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blog m kiwaïda

30/03/2020

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Photographie © Sonia Marques

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Amuser le tapis


C'est un bruit qui court, la bijoutière dépose le bilan et liquide son entreprise.
Une affiche se trouve collée sur sa vitrine :

LIQUIDATION TOTALE, TOUT DOIT DISPARAÎTRE

Nous sommes en novembre et bientôt ce sera les fêtes de fin d'année. Plusieurs évènements individuels se sont accumulés en cette fin d'année, mais personne n'en connait l'envergure, ni l'intensité ressentie en chacun de nous. Chacun dépose ses armes auprès de son tapis… Mais personne ne le sait. Les habitants se promènent et lèchent les vitrines, c'est ainsi que l'on dit. Puis, ils entrent dans chaque boutique qui dépose le bilan. Il y en a beaucoup dans la ville. Ce n'est pas une petite ville de province, c'est même une capitale de région, les commerces ferment un à un. Chacun dépose ses armes auprès de son tapis… Mais personne ne le sait. Sousoume défie les Dieux, sous son voile blanc, elle est un oasis. Sa science de l'amour a embrasé les Tsars. Ils ont, naguère, délaissés leur foyer, pour ses voiles sublimes et transparents en lin, bordé de pièces brillantes. Ils n'étaient pas éduqués et demeuraient captifs des caprices des femmes. Sousoume n'accueillait pas facilement leurs hommages, il s'entretuaient, motivés par une farouche volonté de prendre le pouvoir. Elle refusait les marques intéressées, peu vénale, elle prétendait trouver, dans le commerce, les agréments nécessaire à ses besoins personnels, grâce à ses recherches assidues. Dans les rues de la ville, nombre de vieux caciques faisaient leurs affaires avec irrespect des femmes. Ils étaient attirés par des courtisanes, toutes présentes dans les assemblées municipales. La vie publique semblait plonger le quotidien dans un désarroi profond, de sorte que plus personne n'allait voter. Les courtisanes autours des vieux caciques alpaguaient d'autres jeunes femmes pour leur montrer la voix, faire commerce de leurs charmes. Dans les foyers, les mères commençaient très tôt leur ménage et les devoirs des enfants. Les pères, toujours en sortie, jouaient aux cartes et faisaient des paris sur les futures élections. Chaque jour de nouveaux conflits, parmi la population masculine, étaient relayés par les courtisanes. Les mères jalousaient les courtisanes et ordonnaient à leurs filles, de ne jamais suivre le chemin des jeux et des affaires. Leurs fils rêvaient d'approcher le pouvoir et faire autorité, ils souhaitaient, plus que tout, se battre et entrer en guerre pour prendre parti pour telle ou telle communauté, en commençant par piller quelques billes, puis des filles, puis des boutiques, puis des mairies, puis, des régions. Sousoume, femme d'esprit savait un peu de ces ignares et de l'illusion du pouvoir. Les Dieux, à sa naissance, prirent la décision de la doter de certaines facultés, peu visibles, afin de conserver son oasis. Tout d'abord : l'astuce. Peut-être cela lui permettrait, d'une manière habile et singulière, de parvenir à ses fins et se tirer de difficultés, mais c'était plutôt pour l'accoutumer à l'ingéniosité, qu'elle apprenne au fur et à mesure, à affiner son esprit, à l'affûter. Les qualités d'invention sont très peu visibles. Les caciques pensent que l'agilité est liée à l'agitation, peu l'associe à l'agilité d'esprit, à la souplesse et la légèreté, une facilité à se mouvoir. Cela peut être aussi rapide, si rapide qu'on ne peut rien voir. Ainsi la virtuosité et l'aisance sont pratiquement invisible. Cela demande beaucoup de vivacité et de dextérité. Chaque réflexion peu être rusée, les actions en deviennent habiles jusque dans la plaisanterie, un certain trait d'esprit, peu accessible. Les Dieux avaient d'autres idées pour Sousoume, mais l'astuce serait première, celle qui, d'années en années, lui donnerait d'autres facultés, dans ces terres où rien ne pouvait se réaliser sans détours ni trouvailles, combines et subtilité, pour évoluer. Sa vie avait déjà parcouru plusieurs villes à dos d'âne, mais sans caravane. Lorsqu'elle passa devant la bijoutière voutée et sa boutique en liquidation, celle-ci lui fit un signe d'entrer. Sousoume passa la porte, comme si ce moment serait celui d'un nouveau siècle. Une chienne qui puait, très vielle, était lovée sur le tapis, grise, on ne voyait plus ses yeux. Elle se leva brusquement et se dressa comme un petit ourson sur les jambes de Sousoume. Il y avait dans cette boutique, beaucoup de curieux et curieuses. Ils passaient tous la même porte, ils marchaient tous sur le tapis. C'est un grand tapis, il a l'odeur imprégné de la vieille chienne tendre, elle bave un peu. Quelle a été sa vie ? Sa vie de chienne ? Des poils volent dans l'espace, éclairés par un rayon de soleil, des milliers de poussières. Elles viennent s'agripper aux vêtements des curieux et curieuses. Ici s'échangent les nouvelles de la vie, du temps, des maladies des uns, des unes, des familles, des retrouvailles, qui s'annoncent pour les fêtes, des anniversaires mêlés, des épuisements, et les bijoux se touchent et se passent de mains en mains. Les unes les essayent et les montrent à toutes, un mari ne comprend pas trop ce cheminement entre les paroles et les essayages