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mardi 26 octobre 2021

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Mes petites roses pommes (Photographies © Sonia Marques)

Un dessert économique, sain et délicieux, comme de petits souvenirs chaleureux, mes petites pommes roses, sur une assiette de porcelaine fabriquée au Portugal... Elles sont entre le cinnamon bun  de Vancouver et le pastel de nata de Lisbonne. L'un et l'autre, ils viennent de mes souvenirs gustatifs, et se retrouvent, dans un présent Limousin automnal, puisque les pommes sont d'ici, et la cuisinière aussi. Bien que le cinnamon serait venu d'une recette scandinave, suédoise, c'est en Amérique du Nord, que je l'ai découvert, à Vancouver.

Dans l'espoir de trouver un logement, après un mois infructueux, je me désespérais. Puis j'ai entendu parler français, dans une cafétéria, où nous avions pris l'habitude de griller nos derniers deniers avec un grand café et un cinnamon bun, mon ami et moi, en étude en art, amoureux, dans cette ville inconnue. Je me suis retournée, osant saluer un couple qui parlait la même langue que nous, le français. Cela faisait un mois que nous n'avions pas entendu notre langue natale dans cette grande ville de Colombie Britannique. Une aventure féconde est partie de cette rencontre, puisque nous rencontrions des chercheurs scientifiques en études, aussi amoureux, mais presque sur la fin de leur histoire, et plus tard, nous héritions de leur logement, en location, durant plusieurs mois, et d'échanges sur de nouveaux mondes. La jeune femme menait des études sur les fonds sous-marins, son ami, sur un moratoire qui lui permettait d'étudier le comportement des mouches pour ou contre les organismes génétiquement modifiés. Il y avait une lutte souterraine dans le couple, nous étions encore au milieu des années 90, pourtant, dans mes relations, nombre de couples traversaient une transformation, des rapports entre les hommes et les femmes. J'admirais cette jeune femme, qui attendait de vivre sa vie. Son compagnon était tout puissant, pourtant, ils avaient le même niveau d'études, si ce n'est qu'elle avait réalisé un sujet atypique, tandis qu'il réalisait ce que l'on attendait de lui. Elle était bien plus petite, et très discrète et avait peu de latitude pour échanger avec moi, tant les hommes prenaient toute la place. Ainsi les F faisaient les M. Artiste, mes actions ont été une ouverture, mes photographies que je prenais sous l'eau, nageuse, et ma façon plus adoucie d'entrevoir le bleu du ciel. Ce que j'aimais, c'était explorer plusieurs milieux différents, plusieurs dimensions qui semblent ne pas pouvoir se côtoyer et pourtant, je les ressentais simultanément dialoguer ensemble. Parfois elle fut piquée d'envie d'entrer dans l'eau sans complexe, se délestant de la femme en prise avec la destinée toute tracée de ce que devait être un scientifique. En réalisant deux expositions de mes photographies, ces entrées aquatiques apportaient, lors de l'élaboration des mois auparavant de mes visions tirées en couleur, sur papier, des fenêtres d'ouverture à cette scientifique, qui faisait un pas de côté, discret pour observer ce que je fabriquais. Lorsqu'ils nous ont quittés, rejoignant la France, ils ont quitté aussi un peu de leurs certitudes et se sont ouverts, chacun, chacune, s'émancipant.
Le pastel de nata était déjà un dessert familier, puisqu'il était en vente sous le comptoir de ma tante, au Portugal, de son café-épicerie, qu'elle tenait comme les hommes pouvaient le faire de leur territoire, d'une main de fer, sans gants de velours. Nous attendions, enfants, le moment où elle se faisait livrer, les pasteis, bien plus frais que ceux qui restaient en exposition derrière la vitre de verre. Ils étaient à la portée de notre vue, seule. Les hommes prenaient des cafés très serrés chaque matin, midi, soir. Nous pensions donc que les adultes ne se nourrissaient que de cafés. Devenue adulte et professeure, bien des années plus tard, saupoudrés ou non de cannelle, ou de sucre glace, comme les cinnamon bun, je les ai dégustés à différentes reprises, dans la célèbre pasteleria de Lisbonne au bord du Tage, en emmenant des étudiants angevins en art, dont j'avais la responsabilité partagée de l'encadrement, avec mes collègues d'histoire de l'art et un sculpteur de bronze, entre autre, aujourd'hui, à la tête d'un centre d'art, c'était son rêve, nous en parlions ensemble lors de ce voyage, ses vœux ont été exhaussés. C'est une carte bleue, imperméable, aux nuances douces, d'un papier spécifique pour cartographies, trouvé par mes recherches assidues en imprimerie et avec l'imprimeur angevin, dépliée, qui se trouva devenir une porte d'accès magique, en favorisant l'entrée en études de jeunes lycéens, pour les forums dédiés. Il n'y avait pas, à l'époque, de site Internet. Cette carte a fait le tour des écoles d'art, en 2001, elle préfigurait d'un réseau social, avec les centaines de photographies des étudiants collectées et nos échanges par mail, en portugais et en français et avec leurs dessins, d'ailleurs, elle se nommait : "Mailing list".  J'avais créé un contact bilatéral, par la suite, quelques années plus tard, en faveur de tous les étudiants et les professeurs, pérennisé, pour tous. L'enseignement est lent dans ses paroles et diligent dans ses actes, quand il est sage, nous rapportait le premier d'entre eux.

Les énergies vont augmenter, les logements dont l'isolation n'est pas réalisée, le chauffage qui date de Mathusalem, les loyers coûteux, pour des habitants qui font, depuis si longtemps des économies et ne participent pas de polluer la planète, ni véhiculer, ni véhiculants de nuisances... C'est en cuisant ces fleurs, avec mon petit four acheté à mon arrivée à Limoges, parce qu'il était le dernier, en démonstration, avec une bosse sur le capot : personne ne le voulait, il était donc pour moi, et il est toujours là, que je pensais à tout cela, et à cette expression regardant ces feuilletés caramélisés du sucre de leurs pommes: des beautés fanées. Est-ce que ces petites roses pommes évoquent les fleurs fanées ? Peut-être. Mathusalem était le plus âgé de tous... Je ne savais pas que l'on pouvait dire d'une femme, que c'était une beauté fanée. Je ne savais pas ce que cela voulait dire, c'est un homme qui me l'a raconté :

