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blog m kiwaïda

05/02/2019

℃ϴѺḰ

Betterave rouge et jaune crues, fenouil, céleri, panais, rutabaga, graines de chia, quinoa, pomme, poivron orange, poivron vert corne, fruits de la passion, aubergines chinoises, patate douce, bananes, pamplemousses, citron, kaki, courgettes, radis blanc, navet boule d'or... et Aloé véra...

Et puis des porcelaines du Brésil peintes à la main, lapin, chat et chien bleus et un chat vert mexicain en bois peint à la main, un perroquet peint, gravé sur un plat en céramique du Costa-Rica et un drap violet, en coton... une Cténanthe d'Oppenheim du Brésil et une boule disco miroir... des marionnettes à doigts, une étagère peinte à la main... Des natures mortes.

 

(Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 18:06

15/01/2019

ℳiИiℳÅℒ

Carl Andre, Dan Flavin, Donald Judd, Sol LeWitt, Robert Mangold, Robert Morris à la Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin pour une exposition consacrée à l'art minimal. Mes amis me conduisent dans une balade en banlieue et de surprises en surprises, nous revisitons nos classiques et sommes devant des œuvres monumentales, qu'elles soient planes ou incurvées, creusées ou en volume, éclairées ou alignées, peintes ou brutes, toutes celles que nous connaissions sont manifestement là, présentes ou reproduites pour ces expositions. Cela fait du bien de se retrouver devant plus grand que soi, dans tous les sens du terme. Pousser une porte et voir un aplat rouge très bien posé, douter de sa réalité, des œuvres monumentales. On se dit, il y a de l'espace, du mental, et les finitions sont impeccables. J'ai beaucoup apprécié voir de près ces finitions, des côtés des tableaux, ces fissures dans le bois, ces attaches radicales, toutes ces lignes tracées, fines ou épaisses, qui dessinent des paysages et une bonne connaissance des étendues, du vide et des déserts, des espaces ouverts. Il y a un contraste avec ces vies ici, dans les petits coins et des jaloux partout, des divisions, des envieux, des petites histoires si petites, il n'y a aucune envergure, pouvons-nous observer : plus de paysages ? Le pays ne serait que blocage. Celles et ceux qui ne manifestent pas pour le prix de l'essence, pour gagner plus, pour garder leur emploi, ce sont celles et ceux qui ont les plus grands rêves, pas de voiture, pas de travail et parfois, pas de famille. Les rêves ne font pas de bruit, et ne sont pas visibles, ils circulent dans le déracinement, le dénuement, l’ascétisme, la méditation, le silence, ils s'attrapent en plein vol, si inattendus. Ils n'ont pas besoin d'un président, ni de syndicat, ni d'accessoire pour montrer leur appartenance, leur caste ou leur pédigrée, leur passe-droit. Les rêves, ce sont des accès infinis. Il n'y a pas de censure aux rêves, ni de petits rois élus pour les casser et se plaindre. Les rêves à discrétion. Et il n'y a aucune obligation de réalisation. La beauté à l'état pur.
Et de mon point de vue, la beauté mène à l'amitié. Merci les amis pour ces espaces-temps souvenirs et espoirs de fêter nos années vieillissantes et mûres comme des pommes infinies.


Né à New York dans les années 1960 en réaction à l'expressionnisme abstrait, l’art minimal se distingue par une radicalité formelle qui bouleverse les modes traditionnels de présentation de la sculpture. La sérialité, le privilège accordé au concept ainsi que l’emploi de matériaux industriels constituent le socle commun à partir duquel se déploie un ensemble de pratiques individuelles.

L’œuvre de Robert Morris, j'aime beaucoup celle-ci. Il est décédé en novembre 2018. Ses formes m'inspiraient lorsque je faisais de la danse contemporaine, en fait je pouvais voir et comprendre ses œuvres parce que je dansais. Il intitule « Anti Form », et s’oppose aux choix du Minimalisme et fait part au public d’un changement d’orientation de son travail en proposant une sculpture littéralement souple, parfois à la limite du périssable. Ses matières déclinent l'entropie, la dégradation, l’autodestruction. En même temps, venant des années 60, moi dans les années 80, je regardais aussi le travail d'Eva Hesse devenue un mythe car décédée très jeune, parmi tous ces hommes célébrés, je pensais que les choses changeraient, non elles se confirment, et je visite des expositions qui consacrent le parcours de ces hommes gilets blancs ou jaunes, finalement, débattre revient au même, puisque la structure porteuse reste la même. Son travail m'inspirait alors, il m'entrainait dans l'appréhension de la matière pas très nette, dirais-je, protéiforme. Pourtant la netteté ou la propreté de celles montrées à Pantin pour le minimal m'ont subjuguée. C'est que nous sommes dans un bazars effarant, alors comme le lapin pris dans les phares du minimal, ces œuvres américaines, très connues, vues et revues, m'ont apaisées, dans le foutoir politicien français. J'ai pensé avoir oublié qu'il fallait parfois ranger, être exigeant et ne pas transiger, ce que je faisais assez bien avant, jusqu'à ce que tout se corrompt sous mes yeux et que la sidération empêche tout geste quotidien, sans qu'il ne soit entâché de ce problème, des mauvais enseignements. Alors voir cette œuvre installée ici, celle de Morris, me semblait très actuel, car je l'avais souvent vue au centre Pompidou (Robert Morris, Wall Hanging, 1969-1970, Tenture de la série Felt Piece, Feutre découpé, 250 x 372 x 30 cm) et elle m’apparaissait comme un vieux tapis poussiéreux avachi. Je pense que c'était l'odeur du centre qui dominait, la poussière. Alors je préférais la voir sur catalogue. Souvent il y a des œuvres montrées qui m’apparaissent très poussiéreuses dans les Musées ici, peut-être les conditions de conservation ? Surtout dans les Frac. Mon odorat développé fait que l'odeur entre en jeu dans ce que je vois et ne s'en décolle pas. Je supporte difficilement les galeries ou espace qui viennent de poser un coup de blanc, de peinture aux murs et les vernissages sont très désagréables. Ainsi vais-je rarement aux vernissages, mais les finissages, l'odeur s’atténue et on voit mieux les œuvres.

La galerie Gagosian présentait le travail de Mickael Heizer, artiste spécialisé dans les sculptures à grande échelle et dans le Land art, né en 1944, toujours contemporain. Aussi ces années 60, dans notre périple en banlieue jusqu'au Bourget au sol des avions en l'air, reflétaient un héritage qui se trouve complètement balayé aujourd'hui. On n'enseigne plus, on forme et je ne sais pas si c'est bien. Je pense que l'on s'adresse à des petits enfants, alors que les écoles supérieures d'art devraient être pensées pour des adultes. La récréation ne devrait pas s'éterniser ni l'image aseptisée des soixante-huitards ne devrait être autant diluée dans des revendications qui ont perdu le goût de vivre et l'envie de créer, prenant en chantage les étudiants pour la retraite des professeurs, étudiants sans avenir avec les sempiternelles empruntées références, trempées dans de lâches syndicats. Tourbillons des amertumes, le néant, pourtant pas nihilistes ces communes, juste aigries, vengeresses, démagogues. Mais bon, grâce à mes amis, je m'éloignais d'un microcosme pour rejoindre le macro ou l'espace des possibles. Être conduite était rassurant, une fois n'est pas coutume, se laisser porter par l'expérience de ces voyageurs, et si rapidement faire toute la banlieue avec leur sécurité, leurs désirs mêlés aux miens, nos choix concertés. Je me sentais comme l'enfant avec un papa et une maman qui m'enseignent en me demandant mon avis et en interrogeant mes souvenirs, ou les écoutant. C'est donc cela, la parentalité. La question n'est plus de se plaindre, ni de manifester un mécontentement, mais de confronter des envies et des rêves, des espaces, des lieux, des cultures, et de là, advient toujours quelque chose de nouveau, inattendu, ce que l'on peut nommer, la création. Dans la pâtisserie, il n'y a que des erreurs, dixit une experte <3

J'ai beaucoup apprécié ces 3 peintures de Mickael Heizer, vraiment splendides, le dessin sur la toile, celui de l'espace, rond et gonflé comme un souffle de liberté, tendu dans un châssis qui épouse la force du trait noir, c'est presque jouissif de l'observer. Cela créé une grande satisfaction en moi de comprendre que cela forme des espaces dans lesquels je partage les tenants et les aboutissants. Physicalité, invention de mots en présence des toiles tendues sans visiteurs, sans achat possible, juste imaginer comment cela a pu se faire, où et quand, combien de temps, quels matériaux, est-ce de la couleur ? Ou le gris et le blanc cassé se sont fondus admirablement avec le temps, ou tout simplement ne sont-ce que des reproductions réalisées pour cette exposition avec un protocole établi par l'artiste. Physical painting peut-être...

