons le regretter, notre société, n'a pas trouvé mieux que ces modes de communication qui font très mal aux yeux, et même, dans les milieux professionnels, il est recommandé de télétravailler. Imprimée et envoyée à plusieurs, cette carte fut aussi une (grande) carte de coordonnées. Chanceux et chanceuses à celles et ceux de l'avoir reçue, avec tendresse.

Au-delà de cette notion festive, chère à mon cœur, elle annonçait ma nouvelle compagnie. Je n'ai de cesse de m’intéresser au monde animal. Une nouvelle naissance, l'éthologue rencontrait le quotidien de l'artiste, quasi convalescente, après avoir donné tout son temps au service des autres humains, les animaux aussi se trouvaient rassemblés dans une arche providentielle.

La page d’accueil de mon site Internet n'a pas changé, elle exprime une certaine permanence, dans un monde en perpétuel changement.



La page de ma biographie à feuilleter, provient aussi d'une création, hors ligne, devenu textile, issue d'un dessin de grande taille (plus grand que ma taille humaine) d'un personnage, un magicien, en train de peindre avec des cymbales ("Domino") liée à la dominoterie et aux corps flottants, présents dans mon travail artistique, qui m'a accompagné dans la durée. Un merveilleux programme de recherche, qui m'habite. Comme des dominos, ce jeu étonnant d'adresse et d'imprévus, (autre terme utilisé pour des jeux spectaculaires de petits dominos) mes œuvres artistiques forment des réactions en chaîne. Souvent, un élément qui semble mineur, pour d'autres, provoque un changement de proximité à d'autres créations en chantier, qui provoque d'autres changements similaire, et ainsi de suite. Cet effet Domino, suite d'événements liés entre eux, est une métaphore intéressante, dans ma méthode de travail et d'expression artistique, car elle prévient du risque systémique, tout en exposant la faille d'un système. Mais il ne peut être décodé que par des sachants. L'expertise de l'image et des arts graphiques, de la communication, est un art de l'histoire des images et de leurs capacités à générer du lien et de traverser des frontières. C'est dans "le toucher", associé à une certaine acuité visuelle, que mon art tente d'ouvrir un champ d'émotions : c'est plus par les poils et les plumes, que j'ai le mieux réussi, à traverser la complexité des relations sociales, en explorant des langages, qui m'étaient totalement inconnus, et dont, je n'avais reçue aucune formation, si ce n'est, d'avoir été très jeune, confrontée à des animaux différents. Et ce, certainement dès ma naissance. Une de mes cousines plus âgée que moi m'avait raconté, qu'elle était restée très impressionnée par des portraits photographiques en noir et blanc agrandis et affichés chez mes parents (les auteurs), de moi, petite, sur un âne qui semblait immense, dans un chemin de terre. Est-ce que je semblais être à cheval (d'un âne), avant de savoir marcher, les mains dans les poils ? L'âne est déjà un animal très particulier, qui n'en fait qu'à sa tête.

N'en faire qu'à sa tête...

Extrait du dessin Domino.

Œuvres multimédias © Sonia Marques

*

Il y a toujours plus grand que soi. Le pouvoir des assujettis, dans le monde animal, et aussi, je l'éprouve, chez les êtres humains, est dominant. N'en déplaisent à celles et ceux qui continuent de penser, que seuls les dominants déclarés, décident de qui est dominé. Mon observation de certaines espèces animales et leur potentiel à communiquer sans aucune voix, et par leurs sensibilités, chatoyantes, m'ont beaucoup appris de langages dont nous nous trouvons assujettis, sans en avoir une once de contrôle, ni de domination. Cela confère aussi, au lien avec le paysage qui se transforme et le climat, sur terre.

*

J'écrivais ceci sur Domino, et ses couleurs flottantes (2013-2015) :

Domino est le nom que je livre à cette œuvre. Elle représente un magicien qui fait de la peinture. Je ne dirai pas un peintre, car avec ses outils, ses cymbales, cet instrument de musique percutant, il fait de la peinture, il ne la pratique pas, il la fait apparaître par hasard. Ses cymbales trempées dans la couleur sont les pinceaux qui mélangent les couleurs. Son costume et le fond sont la palette et le décor. On peut distinguer parfois des tracés qui s’effacent progressivement dans un ton uni et puis des contours qui cernent d’autres tons, jusqu’à former des motifs de camouflages. Cette création est issue de plusieurs études historiques. Je laisse flotter des notions lorsque je peins dans ma tête, des histoires qui n'ont pas de couleur, pas d'images, ni de représentation. Je leurs dédie un dessin, je leurs attribue des gammes et des nuances de couleurs. Pour ne pas perdre le rythme de cette pensée dansante, j’ai imaginé des couleurs qui seraient non miscibles entre elles, qui se repoussent et s'épousent, dont j'observais leur sensualité se dessiner avec Domino et ses instruments de musique jetés ensemble, comme des percussions synesthésiques. D'ailleurs, le mot Cymbales vient du grec, kumbalon, signifiant jetés ensemble, de la même origine que le mot Symbole. Si les cymbales sont utilisées dans la musique populaire, des fanfares folkloriques aux marches militaires, et au jazz, elles sont apparues pour la première fois dans l’ancienne Assyrie (le nord de l’actuel Irak), en Egypte et en Judée. On se servait également de petits instruments similaires en Occident. Ce n’est pourtant qu’au XVIIIe siècle que les grandes cymbales originaires de Turquie sont arrivées en Europe. Je voyage à travers la création. Et je stationne un moment dans une œuvre avant de repartir. La réalisation est une clôture, mais pas une finitude. Domino me laisse une fenêtre ouverte sur la peinture. Il me semble que la peinture maquille un drame, quelque chose de grave, afin de se sentir vivant. Ce personnage symbolise une cartographie, un paysage, des plaines et des surfaces agricoles vues de près, vues d'en haut, abstraites et parcellisées.


Au crépuscule ce jour, me viennent ces pensées...
Sommes-nous sensibles ? Seulement, si nous savons préserver nos qualités sensibles, l'ignorance balaie de son renoncement, l'accès sensuel à ces qualités intrinsèques à la vie et donc, à la condition de la meurtrissure. L'insensibilité est un paravent. Il suffit d'une rencontre pour ôter ce préjugé et parvenir à l'humilité. Défaillir d'amour, comme le jour se pâme au crépuscule.

vendredi 3 décembre 2021

ḠÜЇℜℒ∀ИÐℰ$


Extase est un diaporama de photographies de vues de montagnes sur une plage sonore longue d'une composition musicale que j'ai nommée Island. Projeté sur grand écran et exécuté par un programme informatique, il était programmé lors des démos de Téléférique, un groupe d'artistes que j'ai co-fondé en 1999, dans plusieurs lieux à travers la France, sur une durée de quelques années. Une période de transition, fin des années 90 et début des années 2000. Une année charnière où pas mal d'expériences étaient tentées, un peu comme un feu d'artifice d'un siècle à une autre. Les photographies, que j'ai travaillées, s'organisaient, dans mon esprit, comme des espaces inventés, des paysages d'altitudes, bien que certaines vues se posent au sol. La couleur est la dimension picturale la plus remarquable de ces sites, qui, in fine, n'existent pas, sauf dans mon esprit. Si cet extrait représente ici des vignettes comme des timbres-postes, dans la programmation exposée, la projection était très grande, et nous étions en immersion dans ces paysages. La musique répétitive que j'ai créé, venait vraiment de mon esprit et je ne connaissais pas, à cette période Terrence Mitchell le compositeur contemporain américain, de la musique minimaliste californien, et pourtant, je pense que cette composition aurait pu en être issue. Étrange, non ?
Je n'écoutais pas alors, de musique minimaliste, mais plutôt technoïde. Plusieurs compositions sonores ont été réalisées ainsi, sans référence, et pourtant, c'est bien moi qui les ai composées. Il y a eu des journalistes qui venaient interroger mes amis, membres du collectif, pour leurs demander sans arrêt si c'était eux, les compositeurs, et ils souhaitaient vraiment rencontrer l'auteur, en pensant que cela devait être un homme. Mais leurs réponses les décevaient lorsqu'ils me montraient du doigt : c'est elle. Ils rebroussaient chemin, sans m'interroger, mais continuaient après à contacter chaque homme de mon collectif et finissaient par en inviter quelques uns dans leur programmation musicale, d'autres festivals. Cela ne me gênait pas, dans le sens où je n'aurai pas pu travailler avec des personnes obnubilées par le genre et ainsi, rien n'était dénaturé de ce qui sortait de mon esprit.
La période de décembre me fait penser à cette démo enneigée, que j'avais organisée, pour un festival, un symposium des arts électroniques international, avec mes amis. Le flyer, que j'avais dessiné, était à l'image d'une cartographie en montagne avec des téléphériques, icônes de notre groupe, qui préfigurait le mode de téléchargement d’œuvres d'art, dans un protocole de transfert, en FTP. C'était très ingénieux ! Un 8, 9, 10 décembre de l'année 2000, il faisait aussi froid que ces jours-ci, et nous étions très précaires, et pourtant avec des rêves immatérialistes, que nous avions réussi à matérialiser, avec une solidarité assez extraordinaire, mais aussi un enthousiasme plus fort que tout, une foi dans nos avancées, que je trouve toujours magique. Et pourtant si modestes. Il fallait avoir l'amour et la capacité de réunir des jeunes personnes si différentes, de culture et de genre, et aussi techniquement aux prémices du numérique, j'étais formatrice autant que je me formais. Mon appartement ressemblait à une table aux multiples entrées. Ma capacité d’accueil était naturelle. Puis le contexte à changé et en changeant de ville et de région, mes méthodes d'apprentissages, de formations, d’accueil, ont aussi changé. L'altitude se mesurait, plus j'explorais, moins j'étais suivie. Et mes traces s’effaçaient. Si j'étais un guide, celui-ci, la guide, celle-ci, est partie très loin devant. La cordée était si lourde, et tirait si fort que j'ai dû, à un moment, prendre appui sur de nouveaux repères, en laissant mes amis prospèrent sur les bases. Quand on voit loin, on doit se fier à sa ligne de crête, solitaire.