Mon amoureux dans ma vingtaine d'années me proposa de retrouver sa collègue, pour se balader, une allemande, une artiste peintre. C'était à Paris, je ne l'avais jamais vue, il faut dire qu'à cette époque, il n'y avait pas Internet, enfin très certainement ce réseau était-il encore entre les mains des militaires. Donc, je posais cette question, afin de la reconnaître, car la place de la République était si grande que je ne pouvais pas savoir où était-elle située : À quoi ressemble-t-elle ? Oui à cette époque, il n'y avait pas, non plus de téléphone portable. Mon ami me dit, elle ressemble à une beauté fanée. Je suis restée très perplexe, il ajouta, parce qu'elle était plus âgée, peut-être la quarantaine, alors je ne comprenais pas trop. Serions-nous fanées, les femmes à l'approche de la quarantaine ? C'était un point de vue d'un jeune homme d'à peine trente années. Puis, en sortant du métro, en montant les marches, je vois une femme très belle, d'une allure et d'une grâce, elle était différente de tous les badauds, certainement car elle venait d'ailleurs, semblait étrangère. Je recherchais vainement une beauté fanée, que je ne trouvais point. Puis mon ami lui dit bonjour et me présente. C'était elle ? Une blonde élancée, moderne, d'une forte personnalité, à la fois élégante et sexy, une femme puissante. Oui, à cette époque, les acronymes LGBT... X Y Z, n'existaient pas, pour évoquer tant de petites cases, et les non binaires... Nous étions tous, sans à priori. Puis, nous sommes parties devant ensemble, laissant mon ami, étonné de voir que nous nous entendions déjà, et nous avions commencé par entrer dans toutes les boutiques de chaussures, à sa demande. Elle était quasi fétichiste d'un style très précis de bottines à talons, des années 70, elle a adoré mon regard détaché de tout et pas très sérieux. J'ai passé une après-midi inoubliable. Je ne me sentais pas femme, ni fleur, ni fanée, ni facile et je venais de voir qu'aucune femme ne pouvait être fanée. Les jeunes hommes se posent des questions sur leurs propres féminités. Certains pensent qu'elle est fanée en eux, ils trainent un tombeau. Peut-être que l'exploration de leur vie, leur donne une chance de faire revivre la femme perdue ? Un peu plus tard, pour un magazine d'art à la mode, on m'a posé quelques questions, la première : Quel est votre sexe ? C'était en 1999, mes premières lignes : "Entre M ou F, on m'a dit que j'étais F / Femme, Feu, Fourmi, Fraise, j'aurai même pu être Fête."

Bien plus tard, j'ai rencontré son œuvre, sa façon d'affirmer sa chambre à elle, son atelier de peintre, dans le Sud, d'imposer ses limites, afin que personne ne franchisse son atelier, sans porte avec sa pièce à vivre, mais que chacun, chacune puisse comprendre, que peindre c'était sa vie, et que déjeuner ou dîner avec elle, c'était avant tout partager le repas d'une peintre au travail, qu'elle accordait un moment aux invités, mais ce n'était pas "open bar", ni "buffet à volonté", ni "exposition gratuite" aux collègues enseignants, journalistes et commissaires d'exposition". Non, il y avait une limite, son espace privé était aussi son lieu de travail, à nous de le respecter. Sinon elle mordait. Le mordant n'arborait rien d'une beauté fanée.

J'ai acheté des tulipes, et non pas les chrysanthèmes de la Toussaint. Ces fleurs ne fanent pas, me disais-je, en pensant à elle, qui se faisait appelée IL, une autre beauté. Les pivoines sont mes préférées et lorsqu'elles fanent, elles sont encore plus belles.

À présent, je suis bien plus âgée que cette femme, à cette époque. Elle m'avait fait part de son vœux le plus cher, il a été exhaussé depuis. Nous avons largement dépassé les années 2000, elle continue de peindre, et moi je m'occupe des fanes de carottes pour mes lapins. Tout a changé, je pense même que tout a été dépassé depuis, pour un tas de raisons, de situations, de phénomènes terrestres et extra. Je ne fais plus les boutiques avec autant de légèreté, bien que les bottines des années 70, dans ce pays, sont revenues à la mode, en 2021. Je l'explique simplement car mon amie était certainement en avance, quand tout semble en retard. Je ne visite plus d'atelier de femme peintre, et je n'apprécie plus trop la place de la République à Paris. Il y a eu les attentats, j'ai eu beaucoup de peine à passer dans ces lieux, où j'ai vécu 5 années, arpentant le moindre recoin, naguère, avec frugalité et insouciance. D'ailleurs, j'ai eu le dos bloqué une semaine, dès le lendemain du grand drame parisien, son annonce médiatique, m'a empêchée de bouger, comme figée sur place. Je n'ai pas pu me rendre à mes cours, en province, ni à Paris. Un étudiant a profité de mes 3 jours d'absence pour me remplacer, en écrivant une lettre à la supérieure, pour la flatter. Elle avait perdu le caractère F, il allait combler la disparition. Personne ne m'avait prévenu, aucun collègue. Il était tout à fait normal d'être remplacée par un étudiant au caractère M sans expérience et sans qu'il n'ait eu à préparer et passer des concours, ni d'attendre des années d'être sélectionné pour enseigner à tant de caractères F. Depuis, j'ai perdu cette place, pas la mienne, ni le M ni le F, ni aucune autre lettre, j'adore le Scrabble. Nous n'avons pas tous les mêmes souvenirs, ni la même sensibilité. Je n'avais pas à me plaindre, d'autres étaient morts. Ce fut le début du remplacement des F par des M, des déplacements, jusqu'à ce que je lise ce qu'un policier avait retranscrit de la supérieure : Quand elle n'était plus là, nous étions tranquilles.

J'ai pensé ces jours-ci à une collègue, artiste et professeure, IL, qui a mis fin à ses jours, il y a un an. Elle avait vécu cinquante années, elle était très belle. Nous avions essuyé les mêmes échecs aux concours avec les mêmes jurys, espérant être titularisées après plusieurs années d'enseignement, comme tous nos collègues M. Plusieurs arrivaient nouveaux et se trouvaient titularisés, tandis que notre expérience n'avait aucune valeur, sauf celle d'un F. Chaque année, nous subissions le risque que notre contrat soit le dernier, et d'années en années, notre salaire n'évoluait pas, nous ne bénéficions d'aucune échelle pour atteindre la retraite des fonctionnaires. Était-ce vraiment le paradis ? Elle vivait dans l'intranquilité. J'aurai aimé lui donner mon livre, celui do Desassossego de Bernardo Soares.

