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blog m kiwaïda

30/03/2020

Åღü﹩ℯґ ℓℯ ☂α℘їṧ

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Photographie © Sonia Marques

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Amuser le tapis


C'est un bruit qui court, la bijoutière dépose le bilan et liquide son entreprise.
Une affiche se trouve collée sur sa vitrine :

LIQUIDATION TOTALE, TOUT DOIT DISPARAÎTRE

Nous sommes en novembre et bientôt ce sera les fêtes de fin d'année. Plusieurs évènements individuels se sont accumulés en cette fin d'année, mais personne n'en connait l'envergure, ni l'intensité ressentie en chacun de nous. Chacun dépose ses armes auprès de son tapis… Mais personne ne le sait. Les habitants se promènent et lèchent les vitrines, c'est ainsi que l'on dit. Puis, ils entrent dans chaque boutique qui dépose le bilan. Il y en a beaucoup dans la ville. Ce n'est pas une petite ville de province, c'est même une capitale de région, les commerces ferment un à un. Chacun dépose ses armes auprès de son tapis… Mais personne ne le sait. Sousoume défie les Dieux, sous son voile blanc, elle est un oasis. Sa science de l'amour a embrasé les Tsars. Ils ont, naguère, délaissés leur foyer, pour ses voiles sublimes et transparents en lin, bordé de pièces brillantes. Ils n'étaient pas éduqués et demeuraient captifs des caprices des femmes. Sousoume n'accueillait pas facilement leurs hommages, il s'entretuaient, motivés par une farouche volonté de prendre le pouvoir. Elle refusait les marques intéressées, peu vénale, elle prétendait trouver, dans le commerce, les agréments nécessaire à ses besoins personnels, grâce à ses recherches assidues. Dans les rues de la ville, nombre de vieux caciques faisaient leurs affaires avec irrespect des femmes. Ils étaient attirés par des courtisanes, toutes présentes dans les assemblées municipales. La vie publique semblait plonger le quotidien dans un désarroi profond, de sorte que plus personne n'allait voter. Les courtisanes autours des vieux caciques alpaguaient d'autres jeunes femmes pour leur montrer la voix, faire commerce de leurs charmes. Dans les foyers, les mères commençaient très tôt leur ménage et les devoirs des enfants. Les pères, toujours en sortie, jouaient aux cartes et faisaient des paris sur les futures élections. Chaque jour de nouveaux conflits, parmi la population masculine, étaient relayés par les courtisanes. Les mères jalousaient les courtisanes et ordonnaient à leurs filles, de ne jamais suivre le chemin des jeux et des affaires. Leurs fils rêvaient d'approcher le pouvoir et faire autorité, ils souhaitaient, plus que tout, se battre et entrer en guerre pour prendre parti pour telle ou telle communauté, en commençant par piller quelques billes, puis des filles, puis des boutiques, puis des mairies, puis, des régions. Sousoume, femme d'esprit savait un peu de ces ignares et de l'illusion du pouvoir. Les Dieux, à sa naissance, prirent la décision de la doter de certaines facultés, peu visibles, afin de conserver son oasis. Tout d'abord : l'astuce. Peut-être cela lui permettrait, d'une manière habile et singulière, de parvenir à ses fins et se tirer de difficultés, mais c'était plutôt pour l'accoutumer à l'ingéniosité, qu'elle apprenne au fur et à mesure, à affiner son esprit, à l'affûter. Les qualités d'invention sont très peu visibles. Les caciques pensent que l'agilité est liée à l'agitation, peu l'associe à l'agilité d'esprit, à la souplesse et la légèreté, une facilité à se mouvoir. Cela peut être aussi rapide, si rapide qu'on ne peut rien voir. Ainsi la virtuosité et l'aisance sont pratiquement invisible. Cela demande beaucoup de vivacité et de dextérité. Chaque réflexion peu être rusée, les actions en deviennent habiles jusque dans la plaisanterie, un certain trait d'esprit, peu accessible. Les Dieux avaient d'autres idées pour Sousoume, mais l'astuce serait première, celle qui, d'années en années, lui donnerait d'autres facultés, dans ces terres où rien ne pouvait se réaliser sans détours ni trouvailles, combines et subtilité, pour évoluer. Sa vie avait déjà parcouru plusieurs villes à dos d'âne, mais sans caravane. Lorsqu'elle passa devant la bijoutière voutée et sa boutique en liquidation, celle-ci lui fit un signe d'entrer. Sousoume passa la porte, comme si ce moment serait celui d'un nouveau siècle. Une chienne qui puait, très vielle, était lovée sur le tapis, grise, on ne voyait plus ses yeux. Elle se leva brusquement et se dressa comme un petit ourson sur les jambes de Sousoume. Il y avait dans cette boutique, beaucoup de curieux et curieuses. Ils passaient tous la même porte, ils marchaient tous sur le tapis. C'est un grand tapis, il a l'odeur imprégné de la vieille chienne tendre, elle bave un peu. Quelle a été sa vie ? Sa vie de chienne ? Des poils volent dans l'espace, éclairés par un rayon de soleil, des milliers de poussières. Elles viennent s'agripper aux vêtements des curieux et curieuses. Ici s'échangent les nouvelles de la vie, du temps, des maladies des uns, des unes, des familles, des retrouvailles, qui s'annoncent pour les fêtes, des anniversaires mêlés, des épuisements, et les bijoux se touchent et se passent de mains en mains. Les unes les essayent et les montrent à toutes, un mari ne comprend pas trop ce cheminement entre les paroles et les essayages d'oreilles en oreilles, de poignets en poignets, jusqu'aux doigts, jusqu'aux chapeaux et aux cous plissés. Et cette oursonne toute excitée, qui passe de genoux en genoux, tentant d'attraper ici, un sac de provision et d'en grignoter un bout de pain. Il y a une atmosphère enchanteresse, dans un fatras d'objets inutiles, futiles de mots idiots, de bêtises et de mièvreries qui se répètent à l'infini, comme pour confirmer les rumeurs et tisser un tapis, et confectionner des paraboles dignes des orfèvreries les plus artisanales et organiques, bref, des œuvres éphémères qui s'impriment dans des mémoires aproximatives. Les curieuses copient Sousoume, elle essaye un bracelet en argent, qui illumine son gracile poignet. Un petit anneau glisse le long de ce jonc. Une curieuse veut le même. La bijoutière est heureuse, elle sent que Sousoume va être celle qui portera ses bijoux un à un et pourra, rien que par sa présence d'esprit, vendre ses bijoux. Car, toutes veulent aussi avoir les mêmes choses que porte Sousoume. Elle n'a rien, mais tout ce qu'elle met, enfile, d'un coup, toutes le veulent, l'objet du désir, celui par lequel, peut-être, la vivacité d'esprit frôlera le leur. Puis, Sousoume pose un regard bienveillant sur la chienne dont personne ne voit l'entier dévouement, serait-ce la fidèle maman de la bijoutière ? On ne sait si les poils du tapis sont ceux de la chienne ou si la chienne est formée uniquement des poils du tapis. La bijoutière s'entretient avec chacun et chacune sur le tapis, en détail, en bien ou en mal, elle arrose généreusement son auditoire improvisé et dépareillé, avec des touches impressionnistes de son expérience chamanique. Les caravanes sont arrêtées, elles ne passent plus. Ce sont des caciques qui décidèrent de cet arrêt brutal pour que les habitants payent un peu plus cher ces seuls moyens de déplacement, dont ils sont propriétaires. La colère gronde, car les habitants ne peuvent plus retourner voir leur famille, et craignent pour les fêtes. C'est un des bruits qui court et met le monde sur le tapis. Puis la bijoutière parle de l'anniversaire de sa sœur dont elle ne doit pas oublier la date, sinon c'est une tempête d'une année qui s'abat sur ses épaules, trop petites, si finement dessinées comme des poignées de portes en porcelaine, elles tiennent dans la paume des mains. Ses os, que l'on devine sous sa peau opaline, ne pourraient soutenir une tempête sertie de frustrations, même celle d'une âme dont la rancune ne dure qu'un printemps. La bijoutière mettait un point d'honneur à être présente lorsque les bourgeons des premières fleurs apparaîtront. Elle sait que ce moment est trop court pour le rater et être divertie par les sautes d'humeurs de sa fratrie lunatique. La sororité en dent de scie peut résoudre des problèmes, et, parfois les envenimer, pour un rien. Elle décrit sa sœur comme capricieuse, une courtisane qui affectionne les miroirs et donc celles et ceux qui s'y reflètent. Pas un seul anniversaire ne doit ressembler à sa solitude. Sa famille est dans l'obligation de se réunir autours d'elle, coûte que coûte, les paralysés, les aveugles, les sourds, aucun, fanfaron, farfouilleur, fainéant, fauché, fébrile, fétichiste, féroce, filou, foireux, fou furieux, franc tireur, frimeur, flippant, frondeur, froussard, furibard ; ni aucune, petite, grande, grosse, fourbe, fière, fantaisiste, fayotte, favorisée, figurante, flétrie, flouée, futée, fortunée, fragile, fracassante, frivole, froide, fausse, frustre, fumeuse, furieuse, ne doit être amnésique : aux oubliettes ! De sa sœur, dont elle parle en son absence, aux curieuses qui portent ses bracelets, Dieu sait comme en secret elle est sur le tapis. Si une cliente interrompt son histoire familiale, la bijoutière n'hésite pas à la faire revenir sur le tapis. Puis lorsqu'une cliente arrive pour discuter prix, au tapis vert elles comptabilisent les offres. Mais, si le sujet des caravanes ou des élections sommées d'empêcher les réjouissances, reviennent sur le tapis, ou si, une simulatrice se met à aternoyer, en s'apitoyant sur son sort, et, une autre, fagoté comme l'as de pique, montre ses parures, et la prétentieuse, qui se vante de parvenir a rejoindre sa famille sans difficulté, tout cela pour donner des jalousies, et parsemer d'incertitude les projets mirifiques, la bijoutière veut amuser le tapis. Sousoume sait que les petites affaires ne sont pas à négliger, les velues, les lisses, les veloutées les nouées, les éméchées, chacune est à prendre et à examiner, il fallait distinguer cet ameublement de paroles et tous les motifs exposés, comme autant de personnages d'un théâtre humain paradoxalement philistin. La bijoutière de plus en plus tassée, arrivait quasiment au niveau de sa petite chienne qui se levait sur ses deux pattes, comme pour tendre l'oreille à sa vieille mère : Et celle-ci, elle dit vrai ? Et celle-là qu'en pense-tu ? En s'abaissant à hauteur d'une bête, elle observait la sveltesse d'une cliente, le galbe élégant de ses jambes et le feux de ses yeux qui tiraient tout l'édifice vers des hauteurs matérielles, tous ses bijoux, devenus par cette liquidation si accessibles. Elle disait à sa chienne : Regarde l'avidité de cette femme, elle termine une opération stratégique, capturer le bijou qu'aucune autre ne pourra se payer et l'attacher à sa main comme son avarice à son corps défendant. Avec cette liquidation, j'attire des prisonnières, des esclaves, et elles seront miennes une fois la boutique fermée. Sousoume avait entendu ce langage. Elle dit à la bijoutière : Il est magnifique votre tapis ! Elle lui répondit très vite : il est à vendre si vous le désirez. Tous les curieux et les curieuses ouvrirent grand leurs yeux, car leurs oreilles étaient prises. Quelle horreur ! Le tapis qui pue ! Mais tous les yeux vitreux commencèrent à mieux regarder le tapis, où siégeait fièrement le cul de la petite chienne. Sous sa coupe, une scène de chasse figurait sur l'étendue de zibeline. Un véritable tableau, les laines nuancées produisaient, par la juxtaposition des couleurs, tout les effets et la complexité d'une grande peinture. Le bon goût des dessins animait les chevaux et les lapins, les oiseaux et les instruments de musique, comme une vérité perçante. Le nuage de rumeur se dissipait sous l'apparition crue de ce sol poilu où étaient collées toutes les chaussures des clients. Fallait-il vraiment considérer ce vieux morceaux comme le joyaux du siècle ou remettre sur le tapis les sorcelleries ? La bijoutière souhaitant s'en débarrasser au plus vite lui dit : je vous le fais à 10 pièces. Les clients radins commencèrent à regretter de ne l'avoir pas vu, il était moins coûteux qu'un bijoux et semblait au seul coup d’œil de Sousoume, flamber comme un trésor inaccessible. Affaire conclue, dit Sousoume. La bijoutière lui dit : Mais revenez le chercher bien plus tard, après ma liquidation, je me souviendrais de vous, entre les 2 fêtes, si les caravanes passent. Sousoume parée d'un bracelet avec un anneau en argent quitta la grotte confinée, où toutes les affaires sont sur le tapis. La chienne se roula sur le vieux morceau comme si elle disparaissait dans ses poils et rejoignait la chasse, les lapins, les oiseaux et les canons à poudre, dans une poussière aérosol. La porte se ferma. Les fêtes de fin d'année se déroulèrent comme à l'accoutumé. Malgré l'arrêt des caravanes, les retrouvailles, plus modestes, anticipaient une nouvelle année frugale, mais riche de transformations. Sousoume était revenue, avant la toute fin de l'année, chercher son tapis. La boutique était fermée. La bijoutière lui avait laisser un mot : venez plutôt après demain, afin que je prépare votre tapis, il mérite d'être un peu nettoyé. Sousoume arriva au jour choisi par la bijoutière. Celle-ci lui montra le tapis enroulé. Vous savez un nombre considérable de personne ont foulé ce tapis, lui dit la bijoutière, aussi n'est-il pas de la première fraîcheur, j'ai fait ce que j'ai pu. Sousoume chercha des yeux la vieille chienne, mais elle ne la trouva pas. Très lourd, le rouleau ne pouvait être transporté par une seule personne. Son ami, Doudour était venu lui porter main forte. Ils déambulèrent dans la ville en plein hiver, sous des flocons invisibles, puisque ce pays n'avait jamais vu la neige. Pieds nus, Sousoume sous son voila blanc, Doudour sous son voile bleu, le corps d'un vieux tapis sur leurs épaules, chargés de toutes les vies des passants, ils étaient glorieux comme revenant d'une longue guerre, celle de la reconnaissance. Les louanges sur leurs épaules, flattés par leur patience, ils commencèrent à unir leur forces pour affronter la nouvelle année. Le commerce tombait, dans un noir marasme. Mauvaises récoltes, caravanes arrêtées, voyages impossibles, déplacement réduits, les vulgarités en modèles, des pachas partout élus avec très peu de voix, entourées de courtisanes qui se copiaient les unes les autres, répétant tout ce qu'elles entendaient, sans distinction, des mauvais traitements dans les foyers, des mères soumises aux autorités des pachas, des enfants indisciplinés, voleurs, agressifs, devenus les commandants de ces mères épuisées, esclaves de leurs enfants. L'eau naguère claire saturée de mauvaises gestions charriait des bactéries très toxiques. Sousoume étalait une pâte d'herbes dont elle avait le secret, sur le tapis déroulé, dont l'odeur était âpre et acide. Elle retournait le tapis, comme un corps, elle le soignait comme un mort. Il faisait un bruit comme la gueule d'un gros poisson, à chaque retournement, et il sortait du jus brunâtre. Elle pressait ce corps, et l'enroulait de nouveau le laissant reposer toute une nuit. Au petit matin, elle alla le voir, il était si fatigué, lourd de conséquences, sa vie entière avait été un supplice. Il lui demandait tout doucement de le laisser mourir en paix. Sousoume s'activait et étalait de nouveau un onguent, dont seule elle avait le secret. Elle roulait, déroulait, le fil de sa vie, il se polissait, et vomissait les horreurs de tous ces passants sans foi ni loi. Elle commençait à prier en même temps qu'elle déroulait tous les malheurs de ce vieux corps poilu. Puis elle brossa son pelage, il ronchonnait, mais restait tendre comme la vielle chienne. Ses couleurs pétillaient, son corps se tordait de bonheur. Elle le laissa se reposer une nuit de plus. Le vieux corps se leva et ondula comme enivré par le baume du cœur absorbé par ses poils. Toute la nuit, il dansa. Des semaines passèrent et la vie dehors n'existait plus. La vie dedans prenait un tout autre sens. Le tapis était sec, Sousoume allait pouvoir enfin s'allonger dessus, sur le lit de sa vie. Et l'oasis aussi.