Là je regardais les années 2000. C'est loin et c'est aussi proche pour d'autres qui découvrent ces reliefs, bien plus tard.

Ce qui reste très vivant, c'est cette joie, je pense qu'elle est très vivante, et se manifeste au souvenir, mais aussi, dans ces moments de repos où j'estime qu'il faut se reposer. Pas beaucoup de cabanes dans la montagne, et un petit hélicoptère sauverait bien de difficultés inutiles, mais il est agréable aussi de grimper avec peu, d'être léger et croiser une chouette effraie. Blanche, et son bébé.
Souvent ces oiseaux, comme tant de perroquets, ou de toucans, dans les pays où il fait chaud, se posent des questions lorsqu'ils regardent la caméra de surveillance. On peut ainsi les voir, être filmés, à leur insu, regardant à travers l'objectif à plusieurs reprises, détournant ainsi la visée, s'imposant comme être vivant dans la majeure partie de l'image, de l'écran, de la vignette donc. Ces animaux nous regardent les regarder, sans savoir qu'ils occupent un espace non prévu pour eux. Ce comique de situation est exactement ma situation. Je regarde un appareil quelconque destiné à surveiller, de façon étrange, comme si cet objet n'avait pas d’intérêt pour moi, si ce n'est que parfois me gêner, parfois m'amuser, et en le titillant, j'agace les observateurs et les observatrices, qui ont conçu cet appareil, pour surveiller les routes, ou les voleurs, ou parfois je les amuse. Mais je suis vue comme un animal surprenant et idiot.

Le problème est que "le quelconque" a demandé beaucoup de techniques et de crédits, souvent à des fins politiques, qu'il y a des armées derrière (ou parfois justement plus personne, les caméras de surveillance ne sont pas surveillées et souvent abandonnées) et qu'agir ainsi peut sembler, se moquer de la politique. Hors, c'est une méprise, je ne parle pas le même langage et ne me meus pas dans la visée d'un tel appareil de surveillance. Avec mes patauds essais, parfois de virer l'engin et le mettre hors service, ma vie ne s'en trouve pas modifiée. Tandis que c'est un drame de ne plus voir ni pourvoir surveiller, ni d'être bien vus pour d'autres.

Les incognitos

L'autre visuel, est celui d'une double page, de mon édition, nommée Les incognitos, réalisée plus tard, en 2011, le collectif Téléférique était dissout, j'avais déménagé dans une ville que je ne connaissais pas, mais j'avais embarqué mes dessins commencés déjà en banlieue parisienne, dessinés à l'encre de Chine noire sur de grands formats. La réalisation de cette édition, permettait de passer à la couleur et de travailler les superpositions. Les 2 monstres choisis, en vert et rouge, me faisaient penser à Noël, et je ne les avais jamais évoqués avec Extase. Pourtant, ces dessins et ces inventions d'icônes, étaient déjà présentes dans d'autres projets présentés, collectif, je pense à Phosphène, un format très hallucinogène, que j'avais co-réalisé, et jouait en direct avec Robin Fercoq, devant un public très surpris, en pianotant nos claviers d'ordinateur. Je me souviens de toutes les phases de réalisations, dans mon appartement ou dans le sien, souvent le soir, car je travaillais le jour pour payer mon loyer, dans d'autres entreprises privées, pas facile de jongler, mais, c'était exceptionnel, quand on est jeune, on est capable de faire tellement de choses diverses, que l'on ne se rend pas compte, qu'elles seront un réservoir inépuisables d'acquis et de beaux souvenirs.

Cette édition s'inscrivait dans des éditions que je nommais Isolarii, et secondaient la création d'un site Internet sur les Îles : Nissologie. Toutes ces idées, riches, renvoyaient à d'autres idées, puis ces autres idées renvoyaient à d'autres idées. Autant dire que je m'amusais à penser à une université pour une seule personne, la plus isolée, n'était-ce pas là, la perception de l'exclusion que  j'abordais avec humour, ou de l'exclusif. Au plus loin, au plus haut, toujours pour prendre de l'altitude, n'y avait-il pas là de quoi se retrancher dans un espace difficile d'accès. Surtout si l'on doit affronter ces monstres rouge et vert ?

C'était ainsi sonné :

Isolarii : Nom des éditions nissologiques.
* Auteur : Sonia Marques, artiste, professeur
* Recherche : oLo (Observatoire du Langage des Oasis)

"Ces isolarii (insulaires) sont mes poussières de continents, des recueils, catalogues, cartographies, histoires, illustrations, poésies, curriculums, manifestes, essais, collaborations, toutes sortes de textes, images, enrichis par l'expérience personnelle de leurs auteurs. Comme les recueils d'îles du XVe siècle, dont est inspiré le nom de cette édition, ils concernent des unités "étroitement circonscrites et aisément descriptibles", ils s'adressent aux poètes, navigateurs, artistes, chercheurs et s'inscrivent dans l'Observatoire du Langage des Oasis, (oLo)"

* Isolarii : Name of the nissology's editions
* Author : Sonia Marques, artist, professor
* Research : oLo (Observatory of the Language of Oases)



Mon observatoire du langage des oasis n'a pas cessé, depuis, de s'agrandir.

samedi 6 novembre 2021

ρїηтʊґα﹩

Photographies © Sonia Marques

samedi 30 octobre 2021

ṧüґḯḉα⊥℮

Photographies © Sonia Marques

Sentinelle du désert, petit suricate, la délicate. L'eau a éteint le feu, la baleine translucide devinait, son coucher de soleil une nuit étoilée, nous faisait parvenir ses pétales de papiers métallisés, pliés, reposés. Autant d'écus d'or sous nos pieds, les années ont passé, sans s'éterniser. Le minuscule éléphant n'en était pas un, il tournait le dos et regardait son ombre, très à l'écoute, son fessier éclairé, dans une marre émeraude, quelle merveilleuse tapisserie, elle-même assise, miroir de lignes turquoises, au flanc fléché. Esthète pierrot, merci les bons jours, adieux les subterfuges. Artistes, les ardeurs redoublent de mérites, des années de fabrications, de couleurs et d'inventions, imprévisibles et audacieuses, des intentions dédiées aux âmes fidèles. La baleine de cristal nous faisait parvenir ses pétales de paillettes, observés par les lapins du pays des merveilles.
Qu'il est doux d'être arrivé aussi loin, aussi haut, as-tu déjà vu un terrier qui vole ?

dimanche 24 octobre 2021

Ḻ☮Ṳ†ℜ€

Le jour avant le bonheur


Nous sommes allés visiter l'exposition, qui porte bien son nom, Le jour avant le bonheur, au musée des Beaux-Arts de Limoges, de Louttre.B.

