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blog m kiwaïda

01/04/2018

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Peinture de Shirley Shaffe


Peinture de Miró > “Painting (Head)” (1930)


Peinture de Tom Wesselmann > Bedroom painting N°31 (1973)


Peinture de Francis Picabia > Salicis (1929)


Peinture de Francis Picabia > "Idylle" (1925-1927)


Photographies © Sonia Marques

Par kiwaïda at 19:33

09/03/2018

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Samia Halaby

Par kiwaïda at 21:30

24/02/2018

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Photographies & peintures & dessins & modèles, Sato & Cafu © Sonia Marques

Par kiwaïda at 18:33

13/02/2018

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Dans la nature © Paul Jacoulet

Il neige aujourd'hui.
Souvenirs d'une discrète exposition, Un artiste voyageur en Micronésie, visitée en 2013 musée du quai Branly à Paris, des magnifiques estampes de Paul Jacoulet (1896-1960). Selon les conseils de mon tendre ami, amoureux de mes dessins.



Nuit de neige © Paul Jacoulet

J'ai compris pourquoi l'art exposé et très médiatisé ne m'apportait pas autant d'ouverture, que de discrètes expositions et de secrets chemins de connaissances. Aussi, autre apprentissage, la relation maîtres.se - élève, n'a de valeur que lorsque l'élève s'élève jusqu'à enseigner au maître, à la maîtresse, à mieux comprendre son parcours, à mieux voir la neige nue.

Malgré sa santé précaire, Paul Jacoulet tirera grande santé de ses qualités d'observations et de son attachement à la fragilité des populations de la Micronésie. Ses estampes sont de deux formats différents : ōban (大判?) et un format plus petit (carte postale) de réédition des estampes les plus populaires. Les estampes de format ōban sont au nombre de 166. Outre ses talents artistiques, Paul Jacoulet était aussi connu pour sa très riche collection de papillons.

Son admiration pour ses professeurs de dessin et pour les grands maîtres de l’estampe japonaise, dont Utamaro, transparaît nettement dans son œuvre mais ne prend jamais la forme de la copie. Elle le conduit très vite vers un style personnel, qui s’épanouit au cours des nombreux voyages entrepris à partir de 1929. Séduit par ces archipels et par leurs habitants, le peintre y développe des relations personnelles, particulièrement à Yap et à Ponape. Cette proximité lui permet d’observer le tatouage qui lui inspirera de nombreuses études et dessins préliminaires. Au-delà de leur dimension artistique, ces séries réalisées à l’aquarelle et à la mine de graphite constituent aujourd’hui un corpus iconographique unique, témoignant des tatouages micronésiens anciens. La représentation des corps tatoués, à la fois sensible et intime, traduit l’émerveillement de l’artiste pour ces cultures insulaires. Elles offrent ainsi une vision poétique et humaniste, bien loin du discours et des dessins scientifiques des ethnologues. Au contact des populations des îles du Pacifique, Paul Jacoulet porte un regard attentif à l’esthétique des parures traditionnelles. Les œuvres qu’il y consacre possèdent aujourd’hui une forte valeur documentaire et témoignent de la place importante qu’occupait l’ornement corporel dans ces sociétés. En s’intéressant à la parure, Paul Jacoulet renouvelle un thème classique de la gravure sur bois japonaise, dont les portraits décrivent avec détails les vêtements, coiffures et maquillages. Ainsi l’élégance du port des plumes et des coquillages en Micronésie, fait écho à l’apparence recherchée des acteurs du théâtre kabuki ou des courtisanes japonaises qui ont tant inspiré le genre de l’estampe. Ce goût tout particulier pour l’ornement du corps rejoint aussi celui du théâtre et du déguisement chez un artiste multiple qui est resté, durant toute sa carrière, à la fois peintre et récitant de chant costumé (gidayu). L’approche de l’intime est quant à elle plus proche du nu de la peinture occidentale. L’esthétique des traits et du modelé du corps y est pleinement mise en valeur, sans allusion directe à l’érotisme. La quasi-nudité du monde micronésien permet au contraire à l’artiste d’évoquer une innocence originelle, proche de la nature. Le dessin vif des corps, se détachant sur des décors brillants, animés par la végétation et les insectes, offre une vision d’un monde obéissant à une même esthétique naturelle et au-delà de toute pudeur.
(Extrait du Musée de Tahiti)



Chagrin d'amour © Paul Jacoulet
Dédicace à Pépino <3 et à mon amoureux.
À ce qui ouvre l'imaginaire, aux soins.
Il est temps de se remettre à dessiner...
Kiwaïda vient de ces îles...

Par kiwaïda at 15:46

10/02/2018

玉兔

Satori & Cafuné © Sonia Marques

Un jour, un dieu décida de descendre sur terre et de prendre la forme d’un homme affamé. C’est ainsi qu’il alla dans une forêt pour se rendre compte de la capacité des animaux à survivre dans les bois. À sa vue, toutes les bêtes résidant dans la forêt lui ramenèrent de la nourriture. Le singe, en grimpant dans les arbres, lui ramena des fruits. L’ours, en allant pêcher dans la rivière, lui offrit des poissons. Les oiseaux chassèrent des insectes et des vers. Tous avaient un présent pour lui, à l’exception du lapin. Il eut beau faire tout ce qu’il pouvait, il ne réussit pas à trouver de la nourriture pour l’homme affamé. Tous les animaux commencèrent à se moquer de lui. Et le lapin, triste, voulait par-dessus tout lui venir en aide. C’est alors qu’il demanda à ce qu’on allume un feu. Et il décida d’offrir sa propre vie, sa propre chair, en se sacrifiant dans le feu. Le dieu fut très ému par cet acte et décida de lui sauver la vie. Puis, en récompense, l’envoya habiter sur la Lune. Depuis ce conte, les japonais voient se dessiner un lapin sur la Lune quand celle-ci est pleine. Et chaque année, le 15ème jour du 8ème mois lunaire (septembre/Octobre) se tient la fête « Tsukimi », la fête de la pleine lune.

Légende du lapin lunaire, ou "lapin de Jade" : Dans le folklore asiatique jusqu’aux contes bouddhistes de Jakata, la légende du lapin lunaire est aujourd’hui toujours célébrée en Chine, au Japon, en Corée, au Sri Lanka, en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge, ou encore en Birmanie.

(•ㅅ•)

Two Rabbits - 1930 - Shoson Ohara (Koson) 1877-1945

⌒(。・.・。)⌒

Intriguée levant ses yeux vers la lune, observant ses marques, j'observe une paréidolie :  la naissance de la légende du lapin lunaire ou lapin de Jade.

Et des légendes, car la vision lunaire est changeante, des territoires aztèques à l’Est de l’Asie, les humains vivent, pensent et croient différemment. Dans le Chu Ci, une anthologie de poèmes chinois datant de plus de 400 ans av. J.-C., le lapin de la lune y est accompagné d’un crapaud et y prépare un remède pour les mortels. En Asie de l’Est, le lapin est représenté avec un pilon et un mortier et produit l’élixir de vie pour la déesse de la lune Chang’e.

 ̄(〃゚o ゚〃) ̄


C’est cette histoire qui depuis Houston a accompagné 3 astronautes au destin d’exception, jusqu’au premier pas de l’Homme sur la lune, territoire mystérieux et tant convoité. Mission Apollo 11, 5e jour (20 juillet 1969), préparations pour l’atterrissage sur la Lune :

095:17:28
Evans : Roger. Among the large headlines concerning Apollo this morning, is one asking that you watch for a lovely girl with a big rabbit. An ancient legend says a beautiful Chinese girl called Chang-O has been living there for 4,000 years. It seems she was banished to the Moon because she stole the pill of immortality from her husband. You might also look for her companion, a large Chinese rabbit, who is easy to spot since he is always standing on his hind feet in the shade of a cinnamon tree. The name of the rabbit is not reported.
095:18:15
Collins : Okay. We’ll keep a close eye out for the bunny girl.

Traduction : Evans : Parmi les grands titres de la mission Apollo ce matin, il y en a un qui demande à ce que vous guet tiez une adorable fille avec un grand lapin. Une légende ancienne raconte qu’une magnifique fille chinoise du nom de Chang’O vit là-bas depuis 4000 ans. Il semble qu’elle ait été bannie sur la Lune pour avoir volé la pilule d’immortalité à son mari. Vous devriez aussi chercher son compagnon, un grand lapin chinois, facile à trouver puisqu’il se tient en permanence sur ses pattes arrière à l’ombre d’un cannelier. Le nom du lapin n’a pas été rapporté. Collins : Okay. On gardera l’œil ouvert dehors pour la fille au lapin.

/ (´・×・`)\


Two Rabbits, Pampas Grass, and Full Moon - Hiroshige - 1849 - 1851

/(・ × ・)\ Comptine enfantine

 J’ai vu dans la lune
Trois petits lapins
Qui mangeaient des prunes
En buvant du vin

/ (,,๏ ⋏ ๏,,)\


 

Les monstres d'Utagawa Kuniyoshi (Sumo no zu)

Utagawa Kuniyoshi (1798 – 1861) était l’un des derniers grands maîtres japonais de l’estampe sur bois (‘ukiyo-e’). I est célèbre pour avoir réalisé entre autre les Suikoden, ou les Cent-huit héros chinois. Parmi ses estampes de paysages, de scènes quotidiennes, de chats, ou même de courtisanes et de geishas, Utagawa Kuniyoshi a aussi réalisé de nombreuses estampes dédiées aux monstres et aux fantômes issus du folklore japonais, et aux héros qui les ont combattu.

⌒(,,Ő x Ő,,)⌒

Cent aspects de la Lune : Le lapin de jade - Sun Wukong, de « Voyage vers l'Ouest »

Description Tsuki hyakushi (Cent aspects de la Lune) est une vaste collection de nishiki-e (estampes multicolores au bloc de bois) réalisée par Tsukioka Yoshitoshi (1839−1892). Les estampes ont été publiées en plusieurs vagues par Akiyama Buemon entre 1885 et 1892. Elles représentent les différents aspects de la lune, empruntés aux anecdotes, aux événements historiques et à la mythologie japonaises et chinoises. Une grande diversité de sujets y est évoquée, dont les guerriers célèbres, les femmes éminentes, les oiseaux et les animaux, les lutins et les fantômes. Cette estampe figure dans un roman-fleuve comprenant 100 peintures de Tsuki hyakushi et deux répertoires créés après l'achèvement de la collection. On considère qu'il a été relié par son ancien propriétaire. La préface écrite à la même période que les répertoires ne figure pas dans le livre. Les spécialistes estiment que l'ordre des estampes de l'album ne suit pas l'ordre selon lequel elles ont été publiées, mais plutôt, l'ordre des répertoires, malgré quelques variantes. Tsukioka Yoshitoshi fut un artiste d'ukiyo-e de l'école d'Utagawa Kuniyoshi (1797–1861), actif de la période Bakumatsu (fin du shogunat) à l'ère Meiji. Il a créé un large éventail d'œuvres, dont bijin-ga (peintures de belles femmes), fuzoku-ga (peintures de mœurs), et des peintures de personnages historiques et littéraires. Achevée l'année de sa mort, cette collection est souvent considérée comme le chef d'œuvre de ses dernières années.

⌒(=・ x ・=)⌒


A medallion on an 18th century Chinese emperor's robe depicting the Moon Rabbit mixing its elixir of life at the foot of a cassia tree.

Chang’e (chinois : 嫦娥 ; pinyin), est un personnage de la mythologie chinoise, femme de l’archer Houyi. Séparée de son mari et du reste des humains, elle réside éternellement sur la Lune, dans un palais de jade nommé Vaste froidure (廣寒宮, guǎnghángōng), avec pour seuls compagnons Wugang, un apprenti immortel exilé, occupé à abattre un cannelier qui repousse sans cesse, et un lièvre apothicaire dit « lièvre de jade », assisté selon certains d’un crapaud. Le taoïsme la considère comme la déesse de la Lune (Yin suprême, 太陰星君, tàiyínxīngjǖn. Elle est évoquée tous les ans le 15 du huitième mois lors de la Fête de la mi-automne. Dans la poésie de la dynastie Tang, elle représente une belle femme délaissée ; Li Shangyin la mentionne dans deux œuvres : Lune de givre et Soir de Lune.
Le cratère lunaire Chang-Ngo lui est dédié.

Version courante :

À l’époque de l’empereur Yao vivait un chasseur, archer d’élite nommé Houyi. Un jour, un fait extraordinaire se produisit : les dix soleils se succédant habituellement au long d’une dizaine de jours apparurent ensemble, asséchant les rivières et brûlant la terre. Yao demanda alors à Houyi d’en abattre neuf de ses flèches, ce qu’il fit. Il obtint grâce à cet exploit une grande réputation. Il en conçut le désir de devenir immortel et partit lors d’une expédition de chasse vers l’ouest à la recherche de la déesse Xiwangmu, maîtresse du Jardin de longue vie. Elle lui confia un élixir à partager avec sa femme Chang’e lorsqu’ils seraient âgés. Houyi, de retour chez lui, transmit les instructions de Xiwangmu à son épouse et enferma l’élixir dans une boîte. Mais un jour qu’il était à la chasse, le désir de connaître l’immortalité eut le dessus et elle ouvrit la boîte pour boire sa moitié d’élixir. Houyi rentrait juste et surprit sa femme qui, décontenancée, avala sans réfléchir l’intégralité du flacon. Les immortels ont le don de se transporter dans les airs, mais Chang’e, ayant absorbé le double de la dose nécessaire, avait perdu le contrôle de son corps. Elle s’éleva jusque sur la Lune où elle demeure depuis.

(≡・ x ・≡)

Autre histoire :

Dans une légende racontée à Pékin et aux alentours, un fléau mortel arriva dans la ville il y a 500 ans et a commencé à tuer beaucoup de gens. La seule chose qui pourrait sauver la ville de cette épidémie était le lapin de lune. Chang'e a envoyé le lapin lunaire sur la terre pour visiter chaque famille et les guérir de ce fléau. Il a fait cela et n'a rien demandé en retour, sauf quelques vêtements et s'est transformé d'homme en femme. Après avoir guéri la ville de cette peste, elle est retourné à la lune.
A ce jour, les jouets en figurines de lapin portant une armure et chevauchant un tigre, un lion, un éléphant ou un cerf, sont des jouets populaires chez les enfants et les adultes. Ils sont particulièrement populaires pendant le Festival de la Mi-Automne, ou pendant le Nouvel An lunaire sur l'Année zodiacale du lapin (2011).


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Ôkuninushi no Mikoto, the White Hare of Inaba, and the Crocodiles (Katsushika Hokusai - Edo period)

L’histoire du lapin blanc d’Inaba

Ôkuninushi est l’un des nombreux descendants de Susanô, l’une des divinités principales de la mythologie japonaise. Devant se rendre dans la province d’Inaba pour demander la main de la princesse Yagami, les 80 frères d’Ôkuninushi lui demandent de les accompagner pour porter leurs sacs. En chemin, ils rencontrent sur une plage un lapin écorché vif.

L’animal leur raconte qu’il a traversé la mer depuis l’île voisine, sur laquelle il s’ennuyait. Afin de rejoindre Inaba, il s’est joué des requins (ou des crocodiles, ça dépend des versions) en leur demandant de s’aligner dans l’eau pour les compter en sautant sur leur dos, et enfin résoudre l’une des plus grandes énigmes au monde : savoir qui des lapins ou des requins sont les plus nombreux. Le malin lapin réussit ainsi à traverser la mer, mais en arrivant sur le dernier requin, il avoue les avoir trompés et ne pas savoir compter. Vexé, le requin arrache la peau du lapin, qui réussit quand même à s’enfuir de justesse.

Les 80 frères d’Ôkuninushi conseillent au pauvre animal de se jeter dans la mer, puis de laisser sécher sa peau au vent pour soigner ses blessures. Seulement le sel contenu dans l’eau attaque la chair à vif du lapin, qui se tord de douleur sous les rires de la fratrie. Ôkuninushi lui conseille alors de se plonger dans l’eau d’une source, puis de se rouler dans du pollen de jonc. Le lapin s’exécute, sa peau guérit, et il retrouve son pelage blanc. En remerciement, il prédit à son sauveur que c’est lui qui épousera la princesse Yagami – ce qui, bien évidemment, se réalise.

