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blog m kiwaïda

24/02/2018

ℳα ℙεїη⊥üя℮ ℮т ℳ℮ṧ ღ◎∂èℓ℮﹩

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Photographies & peintures & dessins & modèles, Sato & Cafu © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 18:33

21/02/2018

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Nourriture pour Cafuné & Satori (Photographie © Sonia Marques)

L’art de bailler sa vie

Lapin au destin retiré du monde qui ne souhaitait se perdre dans de vaines agitations. L’ennui subi ou choix orgueilleux de l’inaction, à bas les expositions égotistes, vive l’acédie. Ne rien faire plutôt que faire comme tout le monde.

Étirement. Adieux les enfants gavés d’activités et d’images, gros, gras, grands, idiots. Ils ne peuvent rêver, ce que l’ennui promet, ni éprouver cette impatience du lendemain : y a-t-il encore quelque chose à conquérir ?

Lapin dit : Ma présence.

Cet ennui nuit à l’éducation. Pourtant il n’est ni la peur du manque, ni la fascination du vide. Après avoir été dégoûté de ce que les enseignements provoquent : un sentiment de vomi...

Lapin dit : Apprivoisons le ralentissement propice aux aspirations créatrices.

Tous ces enfants, ces adolescents en proie à l’hyperactivité, sans cesse, le faire et l’avoir sollicitent la jeunesse. Les stimulations et les dispersions devenues de ces enseignements tourbillonnants apportent cette illusion qu’il est vivant, l’enfant.

Lapin dit : Je dors le jour, je saute la nuit.

Mon ennui serait à rejeter, sans valeur, indigne, superficiel, alors que les tâcherons et tâcheronnes ne redoutent l’ennui, il ne sera jamais devant eux. Dans leur banalité, leur mensonge assuré, rien ne parlera de la finitude, ni du temps qui passe, car il ne passe plus dans une vie bien remplie, d’ailleurs plus rien ne peut passer, ni le temps, ni les pauses, ni l’imaginaire. Il n’y a que des priorités, des occupations urgentes dans un calendrier désorganisé mais bien ordonné, tout à une place définie et ressemble à des projets. La vie serait projets, elle deviendrait dans ces cases remplies des valeurs à créditer.

Lapin dit : Depuis que le dégoût de l’enseignement est arrivé soudainement, le désœuvrement s’est installé dans une situation non choisie mais déterminée par la médiocrité. Tout est devenu fastidieux et inutile.

Fatigue de voir ces mensonges s’étaler au grand jour, ces prédations fières de leurs victimes, ces bienséantes communications, rassurantes, dont l’éducation raffole.

Lapin dit : La nuit la vérité, le foin la liberté.

Ce sentiment d’impuissance devant ces écartèlements, tortures, tous ces objectifs impossibles à tenir, ces faux paris sur la vie.

En silence lapin s’ennuie, son intelligence endormie, ce sont les bêtes qui décident, alors que lapin s’échappe. Singulier ennui qui disparaît dès qu’il est approché, il faut le fuir pour entrer dans l’ennui, sans être importuné.

C’est un passe-temps, un retrait dans l’indifférence générale. Presque une exclusion vécue et habitée comme un ennui féroce, suave et juvénile.

Il ne grandira jamais.

Il ne promet rien.

Il n’expose rien.

Pourtant, il ne s’obstine pas quand il s’ennuie.

Lapin dit : Possible.

Nu désespoir, jouissance d’atteindre un jour, plaisir des nuits paisibles et sans mystère.

Si tu n’avais pas été lassé par tant de médiocrité, aurais-tu un jour connu l’art de bailler ta vie ? Ce sont les ignorances, les corruptions, les faibles. Ton ennui n’est pas une acédie corruptrice, ni un pêché mortel. Tu lui consacres tout ton temps.

Entier. Tu boudes les parties et les miettes. Tu savoures avec des piqûres anxieuses.

Même prier serait remplir, manger gaver, mais cueillir l’appétence dans la patience que la tristesse fait naître des secondes de joie.

Lapin dit : Je préfère ne pas. Paresse qui somnole dans une prison ouverte sur les ruines des enseignements, dévastés, ravagés par les milices.

Lapin : Je baille.

Satori (Photographie © Sonia Marques)

Philosophie Par kiwaïda at 22:43

19/02/2018

ʝαґⅾḯᾔ м◎üїʟłé

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Le Jardin mouillé pour harpe (1913) / Jacques de la Presle, sur un poème de Henri de Régnier

LE JARDIN MOUILLÉ


La croisée est ouverte ; il pleut
Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu,
Sur le jardin frais et dormant,

Feuille à feuille, la pluie éveille
L’arbre poudreux qu’elle verdit ;
Au mur, on dirait que la treille
S’étire d’un geste engourdi.

L’herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l’on croirait là-bas
Entendre sur le sable et l’herbe
Comme d’imperceptibles pas.

Le jardin chuchote et tressaille,
Furtif et confidentiel ;
L’averse semble maille à maille
Tisser la terre avec le ciel.

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.






Photographies © Kiwaïda & Thejazzist

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.



Musique Par kiwaïda at 03:14

16/02/2018

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Réflexion sur les modes d'exclusion en France, de dissimulations, de négations, de dénis, d'oublis.
À suivre...

Photographie d'un article de presse nommé "La "quasi-totalité" des restes de la petite fillette ont été retrouvés jeudi",
phrase que l'on retrouve dupliquée sur des pages entières sur Internet d'après différents journaux, locaux, nationaux.
"La quasi-totalité" représente des ossements d'un être qui n'est plus, une fille, qui ne sera jamais devenue une femme.
Mais la quasi-totalité pourrait être celle d'un repas, des affaires de bureau, d'objets.
L'enfant, la fille, la femme est objetisée, elle n'a pas d'existence et la preuve est là.
Objet de désir, de possession, de crime.
Dessus, une liste des termes employés dans l'actualité de différents médias français, le signe d'une croix jaune semi-opaque,
un croisement sur le négatif d'une photo ratée. Une négation.
Il n'y a rien à voir, il n'y a jamais rien eu à voir, il n'y aura jamais plus rien à voir.
Ici, dans un paysage, une croix dans un paysage de neige.

Le croisement d'une femme, d'une fille, d'une victime et d'un homme, d'un garçon, d'un meurtrier.
Un homme dans la lumière, une femme dans l'obscurité.

Unis-Désunis.


Paysage Par kiwaïda at 01:12

13/02/2018

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Dans la nature © Paul Jacoulet

Il neige aujourd'hui.
Souvenirs d'une discrète exposition, Un artiste voyageur en Micronésie, visitée en 2013 musée du quai Branly à Paris, des magnifiques estampes de Paul Jacoulet (1896-1960). Selon les conseils de mon tendre ami, amoureux de mes dessins.



Nuit de neige © Paul Jacoulet

J'ai compris pourquoi l'art exposé et très médiatisé ne m'apportait pas autant d'ouverture, que de discrètes expositions et de secrets chemins de connaissances. Aussi, autre apprentissage, la relation maîtres.se - élève, n'a de valeur que lorsque l'élève s'élève jusqu'à enseigner au maître, à la maîtresse, à mieux comprendre son parcours, à mieux voir la neige nue.

Malgré sa santé précaire, Paul Jacoulet tirera grande santé de ses qualités d'observations et de son attachement à la fragilité des populations de la Micronésie. Ses estampes sont de deux formats différents : ōban (大判?) et un format plus petit (carte postale) de réédition des estampes les plus populaires. Les estampes de format ōban sont au nombre de 166. Outre ses talents artistiques, Paul Jacoulet était aussi connu pour sa très riche collection de papillons.

Son admiration pour ses professeurs de dessin et pour les grands maîtres de l’estampe japonaise, dont Utamaro, transparaît nettement dans son œuvre mais ne prend jamais la forme de la copie. Elle le conduit très vite vers un style personnel, qui s’épanouit au cours des nombreux voyages entrepris à partir de 1929. Séduit par ces archipels et par leurs habitants, le peintre y développe des relations personnelles, particulièrement à Yap et à Ponape. Cette proximité lui permet d’observer le tatouage qui lui inspirera de nombreuses études et dessins préliminaires. Au-delà de leur dimension artistique, ces séries réalisées à l’aquarelle et à la mine de graphite constituent aujourd’hui un corpus iconographique unique, témoignant des tatouages micronésiens anciens. La représentation des corps tatoués, à la fois sensible et intime, traduit l’émerveillement de l’artiste pour ces cultures insulaires. Elles offrent ainsi une vision poétique et humaniste, bien loin du discours et des dessins scientifiques des ethnologues. Au contact des populations des îles du Pacifique, Paul Jacoulet porte un regard attentif à l’esthétique des parures traditionnelles. Les œuvres qu’il y consacre possèdent aujourd’hui une forte valeur documentaire et témoignent de la place importante qu’occupait l’ornement corporel dans ces sociétés. En s’intéressant à la parure, Paul Jacoulet renouvelle un thème classique de la gravure sur bois japonaise, dont les portraits décrivent avec détails les vêtements, coiffures et maquillages. Ainsi l’élégance du port des plumes et des coquillages en Micronésie, fait écho à l’apparence recherchée des acteurs du théâtre kabuki ou des courtisanes japonaises qui ont tant inspiré le genre de l’estampe. Ce goût tout particulier pour l’ornement du corps rejoint aussi celui du théâtre et du déguisement chez un artiste multiple qui est resté, durant toute sa carrière, à la fois peintre et récitant de chant costumé (gidayu). L’approche de l’intime est quant à elle plus proche du nu de la peinture occidentale. L’esthétique des traits et du modelé du corps y est pleinement mise en valeur, sans allusion directe à l’érotisme. La quasi-nudité du monde micronésien permet au contraire à l’artiste d’évoquer une innocence originelle, proche de la nature. Le dessin vif des corps, se détachant sur des décors brillants, animés par la végétation et les insectes, offre une vision d’un monde obéissant à une même esthétique naturelle et au-delà de toute pudeur.
(Extrait du Musée de Tahiti)



Chagrin d'amour © Paul Jacoulet
Dédicace à Pépino <3 et à mon amoureux.
À ce qui ouvre l'imaginaire, aux soins.
Il est temps de se remettre à dessiner...
Kiwaïda vient de ces îles...

Art Par kiwaïda at 15:46

10/02/2018

玉兔

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Satori & Cafuné © Sonia Marques

Un jour, un dieu décida de descendre sur terre et de prendre la forme d’un homme affamé. C’est ainsi qu’il alla dans une forêt pour se rendre compte de la capacité des animaux à survivre dans les bois. À sa vue, toutes les bêtes résidant dans la forêt lui ramenèrent de la nourriture. Le singe, en grimpant dans les arbres, lui ramena des fruits. L’ours, en allant pêcher dans la rivière, lui offrit des poissons. Les oiseaux chassèrent des insectes et des vers. Tous avaient un présent pour lui, à l’exception du lapin. Il eut beau faire tout ce qu’il pouvait, il ne réussit pas à trouver de la nourriture pour l’homme affamé. Tous les animaux commencèrent à se moquer de lui. Et le lapin, triste, voulait par-dessus tout lui venir en aide. C’est alors qu’il demanda à ce qu’on allume un feu. Et il décida d’offrir sa propre vie, sa propre chair, en se sacrifiant dans le feu. Le dieu fut très ému par cet acte et décida de lui sauver la vie. Puis, en récompense, l’envoya habiter sur la Lune. Depuis ce conte, les japonais voient se dessiner un lapin sur la Lune quand celle-ci est pleine. Et chaque année, le 15ème jour du 8ème mois lunaire (septembre/Octobre) se tient la fête « Tsukimi », la fête de la pleine lune.

Légende du lapin lunaire, ou "lapin de Jade" : Dans le folklore asiatique jusqu’aux contes bouddhistes de Jakata, la légende du lapin lunaire est aujourd’hui toujours célébrée en Chine, au Japon, en Corée, au Sri Lanka, en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge, ou encore en Birmanie.

(•ㅅ•)

Two Rabbits - 1930 - Shoson Ohara (Koson) 1877-1945

⌒(。・.・。)⌒

Intriguée levant ses yeux vers la lune, observant ses marques, j'observe une paréidolie :  la naissance de la légende du lapin lunaire ou lapin de Jade.

Et des légendes, car la vision lunaire est changeante, des territoires aztèques à l’Est de l’Asie, les humains vivent, pensent et croient différemment. Dans le Chu Ci, une anthologie de poèmes chinois datant de plus de 400 ans av. J.-C., le lapin de la lune y est accompagné d’un crapaud et y prépare un remède pour les mortels. En Asie de l’Est, le lapin est représenté avec un pilon et un mortier et produit l’élixir de vie pour la déesse de la lune Chang’e.

 ̄(〃゚o ゚〃) ̄


C’est cette histoire qui depuis Houston a accompagné 3 astronautes au destin d’exception, jusqu’au premier pas de l’Homme sur la lune, territoire mystérieux et tant convoité. Mission Apollo 11, 5e jour (20 juillet 1969), préparations pour l’atterrissage sur la Lune :

095:17:28
Evans : Roger. Among the large headlines concerning Apollo this morning, is one asking that you watch for a lovely girl with a big rabbit. An ancient legend says a beautiful Chinese girl called Chang-O has been living there for 4,000 years. It seems she was banished to the Moon because she stole the pill of immortality from her husband. You might also look for her companion, a large Chinese rabbit, who is easy to spot since he is always standing on his hind feet in the shade of a cinnamon tree. The name of the rabbit is not reported.
095:18:15
Collins : Okay. We’ll keep a close eye out for the bunny girl.

Traduction : Evans : Parmi les grands titres de la mission Apollo ce matin, il y en a un qui demande à ce que vous guet tiez une adorable fille avec un grand lapin. Une légende ancienne raconte qu’une magnifique fille chinoise du nom de Chang’O vit là-bas depuis 4000 ans. Il semble qu’elle ait été bannie sur la Lune pour avoir volé la pilule d’immortalité à son mari. Vous devriez aussi chercher son compagnon, un grand lapin chinois, facile à trouver puisqu’il se tient en permanence sur ses pattes arrière à l’ombre d’un cannelier. Le nom du lapin n’a pas été rapporté. Collins : Okay. On gardera l’œil ouvert dehors pour la fille au lapin.

/ (´・×・`)\


Two Rabbits, Pampas Grass, and Full Moon - Hiroshige - 1849 - 1851

/(・ × ・)\ Comptine enfantine

 J’ai vu dans la lune
Trois petits lapins
Qui mangeaient des prunes
En buvant du vin

/ (,,๏ ⋏ ๏,,)\


 

Les monstres d'Utagawa Kuniyoshi (Sumo no zu)

Utagawa Kuniyoshi (1798 – 1861) était l’un des derniers grands maîtres japonais de l’estampe sur bois (‘ukiyo-e’). I est célèbre pour avoir réalisé entre autre les Suikoden, ou les Cent-huit héros chinois. Parmi ses estampes de paysages, de scènes quotidiennes, de chats, ou même de courtisanes et de geishas, Utagawa Kuniyoshi a aussi réalisé de nombreuses estampes dédiées aux monstres et aux fantômes issus du folklore japonais, et aux héros qui les ont combattu.

⌒(,,Ő x Ő,,)⌒

Cent aspects de la Lune : Le lapin de jade - Sun Wukong, de « Voyage vers l'Ouest »

Description Tsuki hyakushi (Cent aspects de la Lune) est une vaste collection de nishiki-e (estampes multicolores au bloc de bois) réalisée par Tsukioka Yoshitoshi (1839−1892). Les estampes ont été publiées en plusieurs vagues par Akiyama Buemon entre 1885 et 1892. Elles représentent les différents aspects de la lune, empruntés aux anecdotes, aux événements historiques et à la mythologie japonaises et chinoises. Une grande diversité de sujets y est évoquée, dont les guerriers célèbres, les femmes éminentes, les oiseaux et les animaux, les lutins et les fantômes. Cette estampe figure dans un roman-fleuve comprenant 100 peintures de Tsuki hyakushi et deux répertoires créés après l'achèvement de la collection. On considère qu'il a été relié par son ancien propriétaire. La préface écrite à la même période que les répertoires ne figure pas dans le livre. Les spécialistes estiment que l'ordre des estampes de l'album ne suit pas l'ordre selon lequel elles ont été publiées, mais plutôt, l'ordre des répertoires, malgré quelques variantes. Tsukioka Yoshitoshi fut un artiste d'ukiyo-e de l'école d'Utagawa Kuniyoshi (1797–1861), actif de la période Bakumatsu (fin du shogunat) à l'ère Meiji. Il a créé un large éventail d'œuvres, dont bijin-ga (peintures de belles femmes), fuzoku-ga (peintures de mœurs), et des peintures de personnages historiques et littéraires. Achevée l'année de sa mort, cette collection est souvent considérée comme le chef d'œuvre de ses dernières années.

⌒(=・ x ・=)⌒


A medallion on an 18th century Chinese emperor's robe depicting the Moon Rabbit mixing its elixir of life at the foot of a cassia tree.