Marc-Antoine Bissière, dit Louttre.B (1926-2012) est imprégné par un milieu artistique parisien effervescent dès son plus jeune âge ; il côtoie notamment par l’intermédiaire de son père, le peintre Roger Bissière (1886-1964), des artistes tels que Georges Braque ou Louis Latapie. À partir de 1938, la famille part s’installer dans la maison familiale de Boissierette (Lot), où le tout jeune homme commence à peindre aux côtés de son père. Louttre.B développe rapidement une recherche abstraite qui lui permet d’étudier les rapports colorés et trouve son identité artistique dès les années 1960 en créant un vocabulaire pictural propre, continuellement renouvelé ; il expérimente sans cesse à travers une forme de figuration que l’on retrouve dans nombre de ses œuvres. Proche de la terre, il construit une approche artistique sensible et empathique, teintée d’humour. Il diversifie ses pratiques et multiplie les expériences, créant des sculptures monumentales, des gravures, des livres d’artistes ou encore une série de pièces en porcelaine pour la manufacture de Sèvres.

Ces toiles nous ont offert un écho éblouissant dans ce Musée au cœur du jardin de l’Évêché, en plein soleil, un écrin où la nature déployait, ce jour, de somptueuses parades colorées, sous des arbres exotiques, des pétales jonchaient le sol, des feuilles séchées qui se retournaient et nous révélaient l'envers du décor. Ravissantes peintures que celles de cette nature, mais encore plus charmantes, les peintures de Louttre B., qui résonnaient avec cet été, ou cet Automne, ou cet hiver qui grimpe sur les branches secouer ce qui doit partir. Ce qui n'est plus essentiel, n'est-ce pas, doit nous quitter, afin de faire une table rase pour préparer la nouvelle année. Alors en regardant chacune de ces peintures, je savais déjà, que j'allais garder celles-ci pour les années à venir, et balayer toutes les perfides manifestations, sans aucune commune mesure, avec cette ouverture proposée, honnête, dans cette jubilation des tons et des sablés : merveilleuses destinées, que celle de la peinture sauvegardée, et très peu connue.

Si les jaunes, dans cette nature étaient les favoris, parsemés de rouges et dans la disparition progressives de verts, dans les peintures très bien encadrées, je distinguais des mauves et des roses si doux, côtoyant les bleus francs et les coups de pinceaux rythmés, sur du sable chaud, des empreintes, des griffures. De petites maisons, des collines ou châteaux, des fleurs énormes, voici que j'étais presque dans mes photographies. Mon compagnon me disait que ces peintures ressemblaient aux miennes, oui, il y avait un air frais, et cela fait plaisir, une connivence quelque part, parmi les isolements. Alors on joue aussi, on rigole des tons et des mats, que c'est mat ! C'est fort et c'est graphique, terriblement enfantin, et sauvage, superbement maîtrisé et sans aucun complexe de la couleur. Tout se propose, sans jamais être frustré, tout nous expose à de nouvelles dimensions de nuances, des poésies frontales et de petites fenêtres sur des rêves ou des souvenirs, autant de portes ouvertes qui ne souhaitent jamais fermer notre regard. Que c'est beau de ne pas fermer sa porte, c'est assez rare, au pays où tant de portes se ferment, suppriment des couleurs non désirées, parce que différentes, exquises, singulières, vives, des prénoms divins, des noms marqueurs d'histoire, de lune et de ciel étoilé : pour tous. Rien n'est de trop, rien n'est à enlever. Matisse était tout proche, des motifs, des ciels rois et des traits noirs épais, des découpages poudrés, gouachés. Luxuriance et profondeur des verts dans des pluies de jaunes sablés lumineux. Les gestes saccadés, de surimpressions, couches et sous-couches, reliefs, collines surlignées, palmiers noirs, maisons blanches de craies, nuages jetés, épris de vitesse, un paysage penché parfois, comme si, par la vitre d'un véhicule qui roule très vite, et même doucement, ou d'un train, on apercevait le rayon du soleil repasser les arbres et les fleurs et les toits des maisons, juste avant que tout coule. Pfff !

Photographies © Sonia Marques






























































Alors, nous n'avions plus qu'à sortir du Musée, et entrer dans les peintures...







































































































































Photographies © Sonia Marques



En retard...

C'est les vacances !


jeudi 7 octobre 2021

∂℮ṧεґ⊥






















Photographie © Sonia Marques

Soleil /


Je pensais à "La fille du soleil"... Cette chanson que j'avais écrite et chantée pour l'album "Cocotriste", dont la musique est composée par Rico Zerone, elle venait d'un de mes poèmes. Il habite à Vienne en Autriche.
Vienne et Haute-Vienne...
> Vienne, est la capitale de l'Autriche, située à l'est du Danube. Son héritage artistique et intellectuel d'après les encyclopédies : Mozart, Beethoven et Sigmund Freud. Réputée pour ses palais impériaux, dans ses Musées, sont exposés des œuvres d'Egon Schiele, de Gustav Klimt et d'autres artistes...
Et moi, je suis dans la Haute-Vienne.
> En France, la Haute-Vienne est un département français, situé dans la région Nouvelle-Aquitaine. Cela vient de la rivière Vienne (Vient-Vienne...), qui le traverse d'est en ouest. Sa préfecture et principale ville est Limoges. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 87...
Et voici que les arts décoratifs ne sont pas très loin, pour une artiste, tout est si proche !
Comme un mouvement, le va-et-vient, tout cela sonne déjà comme une musique !

Être la fille du soleil est un tout un programme, l'astre le plus important, tout tourne autours du soleil...
Très belle période que la création de cet album et des autres. J'avais fait écouter, le morceaux de Cocotriste, il y a quelques années, lors d'une conférence sur un ensemble de mes œuvres artistiques récentes, qui comprenait une pièce de théâtre pour enfant, des poèmes, des sculptures, des tapisseries, des dessins numériques et des compositions sonores, ainsi que tout un travail sur mon enseignement et les réalisations d'étudiants et l'on m'avait dit : Alors, quand est-ce que Coco n'est plus triste ? En souriant. C'était inattendu comme interprétation, plutôt littérale. La période était-elle triste ou gaie ? Et est-ce qu'il était question des cocos ? Rien de tout cela. Nous l'avions créée de façon très sérieuse et limpide. Cocotriste est une sorte de crocodile, les premières paroles sont : "Il vivait dans un fleuve, ses larmes l'avait formé..." C'est un animal exotique qui pleure, et sa sensibilité nous rappelle à quel point, les larmes sont des armes. J'avais d'ailleurs dessiné un très grand dessin de deux armées de crocodiles qui s'affrontaient à la ligne noire extrêmement fine et délicate, je pense me souvenir qu'il faisait deux mètres de long. Aujourd'hui ce coco, infiniment sensible et martial, je pense à lui. Plusieurs cycles de vies sont passées depuis. Il était quelque part un annonciateur, un animal majestueux et généreux, incapable de violence, contrairement aux crocodiles, pourtant il vient de cette famille. Sa défense en cas d'attaque, est en revanche, implacable, rien ne lui résiste, par sa gentillesse et son courage.

Ces beaux jours, artiste limougeaude, je réalisais des photographies ensoleillées, elles me faisaient penser à un peintre, né à Limoges, Paul-Élie Ranson (1861_1909) car ses œuvres ont un sens du décor, ce qui annonce l'Art nouveau, il appartenait aussi aux nabis. Je pensais aussi aux vitraux réalisés par le maître verrier américain Louis Comfort Tiffany. Lorsque l'on crée, on pense à beaucoup de choses, c'est une sorte de culture personnelle, on apprend où l'on vit, d'où l'on vient, où l'on rêve d'aller. J'écoute Claude Chalhoub, puis Bachar Mar-Khalifé, tous deux libanais. Bachar, j'ai eu l'occasion de le voir jouer à Poitiers, c'était magique. Récemment je découvrais ses interprétations des Gnossiennes d'Érik Satie, que j'ai pu jouer au piano, ou bien sa danse électro pour Musique de fête, très sympa et effectivement : on danse...


