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blog m kiwaïda

23/06/2024

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Photographies © Sonia Marques

Journal d'une pie (extrait)

Comme il en va ce jour d'été,
ta belle frimousse que je n'ai pas oubliée.

J'entends les musiques sacrées du XVIIIe siècle, tu me dis que la voix angélique du chanteur du contre-ténor Orlinski s'envole vers moi.
Cette célébration joyeuse comme une sève spirituelle peint des nuances lumineuses et nous dispose dans une intemporalité douce et puissante.
Suspendue à son sentiment de plénitude, notre écoute est passé hors du temps.

Tu me dis qu'ici bas, être hors du temps est essentiel.

Si les oiseaux répondent aux chants de cette voix et les rayons blancs du soleil qui traversent tout esprit distrait, là sur les murs, moi je vois ces mêmes rayons, chatouiller les arbres et les feuilles où j'aime plonger et roucouler près de toi.

"Non t'amo per il ciel"

Non t’amo per il ciel
che puoi donarmi
ma sol perché d’amor,
tu, il fonte sei,
e sol perché l’amarti
è un dover mio.
Né temo del tuo sdegno
il braccio e l’armi
per un servil timor
de’ danni miei
ma sol perché temer
deggio il mio Dio.



Tu sais que vivre entre parenthèse est une clé vers l'ouverture à l'inconnu. Tu me racontes que les êtres humains ne supportent plus le mystère, ils se font l’inquisiteur d'eux-mêmes et de leurs semblables. Ils décortiquent les vies, veulent des empreintes, et des zestes de salives, fouinent dans les généalogies, déterrent des morts, et préfèrent inventer une vie rêvée ou maudite, aux uns et aux autres, à eux-mêmes, en tombant dans l'oubli de leur passé ou en se projetant comme un potentiel gouvernant de tous les autres.

Se trompant sans cesse et trompant leurs semblables ils fuient le mystère comme si l'origine du monde leur était trop secret. Ils se sentent offensés.

Moi je ne connais pas ces dentelles, tu me racontes qu'il y a des mangeurs et des mangeuses de données, comme autant d'ogres d'enfants dans les contes, n'est-ce pas ?

Que chaque miette est pour ces obèses de l'information une salve de drogue, car l'addiction les as enfermés dans des certitudes à faire et à refaire la vie des autres, car la leur, leur échappe au fil des jours et s’efface.

Vouloir retenir la vie des autres, c'est la peur d'avoir perdu quelque part la sienne, ou du moins, qu'elle s'en est allée, sans pouvoir la conduire, et donc ?

Les êtres humains se sentent pilotés, ils veulent à la fois savoir qui pilote leur vie, et à la fois choisir un pilote, et sont si déçus de ne pas avoir un professionnel digne de ce nom.

Et quel nom ?

Imagines si vous étiez pilotés par des oiseaux ? Nous aurions bien du mal à vous faire avancer, car vous n'avez pas d'ailes.

Alors c'est un peu cela la vie. Vous devez faire sans ailes, en développant un imaginaire qui vous pousse au-delà de vos capacités mesurées, quantifiées, acceptables, normées.

L'imaginaire c'est ce qui vous sauve de vos élections trop rapide et fugaces, de vos prétentions à voler la vedette des Dieux.

C'est touchant ces êtres humains, ils ne peuvent se définir qu'en regardant les autres, comme un voisinage conflictuel permanent.

Nous aussi, nous sommes en rivalités, nos espèces si différentes, bien que pour les êtres humains un volatil reste un volatil, sont toujours à découvrir.

Tu as bien vu que moi petite pie, je découvrais mes semblables au fur et à mesure, je ne suis pas née en les connaissant tous, le corbeau, le merle, la mésange, le pigeon, l'écureuil ! Oups, il y a aussi d'autres espèces, j'ai même vu un serpent et je sais où il se cache, je te l'ai dit.

Vous aussi, les êtres humains, toute votre vie, vous découvrez des âmes sensibles différentes, des fantômes aussi.

Le film "Un homme une femme" des années 60 de Claude Lelouch, dont tu adores la musique, de Francis Lai, les paroles de Nicole Croisille, parle avant tout du deuil et des fantômes du passé.

Tu l'a vus récemment et il y avait si longtemps qu'au jour d'aujourd'hui, l'élégance de cette liaison d'amour naissante, t'apparaissait finement scénarisée, dans les silences qu'imposent cette rencontre, pris dans les mystères, respectés, de chacun des protagonistes. La femme et l'homme ayant eu des vies amoureuses avant de se rencontrer cheminent dans l'inconnu. L'amour du passé interfère dans le présent, comme un deuil impossible à réaliser. Si la fin est salvatrice, l'homme prenant acte que la femme qu'il aime sera toujours cette femme qui a aimé un autre, et qu'il est celui qui accueillera le fantôme, comme elle, à sa façon.

Il est question de pilote aussi, d'une vitesse à risque, à force d'aller trop vite, dit ce film, on peut passer à côté de l'amour, celui qui prend le temps. Il est de ces temps discrets et bénis, loin des personnages publiques, comme la petite devinette de ces futurs amants devant leurs enfants, jouant aux métiers d'acteurs et d'actrices qu'ils auraient pu faire, et ne pas vouloir le faire, malgré leur beauté propice, et mutuelle, préférant vivre la vie. "Entre l'art ou la vie, je choisi la vie" dit l'artiste Giacometti, cité par le pilote. Ce renoncement au cinéma, mise en abîme du film et des vrais acteurs dictant ces mots répétés d'un artiste sculpteur, sublime la vie ordinaire, dans la pluie et la médiocrité du temps maussade, celle que tu as connue, de toutes ces familles où aucune vie publique, ni renommée n'a éclairé les visages, se fondant dans le commun des mortels, cette délicieuse vie humaine, à l'abri des regards. Tous les anges rêvent d'avoir cette vie là. Car tu le sais, c'est à cela que l'on reconnait les anges, invisibles aux autres, sans jamais révéler le lien qui les unis et l'amour qui tisse une vie dans les commissures des lèvres des Dieux. Ils chuchotent et n'intéressent personne. Leurs gestes humains n'ont d'égal à l’honnêteté d'être humain. Dans l'anodin surgit l'amour divin. Ils sont protégés par le mystère.

