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blog m kiwaïda

11/11/2018

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La gare de Paris-Montparnasse fait l'objet d'un important chantier de réhabilitation, amorcé en septembre 2017 et devant être livré en novembre 2020.

En passant, cette peinture murale de Vasarely était encore plus visible dans ce chantier. Il y a très longtemps que je n'étais pas passée par cette gare. Pourtant, pendant 9 années, quasiment toutes les semaines, je prenais le TGV, pour aller à Angers, depuis Paris, en ayant pris auparavant le métro. Je n'appréciais pas ces trajets car ils étaient très difficiles, levée très tôt, ce périple pour donner des cours en école d'art m'a toujours semblé erroné. C'était parmi les hommes d'affaire en costume et attaché-case, que je m'asseyais pour atterrir à l'école d'art en passant par un parc. Autant dire que le matin, après tout ce périple, lorsque les étudiants n'étaient pas là, nous étions, les professeurs, particulièrement déçus, mais heureusement, cela n'arrivait pas souvent. Je prenais mes billets devant ce Vasarely, rapidement, vers les 7-8h du matin. Ces trajets, très coûteux, n'étaient pas défrayés par l'école d'art et pendant toutes ces années, avec l'hôtel à payer, j'ai vu mes économies partir en fumée. Un jour, je n'ai plus pu enseigner, je n'avais même pas assez pour payer mon loyer, ni vivre décemment.

Un jour j'ai dû arrêter et réfléchir comment habiter près de l'école où j'enseignais. J'ai passé un concours national puis j'ai été sélectionnée, après plusieurs épreuves (comme la première fois pour l'école angevine), sur dossier, puis en entretien, puis en exercice pédagogique, puis en épreuve de langue. J'ai déménagé à Limoges pour l'école d'art, en province. Je pensais poursuivre tout ce travail d'économie de vie, mais cela n'a pas été favorisé, j'avais déjà tant perdu, que la précarité m'a rattrapé à la moindre violence des écoles d'art, et il y en a, les directions ne sont pas à la hauteur des enjeux contemporains et de nos niveaux de vie, qui ont beaucoup changé en une vingtaine d'années, ainsi que nos apports en connaissances, nos recherches. Le savoir et sa transmission se sont transformés et l'économie de vie d'une professeure, une femme notamment n'a fait que régresser. Pour ma part, je me suis enrichie et j'ai un capital de savoirs que je ne peux transmettre, avec les pressions inutiles et les désorganisations des études. Il y a une confusion entre capital du savoir et marchandisation de la culture, qui est devenue prioritaire (le marché de l'art, la publicité et la communication, la vente, l'image) bien avant l'apprentissage artistique et le développement d'un esprit critique et de sa pensée. Je ne corresponds plus aux attendus, qui sont ceux de la vente et des intérêts marchands, des séductions aux mécénats et aux maires, pour obtenir toujours plus d'argent. Et cette répartition des crédits, reste, de mon point de vue, très inégalitaire. Ce qui fait qu'une personne comme moi, née en banlieue du 93, ne pourra plus étudier dans des écoles d'art supérieures, ni y enseigner, ni devenir artiste. Les accès se sont fermés, et la politique et la tendance aux lois des extrêmes gagnent des voix. J'ai toujours pensé que l'enseignement échapperait à ces pressions, mais c'était sans compter sur la domination du riche sur le pauvre. Même en école d'art, on déteste les plus pauvres, il y a une confusion entre ce capital des savoirs et celui de l'argent, et, je pense que c'est ce qui désolidarise tous les artistes et les enseignants entre eux. Je mesure la perte, mais cette mesure a consolidé mes valeurs. Le fossé s'est agrandi, entre ce que l'on communique et la réalité, ce qui fait disjoncter le sens et la capacité des individus à s'adapter (c'est impossible) L'état se structure en particulier a réaliser des rapports et administrer les institutions mais ne sont pas habilités à résoudre notre situation. D'ailleurs, le ministère de la culture, est surtout celui de la communication. La pression est telle, que les fonctionnaires doivent communiquer à l'excès et donner une image attractive, même si bordélique à souhait. Et ces mêmes fonctionnaires sont à bout, décadrés, recadrés, déplacés, à toujours vernir et exposer, alors que la pensée s'est effritée, beaucoup de dispersion. Il n'y a pas là d'économie, mais bien des dépenses très mal calculées, et jamais en faveur des plus pauvres, mêmes si ceux-ci, ont acquis un capital des savoirs conséquent et une capacité d’adaptation exceptionnels. Ces atouts ne sont pas prioritaires, ces êtres humains sont exclus du partage et de leurs propres productions : leurs réflexions, leurs capacités à rendre intelligent et à cartographier les migrations, ces voyages du savoir, sont amenées à être pillées et eux, à se déplacer et réduire leurs moyens d'action, leurs pouvoirs en toutes matière. La définition des patrimoines même serait à reconsidérer, à repenser, avec ces capacités à faire sens, le plus souvent, en déplacement et non, dans l'empilement, la collection. La mobilité est niée, mais en même temps elle devient un ordre dès que s'installe l'intelligence et qu'elle fédère de nouvelles forces créatives.

En passant je voyais ce mur et je voyais tout cela. Aussi avais-je pris un petit-déjeuner sous l'autre Vasarely, avec Jean-Luc Vilmouth, un artiste décédé depuis, lui aussi fut enseignant en école d'art, longtemps, car nous nous étions rencontrés par hasard un matin, avant que je prenne ce TGV pour mes cours angevins dans le métro et que celui-ci était tombé en panne. Peut-être une dizaine d'années que je ne l'avais vu, il venait de faire des examens médicaux à jeun, moi je ratais ma journée entière, car les transports étaient, très certainement encore en grève. Sous ce Vasarely, nous avons pris un petit-déjeuner, le seul et le dernier, sans aucun doute. Je revenais le vendredi soir, avec mes collègues très fatigués, dans cette même gare, et là seulement, nous prenions des lignes de métro différentes, nous nous séparions rejoindre nos logements, mais nous n'arrivions pas à réfléchir, tellement notre séjour à enseigner fut intense et nous avait pris tout notre cerveau. Il me fallait un week-end pour m'en remettre, autant dire, je n'avais pas le temps de profiter de celui-ci. Jeune, on peut le faire des années, et puis à un moment, on s’aperçoit que ces années nous on fait perdre beaucoup de temps, aux amis, à la famille, et si c'était le cas à le réserver à accompagner ses enfants, mais en général, peu ont des enfants. Alors cette gare me rappelle tout cela. Un jour, je me suis trompée, un matin, en 9 années, c'est pas beaucoup, je n'ai d'ailleurs jamais été en arrêt maladie, pour une gastro peut-être, un jour, j'ai pris le train d'en face et j'ai atterri à Rennes. J'avais une collègue architecte, qui avait fait ces trajets depuis de très longues années, elle avait eu ce sourire, car cela lui était arrivé tant de fois, elle était si fatiguée. Elle s'allongeait sur les banquettes du TGV, pour dormir avant d'aller enseigner à Angers. Parfois j'étais déjà installée, le TGV démarrait et je la voyais courir sur le quai, venant de le rater et tapant sur la coque du train, comme s'il allait s'arrêter. Un TGV, non. C'était touchant. Et puis, elle s'est arrêtée d'enseigner aussi. Et les trains continuent toujours, et il y a toujours des étudiants et très certainement, tous ont oublié ces professeurs, et les collègues aussi.

Cette journée était un casse-tête, je revenais d'un examen pour lequel je n'étais pas assez concentrée, pourtant j'adore résoudre, mais là, j'étais distraite, des mauvais mots m'accablaient et ils ne venaient pas de moi. Je me demande bien ce que sont devenus ces collègues angevins, je sais que beaucoup de celles et ceux que j'ai connus y enseignent encore. J'ai même été informée par hasard, d'une disparition, sur une revue d'architecture, d'un enseignant qui avait peut-être le même âge que moi et avec lequel j'avais fait un concert au Musée des Beaux-arts d'Angers, lui musicien nantais et moi compositrice, ce soir là, c'était des poésies pour le vernissage d'un collègue. Il enseignait dans cette école aussi. Je n'ai jamais vu d'hommage de cette école, je n'ai pas bien compris. En fait je ne comprends pas ces disparitions successives de collègues, sans qu'ils n'aient jamais atteins leurs retraite. Je pense que l'on croit, à tort, que ces métiers sont des sortes d'amusement, et surtout liés au divertissement (ce qu'est devenue la culture) et souvent que l'on est chanceux de le faire ou très bien payés. Sur ces malentendus, nous subissions un vrai décalage avec les étudiants, et aussi leur avenir et leur lancement dans la vie active - certaines, certains, comme moi étaient déjà dans la vie active - en étudiant, demeurent parfois sur les fondations d'un château de sable. Ils ne savent ni la réalité ni n'ont des rêves plus beaux pour anticiper et se solidariser un peu mieux. Car les formations demeurent très individualistes et compétitives, et je trouve cela contre-productif pour l'avenir. Rien ne peut en surgir qu'un vague égoïsme mis en vitrine et qui sert à la communication instituée. Apprendre à masquer.