Chang’e (chinois : 嫦娥 ; pinyin), est un personnage de la mythologie chinoise, femme de l’archer Houyi. Séparée de son mari et du reste des humains, elle réside éternellement sur la Lune, dans un palais de jade nommé Vaste froidure (廣寒宮, guǎnghángōng), avec pour seuls compagnons Wugang, un apprenti immortel exilé, occupé à abattre un cannelier qui repousse sans cesse, et un lièvre apothicaire dit « lièvre de jade », assisté selon certains d’un crapaud. Le taoïsme la considère comme la déesse de la Lune (Yin suprême, 太陰星君, tàiyínxīngjǖn. Elle est évoquée tous les ans le 15 du huitième mois lors de la Fête de la mi-automne. Dans la poésie de la dynastie Tang, elle représente une belle femme délaissée ; Li Shangyin la mentionne dans deux œuvres : Lune de givre et Soir de Lune.
Le cratère lunaire Chang-Ngo lui est dédié.

Version courante :

À l’époque de l’empereur Yao vivait un chasseur, archer d’élite nommé Houyi. Un jour, un fait extraordinaire se produisit : les dix soleils se succédant habituellement au long d’une dizaine de jours apparurent ensemble, asséchant les rivières et brûlant la terre. Yao demanda alors à Houyi d’en abattre neuf de ses flèches, ce qu’il fit. Il obtint grâce à cet exploit une grande réputation. Il en conçut le désir de devenir immortel et partit lors d’une expédition de chasse vers l’ouest à la recherche de la déesse Xiwangmu, maîtresse du Jardin de longue vie. Elle lui confia un élixir à partager avec sa femme Chang’e lorsqu’ils seraient âgés. Houyi, de retour chez lui, transmit les instructions de Xiwangmu à son épouse et enferma l’élixir dans une boîte. Mais un jour qu’il était à la chasse, le désir de connaître l’immortalité eut le dessus et elle ouvrit la boîte pour boire sa moitié d’élixir. Houyi rentrait juste et surprit sa femme qui, décontenancée, avala sans réfléchir l’intégralité du flacon. Les immortels ont le don de se transporter dans les airs, mais Chang’e, ayant absorbé le double de la dose nécessaire, avait perdu le contrôle de son corps. Elle s’éleva jusque sur la Lune où elle demeure depuis.

(≡・ x ・≡)

Autre histoire :

Dans une légende racontée à Pékin et aux alentours, un fléau mortel arriva dans la ville il y a 500 ans et a commencé à tuer beaucoup de gens. La seule chose qui pourrait sauver la ville de cette épidémie était le lapin de lune. Chang'e a envoyé le lapin lunaire sur la terre pour visiter chaque famille et les guérir de ce fléau. Il a fait cela et n'a rien demandé en retour, sauf quelques vêtements et s'est transformé d'homme en femme. Après avoir guéri la ville de cette peste, elle est retourné à la lune.
A ce jour, les jouets en figurines de lapin portant une armure et chevauchant un tigre, un lion, un éléphant ou un cerf, sont des jouets populaires chez les enfants et les adultes. Ils sont particulièrement populaires pendant le Festival de la Mi-Automne, ou pendant le Nouvel An lunaire sur l'Année zodiacale du lapin (2011).


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Ôkuninushi no Mikoto, the White Hare of Inaba, and the Crocodiles (Katsushika Hokusai - Edo period)

L’histoire du lapin blanc d’Inaba

Ôkuninushi est l’un des nombreux descendants de Susanô, l’une des divinités principales de la mythologie japonaise. Devant se rendre dans la province d’Inaba pour demander la main de la princesse Yagami, les 80 frères d’Ôkuninushi lui demandent de les accompagner pour porter leurs sacs. En chemin, ils rencontrent sur une plage un lapin écorché vif.

L’animal leur raconte qu’il a traversé la mer depuis l’île voisine, sur laquelle il s’ennuyait. Afin de rejoindre Inaba, il s’est joué des requins (ou des crocodiles, ça dépend des versions) en leur demandant de s’aligner dans l’eau pour les compter en sautant sur leur dos, et enfin résoudre l’une des plus grandes énigmes au monde : savoir qui des lapins ou des requins sont les plus nombreux. Le malin lapin réussit ainsi à traverser la mer, mais en arrivant sur le dernier requin, il avoue les avoir trompés et ne pas savoir compter. Vexé, le requin arrache la peau du lapin, qui réussit quand même à s’enfuir de justesse.

Les 80 frères d’Ôkuninushi conseillent au pauvre animal de se jeter dans la mer, puis de laisser sécher sa peau au vent pour soigner ses blessures. Seulement le sel contenu dans l’eau attaque la chair à vif du lapin, qui se tord de douleur sous les rires de la fratrie. Ôkuninushi lui conseille alors de se plonger dans l’eau d’une source, puis de se rouler dans du pollen de jonc. Le lapin s’exécute, sa peau guérit, et il retrouve son pelage blanc. En remerciement, il prédit à son sauveur que c’est lui qui épousera la princesse Yagami – ce qui, bien évidemment, se réalise.

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Le chasseur chassé

 Lapins rôtissant un chasseur à la broche. Lorcher Chorbücher Württembergische Landesbibliothek (1511)

Heinrich Hoffmann: Der Struwwelpeter; Frankfurt am Main : Literarische Anstalt Rütten & Loening, 1917

Le chasseur chassé est un thème récurrent de l'imaginaire. Dans les marges à drôleries des manuscrits gothiques, les enluminures substituent au chasseur, notamment le lapin. Dans les décrétales de Smithfield par exemple, datant de 1330, la punition du chasseur fait l'objet d'un véritable cycle. Un chasseur est terrassé par un lièvre ou un lapin, puis attaché et conduit devant le juge. Condamné à mort, il est mené au gibet puis décapité.

Ils appartiennent à cette catégorie de caricatures qui ont été appelées en français « Monde retourné », le monde à l'envers, dans lequel chaque classe opprimée des êtres animés devient le seigneur et maître de son ancien oppresseur, et sur le principe de la juste réciprocité du crime, le traite avec le même genre de cruauté, ou lui administre une punition, qui pourrai faire passer la mort pour plus avantageuse. Ainsi des carreaux retrouvés dans le Prieuré dominicain de Derby, le lièvre a pris possession de la corne de chasseur et galope avec toute l'ardeur et l'enthousiasme que la chasse peut inspirer.

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Dans La dame à la licorne...

La tenture de la Dame à la licorne a été acquise en 1882. Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des grands chefs d’œuvre de l'art occidental.

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Le toucher, le goût, l'odorat, l'ouïe et la vue... Ces six tapisseries, tissées autour de 1500, représentent les cinq sens sur un fond rouge habité d'une nature foisonnante. Reste le sixième sens, commenté par l'inscription « À mon seul désir », qui a inspiré de nombreuses hypothèses. Sans exclure une signification dans le registre de l'amour courtois, il pourrait désigner le libre-arbitre : la femme à la coiffe apprêtée et aux vêtements recherchés renonce aux plaisirs temporels. Ces tapisseries « millefleurs » se caractérisent par une flore abondante: fleurs, orangers, pins, houx ou chênes et sont peuplées d'un bestiaire paisible (singe, chiens, lapins, héron).  Dans cette nature paradisiaque qui invite à la contemplation, la licorne est tantôt actrice et tantôt simple spectatrice. Accompagnée d'un lion, elle porte sur chaque scène les armoiries de la famille Le Viste.

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Les lapins sont d'ailleurs de loin les animaux les plus représentés.

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Pendant des siècles, la célèbre tapisserie médiévale de la dame à la Licorne a gardé son mystère, jusqu’à ce que, dans les années 1920, puis en 2000, le chercheurs médiévistes s’accordent sur une interprétation spirituelle de l’œuvre. La Dame à la Licorne exprime l’accession au mystérieux « sixième sens ». (Détail du troisième tableau de la tenture représentant « Le Goût »)

Et je note que la dame tient une perruche à collier (un autre sujet qui m'est bien familier !)
Je suis une dame à la licorne, à mon seul désir !

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La vierge au lapin



Tiziano VECELLIO, dit TITIEN (Pieve di Cadore, 1488/1490 - Venise, 1576)
La Vierge à l'Enfant avec sainte Catherine et un berger, dite La Vierge au lapin (Vers 1525 - 1530)
Huile sur toile (H. : 71 cm. ; L. : 87 cm)

Dans un paysage de la campagne vénitienne délimité par les Alpes, des personnages se sont réunis autour d’un panier de victuailles comme pour prendre une collation.
Au centre, la femme en robe rouge et manteau bleu est facilement identifiable : c’est la Vierge ; elle caresse un lapin tout en portant son regard sur son fils, Jésus Christ, que lui tend une femme vêtue et coiffée à la mode de l’époque. A droite, en arrière plan, un homme garde des moutons.
Titien a peint ici une scène religieuse comme s’il s’agissait d’une scène de la vie quotidienne, empreinte de naturalisme et d’intimité.

(Musée du Louvre)

C’est une scène chrétienne et le lapin blanc est symbole de la virginité de Marie.
S’il y avait plusieurs lapins, ils suggéreraient la luxure. On rapporte après analyse aux rayons X, que le Titien avait peint plusieurs lapins qui entouraient la Vierge. Pour échapper aux critiques menaçantes de l’Inquisition, le Titien a placé quelques symboles christianisant une scène profane. Venise avait la réputation, à cette époque, de s’épanouir dans un humanisme heureux et de vivre son catholicisme de manière libérale, bien loin des dogmes et des traditions d’un Vatican lointain.

Dans ce tableau il y a des liens affectueux et de protection : la vierge Marie tient un lapin blanc de sa main gauche, qui serait un symbole de pureté, et son doux regard se porte dans la direction du bébé, la servante (Sainte Catherine) présente ce nourrisson nu à Marie (Jésus), le petit tient le menton de la servante avec sa main gauche et regarde le lapin blanc d'un air joueur en tendant sa main droite dans sa direction. Un berger assis regarde avec distance la scène au premier plan en caressant un animal, l'une de ses brebis. Mais au tout premier plan, en bas à droite, nous pouvons observer le derrière d'un autre lapin qui sort du cadre, afin de réserver l'entière scène au coucher de soleil, dans une forêt généreuse, au lapin blanc, animal central qui contraste, et qui retient toute l'attention. Chacun prend soin de celui ou celle qu'il ou elle regarde.

La lapin dans la symbolique chrétienne, est ambivalent. Il signifie à la fois la fécondité et la luxure. Un couple de lapins dans une scène de Nativité, exalte la naissance fructifère du Messie. Un lapin placé aux pieds de Marie, évoque, par antinomie, la chasteté de la Vierge.

Bugs Bunny est un personnage américain de dessin animé, créé officiellement en 1940 dans les studios de la société Leon Schlesinger Productions (devenu plus tard Warner Bros. Cartoons). Bugs est un lièvre ou un lapin gris anthropomorphe, connu pour son caractère farceur et surtout pour sa phrase fétiche « Quoi d'neuf, docteur ? »

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Soulever un lièvre

Lever (ou soulever) un lièvre, est une expression qui a pour origine la chasse mais qui signifie détecter une anomalie avant les autres ou découvrir quelque chose d'important. Au premier degré, elle fait allusion au chasseur qui débusque l’animal de son terrier. Le lièvre, jusque là tapi dans son gîte, immobile, ses longues oreilles couchées sur son dos (il fait le mort), surgit tout à coup et se met à courir.
Ne serait-ce pas le message que nous souffle l’auteur de la piéta ? « Lever » le lièvre ? « Soulever » le mort ?

En grec ancien, le verbe ressusciter n’existe pas. Il est remplacé dans la Septante (Ancien Testament en langue grecque) et dans le Nouveau Testament (entièrement écrit dans cette langue) par l’expression « se relever des morts ».
Lever ou soulever un lièvre serait donc une métaphore de la résurrection.



Hokusaï


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Alchimie


Dans les mythes amérindiens, le lièvre est un héros culturel, rusé, malin, capable de vaincre plus fort que lui (ours, buffles) tenant à la fois de Robin des bois, de Peter Pan et du Trickster (farceur), ce Fripon divin dont l’universalité a été démontré par C. G. Jung, se rapproche symboliquement de Mercure, dieu des voleurs et des tricheurs, des chenapans espiègles, lui-même symbole du premier stade du Mercure des alchimistes. Tout comme l’enfant-Mercure qui deviendra Hermès, le messager des dieux, le lièvre lunaire amérindien peut se transcender en « grand lapin » ou en « grand lièvre », également intercesseur entre les hommes et le principe divin (le Grand Manitou)

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Mofutans


Mofutan est l'un des derniers personnages créé par la société San-X. Avec leurs formes "délicieusement bizarres", ils représentent en réalité des lapins en forme de mochi (célèbre gâteau de riz japonais). La société a même proposé aux fans de leur envoyer la photo de leur(s) lapin(s) pour qu'elle puisse les illustrer en version Mofutans et les poster sur twitter.

、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ ̄(=∵=) ̄ Les mochis :


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Le mochi fait partie de la grande famille des wagashis, pâtisseries traditionnelles japonaises parmi lesquelles figurent par exemple les yokans, gelées à base d’agar-agar, ainsi que les nerikiris, sculptures miniatures & comestibles. Le mochi se définit par sa composition : c’est une préparation à base de riz gluant. Il peut prendre des formes très diverses, aussi bien salées que sucrées. Toutefois, le terme « mochi » renvoie le plus souvent à l’univers pâtissier et à une texture élastique. Il peut prendre des formes variées : dango (petites boules montées en brochettes), gyuhi (mochi particulièrement mou) ou daïfuku

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Les Mofutans existent en plusieurs couleurs et en plusieurs formes.
« Mofu Mofu », doux et câlins. Les lapins mochi Mofutans aiment se blottir et jouer ensemble. « Mofu » signifie moelleux en japonais. Les Mofutans sont aussi doux et extensibles que le dessert japonais Mochi, et aussi collants. Ainsi, ils se collent facilement les uns aux autres dès qu'ils se touchent. Tous les personnages Mofutans - Tomotan, Potechi, Chamu Chamu, Norimaki, Ikimonogakari - appartiennent à une race différente de lapins moelleux, mais ils font partie de la famille Mofutan et resteront donc toujours blottis ensemble.

Voir films ici et ici.


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Art Par kiwaïda at 21:00

09/02/2018

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Quel beau jour !














Photographies © Thejazzist & Kiwaïda

Paysage Par kiwaïda at 18:11

07/02/2018

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Self-Portrait, Girl Scout Applying Lipstick, North Massapequa, NY, January 1975 © Meryl Meisler

Untitled Film Still, North Massapequa, NY, Thanksgiving 1976 © Meryl Meisler

Parrot Pants, Cherry Grove Fire Island, NY August 1977 © Meryl Meisler

Long Wavy Haired Blonde with Leather Pants Standing in CBGB, NY, NY, April 1978 © Meryl Meisler
  • Biographie

Meryl Meisler est né en 1951 dans le South Bronx et a grandi à North Massapequa, Long Island, NY. Inspirée par Diane Arbus et Jacques Henri Lartigue, Meryl a commencé à photographier elle-même, sa famille et ses amis tout en s'inscrivant à un cours de photographie donné par Cavalliere Ketchum à l'Université du Wisconsin à Madison. En 1975, Meryl retourne à New York et étudie avec Lisette Model, continuant à photographier sa ville natale et la ville qui l'entoure. Après avoir travaillé en tant qu'illustratrice indépendante le jour, la nuit, Meryl a fréquenté et photographié les célèbres clubs dicos de New York. Avec une bourse d'artiste de l'AECG en 1978, Meryl a créé un portfolio de photographies qui ont exploré son identité juive pour le Congrès juif américain. Après l'AECG, Meryl a commencé une carrière à 31 ans en tant que professeur d'art à l'école publique de New York.
Après avoir pris sa retraite du système scolaire public de New York en 2010, Meisler a commencé à exposer des travaux inédits. La première monographie de Meryl, A Tale of Two Cities: Disco Era Bushwick (Bizarre, 2014), a eu une bonne réception intrenationale. Le livre juxtapose les photos disco avec des images du quartier brûlé pourtant de Bushwick, Brooklyn, dans les années 1980. Son deuxième livre, Purgatory & Paradise SASSY '70 Suburbia & The City (Bizarre, 2015), met en contraste les photographies intimes de la vie à la maison sur Long Island et les photographies de la rue et de la vie nocturne de New York.