Quand personne ne manque, il manque toujours quelqu'un. Pessoa, comme personne, a multiplié les places et les possibilités d'habiter où personne ne nous nuit.
Puis je l'ai entendue, IL m'a glissé : Il n'y a pas de honte à vivre.

Quand la nuit nous cape, toutes les étoiles brillent.

C'est la fête de tous les saints.

Les petites roses pommades.


jeudi 7 octobre 2021

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Photographie © Sonia Marques

Soleil /


Je pensais à "La fille du soleil"... Cette chanson que j'avais écrite et chantée pour l'album "Cocotriste", dont la musique est composée par Rico Zerone, elle venait d'un de mes poèmes. Il habite à Vienne en Autriche.
Vienne et Haute-Vienne...
> Vienne, est la capitale de l'Autriche, située à l'est du Danube. Son héritage artistique et intellectuel d'après les encyclopédies : Mozart, Beethoven et Sigmund Freud. Réputée pour ses palais impériaux, dans ses Musées, sont exposés des œuvres d'Egon Schiele, de Gustav Klimt et d'autres artistes...
Et moi, je suis dans la Haute-Vienne.
> En France, la Haute-Vienne est un département français, situé dans la région Nouvelle-Aquitaine. Cela vient de la rivière Vienne (Vient-Vienne...), qui le traverse d'est en ouest. Sa préfecture et principale ville est Limoges. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 87...
Et voici que les arts décoratifs ne sont pas très loin, pour une artiste, tout est si proche !
Comme un mouvement, le va-et-vient, tout cela sonne déjà comme une musique !

Être la fille du soleil est un tout un programme, l'astre le plus important, tout tourne autours du soleil...
Très belle période que la création de cet album et des autres. J'avais fait écouter, le morceaux de Cocotriste, il y a quelques années, lors d'une conférence sur un ensemble de mes œuvres artistiques récentes, qui comprenait une pièce de théâtre pour enfant, des poèmes, des sculptures, des tapisseries, des dessins numériques et des compositions sonores, ainsi que tout un travail sur mon enseignement et les réalisations d'étudiants et l'on m'avait dit : Alors, quand est-ce que Coco n'est plus triste ? En souriant. C'était inattendu comme interprétation, plutôt littérale. La période était-elle triste ou gaie ? Et est-ce qu'il était question des cocos ? Rien de tout cela. Nous l'avions créée de façon très sérieuse et limpide. Cocotriste est une sorte de crocodile, les premières paroles sont : "Il vivait dans un fleuve, ses larmes l'avait formé..." C'est un animal exotique qui pleure, et sa sensibilité nous rappelle à quel point, les larmes sont des armes. J'avais d'ailleurs dessiné un très grand dessin de deux armées de crocodiles qui s'affrontaient à la ligne noire extrêmement fine et délicate, je pense me souvenir qu'il faisait deux mètres de long. Aujourd'hui ce coco, infiniment sensible et martial, je pense à lui. Plusieurs cycles de vies sont passées depuis. Il était quelque part un annonciateur, un animal majestueux et généreux, incapable de violence, contrairement aux crocodiles, pourtant il vient de cette famille. Sa défense en cas d'attaque, est en revanche, implacable, rien ne lui résiste, par sa gentillesse et son courage.

Ces beaux jours, artiste limougeaude, je réalisais des photographies ensoleillées, elles me faisaient penser à un peintre, né à Limoges, Paul-Élie Ranson (1861_1909) car ses œuvres ont un sens du décor, ce qui annonce l'Art nouveau, il appartenait aussi aux nabis. Je pensais aussi aux vitraux réalisés par le maître verrier américain Louis Comfort Tiffany. Lorsque l'on crée, on pense à beaucoup de choses, c'est une sorte de culture personnelle, on apprend où l'on vit, d'où l'on vient, où l'on rêve d'aller. J'écoute Claude Chalhoub, puis Bachar Mar-Khalifé, tous deux libanais. Bachar, j'ai eu l'occasion de le voir jouer à Poitiers, c'était magique. Récemment je découvrais ses interprétations des Gnossiennes d'Érik Satie, que j'ai pu jouer au piano, ou bien sa danse électro pour Musique de fête, très sympa et effectivement : on danse...


Donc être la fille... du soleil : tout un programme, chantant et dansant <3
Être photographe, écrivain, dessinatrice, danseuse... tout un programme, composer des musiques... et travailler avec des amis... ou enseigner... tout un programme, sans jamais se prendre au sérieux... Paul-Élie Berthet, était aussi un curieux de tout, il s'intéressait à la théosophie, au spiritisme, à la magie, à l'occultisme, ce qui le distinguait des autres nabis (Nabi est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier, vers 1888. Le terme nabi, en arabe, ou nevi'im, נביאים en hébreu, signifie dans un sens actif « orateur » ou « annonciateur », ou, dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». En Occident, nabi a été traduit par « prophète », « illuminé », ou encore « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ») Il avait donc plusieurs activités et les arts décoratifs furent aussi des voix explorées dans des matériaux et arts appliqués variés : panneaux décoratifs, papiers peints, tapisseries, vitraux, décors de théâtre...







Des peintures de Paul-Élie Berthet

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Ravi dans une extase /



La fille du soleil
Photographie © Sonia Marques (octobre 2021)

jeudi 2 septembre 2021

ṧøʊḟḟL℮ εṧρяi⊥

Ci-gît le bonheur, le désir, la santé, la force, le mystère...

L'orchidée bambou, le caméléon /

Le Dendrobium nobile figure parmi les 50 plantes fondamentales de l’herbologie chinoise, l’un des piliers de la médecine traditionnelle chinoise : en Asie, on cultive cette orchidée parfois uniquement pour récolter les pseudobulbes qu’on fait sécher pour les utiliser en décoctions ou en teinture mère. On lui attribue des propriétés stimulantes du système immunitaire, elle aurait des vertus réhydratantes permettant d’atténuer les désagréments liés à un temps sec et chaud, comme la soif intense, l’insolation ou les coups de soleil. Elle a des effets bénéfiques sur les maladies des yeux. Arômes variés du jasmin à la vanille, très tôt le matin et le soir.

Majestueuse, rare, l'orchidée évoque le luxe et la féminité, fascinante, sensuelle, symbole de volupté et de mystère, elle incarne la beauté absolue et le raffinement féminin. Fleur des femmes affirmées et sa richesse en antioxydants et en nutriments la rend idéale pour préparer des soins hydratants et revitalisants ainsi que des soins pour les peaux matures.