Donc être la fille... du soleil : tout un programme, chantant et dansant <3
Être photographe, écrivain, dessinatrice, danseuse... tout un programme, composer des musiques... et travailler avec des amis... ou enseigner... tout un programme, sans jamais se prendre au sérieux... Paul-Élie Berthet, était aussi un curieux de tout, il s'intéressait à la théosophie, au spiritisme, à la magie, à l'occultisme, ce qui le distinguait des autres nabis (Nabi est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier, vers 1888. Le terme nabi, en arabe, ou nevi'im, נביאים en hébreu, signifie dans un sens actif « orateur » ou « annonciateur », ou, dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». En Occident, nabi a été traduit par « prophète », « illuminé », ou encore « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ») Il avait donc plusieurs activités et les arts décoratifs furent aussi des voix explorées dans des matériaux et arts appliqués variés : panneaux décoratifs, papiers peints, tapisseries, vitraux, décors de théâtre...







Des peintures de Paul-Élie Berthet

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Ravi dans une extase /



La fille du soleil
Photographie © Sonia Marques (octobre 2021)

mardi 10 août 2021

ᖰᗩᓮᔕᗩᘐᗴᙢ ᗰᗩᖇí♈ᓰᙢᗩ




No âmbito do GeoPalcos, Albufeira inaugura às 18h30 do próximo dia 2 de julho, sobre a Ponte Medieval de Paderne, uma instalação ‘outdoor’ da autoria de Vanessa Barragão, artista que Albufeira viu nascer e crescer. Um curso superior lançou a artista no mundo dos têxteis, a partir dos quais tem criado obras artísticas que têm percorrido parte do mundo, constando já uma das suas criações no Palacete de S. Bento, numa parede da residência oficial do Primeiro-Ministro.
Descobri este artista incrível e muito produtiva, Vanessa Barragão, através de uma obra têxtil realizada numa ponte, em Portugal. Então, fiz uma pesquisa diferente. Se a sua produção é quase invasiva e eu diria demoníaca, rica, sumptuosa, dotada de paciência e sobretudo ela é uma pintora, uma colorista. Porque a cor é a guia do seu imaginário, assim como a paisagem marítima, então se é tão demoníaca é porque está rodeada de múltiplas indústrias, novas formas de pensar a reciclagem em grande escala. Várias residências e várias empresas, aproximaram-se, portanto, desta talentosa artista para fazer anúncios elogiosos. Muita imprensa, muitos produtos, tapetes, muito ... Sou admiradora do seu trabalho, tão jovem, mas ao mesmo tempo é um pouco assustador. Há um excesso e uma promoção gigantesca. As obras são impressionantes, mas vários elementos são feitos à mão por várias pessoas e sua família.

Na França, o acompanhamento dos artistas é tão diferente e tão difícil, há pouco reconhecimento do que a mão sabe, mas também pouco reconhecimento no ensino, e às vezes há até rejeição. No entanto, a cultura é reconhecer os talentos e a variedade de know-how (saber-fazer), sejam eles digitais ou artesanais.


*









jeudi 15 avril 2021

✔ϴ¥ÅḠ∃ Ðℰ ℒ❝∃И✔Ї€

Photographies © Sonia Marques

*

Singe pose sur l'autre, ses mains de fourrure
Palmes vertes balancent dans le ciel céruléen
Soleil ambré décline
Outremer s'étale
Rivières de pêches puis lentement indigos
Éclats de rire lunaires sous le masque bonbon diamant
Pompons neige festifs

Collines d'arbres émeraudes
Dragons fuchsias et cocos aubergines

Blancs cassés sous les ponts
Timides cascades dragées
Chat perché sur croisillons écarlates

Maisons de craies
Drapeaux tricolores

Poules grenades des villages
Coqs florentins acajous

Béret bleu de France
Officiers de la poésie
Coquille d’œuf

Hôtels mandarines
Paons mirifiques

Entendre la voix de l'eau
Jour crème tombe
Coucher fauve

Voix de l'autre
Levez-vous
Opalines

samedi 5 décembre 2020

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Toutes images de cet article sont issues des œuvres de l'artiste Paola Pivi
Les ours de l'artiste Paola Pivi, ont déjà été exposés un peu partout. Je ne les ai jamais vus qu'en image. Et ce temps de fêtes de fin d'année, où l'on a perdu la notion du temps et des festivités, mais pas le sens de Noël (quel meilleur moment que le nôtre, des bouleversements économiques et sanitaires pour se concentrer sur les préciosités des liens humains) fut propice pour revoir, de nouveau, toutes ces cabrioles. Comme seuls des privilégiés peuvent se déplacer, il ne reste que ces photos sur Internet. L'avantage est d'observer les différentes postures de ces ours, selon les espaces d'expositions et les points de vues, mais surtout, selon les interactions, que chacun d'eux, ou en couple, se jouent. Danse, yoga, chamailleries, petite joie individuelle, ou mutinerie collective et ultra régressive. De plumes, aux dents noires visibles, museaux et griffes, ils représentent tout de même des ours polaires grandeur nature, l'un des plus grand prédateur du monde, en voix de disparition. Aujourd'hui, l'ours polaire vit dans des régions où la calotte glaciaire de l'Arctique diminue et il est devenu un symbole populaire d'un monde en mutation. Cela écrit, je ne partage pas forcément non plus, certaines œuvres de Paola Pivi ou d'autres artistes, où la mode est de déplacer des animaux vivants, comme l'histoire des poissons vivants dans un avion. Non, là, je n'ai pas d'atomes crochus avec ces démesures d'artistes. Mais les ours en plumes, oui. J'ai visité des expositions, où un nombre considérable d'oiseaux étaient en cage et visités par beaucoup de personnes, dans des conditions déplorables. Il n'y avait pas, alors de connaissance sur le bien être animal, pourtant, ces lieux d'expositions (je pense à la Fondation Cartier pour l'art contemporain où j'ai eu le plaisir de travailler) étaient tout de mêmes luxueuses, mais sans connaissances alors. Mais j'ai aussi pu visiter une exposition dans une toute petite galerie, à Limoges, subventionnée, de multiples cages individuelles accrochées au mur, avec un oiseau par cage exposé au tout venant, sans hygiène ni bonne alimentation (il y a plusieurs années, aujourd'hui, des associations seraient intervenues), j'étais très triste. Les petits espaces artistiques, ont cette manie de copier les grandes expositions parisiennes, à leurs mesures, et cela peut être encore plus dévastateur et pas beau du tout. Ainsi, je pense que les modèles sont très importants, nous devrions veiller aux modèles et aux représentations à un haut niveau, tout défaut de vigilance ou complaisance, entraîne un effet "domino" de mauvais modèles qui se répètent, en province, pour toute direction. Et les effets néfastes sont ruisselants, destructeurs. Cela a changé, tout le monde se dit "bio", sans l'être, "écolo", sans l'avoir jamais su. Drôle d'époque. C'est comme nombre d'humains qui revendiquent d'être féministes et ont mis en avant ce mot atroce, contre les "féminicides", tout en écrasant même leurs collègues femmes, les tuant à leurs tours sans aucune conscience de leurs actes et gestes. C'est ainsi, l'être humain est fait de paradoxe. Il aime les plumes, sans savoir comment elles sont faites. L'imitation est faite d'ignorance. C'est le cadeau de l'enseignement et de la nature.










Paola Pivi est née le 10 mai 1971 à Milan, en Lombardie, en Italie, est une artiste italienne contemporaine, qui vit et travaille à Anchorage, en Alaska1. en 1971. Pendant plusieurs années, elle a vécu une vie nomade, qui l'a conduite dans de nombreuses régions du monde. Aujourd'hui, elle vit et travaille en Alaska et à Milan avec sa famille. En tant qu'artiste multimédia, la pratique de Paola Pivi est diversifiée et contient des œuvres qui couvrent plusieurs médias, de la sculpture et l'installation à la photographie et à la performance. Son art énigmatique abolit la distinction entre le familier et l'alien, brouillant les frontières entre réalité et fantaisie. Les animaux sont un motif récurrent dans l'art de Paola Pivi. Par exemple, elle a fait monter 84 poissons rouges à bord d'un avion de passagers qui a traversé la Nouvelle-Zélande, transporté deux chevaux sur la Tour Eiffel et photographié un crocodile consommant un tas de crème fouettée. Les animaux sont placés dans des situations étranges, dotés de nouvelles couleurs et d'une nouvelle tactilité, et elle leur insuffle des caractéristiques et des gestes humains qui remettent en question notre vision des animaux que nous pensions connaître si bien. Comme les ours polaires, ces œuvres offrent de nouvelles perspectives sur les animaux et sur nous-mêmes et mettent en scène une relation complexe entre nature et culture. (courte bio de la galerie Perrotin)









