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blog m kiwaïda

22/08/2017

Ṕéґї❡øґḓ √ℯят, ♭ℓαη¢, ρ◎υґ℘ґ℮, ᾔøїґ

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Toutes les photographies © Sonia Marques, et JD


Paysage Par kiwaïda at 01:30

15/08/2017

ℳℰℜ

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A Scene at the Sea > film japonais réalisé par Takeshi Kitano, - 1991.

Avec Kurudo Maki (Shigeru) , Hiroko Oshima (Takako)
Le genre Yakusa, une trajectoire singulière qui s'évade d'un clan.
Le schéma clanique : Dans le film, le personnage s'émancipe du clan des surfers.
Les clans sont déceptifs, ils suscitent de la déception, les personnages de Kitano font l'expérience de cette déception, ils ne s'y retrouvent pas et s'en écartent. Des communautés à la marge qui sont au centre et deviennent mafieuses.
Film tendre où le lien se crée devant la mer, un amour pur et bouleversant, sans presque aucun contact physique. Le couple sourd muet, communique parfois en langage des signes. Ce couple chaste est fusionnel, dans une bulle contemplative.
Détermination malgré les épreuves. Lorsque Shigeru et Takako sont séparés, car le chauffeur du bus ne veut pas de planche de surf dans son véhicule, Takako reste debout dans le bus, elle se soumet à cette attente face à la vitre, elle soutient son amant, elle croit en lui, tandis que Shigeru à pied, sa planche sous le bras va faire le trajet, sans perdre confiance en cet amour qui les lie malgré la distance. Cette séparation impossible rend la scène et le lien très fort lorsqu'ils se retrouvent. Aussi lorsque la mer les sépare, Takako reprend la planche de surf.
Ils n'utilisent pas le langage, ces héros du film m'ont fait penser au film de Ozu, où le petit garçon décide de ne plus parler à ses parents, à la suite de l'interdiction de regarder la télévision. Cette non violence, où le refus devient une invention par l'absence de communication, un art pacifiste, une interruption source de créations, de nouveaux gestes et déplacements. Élégance, sensibilité, finesse des échanges de regards, des sentiments mutiques. Kitano est peintre, avec de l'autodérision, le comique et la contemplation sont des nuances dans un paysage maritime frontal, une scène, où nous sommes aussi ces personnages qui rentrent dans l'eau ou comme les poissons, sautillent de cet élément océanique.
La précarité n'est pas un obstacle, elle fait l'histoire et déjoue les rumeurs des clans de petites communautés idiotes et sans imaginaire, lorsque l'amour soutient chaque étape. Contre l'ennui, source de créativité, d'invention, la trouvaille d'un éboueur de la planche cassée, va réparer le lien avec la mer et l'engager dans une voix singulière, comme celle d'un artiste qui invente quotidiennement sa profession, remettre l'ouvrage sur le métier. La place de la femme, l'assistante, l'amoureuse, devient le guide du chemin initié par la découverte et l'ambition de l'amoureux recycleur des déchets. Comment rendre beau ce qui était rejeté, destiné aux ordures et à la saleté.


Film Par kiwaïda at 11:58

14/08/2017

ßαℓʟεяїηℯ

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Mes Cendrillons (Repettos) sur ma Fanett (Ilmari Tapiovaara) (Photo © Sonia Marques)
Visite du magasin d’usine Repetto, en Dordogne, à Saint-Médard-d'Excideuil, qui vend des articles de surstocks, des chaussures des saisons précédentes, des fins de série et des articles dits de deuxième choix, c’est-à-dire qu’ils présentent des défauts mais ceux-ci n’empêchent pas de porter les chaussures. Cette usine produit, depuis 1967, essentiellement les chaussons de danse et ballerines de la marque, mais pas seulement. Les autres modèles sont même quelques-uns des plus légendaires, comme les chaussures Zizi et BB. Après avoir failli disparaître, Repetto connaît aujourd’hui le succès avec ses mocassins, ballerines de ville, bottes et bottines, babies ou sneakers.
Repetto : une histoire familiale : Rose Repetto, maman d’un prodige de la danse qui décide de créer des chaussons pour son fils qui revenait les pieds meurtris par ses répétitions. Bonne couturière, elle se charge de lui confectionner des chaussons plus adaptés et surtout plus confortables. Dans un atelier situé à deux pas de l’Opéra National de Paris, elle met au point la technique du “cousue & retournée” qui consiste à coudre la semelle en cuir à l’envers avant de la retourner. Grâce à ce savoir-faire unique, Madame Repetto acquiert très vite une grande notoriété et devient la fournisseuse attitrée des danseurs étoiles de l’Opéra Garnier.



Le chanteur belge Stromae, fondateur de la marque Mosaert en 2009 avec sa femme, la styliste Coralie Barbier, ont lancé une collection capsule en collaboration avec la marque de chaussures de danse, Repetto.

La marque Mosaert propose, depuis sa création, des vêtements unisexes et riches en couleurs et présente cette fois-ci, pour sa quatrième collection capsule, des souliers fleuris mixtes. La styliste expliquait que le chanteur avait toujours eu envie de porter des ballerines et qu’il regrettait le fait qu’elles ne soient réservées qu’aux femmes. De là,  Jean-Marc Gaucher, PDG de Repetto, lui en a envoyé une paire et lui a proposé cette collaboration.



Visuels, Brigitte Bardot avec des Repettos (à 18 ans, et aussi dans l'atelier de Picasso)

 Avant de devenir une des stars les plus incandescentes du cinéma français, la jeune Brigitte Bardot était une danseuse classique indéniablement douée. À l'époque, la Repetto ne se portait pas ailleurs qu'aux pieds des petits rats de l'Opéra. Bardot, elle, s'échappa rapidement du carcan de la danse classique pour s'improviser mannequin puis actrice débutante chez Sacha Guitry ou René Clair.  C'est en 1956 que bascule le destin de la simple starlette mariée à son Pygmalion Roger Vadim. Juste avant le tournage de Et Dieu... créa la femme, elle commande à Rose Repetto (fondatrice de la maison), une chaussure aussi légère et confortable qu’un chausson de danse. Mais avec le sex-appeal en plus ! Ainsi naît le modèle Cendrillon, dont le profond décolleté laisse découvrir la naissance des orteils. Moue boudeuse, crinière blonde, Repetto rouge carmin aux pieds: le mythe B.B voit lui aussi le jour dans Et Dieu... créa la femme. Si l'accueil réservé au film de Vadim est un peu frileux dans l'hexagone, les Américains, eux, s'enflamment pour la beauté insolente de Bardot. Grâce à leur fièvre contagieuse, la célébrité de l'actrice explose en France. On n'a jamais vu une sensualité aussi débridée et assumée, assortie d'un parler aussi nonchalant. Porté par ce succès fou, la ballerine peut alors descendre dans la rue et s'invite même à Hollywood. Quant à B.B., avant d'apposer ses initiales chez Gainsbourg (autre amateur de Repetto), elle mènera une vie aussi mouvementée que celle de Juliette, l'héroïne imaginée pour elle par Vadim - dont elle divorcera en 1957. Etre une femme libérée, ce n'est pas si facile... (article Vanity Fair, par Rosemont - 2014)


Entrée du château d'Excideuil lors du Hoop Festival (Photos © Sonia Marques)




Génial au Japon (Photo © Sonia Marques)

Génial au Japon
Quand elles ne composent pas avec leurs copains du groupe Le A, Blandine Peis et Émeline Marceau se réunissent au sein de Génial au Japon pour évoquer les grands espaces, les road-trips infinis et incertains et les sentiments humains dans un dédale de sons modernes, qui laissent la part belle à des rythmiques électroniques, des mélodies pop et des envolées parfois rock. Dans la musique de ces deux Bordelaises, les boîtes à rythme percutent sans jamais froisser les sens, les synthés se dévoilent à travers des nappes célestes ou des basses épaisses tandis que les guitares, déliées ou plus distordues, finissent de tapisser un décor jamais figé, toujours en mouvement. De Blonde Redhead à Radiohead en passant par Portishead, LCD Sound system ou Tame Impala, le duo féminin, créé à l’automne 2015, met en lumière tout un pan du patrimoine pop, rock et électro des années 2000 dans ses chansons habitées qui nourrissent aussi bien les rêves que la réalité. Qu’on vive au Japon… ou ailleurs.


Bloum (Photo © Sonia Marques)

Bloum

voit le jour en 2013. Les six membres se retrouvent autour d’une idée : construire un live où la musique et l’image pourraient se mêler et ainsi former une matière à part entière. Le but étant de proposer un espace où son et image se rejoignent, s’inspirent et se connectent. La notion de croisement a toujours intéressé la formation : Image-son ; électronique-acoustique ; graphisme-vidéo ; plastique-numérique… Chaque matériau serait support de l’autre. Pour ce faire, les membres travaillent en commun du début à la fin de la période de création. Les rôles se répartissent de la manière suivante : Côté sonore : Léo, Paul, Max et Bastien. Musiciens aux parcours bien différents. Du deejaying à l’orchestre classique en passant par le sound design ou la jam session sauvage… Côté visuel : Marie et Glen. Respectivement graphiste et plasticien de formation. Travaillent avec différents outils : vidéoprojection, modules, lumière… Sortes d’instruments d’un orchestre insolite qui répond à l’appel de la musique​.​ Véritable artisanat de la musique, Bloum compose, arrange et mixe ses morceaux de ses petites mains, au même titre que l’identité visuelle du groupe, ses clips, ainsi que les artworks de ses albums.​


Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil  (Photo © Sonia Marques)
Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil : Le site est né de l'imagination d'un couple de lyonnais installé là depuis 22 ans. Et jusqu'en 2031 maximum précisent-ils. Moniqa Ray-Bool est l'artiste propriétaire des lieux, cette ancienne enseignante a disséminé des citations d'auteurs dans tout le parc.




Œuvre de l'artiste chinoise Xuefeng Chen au jardin d'Hélys (Photos © Sonia Marques)

Née en Chine en 1975 dans le Yunnan, Xuefeng a vécu auprès de sa mère dans son village, en pleine campagne et montagne jusqu’à l’âge de 13 ans où elle courait, pieds nus, dans ces paysages. Sa pensée va sans limite entre lacs et montagnes, prés de sa maman un peu chamane, qui connait les rituels ancestraux. Pendant les années d’une enfance heureuse, chaque jour était un voyage inconnu. Sa curiosité la conduite en France, à Strasbourg, à l’école des Arts décoratifs. Pendant ses études, ses recherches dansent autour des cultes, des cérémonies, les gestes de sa maman, les dessins traditionnellement chinois, les écritures, tout ce qu’elle a connu et vu pendant son enfance. Le papier découpé, la broderie, le textile, la sculpture, Xuefeng touche à ces techniques qu’elle fait siennes et navigue dans ses racines pour faire pousser son arbre.

https://www.xuefengchen.fr/
https://www.instagram.com/xuefengchen_art/




Le jardin d'Hélys de Saint Médard d'Excideuil  (Photo © Sonia Marques)

Au piano (Photo © JD)

Nouvelle étagère  (Photo © Sonia Marques)

Paysage Par kiwaïda at 16:56

12/08/2017

J℮ mℯ ﹩üїṧ ṧ℮яяé ʟα ρ℮їηтüя℮

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Je me suis serré la peinture (Photographies © Sonia Marques)


Art Par kiwaïda at 11:27

06/08/2017

℉ÅИ∃✝✞

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Fanette revient chez elle recevoir des noisettes d'amour (Photographie © Sonia Marques)

J'ai vécu sur ces assises, les chaises Fanett du designer et architecte finlandais Ilmari Tapiovaara, icône du design scandinave, de 1950, structure en hêtre, piètement et dossier à barreaux laqués noir, édité par Edsbyverken en Suède, modèle original aux 7 barreaux. Ma mère avait meublé son appartement aux designs nordiques, bien avant la mode en France, dans les années 70. Cela doit marquer une enfant, se balancer sur ces chaises bien dessinées, la ligne, je le vois, en les regardant, est toujours élégante. Je me souviens du bruit qui craque si je me balançais dessus, ce qui a donné une entaille à un barreau, scotché par mon père. Les noms de mes parents ont toujours sonné comme des noms exotiques, du Nord au Sud, comme un nom scandinave ou suédois, comme Alvar Alto, aux lignes bien pensées et aussi comme un pays d'Amérique du Sud, très chaud et malicieux, de couleurs douces, suaves et vives. Ce petit écureuil curieux remercie ces noisettes.

Le designer moderniste, Ilmari Tapiovaara est né en 1914 à Hämeenlinna en Finlande. Il étudie le design d’intérieur et le design industriel à l’Institute of Industrial Arts d’Helsinki où il obtient son diplôme en 1937. De 1935 à 1936, alors qu’il est toujours étudiant, il travaille pour Alvar Aalto dans les bureaux d’Artek à Londres. Après avoir fini ses études, Tapiovaara travaille pendant 6 mois à Paris, comme assistant, dans les bureaux de l’architecte moderniste, Le Corbusier. L’année suivante, il devient le directeur artistique d’Asko Oy, le plus grand fabricant de mobilier de l’époque en Finlande, où il reste trois ans. De 1941 à 1951, il est le directeur artistique et commercial de l’usine ébénisterie à Keravan Puuteollisuus. A l’époque, lui et sa femme Annick, commencent à réaliser des projets de design d’intérieur pour des clients, comme la Domus Academy (1946-47) et le Tech Student Village (1951). Vers 1950, le couple ouvre un bureau à Helsinki, où il se focalise sur le design et le mobilier industriel, souvent commandé par de nombreuses sociétés. Alors que Tapiovaara est surtout connu comme designer d’intérieur et de mobilier, il conçoit aussi des luminaires, verres, textiles (souvent en collaboration avec sa femme), couverts, composants de radios et stéréos jusqu’au milieu des années 1970. Tapiovaara est un grand admirateur du designer et architecte finlandais Alvar Aalto, de par son travail incontestablement fonctionnel. Il a aussi un grand sens des responsabilités sociales, confronté à l’après-guerre en Finlande, Tapiovaara entreprend une approche démocratique du design. Il est convaincu, que tout le monde devrait pouvoir accéder à du mobilier bien conçu à des prix abordables. Par exemple, la chaise Domus(1946) empilable en contreplaqué de bouleau , a été dessinée de sorte à ce qu’elle puisse tenir dans une petite caisse pour faciliter l’exportation aux Etats-Unis. Cette chaise conçue à l’origine pour la Domus Academy est sans doute la plus célèbre pièce de Tapiovaara. Il conçoit également de multiples pièces « destructibles », pouvant être démontées afin de réduire les frais d’expédition. A la fin des années 1950, il voyage au Paraguay afin de concevoir du mobilier pour le compte du programme de développement des Nations Unies, il participe à un projet similaire à Maurice durant le milieu des années 1970. Tapiovaara a aussi enseigné, de 1952 à 1953 il est embauché comme professeur à l’école de design, Illinois Institute of Technology.  Pendant les années 1950, Il enseigne le design d’intérieur et industriel à l’Institute of Industrial Art, puis continu d’enseigner pendant les années 1970 jusqu’au milieu des années 1980. Tapiovaara expose intensivement et gagne plusieurs récompenses, incluant des médailles d’or pour ses chaises à la Triennale de Milan en 1951, 1954, 1957, et 1960; à la Good Design à Chicago en 1950, et à la Finnish State Design en 1971, il reçoit un prix de la Finnish Culture Foundation en 1986 et le Furniture Prize de la SIO Interior Architects’ Association de Finlande en 1990. Ilmari Tapiovaara décède en 1999. En 2014, à l’occasion du centenaire de sa naissance, le Designmuseo d’Helsinki présente une rétrospective de son travail, incluant du mobilier et des croquis.


