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mardi 24 septembre 2019

ⓆⓊⒺⓉⓄⒾ


Photographie © Sonia Marques : Que Toi (dans le jardin de ma mère, été 2019)

Dans l'esprit : « Dorénavant, la femme n''est plus l'avenir de l'homme, qu'il se démmerde ! » avec les deux lettres M (à démmerde), découvertes sur la pancarte d'une manifestation, toute féministe, à en croire le sujet, je découvre de nouveau une belle fantaisie :

OCCITANIE #On Attend Que Toi, décrit comme une campagne touristique participative et digitale
L'Occitanie s'invente un langage et une identité.

Qu'on se le dise Que Toi, un monsieur ou une madame, aujourd'hui ce genre d'interrogation peut se poser, est attendu, dans la Région Occitanie.
L'Occitanie est une région administrative française créée par la réforme territoriale de 2014 comportant 13 départements, et qui résulte de la fusion des anciennes régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.
On invente bien des concepts pour faire vendre un peu plus de... voyages, même si les agences de voyages en France... font faillite.
Je m’égare, lorsque nous lisons : onattendquetoi, puisque notre nouveau mode de lecture est de tout accrocher avec un hashtag #, nous sommes en attente de Que Toi.
On l'attend, il ou elle est attendu-e. Car si nous attendions autre chose, toi, par exemple, nous pourrions dire : on t'attend !
Mais pas on attend que toi !
Alors si « On n 'attend plus que toi » (la bonne orthographe), ce cas de restriction implique le n' indissociable et synonyme de seulement: « On attend seulement toi ».
Dans notre langue française : on n'attend que toi, s'écrit ainsi, et non comme l'Occitanie nous l'informe partout (tous panneaux publicitaires, Internet, publicités vidéos...), on attend que toi.

À moins que l'on attende vraiment Quetoi, au subjonctif cette fois, ce monsieur ou cette madame si attendue, pour la photo en tous cas. Nous sommes bien entrés dans une ère digitale, et les régions s'inventent des identités, libérées de la grammaire et l'orthographe.
Si aujourd'hui, on peut se passer de 2 (NN) côte à côte pour inventer une nouvelle identité, on peut aussi ajouter 2 (MM) pour un effet remarquable.

Si on attend plus personne pour s’emmerder assez, dans ce pays, puisqu'on doit se démerder tout seul, il n'y a pas Que Toi qui est attendu au tournant !
Mais si, on attend plus de toi, sans le n', c'est que l'on attend davantage de toi, bien plus +, tu vois !

Alors Toi ou Que Toi méfie-toi, car cette publicité pour cette nouvelle Région Occitanie, qui existe depuis 2014 seulement, attend vraiment beaucoup de Toi.

Je ne saurai que trop te conseiller, Toi ou Que Toi, que je ne connais pas, de te méfier aussi du tutoiement.

Il existe des despotes, des maires ou mairesses qui se prennent pour ton pote, fausses et faux féministes. Ils et elles utilisent le tutoiement, car tu deviens ainsi un subalterne, si terne, que tu perds ta couleur en présence de ces horribles personnages élus par d'horribles lâches. Car le tutoiement non réciproque est très mal ressenti, dans le cadre d'un registre de langue familier, voire méprisant par sa familiarité. C'est l'effet remarquable.

Dans mon histoire, on a bien écrit par courrier, "saleté remarquable", conjugué avec le verbe être, confondu avec le verbe avoir, dans les missives reçues à plusieurs reprises. On est une saleté remarquable, bien plus que l'on a laissé des saletés remarquables sur un ordinateur. Cela n'enlève pas moins, que de l'être ou de l'avoir été, une saleté, qui plus est, remarquable, est très difficile à supprimer. Cela tâche, cela fâche. Mais qui est le plus souillé ? Celui qui tâche ou celui qui remarque la tâche ? Ou mieux, celui qui invente une tâche et la fait marquer, remarquer tant de fois, que le nom même de ces marques, seront marquées à jamais sur tous les outils.

Mais qui est la plus souillée ? Celle qui tâche ou celle qui remarque la tâche ? Ou mieux, celle qui invente une tâche et la fait marquer, remarquer tant de fois, que le nom même de ces marques, seront marquées à jamais sur tous les outils.

Même les démarques n'y pourront rien, il n'y plus aucune valeur créditée sur ces arbitrages tutoyés. Le vouvoiement est la plus belle partie de jeu, que nous pouvons encore sauver.

Marques est le plus beau nom et même si c'est si difficile à admettre, à démettre, vous n'y pourrez rien. C'est le sceau de la beauté.

Le vouvoiement (« vous, votre, le vôtre, la vôtre », etc.) s'adresse plutôt aux personnes auxquelles on doit un certain respect ou avec lesquelles on désire maintenir une certaine distance sociale, ce qui peut comprendre les inconnus, les supérieurs, la plupart des collègues d'un grade différent (bien que certains supérieurs tutoient leurs subalternes), les personnes âgées et dans les contextes où un certain formalisme est de rigueur (réunions officielles, cérémonies...)

Par mon expérience, il existe, aujourd'hui, comme pour cette nouvelle Région Occitanie, des manipulations politiciennes, oublieuses de ce respect mutuel. De ces oublis ou incultures, nous constatons des exclusions, de celles et ceux qui vouvoient, lorsque le "tu" devient une obligation, lorsque la familiarité domine, la vulgarité, lorsque toi et moi, devenons les subalternes d'une communauté d'ignares.

Cet article, billet d'humour, est destiné au bel anniversaire de ce jour, et il n'y a bien que toi pour comprendre ce message :
Joyeux anniversaire ! Belle Marques !

Quand le sage désigne la lune, l'idiot ne voit que le doigt.

Ce proverbe chinois, ou confucéen, se trouve parfois interprété par : quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.