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Le chasseur chassé

 Lapins rôtissant un chasseur à la broche. Lorcher Chorbücher Württembergische Landesbibliothek (1511)

Heinrich Hoffmann: Der Struwwelpeter; Frankfurt am Main : Literarische Anstalt Rütten & Loening, 1917

Le chasseur chassé est un thème récurrent de l'imaginaire. Dans les marges à drôleries des manuscrits gothiques, les enluminures substituent au chasseur, notamment le lapin. Dans les décrétales de Smithfield par exemple, datant de 1330, la punition du chasseur fait l'objet d'un véritable cycle. Un chasseur est terrassé par un lièvre ou un lapin, puis attaché et conduit devant le juge. Condamné à mort, il est mené au gibet puis décapité.

Ils appartiennent à cette catégorie de caricatures qui ont été appelées en français « Monde retourné », le monde à l'envers, dans lequel chaque classe opprimée des êtres animés devient le seigneur et maître de son ancien oppresseur, et sur le principe de la juste réciprocité du crime, le traite avec le même genre de cruauté, ou lui administre une punition, qui pourrai faire passer la mort pour plus avantageuse. Ainsi des carreaux retrouvés dans le Prieuré dominicain de Derby, le lièvre a pris possession de la corne de chasseur et galope avec toute l'ardeur et l'enthousiasme que la chasse peut inspirer.

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Dans La dame à la licorne...

La tenture de la Dame à la licorne a été acquise en 1882. Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des grands chefs d’œuvre de l'art occidental.

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Le toucher, le goût, l'odorat, l'ouïe et la vue... Ces six tapisseries, tissées autour de 1500, représentent les cinq sens sur un fond rouge habité d'une nature foisonnante. Reste le sixième sens, commenté par l'inscription « À mon seul désir », qui a inspiré de nombreuses hypothèses. Sans exclure une signification dans le registre de l'amour courtois, il pourrait désigner le libre-arbitre : la femme à la coiffe apprêtée et aux vêtements recherchés renonce aux plaisirs temporels. Ces tapisseries « millefleurs » se caractérisent par une flore abondante: fleurs, orangers, pins, houx ou chênes et sont peuplées d'un bestiaire paisible (singe, chiens, lapins, héron).  Dans cette nature paradisiaque qui invite à la contemplation, la licorne est tantôt actrice et tantôt simple spectatrice. Accompagnée d'un lion, elle porte sur chaque scène les armoiries de la famille Le Viste.

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Les lapins sont d'ailleurs de loin les animaux les plus représentés.

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Pendant des siècles, la célèbre tapisserie médiévale de la dame à la Licorne a gardé son mystère, jusqu’à ce que, dans les années 1920, puis en 2000, le chercheurs médiévistes s’accordent sur une interprétation spirituelle de l’œuvre. La Dame à la Licorne exprime l’accession au mystérieux « sixième sens ». (Détail du troisième tableau de la tenture représentant « Le Goût »)

Et je note que la dame tient une perruche à collier (un autre sujet qui m'est bien familier !)
Je suis une dame à la licorne, à mon seul désir !

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La vierge au lapin



Tiziano VECELLIO, dit TITIEN (Pieve di Cadore, 1488/1490 - Venise, 1576)
La Vierge à l'Enfant avec sainte Catherine et un berger, dite La Vierge au lapin (Vers 1525 - 1530)
Huile sur toile (H. : 71 cm. ; L. : 87 cm)

Dans un paysage de la campagne vénitienne délimité par les Alpes, des personnages se sont réunis autour d’un panier de victuailles comme pour prendre une collation.
Au centre, la femme en robe rouge et manteau bleu est facilement identifiable : c’est la Vierge ; elle caresse un lapin tout en portant son regard sur son fils, Jésus Christ, que lui tend une femme vêtue et coiffée à la mode de l’époque. A droite, en arrière plan, un homme garde des moutons.
Titien a peint ici une scène religieuse comme s’il s’agissait d’une scène de la vie quotidienne, empreinte de naturalisme et d’intimité.

(Musée du Louvre)

C’est une scène chrétienne et le lapin blanc est symbole de la virginité de Marie.
S’il y avait plusieurs lapins, ils suggéreraient la luxure. On rapporte après analyse aux rayons X, que le Titien avait peint plusieurs lapins qui entouraient la Vierge. Pour échapper aux critiques menaçantes de l’Inquisition, le Titien a placé quelques symboles christianisant une scène profane. Venise avait la réputation, à cette époque, de s’épanouir dans un humanisme heureux et de vivre son catholicisme de manière libérale, bien loin des dogmes et des traditions d’un Vatican lointain.

Dans ce tableau il y a des liens affectueux et de protection : la vierge Marie tient un lapin blanc de sa main gauche, qui serait un symbole de pureté, et son doux regard se porte dans la direction du bébé, la servante (Sainte Catherine) présente ce nourrisson nu à Marie (Jésus), le petit tient le menton de la servante avec sa main gauche et regarde le lapin blanc d'un air joueur en tendant sa main droite dans sa direction. Un berger assis regarde avec distance la scène au premier plan en caressant un animal, l'une de ses brebis. Mais au tout premier plan, en bas à droite, nous pouvons observer le derrière d'un autre lapin qui sort du cadre, afin de réserver l'entière scène au coucher de soleil, dans une forêt généreuse, au lapin blanc, animal central qui contraste, et qui retient toute l'attention. Chacun prend soin de celui ou celle qu'il ou elle regarde.

La lapin dans la symbolique chrétienne, est ambivalent. Il signifie à la fois la fécondité et la luxure. Un couple de lapins dans une scène de Nativité, exalte la naissance fructifère du Messie. Un lapin placé aux pieds de Marie, évoque, par antinomie, la chasteté de la Vierge.

Bugs Bunny est un personnage américain de dessin animé, créé officiellement en 1940 dans les studios de la société Leon Schlesinger Productions (devenu plus tard Warner Bros. Cartoons). Bugs est un lièvre ou un lapin gris anthropomorphe, connu pour son caractère farceur et surtout pour sa phrase fétiche « Quoi d'neuf, docteur ? »

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Soulever un lièvre

Lever (ou soulever) un lièvre, est une expression qui a pour origine la chasse mais qui signifie détecter une anomalie avant les autres ou découvrir quelque chose d'important. Au premier degré, elle fait allusion au chasseur qui débusque l’animal de son terrier. Le lièvre, jusque là tapi dans son gîte, immobile, ses longues oreilles couchées sur son dos (il fait le mort), surgit tout à coup et se met à courir.
Ne serait-ce pas le message que nous souffle l’auteur de la piéta ? « Lever » le lièvre ? « Soulever » le mort ?

En grec ancien, le verbe ressusciter n’existe pas. Il est remplacé dans la Septante (Ancien Testament en langue grecque) et dans le Nouveau Testament (entièrement écrit dans cette langue) par l’expression « se relever des morts ».
Lever ou soulever un lièvre serait donc une métaphore de la résurrection.



Hokusaï


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Alchimie


Dans les mythes amérindiens, le lièvre est un héros culturel, rusé, malin, capable de vaincre plus fort que lui (ours, buffles) tenant à la fois de Robin des bois, de Peter Pan et du Trickster (farceur), ce Fripon divin dont l’universalité a été démontré par C. G. Jung, se rapproche symboliquement de Mercure, dieu des voleurs et des tricheurs, des chenapans espiègles, lui-même symbole du premier stade du Mercure des alchimistes. Tout comme l’enfant-Mercure qui deviendra Hermès, le messager des dieux, le lièvre lunaire amérindien peut se transcender en « grand lapin » ou en « grand lièvre », également intercesseur entre les hommes et le principe divin (le Grand Manitou)

(/(°∞°)\)



 

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Mofutans


Mofutan est l'un des derniers personnages créé par la société San-X. Avec leurs formes "délicieusement bizarres", ils représentent en réalité des lapins en forme de mochi (célèbre gâteau de riz japonais). La société a même proposé aux fans de leur envoyer la photo de leur(s) lapin(s) pour qu'elle puisse les illustrer en version Mofutans et les poster sur twitter.

、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ ̄(=∵=) ̄ Les mochis :


⊂((・x・))⊃
Le mochi fait partie de la grande famille des wagashis, pâtisseries traditionnelles japonaises parmi lesquelles figurent par exemple les yokans, gelées à base d’agar-agar, ainsi que les nerikiris, sculptures miniatures & comestibles. Le mochi se définit par sa composition : c’est une préparation à base de riz gluant. Il peut prendre des formes très diverses, aussi bien salées que sucrées. Toutefois, le terme « mochi » renvoie le plus souvent à l’univers pâtissier et à une texture élastique. Il peut prendre des formes variées : dango (petites boules montées en brochettes), gyuhi (mochi particulièrement mou) ou daïfuku

、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ /( =゚ェ゚=)ヽ


Les Mofutans existent en plusieurs couleurs et en plusieurs formes.
« Mofu Mofu », doux et câlins. Les lapins mochi Mofutans aiment se blottir et jouer ensemble. « Mofu » signifie moelleux en japonais. Les Mofutans sont aussi doux et extensibles que le dessert japonais Mochi, et aussi collants. Ainsi, ils se collent facilement les uns aux autres dès qu'ils se touchent. Tous les personnages Mofutans - Tomotan, Potechi, Chamu Chamu, Norimaki, Ikimonogakari - appartiennent à une race différente de lapins moelleux, mais ils font partie de la famille Mofutan et resteront donc toujours blottis ensemble.

Voir films ici et ici.


mofutan3.png


(๑་ ༝ ༌๑)ෆ*






Par kiwaïda at 21:00

07/02/2018

子0‷

Self-Portrait, Girl Scout Applying Lipstick, North Massapequa, NY, January 1975 © Meryl Meisler

Untitled Film Still, North Massapequa, NY, Thanksgiving 1976 © Meryl Meisler

Parrot Pants, Cherry Grove Fire Island, NY August 1977 © Meryl Meisler

Long Wavy Haired Blonde with Leather Pants Standing in CBGB, NY, NY, April 1978 © Meryl Meisler
  • Biographie

Meryl Meisler est né en 1951 dans le South Bronx et a grandi à North Massapequa, Long Island, NY. Inspirée par Diane Arbus et Jacques Henri Lartigue, Meryl a commencé à photographier elle-même, sa famille et ses amis tout en s'inscrivant à un cours de photographie donné par Cavalliere Ketchum à l'Université du Wisconsin à Madison. En 1975, Meryl retourne à New York et étudie avec Lisette Model, continuant à photographier sa ville natale et la ville qui l'entoure. Après avoir travaillé en tant qu'illustratrice indépendante le jour, la nuit, Meryl a fréquenté et photographié les célèbres clubs dicos de New York. Avec une bourse d'artiste de l'AECG en 1978, Meryl a créé un portfolio de photographies qui ont exploré son identité juive pour le Congrès juif américain. Après l'AECG, Meryl a commencé une carrière à 31 ans en tant que professeur d'art à l'école publique de New York.
Après avoir pris sa retraite du système scolaire public de New York en 2010, Meisler a commencé à exposer des travaux inédits. La première monographie de Meryl, A Tale of Two Cities: Disco Era Bushwick (Bizarre, 2014), a eu une bonne réception intrenationale. Le livre juxtapose les photos disco avec des images du quartier brûlé pourtant de Bushwick, Brooklyn, dans les années 1980. Son deuxième livre, Purgatory & Paradise SASSY '70 Suburbia & The City (Bizarre, 2015), met en contraste les photographies intimes de la vie à la maison sur Long Island et les photographies de la rue et de la vie nocturne de New York.

  • Quelques informations

Cette photographe américaine, dans les années 70-80, écume les discothèques et vit la nuit. elle va au Studio 54 au rythme de Donna Summers et Gloria Gaynor, avec son appareil photo au cou, un Graflex Norita. Elle sélectionne ses modèles, le coût de développement des pellicules, à l’époque est élevé.
En 1977, elle entend parler du Bushwick, à la suite du blackout. Partout dans les médias, c’est un quartier en feu, où règnent la discorde, la violence et les émeutes. Cet endroit lui fait peur, comme à beaucoup de new-yorkais. Pourtant, quelques années plus tard, elle accepte un poste d’enseignante dans une école du Bushwick. Elle photographie la ville, les habitants. Ses photographies deviennent une banque de données sur l’évolution des habitants de New York, sur les changements de mentalités, mais aussi de pouvoir faire un comparatif avant/après Blackout.
Meryl Meisler plus qu’une autre photographe a su saisir l’esprit du New-York des années 70. Ignorant la 5ème avenue et les bordures huppées de Central Park, elle s’est intéressée aux rues interlopes des boîtes de nuit de diverses sous-cultures : « CNBG » pour les Punks, « Studio 54 » pour le disco et clubs extrémistes pré-Sida. Mais avant de se « perdre » dans ces lieux de stupre et de fornications l’artiste s’est intéressée à sa banlieue natale : Long Island, Massapequa – nommée « Matzoh Pizza » pour la présence majoritaire des familles juives et italiennes. Elle y fit plus que ses classes. D’abord dans des autoportraits dégingandés puis en shootant sa famille et des voisins.
Ayant grandi à Long Island dans les années 1950 et 1960, Meryl Meisler avait la vie de banlieue typique: scouts, cours de ballet et de claquettes, et bal. Mais, bien qu'elle aimait sa famille et ses amis, elle ne s'y sentait pas très bien. Elle s'est vite rendu compte qu'elle ne voulait pas être une ménagère, une enseignante, une infirmière ou une secrétaire - à peu près les seules options disponibles pour les jeunes femmes. Lorsque Meisler a atteint sa majorité, elle a commencé à découvrir sa sexualité en tant que lesbienne ainsi que son identité en tant qu'artiste. "La photographie est dans mes gènes", a déclaré Meisler. Son grand-père paternel, Murray Meisler, son oncle Al et son père Jack avaient tous été des praticiens de l'art pendant toute leur vie. Meisler a obtenu son premier appareil photo jeune, mais ce n'est que lorsqu'elle s'est inscrite à l'Université du Wisconsin à Madison au milieu des années 1970 qu'elle a appris sérieusement l'art en poursuivant une maîtrise en art. Pendant les vacances scolaires, elle est retournée dans sa maison d'enfance, où elle a organisé une série d'autoportraits qui ont examiné son passé, son présent et son avenir. À ce stade, Meisler n'avait pas entendu parler de Cindy Sherman, mais elle avait le même instinct. Elle a cherché à examiner la construction du genre féminin, de ses rituels à ses poses à ses personnalités.
Souvent restée dans l'ombre, son travail est revisité et exposé aujourd'hui. On la découvre.

Ses livres :

A Tale of Two Cities: Disco Era Bushwick et Purgatory & Paradise SASSY ’70s Suburbia & The City
sur The Strand  et  Amazon

  • Meryl Meisler m'a écrit un petit mot sympathique au sujet de mon blog, échanges états-uniens et insulaires.
    So magic and beau-bizarre ;.)

Par kiwaïda at 23:56

04/02/2018

ⓐⓒⓣⓘⓞⓝⓢ

SMILEY © Thejazzist.nu - shop / (photographie © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 13:41

31/01/2018

ℐℓ℮ṧ ∂ʊ ﹩αʟυ☂

iles-salut.jpg

En allant à la piscine ce matin, je découvre une photographie d’une carte postale ancienne nommée "Iles du Salut - L'île du Diable et le bain des forçats à l'île Royale" qui m'est adressée personnellement. Mon ami me dit que cela a sans doute un rapport avec les îles dont j'ai aimé développer la thématique dans mes activités artistiques il y a un certain temps. Au dos figurent en écriture manuelle imprimée un tas de noms de personnes, maire, adjointe à la culture… annonçant une exposition de l'artiste Étienne Cliquet, avec lequel j'ai vécu de longues années. Le tampon vient de Montauban, là où nous sommes allés chercher ma perruche indienne bleue, il y a 7 ans, Pépino.