La maturité ? Période de la vie caractérisée par le plein développement physique, intellectuel et affectif. C'est un nom féminin,  du latin maturitas, -atis, de maturus, mûr)
C'est l'expression du voyage intérieur, des expériences intérieures. ... La maturité a un parfum. Elle donne une beauté immense à l'individu. ... Aller vers le monde, vers son incomplétude...
L'orchidée, responsable de son visage, s'engage face aux autres, comme toute fleur, une personnalité se dégage, un parfum affirmé. L'expérience de l'incomplétude est magique.
Photographie © Sonia Marques

mercredi 21 juillet 2021

Ṽ℮ṧρґ☺ ⅾℯłʟ@ ฿ℯα⊥@ ✔εґℊḯᾔℯ

vendredi 5 mars 2021

Lε﹩ ґA℘@ḉ℮﹩




mercredi 8 juillet 2020

ℳ☮ИḲ








J'apprécie l’œuvre et la personnalité de Meredith Monk depuis longtemps, je ne l'ai jamais vue sur scène, mais j'ai écouté, vu, à distance. La nuit, dans le silence, ce sont ces vidéos que je regarde. Je n'ai pas la télévision, ne l'ai jamais eu d'ailleurs, ce qui m'a emmené vers des horizons filmiques, de danses nocturnes et de sons inoubliables, à l'écoute enveloppée dans mon imaginaire, des paysages traversés, que je découvrais, seule, sans aucun référent, ni enseignement, à tâtons, j'ai vu cette petite dame, capable de tant de choses, ses voix, sa liberté de ton. Je ne sais pourquoi j'avais fixé une image d'elle assez jeune avec des tresses, car certainement, lorsque je l'ai découverte, je me faisais des nattes, patiemment, dans mon Île-de-France (qui entoure la capitale du pays), lorsque je dansais, et je m'étais dit, non seulement elle se fait des nattes comme moi, mais en plus, elle défriche des territoires qui ne seront jamais "possédés", par personne, les léguant à tous. J'étais oiseau, mince et joyeux. Mais aujourd'hui, je vois des images d'elle, elle a vieilli, comme nous tous, elle a changé, ce n'est plus la jeune femme aux nattes, c'est une vieille femme qui continue d'apprendre aux autres à trouver leurs voix. Alors, sans doute, ai-je vieilli aussi. Elle est née en 1942, elle a 77 ans ! Je ne sais pas pourquoi, j'ai gardé une image d'elle, une idée même qu'elle avait à peine une trentaine d'années, certainement à l'âge où je la découvrais, j'en avais une vingtaine. C'est resté fixé, alors que sa voix a continué à évoluer. Je m'identifie toujours aux vieux et aux enfants, le grand écart... Compositrice, chanteuse, réalisatrice, scénariste, actrice, danseuse et chorégraphe américaine, à quoi bon s'enliser dans une discipline, quand on peut virevolter, c'est ce que j'aime chez les artistes américaines. Quand on vient de la banlieue de Paris, tous les artistes auxquels on aspire, sont américains, car il y a une espèce de dynamique qui traverse des disciplines et parce que l'on se fait soi-même. Lorsque l'on étudie à Paris, on apprend surtout à caser les choses, et parfois se caser dans un petit coin, afin de ne pas faire d'ombre aux laborieux, sinon on vous coupe la tête si elle dépasse. Et puis, quand on voyage un peu, quand on parcourt des régions, des pays, on retrouve ce qui était ancré au tout début, virevolter, se laisser aller aux inspirations diverses rencontrées sur le chemin des déplacements. Le confinement nous a peut-être redonné l'envie d'avoir envie d'aller plus loin, de se reconnecter à la création, en voyageant. Monk superbe !

lundi 6 juillet 2020

ℵ☮ℝ♏Å

Norma Jeane Baker sur une plage au Nord de Malibu, en Californie, photographiée en 1946 par André De Dienes...
Sublimes prises de vue !

jeudi 25 juin 2020

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Photographies © Sonia Marques

jeudi 4 juin 2020

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Photographies © Sonia Marques

J'aime beaucoup les pivoines roses, l'une de mes fleurs préférées, son parfum est inoubliable. Elle possède nombre de vertus, avec un pouvoir, dans l'histoire de guérison.
Fleur aux mille pétales, tant de mythes la parcourent, des légendes grecques, chinoises, du Moyen Age.
Elle protège des mauvais esprits, des maladies, des tempêtes et les chinois l'associent à la beauté féminine et à l'amour, emblème également, de l'abondance et de la réussite sociale.
En occident, de notre côté, elle serait symbole de sincérité mais aussi de la timidité, elle assure protection.
D'où cette expression "rougir comme une pivoine", un sentiment de honte.
Ce que j'admire, ce sont les dessins japonais, des pivoines voluptueuses et socles qui magnifient les insectes.
Notre coutume : les fêtes, comme la fête des mères, gage d'affection, cette fleur généreuse est une marque de sincérité et de tendresse.
On la trouve dans les bouquets pour les mariés et les arrangements floraux, abondant et délicats.
Dans certaines traditions, le fiancé offre une pivoine à sa future femme, en gage de sincérité de son amour

Cette fleur est un témoignage dont on se souvient. Longtemps.

Tachibana, Yasukuni 1715-1792

Trois pivoines et papillon (Katsushika Hokusai - 1832)

Pivoine et canari (Katsushika Hokusai - 1833)

Parfois je n'éprouve aucun sentiment, intellectuel, esthétique, décoratif, pour les arts contemporains. Professeure, j'ai dépassé cette absence de reconnaissance, afin de transmettre des correspondances en histoire de l'art, pour les étudiants, et que leurs connaissances, puissent, elles, se déployer librement, avec leur propre appréhension de l'histoire, et dans leur histoire personnelle. Je n'ai jamais forcé la main, ni réalisé des focus ou tenté d'exclure des pans entiers de l'histoire de l'art. Ainsi en apprenant, j'apprenais à apprendre, car j'aime enseigner, et articuler des planètes différentes, les aligner pour cartographier une nouvelle constellation, afin que l'étude se peaufine et l'excellence pousse. Mon enseignement est raffiné, il est donc précieux et ne peut être vulgarisé. Je ne l'ai pas su de suite, des mésaventures me l'ont appris. Je me suis un peu décalée d'un milieu, qui était hostile à la délicatesse et à l'élégance. J'ai souvent gardé secrètes mes préférences artistiques. Et celles-ci, plongent deux siècles en arrière. Évidemment, tous les arts qui s'en inspirent ont ma préférence. Je comprenais ainsi, de même, que ne pas avoir de reconnaissance auprès de mes contemporains, n'était pas très important. Pourtant ils me divertissent, mais j'oublie le spectacle, aisément. Ce qui s'imprègne est bien plus complexe et organique. C'est lié aux odeurs et aux souvenirs, aux attachements et aux reconnaissances de ce que l'on a déposé profondément, en nous. Comme l'insecte qui butine une fleur, les déplacements des pollens, toute cette culture. Mes essentielles. Mes essences.