Dans le verbe désigner, que je préfère, et dans le contexte de mon expérience du procès, ou de l'accusation (la saleté sur l'ordinateur), ce verbe, avec une consonance appréciée avec le Design, discipline chère à l'école d'art de Limoges et que j'enseigne, il signifie :
Indiquer (qqn, qqch.) de manière à faire distinguer de tous les autres par un geste, une marque, un signe.

Marques est mon nom de famille, d'origine portugaise, et les accusations, par les idiots, ou les imbéciles, certainement racistes, dont j'ai été le sujet, ou bien dont ma fonction, professeure, sage, a été l'objet, on ne sait plus car, déjà utiliser un ordinateur du service public qui fonctionne très bien et être accusée de laisser des saletés remarquables, ou d'en être une, par la même occasion, et en faire un procès jusqu'à la cité judiciaire, me convoquer, en face de la prison de Limoges, en brisant mon nom (Marques) afin que je ne puisse passer à l'audience, et en enlevant ma profession de la convocation (professeure) et en substituant mon adresse, ma résidence principale, et la seule à Limoges, par celle de la Seine-Saint-Denis, dans le 93 ; c'était déjà indiquer, non pas la lune, ce design, dont ma profession et mon mérite sont ontologiquement liés, mais le doigt que les idiots regardent, et regardent toujours, sans grand dessein. C'est-à-dire, que depuis 10 ans, limougeaude, les imbéciles ne voyaient de moi qu'une étrangère, qui n'enseigne pas ce qu'ils souhaitent (épousseter les ordinateurs, les nettoyer, faire le ménage, et ne jamais les utiliser, en faire l'usage, afin qu'ils restent neufs, jamais enseigner aux étudiants comment s'en servir, les utiliser à leur tour, jamais désigner la lune, en faire un beau dessein), qui ne vit pas dans la ville où se trouve l'école, donc, ne participe ni de son économie, puisqu'elle n'y mange pas et n'y dort pas. Et comme elle demeure dans cette zone de non-droit : le 93, banlieue parisienne par excellence où les voleurs et malfrats mènent une vie moribonde parmi les étrangers, au banc de la société, elle ne mérite qu'un procès, parmi les autres accusés de la ville de Limoges, c'est-à-dire, des violeurs.

Le problème, c'est que, c'est tout l'inverse (parfait miroir inversé, quand le mal sévit, dans le seul but de salir un nom) : je suis professeure et artiste, j'ai passé des concours, j'ai réalisé de longues études et j'ai plutôt réussi celles-ci, j'en suis à une vingtaine d'années d'expérience, dans l'enseignement supérieur, je suis reconnue pour être en avance dans ma discipline, et experte, j'ai déjà transmis mes enseignements à plusieurs étudiants, j'habite à Limoges, je fais parie intégrante du paysage de cette région, je suis soutenue en tant qu'artiste et je n'ai jamais ni volé, ni souillé d'ordinateur et je n'ai commis aucune faute dans ma profession. Deux mois plus tard, la direction, en plus du procès, qui n'a pas fonctionné en faveur de la direction de l'école de Limoges, celle-ci me soutirait, à mon insu, une somme importante de mon salaire. Toujours sans avoir commis aucune faute professionnelle, sans aucune enquête ni médiation, au moyen d'un un décret directement obtenu et signé d'un membre de la DGCA (la direction de la création artistique), c'est-à-dire, la tutelle. Incroyable ! Dans un temps record. La seule signature de ce décret est émise par un greffier, spécialisé dans les affaires du "grand banditisme" et du "trafic de stupéfiants". Celui-ci quittera ses fonctions peu de temps après avoir signé le décret pour saisir mon salaire (un décret exécute un ordre du "gouvernement"), et que je demande pourquoi ne m'avait-il pas prévenu, afin que je sache, bien en amont qu'avais-je commis d'extrêmement grave pour que je sois la seule professeure des écoles nationales à avoir un tel traitement spécifique, une attention aussi répétitive et d'attaques digne des armées de singes. Et, sans qu'aucun de mes collègues ne soit averti de ma situation, ni les étudiants. On peut tuer un singe avec une armée de 12 singes, ai-je médité. Ce combat était déloyal en tous points, afin de me museler. Avais-je moi-même une arme, dont ces singes craignaient pour leur peau ? La parole ? Non : la voix.

Enseigner est ma vocation. Apprendre toute la vie et apprendre à apprendre, éclairer les moins éclairés, les plus jeunes, initier, montrer la voix, montrer la lune.

Ainsi la charge m'était donnée, je suis passée d'une excellente professeure et artiste, à un bandit, dès que la nouvelle directrice à pris ses fonctions. Son pouvoir et son autorité étaient si faiblards, qu'elle n'a vu que le doigt, alors que je lui avais déjà désigné la lune, et ce depuis quelques années auparavant, enseignant dans cette école. Pourtant, sa communication ne s'est effectuée qu'avec des courriers écrits par des illettrés. J'avais là, à ma lecture, l'armée de singes qui regardaient le doigt. De cette école qui pouvait devenir celle des lettrées, dont j'ai longuement apprécié enseigner et transmettre mon savoir, des objets de recherches, j'observais la destinée, tout autre, celle menée par une armée de singes illettrés. Et bien qu'en montrant la lune, les idiots, toujours, ne voyaient que le doigt.

Dans cette flèche qui m'a blessée, il m'a fallu, non pas rechercher, qui me l'avait envoyée, puisque le harcèlement est systémique, mais enlever cette flèche. Ce ne fut pas chose simple, mais sage enseignement.

