bmk

blog m kiwaïda

17/06/2018

♭я@♥ε

Scroll down

Animal Par kiwaïda at 17:15

13/06/2018

ґїḓεαυ

Scroll down

Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas (photographies © Sonia Marques)


Enseignement Par kiwaïda at 23:57

09/06/2018

L@ ß☺ᾔᾔε ḉ☺ηⅾʊї⊥ε

Scroll down

Photographies © Sonia Marques


Just Another Dance, exposition au CCS d'Urs Lüthi


Essayer encore, rater encore, rater mieux, exposition Rosa Brux avec les Archives contestataire (Ah ! les suisses )


Affiche dans le métro


Permis sans voiture, conduite sans pneu


Anticipation ? Rem Koolhaas & Lafayette


À l'ombre des cruautés


La dignité


À la conquête du goût


L'indignité


La dignitaire


De la hauteur


Philosophie Par kiwaïda at 13:09

16/05/2018

€Ḻ€Ṕℋ∀ℵ✝

Scroll down

"My Greatest Friend. A circus elephant and the trainer's daughter were the best of friends."
Photo by John Drysdale, England, 1986

L'éléphant dans le noir

"Des Indous avaient amené un éléphant; ils l'exhibèrent dans une maison obscure. Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir. Ne pouvant le voir des yeux, ils le tâtèrent de la main. L'un posa la main sur sa trompe; il dit : "Cette créature est-elle un tuyau d'eau ?" L'autre lui toucha l'oreille : Elle lui apparut semblable à un éventail. Lui ayant saisi la jambe, un autre déclara : "L'éléphant a la forme d'un pilier." Après lui avoir posé la main sur le dos, un autre dit : "En vérité, cet éléphant est comme un trône." De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il la comprenait d'après la partie qu'il avait touchée. Leurs affirmations variaient selon ce quils avaient perçu : l'un l'appelait "dal", l'autre "alîf"*. Si chacun d'eux avait été muni d'une chandelle, leurs paroles n'auraient pas différé. L’œil de la perception est aussi limité que la paume de la main qui ne pouvait pas cerner la totalité de l'éléphant. L’œil de la mer est une chose, l'écume en est une autre; délaisse l'écume et regarde avec l'oeil de la mer. Jour et nuit, provenant de la mer, se meuvent des flocons d'écume; tu vois l'écume, non la mer. Que c'est étrange ! Nous nous heurtons les uns contre les autres comme des barques; nos yeux sont aveuglés; l'eau est pourtant claire. Ô toi qui t'es endormi dans le bâteau du corps, tu as vu l'eau; contemple l'Eau de l'eau. L'eau a une Eau qui la pousse, l'esprit un Esprit qui l'appelle."

Rûmi
Le nom complet de Rûmî (1207-1273), poète mystique persan qui a profondément influencé le soufisme, il est Mawlânâ Jalâl alDîn Muhammad ibn Muhammad al-Balkhî al Rûmî.
("Hier, j'étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd'hui, je suis sage et je me change moi-même" / "Ne reste que parmi les amoureux, des autres éloigne-toi")

Je pensais à la quête de la vérité, que ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle, dans le sens où la vérité ne se possèderait pas, elle se chercherait. Rûmi, ce poète écrivait ceci :
"La Vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la Vérité s’y trouve."


Son conte de l'éléphant rassemble ces aveugles qui tâtonnent et cherchent la vérité. Ils ne peuvent voir l'éléphant dans sa totalité, tout entier, car ils sont dans le noir, l'éléphant est au centre de la maison dans l'obscurité (version parfois trouvée). Chacun touche une partie et interprète selon son expérience, à quoi lui fait penser cette partie et le dit à haute voix. Mais aussi, chacun entendant ce que l'autre dit est influencé et transforme son interprétation, en fonction de ce que l'autre à dit, et de sa propre expérience sensorielle, du toucher. Aucune de ces interprétations ne se ressemblent, elles sont toutes différentes, elles ne sont pas éclairées, l'éléphant est dans le noir, l'obscurité. On trouve même des versions, comme celle ci-dessus, qui qualifient l'obscurité, le noir. Même éclairée à la chandelle, à la bougie (donc faiblement), cela ne révèlera pas la vision de la totalité de l'éléphant, et les versions de chaque personne seront chacune différente, incomparable. Le conte raconte. Toutes ces versions sont aussi des vérités et entendables, mais elles ne sont pas la vérité, ne parlent pas de l'éléphant. Celui-ci est si gros (un animal au milieu de la pièce) que dans l'obscurité, personne ne le voit, chacun interprète, marche à tâtons dans son raisonnement. C'est une belle "figure" et une énorme, que de ne pas voir la vérité et seulement entendre les rumeurs, ou les lire, les mots des rumeurs. Ne pas voir, ne pas comprendre, dans la totalité, ne pas pouvoir embrasser le tout, résume cette vision éléphantesque de la vérité.

Il y a aussi une autre petite histoire, dont le nom de l'auteur (ou du gourou, du sage, enfin peu importe) je ne l'ai pas trouvé, et cela tombe bien, qui est celle-ci :

Le diable et son ami marchaient dans la rue. Ils aperçurent un homme qui se baissait pour ramasser quelque chose et le mettre dans sa poche.
L’ami dit au diable : « Qu’est‑ce que cet homme vient de ramasser ?
« Un petit bout de Vérité » répondit le diable.
« Mauvaise affaire pour vous ! » remarqua l’ami.
« Pas du tout ; répliqua le diable, car je la lui laisserai l’organiser !»


Ici, le mal, représenté par le diable, qui a toujours un complice, s'amuse de ce qu'un homme a trouvé et pris possession, un bout de miroir dans sa poche. Car, le diable, n'a besoin de rien faire, il sait que cet homme ne trouve pas la vérité avec une partie du tout et qu'il pourra l'interpréter comme bon lui semble, c'est-à-dire de façon confuse et partielle, tronquée, érronée, et mieux, que ses interprétations emmêlées ne seront que le cafouillis de son esprit et de ses tromperies. Le diable se réjouit de savoir que cet homme peut croire n'importe quoi, il se réjouit de semer la zizanie ainsi en n’intervenant surtout pas et en laissant les êtres humains organiser comme bon leur semble, la vérité, c'est à dire, en se disputant, voire en s'entretuant. Que le doute soit semé, certes, mais qu'il le soit, sans besoin de faire le mal, sans que le diable n'agisse, ni ne trouble, est bien là la perversité du diable. Il peut garder l’apparence du bien, de celui qui n'y est pour rien dans tout le mal. Tout du moins, peut-il, à loisir, observer le désastre, et même s'en moquer, rajouter du grain à moudre. Il suffit que ce modèle fonctionne et que d'autres fassent de même, le mal ne peut être localisé, il est partout à la fois, dès qu'il a su se transmettre. La donne changerait si les personnes se solidarisent et optent pour le respect et l'écoute et qu'ils ne se fassent pas du mal, sachant que chacun se trouve fragilisé, avec seulement, un bout de vérité. Chez les sages, l'écoute se trouve peut-être, mais, dans nos sociétés, où les harcèlements et les rumeurs sont des outils pour semer le trouble, avoir du pouvoir, dominer, détruire, tuer, il devient plus facile d'épouser l'objectif du mal et de le perpétuer, que de réfléchir, méditer, penser ou se mettre en quête de soi, de la vérité.

Quand une zizanie est semée dans une société et que le dirigeant ou la dirigeante, le sait, l'observe, et ne rétabli pas l'ordre ou ne déplie pas, ce qui est resté caché dans les plis, des uns et des autres, c'est qu'il ou elle jouit de ce climat, où les suspicions et les délations sans dessous-dessus, la haine... déclareront une guerre quotidienne aux êtres qui évoluent dans un système clôt, plus ou moins fermé, sectaire, un groupe, une école, un réseau, une institution, etc. (qui n'extériorise jamais ses pratiques et méthodes) Mais à la plus perverse des situations, le dirigeant ou la dirigeante est manipulé.e par un simple collègue, ou des complices, il ou elle ne dirige plus rien, et c'est dans l'ombre qu'agissent les employés, certains, pas tous, manipulant, à leur tour, les plus fragilisés. J'ai publié un texte, long, peut-être inachevé, en 2016, sur cette quête (Marée irisée) qui ouvre plusieurs pistes. Il puise dans ce que sont devenues nos communications avec les médias, mais aussi ce que l'intelligence artificielle promet et défait. Il n'est pas étonnant que j'y suis revenue ces jours-ci à l'aune de nouvelles découvertes et organisations secrètes démasquées. Ce que j'aime dans cette photographie (sans doute une carte postale) c'est qu'elle n'a rien à voir avec mon article philosophique. Et peut-être que c'est ce que je préfère, cette dernière découverte. Cet enfant qui s'attache à un éléphant, dans l'image, ils sont comme amis, mais aussi comme rassurés ensemble de s'être trouvés. Et bien si, il y a en fait un rapport, mais pas sur la suspicion, l'ignorance, comme l'avancent mes phrases. Sur l'apaisement. Cette image vient annuler le doute semé.
L'enfant a trouvé l'éléphant tout entier et c'est devenu son ami.

Philosophie Par kiwaïda at 17:10

08/05/2018

ℱεṽ℮я ℜαƴ

Scroll down

Musique Par kiwaïda at 22:50

ℳḯ﹩✄❡¥ηƴ Ðґ✄℘ Ðεαḓ

Scroll down

Musique Par kiwaïda at 00:50

06/05/2018

ẕøη℮ ℊґḯṧ℮

Scroll down

Chloé Fontaine et Victor Habchy, sont les deux artistes à l’origine du film "Je suis ordinaire"

Ce court-métrage a été imaginé par Chloé Fontaine. La jeune femme a été confrontée à des propos hallucinants de la part d’amies. Elle explique au Huffington Post : « Faire ce film est devenu une nécessité pour moi après avoir eu une conversation avec une amie, au sujet d’un garçon avec qui elle avait passé la nuit quelques jours auparavant. Elle m’a dit: ‘J’en avais pas envie non, mais alors pas du tout. Mais je voyais pas d’autre moyen pour qu’il me laisse tranquille alors… » Une autre amie lui fait des confidences similaires : « Et là je me suis dit qu’il y avait un problème. Réel. J’ai commencé à faire des recherches sur internet. Je suis tombée sur des témoignages poignants de jeunes (ou moins jeunes) filles qui se posaient les mêmes questions. ».

  • Chloé Fontaine résume l’enjeu de ce film avec cette phrase :

« Si rien ne vous choque, c’est que vous êtes l’un d’eux… »

 J'avais déjà écrit un petit article dans ce blog, sur ce que j'estime être le plus tabou, dans cette culture du viol : Les viols conjugaux. Bien des articles dans tous les sens sont rédigés au sujet des viols, sur la typologie des agresseurs et la typologie des victimes. De plus en plus, les articles s'orientent et la justice française les oriente, sur ce que serait "une victime parfaite". Il y aurait un canon de beauté de la victime admise comme victime et toutes celles qui ne correspondent pas à ce canon (de beauté) seraient donc exclues, ne seraient pas des victimes de viols. Le terme employé de "canon de beauté" est une caricature, empruntée des diktats de la mode, mais aussi des règles fondées par des hommes, sur le corps des femmes, que nous pouvons observer à travers l'histoire de l'art et ses œuvres exposées (celles admises), dans n'importe quel Musée ouvert au public. C'est-à-dire qu'il y aurait une "bonne tenue" à avoir, des gestes très normés pour que la justice reconnaisse une victime de viol. L'article récemment publié de Cheek MAgazine, en français, fait référence à un autre article publié sur le Harper's Bazaars, en anglais : "Sometimes You Make Your Rapist Breakfast", et résume assez bien la question. La chroniqueuse américaine Marissa Korbel, déconstruit le mythe de la victime parfaite, cette femme imaginaire qui lors d’un viol ou d’une agression sexuelle réagirait comme il le faut, sous-entendu comme la société l’exige. Avocate bénévole pour le Victim Rights Law Center, une association américaine qui aide les victimes de crimes sexuels à mener une action en justice, Marissa Korbel revient sur le concept de zone grise, les viols conjugaux, ou les agressions à domicile pour passer en revue les multiples raisons, toutes valables, qui peuvent pousser des femmes à ne pas se débattre, à céder face à un violeur, voire à lui préparer le petit déjeuner. Dans la réalité, un violeur n’est que rarement un inconnu planqué dans un parking, et une femme n’est jamais responsable des violences qu’elle subit, même lorsqu'elle connait l'agresseur, même lorsque c'est son conjoint. Dans la grande majorité des viols, les agresseurs (majoritairement des hommes) connaissent leur victime.