Belle surprise, l’œuvre de Seulgi Lee au Château de Rentilly. Je rêvais de pouvoir un jour les voir ces tissages. Elle fait partie de la lettre "L" tirée au sort pour le commissariat de cette exposition. De loin la meilleure de tous les artistes présentés. Quelle chance, elle nous a réunie ce jour-ci, 4 artistes et anciens étudiants qui nous sommes rencontrés au même moment à Paris, ici une vingtaine d'années plus tard. Je n'aurai jamais pensé cela possible, être toujours en contacts, malgré nos différences, mais aussi, avec un collectif en commun, et des aventures très singulières, inaudibles.

Là c'est une cachette : un bain Turc...

Nadar à la Bnf, ils sont arrivés à bien scénariser leurs familles et leurs histoires photo-généalogiques. Grâce aussi aux inventions scientifiques de cette époque, l'aérostatique photographie du ballon, premiers quadrillages cartographiques de vues du ciel. Je me suis dit que c'était une véritable épopée de la prédation et du contrôle. Celui par l'image (la photographie) et du miroir (un grand "selfie familial), le contrôle de son image, l'image de sa famille, son patrimoine photographique, breveté parfois, sa signature, ses costumes (ils sont souvent costumés, ils miment), même jusqu'à photographier les morts, les écrivains, et en faire des caricatures, bref, on a là, l'aventure même de l'écriture de soi et du souhait de sacraliser ses gènes. C'est un peu étrange, mais très "Das Unheimliche" de Freud, et son inquiétante étrangeté. C'est ce que l'on fait, on se mire, on se photographie, on trace sa famille, ses objets, ses cadavres (jusque dans les catacombes) et on classe, on juge (les photographies sur l'hermaphrodite, sont terrifiantes dans ce qu'elles montrent du contrôle et de la prédation du voir) en pensant documenter. L'association médicale à la photographie, et ses microscopiques trouvailles des virus... Entre progrès et régressions, de toute évidence. Quand la technique tue la création. Ou quand on remplace la création par l'innovation, on peut parfois obtenir une répétition, un mime, mais sans aucune création. Cela dit les costumes des pierrots m'ont séduit, j'aime beaucoup voir le grain du tissu derrière et ces amples vêtements, trop grands. Les voyages colonisateurs rappellent que nous ne sortons pas grandi de ces documents aujourd'hui, et que le progrès n'a pas été en faveur des colonisés. La prédation par la technique et la science a toujours pensé avoir un aval sur la connaissance. Hors ce n'est pas vrai. Elle ne peut être que l'effet d'une image déformante et la réalité est toujours à apprendre, car les points de vues sont divergeants.

Photographies : Sonia Marques (et un médiateur du château de Rentilly)

Tout cela me faisait penser à Velly Jonas, je ne saurais expliquer pourquoi, mais c'est très beau :

Par kiwaïda at 17:27

06/01/2019

¢ґé℘ʊṧ¢ʊL℮

Felix-Vallotton-Sunset-Gray-Blue-High-Tide.jpg

Félix Valloton "Coucher de soleil, marée haute gris-bleu" (1911)

Ce tableau est celui de Félix Valloton peint en 1911 "Coucher de soleil, marée haute gris-bleu". Nous le retrouvons dans le premier film "Un beau voyou" de Lucas Bernard sorti ces jours-ci, dans le genre policier élégant nous embrigadant dans les ficelles du recel des tableaux à la valeur intermédiaire, d'artistes contemporains. Coïncidence ce tableau est montré par le père d'une restauratrice, lors d'un dîner où le commissaire s'aventure à rechercher un voleur, amateur d'art. J'avais publié quelques œuvres appréciées de Félix Valloton l'été dernier sur ce blog, mais ne figurait pas ce coucher de soleil. Au moment de son apparition, dans le film, le père demande au policier s'il connait le peintre très connu qui a réalisé cette toile. Mon ami me dit que cette toile ressemble à la peinture que je suis en train de réaliser. En fait je n'avais jamais fait le rapprochement avec Valloton. C'est une interprétation de ma part, d'un ciel étoilé en Galice, un point où les constellations sont le plus visibles. Donc ce film me révèle une de mes références, génial ! L'histoire est celle de nos non-dits, dans notre société et de la fragilité du "dire", de se "décrire" aujourd'hui, quand l'identité se masque pour mieux vivre. En effet, le jeune voleur, l'amoureux  transit, sur la pointe des pieds, ne dit mot de son mode de vie, où il vit, dort, comment il vit, se nourrit, et s'il travaille. Il dit de lui-même qu'il est entre 2 truc, en recherche personnelle, une façon d'éliminer toute question trop intrusive jusqu'à ce que ses parents ne sachent même pas de quoi vit-il, ni qui est son entourage. Dans tout le film, et par ricochet, les familles que l'on découvre sont elles-mêmes à cette lisière, n'être pas bien repéré ni vu, ni compris d'une société qui attend toujours que soient ciblés les objectifs de vie, d'amour, d'emploi. Les parents partent à la retraite, mais aussi sur la pointe des pieds et les enfants ne savent rien de ce nouvel élan vers le vide à programmer et laissent ceux-ci abandonnés à leur sort et leur pièce évidée où juste un avenir jonché de maladie et de décroissance les attend, sans plus aucun contact avec la vie professionnelle d'avant. D'ailleurs les collègues sont les premiers à oublier ceux-ci, dès leur pot de départ et à les empêcher de revenir comme s'ils devenaient un spectre proche de la mort et que le travail, seul, fait oublier ce spectre trop brillant. Je pensais ainsi au crépuscule. Ce film est crépusculaire, lunaire aussi avec des visions somnambules, seules élévations que l'on peut entrevoir peut-être, de ces logements si chers et inaccessibles. Tout comme les objets, les petits vols des petits cambrioleurs, des petits poucets qui ne souhaitent nullement retourner dans les maisons de ces parents qui les ont abandonnés à un avenir bouché. Cette société où les grands de ce monde, ces parents ont volontairement transmis un avenir miséreux aux enfants, sans aucun espoir, ni une espérance de vie saine. Les enfants, sans emploi, diplômés et pas près de trouver un "job" sont eux-mêmes incompris de leurs parents, pas de vie stable, ni d'amour porteur, ni de carrière et ni d'enfant pour lesquels les parents auraient encore un job à venir après leur retraite : s'occuper des petits enfants. Toutes ces habitudes et normes sociales disparaissent dans ces logements minuscules dans les greniers de grands immeubles dont il faut payer l'énorme somme, et personne n'a les moyens de les pourvoir, malgré la file indienne mascarade qui laisse à penser que les agences vampires ponctionnent sans penser comment reconfigurer tout ce système qui mène à la mort, de l'emploi et l'économie, voire des constructions familiales. Alors que reste-t-il ? L'art, une valeur plus sûre où investir, pas dans les grands artistes qui ont la côte, non, dans les intermédiaires. Voici ce que nous dit le film. D'ailleurs le voleur surdoué connait bien les failles. Il sort des radars technophiles, et surfe sur les toits de Paris, belles épopées nocturnes et agiles, à la recherche de la toile et des collectionneurs, des notables, des restaurateurs, toute une filière dans l'ombre des terreurs d'aujourd'hui, de ce qui fait peur et attise les haines. Car ce voleur illumine le temps et le regard. Il nous encline à voir, à mieux voir le tableau. Le commissaire aiguise son histoire de l'art à travers ses souvenirs de visites de Musée avec sa femme défunte, l'art cela sert à cela, aux souvenirs. Donc ce père truculent insiste face à ce policier néophyte, afin qu'il dise ce qu'il aime ou n'aime pas dans les tableaux qu'il montre. Le policier hésite, trébuche, n'ose pas penser, ni dire son point de vue, il tâtonne dans le noir, car il est sommé de ressentir, réfléchir et dire, tout un art, de contempler, d'observation. Nous y sommes, c'est notre métier, celui de l'expérience du regard. Tout commencerait ainsi, qualifier ce que l'on voit, apprendre à voir. Qu'est-ce que le goût ? Est-ce de l'art moderne ou contemporain, est-ce récent ? Nombre de portraits avec de petits points des visages un peu surréalistes sont présents dans ce film. On ne sait toujours pas quel est l'artiste, dont le réalisateur a emprunté ses tableaux pour scénariser une exposition. Cela donne envie de refaire un tour aux Musées et expositions avec les amis, en parler, écrire un bout dessus, vivre de ces contemplations et passer des soirées à admirer les œuvres d'inconnus, découvrir de nouveaux noms, de nouvelles histoires, se sentir faire partie d'une très grande famille, et pas celle qui nous est présentée avec un écran géant qui trône au milieu des salons, le son à fond et nous abruti, non, la famille des inventions, de l'imagination, de l'observation, de la sensibilité. Oui car chacun son parcours, son histoire, ses observations, ses ressentis. Cela se travaille et cela fait grandir. Il y a bien d'autres fenêtres et ce n'est pas une chance de les connaître et les ouvrir, afin de découvrir des paysages, c'est un travail. Oui c'est un travail, c'est par nos efforts, notre obstination, notre appétence et nos facultés à voir ce qui demeure, pour le plus grand nombre, invisible. Ces vies sont sorties des radars et des politiques, à jamais. Toujours cultiver.