d'oreilles en oreilles, de poignets en poignets, jusqu'aux doigts, jusqu'aux chapeaux et aux cous plissés. Et cette oursonne toute excitée, qui passe de genoux en genoux, tentant d'attraper ici, un sac de provision et d'en grignoter un bout de pain. Il y a une atmosphère enchanteresse, dans un fatras d'objets inutiles, futiles de mots idiots, de bêtises et de mièvreries qui se répètent à l'infini, comme pour confirmer les rumeurs et tisser un tapis, et confectionner des paraboles dignes des orfèvreries les plus artisanales et organiques, bref, des œuvres éphémères qui s'impriment dans des mémoires aproximatives. Les curieuses copient Sousoume, elle essaye un bracelet en argent, qui illumine son gracile poignet. Un petit anneau glisse le longe de ce jonc. Une curieuse veut le même. La bijoutière est heureuse, elle sent que Sousoume va être celle qui portera ses bijoux un à un et pourra, rien que par sa présence d'esprit, vendre ses bijoux. Car, toutes veulent aussi avoir les mêmes choses que porte Sousoume. Elle n'a rien, mais tout ce qu'elle met, enfile, d'un coup, toutes le veule, l'objet du désir, celui par lequel, peut-être, la vivacité d'esprit frôlera le leur. Puis, Sousoume pose un regard bienveillant sur la chienne dont personne ne voit l'entier dévouement, serait-ce la fidèle maman de la bijoutière ? On ne sait si les poils du tapis sont ceux de la chienne ou si la chienne est formée uniquement des poils du tapis. La bijoutière s'entretient avec chacun et chacune sur le tapis, en détail, en bien ou en mal, elle arrose généreusement son auditoire improvisé et dépareillé, avec des touches impressionnistes de son expérience chamanique. Les caravanes sont arrêtées, elles ne passent plus. Ce sont des caciques qui décidèrent de cet arrêt brutal pour que les habitants payent un peu plus cher ces seuls moyens de déplacement, dont ils sont propriétaires. La colère gronde, car les habitants ne peuvent plus retourner voir leur famille, et craignent pour les fêtes. C'est un des bruits qui court et met le monde sur le tapis. Puis la bijoutière parle de l'anniversaire de sa sœur dont elle ne doit pas oublier la date, sinon c'est une tempête d'une année qui s'abat sur ses épaules, trop petites, si finement dessinées comme des poignées de portes en porcelaine, elles tiennent dans la paume des mains. Ses os, que l'on devine sous sa peau opaline, ne pourraient soutenir une tempête sertie de frustrations, même celle d'une âme dont la rancune ne dure qu'un printemps. La bijoutière mettait un point d'honneur à être présente lorsque les bourgeons des premières fleurs apparaîtront. Elle sait que ce moment est trop court pour le rater et être divertie par les sautes d'humeurs de sa fratrie lunatique. La sororité en dent de scie peut résoudre des problèmes, et, parfois les envenimer, pour un rien. Elle décrit sa sœur comme capricieuse, une courtisane qui affectionne les miroirs et donc celles et ceux qui s'y reflètent. Pas un seul anniversaire ne doit ressembler à sa solitude. Sa famille est dans l'obligation de se réunir autours d'elle, coûte que coûte, les paralysés, les aveugles, les sourds, aucun, fanfaron, farfouilleur, fainéant, fauché, fébrile, fétichiste, féroce, filou, foireux, fou furieux, franc tireur, frimeur, flippant, frondeur, froussard, furibard ; ni aucune, petite, grande, grosse, fourbe, fière, fantaisiste, fayotte, favorisée, figurante, flétrie, flouée, futée, fortunée, fragile, fracassante, frivole, froide, fausse, frustre, fumeuse, furieuse, ne doit être amnésique : aux oubliettes ! De sa sœur, dont elle parle en son absence, aux curieuses qui portent ses bracelets, Dieu sait comme en secret elle est sur le tapis. Si une cliente interrompt son histoire familiale, la bijoutière n'hésite pas à la faire revenir sur le tapis. Puis lorsqu'une cliente arrive pour discuter prix, au tapis vert elles comptabilisent les offres. Mais, si le sujet des caravanes ou des élections sommées d'empêcher les réjouissances, reviennent sur le tapis, ou si, une simulatrice se met à aternoyer, en s'apitoyant sur son sort, et, une autre, fagoté comme l'as de pique, montre ses parures, et la prétentieuse, qui se vante de parvenir a rejoindre sa famille sans difficulté, tout cela pour donner des jalousies, et parsemer d'incertitude les projets mirifiques, la bijoutière veut amuser le tapis. Sousoume sait que les petites affaires ne sont pas à négliger, les velues, les lisses, les veloutées les nouées, les éméchées, chacune est à prendre et à examiner, il fallait distinguer cet ameublement de paroles et tous les motifs exposés, comme autant de personnages d'un théâtre humain paradoxalement philistin. La bijoutière de plus en plus tassée, arrivait quasiment au niveau de sa petite chienne qui se levait sur ses deux pattes, comme pour tendre l'oreille à sa vieille mère : Et celle-ci, elle dit vrai ? Et celle-là qu'en pense-tu ? En s'abaissant à hauteur d'une bête, elle observait la sveltesse d'une cliente, le galbe élégant de ses jambes et le feux de ses yeux qui tiraient tout l'édifice vers des hauteurs matérielles, tous ses bijoux, devenus par cette liquidation si accessibles. Elle disait à sa chienne : Regarde l'avidité de cette femme, elle termine une opération stratégique, capturer le bijou qu'aucune autre ne pourra se payer et l'attacher à sa main comme