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mardi 15 août 2017

ℳℰℜ

A Scene at the Sea > film japonais réalisé par Takeshi Kitano, - 1991.

Avec Kurudo Maki (Shigeru) , Hiroko Oshima (Takako)
Le genre Yakusa, une trajectoire singulière qui s'évade d'un clan.
Le schéma clanique : Dans le film, le personnage s'émancipe du clan des surfers.
Les clans sont déceptifs, ils suscitent de la déception, les personnages de Kitano font l'expérience de cette déception, ils ne s'y retrouvent pas et s'en écartent. Des communautés à la marge qui sont au centre et deviennent mafieuses.
Film tendre où le lien se crée devant la mer, un amour pur et bouleversant, sans presque aucun contact physique. Le couple sourd muet, communique parfois en langage des signes. Ce couple chaste est fusionnel, dans une bulle contemplative.
Détermination malgré les épreuves. Lorsque Shigeru et Takako sont séparés, car le chauffeur du bus ne veut pas de planche de surf dans son véhicule, Takako reste debout dans le bus, elle se soumet à cette attente face à la vitre, elle soutient son amant, elle croit en lui, tandis que Shigeru à pied, sa planche sous le bras va faire le trajet, sans perdre confiance en cet amour qui les lie malgré la distance. Cette séparation impossible rend la scène et le lien très fort lorsqu'ils se retrouvent. Aussi lorsque la mer les sépare, Takako reprend la planche de surf.
Ils n'utilisent pas le langage, ces héros du film m'ont fait penser au film de Ozu, où le petit garçon décide de ne plus parler à ses parents, à la suite de l'interdiction de regarder la télévision. Cette non violence, où le refus devient une invention par l'absence de communication, un art pacifiste, une interruption source de créations, de nouveaux gestes et déplacements. Élégance, sensibilité, finesse des échanges de regards, des sentiments mutiques. Kitano est peintre, avec de l'autodérision, le comique et la contemplation sont des nuances dans un paysage maritime frontal, une scène, où nous sommes aussi ces personnages qui rentrent dans l'eau ou comme les poissons, sautillent de cet élément océanique.
La précarité n'est pas un obstacle, elle fait l'histoire et déjoue les rumeurs des clans de petites communautés idiotes et sans imaginaire, lorsque l'amour soutient chaque étape. Contre l'ennui, source de créativité, d'invention, la trouvaille d'un éboueur de la planche cassée, va réparer le lien avec la mer et l'engager dans une voix singulière, comme celle d'un artiste qui invente quotidiennement sa profession, remettre l'ouvrage sur le métier. La place de la femme, l'assistante, l'amoureuse, devient le guide du chemin initié par la découverte et l'ambition de l'amoureux recycleur des déchets. Comment rendre beau ce qui était rejeté, destiné aux ordures et à la saleté.

jeudi 9 février 2017

$ρεαк Ḻøω ℑḟ ¥øʊ ϟ℘℮@к ℒø♥ε

Speak low if you speak love, photographie (Sonia Marques) du spectacle de Wim Vandekeybus, MCB Bourges

Speak low if you speak love, photographie (Sonia Marques) du spectacle de Wim Vandekeybus, MCB Bourges

 « Speak low if you speak love ».
(Parlez doucement quand vous parlez d’amour).
William Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien

Dans cette dernière création, le chorégraphe Wim Vandekeybus part à la quête de l'amour, insaisissable, exacerbant les passions. Mêlant classique, contemporain et rock expérimental, la chorégraphie insuffle avec énergie désir et violence. En trente années d’existence, le chorégraphe et sa compagnie Ultima Vez ont inventé leur propre langage du mouvement, fait de tensions, conflits, risques et impulsions tout en accordant une place prépondérante à la musique. Après le succès de leur collaboration sur nieuwZwart en 2009, Wim Vandekeybus travaille de nouveau avec Mauro Pawlowski et son groupe de rock dEUS. Sur scène, ils sont accompagnés de la charismatique chanteuse sud‑africaine Tutu Puoane, déesse à la silhouette sculpturale. De sa voix envoûtante, elle passe d’un registre vocal à l’autre et irradie le plateau de sa présence mystérieuse. La communauté de danseurs, contemporains et classiques, expérimente les relations au sein du groupe suscitant le jeu, la tentation, la provocation, l’abandon. Vandekeybus envisage la relation à l’autre dans un rapport de force. Les corps défient la pesanteur, se télescopent, sont projetés dans les airs ou à terre pour ressurgir avec toujours plus d’énergie.
Intense !

Mise en scène, chorégraphie, scénographie Wim Vandekeybus
Créé avec & interprété par Jamil Attar Livia Balazova Chloé Beillevaire David Ledger Tomislav English Nuhacet Guerra Segura Sandra Geco Mercky Maria Kolegova

Musique originale (live) Mauro Pawlowski Elko Blijweert Jeroen Stevens Tutu Puoane
Assistante artistique & dramaturge Greet Van Poeck
Assistants mouvement Iñaki Azpillaga Máté Mészáros Styling Isabelle Lhoas assistée par Isabelle De Cannière
Création lumière Davy Deschepper Wim Vandekeybus
Création son Bram Moriau Antoine Delagoutte
Régie plateau Tom de With
Conseil scénographie Isabelle Lhoas Davy Deschepper
Atelier costumes Lieve Meeussen
Coordination technique Davy Deschepper


Voici l'annonce sur la Maison de la Culture de Bourges, ce lieu des années 60 "qui résulte de la conjonction d'heureuses coïncidences et de rencontres humaines décisives sur un terreau culturel fertile. Tous les ingrédients sont réunis pour donner le coup d'envoi à la première Maison de la Culture de France dans un lieu spécialement dédié aux arts."
Là c'était à l'auditorium, un peu plus loin que la MCB, actuellement fermée (cf. 1964, les maisons de la culture > INA)

Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un spectacle de Wim Vandekeybus: Époustouflant !
Comme la dernière fois, il y a 20 ans : la claque !

J'avais vu "What the Body Does Not Remember", c'était fin des années 80, Paris. J'étais danseuse de danse contemporaine, quelques spectacles, une scénographie même, pour la chorégraphe que je suivais, une sélection aux Plateformes de Seine-Saint-Denis, puis ce choix draconien, je postule pour l'école beaux-arts de Paris, je fus sélectionnée, je ne danse plus. J'avais ces souvenirs des corps meurtris, des échanges entre danseurs de l'apparence, des corps toujours, de son exposition, du désir d'être vu, en scène, nu. Les pieds, les bleus, matériaux de souffrance, esclaves de chorégraphes, des jours et des nuits de labeur, des filages, et tout pour un soir.

Une belle expérience, le sentiment très tôt, que certaines carrières ne peuvent aller au-delà de la vingtaine. J'ai tout appris aussi de la musique, des accompagnements, des musiques du monde, j'avais entrainé des amis, ma famille, j'avais réalisé des nuages en pierre de plâtre, j'étais sculpteur, un sculpteur très particulier, j'avais constellé le sol, les danseurs sautaient dessus, les grosses pierres et les cailloux. Alors, dans le même temps, je me cultivais, et j'ai découvert Wim Vandekeybus. Quelle ne fut pas ma surprise, un spectacle pluridisciplinaire avant l'heure, moi qui allait découvrir le grand retard des écoles d'art en rentrant y étudier, et dans la meilleure de France, où pas une fois ce mot pluridisciplinaire n'était compris, pire, il fallait être monolithe, monochrome et chromophobe, et mono-médium. Mais, dans mes bagages, des gestes, entropiques, légers, puissants, dynamiques, un corps svelte et très musclé, un esprit saillant. De la pommade ce soir, donc.