Il n'y a pas de choix, dans la transmission : que des possibles.

J'aime l'idée d'être une maître professeure. Je possède une discipline singulière, elle ne correspond pas du tout aux cases des disciplines répertoriées, de nos jours, dans toutes les écoles. Ce sont des cartes à jouer, chaque jour, je bats les cartes et je coupe. Le mot "maîtresse" n'est pas ma tasse de thé, ni "enseignante". Je ne garde pas d'enfants, mon enseignement n'a jamais été une récréation, ni un salon de thé, ni un "apéro" après confinement. L'étude est prioritaire, étudier c'est toute sa vie. Souvent, on peut croiser des agités du bocal, qui veulent couper les cheveux en quatre, ils et elles ne pensent qu'à enculer les mouches, à sodomiser un brachycère, ce sont des expressions françaises vulgaires, mais en lisant le livre d'Utamaro, l'artiste japonais et ses myriades d'oiseaux et d'insectes, en lisant les haïkus, il y a des vulgarités, sur les pétales et cela m'a fait réfléchir, il y a des accouplements d'insectes dans ce livre poétique. Ces expressions similaires et vulgaires, veulent dire : se perdre en arguties pour des vétilles, chicaner, se montrer tatillon. Ces excès sont inutiles, et ne parviennent pas à comprendre ce qu'est la création, son épaisseur. C'est un temps, de reconstitution, de vision globale, et d'une certaine hauteur aussi. L’œuvre n'est pas accessible à tous, ni les enseignements artistiques, bienheureusement. La patience et l'humilité, elles, se manifestent présentes, aux études. Je crois même que le plaisir et la générosité ne pré-existent pas, aux études. Rien n'est donné d'emblée. D'ailleurs, rien n'est donné aux imbéciles, à celles et ceux qui forcent et croient tout savoir. Il n'y a que des efforts, un ascétisme rebutant, un vide intérieur à réaliser, rien n'est visible. Il n'y a rien à vendre, et rien à voir, au départ et le long du chemin. Ce qui est montré, n'est qu'une étape, dans les épreuves des études. L'abnégation est heureuse, dans la vocation d'enseigner, et les professeurs n'ont nul besoin de porte-voix, de slogans, et de publicités.

dimanche 24 mai 2020

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Photographies © Sonia Marques





jeudi 21 mai 2020

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mardi 19 mai 2020

Fℒ€Ṳℝϟ & iℕ$€ℭ†€ϟ

Je découvre, avec parcimonie, les fleurs poussées à l’abri des regards, et leurs insectes, passagers confinés. C'est beau.
De ce qu'elles seules, veulent bien m'offrir, je partage ce que j'ai entraperçu.
C'est à vous, que j'adresse mon point de vue, passagère confinée de ces pages.
De ce que moi seule, je veux bien vous offrir, de ce que vous, seuls, voulez-vous bien entrapercevoir.
Les fleurs, les pages et les insectes, sont nos amis, nos compagnes et compagnons, nos signes des saisons et notre température.
De délicats modèles de tempérance.

Retenus de nous-même, en un seul lieu, contemplatifs et repus, vous êtes mes plus beaux espoirs, en ce printemps téméraire.
Étincelants miroirs de la beauté des solitudes.

Sans vous voir surgir de terre, je ne vous imaginais pas, aussi généreuses et ingénieuses.
Vous avez repris vos droits.

Tapie sous terre, des mois, des années durant, j'ai fait comme vous, à l'abri des regards, j'ai repris mes droits.

Mille mercis, milles fleurs et insectes.

Photographies © Sonia Marques

samedi 7 décembre 2019

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Cape Buffalo And Oxpeckers is a painting by David Stribbling

Le buffle d'eau :


Le buffle, un bovin de grande taille, l'espèce-type du genre Bubalus, qui comprend plusieurs autres espèces endémiques d'Asie tropicale. Il est connu en français sous les noms de buffle d'Asie, buffle des marais (B. b. bubalis) et buffle des rivières (B. b. kerabau). La femelle est la bufflonne, le petit, le bufflon. En d'autres langues, et selon les races et les pays, il a plusieurs noms : arni, karbau, kerabaü... L'appellation pour cette espèce de « buffle d'eau », traduction littérale de l'anglais water buffalo que l'on rencontre parfois, est un pléonasme en français mais pas en anglais où elle sert à distinguer le buffle du bison également appelé buffalo. En effet le buffle, accoutumé à l'état sauvage aux milieux humides, reste très attiré par les zones aquatiques et il n'existe pas de « buffle de terre », à moins d'appeler ainsi l'espèce sauvage africaine Syncerus sp., qui forme un autre genre à la morphologie différente. À l'état sauvage, le buffle d'Asie est une espèce en danger, dont l'habitat typique est les marais d'Asie du Sud et du Sud-Est. Sous sa forme domestiquée, c'est un animal courant en Chine, dans le sous-continent indien et en Asie du Sud-Est, particulièrement apprécié pour son lait et en tant qu'animal de bât et de labour. La bufflonne est aussi élevée en Europe pour son lait en Roumanie et en Italie, notamment en Campanie, pour la production de la mozzarella. On a des os archéologiques attestant la présence du buffle domestique dès l'époque archaïque, à l'aube de l'Antiquité, tant dans les Balkans, en Anatolie, Syrie, Mésopotamie et Perse qu'en Italie. (Wikipédia)

Originaire d’Asie, le buffle d’eau a été domestiqué en Inde et en Chine il y a plus de 7000 ans. De nos jours, il est élevé sur tous les continents, notamment pour le lait de bufflonne. Plus digeste et plus doux que le lait de vache, le lait de bufflonne est aussi deux fois plus riche. Sa teneur élevée en caséines (substance protéique du lait) facilite la fabrication du fromage, comme la fameuse mozzarella originaire d’Italie.

