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blog m kiwaïda

16/07/2019

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Statue de l'intendant Ebih-Il, les mains jointent, en position d'orant. Époque des dynasties archaïques, vers 2400 av. J.-C. Mari, temple d'Ishtar Gypse, lapis-lazuli, coquille H. : 52,50 cm. ; L. : 20,60 cm. ; Pr. : 30 cm

Et nous devrions lui en savoir gré car son sujet qui porte sur la guerre et sur un siège et, par conséquent, sur un problème de virilité supérieure, se passerait avantageusement de cette déliquescence qu’est la prière, laquelle représente la situation de soumission la plus extrême puisque l’orant s’y abandonne sans lutte, s’étant livré à Dieu une bonne fois pour toutes

— (José Saramago, Histoire du siège de Lisbonne, 1989 ; traduit du portugais par Geneviève Leibrich, 1992, p. 20)

orant

\ɔ.ʁɑ̃\ masculin (Religion) (du latin ōrāre, prier)
Qui est en prière ; qui prie.

Toute la vie de l'ermite est contenue dans cette tension vers Dieu, cette attention de l'âme orante pour la fidélité de laquelle les anciens moines d’Égypte avaient inventé l'oraison jaculatoire.

— (Nathalie Nabert, Les larmes, la nourriture, le silence, Éditions Beauchesne, 2001, page 110)



 

Statue d’Ebih-Il

(alabaster, seashell, bitumen, lapiz lazuli)

Hauteur: 52.5 cm Largeur : 20.6 cm
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/statue-d-ebih-il-nu-banda


De nombreux fidèles ont déposé des statues à leur effigie dans les temples de Mari, perpétuant ainsi leur présence devant la divinité. Ces statues d'orants et d'orantes les représentent, la plupart du temps, les mains jointes et vêtus d'un vêtement appelé kaunakès. La statue d’Ebih-Il est, sans conteste, un chef-d'oeuvre par la qualité de son exécution, par son état de conservation et par le caractère expressif de son style.

Le chef-d'oeuvre de la sculpture de Mari
 

Les fouilles menées dès 1933 par André Parrot sur le site de Mari, en Syrie ont permis de mettre au jour des temples consacrés à différentes divinités (Ishtar, Ishtarat, Ninni.ZAZA..), datant des environs de 2340 av. J.-C. La statue d’Ebih-Il a été découverte dans le temple de la déesse Ishtar virile, premier sanctuaire fouillé à Mari. De ce dernier provient une autre statue de la même période représentant le roi Ishqi-Mari, dont l'inscription permit d'identifier Tell Hariri comme étant le site de l'ancienne Mari.
Ebih-Il est assis sur un tabouret en vannerie. Il est torse nu et porte une jupe longue de kaunakès, vêtement fait d'une peau de mouton ou de chèvre ou encore d'un tissu imitant par ses longues mèches la toison de l'animal. Le kaunakès était aussi bien porté par les hommes que par les femmes. La manière dont sont traitées les mèches laineuses du kaunakès d'Ebih-Il, ainsi que la présence d'une queue à l'arrière de ce vêtement, confirment bien qu'il s'agit d'un vêtement en peau d'animal, rendu ici avec un réalisme rare. Le personnage a le crâne rasé et arbore une longue barbe qui devait être incrustée d’un autre matériau. Seuls les yeux ont conservé leurs incrustations de coquille et de lapis-lazuli enchâssés dans une monture de bitume. Le lapis-lazuli, provenant d'Afghanistan, témoigne des relations établies sur de longues distances, dès cette époque ancienne au Proche-Orient. L'albâtre translucide, dans lequel cette oeuvre est façonnée, donne beaucoup de subtilité au modelé du buste comme au léger sourire qu’esquisse le personnage. Au dos de la statue se trouve une inscription qui identifie l'oeuvre : « Ebih-Il, nu-banda, a offert sa statue pour Ishtar Virile ». Autrefois traduit par le terme d’intendant, le titre d’Ebih-Il a récemment été compris comme celui de nu-banda. Les fonctions d’un nu-banda pouvaient inclure des responsabilités importantes, notamment reliées à l’armée. Avec cette nouvelle distinction, il est désormais acquis qu’Ebih-Il appartenait aux plus hautes élites du royaume, ce qui rentre en cohérence avec la qualité de sa statue. Celle-ci fut l’objet de soins importants, restaurée dans l’antiquité à la suite d’un accident. De récentes études ont montré le lien qu’il convient de dresser entre la présence de ce nu-banda dans le temple de la déesse de la guerre et du pouvoir et celle du roi Ishqi-Mari.
 

Les statues d'orants
 

Les statuettes d'orants étaient destinées à être déposées dans les temples, vouées à leurs divinités tutélaires. L'attitude des mains jointes, la plus fréquente, est interprétée comme celle de la prière et visait sans doute à perpétuer l'acte de dévotion dans le temple. Le personnage peut également tenir dans ses mains un gobelet, comme sur les reliefs perforés figurant une scène de banquet, également déposés dans les temples. Ce type de statuaire, inauguré à l'époque des dynasties archaïques (essentiellement aux phases II et III, soit vers 2800-2340 av. J.-C.), perdurera aux époques postérieures et les nombreuses statues représentant le prince Gudea de Tello (musée du Louvre) illustrent ce phénomène. Malgré des variantes, les représentations d'orants répondent à un même schéma. Elles figurent le fidèle, homme ou femme. La plupart sont en pierre, mais il existe aussi des exemplaires en métal. Leur hauteur varie de quelques centimètres à plus d'un mètre ; la statue d'Ebih-Il mesure 52 cm. Les personnages peuvent être représentés debout ou assis. Certaines statues portent des inscriptions qui permettent d'identifier les personnages représentés et de les faire revivre dans leur fonction. A Mari, ces inscriptions ne concernent que les hommes, les femmes restant toutes anonymes. Ces hommes et ces femmes appartenaient aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale : ils possédaient de hautes fonctions dans l'administration de l'état ou de la cour (rois, frères du roi, nu-banda, grand chantre, intendants, officiers, chefs du cadastre, scribes, échansons...), ou bien pouvaient faire partie du clergé (telles les prêtresses représentées par la statuaire féminine de Mari), ou bien encore appartenir à des couches aisées de la société (marchands).






Découverte de la tête de la statue de l'intendant Ebih-Il le 22 janvier 1934. La statue est aujourd'hui conservée au musée du Louvre. Département des Antiquités orientales.


Cela me fait penser à une de mes réalisations artistiques, un conte, un livre qui se nomme Les picolores.
Il existe plusieurs statues (comme les gisants) d'orants, dans cet acte de prier, que je trouve très beau.
Par exemple, dans la prière chrétienne, l'acte de communication, la prière, invoque un interlocuteur invisible et convoque une communauté virtuelle. Toute sa rhétorique habilite l'orant à recevoir un don qui lui est proposé ; par son aspect pragmatique, elle ouvre une béance dans l'orant et accroît sa capacité à recevoir le don. Parole sauvée, elle demande le salut qui lui est déjà donné.
(dans "Quand la réponse précède la demande, la dialectique paradoxale de la parole chrétienne d'Olivier Boulnois)
Dans ce blog d'écriture, sont comme des prières mes articles, il s'adresse à l'invisible et convoque une communauté virtuelle. Ses paroles sont sauvées et demandent le salut qui leurs est déjà donné. Je deviens ce que je dis, ce que j'écris, ce sont mes prières...
Je devine.

Rhétorique de la prière :

 La place de l'énonciation La prière suppose-t-elle des paroles ou constitue-t-elle une simple attitude de l'être humain ? Le sommet de la prière, est-ce parler ? se taire ? penser ? sentir ? agir ? désirer ? voir ? La prière s'inscrit dans un corps : elle implique des postures, des pestes, une imitation corporelle du Christ. Elle agit sur celui qui prie : elle réoriente ses sentiments intérieurs sur ce qu'il signifie. Ainsi, ce ne sont pas les paroles qui se règlent sur l'intériorité, mais la pensée qui peu à peu s'accorde avec la parole ruminée par l'orant. La prière n'est pas seulement la traduction des états subjectifs de l'orant en leur donnant forme objective, elle les ordonne, les décante, les pacifie. Le locuteur s'efface devant ce qu'il énonce, il devient ce qu'il dit.

Il devient ce qu'il dit


Enseignement Par kiwaïda at 23:48

14/07/2019

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Fraîcheur de vivre
Photographies © Sonia Marques

Animal Par kiwaïda at 23:51

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La maman montre à ses petits comment se baigner

Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 23:36

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Photographies © Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 14:07

04/07/2019

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Ange (dessin © Sonia Marques)


Art Par kiwaïda at 23:52

30/06/2019

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Mes copines font un tour du monde et un nouvel album ! J'ai beau venir du Sud, je suis complètement d'un mental musical, délicieusement suédoise, énergisante, gnagnagna ! Glace en plein feu ! Le métissage fait des miracles et donne des théories redbull !


Musique Par kiwaïda at 13:05

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Photographie (© Sonia Marques)

Fêtes des ponts à Limoges !

J'aime beaucoup les fêtes populaires, et celle-ci rameute toute la ville, la mairie estampillée à droite n'est jamais très heureuse que cette tradition perdure. Il fut un temps où la mairie de Limoges a souhaité raser tout ce quartier, les habitants se sont battus pour sauver leurs habitations, leurs coutumes.

Cette fête a débuté durant l'été 1906 , organisée dans le but d’animer ce quartier très populaire de la ville de Limoges.
Fondée par les habitants du quartier appelés familièrement les Ponticauds.
Après une interruption pendant la guerre, la Fête a été relancée dans les années 50. A l'époque l’association support s’appellait les Marins du Clos. Après la dissolution de cette association, une nouvelle a été créée en 1976 pour reprendre le flambeau : les Amis des Ponts.
En 1986, le comité des fêtes du Pont St Etienne, regroupant toutes les associations du quartier, a voulu recréer cet événement qui depuis n’a pas connu d’interruption.
Cette fête de quartier est devenue un événement incontournable de la vie Limougeaude et sa notoriété a largement dépassé les frontières de ce quartier et même de la ville de Limoges. Les habitants des ponts sont très attachés à cette manifestation qui célèbre un esprit particulier de la ville.
Cette fête rassemble plus de 30 000 personnes durant les trois jours avec un pic d’affluence le samedi.

La Fête des Ponts se déroule sur 3 jours.


Pendant cette canicule, 45 degrés ressentis sur Limoges, pour les personnes qui n'ont pas la clim... Les nuits seules sont viables.


Photographie (© Sonia Marques)

Moment de grâce, une licorne, et cette femme avec son petit, heureuse qui me souriait.


Photographie (© Les ponticauds)

Et là des ponticauds qui nous ont pris en photo, sur notre siège coquille, reine et roi d'un soir dans leur ville <3

Historiquement, et jusqu'aux années 1970, le quartier s'étalait également sur la rive droite de la rivière, en amont du pont Saint-Étienne, dans une zone qui s'appelait Port du Naveix et dont les habitations anciennes furent rasées1 pour accueillir de nouveaux équipements municipaux (notamment la patinoire olympique). Le petit quartier de l'Abbessaille est le seul témoignage persistant de cet habitat sur la rive droite.
Le quartier des Ponts est l'une des plus anciennes zones habitées de Limoges et possédait un mode de vie, une activité et une économie tournés vers la rivière, avec notamment la réception du bois flottant descendu des forêts en amont pour l'alimentation des fours à porcelaine, mais aussi le dragage du sable dans le lit de la Vienne, ainsi que la pêche et autres activités nautiques diverses et variées.
Le quartier était également au centre d'une véritable « pépinière » d'entreprises qui utilisaient alors l'eau de la rivière pour leurs activités (fabriques de porcelaine, brasseries, salaisons, usines électriques, usines de chaussures etc.)2.
Le quartier possédait donc, jusqu'aux années 1950, une sociologie particulière : très majoritairement ouvrier, on y votait très à gauche et on y a parlé l'occitan limousin jusque très tard, avec un accent reconnaissable entre tous, « l'accent des Ponts » que tout Limougeaud sait reconnaître3.
La dénomination de quartier des Ponts revêt donc dans le plan urbain, l'histoire de la ville et l'esprit des Limougeauds, une dimension sociale particulière, très liée à la culture occitane et ouvrière de la ville. Louis Goujaud, personnalité socialiste locale, candidat à la mairie en 1908, opposé au maire socialiste Léon Betoulle en 1912, est un des Ponticauds symboliques du début du XXe siècle.


Malgré notre télévision, notre frigo, notre salle de bain, sommes nous plus heureux aujourd'hui ?

(http://ponticauds.com/les-ponticauds.htm)

Moi limougeaude sur ma coquille telle une lavandière d'Antan !



Balance ton quoi !


Alors ce tube que je viens de découvrir, qui passe dans les boutiques (climatisées !)
J'aime beaucoup ! Une guimauve, très populaire !

Mais oui que serait une vie matriarcale ? Des employés hommes soumis comme de petits enfants qui doivent porter des seins et répondre bien au questionnaire des institutions pour lutter contre le sexisme (des hommes envers les femmes, parce que l'inverse est un impensé total !)
C'est déjà le cas, mais on n'en parle pas. Une femme sexiste à une direction, c'est le licenciement des femmes employées, par tous les moyens et l'embauche d'hommes soumis prêts à être maltraités, et petits jouets de la matrone ;.)
Car, le sexisme cela n'existe pas envers les hommes hein... (Jacky au royaume des filles de Satouf, un film où qui met en scène la frustration de femmes sexistes au pouvoir, et leurs rivalités)
C'est quoi un homme qui dit non ? 

Ha la divers-citée ! Qu'est-ce qu'on est loin tout de même dans nos représentants élus et dirigeants de la diversité slogan ! Ils s'ennuient et deviennent pervers.
"Tu fais quoi de tes journées ? Comment tu vis, sans voir les expositions que les institutions nous demandent d'aller voir, les leurs avec leurs crédits ? Et dont il faut parler seulement et dire que c'est cela être cultivé"

Vivre, tout un programme, la culture, cela ne s'impose pas, tout est là, rien n'est caché.

On ne sait toujours pas comment vivent les gens, sans voiture, sans propriété, sans frigo... sans électricité, sans eau !

Ils vivaient, ils vivent, ils sont artistes et cultivés, ils s'aiment, ils font des enfants, ils font la fête, ils travaillent, ils ont plein de métier, ils connaissent un tas de choses, ils cultivent la terre, ils transmettent, ils vendent, ils ouvrent des épiceries, des magasins, ils font du textile, brodent des mouchoirs fabriquent des bijoux pour leurs enfants, fabriquent leurs outils, construisent leur maison, leurs meubles, fabriquent des pixels, arrosent leurs plantes, enseignent partout, ils sont partout, ils soignent, cicatrisent, guérissent, accompagnent leurs ainés, ils voyagent au péril de leurs vie pour retrouver leurs racines, ils savent d'où ils viennent, seuls les cultivés les voient. Pour les autres, ils n'existent pas, ne méritent même aucune attention, aucun salaire. Tant pis pour eux. Et oui, ils viennent de tous pays, depuis des générations, avec leurs cultures, en épousant d'autres cultures. Il y a quelque chose de semblable, dans ces cultures populaires, ce goût de la fête. Et pour comprendre la fête, ce moment solidaire et joyeux, il faut reconnaître les efforts pour y parvenir, dans chacun de nos travaux, nos savoirs faire, nos apprentissages. c'est cela le goût de la fête et des réjouissances

Mais aujourd'hui, les femmes ne lavent plus les mouchoirs de leurs maris paysans, c'est tout de même une évolution !

