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dimanche 17 mai 2020

Ḏ∃$ ☾ℰℵḎℜℰ$

Après descendre, on ne peut que remonter.

DES CENDRES

Photographies © Sonia Marques

Parmi tous les anniversaires, ces jours-ci, je fête les 10 ans de l’œuvre d'art : Cendrillon. Le vernissage fut ouvert au public un 10 mai 2010, début de la découverte, à l'école nationale supérieure de Limoges-Aubusson. Conçue, fabriquée et produite, par mes soins, au sein de l'école, je venais de prendre mes nouvelles fonctions d'artiste professeure, depuis le 1er janvier. Je faisais déjà des gâteaux, je faisais déjà 37 ans.

"C'est du gâteau"

L'expression est une extension de celle du XVIIIe siècle, c'est du nanan, qui désigne la réussite gustative d'une friandise. Les gâteaux étant simples à faire, quand quelque chose est facile, c'est du gâteau.

Pourtant, on entend assez souvent, c'est pas du gâteau, avant de réaliser une tâche qui semble très difficile à faire, dans tous les domaines... Lorsque j'ai conçu l’œuvre Cendrillon, je me suis lancée un défi, quasi mathématique, mais aussi celui d'un savoir faire, que je mettais à l'épreuve économique et écologique : réaliser une œuvre avec, comme matière première, les rébus destinés aux déchets, aux poubelles de l'école. Mais, en sublimer la représentation, puisqu'il s'agit bien de "représentation" comme se préparer pour aller à un bal, un vernissage, où l'on met ses plus beaux souliers et costumes, on laisse ses haillons derrière, après avoir durement travaillé. Pour ma part, lors du vernissage, le 10 mai, je suis restée dans la cuisine, ou plus exactement, dans les cendres, au sous-sol, et je n'ai pas été invitée au restaurant des élus. Quelques biscuits (de céramique) sortaient encore du four, mais les élus avaient vraisemblablement très faim. Dans ma conception, le destin du processus, n'était pas réalisé pour les élus, mais pour partager un savoir faire, pour tous. On dira plus prosaïquement, j'y ai laissé ma pantoufle de vair, véritable chaussure d’intérieur confortable, ouverte à l’arrière comme les mules, et non une pantoufle de verre ou cristal... C'est à la "maison de la pantoufle moderne", historique, à Limoges que je trouvais mes souliers de bal, en fourrure d'écureuil, en vair. Dans la version du conte de Perrault, la fin est la plus cruelle : les sœurs se mutilent jusqu'au sang pour faire entrer leurs pieds dans la pantoufle, et les pigeons, amis de Cendrillon, leur crèvent les yeux. Pourtant, la solidarité entre femmes doit permettre de surmonter la jalousie, une rivalité, sournoisement entretenue par les hommes.

Je devais donc quitter les haillons du travail, parfois, pour vernir quelques biscuits...
  • guenille, hardes, loque, nippes, oripeaux, lambeau, chiffon, défroque. ...
  • chiffon, guenille, serpillière, loque, oripeau-eaux, charpie, harde...
  • loque, lambeau-eaux, chiffe, épave, serpillière.
J'aime beaucoup qualifier les bouts de tissus, ils ont tous une histoire. C'est la connaissance de l'histoire qui révèle un patrimoine, ou matrimoine pour les plus "à cheval" sur l'égalité entre les femmes et les hommes. Récemment, une localité se plaignait qu'elle avait fait fabriquer des masques pour les habitants, et les protéger du virus, qui ressemblaient à des morceaux de serpillère. Les habitants d'une ville au décor idyllique des eaux thermales, se sentaient méprisés. Pourtant, le tissu de la serpillère est utilisé pour plusieurs réalisations de modes et de design. À l'origine, la serpillière était une toile épaisse et claire servant aux marchands à emballer leurs marchandises. De coût moindre que la toile classique, elle servait aussi de tablier, de pare-soleil, de tapis de selle ou même de linceul. La serpillière usée servait alors de torchon. Plus tard, cette toile fut dévolue au nettoyage du sol, pour des raisons d'économie, puis pour des raisons de meilleure hygiène, elle remplaça le balai.

On peut penser que je m'éloigne du sujet de ma réalisation en céramique, mais non, c'est pour insuffler un point de vue historique dans les arts de faire, 10 ans plus tard, la ménagère de moins de 50 ans, a des choses à écrire. Si nous fêtons son anniversaire (son jeune âge, 10 ans), c'est qu'elle est très riche, de sens, un modèle, qui ne doit rien au hasard, ou presque, avec sa part merveilleuse, mais pensée et librement inspirée de la terre d'où elle vient, d'où vient l'auteure. N'oublions pas que Cendrillon est un conte de fée. C'est avec mes chaussures fourrées, qui me vont comme un gant, que je retrouvais mes créations, le soir, et que je dessinais à la tombée de la nuit.