Art Par kiwaïda at 21:12

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(Photographies Kiwa & JD)

Festival très sympathique :

Il était une fois... un village appelé Les Cars où il y a longtemps une grande fête avait lieu chaque année à la Pentecôte et mobilisait le village entier... Mais c'était il y a très longtemps... Lorsque nous étions enfants. Les graines étaient semées, les idées ont germé...Ces enfants depuis ont bien grandi et ne pouvaient se résoudre à l'idée que ce village retombe dans la tristesse. Ainsi est né le Festival Les Carrioles. A l'image d'un voyage en carrioles, le temps d'un week-end, nous invitons le public à ralentir le temps et à revenir à des choses plus essentielles, se rencontrer, échanger et découvrir les richesses de notre territoire...
En effet, l'organisation du Festival part du constat qu'il existe de très nombreux savoir-faire locaux, qu'il s'agisse des produits fermiers, des artistes ou de l'artisanat, et un besoin de les faire découvrir et de les valoriser. De ce fait, le Festival Les Carrioles se veut un événement vivant, familial, citoyen et festif qui propose une multitude d'animations, de spectacles, d'ateliers... et tout ça dans une démarche de respect de l'environnement et de consommation responsable, afin d'encourager la consommation locale. Il a lieu chaque année le 1er week-end d'Août aux Cars, sur le site des Ribières.

Un éco-festival, c'est-à-dire ?
Le festival "Les Carrioles" est mis en place dans l’esprit du développement local et durable, et souhaite s'inscrire dans une démarche la plus respectueuse possible de notre environnement. Il s'agit en premier lieu, par les animations proposées et les exposants invités, de faire connaître à tous les richesses de notre territoire (agriculture, artisanat, faune et flore, patrimoine, etc...). Nous essayons ensuite de mettre en oeuvre ces principes dans toutes les composantes du festival : par le recours systématique à des produits locaux aux buvettes et à la restauration, l'utilisation de vaisselle compostable ou réutilisable, le tri des déchets, l'impression des documents de communication dans le respect de normes environnementales élevées, l'installation de toilettes sèches, etc …

On y mange super bien, tout est délicieux, l'ambiance est très sympathique, tout le monde se parle, les commerçants, les jeunes et les moins jeunes, pas mal de diversité, des festivaliers libres et pacifiques.

Super concert de Zoufris Maracas et j'ai particulièrement aimé "Chienne de vie", dont le chanteur, Vincent Sanchez (qui a déjà eu plusieurs articles publiés qui relatent sont parcours) Dernier album (2016) Le live de la jungle :

Ah chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé.
Comme s’il fallait tout oublier
A chaque fois que tout s’effondre
Comme s’il fallait recommencer
Et surtout ne jamais confondre
Son présent avec son passé
Et puis courir jusqu’à la tombe
En faisant semblant qu’on est pressé
En slalommant entre les bombes
Celles qu’on à soi-même placées
Celles des autres, celles du monde
Qui finiront par explorer
Ce n’est qu’une question de secondes
Et l’angle dans l’quel on est placé
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé
Comme s’il fallait s’immuniser
Pour à nouveau pouvoir se fondre
Dans la masse des civilisés
Dans laquelle les cons abondent
Les cons aigris, les cons grisés
Les cons vernis, les cons frisés
Les cons groguis, les cons rasés
Et un con à chaque seconde
Une nouvelle variété
Qu’il nous faudrait apprivoiser
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé.
Comme s’il fallait laisser glisser
Tous ces sentiments qui nous plombent
Comme s’il fallait les effacer
Alors qu’on a le cœur qui gronde
Et qu’on voit bien qu’il est blessé
Même si on a d’jà trouvé la blonde
Qui nous permettrait d’oublier
La profondeur à laquelle, ah
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé
Comme s’il fallait tout essayer
Toutes celles qui passent sur la route
Et toutes les déshabiller
Pour s’économiser du doute
Qu’on aurait voulu y goûter
Juste un petit peu juste quelques gouttes
Pas trop pour pas s’habituer
Assez pour fracasser son couple
Ah, chienne de vie, chienne de vie,
Chienne de vie, chienne de vie
Mais par où me fais tu passer?
Chienne de vie, chienne de vie, chienne de vie
Moi qui n’avait rien demandé

Paroliers : Vincent ALLARD / Vincent SANCHEZ / Youri KETELERS

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Paysage Par kiwaïda at 14:34

05/08/2017

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Les Forces vives (chevaux en bronze de 1983), sculpture de Charles Correia, fontaine à Épinay-sur-Seine (photographie Sonia Marques)

Charles Correia est un sculpteur français d'origine portugaise, né en 1930 à Setúbal (Portugal) et mort accidentellement en 1988 à Moita (Portugal). Il naquit en 1930 au Portugal. Il arriva très jeune en France. Il entra à l'école des beaux-arts de Nantes en 1947, puis à l'École des beaux-arts de Paris en 1950, dans l'atelier de Marcel Gimond1. Spécialisé dans le travail du bronze, il devint un des rares sculpteurs en France à pouvoir vivre de son art. Dans les années 1980, après la création du Centre national des arts plastiques, il reçut la commande de plusieurs œuvres monumentales, dont le groupe des Maréchaux. L'Œil disait de son art en 1984, à l'occasion d'une exposition de ses œuvres : « Les sculptures de Charles Correia sont des œuvres de maturité accomplie, conformément aux principes d'une esthétique et d'une éthique où la flamme d'un tempérament n'est plus à découvrir ».

Force vive (photographie JD)

La Genèse (femme en bronze), devant la mairie d'Épinay-sur-Seine, sculpture de Charles Correia (photographie Sonia Marques)

(Détail)

L'Esclave mourant (copie) de Michel-Ange (photographie Sonia Marques)  

L'Esclave mourant est une sculpture du peintre italien et sculpteur de la Renaissance Michel-Ange, conservée aujourd'hui au musée du Louvre à Paris, avec L'Esclave rebelle. Ces deux figures d'esclaves (exécutées entre 1513 et 1516), destinées initialement au Tombeau de Jules II, furent écartées dès 1542 de la version définitive du tombeau. Ces deux statues, qui restent inachevées, ont été offertes en 1546 par Michel-Ange à son ami Roberto Strozzi, qui, en exil, en a lui-même fait don ensuite au roi de France François Ier. Des collections de Montmorency, puis au château d'Écouen au XVIe siècle, ensuite dans celles de Richelieu, elles sont saisies comme biens d'émigrés sous la Révolution en 1792. Elles sont présentées au musée du Louvre dès le 28 août 1794. Exécutés entre 1513-1516 dans le cadre de la décoration du tombeau de Jules II, au programme particulièrement ambitieux et soumis à de nombreuses évolutions, L'Esclave rebelle et l'Esclave mourant furent laissés inachevés par leur auteur, qui les écarta de la version définitive du tombeau. Les deux sculptures furent ensuite offertes par Michel-Ange à Roberto Strozzi, qui les emporta avec lui en France, où elles sont actuellement conservées, au musée du Louvre. Malgré ces vicissitudes, ces deux Esclaves, parfois appelés Captifs ou Prisonniers, notamment par Vasari, furent immédiatement reconnus comme des réalisations majeures de l'artiste.

Remarquables pour leurs corps expressifs et contorsionnés inspirés par la statuaire antique, ces sculptures se prêtent encore aujourd'hui à de nombreuses interprétations et controverses. Sur un plan philosophique, l'esclavage qu'elles incarnent peut renvoyer à la vision néoplatonicienne chère à Michel-Ange de l'âme enchaînée à un corps pesant, dont il faut s'affranchir. Elles représenteraient ainsi un mouvement de libération et d'émancipation intellectuelle et philosophique du sujet.

Le roi et la reine de Janine Janet (1959) Bois et clous (photographies Sonia Marques)  

L’œuvre de Janine Janet est liée au Tout-Paris des années 50 et 60. Son enfance à l’île de la Réunion développe son imaginaire baroque, un goût pour la nacre, les madrépores, les coquillages, les écorces et les pierres. Les soumettant à d’étranges métamorphoses, elle crée des naïades, faunes, licornes et autres féeries avec une technique qui relève de l’art du tabletier, du relieur ou du rocailleur. Sa formation classique lui donne une excellente maîtrise des techniques plastiques. Balenciaga, Givenchy, Balmain, Nina Ricci lui confient leurs vitrines. Jean Cocteau lui commande les costumes, masques et sculptures du Testament d’Orphée. Elle conçoit des décors pour Francine Weisweiller, Paul-Louis Weiller, le prince Ali Khan, crée une Vénus en bronze doré pour le Queen Elizabeth II, dessine des modèles pour la Manufacture nationale de Sèvres, Haviland, Arthus-Bertrand. Illustré par ses projets aquarellés, les photos de Brassaï, de Lucien Clergue et de Roland Beaufre, cet ouvrage révèle la richesse d’une créatrice qui a marqué un moment privilégié des arts décoratifs français.

L'Enlèvement des Sabines (1579–1583) est une sculpture de Giambologna.

Elle représente trois figures (un homme soulevant une femme au-dessus d’un deuxième homme accroupi) et fut sculptée à partir d'un unique bloc de marbre. N'ayant pour but originel que de démontrer la capacité de l'artiste à composer un groupe sculptural complexe, le thème de l'œuvre fut trouvé après que François Ier de Médicis, Grand Duc de Toscane, eut décrété qu'elle serait présentée au public dans la Loggia dei Lanzi de la place Piazza della Signoria, à Florence. L'œuvre est signée OPVS IOANNIS BOLONII FLANDRI MDLXXXII (Œuvre de Jean de Bologne des Flandres, 1582). On en trouve une version préparatoire en bronze mettant en scène seulement deux personnages au Musée Capodimonte de Naples. Giambologna révisa ensuite son schéma avec un troisième personnage : deux modèles de cire de cette œuvre sont actuellement au Victoria and Albert Museum à Londres. Enfin, l'épreuve en plâtre de dimension réelle pour la sculpture finale, exécutée en 1582, est présentée à la Galerie de l'Académie de Florence. Cette œuvre est une prouesse technique : l'artiste fait tenir sur une seule base trois personnages dont les corps sont organisés sous une ligne serpentine. On y retrouve toute une série de spirales et de mouvements giratoires. Il n'y aucune tension même chez la sabine enlevée par les romains et aucun élément ne sort de l'espace de la base. Ce groupe est une œuvre du mouvement artistique maniériste. Des réductions de bronze de la sculpture, produites dans le studio personnel de Giambologna ou par des copistes, faisaient presque toujours partie des collections des connaisseurs du XIXe siècle.

L'enlèvement des Sabines est un épisode légendaire de la fondation de Rome.

D'après la légende, Romulus fonde Rome puis tue son frère Rémus lors d'une querelle et devient le roi de la cité. Des hommes le rejoignent. Mais pour agrandir une ville, il faut à la fois des hommes et des femmes et les Romains n'inspirent pas confiance aux rois des cités voisines. Alors Romulus et ses compagnons ont une idée. Ils organisent une fête en l'honneur du dieu Consus et invitent les peuples voisins. Les Sabins viennent avec leurs filles. Au signal de Romulus, qui consistait a s'envelopper dans les pans de sa capes, les Romains capturent les jeunes filles et écartent les pères. Puis ils prennent les Sabines comme épouses. Titus Tatius, roi des Sabins, déclare alors la guerre aux Romains. La guerre dure jusqu'à que les Sabines s'interposent entre leurs pères et les Romains. Titus Tatius et Romulus partageront alors la royauté pendant cinq années. À la mort de Titus Tatius, celui-ci est enterré solennellement sur le mont Aventin.