Ces gens vivent leurs malheurs et brisent leurs chaînes chaque jour. C'est nous ! Nous récoltons parfois les fruits de nos méditations positives.

Art Par kiwaïda at 11:45

27/06/2019

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42 degrés à l'ombre à Limoges (Photographies © Sonia Marques)


Paysage Par kiwaïda at 01:00

24/06/2019

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Dessins préparatoires © Sonia Marques - juin 2019

Voici mon nouveau projet artistique, il se nomme "faire des vagues".
Il est destiné à un 1% artistique pour lutter contre les discriminations.

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FAIRE DES VAGUES

Dessins préparatoires © Sonia Marques - juin 2019

Son inspiration provient de faits réels, on ne peut jamais tout expliquer, mais il m'est arrivé ces temps-ci de ne plus pouvoir payer mon loyer. Cela m'est déjà arrivé, et ici, c'est que mon salaire (qui a été impacté plusieurs fois par la direction de l'école nationale de Limoges, par abus de pouvoir) a été de nouveau impacté, par surprise. L'institution qui gère ce salaire, c'est le ministère de la culture. Comme à chaque fois, en essayant de joindre les ressources humaines, point de réponse. Mais, dans le même temps, un fait divers passé totalement inaperçu m'apprenait que les ressources humaines étaient elles-mêmes très impactées en ce moment, et ce, depuis des années, aucune fuite pourtant. Alors j'ai commencé à faire des vagues, des petites, des vaguelettes, à dessiner des vagues. Je suis artiste, pas autre chose, donc je dessine et je pense. Le sel de la vie, le salaire est quelque chose que j'étudie depuis un certain temps, puisqu'il est constamment utilisé, le mien, à mes dépends, par d'autres. Il est retenu parfois, sans que je ne le sache. On s'amuse peut-être, on retient puis on relâche, c'est toute une organisation. On le saisi (cela se nomme ainsi) au gré des envies. On enlève une petite partie, afin que cela se voit moins, et puis une plus énorme, afin que j'ai tout de même des difficultés dans mon quotidien. Il faut bien s'amuser. Parfois je trouve le temps de créer malgré ces soubresauts institutionnels. Alors je trouve que ma vague est intéressante, de ce point de vue. Non pas qu'elle résiste mais elle témoigne d'un mouvement. Elle témoigne des agissements, elle exprime une forme, une ligne, elle aspire à mieux ! Elle s'adapte mais peut devenir l'origine d'un tsunami. Il faut faire très attention, ce qui déferle n'est pas sans cause. Et comme il n'y a aucun 1% artistique de vraiment engagé, qui décrit des situations complexes de nos organisations sociales et artistiques devenues, elle témoigne d'un soutien indéfectible à toutes les femmes et les hommes exclus du monde du travail, par discriminations.

RETENIR

En effet, si les déferlantes vidéos et autres affichages du gouvernement sur ces inégalités de traitement, avec la belle parole qu'ils illustrent la priorité première du président pour son quinquennat, n'ont aucun impact dans notre quotidien, c'est qu'il y a un sadisme bien prononcé à en faire une priorité.
Ces communications ne parlent jamais des problèmes, donc cela ne résout rien. La distance c'est ne pas traiter les sujets. Lorsqu'un problème survient, la règle c'est : regarder le problème, de loin. Prendre sa bouée de sauvetage en cas de turbulences.
La première priorité c'est : se retenir.
Le résultat c'est : déferler, ou se soulager, après s'être trop retenu.

Les agents du ministère ont l'obligation de SE RETENIR. Lorsque se présentent des situations de discriminations et qu'elles ne font aucun débat, que c'est une évidence, le mot d'ordre reste le même : SE RETENIR
Les femmes, en particulier, engagées expressément dans ces questions de prévention ou d'actions (de lutte contre les inégalités de traitement) ont d'autant plus de mal à SE RETENIR.
Et ce sont des hommes qui les regardent faire. Ils ont donné pour mission à des femmes de lutter contre les discriminations. Sadisme.
Lorsqu'elles en viennent à décrire, raconter ce qu'il se passe, c'est souvent en déferlant, en se soulageant. Les observateurs et observatrices, complices de ce mode pervers bureaucrate, se délectent de tels encombrements. Plus ils retiennent les victimes, plus ils et elles leurs injectent du poison, pour voir les effets dévastateurs.
Le poison : leur demander de se soulager n'importe où et devant n'importe qui, pourvu que ces hommes puissent regarder, être en copie de toutes ces histoires sordides dans leurs institutions. L'emploi est le premier touché.

Une femme qui déferle est une femme que l'on retient encore plus. In fine, c'est une femme dont on bloque la carrière. C'est une femme qui ne sait pas. C'est une femme non initiée, non complice, maltraitée.

Lorsque l'on évoque le fait que les femmes ont une carrière en dents de scie, ou qu'elles gagnent moins que les hommes aux mêmes postes, aussitôt la question de la maternité arrive comme la cause sine qua none de ces inégalités de carrière.
D'où la phrase pittoresque "Mais qui va garder les gosses à la maison" lorsque Ségolène Royale se présentait à la présidence, par un homme se son parti politique socialiste. Mais lorsqu'une autre femme d'extrême droite arrive au pouvoir et gagne les élections européennes pour représenter la France, il y a quelques semaines, elle ne sera jamais retenue davantage.
C'est que l'une ne savait pas et fut retenue, l'autre savait et ne se retenait pas.

Savez-vous vous retenir, et combien de temps ?

C'est une question fondamentale pour l'obtention d'un poste au ministère de la culture.
Un responsable haut fonctionnaire, avec complicité (tout le monde savait) recevait les candidates en les empoisonnant. Il leurs proposait un café où était mixé un diurétique si puissant, qu'elles étaient dans l'obligation de SE RETENIR. Mais certaines ne le pouvaient. Ce pervers bien placé et dont l'intégration fut pérenne, il a certainement donné des leçons de morale et bien plus autours de lui, le premier a se décerner son propre salaire (ressources humaines) et à mesurer le mérite dans ses fonctions, avait tout le temps pour travailler son sujet. Il notait les candidates selon leur physique et leur capacité à SE RETENIR ou bien SE SOULAGER. Il y a dans ce modèle institué un principe sadique qui trouve son plein emploi. En effet, s'il faut 10 années pour révoquer un haut fonctionnaire, dont la fonction première est celle d'évaluer des candidates à l'emploi, combien faudra-t-il pour révoquer tous les complices ? Femmes et hommes ? Combien de temps faudra-t-il pour s'apercevoir que ce détail présenté dans de petites lignes de journaux, comme une belle plaisanterie ou un divertissement pour grand public, est loin d'être un détail. Aucune femme employée dans des hautes fonctions pour lutter contre les fléaux des discriminations ne s'est prononcée sur ce fait, classé, fait divers, en été.
C'est qu'elles se retiennent. Des centaines de victimes. Dans ces mêmes sphères, on peut supprimer des outils de travail, un ordinateur à des femmes, ou les envoyer aux tribunaux parce qu'elles auraient souillé ceux-ci et se délecter des exclusions opérées par d'autres femmes. Et on peut aussi utiliser les outils à bon escient, afin de mesurer la rétention des femmes candidates. Les déferlantes, dehors. Pas de vagues.
Les femmes aux missions de prévention de lutte contre les discriminations sont d'autant plus destinées à SE RETENIR. Au risque de perdre leur emploi.
Ou bien destinées à être complices et demander à d'autres femmes "de modérer leurs propos" si il leurs venait l'idée de dénoncer des pratiques de harcèlement, de toutes formes.
Et l'inventivité, lorsque l'on s'ennuie et qu'il n'y a plus de sens à son travail, est là déployée.

Si la folie gouverne, qu'attend-t-on des gouvernés ? Faisons des dessins à dessein.

Comment dévier la trajectoire d'une carrière ? De déviations en déviances sexuelles, aux pratiques sues et tues, au point Godwin de l'emploi et des inégalités salariales...

Mon projet "faire des vagues" consiste à l'expression de signes bleus, des vagues dessinées, elles peuvent siéger devant une institution pour les droits des femmes et des hommes, en volume, sur un rond point.
Tourner autours de ces vagues c'est réfléchir sur ce sujet de la RETENTION et du DEFERLEMENT.
Ces vagues, petites, sont des mouvements favorables à une évolution des mœurs, mais aussi à la fierté de l'expression des situations d'oppression. Je travaille le juste milieu, la voix la plus juste pour mon expression artistique, selon des phénomènes observés, parfois éprouvés, c'est scientifique.

C'est mon projet, il s'inscrit dans toute une recherche et une lutte, de ma part, artiste engagée pacifiste, pour de meilleures conditions de travail dans notre pays. On est loin d'un logo de force ouvrière, parce que je suis une surfeuse, mais je questionne les signes qui nous entourent. Il y a des formules complexes, créer ou inventer, c'est pour moi comme faire des mathématiques, cela passe par l'abstraction, une vision cartographique, phénoménologique, mais aussi de sensations internes, d'ondes.
C'est ce matin que c'est arrivé, une fulgurance. Avec retenue et maîtrise de mon sujet et de mes outils de création, j'ai déployé mes ailes (mes nageoires)
Pourquoi devrait-on le plus souvent rendre admissible qu'un seul mode de pensée, et d'expression artistique ?
Il faut bien que je me serve de mes nageoires quelques fois.
Ce n'est pas comme tout le monde, c'est un mouvement différent, une façon de voir le monde différemment, et de l'exprimer singulièrement, avec humour.
Je fais souvent des gammes, je m'entraine, faire des croquis c'est aussi me perfectionner dans une langue graphique que j'invente. Le goût de la ligne claire, celui de délier des nœuds, comme les marins ou de relier des notions très différentes comme un philosophe. Confinée dans de petits espaces, en attendant le grand soir, réaliser une tarte aux courgettes zéphyr, car cette sublime œuvre fera 2 repas, pour 2 et un peu pour les animaux, la canicule au plus haut niveau, cette petite chienne Canicula, rechercher la beauté dans tous les terriers, le lotus tendu si fier, ouvert le jour et se ferme en soirée. Il n'y a pas un jour de vacances pour nos fringales. Il ne faut pas devenir indigent ou misérable, ni méprisant envers les excès. On ne peut savoir à l'avance ce que le temps joue, alors je dois méditer chaque jour pour vivre ce temps pleinement. Ne jamais se retenir d'aimer la vie.


Le déferlement des vagues est la déformation rapide du profil de l'onde, associé à la production de turbulence. L'onde qui déferle perd ainsi son énergie. On parle ainsi de déferlement pour des ondes de gravité de surface, comme les vagues, mais aussi pour les ondes internes.

Art Par kiwaïda at 15:47

21/06/2019

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Lascaux Vézère, vallée de l'Homme

Rêves et prémonitions

On a éliminé de la Cité les savants.
Leurs vies erratiques ostracisées sont vouées à l'invention d'espaces étanches avec la Cité.
Ces espaces plus ou moins clos, avec une porosité diplomatique, ou courtoise, sont confinés à l'intérieur du derme. La peau, en surface, s'exprime sensiblement en poils et boutons.
Sous le derme, des espaces agglomèrent des idées.
Il ne faut pas croire que les esprits sont séparés du corps. Dans chaque cellule, des idées se développent, ou peuvent aussi devenir anarchiques, être un terrain nocif pour le corps.
Si les savants avec leurs espaces sous leur derme, riche d'idées et d'histoires, ne sont pas admis à converser ni participer de la Cité, il doivent quotidiennement veiller à ce que l'anarchie ne surviennent dans leur corps. Donc, chaque jour, une éthique de vie et de l'entretien du corps, profile les heures, les matinées et les soirées, en dehors de tout calendrier de la Cité.

Nous sommes néanmoins dubitatifs sur le devenir de la Cité telle qu'elle se conçoit. Les règles d'organisations ont été érigées sur un modèle militaire et les savants sont regardés comme des solitudes, que l'on veut bien tolérer prisonnières.
Pourtant nombre de manifestants marchent dans la Cité, avec des slogans, les mêmes que l'on trouve sur les paquets des aliments du petit-déjeuner, ou du déjeuner, ou du dîner.

Tout est à vendre, les bêtes et les pierres, leurs gênes et leurs enfants. L'intelligence artificielle milite en silence vers l'accroissement de gênes modifiés dont la surface du derme est lisse et impénétrable. Ces enveloppes ne contiennent aucune cellule. Le cerveau est plat. Ce qu'elles racontent ? Elles vendent n'importe quel paquet de petit-déjeuner, du déjeuner, ou du dîner. En dehors de ces militantes affirmations, convaincantes, il n'y a plus une once d'intelligence sensible.

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Le pot de terre cuite déterré, présentant un motif en forme d’auroch et une série de trous. La pièce date d’il y a 38 000 ans. (Musée National de la Préhistoire)
Grottes, gouffres, châteaux forts, forteresses médiévales, parcs et jardins, parcs préhistoriques, aquariums, parcs à thèmes, cités troglodytiques et gabares, au profit du tourisme des 1,5 millions de visiteurs, dans la vallée de la Dordogne ; un chien a fait une découverte en 1940 et il a touché l'intelligence humaine pour en faire de véritables lieux de pèlerinages, à la recherche, tel ce chien, de fossiles et d'histoires. Dans un récent article j'écrivais sur les qualités du chien, celui conspué dans la Cité d'Athène, au temps des ostrakas, icône du traître. Quatre garçons en 1940 (nous sommes bien dans un moment de l'histoire française très sombre, avec l'eugénisme, cette idée mortelle et criminelle, une des bases d'une politique officielle du Troisième Reich dès 1933), explorent le terrier dans lequel leur chien vient de s’engouffrer. Ils ne s’attendent pas à une découverte d’une telle ampleur : une grotte. Elle révèle des salles aux peintures exceptionnelles réalisées il y a 18 000 ans par l’Homme de Cro-Magnon. Que fera l'humain de cette découverte ? Du tourisme. Un public nombreux viendra admirer ce chef-d’œuvre de l’art pariétal avant que le ministre de la Culture de l’époque André Malraux décide, par souci de préservation, de sanctuariser la grotte. Lascaux est alors inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO et en 1983 une première réplique de la grotte est réalisée. Mais plusieurs autres découvertes se succèdent dans cette région.