Je ne me suis, depuis, jamais déchaussée, ni n'ai abandonné mes pantoufles, ni n'ai été épousée, mon histoire personnelle n'est pas du tout associée à l'histoire de l'héroïne de Cendrillon, ni même un autoportrait. J'ai aussi réalisé une autre œuvre vidéographique dédiée au conte d'Hansel et Gretel, très noire et cartographique. Artiste, il m'intéressait, dans cette autonomie totale de création, que je me suis donnée, de symboliser l'indépendance féminine et déchoir l'idée qu'une femme doit attendre un homme, un patron, une promotion, pour vivre, et / ou créer. Plusieurs années plus tard, c'est à l'Opéra de Limoges, que je rencontrais, Élisabeth Lemirre, chercheure, pour son livre qui venait de paraître : "Sous la cendre. Figures de cendrillon" (en collaboration avec Nicole Belmont) Cette anthologie m'a fait comprendre, en échangeant avec elle, spécialisée dans les contes, et sur son ouvrage de céramique, que je lui ai montré, que les contes africains, pouvaient être plus proches, de mon œuvre. Car Cendrillon, me dit-elle n'est pas une fille, mais une garce, un garçon manqué et, elle est noire. Il n'y avait là rien à voir avec ce que les Disney ont réalisé, côté occidental, en liftant les origines de ce conte noir. La couronne de fleurs sur les cheveux blonds de cette icône de pixels bronzée, à la fois douce et forte, presque dessinée au marqueur noir, pouvait aussi faire penser à un dessin-diadème sorti du "street art", de l'art de la rue. Cette figure peut aussi ressembler à une surfeuse des temps modernes, aux sourcils noirs et épais, broussailleux, stylisés à un motif de rayures sur carreaux, et ses yeux translucides blancs et bleus, comme allumés, emplis de lumière. Ce qui m’intéressait, c'est qu'avec 2 ou 3 carreaux, comment pouvais-je dessiner une bouche, des yeux, des sourcils, des fleurs ? Ce que je laissais aussi ouvert, c'est que peut-être, cette reine, ou princesse, était aveugle, ses yeux reflétaient le bleu du ciel. Si elle ne pouvait voir, elle ne pouvait savoir qu'elle était regardée, seul le ciel pouvait la reconnaître. La représentation, l’exposition, n'étaient pas les rites les plus importants, toute cette extériorité éclatante, mais plutôt l'intériorité retrouvée, par la réflexion qu'elle parsemait chaque jour. Dix années de réflexions, un nombre important, une étape couronnée de sagesse et d'audace.
De ces passionnants échanges et conférences à Limoges, je me suis dit que ce choix inconscient du nom de Cendrillon, continuait de révéler des questionnements féconds et très actuels, sur une histoire de masques, de cendres. Quelque chose qui semble très cadré, encadré, carrelé, ordonné, mais aussi, insaisissable, et pas encastrable quelque part, très désordonné, dans son approche, sauvage.


Cendrillon est bien avant tout, comme le rappelle l'anthropologue Nicole Belmont, une « affaire de femmes » et plus précisément même, une affaire de mère et de fille. Éclairant subtilement le motif de « la jeune fille affamée » par la marâtre et nourrie par la mère disparue (ou par ses substituts), présent dans les versions les plus « archaïques », celui du « feu sous la cendre », célèbre motif de la symbolique des corvées « discriminantes » (filer, trier, tamiser, etc.) que Cendrillon est la seule à réussir (au contraire de ses sœurs ou demi-sœurs), l’ethnologue revient dans sa riche synthèse sur l’ambivalence de la figure maternelle. Mères, marraines et autres marâtres dessinent une partition fondamentale dans le récit « entre une mère absente et aimante et une mère malveillante et présente ». La première fait vivre et gagner en autonomie (c’est elle qui donne aussi les parures somptueuses qui feront de la fillette une femme accomplie, capable de trouver son prince) ; la seconde, répressive, la maltraite et l’enferme dans la maison paternelle, la condamnant de fait au célibat. Ce que le conte dit ici, au fond, c’est la dure loi qui gouverne la condition des filles dans les sociétés patriarcales, qui doivent « se garder » tout en trouvant un mari. Comme il dit aussi que dans ce passage de la filiation à l’alliance, dont les préalables sont bien la mort de la mère et son deuil, « l’identité et la féminité s’acquièrent ainsi : grâce à la mère et contre elle, tout à la fois. »

Les tâches ménagères ont une place importante dans les différentes versions du conte. La Cendrillon de Perrault s’occupe du ménage et de la vaisselle, celle des Grimm plutôt du feu, de la cuisine et de la lessive. Le feu, voici que cela nous intéresse, dans ces arts du feu, qui me concernent, ici Dans le conte des Grimm, la belle-mère de Cendrillon verse à deux reprises un plat de lentilles dans les cendres et demande à Cendrillon de les trier. Bien qu’il s’agisse à première vue d’une tâche servant à séparer le bon grain du mauvais, « les bonnes graines dans le petit pot/les mauvaises dans votre jabot », il ne s’agit pas d’une tâche ordinaire. Elle sert d’obstacle pour empêcher Cendrillon d’aller au bal. Nicole Belmont voit l’opération de triage que fait Cendrillon comme un exercice servant à séparer ce qui est vivant (les grains) de ce qui est mort (les cendres de la mère). Le triage dans Cendrillon, illustre un passage initiatique dans lequel l’héroïne doit accomplir des tâches afin de s’initier à la différenciation sexuelle. Cette pratique de séparation introduirait chez l’héroïne un apprentissage de la distinction entre « bon et mauvais, entre consommable et non consommable, entre consommable et consumé » Une tâche ordonnée du rite de passage.

La cendre qui barbouille le visage et les vêtements de Cendrillon agit en quelque sorte comme un masque qui camoufle sa véritable identité et la retient dans l’espace domestique. Par exemple, dans la version des Grimm, la jeune fille reste prisonnière de son statut de servante jusqu’au moment où elle décide de laver les cendres qui la couvrent : « Alors, Cendrillon se lava d’abord les mains et la figure et s’inclina devant le fils du roi, qui lui tendit la pantoufle d’or. » (Grimm) Par le lavage, elle se libère de son ancienne identité et, surtout, se défait métaphoriquement des emprises qui la retiennent pour mieux se reconfigurer d’une autre façon : elle quitte ainsi sa robe de cendres pour en revêtir une nouvelle.

Ainsi, la cendre préfigure la première étape du rite de passage de Cendrillon, situant de ce fait la jeune fille comme apprenant le nécessaire, à la réussite de son passage initiatique vers l’âge adulte.