  • Quelques informations

Cette photographe américaine, dans les années 70-80, écume les discothèques et vit la nuit. elle va au Studio 54 au rythme de Donna Summers et Gloria Gaynor, avec son appareil photo au cou, un Graflex Norita. Elle sélectionne ses modèles, le coût de développement des pellicules, à l’époque est élevé.
En 1977, elle entend parler du Bushwick, à la suite du blackout. Partout dans les médias, c’est un quartier en feu, où règnent la discorde, la violence et les émeutes. Cet endroit lui fait peur, comme à beaucoup de new-yorkais. Pourtant, quelques années plus tard, elle accepte un poste d’enseignante dans une école du Bushwick. Elle photographie la ville, les habitants. Ses photographies deviennent une banque de données sur l’évolution des habitants de New York, sur les changements de mentalités, mais aussi de pouvoir faire un comparatif avant/après Blackout.
Meryl Meisler plus qu’une autre photographe a su saisir l’esprit du New-York des années 70. Ignorant la 5ème avenue et les bordures huppées de Central Park, elle s’est intéressée aux rues interlopes des boîtes de nuit de diverses sous-cultures : « CNBG » pour les Punks, « Studio 54 » pour le disco et clubs extrémistes pré-Sida. Mais avant de se « perdre » dans ces lieux de stupre et de fornications l’artiste s’est intéressée à sa banlieue natale : Long Island, Massapequa – nommée « Matzoh Pizza » pour la présence majoritaire des familles juives et italiennes. Elle y fit plus que ses classes. D’abord dans des autoportraits dégingandés puis en shootant sa famille et des voisins.
Ayant grandi à Long Island dans les années 1950 et 1960, Meryl Meisler avait la vie de banlieue typique: scouts, cours de ballet et de claquettes, et bal. Mais, bien qu'elle aimait sa famille et ses amis, elle ne s'y sentait pas très bien. Elle s'est vite rendu compte qu'elle ne voulait pas être une ménagère, une enseignante, une infirmière ou une secrétaire - à peu près les seules options disponibles pour les jeunes femmes. Lorsque Meisler a atteint sa majorité, elle a commencé à découvrir sa sexualité en tant que lesbienne ainsi que son identité en tant qu'artiste. "La photographie est dans mes gènes", a déclaré Meisler. Son grand-père paternel, Murray Meisler, son oncle Al et son père Jack avaient tous été des praticiens de l'art pendant toute leur vie. Meisler a obtenu son premier appareil photo jeune, mais ce n'est que lorsqu'elle s'est inscrite à l'Université du Wisconsin à Madison au milieu des années 1970 qu'elle a appris sérieusement l'art en poursuivant une maîtrise en art. Pendant les vacances scolaires, elle est retournée dans sa maison d'enfance, où elle a organisé une série d'autoportraits qui ont examiné son passé, son présent et son avenir. À ce stade, Meisler n'avait pas entendu parler de Cindy Sherman, mais elle avait le même instinct. Elle a cherché à examiner la construction du genre féminin, de ses rituels à ses poses à ses personnalités.
Souvent restée dans l'ombre, son travail est revisité et exposé aujourd'hui. On la découvre.

Ses livres :

A Tale of Two Cities: Disco Era Bushwick et Purgatory & Paradise SASSY ’70s Suburbia & The City
sur The Strand  et  Amazon


Art Par kiwaïda at 23:56

06/02/2018

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Photographies © Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 23:25

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Woumant iz a Woumant (capture vidéo : Saturday Night Live)

Vive la Freince & the fiiiimèèèèle hAckkkkkktivist...


Internet Par kiwaïda at 00:56

04/02/2018

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SMILEY © Thejazzist.nu - shop / (photographie © Sonia Marques)


Art Par kiwaïda at 13:41

31/01/2018

ℐℓ℮ṧ ∂ʊ ﹩αʟυ☂

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iles-salut.jpg

En allant à la piscine ce matin, je découvre une photographie d’une carte postale ancienne nommée "Iles du Salut - L'île du Diable et le bain des forçats à l'île Royale" qui m'est adressée personnellement. Mon ami me dit que cela a sans doute un rapport avec les îles dont j'ai aimé développer la thématique dans mes activités artistiques il y a un certain temps. Au dos figurent en écriture manuelle imprimée un tas de noms de personnes, maire, adjointe à la culture… annonçant une exposition de l'artiste Étienne Cliquet, avec lequel j'ai vécu de longues années. Le tampon vient de Montauban, là où nous sommes allés chercher ma perruche indienne bleue, il y a 7 ans, Pépino.

Au début j'ai pensé "Île du Salut", salut pour qui ?
Et Île du diable, c'est qui le diable ?
Et qui sont les forçats, qui sont les personnes condamnées aux travaux forcés ?
En cherchant sur Internet je découvre que cette carte postale fait partie d'une archive à la bibliothèque spécialisée de Paris :

[Affaire Dreyfus]. Iles du Salut. L'Ile du diable et le bain des forçats à l'Ile royale
Carte postale, impression photomécanique en noir et blanc ; 9 x 14 cm
(Au verso, mention "Carte postale de la Guyane française”)
Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet

Tombée dans le domaine public.
Où sont ces îles ?
Sur Internet je trouve des réponses, puisque je n'en ai pas par l'artiste, ni par celui que j'ai connu.

Les îles du Salut forment un archipel constitué de trois îlots d'origine volcanique rattachés à la Guyane, et situés à quatorze kilomètres au large de Kourou. Seules les îles Royale et Saint-Joseph sont accessibles, l'île du Diable, la plus au nord, étant strictement interdite d'accès, notamment à cause des forts courants.

Les épidémies de fièvre jaune dues à l'insalubrité du climat guyanais, au manque de nourriture et d'eau potable, ainsi que les installations précaires et le manque d'organisation, avaient décimé la plus grande partie des colons d'origine française, convoyés en Guyane pour peupler le territoire. Les survivants, qui trouvèrent refuge sur ces îles au climat plus favorable et dépourvues de moustiques, les rebaptisèrent alors « Îles du Salut ».
Après les premiers colons, c'est aux esclaves noirs que fut confiée la lourde tâche de défricher ces territoires. Les rescapés furent autorisés à rejoindre ceux du continent, pour fonder les premières communautés le long du fleuve Maroni.
Mais ce « salut » fut de courte durée et la réputation de « triangle maudit » et de « terre d'enfer » allait être confirmée dès la Première République par la construction d'une forteresse, en 1793, pour y accueillir les premiers déportés politiques, à commencer par quelque deux cents prêtres réfractaires.
Ensuite, avec l'abolition de l'esclavage en 1848 et l'opposition politique grandissante aux bagnes sur le territoire métropolitain, l'idée de substituer des bagnards aux esclaves se fit jour.
Sous le Second Empire, à partir de 1854, l'administration pénitentiaire y instaura un des bagnes les plus durs au monde, où passeront environ 70 000 prisonniers.
L'île Royale accueillait l'administration ainsi que l'hôpital, l'île Saint-Joseph servait pour les « fortes têtes » et l'île du Diable pour les espions, les détenus politiques ou de droit commun.
Il s'agissait du bagne réputé le moins dur de Guyane. Le taux de mortalité y était inférieur à ceux des bagnes établis en pleine forêt guyanaise, comme le bagne des Annamites. Mais les conditions de détention n'en étaient pas moins humiliantes avec des cellules sans toit, recouvertes d'une simple grille, tout comme au bagne de Saint-Joseph, où tous les gestes des détenus étaient épiés par les gardes qui se tenaient au-dessus.
Alfred Dreyfus (1894) et Guillaume Seznec (1923) en furent les prisonniers les plus célèbres, ainsi qu'Henri Charrière (1933), qui décrivit dans son livre Papillon, son séjour et ses tentatives d'évasion (souvenirs en fait souvent « empruntés » à ses codétenus). Enfin, Benjamin Ullmo (1908) passera également les deux tiers de sa vie à l'île du Diable, dans la case même où vécut Dreyfus.
Après la fermeture du bagne qui, décidée par un décret-loi du gouvernement Daladier en 1938, ne fut réalisée qu'en 1947, les installations pénitentiaires seront laissées dans leur état de grand délabrement jusqu'à l'implantation du centre spatial guyanais en 1965 à Kourou. Devenues la propriété du Centre national d'études spatiales (CNES) en raison de leur intérêt stratégique, sur la trajectoire des fusées Ariane, les îles du Salut sont évacuées avant chaque lancement, à l'exception de la propriétaire de l'auberge de l'île Royale et de quelques gendarmes.
Depuis les années 1980, grâce à l'essor touristique des îles et à la volonté de sauvegarder une partie du patrimoine historique, le CNES a permis la remise en état de la Chapelle de Royale, de la maison Dreyfus (non visitable) ainsi que certaines cellules du quartier des condamnés. Enfin, la maison du Directeur a été aménagée en Musée du Bagne.


Alors si l'affaire Dreyfus est mentionnée au dos, je me documente sur ce déporté politique :

Le déporté de l'île du Diable

L'incarnation d'un misérable


C'est dans les îles du Salut, utilisées comme bagne par le Directoire puis sous Napoléon III, qu'en vertu d'une loi promulguée le 9 février 1895, Alfred Dreyfus va vivre ce que le gouverneur de la Guyane appelle l'expiation du crime pour lequel il a été condamné. Transporté comme un vil gredin, il ne se révolte pas, écrivant à sa femme, le 12 mars : « ce n'est que justice. On ne saurait accorder aucune pitié à un traître ; c'est le dernier des misérables et tant que je représenterai ce misérable, je ne puis qu'approuver ».

Des tortures imméritées

Premier et seul déporté politique à ne pas être envoyé en Nouvelle-Calédonie où avaient notamment vécu les communards, il est installé sur l'île du Diable, ancienne léproserie où on lui aménage une cabane en pierres. Le 3 septembre 1896, la fausse nouvelle d'une évasion mobilise la hiérarchie de ses geôliers ; Dreyfus subit des tortures imméritées et, du 6 septembre au 20 octobre, la mise aux fers chaque nuit, le martyre de la double boucle. S'il dispose d'une case plus spacieuse après le 25 août 1897, la palissade de son promenoir lui masque toute vue sur l'île ou la mer ; seules les lettres des siens maintiennent son moral.

Un prisonnier modèle


Il passe 1517 jours sur l'île du 13 avril 1895 au 9 juin 1899. Trouvant épouvantable de n'avoir rien à faire, il lit beaucoup et écrit longuement à sa femme. Il demande aussi régulièrement justice. Dès le 5 octobre 1895, il sollicite du président de la République « qu'on fasse la lumière pleine entière, sur cette machination dont ma famille et moi sommes les malheureuses et épouvantables victimes ». Le 10 septembre 1896, il réitère sa demande au président Félix Faure pour qu'on recherche le « véritable coupable, l'auteur de cet abominable forfait ». Tenu dans l'ignorance du développement de l'Affaire en France, il continue d'être un prisonnier modèle. Le 26 janvier 1898, il l'explique à sa femme : « J'ai tout accepté, tout subi, bouche close. Je ne m'en vante pas, d'ailleurs, je n'ai fait que mon devoir, uniquement mon devoir ».

Le langage de la Vérité

S'il subit un processus de terreur qui coûte entre 50 000 et 60 000 francs-or annuellement (V. Duclert), s'il se sent cloué sur un chevalet de torture, Dreyfus résiste en tenant son journal, en dessinant, en écrivant plus de mille lettres. Le 26 décembre 1898, quand il peut espérer sa réhabilitation, il répète à sa femme : « si j'ai vécu, c'est pour vouloir mon honneur, mon bien propre, le patrimoine de nos enfants(...) Quand on a derrière soi tout un passé de devoir, une vie toute d'honneur, quand on n'a jamais connu qu'un seul langage, celui de la Vérité, l'on est fort, je te l'assure, et si atroce qu'ait été le destin, il faut avoir l'âme assez haute pour le dominer jusqu'à ce qu'il s'incline devant vous ».

Il est étonnant que je reçoive un tel objet de mémoire d'Alfred Dreyfus, capitaine de l'armée française, juif, prisonnier sur l'île du Diable, dans laquelle il fut torturé, déjà accusé, à tord, d'espionnage pour les allemands dès 1894. L'affaire Dreyfus, ce nom vient de ce conflit social et politique majeur de la Troisième République survenu à la fin du XIXe siècle, un symbole du nationalisme et de l'antisémitisme ambiants, qui trouveront tout leurs développements aux guerres suivantes. Le mot "intellectuel" viendra de cette affaire, car "J’accuse… !" est le titre d'un article rédigé par Émile Zola au cours de l'affaire Dreyfus et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 18981 sous la forme d'une lettre ouverte au président de la République française, Félix Faure.

Un homme de lettres s'engage résolument dans un combat pour la justice, politique et sociale. Le réquisitoire journalistique de Zola convainc. De nombreux intellectuels signent alors, à sa suite, une « protestation » en faveur de la révision du procès, publiée elle aussi par L'Aurore dès le lendemain de « J’accuse… ! ». C'est la première des nombreuses pétitions qui vont rassembler de plus en plus d'intellectuels. Parmi eux, Anatole France, Georges Courteline, Octave Mirbeau ou Claude Monet, mais aussi Charles Péguy, Lugné-Poe, Victor Bérard, Lucien Herr, ou Alfred Jarry. Les signatures ont été recueillies par des étudiants ou de jeunes écrivains comme Marcel Proust.

Ces pétitions rassemblent aussi d'éminents scientifiques tel Émile Duclaux, directeur de l'Institut Pasteur. Les pétitions des quarante écrivains, des artistes, de l'Université, des scientifiques totalisent 1 482 signatures. Mais l'engagement de l'élite ne dépassera pas les 2 000 intellectuels, du fait des pressions et des risques importants sur les carrières65. Ils formeront quand même l'ossature dreyfusarde, ceux qui par leur esprit et leur engagement vont parvenir à convaincre une partie des pouvoirs publics de la nécessité de réviser le procès d'Alfred Dreyfus. Cette affaire est celle de l'injustice militaire : Dreyfus est réintégré partiellement dans l'armée, au grade de chef d'escadron (commandant), par la loi du 13 juillet 1906. Ses cinq années d'incarcération ne sont pas prises en compte pour la reconstitution de sa carrière, et il ne peut plus prétendre à un grade d'officier général. Cette décision brise tout espoir d'une carrière digne de ses réussites antérieures à son arrestation de 1894. Il est donc contraint à une douloureuse démission en juin 1907. Les magistrats ne pouvaient rien contre cette ultime injustice volontairement commise. Le droit et l'égalité avaient été encore une fois bafoués215. Dreyfus n'a jamais demandé de dédommagement à l'État, ni de dommages-intérêts à qui que ce soit. La seule chose qui lui importait, c'était la reconnaissance de son innocence. Le 4 juin 1908, à l'occasion du transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon, Alfred Dreyfus est la cible d'un attentat. Louis Grégori, journaliste d'extrême droite, adjoint de Drumont, tire deux coups de revolver et blesse Dreyfus légèrement au bras. Il s'agissait, pour l'Action française, de perturber au mieux cette cérémonie en visant « les deux traîtres » : Zola et Dreyfus. Mais aussi de refaire le procès Dreyfus au travers d'un nouveau procès, une revanche en quelque sorte. Le procès aux Assises de la Seine, d'où Grégori sort acquitté, dernière d'une longue série de fautes judiciaires, est l'occasion de nouvelles émeutes antisémites que le gouvernement réprime mollement. Officier de réserve, Dreyfus participe à la guerre de 1914-1918 au camp retranché de Paris, comme chef d'un parc d'artillerie, puis affecté au Chemin des Dames et à Verdun. Il termine sa carrière militaire au grade de colonel. Il meurt le 12 juillet 1935 à l'âge de soixante-seize ans dans l'indifférence générale.


Donc je me demandais, pourquoi avais-je reçu cette carte ? Mes derniers travaux se nomment "La vérité" et sont issus d'une affaire de harcèlement moral dans mon domaine professionnel : une école d'art dépendante du ministère. Étienne Cliquet est aussi professeur en école d’art. Je ne peux qu'y voir dans cette carte adressée un signe, même si j'imagine que tous les destinataires, les 800, ont reçu la même carte. D’ailleurs l’adresse mail associée présente un site Internet qui ne fonctionnera que le 9 février 2018 :
grisolles.cc

Mystère...

L'annonce est celle-ci :

Par travail extrêmement documenté, Etienne Cliquet est invité à porter son regard sur les collections d’arts et traditions populaires du musée Calbet et sur l’histoire de Grisolles. Dans une démarche proche de l’artiste en résidence par la fréquence de ses déplacements, sa curiosité à découvrir Grisolles et son souci de la collecte iconographique, il nous dévoile sa géographie grisollaise personnelle moins comme une carte routière à tracés que comme une carte postale à vignettes donnant différentes perceptions d’un lieu de villégiature.

Sinon j'ai pu lire que la spécialité de cette ville, Grisolles, c'est les balais, sur le site Internet d'un artiste, David Michael Clarke, qui avait été invité en 2016 et réalisé un hérisson géant :

L’histoire industrielle de la ville de Grisolles est celle des balais. Les balais traditionnels de Grisolles, fabriqués en sorgho sont reconnus dès le XVIIe siècle. Au milieu du XIXe siècle la production des balais passe en mode industrielle. Au plus haut point, on a pu compter une vingtaine d’ateliers, environ 400 ouvriers et une production de 6000 balais par jour. Jean-Marc Coulom est le dernier fabricant de balais toujours en activité à Grisolles.

