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dimanche 6 novembre 2022

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Après avoir exploré les peintures de Juan Gris, avec ses teintes bleues et sable, j'observe les vitraux de Franci Chigot, et ma sélection peut rassembler ces nuances, elles correspondent aussi à la même période, il y a un siècle.
Ci-dessous : Fenêtre La musique (1930) ces vitraux proviennent du salon de musique de la maison Laforest, place Jourdan à Limoges... Ils reflètent le goût de Chigot pour la musique et le jazz.

Photographies © Sonia Marques

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Le Musée des Beaux-Arts de Limoges (BAL) expose l’œuvre du maître-verrier Francis Chigot :
« Un monde de lumière : les vitraux de Francis Chigot et son atelier »

Parallèlement à sa scolarité classique au lycée, Francis Chigot est entré à 15 ans à l’École nationale d’Art décoratif de Limoges (l’ENAD). Couvert de premiers prix, il poursuit à 20 ans ses études aux Arts décoratifs de Paris et à l’Académie Julian. Lors de l’Exposition universelle de 1900, il découvre les réalisations civiles sur verre de l’École de Nancy dont le style souple et fleuri l’enthousiasme. À la mort de son père en 1903, il est obligé de quitter la capitale pour prendre sa succession à la tête de l’entreprise de peinture-vitrerie-décoration. Il décide toutefois de privilégier rapidement le vitrail, au point de lui dédier quatre ans plus tard un local, véritable acte de fondation de son atelier de maître-verrier. Dès lors, il applique subtilement les principes de l’Art nouveau. Les commandes affluent rapidement, tant dans le domaine de la création et de la restauration de vitraux d’églises, qu’en provenance de particuliers, pour des commerces, bureaux ou maisons (baies d’escalier, verrières de jardins d’hiver, plafonds...).

Léonard Chigot, né à Saint-Léonard-de-Noblat en 1841 d’une lignée de tailleurs d’habits, devient peintre-décorateur. En 1869, il épouse Anne Jourde, fille d’un sculpteur-tailleur de pierre de la commune d’Aureil. En 1875, il crée une entreprise de peinture-décoration en tous genres, au 3 rue de la Courtine à Limoges. C’est là que naît son fils François, dit Francis en 1879. Francis Chigot, devenu bachelier, poursuit ses études à l’Ecole des Arts Décoratifs de Limoges dont il sort avec le 1er grand prix en 1899. Il va à Paris poursuivre ses études d’art, mais à la mort de son père en 1903, il revient à Limoges et reprend l’entreprise familiale. Depuis ses études il a toujours eu en tête de faire du vitrail et en 1907 il ouvre son atelier au 54 rue Montmailler à Limoges entouré d’une petite équipe de peintre sur verre et coupeurs-monteurs-poseurs en vitraux. Il signe alors le début de sa longue carrière (53 ans) de maître-verrier.

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Orgue et machine à laver, vitrail et télévision