son avarice à son corps défendant. Avec cette liquidation, j'attire des prisonnières, des esclaves, et elles seront miennes une fois la boutique fermée. Sousoume avait entendu ce langage. Elle dit à la bijoutière : Il est magnifique votre tapis ! Elle lui répondit très vite : il est à vendre si vous le désirez. Tous les curieux et les curieuses ouvrirent grand leurs yeux, car leurs oreilles étaient prises. Quelle horreur ! Le tapis qui pue ! Mais tous les yeux vitreux commencèrent à mieux regarder le tapis, où siégeait fièrement le cul de la petite chienne. Sous sa coupe, une scène de chasse figurait sur l'étendue de zibeline. Un véritable tableau, les laines nuancées produisaient, par la juxtaposition des couleurs, tout les effets et la complexité d'une grande peinture. Le bon goût des dessins animait les chevaux et les lapins, les oiseaux et les instruments de musique, comme une vérité perçante. Le nuage de rumeur se dissipait sous l'apparition crue de ce sol poilu où étaient collées toutes les chaussures des clients. Fallait-il vraiment considérer ce vieux morceaux comme le joyaux du siècle ou remettre sur le tapis les sorcelleries ? La bijoutière souhaitant s'en débarrasser au plus vite lui dit : je vous le fais à 10 pièces. Les clients radins commencèrent à regretter de ne l'avoir pas vu, il était moins coûteux qu'un bijoux et semblait au seul coup d’œil de Sousoume, flamber comme un trésor inaccessible. Affaire conclue, dit Sousoume. La bijoutière lui dit : Mais revenez le chercher bien plus tard, après ma liquidation, je me souviendrais de vous, entre les 2 fêtes, si les caravanes passent. Sousoume parée d'un bracelet avec un anneau en argent quitta la grotte confinée, où toutes les affaires sont sur le tapis. La chienne se roula sur le vieux morceau comme si elle disparaissait dans ses poils et rejoignait la chasse, les lapins, les oiseaux et les canons à poudre, dans une poussière aérosol. La porte se ferma. Les fêtes de fin d'année se déroulèrent comme à l'accoutumé. Malgré l'arrêt des caravanes, les retrouvailles, plus modestes, anticipaient une nouvelle année frugale, mais riche de transformations. Sousoume était revenue, avant la toute fin de l'année, chercher son tapis. La boutique était fermée. La bijoutière lui avait laisser un mot : venez plutôt après demain, afin que je prépare votre tapis, il mérite d'être un peu nettoyé. Sousoume arriva au jour choisi par la bijoutière. Celle-ci lui montra le tapis enroulé. Vous savez un nombre considérable de personne ont foulé ce tapis, lui dit la bijoutière, aussi n'est-il pas de la première fraîcheur, j'ai fait ce que j'ai pu. Sousoume chercha des yeux la vieille chienne, mais elle ne la trouva pas. Très lourd, le rouleau ne pouvait être transporté par une seule personne. Son ami, Doudour était venu lui porter main forte. Ils déambulèrent dans la ville en plein hiver, sous des flocons invisibles, puisque ce pays n'avait jamais vu la neige. Pieds nus, Sousoume sous son voila blanc, Doudour sous son voile bleu, le corps d'un vieux tapis sur leurs épaules, chargés de toutes les vies des passants, ils étaient glorieux comme revenant d'une longue guerre, celle de la reconnaissance. Les louanges sur leurs épaules, flattés par leur patience, ils commencèrent à unir leur forces pour affronter la nouvelle année. Le commerce tombait, dans un noir marasme. Mauvaises récoltes, caravanes arrêtées, voyages impossibles, déplacement réduits, les vulgarités en modèles, des pachas partout élus avec très peu de voix, entourées de courtisanes qui se copiaient les unes les autres, répétant tout ce qu'elles entendaient, sans distinction, des mauvais traitements dans les foyers, des mères soumises aux autorités des pachas, des enfants indisciplinés, voleurs, agressifs, devenus les commandants de ces mères épuisées, esclaves de leurs enfants. L'eau naguère claire saturée de mauvaises gestions charriait des bactéries très toxiques. Sousoume étalait une pâte d'herbes dont elle avait le secret, sur le tapis déroulé, dont l'odeur était âpre et acide. Elle retournait le tapis, comme un corps, elle le soignait comme un mort. Il faisait un bruit comme la gueule d'un gros poisson, à chaque retournement, et il sortait du jus brunâtre. Elle pressait ce corps, et l'enroulait de nouveau le laissant reposer toute une nuit. Au petit matin, elle alla le voir, il était si fatigué, lourd de conséquences, sa vie entière avait été un supplice. Il lui demandait tout doucement de le laisser mourir en paix. Sousoume s'activait et étalait de nouveau un onguent, dont seule elle avait le secret. Elle roulait, déroulait, le fil de sa vie, il se polissait, et vomissait les horreurs de tous ces passants sans foi ni loi. Elle commençait à prier en même temps qu'elle déroulait tous les malheurs de ce vieux corps poilu. Puis elle brossa son pelage, il ronchonnait, mais restait tendre comme la vielle chienne. Ses couleurs pétillaient, son corps se tordait de bonheur. Elle le laissa se reposer une nuit de plus. Le vieux corps se leva et ondula comme enivré par le baume du cœur absorbé par ses poils. Toute la nuit, il dansa. Des semaines passèrent et la vie dehors n'existait plus. La vie dedans prenait un tout autre sens. Le tapis était sec, Sousoume allait pouvoir enfin s'allonger dessus, sur le lit de sa vie. Et l'oasis aussi.