Je me suis souvenue de plusieurs choses dans ces histoires d'îles et celle que j'avais découverte : Seuqramainos. Plusieurs publications et articles, workshops et conférences, dans différentes villes de France ont relaté mes développements insulaires. J'avais également ouvert une université, pour une personne, nommée Nissologie (la science des îles) D'ailleurs kiwaïda, vient d'un yéti crabe découvert en eaux profondes est une extension de ces recherches artistiques. Un site Internet et ce blog bmk sont des partitions d'écritures de ces recherches quotidiennes. Ces recherches sont issues d'une réflexion sur le groupe et le collectif, car avec Étienne Cliquet, nous avions fondé un collectif d'artistes, d'informaticiens, de musiciens, d'amateurs, dans les arts numériques, un réseau social artisanal avant l'heure, nommé Téléférique, d'une vision poétique de l'informatique sur l'espace et ses téléchargements (avant que le mot ne soit courant !) Cette réflexion séparatiste du groupe, après avoir partagé toutes mes recherches intellectuelles et artistiques fut salutaire. Elle a engagé de plus ouvertes destinées et laisser les histoires informaticiennes aux informaticiens. Mon île du salut.
Ma liberté.
Alors j'étais étonnée de recevoir une carte postale, parmi les 800 envoyées d'après l'artiste, avec cette île en visuel d'une exposition. Même si Étienne Cliquet, après lui avoir demandé des explications, dit de cette carte qu'elle "fait référence à la commune de Paris qui a été réprimée courant 1871, et que et que celles-et ceux qui ont eu la vie sauve ont été envoyé sur l'île du diable en Guyane comme prisonniers politiques" Je n'en sais pas plus. Il faudra attendre le 9 février et se rendre sur le site Internet au nom de la ville, dont le projet semble issue d'un parcours touristique. Je n'ai pas le même point de vue sur "la commune" puisque des communistes m'ont bannie de ma vie d'enseignante en utilisant le harcèlement moral, le tribunal, les saisies sur mon salaire, des injustices sidérantes couvertes par le ministère (à ses dépends ou avec sa participation ?) Je me suis demandée si cette carte postale n'était pas le signe qu'une communauté pouvait lyncher une personne et la condamnée au bagne, une injustice d'État.
Amnésie.
Un article écrit en 2006, sur son blog décrit sa découverte de ma pensée, de l'île de Seuqramainos, et aussi quelques tissages personnels de ce regard sur cette solitude artistique.

"Sonia Marques a créé en 2001 un site web qui s'appréhende comme une île sur le réseau. Seuqramainos est un isolat dans un monde interconnecté dont il n'existe pas de cartes sur les moteurs de recherches. On y échoue plutôt par hasard et la navigation y est plus qu'hasardeuse. L'image prégnante qui sous-tend Seuqramainos, une île sur Internet, permet d'évoquer avec force qu'Internet recèle une part invisible et nous rappelle que les secrets sont encore possibles. Ce hors-champ ouvre tout un imaginaire dont la présence symbolique est égale à son invisibilité. Pour reprendre Filliou, on pourrait écrire à propos de l'île de Seuqramainos un nouveau principe d'équivalence, Bien vu, Mal vu, Pas vu. L'invisibilité sous différentes formes poétiques apparaît chez Sonia et certaines communautés sur le net comme une réponse nécessaire au spectacle des mass-médias, à l'hypertrophie du visible, la visibilité annexée à la surveillance. Cette recherche des limites de la visibilité sociale n'est pas un acte de paranoïa mais plutôt une indifférence sereine en ce qui concerne la médiatisation de l'art et sa visibilité, omniprésente ou absente, permanente ou temporaire, dithyrambique ou assassine. Le travail de Sonia prend place dans les médias tout en se préservant paradoxalement de la médiatisation. La manière dont elle formule cette défiance me semble très singulière et m'a convaincu d'en décrire certains exemples, principes, perspectives ainsi que les conditions qui permettent de comprendre en quoi cette invisibilité ou relativité des visibilités est amené à exister de plus en plus. "

Je l'inscris ici, afin d'y contextualiser ses références à ce moment. Mes références étaient différentes.

Comment les écoles d'art ont-elles pu exclure ces pensées et pourquoi, après s'en être servi sans rien y comprendre ?
Je vis sans doute un moment où la bêtise a le beau rôle, celui de punir, bannir, anéantir, et où les intellectuel.les sont leurs prisonniers. Libérez-nous !


 ww

Ce qui est assez mignon, c'est de me souvenir en redécouvrant cet article, que j'avais réalisé un origami, un lotus rose en papier, depuis un mode d'emploi sur Internet (on était vers les années 2000) pour réaliser de jolies serviettes (en tissus) sur la table d'un restaurant chinois ou tibétain. J'avais pris plusieurs photographies, comme souvent, de cette réalisation posée dans le creux de ma main. Elles étaient en ligne sur l'île de Seuqramainos (Le secret dans la main) C'est l'une de ces photographies qu'a retenue l'attention d'Étienne Cliquet à un moment où il ne connaissait pas encore l'origami. C'est chou !

Et là, en écrivant cet article, une odeur de coriandre, de menthe... Ou est-ce les lapins et leurs herbes fraîches ? Ou les nouvelles soupes que je prépare ? Oui c'est l'odeur d'un restaurant thaïlandais si délicieux, notre QG, du collectif Téléférique, après une démo, ou une session de travail, ou juste à deux en marchant longuement depuis notre logement et vers le périphérique. Ce restaurant est resté unique dans mes saveurs et ma découverte de cultures asiatiques différentes. Avec Makoto et Yoshinori, Aki et tant d'autres baladins que nous avions embarqués dans ce petit joyau caché exotique, affamés toujours et reconnaissants. Banlieusards.

À mes hôtes japonais, qui m'ont fait retrouver le goût des herbes fraîches aromatiques.
À ma sœur et son cadeau magique et réconfortant pour cuisiner.
Aux quatre amis, l'éléphant, le singe, le lapin et un perroquet.
À nous.

Au périph !

"Sans cette relativité, nous serions complices d'une amnésie"



Art Par kiwaïda at 22:39

30/01/2018

☾εґḟεʊ☤ł тʊ♭éяεü✖

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Le cerfeuil tubéreux est un délicieux légume racine de culture, ancien et oublié dit-on. Une petite carotte conique, terreuse. Elle possède une chaire excellente, sucrée et fondante entre châtaigne et pomme de terre. Je le cuisine cuit puis revenu dans du beurre à la poêle, c'est exquis. Tout d'abord je les lave les tubéreux, vite fait hein ! Puis je les dispose dans une casserole qui accueillera de l'eau bouillante : 15 minutes d'ébullition, je rajoute une pincée de bicarbonate de soude, histoire de conserver plein de bonnes choses. Puis je les épluche (non, nous les épluchons, c'est plus sympa à deux) et je les coupe en deux. je les dispose dans une grande poêle, j'aime quand il y a de l'espace, comme pour tout finalement ! Avec une bonne dose de beurre (non salé), un beurre Échiré, le beurre AOP Charente Poitou, par exemple, puis je fais délicatement revenir (pas le feu à fond évidemment) Puis je saupoudre d'une pincée de fleur de sel de Guérande et nous dégustons la préparation, à deux c'est plus sympa. C'est doux, c'est délicieux, c'est fondant et d'un goût très rare, un peu artichaut aussi. Avec un bon vin blanc. Même si ce soir c'était du rouge, un Big Red Beast, avec une étiquette digne de Shoboshobo (s'il m'entendait ;.) Vin du Languedoc, millésime 2016, ouh c'est quoi ce truc !

Satori fait ses premiers pas de découverte, sans cage. Et c'est plein de "binkies" qui s'offrent au regard. Tandis que Cafuné m'avait habituée à de superbes flops. Il est devenu un bonze, un gros bouddha. Satori, son éveil, c'est surtout l'éveil de sa libido. Il ressemble à un yéti blanc de neige, très curieux et très câlin, avec une rayure couleur café sur son pyjama nuage. Elle, à une petite malicieuse satinée, très délicate, mordorée rosée, pas si facile à cerner. Méthodique et reconnaissante, ne donne pas sa confiance à n'importe qui : il faut montrer patte blanche, ce que Cafuné s'évertue à réaliser assez maladroitement pour l'instant. Il est foufou, bien dans ses pattes, et il toise, les yeux bleus en amande, d'un air supérieur, mais pas condescendant. Il ressemble à une sculpture animiste, impassible, roi en son temps, en sa langue, quand ce n'est pas à un adolescent qui cherche comment circuler hors passage piétons, avec ses nouvelles grosses baskets blanches. Il est intrépide mais pas belliqueux. Elle est rapide et très prudente, elle demande la permission, puis s'en passe largement : parle à mon pompon ! Ces petits hôtes japonais mangent principalement du foin de Grau, aussi des granulés, puis en ce moment c'est découverte des plantes aromatiques fraîches, menthe, thym, persil, cerfeuil, romarin, coriandre, fleurs de soucis...

Photographies © Sonia Marques

Enseignement Par kiwaïda at 23:08

20/01/2018

Tнé☺ґḯε ∂ü ℋѺℵḰ ℋѺℕḰ

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cafou-sato.jpg

Honk Honk (Photographie © Sonia Marques)

(*•̀ᴗ•́*)و ̑̑

Je regardai le texte féministe que j'ai signé (déjà abordé lors d'un article, nommé "Les fessées") et l'évolution de ses traductions. Une version portugaise est mise en ligne, As feministas podem falar ?. Cela m'intéressait de savoir comment avaient-elles (ce sont des femmes) traduit cette drôle d'expression, à laquelle je ne souscris pas, de notre société française : "la drague lourde".

Le paragraphe en français :

De quel camp provient donc la confusion ? Elle agit sans doute davantage parmi celles qui croient voir dans le harcèlement une uniformisation de la « drague lourde ». Et on ne saurait imputer un tel contresens à de l’ignorance ou encore seulement à une méconnaissance de ces situations. Il y a là une volonté politique délibérée : nier la permanence des violences sexuelles et sexistes, surtout lorsque celles-ci sont le fait d’hommes de pouvoir et se perpétuent ainsi dans les milieux les plus privilégiés.

La traduction du paragraphe en portugais :

De que campo provém então a confusão? Ela está certamente presente entre aquelas que acreditam que o assédio é apenas uma forma de « engate / cantada pesado/a » Este absurdo não deve ser imputado à ignorância ou a um desconhecimento deste tipo de situações. Ele remete para uma vontade política deliberada: negar a permanência das violências sexuais e sexistas, sobretudo quando estas últimas são praticadas por homens de poder, perpetuando-se assim nos meios mais privilegiados.

La traduction de la drague lourde :

Uma forma de “engate / cantada pesado/a”

Étrange, je crois que cela n'existe pas ainsi.

Par ailleurs, je me suis souvenue de ce terme "faire du gringue". Il y a très longtemps que je ne l'ai entendu en France. Peut-être lorsque j'étais petite, dans des films des années 50 ? À ne pas confondre avec "faire la bringue" (faire la fête). Et je pensais aussi à celle-ci, "avoir du béguin" (être amoureux)

Originaire de Belgique, plus précisément de Liège, le mot « béguin » vient du premier couvent de béguines, au XIIe siècle, où les religieuses portaient cette coiffure faite d’une toile fine. Ainsi, croisée avec l’expression « être coiffé de quelqu’un », qui signifie « être aveuglé par quelqu’un », « avoir le béguin » est rapidement devenue une formule courante pour affirmer l’amour ressenti par une personne. 

J'émets l'hypothèse que la drague a bien changé, et si vite, à tel point que certain.es ne se sont pas aperçu.es du changement et ont ajouté "lourde". Mais il n'y a point de "lourd" ou "lourde", mais bien "violences" au pluriel. En fait, ce qui me gène dans ce texte, que j'ai signé, c'est le camp femmes d'un côté et hommes de l'autre : "nier la permanence des violences sexuelles et sexistes, surtout lorsque celles-ci sont le fait d’hommes de pouvoir et se perpétuent ainsi dans les milieux les plus privilégiés". La participation des femmes est omise, qu'elle soit sous une forme de pouvoir et d'emprise, ou bien de connivence et de complaisance, ou bien même lorsqu'elle est tue, ou que les femmes taisent ou dénient les actes physiques et/ou psychologiques, et donc les effets, sur les femmes ET sur les hommes, sur la société. Je préférai le texte américain "Not surprised", signé également, fin 2017, et dont j'ai publié le texte dans un de mes articles, intitulé "Il pulcino nero", dans lequel je joins un récit de mon expérience personnelle. D'ailleurs l'un semble copier l'autre, dans sa volonté de le traduire en plusieurs langues, mais aussi, dans sa forme publiée... J'observe qu'il y a des lacunes en graphisme et en multimédia, car les interfaces ne sont pas très modernes pour le coup (progressistes) ni pensées. Alors ces réunions de femmes qui se disent progressistes n'ont pas encore trouvé de femmes progressistes dans l'expression artistique. Elles n'interrogent pas non plus leurs signataires, ni même les commentaires. Alors peut-être n'est-ce qu'une recherche de pouvoir de plus : collectionner des signatures ? Lorsque j'ai enseigné à l'école d'art de Bourges, un collectif, mené par une femme (ou plus ?) s'est formé et un blog fut mis en ligne. Interface confuse et non actualisation des informations, ce qui laissa douter de l'activisme des instigatrices et instigateurs. D'ailleurs, ce blog s'est arrêté lorsque j'ai été amenée à partir. Un crash test en quelque sorte. Les revendications sur les statuts des professeurs n'étaient pas clairs non plus et ne représentaient pas la majorité de celles et ceux qui enseignent dans ces écoles. Ainsi tout est gelé, banquise des statuts, crises, crises. Le manque de transparence sur qui fait quoi et qui écrit quoi m'avait sidéré. Brouillon, brouillon.
Bref, ce qui diffère outre-Atlantique, c'est la conscience du jeu sexiste et régressif que les femmes (et oui !) et les hommes imposent sous des valeurs progressistes dont on loue le bienfondé de l’égalité entre femmes et hommes.

Extrait de nouveau du texte "Not surprised" :

De nombreuses institutions et personnes en position de pouvoir dans le monde de l’art contemporain adhèrent en théorie et sans sourciller à la rhétorique féministe et au principe d’égalité. Souvent, ils ou elles tirent profit de cet engagement de façade en faveur de politiques progressistes, tout en préservant, en pratique, des conventions sexistes néfastes et oppressantes. Chaque jour, celles et ceux qui détiennent le pouvoir font le choix d’ignorer et d’excuser, quand ils ou elles ne commettent pas eux-mêmes des actes de harcèlement et d’humiliation. Ils ou elles créent ainsi un climat arrangeant, voire complice, envers des abus de pouvoir illégaux et potentiellement plus graves.

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Cette différence, entre autres, dans ces textes, me semble très importante. Dans mon expérience personnelle, en France, j'ai dû revoir les théories féministes, dès lors que j'ai été confrontée aux femmes féministes (je ne sais jusqu'à quel degré... étaient-elles brûlées, je ri un peu, sinon...) soutenant mordicus des théories diverses tout en harcelant et participant du harcèlement moral et sexuel des hommes sur certaines femmes, avec violence, abusant de leur pouvoir, sans jamais défendre les victimes. Ou pire : se taisant, tout en sachant comment elles pourraient leurs venir en aide. Dans les syndicats c'est assez révélateur de les trouver, du côté du pouvoir. Alors "mordicus" est très intéressant comme mot. Il date de la fin du XVIIe siècle et vient du latin 'mordere' signifiant 'mordre'. Au sens propre, il signifie "en mordant". Au figuré, il prend le sens de 'obstinément', à l'image de la chienne qui a planté ses dents dans le bras de celui qui voulait la caresser et qui ne veut plus du tout lâcher prise.

Les femmes qui ne lâchent prise ressemblent aux hommes qui ne lâchent prise, lorsque l'on dit :

"STOP, arrêtez vous me faites mal !"

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◟(◔ั₀◔ั )◞ ༘♡

Alors faire du gringue sinon c'est quoi ?

Origine :

Au milieu du XVIe siècle, le 'grignon', dérivé de 'grigner' qui a donné 'grignoter', désignait régionalement un morceau de pain (tout comme 'quignon' qui est étymologiquement lié). Et du 'gringue', mot dérivé de 'grignon', c'était du pain, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. C'est au tout début du XXe, chez Aristide Bruant, qu'on trouve le mot 'gringue' dans faire du gringue avec le sens de "chercher à plaire" qui a évolué vers "faire la cour, généralement de manière pressante" dix ans plus tard. Tout esprit un tant soit peu éveillé se demandera in petto comment on a pu ainsi passer du pain à la cour. D'autres esprits, éveillés également, se sont déjà posé la question, et la seule réponse, apportée par Gaston Esnault, mais hélas sans aucune certitude, viendrait d'un rapprochement avec l'ancienne locution "faire des petits pains pour quelqu'un" qui a d'abord voulu dire "faire l'aimable pour appâter" puis par extension, "faire la cour".

Les expressions étrangères sont délicieuses :

Allemagne    "üßholz raspeln"    Râper de la réglisse
États-Unis    "To hit on (someone)"    Frapper sur (quelqu'un)
Espagne    "Ligar "   Draguer
Espagne    "tirar los tejos a alguien"    jeter les palets
Espagne   ""Hacer la corte" "   "Faire la cour"
Canada (Québec)   "Chanter la pomme"   
Italie    " Fare il filo/fare la corte"    Faire le fil/faire la cour
Belgique (Flandre)    " Zoete broodjes bakken"    Faire cuire des petits pains sucrés
Portugal    "Arrastar a asa "   Trainer l'aile
Roumanie    "A se da la cineva"    Se donner/frapper à quelqu'un/une

Chanter la pomme, râper de la réglisse, faire cuire des petits pains sucrés, trainer l'aile

Et oui, c'est pas mal, s'intéresser aux langues....