TITE - LIVE (59 av. J. - C.  – 17 ap. J. - C.), Histoire romaine, I,9

Déjà Rome  était  assez  puissante pour ne  redouter aucune  des  cités  voisines;  mais  elle  manquait  de femmes, et une génération devait emporter avec elle toute cette grandeur: sans espoir de postérité au sein de la ville, les Romains  étaient aussi sans alliances  avec leurs voisins. C'est  alors que, d'après l'avis du sénat, Romulus leur envoya des députés, avec mission de leur offrir l'alliance du nouveau peuple par le sang et par les  traités. "Les  villes,  disaient-ils,  comme  toutes  les  choses  d'ici-bas,  sont  chétives  à  leur  naissance;  mais ensuite,  si  leur  courage  et  les  dieux  leur  viennent  en  aide,  elles  se  font  une  grande  puissance  et  un  grand nom. Vous ne l'ignorez pas, les dieux ont présidé à la naissance de Rome, et la valeur romaine ne fera pas défaut  à  cette  céleste  origine;  vous  ne  devez  donc  pas  dédaigner  de  mêler  avec  des  hommes  comme  eux votre  sang  et  votre  race." Nulle  part  la députation  ne  fut  bien  accueillie,  tant  ces  peuples  méprisaient  et redoutaient à la fois pour eux et leurs descendants cette puissance qui s'élevait menaçante au milieu d'eux. La  plupart  demandèrent  aux  députés  en  les  congédiant:  "Pourquoi  ils  n'avaient  pas  ouvert  aussi  un  asile pour les femmes? Qu'au fond c'était le seul moyen d'avoir des mariages sortables."La  jeunesse  romaine  ressentit  cette  injure,  et  tout  sembla  dès  lors  faire  présager la violence.  Mais, dans  la  pensée  de  ménager  une  circonstance  et  un  lieu  favorables,  Romulus  dissimule  son  ressentiment  et prépare, en l'honneur de Neptune Équestre, des jeux solennels, sous le nom de Consualia. Il fait annoncer ce spectacle dans les cantons voisins, et toute la pompe que comportaient l'état des arts et la puissance romaine se déploie dans les préparatifs de la fête, afin de lui donner de l'éclat et d'éveiller la curiosité. Les spectateurs y accourent en foule, attirés aussi par le désir de voir la nouvelle ville, surtout les peuples les plus voisins:les Céniniens, les Crustuminiens, les Antemnates. La nation entière des Sabins vint aussi avec les femmes et les  enfants.  L'hospitalité  leur  ouvrit  les  demeures  des  Romains,  et  à  la  vue  de  la  ville,  de  son  heureuse situation,  de  ses  remparts,  du  grand  nombre  de  maisons  qu'elle  renfermait,  déjà  ils  s'émerveillaient  de son rapide accroissement. Arrive le jour de la célébration des jeux. Comme ils captivaient les yeux et les esprits, le projet concerté s'exécute: au signal donné, la jeunesse romaine s'élance de toutes parts pour enlever les jeunes  filles. Le  plus  grand  nombre  devient  la  proie  du  premier  ravisseur.  Quelques-unes  des  plus  belles, réservées aux principaux sénateurs, étaient portées dans leurs maisons par des plébéiens chargés dece soin. Une  entre  autres,  bien  supérieure  à  ses  compagnes  par  sa  taille  et  sa  beauté,  était,  dit-on,  entraînée  par  la troupe d'un sénateur nommé Talassius; comme on ne cessait de leur demander à qui ils la conduisaient, pour la préserver de toute insulte, ils criaient en marchant: 'à Talassius'. C'est là l'origine de ce mot consacré dans la cérémonie des noces.La terreur jette le trouble dans la fête, les parents des jeunes filles s'enfuient frappés de douleur; et, se récriant contre cette violation des droits de l'hospitalité, invoquent le dieu dont le nom, en les attirant à la solennité  de  ces  jeux,  a  couvert  un  perfide  et  sacrilège  guet-apens. Les  victimes  du  rapt  partagent  ce désespoir et cette indignation; mais Romulus lui-même, les visitant l'une après l'autre, leur représente "que cette violence ne doit être imputée qu'à l'orgueil de leurs pères, et à leur refus de s'allier, par des mariages, à un peuple voisin; que cependant c'est à titre d'épouses qu'elles vont partager avec les Romains leur fortune, leur patrie, et s'unir à eux par le plus doux nœud qui puisse attacher les mortels, en devenant mères.Elles doivent donc adoucir leur ressentiments, et donner leurs cœurs à ceux que le sort a rendus maîtres de leurs personnes. Souvent  le  sentiment  de  l'injure  fait place  à  de  tendres  affections.  Les  gages  de  leur  bonheur domestique sont d'autant plus assurés, que leurs époux, non contents de satisfaire aux devoirs qu'impose ce titre, s'efforceront encore de remplacer auprès d'elles la famille et la patrie qu'elles regrettent."
À ces paroles se  joignaient  les  caresses  des  ravisseurs,  qui  rejetaient  la  violence  de  leur  action  sur  celle  de  leur  amour, excuse toute puissante sur l'esprit des femmes.

Traduction du latin par M. Nisard (1864)


OVIDE (43av. J.-C. –17 ap. J.-C.), L’art d’aimer, I, 101-132

C'est  toi,  Romulus,  qui  mêlas  le  premier  aux  jeux  publics  les  soucis  de  l'amour,  lorsque  l'enlèvement  des Sabines  donna  enfin  des  épouses  à  tes  guerriers.  Alors  la  toile,  en  rideaux  suspendue,  ne  décorait  pas  des théâtres  de  marbre;  le  safran  liquide  ne  rougissait  pas  encore  la  scène.  Alors  des  guirlandes  de  feuillage, dépouille des bois du mont Palatin, étaient l'unique ornement d'un théâtre sans art. Sur des bancs de gazon, disposés en gradins, était assis le peuple, les cheveux négligemment couverts. Déjà chaque Romain regarde autour de soi, marque de l'œil la jeune fille qu'il convoite, et roule en secret dans son cœur mille pensers divers. Tandis qu'aux sons rustiques d'un chalumeau toscan un histrion frappe trois fois du pied le sol aplani, au  milieu  des  applaudissements  d'un  peuple  qui  ne  les  vendait  pas  alors,  Romulus  donne  à  ses  sujets  le signal  attendu  pour  saisir  leur  proie.  Soudain  ils  s'élancent  avec  des  cris  qui  trahissent  leur  dessein,  et  ils jettent  leurs  mains  avides  sur  les  jeunes  vierges.  Ainsi  que  des  colombes,  troupe  faible  et  craintive,  fuient devant  un  aigle,  ainsi  qu'un  tendre  agneau  fuit  à  l'aspect  du  loup,  ainsi  tremblèrent  les  Sabines,  en  voyant fondre sur elles ces farouches guerriers. Tous les fronts ont pâli : l'épouvante est partout la même, mais les symptômes en sont différents. Les unes s'arrachent les cheveux, les autres tombent sans connaissance; celle-ci pleure et se tait; celle-là appelle en vain sa mère d'autres poussent des sanglots, d'autres restent plongées dans  la  stupeur.  L'une  demeure  immobile,  l'autre  fuit.  Les  Romains  cependant  entraînent  les  jeunes  filles, douce  proie  destinée  à  leur  couche,  et  plus  d'une  s'embellit  encore  de  sa  frayeur  même.  Si  quelqu'une  se montre  trop  rebelle  et  refuse  de  suivre  son  ravisseur,  il  l'enlève,  et  la  pressant  avec  amour  sur  son  sein "Pourquoi, lui dit-il, ternir ainsi par des pleurs l'éclat de tes beaux yeux ? Ce que ton père est pour ta mère, moi,  je  le  serai  pour  toi."  Ô  Romulus  !  toi  seul  as su  dignement  récompenser  tes  soldats  :  à  ce  prix,  je m'enrôlerais volontiers sous tes drapeaux.

Traduction du latin par M. Heguin de Guerle et M. F. Lemaistre (1927)

Renaissance (photographie Sonia Marques)

Merci pour ces promenades


Art Par kiwaïda at 11:32

21/07/2017

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Sonho de uma Noite de Verão
Sonia sonha

Foi só um sonho

Sonho de uma Noite de Verão (Photographies © Sonia Marques)

Art Par kiwaïda at 18:19

14/07/2017

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La cheffe de cabinet et le psychiatre (sculptures avril 2017 © Sonia Marques et JD)

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L'inspecteur  (photographie juillet 2017 © Sonia Marques)

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Papa et maman  (photographie et dessin le 13 juillet 2017 © Sonia Marques)

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Le bouquet final  : BISOUS  (photographie le 13 juillet 2017 © Sonia Marques)

Philosophie Par kiwaïda at 17:07

09/06/2017

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Artist's book

Resign by Sonia Marques © 2017

& new website : kiwaida.nu


Art Par kiwaïda at 18:55

11/05/2017

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Photographie © Sonia Marques

Animal Par kiwaïda at 12:03

01/05/2017

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Photographies © Sonia Marques

apprentissages

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Photographie © Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 17:07

18/04/2017

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2017 (Photographie © Sonia Marques)

Enseignement Par kiwaïda at 13:00

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Paesonia (Photographie © Sonia Marques)
Les pivoines, {genre Paeonia du grec ancien >propre à guérir, salutaire) - païônía : pivoine, plante médicinale} sont des plantes à racines tubéreuses, originaires de diverses régions de l’Europe à l’Extrême-Orient, notamment de Chine, où elles sont associées à la ville de Luoyang, ainsi que de l’ouest des États-Unis.
Péon (Παιὠν - Paiôn) était un des plus anciens dieux guérisseurs des Grecs.
Les anciens Grecs dénommaient aussi la pivoine paiônia.
Les astrologues grecs affirmaient qu'il existait une parfaite unité du cosmos, se traduisant par une interdépendance entre les éléments qui le composent. Ils décrivaient ainsi des "chaînes" verticales, reliant entre eux divinités, astres, pierres, animaux, plantes, parties du corps. La plupart des textes astrologiques de l'Antiquité reliaient la pivoine à la Lune : la pivoine croissait et diminuait selon les phases lunaires. Elle avait la vertu de soigner les fièvres cycliques, les éruptions cutanées, et de hâter la cicatrisation des plaies. La pivoine était aussi une plante magique, dont la cueillette était entourée de pratiques rituelles, déconcertantes pour l'homme moderne.

« Cette plante, que l'on appelle aussi γλυκυσίδη / glukusidê, doit être arrachée la nuit ; si on l'arrache de jour, et que l'on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux, et si on coupe la racine, on risque la procidence de l'anus » (Histoire des plantes, IX, 8, 6.)

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 Tree peony and butterfly (Katsushika Hokusai / 1760-1849)

Philosophie Par kiwaïda at 12:29

27/02/2017

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Les voiles blanches (Photographie © Sonia Marques - janvier 2014)



NON
fermer
retirer
retrait
censure
plier bagage
plier boutique
pluie battante
empiler les chaises
cesser son activité
tirer un trait
faire faillite
plier la vie
démissionner
se démettre
renoncer
oublier
rompre
rayer
migrer
migrant
migration
redéployer
découvrir
déplier
écrire
ouvrir
OUI



Art Par kiwaïda at 19:46

09/02/2017

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Speak low if you speak love, photographie (Sonia Marques) du spectacle de Wim Vandekeybus, MCB Bourges

Speak low if you speak love, photographie (Sonia Marques) du spectacle de Wim Vandekeybus, MCB Bourges

 « Speak low if you speak love ».
(Parlez doucement quand vous parlez d’amour).
William Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien

Dans cette dernière création, le chorégraphe Wim Vandekeybus part à la quête de l'amour, insaisissable, exacerbant les passions. Mêlant classique, contemporain et rock expérimental, la chorégraphie insuffle avec énergie désir et violence. En trente années d’existence, le chorégraphe et sa compagnie Ultima Vez ont inventé leur propre langage du mouvement, fait de tensions, conflits, risques et impulsions tout en accordant une place prépondérante à la musique. Après le succès de leur collaboration sur nieuwZwart en 2009, Wim Vandekeybus travaille de nouveau avec Mauro Pawlowski et son groupe de rock dEUS. Sur scène, ils sont accompagnés de la charismatique chanteuse sud‑africaine Tutu Puoane, déesse à la silhouette sculpturale. De sa voix envoûtante, elle passe d’un registre vocal à l’autre et irradie le plateau de sa présence mystérieuse. La communauté de danseurs, contemporains et classiques, expérimente les relations au sein du groupe suscitant le jeu, la tentation, la provocation, l’abandon. Vandekeybus envisage la relation à l’autre dans un rapport de force. Les corps défient la pesanteur, se télescopent, sont projetés dans les airs ou à terre pour ressurgir avec toujours plus d’énergie.
Intense !

Mise en scène, chorégraphie, scénographie Wim Vandekeybus
Créé avec & interprété par Jamil Attar Livia Balazova Chloé Beillevaire David Ledger Tomislav English Nuhacet Guerra Segura Sandra Geco Mercky Maria Kolegova

Musique originale (live) Mauro Pawlowski Elko Blijweert Jeroen Stevens Tutu Puoane
Assistante artistique & dramaturge Greet Van Poeck
Assistants mouvement Iñaki Azpillaga Máté Mészáros Styling Isabelle Lhoas assistée par Isabelle De Cannière
Création lumière Davy Deschepper Wim Vandekeybus
Création son Bram Moriau Antoine Delagoutte
Régie plateau Tom de With
Conseil scénographie Isabelle Lhoas Davy Deschepper
Atelier costumes Lieve Meeussen
Coordination technique Davy Deschepper


Voici l'annonce sur la Maison de la Culture de Bourges, ce lieu des années 60 "qui résulte de la conjonction d'heureuses coïncidences et de rencontres humaines décisives sur un terreau culturel fertile. Tous les ingrédients sont réunis pour donner le coup d'envoi à la première Maison de la Culture de France dans un lieu spécialement dédié aux arts."
Là c'était à l'auditorium, un peu plus loin que la MCB, actuellement fermée (cf. 1964, les maisons de la culture > INA)

Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un spectacle de Wim Vandekeybus: Époustouflant !
Comme la dernière fois, il y a 20 ans : la claque !

J'avais vu "What the Body Does Not Remember", c'était fin des années 80, Paris. J'étais danseuse de danse contemporaine, quelques spectacles, une scénographie même, pour la chorégraphe que je suivais, une sélection aux Plateformes de Seine-Saint-Denis, puis ce choix draconien, je postule pour l'école beaux-arts de Paris, je fus sélectionnée, je ne danse plus. J'avais ces souvenirs des corps meurtris, des échanges entre danseurs de l'apparence, des corps toujours, de son exposition, du désir d'être vu, en scène, nu. Les pieds, les bleus, matériaux de souffrance, esclaves de chorégraphes, des jours et des nuits de labeur, des filages, et tout pour un soir.

Une belle expérience, le sentiment très tôt, que certaines carrières ne peuvent aller au-delà de la vingtaine. J'ai tout appris aussi de la musique, des accompagnements, des musiques du monde, j'avais entrainé des amis, ma famille, j'avais réalisé des nuages en pierre de plâtre, j'étais sculpteur, un sculpteur très particulier, j'avais constellé le sol, les danseurs sautaient dessus, les grosses pierres et les cailloux. Alors, dans le même temps, je me cultivais, et j'ai découvert Wim Vandekeybus. Quelle ne fut pas ma surprise, un spectacle pluridisciplinaire avant l'heure, moi qui allait découvrir le grand retard des écoles d'art en rentrant y étudier, et dans la meilleure de France, où pas une fois ce mot pluridisciplinaire n'était compris, pire, il fallait être monolithe, monochrome et chromophobe, et mono-médium. Mais, dans mes bagages, des gestes, entropiques, légers, puissants, dynamiques, un corps svelte et très musclé, un esprit saillant. De la pommade ce soir, donc.

C'était dingue, découvrir, en 1987, le fascinant début de Wim Vandekeybus, le belge, et sa compagnie "Ultima Vez" (un nom portugais de "dernière fois", qui me disait, avec saudade "première fois") un bouleversement dans cette solitude d'une jeune artiste confrontée brutalement à la danse belliqueuse, aux jeux d'attractions et répulsions et tous ces danseurs qui ne cessent de courir partout, avec une énergie salvatrice, nous arrachant aux turpitudes des réactionnaires. C'était transportant, inoubliable. Une maîtrise qui m'avait parue angélique et diabolique, dévastatrice, dans le sens, où l'excellence artistique était manifestement d'un autre pays que celui où je vivais. Et je suis partie tout de même sillonner des contrées périlleuses, faire des tranchées dans la terre, creuser des souterrains et des galeries, en rencontrant d'autres taupes qui savaient aussi. C'était sans aucun doute le début de son parcours. Le défi de la gravité, chacun son périple périlleux, son idée du défi. La grande histoire du mouvement.