Au début j'ai pensé "Île du Salut", salut pour qui ?
Et Île du diable, c'est qui le diable ?
Et qui sont les forçats, qui sont les personnes condamnées aux travaux forcés ?
En cherchant sur Internet je découvre que cette carte postale fait partie d'une archive à la bibliothèque spécialisée de Paris :

[Affaire Dreyfus]. Iles du Salut. L'Ile du diable et le bain des forçats à l'Ile royale
Carte postale, impression photomécanique en noir et blanc ; 9 x 14 cm
(Au verso, mention "Carte postale de la Guyane française”)
Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet

Tombée dans le domaine public.
Où sont ces îles ?
Sur Internet je trouve des réponses, puisque je n'en ai pas par l'artiste, ni par celui que j'ai connu.

Les îles du Salut forment un archipel constitué de trois îlots d'origine volcanique rattachés à la Guyane, et situés à quatorze kilomètres au large de Kourou. Seules les îles Royale et Saint-Joseph sont accessibles, l'île du Diable, la plus au nord, étant strictement interdite d'accès, notamment à cause des forts courants.

Les épidémies de fièvre jaune dues à l'insalubrité du climat guyanais, au manque de nourriture et d'eau potable, ainsi que les installations précaires et le manque d'organisation, avaient décimé la plus grande partie des colons d'origine française, convoyés en Guyane pour peupler le territoire. Les survivants, qui trouvèrent refuge sur ces îles au climat plus favorable et dépourvues de moustiques, les rebaptisèrent alors « Îles du Salut ».
Après les premiers colons, c'est aux esclaves noirs que fut confiée la lourde tâche de défricher ces territoires. Les rescapés furent autorisés à rejoindre ceux du continent, pour fonder les premières communautés le long du fleuve Maroni.
Mais ce « salut » fut de courte durée et la réputation de « triangle maudit » et de « terre d'enfer » allait être confirmée dès la Première République par la construction d'une forteresse, en 1793, pour y accueillir les premiers déportés politiques, à commencer par quelque deux cents prêtres réfractaires.
Ensuite, avec l'abolition de l'esclavage en 1848 et l'opposition politique grandissante aux bagnes sur le territoire métropolitain, l'idée de substituer des bagnards aux esclaves se fit jour.
Sous le Second Empire, à partir de 1854, l'administration pénitentiaire y instaura un des bagnes les plus durs au monde, où passeront environ 70 000 prisonniers.
L'île Royale accueillait l'administration ainsi que l'hôpital, l'île Saint-Joseph servait pour les « fortes têtes » et l'île du Diable pour les espions, les détenus politiques ou de droit commun.
Il s'agissait du bagne réputé le moins dur de Guyane. Le taux de mortalité y était inférieur à ceux des bagnes établis en pleine forêt guyanaise, comme le bagne des Annamites. Mais les conditions de détention n'en étaient pas moins humiliantes avec des cellules sans toit, recouvertes d'une simple grille, tout comme au bagne de Saint-Joseph, où tous les gestes des détenus étaient épiés par les gardes qui se tenaient au-dessus.
Alfred Dreyfus (1894) et Guillaume Seznec (1923) en furent les prisonniers les plus célèbres, ainsi qu'Henri Charrière (1933), qui décrivit dans son livre Papillon, son séjour et ses tentatives d'évasion (souvenirs en fait souvent « empruntés » à ses codétenus). Enfin, Benjamin Ullmo (1908) passera également les deux tiers de sa vie à l'île du Diable, dans la case même où vécut Dreyfus.
Après la fermeture du bagne qui, décidée par un décret-loi du gouvernement Daladier en 1938, ne fut réalisée qu'en 1947, les installations pénitentiaires seront laissées dans leur état de grand délabrement jusqu'à l'implantation du centre spatial guyanais en 1965 à Kourou. Devenues la propriété du Centre national d'études spatiales (CNES) en raison de leur intérêt stratégique, sur la trajectoire des fusées Ariane, les îles du Salut sont évacuées avant chaque lancement, à l'exception de la propriétaire de l'auberge de l'île Royale et de quelques gendarmes.
Depuis les années 1980, grâce à l'essor touristique des îles et à la volonté de sauvegarder une partie du patrimoine historique, le CNES a permis la remise en état de la Chapelle de Royale, de la maison Dreyfus (non visitable) ainsi que certaines cellules du quartier des condamnés. Enfin, la maison du Directeur a été aménagée en Musée du Bagne.


Alors si l'affaire Dreyfus est mentionnée au dos, je me documente sur ce déporté politique :

Le déporté de l'île du Diable

L'incarnation d'un misérable


C'est dans les îles du Salut, utilisées comme bagne par le Directoire puis sous Napoléon III, qu'en vertu d'une loi promulguée le 9 février 1895, Alfred Dreyfus va vivre ce que le gouverneur de la Guyane appelle l'expiation du crime pour lequel il a été condamné. Transporté comme un vil gredin, il ne se révolte pas, écrivant à sa femme, le 12 mars : « ce n'est que justice. On ne saurait accorder aucune pitié à un traître ; c'est le dernier des misérables et tant que je représenterai ce misérable, je ne puis qu'approuver ».

Des tortures imméritées

Premier et seul déporté politique à ne pas être envoyé en Nouvelle-Calédonie où avaient notamment vécu les communards, il est installé sur l'île du Diable, ancienne léproserie où on lui aménage une cabane en pierres. Le 3 septembre 1896, la fausse nouvelle d'une évasion mobilise la hiérarchie de ses geôliers ; Dreyfus subit des tortures imméritées et, du 6 septembre au 20 octobre, la mise aux fers chaque nuit, le martyre de la double boucle. S'il dispose d'une case plus spacieuse après le 25 août 1897, la palissade de son promenoir lui masque toute vue sur l'île ou la mer ; seules les lettres des siens maintiennent son moral.

Un prisonnier modèle


Il passe 1517 jours sur l'île du 13 avril 1895 au 9 juin 1899. Trouvant épouvantable de n'avoir rien à faire, il lit beaucoup et écrit longuement à sa femme. Il demande aussi régulièrement justice. Dès le 5 octobre 1895, il sollicite du président de la République « qu'on fasse la lumière pleine entière, sur cette machination dont ma famille et moi sommes les malheureuses et épouvantables victimes ». Le 10 septembre 1896, il réitère sa demande au président Félix Faure pour qu'on recherche le « véritable coupable, l'auteur de cet abominable forfait ». Tenu dans l'ignorance du développement de l'Affaire en France, il continue d'être un prisonnier modèle. Le 26 janvier 1898, il l'explique à sa femme : « J'ai tout accepté, tout subi, bouche close. Je ne m'en vante pas, d'ailleurs, je n'ai fait que mon devoir, uniquement mon devoir ».

Le langage de la Vérité

S'il subit un processus de terreur qui coûte entre 50 000 et 60 000 francs-or annuellement (V. Duclert), s'il se sent cloué sur un chevalet de torture, Dreyfus résiste en tenant son journal, en dessinant, en écrivant plus de mille lettres. Le 26 décembre 1898, quand il peut espérer sa réhabilitation, il répète à sa femme : « si j'ai vécu, c'est pour vouloir mon honneur, mon bien propre, le patrimoine de nos enfants(...) Quand on a derrière soi tout un passé de devoir, une vie toute d'honneur, quand on n'a jamais connu qu'un seul langage, celui de la Vérité, l'on est fort, je te l'assure, et si atroce qu'ait été le destin, il faut avoir l'âme assez haute pour le dominer jusqu'à ce qu'il s'incline devant vous ».

Il est étonnant que je reçoive un tel objet de mémoire d'Alfred Dreyfus, capitaine de l'armée française, juif, prisonnier sur l'île du Diable, dans laquelle il fut torturé, déjà accusé, à tord, d'espionnage pour les allemands dès 1894. L'affaire Dreyfus, ce nom vient de ce conflit social et politique majeur de la Troisième République survenu à la fin du XIXe siècle, un symbole du nationalisme et de l'antisémitisme ambiants, qui trouveront tout leurs développements aux guerres suivantes. Le mot "intellectuel" viendra de cette affaire, car "J’accuse… !" est le titre d'un article rédigé par Émile Zola au cours de l'affaire Dreyfus et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 18981 sous la forme d'une lettre ouverte au président de la République française, Félix Faure.

Un homme de lettres s'engage résolument dans un combat pour la justice, politique et sociale. Le réquisitoire journalistique de Zola convainc. De nombreux intellectuels signent alors, à sa suite, une « protestation » en faveur de la révision du procès, publiée elle aussi par L'Aurore dès le lendemain de « J’accuse… ! ». C'est la première des nombreuses pétitions qui vont rassembler de plus en plus d'intellectuels. Parmi eux, Anatole France, Georges Courteline, Octave Mirbeau ou Claude Monet, mais aussi Charles Péguy, Lugné-Poe, Victor Bérard, Lucien Herr, ou Alfred Jarry. Les signatures ont été recueillies par des étudiants ou de jeunes écrivains comme Marcel Proust.

Ces pétitions rassemblent aussi d'éminents scientifiques tel Émile Duclaux, directeur de l'Institut Pasteur. Les pétitions des quarante écrivains, des artistes, de l'Université, des scientifiques totalisent 1 482 signatures. Mais l'engagement de l'élite ne dépassera pas les 2 000 intellectuels, du fait des pressions et des risques importants sur les carrières65. Ils formeront quand même l'ossature dreyfusarde, ceux qui par leur esprit et leur engagement vont parvenir à convaincre une partie des pouvoirs publics de la nécessité de réviser le procès d'Alfred Dreyfus. Cette affaire est celle de l'injustice militaire : Dreyfus est réintégré partiellement dans l'armée, au grade de chef d'escadron (commandant), par la loi du 13 juillet 1906. Ses cinq années d'incarcération ne sont pas prises en compte pour la reconstitution de sa carrière, et il ne peut plus prétendre à un grade d'officier général. Cette décision brise tout espoir d'une carrière digne de ses réussites antérieures à son arrestation de 1894. Il est donc contraint à une douloureuse démission en juin 1907. Les magistrats ne pouvaient rien contre cette ultime injustice volontairement commise. Le droit et l'égalité avaient été encore une fois bafoués215. Dreyfus n'a jamais demandé de dédommagement à l'État, ni de dommages-intérêts à qui que ce soit. La seule chose qui lui importait, c'était la reconnaissance de son innocence. Le 4 juin 1908, à l'occasion du transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon, Alfred Dreyfus est la cible d'un attentat. Louis Grégori, journaliste d'extrême droite, adjoint de Drumont, tire deux coups de revolver et blesse Dreyfus légèrement au bras. Il s'agissait, pour l'Action française, de perturber au mieux cette cérémonie en visant « les deux traîtres » : Zola et Dreyfus. Mais aussi de refaire le procès Dreyfus au travers d'un nouveau procès, une revanche en quelque sorte. Le procès aux Assises de la Seine, d'où Grégori sort acquitté, dernière d'une longue série de fautes judiciaires, est l'occasion de nouvelles émeutes antisémites que le gouvernement réprime mollement. Officier de réserve, Dreyfus participe à la guerre de 1914-1918 au camp retranché de Paris, comme chef d'un parc d'artillerie, puis affecté au Chemin des Dames et à Verdun. Il termine sa carrière militaire au grade de colonel. Il meurt le 12 juillet 1935 à l'âge de soixante-seize ans dans l'indifférence générale.


Donc je me demandais, pourquoi avais-je reçu cette carte ? Mes derniers travaux se nomment "La vérité" et sont issus d'une affaire de harcèlement moral dans mon domaine professionnel : une école d'art dépendante du ministère. Étienne Cliquet est aussi professeur en école d’art. Je ne peux qu'y voir dans cette carte adressée un signe, même si j'imagine que tous les destinataires, les 800, ont reçu la même carte. D’ailleurs l’adresse mail associée présente un site Internet qui ne fonctionnera que le 9 février 2018 :
grisolles.cc

Mystère...

L'annonce est celle-ci :

Par travail extrêmement documenté, Etienne Cliquet est invité à porter son regard sur les collections d’arts et traditions populaires du musée Calbet et sur l’histoire de Grisolles. Dans une démarche proche de l’artiste en résidence par la fréquence de ses déplacements, sa curiosité à découvrir Grisolles et son souci de la collecte iconographique, il nous dévoile sa géographie grisollaise personnelle moins comme une carte routière à tracés que comme une carte postale à vignettes donnant différentes perceptions d’un lieu de villégiature.

Sinon j'ai pu lire que la spécialité de cette ville, Grisolles, c'est les balais, sur le site Internet d'un artiste, David Michael Clarke, qui avait été invité en 2016 et réalisé un hérisson géant :

L’histoire industrielle de la ville de Grisolles est celle des balais. Les balais traditionnels de Grisolles, fabriqués en sorgho sont reconnus dès le XVIIe siècle. Au milieu du XIXe siècle la production des balais passe en mode industrielle. Au plus haut point, on a pu compter une vingtaine d’ateliers, environ 400 ouvriers et une production de 6000 balais par jour. Jean-Marc Coulom est le dernier fabricant de balais toujours en activité à Grisolles.

Je me suis souvenue de plusieurs choses dans ces histoires d'îles et celle que j'avais découverte : Seuqramainos. Plusieurs publications et articles, workshops et conférences, dans différentes villes de France ont relaté mes développements insulaires. J'avais également ouvert une université, pour une personne, nommée Nissologie (la science des îles) D'ailleurs kiwaïda, vient d'un yéti crabe découvert en eaux profondes est une extension de ces recherches artistiques. Un site Internet et ce blog bmk sont des partitions d'écritures de ces recherches quotidiennes. Ces recherches sont issues d'une réflexion sur le groupe et le collectif, car avec Étienne Cliquet, nous avions fondé un collectif d'artistes, d'informaticiens, de musiciens, d'amateurs, dans les arts numériques, un réseau social artisanal avant l'heure, nommé Téléférique, d'une vision poétique de l'informatique sur l'espace et ses téléchargements (avant que le mot ne soit courant !) Cette réflexion séparatiste du groupe, après avoir partagé toutes mes recherches intellectuelles et artistiques fut salutaire. Elle a engagé de plus ouvertes destinées et laisser les histoires informaticiennes aux informaticiens. Mon île du salut.
Ma liberté.
Alors j'étais étonnée de recevoir une carte postale, parmi les 800 envoyées d'après l'artiste, avec cette île en visuel d'une exposition. Même si Étienne Cliquet, après lui avoir demandé des explications, dit de cette carte qu'elle "fait référence à la commune de Paris qui a été réprimée courant 1871, et que et que celles-et ceux qui ont eu la vie sauve ont été envoyé sur l'île du diable en Guyane comme prisonniers politiques" Je n'en sais pas plus. Il faudra attendre le 9 février et se rendre sur le site Internet au nom de la ville, dont le projet semble issue d'un parcours touristique. Je n'ai pas le même point de vue sur "la commune" puisque des communistes m'ont bannie de ma vie d'enseignante en utilisant le harcèlement moral, le tribunal, les saisies sur mon salaire, des injustices sidérantes couvertes par le ministère (à ses dépends ou avec sa participation ?) Je me suis demandée si cette carte postale n'était pas le signe qu'une communauté pouvait lyncher une personne et la condamnée au bagne, une injustice d'État.
Amnésie.
Un article écrit en 2006, sur son blog décrit sa découverte de ma pensée, de l'île de Seuqramainos, et aussi quelques tissages personnels de ce regard sur cette solitude artistique.

"Sonia Marques a créé en 2001 un site web qui s'appréhende comme une île sur le réseau. Seuqramainos est un isolat dans un monde interconnecté dont il n'existe pas de cartes sur les moteurs de recherches. On y échoue plutôt par hasard et la navigation y est plus qu'hasardeuse. L'image prégnante qui sous-tend Seuqramainos, une île sur Internet, permet d'évoquer avec force qu'Internet recèle une part invisible et nous rappelle que les secrets sont encore possibles. Ce hors-champ ouvre tout un imaginaire dont la présence symbolique est égale à son invisibilité. Pour reprendre Filliou, on pourrait écrire à propos de l'île de Seuqramainos un nouveau principe d'équivalence, Bien vu, Mal vu, Pas vu. L'invisibilité sous différentes formes poétiques apparaît chez Sonia et certaines communautés sur le net comme une réponse nécessaire au spectacle des mass-médias, à l'hypertrophie du visible, la visibilité annexée à la surveillance. Cette recherche des limites de la visibilité sociale n'est pas un acte de paranoïa mais plutôt une indifférence sereine en ce qui concerne la médiatisation de l'art et sa visibilité, omniprésente ou absente, permanente ou temporaire, dithyrambique ou assassine. Le travail de Sonia prend place dans les médias tout en se préservant paradoxalement de la médiatisation. La manière dont elle formule cette défiance me semble très singulière et m'a convaincu d'en décrire certains exemples, principes, perspectives ainsi que les conditions qui permettent de comprendre en quoi cette invisibilité ou relativité des visibilités est amené à exister de plus en plus. "

Je l'inscris ici, afin d'y contextualiser ses références à ce moment. Mes références étaient différentes.