Si pour certains, certaines, c'est du gâteau, pour d'autres, ce n'est pas du gâteau, selon !
J'ai réalisé 400 carreaux de céramique à la main, pétris, étalés, découpés, calibrés, cuits, émaillés, peints, re-cuits... Pourtant, c'était dans mon studio de création que tout a été pensé et que la première chose à laquelle j'ai pensé, c'était la couleur. J'ai passé 2 mois à faire des recherches de couleurs.

La figure de Cendrillon provenait des écrans, au moment où leur définition était aussi économe, et se définissait en très peu de pixels. Encore une question d'économie. Dans mes travaux, que je pourrai nommer, des formes d'exercices et des défis, que je me lance, sinon, quel ennui cette vie de formulaire !,  j'essaye toujours de voir des limites, qui sont celles de mon économie, je ne fais pas d'excès, et pour ma survie mais aussi pour les autres, l'impact dans la société. Il est vrai que certains, certaines, le regrettent et voudraient avoir des preuves avec un impact énorme pour la société, comme beaucoup d'artistes, plus ils sont vus et ils font du mal, plus cela est visible et pour beaucoup, c'est ce qui est vu de loin, qui a eu énormément de presse, donc ce qui est validé, comme ayant un fort impact. De mon côté, je n'ai aucun impact sur la société, et même, sur mon proche entourage. Je suis discrète, bien que je corresponde à la ménagère de moins de 50 ans, je n'en suis pas moins, pas plus, surtout et principalement, une artiste de moins de 50 ans, qui ne rentre dans aucun formulaire (hormis la ménagère) Donc, de tout ce que j'ai produit et réalisé, j'ai minimisé l'impact, j'ai réduit l'effet de serres (c'est quoi déjà ? c'est comme la ménagère de moins de 50 ans, c'est ce que l'on entend le plus souvent) Je n'alimente aucune machine à gaz, de l'art, ce qui m'a fait disparaître même de mes fonctions pour lesquelles j'ai beaucoup œuvré, l'enseignement. J'ai mis ma vie, jusqu'ici, au service des autres, et des plus jeunes, des plus défavorisés. On en revient à la serpillère, les tissus ont tous une histoire, pas plus ingrate que d'autres, il faut juste la reconnaître.

La palette, les tâches, le barbouillage, mais un dessin extrêmement précis, exécuté, sur une grille réalisée à la mine bleue, millimétrée. La gouache a été mon médium favori pour faire mes mélanges. Cela me fait penser que dans un de mes albums sonores, réalisé avec un musicien autrichien, enfin cap-verdien, habitant à Vienne, Rico, avec ma voix et mes poèmes (Cocoriste) l'une des plage sonore, se nomme "Papier millimétré" et parle d'un dessin où je circule, un de mes poèmes. Il y a toujours cette question de ne pas dépasser les limites, tout en s'en affranchissement. Il faut pour cela, aimer les contraintes et dessiner des formes dans un labyrinthe de création, jusqu'à ce que l'on ne puisse plus voir les contraintes, mais un ingénieux maillage de circonstances, croisées, de rencontres. La maille est un tissu bien armé et solide.