La peinture, comme cet art optique, n'est qu'illusion et mascarade. J'aime beaucoup les formes géométriques. On pense organiser l'espace, avec des formes et des couleurs, des angles et des clairs et obscurs et puis ce n'est qu'un jeu. La vie continue.

Photographies Sonia Marques


Victor Vasarely, né Győző Vásárhelyi le 9 avril 1906 à Pécs et mort le 15 mars 1997 à Paris, est un plasticien hongrois, naturalisé français en 1961, du mouvement de l'art optique.


Art Par kiwaïda at 18:46

05/11/2018

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Photographie Óscar Blanco

Solo hace falta tener interés por descubrir el cielo y observar las estrellas que se colocan ante la mirada. Y dejarse guiar por expertos en astronomía. Es lo que ofrece Astrotrevinca, las jornadas astronómicas que desde hace tres años organiza el Concello de A Veiga. (La voz de Galicia)

Pena Trevinca, avec une hauteur maximale de 2 127 mètres, est le point culminant de ce massif qui compte également d’autres montagnes importantes, telles que Pena Negra (2 121 mètres) ou Pena Surbia (2 095 mètres). Cette zone fait partie du réseau Natura 2000 et constitue un site d'importance communautaire (SIC), ainsi qu'une zone de protection spéciale pour les oiseaux (ZEPA). Le territoire protégé couvre une vaste superficie de près de 25 000 hectares situés dans les limites provinciales d'Ourense avec les villes de León et Zamora, dont la majeure partie est située dans la municipalité d'A Veiga et de Carballeda de Valdeorras. Paradis pour les sports nautiques, tels que le kayak, le paddle surf ou la natation, qui trouvent leurs paysages naturels dans le réservoir de Prada, ainsi qu'un territoire riche en culture, en gastronomie et en une riche ethnographie, un morceau de Galice préservé, résultat d’un enchantement...

Photographie Millán Dasairas

Photographie Emilio Blanco López

Photographie de la Revista Oxígeno

Paysage Par kiwaïda at 14:29

01/11/2018

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Canyon du fleuve sil à Orense, Galice, Espagne

Ceux qui vivent au milieu des pierres

Le Sil est un affluent du Minho en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne. Le Sil est long de 225 km, et est à leur jonction à Os Peares, plus important que lui tant par sa longueur que par son débit. La principale localité arrosée par le Sil est Ponferrada. Un peu de voyage, je prends le fleuve Sil, je pars dans la montagne, en Galice, en Espagne, voir mes arrières grands-parents maternels... Les premiers d'une recherche généalogique passionnante, je vais voyager, et il y a du pain sur la plancha !

<3


Il sont beaux, ce sont les parents de ma grand-mère maternelle, espagnols... Je m'arrête dans cette ville Orense :

    

Cité de l'or

Orense est un nœud de communication entre Madrid et la côte galicienne (Vigo, Pontevedra, La Corogne). Elle est une étape du chemin de Saint-Jacques, sur l'itinéraire qui vient d'Andalousie appelé Ruta da Prata. Réputée pour ses sources d'eau chaude connues depuis l'Antiquité. Baptisée par les Romains la « cité de l'or » (Auriense) à cause de l'abondance de ce métal, elle fut une importante cité de la province romaine d'Hispania jusqu'à ce que ses réserves d'or s'épuisent. Ancienne cité romaine et capitale des Suèves (VIe et VIIe siècles.), elle a été détruite par les Maures en 716. Elle a été reconstruite plus tard par Alphonse III des Asturies aux environs de 877. Les raids Vikings, ainsi que des attaques du chef de guerre arabe Al-Mansour, ont mis à mal la ville à plusieurs reprises. Ce n'est que sous Sanche II de Castille et sa sœur Elvira, dame de Toro, que la ville a été réinstallée au cours du XIe siècle. C'est au XIIe siècle qu'Ourense est devenue un important centre de services.

Les suèves :

Les Suèves (Suevi ou Suebi en latin) sont un groupe de peuples germaniques. Un fort contingent de Suèves suit le parti politique des Vandales qui franchissent le Rhin gelé en 406 pour traverser la Gaule de part en part vers les terres méditerranéennes. Les armées itinérantes sont refoulées dans la péninsule Ibérique. Elles se querellent pour la suprématie ; le parti Suève est écrasé par les Vandales à Mérida en 428-429. Les Suèves indésirables sont pourchassés et s'enfuient vers le nord-ouest de l'Espagne, trouvant des hôtes amicaux dans la forêt de Galice. Il semble que les Suèves pourtant germanisés n'aient pas perdu la langue et les rituels celtiques, facilitant leurs assimilations aux populations celtibères autochtones. Mieux, ils en deviennent indélogeables et lancent des expéditions guerrières réussies en Lusitanie et en Bétique. Le roi suève Réchiaire adopte la religion chrétienne du peuple galicien vers 448. Son royaume stable est toléré par les souverains wisigoths avant d'être annexé en 585. Il constitue le premier jalon du royaume de Vieille-Galice, à l'origine du Portugal.

Les vikings en Galice :

A presenza de viquingos en Galicia tivo lugar entre os séculos IX e XII, cando estes deviran unha potencia naval e militar, lanzando expedicións de saqueo e conquista polo océano Atlántico e subindo polo leito dos ríos até as cidades que pretendían saquear. Así chegaron até o mar Mediterráneo, e no camiño estaba Galicia.

Les Vikings sont des guerriers, navigateurs, pillards et commerçants venant de Scandinavie, qui se répandent en Europe occidentale à partir du VIIIe siècle. Ils s'implantent successivement dans différentes régions, en commençant par des raids le long des côtes et en remontant les fleuves. Ils s'installent ainsi dans ce qui devient la Normandie, un puissant duché qui leur sert de nouvelle base de départ pour continuer leur expansion. Ils sont à la fois Vikings par leur origine et Normands par ce nouvel État. Ayant comme nouvel objectif la Méditerranée, ils longent la Galice et ils y mènent de nombreux raids.

Les celtes :

A la pointe nord-ouest de l’Espagne, la Galice est une des régions les plus sauvages d’Espagne. Tandis que la côte, relativement peuplée, alterne falaises et rias bourrées de charme, le centre de la région est montagneux est désert.

Celtique, romantique, mystérieuse, la Galice est une région forte où sont nées des femmes de caractère qui ont marqué l’histoire de l’Espagne. Ici en Galice, une femme, inconnue éclaire le monde.

La Galice, région océanique du Nord-Ouest de l'Espagne est le septième pays celte. Les paysages de collines vertes, de rias profondes, de maisons dispersées aux toits d'ardoises, de croix au carrefour des chemins, ce peuple pendant longtemps marin ou paysan, conservateur et croyant rappellent bien d'autres pays celtiques.
Le caractère celtique de la Galice est fréquemment remis en cause. La grande majorité des 2 700 000 Galiciens parlent une langue latine proche du portugais. Le caractère celtique du peuplement de la Galice pendant l'Antiquité a parfois été contesté. Pourtant l'attachement des Galiciens à leurs racines celtiques ne se dément pas. Il s'appuie sur les traces celtiques dans la langue galicienne, des légendes comme celle de Bréogan suggérant des liens avec l'Irlande et la Bretagne, des traditions populaires et le souvenir d'une colonisation de certaines terres par les Bretons insulaires autour de l'évêque Maheloc. L'existence de nombreux villages nommés "bretoña", des découvertes archéologiques et jusqu'au goût des Galiciens pour la gaita, la cornemuse locale, les rapprochent des autres nations celtiques.
L'enjeu dépasse la simple affirmation d'un droit à la différence dans la Péninsule ibérique. Aujourd'hui, dans le cadre décentralisé de l'Espagne, la Galice est une région disposant de son drapeau, de son gouvernement et de son assemblée, la Xunta. Sa population n'émigre plus. Moins agricole qu'autrefois, elle se consacre davantage aux services et à la petite industrie. Les liens économiques avec les autres régions atlantiques, notamment celtiques se mettent en place. Cette volonté de renouer des liens tant économiques que culturels est bien revigorante pour l'ensemble de la communauté celtique.

