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blog m kiwaïda

16/09/2021

ℙε☂ḯтℯ﹩ αłℓυMℯ⊥☂℮ṧ ʝ@ρøᾔaḯ﹩℮﹩

Petite collection... graphique des années 20...


Par kiwaïda at 00:01

09/09/2021

ᔕᎩᒪᐯᓰᗩ ᑭᗩᒪᗩᑕᓮᗝᔕ ᙡᖺᓰ♈ᗰᗩN





Née en 1941, Sylvia Palacios Whitman a vécu dans le sud du Chili avant de s'installer à Santiago, où elle a étudié la peinture et la sculpture à l'Université du Chili. En 1961, Whitman s'installe à New York et s'intéresse rapidement à la danse et au théâtre. Elle s'est rapidement engagée dans l'art de la performance, travaillant avec un certain nombre d'artistes, dont Robert Whitman (né en 1935), qu'elle a épousé en 1968. En 1970, Whitman a joué avec Trisha Brown au Whitney Museum of American Art de New York et a rejoint La compagnie de danse de Brown trois ans plus tard. Entre 1974 et 1981, Whitman a mis en scène ses propres performances dans des lieux new-yorkais tels que Kitchen, Artists Space et Sonnabend Gallery. Ses pièces étaient généralement interprétées par des participants non formés et incorporaient régulièrement des accessoires trouvés et fabriqués, qui étaient souvent éphémères, souvent faits de papier ou de ficelle, et jetés après la performance. Dans South (1979), présenté au Solomon R. Guggenheim Museum, Whitman a animé une enveloppe surdimensionnée, portée par des artistes, et une baleine géante, qui faisait le tour de l'atrium du Guggenheim. Grâce à l'inclusion d'un portrait de mariage chilien, cette pièce, comme beaucoup d'autres, faisait à la fois des références claires et indirectes à l'éducation sud-américaine de l'artiste.
Parfois adaptées aux compositions du compositeur Steve Reich (né en 1936), les pièces de Whitman partagent un langage chorégraphique simple mais surréaliste. Les performances de l'artiste se sont développées parallèlement et ont été informées par une pratique de dessin active composée de croquis de carnets, qui détaillent les idées de performances, et de pièces autonomes de la fin des années 1970 et des années 1980. Ces œuvres pour la plupart à petite échelle comprennent une série de pièces figuratives qui explorent les espaces et les visages de son enfance au Chili ainsi que des dessins très travaillés avec des motifs géométriques irréguliers et des éléments figuratifs et collés occasionnels. Les dessins abstraits de Whitman font allusion à des préoccupations politiques, mais toute interprétation simple est obscurcie par son application répétée d'encre pour stylo à bille. Elle a renoncé à sa pratique artistique dans les années 1980 mais a récemment suscité un regain d'attention. En 2013-2014, ses premières performances, y compris des accessoires, de la documentation et des performances remises en scène, ont été présentées dans l'exposition Rituals of Rented Island: Object Theatre, Loft Performance, and the New Psychodrama Manhattan, 1970-1980 (2013) au Whitney Musée d'art américain, New York.
—Michael Nock




Par kiwaïda at 15:48

ℬḺÅℭḲ ℬϴ✝✝☮♏


Ann Pennington enseignant à Felix the Cat comment danser le « Black Bottom » (1927)

Originaire des Afro-Américains du Sud rural, le « Black Bottom » fait référence à une danse populaire des années 1920. Principalement interprétée par la star de Ziegfeld Follies, Ann Pennington (1893 - 1971), cette danse a été popularisée pour la première fois à New York par le spectacle afro-américain. Le Black Bottom est devenu à Broadway, un phénomène national, dépassant le Charleston en popularité.

La chanteuse et actrice Edith Wilson interprète la « Black Bottom Dance » dans la production théâtrale de Londres des "Blackbirds" de Lew Leslie, (1926)
Superbe robe, photographie et quel style !


 


Par kiwaïda at 15:40

08/09/2021

Ḱїƒf℮ Ḱїƒf℮ Ḱїƒf℮ Ḱїƒf℮

Une orchidée (1941) peinture de Georgia O'Keefe

En septembre 2016, j'écrivais un petit article sur Georgia O'Keefe (Ḱїƒf℮) il y a 5 ans. En parcourant ma librairie de plumes je distingue un catalogue imposant de cette peintre, elle m'a accompagnée plus jeune, bien plus jeune, avant que je n'étudie dans les écoles d'arts parisiennes, les arts appliqués et les beaux-arts. Plus tard, lorsque je suis partie étudier au Canada, j'ai saisi ses paysages et ses étendues. Je découvre ainsi en parcourant ce nouveau catalogue qu'une exposition, une monographie va se dérouler au Centre Pompidou, dans quelques jours ! Du 8 septembre au 6 décembre. C'est toujours par hasard que je découvre les dates des expositions, le catalogue est déjà prêt, même en province ! Et quel plus beau hasard, quelques jours auparavant je photographiais mon orchidée caméléon...


Par kiwaïda at 00:22

23/08/2021

℘εяḟεḉт ʟ◎♥ℯґṧ


Enfin !

Photographie et installation © Sonia Marques

Par kiwaïda at 22:10

14/08/2021

ℙ@﹩ε◎ α øяїłℓ@ṧ ḓℯℓ μαґ


Paseo a orillas del mar (promenade au bord de la mer) 1909, huile sur toile, 205 × 200 cm


La couture de la voile, huile sur toile, 1896, 220x302 cm


La Sieste, huile sur toile, 1911, 200x 200 cm

Joaquín Sorolla Bastida (Valencia 1863 – Cercedilla 1923), peintre espagnol de la lumière...

Par kiwaïda at 00:46

12/08/2021

♭ℓℯü αṧ﹩℮


Peinture de l'artiste Geneviève Asse, Impressions gris et bleue (2007)

Que voit-on ? La mer, le bleu, l'écume, une abstraction, une peinture, c'est une œuvre de la peintre bretonne Geneviève Asse, cette artiste s'est éteinte à 98 ans le mercredi 11 août 2021, à l’Ehpad des Invalides, à Paris.
Entre 2003 et 2013, elle avait pris part au chantier de restauration des vitraux de la collégiale Notre-Dame-de-Grande-Puissance, à Lamballe. Retenue dans le cadre d’un marché public, Geneviève Asse avait alors collaboré avec le vitrailliste Olivier Debré.