Si quelques femmes ont été lancées par des hommes de pouvoir, à écrire ou à parler à travers des médias qui détiennent le monopole de la diffusion (pas une seule femme ne dirige ces groupes de presse), c'est qu'elles correspondaient bien à ce qu'elles devaient dire et devaient taire, puisqu'elles n'ont pas de média autonome. Elles ont été choisies, c'est celles que l'on lit, que l'on voit, pour le meilleur et le pire, évidemment. Les médias se lèchent les babines de donner la parole sur un sujet très précis (= petit cadre) et se chargent de couper ensuite cette parole (très très petit cadre), ce qui ne nous donne pas le meilleur mais des phrases et des prises de positions littérale empruntées des réseau sociaux (j'aime, j'aime pas être frottée par les hommes, j'aime, j'aime pas être importunée par les hommes...) empêchant d'élever le niveau et d'y voir des femmes actives, celles qui font et réalisent des choses. On préfère montrer des hommes qui font et des femmes qui attendent que les choses se passent. Ainsi, cela reste sur cette horizontalité décidée, pas de relief, pas d'humour, pas de croisements de disciplines. Cela donne aussi l'occasion à d'autres d'écrire et de fédérer sur diverses tribunes, faute de mieux, répondre à ce que certain.es, une poignée, ont lancé comme joutes verbales. À ce petit jeu, personne ne sort gagnant.

Ce qui n'est pas abordé dans tous ces commentaires de femmes plus âgées qui disent "aimer" se faire importuner, ou vouloir que cela continue ainsi, sans broncher, par consentement muet de la société et des autorités en présence, parce qu'elles auraient "un joli petit cul", ou qu'elles sont (ont été) selon leur terme "une belle bombe", ou celles qui regrettent qu'à leur âge, elles ne sont plus importunées ou frottées dans le métro, c'est tout simplement qu'elles ne connaissent absolument pas comment les femmes plus jeunes vivent aujourd'hui. Et lorsque l'on dit plus jeunes... cela va loin dans l'âge. Il suffit de sortir en fait, d'être une femme active, de ne pas avoir de chauffeur, chauffeuse (?) et d'être souvent mêlée à la foule, ou à des groupes, dans le travail avec de de jeunes femmes, de jeunes hommes, et des plus vieilles, des plus vieux ; et faire du sport avec diverses personnes, oui ça change un peu les manières de faire et de penser. Tous âges, toutes religions, toutes cultures. Une certaine connaissance du brassage culturel est nécessaire et de l'évolution des migrations. Oui les rassemblements aujourd'hui, n'ont pas les mêmes effets que ceux d'hier. De toute évidence, ces femmes qui concoctent un pauvre texte entre elles pendant un réveillon arrosé pour le balancer au début de l'année nouvelle qui commence, l'exhibant fièrement à tous (en fait juste une communauté protégée) comme la pensée intellectuelle de 2018 pour tous... ont scié la branche sur laquelle elles végétaient un peu trop. Bim ! Nous voici donc avec des branches en moins. Finalement c'est pas plus mal.

Et puis, si se frotter, c'est draguer et si importuner, c'est draguer, alors un coup de pelle sur la tête, c'est du jardinage et un coup de guitare sur la figure, c'est de la musique...

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La drague disent-elles, ou disent-ils, ce n'est plus ces mots là grivois. C'est "J'te suce, j'te suce" le doigt majeur levé lorsque vous attendez le bus, par des bandes de jeunes ouvriers, ce sont des crachats par de jeunes étudiants habillés en cadre dynamique, des bousculements par de moins jeunes lorsque l'on ne répond pas aux avances et injures, et lorsque les dragueurs sont véhiculés, ils ne manquent pas de vous écraser. Et si vous ripostez pour vous sauver, c'est "Sale pute, ta mère la pute" , en boucle (c'est un refrain !) et j'en passe. En banlieue ? Et bien non, aussi à Paris et dans les villes de provinces, les grandes villes et les moyennes. Dans le métro parisien ? Et bien non, comme je l'écrivais plus haut, tout transport collectif. L'âge ? Il suffit d'être là, dans le bus aux sorties des collèges et lycées et observer les harcèlements qui s’effectuent à ciel ouvert. Il suffit d'assister à une réunion de travail, chez les plus grands, c'est-à-dire les adultes, dans leurs milieux professionnels, et à la pause "clope" ou pas clope, pour entendre que le joli petit cul, le devient moins et que des hommes sifflent les femmes comme s'ils sifflaient leur chien, ou leur chienne, devant un groupe, composé de femmes et d'hommes, acceptant ces modes de communications : se laisser importuner au travail. Cela va plus loin, il y a des paliers, jusqu'à l'irréversible. C'est un vocabulaire qu'on ne peut classer dans "drague", n'est-ce pas ? À moins que ce vocable, dans les parties privées avec invités de tous poils de Catherine Millet soit d'usage. Dans l'espace public, il n'y a pas d'invitations privées, de marivaudages ou troussages de domestiques collectifs. Devons-nous le rappeler ? Les rassemblements, des manifestations, dans des lieux même festifs, ne sont pas des terrains où celles et ceux qui importunent (synonyme de harcèlement) font leurs lois. Ces agressions ne sauraient devenir des modes de communication tolérés entre passant.es. Ainsi, avons-nous plus, en France, des tribunes de femmes célèbres, pas si décérébrées que cela, paresseuses peut-être (pourquoi penser plus et mieux ?)  qui imposent des allégeances rivales en y opposant les allégeances citoyennes. Et la violence terroriste est faite des mêmes ressorts : mettre à mal la distinction entre espace public et espace privé. La confusion entre l'espace intime et l'espace du politique, société civile et société d'État, entretient les violences terroristes. Si l'État tolère encore les troubles de rue, révélés ces temps-ci par des femmes en majorité, qui dénoncent ces violences quotidiennes de harcèlement de rue, c'est que le rapprochement et le passage ne s'est pas encore fait. Rien n'a été réalisé pour la mobilité des femmes dans l'espace public, alors que la libre circulation est menacée quotidiennement. La violence terroriste est la seule, qui n'est ni tolérée ni acceptée. Le mépris des femmes et de leurs mobilités dans l'espace public est devenu intolérable, pour nombre de femmes et d'hommes (on l'oublie hélas), car les violences se sont aggravées et n'ont pas été sanctionnées. Pourtant, elles empêchent les femmes d'aller au travail, de voir leurs amis, d'imaginer se rendre plus loin, voyager, former des circuits, faire du jogging, du sport, etc...

On peut qualifier ces violences, de violences interindividuelles car il existe des violences urbaines (rixes, émeutes, manifestations, etc) Elles augmentent. Pourquoi, hommes et femmes, et ce retour à l'état sauvage et belliqueux ? La consommation de masse opérée dès les années 50 (quand on faisait "du gringue") explique ces changements rapides, où le désir doit être satisfait immédiatement. Le capitalisme dominant encourage ces violences, le désir immédiat, pour des raisons commerciales, le rendement à court terme, et aussi les relations interpersonnelles dégagées de tout rapport hiérarchique. Ces transformations de vie en commun ont fragilisées les barrières entre communautaire et institutionnel. Cette décivilation des mœurs a gagné nos rues. Si aujourd'hui, des femmes disent "pas touche", cela ne veut pas révéler "un puritanisme", celui que quelques femmes protégées ont dénoncé, pétries dans un temps révolu, avec une galanterie et une drague si courtoise, le beau gringue bien élevé qui n'existe plus. Il faudrait plutôt le ré-introduire ? Est-ce à comprendre que ces dames ont échoué dans l'éducation de leurs fils ? Oui, certainement, et de leurs filles aussi, puisqu'elles ne leurs ont pas appris à dire "pas touche" assez tôt. Aujourd'hui, il ne suffit plus de le dire, il faut l'écrire. Car prendre un non pour un oui, ou penser que si on ne dit ni oui ni non, c'est qu'on peut violer et que même la justice valide un consentement lorsqu'une mineure est violée par un adulte, obéissant à son désir immédiat, sans penser à qui s'adressait-il... Oui, il y aura des contrats comme en Suède !

Alors ce temps où les Bardot et Deneuve étaient courtisées n'existent plus, il est aboli. Celui même, où elles perpétueraient leurs modes de communication, d'exposition et d'interdits de dire, d'écrire, tout en laissant d'autres les écraser, écrire à leur place et les former en images de leurs fantasmes. Nous sommes au temps où les femmes doivent se faire respecter, plutôt que se faire continuellement agressées, violées, rabaissées, dans leur vie professionnelle ou privée. Nous sommes dans ce temps où il y a des hommes qui ont oublié que les femmes étaient des êtres humains et où d'autres hommes en ont franchement marre de payer le prix de toutes ces agressions réduisant leur chance d'être en confiance avec une femme et qu'une femme soit en confiance avec un homme, et les gays et lesbiens et les transgenres, la confiance se perd aussi et pour longtemps, il n'est là pas question de genre justement, mais de comportements entre humains, de relation interindividuelles.

En fait, il se passe la même chose avec certaines femmes. Il y a des femmes agressives, ou très agressives, qui ont oublié que toutes les femmes et tous les hommes sont des êtres humains. Et si elles sont dans des situations de pouvoir, elles n'hésitent pas à sortir un arsenal, que l'on peut considérer comme machiste ou misogyne. C'est que l'on oublie ce qu'est le sexisme et qu'on peut le rencontrer dans un comportement féminin. Certaines femmes souhaitant accéder au pouvoir pensent qu'elles doivent copier un comportement, qu'elles ont dû observer et qui selon elles "fonctionnaient" bien pour assujettir d'autres personnes à leur désirs, souhaits, volontés… Elles n'ont pas reçu de bons modèles et ont été entourées de comportements abusifs. Elles répètent. De même pour les hommes, de tout individu.La question du genre me paraît vaine en fait. Ce sont des comportements agressifs, dans une société qui favorisent ces violences quotidiennes (accès au pouvoir par l'emprise, dans le monde du travail, le couple, la vie familiale, le voisinage, etc…) Et la drague, dites "lourdes" n'est autre qu'une emprise pour assujettir l'autre qui ne veut pas se subordonner. Car notre société s'est tournée vers une évolution où "la réussite sociale" devient celle de la visibilité de possessions de biens matériels, virtuels, et des êtres vivants, de leurs échanges, de leurs commercialisations. Des êtres vivants ou des parties des êtres vivants. Pour le côté virtuel, qui n'est nullement opposé au matériel, les réseaux sociaux participent de mêmes structures : acquérir, échanger, collectionner, vendre… Le nombre devient important.

೭੧(❛▿❛✿)੭೨    ໒( ͡ᵔ ▾ ͡ᵔ )७   ( ◑ٹ◐)   ( ՞ٹ՞)   (★^O^★)   ヾ(^-^)ノ   ヽ(*⌒∇⌒*)ノ  

D'autres valeurs ont été délaissées dans notre société, qui naguère créaient de la beauté, du bien, des partages et échanges… Le bonheur n'était pas une image, la beauté non plus, le bien également, n'était pas un concept pour vendre des aliments qui seraient meilleurs que d'autres, plus sains… Disons que les échanges, les idées, la discussion (et non le débat violent pour faire du "buzz" en opposant des antagonistes) les balades et promenades, les flâneries, l'imagination, la contemplation, les apprentissages, les études, l'enseignement… Tout cela disparaît peu à peu, ne parlons pas de la tendresse.

Mon métier d'enseignante m'a beaucoup appris des comportements, des critères d'évaluations, des objectifs qui ont changé, aussi de la forme de communication que devait prendre les études, les formations et à quoi devaient-elles servir. Le plus souvent à obtenir de l'argent, plus de crédit pour l'école, et tout peut être moteur pour valider certains cours, du moment que cela rapporte. Les moyens de pressions sont tels, que tous les comportements sont permis, afin que l'emprise fonctionne et que soient assujettis les plus faibles, c'est-à-dire celles et ceux qui ne partagent pas les mêmes valeurs (et non les plus "faibles")

Je pense qu'il n'y aura pas d'évolution dans l'égalité entre hommes et femmes. Car je me suis aperçue que dans cette course à l'égalité, des femmes ont réussi à ce que des quotas soient inscris et que des femmes accèdent ainsi au pouvoir, ne favorisait nullement de changement de comportement. La société est toujours de plus en plus agressive et des femmes au pouvoir ne changent pas la qualité des relations humaines. Elles peuvent, à contrario, rendre les relations encore plus cruelles et les détruire, plutôt que construire une meilleure société ensemble.

Alors tout est à la recherche de femmes au pouvoir et à des postes de directions, pour ces raisons d'égalités entre les femmes et les hommes. N'est-ce pas un argument supplémentaire qui empêche de comprendre et apprendre de ce que nous sommes capables de faire ensemble, en commun, en préservant les différences de tout à chacun, chacune ? Car oui, il y a des différences. Ces femmes sont choisies par des hommes qui se font juges et sélectionnent des manipulables et dont les engagements et la culture faiblards ne favoriseront pas l'intégration à l'emploi d'autres femmes parmi leurs salariés, bien au contraire.

Ce qui est positif, avec toutes ces actrices déchues, c'est le rapport à l'image créé par les hommes, que les femmes subissaient. Les apparences physiques et les comportements étaient dirigés, et le sont toujours, par des hommes. Elles devaient ressembler à ci ou à ça, selon les fantasmes des hommes, elles devaient également s'y conformer sans broncher : se taire. La Brigitte Bardot et la Catherine Deneuve ne comprennent pas que des femmes ne souhaitent pas ressembler à ci ou à ça, selon le fantasme d'une poignée d'hommes au pouvoir, et ne souhaitent pas se taire, ou passer leur temps à défendre ces hommes, les satisfaire en tous points. Elles n'ont jamais réalisé qu'elles pouvaient être libres de ces regards et directions, même ne pas être obligées de passer devant les caméras pour obtenir ce qu'elles souhaitaient dans la vie et s'imposer nombre de contraintes pour rentrer dans le petit cadre, le petit écran, ou grand écran, mais c'est le même. Le gendre (de Deneuve) Benjamin Biolay dit : "Ne brisez pas nos icônes". En fait il dit sagement : "Pas touche à la maman, la putain". Car, en France, pour être une icône il faut être à la fois, la maman et la putain. Il le dit très bien "nos" icônes, les siennes d'abord. L'esprit de possession s'est exprimé, affirmant encore plus l'enchaînement dans lequel, les hommes, les fils, attachent les femmes, leurs mères, belles-mères, leurs sœurs, leurs filles.

Alors elles se rebiffent et clament aux hommes inquiètent : "Miroir, miroir, suis-je toujours la plus belle ?" Mais ce n'est toujours pas au nom des apparences que la majorité des femmes aujourd'hui parlent. Il n'est pas question des formes, mais du fond. Et cela induit de nouvelles formes, que ces femmes de l'autre temps considèrent comme vulgaires, idiotes, violentes. Ce sont les coups reçus (le "j'te suce" ou "ta mère la pute") ces dragues vulgaires, idiotes, violentes. Elles ont engendré ces délations vulgaires, idiotes, violentes en pagaille et de nécessaires dénonciations de crimes comme les viols. Cela concerne le droit, la justice, notre vie civile, citoyenne.

La pensée ne peut agir dans ces agressions quotidiennes lorsqu'elles sont permises par une société. D'ailleurs les comportements violents, et cette drague qualifiée de "lourde" pour minimiser ses effets ou ses motivations, révèlent cet embrasement d'une société violente, terrorisante. Ils nous indiquent toujours que quelque chose dans l'être humain est en train de disparaître et qui ne peut être résolu avec des arguments aussi débiles que ces histoires d'apparences et de querelles d'images. Une façon de faire diversion, tandis que l'on rattrape un retard et revoit des délais de prescription si courts qu'ils protègent toujours les agresseur.es., libres de continuer à importuner (mot emprunté à la tribune des quelques femmes célébrées mais pas très actives)

Je trouve d'ailleurs un peu ridicule les exemples fournis par le ministère pour l'égalité des femmes et hommes, qui tente d'expliquer la problématique. Il y a vraiment quelque chose qui est resté dans les stéréotypes et que l'on ne retrouve pas dans notre société.

Il est écrit :

Les stéréotypes de sexe

    Définition
    Préjugés, clichés, représentations réductrices et généralisantes qui essentialisent ce que sont et ne sont pas les filles et les garçons, les femmes et les hommes.
    Exemples
    – « Les jeunes filles ne lèvent pas la voix. »
    – « Un garçon, ça ne pleure pas. »
    – « Les filles sont plus douées pour s’occuper des bébés. »
    – « Les jeux vidéo, c’est pour les garçons. »
    – « Mécanicien ? Mais c’est un métier d’hommes ! »


( -̩̩̩͡˛ -̩̩̩͡ )

J'ai rencontré dans le milieu professionnel, qui relève d'un ministère donc, des actions très concrètes et irréversibles, lorsque l'on demande que les harcèlements s'arrêtent. Il n'y a plus de : Les jeunes filles ne lèvent pas la voix, mais : "Si vous parlez on vous attaquera en diffamation". Puis cela va très vite : suppression du mail professionnel, de l'accès aux mailing liste, du salaire, des outils pour travailler, des lieux… On ne s'embarrasse plus, lors de harcèlement moral, sexuel et de discrimination, de ces types de phrases niaises. Non, la radicalité de notre société et notre époque en 2018 est bien plus violente et moins séparée qu'elle n'est décrite sous ces lignes (filles et garçons de chaque côté) Ni même écrites en coquetteries des femmes souhaitant être importunées. Celles-ci ne sont plus dans le monde du travail pour dépeindre un décor suranné et sirupeux, destinés aux romans. C'est la guerre tout simplement et les armées choisissent leurs équipes pour faire la guerre. Et les violences au sein du couple participent de rapports de domination et de prise de pouvoir des un.es sur d'autres, les victimes, créant un climat de peur et de tension permanents. Et lorsque le couple œuvre dans le même domaine professionnel, des emprises s'activent d'autant plus, du privé à l'emploi, de l'emploi au privé. On le voit notamment dans le gouvernement français, et ce que médiatisent les différentes affaires de harcèlements. Ils sont prônés en modèles de société, où les couples de pouvoir engendrent des violences partout où ils se trouvent.