Proches des bretons, de l'Écosse, de l'Irlande... (Galice : la part celte de l'Espagne)

Les Maures :

La Galice est une terre d’accueil. Elle est envahie par toutes sortes d’aliens depuis l’Antiquité. Les premiers écrits dont nous ayons connaissance font référence aux Kallaikois, un terme qui désigne quelque chose comme “ceux qui vivent au milieu des pierres”. Des Celtes s’installèrent en Galice, puis des Romains, qui baptisèrent la région Gallaecia, mais aussi des Bretons de Maeloc. A leur tour, les Suèves arrivèrent [qui y fondèrent un royaume au Ve siècle] et “ils déposèrent l’épée et s’emparèrent de la charrue”, pour reprendre la phrase de l’historien Sánchez Albornoz. Puis ils furent chassés par les Wisigoths. Il y eut aussi une succession de juifs, de musulmans, de Gitans et d’immigrés de la Maragatería [province de León, proche de la Galice]. Au XVIIIe siècle, les Catalans relancèrent la pêche et les Basques le tannage. Mais l’alien le plus célèbre reste incontestablement l’apôtre saint Jacques. La découverte de son tombeau a donné naissance au tourisme religieux : elle est à l’origine de la première grande route touristique, le chemin de Compostelle. Le tombeau fut découvert par un certain Paio, il y a plus de mille ans, et non par l’actuel président de la communauté autonome [Manuel Fraga Iribarne], comme certains le croient. Des siècles durant, la Galice fut ce que l’on appelle aujourd’hui un centre cosmopolite. Des Francs, des Génois, des Flamands et des Provençaux venaient en pèlerinage, certains s’y installaient. Le premier texte en galicien dont nous disposons est un poème d’amour composé par l’auteur provençal Rimbaud de Vaqueiras. Quand saint Jacques fut décapité par les autorités romaines, l’Espagne en fit son patron et le proclama capitaine matamoros [tueur de Maures]. Aussi étonnant que cela puisse paraître, on dit que “les Galiciens ne se reconnaissent pas dans leurs gracieux ancêtres”. Ce sont les Maures qui auraient habité les castros (villages celtes fortifiés datant de l’époque préromaine).

La Galice est morriña

Le Galicien est cyclothymique, il alterne entre états euphoriques et dépressifs, un peu comme les guerriers celtes, dont on disait qu’ils étaient à la fois enthousiastes au combat et enclins au découragement. La Galice est morriña, ou mélancolie. Tengo morriña, je suis mélancolique, nostalgique. Morriña est un terme que nous avons exporté et qui figure dans de nombreux dictionnaires, comme celui de l’Académie royale espagnole ou le Collins anglais. Ce mot, je vous l’offre pour que vous le diffusiez sur votre planète. Mais attention, employez-le à bon escient. Il évoque le regret, la nostalgie, la mélancolie. On l’utilise souvent pour parler d’une histoire douloureuse, comme la perte ou le départ d’un proche. La morriña est à la Galice ce que la morna est au Cap-Vert ou ce que la saudade est au fado portugais. Mais employez ce terme avec prudence, il a valu aux Galiciens la réputation de peuple triste. De plus, c’est un mot passe-partout, susceptible d’apparaître dans un discours politique ou d’être utilisé à propos d’un mal de dents.
Le dictateur Franco était galicien, Pablo Iglesias, le fondateur du socialisme espagnol, et Ricardo Mella, celui de l’anarchisme, aussi.
Deux autres personnages ont à tout jamais marqué l’histoire de la Galice. Tout d’abord, il y a Rosalía de Castro, qui incarne une mélancolie active et protestataire. La poétesse dénonçait “ceux qui, sans raison ni motif, nous déprécient” - le Galicien est en quelque sorte le “nègre” de l’Espagne.

(article 2004, courrier International)

Rosalía de Castro : À 19 ans elle part à Madrid, écrit la première série de Poèmes Flores, en espagnol, d'inspiration romantique. Puis elle rencontre et se marie avec le journaliste et intellectuel connu Manuel Martínez Murguía qui l'introduit dans le monde, l'encourage à écrire, à publier. Elle écrira en galicien.
Deux malheurs successifs, la mort de sa mère adorée et celle d'un enfant d'un an, la plongent dans une douleur immense. Elle écrira des poèmes déchirants.

 Negra sombra Rosalía de Castro
 
Cuando pienso que te fuiste,
negra sombra que me asombras,
a los pies de mis cabezales,
tornas haciéndome mofa.

Quand je pense que tu es partie,
ombre noire qui m'inquiètes,
à mon chevet,
tu reviens te moquer de moi.

Cuando imagino que te has ido,
en el mismo sol te me muestras,
y eres la estrella que brilla,
y eres el viento que zumba.

Quand j'imagine que tu t'en es allée,
en plein soleil tu te montres,
et tu es l'étoile qui brille,
et tu es le vent qui bruit. 

Si cantan, eres tú que cantas,
si lloran, eres tú que lloras,
y eres el murmullo del río
y eres la noche y eres la aurora.

S'ils chantent, c'est toi qui chantes,
s'ils pleurent, c'est toi qui pleures,
et tu es le murmure du ruisseau,
et tu es la nuit et l'aurore.

En todo estás y tú eres todo,
para mí y en mi misma moras,
ni me abandonarás nunca
sombra que siempre me asombras.

Tu es en tout et tu es tout,
pour moi et en moi tu vis,
jamais tu ne m'abandonneras
ombre qui toujours m'inquiètes. 

Par Luz Cazal

Carnaval :

C’est un des carnavals les plus traditionnels de Galice. Rites et personnages ancestraux relatent le passé de ces fêtes irrévérencieuses qui commencent ici plusieurs semaines avant les grands jours du carnaval, avec quatre Vendredi de « Folión » (pagaille). A Laza, le Carnaval se déroule entre la place da Picota, centre névralgique des actes du Carnaval, et les bars, assaillis par les jeunes de la ville qui créent une ambiance festive avec leurs virées autour d’un bon déjeuner, du vin, de la liqueur de café et les typiques eaux de vie galicienne. Les “peliqueiros” (personnage principaux  du carnaval), armés de zamarras (une espèce de fouet, avec un manche en bois travaillé) avec six « sonnailles » à la ceinture, sont les personnages phare du carnaval et ils attirent l’attention à cause de leur tenue à la foi particulière et impeccable qui peut peser jusqu’à quinze kilos et leurs masques démoniaques ornés d’images animalières. Ils font leur apparition le Dimanche de Carnaval, après la messe. Ils parcourent la ville en groupe en imposant leurs lois. Les gens peuvent les insulter mais en aucun cas les toucher ni tacher leurs costumes. Un des jours les plus animés est le Lundi de Carnaval ou jour “Da Borralleira”, lorsque, le matin, a lieu la “Farrapada” (bataille de torchons enduits de boue) et la “Xitanada” (une procession de couples montés à dos d’ânes) et, l’après-midi, “La Morena” descend depuis la Cimadevila, un homme recouvert  d’une couverture coiffé d’une tête d’une vache qui se consacre à lever les jupes des femmes, aidé par sa suite lançant sur la foule de la place Da Picota une pluie de Fourmies vivantes, parfois mélangées avec du vinaigre et de la farine, pour les rendre plus enragées.

Voyages à suivre...


Enseignement Par kiwaïda at 16:42

30/10/2018

℃€ИÐℛ∃ϟ

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Un peu plus et nous n'étions plus de ce monde...

Asphyxiés par la négligence des autres, des cendres sous notre vie.
Le droit d'importuner l'autre, ici-bas à pris trop d'importance, au détriment de la vie.

 

Ma dernière sculpture...était noire, et cohabite avec mes gagas blanches...
Prémonitoire ? Elle m'a alertée... superbe oiseau noir cendré, figure de pierre et magicienne.
Halloween veille de la Toussaint, fête païenne célébrée dans la soirée du 31 octobre,
veille de la fête chrétienne de la Toussaint qui honore les saints, connus et inconnus...

Bonjour la vie <3 De retour les amis.

Fumer tue. Oublier les autres aussi.



Art Par kiwaïda at 17:23

29/10/2018

℃@ґḉαяá

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C'est un temps sans soleil... Souvenir


Paysage Par kiwaïda at 14:28

22/10/2018

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Main de Bouddha (© Sculpture Sonia Marques - 2016) Photographies (© Kiwa & JD)

Être de nouveau mère et père, donner à manger, calfeutrer les fenêtres pour l'hiver, humidifier l'air, aspirer les poussières, assainir les espaces des bêtes et des intelligents, arroser les plantes, faire des photographies, bouger son corps, ramer, pédaler, nager, marcher, regarder les nuages, trouver un nouveau groupe d'amitié avec les mêmes passions, couper les cheveux de l'amoureux, rencontrer des mexicains, se réveiller par les rayons de soleil du matin, se laisser photographier, dormir sans entendre les rumeurs, contempler la cathédrale au sons des mariachis, retrouver ses sculptures, laver les plumes, enlever les poils, caresser les peurs, protéger les proies, réchauffer les cœurs, soigner le monde dans une main, attendre qu'il roucoule et se berce de vos chants, le suya-suya arrive et le bonheur avec.

Vacances Toussaint, Pépino angevino.


Art Par kiwaïda at 10:25

13/10/2018

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OPALE

Une légende raconte que l'Éternel a changé en nuage magique une femme qui était convoitée par trois dieux. Le premier lui fit don de la couleur de l'azur afin de pouvoir la distinguer des autres nuages ; le deuxième la teinta de rouge ; quand au troisième il la para de la splendeur du soleil, l'Éternel la ramena alors sur terre sous la forme d'une opale.

L'opale est une pierre fine très spéciale et, contrairement aux autres minéraux, ses cristaux n'ont pas de forme particulière. Les lapidaires la taillent en cabochon afin de préserver ses jeux de lumières.

