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blog m kiwaïda

11/04/2018

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Tes rêves sont plus doux que les questions posées
Tu ne pourras jamais exprimer ceux-ci
Ils te poseront toujours les mêmes questions
Quelle exposition avez-vous vu dernièrement ?
Le zoo de Vincennes
Quelle exposition d'art ?
Le zoo
Au cordonnier on ne posera pas la question
Avez-vous déjà vu une chaussure ?

Savez-vous qu'il existe des Musées en France où il n'y a que de l'art
40, 50 60 ans je suis un enfant
Je ne suis pas encore née
Ils me regardent comme un bébé
Et je réponds
Areu areu

Ce monde est absurde et il oublie qu'il ne sait rien
Et qu'aucune réponse ne pourra le rassurer
areu
areu


Est-ce vraiment primordial un livret d'étudiant ?
Non, ni même d'étudier

Allons au zoo, nous sommes en cage
Les perruches indiennes à collier nous narguerons
Elles ont tout compris

Pensées à Pépin

Photographies ci-dessus © Sonia Marques

Merci Céline © Photographie ci-dessus


Paysage Par kiwaïda at 20:48

01/04/2018

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Peinture de Shirley Shaffe


Peinture de Miró > “Painting (Head)” (1930)


Peinture de Tom Wesselmann > Bedroom painting N°31 (1973)


Peinture de Francis Picabia > Salicis (1929)


Peinture de Francis Picabia > "Idylle" (1925-1927)


Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 19:33

18/03/2018

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Le petit prince bleu s’est fait discret pour ne pas nous inquiéter. Il a attendu que notre dîner se termine pour s’en aller dans la pénombre, dans la pièce de l'imaginaire, éclairée par les étoiles de la nuit et les lanternes de la rue. Son esprit vole au-dessus de nous, si difficile à réaliser son absence, toute sa joie illuminait mon appartement.
Il était mon petit bonhomme, j’étais sa petite femme, mon amoureux était son ami, il était notre ami. La joie était parmi nous, sur mon épaule était le bout de paradis, le bleu de l’esprit. Si beau si élancé, si gai, si déterminé à aimer, il était tout entier, tout curieux. Il est parti par la petite porte, c’était un artiste, me dit mon amoureux.
Il était encore sur mon épaule à me dire ne t’inquiète pas, je serai toujours là.
Il me disait : « Ça va ? Ça va ? » Toujours il me questionnait ces derniers temps à savoir si cela allait, car cela n’allait pas souvent.
Et je lui demandais : « Ça va Pépino ? »
Il me répondait du tac au tac, oui avec ce cri si positif en plissant les yeux et d’un geste enthousiaste de tout son petit corps, s’élançant vers le haut, même s’il somnolait, il me répondait de ce petit cri, afin de me dire, « je suis là », « je serai toujours là ».
Il me répondait, il était toujours là, il veillait sur moi, sur nous tous. Chaque matin, il ne sera plus là, chaque soir, il ne me demandera plus « faire dodo » afin que je le cape. Il adorait tout nouvel aliment, il savourait et exprimait son plaisir, il savait aussi dire ce qu’il ne voulait pas, et comment ne pas le déranger, il savait nous faire comprendre tant de choses. Huit années sont passées si vite en accompagnant sa vie, lui en accompagnant la mienne, dans cette ville inconnue et pendant mon travail si difficile où mon environnement professionnel fut si toxique. Mais chez moi, avec lui, tout devenait positif, merveilleux, évolutif, interactif, fantaisiste, artistique. Loyal et fidèle, sans aucun jugement, d’une délicatesse rare, ses gestes doux, son plumage soyeux, son intelligence et sa douance me surprenaient, sa grande sensibilité face aux souffrances et surtout son excitation de tout bonheur quotidien, tout rayon de soleil.
Sa voix était si gentille et adorable que son animation disparue a rendu mes jours sans aucun sens et sans force.
Nous avions appris récemment qu’il adorait voyager en notre compagnie en voiture, il aimait nous voir partir loin et nous regarder à l’arrière, rire et chanter. Il aimait Satie, l’écoute se faisait plus attentive lorsque les premières notes de piano s’enchaînaient doucement, comme si quelques questions étaient lancées à l’infini, devant l’horizon, ou comme lorsqu'il regardait goutter un papier qu'il avait préalablement déposé dans sa grande écuelle d'eau : écouter tomber chaque goutte l'une après l'autre, comme un métronome. Il rythmait ma vie et m'offrait des soupirs, des respirations et surtout des points d'orgue.
Il aimait nous voir heureux. Alors c’est devant cet horizon qu’il avait fait ce voyage avec nous, afin qu’il soit soigné. Il avait fait mine d’être en meilleure santé devant le vétérinaire, en nous montrant sa hardiesse, en replaçant ses barbes et ses barbules de son plumage, en appliquant l’huile sur ses plumes qu’il sécrétait par sa glande uropygiale située à la base de la queue. Ainsi il nous montrait qu’il nettoyait bien ses plumes afin qu’elles demeurent imperméables, belles et en bonne santé. Tous ces moments avec lui étaient de bons moments, tout était bon, clair, rien de néfaste et de mauvais, tout était éclatant de simplicité, je me sentais pousser des ailes, il m’apprenait de cette liberté que les humains ne connaissent pas. Il savait des mots de notre langage, des phrases, il les répétait, il nous parlait, il nous écoutait, il savait tout. J’aurai aimé lui montrer la mer et tant de chose encore, qu’il vole en notre compagnie, ou que je vole en sa compagnie, au dessus de tout.
Mon petit prince, mon savant personnage, peu te connaissait ou on eu la chance de te reconnaître. Je fus de ceux-ci et ta voix résonne encore. Quelque chose en moi est parti avec toi, quelque chose d’unique, de singulier, d’infaillible. Je souhaiterai de tout cœur, te croire, tu es toujours là, sur mon épaule, petit esprit rieur, la liberté d’aimer.

Animal Par kiwaïda at 23:05

14/03/2018

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BEAUX ARTS L'ÉCOLE ABRITE LE RACISME : Affiche réalisée par les étudiants de l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (mars 2018)

« Les noirs ne sont pas propres »

« Vous faites reculer la France en faisant trop d’enfants »

« Est-ce que ta femme est propre, comment elle a préparé ça ? »

« Elle ne nous serre pas la main parce qu’on “pue”, elle ne touche pas la anse de la bouilloire après nous, quand on ramène des baguettes pour le petit déjeuner, elle coupe la partie qu’on a touchée. »

« Vous êtes des animaux, vous ne devriez pas être en France. »

« Il ne me reste plus qu’une seule personne dont je dois me débarrasser, c’est la vieille. » 

« Les Sri Lankais c’est des connards, vous êtes sales. Ta bouche pue car tu bois de l’alcool. »

« Les noirs sont tellement feignants, sont tellement connards, sont tellement des bons à rien. »


« Est-ce que tu te sens toi-même ? Tu sens quoi ? Tu sens le noir. Va travailler ! »

«Tout est propre à part la couleur de ta peau »

Cela se passe aujourd'hui dans une école nationale des beaux-arts à Paris

Bon nombre des étudiants, indignés, attendent aussi une réponse ferme de leur école. Le soir du vernissage de l’exposition « Images de mai 68 », en février, ils ont ainsi distribué 3.500 tracts pour alerter. Un collectif s’est monté, qui veut interpeller la ministre de la Culture. (Article du 12 mars 2018)

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Affiches des étudiants de l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (mars 2018)

Cela me rappelle mon histoire :

J'ai été harcelée moralement par la direction de l'école nationale d'art de Limoges et envoyée au tribunal pour avoir rendu un ordinateur portable dans "une saleté remarquable", avec des "déchets", de la "terre", selon la directrice, ce qui justifiait que je ne "prenais pas soin des équipements de l'école"... Des étudiantes de l'école d'origine étrangère n'obtenaient pas leurs crédits comme les autres étudiants, car elles présentaient leurs installations sur le sol "sale" de l'école. Hors, le sol est le même pour tous, dans cette école, ce que j'ai toujours défendu. La symbolique du sol est celle de notre démocratie. Elle se trouve salie selon certain.es et il faut désigner des coupables : les pauvres. Ce qui est une richesse pour notre pays, des étudiants d'horizon divers et cultivés, comme des professeurs, des employés, se transforme en souillure pour les racistes (et à tous niveau de poste) . Silence du ministère : la directrice serait une débutante, il faut la laisser continuer insulter qui elle veut. Les sociétés de nettoyages sont insultées, renvoyées, sous pression, rien n'est jamais trop propre pour valoriser une architecture (l'école) que même Catherine Millet est venue saluer lors d'une conférence publique, une référence que l'on ne nomme plus, rejointe dans ses propos récents en début d'année par des politiciens des extrêmes droite de notre pays. Ces écoles forment à l'exclusion par ces modèles institués, et hissent le déchet social comme norme, pendant qu'elles font nettoyer par d'autres toutes traces de leurs sévices. Honte !
Je soutiens ces employés dévalorisés dans leurs fonctions, à l'école nationale supérieure des beaux-arts de Paris (où j'ai étudié également), moi professeure artiste ayant subis des discriminations, humiliations, racisme et sexisme dans une autre école nationale du même réseau, dans ma ville, sur les mêmes thématiques de la saleté. J'ai réalisé des cours artistiques et philosophiques afin d'enseigner sur ces problèmes de racisme dans les écoles d'art, j'ai été exclue, mise à l'écart et actuellement l'école a mis mon poste en vacances. Silence du ministère, des collègues, "tout le monde savait", "tout le monde se tait"
Ces méthodes racistes sont légions et il est bien plus à la mode de faire des affiches pour les droits des femmes dans une école supérieure d'art le 8 mars afin d’effacer que ces droits sont bafoués dans l'enceinte de l'école, tout comme réaliser, dans une autre, une exposition sur mai 68 dans le même temps où ces pratiques quotidiennes du racisme qui semblent d'un autre temps sont impunies. Des expositions contreproductives et aveugles, dans la bienséante ambiance nostalgique du communisme quand des professeurs s'inventent révolutionnaires en lisant l’insurrection qui vient et en embrigadant les jeunes filles en fleurs, sélectionnées pour leur aptitudes à faire la cuisine et la bonne communication pour graisser les tuyaux, une école où souffle un vent de liberté... et de poésie proprette mais surtout pas sale ! Et comble de la bonne décoration : obligation d'utiliser l'écriture inclusive, au cas où "les autres" pourraient s'apercevoir que l'exclusion sert à l'affichage d'une sélection réussie, entre-soi.

Ce qui est visible demeure "invisible" pour certains, certaines. Honte !

Il est bien plus à la mode de réaliser des pétitions pour des personnalités artistiques de renommées internationales licenciées, signées par un name dropping de noms de personnalités, afin de se montrer "sur le marché" du capitalisme, que de soutenir des employés aux basses tâches. Je suis professeure et j'ai été associée à ces employés de ménage bien souvent dans les écoles d'art. J'ai dédiée une œuvre d'art (Cendrillon) à une employée à l'école de Limoges, la seule qui me disait bonjour le matin, la femme de ménage. Nous travaillions dans les cendres, avec des couleurs et les nuances brunes pour la peau et le biscuit en céramique, afin de révéler les véritables icônes à l’œuvre.

Et puis le salaire, va avec la saleté, il faut le saisir et le supprimer pour les sales pauvres (ce qui m'est arrivé) Étonnant non, je n'ai jamais eu le droit aux tickets restaurants contrairement aux autres employés administratifs, cela me faisait penser aux femmes de ménage de l'Assemblée, dont Ruffin a communiqué leurs conditions de travail le 8 mars dernier. Cette communication m'a mise mal à l'aise, car (pas encartée "France insoumise", ni d'un autre partis politique) cet exemple est un peu "facile", et nombre d'intellectuels que je connais ont relayé cette vidéo, du haut de leurs principes de familles socialistes (et non de leur éthique), et pour vite passer à autre chose, c'est-à-dire, se taire lors d'injustices sociales véritables entre collègues de la même profession. Cet exemple rentre bien dans la case. Chacun son groupe, pas de mélange de genre. Non ce qui est plus difficile à dénoncer, ce sont ces situations de services, dans lesquels, aujourd'hui, les exclusions et discriminations ne se font pas seulement avec les employés de ménage, mais aussi, avec les professeur.es, avec toute personne qui ferait un peu trop d'effort pour être intégré et qui, malgré les injustices, aurait réussi à s'intégrer, si bien, que cela est devenu, pour de petits chefs, des cheftaines, des directions, insoutenable, pour toutes ces personnes qui n'ont aucune qualité pour diriger les autres et leurs donner des directives, des directions. Non, ce n'est pas la bonne direction que notre pays doit prendre, mais c'est celle-ci que des directions s'arrogent le droit de prendre par force, par abus de pouvoir et sans aucune sanction, avec la complicité des exécutifs. C'est moche. Il n'y a plus d'art, mais je ne vois que des politiques de l'extrême se fondre dans les écoles. Cela m'a inquiété, beaucoup, des nuits d'insomnies. Aujourd'hui, je ne suis plus étonnée, car il n'y a plus de justice. Il y a la moitié de la France qui votait extrême droite, tous éparpillés, et dans nos écoles à des postes divers. Employés, directions, professeurs, théoriciens, artistes, oui, la pensée raciste s'est immiscée partout, dans une conversation, un mail, untel n'est pas de "chez nous", "ils viennent d'ailleurs", "ils sont toujours ensemble car ils ont les mêmes origines, ils s'isolent, ils complotent, il faut les exclure", "untel n'est pas artiste, cet écrivain est mauvais, ses références sont mauvaises, elles sont étrangères", "on se comprend", "ils ne sont pas compréhensibles", "il faut supprimer leurs références de leur mémoire, diplôme", "il y a des vols de livres, c'est eux", "le sol est sale, ils doivent le nettoyer pour tous", "on leur enlève la caution", "on ne leurs donne pas leur bourse", "il ne faut pas aller dans cette ville étrangère, elle pue", "il ne doit pas mettre de tongs à l'école", "il doit changer de tenue pour sa soutenance", "note-le, moi je ne perds pas de temps à corriger les étrangers", "ils vous donnent des cadeaux, ils sont tellement soumis", "son travail artistique vient des îles, des prostituées", "c'est comme ça chez eux, il ne sont pas cultivés", "elle vient d'un milieu pauvre, elle n'a aucune ressource, une année de plus, elle mérite un redoublement", "regardez comme ce dessin est sale", "comme elle écrit mal, venez voir", "ils n'ont pas d'expositions majeures dans leurs pays", "ils viennent étudier ici pour nous piquer nos références et puis s'en aller dans leurs pays avec", "ils ont appris à dessiner sous la dictature, ils n'ont aucune sensibilité", "ils ne sont pas aussi libres que chez nous", "ils ne s'expriment pas, on ne comprend rien", "il est insoumis, il a répondu, il a critiqué, il mérite le redoublement", "elle est prostrée quand je vais la voir, elle doit avoir un problème psychiatrique, il faut la renvoyer dans son pays", "c'est une menace pour nous, on a prévenu l'ambulance", "il est parano et croit que nous sommes racistes parce qu'il est noir", "il est agressif, il veut plus nous voir, cela tombe bien", etc. etc. Toutes ces phrases quotidiennes finissent par vous sculpter un cerveau qui acquiesce à tout, c'est un lavage. Nombre de collègues commencent à être d'accord, c'est facile, ce sont les autres désignés, puis après ils s'y mettent chacun à leur tour, et les administratifs aiment à faire un peu de zèle. La délation, les procès, les rumeurs, les accusations, les fautes, les avertissements, les menaces, puis les exclusions, la fin de la carrière, et parfois de la vie. Au fur et à mesure s'installe sur plusieurs années une vraie collaboration à la pensée raciste qui a trouvé un terreau fertile dans notre pays, dans ces terres où plus rien ne se passe, et les idées ont disparues. Les belles idées, les inventions, la sensibilité, la solidarité...