Comment les écoles d'art ont-elles pu exclure ces pensées et pourquoi, après s'en être servi sans rien y comprendre ?
Je vis sans doute un moment où la bêtise a le beau rôle, celui de punir, bannir, anéantir, et où les intellectuel.les sont leurs prisonniers. Libérez-nous !


 ww

Ce qui est assez mignon, c'est de me souvenir en redécouvrant cet article, que j'avais réalisé un origami, un lotus rose en papier, depuis un mode d'emploi sur Internet (on était vers les années 2000) pour réaliser de jolies serviettes (en tissus) sur la table d'un restaurant chinois ou tibétain. J'avais pris plusieurs photographies, comme souvent, de cette réalisation posée dans le creux de ma main. Elles étaient en ligne sur l'île de Seuqramainos (Le secret dans la main) C'est l'une de ces photographies qu'a retenue l'attention d'Étienne Cliquet à un moment où il ne connaissait pas encore l'origami. C'est chou !

Et là, en écrivant cet article, une odeur de coriandre, de menthe... Ou est-ce les lapins et leurs herbes fraîches ? Ou les nouvelles soupes que je prépare ? Oui c'est l'odeur d'un restaurant thaïlandais si délicieux, notre QG, du collectif Téléférique, après une démo, ou une session de travail, ou juste à deux en marchant longuement depuis notre logement et vers le périphérique. Ce restaurant est resté unique dans mes saveurs et ma découverte de cultures asiatiques différentes. Avec Makoto et Yoshinori, Aki et tant d'autres baladins que nous avions embarqués dans ce petit joyau caché exotique, affamés toujours et reconnaissants. Banlieusards.

À mes hôtes japonais, qui m'ont fait retrouver le goût des herbes fraîches aromatiques.
À ma sœur et son cadeau magique et réconfortant pour cuisiner.
Aux quatre amis, l'éléphant, le singe, le lapin et un perroquet.
À nous.

Au périph !

"Sans cette relativité, nous serions complices d'une amnésie"


Par kiwaïda at 22:39

31/12/2017

฿☮ИИ∃ ѦℕИÉ∃ 2018

bonne_anner2018.jpg

Bonne année 2018 (Photographie © Sonia Marques - Limoges, 31 décembre 2017)

Par kiwaïda at 18:20

11/12/2017

łα Ⅴéяḯ☂é

La vérité

© Sonia Marques (2013-2016)

Par kiwaïda at 20:24

05/11/2017

ᒪéᘐèᖇᗴ ﬡᗢ♈ᙓ ᙓჯ♈ᖇêᙢᙓ ᙓ♈ ᕈᙓᖇᖙᘎᙓ

  • Une enfant :
  • J'aimerai devenir artiste.
  • Et que réaliserais-tu ?
  • Des choses, je ne sais pas encore, je veux vivre.
  • Que connais-tu comme choses ?
  • J'ai vu des couleurs, des pierres sur le sable, la peinture des maisons, des carrelages.
  • Comment tu vas faire ?
  • Je ne sais pas, je sais que c'est ce que je veux faire.
  • Tu connais des œuvres d'art et des artistes ?
  • Oui, dans ma famille, ils sont tous artistes, mon père construit des maisons, ma mère fait des gâteaux, ma tante s'habille avec des couleurs, et ils chantent et ils dansent.
  • Non, je te parlais des artistes connus.
  • Ils sont très connus et ils voyagent.
  • Est-ce qu'ils vivent de ce qu'ils font ?
  • Oui c'est sûr, et ils m'apprennent des choses.
  • Il existe des écoles d'art où l'on apprend à être artiste.
  • Cela veux dire que dans ma famille, ils pourraient apprendre ce qu'ils savent à tous les enfants, leurs apprendre à tous, à être artistes ?
  • Non, ta famille ne le peut pas, elle n'est pas connue.
  • Connue de qui ?
  • Le président ne la connait pas.
  • Et comment on fait pour apprendre aux autres dans les écoles d'art à être artistes, à aimer les choses, les couleurs, les pierres sur le sable, la peinture des maisons, des carrelages, à danser et chanter ?
  • Il faut que tu deviennes professeur, mais avant artiste.
  • Mais tu m'as dit que ma famille ne peut pas apprendre aux autres dans ces écoles car le président ne la connait pas, comment moi je peux devenir professeur ?
  • C'est vrai, tu as raison, tu ne le peux pas, en plus tu es une fille, donc ce sera impossible, sinon tu mourras.
  • Pourquoi les filles meurent dans notre pays, si elles veulent être artiste et deviennent professeur ?
  • Tu es trop petite, il vaut mieux que tu continues à aimer les choses, les pierres sur le sable, la peinture des maisons, des carrelages, à danser et chanter, ainsi tu ne connaîtras jamais le président.
  • Alors je peux continuer à rêver ?
  • Oui, si tu ne le dis à personne, garde ce secret pour toi.
  • Mais si je veux le partager, apprendre aux autres ?
  • Alors apprends leurs à ne jamais montrer leurs belles choses.
  • Mais si personne ne montre les belles choses, comment on peut apprendre ?
  • Si, les belles choses seront là, la différence c'est qu'il existera toujours des personnes qui ne savent pas les voir.
  • Elles sont aveugles ?
  • Non, cela ne concerne pas la vue, car tu peux être aveugle et danser et chanter et sentir les pierres sur le sable.
  • Et le président il est aveugle ?
  • Tous les présidents sont élus par des aveugles, sinon les femmes artistes pourraient vivre plus longtemps dans l'histoire de l'art, et les lois sont faites par et pour le président et pas pour les femmes.
  • Mais le président peut voir quand même avec ses yeux ?
  • Oui tout à fait, il voit les choses, mais il fait comme si elles n'existaient pas.
  • Bon, on ne peut pas apprendre aux autres, on ne peut pas faire de belles choses, mais est-ce qu'on peut changer de pays ?
  • Ce sera peut-être pire, mais tu viens déjà d'une famille qui a changé de pays, alors, tu sais que changer de pays c'est toujours un risque, parfois c'est la source de la création, de l'invention.
  • Voyager c'est la création ?
  • Aimer ce que tu fais là où tu es et partager tes créations, c'est déjà voyager.
  • Tu crois que cette enfant va comprendre les choses ?
  • Oui, il ne vaut mieux pas que cette enfant réussisse un concours dans une école d'art, elle sera obligée de suivre les idées dominantes et sera harcelée, peut-être violée. Ce n'est pas le lieu de création pour une enfant dans notre pays.
  • Mais si elle arrive à ne pas suivre les idées dominantes, à ne pas se laisser faire ?
  • Comment le peut-elle ?
  • Si elle dénonce les violences ?
  • On ne la croira pas, ses amis à l'école, ses professeurs, il y aura une omerta qui l'obligera à arrêter ses études.
  • Si, elle ne dénonce pas et ne se laisse pas faire, et passe pour une bizarre ?
  • Peut-être, admettons, mais elle sera obligée si elle veut exposer ses réalisations par passer par les mêmes idées dominantes et être harcelée et peut-être même violée.
  • Si elle trouve un moyen de continuer sans exposer dans les lieux où il y a des violeurs et des femmes complices qui aussi harcèlent et chouchoutent les prédateurs ?
  • Elle sera isolée.
  • Mais si elle est isolée de ce système de l'art qui est malsain et ne fonctionne que pour quelques élus, alors c'est bien, non ?
  • Oui, si elle trouve d'autres personnes comme elle, qui ont appris.
  • Et si en fait, ces autres personnes sont encore plus nombreuses que ce milieu dont les règles sont idiotes.
  • Alors c'est cela la création, l'invention, c'est un jeu où elle peut jouer, ce n'est pas ce qui est montré.
  • Et si elle l'avait déjà trouvé.
  • Elle ne le dirai à personne, si c'est une joueuse.











"Les tulles surtout, si légers, qu'ils étaient comme la note extrême et perdue"
Photographies © Sonia Marques (novembre 2017 - Tulle)

Par kiwaïda at 16:04

30/10/2017

ℐℒ ℙṲℒ☾ℑИϴ ℵ€ℛ☮

2017

We are not surprised

We are artists, arts administrators, assistants, curators, directors, editors, educators, gallerists, interns, scholars, students, writers, and more—workers of the art world—and we have been groped, undermined, harassed, infantilized, scorned, threatened, and intimidated by those in positions of power who control access to resources and opportunities. We have held our tongues, threatened by power wielded over us and promises of institutional access and career advancement.

We are not surprised when curators offer exhibitions or support in exchange for sexual favors. We are not surprised when gallerists romanticize, minimize, and hide sexually abusive behavior by artists they represent. We are not surprised when a meeting with a collector or a potential patron becomes a sexual proposition. We are not surprised when we are retaliated against for not complying. We are not surprised when Knight Landesman gropes us in the art fair booth while promising he’ll help us with our career. Abuse of power comes as no surprise.

This open letter stems from a group discussion about sexual harassment within our field, following the recent revelation of Knight Landesman’s sexual misconduct. The conversation has branched out further and internationally. Harder work to advance equity is often expected of and performed by women of color, trans, and gender nonconforming people. Our efficacy relies on taking this intersection very seriously and not excluding other corroborating factors that contribute to bias, exclusion, and abuse. These additional factors include, but are not limited to, gender identity, ability, religion, class, and immigration status. There is an urgent need to share our accounts of widespread sexism, unequal and inappropriate treatment, harassment and sexual misconduct, which we experience regularly, broadly, and acutely.

Many institutions and individuals with power in the art world espouse the rhetoric of feminism and equity in theory, often financially benefitting from these flimsy claims of progressive politics, while preserving oppressive and harmful sexist norms in practice. Those in power ignore, excuse, or commit everyday instances of harassment and degradation, creating an environment of acceptance of and complicity in many more serious, illegal abuses of power.

The resignation of one publisher from one high-profile magazine does not solve the larger, more insidious problem: an art world that upholds inherited power structures at the cost of ethical behavior. Similar abuses occur frequently and on a large scale within this industry. We have been silenced, ostracized, pathologized, dismissed as “overreacting,” and threatened when we have tried to expose sexually and emotionally abusive behavior.

We will be silenced no longer.

We will denounce those who would continue to exploit, silence, and dismiss us. Your actions will no longer be a secret, whispered amongst us for fear of ostracization, professional shunning, and recrimination. Where we see the abuse of power, we resolve to speak out, to demand that institutions and individuals address our concerns seriously, and to bring these incidents to light regardless of the perpetrator’s gender.

We will no longer ignore the condescending remarks, the wayward hands on our bodies, the threats and intimidations thinly veiled as flirtation, or the silence from ambitious colleagues. We will not tolerate being shamed or disbelieved, and we will not tolerate the recrimination that comes with speaking out. We will not join “task forces” to solve a problem that is perpetrated upon us. We provide a definition of sexual harassment, for those who may feel powerless so that they may point to a document that supports a safe work environment for all.

We, the undersigned—those who have experienced abuse and those standing in solidarity with them—call upon art institutions, boards, and peers to consider their role in the perpetuation of different levels of sexual inequity and abuse, and how they plan to handle these issues in the future.

We are too many, now, to be silenced or ignored.
With all we have experienced and witnessed, this letter should come as no surprise.

This letter is dedicated to the memory of feminist art historian Linda Nochlin (1931-2017), whose activism, spirit, and pioneering writings have been an inspiration for our work.

Image: Jenny Holzer, Abuse of Power Comes As No Surprise (1982)

Sans surprise

Nous sommes artistes, administratrices, assistantes, curatrices, critiques d’art, directrices, éditrices, étudiantes, galeristes, chercheurs, stagiaires et universitaires travaillant dans le monde de l’art contemporain, et nous avons été attouché.e.s, rabaissé.e.s, harcelé.e.s, infantilisé.e.s, méprisé.e.s, menacé.e.s et intimidé.e.s par celles et ceux en position de pouvoir et qui contrôlent les moyens, les ressources et les opportunités de notre milieu. Nous avons tenu nos langues, paralysé.e.s par ce pouvoir brandi au dessus de nos têtes et leurré.e.s par les promesses d’avancement professionnel et d’accès au monde institutionnel.

Nous ne sommes pas surpris.e.s d’apprendre que des curateurs proposent des expositions ou un soutien en échange de faveurs sexuelles; ni lorsque des galeristes idéalisent, minimisent et dissimulent des comportements sexuels abusifs des artistes qu’ils ou elles représentent. Nous ne sommes pas surpris.e.s lorsque, lors d’un rendez-vous avec un collectionneur ou un mécène potentiel, celui-ci se permet de nous faire des avances. De même, nous ne sommes pas surpris.e.s des conséquences qui suivent un refus de notre part. Dès lors, nous ne sommes pas surpris.e.s lorsque Knight Landesman (éditeur démissionnaire du magazine Artforum ) se permet de nous peloter sur un stand de foire en nous promettant qu’il nous aidera dans nos carrières. Les abus de pouvoirs ne nous surprennent pas.

Cette lettre ouverte émane d’un groupe de discussion sur le harcèlement sexuel dans notre champ professionnel, créé à la suite des récentes révélations sur la conduite déviante de Knight Landesman. Les conversations se sont ensuite étendues à un réseau international. La tâche de faire avancer l’égalité est souvent encore plus lourde à porter pour des femmes de couleur et des personnes LGBTQ ou au genre non défini. Historiquement, les luttes en faveur de l’égalité raciale ont souvent fait avancer les luttes féministes, sans toujours bénéficier en retour du soutien de toutes les femmes blanches. Notre démarche repose sur une volonté très sérieuse de prendre en considération ces critères intersectionnels afin de défendre tous ceux qui sont victimes de préjugés, exclu.e.s ou abusé.e.s. Parmi ces critères on peut inclure l’identité sexuelle, l’aptitude, la religion, la classe sociale et le statut d’immigration. Il est urgent de partager nos témoignages sur le sexisme normalisé, les traitements inégaux, les conduites inappropriées, et le harcèlement sexuel dont nous faisons l’expérience régulièrement, de manière généralisée et avec intensité.

De nombreuses institutions et personnes en position de pouvoir dans le monde de l’art contemporain adhèrent en théorie et sans sourciller à la rhétorique féministe et au principe d’égalité. Souvent, ils ou elles tirent profit de cet engagement de façade en faveur de politiques progressistes, tout en préservant, en pratique, des conventions sexistes néfastes et oppressantes. Chaque jour, celles et ceux qui détiennent le pouvoir font le choix d’ignorer et d’excuser, quand ils ou elles ne commettent pas eux-mêmes des actes de harcèlement et d’humiliation. Ils ou elles créent ainsi un climat arrangeant, voire complice, envers des abus de pouvoir illégaux et potentiellement plus graves.

Une démission au sein d’un magazine d’art contemporain de renommée internationale ne résout ni l’étendue ni le caractère insidieux du problème: celui d’un milieu professionnel perpétuant des structures de pouvoir vétustes au détriment d’un comportement éthique. De tels abus se produisent fréquemment et à grande échelle dans le monde de l’art globalisé. Nous avons été réduit.e.s au silence, mis.e.s à l’écart, considéré.e.s comme malades, congédié.e.s p our cause de “réaction disproportionnée” et menac.é.e.s lorsque nous avons tenté de rendre public des comportements sexuellement et émotionnellement abusifs.

Nous ne serons plus silencieu.x.s.e.s.