C'était dingue, découvrir, en 1987, le fascinant début de Wim Vandekeybus, le belge, et sa compagnie "Ultima Vez" (un nom portugais de "dernière fois", qui me disait, avec saudade "première fois") un bouleversement dans cette solitude d'une jeune artiste confrontée brutalement à la danse belliqueuse, aux jeux d'attractions et répulsions et tous ces danseurs qui ne cessent de courir partout, avec une énergie salvatrice, nous arrachant aux turpitudes des réactionnaires. C'était transportant, inoubliable. Une maîtrise qui m'avait parue angélique et diabolique, dévastatrice, dans le sens, où l'excellence artistique était manifestement d'un autre pays que celui où je vivais. Et je suis partie tout de même sillonner des contrées périlleuses, faire des tranchées dans la terre, creuser des souterrains et des galeries, en rencontrant d'autres taupes qui savaient aussi. C'était sans aucun doute le début de son parcours. Le défi de la gravité, chacun son périple périlleux, son idée du défi. La grande histoire du mouvement.

Hier soir, après une journée bien remplie de cours et de projets avec les étudiants, « Speak low if you speak love », m'a donné une impulsion, le genre qui vous fait décoller du sol pour longtemps, le courage. Spectacle magnétique, sensuel, onirique, envoûtant, toujours dans le non-contrôle contrôlé, cru, cri. J'ai la chaleur d'un vêtement trempé de sueur de danseurs envoyé sur moi, au premier rang, et les fulgurances de leurs gestes et cris, et tensions.

Les Amants : tableau surréaliste de René Magritte, qu'il a peint en 1928

Premier tableau et je vois ces couples avec un voile qui voile leurs visages. Je pense à Magritte, à ce baiser des amants qui se cachent pour vivre leur amour. Ils s'aiment sans se voir / ils se connaissent déjà et n'ont donc pas besoin de se voir pour s'aimer / Se voir n'est pas important pour s'aimer / Pour vivre heureux il faut vivre caché. Le corps de la mère de Magritte, qui s'est suicidée dans les eaux de la Sambre alors qu'il était adolescent, fut retrouvé le visage couvert d'un tel tissu... René Magritte (1898 – 1967) Peintre belge et surréaliste. Belge comme Wim Vandekeybus.
Je venais de quitter de grands dessins, celui d'une étudiante avec un grand voile, comme une cascade d'eau, que nous avons acheminé avec l'assistante en photographie de l'école d'art de Bourges. Tous cultivés, ils ont cette chance d'avoir vu tant de spectacles de Win Vandekeybus, et de savoir les distinguer tous, repérer les évolutions, équipe administrative aguerrie, voici de quoi échanger sur l'art et les manière et les audaces. De même, avec une précision et une radicalité qui font tordre les mauvaises langues, j'enseigne à leurs côtés, avec leur aide et l'on pousse les plus jeunes, dans chacun de leurs gestes et réflexion, un peu plus loin. La contrainte impose un respect, là où le grand n'importe quoi a dévasté les cours et écraser les études plus approfondies. La rigueur apparaît comme une menace dans ces animations culturelles imposées pour faire de l'audience, pour séduire ce que l'on nomme "le populaire". Alors je précise, nous apprenons, nous prenons du temps, là où l'on nous impose de zapper, de répondre à mille demande à la fois, d'être partout et nul part, d'être ici et ailleurs, de ne plus être, de ne plus savoir qui est qui faire quoi ou ça. Alors j'aime beaucoup cette méthode rigoureuse et impartiale comme un art martial, poser petit à petit les bases, faire croire que cela n'est pas libre, resserrer les possibles, se servir de juste un seul outil, en tirer toutes les vertus, puis, au fur et à mesure, progresser et trouver son propre geste, jusqu'à ce qu'il dépasse tous les stéréotypes, les rumeurs, les influences de passage, les tendances toujours dépassées dès qu'elles signent l'alarme de ce qu'il faut faire, et puis, la liberté apparaît, inébranlable (pas cette de la Fillonnade du moment) et là, seulement là, les possibles. Il faut sauver les Théo du système policier, des thèmes homophobes des représentants de l'autorité, des délégations des signatures des ministères. À mort la matraque !

Extrême que ce spectacle spirituel, charismatique la chanteuse sud-africaine Tutu Puoan, vertiges de la musique de Mauro Palowski. Chacun à la batterie, des pieds, des mains, de l'archer sur les cordes d'une guitare. Les danseurs et les danseuses, l'élite, cela fait même très peur, cette élite, il sont bons, ils s'affirment tous, avec un caractère supérieur, autonome, déglingué complet, siphonné quoi ! Des solos d'une grande générosité. Cet amour recherché et traduit par les tensions, la séduction, les sexes, sans associations faciles, tout est difficile, il n'y a que de la difficulté, à se rencontrer, se toucher, s'insulter, se pétrir, se porter, se lancer, se défier sans cesse, du regard aux poils, aux tatouages (maintenant c'est quelque chose de commun) aux parties génitales comme parties de la scène. Punk, dévastés, endiablés, en transe, possédés, aliénés, chacun, chacune, dévoués à ce culte de l'amour, des passions dévorantes et dragueuses, rageuses, incompréhensibles, mais tout de même, rien de répugnant, de la pudeur dans l'impudique, du voile et du nu, de la provocation, celle d'être dans le public, de lui lancer des cordes, d'amarrer un peu plus dans la scène, lâchement, de le narguer, ce public soumis, assis et si silencieux : attention danger, nous crie-t-on, réveillez-vous, nom de Dieu ! Qui veut aller dans le cercueil ? Ces jeunes gens y passent et trépassent, s'enferment et chantent, démontent la mort, remontent l'amour. Je pense toujours à Iggy Pop quand je vois les danseurs de Vandekeybus. Celui qui crie, à la barbe blonde, à la verge claire, entre homme des bois et enfant jaloux qui interpelle la justice invisible, les lumières. Et puis cette scénographie envoûtante de ces voiles, hautes tentures suspendues, véritables œuvres contemporaines plus légères et transparentes que l'air lourd des corps chargée d'eau de sueur. Les couleurs parmes et bleues et roses et rougissantes, à peine, qui laisse transparaître les musiciens, le monsieur avec le haut-de-forme. L'aspect chamanique est soulevé, extatique dans des solos de fièvre. Il dévoile la passion, puis la voile d'un air négligé. Les corps à corps se désaccordent et s'étripent, se jettent du sang : prendre de la peinture rouge dans sa culotte et la maculer sur le visage d'un homme. Des invitations sorcières. Des portées, des jetées passionnels d'une dramaturgie discontinue, déluges d'élans, avec d'infimes frôlements en guise de douceur, de bien piètres réconciliations, car ici, tout est séduction et détachement. Les attachements et attaches sont fugaces comme la soie qui effleure les musiciens. Et puis il y a ces espèces de plantes vertes, qui bougent toutes seules, ou animées grossièrement, cachettes trucages. Un arc, une seule flèche tirée par une femme intrépide et attrapée par la main d'un homme non cupide. Il y a ce radeau tiré, ou cette cordée, ce naufrage des chenapans élitistes, chacun nous toise, nous les petits, fêtant leurs quelques années encore de gloire, car le corps a son temps, mais l'esprit, plus vaillant, est la figure de prou d'une communauté de la danse. Alternance de duos sensuels et moments de groupe et d'humour, les robes rouges, les folklore revisités, de petites folies drôlatiques, une histoire de Pina Bauch, d'Anne Theresa De Keersmaeker, dans la course à l'amour. Les spectacles de Wim Vandekeybus sont viscéraux et élégants, somptueux dans la précarité des accessoires et de l'espace comme ventilé et suspendu, en attendant les attaques des oscillations amoureuses. L'amour est insaisissable, il se détourne, se sublime, se maudit, se fait attendre et n'est que surprise, emprise, rêve, charisme. Jazz impro, l'amour, cela fait du bien.