Les intégrations réussies et irréprochables sont, pour certains, certaines et tant de racistes qui s'ignorent, impensables, elles ne doivent plus exister et doivent être rendues invisibles, il faut les masquer, les dénier, les dévaloriser, les raturer, les supprimer, par tous les moyens. Cela se nomme le tri collectif et individuel, d'où l'importance des déchets et de la qualification de ce qui est une saleté remarquable. Il faut inventer des motifs pour rendre incompétents les compétents, il faut leur supprimer leurs outils de travail, leur lieu, leurs liens professionnels, leurs attachements affectifs, leurs lieux de vie, leurs résidences. Il faut les désunir, surtout quand ils unissent trop facilement, il faut saboter, saboter lâchement, par derrière, toujours à l'insu et par surprise. Il faut terroriser. Le mot est lâcher : le modèle terrorisant. Il faut les désigner "fous", les enfermer, les envoyer chez les psychiatres, ceux de chez nous, sous nos valeurs. Quand la pensée a totalement disparu des écoles au niveau supérieur, il faut se rassurer quotidiennement, et entre-soi, des critères de sélections et d'exclusions, par rumeurs, humiliations, harcèlements. Afin que le tri s'opère de façon tacite collective, sans laisser aucune trace visible. Il faut punir celles et ceux qui alertent encore et les mettre en prison, ou soustraire les esprits critiques, supprimer les analyses et les bonnes actions. Ne pas révéler tout ce qui serait sain, salvateur, les soignés, soignants, soigneux. Comment poursuivre son œuvre, son travail, son engagement dans de telles situations malsaines ? Comment continuer à étudier, se concentrer ? Trop de temps passé à éviter les mines, les bombes, les insultes, enlève du temps au sel de la vie, comme le décrivait Françoise Héritier.
- Sommes nous dans l'obligation de militariser nos vies ?
- Oui
, avait répondu le gouvernement antérieur, nous sommes en guerre.

Non, réponds-je, artiste et pacifiste.

Pour info, mes articles sur la saleté :



À méditer :

« Vous êtes des animaux,
vous ne devriez pas être en France. »


Enseignement Par kiwaïda at 00:36

12/03/2018

∀ṧρℌ⑂✄їε

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En observant toutes ces directions d'écoles d'art, ces expositions artistiques en France,
tous ces projets débiles, et sur le numérique, ces @, et ces @,
et l'état d'urgence attentat qui empêche toute circulation et nomadisme :
désir profond de partir de ce pays, étouffement, entre-soi, manque de circulation,
d'air de bonheur !

Je suffoque !



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La robe à baleines...
« Je m’appelle baleine. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n’ayant plus d’argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l’envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l’eau. C’est ma façon à moi de chasser le cafard et de me purger le sang. Quand je me sens des plis amers autour de la bouche, quand mon âme est un bruineux et dégoulinant novembre, quand je me surprends arrêté devant une boutique de pompes funèbres ou suivant chaque enterrement que je rencontre, et surtout lorsque mon cafard prend tellement le dessus que je dois me tenir à quatre pour ne pas, délibérément, descendre dans la rue pour y envoyer dinguer les chapeaux des gens, je comprends alors qu’il est grand temps de prendre le large. Ça remplace pour moi le suicide. »
En hommage à Herman Melville, Moby Dick (1851)



Paysage Par kiwaïda at 21:31

09/03/2018

ṧ@мḯα нαʟαß⑂

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Samia Halaby


Art Par kiwaïda at 21:30

łε﹩ ¢ї♥ḯłḯṧ@☂☤øηṧ

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Aujourd'hui j'ai reçu une invitation de la ministre de la culture à aller à une soirée Vj en l'honneur des enseignements de Nathalie Magnan. La première phrase est celle-ci :
...travaux et recherches de nombreux artistes, chercheur.es, (h)acktivistes et étudiantes qui continuent à labourer les territoires qu'elle explorait.
Et bien la ministre de la culture ne doit pas être au courant que son équipe à mis fin à la carrière d'une enseignante (qui labourait ?), successivement à sa disparition, parce qu'elle était trop pauvre et trop sale, ou trop migrante. Et que nombre de faux procès en un temps rapide furent intentés sur ma personne par une femme médaillée de la légion d'honneur ! Peut-être qu'une terroriste aurait eu le même traitement ? Est-ce qu'il y en a d'autres, en a eu, est-ce que cela va continuer ainsi ? C'est l'effet du respect des droits des femmes ou bien pour l'égalité des salaires entre hommes et femmes, ou bien pour les mesures contre le harcèlement moral, sexuel, contre les discriminations, politiquement correct sur l'écran, mais en réalité ? C'est moche.

Le 8 mars est moche en fait, il sonne faux, il faudrait le boycotter. Le 9 mars, cela va déjà un peu mieux, on respire.

Nathalie m'entends-tu ? Est-ce lumineux comme tu le souhaitais ce qu'il se passe dans le monde de l'enseignement d'où tu viens ?

Je réfléchis beaucoup en ce moment à la parole que l'on appose aux morts et aux mortes en particulier, car le particulier ici résonne. Une partie du tout. C'est une parole que l'on a jamais donné aux mortes de leur vivant, qui fait autorité. J'ai remarqué aussi cela d'un autre enseignant qui n'était pas encore retraité et dont sa disparition, à peine son esprit quittait notre monde, que des annonces très officielles sont apparues. Vie d'artiste et d'enseignants officieux > Disparition/Apparition d'un nouveau discours officiel. C'est comme effacer l'essentiel. Pourquoi tous ces efforts ? Pourquoi les morts ne pourrait-ils-elles pas vivre leur vie après leur mort comme bon leur semble. Il y a eu tant de morts et de jeunes morts dans mon métier de l'enseignement en art, que l'on oublie de les compter ensemble. Pourtant, ils et elles faisaient tous partie du même corps, de métier, de ces fonctionnaires, liés au ministère de la culture.

Comme ces morts, j'ai quitté mon enseignement, sans l'avoir décidé, ni prémédité,  parce que l'on ne me voyait pas assez, je n'étais pas assez en représentations officielles, j’œuvrais trop discrètement, je n'avais pas d'amis avocat, ou bien d'autres criaient plus fort, pas spécialement mieux mais plus fort. Leurs cris étaient relayés. On préfère le brouhaha au discernement, on préfère le divertissement à l'apprentissage de la concentration. Agitez-vous, montrez que vous êtes important.
Parce qu'en fait personne ne l'est.

Quitter c'est aussi accepter et espérer que d'autres seront mieux compris, mieux intégrés et c'est tenter de trouver une autre place, aussi précaire ou moins ou meilleure. Cela ne peut être que cela : meilleure. Car d'où je serai, je communiquerai avec tous ces morts qui m'ont appris à ne pas accepter ces représentations officielles toutes ces annonces qui valideraient que soit prolongée la parole des morts. Non, les morts ne prolongent rien dans le monde des vivants, ils s'en vont, ils nous quittent, et nous les quittons.

Quitter son enseignement, c'est savoir qu'il ne sera pas prolongé. Et de son vivant, qu'il sera enterré vivant, officiellement.

Quand la terre ne peut plus être labourée et qu'on ne reçoit plus le sel de la vie, on ne laboure plus. On passe pour des morts, mais on est encore vivant. On fabrique le sel de notre vie, on invente son paradis ailleurs loin de l'enfer que l'on a semé à votre place.


Philosophie Par kiwaïda at 19:38

07/03/2018

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Image de l'île Supershe…

Have you ever wanted to run away to a deserted island, breathe fresh air, swim naked in the sea, and sleep under the stars ?

Commençons par le début et non par la publicité. Kristina Roth est une cheffe d’entreprise américaine, PDG de Matisia Consultants, une société classée parmi les dix plus rentables du monde en 2015 par Forbes. Elle a acheté une île finlandaise dans l'idée commerciale d'en faire un hôtel réservé aux femmes. Dans la publicité, l'idée se transforme en l'imagination d'une île refuge pour les femmes sans aucune présence d'hommes, afin qu'elles puissent "se concentrer sur elles-mêmes, sans personne pour réveiller leurs hormones. Il s’agirait de favoriser le rassemblement de femmes afin d’entretenir leurs rêves et préserver les désirs de chacune." Kristina Roth explique son concept depuis son observation sur les femmes qui passent leurs vacances avec des hommes et ne se reposent pas véritablement ne ne peuvent se détendre. Son récit se lit sur tous les magazines pour lancer son projet qui serait né de son observation si fine qu'elle se résume à ceci :
- Lorsqu'une femme voit un bel homme, elle ne pense qu'à se mettre du rouge à lèvre, (cqfd) quand les hommes se mêlent aux femmes, la séduction est omniprésente.

Si cette conceptualisation arrive en ce moment, c'est qu'elle peut servir un marché juteux, sous couvert du "ne laissez pas vos hormones prendre le contrôle". Un petit côté "castratrice" à peine déguisé. Ainsi, cette île, reviendrait à ne plus se maquiller (mais se maquiller quand même, on le verra plus tard) Le nom de cette île finlandaise : SuperShe. C'est aussi, pour cette fondatrice, de créer un réseau afin de recenser à travers le monde les femmes qui seraient intéressées par le projet. Ce havre de paix qui exclut les hommes sera ouvert à la réservation dès juin 2018 ! 

“Women need to spend time with other women. Being on vacation with men can cause women to become sidetracked, whether it’s to put on a swipe of lipstick or grab for a cover-up. We want SuperShe Island to be rejuvenating and a safe space where women can reinvent themselves and their desires. A place where you can recalibrate without distractions”

Cela marche déjà, car ce projet a provoqué des critiques criant à la discrimination envers la gente masculine, on y voit ainsi une "interdiction" faite aux hommes. Dans notre monde occidental avec les campagnes des #metoo et #balancetonporc, on peut dire que ce projet arrive à point et va donc bien fonctionner (pour qui, c'est autre chose) Les critiques portaient aussi sur l'éventualité que ce projet serait porté par une lesbienne qui a eu une lubie afin de rassembler des femmes, lesbiennes qui s'ignorent ou se revendiquent ou fantasment l'homosexualité. Kristina Roth a donc dû soutenir qu'elle aimait les hommes, en bonne hétérosexuelle. Donc le marché tient toujours ses promesses. Quel est ce marché ? Si l'on part du constat que 85 % des femmes dépensent tout l'argent des ménages et que le capitalisme développe beaucoup de projets pour s'adapter aux besoins (en inventant de nouveaux besoins en réalité) et aux modes nouvelles, il en est une mode nouvelle : le féminisme. Et ce féminisme, dans notre monde capitalisme tiendrait toutes les nouvelles promesses d'un monde meilleur pour toutes les personnes aux pouvoir d'achat assez conséquent.

En découvrant ce projet, je me suis dit que c'était assez ingénieux. Spécialiste des îles, j'ai trouvé cette nouvelle prison attractive, mais je n'avais pas vu les images (ni entendu la musique de fond du site) et j'ai commencé à m'imaginer, sans penser une seconde que je n'avais ni le fric, ni ne serait jamais sélectionnée pour passer mes vacances dans cette île privatisée, me balader sans regards masculins. Comme exactement on peut le faire dans nos contrées, où il y a peu de vacanciers et de touristes à vrai dire, dans tout ce qui n'est pas montré ou exposé aux publicités.

Mais très vite, j'ai aussi pensé à être confrontée aux regards féminins, de toutes ces femmes inintéressantes avec leur maquillage "naturel" et leur sac Gucci, tel que la publicité de cette île le montre, des mannequins partout (donc profilées pour plaire aux hommes) très sveltes et toutes un peu semblables, blondes aux dents blanches (quoique là oui je pourrai y figurer, mais sans l'aide de Gucci). Et là j'ai commencé à me dire que cela deviendrait l'horreur, un peu comme une île au bagne (comme celle dont j'ai écrit un article, l'île du Salut des prisonniers) Surtout si je croise une femme, une directrice par exemple, qui aurait harcelé d'autres femmes jusqu'à leurs faire perdre leur emploi, jusqu'à arrêter leurs carrières, usant d'un droit inventé, celui d'être plus riche (et plus bête mais ça le capitalisme ne le dit jamais) et parce que ces autres femmes lui feraient de l'ombre. Après il faut assumer la pleine visibilité de ses actes odieux, sous le soleil Satan lubrique... Voilà, la sélection entre riches me faisait penser plutôt qu'à cette idée d'interdire aux hommes l'accès à ces vacances de rêve pour les femmes, l'interdiction aux pauvres d'y participer.

Un accès réservé aux riches femmes. Et là je me suis dit que non, je n'ai pas du tout envie de passer des vacances avec des femmes matrones, dans ce matronat professionnel. Surtout lorsque j'ai lu que Kristina Roth autorisera peut-être des hommes à venir dans cette île. On y est ! Mon œuvre d'anticipation, bien nommée, "La reine" (et son texte de fiction "L'orphelinat") fera de nouveau office de représentation contemporaine de ce monde en changement.

