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blog m kiwaïda

19/01/2020

Ш∀ℛ∀ ∀ℝ✝

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Wara art festival

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Photographie ©  Sonia Marques

Parfois on perd, parfois on trouve, dans le même temps...


Art Par kiwaïda at 18:09

17/01/2020

ℒÅ ÐѺℵℵ∀ ℙℑṲ’ ℬ∃ḺℒŠЀḺ ℳѺИḎѺ

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Piero Fornasetti est un graveur et un décorateur d’intérieur d’origine italienne. Né le 10 novembre 1913 à Milan en Italie, il étudie à l’académie d’art de Brera dont il se fait expulser. Il se fait ensuite expulsé du pays tout entier durant la Seconde Guerre mondiale et se développe en tant qu’artiste en Suisse. Fornasetti est connu pour son éventail de motifs fantaisistes comme le soleil, la lune, des cartes à jouer, des animaux et d’autres imageries surréalistes. Il est surtout connu pour le visage de la chanteuse d’opéra Lina Cavalieri, qu’il crée à travers de nombreuses œuvres, notamment une série de 350 assiettes individuelles. La plupart des pièces de l’artiste sont réalisées en noir et blanc, pour un nombre total de dizaines de milliers. Le design intérieur est un de ses autres talents ; il crée des objets fantaisistes comme des porte-parapluies, des commodes et des pièces remplies à l’instar de la « Suite Zodiac » du casino de San Remo dont les murs sont recouverts des créatures du zodiaque. En 1959, Fornasetti reçoit un prix Neiman Marcus pour ses « services rendus dans le domaine de la mode ». ll meurt le 9 octobre à Milan en Italie.

Piero Fornasetti, Uccelli, épreuve d’impression, couleur sur papier, projet pour un foulard de soie, 1950

Le monde enchanté de Piero Fornasetti : Enfant, Piero Fornasetti avait fait de sa chambre le centre de son imaginaire, dessinant et peignant sur les murs et au plafond des machines volantes et des figures en trompe-l’œil. Ce monde merveilleux, nourri d’images venues des siècles passés, a fini par constituer une œuvre multiple et singulière, un décor aux mille facettes. Un univers. Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Brera, à Milan, brutalement interrompues pour cause d’indiscipline, Fornasetti fonde une imprimerie d’art. Il édite non seulement ses propres dessins mais aussi les œuvres d’artistes comme Carlo Carrà, Giorgio De Chirico, Lucio Fontana ou Marino Marini. Remarqué par Gio Ponti en 1933, à la Triennale de Milan où il présente ses foulards imprimés, Fornasetti devient le complice de l’architecte. À partir de 1940, ils réalisent ensemble meubles et décors, des fresques du Palazzo Bo (Padoue, 1942) aux cabines et salons du paquebot Andrea Doria (1952).

Astuces des graveurs :Né de sa fascination pour les livres à gravures, l’art de Fornasetti consiste à plaquer sur des formes modernes un répertoire issu de gravures anciennes. Architectures classiques, vases antiques, poissons, flacons de parfumeries, personnages divers, planches de botanique, tous ces motifs sont agrandis, multipliés, recadrés de manière inattendue ou cocasse, imprimés en lithographie puis collés sur l’objet à décorer, du célèbre cabinet Architettura (1951) aux petits meubles, porte-parapluies ou plateaux. Sérigraphiés, ces décors sont également appliqués sur le verre, le tissu, la porcelaine. Le génie de Fornasetti est d’avoir créé des objets d’un modernisme intemporel en les couvrant d’éléments décoratifs désuets. L’agrandissement des images laisse apparaître les trucs des graveurs anciens, les hachures, les pointillés. Ce vocabulaire graphique au service d’une représentation illusionniste devient, sous la loupe du créateur, un langage graphique en soi, une marque de fabrique. La grande réussite de l’exposition des Arts décoratifs réside incontestablement dans la mise en scène de l’accumulation, dans la présentation de séries vertigineuses, confrontées aux dessins et aux peintures de Fornasetti, à sa documentation. Aucun domaine n’échappe au facétieux créateur, de l’affiche publicitaire à la mode et au décor de théâtre. Jadis enfermées dans les livres, les images sagement didactiques ont pris le pouvoir et envahissent le monde, avec une allégresse teintée d’ironie. Elles colonisent les intérieurs modernistes des années 40 et 50, dans un superbe pied-de-nez au purisme. Fornasetti signe le retour massif de l’ornement à une époque qui croyait s’en être débarrassée à jamais. Mais son décor parfaitement lisse ne vient jamais troubler les surfaces qu’il habille, qu’elles soient de bois, de verre, de papier ou de porcelaine. Et ses trompe-l’œil ne trompent personne. Qu’il s’agisse de biscuits disposés sur un napperon en dentelle ou d’une Vénus antique ornant une feuille de paravent, ils exhibent le jeu des hachures et des pointillés des vieux maîtres de l’estampe. Fornasetti est un illusionniste qui captive son public en lui révélant les dessous de ses tours de magie. Superbe livre-objet, le catalogue reflète cette foisonnante inventivité. Saisi par le vertige de ces images multipliées, le visiteur sort de l’exposition hanté par un regard qui hanta Fornasetti lui-même :  elui de la cantatrice Lina Cavalieri, beauté fatale des années 1910-1920. Ses grands yeux impénétrables ornent des centaines d’assiettes, de cendriers et d’objets divers…

(Article dans Connaisance des Arts pour l'exposition de 2015 aux Arts Décoratifs de Paris)




La cantatrice Lina Cavalieri, beauté fatale des années 1910-1920







Et bien c'est lui !