J'apprécie regarder les vitraux composés de verres striés et parfois comme de la dentelle. Cette exposition est lumineuse. De toutes mes recherches, je vois aussi un rapport direct avec mes vidéos écraniques, la lumière est aussi blanche, surtout celle (Vidéo Tonic) où je décris l'histoire du château au paysage plat et vert et du dragon rouge. Comme publié quelques fois; la gare de Limoges est lumineuse car les vitraux de Chigot, de part et d'autre (et nettoyés il y a peu) laissent entrer la lumière. Les châtaignes et les motifs aux couleurs d'Automne revêtent aussi, l'été, quelques reflets qui miroitent, et l'échelle plus fine et ample, dans la gare, fait de cette œuvre, une impression plus subtile et délicate. On peut ne pas s'en apercevoir, pour les passants pressés, et puis, dans la salle d'attente, on peut également se demander si ces vitraux sont contemporains. En tous cas, pour celles et ceux qui ne connaissent pas son histoire, ils ne laissent pas indifférent. Celles et ceux qui ont encore une once de curiosité, et sont parvenus à s'extraire de la télévision (autre vitrail un peu bruyant) ils ont accès, en France à beaucoup de chefs d’œuvres, par le train, par exemple. Le droit à la déconnexion est aussi recommandé, visiter cette exposition (jusqu'en février 2023), en passant par la gare de Limoges, affine ainsi les connaissances historiques et culturelles, mais aussi industrielles. Ici, cela fait partie de l'histoire, et dans mon histoire artistique, c'est riche, car, il y a là, un accès à la couleur et la transparence, la lumière. Et cela fait des années que je côtoie ces œuvres historiques. C'est très particulier. La cathédrale Saint Étienne a aussi son assortiment de vitraux et l'orgue vient d'être renouvelé, c'est tout un art le transport des tubes d'un orgue. Mon voisin, était l'organiste de la cathédrale, il m'a fait venir, monter voir son travail, puis, comme tout musicien, précaire, je lui ai donné mon secret pour déménager sa machine à laver... Une toute autre manière d'échanger les bons tuyaux... Les organistes lavent aussi leur linge, pas dans la Vienne, comme c'était la tradition des ponticauds et par les laveuses. Pas de place donc pour une télévision, lorsque l'on teste des orgues électroniques, avant de jouer en grand dans une cathédrale. Juste la place d'une machine à laver. J'aime bien l'histoire contemporaine, allier des notions qui n'ont absolument rien à voir ensemble... à priori.

Francis Chigot a reçu une éducation chrétienne, il est resté attaché toute sa vie au catholicisme. Sa foi s'exprime dans le vitrail. Lors de la loi de la séparation des Églises et de l'État (1905) et des années de tensions précédentes, les commandes étaient rares. Il fut mobilisé pour la guerre en 1914, comme plusieurs ouvriers, et il est tombé malade, a du rejoindre sa famille, il a relancé son atelier. Il restaure plusieurs vitraux d'église, et Monuments historiques, puis en 1930, il fut sollicité pour décorer les chapelles funéraires. Dès l'Armistice, le 11 novembre 1918, (bientôt), Francis Chigot part dans les régions dévastées du Nord de la France pour proposer des projets de vitraux pour les églises reconstruites. Entre 1922 et 1936, une vingtaine d'églises de villages, de cités ouvrières, de bourgs, ont des vitraux de Chigot, avec les cartonniers maison (Léon Jouhaud, Pierre Parot, Georges-Louis Claude, Camille Boignard) L'explosion des arts décoratifs, a embrassé la production religieuse et civile. Le vitrail était célébré partout (représentations de plein air, sport, industrie et nouveaux moyens de transport)
Dans les temps reculés, les Égyptiens et les Romains ont excellé dans la fabrication de petits objets de verre coloré. Bien avant, il y a 40 millions d’années, les éruptions volcaniques, manifestations naturelles, donnent naissance au verre. L'époque médiéval et la renaissance avec les cathédrales de lumière sont des œuvres visibles partout. La période de l'Art Nouveau est particulièrement inventive, et l'école de Nancy est un repère assez spectaculaire. L'art contemporain fait perdurer cet art à travers de nouvelles créations stimulées par des aides, pour des artistes parfois sans aucune pratique, en relation avec des maîtres verrier, femmes et hommes. Il existe en France de nombreux centres de formation qui couvrent tous les métiers du verre, du cristal et du vitrail et proposent différents parcours accessibles dès le CAP.  Comme le verre nécessite de nombreuses transformations en vue de ses nombreuses utilisations dans le bâtiment (verre trempé, verre feuilleté, doubles vitrages) il existe des formations dans le bâtiment pour des construction d’ouvrages (aluminium – verre – matériaux de synthèse) et aussi pour toutes les surfaces et l'étanchéité. Le secteur des verriers pour le bâtiment ou menuisiers pour l'aluminium de verre possède aussi ses formations pour façonner, découper et maîtriser le perçage du verre.

Le chêne au bord de l'eau (1914) : Les verres américains pour le paysage et les verres chenillés pour la rivière, donnent  ce vitrail une lumière colorée apaisante au lever du soleil et flamboyante à l'heure du coucher, témoignant du talent du peintre verrier. I fut exposé à Montréal en 1927, et avant, à Paris en 1914, au Salon des décorateurs.