Bubalus bubalis


Le Buffle est le deuxième signe du zodiaque chinois. Son élément est l'eau. C'est un signe à polarité Yin, animé par une énergie féminine. Les couleurs comme le bleu et le rouge lui apportent protection. Les fleurs qui le favorisent sont la rose ou encore la fleur de pêcher. Il est très proche du signe Capricorne dans l'horoscope occidental.  Selon la légende, l'Empereur Jade demanda aux animaux sélectionnés de traverser un cours d'eau pour déterminer leur position dans le zodiaque. Le rat monta sur la tête du Buffle et alors que ce dernier s'apprêtait à gagner la course, il sauta de son perchoir et atteint la rive en premier. La seconde place fut pour le Buffle.  



John Dyer Painting. Water Buffalo and Rice Terraces, the Philippines

Painted in the rice terraces of the Philippines this gorgeous John Dyer canvas captures the beautiful landscape and biodiversity of the area. The purple sky complements the orange hues of the rice straw. A water buffalo stands in the center of the composition and the farmers use palm leaves and straw hats to protect against the tropical sun. Read more below. * John Dyer is one of the UK's most exciting and well known postmodern plein-air painters. His work is collected internationally and his paintings have been the subject of popular television programmes and a wide range of merchandise.  John's environmental work studying the ethnobotanical relationships of plants with the Eden Project has firmly placed his work at the forefront of contemporary art and he is one of the UK's best known international environmental artists, having worked with leading scientific organisations across the globe. "There is an innocence and freshness to John Dyer's art that follows a tradition in Cornwall that includes the work of Alfred Wallis, Christopher Wood, Fred Yates and Bryan Pearce. Rather than trying to record what he sees, John sets out to capture the 'essence' of his subject. The 'essence' of seagulls, cats, dogs, bobbing boats, or exploding fireworks communicate far more strongly through John's brushstrokes than they would if drawn more traditionally. It is this ability to capture the 'essence' of what is important that seems to appeal to those who have shown great vision and originality in their own careers, such as Tim Smit, Alan Titchmarsh or Kim Wilde."

(text)

jeudi 14 novembre 2019

Ḻ ∀м◎üґ ∃ṧт Åü Ðεṧ﹩üṧ Ðε ℒ@ Fḯ℮ґ☂é

samedi 14 septembre 2019

♏ϴϴИ




Hier soir, j'ai vu un spectacle magnifique sur les toits de Limoges : La lune des moissons !

La lune était d'un jaune lumineux, pastel avec des tâches ocres, orangées, puis elle est montée lentement le long de la soirée jusqu'à devenir blanche phosphorescente.

Ce vendredi 13 septembre 2019, c'était la dernière pleine lune à illuminer les champs avant la moisson.

Elle semblait être blonde de blés, si pâle, et pourtant d'un grand éclat, quel paradoxe de cette teinte si douce et forte à la fois, unique.

Je n'avais pas d'appareil photographique, alors j'ai profité de cet instant, lors d'un dîner en plein air, elle était devant nous, comme invitée, fière et si protectrice.

Cette lune des récoltes est visible ce soir aussi.

Énergie.

Ne plus retenir le passé.

La beauté sans faire de bruit.

jeudi 18 juillet 2019

ℒℰ ḠѺÛ† ℯт łℯ ṧα♥◎ḯя

D'après une photo de George Barris de Marylin Monroe sur la plage de Santa Monica le 13 juillet 1962. Elle a 36 ans.

C'était dans ce pays où les lumières avaient éclairé une bonne partie des inventions, les sciences, la littérature et les beaux-arts, durant des années, peut-être 2 siècles...

Que restait-il de ces étoiles ? Il n'était pas bon avoir du goût, il n'était pas bon savoir, en ces temps de lynchage. Alors à quoi servaient ces études, si longues et complètes, si épanouissantes, si elles se trouvaient lapidées par des bricoles pour appâter le maire alcoolique du coin, nommé le "trouduc" ? Il fallait remonter un peu plus loin dans l'histoire, les habitants avaient perdu le goût mais aussi, ne savaient plus rien, si bien qu'ils se penchaient, depuis des années vers les idées présentées toutes cuites, ou parfois recuites, des idées très simples que l'on peut répéter. Une des idées reçues, est celle la plus adulée comme on adulait des images. Ce sont des sortes d'iconodules de la pensée toute faite, à l'aide de drapeaux et d'oripeaux, ils ont assombri une partie du ciel, ne gardant que celle où les étoiles ne sont plus. Donc une de ces idées faciles à assimiler, par n'importe quel icono cono, c'est que l'argent est volé. Qu'est-ce que cela veut dire ? L'argent est volé ou s'envole ? Non, l'argent d'où qu'il vienne, transformé en mets coûteux ou vins, ou vêtements de luxe ou propriétés, enfin de ce que les habitants peuvent encore voir, là où il est encore visible et montré en image, dans les magazines, sur Internet, cet argent n'est jamais gagné, mais volé.

C'est la première idée, et elle, cette idée, gagne du terrain, remporte toute les adhésions. Il suffit d'alimenter l'hystérie des eaux troubles dans laquelle ce pays des lumières éteintes se trouve béni, par les icono cono, et l'adhésion populaire est quasiment définitive et peut tuer n'importe quel icono cono ! Cette idée simple qu'on "nous vole notre argent" s'illustre depuis des années à différents niveaux et elle fonctionne comme un rouage nanofacturé, imprimé en 3D, parce que l'idée ne coûte pas cher à fabriquer, et s'étend comme feu aux poudres en un éclair de temps : elle est très rapide à diffuser, ça marche de suite, et de plus en plus vite.

Donc sur cette thèse, nombre de docteurs (celles et ceux qui écrivent des thèses, pas celles et ceux qui auscultent des corps nus, voire plus) se complaisent à la nourrir et à s'inviter experts en commentaires, de tous poils donc. Aujourd'hui, une thèse s'achète par imprimante 3D, pas besoin d'étudier, il faut copier l'idée la plus répandue. Elle se décline ainsi : un homme pauvre ne peut pas devenir riche, une femme belle ne peut pas être intelligente, une femme savante n'a pas de goût, un homme de goût est un homme riche, les riches sont celles et ceux qui ont volé aux pauvres, les pauvres n'ont ni goût ni savoir, le savoir et le goût ne vont jamais ensemble, mieux vaut vivre sans goût et sans savoir pour rester vivant et sans être lynché...

Le pays se laissait ainsi mordre de tous côtés par l'irrésistible envie de tuer ce qui semblait beau, ce qui semblait intelligent, mais de toutes ces semblances, les habitants icono cono ne tuaient que des images, en bons iconodules. C'est que l'icono trash faisait, justement fortune. Et pour les habitants d'un pays où l'idée première la plus entendue était que l'argent s'envole, il fallait le rattraper et le dépenser très vite, avant qu'il ne se perde...