L'opale apparait dans des régions du monde très sèches. Lors de pluies, l'eau transporte de fines sphères de silice qui viennent s'accumuler dans des cavités rocheuses. Petit à petit ces sphères de silice s'organisent et s'assemblent entres elles pour former l'opale. Lorsque la lumière traverse l'opale, cette combinaison de sphères de silice et d'eau - l'opale peut être constituée jusqu'à 20% d'eau - vient créer des interférences lumineuses qui donnent à l'opale cet éclat multicolore arc-en-ciel.

Il n'existe pas deux opales identiques, chaque opale est unique avec son propre feu.

Couleur : Irisée, Multicolore, Bleu, Grise, Opalescence, Bleu fonce, Bleu clair, Orange, Jaune, Magenta, Rouge, Noire, Blanche, Violette, Bleu mauve, Rouge - magenta, Vert, Vert pomme, Vert clair, Vert fonce, Incolore

Elle ouvre l’esprit à la vie spirituelle et redonne de la vitalité aux personnes fatiguées. Elle calme et apaise, favorise l’amour et la tendresse. Elle a des profondeurs mystérieuses, donne de l’endurance et du courage, et rend… invisible.



Les couleurs de l’opale   :

Toute la splendeur de la nature est capturée dans la variété d’opales fines: du feu et des éclairs, toutes les couleurs de l’arc en ciel y sont représentées. Le gel de silice est incolore ou colore très légèrement. Les variétés incolores ou claires sont indiquées comme l’opale de verre ou opale de lait. Cependant, l’opale peut accepter des impuretés colorées de toutes sortes de couleurs sombres. Les incolores, transparentes, blanches, grises, bleues, vertes, rouges, orange, marron et noir se produisent rarement.

L’opale est inépuisable dans ses couleurs, ses motifs et sa diversité. Aucune autres pierres précieuses ne peuvent l’offrir. La valeur dépend de la fréquence des couleurs trouvées dans l’opale. La couleur la plus rare et la plus chère est le rouge. Surtout dans ses nuances. Si la couleur rouge attire l’œil, toutes les autres couleurs y sont représentées. A l’évaluation de l’opale, l’épaisseur de la couche d’opale, la beauté des dessins et des modèles, la taille et le poids sont aussi pris en considération.

Le responsable du jeu fantastique de couleurs est le gel de silice, causé par les phénomènes de fléchissement et d’interférence. Les perles de silices plus ou moins compactes ainsi disposées, réussissent à démonter la lumière dans la pierre précieuse en toutes les couleurs de l’arc-en – ciel, de manière toujours inédite. L’Opale avec une couleur de corps grise foncée ou noire montre le jeu des couleurs brillantes. L’opale cristal, qui vient sur l’échelle d’évaluation immédiatement après l’opale noire doit être transparente avec un jeu profond de couleurs. Les blanches où Milchopale montrent un jeu de couleurs plus diffus et sont le type d’opale la plus accessible.

L’opale, étant amorphe, n’est pas vraiment un minéral, mais un mineraloïde. Une des normes qui est acceptée scientifiquement définit qu’un minéral doit avoir une structure de cristal, ce que ne possède pas l’opale. Malgré ceci, pratiquement toutes les références scientifiques, y compris le système de Dana (classification des minéraux développée par James Dwight Dana), catégorisent l’opale avec l’ensemble des « vrais minéraux ».

Variétés d’opales


L’opale noble

“L’opale précieuse” projette des couleurs irisées quand elle est vue sous différents angles, quand la pierre est déplacée ou quand la source lumineuse est déplacée. Ce phénomène est connu comme un «jeu-de-couleurs”. L’opale précieuse peut projeter un certain nombre de couleurs comme jaune vif, orange, vert, bleu, rouge ou violet. Le jeu-de-couleurs est ce qui fait de l’opale une pierre précieuse populaire. La désirabilité de l’opale précieuse est basée sur l’intensité de la couleur, la diversité, l’uniformité, le modèle et la capacité à être vu de n’importe quel angle. L’opale précieuse est très rare et est trouvée dans un nombre limité d’emplacements dans le monde. L’opale la plus précieuse est extraite en Australie, des sources secondaires existent comme : le Mexique, le Brésil et les États-Unis. Le Canada, le Honduras, l’Indonésie, la Zambie, le Guatemala, la Pologne, le Pérou, la Nouvelle-Zélande et l’Éthiopie.

"Opale blanche"  

L'opale blanche, translucide ou semi-translucide, de couleur blanche ou claire, c'est la plus connue des opales précieuses avec ses jeux de lumières.

"Opale noire"    

L'opale noire, translucide ou opaque, de couleur noire ou sombre avec un jeu de lumières spécifique à chaque opale.

"Opale d'eau" 

L'opale d'eau, transparente ou semi-transparente, de couleur blanche ou claire, elle est connue pour ses jeux de lumières exceptionnels.

"Opale boulder"   


L'opale "boulder" qui vient d'Australie, est un morceau de roche taillé dans lequel se trouve des fines veines d'opales avec leurs jeux de couleurs. Le contraste entre la roche brute et les veines multicolores d'opales est saisissant.

“Opale de feu”

L’opale de feu est un terme utilisé pour l’opale translucide qui possède une couleur comme le feu de couleur vive, de fond jaune, orange ou rouge. Elle peut ou non présenter un «  jeu-de-couleurs ». Aussi connue sous le nom d'opale mexicaine.

Certaines personnes sont désorientées par le terme «opale de feu”. Quand ils entendent le mot «feu» ils pensent immédiatement des éclairs de couleur spectrale, connue comme “le feu” qui est produit par le diamant de qualité. Où, ils pensent aux éclairs de couleur spectrale, connu sous le nom «jeu-de-couleurs » qui est produite par l’opale précieuse. L’opale de feu pourrait exposer des éclairs de couleur, mais un tel affichage est généralement faible ou absent. L’opale de feu est simplement un spécimen d’opale avec une merveilleuse couleur semblable à un feu en arrière-plan. La couleur est ce qui définit la pierre.

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Multicolored rough opal specimen from Virgin Valley, Nevada, US

Histoire :

L'opale tient son nom du latin opalus synonyme de pierre précieuse pour les romains, en passant par le grec « opallios » qui désignerait les changements de couleur. Mais l'origine du mot viendrait du Sanskrit upala. Elle a été surnommée Pandora, Lumière du Monde ou encore Impératrice en l'honneur de l'opale de feu surnommée "Incendie de Troie" que Napoléon Ier avait offert à l'impératrice Joséphine de Beauharnais.

L'histoire de l'opale est riche, et de nombreux écrivains l'ont comparée à des volcans, des galaxies ou encore des feux d'artifices. Les Romains la considéraient comme la plus précieuse des gemmes car l'opale possède toutes les couleurs, les bédouins disaient qu'elle contenait les éclairs et tombait du ciel pendant les orages, les grecs croyaient que l'opale offrait à son porteur des dons de prophétie et l'immunisait contre la maladie et les européens l'ont longtemps considérée comme symbole d'espoir, de pureté et de vérité.

Autres légendes :

> Certains groupes aborigènes d’Australie ont une légende très poétique dans leur mythologie : le dieu créateur serait un jour descendu sur la Terre en glissant sur un arc –en-ciel. A peine aurait-il posé le pied au sol que toutes les pierres se seraient mises à scintiller, des mêmes couleurs que l’arc-en-ciel…
> Pour Pline l’Ancien, l’opale était merveilleuse car elle combinait les couleurs et qualités de toutes les autres pierres précieuses.
> On raconte que Marc Antoine rêvait d’acquérir la magnifique opale bleue d’un sénateur appelé Nonius, avec pour but de l’offrir à la belle Cléopâtre. Mais le sénateur en question, plutôt que de céder sa pierre, préféra choisir l’exil…
> En Inde l’opale est le symbole de la Trinité (Trimûrti) formée par le dieu créateur Brahma, le conservateur Vishnu et le destructeur Shiva.
> Elle a longtemps été considérée comme un porte-bonheur et présente dans les trésors des Cours européennes. Cette belle réputation fut un temps brisée par l’influence d’un roman du XIXe siècle écrit par l’Ecossais Walter Scott, dans lequel une princesse est accusée d’être démoniaque. Elle porte une opale sur le front et, au contact de l’eau bénite, la gemme perd toutes ses couleurs et la princesse est prise de douleurs… avant de disparaître, ne laissant derrière elle qu’une poignée de cendres.
> Les Grecs considéraient que l’opale était porteuse d’espoir et symbole de pureté. Elle avait la réputation d’accroître la clairvoyance, de rendre plus faciles la méditation et la réflexion, d’améliorer l’intuition.
> Aujourd’hui en lithothérapie, on continue d’attribuer ces vertus à l’opale. Elle calme et apaise, favorise l’amour et la tendresse, améliore la vie sentimentale des gémeaux et des verseaux. Elle ouvre l’esprit à la vie spirituelle et redonne de la vitalité aux personnes fatiguées.

Astrologie :
L’opale est la pierre de naissance des personnes nées en octobre. On l’associe à plusieurs signes astrologiques : verseau, gémeaux, poissons, cancer, vierge… en astrologie chinoise, c’est la pierre du Serpent : elle a des profondeurs mystérieuses, donne de l’endurance et du courage, et rend… invisible.
Anniversaires de mariage : Les noces d’opale désignent le 21e anniversaire de mariage.