Par kiwaïda at 20:38

05/01/2019

℘ièḉ℮ṧ ⅾ‷øℝ

Cela mérite réflexion

Parle à mon pompon

Le sel de la vie

La fabrique des pièces d'or

Créer de la richesse

Et des rebus

Pétales, poudre magique, chaque geste compte, replier, secret, cuisine

Lotus

Barques qui flottent sur le ciel étoilé

Fuck la jalousie !

On s'en fou de mai 68 !

97 ans c'est beaucoup ! Avec toi c'est mieux <3

Photographies © Sonia Marques

Merci pour la chanson :

An-ton, I-van, Bo-ris et moi

Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi

moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi

Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi

Ivan, Boris et moi

1. Lors-que nous é-tions en-core en-fants
Sur le che-min de bruy-ères
Tout le long de la ri-vière
On cueil-lait la mi-ra-belle
Sous le nez des tour-te-relles
An-ton, I-van, Bo-ris et moi
Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi
moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi
Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi.

2. Le di-man-che pour al-ler dan-ser

On met-tait tous nos sou-liers
Dans le mê-me pa-nier
Et pour pas les a-bi-mer
On al-lait au bal à pied
An-ton, I-van, Bo-ris et moi
Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi
moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi
Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi.

3. Ça compliquait bien un peu la vie

Trois garçons pour quatre filles
On était tous amoureux
Toi de moi et moi de lui
L'une hier l'autre aujourd'hui

Au refrain

4. Dir' qu'au moment de se marier

On est tous allé chercher
Ailleurs ce que l'on avait
À portée de notre main
On a quitté les copains

Au refrain

5. Aujourd'hui chaque fois qu'on s'écrit

C'est qu'il nous vient un enfant
Le monde a beau être grand
C'est à peine s'il contient
Nos enfants et leurs parrains

Au refrain
Paroliers : Emile Stern / Eddy Marnay

Par kiwaïda at 16:22

03/01/2019

ϟ☺ᾔї@ ℳαґⓠʊε﹩ ➸ Ḱ☤ẘ@ïⅾα

Un texte de Julien Ducourthial sur mon travail artistique :

*

Double-page du catalogue de photographie RESIGN © Sonia Marques - 2017



Sonia

Je connais bien l'artiste Sonia Marques. Mais son imaginaire me semble insaisissable, multidisciplinaire, passant d'une technique à une autre, d'une théorie a un concept, de l’éphémère au concret, du doute au rêve. Une artiste fascinante parce qu'elle réinvente toujours le perceptible et le sensible.
J'aime sa créativité de l'instant, pulsation et hybride dans une recherche pleine du sens et du dire. Son parcours et ses différents travaux sont un panel éclectique de visions et de poèmes dans lesquels il faut s'isoler pour en capter l'essence et la singularité.
Il n’y a pas de facilité dans l'approche de ses travaux, mais une implication du sens et de la réflexion plastique, qui ne se laisse pas 'juger et estimer' au premier coup d’œil. Pourtant des questions se posent face à son œuvre, la jubilation des couleurs, une donnée précise, un concept qui semble faire sens ou une démarche tellement radicale qu'elle convainc. Ici son travail s'amorcerait sous la forme d'une apnée, éphémère et périlleuse ou l'on découvrirait un palais aux multiples entrées au fond des mers. Des images fugaces et persistantes, celles de découvrir chaque pièce de ce palais des océans ou se présentent des travaux artistiques minutieux, riche d'inventivité et d'originalité comme ses écrits. Il faut donc se projeter dans ces univers parallèles complexes et sensibles. J’apprécie sa vision exotique, radiale, parfois ombrée de la vie qui se reflète dans ses travaux et éditions photographiques Bonjour, Jungle, Deep (catalogues, 2011) et dans son travail photographique constitué via son blog Bmk, épicentre d’évolution et de mutation visuelle quotidienne avec ses séries en cours. Les photos sont souvent directes, posant la question du documentaire et de la recherche, des excursions et des voyages avec des cadres serrés, précis sur des tableaux transformés de l'espace urbain ou naturel. Il y aussi cette transition plus récente vers l'artificiel, qui transcende ses photographies, une action posée sur ce qu'elle voit et comment elle veut le voir par des retouches colorées qui intensifient les détails et le ressenti comme le ferait une peintre. Reste une notion de distance, le regard du spectateur qui connaît ou reconnaît par fragment les éléments modifiés et doit décrypter l'inversion de ses artefacts photographiques. Passer du réalisme de l'image au post-media digital, dérangeant, fluctuant, magma volcanique de couleurs en cycle. Sonia Marques semble apprécier ce trouble qu'elle instigue comme si le sens des images devaient devenir plus profond, plus mystique, vers une quête intérieure spirituelle qui s'affranchirait du sens premier de l'image vers des entrées poétiques et polysémiques. Alors on bascule dans des univers de science-fiction, non sans humour car il y a toujours un pied de nez à l'évidence ou au ressort comique de la chute. Des travaux comme Ghost ringneck (vidéo, 2012), Ready for the meeting (photographie, 2013), Les grands écoutants (sculptures, 2014) invoquent la révolution du temps, réalités différées par le mimétisme animal, visions scénarisées du quotidien, parfois du cauchemar. On se plaît dans ces multiples, aux couleurs inversées qui sèment le désordre des sens et nous emmènent vers de nouvelles prospections visuelles et sensorielles. Son travail est un mélange subtil de connaissances, aussi bien en peinture, dessin, son, graphisme et art vidéo. Le digital et les nouveaux médias y prennent une part importante et singulière tant l'outil devient vecteur, prolongement cyber sensoriel pour appuyer les scénarios qu'elle invente. Il y a une tension des éléments dans ses tableaux usant de picturalité et de frénésie colorimétrique, une éclosion de merveilles similaire à la nature et sa diversité de fleurs, fruits et paysages. Complexe à la base et complexifié par l'artiste qui s'inspire de ces mystères que sont la faune et la flore, revisitées par son imaginaire dans un déluge de sciences phosphorescentes. Chaque travail artistique cache un désir, intime, de dépasser la vie pour créer et tenter de délivrer une vision singulière dans le foisonnement de nos connaissances et de nos acquis personnels ou savants.
Les éléments de représentation en mouvement comme Domino (dessin, peinture, 2013), Contemplations (digital print, 2012) ou Topaze (digital print, 2012), visions oniriques, cosmiques, abstraites ou galactiques nous sont transmis en ondulations, lumières, collages pyrographiques tant la précision et le choix des couleurs abordent la kinesthésie. Si la couleur est un motif central de son kaléidoscope, le son, les mots et la musique y occupent aussi une place importante. Elle réalise plusieurs albums (Château, Monstrum, Pépino, Insonia Verao), échos vibrants de multiples variations, brutes, discrètes, changements de voix, du minimalisme ambient à la dystopie bruitiste, fantasque de carnaval et de couleurs allant du sombre au clair et inversement. Le travail Hansel (vidéo, 2013), poème conte, cristallise les tensions et les lignes réflexives inhérentes à son travail. Soutenu par une narration lente, vocale et continue, on s'aventure dans une zone fictive et infinie, un paysage inconnu et tragique , mêlant le cognitif et le crash mental.
Chaque partie de son œuvre est savamment pensée, pierres précieuses brutes ayant toutes un lien secret entre elles. On peut ne pas voir leurs éclats, ou ne pas y prêter attention et pourtant chacun de ses travaux est  de l'ordre de la sublimation, d'un objet, d'une vision, d'un animal, d'une fleur, d'une émotion. Ces voyages ésotériques, denses, véhiculent un sens profond lié à la beauté du monde et à la transmission de son observation.