Je l'ai découvert dans les années 90, alors que j'étudiais à l’École supérieure des arts appliqués Duperré, le design et la mode, le graphisme, à Paris... Dans laquelle j'ai poursuivi mes études 4 années jusqu'au diplôme supérieure des arts appliqués. En feuilletant des livres à la bibliothèque, et puis nous avions des enseignants cultivés qui nous enseignaient une période très féconde et créative en Italie. Je garde de merveilleux souvenirs de ces études, si précieuses, peut-être même plus formatrices que celles de l'école des beaux-arts de Paris, où entrent en jeux des phénomènes de pressions et de dominations masculines, et des jalousies féminines, avec lesquelles il faut soit se battre soit, les ignorer, soit se soumettre, mais cela n'aide pas à se concentrer pour étudier. Toutes les écoles des beaux-arts sont restées murées dans cet immobilisme. Aux arts appliqués, peut-être y avait-il plusieurs femmes et les designers hommes ou artistes plasticiens étaient respectueux, même si les esthétiques n'étaient pas du tout dogmatiques ou univoques. Peut-être est-ce aussi le lieu, mes découvertes, mes amis, la liberté de créer et d'inventer, sans autorité institutionnelle. La figure n'était pas interdite, et nous faisions de la peinture, le mot même de "l'art contemporain" n'était pas martelé dans nos têtes, et nous étions aussi avides de connaître des mouvements comme l'art brut, l’expressionnisme, les arts naïfs, la culture de la mode à travers des ethnies si éloignées, des tribus ancestrales, l'art minimal, tout ce qui était mou, ou vertical, ou le land art, un tas de choses comme l'art pauvre, celui d'Afrique et la musique, des instruments hybrides, les défilés de mode, les tendances, les motifs, les couleurs, tout était intense, joyeux, très créatif, sans arrêt, il n'y avait aucune barrière à produire des formes en volume, des dessins, je dessinais beaucoup, il n'y avait aucune pression ou difficulté liée à des partis politiques, comme nous pouvons en rencontrer dans les écoles des beaux-arts avec des revendications et des violences du côté de celles et ceux qui n'étaient pas doués pour créer, ils se tournaient vers l'activisme, quelque chose d'assez moche en fait, sans culture, mais juste l'envie d'être révolutionnaires, de quoi ? Et là, je découvre que Fornasetti avait également réalisé un cahier main. Moi aussi j'en ai fait, mais je ne savais pas qu'il avait réalisé des almanachs. Ces livres se vendent une fortune. Une enseignante, designer, m'avait demandé d'emprunter mon album de dessins réalisé et dessinés. Elle était partie avec, avait fait toute l'école pour faire des photocopies couleurs. À l'époque c'était très coûteux, personne ne pouvait en faire, que des photocopies en noir et blanc. D'ailleurs mes collages étaient en noir et blanc puis coloriés en couleur, avec des feutres et des crayons. Elle s'était fait un paquet pour elle, c'était pour elle. Elle jalousait mes albums. J'ai bien cru qu'elle allait les garder. Elle n'était pas méchante, mais j'avais perçu là une envie très forte. Alors que je ne savais même pas que c'était si bien, ce que je réalisais. Je ne le mesurais même pas avec son geste de prédation. C'est toujours ainsi, il en a toujours été ainsi. On ne peut dérober l'idée, l'esprit, la facture, le geste. Mon mémoire se nommait : l'énergie du geste. C'était aussi liée à la danse contemporaine que je découvrais, danseuse et scénographe. Cette époque est très lumineuse dans mes souvenirs, je parcourais de longs kilomètres à pieds pour étudier, et j'avais la soif d'apprendre, car nos enseignants étaient excellents, et ils s'entendaient tous très bien. C'était une élite, mais modeste, nous étions sélectionnés, mais peut-être aussi pour nos talents mais aussi parce que nous ne savions pas que nous avions un truc en plus, pour notre modestie aussi, pour notre capacité à travailler en équipe, à se stimuler. Les écoles des beaux-arts recrutent sur de tous autres critères, qui ne sont pas ceux de la modestie, mais la prétention et la prédation sont des facteurs qui sont à l'image des enseignants. Lorsque notre parcours vient d'ailleurs, on peut remarquer ces différences, et avoir une bonne distance, voire rire de la médiocrité et fuir les lubriques.
Fornasetti arrive à point dans mes souvenirs, car ces yeux et cette beauté, de la plus belle femme du monde, cette cantatrice qui sera aussi l'inspiratrice d'un film, où l'actrice italienne Gina Lolobrigida joua son rôle, restent des motifs très graphiques où la trame du noir et du blanc, est toujours remarquée et copiée à l'infini. Lui aussi, on voulait prendre ses dessins, et Fornasetti a lui aussi, désiré prendre le regard de sa plus belle femme du monde. Il l'a représentée. Ces jours-ci, on oublie tout de ce que la création fabrique, l'inspiration, ce qui subjugue, ce qui est sublimé, fantasmé, ce qui devient icône. On détruit les icônes, car on n'a plus de culture, on ne sait d'où viennent les choses, ce qui apparaît et on ne veut plus les voir, on les voile ou on les viole. Chez mes camarades, élèves et étudiants, je percevais souvent les manques de culture, la difficulté de dessiner, et puis parfois l'ennui, la jalousie, le dépits, l'envie. Cela ne fait pas forcément de bons artistes, ni de bons enseignants, pourtant on les retrouve en majorité enseigner et parfois même diriger des écoles. Que s'est-il passé en France pour que la beauté soit si voilée ou violée, avec violence ? Pour que l'on ne reconnaisse plus les œuvres et que l'on ne sache plus ni lire les images, ni les commenter ? Ne nous reste qu'un flux de police et d'attirance pour cette violence, et de médiocres groupes, qui se disent si éthiques, que la communauté et la participation sont  devenues autant de langues de bois pour accéder à un piètre pouvoir, que le sensible est rejeté, c'est-à-dire, que rien ne s'imprime plus.
Heureux sont celles et ceux, même sans avoir étudié en art, qui, par leur bon sens, et leur intelligence, peuvent encore discerner et admirer des œuvres, des écrits, doués d'imagination et de ce qui fait de nous des êtres humains, gracieux, éloquents, facétieux, dubitatifs, songeurs, paisibles, émerveillés, curieux, paresseux, nonchalants, résistants, troublants, endormis, vaillants,mystérieux, fantaisistes, informes, magiciens, volubiles, bavards et silencieux à la fois, secrets et spirituels, âpres, acétiques, économes et généreux, fous et savants, génies de personne et nul part, au monde, partout, et pour toujours.
La délation est en vogue, le lynchage, rien de bon, la volonté de bloquer, bloquer sans arrêt, interrompre, séparer, diviser, au nom de la solidarité, belle langue de bois, que de massacre de notre langue et de notre culture. Mon pays est en dépression au dessus du jardin, les français s'égarent et ne se reconnaissent plus, ils méprisent leur passé, leur histoire, et veulent s'en débarrasser à coup de justice, à coup de saisie, au régime sans sel, des gagnes petits sans visions, sans expression, mécaniques, ils volent la vedette aux robots, leur intelligence est devenue un artifice de mauvaise rumeurs, de bêtises et de murmures suicidaires. Des sabotages de nos vécus aux sabotages de notre avenir. Celles et ceux, plutôt celles, elles ont mon âge, sont aux abonnées absentes ou très consentantes, elles répètent et se taisent, ne répondent pas aux appels, mais se chargent de communiquer. C'est schizophrénique. D'un côté on veut montrer qu'on est féministe, qu'on est pour l'égalité, de l'autre, on est incapable d'énoncer un seul mot à ses comparses qui sont démunies, ou affaiblies par tant d'ignorance. Quelles ont été les éducations de ces personnes pour faire la morale et juger les unes et les autres et les dessaisir de leur passion, de leur souhait d'apprendre à apprendre ? Comment ce pays a-t-il pu former autant de décideurs, et décideuses très décidées à décider, qui ne savent pas qu'elles oppriment au nom de leur soumission aux communications héroïques. Point de héros, ni même éros, ni même une arme et des larmes, rien, c'est comme le pouvoir unilatéral de la sidération, une emprise telle, que personne n'ose plus bouger. Quel étrange sensation, celle de ne pas pouvoir articuler. Il y a comme un labeur à la réflexion, il choisi la facilité, et tape sur la gamelle, sur la femme ou l'homme, afin que la purée tombe dans l'écuelle. Chacun grappille sa portion individuelle, au nom d'une solidarité soliloque, un troupeau qui préfère couper ses membres que de les guider faire des réserves et s'assurer que tout le monde va bien.
Il y a eu des excès, des abus, et les "ok boomers" pleuvent, pourtant nous ne sommes pas au pays des "snowflakes", mais bien dans un pays où longtemps, les enfants et les femmes n'étaient pas entendus et servaient d'esclaves ou de manne à la prostitution, même couverte par des héritiers aux hautes fonctions de responsabilités. On s'étonne des plaintes dissonantes et tardives et vieillissantes, c'est qu'elles n'ont pas eu le temps de la maturité que toute personne ayant le beau rôle se fraye dans l'écriture, les médias, le politique et les arts, le sport, les religions. Alors une chaotique brume, chaque matin, s'essaie à dire. Quelles confusions ! Quels retards ! Les plus jeunes, déjà plus jeunes font le procès aux plus vieux : ils ne vivront pas dans leurs us et coutumes, sans emploi et sans miroir, caméra male-gaze. C'est la bataille à qui va copier ce regard, répéter celui-ci, hélas, des féministes, déjà, espèrent trouver la même place et s'évertuent à distribuer les bons et les mauvais points. Nous assistons alors à l'immaturité au pouvoir, comme la maîtresse qui se donne aux male-gaze pour excuser son mari, mauvais président. Quel bordel ! Tous au chômage du bon sens.
C'est un répétitif refrain, c'est une rengaine, chacun, répète ce que l'autre dit, en boucle, c'est comme si plus personne ne pouvait penser ni même avoir un point de vue différent. C'est une sorte de danse macabre, aux défilés de drapeau rouge, de comptes, de statistiques de sociologie mal dégrossie, de fiertés si mal placées.
Quel sale temps !

Heureusement, j'ai vu de superbes créatrices très inspirés de Fornasetti, qui sont autonomes, mais complètement invisibles. C'est peut-être mieux ainsi. Elles risqueraient d'être récupérées pour illustrer des drapeaux et des affichent pour des blocages et des violences, à leur insu. L'art se fait rare.
Mais oui la création est toujours là, mais elle est dans l'obligation de cacher sa joie, de replier ses connaissances, de faire des réserves, c'est la guerre des ignorants, nous entrons dans l'ère caverneuse du rase moquette.
Ambiance.

Art Par kiwaïda at 02:41

14/01/2020

ℯη⊥яℯ ʟ❝ℑηⅾґε ℮☂ ℓ℮ ☾нεґ

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Nous étions garés là au numéro 7 : les timorés.

Où sont ces courageux du Cher ? Chère école d'art ? Les indignés, les syndicalistes, les grévistes, les écologistes, les féministes, les anarchistes, les artistes ? Tous ces ISTES ? Ne serait-ce que des bourgeois calfeutrés à Bourges, avec leurs images contre les policiers, pour toutes les ZAD, contre et contre et contre... Mais en fait, nul part, le courage, nul part. Le train train, avec ou sans train, refrain quotidien, zones privilégiées, confort rétro-viseur. Regarder, ne rien dire, ne pas voir, mais la délation... Toujours. L'imprévu est arrivé. Adieux timorés.

Berbères, marocains, algériens, années 50-60-70, broches de nacres et porte-bonheur cœur rose, la vie qui bat et qui s'arrête de battre. À la recherche de l'oasis, dans un désert d'amour et de dunes, aux tortures de sables mouvants et des maladies de mouches. Les gazelles en fuite car les cornes, je me souviens, artistes berruyers et berruyères encornés, qu'un correcteur informatique remplace par serruriers, parce qu'ils ont perdu les clés de la sincérité. Travestir la vérité et inventer des rumeurs, afin de fermer les portes à clés et qu'aucune joie ne souffle sa fantaisie. Aux militaires l'organisation, aux marais, les noyés sur fond d'explosions nostalgiques de guerres jamais déclarées. Le racisme file doux, on ne l'entend pas vous rejeter Cher Bourges, aux rives des silencieux des croches pattes ivres et rougeâtres, mais au trans punk politiquement correct.

Adieux le Cher, bonjour l'Indre. Une visite au hasard : « Je pense donc je suis » de l'artiste Paul Bonnin, à l’école municipale des Beaux-Arts de Châteauroux. Nous quittions Bourges, l'artiste fut diplômé de l'école des serruriers, mais non, des bourgeois, mais non, des cornes, mais non des manipulateurs de wikipédia... Les rois sont nus et les reines se prennent pour la crème des crâneuses en chiant sur les vieux art press. Qu'est-ce qu'ils écrivent mal...

Qui se souvient de lui ? Qui se souvient de moi ? Nous voici réunis par le plus grand des hasards, et celui-ci se nomme René, né une seconde fois. Persévérants, logiques et intelligents, ils sont efficaces, les Renatus. Réfléchis et raisonnables, ils ne prennent pas de décisions à la légère. Cent ans de réflexion. Qu'est-ce que le désert ?