Le goût du risque


Wim Vandekeybus :

« Mauro est un maître du rythme, de la soul et de la virtuosité. Lui et sa musique intriguent, ils osent, ils sont sans peur. Sa musique vous atteint en plein ventre et bouleverse votre conscience. »

 

 

jeudi 30 juin 2016

ḟґ◎ℨ℮η ł☺♥ℯ

Sur le tournage du film L'effet aquatique, de Sólveig Anspach (2016), photographié par Isabelle Razavet

J'avais récemment écrit succinctement, sur les films de Sólveig Anspach, disparue l'été 2015, après avoir gagné une rémission et des sursis de son cancer. Ses films sont finement brodés de ces aventures de la vie et des essentiels. Le dernier film actuellement sur les écrans, "L'effet aquatique", me laisse sur la fin.

Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. Son mensonge ne tient pas trois leçons – or Agathe déteste les menteurs ! Elle s’envole pour l’Islande où se tient le 10ème Congrès International des Maîtres-Nageurs. Samir n’a d’autre choix que de s’envoler à son tour...


Beau film, doux, dernière ligne bleue qui montre ce qui est difficile à montrer ou dire : le désir. Parce qu'il n'y a pas de déclaration d'amour, si ce n'est des silences et rencontres manquées, des mensonges et fuites, des retenues.
La puissance de l'oubli et du souvenir, dans ces moments de premières fois est amenée par un accident burlesque, une micro science-fiction de la prise électrique : un électrochoc (celui de l'amour impossible à dire)
La force du désir, la guérison par l'eau et l'utopie que l'élément liquide, une piscine, rassembleraient bien des territoires en conflit, parce que l'on ressort toujours, après une nage, paisible, je le crois aussi.
Apaisés, après ce film, comme après une nage en piscine.
Des plaisanteries hygiénistes en pays islandais, mais assez cruciaux. Ici, nous en sommes encore à laisser les nageurs et nageuses sans bonnets, sans douche préalable ni après… J'ai toujours trouvé cela étonnant, les autres n'existent pas.

><((((*゚< >゚*)))><

Nageuse, j'avais aimé connaître les piscines à Vancouver et ces douches similaires où tous les corps sont nus de tout âge, toutes corpulences, avec une saine camaraderie. "Vancouver lover" fut une installation artistique photographique exposée dans 2 galeries en 1997-98 à Vancouver, dont une partie des centaines de tirages de couleurs se passaient sous l'eau, dans des piscines découvertes au bord de la mer. Je me souvenais de cela et des teintes bleutées travaillées avec le ciel, agencées près des roses...

<・)))><<


Dans ce film, il y a des plans sous l'eau, avec un jeu sur la frontière (dessus-dessous) air-eau, lorsque débute la découverte de l'autre, puis la vapeur bleutée du Blue lagon islandais forme un rêve, celui de l'accès à l'amour.
J'ai lu que l'un de ses documentaires se nommait Vestmannaeyjar, du nom de l’île islandaise où elle est née, le 8 décembre 1960. Me reste à compléter ma lecture de son œuvre. Actrice et acteur dans ce film, Florence Loiret-Caille et Samir Guesmi, issus du précédent film Queens of Montreuil, ici dans les eaux, toujours entre Montreuil et l'Islande, sont deux antagonistes amoureux transis.

Ce sentiment d'affection tellement fort qu'il paralyse la personne qui l'éprouve, l'amour transi (frozen love, en anglais) est révélé dans ce film par le manque et la force romantique, tout quitter pour rejoindre l'autre, ou tenter d'apprendre à se souvenir de son désir, lorsqu'il échappe au temps, ou que la mort menace de le laisser à l'oubli.

Un médecin, dans le film, parle de l'eau, de l'effet aquatique, tout se qui est parti, revient toujours, quelque chose comme cela. Ici se joue la mémoire, comme dans le jeu de Memory (excellent jeu pour pour exercer et de développer sa mémoire, développé dans les années 50), un film posthume qui nous donne un signe de vitalité (ne m'oublie pas), dans lequel la réalisatrice Sólveig Anspach, s'insère actrice, avec ses grands yeux bleus.
Transparence.
Une transmission de la notion du bonheur avec un regard tendre, sur les corps, les visages, les paysages, le jaune et le bleu. Sólveig veut dire soleil en islandais. Malgré les tumultes traversés des personnages, affrontant leur peur, ils accèdent à l'amour, in fine.

Encore un palmier, celui du maillot de bain de Samir, acteur de 48 ans. La réalisatrice en révèle le corps et la démarche élégante qui ne semble pas toucher terre, juste la survoler, comme ses brasses sur un tabouret. Pas une seule fois, il n'est question dans ce film, de voir les crawls compétiteurs que nous connaissons bien. Mais le plaisir de voir la pointe des pieds sous l'eau, danser, vers un désir émergeant.


Costumes de Samir (costumière et décoratrice Marie Le Garrec de la réalisatrice Sólveig Anspach)

vendredi 24 juin 2016

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Bergeronnette grise Motacilla alba - White Wagtail (Photographie c.c.: Luciano95)

34 degrés à l'ombre. Hier, J'ai rencontré une Bergeronnette grise. Elle volait du bas de la piscine jusqu'en haut du palmier. Bel oiseau élégant, délicat comme tous, haut sur pattes, noir et blanc. C'est un oiseau aquatique, il peut être bien près de l’eau pour chasser que dans les villes et les parcs urbains pour dormir dans les arbres. Là c'était un palmier, parfois, cette Bergeronnette marchait près de moi, avec son casque noir, puis s'envolait. Elle semblait vouloir me dire quelque chose du haut de son palmier, le bec s'ouvrait par intermittence et de petits cris ainsi (superbe site de sons, Xeno-Canto). La Bergeronnette grise fréquente une grande variété d’habitats humides ou secs mais ouverts comme les rives maritimes, les cours d’eau en altitude ou les rivières au cours lent en plaine, les bords des lacs. Mais cette espèce se trouve aussi dans les zones cultivées, les parcs urbains et les jardins, et près des villes et des grandes cités. Cet oiseau est commun dans les jardins, près des habitations. Pendant les migrations ou en hiver, elle fréquente aussi différentes zones humides comme les lisières des réservoirs, les lacs et les étangs, les rizières et les champs irrigués, les villes, les campings et les plages.
Cette espèce peut se reproduire depuis les basses terres jusqu’aux hautes montagnes (jusqu’à 5000 mètres d’altitude dans l’Himalaya). En anglais elle est nommée "White Wagtail", en allemand, "Bachstelze", en espagnol, "Lavandera Blanca", en italien, "Ballerina bianca"., en suédois, "Sädesärla"... Mais c'est une MOTACILLA ALBA et il existe plusieurs variétés :


Le soir, au hasard d'une ruelle à Limoges, je reconnais Pierre Belouïn attablé. Quel hasard, notre défunt, Jean-Luc Vimouth (dont j'ai écrit un long article RIP), chef d'atelier de l'Ensba de Paris, milieu des années 90, et artiste disparu en décembre dernier, qui nous avait fait réunir d'échanges entre anciens étudiants, m'a guidé afin que nous nous rencontrions, dans ma ville. Du haut du palmier cette bergeronnette me faisait des signes. JLV, le monsieur palmier, qui avait construit un escalier hélicoïdal pour que l'on puisse découvrir un autre point de vue.