Avec ce proverbe, on apprend que le sage, ici, pour ma situation, la "sachante", exprime du bout du doigt, par son enseignement (le Design, le dessin à dessein), ce que la majorité de celles et ceux qui l'entourent (des secrétaires administratives, une direction, des employés et collègues jaloux, des représentants syndicalistes avides de pouvoir) ne peuvent appréhender : la création. Si l'art c'est la lune, où va-ton ?

Je suis l'école des lettrés. Suivre est aussi accompagné d'humour, même dans la trajectoire des flèches qui manquent leur cible. En soi-même on peut trouver la cause des manquements.

À la rencontre des plus faibles et faiblards, je devais continuer à montrer la voix. Parfois, le chemin est plus long que prévu, j'ai dû ralentir pour attendre les autres.

Des hostilités en obscénités, oublions ces doigts d'honneur car nous avons des doigts de fée : regardons la lune, elle se glisse entre Saturne et Jupiter.

Observons la pleine lune le 13 octobre prochain à 23:10...

dimanche 10 mai 2015

☺ґℊʊℯ

Orgue / cathédrale St Étienne (Photographie © Sonia Marques)

Concert d'orgue la nuit  (Photographie © Sonia Marques)

Les vitraux boubou (Photographie © Sonia Marques)

Les ogres (Photographie © Sonia Marques)

L'anniversaire (Photographie © Sonia Marques)

Mésange invitée (Photographie © Sonia Marques)

Atelier fleurs sculpture (Photographie © Sonia Marques)

Grand-mère Cajoline (Photographie © Sonia Marques)

Collection sentimentale (Photographie © Sonia Marques)

Le jumeau (Photographie © Sonia Marques)

La moule (Photographie © Sonia Marques)

Oyster ceramic (Photographie © Sonia Marques)

Les jumeaux (Photographie © Sonia Marques)

Des sentiments (Photographie © Sonia Marques)

vendredi 8 mai 2015

ᖇéᑕᖇéᗩ♈ᓮᗝﬡᔕ

pêle-mêle

Taureaux et cactus  (Photographie © Sonia Marques)
Jusqu’en 1914, le 67 rue de Turenne abritait la boucherie d’un certain Schuler. En façade, les sublimes têtes de taureaux et les crochets préservés font état de son ancienne fonction. Cet immeuble se situe non loin du Marché des Blancs Manteaux, construit sous l’Empire pour contrôler la distribution de viande dans le Marais. Cette organisation était devenue nécessaire pour offrir une alternative aux nombreux vendeurs à la sauvette qui sévissaient au coin des rues, depuis la suppression de la Corporation des Bouchers de Paris. Pour l’anecdote, on raconte que Napoléon III séjourna dans cet immeuble en 1848.





Exposition SPA à l'espace Le coeur, avec Sandra Berrebi, Anne Colomes, Vydia Gastaldon, Joseph Marzolla, Kleber Matheus, Maroussia Rebecq, Sarah Roshem, Clemence Seilles, Jeanne Susplugas, et Victoria Wilmotte.
(Photographies Sonia Marques)

Soif de soleil  (Photographie © Sonia Marques)

Toi & moi (Photographie © Sonia Marques)

Protecteur nature (Photographie © Sonia Marques, Masque © JD)

Le trompe-l'œil (Photographie © Sonia Marques, Masque © JD)

Grand-père Cajoline (Photographie © Sonia Marques)


Anniversaire, Kiwaïda, Kodama, Hokusaï (infographie © Sonia Marques)
Un peu de Hang (instrument de musique Suisse...)

samedi 10 mai 2014

øяℊüℯ

Retrato (Photographie © Sonia Marques)

mercredi 7 mai 2014

JÅℤℤ

Rythme en 7 (Photographie © Sonia Marques)

Logo du site de Dimitar Bodurov

Hasard : Trouver un endroit pour grignoter un sandwich... Il est déjà tard l'après-midi, tomber sur un théâtre derrière une friche, sur l'ardoise noire un concert est inscrit à la craie blanche pour le soir : Bodurov trio seven stamps (jazz) 20H30. C'est bon, on peut venir prendre des places à 20H.

Chance : Le trio devait jouer au château de La Borie, dans le lieu de création pour la musique des arts et du son en limousin et problème d'organisation, plus de place. Le théâtre Expression 7 à Limoges accueille le Trio seven, le 7 mai, qui nous fait découvrir le folklore bulgare sur le travail du rythme en 7. Il faut avoir 7 ans et savoir guider le hasard, car il ne rencontre pas la chance tout seul. Une découverte exotique et chic pour des oreilles veloutées.

Dimitar Bodurov > piano /
Mihail Ivanov > contrebasse /
Jens Dueppe > batterie
Trois chats sophistiqués et élégants. Chacun excelle dans sa partie, tous s'initiant à l'autre en se mêlant intimement aux onomatopées sonores des cordes, des cymbales, de l'air, se connaissant depuis 10 ans, nous arrivant de Cologne, direct à Limoges, repartant pour l'Allemagne et Cologne, La Hollande à Utrecht, Tulcea en Roumanie, La Bulgarie, Berlin, Amsterdam... Un jeu joyeux, vif, excitant, fin, très subtil, complexe, des myriades de tons débridés, une contrebasse se transforme orientale, une batterie taquine et étincelante, un piano en cavale. Expérimentaux, ils touchent leurs cordes et tapent sur les caisses, avec délicatesse, imposent le silence humblement. Bel acoustique, belles personnes. Thank you !
Bulgarian pianist/composer /producer Dimitar Bodurov has resided in The Netherlands in 2000 and has already established artistic presence. Having both firm classical and jazz background Bodurov has received recognition with utilizing Bulgarian folklore. His musical scope omits the necessity of commitment to a particular style or genre but rather search for possible correlation of musical ideas.

jeudi 18 avril 2013

ϴтяϴ

© Photographie de Sonia Marques sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