J'avais un sourire en voyant ces bestioles immenses et je pensais à mes boules de fourrures réalisées vers 1994, dont plusieurs modèles ont été les joueurs de ces choses fabuleuses que j'avais inventées pour mon diplôme supérieur des arts appliqués à l’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris, où j'ai passé 4 années d'études formidables et passionnantes. Cela avait fait un peu le tour de l'école et des générations ensuite, se sont mises à réaliser des objets ludiques, entre sculpture et danse. Des femmes designers reconnues étaient dans mon jury, j'avais eu une très belle fin d'année, récompensée de mes années d'études, je partageais mes idées aux autres camarades de classes, généreuse. Lorsque je vois ces grands ours, il y a quelque chose de similaire, dans la volonté de s'amuser, avec élégance, et un peu travestir les lieux communs de l'art contemporain. Mais il faut des moyens colossaux et de très bons soutiens pour développer un tel travail à l'échelle d'une exposition, et ça, c'est l'affaire de réseaux, auxquels, nous n'aurons jamais accès, d'ici, de nos inventions, certes, exceptionnelles et envieuses, lorsque l'on est encore dans une école d'art, mais complètement hors de portée. Même, nous ne pourrons jamais voir les expositions que nous aimons. J'ai connu nombre d'artistes français, mes amis, qui exposaient aux quatre coins de la France, sans moyen et quasiment jamais rémunérés pour leurs belles expositions et leurs réalisations, parfois dans un cadre institutionnel ou d’associations, le plus souvent subventionnées par l'État, et je parvenais très difficilement à aller voir leurs exposition, tant, les moyens pour y aller (transport et logement) sont inaccessibles pour les amis. Parfois, de mes expositions, mes proches ne pouvaient pas se déplacer, ni des rares concerts effectués dans un musée (celui d'Angers). Ainsi, il y a quelque chose d'assez ridicule, dans la course à laisser les expositions ouvertes, en période même de confinement. On ne s'est jamais demandé : Qui a véritablement accès aux expositions ? Si de mon point de vue, et depuis au moins une vingtaine d'années, je remarque que même les artistes, eux-mêmes, donc les concepteurs et conceptrices des expositions, les créateurs et les créatrices, ne peuvent se déplacer... Mystère ? D'autant que nous sommes dans une période très déstabilisante, où chacun, chacune vis sur ses réserves, et privilégie plutôt, les déplacements pour voir ses proches et accompagner les uns, les unes et les autres aux institutions de soins et de santé, plutôt que dans des évènements artistiques. Avons-nous la tête à regarder des ours colorés, jouer, en plumes ? Et bien OUI ! J'ai complètement la tête et la joie et le souhait, là, de voir des ours en plumes faire des cabrioles, avec celles et ceux que j'aime.

Je découvre en intégrant sa biographie, que cette artiste italienne est née le même jour que moi, pas la même année. Et bien, voici une raison de plus, découverte à l'instant, pour exulter de joie en regardant ces œuvres... Quelle coïncidence !
L'un des titres donné à l'une des exposition à New York, de ces ours, en 2013, fut : « Ok, you are better than me, so what? » J'aime beaucoup.Un beau pied de nez à la jalousie. Il y a des artistes meilleur.es que soi et bien heureusement, c'est une joie qu'ils et elles puissent encore œuvrer et évoluer, pour nous apprendre encore et encore, que tous, nous pouvons nous améliorer.

Ok tu es meilleure que moi, et alors ?

lundi 13 juillet 2020

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La Muralla Roja est un complexe de 50 appartements, aux parties communes atypiques et à la piscine sur le toit en forme de croix. Aplats de couleurs allant du rouge au rose vif, et du rose clair au bleu indigo. Créée en 1973, c’est l’une des œuvres les plus originales de son créateur, Ricardo Boffil. Des points de vues sur le rocher de Calp, el Peñon de Ifach et sur la mer Méditerranée. Ricardo Bofill, acteur espagnol de l’architecture postmodernisme, fonde en 1963 Ricardo Bofill Taller de Arquitectura avec Manuel Núñez Yanowsky, Ramón Collado et sa sœur Ann. Ensemble, ils interviennent sur toutes sortes de projets modernes, et ce dans le monde entier. Les projets emblématiques qui participeront à sa renommée mondiale sont donc nombreux. De l’hôtel W de Barcelone, plus moderne, en passant par les Arcades du Lac à Montigny-le-Bretonneux, son style singulier a permis à ses projets d’être connus et reconnus de tous. À savoir que les espaces d’Abraxas situés à Noisy-le-Grand ont servis de décor pour le tournage du film Hunger Games et bien d’autres films, notamment Brazil. Un ensemble à l’atmosphère futuriste qui attire toujours plus de personnes pour son architecture singulière et qui donne un aperçu du travail de cet architecte post-moderniste.
La Muralla Roja, habitée (les habitants protègent leurs lieux de vie) est aussi le décor de clips et de scénographies de Modes, mais aussi un lieu privilégié pour passer sa demande en mariage, une petite nuit de noce... inoubliable...

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Dans l'encyclopédie française Universalis on lit ceci :

En 1963, il crée le Taller de arquitectura, atelier pluridisciplinaire qui connaît une grande notoriété grâce à son inventivité formelle et à un sens du spectaculaire souvent emphatique. Une inspiration abstraite et moderniste, de type cubiste, s'y mêle à divers traits pittoresques et régionalistes, et surtout à un parti architectural très affirmé, comme dans les ensembles touristiques de la Muraille rouge (1966-1968) et de Xanadú (1968-1971), près d'Alicante. Plusieurs opérations de logements lui permettent de développer une architecture urbaine originale, à partir de savantes combinatoires de cellules répétitives : le quartier Gaudi de Reus, près de Tarragone (1964-1972), l'expérience avortée de Cité dans l'espace, à Madrid, et surtout le complexe de Walden 7 à Sant Just Desvern (1970-1975), « casbah monumentalisée qui, au lieu de se développer au sol, se déploie dans l'espace », vaste agrégat de 368 logements, énorme masse trapue et close de seize niveaux, trouée de patios saisissants aux effets vertigineux, que Bofill entend situer aux franges de l'utopie.



Et dans celle américaine, plus complète et accessible à tous :