« J'aime la solitude. » disait-elle, c'est une philosophie de vie. Dans sa maison de l'Île-aux-Moines, lovée dans le golfe du Morbihan, elle y trouvait une respiration et une inspiration. Née en 1923 à Vannes, Geneviève Asse est élevée par sa grand-mère au manoir de Bonervo, dans la presqu'île de Rhuys. Ce n'est qu'à 10 ans que Geneviève et son frère jumeau rejoignent leur mère à Paris.

Le bleu, c'est son secret



Alors que les jeunes de son âge jouent dans la cour de récré, Geneviève s'échine à faire et refaire ses peintures. « Sans jamais prendre de cour... Je tenais à rester seule. ». Face à l'horreur de la guerre de la seconde guerre mondiale, la Vannetaise trouve dans l'art un refuge apaisant. On a nommé ainsi « le bleu Asse ». Un bleu unique dont personne ne sait vraiment d'où il vient. À chaque fois qu'on lui demande, elle répond que c'est son secret, reconnaît Florence Camarroque, réalisatrice du film Geneviève Asse, entre ciel et mer : "Une ligne d'horizon entre le ciel et la mer, c'est son univers"




Elle fut d'abord attirée par la nature morte puis s'est éloignée du figuratif au profit de l'espace, de l'étendue. Ses recherches vont de l'opacité à la transparence. Cette couleur tant vécue de l'intérieur, d'une rare intensité dans sa longévité, et son engagement, sa foi, s'est emparée d'elle, comme elle, qui vivait dans cette couleur, celle du ciel et de la mer de la Bretagne. Élément sacré, cette couleur, la sienne, est à mon sens, bien plus "éternisée"que le bleu de Klein, dont on a fait un pataquès pas possible (surtout dans les écoles d'art) Le bleu Asse parcourt de multiples bleus. J'ai la chance de vivre aussi dans ce bleu, celui de mes fenêtres, comme elle, j'ai repeint tous les murs en blanc, comme elle, je ne peux rien accrocher au mur, ni même ne trouvera-t-on de miroir, ni une seule de mes œuvres, ou presque, pourtant j'ai fait des efforts, j'ai installé un miroir derrière une porte ;.) Un temps j'avais effectué des recherches pour les étudiants sur la fabrication de la couleur bleue, les pastels des teinturiers, les bleus de guède, le bleu Indigo... C'est passionnant, parfois ce que l'on recherche ne peut se transmettre, n'est pas accueilli, le climat n'est ni propice ni ouvert, ni serein. Alors la solitude, le retrait, le silence, rechercher en silence, c'est l'intériorité qui nous pousse à travailler, non plus pour être mis à mal et ostracisé sans cesse, mais pour soi, et pour nos proches, pour l'infime partie du monde qui nous a vu naître et continue de nous accompagner, notre famille, nos racines, toujours pour l'espoir d'un meilleur avenir.

Je partage l'idée que rien ne peut parasiter la pensée, lorsqu'elle se définit par l'alliance entre la main et l'esprit. Aussi, je pense que la vie d'artiste est emplie de solitude, de retranchement, peu le comprennent, surtout dans nos jours, où tout doit se faire en groupe, en collectif, il faut suivre toute rumeur, tout complot. Pourtant, il existe des artistes, dont on surprend comprendre, hélas tardivement, qu'ils et elles étaient aussi bénis par la lumière et la conviction d'être en retrait des roulements des vagues perpétuelles, et contemplatifs de l'écume qui s’efface chaque minute de la vie.

Son œuvre est un signe de sérénité, de sobriété aussi, mais tout de même, d'une grande générosité : donner sa vie au bleu, et jouer une partition singulière, accueillant parfois des points rouges ou des lignes blanches, ou bien couper la toile en deux pour laisser passer la lumière, comme on peut le voir dans ses vitraux bleus qui laissent passer des raies de lumières. J'aime beaucoup entendre que dans cette invitation au silence, se cache un tas de saletés remarquables, ses tubes, ses palettes, ses pinceaux, ce désordre bien réel, qui est celui de la vie d'artiste, d'où jailli une forme de perfection visible et à la fois impassible face à toutes les haines et les mauvaises ondes.