Un pot de terre cuite découvert dans l’une des grottes de la vallée de la Vézère en Dordogne approfondit la connaissance d’un peuple européen mal connu, de la culture de l’Aurignacien. Ce peuple aurait vécu dans des cavernes il y a plus de 40 000 ans en raison de la période critique des températures polaires. Le travail réalisé sur la pierre calcaire contient le motif d’un auroch, un bovidé préhistorique disparu, avec une douzaine de trous décoratifs alignés. Cette découverte a été faite lors d’excavations réalisées dans la grotte de l’abri Castanet et l’analyse de cette poterie montre qu’elle a été réalisée il y a 38 000 ans. L’étude qui a été publiée dans la revue Quaternary International le 24 janvier propose la création d’un nouveau terme pour qualifier ces habitants, les Aurignaciens. Les auteurs principaux, la spécialiste en archéologie culturelle Raphaëlle Bourrillon de l’université de Toulouse et l’anthropologue Randal White du Center for the Study of Human Origins de New York, ont utilisé le laboratoire de l’université d’Oxford pour mesurer les résultats. Ils ont commencé les excavations en 2011 dans l’espoir de trouver quelque chose en plus sur les ancêtres de l’homme moderne s’étant répandu principalement vers le centre Nord de l’Europe. Les auteurs ont expliqué avoir choisi les grottes de la vallée de la Vézère en raison de rapports datant d’avant la Première Guerre mondiale qui indiquent avoir observé de nombreuses pièces archéologiques. Les chercheurs ont également souligné le fait qu’ils avaient déjà découvert de nombreux ustensiles, des pièces d’art et des instruments de musique qui auraient été produits par les Aurignaciens. D’autres ont également été retrouvés dans la grotte de Chauvet en Ardèche, aussi bien que dans des grottes en Allemagne et en Roumanie. L’analyse comparative des pièces retrouvées dans les grottes du Vézère en comparaison de celles d’autres sites européens a montré des similarités remarquables aussi bien dans les techniques que dans les thèmes exprimés. La nouvelle étude conclut cependant que chaque population a marqué sa propre identité régionale. Dans une fouille précédente, le professeur Toma Higham de l’université d’Oxford avait suggéré que les Aurignaciens avaient vécu en Europe depuis au moins 42 à 43 000 ans. Selon une publication de l’académie du 19 juin 2012, le Dr. Higham en est arrivé à ces conclusions après avoir découvert en Allemagne des instruments de musique creusés dans des os d’animaux et dans l’ivoire, qui ont été reliés aux animaux datant de ce temps. Différents artefacts de la culture de l’Aurignacien semblables à ceux retrouvés à l’abri Castanet. Dans la même étude, le professeur Nick Conard de l’université de Tübingen a ajouté que les Aurignaciens avaient probablement utilisé le Danube comme un couloir pour se déplacer il y a 40 à 45 000 ans, depuis qu’ont été retrouvés de nombreux ornements, des figures d’art ainsi que des œuvres à la signification mystique. « Les humains modernes sont entrés dans la région du Danube avant l’arrivée du froid extrême d’il y a 39 à 40 000 ans, lorsqu’un énorme iceberg s’est rompu dans l’Atlantique Nord et que les températures ont chuté », a déclaré le professeur Higham, en notant que cela devait signifier une période de grande crise pour les aurignaciens. Les chercheurs Bourrillon et White et les collègues pensent que ces premiers colons de l’Europe ont survécu jusqu’à 33 000 ans avant aujourd’hui. À la pièce artistique de l’auroch avec les trous à l’arrière s’ajoutent de nombreux ustensiles trouvés dans les grottes. Selon un rapport précédent de l’université de New York en octobre 2016, il a aussi été retrouvé des dents perforées d’animaux, des coquilles perforées ainsi que de nombreuses gravures et peintures témoignant de la vie prolifique des ancêtres, malgré des conditions climatiques adverses.

Le souci de découvertes archéologiques est toujours suivi d'un appât du "public", d'un gain, du tourisme. Savoir qu'il y a plus vieux que soi, n'est pas un signe majeur de découverte. Savoir que des chemins ont été foulés par plus vieux que soi et que l'on traverse les mêmes lieux, n'est pas non plus une révélation. Nos anciens, nos proches nous ont déjà beaucoup appris de leurs chemins à travers leurs propres routes. Non, la seule invention autorisée, c'est la mise en scène, de ces vestiges, qui occupe des régiments entiers d'experts nommés et chercheurs qui transmettent cet art nouveau du spectacle, de ces écrins préhistoriques. Ce sont d'immenses Musées, à ciel ouvert, que l'on ferme partiellement ou que l'on construit sur les lieux mêmes, dont les entrées sont payantes et dont la publicité est déployée comme des flèches d'un arc bien tendu. Cela fait des vacances en famille, on peut, preuves à l’appui, expliquer que l'on vient bien de la préhistoire, on savait déjà peindre, faire du feu, marcher loin et fonder des familles entières, ce que l'on continue de faire, finalement. Il faut se persuader tout de même, les étiquettes sous les petites terres sous verre, indiquent quelques détails numérotés. Nous sommes bien des savants, n'est-ce pas ?

Les peintres étaient-il autant exclus qu'aujourd'hui ? La question n'est pas posée. Pourquoi passe-t-on de Lascaux à l'interdiction de peindre sur les murs ?

Le parcours n'est pas assez fléché, les chercheurs n'ont pas pensé... le parcours de la pensée depuis Lascaux.

Dans les écoles d'art, justement, on ne forme pas à la création, on indique un chemin fléché, celui de cet art de la mise en scène : construire des écrins pour les Musées et le Patrimoine, afin que le tourisme rapporte un peu plus, et que rayonne la publicité des plus anciens, les terres les plus vielles du monde, les terres de la terre, celle où nous marchons encore. La tendance est plutôt à l'interdiction de peindre, conserver les murs... Alors oui, c'était beau Lascaux. Les jeunes étudiants diplômés apprennent à mettre en scène leurs productions, déjà, dans l'école, selon les goûts de leurs professeurs, et apprennent à éditer des dépliants, des parcours fléchés pour faire venir d'autres pèlerins,  il faut aller voir ceci d'abord, puis cela ensuite, dormir chez untel, manger chez truc, se déplacer avec l'engin, le pétrole, bref plus tard ce seront hôtels, restaurants, avions, trains, avec des déchets par milliers abandonnés aux quatre coins du monde, afin de trouver de nouveaux slogans "Oh la pollution !". Mais sortis de l'école, ils seront stagiaires longtemps à compter les entrées des Musées ou réciter les étiquettes et publicités des dépliants. Avec un peu d'obstination, ils pourront un jour assister des conservateurs, afin d'installer de petites terres ou peintures, avec des gants blancs afin de ne pas abîmer les surfaces, ou bien dépoussiérer quotidiennement ces œuvres anciennes, dont ils ne connaissent ni les auteurs, ni le contexte de création, apprenant bien leurs leçons, ils et elles répèteront, on pourra parfois faire une distinction : ceux-là sont cultivés ! Ils auront déjà eu le temps de fonder familles et ils et elles feront partie de la culture autorisée. Pourtant, ils et elles garderont secrets leurs cultures, leurs parcours singuliers, leurs expériences, leurs chemins de pensée, ce n'est pas de la sociologie, ni des statistiques, cela dépasse l'entendement. Aujourd'hui pour tenter de comprendre un jeune, on lui envoie un questionnaire sur écran, avec des grosses icônes de réseaux sociaux en lui posant des questions simples, il aime, il n'aime pas ? Combien de fois visite-t-il-elle le site ? La fréquence ? Cela présage des parcours et affluences touristiques, le nombre de clics et de "likes" sont des mots d'ordre, nous ne sommes plus dans la finesse, l'art pariétal, est très loin. On l'attend le jeune, on l'attend de pied ferme à l'entrée des sites. Beaucoup d'évènements payants dépendent de ces jeunes. On nous dit bien "La culture pour tous", ce fameux accès pour tous aux Musées que nous rabâchent les ministres successifs à la culture. Hélas, la culture ne s'impose pas, ni n'est payante. Ce chemin personnel comporte déjà des bagages transmis, transportés, transformés, il est cultivé ce chemin, déjà. Il est très difficile d'enseigner à reconnaître la culture, car il faut apprendre à connaître l'autre, et cela ne s'impose pas. Cette recherche, en soi à destination, peut se partager si les conditions sont réunies, et la réception acceptée. Le bombardement d'informations nuit considérablement à la recherche et la concentration, au vagabondage même de trouvailles fortuites.

Peut-être parmi ceux-ci, celles-ci, des savants continueront leurs vies, à penser ces multitudes de découvertes, dans leurs abris clos, étanche à la vie de la Cité.

La découverte c'est un écart des sentiers battus, il faut la taire et l'enterrer. Un chien saura trouver trésor.

Avoir du chien !

Pour qu'une femme ait « du chien », il ne suffit pas qu'elle soit belle ; il lui faut ce petit « truc en plus », ce charme indescriptible qui la rend totalement irrésistible aux yeux des autres. N'est-ce pas ce flair, celui qui présage la découverte d'une grotte, n'est-ce pas à discrétion que les savants font de véritables découvertes et que d'autres s'emparent de celles-ci pour marchander une merveille. Il faut certes, un peu de flair, il faut connaître l'ostracisme, il faut tout simplement être une véritable bête, pour découvrir et creuser loin, déterrer.

Philosophie Par kiwaïda at 11:50

20/06/2019

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2019 !

Car avant, les hommes nous ont dit :

« La femme est l'avenir de l'homme », en commençant par Aragon, le poète en 1963 (Le Fou d'Elsa) qui écrivait : « L'avenir de l'homme est la femme ».
Jean Ferrat, le chanteur, inversa l'ordre des mots et en a fait le titre de son album en 1975 : « La femme est l'avenir de l'homme »
Et le cinéaste franco-coréen de Hong Sang-soo a titré son film en 2004 « La femme est l'avenir de l'homme »
En 2015, le chanteur Julien Doré en remet une couche, en hommage à Aragon avec son interprétation de « La femme est l'avenir de l'homme »

Pourtant, en 2019, des femmes écrivent sur une pancarte :
« Dorénavant, la femme n''est plus l'avenir de l'homme, qu'il se démmerde ! »

Et même pour corriger les fautes d'orthographe...

DÉMERDER (un seul M, mais deux MM c'est vrai que c'est plus fort)

Vers 1900, Se démerder, c’est littéralement enlever soi-même les salissures provoquées par la merde
(du latin "merda" : excréments)

Aragon, démerde-toi !
Plus vite : démmerde-toi !

Avis à ceux qui nous traitent de saletés et nous demandent de faire le grand ménage à leur place !


Littérature Par kiwaïda at 22:28

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Les graffitis sur les ostraka athéniens
Certains tessons de poterie qui furent utilisés dans le cadre de la procédure athénienne de l’ostracisme sont gravés d’un dessin, de facture médiocre, qui représente un animal et/ou une figure humaine. La présence de ces dessins surprend dans la mesure où la procédure n’exigeait rien de plus que d’apposer le nom du citoyen à ostraciser. Ces images étaient pourtant loin d’être ornementales : leur analyse montre qu’elles servaient à rendre compte des vices de caractère, des inconduites voire des postures idéologiques inadmissibles de l’individu pris pour cible. En somme, donc, elles dispensaient un discours qui visait à justifier, du moins à expliquer, le vote.
(Studying Ostracism in Drawings, Graffitis on Athenian Ostraka : Jean-Noël Allard)

Aujourd'hui j'ai étudié un mot, comme chaque jour, j'étudie les mots.
Chaque puzzle de cette langue écrite, en signe, entre en résonance avec ce chemin de vie.
Alors voici celui-ci :

OSTRACISME

Définition : À Athènes, décision de bannissement d'un citoyen votée par l'assemblée du peuple (Ecclesia) pour une durée de dix ans. La procédure est la suivante : chaque année, l'assemblée vote sur la question de savoir s'il y a lieu de recourir à l'ostracisme (ostracophorie) : le vote intervient lors d'une autre assemblée plénière. Si d'autres cités ont connu cette procédure, elle demeure dans notre esprit comme une disposition plus particulièrement liée au fonctionnement des institutions athéniennes pendant une durée d'environ soixante-dix ans. Le premier ostracisé fut un parent de Pisistrate (488/487) (Aristote, Constitution d'Athènes), le dernier un certain Hyperbolos (417) dont nous reparlerons (Thucydide, La guerre du Péloponnèse).

Origine du mot : ostrakismos, dérivé d'ostrakon; qui désigne un morceau de poterie, sur lequel on inscrivait le nom de celui qu'on voulait bannir (Plutarque, Vie d'Aristide). Le mot peut désigner la peine de l'ostracisme comme la sentence d'ostracisme.

Quelques exemples célèbres : Aristide en 483, Thémistocle en 471, Cimon en 461, le gendre de Cimon, Thucydide fils de Mélésias, en 443.

Ce que nous savons de la vie de ces personnages, nous permet de comprendre comment les choses se passaient : - La cause de l'ostracisme et les conditions dans lesquelles un homme politique était frappé sont variables mais toujours sa présence dans la cité était devenue insupportable au dèmos (Plutarque, Vie de Thémistocle). Il peut y avoir une raison précise : Cimon fut tenu pour responsable d'un affront que les Spartiates avaient infligé aux Athéniens (renvoi par ceux-ci d'un contingent venu les aider à combattre les hilotes) (Plutarque, Vie de Cimon). D'autres fois, un citoyen est condamné pour sa conduite ou pour les arrière-pensées ou les ambitions qu'on lui prête : la défiance du peuple est attisée par un rival politique : Thémistocle se débarrassa ainsi d'Aristide (Plutarque, Vie d'Aristide).

- Il découle de ce qui précède que ce sont les hommes politiques jouant un rôle important qui sont exposés à cette sanction (Plutarque, Vie de Nicias,). La popularité dont ils jouissent pour services rendus les rend suspects : l'ostracisme est en quelque sorte une mesure préventive. Il n'est pas une peine infamante Le banni conserve ses biens Il peut être rappelé ou autorisé à rentrer avant le terme (Plutarque, Vie d'Aristide). Il retrouve alors la plénitude de ses droits. Aristide et Cimon furent rappelés mais non Thémistocle. De ce point de vue, l'ostracisme qui frappa Hyperbolos, personnage de peu d'envergure, surprend : il avait surpris les Anciens (Plutarque, Vie d'Alcibiade).

"Rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient"

Ostracisme en français : le mot est naturellement employé avec le sens qu'il a en grec. Depuis le XVIIIe siècle il s'applique à l'éviction d'un personnage politique de la fonction qu'il exerce dans l'état ou dans un groupement politique puis, par extension, du rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient.

À l'origine, le terme d'ostracisme n'avait pas la valeur péjorative qu'on lui donne aujourd'hui. Il sanctionnait un vote des Athéniens contre un citoyen suspect, qui était alors banni pour dix ans. Ce jugement devait atteindre les citoyens trop avides de popularité ou à qui leurs actes avaient valu une popularité jugée excessive. Il s'agissait donc en droit d'une réaction de défense d'une collectivité nationale éprise de justice et redoutant les coups d'État.

Sous couvert de défendre la communauté, on prenait le risque de niveler ; sous prétexte de préserver la liberté, on prenait celui d'immobiliser ;  sous couvert d’organiser la vie, on prenait celui d’exalter la mort. 

Un tel processus supposait l'existence d'un groupe de citoyens se connaissant entre eux, théoriquement aptes à distinguer la vie privée de la vie publique et à porter les uns sur les autres un jugement sans passions inspiré par un idéal civique commun. Il impliquait en fait la possibilité d'exclure un citoyen à cause de son esprit critique (ou pour ce qu'on appelle aujourd'hui, dans les pays totalitaires, le « révisionnisme », dans les démocraties conservatrices, la « subversion »). Il condamnait la remise en cause et la contestation par un individu isolé, pouvant alors être accusé de sacrifier au « culte de la personnalité » ou au star system ; de plus, sous prétexte d'éviter les à-coups politiques, il prêtait des intentions obscures à des citoyens exagérément populaires. La possibilité de bannir pour délit d'opinion avait ainsi pour corollaire celle de bannir pour délit d'intention. Cette critique réciproque des citoyens les uns par les autres, qui se fondait sur une philosophie de la liberté, de la solidarité et de l'idéal civiques, portait donc son principe de destruction, car le passage est étroit qui mène de la critique publique à la justice dite populaire et à la délation, du bannissement à la chambre à gaz, de la suspicion à la jalousie, de la divergence de points de vue à l'accusation de trahison, de la discussion à la haine, de la perception de la différence à l'assassinat. Sous couvert de défendre la communauté, on prenait le risque de niveler ; sous prétexte de préserver la liberté, on prenait celui d'immobiliser ;  sous couvert d’organiser la vie, on prenait celui d’exalter la mort. 