Hier soir, après une journée bien remplie de cours et de projets avec les étudiants, « Speak low if you speak love », m'a donné une impulsion, le genre qui vous fait décoller du sol pour longtemps, le courage. Spectacle magnétique, sensuel, onirique, envoûtant, toujours dans le non-contrôle contrôlé, cru, cri. J'ai la chaleur d'un vêtement trempé de sueur de danseurs envoyé sur moi, au premier rang, et les fulgurances de leurs gestes et cris, et tensions.

Les Amants : tableau surréaliste de René Magritte, qu'il a peint en 1928

Premier tableau et je vois ces couples avec un voile qui voile leurs visages. Je pense à Magritte, à ce baiser des amants qui se cachent pour vivre leur amour. Ils s'aiment sans se voir / ils se connaissent déjà et n'ont donc pas besoin de se voir pour s'aimer / Se voir n'est pas important pour s'aimer / Pour vivre heureux il faut vivre caché. Le corps de la mère de Magritte, qui s'est suicidée dans les eaux de la Sambre alors qu'il était adolescent, fut retrouvé le visage couvert d'un tel tissu... René Magritte (1898 – 1967) Peintre belge et surréaliste. Belge comme Wim Vandekeybus.
Je venais de quitter de grands dessins, celui d'une étudiante avec un grand voile, comme une cascade d'eau, que nous avons acheminé avec l'assistante en photographie de l'école d'art de Bourges. Tous cultivés, ils ont cette chance d'avoir vu tant de spectacles de Win Vandekeybus, et de savoir les distinguer tous, repérer les évolutions, équipe administrative aguerrie, voici de quoi échanger sur l'art et les manière et les audaces. De même, avec une précision et une radicalité qui font tordre les mauvaises langues, j'enseigne à leurs côtés, avec leur aide et l'on pousse les plus jeunes, dans chacun de leurs gestes et réflexion, un peu plus loin. La contrainte impose un respect, là où le grand n'importe quoi a dévasté les cours et écraser les études plus approfondies. La rigueur apparaît comme une menace dans ces animations culturelles imposées pour faire de l'audience, pour séduire ce que l'on nomme "le populaire". Alors je précise, nous apprenons, nous prenons du temps, là où l'on nous impose de zapper, de répondre à mille demande à la fois, d'être partout et nul part, d'être ici et ailleurs, de ne plus être, de ne plus savoir qui est qui faire quoi ou ça. Alors j'aime beaucoup cette méthode rigoureuse et impartiale comme un art martial, poser petit à petit les bases, faire croire que cela n'est pas libre, resserrer les possibles, se servir de juste un seul outil, en tirer toutes les vertus, puis, au fur et à mesure, progresser et trouver son propre geste, jusqu'à ce qu'il dépasse tous les stéréotypes, les rumeurs, les influences de passage, les tendances toujours dépassées dès qu'elles signent l'alarme de ce qu'il faut faire, et puis, la liberté apparaît, inébranlable (pas cette de la Fillonnade du moment) et là, seulement là, les possibles. Il faut sauver les Théo du système policier, des thèmes homophobes des représentants de l'autorité, des délégations des signatures des ministères. À mort la matraque !

Extrême que ce spectacle spirituel, charismatique la chanteuse sud-africaine Tutu Puoan, vertiges de la musique de Mauro Palowski. Chacun à la batterie, des pieds, des mains, de l'archer sur les cordes d'une guitare. Les danseurs et les danseuses, l'élite, cela fait même très peur, cette élite, il sont bons, ils s'affirment tous, avec un caractère supérieur, autonome, déglingué complet, siphonné quoi ! Des solos d'une grande générosité. Cet amour recherché et traduit par les tensions, la séduction, les sexes, sans associations faciles, tout est difficile, il n'y a que de la difficulté, à se rencontrer, se toucher, s'insulter, se pétrir, se porter, se lancer, se défier sans cesse, du regard aux poils, aux tatouages (maintenant c'est quelque chose de commun) aux parties génitales comme parties de la scène. Punk, dévastés, endiablés, en transe, possédés, aliénés, chacun, chacune, dévoués à ce culte de l'amour, des passions dévorantes et dragueuses, rageuses, incompréhensibles, mais tout de même, rien de répugnant, de la pudeur dans l'impudique, du voile et du nu, de la provocation, celle d'être dans le public, de lui lancer des cordes, d'amarrer un peu plus dans la scène, lâchement, de le narguer, ce public soumis, assis et si silencieux : attention danger, nous crie-t-on, réveillez-vous, nom de Dieu ! Qui veut aller dans le cercueil ? Ces jeunes gens y passent et trépassent, s'enferment et chantent, démontent la mort, remontent l'amour. Je pense toujours à Iggy Pop quand je vois les danseurs de Vandekeybus. Celui qui crie, à la barbe blonde, à la verge claire, entre homme des bois et enfant jaloux qui interpelle la justice invisible, les lumières. Et puis cette scénographie envoûtante de ces voiles, hautes tentures suspendues, véritables œuvres contemporaines plus légères et transparentes que l'air lourd des corps chargée d'eau de sueur. Les couleurs parmes et bleues et roses et rougissantes, à peine, qui laisse transparaître les musiciens, le monsieur avec le haut-de-forme. L'aspect chamanique est soulevé, extatique dans des solos de fièvre. Il dévoile la passion, puis la voile d'un air négligé. Les corps à corps se désaccordent et s'étripent, se jettent du sang : prendre de la peinture rouge dans sa culotte et la maculer sur le visage d'un homme. Des invitations sorcières. Des portées, des jetées passionnels d'une dramaturgie discontinue, déluges d'élans, avec d'infimes frôlements en guise de douceur, de bien piètres réconciliations, car ici, tout est séduction et détachement. Les attachements et attaches sont fugaces comme la soie qui effleure les musiciens. Et puis il y a ces espèces de plantes vertes, qui bougent toutes seules, ou animées grossièrement, cachettes trucages. Un arc, une seule flèche tirée par une femme intrépide et attrapée par la main d'un homme non cupide. Il y a ce radeau tiré, ou cette cordée, ce naufrage des chenapans élitistes, chacun nous toise, nous les petits, fêtant leurs quelques années encore de gloire, car le corps a son temps, mais l'esprit, plus vaillant, est la figure de prou d'une communauté de la danse. Alternance de duos sensuels et moments de groupe et d'humour, les robes rouges, les folklore revisités, de petites folies drôlatiques, une histoire de Pina Bauch, d'Anne Theresa De Keersmaeker, dans la course à l'amour. Les spectacles de Wim Vandekeybus sont viscéraux et élégants, somptueux dans la précarité des accessoires et de l'espace comme ventilé et suspendu, en attendant les attaques des oscillations amoureuses. L'amour est insaisissable, il se détourne, se sublime, se maudit, se fait attendre et n'est que surprise, emprise, rêve, charisme. Jazz impro, l'amour, cela fait du bien.

Le goût du risque


Wim Vandekeybus :

« Mauro est un maître du rythme, de la soul et de la virtuosité. Lui et sa musique intriguent, ils osent, ils sont sans peur. Sa musique vous atteint en plein ventre et bouleverse votre conscience. »

 

 


Art Par kiwaïda at 01:42

06/02/2017

ḉøüґαℊℯ

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Ten Meter Tower (16’) / 2016

Swedish title Hopptornet
Co-directed with Axel Danielson.

A ten meter diving tower. People who have never been up there before have to choose whether to jump or climb down. The situation itself highlights a dilemma: to weigh the instinctive fear of taking the step out against the humiliation of having to climb down. Ten Meter Tower is an entertaining study of the human in a vulnerable position.

Maximilien Van Aertryck est né à Paris en 1989. Formé à la réalisation en Suède, il est membre de Plattform Produktion à Göteborg depuis 2013. Axel Danielson est né en 1976 à Vittskövle, en Suède. Il a d’abord été pompier professionnel à Kristianstad avant d’étudier le cinéma à  Göteborg. Il est lui aussi membre de Plattform Produktion depuis 2013.
Credits
Director, cinematographer, editor: Maximilien Van Aertryck, Axel Danielson
Producer: Axel Danielson, Erik Hemmendorff
Sound & mix: Gustaf Berger, Lars Wignell / Auditory
Creative advisers: Cecilia Björk, Kalle Boman, Ruben Östlund
Grading: Nikolai Waldman
Graphic design: Lukas Möllersten
Produced by Plattform Produktion.




Art Par kiwaïda at 10:27

03/02/2017

ᒪᙓ ᔕᗴᒪ ᖱᗴ ᒪᗩ ᐯᓮᗴ

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SAL


Salaire, du latin salarium (“solde”), partie de la solde des troupes romaines, versé en sal “sel”.
Le salaire est donc une rémunération pour un travail. L'emploi de salaires bien ou mal distribués, contribue beaucoup à la prospérité ou à la dégradation d'un système, d’un pays, d’un royaume, à la régularité ou au dérèglement des mœurs d'une Nation, et à l'accroissement ou à la diminution de la population. Si le mot « salaire », au sens propre, peut se comprendre comme la récompense d’un service, car toute peine mérite salaire, au sens figuré, c’est une punition, un châtiment qui mérite une mauvaise action, comme avoir le salaire de ses crimes. Le salaire se transforme en punition, lorsqu’un.e employeur.e estime qu’un.e employé.e ne mérite pas son salaire. Il peut être saisi, diminué ou supprimé. L’employé.e peut avoir des dettes, s’endetter. L’employeur.e doit toujours motiver une saisie sur le salaire et l'employé.e doit être averti et passer devant un juge au tribunal. Dans les cas de harcèlements et de discriminations, ces étapes sont rapidement évitées. Les stratégies de l’évitement des « indésirables » sont multiples et ont pour but de diminuer le sel de la vie. Selon certain.es employeurs, il y a des vies qui ne valent pas la peine d'être sauvegardées, protégées et considérées. Il y a des vies jugées faibles et non dignes d'être pleurées.
Ainsi, on peut l'observer, l’emploi de salaires mal distribués contribuent à la dégradation d’un système, d’un pays, au dérèglement des mœurs d’une nation. Dans le déclassement d'un pays, son déclin, on observe un rapport au travail qui entretient des inégalités de salaires, de l'esclavage, une corruption au niveau les plus hauts des gouvernances. Les inégalités continuent de croître, tandis que le pays décline, et les conflits sociaux prennent la forme du racisme, du sexisme, de la xénophobie, de l’homophobie, mais sont habilement moins visibles et donc, difficiles à dénoncer.
Les gouvernances d’un pays corrompu salissent les salariés et leurs attribuent leurs saletés. Elles leurs font payer leur ingérence.
Le masque du racisme s’effectue par des motifs administratifs, qui illustrent La banalité du mal, dont Hannah Arendt (politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine), en 1963 en a conceptualisé une philosophie (dans son ouvrage Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal) Ce concept a été l’objet de controverses, d’opinions hostiles à l’égard d’Arendt, par de nombreuses incompréhensions. Elle évoque les mécanismes, ou les logiques, qui sont à l’origine de la destruction des populations civiles et qui caractérisent le comportement d’une grande quantité d’exécutants bureaucrates. Arendt parle de crime administratif, appuyant sa nature bureaucratique, et largement accompli par ce qu’elle nomme des criminels de bureaux. Dès les premières observations d’Eichmann, Arendt fut surprise de découvrir qu’il ne portait pas les traits d’une brute, ou d’un monstre, comme le laissait présager l’imaginaire populaire, alors convaincu que seuls ceux-ci étaient capables de tels crimes. Certains pensaient que cette notion revenait à déresponsabiliser les responsables nazis de leurs crimes, de les innocenter, ce qui n’était pas l’intention de la philosophe. La chaîne des agissements malveillants d'apparence neutre sont toujours exercés dans les administrations.

Samuel Tanner, « Réflexion autour de la banalité du mal inspirée d’une conversation avec Jean-Paul Brodeur »,  2012, Extraits :
École de criminologie et Centre International de Criminologie Comparée - Université de Montréal (Canada).