Nous dénoncerons celles et ceux qui persisteront à nous exploiter, à nous faire taire ou à nous discréditer. Vos actions ne seront plus jamais ces secrets que nous chuchotons entre nous par peur de la réprimande, de l’isolement ou de la mise au ban professionnelle. Dès lors que nous serons témoins d’abus de pouvoir, nous nous engageons désormais à parler, à exiger que les institutions et leurs dirigeant.e.s nous prennent au sérieux, et à exposer ces incidents au grand jour quel que soit le sexe de leurs auteurs.

Nous n’ignorerons plus les remarques condescendantes, les mains baladeuses, ni les menaces et les intimidations subtilement déguisées en flirt, ni le mutisme de nos ambitieu.x.se.s collègues. Nous ne tolérerons plus d’être couvert.e.s de honte ou peu pris.e.s au sérieux, ni d’être montré.e.s du doigt lorsque nous oserons enfin prendre la parole. Nous ne rejoindrons pas les “groupes de travail” formés pour résoudre un conflit perpétré contre nous. Ainsi, nous proposons une définition du harcèlement sexuel à l’usage de celles et ceux qui se sentiraient impuissant.e.s, auquel se référer pour mieux construire un environnement de travail sûr et confortable pour toutes et tous.

Nous, signataires —celles qui ont été abusées et celles qui en sont solidaires—, appelons les institutions artistiques, les instances gouvernementales culturelles ainsi que tous nos collègues à s’interroger sérieusement sur la manière dont ils ou elles ont joué, ou ont pu jouer, un rôle dans la perpétuation des inégalités entre les sexes et des abus précités, et surtout, à la façon dont ils ou elles comptent gérer ces problèmes dans le futur.

Nous sommes trop nombreu.x.s.e.s, désormais, pour être ignoré.e.s et réduit.e.s au silence. Avec tout ce que nous avons subi et dont nous avons été les témoins, cette lettre ne devrait pas vous surprendre.

Cette lettre est dédiée à la mémoire de l’historienne d’art féministe Linda Nochlin (1931-2017), dont l’esprit, l’activisme et les écrits précurseurs ont inspiré nos travaux.

Ndt: Pour la traduction de cette lettre de l’anglais qui est une langue aux terminaisons en majorité non genrées, il a été décidé d’utiliser le genre féminin pluriel pour parler d’un groupe inclusif de personnes plutôt que le traditionnel masculin pluriel, en combinaison à l’écriture inclusive, dans le but de tenter de restituer au mieux le ton de la missive originale.


2015-2016

Quelques temps avant...

En France :
Souvenir des dessins des étudiantes de l'école nationale supérieure des arts de Bourges, avec lesquelles j'ai développé un studio nommé "Il pulcino nero", un programme pédagogique précis et bien encadré, artistique et complet, contre le harcèlement, les discriminations, les violences, le racisme... Il était à visée de recherche mais aussi d'initiation aux outils numériques dans des dimensions diverses. Des centaines de dessins ont été réalisés, et redessinés, par plusieurs étudiants et étudiantes, des jeunes années, et même des premières années des écoles d'art, avec soin et application, des centaines de formes, de traits, de pleins et de vides, que nous avions commentés, enrichis de mots, d'expériences, que nous avions montrés, affichés, ensemble, (dans les couloirs de l'école avec : Farce) avec joie et concentration, assidus nous étions. Leurs évolutions graphiques et plastiques furent très rapides, mon enseignement pointait là quelque chose de plus évident dans mon parcours de professeure, depuis une vingtaine d'années, et mon expérience a su aller droit au but.
L'ensemble de ces travaux devaient être rendus publics lors d'une exposition dans une chapelle classée, j'enseignais à plein temps, depuis un an dans cette école, en détachement de l'école d'art de Limoges (où j'enseignais depuis sept années). Elle ne sera jamais rendue possible. J'ai reçu des menaces, en particulier d'un professeur, un peintre, en relation avec l'école de Limoges, qui usait de "la rumeur" pour me décrédibiliser. Il est toujours en poste, et, sans surprise, il s'occupe des cours de nus. Le directeur témoin de cette menace n'a jamais fait autorité. J'ai appris bien plus tard qu'il y avait une douzaine d'étudiantes qui avait porté plainte contre ce professeur, à la direction, pour des propos déplacés dans le cadre de ses cours. Auparavant, "Il pulcino nero", dans sa démarche philosophique et de pratique du dessin à l'aide de logiciels de création, avait été développé avec des étudiants de l'école nationale supérieure des arts de Limoges, dès 2014-2015. Son déroulé a été amputé par les directrices (générale et des études) et rendu impossible, malgré des étudiantes motivées. Selon ces directrices, je devais être l'assistante des professeurs masculins, mais pas réaliser de cours (sic !) avec l'expérience de ma pratique artistique (ce que font tous les professeurs) Les professeurs ont été complices du harcèlement, en laissant faire toutes les actions violentes de la direction, ils avaient besoin de mes compétences techniques qu'ils n'avaient pas. Sabotages et manque de courage, harcèlements, saisies sur mon salaire, convocation au tribunal, aux faux motifs médiocres et sales, en toute impunité, mutismes et complicités des fonctionnaires, remplacements de mes cours par des garçons, récemment diplômés, not surprised. Si les étudiants apprennent que ces comportements sont normaux avec l'absence de consentement, dans ce contexte de l'éducation, l'absence de consentement devient un outil normal pour celles et eux qui détiennent et exercent le pouvoir Nous n'étions pas en avance, avant le relais médiatique ces temps-ci, des gros poissons pris dans les mailles du filet, dans le monde, toutes les affaires de harcèlement, avant même qu'en France, la ministre de la culture visite ces jours-ci, l'école nationale supérieure des beaux-arts, dont le directeur a peu d'estime pour les femmes artistes, et donc, pour les étudiantes en art... Une visite sans sanctions (malgré des plaintes en lice d'étudiants) Les directions des écoles d'art sont dans le déni, le ministère de la culture et ses services aussi, tous laissent impunis ces modes structurels de harcèlements, moraux et sexuels, jusqu'à faire partir celles et ceux qui dénoncent ces pratiques (étudiant.es, professeur.es, personnel...) et laisser en poste les agresseur.es. Et quand j'écris "partir", c'est par la force, sachant que des étudiants restent sans diplômes, des professeures, sans emploi, d'un seul coup. Ces institutions déciment au nom du silence. Elles ont choisi de brûler leurs enseignements, écritures et lectures. Je me suis aperçue, que dans ces situations, plus personne ne sait lire, ni écrire. Et surtout, les relais se taisent (le journalisme perd sa fonction première, celle d'informer). Dans le même temps, une poignée de coqs en pâte choisis pour nous donner la perspective des écoles d'art "sexy" avec la photographie d'une poule sans le sou, plumée, donc, non consentante, pour modèle (22/10/2017) Et c'est bien dans un cadre "journalistique" que l'on peut trouver ce relais d'information. En fait, ils nous donnent les limites de leur enclos, plutôt que des écoles ouvertes sur le monde. Non, nous ne sommes pas surprises. Non, nous n'étions pas en avance : ils sont en retard, très en retard, et des chartes de bonne conduite ne pourront rien y faire. Témoins au grand nombre de mauvaises conduites au nom de l'État, des intouchables au nom de l'art, et au nom de la transgression.
C'était sans surprise qu'un cours bien développé sur ces questions de harcèlements, à destination des étudiants en école d'art soit censuré. Si des étudiants se trouvaient apprendre leurs droits, sur ces sujets, et exprimer, trouver des formes artistiques à leurs projets personnels, qu'une étudiante décide de dessiner une femme, et avec l'acquisition de savoir-faire numérique, plutôt qu'elle soit dans l'obligation de dessiner des modèles nues choisies par les hommes professeurs, qui ne savent pas se servir d'outils numériques, est inconcevable pour les directions, l'ensemble des us et coutumes, de la tradition des beaux-arts. Et qu'une femme artiste puisse enseigner, selon son expérience, encadrer et partager ses connaissances, inviter d'autres personnes, cet acte de "transmettre" n'est pas concevable. Imaginez le bouleversement des pratiques artistiques. Des étudiantes seraient en capacité de développer une pensée critique et pouvoir manipuler des outils différents, techniques, nouveaux, des savoir faire artistique indépendants des modèles habituels et autorisés et à leurs tours, les enseigner, avec humour et un esprit critique. Bouleversement des critiques d'art autorisés, qui font encore autorité.

"Chaque jour, celles et ceux qui détiennent le pouvoir font le choix d’ignorer et d’excuser, quand ils ou elles ne commettent pas eux-mêmes des actes de harcèlement et d’humiliation."

La symbolique du harcèlement et de la discrimination a été très loin et a sonné le glas (de ma participation à ces systèmes d'enseignements misogynes dans les écoles d'art), tandis que je travaillais justement et enseignais aux étudiants sur ces sujets sociaux. Je me suis retrouvée, la veille du jour de la rentrée scolaire, au tribunal de ma ville, convoquée par la directrice de l'école où j'enseignais (dans ma ville donc) pour avoir rendu un ordinateur dans "une saleté remarquable" et tant d'autres adjectifs lié au sale et au déchet (avec les fautes d'orthographe et de conjugaison c'est plus ludique, j'ai pu y lire un second degré involontaire... car le premier degré, aïe aïe aïe). Ce qui venait justifier, pour cette direction, que je ne prenais pas soin des outils de l'école, et donc me disposait en faute professionnelle, car je suis enseignante en multimédia depuis une quinzaine d'années, donc incompétente. Ce jugement fut celui d'une directrice qui venait d'être nommée par le ministère de la culture (encore en poste) et sommait le tribunal que je paye. Elle n'avait et n'a toujours (vu les remplacements effectués sur mon poste) aucune connaissance en multimédia, vraiment aucune, ni artistique, ni technique et encore moins sur les médias et leurs évolutions, et, de toute évidence, l'obsolescence programmée n'était pas une donnée apprise, et ni comprise. Le dialogue a été empêché et je n'ai eu aucun droit à la parole, ni, il y a eu de lecture de ma parole écrite. J'étais jugée au tribunal parmi des violeurs, des jeunes hommes qui violentaient des femmes gravement. Et pour parfaire le jugement, le juge fut une femme. Ma réflexion a dû étendre son spectre jusqu'aux femmes que j'ai vues capables, et assez compétentes, dans le sexisme, reprenant la misogynie comme outils de violence faites aux femmes, en se faisant juges et désignant la femme comme saleté à exclure de l'école, comme un paria, et en laissant les hommes complices innocentés gardant leur poste. Non seulement le qualificatif de "salir un ordinateur" fut utilisé, mais c'est aussi mon outil de travail, et c'est ainsi me le supprimer. Me convoquer au tribunal de ma ville et me demander de payer une réparation inventée, car l'ordinateur fonctionnait parfaitement bien, c'était pour insister sur la caste sociale, aussi inventée, celles des pauvres et sales qui ne méritent ni salaire ni emploi, ni fonction, ni mission, ni intégration dans la société, et celles des riches qui ordonnent de payer et s'octroient le soutien d'une justice faites pour eux. D'ailleurs le tribunal est à côté de la prison. Il fallait bien que la scénographie soit complète, je méritais la prison.

"De nombreuses institutions et personnes en position de pouvoir dans le monde de l’art contemporain adhèrent en théorie et sans sourciller à la rhétorique féministe et au principe d’égalité. Souvent, ils ou elles tirent profit de cet engagement de façade en faveur de politiques progressistes, tout en préservant, en pratique, des conventions sexistes néfastes et oppressantes."

Les écoles nationales supérieures d'art sont en piteux état. Mais chaque ministre validant aveuglément tous ces agissements, signant même les saisies sur votre salaire en toute impunité vient conforter les formes de corruptions de ses représentants. Il ne manque plus qu'à réaliser une petite exposition d'affiches toutes préparées, "contre les violences faites aux femmes", ce qui a été réalisé dans l'école d'art, pendant que j'étais violentée. Et le mieux, c'est que ce soit un professeur, un homme qui la chapeaute, et le petit tour est joué. Ainsi les étudiantes, et les étudiants peuvent s'asseoir à terre et écouter "Le" professeur debout, qui présente une collection d'affiches, qu'il n'a pas réalisé, et dont le sujet, pour se mettre ainsi en avant, n'a pas été étudié une fois dans sa vie. On scelle la violence et on interdit de s'y opposer par une bienséante exposition formatée, aux arguments féministes. C'était parfait, car ainsi personne n'y trouve rien à dire, puisque c'est une directrice qui décide. Sauf que par ces formes de harcèlements, ma vision de ces systèmes d'enseignement a évolué, et je n'y adhère plus. Je ne collabore plus à ces procédés diaboliques et ces écrans de fumée à durée déterminée qui ensevelissent des années de luttes et d'histoires féministes sans savoir allier l'expérience du passé à celle du présent. Et c'est malheureusement de ces agissements, par des femmes au pouvoir, complaisantes et violentes, que nous ne pourrons jamais faire évoluer ces écoles d'art en France. Si l'observation d'une telle collaboration peut mener en enfer avec tant de collègues connivents et complaisants, lorsque l'on sort de ce système, on peut s'estimer "rescapé.e".

"Ils ou elles créent ainsi un climat arrangeant, voire complice, envers des abus de pouvoir illégaux et potentiellement plus graves."