Vue d'avion de l'Île de Vassivière

Je suis partie visiter l'île un temps d'été au printemps. Quel beau lieu ! L'idée était de rendre hommage à Azulejo. C'était la première fois que je parcourais OTRO, le skatepark réalisé il y a un an non loin de chez moi à vol d'oiseau. Voici l'île, le lac artificiel, voici OTRO. La peinture s'écaille et c'est bien plus intéressant ainsi. Au début je ne le trouvais pas dans le champ vert. Comme pour les moutons et les ânes, il y a une clôture autours. Et comme l'oeuvre est construite, quasiment enterrée, elle ne se voit pas sur le même niveau. L'approchant je la trouvais toute petite par rapport aux maquettes et vidéos que j'avais pu voir, mais finalement en circulant dedans, et oui car ni BMX ni skate dans ma besace... déjà une voiture louée ce fut une belle épopée, c'était plutôt un paysage de dunes que nous offrait cette glace vanille. Plusieurs hommages, enterrements, vernissages dont le premier, la venue du beau temps * Puis découvrir OTRO avec OTRO, fut donc une double rencontre. Nous étions partis pour un vernissage au centre, mais l'exclusion des britanniques et des élus, nous a fait trouver de superbes alternatives, non loin de l'île et pour festoyer, dîner, réfléchir, sur le plateau de Millevaches. Il y a tant de surprises à commettre.

La poudre d'escampette et la liberté voilà ce qu'il faut inventer, prendre.
À bas les normes, le mariage pour personne ;.) Les alliances pour le paradis !

Mais des cercles en voici, en voilà !

Plans de L’Escaut Architecture, pour l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) pour le Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

Commande publique du Ministère de la culture et de la communication et de la Région Limousin en 2009, pour le bois de sculptures du Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière, l'artiste sud-coréenne Koo Jeong A (1967) a imaginé une sculpture en béton permettant entre autres la pratique du skate, du roller, du BMX. 

OTRO est une œuvre d’art skateable audacieuse, composées de différents bowls, d’un cradle et de trois tunnels. Koo Jeong-A invite débutants et confirmés à faire l’expérience physique et sensorielle de son œuvre en skatant le paysage. Lors de sa venue en 2007 pour son exposition Oussseux, Koo Jeong-A avait été marquée par les paysages hivernaux mystérieux de l’île et de l’atmosphère qui s’en dégage : Vassivière était devenu Oussseux, un paysage irréel, fantasmagorique et fortement onirique appartenant au monde imaginaire de l’artiste. Avec OTRO, Koo Jeong-A expérimente la fragile visibilité de l’œuvre, son apparence discrète qui met à l’épreuve notre perception, qui l’oblige à découvrir avec patience l’essence même de l’œuvre. Le concept de OTRO, sa forme ovoïde, l’utilisation de béton vert phosphorescent, sa lente découverte, son intégration dans la prairie de l’île font de cette œuvre un champ d’expérimentation infini, qui réfléchit au moindre détail tels que la lumière, le rapport au site, les atmosphères, le rêve et le fantastique. OTRO est une œuvre faite de bosses – le cradle – et de creux – les bowls et des tunnels. Cette œuvre de Koo Jeong-A renvoie à la définition même de la sculpture et de la représentation : creux et bosses, jeux d’ombres et de lumières, reliefs doux ou accentués. Il s’agit d’une œuvre d’art à vivre, à expérimenter, non seulement d’un point de vue sportif mais également d’un point de vue sensible, sensoriel, artistique. Faire le lien entre l’aspect urbain, praticable, sportif et ludique de l’œuvre en tant que skatepark et l’œuvre d’un point de vue artistique en tant qu’élément du monde de Koo Jeong-A. OTRO est réalisé durant l’automne 2010 par L’Escaut Architecture (Bruxelles) en collaboration avec les associations Brusk (Bruxelles) et Barricade (Poitiers).


Extrait du site Géoculture en limousin

> Côté Skate, lire l'article de Grégoire Basdevant
> Côté BMX, lire l'article sur Arnaud Malthieu et voir sa vidéo ici.

Ce qu'écrit la galerie de l'artiste.

KOO Jeong-A est aujourd’hui l’une des artistes vivant en France dont l’influence s’exerce dans le monde entier. Coréenne, étudiante de Christian Boltanski à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Koo a choisi un propos surprenant, à la fois humble par ses formats et ses interventions, et sûr à l’extrême par son parti pris esthétique. Depuis cinq ans, Koo Jeong-A a exposé un peu partout dans les grands musées du monde. Son oeuvre, souvent peu perceptible, porte cette esthétique conceptuelle surchargée de sensibilité qui fut, dès la première moitié des années 90, la grande alternative internationale contre l’emprise des idées, rapidement banalisées, du ’politiquement correct ’.

Et là c'est la maquette de l'idée avec l'artiste. La photo est pas mal, ils ont dû bien bosser les architectes ;.) Ousseux, c'est pas mal comme vision.

Un peu de glisse...

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographies de Kiwa et JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière
De belles photographies. Fumer des nuages...

Parabéns pra Você

✺tr✺

Bon et puis une pensée pour Nat en Matinik qui vient de me donner de ses nouvelles, donc double soleils :

for_nat_two_suns.gif

© Photographies de Kiwa et JD

J'avais beaucoup apprécié La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel) de Yona Friedman (2009)

Marne en vrac non séchée, 324 m
Commande publique du ministère de la Culture et de la Communication pour le Centre national des arts plastiques - Cnap (propriété du Cnap/Fnac) en 2009.
© ADAGP, Paris, 2010 / Centre national des arts plastiques - Cnap / Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière.
Photo : Jean-Baptiste Decavèle © Ciap de l’île de Vassivière
Croquis : Yona Friedman © Ciap de l’île de Vassivière

Pour Vassivière, dans le cadre de l’exposition Etc. Balkis Island, Yona Friedman a créé La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel), une sculpture éphémère qui occupe l’espace entier devant le Centre international d’art et du paysage, tracée à terre avec une substance minérale, le carbonate, et uniquement visible dans sa totalité du sommet du phare de Aldo Rossi qui domine l’île. La silhouette du chien Balkis qui joue à distance de la Licorne a été réalisée en faisant pousser des graines de Sarrasin.