Je travaillais quasiment nuits et jours. Je donnais des cours à tous les niveaux du cursus en début de semaine, durant 2 journées bien remplies, sans vraiment faire de pause. On ne me voyait pas à la machine à café, le temps de préparation était aussi conséquent, pas d'assistant technicien ou technicienne pour l'infographie, et le soir je m'activais à ma table, entre mon minuscule ordinateur de poche, qui datait de mes cours angevin, acheté à crédit, et mes dessins et calculs mathématiques et croquis. Et dès mes cours terminés, des premiers jours, destinés aux années 1, 2, 3, 4 et 5 niveau Master (tout était découpé pour que je donne des cours à tous les étudiants de l'école sur les ordinateurs de l'école pétants neufs, je n'en avais pas à ma disposition, quand j'y repense c'était assez dingue), je retournais dans les cendres, voir comment cuire mes pâtes et biscuits et les teindre, les colorer. Histoire de coller au conte de fée, j'ai eu, des années plus tard, avec surprises, des pénalités, qui faisaient de moi, la plus crasseuse des professeures : celle qui ne méritait que la prison, car elle souillait ses outils ! C'est un peu le sort de toutes les Cendrillons, leurs matrones sont jalouses. Heureusement, elles font vœux de métamorphoses et, des cendres, elles renaissent. Les lendemains, je finissais la semaine dans les ateliers situés au sous-sol, mi-rez-de-chaussée, mi sous-sol, ils donnaient sur le jardin, ceux dédiés à la céramique, les cendres donc. Je terminais ma semaine, et le week-end je travaillais de nouveau à la conception de Cendrillon. Je découvrais la ville de Limoges, je faisais, seule, des visites, selon les conseils des habitants. Durant les premiers mois, je n'ai quasiment vu aucun professeur, dans cette école, sauf les techniciens de céramique, hommes taciturnes et hommes bavards, au choix. Les autres venaient de Paris ou d'ailleurs et logeaient dans l'école ou les grands chalets en bois, plutôt, en fin de semaine. C'était une ambiance très particulière, car d'une part, je voyais et suivais "tous" les étudiants de l'école et d'autres part, je ne voyais aucun professeurs. Plus tard, ils s'exclameront : "On ne la voit pas". Mais être assidue et présente ne peut être vue des fantômes, c'est le secret des artisans du savoir être. Et trier le bon grain de l'ivraie, prenait tout son temps, auprès du feu. Je n'étais conviée à aucun bilan de ces professeurs, pourtant j'étais bien une professeure au même statut que les autres, c'est ce qui était écrit sur le décret officiel. Ainsi l’œuvre Cendrillon est née sans avoir été vue, lors de sa confection. L'enseignement que je prodiguais alors, n'avait pas de crédit. Les étudiants m’apprirent, que mon enseignement n'était pas validé lors des bilans. Tout cela était finalement assez évident, car j'enseignais dans une discipline qui n'avait alors aucune reconnaissance de l'État, dans les écoles d'art, le reste, ne suivait donc pas. Mais cela, je le savais, car j'avais déjà 10 années d'expérience d'enseignement dans une autre école, et à chaque fois, il faut quasiment repartir de zéro. Pour une femme artiste professeure, il n'y a aucune antériorité ni suivi d'effectué. Nous sommes vouées à disparaître peu à peu des organigrammes et de l'histoire. Au mieux on peut figurer comme un chiffre dans des statistiques de rapports nombreux, destinés à alerter sur la situation française. Mais c'est tout : un chiffre. Autant faire des mathématiques et créer des chiffres et jouer avec, ce que la conception de Cendrillon, avec persévérance, produisait, et si faire figure de figurante était la tradition, autant créer sa figure, autant imaginer une représentation fidèle à ce moment magique. J'étais déjà très heureuse d'être là et d'enseigner, car mon enseignement était constant et n'a jamais failli, ni n'a fait de différence entre les classes et les milieux sociaux des étudiants, tous avaient accès à mon enseignement, de qualité et d’exigence. Mais très peu, voir prou, ne savait que j'étais artiste et que je réalisais, à côté de cet enseignement des formes de pensées qui animaient ma vie depuis longtemps. La situation des bienheureux et bienheureuses et celle-ci : ne pas être mise sur un piédestal c'est déjà pouvoir enseigner et travailler, se mettre à l’œuvre, car l'ouvrage n'est pas encore réalisé, le chemin est long.
Chez moi, il y avait des rideaux, des voiles de couleurs qui laissaient passer la lumière, c'était une fenêtre sur un arc-en-ciel, que j'avais fabriqué à partir de voiles différents de couleurs. Je visitais la cathédrale St-Étienne, et j'étais assez contemplative de ses vitraux et les lumières qui se diffusaient sur la pierre. Lorsque je retournais à l'atelier en faisant mes couleurs, en recherchant les pigments, toutes mes visites et rencontres m'inspiraient et ces raies de lumières colorées. J'étais allée visiter l'ancienne école, très belle, qui était un Musée et l'est toujours : Le Musée Adrien-Dubouché, un musée national français portant sur la porcelaine de Limoges et l'histoire de la céramique. Fondé en 1845 et situé à Limoges, il fait partie de l'établissement public Cité de la céramique - Sèvres & Limoges.  J'aimais beaucoup remarquer, que sur les grilles, étaient inscrites des mentions dont une : École et Musée. Ce Musée est juste en face de la prison de Limoges. Plus tard, une nouvelle cité judiciaire fut construite à côté, ouverte en 2016, qui regroupe le tribunal de grande instance, le tribunal d'instance et le tribunal de commerce, mais la construction ne vieillit pas forcément bien, selon nombre d'usagers. Il se trouve que je ne savais pas, en réalisant ma pièce et en enseignant et visitant l'ancienne école-Musée, en regardant cette prison en face, de l'un de ses balcons, que j'allais être convoquée par l'école, dans ce nouveau tribunal, certainement pour que je puisse en évaluer le traitement ainsi fait des professeurs. Mes recherches m'ont menées aussi au cimetière de Louyat. Un des techniciens m'avait recommandé de m'y rendre pour y voir des rébus d'assiettes de céramique sur les tombes, m'informant que c'était le plus grand cimetière du monde. Je n'avais pas de moyens de locomotion, je m'y suis rendue à pieds. Une heure après, je découvrais, effectivement un vaste cimetière, quelle drôle de ballade, me suis-je dis. Mais cela n'avait pas beaucoup à voir avec ce qui m'intéressait dans mon travail. Puis ce technicien m'a avoué qu'il n'y avait jamais mis les pieds. Mais finalement, c'était très intéressant, car mon histoire des cendres commençait à prendre conscience, de ce que descendre signifiait.
La poudre des pigments pouvaient être toxique, tout pouvait être toxique, il me fallait interroger tous les usages et les métaux, le plomb, d'usage. Les produits qui étaient utilisés étaient tous toxiques, le masque était obligatoire, car les ventilation de l'atelier, défaillantes. La poussière était partout. Déjà trouver des pigments sans plomb. Tout mon parcours, à la recherche de matériaux était un parcours de chercheure, mais je ne pouvais pas vraiment m'opposer aux us et coutumes, il y avait une tradition, il me fallait trouver un juste milieu. C'est comme les artistes professeures dans les écoles d'art, elles ne sont pas historiquement installées et ne bénéficient d'aucune transmission dans l'histoire qui leurs permettent d'être légitimes, ou soutenues. Rien, le mythe de Sisyphe, reste à bien étudier, pour monter et descendre.
Le logo de la ville de Limoges symbolise les "arts du feu". On m'avait posé cette question à mon oral, mon concours, si je connaissais, ce que signifiait ce logotype, les arts du feu. J'ai répondu en étayant mes connaissances sur l'Azulejaria, mais personne à la table ne semblait en connaître l'histoire. Ainsi j'ai appris ce que le feu voulait vraiment dire, car cela n'était pas qu'un logo pour une ville. Il y avait là, quelque chose de la pré-histoire, car le feu, il faut le maîtriser. Je me suis donc transformée en artisane du feu, pour aller vers la lumière.