Merci pour la découverte... Sérendipité de l'amoureux, entre-deux, à trois, à quatre, entre le Portugal, la Dordogne et Limoges, de recherche en recherche, afin de trouver la précieuse opale.
Et toutes les déconvenues, erreurs de parcours...

Internet Par kiwaïda at 16:23

07/10/2018

℘α﹩﹩αη☂ṧ

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Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Les cotons blancs et grisâtres, en couches successives, les regardaient et s'étalaient pour ombrer leurs petits costumes. Épouvantails tous, puisqu'ils étaient disposés pour faire peur aux oiseaux, c'est d'ailleurs ainsi qu'ils étaient élus, parce qu'ils imitaient les épouvantes afin de protéger les champs, largement intoxiqués par toutes ces manipulations et ces marâtres si gentilles. Rien ne pouvait les culpabiliser, ils étaient tous si généreux de semer ainsi leurs graines, et si habiles à filmer leurs progénitures, afin de montrer à tous, qu'ils savaient créer. Seuls les nuages les regardaient. Tableaux mouvants sans peintre et sans aucune intention de le prouver. Un art sans trace et sans référent, divinement offert et sans atteinte à la pudeur. C'était un jour plein, aux éclaircies spectaculaires, aux savoirs illimités, tout était transparent et se présentait devant nous, passants mis à nu, les clés dans nos mains. À découvert, ils nous donnèrent la météo de demain.
Nous n'avions jamais été aussi proches des inepties philosophiques, des injonctions paradoxales, des circonvolutions du féminisme et de l’intelligence artificielle, puisque la mode trépasse, du désir fou de la délinquance au pouvoir, du jouir sans entrave et de son exposition.

- En quoi tout cela nous concerne-t-il ?
Adieux fumeurs de mots, de dates et de voyages, carriéristes décervelés, aux bonjours sournoisement avalés.
Au loin petits points noirs sur le chemin des rapetissements, en pointillé marchant sur les cendres de leur histoire.
Ce jour là. Passants sans nous voir.


Enseignement Par kiwaïda at 22:49

05/10/2018

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 12:05

02/10/2018

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Art Par kiwaïda at 12:05

27/09/2018

Lø⑂Aυ⊥é

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Matinales de septembre (Photographies © Sonia Marques)


Art Par kiwaïda at 16:42

22/09/2018

f∀ℬÜℒѦ

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FABULA, exposition de Stephan Balkenhol

Je n'avais pas d’appareil photo, mais j'ai trouvé cette fonction sur mon téléphone portable vétuste et l'objectif de piètre qualité. Je me suis appliquée plus que de coutume et je trouve que c'est pas mal du tout, finalement. Drôles de flous et d'ombres parfois, de points de vue. C'est que je suis tombée par hasard, sans carte, ni programmation, sur des expositions en galeries à Paris que j'ai bien appréciées. Il faut bien entendu avoir une certaine expérience des chemins, se souvenir des trottoirs et des histoires, des amis, des années, des échanges, des évolutions de tous et tant de beaux chemins parcourus. Il y avait l'artiste Stephan Balkenhol, dont je connais les œuvres depuis très longtemps, mais celles-ci étaient assez étonnantes, toujours travaillées dans le bois. Un groupe d'étudiant en master, tel un troupeau a envahi l'espace nu et vide, où figurait une gigantesque sculpture impressionnante représentant Persée tenant la tête de méduse. Je trouve toujours cela très intéressant ce mélange d'étudiants ou d'êtres humains, avec les sculptures figuratives. Surtout pour ce géant carnavalesque, mais avec la touche habituelle de l'artiste (Persée ici a son petit pantalon Balkenhol, noir, très reconnaissable), car les échelles se trouvent encore plus éprouvées. La tête est d'une belle facture, légèrement colorée, ses cheveux, de grosses formes en bois et ces visages placides et sans expressions bien identifiables de l'iconographie du sculpteur. Cette scène fut assez fabuleuse, pour autant que le titre de cette exposition, Fabula, se montrait fière et au-dessus des autres, lors de ma première pause de rentrée. Une chance médusante. En continuant ma traversée fantastique dans des rayons de soleil perçants, après une pluie battante, Paris était comme endormi, enseveli dans un calme inquiétant, peut-être sous une buée d'articles de journaux peu fringants, en cette rentrée flop. Les rues vides, les galeries vides, les œuvres seules et bien visibles, avec quelques initiés condescendants mais pas de fête, ni de sourires. Il y a comme une tristesse qui fige Paris, dans des grilles et des mètres carrés très limités, très coûteux, qui ne permettent plus, à tous, de venir, de visiter. Il y a un sentiment d’épuisement et de sens perdu, de toutes ces individualités qui se côtoient sans jamais s'adresser un mot, se croisent et se bousculent pour ne pas être en retard. Il y a de la fatigue et ces personnes pouponnées au métro, les yeux endormis des matins très tôt, le dos tournés aux inconnus, pieds nus et quasi pourris, allongés quasi morts, tant de personnes considérées comme personne, abandonnées par le même corps de ces êtres humains. Et puis, il y a Balkenhol et ces galeries blanches, combien de corps exposés, vus, ignorés, valorisés, d’œuvres mortes aussi, abandonnées... Tous ces corps qui traversent la rue et n'ont pas trouvé de travail, perdent le sel de la vie. La vie est-elle plus palpable dans ces galeries parisiennes ? Quand on s'approche d'un corps taillé dans du bois, que l'on sent même l'odeur de ce bois travaillé ? Est-ce que l'expression artistique nous apporte du sel ? Oui, aujourd'hui, je peux l'écrire, dans ces rayons de soleil, des formes exprimées me donnent plus accès à un imaginaire, à mon imagination, à ce que la pensée peut produire, de sens, justement, de lignes prometteuses, et non de "projets". N'est-ce pas ainsi, que l'on se sent pousser des ailes, faute de devoir traverser la rue pour trouver un emploi ? Trouver un emploi. Sourions aux manigances faites de pailles, à ces épouvantails qui empêchent les oiseaux de se nourrir, de trouver du travail dans tous ces champs, qu'ils ont eux-même produits... Alors puisque l'on s'envole, partons de ces champs vers des horizons que Paula est partie chercher. Sans aucun doute.

Communiqué de presse :

La Galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir de présenter une exposition de nouvelles oeuvres du sculpteur allemand Stephan Balkenhol à Paris.
Pour cette exposition, l'artiste a puisé son inspiration dans la démarche entreprise par Jean de La Fontaine dans ses célèbres Fables. Le regard critique que l’auteur du XVIIème siècle porte sur la société de son époque et sur la permanence des caractères humains devient un moyen pour le sculpteur de s’interroger sur l’état de notre propre société.
Si les nouvelles œuvres ne se rapportent pas nécessairement à une fable en particulier, elles mettent en scène le même rapport ambigu que les animaux entretiennent avec les humains chez La Fontaine. À l’instar du fabuliste, qui exerce son art de la feinte jusqu’à laisser au lecteur la liberté de son interprétation, Balkenhol ne cherche pas à être moraliste. Malgré son attachement à la figuration, il se place toujours dans un rapport distancié avec la réalité. Pour lui, « observer n’est pas juger. » Son regard se fait parfois ironique et cette légèreté apparente le rapproche du fabuliste. Parce qu’elles ne représentent personne en particulier et qu’elles semblent souvent attendre quelque chose, ses sculptures s’engagent dans une voie fictionnelle ; elles sont autant de supports pour enclencher une histoire.
Balkenhol taille ses personnages au maillet et au ciseau directement dans des troncs d’arbres, souvent en bois de wawa, sans chercher à gommer les traces d’outil, laissant à nu l’aspect brut du bois. Les sculptures uniques de l'artiste sont associées à de hauts socles qui les placent à hauteur d’homme. Les couleurs appliquées ensuite pour structurer les silhouettes sont totalement dénuées de valeur expressive et contribuent à faire oublier le matériau originel. Ses hommes, ses femmes et ses animaux semblent à la fois distants et à l’écoute du spectateur. « J’essaie de leur donner une expression ouverte aux autres, explique l’artiste. À partir de là, toutes les situations sont possibles. » Les reliefs sculptés, devant lesquels sont placées des figures en trois dimensions, sont un moyen pour l’artiste de créer des situations qui complexifient la lecture première des œuvres et ouvrent vers une narration poétique.
Pour accompagner ce nouvel ensemble d’œuvres, Balkenhol a réalisé une sculpture monumentale représentant le héros grec Persée tenant la tête de Méduse. Le traitement d’un sujet mythologique bien connu constitue une forme d’exception dans la carrière de l’artiste. Il s’inscrit ainsi dans la lignée d’artistes illustres qui, de Benvenuto Cellini à Camille Claudel, ont représenté ce mythe. Tout comme les fables, les mythes antiques forment un ensemble de récits qui appartiennent à la mémoire collective et dont l’interprétation s’est progressivement enrichie au cours de l’histoire. Au sentiment héroïque habituellement attaché aux représentations de Persée, Balkenhol répond ici par une forme de gravité existentielle. Il renouvelle ainsi une tradition de la sculpture davantage tournée vers la pure présence de la figure et vers son caractère éminemment humain.
 