(Encyclopædia Universalis)

Aujourd'hui l'ostracisme, sa définition est celle-ci :

Action de tenir quelqu'un qui ne plaît pas à l'écart d'un groupe, d'une société, d'une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d'ostracisme.

Une étude émanant de la School of Business de l’université de Colombie-Britannique au Canada atteste que l’indifférence à l’égard d’un employé sur son lieu de travail est plus néfaste que le harcèlement moral.
« On nous apprend qu’il est socialement préférable d’ignorer quelqu’un : quand on n’a rien d’agréable à dire, mieux vaut se taire », explique Sandra Robinson de l’université de Colombie-Britannique.
Un point sur le harcèlement tout d’abord. Une enquête du Workplace Bullying Institute estime que plus d’un quart des Américains sont harcelés au travail, et ce, le plus souvent par leurs supérieurs.
Des effets on ne peut plus sérieux tels que : anxiété, dépression, ou encore dans certains cas, stress post-traumatique.

L’indifférence, plus grand des mépris ?


Il serait pire d’être ignoré sur son lieu de travail. Cette affirmation nous vient d’une étude publiée dans la revue Organization Science (article universitaire ICI) par Sandra Robinson qui, avec son équipe, a entrepris l’analyse d’enquêtes mettant face à face harcèlement et ostracisme. Le sentiment d’appartenance à l’entreprise et de bien-être au travail serait mis à mal dans les deux cas, mais entrainerait un taux de démission plus important en cas d’ostracisme.

L’ostracisme se matérialise par la négligence d’un collègue de travail, son exclusion. Par exemple, les faits d’être mis à l’écart des conversations, l’absence d’échanges, ou encore d’être ignoré dans les couloirs entrent dans le cadre de l’ostracisme. Une forme de maltraitance face à laquelle il devient difficile de réagir. Selon Sandra Robinson, cette forme de discrimination n’a pas besoin d’être intentionnelle pour être nocive. Ainsi, une surcharge de travail générale où la présence de certains employés d’un naturel distant pourrait impacter d’autres employés peut être plus propice aux échanges sociaux.

Voici une définition du mot « ostracisme » disponible sur Larousse.fr : « Action de tenir quelqu’un qui ne plaît pas à l’écart d’un groupe, d’une société, d’une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d’ostracisme. »

Les mots sont durs, cependant Benjamin Lubszynski, thérapeute et coach à Paris pense qu’il faudrait prendre les résultats de cette étude avec retenue. Il explique (pour atlantico.fr) qu’« Une personne qui souffre aura forcément tendance à penser que la souffrance qu’elle est en train de vivre est la pire que l’on puisse ressentir. Il est profondément humain finalement de penser que l’on souffre du pire des maux», mais il admet volontiers, en plus des relations cordiales et amicales jouant un rôle bienfaiteur que « même quelqu’un ayant confiance en lui aura besoin d’un minimum de reconnaissance, d’une validation de la part de ses supérieurs et de ses collègues sur la qualité de son travail, sur la pertinence de son action. »

De plus, l’ostracisme peut provenir d’un personnel entier au sein d’une entreprise et non seulement des supérieurs qui eux, seraient plus friands d’intimidation. Le harcèlement quant à lui, laisserait entrevoir tout de même une once d’attention envers l’individu concerné, quand bien même négative, alors que l’ostracisme est réellement synonyme d’exclusion par l’indifférence.

Il semble qu’une ambiance positive sans exclusion au sein d’une entreprise permet d’être dans une position de bien-être. Ainsi, toujours selon Benjamin Lubszynski, l’ostracisme rendrait l’individu sujet à la solitude, cette dernière occasionnant un stress qui enfermerait l’employé concerné dans la seule pratique de son travail et à terme, entrainer au moins une dépression, puis une véritable détérioration physiologique médicale dans des cas plus sérieux.

Une question que l’on pourrait peut-être se poser : la concurrence entre employés et la productivité exigée dans bon nombre d’entreprises seraient elles directement sources d’ostracisme ? N’est-ce qu’un « combat » entre extravertis et introvertis ? Ou encore, devrait t’on simplement penser que ce genre de situation relève du cas par cas et qu’une multitude de paramètres peuvent entrer en ligne de compte dans les relations sociales en milieu professionnel ?


Être ostracicée, un chemin, une étude, une meilleure compréhension du monde... Il est bon de savoir, et dans la réalité, dans les usages des vocables, il est très difficile de se faire entendre, lorsque l'on sait. Car, je rencontre peu de savants, même dans le milieu des professeurs et des hautes fonctions. Savoir est une chose, savoir transmettre le savoir en est une autre, mais "pouvoir savoir" est une association de mot volcanique que des artistes comprennent bien. De mon point de vue, on peut savoir mais sans avoir de pouvoir, on peut avoir le pouvoir mais sans savoir, et même sans le savoir (ce qui est très différent)
Un jour, il y a quelques années, je me retrouve à la direction de la création artistique au ministère de la culture, pour traiter des questions de discriminations, car j'avais observé une série assez incroyables et encore d'actualité, d'ostracismes. À l'entrée, une œuvre d'art siégeait, au-dessus d'une très jeune femme d'origine étrangère qui me demanda ma carte d'identité. Ce sera la seule femme d'origine étrangère que je vis ensuite aux étages supérieurs. Cette œuvre "SAVOIR C'EST POUVOIR" de la féministe Brabara Krugguer, et américaine, me signifiait là tout ce que j'allais observer de la compréhension d'une œuvre. C'est-à-dire, que dans ma situation, le pouvoir n'était pas associé au savoir. Ne serait-ce que la signification de cette œuvre à cet endroit, allait me donner la couleur même, de l'ignorance du sens  de cette œuvre. C'était devenu un achat, avec son explication, mais rien, de ce que j'allais observer, n'était en réalité, en actes, au sein même de l'institution qui en avait acquis les droits (CNAP) Ce qui est intéressant de noter, c'est qu'en explicitant un contexte américain, la France s’exonère totalement de sa responsabilité même des droits des citoyens, en matière de discrimination, dans une institution où les droits des femmes ne sont pas respectés, ni les égalités de traitement. En discutant avec cette très jeune femme au guichet, face au gardien de sécurité qui la matait sans arrêt, elle ne savait pas ce que représentait cette impression rouge et l'incidence de cette œuvre. Ainsi ai-je pu comprendre que le pouvoir, pouvait, ne pas savoir. Et le comprendre, c'est avoir accès à la terrifiante histoire de notre pays. Non, savoir ce n'est pas pouvoir, dans notre pays, savoir c'est être ostracisé par le pouvoir. Pas toujours je l'espère, mais, à ce jour, c'est l'état de ma réflexion. La majeure partie des citoyens préfèrent "ne pas savoir" au risque de cette ostracisation. Pire, dans les écoles, sont transmis ces notions à tel point que des élèves choisissent d'être médiocres, de ne pas apprendre, ni savoir, afin d'avoir une vie plus libre. Lorsque l'on observe cela, la notion de liberté, ne peut aller avec celle de la pensée. Je rencontre peu de penseur-es, avec lesquel-les, j'ai la liberté de penser ces notions d'ostracisme aujourd'hui, dans notre pays, et comment prévenir et exposer sa vision, lorsque l'on visionne assez bien ces phénomènes installés, depuis l'histoire ?

Cette œuvre fait partie de la suite “Estampes et Révolution, 200 ans après”, commande du Ministère français de la Culture dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution française.
Pour commémorer le Bicentenaire de la Révolution française, Barbara Kruger a choisi deux modes d'expression complémentaires. Comme dans tous ses photomontages, elle a utilisé une image stéréotypée et un slogan d'une apparente banalité. Le propos initialement formulé par le philosophe empiriste anglais Francis Bacon en 1597, " Nam et ipsa scientia potestas est ", mieux connu sous sa forme proverbiale actuelle " Savoir c'est pouvoir " conduit le spectateur vers une double réflexion. Le portrait d'une beauté sans faille, figé dans une implacable dualité, renvoie à l'expérience de l'artiste elle-même : le parcours intime et professionnel d'une femme américaine dans les milieux essentiellement masculins que sont l'art conceptuel et le monde publicitaire des années 80. Plus largement, l'image de cette Marianne en papier glacé assortie de sa légende péremptoire, met en garde contre les clichés de l'Histoire.

Simultanément, la même image a été utilisée par Barbara Kruger aux Etats-Unis dans le cadre des revendications féministes portant sur le droit à l'avortement. Sous le slogan Your Body is a Battleground elle s'insurge contre les tentatives de réduction du champ d'application de l'arrêt Roe v. Wade qui reconnaissait depuis 1973 l'avortement comme un droit constitutionnel. Une autre version, sous forme d'affiche invite à une manifestation organisée à Washington le 9 avril 1989 en faveur du droit à l'avortement et à la contraception.

Des inconduites voire des postures idéologiques inadmissibles de l’individu pris pour cible

Sur les tessons de poterie, il est remarquable que ma situation professionnelle ait prit tout son sens dans une école de céramique. Je ne désespère pas de continuer à cheminer du sens dans l'insensé. "Attitude inadmissible" fait partie des mots reçus par courrier administratif, du harcèlement subit, sans aucune autre qualification. J'ai trouvé très intéressant d'apprendre que les animaux qui étaient, dans cette pratique antique de l'ostracisme, médiocrement dessinés sur les tessons de poterie avec le nom de la personne, servaient à mettre en avant des facettes peu amènes du citoyen ciblé par l’ostracisme.
Ex : Associé au renard et au serpent, Mégaclès est ainsi présenté comme vil et sournois. Comparé pour sa part au bœuf, Ménon serait, si l’on s’en tient à Aristote « doux, nonchalant et sans obstination ». Il convient cependant de reconnaître la plasticité de cette grammaire qui confère des caractères singuliers aux espèces animales. En effet, si le bœuf est associé à la nonchalance par Aristote, il semble aussi pouvoir désigner des hommes lourds et incapables. Ce dernier sens pourrait bien convenir à Ménon qui est qualifié, sur une série d’ostraka, d’aphelès, c’est-à-dire de « simple », « sans recherche », « naïf », voire « niais ». L’assimilation d’un individu à un animal peut de surcroît constituer un outrage dans la mesure où les Anciens, à l’instar de très nombreuses civilisations anciennes comme contemporaines, ont pu faire de certains noms d’animaux des insultes en se fondant notamment sur les caractéristiques qui leur étaient attribuées. Si l’on imagine que le dessin accolé à Ménon n’est pas un bœuf, mais un chien, cette dimension injurieuse est probablement essentielle dans la mesure où « chien » (kyon) apparaît déjà dans l’Iliade comme une insulte véhémente. Une telle insulte demeure néanmoins polysémique et le sens de ce dessin s’en trouve difficile à démêler. Le chien est un animal à la « personnalité complexe », qui, loin de n’être que la bête affectueuse et fidèle décrite par Aristote, est encore insubordonné, traître, impudent, perfide et lâche. Appliqué à un homme, un tel qualificatif peut ainsi mettre à l’index ces vices, mais également l’avidité, l’opportunisme ou la vulgarité.

(Voir les études de Jean Noël Allard, Docteur en histoire grecque de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Cela me fait penser au film Chien réalisé par Samuel Benchetrit en 2018 (de son roman) dont l'art de l'observation est traitée avec perfidie... à la perfection.

Hyppokratos et chouette, cela me correspond, finalement. Ne voit-on pas mieux la nuit ?

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Mémoires présentés par divers savants étrangers à l’Académie Année 1913 par A.Martin

Philosophie Par kiwaïda at 15:26

19/06/2019

℘☺üґⓠυ☺i Tʊ √i﹩

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Porque Te Vas (version Française)

On t'as fait un monde trop petit Pour tes idées Pour l'appétit De tes grands yeux écarquillés Sur l'infini Tu es prisonnière de ta maison De tes parents De cet adulte qui te dit qu'il a raison Et qui te ment [Refrain] Toi, tu es née pour la folie Pour la lumière Pour des pays Peuplés de rois Et tu te demandes dans ta nuit De prisonnière Pourquoi tu vis Et où tu vas Pourquoi tu vis Et où tu vas Tu n'as pas d'avion ni de bateau Pour t'en aller Les illusions qui restent Sont comme un radeau Qui va couler Et pourtant tu veux de tout ton corps De tout ton cœur Briser enfin le noir et blanc de ton décor Vivre en couleurs


Philosophie Par kiwaïda at 00:39

10/06/2019

ᔕᗩᓮᘉ-D'ᕮᔕᖘᖇᓰT

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Dessin © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 19:23

07/06/2019

ᒪᓰᙢᕈᓮᖱᙓ

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Rêve limpide (© Sonia Marques)


Art Par kiwaïda at 18:20

05/06/2019

ϟѦℳ☮ṲℜÅÏ

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Dessin © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 02:22

02/06/2019

Ⓛⓐ ⓟⓛⓐⓒⓔ

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La place


Il y a quelque chose de très important qu'il faut que je place, ce sera ici, dans mon blog, puisque c'est une place.
Il est 4H28, les premiers oiseaux chantent.
Mon nom est utilisé, je peux ne pas être informée, une histoire et des engagements artistiques peuvent ici ou là se raconter,
à ma place.
Parce que l'on ne me donne pas la place, parce que l'on prend ma place.
Reprendre sa place parfois n'est pas possible parce qu'elle est perdue.
Physiquement, elle peut être perdue, mais spirituellement jamais.

1999-2019 : Il y a vingt ans.

  

Photographies © Sonia Marques (tirages en noir et blanc)
J'avais une vingtaine d'année, je dansais et réalisais des photographies en studio, je les tirais dans mon labo que je m'étais acheté et dont j'avais appris seule à réaliser des tirages à la lampe rouge à la cave. Je développais un travail artistique avec des objets (des ressorts, des éponges et une pomme de terre, que j'ai fait pourrir, suspendue à un élastique et avec laquelle je dansais.
Oiseau phénix.