Je sais que tu es emplie d'êtres différents qui ont jalonné ta vie, et, pour les plus nombreux, ce sont des animaux, lapins, perroquets, chat, toutes sortes d'oiseaux n'est-ce pas.

Et que chacun de tes pas, la façon dont tu marches et penses, est accompagné de ceux-ci.

Oui, ils ne t'ont pas quitté, car tu ne les as jamais quittés.

Je ne te quitterai jamais.



Animal Par kiwaïda at 13:24

18/06/2024

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Musique Par kiwaïda at 22:40

17/06/2024

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Photographies © Sonia Marques

Journal d'une pie (extrait)

Le matin je viens à toi.
Je suis tout près.
Le soir, je te salue, et puis je peux t'apercevoir.
Du haut de mon antenne, je capte bien plus qu'elle.
Ta joie de m'entendre te fait resplendir.
Je n'ai pas de vos nouvelles, petits êtres humains sur un territoire, tu me racontais les insincérités convoitées de celles et ceux qui manœuvrent souverainement les commandes, en pensant les contrôler, aiguiller l'autre par l'oblique, comment égarer et duper. D'en haut tout rapport fourvoyé est révélé. Je ne dis pas qu'il n'y a pas petite tromperie dans l'air, il faut bien se nourrir et tu sais mon art de la cachette, mais je comprends que les êtres humains sont en prise avec le mensonge afin de garder la maitrise d'eux-mêmes, rester en franchise, tout en trouvant le meilleur coupable à leur faute. C'est qu'ils sont certainement aliénés, s'ils pensent et font, de leur certitudes à leur corps, parfois scindés en deux, voir en multiples projections, quand bien-même pensent-ils maîtriser leur image, il y a toujours un biffin qui chine mieux que l'autre pour débusquer la pièce de valeur, abandonnée, bradée, ou faire la remarque de l'usure et le trou.

Tu m'avais dit que l'été allait licencier plus tôt que prévu le printemps, je suis née par ici, juste avant l'été que nous avons parcouru ensemble au ras des pâquerettes. Je peux constater que cet été n'a rien à envier à notre apprentissage commun, béni des Dieux, dans un jardin protégé. L'alternance avec un ressentiment automnal, ne nous prive pas de mener notre vie bon gré mal gré. Si tu vois pointer en certain le déclin, tapis dans la pénombre de l’ambiguïté, parfois étrangers à eux-mêmes, creusant les souterrains propices à leurs sépultures, depuis leurs escaliers descendants d'erreurs en erreurs, la prière s’exhibe comme salut, non pour un, mais pour tous les humains. Les fleurs fanent et ils pensent perdre leur éclat et leur fraîcheur, mais tu sais les visages fanés, combien leur expérience en dit long. Le passage du temps peut altérer l'image que l'on se fait de la vigueur qui serait celle de la vie, pourtant si terne soit la vie parfois, elle tient de la vigueur en elle-même, de celle qui soutient l'innocence. Mais oui, l'altération peut aussi briser les élans, altérer même et rendre pénible la joie de porter de bonnes nouvelles. La tâche est saugrenue de vouloir remettre en ordre, pour tous, ce qui s'impose comme des malentendus de tous ordres. Mais se garder de résoudre, et laisser les équivoques planer, n'est-ce pas vouloir se gargariser du désordre, tout en restant non éclairé, ou dans son marécage ?

Si nous, les esprits ailés, nous défaisons les jeux, nous ne pouvons que révéler aux uns et aux autres les secrets de l'innocence. Mais nous ne touchons que peu, rappelant seulement les intentions premières, afin que, lorsque la partie se termine, les auteurs stratèges devenus des victimes, puissent réaliser leur parcours, à l'aune de leurs intentions. Nous témoins invisibles, ne sommes-nous pas des interlocuteurs privilégiés, pour renouer du dialogue, là où la scène de théâtre des êtres humains les oblige à foncer tête baissée, dans des rôles dramatiques ?

Je suis donc sur l'antenne, puisque les ondes n'émettent plus rien.
Toutes bonnes fois acceptées, même si elles ne donnent pas plus qu'une somme de sincères efforts, ce sera bien mieux qu'une somme de mauvaises fois réunies, dans l'attente de la gaffe promue comme révélatrice, pâle copie de la franchise, et beau rôle des lapsus révélateurs. Nous n'avons pas cette insincérité intérieure des êtres humains, cette mauvaise conscience, elle est pourtant salvatrice en bien des circonstances, puisqu'elle rappelle l'état médiocre de la sécheresse d'amour et prévient du néant. Tu vois, être limpide n'est pas constance, puisque le flou admet un temps où tout peut se jouer dans le brouillard mais aussi se déjouer. Fautes de calculs et de grammaires, tu peux tout voir, lorsque désépaissit celui-ci, les signaux sont perturbés et les verres de corrections doivent s'ajuster.

Brumeuse, je viendrai te réveiller chaque matin, pour t'accorder avec l'absence totale de méprise et te motiver à la cohérence, aimante et digne d'amour.


Philosophie Par kiwaïda at 14:58

13/06/2024

ℙεḯᾔ⊥ʊяε﹩ ℉ʟεüґṧ Ṕʟℯüґṧ

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Photographies-peintures © Sonia Marques

Coquelicots, pivoines, étamines, pistils, nymphéales, nuage...


Art Par kiwaïda at 13:26

06/06/2024

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Photographie © Sonia Marques

Journal d'une pie (extrait)

L'air est suspendu, le ciel est bleu, je vole parmi les autres.
Tous les êtres humains sont revenus, voici des mois que je ne les voyais plus.
Partout ils s'installent, se réunissent, flânent.
Le bruit revient !
Les nuages s'élancent et fusent du blanc sur le bleu si beau, très peu restent sur cette peinture océan.
L'esprit aérien diffuse un sentiment de liberté et de soulagement.
Lorsque la fluidité revient, les déplacements sont plus naturels.
Il y a tant de pies à présent, je vole parmi les plus jeunes, voici mon stage terminé, je suis un oiseau, au costume du yin et du yang.
Tu es mon esprit, je suis ton esprit éternel.