Par kiwaïda at 12:42

23/03/2020

ℬṲḎ∀Ï

Budai 布袋 en chinois
Hotei 布袋 en japonais
Bố Đại en vietnamien :

« Bouddha rieur »


Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 19:31

19/03/2020

℘øяḉ℮ℓαiᾔℯ




Dessin © Sonia Marques

Par kiwaïda at 18:23

17/03/2020

∀ṲẌ ☾ϴℵ℉Їℕ$

Aux confins (© Sonia Marques) 16/03/2020

3 petites parties d'un grand tout : un dessin d'1 mètre

C'est l'histoire d'une image qui date de quelques années, que j'avais intitulée "Tout va bien", c'est ce qui est inscrit en grand. Mais en fait, tout ne va pas bien dans cet attroupement. Ce sont des personnages fantomatiques confinés, pieds et mains liés, au sens figuré, ils trahissent une gène, et les sourires sont obligatoires. Une table très molle parcoure l'image et divise la scène. On distingue en dessous, les jambes croisées et retenues, comme si ce groupe ne formait qu'un seul monstre à 20 pattes, limité dans une boîte, sans pouvoir bouger. Ils pourraient être tous à la selle, ce serait du même effet, mais seuls les regardants peuvent apercevoir leur constipation. Ce sont des non-sachants ou des demis experts, comme l'expression nouvelle d'un président venait de nous l'annoncer : il ne faut pas les écouter, de trop. C'est l'invention parfaite d'une confinerie imaginaire, constellée de croix, de lignes plus ou moins abrégées dans leur tracé, laissant évaporer toute possibilité figurative, comme si la suggestion et le subjectif devenaient des rêves auxquels aucune autorité n'avait de prise.

Aux confins est un dessin initiatique qui ouvre la voix aux bras de Morphée. C'est une sensation délicieuse, car le trait est délicat, d'une finesse d'acuité, mais la poudre, ou la poussière déposée, parsème le doute sur ce que l'on a vu, ce que l'on a perçu. Ne reste que la trace d'un mouvement dont on pressent qu'il peut s'évanouir si on souhaite trop fort le capturer. La phénoménologie est si abstraite et si commune au numérique, qu'elle nous distrait de nos artifices convenus, car elle s'anime soudain, alors qu'elle est figée, comme s'il avait fallu saisir le moment même, la dixième de seconde où l'on est sur le point de s'endormir, tel un relâchement d'une pression incommensurable, chaotique, paradoxale et dramatique. Cette relâche apporte tout le réconfort et la sécurité qu'une page blanche est toujours envisagée, même si des visages fantômes, de croix christiques ou mortuaires, décorations sommaires et graphiques, pétillent comme les dernières étoiles d'un grésillement d'électricité.

Retenir Aux confins du monde, avant qu'il ne tombe...

Et si l'humour était délicat, il serait cryptique, afin de ne pas froisser les âmes aux diamants bruts, ainsi, et pour tout dire, seuls les non-percevants, seraient exclus de cette kinesthésie radieuse, au bord du précipice de l'art. En plus clair : on y verrait que du feu !

Aucun subterfuge, que des connaissances libérées, non transmises, gravées dans les cortex insulaires.

Par kiwaïda at 00:58

16/03/2020

€ⅾωαяḓ ℋ☺℘℘ℯґ





















Edward Hopper, né le 22 juillet 1882 à Nyack dans l’État de New York et mort le 15 mai 1967 à New York, est un peintre et graveur américain. Exerçant essentiellement son art à New York, où il avait son atelier, il est considéré comme l’un des représentants du réalisme américain, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Au début de sa carrière, il a représenté des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages américains et de devenir un témoin attentif des mutations sociales aux États-Unis. Il produisit beaucoup d’huiles sur toile, mais travailla également l'affiche, la gravure (eau-forte) et l'aquarelle. Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime par contraste la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Dans une « ambiance métaphysique », en un monde devenu autre où la relation humaine est comme effacée, ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.


Edward Hopper déclarait en 1964, en préambule pour une interview sur NBC : "Je sais bien que des peintres contemporains vont manifester le plus grand mépris pour cette citation. Mais je la lirai quand même. Goethe a dit : "La fin première et dernière de toute activité littéraire, c'est la reproduction du monde qui m'entoure via le monde qui est en moi ; toute chose devant être saisie, reprise et recrée, assimilée et reconstruite sous une forme personnelle et originale". Pour moi, c'est le principe fondateur de la peinture. Et, je sais qu'il existe mille opinions différentes sur la peinture et que beaucoup objecteront que c'est dépassé et désuet. Mais, pour moi, c'est une vérité première." Ainsi, même si par facilité, et pour le distinguer des courants abstraits et expressionnistes, on rattache Hopper au réalisme comme Andrew Wyeth, puis les peintres du Pop'Art et de l'hyperréalisme, il convient de ne pas oublier la dimension abstraite et symbolique de son oeuvre. Celle-ci propose un constant va et vient entre l'extérieur et l'intérieur, entre un espace sans limites qui a toujours fasciné les artistes américains et sa rétractation sur l'individu isolé dans un monde clos. La maison près de la voie ferrée (1925) propose une version diurne de ce dialogue, Fenêtres, la nuit (1928) ou Un bureau, la nuit (1940) en sont les versions nocturnes.

(Citation sur un site dédié, avec un bon dossier complet... ici)

Par kiwaïda at 16:42

08/03/2020

♏ÅϟḰ


ZEN © Sonia Marques

Par kiwaïda at 00:11

03/03/2020

℉ℒϴ





Directed & Animated by Jamie Wolfe jamiewolfe.com Stream "Sedative" by Hollis levelmusic.lnk.to/sedative Written and produced by Hollis and Chucky Kim Live Drums by Stefan Litrownik Recorded by Chucky Kim and Elan Wright, Ruby Room, Seattle Mixed by Mikaelin 'Blue' BlueSpruce, Lounge Studios, NYC Mastered by Joe LaPorta, Sterling Sound, NYC

Par kiwaïda at 21:32

02/03/2020

Ḡґâ¢ε

Ulay ! Formidable !

De tout ce qu'a réalisé Marina, j'admire la présence d'Ulay, jusqu'à son geste de casser le protocole extrémiste... En ces temps de manque de courage et de modèles caduques, il est sain de remarquer la grâce de cet homme qui parcoure les salles où se rejouent ses performances, dont de jeunes gens ignorent complètement qui est cet homme, qui traverse même, délicatement l'une de ces performance, entre 2 performeurs, son chemin, jusqu'à trouver cette vampire, celle qui l'a dénudé, sans réussir à le dénuer d'empathie, in fine. RIP. Un article résume les ennuis successifs à cette performance, qui datent d'une histoire d'amour qui finit mal, où le système de l'art a récupéré le fruit d'une relation, et Marina, vénale et amnésique, oublie comment avait-elle pu faire carrière et s'enrichir, sur l'idée d'un amour éternel dont elle a décidé de voler l'âme la plus pacifique. Ulay n'est pas Piotr, c'est là toute la poésie.




ULAY, masque blanc, auto-polaroid original, type 107, 1973-74


Polaroid (1973)
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ULAY was incomparable. As a human being and as an artist. The gentlest soul, a giver. A pioneer, a provocateur, an activist, a mentor, a colleague, a friend, a father, a husband, family. A seeker of light. A lover of life. A traveler. A fighter. A brilliant thinker, who has been pushing limits and enduring pain. Selfless and fearless, ethical, elegant, witty. He, who has influenced so many.

Par kiwaïda at 23:09

Les ♏Ѧiℵ$ d'or

Je lisais l'article que j'avais publié sur le design italien  Ettorre Sottsass, en 2013, il a beaucoup été lu, peut-être est-ce une source d'information importante. J'avais été étonnée, à l'époque, que l'école d'art où j'enseignais, à Limoges, n'avait fait aucune communication de cette exposition. Au vernissage, aucun collègue, ni direction. Récemment avec toute cette psychose française sur les virus et le focus fait aux mains, je me suis souvenu de mon "Cahier mains" dessins réalisé en 1994. J'avais d'ailleurs, lors de mes études à L’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris, où j'ai étudié le design et réalisé nombre de créations et réussi avec brio mon diplôme (le DSAA), orienté mon mémoire sur "L'énergie du geste", avec la valorisation des mains, de tout ce qu'elles font et de leurs, signes, ce qu'elles disent à travers leurs communications, leur force, la faculté de création, l'habilité, les soins, la protection, la manipulation, l'érotisme, l'amitié, le lien, bref, 2 années à penser sur ce vaste sujet que je m'étais donné, seule, par mon attachement au travail de la main et sa révélation, son entité, son authenticité, ses prothèses, son énergie, je dirai aussi : la virtuosité. Ce cahier de dessins de collages, feutres et crayons, et sanguines, avant que l'ordinateur ne soit devenu un de mes outils privilégié et économique, était joyeux, mais aussi grave, dans le sens où derrière une fantaisie, se tramaient des sujets plus profond, que l'on peut retrouver facilement aujourd'hui abordés, mais qui ne l'étaient pas, il y a 30 ans : la place de l'enfant, la prédation, le foyer, la famille, l'école, la prison etc. L'enfermement et la liberté, la capacité à inventer. J'enseignais déjà, même en étudiant et je donnais des cours d'arts plastiques à des enfants en banlieue auxquels j'accordais un intérêt d'études et de création très fort. Mon observation de la création des plus jeunes et leur vulnérabilité, m'inclinaient à prendre des mesures et donner un cadre de protection, fiable, dans lequel, ils et elles pouvaient exprimer, dans les arts visuels un tas de formes dessinées et coloriées. Et quelque part Ettore Sotttsass, lorsque je vois ses dessins, il y avait quelque chose là, auquel j'étais sensible, dans cette faculté de mettre en dessein, en esquisse, des sujets et programmes plus ambitieux et vastes, sur lesquels on peut revenir, des années plus tard, c'est très enthousiasmant.

Quelques pages du Cahier mains  © Sonia Marques
(21x29,7 cm - 1994)

Un petit clin d’œil à l'une de ses maisons : La casa Olabuenaga, sur l’île de Maui, dans l’archipel d’Hawaï (États-Unis).

Cette magnifique demeure fut construite par les soins d'Ettorre Sottssas pour Adrian Olabuenaga et Lesley Bailey, fondateurs d’ACME Studios. De riches commanditaires, en cas de critique négative, il trouva une parade : “On peut m’accuser d’avoir fait des maisons pour des milliardaires, c’est vrai, mais je peux aussi dire que ces milliardaires étaient des galeristes, de grands collectionneurs, c’est-à- dire des intellectuels avec lesquels je pouvais parler, je pouvais discuter...

J'aime beaucoup ses maisons, il était inspiré par celles déjà existantes, aussi celles qu'il a vues, lors de ses voyages à Tiruvannamalai, dans l’état indien du sud du Tamil Nadu. Car à Tiruvannamalai, la ville est construite autour du Temple Annamalaiyar, le point de repère le plus important de la ville et un centre de pèlerinage dans le Tamil Nadu. La ville a une longue histoire qui remonte au IXe siècle, et les maisons qui se dressent ici aujourd’hui ont été construites tout récemment, avec les maisons les plus anciennes datant des années 1940. Ces maisons sont principalement le travail des familles qui y vivent. Elles sont responsables de la conception, de la forme et des couleurs. En 1988, Ettore Sottsass écrit dans le premier numéro de Terrazzo, le magazine qu’il a fondé : « Il est clair que dans tous les lieux que je visite, il y a des gens qui ont vu les maisons, avec beaucoup de soin […]. Nous pouvons parfois éprouver cette détermination sans logique lorsque nous avons conçu et construit une maison ». Dans le même numéro, Ettore Sottsass publie quatre photos de ces architectures, datant de 1977.


Il est évident que le Cahier mains menait un désir d'inventer sa maison, depuis sa maison natale, de créer du foyer, partout où je me déplaçais, d'être en réception de l'existant et de créer son espace d'invention. Il est certain que c'est la condition première, en tout cas, pour moi. Les écoles de création sont en contradiction totale, ce qu'elles sont devenues, avec le contexte propice à la création, au travail. Elles reçoivent trop de formations en tous genre, parfois inutiles, elles se fondent à présent, principalement sur l'interruption, c'est-à-dire, sur l'arrêt du dessein, du fait de penser et d'envisager la création. Elles ne sont programmées que pour être interrompues, aucune étude ne peut se réaliser dans le calme, elles servent, malheureusement à la communication et à l'image d'une agitation et d'un excès qui ne portent aucun modèle de création, bien au contraire : ce sont de véritables modèles d'éparpillement, et de morcellement, elles visent à distraire mais jamais à se concentrer. Mes derniers enseignements, étaient interrompus et ma persévérance fut celle de résister et de continuer à garder un cadre d'étude correct et joyeux, fécond. J'avais déjà remarqué la difficulté de mes collègues à enseigner et à maintenir le cap. Ils ne pouvaient plus. J'ai toujours appris autrement, et je pense que l'on continue d'étudier, hors de ces lieux devenus de confinement, où tout surgit brutalement, sans que l'on sache quel lobby est derrière, quelle industrie, de la chaussure, à la crème pour le visage, aux sacs en cuir, ou à la porcelaine, jusqu'aux marques d'imprimantes 3D qui doivent compter sur les milliers de petits étudiants qui planchent dessus, afin de prouver leur pérennité (sic) et l'automobile était une manne, dans ces années 90, on recrutait des étudiants pour qu'ils réalisent les dessins des sièges de voiture, gratuitement, sous réserve qu'ils seraient acclamés designer, le temps d'une année d'étude, et des milliers de voitures produites avec les dessins de ces étudiants non rémunérés, d'ailleurs, sans permis, et des années après, sans voiture. Parfois, je pense que l'économie, ce mot, est un peu plus cher qu'économe et n'envisage pas assez les dégâts engendrés sur l'avenir des génération de créateurs et créatrices sollicités, pour leur talent, mais pas pour leur économie de création, pour pérenniser cette invisible partie de la pensée.