Resign

Resign, édition numérique de photographies en noir & blanc solarisées, nous fait entrer dans une histoire avec ses fragments, sa conscience et ses tensions. Quand on découvre cette publication il n'y a que le fil des pages qui relie les images mais on devine un long processus de réflexion qui amène l'agencement de ces photos. On se trouve en présence d'éléments familiers : une ville, des animaux, des fleurs, des enfants, des portraits; des scènes presque quotidiennes qui se succèdent. On perçoit un leitmotiv du temps, de l'attente, de l'indécision, d'une captation soutenue du détail et peut-être comme le suggère le titre d'une résignation. Hors le titre veut dire démissionner en anglais. Alors s'agit t'il d'une démission du réel pour mieux le fantasmer ou d'une démission légitime d'un monde agonisant et sombre? Ce projet pose des questions et témoigne de la finesse de l'artiste et son hypersensibilité à l’égard de ses sujets, à la fois tendre et puissant. On s’inquiète de ces photos en négatif, qui viennent s'intercaler comme des flashs et rythment ces essences du réel. C'est beau et dramatique à la fois amenant un climax qui ne lâche plus jusqu'à la dernière page. Fleurs qui contrastent, temps irrésolus, beautés spatiales, accidents de contradiction. La photo de couverture rappelle le christ rédempteur, ici en figure humaine, tangible, c'est l'ouverture du bon. Suit un sourire, des fleurs, des personnages, des fenêtres sur un réel / digital que j'aimerais penser post-internet mais qui ne l'est pas vraiment puisque l'on peut y ressentir des sentiments. Les éléments technologiques (drone, tablettes, téléphones portables) présentes dans le cadre, interfèrent avec ces scènes du quotidien et nous les présentent comme critiques, à la fois technologie inoffensives mais omniprésentes comme un état permanent de surveillance. Le travail de photographie de Sonia Marques se concentre sur ces éléments avec un iris panoramique, grandiose de nuance et du souffle qui murmure parce que finalement il valait peut-être mieux démissionner du faux pour mieux rattraper le réel.

Ready for the meeting

Voilà un rendez-vous pas comme les autres, loin des hangars débarras d’art contemporain normatif. Ici commence vraiment la fête avec "Ready for the meeting" et ses joyeux drilles. On y aperçoit une famille de big brother animalier débonnaire dans des salles de réunion au design moderne qui amènent leur esprit pince-sans-rire dans les piles de dossiers disparus de réunions importantes. Finalement que restent-ils de ces réunions ? Pas grand-chose, et ces perturbateurs endocriniens involontaires semblent se manifester pour poser la vraie question. Sonia Marques ne sacralise pas ces lieux tendances, elle les présente comme des showrooms spongieux et étouffants, lieux d’action d’un imaginaire en devenir où un ours avec ses yeux noirs surveille le vide intersidéral d’une salle. Sous leur aspect mutique, ces animaux en carton en savent beaucoup mais ils n'ont pas l'air décidés à nous dire quoi que ce soit. D'ailleurs ils n'existent que comme objet de représentation, mais leur mimétisme rappelle beaucoup les humains et cette pièce crée une situation comique et burlesque, moqueuse de la technocratie et de son sérieux convenu. On cherche les pièces du puzzle, un peu déstabilisé devant ce réalisme sauvageon, à la fois potache et véridique parce que la perception est remise en question par une imbrication de l'animal et de l'enfantin dans le normé, l'adulte et le décisionnaire. Sous la satire sociale on attend presque un coup d'état révolutionnaire de la part de ces personnages fictifs, mais peut-être sont-ils tout simplement pacifiques.

*

texte © Julien Ducourthial (juin 2018)

Photographie de READY FOR THE MEETING © Sonia Marques - 2013

Par kiwaïda at 16:58

ᕈTᓰᒪᗢᖰᙓ

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à tous les pigeons
© Kiwaïda

Par kiwaïda at 00:22

21/12/2018

Ḳḯωαη◎

C'est reparti, concentration, constellation, Alice Coltrane en entrainement musical, de la couleur, du métallisé, du doré, du perlé, du brillant, du mat, tout est à créer, épousseter, délicatement... C'est un peu comme créer le ciel, la nuit et le jour, aux bougies artificielles, au sapin de bois rouge rose et turquoise gardé par un lapin vermillon ou un mini harfang des neiges, juste après avoir vu un alpaga si moelleux en Norvège et puis goûter au Kiwano, regarder l'Opale, messager, écouter... Recevoir d'adorables mots. Paix.

Photographies © Sonia Marques

Sauf, ci-dessous...

Par kiwaïda at 20:44

17/12/2018

ß◎ηηεṧ ḟê⊥℮ṧ !

Photographie : The jazzist Graphisme : Kiwaïda

Par kiwaïda at 21:03

27/11/2018

¢ʊ♭ℯ﹩ ∂℮ кø♄ṧ

  kiwaida_incognitos_5.jpg

  kiwaida_incognitos_2.jpg

Les incognitos (Dessins © Sonia Marques - 2011, peinture sur papier, 50x50 cm)

Par kiwaïda at 18:44

15/11/2018

¢ʟ☺ẘη тяḯ﹩⊥℮

C'est parti !

Elle pense avec des pinceaux ?

Olala qu'est-ce qu'elle fait ?