J'avais un sourire tout de même en voyant cette publicité qui favoriserait l'épanouissement des femmes sans les hommes (donc exit le harcèlement de rue, enfin, de plage ! Une idée de génie pour notre gouvernement qui va tenter de trouver plein de trucs à dire pour le 8 mars, c'est-à-dire demain !) donc sans être importunées tous les mètres, afin de se promener tranquillement, sans mecs qui crient : "Jte suce, jte suce" comme j'en rencontre chaque semaine pendant mes vacances…) J'avais un sourire car j'imaginais que si j'étais sur cette île finlandaise, SuperShe, je ne croiserais pas nos françaises si attachées à être importunées par des obsédés sexuels (et non des hommes), ni Catherine Millet (qui représente un petit milieu artistique ringard), ni Catherine Deneuve (qui représente un petit milieu cinématographique ringard) et c'est vrai que cela présageait déjà de bonnes vacances ;.) Et cela me faisait bien sourire de penser que ces Catherines, symboles de notre pays au rut valorisé, n'auraient plus rien à faire là-bas, ne sauraient même comment se comporter si elles n'étaient plus confrontées au risque d'être violées, d'être frottées, ou même juste regardées par des hommes de tous bords (et les migrants bien-sûr) et ne plus se sentir en compétition avec leurs homologues femmes afin de retenir l'attention de l'un d'entre eux, un homme dévoué à la cause des femmes… Pauvres Catherinettes… À moins que ce ne soit en fait, une vraies île de Catherinettes !!! Elles continueraient ainsi de fantasmer l'arrivée d'un homme qui émet des jets d'urine et dépose ses petites crottes noires partout et se frotte le menton sur tout ce qu'il trouve pour marquer son territoire (je m'égare, c'est le comportement de mon petit lapin dont la libido s'est déclarée, qui me faisait penser à quelques hommes… et dont la castration fut obligatoire au risque du harcèlement sur ma petite lapine… Sacré 8 mars de castrations !!!) Oui cela deviendrait assez dingue toutes ces femmes frustrées, ensemble, hétérosexuelles, qui, en secret, rêveraient d'être enlevées par le premier venu. Cela me rappelle quelque chose… La cellule familiale et comment a-t-on imaginé le prince charmant venant enlever la jeune fille à ses parents (avec quelques billets pour montrer "qu'il en a", afin de perpétuer le modèle patriarcal, jeune fille chez papa, jeune femme chez mari, mère et déjà placardisée) En jouant avec les stéréotypes on fini par trouver des scénarios d'îles de femmes… Une île des hommes interdite aux femmes… Non, cela existe déjà, évidemment les hommes ont pensé à tout même les sociétés offshore, et les sociétés secrètes maçonniques interdites aux femmes.

Et puis, je pensais qu'en fait, notre société m'a toujours séparée de mes conjoints, afin que je puisse travailler ou même passer des vacances. Et la seule île dans laquelle je souhaiterai passer des vacances, ce serait avec mon amoureux. Oh c'est beauuuuu <3

SuperShe est une conception des intérêts regroupés. Combien n'avons-nous pas été témoins de ces intérêts groupés ensemble qui excluent l'amour, au sens celui altruiste, du don. Des intérêts secrets ou obscurs font que l'on peut se trouver exclu.e (vive l'écriture inclusive !) lorsque nous n'avons pas d'intérêt commun, de placement héréditaire par exemple. La lutte des successions que l'on observe actuellement dans notre pays de stars défuntes après les avoir consacrées au plus haut niveau de l'État, en leur offrant les Champs Élysées comme enterrement national est toujours cette lutte pour l'argent, avoir plus, délaissant l'amour à un parfum d'antan naïf. C'est "notre" modèle social, c'est celui favorisé par notre gouvernement actuel, avec un vernis sincère "Que je t'aime, que je t'aime", scandé pour le public, nous les populaires devenus (oui nous avons été rebaptisés "populaires", tous ceux qui ne connaissaient pas les sociétés Offshore) Nos traditions c'est un peu notre devoir conjugal. Non, tu ne choisis pas qui tu aimes, tu te fait violer par nos traditions, c'est le devoir conjugué à notre façon. Il ne faut pas s'étonner que les plus pauvres n'obtiennent aucune réponse à leurs questions, lorsque les plus riches les remplacent par leurs amis. Car ces derniers sont médaillés par notre gouvernement et ces médailles, faute d'être dans l'idée d'un mérite particulier, ces médailles décernées par le pouvoir, sont celles des lègues familiaux. Seules les familles bien nées sont autorisées à officier dans nos sociétés et légiférer. Et puis les rejetons idiots, il faut bien les placer, quand même, quelque part, dans des directions, dont on ne parlera jamais sinon la réputation familiale... finito.

Nous pouvons penser que les discours féministes avancés par notre gouvernement et toutes ces mesures dont les applications n'ont jamais vues le jour et ne le verront jamais (tant d'années et de changements de gouvernement et chaises musicales nous garantissent un gavage médiatique des meilleurs), sont de nouvelles chapes de plomb pour éviter que des individus qui ne figurent pas sur les listes familiales des lègues ne puissent jamais parler, vivre, écrire, s'épanouir, témoigner de leur vivant. Lorsque j'ai vu cette idée du rubans blanc apparaître partout dans les médias pour être apposé comme décoration sur les robes des femmes invitées au Césars (manifestation du cinéma français aux trophées de la sculpture de bronze de César, l'artiste défunt marseillais, l'homme, le vrai, celui qui compresse et expanse…) et sur les costumes de tous ces hommes riches, prêt à épouser en un clin d’œil la cause des femmes, sans même sourciller, comme s'ils épousaient la venue d'un nouveau vin, d'une nouvelle vigne, je me suis dit, c'est comme une lettre à la poste dont on a jamais apposé les noms des destinataires, mais seulement ceux des expéditeurs. Et lorsque l'on observe que cette manifestation n'est ni engagée ni n'a de mots intelligents, c'est comprendre que ces décorations sont des outils de propagande pour déculpabiliser les milieux les plus riches. C'est comment mieux surfer sur la vague des #metoo, sans jamais avoir à prononcer un seul mot véritable sur sa position, son parcours, son engagement. Aux États-Unis, avec leurs Oscars (même manifestation dédiée au cinéma américains) ils ne pouvaient que faire mieux, surtout en nommant Frances McDormand, meilleure actrice, qui a remporté le deuxième Oscar de sa carrière pour sa performance dans le film Three Billboards, (Les Panneaux de la vengeance, très bon film que je recommande) Non, en France on s'endort sur l'actrice qui doit parler de son rubans blanc et s'emmêle les pinceaux tellement l'analyse n'est pas encore faite entre les "vieux", "les viols" et "les violences faites aux femmes" et abrège son discours pour s'enfoncer dans son fauteuil et rester muette. Car oui, en France, il est écrit, "à l’occasion de la 43e cérémonie des César, ce vendredi 2 mars 2018, les 1700 invités portent un ruban blanc pour soutenir les femmes victimes de violences. Une façon simple et silencieuse d’exprimer sa solidarité."  Simple et silencieuse… Tout un programme politique. Mais il faut rester au Paradis et non parler de l'enfer, ce n'est pas très vendeur pour les "vieux", "les viols" , heu, non les violences, merde !

Une actrice française qui en remplace une autre française (aux rôles bienséants de féministes) qui fut tuée sous les coups de son chanteur amoureux français, avec cet autre vernis sincère "Le vent l'emportera... et tout ira bien" (paroles du tueur de femmes que l'on a entendu des années dans tous les supermarchés après son féminicide et le suicide de son ex femme... c'est dire l'analyse des médias en France) Oui, nous on a ça, ici et aucune personne invitée n'a même pensé faire la connexion avec le rubans blanc. Qu'il soit vert, jaune ou rouge n'aurait rien changé, si celui-ci n'avait déjà eu une histoire depuis les années 90 (White Ribbon Campaign), qu'aucune n'a eu le courage de rappeler, mais juste copier la déco. piquée à un autre pays. Ha ! Le Canada ! Beau pays.

Au Canada, suite à la tuerie de l’École Polytechnique de 1989, des hommes fondent, à l’automne 1991, The White Ribbon Campaign, la « Campagne du Ruban Blanc », contre la violence à l’égard des femmes. Institué en 1991 par le Parlement du Canada, en mémoire des 14 jeunes filles assassinées ce jour-là, le 6 décembre devient la « Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes ». C’est une occasion de réfléchir à ce phénomène de société et de penser aux femmes et aux filles qui sont aux prises avec la violence masculine au quotidien. Le 6 décembre est devenu une date significative de la lutte contre les violences faites aux femmes. Chaque année les féministes commémorent dans tout le pays, le massacre antiféministe du 6 décembre 1989 en portant un ruban blanc ce jour-là.

Il faut comprendre que partout dans le monde, le terme de fémicide est entendu et inscrit. Femicide,  en anglais, est un mot-valise constitué des termes « female » (ou « féminin ») et « homicide », sur le même modèle que « parricide » ou « infanticide ». Il a été popularisé par deux féministes, Jill Radford et Diana Russell, qui ont publié en 1992 le livre Femicide, The Politics of Woman Killing (en français : « l’aspect politique du meurtre des femmes »). Fréquemment utilisé en Amérique latine et repris par des instances internationales, comme l’Organisation des Nations unies (ONU) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais en France, le terme de féminicide, est entré dans le dictionnaire que très récemment et encore, il n'est pas accepté dans le langage courant, ni en politique, malgré des faits-divers aux crimes classés féminicides (lire les contradictions du tueur français qui a étranglé sa femme et qui, après l'avoir tuée ou brûlée, a maquillé sa mort auprès de tous ses proches et des médias en inventant le stéréotype le plus répandu en France : qu'elle fut tuée pendant une séance de jogging ; puis, après avoir avoué le meurtre, a fait passer l'idée que la victime c'était lui et que sa femme morte était l'accusée coupable, avec un avocat complice de la propagation du féminicide bien français : les femmes sont coupables, même tuées par les hommes / les hommes se défendent en tuant leurs épouses, car elles ne méritent pas d'exister trop longtemps) Mortes les femmes, les hommes parlent et écrivent à leur place. Ils les remplacent.

Dans plusieurs pays d’Amérique latine, le féminicide est la circonstance aggravante du meurtre, lorsqu’il est commis sur une femme par son mari ou son ancien compagnon. Les pays dont le code pénal mentionne le féminicide sont la Bolivie, l'Argentine, le Chili, le Costa Rica, la Colombie, Salvador, le Guatemala, le Mexique et le Pérou. Les très nombreux meurtres de femmes à Ciudad Juarez, au Mexique, sont qualifiés de féminicides. Dans certains pays d'Asie, en particulier la Chine, l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan, la naissance des filles est combattue pour diverses raisons, conduisant à un déficit de femmes. Les crimes d'honneur sont généralement des féminicides. (Source : Wikipédia)

Donc aux Césars : 1700 invités portent un ruban blanc. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est le nouveau "Nous sommes Charlie" ? On peut ainsi se dédouaner de parler, lutter, crier, avec une décoration ? D'un seul coup on est transformé d'un coup de baguette magique gouvernementale, on devient simple et silencieux, faisant partie de la grande muette. Le féminisme m'apparaît de plus en plus devenir un outil de propagande qui empêche les luttes de classe de continuer leur travail. Ce féminisme "chic" et "bienséant", parfois aux couleurs des lesbiennes, parfois des théoriciennes, car dans la pratique, peu (de femmes et d'hommes) luttent, se saupoudre au gré des annonces de presse, en toute indécence, par groupement d’intérêts. Car s'il y avait réellement des luttes, aujourd'hui, nous n'en serions pas à imposer l'écriture inclusive dans les établissements scolaires où les femmes sont exclues et ne peuvent comprendre cette lubie des riches, ni imposer des expositions d'affiches contre les violences faites aux femmes des années 68 dans des établissements où l'on licencie des femmes ou on les pousse à la démission, avec l'arsenal du harcèlement moral, sexuel, et les discriminations si sourdes et si efficaces, ou "simples et silencieuses", qui ne laissent aucune trace. Bientôt on va faire plancher les femmes sur un Panthéon matriarcal, histoire de les faire un peu stationner dans la salle d'attente, après les avoir confinées dans le seul espace proposé : baptiser des noms féminins de rues afin que l'on ne remarque pas trop que toutes les rues et avenues et faubourg et autres, en France, sont baptisés de noms masculins. Alors elles ont planché, recherché des noms illustres de femmes ayant inventé un truc (ou que les hommes ont reconnu qu'elles ont un peu aidé leur conjoint) et cela prend du temps de cerveau qui ne sera pas utilisé pour des causes plus grandes et à visée de réelles transformations sur le monde.

Ne vous étonnez pas de recevoir, de la part de collègues qui vous ont exclu du monde du travail, et de collègues femmes, lors du 8 mars, des messages bienséants pour la journée des droits de la femme. Ne vous étonnez pas d'observer des hommes debouts et vainqueurs qui affichent des slogans et parlent à la place des femmes, dans des écoles où nombres de jeunes femmes placées à terre, regardent encore le gourou présenter une collection de slogans postsoixantuitarde.

Évidemment, quelque chose est cassé, ne marche pas bien, est fendu, quelque chose comme un grand malaise vous prend lorsque vous êtes témoins de ces publicités, qui deviennent atroces. C'est comme apprendre qu'une société caritative qui soutient les enfants, a, en réalité, abusé de ceux-ci, comme apprendre qu'un prête viol les enfants qui se confessent à lui (les mots parlent), bref, c'est dégudegueulasse (nouveau mot formé par un correcteur orthographique, pas encore hachtagué) C'est savoir que tous les mots poussés hors confession, les mots rendus public, les mots criés et dessinés sont les plus courageux malgré les couvertures des beaux discours et des affiches publicitaires qui écrasent toute incarnation, toute vérité. Personne n'est prêt à entendre la vérité, et encore moins une nation, d'où l'intérrêt des décorations passagères et militaires.

Et lorsque vous observez des collectifs de féministes se montrer fièrement et avoir des tribunes pour écrire les mêmes récitations universitaires des études de genres aux références indigestes et d'un autre temps où le bourrage de crâne des femmes étaient encore prodigué dans les universités pour les vieillir plus vite, et que dans la vie quotidienne vous vous étonnez, de les voir dans le travail, n'avoir aucune attention envers les pires discriminations, les plus sourdes envers les femmes, les plus pauvres, sous leurs yeux, là oui, vous comprenez ce qu'est le féminisme en France. Bientôt une île des "elles" pourra leur correspondre afin d'affirmer leur pouvoir : interdire les hommes et sélectionner leur semblables.

Sic.

Et là je deviendrai Catherinette.

Maintenant passons à la publicité. Sur le site Internet de SuperShe, on peut trouver les préceptes de Kristina Roth en superbe VRP de produits de marques, car, bien entendu, on ne voyage qu'en avion My Dear et les inconvénients de l'air aviatique méritent quelques produits haut de gamme pour rectifier les affres du capitalismes sur notre peau. J'oubliais, en vraie gourou qui se respecte, il y a des règles :

1 Rule #1 Hydrate on the Plane: Coconut Oil & Hauschka
Kristina purchases organic coconut oil from Whole Foods. She recommends the dual use of coconut oil for weight loss and as a full body moisturizer. She uses coconut oil on her skin, hair, face, and body. It’s the only oil that has molecules small enough to quickly absorb deep into the body. Drink water! Doctor Hauschka Hydration is her favorite organic line of spf cream, amazing value for the price and hydrating. Air in the plane is horrible. Hard on your skin. 
2 Big Plans Means Big Bags 
Kristina travels with an oversized black leather Gucci Signature bag. This is one of Gucci’s biggest baddest handbags. Kristina swears by it, being one of the most durable bags she’s owned. She’s carried it around the world from Paris to Tokyo and it fits everything she needs. 
3 Sexy Comfort Black Woolford Leggings + Onzie Pants
Leggings are a traveler’s best friend, but Woolford leggings in particular are sexy, high quality, and they offer multiple thicknesses for both summer and winter travel. Onzie pants – keep it simple and keep it fashionable. Kristina swears these are the most comfortable, basic, and chic black pants.
4 Entertain Yourself with Bang + Olufsen Headphones and Audio Books

Noise-cancelling headphones that drown out the crying baby on the airplane, these are beautifully designed and high quality headphones. Listen in style.
5 Apple iPhone & iPad

We all have our own brand loyalty, Kristina’s is Apple everything. Her Apple iPad is essential on long flights to not only run SuperShe from the air but also catch up on her reading via audiobooks or Kindle.