Jean-Luc Vilmouth : Autour d'un palmier, 1989

Pierre avait monté une structure d'édition (Optical-sound) son blog présente en ce moment Acoustic Caméra, il nous a donné une carte de visite noire. Il nous a parlé de ses souvenirs et sa formation de sa culture musicale et la cold wave. Cette vague froide, dont Pierre en avait fait le titre de l'une de ses expositions. Je me souviens de son affiche à l'atelier (Ensba Paris) où nous étudions ensemble, "Ne me quitte pas" et tant d'autres évènements, manifestations. Je me demande si ma découverte de la vidéo en VHS, un weekend, dans notre atelier, Trash, qui m'a inspirée avec Joe Dalessandro, pour une bonne partie de mes Songes (vidéos aussitôt exposées dans une galerie avant le passage de mon diplôme et achetées par un collectionneur...), ne venait pas de Pierre. En février 1997, je réalisais une exposition, dans la galerie gauche de l'école, avec autorisation qu'elle soit ouverte le soir, nommée "Optique Valentine", avec Étienne Cliquet, le 14 février. J'avais compilé sur K7 plusieurs chansons d'amour, mais c'était un hommage féministe à la Valentine, que j'inventais, le jour de la Saint Valentin, mais surtout sur la chanson de Chet Backer, My Funny Valentine. Première dans l'école, la galerie gauche n'était utilisée que pour des accrochages de peinture et jamais ouverte le soir. Nous avions réalisé successivement une édition, complètement artisanale, j'étais dans une fine fabrique très près de la photocopieuse couleur aux halles, très remarquée, Claude Closky nous enviait. Elle nous a emmenée loin, jusqu'à Vancouver. Fête de pliages de papiers, de dragées installés de façon très spécifique, éclairés par des projecteurs de diapositive au sol, une légèreté, mais la majeure partie de notre diffusion sonore était techno, cold, hard, parsemée de bonbons (de mariage) à sucer, et de slows, où plusieurs danseurs se sont succédé pour inaugurer cette balade, ainsi que l'artiste qui étudiait avec nous Otobong Nkanga, en photo dans l'édition, avec Noëlle Pujol, qui porte des masques. C'est une période, après un passage où je fus hospitalisée, je souhaitais réaliser une fête à l'école et pour tous, mais une fête très inspirée et conceptualisée depuis mes références, l'artiste Félix González-Torres, ou Nan Goldin étaient dans mes bagages. Des masques en papier, une ouverture au public, premiers origamis, sans le savoir encore... Des billets de tombola tous gagnants, aux noms de saints, d'hommes et de femmes, étaient à piocher, bleus ou roses, afin que de nouvelles rencontres, sans à priori de genre s'inaugurent, et parsemaient après utilisation le sol. On y accédait par un bocal dont l'orifice était recouvert de pâte d'amande. J'avais vu plusieurs expositions de Matthew Barney, et vu le cycle de film de ses Cremasters et j'aimais beaucoup ses objets avec de la paraffine. Pierre Belouïn avait beaucoup apprécié le nom choisi de notre réception manifeste, avec le mot "Optique" et était venu m'annoncer qu'il avait trouvé le nom de sa structure d'édition : Optical Sound. Je crois qu'il fut le premier à m'inviter à danser un slow. En écrivant cet article, j'écoute "Light Speedream" de Blue Baboon (album HiTop (OS.005)

Optical Sound est une structure hybride et atypique, furtive et mobile qui dessine ses propres frontières entre musique expérimentale et art contemporain. Bien avant l'exode des musiciens vers les contrées plus accueillantes des arts plastiques - crise du disque oblige et soif insatiable de nouveauté - Optical Sound œuvre depuis 1997 au mixage interdisciplinaire .../...

Blue Baboon c'est aussi Olivier Huz, dont j'avais adoré son album : "Frz & Blue Baboon & Etereo Expandeum Club ‎– Machine That Also Let You Draw !" qu'il m'avait passé en 2001 (label Vacum), période où il a fait partie de mon collectif Téléférique. En fait, je pense que c'est Étienne qui l'avait invité pour son programme informatique, pastiche d'un virus pour Mac, sonore, dont la composition était très fine, tous les dossiers allaient à la poubelle. Makoto Yoshihara, notre ami artiste, membre du collectif, était fan de ce petit objet ludique. C'est ainsi qu'il m'a parlé de ses compositions que je trouvais vraiment réussies. Il avait remarqué mes compositions sonores et m'avait encouragé à continuer. Il est aussi graphiste sous le nom à présent de Huz & Bosshard (Huz & Bosshard est le diminutif pour Olivier Huz et Ariane Bosshard, graphistes associés depuis 2008-09). Années 1997 donc c'était l'année de l'Aspic Record aussi. J'ai connu le couple Claire Moreux et Olivier Huz avant sous le nom de Blue Baboon, de Lyon, graphistes et aussi ils composaient de la musique (Aspic record les archives : Aspic Records was a label dedicated to Cd-r. Now, it is the place where you can have news and hear sounds of all the people involved in the label, their friends and all the people we like. All the past releases are now online, help yourself! ) Puis, ils se sont associés à Optical sound.
De cette fête amoureuse dans toute l'école, inauguratrice de ces années festives et derniers éclats d'un siècle, période Sida (l'année 2000 se profilait avec moins de partage et voici où nous en sommes arrivés !), Optique Valentine, je suivais les cours de critique d'art d'Élisabeth Lebovici, entre autres, je faisais des études à pas d'heures et un peu plus qu'il était prodigué dans l'école, je l'avais conviée à la fête, et elle, également à ses fêtes. Il y avait aussi la Gay Pride à Paris, et dans l'une de ses fêtes, j'avais convié d'autres amis, qui ne connaissaient aucun trouble dans le genre.
Sinon, cela faisait donc presque 20 ans que je n'avais pas vu Pierre, tout de suite je l'ai reconnu, dans la nuit noire, éclairée par un repas bien mérité. JLV roublard, devait bien rigoler du haut de son palmier céleste. Nous remercierons la bergeronnette élégante de cette nouvelle rencontre impromptue et à mes qualités de physionomiste. À cet instant je me suis souvenue d'avoir rencontré dans les rues de Berlin, Martine Maffetti, artiste aussi de cette école d'art parisienne, avec laquelle j'avais tant et tant marché et tourné en rond, à l'espace d'art contemporain de la Fondation Cartier, embauchées toutes deux à garder les expositions, seule je l'avais reconnue, une dizaine d'années plus tard, en plein hiver, alors que j'exposais, invitée par mon ami Johannes Buss, artiste et commissaire d'exposition. Il m'a fait découvrir Berlin. J'avais effectué mes études à Vancouver, sur l'île plus exactement avec lui, puis nous étions constamment en contact, entre le Brésil, l'Allemagne et la France. C'est important tous ces changements, les artistes sont des vagabonds très sensibles et sympathiques, qui changent beaucoup et ont une belle expérience de vie. Et tout cela en toute indépendance des institutions, assez libres en fait, précaires mais plein d'idées. Cela n'a pas changé pour tous ces artistes. J'ai l'impression que nous sommes en période de résistance, chacun dans notre coin, mais on ne peut rien montrer, nous sommes interdits, le sensible n'a plus droit à la parole, seul les discours militaires et les forces armées des technologies invincibles des marchés signés sont acceptés, avec objectifs et résultats, des copies de copies de copies. Il me faut continuer ce recueil de poésie, j'ai vu la vidéo de ma conférence, malgré leur problème de captation, c'est vraiment pas mal, ça grouille d'idées. Je vais tenter d'insérer mes visuels ce sera mieux...