Art Par kiwaïda at 12:42

23/03/2020

ℬṲḎ∀Ï

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Budai 布袋 en chinois
Hotei 布袋 en japonais
Bố Đại en vietnamien :

« Bouddha rieur »


Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 19:31

21/03/2020

α♭αᾔḓøη

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C'était fin mai 2019, ma PP était née, hier je la tenais dans ma main, lumineuse, la plus petite peinture, j'étudiais les pangolins, les fourmiliers écailleux, et j'avais aussi des tendresses qui ne se laissent pas faire, m'exposant leurs manières, les plus belles expositions, des voyages immobiles, sans visiteurs, ni touristes.

Photographie de PP © Sonia Marques

Le vrai pouvoir c'est d'être tranquille.
Accepter la vie dans l'instant ne nécessite aucune théorie.
Le soir, le passage dans le sommeil.
Tout ce que j'ai voulu, désiré, contemplé, espéré, se meurt.
La jouissance la plus profonde.
Sombrer dans le sommeil et tout abandonner.
Aucune fortune ne vaut cette possibilité de sombrer.
*

Photographie © Sonia Marques

Quel cadeau les amis ! Sombrons, sombrons, abandonnons.

Dimanche 22 mars 2020 : Dernier croissant
Lundi 23 mars 2020 : Nouvelle lune

Laissons la lune libre


Animal Par kiwaïda at 19:08

19/03/2020

℘øяḉ℮ℓαiᾔℯ

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Dessin © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 18:23

17/03/2020

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Aux confins (© Sonia Marques) 16/03/2020

3 petites parties d'un grand tout : un dessin d'1 mètre

C'est l'histoire d'une image qui date de quelques années, que j'avais intitulée "Tout va bien", c'est ce qui est inscrit en grand. Mais en fait, tout ne va pas bien dans cet attroupement. Ce sont des personnages fantomatiques confinés, pieds et mains liés, au sens figuré, ils trahissent une gène, et les sourires sont obligatoires. Une table très molle parcoure l'image et divise la scène. On distingue en dessous, les jambes croisées et retenues, comme si ce groupe ne formait qu'un seul monstre à 20 pattes, limité dans une boîte, sans pouvoir bouger. Ils pourraient être tous à la selle, ce serait du même effet, mais seuls les regardants peuvent apercevoir leur constipation. Ce sont des non-sachants ou des demis experts, comme l'expression nouvelle d'un président venait de nous l'annoncer : il ne faut pas les écouter, de trop. C'est l'invention parfaite d'une confinerie imaginaire, constellée de croix, de lignes plus ou moins abrégées dans leur tracé, laissant évaporer toute possibilité figurative, comme si la suggestion et le subjectif devenaient des rêves auxquels aucune autorité n'avait de prise.

Aux confins est un dessin initiatique qui ouvre la voix aux bras de Morphée. C'est une sensation délicieuse, car le trait est délicat, d'une finesse d'acuité, mais la poudre, ou la poussière déposée, parsème le doute sur ce que l'on a vu, ce que l'on a perçu. Ne reste que la trace d'un mouvement dont on pressent qu'il peut s'évanouir si on souhaite trop fort le capturer. La phénoménologie est si abstraite et si commune au numérique, qu'elle nous distrait de nos artifices convenus, car elle s'anime soudain, alors qu'elle est figée, comme s'il avait fallu saisir le moment même, la dixième de seconde où l'on est sur le point de s'endormir, tel un relâchement d'une pression incommensurable, chaotique, paradoxale et dramatique. Cette relâche apporte tout le réconfort et la sécurité qu'une page blanche est toujours envisagée, même si des visages fantômes, de croix christiques ou mortuaires, décorations sommaires et graphiques, pétillent comme les dernières étoiles d'un grésillement d'électricité.

Retenir Aux confins du monde, avant qu'il ne tombe...

Et si l'humour était délicat, il serait cryptique, afin de ne pas froisser les âmes aux diamants bruts, ainsi, et pour tout dire, seuls les non-percevants, seraient exclus de cette kinesthésie radieuse, au bord du précipice de l'art. En plus clair : on y verrait que du feu !

Aucun subterfuge, que des connaissances libérées, non transmises, gravées dans les cortex insulaires.


Art Par kiwaïda at 00:58

16/03/2020

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Enseignement Par kiwaïda at 23:05

€ⅾωαяḓ ℋ☺℘℘ℯґ

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Edward Hopper, né le 22 juillet 1882 à Nyack dans l’État de New York et mort le 15 mai 1967 à New York, est un peintre et graveur américain. Exerçant essentiellement son art à New York, où il avait son atelier, il est considéré comme l’un des représentants du réalisme américain, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Au début de sa carrière, il a représenté des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages américains et de devenir un témoin attentif des mutations sociales aux États-Unis. Il produisit beaucoup d’huiles sur toile, mais travailla également l'affiche, la gravure (eau-forte) et l'aquarelle. Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime par contraste la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Dans une « ambiance métaphysique », en un monde devenu autre où la relation humaine est comme effacée, ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.


Edward Hopper déclarait en 1964, en préambule pour une interview sur NBC : "Je sais bien que des peintres contemporains vont manifester le plus grand mépris pour cette citation. Mais je la lirai quand même. Goethe a dit : "La fin première et dernière de toute activité littéraire, c'est la reproduction du monde qui m'entoure via le monde qui est en moi ; toute chose devant être saisie, reprise et recrée, assimilée et reconstruite sous une forme personnelle et originale". Pour moi, c'est le principe fondateur de la peinture. Et, je sais qu'il existe mille opinions différentes sur la peinture et que beaucoup objecteront que c'est dépassé et désuet. Mais, pour moi, c'est une vérité première." Ainsi, même si par facilité, et pour le distinguer des courants abstraits et expressionnistes, on rattache Hopper au réalisme comme Andrew Wyeth, puis les peintres du Pop'Art et de l'hyperréalisme, il convient de ne pas oublier la dimension abstraite et symbolique de son oeuvre. Celle-ci propose un constant va et vient entre l'extérieur et l'intérieur, entre un espace sans limites qui a toujours fasciné les artistes américains et sa rétractation sur l'individu isolé dans un monde clos. La maison près de la voie ferrée (1925) propose une version diurne de ce dialogue, Fenêtres, la nuit (1928) ou Un bureau, la nuit (1940) en sont les versions nocturnes.

(Citation sur un site dédié, avec un bon dossier complet... ici)


Art Par kiwaïda at 16:42

15/03/2020

Ḻℯṧ ṧ¢н⊥ґ◎м℘ḟṧ

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C'est pas les droits de la femme, c'est pas les gilets jaunes, c'est pas les stylos rouges, c'est pas le "black friday", c'est pas la fin d'un match de foot, c'est pas les gagnants du Loto, c'est pas la grève nationale ni les syndicats, c'est pas le vote aux urnes, c'est pas la soupe populaire, c'est pas la distribution des masques afin de ne pas contaminer... importuner...

C'est :

3500 Schtrompfs en France...

Un record du monde reconnu au niveau international, une prouesse humaine...
Ce n'est ni le stade 1, ni le stade 2, ni le stade 3, ni 4, c'est le stade 3500 !
Non ce n'est pas les inventeurs, ni inventrices d'un anti-virus, désolé...
Chut ! La France ne sait pas, qu'elle ne sait pas.


Corps et visages peints en bleu, bonnets blancs sur la tête, environ 3.500 personnes s'étaient grimées en "Schtroumpfs", célèbres personnages de l'auteur belge Peyo, pour battre le record du plus grand rassemblement de "Schtroumpfs" du monde, le 7 mars 2020 à Landerneau, dans le Finistère.