"En effet, Eichmann – comme tout bureaucrate – effectuait des tâches dans un horizon restreint impliquant un travail segmenté, dépersonnalisé, bref de routine. Certes, dans son cas, la bureaucratie nazie tout entière poursuivait une entreprise criminelle qui n’apparaissait pas, ou n’était jamais présentée comme telle. Les victimes n’étaient jamais évoquées pour ce qu’elles étaient, c’est-à-dire des êtres humains, mais plutôt identifiées comme des colis dont il fallait organiser le flux. Ainsi, l’attention des bureaucrates et fonctionnaires nazis, Eichmann compris, bien qu’eux-mêmes impliqués dans le convoyage et la déportation des Juifs vers les camps de la mort, était toute mobilisée et concentrée à établir des listes, dresser des horaires de transport, bref à réaliser un ensemble de tâches techniques en vue de coordonner ces flux. En conséquence, l’action s’évaluait en termes de rendement et d’efficacité plutôt qu’en vertu de ses conséquences humaines – et de facto morales – ultimes. La banalité du mal évoque la civilisation industrielle sous sa forme pervertie et sa version criminelle paroxystique. Elle implique une rupture radicale entre gestes techniques bureaucratiques quotidiens et conséquences – aussi extrêmes soient-elles – en bout de chaîne. C’est parce qu’Eichmann était mû par un zèle tout particulier dans l’application des directives technico-juridiques que requiert la bureaucratie, sans qu’il eût jamais été en contact avec l’horreur des conséquences de ses gestes, qu’il était particulièrement redoutable dans le processus de destruction des Juifs. Le crime administratif, ou moderne, qui évoque un fonctionnement bureaucratique, implique une distance entre le producteur et le consommateur, entre l’agent et la victime. Poussée à son comble, la thèse de la banalité du mal évoque l’Iliade et renvoie au crime de Personne, puisqu’il n’aurait jamais été possible sans les centaines de milliers de fonctionnaires agissant sur le même mode qu’Eichmann au sein d’une bureaucratie qui déresponsabilise et rend les actions anonymes.
Ce qui choque dans cette thèse tient au fait qu’Eichmann ne soit pas le monstre auquel on s’attend dès lors qu’il entre dans le box des accusés. Plutôt, il est le produit du fonctionnement bureaucratique, et ce, à deux égards. Premièrement, il s’agit d’un être qui ne pense pas, c’est-à-dire qu’il ne considère pas la nature de l’action, ou l’entreprise, à laquelle il participe, ni les conséquences inhumaines qu’elle implique. De fait, il agit en l’absence de tout jugement moral. Eichmann n’a envisagé cette entreprise – pourtant criminelle – que sous un angle technique, administratif et bureaucratique plutôt qu’en vertu de cette disposition à vivre avec soi et être engagé dans un dialogue silencieux entre « moi et moi-même », action précisément qualifiée de penser par Arendt. Cette mobilisation par la nature technique des tâches prévient, in fine, l’individu de répondre à la question suivante : « serais-je capable, une fois les événements terminés, de vivre avec le tueur en moi » ? Pourtant, met en garde la philosophe, il serait faux de croire qu’Eichmann ne faisait qu’obéir aux ordres. En réalité, affirme-t-elle, il consentait aux ordres.
Ce consentement est caractéristique de toute bureaucratie moderne, indépendamment de la tâche dans laquelle celle-ci est déployée. C’est une dimension importante de la banalité du mal : Eichmann, tout comme l’ensemble des fonctionnaires, s’est approprié l’esprit du contexte situationnel – tant social que politique – et l’organisation dans laquelle il évoluait. Il a soutenu l’entreprise, bien plus qu’il n’a obéi à ses supérieurs, et son dévouement s’explique en grande partie par un objectif carriériste.
Chaque initiative, qu’elle provienne de la base ou du sommet de la bureaucratie nazie, était appuyée en haut lieu dès lors qu’elle cadrait avec les objectifs absolutistes d’Hitler, définis pour la plupart du temps en termes généraux, s’inscrivant dans l’idéologie nationale-socialiste et à forte saveur émotionnelle. L’initiative est à la base même des dynamiques de radicalisation conduisant à l’extermination des Juifs. Pour autant qu’elle fasse la promotion directe des objectifs du Führer, elle permettait une promotion de carrière immédiate. Compte tenu de la rivalité qui existait entre les différentes instances de la bureaucratie nazie en vue de s’attirer les faveurs du Führer, la « bonne » initiative, celle qui cadrait avec les vues d’Hitler et qui s’intégrait pleinement dans le système bureaucratique nazi, constituait un avantage certain dans la promotion de carrières des fonctionnaires nazis, Eichmann compris. Dès lors, la banalité du mal évoque ce fonctionnement technico-bureaucratique de soutien du système d’avancement de carrière et des rôles attendus par ses représentants."



Notes de l'Unité de recherche migrations et société CNRS Paris 7 et 8 (racisme et discrimination dans le travail) :

L’inégalité de rémunération, l’accès à la promotion, à la formation professionnelle, entre étrangers et français est lisible. L’existence est attestée dans ce que certains auteurs américains nomment « racisme institutionnel », phénomène totalement ignoré en France. Le bénéfice de divers droits dérivés de la qualité de salarié est souvent difficile à obtenir pour les « immigrés » (étrangers, Français d’origine étrangère, Français de « couleur »). Particulièrement pour l’obtention d’un logement. Aux confins des discriminations légales et illégales se situent les différences instaurées par l’administration publique au regard des buts de service ou d’intérêt publics tels qu’ils sont fixés par la loi. Le pouvoir discrétionnaire, c’est-à-dire de libre appréciation, dont dispose de fait l’administration, est le plus souvent conforté par les tribunaux qui statuent sur l’absence de détournement de pouvoir, plus que sur le principe d’égalité. Les actions en justices et les jugements des tribunaux ne constituent pas une source de renseignement. Car il est aisé de laisser entendre que ce sont les « prétendues victimes » qui mésinterprètent ou exagèrent les faits. Les discours sur le monde du travail les excluent presque toujours. Tout ce passe comme s’il n’existait que des cas isolés, condamnables et parfois condamnés, résultant d’actes ramenés à des comportements individuels qualifiés de maladroits, imbéciles et rabaissés au rang d’anecdotes. Les employés sont accusés de ne pas être soigneux, de porter préjudice à l’établissement par leur attitude inadmissible, de salir les équipements, que ce soit de façon volontaire ou non, d’avoir des dettes ou d’être en retard, absents des réunions où ils sont exclus. Tout cela forme des motifs suffisants pour manipuler les salaires, et compromettre l’avenir professionnel des employés. La non prise en compte des actes racistes produite par la culture nationale bloque toute évolution du travail. Les contournements de la loi du travail et de l’égalité des droits deviennent des stratégies de l’évitement des « indésirables ».

UNE VIE BONNE

"Ce qui est ici en jeu, c'est un type d'enquête consistant à se demander quelles vies sont déjà considérées comme n'étant pas des vies, ou considérées comme des vies ne vivant que partiellement, ou comme des vies déjà mortes et envolées, et ce avant toute destruction ou abandon explicites. Bien sûr, cette question devient très douloureusement tangible pour qui se comprend déjà comme une sorte d'être dispensable, un être qui enregistre à un niveau affectif et corporel que sa vie ne vaut pas la peine d'être sauvegardée, protégée et considérée. Il s'agit de quelqu'un qui comprend qu'il ne sera pas pleuré s'il perd la vie, et donc de quelqu'un pour qui l'affirmation conditionnelle "Je ne serais pas pleuré" est vécue concrètement au moment présent. S'il s'avère qu'aucun réseau social, aucune institution ne me prendrait en charge en cas d'effondrement, alors j'en arrive à relever de la catégorie du "qui-n'est-pas-digne-d'être-pleuré. Cela ne signifie pas qu'il n'y en aura pas certains pour me pleurer, ou que celui qui n'est pas digne d'être pleuré n'a pas de manières d'en pleurer un autre. Cela ne signifie pas que je ne serai pas pleuré à un endroit et pas à un autre, ou que la perte ne sera pas enregistrée du tout. Mais ces formes de persistance et de résistance interviennent toujours dans une sorte de pénombre de la vie publique, faisant occasionnellement irruption pour contester ces systèmes par lesquels elles se voient dévaluées en affirmant leur valeur collective. Alors, oui, celui qui n'est pas digne d'être pleuré participe parfois à des insurrections publiques de grande tristesse, raison pour laquelle il est difficile dans tant de pays de distinguer la procession funéraire de la manifestation. "


Extraits de : Qu'est-ce qu'une vie bonne ? | Judith Butler, philosophe américaine /
> En 2012, au moment de recevoir le Prix Adorno, Judith Butler se demande s’il est possible de vivre une bonne vie dans une mauvaise vie. Que peut donc signifier mener une vie bonne, une vie vraie quand la plupart sont exposés dans leur chair à la vulnérabilité d’une mauvaise vie ? Comment penser la résistance de la vraie vie à la fausse ? Cette ancienne question de la philosophie morale prend un sens neuf si on la pose dans les conditions concrètes de nos existences.

"La raison pour laquelle quelqu'un ne sera pas pleuré, ou a déjà été jugé comme n'ayant pas à être pleuré réside dans l'inexistence d'une structure d'appui susceptible de soutenir à l'avenir cette vie, ce qui implique qu'elle est dévaluée, qu'elle ne mérite pas d'être soutenue et protégée en tant que vie par les systèmes de valeur dominants. L'avenir même de ma vie dépend de cette condition de soutien. Si donc je ne suis pas soutenu, alors ma vie est jugée faible, précaire, et en ce sens indigne d'être protégée de la blessure ou de la perte, et est donc une vie qui n'est pas digne d'être pleurée. Si seule une vie digne d'être pleurée peut être considérée, et considérée à travers le temps, alors seule une vie digne d'être pleurée pourra bénéficier d'un soutien social et économique, d'un logement, de soins médicaux, d'un emploi, de la liberté d'expression politique, de formes de reconnaissance sociale, et d'une capacité de participation active à la vie publique. On doit, pour ainsi dire, être digne d'être pleuré avant d'être perdu, avant que se pose la question d'être négligé ou abandonné et on doit être capable de vivre une vie en sachant que la perte de cette vie que je suis serait déplorée, et donc que toute mesure sera prise afin de prévenir cette perte."


I AM A MAN


I AM A MAN > Memphis Sanitation Workers Strike (1968)

Martin Luther King a été assassiné le 4 avril 1968, à Memphis, dans le Tennessee. Le chef de file du mouvement en faveur des droits civiques était venu manifester sa solidarité avec les 1300 éboueurs en grève, principalement des Afro-Américains, qui protestaient contre leurs pénibles conditions de travail, leur salaire de misère et le refus de la ville de reconnaître leur syndicat. Même si les États et les municipalités ne pouvaient plus invoquer les lois « Jim Crow », en 1968, pour imposer la ségrégation raciale, comme ils l'avaient fait pendant des dizaines et des dizaines d'années, les Noirs dans le sud du pays éprouvaient encore les plus grandes difficultés à trouver de bons emplois.
À Memphis, le ramassage des ordures était souvent leur seule option. Les conditions de travail étaient pénibles et souvent dangereuses. Les éboueurs s'étaient mis en grève en février 1968, suite au décès de deux de leurs collègues qui étaient morts écrasés par le compacteur d'ordures défectueux de leur camion alors qu'ils cherchaient à se protéger contre la pluie.
«Le règlement de la ville interdisait aux employés noirs de se mettre à l'abri des éléments ailleurs que dans le bac arrière de leur camion, avec les ordures», explique l'historien Taylor Branch.
Martin Luther King était à la tête d'une manifestation à Memphis, en mars, qui avait prit une mauvaise tournure lorsqu'un petit nombre de manifestants avaient cassé des vitrines et que la police avait répondu par la force. Lorsqu'il revint dans la ville en avril, il était déterminé à ce que la nouvelle manifestation se déroule dans le calme.
« Nous devons redescendre dans la rue, dit-il, et forcer tout le monde à voir qu'il y a ici 1.300 enfants de Dieu qui souffrent, qui ne mangent pas toujours à leur faim, qui passent les nuits à se morfondre en se demandant comment va finir cette affaire. » (Pendant la grève, les éboueurs n'étaient pas payés.)
Le lendemain, le 4 avril, Martin Luther King fut abattu par un tireur isolé. Les éboueurs et des milliers d'autres personnes défilèrent ensuite dans les rues, dans le calme, en mémoire du pasteur et pour soutenir la grève. Le président Lyndon Johnson dépêcha un responsable du ministère du travail chargé de faciliter les négociations entre les grévistes et la municipalité, et la grève prit fin vers la mi-avril lorsque la ville de Memphis accepta d'augmenter le salaire des éboueurs et de reconnaître leur syndicat.
« Ce groupe d'ouvriers américains ordinaires s'engagèrent de manière extraordinaire en faveur de la justice sur le lieu de travail », déclara l'actuelle ministre du travail, Mme Hilda Solis, en avril 2011, en inscrivant les éboueurs au « Hall d'honneur » du monde du travail.
« Ils s'engagèrent en faveur de la dignité humaine par quatre mots simples : I AM A MAN », le slogan qui figurait sur les pancartes brandies par bien des grévistes.



I AM A MAN > Memphis Sanitation Workers Strike (1968)

FAIRE DU SALE

Nouvelle expression issue de la jeunesse des banlieues et de la musique hip-hop. Là où les codes sont inversés.
Dans un tel univers, « faire du sale » s’apparente à quelque chose de positif. « It’s a good shit » comme disent les américains pour signaler un morceau de qualité. Il en va de même du « Smell that shit » pour proposer l’écoute d’un morceau qui nous a plu.
« Faire du sale » ou « salir autrui », c’est quelque chose dont on peut se réjouir et qui est approuvé par son groupe, sa bande, son crew. Il y a quelque chose de jouissif à faire des choses « interdites » avec légèreté et insouciance. C’est comme imposer indirectement sa domination aux autres.
L’expression « faire du sale » a deux visages, l’un exprime la réussite au sens propre :
Farid a eu 15 au contrôle de d'arts plastiques, Pedro s’exclame : « Whaou, il a fait du sale !  »
La classe répond : « Graaaaaaave l’enculé  »
Et l’autre dans un sens moins propre :
Martin-Emmanuel revient de sa skin party, Pierre-Antoine lui demande : « Alors la soirée ? »
Martin-Emmanuel répond : « J’ai fait du sale l’ami, je suis carbooo  »

"On va commencer par faire du sale" est une phrase du groupe Marin Monster feat. Maître Gims - Pour commencer, dont les paroles ainsi :

Meugiwarano, du nine, je n'ai pas changé depuis
Je n'ai juste plus le time, de m'poser oui la j'en pâli
Et à l'heure où j'te parle, j'suis pt'être dans un autre pays
J'vais vous raconter ma life, en commençant par faire du sale (la-la-la-laaa)

[Maître Gims]
La la la la la, Meugiwarano, Yanslo du Ni-Ni-Niiiine , on va commencer par faire du sale

...


Dans les inversions et les codes à décrypter des bancs de la société, Booba : 92i Veyron (Clip Officiel) de son album "Nero Nemesis"

On trinque à nos balafres, à nos crochets tous les soirs
Noir c'est noir ont-ils dit, y'a donc vraiment plus d'espoir
Les vainqueurs l'écrivent, les vaincus racontent l'histoire
Les vainqueurs l'écrivent, les vaincus racontent l'histoire
Personne dans le monde ne marche du même pas
Leurs règles ont toutes une tombe
C'est ça qu'ils ne comprennent pas
Des allers-retour en prison certains n'en reviennent pas

...

NERO

Cette réponse, qui s'exprime souvent dans le domaine artistique (musique, clip, peinture, performance, écriture...) dans le langage populaire, est celle donnée, en miroir ou copie, aux mauvais agissements effectués par des dominants ou en position de pouvoir agir sur le sel de la vie, qui font du sale pour asseoir leur domination sur autrui.
« Faire du sale » ou « salir autrui », c’est quelque chose dont les dominants se réjouissent et qui peut être approuvé par un groupe, une société. Il y a quelque chose de jouissif à faire des choses « interdites » lorsqu'elles passent inaperçues et ne sont jamais dénoncées, surtout lorsqu'elles s'effectuent avec légèreté et dont les actes paraissent anodins.
C’est imposer indirectement sa domination aux autres, son pouvoir, en discriminant les plus faibles, les précaires, tout en ayant l’adhésion d'un plus grand nombre pour le faire (un groupe, un système) Lorsqu'un système se dérègle, entre en crise, il peut se passer un demi-siècle, des siècles avant de rendre justice aux opprimés ou reconnaître les génocides, les dégâts collatéraux des colonisations, des exterminations des peuples. Mais aussi, il peut se passer que la reconnaissance n'arrive jamais.
Les réponses artistiques peuvent choquer ou provoquer, bien qu'elles représentent un miroir déformant ou caricatural, ou poétique, fantaisiste, de fiction ou de science-fiction... de ces agissements, surtout lorsque les modèles érigés en gouvernance de pays, de nations, de pouvoirs, de dominations sur les opprimés, sont parsemés d'actes répréhensibles jamais jugés, jamais arrêtés, ni pénalisées (emplois fictifs, détournements de fond, viols, harcèlements, esclavages, tortures, exploitations de populations, etc...). Ce sont ces gouvernances qui sont les plus répressives envers l'humour ou les réalisations artistiques, toute expression, tous lieux culturels, médias, journaux, canaux de diffusion artistiques..., toute pédagogie ou médiation qui revisite l'Histoire et ses civilisations, et communique sur les guerres et les massacres, rencontre des obstacles, et ses négations, car le miroir doit refléter de bonnes images surtout lors de dictatures, et faire taire ses agissements. Ce que ne peut réaliser un gouvernement, la guerre dans son pays, il le réalise dans d'autres pays, afin de décharger chez d'autres, les pulsions de destruction, et non chez "les siens" (problématique des colonisations, des guerres et conflits de politique extérieure...)