Cette œuvre m'a accompagnée et m'a aidée à m'inscrire dans cette ville, Limoges, avec mes connaissances et mon histoire personnelle et familiale. L'Azulejaria étant un art qui s'ancre au plus profond de mes souvenirs heureux et familiaux et le carrelage aussi, comme la cuisine, faire des gâteaux, j'apportais un regard singulier, mais secret. Les lusitaniens et lusitaniennes forment un peule indo-européen qui a connu beaucoup d'histoires de voyages. Le brun de la peau de ma figurine, que je calculais, je dessinais, divisée en multiples carreaux, devenait de plus en plus important. Je recherchais une teinte chaude comme celle, que je devais inventer de toute pièce, mais proche de la "terracota". Terracotta, comme la terre cuite, dont nombre de couleur empruntent son nom. En 2020, 10 ans après ma création, cette couleur est devenue très tendance, mais avant, en 2010, elle n'était pas bienvenue, ni bien traitée. Dans les ateliers où je travaillais, elle était même méprisée, et quand la peau de Cendrllon si brune fut révélée au grand public, aux agents administratifs même de l'école : cela a choqué. Je ne pensais même pas que ce serait un sujet tabou. La terracota est pourtant un nom en usage dans la décoration et la mode ainsi que parfois en description botanique, pour désigner des teintes brunes, d'après celle des céramiques brutes (« terre cuite », terracotta en italien et en anglais) Dans les beaux-arts, le terme est aussi très remarqué, à cause de la variété de terres, de coloration plus précise, qu'on y emploie (terra rosa, terre blanche, terre de Sienne, terre d'ombre, terre de Cassel ou de Cologne, terre de Sienne, terre verte ou de Belgique ou de Hesse ou de Vérone) Donc, pour ma pièce, j'ai inventé le nom de la couleur, le brun majoritairement peint sur les biscuits confectionnés, se nomme : la couleur Cendrillon. Je suis assez fière de l'avoir inventée, en 2010. Et ce 10 mai, on pouvait apercevoir la couleur Cendrillon, sur les biscuits (il en manquait, donc, la pièce était encore en téléchargement (des cuisines, des cendres, du sous-sol, au vernissage) Ce jour avait aussi son importance, car Le président de la République française, Jacques Chirac, avait décidé de faire du 10 mai la Journée commémorative de l'abolition de l'esclavage en métropole.
La date du 10 mai correspond à l'adoption par le Parlement, le 10 mai 2001, de la loi Taubira "reconnaissant la traite négrière transatlantique et l'esclavage". Cela semblait un détail, que personne n'a remarqué, mais ma recherche de couleur et le métissage de l'histoire ce cette œuvre, venait apporter sa couleur et une histoire des voyages à l'heure des pixels. La question de l'esclavage, de l'exclusion et des rébus étaient inscrits dans la conception et la fabrication de cette œuvre. Hormis cette date qui interférait dans l'histoire (aussi le jour de mon anniversaire, mais ça, personne ne le savait, je crois) du vernissage, je suis retournée dans ma petite habitation, souffler les bougies dans mes rêves et me reposer, car j'avais, dès les lendemains, des cours à réaliser. Du feu donc, de petites flammes, et du tissage.

Ma principale histoire et mes souvenirs ravivés proviennent de l'Azulejaria portugaise. Une histoire de tuile.

Mais en France, la tuile c'est aussi un accident (de l'expression. C'est la tuile ! : Sur un toit, avec le temps, les tuiles peuvent casser sous l'effet de la grêle, du gel, d'une visite de la toiture, ou encore glisser. Il arrive qu'un morceau de tuile tombe sur un passant, d'où l'expression « c'est une tuile », suggérant un malheur accidentel et inattendu)

Oui, il y a quelque chose de l'accident, pour trouver ce chemin de recherche sur la couleur Cendrillon.