La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel) représente une paisible licorne anthropomorphe, aux allures féminines qui semblent tenir dans la main droite le Centre d’art. La référence à la civilisation des Incas est explicite tant son imaginaire est véhiculé à travers la figuration zoomorphe et anthropomorphe entourée par un labyrinthe de formes géométriques, comme on peut encore le voir dans le Sud du Pérou sur les hauts plateaux de Nazca.

Le corps élancé de la Licorne se termine avec une corne qui rappelle la tour construite par Gustave Eiffel et comme celle-ci mesure 324 mètres. Le poignet gauche de l’animal chimérique est orné par un bracelet de modules en plexiglas dessinés sur l’idée des Musées dans la rue.

Né en 1923 à Budapest en Hongrie, Yona Friedman vit et travaille à Paris en France.

Extrait du site Géoculture en limousin.

OſƎ˥∩Z∀†

R.I.P Azulejo © Photographie de Sonia Marques

SƎΛ∀∩OZ∀Z

zazie.jpg

J'ai découvert un film des années 60, (merci OtrO !) Zazie dans le métro de Louis Malle, adapté du livre de Raymond Queneau. Ici une analyse pas trop mal qui rejoint ce que j'ai pu découvrir. Complètement précurseur du Trouble dans le genre de Judith Butler.

Zazie, une jeune adolescente aux manières délurées, arrive de sa province berrichonne, impatiente de connaître le métro parisien.

Ce film donne une super pêche intellectuelle fait d'argots...
Toutes les zazies roulent à 10 ans déjà. Bein oui, déjà à cet âge on a tout compris des cercles pickpockets.

On se demande comment se fait-il qu'il n'existe plus de film aussi contemporain... de nos jours ? Raymond Queneau raconte bien comment il a eu ce souhait de se faire plaisir avant tout en écrivant une histoire, même s'il se répétait, avec ses habitudes, avant tout pour lui et pas pour les autres. Le livre a eu un beau succès, le film adapté par Louis Malle quelques temps après n'a pas été bien compris. Cela n'est pas étonnant dans le contexte conservateur du cinéma de l'époque bien que la Nouvelle vague pointait son nez. Les sujets traités sont des sujets profonds et l'on voit aujourd'hui que la France n'a toujours pas pigé certains changements depuis le temps, et en même temps, dans le film, tout est dédramatisé, léger, amusant, espiègle, audacieux, malin. Le jeu de langage et l'argot est très rapide, tout comme l'animation plein d'inventions, inspirée par les Chaplins ou les dessins animés Tom & Gerry..."Les homossessuels" ou "les artisses", sont des mots qui illustrent bien la forme d'amateurisme des personnages. Il y a les peintres du dimanche disait Quenaud et là ce sont les artistes du samedi. Ils prennent plaisir à ne rien faire, ils changent de costumes, de genre. Il y a une belle inversion des statuts. Le zazinesque du film transforme la petite en adulte, se moquant bien du monde des adultes, lui-même amnésique de son identité. Zazie découvre les travers d'une vie de costumes, une mascarade qu'elle met à plat. Une superbe visite de Paris, des Puces, de tous ce que l'on se souvient comme être Paris, avant, lorsque l'on circulait librement, rien qu'à voir les plans graphiques tournés sur la Tour Eiffel. Les personnages sont interrogés par un faux flic, mais ne répondent jamais aux questions car ils changent de genre, de métier, de statut. La ménagère est styliste, le tonton est tata, Zazie raconte un tas d'histoires, de faits divers et peut même provoquer le chaos, chef d'orchestre ou gargantua mangeant des moules et des moules... frites. Le flic ne sait plus qui il est, sans doute la guerre le transforma en mythomane, nazis, cochon, chat botté... Le gridou est un cordonnier cireur de pompes, la veuve une chercheuse de flic de la circulation pour son seul plaisir...

Quelques phrases et analyses de Lionel Labosse (article sur altersexualite.com)

« Je me demande pourquoi on représente la ville de Paris comme une femme. Avec un truc comme ça. Avant que ça soit construit, peut-être. Mais maintenant. C’est comme les femmes qui deviennent des hommes à force de faire du sport. On lit ça dans les journaux. »

Le scénario indique, ce qui n’est pas évident à l’image, que lorsqu’elle quitte la loge vêtue en motarde, Marceline est habillée avec un « chandail qui lui donne une allure très virile » et qu’elle a l’air « en pantalon, en pull et les cheveux plaqués vers l’arrière, très lesbienne » (p. 55). Sur le quai vue de dos, Albertine est masculine, mais si le scénario publié indique « Le train file. Albertine reste en amorce dos premier plan. Elle se retourne : c’est bien « elle » qui se frotte ses joues non razées » (sic, p. 62)

On apprendra par Zazie que Jeanne serait veuve d’un monsieur alcoolique, qu’elle aurait tué elle-même à l’aide d’une hache confiée par son amant d’alors, au moment où le père s’apprêtait à abuser de la petite ! (« Et les papouilles zozées de recommencer », p. 54). Gabriel se fait passer pour veilleur de nuit, mais on apprendra qu’il est en réalité (si l’on peut dire) « danseuse de charme » (p. 62) dans une « boîte de tantes » (p. 63), « boîte de pédales » (p. 81) ou « boîte de tapettes » (p. 144), à Pigalle, sous l’avatar de Gabriella. Il est dûment marié avec Marceline, mais Zazie se demandera tout au long du récit s’il n’est pas « hormosessuel ». Queneau s’amuse avec le lecteur, car les dénégations de Gabriel et de ses camarades sont malicieusement contrariées entre autres par l’apparition finale de Marceline sous l’appellation de Marcel, ce qui renvoie à Gabriel / Gabriella, sans oublier le « Tu as oublié ton rouge à lèvres » que Marceline lance à Gabriel (p. 29)