Je me demande même si ce que j'ai connu de pire comme situation ce n'est pas de me retrouver converser avec des femmes professeures, dans ces écoles, qui représentaient des communautés de féministes et qui, si elles ne daignaient lever le petit doigt dans de telles situations pour vous soutenir, vous regardaient d'un air indifférent, afin que vous ne puissiez qu'incarner "la saleté" désignée par une misogyne, celle qui doit dégager. Car dans ces obscures représentations des droits, ces enclaves et chasses gardées, il ne faut pas qu'une femme soit plus féministe que celles qui ont été élues pour représenter "la lutte pour l'égalité des droits entre femmes et hommes". Et ainsi, certaines affaires sont savamment non ébruitées, car il y a des femmes qui peuvent perdre leur place, celle-ci, si longuement acquise parfois pour une éternité comme un panthéon matriarcal. On préfère ainsi le plus souvent parler des affres des hommes, dans les écoles d'art, et ne jamais remettre en cause les femmes, ni regarder de plus près leurs sourds agissements, des officieux passerelles des officiels. Plus cruel encore, lorsque des représentants du personnel, au passif syndical et au pouvoir, ne sont pas du tout formés sur ces questions de harcèlements dans les écoles, et au contraire, jouent le jeu des directions qui harcèlement et abusent de leur fonction. C'est ainsi qu'en se tournant vers des syndicats, les représentant.es, vont, à l'inverse de défendre les droits des salariés, permettre aux directions d'avoir accès aux informations personnelles des victimes d'abus, afin de les fragiliser davantage pour les faire partir des écoles et ne pas nuire aux prédateur.es en place, souvent aux échelons supérieurs (le parcours et la promotion étant très bien conservés entre prédateur.es, et les évolutions par force, garanties) Il n'est pas surprenant de lire les revendications syndicales, concernant les écoles d'art, éluder toutes les observations réelles sur la souffrance au travail et des harcèlements dans les écoles, et déroger à la règle de l'inspection, qui sont pourtant structurels au pouvoir en place, mais insister sur la promotion et l'évolution des statuts, bien amorties déjà, par les garants de ces rapports de force et de harcèlements. Car syndicats et représentants et directions et pouvoir, sont toujours bien plus concernés par la recherche de "plus" de pouvoir et de promotions, que sur l'amélioration des conditions de travail et des relations humaines et de santé pour les fonctionnaires, et les plus précaires (souvent qui n'atteindront jamais les échelons et statuts gratifiés de ces représentants)
J'ai beaucoup appris, et c'est le décès d'une amie et collègue à l'école d'art de Bourges qui a éclairé les parties obscurcies. Cet article lui est dédicacé, m'ayant demandé de faire quelque chose de lumineux, sachant ses jours comptés. Je peux à présent sans compter, que les jours des autres ne sont plus à commenter, mais que notre expérience vécue est à relater, afin d'incarner vraiment les mots et les phrases qui peuvent à un moment, nous représenter, ainsi les relativiser, lorsque nous sentons ce moment présent, et non venir. Le "je" devient impératif quand trop de slogans neutralisent notre singularité. Je n'aime pas les pétitions, je n'en signe aucune, l’anonymat me déplait. Signer pour être en compagnie d'artistes m’horripile, ou par culpabilité de n'avoir rien à dire et faire. Alors si je signais ce texte, il me fallait inscrire une expérience qui pouvait ainsi éclairer ce sur quoi, j'avais vérifié des mots, phrases et slogans, dont le sens résonnait présentement. Car ceux-ci, celles-ci, les mots, les phrases, peuvent neutraliser, de nouveau, notre présence au monde. Ainsi ma désagréable expérience, peut-être rédhibitoire pour les écoles d'art (?) l'avenir le dira, a ouvert un champs plus théorique. Je suis ainsi très perplexe sur les énoncés féministes qui ne représentent plus rien, les visuels, les actions, toute forme et tout geste récupéré politiquement, trop de buée sur le pare-brise.
Lorsqu'il n'y a plus d'enseignements dans une école, ne reste que les rumeurs comme outils de travail, provoquant l'ébruitement, les brisures de nos capacités intellectuelles à étudier, comprendre, apprendre, transmettre et l'exclusion comme seul apprentissage bien reçu, in fine. Je réalisais ainsi que les écoles d'art, en France, sont devenus des systèmes de pointe à exclure. Elles ont longtemps communiqué sur leur élitisme, mais aujourd'hui, elles se trouvent complètement décalées, vis-à-vis du manque d'emploi et de leurs formations caduques avec de telles pratiques basées sur exclusion. Leur élitisme douteux, tout comme les critères d'évaluation destiné à une élite de l'art contemporain (avec si peu de femme artiste exposée, élue) quand les jeunes femmes sont majoritaires, étudiantes en école d'art et les femmes professeure minoritaires, dans ces cadres de sélections sexistes, si ce n'est de castes sociales, deviennent très visibles et "on est grave dans la genance" (langage utilisé par les plus jeunes pour exprimer le malaise moral, le trouble, mais plus la confusion de quelqu'un dans la situation où il est placé face à l'autorité qui viole le droit) Des institutions de gènance, qui apprennent à violer les droits et à se rapprocher des impunis. Il y a du dégoût de ces pratiques, il y a de l'amertume chez des jeunes étudiants. Je l'ai plus constaté ces dernières années, l'imagination et la création sont voilées (violées) par ces méthodes d'abus de pouvoir, non sanctionnés (dans mon expérience personnelle, je fus seule sanctionnée dans l'école d'art où j'enseignais, et convoquée au tribunal de ma ville, pour des motifs inventés (une pauvre femme sale) c'est-à-dire humiliants, et... mineurs, car une femme reste mineure, dans ces systèmes). Il n'y avait aucune inscription de ma fonction, être professeure et artiste à l'école d'art de Limoges fut supprimé par la direction et son administration gargantuesque, sur la convocation au tribunal. La greffière a toujours pensé c'était une entreprise qui a effectué une demande de saisie et qui m'avait convoquée au tribunal, mais elle ne pouvait croire avec les documents reçus que c'était une école et encore moins sous tutelle de l'État. Très intéressant, en mode "libéral" et non, un établissement public d'État. J'ai évidemment informé des collègues et même ayant une place de coordination, très étonnés de ces agissements, me garantissant ne pas être du tout informés par cette direction, avec laquelle ils dînent, partent en voyage, se réunissent... Hum, hum. Silence radio (en mode : Si elle est attaquée par la direction, ce ne sera pas nous et tant mieux). Je ne pense pas que l'on puisse faire, de la France, un pays d'innovations et d'inventions avec ces règles tacitement distribuées pour certains. Cela ne marche pas... même si le président aime la marche.

Design paradigm. Ces agissements s'opéraient comme un principe de poupées-russes, une systémie : un objet à l'intérieur d'un objet similaire. En informatique on peut comparer ce principe à une fonction récursive. Car dans l'expérience du harcèlement d'une direction, on l’appellera la matriochka (corpulente et robuste), elle applique une solution rapide et efficace (ex : l'homme est majeure, la femme est mineure) afin de résoudre les problèmes de directions rencontrés, en commençant par une petite portion du problème (ex: l'homme est propre, la femme est sale), et en appliquant le même raisonnement sur le reste du problème (ex : l'homme présente son regard, la femme représente le regard de l'homme) À imaginer dans une école, dans un cadre de transmission, cette fonction récursive va marteler et conditionner les étudiants. Infantilisations : la femme sera toujours une mineure et si elle parvient à l'égalité, restera mineure, dans ses choix de directions lorsqu'ils sont ainsi rabattus et non élevés. Minables quoi !

- - - - -  Ajout février 2018 - - - - - - -

Ce qui me fait doucement rire, c'est que sont envoyés des ordres d'en haut, afin que toutes les écoles d'art appliquent les règles de l'écriture inclusive. Dans une école où le harcèlement moral et/ou sexuel est structurel, lorsque l'on fait partir les femmes professeurs et artistes, que des membres du personnel, des femmes sont licenciées alors qu'elles ont été harcelées par la direction, que toutes ces femmes soient remplacés par de jeunes hommes sans compétence... Ce sont dans ces écoles supérieures que l'ordre est donné, au nom de "l'engagement à l'égalité entre les femmes et les hommes" d'appliquer l'écriture inclusive ! Et mieux, si cet ordre est transmis par une femme à une direction. C'est là, le seul engagement trouvé : demander à tous les employés et les étudiants et étudiantes d'appliquer ces règles, car il y a plus de filles étudiantes que de garçons ! Lamentable.

Continuez à virer des femmes de leurs emplois par harcèlements et imposez ensuite l'écriture inclusive, ainsi cette représentation institutionnelle, une nouvelle fois, masquera les pires abus. Des statistiques sans vie, non animés d'un véritable engagement et respect des femmes et des hommes, de leur travail. Confusions managériales assurées et triste constat de l'aveuglement qui vient d'en haut et refuse de voir la souffrance engendrée au travail.

Et "La saleté" c'est au féminin et cette injure et qualificatif, a été envoyé par une femme, qui n'a pas eu besoin de l'écriture inclusive pour abuser de son pouvoir.

La vulgarité est au féminin et l'écriture inclusive ne changera pas la donne.

- - - - -  Fin de l'ajout février 2018 - - - - - - -

Résultat, je ne suis plus admise à enseigner dans ces écoles d'art dont la tutelle est le ministère de la culture, telle est la perspective des écoles d'art : nous plumer, nous empêcher de travailler, d'enseigner, avec la volonté d'arrêter notre carrière. La perspective est de laisser les comportements de harcèlements se transmettre dans ces enclos, afin que perdure le système d'élection et d'exclusion de l'art, avec l'argent public. Et la folie des grandeurs de mauvais goûts, dans ces temps de précarité, a gagné tous les secteurs de la culture. Ainsi je ne crois plus aux effets d'annonces, ni aux directions des écoles, femmes ou hommes, qui ne soutiennent pas les artistes et professeures engagés dans leur recherche, la pédagogie et l'art. Je ne crois plus non plus aux rhétoriques féministes dans ces écoles et au principe d'égalité, pour ces engagements de façade qui préservent les conventions sexistes néfastes et oppressantes et radient les femmes artistes de l'enseignement. Ni même, ces chartes diffusées, dont les protagonistes n'ont que faire et dont les graphismes sont ratés. Ainsi je fais partie de ces signataires de ce texte "not surprised" (ci-dessus en intégralité, anglais et français), dont voici un extrait :

"De nombreuses institutions et personnes en position de pouvoir dans le monde de l’art contemporain adhèrent en théorie et sans sourciller à la rhétorique féministe et au principe d’égalité. Souvent, ils ou elles tirent profit de cet engagement de façade en faveur de politiques progressistes, tout en préservant, en pratique, des conventions sexistes néfastes et oppressantes. Chaque jour, celles et ceux qui détiennent le pouvoir font le choix d’ignorer et d’excuser, quand ils ou elles ne commettent pas eux-mêmes des actes de harcèlement et d’humiliation. Ils ou elles créent ainsi un climat arrangeant, voire complice, envers des abus de pouvoir illégaux et potentiellement plus graves. "

Mais les dessins sont là, les pensées échangées, nos dialogues, nos attentions aux uns, aux unes et aux autres ont été les meilleurs que j'ai pu connaître, car les plus en phase avec notre temps, la fragilité de notre vie et aussi la marque de notre engagement à poursuivre, notre lutte, que nous soyons exclues pour ces expressions artistiques, ces réflexions, ces libertés de penser, que nous soyons congédiées, mis à l'écart, que des rumeurs malsaines se propagent sur ce qui est exprimé, dit, écrit, dessiné, pensé, sur notre parole.

Il y a encore d'autres dessins et des très beaux, que je ne peux ici afficher, j'espère que vous allez bien, où que vous soyez. Merci à mes parents pour m'avoir soutenue dans des moments difficiles, merci à mon amoureux et mes étranges bêtes, de plus en plus nombreuses à m'emmener gracieusement vers l'éthologie.

"Nous ne serons plus silencieu.x.s.e.s."

DEFINITION OF SEXUAL HARASSMENT

Sexual harassment is a type of personal or institutional abuse that uses sexual behavior to alarm, control, demean, intimidate, bully, belittle, humiliate, or embarrass another person.

Sexual harassment can occur between anyone, regardless of sexual or gender orientation.

Sexual harassment is rarely purely related to sexual desire. It is often a misuse and abuse of power and position, whose perpetrators use sexual behavior as a tool or weapon.

It is predatory and manipulative, often used to assert the superiority or dominance of one person over another person.

Sexual harassment is any unwelcome behavior of a sexual kind and can take many forms, including making unnecessary, unwanted, or unsolicited physical contact; complimentary or derogatory comments; unwelcome comments about a person’s physical appearance or clothing; commenting on a person’s sexual orientation or gender identity; asking questions about a person’s sex life; engaging in unwelcome sexual propositions, invitations, and flirtation; making somebody feel uncomfortable through displaying or sharing sexual material; giving unwelcome personal gifts; wolf-whistling; catcalling; following; leering or stalking.

Sexual harassment does not always occur in person. It can take the form of emails, visual images, social media, telephone, text messages, or any other media. The abuser need not recognize their own actions or words as sexual harassment in order for it to be considered as such.

The victim of sexual harassment may know the perpetrator well, or may have only just met them. The behavior may occur once, or numerous times over a long period. The victim may encounter the perpetrator at work, socially, or through personal connections. The victim may engage in a professional or social relationship with the perpetrator. The victim may outwardly appear to consent or agree to the act (of harassment), and may be, or appear to be, maintaining a relationship with the abuser. The victim may participate in an encounter that may not be welcome, and may constitute harassment, even if victim and abuser had previous consensual encounters.

This does not mean the sexual behavior was welcomed or solicited. If the behavior is unwelcome, uninvited, or unsolicited, it is sexual harassment, regardless of the circumstances of their meeting, or type of relationship. The victim should never have to offer any kind of reason for refusing to participate.

Sexual harassment is highly destructive to the victim and can cause serious psychological damage. If it occurs in a work, school, or institutional environment, it can be detrimental to their ability to perform their work, and harm the victim’s achievements, career, and reputation. Diminishing a person’s value to their sexuality undermines their professional skills and contributions.

Victim shaming, blaming, and outright dismissal of the victim’s experience, often by the very people the victim turns to for help, contributes to a culture of silence and secrecy. Such an environment enables the continuation of the original abuse of power.

Sexual harassment is often used by those in power to assert dominance and control over subordinates. For this reason, it can be difficult and risky for the victim of sexual harassment to speak out. Because of the sexual nature of this type of abuse of power, this risk is often compounded with shame or embarrassment.

Sexual harassment may not be reported for months or years, if ever, and victims may not feel able to come forward by name for fear of backlash. Length of time passed since the harassment has no bearing on the validity of their claims.

Les desseins sont là.

Não nos surpreende.

Somos artistxs, administradorxs de artes, assistentes, curadorxs, diretorxs, editorxs, educadorxs, galeristxs, estagiárixs, estudiosxs, estudantes, escritorxs e mais — trabalhadorxs do mundo da arte — e somos manuseadxs, delibitxs, assediadxs, infantilizadxs, desprezadxs, ameaçadxs e intimidadxs por aqueles que estão em posição de poder e controlam o acesso a recursos e oportunidades. Nos mantivemxs caladxs, ameaçadxs pelo poder exercido sobre nós e pelas promessas de êxito institucional e crescimento profissional.

Não nos surpreende que curadores nos ofereçam exposições em troca de favores sexuais. Não nos surpreende quando galeristas idealizam, minimizam e escondem o comportamento abusivo dxs artistas que representam. Não nos surpreende quando uma reunião com um colecionador ou um potencial patrono se converta em uma proposta sexual. Não nos surpreende que sejamos reprendidxs quando não nos ajustamos a suas demandas. Não nos surpreende que Knight Landesman nos toque em uma feira de arte enquanto nos promete ajuda em nossa carreira.

Essa carta aberta tem como origem uma discussão coletiva sobre abuso sexual em nosso campo de atuação, seguindo as revelações recentes de conduta sexual inapropriada (um segredo conhecido há muito tempo). A conversa se expandiu mais e internacionalmente. Um esforço maior para a equidade é esperado de e realizado por mulheres negras e pessoas trans ou não binárias. Historicamente, as lutas pela igualdade racial frequentemente adotaram uma agenda feminista, sem receber apoio das mulheres brancas. Nossa eficácia apoia-se em tomar muito seriamente essa intersecção e incluir outros fatores corroborativos que contribuem ao preconceito, exclusão e abuso. Há uma necessidade imperativa de compartilhar nossos depoimentos sobre sexismo, tratamento desigual e inadequado, assédio e comportamentos sexuais inapropriados que experimentamos de modo regular, intenso e amplo.

Muitas instituições e indivíduos com poder no meio da arte apoiam a retórica do feminismo e igualdade em teoria, beneficiando-se dessas informações fracas para sustentar uma política progressista, ao mesmo tempo em que na prática preservam normas opressivas e prejudiciais. As pessoas que estão no poder ignoram, desculpam-se ou cometem assédio e degradação, criando um ambiente de aceitação e cumplicidade em muitos abusos de poder mais sérios e ilegais.

A renúncia de um editor de uma revista proeminente não resolve um problema maior e mais insidioso: um mundo da arte que possui estruturas de poder à custa do comportamento ético. Abusos similares frequentemente ocorrem em nível internacional e a larga escala dentro desse meio. Fomos silenciadxs, condenadxs ao ostracismo, patologizadxs, demitidxs por “exagerar” e ameaçadxs quando tentamos expor comportamentos sexuais e emocionais abusivos.

Não seremos mais silenciadas.

Denunciaremos os que continuarem nos explorando, silenciando e desconsiderando. Suas ações não serão mais um segredo, sussurrado entre nós por medo de que nos condenem ao ostracismo, de que nos excluam profissionalmente ou nos recriminem. Onde vemos abusos de poder, estamos decididxs a falar, pedir para que as instituições e os indivíduos abordem nossas preocupações com seriedade e tornem esses incidentes públicos independentemente do gênero dos responsáveis.

Não vamos ignorar observações condescendentes, mãos obstinadas em nossos corpos, ameaças veladas e intimidações como o flerte ou o silêncio de colegas ambiciosos. Não toleraremos que nos envergonhem ou questionem e não toleraremos a recriminação por falar. Não nos juntaremos às “forças especiais” criadas para resolver um problema que nos impõem. Fornecemos um código de conduta (veja abaixo) para aquelxs que se sentem desempoderadxs, para que possam apontar para um documento que suporte um ambiente de trabalho seguro para todxs.

Nós, abaixo assinadxs, chamamos nossas instituições, conselhos e colegas para que pensem bemo sobre como pode desempenhar, ou ter desempenhado, um papel na perpetuação de diferentes níveis de desigualdade e abuso sexual e como planeja lidar com essas questões no futuro.

Agora somos muitxs para que nos silenciem e ignorem.

Com tudo que experimentamos e presenciamos, esta carta não é uma surpresa.