RENATUS

Photographies de l’œuvre "Chaînon manquant" de Paul Bonnin

Photographie de sa documentation

Photographies de l’œuvre "Albinos" de Paul Bonnin

Vue de« l'exposition " Je pense donc je suis" de l'artiste Paul Bonnin, à l’école municipale des Beaux-Arts de Châteauroux

cogito ergo sum

Le vernissage allait se dérouler le soir, pendant que je discutais avec l'artiste, quelques interférences se sont produites, comme autant de bruits et de parasites. Les essais du micro pour la présentation du soir, un ancien enseignant interrompant notre échange, des visiteurs et visiteuses... Cela ne nous a pas empêché de continuer le lien de la conversation. Oui, car comme l'exprime si bien le titre, nous pensons, donc nous sommes. Descartes savait déjà supposer qu'un malin génie pouvait nous empêcher de penser, si nous nous arrêtions à ce que nous percevons, nous entendons, nous répétons :

“Je supposerai donc qu’un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, a employé toute son industrie à me tromper; je penserai que le ciel, l’air, la terre, les couleurs, les figures, les sons, et toutes les autres choses extérieures , ne sont rien que des illusions et rêverie dont il s’est servi pour tendre des pièges à ma crédulité; je me considérerai moi-même comme n’ayant point de mains, point d’yeux, point de chair , point de sang ; comme n’ayant aucun sens , mais croyant faussement avoir toutes ces choses; je demeurerai obstinément attaché à cette pensée ; et si, par ce moyen, il n’est pas en mon pouvoir de parvenir à la connaissance d’aucune vérité, à tout le moins il est en ma puissance de suspendre mon jugement : c’est pourquoi je prendrai garde soigneusement de ne recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce grand trompeur , que, pour puissant et rusé qu’il soit, il ne me pourra jamais rien imposer“

Sans évoquer sa pathologie, l'artiste est atteint de mucopolysaccharidoses, une maladie génétique dégénérative qui le contraint à se déplacer essentiellement en fauteuil roulant, je demandais si je pouvais photographier 2 de ses céramiques et quelles étaient leurs noms. "Chaînon manquant", une bête entre caniche et sirène et "l'Albinos" sont venus me dire bonjour. J'étais loin de savoir que nous aurions pu nous croiser à l'école supérieure des beaux-arts de Bourges, chassé-croisé au milieu de tant de courageux...

Ainsi, de ce périple, et nos échanges, je réfléchissais à la connexion entre la monstruosité et la beauté.

La peur que suscitent ces 2 entités phénoménologiques, le rejet, la haine, la cruauté, la jalousie, l'envie, le dégoût...

Pierre Ancet, (dans son livre : Phénoménologie  des  corps  monstrueux, 2006.) écrit :

Le monstre met en péril la confiance que nous avons placée en la régularité de la forme humaine, cette confiance qui nous empêche d’envisager une déformation trop impressionnante de notre propre corps ou de ceux des autres. La monstruosité va trop loin dans la plasticité du corps pour les capacités de tolérance de l’observateur, il se protège donc en portant ce jugement qui le nie dans son humanité : « c’est un monstre » (quand bien même il est évident pour tout le monde qu’il est un être humain avant tout). La condamnation de l’autre permet à peu de frais de se protéger soi-même contre une trop grande proximité. Sans être dite, cette même idée de monstre peut être suscitée par le grand handicap physique ou le polyhandicap. L’atteinte du visage est tout particulièrement frappante. Mais là encore, nous le nions : dans le discours commun, le monstre n’existe pas, il n’y a que des personnes. Nous sommes tous égaux. N’en parlons plus. Et le silence se substitue à l’effort de verbalisation. La bonne conscience peut elle aussi être redoutable. Elle peut condamner par avance tout effort pour comprendre l’origine des représentations associées au corps monstrueux, pour dévoiler ses propres craintes, ses propres tendances au recul, masquées sous le rappel forcé des principes moraux.


Je pensais à ce qui repousse et attire, et comment repousse-t-on une personne qui nous attire ? J'ai vécu cela, sans comprendre ce que cela signifiait, mais entre la saleté et la sexualité il n'y a qu'un pas, un pas d'un passé que j'ignore et dont j'ai été, un moment, le réceptacle, seul miroir de l'histoire d'une femme qui souffre. Le rejet s'effectue alors à l'insu de la personne qui souffre, elle n'ose s'avouer son désir envers l'autre, et cet autre devient un repoussoir qu'il faut rejeter hors du monde. Cette sorte d'accouchement involontaire ou d'avortement avant que le désir ne s'affiche, permet à la personne souffrante de ne pas ressentir sa souffrance. Et pour s'en convaincre, elle doit convaincre le groupe où elle se manifeste, c'est-à-dire, la communauté même qui avait vécu sans se soucier des vices cachés de la personne souffrante. Pour convaincre, il faut user de la langue de la communauté, il est interdit d'interdire, mais il faut interdire sans le dire, c'est-à-dire : au nom de la liberté d'expression. Priver l'expression du non-dit, c'est avorter du désir, avant qu'il naisse aux yeux de tous. Et comme le désir était déjà là, avant la souffrance, la communauté est témoin du vice, toute la communauté est sommée de se taire. Et par ce seul secret, elle devient communautaire. Taire.

Le  désir  que  cet  être  difforme  pourrait  avoir  pour  moi,  ou
pire, que je pourrais éprouver pour lui, est selon la psychanalyste
Simone  Sausse  l’une  des  grandes  peurs  associée  à  la  figure  du
monstre viable. La sexualité est en effet un lieu où l’étrangeté peut
être attirante (ne serait-ce que par l’étrangeté des organes de l’autre
sexe).  Mais  cette  attirance  pour  l’étrange  doit  rester  cachée.
Qu’elle  appartienne  à  notre  sexualité,  qu’elle  soit  partie  prenante
de  notre  désir,  voici  qui  est  aussi  inavouable  qu’inacceptable.  Et
pourtant, ce qui est repoussant peut aussi attirer, voire séduire.
Voilà  pourquoi  les  images  apparemment  valorisantes  des
portraits  de  famille  deviennent  grâce  aux  monstres  l’envers  exact
de  ce  qu’elles  sont  censées  être :  elles  sont  une  exhibition  de  la
différence. L’image permet de regarder à loisir cette scène étrangement 
inquiétante,  avec  l’excuse  de  valoriser  l’individu  et  son
intégration  sociale  réussie.  Ce  recul  historique  nous  permet  de
réfléchir aux formes contemporaines d’exhibition du handicap. La
frontière  est  ténue  entre  le  voyeurisme  et  le  fait  de  montrer  la
différence dans le but de la rendre acceptable.

(Pierre Ancet)



Ce que je percevais des lâches, c'était leur facultés mentales de la délation. Elle était rapide, et irrévocable, au seul doigt levé. Non pas que tous ne voyaient pas la lune et seulement le doigt, mais qu'ils se pensaient ainsi tous cachés derrière un doigt levé, pointé vers autrui. Cette faculté historique, laissait feutrés et calfeutrés, les uns et les unes et les autres, attendant qu'un doigt se lève et pointe l'ahuri, le désinvolte, le négligeant, le distrait, le rêveur, le paresseux, le naïf, le brut, le figurant, tout ce que l'art nous permet, lorsque l'on est artiste, d'être, afin de créer. Si la création disparaît peu à peu, c'est qu'elle est jugée, elle ne peut plus figurer, elle doit se draper, ne plus se montrer, monstrueuse, si belle et si intelligente, si rusée, que les philistins prirent peur, et rejetèrent ce dont ils n'avaient guère l’appréhension, sensible.

La question de la nature du monstre n'est donc pas à entendre dans un sens métaphysique. Elle n'est pas qu'est-ce que ?, mais plutôt qu'est-ce que c'est que ça ? : ça, cette chose que j'ai sous le regard, ici et maintenant. Elle formule une interrogation pratique qui nous met en quête d'autrui, de cette trace de notre propre corps qui est un constituant fondamental de notre perception. Percevoir autrui, c'est pouvoir se repérer dans son propre corps, ressentir ses actions possibles comme de l'intérieur, d'une manière beaucoup plus profonde que dans une simple projection de soi sur l'autre. Autrui est toujours déjà donné, y compris dans la manière dont nous nous rapportons à notre propre corps. La correspondance entre le corps d'autrui et le mien n'a pas à être constatée : elle est vécue avant d'être constatée. Elle se vit sur le mode d'une correspondance entre ses actions et mes actions possibles (réelles ou imaginaires, puisque je peux sentir cette correspondance en suivant les actes d'un sportif de haut niveau). Dans ce cadre, la forme précise du corps importe moins que l'ensemble des actions possibles . Ainsi Merleau-Ponty ne parle jamais directement de la saisie de la forme corporelle de l'autre dans la Phénoménologie de la perception, mais du corps propre, comme moyen d'appropriation du monde et d'autrui, saisi à travers son action et son dessein plus que sa forme.