"La victime parfaite est un mirage auquel sont opposées toutes les autres victimes (normales, imparfaites, humaines), et croyez-moi, nous ne sortons jamais gagnantes d’une telle comparaison. La victime parfaite dit ‘non’ distinctement et régulièrement, se bat comme une lionne contre son agresseur et, si elle ne peut pas s’échapper, elle continue de proférer son non-consentement tout au long de l’agression, idéalement en hurlant ‘non’ à tout bout de champ, tout en continuant à se débattre du mieux qu’elle peut. La victime parfaite a le courage d’une équipe de quaterbacks amateurs. La victime parfaite griffe et mord. La victime parfaite crache et pleure. La victime parfaite n’abandonne pas. La victime parfaite ne mouille pas. La victime parfaite ne prépare pas le petit déjeuner à son violeur."(extrait de Cheek MAgazine)

Bien des femmes n’osent pas s’exprimer sur le sujet. Dans une société bien trop sexualisée, refuser un rapport sexuel avec son amoureux signifie être coincée. Mais non. Il faut garder à l’esprit que tout le monde a droit de ne pas avoir envie. Et ce droit doit être respecté et non pas ignoré. 31% des auteurs de viols ou de tentatives de viols sont les conjoints des victimes. Le petit film est à destination des jeunes femmes, évidemment, nous pouvons penser que bien des femmes plus âgées, des mères, des grands-mères, ont subit des viols conjugaux et tout est resté caché dans les familles, et même, jamais les mères à leurs filles, leurs fils, n'ont pu transmettre la vérité, tant celle-ci leur est enlevée par la société patriarcale. Et mieux : jamais les pères à leurs fils, les pères à leurs filles, n'ont pu transmettre la vérité. Ce qui change, c'est notre société devenue, où le corps de la jeune femme, de la fille, du petit garçon, sont des marchandises. Toutes les publicités valorisent le corps comme un potentiel à valeurs marchandes, pour vendre n'importe quoi, sexualisent ces corps pour satisfaire des pulsions (d'achat et sexuelles) Ces personnes aux jeunes corps (qui seraient, selon notre société, désirables), se retrouvent représentées par d'autres. Et les gestes, les attitudes, les formes en image, sont d'autant plus d'injonctions à se plier à ces représentations. Le corps (jeune et désirable) doit se plier aux (vieilles) règles marchandes, il doit se vendre, en échange de tout, de l'amour, du travail, de la famille.... En ce qui concerne la zone grise des violences conjugales, un couple se confrontera très tôt, dans son adolescence (ou dès sa petite enfance), à ces formes véhiculées par la société. Un jeune homme malveillant, pense qu'il peut marchander la sexualité de la jeune femme, dans un couple hétérosexuel (exemple du clip ci-dessus). Le chantage opère dès qu'il obtient satisfaction, pour son seul plaisir sexuel, et que la femme n'a ni le choix de s'exprimer, ni la force, ni le droit, devant lui, d'ailleurs, qu'elle reste muette lui semble tout à fait normal. Dans une société où l'on impose le silence aux femmes, où elles doivent se taire, la répétition des actes, par le seul chantage psychologique, une pression peut revêtir différents aspects : regarder un film ensemble, écouter de la musique ensemble, sortir ensemble, habiter ensemble, faire un enfant ensemble, travailler ensemble, voir des amis ensemble, réaliser un projet professionnel, familial, etc. Les occasions ne manquent pas pour marchander du sexe, déguisé en devoir conjugal, ou en autre principe sociétal, et du "vivre ensemble" convivial, comme, "être" décomplexé dans la sexualité, et faire passer des viols (imposés) pour l'amour, la liberté sexuelle, et à la cadence désirée par l'homme, puisqu'il est décomplexé, lui, et ne sacralise pas trop l'amour. Le corps de la femme devient un objet. Sur plusieurs années, on observe une passivité extrême installée, chez la femme, et le culte de la toute puissance chez l'homme, très confiant, d'ailleurs, il brille en société, tandis que la femme s'est éteinte d'un coup. L'homme n'a pas l'impression d'user de la force, il n'y a aucune trace physique, pas de coups, c'est presque magique, tant et si bien, que durant des années, celui-ci aura l'âme, dans le privé, d'un violeur expérimenté dans l'art de travestir la vérité, et, publiquement, il sort vainqueur, et peut jeter son dévolu sur une autre femme, lorsque celle-ci sera usée, et, dans l'incapacité de comprendre, ce qui, durant des dizaines d'années l'a murée dans le silence et lui a enlevé toute possibilité, ne serait-ce que de jouir du bonheur d'être en vie, puisque psychiquement c'est sa mort, que ces crimes répétés, dans le lit conjugal, ont déclarés. L'homme pourra à loisir décrire la femme comme frigide, et elle de le croire, et même lui conseiller d'aller voir un médecin spécialisé, car lui, il en est sûr, c'est un homme virile. Il jouit surtout de voir la femme détruite. Il la tue, à sa façon, car il est doué de stratèges. Dans ces situations, la société se charge de le protéger. Les familles, les amis, le réseau social, le secret est partagé. On sait, mais on tait, parce qu'on tait car on sait. Et les secrets se transmettent dans les familles, ils sont parfois non vus, non connus, mais toujours là, ils empêchent de reconnaître ce que l'autre ressent, ce qui est ressenti en soi.
Au moment où cela est dit, cela se dit en soi, tous les comportements doivent changer, tous les liens sont modifiés. La séparation avec le mal peut alors s'effectuer. Rien ne sera plus jamais pareil, car oui, les choses peuvent changer et ces maux peuvent être soignés.

« But when I did mean it, I watched men, magnificent, grown men, not know the difference. Whether I meant it, or was just sort of half-protesting as flirtation, men treated both the same: they didn’t stop. Were they really more skilled at knowing what I meant than I was, or were they just overconfident ? »

(« Que je le pensais ou que je protestais à moitié c'était pareil : ils ne s'arrêtaient pas. Étaient-ils vraiment plus doués pour savoir ce que je voulais dire que j'étais, ou étaient-ils juste trop confiants ? )

"Quand il s'agissait de mon désir, les hommes savaient, ou étaient censés savoir, mieux que moi"

"Les femmes ont tendance à refroidir, à apaiser, à se lier d'amitié. J'ai réagi aux menaces, j'ai quitté mon corps. J'ai essayé de négocier, en disant oui aux gestes que je pourrais supporter. Je me suis dit que les expériences que je n'ai pas appréciées ou même techniquement acceptées n'étaient pas, en fait, des violations; que ce n'était pas si mauvais. J'ai tenté de réécrire des expériences après qu'elles se soient produites, une forme de logique inverse: aucune femme ne ferait son petit-déjeuner à un violeur. Si elle lui fait le petit déjeuner, il n'est pas un violeur. S'il n'est pas un violeur, elle n'est pas une victime. Elle n'a pas été violée. Elle va bien. Elle va bien."

Sometimes when I said no and he kept going, it was okay. I mean, I was okay. I mean, I didn’t cry or anything. It wasn’t that bad. Sometimes I said no, and he kept going, and I... left. I mean, my body stayed, but the rest of me went floating up and to the right. Dissociation sounds scary, but it doesn’t feel bad. Sometimes it feels like sliding into a warm, cozy bed. A secret, safe place where I can stay as long as I want. It’s the coming back that breaks me open. That’s when I always cry.

(Harper's Bazaars)


Dans notre société patriarcale et sa culture du viol, ces règles (de bonnes conduites) sont produites, écrites et conduites par les hommes, assistés de femmes. La perversité la plus aboutie est lorsque des femmes elles-mêmes érigent ces règles, comme des principes essentialistes. En France, au début de cette année, une femme critique d'art, qui dirige une revue mensuelle internationale de référence dans le monde de l'art contemporain, est allée même parcourir tous les médias, à l’étranger, afin de transmettre la parole (à la place des autres) de ce que serait la femme libérée : une femme qui se tait, se laisse importunée et ne se débat pas lors de viols, une femme qui ne fait pas la différence entre un viol subit et l'agression d'une personne sur le corps d'une autre personne, qui ne sait ce qui est un crime. Bref une femme non cultivée, idiote, mais une femme qui prône le féminisme, et qui, grâce à ses gestes et sa pensée (se taire, se laisser importuner, ne pas reconnaître les crimes) peut devenir une référence dans l'art contemporain, ce domaine inventé par les hommes et orienté par les hommes, car elle transmet la parole de ces hommes. Ce n'est pas sans se poser de questions sur ce domaine de l'art et comment il fonctionne, qu'est-ce qui le motive, qu'est-ce qu'il transmet, à travers quels écrits, quelles revues, quelles écoles même accueillent ces écrits, les conférences de cette femme qui s'est exposée fièrement, comme porte-parole féministe et, par ses fonctions, porte-parole du fonctionnement d'un certain milieu de l'art contemporain. Dans un domaine où majoritairement, ce sont les hommes qui invitent, exposent, jugent les artistes et les œuvres, publient, commentent, récompensent, honorent, il n'est pas étonnant que des propos qui valident les hommes dans leur toute puissance, leur domination sur les femmes, puissent être montrés et publiés comme la norme. Une façon de sceller le secret.
Ne serait-ce pas ces femmes qui disent doucement : Non, ce n'est pas encore le moment de dire, nous ne sommes pas prêtes, gardons notre secret, sinon je vais perdre mon travail, mon honneur, car je l'ai obtenu en gardant secret ces règles... Ne serait-ce pas toutes ces femmes, en France, qui empêchent que la parole soit libérée, à observer tant d'omerta dans les lieux culturels, chez les intellectuelles et les artistes ? Ne serait-ce pas toutes les femmes qui ne souhaitent pas que la société évolue, ou qui trouvent qu'elle évolue trop vite, que d'autres femmes, plus jeunes devraient se taire aussi, tout comme elles l'ont bien fait, afin de vivre sereinement et d'être exposée de temps en temps, de publier un peu, mais pas trop afin de ne pas éveiller les pulsions... Car il faut que les règles soient établies par eux, en majorité, avec notre consentement, mais pas par elles en majorité, avec l'avis des hommes.
Dans cet esprit, seule, une "typologie" de femmes, valideraient ce qui doit être acceptable comme comportement de femme (pour trouver un travail, rencontrer des amis, fonder une famille, voyager, publier, réaliser une conférence, participer de séminaires...) Mettre en valeur ces femmes et leurs donner même l'illusion qu'elles dirigent quelque chose (une revue, une école, un Musée...) c'est avoir réalisé une bonne sélection, selon notre société patriarcale, baignée dans la culture du viol. Si une critique d'art française est venue nous tirer les oreilles en ce début d'année 2018, comme une maîtresse de cérémonie sur fond de #metoo et # balancetonporc, c'est qu'elle s'inquiète alors de la réelle valeur de ses écrits, ses livres, mais aussi de sa revue sur l'art contemporain.

Les prix nobels, en littérature, les génies déclarés, l'histoire de l'art, les musiciens et toutes ces œuvres admises, dans notre société, sont arrivées à notre connaissance par les mêmes motifs, les mêmes moteurs, du privé au public, par un savant déguisement, des truchement qui cachent des crimes.
Chaque fois que l'on me montre une œuvre, si soutenue et si publiée par diverses institutions, je ne peux que douter très sérieusement de sa légitimité.

Est-ce que les œuvres entretiennent les zones grises ? Ne seraient-elles que du divertissement ? Afin de détourner l'attention ?