Je fus non surprise de lire si peu d'artistes femmes françaises signer ce texte, ou travaillant dans le domaine de l'art, en 2017. Mais je fus surprise d'être signataire parmi mes deux icônes américaines artistes, Laurie Anderson et Jenny Holzer. La phrase not surprised fut tirée de l'une des œuvres de Holzer - Abuse of Power Comes As No Surprise - 1982)  Leurs références, dans mes cours, auprès de mes collègues étaient toujours inconnues, de Paris en Province. C'est ainsi seule, étudiante, alors que j'étudiais à l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris, par mes recherches, que j'ai appris et étudié leurs œuvres. Aucun professeur, aucune professeure, n'avait alors prononcé leur nom, aucun des étudiants. Je découvrais un livre en anglais, de Jenny Holzer, dans une librairie de soldes, remplis de poèmes et de mots, de phrases qui interrogeaient le privé, mais dans l'espace public. J'ai compris comment l'espace public pouvait être le lieu de l'art à cet instant et surtout, comment je pouvais le comprendre depuis mon espace intime, c'est-à-dire, ce que nous décrivons comme harcèlement de rue aujourd'hui, pouvait être écrasé par l'autorité d'un poème sur la voix publique, comme un slogan, mais sans vendre aucun produit et sans femme dénudée pour le vendre aux imbéciles. "Protect me from what I want" illuminé au-dessus des rues américaines et cinétiques, sonnait comme ce que je pensais tout bas, intimement, et qui se trouvait annoncer pour tous. Ce fut l'un de mes chocs artistiques et conceptuel, comprendre le texte et son impact dans une ville, comme si, parmi tant d'anonymes nous étions seules à décrypter le message. Les longues études terminées, c'est une nuit, en résidence en Alsace à l'Espace multimédia Gantner (réalisation : "Gamme Cluster" et un blog), avec le collectif que j'ai co-fondé en 1999, Téléférique, dont j'étais la seule femme parmi des hommes, qu'un membre et ami, informaticien et scientifique me fit écouter toutes ses K7 enregistrées des albums de Laurie Anderson, sachant que j'avais réalisé une chanson "Singing with a little robot..." inspirée de "Pale blue eyes" (de son amoureux Lou Reed, 1969) La nuit, je conduisais ces jeunes hommes, de mon collectif, avec la voiture de la résidence, car aucun d'eux ne conduisait ou n'avait le permis. Et évidemment entre "Big science" et "O Superman" des années 1981, c'est bien la voix de Laurie Anderson qui nous accompagnait, tandis que je dirigeais le groupe vers sa voix dans la nuit étoilée, comme un téléférique en pleine montagne, jusqu'en haut des cimes féériques. Ce sont des moments magiques et partagés, inoubliables. Et ce n'est pas de la science-fiction. C'est en dehors de toute institution, toute école. Et rien n'était visible, ni énoncé comme obligation de voir. Ni musée, ni exposition, ni discours, ni médaille. Du son, du noir, des étoiles et encore, un animal peut-être.
Ainsi la solitude rejoint la multitude.
Le chuchotement, le cri.

Par kiwaïda at 19:07

24/10/2017

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© thejazzist.nu (2016) 

CLUB © thejazzist.nu (2016)

Balance ton

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Texte pour catalogue CLUB  de Julien Ducourthial (2015)

The jazzist & Kiwaïda (2014 © Photographie Sonia Marques - Cité de la Céramique - Limoges)

L'été indien (2017 © Photographie Sonia Marques - Dordogne)

Chiens de traineau (2017 © Photographie Sonia Marques - Dordogne)

Chiens de traineau (2017 © Photographie Sonia Marques - Dordogne)

Les meilleurs profils (2017 © Photographie Sonia Marques - Dordogne)

Fête du cidre (2017 © Photographie Sonia Marques - Dordogne)

Entre le Périgord et le Limousin (2017 © Photographie Sonia Marques - Dordogne)

À châteauroux (2017 © Photographie Sonia Marques - Dordogne)

Vue de l'épatant (2017 © JD - Dordogne) : proposition de JD > Vue de l'épatante (les 2 marchent ensemble)

    admirable
    adorable
    ahurissant
    épastrouillant
    époilant
    époustouflant
    étourdissant
    bath
    beau
    chic
    chouette
    exceptionnel
    extraordinaire
    fameux
    fantastique
    formidable
    merveilleux
    mirifique
    mirobolant
    notable
    prodigieux
    remarquable
    sensationnel
    signalé
    singulier
    stupéfiant
    super
    surprenant

Il faut balancer l'homme épastrouillant, exceptionnel, épatant <3


Par kiwaïda at 13:53

05/10/2017

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La reine (© Sonia Marques) - 2016, techniques mixtes - 100 x 100 cm

"Il y avait des orphelinats de jeunes filles par vraiment de jeunes femmes tenues par des femmes plus vraiment toutes jeunes. Ces jeunes filles très peu éduquées et cultivées, étaient livrées par des familles afin de recevoir quelques notions, du bon maintien de la maison et de sa décoration, afin d'être mariées. Elles y apprenaient le travail domestique, les arts appliqués. Les tenancières les circoncisaient autours d'elles et leurs rappelaient ce que c'était être des femmes soumises à la souillure. Elles recevaient l'ordre de se laver, de porter des gants si elles avaient leurs règles de protéger tous les outils qui seraient en contact avec elles lors de ses périodes. Quelques garçons parfois restaient auprès des matrones, ils n'étaient pas devenus des hommes, avaient été formés par ces femmes, mais ne sortaient que très peu de l'orphelinat. Les matrones ne leurs transmettaient aucune discipline, ils étaient livrés à eux-mêmes et pouvaient, au loisir éduquer les jeunes filles, se servir dans les arrivées. Toutes les insoumises avaient un traitement spécial. Elles étaient soumises au vote des garçons pas devenus des hommes validés par les jeunes filles les moins douées, cultivées. Le vote était toujours en leur défaveur jusqu'à ce qu'elles finissent pas partir d'elles-mêmes, ou soient torturées in vivo.
Ces orphelinats sectaires avaient habilement inventé une publicité avantageuse, où de jeunes femmes sortaient les plus belles et éduquées, obéissantes, afin de servir de bonnes familles. Les hommes de ces bonnes familles avaient la garantie qu'elles ne révèleraient rien de leur expérience, aussi terrifiante soit-elle, car, à leur tour, ils leurs promettaient des cadeaux et des parures, des expositions, et une publicité sans égal, auprès du beau monde.

Les orphelinats étaient soutenus par plusieurs villes, plusieurs hommes dirigeants d'entreprises ou d'institutions vénérables. Pas une ombre ne pouvait alors entacher la réputation de ces établissements très dotés. Et surtout pas les insoumises. Leurs étaient réservés le cachot ou la prostitution à vie.

Dictateur, gouvernant le pays par le viol des femmes, ne pouvait être élu sans la complicité et en premier lieu des femmes devenues matrones, qui livraient leurs jeunes filles. À leurs tours, les femmes violées devenaient des matrones. Toutes les femmes devenaient des taiseuses, au service d'un roi et élevaient les fils du roi, futurs rois dictateurs. Les femmes devenaient des esclaves et les autres hommes des policiers."

(Orphelinat - 2014)


J'avais réalisé une œuvre, une photographie avec un redesign de peinture. Aujourd'hui je peux nommer cette action de "Resign", pour laquelle j'ai déjà réalisé un catalogue de photographies en noir et blanc. Je l'avais nommée "La reine". Et puis il y avait un texte que j'avais écrit bien avant, sans rapport avec cette réalisation. La reine était restée sans aucune information dans mon portfolio mais intriguait. Je viens de relire mon texte nommé "Orphelinat" et je pense bien que cette réalisation, des années après, a pu matérialiser (si je puis dire étant donné mes immatérielles créations) cet ornement, cette idée d'une matrone, son rôle dans une société, un patron contemporain qui collabore aux dénis de l'histoire. Ma réalisation s'est effectuée à partir d'un mannequin pour le luxe aux antipodes de sa transformation. Mais le modèle et le nouveau modèle ne font qu'un. C'est une lignée dans un même projet : gouverner.

Il y a des jours comme ça, les choses s'articulent avec une évidence déconcertante. Malgré le brouhaha des informations violentes sans aucun sens, où rien ne fait œuvre de rien, tout se commente et s'évide de penser. Et dans le chaos, ou en deçà, à distance, des personnes pensent et créent, parce que leur route n'est pas tracée par d'autres et ne le sera jamais. Imprévisible. Tout arrive, tout se coordonne et ouvre un pan entier de créations nouvelles. J'ai juste frotté mes plantes mais pas de lampe d'Aladin, feuille par feuille, elles me sont si reconnaissantes qu'elle se gorgent de soleil et s'étirent vers le ciel. Je les remercie infiniment de me montrer cette nouvelle exploration imaginaire.

Par kiwaïda at 13:48

22/09/2017

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David Hockney
Bois de Woldgate, 21, 23 et 29 novembre 2006 (Woldgate Woods, 21, 23 & 29 November 2006)
Huile sur 6 toiles - 182 x 366 cm
© David Hockney

Aujourd'hui c'est l'équinoxe, (qui vient du latin æquinoctium, qui lie æequs (égal) à nox (nuit), le moment où la durée du jour est égale à celle de la nuit. C'est l'automne aussi et je me souviens de la très belle exposition de David Hockney.

Si les feuilles perdent leur couleur verte avec l'arrivée de l'automne et la disparition de la chlorophylle dans les cellules végétales causée par les baisses de température et de lumière, elles prennent quand même de la couleur en devenant rouge, jaune ou orange.
Pendant l'hiver, les arbres sont en état de "dormance", mais avant cela, jusqu'à fin octobre environ, ils passent d'abord par un état de transition appelé "paradormance" lors duquel sa croissance ralentit, avant de se stopper intégralement. L'arbre stocke aussi du soleil pendant les beaux jours, à la manière de carburant pour ses nouvelles pousses au printemps. Un peu comme un ours qui anticipe son hibernation de plusieurs mois. Un peu comme moi.


La dormance (photographies © Sonia Marques)


bet-hedging
Contrer la prédation
Forme de dispersion temporelle
Stratégies de dormance prolongée
Stratégie de minimisation des risques
Contrer les conditions environnementales




David Hockney
The Arrival of Spring in Woldgate, East Yorkshire in 2011 (twenty eleven) − 2 January

Dessin créé sur iPad puis imprimé sur papier
144,1 x 108 cm ; d’une série de 52 œuvres
© David Hockney

Et je me souviens de l'un de mes dessins de la série Mouvance, dont j'ai exposé une conférence à l'Ensa de Bourges en mai 2016.
Extrait :

"(...) Il n'y a pas d'à priori sur le final. Je ne me dis pas, je vais faire quelque chose de joyeux, coloré. Il en est que l'on peut dire, une fois abouti, que tel dessin est joyeux, frais, ou qu'un carnaval se prépare, une fête, des cerfs volants sont dans le ciel et se laissent porter par le vent. Mais je ne pense pas du tout à tout cela. Et pourtant pour certains, l'un d'eux même, je le regarde comme l'expression d'un sentiment de résignation, dans des tons chauds, d'automne, car je perçois le geste entropique. Celui-ci est plus engagé, car il m'inspire l'incertitude. De la glue verte presque fluorescente, dans un semblant de nez, au milieu d'un visage constitué de feuilles... Si je m'attarde sur l'un, il raconte une histoire. L'arbre transforme la lumière du soleil en énergie et en automne, il y a moins de lumière, il commence à faire froid, les feuilles ne fabriquent plus de nourriture pour l'arbre, les feuillent se dessèchent, fragiles elle tombent, tandis que l'arbre passera l'hiver au ralenti. Pour ce dessin, il figure le ralentit, car il manifeste en lui ces transformations. Il s'apprête à tomber. Il semble se dessaisir de lui-même, de ses peaux. Lorsque je dessine, je pense et je suis des gestes, je rêve d'amplitude, d'altitude, de diffusion, dispersion, de mélanges, et aussi de rassemblement de toutes les hétérogénéités produites. Mes gammes colorées sont les secrets de ma mémoire, de mon expérience de synesthète, et c'est un vrai plaisir de composer. Composer des dessins, chaque dessin serait le concert, depuis une partition unique. Pour que la surface apparaisse, il existe une source, dans la profondeur, qui connaît l'obscurité. Je pense souvent aux nénuphars, au lotus, cette fleur qui naît dans les eaux troubles. Ce sont ces images qui motivent l'expression de ces dessins mais surtout, plus finement, des expressions à visage humain."




Mouvance © Sonia Marques (2014-2015) - Série de dessins



Par kiwaïda at 13:07

12/08/2017

J℮ mℯ ﹩üїṧ ṧ℮яяé ʟα ρ℮їηтüя℮

Je me suis serré la peinture (Photographies © Sonia Marques)

Par kiwaïda at 11:27

06/08/2017

℉ÅИ∃✝✞

Fanette revient chez elle recevoir des noisettes d'amour (Photographie © Sonia Marques)

J'ai vécu sur ces assises, les chaises Fanett du designer et architecte finlandais Ilmari Tapiovaara, icône du design scandinave, de 1950, structure en hêtre, piètement et dossier à barreaux laqués noir, édité par Edsbyverken en Suède, modèle original aux 7 barreaux. Ma mère avait meublé son appartement aux designs nordiques, bien avant la mode en France, dans les années 70. Cela doit marquer une enfant, se balancer sur ces chaises bien dessinées, la ligne, je le vois, en les regardant, est toujours élégante. Je me souviens du bruit qui craque si je me balançais dessus, ce qui a donné une entaille à un barreau, scotché par mon père. Les noms de mes parents ont toujours sonné comme des noms exotiques, du Nord au Sud, comme un nom scandinave ou suédois, comme Alvar Alto, aux lignes bien pensées et aussi comme un pays d'Amérique du Sud, très chaud et malicieux, de couleurs douces, suaves et vives. Ce petit écureuil curieux remercie ces noisettes.

Le designer moderniste, Ilmari Tapiovaara est né en 1914 à Hämeenlinna en Finlande. Il étudie le design d’intérieur et le design industriel à l’Institute of Industrial Arts d’Helsinki où il obtient son diplôme en 1937. De 1935 à 1936, alors qu’il est toujours étudiant, il travaille pour Alvar Aalto dans les bureaux d’Artek à Londres. Après avoir fini ses études, Tapiovaara travaille pendant 6 mois à Paris, comme assistant, dans les bureaux de l’architecte moderniste, Le Corbusier. L’année suivante, il devient le directeur artistique d’Asko Oy, le plus grand fabricant de mobilier de l’époque en Finlande, où il reste trois ans. De 1941 à 1951, il est le directeur artistique et commercial de l’usine ébénisterie à Keravan Puuteollisuus. A l’époque, lui et sa femme Annick, commencent à réaliser des projets de design d’intérieur pour des clients, comme la Domus Academy (1946-47) et le Tech Student Village (1951). Vers 1950, le couple ouvre un bureau à Helsinki, où il se focalise sur le design et le mobilier industriel, souvent commandé par de nombreuses sociétés. Alors que Tapiovaara est surtout connu comme designer d’intérieur et de mobilier, il conçoit aussi des luminaires, verres, textiles (souvent en collaboration avec sa femme), couverts, composants de radios et stéréos jusqu’au milieu des années 1970. Tapiovaara est un grand admirateur du designer et architecte finlandais Alvar Aalto, de par son travail incontestablement fonctionnel. Il a aussi un grand sens des responsabilités sociales, confronté à l’après-guerre en Finlande, Tapiovaara entreprend une approche démocratique du design. Il est convaincu, que tout le monde devrait pouvoir accéder à du mobilier bien conçu à des prix abordables. Par exemple, la chaise Domus(1946) empilable en contreplaqué de bouleau , a été dessinée de sorte à ce qu’elle puisse tenir dans une petite caisse pour faciliter l’exportation aux Etats-Unis. Cette chaise conçue à l’origine pour la Domus Academy est sans doute la plus célèbre pièce de Tapiovaara. Il conçoit également de multiples pièces « destructibles », pouvant être démontées afin de réduire les frais d’expédition. A la fin des années 1950, il voyage au Paraguay afin de concevoir du mobilier pour le compte du programme de développement des Nations Unies, il participe à un projet similaire à Maurice durant le milieu des années 1970. Tapiovaara a aussi enseigné, de 1952 à 1953 il est embauché comme professeur à l’école de design, Illinois Institute of Technology.  Pendant les années 1950, Il enseigne le design d’intérieur et industriel à l’Institute of Industrial Art, puis continu d’enseigner pendant les années 1970 jusqu’au milieu des années 1980. Tapiovaara expose intensivement et gagne plusieurs récompenses, incluant des médailles d’or pour ses chaises à la Triennale de Milan en 1951, 1954, 1957, et 1960; à la Good Design à Chicago en 1950, et à la Finnish State Design en 1971, il reçoit un prix de la Finnish Culture Foundation en 1986 et le Furniture Prize de la SIO Interior Architects’ Association de Finlande en 1990. Ilmari Tapiovaara décède en 1999. En 2014, à l’occasion du centenaire de sa naissance, le Designmuseo d’Helsinki présente une rétrospective de son travail, incluant du mobilier et des croquis.