Je pensais à cette forme de cet oiseau pataud en terre noire, d'un gris profond que j'ai formé les lendemains d'un incendie qui a mis en péril nos vie. J'apprenais les jours suivants une révélation qui changea ma compréhension, toute une défiance disparue, la lune enfin dévoilée, plus besoin de voir et d'être vue, puisque le précieux fut reconnu. Si la communication se veut sauver les plus faibles et les plus pauvres, si elle revêt le costume du parfait gauchiste, du gilet jaune, ou de l'écharpe rouge, si les filles sont aussi serveuses en boîte de nuits qu'aux directions des écoles d'art, nous sommes bien là devant des incendiaires, d'une volonté qui n'est ni courageuse ni une évolution, mais un masque terrifiant sous la bienséance, une nouvelle vilénie qui n'a d'opportunités que les amertumes d'un passé inassouvis. Ces interdits d'interdire et ces désirs d'importuner l'autre toujours plus, comme si l'autre était l'objet, l'étranger toujours, le monstre à jamais, que l'on montre du doigt, afin qu'il devienne l'immonde, jugé par tous dans un instant de folie pure, de terreur, nous sommes bien là devant un nouveau diktat, qui a tout l'apparence de la liberté, et qui cache les vices les plus vils. Si l'on te nomme le monstre, c'est que les désignants ne savent ni dessiner ni désigner la lune. Si l'on te conspue, aussi vite que l'éclair, sans que tu ne puisses sentir la foudre, c'est que ton corps est si répugnant, si monstrueux et beau, ton intelligence déforme la réalité crasse des désignants. Tu es chosifié, mais tu sais que tu es sujet, qu'il échappe à l'entendement des mortels déjà morts sans avoir été cette feuille sensible où s'imprime le ténu, le temps, le vide, l'ennui et le manque, et que c'est par ton ouverture d'esprit que la liberté de penser passe dans ton corps et ton esprit.

Pourquoi les vielles personnes sont-elles rejetées de notre société ? Pourquoi ces vielles personnes détournent-elles leurs regard ? Pourquoi les jeunes personnes sont-elles violées par notre société ? Pourquoi les jeunes personnes détournent-elles le regard ? Pourquoi le regard disparaît ? Pourquoi ne dit-on plus bonjour ? Pourquoi part-on sans rien dire, ni au revoir ? Parce que seuls les corps parlent et disent adieux, même en fauteuil roulant, parce que seules nos pensées se rejoignent lorsque le même sentiment d'injustice s’égare, lorsque ce même espoir d'être compris se conjugue à l'instant : cela nous regarde.

Renatus, Repose en paix.

Pourquoi alors, la beauté se voile ?

Parce que la bêtise viole. Pourquoi les autorités se cachent derrière les indignés ou les policiers, parce qu'elles rejettent ce qu'elles sont, elles ne pensent plus, elles ne sont plus. Elles ont la fièvre.

La pudeur de se dire au revoir, comme baisser le regard au croisement d'un regard.

Et puis l'humour est arrivé d'un bateau d'Australie...

"Je pouvais me faire cueillir au moindre faut geste au moindre soupir. Il fallait faire très attention à la sécuritate. La sécuritate ramassait tout ce qui bougeait. Je me souviens les agents de la sécuritate de l'époque étaient tout en noir. Ils avaient des lunettes noires, des costumes, des chaussures et des voitures noires. Pour ressembler à l'ombre noire du pouvoir. Le rêve du dictateur de l'époque, c'était d'avoir un agent de la sécuritate par habitant. C'est-à-dire que la moitié de la population va surveiller l'autre moitié. Et vice-versa. Tu as fini de me surveiller, c'est à mon tour. Dans toute dictature, tout citoyen est présumé coupable tant qu'il n'a pas prouvé qu'il est innocent. Ce qui fait que les agents de la sécuritate circulent par millier au milieu de la population et ils ramassent n'importe qui au hasard, des échantillons de citoyens et ils les torturent pour voir s'ils sont innocents. Un gars de mon quartier a été emmené pendant 6 mois. Il a été torturé, comme il était innocent, il a été relâché, 3 jours après ils lui ont envoyé la facture pour rembourser l'électricité qu'il avait consommé durant les séances de… torture. Et en plus de cela il avait remboursé 14 matraques qu'il avait cassé avec son dos. Dans le procès verbal, c'était marqué : Pour détérioration, pour détournement de matériel de l'État à destination collective."

Extrait de Mohamed FELLAG - Un bateau pour l'Australie(spectacle complet)
Mohamed Saïd Fellag, de son vrai nom Muhand Fella, est né le 31 mars 1950 à Azeffoun, Kabylie, en Algérie est un acteur, humoriste et écrivain algérien. En 1991, Babor Australia est créé en kabyle, puis joué en arabe algérien à Paris. Au théâtre de l'Europe en 1992, il est joué alternativement en kabyle et en arabe algérien. Babor Australia, actualisé en Un bateau pour l'Australie en 2002, est basé sur une rumeur, évoquant l'arrivée prochaine à Alger d'un bateau australien supposé emmener des chômeurs pour leur procurer là-bas emploi et logement, qui provoqua une file d'attente devant l'ambassade d'Australie.

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OPALE A ENVOYÉ SES VŒUX EN AUSTRALIE EN FEU

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Photographies © Sonia Marques

Enseignement Par kiwaïda at 23:37

13/01/2020

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Jules BLANCPAIN (Villeret 1860 - Suisse 1914)
Mnounech - Biskra
- 1902
41 x 62 cm

Antoine GADAN (1854 -1934)
Bergère à Siraïdi, sur les hauteurs de Bône (Annaba),
Algérie ou Matinée de printemps à Bône

55 x 100 cm

Antoine GADAN (1854-1934)
Matinée dans les dunes, golfe de Bône
75 x 130 cm

La famille Gadan se fixa à Bône en 1886, Antoine Gadan explore la campagne bônoise mais aussi l'Aurès et le Sud algérien.
Il n'expose que rarement à Alger, et préfère rester à l'écart du milieu artistique. Un certain nombre de ses œuvres est conservé au musée de la Wilaya de Constantine.

Antoine GADAN (1854-1934)
Femmes et enfants sur une terrasse à Biskra, 1908


Eugène Alexis GIRARDET (1853-1907)

Sur le chemin du marché

Issu d'une famille suisse huguenote, Eugène Girardet est le fils du graveur Paul Girardet (1821-1893), et le frère des peintres Jules Girardet et Léon Girardet. Il étudie à l’École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Jean-Léon Gérôme (1824-1904). Gérôme l’incite à visiter l’Afrique du Nord dès 1874, notamment le Maroc, mais aussi la Tunisie ou encore l’Espagne. Il effectue huit séjours en Algérie à partir de 1879, essentiellement dans le Sud aux alentours des oasis de Biskra, Bou Saâda et El Kantara où il rencontre Étienne Dinet. En 1898, il se rend en Égypte et en Palestine. Il représente des scènes de la vie nomade ou du désert. Son œuvre est influencée par la lumière et l’atmosphère de l’Orient.

Eugène Alexis GIRARDET (1853-1907)
L'OUED À EL-KANTARA
- 1903

Eugène Alexis GIRARDET (1853-1907)
Une rue au clair de lune en Afrique du Nord

Marie AiméeLUCAS-ROBIQUET (1864 - 1959)
Récolte des dattes à Touggourt
 31 x 45,5 cm

Marie Lucas-Robiquet, née Marie Élisabeth Aimée Robiquet, à Avranches le 17 octobre 1858, morte à Saint-Raphaël (Var) le 21 décembre 1959, est une peintre française. Marie Lucas-Robiquet est la fille d'Henri Sébastien Robiquet, percepteur, officier de marine à la retraite, né à Lorient, et d'Honorine Aimée Doublet, de La Chapelle-en-Juger (commune déléguée de Thèreval depuis le 1er janvier 2016)1. Ne pouvant pas entrer à l'École nationale supérieure des beaux-arts en raison de son genre, elle suit une formation auprès de Félix-Joseph Barrias. Elle épouse le 24 septembre 1891 à Paris Maurice-Édouard-Louis-Henri Lucas1, membre de l'armée coloniale française en Algérie, qu'elle rejoint à Constantine. Celui-ci meurt en 1895, alors que le couple n'a pas d'enfant. Elle expose au Salon à partir de 1892. Elle séjourne en Amérique de 1914 à 1918 et fait de nombreux portraits à New York et à Chicago. La première partie de sa carrière, de 1880 à 1890, est consacrée aux portraits de personnalités françaises ; ensuite, de 1891 à 1909, sa production est essentiellement orientaliste ; enfin, de 1910 à la fin de sa vie, elle se consacre à la peinture de genre française et bretonne.


A. Maure, Vieux Biskra, c. 1875, Coll. GD

Auguste MAURE (1840-1907)
Auguste Maure fonde à Biskra dans les années 1860 le studio Photographie Saharienne. En 1870, il devient propriétaire à Biskra d'un immeuble au 33 de la rue Berthe. Il y installe le studio qui restera en activité jusque dans les années 1940. Auguste est à l'origine de nombreux clichés illustrant des quartiers, des monuments, des paysages ou des scènes de vie de Biskra et de ses environs (El Kantara, Tilatou, Sidi Okba, Chetma, Tolga, Touggourt ...).


Auguste MAURE (1840-1907)
Les membres de la tribu des Ouled Nails portent une tenue, une coiffe et des bijoux incomparables. Ces courtisanes arabes originaires du sahara animent la ville de spectacles de danses folkloriques très appréciés des touristes.