Dans ces lieux de confinement, la pression est grande, les formes de harcèlement intensément ressenties, car les étudiants sont dans l'obligation d'être à l'école chaque jour et aussi, ils ne peuvent dire ni décrire ce qu'ils et elles subissent, au risque de ne pas avoir leurs crédits, leurs diplômes. Les professeurs sont aussi sous pression, en concurrence, très peu éduqués sur les formes de harcèlement, et avec un management immature, sans aucune disposition sur ces formes actuelles. Le morcellement des études et la diversité des disciplines sont telles, que le lien disparaît, et les séparations favorisées, les divisions également. L’individualisme des professeurs sur leur carrière personnelles et leur recherche à l'exposition perpétuelle, produit un fabuleux miroir aux alouettes, entretenu par l'État, et même crédité. Ce n'est que sur ces miroirs que se fonde une volonté de financement, sur l'effet de mousse. Mais l'écume s'en va très vite, et il faut recommencer aussitôt à financer le grand fourre-tout, histoire de créer de l'emploi, de nouveaux miroirs aux alouettes. C'est donc devenu des espaces de danger, peut-être plus importants qu'être à l'air libre. Ainsi, avais-je fini par réaliser des cours en extérieur, le plus souvent, à l'air libre, et cela avait vraiment motivé les étudiants à retrouver l'inspiration nécessaire, qui, finalement se trouvait présente dans la nature. Je m'étonnais de voir que ces jeunes gens, majeures, ne savaient pas où ils étudiaient, ne pouvaient même pas se situer dans l'espace, ne connaissaient aucune rue et voisinage, par habitude d'être véhiculés. Aucun sentier ne leur était connu, aucune végétation, ni même les habitants. Seuls les commerces en grands supermarchés devenaient leurs repères, ils y allaient rassurés, et savaient pertinemment quoi choisir, s'affalant, dès la sortie à même le sol, pour grignoter et boire des sodas. Pas facile. Ils revenaient donc, dans l'enceinte de l'école, imaginant même y dormir, tellement le monde extérieur leur faisait peur. Poussés par leurs professeurs syndiqués, ils imaginaient "occuper" l'école, les mini-moi reproduits, ils espéraient faire "la révolution". C'est qu'ils étaient complètement drogués aux miroirs des alouettes, sachant très bien, que dehors : ces miroirs ne prenaient pas formes. Pour prendre forme, il faut avoir quelque chose à dire et faire et penser, et l'inscrire auprès ses autres, mais seulement après une étude poussée et une volonté de proposer ses capacités d'invention, au service des autres, tout en cultivant son jardin secret, alors, seulement, le positif colore. L'envahissement de la peur a généré cette coupure avec ce jardin magique. Les peurs sont des sentiments humains parfois nécessaires, mais parfois, ils paralysent l'action et tout geste et regard respectueux, positif et ouvert. Courage, ne fuyons pas.

Par kiwaïda at 15:48

13/02/2020

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En 1964, Massin est amené à travailler sur la Cantatrice Chauve, d’Eugène Ionesco, pour une réédition du texte. Le livre, aujourd’hui épuisé, sera réédité par Gallimard en 2009 dans une édition peu chère, avec un tirage supérieur aux éditions précédentes. La pièce, qui a été créée en 1950 au théâtre des Noctambules devant une salle presque vide, est depuis devenue un succès et se joue sans discontinuer depuis au théâtre de la Huchette. Elle a été traduite et jouée dans toutes les langues, y compris le bengali et le bantou. Massin montre à Ionesco, qu’il ne connaît pas encore, sa maquette dans un café proche du théâtre, presque en catimini. Ionesco laisse carte blanche à Massin et Gallimard; sa seule demande est que la lisibilité du texte soit parfaite. Le livre fini fait 192 pages. Massin travaille avec un photographe abstrait remarquable, Henri Cohen, qui utilise là des effets de seuil au tirage pour éliminer progressivement les demi-teintes. Les photos, assez banales au départ, sont re-photographiées et re-tirées plusieurs fois. Les typographies, imprimées et tirées une première fois en petit format, sont elles aussi re-photographiées, agrandies plusieurs fois, et multipliées, pour donner l’effet de complet délire de la fin de la pièce, où les mots disparaissent derrière le tempo de la phrase. La maquette du livre est une transposition de la mise en scène de la pièce; la typographie utilise les effets de zoom, et marque les effets d’éclairage (par exemple, la typographie est en réserve sur fond noir lorsque la salle s’éteint). Cette édition n’est traduite qu’en anglais, avec trois maquettes différentes pour les éditions française, américaine et anglaise.

(Biographie complète de Robert Massin, graphiste français et typographe, qui nous a quitté il y a quelques jours à 95 ans : ici)

J'avais publié un article sur Paulo Cantos, le portugais en avance sur son temps, du côté du graphisme et de la typographie, inconnu des français.

Et je vois qu'un portugais, Pedro Marques (cela ne s'invente pas !) l'avait rencontré en 2012 Robert Massin le graphiste typographe français à Lisbonne et lui avait demandé s'il connaissait Paulo Cantos : non, d'ailleurs il ne connaissait rien des graphistes portugais.

(Pedro Piedade Marques nasceu em Luanda em 1971. Licenciado em História da Arte pela Faculdade de Letras da Universidade do Porto. Designer gráfico)

Sinon une interview, il y a quelques années qui montre bien à quel point les journaux français (la presse de la gauche) ne comprenaient rien à son travail de graphiste... et la couleur (oh non surtout pas, c'est encore le cas !)

Pour les Mariés de la Tour Eiffel, de Jean Cocteau, en 1966, Massin utilise plus de cent caractères différents. Le livre ne s’est pas fait chez Gallimard, car il est trop cher à fabriquer. C’est Hoëbeke, ami de Massin, qui l’édite. Cinq des musiciens du Groupe des Six ont travaillé à la partition, en 1921. Pour mettre en relief le fouillis de phrases imbriquées du texte surréaliste et la musique atonale, le livre est entièrement imprimé sur des pages de couleurs, 22 couleurs différentes de pages au total. La typographie est faite au Letraset, photocomposée, puis retravaillée à l’informatique sur la nouvelle édition. Les 240 pages ont été composées en douze jours. 1966 est pour Massin une année de très grande créativité. (...) Massin réalise de la typographie expressive. Le concept lui-même a été inventé par l’Américain Goldchak (?) dans les années 30. La « Typographie expressive » est une association loi de 1901 qui édite quelques ouvrages très chers que les éditeurs traditionnels n’éditeraient pas. Le Pierrot Lunaire, par exemple, est vendu sans distributeur ni intermédiaire par « la Typographie expressive », au prix de 90 euros.

Par kiwaïda at 03:08

09/02/2020

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En regardant le "Lapin courant" de l'artiste sculpteur Pompon, né le 9 mai 1855 à Saulieu (Côte-d'Or) et mort le 6 mai 1933 à Paris, j'ai fait des rêves de lapins pompons, cela ne s'invente pas...

Pendant la Première Guerre mondiale, René de Saint-Marceaux disparaît en 1915 (Pompon travaille alors pour plusieurs sculpteurs dont René de Saint-Marceaux), et Pompon, trop âgé pour être mobilisé, se retrouve sans travail. Sa femme Berthe est paralysée et ils ne peuvent donc plus aller dans leur petite maison de campagne à Cuy-Saint-Fiacre pour dessiner. Les animaux du jardin des plantes ayant été abattus, Pompon doit cesser son activité de sculpteur pour vivre de petits métiers : employé de la Samaritaine en 1916, puis ouvrier dans divers ateliers. Pompon meurt seul, veuf et sans descendance, le 6 mai 1933 à la suite d'une opération de la prostate, à la clinique Saint-Jean de Dieu, rue Oudinot à Paris. Il est enterré le 10 mai à Saulieu, et repose sous son Condor en bronze. La Ville de Saulieu créa quelque temps après un musée François-Pompon, qui lui permet d’accéder à titre posthume à la reconnaissance de sa ville natale, lui qui avait été meurtri de n'avoir pas été sollicité pour le Monument aux morts de Saulieu en 1919, alors qu'il vivait dans la pauvreté6. On reconstitue son atelier de la rue Campagne-Première au Muséum national d'histoire naturelle, dans l'attente des « dix ans pour entrer au Louvre ». Le chanoine Kir, maire de Dijon, fit transférer l'atelier au palais des ducs de Bourgogne, à Dijon en 1948, malgré les protestations de son exécuteur testamentaire et ami René Demeurisse dès 1936 pour que l’œuvre reste à Paris.


Pompon est né à Saulieu dans la Bourgogne française, d’un père ébéniste. Il entre à l’âge de 15 ans au service d’une entreprise de pompes funèbres à Dijon, où il apprend les rudiments de la sculpture. François Pompon fréquente le soir l’École des Beaux Arts. Parti cinq ans plus tard pour Paris, il continue de travailler dans la journée pour un entrepreneur de pompes funèbres, à Montparnasse, et se rend le soir à l’École Nationale des Arts Décoratifs. François Pompon travaille plus tard aux nouveaux ornements de l’Hôtel de Ville, incendié au moment de la Commune. C’est durant sa formation qu’il rencontre le sculpteur animalier Pierre-Louis Rouillard, probablement la source d’inspiration du travail qui le rendra beaucoup plus tard célèbre. François Pompon épouse Berthe Velain en 1882, couturière tout comme sa mère. Il tente de créer une œuvre dans son propre style et son premier objet de grande taille, « Cosette », attire l’attention du jury du Salon. Une carrière en tant que sculpteur indépendant semble toutefois encore éloignée. François Pompon entre enfin au service de Rodin, où il devient trois ans plus tard « chef d’atelier ». À partir de 1896, il travaille beaucoup pour le sculpteur alors célèbre René de Saint-Mareaux, jusqu’à la mort de ce dernier en 1916. Il continue ensuite de chercher un propre style, avec un penchant prononcé pour le modelage en plein air. Il met au point pour cela un atelier mobile de modelage très ingénieux. Il est en outre membre de la « Bande à Schnegg », un groupe de sculpteurs gravitant autour de Rodin, ce qui l’influence considérablement. Le groupe est à la recherche de nouvelles formes stylistiques basées sur la sérénité monumentale de la sculpture classique. Pompon se concentre alors de plus en plus sur les animaux mais tarde à être reconnu et traverse une période difficile. Ce n’est qu’à partir de 1919 que son œuvre commence à gagner en popularité. Il vend une sculpture de pierre représentant une tourterelle au Musée de Luxembourg puis, deux ans plus tard, trois sculptures animalières en plâtre au Musée de Grenoble. Sa véritable percée n’intervient qu’à l’âge de 67 ans avec l’exposition de « l’Ours blanc » (plâtre) au Salon des artistes français. François Pompon expose ensuite avec succès à Tokyo et Osaka et son ours de plâtre, devenu célèbres, est réalisé en marbre. Le musée de Saint-Omer achète quelques œuvres et l’ours blanc obtient en 1929 sa place dans le Musée de Luxembourg. Les presque 3 000 œuvres que Pompon légua à l’État français à sa mort sont finalement exposées dans le Musée des Beaux Arts à Dijon. Le Musée d’Orsay à Paris possède une collection étendue de modèles en plâtre.





Pompon et son pigeon "Nicolas"

Par kiwaïda at 03:09

27/01/2020

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Femme couchée dormant

Félix Vallotton (1899) :  56,5 cm x 76 cm

L'art de la suspension...

Discret jusqu'à être secret....
Il donnait l'impression de promener son ennui, sans ennuyer personne...
Ses amis lui reprochait, amicalement, de ne pas être très effusif, il n'était pas d'une lecture très facile...

(citation du peindre Francis Jourdain)
Ce qui est retranché du monde... Vallotton enlève des détails, il introduit l'abstraction dans la figuration.
Ses gravures sont magnifiques. Il était aussi romancier et critique, très peu connu du grand public... français.
Valloton ne possède pas les femmes, nombre de nus de ce peintre, ce qui est rare, ne sont pas des femmes qui aguichent celles et ceux qui regardent ses nus.
Elles ne menacent pas les hommes dans leur virilité, en leur demandant d'être le maître à tous prix de la scène, de les dominer.
Elles sont aussi autonomes, et d'un riche intérieur. La plénitude, mais aussi une certaine forme de retranchement au monde s'expriment dans les ombres parfois angoissantes, mais aussi dans la lumière et les couleurs vives, étincelantes. Cette femme couchée dormant, me fait penser à Matisse, car il y a des motifs très présents, mais ses tissus forment un paysage d'émotions déformées, inaccessibles et silencieuses. Cet informe paisible, ce repos mérité, après de longues journées bavardes, signalées par ces tapisseries qui saturent toute la toile, me donnent ce sentiment de contemplation mais aussi de distance nécessaire à celle-ci : ne pas troubler, ni agir, juste contempler.
Une contemplation si simple, un accès déroutant, au silence retrouvé.

Par kiwaïda at 02:17

19/01/2020

Ш∀ℛ∀ ∀ℝ✝

Wara art festival

kiwaida.jpg

Photographie ©  Sonia Marques

Parfois on perd, parfois on trouve, dans le même temps...

Par kiwaïda at 18:09

17/01/2020

ℒÅ ÐѺℵℵ∀ ℙℑṲ’ ℬ∃ḺℒŠЀḺ ℳѺИḎѺ

Piero Fornasetti est un graveur et un décorateur d’intérieur d’origine italienne. Né le 10 novembre 1913 à Milan en Italie, il étudie à l’académie d’art de Brera dont il se fait expulser. Il se fait ensuite expulsé du pays tout entier durant la Seconde Guerre mondiale et se développe en tant qu’artiste en Suisse. Fornasetti est connu pour son éventail de motifs fantaisistes comme le soleil, la lune, des cartes à jouer, des animaux et d’autres imageries surréalistes. Il est surtout connu pour le visage de la chanteuse d’opéra Lina Cavalieri, qu’il crée à travers de nombreuses œuvres, notamment une série de 350 assiettes individuelles. La plupart des pièces de l’artiste sont réalisées en noir et blanc, pour un nombre total de dizaines de milliers. Le design intérieur est un de ses autres talents ; il crée des objets fantaisistes comme des porte-parapluies, des commodes et des pièces remplies à l’instar de la « Suite Zodiac » du casino de San Remo dont les murs sont recouverts des créatures du zodiaque. En 1959, Fornasetti reçoit un prix Neiman Marcus pour ses « services rendus dans le domaine de la mode ». ll meurt le 9 octobre à Milan en Italie.