Lors d'une conférence publique en mai 2016, à La Fondation Calouste Gulbenkian (institution portugaise privée) à Paris, organisée par le Collège d'Études Mondiales, de la Fondation des maison des sciences de l'homme, et pour la chaire Global South(s) (qui aborde les Sud(s) comme des espaces et des temporalités qui se croisent et interagissent)
Françoise Vergès (titulaire de la Chaire, politologue et féministe) échange avec Achille Mbembe, enseignant universitaire et philosophe, théoricien du post-colonialisme, sur son ouvrage "Politique de l'inimitié".

Achille Mbembe dit de l'impur :

Il n'y a d'humain que dans notre disposition et notre volonté de vivre exposé les uns aux autres.
Pour rendre la terre habitable il faut vivre avec des personnes que l'on n'aime pas.
Il faut partager avec toutes les figures du vivant au delà d'un rapport anthropocentré.
Accepter l'impureté.
Au fond nous sommes tellement impurs.
Les recherches récentes nous informent que notre corps, une grosse partie de qui nous sommes c'est de l'eau.
Un énorme pourcentage de nous c'est un tissu de microbes.
Nous sommes composés de microbes, nous sommes biologiquement impurs.
Nous voulons nier de façon radicale notre étant impur et nous pensons que nous pouvons penser avec notre état de pureté en coupant tout lien avec autrui qui constituait une menace.
Il faut inventer un mode de relation à nous-même qui passe par Autrui.
C'est autrui qui nous confère à nous notre identité.

Le fantasme : tuer l'autre, le disséquer.
Il n'y a pas d'autre en dehors de cette phénoménologie.
Quel type de fantasme hante notre époque ?
La vie fantasmatique de notre époque menace l'idée du politique, l'idée de la relation.

La force de ce fantasme, ce qui nourrit ce fantasme c'est en partie qu'il nous dispense de réflexion critique.
Beaucoup d'entre nous ne veulent pas réfléchir de façon critique.
Une responsabilité, il n'y a pas de démocratie là où il y a capitulation de l'exercice critique.
Tout nous pousse à ne plus penser, à ne plus réfléchir.
C'est un refus de la pensée complexe.
Penser est remplacer par la foi, la religion.
Un enthousiasme par les idées toutes faites, typique de l'ère néo-libérale.
Les discours politiques dans le monde, les nouveaux entrepreneurs politiques se sont les gens qui diviseront le plus. Ils vous diront l'immigration est un danger existentiel.
Ils diront, j'ai une solution, je vais construire un mur entre les États-Unis et le Mexique.
Il y a une foule de gens qui croient à cette idée.
Il y a une ferveur aux idées simples.
Cela se passe maintenant aux États-Unis (Mois de mai 2016, date de la conférence)

La force du fantasme vient du renoncement à la faculté critique.
La pulsion autoritaire se trouve partout y compris dans l'Europe, le désir de fascisation.

Dans 50 ans, la grande majorité des gens viendrons de l'Asie et l'Afrique.
Les jeunes porteurs du futur seront des africains.
Point de vue démographique, le futur de la planète se joue ailleurs que dans l'Europe.

Alors que l'Europe ferme ses portes, l'Afrique doit faire exactement l'inverse.
Il n'y a aucune raison pour que les africains se noient en mer.

L'éthique du passant.
L'histoire des humains est très courte, une parenthèse dans la géologie.
Le monde a commencé avant nous et le monde se poursuivra longtemps après nous.
Nous sommes fondamentalement des passants.
Notre destinée est de passer.
L'éthique du passant : à partir du détachement qui implique le lien avec ce qui est essentiel, on peut imaginer d'autres formes du politique qui vont au-delà du cercle dans lequel l'état nation nous a enfermer.
Relativiser les concept de nation, d'état, de citoyens.

Crise de la phallocratie

Ce n'est pas uniquement une affaire d'hommes, ça l'est mais, il y a des femmes phallocrates aussi.

La phallocratie c'est l'adhésion à un modèle d'existence qui repose sur le virilisme entendu comme vertu.
Le virilisme impliquant en grande partie la capacité à s'imposer.
Le projet de suprématie sur tout ce qu'il n'est pas soi.
Exercice qui consiste à bombarder des gens.
Économie phallocratique et nihiliste qui caractérisent les conflits contemporains.

L'objet perturbateur (dans The society of Enmity / Radical Philosophy, décembre 2016, par Achile Mbembe)

Le terme «mouvement» implique nécessairement la mise en mouvement d'une pulsion qui, même impure, est composée d'une énergie fondamentale. Cette énergie est enrôlée, consciemment ou non, dans la poursuite d'un désir, idéalement un désir-maître. Ce désir-maître - comprenant à la fois un champ d'immanence et une force composée de multiplicités - est invariablement dirigé vers un ou plusieurs objets. «Nègre» et «Juif» étaient autrefois les noms favorisés pour de tels objets. Aujourd'hui, les Noirs et les Juifs sont connus sous d'autres noms: l'Islam, le Musulman, l'Arabe, l'étranger, l'immigré, le réfugié, l'intrus, pour n'en citer que quelques-uns. 

Le désir (maître ou autre) est aussi ce mouvement par lequel le sujet - enveloppé de tous côtés par un fantasme spécifique (qu'il s'agisse de toute puissance, d'ablation, de destruction ou de persécution, peu importe) - cherche à se retourner sur lui-même L'espoir de se protéger du péril extérieur, tandis que d'autres fois il atteint en dehors de lui-même pour faire face aux moulins à vent de l'imagination qui l'assiègent. Une fois déracinée de sa structure, le désir se propose alors de capturer l'objet perturbateur. Mais puisque, en réalité, cet objet n'a jamais existé - n'existe pas et n'existera jamais - le désir doit l'inventer continuellement. Un objet inventé, cependant, n'est toujours pas un objet réel. Il marque un espace vide et enchanteur, une zone hallucinatoire, à la fois enchantée et maléfique, une demeure vide hantée par l'objet comme par un charme.

Le désir d'un ennemi, le désir d'apartheid, de séparation et de clôture, le fantasme de l'extermination, aujourd'hui hantent l'espace de cette zone enchantée. Dans un certain nombre de cas, un mur suffit à l'exprimer. Il existe plusieurs types de mur, mais ils ne remplissent pas les mêmes fonctions. On dit qu'un mur de séparation résout un problème de nombre excessif, un surplus de présence que certains considèrent comme la raison principale des conditions de souffrance insupportable. Restaurer l'expérience de son existence exige en ce sens une rupture avec l'existence de ceux dont l'absence (ou disparition complète) est à peine vécue comme une perte du tout - ou alors on voudrait croire. Cela implique également de reconnaître qu'entre eux et nous, il ne peut y avoir rien qui soit partagé en commun. L'angoisse de l'anéantissement est donc au cœur des projets contemporains de séparation.

Partout, la construction de murs et de clôtures en béton et d'autres «barrières de sécurité» est en plein essor. Outre les murs, d'autres structures de sécurité apparaissent: des postes de contrôle, des enclos, des tours de guet, des tranchées, toutes sortes de démarcations qui, dans de nombreux cas, n'ont d'autre fonction que d'intensifier le zonage de communautés entières sans jamais réussir à écarter celles considérées comme menace.


Dans un article, ​The age of humanism is ending, daté de décembre 2016, il écrit ceci /


La position anti-humaniste croissante qui va de pair avec un mépris général pour la démocratie. Appeler cette phase de notre histoire fasciste pourrait être trompeur à moins que par fascisme nous entendons la normalisation d'un état social de guerre.

Un tel état serait en soi un paradoxe parce que, si quelque chose, la guerre conduit à la dissolution du social. Et pourtant, dans les conditions du capitalisme néolibéral, la politique deviendra une guerre à peine sublimée. Ce sera une guerre de classe qui nie sa nature même - une guerre contre les pauvres, une guerre de race contre les minorités, une guerre de genre contre les femmes, une guerre religieuse contre les musulmans, une guerre contre les handicapés.
Le capitalisme néolibéral a laissé dans son sillage une multitude de sujets détruits, dont beaucoup sont profondément convaincus que leur avenir immédiat sera celui de l'exposition continue à la violence et à la menace existentielle.

Ils aspirent sincèrement à un retour à un sentiment de certitude, le sacré, la hiérarchie, la religion et la tradition. Ils croient que les nations sont devenues semblables aux marécages qui doivent être drainés et le monde tel qu'il est doit être mis fin à. Pour que cela se produise, tout doit être nettoyé. Ils sont convaincus qu'ils ne peuvent être sauvés que dans une lutte violente pour restaurer leur masculinité, la perte qu'ils attribuent aux plus faibles parmi eux, les faibles qu'ils ne veulent pas devenir.

Dans ce contexte, les entrepreneurs politiques les plus réussis seront ceux qui parlent de manière convaincante aux perdants, aux hommes et aux femmes détruits de la mondialisation et à leurs identités ruinées.

Dans un monde qui vise à objectiver tout le monde et tous les êtres vivants au nom du profit, l'effacement du politique par le capital est la véritable menace. La transformation du politique en entreprise soulève le risque de l'élimination de la possibilité même de la politique.

La question de savoir si la civilisation peut donner naissance à toute forme de vie politique est le problème du XXIe siècle.


Et pour finir en beauté :

Charles - Vicomte (clip officiel)

Columbine, collectif d'artistes composé de 8 membres (Yro, Foda C, ChamanBeats, Sacha, Lujipeka, 3W., Larry Garcia et Chaps)

"Les pauvres ne savent pas.
Je veux bien lâcher un billet mais qu'ils ne réclament pas.
On est des vicomtes, on roule sur l'or et en Vespa."



Philosophie Par kiwaïda at 03:14

29/01/2017

ᔕᗩᒪᕮ♈É

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Affiche de la pièce de théâtre "Saleté", sur la grille du théâtre La Passerelle, à Limoges le 29 janvier 2017 © Photographie Sonia Marques

SALETÉ de Robert Schneider
Avec Yann Karaquillo et Laurent Rousseau
Mise en scène : Michel Bruzat
Lumières Franck Roncière
Costumes : Dolores Alvez Bruzat

Nous sommes allés voir la pièce de théâtre qui mettait en scène le texte de l'autrichien Robert Schneider : SALETÉ
C'était à Limoges, et c'était la dernière, un jour où la primaire de la gauche en France allait décerner son représentant.
Première année de ma vie citoyenne, où je ne voterai pas, décision mûrement réfléchie, de plusieurs mois.
Il s'est passé tant de choses, tant de choses. Je m'engage auprès des artistes et des penseurs, des paroles libres.
Petit théâtre, de poche, le plus minuscule, dans une majuscule du jour.
Serrés, tous ensemble, on ne se connaît pas, mais on sait pourquoi nous allons voir cette pièce.
Nous allons entendre des mots, nous allons voir des hommes, nous allons entendre leur interprétation, d'un texte, de mots tabous, ici.

Le racisme, les étrangers, la saleté.
Touchée de plein fouet dans mes fonctions par ce racisme.
Il n'y a aucune protection, ni sécurité face à ce racisme. Il faut résister, résister au suicide, résister et se battre. Parfois, comme Sad, être torturé, même sans rien dire savoir que le boomerang de la vie reviendra à ceux qui pensaient détenir le pouvoir de la violence. Je suis fière d'avoir entendue, d'avoir vu, d'avoir choisi mon parti, celui des artistes qui parlent qui exposent, qui imposent, qui murmurent et ne se laissent pas faire. Celui aussi, de celles et ceux qui choisissent de ne pas exposer, de continuer à murmurer, à parler à tous, aux ennemis, aux aveugles du pouvoir, aux prétendants à l'extermination du sensible. Celles et ceux qui nous amènent à une sensibilité, à ce trouble, qui n'est ni sécuritaire, ni un emploi garanti, car les artistes doivent l'inventer à chaque fois, chaque minute et défendre ce qui est tu.
Tu, et tu deviens ce que tu es.
Belle interprétation, mise en scène, à l'os.

OS
comme un SOS

Radicale, minimaliste, une voix en donne plusieurs, de ce qu'elle cache, de ce qu'elle ressent, de ce qu'elle ment.
C'est la vérité crue, c'est celle qui n'est pas dans les discours politisés, celle qui n'attire pas le plus grand nombre, celle qui ne pourra jamais rassembler.
Un homme, un manteau, une honte, une culpabilité, un inversement.
Devenir sale, la merde, l'étranger insulte, l'extrême coup de poignard, la barre de fer, le couteau, les pieds écartelés, la torture. L'étranger, celui qui est nommé comme celui qui pue, conspue, contamine, salie les bancs publics, les outils, les toilettes des autres, et prive l'emploi des autres. Le texte est renversement, les mots sont l'ombre de nos ombres, de nos obscurs racismes. Les mots dans le texte de La saleté de Robert Schneider, sont ceux des autres, de ce façonnage pervers qu'est le racisme, le rejet. La philosophie et l'amour de la langue, ici allemande est une intime liaison de l'étranger dans le pays qu'il habite, dans le pays dont il aimerait être intégré. Les études et la filiation, avoir un enfant, ne suffisent pas à être intégré, mais au contraire, perpétuent l'idée d'un écart de plus en plus grand. Il y a les stéréotypes physiques et il y a l'odeur, l'urine, le siège qui ne sera jamais le siège de l'étranger mais toujours celui volé par l'étranger. Se mettre à la place de l'autre, tel est le leitmotiv, des étrangers, considérés clandestins. La discrétion, se taire, devenir muet, ou sourd, la soumission effective jusqu'à trahir ses amis, voilà ce qui est attendu des étrangers, de la part des racistes. Sad n'est pas triste, puis est triste est Sadam, a 25 ans, A 30 ans, A 40 ans.
Sad est arabe, Sad c'est un autre, Sad c'est nous.
La honte doit changer de camp.