Paysage Par kiwaïda at 12:43

14/03/2020

ґεṧρḯя

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Du barouf en moins © Photographie Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 12:57

08/03/2020

ℳѦℜ

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Photographies © Sonia Marques

Le droit des mers, des mères, des marines, des droites, des courbes, des souvenirs, des avenirs, des vies, des visages, des rivages, des bleus, des jaunes, des sables, des inclassables, des pas à pas, des délicatesses, des politesses, des finesses, des tacts, exactes, des beautés, jetées, mutées, pétées, ratées, citées, butées, notées, futées, gâtées, ouatées, fiertés, entêtées, enterrées, inhumées, incinérées, calcinées, fumées, volatilisées, cendrées, roses, beiges, blanches, terracotta, corail, moutarde, citron, écume, vanille, envolées, exaltées, sublimes, inoubliables...

Paysage Par kiwaïda at 19:00

♏ÅϟḰ

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ZEN © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 00:11

03/03/2020

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Directed & Animated by Jamie Wolfe jamiewolfe.com Stream "Sedative" by Hollis levelmusic.lnk.to/sedative Written and produced by Hollis and Chucky Kim Live Drums by Stefan Litrownik Recorded by Chucky Kim and Elan Wright, Ruby Room, Seattle Mixed by Mikaelin 'Blue' BlueSpruce, Lounge Studios, NYC Mastered by Joe LaPorta, Sterling Sound, NYC

Art Par kiwaïda at 21:32

02/03/2020

Ḡґâ¢ε

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Ulay ! Formidable !

De tout ce qu'a réalisé Marina, j'admire la présence d'Ulay, jusqu'à son geste de casser le protocole extrémiste... En ces temps de manque de courage et de modèles caduques, il est sain de remarquer la grâce de cet homme qui parcoure les salles où se rejouent ses performances, dont de jeunes gens ignorent complètement qui est cet homme, qui traverse même, délicatement l'une de ces performance, entre 2 performeurs, son chemin, jusqu'à trouver cette vampire, celle qui l'a dénudé, sans réussir à le dénuer d'empathie, in fine. RIP. Un article résume les ennuis successifs à cette performance, qui datent d'une histoire d'amour qui finit mal, où le système de l'art a récupéré le fruit d'une relation, et Marina, vénale et amnésique, oublie comment avait-elle pu faire carrière et s'enrichir, sur l'idée d'un amour éternel dont elle a décidé de voler l'âme la plus pacifique. Ulay n'est pas Piotr, c'est là toute la poésie.




ULAY, masque blanc, auto-polaroid original, type 107, 1973-74


Polaroid (1973)
*



ULAY was incomparable. As a human being and as an artist. The gentlest soul, a giver. A pioneer, a provocateur, an activist, a mentor, a colleague, a friend, a father, a husband, family. A seeker of light. A lover of life. A traveler. A fighter. A brilliant thinker, who has been pushing limits and enduring pain. Selfless and fearless, ethical, elegant, witty. He, who has influenced so many.

Art Par kiwaïda at 23:09

Les ♏Ѧiℵ$ d'or

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Je lisais l'article que j'avais publié sur le design italien  Ettorre Sottsass, en 2013, il a beaucoup été lu, peut-être est-ce une source d'information importante. J'avais été étonnée, à l'époque, que l'école d'art où j'enseignais, à Limoges, n'avait fait aucune communication de cette exposition. Au vernissage, aucun collègue, ni direction. Récemment avec toute cette psychose française sur les virus et le focus fait aux mains, je me suis souvenu de mon "Cahier mains" dessins réalisé en 1994. J'avais d'ailleurs, lors de mes études à L’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris, où j'ai étudié le design et réalisé nombre de créations et réussi avec brio mon diplôme (le DSAA), orienté mon mémoire sur "L'énergie du geste", avec la valorisation des mains, de tout ce qu'elles font et de leurs, signes, ce qu'elles disent à travers leurs communications, leur force, la faculté de création, l'habilité, les soins, la protection, la manipulation, l'érotisme, l'amitié, le lien, bref, 2 années à penser sur ce vaste sujet que je m'étais donné, seule, par mon attachement au travail de la main et sa révélation, son entité, son authenticité, ses prothèses, son énergie, je dirai aussi : la virtuosité. Ce cahier de dessins de collages, feutres et crayons, et sanguines, avant que l'ordinateur ne soit devenu un de mes outils privilégié et économique, était joyeux, mais aussi grave, dans le sens où derrière une fantaisie, se tramaient des sujets plus profond, que l'on peut retrouver facilement aujourd'hui abordés, mais qui ne l'étaient pas, il y a 30 ans : la place de l'enfant, la prédation, le foyer, la famille, l'école, la prison etc. L'enfermement et la liberté, la capacité à inventer. J'enseignais déjà, même en étudiant et je donnais des cours d'arts plastiques à des enfants en banlieue auxquels j'accordais un intérêt d'études et de création très fort. Mon observation de la création des plus jeunes et leur vulnérabilité, m'inclinaient à prendre des mesures et donner un cadre de protection, fiable, dans lequel, ils et elles pouvaient exprimer, dans les arts visuels un tas de formes dessinées et coloriées. Et quelque part Ettore Sotttsass, lorsque je vois ses dessins, il y avait quelque chose là, auquel j'étais sensible, dans cette faculté de mettre en dessein, en esquisse, des sujets et programmes plus ambitieux et vastes, sur lesquels on peut revenir, des années plus tard, c'est très enthousiasmant.

Quelques pages du Cahier mains  © Sonia Marques
(21x29,7 cm - 1994)

Un petit clin d’œil à l'une de ses maisons : La casa Olabuenaga, sur l’île de Maui, dans l’archipel d’Hawaï (États-Unis).

Cette magnifique demeure fut construite par les soins d'Ettorre Sottssas pour Adrian Olabuenaga et Lesley Bailey, fondateurs d’ACME Studios. De riches commanditaires, en cas de critique négative, il trouva une parade : “On peut m’accuser d’avoir fait des maisons pour des milliardaires, c’est vrai, mais je peux aussi dire que ces milliardaires étaient des galeristes, de grands collectionneurs, c’est-à- dire des intellectuels avec lesquels je pouvais parler, je pouvais discuter...