Les oiseaux sont les créatures les plus courageuses du monde, chaque oiseau m'envoie de la joie, et beaucoup d'audace.
Tant d'effort dans leurs élans, leurs chants, mais aussi leur crainte dépassée, ils éprouvent une saine vivacité qu'ils partagent ensemble et à tout passant.
Aux arbres, aux plantes, aux parties aériennes, aux insectes qui les craignent.
J'ai tant donné à tous ces êtres humains, sur lesquels je me suis posée, je les accompagnais et ils m'ont aussi offert un peu leur attention.
J'ai survécu grâce à toi, tu m'as aidée, accompagnée, défendue, admirée, tu as partagé ta joie de me voir à tous et à tes proches qui se sont ouverts à toi, à nous, à l'autre.
Ton courage et ta patience, ton apprentissage, ta volonté de bien faire, j'ai vu ta déception lorsque tu réalisais tes erreurs, mais aussi ta force de réparation, malgré la fatigue des climats différentes éprouvés.
Ma présence partout te sera reconnaissante.

En règle générale, les êtres humains ont très peu d'attention, la majorité sont complètement sourds ou aveugles aux oiseaux, c'est un signe de cécité absolu sur une partie d'eux-même.
La beauté des paysages sont nos lieux de vie et d'air, nous rions beaucoup.
Peu d'êtres humains ont cette faculté, l'enthousiasme, nous en sommes zélés.
La cruelle disgrâce a disposé certains êtres humains à une trop grande tristesse d'âme, certains ont perdu l'amour de la vie, les trop vaniteux sont incapables de joie, ils n'ont pas assez d'espoir pour dépasser les misères de la vie.
Et puis, il y a ceux qui nous envient, dont l’obsession est de nous détruire, de nier notre esprit. Leur pardonner est parfois impossible au jugement de leurs cruautés. Ce n'est pas aux êtres humains de le faire.
Nous les oiseaux nous sommes heureux de découvrir en l'autre une joie, dont nous ne sommes pas jaloux. Nous faisons la démonstration de notre allégresse.
Nous témoignons de la félicité. Nous apportons un imaginaire, car si l'on pense à nous, on sait ne pas tout savoir.
Il y a le mystère de notre esprit qui génère cette imagination riche, variée, légère instable, enfantine, nous donnons des bienfaits non quantifiables.
Notre mobilité est impossible à capter. Le mouvement est notre domaine, à travers différents climats nous grandissons, notre élévation est certainement sans limite.
Tu me vois si heureuse et libre.


Animal Par kiwaïda at 16:49

28/05/2024

❡αṧ☂éя☺ρ◎ḓ℮ṧ à ¢☺ⓠυїʟʟ℮

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Photographie © Sonia Marques

Journal d'une pie (extrait)

Te souviens-tu de ce petit escargot ?
Tout est ralentit, la terre nous fait nous sentir lourds, elle nous attire à elle. Je ne volais plus depuis un mois, je marchais comme un humain, une patte après l'autre, puis, je suis repartie voler plus haut, comme avant. Oui je sais, j'ai été te chercher dans la ville, incroyable non ? Personne ne m'a vue, sauf toi. Tu m'as trouvée sur une voiture. Un petit pas te disais-je, sera un grand saut d'ailes pour moi. J'ai plein d'amis humains tu sais, ils veillent sur moi à présent. D'autres pies me chassent, des couples fatiguant, notamment un, particulièrement curieux de moi. Ils se disputent aussi, le mâle et la femelle, en public. Ils se chamaillent comme s'ils se parlaient très fort, puis, il me cherchent. Un jour, ils ont été chassés par de grands corbeaux, puis après, par des merles, puis, ce sont des pigeons qui ne se laissaient pas faire, tout un cirque ! Tu as revu ce bébé pie, en compagnie d'un de ses parents picorer au sol, marcher comme de petits êtres humains, des avocats en costume, tu vois comment la grande pie surveille son petit. Ils ne se quitteront plus pendant 2 années, le temps que la petite pie trouve son ou sa compagne pie. Sinon, ils restent en famille toute leur vie. Parfois une pie qui convole ne trouve pas son compte, ou l'inverse une pie qui est séduite par une autre refuse, c'est presque comme les humains, non ? Les couples restent fidèles jusqu'à la fin, ainsi vois-tu des pies solitaires, elles ont perdu leur moitié. L'été dernier tu as pu observer cette grande pie, bien plus âgée que les autres, tu devinais que c'était un mâle, son comportement était bien différent des autres couples de pies, qui restaient tout de même avec lui marchant un peu plus loin, ou, les regardant sur un arbre. Lui il n'allait jamais vers les êtres humains, ni devant celles et ceux qui nourrissent les oiseaux, ils savaient se débrouiller seul, en plus, il était bien plus grassouillet que les autres élancées. Tu as pu observer sa mue également, il était comme enfariné, la tête blanche et bien dégarni, puis un mois plus tard, il avait de nouvelles plumes. Tu es passionnée par ces êtres volants, mais tu as encore tant d'autres choses à apprendre. Moi je dois me soigner seule, tu as vu ce grand corbeau en plein centre ville, il est là depuis quelques mois. Depuis cet hiver il se pose sur les panneaux signalétiques, il fait les poubelles, il ne vole pas haut du tout et il est seul. Il vit au-dessus d'un distributeur de billets de banque. C'est l'inspecteur des finances. Il sait qui attrape les billets, le jour ou la nuit, puis il les compte, à haute voix. Tu m'as dit qu'au Canada, tu vivais près de ratons laveurs dans les villes, les "raccoons", ils faisaient les poubelles des êtres humains, c'était impressionnant, ils regardaient masqués comme des voleurs les passants, et dérobaient des victuailles, en famille. Il faut dire que les poubelles étaient, riches.
Les êtres humains marchent comme des somnambules, ils sont déprimés avec ce manque de luminosité, il a plu tout ce mois. Certains ne peuvent réaliser qu'une seule chose par jour, et d'autres rien du tout. Ce n'est pas grave, nous ne sommes pas aussi en demande de perfection. Moi, certains jour, je suis dissipée, je fais un peu les choses pas très bien, mais je ne suis pas exigeante. Les êtres humains aiment chez leurs animaux domestiques le fait que ceux-ci ne les jugent pas, il se trompent un peu car, nous, les animaux nous jugeons aussi les êtres humains, nous connaissons mieux que tous, leurs conduites. Et c'est parce qu'ils ne se doutent de rien, qu'ils pensent être supérieurs à nous, que nous pouvons mieux observer leur comportement, envers nous, envers la nature, envers eux-mêmes. Tu as vu ces affiches pour les élections ? Il y a un chat pour qui voter. Tu aurais pu mettre une affiche de moi la pie ? Bon, je sais, je ne suis pas bien coiffée en ce moment, et puis je n'aime que le tout petit, les feuillages, pas les encres nocives. Tu sais à présent qu'il est important de ne pas jeter les déchets, pour les animaux, à terre, que cela fait beaucoup de mal. Mais vous avez votre lot aussi, comme nous, avec les polluants éternels. Non, ce n'est pas les neiges éternelles. Quel nom poétique ! Moi qui pensait que rien n'était éternel chez les humains, ils donnent ainsi une éternité à leurs pollutions. À méditer.