Par kiwaïda at 21:12

05/08/2017

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Les Forces vives (chevaux en bronze de 1983), sculpture de Charles Correia, fontaine à Épinay-sur-Seine (photographie Sonia Marques)

Charles Correia est un sculpteur français d'origine portugaise, né en 1930 à Setúbal (Portugal) et mort accidentellement en 1988 à Moita (Portugal). Il naquit en 1930 au Portugal. Il arriva très jeune en France. Il entra à l'école des beaux-arts de Nantes en 1947, puis à l'École des beaux-arts de Paris en 1950, dans l'atelier de Marcel Gimond1. Spécialisé dans le travail du bronze, il devint un des rares sculpteurs en France à pouvoir vivre de son art. Dans les années 1980, après la création du Centre national des arts plastiques, il reçut la commande de plusieurs œuvres monumentales, dont le groupe des Maréchaux. L'Œil disait de son art en 1984, à l'occasion d'une exposition de ses œuvres : « Les sculptures de Charles Correia sont des œuvres de maturité accomplie, conformément aux principes d'une esthétique et d'une éthique où la flamme d'un tempérament n'est plus à découvrir ».

Force vive (photographie JD)

La Genèse (femme en bronze), devant la mairie d'Épinay-sur-Seine, sculpture de Charles Correia (photographie Sonia Marques)

(Détail)

L'Esclave mourant (copie) de Michel-Ange (photographie Sonia Marques)  

L'Esclave mourant est une sculpture du peintre italien et sculpteur de la Renaissance Michel-Ange, conservée aujourd'hui au musée du Louvre à Paris, avec L'Esclave rebelle. Ces deux figures d'esclaves (exécutées entre 1513 et 1516), destinées initialement au Tombeau de Jules II, furent écartées dès 1542 de la version définitive du tombeau. Ces deux statues, qui restent inachevées, ont été offertes en 1546 par Michel-Ange à son ami Roberto Strozzi, qui, en exil, en a lui-même fait don ensuite au roi de France François Ier. Des collections de Montmorency, puis au château d'Écouen au XVIe siècle, ensuite dans celles de Richelieu, elles sont saisies comme biens d'émigrés sous la Révolution en 1792. Elles sont présentées au musée du Louvre dès le 28 août 1794. Exécutés entre 1513-1516 dans le cadre de la décoration du tombeau de Jules II, au programme particulièrement ambitieux et soumis à de nombreuses évolutions, L'Esclave rebelle et l'Esclave mourant furent laissés inachevés par leur auteur, qui les écarta de la version définitive du tombeau. Les deux sculptures furent ensuite offertes par Michel-Ange à Roberto Strozzi, qui les emporta avec lui en France, où elles sont actuellement conservées, au musée du Louvre. Malgré ces vicissitudes, ces deux Esclaves, parfois appelés Captifs ou Prisonniers, notamment par Vasari, furent immédiatement reconnus comme des réalisations majeures de l'artiste.

Remarquables pour leurs corps expressifs et contorsionnés inspirés par la statuaire antique, ces sculptures se prêtent encore aujourd'hui à de nombreuses interprétations et controverses. Sur un plan philosophique, l'esclavage qu'elles incarnent peut renvoyer à la vision néoplatonicienne chère à Michel-Ange de l'âme enchaînée à un corps pesant, dont il faut s'affranchir. Elles représenteraient ainsi un mouvement de libération et d'émancipation intellectuelle et philosophique du sujet.

Le roi et la reine de Janine Janet (1959) Bois et clous (photographies Sonia Marques)  

L’œuvre de Janine Janet est liée au Tout-Paris des années 50 et 60. Son enfance à l’île de la Réunion développe son imaginaire baroque, un goût pour la nacre, les madrépores, les coquillages, les écorces et les pierres. Les soumettant à d’étranges métamorphoses, elle crée des naïades, faunes, licornes et autres féeries avec une technique qui relève de l’art du tabletier, du relieur ou du rocailleur. Sa formation classique lui donne une excellente maîtrise des techniques plastiques. Balenciaga, Givenchy, Balmain, Nina Ricci lui confient leurs vitrines. Jean Cocteau lui commande les costumes, masques et sculptures du Testament d’Orphée. Elle conçoit des décors pour Francine Weisweiller, Paul-Louis Weiller, le prince Ali Khan, crée une Vénus en bronze doré pour le Queen Elizabeth II, dessine des modèles pour la Manufacture nationale de Sèvres, Haviland, Arthus-Bertrand. Illustré par ses projets aquarellés, les photos de Brassaï, de Lucien Clergue et de Roland Beaufre, cet ouvrage révèle la richesse d’une créatrice qui a marqué un moment privilégié des arts décoratifs français.

L'Enlèvement des Sabines (1579–1583) est une sculpture de Giambologna.

Elle représente trois figures (un homme soulevant une femme au-dessus d’un deuxième homme accroupi) et fut sculptée à partir d'un unique bloc de marbre. N'ayant pour but originel que de démontrer la capacité de l'artiste à composer un groupe sculptural complexe, le thème de l'œuvre fut trouvé après que François Ier de Médicis, Grand Duc de Toscane, eut décrété qu'elle serait présentée au public dans la Loggia dei Lanzi de la place Piazza della Signoria, à Florence. L'œuvre est signée OPVS IOANNIS BOLONII FLANDRI MDLXXXII (Œuvre de Jean de Bologne des Flandres, 1582). On en trouve une version préparatoire en bronze mettant en scène seulement deux personnages au Musée Capodimonte de Naples. Giambologna révisa ensuite son schéma avec un troisième personnage : deux modèles de cire de cette œuvre sont actuellement au Victoria and Albert Museum à Londres. Enfin, l'épreuve en plâtre de dimension réelle pour la sculpture finale, exécutée en 1582, est présentée à la Galerie de l'Académie de Florence. Cette œuvre est une prouesse technique : l'artiste fait tenir sur une seule base trois personnages dont les corps sont organisés sous une ligne serpentine. On y retrouve toute une série de spirales et de mouvements giratoires. Il n'y aucune tension même chez la sabine enlevée par les romains et aucun élément ne sort de l'espace de la base. Ce groupe est une œuvre du mouvement artistique maniériste. Des réductions de bronze de la sculpture, produites dans le studio personnel de Giambologna ou par des copistes, faisaient presque toujours partie des collections des connaisseurs du XIXe siècle.

L'enlèvement des Sabines est un épisode légendaire de la fondation de Rome.

D'après la légende, Romulus fonde Rome puis tue son frère Rémus lors d'une querelle et devient le roi de la cité. Des hommes le rejoignent. Mais pour agrandir une ville, il faut à la fois des hommes et des femmes et les Romains n'inspirent pas confiance aux rois des cités voisines. Alors Romulus et ses compagnons ont une idée. Ils organisent une fête en l'honneur du dieu Consus et invitent les peuples voisins. Les Sabins viennent avec leurs filles. Au signal de Romulus, qui consistait a s'envelopper dans les pans de sa capes, les Romains capturent les jeunes filles et écartent les pères. Puis ils prennent les Sabines comme épouses. Titus Tatius, roi des Sabins, déclare alors la guerre aux Romains. La guerre dure jusqu'à que les Sabines s'interposent entre leurs pères et les Romains. Titus Tatius et Romulus partageront alors la royauté pendant cinq années. À la mort de Titus Tatius, celui-ci est enterré solennellement sur le mont Aventin.

TITE - LIVE (59 av. J. - C.  – 17 ap. J. - C.), Histoire romaine, I,9

Déjà Rome  était  assez  puissante pour ne  redouter aucune  des  cités  voisines;  mais  elle  manquait  de femmes, et une génération devait emporter avec elle toute cette grandeur: sans espoir de postérité au sein de la ville, les Romains  étaient aussi sans alliances  avec leurs voisins. C'est  alors que, d'après l'avis du sénat, Romulus leur envoya des députés, avec mission de leur offrir l'alliance du nouveau peuple par le sang et par les  traités. "Les  villes,  disaient-ils,  comme  toutes  les  choses  d'ici-bas,  sont  chétives  à  leur  naissance;  mais ensuite,  si  leur  courage  et  les  dieux  leur  viennent  en  aide,  elles  se  font  une  grande  puissance  et  un  grand nom. Vous ne l'ignorez pas, les dieux ont présidé à la naissance de Rome, et la valeur romaine ne fera pas défaut  à  cette  céleste  origine;  vous  ne  devez  donc  pas  dédaigner  de  mêler  avec  des  hommes  comme  eux votre  sang  et  votre  race." Nulle  part  la députation  ne  fut  bien  accueillie,  tant  ces  peuples  méprisaient  et redoutaient à la fois pour eux et leurs descendants cette puissance qui s'élevait menaçante au milieu d'eux. La  plupart  demandèrent  aux  députés  en  les  congédiant:  "Pourquoi  ils  n'avaient  pas  ouvert  aussi  un  asile pour les femmes? Qu'au fond c'était le seul moyen d'avoir des mariages sortables."La  jeunesse  romaine  ressentit  cette  injure,  et  tout  sembla  dès  lors  faire  présager la violence.  Mais, dans  la  pensée  de  ménager  une  circonstance  et  un  lieu  favorables,  Romulus  dissimule  son  ressentiment  et prépare, en l'honneur de Neptune Équestre, des jeux solennels, sous le nom de Consualia. Il fait annoncer ce spectacle dans les cantons voisins, et toute la pompe que comportaient l'état des arts et la puissance romaine se déploie dans les préparatifs de la fête, afin de lui donner de l'éclat et d'éveiller la curiosité. Les spectateurs y accourent en foule, attirés aussi par le désir de voir la nouvelle ville, surtout les peuples les plus voisins:les Céniniens, les Crustuminiens, les Antemnates. La nation entière des Sabins vint aussi avec les femmes et les  enfants.  L'hospitalité  leur  ouvrit  les  demeures  des  Romains,  et  à  la  vue  de  la  ville,  de  son  heureuse situation,  de  ses  remparts,  du  grand  nombre  de  maisons  qu'elle  renfermait,  déjà  ils  s'émerveillaient  de son rapide accroissement. Arrive le jour de la célébration des jeux. Comme ils captivaient les yeux et les esprits, le projet concerté s'exécute: au signal donné, la jeunesse romaine s'élance de toutes parts pour enlever les jeunes  filles. Le  plus  grand  nombre  devient  la  proie  du  premier  ravisseur.  Quelques-unes  des  plus  belles, réservées aux principaux sénateurs, étaient portées dans leurs maisons par des plébéiens chargés dece soin. Une  entre  autres,  bien  supérieure  à  ses  compagnes  par  sa  taille  et  sa  beauté,  était,  dit-on,  entraînée  par  la troupe d'un sénateur nommé Talassius; comme on ne cessait de leur demander à qui ils la conduisaient, pour la préserver de toute insulte, ils criaient en marchant: 'à Talassius'. C'est là l'origine de ce mot consacré dans la cérémonie des noces.La terreur jette le trouble dans la fête, les parents des jeunes filles s'enfuient frappés de douleur; et, se récriant contre cette violation des droits de l'hospitalité, invoquent le dieu dont le nom, en les attirant à la solennité  de  ces  jeux,  a  couvert  un  perfide  et  sacrilège  guet-apens. Les  victimes  du  rapt  partagent  ce désespoir et cette indignation; mais Romulus lui-même, les visitant l'une après l'autre, leur représente "que cette violence ne doit être imputée qu'à l'orgueil de leurs pères, et à leur refus de s'allier, par des mariages, à un peuple voisin; que cependant c'est à titre d'épouses qu'elles vont partager avec les Romains leur fortune, leur patrie, et s'unir à eux par le plus doux nœud qui puisse attacher les mortels, en devenant mères.Elles doivent donc adoucir leur ressentiments, et donner leurs cœurs à ceux que le sort a rendus maîtres de leurs personnes. Souvent  le  sentiment  de  l'injure  fait place  à  de  tendres  affections.  Les  gages  de  leur  bonheur domestique sont d'autant plus assurés, que leurs époux, non contents de satisfaire aux devoirs qu'impose ce titre, s'efforceront encore de remplacer auprès d'elles la famille et la patrie qu'elles regrettent."
À ces paroles se  joignaient  les  caresses  des  ravisseurs,  qui  rejetaient  la  violence  de  leur  action  sur  celle  de  leur  amour, excuse toute puissante sur l'esprit des femmes.

Traduction du latin par M. Nisard (1864)


OVIDE (43av. J.-C. –17 ap. J.-C.), L’art d’aimer, I, 101-132

C'est  toi,  Romulus,  qui  mêlas  le  premier  aux  jeux  publics  les  soucis  de  l'amour,  lorsque  l'enlèvement  des Sabines  donna  enfin  des  épouses  à  tes  guerriers.  Alors  la  toile,  en  rideaux  suspendue,  ne  décorait  pas  des théâtres  de  marbre;  le  safran  liquide  ne  rougissait  pas  encore  la  scène.  Alors  des  guirlandes  de  feuillage, dépouille des bois du mont Palatin, étaient l'unique ornement d'un théâtre sans art. Sur des bancs de gazon, disposés en gradins, était assis le peuple, les cheveux négligemment couverts. Déjà chaque Romain regarde autour de soi, marque de l'œil la jeune fille qu'il convoite, et roule en secret dans son cœur mille pensers divers. Tandis qu'aux sons rustiques d'un chalumeau toscan un histrion frappe trois fois du pied le sol aplani, au  milieu  des  applaudissements  d'un  peuple  qui  ne  les  vendait  pas  alors,  Romulus  donne  à  ses  sujets  le signal  attendu  pour  saisir  leur  proie.  Soudain  ils  s'élancent  avec  des  cris  qui  trahissent  leur  dessein,  et  ils jettent  leurs  mains  avides  sur  les  jeunes  vierges.  Ainsi  que  des  colombes,  troupe  faible  et  craintive,  fuient devant  un  aigle,  ainsi  qu'un  tendre  agneau  fuit  à  l'aspect  du  loup,  ainsi  tremblèrent  les  Sabines,  en  voyant fondre sur elles ces farouches guerriers. Tous les fronts ont pâli : l'épouvante est partout la même, mais les symptômes en sont différents. Les unes s'arrachent les cheveux, les autres tombent sans connaissance; celle-ci pleure et se tait; celle-là appelle en vain sa mère d'autres poussent des sanglots, d'autres restent plongées dans  la  stupeur.  L'une  demeure  immobile,  l'autre  fuit.  Les  Romains  cependant  entraînent  les  jeunes  filles, douce  proie  destinée  à  leur  couche,  et  plus  d'une  s'embellit  encore  de  sa  frayeur  même.  Si  quelqu'une  se montre  trop  rebelle  et  refuse  de  suivre  son  ravisseur,  il  l'enlève,  et  la  pressant  avec  amour  sur  son  sein "Pourquoi, lui dit-il, ternir ainsi par des pleurs l'éclat de tes beaux yeux ? Ce que ton père est pour ta mère, moi,  je  le  serai  pour  toi."  Ô  Romulus  !  toi  seul  as su  dignement  récompenser  tes  soldats  :  à  ce  prix,  je m'enrôlerais volontiers sous tes drapeaux.

Traduction du latin par M. Heguin de Guerle et M. F. Lemaistre (1927)

Renaissance (photographie Sonia Marques)

Merci pour ces promenades

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21/07/2017

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Sonho de uma Noite de Verão
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Foi só um sonho

Sonho de uma Noite de Verão (Photographies © Sonia Marques)

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09/06/2017

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