6 Walk the Walk in Rag & Bone Boots

You can find Kristina running from one airport terminal to the other in quality-made, comfortable Rag and Bone Boots. Designed as a classic ankle boot, these boots are well-crafted and although a higher price point than other similarly designed boots, these are worth every penny. 3.5 inch heel, deep V designed on the upper, if you had to pick a heel to walk miles on cobblestone streets these would be the ones.


Si tu n'as pas ton iPhone, tu n'es rien, si tu ne prends pas l'avion, tu n'apprends rien... etc. Pour une île qui prétend se concentrer sur l'être plutôt que sur l'apparence, celle de plaire aux hommes, je préfère tout de même appliquer la règle 7 :
> Mettre mon rouge à lèvre rouge et rester en pyjama chez moi, loin de la secte She, pas super.
Ou : I prefer not to.

Il faut swimmer naked in the sea, dans cette île (n'emmène pas ton burkini, sauf si tu as du pétrole familial !) et puis tu seras prises en photo, comme dans un zoo, depuis un drone ;.)

J'ai pas fait gaffe, mais c'est le quatre-centième article posté sur ce blog, BMK !
Cela se fête ! I'm a Super She writter ! Sans aucune règle, à poil de bête !


Paysage Par kiwaïda at 12:13

02/03/2018

V̸̲̅I̸̲̅O̸̲̅L̸̲̅E̸̲̅N̸̲̅C̸̲̅E̸̲̅S̸̲̅ ̸̲̅C̸̲̅O̸̲̅N̸̲̅J̸̲̅U̸̲̅G̸̲̅A̸̲̅L̸̲̅E̸̲̅S̸̲̅

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Photographie © Sonia Marques

Dans le monde, une femme sur trois subit des violences physiques et sexuelles par son partenaire. En France, une femme est tuée tous les trois jours par son conjoint.

La zone de non-droit :
En France, une femme sur quatre a subi des violences physiques par un partenaire depuis l'âge de 15 ans. Chaque année, plus de 225.000 femmes sont victimes de violences conjugales, 42.000 femmes de viols conjugaux, et plus de 120 femmes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Les violences conjugales sont d'autant plus fréquentes que les femmes sont jeunes, vulnérables (grossesse, maladie, handicap), discriminées, et qu'elles ont déjà été victimes de maltraitances physiques et sexuelles dans leur enfance (avec seize fois plus de risque). Et les hommes sont d'autant plus souvent violents qu'ils ont subi des violences dans l'enfance ou y ont été exposés (avec quatorze fois plus de risque). Ces violences sont très traumatisantes avec un lourd impact sur la santé et la vie des femmes et de leurs enfants. Elles aggravent les inégalités et sont un facteur de précarité, d'autant plus que les femmes qui en sont victimes restent dans leur grande majorité isolées, à devoir faire face aux violences sans protection, ni secours, ni soins, ni justice.

Le médicament-drogue
La violence de ces hommes est souvent rationalisée, voire excusée par la frustration. Les violences répétées, souvent depuis l'enfance, ont un impact psychotraumatique majeur à long terme sur les victimes et elles sont une véritable entreprise de coercition. Elles sont une arme très efficace pour les soumettre au service de leur conjoint, les transformant en esclave, en "médicament-drogue" servant à calmer leurs tensions. Les violences sidèrent les victimes et déclenchent des mécanismes de sauvegarde mis en place par le cerveau. Ils entraînent une dissociation traumatique avec une anesthésie émotionnelle, ainsi qu'un trouble d'intégration de la mémoire, qui fait revivre les violences et les mises en scène du conjoint violent à l'identique, comme une torture qui n'en finit pas. Tant que la victime reste en contact avec son agresseur, ces mécanismes de "protection" et l'anesthésie qu'ils provoquent restent enclenchés. Les victimes sont ainsi comme déconnectées, privées de leurs émotions, de leur volonté et de tout moyen de défense. Elles semblent "tolérer" des niveaux très élevés de violence. Les faits les plus graves, vécus sans affect ni douleur exprimable, semblent si irréels qu'ils en perdent toute consistance et paraissent n'avoir jamais existé (amnésie dissociative). Elles donnent l'impression qu'elles sont indifférentes, leurs interlocuteurs ne vont rien ressentir, ils n'auront pas peur pour elles, considéreront qu'elles ne sont pas vraiment traumatisées et qu'il n'est pas nécessaire de les protéger.
(Source + vidéo)

Photographie © Sonia Marques
Détecter les violences conjugales à la maternité
Entre 3 et 8% des femmes enceintes sont victimes de violences conjugales. Parce que les femmes enceintes sont vulnérables, c'est souvent pendant la grossesse que les violences s'aggravent ou s'exacerbent. C'est la raison pour laquelle dans les Hauts-de-Seine, le département a décidé de mettre en place un dispositif pour repérer ces femmes, et les aider à se sortir de ce cycle de violences. Un dispositif qui s'est mis en place directement au cœur des maternités.
Les violences sont aussi à l'origine d’assez nombreuses demandes d'IVG. Femmes victimes et hommes violents ont très fréquemment subi des violences dans leur enfance ou ont été témoins de violences conjugales. Les troubles psychotraumatiques qu’ils vont développer, vont être à l’origine d’une mémoire traumatique, de troubles dissociatifs et de stratégies de survie. Si on n’est pas responsable des violences qu’on a subi, ni de leurs conséquences traumatiques, en revanche on a le choix des ses stratégies de survie (conduite d’évitement et conduites dissociantes anesthésiantes). La violence exercée sur autrui en est une, elle fait partie de ce qu’on appelle une conduite dissociante qui permet de s’anesthésier, comme une drogue. Une société inégalitaire où les hommes peuvent facilement choisir de mettre en scène une prétendue supériorité au dépens des femmes, facilite le choix de s’autoriser à être violent, en s’identifiant à l’agresseur de son enfance, pour «traiter» une mémoire traumatique qui, se réactive lors de la grossesse de sa conjointe (La grossesse à l’épreuve des violences conjugales : une urgence humaine et de santé publique / Salmona)

Escalades des tensions
La violence conjugale n'est pas un conflit de couple dont l'issue est incertaine, mais un processus de domination sexiste. Elle s'exerce dans le cadre familial. Les enfants témoins en sont également victimes, mais ils peuvent également subir des maltraitances parfois mortelles [LHT]. Personne n'est à l'abri de ce type de violences. Elle sévit dans toutes les catégories sociales, économiques et culturelles, en milieu urbain ou rural et quel que soit le contexte éducatif ou religieux. Dans leur très grande majorité, les victimes sont des femmes en raison des stéréotypes culturels sexistes. Les hommes victimes sont moins nombreux et subissent essentiellement des violences psychologiques.

La violence conjugale se manifeste très souvent par cycles d'escalade de tension : agressions psychologiques, verbales puis physiques :
La femme tente désespérément de contrôler de la situation en la minimisant, en la niant, voire en s'attribuant la cause de la violence de son partenaire qui ne manque pas de lui reprocher son attitude soi-disant insupportable pour se justifier. Les violences, de plus en plus sévères s'inscrivent dans une escalade qui commence par exemple par une série de paroles de disqualification, des attaques verbales ou non verbales qui se transforment en harcèlement moral [LHT], lequel embrouille la victime, la met sous emprise psychologique, diminue sa résistance et l'empêche d'agir.
(Azucena Chavez, Institut de victimologie)

Le secret du privé
La violence conjugale bénéficie du secret du privé, ce qui permet aux auteurs d’asseoir leur contrôle dans l’impunité. Elle constitue la forme la plus fréquente de violence envers les femmes. Elle fait partie de l’héritage patriarcal qui est caractérisé par le déséquilibre des rapports de pouvoir entre les sexes dans nos sociétés. La violence masculine à l’égard des femmes a un coût social et économique dont l’ampleur est encore trop méconnue. Les conséquences de cette violence qui s’exerce encore en toute impunité sont multiples pour nos sociétés. La violence conjugale est une question qui ne doit pas être considérée comme une affaire privée. L’usage de cette violence est un obstacle à l’égalité entre les hommes et les femmes, aux droits fondamentaux des femmes.

Les insoupçonnables


L'homme dont la fonction force le respect
, insoupçonnable
La violence conjugale n’est pas un héritage inéluctable, on ne naît pas violent, on apprend à le devenir. L’histoire collective et personnelle, la construction sociale, le poids d’une culture patriarcale conduisent certains hommes à des comportements sexistes et violents envers les femmes. L’homme violent à souvent deux visages : charmant, merveilleux dans la vie sociale, tortionnaire, méprisant et jaloux à la maison. L’homme violent avec sa compagne n’est pas systématiquement un alcoolique, un rustre, une personne issue de milieu défavorisé, un personnage autoritaire ou violent avec tout le monde. Très souvent l’homme violent n’est pas soupçonnable, il ressemble à monsieur tout le monde, votre voisin de palier, l’homme courtois qui rend service à tous dans le quartier ou le village, ce séducteur à qui personne ne résiste, le cadre dynamique que toutes et tous trouvent fantastique, ce chef d’entreprise performant, l’homme aux multiples responsabilités, l’homme dont la fonction force le respect...

La femme, les femmes
, insoupçonnables
Il n’existe pas de profil type de femme victime de violence conjugale, toute femme peut un jour dans sa vie se retrouver sous l’emprise d’un conjoint, ami ou partenaire violent. Mais l’histoire personnelle, des périodes de fragilité, de vulnérabilité, peuvent devenir facteurs de risque. La personne qui souffre de cette violence par la faute d’autrui, n’est pas responsable de la violence qu’elle subit. La femme victime de la violence de son compagnon n’est pas nécessairement une personne sans ressources. C’est peut-être votre collègue de travail, cette chaleureuse commerçante, cette enseignante, votre médecin, cette jeune cadre dynamique à qui tout semble réussir... et dont on ne soupçonne pas l’enfer quotidien.

La violence psychologique
La violence psychologique s’exprime par des attitudes diverses, des propos méprisants, humiliants. Le compagnon violent renvoie à la victime une image d’incompétence, de nullité. Il l’atteint dans son image à travers le regard des autres. Progressivement la victime perd confiance en elle-même en ses possibilités. Peu à peu s’installe le désespoir, une acceptation passive de ce qui arrive. Elle s’isole, s’enferme dans sa honte, n’ose plus prendre d’initiative.

La violence sexuelle
La plus cachée. La personne violente oblige sa compagne à avoir des rapports sexuels malgré elle, avec lui ou avec d’autres partenaires selon ses propres fantasmes, parfois il la forcera à se prostituer. Les viols, les agressions sexuelles, les rapports acceptés sous la contrainte ou pour le calmer sont réguliers. Les victimes ont beaucoup de mal à en parler parce qu’elles restent associées aux obligations du mariage et devoir conjugal.

Devoir conjugal / viol conjugal

Le viol conjugal est une forme de violence exercée par le partenaire intime. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit les violences entre partenaires comme « Tout comportement au sein d’une relation intime qui cause un préjudice ou des souffrances physiques, psychologiques ou sexuelles, aux personnes qui sont parties à cette relation, y compris des actes d’agression physique, des rapports sexuels forcés, entre autres formes de coercition sexuelle, de la violence psychologique et des comportements autoritaires ou tyranniques. » Toutefois, le viol conjugal est une notion qui reste taboue dans nos sociétés actuelles. Cela s’explique principalement par la notion de « devoir conjugal », qui est encore très présente dans les esprits. Mais il est important de rappeler que cette notion n’a aucune valeur légale. Dans la partie du Code civil consacrée aux mariages, il n’y a aucune mention du devoir conjugal et le viol conjugal est condamné par la loi depuis 1989. Selon les chiffres, près d’un viol sur deux a lieu au sein du couple. On estime aussi qu’une femme sur quatre subit, à un moment ou à un autre de sa vie, des violences sexuelles de la part de son partenaire. Dans la plupart des cas, les personnes qui obligent leur partenaire à avoir des rapports sexuels avec eux pensent agir légitimement vu le lien intime qui les unit.

Le viol n’a rien à voir avec de l’amour ou avec une relation sexuelle souhaitée. L’homme qui viole ne cherche pas à faire l’amour à sa partenaire ni même à assouvir un désir sexuel : il veut dominer, faire mal, humilier et avilir.

    "Violer, ce n’est pas une relation sexuelle, c’est un déni de son humanité, c’est dénier l’humanité de l’autre, c’est lui refuser d’être propriétaire de son corps, de son psychisme… " (Docteur Mukwege)

Contrairement aux violences physiques, les violences sexuelles arrivent assez tôt dans la relation en arborant des formes différentes et de plus en plus graves. L’homme violent va commencer par dire à sa compagne que, si elle refuse, cela signifie qu’elle ne l’aime pas assez. Puis, au fur et à mesure de la relation, il va prétendre que les hommes ont plus de besoins, qu’elle doit se soumettre au devoir conjugal et, peut-être, la menacer d’aller voir ailleurs, car les autres femmes sont plus dociles. Enfin, il va faire fi de son ressenti, de ce qu’elle souhaite et va la violer. L’évolution des violences sexuelles suit l’emprise qu’exerce l’homme violent sur sa femme. La dame, qui a perdu ses repères, éprouve du mal à réagir, à s’opposer et à distinguer ce qui est un viol de ce qui ne l’est pas.