C'est un long cheminement. Lorsque j'ai travaillé en groupe et que j'avais ce souhait d'inviter des personnes à travailler avec moi, des années 80 à 90, les noms, les choses, les idées ne sont pas apparues d'un coup, il n'y a eu aucune immédiateté, et aucune stratégie, de ma part. Le groupe que nous avions nommé Téléférique, avec mon conjoint Étienne Cliquet, en 1999, était issu de l'expérimentation des écoles d'art en France, mais aussi, de notre capacité à être solidaire. C'était tout de même un moment où nous n'avions pas d'argent, et où nous n'en réclamions pas tant que cela, mais où les échanges créatifs, à Paris, étaient féconds. Peut-être est-ce dû à notre jeunesse et des jeunes de vingt ans, aujourd'hui pourraient relater aussi d'une vigoureuse motivation, ce désir fougueux de la création, à deux, à plusieurs. Peut-être. Tous deux nous avions successivement été diplômés des mêmes écoles d'arts appliqués et des beaux-arts, et nous nous sommes rencontrés exactement lorsque je finissais mon diplôme supérieur des arts appliqués de Duperré, plusieurs piques-niques favorisaient les échanges et La Villette avait cette programmation d'un festival en plein air (déjà des grands écrans) . Étienne était déjà diplômé depuis 1 an et ne travaillait pas. L'été, j'ai aussitôt été sélectionnée dans un atelier en banlieue, pour travailler dans le design, pour la maison d'Inès de la Fressange sous la direction artistique d'Alexis De La Falaise. C'est cet été à cette période qu'Étienne m'a proposé plusieurs moments festivaliers, le soir, en plein air, après mes différentes péripéties de femme active. Cette année, j'ai successivement travaillé dans différents lieux et avec différentes personnes, déjà. J'ai pris des cours de danse contemporaine à la Maison du Théâtre et de la danse à Épinay-sur-Seine, avec Ingrid Keusemann, alors chorégraphe allemande. Je fus l'une de ses danseuses, mais surtout sa vidéaste, je capturais ses projets, ses solos, dans différents lieux à Paris, début des années 90. Puis, je suis devenue sa scénographe, pour un spectacle où elle dansait avec 2 autres danseurs. Je fus sculpteure, sa pièce se nommait "Uneben" (qui exprimait un sol pas égal) et, dans le jardin de mes parents, j'ai sculpté du plâtre, des nuages, des socles à l'aide poubelles énormes que je moulais puis que je taillais. Mon père m'apprenait à y mélanger des billes de polystyrène afin que ce soit léger. Je réalisais des casques, des cailloux, blancs et gris. J'étais très productive, dehors en hiver, il faisait très froid. C'était un long travail, puis la MTD m'a prêté un lieu afin que je termine mes pièces. Je n'étais pas payée. Pour la maison d'Inès de la Fressange pour laquelle j'ai dessiné une bonne partie des meubles, durant 3 mois d'été, je n'étais pas payée non plus. Je faisais partie de 7 ou 8 designers, choisis dans les écoles d'art de design parisiennes, les meilleurs de cette année. Pas mal de choses à relater. C'est très important. On est obligé d'arrêter lorsque l'on ne peut pas payer un loyer, moi j'habitais chez mes parents et empruntais leur voiture, mais je ne pouvais pas continuer non plus ainsi. Le projet a coulé, chaque designer, toutes de jeunes femmes douées, nous sommes reparties ailleurs, chacune. Le seul avantage c'est que nous travaillions dans un atelier immense et nous avions carte blanche. J'ai gardé de bons souvenirs de nous toutes, avec nos têtes pensantes, si jeunes et pleines de talents. Alexis était un bon gardien, avec une expérience dans les métiers de la mode, il était architecte, décorateur, il ne racontait pas trop son passé. Il nous apprenait aussi son métier. J'aimais déjà travailler en groupe.
Puis le spectacle de danse d'Ingrid a été sélectionné pour les plates-formes de Seine-Saint-Denis (un beau prix)
Je sortais avec Étienne et je travaillais tout le temps, les journées, à y penser, mon rythme était assez dingue. Lui, il ne travaillait pas, dessinait chez lui, était aidé par ses parents et il a eu ce projet de concourir à l'école des beaux-arts de Paris. Je donnais des cours aussi, chaque semaine à des enfants, dans un atelier d'arts plastiques à Eaubonne (et ce durant 5 années) Je réalisais des expositions de mes cours, un documentaire, des livrets, des éditions, toutes sortes de découpages et pliages, et aussi des projections, des diaporamas, de grands dessins dont les enfants étaient les auteurs. Je les emmenais à Paris, visiter des expositions très actuelles. J'avais un beau succès auprès des parents et de l'atelier. Je faisais beaucoup de trajet.
J'étais plutôt heureuse. Étienne habitait à Paris dans un petit studio très modeste et quasi nu, du 10e arrondissement. Moi j'habitais chez mes parents dans le 93, dans une maison traversée par des voyages et des images, des photographies, un tas de trucs. Je circulais beaucoup, entre le Nord, la capitale, c'était épuisant. Nous arpentions tout le quartier du 10e, 11e, 20e à pieds, tant de dialogues et d'idées partagées. Les attentats du Bataclan, m'ont littéralement secoués, c'était tous ces lieux que je connaissais, j'ai été bloquée de mon dos durant 1 semaine. Puis il réussi le concours de l'école des beaux-arts. Et une nouvelle partie, ou un nouveau ralentissement avant une vie active s'est installée très lentement. De nouveau étudiant.
Je n'ai jamais pu avoir un logement, c'était déjà trop coûteux, même à cette époque. J'ai visité des tas d'espaces, à Saint-Denis, mais, je ne gagnais pas assez pour me loger, avec mon maigre salaire de mes cours d'arts plastiques pour enfants, puisque de toutes mes participations aux entreprises, je n'étais guère rémunérée, tout en développant de véritables travaux d'envergure et reconnus, pour les entreprises. Et puis, je souhaitais encore sculpter mais je n'avais pas d'atelier. Rien n'était fait pour qu'une personne de ma banlieue après un bac+4 en art puisse avoir un atelier pour continuer sa pratique. Durant 1 année, j'allais parfois voir Étienne dans sa nouvelle école, elle m'apparaissait comme un bateau abandonné, une ruine, mais c'était beau. Et puis j'ai décidé de passer le concours, je l'ai eu, et j'ai intégré l'école, dans un atelier que j'ai choisi. J'avais enfin un lieu. Mais cela n'a pas été aussi simple, je me suis fait piquer tout mon matériel, donc je n'ai plus trop travaillé à l'école, et puis j'ai misé sur la dématérialisation, moi qui était entrée dans cette école pour peindre, avec des cartons à dessins plein de nus et d'expériences de danse, je ne mettrais plus jamais les pieds dans un seul atelier de peinture. Les professeurs, des hommes étaient méprisants, misogynes, et violents, je voyais des jeunes femmes pleurer et redescendre des marches des greniers, comme si elles étaient redevenues des petites filles. C'était comme un autre espace-temps, une autre époque, pour moi. Je venais de la banlieue Nord, et j'avais déjà fait mille choses incroyables, je n'étais plus une petite fille.
Bref, nous étions réunis dans une école, nous avions repris nos études, et nous avions déjà tout deux un passé chacun d'études supérieures. Mes parents m'avaient dit : nous ne t'aiderons pas pour tes études. Mon père n'avait vraiment pas compris pourquoi je reprenais des études, car il estimait que je pouvais enfin travailler, après tant d'études. Oui et non, enfin j'ai poursuivi les études, c'était comme une nouvelle chance, souffler un peu. Nous n'étions donc pas des débutants, et nous avions un rapport plus simple avec les professeurs et artistes de cette école. Mais nous nous posions beaucoup de questions sur ces formations. Moi qui était déjà enseignante, je voyais bien que cela clochait. J'ai engagé Étienne à apprendre à se servir d'un ordinateur, il rechignait. Je lui ai proposé de participer aux cours d'informatique. Grâce à son ami, il s'y est mis. Pour ma part, je savais déjà me servir d'un ordinateur, ma mère en avait acquis un, familial, et c'était très rare. Je réalisais pas mal de choses et en dehors des CV et autres lettres, je réalisais des œuvres artistiques avec cet ordinateur. Internet n'existait pas, en France.
Étienne est devenu complètement accroc à ces nouveaux outils qu'il avait vivement critiqué, famille de gauche et comme pas mal de profs à l'école, et d'artistes, chefs d'atelier, personne n'y voyait un intérêt artistique, il fallait plutôt se battre pour démontrer que c'était un outil comme un autre pour créer. Et donc la question de la démonstration a pris tout son sens dans cet effort pédagogique et magistral. Ce qui était considéré comme invisible allait, avec nous devenir hypervisible, plus grand que soi.
Je dis tout cela car c'est important pour la suite. J'étais plutôt moteur, mais de l'extérieur, j'étais prise pour une femme, donc pas un moteur. Les jeunes femmes, mêmes aux beaux-arts n'avaient pas vraiment de place, ni d'idées, sauf celles des hommes, des profs, des référents, des artistes hommes. C'était des poulettes, je les voyais comme des poules, séduire, séduisantes, détruites.
Nous échangions beaucoup, je partageais toutes mes idées, c'est une époque où je ne me posais pas de question de genre, j'étais comme un homme parmi les hommes, et j'avais un tas d'idée que je partageais, et j'avais un tas d'amis. Je ne voyais aucune différence, ni désagrément à être une femme. Il faut dire que j'avais tout un parcours en banlieue Nord et nous étions, les enfants, les filles, les femmes, des bonhommes. Nous avions été élevées comme des garçons, d'abord pour survivre, mais aussi, car la banlieue est un espace social très émancipateur, enfin, à cette époque, métissé et sans codes culturels dominants, enfin, à cette époque. Le voile n'existait pas.
Entre temps nous sommes partis faire des études à Vancouver, au Canada. Là encore dans chacun une école différente. Étienne était l'élève des conceptuels, et moi pas du tout, j'avais ma petite idée, ma résistance bien à moi. À Vancouver, j'ai beaucoup appris de cette liberté et j'ai vu, de loin, le tout petit, petit milieu parisien, étriqué. C'est là où j'ai découvert des femmes artistes professeures, dans tous les domaines. Il n'y avait pas ce côté, si tu enseignes tu dois afficher que tu es contre les hommes et que tu es féministe, ce qui était assez insupportable à Paris. Elles étaient complètement libérées d'un gros poids, elles réalisaient tant de choses et n'étaient pas jalouses des jeunes étudiantes, cela changeait tout, on pouvait vraiment bosser ensemble et les hommes n'avaient pas peur de travailler avec elles. Nous avions réalisé un belle exposition de groupe en photographie. J'étais expérimentale et en même temps, déjà, la technique m'intéressait fortement (vidéo, ordinateur, son, installation) mais aussi la danse et la musique, puis le son, bref, on peut dire que la pluridisciplinarité, entre science et art me poussait à ne jamais m'inscrire dans un champ. Pourtant, cela n'était pas du mixage. Si je devais apprendre à composer le son, je le faisais très sérieusement et durant des années, de même pour la danse, de même pour le dessin, et l'écriture.
Je pensais que les œuvres qui m'intéressaient le plus n'étaient jamais sélectionnées par les artistes professeurs ou n'étaient jamais remarquées. C'est que un certain art dominant prenait tout l'espace et créait des exclusions. Je décidais donc de méditer sur ces aspects là et j'imaginais que je pouvais, moi, avoir un regard critique sur ce sujet.
Étienne a passé son diplôme, sans le savoir, il débutait des expérimentations sur le papier, et ses pliages, plus tard, je l'engagerai à poursuivre ce chemin du papier plié. Il avait déjà ce sens du tout petit, et souffrait de ne pas pouvoir faire aussi grand que les autres. Pourtant l'art peut être minuscule, il le comprendra grâce à la programmation ou les micro-pliages sur l'eau. Évidemment j'avais déjà un regard et j'accompagnais mon conjoint et mes amis, je les poussais plus loin. Puis, nous commencions à vouloir faire quelque chose ensemble, mais organiser des évènements, car nous n'avions pas d'espace pour présenter nos travaux et nous remarquions que c'était le principal obstacle, à Paris. Étienne s'enfermait dans son petit studio et ne quittait plus son ordinateur lui-même qui s'enfermait dans un placard. Il avait copié l'idée de ma mère et s'était acheté un placard où l'on pouvait mettre un ordinateur. Mais dans son studio c'était un monolithe qui prenait toute la place.

Nous avions déjà expérimenté des réalisations communes : EDF-SDF > une performance sur les quais de Seine et Optic Valentine, tout un programme multimédia. À Vancouver, nous avions exposé ensemble, et c'était notre première exposition d'importance. Étienne était toujours dans le petit et l'outil (les K7 audio) et moi déjà dans l'image multipliée, la photographie, avec l'exposition insolite d'un couple au travail et à la maison, un mandala organisé par couleur qui prenait déjà tout l'espace. Des amis rencontrés là-bas et des liens d'amitié poursuivis, pour ma part, ont fait naître de nouvelles formes d'amitié et d'art, qui ont été profitables pour Étienne ensuite. Il n'avait pas gardé d'amitié, les conceptuels, c'est pas toujours évident.

La place.

Puis il a trouvé, en partageant ses apprentissages avec des informaticiens que nous avions rencontrés, le mode FTP, File Transfert Prtotocol, ce qui était très différent du HTTP. Cela me donnait l'idée de transfert et de téléchargement d’œuvres comme un Téléférique et ses cabines. C'est ainsi qu'est venu le principe même du téléchargement d’œuvre d'art. Et nous avions fait un séjour à la montagne, c'est là que le nom de Téléférique était apparu. Un mélange technique, à mettre en place sur un serveur, nous avions utilisé un espace dédié encore vacant, avec l'informaticien de l'école des beaux-arts de Paris, avec lequel, Étienne avait un bon contact. Tout s'est développé à partir de cet espace. Plus tard nous avons tout migré lors de notre construction d'un serveur. Je dis "notre", mais c'est la rencontre avec Makoto Yoshihara qui a accéléré les choses, vers plus de mystère, et d'exotisme, dans le sens que nous avons beaucoup appris, tous ensemble, des mystères de ce qu'il se passe derrière l'écran.

J'ai rencontré Makoto à l'espace Gentilly, celui de l'artiste Hosoki Yoshinori, il faisait chez lui des rencontres franco-japonaises et Makoto, que nous connaissions car il était diplômé de l'école des beaux-arts de Paris, était également formateur en son. Il apprenait aux étudiants, assistant Olivier Michon, à se servir d'ordinateurs. Moi aussi j'ai été formée dans cette école à la composition sonore, pas par Makoto d'ailleurs, mais par Katya Bonnenfant. On était une bande de découvreurs et les professeurs et artistes, chefs d'atelier, nous prenaient comme défricheurs et formateurs pour les autres étudiants. Il y avait Aki Ikemura, la compagne de Makoto, dont j'appréciais les réalisations également. En fait nous étions tous initiés par le numérique, et nous étions tous devenus des passionnés. Moi j'étais déjà vidéaste, c'était rare dans cette école, une femme, et je réalisais des projections de mes vidéos. Nous avions connu l'analogique et le passage au numérique. Nous avions été formés par du "très chaud" avec la bande magnétique, le film, le grain et nous allions être formés par ce que tous les techniciens craignaient : le froid, métallique, sans âme, ce qui allait faire perdre le grain, le sensible. Tout cela ne fut pas aussi destructeur, mais quand même, l'intelligence artificielle, nous y étions déjà. J'exposais déjà dans une galerie à Paris dans le Marais, suite à ma rencontre avec Francis Fichot, le conjoint de Matali Crasset, la designer (pas encore) très connue. Ils avaient découvert mon travail lors de leur venue à l'école des beaux-arts de Paris, et j'étais l'une des seules à m'être investie. Rien n'était jamais organisé pour les portes ouvertes (cela a bien changé) les artistes n'étaient jamais présents dans l'école, l'école était abandonnée et personne ne venait la visiter, ni même les étudiants, au final. Matali avait adoré mon travail et avait dit que tout était si glauque dans cette école, et n'avait vu que mon travail d'intéressant de vraiment très actuel. J'avais du mal à y croire, mais elle avait plus de distance que moi sur ce sujet. Je présentais des brassard sportifs avec de grosses icônes informatiques dessinées et cela se nommait "la salle informatique". Une grande photographie avait remplacé les ordinateurs lors d'un déménagement, et s'étaient installés des amis, avec chacun un brassard différent. L'un avait la souris, l'autre le papier, une autre une imprimante, un autre une disquette et tous formaient, par liens (spirituels) un système informatique. Quelque part, le groupe Téléférique était là. Et moi, déjà, je montrais que l'humain était plus important que le système informatique et les liens qu'il pouvait opérer, de non visible. J'ai travaillé pour Matali sur différents projets. Elle m'a invité à plusieurs reprises. Je découvrais, en même temps, la vie privée d'un couple qui s'engageait complètement dans cet avènement qu'est devenu le design et qui a pris une importance assez... trop. Matali et Francis ayant appris plus tard que je concourrais pour enseigner en école d'art, ne trouvaient pas cela très bien, étant données mes capacités, et aussi, ils estimaient que ces écoles étaient perdues, que c'était un trop grand sacrifice d'y enseigner, de devenir fonctionnaire, dans ce pays. Je n'avais pas assez de distance, un peu comme mon père qui me disait, non vaut mieux pas, j'ai continué ma route. j'avais tout simplement quelque chose à réaliser, je faisais de la recherche pédagogique et j'aimais cela.