Piero Fornasetti, Uccelli, épreuve d’impression, couleur sur papier, projet pour un foulard de soie, 1950

Le monde enchanté de Piero Fornasetti : Enfant, Piero Fornasetti avait fait de sa chambre le centre de son imaginaire, dessinant et peignant sur les murs et au plafond des machines volantes et des figures en trompe-l’œil. Ce monde merveilleux, nourri d’images venues des siècles passés, a fini par constituer une œuvre multiple et singulière, un décor aux mille facettes. Un univers. Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Brera, à Milan, brutalement interrompues pour cause d’indiscipline, Fornasetti fonde une imprimerie d’art. Il édite non seulement ses propres dessins mais aussi les œuvres d’artistes comme Carlo Carrà, Giorgio De Chirico, Lucio Fontana ou Marino Marini. Remarqué par Gio Ponti en 1933, à la Triennale de Milan où il présente ses foulards imprimés, Fornasetti devient le complice de l’architecte. À partir de 1940, ils réalisent ensemble meubles et décors, des fresques du Palazzo Bo (Padoue, 1942) aux cabines et salons du paquebot Andrea Doria (1952).

Astuces des graveurs :Né de sa fascination pour les livres à gravures, l’art de Fornasetti consiste à plaquer sur des formes modernes un répertoire issu de gravures anciennes. Architectures classiques, vases antiques, poissons, flacons de parfumeries, personnages divers, planches de botanique, tous ces motifs sont agrandis, multipliés, recadrés de manière inattendue ou cocasse, imprimés en lithographie puis collés sur l’objet à décorer, du célèbre cabinet Architettura (1951) aux petits meubles, porte-parapluies ou plateaux. Sérigraphiés, ces décors sont également appliqués sur le verre, le tissu, la porcelaine. Le génie de Fornasetti est d’avoir créé des objets d’un modernisme intemporel en les couvrant d’éléments décoratifs désuets. L’agrandissement des images laisse apparaître les trucs des graveurs anciens, les hachures, les pointillés. Ce vocabulaire graphique au service d’une représentation illusionniste devient, sous la loupe du créateur, un langage graphique en soi, une marque de fabrique. La grande réussite de l’exposition des Arts décoratifs réside incontestablement dans la mise en scène de l’accumulation, dans la présentation de séries vertigineuses, confrontées aux dessins et aux peintures de Fornasetti, à sa documentation. Aucun domaine n’échappe au facétieux créateur, de l’affiche publicitaire à la mode et au décor de théâtre. Jadis enfermées dans les livres, les images sagement didactiques ont pris le pouvoir et envahissent le monde, avec une allégresse teintée d’ironie. Elles colonisent les intérieurs modernistes des années 40 et 50, dans un superbe pied-de-nez au purisme. Fornasetti signe le retour massif de l’ornement à une époque qui croyait s’en être débarrassée à jamais. Mais son décor parfaitement lisse ne vient jamais troubler les surfaces qu’il habille, qu’elles soient de bois, de verre, de papier ou de porcelaine. Et ses trompe-l’œil ne trompent personne. Qu’il s’agisse de biscuits disposés sur un napperon en dentelle ou d’une Vénus antique ornant une feuille de paravent, ils exhibent le jeu des hachures et des pointillés des vieux maîtres de l’estampe. Fornasetti est un illusionniste qui captive son public en lui révélant les dessous de ses tours de magie. Superbe livre-objet, le catalogue reflète cette foisonnante inventivité. Saisi par le vertige de ces images multipliées, le visiteur sort de l’exposition hanté par un regard qui hanta Fornasetti lui-même :  elui de la cantatrice Lina Cavalieri, beauté fatale des années 1910-1920. Ses grands yeux impénétrables ornent des centaines d’assiettes, de cendriers et d’objets divers…

(Article dans Connaisance des Arts pour l'exposition de 2015 aux Arts Décoratifs de Paris)




La cantatrice Lina Cavalieri, beauté fatale des années 1910-1920







Et bien c'est lui !














Je l'ai découvert dans les années 90, alors que j'étudiais à l’École supérieure des arts appliqués Duperré, le design et la mode, le graphisme, à Paris... Dans laquelle j'ai poursuivi mes études 4 années jusqu'au diplôme supérieure des arts appliqués. En feuilletant des livres à la bibliothèque, et puis nous avions des enseignants cultivés qui nous enseignaient une période très féconde et créative en Italie. Je garde de merveilleux souvenirs de ces études, si précieuses, peut-être même plus formatrices que celles de l'école des beaux-arts de Paris, où entrent en jeux des phénomènes de pressions et de dominations masculines, et des jalousies féminines, avec lesquelles il faut soit se battre soit, les ignorer, soit se soumettre, mais cela n'aide pas à se concentrer pour étudier. Toutes les écoles des beaux-arts sont restées murées dans cet immobilisme. Aux arts appliqués, peut-être y avait-il plusieurs femmes et les designers hommes ou artistes plasticiens étaient respectueux, même si les esthétiques n'étaient pas du tout dogmatiques ou univoques. Peut-être est-ce aussi le lieu, mes découvertes, mes amis, la liberté de créer et d'inventer, sans autorité institutionnelle. La figure n'était pas interdite, et nous faisions de la peinture, le mot même de "l'art contemporain" n'était pas martelé dans nos têtes, et nous étions aussi avides de connaître des mouvements comme l'art brut, l’expressionnisme, les arts naïfs, la culture de la mode à travers des ethnies si éloignées, des tribus ancestrales, l'art minimal, tout ce qui était mou, ou vertical, ou le land art, un tas de choses comme l'art pauvre, celui d'Afrique et la musique, des instruments hybrides, les défilés de mode, les tendances, les motifs, les couleurs, tout était intense, joyeux, très créatif, sans arrêt, il n'y avait aucune barrière à produire des formes en volume, des dessins, je dessinais beaucoup, il n'y avait aucune pression ou difficulté liée à des partis politiques, comme nous pouvons en rencontrer dans les écoles des beaux-arts avec des revendications et des violences du côté de celles et ceux qui n'étaient pas doués pour créer, ils se tournaient vers l'activisme, quelque chose d'assez moche en fait, sans culture, mais juste l'envie d'être révolutionnaires, de quoi ? Et là, je découvre que Fornasetti avait également réalisé un cahier main. Moi aussi j'en ai fait, mais je ne savais pas qu'il avait réalisé des almanachs. Ces livres se vendent une fortune. Une enseignante, designer, m'avait demandé d'emprunter mon album de dessins réalisé et dessinés. Elle était partie avec, avait fait toute l'école pour faire des photocopies couleurs. À l'époque c'était très coûteux, personne ne pouvait en faire, que des photocopies en noir et blanc. D'ailleurs mes collages étaient en noir et blanc puis coloriés en couleur, avec des feutres et des crayons. Elle s'était fait un paquet pour elle, c'était pour elle. Elle jalousait mes albums. J'ai bien cru qu'elle allait les garder. Elle n'était pas méchante, mais j'avais perçu là une envie très forte. Alors que je ne savais même pas que c'était si bien, ce que je réalisais. Je ne le mesurais même pas avec son geste de prédation. C'est toujours ainsi, il en a toujours été ainsi. On ne peut dérober l'idée, l'esprit, la facture, le geste. Mon mémoire se nommait : l'énergie du geste. C'était aussi liée à la danse contemporaine que je découvrais, danseuse et scénographe. Cette époque est très lumineuse dans mes souvenirs, je parcourais de longs kilomètres à pieds pour étudier, et j'avais la soif d'apprendre, car nos enseignants étaient excellents, et ils s'entendaient tous très bien. C'était une élite, mais modeste, nous étions sélectionnés, mais peut-être aussi pour nos talents mais aussi parce que nous ne savions pas que nous avions un truc en plus, pour notre modestie aussi, pour notre capacité à travailler en équipe, à se stimuler. Les écoles des beaux-arts recrutent sur de tous autres critères, qui ne sont pas ceux de la modestie, mais la prétention et la prédation sont des facteurs qui sont à l'image des enseignants. Lorsque notre parcours vient d'ailleurs, on peut remarquer ces différences, et avoir une bonne distance, voire rire de la médiocrité et fuir les lubriques.
Fornasetti arrive à point dans mes souvenirs, car ces yeux et cette beauté, de la plus belle femme du monde, cette cantatrice qui sera aussi l'inspiratrice d'un film, où l'actrice italienne Gina Lolobrigida joua son rôle, restent des motifs très graphiques où la trame du noir et du blanc, est toujours remarquée et copiée à l'infini. Lui aussi, on voulait prendre ses dessins, et Fornasetti a lui aussi, désiré prendre le regard de sa plus belle femme du monde. Il l'a représentée. Ces jours-ci, on oublie tout de ce que la création fabrique, l'inspiration, ce qui subjugue, ce qui est sublimé, fantasmé, ce qui devient icône. On détruit les icônes, car on n'a plus de culture, on ne sait d'où viennent les choses, ce qui apparaît et on ne veut plus les voir, on les voile ou on les viole. Chez mes camarades, élèves et étudiants, je percevais souvent les manques de culture, la difficulté de dessiner, et puis parfois l'ennui, la jalousie, le dépits, l'envie. Cela ne fait pas forcément de bons artistes, ni de bons enseignants, pourtant on les retrouve en majorité enseigner et parfois même diriger des écoles. Que s'est-il passé en France pour que la beauté soit si voilée ou violée, avec violence ? Pour que l'on ne reconnaisse plus les œuvres et que l'on ne sache plus ni lire les images, ni les commenter ? Ne nous reste qu'un flux de police et d'attirance pour cette violence, et de médiocres groupes, qui se disent si éthiques, que la communauté et la participation sont  devenues autant de langues de bois pour accéder à un piètre pouvoir, que le sensible est rejeté, c'est-à-dire, que rien ne s'imprime plus.
Heureux sont celles et ceux, même sans avoir étudié en art, qui, par leur bon sens, et leur intelligence, peuvent encore discerner et admirer des œuvres, des écrits, doués d'imagination et de ce qui fait de nous des êtres humains, gracieux, éloquents, facétieux, dubitatifs, songeurs, paisibles, émerveillés, curieux, paresseux, nonchalants, résistants, troublants, endormis, vaillants,mystérieux, fantaisistes, informes, magiciens, volubiles, bavards et silencieux à la fois, secrets et spirituels, âpres, acétiques, économes et généreux, fous et savants, génies de personne et nul part, au monde, partout, et pour toujours.
La délation est en vogue, le lynchage, rien de bon, la volonté de bloquer, bloquer sans arrêt, interrompre, séparer, diviser, au nom de la solidarité, belle langue de bois, que de massacre de notre langue et de notre culture. Mon pays est en dépression au dessus du jardin, les français s'égarent et ne se reconnaissent plus, ils méprisent leur passé, leur histoire, et veulent s'en débarrasser à coup de justice, à coup de saisie, au régime sans sel, des gagnes petits sans visions, sans expression, mécaniques, ils volent la vedette aux robots, leur intelligence est devenue un artifice de mauvaise rumeurs, de bêtises et de murmures suicidaires. Des sabotages de nos vécus aux sabotages de notre avenir. Celles et ceux, plutôt celles, elles ont mon âge, sont aux abonnées absentes ou très consentantes, elles répètent et se taisent, ne répondent pas aux appels, mais se chargent de communiquer. C'est schizophrénique. D'un côté on veut montrer qu'on est féministe, qu'on est pour l'égalité, de l'autre, on est incapable d'énoncer un seul mot à ses comparses qui sont démunies, ou affaiblies par tant d'ignorance. Quelles ont été les éducations de ces personnes pour faire la morale et juger les unes et les autres et les dessaisir de leur passion, de leur souhait d'apprendre à apprendre ? Comment ce pays a-t-il pu former autant de décideurs, et décideuses très décidées à décider, qui ne savent pas qu'elles oppriment au nom de leur soumission aux communications héroïques. Point de héros, ni même éros, ni même une arme et des larmes, rien, c'est comme le pouvoir unilatéral de la sidération, une emprise telle, que personne n'ose plus bouger. Quel étrange sensation, celle de ne pas pouvoir articuler. Il y a comme un labeur à la réflexion, il choisi la facilité, et tape sur la gamelle, sur la femme ou l'homme, afin que la purée tombe dans l'écuelle. Chacun grappille sa portion individuelle, au nom d'une solidarité soliloque, un troupeau qui préfère couper ses membres que de les guider faire des réserves et s'assurer que tout le monde va bien.
Il y a eu des excès, des abus, et les "ok boomers" pleuvent, pourtant nous ne sommes pas au pays des "snowflakes", mais bien dans un pays où longtemps, les enfants et les femmes n'étaient pas entendus et servaient d'esclaves ou de manne à la prostitution, même couverte par des héritiers aux hautes fonctions de responsabilités. On s'étonne des plaintes dissonantes et tardives et vieillissantes, c'est qu'elles n'ont pas eu le temps de la maturité que toute personne ayant le beau rôle se fraye dans l'écriture, les médias, le politique et les arts, le sport, les religions. Alors une chaotique brume, chaque matin, s'essaie à dire. Quelles confusions ! Quels retards ! Les plus jeunes, déjà plus jeunes font le procès aux plus vieux : ils ne vivront pas dans leurs us et coutumes, sans emploi et sans miroir, caméra male-gaze. C'est la bataille à qui va copier ce regard, répéter celui-ci, hélas, des féministes, déjà, espèrent trouver la même place et s'évertuent à distribuer les bons et les mauvais points. Nous assistons alors à l'immaturité au pouvoir, comme la maîtresse qui se donne aux male-gaze pour excuser son mari, mauvais président. Quel bordel ! Tous au chômage du bon sens.
C'est un répétitif refrain, c'est une rengaine, chacun, répète ce que l'autre dit, en boucle, c'est comme si plus personne ne pouvait penser ni même avoir un point de vue différent. C'est une sorte de danse macabre, aux défilés de drapeau rouge, de comptes, de statistiques de sociologie mal dégrossie, de fiertés si mal placées.
Quel sale temps !

Heureusement, j'ai vu de superbes créatrices très inspirés de Fornasetti, qui sont autonomes, mais complètement invisibles. C'est peut-être mieux ainsi. Elles risqueraient d'être récupérées pour illustrer des drapeaux et des affichent pour des blocages et des violences, à leur insu. L'art se fait rare.
Mais oui la création est toujours là, mais elle est dans l'obligation de cacher sa joie, de replier ses connaissances, de faire des réserves, c'est la guerre des ignorants, nous entrons dans l'ère caverneuse du rase moquette.
Ambiance.