La présence d'un perroquet nommé Laverdure dans le texte de Queneau (une espèce d'Amazone dans le film de Louis Malle) illustre le principe d'incertitude. Il est doué de parole, intervient comme les autres dans le dialogue, et ses interventions sont commentées par les interlocuteurs. Comme tous les perroquet, il est doué de sentiment, dans le texte peut parler le latin, change de disque.  Son maître en est amoureux et se balade avec sa cage partout, il prend la mouche dès qu'on critique son perroquet Laverdure.  Il se met à le caresser en l'appelant sa petite poule verte. Dans le film, il se transforme en chien féroce ou en ours blanc. La métamorphose entre l'homme et l'animal, dans le film et le roman est présente.

Extraits :


Turandot entre accompagné de Laverdure. Il s’assoit sans qu’on l’en prie et pose la cage sur la table. Laverdure regarde la bouteille de grenadine avec une convoitise mémorable. Marceline lui en verse un peu dans son buvoir. Turandot refuse l’offre (geste). Gabriel qui a terminé le médius attaque l’index. Avec tout ça, on n’a encore rien dit. Laverdure a gobé sa grenadine. Il s’essuie le bec contre son perchoir, puis prend la parole en ces termes :
- Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire.
- Je cause mon cul, réplique Turandot vexé.

Un amiral en grand uniforme vint ouvrir les portières. Il s’esclama.
- Oh la mignonne, qu’il fit en apercevant le perroquet. Elle en est, elle aussi ?
Laverdure râla :

- Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire.
- Eh bien, dit l’amiral, on dirait qu’elle en veut.

- Vous qui, continua Gridoux, jetiez le voile pudique de l’ostracisme sur la circonscription de vos activités.
- Et qui, ajouta Madeleine, n’avez jamais voulu que nous vous admirassions dans l’exercice de votre art.
- Oui, dit Laverdure, nous ne comprenons pas le hic de ce nunc, ni le quid de ce quod.
Négligeant l’intervention du perroquet, Gabriel répondit en ces termes à ses précédents interlocuteurs.

- Alors, au revoir les gars ! dit Gridoux.
Et il s’éloigna dans la direction Etoile.
- Alors au revoir les gars ! dit Laverdure ;
- Tu causes, tu causes, dit Turandot, c’est tout ce que tu sais faire.
Et ils s’envolèrent dans la direction Bastille.


jeudi 10 mai 2012

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photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)

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Quelque part (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)

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photo © Sonia Marques

En allant à Genève...  (photo © Sonia Marques)

Mois de mai, moi des mais si c’est possible, je pars à Genève. Invitée à la HEAD, Haute École d’Art et de Design dans le LAB.ZONE que mène l’artiste Lili Reynaud Dewar (article de sa dernière exposition au Magasin de Grenoble, interview filmée) au sein du Workmaster : « Enseigner comme un adolescent, étudier comme un adulte vieillissant », Inspiré par un catalogue d'exposition de Michael Krebber : Puberty in Teaching

Les méthodes de Krebber sont sujettes à une certaine mystification, mais elles sont simples : il s'agit de se retrouver, dans l'atelier collectif de la Stadt Schule et au bar, de discuter, de boire, de commenter ensemble des lectures et bien d'autres choses, comme un groupe d'amis. Krebber entretient un rapport de proximité avec ses étudiants, qu'il appelle, plus ou moins laconiquement, « ses amis ». Mais de cette proximité peuvent aussi naître des jalousies, des frustrations, des incompréhensions. A l'instar de célèbres groupes de travail fondés sur une apparente destruction des relations d'autorité et une mise en collectivité des moyens de production, comme la Factory de Warhol et l'Antiteater de Fassbinder* les rapports de domination et d'autorité ne sont jamais totalement éradiqués.

(...)

Qu'en est-il de ce type de méthodes pédagogiques lorsqu'elles sont incarnées par une jeune femme, française, dont l'influence est discutable : le professeur Lili. Comment la figure de l'artiste se manifeste comme un élément central dans ce type de pédagogie ? Cela nous amènera à considérer la question du « professeur » et à regarder des figures d'artistes enseignants, célèbres ou obscures.


(extrait de l'intitulé du LAB.ZONE)

C’est Camile Tsvétoukhine qui m’a invitée, en étude dans ce lab.zone. Elle fut une de mes étudiantes à l’ESBA d’Angers, où j’ai enseigné plusieurs années. Je l’ai connue motivée par le dessin, je la retrouve avec ces mêmes questions. Nous avons rétrospectivement évoqué tout un réseau de connaissances communes par ses études et mon enseignement. Que sont devenus celles et ceux que j’ai formés ? Que suis-je devenue, ayant quitté cette école ? Elle toujours étudiante et moi toujours professeur, artiste, réunies à Genève en train de montrer mes libres péripéties artistiques dans une chambre d’hôtel.

D'autres objectifs de ce Lab.zone :

- Le second vise à articuler un rapport critique à l'école contemporaine et plus généralement à la circulation et la diffusion de l'art. En effet, ce lab.zone s'entourera d'un certain mystère, et contournera les injonctions de production et de visibilité qui accompagnent généralement tout projet artistique dans le cadre d'une institution. Les réunions ne se dérouleront pas dans l'école, mais dans des lieux plutôt destinés à la vie privée et/ou au divertissement : quelques bars genevois, ma chambre d'hôtel, les appartements et maisons des étudiants. Les objectifs principaux de ces rencontres seront la qualité de la conversation, de la soirée, de la boisson, de la complicité. En aucun cas la production d'une situation visible. Ce lab.zone est un terrain privé.