Ordre moral supérieur d'antan

Le « devoir conjugal », voici une expression qui sent le papier jauni. Et pourtant ce « devoir » existe encore, même s’il n’est mentionné par aucun texte légal.
La loi sur le mariage prévoit seulement que les époux « se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance » (article 212 du Code Civil), et qu’ils « s’obligent mutuellement à une communauté de vie » (article 215 du Code Civil).
Il n’y a aucune obligation explicite d’entretenir des relations sexuelles. Ce sont les juges qui ont affirmé historiquement que les époux ont l’obligation d’entretenir une sexualité régulière, non seulement au début de leur mariage qui doit être « consommé », mais encore de manière renouvelée pendant toute la durée du mariage. Au départ, il s’agissait de préserver un ordre moral supérieur. Il fallait que le couple procrée, pour assurer la transmission du patrimoine, dans un cadre stable. Il fallait éviter aux conjoints toute « tentation du vice » et permettre l’observance de l’obligation de fidélité – source d’enfants illégitimes.
Sous couvert de préserver l’ordre, le Code Napoléon dans sa rédaction de 1804 était rude avec la femme. La puissance du mari était érigée en système juridique : la femme devait « obéissance à son mari », qui n’était pas encore tenu par la loi de respecter son épouse.
A partir de ces textes, il n’était fait aucun cas du consentement de la femme à l’acte sexuel demandé par son mari.
(La suite... Anne Marion de Cayeux, Avocat au Barreau de Paris )




J'ai vu récemment le film Magnolia (1999) du réalisateur américain Paul Thomas Anderson (né en 1970) et plusieurs de ses films dont le dernier. La cellule familiale est souvent le sujet et nombre de désordres exposent l'échec du modèle patriarcal. Les aspirations économiques et la réussite individuelle entrent en conflit avec la moralité et les injonctions de normes. La perfection et la compétition font exploser la cellule familiale à travers plusieurs générations. Le tabou des violences conjugales est transgénérationnel et provoque de multiples dysfonctionnements.
Dans le film Magnolia, il y a une relation au père avec le fil qui est un petit génie, utilisé pour ses performances de mémoire, il récite des définitions potasse des livres divers afin de gagner un jeu télévisuel dans lequel il participe. Le père délaisse le bien-être de l'enfant et cela se manifeste dans ce moment où le surdoué demande à aller aux toilettes et cela lui est refusé à maintes reprises, afin qu'il reste à l'écran, sans faire de pause. La pression opère car l'enfant se fait pipi dessus, et provoque une humiliation disproportionnée entre l'enfant qui ne peut plus jouer et le père qui puni son fil pour ce "lâcher-prise" naturel, se soulager. L'enfant choisi son instinct plutôt que l'exigence de son père et la pression sociétale (le jeu télévisé, l'équipe, etc.) On néglige le caractère infantile en lui demandant d'être l'adulte intelligent, mais se faisant, paradoxalement, il est infantilisé. L'enfant s'affirme en urinant sur lui et en refusant de servir encore de petit génie dans l’émission télévisuelle. Il rompt ainsi le fardeau familial en disant à son père que celui-ci n'accorde pas d’importance à sa personnalité mais bien plus à son image. Dans le même temps, l'homme qui présente l'émission fait face à un cancer, qu'il est le seul à savoir, et a des difficultés à rester à l'antenne. Son conflit avec sa fille toxicomane explose, lorsque sa femme l'interroge sur sa relation avec celle-ci qui ne souhaite plus le voir, même si son père lui annonce l'état de sa maladie, elle n'a aucune empathie. Il lui dit que sa fille lui reproche des attouchements jeune, mais il ne se souvient plus vraiment, ce qui provoque le dégoût de sa femme. Cette fille va faire la rencontre amoureuse d'un policier, tous deux recherchent "la vérité" et vont faire le pacte de "tout se dire", et rien dénier, afin que leur relation débute sainement. La morale se cache à cet instant où ne rien se cacher l'un à l'autre prédestinerait à un avenir plus radieux, délesté des problèmes familiaux qui se transmettent de générations en générations, avec des sentiments de culpabilité, de honte, de mensonge et de vies dissociatives, de dénis et d'exclusions.
Ce que je trouvais intéressant, dans ce film, c'est la description de modèles masculins, des générations de fils, qui représentent la faiblesse de leurs modèles défaillants, leurs pères, et leurs échecs. L'acteur Tom Cruise a un rôle assez détonnant, qui conjure avec le stéréotype du héro, dans lequel nombre de films l'ont confiné. Il est gourou de la suprématie masculine et ses performances publiques, son jeu scénique, sont captivants, pour coacher la virilité des hommes. On apprend bien plus tard, qu'il est traumatisé par la mort de sa mère, causée par les violences de son père, et de l'abandon de son père face au cancer de sa mère. L'affirmation de sa virilité serait liée à sa volonté de protéger les femmes. Ce jeu surjoué (Respect The Cock ! Voir l'extrait vidéo) est aussi le jeu d'une violence masculine et de domination sur les femmes, comme le père infidèle le faisait auprès de sa femme, il la violentait, se sentant supérieur. "Frank" (rôle de Tom Cruise) a refoulé toute sa vie, l'amour pour sa mère. Ce sera sa faiblesse ultime lorsqu'il devra répondre à une question d'une journaliste qui connait le décès de sa mère, alors qu'il ment et cache cette disparition à tous. Il réalise ainsi, en passant par une palette d'émotions contradictoires et violentes, que la haine qu'il porte à son père (en train de mourir d'un cancer) vient de cet amour déchu et de sa propre défaillance en prise avec les exigences d'une société patriarcale, car il se présente comme un célibataire endurci et sans famille. Auprès du chevet de son père, qu'il accepte de voir, in fine, il revit la même scène que lorsqu'il était enfant auprès du chevet de sa mère mourante, lui seul à l'accompagner alors que son père les a abandonnés tous les deux. Après l'avoir insulté, ce fils l'implore de ne point s'en aller. Cette scène est réussie et montre la complexité des liens familiaux : il condamne son père et le pardonne en même temps, en affirmant sa force et sa faiblesse, sa fragilité qu'il masquait avec sa secte suprématiste masculine. Et c'est à ce moment qu'il assume sa masculinité sans la misogynie, en endossant le rôle patriarcal.
Dans les films de Paul Thomas Anderson, les mères sont mortes, ou négligentes ou présentent des failles émotionnelles. Dans le dernier film que j'ai vu, Phantom Tread, ces jours-ci à l'écran, la mère défunte du héro modéliste, s'impose comme fantôme en mariée, la seule à être autorisée à hanter ses souvenirs et à lui donner une voix professionnelle, autoritaire. Il en vient à oublier sa femme jusqu'à la soumettre aux lois et emplois du temps de son métier. Cette dernière aura, également à s'émanciper de règles officielles et officieuses du patriarcat en observant que ce n'est que dans la maladie, que son amoureux reste avec elle, et qu'elle peut le guérir en lui apportant ses soins. La suite est masochiste, car c'est en l'empoisonnant juste un peu, qu'elle le met à terre, afin qu'il reparte travailler avec plus d'amour dans son cœur. Ce couple affirme ses liens affectifs dans une relation aigre-douce, où la femme domine l'homme après l'avoir empoisonné. On dit bien d'un individu qui embête, qu'il empoisonne la vie. Mais cette femme reprendra ainsi le même rôle de la mère de son amoureux, qui, tel un fantôme, hantait sa vie, dominait sa carrière, jusqu'à ce qu'il entende sa voix, l’entraperçoive dans sa chambre, malade, habillée en mariée, comme s'il s'était en fait marié à sa mère. Ce lien indéfectible, fait qu'une femme souhaitant rester auprès de ce mari, devra s'y superposer, à cette image de la mariée-mère, se soumettre à sa silhouette, ses robes, et qu'ainsi elle pourra le maltraiter à son tours, afin de le posséder totalement.
Dans le film Magnolia, aucune des femmes n'a l'opportunité de prendre la place de l'autorité des hommes, et aucune ne s'affirme contre les erreurs des hommes (père-mari-fils...) Elles participent toutes à l’effondrement du patriarcat et ne sauveront pas la cellule familiale. Ce film dure 3 heures mais on le les voit pas passer. Dans un jeu interactif, nous suivons différents personnages avec leur mémoires traumatiques, enfances brisées, amours perdus, espoirs de renaissances, transformations émotionnelles. Cela dit, pour d'autres raisons, j'ai particulièrement apprécié le film "Inherent vice" (2014), peut-être dans un autre article.

Le pardon


Dans le film Magnolia, j'ai perçu une ode au pardon et je me suis souvenue de deux notions que la philosophe Hannah Arendt avait introduit en politique, le pardon et la promesse.

« Ces deux facultés, écrit-elle, vont de pair : celle du pardon sert à supprimer les actes du passé, dont les ‘fautes’ sont suspendues comme l’épée de Damoclès au-dessus de chaque génération nouvelle ; l’autre, qui consiste à se lier par des promesses, sert à disposer, dans cet océan d’incertitudes qu’est l’avenir par définition, des îlots de sécurité sans lesquels aucune continuité, sans même parler de durée, ne serait possible dans les relations des hommes, et des femmes, entre eux. »

Film Par kiwaïda at 20:51

01/03/2018

Il Barone rampante

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Photographie © Sonia Marques

Il est un moment où le silence de la campagne se forme, au creux de l'oreille, d'une menue poussière de bruits: un croassement, un glapissement, un froissement furtif dans les herbes, un clapotis dans l'eau, un piétinement entre terre et cailloux, et, dominant tout autre son, le crissement des cigales... Les bruits se mêlent l'un à l'autre, l'ouïe parvient toujours à en discerner de nouveaux, comme, sous les doigts qui cardent un flocon de laine, chaque nœud se révèle fait de brins plus fins, plus impalpables encore. Les grenouilles ne cessent de coasser et cette basse continue ne trouble pas plus le fourmillement sonore que la continuelle palpitation des étoiles ne change la lumière de la nuit. Mais que s'élève ou passe le vent, tous les bruits aussitôt se transforment et se renouvellent. Seul reste, au plus profond de l'oreille, l'ombre d'un mugissement ou d'un murmure - celui qui vient de la mer.

Le Baron perché (titre original en italien : Il Barone rampante) est un roman d'Italo Calvino publié en 1957

Séquoia

Dans ma ville, Limoges, un homme est monté dans l'arbre devant la mairie le 14 février dernier. Perché en haut du Séquoia, il est resté la nuit, le jour. Il voulait dire quelque chose au maire. Le maire, psychiatre retraité est venu le prendre en nacelle avec une psychologue, mais au lieu de l'entendre, ils l'ont envoyé à l'asile des fous. Ce baron perché est grimpeur-élagueur de profession. Il a 47 ans et vit à cieux. Quel nom de ville prédestiné ! (lire l'article de presse locale)
Ce qu'il souhaitait exprimer : une injustice. Convoqué au tribunal, car il n'avait pas payé une amende lorsqu'il a été arrêté pour avoir fumé un joint, se soignant ainsi d'une sciatique chronique, il a attendu 3 heures au tribunal et a été condamné sans avoir été auditionné alors qu'il était bien présent. En colère, il s'est senti abusé, que l'on se soit moqué de lui et a souhaité aussi se moquer des injustes en se perchant dans le plus grand arbre, la fierté de la mairie, souvent décoré à Noël : un Séquoia.
Depuis il est enfermé dans un asile.
Non seulement, il n'a pas été entendu au tribunal, mais pas non plus après sa rencontre avec le maire.

Installation des écoutants (terre, peinture, tissage) © Sonia Marques


Profession professeure

Cette histoire m'a interpellée car il m'est arrivé la même chose dans ma ville. En septembre 2016, la veille de ma rentrée scolaire, j'ai été convoquée à ce tribunal, à côté de la prison de Limoges. Le lendemain, je devais me rendre à l'école d'art de Bourges pour une réunion pédagogique. J'avais alors 43 ans et 16 années d'expérience dans ma profession d'artiste professeure en multimédia. Le motif : selon la directrice de l'école d'art de Limoges, j'aurai rendu un ordinateur portable dans un état de "saleté remarquable", avec des "déchets", "de la terre", ce qui prouvait que je ne "prenais pas soin des outils de l'école". Sans aucune preuve et l'ordinateur rendu 2 années auparavant fonctionnait très bien. Sur cette convocation, ma profession n'était pas inscrite et mon lieu de travail non plus. À la place était inscrit mon lieu de naissance, c'est-à-dire en banlieue de Paris, dans le 93.
J'étais donc accusée d'avoir détérioré un ordinateur portable d'une école d'art nationale (sous la tutelle du ministère de la culture), moi, une femme de la banlieue du 93, sans profession, qui souille volontairement les équipements de l'école.
Somme réclamée : 134 euros et quelques.
Le tableau impressionniste : Touche après touche, humilier une professeure, dans le cadre de ses fonctions, en modifiant son statut, c'est-à-dire, en déniant sa profession et son lieu de travail, afin que les juges ne puissent juger à bien. L'interprétation première lorsque l'on a ni le temps de lire, ni le temps d'enquêter, lorsqu'un tribunal est bondé et que plusieurs erreurs sont déjà dans le décor c'est :  une femme qui vient de sa banlieue 93, doit être jugée pour avoir été sale et souiller les équipements de l'école. Et pourquoi ferait-elle cela ? Parce qu'elle est bête, n'a pas fait d'étude; une sauvageonne qui mérite la prison et vole le travail des autres...
En attendant dans ce tribunal, une vingtaine d'affaires, des avocats partout, des affaires de viols, j'étais parmi les violeurs. Un homme est même tombé à terre évanoui, les pompiers sont arrivés, il y avait tellement d'attente, 2 ou 3 heures de retard, les inscriptions sur les salles d'audiences étaient erronées, chacun rentrait dans une salle d'audience comme s'il rentrait dans sa boulangerie chercher son pain, alors qu'une autre affaire était en cours et se faisait insulter pour refermer la porte aussitôt. Ce décor de film à la Tati, dans ce tribunal tout neuf et glacial, provoquait quelques pas de danse mécanique et en rétropédalage.

Comme le baron perché, j'ai attendu que l'on m'appelle et l'affaire fut jugée sans moi. Il se trouve que la directrice avait envoyé une comptable de l'école nouvellement recrutée, donc ni elle ni moi ne nous connaissions, n'avions jamais été présentées. L'employée déléguée ne devait même pas connaître l'affaire, ni ma profession. Et un autre nom que le mien a été appelé, puisque mon nom a été écorché. Le temps passant très long, l'ouïe parvenait toujours à en discerner de nouveaux sons, comme, sous les doigts qui cardent un flocon de laine, chaque nœud se révèle fait de brins plus fins, plus impalpables encore, je me suis adressée à l’accueil pour savoir quand est-ce que je devais passer, car cela faisait 2 heures que j'attendais. Quelques pas de danses mécaniques et rétropédalages plus loin, on m'apprenait que l'affaire venait d'être passée, sans moi et que tout était déjà jugé, sans ma présence avec seulement la partie adverse. En me présentant et décrivant mon identité devant la juge, elle me dit ceci : "Si vous étiez vraiment professeure, vous seriez plus concentrée" car rien n'indiquait que j'étais professeure. Le président qui s'occupe du tribunal a vu la scène, tous les avocats présents avaient bien remarqué ma présence également et se plaignaient de la désorganisation ce jour là, mais cela semblait être comme cela tous les jours. Ce président m'a épaulé afin que l'audience soit reconduite et m'a dit que ma convocation c'était n'importe quoi.
En recevant ma nouvelle convocation, je suis devenue un homme sur les papiers et ma profession ne fut toujours pas inscrite, malgré ma demande. Puis un report plus tard, la comptable ne s'est jamais présentée, ni au 2e, et la somme m'a été enlevée de mon salaire, sans aucune information, sans que je ne sois convoquée de nouveau. D'autres procédés de harcèlement se sont succédés, par cette direction, jusqu'à ce jour, mon poste est en vacances, afin que je sois remplacée.

Ce baron perché me rappelait vraiment mon histoire, j'ai été assez traumatisée de la désorganisation du tribunal qui juge sans que l'on soit présent. Ma convocation était fausse, l'identité et le motif. J'en ai conclu, malgré mes courriers, sans réponses, que l'on pouvait être accusé à tort et que l'on pouvait avoir une saisie sur le salaire sans avoir été jugé, sans avoir même pu être entendu ou pire, sans être vu (tout en étant présent)

Serions-nous devenus des hommes et des femmes perchés sur un arbre :

"Pour bien voir la terre, il faut la regarder d'un peu plus loin." Ecrivait Italo Calvino.