(´;︵;`)

S'il y a tant de chômage dans notre pays, depuis mon expérience, c'est que nombre de personnes en marge du monde du travail, ne partagent pas ces valeurs compétitives, ni ces comportements agressifs, ces images communiquées, ou ont été exclus par toutes ces armées et équipes, qui les ont considérés comme "faibles". S'il y a tant de personnes, dans notre pays, n'ayant pas eu la volonté, ni la motivation d'aller voter, ou ne se reconnaissaient pas dans les programmes de leurs représentants, c'est que quelque chose n'est plus possible dans notre société, la façon dont elle s'organise et avec quels comportements, quels moteurs, quelles visions et projections, quels outils, quels espaces, quelles règles, quelle justice, etc…

( ᵒ̴̶̷̥́ _ᵒ̴̶̷̣̥̀ )

De même, les violences sexuelles sont révélatrices de cette société qui n'est plus fondée sur des principes que l'on partage, dans l'usage, car les lois ne sont pas appliquées. Les heurts et confrontations deviennent criminelles. La suppression d'un individu (psychiquement, ou physiquement), parce qu'il ou elle ne se serait pas soustrait aux volontés d'autrui, est un acte définitif qui n'a pas pensé d'autres solutions pour exprimer la colère. Violences verbales, menaces, viols conjugaux, harcèlements sexuels au travail, harcèlement moral et dans la rue, au quotidien, sur Internet, en lisant les mails privés et ceux des groupes professionnels, les silences, les lynchages, les meutes.. On ne peut qu'être étonné, de la façon dont notre société, parvient à lisser, effacer ces actes odieux et criminels, à les remplacer par des images bienséantes et dont les élus s'appliquent à arborer un discours de langue de bois. Si ces discours sont portés au gouvernement et diffusés aux moments de grandes écoutes, ils font très mal : ils clôturent l'aventure de la libération de la parole et délivrent un message extrême : l'obligation d'obéir aux diktats (l'exigence absolue imposée par le plus fort au plus faible et n'ayant pour appui et justification que la force)

( ´•̥̥̥ω•̥̥̥` )

En amont d'actes criminels, nombre de comportements institués permettent de supprimer la vie professionnelle, privée d'autrui, en éliminant toute trace. Ces subtilités et insidieux réflexes de survies que le monde du travail à bien développé ne sont pas expliqués, on les découvre par l'expérience ou par les faits relatés. Ainsi les agresseur.es peuvent écrire aisément "ni plaies, ni blessures", avant de vous supprimer d'un milieu social.

/(=✪ x ✪=)\   /(^ x ^)\

Ma réflexion s'étend davantage en observant le monde animal. Depuis que Cafuné fait son honk honk, sa parade amoureuse et que la plus jeune Satori subit ses assauts, en observant ces lapins et en complétant ces observations et hypothèses scientifiques avec des professionnels, ou des lectures éthologiques d'experts, je prends conscience du rapport hiérarchique. La nécessité d'établir des règles de vie commune, même lors d'assauts sexuels et de rétablir des périodes de jeux, sans à priori de genre. Une autorité peut agir sur une vie en société et pour son bien.

(/(°∞°)\)   、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ /( =゚ェ゚=)ヽ

Je conclue par le constat des effets de l'amenuisement d'autorité dans notre société, afin que la vie sociale, soit une vie sociale possible. Évidemment, cela arrange une frange sociale, et elle s'offusque que l'on souhaite participer de notre société pour son évolution, également, en faveur de tous, et pas que d'une minorité de protégés, d'intouchables (mot utilisé par les fonctionnaires hauts placés) Les lois ne sont plus appliquées et sortir des tas de textes produits pendant des années avec de micro-changements de virgule n'y changeront rien, voire augmentent le retard d'une vie sociale possible. Les écarts se creusent, les radicalisations sont devenues des modes de gouvernances (on radie sans prévenir, on exclu tout salarié de tout, on exclu définitivement les sans-ressources de la vie en société en les désignant comme "faibles")
Mais les désignations approximatives des "faibles" m'ont toujours posé question. Mes hypothèses vont dans le sens que cette désignation cache en fait les valeurs attribuées à ces faibles. Elles ne correspondraient pas ou plus aux modes de gouvernance du pays, qui sont des modes violents, radicaux.
Je m'appuie sur mon expérience personnelle, celle d'autres personnes que je connais moins et dont j'ai vu le traitement, mais aussi de toutes les communications réalisées, du gouvernement, au sein de structures, qui sont en décalage avec ce que nous vivons.

(♥x♥*)

Cet article est dédicacé aux efforts de gringue de Cafou le joyeux qui a le béguin pour Sato qui s'éveille et commence à jouer librement. C'est sûr, il en pince pour elle <3
Et merci à Virginie pour ses conseils avisés et Julien pour ses idées de mises en situations.

(´∀`)♡   ღƪ(ˆ◡ˆ)ʃ♡ƪ(ˆ◡ˆ)ʃ♪   ⁽ ¨̮⁾⁽¨̮ ⁾*˚‧♡

♡⑅*ॱ˖•. ·͙*̩̩͙˚̩̥̩̥*̩̩̥͙·̩̩̥͙*̩̩̥͙˚̩̥̩̥*̩̩͙‧͙ .•˖ॱ*⑅♡ ♡。゚.(*♡´◡` 人´◡` ♡*)゚♡ °・

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Cafuné & Satori à quelques semaines, en 2017

Philosophie Par kiwaïda at 16:38

17/01/2018

É√εїʟ

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Satori (Photographie © Sonia Marques)

LES MOTS DOUX & DÉCISIFS

(japonais 悟り satori ; chinois, issu du chinois : 悟 ; pinyin : wù ; littéralement : « réaliser ») est un terme des bouddhismes chan, son et zen qui désigne l'éveil spirituel. La signification littérale du mot japonais est « compréhension ». Il est parfois utilisé à la place de kenshō (chinois : 見性 ; pinyin : jiànxìng ; littéralement : « voir la nature/caractère ou propriété »), toutefois kenshō désigne la première perception de la nature de Bouddha ou vraie nature – une expérience qui ne dure pas. Le satori par contre désigne une expérience qui se prolonge, à l'instar d'un bébé qui apprend à marcher – après beaucoup d'efforts il se tient debout, trouve son équilibre et fait quelques pas puis tombe (kenshō). Après un effort prolongé l'enfant se rendra compte un jour qu'il peut marcher tout le temps (satori). Le bouddhisme zen reconnaît dans l'éveil une expérience transitoire dans la vie, presque traduisible mot à mot par épiphanie, et le satori est la réalisation d'un état d'éveil épiphanique. Comme d'après la philosophie zen toute chose est transitoire, la nature transitoire du satori n'est pas vue dans l'aspect limitant qu'il aurait dans l'acception occidentale du mot « éveil ».
La nature transitoire du satori, par opposition au permanent nirvāna qu'on retrouve dans les traditions bouddhiques de l'Inde, doit énormément aux influences taoïstes sur le bouddhisme chan de Chine, à partir duquel le bouddhisme zen du Japon s'est développé. Le taoïsme est une philosophie mystique qui met l'accent sur la pureté du moment, alors que les racines hindoues du bouddhisme indien visent une vue dans une plus grande durée – vers la sortie du cycle karmique des réincarnations perpétuelles dans le monde matériel. De l'attention du taoïsme à l'importance du moment, et de la négation de l'existence individuelle ou d'un moi individuel du bouddhisme mahāyāna, est né le bouddhisme zen avec son concept d'état transitoire du satori. (Extrait Wikipédia)

悟り Satori : une épiphanie

Barthes reconnaît dans l’épiphanie quelque chose de proche de ce qu’il nomme incident — où quelque chose survient, apparaît — dont il souligne l’affinité avec le haïku, par quoi se manifeste une certaine figure de la vérité, qui s’exprime selon la théorie zen par le terme satori, et dans la théologie catholique occidentale par le terme quidditas introduit par saint-Thomas. Le texte bref, explique Barthes, est l’expression du « C’est ça ! » — soudaine révélation du réel surgissant dans la nudité même d’une apparition irréductible à tout commentaire. En ce sens, épiphanie et haïku s’apparentent à la photographie, à laquelle Barthes donnera le nom devenu célèbre de punctum. Par le poème — haïku ou épiphanie — comme par la photographie, quelque chose fait image et qui a valeur de marque laissée dans le temps par un évènement, évènement qui ne peut pas être exactement raconté mais comme désigné, pointé du doigt de manière à faire signe vers un certain moment de vérité.

Le Satori et le Nirvana sont des états d’être bien heureux où le « moi » est délivré de ses limites, de ses attachements. Aux tensions en vue de dominer, de briller, de posséder, succède une détente intérieure. Il s’agit d’une véritable mutation psychologique où se révèlent les sommets de l’amour et de l’intelligence. Ceux-ci, loin de nous engager dans la voie de l’inaction, nous conduisent au contraire vers une vie intense, créatrice, pleine d’initiatives heureuses.

La vérité est si proche et tu ne la vois pas, tu pars loin, très loin chercher le Bouddha et le Satori et tu tombes en enfer. Tu te hâtes dans la confusion et la précipitation, quand tu arrives, il n'y a rien. La brume soudain se lève : ce n'était qu'un mirage. Tu veux revenir au pays d'où tu viens, mais tu t'aperçois que tu es maintenant entouré de montagnes acérées comme des lames et qu'il n'y a plus de retour ; c'est l'enfer dans le désert. On veut s'échapper du monde que l'on juge détestable, mais, après l'avoir quitté, on le regrette comme un paradis perdu. On veut toujours partir ailleurs et quand on arrive à destination, on a le sentiment que le pays d'où l'on vient paraît plus merveilleux.

C'est ça !

Ma petite Satori, l'éveil
Elle combat la pensée rationnelle, les opérations logiques, de classification en catégories. Elle est la découverte de la véritable vision des choses. Il ne faut ni rechercher ni vouloir Satori. Elle existe en nous bien avant notre naissance, alors pourquoi chercher à l'obtenir. Ce n'est pas mystérieux, c'est le retour à la voix normale. Voir le monde tel qu'il est.

Sato, cela veut dire "sucre" en japonais. Est arrivé un petit sucre lapin satin, nommé Satori, une illumination !

Phonologie du japon :
Satouya [sato:ja] *[sato?oja] « marchand de sucre » satooya [sato:ja] ou [sato?oja] « parents nourriciers »




Cafuné

Et la petite Satori, dites Sato, rejoint Cafuné, le lapin couleur café et nuage de lait, dit Cafou, le foufou aux yeux bleus.
Ils sont japonais, ou presque.


Le portugais séduit par son élégance et ses intonations caressantes. Il y a des mots qui n'ont pas de traduction ailleurs.

Le terme cafuné entre dans la catégorie des mots intraduisibles, sa signification exacte est spécifique : cafuné décrit le geste de passer tendrement sa main dans les cheveux de quelqu’un que l’on aime.
Comme carinho, chamego, cafuné, xodo, ces mots traduisent l'affection.
Fazer cafuné signifie faire des caresses en massant les cheveux de son amoureuse, de son enfant, de son animal, avec tendresse.

Il a des origines africaines. En général pratiqué par des mains féminines, le cafuné est l'art de faire semblant de chercher des poux dans la tête de quelqu'un pour l'aider à se détendre ou à s'endormir. “Je sais bien que le cafuné réaffirme une présence de l'Angola au Brésil” dit Luis da Câmara Cascudo. Le cafuné ou cafunê est bien une réalité culturelle brésilienne, sans doute en désuétude maintenant, de même qu'en Angola. Óscar Ribas en donne la définition suivante : « Petit claquement qu’on produit sur la tête de quelqu’un d’autre, comme si on y tuait un pou, et dont l’effet vise à susciter la somnolence. ». Roger Bastide a consacré un article à cette pratique au Brésil sous le titre « La psychologie du cafuné ». Óscar Ribas en donne une étymologie convaincante : cafuné se dit en kimbundu kifune, de kufunata, plier, tordre.

"A psicanalise do cafuné"

O que se considera vulgar na Espanha e em Portugal se pratica aqui em todas as classes da sociedade... Os dois sexos o fazem sem distinção, especialmente as mulheres, que preenchem suas horas de lazer com esse elegante divertimento. E é quase impossível, a menos que seja nas horas das refeições e da sesta, entrar em uma casa onde não haja alguns dos habitantes se dedicando a isso. Digo isso porque, hoje, ao entrar na casa de um prisioneiro vizinho (até então um homem respeitável na província), o vi enquanto conversava colocar deliberadamente a cabeça no colo de sua esposa, como se a presença de um estranho não devesse impedir a operação da qual acabo de falar e que ele parecia considerar com uma espécie de prazer.

Lindley (1806), no texto que citamos, parece pensar que o cafuné brasileiro vem dos colonos portugueses, que teriam transportado esse costume para o novo habitat: ele apenas se teria se difundido das classes baixas a todas as classes da sociedade. Mas a etimologia do termo parece indicar origem muito diversa; Renato Mendonça (1935) faz vir esta palavra, que designa primitivamente o estalido das unhas no alto da cabeça, do quimbundo Kafundo, que significa estalar, enterrar, e o prefixo classificador caf, que se encontra no Brasil no africanismo cafua, quarto de reclusão para os alunos dos colégios, indica uma ideia de penetração, o que é de fato perfeitamente típico do movimento das mãos penetrando na cabeleira. Há, portanto, probabilidades de que o cafuné brasileiro seja mais de origem africana que lusitana, e esta hipótese é, ainda mais, confirmada pelo fato de o cafuné ter-se desenvolvido nas zonas escravagistas e ser mais difundido no Nordeste da cana de açúcar do que no Rio, e mais no Rio do que no sul do país.



Les dessins sont tirés d'un grand format (120 x 200 cm) © Sonia Marques

Uma distração e um prazer


Philosophie Par kiwaïda at 23:37

14/01/2018

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Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Nous sommes allées voir Christophe en concert à Limoges. Une belle histoire nous a rassemblé ce soir là. Il y a un an, je découvrais son affiche, il passait dans ma ville. Désoeuvrée j'étais, les places à l'Opéra sont coûteuses. Puis l'année 2017, telle qu'elle fut jetée passait, j'écrivais, j'avais le temps, mais plus d'argent. Une matrone avait souhaité ma démission et avait déployé une armada à son service, pour en déléguer les menaces exécutives. C'était pour montrer que l'égalité entre hommes lourdingues et femmes lourdingues prenait forme dans nos écoles, kif-kif bourricot, harceleurs et harceleuses, tandis que les #balancetonporc avaient omis les #balancetatruie, histoire de maintenir les inégalités. Arriva la fin d'année, nous décidâmes de ne point nous offrir de cadeaux de fin d'année, mais de réserver tout pour nos acceuillants et hébergeants. Une idée venait, et si nous nous offrions pour cadeau ce concert ? La fin d'année nous a emportée de la banlieue parisienne au Nord de paris, au centre de la France, heureux de nos retrouvailles, c'était l'essentiel.

2018, la nouvelle année et son lot déplorable des mal aimé.es dans nos journaux, nous empêchant de parler d'amour et ramènant tout au sexe et à la violence, me faisaient penser à cette perte de vitesse de la consommation par le sexe et la violence. On n'en veut plus, de toute cette culture post-68, de toutes ces directions moches et débiles. La tendresse écrivais-je...
Vendredi, mon ami jeta au hasard un coup d’œil averti sur le Bon Coin, le célèbre site web d’annonces commerciales sur lequel le dépôt et la lecture d’une annonce sont gratuits. Il est le plus utilisé des sites de ce type en France, (créé en 2015) Il y trouva 2 places pour le concert de Christophe à un tarif dégressif par rapport à leur bon emplacement. En téléphonant, mon ami conversa avec une femme, qui se disait "d'un certain âge". Elle avait acheté ces places en avril 2017, et s'était trompée, c'est assez compliqué à expliquer. Elle en a acheté une puis une autre en oubliant qu'elle en avait déjà acheté une… Bref, ne pouvant s'y rendre, une amie plus jeune, dit-elle, lui conseille à la dernière minute de les disposer sur le Bon Coin, dont elle ne connaissait pas l'usage ni la portée. Son amie réalisa la mise ne ligne à sa place. Le rendez-vous pris, elle nous klaxonna heureuse et elle descendit de sa voiture, mal garée, un jeune homme derrière fâchée de notre transaction attendait. Elle dit : "Oh, il m'emmerde, il ne peut pas passer à côté ?" Elle n'était pas d'un certain âge, alors c'était amusant. Nous avons fait une rencontre sympathique et elle a fait des heureux ce soir. Elle nous a remerciés et nous a dit penser trouver un homme aux cheveux blancs. Elle avait mal compris : "Mais ils sont blonds ?" Nous dit-elle, "Je me disais bien que la voix était celle d'un jeune homme" Affaire d'âge, de rencontre, nous avons discuté, elle avait l'habitude de prendre des places précises à un certain endroit. Nous nous sommes quittés.