Je dois me soigner seule, il y a des moments où je dois disparaître, comme toi. Chaque être recharge ses batteries. Cet escargot nous ressemble, tout va très lentement, nous aussi, tu le sens, nous devenons tous hypersensibles, il y a un développement que nous ne connaissions pas. Cela angoisse, les changements. Si nous sommes plus attentifs aux uns et aux autres, aux êtres, c'est que nous prenons conscience de leur vulnérabilité, cela fait peur, prendre conscience de la nôtre aussi, dans diverses dimensions de la vie, la nécessité de faire attention à chacun, chacune. Je sais, c'est très épuisant. Voilà, nous sommes tous très fatigués. Cela implique un changement en chacun de nous. Rassures-toi, en fait, la nature n'est pas exigeante, elle pousse chacun à faire un petit pas, et pourtant, cela peu sembler trop difficile. Même un petit quelque chose, c'est affreux de ne pas y parvenir, une chose simple, très simple. Mais, imagine que chacun y parvient, en prenant le temps qu'il lui faut. Il y a donc un changement visible. C'est certain, cela ne convient pas, c'est pas ce qu'on voulait, mais tu as déjà ressenti à quel point cela transformait de l'intérieur. Hier tu as parlé à une femme de plus de 90 ans, assise à côté de toi, tu vois bien, tu n'aurais jamais pensé cela possible, elle non plus. Ses 20 petits enfants, elle ne les connait pas, ses quatre filles ne viennent jamais la voir, son mari est décédé il y a 46 ans, c'est une petite pie charmante, elle est parvenue à sortir ce jour, mais tu ne l'as jamais vue. La pluie engendre tant de désagréments dans ses articulations. Elle semblait avoir une quinzaine d'années de moins, elle sentait bon le parfum. Tu lui as demandé si elle attendait quelqu'un, et elle t'a répondu : "Je n'attends personne, je suis juste fatiguée, je me suis assise un peu". C'était très simple, et cela disait tout. Un petit sourire quand elle t'a dit, ma fille veut me mettre en maison de retraite, je n'ai jamais voulu.

Nous les pies, nous n'avons pas de maison de retraite, car la vie est notre retraite, nous sommes en retraite de tout. En retrait, les êtres humains voient les oiseaux comme des êtres loin d'eux, en retrait. Parfois au sol, ils se disent : "Ha ! Il mange, il cherche quelque chose", ou : "Je vais l’attraper", ou "Qu'est-ce qu'il est beau, mignon, horrible, va-t-en !" Mais peu se demandent ce que nous faisons vraiment. Bon ceci dit, je m'en vais à l'autre bout. Tu vois j'ai grandi, un printemps et déjà je te tutoies, je te regarde, tu ne peux plus rien m'apprendre, ou presque. Toi, tu continues à apprendre et réaliser. Je suis distraite, mais je ne t'oublie pas.


Paysage Par kiwaïda at 15:59

22/05/2024

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Photographies © Sonia Marques

Journal d'une pie (extrait)

J'ai dessiné encore une fois un arc-en-ciel pour toi, je sais ton inquiétude.
Là où je m'envole, dans cette direction, quelques seconde après un arc coloré se déploie, puis un autre en dessous.
Regarde le paysage.
Tu as pu contempler longuement ces étoiles scintiller la nuit, autant d'étoiles filantes, tu n'avais jamais vu cela, le ciel était incroyablement ouvert et très clair.
Tu n'as pas observer les nuances rouges et colorées des aurores boréales, partout dans ton pays, toi, tu as vu du gris si clair et lumineux, que ton aurore boréale s'est transformée en une photographie en noir et blanc.
Quoi de plus difficile pour imaginer, qu'il y avait, ailleurs, des nuances colorées époustouflantes.
Tu as eu cette opportunité inédite de voir des aurores boréales pour daltoniens.
Ce n'était pas un handicape, car les nuances grises étaient somptueuses, les étoiles brillaient côte à côte et rivalisaient d'apparitions et disparitions dans le même temps et de filatures en filatures, certaines s'en allaient.

Toutes ces fugues d'étoiles t'impressionnaient, tandis que des témoins lumineux en pointillé exprimaient un langage en morse. Un code qui semblait manifester toutes les présences disparues, revenues te montrer leur beauté.