J'aime beaucoup ses maisons, il était inspiré par celles déjà existantes, aussi celles qu'il a vues, lors de ses voyages à Tiruvannamalai, dans l’état indien du sud du Tamil Nadu. Car à Tiruvannamalai, la ville est construite autour du Temple Annamalaiyar, le point de repère le plus important de la ville et un centre de pèlerinage dans le Tamil Nadu. La ville a une longue histoire qui remonte au IXe siècle, et les maisons qui se dressent ici aujourd’hui ont été construites tout récemment, avec les maisons les plus anciennes datant des années 1940. Ces maisons sont principalement le travail des familles qui y vivent. Elles sont responsables de la conception, de la forme et des couleurs. En 1988, Ettore Sottsass écrit dans le premier numéro de Terrazzo, le magazine qu’il a fondé : « Il est clair que dans tous les lieux que je visite, il y a des gens qui ont vu les maisons, avec beaucoup de soin […]. Nous pouvons parfois éprouver cette détermination sans logique lorsque nous avons conçu et construit une maison ». Dans le même numéro, Ettore Sottsass publie quatre photos de ces architectures, datant de 1977.


Il est évident que le Cahier mains menait un désir d'inventer sa maison, depuis sa maison natale, de créer du foyer, partout où je me déplaçais, d'être en réception de l'existant et de créer son espace d'invention. Il est certain que c'est la condition première, en tout cas, pour moi. Les écoles de création sont en contradiction totale, ce qu'elles sont devenues, avec le contexte propice à la création, au travail. Elles reçoivent trop de formations en tous genre, parfois inutiles, elles se fondent à présent, principalement sur l'interruption, c'est-à-dire, sur l'arrêt du dessein, du fait de penser et d'envisager la création. Elles ne sont programmées que pour être interrompues, aucune étude ne peut se réaliser dans le calme, elles servent, malheureusement à la communication et à l'image d'une agitation et d'un excès qui ne portent aucun modèle de création, bien au contraire : ce sont de véritables modèles d'éparpillement, et de morcellement, elles visent à distraire mais jamais à se concentrer. Mes derniers enseignements, étaient interrompus et ma persévérance fut celle de résister et de continuer à garder un cadre d'étude correct et joyeux, fécond. J'avais déjà remarqué la difficulté de mes collègues à enseigner et à maintenir le cap. Ils ne pouvaient plus. J'ai toujours appris autrement, et je pense que l'on continue d'étudier, hors de ces lieux devenus de confinement, où tout surgit brutalement, sans que l'on sache quel lobby est derrière, quelle industrie, de la chaussure, à la crème pour le visage, aux sacs en cuir, ou à la porcelaine, jusqu'aux marques d'imprimantes 3D qui doivent compter sur les milliers de petits étudiants qui planchent dessus, afin de prouver leur pérennité (sic) et l'automobile était une manne, dans ces années 90, on recrutait des étudiants pour qu'ils réalisent les dessins des sièges de voiture, gratuitement, sous réserve qu'ils seraient acclamés designer, le temps d'une année d'étude, et des milliers de voitures produites avec les dessins de ces étudiants non rémunérés, d'ailleurs, sans permis, et des années après, sans voiture. Parfois, je pense que l'économie, ce mot, est un peu plus cher qu'économe et n'envisage pas assez les dégâts engendrés sur l'avenir des génération de créateurs et créatrices sollicités, pour leur talent, mais pas pour leur économie de création, pour pérenniser cette invisible partie de la pensée.

Dans ces lieux de confinement, la pression est grande, les formes de harcèlement intensément ressenties, car les étudiants sont dans l'obligation d'être à l'école chaque jour et aussi, ils ne peuvent dire ni décrire ce qu'ils et elles subissent, au risque de ne pas avoir leurs crédits, leurs diplômes. Les professeurs sont aussi sous pression, en concurrence, très peu éduqués sur les formes de harcèlement, et avec un management immature, sans aucune disposition sur ces formes actuelles. Le morcellement des études et la diversité des disciplines sont telles, que le lien disparaît, et les séparations favorisées, les divisions également. L’individualisme des professeurs sur leur carrière personnelles et leur recherche à l'exposition perpétuelle, produit un fabuleux miroir aux alouettes, entretenu par l'État, et même crédité. Ce n'est que sur ces miroirs que se fonde une volonté de financement, sur l'effet de mousse. Mais l'écume s'en va très vite, et il faut recommencer aussitôt à financer le grand fourre-tout, histoire de créer de l'emploi, de nouveaux miroirs aux alouettes. C'est donc devenu des espaces de danger, peut-être plus importants qu'être à l'air libre. Ainsi, avais-je fini par réaliser des cours en extérieur, le plus souvent, à l'air libre, et cela avait vraiment motivé les étudiants à retrouver l'inspiration nécessaire, qui, finalement se trouvait présente dans la nature. Je m'étonnais de voir que ces jeunes gens, majeures, ne savaient pas où ils étudiaient, ne pouvaient même pas se situer dans l'espace, ne connaissaient aucune rue et voisinage, par habitude d'être véhiculés. Aucun sentier ne leur était connu, aucune végétation, ni même les habitants. Seuls les commerces en grands supermarchés devenaient leurs repères, ils y allaient rassurés, et savaient pertinemment quoi choisir, s'affalant, dès la sortie à même le sol, pour grignoter et boire des sodas. Pas facile. Ils revenaient donc, dans l'enceinte de l'école, imaginant même y dormir, tellement le monde extérieur leur faisait peur. Poussés par leurs professeurs syndiqués, ils imaginaient "occuper" l'école, les mini-moi reproduits, ils espéraient faire "la révolution". C'est qu'ils étaient complètement drogués aux miroirs des alouettes, sachant très bien, que dehors : ces miroirs ne prenaient pas formes. Pour prendre forme, il faut avoir quelque chose à dire et faire et penser, et l'inscrire auprès ses autres, mais seulement après une étude poussée et une volonté de proposer ses capacités d'invention, au service des autres, tout en cultivant son jardin secret, alors, seulement, le positif colore. L'envahissement de la peur a généré cette coupure avec ce jardin magique. Les peurs sont des sentiments humains parfois nécessaires, mais parfois, ils paralysent l'action et tout geste et regard respectueux, positif et ouvert. Courage, ne fuyons pas.