La nuit est tombée... je vais me coucher...

(Photographies © Barnabé l'impatient)

Par kiwaïda at 19:29

11/11/2018

¢α﹩ṧℯ➸⊥ê⊥℮

La gare de Paris-Montparnasse fait l'objet d'un important chantier de réhabilitation, amorcé en septembre 2017 et devant être livré en novembre 2020.

En passant, cette peinture murale de Vasarely était encore plus visible dans ce chantier. Il y a très longtemps que je n'étais pas passée par cette gare. Pourtant, pendant 9 années, quasiment toutes les semaines, je prenais le TGV, pour aller à Angers, depuis Paris, en ayant pris auparavant le métro. Je n'appréciais pas ces trajets car ils étaient très difficiles, levée très tôt, ce périple pour donner des cours en école d'art m'a toujours semblé erroné. C'était parmi les hommes d'affaire en costume et attaché-case, que je m'asseyais pour atterrir à l'école d'art en passant par un parc. Autant dire que le matin, après tout ce périple, lorsque les étudiants n'étaient pas là, nous étions, les professeurs, particulièrement déçus, mais heureusement, cela n'arrivait pas souvent. Je prenais mes billets devant ce Vasarely, rapidement, vers les 7-8h du matin. Ces trajets, très coûteux, n'étaient pas défrayés par l'école d'art et pendant toutes ces années, avec l'hôtel à payer, j'ai vu mes économies partir en fumée. Un jour, je n'ai plus pu enseigner, je n'avais même pas assez pour payer mon loyer, ni vivre décemment.

Un jour j'ai dû arrêter et réfléchir comment habiter près de l'école où j'enseignais. J'ai passé un concours national puis j'ai été sélectionnée, après plusieurs épreuves (comme la première fois pour l'école angevine), sur dossier, puis en entretien, puis en exercice pédagogique, puis en épreuve de langue. J'ai déménagé à Limoges pour l'école d'art, en province. Je pensais poursuivre tout ce travail d'économie de vie, mais cela n'a pas été favorisé, j'avais déjà tant perdu, que la précarité m'a rattrapé à la moindre violence des écoles d'art, et il y en a, les directions ne sont pas à la hauteur des enjeux contemporains et de nos niveaux de vie, qui ont beaucoup changé en une vingtaine d'années, ainsi que nos apports en connaissances, nos recherches. Le savoir et sa transmission se sont transformés et l'économie de vie d'une professeure, une femme notamment n'a fait que régresser. Pour ma part, je me suis enrichie et j'ai un capital de savoirs que je ne peux transmettre, avec les pressions inutiles et les désorganisations des études. Il y a une confusion entre capital du savoir et marchandisation de la culture, qui est devenue prioritaire (le marché de l'art, la publicité et la communication, la vente, l'image) bien avant l'apprentissage artistique et le développement d'un esprit critique et de sa pensée. Je ne corresponds plus aux attendus, qui sont ceux de la vente et des intérêts marchands, des séductions aux mécénats et aux maires, pour obtenir toujours plus d'argent. Et cette répartition des crédits, reste, de mon point de vue, très inégalitaire. Ce qui fait qu'une personne comme moi, née en banlieue du 93, ne pourra plus étudier dans des écoles d'art supérieures, ni y enseigner, ni devenir artiste. Les accès se sont fermés, et la politique et la tendance aux lois des extrêmes gagnent des voix. J'ai toujours pensé que l'enseignement échapperait à ces pressions, mais c'était sans compter sur la domination du riche sur le pauvre. Même en école d'art, on déteste les plus pauvres, il y a une confusion entre ce capital des savoirs et celui de l'argent, et, je pense que c'est ce qui désolidarise tous les artistes et les enseignants entre eux. Je mesure la perte, mais cette mesure a consolidé mes valeurs. Le fossé s'est agrandi, entre ce que l'on communique et la réalité, ce qui fait disjoncter le sens et la capacité des individus à s'adapter (c'est impossible) L'état se structure en particulier a réaliser des rapports et administrer les institutions mais ne sont pas habilités à résoudre notre situation. D'ailleurs, le ministère de la culture, est surtout celui de la communication. La pression est telle, que les fonctionnaires doivent communiquer à l'excès et donner une image attractive, même si bordélique à souhait. Et ces mêmes fonctionnaires sont à bout, décadrés, recadrés, déplacés, à toujours vernir et exposer, alors que la pensée s'est effritée, beaucoup de dispersion. Il n'y a pas là d'économie, mais bien des dépenses très mal calculées, et jamais en faveur des plus pauvres, mêmes si ceux-ci, ont acquis un capital des savoirs conséquent et une capacité d’adaptation exceptionnels. Ces atouts ne sont pas prioritaires, ces êtres humains sont exclus du partage et de leurs propres productions : leurs réflexions, leurs capacités à rendre intelligent et à cartographier les migrations, ces voyages du savoir, sont amenées à être pillées et eux, à se déplacer et réduire leurs moyens d'action, leurs pouvoirs en toutes matière. La définition des patrimoines même serait à reconsidérer, à repenser, avec ces capacités à faire sens, le plus souvent, en déplacement et non, dans l'empilement, la collection. La mobilité est niée, mais en même temps elle devient un ordre dès que s'installe l'intelligence et qu'elle fédère de nouvelles forces créatives.

En passant je voyais ce mur et je voyais tout cela. Aussi avais-je pris un petit-déjeuner sous l'autre Vasarely, avec Jean-Luc Vilmouth, un artiste décédé depuis, lui aussi fut enseignant en école d'art, longtemps, car nous nous étions rencontrés par hasard un matin, avant que je prenne ce TGV pour mes cours angevins dans le métro et que celui-ci était tombé en panne. Peut-être une dizaine d'années que je ne l'avais vu, il venait de faire des examens médicaux à jeun, moi je ratais ma journée entière, car les transports étaient, très certainement encore en grève. Sous ce Vasarely, nous avons pris un petit-déjeuner, le seul et le dernier, sans aucun doute. Je revenais le vendredi soir, avec mes collègues très fatigués, dans cette même gare, et là seulement, nous prenions des lignes de métro différentes, nous nous séparions rejoindre nos logements, mais nous n'arrivions pas à réfléchir, tellement notre séjour à enseigner fut intense et nous avait pris tout notre cerveau. Il me fallait un week-end pour m'en remettre, autant dire, je n'avais pas le temps de profiter de celui-ci. Jeune, on peut le faire des années, et puis à un moment, on s’aperçoit que ces années nous on fait perdre beaucoup de temps, aux amis, à la famille, et si c'était le cas à le réserver à accompagner ses enfants, mais en général, peu ont des enfants. Alors cette gare me rappelle tout cela. Un jour, je me suis trompée, un matin, en 9 années, c'est pas beaucoup, je n'ai d'ailleurs jamais été en arrêt maladie, pour une gastro peut-être, un jour, j'ai pris le train d'en face et j'ai atterri à Rennes. J'avais une collègue architecte, qui avait fait ces trajets depuis de très longues années, elle avait eu ce sourire, car cela lui était arrivé tant de fois, elle était si fatiguée. Elle s'allongeait sur les banquettes du TGV, pour dormir avant d'aller enseigner à Angers. Parfois j'étais déjà installée, le TGV démarrait et je la voyais courir sur le quai, venant de le rater et tapant sur la coque du train, comme s'il allait s'arrêter. Un TGV, non. C'était touchant. Et puis, elle s'est arrêtée d'enseigner aussi. Et les trains continuent toujours, et il y a toujours des étudiants et très certainement, tous ont oublié ces professeurs, et les collègues aussi.