Les acteurs Yann Karaquillo et Laurent Rousseau dans la pièce de théâtre "Salteté", au théâtre La Passerelle, à Limoges le 29 janvier 2017 © Photographie Sonia Marques

"Je m’appelle Sad. J’ai trente ans. En Anglais, Sad veut dire triste. Je ne suis pas triste. Sad, et ensuite ? Sad vend des roses dans les restaurants . Il est Irakien. Un Arabe. Un sémite. Non, un clandestin parmi tant d’autres, qui, après la première guerre du Golfe, a bouclé ses valises pour un ailleurs meilleur. Bassorah. Les marécages. Téhéran. Ankara. Varsovie. Stockholm. Et, enfin, une ville propre, où de jolis bancs publics aux pieds en fonte attendent les hommes de quarante ans. 

Définitions : racisme - Dictionnaire de français Larousse

■ Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » ; comportement inspiré par cette idéologie.
■ Attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes : Racisme antijeunes.

Le racisme, c’est quoi?

■ Le racisme est un schéma de pensées (conscient ou inconscient), une manière spécifique de concevoir le monde et les êtres humains les uns par rapport aux autres, et qui se traduit par des actes, des paroles, des attitudes ou des comportements.
■ Le racisme au sens strict du terme désigne une idéologie, c’est-à-dire un ensemble d’idées, de croyances et de doctrines propres à une époque, à une société ou à une classe. Le racisme est un système d’idées qui impose une vision hiérarchique du monde et de l’humain, qui se fonde sur des différences biologiques, réelles ou supposées, ou encore sur la base d’une appartenance ethnique, nationale ou religieuse.
■ Un acte est raciste s’il remplit les trois critères suivants:
1. Catégoriser des humains en groupes et généraliser à l’ensemble du groupe et à chaque individu le jugement que l’on porte sur l’un des membres du groupe.
2. Hiérarchiser : attribuer à ces groupes des caractéristiques spécifiques, évaluées positivement pour les personnes racistes et négativement à l’encontre des victimes.
3. Discriminer : séparer un groupe social des autres en le traitant plus mal, à son détriment, utiliser cette hiérarchie pour traiter de manière inégale les personnes appartenant au groupe défini.
■ La combinaison de ces trois critères permet aux personnes racistes de justifier le fait de rabaisser, maltraiter et violenter, ou même d’exterminer lors de génocides (un génocide est l’extermination intentionnelle, systématique et programmée d’un groupe ethnique, linguistique, national, religieux) n’importe quelle personne appartenant à un des groupes jugés inférieurs.
■ Ainsi le racisme se situe au niveau d’une idéologie qui affirme, directement ou indirectement, qu’un groupe est, de façon inhérente, supérieur à un autre. Le racisme a une portée plus large que la discrimination raciale.
■ Le racisme classe les personnes sur la base de caractéristiques biologiques, génétiques, présumées ou réelles, en races. Ce mécanisme est lié au mythe (un mythe est un récit qui n’existe pas, une construction de l’esprit) d’une race supérieure et pure qui doit être protégée contre les influences et/ou le brassage avec d’autres ‘races’ qui seraient inférieures.
■ Le racisme viole le droit fondamental d’égalité des êtres humains et doit être combattu car tout être humain a droit au respect quelles que soient son apparence physique, sa religion, sa culture ou son ethnie.

«Je m'appelle Sad. J'ai trente ans. En anglais, Sad veut dire triste. Je ne suis pas triste.»

«J'aime bien parler. Je raconte. Je mens, dit-il, moi, j'ai ça dans le sang.» 

«N'aie pas peur, sale petit Arabe! Sad aux lèvres épaisses. Sad aux gros pores. Allez, allez, allez. N'aie pas peur. C'est eux qui ont peur de toi! Tu deviens cynique. Sale chien ! Le sale étranger devient cynique. Voilà où on en est.»

La xénophobie livrés en paquet de linge sale et bouquet de roses.

«Une rose pour vous monsieur, pour vous madame»

Presse affichée dehors au théâtre de La Passerelle

ROBERT SCHNEIDER

Auteur

◗ Né le 6 juin 1961 à Bregenz (en Autriche), Robert Schneider est adopté, à l’âge de deux ans, par un couple d’agriculteurs auprès duquel il grandira dans un village des Alpes. Isolé du monde, il a alors peu de contact avec la culture, si ce n’est à l’église où, le dimanche, il va écouter un organiste amateur, qui massacre les partitions ! Mais il n’en faut pas plus pour éveiller en lui une passion, la musique, qu’il pratiquera à son tour comme organiste. Ne découvrant la littérature et les arts que bien plus tard - il n’y a pas de livre chez lui -, il trouve refuge dans la musique, discipline qui lui permet d’exprimer toute la gamme des émotions, mieux, dit-il, qu’à travers les mots. Il faut dire qu’il n’en a pas entendu beaucoup dans son enfance : on parle peu dans ce milieu de paysans montagnards.
◗ Cet amour pour la musique le conduit à Vienne, à l’âge de vingt ans, où il étudie, de 1981 à 1986, la composition, mais aussi l’histoire de l’art et l’art dramatique. Pour vivre, il travaille en tant que guide et organiste.
◗ Très vite, il écrit pour le théâtre : Der falsche Prinz en 1983, Die Strandgeher en 1988, Hitler mein. Eine Liebesrede en 1989, Dreck (Saleté) en 1991, Traum und Trauer des jungen H. en 1993, Alle Tage en 1994, Komödie vom deutschen Heimweh en 1999...
◗ Salué par la critique et par plusieurs prix, il est élu, en 1993, meilleur jeune espoir dramatique de l’année par la revue Theater Heute (Théâtre aujourd’hui). La même année, son monologue Dreck (Saleté), monté pour la première fois au Thalia Theater à Hamburg, reçoit le prix de l’auteur dramatique au festival de Postdam et est sélectionné par le jury comme meilleur travail théâtral contemporain.
◗ Également auteur de fictions pour la télévision, Robert Schneider s’impose, cependant, comme romancier. Racontant l’histoire d’un homme doué d’un talent exceptionnel pour la musique, mais vivant, inconnu de tous, dans un village reculé des Alpes, son premier roman Schlafes Bruder (Frère sommeil) connaît, dès sa parution en 1992, un énorme succès international. Traduit en vingt-quatre langues, il reçoit plusieurs récompenses, dont le Premio Grinzane Cavour en Italie (un des prix littéraires les plus importants) et le prix Médicis en France.
Schlafes Bruder sera également porté au cinéma, en 1995, par Joseph Vilsmaier.
◗ Aujourd’hui, Robert Schneider est retourné vivre dans le village des Alpes qui l’a vu grandir.

Resté longtemps inédit en France, Dreck (littéralement « saleté ») est un texte féroce et subtil, qui reste d’actualité dans un monde où l’être humain est trop souvent considéré comme un déchet.

Ce mauvais pauvre, lors d'un consortium (Érudit) interuniversitaire, de l'Université de Montréal et l'Université Laval et l'Université du Québec, Anne Élaine Cliche, écrivaine québécoise, fait une présentation sur l'immonde :
L’immonde. Ceci n’est pas un thème.

Notre littérature n'est-elle pas marquée par une défiguration insistante... celle du déchet, de l'immondice, de la déjection; celle aussi de la langue et de l'histoire en proie à la déperdition? Un corps-chose, dirait- on, revient obstinément formuler dans la matière textuelle ce qui n'aurait ni voix, ni mot pour se dire et pourtant se décline dans les signes qui occupent bien souvent toute la page: glaire, cadavre, bave, merde, boue, ordure, plaie, pus, sang.

Elle défini ainsi l'immonde :

Immonde /

La part in-figurable, in-montrable, cachée, secrète.
Est immonde ce qui nous anéantit, nous réduit à cette condition de "sac de papier gonflé d'air", d'imposteur, de trou, de rat…
Est immonde ce qui nous arrache à l'espèce et vous regarde comme une chose expulsée.
Est immonde ce qui nous met hors du monde.
Humiliation, de-subjectivation.
L'immonde est dans le regard de la haine.
L'immonde est ailleurs, dans le regard de la haine, parce qu'il traverse l'image du corps, dénie l'apparence humaine encombrante et décide de la matière abjecte.
Un regard démiurgique et cadré qui permet au nazi d'aimer ses enfants, sa femme sans cesser d'accomplir sa besogne d'extermination (miroir brisé)
L'immonde est la part destituée de l'image, part rompue du semblable.
Une matière sans nom.
Le Nazi n'est pas "méchant", il n'est pas psychiquement déterminé au meurtre.
Il est immonde d'avoir fait de sa division une césure, une frontière, un mur.
C'est un homme, une femme, qui a traversé le miroir à cause de sa peur, enfin déclarée et travestie en "raison", du regard qui de là lui revenait, et qu'il a cru pouvoir aveugler ; ce Regard qui dans toute image vous attend, vous saisit, vous fissure parce que justement, il vous regarde.
Que le Juif ait pu incarner dans l'Histoire cet Autre du miroir - lui qui s'est fait la mémoire vive de la dette et de la Loi - n'est pas un hasard ; et donne à la destruction des Juifs d'Europe un sens qui n'a pas d'équivalent.
Le camp d'extermination n'extermine pas des hommes, il fait disparaître des êtres sans nom prononçable et sans identité.
La fonction du regard et ses pouvoirs déstructurants dont nous sommes tous tributaires, incarnés en elle.
Regard comme  vecteur de la honte, facteur d'évanouissement qui interdit le témoignage et frappe celui qui veut parler, d'imposture, d'artifice, de pauvreté, pouvoirs d'inversion, de retournement du monde.
La honte est le signal d'une  rencontre frontale avec l'immonde dont l'écriture serait à la fois le paiement et la restitution.
Qu'est-ce que la honte, sinon l'effet d'une mise à nu de quelque "chose", irregardable à la place où je suis, et qui m'ordonne le désaveu de ma parole. Que certains romanciers choisissent précisément de parler depuis cette place intenable, travaillant à s'enfoncer au plus loin de cette négation pour la transfigurer en splendeur ou en vérité, tout simplement en mots, langue, parole, révèle que l'horreur dévoilée est l'invisible en tant que tel.

À relire le Journal (1927) de Saint-Denys Garneau (1912-1943), on est en tout cas brusquement confronté à cette faille insistante, à cette déchirure de l'écran qui n'est pas sans rappeler la brutalité d'un désêtre sinon programmé du moins «engrammé» dans le sujet :

C'est un pauvre et c'est un étranger, c'est-à-dire qu'il n'a rien, rien à échanger: un étranger. Mais il ne joue pas franc jeu, il veut prendre part. Prendre part à votre vie, joie ou douleur. C'est un imposteur. [...] Il suffit de le regarder, il perd contenance, sa forme de toutes parts cède comme un sac de papier gonflé d'air, il devient tout flasque et son regard épouvanté cherche dans tous les coins de la chambre un trou de rat par où se glisser et fuir à toutes jambes jusqu'à dormir d'épuisement. Ça se comprend, il est pris en flagrant délit de pauvreté dans un habit volé en guise de cuirasse pour tenir debout. [...]

Par exemple, il fait un beau jour de printemps ; on croit croire à cette beauté du printemps [...] et une certaine joie modèle votre face. [...] Mais quelqu'un vous rencontre, peut-être seulement un passant sur la rue, et vous regarde d'un air entendu, d'un air de ne pas y croire, à votre joie (et il a raison). Sans doute une certaine inquiétude restait accrochée à vos yeux malgré tout le déploiement d'illumination que vous aviez répandu sur votre figure. Alors votre sourire se fige, tremble, un muscle de votre joue s'agite, tressaille, se crispe, et votre face n'est plus qu'une grimace horrible, un lambeau immonde que vous voudriez arracher et jeter rageusement dans une ornière .

Ce qui m'a marqué dans cette pièce de théâtre, ce sont les premiers mots sur le nom de famille : 

« Je m’appelle Sad. J’ai trente ans. En anglais, Sad ça veut dire triste. Je ne suis pas triste. Sad, et ensuite ? Mais là, je suis déjà parti en courant. Un nom de famille, c’est un mot de trop. »

Et lorsque "fuir" devient une action de survie, s'échapper, une injonction d'être mobile. Dans ces premiers mots, du texte de "Saleté", le nom de famille est dissout, il n'existe pas, c'est qu'il ne faut pas le prononcer.
Il devient une injure, ou il est défiguré.

L'année dernière j'ai été convoquée au tribunal de Limoges, par ma hiérarchie, sur le motif de la saleté, et mon nom de famille fut écorché vif, nié, dénié, puis attribué à un groupe d'étrangers. Mon emploi était en danger, ma fonction même, j'étais interdite de dire et me défendre, et l'affaire fut jugée sur un autre nom, sans moi, sans mon véritable nom de famille. Il y avait des témoins, notamment un président du tribunal, donc l'affaire fut reportée. Mais elle est devenue une caisse de résonance avec le motif de la convocation. J'ai dû fuir mon emploi, mon nom, ma saleté, avec la dette d'une mauvaise pauvre.
Ce n'est pas moi, alors j'ai pris distance, j'ai pris la fuite, et je regarde avec sagacité toutes ces saletés attribuées, à l'Autre, dont je fus, de passage, le réceptacle. L'écriture est une qualité féroce, l'art de savoir lire aussi. L'écriture est une arme redoutable.
J'apprends à lire et à écrire aux autres. J'enseigne.

Aujourd'hui, pour le tribunal, je suis devenu(e) un homme. Pas même un (e) entre parenthèse, comme le féminin caché derrière le masculin, non je suis vraiment devenu un homme, un Monsieur. Plus de féminin, plus de cachette. J'ai changé de sexe en une phrase c'est moins difficile qu'une opération chirurgicale, je n'ai rien senti. Ces troubles de l'identité qu'on peut lire sur les courriers administratifs sont attribués à l'étranger, il n'a pas de sexe, puisque ses organes ont été enlevés par la torture, il n'a pas de nom, puisque les étrangers n'ont pas de nom, de parcours, il est sans emploi toujours et on l'accepte uniquement en banlieue, dans le 93, c'est aux bancs de la société qu'il travaille pour la société.

Je porte les Marques de noblesse du parcours qui blesse de mes aïeux, de mon nom de famille, que je défendrai chaque jour et si je dois partir, quitter mon emploi, démissionner de mes fonctions, je ne quitterai pas mon nom.