Paraganba (photographie © Sonia Marques)

Encore une boutique qui ferme, désuète à souhait, j'aimais beaucoup son enseigne et cette typographie déliée, ses pictogrammes charmants :

La maison Parangaba, qui ne date pas d'aujourd'hui, attire toujours une clientèle BCBG et exigeante sur la qualité. Côté parapluies, c'est Piganiol qui offre, avec sa collection L'Aurillac, une belle diversité qui va du traditionnel parapluie de berger à des modèles sobres ou plus fantaisistes, droits ou pliants, imprimés ou unis. L'élégance est toujours au rendez-vous avec de jolis gants de cuir et de la petite maroquinerie signés entre autres Buscarlet, Azzaro. En soierie, des carrés chic sont griffés par de grands couturiers (Inès de la Fressange, Pier Olivier). Etoles et écharpes complètent le panel.

Aujourd'hui il pleut tant que je pensais à mon "Monstre de la pluie" dessin déclencheur d'une longue série (Les incognitos) qui n'a pas fini de raconter des histoires et de donner des leçons d'enseignement. Juste avant de rencontrer Pierre, je vois dans une librairie de livres pour enfants, une illustration de Maurice Sendak. Cette série, de mes incognitos, avait inspiré mon ami Johannes, ainsi avait-il le souhait de voir figurer une partie de mes dessins à Berlin, ensuite il s'est mis à dessiner aussi, ce qu'il ne faisait pas habituellement. Des dessin de couleurs, queers et transgenres. Un jour, j'avais exposé tous mes dessins en cours dans mon appartement, cela prenait tout le mur. Mon ami avait invité ses collègues, dont Bertrand Lamarche et Katarina Schmidt, moi j'avais invité Régine Kolle, un peu de l'Allemagne. Nous apprécions tous ces artistes et étions amenés à travailler ensemble, souvent dans l'enseignement. Bertrand s'est exclamé en voyant l'un des dessins le
"Monstre de la pluie" qu'il ressemblait à un dessinateur américain qu'il aimait beaucoup depuis l'enfance : Maurice Sendak, que je ne connaissais pas du tout, surtout le succès international avec Max et les maximonstres (Where the Wild Things Are) publié en 1963. Plusieurs de mes amis, connaissaient cet ouvrage. En France cela a dû être un des livres de la jeunesse. En arrivant à Limoges, en décembre, dans cette ville inconnue, en pleine neige et Noël, le premier film que j'ai été voir c'est l'adaptation de son histoire Max et les maximonstres, réalisée par Spike Jonze, fin 2009. J'ai beaucoup aimé ce film.

Spéciale dédicace aux rencontres et hasards bienheureux... au monstre de la pluie et à la bergeronnette du palmier.



Monstre de la pluie  (dessin © Sonia Marques - 2006)

dimanche 14 février 2016

〇ᖘTᓰႳᑌᕮ ⅤᗩᒪᕮᘉTᓰᘉᕮ

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Dessin de la série des portraits © Sonia Marques - 2014-2015

❥ (♥ω♥*) ໒( ♥ ◡ ♥ )७

Dédicace à l'amour.

En attendant d'agencer tous les dessins sur mon site Internet.

(°◡°♡).:。    ◟(◔ั₀◔ั )◞ ༘♡   (´・` )♡

jeudi 19 novembre 2015

ᒪ〇ᐯᕮ ᓮᔕ ᔕ♈ᖇ〇ᘉᘐᕮᖇ ♈ᕼᗩᘉ ᑭᖇᓮↁᕮ

samedi 18 octobre 2014

ℬ@ḉк ⊥☺ ϟḉн◎◎ʟ

Bean attends a still-life art class and it was then instruct by the French-speaking teacher to draw a bowl of fruit. Bean did not realize that he draws two circles in between the banana, only to realized that he draw a nude woman. Bean is shocked and appalled, not realizing that the bowl of fruit was been replaced to a nude woman. The teacher confronts Bean for drawing the wrong object instead of a nude woman and he being insisted to draw a full body of a nude woman. Before he draw the woman, he makes some clay pots, while he is not in the seat, the boy, who is covered by blue chemical powder in his entire body, and his mother arrive inside the room to find him who is responsible in laboratory explosion, but the boy did not find him then they walk out. After Bean finishes making clay pots, he put it on her chest, allowing him to draw her without embarrassment. The teacher once again confronts Bean for drawing the wrong object again, suddenly realize that the woman's chest is covered in a clay. Bean submits the drawing to her and walks out the class.

Back to school : Magnifique BANANA !


Concentration (Photographie © Sonia Marques)

Était annoncée Molly Nilsson à Limoges ! :

Au programme de cet apéro-concert ce soir à partir de 19 heures au Phare ... de la Dream Pop. Molly Nilsson, artiste suédoise expatriée à Berlin traîne sa voix grave et sa mélancolie sans fond à travers le monde, chantant la mort, l’amour blessé et la solitude des villes traversées. Un concert sans fioriture mais intense à voir ce soir. N'hésitez pas à cliquer pour découvrir le clip de Molly Nilsson "Dear Life"

Video by Chris Filippini and Molly Nilsson. Starring Tómas Lermarquis (here an article I wrote from the film η☺ï @ℓ♭ḯη◎ï)
On my soundcloud, I classified there some time ago the power ballad
Delicious time, thank you my lover <3

Lover Noï Albinoï & Nougat & work in progress & Nougatine (Photographies © Sonia Marques)

mercredi 11 juin 2014

αґт ◎ḟ ᾔ◎ḯṧ℮

Au Zénith (Photographie © Sonia Marques)

Aux cactus (Photographie © Sonia Marques)

A bRa kAdABrA (Photographie © Sonia Marques)

Sélection (Photographie © Sonia Marques)

Candidate (Photographie © Sonia Marques)

Jury (Photographie © Sonia Marques)

Championne (Photographie © Sonia Marques)

Dossier artistique (Photographie © Sonia Marques)

Magies (Photographies © Sonia Marques)

Tout est possible (Photographies © Sonia Marques)

  

L'étoile les yeux bandés (Photographies © Sonia Marques)

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Invitées surprises (Photographie © Sonia Marques)

mercredi 13 juin 2012

ℒϴ✔ℰ Ḻ☮ℭḰϟ ❤ ❤ ❤

photo © Sonia Marques

Photographie © Sonia Marques

❝J'ai envie de toi❞

Nous nous sommes baladés sur les ponts de la Cité de Paris. Je fus surprise de découvrir les cadenas d’amour, comme une étrange installation artistique. Mon ami m’apprend que cela vient des amoureux qui scellent leur promesse d’amour éternel. Tels les enfants, les adolescents qui gravent leurs noms sur les arbres et les tables d’écoles entourés d’un cœur, ici, seul un cadenas accroché aux barres du pont, avec des noms inscrits, cadenas fermés, clés secrètement gardées quelque part.

photo © Sonia Marques photo © Sonia Marques
Photographies © Sonia Marques
Ce symbole, un objet usuel, un cadenas, plus ou moins important, le plus souvent bas de gamme, le doré, d’autres sortent du lot, en forme de cœur ou colorés, montre les cœurs enchaînés de chaque couple. Ce symbole montre que les amants ne pourront jamais être séparés et qu’aucun rival ne trouvera la clé du cœur de l’aimé ou de l’aimée. Ce rite, figure de l’éternel, s’oppose vivement aux revirements du cœur et à l'inconstance des amants. L’acier, le métal, conjure le temps. Amour toujours.
Je m’aperçois qu’il n’y a pas que sur les ponts de Paris que l’on peut observer ce rite païen. Il se répand de Moscou à Odessa, de Florence à Rome, de la Corée du Sud à la France. Parfois sur d’autres éléments de la rue, jusqu’à déformer la lisibilité de la forme première, en un amoncellement de cadenas, comme une énorme brocante de l’amour scellé. Ces véritables sculptures street art des secrets des unions sont assez manifestes d’un temps, si elles datent depuis les années 80, où le divorce et les séparations sont devenues un lieu commun, presque de passage obligé. L’union symbolisée par un cadenas dans la rue renverse cette donne administrative, du mariage et du divorce contractuel, sur papier, qui fait sa loi. Le cadenas fait œuvre, précaire, sociale, un petit geste accessible à tous et parodie du sécuritaire, mais à moindre coût.