Par kiwaïda at 02:41

05/01/2020

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Artiste : Francisco GOYA (1746 - 1828) -  Titre de l’œuvre : Don Manuel Osorio Manrique de Zuniga - Date de création : vers 1787 / Technique : Huile sur toile - Dimensions : Hauteur 127 cm x Largeur 101 cm - Lieu de conservation : Metropolitan Museum of Art, New York

GARÇON ROUGE


Don Manuel Osorio Manrique de Zuniga, également connu sous le nom de «Garçon rouge», est un portrait d'un garçon vêtu de vêtements rouges de son époque. Le comte d'Altamira a commandé plusieurs portraits de famille à Goya de 1756 à 1816, le Garçon rouge étant l'un d'eux. Altamira était bien respecté à l'époque et détenait de nombreux titres dont celui de directeur de Banque de San Carlos. Cette peinture était celle du plus jeune fils du comte nommé Manuel qui a rencontré une mort tragique à l'âge de huit ans en 1792. Le tableau représente le garçon vêtu d'un costume rouge tenant une ficelle attachée à une pie qui semble être son oiseau de compagnie. La pie tient une carte dans son bec qui est la carte d'invitation de Goya. Il y a trois chats qui regardent attentivement l'oiseau à gauche du tableau. Sur le côté droit de la pièce se trouve une cage à oiseaux verte au sol abritant plusieurs pinsons. Les animaux du tableau ont eu de nombreuses interprétations différentes au fil des ans. Certaines personnes croient que les oiseaux dans la cage sont un symbole de l'âme tandis que d'autres pensaient que cela symbolisait l'innocence du garçon. On pense que les chats sont une représentation du mal ou d'une force maléfique. Cette connexion des chats étant une force sombre vient d'une gravure de Goya intitulé "Le sommeil de la raison engendre des monstres" où un chat est montré parmi les créatures maléfiques.
> El sueño de la razon produce monstruos : une gravure de la série Los caprichos du peintre espagnol Francisco de Goya. On pense que la peinture dans son ensemble dépeint la nature éphémère de la jeunesse et de l'innocence couplée aux frêles frontières qui séparent le mal du monde de l'enfant.

Lors de sa visite à la galerie d'art Joseph Duveen à Paris, Kathryn Bache Miller a beaucoup aimé la peinture. Jules Bache, la plus éloignée de Kathryn, lui a acheté la pièce pour 275 000 $. Elle a décidé de garder le Garçon rouge dans son salon où elle l'a affiché avec fierté. L'œuvre d'art a été décrite comme un être vivant pour Kathryn par son décorateur d'intérieur, Billy Baldwin. La peinture a été donnée au Metropolitan Museum of Art par elle plus loin, mais Kathryn a été autorisée à montrer périodiquement la peinture dans sa maison jusqu'à son décès en 1979.

Francisco José de Goya y Lucientes est un graveur et peintre espagnol né le 30 mars 1746 à Fuendetodos, près de Saragosse, et mort le 16 avril 1828 à Bordeaux, en France, d’un père doreur et d’une mère descendante de propriétaires terriens. Ses œuvres sont considérées comme de style romantique et il est l'un des artistes les plus influents et importants à sortir d'Espagne de du 18e au 19e siècle. L'art qu'il a créé est considéré par beaucoup comme le récit de l'époque où il a vécu. Goya a été vénéré par tous de son vivant, en particulier en Espagne, et a connu un grand succès tout au long de sa carrière d'artiste. Il a été chargé par de nombreuses personnes influentes de son époque de créer des portraits et d'autres œuvres d'art. De nombreux historiens de l'art se réfèrent à Goya comme le premier des artistes modernes et le dernier des maîtres anciens.

Beaucoup de biographes ont suggéré que les affres de la maladie, la proximité avec la mort et la perte de l’audition ont rendu Goya plus sensible à la cruauté du monde et à la vanité de l’existence. Sa vision du monde était plus distanciée, plus acérée, plus tranchante, plus subversive et sa vision de ses contemporains plus féroce. Malraux écrivait que Goya était « brutalement sensible aux démons que reconnaît du premier coup l’angoisse commune des hommes : non seulement la torture, mais l’humiliation, le cauchemar, le viol, la prison » La série de gravures des Caprices et les peintures noires, réalisées après les deux épisodes dépressifs —jamais présentées au public de son vivant — sont particulièrement caractéristiques de ces changements.

*

Cette magnifique peinture, du côté français, a inspiré le mari de la chanteuse Chantal de Guerre (née à Saïgon), lui demandant de prendre le nom "Goya" pour ses spectacles... destinés aux enfants.



Par kiwaïda at 19:33

26/12/2019

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La crèche © Sonia Marques

Guidés par une étoile © Sonia Marques

Les rois mages © Sonia Marques


Les mages et le texte évangélique L'Évangile selon Matthieu est le seul à rapporter la venue des mages guidés par l'étoile :

Jésus naquit à Bethléem, en Judée, à l'époque où Hérode était roi. Après sa naissance, des savants, spécialistes des étoiles, vinrent d'Orient. Ils arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est l'enfant qui vient de naître, le roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile apparaître en Orient et nous sommes venus l'adorer. » Quand le roi Hérode apprit cette nouvelle, il fut troublé, ainsi que toute la population de Jérusalem. Il convoqua tous les chefs des prêtres et les maîtres de la loi, et leur demanda où le Messie devait naître. Ils lui répondirent : « A Bethléem, en Judée. Car voici ce que le prophète a écrit :  «Et toi, Bethléem, au pays de Juda, tu n'es certainement pas la moins importante des localités de Juda ; car c'est de toi que viendra un chef qui conduira mon peuple, Israël .» »  Alors Hérode convoqua secrètement les savants et s'informa auprès d'eux du moment précis où l'étoile était apparue. Puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez chercher des renseignements précis sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille, moi aussi, l'adorer. »  Après avoir reçu ces instructions du roi, ils partirent. Ils virent alors l'étoile qu'ils avaient déjà remarquée en Orient : elle allait devant eux, et quand elle arriva au-dessus de l'endroit où se trouvait l'enfant, elle s'arrêta.  Ils furent remplis d'une très grande joie en la voyant là. Ils entrèrent dans la maison et virent l'enfant avec sa mère, Marie. Ils se mirent à genoux pour adorer l'enfant ; puis ils ouvrirent leurs bagages et lui offrirent des cadeaux : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.  Ensuite, Dieu les avertit dans un rêve de ne pas retourner auprès d'Hérode ; ils prirent alors un autre chemin pour rentrer dans leur pays
.



Le mot « mages », tel que rapporté dans l'évangile, pointe davantage vers des astrologues ou des prêtres de cultes anciens (perses ou mèdes). Le texte évangélique ne donne qu'une indication vague de l'origine des mages. Elle parle « d'Orient », ce qui indique l'Est par rapport à la Terre Sainte. Ce pourrait être la Babylonie, la Perse, la Syrie ou autre. En fait, l'indication n'est pas plus précise et laisse place à plusieurs possibilités. Les dons offerts nous orientent vers l'Arabie et/ou la Syrie, sans exclure d'autres possibilités. De toute évidence, l'évangéliste Matthieu ne s'intéresse pas directement aux mages, mais plutôt aux signes dont ils sont porteurs dans le récit. Les détails quant à leur nombre, à leur origine et à leur nom seront comblés plus tard par la tradition populaire, car notre imaginaire est imprégné d'écrits tardifs. Ce n'est qu'au VIe siècle qu'un écrit araméen leur donne un nom (et fixe leur nombre à trois) : Melkon (ou Melchior), Balthasar et Gaspard. Dans l'Église latine, ce n'est qu'au Moyen-Âge (IXe siècle) qu'il en sera question. Notons finalement que la tradition des crèches de Noël remonte à François d'Assise, au jour de Noël 1223. Depuis ce temps, s'est répandue la coutume de reproduire, souvent avec les talents artistiques locaux, la scène de la visite de mages. Peu d'entre elles ont d'abord un souci « historique », c'est-à-dire voulant reproduire avec exactitude la scène d'origine. En fait, la tendance est davantage suscité par le désir d'indiquer que le Christ nous atteint jusqu'à chez-nous, si bien que les Inuits réaliseront une crèche qui situe la scène dans l'Arctique, les Africains en Afrique, etc. Pour ceux qui sont de culture occidentale, la plupart de leurs crèches sont inspirées des grandes œuvres d'art du Moyen-Âge, de la Renaissance ou autres. On ne peut donc pas se fier à leur représentation pour savoir ce qui a pu se passer après la naissance de Jésus.

Et les kiwaïdae aux talents artistiques très singuliers avec leur pinces de crabes de poils soyeux, réaliseront une crèche grâce aux matériaux locaux trouvés sur le chemin de leur inspiration. Si Opale est une étoile née perroquet de feu, voici que son silence revenu a apaisé la confection d'une mangeoire dans des brins voués à disparaître. Là sera disposé le nouveau né, Marie et Joseph autours, grignotés par le temps et les rudes épreuves de la vie. Il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans cette grande fragilité, nu emmailloté, sur son lit la mangeoire, le Sauveur arrive pour sauver un peuple, qui n'est que l'ombre de lui-même. Dans un dénuement tel, dans sa toute puissance, pour n'effrayer personne et ne dominer personne. Jésus n'aura ensuite pas de lieu où reposer sa tête. Cette mangeoire est remplie de paille. Le Sauveur du monde est couché sur la paille ; celui qui est la solidité éternelle vient recouvrir la paille de tout ce qui est éphémère, la paille de nos vies, « balayées par le vent », comme le reconnaît le premier des psaumes de la Bible. Le Créateur du monde n'a pas voulu faire naître le Sauveur du monde dans l'or ou l'argent, mais sur la paille. Jésus est né pour une humanité affamé dans une mangeoire, pour sauver la terre et s'offrir en nourriture (pour aussi bien les ignorants que les intellectuels, si, si, pas de mot de passe, et de privilèges) Attention, Jésus n'a pas eu le temps de faire du tourisme sur cette terre. Le Christ enseignera à ses disciples, déconcertés : « Mon corps est une vraie nourriture et mon sang est une vraie boisson » et il a fallu les rencontrer les disciples. Mais il annonce également avoir autant besoin de nourriture que celles et ceux qui se nourriront de Jésus, histoire d'être en alliance, d'égal à égal. Buvez et mangez, ceci est mon corps, ceci est mon sang. Sacrée cacahuète ! Pépite exotique !

Aujourd'hui 26 décembre 2019 c'est une nouvelle lune, doublée d'une éclipse solaire !


J'ai pris le foin de Satori et Cafuné, mes lapins lunes et j'ai découpé mes cacahuètes (périmées, je dois les jeter) et j'ai réalisé une crèche. Les rois mages sont chargés, ils vont mettre du temps à arriver... Mais ils sont sur le chemin, il y a des grèves de transport, ils s'en fichent, ils sont guidés par une étoile.

Aucun animal n'a été maltraité pour cette crèche, elle est végan, bio, végétarienne... mais attention, elle n'est pas comestible, faut pas déconner non plus ;.) Entièrement recyclable et UNIQUE !

Par kiwaïda at 12:35

10/12/2019

฿∀ИÅℵÅ

La banane ne fait pas la grève

Les artistes ont faim

Ces jours-ci, se déroule la foire Art Basel, à Miami, en Floride (États-Unis)...

C'est quoi déjà cette foire ? Un paroxysme (dans le sens périodique d'une maladie ou d'une douleur où les signes atteignent leur maximum d'intensité)

Rappel du bilan carbone prestigieux (comme toutes les foires et biennales et triennales, quadruple saut dans les paradoxes des mouvements bienséants et de la pensée laborieuse de l'art ...)

Art Basel, foire internationale d’art contemporain de Suisse, 90 000 visiteurs chaque année, galeristes, commissaires d’expositions, directeurs de musées, acheteurs, collectionneurs, 300 galeries d’art qui viennent de 35 pays et de tous les continents pour présenter le travail de quelque 4 000 artistes. Un peu comme tous ces idiots qui gravissent les monts élevés enneigés, en même temps, en file indienne, dont quelques uns meurent en route, au même moment, comme si le mont élevé était en grève et qu'il fallait donc se bousculer pour le gravir...

Oui, il y a longtemps que les monts élevés sont en grève, ne le saviez-vous pas ? Mais tout le temps.

Il n'y a pas que les foires, mais nombre d'expositions foirent... L’absence de stratégie de numérisation, sur le développement durable, la réflexion éthique du rôle du musée dans la cité. Stratégie ? Non, juste un manque de bon sens. Nombre d'institutions n'ont jamais été concernées par l'idée en vogue : le green... le Greenwashing !

Le Greenwashing, aussi nommé écoblanchiment ou verdissage, est un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation (entreprise, administration publique nationale ou territoriale, etc.) dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse.  Tiens cela me dit quelque chose cette stratégie du blanchiment... Ou comment apparaître propre tout en nommant ce qui serait sale...

On se reprend, les expositions énormes sont foutues, et depuis longtemps, celles et ceux qui se déplacent pour aller les voir, aussi, pire si vous emmenez des écoles... Waou ! Tout en prônant des notions écologiques.

Exemple : Vous avez le pouvoir, vous demandez aux étudiants (aux pauvres) de trier les déchets de toute l'école, sur leur temps d'études, et vous leurs attribuez des bons points, car il y aura des vraiment mauvais, qui resteront donc sans crédits et ne passeront pas les années, ni même ne pourront bénéficier de gras coups de pouce, car ils ne seront ni délégués, ni intégrés dans les commissions pour voter pour leur direction (logique) Donc vous demandez cela, et en même temps, vous demandez à ces pauvres étudiants de partir dans un voyage obligatoire vers une destination au-dessus de leurs moyens : Venise, et sa biennale d'art. Le déplacement déjà coûtera bien plus cher et les repas très peu bios, que toute une année à passer à trier les déchets de l'école... Du bon sens je disais. Mais attention, ne soyez pas aveugles, car tout est pour les yeux : il faut photographier à toute allure, dépenser le tout dans les réseaux sociaux, oui les datas c'est aussi "pas gratuit", contrairement à ce que trop de... comment dire... trop de, et bien trop ! Pensent !

Après vous faites un superbe Greenwashing, vous repeignez en blanc, toutes les crottes, et vous avez de beaux nuages, dans un immense bloc de béton amianté, et on obtient : une école d'art !

Dans le Limousin ils ont annoncé un constat dingue : pas une seule école serait dénuée d'amiante ! Voui, voui... Alors le tri des déchets dans l'école... Peut-être qu'il vaut mieux, faire des cours dehors (je sais, c'est ce que j'ai fait...)

On revient le sujet, ce n'était pas le Greenwashing, ni Venise, on s'en fou, elle coule et c'est la dépression assurée.

Non, le sujet c'était Art Basel. J'avais un ami artiste, il est toujours là, hein, qui s'occupait d'installer tous les artistes à Basel, je ne me souviens plus du nom, mais c'est un métier. Donc lui il était payé, mais pas les artistes qui exposaient leurs œuvres... Greenwashing ?