De toutes mes réalisations, je n'étais jamais jamais payée, sauf dans l'enseignement. Ce que je croyais au début, mais à la longue, non je n'étais pas vraiment payée. C'était comme si c'était normal, les artistes n'étaient jamais payés pour ce qu'ils montraient, exposaient pour d'autres, et les enseignants en art, devaient aussi se taire sur leur condition de travail. Car, la culture était principalement bourgeoise, et les étudiants en art étaient fils et filles de bourgeois, avait un peu d'argent pour vivre de leur passion, c'était un peu parfois les fous de la famille qui allaient aux beaux-arts passer parfois 7 à 8 années d'études à glander, pour éviter la psychiatrie, ou bien les jeunes filles pour lesquelles il fallait apprendre à décorer la baraque, bref je n'étais pas du tout dans cette culture là, mais je m'en apercevrais bien plus tard. Dès que mes études se terminaient, je travaillais, j'étais active, et même en étudiant. J'appris bien plus tard, par une amie, que toutes les femmes me voyaient comme quelqu'un de bizarre qui travaille de suite après ses études, alors qu'aucune ne le faisait. Elles passaient au moins 10 années "libres" à faire ce qu'elles voulaient. C'est ce que j'ai appris avec étonnement, d'être vu comme un bolide qui voulait absolument travailler. Et bien, c'est que je n'avais ni les moyens d'attendre qu'un prince charmant me paye mes robes de soirée, ni mes parents n'avaient eu ce souhait de m'offrir un petit confort de fainéante (que j'aurai volontiers accepté en revanche) C'était plutôt moi, le prince charmant, ou chevalier. J'aimais apprendre. C'est bien plus tard que j'ai appris à ne rien faire.

"libres" à faire ce qu'elles voulaient... mais entretenues. Aujourd'hui, de ces femmes, aucune n'est artiste, mais très certainement, libre de faire ce qu'elles veulent. Car, c'est le temps qui nous l'apprend, un, une artiste, n'est pas libre de son temps, ni libre dans l'absolu. Quand on a pas l'art en tête, je pense que l'on est bien plus libre. Les artistes sont très peureux de ne pas faire d'art, ou de faire autre chose, sans aucun arrière plan artistique. Je trouve cela de plus en plus merveilleux, de ne pas faire de l'art "tout le temps", "toute sa vie". D'apprendre à se libérer des diktats institutionnels et de cette vision patrimonialo-patriarcalo-conceptualo-mégalo-lo, pas très respirable.

Makoto, à Gentilly présentait une exposition solo, avec plusieurs installations sonores que j'ai trouvées magiques. J'ai beaucoup apprécié son travail. Nous étions, avec Étienne en train de penser à Téléférique et avions déjà une programmation, des amis qui se lançaient avec nous dans cette aventure… folle. J'ai convaincu Étienne de demander à Makoto s'il voulait faire partie du projet. Non seulement il a bien voulu, mais surtout, il s'est investi, en tant qu'artiste, auteur, programmeur, et tant d'autres qualités. Pour moi, un autre pays s'ouvrait : le Japon. Mais c'était aussi une appréhension des outils très différents. Les japonais étaient bien plus en avance que nous et ne bavardaient pas sans cesse comme les français le font, ils ont un avis sur tout, et ont l'art du commentaire, inutile, de la paraphrase.
Il avait créé des programmes sonores, et il avait disposé plein d'instruments de musique coloré, afin que chacun puisse s'en saisir et faire un son, qui se trouvait transformé en direct. Au sous-sol, juste une ampoule allumée, la nuit, le noir, et aussi un son angoissant. Je voyais que Makoto avait quelque chose de profondément enfoui, et que se révélait au-dessus quelque chose de très joyeux et enfantin. Je pourrai décrire aussi plusieurs autres projets, ceux de Robin, d'Étienne, de Guillaume, chacun très spécifique. Il est vrai, que ces jeunes hommes avaient quelques difficultés dans l'analyse de leur production, je posais quelques mots, je questionnais les formes et couleurs, mais je n'allais pas jusqu'aux référents, et pourtant, dans l'histoire de l'art, il y en avait. Pas du tout les références qui étaient sans arrêt énoncées, hélas.

Ce serait très long à raconter, mais nous avons au fur et à mesure rencontrer nos invités ainsi. En fait j'aimais ce que nous faisions, et chacune des singularités, parce qu'elles m'étaient totalement étrangères. Pour moi, c'était un saut, chaque jour, dans la rencontre avec l'autre, et donc, j'ai peaufiné cette capacité à préciser mon regard et à ne pas me satisfaire des attendus. Je ne trouvais pourtant là, rien de spectaculaire ou de génial à nos investigations, j'étais juste bien à ma place. Mais j'ai été déplacée, c'est le rôle social qui m'a déplacé, je ne pensais pas avoir un rôle social aussi déterminé que celui de la négation.
Ce qui arriva, c'est que sans le prévoir ni comprendre l'impact que cela allait avoir, je devenais la seule femme du groupe.

De plus en plus, la place du chef est venu parasiter notre compagnonnage si subtil, et bienveillant. Étienne a souhaité avoir cette place du chef, et c'était contraire à ce qu'il prétendait à chaque fois montrer du collectif. Il y avait une contradiction très forte qui s'est installée, pour ne pas dire, qui préfigurait la future dissolution du groupe.
Étienne était entré en rivalité avec moi, et pour un tas de choses, d'affaires privées et publiques, matérielles même. De mon point de vue, les oppositions étaient clairement artistiques et intellectuelles. Cela divergeait, mais je ne pouvais jamais mettre les justes mots sur quelque chose qui dépassait les mots. Mon regard visionnait le groupe.

Plus tard, j'ai créé une île en cachette, plus tard je me suis émancipée, mais sans moi, le groupe n'a pas tenu. Cette île a été, pour moi, le plus beau projet (conceptuel) radical et inédit.
Le groupe devenait un peu comme la fausse démocratie, et j'étais dans l'obligation de devenir séparatiste, pour préserver l'écologie, la bioéthique, enfin, la sève même, spirituelle, qui faisait la force des apparitions.

Les médias interrogeaient Étienne et tous, nous passions au second plan, et il tenait à poser conceptuellement ses idées, au nom de tous, ce qui nous mettait dans l'embarras, mais arrangeait bien ceux qui était plus du côté de l'informatique, car la culture artistique était alors déniée. D'ailleurs Étienne mettait un point d'honneur à supprimer toute idée d'auteur, en laissant présager que le collectif, le commun passait avant l'individu, tout en distillant l'idée qu'il en était le chef. Je découvrais là ce qu'était un parti communiste, je n'y connaissais rien. C'est à ce moment que j'ai compris l'importance de la place de l'auteur, et ici l'auteure. La signature est très importante.
Qui parle ? D'où l'on parle ? L'histoire devenait très importante et je voyais comment on pouvait écraser l'histoire pour éliminer la place des femmes. Je ne pouvais jamais avoir mon nom en bas des participations, je devais lutter pour dire que j'étais là, alors que c'était une évidence, mais mon nom était systématiquement évincé. Celui des techniciens bien en valeur, même pour des travaux auxquels ils n'avaient jamais participé ni jamais eu de compétence. C'était très surprenant. Je découvrais comment se construisent les histoires. Puis, je remarquais, qu'au fur et à mesure, Étienne effaçait volontairement tout ce qui aurait pu signifier que c'était un couple en dialogue qui avait pensé un projet, que c'était un projet commun. Je devenais "un collaborateur" parmi les autres collaborateurs. La collaboration était un mot affreux pour moi, avec un sens lourd, un passé français avec de graves conséquences. De mes origines, je n'ai jamais connu la collaboration, ni l'on ne m'a transmis ce qu'il s'y est passé. Hormis ma voisine résistante, qui était un peu notre grand-mère française. Et puis, vis-à-vis du groupe, il a été dans l'obligation de laisser mon nom, sans arrêt dans l'histoire de la fondation du collectif, en ajoutant souvent qu'il avait "animé" avec moi le collectif. Je me transformais d'un coup en speakerine d'une série télévisée, j'animais. Bref, mon vrai rôle n'était jamais détaillé, il ne fallait pas.

Je suis devenue professeure en école d'art, plus tard Étienne a souhaité faire comme moi, mais il s'est imposé et a été accueilli si facilement (par défaut) qu'il était déjà à un meilleur échelon que moi, sans en avoir ni l'ancienneté, ni le goût. Je ne savais pas que cela compterait autant plus tard. Cela donne un aval, un sentiment de supériorité. Les femmes arrivaient dans le corps des professeurs avec un échelon 0, les hommes commençaient à un échelon 4 directement, c'était ainsi, les directeurs bossaient pour ces jeunes hommes, pas pour les femmes. Je voyais ainsi comment se traitaient, dans ces milieux, les personnes, uniquement selon leur genre, et jamais pour leur expérience ou compétence.  À l'école d'art angevine où j'ai débuté mon enseignement pour un niveau supérieur, tous les professeurs hommes débutaient à un échelon 4, directement. Les femmes, même après 3 années de CDD, nous n'étions pas encore passées à l'échelon 2.  Malgré plusieurs réunions et promesses, rien ne bougeait, et les hommes n'avaient aucune solidarité sur ce sujet, ils ne souhaitaient pas perdre leur échelon supérieur en raison de l'égalité entre hommes et femmes. Il y avait donc une atmosphère d'injustice. Une designer ne s'était jamais présentée, après avoir été sélectionnée, à cause de ces conditions et ce manque de respect.  Les coordinateurs, tous des hommes et le directeur avaient été choqué et médisait sur cette talentueuse designer, qui n'était pas venue faire sa rentrée. Il fallait faire cela, ne jamais accepter de telles conditions. À distance, je voyais comment tout s'imbriquait parfaitement bien, comme si, déjà, tout avait été pensé pour les hommes et par les hommes, sans qu'aucune femme ne soit légitime dans ce qu'elle raconte, vit, travaille, recherche. Enseigner et avoir cette conscience m'a amené à bien changer ces règles tacites, pour les autres. Dès que j'étais dans des configurations de responsabilité, c'est tout le groupe qui devait changer ses habitus et pratiques. J'ai aussitôt enseigné pour les jeunes femmes et les jeunes hommes et avec des professeurs différents. Il y avait, à mes cours une parité, ce qui n'était pas le cas au début, où seulement des jeunes hommes s'inscrivaient aux cours de multimédia. Cela a été important et il fallait travailler en ce sens. Mes efforts n'étaient pas compris, ni même des femmes enseignantes et lorsque j'étais amenée à partir d'une école, les choses reprenaient leurs habitudes : les jeunes hommes étudiants s'inscrivaient aux cours des hommes professeurs, dans le multimédia, et l'école régressait. Pourtant, dès mon arrivée, je recevais déjà des photos pornographiques, par mail, à mon domicile, de la part d'un collègue (certainement de lui, c'était très moche) alors que je travaillais avec les membres de Téléférique et je me souviens que la photo, très mal optimisée (le peintre ne savait pas se servir des logiciels de création d'image, et l'image avait mis un temps très long pour s'afficher, par niveaux, sur mon écran). Le niveau, dans les écoles d'art était assez bas, cela n'a pas changé en fait. Plus tard, je recadrais ce peintre, toujours en poste, et il m'en a voulu, que je ne veuille plus recevoir ce genre de truc, un harcèlement sexuel (ce mot n'était pas encore dans les mentalités) Nous ne nous sommes pas parlés durant des années. Et j'avais pu en parler à une collègue peintre, mais au lieu d'être solidaire, elle fut très jalouse que cela ne lui était pas arrivé. Malaise. Au final, ce n'était pas si grave (aujourd'hui, je pense que ces comportements sont plus pernicieux).  J'avais tout de même interrogé cet homme, artiste, pour comprendre comment pensait-il, que je pouvais être réceptive à cette image si laide. Il me dit que "toutes les femmes rêvaient de se faire violer", et qu'il me voyait avec des hommes dans mon collectif et que je devais avoir une pensée plus libre que les autres femmes, mais qu'en fait, je n'étais pas aussi libre, vu ma réaction "réac". Voilà le genre d'argument entendu. Il ne lui était pas du tout venu à l'esprit, que je ne souhaitais pas parler avec lui, ni travailler avec lui. Il fallait faire avec ces types. Une étudiante qui subissait ses regards insistants m'avait demandé : Mais comment faites vous, enseignante pour travailler avec ces professeurs ? Je lui répondit ; je ne fais pas, tout simplement. Ces écoles invitaient Catherine Millet, justement cette femme éditrice du magazine Art Press qui s'étalait dans les médias et disant qu'elle regrettait ne pas avoir été violée et avait écrit ces dernières années, en guise de nouvelle année, avec l'actrice Catherine Deneuve, entre autres, son souhait d'êre, encore séduites par des hommes, en réaction avec la vague des "meetoo". Il y a quelques années, plus récemment, je la retrouvais invitée, juste avant son manifeste mémérisant en manque, par la directrice de l'école d'art de Limoges, en grandes pompes (sa caution art contemporain) Cette école revenait bien en arrière et oubliait tout des préoccupations des jeunes étudiants, lassés de ces simagrées et inintéressants commentaires sur l'art et la manière d'être artiste aujourd'hui. Les écoles d'art n'ont vraiment rien compris de l'évolution des artistes. À Angers, cet incident très bref, fut vite oublié. C'est à Limoges où tout devenait pressurisant, mais du côté raciste, avec des commentaires très médiocres des professeurs et directions que j'ai connues. On se demande comment aujourd'hui, de telles manière de s'exprimer à de jeunes gens, ou professeurs collègues, se pérennisent. Il y a bien, pour cela, une complicité, une autre manière de se taire et de laisser passer tant d'humiliations et d'injustices, que le plus important demeure la vitrine et l'accumulation d'évènements, sans aucun sens, pourvu que l'on oublie l'essentiel : penser.
Il est certain qu'avec notre époque "meetoo", je ne sais si les choses ont changé, car je me suis toujours débrouillée pour recadrer ce genre d'intrusion et en parler, mais pour de plus jeunes étudiants, hommes ou femmes, cela ne doit pas être évident d'en parler. Ainsi je trouve tout à fait heureux, que cela choque les habitudes des professeurs femmes et hommes et que les responsabilités soient aussi intégrées par tous, afin d'arrêter ces formes abrutissantes de domination. Le niveau d'une école peut être très médiocre, mais on peut ne pas savoir pourquoi. Lorsqu'il n'y a pas de communication, plus de paroles et d'écoute, on se rend complice du pire dans ces lieux sectaires.
Dans mon collectif, dans le même moment, années 2000 dépassées, je voyais qu'Étienne s’appropriait un peu tout. Une de ses animations se nommait "propriétaire", cela anticipait ce qu'il ne pouvait alors exprimer. Il ne s'en rendait absolument pas compte. C'était normal. Au sein du collectif, j'avais l'interdiction d'écrire ce que je pensais. C'était des scènes entières, que je n'avais pas à dire ceci ou cela. Auparavant, il n'y avait jamais eu de problème, c'est à partir du moment où le collectif a été un peu connu et reconnu. C'était comme si Étienne jouait sa réputation auprès de ses parents, ou ses pairs, je ne sais pas, tout devait être contrôlé, plus rien de spontané. Nous avons, à un moment été contactés par les institutions et le ministère de la culture qui s'intéressait à tout ce que l'on trafiquait, tout en ayant assez peur de nous. Ils nous ont demandé de participer à une organisation (moche) "la fête de l'Internet". Le pire est arrivé. Tout a été remanié, relifté, par les équipes, des bras cassés, des secrétaires habillés en tenue de soirée dos nus, plongeant, s'activant dans les sous-sol à la machine à photocopier. Elles ne connaissaient ni Internet, ni n'avaient de mail, mais elles servaient un peu de... je ne sais pas c'est délicat. Je suis tombée de haut. Et tout était manigancé pour l'élection de Jospin (qui a raté) sans que nous soyons prévenus. Une bonne claque : bienvenue dans la culture (la politique) Évidemment, nous n'étions pas payés, et si nous avions le malheur de le dire, on recevait des insultes par les hauts fonctionnaires. Les règles n'ont pas changé, année 99 ou 2019, c'est pareil. Les élections sont toujours ratées et les secrétaires ont toujours des décolletés ou dos nus et servent les petits fours aux gros monsieurs importants. Quand on apprenait qu'elles avaient fait de longues études, parfois au Louvre... La culture, nous l'apprenions. J'étais très dépréciée par les hauts fonctionnaires, ils ne s'en souviennent pas aujourd'hui, je ressemblais à un garçon aux cheveux longs, avec mes baskets et mon habilité à manier les outils. Tout cela est amusant rétrospectivement, qu'est-ce qu'ils étaient idiots.