Sonia Marques



Art Par kiwaïda at 21:23

23/01/2017

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Film "Gaz de France", comédie française réalisée par Benoît Forgeard, sortie janvier 2016.

Déclaration du président de la république

"Françaises, français, mes chers compatriotes,
je vous demande pardon, si par mon attitude, j'ai pu quelque fois vous croquer,
et non seulement vous croquer mais aussi vous choquer.
Sachez-le, derrière le président il n'y a pas qu'un Bird, il y a un homme.
Un homme avec des yeux, les siens, sa bouche, un homme avec un cœur qui bat,
un homme qui a parfois eu le tort d'être trop humain, vulnérable aux passions,
aux feux de joies que la vie embrasse sur le chemin.
Oh bien sûr, il m'aurait été facile d'être l'un des alligators fraîchement moulu des écoles,
j'aurai pu toute ma vie durant demeurer cette âme solitaire et sourde, imperméable aux sentiments,
et vous auriez fini par détester votre président sans saveur et sans coup de sang.
Vous aviez voté pour le pinson et vous auriez détesté le vieux coucou, qui, faisant coucou,
n'apparût plus que pour sonner les heures et renvoie l'image délétère d'un vautour dépourvu de passion
qui vient inexorablement rappeler à son peuple qu'il s'avance vers une mort certaine..."

"Je vous présente Pithiviers.
P, pour "political",  T, pour "Terrific"
et j'ai rajouté Viers pour faire bien.
Pithiviers peut résoudre n'importe quelle crise…"

"Je dois vous prévenir, si je lance Pithiviers,
je ne réponds plus de rien.
Son intelligence est telle,
qu'il finira par tous nous gouverner"

"Attendez, attendez, nous n'avons pas dit oui, quel est son bord politique au juste ?"

"Et c'est parti…"

"Je veux une égalité parfaite entre hommes et femmes,
c'est pourquoi je vais tous vous débaptiser, désormais vous porterez des noms de gâteaux, comme moi.
Françoise sera Millefeuilles,
Dizier Paris-Brest,
Ann Holignal s'appellera Forêt Noire,
vous (la petite fille) Clafoutis,
Michel devient Baba au rhum,
Samira Tiramisu,
Chris Flan
et Pierre Macaron…"

Un film qui tombe très bien, en ces périodes législatives, un an après sa diffusion : Gaz de France.

Benoît Forgeard, le réalisateur, interrogé dans l'AutreJT, au sujet du nom de ce film dit que c'était une idée un peu poétique. Gaz de France était une grande société française d'état, elle avait déjà changé de nom pour "Dolce vita", qui était le titre d'un film, et il s'est dit que finalement si les entreprises peuvent porter le nom d'un film, son film peut porter le nom d'une entreprise. Le film pastiche les modes de gouvernances et de leurs communications, dans une fine autodérision, avec une petite équipe, qui sera celle qui joue les spin doctors. En effet le "storytelling" (ou conte de faits, mise en récit) signifie "action de raconter une histoire". C'est une méthode de communication fondée sur une structure narrative du discours qui s'apparente à celle des contes, des récits. En communication politique, ses conseillers en communication, désignés sous le terme de spin doctors, sont ici représentés, dans le film sous la coupe du conseiller de l'ombre du président (le président est nommé "Bird", oiseau, et joué par Philippe Katerine, le chanteur). Ce panel regroupe, entre autres têtes pensantes, un chercheur, l'intelligent et le remake de sa créature Frankenstein, passager clandestin, sous les traits du réalisateur lui-même, apte à gouverner. Je me suis demandée si ce n'était pas une mise en abîme de l'action de réaliser (du réalisateur) avec son équipe d'acteurs et comment sont envisagés les scénarios. Avec la faculté de travailler en 3D, de manière plus froide, et l'exécution qui peut être parfois un copier coller de la première maquette, l'équipe, composée aussi de techniciens, amène une autre façon de manipuler ce que le réalisateur envisage, s'il se prend au jeu, à l'esprit du tournage et montage... Et dans le tournage n'y a-t-il pas souvent un passager clandestin, l'homme de l'ombre, qui plus tard deviendra un réalisateur (de même pour les femmes)

En ces temps moroses de prétentions aux gouvernances en unique genre en France complètement figés, ce film apporte une distance bien cynique, mais aussi futuriste, de ce que "le vouloir être gouverné" (on l'oublie souvent) anticipe des plus sombres désirs du peuple d'un totalitarisme robotisé. Fini l'humain, place au zéro faille, zéro conflit, zéro crise... ou presque. Le téléchargement du programme est un peu long, les guerres humaines et la première (rechercher des victuailles pour manger) auront le temps de se passer. Toutes les tares, dures ou molles, sont réunies pour être le président de la république, ou le rester, dans l'opinion publique. Le modèle occidental est un gros gâteau, une pièce montée (ne reste qu'à visionner le bal des blancs, ces derniers jours, de l'investiture du nouveau président américain, producteur des téléréalités)
Le mythe de la jeune fille en France et la "love affair" plane toujours, non seulement dans les faits divers mais aussi hissé au rayon des idées et manigances politiques et d'images, cinémas ou photographies (les DSK, Polansky, Hamilton, Tron, Baupin...) : faire chanter les hommes au pouvoir et révéler leurs pires faiblesses. Dans les écoles, les universités, il n'est plus difficile de trouver le violeur, le type au milieu des jeunes femmes et jeunes hommes, couvert par les gouvernements, ministères, directions, de toutes les éducations (et les églises) quand ce n'est pas le groupe de types, et de furies complices, a la blague sexiste toujours en place, pendant que l'on diminue le salaire des autres qui ne perpétuent pas ces traditions. Si les langues se délient sur les réseaux, côté storytelling, plus c'est gros, plus ça passe, comme dit l'un des acteurs du film du réalisateur Benoît Forgeard.
Le salaud reste l'élu. Comme le filmait si bien la cinéaste Claire Denis (de son film, "Les salauds"en 2013) s'attirant l'antipathie des journalistes, la traitant de ne rien faire pour se faire aimer, tout est dit. Il ne faut pas exprimer l'âpre et l'étouffant que nous vivons, sans risquer de déplaire, tandis que les extrémistes peuvent continuer à nous étouffer. Ne serait-ce que côté des femmes, le peuple français n'est prêt à élire que celles aux idées d'extrême droite. De même pour toutes gouvernances, les employés ne mouftent pas lorsque des directrices s'emploient aux gestes les moins artistiques, les plus radicaux, les plus proches d'une période que l'on croyait révolue. C'est que l'état n'a toujours pas d'idée pour combattre le fléau des extrémismes, ni l'intention de comprendre que le pouvoir lorsqu'il est attribué aux femmes et aux hommes, et est détourné, devrait être traité avec la même impartialité, par égalité aussi. Nous n'en serions pas arrivés à de telles audiences, de tels actes répressifs, de tels détournements de pouvoir dans les régions, de toutes ces fragilisations artistiques et de libertés d'expressions déniées, au nom de la seule bienséance admise. Et la rose rouge au poing, devint bleue, tige plate et sans épines, juste par un effet de communication, éteignant la flamme qui nous disait encore : Attention, ou, Brûle ! Seule une voix de robot nous répète laconiquement : "Attentif ensemble", pendant que l'alcool ronge, la pollution brouille, et les mêmes, sur leur pupitre télévisuel en campagne, appuient sur le buzzer pour faire changer le décor en bleu, en rose, en rouge, devant de gros mots : terrorisme, sécurité, emploi.
Pour le mythe de la jeune fille il y a beaucoup à écrire, et culturellement, en France, il y a quelque chose à voir avec le thème de "la jeune fille et la mort" qui puise ses origines dans la mythologie gréco-latine, et qui devint, dès le XVI° siècle jusqu'au monde contemporain, une source d'inspiration pour les poètes et les écrivains, les peintres et sculpteurs. Cette opposition entre la vie (la jeune fille, ou tout objectivation du sujet) et la mort (le politique d'un âge avancé ou tout autre position sociale dominante) interroge la survie de l'espèce. La culture européenne, ne serait-ce que dans son histoire de l'art est traversée par cette lutte entre la vie et la mort. Les séductions de la mort et de l'abandon de la jeune fille dans ses bras, sont des images toutes construites de l'imaginaire des hommes qui les fabrique, à partir de leur perception et leur fantasme ayant la femme pour objet. C'est un truc qui ne fait plus illusion, même si nombre de femmes rêvent encore de s'abandonner dans les bras d'un président milliardaire, nombre d'autres font des marches dans les villes en disant bien que cela ne marche plus, en France aussi.

Et dans ce film, la possibilité de trouver une "love affair" pour rattraper les mauvais sondages du président montre l'usage malheureux de la politique à la française, hyper chiant et hyper dépassé, analysé avec froideur et machiavélisme. Le brio de ce film est là, très référencé dans ce que l'on a pu garder comme image de l'art contemporain de ces années de gouvernances aussi fatiguées de notre pays, quelques pièces bien connues, le rectangle au plafond qui laisse entrevoir le ciel et son climat (voir l'artiste californien James Turell et ses Skyspace des années 70) dans un bunker où l'on perçoit les glitchs d'un coucher de soleil flamboyant, entre le post Internet aussi californien et les impressionnistes de France, patchwork numérique, minimal, comme dans un musée, mais ici, c'est un film. Aussi les saucisses aux touches de ketchup rouge, dont l’association d'images simulent la main et le vernis à ongle rouge, photographies dignes des magazines cannibales de l'art contemporain éditées par Maurizio Cattelan, entre mode et fast-food culture américaine. Bref, c'est assez plaisant et ravive le cinéma, avec un peu plus d'arts visuels qui incorporent subtilement les scènes, tout en mixant le grivois du politique attendu, tandis que le président ne pense qu'à chanter et aussi souhaiterait que l'on envisage plutôt sa mort, afin de disparaître de tout ce "cinema" qu'est devenu la politique.
Le réalisateur a fait les écoles des beaux-arts, pas étonnant donc de retrouver aussi dans ses parages de fines équipes (comme la réalisatrice Sophie Letourneur, aussi issue de l'école des arts décos, avec ses films de filles libérées, festives, rohmérienne) J'aime les films d'Antonin Peretjatko ("La fille du 14 juillet" et plus récemment "La loi de la jungle" dont j'ai écrit un article sur ce blog) Il s'avère que le producteur français Emmanuel Chaumet est derrière tous ces films, porteur d'un nouveau cinéma (il a créé Ecce) Les films d'Alain Guiraudie ont été aussi de belles découvertes ces dernières années. Le problème c'est que tous ces films sont écrasés et ne passent pas pour le grand public dans les salles, ou même le public connaisseur qui ne le trouve pas, ou ne le voit pas passer, écrasés par tout le cinéma canonisé (à la cannoise). Lorsqu'on enseigne ce n'est déjà pas facile de parler de films cultes ou particuliers, alors des films que personne ne voit, ou alors dans un cercle si réduit, que seuls les réalisateurs et réalisatrices sont au courant... Comment amener le public à ces films ?

Nous avons revu l'acteur Olivier Rabourdin (qui joue le rôle de Michel Battement, dans Gaz de France) il jouait le rôle principal dans le film français Eastern Boys, réalisé par Robin Campillo (réalisateur de "Vers le sud", de 2005), que nous avions vu à sa sortie au cinéma en 2014, très beau film, choc, sur des garçons de l'est, une éthique dans un chemin immoral. Bref, oui il y a des choses à voir en France, mais il faut beaucoup chercher, un peu comme dans tous les domaines, ne pas se satisfaire de ce qui est avancé au-dessus de la mêlée.

Dans le film, le rôle du scientifique, dans un fauteuil roulant, me faisait penser à un chercheur émérite, sa voix, son engouement pour l'intelligence artificielle, qui a beaucoup défendu la recherche en art dans les universités parisiennes, il y a longtemps, assez fidèle à cette notion de supériorité assez déphasée et absconse que l'on trouve dans chaque séminaire associé ou en relation avec la recherche, glacée comme un texte récité tiré de films de sciences fictions et très révérencieux sur la machine, tous robots, seuls capables de lui être reconnaissants. Le gourou et ses adeptes, éducation toujours ne nous émancipe pas beaucoup. Juste un smile et les chercheurs éprouvent un plaisir, une infra-mince idée d'une possible soumission étendue et multipliée à souhait ("jouer à Dieu"). L'histoire enfantine des gâteaux, la transformation de l'égalité entre hommes et femmes tant décriée dans les programmes politiques des hommes et jamais atteinte, en nom de pâtisseries françaises, est succulente. Pithiviers, créature de ce chercheur, comme un appât sucré, est ce gâteau qui remonte à une tradition romaine, même si elle s'apparente à la galette des rois, c'est sa crème d'amande dans la pâte feuilletée, arrivée en même temps (XVIIe siècle) qui lui confère cette saveur particulière. Grâce à ce robot, Pithiviers, dans le film, tous seront nommés tels de bons appâts sucrés, ainsi, le chercheur créateur pris à son propre piège d'addiction, son point de faiblesse, n'aura-t-il le choix que d'éteindre sa créature, avant que s'étale au grand jour son penchant sucré, comme à d'autres sont les jeunes filles.

Ne vous laissez pas faire, serait la morale de ce film, mais chanter encore, telle La rigueur en chantant.

Benoît Forgeard et son équipe se sont installés dans le Loiret pour tourner, intégralement en studio, le long métrage "Gaz de France" produit par Ecce films. "Gaz de France" a été soutenu à la production par Ciclic-Région Centre en partenariat avec le CNC.
10 techniciens régionaux ont travaillé sur ce tournage.
Synopsis :
Afin de remonter la cote en chute libre du président de la République Française, son conseiller de l'ombre, Michel Battement, réunit en catastrophe une poignée d'esprits éclairés dans le sous-sol de l’Élysée.

Bio :
Benoit Forgeard étudie aux Beaux arts de Rouen, puis au Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains où il réalise Steve André (2002), une fiction tournée et diffusée en directes ainsi que les deux premiers épisodes de la série Laïkapark (2005). En 2006, il incarne Vincent dans les six premiers épisodes du Bureau, mise en scène par Nicolas & Bruno. Le succès de La Course nue (2006) lui offre l'opportunité d'une carte blanche sur France 2. L'année suivante, le cinéaste réalise Belle-île en-Mer, puis L'Antivirus (2009). Ces trois films constituent le récit de Réussir sa vie (2012), dans lequel Un réalisateur, modérément underground, a toutes les peines du monde à finir son film.

Coloscopia
, semble être une grosse farce, érotique... à voir.

Dernier sous-sol...



Fraisier : improvisation clavier et VJ devant un public averti (photo © JD)

Film Par kiwaïda at 12:57

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