Les révélations explosives ces derniers temps, sur les agressions aux corps des femmes et de jeunes enfants, les traques qui n'en finissent pas sur les agresseurs présumés toujours innocents, sur les différentes justices dans différentes zones territoriales qui n'aboutissent pas ou se font oublier, les effets d'annonces du gouvernement pour faire passer la pilule, inventée par les hommes, la pilule des droits des femmes toujours bafouées, les inégalités salariales dont les syndicales manifestations sont inaudibles au quotidien (pourtant femmes et hommes continuent de travailler ensemble), reprennent le plus souvent des attributs liés aux corps et aux apparences. On le mesure dans la discrimination, le sexisme, etc.
Il y a un angle mort, de mon point de vue, qui est celui de la pensée. Ces visions gonflantes ou dégonflées des corps et de leurs gestes, empêchent de lire une pensée, d'accéder à l'intelligence des femmes, à leurs réflexions, à pouvoir même la partager, qu'elles deviennent, ces pensées, aussi multiples soient-elles, des références et des moteurs, pour tous. Ce n'est jamais par leurs idées qu'elles sont entendues, regardées, respectées, mais par leur corps, cet objet du désir qui serait, lui seul, l'objet de tous les tracas du monde. Même lorsque des femmes prennent la parole, pour donner un avis, faire un commentaire, elles ont suivi, sans réfléchir, la vague énorme de cet appel aux corps meurtris, aux cris, quand certaines au pouvoir se sont arrogés le droit de supprimer la pensée des femmes, leurs idées, pour les attaquer au corps, à ce qu'elles estimaient sale (voire d'autres articles à ce sujet) et abject, afin de les exclure de tous médias officiel, toute possibilité que leur pensée soit relayée. Il n'y a plus que ces ministères dédiés à la famille, ou pour l'égalité des droits des femmes, pour reléguer la parole des femmes, qui ne doivent s'exprimer qu'à travers leurs corps et donc, à leurs corps défendant. Ce brouhaha, ces fumées, ont de belles volutes devant elles. Nous l'avons remarqué lorsque notre président réalisait ces temps-ci, pour nous, une interview, face à deux journalistes briscards français. Quelques minutes avant la fin, près de 2 heures plus tard, quelques phrases liminaires ont été citées sur les violences faites aux femmes, tandis que notre pays fume chaque jours, de faits divers transversaux à toutes les couches sociales de notre société, comme une cocotte minute, une bombe à retardement et nous assaillent les réseaux d'horreurs, de terreurs. Cela nous terrorise. Ce sont des attentats terroristes psychologiques quotidiens, si l'on se connecte aux médias, qui provoquent de gros stress post traumatiques, rappelant les vécus des femmes et des hommes, abandonnés par la justice (et le gouvernement). Mais c'était sans compter que ces quelques phrases laminaires, seraient balayées par le final : les résultats du foot, pour lesquels, les 3 hommes, au sommet de l'état et des médias, se sont mis d'accord, rien ne serait changé et que la fumée embaume nos esprits ! Voilà ce à quoi ressemblent les avancées féminines dans notre pays, à rien. En tous cas, elles ne sont pas relayées, elles existent évidemment, mais sont rendues inaudibles, invisibles, ou remplacées par des épouvantails. Et au gouvernement, ces épouvantails-femmes épouvantent tant, qu'elles sont les premières à être décriées, puis remplacées. Le bal à la culture est devenu une danse macabre. Aucun artiste français, aucune artiste française ne s'en est jamais offusqué, et contrairement à ce que disent les artistes officiels, non les artistes ne sont pas morts, ni en danger, vous ne les entendez tout simplement plus, ni ne les voyez. Dans ces atteintes aux corps, notre gouvernement n'a qu'une petite voilure. Aucun oiseau libre n'accepterait cette voilure. Aucun artiste. Et ce n'est pas la vente de gros avions qui fera avancer les choses, car les oiseaux continuent de disparaître, sans raison disent les experts...

Pour revenir à ce petit clip, il a le mérite de proposer une fiction adaptée aux gestes de l'amour, aujourd'hui désacralisés, tels que nous le montre notre société (une partie majoritaire liée à la société de consommation, d'ailleurs il y a un "DVD", objet à consommer dans ce film) Il nous montre plus une scène, où tout est imbriqué et va très très vite, et où la jeune femme n'a pas le temps de réfléchir, et souhaite prendre ce temps, le temps de ressentir. Hors le jeune homme sait exactement ce qu'il veut obtenir et prend de court cette jeune femme. L'espace exigu du lit, où tout se replie (la couverture enferme la scène taboue) devient un espace de négociation rapide et d'arguments pauvres, dans lesquels l'amour n'a plus de place, et n'est pas partagé. La perte de sens est assez bien formulée dans cette fiction, en faisant d'eux, de jeunes personnes ordinaires. La scène est ordinaire, le temps de ne rien voir, ni comprendre, juste le temps d'être violé.e., et de maquiller le viol en une scène d'amour, alors que le malaise a supprimé la voix de la victime et a faussé celle d'un homme en agresseur. Ces gestes et cette voix très en confiance de cet homme, d'autres hommes ne peuvent s'y reconnaître, mais aussi, ne peuvent nier que cela existe au quotidien, car ils sont invités, sollicités sans arrêt, par notre société à de tels comportements. Tout comme les femmes, elles ne peuvent nier l'existence de tels comportements, ou juger ces femmes de soumises, au seul prétexte que cela ne leurs est jamais arrivé, ou qu'elles sont parvenues à sortir de telles situations ou se sont insurgées contre et ont fait justice (elles-mêmes ou accompagnées) Les mères et les pères, souvent épargnés par de tels clips pédagogiques, puisqu'ils sont destinés aux jeunes, oublient que se sont leurs enfants à l’œuvre, ou que ces enfants deviendront père et mère, oncle et tante... Pour ces parents, ce sont toujours les enfants des autres, mais pas les leurs. Celles et ceux qui sont au pouvoir d'écrire des lois, de légiférer, sont aussi assez habiles pour fermer les yeux sur ces gestes de notre société, et les tenir à distance de leur foyer. Car si cette réflexion était bien là, dans le privé, notre société et ses lois décidées démocratiquement, avanceraient en faveur des victimes et non des agresseurs. Hâtivement, je pourrai conclure que la démocratie est faite pour les uns mais pas pour tous. Mais, comme dans ce clip, il appartient à toutes et à tous de reconnaître ses propres gestes, passifs et actifs, dans le feu de l'action, puisqu'en dépend notre action commune et à venir.

Ces masturbations solitaires dans le corps des femmes ne pourraient se résumer à "une misère sociale", mais bien à des comportements tolérés dans notre société contemporaine, c'est-à-dire, à l'usure, des fémicides organisés, des crimes. Dans l'exemple de ce film, la responsabilité de l'homme et de la femme sont questionnés, du laisser faire au taire, du passage en force au viol, surtout lorsque cette scène, dans la réalité, se répète, durant toute la "conjugaison" du couple, et sous différentes manières de faire et de taire.

Les solitaires ne peuvent prétendre à faire œuvre commune.


Enseignement Par kiwaïda at 12:17

04/05/2018

ḓéḟḯℓεґ ℓα √iε

Scroll down

On voit nos vies défiler
Sur le fil
On voit les années filer
On essaye de filer droit
Et on n’peut pas rembobiner
Tout ces nœuds dans nos vies
Si on pouvait les dénouer
Alors dites-moi comment ça marche

En groupe ou pas, on marche seul
Qu’on l'veuille ou pas on a une valeur marchande, du plus jeune âge au linceul
Marche ou crève mais marche droit, marche à l’envers ou ne marche pas
Et le business, ça marche

D'ailleurs pourquoi les barrières, devraient être toujours dépassées
Pourquoi j'ai peur d'être dépassé, par qui et par quoi
Je ne sais pas mais c'que je sais, c'est que si j'ai peur c'est que j'suis pas l'dernier
Comme si y'avait qu'une arrivée, qu'un seul endroit
Qu'une seule route où on devrait aller, ça m'étonnerait
Tout ce que j'sais c'est qu'je sais pas, j'y vais pas à pas
Ouais pas à pas, ouais pas à pas

La tête dans son téléphone
Sans écouteurs, on la croirait folle
Sans Google, on la croirait conne
Et sans filtres, on la croirait bonne
C'est trop facile de juger, c'est trop facile de juger

On n'est pas tous égaux face à la beauté, c'est si facile d'être haut quand on les voit défiler
Petit, avant d'apprendre un métier
Faut d'abord apprendre à retoucher la photo d'un CV

*

Dédicace au privilège du hasard et aux escalators...


Musique Par kiwaïda at 12:42

ℙ☮ℐḺÜ∃

Scroll down

boobtape1.jpg

© Tara Booth : Kim Kardiashian tape trick

Corps imparfaits, grassouillets, poilus

 «Au moment où je commence à me sentir gênée ou à avoir peur de partager une illustration, je dois la diffuser» Tara Booth, illustratrice américaine, réalise depuis 3 ans des dessins audacieux. Elle défie les représentations conventionnelles des fantasmes érotiques des femmes à travers ses personnages attachants. Son prochain livre "Nocturne" raconte l'histoire d'une jeune femme avec des difficultés de sommeil qui prend trop de médicaments pour dormir et qui entre par conséquent dans un état de rêve surréaliste. "Je ne quitte pas beaucoup ma maison, donc je ne peux pas dire que j'ai une très grande expérience. Mais je suppose que mon expérience personnelle est partagée car plus de personnes partagent leur vie personnelle". L'illustration est un outil puissant car elle supprime la barrière du langage - c'est simple et direct. 

A girl struggles with procrastination, pimples, and socks in this painted comic by Tara Booth.

live.jpg

© Tara Booth : How to be alive

Entre dessins et peintures, le travail de Tara arrive à nous lier d'amitié, avec ses personnages, nous devenons leur copine. Elle décrit souvent son expression artistique résultant de l'anxiété et la dépression chroniques, en prenant appuis sur les expériences de sa vie qui la laissent sans espoir ou hors de contrôle. Elle les transforme en choses stupides à travers la peinture, comme une thérapie. Pour autant, je trouve que son art de la narration rime avec un art du motif, proche du textile. Son expression peut très bien devenir picturale avec les masses du corps de son personnage nu et ses fines bretelles noires par exemple, dans son rêve érotique, ou bien avec ses galipettes faire un pied de nez à la peinture et l'art traditionnel féministe, avec ses "nanas" d'aujourd'hui, connectées à Instagram, qui n'attendent pas de faire un lourd et laborieux jardin-Musée à la Niki de Saint Phalle en suprématie des femmes. Non ici, la légèreté et l'accessibilité de son travail se passent de toute institution.
Les différentes poses que ses personnages adoptent (affalés dans un lit, dans la baignoire... nus mais avec des chaussettes...), font, de ses caractères, des gestes de l'enfance que les adultes cachent mais pratiquent dans leur maison.
D'ailleurs, cette illustratrice préfère travailler seule à une table à dessin dans sa chambre plutôt que dans un studio partagé: «Je suis une personne socialement anxieuse, dessiner ou peindre quelqu'un d'autre n'est vraiment pas une option»
Elle utilise de la gouache. Par sa formation en peinture (BFA à la Tyler School of Art) elle a l'habitude de travailler sur de grandes toiles. Avec une distance critique, elle raconte de ses études et comment elle a trouvé une certaine autonomie, malgré ce que l'on n'autorise pas dans les écoles d'art : "Produire du travail à l'école d'art n'était pas un problème pour moi, mais je n'étais pas une bonne élève. Il devenait de plus en plus difficile de se connecter aux idées enseignées dans mes cours de peinture et de théorie de l'art, plus axés sur l'abstraction et l'art conceptuel que la représentation directe ou narrative, ce qui a toujours été mon intérêt. Le langage et les concepts que nous avons étudiés me semblaient vraiment inaccessibles et détachés de mes expériences de dramaturge et d'ivrogne de 21 ans. J'ai commencé à me concentrer davantage sur l'art populaire, Lowbrow et les artistes autodidactes. J'ai commencé à lire plus de bandes dessinées et j'ai décidé que je voulais faire des peintures directes, accessibles et peu coûteuses à produire. J'ai donc commencé à travailler sur papier avec de la gouache, avec l'ambition de créer ma propre bande dessinée."
On retrouve souvent les mêmes difficultés, en occident, dans ces formations artistiques. Combien de fois ai-je observé de très bons étudiants, jeunes femmes et jeunes hommes, s'estimer mauvais dans le cadre de ces formations où le cloisonnement est propice à exclure tous talents, et d'autant plus aujourd'hui, où des réseaux d'artistes fonctionnent avec de riches influences inédites et non connus des institutions (dans lesquelles, le plus souvent, l'art conceptuel des hommes est dans l'incapacité de faire de bonnes sélections avec de bons critères) C'est ainsi que ce mauvais ménage exclu également les artistes qui sont parvenus, malgré tout, à enseigner avec l’expérience de leurs pratiques sans citations d'une histoire dépassée par les genres qui se chevauchent dans des médiums diversifiés. Si l'on ajoute à cela, un bon usage du partage et de la diffusion de son travail, on supprime d'un coup, le rôle des institutions, dont c'était le rôle, et qui ne comprennent plus rien à la création actuelle. On ne peut ainsi qu'assister aux exclusions multiples des artistes joyeux, laissant les costumes d'historiens cloisonner ce qui ne peut plus l'être, et inventer des règles limitées à ne pas dépasser, pour satisfaire les formulaires politiques devenus de l'art officiellement acceptable. Il faut du temps pour apprendre, du temps pour désapprendre et ne pas se laisser embobiner par des enseignements politisés, et du temps pour apprendre sa politique à travers la pratique de ses savoirs-faire. Superposés, ils deviennent singuliers, par la transparence de leur accumulation, par l'histoire de leurs usages, et tant d'erreurs si justes finalement.
Sur le format pas formaté de son travail pour la bande-dessinée, elle explique ceci : "Pendant longtemps, je me suis sentie vraiment ralentie par mes antécédents en peinture traditionnelle. J'ai acheté un tas de bandes dessinées, et j'ai essayé de reproduire les techniques que j'ai vues, mais travailler dans des cases me semblait toujours très gênant. J'avais peu d'expérience avec Photoshop, la narration, les principes du design ... Cinq ans après l'obtention du diplôme, je n'avais toujours rien produit de solide. J'avais fini par abandonner, et finalement décidé que faire une bande dessinée merdique valait mieux que ne rien faire du tout - que je devrais m'inquiéter moins de ce à quoi je pense qu'une BD est censée ressembler, et plus à peindre dans le domaine de mes compétences. Une fois que j'ai jeté toutes mes idées préconçues par la fenêtre et que je me suis forcée à me mettre au travail, j'ai commencé à obtenir une reconnaissance pour ce que je faisais plutôt rapidement. Adopter une partie de ma naïveté et me concentrer sur les qualités picturales de mon travail a compensé les obstacles techniques qui se dressaient sur mon chemin..." Elle utilise ses personnages comme des poupées de papier qu'elle habille avec des vêtements qu'elle souhaiterait porter. D'autre part l'attrait autobiographique et confessionnel de ses histoires visuelles, humiliantes ou embarrassantes, provoquent des effets comiques. Son humour et sa fantaisie peuvent masquer des situations tristes et les transformer en gentilles scènes colorées surréalistes. Elle est inspirée par les artistes Marie Jacotey (artiste française) et Aidan Koch (artiste multimédia américaine), dont le travail artistique transcende le monde de la bande dessinée.
Mais aussi, d'autres artistes de différents âges et nationalités  :
> En peinture / Misaki Kawai (Artiste japonaise), Austin Lee (Artiste américain), Mogu Takahashi (Artiste japonais)-, Katherine Bernhardt (Artiste américaine), et Danny Fox (Artiste anglais).
> En illustration / Aart-jan Venema (des Pays-bas) et Monika Forsberg (de Suède))
> En céramique / Benjamin Phillips (Anglais), Janie Korn (américaine)