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Paysage Par kiwaïda at 23:39

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Puits à traction animale à Djanet. Montants en tronc de palmier (Photo G. Camps)

L'encyclopédie berbère

« Le palmier est un arbre monumental, puissant, royal ; il a en partage la force, la majesté et l’élégance parfaite ; sa tige isolée remplit un cadre de plusieurs lieues et peuple une solitude. » Ainsi s’exprimait L. Lehureaux dans les premières lignes d’un ouvrage consacré au palmier-dattier du Sahara algérien. Cette phrase, peut-être trop enthousiaste, révèle combien le palmier-dattier, l’arbre de l’oasis, a exercé tant auprès des autochtones que des touristes ou fonctionnaires des temps coloniaux une attirance quasi idolâtre. Dans l’imaginaire du voyageur ou de l’émigré, le dattier est inséparable du mystère bruissant de l’oasis qui n’existe que par lui... On surprendrait bien des Européens et bien des Maghrébins du Tell en leur affirmant qu’il peut exister des oasis sans palmier (il est vrai qu’on parle alors plutôt de jardins ou de centre de culture) et que cet arbre dactylifère n’est pas pansaharien. Il n’est vraiment prospère et productif que dans une large bande de territoires du Sahara septentrional, le Blad ed-djerid (le pays des palmes) ; ailleurs, dans le désert, il ne donne pas des produits de même qualité ni en quantité comparable ; au sud, domine et fructifie un autre palmier d’un genre différent, le palmier doum* qui est un Chamerops et non un Phœnix. Mais le palmier-dattier n’en est pas moins l’arbre roi du Désert et l’homme, dans sa reconnaissance, admet qu’il a une origine divine particulière puisqu’Allah le tira des débris d’argile dont il venait de modeler Adam, donnant ainsi au dattier une place prééminente dans la Création.

L’oued Rhir

Plus à l’ouest, l’oued Rhir, appartient au grand ensemble des régions berbérophones du Sahara septentrional qui comprend, outre le Mzab, le Touat, et tout le Sud Marocain, alors que les oasis des Zibans, comme le Souf, le Djerid et le Nefzawa, sont arabisés depuis longtemps. L’oued Rhir, qui pas plus que l’oued Souf n’est un cours d’eau, est le principal producteur de dattes du sud Constantinois, en particulier de la variété Deglet en-nour. L’oued Rhir est la première région mondiale exportatrice de dattes de qualité. Les 40 palmeraies qui s’égrènent du nord au sud, regroupent près d’un million et demi de dattiers dont le quart de Deglet en-nour, la production de cette variété atteint 57 % (en 1970). Dans cette vaste gouttière d’une vingtaine de km de large, l’irrigation est assurée par des puits artésiens qui, aujourd’hui, sont forés jusqu’à la nappe du Continental intercalaire (Albien). Pour éviter la stérilisation par les dépôts de sel, il est nécessaire de drainer en conduisant les eaux par un long canal depuis Touggourt jusqu’au chott Melrhir. L’ensemble de palmeraies le plus important entoure Touggourt, la seule ville de la région avec M’rayer, les autres sont voisines, jusqu’à l’oued Mya, de gros villages dont les maisons sont, comme dans le Djerid, en briques crues.

Les oasis de Ouargla* prolongent vers le sud celles de l’oued Rhir. Elles possèdent une demi-million de dattiers adultes (estimation de 1971) et produisent 50 à 60 000 t de dattes dont un cinquième de Deglet en-nour qui atteignent ici les limites méridionales de leur zone de prédilection. Les oasis de Ouargla bénéficient, comme celles de l’oued Rhir, de forages profonds qui suppléent les vieux puits artésiens ou à balancier. Le développement urbain de Ouargla et la croissance des secteurs secondaire et tertiaire, en relation avec l’exploitation pétrolière et gazière, réduisent l’importance des palmeraies dans l’économie locale.

Les Zibans

A l’extrême nord de la zone dactylifère, s’étendent les riches palmeraies des Zibans, de part et d’autre de Biskra* qui joue le rôle de capitale régionale. Dans la partie occidentale, piémont des monts du Zab, la culture des dattiers bénéficie d’importantes ressources hydrauliques ; dans le Zab oriental (chergui), autour de Sidi Okba, les conditions sont moins favorables ; l’apport en eau est assuré par le seul ruissellement et le pays souffre de crues souvent catastrophiques séparées de longues périodes de sécheresse qu’atténue le barrage de Foum el Gharsa. Les palmeraies les plus importantes se situent dans le Zab gharbi : Biskra, Tolga, Doucen et Ouled Djellal ; c’est, pour l’Algérie la région de plus forte production des Deglet en-nour. Les 750 000 palmiers font vivre une vingtaine de villages alors que le Zab chergui, sur le piémont aurasien, ne possède que 250 000 dattiers.

LES DOIGTS DE LUMIÈRE

La culture du palmier dattier

L’irrigation

Le dattier a besoin de soleil et d’eau. Si le premier ne fait jamais défaut, la seconde, en revanche, lui est fournie par le travail de l’homme. Pour irriguer leurs palmeraies les jardiniers sahariens (Harratin ou Chouchan) ont fait preuve d’une ingéniosité et d’un courage dignes d’admiration. Nous ne ferons que rappeler les différents procédés traditionnels pour amener l’eau au pied du palmier, en mettant à part le procédé inverse qui consiste, dans les ghout du Souf, à faire descendre le palmier au voisinage de la nappe. Les puits traditionnels à faible rendement sont de deux sortes :
- Le puits à balancier, appelé khottara dans l’Oued Souf, l’Oued Rhir et le Fezzan, Aroudid dans l’Ahaggar, utilise une longue perche dont une extrémité porte un contre-poids qui fait remonter sans trop d’effort la poche de cuir (tagnint, dalou*) remplie d’eau suspendue à l’autre extrémité ; c’est le principe du chadouf déjà figuré sur les peintures de l’Égypte pharaonique. Il ne fonctionne que lorsque la nappe phréatique est à faible profondeur, de trois à six mètres.
- Le puits à traction animale s’impose lorsque la nappe aquifère est trop profonde. Cet engin appelé tanout, en pays touareg dalou dans l’Oued Souf, khottara au Mzab (terme qui au Maroc désigne la foggara) nécessite une structure en bois et l’usage d’une poulie pour éviter une usure trop rapide de la corde ; la remontée de l’eau est assurée par le déplacement sur une rampe ou une allée d’un animal, chameau, bœuf ou âne, attelé à la corde qui remonte une grosse poche de cuir, le dalou (delou*), d’une contenance de 40 à 60 litres. La longueur de la rampe égale la profondeur du puits.
- La noria ou roue à manège à traction animale fut introduite à Ouargla vers 1920, mais sa fragilité relative et son coût l’ont fait progressivement abandonner ; en 1975 il en existait encore quelques-unes dans l’oasis de N’Goussa et une seule à Ouargla.

*

J'essayais de me souvenir de tous ces mots nouveaux, de comment on faisait des dattes, des palmeraies... SOUF, BISKRA, OUARGLA, M'RAYER, TOUGGOURT...

"Il faut aller chercher de l'eau, là où il y en a..."

Les zibans :

Le nom de la région se réfère à un groupe d'oasis (en berbère, zab (pluriel ziban) signifie « oasis »). Il n'aurait aucun rapport avec la thèse arabisante ; la racine zâba indique l’instabilité et signifie, en outre, boire à grands traits, en se dépêchant ; ou la racine zâba peut signifie "couler", en parlant d’eau.

matisse.jpg

Rue de Biskra - Matisse (vers 1907)

Henri Matisse part en direction de l'oasis de Biskra au printemps 1906 avec l'intention d'y séjourner une quinzaine de jours mais la durée de la traversée en bateau jusqu'à Alger puis le voyage en train jusqu'à Constantine lui prennent une semaine. Lorsque Matisse arrive enfin à Biskra il éprouve un sentiment qui marquera à jamais son imaginaire. Il ignore le folklore et l'exotisme de pacotille pour se concentrer sur les sujets développés par l'orientalisme post - moderne (le harem, les bédouins et le désert). Durant cette période il peindra deux tableaux majeurs "Rue de Biskra" et "Nu bleu (souvenirs de Biskra)" dans lesquels il schématise le corps de la femme. Présenté au Salon des Indépendants en 1907 le "Nu bleu" sera en concurrence avec "les demoiselles d'Avignon" de Picasso. Cependant la critique sera virulente et Matisse décidera pour un temps de délaisser les problèmes plastiques.

« Dans l’oasis de Biskra, surprenante
de fraîcheur au milieu du désert,
l’eau court dans une rigole, qui
serpente dans les palmiers [...]
Au bord d’un ruisseau, dans un coin
ombreux, un jeune arabe enveloppé
de lainages blancs était étendu,
et une jeune femme lui épongeait
le front. Je pense que l’Arabe pouvait
avoir un accès de fièvre. En tout
cas, c’est cette image, transformée
par mon imagination, qui m’a
donné l’idée du tableau « Souvenir
de Biskra. » L’oasis de Biskra est très
belle. Mais on a bien conscience
qu’il faudrait passer plusieurs années
dans ces pays pour en tirer quelque
chose de neuf et qu’on ne peut
prendre sa palette et son système
et l’appliquer. »
biskra.jpg
Emile FRECHON (1848-1921) Algérie, Biskra, photographie vers 1920

Paysage Par kiwaïda at 17:55

07/01/2020

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La Femme de mon frère est un film canadien réalisé par Monia Chokri, sortie en 2019.