Art Par kiwaïda at 15:48

25/02/2020

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Les femmes françaises trainent, les femmes françaises s'ennuient, n'aiment ni la politique, ni l'économie, ni le tennis, elle ne sont pas cultivées, n'aiment pas le porno, ni la censure, et achètent des tas de vêtements. Elles vieillissent en aimant regarder la télévision et en aimant manger de plus en plus et en aimant se coucher tôt. Un portrait sincère de Claire Brétécher, illustratrice française née le 17 avril 1940 à Nantes et morte le 10 février 2020 à Paris. Agrippine et Les frustrés. Et les hommes ? Ils disent tout le contraire. Il en va d'être un homme un vrai, un Charlie ou un Piotr, entourées de belles femmes, il faut qu'elles soient toujours amoureuses... et consentantes. Ainsi va notre pays, un pays complètement syndiqué, au dualisme marqué, sans nuances et sans couleurs, aux conflits animés et désirés plus que tout, dans une fascination de la violence, toujours renouvelée, la violence des autres... Il faut suivre le protocole, la retraite c'est aussi simple que cela, qui veut réformer... s'oppose à la culture française. Ce que j'aime chez Claire Brétécher, c'est sa non séduction. Elle n'a jamais cherché à plaire, et aujourd'hui, la recherche de like et d'achat d'amis, dans le monde de la culture (c'est-à-dire tout le monde, si l'on comprend un jour que la culture s'incarne dans chacun.e des êtres vivants, et même des pierres minérales...) a complètement miné la visibilité de telles créatrices, celles d'aujourd'hui, qui ne sont, ni dans la séduction, ni dans l'hyper-visibilité, ni narcissiquement auréolée par un débile qui s'expose, ou se cloue les couilles... Ni suivie par tous les syndicats qui aiment faire du papier, dans la culture et contre les artistes, in fine... du vent. Pourtant, les créatrices sont là, un mot décalé, des idées singulières, un monde à part, une vision, cela ne plait pas à tous, ni aux journalistes, ni aux élus, cela ne séduit pas ni ne glisse dans le sens attendu, cela ne suit rien, aucun groupe, aucun parti, sans adhésion aucune, impossible de copier des créatrices, de les soutenir même, de les aider, de leur donner la parole : non, trop risqué, cela pourrait donner des idées <3 C'est pour cela que l'on donne la parole aux femmes qui ne créent pas ou n'en font pas leur vie, et que l'on lisse des portraits de femmes qui travaillent dans l'administration, sans goût, sans sensibilité, censé soutenir des femmes créatrices : faut pas rêver ! La création n'est pas un métier, et il n'y a aucun modèle... C'est hélas ce qui est soutenu, ces stéréotypes de la création des femmes françaises, en France, seulement des femmes qui travaillent dans des institutions et payées par l'État. La création n'est pas libre, loin de là.

Claire Brétécher est née à Nantes, après un passage à l'école des beaux-arts de Nantes, elle monte à Paris à 19 ans ! Elle n'aime ni sa ville natale ni s’accoutume de son père violent (juriste) et sa mère au foyer. De difficiles débuts, mais une indépendance d'esprit, et une expérience de la vie qui a pu s'exprimer dans ses dessins, pionnière de l'auto-édition. Si l'on suit son parcours, personne n'a bien regardé ses virages et sa manière d'appréhender la vie, ainsi, ses dessins figeaient, à toute vitesse (il y a une notion d'urgence et de trait vif et jeté) ce que l'on peut voir, dans des modèles de femmes créatrices, accompagnées de façon trop lente et passive, alors qu'en fait, la vie bat son plein et avec énergie. On a trop longtemps cru que les femmes n'avaient pas de culture, on a créé un ministère pour régenter cette croyance, dirigé par un nombre assez important de femmes, cheffes et responsables et directrices. Mais cela s'est basé sur une fausse croyance. Les femmes n'avaient pas besoin d'être régentées, ni dans leur parcours, ni dans leurs choix, ni dans leur façon d'appréhender la création et les outils de création. L'indépendance est une condition sine qua none, pour créer, suivie par la recherche de son autonomie, une chambre à soi, bien plus qu'un réseau d'amis Piotr à la noix.


Enseignement Par kiwaïda at 13:38

23/02/2020

ℒℰ ℙ∀Ẏ$ Ḏ∃ ℜ∃И∀†Ṳ$

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 12:47

17/02/2020

é¢☺ℓø❡їε ℯη☂яε ʟεṧ ṽḯṽαᾔ☂ṧ ε⊥ łεṧ м☺ґ☂﹩

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Et bien oui, il y a des conférences qui sont pas mal dans les écoles d'art, et là c'est sur le dialogue entre les morts et les vivants, Vincianne Despret, dont j'avais déjà publié une interview : à l'écoute des oiseaux J'aime bien comment elle va répondre à un étudiant (barbe de hypster) qui l'attaque. Je trouve la salle agréable et la retransmission parfaite, ainsi que les questions libres. Bref, quand on est loin, c'est l'idéal, et quand on est dedans, devant cela doit être top !