L'idée des démos, et c'est très amusant de l'entendre dire devant un si petit public, d'hommes, en 2017 ou 18 ?, n'est pas venue à Nice. Non. Nous réalisions des projets, que je percevais "froids" et "distants", chacun dans nos home-studios et nous nous les présentions à Charenton, chez moi, chez nous (qui préparait des gâteaux pour tous ?) C'était aussi des échanges intenses de codage. Les 3 garçons faisaient bien plus de démonstrations techniques que moi, mais ma discrétion était juste une apparence, j'allais déjà plus vite, dans ma tête, et il ne fallait pas trop le montrer. Je recherchais un moyen de rendre nos recherches visibles et pédagogiques, une façon de s'intéresser vivement à ce que l'on nomme, la recherche. Étienne a eu cette phrase à la suite de toutes nos aventures et notre pratique éprouvée : perish or publish, Demo or die, mais elle était empruntée déjà. Cela nous a poursuivi.

Je me suis aperçue, des années plus tard, que je restais la seule a vraiment publier mes recherches. Finalement, je suis toujours dans cette démo.

Je me débrouillais pour que ce que je voyais, devienne grand et lumineux, à partager. J'avais été diplômée avec un savoir faire technique de l'image et du son. Je réalisais déjà de grandes projections et j'avais fais des expositions en ce sens. j'ai pris en main cette partie, afin que nos rencontres soient plus "chaude" et partageables à un plus grand nombre, que cet entre-soi. Très vite les dates de nos programmations, et nous allions à la rencontre de lieux, se sont accumulées et moi je me réservais la place d'organiser la démonstration de projeter tout cela. Je compilais chacune des productions, si petit dans les écrans, j'imprimais des capture et je les affichais sur mon mur de l'appartement pour visualiser déjà une partition. J'étais comme une chef d'orchestre. Puis je me suis organisée pour réserver tous les médias, projecteurs, etc. ce dont j'avais l'habitude. Je réalisais aussi toute la communication du groupe car j'avais un savoir faire aussi, celui du graphisme. Ce n'était pas du tout le cas des autres membres, et le graphisme, côté art, était perçu comme un art mineur (pas ce qu'il est devenu aujourd'hui). Ils n'y connaissaient rien, et me faisaient une totale confiance. Le groupe est devenu connu, uniquement grâce aux flyers et mailings que je réalisais, comme de précieuses attentions, des bijoux.

Très important, j'étais la seule à avoir le permis de conduire, et à cette époque, il fallait transporter des gros disques durs. J'empruntais la voiture de mon père et je passais dans chacun des appartements des garçons pour transporter leurs disques durs où étaient situés les œuvres miniatures (des programmes, des chiffres, des calculs)  fabriquées. De même pour les miennes. C'était très fastidieux, la logistique fut une de mes préoccupations, durant des années, non pas parce que j'aimais cela, mais parce qu'il n'y avait aucune compétence dans ce domaine. Je trimbalais les garçons, qui souvent n'avaient pas besoin de gagner leur vie, tandis qu'à côté, je travaillais également dans des entreprises pour pouvoir payer mon loyer. C'était complètement inégalitaire, j'étais totalement exploitée par des hommes, des ados, par la société même, mais je le savais. Il faut l'expérimenter pour bien comprendre. C'était aussi un bel avantage, car j'avais cette impression d'avoir une bande, d'être en bande, aussi la bienveillance fait que nous étions un peu comme un groupe de musique, dont j'aurai pu être la chanteuse, mais pas vraiment. Nous étions forts ensemble, mais aussi débutants dans bien des domaines. J'ai de la sympathie pour ce groupe, mais je ne sais toujours pas pourquoi on en a fait tout un plat ! Nous n'étions que de petits jeunes, et nous nous amusions, nous découvrions des choses, nous étions des petits génies en herbe. Je n'aime pas trop, ce que les médias en on fait, ou ce que l'on a tenté de garder en mémoire comme un truc sacré. C'était rien en fait. Je ne comprends pas pourquoi des universitaires nous ont piqué nos idées, pour en faire des thèses imbuvables, théoriciennes et laides, pour passer des doctorats, jusqu'à prendre nos intitulés (sans m'inviter) et en faire des séminaires, ou conférences avec des crédits à la recherches, bref, payés par l'État. C'est devenu lourd, pompeux et prétentieux, jamais animé, un truc mortuaire. Nous qui étions si légers.

De loin, je voyais comment, certains s'attachaient à faire histoire de quelque chose qu'ils ne vivaient, des tonnes de papier, de compilations de noms, de dates, de trucs. Pas facile l'université, ici. J'étais dans la création. Pourtant, je m'en apercevrais aussi bien plus tard, j'écrivais, bien plus que les universitaires pouvaient écrire au sujet de ces moments. Mon île était un réceptacle d'écritures poétiques. Aucun universitaire ne pouvait les lire. J'étais comme cette Ada de Lovelace, cela me plaisait, j'avais l'impression d'inventer vraiment les choses, il n'y avait personne devant moi.

J'étais moteur, d'un engin que j'ignorais.

Ces démos en publique que l'on a nommé ainsi par ces projections publiques et qui résultaient des démonstrations trop petites et entre-soi des garçons, furent assez gigantesques et attiraient beaucoup de monde. Bref, c'était un cadre complètement immersif, son et luminosité et couleur très saturée, devenaient la marque de nos projets. Pour moi, la couleur et le son étaient mesurés comme une sorte de synesthésie spatiale et j'en faisais toute une orchestration symphonique, spécifique à chaque démo. Cela dépassait nos tailles humaines, c'était proche de concerts, ce que j'adorais. C'était monstrueux aussi. Et évidemment, c'était théâtral. Nous présentions des tableaux, des scènes, nous improvisions, chacun sa partie. Mon ami qui a assisté à une démo, me disait, que j'étais celle qui dispersait la parole aux uns et aux autres, je temporisais les séances, j'orchestrais avec brio l'évènement, assez singulier. On n'avait jamais vu cela. Ma voix était claire et limpide, je donnais accès au sens, c'était une organisation tirée au cordeau. Chacun des membres, avec sa personnalité présentait sa propre partition, ou invitait l'autre à jouer dedans. Nous nous amusions, nous nous surprenions, c'était des jeux d'esprit, des formes de sagacité, et pourtant, que de fugacité.

Sur ces temps très intenses, il m'intéressait d'y projeter ce que je voyais de pictural. Pour moi, nous faisions de la peinture avec des programmes informatiques et la figuration avait une part très importante. Des graffitis, ai-je pu le voir écrit, c'était pas mal. Nous utilisions des icônes, des objets, mêmes les sons avaient quelques chose de figuré. Les logiciels étaient comme des jeux, des figures que chacun pouvait interpréter. D'ailleurs, il y a un beau lapsus, Étienne dit "Sonia Marques et moi avons fondé le logiciel", au lieu de dire, le collectif.

C'est très important. Ces 5 années de ma vie ont été très formatrices. J'ai su ce que je ne voulais plus faire, et j'ai su que j'avais encore des choses à apprendre, en solo.

Là étaient nos divergences. Étienne se battait comme un boxeur avec ses idées apprises de l'art conceptuel et voulait à tous prix que Téléférique rentre dans la case de cet art conceptuel appris à l'école. Pour moi, nous avions inventé quelque chose qui n'avait aucun modèle dans l'art conceptuel mais était plus proche parfois des impressionnistes des peintres ou des artificiers. En tous cas nous avions créé de l'animation, c'est-à-dire que tout était "animé" et incarné. Pas de l'animatrice de télévision, hein. Nous manipulions des outils. C'est comme de la magie, car les spectateurs ne savaient pas comment nous avions conçu ces œuvres, tout était mystérieux. Diables ou dieux, nous étions des enfants qui rivalisaient avec les rêves et cauchemars, et en plus, nous étions savants dans ces nouvelles techniques, experts. Novices, dans ce que peut être une œuvre d'art, ce qui l'anime vraiment et ce qu'elle traverse dans le temps. Pour moi, aucune œuvre présentée n'était destinée à durer dans le temps. Nous faisions de la fumée, et tout disparaissait, les ordinateurs éteins. Téléférique, c'était la fée électricité !

Il y avait quelque chose de très naïf et brut, pourtant nous étions dans cette période de l'art numérique. Il y avait une innocence, je dirais, qui n'était pas stratégique comme Étienne peut l'exprimer dans ses conférences, mais peut-être que de son point de vue, oui. Nous ne mettions pas un pied dans la porte pour passer en force. Je dirai même, pour ma part, que j'étais dans un mode contemplatif et méditatif, proche de l'extase, comme l'un de mes programmes était nommé. Ce qu'il se passait mettait en transe parfois et rendait extatique la perception du temps. Nous rentrions dans un monde parallèle, sans drogue aucune, mais ce que nous avions créé ensemble, produisait une énergie surnaturelle qui nous donnait des ailes et ainsi nous tenions des heures, la nuit, et des jours suivants. Et c'était pour cela que nous avions des échanges contrastés. Aussi cette dynamique, entraînait une tension, jusqu'à l'épuisement des sens. Powerhouse.

J’acceptais les différences, la diversité, c'était parfois incompatible et étrange, mais superbement novateur. Étienne était plus intolérant et était dans le contrôle, avec un art de la dissimulation, il fallait sélectionner et élaguer, effacer le processus. Je pensais processus, énergie et force, rien ne pouvait être éliminé. Il en était agacé, et pensait qu'il fallait y mettre un peu d'ordre. J'admirais son sens de la synthèse, mais nous en perdions notre force. Il voulait tout décrire, tout commenter, tout expliciter, trouver comment cela fonctionnait. C'était tuer la magie à petit feu et nous empêcher de fabriquer notre chimie, sensuelle, nous étions avant tous, des sensuels. Il faut dire que l'art dominant était de cet ordre : le contrôle, le concept avant tout, et surtout pas de couleur. Nous avions trouvé des accords communs qui faisait de nos idées une compatibilité, fragile, mais par pansements successifs. Des rustines étaient disposées, nous réparions souvent nos machines et nos désaccords autours de repas ou balades sympathiques.

Plus tard, j'ai pensé, que c'était 2 esthétiques qui s'affrontaient, alors que lorsque nous avons développé ce projet, ce fut en toute symbiose, sans nous poser la question de la propriété.

Ce sont les journalistes d'ailleurs qui ont joué ce rôle de passer le micro, le plus souvent à Étienne. Et il a pris goût, avec difficulté aussi. Le bègue, je dirai que c'était plutôt lui. Puis, il a pris tout le contrôle, être l'unique invité, et puis, il nous a complètement oublié. Il a été invité souvent pour parler de ce que nous avions créé ensemble.

Puis il a souvent cité nos noms, et des anecdotes que nous pouvions voir qu'à travers nos écrans.

De mon côté, j'ai beaucoup appris du rôle des médias, en France et de son retard. Tout était misogyne, même les femmes journalistes n’interrogeaient que les hommes. Ce qui me fait sourire, c'est qu'une journaliste à Libération Marie Lechner, dont j'ai été la première à contacter et remettre des visuels sur place, a privilégié Étienne, parmi les membres du groupe. Plus tard, ils ont réalisé des interview sans que nous soyons informés.

J'ai trouvé par hasard une série de vidéos, filmé chez moi, sans que je ne le sache. La journaliste est assise à ma place et interview Étienne, dans notre appartement. Elle est à ma place, exactement à ma place devant mon ordinateur et le cadre montre même un drapeau portugais derrière, une intimité, la mienne, mes photos. C'est à cette place où je travaillais chaque jour, là où elle s'est filmée en train de parler à Étienne en posant des questions assez bêtes et lui, en répondant assez fièrement, mais toujours avec difficulté.
Je n'étais pas informée.

Ma place.

Cette journaliste a organisé un programme, ces jours-ci à la Gaité Lyrique ( Computer Grrrls, le truc à la mode sur le genre) dans laquelle elle décrit que la place des femmes na pas été reconnue, dans le numérique. Cela me fait bien sourire évidemment. Bref, ce n'est pas en prenant la place des artistes femmes que l'on peut après déclarer qu'il n'y en pas eu. Souvent, ce sont des femmes qui éliminent d'autres femmes, parce qu'elles sont des créatrices et celles qui ne le sont pas, rêvent de prendre leur place.

Et puis, je me suis dit que j'avais un blog, une place, et je ne vois pas pourquoi toute cette histoire, la mienne donc, devait être ré-écrite, sans mon accord ou en déniant ma place, mes idées.

Car je crois que l'art conceptuel n'est plus, tout simplement.

Lorsque j'observe les fleurs, Téléférique c'était cela, des fleurs, il y avait une forme botanique dans ces arts génératifs de pixels, entre apparitions et disparitions. Car ces œuvres diverses venaient du noir, de la nuit pour nous éclairer, et repartaient dans le noir, disparaissaient dans la nuit.

Pour moi c'était de la magie, un groupe très spirituel, il se passait une énergie entre nous très positive, que je faisais circuler.

C'est ainsi, on ne peut pas contrôler vraiment les magiciens.

Et puis, ils ne donnent pas leurs tours de magie.

Il est 7h, le jour s'est levé, je prends une place dans ce jour nouveau, légèrement, avec les oiseaux, les chiffres et les calculs.

La création de collectif est un moment nécessaire pour comprendre la place d'une artiste dans la société.