Il y a des artistes qui réalisent des œuvres bien différentes les unes des autres, qu'elles soient minimales ou baroques, somptueuses, ou silencieuses et parcimonieuses, multiples ou rares et précieuses ; parfois s'arrêter, ne rien produire, ne rien faire de beau, ni d'art, une année, deux années, et contempler, être présent au monde, c'est aussi cela, être artiste. De mon point de vue, je vis dans une économie de moyen quasi absolue et sans aucune attente, ni obéissance à quiconque. Je n'ai pas le sentiment de devoir, sauf le respect d'autrui et de soi. Je n'ai pas le sentiment de droit imposé par des communautés qui pensent dominer un territoire, en écrasant les plus vulnérables, par lâcheté, et les plus silencieux, les plus discrets, ou qui donnent des leçons de comment un, une artiste doit penser et vivre et produire et mériterait de recevoir des prix, d'avoir des droits à une culture d'entre-soi. Il existe des gens, dans nos contrées, qui vivent sans brandir de pancarte, car travailler chaque jour au meilleur, ne laisse pas de temps pour se plaindre, d'autres crient plus fort, sans entendre. Ceux-ci, celles-ci n'ont aucun article de presse, aucun média pour les accompagner, car ils et elles sont déjà des médiateurs, des médiatrices, dans leur vie de tous les jours, et avec, toutes les personnes rencontrées sur leur chemin de traverse. Parfois, les éléments naturels, le paysage, aussi urbain, donnent des leçons de catastrophes, que l'on ne peut éviter, et l'art ne peut rien, ni l'histoire que les hommes construisent, car parfois, pour une poignée, la volonté de liberté se remplace par la volonté de domination. Comme l'écrivait Camus, "les valeurs humaines ont été remplacées par les valeurs du mépris et de l’efficacité, on n'a plus raison parce qu’on a la justice et la générosité avec soi. On a raison parce qu’on réussit. Et plus on réussit, plus on a raison."  (Albert Camus, Franchise No 3, novembre – décembre 1946)  Des années et des années plus tard, pas tout à fait un siècle, mais presque, dans une société riche, qui se retrouve excessive et tente de faire des économies et de mieux distribuer à égalité sa production, on peut trouver une confusion des priorités, si ce n'est, une confusion de la pensée, se croire tout permis, entraîner les plus pauvres en justice, à la police, des artistes, des érudits, par ignorance toujours, en les insignant, sans même qu'ils n'aient les moyens d'être défendus ou d'avoir la parole une seule fois, parce que l'on croit avoir réussi, on croit avoir le pouvoir sur l'autre, (l'altérité), dont on pense qu'il ou elle n'est rien parce qu'il ou elle n'a rien, on pense alors avoir la justice et la police avec soi, en omettant toutes les étapes du droit, et bien avant, du dialogue, on pense avoir un accès direct à la loi pour soi seulement, mais pas pour les autres, on se croit légitime par l'accumulation de biens, on passe en force, et en agissant ainsi, on sème la terreur (et le texte inédit de Camus analyse cette notion à l'aune de l'inertie) ; on perd ce qui faisait de nous des êtres humains. Il faut rester vigilant, aux uns, unes et aux autres qui s'égarent sur ces chemins (de réussite) si tentants, fussent-ils pour une communauté, un groupe, une idée, qui s'avèrent, avec le temps, et par répétition, de petites armes destructrices contre toutes les parties invisibles de notre humble condition humaine, si tendre.

Parfois le bleu s'éternise. Et le silence demeure.


Par kiwaïda at 14:18

10/08/2021

ᖰᗩᓮᔕᗩᘐᗴᙢ ᗰᗩᖇí♈ᓰᙢᗩ




No âmbito do GeoPalcos, Albufeira inaugura às 18h30 do próximo dia 2 de julho, sobre a Ponte Medieval de Paderne, uma instalação ‘outdoor’ da autoria de Vanessa Barragão, artista que Albufeira viu nascer e crescer. Um curso superior lançou a artista no mundo dos têxteis, a partir dos quais tem criado obras artísticas que têm percorrido parte do mundo, constando já uma das suas criações no Palacete de S. Bento, numa parede da residência oficial do Primeiro-Ministro.
Descobri este artista incrível e muito produtiva, Vanessa Barragão, através de uma obra têxtil realizada numa ponte, em Portugal. Então, fiz uma pesquisa diferente. Se a sua produção é quase invasiva e eu diria demoníaca, rica, sumptuosa, dotada de paciência e sobretudo ela é uma pintora, uma colorista. Porque a cor é a guia do seu imaginário, assim como a paisagem marítima, então se é tão demoníaca é porque está rodeada de múltiplas indústrias, novas formas de pensar a reciclagem em grande escala. Várias residências e várias empresas, aproximaram-se, portanto, desta talentosa artista para fazer anúncios elogiosos. Muita imprensa, muitos produtos, tapetes, muito ... Sou admiradora do seu trabalho, tão jovem, mas ao mesmo tempo é um pouco assustador. Há um excesso e uma promoção gigantesca. As obras são impressionantes, mas vários elementos são feitos à mão por várias pessoas e sua família.

Na França, o acompanhamento dos artistas é tão diferente e tão difícil, há pouco reconhecimento do que a mão sabe, mas também pouco reconhecimento no ensino, e às vezes há até rejeição. No entanto, a cultura é reconhecer os talentos e a variedade de know-how (saber-fazer), sejam eles digitais ou artesanais.


*









Par kiwaïda at 17:26

09/08/2021

ᗩᘉ☂ᕼᖇ〇ᖘ〇ᗰ〇ᖇᖘᕼᓰᙅ ᗩᒪᒪᕮᘐ〇ᖇᎩ 〇ℱ ᔕᕰᙢᙢᕮᖇ

 

À droite un dessin de l'artiste italien Giuseppe Arcimboldo (1527 - 1593)  : Costume de dessin d'une figure féminine avec torche
(1585, Plume, lavis bleu sur papier blanc)
À gauche photographie © Sonia Marques : Sourire cajou

Photographies © Sonia Marques

Nous avions décidé d'être des sourires cajoux, en pensant à Arcimboldi, le maniériste, qui, outre ses célèbres compositions de végétaux d'animaux, a inventé une méthode colorimétrique de transcription musicale... Doué d’un esprit inventif et ingénieux, il s'était fait connaître à 21 ans en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan, en réalisant des cartons de vitraux.

la prunelle des yeux, un sourire en banane, des cheveux en épi, des fesses en gousse d'ail, une patate de nez, la pomme d'adam

Écrivait Roland Barthes, dans son ouvrage publié en 1992 :  L'Obvie et l'Obtus, Essais critiques III. Ce volume d’essais critiques est consacré aux domaines du visible (image, photo, peinture) et de la musique.