Pour ce qui n'était plus matériel, c'est-à-dire l'argent lui-même, point de problème, les habitants ne s'en occupaient pas, car ils ne croyaient que ce qu'ils voyaient.

La deuxième idée quelle était-elle ? Oui, le savoir. On imagine qu'il est plus difficile d'émettre une idée simpliste sur le savoir, et bien non. Il faut garder souvenir, que ces habitants sont quasiment dans l'ombre et qu'ils ne voient plus les étoiles. Ils ont conçu des statistiques et des questionnaires afin de mesurer le quotient intellectuel des habitants. Évidemment ceux-ci sont complètement caduques et bien désuets, ne serait-ce que pour mesurer le niveau de culture générale, ils se sont basés sur d'anciens modèles masculins de bande-dessinées misogynes ou sur des femmes écrivains féministes, dont le mot féministe ne pouvait même pas exister étant donné que le féminisme n'existait pas lorsqu'elles ont été publiées par des hommes. Il y a plusieurs points très discutables, mais revenons à cette deuxième idée, pourquoi mesurer l'intelligence des habitants ? Afin de créer une cloche, d'un côté en bas de la cloche, les débiles, au milieu la population en majeure partie, celle qui paye les impôts et peut travailler dans la société des lumières éteintes et de l'autre côté, toujours en bas de la cloche mais à l'opposé, les précoces, celles et ceux qui ont un haut potentiel, définis, par les icono cono comme les débiles, celles et ceux dont on ne peut rien faire et qui emmerdent le bon fonctionnement de l'extinction générale des lumières !

En gros, après avoir effectué ces mesures, il faut éliminer, de la société tout élément, en bas de la cloche dingdong. On peut aller chercher des écrivains, des femmes renommées, déjà publiées depuis des lustres avec l'aide de leur mari bien placé, jalouse d'une précocité, d'un enfant même disposé à l'analyse de ses faits et gestes quotidiens, l'enfant en sait bien plus que l'écrivain. Et pousser ces femmes sans talent à écrire sur leur proie : un enfant surdoué. Ce sera une arme afin de combattre tous les enfants qui espèrent grandir dans cette société et qui imaginent pouvoir rallumer les lumières. Il n'est point question là des enfants avec un porte-voix tendu par des adultes manipulateurs pour passionner les foules coupables à la découverte écologique de ce sur quoi ils marchent depuis leur naissance : la terre. Non, il est question des enfants non manipulables, ils savent en avance mais ne peuvent être désignés comme savants, car les savants se désignent entre eux, entre adultes plutôt débiles, et votent à qui sera le génie d'un siècle ou d'un quart d'heure américain.

La troisième idée, c'est celle, encore plus complexe que l'on croit, mais en fait toujours aussi simpliste, c'est que le spirituel devienne un sujet de guerre. Les icono cono nés aveugles de cœur, mais dans l'impossibilité de comprendre l'invisible, ils ont beaucoup perdu de leur sensibilité, ont décidé que des religions différentes devaient s'affronter et s'entretuer, afin d'atteindre l'invisible, puisqu'ils ne le voyaient pas. Ils pensent que seule l'identité, l'appartenance à une religion, une communauté, une secte, un club de golf même, pouvait résumer le parcours social et professionnel d'une personne. Donc tout ce qui n'était pas visible, et la sensibilité en fait partie, et le goût, parce qu'avoir du goût c'est aussi savoir goûter, sentir, devait être en guerre et les icono cono devaient militer, s'associer, afin de faire la guerre à tout individu qui ne déclinerait pas son identité.

De ces 3 idées illustrées à tous niveaux et dans toute la presse, gouvernait de plus en plus un pouvoir simplifié, qui attribuait des droits aux icono cono, simplifiés. Dans le domaine de la simplification, on trouve des simplets, mais aussi plusieurs autres petites unités, ou parties réduites de façon différentes et c'est là où la simplification, si l'on y regarde d'un peu plus près, c'est-à-dire, en se baissant un peu, en rapetissant, après avoir bu la potion magique "buvez-moi", peut devenir complexe. Oui, la simplification, quand on change d'échelle de valeur, de crédit, peut devenir complexe. Pour cela il faut savoir lire "buvez-moi", et on sait à présent, que les habitants ne savent plus rien, ni même lire la notice d'une boisson. Les dégâts dans ce pays, sont innombrables, et les maires trouduc ont dépassé la dose prescrite. Un mode de gouvernance simplifié se décline en plusieurs élus sur des terres, non écologiques, définitivement non écologiques. Les votes sont simplifiés, contre avantages et crédits, ajoutés puis enlevés après élections, et se réalisent avec des boutons incrustés au creux des poignets. c'est rapide et non anonyme. Ainsi l'ostracisation peut également s’effectuer en temps réel. On peut un peu mieux observer que la jalousie, l'envie, la haine, toutes ces qualités, devenaient les meilleurs outils pour adhérer à un pouvoir, dit vertueux, un pouvoir simplifié, au service de l'extinction des lumières, mais pas des feux. Seul le savoir pouvait donner des clés de lectures, afin de comprendre et non pas seulement voir (ça voir), que sous ces vertus affichées sans goût de luxe, ou ces slogans syndicaux qui défendent la veuve et l'orphelin, officiaient les idées simplistes les plus viles et vulgaires, détruisant à petits feux les savoirs et savoirs faire de ce pays. L'argent ayant perdu le monopole et le socle divin des échanges et procédures par intérêt, les repères et les pères s’effondraient sous ces jours de plus en plus incertains, ces genres indéfinis et ces transformations rapides, sans aucun savoir, dans la semi-obscurité.

Les éclipses peuvent générer des moments, quelques secondes seulement, de lumière. C'est pour cela que les habitants se précipitent tous à regarder le ciel, dans des points névralgiques différents des plateaux et sommets, ou même aux fenêtres, afin de tendre vers cet espoir que la sagacité toucherait la fêlure d'un de leur cerveau, et que le plus fêlé d'entre eux parviendrait à avoir, ou recevoir, une idée, cette lumière non prosaïque, dénuée de prose, d'une force poétique inouïe comme le bouleversement d'un mode de penser terne et fonctionnaire, servile et sans transparence. Mais cette limpidité, ce fluide sensuel et intellectuel n'arrivait jamais. Et même s'il arrivait, le fêlé d'un coup devenu un génie ne délivrerait jamais son idée, il serait lapidé sur le champ ou torturé. Il finirait ses jours dans l'obscurité la plus totale, ce qui, finalement ne l'atteindrait pas, puisque la lumière, il la trouverait dans son cœur, les yeux fermés, l'insularité incassable du diamantaire et non du lapidaire.