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Une rencontre qui en amène une autre : qu’est-ce qui nous unit ?

dessin © Sonia Marques

Dessin © Sonia Marques

Une liaison n’est jamais anodine, même pour les consommateurs qui ne croient pas à l’amour. Elle rassemble des valeurs, mêmes momentanées et prônent celles-ci au plus haut. Quelles soient constructives ou destructives, une liaison rassemble des notions, des groupes de mots naguère séparés. Réunis, ces mots forment un couple, une force, qui exclut d’autres notions, d’autres valeurs, voir même les anéantit. Parfois, des êtres qui s’unissent, entendons par l’acte d’amour et de chair, parviennent à former des valeurs auxquelles nous n’aurions jamais pensé l'association possible. L’union fait cette force. Comme des êtres qui s’unissent sans y réfléchir, avec des valeurs communes de compétitivité, du culte de soi, de l’égoïsme, de la consommation, de la prudence, de l'arrogance, de la misogynie… Souvent cette union est la plus médiatisée, amenée à s’autodétruire, comme si les lecteurs, spectateurs avaient déjà voté la séparation. Car cette union dans l’arène, - nous sommes encore dans l’époque du spectacle (qui ignore les forêts sous-marines) - se met en orbite comme les autres destinées, compétition et individualisme réunis. Ces formes de liaisons écrasent les autres et chacun s’accorde pour que l’amour ressemble aujourd’hui à cela. L'autre, miroir de sa recherche, se mirer dans l'autre et parfois tomber dans le panneau. Elle est énergique, je veux lui ressembler et avoir autant de succès, je veux consommer cette apparente réussite. En fait, elle est triste et je suis triste, on se s'aime pas, on aime l'image du succès, le succès simple et lisse, copie de copie, les aspérités masquées. C'était l'époque Sarkozyste, et nombre de gauchistes ont épousé ces valeurs comme Carla l'artiste défaite ou la triste refaite. La vulgarité n'est pas loin et plaît au plus grand nombre. Mais toujours, la liaison est le signe d'un partage de valeur, comme le partage des flux et liquides, elle implique la mise en commun, de l'être du fantasme, de l'idée de son identité et de ce qu'il transporte comme image. Les unions sont uniques, certaines réfléchies, décident d'oeuvrer pour mettre leurs qualités en commun et faire de leurs singularités des bijoux.

Les aspérités et les timidités sont des oasis dans ce désert, où le sable est mercantile et mouvant. Les charmes se distillent dans le temps, se flétrissent et se rident et prennent de l'épaisseur. La fraîcheur et le panache se cachent bien des annonces toutes faites et refaites, peut-être dans la sève d'un palmier, d'une noix de coco, elles se déclarent le moment venu, en toute réciprocité. L'amour c'est violent, on devient pluie, vent, neige, soleil, fleur et nuage, sang et larme. En regardant le film Le grand soir, de Benoît Delépine et Gustave Kerven, on peut hisser aussi ces lettres : WE ARE NOT DEAD. L'avenir n'est guère rose comme le prédit Depardieu, recyclé ici en oracle capable de lire l'avenir au fond d'un verre de saké, promettant « stage non rémunéré de service à la personne et allocation pour adulte handicapé » parce que « la vérité est trop belle pour que tu puisses la supporter ». Cette dernière phrase, l'air de rien, dans une scène où Depardieu m'a fait penser à un Obélix déguisé, donc pas sérieux, tranche comme une lame de lumière en pleine nuit, qui résume tout, et la marginalité, les unions singulières.

Si la vérité est trop belle pour pouvoir la supporter, certains s'empêchent d'aimer pour se protéger. L'amour c'est violent.
Il n'y a pas d'heure pour aimer.

« Les histoires d’amour finissent mal, en général » chantait Rita Mitsouko. Les uns diront que ce sont les gènes, ces modules de survie qui enlèvent la responsabilité des émotions et de l’être humain, d’autres ne parlent que de principe de hasard, sous couvert de la mode de l’infidélité, devenue si filmique en France. Il y a souvent un manque d’effort et de création partagés dans le trajet, non point dans la liaison comme si elle n’était qu’un point fixé, une chose finie. La durée est un trajet, j’y reviendrais plus loin. Mais comme tous ces cadenas, ces liaisons, en apparence, de métal et d’acier, sont multiples et secrètes. Si les unes paraissent plus importantes que d’autres, personne n’a la clé, seuls les amants peuvent raconter leur parcours et leur rencontre, le sens que cela crée, car il y a création d’un sens à chaque liaison. Évidemment, certain, certaine, préfèreront n’y voir aucun sens, et considérer, avant même de consommer, que la liaison est caduque, comme on mésestime l’autre, ou on aime faire l’amour à la haine, d’avance la liaison a un goût de métal. Parfois le goût reste. On peut associer un goût, un souvenir à un personnage, devant soi, c’est le goût de métal qui se meut.

Âpre, sucré, aigre-doux, de sang, amer, d’herbes et de fleurs, ambrée, de tabac ou de poussière, de cave ou de brocante, de médicaments ou de gazole, de poivre ou de pomme de terre…

On peut philosopher sur les anneaux et les rites magiques, mais la réalité a parfois un goût de métal. Accrochés au grillage, les cadenas amoncellés, peuvent donner une image assez lourdingue de l’amour. Peut-être pour les amateurs de chaînes… Je me souviens d’un couple d’amoureux qui s’étaient photographiés enchaînés, images imprimée en très grand format sur un mur, en noir et blanc, ce qui accentue l'histoire et la conservation de celle-ci. Leur union réelle et physique n’a pas duré. La jeune femme a donné naissance à un enfant d’une autre liaison. Mais est resté cette image terrifiante de l’enchainement amoureux, et dans un sens, c’est celle (l'union imagée) dont je me souviens et qui a perduré, car je n’ai jamais vu l’enfant (qui est un lien incarné) et j’officie dans ce monde d’étudiants et d’images encore adolescentes, dans ce monde qui ne raconte pas grand chose de la vie d'adulte ou de l'expérience de couple, d'enfant et de famille, des émotions relatives au vieillissement et à la maturation, au temps infini ou à l'éternel. Rares sont les étudiants qui sont concernés par cela. Quoique...

dessin © Sonia Marques
Dessin © Sonia Marques
J’ai imaginé que des couples de poissons nageaient ensemble de façon libre et même si cette liberté et cette nage est la ligne la plus lisible, il n’en demeure pas moins qu’il y a un sens, et que ce sens, cette trajectoire est une création, parmi d’autres. Mais elle cartographie de façon infinie, et par les flots, le fleuve ou la mer, la rivière ou les courants, des parcours de couples et des liaisons désirées.

