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mercredi 8 avril 2020

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SEUL



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DANS TES RÊVES

Graphismes © Sonia Marques

La dernière est d'après une sculpture de Francesco Jerace, (Era di maggio, avant1920, Naples) la plus confinée.
Ses sculptures sont très belles, d'un grand équilibre, sensuelles et élégantes. Ce temps figé m'inspire ces figures de La Calabre, au sud-ouest de l'Italie, à la pointe de la "botte", dans cette région baignée par le soleil. Elle présente des montagnes escarpées, de vieux villages typiques et un littoral spectaculaire, avec de nombreuses plages très prisées.
En regardant ses sculptures, en avril 2020, nous sommes dans ce moment d'une épidémie mondiale, et l'Italie, plus durement touchée, vient de mieux connaître son
« patient zéro » et son parcours, plus de mystère. Il s’agit d’un homme de 69 ans, Calabrais d’origine et résident depuis des années de Casalpusterlengo, dans la province de Lodi, en Lombardie, qui est redescendu dans sa petite ville de Cetraro (province de Cosenza) début février, à près de 1 000 km au sud, alors que l’épidémie de Covid-19 n’était encore, pour les Italiens, qu’une réalité lointaine et exotique. En réalité, la maladie, comme l’assurent maintenant de nombreuses études scientifiques, avait déjà commencé à se répandre dans les plaines lombardes. Mais comment cet homme aurait-il pu soupçonner un seul instant qu’il emportait le virus avec lui ? Le premier cas attesté de coronavirus en Calabre.

Jerace, calabrais, né à Polistena (1853 et mort à Naples en 1937) s'est exprimé dans l'art sacré et dans l'art allégorique, il a commencé comme sculpteur avec des monuments de l'art funéraire. La figure féminine est le sujet prédominant, presque obsessionnel: enfantin, sensuel, sauvage, gai, fou, mystique, lascif, angélique...

«Patisco d'amor patrio, soffro di sentimentalità per il glorioso nostro passato, mi cruccio dell'abbandono in cui siamo caduti e tenuti… e specialmente cerco di far apparire nobile, grande e bella la nostra Calabria, anche quando è giustamente accusata.»

(Francesco Jerace, 1909)

"Je souffre de l'amour du pays, je souffre de sentimentalité pour notre passé glorieux, je m'inquiète de l'abandon dans lequel nous sommes tombés et gardés ... et surtout j'essaie de faire paraître notre Calabre noble, grande et belle, même lorsqu'elle est à juste titre accusée."

samedi 30 janvier 2016

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"Les grands écoutants" (sculpture © Sonia Marques)

Quelques photographies de ma famille des grands écoutants, de petites sculptures lumineuses, qui gardent leur énergie la nuit.
Je n'ai plus actualisé mon site Internet depuis quelques temps, pourtant j'ai hâte de donner une visibilité sur mon site de tous mes derniers projets artistiques. Il faut du temps, celui que j'ai donné à d'autres formes de réflexions et aussi un temps pour les futurs déplacements, orientations pédagogiques.
Alors quelques photographies de personnages en terre, de peinture. Je vis avec depuis mon déménagement et parfois je les agence, je les dispose, je les installe, et, ces grands écoutants me regardent et évidemment, écoutent.

Petite définition des années 1884 :

  Les écoutants et les regardants se disent des personnes qui, trouvant sur leur passage quelque chose de curieux qu'elles ne venaient pas chercher, s'arrêtent pour l'entendre ou pour le voir pendant un temps indéfini, indéterminé. Les écoutants et les regardants sont les gens oisifs, les badauds, les flâneurs, qui se trouvent ou se promènent en un lieu sans but et sans dessein.



"Les grands écoutants" (sculpture © Sonia Marques)


En quelques jours, ce mois de janvier, je me suis mise à écrire un conte, car j'ai rencontré des spécialistes du conte, qui ont mis en valeur toute l'histoire de Cendrillon, la sculpture réalisée en carreaux de céramique et exposée dans le limousin, ainsi que Hansel, ma vidéo cartographique. Et puis, je suis confrontée à des situations très particulières et exclusives souvent négatives, que j'observe à distance. La faculté de l'art et des artistes, c'est de renverser, l'expression devient positive et dans mon parcours une marque, un élan supplémentaire aux idées, aux formes.

Et pour cette nouvelle histoire contemporaine, sociétale, j'ai réalisé un dessin, une femme sans cheveux et pour bien des raisons. Depuis que j'habite dans le Limousin, je me suis imprégnée de la région, des habitants, de diverses situations et quelque chose est arrivé dans mon travail artistique, basé sur l'exclusion, le rejet de tout ce qui vient de l'étranger, l'isolement, le silence et tout ce qui était de l'ordre du "taire", que je n'avais pas perçu aussi nettement au début. Cela à éclairé une partie de mes recherches et à l'aune de cette exploration sociale, du milieu, "les grands écoutants" sont apparus, car finalement, à force de se taire, se sont des oreilles qui ont poussé plus grandes que les autres et ce sens fut développé comme un pouvoir surdimensionné, pour de petites choses, de petites tailles. La femme sans cheveux et son conte très particulier, a finalement aussi une spécificité dans le dessin, car c'est dans ses yeux et son regard calligraphié, que se focalisent toutes les attentions. Comme l'expression, elle a un regard qui en dit long.

Et si la peur de l'étranger se manifeste dans ce que l'on voit et ce que l'on entend souvent, formant une zone d'inconfort envers ce qui vient de loin, le désir d'ailleurs est également fort, par cet attrait de l'étranger, à plusieurs facettes, de l'imagination exotique et d'une linguistique inconnue. Depuis mon arrivée, j'assiste à plusieurs départs. Le détachement est propice à la réflexion sur ses attaches. Dans un chemin inverse, l'arrivée en terre inconnue, aussi radicale, au sens même de la racine, je touche aux souches, au fondement, profond, intense, total, absolu, de ce qui fait mon départ. Ce qui devient plus distant, ce qui revient des véritables attachements, j'adviens. Dans un habitacle des plus détachés, d'un point de vue le plus étranger, en faisant table rase d'avant, je m'attaque à la racine, par révolution, innovation, aux principes des migrations, à l'essence du "partir je reste", du "retour je pars", je touche aux souches, à l'essence de ma recherche, par un retrait radical, mais aussi par la conservation, je garde l'essentiel. J'interroge le déracinement et donc, j'attaque la racine d'un mot, d'un geste, d'un regret, d'une régression... pour une évolution.

Je m'adapte au territoire dans lequel je circule, mange, vit, habite, même si j'ai des bagages différents. Toujours des notions nous réunissent finalement, que nous soyons étrangers ou intégrés, familiers, comme la vanité, par exemple.

Dans la bible, vers le nouveau testament, la vanité représente «une intelligence obscurcie» des pensées que suivent les païens par leur ignorance à l'égard de Dieu. La condamnation des «discours vides» : L'idée générale de la vanité semble être l'absence de but conscient ou l'incapacité d'en atteindre un. On retrouve le "vain discours" par "le vain parleur". Mais, dans la bible toujours, il y a une menace sévère à propos des paroles vaines, c'est-à-dire inutiles, dont il faudra rendre compte au jour du jugement.

Bref la vie continue. Rien de vide comme un être humain plein de soi.



Une partie d'un dessein (dessin © Sonia Marques)