Photographies © Sonia Marques

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mercredi 11 mai 2022

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(ci-dessus > Édition de l'artiste David Hockney : The Arrival of Spring, Normandy, 2020)

Ode à la solitude...

À l’aube de ses quatre-vingts ans, David Hockney a recherché pour la première fois la tranquillité à la campagne, un lieu où observer le coucher du soleil et le changement des saisons, un endroit où tenir à distance la folie du monde. Ainsi, lorsque la Covid-19 et le confinement ont frappé, cela n’a pas changé grand-chose à la vie à La Grande Cour, la ferme normande plusieurs fois centenaire où Hockney avait installé son atelier un an auparavant.

On ne reporte pas le printemps est un manifeste qui célèbre la capacité de l’art à divertir et à inspirer. Il s’appuie sur une multitude de conversations et de correspondances inédites entre David Hockney et le critique d’art Martin Gayford, son ami et collaborateur de longue date. Leurs échanges sont illustrés par une sélection de peintures et de dessins inédits réalisés par l’artiste sur son iPad en Normandie, en lien avec des œuvres de Van Gogh, Monet, Brueghel et d’autres encore.

Constamment poussé à aller de l’avant par son enthousiasme contagieux et son sens de l’émerveillement, à contre-courant depuis toujours, mais très populaire depuis soixante ans, Hockney ne se préoccupe pas de l’opinion des critiques. Totalement absorbé par son environnement et les thèmes qui le fascinent depuis des décennies: la lumière, la couleur, l’espace, la perception, l’eau, les arbres, il a beaucoup à nous apprendre, non seulement sur notre façon de voir… mais aussi sur notre façon de vivre.

*

Très belle édition, les verts sont lumineux, un beau travail graphique du passage entre l'écran, la couleur additive et l'imprimé, le papier, la couleur soustractive, j'apprécie le peintre et la qualité pédagogique de sa vision picturale, cultivée, plein d'humour et sans complexe, mais respectueux de ses apprentissages et ses enseignements.

Et pour dialoguer en ce printemps sans concession, mes paysages, aussi mes photographies, mes dessins, mes marques, comme mon nom de famille...

L'artiste photographe et l'âge d'or

Un dessin âgé et jeune

Des contemplations...

Photographies © Sonia Marques

samedi 14 août 2021

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Paseo a orillas del mar (promenade au bord de la mer) 1909, huile sur toile, 205 × 200 cm


La couture de la voile, huile sur toile, 1896, 220x302 cm


La Sieste, huile sur toile, 1911, 200x 200 cm

Joaquín Sorolla Bastida (Valencia 1863 – Cercedilla 1923), peintre espagnol de la lumière...

vendredi 1 janvier 2021

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Photographies (© Sonia Marques & Thejazzist - 2021)

lundi 13 janvier 2020

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Puits à traction animale à Djanet. Montants en tronc de palmier (Photo G. Camps)

L'encyclopédie berbère

« Le palmier est un arbre monumental, puissant, royal ; il a en partage la force, la majesté et l’élégance parfaite ; sa tige isolée remplit un cadre de plusieurs lieues et peuple une solitude. » Ainsi s’exprimait L. Lehureaux dans les premières lignes d’un ouvrage consacré au palmier-dattier du Sahara algérien. Cette phrase, peut-être trop enthousiaste, révèle combien le palmier-dattier, l’arbre de l’oasis, a exercé tant auprès des autochtones que des touristes ou fonctionnaires des temps coloniaux une attirance quasi idolâtre. Dans l’imaginaire du voyageur ou de l’émigré, le dattier est inséparable du mystère bruissant de l’oasis qui n’existe que par lui... On surprendrait bien des Européens et bien des Maghrébins du Tell en leur affirmant qu’il peut exister des oasis sans palmier (il est vrai qu’on parle alors plutôt de jardins ou de centre de culture) et que cet arbre dactylifère n’est pas pansaharien. Il n’est vraiment prospère et productif que dans une large bande de territoires du Sahara septentrional, le Blad ed-djerid (le pays des palmes) ; ailleurs, dans le désert, il ne donne pas des produits de même qualité ni en quantité comparable ; au sud, domine et fructifie un autre palmier d’un genre différent, le palmier doum* qui est un Chamerops et non un Phœnix. Mais le palmier-dattier n’en est pas moins l’arbre roi du Désert et l’homme, dans sa reconnaissance, admet qu’il a une origine divine particulière puisqu’Allah le tira des débris d’argile dont il venait de modeler Adam, donnant ainsi au dattier une place prééminente dans la Création.