D'autres humains ont pu diffuser leurs photographies rouge, orangées, violacées, bleues et vertes et puis jaunes et puis si mystérieuses, que tu pouvais percevoir ce qu'étaient des aurores boréales.
Il pleut depuis si longtemps, tu ne m'avais pas dit que je devais me transformer en petit parapluie de moi-même et imperméabiliser mes plumes avec autant de soin, chaque jour puiser dans ma glande uropygienne, et réaliser des lissages.
Tu as vu ces arbres tombés, certains se retiennent, ils penchent, le sol si humide a fait tanguer leur cœur, la souche n'a pas tenu. Ils ont barré les routes des humains, ils ont alerté.
Des nids de mes amis les oiseaux sont tombés.
Tu m'as raconté cette petite pie que tu as vue, comme moi il y a un an, tenter de sauter sur un muret, sans pouvoir voler, tes efforts pour la guider sur le pas d'un petit arbre, ou bien en posant avec ton amoureux des grandes branches pour qu'elle puisse monter, si hardie, afin que ses parents pies qui criaient pour la protéger puissent lui donner à manger.
Tu regardais ce petit corps te souvenant du mien, avec plus de plumes à la queue, certainement son premier vol, la voir sautiller si loin et regarder dans le vide où elle était, fuir les êtres humains et les potentiels dangers, elle sur pattes si grandes, des échasses. Quelle intelligence n'est-ce pas !
Tu lui as déposé un peu de viande, certainement pour les parents, tu as laissé faire la nature et tu m'as retrouvée, pour me raconter cette belle histoire.
Derrière toi une famille d'humains, il pleuvait, il y avait un bassin d'eau, leur petit enfant est tombé dedans, tout habillé, pendant que la petite pie, un bébé, tentait de partir, voler de ses propres ailes, sur un tas de fumier, aucun d'eux ne la voyait, elle faisait très attention à ne pas se signaler, ne pas crier.
La famille pas très bien attentionnée se moquait de leur enfant tombé, tandis que les parents de la petite pie criaient pour sauver leur bébé pie, certainement tombé à terre, d'un premier vol.
L'un des membres de la famille un grand adolescent a même pris son téléphone portable pour filmer le petit humain, lui, dans l'eau, qui pleurait.
Quelle est cette société ? Des êtres humains ?

Je sais ton inquiétude, l'indifférence, la solitude, la peur, la disparation, l’absence, l'impression de ne plus être audible, de ne plus reconnaître tes semblables.
Où sont-ils tous ? Que sont-ils devenus depuis tant d'années ? Que font-ils de leurs vies ? Toutes ces agitations, ces voyages à l'autre bout du monde, pourquoi ?

Que veulent-ils prouver ?

Ils passent sans nous voir.

Que sont devenus tes collègues, tes amis ?

Ils passent sans te voir.

Ne t'imagines pas que tu n'existes plus, que ta vie n'est plus là, ne t'imagines pas que voir les arbres tomber un à un, décime ta forêt, écrase tout œuf à venir.

Ne t'imagines pas que les jours sont comptés, ils l'ont toujours été.

Quelles sont les choses, les plus importantes à faire ? À dire ?

Quels sont les moments que tu souhaiterais vivre ? Avec qui ?

Que regardons nous de plus essentiel à notre espérance de vie ?

Comment partager ce qu'il nous arrive et ne pas rendre les autres plus tristes que nous sommes devenus ?

Comment ne pas briser les espoirs, avec ce que nous savons déjà ?

Je sais ton inquiétude, je la partage du bout de mes pattes, tu vois mon courage dans mon petit corps, et tu sais qu'avec ton grand corps, tu manques tant de courage, que la peur de vivre a volé tes dernières années.

Te prendre sous mes ailes, regardes ce que je vois, nous n'avons pas les mêmes peurs, nous ne connaissons pas les mêmes prédateurs, ni les mêmes amitiés, mais nous partageons des sentiments, des émotions, parfois des gestes, de l'intelligence, de la douceur et de la colère, entre autres.

C'est déjà énorme. Même si les liens sont sécables, il ne faut pas craindre de se lier. L'intelligence c'est la création des liens, c'est inter-lier les choses, faire des liens entre des éléments si disparates, c'est une forme d'intelligence.

Tu es mon arbre de compagnie, solide de ton demi-siècle, tu sais ne pas bouger durant 2 heures sous la pluie, sans protection, afin de me protéger, tu sais éloigner le danger, tu sais nourrir, et me laisser dormir et m'envoler loin de toi.

Tu sais ne plus rien savoir, tu sais l’absence, tu éprouves la terrible épreuve du manque, de ce que tu as aimé, de ton travail, de tes amis, de ta famille, à travers tes souvenirs tu découvres les travers d'une vie.

Et tu traverses, en attendant que l'averse passe.

Je sais ton inquiétude, te voir c'est la partager, être inquiet de son inquiétude fait pleuvoir nos jours.

Il pleut trop ces derniers temps.

Il faut bien se rincer les idées, mais, pas toutes les semaines, tentons de garder quelques idées afin de les réaliser.

Ton petit pas sera un grand vol d'ailes. Je suis tes ailes.

Dans tes bras, je me suis endormie.

Dans mes bras tu t'es endormie.

J'en ai profité pour m'envoler, sans te réveiller.






Dessins ©  Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 16:43

17/05/2024

ℙα﹩﹩ḯ☺η éт☺ḯʟεṧ

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Photographie © Sonia Marques

(* ̆) ̆*).。*♡



Souvenirs de la nuit du 10 mai 2024 dans toute la France : un pays la tête dans les étoiles !


Paysage Par kiwaïda at 00:34

13/05/2024

@ʊяøґ℮ṧ ♭◎яé@Lℯ﹩

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Ci-dessus, sur l'île de Ré ! (Lundi 13 mai en pleine nuit, photo d'un passionné !)

Tempête solaire en ce moment sur la France, depuis le 10 mai... Vendredi, samedi, dimanche...

Un phénomène très rare, des aurores boréales ont été observées un peu partout en France les nuits... Des éruptions solaires appelées éjections de masse coronale, qui peuvent mettre plusieurs jours à atteindre la Terre, sont à l’origine de l’événement actuel, créant des aurores boréales lorsqu’elles entrent en contact avec le champ magnétique de la Terre. Certains français ont pleuré, n'ayant jamais vu de leur vie de telles peintures.

Les étoiles scintillent comme jamais, filantes, le ciel est électrique !
Les clichés sont divers et magiques de tous les coins de la France !


Paysage Par kiwaïda at 00:16

10/05/2024

Ѧятḯ﹩тε

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Avec Opale en 2020, été 2023 avec une robe de William Morris, Hiver 2024 avec les boules lunes et éclipses
Photographies et graphisme © Sonia Marques

Allez hop ! Vive les artistes !

Il est là le soleil !


Art Par kiwaïda at 13:51

09/05/2024

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Il fait beau, essayons d'être heureux ! Olof est en forme !

Musique Par kiwaïda at 11:35

08/05/2024

ℙ∀℘@ℓ℮

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Photomontage © Sonia Marques

Montre-moi, montre-moi... Ton Amour...
Emmène-moi, emmène-moi... Loin de tout...