Bon, le sujet ce n'est toujours pas cela, le sujet c'est : LA BANANE.

J'ai la banane en ce moment ? Vu le paroxysme génial dans lequel je me trouve ? Non je suis juste une artiste qui a faim, car j'ai du bon sens. Suis-je bonne pour autant ? Non, considérée comme mauvaise.

La mondialisation croissante des pratiques culturelles contraste avec le localisme de l’engagement écologique, et les institutions, préfèrent mettre au premier plan la liberté artistique (qui elle, n'est pas écologique ?)

Oui parce qu'on sait à présent que la "liberté d'expression", c'est la liberté d'importuner l'autre, quand on a le pouvoir (les experts en design, les bons, ont ce pouvoir là, tant pis pour celles et ceux qui la ferment, parce qu'ils et elles ne pourront jamais l'ouvrir dans un monde où tous les mauvais sont cachés ont disparu...)

C'est d'ailleurs la meilleure façon d'importuner la terre, et de continuer, avec la bonté qui préfigure dans tout portrait d'un bon designer aujourd'hui, sans être importuné... Liberté d'expression oblige ! Silence on tourne !

Disons, que comme je le remarquais, dans mon parcours professionnel, je rencontrais des personnes qui se disent expertes (on peut être expert en tout aujourd'hui, en design, même quand n'y connait rien, et qu'on n'a jamais été designer, et même, lorsque l'on souhaitait supprimer les options designs dans les écoles, et bien on devient expert en design, du moment qu'on a compris que c'est à la mode (la mode, non, mais que les crédits tombent) on peut devenir designer, et mieux, du meilleur côté, du côté du bon, du beau, de l'éco, éco, éco, et responsable, oui c'est dit, on n'est pas du côté des méchants.

Quelle responsabilité le greenwashing !

Qu'est-ce qu'on est bon. Oui parce qu'être beau, ce n'est plus à la mode, il faut être bon (pas dans le sens meilleur, non, dans le sens : il ne faut pas être mauvais méchant (oups, cachez cette force du mal, un coup de peinture blanche dessus, ou lavez la tâche, cela fait trop sale !)

Donc le beau, bof, être bon, oui.

Mais pour être bon, il faut designer (oui c'est bien écrit "designer") les mauvais, les méchants... presque : le mal. Et là, c'est très grave, ce qu'il se passe. Chacun, chacune de nous, risquons de passer du côté du mal. La ligne se trace par les décideurs (non pas les usagers, c'est pas encore à la mode) Donc pas de justice pour les pauvres, mais la ligne trace, comme l'on veut, il n'y a pas de règle, la limite du bien et du mal. Attention, seuls les experts en design, savent qui est bon, et qui est mauvais. Si vous vous opposez à la règle : la case prison vous méritez. Mieux, si vous n'avez pas lu la règle, introuvable, et que vous n'avez pas réagit (avec violence, c'est le but) et bien vous êtes exclus de la règle, des concons experts en conconnerie.

Et bien voilà, c'est mieux ! Il faut savoir toujours où l'on se sent le mieux. Même si l'on est considéré comme un mauvais, on peut se sentir mieux que les bons (pas les meilleurs, hein... vous suivez...)

Donc, on reprend, ce sujet est très sérieux, ce sujet c'est : J'AI LA BANANE !  Je suis en forme, de bonne humeur, souriante, j'ai la pêche, la patate.

J'AI LA BANANE

Non parce que je serai dans une position avantageuse, bien au contraire, je suis au mauvais endroit, au bon moment. Vous me suivez ?

Rénovations : les institutions n'ont jamais été conçues pour le développement durable, sinon, nous aurions pu y accéder plus naturellement.

En terme d'isolation, ça coince, même si le chauffage pourrait aider plusieurs sans domiciles fixes à passer les nuits d'hiver, car les institutions sont vides la nuit.

Mais souvenez-vous : les décideurs ont décidé que le "bon" côté du design c'était de peindre les crottes pour en faire des nuages blancs, pour les exposer à un public "averti"... pas "azerty".

On repend : PAROXYSME.

Ces derniers jours, c’est une banane scotchée à un mur de la foire Art Basel, à Miami, en Floride (États-Unis), qui a fait parler d’elle. L’œuvre, composée de ce seul fruit, immobilisé sur un mur à l’aide d’un épais ruban adhésif gris, et intitulée Comedian, est la création de l’artiste Maurizio Cattelan. L’Italien est déjà connu pour ses travaux subversifs, comme America, des toilettes en or 18 carats totalement fonctionnelles estimées entre 5 et 6 millions de dollars. Les visiteurs de l’exposition étaient ainsi nombreux à se presser devant l’œuvre comestible, quand l’un d’eux a tout simplement décidé de la manger.

C'est écrit un peu vite, mais ralentissons :

Avant de manger la banane qu’avait scotchée au mur l’artiste italien Maurizio Cattelan, une oeuvre vendue 120.000 dollars à la foire d’art contemporain Art Basel de Miami, David Datuna a attendu quelques heures, histoire d’"avoir faim", a expliqué lundi en riant l’artiste, de retour à New York. Né à Tbilissi et installé aux Etats-Unis depuis 22 ans, David Datuna s’est montré fier de ce geste qui a fait sensation après qu’il eut posté sur son compte Instagram une vidéo de lui savourant la fameuse banane.

Un italien de 60 ans, vend une banane scotchée à un mur 120 000 dollars (108 444 euros) et un géorgien de 22 ans la dé-scotche et la mange (ils sont tous deux habitants à New York)

Est-ce que cela a un rapport avec les grèves annuelles en France ? L'arrêt obligatoire du travail ? Le fait que les artistes ont faim ?

Oui, moi j'ai faim et je mange des bananes...

Il y a un artiste jeune qui a piqué la vedette de l'artiste vieux, et comme la banane a été mangée, il n'y avait plus d’œuvre.  Il a fallu rétropédaler, comme Magritte a su le faire, la banane ce n'est pas l'oeuvre, mais l'idée...
Ceci n'est pas une pipe !

Donc on peut remplacer la banane, par une autre !

C'est exactement comme les experts : plus besoin de savoir faire, on vous l'écrit, certes sur plusieurs pages, et avec confusion, mais ici, en France, comme à Basel ou New York, (disons, plutôt, à Paris, qu'en France) on peut être expert dans un domaine inconnu, et cela se nomme : l'invention, non plus l'innovation. Oui, il faut être curieux, plus besoin de "savoir" faire, il faut "faire" savoir. En s'aidant quand même des journalistes, aussi expert... en journalisme, parce que sinon, on ne pourra pas manger la banane, si ce n'est pas écrit avec autant de philosophie. Attention pour distinguer un expert, il faut tracer la limite, souvenez-vous : il y a le bien, et le mal. Oui parce qu'un bon designer, est un bon philosophe bien entendu.

Le mal,  c'est tout ce qu'on ne veut pas, on le cache, et le bien, c'était l'ancien "beau", mais l'esthétique n'a pas tenu au blanchiment (trop de produits chimiques), alors cela peut être laid, mais "bien" et du côté du "bon".

Je vois que ce n'est pas clair pour tous. La parité : c'est bien. L'égalité entre les femmes et les hommes : c'est bien. C'est impossible, mais c'est bien, un homme est une femme, une femme c'est comme un homme = égaux.

Désormais, on ne pourra plus cacher la femme laide derrière l'homme beau. Il faudra mettre en avant une laide, et ainsi, elle pourra cacher l'homme... mauvais ? Non, l'homme beau ? Non, l'homme con ? Non la laide cachera ce qui n'est pas recyclable.
Ok, et l'homme laid ? Il n'y en a pas. Si vous suivez bien, on créé des règles en fonction des modes, là où les crédits tombent.

Rassurez-vous, les artistes ont toujours faim, donc ils suivront la mode, mangeront la banane, et ils scotcheront des bananes au mur, pour les vendre plus cher qu'au marché, dans une institution amiantée, où un nombre d'idiots, à la queue leu leu, viendront défiler pour la voir dans une période d'une maladie ou d'une douleur où les signes atteignent leur maximum d'intensité...

L'équation du paroxysme est ainsi résolue.

Signé : une experte en design éco-responsable (aucune banane n'a été maltraitée durant l'écriture de ce pamphlet sur... le design ? Non : La banane !!!)










Par kiwaïda at 00:16

19/11/2019

Ⓖⓐⓛⓐⓣⓗⓔⓘⓓⓐⓔ ⓐⓝⓓ Ⓚⓘⓦⓐⓘⓓⓐⓔ

Mais oui mais c'est bien sûr !

EUREKA !

KIWAïDA !

Salut les gars ! Vous me reconnaissez ?

Un bizou sivouplé !

Un bijou ! Nom de nom d'un crabe !

Ça scrabouille, ça gribouillait déjà :

Poissons, écrevisses et crabes de diverses couleurs et figures extraordinaires que
l'on trouve autour des îles Moluques et sur les côtes des terres australes [...]
(Amsterdam)

1719

faune: thon faune: torpille faune: crabe faune: crevette
de avibus et piscibus. Traité des oiseaux et poissons
auteur : non identifié
1330 ?-1340 ?

Mon yéti crab, ma fabuleuse invention, ma kiwaïda...

Nous voici bien vernies !

Crabes vrais • crabes bleus • crabes violonistes • panier de crabes • soupe de crabes

-Crabe araignée • Crabe bleu • Crabe vert • Nébuleuse du Crabe • crabe appelant • crabe bleu • crabe chinois • crabe de moule • crabe des Sargasses • crabe des cocotiers • crabe des rochers • crabe enragé • crabe farci • crabe honteux • crabe marbré • crabe royal du kamchatka • crabe terrestre • crabe à signaux • en crabe • marcher en crabe • panier de crabe • sacculine du crabe • vieux crabe

-Debout les crabes, la mer monte !


-Crabe (homonymie) • Crabe bleu • Crabe chinois • Crabe de cocotier • Crabe de tête • Crabe flèche • Crabe rouge • Crabe royal • Crabe royal du Kamtchatka • Crabe violoniste • Crise du crabe • En crabe • Fabia (crabe) • Guerre du crabe • La Confrérie du crabe • Le Crabe aux pinces d'or • Le Crabe aux pinces d'or (film, 1947) • Le Crabe sur la banquette arrière • Le Crabe-tambour • Le Crabe-tambour (film) • Le Crabe-tambour (roman) • Nébuleuse du Crabe • Tourteau (crabe) • Un crabe dans la tête • Île Crabe

Crabe est un nom vernaculaire ambigu utilisé en français pour désigner de nombreuses espèces de crustacés décapodes, pour la plupart comestibles. On distingue deux infra-ordres de crabes, en fonction des caractéristiques de leur abdomen : les Brachyura, ou vrais crabes, et les Paguroidea (crabes de cocotier, crabes royaux). Cependant toutes les espèces de ces infra-ordres ne sont pas spontanément qualifiées de crabe, par exemple les espèces appelées araignées de mer parmi les Brachyura ou les pagures, autrement appelé bernard l'hermite, parmi les Paguroidea.

Et aussi les crabes de mangrove (Goniopsis) ou les crabes nageurs...

Description La plupart des crabes sont marins, mais il existe quelques crabes d'eau douce et des crabes terrestres dont des crabes arboricoles. Ils disposent tous de cinq paires de pattes dont la première est modifiée pour former une paire de pinces. Certaines espèces sont toxiques spécialement les crabes très colorés du groupe des Xanthidae. Un crabe marin à carapace blanche (Demania toxica), que l'on rencontre aux îles Cook, est considéré comme le plus vénéneux des animaux marins.

Culture

Symbolique

Alors que le crabe est considéré durant l'Antiquité comme animal protecteur, sa réputation change au Moyen Âge, comme celle de l'ensemble des créatures marines. Il est même devenu maléfique, symbole des monstres marins marcheurs ; ce rejet est sûrement aggravé par ses habitudes nécrophages. Au contraire, en Asie, les espèces du genre Dorippe, sur la carapace desquelles on distingue un visage humain, sont très recherchées car, selon la légende, ils contiennent l'âme de guerriers défunts. Cancer vient du nom grec du crabe. Ce nom choisi pour la maladie de cancer témoigne qu'en Occident la symbolique liée à cet animal est plutôt négative. C'est aussi le nom d'une constellation et l'un des 12 signes astrologiques. Terminologie Le terme crabe proviendrait soit du néerlandais crabbe (krab en néerlandais moderne), via le picard et le wallon, soit du vieux norrois krabbi, via le normand. Ces décapodes ont donné naissance à plusieurs expressions en français. L'expression un panier de crabes désigne un groupe de personne collaborant mais en se nuisant les uns les autres. Cette expression est apparue en France au milieu du XXe siècle L'expression marcher en crabe signifie se déplacer de côté.

se déplacer de côté

afin d'éviter le panier de crabes...

ermitage programmé...

crab12.gif

Par kiwaïda at 01:47

18/11/2019

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Rihanna, as an otherworldly warrior queen, in the September issue of W magazine.Credit...Steven Klein; styled by Edward Enninful

16 artistes sélectionnés pour la première résidence au Black Rock Sénégal

Par kiwaïda at 19:02

10/11/2019

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Spectacle/ Danse/ Théâtre



Conçu et interprété par La Ribot (née en 1962 à Madrid) avec la danseuse et chorégraphe française Mathilde Monnier, GUSTAVIA (née en 1959 à Mulhouse), 2008, a été décrit comme un « duo burlesque », mais il y a bien plus que cela. Des appareils burlesques y sont certes convoqués – un épisode de slapstick, par exemple, comprenant des chutes, des collisions et de quelques« lattes en bois » faits de mousse. Il y a aussi un drôle de « striptease » dans lequel Monnier et La Ribot dénudent à plusieurs reprises leurs genoux seulement. Pourtant, si la principale caractéristique du burlesque est de malmener le sérieux, Gustavia va dans le sens contraire. Éloignant ses artifices comiques en recourant à de longues répétitions et via d’autres stratégies, cela peut devenir intrigant, abrasif et même énervant à regarder. Un programme important est en jeu : Gustavia offre une critique féministe complexe aux demandes faites aux femmes de « jouer » leur genre de façon satisfaisante – à la fois au théâtre et dans la vie de tous les jours.

Grâce à leurs costumes de danse noirs identiques, leurs formes fines et leur teint pâle, Monnier et La Ribot ressemblent à des jumelles. Certains critiques les ont prises pour le double portrait de Gustavia, confondant l’héroïne et l’œuvre. « Gustavia » pourrait néanmoins être conçu comme un nom générique, plutôt qu’une identité féminine spécifique, la relation entre les deux protagonistes étant par ailleurs très changeante. Elles se tiennent comme des jumelles, des doubles, des divas en compétition, un duo comique – et lorsque La Ribot se met en action avec les lattes en polystyrène, frappant à plusieurs reprises Monnier, elles se muent en étrangères, ignorant vraisemblablement la présence de l’autre.