Cette journée était un casse-tête, je revenais d'un examen pour lequel je n'étais pas assez concentrée, pourtant j'adore résoudre, mais là, j'étais distraite, des mauvais mots m'accablaient et ils ne venaient pas de moi. Je me demande bien ce que sont devenus ces collègues angevins, je sais que beaucoup de celles et ceux que j'ai connus y enseignent encore. J'ai même été informée par hasard, d'une disparition, sur une revue d'architecture, d'un enseignant qui avait peut-être le même âge que moi et avec lequel j'avais fait un concert au Musée des Beaux-arts d'Angers, lui musicien nantais et moi compositrice, ce soir là, c'était des poésies pour le vernissage d'un collègue. Il enseignait dans cette école aussi. Je n'ai jamais vu d'hommage de cette école, je n'ai pas bien compris. En fait je ne comprends pas ces disparitions successives de collègues, sans qu'ils n'aient jamais atteins leurs retraite. Je pense que l'on croit, à tort, que ces métiers sont des sortes d'amusement, et surtout liés au divertissement (ce qu'est devenue la culture) et souvent que l'on est chanceux de le faire ou très bien payés. Sur ces malentendus, nous subissions un vrai décalage avec les étudiants, et aussi leur avenir et leur lancement dans la vie active - certaines, certains, comme moi étaient déjà dans la vie active - en étudiant, demeurent parfois sur les fondations d'un château de sable. Ils ne savent ni la réalité ni n'ont des rêves plus beaux pour anticiper et se solidariser un peu mieux. Car les formations demeurent très individualistes et compétitives, et je trouve cela contre-productif pour l'avenir. Rien ne peut en surgir qu'un vague égoïsme mis en vitrine et qui sert à la communication instituée. Apprendre à masquer.

La peinture, comme cet art optique, n'est qu'illusion et mascarade. J'aime beaucoup les formes géométriques. On pense organiser l'espace, avec des formes et des couleurs, des angles et des clairs et obscurs et puis ce n'est qu'un jeu. La vie continue.

Photographies Sonia Marques


Victor Vasarely, né Győző Vásárhelyi le 9 avril 1906 à Pécs et mort le 15 mars 1997 à Paris, est un plasticien hongrois, naturalisé français en 1961, du mouvement de l'art optique.

Par kiwaïda at 18:46

30/10/2018

℃€ИÐℛ∃ϟ

Un peu plus et nous n'étions plus de ce monde...

Asphyxiés par la négligence des autres, des cendres sous notre vie.
Le droit d'importuner l'autre, ici-bas à pris trop d'importance, au détriment de la vie.

 

Ma dernière sculpture...était noire, et cohabite avec mes gagas blanches...
Prémonitoire ? Elle m'a alertée... superbe oiseau noir cendré, figure de pierre et magicienne.
Halloween veille de la Toussaint, fête païenne célébrée dans la soirée du 31 octobre,
veille de la fête chrétienne de la Toussaint qui honore les saints, connus et inconnus...

Bonjour la vie <3 De retour les amis.

Fumer tue. Oublier les autres aussi.


Par kiwaïda at 17:23

22/10/2018

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Main de Bouddha (© Sculpture Sonia Marques - 2016) Photographies (© Kiwa & JD)

Être de nouveau mère et père, donner à manger, calfeutrer les fenêtres pour l'hiver, humidifier l'air, aspirer les poussières, assainir les espaces des bêtes et des intelligents, arroser les plantes, faire des photographies, bouger son corps, ramer, pédaler, nager, marcher, regarder les nuages, trouver un nouveau groupe d'amitié avec les mêmes passions, couper les cheveux de l'amoureux, rencontrer des mexicains, se réveiller par les rayons de soleil du matin, se laisser photographier, dormir sans entendre les rumeurs, contempler la cathédrale au sons des mariachis, retrouver ses sculptures, laver les plumes, enlever les poils, caresser les peurs, protéger les proies, réchauffer les cœurs, soigner le monde dans une main, attendre qu'il roucoule et se berce de vos chants, le suya-suya arrive et le bonheur avec.

Vacances Toussaint, Pépino angevino.

Par kiwaïda at 10:25

02/10/2018

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Par kiwaïda at 12:05

27/09/2018

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Matinales de septembre (Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 16:42

22/09/2018

f∀ℬÜℒѦ

FABULA, exposition de Stephan Balkenhol

Je n'avais pas d’appareil photo, mais j'ai trouvé cette fonction sur mon téléphone portable vétuste et l'objectif de piètre qualité. Je me suis appliquée plus que de coutume et je trouve que c'est pas mal du tout, finalement. Drôles de flous et d'ombres parfois, de points de vue. C'est que je suis tombée par hasard, sans carte, ni programmation, sur des expositions en galeries à Paris que j'ai bien appréciées. Il faut bien entendu avoir une certaine expérience des chemins, se souvenir des trottoirs et des histoires, des amis, des années, des échanges, des évolutions de tous et tant de beaux chemins parcourus. Il y avait l'artiste Stephan Balkenhol, dont je connais les œuvres depuis très longtemps, mais celles-ci étaient assez étonnantes, toujours travaillées dans le bois. Un groupe d'étudiant en master, tel un troupeau a envahi l'espace nu et vide, où figurait une gigantesque sculpture impressionnante représentant Persée tenant la tête de méduse. Je trouve toujours cela très intéressant ce mélange d'étudiants ou d'êtres humains, avec les sculptures figuratives. Surtout pour ce géant carnavalesque, mais avec la touche habituelle de l'artiste (Persée ici a son petit pantalon Balkenhol, noir, très reconnaissable), car les échelles se trouvent encore plus éprouvées. La tête est d'une belle facture, légèrement colorée, ses cheveux, de grosses formes en bois et ces visages placides et sans expressions bien identifiables de l'iconographie du sculpteur. Cette scène fut assez fabuleuse, pour autant que le titre de cette exposition, Fabula, se montrait fière et au-dessus des autres, lors de ma première pause de rentrée. Une chance médusante. En continuant ma traversée fantastique dans des rayons de soleil perçants, après une pluie battante, Paris était comme endormi, enseveli dans un calme inquiétant, peut-être sous une buée d'articles de journaux peu fringants, en cette rentrée flop. Les rues vides, les galeries vides, les œuvres seules et bien visibles, avec quelques initiés condescendants mais pas de fête, ni de sourires. Il y a comme une tristesse qui fige Paris, dans des grilles et des mètres carrés très limités, très coûteux, qui ne permettent plus, à tous, de venir, de visiter. Il y a un sentiment d’épuisement et de sens perdu, de toutes ces individualités qui se côtoient sans jamais s'adresser un mot, se croisent et se bousculent pour ne pas être en retard. Il y a de la fatigue et ces personnes pouponnées au métro, les yeux endormis des matins très tôt, le dos tournés aux inconnus, pieds nus et quasi pourris, allongés quasi morts, tant de personnes considérées comme personne, abandonnées par le même corps de ces êtres humains. Et puis, il y a Balkenhol et ces galeries blanches, combien de corps exposés, vus, ignorés, valorisés, d’œuvres mortes aussi, abandonnées... Tous ces corps qui traversent la rue et n'ont pas trouvé de travail, perdent le sel de la vie. La vie est-elle plus palpable dans ces galeries parisiennes ? Quand on s'approche d'un corps taillé dans du bois, que l'on sent même l'odeur de ce bois travaillé ? Est-ce que l'expression artistique nous apporte du sel ? Oui, aujourd'hui, je peux l'écrire, dans ces rayons de soleil, des formes exprimées me donnent plus accès à un imaginaire, à mon imagination, à ce que la pensée peut produire, de sens, justement, de lignes prometteuses, et non de "projets". N'est-ce pas ainsi, que l'on se sent pousser des ailes, faute de devoir traverser la rue pour trouver un emploi ? Trouver un emploi. Sourions aux manigances faites de pailles, à ces épouvantails qui empêchent les oiseaux de se nourrir, de trouver du travail dans tous ces champs, qu'ils ont eux-même produits... Alors puisque l'on s'envole, partons de ces champs vers des horizons que Paula est partie chercher. Sans aucun doute.