Si les lumières s'éteignaient et qu'étaient tués dans l'oeuf les enfants et les animaux doués d'une intelligence sensible, les seuls pour sauver les icono cono, ces derniers ne pouvaient même plus comprendre que l'argent ne leur était jamais volé, mais que les efforts payent, et pas ceux visibles, mais ceux éprouvés de l'intérieur, en interrogeant même leur sensibilité. Alors les icono cono perdaient leur beauté première, celle qui demeure à l'intérieur, celle qui sait, qui a du goût, qui travaille parce qu'elle aime et qui se repose en paix. La beauté première rongée par l'idée que toute beauté n'a aucune spiritualité, serait même illusoire, une image à détruire, avait beaucoup de mal à perdurer, elle devenait jetable, utilisable mais jamais regardée pour ce qu'elle était. Pourtant la beauté qui siège dans les cœurs est celle encore qui allume les lumières. Tout le ciel n'est pas obscur puisque ce sont les étoiles qui font la nuit. L'obscurité totale advient lorsque la prison des idées simples prend trop de place.

Si sont montrés des lingots d'or aux icono cono, par jalousie, ils chercheront sans fin à savoir qui les a. Le lynchage, leur seule passion, devient alors leur seule recherche. Mais un lingot d'or, même l'image d'un lingot d'or, n'est pas une étoile (inaccessible) dans le ciel de la nuit, il n'éclaire pas grand chose, et n'a pas trop de goût. Ce serait même un mauvais goût. De même savoir que son voisin vit sur un tas de lingots d'or, ce n'est pas savoir grand chose. De même si ce voisin s'est identifié à une religion et la placarde un peu partout où il passe, ne fait pas de lui un gage de spiritualité et de sagesse accomplie et il n'est pas non plus utile, quoique l'utilitaire ici est coquin, de le vilipender, d'inciter à la haine de ce que l'on ne sait pas.

Sur le sable, les beautés drapées dans des serviettes usées par le temps, les cheveux lumineux et sans pigments, dessinent des étoiles, des grains de sable, sur lesquels nous marchons en oubliant ce temps qui passe.

jeudi 6 décembre 2018

ℬ∃ѦṲTẎ

En route <3

samedi 9 juin 2018

L@ ß☺ᾔᾔε ḉ☺ηⅾʊї⊥ε

Photographies © Sonia Marques


Just Another Dance, exposition au CCS d'Urs Lüthi


Essayer encore, rater encore, rater mieux, exposition Rosa Brux avec les Archives contestataire (Ah ! les suisses )


Affiche dans le métro


Permis sans voiture, conduite sans pneu


Anticipation ? Rem Koolhaas & Lafayette


À l'ombre des cruautés


La dignité


À la conquête du goût


L'indignité


La dignitaire


De la hauteur

samedi 17 octobre 2015

ᘉᗴᐯᙓᖇ ᗯᙓᖇᙓ ♈ᖺᙓ ᙡᗩᎩ ᔕᖺᙓ ᙡᗩᔕ

Colin Stetson and Sarah Neufeld (Photographie © Sonia Marques)
"Colin Stetson et Sarah Neufeld, tous deux acclamés pour leurs albums instrumentaux en solo sur le label Constellation, unissent leurs forces en duo sur leur album « never were the way she was » , époustouflant de compositions originales pour saxophone basse et violon."
C'était hier au Centre culturel Jean Gagnant de Limoges.


Élégance, présence, rage, beauté, quel binôme brillant, lumineux dans la nuit. Dans une économie de moyen, leurs gestes justes, réservés au tempo étiré de leurs souffles et sons, Colin Stetson et Sarah Neufeld nous ont emmené très loin puiser dans nos émotions, à la source des larmes, des batailles, de la puissance et de la beauté de la fragilité de ce monde. D'une énergie du violon, la vitalité ciselée et indestructible de cette arme archet sur quelques cordes, la répétition et le rythme effréné d'une course infinie, s'accorde avec les sons graves du saxophone basse, ténor, et de la clarinette basse. Une maîtrise des instruments de la retenue et du souffle impressionnante. Entre le violon et la voix de Sarah Neufeld et l'utilisation des différents instruments de Colin Stetson, des aigus aux graves, un espace vertigineux et spectaculaire, pour les oreilles, nous a été donné d'entendre. Rares sont ces moments, quelle chance d'avoir été là.
J'ai beaucoup d'affinités avec ces sons graves et Colin Stetson est en pleine possession de sa force, son jeu physique, sa respiration et l'amplification de ses sons. Ils grognent, lui il est un capitaine marin dans un bateau et la mer n'est pas calme, mais il sait naviguer et accompagner la voix, les cordes de Sarah Neufeld.
Plusieurs références de la musique répétitive ou classique me venaient, et des Béla Bartok, Steve Reich, Arvo Pärt... mais ce binôme ingénieux a tout effacé car leur invention contemporaine, entre musique expérimentale, électronique et jazz mais étonnamment percussive, n'avait d'égal dans ma mémoire, de musicienne, compositrice ou d'oreille parmi les oreilles attentives. Il y a une tension jusqu'au bout, minimale, tendue, érotique, nerveuse et pleine. L'une virevolte dans l'air et circule et s'éloigne, sa voix arrive de loin, repart très loin, lui maintient le cap, maîtrise sa force, animale, sans jamais la donner toute, il met en valeur le déploiement d'une danse précise et singulière, déterminée, qui regarde droit dans les yeux, jamais ne se défile. Nous ne pouvons qu'attendre la fin de chaque partition afin de reprendre nos esprits et les regarder jouer, prendre du plaisir et nous en donner. Une décontraction, simplement des pros ! Des solistes qui nous hissent vers l'extatique.
Sensation ténébreuse d'être présente où poignent les belles choses.
Synesthésie totale, bouleversante, une expérience inoubliable.

Colin Stetson and Sarah Neufeld (Photographie © Sonia Marques)

Never Were the Way She Was is a collaborative album by Colin Stetson and Sarah Neufeld, released in 2015 by Constellation Records. It was recorded live in the studio without the use of overdubs or loops at the End of the World studio in Vermont.Neufeld and Stetson had first met in 2006 when Neufeld's Bell Orchestre shared a bill with Antibalas, who Stetson was playing with. The two artists had previously collaborated on the soundtrack to the 2013 film Blue Caprice.




❤ Témérité, ténacité ❤