(Album musical Pépino - 2011)

Animal Par kiwaïda at 02:02

05/05/2024

℃ℒϴШИϟ

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Images du film "Les Clowns" (I clowns) un faux documentaire italo-franco-allemand tourné en 1970 par Federico Fellini et sorti en 1971.
Un petit bijou de joie et de créativité, le film de Fellini et ses clowns, une enquête à la recherche des clowns disparus, certains dans des hospices, ou oubliés vivant dans les banlieues. Une enquête qui est celle de la recherche de l'art, ou de l'art de s'amuser ? Cette disparition, qui dure jusqu'à nos jours, est un brin de folie douce, dans un monde qui ne rit plus, dont la joie doit se cacher, et les artistes s'effacer. Tant de créativité et d’ingéniosité à peu de frais, avec une si petite équipe... Les clowns sont tristes de ne plus jouer. Un regard sur les villes et ses habitants, l'après guerre, les plaisanteries, les trognes. Une belle scène d'un enfant qui tente la nuit, à sa fenêtre, de voir le chapiteau monter, debout sur une chaise, jusqu'à ce qu'il entre par la grande porte découvrir ces clowns aux marteaux si gros et aux clous qui changent de taille. Des ânes noirs rebelles, un notaire ivrogne, une femme la plus forte que tout le monde veut voir et se battre avec, un défilé de clowns blancs, des papillons clowns dans un asile, et dans les rues, on rejoue la guerre en la grimant, tous les fous sont en liberté. Les vieux clowns improvisent leurs anciens numéros avec quelques photos des jours de fête. Aujourd'hui, les jeunes gens aux caisses du cinéma, ne savent pas qui est Fellini... Ils pensent même que ce film n'existe pas, n'a donc jamais existé, il faudrait être fou pour imaginer voir un tel film dans leur cinéma. Dans la salle, quelques clowns qui savent, et, qui rient encore.


Art Par kiwaïda at 22:58

01/05/2024

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Photographies © Sonia Marques

Journal d'une pie (extrait)

Mousse ma vie
Vert sous mes pattes
Les merles chuchotent
Leurs chants crépusculaires
Entends-tu douce mère toutes ces notes à demi-mot ?
Endormie nature généreuse au fond des jardins
L'enchanteur rossignol et le curieux rouge-gorge
Au sol de l'arbre de Judée avec ses fleurs violettes
Rampantes le long de son tronc
Regarde l'homme des bois et son acide odeur
Son teint parfait de cire
Marcher lentement sans te voir
Les homélies des crapauds auprès des nénuphars impassibles
Voici la pluie ma douche minérale
Sur mon front noir et sur mon bec luisant moustachu
Les fleurs se dressent et toutes ces tiges érectiles
Sorties du miroir des eaux

Mouille ma vie
Rose sous mes pattes
Le geai des chênes alerte la forêt
Sentinelle solitaire
Son cri exotique et mystérieux
Prudence le guetteur nous protège
Tout ce monde charmant discrètement s'éteint
Pour laisser tomber le rideau nocturne
Parsemer d'étoiles sacrées le mont de Vénus
Faibles ils sont tous
Vaguement glorieux naguère
Ruinés et penchés les murs décrépis
Les petits pavots fragiles aux ailes vaporeuses
Toutes ces pétales multicolores perlées de gouttes
Écoutes chat bleu d'où tu viens
Aux yeux péridot des rêves de jade
Tout ce qui est doux vient des naufrages
Boudu sauvé des eaux
Framboises et cerises retrouvées
Tout ce qui mauve, pêche et coquille d’œuf
Parfume nos souvenirs de velours incarnats

Caresse mes plumes blanches
Plus de batterie
Entrons dans la pénurie
Sans faire de bruit
Demain le citron jaune pointera son nez
Dans l'azur silence
Et des nuages gris
Plus haut que tout ce qui existe
Le jour se lève et tout recommence
Rien ne ressemble à la veille
Et pourtant à la source
Tout est pareil

Autant d'intelligence cachée
Laisse fleurir les artifices
Voler le temps d'attention
Persuader les influencés
Réceptacle des Hybris
Tout est appareil

Inconnue et sauvage
Je te donne une raison
D'être




Paysage Par kiwaïda at 13:14

25/04/2024

℃ℯł℮﹩тε ℃α℮їґ◎

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Fotografia esquerda : Museu de Fotografia da Madeira
Fotografia certa : O olhar emocionado de Celeste Caeiro. Aos 90 anos, a mulher que entregou os cravos vermelhos aos militares na Revolução do 25 de Abril esteve presente esta quinta-feira no desfile militar, em Lisboa, e não conseguiu esconder a emoção.


Fotografia de arquivo do dia da Revolução dos Cravos em Abril de 1974 (design gráfico: Sónia Marques)


Celeste dos cravos

Celeste nasceu a 2 de Maio de 1933 na antiga freguesia do Socorro, em Lisboa. De mãe galega, era a mais nova de três irmãos e quase não conheceu o pai, que os abandonou.Tinha família na Amareleja, que nos anos finais do Estado Novo era considerada "a aldeia mais vermelha de Portugal". Em 1974 Celeste Caeiro tinha 40 anos e vivia num quarto que alugara ao Chiado. Trabalhava num restaurante do self-service chamado "Sir" no edifício Franjinhas da Rua Braamcamp em Lisboa.[O restaurante, inaugurado a 25 de Abril de 1973, fazia um ano de abertura nesse dia, e a gerência planeava oferecer flores para dar às senhoras clientes, e um Porto aos cavalheiros. Nesse dia, todavia, como estava a decorrer o golpe de estado, o restaurante não abriu. A gerente disse aos funcionários para voltarem para casa, e deu-lhes os cravos para levarem consigo, já que não poderiam ser distribuídos pelas clientes. Cada um levou um molho de cravos vermelhos e brancos que se encontravam no armazém. Ao regressar a casa, Celeste apanhou o metro para o Rossio e dirigiu-se ao Chiado, onde se deparou imediatamente com os tanques dos revolucionários. Aproximando-se de um dos tanques, perguntou o que se passava, ao que um soldado lhe respondeu "Nós vamos para o Carmo para deter o Marcelo Caetano. Isto é uma revolução!". O soldado pediu-lhe, ainda, um cigarro, mas Celeste não tinha nenhum. Celeste queria comprar-lhes qualquer coisa para comer, mas as lojas estavam todas fechadas. Assim, deu-lhes as únicas coisas que tinha para lhes dar: os molhos de cravos, dizendo "Se quiser tome, um cravo oferece-se a qualquer pessoa". O soldado aceitou e pôs a flor no cano da espingarda. Celeste foi dando cravos aos soldados que ia encontrando, desde o Chiado até ao pé da Igreja dos Mártires. Depois de seu gesto, Celeste foi chamada Celeste dos cravos.A 25 de agosto de 1988 perdeu todos os seus pertences quando o apartamento que alugou no edifício dos Armazéns do Chiado foi destruído por um grande incêndio na zona.No ano 1999, a poeta Rosa Guerreiro Dias dedicou-lhe o poema Celeste em Flor.Mora com uma pensão de 370 euros numa pequena casa a poucos metros da Avenida da Liberdade.