Communiqué de presse :

La Galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir de présenter une exposition de nouvelles oeuvres du sculpteur allemand Stephan Balkenhol à Paris.
Pour cette exposition, l'artiste a puisé son inspiration dans la démarche entreprise par Jean de La Fontaine dans ses célèbres Fables. Le regard critique que l’auteur du XVIIème siècle porte sur la société de son époque et sur la permanence des caractères humains devient un moyen pour le sculpteur de s’interroger sur l’état de notre propre société.
Si les nouvelles œuvres ne se rapportent pas nécessairement à une fable en particulier, elles mettent en scène le même rapport ambigu que les animaux entretiennent avec les humains chez La Fontaine. À l’instar du fabuliste, qui exerce son art de la feinte jusqu’à laisser au lecteur la liberté de son interprétation, Balkenhol ne cherche pas à être moraliste. Malgré son attachement à la figuration, il se place toujours dans un rapport distancié avec la réalité. Pour lui, « observer n’est pas juger. » Son regard se fait parfois ironique et cette légèreté apparente le rapproche du fabuliste. Parce qu’elles ne représentent personne en particulier et qu’elles semblent souvent attendre quelque chose, ses sculptures s’engagent dans une voie fictionnelle ; elles sont autant de supports pour enclencher une histoire.
Balkenhol taille ses personnages au maillet et au ciseau directement dans des troncs d’arbres, souvent en bois de wawa, sans chercher à gommer les traces d’outil, laissant à nu l’aspect brut du bois. Les sculptures uniques de l'artiste sont associées à de hauts socles qui les placent à hauteur d’homme. Les couleurs appliquées ensuite pour structurer les silhouettes sont totalement dénuées de valeur expressive et contribuent à faire oublier le matériau originel. Ses hommes, ses femmes et ses animaux semblent à la fois distants et à l’écoute du spectateur. « J’essaie de leur donner une expression ouverte aux autres, explique l’artiste. À partir de là, toutes les situations sont possibles. » Les reliefs sculptés, devant lesquels sont placées des figures en trois dimensions, sont un moyen pour l’artiste de créer des situations qui complexifient la lecture première des œuvres et ouvrent vers une narration poétique.
Pour accompagner ce nouvel ensemble d’œuvres, Balkenhol a réalisé une sculpture monumentale représentant le héros grec Persée tenant la tête de Méduse. Le traitement d’un sujet mythologique bien connu constitue une forme d’exception dans la carrière de l’artiste. Il s’inscrit ainsi dans la lignée d’artistes illustres qui, de Benvenuto Cellini à Camille Claudel, ont représenté ce mythe. Tout comme les fables, les mythes antiques forment un ensemble de récits qui appartiennent à la mémoire collective et dont l’interprétation s’est progressivement enrichie au cours de l’histoire. Au sentiment héroïque habituellement attaché aux représentations de Persée, Balkenhol répond ici par une forme de gravité existentielle. Il renouvelle ainsi une tradition de la sculpture davantage tournée vers la pure présence de la figure et vers son caractère éminemment humain.
 
Né en 1957 à Fritzlar, Stephan Balkenhol vit et travaille entre Karlsruhe (Allemagne), Kassel (Allemagne) et Meisenthal (France). Il commence à sculpter des personnages en bois en 1983, en réaction contre l’enseignement conceptuel dispensé à l’École des beaux-arts de Hambourg, où il fut l’élève du sculpteur minimal Ulrich Rückriem de 1976 à 1982. Ses premières sculptures en bois placent l’image du corps humain au centre de son art et réintroduisent la figuration dans la sculpture contemporaine. Dans les années 1990, son répertoire s’élargit aux animaux et créatures hybrides, puis il y ajoute aussi les motifs d’architecture et des reliefs.



























































Fleurs gravées et escaliers, peintures ou bois ? Illusionnisme et art de travestir les disciplines, poésie ou fleurs séchées. Peut-on être délicat quand on grave ? Comment une pétale peut sembler légère et de bois égratigné, comment le rouge à lèvre peut-il être suggéré et redessiner les lèvres telle une fin de journée ? Comment la peinture devient ébène.
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Autre lieu, autre surprise, une bonne rigolade, cachée, de gros pots coulants et avec mon vétuste appareil photo cela devenait très intéressant. Cela luit, brille, les spots en rajoutent, du trop, à l'excès, mais un alignement impeccable, pour ces fausses céramiques à haut pouvoir recouvrant d'ironie. On se trompe toujours, là où l'on croit que la technique se fie de la prouesse, elle nous rattrape lorsque l'on regarde de plus près et avec attention. Ce n'est pas parce que la technique n'est pas mise en avant comme l'ultime récompense au mérite de l'artisanat qu'elle ne dépasse pas même la méthode choisie, la technicité donc et son application. Le labeur aujourd'hui reste toujours inconnu. Comme ces personnes qui dorment dans les rues, au labeur inconnu.
Exclues et pourtant si exposées.



GRANT LEVY-LUCERO : “PÉRIPHÉRIQUE”


Communiqué de presse :
VNH Gallery est heureuse d’annoncer l’exposition personnelle de l’artiste Grant Levy-Lucero intitulée « Périphérique »  (6 - 22 septembre 2018) au sein de son Project space. « Reyner Banham a dit de Los Angeles qu’elle est dépourvue de « toutes les règles de « vie civilisée » entendues par les experts de la modernité. » En effet, la conscience collective internationale a depuis longtemps intégré le fait que L.A. soit une métropole moins raffinée que d’autres et l’œuvre de Grant Levy-Lucero vient incarner cet esprit unique et contemporain de LA ; son style pictural célèbre les logos et autres pancartes peintes à la main qu’il a vus en grandissant alors que les formes utilisées font référence à l’antiquité et à la tradition. Ainsi, il honore, tout comme le fait sa ville natale, d’autres histoires et différents mondes artistiques tout en faisant le choix de mettre en lumière un sujet qui lui se retrouve temporairement déconnecté. Connu pour son explication de l’évolution du langage dans l’iconographie quotidienne, Grant Levy-Lucero utilise pour ce nouveau corpus d’œuvres une dialectique interculturelle. Périphérique raconte l’histoire habituelle d’un artiste américain à Paris ; à la périphérie de la ville et en qualité d’expatrié temporaire, il évolue au sein d’une haute culture didactique. Ne faisant pas dans le cliché, Grant Levy-Lucero prend pleinement conscience de cette tradition et la retranscrit avec humour tout en apportant une attention particulière aux détails. Dans un genre de diaspora inversée, l’artiste ré-insert dans la culture française un concept dont elle n’a pas conscience d’en avoir été à l’origine – une perception extérieure de Paris dont le consumérisme tire profit avec des produits tels qu’Orangina ou Chanel No. 5.  Grant  Levy-Lucero  compile  ainsi  avec  chacune  de  ses  pièces  une  imagerie  –  que  Jasper  Johns  a  surnommée  «  les  choses que l’esprit connaît déjà » – révélant avec spécificité un certain inconscient collectif. Ces éléments significatifs de la culture pop deviennent alors, selon l’affirmation de l’artiste, la sémiotique qui relie toute communauté ou nation à une autre ; il joue avec ce qui définit notre conception d’un « lieu ». En développant cette idée, il teste les limites de la compréhension qui sont inhérentes à toutes les formes de communication : il étudie – aussi bien géographiquement, d’un pays à l’autre, qu’à travers une figure rhétorique – l’endroit où le sens cède au postulat, et où le postulat devient subséquemment une idée fausse. »
- Christie Hayden

Grant Levy-Lucero est né à Los Angeles (États-Unis) en 1981.Il vit et travaille actuellement à Los Angeles (États-Unis).