Alors, de mon côté, c'est plutôt de l'art que me sont venus des souvenirs de nombre de mes visites et photographies d'Azulejos et musées, et façades populaires dans l'espace public. Le nom "Azulejo" vient de l'arabe et a acquis une tradition dans les pays portugais. La tuile a 500 ans de production nationale et est un cas unique en tant qu'élément décoratif et architectural. Elle a couvert des églises, des palais et a changé le paysage urbain. L'art des carreaux prendrait racine dans la péninsule ibérique sous l'influence des Arabes, qui ont amené les mosaïques sur les terres conquises pour décorer les murs de leurs palais, leur donnant éclat et ostentation, à travers un jeu géométrique complexe. Le style a fasciné les Espagnols et les Portugais. Les artisans ont pris la technique mauresque, qui a pris beaucoup de temps, l'ont simplifiée et ont adapté les motifs au goût occidental. Les premiers spécimens utilisés au Portugal viennent des Maures hispaniques, venus à la fin du XVe siècle de Séville et ont servi à tapisser les murs des palais et des églises. Après environ soixante-dix ans, en 1560, des ateliers de poterie ont commencé à apparaître à Lisbonne qui produisent des tuiles en utilisant la technique de la faïence, importées d'Italie. L'originalité de l'utilisation des tuiles portugaises et le dialogue qu'il établit avec les autres arts, feront de lui un cas unique au monde. Au Musée National de Lisbonne consacré à l'Azulejo et au carreau de céramique que j'ai visité, des panneaux témoignent de l'évolution et de la monumentalité de cette pièce en céramique décorative qui s'adapte aux besoins et suit les styles de différentes époques. Le retable de Nossa Senhora da Vida de la fin du XVIe siècle, composé de 1384 tuiles qui ont survécu au grand tremblement de terre, est pour l'historienne de l'art, Alexandra Curvelo, un exemple de l'importance des tuiles au Portugal. La nouvelle industrie des tuiles est en plein essor avec les commandes de la noblesse et du clergé. De grands panneaux sont faits sur mesure pour remplir les murs des églises, couvents, palais, manoirs et jardins. L'inspiration vient des arts décoratifs, des textiles, des bijoux, des gravures et des voyages des Portugais en Orient. De grandes compositions scénographiques apparaissent, caractéristique frappante du baroque, avec des thèmes géométriques, figuratifs et végétaux de la faune et de la flore exotiques. Ce sont les classes dominantes qui cultivent le goût du carrelage en premier, en choisissant le thème le plus approprié pour la décoration des bâtiments; des campagnes militaires, des épisodes historiques, aux scènes de tous les jours, religieuses, mythologiques et même certaines satires. Les potiers étaient chargés de satisfaire les demandes, de copier les modèles, d'adapter les modes et les styles. À la fin du XVIIe siècle, la qualité de production et d'exécution est plus élevée, il y a des familles entières impliquées dans cet art de fabriquer des carreaux, et certains peintres commencent à s'affirmer en tant qu'artistes, et signent leurs œuvres, débutant ainsi le cycle des maîtres. Dans les carreaux portugais, des scènes insolites apparaissent, surprenantes à la fois par leur originalité et par l'audace de l'artisan, de substituer les êtres humains aux singes, jaguars et poules, par exemple, construisant ainsi des histoires fantaisistes et ironiques qui suscitent le rire. Le souci d'apporter de nouveaux thèmes aux arts décoratifs, est souvent basé sur une certaine improvisation associée à cette façon unique de vouloir faire autrement. La polychromie des jaunes, des verts, des bruns violacés fera place au bleu sur fond blanc, deux couleurs héritées de l'influence hollandaise et de la porcelaine orientale. Après le tremblement de terre de 1755, la reconstruction de Lisbonne imposera un autre rythme dans la production de tuiles standards, aujourd'hui appelées pombaline, utilisées pour décorer les nouveaux bâtiments. Les carreaux sont fabriqués en série, combinant des techniques industrielles et artisanales. A la fin du XVIIIe siècle, la tuile n'est plus exclusive à la noblesse et au clergé, la bourgeoisie riche passe les premières commandes de leurs fermes et de leurs palais, les panneaux racontent parfois l'histoire de la famille et même de leur ascension sociale. A partir du 19ème siècle, la tuile gagne en visibilité, laisse les palais et les églises aux façades des bâtiments, en étroite relation avec l'architecture. Le paysage urbain est éclairé par la lumière réfléchie sur les surfaces vitrées. La production de tuiles est intense, de nouvelles usines sont créées à Lisbonne, Porto et Aveiro. Plus tard, déjà au milieu du XXe siècle, la tuile entre dans les gares et les métros, certains décors sont signés par des artistes de renom. La tradition est devenue encore plus populaire, se présentant comme une solution décorative pour les cuisines et les salles de bain, dans un test de résistance, d'innovation et de rénovation de cette petite pièce en céramique.

Une façon unique de vouloir faire autrement... J'ai aimé improviser.

Mes parents sont originaires de Pombal, et m'ont très tôt fait côtoyer la cité pombaline. Mon père, carreleur de formation, a été l'un de mes premiers inspirateurs, bien avant de découvrir l'histoire de l'art, lorsque je le regardais réaliser nombre d'espace carrelés, et les nôtres. Lorsque j'ai commencé à réaliser Cendrillon, c'est sans la présence physique, de tous ces pairs. En effet, je me suis affranchie de bien des traditions, car j'ai réalisé tous les carreaux à la main et de façon peu orthodoxe, pas vraiment mécanique, ou presque, et le sujet ne respectait aucun modèle jusque là entrevu, si ce n'est sur les écrans, avec une figurine sortie des jeux de pixels et d'art ASCII. J'aimais beaucoup les arts des codes ASCII des créations de l'art informatique qui dataient des années 60. Je m'intéressais à la phénoménologie et les arts de la perceptions, et j'avais déjà, à mon actif, une expérience reconnue dans ces arts diffusés avec un collectif que j'avais co-fondé et également un enseignement et un catalogue très prisé (Iconorama, sur les icône et les GUI, les interface,le design des interfaces, du bureau) Il faut dire que faute de pouvoir réaliser des fresques, j'ai principalement travaillé avec des artistes, qui codaient et nous avions réalisé nombre de fresques animées sur écrans et projetées au grand public un peu partout en France. Ce jardinage écranique, était bien réel.
Cendrillon est comme un tapis, aussi, car située au sol, elle est tissée de carrelages juxtaposés et travaillés chacun individuellement à la main. La polychromie de mon ouvrage : des jaunes, verts, bleus indigos et turquoises, de noirs et blancs, sortes de damiers, des roses magentas et fushias, mauves et violets, le vert émeraude si rare, ou le gris souris, et évidement cette terracota inédite : la couleur Cendrillon.


Ce qui est admirable, c'est que je ne n'ai jamais eu besoin de me servir de "moules" pour reproduire. Car, dans les ateliers de l'Ensa de Limoges, ils passent tous par des "moules". Ici, pour ma recherche et création, chaque motif, chaque carreaux est fait "à la main", aucune projection de "mécanisation" et de paresse, puis-je écrire, fortuitement, n'est venu, simplifier le travail. Chaque parcelle est une création en soi, unique et façonnée à la main. Il n'y a eu aucune duplication. C'est un détail technique, très important, qui confère à cet ensemble de pièces uniques, un attachement très tendre et exigeant en la confiance en "la main", aux doigts de fée. S'il y a eu très peu d'erreur, c'est tout simplement, que ma pensée, accompagnée des habilités des mains, ont guidé ces tâches, chacune, ingrates, pour moi si belles, que l'ensemble, comme un orchestre synchronisé n'avait plus qu'à jouer la partition imaginée, par une stakhanoviste, mais qui s'assume néophyte. L'aspect manufacturé est remarquable, alors qu'il ne semble pas l'être, tant j'ai épousé les qualités infographiques et mon histoire liée à l'informatique et ses interfaces dédiées aux utilisateurs-trices. J'ai finalement emprunté un chemin tombé en désuétude, avec l'industrialisation et la mécanisation, de la manufacture, qui a comblé mes souvenirs du charme des multiples facéties de l'art de la fabrique à la main des carreaux de faïences, des beautés imprégnées, à jamais dans ma mémoire affectives, visuelles, et familiales, mais aussi, olfactive (l'odeur de la terre crue, puis cuite, puis la fraîcheur du carrelage en plein été brûlant, qui fait tant de bien lorsque les pieds se déposent dessus, lorsque l'on marche ou lorsque l'on s'allonge sur un carrelage, les nuits d'été) Bref, je pense que ce fut un moment magique de création, où "je devais le faire", j'ai eu cette volonté déterminée à la tâche, parce qu'il fallait que cela soit ainsi.