L’oued Rhir

Plus à l’ouest, l’oued Rhir, appartient au grand ensemble des régions berbérophones du Sahara septentrional qui comprend, outre le Mzab, le Touat, et tout le Sud Marocain, alors que les oasis des Zibans, comme le Souf, le Djerid et le Nefzawa, sont arabisés depuis longtemps. L’oued Rhir, qui pas plus que l’oued Souf n’est un cours d’eau, est le principal producteur de dattes du sud Constantinois, en particulier de la variété Deglet en-nour. L’oued Rhir est la première région mondiale exportatrice de dattes de qualité. Les 40 palmeraies qui s’égrènent du nord au sud, regroupent près d’un million et demi de dattiers dont le quart de Deglet en-nour, la production de cette variété atteint 57 % (en 1970). Dans cette vaste gouttière d’une vingtaine de km de large, l’irrigation est assurée par des puits artésiens qui, aujourd’hui, sont forés jusqu’à la nappe du Continental intercalaire (Albien). Pour éviter la stérilisation par les dépôts de sel, il est nécessaire de drainer en conduisant les eaux par un long canal depuis Touggourt jusqu’au chott Melrhir. L’ensemble de palmeraies le plus important entoure Touggourt, la seule ville de la région avec M’rayer, les autres sont voisines, jusqu’à l’oued Mya, de gros villages dont les maisons sont, comme dans le Djerid, en briques crues.

Les oasis de Ouargla* prolongent vers le sud celles de l’oued Rhir. Elles possèdent une demi-million de dattiers adultes (estimation de 1971) et produisent 50 à 60 000 t de dattes dont un cinquième de Deglet en-nour qui atteignent ici les limites méridionales de leur zone de prédilection. Les oasis de Ouargla bénéficient, comme celles de l’oued Rhir, de forages profonds qui suppléent les vieux puits artésiens ou à balancier. Le développement urbain de Ouargla et la croissance des secteurs secondaire et tertiaire, en relation avec l’exploitation pétrolière et gazière, réduisent l’importance des palmeraies dans l’économie locale.

Les Zibans

A l’extrême nord de la zone dactylifère, s’étendent les riches palmeraies des Zibans, de part et d’autre de Biskra* qui joue le rôle de capitale régionale. Dans la partie occidentale, piémont des monts du Zab, la culture des dattiers bénéficie d’importantes ressources hydrauliques ; dans le Zab oriental (chergui), autour de Sidi Okba, les conditions sont moins favorables ; l’apport en eau est assuré par le seul ruissellement et le pays souffre de crues souvent catastrophiques séparées de longues périodes de sécheresse qu’atténue le barrage de Foum el Gharsa. Les palmeraies les plus importantes se situent dans le Zab gharbi : Biskra, Tolga, Doucen et Ouled Djellal ; c’est, pour l’Algérie la région de plus forte production des Deglet en-nour. Les 750 000 palmiers font vivre une vingtaine de villages alors que le Zab chergui, sur le piémont aurasien, ne possède que 250 000 dattiers.