Ci-dessous : Antropomorphic allegory of summer d'Arcimboldo

[...] Tout signifie et cependant tout est surprenant. Arcimboldo fait du fantastique avec du très connu : la somme est d'un autre effet que l'addition des parties : on dirait qu'elle en est le reste. Il faut comprendre ces mathématiques bizarres : ce sont des mathématiques de l'analogie, si l'on veut bien se rappeler qu'étymologiquement analogia veut dire proportion : le sens dépend du niveau auquel vous vous placez. Si vous regardez l'image de près, vous ne voyez que des fruits et des légumes ; si vous vous éloignez, vous ne voyez plus qu'un homme à l'œil terrible, au pourpoint côtelé, à la fraise hérissée (l'Été) : l'éloignement, la proximité sont fondateurs de sens. N'est -ce pas là le grand secret de toute sémantique vivante ? Tout vient d'un échelonnement des articulations. Le sens naît d'une combinatoire d'éléments insignifiants (les phonèmes, les lignes) ; mais il n e suffit pas de combiner ces éléments à un premier degré pour épuiser la création du sens : ce qui a été combiné forme des agrégats qui peuvent de nouveau se combiner entre eux, une seconde, une troisième fois. J'imagine qu'un artiste ingénieux pourrait prendre toutes les Têtes Composées d'Arcimboldo, les disposer, les combiner en vue d'un nouvel effet de sens, et, de leur arrangement, faire surgir par exemple un paysage, une ville, une forêt : reculer la perception, c'est engendrer un nouveau sens : pas d’ autre principe, peut -être, au défilé historique des formes (agrandir 5 cm2de Cézanne, c’est en quelque sorte "déboucher" sur une toile de Nicolas de Staël), et à celui des sciences humaines (la science historique a changé le sens des événements en les combinant à un autre niveau : les batailles, les traités et les règnes - niveau auquel s'arrêtait l'histoire traditionnelle - , soumis à un recul qui en diminuait le sens, n'ont plus été que les signes d'une nouvelle langue, d'une nouvelle intelligibilité, d'une nouvelle histoire). * En somme, la peinture d’Arcimboldo est mobile : elle dicte au lecteur, par son projet même, l'obligation de s'approcher ou de s'éloigner, lui assurant que dans ce mouvement il ne perdra aucun sens et qu'il restera toujours dans un rapport vivant avec l'image. Pour obtenir des compositions mobiles, Calder articulait librement des volumes ; Arcimboldo obtient un résultat analogue en restant à même la toile : ce n’est pas le support, c’est le sujet humain auquel il est demandé de se déplacer : Ce choix, pour être "amusant" (dans le cas d’Arcimboldo), n’en est pas moins audacieux, ou tout au moins très "moderne", car il implique une relativisation de l'espace du sens : incluant le regard du lecteur dans la structure même de la toile, Arci mboldo passe virtuellement d'une peinture newtonienne, fondée sur la fixité des objets représentés, à un art einsteinien, selon lequel le déplacement de l'observateur fait partie du statut de l'œuvre. * Arcimboldo est animé d'une énergie de déplacement si grande que, lorsqu'il donne plusieurs versions d'une même tête, il produit encore là des changements signifiants : de version en version, la tête prend des sens différents. Nous sommes ici en pleine musique : il y a bien un thème de base (l'Été, l’Automne, Calvin), mais chaque variation est d'un effet différent. Ici l'Homme saisonnier vient de mourir, l'hiver est encore roux d'un automne tout proche ; il est déjà exsangue, mais les paupières, encore gonflées, viennent de se fermer ; là (et si cette seconde version a précédé la première, peu importe), l'Homme -Hiver n'est plus qu'un cadavre avancé, en voie de décomposition ; le visage est crevassé, gris ; à la place de l’œil, même fermé, il n’y a plus qu'une cavité sombre ; la langue est blafarde. De la même façon, il y a deux Printemps (l’un est encore timide, décoloré ; l'autre, plus sanguin, affirme l'été proche) et deux Calvin : le Calvin de Bergame est arrogant, celui de Suède est hideux : on dirait que de Bergame à Stockholm (peu importe s'il s'agit de l'ordre réel de composition), l'horrible figure s'est délabrée, affaissée, engrisaillée ; les yeux, d'abord méchants, deviennent morts, stupides ; le rictus de la bouche s’accentue ; les liasses qui servent de collerette passent du parchemin jauni au papier livide ; l'impression est d’autant plus dégoûtante que cette tête est formée de substances comestibles : elle devient alors, à la lettre, immangeable : le poulet et le poisson tournent au déchet de poubelle, ou pire : ce sont les rebuts d'un mauvais restaurant. Tout se passe comme si, à chaque fois, la tête tremblait entre la vie merveilleuse et la mort horrible. Ces têtes composées sont des têtes qui se décomposent. * Reprenons une fois de plus le procès du sens - car après tout, c'est bien là ce qui intéresse, fascine et inquiète chez Arcimboldo. Les "unités" d'une langue sont là sur la toile ; contrairement aux phonèmes du langage articulé, elles ont déjà un sens : ce sont des choses nommables : des fruits, des fleurs, des branches, des poissons, des gerbes, des livres, des enfants, etc. ; combinées, ces unités produisent un sens unitaire ; mais ce sens second, en fait, se dédouble : d'une part, je lis une tête humaine (lecture suffisante puisque je peux nommer la forme que je perçois, lui faire rejoindre le lexique de ma propre langue, où existe le mot "tête"), mais d’autre part, je lis aussi et en même temps un tout autre sens, qui vient d'une région différente du lexique : "Été", "Hiver", "Automne", "Printemps", "Cuisinier", "Calvin", "Eau", "Feu" ; or, ce sens proprement allégorique, je ne puis le concevoir qu'en me référant au sens des premières unités : ce sont les fruits qui font l'Été, les souches de bois mort qui font l’Hiver, les poissons qui font l'Eau. Voilà donc déjà trois sens dans une même image ; les deux premiers sont, si l'on peut dire, dénotés, car, pour se produire, ils n'impliquent rien d'autre que le travail de ma perception, en tant qu’elle s'articule immédiatement sur un lexique (le sens dénoté d'un mot est le sens donné par le dictionnaire, et le dictionnaire suffit à me faire lire, selon le niveau de ma perception, ici des poissons, là une tête). Tout autre est le troisième sens, le sens allégorique : pour lire ici la tête de l'Été ou de Calvin, il me faut une autre culture que celle du dictionnaire ; il me faut une culture métonymique, qui me fait associer certains fruits (et non d’autres) à l’Eté, ou, plus subtilement encore, la hideur austère d'un visage au puritanisme calviniste ; et dès lors que l’on quitte le dictionnaire des mots pour une table des sens culturels, des associations d'idées, bref pour une encyclopédie des idées reçues, on entre dans le champ infini des connotations. Les connotations d’Arcimboldo sont simples, ce sont des stéréotypes. La connotation, cependant, ouvre un procès du sens ; à partir du sens allégorique, d’autres sens sont possibles, non plus "culturels", ceux -là, mais surgissant des mouvements (attractifs ou répulsifs) du corps. Au -delà de la perception et de la signification (elle - même lexicale ou culturelle), se développe tout un monde de la valeur : devant une tête composée d’Arcimboldo, j'en viens à dire, non seulement : je lis, je devine, je trouve, je comprends, mais aussi : j'aime, je n'aime pas. Le malaise, l'effroi, le rire, le désir entrent dans la fête. [...]