Né en 1957 à Fritzlar, Stephan Balkenhol vit et travaille entre Karlsruhe (Allemagne), Kassel (Allemagne) et Meisenthal (France). Il commence à sculpter des personnages en bois en 1983, en réaction contre l’enseignement conceptuel dispensé à l’École des beaux-arts de Hambourg, où il fut l’élève du sculpteur minimal Ulrich Rückriem de 1976 à 1982. Ses premières sculptures en bois placent l’image du corps humain au centre de son art et réintroduisent la figuration dans la sculpture contemporaine. Dans les années 1990, son répertoire s’élargit aux animaux et créatures hybrides, puis il y ajoute aussi les motifs d’architecture et des reliefs.



























































Fleurs gravées et escaliers, peintures ou bois ? Illusionnisme et art de travestir les disciplines, poésie ou fleurs séchées. Peut-on être délicat quand on grave ? Comment une pétale peut sembler légère et de bois égratigné, comment le rouge à lèvre peut-il être suggéré et redessiner les lèvres telle une fin de journée ? Comment la peinture devient ébène.
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Autre lieu, autre surprise, une bonne rigolade, cachée, de gros pots coulants et avec mon vétuste appareil photo cela devenait très intéressant. Cela luit, brille, les spots en rajoutent, du trop, à l'excès, mais un alignement impeccable, pour ces fausses céramiques à haut pouvoir recouvrant d'ironie. On se trompe toujours, là où l'on croit que la technique se fie de la prouesse, elle nous rattrape lorsque l'on regarde de plus près et avec attention. Ce n'est pas parce que la technique n'est pas mise en avant comme l'ultime récompense au mérite de l'artisanat qu'elle ne dépasse pas même la méthode choisie, la technicité donc et son application. Le labeur aujourd'hui reste toujours inconnu. Comme ces personnes qui dorment dans les rues, au labeur inconnu.
Exclues et pourtant si exposées.



GRANT LEVY-LUCERO : “PÉRIPHÉRIQUE”


Communiqué de presse :
VNH Gallery est heureuse d’annoncer l’exposition personnelle de l’artiste Grant Levy-Lucero intitulée « Périphérique »  (6 - 22 septembre 2018) au sein de son Project space. « Reyner Banham a dit de Los Angeles qu’elle est dépourvue de « toutes les règles de « vie civilisée » entendues par les experts de la modernité. » En effet, la conscience collective internationale a depuis longtemps intégré le fait que L.A. soit une métropole moins raffinée que d’autres et l’œuvre de Grant Levy-Lucero vient incarner cet esprit unique et contemporain de LA ; son style pictural célèbre les logos et autres pancartes peintes à la main qu’il a vus en grandissant alors que les formes utilisées font référence à l’antiquité et à la tradition. Ainsi, il honore, tout comme le fait sa ville natale, d’autres histoires et différents mondes artistiques tout en faisant le choix de mettre en lumière un sujet qui lui se retrouve temporairement déconnecté. Connu pour son explication de l’évolution du langage dans l’iconographie quotidienne, Grant Levy-Lucero utilise pour ce nouveau corpus d’œuvres une dialectique interculturelle. Périphérique raconte l’histoire habituelle d’un artiste américain à Paris ; à la périphérie de la ville et en qualité d’expatrié temporaire, il évolue au sein d’une haute culture didactique. Ne faisant pas dans le cliché, Grant Levy-Lucero prend pleinement conscience de cette tradition et la retranscrit avec humour tout en apportant une attention particulière aux détails. Dans un genre de diaspora inversée, l’artiste ré-insert dans la culture française un concept dont elle n’a pas conscience d’en avoir été à l’origine – une perception extérieure de Paris dont le consumérisme tire profit avec des produits tels qu’Orangina ou Chanel No. 5.  Grant  Levy-Lucero  compile  ainsi  avec  chacune  de  ses  pièces  une  imagerie  –  que  Jasper  Johns  a  surnommée  «  les  choses que l’esprit connaît déjà » – révélant avec spécificité un certain inconscient collectif. Ces éléments significatifs de la culture pop deviennent alors, selon l’affirmation de l’artiste, la sémiotique qui relie toute communauté ou nation à une autre ; il joue avec ce qui définit notre conception d’un « lieu ». En développant cette idée, il teste les limites de la compréhension qui sont inhérentes à toutes les formes de communication : il étudie – aussi bien géographiquement, d’un pays à l’autre, qu’à travers une figure rhétorique – l’endroit où le sens cède au postulat, et où le postulat devient subséquemment une idée fausse. »
- Christie Hayden

Grant Levy-Lucero est né à Los Angeles (États-Unis) en 1981.Il vit et travaille actuellement à Los Angeles (États-Unis).














Et puis plein d'autres choses... Les plus beaux livres au CCS, dont un sélectionné qui m'a vraiment fait penser à mon catalogue Resign (qui est toujours visible sur la page d’accueil de mon site Internet... Et oui grand Resign !  ! Très belle édition !
Allez hop, journée sans voiture !

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Art Par kiwaïda at 13:19

13/09/2018

℘◎☂ ⅾε ¢☺LL℮ & ℘ℯїηтʊяℯ

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Une tâche de peinture :
Sato & Cafu sont dans un paysage. Ils font leur rentrée au pied des montagnes. Ils ne font qu'un.

Qui donne la couleur à l'autre ?  De jolies saletés dans le paysage décrivent comment prendre soin des mots et de la nature.
Il ne faut pas en faire tout un foin ! Ras-le-pompon !
L'amour fait des crottes et choisi un emplacement.
Au bord de la rivière, on se baigne et on se lèche pour être propre et briller au soleil.

Le reste, cela ne vaut pas un pet de lapin !

Trèfle de plaisanterie.

Propre en ses habits, comme un lapin dans sa fourrure.
Propre comme un lapin, vive les braves !

*



Sans le savoir à priori, cela collait déjà, les couleurs, la peinture ! Rouge, bleu, jaune et de la lumière blanche...

© Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 16:09

12/09/2018

ℭѦℛḎÅℬ∃ḺḺ∃

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Le papillon était noir, il s'est posé là où tu vivais, sur le bord de ta fenêtre, il regardait comme toi, le ciel, la rue, les passants et les changements climatiques. Puis il a ouvert ses ailes, il n'était plus noir. Il indiquait une ouverture. Une belle amie viendra, à ta place et regardera ce que tu regardais. Elle viendra t'accompagner, ton amie, notre amie, aussi belle que ce papillon qui s'est posé, l'annonçant. Rouge et vive, curieuse et joyeuse, elle volera un peu de notre temps. Elle volera.

Baromètre des renaissances

La cardabelle réagit à l’humidité de l’air (hydronastie) et sa (fausse) corolle se referme dés que la saturation en eau de l’air atteint un certain seuil. A la base des feuilles une des faces se gonfle d’eau et provoque une différence de pression osmotique et une tension entre les deux faces, entraînant ainsi un enroulement de la feuille et sa fermeture.
Cette propriété va perdure longtemps après la mort de la plante qui garde cette faculté de mouvement même une fois la fleur séchée et suspendue à la porte des bergeries, continuant son office de « Baromètre des Bergers ».



Son vrai nom est Carline à feuilles d’acanthe, c'est un chardon chardon , mais on l’appelle Cardabelle dans la région, près de chez nous !
Noms vernaculaires français : carline artichaut, baromètre chardousse, pinchinelle.
Son cœur pouvait être mangé, ses feuilles épineuses servaient à carder la laine de mouton et ses racines pouvaient être utilisées comme remède contre de nombreuses maladies, notamment contre la peste.
Ce chardon magique est un porte-bonheur.

Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 19:54

05/09/2018

♏Å℉∀ℒÐÅ

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Mafalda est une petite fille, personnage principal d'un comic strip argentin de Quino publié de 1964 à 1973. Comme son auteur, Mafalda est argentine, elle est issue de la classe moyenne. Mafalda est très populaire en Amérique latine, en Europe et au Québec.

Mafalda : Sa maturité et son pessimisme politique en étonnent plus d'un et dépassent totalement ses amis et ses parents. Elle développe une vision critique du monde, notamment à l'égard des conflits tels que la Guerre froide. Elle ambitionne de devenir haut fonctionnaire international pour changer le monde. Elle a du caractère et réagit à tout ce qui se passe autour d'elle et à ce qu'elle lit dans les journaux. Son objet préféré est sa mappemonde : elle la considère comme une représentation littérale du monde, lui appliquant des crèmes de beauté — « empruntées » à sa mère — à la suite de nouvelles particulièrement sombres. Elle a une aversion viscérale pour la soupe et raffole de la meringue. Mafalda est une jeune enfant de cinq ans mais elle est déjà très éveillé sur la façon dont tourne le monde. Elle discute avec ses parents et ses amis de tous les problèmes d'actualité et de société. Oubliant les loisirs de son âge, Mafalda se lance dans des discussions passionnées à propos de la culture, la religion, la politique, les problèmes de société. Elle découvre un monde en constante évolution, difficile à cerner et dont l'avis de la génération future semble exclue.
Sceptique et râleuse, la gamine rend la vie impossible à ses parents : elle intime à son père de donner l'exemple, juge sa mère médiocre car elle fait le ménage et la cuisine sans s'interroger sur sa condition.