Film Par kiwaïda at 18:41

06/01/2020

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Photographies (Kiwa &JD)

Mon bel hiver lunaire

Les arbres économes

Il arrive le printemps

Comment peux-tu le voir ?

Sous le froid d'hiver

Et le ciel clair

Dans les jaunes et les roses

Dans les verts et les mousses

Dans tes yeux verts et bleus


Paysage Par kiwaïda at 13:24

05/01/2020

ℒ❝ℯηḟ@η☂

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Artiste : Francisco GOYA (1746 - 1828) -  Titre de l’œuvre : Don Manuel Osorio Manrique de Zuniga - Date de création : vers 1787 / Technique : Huile sur toile - Dimensions : Hauteur 127 cm x Largeur 101 cm - Lieu de conservation : Metropolitan Museum of Art, New York

GARÇON ROUGE


Don Manuel Osorio Manrique de Zuniga, également connu sous le nom de «Garçon rouge», est un portrait d'un garçon vêtu de vêtements rouges de son époque. Le comte d'Altamira a commandé plusieurs portraits de famille à Goya de 1756 à 1816, le Garçon rouge étant l'un d'eux. Altamira était bien respecté à l'époque et détenait de nombreux titres dont celui de directeur de Banque de San Carlos. Cette peinture était celle du plus jeune fils du comte nommé Manuel qui a rencontré une mort tragique à l'âge de huit ans en 1792. Le tableau représente le garçon vêtu d'un costume rouge tenant une ficelle attachée à une pie qui semble être son oiseau de compagnie. La pie tient une carte dans son bec qui est la carte d'invitation de Goya. Il y a trois chats qui regardent attentivement l'oiseau à gauche du tableau. Sur le côté droit de la pièce se trouve une cage à oiseaux verte au sol abritant plusieurs pinsons. Les animaux du tableau ont eu de nombreuses interprétations différentes au fil des ans. Certaines personnes croient que les oiseaux dans la cage sont un symbole de l'âme tandis que d'autres pensaient que cela symbolisait l'innocence du garçon. On pense que les chats sont une représentation du mal ou d'une force maléfique. Cette connexion des chats étant une force sombre vient d'une gravure de Goya intitulé "Le sommeil de la raison engendre des monstres" où un chat est montré parmi les créatures maléfiques.
> El sueño de la razon produce monstruos : une gravure de la série Los caprichos du peintre espagnol Francisco de Goya. On pense que la peinture dans son ensemble dépeint la nature éphémère de la jeunesse et de l'innocence couplée aux frêles frontières qui séparent le mal du monde de l'enfant.

Lors de sa visite à la galerie d'art Joseph Duveen à Paris, Kathryn Bache Miller a beaucoup aimé la peinture. Jules Bache, la plus éloignée de Kathryn, lui a acheté la pièce pour 275 000 $. Elle a décidé de garder le Garçon rouge dans son salon où elle l'a affiché avec fierté. L'œuvre d'art a été décrite comme un être vivant pour Kathryn par son décorateur d'intérieur, Billy Baldwin. La peinture a été donnée au Metropolitan Museum of Art par elle plus loin, mais Kathryn a été autorisée à montrer périodiquement la peinture dans sa maison jusqu'à son décès en 1979.

Francisco José de Goya y Lucientes est un graveur et peintre espagnol né le 30 mars 1746 à Fuendetodos, près de Saragosse, et mort le 16 avril 1828 à Bordeaux, en France, d’un père doreur et d’une mère descendante de propriétaires terriens. Ses œuvres sont considérées comme de style romantique et il est l'un des artistes les plus influents et importants à sortir d'Espagne de du 18e au 19e siècle. L'art qu'il a créé est considéré par beaucoup comme le récit de l'époque où il a vécu. Goya a été vénéré par tous de son vivant, en particulier en Espagne, et a connu un grand succès tout au long de sa carrière d'artiste. Il a été chargé par de nombreuses personnes influentes de son époque de créer des portraits et d'autres œuvres d'art. De nombreux historiens de l'art se réfèrent à Goya comme le premier des artistes modernes et le dernier des maîtres anciens.

Beaucoup de biographes ont suggéré que les affres de la maladie, la proximité avec la mort et la perte de l’audition ont rendu Goya plus sensible à la cruauté du monde et à la vanité de l’existence. Sa vision du monde était plus distanciée, plus acérée, plus tranchante, plus subversive et sa vision de ses contemporains plus féroce. Malraux écrivait que Goya était « brutalement sensible aux démons que reconnaît du premier coup l’angoisse commune des hommes : non seulement la torture, mais l’humiliation, le cauchemar, le viol, la prison » La série de gravures des Caprices et les peintures noires, réalisées après les deux épisodes dépressifs —jamais présentées au public de son vivant — sont particulièrement caractéristiques de ces changements.

*

Cette magnifique peinture, du côté français, a inspiré le mari de la chanteuse Chantal de Guerre (née à Saïgon), lui demandant de prendre le nom "Goya" pour ses spectacles... destinés aux enfants.




Art Par kiwaïda at 19:33

03/01/2020

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an2020.jpg

* doucement mais sûrement..

Animal Par kiwaïda at 13:55

02/01/2020

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Synopsis du film sorti ces jours-ci de Valérie Donzelli :
Maud Crayon est née dans les Vosges, mais vit à Paris. Elle est architecte, mère de deux enfants, et remporte sur un énorme malentendu le grand concours lancé par la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre-Dame... Entre cette nouvelle responsabilité, un amour de jeunesse qui resurgit subitement et le père de ses enfants qu’elle n’arrive pas à quitter complètement, Maud Crayon va vivre une tempête. Une tempête, qu’elle devra affronter pour s’affirmer et se libérer.

Valérie Donzelli, sur son film :

C’est un peu Adèle de La Reine des Pommes  qui a grandi. Une parisienne, mère de famille de classe moyenne, qui travaille. Maud a une énergie folle, elle gère tout ! Ses enfants et son ex, Martial, qui vient squatter chez elle chaque fois qu’il se dispute avec sa nouvelle copine ; elle est constamment en train de courir. Elle est increvable, elle ne se pose jamais, elle remplit le temps - c’est une femme qui court mais sans savoir après quoi. Elle est incapable de s’arrêter un moment pour regarder les choses et prendre les décisions qui s’imposeraient pour se rendre la vie plus douce. En ne voulant rien perdre, elle ne peut rien gagner. Je tenais à rendre cette sensation de vitesse et d’énergie dans le film parce que Maud a cette force en elle, et cette névrose qui l’empêche de s’arrêter. Maud Crayon c’est un peu moi, mais aussi un peu toutes ces femmes qui vivent dans de grandes villes, qui travaillent, qui assument tout.

Une femme qui vit en permanence dans un sentiment de culpabilité, si bien qu’elle donne beaucoup à tout le monde sans réussir à se faire respecter. Mais, elle ne se laisse jamais abattre et c’est ce qui m’amuse. Les personnes un peu soumises ont toujours de fortes personnalités : si elles ne se rebellent pas, c’est précisément parce qu’elles sont capables d’encaisser cette soumission. Maud prend sur elle, c’est une vraie force de la nature.

Je voulais traiter de l’histoire d’un échec lié à l’architecture. Qu’est- ce qui pouvait faire scandale dans ce domaine aujourd’hui ? Cela ne pouvait concerner qu’un monument ancien auquel on proposait d’apporter de la modernité. Le seul endroit réaliste qui me paraissait à la fois symbolique de Paris et qui pouvait permettre un projet architectural était le Parvis de Notre-Dame. Je me suis beaucoup renseignée sur les polémiques, innombrables, autour d’aménagements urbains à Paris : le plug de Paul McCarthy place Vendôme en 2014, Beaubourg, la Pyramide du Louvre, l’Opéra Bastille, les colonnes de Buren dans la cour d’honneur du Palais-Royal en 1986... C’est finalement le concours de l’Opéra Bastille et le scandale autour de l’œuvre de Daniel Buren qui m’ont le plus inspirés.

Le 15 avril 2019, Notre Dame de Paris brûle...

J’étais catastrophée. J’ai filmé un monument que j’aime. J’ai vécu avec Notre-Dame pendant toute l’écriture du film, qui a été longue. J’allais régulièrement lui rendre visite, je m’y suis attachée, je ressentais la blessure de l’incendie. Je savais que tourner là-bas ne serait pas simple, que les autorisations seraient longues, bref que c’était un peu la star de mon film. Filmer dans Notre-Dame et sur son parvis, c’était un vrai défi. En fait, dès l’écriture, en faisant ce choix, j’ai vécu dans la hantise d’un événement de ce type. C’est drôle mais j’ai réalisé un documentaire pour Arte « Le cinéma de maman » en 2017, qui parle de l’acte de filmer, pour laisser une trace, une mémoire, pour ne pas mourir. Je ne pensais pas pouvoir l’illustrer à ce point avec un de mes films. Aujourd’hui, Notre dame a cet écho particulier avec Notre-Dame, c’est vrai. Je crois que je suis la dernière personne à avoir filmé la cathédrale telle qu’elle était, ce n’est pas un film sur Notre-Dame. Tout ça est un pur hasard, et depuis la polémique qui oppose modernistes et conservateurs, le film est au cœur du sujet. Cela me dépasse un peu..