Roland Barthes, L’Obvie et l'obtu

Par kiwaïda at 19:45

08/08/2021

฿ℝѺ☾Åℵ✝€

J'écrivais un article le 23 octobre 2020, nommé, Grâce, (❡ґâ¢℮), sur le peintre et sculpteur britannique de l'époque victorienne Frederic baron Leighton, (1830 -1896) Et c'est grâce à sa June flamboyante (Flaming June) réalisée en 1895, que j'avais effectué quelques recherches... Elle fut peinte à l'huile sur une toile carrée de 120× 120 cm, et est considérée comme le chef-d’œuvre de Leighton. La femme représentée est certainement une nymphe endormie, une naïade. Le tissu transparent orangé de la femme nonchalante, offerte au regard, montre le réalisme de la figure, et le coucher de soleil éclatant et blanc en arrière-plan, brille, comme de l'or blanc ou du sable irisé. C'est l'été et un tableau de bois sculpté de feuilles et de fruits ou fleurs s'offre également  à mon regard, où se trouve la petite June reproduite. Le soleil vient juste de se cacher à cet instant et laisse quelques gouttes d'un nuage gris bleuté saupoudrer le tableau. La brocanteuse se dépêche de tout emballer et m'offre quasiment le tableau, le bois est bien travaillé me dit-elle, c'est juste pour cela... Elle ne connaissait donc pas, ni le peintre, ni cette peinture reproduite. Mais ne serait-elle pas La belle au bois dormant ? Serait-ce Carabosse l'ayant plongée dans un sommeil profond sur les pavés aux pieds de la cathédrale Saint-Étienne ? Je la porta délicatement et le soleil poussa gentiment les nuages, avant de laisser tomber une franche averse, nous chassant sous les arbres admirer ce paysage incroyable et lumineux de l'éclaircie. Sous mon bras, June bien encadrée, j'imaginais laisser le prince venir la réveiller à son retour. Quel bel hasard, pour un bel été ! Peindre n'est parfois plus nécessaire, lorsque l'on chine avec une robe vintage postimpressionniste... J'ai trouvé un oiseau à 50 centimes, une enfant me dit que je peux donner même ce que je veux, je trouve 1 euros, c'est tout ce que j'ai. Qu'il était étrange ce faucon de bois orné de laiton et de nacre, une antiquité. Mais il y avait une peinture turquoise sur le bois, j'ai remarqué tout de suite que quelque chose clochait. J'ai demandé où avait-elle trouvé cet oiseau ? Elle m'a dit : Oh ! Dans un château ! L'air de ne pas y penser, que cela n'était guère intéressant. Un petit nettoyage magique, tel l'Aladin dans le conte des Mille et Une Nuits et sa lampe merveilleuse... Et voici que mon petit faucon de bois devient un bijou. Il faut un peu de temps, un travail consciencieux. D'autres oiseaux, sans bois mais à plumes, se demandaient si je n'allais pas réussir à le faire voler. Puis, il s'est mis à me dire quelque chose...  Avec les bijoux du Sahara, j'écrivais une nouvelle partition d'un recueil anonyme de contes populaires d'origine persane, indienne et arabe, les Mille et Une Nuits, sont autant de nuits où je pense à toi.



Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 22:40

06/08/2021

฿ℓüε

ULTRAMARINE

Illustration : Sonia Marques, d'après un rêve réel

Par kiwaïda at 22:53

02/08/2021

ℛ☮s∃

Marie-Rose Lortet, Les 627 têtes du mur from Ville d'Angers on Vimeo.


Marie-Rose Lortet est une artiste plasticienne française, née le 22 juillet 1945 à Strasbourg. On peut voir quelques œuvres ici. Virtuosité, patience, ses réalisations sont douées de prodigieuses technicités. Elle a réalisé des tableaux textiles, tout est peinture, avec de la laine, du coton, de la soie, mais aussi de petites architectures, comme des cages ou costumes, tout en filaire, des structures transparentes en trois dimensions. Cette plasticienne strasbourgeoise tresse depuis plus de 40 ans à Vernon. En 1967, ses « ouvrages » sont remarqués par Jean Dubuffet qui lui achète quelques pièces. Architectures de fil, territoires de laine, masques de laine, théâtre de têtes, des objets-sculpture de coton, lin, sucre, résines, il est assez rare de voir ses créations exposées.






© Réalisations de Marie-Rose Lortet

Par kiwaïda at 14:06

27/07/2021

Ḻε ґê♥℮ ⅾ❝υᾔ ℯηƒαη☂

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 02:11

19/07/2021

ℒℯṧ тεμ℘ṧ ṧ@ᾔṧ A⊥Tεηḓґ℮























Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 00:27

09/06/2021

฿€ℜḠ∃ℜϟ ÉℝÜÐЇ†$

Nous sommes apparus
comme les bergers érudits
à travers les sources et les champs
en transparence de la mémoire des lieux
installés dans les nuages mammatus
enterrés sous les herbes hautes
chaque pierre accueille l'affamé
et son goût divinatoire
chaque pas éloigne l'infâme
Nous sommes disparus
comme les gouttes de la pluie


Photographies & peintures © Sonia Marques


Par kiwaïda at 17:16

28/05/2021

Aηηiε







Par kiwaïda at 03:03

27/05/2021

ṧʊґṽḯ♥@ᾔ☂ℯ

Photographies © Sonia Marques


Elles arrivent, fulguropoing !

De quatre-vingt-onze façons d'aimer.

Par kiwaïda at 09:26

16/05/2021

$☮Ḻ∃IḺ ℙℒÜЇ€











Illustrations © Sonia Marques

Par kiwaïda at 10:05

11/05/2021

℘ʊηḱ Aηᾔi√℮ґṧαiяε

Distanciel



Présentiel


. Le temps passe vite.