La dernière section de Gustavia voit Monnier et La Ribot donner un long duologue fait de phrases commençant toutes par les mots « Une femme… ». Certaines déclarations sont banales (« Une femme ferme sa porte avec une clé ») tandis que d’autre possèdent une dimension absurde (« une femme a trois seins »), mais elles exploitent toutes l’ambiguïté du fait qu’elles décrivent soit une femme en particulier soit qu’il s’agit d’une affirmation normative sur les femmes en général. Cette section est d’une drôlerie certaine, bien qu’elle là aussi implique un certain sérieux : que la performance de la féminité engendre un continuum de demandes sans fin et sont souvent sottes, conflictuelles ou simplement impossibles à accomplir. Sondant les états d’esprit lugubres et des problèmes de politique de genre aigus, l’œuvre collaborative Gustavia est peut-être le message le plus sombre en date de La Ribot.


Mathilde Monnier dit dans une interview (Elle mag) :

Chez nous, on ne parlait jamais d’art

  Je viens d’un milieu où ce métier-là n’était pas tenu en très haute estime. Une famille alsacienne un peu serrée, cinq enfants habillés pareil. Chez nous, on ne parlait jamais d’art. Mon père écoutait juste un peu de musique classique le soir avec son whisky. Le théâtre, on ne savait pas ce que c’était. La danse, j’en parle même pas !  Ah, si, ma mère disait souvent : « Les danseuses de l’Opéra de Paris, ce sont des filles de concierge. » Vous voyez l’ambiance. Je me suis extirpée de là grâce à la création. Quand je dansais, il y avait juste mon corps et la musique, je me sentais comme dépouillée, mais, en même temps, libérée de tous les carcans.


Un jour, je suis passée au CCS (Centre Culturel Suisse) par hasard, avec mon amoureux, notre train pour Limoges était quelques heures après. C'était l'été qui débutait, année 2013. La porte était ouverte et l'artiste La Ribot exposait et donnait une conférence. Nous ne le savions pas, quelques invités, journalistes informés, artistes, chorégraphes. C'est là que j'ai vu pour la dernière fois Nathalie Magnan, tacticienne des médias, professeure, elle m'a reconnue, elle est venue me voir et m'a demandé que l'on parle, s'asseoir près d'un arbre dans la cour.

Nous venions de voir l'exposition Despliegue, de cette espagnole incroyable.

Despliegue montre l’artiste en train d’errer dans un petit espace du studio, « peignant » le sol avec les divers éléments que l’on trouve dans les Pièces distinguées. La robe vert menthe à froufrous de Oh! Compositione, 1997 y apparaît, suivie du harnachement de cheval écarlate de Another Bloody Mary, 2000. Un miroir reflétant le plafond du studio, et des écrans plats rejouant la vidéo Pa amb tomàquet, 2000, placés au sol ajoutent une complexité à la composition multicolore des propriétés de l’espace. Construisant son tableau néobaroque, La Ribot récapitule les gestes clé des Pièces distinguées, leurs poses et leurs variations.

La performance a été filmée sans interruption du début à la fin grâce à deux caméras : la première attachée au plafond, à peu près cinq mètres au-dessus du sol et la seconde tenue à la main par La Ribot. L’installation prévoit que la vue d’en haut soit projetée sur le sol de la galerie alors que les plans tournés avec la caméra portée soient diffusés sur un moniteur proche. L’attention des spectateurs est partagée entre une vue à vol d’oiseau et une perspective très dissemblable, que l’artiste relie aux « yeux du corps ». Ce point de vue penché, tournant à gauche ou à droite, ignorant la gravité, fait parfois écho au regard de la personne tenant la caméra (regardant le livre qu’elle lit par exemple) alors qu’à d’autres moments il objectifie son corps, s’introduisant dans son « espace défendable » – avec un irrespect carnavalesque.

Despliegue déploie une grandeur somptueuse, bizarre, et un plaisir visuel à partir d’une sélection éclectique d’objets de tous les jours et d’un répertoire excentrique d’actions physiques. L’œuvre compile environ dix ans d’expérimentations au-delà des frontières de la danse, de l’art de la performance et de l’installation en un cycle de quarante-cinq minutes. Ce parcours se déploie dans la fragmentation, la désorientation et la déstabilisation, allant jusqu’à bousculer l’œuvre même de l’artiste.

Maria Ribot dite La Ribot, née le 19 juillet 1962 à Madrid en Espagne, performeuse, danseuse et chorégraphe suisso-espagnole de danse contemporaine, metteuse en scène, réalisatrice, artiste-vidéaste et enseignante. Elle me faisait penser au côté de ma famille maternelle, ma mère et ma grand-mère, dès qu'elle est passée devant moi pour exprimer son stress, sa joie, en même temps son impatience, son agacement, tout en même temps, d'une furieuse envie d'en découdre avec la vie et l'art. Elles ont cela dans le sang, elles sont passionnées, de belles femmes, de fortes têtes. Son expo. Géniale ! J'enseignais à l'école nationale d'art de Limoges, depuis 3 années, tant de projets, tant de forces discrètes. J'ai acheté plus tard le DVD "Gustavia" afin de le montrer aux étudiants, à mes frais donc, comme toujours. J'ai cherché une salle pour le projeter, impossible dans l'amphithéâtre, le grand, pour les grands, comme toujours, quelqu'un m'avait déjà pris ma place réservée. Avec un petit groupe d'étudiantes et d'étudiants de 4e et 5e année et de 3e année en art, nous avons arpenté les salles, moi avec mon DVD en main. Ils et elles ne savaient pas ce que j'allais montrer. Nous avons trouvé une petite salle, avec une vidéoprojection, rien ne fonctionnait, dans toutes nos déambulations, nous étions exactement comme dans Gustavia. Ils et elles m'ont vu monter sur les tables, afin de piloter le vidéoprojecteur, dont il manquait la télécommande, une chaise sur une table, très dangereux. Tous mes gestes étaient chorégraphiques. Les étudiants ne bougeaient pas, des pierres, aucun n'est venu m'aider, c'était comme un spectacle. Les étudiants voyant qu'une professeure n'a pas les outils à sa disposition et doit aller les chercher, pensent que ce n'est pas une personne soutenue par l'école, et, ils et elles se disent, si je reste, je n'aurai pas de crédit à la fin de l'année avec ce cours, donc, ils et elles restent, mais assis en manteau, comme s'ils allaient quitter la salle à tout moment. Je n'ai jamais eu peur, car aucun étudiant ne quittait la salle de mes cours. J'avais confiance en mon enseignement. Il n'a pas changé depuis ces petits élèves en banlieue, dans le 93, avec leurs manteaux qui jetaient des ciseaux aux animateurs en arts plastiques. Les arts plastiques, ce n'est jamais très bien accueilli ici, ni déjà à l’œuvre dans les familles. Être en manteau, être sur la partance. J'étais comme eux professeure, toujours dans les réunions, en manteau sur la partance. On me surveillait. J'ai reçu des courriers qui mentionnaient à quelle heure je me levais d'une réunion (11H30) afin d'espérer que je puisse enfin avoir "une faute professionnelle" dans mon dossier administratif, quand tous les professeurs étaient déjà dehors à fumer leurs clopes. On regardait si je revenais des toilettes, au cas où, si j'avais trouvé une sortie et si je m'étais évadée avant les 5 minutes de la fin de la réunion, pendant laquelle, personne n'avait le droit de parler. Je découvrais le monde syndicaliste. Certains professeurs, des hommes, en nombre avaient une écharpe rouge. Je ne connaissais pas l'importance de ce signe. "Tu" pouvais "te" lever des réunions à tous moments si "tu" portais une écharpe rouge et même déjeuner au restaurant américain McDonald's, sans que ce soit une injure au FoodTruck bio (ces camions-restaurants qui remplacent à présent les cantines pour les écoles) Et le tutoiement était obligatoire, camarade. Moi je vouvoyais, sans louvoyer. La directrice ne voulait pas que je la nomme, La directrice, mais par son petit prénom. Je n'ai jamais réussi, surtout en lisant les courriers que j'ai reçus, avec sa signature. Ils étaient bien signés de Madame La directrice, pas de son petit prénom. Il y avait le tampon du ministère de la culture, c'était très sérieux : Je constate qu'à la réunion X vous vous êtes levée sans explication à 11H30, vous êtes redevable d'une amende qui va vous coûter très cher, et si vous ne répondez pas (à mes avances) vous serez convoquée à un procès, dont vous supporterez les frais, ils vont augmenter, sans cesse. Je constate que vous ne vous êtes pas exécutée, dans les 24H, vous êtes en situation de faute professionnelle.

Rien que ça ! Bing un tampon du ministère, une photocopie un peu tiède et c'est bon, un petit logo rigolo du professeur graphiste, avec un arc-en-ciel en haut, histoire que le contenu de la lettre conjure avec la ligne graphique "créative" du choix de la direction, et hop ! Je suis devenue le loup à abattre. Waou ! Pire, une louve. J'ai cherché partout si j'avais une écharpe rouge, non, rose oui, verte, bleue, avec des motifs, violette, bordeaux, crème, pourtant, elles sont belles mes écharpes. Puis je me suis mise à créer des foulards en satin, de beaux foulards, remarquables (La vérité) mais fabriqués à Londres, oui parce qu'ici, "tu" peux pas.

Puis, une régisseuse est entrée, nous disant que nous n'avions pas réservé cette salle, elle n'était pas réservée, ni utilisée, alors nous ne pouvions pas faire cours dedans. C'est paradoxal, mais c'est la règle. Nous lui expliquions un peu tout, dans tous les sens, l'heure filait, on venait de se faire virer de l'amphi. Je suis professeure tout de même, j'ai un peu le droit de donner un cours programmé pour les étudiants que j'encadre, pouvais-je dire si discrètement et avec diplomatie. Mais il ne fallait pas trop le dire haut et fort, sinon, la salle resterait fermée et vide, alors il fallait que j'explique bien ce que j'allais montrer. La régisseusse semblait regretter, que lorsqu'elle était étudiante, dans cette école, elle n'avait pas pu avoir accès à de tels objets d'études et de culture, alors elle devenait plus sèche, et en même temps, elle se disait, quelle chance ! Même si plus tard, une rumeur courrait, selon laquelle,  je n'enseignais pas ce que je devais enseigner, c'est-à-dire, rien. Puisqu'il n'y avait personne, pouvait-on s'asseoir dans cette salle et regarder un film artistique de deux femmes magnifiques ? Elle nous dit, que la veille, il y a eu une formation pour les administratifs, et rien n'a été remis, donc c'est pour cela, qu'on ne trouve plus la télécommande, et que le son, rien n'est pas branché. Elle nous a fait venir le responsable. Le temps qu'il vienne, je remonte sur ma chaise, elle était toujours sur la table et je repilotais le vidéoprojecteur. Un étudiant arrive en retard, mais avec toutes les péripéties, il nous a cherché dans toute l'école, il s’assoit épuisé, c'est le seul étudiant noir de l'école, il fait de la peinture, j'aime son procédé et sa réflexion sur les codes, les tableaux de maîtres et les modèles noirs d'hommes et de femmes, et de nus qu'il peint en très grands formats dans l'école, cela gène. Il s'installe avec un sac de courses de supermarché, il arrive plus tard, car il travaille avec des jeunes, il donne des cours d'arts plastiques, la boucle est bouclée. Il y a la fille d'une critique d'art renommée, la seule qui lèvera la main lorsque je poserai la question de qui connait Mathilde Monnier ou La Ribot ? Mais elle n'a jamais vu de spectacle et ne connait pas Gustavia. Elle dit connaître un peu ce qu'est la danse contemporaine, il faut qu'elle se démarque un peu, sa mère est très connue du milieu, et elle a déjà été sélectionnée dans plusieurs écoles d'art. Elle a déjà un petit copain en design, qui espère ainsi être connu, en sortant avec elle. Plus tard, sans expérience aucune, il sera fier de devenir professeur dans cette école, au sortir de son diplôme. Par contre, sa copine devra partir, et n'ira pas au niveau supérieur, on a beau avoir de la famille dans le milieu, c'est le même statut qu'ont toutes les étudiantes, dans les écoles d'art, elles ne sont pas soutenues.

Personne dans la salle n'a jamais vu de spectacle de danse contemporaine, ni même des femmes à 50 ans ainsi performer. Elles sont musclées, belles, élégantes, clowns, inventives. Une étudiante réalise des volumes, je pensais aussi à elle, car dans Gustavia, les femmes déplacent des volumes sans arrêt. Dans la salle il y a le chouchou des professeurs en art, c'est toujours un garçon, pas encore un homme, il ne le sait pas, mais nous savons tous qu'il aura les félicitations à son diplôme, c'est ainsi que les écoles d'art se structurent, même s'il est installé à côté d'au moins 5 étudiantes meilleures que lui, c'est lui que les professeurs ont choisi, pour leur filiation, et les secrétaires de l'administration, il est très bien suivi, il porte tout le poids des enseignements, qui retardent. Il voudrait être artisan, mais il est poussé à être artiste. Il est très mal à l'aise. Il ne comprend pas pourquoi le livret de l'étudiant de cette école date d'il y a 2 ans. Il le dit tout fort avant que l'on commence. Malheureusement je ne puis rien y faire, de mon côté tout fut déjà prêt pour publication, ce n'est pas à moi qu'il faut demander pourquoi cela bloque. Là je débloque le vidéoprojecteur. Mais il ne le dira jamais aux autres professeurs, ni même lorsqu'il sera élu représentant des autres étudiants, sinon, il n'obtiendra plus la confiance de toute l'école et ne sera pas soutenu lors de son passage au diplôme, il faut tenir le rôle et ne pas déroger aux privilèges patriarcaux. Il est sympathique, je comprends sa situation, il sera plus libre après, s'il devient adulte. Il sort avec une étudiante, elle a peur de toutes les femmes professeures, alors elle les évite et reste scotchée à son copain, au moins, lui, il est bien vu. Nous sommes là pour voir une création. Je présente un peu ces femmes, au passage, je leurs dit que j'ai été danseuse contemporaine, ils ne savent rien de moi, ils ne se renseignent pas sur les femmes professeures artistes, ils pensent que je suis celle qui doit leur apprendre à éclaircir ou effacer une image ou publier un dessin, ce que j'ai fait avec brio. Oui, j'efface et j’éclaircis, tout est dit. Le responsable régisseur arrive, il est plus grand, plus fort que la régisseuse, elle qui est plus diplômée que lui, elle est soumise à ce responsable, il a d'énormes responsabilités, son travail c'est le plus important de toute l'école, il peut virer qui il veut. Nous n'avons plus besoin de lui, nous commençons la projection tardivement. Ils sont assis sur des chaises dures et ce qu'ils voient est inattendu, saugrenu, ils sont complètement désorientés, ils n'ont jamais vu cela. C'est trop long pour eux, cela ne se consomme pas comme d'habitude. La projection terminée, leur ventre gargouille, le mien aussi, déjà 13H après nos échanges, les jeunes hommes sont complètement abasourdis, ils ne savent pas comment accepter que cela existe, qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire de ce truc ? Le jeune homme qui revenait de ses courses et donne des cours d'arts plastiques, médite et dit que cela lui donne beaucoup de matière à réflexion. Les jeunes femmes sont excitées comme des puces, l'une veut montrer qu'elle savait qu'il y a des choses formidables dans le domaine de la danse, sa mère le lui a dit, une autre qui réalise des volumes est épatée et même en colère, personne ne lui a jamais montré qu'on pouvait faire cela. Une autre est très timide et a l'impression que j'ai montré quelque chose d'interdit, elle ne sait pas si elle doit me dénoncer. Alors que cette même étudiante est plutôt sous emprise de professeurs pas très nets, qui n'arrêtent pas de lui dire qu'elle n'est pas capable de créer mais plus d'écrire, ce qui les amènent à penser, qu'elle n'est pas faite pour l'art... J'ai entendu la coordinatrice de la culture générale dire cela à son attention, de la plus intelligente, curieux, non ? Son travail artistique est doux, féérique, silencieux. Les danseuses sont vieilles, artistes bien plus dynamiques que ces jeunes étudiants, parfois brutales, elles nous réveillent, elles ont une expérience, et moi, je ne suis que celle qui transmet, je leurs montre à mon tour, je sais que c'est très important de "savoir". Plus vieille aussi, je me dis que peut-être, ils et elles sauront à leurs tour prendre des risques, être autonomes, oser, ne pas avoir peur, dépasser les obstacles, devenir fiers de leurs gestes, de leurs corps, de leurs voix. Je n'ai pas pu les emmener à Paris voir l'exposition de La Ribot, je n'ai pas pu les emmener rencontrer d'autres artistes que je connaissais, mais j'ai fait ce que j'ai pu, là à Limoges. Puis ensemble, elles sont allées, ensemble, elles sont parties, ils et elles ont travaillé sur d'autres formes, ils et elles ont fait des recherches. Ils et elles ont fondé leur studio de création, avec ces souvenirs d'enseignements, mon pilotage, génial ! Je n'ai plus de nouvelles d'aucun des ces étudiants. Jamais je ne leurs ai confié les difficultés dans lesquelles je me trouvais à enseigner, afin qu'ils et elles continuent de se concentrer dans leurs études. La propagande, ce n'est pas pour moi.