On imagine ainsi le nombre d'affaires réglées par la justice lorsque des directions ne vous apprécient pas, parce que vous êtes trop pauvre, trop brillante, trop belle ou trop moche, trop sale, selon l'appréciation, trop incompétente ou pas assez, qui sait, …selon l'humeur du jour.
Et ainsi on fini par vous enlever votre poste, et votre carrière s'arrête.

Comment dénier l'être femme, l'être professeure.
En sélectionnant la bêtise, qui ne sait ni lire ni écrire, pour vous juger.
Apprenons que dans la bêtise, une société entière se cache, la plus contemporaine, celle de maintenant.

feuilles3.jpg

Les écoutants (sculpture, terre, peinture) © Sonia Marques

Il est un moment où le silence de la campagne se forme, au creux de l'oreille, d'une menue poussière de bruits: un croassement, un glapissement, un froissement furtif dans les herbes, un clapotis dans l'eau, un piétinement entre terre et cailloux, et, dominant tout autre son, le crissement des cigales... Les bruits se mêlent l'un à l'autre, l'ouïe parvient toujours à en discerner de nouveaux, comme, sous les doigts qui cardent un flocon de laine, chaque nœud se révèle fait de brins plus fins, plus impalpables encore. Les grenouilles ne cessent de coasser et cette basse continue ne trouble pas plus le fourmillement sonore que la continuelle palpitation des étoiles ne change la lumière de la nuit. Mais que s'élève ou passe le vent, tous les bruits aussitôt se transforment et se renouvellent. Seul reste, au plus profond de l'oreille, l'ombre d'un mugissement ou d'un murmure - celui qui vient de la mer.

À ce moment, mes œuvres étaient prédestinées en écho à ces actes malveillants obstinés. J'ai réalisé une série de sculptures en terre, nommée "Les écoutants", car, à force de se taire, ces habitants ont eu les oreilles plus grandes, elles ont poussé, car ces habitants écoutaient tout en se taisant. Il veillent la nuit car ils transforment leur peinture en lumière, une fois le soleil couché. J'ai bénéficié d'une aide à la création de la DRAC du Limousin, pour laquelle, en toute indépendance, j'ai réalisé des tissages différents. Ce long travail de recherche m'a mené à une conférence à l'école d'art de Bourges où j'ai décrit toutes ces réalisations. Dans les photos ci-dessus, on peut voir également une sculpture nommée "La main de Bouddha". C'est une réalisation au nom du pacifisme qui m'a animé durant le harcèlement moral subit. Je reste une artiste soigneuse, de l'écrit aux images et tissages, de la sculpture aux photographies, à ce blog, au multimédia, qui s'est bien intégrée dans son nouvel environnement, le Limousin et a célébré, de façon singulière, la discrétion de son regard sur ce monde touffu, tout fou.

Enseignement Par kiwaïda at 05:10

25/02/2018

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L'enthousiaste (© Sonia Marques - 2017)

Acariatrie

Le pays des acariâtres

Employez-vous à dialoguer avec un habitant de ce pays. Employez-vous seulement à travailler pour une acariâtre, sans obtenir jamais d'explication sur sa mauvaise humeur. Employez-vous à pardonner chacune des hostiles attitudes afin de poursuivre votre tâche, observant de loin les blessures de voisinage. Employez-vous à ne pas jouir de votre travail au pays des acariâtres, employez-vous à travailler en deçà, à demi-mot, sous le mucus des crottins de ces veules habitants, les moues haineuses. Pliez-vous aux acariâtres, jamais ne les combattez. Esquivez ces grossières et excessives, les horribles et laides ridées de médiocrité. Veuves, âgées et sourdes, ou jeunes mais déjà revêches, toujours mécontentes et colériques, toutes ces acariâtres que la vie s'empresse de ne point gâter ni courtiser. Les exécrables, les méchantes, toutes ces petites cheftaines devenues aux déplacements terrorisants avec leurs toutous dévots. Employez-vous à chérir vos œuvres, à ouvrir la porte aux vulgaires et criardes, employez-vous à bloquer vos tympans de toutes ces sornettes déversées dès que la porte s'ouvre. Employez-vous à l'art de l'amical salut et au sourire du bon jour devant la volée de vipères qui flagelle votre doux visage. Aux pays des susceptibles, vous vous plierez. Entendez : vous plierez bagages. D'ici 1 semaine, 1 an, 10 ans, c'est égal. Les humeurs tyranniques et les préjugés d'inégalités, impossible à extirper feront de vous des serviteurs sonnés proche de l'asile politique, pour garder leurs traditions de ces familles ayant conservé toutes les formules du passé. Médailles et légions, tous acariâtres s'attribuant les mérites des tourments accordés, des vies renversées, tous courbés, maladifs. Leurs héritages pesants s'enfoncent sous les chapes de plombs, de béton, de pétrole, de détergents, d'acides. Aucune racine ne repousse, aucun jardin, rien n'est fertile. Au pays des acariâtres, acceptez l'avarice plutôt que l'éloge de la bienvenue. Les répugnants et moroses n'accueillent pas mais repoussent. On passe par inadvertance dans les terres des humeurs aigres, incompatibles avec la création. On s'emploie avec peine, avec ces irascibles querelleurs et ces intraitables et acrimonieuses bougonnes, des boulets que l'on traine jusque dans la rivière tarie. Pourtant la diversité de leurs humeurs vous étonnera, chaque responsable s'attribuant un domaine spécialisé, qu'il s'est inventé avec le temps. Une acariâtre n'est pas en reste, nommant avec honneur tous ces responsables dans des réunions merdeuses, rébarbatives, hargneuses. Les grandes gueules inabordables étendront leurs parapluies vengeurs avec la panoplie des bourrus, amers, mégères et commères, tous ces fous et folles, comme des aspirateurs en dysfonctionnement. Ombrageux, ils aspirent avec difficulté vos géniales idées limpides, dans un tourbillon acide, en terminant par une émission bruyante de gaz provenant de leurs estomacs. Vous n'aviez pas vu le panneau : Acariatrie ? Fièrement repeint aux couleurs du drapeau rougeâtre et blanc, avec des tâches jaune livides formant des auréoles concentriques, planté par des éructeurs, les grands écerveleurs ? Ou bien avez vous répondu à leur grognement guttural, imaginant que l'on vous lançait un défi ? Vous êtes tombé dedans, aspiré aigri. Vous êtes devenu ce voisin abrupt, désagréable et grognon, sans savoir comment ni pourquoi ce maussade côté de la vie vous a attrapé. Puis vous avez vu le produit miracle, vendu par le pays que vous venez d'inventer : L'enthousiasterie. Une distillerie des dons divins, musicale, vive, tendre, elle parfume de joie la reconnaissance de la liberté et accompagne l'élan dans une générosité inégalée, sauf par l'héroïsme son dévoué. Vous n'avez même plus idée de l'existence des acariâtres, avec ces lunettes qui les ignorent. Vous ne les voyez plus.

Alors, si vous croisez sur votre chemin une enthousiaste, sachez qu'elle revient du pays des acariâtres et qu'il est fort probable que le saupoudrage au goût de revenez-y sur le panneau de ce pays soit allergène pour celle-ci, et qu'au moindre orage jailliraient les amertumes nécessaires à détourner son chemin. Le froid sibérien a balayé d'un clignement de paupière les effluves néfastes de ce pays engourdi.



Littérature Par kiwaïda at 18:37

24/02/2018

ℳα ℙεїη⊥üя℮ ℮т ℳ℮ṧ ღ◎∂èℓ℮﹩

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Photographies & peintures & dessins & modèles, Sato & Cafu © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 18:33

21/02/2018

ʟ‷@ят ⅾ℮ ß@їłʟℯґ

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Nourriture pour Cafuné & Satori (Photographie © Sonia Marques)

L’art de bailler sa vie

Lapin au destin retiré du monde qui ne souhaitait se perdre dans de vaines agitations. L’ennui subi ou choix orgueilleux de l’inaction, à bas les expositions égotistes, vive l’acédie. Ne rien faire plutôt que faire comme tout le monde.

Étirement. Adieux les enfants gavés d’activités et d’images, gros, gras, grands, idiots. Ils ne peuvent rêver, ce que l’ennui promet, ni éprouver cette impatience du lendemain : y a-t-il encore quelque chose à conquérir ?

Lapin dit : Ma présence.

Cet ennui nuit à l’éducation. Pourtant il n’est ni la peur du manque, ni la fascination du vide. Après avoir été dégoûté de ce que les enseignements provoquent : un sentiment de vomi...

Lapin dit : Apprivoisons le ralentissement propice aux aspirations créatrices.

Tous ces enfants, ces adolescents en proie à l’hyperactivité, sans cesse, le faire et l’avoir sollicitent la jeunesse. Les stimulations et les dispersions devenues de ces enseignements tourbillonnants apportent cette illusion qu’il est vivant, l’enfant.

Lapin dit : Je dors le jour, je saute la nuit.

Mon ennui serait à rejeter, sans valeur, indigne, superficiel, alors que les tâcherons et tâcheronnes ne redoutent l’ennui, il ne sera jamais devant eux. Dans leur banalité, leur mensonge assuré, rien ne parlera de la finitude, ni du temps qui passe, car il ne passe plus dans une vie bien remplie, d’ailleurs plus rien ne peut passer, ni le temps, ni les pauses, ni l’imaginaire. Il n’y a que des priorités, des occupations urgentes dans un calendrier désorganisé mais bien ordonné, tout à une place définie et ressemble à des projets. La vie serait projets, elle deviendrait dans ces cases remplies des valeurs à créditer.

Lapin dit : Depuis que le dégoût de l’enseignement est arrivé soudainement, le désœuvrement s’est installé dans une situation non choisie mais déterminée par la médiocrité. Tout est devenu fastidieux et inutile.

Fatigue de voir ces mensonges s’étaler au grand jour, ces prédations fières de leurs victimes, ces bienséantes communications, rassurantes, dont l’éducation raffole.

Lapin dit : La nuit la vérité, le foin la liberté.

Ce sentiment d’impuissance devant ces écartèlements, tortures, tous ces objectifs impossibles à tenir, ces faux paris sur la vie.

En silence lapin s’ennuie, son intelligence endormie, ce sont les bêtes qui décident, alors que lapin s’échappe. Singulier ennui qui disparaît dès qu’il est approché, il faut le fuir pour entrer dans l’ennui, sans être importuné.

C’est un passe-temps, un retrait dans l’indifférence générale. Presque une exclusion vécue et habitée comme un ennui féroce, suave et juvénile.

Il ne grandira jamais.

Il ne promet rien.

Il n’expose rien.

Pourtant, il ne s’obstine pas quand il s’ennuie.

Lapin dit : Possible.

Nu désespoir, jouissance d’atteindre un jour, plaisir des nuits paisibles et sans mystère.

Si tu n’avais pas été lassé par tant de médiocrité, aurais-tu un jour connu l’art de bailler ta vie ? Ce sont les ignorances, les corruptions, les faibles. Ton ennui n’est pas une acédie corruptrice, ni un pêché mortel. Tu lui consacres tout ton temps.

Entier. Tu boudes les parties et les miettes. Tu savoures avec des piqûres anxieuses.

Même prier serait remplir, manger gaver, mais cueillir l’appétence dans la patience que la tristesse fait naître des secondes de joie.

Lapin dit : Je préfère ne pas. Paresse qui somnole dans une prison ouverte sur les ruines des enseignements, dévastés, ravagés par les milices.

Lapin : Je baille.

Satori (Photographie © Sonia Marques)

Philosophie Par kiwaïda at 22:43

19/02/2018

ʝαґⅾḯᾔ м◎üїʟłé

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Le Jardin mouillé pour harpe (1913) / Jacques de la Presle, sur un poème de Henri de Régnier

LE JARDIN MOUILLÉ


La croisée est ouverte ; il pleut
Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu,
Sur le jardin frais et dormant,

Feuille à feuille, la pluie éveille
L’arbre poudreux qu’elle verdit ;
Au mur, on dirait que la treille
S’étire d’un geste engourdi.

L’herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l’on croirait là-bas
Entendre sur le sable et l’herbe
Comme d’imperceptibles pas.

Le jardin chuchote et tressaille,
Furtif et confidentiel ;
L’averse semble maille à maille
Tisser la terre avec le ciel.

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.






Photographies © Kiwaïda & Thejazzist

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.



Musique Par kiwaïda at 03:14

16/02/2018

ḓ℮﹩ ℌ◎ღμ℮ṧ ∂@η﹩ʟαłʊмḯèя℮

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Réflexion sur les modes d'exclusion en France, de dissimulations, de négations, de dénis, d'oublis.
À suivre...

Photographie d'un article de presse nommé "La "quasi-totalité" des restes de la petite fillette ont été retrouvés jeudi",
phrase que l'on retrouve dupliquée sur des pages entières sur Internet d'après différents journaux, locaux, nationaux.
"La quasi-totalité" représente des ossements d'un être qui n'est plus, une fille, qui ne sera jamais devenue une femme.
Mais la quasi-totalité pourrait être celle d'un repas, des affaires de bureau, d'objets.
L'enfant, la fille, la femme est objetisée, elle n'a pas d'existence et la preuve est là.
Objet de désir, de possession, de crime.
Dessus, une liste des termes employés dans l'actualité de différents médias français, le signe d'une croix jaune semi-opaque,
un croisement sur le négatif d'une photo ratée. Une négation.
Il n'y a rien à voir, il n'y a jamais rien eu à voir, il n'y aura jamais plus rien à voir.
Ici, dans un paysage, une croix dans un paysage de neige.

Le croisement d'une femme, d'une fille, d'une victime et d'un homme, d'un garçon, d'un meurtrier.
Un homme dans la lumière, une femme dans l'obscurité.

Unis-Désunis.


Paysage Par kiwaïda at 01:12

13/02/2018

ℵℰЇḠℰ ИṲ∃

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Dans la nature © Paul Jacoulet

Il neige aujourd'hui.
Souvenirs d'une discrète exposition, Un artiste voyageur en Micronésie, visitée en 2013 musée du quai Branly à Paris, des magnifiques estampes de Paul Jacoulet (1896-1960). Selon les conseils de mon tendre ami, amoureux de mes dessins.



Nuit de neige © Paul Jacoulet

J'ai compris pourquoi l'art exposé et très médiatisé ne m'apportait pas autant d'ouverture, que de discrètes expositions et de secrets chemins de connaissances. Aussi, autre apprentissage, la relation maîtres.se - élève, n'a de valeur que lorsque l'élève s'élève jusqu'à enseigner au maître, à la maîtresse, à mieux comprendre son parcours, à mieux voir la neige nue.