booth2.jpg


© Tara Booth : Vase shirt


Art Par kiwaïda at 11:46

30/04/2018

Ḻ∃ ℙ∀$$∃➸ℳÜℜÅℑḺḺ∃

Scroll down

"Dutilleul venait d'entrer dans sa quarante-troisième année lorsqu'il eut la révélation de son pouvoir."

Je me suis demandée dans quelle occasion écrit-on que "c'est écrit en trop petits caractères". J'ai vu l'adaptation filmique de la nouvelle de Marcel Aymé, "Le passe-muraille". Le téléfilm français est réalisé par Dante Desarthe et est accessible sur Arte ces temps-ci. La nouvelle fantastique est parue en 1941, et en 1943, il y a eu un recueil de nouvelles du même nom. La critique indique que c'est un livre qui contient 222 pages écrites en petits caractères et qu'il ne convient pas à des enfants de 13 ans car il est difficile à lire et à comprendre.

Ainsi le passe-muraille, téléfilm que j'ai beaucoup apprécié, plein de malice et magie, tout en finesse, il m'a émerveillé, m'apportait une réponse. Dans le harcèlement subit de l'école d'art de Limoges et tous les courriers reçus, l'un d'entre eux, toujours signé de la directrice (ou les autres, du secrétaire général) mentionnait, que mon courrier de 4 pages (le seul envoyé, pour la vingtaine reçue) était "écrit en trop petits caractères" et m'accusait de fautes que je n'avais pas commises, et m'ordonnait de payer en envoyant un chèque dans les 24H à l'école. Cette lettre administrative ne faisait nullement mention du sens de mon courrier, ni ne répondait à mon souhait d'obtenir un rendez-vous de visu, afin d'échanger sur la pédagogie et mes difficultés à enseigner dans des conditions plus que malhonnêtes.

Alors peut-être que cela signifiait que ce courrier ne convenait pas à des enfants de 13 ans, il serait difficile à lire et à comprendre. Car, je n'ai jamais eu, depuis plusieurs années d'échanges à ce sujet, de visu. Par contre, je fus convoquée au tribunal d'instance de Limoges, et l'audience s'est effectuée sous un autre nom que le mien, de sortes que même présente, je n'ai pas été appelée. L'école, avec sa représentante, a passé l'audience seule, afin de régler seule, le conflit qu'elle avait elle-même créé de toutes pièces, en trouvant une coupable idéale, celle qui écrivait en trop petits caractères, ne convenant pas à des enfants de 13 ans, trop difficile à lire et à comprendre. Si bien que la coupable devait être exclue de toute apparition et devait être murée dans le silence. À moins que le pouvoir du passe-muraille émerveille tous les chemins inédits, et les non-dits.

Le savoir, écrire et lire, devenait donc un délit, en notre temps. Il ne fallait ni bien lire (ou au moins pas plus qu'un niveau adolescent) ni bien écrire pour faire perdurer sa profession : professeure. Au mieux, nous devions, professeurs, dévaluer nos savoirs et savoir-faire et surtout ne pas faire savoir. C'est-à-dire que nous devions alors nous transformer en quelque chose d'autre, pas en professeur, mais rien n'était indiqué. Si nous avions ce modèle souligné sur le papier de ces invectives administratives tamponnées, la haine de l'autre, seuls seraient acceptés celles et ceux qui la pratiquaient. En retour, ce modèle me soumettait à répliquer, à avoir, en retour, de la haine, mais n'être plus rien, et agir en conséquence : attaquer. Dans une école, cet apprentissage de la haine ne me semblait pas convaincant. Cela ne m'a pas convaincu. Non, il y a un effort supplémentaire afin d'accéder à la paix. Peut-être une discipline, une rigueur, que n'ont pas ces directions du grand n'importe quoi, du désordre autorisé comme parade à la liberté d'expression, au niveau le plus bas : le climat délétère.

Parfois, on ne parvient pas à comprendre, mais la culture nous amène à des chemins de traverse, et, par la poésie, le pouvoir devient d'autant plus héroïque, pour des gens tout à fait normaux. On comprend que même dans une école d'art, d'un niveau d'études supérieures, qui prône dans ses publicités la liberté et la poésie, on ne cherche plus ni ne trouve, mais on accuse à tort et on sanctionne. Le pouvoir attribué à l'administration, mais aussi à la direction, sous couvert d'être artiste, scelle à jamais la possibilité d'énoncer l'être. C'est sur le registre de "l'avoir" et l'argent que cette direction mène aux tribunaux afin de régler et juger les innocents et les exclure de la voix officielle, afin qu'ils se taisent et ne soient ainsi jamais entendus. L'institution marginalise en laissant ces petits chefs bazarder le sens commun, tout en s'arrogeant le droit de grève au nom de la commune. Perversité quand vous tenez le beurre et l’argent du beurre... Et les syndicats des professeurs en écoles d'art de s'aligner sur le même registre et d'écraser le sensible : l'argent, demander plus d'argent, un meilleur salaire et travailler moins, tandis qu'ils ne seront jamais solidaires de celles et ceux dont le sel de la vie et donc, le salaire, a été confisqué par tout ce beau monde interconnecté, syndicats et directions et ministères, les seuls exclus, sur lesquels, finalement, l'enseignement avait peut-être encore des valeurs singulières et un engagement de l'esprit non monnayable, qui passe par l'écriture et le savoir... et non par un rayonnement international d'expositions tant attendues, affiché sur les réseaux sociaux, comme preuve que les boutiques de formations fonctionnent à plein régime, avec si peu d'artistes qui font carrière ensuite (ou ont accès aux expositions ne serait-ce que celles des autres)

Cet emmurement des innocents au niveau de lecture adolescente, ayant le pouvoir de vous confondre avec le violeur, la violeuse des lois, devient la démonstration, la plus criante, des bâtisseurs de l'horreur, c'est-à-dire, de la perversité. C'est l'art d'inverser, mettre sens dessus dessous l’ordre. Il y a un objectif immoral qui est celui de convertir les innocents au vice, à les égarer, à les corrompre, et à leur éviter toute forme de confrontation avec la souveraineté du bien et de la vérité.

J'étais disposée à accepter ces agissements, sans être consentante, comme témoin de ma propre identité, inacceptable par ces pervers. J'assistais, mais de très loin, à toutes les procédures inimaginables à mon encontre. Elles éludaient le sens, l'existence, et s'inscrivaient dans la déviance. Elles contournaient les lois en utilisant les lois-même et la justice. Le déni "de l'accepté" percé à jour, faisait la démonstration de l’inacceptable et de la perversité des situations. Le déni de l'acceptable, l'identité, le parcours, l'être lettré, donnait le change à l’inacceptable des agissements violents. 

Le négatif de la liberté était au pouvoir, avec sa cohorte d'armée, anéantissement, déshumanisation, haine, destruction, emprise, cruauté, jouissance, se faisant passer par la plus haute des libertés, une école d'art, où l'expression de la liberté devient un slogan, un commerce, un contrat, une négociation entre communicants et les affiches sont des outils de propagande, tout comme les incursions obligatoires dans les réseaux sociaux. Pour faire partie de la secte, le mot d'ordre se transforme en liberté d'importuner l'autre et lui enlever le sel de la vie, son salaire.

Loin du téléfilm, qui m'a fait beaucoup de bien, il décrit aussi une situation de mise au placard, de harcèlement moral, une autre de harcèlement sexuel, tout ce que l'on trouve dans notre société et que Marcel Aymé n'avait pas encore injecté dans ses nouvelles dans un bain de Seconde Guerre Mondiale, quoique. L'image que j'ai choisie (une des dernières du film) n'est pas révélatrice des images du films, mais cette espèce de porte targuée, picturale, est le retour à la norme, après la perte du pouvoir, mais aussi la sérénité d'avoir découvert le plus important : l'amour.

Dutilleul avait trop accepté de l'inacceptable, et dans le déni de son identité et de son pouvoir, il donnait le change à l’inacceptable des agissements violents. Le passage transgressif à travers les murs, le décloisonnement véritable, la puissance du "voir à travers" les murs épais et tous ces obstacles, devant ces petits chefs adeptes des slogans de la transparence pour mieux licencier l'expérience et la rendre jetable, ou bien, ce que j'ai connu, ces adeptes de l'horizontalité pour toujours plus vous subordonner au petit chef, à la directrice, au despote, est une belle illustration héroïque et fantastique, avec des effets spéciaux si bien ajustés, qu'on aimerait, spectateur, spectatrice, aussi, passer à travers les difficultés, la prison. Scène absolument magique, le moment où Dutilleul enlève ses quatre bracelets épais électroniques dans sa cellule, puis passe à travers les murs, sans aucune violence. 

Bien sûr, Dutilleul méritait la prison puisqu'il volait des œuvres d'art et des bijoux, grâce à son pouvoir. Son petit appartement s'est transformé en caverne d'Ali Baba. Mais ce qui est intéressant, dans ce téléfilm, c'est qu'en haut, puisque la société française est étatique et administrative, en haut de la verticalité du pouvoir, une femme et ses conseillers (ayant la preuve de son pouvoir magique), dont on imagine les fonctions de chaque partie, décide que cet homme ne soit jamais connu des autres, de l'opinion publique, car son pouvoir pourrait être plus grand que ces fonctionnaires au pouvoir, et que son aura d'autant plus grande, et que c'est à la vision uniquement narcissique, celle de la célébrité, qu'est jugé cet homme, vue d'en haut. Il faut d'une part qu'il soit pris ou chloroformé vivant, englouti dans un océan, et toutes les stratégies de disparitions sont imaginées, même la torture, par ces hauts-fonctionnaires, qui savent aussi taire leurs motivations et faire disparaître également leurs responsabilités (peut-être en affiliant celles-ci à d'autres) Jusqu'à demi-mot énoncer la finitude de cet homme, son extermination, dans des phrases elliptiques que les conseillers comprennent, par habitude, et n'ont même pas besoin de répéter, motus et bouche cousue. Cette illustration sibylline des arcanes du pouvoir, à mon sens, je l'interprète comme la volonté de couper la tête à celles et ceux qui seraient plus intelligents. Comme dirait un avocat que j'ai rencontré à Limoges : dans l'administration, aucune tête ne doit dépasser, en bons soldats, il ne doit pas y avoir de meilleurs, mais on nivèle tout par le bas. C'est ainsi, que les avocats ont de beaux jours devant eux, car les souffrances au travail dans les institutions publiques amènent plusieurs clients et beaucoup d'argent. Parfois, on ne pense pas aux véritables voleurs, plus malins que les autres.