La mère de Mafalda et de Guille est prénommée Rachel (Raquel en espagnol). Elle doit constamment faire face aux reproches de Mafalda, qui lui reproche d’avoir abandonné ses études pour une vie tranquille de femme au foyer, ainsi qu’aux nombreuses bêtises de Guille, qui ne peut s’empêcher de dessiner sur les murs. Rachel fait par ailleurs preuve d’un sens de la répartie inégalé, forgé par les nombreuses années de plaintes de Mafalda contre la soupe qu’elle lui sert régulièrement.

Le père de Mafalda et de Guille, dont le nom réel reste inconnu du lecteur. Il représente le stéréotype par excellence de la classe moyenne. Le père de Mafalda est constamment préoccupé par ses problèmes financiers, notamment en raison du retard que met son bureau à le payer et de sa voiture qu’il achète à crédit. Bien qu’il vive en appartement, ses plantes en pot constituent son hobby favori lorsqu’il n’est pas occupé à lire le journal ou à suivre un match de foot à la radio.

À l'école, ça n'est pas mieux. À sa maîtresse qui raconte qu'il y a 3 milliards d'hommes sur Terre, ­Mafalda demande la bouche en cœur: «Et combien de véritables humains?» Elle fait la morale à sa copine Susanita, l'un des personnages, égoïste et orgueilleuse, qui rêve lorsqu'elle sera grande d'avoir des enfants et de jouer au bridge, devenir mère au foyer, mariée au patron d'une grosse entreprise qui se tuera lors d'un voyage d'affaires et vivra dans un pavillon de banlieue, passionnée de commérage, elle se dispute constamment avec Manolito, qu'elle juge idiot, et est secrètement amoureuse de Felipe...

Mafalda a du mal à identifier qui sont les gentils et qui sont les méchants:
« Ça commence à m'exaspérer d'avoir constamment à choisir entre le capitalisme et le communisme »


C'est une idéaliste en herbe qui croit qu'on peut améliorer le ­monde et se sent très seule car autour d'elle personne ne partage ses ­préoccupations. Impertinente, irrévérencieuse, intelligente... attachante et si contemporaine... encore.


Art Par kiwaïda at 02:28

31/08/2018

αüʝ☺υґ∂‷ℌʊi

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Jean-Jacques Grandville

Les Métamorphoses du jour : une série de soixante-dix scènes dans lesquelles des personnages humains sont représentés avec une tête d'animal en situation pour un rôle dans la comédie humaine.


Combat de deux raffinés : Gravure extraite de l’ouvrage de Grandville : Un autre monde – 1844
Mine de plomb, plume et encre brune, aquarelle

Capucine fées fleurs à genoux en prière devant une tombe

Une révolution végétale : Recueil de planches lithographiées en noir et en couleur de dessins zoomorphes, représentant des fleurs auxquelles l'artiste a donné le visage, le costume et les mœurs de la Parisienne et composant ainsi un herbier costumé. (1847)


Art Par kiwaïda at 23:40

26/08/2018

ℙℛℑℰℜ, ♏ѦℛℭĦ€ℛ, ℭѺℵ†ℰℳℙḺ€✞

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Marcher, je me suis demandée pourquoi partout où j'allais, je découvrais de nouvelles chaussures, parce que, de nouvelles marches, de nouveaux sols, de nouvelles façons de penser, de travailler, de savoir-vivre et de savoir-faire. Et ici, des sandales inspirées de l’univers maritime, basé sur le tressage artisanal et utilisant des matériaux réputés pour leur résistance, leur confort et leur ergonomie. La marche fut l'une de mes préoccupations dans l'enseignement, avant qu'un mouvement politique l'utilise comme nom. J'ai revu des photographies de l'un de mes ateliers de recherche avec des collègues et étudiants, rien n'a été publié, c'était une longue marche en périphérie de la ville de Limoges, dont j'avais donné la direction : sans aucune carte, ni repère. De cette longue balade de quelques jours, tant de lieux que nous avons découvert. J'ai gardé des traces, qui me semblent, à l'aune de ce qu'il s'est passé ensuite de dramatique pour moi, assez merveilleuses. De l'ordre du miracle, lorsqu'on y pense un peu plus. C'est juste après ce moment d'introspection pour tous, et de marche, ou du moins, pendant, que l'on fomentait des stratégies pour me pousser à bout et me trouver d'ignobles fautes dans ma profession, que j'aimais et j'aime toujours : enseigner. L'être humain est capable, par lâcheté et ignorance, des pires projets, pour détruire ce qu'il construit patiemment et dans une paix, paradoxale. Dans ce monde sont détruits des activités, chaque jour, pacifistes et remarquables, pendant qu'elles sont détruites, dans le même temps. La difficulté de l'enseignement, est de comprendre que l'ignorance et le savoir, sont intimement mêlés, et démêlés dans l'apprentissage. Ce tissage entre l'apprenti et le maître, lorsque le maître est une femme, est d'autant plus admirable, car il n'y a pas d'assurance de la reconnaissance, ni de traces, ni d'effet "mousse". Pourtant cela pétille, j'ai encore le goût des bulles et les traces délicates dessinées dans ma mémoire. Rien n'a été gâté de notre long chemin d’apprentissage, ni les obstacles, ni les destructions.

Photographies © Sonia Marques (merci à JD <3)


Enseignement Par kiwaïda at 10:58

23/08/2018

ⅾôмℯ ⅾü ღ☺ᾔⅾ℮

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Photographies © Sonia Marques (merci JD <3


Paysage Par kiwaïda at 15:22

εϰ◎тї¢ ρα¥ṧ@❡ℯ

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 15:06

20/08/2018

α ℘яεт⊥¥ ḟłƴ

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river.jpg

Image du film : La nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton

Once upon a time, there was a pretty fly
He had a pretty woman, this pretty fly
But one day she flew away, flew away, flew away
She had two pretty children
But one night these two pretty children
Flew away, flew away, into the sky, into the moon

Il était une fois une jolie mouche...

En 1997, à Vancouver, au Canada, du côté anglophone, je regardais pour la première fois le film, La nuit du chasseur. Il m'avait beaucoup marquée, et je me devais de le revoir. Chose faite ces jours-ci. J'avais quasiment oublié l'histoire et que des enfants étaient les héros de cette aventure. Il me restait en mémoire un conte avec un méchant qui jouait au bien, et c'est ce que l'on devrait encore retenir, mais d'autres personnages de l'ombre, jouent au bien et demeurent innocents. Je découvre cette image, avec les lapins et la barque, et cette chanson avec la voix de l'enfant à la poupée, enchanteresse. Une série de scènes sont impressionnantes, et très contemporaines au niveau du sens qu'elles provoquent. Lorsque le prêcheur fini par enrôler la femme, veuve, et l'épouser et poser sa loi dès la porte refermée, la nuit de noce. Il lui enlève sa dignité en lui demandant de se regarder dans le miroir, et lui rejetant la faute originelle de tout le mal du monde sur elle. Elle n'aura jamais d'affection de sa part, et sera sa pécheresse emprisonnée, sa médiatrice en inversant le mal en bien, jusqu'à être tuée par ce pervers criminel. Ce qui est intéressant, c'est le contexte, les rumeurs qui agissent et poussent une femme qui vit seule avec ses 2 enfants à endosser ce rôle du pêché, puisqu'une femme ne peut pas vivre seule, ni tenir sa maison, sans un homme qui la dirige, selon les croyances populaires. Le rôle de la vieille femme qui fabrique des gâteaux, Icey Spoon, pour laquelle le plaisir sexuel n'est qu'un leurre et un mensonge inventé par les hommes est très important pour la destinée dramatique de cette veuve. Son mari est quincailler et est dominé par cette femme qui ne sait pas garder un secret et s'agite comme un facebook, à créer des réseaux, des rumeurs et projette ce qui serait bon pour les uns et les autres. C'est une petite prêcheuse, niaise, qui va rencontrer le prêcheur machiavélique, celui qui sait mieux qu'elle manier la justice pour détruire tout ce qu'il rencontre. Cette Madame Spoon, un personnage qui n'est pas beaucoup analysé, pourtant ce film est une œuvre artistique très décortiquée, surtout pour les scolaires, est l'outil idéal pour le criminel. Il suffit de l'agiter. Aujourd'hui on peut comprendre ce personnage lorsque les médias valorisent telle ou telle information, qui tourne en boucle. Il faut toujours des personnes pour relayer ces informations, et les plus mauvaises. Et Madame Spoon serait aujourd'hui ce personnage. Un personnage qui poste sur sa page Facebook, tout ce qu'on lui demande de poster (les médias) et les pires informations, celles qui font peur, ou bien les petits préceptes bienséants, moralisateurs, comme des pastilles de gifs animés. Un personnage frustré, une femme castratrice, qui vit par procuration à travers les autres. Cette veuve va lui servir de réceptacle, elle a les outils, elle va faire son commerce, ses gâteaux, et en plus, c'est son employée. Elle la jette littéralement dans les mains du diable, pour à la fin du film, retourner sa veste et souhaiter la mort du prêcheur. Alors que le mal est fait et fait par sa volonté, ses mauvaises rumeurs, sa niaiserie.
Le personnage du prêcheur est un stéréotype, à la fois celui qui est le mal, dans ce qu'il a de plus nuisible, car il porte le masque du bien, beau parleur, et grâce à ses mains, son fameux tatouage duel (Love-Hate), il manipule les autres, un public conquit d'avance, crédule et enseveli sous la religion et la dépression. Il ne dort jamais, le remarquera l'enfant John, le mal ne s'arrête jamais, il harcèle et sonne à toutes les portes, vole, tue et pille, se camoufle, confesse les autres, conspire, simule, ne connait ni l'amour, le sensible... mais s'adosse à la sensiblerie facilement et endosse le beau rôle, celui du sauveur. On peut le voir de nos jours, comme celui ou celle qui se cache derrière le représentant de la justice, du pouvoir, un haut fonctionnaire, un curé, un médecin, un instituteur, un coach sportif, un ministre, un journaliste, un père, un maire, un élu forcément, un mari, avec tout costume honorable, et d'officielles médailles, c'est celui qui change d’institution, d'écoles, d'office, de pays, en détruisant tout sur son passage et toujours blanchi par l'opinion ou la justice (personnage au féminin, oui cela existe aussi). Aujourd'hui, il est même analysé comme un pervers narcissique, celui (ou celle) qui enferme sa proie dans sa toile d'araignée, telle une mouche qui se débat, sans comprendre qu'elle a été emprisonnée psychiquement, et, dans ce film, c'est un criminel. D'ailleurs, la toile d'araignée est un motif qui figure au moment de la barque, lorsque les enfants s'enfuient, et la chanson magique de la petite fille raconte cette histoire de la jolie mouche. Donc c'est un personnage-type, qui donne à ce film une atmosphère immuable et contemporaine, dans notre société, dominée par ces typologies et le phénomène de proies incarné par les enfants, et ici, les lapins.
Madame Spoon est pourtant un ingrédient essentiel, pour que ce gâteau qui gâche la vie, puisse être partagé par autant de lâches qu'il y a d'habitants dans une contrée... dans un facebook. Il y a toujours des disparitions d'enfants et de femmes, mais aucun réseau social ne peut résoudre ce mal, sauf à y participer.