Malgré sa santé précaire, Paul Jacoulet tirera grande santé de ses qualités d'observations et de son attachement à la fragilité des populations de la Micronésie. Ses estampes sont de deux formats différents : ōban (大判?) et un format plus petit (carte postale) de réédition des estampes les plus populaires. Les estampes de format ōban sont au nombre de 166. Outre ses talents artistiques, Paul Jacoulet était aussi connu pour sa très riche collection de papillons.

Son admiration pour ses professeurs de dessin et pour les grands maîtres de l’estampe japonaise, dont Utamaro, transparaît nettement dans son œuvre mais ne prend jamais la forme de la copie. Elle le conduit très vite vers un style personnel, qui s’épanouit au cours des nombreux voyages entrepris à partir de 1929. Séduit par ces archipels et par leurs habitants, le peintre y développe des relations personnelles, particulièrement à Yap et à Ponape. Cette proximité lui permet d’observer le tatouage qui lui inspirera de nombreuses études et dessins préliminaires. Au-delà de leur dimension artistique, ces séries réalisées à l’aquarelle et à la mine de graphite constituent aujourd’hui un corpus iconographique unique, témoignant des tatouages micronésiens anciens. La représentation des corps tatoués, à la fois sensible et intime, traduit l’émerveillement de l’artiste pour ces cultures insulaires. Elles offrent ainsi une vision poétique et humaniste, bien loin du discours et des dessins scientifiques des ethnologues. Au contact des populations des îles du Pacifique, Paul Jacoulet porte un regard attentif à l’esthétique des parures traditionnelles. Les œuvres qu’il y consacre possèdent aujourd’hui une forte valeur documentaire et témoignent de la place importante qu’occupait l’ornement corporel dans ces sociétés. En s’intéressant à la parure, Paul Jacoulet renouvelle un thème classique de la gravure sur bois japonaise, dont les portraits décrivent avec détails les vêtements, coiffures et maquillages. Ainsi l’élégance du port des plumes et des coquillages en Micronésie, fait écho à l’apparence recherchée des acteurs du théâtre kabuki ou des courtisanes japonaises qui ont tant inspiré le genre de l’estampe. Ce goût tout particulier pour l’ornement du corps rejoint aussi celui du théâtre et du déguisement chez un artiste multiple qui est resté, durant toute sa carrière, à la fois peintre et récitant de chant costumé (gidayu). L’approche de l’intime est quant à elle plus proche du nu de la peinture occidentale. L’esthétique des traits et du modelé du corps y est pleinement mise en valeur, sans allusion directe à l’érotisme. La quasi-nudité du monde micronésien permet au contraire à l’artiste d’évoquer une innocence originelle, proche de la nature. Le dessin vif des corps, se détachant sur des décors brillants, animés par la végétation et les insectes, offre une vision d’un monde obéissant à une même esthétique naturelle et au-delà de toute pudeur.
(Extrait du Musée de Tahiti)



Chagrin d'amour © Paul Jacoulet
Dédicace à Pépino <3 et à mon amoureux.
À ce qui ouvre l'imaginaire, aux soins.
Il est temps de se remettre à dessiner...
Kiwaïda vient de ces îles...

Art Par kiwaïda at 15:46

10/02/2018

玉兔

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Satori & Cafuné © Sonia Marques

Un jour, un dieu décida de descendre sur terre et de prendre la forme d’un homme affamé. C’est ainsi qu’il alla dans une forêt pour se rendre compte de la capacité des animaux à survivre dans les bois. À sa vue, toutes les bêtes résidant dans la forêt lui ramenèrent de la nourriture. Le singe, en grimpant dans les arbres, lui ramena des fruits. L’ours, en allant pêcher dans la rivière, lui offrit des poissons. Les oiseaux chassèrent des insectes et des vers. Tous avaient un présent pour lui, à l’exception du lapin. Il eut beau faire tout ce qu’il pouvait, il ne réussit pas à trouver de la nourriture pour l’homme affamé. Tous les animaux commencèrent à se moquer de lui. Et le lapin, triste, voulait par-dessus tout lui venir en aide. C’est alors qu’il demanda à ce qu’on allume un feu. Et il décida d’offrir sa propre vie, sa propre chair, en se sacrifiant dans le feu. Le dieu fut très ému par cet acte et décida de lui sauver la vie. Puis, en récompense, l’envoya habiter sur la Lune. Depuis ce conte, les japonais voient se dessiner un lapin sur la Lune quand celle-ci est pleine. Et chaque année, le 15ème jour du 8ème mois lunaire (septembre/Octobre) se tient la fête « Tsukimi », la fête de la pleine lune.

Légende du lapin lunaire, ou "lapin de Jade" : Dans le folklore asiatique jusqu’aux contes bouddhistes de Jakata, la légende du lapin lunaire est aujourd’hui toujours célébrée en Chine, au Japon, en Corée, au Sri Lanka, en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge, ou encore en Birmanie.

(•ㅅ•)

Two Rabbits - 1930 - Shoson Ohara (Koson) 1877-1945

⌒(。・.・。)⌒

Intriguée levant ses yeux vers la lune, observant ses marques, j'observe une paréidolie :  la naissance de la légende du lapin lunaire ou lapin de Jade.

Et des légendes, car la vision lunaire est changeante, des territoires aztèques à l’Est de l’Asie, les humains vivent, pensent et croient différemment. Dans le Chu Ci, une anthologie de poèmes chinois datant de plus de 400 ans av. J.-C., le lapin de la lune y est accompagné d’un crapaud et y prépare un remède pour les mortels. En Asie de l’Est, le lapin est représenté avec un pilon et un mortier et produit l’élixir de vie pour la déesse de la lune Chang’e.

 ̄(〃゚o ゚〃) ̄


C’est cette histoire qui depuis Houston a accompagné 3 astronautes au destin d’exception, jusqu’au premier pas de l’Homme sur la lune, territoire mystérieux et tant convoité. Mission Apollo 11, 5e jour (20 juillet 1969), préparations pour l’atterrissage sur la Lune :

095:17:28
Evans : Roger. Among the large headlines concerning Apollo this morning, is one asking that you watch for a lovely girl with a big rabbit. An ancient legend says a beautiful Chinese girl called Chang-O has been living there for 4,000 years. It seems she was banished to the Moon because she stole the pill of immortality from her husband. You might also look for her companion, a large Chinese rabbit, who is easy to spot since he is always standing on his hind feet in the shade of a cinnamon tree. The name of the rabbit is not reported.
095:18:15
Collins : Okay. We’ll keep a close eye out for the bunny girl.

Traduction : Evans : Parmi les grands titres de la mission Apollo ce matin, il y en a un qui demande à ce que vous guet tiez une adorable fille avec un grand lapin. Une légende ancienne raconte qu’une magnifique fille chinoise du nom de Chang’O vit là-bas depuis 4000 ans. Il semble qu’elle ait été bannie sur la Lune pour avoir volé la pilule d’immortalité à son mari. Vous devriez aussi chercher son compagnon, un grand lapin chinois, facile à trouver puisqu’il se tient en permanence sur ses pattes arrière à l’ombre d’un cannelier. Le nom du lapin n’a pas été rapporté. Collins : Okay. On gardera l’œil ouvert dehors pour la fille au lapin.

/ (´・×・`)\


Two Rabbits, Pampas Grass, and Full Moon - Hiroshige - 1849 - 1851

/(・ × ・)\ Comptine enfantine

 J’ai vu dans la lune
Trois petits lapins
Qui mangeaient des prunes
En buvant du vin

/ (,,๏ ⋏ ๏,,)\


 

Les monstres d'Utagawa Kuniyoshi (Sumo no zu)

Utagawa Kuniyoshi (1798 – 1861) était l’un des derniers grands maîtres japonais de l’estampe sur bois (‘ukiyo-e’). I est célèbre pour avoir réalisé entre autre les Suikoden, ou les Cent-huit héros chinois. Parmi ses estampes de paysages, de scènes quotidiennes, de chats, ou même de courtisanes et de geishas, Utagawa Kuniyoshi a aussi réalisé de nombreuses estampes dédiées aux monstres et aux fantômes issus du folklore japonais, et aux héros qui les ont combattu.

⌒(,,Ő x Ő,,)⌒

Cent aspects de la Lune : Le lapin de jade - Sun Wukong, de « Voyage vers l'Ouest »

Description Tsuki hyakushi (Cent aspects de la Lune) est une vaste collection de nishiki-e (estampes multicolores au bloc de bois) réalisée par Tsukioka Yoshitoshi (1839−1892). Les estampes ont été publiées en plusieurs vagues par Akiyama Buemon entre 1885 et 1892. Elles représentent les différents aspects de la lune, empruntés aux anecdotes, aux événements historiques et à la mythologie japonaises et chinoises. Une grande diversité de sujets y est évoquée, dont les guerriers célèbres, les femmes éminentes, les oiseaux et les animaux, les lutins et les fantômes. Cette estampe figure dans un roman-fleuve comprenant 100 peintures de Tsuki hyakushi et deux répertoires créés après l'achèvement de la collection. On considère qu'il a été relié par son ancien propriétaire. La préface écrite à la même période que les répertoires ne figure pas dans le livre. Les spécialistes estiment que l'ordre des estampes de l'album ne suit pas l'ordre selon lequel elles ont été publiées, mais plutôt, l'ordre des répertoires, malgré quelques variantes. Tsukioka Yoshitoshi fut un artiste d'ukiyo-e de l'école d'Utagawa Kuniyoshi (1797–1861), actif de la période Bakumatsu (fin du shogunat) à l'ère Meiji. Il a créé un large éventail d'œuvres, dont bijin-ga (peintures de belles femmes), fuzoku-ga (peintures de mœurs), et des peintures de personnages historiques et littéraires. Achevée l'année de sa mort, cette collection est souvent considérée comme le chef d'œuvre de ses dernières années.

⌒(=・ x ・=)⌒


A medallion on an 18th century Chinese emperor's robe depicting the Moon Rabbit mixing its elixir of life at the foot of a cassia tree.

Chang’e (chinois : 嫦娥 ; pinyin), est un personnage de la mythologie chinoise, femme de l’archer Houyi. Séparée de son mari et du reste des humains, elle réside éternellement sur la Lune, dans un palais de jade nommé Vaste froidure (廣寒宮, guǎnghángōng), avec pour seuls compagnons Wugang, un apprenti immortel exilé, occupé à abattre un cannelier qui repousse sans cesse, et un lièvre apothicaire dit « lièvre de jade », assisté selon certains d’un crapaud. Le taoïsme la considère comme la déesse de la Lune (Yin suprême, 太陰星君, tàiyínxīngjǖn. Elle est évoquée tous les ans le 15 du huitième mois lors de la Fête de la mi-automne. Dans la poésie de la dynastie Tang, elle représente une belle femme délaissée ; Li Shangyin la mentionne dans deux œuvres : Lune de givre et Soir de Lune.
Le cratère lunaire Chang-Ngo lui est dédié.

Version courante :

À l’époque de l’empereur Yao vivait un chasseur, archer d’élite nommé Houyi. Un jour, un fait extraordinaire se produisit : les dix soleils se succédant habituellement au long d’une dizaine de jours apparurent ensemble, asséchant les rivières et brûlant la terre. Yao demanda alors à Houyi d’en abattre neuf de ses flèches, ce qu’il fit. Il obtint grâce à cet exploit une grande réputation. Il en conçut le désir de devenir immortel et partit lors d’une expédition de chasse vers l’ouest à la recherche de la déesse Xiwangmu, maîtresse du Jardin de longue vie. Elle lui confia un élixir à partager avec sa femme Chang’e lorsqu’ils seraient âgés. Houyi, de retour chez lui, transmit les instructions de Xiwangmu à son épouse et enferma l’élixir dans une boîte. Mais un jour qu’il était à la chasse, le désir de connaître l’immortalité eut le dessus et elle ouvrit la boîte pour boire sa moitié d’élixir. Houyi rentrait juste et surprit sa femme qui, décontenancée, avala sans réfléchir l’intégralité du flacon. Les immortels ont le don de se transporter dans les airs, mais Chang’e, ayant absorbé le double de la dose nécessaire, avait perdu le contrôle de son corps. Elle s’éleva jusque sur la Lune où elle demeure depuis.

(≡・ x ・≡)

Autre histoire :

Dans une légende racontée à Pékin et aux alentours, un fléau mortel arriva dans la ville il y a 500 ans et a commencé à tuer beaucoup de gens. La seule chose qui pourrait sauver la ville de cette épidémie était le lapin de lune. Chang'e a envoyé le lapin lunaire sur la terre pour visiter chaque famille et les guérir de ce fléau. Il a fait cela et n'a rien demandé en retour, sauf quelques vêtements et s'est transformé d'homme en femme. Après avoir guéri la ville de cette peste, elle est retourné à la lune.
A ce jour, les jouets en figurines de lapin portant une armure et chevauchant un tigre, un lion, un éléphant ou un cerf, sont des jouets populaires chez les enfants et les adultes. Ils sont particulièrement populaires pendant le Festival de la Mi-Automne, ou pendant le Nouvel An lunaire sur l'Année zodiacale du lapin (2011).


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Ôkuninushi no Mikoto, the White Hare of Inaba, and the Crocodiles (Katsushika Hokusai - Edo period)

L’histoire du lapin blanc d’Inaba

Ôkuninushi est l’un des nombreux descendants de Susanô, l’une des divinités principales de la mythologie japonaise. Devant se rendre dans la province d’Inaba pour demander la main de la princesse Yagami, les 80 frères d’Ôkuninushi lui demandent de les accompagner pour porter leurs sacs. En chemin, ils rencontrent sur une plage un lapin écorché vif.

L’animal leur raconte qu’il a traversé la mer depuis l’île voisine, sur laquelle il s’ennuyait. Afin de rejoindre Inaba, il s’est joué des requins (ou des crocodiles, ça dépend des versions) en leur demandant de s’aligner dans l’eau pour les compter en sautant sur leur dos, et enfin résoudre l’une des plus grandes énigmes au monde : savoir qui des lapins ou des requins sont les plus nombreux. Le malin lapin réussit ainsi à traverser la mer, mais en arrivant sur le dernier requin, il avoue les avoir trompés et ne pas savoir compter. Vexé, le requin arrache la peau du lapin, qui réussit quand même à s’enfuir de justesse.

Les 80 frères d’Ôkuninushi conseillent au pauvre animal de se jeter dans la mer, puis de laisser sécher sa peau au vent pour soigner ses blessures. Seulement le sel contenu dans l’eau attaque la chair à vif du lapin, qui se tord de douleur sous les rires de la fratrie. Ôkuninushi lui conseille alors de se plonger dans l’eau d’une source, puis de se rouler dans du pollen de jonc. Le lapin s’exécute, sa peau guérit, et il retrouve son pelage blanc. En remerciement, il prédit à son sauveur que c’est lui qui épousera la princesse Yagami – ce qui, bien évidemment, se réalise.