Il en est que Dutilleul sera empoisonné en buvant un décaféiné dans un café (par ces hauts fonctionnaires cachés donc). Cela me rappelle une collègue professeure, qui m'avait dit me méfier car même le café offert par la direction pouvait être empoisonné si j'acceptais, devant un directeur qui me proposait de remplir ma tasse de thé vide. Une façon de mettre l'ambiance, de me menacer si je souhaitais continuer à enseigner avec une équipe de collègues soudés pour exclure. Rester murer, telle est l'attitude à prendre, plutôt que le café. Le passe-muraille adopte cette attitude très vite, il s'adapte, afin de garder son pouvoir secret. Très vite, on ne prend plus de café, plus de pause, on travaille plus qu'il n'en faut, on devient la cible de rumeurs, sans jamais les connaître, et on aide les plus démunis, puisque le chemin est connu et l'expérience n'est jamais perdue. Je pense que ce film doit être très inspiré des us et coutumes du pouvoir invisible des fonctionnaires soudés (pour le meilleur ?) pour le pire. J'ai eu la chance d'étudier de près des comportements malveillants ayant remplacé les fonctions et la production afin que le sens puisse devenir la propriété de quelques uns. Par des comportements ainsi pervers, il devient possible d'attribuer n'importe quel sens au travail, sans dessus dessous, au détriment des êtres et de leurs recherche de sens, de leur dignité. J'ai pu observer combien des enclaves sont propices à la transmission systémique de la folie et que, même des organismes de santé (trop) affiliés, contribuaient à effacer toute trace des effets de ces comportements, des souffrances, et conduisaient à l'exclusion des plus lucides. Et c'est là, la chance, d'être exclu de ces systèmes.

Quoi de plus héroïque que la personne qui passe à travers la perversité, à travers le sans dessus dessous, sens dessous dessous ? Le don divin de Dutilleul rend chèvre le petit chef qui l'a mis au placard, mais par de gentils tours de passe-passe. Tel est pris qui croyait prendre. Et c'est là tout le pacifisme de ce personnage comme tout le monde et exclu bienheureux d'un système toxique, car il n'y sera plus pour résister, il n'y participera plus du tout et trouvera sa voix ailleurs.

Donc, même ce pouvoir perdu, le comptable se satisfait de proposer ses services dans une compagnie de cirque où il a trouvé l'âme sœur, l'artiste.

L'hérédité de ce pouvoir, et le secret partagé de la mère au fils, ce désir d'en user mais d'en souffrir, serait préférable à la vie d'adaptabilité forcée, une vie terne et sans aucune intensité, une vie sans vivre les choses, mais sans aucune souffrance. La mère, avant son dernier souffle écrit une lettre à son fils et lui raconte ce secret, ce pouvoir, il doit désormais choisir, le sachant.

L'amour ferait partie de ces émotions intenses qui sortent de l'ordinaire. L'évènement, cet extraordinaire moteur de vie, "aimer" et "être aimé", n'est ni quantifiable, ni raisonné, et aucune preuve juridique, administrative ne peut le comptabiliser, le réguler, le normer. Puisqu'il est unique et né d'une relation ontologique où les êtres se sont dépris de leurs avoirs, mis à nus, mais épris désarmés.

Petit clin d’œil aux inséparables.


Film Par kiwaïda at 13:22

26/04/2018

μα¢α¢α ηїℊя@

Scroll down

E

Selfie de Naruto (2011 - île de Sulawesi)

Un macaque noir à crête (macaca nigra) a réalisé un selfie, un autoportrait photographique devenu très célèbre. Il s'était emparé de l'appareil photo du britannique David Slater sur l'île de Sulawesi, en Indonésie. Il se nomme Naruto et nous ressemble déjà.


Animal Par kiwaïda at 01:43

24/04/2018

Ṽℰℜ✝

Scroll down
il saute et glisse entre ses mains satins
la sagacité noire et veloutée des plumes poils
et le soir tout enivré de figuiers et de lilas
il tombe à la renverse comme pâmé
les yeux doux de la vie des soucieux perspicaces

tête levée et port haut elle a les yeux mi-clos
face lune de miel en bouddha jaune gâteau
elle tient d'une main le chafoin négus roi
l'enfance la regarde et le soleil aux deux bras écartés
miroitent les souvenirs des pins verts ornés de bonté

quand la mer s'écumait au loin de ses espoirs orangés
les surfeurs aux cheveux enflammés par les rêves
dans leurs lit désargentés et vert sauvage
dans leurs maisons abandonnées aux draps rouge de bleu
ils nageaient aux cœurs brisés de peine

sans peur ni haine
(les poètes)

Photographies © Sonia Marques & JD

Art Par kiwaïda at 19:12

11/04/2018

ṔÉ℃Ѧℛi ÐÜ CℋѦ℃ϴ

Scroll down
Tes rêves sont plus doux que les questions posées
Tu ne pourras jamais exprimer ceux-ci
Ils te poseront toujours les mêmes questions
Quelle exposition avez-vous vu dernièrement ?
Le zoo de Vincennes
Quelle exposition d'art ?
Le zoo
Au cordonnier on ne posera pas la question
Avez-vous déjà vu une chaussure ?

Savez-vous qu'il existe des Musées en France où il n'y a que de l'art
40, 50 60 ans je suis un enfant
Je ne suis pas encore née
Ils me regardent comme un bébé
Et je réponds
Areu areu

Ce monde est absurde et il oublie qu'il ne sait rien
Et qu'aucune réponse ne pourra le rassurer
areu
areu


Est-ce vraiment primordial un livret d'étudiant ?
Non, ni même d'étudier

Allons au zoo, nous sommes en cage
Les perruches indiennes à collier nous narguerons
Elles ont tout compris

Pensées à Pépin

Photographies ci-dessus © Sonia Marques

Merci Céline © Photographie ci-dessus


Paysage Par kiwaïda at 20:48

01/04/2018

ℙℰℑℵ†Ṳℜ∃

Scroll down











Peinture de Shirley Shaffe


Peinture de Miró > “Painting (Head)” (1930)


Peinture de Tom Wesselmann > Bedroom painting N°31 (1973)


Peinture de Francis Picabia > Salicis (1929)


Peinture de Francis Picabia > "Idylle" (1925-1927)


Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 19:33

18/03/2018

ℬḺℰṲ

Scroll down

bleu.jpg

Le petit prince bleu s’est fait discret pour ne pas nous inquiéter. Il a attendu que notre dîner se termine pour s’en aller dans la pénombre, dans la pièce de l'imaginaire, éclairée par les étoiles de la nuit et les lanternes de la rue. Son esprit vole au-dessus de nous, si difficile à réaliser son absence, toute sa joie illuminait mon appartement.
Il était mon petit bonhomme, j’étais sa petite femme, mon amoureux était son ami, il était notre ami. La joie était parmi nous, sur mon épaule était le bout de paradis, le bleu de l’esprit. Si beau si élancé, si gai, si déterminé à aimer, il était tout entier, tout curieux. Il est parti par la petite porte, c’était un artiste, me dit mon amoureux.
Il était encore sur mon épaule à me dire ne t’inquiète pas, je serai toujours là.
Il me disait : « Ça va ? Ça va ? » Toujours il me questionnait ces derniers temps à savoir si cela allait, car cela n’allait pas souvent.
Et je lui demandais : « Ça va Pépino ? »
Il me répondait du tac au tac, oui avec ce cri si positif en plissant les yeux et d’un geste enthousiaste de tout son petit corps, s’élançant vers le haut, même s’il somnolait, il me répondait de ce petit cri, afin de me dire, « je suis là », « je serai toujours là ».
Il me répondait, il était toujours là, il veillait sur moi, sur nous tous. Chaque matin, il ne sera plus là, chaque soir, il ne me demandera plus « faire dodo » afin que je le cape. Il adorait tout nouvel aliment, il savourait et exprimait son plaisir, il savait aussi dire ce qu’il ne voulait pas, et comment ne pas le déranger, il savait nous faire comprendre tant de choses. Huit années sont passées si vite en accompagnant sa vie, lui en accompagnant la mienne, dans cette ville inconnue et pendant mon travail si difficile où mon environnement professionnel fut si toxique. Mais chez moi, avec lui, tout devenait positif, merveilleux, évolutif, interactif, fantaisiste, artistique. Loyal et fidèle, sans aucun jugement, d’une délicatesse rare, ses gestes doux, son plumage soyeux, son intelligence et sa douance me surprenaient, sa grande sensibilité face aux souffrances et surtout son excitation de tout bonheur quotidien, tout rayon de soleil.
Sa voix était si gentille et adorable que son animation disparue a rendu mes jours sans aucun sens et sans force.
Nous avions appris récemment qu’il adorait voyager en notre compagnie en voiture, il aimait nous voir partir loin et nous regarder à l’arrière, rire et chanter. Il aimait Satie, l’écoute se faisait plus attentive lorsque les premières notes de piano s’enchaînaient doucement, comme si quelques questions étaient lancées à l’infini, devant l’horizon, ou comme lorsqu'il regardait goutter un papier qu'il avait préalablement déposé dans sa grande écuelle d'eau : écouter tomber chaque goutte l'une après l'autre, comme un métronome. Il rythmait ma vie et m'offrait des soupirs, des respirations et surtout des points d'orgue.
Il aimait nous voir heureux. Alors c’est devant cet horizon qu’il avait fait ce voyage avec nous, afin qu’il soit soigné. Il avait fait mine d’être en meilleure santé devant le vétérinaire, en nous montrant sa hardiesse, en replaçant ses barbes et ses barbules de son plumage, en appliquant l’huile sur ses plumes qu’il sécrétait par sa glande uropygiale située à la base de la queue. Ainsi il nous montrait qu’il nettoyait bien ses plumes afin qu’elles demeurent imperméables, belles et en bonne santé. Tous ces moments avec lui étaient de bons moments, tout était bon, clair, rien de néfaste et de mauvais, tout était éclatant de simplicité, je me sentais pousser des ailes, il m’apprenait de cette liberté que les humains ne connaissent pas. Il savait des mots de notre langage, des phrases, il les répétait, il nous parlait, il nous écoutait, il savait tout. J’aurai aimé lui montrer la mer et tant de chose encore, qu’il vole en notre compagnie, ou que je vole en sa compagnie, au dessus de tout.
Mon petit prince, mon savant personnage, peu te connaissait ou on eu la chance de te reconnaître. Je fus de ceux-ci et ta voix résonne encore. Quelque chose en moi est parti avec toi, quelque chose d’unique, de singulier, d’infaillible. Je souhaiterai de tout cœur, te croire, tu es toujours là, sur mon épaule, petit esprit rieur, la liberté d’aimer.

Animal Par kiwaïda at 23:05

14/03/2018

ṔℝϴṔℜℰ†É

Scroll down

tract-beaux-arts-paris-racisme.jpg

BEAUX ARTS L'ÉCOLE ABRITE LE RACISME : Affiche réalisée par les étudiants de l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (mars 2018)

« Les noirs ne sont pas propres »

« Vous faites reculer la France en faisant trop d’enfants »

« Est-ce que ta femme est propre, comment elle a préparé ça ? »

« Elle ne nous serre pas la main parce qu’on “pue”, elle ne touche pas la anse de la bouilloire après nous, quand on ramène des baguettes pour le petit déjeuner, elle coupe la partie qu’on a touchée. »

« Vous êtes des animaux, vous ne devriez pas être en France. »

« Il ne me reste plus qu’une seule personne dont je dois me débarrasser, c’est la vieille. » 

« Les Sri Lankais c’est des connards, vous êtes sales. Ta bouche pue car tu bois de l’alcool. »

« Les noirs sont tellement feignants, sont tellement connards, sont tellement des bons à rien. »


« Est-ce que tu te sens toi-même ? Tu sens quoi ? Tu sens le noir. Va travailler ! »

«Tout est propre à part la couleur de ta peau »

Cela se passe aujourd'hui dans une école nationale des beaux-arts à Paris

Bon nombre des étudiants, indignés, attendent aussi une réponse ferme de leur école. Le soir du vernissage de l’exposition « Images de mai 68 », en février, ils ont ainsi distribué 3.500 tracts pour alerter. Un collectif s’est monté, qui veut interpeller la ministre de la Culture. (Article du 12 mars 2018)

affiche-beaux-arts-paris-racisme1.jpg

Affiches des étudiants de l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (mars 2018)

Cela me rappelle mon histoire :