Mes échecs personnels ne me privent pas du bonheur de participer à la réussite d'autrui. Je ne me soucie pas d'être sans emploi, mais d'être digne d'un emploi. Un brin de sollicitude peut vaincre de bien des solitudes. C'est ce qui anime ma conception d'une architecture humaine, complexe, où les interrelations sensibles sont révélatrices, de notre dépendance à l'autre, à sa santé. La solidarité est un art à cultiver. Je suis artiste et professeure, je peux savoir et ignorer dans le même temps, mais avec mes connaissances et mes recherches, j'admire en l'autre, voir grandir le meilleur et l'accompagner, le valoriser. Seuls et sans réponses sur notre avenir devenu incertain plus qu'hier, l'année passée nous a rapprochée dans ces sentiments d'incertitude et de solitude. Les années passées, j'ai perçu que l'attente était un obstacle, car elle me faisait négliger mon présent. Le temps passe vite, je ne souhaite plus espérer le lendemain, mais agir chaque jour. Les occasions m'ont déjà été données, en partageant mes recherches, en étant présente, dans chacun des moments si fragiles, ce qui fortifie considérablement mes liens d'amitiés, familiaux et professionnels, même s'ils se réduisent, même s'ils disparaissent, restent mes souvenirs si intenses. Si être patiente m'a fait avancer quoiqu'il arrive, c'était pour mieux descendre du pont de l'orgueil pour toucher la limpidité du bonheur. Les années passent si vite, elles s'écoulent en retardant parfois les grains des festivités et des retrouvailles. La meurtrissure des maladies, de celles dont on ne connait l'alchimie et les conséquences, nous a ouvert sur une dimension futuriste avec beaucoup d'inconnus. Je ne souhaitais plus revivre ce qui m'avait meurtris, je ne me doutais pas que tant de peuples vivraient également des évènements qu'ils ne souhaitaient plus revivre, des confinements et des isolements imposés, des désolations d'amour et d'amitié ; ce que j'avais éprouvé d'un point de vue individuel, avec une isolation de mon milieu professionnel et mes activités intellectuelles, dont il m'importait qu'elles soient partagées, motrices et altruistes, se généralisait, dans le monde entier. Mais au plus profond de moi, ce sont les espoirs et les rêves qui me motivent et me guident, ils s’imposent en même temps que grandit à cet instant l’envie ardente de les réaliser. Je suis créatrice et l’art conduit à bien des mouvements de bonne santé, d’exceptionnels élans de vitalité et d’optimisme, et, dans notre pays, nous avons bien besoin, de ces forces vives d’esprits innovants et joyeux. S'il pointe un sentiment de confiance moi, c'est qu'il remet en perspective les difficultés à surmonter avec celles des années passées, inscrites dans notre histoire collective. Je peux les relativiser et me savoir capable de mieux y faire face dorénavant. Le temps passe vite, suis-je vaccinée ? Ai-je l'âge d'être vaccinée contre la lâcheté, la cruauté, la perversité ? Non, pas plus ni moins qu'une autre personne, aucun vaccin, sauf une bonne immunisation et un moral fort de bienfaits accomplis, d'esprit curieux et généreux, de rigueur dans la connaissance dans le sens où nous ne sommes ni seuls, ni puissants, mais parmi tant d'inconnus, qu'il nous faudrait devenir des chercheurs de nectar de joie. Lâcher les ballons des prises sur les points négatifs et laisser les ficelles se détacher des prévisions météorologiques. S'il fera très chaud ou s'il fera très froid, nous nous adapterons. Ainsi, comme tous, serons-nous différents de ce que nous connaissons de nous-mêmes. Si aujourd'hui je mesure un peu le temps parcouru, il n'est pas de mesures pour le parcourir de nouveau, et il n'existe aucun instrument de mesure pour assurer de beaux lendemains, ni métronome, ni système mondial de géo-positionnement par satellite. Alors, le temps passe vite mes amis, aimons-le comme il se présente ! Il défie nos représentations et nos images et parfois, recevons-nous l'honneur de ressentir en nos cœurs, qu'il nous apporte une sagesse intérieure, sonnant un coup de grâce, celui de la sérénité retrouvée.







Photographies © Sonia Marques

.Ciel.


Ces temps ont aboli les photographies en pied, et privilégié des images de caméras d'ordinateurs ou de téléphones ou de tablettes, sorties des visioconférences avec des portraits très petits de têtes. Nous sommes devenus de petites têtes déformées dans de petits carrés, des vignettes, des timbres-poste, de petites fenêtres à travers lesquelles faire un signe, devient un signe de présence. Les petits timbres-poste de nos proches si loin, avec leur timbre de voix, lorsque leurs présences physiques et leurs images avaient longtemps disparu par les confinements successifs, retiennent notre souffle, comme redécouvrir, la quintessence du manque, là où chacun de leur récit chantonne une musique affective, celle des charmes de la vie familiale, en société, tout s'illumine lorsque l'empathie renaît de ses cendres. - Comment vas-tu ? Une question éludée, si souvent, pourtant essentielle, bien plus que des gestes avec des barrières. Si bien, que le petit timbre renoue avec sa voix, à la tentative émue de faire sa place dans un dialogue inespéré et si estimable.
Présentiel et distanciel de nouveaux mots dont on ne sait pourquoi la présence première a supprimé le ciel et la distance a intégré le ciel, dans la langue française ? Si les distanciels se font sans couvre-chef le plus souvent, c'est à cause d'un couvre-feu... Bientôt les présidentielles, là aussi le ciel a disparu, oui le ciel prendra sa pause, son couvre-feu, laissant les couvre-chefs se chamailler, tirer la couverture à soi. Pourtant les présidentielles ont intégré les pronoms féminin au pluriel, toutes ces -elles-, pour élire des hommes. Est-ce que les ailes sont restées et le ciel a disparu ? Et si nous avions le pouvoir de couvrir et poser une couverture sur l'autre afin de le protéger, sans se voiler la face ni masquer son pouvoir ?