Philosophie Par kiwaïda at 23:11

℘я☺⊥ℯṧ⊥

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50 ans plus tard, depuis 1970, cette formation de manifestants professionnels se trouve dans les écoles nationales supérieures d'art en France, à effectuer en 5 à 7 ans, selon les banderoles, les slogans, les harcèlements, la pratique de la délation sur les réseaux sociaux, la surveillance, la création de groupes et d'ateliers en Amérique du Sud ou en Chine, selon les crédits à l'art de la propagande, le nombre de punitions reçues, de facultés à répéter le mind control, la pratique de la photographie dans les manifestations (feu et police et du sang et de la matraque bien aimée), les lectures diverses d'hommes célébrés de révolutions entre petits bourgeois, la capacité à enrôler de jeunes femmes et leur donner un rôle (féministe encarté) et des tâches autour d'un chef, parfois elles peuvent se mettre nues et revendiquer leur liberté, se laisser filmer par des pervers mais professeurs bien payés par l'administration, tout cela dans l'espoir de passer à la télévision (sur bfmtv) avec une performance d'art politique, pour être du même niveau que les candidats au pouvoir qui aime caresser, espoir qui pourra mettre des années pour être invité à des conférences devant 3 étudiants, sérieusement retransmises sur Internet, avec des traducteurs, avec une petite lampe dans le noir, une galeriste fière de représenter un groupuscule de mêmes formations, des éditions signées et numérotées par les 3 étudiants présents, quelques jeunes femmes toujours prêtes à se mettre nues pour appâter les ennemis, la faiblesse des hommes qui se caressent devant leur miroir, bref, la formation est plus longue car les professionnels sont devenus des experts et un nombre considérable à présent, même sans aucune formation agrée par l'État, peut devenir professionnel et aussi devenir le chef d'une communauté éphémère autours d'un rond point. C'est que l'art a été très dévalorisé ces derniers temps, les slogans et les banderoles ne sont plus efficaces, l'action directe, le terrorisme, l'incendie, le virus, le féminicide, le suicide, sont devenus des modes qui se sont passées de formations, de modèles même et d'histoire. L'an 3000 : plus aucun professionnel de la manifestation : ils et elles ont tous démissionné. L'amour de son prochain a repris le dessus, dire comment, pourquoi, serait trop long, il suffit juste de fermer, aujourd'hui les yeux, et d'imaginer la puissance et la beauté des êtres humains se délestant de la paranoïa, la méfiance, le mépris, le voyeurisme, la surveillance, la mésestime de soi, et le désir de faire du bien, de travailler pour le bien de tous, pour soi et celles et ceux que l'on aime. Écrit ainsi, aujourd'hui, avec tous ces professionnels arrogants du mécontentement, on ne peut pas comprendre la profondeur d'une telle imagination, on peut croire même qu'elle est superficielle. Mais dans 1000 ans, on ne se souviendra même plus de ces formations caduques et du vide qu'elles comblaient.

Le rocher Petros

Enseignement Par kiwaïda at 02:06

13/02/2020

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En 1964, Massin est amené à travailler sur la Cantatrice Chauve, d’Eugène Ionesco, pour une réédition du texte. Le livre, aujourd’hui épuisé, sera réédité par Gallimard en 2009 dans une édition peu chère, avec un tirage supérieur aux éditions précédentes. La pièce, qui a été créée en 1950 au théâtre des Noctambules devant une salle presque vide, est depuis devenue un succès et se joue sans discontinuer depuis au théâtre de la Huchette. Elle a été traduite et jouée dans toutes les langues, y compris le bengali et le bantou. Massin montre à Ionesco, qu’il ne connaît pas encore, sa maquette dans un café proche du théâtre, presque en catimini. Ionesco laisse carte blanche à Massin et Gallimard; sa seule demande est que la lisibilité du texte soit parfaite. Le livre fini fait 192 pages. Massin travaille avec un photographe abstrait remarquable, Henri Cohen, qui utilise là des effets de seuil au tirage pour éliminer progressivement les demi-teintes. Les photos, assez banales au départ, sont re-photographiées et re-tirées plusieurs fois. Les typographies, imprimées et tirées une première fois en petit format, sont elles aussi re-photographiées, agrandies plusieurs fois, et multipliées, pour donner l’effet de complet délire de la fin de la pièce, où les mots disparaissent derrière le tempo de la phrase. La maquette du livre est une transposition de la mise en scène de la pièce; la typographie utilise les effets de zoom, et marque les effets d’éclairage (par exemple, la typographie est en réserve sur fond noir lorsque la salle s’éteint). Cette édition n’est traduite qu’en anglais, avec trois maquettes différentes pour les éditions française, américaine et anglaise.

(Biographie complète de Robert Massin, graphiste français et typographe, qui nous a quitté il y a quelques jours à 95 ans : ici)

J'avais publié un article sur Paulo Cantos, le portugais en avance sur son temps, du côté du graphisme et de la typographie, inconnu des français.

Et je vois qu'un portugais, Pedro Marques (cela ne s'invente pas !) l'avait rencontré en 2012 Robert Massin le graphiste typographe français à Lisbonne et lui avait demandé s'il connaissait Paulo Cantos : non, d'ailleurs il ne connaissait rien des graphistes portugais.

(Pedro Piedade Marques nasceu em Luanda em 1971. Licenciado em História da Arte pela Faculdade de Letras da Universidade do Porto. Designer gráfico)

Sinon une interview, il y a quelques années qui montre bien à quel point les journaux français (la presse de la gauche) ne comprenaient rien à son travail de graphiste... et la couleur (oh non surtout pas, c'est encore le cas !)

Pour les Mariés de la Tour Eiffel, de Jean Cocteau, en 1966, Massin utilise plus de cent caractères différents. Le livre ne s’est pas fait chez Gallimard, car il est trop cher à fabriquer. C’est Hoëbeke, ami de Massin, qui l’édite. Cinq des musiciens du Groupe des Six ont travaillé à la partition, en 1921. Pour mettre en relief le fouillis de phrases imbriquées du texte surréaliste et la musique atonale, le livre est entièrement imprimé sur des pages de couleurs, 22 couleurs différentes de pages au total. La typographie est faite au Letraset, photocomposée, puis retravaillée à l’informatique sur la nouvelle édition. Les 240 pages ont été composées en douze jours. 1966 est pour Massin une année de très grande créativité. (...) Massin réalise de la typographie expressive. Le concept lui-même a été inventé par l’Américain Goldchak (?) dans les années 30. La « Typographie expressive » est une association loi de 1901 qui édite quelques ouvrages très chers que les éditeurs traditionnels n’éditeraient pas. Le Pierrot Lunaire, par exemple, est vendu sans distributeur ni intermédiaire par « la Typographie expressive », au prix de 90 euros.

Art Par kiwaïda at 03:08

10/02/2020

αღ◎υя

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Je suis resté.e très japonais.e <3


Enseignement Par kiwaïda at 00:29

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