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Le chasseur chassé

 Lapins rôtissant un chasseur à la broche. Lorcher Chorbücher Württembergische Landesbibliothek (1511)

Heinrich Hoffmann: Der Struwwelpeter; Frankfurt am Main : Literarische Anstalt Rütten & Loening, 1917

Le chasseur chassé est un thème récurrent de l'imaginaire. Dans les marges à drôleries des manuscrits gothiques, les enluminures substituent au chasseur, notamment le lapin. Dans les décrétales de Smithfield par exemple, datant de 1330, la punition du chasseur fait l'objet d'un véritable cycle. Un chasseur est terrassé par un lièvre ou un lapin, puis attaché et conduit devant le juge. Condamné à mort, il est mené au gibet puis décapité.

Ils appartiennent à cette catégorie de caricatures qui ont été appelées en français « Monde retourné », le monde à l'envers, dans lequel chaque classe opprimée des êtres animés devient le seigneur et maître de son ancien oppresseur, et sur le principe de la juste réciprocité du crime, le traite avec le même genre de cruauté, ou lui administre une punition, qui pourrai faire passer la mort pour plus avantageuse. Ainsi des carreaux retrouvés dans le Prieuré dominicain de Derby, le lièvre a pris possession de la corne de chasseur et galope avec toute l'ardeur et l'enthousiasme que la chasse peut inspirer.

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Dans La dame à la licorne...

La tenture de la Dame à la licorne a été acquise en 1882. Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des grands chefs d’œuvre de l'art occidental.

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Le toucher, le goût, l'odorat, l'ouïe et la vue... Ces six tapisseries, tissées autour de 1500, représentent les cinq sens sur un fond rouge habité d'une nature foisonnante. Reste le sixième sens, commenté par l'inscription « À mon seul désir », qui a inspiré de nombreuses hypothèses. Sans exclure une signification dans le registre de l'amour courtois, il pourrait désigner le libre-arbitre : la femme à la coiffe apprêtée et aux vêtements recherchés renonce aux plaisirs temporels. Ces tapisseries « millefleurs » se caractérisent par une flore abondante: fleurs, orangers, pins, houx ou chênes et sont peuplées d'un bestiaire paisible (singe, chiens, lapins, héron).  Dans cette nature paradisiaque qui invite à la contemplation, la licorne est tantôt actrice et tantôt simple spectatrice. Accompagnée d'un lion, elle porte sur chaque scène les armoiries de la famille Le Viste.

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Les lapins sont d'ailleurs de loin les animaux les plus représentés.

⌒(,,Ő x Ő,,)⌒
Pendant des siècles, la célèbre tapisserie médiévale de la dame à la Licorne a gardé son mystère, jusqu’à ce que, dans les années 1920, puis en 2000, le chercheurs médiévistes s’accordent sur une interprétation spirituelle de l’œuvre. La Dame à la Licorne exprime l’accession au mystérieux « sixième sens ». (Détail du troisième tableau de la tenture représentant « Le Goût »)

Et je note que la dame tient une perruche à collier (un autre sujet qui m'est bien familier !)
Je suis une dame à la licorne, à mon seul désir !

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La vierge au lapin



Tiziano VECELLIO, dit TITIEN (Pieve di Cadore, 1488/1490 - Venise, 1576)
La Vierge à l'Enfant avec sainte Catherine et un berger, dite La Vierge au lapin (Vers 1525 - 1530)
Huile sur toile (H. : 71 cm. ; L. : 87 cm)

Dans un paysage de la campagne vénitienne délimité par les Alpes, des personnages se sont réunis autour d’un panier de victuailles comme pour prendre une collation.
Au centre, la femme en robe rouge et manteau bleu est facilement identifiable : c’est la Vierge ; elle caresse un lapin tout en portant son regard sur son fils, Jésus Christ, que lui tend une femme vêtue et coiffée à la mode de l’époque. A droite, en arrière plan, un homme garde des moutons.
Titien a peint ici une scène religieuse comme s’il s’agissait d’une scène de la vie quotidienne, empreinte de naturalisme et d’intimité.

(Musée du Louvre)

C’est une scène chrétienne et le lapin blanc est symbole de la virginité de Marie.
S’il y avait plusieurs lapins, ils suggéreraient la luxure. On rapporte après analyse aux rayons X, que le Titien avait peint plusieurs lapins qui entouraient la Vierge. Pour échapper aux critiques menaçantes de l’Inquisition, le Titien a placé quelques symboles christianisant une scène profane. Venise avait la réputation, à cette époque, de s’épanouir dans un humanisme heureux et de vivre son catholicisme de manière libérale, bien loin des dogmes et des traditions d’un Vatican lointain.

Dans ce tableau il y a des liens affectueux et de protection : la vierge Marie tient un lapin blanc de sa main gauche, qui serait un symbole de pureté, et son doux regard se porte dans la direction du bébé, la servante (Sainte Catherine) présente ce nourrisson nu à Marie (Jésus), le petit tient le menton de la servante avec sa main gauche et regarde le lapin blanc d'un air joueur en tendant sa main droite dans sa direction. Un berger assis regarde avec distance la scène au premier plan en caressant un animal, l'une de ses brebis. Mais au tout premier plan, en bas à droite, nous pouvons observer le derrière d'un autre lapin qui sort du cadre, afin de réserver l'entière scène au coucher de soleil, dans une forêt généreuse, au lapin blanc, animal central qui contraste, et qui retient toute l'attention. Chacun prend soin de celui ou celle qu'il ou elle regarde.

La lapin dans la symbolique chrétienne, est ambivalent. Il signifie à la fois la fécondité et la luxure. Un couple de lapins dans une scène de Nativité, exalte la naissance fructifère du Messie. Un lapin placé aux pieds de Marie, évoque, par antinomie, la chasteté de la Vierge.

Bugs Bunny est un personnage américain de dessin animé, créé officiellement en 1940 dans les studios de la société Leon Schlesinger Productions (devenu plus tard Warner Bros. Cartoons). Bugs est un lièvre ou un lapin gris anthropomorphe, connu pour son caractère farceur et surtout pour sa phrase fétiche « Quoi d'neuf, docteur ? »

⌒( ´•̥ו̥` )⌒

Soulever un lièvre

Lever (ou soulever) un lièvre, est une expression qui a pour origine la chasse mais qui signifie détecter une anomalie avant les autres ou découvrir quelque chose d'important. Au premier degré, elle fait allusion au chasseur qui débusque l’animal de son terrier. Le lièvre, jusque là tapi dans son gîte, immobile, ses longues oreilles couchées sur son dos (il fait le mort), surgit tout à coup et se met à courir.
Ne serait-ce pas le message que nous souffle l’auteur de la piéta ? « Lever » le lièvre ? « Soulever » le mort ?

En grec ancien, le verbe ressusciter n’existe pas. Il est remplacé dans la Septante (Ancien Testament en langue grecque) et dans le Nouveau Testament (entièrement écrit dans cette langue) par l’expression « se relever des morts ».
Lever ou soulever un lièvre serait donc une métaphore de la résurrection.



Hokusaï


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Alchimie


Dans les mythes amérindiens, le lièvre est un héros culturel, rusé, malin, capable de vaincre plus fort que lui (ours, buffles) tenant à la fois de Robin des bois, de Peter Pan et du Trickster (farceur), ce Fripon divin dont l’universalité a été démontré par C. G. Jung, se rapproche symboliquement de Mercure, dieu des voleurs et des tricheurs, des chenapans espiègles, lui-même symbole du premier stade du Mercure des alchimistes. Tout comme l’enfant-Mercure qui deviendra Hermès, le messager des dieux, le lièvre lunaire amérindien peut se transcender en « grand lapin » ou en « grand lièvre », également intercesseur entre les hommes et le principe divin (le Grand Manitou)

(/(°∞°)\)



 

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Mofutans


Mofutan est l'un des derniers personnages créé par la société San-X. Avec leurs formes "délicieusement bizarres", ils représentent en réalité des lapins en forme de mochi (célèbre gâteau de riz japonais). La société a même proposé aux fans de leur envoyer la photo de leur(s) lapin(s) pour qu'elle puisse les illustrer en version Mofutans et les poster sur twitter.

、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ ̄(=∵=) ̄ Les mochis :


⊂((・x・))⊃
Le mochi fait partie de la grande famille des wagashis, pâtisseries traditionnelles japonaises parmi lesquelles figurent par exemple les yokans, gelées à base d’agar-agar, ainsi que les nerikiris, sculptures miniatures & comestibles. Le mochi se définit par sa composition : c’est une préparation à base de riz gluant. Il peut prendre des formes très diverses, aussi bien salées que sucrées. Toutefois, le terme « mochi » renvoie le plus souvent à l’univers pâtissier et à une texture élastique. Il peut prendre des formes variées : dango (petites boules montées en brochettes), gyuhi (mochi particulièrement mou) ou daïfuku

、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ /( =゚ェ゚=)ヽ


Les Mofutans existent en plusieurs couleurs et en plusieurs formes.
« Mofu Mofu », doux et câlins. Les lapins mochi Mofutans aiment se blottir et jouer ensemble. « Mofu » signifie moelleux en japonais. Les Mofutans sont aussi doux et extensibles que le dessert japonais Mochi, et aussi collants. Ainsi, ils se collent facilement les uns aux autres dès qu'ils se touchent. Tous les personnages Mofutans - Tomotan, Potechi, Chamu Chamu, Norimaki, Ikimonogakari - appartiennent à une race différente de lapins moelleux, mais ils font partie de la famille Mofutan et resteront donc toujours blottis ensemble.

Voir films ici et ici.


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(๑་ ༝ ༌๑)ෆ*







Art Par kiwaïda at 21:00

09/02/2018

ⓟⓞⓤⓓⓡⓔ

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Quel beau jour !














Photographies © Thejazzist & Kiwaïda

Paysage Par kiwaïda at 18:11

07/02/2018

子0‷

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Self-Portrait, Girl Scout Applying Lipstick, North Massapequa, NY, January 1975 © Meryl Meisler

Untitled Film Still, North Massapequa, NY, Thanksgiving 1976 © Meryl Meisler

Parrot Pants, Cherry Grove Fire Island, NY August 1977 © Meryl Meisler

Long Wavy Haired Blonde with Leather Pants Standing in CBGB, NY, NY, April 1978 © Meryl Meisler
  • Biographie

Meryl Meisler est né en 1951 dans le South Bronx et a grandi à North Massapequa, Long Island, NY. Inspirée par Diane Arbus et Jacques Henri Lartigue, Meryl a commencé à photographier elle-même, sa famille et ses amis tout en s'inscrivant à un cours de photographie donné par Cavalliere Ketchum à l'Université du Wisconsin à Madison. En 1975, Meryl retourne à New York et étudie avec Lisette Model, continuant à photographier sa ville natale et la ville qui l'entoure. Après avoir travaillé en tant qu'illustratrice indépendante le jour, la nuit, Meryl a fréquenté et photographié les célèbres clubs dicos de New York. Avec une bourse d'artiste de l'AECG en 1978, Meryl a créé un portfolio de photographies qui ont exploré son identité juive pour le Congrès juif américain. Après l'AECG, Meryl a commencé une carrière à 31 ans en tant que professeur d'art à l'école publique de New York.
Après avoir pris sa retraite du système scolaire public de New York en 2010, Meisler a commencé à exposer des travaux inédits. La première monographie de Meryl, A Tale of Two Cities: Disco Era Bushwick (Bizarre, 2014), a eu une bonne réception intrenationale. Le livre juxtapose les photos disco avec des images du quartier brûlé pourtant de Bushwick, Brooklyn, dans les années 1980. Son deuxième livre, Purgatory & Paradise SASSY '70 Suburbia & The City (Bizarre, 2015), met en contraste les photographies intimes de la vie à la maison sur Long Island et les photographies de la rue et de la vie nocturne de New York.

  • Quelques informations

Cette photographe américaine, dans les années 70-80, écume les discothèques et vit la nuit. elle va au Studio 54 au rythme de Donna Summers et Gloria Gaynor, avec son appareil photo au cou, un Graflex Norita. Elle sélectionne ses modèles, le coût de développement des pellicules, à l’époque est élevé.
En 1977, elle entend parler du Bushwick, à la suite du blackout. Partout dans les médias, c’est un quartier en feu, où règnent la discorde, la violence et les émeutes. Cet endroit lui fait peur, comme à beaucoup de new-yorkais. Pourtant, quelques années plus tard, elle accepte un poste d’enseignante dans une école du Bushwick. Elle photographie la ville, les habitants. Ses photographies deviennent une banque de données sur l’évolution des habitants de New York, sur les changements de mentalités, mais aussi de pouvoir faire un comparatif avant/après Blackout.
Meryl Meisler plus qu’une autre photographe a su saisir l’esprit du New-York des années 70. Ignorant la 5ème avenue et les bordures huppées de Central Park, elle s’est intéressée aux rues interlopes des boîtes de nuit de diverses sous-cultures : « CNBG » pour les Punks, « Studio 54 » pour le disco et clubs extrémistes pré-Sida. Mais avant de se « perdre » dans ces lieux de stupre et de fornications l’artiste s’est intéressée à sa banlieue natale : Long Island, Massapequa – nommée « Matzoh Pizza » pour la présence majoritaire des familles juives et italiennes. Elle y fit plus que ses classes. D’abord dans des autoportraits dégingandés puis en shootant sa famille et des voisins.
Ayant grandi à Long Island dans les années 1950 et 1960, Meryl Meisler avait la vie de banlieue typique: scouts, cours de ballet et de claquettes, et bal. Mais, bien qu'elle aimait sa famille et ses amis, elle ne s'y sentait pas très bien. Elle s'est vite rendu compte qu'elle ne voulait pas être une ménagère, une enseignante, une infirmière ou une secrétaire - à peu près les seules options disponibles pour les jeunes femmes. Lorsque Meisler a atteint sa majorité, elle a commencé à découvrir sa sexualité en tant que lesbienne ainsi que son identité en tant qu'artiste. "La photographie est dans mes gènes", a déclaré Meisler. Son grand-père paternel, Murray Meisler, son oncle Al et son père Jack avaient tous été des praticiens de l'art pendant toute leur vie. Meisler a obtenu son premier appareil photo jeune, mais ce n'est que lorsqu'elle s'est inscrite à l'Université du Wisconsin à Madison au milieu des années 1970 qu'elle a appris sérieusement l'art en poursuivant une maîtrise en art. Pendant les vacances scolaires, elle est retournée dans sa maison d'enfance, où elle a organisé une série d'autoportraits qui ont examiné son passé, son présent et son avenir. À ce stade, Meisler n'avait pas entendu parler de Cindy Sherman, mais elle avait le même instinct. Elle a cherché à examiner la construction du genre féminin, de ses rituels à ses poses à ses personnalités.
Souvent restée dans l'ombre, son travail est revisité et exposé aujourd'hui. On la découvre.

Ses livres :

A Tale of Two Cities: Disco Era Bushwick et Purgatory & Paradise SASSY ’70s Suburbia & The City
sur The Strand  et  Amazon

  • Meryl Meisler m'a écrit un petit mot sympathique au sujet de mon blog, échanges états-uniens et insulaires.
    So magic and beau-bizarre ;.)

Art Par kiwaïda at 23:56

06/02/2018

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Photographies © Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 23:25

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