LES DOIGTS DE LUMIÈRE

La culture du palmier dattier

L’irrigation

Le dattier a besoin de soleil et d’eau. Si le premier ne fait jamais défaut, la seconde, en revanche, lui est fournie par le travail de l’homme. Pour irriguer leurs palmeraies les jardiniers sahariens (Harratin ou Chouchan) ont fait preuve d’une ingéniosité et d’un courage dignes d’admiration. Nous ne ferons que rappeler les différents procédés traditionnels pour amener l’eau au pied du palmier, en mettant à part le procédé inverse qui consiste, dans les ghout du Souf, à faire descendre le palmier au voisinage de la nappe. Les puits traditionnels à faible rendement sont de deux sortes :
- Le puits à balancier, appelé khottara dans l’Oued Souf, l’Oued Rhir et le Fezzan, Aroudid dans l’Ahaggar, utilise une longue perche dont une extrémité porte un contre-poids qui fait remonter sans trop d’effort la poche de cuir (tagnint, dalou*) remplie d’eau suspendue à l’autre extrémité ; c’est le principe du chadouf déjà figuré sur les peintures de l’Égypte pharaonique. Il ne fonctionne que lorsque la nappe phréatique est à faible profondeur, de trois à six mètres.
- Le puits à traction animale s’impose lorsque la nappe aquifère est trop profonde. Cet engin appelé tanout, en pays touareg dalou dans l’Oued Souf, khottara au Mzab (terme qui au Maroc désigne la foggara) nécessite une structure en bois et l’usage d’une poulie pour éviter une usure trop rapide de la corde ; la remontée de l’eau est assurée par le déplacement sur une rampe ou une allée d’un animal, chameau, bœuf ou âne, attelé à la corde qui remonte une grosse poche de cuir, le dalou (delou*), d’une contenance de 40 à 60 litres. La longueur de la rampe égale la profondeur du puits.
- La noria ou roue à manège à traction animale fut introduite à Ouargla vers 1920, mais sa fragilité relative et son coût l’ont fait progressivement abandonner ; en 1975 il en existait encore quelques-unes dans l’oasis de N’Goussa et une seule à Ouargla.

*

J'essayais de me souvenir de tous ces mots nouveaux, de comment on faisait des dattes, des palmeraies... SOUF, BISKRA, OUARGLA, M'RAYER, TOUGGOURT...

"Il faut aller chercher de l'eau, là où il y en a..."

Les zibans :

Le nom de la région se réfère à un groupe d'oasis (en berbère, zab (pluriel ziban) signifie « oasis »). Il n'aurait aucun rapport avec la thèse arabisante ; la racine zâba indique l’instabilité et signifie, en outre, boire à grands traits, en se dépêchant ; ou la racine zâba peut signifie "couler", en parlant d’eau.

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Rue de Biskra - Matisse (vers 1907)

Henri Matisse part en direction de l'oasis de Biskra au printemps 1906 avec l'intention d'y séjourner une quinzaine de jours mais la durée de la traversée en bateau jusqu'à Alger puis le voyage en train jusqu'à Constantine lui prennent une semaine. Lorsque Matisse arrive enfin à Biskra il éprouve un sentiment qui marquera à jamais son imaginaire. Il ignore le folklore et l'exotisme de pacotille pour se concentrer sur les sujets développés par l'orientalisme post - moderne (le harem, les bédouins et le désert). Durant cette période il peindra deux tableaux majeurs "Rue de Biskra" et "Nu bleu (souvenirs de Biskra)" dans lesquels il schématise le corps de la femme. Présenté au Salon des Indépendants en 1907 le "Nu bleu" sera en concurrence avec "les demoiselles d'Avignon" de Picasso. Cependant la critique sera virulente et Matisse décidera pour un temps de délaisser les problèmes plastiques.

« Dans l’oasis de Biskra, surprenante
de fraîcheur au milieu du désert,
l’eau court dans une rigole, qui
serpente dans les palmiers [...]
Au bord d’un ruisseau, dans un coin
ombreux, un jeune arabe enveloppé
de lainages blancs était étendu,
et une jeune femme lui épongeait
le front. Je pense que l’Arabe pouvait
avoir un accès de fièvre. En tout
cas, c’est cette image, transformée
par mon imagination, qui m’a
donné l’idée du tableau « Souvenir
de Biskra. » L’oasis de Biskra est très
belle. Mais on a bien conscience
qu’il faudrait passer plusieurs années
dans ces pays pour en tirer quelque
chose de neuf et qu’on ne peut
prendre sa palette et son système
et l’appliquer. »
biskra.jpg
Emile FRECHON (1848-1921) Algérie, Biskra, photographie vers 1920