Comme je l'écrivais dans un article dédié au projet Magic-ring, les couples poissons sont des symboles de bonheur chez les bouddhistes :
À l’origine, les deux poissons étaient le symbole de la rivière Yamuna et du Gange, mais ils sont devenus le symbole de la bonne fortune par la suite pour les hindous et les bouddhistes. Chez les bouddhistes tibétains, le poisson d’Or représente les êtres vivants qui pratiquent le dharma, et qui ne doivent pas craindre de se noyer dans l’océan de souffrance, puisqu’ils peuvent librement nager comme le font les poissons dans l’eau, afin de choisir leurs renaissances.

« j ‘ai envie de toi » comme l’évoquerait l'inscription d'un cadenas, sauf que les poissons dans l’eau, qui frétillent et presque volatiles quelque part, comme dans l’air, savent pourquoi ils s’unissent, souvent pour faire un long trajet. Ils unissent leur force pour durer un peu plus longtemps et découvrir de nouvelles contrées. La notion de voyage est une valeur que je porte, de partage, sachant que le trésor se protège continuellement. Les rivaux croupissent dans les flaques d’eau ne parvenant plus à nager, mais attendant que des voyageurs bienheureux les embarquent dans leur nage. Certains se transforment en bienheureux, d’autres détruisent la nage et anéantissent la découverte et son histoire. Les rivaux réalisent de pâles copies sans aucun senti. Il faut, dans ce cas, inventer de nouvelles histoires et les partager avec de nouveaux amis. Il y a des artistes qui aiment les ruines, vestiges de ces histoires déchues, d’autres des espaces vides, évidés d’amour, d’autres n’ont pas d’attachement aux vestiges et participent des tabula rasa, il y a des anarchistes qui préfèrent le feu et aiment voir brûler les choses, les incendies sont l’amour et ne durent qu’un instant, les ivres ne se souviennent de rien. Mais les tsunamis sont de plus en plus fréquents. La force des flots amène à reconsidérer sérieusement toute idée de ruine. L’engloutissement fait de l’histoire, des forêts sous marines. Ne venons-nous pas de ces obscures chambres aquatiques ?

dessin © Sonia Marques
Dessin © Sonia Marques

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Photographie de l'exposition de Gerhard Richter au Centre Pompidou - juin 2012 © Sonia Marques

Faisons un pas plus loin, dans une salle d'exposition où l'artiste allemand Gerhard Richter expose en ce moment. Un des tableaux m'a interpellé, représentant une femme donnant le sein à son enfant. Je me suis souvenue de photographies de cet artiste à la  Documenta X, Kassel  (juin-septembre, 1997), en Allemagne où j'avais vu de très belles photographies d'une femme donnant le sein à son enfant. Son exposition se nommait alors "ATLAS". J'avais été impressionnée par ces éventails photographiques et heureuse de voir que cela se pratiquait, comme je pouvais le faire, surement ses croquis de futures peintures. Je viens de les retrouver, sur son site, comme on retrouve un trésor dans ses souvenirs, sauf qu'ici, celui-ci se représente très bien, de façon très définie, en photographie. Comme une apparition qui exalte le moment du premier regard, celui de sa découverte.

Avec les références :
Elger, Dietmar , Gerhard Richter. Maler DuMont, Köln, 2002 Mentioned: p. 411

Pourquoi un tel souvenir ? Il est lié à une photographie faite par mon père. Il photographiait ma mère en train de donner le sein à un enfant, dans une lumière aussi sensuelle. Cet enfant, c'est moi, cheveux noirs hirsutes et yeux effilés. La boucle est bouclée. Les poissons ont nagé. Il est rare que l'art contemporain représente ces scènes de naissance, elles sont taboues, comme si les liaisons ne duraient pas assez, pas assez pour s'ancrer dans des images contemporaines, pour avoir traversé les auteurs et leur vécu, marginalisées des consommations rapides et des images sexy à la mode. Quoique les photographies que je décris, ont un pouvoir hautement lié à la sexualité et la chair, quasi irréversible et fragile, une beauté mature offerte entre les rideaux protecteurs des regards ignorants. Toujours associé à des images religieuses, ce type de scène, banal, quoique toujours doté de mystère, reste rare et rarement sublimé aujourd'hui. Je préfère dans ce cas, ses photographies à ses peintures.

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Photographie d'une des oeuvres exposées de Gerhard Richter au Centre Pompidou
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Photographie d'une des oeuvres exposées de Gerhard Richter au Centre Pompidou


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Photographie d'une des oeuvres exposées de Gerhard Richter au Centre Pompidou

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HygroScope (Achim Menges 2012)

L'exposition Multiversités créatives au Centre Pompidou montraient des pièces assez belles, sur les pistes de l'expérimentation, de la recherche et des travaux prospectifs dans les domaines de l'architecture, du design, des nouvelles technologies et de l'innovation sociale.

« Donner des images justes et fortes d'un univers d'objets dont l'unité et la cohérence sont problématiques. Et non seulement de s'en porter témoin, mais aussi d'y agir, comme un pôle créant son champ d'attraction, d'interaction, y engendrant la novation ».

Ce manifeste, énoncé en 1986 par le philosophe Jean-François Lyotard, résume à lui seul l'esprit de la manifestation qui rassemble quinze dispositifs spécialement conçus et réalisés pour l'occasion. L'un d'entre eux est issu d'un Fab Lab (laboratoire de fabrication) organisé par le Centre Pompidou au Bénin, avec le soutien de Marie-Christine et Lionel Zinsou pour la Fondation Zinsou et le Centre Songhaï à Porto Novo. Tous illustrent la révolution contemporaine des processus créatifs, leurs avancées, leurs ruptures ainsi que les conditions de leur mise en œuvre. Les approches technologiques, esthétiques et sociétales s'entrecroisent autour de quelques thèmes simples : générer, fabriquer, représenter.

Générer.

De nombreux projets architecturaux contemporains se nourrissent de la recherche en biologie. L'observation des mécanismes de la nature est un territoire d'inspiration.  Enfin, Casey Reas, créateur, chercheur et enseignant californien, qui a mis au point le langage de programmation et l'environnement de développement libre et gratuit appelé Processing, met l'accent sur le codage de la forme, du mouvement et de l'interaction. Avec Process 13, il façonne un espace visuel hypnotique. Aujourd'hui, de nombreux architectes utilisent ce langage de programmation, comme BIOTHING, d'Alisa Andrasek, pour le projet de terminal portuaire de la ville de Kaohsiung, à Taïwan.

Fabriquer.

Initié en 2004 par le MIT (Massachussets Institute of Technology), le réseau des « Fab Labs » ou laboratoires de fabrication, ne cesse de grandir. Nouveau territoire créatif et véritable phénomène de société, le Fab Lab est un atelier, une plateforme de création et de reproduction rassemblant différentes machines (découpe laser, fraiseuse, imprimante 3D, …). Contrôlées à l'aide de logiciels de conception et de fabrication assistés par ordinateur libres, les machines permettent de produire rapidement des prototypes. Dans le cadre de l'exposition « Multiversités créatives », un Fab Lab a été mis en place du 18 au 25 février 2012 au Centre Songhaï de Porto-Novo au Bénin, avec une résidence du designer Kossi Aguessy. Ce Fab Lab est désormais pérenne. En France, François Brument oriente ses recherches dans une perspective durable en s'intéressant au recyclage de la poudre de polyamide utilisée dans le cadre du frittage de poudre (ou SLS, Selective Laser Sintering), un traitement thermique au laser liant les particules de poudre. Également soucieux des questions de développement durable, Markus Kayser utilise le sable et l'énergie solaire pour créer de nouveaux objets. Sa machine reproduit plus ou moins une machine de prototypage rapide SLS tout en remplaçant les rayons du laser par ceux du soleil et la poudre polyamide par le sable. L'exposition montre quelques exemples de cette nouvelle unité de création et de production, ainsi que ses premières réalisations.