Jamais sont nues nos présidentielles, toujours masquées de bien de langues de bois. Pourquoi les programmes politiques dans mon pays ne convainquent plus ? Bien des voix sont exclues, ne se sentent représentées. Les artistes n'ont plus de voix. Les élections sont toujours des moments, où, les artistes doivent faire des choix, pour voter, contraires à leurs voix, puisque personne ne les représente ni ne les protège. Se sentir étrangers et pourtant si impliqués dans ses idées, ses créations, le partage de ses connaissances et demeurer exclus des orientations, des programmations mêmes des enseignements artistiques. Quelle étrange sensation de n'être ni reconnus, ni entendus, et pourtant nus, depuis toujours, exposés et copiés. Il y a quelques exceptions, mais je ne peux les comprendre. Elles ne nous représentent pas et pourtant figurent à la tête des orientations, elles ne créent pas de paysages où habiter et faire vivre les prochains artistes, elles tirent la couverture, mais ne se posent pas la question de nos points communs, seulement des divisions. Ce sont des maillons de pouvoir mais pas des maillons de forces communes et de valeurs culturelles. Il y a tant à faire, ce pays manque tellement de valeurs communes qui puissent nous rassembler. La paix me semble la plus importante.

Le temps passe vite et avec nous, les artistes, le temps s'allonge pour pouvoir guérir les dissensions.

Nous sommes retranchés depuis si longtemps, sans jamais avoir abandonné de lutter et montrer nos savoir-faire, il est indéniable, je vois l'amenuisement, de tous les artistes que j'ai connus. La création n'est plus essentielle, mais elle se joue ailleurs, c'est un début, dans tous ces liens que nous parvenons à créer et qui ne sont ni spectaculaires ni spéculateurs. C'est infiniment plus modeste, mais paradoxalement, bien plus grand.

Par kiwaïda at 15:09

05/05/2021

☾н@ηḉℯ & ℌαṧαґ∂










Photographies © Sonia Marques, dont celle prise par Étienne Cliquet (Conférence "Magic Ring", Musée du jeu de Paume à Paris, avril 2012) et paysage de Suisse lors de la conférence sur l'enseignement par Sonia Marques à Genève, mai 2012... Et 2021 (inversion de chiffre 2012-2021, effet nœud de Moebius, miroir du temps)



.L'imprévisible heureux.



La pensée concoure à des évènements remarquables. Mes déterminismes interfèrent aux évènements du monde, sans que je n'y prête attention, pourtant même lorsque ceux-ci sont lointains, ils ont une conséquence dans mon quotidien. Lorsqu'ils se rapprochent, les interférences sont telles, que la rencontre apparait, comme fortuite, au premier abord, mais très vite, cette contingence qui touche (émotionnellement), s'évapore et s'éloigne. Les conséquences de ces rencontres, des fruits du hasard, inscrivent l'imprévisibilité dans des cas bien plus subtils que je ne pouvais l'imaginer. La variabilité des facteurs en jeu mettent en scène un système complexe, dont les changements sont irréversibles. À moins que le retour à postériori, ma façon de penser la plus digne d'expérience, me permette de redimensionner les facteurs et les occurrences, leurs positions, leurs vitesses et de revoir ma copie : l'irréversibilité disparaît. L'assouplissement des croyances et manières de percevoir le monde à un instant "T", est revisité, par exemple, 9 années plus tard, détaché d'un évènement apparu et interférant, soudainement, rencontré donc 9 années plus tôt. La combinaison analysée, sans affectation, éloigne la dimension psychologique (joie, étonnement, indignation, désespoir, résignation, séparation…) et s'agrémente de nouvelles conceptions. Celles-ci, ont le pouvoir de changer la donne, du passé, par le souvenir et la conscientisation des effets et croisements. Les états instables provoqués par des évènements surgissants, balayent tout déterminisme, pourtant, dans ma pensée, celle-ci peut s'orienter de façon constante et sensiblement déterminée, malgré les contingences, et garder quelque chose de certain, parmi les incertitudes creusées par des évènements lointains ou se rapprochant, voire, chahutant ; et acquérir, par l'expérience, plus de paramètres, et donc, (elle peut ainsi) se retrouver affinée par les détails de l'imprévisible, dans ce qui se projetait, avant, dans de parfaites prévisibilités.

Le facteur de chance se retrouve ainsi bien diminué, devant les possibilités projetées, si sont quantifiées les probabilités de réussites.

Il en est que la question philosophique à laquelle un de mes dessins (des incognitos) tentait d'en évoquer le signe (la cité de la chance / la cité de dés / la cité 3D en 2D) représentait plusieurs dès de jeu, dont les ronds blancs étaient tombés à terre, devenus alors des points noirs, de sorte que l'on ne voyait que des dès noirs collés, et ceux-ci formaient une cité d'immeubles noirs (à l'encre de Chine). Les dés n'avaient donc plus aucune chance de jouer leur partie de hasard, pourtant, cette cité d'immeubles noirs, dont le sol était jonché de points noirs, comme des fleurs ou de petits trous noirs, ainsi dépourvue de nombres, devenait la plus chanceuse. Une façon d'abolir le hasard, par des coups de dés. Une façon de déterminer que tous les habitants de ces immeubles noirs avaient désormais toutes leurs chances de gagner leur vie.

Si je jette des ponts aujourd'hui sur des situations passées, c'est à travers mes conférences (2012-2021) que ma pensée déterminée alors, trouve quelques points (noirs) de variabilité, provoqués par les contingences, avec de forts degrés de changements et d'évènements (blancs), et pourtant, je la retrouve intacte, par bien des points (effet d'optique). La fiabilité de penser serait alors un repère, qui peut même orienter l'individu et également le structurer, avec de subtiles variations. C'est un peu comme traverser une guerre, ou des formes de guerres inédites, donc impossible à décrire, non dites, et être armé d'une manière de percevoir le monde qui demeure l'habitation la plus fidèle à ce que l'enfant soumettait déjà au monde à son arrivée : des réponses.

Ce sont les questions qui sont arrivées.
Les situations exposées "lui" arrivent toutes.