BIOGRAPHIE :
Après des études d’architecture, Valérie Donzelli commence une carrière d’actrice (avec Sandrine Veysset, Thomas Bardinet, Guillaume Nicloux...). Son premier court-métrage comme réalisatrice, Il fait beau dans la plus belle ville du monde est sélectionné à Cannes en 2008. Puis elle tourne La Reine des Pommes, son premier long-métrage (Locarno, 2009). Son deuxième long-métrage, La Guerre est déclarée fait l’ouverture de la semaine de la critique à Cannes en 2011 et connaît un succès international. Son troisième long-métrage, Main dans la main est sorti en France en décembre 2012. Elle réalise en 2013 un téléfilm Que d’amour ! en collaboration avec la Comédie Française et Arte qui fut projeté à Locarno. Son quatrième long-métrage Marguerite et Julien a été présenté en première mondiale en sélection officielle au festival de Cannes 2015, en compétition.

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J'ai vu tous ses films :.) Quel peps !

Énergie, entrain, vitalité, dynamisme, voici une belle année 2020 qui commence sous un astre optimiste !

Film Par kiwaïda at 16:31

01/01/2020

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Photographie © Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 21:15

26/12/2019

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La crèche © Sonia Marques

Guidés par une étoile © Sonia Marques

Les rois mages © Sonia Marques


Les mages et le texte évangélique L'Évangile selon Matthieu est le seul à rapporter la venue des mages guidés par l'étoile :

Jésus naquit à Bethléem, en Judée, à l'époque où Hérode était roi. Après sa naissance, des savants, spécialistes des étoiles, vinrent d'Orient. Ils arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est l'enfant qui vient de naître, le roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile apparaître en Orient et nous sommes venus l'adorer. » Quand le roi Hérode apprit cette nouvelle, il fut troublé, ainsi que toute la population de Jérusalem. Il convoqua tous les chefs des prêtres et les maîtres de la loi, et leur demanda où le Messie devait naître. Ils lui répondirent : « A Bethléem, en Judée. Car voici ce que le prophète a écrit :  «Et toi, Bethléem, au pays de Juda, tu n'es certainement pas la moins importante des localités de Juda ; car c'est de toi que viendra un chef qui conduira mon peuple, Israël .» »  Alors Hérode convoqua secrètement les savants et s'informa auprès d'eux du moment précis où l'étoile était apparue. Puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez chercher des renseignements précis sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille, moi aussi, l'adorer. »  Après avoir reçu ces instructions du roi, ils partirent. Ils virent alors l'étoile qu'ils avaient déjà remarquée en Orient : elle allait devant eux, et quand elle arriva au-dessus de l'endroit où se trouvait l'enfant, elle s'arrêta.  Ils furent remplis d'une très grande joie en la voyant là. Ils entrèrent dans la maison et virent l'enfant avec sa mère, Marie. Ils se mirent à genoux pour adorer l'enfant ; puis ils ouvrirent leurs bagages et lui offrirent des cadeaux : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.  Ensuite, Dieu les avertit dans un rêve de ne pas retourner auprès d'Hérode ; ils prirent alors un autre chemin pour rentrer dans leur pays
.



Le mot « mages », tel que rapporté dans l'évangile, pointe davantage vers des astrologues ou des prêtres de cultes anciens (perses ou mèdes). Le texte évangélique ne donne qu'une indication vague de l'origine des mages. Elle parle « d'Orient », ce qui indique l'Est par rapport à la Terre Sainte. Ce pourrait être la Babylonie, la Perse, la Syrie ou autre. En fait, l'indication n'est pas plus précise et laisse place à plusieurs possibilités. Les dons offerts nous orientent vers l'Arabie et/ou la Syrie, sans exclure d'autres possibilités. De toute évidence, l'évangéliste Matthieu ne s'intéresse pas directement aux mages, mais plutôt aux signes dont ils sont porteurs dans le récit. Les détails quant à leur nombre, à leur origine et à leur nom seront comblés plus tard par la tradition populaire, car notre imaginaire est imprégné d'écrits tardifs. Ce n'est qu'au VIe siècle qu'un écrit araméen leur donne un nom (et fixe leur nombre à trois) : Melkon (ou Melchior), Balthasar et Gaspard. Dans l'Église latine, ce n'est qu'au Moyen-Âge (IXe siècle) qu'il en sera question. Notons finalement que la tradition des crèches de Noël remonte à François d'Assise, au jour de Noël 1223. Depuis ce temps, s'est répandue la coutume de reproduire, souvent avec les talents artistiques locaux, la scène de la visite de mages. Peu d'entre elles ont d'abord un souci « historique », c'est-à-dire voulant reproduire avec exactitude la scène d'origine. En fait, la tendance est davantage suscité par le désir d'indiquer que le Christ nous atteint jusqu'à chez-nous, si bien que les Inuits réaliseront une crèche qui situe la scène dans l'Arctique, les Africains en Afrique, etc. Pour ceux qui sont de culture occidentale, la plupart de leurs crèches sont inspirées des grandes œuvres d'art du Moyen-Âge, de la Renaissance ou autres. On ne peut donc pas se fier à leur représentation pour savoir ce qui a pu se passer après la naissance de Jésus.

Et les kiwaïdae aux talents artistiques très singuliers avec leur pinces de crabes de poils soyeux, réaliseront une crèche grâce aux matériaux locaux trouvés sur le chemin de leur inspiration. Si Opale est une étoile née perroquet de feu, voici que son silence revenu a apaisé la confection d'une mangeoire dans des brins voués à disparaître. Là sera disposé le nouveau né, Marie et Joseph autours, grignotés par le temps et les rudes épreuves de la vie. Il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans cette grande fragilité, nu emmailloté, sur son lit la mangeoire, le Sauveur arrive pour sauver un peuple, qui n'est que l'ombre de lui-même. Dans un dénuement tel, dans sa toute puissance, pour n'effrayer personne et ne dominer personne. Jésus n'aura ensuite pas de lieu où reposer sa tête. Cette mangeoire est remplie de paille. Le Sauveur du monde est couché sur la paille ; celui qui est la solidité éternelle vient recouvrir la paille de tout ce qui est éphémère, la paille de nos vies, « balayées par le vent », comme le reconnaît le premier des psaumes de la Bible. Le Créateur du monde n'a pas voulu faire naître le Sauveur du monde dans l'or ou l'argent, mais sur la paille. Jésus est né pour une humanité affamé dans une mangeoire, pour sauver la terre et s'offrir en nourriture (pour aussi bien les ignorants que les intellectuels, si, si, pas de mot de passe, et de privilèges) Attention, Jésus n'a pas eu le temps de faire du tourisme sur cette terre. Le Christ enseignera à ses disciples, déconcertés : « Mon corps est une vraie nourriture et mon sang est une vraie boisson » et il a fallu les rencontrer les disciples. Mais il annonce également avoir autant besoin de nourriture que celles et ceux qui se nourriront de Jésus, histoire d'être en alliance, d'égal à égal. Buvez et mangez, ceci est mon corps, ceci est mon sang. Sacrée cacahuète ! Pépite exotique !

Aujourd'hui 26 décembre 2019 c'est une nouvelle lune, doublée d'une éclipse solaire !


J'ai pris le foin de Satori et Cafuné, mes lapins lunes et j'ai découpé mes cacahuètes (périmées, je dois les jeter) et j'ai réalisé une crèche. Les rois mages sont chargés, ils vont mettre du temps à arriver... Mais ils sont sur le chemin, il y a des grèves de transport, ils s'en fichent, ils sont guidés par une étoile.

Aucun animal n'a été maltraité pour cette crèche, elle est végan, bio, végétarienne... mais attention, elle n'est pas comestible, faut pas déconner non plus ;.) Entièrement recyclable et UNIQUE !

Art Par kiwaïda at 12:35

24/12/2019

ℝѺÜḠ∃ Ṽ€ℜT

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Une dame avait un couple d'éclectus.
Un jour, le couple s'envole à l'extérieur et se pose sur un arbre.
La dame demande donc à son voisin d'aller lui chercher ses deux précieux perroquets.
Quelques minutes plus tard, celui-ci ne revient qu'avec la femelle.

"Pourquoi avez-vous laissé mon mâle dans l'arbre?"
Interroge-t-elle, étonnée.
"Parce qu'il ne semblait pas tout à fait mûr..."




JOYEUX NOËL !


Animal Par kiwaïda at 16:40

22/12/2019

Ḻℯ ƒυ⊥ʊґ @ʊ ℘α﹩ṧé

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Ces enfants français, aujourd'hui en 2020, sont retraités. En 1962, ils donnaient des réponses aux questions posées par le journaliste : Comment sera l'an 2000 ? Quel régime ? La paix ? Les pauvres ? Les idées ? Les guerres ? Les inventions ?

Ce futur, aujourd'hui dépassé, figure toujours parmi les rêves devenus illusions. Il y aurait toujours des pauvres et des riches, et vous en l'an 2000, que deviendrez-vous ? Pauvre.

Même dans la possibilité d'imaginer le futur, certains, certaines, ont cette confiance en soi, de leur éducation, ils et elles peuvent projeter un futur pour un collectif, d'autres n'imaginent même pas, sortir de leur condition, elle est définitive. Ils n'auront guère la possibilité de s'émanciper de leur caste sociale. Qui a réalisé ses rêves, qui était réaliste, aujourd'hui en 2020, 58 années plus tard ? Si Rêver est un leurre, pourquoi supprimer celui-ci de nos formes éducatives ? Pourquoi supprimer la psyché ? Ce qui nous gouverne se coupe de nos rêves.