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)


Le soir, nous découvrîmes ses places, très bien situées au premier balcon, dans ce bel Opéra de Limoges, la salle pleine de gens d'un certain âge, un peu comme elle, c'est-à-dire, pas vieux, tous ayant la possibilité de se payer des places assez régulièrement à l'Opéra, donc pas vraiment de jeunes gens. À Paris, j'ai assisté à nombre de représentations de danse contemporaine, de concerts, d'expériences artistiques. Ici, à Limoges, notre sélection est plus aguerrie de nos cultures partagées et l'offre moins excitante, et pourtant, ici, nous avons vu nos cher.es artistes de plus près, parfois avec peu de public, savants privilégiés, car sachant où aller et qui voir, les priorités, les sélections. Je n'ai jamais croisé un seul ou une seule personne de l'école d'art dans nos sélections, comme si, ici, à Limoges, il n'y avait rien d'ouvert vers l'imaginaire et la création. Pourtant, chercher, aimer, trouver.
À l'école de Bourges, j'avais souhaité voir le spectacle de Wim Wandekeybus, mais le personnel en charge de bénéficier de tarifs dégressifs de cette salle de spectacle partenaire de l'école, m'avait affirmé ne pas pouvoir m'intégrer et que c'était complet. Le soir, après une journée pleine de cours sur le dessin en grands formats (j'avais aidé une étudiante à rattraper son retard, en associant la technicienne en photographie, et les tirages étaient excellents) je partais à pieds à la recherche de cette salle, assez loin, très très loin. J'arrivais et je trouvais une place aussitôt et juste devant. En sortant, j'ai pu voir de loin, plusieurs membres du personnel de l'école me regardant interloqués, comme si je ne devais pas être là. Tous avec leurs places réservées. Peu d'étudiants et aucun professeur.es. Parfois, je pense qu'il y a des habitudes, celles que les institutions favorisent leurs personnels pour l'accès aux représentations, aux créations, mais excluant les artistes, enseignants et dont les créateurs et créatrices, très concernés par la création justement, pourraient bénéficier, ou d'autres, non spécialisés. Les entre-soi, cercles de cercles de cercles clôts. De cette épopée, la secrétaire générale m'a raccompagnée en voiture, et de nos échanges, nous découvrîmes notre goût pour la danse contemporaine, sa fille ayant participé de cours et moi participé de scénographies (en tant que scénographe) et spectacles de danse (en tant que danseuse) Heureux dénouement. Les lendemains, toujours à accompagner les étudiants, j'avais pu avoir de bons échanges avec la technicienne en photographie, car nous avions assisté au spectacle. Le jour s'était déroulé sur nos émotions et notre expérience des différentes évolutions du chorégraphe. ce spectacle était sur l'amour. J'ai écris un article frais, sur ce blog, de cette retrouvaille, sans savoir ce qui allait m'arriver les jours suivants dans cette école. Ce fut mon premier et dernier spectacle de danse pendant que j'enseignais à Bourges, les lendemains, je fus empêchée de poursuivre mon enseignement, un peintre malveillant m'importunant, me menaçant. Les harcèlements en école d'art sont durs et structurels, n'en déplaise aux Catherine Millet-Deneuve qui souhaitent que cela continue ainsi. D'ailleurs, "Art Press", comment cette revue a-t-elle eu un tel monopole en France, si inintéressante ? Ha oui, la patronne des partouzes a fait son business et a tenu en laisse des années des artistes et commissaires et critiques... Drôle de milieu, en marge du monde.

Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

D'or et d'argent, en paillettes et brillants d'espoir, nous nous sommes installés à la place d'une autre et le reste s'est offert à nos oreilles, nos yeux, nos sens, pour un délicieux moment que nous n'oublierons pas.

Failles, ce sont nos failles qui nous font avancer.

Christophe avait une anecdote : son piano acheté à Aix en Provence il y a 2 ans pour réaliser sa tournée. L'homme qui accorda son piano ce soir-là, à l'Opéra, lui apprit en enlevant une touche du piano qui portait son nom, que celui-ci venait de Limoges. Ce qui m'a fait sourire, c'est lorsque Christophe nous saluait, les limougeauds, tentant de trouver une connivence avec son public : "J'aime la campagne, les paysans, Limoges, la province, c'est toujours la campagne, j'aime la terre" Face à la bourgeoisie de Limoges très urbaine, et habituée à se déplacer, comme lui. Je cherchais les paysans à côté de moi, mais je ne les ai pas trouvés. Nos racines ne sont-elles pas toutes les mêmes ? De notre terre ? Nous venions du Bon coin, ni de la bourgeoisie, ni des paysans du coin, ni des âges certains. Limogés de tous clichés, stéréotypes, libres, dans un petit coin, minuscules fourmis.

Scénographie de lumière élégante, espaces sonores extatiques, les mots doux, la retenue, les instruments, le piano, l'ombre et la lumière, le rouge, le rose, le bleu, le blanc, la séduction, la nostalgie, l'amour, le flirt, le souvenir, les vestiges, la fragilité, l'électronique, l'organique, le sensuel, les fausses notes, l'humour, le désir, la santé, la subtilité, la douceur, le calme, le slow,les douches de lumières, les frétillements, les projections, les phares de voiture, la nuit, les lunettes bleues, la crinière blonde, les santiags, le velours, l'Italie, les femmes, les hommes, la drague (pas la lourde ;.) la douleur, les larmes, les remerciements, la félicité…


Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)


Et puis la recherche de Silvano Agosti, son documentaire "D'amore Si Vive" (On vit d'amour) de 1982, qui est revenu dans ma mémoire avec la voix de ce garçon philosophe...
Cet entretien ci-dessous avec Franck est un extrait du film documentaire "D'Amore Si Vive" tourné par Silvano Agosti et monté en 1982. Celui de Lola est disponible en ligne.

Silvano Agosti, réalisateur indépendant optant pour l'autogestion de sa production artistique depuis les années 60, censuré par le Vatican et interdit de diffusion en Italie, ce fascinant personnage présente pour la première fois au public bordelais son cinéma singulier. Compagnon de route de Marco Bellochio et d'Ennio Morricone, soutenu par Ingmar Bergman, Silvano Agosti nous parle sans cesse d'une « vérité qui bouge en sous-sol et ne peut être dite à haute voix. »

D'AMORE SI VIVE
Réalisé et monté par Silvano AGOSTI - documentaire Italie 1983 1h35mn VOSTF -

D'AMORE SI VIVE

"La tendresse sans sexualité ni amour engendre l’hypocrisie.
La sexualité sans tendresse ni amour engendre la pornographie.
L’amour sans tendresse ni sexualité engendre le mysticisme.
En fait, nous avons affaire à une société hypocrite, pornographique et mystique. "
Silvano Agosti


L'amour, la tendresse et la sexualité. Durant trois années, Silvano Agosti a rencontré et interrogé la population de Parme sur ces trois éléments constitutifs du sentiment amoureux. Il en a extrait 7 portraits poignants, 7 témoignages parfois bouleversants nous permettant d'approcher cette exigence qui porte chaque être humain à aimer malgré tout. Cette recherche au plus vif de multiples vérités sur la nature humaine se transforme pour nous, spectateurs conviés au partage, en une fructueuse et singulière expérience. À travers ces fragments de vie, au plus près de l'intime, le réalisateur fait émerger les violences souterraines issues de l'éducation, de la religion, de la négation d'une sexualité propre à l'enfant. Agosti nous met à l'écoute de l'énigme des corps aux prises avec le désir et le besoin insatiable de tendresse amoureuse. Besoin bouleversant dans la sublime séquence-épilogue toute de silence vivant : là, comment s'accommoder de ce terrible regard qui, soudain, en une dernière image, fait face à notre oeil-caméra pris en flagrant désir de (sa)voir…?

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Concert de Christophe à l'Opéra de Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Daniel Bevilacqua, dit Christophe, est un chanteur français, né le 13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge (Essonne). Il a 72 ans. Le père de Daniel, Georges Jacques Bevilacqua est un entrepreneur italien, il tient une entreprise d'installation de chauffage central qui prospère assez pour s'étendre à la vente d'électroménager ; sa mère est couturière. Il a grandi dans la grande banlieue parisienne, dans l'Essonne... tout en rêvant d'Amérique. Rebelle comme James Dean, son idole, il s'est fait virer d'une dizaine de lycée, avant de se lancer dans la musique et de connaître un succès fulgurant avec Aline, à seulement 20 ans.   

Dans l'art contemporain, il a été re-découvert lorsque l'artiste Dominique Gonzalez-Foerster (D-G-F.) réalisa la scénographie de son concert de Christophe à l'Olympia en 2002, à l'occasion de la tournée La Route des Mots.  

Ce que j'aime dans sa musique ce sont ses sons, et aussi les quelques mots posés. Il n'y a rien d'intellectualisé et pourtant tout est pensé et très technique. Ses références musicales sont les miennes aussi, Lou Reed et Laurie Anderson, Alain Bashung... Le beau bizarre, dernier dandy, nuits blanches et autodidacte. Ayant composé quelques morceaux, conçu des albums musicaux et travaillé avec d'autres musiciens d'autres planètes, d'autres langues, mon écoute est très réceptive aux sons, à la technique, à la précision. Et puis cette synesthésie entre son et lumière arrive à maturité, et oui pas besoin de rappels. À fleur de peau. Les paradis retrouvés.



Musique Par kiwaïda at 22:48

13/01/2018

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"Le 9 janvier 2018, à l’heure où Oprah Winfrey affirme aux États-Unis, lors des Golden Globes, « Nous avons tou•te•s vécu dans un monde brisé par des hommes puissants et brutaux… […] Mais leur temps est révolu. Leur temps est révolu ! », au même moment, en France, une tribune publiée dans Le Monde par des femmes majoritairement blanches et bourgeoises (qui n’emploient pas l’écriture inclusive) vient au secours de ces hommes puissants, revendiquant leur “droit à importuner” les femmes. Elles nous informent que de toute façon « les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité ». Et que « le viol est un crime. Mais… ». Mais quoi ? « La drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste. »

Extrait du texte : Les féministes peuvent-elles parler ? Des auteures : Hourya Bentouhami, philosophe, Isabelle Cambourakis, éditrice, Aurélie Fillod-Chabaud, sociologue, Amandine Gay, réalisatrice, Mélanie Gourarier, anthropologue, Sarah Mazouz, sociologue, Émilie Notéris, auteure et théoricienne queer.

Je suis signataire de ce texte, car ok, il en fallait un auquel je puisse un peu me référer en ce début d'année, avec des auteures dont les travaux ont un intérêt, intellectuel, que je peux suivre. Je déteste les pétitions et ne les signe pas, surtout lorsqu'il y a une pelleté d'artistes qui ne signent que pour valider leur intégration dans le système de l'art. Signer des textes que l'on juge, après lecture posée, comme faisant partie des paroles que l'on pourrait porter, ok, et après ? Le titre, je ne le trouve pas bien (Les féministes peuvent-elles parler ?) De mon point de vue, c'est de l'écriture que nous manquons, d'auteures et non de blablas, il y en a tant relayé par nos médias. Fatigance.
Le logo, peu faire mieux, le blog wordpress, bon, c'est vite fait. J'avais déjà signé le texte "Not surprised", versus américain, sur le site, il était vite fait aussi. J'avais écrit un article sur mon blog, Il pulcino nero, avec mon expérience, des dessins. Parfois je me dis, à quoi bon ? Je ne fais que devenir une aquoiboniste qui philosophe et questionne la nécessité d'entreprendre toute action, quelle qu'elle soit, au risque de parfois ne rien réaliser car est-ce que l'action mérite autant d'effort ? Tant de pédagogie après cette tribune, ce petit monde ne mérite pas tant d'attention, tant d'explication de textes... En tous cas, mes efforts ne vont pas dans ce sens, ainsi ne sont-ils pas lus de ce petit monde ;.) Poésie mon amie.

Partir d'une tribune mal écrite par des femmes désespérées et anciennement starisées, du porno à l'art au cinéma... c'est un mauvais départ. Surtout s'il n'y a que les extrêmes (droite) pour y adhérer ou les dictateurs (d'Italie à d'autres bientôt). Honte plutôt. Car, en fait, on ne s'y intéresse pas à cette tribune protégée dans le journal étatique LeMonde... Ces femmes veulent être frottées ? Qu'elles commencent par publier de façon autonomes, et non protégées, dans une presse entièrement conçue par des hommes aux portefeuille pas du tout riche, ni intérieurement puissants (à inverser aussi). Ce qu'il nous manque, évidemment c'est la visibilité d'auteures vraiment précises, sensibles, d'artistes de notre temps, d'inventeur.es, tout cela est effacé par ces starlettes tristounes que l'on doit supporter davantage, tant elles alourdissent toujours un peu plus les débats, rejointes par leurs copains, si ce ne sont leurs copains qui les commandent à distance (aller hop, au boulot ma grande ! Defend mon merdique comportement, et puis blanchie mon viol au passage, le tout en une phrase)  Et oui la Suède peut bien rire de ce qui est montré en France. Cela parle bien, blabla, inefficace, c'est cela que l'on montre fièrement. On préfère toujours maltraiter des femmes, les lyncher. Mais les plus intéressantes on ne les montre pas, car on ne sait les reconnaître. Gros problème de critères en France, c'est le foutoir en quelque sorte ! L'extrême désordre, la perte de sens, mais aussi ce foutoir, ce lieu de débauche. Tout débat se termine par des insinuations culculs inintéressantes. Le débat médiatique peut prendre en France, s'il contient ce supplément de sexe à l'ancienne et ces fantasmes d'un autre monde, un monde sadien, triste et peureux, dans de petits salons poussiéreux. Cacher ce sein que je ne saurai voir, ce sexe... Ha les femmes et leurs dures histoires de passations. La filiation... On écrit nos pairs, côté université, mais nos mairs, cela existe cela ? Marâtre oui, mais parâtre, on n'utilise pas ce mot, il existe pourtant. On préfère lyncher les femmes. Donc dures histoires, ça passe mal, ça fracasse et ça fait pleurer. Je ne suis pas pour le panthéon matriarcat, quelle horreur. Nombre de femmes veulent le pouvoir pour faire exactement la même chose que l'on a détesté chez les hommes, leurs décorations militaires, etc. Alors elles s'activent dans le mauvais sens, et vas-y que jt'e file une légion d'honneur de mère en fille, d'une année sur l'autre... Ridicule. Comme Harvey Weinstein, elles veulent la légion d'honneur. Ok. Chacun son truc. Observer ces tragiques circonvolutions post-mortem de femmes en groupe pour mettre un nom oublié sur Wikipédia, motiver les troupes pour écrire des textes sur des femmes, qui, de leur vivant, n'en aurait pas voulu, se battre pour obtenir la signature, son nom, son édition, en profitant des morts. Stop. Pfff ! Fatigance.
Gratter, gratter, faire les fonds de casseroles pour espérer avoir son icône, son effigie, qui représenterait toutes les autres, besoin d'un modèle, d'une présidente, à manipuler. Tout cela ne m'intéresse pas. Ainsi, la recherche au féminisme correct ou provoquant, politique ou archaïque, régressif, extrême, tout cela ne m'intéresse pas du tout. D'ailleurs tous ces textes qui cherchent des électeurs, électrices potentiel.les, savoir si l'on peut trouver des suiveurs et des suiveuses... Mais déjà tous les followers du monde à cliquer sont à disposition de façon virtuelle, pour celles et ceux que la recherche horripile, penser plus besoin, je te veux dans mes followers, le programme fera le reste. Le programme ? Mais par qui et comment est-il fait ? Cela intéresse-t-il ? Femmes artistes, actrices des hommes, comme les Catherine déchues, cliquent comme de jeunes connectées sur tous les réseaux sociaux, afin de récolter des suiveurs et suiveuses et exposer leurs photos, leurs trucs et babioles. A quoi bon ?

Ce que j'observe ce sont des monopoles, surtout dans l'art et les médias et la finance (ils marchent ensemble ces systèmes) Celles et ceux qui écrivent ou peuvent avoir une tribune dans un journal étatique sont celles et ceux en marge de notre monde. On a cru pouvoir nous faire croire l'inverse (cette phrase est un peu escarpée, croire pouvoir, mais cru, pas cuit). Pourtant ces gens, ces groupes, sont en marge de notre monde. On les regarde, on les lit, parfois on ne veut plus, on s'éloigne, trop c'est trop. Le "on" c'est l’anonyme, nous tous. Ils et elles ne savent pas, ils ne connaissent rien, ils ont peur de perdre, de vieillir, de mourir et font confiance aux images, ce sont leurs illusions. Pourquoi en marge ? Parce qu'ils et elles ne vivent plus mais aimeraient tant, tant être frottés aux autres, être violés, être sous une tente (combien de riches soutiennent haut et fort aider les migrants)... Halala. Et puis, ils et elles s'embarquent pour représenter les pauvres. Les artistes et leurs milles résidences et projets bien corrects. Ça craint non. Les images se brisent. Et les actrices comprennent qu'elles ont été manipulées, quand d'autres espèrent encore devenir actrices, être manipulées.