(...)

- Le dernier objectif, facultatif mais désirable, sera de proposer un moment d'école, une forme pédagogique ponctuelle, qui pourrait à la fois résumer l'expérience du lab.zone et modéliser une proposition de pédagogie auto-gérée, au sein de l'école ou ailleurs.

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En revenant de Genève...  (photo © Sonia Marques)

« Enseigner comme un adolescent » / Dreaming the dark, sex, magic and politic

Voici une action qui me correspond assez bien. Ayant gardé contact avec des étudiants, après l’école et étant devenue une professeur toujours étudiant. Les échanges ont été très rapides entre ce que fabriquaient les étudiants du master classe de Lili Dewar et avec elle, préparant leur exposition à l’espace Forde. Nous avions des lectures communes, féministes /

=> superbe livre : Femmes, magie et politique de Starhawk, dont ma commande du Canada, introuvable en France me prend 2 mois ! En attendant, vidéo ici, article ici
=> et texte de Dona Haraway, manifesto cyborg, qui a été l'une de mes lectures ces années d'enseignement angevines. Je n'ai toujours pas le livre avec la couverture bleue lagon et le gorille, dont l'anthologie a été co-écrite par Natalie Magnan : Manifeste cyborg et autres essais. Sciences, fictions, féminismes, mais le texte du manifesto cyborg d'Haraway fut accessible en ligne très vite, début des années 2000, date à laquelle je l'avais découvert

/ ou vraiment des réseaux communs de ce que fabriquent des femmes artistes. Mes activités parcourant nombre de médiums et de formes différentes, nous avons décodé ces formes dans mes oeuvres, qui ne se donnent pas d’emblée et dont l’accès n’est pas facilité. Mais la clé principale était là, invitée, j’ai ouvert toutes les portes secrètes une à une devant eux. Camille avait le béguin pour un concert auquel elle avait assisté (Kiwaïda Karaoké) au Musée des Beaux Arts d’Angers. C’est très étrange, car les étudiants venus d’Angers cette année (autre article "Hacking playground" de BMK), pour un atelier de recherche initié à l’ENSA de Limoges, où j’enseigne à présent, faisaient aussi ce rappel, ce souvenir de ce concert en live, où je jouais plusieurs de mes poèmes sur des compositions électroniques.

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En allant à au jardin botanique de Genève...  (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marquesphoto © Sonia Marques

Sourire (photo © Sonia Marques)

Saintes

Au retour du train de l’atlantique, j’écris cet article. Il fait beau, tout est plat, on voit très loin.

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Quelque part (photo © Sonia Marques)
Donc Camille voulait absolument que je fasse écouter « Célestine » et « Célestin », les 2 protagonistes de ce concert nommé « Monstrum », une sorte de bestiaire baroque, dont chaque personnage se transformait de l’un à l’autre. C’est un superbe feed-back, 6 ans en arrière, on ne sait pas ce qui marque celles et ceux qui écoutent, mais il est vrai, que Célestine, d’une douceur violente, donnait le rythme des départs et de la liberté, tandis que Célestin, plus enfermé, fantasmait seul devant son écran, de violentes douceurs. Camille aura une spéciale dédicace. Cendrillon, La Fée, Les Incognitos, toutes ces créatures ont été vues et écoutées. Le projet Magic-Ring et la connexion par intermittence de l’hôtel, devenait syncopée.

Extrait de Célestine (poème écrit le (05/06/2006, mis en musique pour l'album Monstrum) :

derrière ses lunettes

célestine pliait ce qui l'entourait

désarmant les plus piquants

parlant la langue des charmes

célestine se reconnaissait

dans d’autres

 

calmement

elle enlevait les épines

des bourdons qui le lui donnaient

contre un instant de douce violence

elle les enlevait célestine

 

une à une

sans pouvoir cacher ses piqûres

tâchant de ne pas savoir qui piquait

elle fermait les yeux

 

respirait doucement

 

elle ralentissait le temps

pour ces moments

qui la droguaient lentement

 

se rouler dans l'herbe

 

elle entraînerait n'importe qui

célestine

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo
© Sonia Marques)



Extrait de Célestin (poème écrit le (25/05/2006, mis en musique pour l'album Monstrum) :


les nuits et les jours s'empilaient

dans un mille feuille hypertextuel

il ne pensait plus la faim

 

boulimique d'électronique

il se cramponnait à son cou

à cran

accro

escroc

 

il devenait fin et rusé

trop fier pour se laisser aborder

il sabordait l'amour

 

lutin

mutin

mutant

 

célestin risquait

sa fortune - son crédit - sa santé

pour des fictions fantasmatiques

il mutait mytho

 

propice aux fabulations délirantes

il craignait l'aveu de la réalité

auto-mutilé de ses inventions

 

célestin

l'air de rien

charmait les serpents



photo © Sonia Marques
Lac de Genève...  (photo © Sonia Marques)

Genève et son lac, un jour l’été, un jour de pluie. Magnifique jardin botanique, sous la pluie, des flamands roses et des biches, un paon, de quoi ravir la lusophone, le chat botté. Je n’ai pas vu la tortue à deux têtes conseillée par Camille, il est vrai que Kiwaïda aurait apprécié voir cette espèce étrange. Au MAMCO de Genève, il y avait l'artiste suisse Thomas Huber d’exposé, "Vous êtes ici". Ils m’ont laissé visiter l’exposition qui se désinstallait, car elle était déjà terminée. Ce qui était intéressant, hormis l’exposition elle-même, c’était de rentrer dans l’espace de finissage et d’emballage, comme être privilégié d’un nouveau regard, celui de voir ce qui est interdit de voir.