Image du film, Le monde est à toi (2018) de Romain Gavras (l'actrice Gabyy Rose et l'acteur Karim Leklou, respectivement jouant les rôles de Britanny et danny)
Un autre film, vu récemment "Le monde est à toi", sorti en salle ces jours-ci, de Romain Gavras, met en scène une mère qui maltraite son fils, elle l'emprisonne psychiquement et régente sa vie, elle l'infantilise et pourtant, elle est attachante (il est difficile de s'en détacher). Bien que nous sommes très loin de La nuit du chasseur, ce film est une évolution. Aussi un questionnement sur la filiation (et au cinéma, en famille), le héros, Danny, joué par Karim Leklou, pourrait être ce garçon John Harper (l'acteur Billy Chapin), dans La nuit du chasseur, qui veut protéger sa sœur Pearl Harper (l'actrice Sally Jane Bruce), et elle serait cette fille (Brittany, jouée par l'actrice Gabby Rose) prise en otage avec son sac à la grenade terroriste (comme la poupée qui cache l'argent). Ce couple d'enfants maltraités par leurs parents est un duo solidaire qui va entrainer le film (Le monde est à toi) vers une réflexion sur l'émancipation des enfants prisonniers des systèmes familiaux. Ce qui m'intéresse, c'est la place des femmes et leurs rôles.
Brittany, jouée par l'actrice Gabby Rose, est ce syndrome de Stockholm tout en rondeur et en empathie, malicieuse, la part intérieure cachée du père truand manipulateur, que l'on peut retrouver dans Pearl Harper, jouée par l'actrice Sally Jane Bruce, et ses grands yeux clairs et candides, celle qui incarne la pureté, qui ne voit pas le mal, et nulle part (elle se jettera d'ailleurs dans les bras du prêcheur criminel, dès que celui-ci aura retrouver la trace des enfants en fuite) À travers ses yeux, Pearl nous conduit dans la poésie de la reconnaissance, celle qui attend sans cesse, qu'un re/père lui donne sa voix, mais déchante face à la cruauté, tout en s'y lovant, comme dans la main tatouée LOVE du prêcheur. À travers les yeux de Danny (joué par Karim Leklou), d’ailleurs tout aussi grands et clairs, comme la piscine dans laquelle il termine le film, en gros plan d'eau bleu, nous sommes rassurés que la séparation avec la main du mal, ce HATE, cette haine, soit loin derrière. Il est comme John Harper, à la fois conscient de ce qu'il se passe, en train de s'émanciper, et aussi celui qui sécurise, quelque part, dans tout ce chaos perverti. Il cherche un plan, une stratégie pour supprimer ce mal et protéger l'enfant, qui est en lui, mais aussi la petite sœur, ou l'amie de fortune, son double. Les regards en disent longs, et ne s’embarrassent pas de mots. La complicité des prisonniers, de celles et ceux qui savent, est toujours plus forte que les mots. Les prisonniers seraient lovés dans le silence que forment les juges verbeux insensibles, les plus savants.

J'avais réalisé un travail, nommé Hansel, il me fait penser à cette nuit du chasseur. Car il est question d'enfants solidaires, de nuit, de noir et de blanc et d’échappée à travers des images d'inuits, dans un registre très minimal, et poétique. On peut, sans avoir de moyens, créer et former des poétiques de l'espace, rien qu'avec un écran. C'est ce qui m'intéressait dans ce travail, que j'ai mené de façon très intuitive. C'est une économie, une façon magique de créer du sens, inventer une histoire, rien qu'avec une mémoire émotionnelle intérieure.


Image du film Hansel (mars 2013) © Sonia Marques

La chanson de Daniel Balavoine est à l'honneur dans le film de Gavras, elle questionne également les prêcheurs...

La vie ne m'apprend rien
Je voulais juste un peu parler, choisir un train
La vie ne m'apprend rien
J'aimerais tellement m'accrocher, prendre un chemin
Prendre un chemin

Mais je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là
Les lois ne font plus les hommes
Mais quelques hommes font la loi
Et je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là

A ceux qui croient que mon argent endort ma tête
Je dis qu'il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête
Ils croient peut-être que la liberté s'achète
Que reste-t-il des idéaux sous la mitraille
Quand les prêcheurs sont à l'abri de la bataille
La vie des morts n'est plus sauvée par des médailles

Dans son film, c'est dans un projet de vie, simple et non grandiloquent et ironique, que Danny  va tordre le cou à l'oseille facile, dont les caïds ne savent plus que faire (dans les décors filmés somptueusement décadents de la cité du Pont-de-Sèvre, emblématique de la fin des Trente Glorieuses en France et de la Costa Blanca en Espagne, avec Benidorm, ville touristique vorace) Son ambition : distributeur officiel de la franchise « Mister Freeze » sur le territoire marocain, cette marque de bâtonnets de glaces à l'eau sucrés créée en 1973 par LEAF à Chicago et vendue en France depuis 1973. Pour rester dans le rêve d'un enfant, de ce bonhomme de neige télévisuel (chacun son rêve de neige, sa boule de Noël). Dans ce film, les enfants et les adultes sont des pieds nickelés, une expression pour ceux qui ne veulent pas agir, les paresseux, les médiocres malfaiteurs. Filous, hâbleurs, indolents, pas fiables... mais sympathiques. Encore un souvenir, cette fois-ci, je devais avoir 5 ans, lorsque je découvre cette fameuse BD française, "Les pieds nickelés" de 1903, avec Croquignol, Filochard et Ribouldingue, je savais lire, et le remarquant on me donna cette BD d'adultes à lire, lors de mes vacances au club Mickey, au bord de la mer. Être en apprentissage de l'écrit en même temps que des pieds nickelés est fondateur de la compréhension de la société de l'information populaire, dans laquelle on est projeté. C'est avec des Croquignols, des Filochards et des Ribouldingues chanceux qu'il faut s'intégrer !

Ce film à l'avantage, très graphique, de nous rappeler ce que l'humain drogué construit et détruit en un clin d’œil, un peu comme Le Loup de Wall Street, le film de Martin Scorsese (2013), ici, par des vues plongeantes et immersives nocturnes où s'animent des parcours de vie dissolues et clinquantes, faisant miroiter la vacuité, comme autant d'étoiles filantes, des appâts du gain, qui saturent l'espace pour combler le vide sidéral des impensés. Un monde d’orgueil affamé d'oseille. Éblouissant, aveuglant et idiot à souhait, bref un bon divertissement.

* Avertissement : Hansel est âpre et nu et ne divertit pas.


Film Par kiwaïda at 11:10

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