J'ai été harcelée moralement par la direction de l'école nationale d'art de Limoges et envoyée au tribunal pour avoir rendu un ordinateur portable dans "une saleté remarquable", avec des "déchets", de la "terre", selon la directrice, ce qui justifiait que je ne "prenais pas soin des équipements de l'école"... Des étudiantes de l'école d'origine étrangère n'obtenaient pas leurs crédits comme les autres étudiants, car elles présentaient leurs installations sur le sol "sale" de l'école. Hors, le sol est le même pour tous, dans cette école, ce que j'ai toujours défendu. La symbolique du sol est celle de notre démocratie. Elle se trouve salie selon certain.es et il faut désigner des coupables : les pauvres. Ce qui est une richesse pour notre pays, des étudiants d'horizon divers et cultivés, comme des professeurs, des employés, se transforme en souillure pour les racistes (et à tous niveau de poste) . Silence du ministère : la directrice serait une débutante, il faut la laisser continuer insulter qui elle veut. Les sociétés de nettoyages sont insultées, renvoyées, sous pression, rien n'est jamais trop propre pour valoriser une architecture (l'école) que même Catherine Millet est venue saluer lors d'une conférence publique, une référence que l'on ne nomme plus, rejointe dans ses propos récents en début d'année par des politiciens des extrêmes droite de notre pays. Ces écoles forment à l'exclusion par ces modèles institués, et hissent le déchet social comme norme, pendant qu'elles font nettoyer par d'autres toutes traces de leurs sévices. Honte !
Je soutiens ces employés dévalorisés dans leurs fonctions, à l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (où j'ai étudié également), moi professeure artiste ayant subis des discriminations, humiliations, racisme et sexisme dans une autre école nationale du même réseau, dans ma ville, sur les mêmes thématiques de la saleté. J'ai réalisé des cours artistiques et philosophiques afin d'enseigner sur ces problèmes de racisme dans les écoles d'art, j'ai été exclue, mise à l'écart et actuellement l'école a mis mon poste en vacances. Silence du ministère, des collègues, "tout le monde savait", "tout le monde se tait"
Ces méthodes racistes sont légions et il est bien plus à la mode de faire des affiches pour les droits des femmes dans une école supérieure d'art le 8 mars afin d’effacer que ces droits sont bafoués dans l'enceinte de l'école, tout comme réaliser, dans une autre, une exposition sur mai 68 dans le même temps où ces pratiques quotidiennes du racisme qui semblent d'un autre temps sont impunies. Des expositions contreproductives et aveugles, dans la bienséante ambiance nostalgique du communisme quand des professeurs s'inventent révolutionnaires en lisant l’insurrection qui vient et en embrigadant les jeunes filles en fleurs, sélectionnées pour leur aptitudes à faire la cuisine et la bonne communication pour graisser les tuyaux, une école où souffle un vent de liberté... et de poésie proprette mais surtout pas sale ! Et comble de la bonne décoration : obligation d'utiliser l'écriture inclusive, au cas où "les autres" pourraient s'apercevoir que l'exclusion sert à l'affichage d'une sélection réussie, entre-soi.

Ce qui est visible demeure "invisible" pour certains, certaines. Honte !

Il est bien plus à la mode de réaliser des pétitions pour des personnalités artistiques de renommées internationales licenciées, signées par un name dropping de noms de personnalités, afin de se montrer "sur le marché" du capitalisme, que de soutenir des employés aux basses tâches. Je suis professeure et j'ai été associée à ces employés de ménage bien souvent dans les écoles d'art. J'ai dédiée une œuvre d'art (Cendrillon) à une employée à l'école de Limoges, la seule qui me disait bonjour le matin, la femme de ménage. Nous travaillions dans les cendres, avec des couleurs et les nuances brunes pour la peau et le biscuit en céramique, afin de révéler les véritables icônes à l’œuvre.

Et puis le salaire, va avec la saleté, il faut le saisir et le supprimer pour les sales pauvres (ce qui m'est arrivé) Étonnant non, je n'ai jamais eu le droit aux tickets restaurants contrairement aux autres employés administratifs, cela me faisait penser aux femmes de ménage de l'Assemblée, dont Ruffin a communiqué leurs conditions de travail le 8 mars dernier. Cette communication m'a mise mal à l'aise, car (pas encartée "France insoumise", ni d'un autre partis politique) cet exemple est un peu "facile", et nombre d'intellectuels que je connais ont relayé cette vidéo, du haut de leurs principes de familles socialistes (et non de leur éthique), et pour vite passer à autre chose, c'est-à-dire, se taire lors d'injustices sociales véritables entre collègues de la même profession. Cet exemple rentre bien dans la case. Chacun son groupe, pas de mélange de genre. Non ce qui est plus difficile à dénoncer, ce sont ces situations de services, dans lesquels, aujourd'hui, les exclusions et discriminations ne se font pas seulement avec les employés de ménage, mais aussi, avec les professeur.es, avec toute personne qui ferait un peu trop d'effort pour être intégré et qui, malgré les injustices, aurait réussi à s'intégrer, si bien, que cela est devenu, pour de petits chefs, des cheftaines, des directions, insoutenable, pour toutes ces personnes qui n'ont aucune qualité pour diriger les autres et leurs donner des directives, des directions. Non, ce n'est pas la bonne direction que notre pays doit prendre, mais c'est celle-ci que des directions s'arrogent le droit de prendre par force, par abus de pouvoir et sans aucune sanction, avec la complicité des exécutifs. C'est moche. Il n'y a plus d'art, mais je ne vois que des politiques de l'extrême se fondre dans les écoles. Cela m'a inquiété, beaucoup, des nuits d'insomnies. Aujourd'hui, je ne suis plus étonnée, car il n'y a plus de justice. Il y a la moitié de la France qui votait extrême droite, tous éparpillés, et dans nos écoles à des postes divers. Employés, directions, professeurs, théoriciens, artistes, oui, la pensée raciste s'est immiscée partout, dans une conversation, un mail, untel n'est pas de "chez nous", "ils viennent d'ailleurs", "ils sont toujours ensemble car ils ont les mêmes origines, ils s'isolent, ils complotent, il faut les exclure", "untel n'est pas artiste, cet écrivain est mauvais, ses références sont mauvaises, elles sont étrangères", "on se comprend", "ils ne sont pas compréhensibles", "il faut supprimer leurs références de leur mémoire, diplôme", "il y a des vols de livres, c'est eux", "le sol est sale, ils doivent le nettoyer pour tous", "on leur enlève la caution", "on ne leurs donne pas leur bourse", "il ne faut pas aller dans cette ville étrangère, elle pue", "il ne doit pas mettre de tongs à l'école", "il doit changer de tenue pour sa soutenance", "note-le, moi je ne perds pas de temps à corriger les étrangers", "ils vous donnent des cadeaux, ils sont tellement soumis", "son travail artistique vient des îles, des prostituées", "c'est comme ça chez eux, il ne sont pas cultivés", "elle vient d'un milieu pauvre, elle n'a aucune ressource, une année de plus, elle mérite un redoublement", "regardez comme ce dessin est sale", "comme elle écrit mal, venez voir", "ils n'ont pas d'expositions majeures dans leurs pays", "ils viennent étudier ici pour nous piquer nos références et puis s'en aller dans leurs pays avec", "ils ont appris à dessiner sous la dictature, ils n'ont aucune sensibilité", "ils ne sont pas aussi libres que chez nous", "ils ne s'expriment pas, on ne comprend rien", "il est insoumis, il a répondu, il a critiqué, il mérite le redoublement", "elle est prostrée quand je vais la voir, elle doit avoir un problème psychiatrique, il faut la renvoyer dans son pays", "c'est une menace pour nous, on a prévenu l'ambulance", "il est parano et croit que nous sommes racistes parce qu'il est noir", "il est agressif, il veut plus nous voir, cela tombe bien", etc. etc. Toutes ces phrases quotidiennes finissent par vous sculpter un cerveau qui acquiesce à tout, c'est un lavage. Nombre de collègues commencent à être d'accord, c'est facile, ce sont les autres désignés, puis après ils s'y mettent chacun à leur tour, et les administratifs aiment à faire un peu de zèle. La délation, les procès, les rumeurs, les accusations, les fautes, les avertissements, les menaces, puis les exclusions, la fin de la carrière, et parfois de la vie. Au fur et à mesure s'installe sur plusieurs années une vraie collaboration à la pensée raciste qui a trouvé un terreau fertile dans notre pays, dans ces terres où plus rien ne se passe, et les idées ont disparues. Les belles idées, les inventions, la sensibilité, la solidarité...

Les intégrations réussies et irréprochables sont, pour certains, certaines et tant de racistes qui s'ignorent, impensables, elles ne doivent plus exister et doivent être rendues invisibles, il faut les masquer, les dénier, les dévaloriser, les raturer, les supprimer, par tous les moyens. Cela se nomme le tri collectif et individuel, d'où l'importance des déchets et de la qualification de ce qui est une saleté remarquable. Il faut inventer des motifs pour rendre incompétents les compétents, il faut leur supprimer leurs outils de travail, leur lieu, leurs liens professionnels, leurs attachements affectifs, leurs lieux de vie, leurs résidences. Il faut les désunir, surtout quand ils unissent trop facilement, il faut saboter, saboter lâchement, par derrière, toujours à l'insu et par surprise. Il faut terroriser. Le mot est lâcher : le modèle terrorisant. Il faut les désigner "fous", les enfermer, les envoyer chez les psychiatres, ceux de chez nous, sous nos valeurs. Quand la pensée a totalement disparu des écoles au niveau supérieur, il faut se rassurer quotidiennement, et entre-soi, des critères de sélections et d'exclusions, par rumeurs, humiliations, harcèlements. Afin que le tri s'opère de façon tacite collective, sans laisser aucune trace visible. Il faut punir celles et ceux qui alertent encore et les mettre en prison, ou soustraire les esprits critiques, supprimer les analyses et les bonnes actions. Ne pas révéler tout ce qui serait sain, salvateur, les soignés, soignants, soigneux. Comment poursuivre son œuvre, son travail, son engagement dans de telles situations malsaines ? Comment continuer à étudier, se concentrer ? Trop de temps passé à éviter les mines, les bombes, les insultes, enlève du temps au sel de la vie, comme le décrivait Françoise Héritier.
- Sommes nous dans l'obligation de militariser nos vies ?
- Oui
, avait répondu le gouvernement antérieur, nous sommes en guerre.

Non, réponds-je, artiste et pacifiste.

Pour info, mes articles sur la saleté :



À méditer :

« Vous êtes des animaux,
vous ne devriez pas être en France. »


Enseignement Par kiwaïda at 00:36

12/03/2018

∀ṧρℌ⑂✄їε

Scroll down

etouf01.gif

En observant toutes ces directions d'écoles d'art, ces expositions artistiques en France,
tous ces projets débiles, et sur le numérique, ces @, et ces @,
et l'état d'urgence attentat qui empêche toute circulation et nomadisme :
désir profond de partir de ce pays, étouffement, entre-soi, manque de circulation,
d'air de bonheur !

Je suffoque !



baleine3.png

La robe à baleines...
« Je m’appelle baleine. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n’ayant plus d’argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l’envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l’eau. C’est ma façon à moi de chasser le cafard et de me purger le sang. Quand je me sens des plis amers autour de la bouche, quand mon âme est un bruineux et dégoulinant novembre, quand je me surprends arrêté devant une boutique de pompes funèbres ou suivant chaque enterrement que je rencontre, et surtout lorsque mon cafard prend tellement le dessus que je dois me tenir à quatre pour ne pas, délibérément, descendre dans la rue pour y envoyer dinguer les chapeaux des gens, je comprends alors qu’il est grand temps de prendre le large. Ça remplace pour moi le suicide. »
En hommage à Herman Melville, Moby Dick (1851)



Paysage Par kiwaïda at 21:31

09/03/2018

ṧ@мḯα нαʟαß⑂

Scroll down
samia1.jpg
Samia Halaby


Art Par kiwaïda at 21:30

łε﹩ ¢ї♥ḯłḯṧ@☂☤øηṧ

Scroll down

Aujourd'hui j'ai reçu une invitation de la ministre de la culture à aller à une soirée Vj en l'honneur des enseignements de Nathalie Magnan. La première phrase est celle-ci :
...travaux et recherches de nombreux artistes, chercheur.es, (h)acktivistes et étudiantes qui continuent à labourer les territoires qu'elle explorait.
Et bien la ministre de la culture ne doit pas être au courant que son équipe à mis fin à la carrière d'une enseignante (qui labourait ?), successivement à sa disparition, parce qu'elle était trop pauvre et trop sale, ou trop migrante. Et que nombre de faux procès en un temps rapide furent intentés sur ma personne par une femme médaillée de la légion d'honneur ! Peut-être qu'une terroriste aurait eu le même traitement ? Est-ce qu'il y en a d'autres, en a eu, est-ce que cela va continuer ainsi ? C'est l'effet du respect des droits des femmes ou bien pour l'égalité des salaires entre hommes et femmes, ou bien pour les mesures contre le harcèlement moral, sexuel, contre les discriminations, politiquement correct sur l'écran, mais en réalité ? C'est moche.

Le 8 mars est moche en fait, il sonne faux, il faudrait le boycotter. Le 9 mars, cela va déjà un peu mieux, on respire.

Nathalie m'entends-tu ? Est-ce lumineux comme tu le souhaitais ce qu'il se passe dans le monde de l'enseignement d'où tu viens ?