Fessées pour tous. Mais pas pour toutes !

J'aime bien l'image qui illustre cet article. Je n'ai pas de référence, c'est rare. Surtout les 2 souris qui regardent la fessée, attendent-elles leur tour ? Ou bien, leur tour est déjà passé. Peut-être que les 3 souris ont harcelé la grande souris juste avant ? Je ne sais rien, mais cette illustration me faisait penser à cette tribune débile donnée à ces femmes désespérées qui tapent au hasard, sans discernement, en commençant par la première souris qu'elle voit, le #metoo ou le #balanceonporc. Ces # ont terriblement réduit les phrases et les échanges. Enfin, cette illustration représente, de mon point de vue, toutes ces tentatives vaines de moralisations de la vie publique et privée, tandis que notre monde s’éteint, devient inaudible, dans ces tornades et coups de vent, ces naufrages métrologiques, ces inondations, ces violences, oui, tant et tant d'impunis. On ne sait pas, après ce monde... le grand jugement, transformation en carotte ou concombre selon tes fautes, en endive ou en ortie.
Tu piqueras plus tard, en attendant tu polis.

Il y a eu plusieurs textes, certains je trouve ok aussi :

"A vouloir les défendre (les hommes), vous les méprisez, au même titre que les femmes. Vous méprisez les hommes et leurs possibles remises en question, leurs réflexions et solutions sur la question. Voire leur pardon et prise de conscience! Pire vous les infantilisez... pour les élever au statut des enfants rois. De ceux qui ne géreraient ni leurs caprices et leurs agissements, si englués qu'ils sont dans leur misère sexuelle. Et donc n'en auraient à assumer encore moins les conséquences de leurs actes. La sentence. La punition!"

Mathilde Bourmaud, journaliste : article du 11/01/2018 , "Madame Deneuve, vous n'aurez ni notre peur, ni notre renoncement"


«Ceux qui s’inquiètent d’une disparition de la séduction à la française opèrent un glissement très problématique entre séduction et harcèlement, explique Catherine Achin. Même s’il y a eu quelques dénonciations brutales, ce mouvement ne veut pas dire qu’on refuse les relations de séduction mais qu’il n’est pas normal de penser que les femmes sont disponibles.» En toile de fond, la tribune d’un collectif de 100 femmes publiée par le Monde défendant «la liberté d’importuner». «La séduction, c’est l’art de s’assurer que l’autre veut aller plus loin, explique la sociologue Irène Théry. Ce qu’on reproche à DSK, Weinstein… ce n’est pas d’être des séducteurs, cette confusion doit cesser. C’est d’avoir agi comme des prédateurs sexuels.»
«Certes, sous l’ancien régime des femmes tenaient des salons, avaient des positions de pouvoir, mais elles étaient quand même exclues de la politique. On fait comme si l’universalisme républicain, l’idéal d’égalité, nous mettait à l’abri des discriminations. Ce n’est pas le cas», juge Catherine Achin, professeure de sciences politiques à Paris Dauphine.
«La France est l’endroit où naît l’amour courtois : le chevalier s’adresse à la femme du seigneur qui est inaccessible. Nous avons un système de pensée dans lequel il y a les femmes pour lesquelles la sexualité serait une souillure, et les autres.»
C’est aussi la thèse de l’historienne Michelle Perrot : «La galanterie est une merveilleuse invention du siècle des Lumières, qui fait des femmes les maîtresses des salons de la société en leur refusant l’égalité.»

Charlotte Belaich, journaliste : article du 11/01/2018, "La «séduction à la française» est-elle en danger ?"


"Or, loin d’être politique ou critique, ce texte semble l’expression d’un fantasme sexuel construit à l’époque où Catherine Deneuve, la signataire emblématique de cette tribune, tournait Belle de Jour (1967). En effet, la scène sexuelle qui hante ce pamphlet est née à l’époque où les femmes investirent en masse les universités et le monde du travail tandis que dans leur vie sexuelle et familiale, elles continuaient à être dominées par les hommes. Les femmes émancipées de l’époque fantasmaient un érotisme «ancillaire» qui leur servait de compensation à leur nouveau pouvoir social."
"Les signataires n’imaginent même pas une seconde que ce soient les femmes aux pulsions bestiales et incontrôlables qui importunent les hommes de leurs assauts. Ce sont toujours elles les objets que l’on convoite. On dira que c’est juste un tout petit détail qui n’entame en rien la revendication de la liberté d’importuner, le cœur de la liberté sexuelle que les signataires revendiquent avec tant d’ardeur."
"Pourtant, c’est cette inégalité supposée naturelle dans la position sexuelle des hommes et des femmes que rend cette tribune si réactionnaire, si terriblement ringarde. En effet, si les hommes et les femmes s’importunaient réciproquement, à égalité, il n’y aurait plus de domination de genre dans la scène érotique. Bien sûr, il y aurait toujours des abus sexuels liés à des situations de pouvoir, mais ils ne seraient plus du tout le reflet d’une domination structurelle exercée par les hommes sur les femmes, comme c’est le cas aujourd’hui."

Marcela Iacub, journaliste : article du 12/01/2018, "Que truies et porcs s’importunent réciproquement !"


Un autre article écrit quelques jour après cet article sur mon blog BMK, me paraît clair, celui de Françoise Vergès. Alors, je l'ajoute, en joutes. Il est intéressant, dans chacune des parties exposées, des articles de femmes (Iacub, Vergès) d'y lire leur "pâte" depuis leur parcours écrit (Iacub et son livre, "Belle et bête" de 2013, où déjà le porc était décrit depuis l'affaire de viol franco-américaine du politicien DSK ; Vergès et son parcours familiale de pouvoir, complexe, et ses récents engagements sur l'écriture post-coloniale) Cela dit, chacune défend sa paroisse, et là, aucune d'entre elles n'a souhaité être associée à cette tribune ringarde et a souhaité le dire et l'écrire... au cas où. Peut-être fallait-il, pour ces femmes, se mettre du côté du gouvernement, qui s'est tout de même engagé à faire bouger les lignes, contre les violences faites aux femmes...

Il est intéressant de noter qu'aucun homme, jeune ou vieux, ou pas tout à fait homme, ou nouvellement... que sais-je... ne s'est encore prononcé dans les médias. CQFD : Ils ne sont pas concernés par l'égalité entre femmes et hommes, ni par les violences faites aux femmes, ou bien, ils ont trop peu d'expérience pour la relater, trop peu de volonté politique pour se joindre, ou apposer un autre regard, avec celui de toutes ces femmes armées, ou désarmées, interrogées sans cesse.

"Le manifeste des 100 femmes (qui défend la « liberté d’importuner » est une ode à l’idéologie néolibérale. Dans leur perspective, l’individu.e fait librement son marché choisissant parmi toute une panoplie de possibilités. Cet individu.e vit dans un monde impartial où toutes les femmes jouissent des mêmes facilités, ressources, moyens, droits et opportunités. C’est un monde enchanté et enchanteur où ne s’exerce aucun pouvoir ni aucune distinction de classe, d’ethnicité ou d’âge. Mais ce monde-là n’existe pas."

"Il ne me semble pas qu’il soit utile de leur reprocher un manque d’empathie et de solidarité. Certes, il est tentant d’opposer l’action des actrices nord-américaines qui ont rassemblé plusieurs millions de dollars pour un fonds consacré à l’aide judiciaire de femmes victimes de violence et harcèlement sexuels (ouvrières agricoles, ouvrières dans les métiers de services…) à celle de ces actrices et auteurs françaises."

"Face au vide abyssal de leur argumentation, on aurait également envie de leur rappeler l’action des femmes salariées d’une entreprise effectuant le nettoyage des trains de la gare du Nord qui se sont battues pendant cinq ans pour faire reconnaître que le harcèlement sexuel — avec attouchements, gestes obscènes, humiliations, licenciements, et racket — n’était pas une attaque contre la « liberté d’importuner », mais une demande légitime de respect et de dignité.
"

"Elles sont persuadées que leurs fantasmes sont la preuve d’une culture, d’une éthique et d’une esthétique supérieures à celles de ces pauvres gens qui s’imaginent que faire l’amour dans un lit est source de plaisir ou qui n’ont rien compris au marivaudage. Ce sentiment profond de supériorité culturelle leur sert de bouclier. L’ennui nous saisit d’ailleurs à voir se recycler de vieilles lunes sur le pouvoir au cœur des jeux sexuels. Peut-on avouer la fatigue d’avoir affaire à des adversaires qui nous obligent à une pédagogie que pourtant nous savons être inutile ? Leur ignorance est intentionnelle — en effet, vouloir apprendre, vouloir comprendre c’est toujours d’abord, ne plus se mettre au centre — leur intérêt profond est d’ignorer des faits, de nier l’existence d’abus de pouvoir, de la manière dont sexisme et racisme agissent quotidiennement dans la vie de millions de femmes."

Françoise Vergès, politologue : article du 15/01/2018, « La liberté d’importuner est une ode à l’idéologie néolibérale »

Tuning et maquillage complet ce soir, paillettes et vestiges du chaos *




Philosophie Par kiwaïda at 17:48

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Lady Trémaine plus couramment appelée Belle-mère ou marâtre est le personnage antagoniste du long métrage d'animation Cendrillon (1950) adapté du conte de Charles Perrault, Cendrillon ou la Petite pantoufle de verre paru en 1697, et de la version des frères Grimm, Aschenputtel, publiée en 1812. La version créée par les studios Disney diffère des autres adaptations du conte.

*

Qui n'a pas connu de marâtre ?

Cendrillon en a une. Je me souviens...
Dans une école d'art, il y avait une Cendrillon, une œuvre d'art, constituée des cendres, toute en céramique, vibrante, ensoleillée, colorée, à la peau trop bronzée, qui a trop voyagé, aux cheveux dorés trop décolorés.
Un oiseau phénix, une icône.
Puis une marâtre jalouse est intervenue pour virer les œuvres d'art par un grand ménage, en qualifiant tout de saletés remarquables. Cela n'a pas été facile, donc elle s'est servi de son pouvoir, celui du ministère de la culture, afin d'envoyer en prison "ce" qui la gênait. Et si cela ne suffisait pas, elle se servait elle-même pour subtiliser le sel de la vie qu'elle prenait pour maigre salaire. Elle usurpait l'activité d'intérêt général, sous le contrôle de la puissance publique, afin de bénéficier de prérogatives en soumettant à ses services la seule mission d'obéissance à ses maléfices.

Quelle était sa gêne ? Être femme, être artiste, être libre, être enseignante.
Il fallait supprimer de son regard tout ce qui pouvait l'être et l'empêcher d'avoir toujours plus.
Quelle est sa défaillance ? Prendre l'avoir pour l'être.

La souillure était son obsession car ces histoires de saletés sont liées à la sexualité et la culpabilité.

Ces temps-ci des truies pour sauver des porcs sont apparues dans les médias, en habits de lumière.

Hélas, pour certaines, elles ne savaient ni lire, ni écrire, elles n'affichaient qu'une pensée confuse. Une marâtre décida d'écrire et envoya ses vilaines se faire démolir dans tous les médias, la presse écrite, la radio, la télévision. La marâtre voulait être écrivaine, mais vaine elle restera. Sa vie sexuelle mécanique de femme violée du milieu de l'art remplaça toute critique d'art, justement. L'actrice aux traits refaits pour plaire aux vilains n'osa plus se montrer, seul son gendre, le petit garçon prit sa défense. L'actrice porno pleura devant les caméras bouc émissaire de la marâtre n'ayant pas su exprimer par écrit son vécu, sa douleur. Il ne restait que la chef d'entreprise pour s'adresser au monde, la plus idiote de toutes, car une autre fut retrouvée ivre dans sa cave à vin. La marâtre cru un instant qu'elle était plus belle que l'actrice de peau d'âne, souhaitant acquérir toujours plus de renommée, se retrouva, devant tout le monde transformée en mule.

La mule voulait être baisée par le monde entier, elle tenait un livre comptable de ses partenaires, afin qu'ils et elles soient obligés de se taire. Son compteur s’affichait sur ses yeux, combien d'exemplaire de son livre vendu, combien de traduction, combien de mulets. Farcie de cochoncetés, sur son tas de pierre d'or, son corps son outils, elle n'était plus reliée à son esprit. Elle en oublia de faire fructifier son trésor intérieur et avoua n'avoir jamais connu l'amour.

Ce n'est pas fini, jadis, cette mule, fut invitée par la marâtre de l'école d'art, toutes deux, en habits de lumière, face à auditoire obligé. Elles s'entouraient des crapules qui collectionnaient des crottes. Victimes de leur succès, les princes incultes baisèrent leurs pieds de mules.

Aujourd'hui, c'est à l'école des mules que l'on fait ses armes. Il y a tant de porcs, de truies et d'ânes que nous pouvons relire les contes à l'aune de nos contemporanéités.

Dédicace à toutes les salopes et tous ces animaux qui ne méritent pas tant de maltraitance. Stop à la violence !

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Ce Noël, nous avons regardé Blanche-neige et le chasseur, le film américain réalisé par Rupert Sanders, sorti en 2012. L'histoire du film est inspirée du conte de Jacob et Wilhelm Grimm, intitulé Blanche-Neige, paru en 1812.
Deuxième fois que je le voyais, mais 5 années plus tard. Mon père a découvert cette reine, que j'avais dépeinte, expression de mon vécu. La reine, l’œuvre réalisée il y a quelques années. Aujourd'hui, elle ressemble beaucoup à Catherine Deneuve je trouve... L'actrice française qui se mire toujours à travers le regard des hommes.
Quelle anticipation, toujours !
« Miroir mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ? »

Le stéréotype de la marâtre (https://fr.wikipedia.org/wiki/Lady_Tr%C3%A9maine)
Le studio Disney renforce avec ce film le stéréotype de la marâtre déjà présenté avec la Méchante Reine, la méchante belle-mère de Blanche-Neige, dans Blanche-Neige et les Sept Nains mais aussi celui du personnage principal sans la présence maternelle de la mère biologique évoqué dans Blanche-Neige et les Sept Nains, Pinocchio, Bambi, La Belle et la Bête, La Petite Sirène, Pocahontas, Aladdin et une moindre mesure Dumbo10. Cet aspect de la « mère absente » est développé par Lynda Haas, Elizabeth Bell et Laura Sells11. La formule pour la méchante belle-mère est aussi conforté dans le film Cendrillon, une beauté froide complétée par une monstruosité et la violence, ainsi la Méchante Reine, la méchante belle-mère de Blanche-Neige, se transforme en sorcière et la belle-mère de Cendrillon a enfanté deux filles nommées Javotte et Anastasie aux visages et aux cœurs ingrats12. Cendrillon développe un autre point aisément imaginable dans Blanche-Neige, la jeune fille accepte sans broncher la longue liste de tâches ménagères et les injustices de sa belle-mère et aussi de ses deux demi-sœurs, Javotte et Anastasie, réalisant même ses tâches en chantant.

Film Par kiwaïda at 15:19

10/01/2018

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Photographies > Bourges - Châteauroux - Limoges (© Sonia Marques - merci Patrick !)




2018/
Catherine Deneuve :
J’ai toujours trouvé que le mot de viol avait été excessif

En 2018, des femmes françaises oubliées des écrans et livres, se sont liguées pour avertir le monde entier qu'elles souhaitaient être importunées, harcelées, violées, lasses de ne pas l'être assez, elles enviaient toutes celles frottées dans le métro *. La vie sexuelle ennuyeuse de celles-ci ayant déjà été diffusée en France et traduites à travers le monde, comme des appels à l'aide. Elles demandent plus d'esclaves. Non satisfaites d'avoir dessiné une image de la France aux violences sexuelles favorisées et aux dénonciations punies, elles décidèrent d'inviter le mari de Mariama Kallo, 32 ans, défenestrée après 23 coups de couteau ces derniers jours à Montreuil, pour prendre un thé et lui souffler à l'oreille : pose ta main sur mon genou, puis nous irons aux bois *

* Catherine Millet aime aller aux bois s'enivrer de liberté d'importuner avec ses collectionneurs d'art, et des biches trouvées sur le chemin.

* Catherine Dorléac a pris un dernier métro dans les années 80, mais ce n'était que du cinéma, et Jean-Philippe Smet n'a rien pu lui dire.

Aux Catherines soumises aux hommes de leurs classes sociales : les frotteurs n'ont pas réussi à faire sortir le génie de votre corps.
Sans le mal gaze (le regard masculin) elles ne se sentent plus exister.
Les matrones aiment les garçons aux comportement merdiques et immatures. Elles jalousent la liberté de ne pas en vouloir et de ne plus vouloir les voir et les subir au quotidien.

D'ailleurs Denis Baupin a signé la tribune avec un bisous rouge sur les genoux des Catherinettes.
Poupées de cire et poupées de son.
Isabelle Gall avait déjà compris que le sens de ce tube était merdique, et elle a gagné sa voix.
Libre : France



Musique Par kiwaïda at 00:51

31/12/2017

฿☮ИИ∃ ѦℕИÉ∃ 2018

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Bonne année 2018 (Photographie © Sonia Marques - Limoges, 31 décembre 2017)

Art Par kiwaïda at 18:20

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