Et puis plein d'autres choses... Les plus beaux livres au CCS, dont un sélectionné qui m'a vraiment fait penser à mon catalogue Resign (qui est toujours visible sur la page d’accueil de mon site Internet... Et oui grand Resign !  ! Très belle édition !
Allez hop, journée sans voiture !

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Par kiwaïda at 13:19

13/09/2018

℘◎☂ ⅾε ¢☺LL℮ & ℘ℯїηтʊяℯ


Une tâche de peinture :
Sato & Cafu sont dans un paysage. Ils font leur rentrée au pied des montagnes. Ils ne font qu'un.

Qui donne la couleur à l'autre ?  De jolies saletés dans le paysage décrivent comment prendre soin des mots et de la nature.
Il ne faut pas en faire tout un foin ! Ras-le-pompon !
L'amour fait des crottes et choisi un emplacement.
Au bord de la rivière, on se baigne et on se lèche pour être propre et briller au soleil.

Le reste, cela ne vaut pas un pet de lapin !

Trèfle de plaisanterie.

Propre en ses habits, comme un lapin dans sa fourrure.
Propre comme un lapin, vive les braves !

*



Sans le savoir à priori, cela collait déjà, les couleurs, la peinture ! Rouge, bleu, jaune et de la lumière blanche...

© Sonia Marques

Par kiwaïda at 16:09

12/09/2018

ℭѦℛḎÅℬ∃ḺḺ∃


Le papillon était noir, il s'est posé là où tu vivais, sur le bord de ta fenêtre, il regardait comme toi, le ciel, la rue, les passants et les changements climatiques. Puis il a ouvert ses ailes, il n'était plus noir. Il indiquait une ouverture. Une belle amie viendra, à ta place et regardera ce que tu regardais. Elle viendra t'accompagner, ton amie, notre amie, aussi belle que ce papillon qui s'est posé, l'annonçant. Rouge et vive, curieuse et joyeuse, elle volera un peu de notre temps. Elle volera.

Baromètre des renaissances

La cardabelle réagit à l’humidité de l’air (hydronastie) et sa (fausse) corolle se referme dés que la saturation en eau de l’air atteint un certain seuil. A la base des feuilles une des faces se gonfle d’eau et provoque une différence de pression osmotique et une tension entre les deux faces, entraînant ainsi un enroulement de la feuille et sa fermeture.
Cette propriété va perdure longtemps après la mort de la plante qui garde cette faculté de mouvement même une fois la fleur séchée et suspendue à la porte des bergeries, continuant son office de « Baromètre des Bergers ».



Son vrai nom est Carline à feuilles d’acanthe, c'est un chardon chardon , mais on l’appelle Cardabelle dans la région, près de chez nous !
Noms vernaculaires français : carline artichaut, baromètre chardousse, pinchinelle.
Son cœur pouvait être mangé, ses feuilles épineuses servaient à carder la laine de mouton et ses racines pouvaient être utilisées comme remède contre de nombreuses maladies, notamment contre la peste.
Ce chardon magique est un porte-bonheur.

Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 19:54

05/09/2018

♏Å℉∀ℒÐÅ

Mafalda est une petite fille, personnage principal d'un comic strip argentin de Quino publié de 1964 à 1973. Comme son auteur, Mafalda est argentine, elle est issue de la classe moyenne. Mafalda est très populaire en Amérique latine, en Europe et au Québec.

Mafalda : Sa maturité et son pessimisme politique en étonnent plus d'un et dépassent totalement ses amis et ses parents. Elle développe une vision critique du monde, notamment à l'égard des conflits tels que la Guerre froide. Elle ambitionne de devenir haut fonctionnaire international pour changer le monde. Elle a du caractère et réagit à tout ce qui se passe autour d'elle et à ce qu'elle lit dans les journaux. Son objet préféré est sa mappemonde : elle la considère comme une représentation littérale du monde, lui appliquant des crèmes de beauté — « empruntées » à sa mère — à la suite de nouvelles particulièrement sombres. Elle a une aversion viscérale pour la soupe et raffole de la meringue. Mafalda est une jeune enfant de cinq ans mais elle est déjà très éveillé sur la façon dont tourne le monde. Elle discute avec ses parents et ses amis de tous les problèmes d'actualité et de société. Oubliant les loisirs de son âge, Mafalda se lance dans des discussions passionnées à propos de la culture, la religion, la politique, les problèmes de société. Elle découvre un monde en constante évolution, difficile à cerner et dont l'avis de la génération future semble exclue.
Sceptique et râleuse, la gamine rend la vie impossible à ses parents : elle intime à son père de donner l'exemple, juge sa mère médiocre car elle fait le ménage et la cuisine sans s'interroger sur sa condition.

La mère de Mafalda et de Guille est prénommée Rachel (Raquel en espagnol). Elle doit constamment faire face aux reproches de Mafalda, qui lui reproche d’avoir abandonné ses études pour une vie tranquille de femme au foyer, ainsi qu’aux nombreuses bêtises de Guille, qui ne peut s’empêcher de dessiner sur les murs. Rachel fait par ailleurs preuve d’un sens de la répartie inégalé, forgé par les nombreuses années de plaintes de Mafalda contre la soupe qu’elle lui sert régulièrement.

Le père de Mafalda et de Guille, dont le nom réel reste inconnu du lecteur. Il représente le stéréotype par excellence de la classe moyenne. Le père de Mafalda est constamment préoccupé par ses problèmes financiers, notamment en raison du retard que met son bureau à le payer et de sa voiture qu’il achète à crédit. Bien qu’il vive en appartement, ses plantes en pot constituent son hobby favori lorsqu’il n’est pas occupé à lire le journal ou à suivre un match de foot à la radio.

À l'école, ça n'est pas mieux. À sa maîtresse qui raconte qu'il y a 3 milliards d'hommes sur Terre, ­Mafalda demande la bouche en cœur: «Et combien de véritables humains?» Elle fait la morale à sa copine Susanita, l'un des personnages, égoïste et orgueilleuse, qui rêve lorsqu'elle sera grande d'avoir des enfants et de jouer au bridge, devenir mère au foyer, mariée au patron d'une grosse entreprise qui se tuera lors d'un voyage d'affaires et vivra dans un pavillon de banlieue, passionnée de commérage, elle se dispute constamment avec Manolito, qu'elle juge idiot, et est secrètement amoureuse de Felipe...

Mafalda a du mal à identifier qui sont les gentils et qui sont les méchants:
« Ça commence à m'exaspérer d'avoir constamment à choisir entre le capitalisme et le communisme »


C'est une idéaliste en herbe qui croit qu'on peut améliorer le ­monde et se sent très seule car autour d'elle personne ne partage ses ­préoccupations. Impertinente, irrévérencieuse, intelligente... attachante et si contemporaine... encore.

Par kiwaïda at 02:28

31/08/2018

αüʝ☺υґ∂‷ℌʊi

Jean-Jacques Grandville

Les Métamorphoses du jour : une série de soixante-dix scènes dans lesquelles des personnages humains sont représentés avec une tête d'animal en situation pour un rôle dans la comédie humaine.


Combat de deux raffinés : Gravure extraite de l’ouvrage de Grandville : Un autre monde – 1844
Mine de plomb, plume et encre brune, aquarelle

Capucine fées fleurs à genoux en prière devant une tombe

Une révolution végétale : Recueil de planches lithographiées en noir et en couleur de dessins zoomorphes, représentant des fleurs auxquelles l'artiste a donné le visage, le costume et les mœurs de la Parisienne et composant ainsi un herbier costumé. (1847)

Par kiwaïda at 23:40

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