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Oeuvre de Thomas Huber (Photo de Sonia Marques, in situ à son exposition au MAMCO de Genève, mai 2012)

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Gros plan de l'oeuvre de Thomas Huber (Photo de Sonia Marques, in situ à son exposition au MAMCO de Genève, mai 2012)

Et comme je rentrais dans un espace où la peinture et les décors sont principalement peints sur les toiles, j’étais dans une mise en abîme. Les toiles emballées, au sol et les peintures encore accrochés où figurent des peintures au sol retournées dans des ateliers ou des installations d’expositions. Une femme lève sa robe et laisse entrevoir son sexe poilu noir, des personnages sont sous un tapis, seuls leurs pieds sortent. Des perspectives et des perspectives, des losanges et des céramiques sous une cage… De quoi donner des idées aux étudiants de l’école dédiée à ce médium où j’enseigne.

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Oeuvre de Thomas Huber (Photo de Sonia Marques, in situ à son exposition au MAMCO de Genève, mai 2012)
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Gros plan de l'oeuvre de Thomas Huber (Photo de Sonia Marques, in situ à son exposition au MAMCO de Genève, mai 2012)

« Je fais tout le temps de l’ordre ici. Je considère l’ordre du tableau comme indispensable. Vous pouvez sans problème me nommer concierge de l’espace pictural ! Les tableaux doivent être propres et ordonnés. Je balaie deux fois par jour, il n’y a rien de pire que les endroits sales dans un tableau. Je déteste aussi les espaces picturaux étouffants, c’est pourquoi j’aère toujours abondamment. Pour le reste, je me sens bien dans le tableau, j’ai toujours à faire. Quelques fois seulement, je suis un peu seul ici. » (Thomas Huber)

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Maurizio Nannucci, Art, Text, Light, Sign  (Photo de Sonia Marques, au MAMCO de Genève) / HEAD : Haute École d'Art et de Design de Genève (photo © Sonia Marques)

Ces 2 photographies n'ont rien à voir entre elles à priori puisque non situées dans le même lieu, mais dans le même temps à Genève, et quasiment dans la même configuration : elles se trouvent au mur, au fond d'un escalier. L'une est une oeuvre de néons située au MAMCO, l'autre est une annonce manifeste située à la HEAD. C'est de l'ART dit la photographe, du néon au feutre... Le professeur cherchera ce qu'est un rat-électrique et l'artiste remarquera que dans le néon, les lettres sont aussi le RAT-ÉLÉCTRIQUE...

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Quelque part (photo © Sonia Marques)

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Mais… Mois de mai, moi des mais si c’est possible, je pars à la mer. Retour de Suisse, de passage au centre de la France, à Limoges, atterrir dans des réunions de grilles à remplir. Un anniversaire plus loin, la mer. Le chat botté arrivé au pays du soleil, les gâteaux émiétés sablés sous les pieds, le sel et la mer sur la peau. Nage. Courage.


photo © Sonia Marques
Plage (photo © Sonia Marques)
Nous sommes bien seul quand personne n’ose aller dans l’eau.
Mais… Mois de mai, moi des mais si c’est possible, je plonge. C’est bon, c’est doux, c’est douxdoux, comme dirait Pépino.

papillons © Sonia Marques
C'est douxdoux (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marques

Sourire (photo © Sonia Marques)
photo © Sonia Marques

photo © Sonia Marques

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)
Le cadre est celui des années cinquante, les couleurs pastels, jaune citron et bleu tropique, rouge vif et des sièges de designers de ces années mytiques et créatives. Un garçon joue de la musique, il a une chemise citron vive et déambule librement dans cet espace clair face à la mer. Il écoute des chansons italiennes et me demande comment ça va. Après avoir contemplé une coccinelle courir sur le sable, un jeune homme qui sort de l’eau et de son canoë comme dans un dessin animé, deux personnes âgés se raconter leur vie et leurs différents mariages, voyages et parler de leurs sentiments à cœur ouvert, je prends des sardines grillées et une bière pression face au miroir scintillant, l’infiniment bleu.

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marques


La mer me drague, elle va et vient, mais à peine vient-elle m’annoncer un secret, qu’elle me quitte aussitôt rejoindre sa longue histoire, celle que je ne récolte que petit bout par petit bout, dès qu’elle revient vers moi, dès que je vais vers elle. Lasse de tant de courtoisie, frustrée de tant de départures et de séparations abruptes, je fini toujours par plonger en elle et c’est à ce moment qu’enfin, le plaisir est partagé. Elle me rend forte. Je suis pour elle un poisson parmi d’autres qu’elle caresse et draine jusqu’aux souhaits inavoués.

photo © Sonia Marques

Gâteau d'anniversaire 2012 (photo © Sonia Marques)

Cognac

Au retour du train de l’atlantique, j’écris cet article. Il fait beau, tout est plat, on voit très loin, un gâteau de roses et de litchis, de framboises et chocolat blanc, m’attend, des oiseaux azul, orange, vert et il paraît des fleurs. J’ai quitté la terre un bref moment, mais je prépare déjà mon retour à large vers l’infinie bleue.

photo © Sonia Marques

Gâteau d'anniversaire 2012 (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marquesphoto © Sonia Marques

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lundi 23 avril 2012

ґℯ☂яøυṽ@ḯʟʟ℮ṧ

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Fleur de l'arbre du jardin du Musée Adrien Dubouché  (photo © Sonia Marques)

atelier © Sonia Marques

Atelier (photo © Sonia Marques)

isoloir © Sonia Marques

Isoloir (photo © Sonia Marques)