Je réfléchis beaucoup en ce moment à la parole que l'on appose aux morts et aux mortes en particulier, car le particulier ici résonne. Une partie du tout. C'est une parole que l'on a jamais donné aux mortes de leur vivant, qui fait autorité. J'ai remarqué aussi cela d'un autre enseignant qui n'était pas encore retraité et dont sa disparition, à peine son esprit quittait notre monde, que des annonces très officielles sont apparues. Vie d'artiste et d'enseignants officieux > Disparition/Apparition d'un nouveau discours officiel. C'est comme effacer l'essentiel. Pourquoi tous ces efforts ? Pourquoi les morts ne pourrait-ils-elles pas vivre leur vie après leur mort comme bon leur semble. Il y a eu tant de morts et de jeunes morts dans mon métier de l'enseignement en art, que l'on oublie de les compter ensemble. Pourtant, ils et elles faisaient tous partie du même corps, de métier, de ces fonctionnaires, liés au ministère de la culture.

Comme ces morts, j'ai quitté mon enseignement, sans l'avoir décidé, ni prémédité,  parce que l'on ne me voyait pas assez, je n'étais pas assez en représentations officielles, j’œuvrais trop discrètement, je n'avais pas d'amis avocat, ou bien d'autres criaient plus fort, pas spécialement mieux mais plus fort. Leurs cris étaient relayés. On préfère le brouhaha au discernement, on préfère le divertissement à l'apprentissage de la concentration. Agitez-vous, montrez que vous êtes important.
Parce qu'en fait personne ne l'est.

Quitter c'est aussi accepter et espérer que d'autres seront mieux compris, mieux intégrés et c'est tenter de trouver une autre place, aussi précaire ou moins ou meilleure. Cela ne peut être que cela : meilleure. Car d'où je serai, je communiquerai avec tous ces morts qui m'ont appris à ne pas accepter ces représentations officielles toutes ces annonces qui valideraient que soit prolongée la parole des morts. Non, les morts ne prolongent rien dans le monde des vivants, ils s'en vont, ils nous quittent, et nous les quittons.

Quitter son enseignement, c'est savoir qu'il ne sera pas prolongé. Et de son vivant, qu'il sera enterré vivant, officiellement.

Quand la terre ne peut plus être labourée et qu'on ne reçoit plus le sel de la vie, on ne laboure plus. On passe pour des morts, mais on est encore vivant. On fabrique le sel de notre vie, on invente son paradis ailleurs loin de l'enfer que l'on a semé à votre place.


Philosophie Par kiwaïda at 19:38

07/03/2018

ϟÜṔℰℛ ∃ℒℒ∃

Scroll down

super-elle.jpg

Image de l'île Supershe…

Have you ever wanted to run away to a deserted island, breathe fresh air, swim naked in the sea, and sleep under the stars ?

Commençons par le début et non par la publicité. Kristina Roth est une cheffe d’entreprise américaine, PDG de Matisia Consultants, une société classée parmi les dix plus rentables du monde en 2015 par Forbes. Elle a acheté une île finlandaise dans l'idée commerciale d'en faire un hôtel réservé aux femmes. Dans la publicité, l'idée se transforme en l'imagination d'une île refuge pour les femmes sans aucune présence d'hommes, afin qu'elles puissent "se concentrer sur elles-mêmes, sans personne pour réveiller leurs hormones. Il s’agirait de favoriser le rassemblement de femmes afin d’entretenir leurs rêves et préserver les désirs de chacune." Kristina Roth explique son concept depuis son observation sur les femmes qui passent leurs vacances avec des hommes et ne se reposent pas véritablement ne ne peuvent se détendre. Son récit se lit sur tous les magazines pour lancer son projet qui serait né de son observation si fine qu'elle se résume à ceci :
- Lorsqu'une femme voit un bel homme, elle ne pense qu'à se mettre du rouge à lèvre, (cqfd) quand les hommes se mêlent aux femmes, la séduction est omniprésente.

Si cette conceptualisation arrive en ce moment, c'est qu'elle peut servir un marché juteux, sous couvert du "ne laissez pas vos hormones prendre le contrôle". Un petit côté "castratrice" à peine déguisé. Ainsi, cette île, reviendrait à ne plus se maquiller (mais se maquiller quand même, on le verra plus tard) Le nom de cette île finlandaise : SuperShe. C'est aussi, pour cette fondatrice, de créer un réseau afin de recenser à travers le monde les femmes qui seraient intéressées par le projet. Ce havre de paix qui exclut les hommes sera ouvert à la réservation dès juin 2018 ! 

“Women need to spend time with other women. Being on vacation with men can cause women to become sidetracked, whether it’s to put on a swipe of lipstick or grab for a cover-up. We want SuperShe Island to be rejuvenating and a safe space where women can reinvent themselves and their desires. A place where you can recalibrate without distractions”

Cela marche déjà, car ce projet a provoqué des critiques criant à la discrimination envers la gente masculine, on y voit ainsi une "interdiction" faite aux hommes. Dans notre monde occidental avec les campagnes des #metoo et #balancetonporc, on peut dire que ce projet arrive à point et va donc bien fonctionner (pour qui, c'est autre chose) Les critiques portaient aussi sur l'éventualité que ce projet serait porté par une lesbienne qui a eu une lubie afin de rassembler des femmes, lesbiennes qui s'ignorent ou se revendiquent ou fantasment l'homosexualité. Kristina Roth a donc dû soutenir qu'elle aimait les hommes, en bonne hétérosexuelle. Donc le marché tient toujours ses promesses. Quel est ce marché ? Si l'on part du constat que 85 % des femmes dépensent tout l'argent des ménages et que le capitalisme développe beaucoup de projets pour s'adapter aux besoins (en inventant de nouveaux besoins en réalité) et aux modes nouvelles, il en est une mode nouvelle : le féminisme. Et ce féminisme, dans notre monde capitalisme tiendrait toutes les nouvelles promesses d'un monde meilleur pour toutes les personnes aux pouvoir d'achat assez conséquent.

En découvrant ce projet, je me suis dit que c'était assez ingénieux. Spécialiste des îles, j'ai trouvé cette nouvelle prison attractive, mais je n'avais pas vu les images (ni entendu la musique de fond du site) et j'ai commencé à m'imaginer, sans penser une seconde que je n'avais ni le fric, ni ne serait jamais sélectionnée pour passer mes vacances dans cette île privatisée, me balader sans regards masculins. Comme exactement on peut le faire dans nos contrées, où il y a peu de vacanciers et de touristes à vrai dire, dans tout ce qui n'est pas montré ou exposé aux publicités.

Mais très vite, j'ai aussi pensé à être confrontée aux regards féminins, de toutes ces femmes inintéressantes avec leur maquillage "naturel" et leur sac Gucci, tel que la publicité de cette île le montre, des mannequins partout (donc profilées pour plaire aux hommes) très sveltes et toutes un peu semblables, blondes aux dents blanches (quoique là oui je pourrai y figurer, mais sans l'aide de Gucci). Et là j'ai commencé à me dire que cela deviendrait l'horreur, un peu comme une île au bagne (comme celle dont j'ai écrit un article, l'île du Salut des prisonniers) Surtout si je croise une femme, une directrice par exemple, qui aurait harcelé d'autres femmes jusqu'à leurs faire perdre leur emploi, jusqu'à arrêter leurs carrières, usant d'un droit inventé, celui d'être plus riche (et plus bête mais ça le capitalisme ne le dit jamais) et parce que ces autres femmes lui feraient de l'ombre. Après il faut assumer la pleine visibilité de ses actes odieux, sous le soleil Satan lubrique... Voilà, la sélection entre riches me faisait penser plutôt qu'à cette idée d'interdire aux hommes l'accès à ces vacances de rêve pour les femmes, l'interdiction aux pauvres d'y participer.

Un accès réservé aux riches femmes. Et là je me suis dit que non, je n'ai pas du tout envie de passer des vacances avec des femmes matrones, dans ce matronat professionnel. Surtout lorsque j'ai lu que Kristina Roth autorisera peut-être des hommes à venir dans cette île. On y est ! Mon œuvre d'anticipation, bien nommée, "La reine" (et son texte de fiction "L'orphelinat") fera de nouveau office de représentation contemporaine de ce monde en changement.

J'avais un sourire tout de même en voyant cette publicité qui favoriserait l'épanouissement des femmes sans les hommes (donc exit le harcèlement de rue, enfin, de plage ! Une idée de génie pour notre gouvernement qui va tenter de trouver plein de trucs à dire pour le 8 mars, c'est-à-dire demain !) donc sans être importunées tous les mètres, afin de se promener tranquillement, sans mecs qui crient : "Jte suce, jte suce" comme j'en rencontre chaque semaine pendant mes vacances…) J'avais un sourire car j'imaginais que si j'étais sur cette île finlandaise, SuperShe, je ne croiserais pas nos françaises si attachées à être importunées par des obsédés sexuels (et non des hommes), ni Catherine Millet (qui représente un petit milieu artistique ringard), ni Catherine Deneuve (qui représente un petit milieu cinématographique ringard) et c'est vrai que cela présageait déjà de bonnes vacances ;.) Et cela me faisait bien sourire de penser que ces Catherines, symboles de notre pays au rut valorisé, n'auraient plus rien à faire là-bas, ne sauraient même comment se comporter si elles n'étaient plus confrontées au risque d'être violées, d'être frottées, ou même juste regardées par des hommes de tous bords (et les migrants bien-sûr) et ne plus se sentir en compétition avec leurs homologues femmes afin de retenir l'attention de l'un d'entre eux, un homme dévoué à la cause des femmes… Pauvres Catherinettes… À moins que ce ne soit en fait, une vraies île de Catherinettes !!! Elles continueraient ainsi de fantasmer l'arrivée d'un homme qui émet des jets d'urine et dépose ses petites crottes noires partout et se frotte le menton sur tout ce qu'il trouve pour marquer son territoire (je m'égare, c'est le comportement de mon petit lapin dont la libido s'est déclarée, qui me faisait penser à quelques hommes… et dont la castration fut obligatoire au risque du harcèlement sur ma petite lapine… Sacré 8 mars de castrations !!!) Oui cela deviendrait assez dingue toutes ces femmes frustrées, ensemble, hétérosexuelles, qui, en secret, rêveraient d'être enlevées par le premier venu. Cela me rappelle quelque chose… La cellule familiale et comment a-t-on imaginé le prince charmant venant enlever la jeune fille à ses parents (avec quelques billets pour montrer "qu'il en a", afin de perpétuer le modèle patriarcal, jeune fille chez papa, jeune femme chez mari, mère et déjà placardisée) En jouant avec les stéréotypes on fini par trouver des scénarios d'îles de femmes… Une île des hommes interdite aux femmes… Non, cela existe déjà, évidemment les hommes ont pensé à tout même les sociétés offshore, et les sociétés secrètes maçonniques interdites aux femmes.

Et puis, je pensais qu'en fait, notre société m'a toujours séparée de mes conjoints, afin que je puisse travailler ou même passer des vacances. Et la seule île dans laquelle je souhaiterai passer des vacances, ce serait avec mon amoureux. Oh c'est beauuuuu <3

SuperShe est une conception des intérêts regroupés. Combien n'avons-nous pas été témoins de ces intérêts groupés ensemble qui excluent l'amour, au sens celui altruiste, du don. Des intérêts secrets ou obscurs font que l'on peut se trouver exclu.e (vive l'écriture inclusive !) lorsque nous n'avons pas d'intérêt commun, de placement héréditaire par exemple. La lutte des successions que l'on observe actuellement dans notre pays de stars défuntes après les avoir consacrées au plus haut niveau de l'État, en leur offrant les Champs Élysées comme enterrement national est toujours cette lutte pour l'argent, avoir plus, délaissant l'amour à un parfum d'antan naïf. C'est "notre" modèle social, c'est celui favorisé par notre gouvernement actuel, avec un vernis sincère "Que je t'aime, que je t'aime", scandé pour le public, nous les populaires devenus (oui nous avons été rebaptisés "populaires", tous ceux qui ne connaissaient pas les sociétés Offshore) Nos traditions c'est un peu notre devoir conjugal. Non, tu ne choisis pas qui tu aimes, tu te fait violer par nos traditions, c'est le devoir conjugué à notre façon. Il ne faut pas s'étonner que les plus pauvres n'obtiennent aucune réponse à leurs questions, lorsque les plus riches les remplacent par leurs amis. Car ces derniers sont médaillés par notre gouvernement et ces médailles, faute d'être dans l'idée d'un mérite particulier, ces médailles décernées par le pouvoir, sont celles des lègues familiaux. Seules les familles bien nées sont autorisées à officier dans nos sociétés et légiférer. Et puis les rejetons idiots, il faut bien les placer, quand même, quelque part, dans des directions, dont on ne parlera jamais sinon la réputation familiale... finito.