Représenter.

La profusion des données sur Internet, accentuée par l'essor du mouvement open data ou « donnée ouverte » (une information publique accessible, sans restriction de droits et réutilisable), et la nécessité d'en extraire du sens, ont donné naissance à de nouvelles technologies de représentations visuelles interactives. La veille sur Internet - via la plateforme Keywatch développée par iScope - a fait émerger toutes sortes d'informations classées, enrichies et analysées. En sciences humaines et sociales, le développement des moyens informatiques de traitement et d'échange de l'information ouvre de nouvelles opportunités pour la recherche. Le Médialab Sciences Po, fondé par le sociologue et philosophe des sciences Bruno Latour, en présente un exemple avec le projet E.A.T.

Datascape.

La « dataviz », ou visualisation graphique des données, est devenue une expression de plus en plus courante pour qualifier le traitement graphique et interactif de ces importantes quantités de données. Le collectif Bestiario établi à Barcelone, Buenos Aires et San Francisco, comme l'entreprise française Linkfluence, ont mis au point des langages de programmation visuelle permettant, à l'aide de cartes (graphes) composées de noeuds et de liens, de rendre visibles les données du web les plus complexes. L'expression « multiversité » trouve son origine dans le monde industriel. Elle sert aujourd'hui de mot-clé pour une génération de créateurs qui se lancent dans l'infini des calculs et des réseaux afin d'en donner une traduction esthétique et humaine.

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HygroScope (Achim Menges 2012)

Travaillant avec les nouvelles technologies à Stuttgart, l'architecte Achim Menges développe, quant à lui, une recherche « morpho-écologique ». Il associe la morphogenèse et l'écologie grâce à des méthodes computationnelles génératives intégrant des données environnementales, topologiques et structurelles. Naissent ainsi des processus dynamiques inédits appliqués à la création, à l'exemple du panneau de bois HygroScope, Morphologie météorosensible, un matériau réactif à son environnement. 


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Pour Neri Oxman, designer et architecte à Cambridge (Massachusetts), le matériau participe activement à la genèse de la forme architecturale. L'exposition présente un ensemble exceptionnel de dix–huit de ses prototypes interprétant le Livre des êtres imaginaires (1957) du poète argentin Jorge Luis Borges. EZCT-Philippe Morel met aussi en œuvre des calculs de modélisation pour ses projets architecturaux et crée des structures architecturales complexes et dynamiques à l'instar de u-Cube.

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Le californien Andrew Kudless / Matsys évoque volontiers son iconographie personnelle choisie dans les milieux naturels : écailles, alvéoles à miel, spirales de coquillages, mues de serpent, balanes… Le déploiement et l'enroulement en hélice de Chrysalis (III), sa surface parsemée d'excroissances, d'arêtes, de creux et de replis divers, façonnent une nouvelle ingénierie architecturale. La démarche ne consiste pas à imiter la nature ni à la transformer, mais à mettre en œuvre une réplique calculée de ses modes opératoires dont le design est celui de circuits biologiques et métaboliques.

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Andrew Kudless / Matsys, "Chrysalis III", 2012

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Photographies de l'exposition Multiversités créatives au Centre Pompidou par Sonia Marques

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Photographies du jardin de la Maison des Art © Sonia Marques, où l'on voit les assises de l'oeuvre de VEIT STRATMANN :
Les anneaux, 1999 Assise en PVC, tube métallique, roulettes 3 éléments de 220 x 90 cm Courtesy Galerie chez Valentin, Paris

À la Maison des Arts de Malakoff, une exposition, Usages et Convivialité, présente les oeuvres de : Dominique Blais, Lilian Bourgeat, Alexis Cordesse, Dan Hays, Jan Kopp, Edouard Levé, Isabelle Levenez, Audrey Martin & Jae Ho Youn, Nicolas Moulin, le Pool P. (Charlotte Hubert & Pierre Vialle), Julien Prévieux, Mathias Schweizer, Zineb Sedira, Veit Stratmann, François Trocquet, Fabien Verschaere, WoodMood (Bernd Richter& Mathieu Camillieri), Raphaël Zarka.

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MATHIAS SCHWEIZER : 16 Landscapes, 2012.
16 sérigraphies sur fond d'affiche, encadrées 16 x (60 x 42 cm) Edition de 5 Courtesy TORRI, Paris

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LILIAN BOURGEAT : Dispositif pour lancer des ballons de basket, 1994-2012
Impressions, bois, métal, longueur 600 cm, hauteur 280 cm. Courtesy de l'artiste et galerie lange + pult, Zurich.
Commissaire : Aude Cartier / Dossier de presse
L’exposition réunit une vingtaine d’artistes et interroge les «usages et convivialité », comme le préfigure le titre, autour de trois axes. La question du paysage urbain ou familier voir intime, comme par exemple la ville et ses non pratiques. Une deuxième proposition pose l’idée de la temporalité dans la question de l’usage ; et dans laquelle l’artiste dans sa pratique même invite l’autre, le regardeur à devenir actif et participe à l’appropriation et l’évolution de l’œuvre. Parallèlement une série d’actions et événements mettent à l’épreuve concrètement la convivialité de la maison des arts, pique nique, banquets, nuit de pleine lune, cinéma plein air, soirée hors les murs.... Cette exposition rassemble photographies, dessins, objets, vidéos... et propose aux publics d’être regardeurs, acteurs et usagers.

La Maison des Arts, un lieu pour l’art vivant. Vraisemblablement construit vers 1830-1840, la Maison des Arts de Malakoff est une ancienne bâtisse de style néoclassique qui emprunte sa grammaire formelle à un recueil d’architecture du début du XIXe siècle. Transformée dans les années 1870 en dépôt pour la zone sud du tramway parisien, elle a été acquise cinquante ans plus tard par le Département de la Seine et utilisée comme bâtiment administratif. Par la suite la Maison des Arts a été repérée par André Malraux, alors ministre de la Culture, et inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. En 1993, la ville de Malakoff l’a acquise à son tour et baptisée « Maison des Arts ».

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Photographie © JD
Question usage et convivialité, l'installation - Dispositif pour lancer des ballons de basket - de Lilian Bourgeat, qui réalise souvent des oeuvres où l'échelle d'Alice aux pays des merveilles trouverait échos (on écrit que l'artiste est spécialisé dans le sur-dimensionnement d'objets du quotidien), fut la plus sportive. J'ai frisé le panier à maintes reprise. Le gardien nous affirme que depuis l'ouverture, il n'y a eu qu'une dizaine de réussites.
- L'important, dans le sport ou comme dans l'art, n'est-il pas de participer ?

Description :

Une longue planche au sol, prélèvement d’un revêtement de salle de basket. A quelques centimètres de l’une des extrémités, le trait blanc qui marque la limite du lancé franc. A l’autre bout, fixé en haut du poteau, le panier. En fait, une corbeille à papier sans fond. Juste devant la limite blanche du lancer, une pile de feuille de papier, carrées, sur lesquelles est imprimé un ballon de basket. Le joueur froisse une feuille en boule et tente le panier. C’est une partie de bureau. C’est pour les journalistes et pour les critiques d’art. C’est surtout pour ceux qui savent à quel point l’art est un sport.