Quel prénom, Céleste ! Elle aura 91 années très prochainement, début mai. Sa mère était galicienne. On fête les 50 ans de la révolution des œillets au Portugal et dans les îles portugaises (1974-2024)


Esta é a madrugada que eu esperava

O dia inicial inteiro e limpo

Onde emergimos da noite e do silêncio

E livres habitamos a substância do tempo

— Sophia de Mello Breyner Andresen (Poesia)



Poster : Portugal 25 Abril 1974 / Ediçẫo Avante - Cricẫo Sergio Guimares


Pintores de abril de 1974 !
Muito bonitinho ;.)

Paysage Par kiwaïda at 21:59

21/04/2024

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Photographies © Sonia Marques

Journal d'une pie (extrait)

Avril !
Le printemps !
Pouf !
D'un coup !
Il pleuvait, je buvais les flaques d'eau !
Puis le lendemain je prenais des bains de soleil !
Pouf  !
Le lendemain il neigeait !
La nuit il glaçait !
Pouf !
Voici les fleurs offertes !
Les herbes de 50 cm de plus !
Mais qu'est-ce que c'est que ce travail ?
C'est cela le printemps ?
Je suis née par ici !
Sans avoir vu l'hiver partir !
Nostalgique de ces arbres nus !
Que faire de toutes cette végétation folle ?
Moi aussi je me disperse, je tourbillonne !
Papillon, non je ne suis pas !
Vers de terre, non je ne suis pas !
Iris, non !
Camélia, non !
Jacinthes et jonquilles !
Non et non ! ! !

Avril est ce jeune fringant qui déboule dans les champs !
Ou bien ce vieillard pétulant !
Cette gigue avec une fière allure !
Quelle danse bizarre !
Les sortis du greniers !

Je suis née au mois de mai, on verra bien ce que c'est !
Mon printemps, une année des 4 saisons !

Je sens mon enfance se construire !
Un bébé miraculeux !
Sur toutes ces expériences intenses !
Tant de digestions aléatoires !
De picorretes et de trous d'autruche !
Au clair-obscur des eaux de pluie !
Une fenêtre ouverte, une gouttière, un toit, une antenne !
Mes abris et mes amis les êtres humains !
Bonheur d'être oiseau !
Je voudrais des grandes jambes pour courir !
Et des ailes de grands corbeaux pour faire peur !
Je voudrais marcher l'hiver comme un pingouin !
Et sautiller comme une bergeronnette sur la mer !

Je voudrais embrasser la bouche de ces femmes !
Rouge et rose, et voler les lunettes des hommes !
Chaparder dans les sacs des jeunes !
Pincer tout ce qui frétille !
Toutes ces manières délicieuses !
Adieux l'hiver, tu es parti sans me dire au revoir !
Hâte de te voir dans quelques mois !
Je n'ai pas mis mon réveil !
Le printemps n' a pas sonné !
C'est un CDD me dit-elle !
Et de combien de temps ?
Entre 2 et 3 mois !
L'été va licencier le printemps plus vite !

Et bien qu'est-ce que cela tourne les saisons !

Accourrez les feuilles !
Venez remplir les branches !
J'ai besoin de vous !
Je veux être aimée de tous !
Vous n'avez pas le droit de m'oublier !
Je suis la première !
La seule et unique !

Toutes les autres pies sont des copies !

Je serai votre messagère !
Les hirondelles rivalisent de bonheur !
Revenues de partout !
Je serai votre confidente !
Et tous,
Vous serez mes serviteurs !

Mon désir va vers vous !
Je vous offre mes ailes !
Mes espoirs !
Ma flamme !

Je garde mon petit cœur !
Et mes secrets !

La puissance de mes liens d'amitié !

Et l'amour d'un souffle divin !


Art Par kiwaïda at 22:33

ℙґїη⊥℮мρ﹩

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Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 19:48

06/04/2024

﹩◎ʟεḯʟ

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Art Par kiwaïda at 20:33

05/04/2024

Ḡε@ї ⅾεṧ ¢♄êηε﹩

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journal d'une pie (extrait)

J'ai vu un Geai des chênes, il est de ma famille, qu'est-ce qu'il était beau, il est venu devant moi, puis j'ai vu son envol, sa croupe blanche et ses ailes blanches avec du bleu, oui du bleu !