Fils d'une mère vénitienne et d'un père catalan, Ricardo Bofill est né le 5 décembre 1939 à Barcelone, en Espagne. Il a étudié l'architecture à l'Escuela Tecnica Superior de Arquitectura de Barcelone (1955-1956) et à l'Université d'architecture de Genève, Suisse (1957-1960). En 1960, il fonde le Taller de Arquitectura (atelier d'architecture), basé à Barcelone. Une approche interdisciplinaire de l'architecture (Taller) et comprend des architectes mais aussi des designers, un mathématicien, un musicien, un poète et un philosophe. Bofill est devenu une figure très romantique qui a généré le dynamisme créatif et intellectuel de l'équipe. Son esprit romantique a été capturé dans la cimenterie rénovée de Barcelone (1973-1975), qui était le bureau principal et le studio de l'entreprise. D'autres bureaux étaient situés à Paris et à New York . Les intentions déclarées de Bofill à l'égard de l'entreprise, publiées étaient de créer des espaces dynamiques et «magiques» utilisant des formes puissantes pour produire des images distinctives. Bien que ces intentions se retrouvent dans toutes leurs conceptions, chacune a été adaptée aux différentes circonstances locales. Bofill et son équipe ont rejeté les principes du style international (en particulier les œuvres de Le Corbusier et Mies van der Rohe), déclarant leur propre travail comme une "protestation brutale" contre le modernisme fonctionnaliste. Comme de nombreux architectes postmodernes, Bofill a accepté les leçons de plusieurs siècles d'histoire architecturale pour créer des lieux de vie humaine. Bofill a d'abord attiré l'attention internationale dans les années1960 avec deux dessins exécutés dans la région catalane de l'Espagne, où les œuvres expressives d'Antonio Gaudi ont joué un rôle majeur. Le Barrio Gaudi (1964-1968), un projet de logements sociaux situé à Tarragone (la ville natale d'Antonio Gaudi), comprend une grille de verrouillage des appartements dans une variété de tailles, chacune avec des balcons individuels, des toits en tuiles (en tuiles courbes), et un système à plusieurs niveaux de passerelles et de places. Le jardin commun sur le toit (un motif cohérent dans le travail de Bofill) est un hommage direct à Gaudi. La conception de Bofill pour la station balnéaire catalane de Xanadu à Calpe, Alicante (1969-1983), se compose d'un bloc de sept étages avec des espaces de vie cubiques disposés autour d'un noyau de service central. La conception est caractérisée par des motifs vernaculaires tels que les toits en pente inclinés, les arcades,et fenêtres "méditerranéennes" avec volets. Avec ses courbes plongeantes et ses formes figuratives, Xanadu se rapproche plus dans l'esprit de l'œuvre expressive de Gaudi que du barrio qui porte son nom. Le quartier et Xanadu montrent tous deux l'intérêt continu de Bofill pour la création de «cités-jardins dans l'espace». Le point culminant de ces efforts s'est produit en Espagne avec la conception de l'entreprise pour Walden 7, Sant Just Desvern, Barcelone (1970-1975). Au milieu des années 1970, Bofill s'est impliqué dans plusieurs projets conçus pour les "Nouvelles Villes" françaises qui entourent Paris. Tous ces projets conjuguent l'intérêt de Bofill pour l'organisation spatiale baroque avec une volonté de revenir aux éléments traditionnels de l'urbanisme. Dans ces projets, Bofill est passé de l'architecture vernaculaire de la Méditerranée à la langue classique qui caractérise une grande partie de la grande architecture en France depuis la Renaissance. L'utilisation de béton armé structures et panneaux préfabriqués en béton, il a approché le style classique à une échelle véritablement monumentale. Son traitement du «béton comme un matériau noble» rappelle le travail de Louis Kahn. L'utilisation monumentale du béton armé a également des précédents dans la tradition architecturale française avec les œuvres de Tony Garnier , Auguste Perret et Le Corbusier. Bofill et le dessin de Taller pour Les Arcades du Lac et Le Viaduc, à Saint-Quentin-en-Yvelines (1975-1981), situé près de Versailles, présentent un agencement monumental de bâtiments à l'échelle des projets visionnaires et non bâtis du XVIIIe architectes français du siècle dernier Ledoux et Boullee. La conception est composée de bâtiments à masse dense avec des façades ordonnées disposées le long d'axes rigides et placées dans des jardins à la française. L'agencement des bâtiments et des jardins fait allusion au château de Versailles et a même été décrit comme un «Versailles pour le peuple». Bofill et son Taller a exploré une utilisation plus sophistiquée de la syntaxe classique dans leur conception pour Les Espaces d'Abraxas (1979-1983) dans la banlieue de Marne-la-Vallée de Paris. Abraxas est le mot pour le symbole mésopotamien signifiant le bien et le mal qui se traduit grossièrement par «magie». L'ensemble de la composition crée l'impression d'un gigantesque «théâtre» et se rapporte à la déclaration de Bofill selon laquelle «la vie quotidienne ne doit pas être banalisée, mais exaltée pour devenir riche et pleine de sens». Dans la conception, Bofill étire et inverse souvent le langage traditionnel du classicisme dans un jeu de formes maniériste. La façade intérieure de l'amphithéâtre semi-circulaire a une colonnade géante à sept étages avec des colonnes attachées dont les puits sont formés par des vitres (en opposition à la solidité des colonnes traditionnelles). L'arc de l'amphithéâtre n'est interrompu que par une seule grande ouverture, que Bofill appelle une «fenêtre urbaine», qui crée une perspective en forme d'entonnoir le long de l'axe principal de la composition. Les sensibilités post-modernes de Ricardo Bofill (rejetant les contraintes stylistiques et idéologiques du modernisme et acceptant les leçons de siècles d'histoire architecturale) lui ont permis de créer des logements publics héroïques avec des techniques de béton avancées qui évoquent les splendeurs des anciens dirigeants français tels que Louis XIV et Napoléon. Il a fait l'objet de plusieurs expositions, notamment une exposition conjointe de 1985 avec Leon Krier, "Architecture, Urbanism, and History", au Museum of Modern Art de New York . En 1987, Bofill a conçu et construit un complexe de logements sociaux dans le New Jersey appelé Venice-on-the-Hudson. S'inspirant de Frank Lloyd Wright, Bofill, en collaboration avec le cabinet d'architectes Kendall / Heaton Associates Inc., a conçu et achevé le Alice Pratt Brown Hall pour la Shepard School of Music de la Rice University en 1989. Parallèlement à ces succès, la mégalomanie de Bofill a été notée. Dans Crain's Chicago Business (2 août 1993), John Jacobs - un collègue architecte - a écrit que la conception de 1992 de Bofill du siège social de RR Donnelley & Sons Co., au 77 W.Wacker Dr. à Chicago, est un désastre de conception auquel il fait référence comme "Parthenon-on-a-Stick". Bofill a alternativement été salué et discrédité comme créateur de logements collectifs pour les pauvres en France en 1992. En 1976, Bofill a fondé l'un des principaux groupes de défense des droits de l'homme de Cuba , le Comité cubain des droits de l'homme. Ce groupe est affilié à plusieurs autres groupes dont les objectifs communs sont les droits de l'homme, l'amnistie, l'art libre et le désarmement. Bofill a été exilé à Miami en 1988, après avoir passé 14 ans à Cuba en tant que prisonnier politique. Il est devenu commentateur de la station de radio de Miami WQBA, mais a été licencié en 1990 après avoir exprimé son soutien au dissident cubain Gustavo Arcos, qui avait dirigé le Comité cubain des droits de l'homme de Bofill.





mardi 30 juin 2020

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L'Extraordinaire Voyage de Marona est un film d'animation dramatique franco-belgo-roumain réalisé par Anca Damian, sorti en 2019.

Superbe !

mardi 16 juin 2020

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Textiles © Sonia Marques

Recherches en continu, mes superbes tissus sont très différents. Je choisi de travailler du brillant et du mat et du velouté. Je suis toujours dans une ode maritime, de l'eau et des mouvements.

Le souffle : insuffler, respirer et nager, sont des actions propices à mes créations.

jeudi 11 juin 2020

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Dessin (extrait) - peinture (100 x 70 cm) © Sonia Marques

Les gorgones : Euryale et Sthéno (les immortelles) Méduse (la plus célèbre et la seule à être mortelle)

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Pas facile de faire une capture d'un grand dessin très minutieux, travail d'orfèvrerie, c'est du bijou !

Il n'y a plus de Janus, si la troisième entité est arrivée, elles me faisaient penser aux Gorgones.

Sthéno serait « puissante », Euryale « grand domaine » et la plus célèbre, Méduse « dirigeante », qui était mortelle, contrairement à ses deux sœurs qui ne connaissaient ni la mort ni la vieillesse.

Dans la mythologie, l'histoire des Gorgones :

Dans la culture moderne, Médusa est dépeinte comme un être méchant et cruel qui transforme quiconque rencontrant son regard en pierre. Mais beaucoup de mystères trainent autour de l’histoire de la Gorgone. Si elle est souvent dépeinte comme étant un être fondamentalement mauvais, d’autres versions de son histoire affirment qu’elle est en fait la victime des vicissitudes et du mauvais jugement d’êtres plus puissants qu’elle.