Nous pouvons penser que les discours féministes avancés par notre gouvernement et toutes ces mesures dont les applications n'ont jamais vues le jour et ne le verront jamais (tant d'années et de changements de gouvernement et chaises musicales nous garantissent un gavage médiatique des meilleurs), sont de nouvelles chapes de plomb pour éviter que des individus qui ne figurent pas sur les listes familiales des lègues ne puissent jamais parler, vivre, écrire, s'épanouir, témoigner de leur vivant. Lorsque j'ai vu cette idée du rubans blanc apparaître partout dans les médias pour être apposé comme décoration sur les robes des femmes invitées au Césars (manifestation du cinéma français aux trophées de la sculpture de bronze de César, l'artiste défunt marseillais, l'homme, le vrai, celui qui compresse et expanse…) et sur les costumes de tous ces hommes riches, prêt à épouser en un clin d’œil la cause des femmes, sans même sourciller, comme s'ils épousaient la venue d'un nouveau vin, d'une nouvelle vigne, je me suis dit, c'est comme une lettre à la poste dont on a jamais apposé les noms des destinataires, mais seulement ceux des expéditeurs. Et lorsque l'on observe que cette manifestation n'est ni engagée ni n'a de mots intelligents, c'est comprendre que ces décorations sont des outils de propagande pour déculpabiliser les milieux les plus riches. C'est comment mieux surfer sur la vague des #metoo, sans jamais avoir à prononcer un seul mot véritable sur sa position, son parcours, son engagement. Aux États-Unis, avec leurs Oscars (même manifestation dédiée au cinéma américains) ils ne pouvaient que faire mieux, surtout en nommant Frances McDormand, meilleure actrice, qui a remporté le deuxième Oscar de sa carrière pour sa performance dans le film Three Billboards, (Les Panneaux de la vengeance, très bon film que je recommande) Non, en France on s'endort sur l'actrice qui doit parler de son rubans blanc et s'emmêle les pinceaux tellement l'analyse n'est pas encore faite entre les "vieux", "les viols" et "les violences faites aux femmes" et abrège son discours pour s'enfoncer dans son fauteuil et rester muette. Car oui, en France, il est écrit, "à l’occasion de la 43e cérémonie des César, ce vendredi 2 mars 2018, les 1700 invités portent un ruban blanc pour soutenir les femmes victimes de violences. Une façon simple et silencieuse d’exprimer sa solidarité."  Simple et silencieuse… Tout un programme politique. Mais il faut rester au Paradis et non parler de l'enfer, ce n'est pas très vendeur pour les "vieux", "les viols" , heu, non les violences, merde !

Une actrice française qui en remplace une autre française (aux rôles bienséants de féministes) qui fut tuée sous les coups de son chanteur amoureux français, avec cet autre vernis sincère "Le vent l'emportera... et tout ira bien" (paroles du tueur de femmes que l'on a entendu des années dans tous les supermarchés après son féminicide et le suicide de son ex femme... c'est dire l'analyse des médias en France) Oui, nous on a ça, ici et aucune personne invitée n'a même pensé faire la connexion avec le rubans blanc. Qu'il soit vert, jaune ou rouge n'aurait rien changé, si celui-ci n'avait déjà eu une histoire depuis les années 90 (White Ribbon Campaign), qu'aucune n'a eu le courage de rappeler, mais juste copier la déco. piquée à un autre pays. Ha ! Le Canada ! Beau pays.

Au Canada, suite à la tuerie de l’École Polytechnique de 1989, des hommes fondent, à l’automne 1991, The White Ribbon Campaign, la « Campagne du Ruban Blanc », contre la violence à l’égard des femmes. Institué en 1991 par le Parlement du Canada, en mémoire des 14 jeunes filles assassinées ce jour-là, le 6 décembre devient la « Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes ». C’est une occasion de réfléchir à ce phénomène de société et de penser aux femmes et aux filles qui sont aux prises avec la violence masculine au quotidien. Le 6 décembre est devenu une date significative de la lutte contre les violences faites aux femmes. Chaque année les féministes commémorent dans tout le pays, le massacre antiféministe du 6 décembre 1989 en portant un ruban blanc ce jour-là.

Il faut comprendre que partout dans le monde, le terme de fémicide est entendu et inscrit. Femicide,  en anglais, est un mot-valise constitué des termes « female » (ou « féminin ») et « homicide », sur le même modèle que « parricide » ou « infanticide ». Il a été popularisé par deux féministes, Jill Radford et Diana Russell, qui ont publié en 1992 le livre Femicide, The Politics of Woman Killing (en français : « l’aspect politique du meurtre des femmes »). Fréquemment utilisé en Amérique latine et repris par des instances internationales, comme l’Organisation des Nations unies (ONU) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais en France, le terme de féminicide, est entré dans le dictionnaire que très récemment et encore, il n'est pas accepté dans le langage courant, ni en politique, malgré des faits-divers aux crimes classés féminicides (lire les contradictions du tueur français qui a étranglé sa femme et qui, après l'avoir tuée ou brûlée, a maquillé sa mort auprès de tous ses proches et des médias en inventant le stéréotype le plus répandu en France : qu'elle fut tuée pendant une séance de jogging ; puis, après avoir avoué le meurtre, a fait passer l'idée que la victime c'était lui et que sa femme morte était l'accusée coupable, avec un avocat complice de la propagation du féminicide bien français : les femmes sont coupables, même tuées par les hommes / les hommes se défendent en tuant leurs épouses, car elles ne méritent pas d'exister trop longtemps) Mortes les femmes, les hommes parlent et écrivent à leur place. Ils les remplacent.

Dans plusieurs pays d’Amérique latine, le féminicide est la circonstance aggravante du meurtre, lorsqu’il est commis sur une femme par son mari ou son ancien compagnon. Les pays dont le code pénal mentionne le féminicide sont la Bolivie, l'Argentine, le Chili, le Costa Rica, la Colombie, Salvador, le Guatemala, le Mexique et le Pérou. Les très nombreux meurtres de femmes à Ciudad Juarez, au Mexique, sont qualifiés de féminicides. Dans certains pays d'Asie, en particulier la Chine, l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan, la naissance des filles est combattue pour diverses raisons, conduisant à un déficit de femmes. Les crimes d'honneur sont généralement des féminicides. (Source : Wikipédia)

Donc aux Césars : 1700 invités portent un ruban blanc. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est le nouveau "Nous sommes Charlie" ? On peut ainsi se dédouaner de parler, lutter, crier, avec une décoration ? D'un seul coup on est transformé d'un coup de baguette magique gouvernementale, on devient simple et silencieux, faisant partie de la grande muette. Le féminisme m'apparaît de plus en plus devenir un outil de propagande qui empêche les luttes de classe de continuer leur travail. Ce féminisme "chic" et "bienséant", parfois aux couleurs des lesbiennes, parfois des théoriciennes, car dans la pratique, peu (de femmes et d'hommes) luttent, se saupoudre au gré des annonces de presse, en toute indécence, par groupement d’intérêts. Car s'il y avait réellement des luttes, aujourd'hui, nous n'en serions pas à imposer l'écriture inclusive dans les établissements scolaires où les femmes sont exclues et ne peuvent comprendre cette lubie des riches, ni imposer des expositions d'affiches contre les violences faites aux femmes des années 68 dans des établissements où l'on licencie des femmes ou on les pousse à la démission, avec l'arsenal du harcèlement moral, sexuel, et les discriminations si sourdes et si efficaces, ou "simples et silencieuses", qui ne laissent aucune trace. Bientôt on va faire plancher les femmes sur un Panthéon matriarcal, histoire de les faire un peu stationner dans la salle d'attente, après les avoir confinées dans le seul espace proposé : baptiser des noms féminins de rues afin que l'on ne remarque pas trop que toutes les rues et avenues et faubourg et autres, en France, sont baptisés de noms masculins. Alors elles ont planché, recherché des noms illustres de femmes ayant inventé un truc (ou que les hommes ont reconnu qu'elles ont un peu aidé leur conjoint) et cela prend du temps de cerveau qui ne sera pas utilisé pour des causes plus grandes et à visée de réelles transformations sur le monde.

Ne vous étonnez pas de recevoir, de la part de collègues qui vous ont exclu du monde du travail, et de collègues femmes, lors du 8 mars, des messages bienséants pour la journée des droits de la femme. Ne vous étonnez pas d'observer des hommes debouts et vainqueurs qui affichent des slogans et parlent à la place des femmes, dans des écoles où nombres de jeunes femmes placées à terre, regardent encore le gourou présenter une collection de slogans postsoixantuitarde.

Évidemment, quelque chose est cassé, ne marche pas bien, est fendu, quelque chose comme un grand malaise vous prend lorsque vous êtes témoins de ces publicités, qui deviennent atroces. C'est comme apprendre qu'une société caritative qui soutient les enfants, a, en réalité, abusé de ceux-ci, comme apprendre qu'un prête viol les enfants qui se confessent à lui (les mots parlent), bref, c'est dégudegueulasse (nouveau mot formé par un correcteur orthographique, pas encore hachtagué) C'est savoir que tous les mots poussés hors confession, les mots rendus public, les mots criés et dessinés sont les plus courageux malgré les couvertures des beaux discours et des affiches publicitaires qui écrasent toute incarnation, toute vérité. Personne n'est prêt à entendre la vérité, et encore moins une nation, d'où l'intérrêt des décorations passagères et militaires.

Et lorsque vous observez des collectifs de féministes se montrer fièrement et avoir des tribunes pour écrire les mêmes récitations universitaires des études de genres aux références indigestes et d'un autre temps où le bourrage de crâne des femmes étaient encore prodigué dans les universités pour les vieillir plus vite, et que dans la vie quotidienne vous vous étonnez, de les voir dans le travail, n'avoir aucune attention envers les pires discriminations, les plus sourdes envers les femmes, les plus pauvres, sous leurs yeux, là oui, vous comprenez ce qu'est le féminisme en France. Bientôt une île des "elles" pourra leur correspondre afin d'affirmer leur pouvoir : interdire les hommes et sélectionner leur semblables.

Sic.

Et là je deviendrai Catherinette.

Maintenant passons à la publicité. Sur le site Internet de SuperShe, on peut trouver les préceptes de Kristina Roth en superbe VRP de produits de marques, car, bien entendu, on ne voyage qu'en avion My Dear et les inconvénients de l'air aviatique méritent quelques produits haut de gamme pour rectifier les affres du capitalismes sur notre peau. J'oubliais, en vraie gourou qui se respecte, il y a des règles :

1 Rule #1 Hydrate on the Plane: Coconut Oil & Hauschka
Kristina purchases organic coconut oil from Whole Foods. She recommends the dual use of coconut oil for weight loss and as a full body moisturizer. She uses coconut oil on her skin, hair, face, and body. It’s the only oil that has molecules small enough to quickly absorb deep into the body. Drink water! Doctor Hauschka Hydration is her favorite organic line of spf cream, amazing value for the price and hydrating. Air in the plane is horrible. Hard on your skin. 
2 Big Plans Means Big Bags 
Kristina travels with an oversized black leather Gucci Signature bag. This is one of Gucci’s biggest baddest handbags. Kristina swears by it, being one of the most durable bags she’s owned. She’s carried it around the world from Paris to Tokyo and it fits everything she needs. 
3 Sexy Comfort Black Woolford Leggings + Onzie Pants
Leggings are a traveler’s best friend, but Woolford leggings in particular are sexy, high quality, and they offer multiple thicknesses for both summer and winter travel. Onzie pants – keep it simple and keep it fashionable. Kristina swears these are the most comfortable, basic, and chic black pants.
4 Entertain Yourself with Bang + Olufsen Headphones and Audio Books

Noise-cancelling headphones that drown out the crying baby on the airplane, these are beautifully designed and high quality headphones. Listen in style.
5 Apple iPhone & iPad

We all have our own brand loyalty, Kristina’s is Apple everything. Her Apple iPad is essential on long flights to not only run SuperShe from the air but also catch up on her reading via audiobooks or Kindle.

6 Walk the Walk in Rag & Bone Boots

You can find Kristina running from one airport terminal to the other in quality-made, comfortable Rag and Bone Boots. Designed as a classic ankle boot, these boots are well-crafted and although a higher price point than other similarly designed boots, these are worth every penny. 3.5 inch heel, deep V designed on the upper, if you had to pick a heel to walk miles on cobblestone streets these would be the ones.


Si tu n'as pas ton iPhone, tu n'es rien, si tu ne prends pas l'avion, tu n'apprends rien... etc. Pour une île qui prétend se concentrer sur l'être plutôt que sur l'apparence, celle de plaire aux hommes, je préfère tout de même appliquer la règle 7 :
> Mettre mon rouge à lèvre rouge et rester en pyjama chez moi, loin de la secte She, pas super.
Ou : I prefer not to.

Il faut swimmer naked in the sea, dans cette île (n'emmène pas ton burkini, sauf si tu as du pétrole familial !) et puis tu seras prises en photo, comme dans un zoo, depuis un drone ;.)

J'ai pas fait gaffe, mais c'est le quatre-centième article posté sur ce blog, BMK !
Cela se fête ! I'm a Super She writter ! Sans aucune règle, à poil de bête !


Paysage Par kiwaïda at 12:13

- page 1 de 21