Paysage Par kiwaïda at 03:29

25/03/2024

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RUTU (© Rita Angus) 1951


Betty Curnow (© Rita Angus) 1942


Rita Angus était une peintre néo-zélandaise, fille aînée d’un charpentier devenu patron dans la construction. Dès son plus jeune âge, elle souhaitait se consacrer sa vie à la peinture. Ses parents soutiennent son désir et lui donnent pour tuteur un ancien directeur du Canterbury College School of Art. La jeune fille étudie ensuite la peinture dans cet établissement de Christchurch – alors capitale culturelle de la Nouvelle-Zélande – auprès de Leonard Booth et de Cecil Kelly. Elle suit également des conférences à la Elam School of Fine Art d’Auckland en 1930 et découvre, par des reproductions, l’art de la Renaissance Italienne et celui d’autres maîtres comme le Hollandais Vermeer, dont l’œuvre la marque profondément. A 22 ans, elle se marie sur un coup de tête pour divorcer quatre ans plus tard. De 1934 à 1937, illustratrice pour un journal local de Christchurch Press Junior, elle travaille aussi à se forger une œuvre personnelle dans son propre atelier situé à Cambridge Terrace. Privée définitivement de maternité après une fausse couche, elle sera internée quelques mois dans un hôpital psychiatrique. Par la suite, elle vit en solitaire, se consacrant exclusivement à son art à North ou à South Island. Elle ne quitte la Nouvelle-Zélande qu’une seule fois, entre 1958 et 1959, pour un voyage en Europe organisé par les New Zealand Art Societies. R. Angus produit essentiellement des paysages et des portraits. Si elle réalise un nombre important d’aquarelles dans une veine lyrique, ce sont surtout ses grandes huiles sur toile qui la font connaître. Considérée aujourd’hui comme chef de file de l’art régionaliste néo-zélandais, elle propose une vision originale des paysages de son pays. Cass (1936) constitue une œuvre charnière dans la création de son style. Elle y représente une minuscule gare perdue au sein d’un immense paysage. Le trait est précis, vif, la couleur claire, rayonnante, caractéristiques que l’on retrouvera dans tous ses paysages. Dans les années 1950 – 1960, une inspiration surréaliste tardive se fait sentir dans plusieurs paysages qui jouent sur la déconstruction de l’image ou sur la présence d’objets étranges comme des pierres flottantes (Two Stones, 1966). Ses portraits, tout comme ses nombreux autoportraits, présentent la même clarté, la même insistance sur la structure et la même franchise de couleur. En 1936-1937, alors même qu’elle vient de divorcer et de tomber malade, elle se peint en femme sûre d’elle-même, élégante, moderne, avec gants et cigarette, le regard affûté. À la fin des années 1930 – ses années mondaines –, elle fait de nombreux portraits qui présentent la même touche dans la construction (Fay and Jane Birkinshaw, 1938). Elle peint également quelques œuvres au caractère symbolique, dont trois « portraits » de déesses qui sont la réponse de cette pacifiste résolue à la Seconde Guerre Mondiale. Active pendant près de quarante ans, elle n’a guère atteint la notoriété de son vivant. Elle n’obtient sa première exposition personnelle à la Center Gallery de Wellington, qu’à l’âge de 49 ans, et son art n’est présenté que deux fois à l’étranger, dans des expositions collectives sur l’art néo-zélandais – à Londres en 1956 et à Washington en 1969. La reconnaissance lui vient à titre posthume, avec une grande exposition rétrospective itinérante en 1983-1984, véritable révélation qui marque durablement de nombreux artistes néo-zélandais contemporains. Le centenaire de sa naissance a donné lieu à une nouvelle rétrospective, à Wellington, qui a réuni plus de 400 œuvres. L’œuvre de Rita Angus (1908-1970) est dominée par l’autoportrait. Dans leur caractérisation sans faille, ces portraits reflètent des voyages à la fois techniques et spirituels. Beaucoup sont strictement objectifs mais d’autres, comme cet ouvrage, sont hautement symboliques.








Sa peinture, Rutu de 1951, a été réalisée  peu de temps après que l'artiste se soit remis d'une dépression physique et mentale et constitue probablement son autoportrait le plus imaginatif. La représentation de Rutu fait référence à de nombreuses représentations de la Vierge Marie, mais elle a la peau foncée et les cheveux clairs. Derrière elle, le soleil ressemble presque à un halo. Rutu regarde l'intérieur des terres depuis la mer de Tasmanie et son trône est orné de coquillages et de végétation luxuriante. Cette peinture fusionne les emblèmes chrétiens et pacifiques dans une célébration d’une culture hybride et uniquement néo-zélandaise.

Le portrait de Betty Curnow de 1942 est le résultat de nombreuses séances préparatoires et discussions sur le portrait avec Elizabeth Jamaux Curnow, peintre et graveur. Les deux femmes ont collaboré en sélectionnant les objets et les costumes qui représenteraient le mieux Curnow, sa vie de famille et son histoire. Les objets entourant Curnow sont imprégnés de symbolisme personnel. Elle est proche des siens, assise sur la chaise de sa grand-mère devant le portrait de son père. La présence de son mari, le poète Allen Curnow, transparaît dans ses nombreux livres. Elle tient le pantalon de son fils Wystan qu’elle était en train de raccommoder. Une aquarelle d'Angus, offerte à la famille, est posée sur l'étagère. Il fait référence à l’enfance de Curnow à Canterbury. Tant l’impression de la scène des récoltes de Jan Brueghel que les formes ovoïdes répétitives font allusion à la fertilité. Le charisme de ce portrait en a fait un emblème de la peinture néo-zélandaise.

Au milieu des années 1930, Rita Angus avait la vingtaine et travaillait comme artiste commerciale indépendante, écrivant et illustrant des histoires dans le supplément Press Junior, dans un petit studio de Chancery Lane à Christchurch. Elle faisait partie d'un réseau de femmes indépendantes travaillant dans les arts, dont Olivia Spencer Bower, Louise Henderson, la violoncelliste Valmai Moffett et son amie Jean Stevenson, rédactrice en chef du Press Junior. À cette époque, elle faisait des voyages réguliers pour explorer la campagne néo-zélandaise ; elle rendait fréquemment visite à son amant Harvey Gresham à North Canterbury.

Ses paysages et ses portraits sont très contemporains, les détails semblent quasiment être réalisés parfois depuis une vitre de train, lors de ses déplacements. Graphiques, ses peintures sont aussi le résultat de son attrait pour les mathématiques, la géométrie, tant dans la rupture académique, que dans le découpage des vues et des présences humaines, des poteaux de télégraphes, des lignes déssinées par les télécommunications, le mouvement des herbes et des nuages tourbillonnant. Nous sommes face à des illustrations graphiques splendides, réalisées par une artiste peintre qui est née le siècle dernier.

C'est la première fois que je découvre le travail d'une artiste, grâce au programme de Google qui permet de voir des Musées, ou visiter les œuvres de ceux-ci. Lorsque l'on n'a plus accès aux Musées, c'est une belle digression, s'apercevoir qu'un accès demeure encore là, pour celles et ceux qui aiment la peinture, l'art et tant d'autres choses. Puissions nous croire aux jours meilleurs.


Art Par kiwaïda at 00:17

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