Médusa est l’une des sœurs Gorgone dans la mythologie grecque et est toujours décrite comme étant un monstre. Il a été dit que ses cheveux étaient faits de serpents venimeux et qu’un seul coup d’œil dans ses yeux pouvait transformer une personne en pierre. Les histoires décrivent souvent ses victimes comme figées sur place, conservées sous forme de sculptures de pierre pour toute l’éternité. En fait, en lisant ces histoires, il est évident que les Grecs de l’Antiquité avaient peur d’elle. Cependant, elle n’a pas toujours été comme ça. Son histoire a en fait commencé avant qu’elle ne devienne un monstre. Les trois sœurs Gorgones – Médusa, Esteno et Euryale – étaient les filles de Forcis et Ceto ; ou parfois, de Typhon et Echidna, selon les versions racontées. Dans les deux cas, ce sont des monstres du monde archaïque. Selon Hésiode, dans sa Théogonie, les Gorgones étaient les sœurs de Graeae, d’Echidna et de Ladon. Tous les frères et sœurs de Médusa étaient des monstres de naissance et, même si elle ne l’était pas, elle avait eu le malheur d’être transformée en la plus hideuse de toutes. Médusa et ses sœurs Gorgone vivaient à Hespérides, au-delà d’Oceanus. Des auteurs ultérieurs, tels que Hérodote et Pausanias, établissent le domicile des Gorgone en Libye. Des sœurs Gorgone, seule Médusa était mortelle alors que ses sœurs étaient immortelles. Des trois sœurs, seule Médusa pouvait également prétendre être belle alors que les deux autres sont apparemment hideuses. La malédiction de Médusa Bien qu’Hésiode raconte la fin tragique de Médusa, il n’en dit pas davantage sur la Gorgone. En revanche, un récit plus complet de Persée et de Médusa se trouve dans Les Métamorphoses d’Ovide. On y raconte que Médusa était à l’origine une belle jeune femme dotée d’une magnifique chevelure magnifique. Elle a été désirée et courtisée par de nombreux prétendants. Comme elle avait fait vœu de servir Athéna, elle était considérée comme inaccessible aux hommes qui la poursuivaient. Cependant, avant qu’elle puisse être fiancée à un mari potentiel, Poséidon la trouva dans le temple d’Athéna. Selon les différentes versions, certains racontent que Poséidon a réussi à conquérir Médusa. La version la plus courante raconte cependant qu’il l’a violé. Athéna fut très offensée par la violation de son temple sacré, et a puni Médusa en transformant ses belles tresses en serpents et en lui donnant le pouvoir destructeur de transformer en pierre toute personne qui la regardait directement. Les mythes décrivent sa transformation en monstre comme incroyablement douloureuse. Une fois sa transformation achevée, Médusa fut de condamnée à passer le reste de sa vie en isolement. Athéna la bannit dans une île isolée où elle ne serait plus en contact avec le monde extérieur. Son récit ne se termine pas avec son bannissement, cependant. Maintenant, les hommes ne la recherchent plus parce qu’ils veulent jouir de sa beauté. Ils l’ont poursuivie dans un but tout à fait différent : la tuer. Le mythe de Persée et de Médusa, selon Pindare et Apollodore, a commencé par une quête. Perseus était le fils de Danaé et de Zeus. Le père de Danaé, Acrisius, avait prédit que le fils de Danaé le tuerait. Alors Acrisius a enfermé sa fille dans une chambre en bronze, mais Zeus s’est transformé en une pluie d’or et l’a imprégnée quand même. Acrisius, ne voulant pas provoquer Zeus, jeta à la mer sa fille et son petit-fils dans un coffre en bois. La mère et le fils ont été sauvés par Dictys. C’était Dictys qui avait élevé Persée, mais ce fut le frère du roi Dictys, Polydectes, qui l’avait envoyé dans sa quête légendaire. Polydectes est tombé amoureux de la mère de Persée et souhaitait l’épouser, mais Persée protégeait sa mère, car il pensait que Polydectes était déshonorant. Polydectes a cependant réussi à tromper Persée ; il a organisé un grand banquet sous prétexte de collecter des contributions pour le mariage d’Hippodamia, qui a apprivoisé ses chevaux. Il demanda à ses invités d’apporter des chevaux comme cadeau, mais Perseus n’en avait pas. Quand Persée a avoué qu’il n’avait aucun cadeau, il a proposé d’offrir tout cadeau que le roi nommerait. Polydectes saisit l’opportunité de le déshonorer et même de se débarrasser de lui, et demanda la tête de Médusa. Avec l’aide d’Athéna et d’Hermès – qui lui avaient donné plusieurs armes dont des sandales à ailes magiques, un casque, un étui et un bouclier en forme de miroir – il a combattu la Gorgone et réussit à la décapiter en faisant en sorte que Médusa regarde dans le miroir de son bouclier. De sa tête décapitée jaillirent le cheval ailé Pegasus et le géant Chrysaor. Les sœurs de Médusa, les Gorgones, ont ensuite poursuivi Persée, mais n’ont pas réussi à l’attraper, car son casque magique le rendait invisible. Après avoir tué Médusa, il mit sa tête dans son sac, et il retourna à Seriphos. Cependant, lorsqu’il survola la Libye, des gouttes de sang de Médusa tombèrent au sol et se transformèrent immédiatement en serpents. On raconte que c’est pour cette raison que la Libye regorge de serpents. Après cela, Persée donna la tête de Médusa à sa bienfaitrice, Athéna, en guise de cadeau votif. La déesse la plaça sous l’égide de Zeus dans son temple. Bien que Médusa soit généralement considérée comme un monstre, sa tête est souvent considérée comme une amulette protectrice qui éloignerait le mal. Ainsi, l’image de la tête de Médusa peut être vue dans de nombreux artefacts grecs et romains subséquents tels que des boucliers, des cuirasses et des mosaïques. Une tête de marbre de Médusa, vieille de 2 000 ans, a par exemple été retrouvée il y a peu de temps dans un ancien centre commercial romain en Turquie. Aujourd’hui, l’image la plus connue de la tête de Médusa appartient au logo de la société de mode italienne, Versace.

mercredi 10 juin 2020

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Dessins et photographies © Sonia Marques

Les roses du saule crevette Okaïdo sont sorties, quelle surprise ! Journée de création, journée de paraboles...

Parabole biblique, évangélique, orientale, rabbinique; parabole énigmatique, obscure; citer, commenter, expliquer une parabole; se servir de paraboles; l'interprétation des paraboles; la parabole du bon samaritain, de la brebis égarée, de l'enfant prodigue, du figuier stérile, de l'ivraie et du bon grain, du lazare et du riche, de la paille et de la poutre, des vierges sages et des vierges folles.

Des rubans déliés, des insularités, des lacs et terrains d'envol... À l'image, on ne peut bien représenter ce qui est haptique. Alors on se contente d'une image plate. Mais, ma création sera bientôt veloutée, comme un ameublement sans volume, sans attache, une couverture d'hiver en plein été, une décoration qui n'en est pas une, et une parabole de plus sur les dons de médiumnités...
J'aime Matisse pour cela, il a su retrouver la ligne après la tâche, comme il le dit en 1909 :

« Il s’agit d’apprendre- et peut –être de réapprendre- une écriture qui est celle des lignes... »


Concilier l’inconciliable... La couleur et le dessin, le portrait classique et le portrait abstrait, la perspective et l'espace sans perspective... Matisse dessinait et gravait quand les Fauves restaient dans la couleur. Il ne souhaitait pas que la couleur déborde. Je trouve que c'était un bon graphiste faisant triompher la couleur et le dessin, surtout lorsqu'il découvre le papier coloré et que les découpes dessinent "dans" la couleur. Il tranche et redonne des formes à la couleur avec ses gouaches colorées. Dans certains de mes dessins, il y a beaucoup de hasard, on peut penser que tout est mesuré, en fait ce sont des transformations multiples qui découpent des couleurs et des formes et j'adore lorsque les formes flottent et séparent sans arrêt une forme initiale, tout en tentant de la restituer mais sous formes d'îlots, parfois, en perdant tout repères. Sauf que je connais les repères. C'est comme se repérer dans l'obscurité, suggérer des repères, dans un océan.

La planéité est trompeuse, car elle tapisse des motifs et des surfaces différentes, fleuries, texturées, à poils, satinées, étendues, suspendues... Je pars de la figure pour aller vers l'espace, et m'y fondre complètement dedans. Je pense que je nage lorsque je dessine, l'insondable des fonds sourds et des rubans éclairés, faire briller ou rendre lumineux un trait, quand celui d'à côté s'enfonce dans le fond, s'assombrit. C'est un jeu de gymnastique rythmique et sportive, dont le ruban, permet d'exprimer sa grâce dans des mouvements amples et précis. C'est une métamorphose spirituelle, de la figuration à l'abstraction.

Un blog c'est un peu une lorgnette, on ne peut pas tout écrire, restituer, ni tout voir, tout expliquer. Que des parties non reliées au tout, mais à imaginer. Que des histoires qui n'ont rien à voir, avec le sujet. La diversion, est une opération stratégique consistant à détourner l'ennemi du point qu'il occupe en le poussant à déplacer ses troupes vers un autre front de défense. Les militaires sont avertis, il n'y a rien à voir, dans son entité, ici. Dessiner c'est gagner la guerre des sages.

mardi 5 mai 2020

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Chemise en lin (design : Bela Silva, artiste portugaise)

Photographies © Sonia Marques

Moi femme ménagère de moins de 50 ans, je n'ai pas disparu ;.)