C'est un bonheur inachevé de paramétrer des possibilités et de savoir que celles-ci seraient affectées par l'imprévisible, car elles défient l'intelligence et imposent l'aléatoire. La confrontation aux phénomènes, à ce que je peux observer, ébranle tout rendez-vous calculé, et permet une marge de liberté fort agréable, et parfois désagréable. Les conséquences peuvent être dramatiques et fermer bien des dimensions, des avenirs, mais, si elles sont envisagées sous un prisme de variables du "pire", l'apparition, sous un certain angle, devient plus prévisible et ainsi, les portes s'ouvrent, celle de l'imprévisible heureux.

D'ailleurs, deux sessions de travail, dans mon enseignement, avec des étudiants, dans un paysage de zone humide, un marais, dans le département du Cher, peu profond et d'une végétation aquatique typique se nommaient "Disparitions", puis "Apparitions", dans la saison hivernale, en tenant compte des évènements surgissants que l'on ne pouvait ni exclure, ni ignorer, moments d'explorations de ses capacités à faire face et à engager sa voix singulière, en dépit des contingences. Les à priori écologiques nous sont vite apparus, à postériori, des sources phénoménologiques idéales pour des sujets à explorer comme le mimétisme et la coloration.

Il y a des chances d'apparition. Je m'oppose à toute science qui impose le déterminisme comme conquête, sachant que la pensée de l'individu évolue par son expérience, et ne peut être stable ou ignorer tous les facteurs de sa psychologie et des natures de l’environnement et de leurs phénomènes. Il va donc de sa capacité (de l'individu) à s'offrir en toute transparence à lui-même, pour explorer de plus fines probabilités de conquêtes. Connaître ses propres limites devient alors une phase obligatoire au dépassement, sans risquer la déchirure avec ses propres capacités.

Accompagner toute personne dans son épanouissement personnel, artistique, intellectuel, sportif… et développer ses dons, revient aussi à bien connaître les limites de ses capacités à engager l'autre dans une voix plus ambitieuse.

Le refus d'imaginer une once de liberté, serait peut-être vivre un mode "par défaut", bien plus confortable, afin de ne pas prendre de risque et demeurer au plus près de ce que l'on pense devoir aux attentes de l'autre, de la vie. C'est pourtant faire fausse route que de s'engoncer dans les pas formatés pour un temps "T" donné. Rester figé dans un temps dépassé, c'est mettre en danger sa pensée et la concevoir stable, en ignorant toutes les occurrences. L'exclusion du temps peut permettre de s'extraire de situations trop difficiles ou de la peur de l'échec, mais elle coupe la pensée de son interaction avec le chaos du monde et de son évolution, sa capacité à acquérir de l'expérience.

Par rencontre, j'ai pu imaginer ce que le mode "par défaut" imposé par le milieu informatisé, pouvait exclure et ignorer. Cette limitation de la pensée, pouvait, un temps donné, rendre plus confortable l'instabilité des milieux (matériaux-médiums-formes de vies sociales) et maintenir un socle, un support pour conserver une structure pensée par un groupe à une époque révolue. Mais elle réduisait au fur et à mesure la conscientisation et excluait toute sensualité et présence au monde et à ses contingences.

Afin de ne pas confondre les termes, il existe en neuroscience, un réseau nommé : du mode par défaut (MPD) Il désigne un réseau constitué des régions cérébrales actives lorsqu'un individu n'est pas focalisé sur le monde extérieur, et lorsque le cerveau est au repos, mais actif. Je le compare à ces moments où ma pensée vagabonde, mais elle s'apparente souvent à ma façon d'écrire et actionne l'hyper-latence (beau paradoxe) Ma pensée se déconcentre facilement, elle semble partir dans tous les sens, comme une dispersion, mais elle est tout à fait normale, chez tous (en particulier lors de l'endormissement) quand on n'a pas besoin de penser à quelque chose de particulier. À ne pas confondre avec ce mode par défaut, qu'utilisent beaucoup de conceptions informatiques et techniques, pour bâtir un réseau, et là je m'abstiendrai d'énoncer ce qu'est le mode sans échec, car, il est aussi très intéressant par rapport à la peur de l'échec... Belle traduction, pour les informaticiens, au contrôle des émotions. Ayant souvent utilisé ce mode, en informatique, c'est assez réussi.

Pourtant, si je reste du côté des neurosciences, le mode par défaut est un peu ce moment où il se passe plein de choses au niveau cognitif, une sorte de boucle mentale qui réassemble en permanence les pensées, de façon inconsciente. Il émane de cette dispersion, lorsque la pensée vagabonde (le cerveau serait alors au repos), cette faculté de l'idée ou de l'Euréka. Ainsi pensai-je, de la trouvaille, mais parfois bien plus, de façon fulgurante : j'ai trouvé.

Il me semble que de cette manière, ce que je nomme poétiquement l'imprévisible heureux, est plutôt de l'ordre de l'émerveillement aux choses, de mon point de vue, d'être tournée vers ce qu'il se passe, ailleurs ou chez l'autre, devant moi ou vraiment plus loin. Cet aspect vif, de la curiosité, serait, peut-être, charmé par l'aspect cognitif de ce moment semblant reposé, sans aucune activité (ce mode par défaut en neuroscience) et pourtant connecté à ce qui diffère = la différence. Tant de bifurcations mèneraient ainsi à la découverte, en passant par l'émerveillement.

Bref :

C'est un bonheur inachevé de paramétrer des possibilités et de savoir que celles-ci seraient affectées par l'imprévisible, car elles défient l'intelligence et imposent l'aléatoire. La confrontation aux phénomènes, à ce que je peux observer, ébranle tout rendez-vous calculé, et permet une marge de liberté fort agréable, et parfois désagréable. Les conséquences peuvent être dramatiques et fermer bien des dimensions, des avenirs, mais, si elles sont envisagées sous un prisme de variables du "pire", l'apparition, sous un certain angle, devient plus prévisible et ainsi, les portes s'ouvrent, celle de l'imprévisible heureux.

Par kiwaïda at 00:47

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