La matrice, ma gamme colorée de biscuits et motifs, beaucoup de dièses musicaux, pour les connaisseurs et -sseuses, ou de "hashtag" : #, avant l'heure (utilisé par les réseaux sociaux plus tard, notamment par "twitter" que nous ne connaissions pas encore bien) Ce motif anticipait donc la vague de ces signes incongrus, aujourd'hui utilisés partout (et des #metoo)  Chaque carreaux de 10 centimètres environ, chacun unique, sur une surface de 4m2, cela faisait au minimum 400 carreaux de céramique émaillés. Je me suis transformée en robot, ou, du moins en machine à produire des petits biscuits, pour la confection d'un très grand gâteau. Je n'ai d'ailleurs jamais réussi à prendre en photo l'entièreté de cette œuvre. Et étrangement, comme à son processus : spectaculaire et presque inédite, elle fut aussi, peu visible, paradoxalement, car on l'a protégée de la presse. Je crois n'avoir eu aucun article sur son sujet, et fort heureusement. Non pas, parce que je ne l'ai pas souhaité, mais parce que cela gênait beaucoup. Je ne faisais pas partie des classes dominantes et pourtant, je signais là une œuvre originale, réalisée avec peu de moyen, quasiment traitée comme une clandestine, et cela correspondait à l'idée que l'on se faisait (et encore de nos jours) des artistes femmes. Et pourtant Cendrillon ne cesse de me surprendre à la fois par son originalité et par l'audace de l'artisane que je suis. La scène et le théâtre qu'elle fait apparaître, quasiment sous son manteau, brillent par la juxtaposition des couleurs et leurs vibrations réfléchies par la lumière. Le caractère ostentatoire conféré uniquement par celles et ceux qui l'on aperçue en 2010, m'a vraiment plu et j'assume cette chaleur et générosité, brûlante, un feu de Dieu, une flamboyante idée, dans le cadre où je l'ai fait naître, plutôt austère, grisâtre et sombre, sans aucune couleur, et parfois triste, opaque, mortuaire, cendres d'une autre école (disparition de l'école liée d'Aubusson, à la tapisserie, à la couleur même et aux teintures) mais infiniment modeste, là fut mon processus : modeste, retenu, réservé, pudique, alors qu'en fait, il cache d'infini combinaison fantaisistes de créations artistiques libres et magiques. Cela peut choquer, et s'entrechoquent des couleurs peu communes, la différence est une force de créativité. Je la considère comme un jeu de carte, un grand puzzle, dont je ne cesse de reconsidérer les combinaisons possibles qu'elle me laisse. Très inspirée, évidemment le conte en est une trame possible et manifestement un conte fabuleux de terre cuite, venant des cendres et qui ne fait que renaître, ad vitam æternam. Ainsi renaissait la couleur, et quelque part une forme de tissage, de tapisserie de céramique.

Renaître de ses cendres

Se manifester de nouveau après la destruction, apprendre de ses échecs pour ne pas refaire les mêmes erreurs.
Cette expression française puiserait ses origines dans la mythologie grecque et plus particulièrement dans le mythe du Phénix. Il serait un oiseau ressemblant beaucoup au héron et serait le symbole de l’immortalité et de la résurrection puisque supposé mort et ressuscité dans les flammes. Cet oiseau fabuleux quittait tous les cinq cents ans l’Arabie à destination de l’Egypte pour s’y régénérer. Il y construisait un nid et s’y installait jusqu’à être brûlé par le soleil d’Egypte. Il renaissait de ses cendres pour redémarrer une nouvelle vie.

Le pouvoir de la résilience, pouvoir guérisseur, préfigure dans plusieurs de mes réalisations artistiques. Dans un livre de Carl Gustav Jung " Métamorphoses de l’âme et ses symboles", l’être humain et le Phoenix présentent de nombreuses similitudes. Cette créature de feu emblématique capable de renaître majestueusement de ses cendres symbolise aussi le pouvoir de la résilience, cette capacité inégalable nous permettant de nous renouveler pour devenir des êtres bien plus forts, bien plus courageux et bien plus lumineux. On dit de lui que ses larmes avaient un pouvoir guérisseur, qu’il présentait une grande résistance physique, qu’il maîtrisait le feu et qu’il se caractérisait par une sagesse infinie. C’était, en essence, un des architectes les plus puissants pour Jung, car dans son feu se trouvait aussi bien la création que la destruction, la vie et la mort… « L’homme qui se relève est encore plus fort que celui qui n’est pas tombé. »
Quand on traverse un moment traumatique, nous « mourrons tou-te-s un peu », nous laissons aller une part de nous-mêmes qui ne reviendra jamais qui ne sera plus jamais pareille. De fait, Carl Gustav Jung établit notre similitude avec le Phoenix car cette créature fantastique meurt elle aussi, elle favorise les conditions nécessaires pour mourir car elle sait que de ses propres restes émergera une version d’elle-même bien plus puissante. Ainsi, et parmi tous les mythes autour de cette figure, c’est le mythe égyptien qui nous offre, comme nous vous le disons, ces points clés sur lesquels nous devrions nous arrêter pour mieux comprendre la relation du Phoenix avec la résilience.