En 2020, notre éducation collective ne nous incite-t-elle pas, sans cesse à penser que notre avenir est inexistant ? L'imaginaire aurait aussi disparu de nos pensées et de nos savoirs ?

Imaginer ? Qu-est-ce que c'est ? Notre éducation française depuis l'an 2000, n'a-t-elle pas pris le sens "commun" de choisir un monde fini, éteint, limité, et parce que périssable et sans soins de la terre, le choix de la culpabilisation et du suicide comme seule ouverture ?

Imaginer ? Qu'est-ce que c'est ? Notre éducation française depuis l'an 2000, a-t-elle oublié le rêve ? Pour choisir l'autoflagellation et de qui va payer l'addition ?

Notre éducation française est-elle restée assise à la table des grands, en craignant plus que tout au monde, de payer l'addition, après s'être régalée d'une viande, d'un homard congelé, avec 2 bougies pour fêter le souvenir d'une religion oubliée ?

En craignant, les fesses serrées, les gouttes de sueur, à regarder autours de la table, celui ou celle qui allait payer pour tous ?

En trouvant un nom, au hasard des incivilités, bloqués par tant d'inerties et de grève de penser, notre éducation française depuis l'an 2000 n'a-t-elle pas oublié son enfance ? En choisissant de l'achever définitivement ?

Ces enfants de cirque qui deviennent de petits soldats de la morale, manipulés par de grands enfants du spectacle, sans aucune imagination, ne savent pas qu'ils sont regardés comme des marionnettes dans un boudoir.

Depuis 1962, ces enfants ont fait notre société, sans déterminer une direction définie, sans influencer les puissants.
C'était des enfants.


Enseignement Par kiwaïda at 14:11

20/12/2019

Ḡяè♥℮ ∂℮ṧ αṧṧiṧ℮ṧ ⅾü ∂εṧїℊη ρ☺ℓḯ⊥їⓠüℯMeᾔ⊥ ¢◎ґґε¢т

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mafalda.jpg

C'est dit !


Enseignement Par kiwaïda at 19:13

19/12/2019

♏Åℝ☾iÅ ℳϴℛℰ✝✞☮

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Musique Par kiwaïda at 00:47

17/12/2019

ℐღαℊ℮ṧ ⅾℯ ḟ℮μмε﹩ â❡é℮ṧ à √℮ᾔ∂ґε

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Ce titre peut paraître provoquant car on lit rapidement  "femme âgées à vendre" plutôt que "images de". Des banques d'images proposent, à vendre, des images donc, que l'on obtient par mots clés, afin d'illustrer tout article ou bien comme image. Ce sont des photographies réalisées par des professionnels et lorsqu'il y a des personnes photographiées, ce sont des modèles, payés, pour effectuer différents rôles et différentes poses. Ces photographies sont ensuite stockées sur une banque de données, et sur Internet, on peut les acheter, selon la taille souhaitée. Ce qui m'intéressait, c'était de voir quelles etaient les images réalisées sur les mots clés "femmes âgées". D'une part, parce qu'elles sont, en ce moment la cible de la réforme des retraites en France, et d'une réforme qui ne s'est jamais réalisée, en tous cas, pas depuis que je suis née, ni depuis que j'ai vieilli, et j'ai vu ma grand-mère et ma mère vieillir, ici.




Alors voir quelles seraient les images fabriquées de toute pièce pour ce sujet, permet de voir comment la communication s'effectue. Il y a des mots clés "retraites" prévu, et tout un cinéma, très intéressant, mettant en scène des personne plus ou moins âgées. Une femme mime le mal de dos, puis, toutes sortes de maux, le coude, le fait de penser à sa fenêtre, une autre s'installe sur un fauteuil roulant, plus loin, elle est debout souriante, comme sur le fauteuil, puis s'ajoutent des photographies, elles associent la retraite et les femmes âgées, le mal français du moment, on voit des mains, avec des pièces d'euros, un couple à la mine angoissée, en train de vider un bocal transparent avec une poignée de pièces, on voit une femme avec des feuilles administratives, peinée, et puis, il y a les femmes épanouies, à la retraite heureuse, c'est une réussite, elles sont toutes les pieds nus dans le sable au soleil couchant, face à la mer avec une veste, qui veut dire, je suis là, tout le temps, pas seulement en été, je n'ai pas besoin d'être en maillot de bain pour me sentir bien, je ne suis pas en vacances prise dans un tourisme de masse, il n'y a personne sur la plage, je vis ici, je souris, enfin, je suis face à l'horizon, loin des soucis.




Toutes ces images, sont des images, fabriquées d'après des codes, des stéréotypes, parfois il est indiqué ceci : femme âgée de race blanche, mais aussi ceci femme noire d'âge mûr, là toutes les pincettes ont été prises, il n'est pas indiqué "femme âgée de race noire", comme si cela pouvait porter plus à confusion que "femme âgée de race blanche", associer "noire" avec "race" serait alors raciser la description et raviver les idéologies de racisme. Mais race blanche est également curieux. Les typologies sont hésitantes, mais elles doivent pourtant décrire ce que l'on voit sur l'image, afin d'être bien répertoriées, et accessibles avec les mots clés.

Ce sont des images de consensus.

Parce que les droits réels sont ainsi délimités, ils n'entrent pas en conflits; les hostilités sont prévenues, mais il n'y a pas de concours actif, pas de consensus. Supposez un tel accord aussi parfait que possible; la société où il règne − s'il règne seul − ressemblera à une immense constellation où chaque astre se meut dans son orbite sans troubler les mouvements des astres voisins. (Durkheim, De la Division du travail social,1893)

Mais on n'a aucune connaissance des personnes, ou robots qui ont effectué ce consensus, et sur quelles bases. C'est le problème. L'image est imposée comme consensus, mais, nous pouvons nous sentir exclus de la négociations ou même des règles étudiées et appliquées.

L'intelligence artificielle nous promet bien des transformations, des façons de coder le monde et de l'organiser, selon les cultures des codeurs-codeuses, s'il y en a, très certainement leur "race" ne serait qu'un style de plus, mais est-il pris en compte dans la façon de coder ? Oui, évidemment.
Les fautes d'orthographes de la traduction en français, comme "thème des bas retraite", est remarquable. N'est-ce pas déjà le cas, pour les courriers administratifs, même écrits par des français, on peut imaginer, qu'ils ont utilisé un robot en ligne pour corriger le français ou le traduire, du français au français.
Il y a aussi des femmes âgées ridées, des femmes avec une béquille, des femmes voutées, et quelques images plus loin, les mêmes modèles non voutées. Certaines, sont des modèles jeunes, avec les cheveux teintés en gris, plus loin, elles sont blondes, la trentaine. Tout cela est un art de maquiller.
De mon point de vue, c'est une façon de peindre les corps, les maquiller, mais avec les outils d'aujourd'hui. La photographie est retravaillée, les roses rouge posées derrière dans un vase, les dents blanches, les yeux bleus... Tout peut faire très peur, la volonté est visible : neutre, universel (comme la recherche d'un régime universel de retraite), sur fonds blancs ou gris, il n'y a pas de place au clair-obscur, à moins de lui donner un mot clé, car tout doit être noté, décrit, mesuré, organisé, rangé. Tout peut faire très peur, comme des masques de Mickey, les plus diaboliques avec leur sourires et leurs yeux immenses, et en même temps, c'est exactement ce qu'il se passe, dans des rayons de supermarché, sous des néons blancs, nos peaux sont livides, notre sourire prêt à prendre un produit convoité ou tout simplement de première nécessité, tout est figé, rangé, numéroté. La façon de voir, c'est un art. C'est l'interprétation qui change la donne, l'interprétation change l'image. Mais qui peut interpréter ? Des robots toujours, ils peuvent, on les programme. Mais lorsqu'un être humain interprète, c'est assez imparfait, les défauts sont humains, les préférences visibles, les dénis aussi, il y a toute une complexité, et elle n'est jamais neutre.

Tout est relatif, ces images ne sont pas neutres, en définitive. Elles décrivent bien une époque, des intérieurs qui appartiennent aux objets et modes, aux gestes d'une culture (personne n'est assis à terre, nu...) Ces images en disent long sur le miroir de notre société, américanisée, certes, mais elles schématisent, ce qu'un groupe dominant voit, imagine être la meilleure façon de représenter, une femme âgée... À vendre.


Internet Par kiwaïda at 20:25

14/12/2019

ɔunu soʇɐʇɔǝɾqns soʅʅɐ snɯɐᴉƃɹoƃ ɔᴉs

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sic gorgiamus allos subjectatos nunc

C'est ça mon déguisement, je suis un fou criminel : il ressemble à n'importe qui.

- Tu penses qu’un jour tu voudras te marier ?

- Non !

- Mais si tu rencontrais un homme qui était près à tout pour toi, qui était ton esclave ?

- Je le plaindrais…

- Bon, maintenant, vous allez me dire où vous avez caché le bébé !

- Ça dépend quel morceau…

Voici votre chambre. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, poussez juste un cri.

Es-tu malheureuse chérie ? - Oh, oui ! Infiniment.


Film Par kiwaïda at 01:09

ᗩᙢ〇ᕰᖇ ᗩᗰᓮ♈ᓰÉ

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Musique Par kiwaïda at 00:37

12/12/2019

ṧẘεε☂ нøMε

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Animal Par kiwaïda at 23:38

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