Définition sur Wikipédia :

La femme responsable des achats de moins de cinquante ans (FRDA-50), auparavant ménagère de moins de cinquante ans est une notion publicitaire et marketing correspondant à une population de consommatrices fort peu précise mais qui est néanmoins considérée comme déterminante dans les dépenses du ménage, constituant donc une cible privilégiée à séduire. Ce « concept » publicitaire est apparu dans les années 1960, à l'âge d'or de la consommation de masse. Dans le même ordre d'idées, en France, on parle parfois de Français moyen. Cette catégorie est bien trop vague pour constituer un réel objet statistique, il s'agit plus d'un idéal incarnant un marché. C'est une sorte d'individu moyen, un idéal-type weberien résumant l'aspect de tout un marché, achetant des biens et des services de consommation courante (lessives, nourriture, vêtements, etc.), peu sensible aux campagnes innovantes, mais attentif aux prix et aux arguments les plus terre-à-terre, à la fois très conservateur, peu fantaisiste mais pourvu d'un pouvoir d'achat considérable. La personnification peut, symboliquement, être poussée assez loin et essaimer en dehors du monde publicitaire. Pour le publicitaire elle sera perçue comme une femme austère, ni très aimable ni très subtile qu'il faut néanmoins savoir séduire parce que c'est elle qui dicte sa loi. Le général de Gaulle s'est essayé de décrire ce concept lors d'un entretien télévisé en 1965 dans lequel il tentait de décrire la philosophie du gaullisme, le mouvement et l'ordre, par une métaphore : « Regardons ce qui se passe dans une maison : la ménagère veut avoir un aspirateur, un réfrigérateur, une machine à laver et même, si possible, une automobile. Ça, c’est le mouvement. Et en même temps, elle ne veut pas que son mari aille bambocher de toutes parts, que les garçons mettent les pieds sur la table et que les filles ne rentrent pas la nuit. Ça, c’est l’ordre ! La ménagère veut le progrès, mais elle ne veut pas la pagaille. Aujourd'hui les sociétés de sondages et de mesures de parts d'audiences utilisent l’expression « femmes responsables des achats » pour caractériser cette catégorie très scrutée des agences publicitaires.

La ménaf :

Connaissez-vous la «Menaf»? Derrière ce néologisme un peu barbare né de la contraction des termes «ménagère» et «enfants» se dissimule celle qui fut pendant longtemps l'idole des annonceurs et des régies TV: la «ménagère de moins de cinquante ans». Créée en 1989, cette figure symbole et cible prioritaire de la publicité avait été conçue à l'époque où le modèle familial encore hégémonique était celui du couple hétérosexuel avec enfants. Mais qu'on se le tienne pour dit: la petite fée du logis qui, rouleau de pâtisserie en main et enfants accrochés à ses jupons, fit les belles heures de Moulinex, n'existe plus. Première étape décisive de cette petite révolution: le 11 décembre 2014, le comité Audimétrie, composé de 19 représentants de diffuseurs de télévision, annonceurs et publicitaires, prononce la mort sémantique de la «ménagère de moins de cinquante ans». La nature ayant horreur du vide, les «sages» de l'audimat se trouvent alors une nouvelle égérie en la personne de la «Femme Responsable principale Des Achats du foyer», également surnommée «FRDA». Son règne aura été de courte durée. Selon une étude réalisée par l'agence KR Media*, en partenariat avec le Celsa Paris Sorbonne, les professionnels du marketing lui préfèrent désormais le «responsable des achats».

(article 2017, Le Figaro)


La ménagère est de moins en moins accro au petit écran. En 2019, la cible préférée des annonceurs est même celle dont le temps passé quotidiennement devant la télévision a le plus diminué: 14 minutes volatilisées en un an, selon Médiamétrie. Soit davantage que les 13 minutes perdues sur la cible des 15-34 ans, pourtant réputés plus volages. Certes, la femme responsable des achats de moins de 50 ans, selon la formule consacrée, reste aux avant-postes avec 3 h 08 consacrées chaque jour aux programmes TV. Quasiment deux fois plus que les 15-34 ans, qui y sacrifient 1 h 43 de leur temps.

(article 2020, Le Figaro)

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Les statistiques, cela n'a jamais été pour moi, je ne suis jamais rentrée dedans <3

Ma toute première fois, le confinement me fait repasser, ressasser, devenir une ménagère dans sa ménagerie, adorer le Lin, swinguer sur du textile, comme on parcoure des yeux les plus belles réalisations, comme on touche toutes les matières et on les détaille, les cajole, les expérimente, les froisse, les lave, les déchire, les dispose, tout ces corps et ces costumes, le temps d'une vie repassée et si bien ressassée. Merci le Portugal ! Vive Lisbonne !

Les statistiques, cela n'a jamais été pour moi, je suis trop haptique <3

Spéciale dédicace à ma famille <3

samedi 11 avril 2020

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©Judy Chicago, Earth Birth, Birth Project, 1983
Versatex pulvérisée et fil DMC, couture de Jacquelyn Moore Alexander



 ©Judy Chicago, Birth Power, 1984,
Broderie sur dessin sur soie, 20 x 20 pouces
Couture par Sandie Abel




© Judy Chicago Guided by the Goddess,
from the suite Five images from the Birth Project 1985



© Judy Chicago The Crowning, 1983.
Needlepoint over painting on mesh canvas,
Hand painting assistance by Lynda Healy; needlepoint by Kathryn Haas Alexander





© Judy Chicago : Birth Project: The Crowning Needlepoint 3
1982 Reverse applique and quilting over drawing on fabric




© Judy Chicago : Ruth and Arlene (drawing from Compressed women who yearned to be butterflies )
1973 Support : color pencil and ink on paper

© Judy Chicago : Return of the Butterfly
Lithographie - 2012

The relationship between Chicago's vibrating color and form to that of fellow New Mexico women artists such as Agnes Pelton and Georgia O'Keeffe can be felt in this image.




Womanhouse
(30 janvier - 28 février 1972)1 est un espace d'installations et performances artistique féministe créé par Judy Chicago et Miriam Schapiro, cofondatrices du Feminist Art Program du California Institute of the Arts. Judy Chicago, Miriam Schapiro, leurs étudiantes et des artistes femmes locales ont participé à cette installation. Judy Chicago et Miriam Schapiro encouragent leurs étudiantes à s'approprier les techniques de sensibilisation afin de générer le contenu de l'exposition. Seules les femmes furent autorisées à visiter l'exposition le premier jour. Par la suite l'exposition fut ouverte à tout le monde. L'exposition a accueilli environ 10 000 visiteurs.


En 1974 un documentaire est réalisé "Womanhouse", par la réalisatrice, écrivaine et productrice Johanna Demetrakas. Le documentaire retrace cet événement féministe historique aux Etats-Unis, initié dans le cadre du Feminist Art Project mis en place au California Institute of the Arts de Los Angeles. Pour leur exposition, Miriam Shapiro et Judy Chicago ont réquisitionné une maison dans la banlieue de Los Angeles. Elles ont invité 24 artistes femmes à vivre et travailler ensemble durant plusieurs semaines, afin de proposer expositions et performances dans cet espace. Une manière de donner à ces artistes une visibilité, mais aussi de montrer que la maison et les préoccupations des femmes ne sont pas dénuées d'intérêt et que cela peut servir à faire de l'art. L'espace domestique comme lieu d'exposition Le projet collaboratif transdisciplinaire "Womanhouse" a mis en lumière des objets considérés comme triviaux, comme les produits de beauté, les bonnets de douche ou les tampons. Tous ces éléments se retrouvent au cœur d’œuvres d'art ou de performances proposées par les 24 artistes invitées. Cet événement a marqué un tournant aux Etats-Unis, permettant au pays de découvrir ce qu'est l'art féministe.

mardi 5 février 2019

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Betterave rouge et jaune crues, fenouil, céleri, panais, rutabaga, graines de chia, quinoa, pomme, poivron orange, poivron vert corne, fruits de la passion, aubergines chinoises, patate douce, bananes, pamplemousses, citron, kaki, courgettes, radis blanc, navet boule d'or... et Aloé véra...

Et puis des porcelaines du Brésil peintes à la main, lapin, chat et chien bleus et un chat vert mexicain en bois peint à la main, un perroquet peint, gravé sur un plat en céramique du Costa-Rica et un drap violet, en coton... une Cténanthe d'Oppenheim du Brésil et une boule disco miroir... des marionnettes à doigts, une étagère peinte à la main... Des natures mortes.

 

(Photographies © Sonia Marques)

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