Plus tard je rencontrais Claudia Triozzi, danseuse, chorégraphe et plasticienne, italienne à l'école d'art de Bourges, lorsque j'y ai enseigné. Malgré sa notoriété, elle n'avait pas beaucoup l'occasion de s'exprimer lors des réunions, tout ce qu'elle apportait était juste. Elle attendait de partir de cette école, la parole des femmes était verrouillée. Pourtant, c'est bien la seule école, où j'ai vu autant de femmes féministes énoncer fièrement qu'elles l'étaient et que leurs cours et leurs contenus avaient une portée nationale voire internationale. Simples voisinages. Et finalement est-ce cela vraiment efficient ? Non. Pas une seule d'entre nous, lorsque nous étions en difficulté, n'était défendue par une autre, par un autre. Pleurer, c'est tout ce que l'on veut. Comment ces écoles d'art en sont-elles venues à rejeter les artistes femmes et les théoriciennes ? Comment se fait-il que l'on ne parvienne plus, en France à enseigner. Les femmes ne sont pas solidaires tout simplement et les hommes pas solidaires non plus, personne n'est solidaire, les hommes se taisent, on ne les entend jamais sur ces questions, c'est comme si la vie et l'art ne les concernaient pas. Ils gardent jalousement leurs privilèges, ils se font petits comme de tous petits garçons, ils préfèrent être maltraités ainsi, en tant que petits et non pas adultes. L'infantilisation est totale et partagée. Tout le monde est triste et tout le monde se plaint. On a bien lu, ces temps-ci qu'il y avait un sérieux problèmes dans les ressources humaines du ministère de la culture depuis des dizaines d'années et que rien n'est encore analysé, c'est systémique, c'est d'une perversité hallucinante à un haut niveau. C'est-à-dire que les femmes, qui cherchent un emploi dans la culture sont bloquées depuis très longtemps. Complicités, dénis, tortures, intoxications, arrêts maladies... Il y a des pipigates qui sont comme de mauvais scénarios de films, glauques, prônés dans de hauts conseils "à l'égalité entre les femmes et les hommes", dont les médias raffolent (ici et ici), et dont l'analyse est oubliée. L'heure est grave, mais ce n'est pas grave. Tout cela ne sont que des fantaisies ou des troussages de domestiques. Ne perdons pas de vue que cela concerne "le sel de la vie", ce salaire, dont j'ai fait une étude très détaillée, sur des parcours de femmes que l'on abîme en toute impunité. Twitters de plus, on oublie, tout, mais finalement le Monsieur diplômé en pipi, il vaut mieux l'oublier. On s'étonne que nombre de femmes sont encore assez nunuches pour supporter de tels collègues. Les peu dégourdies seraient les meilleures. J'adore le mot "dégourdi", car en céramique il désigne un terme technique très usité : "Première cuisson d'une céramique avant l'émaillage et la pose du décor ; céramique ainsi traitée". Lorsque j'enseignais, j'entendais souvent cela "le dégourdi" par-ci, le "dégourdi" par-là. Les dégourdis sont très recherchés pour manipuler un peu les nunuches.

Puis, je verrais ses conditions de travail, elle, la danseuse, la performeuse, elle n'obtiendra pas de salle pas souvent, une lutte. J'ai assisté à un de ses cours pour des étudiants de première année. Je circulais dans l'école depuis 1 mois, personne ne m'avait présentée, le directeur m'emmenait voir les salles, je n'étais programmée nul part, je n'avais aucun étudiant. En assistant à son cours, j'ai présenté mon studio : Il pulcino nero. C'était en 2016, en février, Claudia italienne connaissait bien le petit Caliméro, et n'arrêtait pas de dire que c'était une triste histoire et qu'elle avait les figurines des lessives italiennes et qu'elle voulait m'en donné, elle n'aura pas le temps, dans la foulée, Nathalie Magnan est décédée, Claudia avec d'autres femmes professeures théoriciennes et artistes sont parties ou se sont mise en disponibilité, et moi aussi j'ai arrêté d'enseigner. Mais ainsi, lors de son cours, tous les étudiants présents sont devenus aussi mes étudiants pour Il pulcino nero. Claudia était ravie. Grâce à elle, j'ai pu commencer une belle aventure et nouvelle, pédagogique. La question de la transmission et de la filiation, dans les écoles d'art, n'est jamais officielle, elle est tue. Mais elle existe, par des biais, inattendus, ce sont des liens les plus forts et ce sont ces liens qui font les créations les plus modernes, car elles ne sont pas attendues. La salle, cette chapelle que Claudia ne parvenait pas à réserver, seule professeure qui avait besoin de cet espace, était parasité par un ancien étudiant devenu artiste, vidéaste, ou grand gourou des écoles d'art dans les régions. Il a pour habitude de prendre par force les espaces des écoles d'art et ramener toute sa clique et se servir des étudiants comme main d’œuvre de ses films expérimentaux, où il se met le plus souvent à poil. Les professeurs lui font la guerre, gentiment, cela fait une animation scolaire, un divertissement, de l'agitation, cela gueule, ce n'est pas féérique ni doux, attention. Les étudiants partent même le week-end l'aider à réaliser ses tournages, il a l'accord des directions, même à Limoges, que ce soit des femmes ou des hommes qui dirigent, cela perdure. Il n'a pas le niveau de Gustavia, ni des autres artistes, alors il pique le matériel et les études. Des étudiantes qui participaient à mes cours ont été obligés de travailler avec cet artiste invité. Ce qu'elles ont vu ne les a pas incité à poursuivre leurs études, manifestement, elles ont arrêté. Pourquoi n'y-t-il pas plus de femmes artistes en France ? Il y en a partout !

Alors oui, dans les écoles d'art, comme dans le cinéma, le phénomène de l'emprise est dominant. Le male gaze domine. Les étudiantes, jeunes, en recherche d'emploi à côté de leurs études, en recherche de crédits, en recherche d'apprendre, se tournent vers des pygmalions et pygmalionnes, les rabatteuses sont nombreuses, sans le savoir, les Catherines nous le disent bien, les prédateurs ont le droit à l'oubli, pas les victimes, elles sont blessées ou mortes, et puis c'est bien connu, il faut faire la différence entre l’œuvre et l'homme. Vous n'avez donc pas un cerveau capable de séparer un violeur de sa création médaillée par notre pays ? Sacrées nunuches que vous êtes. Et comment ils font dans les églises ? Ils séparent aussi, on se confesse toujours auprès des pervers, ils n'attendent que cela, ils séparent bien les hommes en robe, de leurs actes criminels. Aux ressources humaines, ils ont compris cela : Montrez-moi votre curriculum, et je vous donnerai votre chance. Certaines feraient n'importe quoi, même vendre des gâteaux pour partir au bout du monde avec trois professeurs, trois hommes. Elles ne connaissent rien, ni leurs droits, ni les dangers, ni qu'elles peuvent décider elles-mêmes de leur propre méthodologie de recherche. Il n'y a aucune sécurité dans ces écoles, aucun cadre d'autorité pour protéger les dérives. Et il y a des femmes pour observer, diriger, payer tous ces hommes. Ont-ils eu une seule fois une idée de leur responsabilité ? Non, cela se passe comme cela, en famille, aussi.

Si j'avais cette autorité, les études seraient privilégiées et l'accès à la connaissance aussi. On a peur des femmes libres, très peur, et de celles qui ont une expérience.
Les femmes sans expérience sont placées aux directions, manipulées, sexistes à souhait, il faut que les règles perdurent et le male gaze... Ou bien il faut qu'elles soient déjà riches, c'est très important, avec un réseau... de riches. Argenteries, luxes et plaisanteries. Là, on s'incline, on leur donne directement une charte "contre les discriminations" et les féministes leur fichent la paix. mais cela ne résous absolument rien. C'est le but.

On aime voir les femmes victimes, mais on n'aime pas les voir s'élever, gagner, réussir.

On aime regarder longuement parler les femmes victimes d'abus, sexuels, moraux, on aime leur donner la parole, les encourager à porter plainte : PORTER PLAINTE. Sans arrêt.

On n'aime pas les voir jouer, vibrer, jouir, décider, programmer, inventer des lois, des règles, on ne leurs donne comme avenir seulement qu'elles appliquent les règles écrites par d'autres et à l'encontre de leur volonté. Ce sont mêmes les femmes les premières qui vont ordonner aux autres femmes à ne pas utiliser les salles vides, car c'est la règle, la seule qu'elles ont apprises pour garder leur travail, avoir un salaire. Oui, il y a des petites dérogations, des solidarités parfois, cela reste très discret, et surtout ne rendre rien visible. On interdit le voile, dans les institutions, mais on continue de voiler et violer les femmes, à visage découvert, les petites, et les petits, c'est tout le paradoxe. La France se voile la face. Ce sont même ces femmes aux ressources humaines, elles-mêmes abusées depuis des années par d'autres hommes pervers, recrutées par ceux-ci, qui vont ordonner aux artistes femmes de réduire leur curriculum, réduire leur parcours, ce sont elles qui vont leurs demander de "modérer" leurs propos, de ne pas dire et jamais s'exprimer, de ne pas rire de situations grotesques, de ne pas montrer du doigt les affreux, et surtout de ne pas avoir l'espoir de décider de leur carrière, car ce sont elles, les femmes désignées par des pervers qui appliquent les règles. Elles sont fatiguées, elles sont fragiles, elles ne savent pas ce qu'elles disent, elles disent n'importe quoi, ce sont des femmes. Comme dans Gustavia, ce sont des femmes... géniales.

La mode est à la délation et on donne aux femmes un rôle dévastateur pour elles : donner les noms, les situations, les dates, nommer les règles mêmes, dans lesquelles on les a placées, juste pour les regarder pleurer.

Alors, que pour la plupart, elles savent créer, elles sont créatrices, elles n'ont d'ordre à recevoir de personne et ni des médias. Et pire : elles sont en nombre. Elles sont si nombreuses, mais elles continuent à se faire gonfler les seins et monter sur des échasses sur des tapis rouge à Cannes, des portes-manteaux du monde du luxe, des sacs à mains... de fortunes, des entremetteuses. Et elles doivent sourires. Elles ont leurs armes, ne les croyez pas si nunuches, elles sont bien armées et bien décidées à changer le monde même handicapées.

Dans Gustavia, ces 2 artistes qui miment l'action de pleurer, ces pleureuses, sont magnifiques. Le jeu à 2 de ces femmes qui décrivent ce que c'est qu'être une femme qui pense et ne pense à rien, j'adore.

Vive la création !

Dernières créations en dates de ces artistes :

Please Please Please
[Danse]

Mobilisant le texte autant que la danse, La Ribot et ses deux complices passent un accord non contractuel qui, à coup sûr, ne tiendra aucune de ses promesses. Une manière pour eux de sonder l’indocilité première du corps et de l’opposer à la discipline des institutions.

Dans Please Please Please, sa dernière création en date de 2019, La Ribot s’allie à nouveau à la chorégraphe Mathilde Monnier, avec qui elle avait collaboré sur Gustavia, et pour la première fois au metteur en scène portugais Tiago Rodrigues. Ils signent ensemble un pacte dérégulé par lequel tous trois s’engagent à préserver ce que la danse a de plus indomptable. Comme une contre-proposition au contrat social, l’accord déjoue les normes du spectacle pour laisser s’exprimer des corps rendus à leur seul désir, incluant le public à son insu. La pièce s’interroge sur ce que l’institution (de l’école au centre d’art) peut faire au corps en déclinant des figures de marginalité, présentées comme autant de façons de contourner la norme. Please Please Please mutualise, selon leurs propres termes, la danse du beau et celle de l’exécrable dans une performance polymorphe qui prend le sauvage pour prisme de lecture. Au cours de cette négociation, les clauses du spectacle se redéfinissent sans cesse. Placé en situation d’autonomie, chacun éprouve alors seul son corps, au risque assumé du ridicule, de l’incertitude et du dysfonctionnement.

Et...

Tiago Rodrigues, né en 1977, est dramaturge, producteur, metteur en scène et acteur portugais.
Auteur, il écrit des pièces de théâtre, des scénarios, de la poésie, des chansons ou encore des billets d'opinion publiés dans la presse.
Également pédagogue, il est régulièrement invité pour enseigner la dramaturgie notamment à l'université d'Évora.
A 38 ans, il est devenu le nouveau directeur artistique du Théâtre National Dona Maria II à Lisbonne, une des plus anciennes et prestigieuses institutions du Portugal.



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La Ribot © 2019

Une femme ferme sa porte avec sa clé


Par kiwaïda at 19:58

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