Être à sa place, tout le temps, dans son esprit, dans son temps.

Lorsque je retrouve Makoto et Aki, nous ne parlons pas de Téléférique. Parfois nous apprenons qu'Étienne a réalisé un projet avec un des membres, mais considéré comme l'informaticien du projet de l'artiste, très certainement payé, souvent cela vient de l'argent de l'État. Je respecte cela, je trouve même cela très bien, en total contradiction avec le groupe, mais le groupe n'est plus.

Il y a vingt années, je me retrouve professeure en école d'art maltraitée par une direction complètement ignorante et avec aucune solidarité du milieu des professeurs, du ministère de la culture, qui ont connu cette épopée et y ont participé. Grâce au collectif, des artistes ont pu réaliser des choses et ont trouvé un travail, parfois dans l'enseignement Rien aujourd'hui n'a cette saveur solidaire, il n'y a pas plus individualiste que le milieu des professeurs en art, avec un oubli de l'histoire, des histoires et de l'histoire de l'art. C'est pour cela que je mesure ce temps, il va avec la montée des extrémismes sur notre territoire. Il y a un oubli, des oublis, de notre histoire, des peurs et des lâchetés. C'est dangereux. Je trouve que l'on vit un moment dangereux, pour la suite.

Sinon, je trouve cela très bien l'indépendance que chacun a pris, souvent en fait, c'est par la relation amoureuse, de chacun, justement, que les trajectoires ont pris toute leur autonomie. Je suis persuadée, au moins si nous n'étions pas artistes, que nous faisions école. Nous avons fondé notre propre école, au moment où nous observions que les écoles dysfonctionnaient grave et où elles n'enseignaient plus ou ne formaient pas. Nous avions trouvé un mode pédagogique et nous en avions réalisé des démos dans les écoles et universités, des sortes de conférences-concert, toujours en montrant comment nous manipulions les outils, parfois en montrant ce qui était caché. Ce n'était pas tant l'écran, ce qui apparaissait qui nous intéressait, même si ces moments narcissiques, nous en profitions, avec humour, c'était comment nous faisions apparaître. Cette petite école qui se déplaçait, Téléférique, dans laquelle, les places étaient elles-mêmes déplacées, et les genres troubles, orient et occident, me rend heureuse aujourd'hui. Il faisait si froid, nous avions si faim, nous passions notre temps à coder. Je regrettais ne pas passer plus de temps dans les paysages que nous avons traversé. J'ai pris ce chemin là, ensuite, la contemplation, pleine. Je pense que nos écoles d'art, en crise, sont encore très loin d'avoir trouver de tels modèles, efficaces, rapides, autonomes, économes, libres et transmissibles. Quel dynamisme et quelles solidarités à toutes épreuves ! Nous avions beaucoup moins de moyens qu'aujourd'hui. L'excès provoque un état morbide, comme une obésité, qui ne permet plus de penser, d'inventer. Je suis dans le manque, donc je peux être frustrée et continuer à inventer. C'est une chance, il faut la célébrer. Je regarde avec sympathie cette danseuse de 20 ans, la place radieuse qu'elle prenait et laissait ensuite aux autres.

Je crois que j'étais un garçon parmi les garçons et que je suis devenue une femme après Téléférique. Je n'étais pas un homme non plus, mais un garçon. On a tous le droit de changer, d'aimer qui l'on veut. On a tous le droit de devenir une femme.

Pour cela, je suis évidemment fière, d'avoir pu confronter mes idées et mes savoirs avec d'autres, dont j'ai appris, parfois comme un jeu compétitif, mais qui n'avait et n'a toujours, de mon point de vue, aucun pouvoir, ni mérite, seul celui de l'émulation et de l'intelligence des petites joies, encore naïves, et des petites batailles asexuées. Et le plus merveilleux, c'est que nous n'avons pas de traces des ces feux d'artifice lancés dans la nuit.

1999-2019


Art Par kiwaïda at 06:11

31/05/2019

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PP - Petite Peinyure (© Sonia Marques - mai 2019)

Elle est arrivée comme par magie, elle vient de naître et très maladroitement son nom fut mal orthographié lors de sa saisie au clavier d'un ordinateur. Ainsi ce petit tableau bleu fut nommé : Petite Peinyure (ou PP)

C'est que les erreurs administratives sont des prétextes à la coupure de nourriture par surprise.
800 pièces d'étain pour vivre sur 2 mois par erreur, ressemble à une bévue, toute une culture signée d'un zélé, brouillon.
De pénurie en pénurie, c'est la peinyure qui réchauffe nos peines délicatement en chuchotant l'amour au dessus de tout.
C'est une erreur de frappe, c'est tout et c'est l'art d'une petite frappe décorée. Un ou une bête ? Immondice est son nom.
Mon salon des refusés est le plus honnête, pas le plus beau, pas assez prétentieux, mais le plus admirable et téméraire.

C'est que ce pépé cache la grande peinyure... Un pépé devient un nouveau né dans l'histoire toute récente, de la peinyure.

Seule Kiwaïda est en mesure de relater la découverte de ces spécimens, des œuvres approximatives.

L'inspiration est toute particulière, il y avait une lapine japonaise qui faisait un boucan d'enfer la nuit, tout était balancé par dessus bord de sa cage, les bouts de bois déplacés sans arrêt, ce trafic impressionnant posait des questions, elle grignotait son tapis férocement et bazardait tout son foin avec énergie, comme un petit personnage debout. Qu'est-ce que cela signifiait ? Auparavant elle avait réalisé des sauts de crabes dans son enclos, comme un cabri. Le mâle japonais était circonspect et écoutait avec attention ce remue-ménage, les pattes de devant sur le bord de sa litière, de sorte qu'il ressemblait à un Napoléon sur l'île de Sainte-Hélène visant le large... Et puis, il y avait un sentiment qui planait, celui de l'attachement, ou la peur du détachement, ou bien une excitation. Les désordres amoureux de Cafuné et Satori illustraient bien d'autres désordres : l'envie d'être attaché et la peur de se sentir abandonné, et la ferme volonté de réclamer de l'attention, des caresses, de soumettre son éconduit. Ces étranges bêtes, bien que stérilisées, avaient des sentiments amoureux de toutes sortes et aussi de la colère envers le, comment peut-on dire, conjoint, ou l'humain, ou le lapin ? Ils n'étaient qu'échos des sentiments amoureux des êtres humains. Êtres sensibles.

Je les avais prévenus : nous allons devoir faire des économies de foin, la moitié des pièces d'étain était déjà dépensée pour le toit (Heu non, la totalité en fait) Nous vivrons comme des bêtes, près de vous. Je m'en vais recycler vos petites pépites de chocolat.

Pourtant, lorsque cette peinture se créait, pas toute seule évidemment, Satori faisait du bruit, mais je ressentais juste des sensations étranges en moi depuis des échanges amoureux secoués de réflexions de solitudes séparées. Satori et Cafuné, séparés dans chacun leur petit théâtre de foin, répétaient la scène à leur manière. Et moi je faisais de la peinture, pardon, une petite peinyure. La nuit pourtant ce sont les êtres humains qui font le plus de bruit, de jeunes gens ivres racontent des histoires sans queue ni tête et chantent des refrains parasités par l'engouement de nouvelles connaissances hybrides. Ils sont bêtes et bien plus bêtes que les bêtes. Et puis, coup de théâtre : c'est Cafuné qui tape du pied et cela retentit comme une fin de non recevoir, puis un autre coup, puis un autre ! Cafuné brigadier veut du silence, c'est lui le maître de la nuit, il régule la circulation et remet de l'ordre dans son environnement. Le calme est revenu, la petite peinyure est arrivée. C'est un joli PP.

Le sexe n'est pas encore déterminé. Il ou elle, a tout de notre attachement, de nos couleurs de cet instant, fugace.
L'amour en un éclair.


Art Par kiwaïda at 01:01

29/05/2019

ᔕᑌᗷᙢᗩᖇᓰᘉᕮ ᖇᕮᔕᙅᑌᕮ

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SUBMARINE

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RESCUE



Dessin & son (© Sonia Marques)



Art Par kiwaïda at 00:41

27/05/2019

ℙѺℒℒ∃ℵ

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Tasse et mouche à la découverte du cul blanc, ce bourdon terrestre, et ce papillon, ou ces scarabées luisants bien accrochés, et tous ces bébés : bébés pommes, bébés poires, bébés raisins, bébé figuier, bébé ginkgo biloba… Bourgeons et iris, roses en tous genres, coquelicots, pavots, pensées multiples. Mais tout est là… Et j'ignore avoir perdu du secret… Oui tout est là… Rien n'est caché, comme le chantait si bien Alain Bashung, revenu des arcanes, du parolier Armand Méliès. L'illustration de son album post-mortem est un coquelicot, visuel de Jérôme Witz, graphiste et designer déjà présent pour l'album "Bleu Pétrole". Repos quiétude ou consolation, ce coquelicot que Claude Monet a peint à foison. Le peintre impressionniste a 33 ans et habite Argenteuil, dans le Val-d'Oise, lorsqu'il peint le célèbre tableau de 1873, des coquelicots. Une commune très peuplée avec une eau potable de bonne qualité bactériologique, contenant peu de nitrates, étant peu fluorée et devenue relativement peu calcaire. De l'eau, des fleurs. L'impressionnisme était là, au Nord de Paris, photographes d'antan. Sur les bord des rails, je vois ces tâches rouges vibrantes et fragiles, en écoutant les chansons immortelles. Pavots aux grandes fleurs solitaires et aux pétales satinés, légèrement froissés, pavots somnifères, pavots à opium... Au jardin maternel, je suis l'apprentie impressionniste, le cul blanc, le terrestre bourdon qui plonge au cœur des fleurs, tel un lapin nain bélier qui découvre une ouverture, le début d'un terrier, d'un tunnel, d'un accès, il s'engouffre laissant visible sa croupe charnue blanche, mon Cafuné. Il faut du temps pour voir, observer, du temps pour prendre des photographies, une éclaircie, un silence apprécié, une solitude retrouvée. Il faut savoir ce que l'on veut voir, savoir ce que l'on apprend, savoir ce que l'on ne sait pas pour apprendre de nouveau et découvrir. Il faut sélectionner, définir les quantités de teintes et calculer les formats, optimiser et alléger chaque poids. Elles doivent être légères ces photos de fleurs, veloutées ou de veines et d'audaces, flétries, elles séduisent et charment, si fragiles. Il faut comprendre que dans un jardin, il n'y a pas seulement la plante, mais les insectes infiniment petits qui s'accrochent aux tiges. Ils prennent les pétales pour des plages, sur lesquelles faire un brin de toilette, nettoyer les pattes ou copuler, se chamailler le rose ou le bleu, au dessus des verts... Cela grouille de partout, tout est bien agencé, mêlé, imbriqué, échevelé...  Comment cette fleur va tomber et qui va lui succéder ? Comment elle attire tant de bestioles, chacune avec ses piquants et ses fluides, ses peignes, ses ailes, ses carapaces, ses pattes et sa bave. Les maladies, les tâches blanchâtres, les cocons, les toiles, chenilles et larves, le terrain est habité, un lilas est soutenu par un bâton peinturluré, tel un vieillard encore heureux. Mais il faut pour faire son jardin, patience, et connaissance, hasard et ignorance, expérience et expérimentations, études et laboratoires de saisons. Il faut tenter et il faut recommencer, ne pas baisser les bras, partager les graines, semences miraculeuses, vestiges de ce qui est resté d'un accident, d'un Hiroshima, d'un Tsunami. Que reste-t-il comme plantes ? Mais il faut pour admirer un jardin, savoir regarder et tout cela prend du temps, du soleil et de la pluie, nous donnant cette place de l'infiniment petit, de cet humain spirituel et terrestre. Expositions à qui sait voir, pas besoin de cartels ni de panneaux fléchés, ni de critique d'art, ni d'urbaniste ou architecte pompeux valorisé par les institutions aveugles, pas d'indication donc : autonomie, débrouille, vadrouille. Guidé par les nervures et cartographies des feuilles, tout peut être irrigué, par les fluides, gouttes et pluies, chaque jour ça pousse. Poussez-vous je passe. On peut ne pas aimer les fêtes commerciales, celle de mères et pères, rien ne peut rivaliser aux jardins des mères et pères. Alors regarder, garder encore, qu'est-ce que c'est ? Je n'ai pas vu les bébés, j'ai vu les boudons blancs affairés, malicieux du matin au soir, l'opium leur favori festin. Restaurer l'art de l'observation, puisque la nature fut première à copier, dessiner, peindre, photographier, modeler, imprimer, visualiser, les odeurs sont imprenables ou presque, les parfums viennent aussi des plantes, nectars, extractions subtiles. La couleur venait ainsi des jardins, des pigments, des sébums et chimies miraculeuses, tous ces savoirs faire que l'on peine à transmettre. La couleur disparaît comme toutes les photographies passées trop exposées, on ne sait plus faire ni découvrir. La couleur pourtant est l'un des beaux-arts. Maquillages et pâtes à tartiner, confitures, baumes de guérisons, masques d'argiles, huiles précieuses. L'art était avant-tout une façon d'observer et traduire, une façon de transmettre une connaissance. La sensibilité c'est tenter de se disposer à la place de la plante, le pétale transparent, la tige vaillante, ou velue, elle va faner la fleur et se recroqueviller, perdre de ses couleurs vives. Elle meurt doucement ou brusquement. Les bourgeons inconnus gardent un peu de mystère sur l'apparition de leurs beautés à venir... Écrins fermés aux milles feuilles délicates, spirales, enroulées, poivrées ou sucrées, peaux sur peaux de soies, perlées de rosée. On ne peut pas illustrer, peindre ou faire œuvre, tisser, que sais-je, sans observation et interprétation. L'imaginaire, l'esprit intérieur donnent la force de l'expression, singulière, aucune copie ne peut rester copie, comme chaque fleur, elle a sa partie, unique et si fugace. J'ai voté pour ce jardin, aucun sommet crétin ne peut comprendre l'infiniment petit. Les araignées sont tigrées, les vers de terre généreux et semi-transparents. Enfant je les déterrais, j'accompagnais leurs lombrics de la terre à la surface, j'observais leur rôle dans la biologie de notre terre, et je ne savais rien, trop petite, et je savais tout, sans le langage, des mains à la terre de vers, d'ici bas arriveraient les plantes et notre nourriture. Je voyais des bestioles nager dans la soupe aux choux, moucherons flottants noirs, c'était ma soupe à la grimace. Je les disposais soigneusement sur le bord de l'assiette, car je ne voulais pas manger les insectes. Mon expression artistique a souvent été l'élan vital du souvenir d'un jardin perdu, retrouvé dans chacune de mes observations et revitalisé par différents médiums. La mémoire peut être titanesque lorsqu'elle est travaillée par la sensibilité. Chaque pelure recèle un trésor, que lorsque les richesses disparaissent, la mémoire fait remonter en surface des formes de connaissances imparfaites mais précieuses, dans la pénurie. Des formes de reconnaissances. Chaque pelure peut faire renaître un cœur. Le sentiment d'avoir été aimé, la capacité de pouvoir encore aimer, avec peu.

Je ne te l'ai jamais dit, mais nous sommes immortels...
As-tu senti parfois

Que rien ne finissait?
Et qu'on soit là ou pas
Quand même on y serait

Les baisers reçus
Savais-tu qu’ils duraient?
Qu'en se mordant la bouche
Le goût en revenait


Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 13:55

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