Faire autrement




*

Ce qui est fabuleux, c'est que plusieurs versions existent, puisqu'elle est un puzzle, l'image obtenue, ici, une figure, peut être toute autre, se métamorphoser, comme un sablier, devenir une représentation plus abstraite. Les boules d'or et motifs sont disséminés dans un carré, mais peuvent être autrement dispersés. C'est une œuvre qui propose d'infinie combinaisons, celles que je choisies. Une artiste s'amuse aussi et dispose de son œuvre, comme bon lui semble. Cendrillon un jour, lapin le lendemain, carrosse ou citrouille, gamme musicale, partition d'un nouveau genre, fresque mauresque, retable d'église...
À 10 ans, tout se reconfigure.

dimanche 10 mai 2020

ℝøṧε ḯ﹩ α ґøṧℯ iṧ α ґøṧε ḯ﹩ @ ґ◎ṧε

Au début il y a des œufs jaunes séparés des blancs, c'est le confinement.
Puis il y a la montée des blancs en neige, un moment magique et scientifique.
Puis il y a les jaunes et le sucre, battus, une mousse jaune s’éclaircit,
mais point trop car le sucre est de canne, roux comme les cheveux d'un ange qui fête son anniversaire...
Puis, et puis, et puis... le secret, une erreur, une idée (la sagacité) Eurêka !!!
La teinte du jus des fruits rouge, il coule, réservons-le, il sera notre colorant pour la ganache prévue blanche,
ou plutôt jaune coquille, du chocolat blanc crémeux.
Cette teinte est si belle, elle sera la teinte de la journée : un lilas, à peine mauve, violet mais pas trop, un rose qui a du vécu,
une douceur mystique et spirituelle.
Le champagne est aussi un blanc de noir, son habillage est lilas glacé.

Puis il y a... des bougies trouvées dans un ramequin portugais en céramique fait à la main, les anses cassées, on les met toutes !!!
Puis on s’apprête à souffler, le téléphone sonne, Cocotriste répond !
Le père s'invite, en télépathie, en télé-distance, en confinement, il souffle avec elle :

FFFFFFFFFFFFFF !

C'est une première, la fille accompagnée par le souffle de son père pour ses 47 années.

La distance rapproche. Merci le confinement.

Et puis après, et bien, c'est le dé-confinement.
Depuis très longtemps, femme confinée par le gouvernement, restera confinée encore, comme l'or.
Matière pure dense, ductile et molle, facile à travailler, à la main et au bâton, connue de toute antiquité,
appréciée pour son fort éclat de « petit soleil », en particulier sous forme de diverses parures
ou de pièces de monnaie depuis l'Antiquité, et très recherchée, avec l'argent,
depuis les temps historiques pour sa fonction monétaire déterminante.
C'est l'histoire du huit infini, un ruban de Möbius, comme des boucles d'oreille,
juste un pli et l'on circule à l'infini.

(Photographies Kiwaïda & Thejazzist)

mardi 5 mai 2020

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Chemise en lin (design : Bela Silva, artiste portugaise)

Photographies © Sonia Marques

Moi femme ménagère de moins de 50 ans, je n'ai pas disparu ;.)

Définition sur Wikipédia :

La femme responsable des achats de moins de cinquante ans (FRDA-50), auparavant ménagère de moins de cinquante ans est une notion publicitaire et marketing correspondant à une population de consommatrices fort peu précise mais qui est néanmoins considérée comme déterminante dans les dépenses du ménage, constituant donc une cible privilégiée à séduire. Ce « concept » publicitaire est apparu dans les années 1960, à l'âge d'or de la consommation de masse. Dans le même ordre d'idées, en France, on parle parfois de Français moyen. Cette catégorie est bien trop vague pour constituer un réel objet statistique, il s'agit plus d'un idéal incarnant un marché. C'est une sorte d'individu moyen, un idéal-type weberien résumant l'aspect de tout un marché, achetant des biens et des services de consommation courante (lessives, nourriture, vêtements, etc.), peu sensible aux campagnes innovantes, mais attentif aux prix et aux arguments les plus terre-à-terre, à la fois très conservateur, peu fantaisiste mais pourvu d'un pouvoir d'achat considérable. La personnification peut, symboliquement, être poussée assez loin et essaimer en dehors du monde publicitaire. Pour le publicitaire elle sera perçue comme une femme austère, ni très aimable ni très subtile qu'il faut néanmoins savoir séduire parce que c'est elle qui dicte sa loi. Le général de Gaulle s'est essayé de décrire ce concept lors d'un entretien télévisé en 1965 dans lequel il tentait de décrire la philosophie du gaullisme, le mouvement et l'ordre, par une métaphore : « Regardons ce qui se passe dans une maison : la ménagère veut avoir un aspirateur, un réfrigérateur, une machine à laver et même, si possible, une automobile. Ça, c’est le mouvement. Et en même temps, elle ne veut pas que son mari aille bambocher de toutes parts, que les garçons mettent les pieds sur la table et que les filles ne rentrent pas la nuit. Ça, c’est l’ordre ! La ménagère veut le progrès, mais elle ne veut pas la pagaille. Aujourd'hui les sociétés de sondages et de mesures de parts d'audiences utilisent l’expression « femmes responsables des achats » pour caractériser cette catégorie très scrutée des agences publicitaires.

La ménaf :

Connaissez-vous la «Menaf»? Derrière ce néologisme un peu barbare né de la contraction des termes «ménagère» et «enfants» se dissimule celle qui fut pendant longtemps l'idole des annonceurs et des régies TV: la «ménagère de moins de cinquante ans». Créée en 1989, cette figure symbole et cible prioritaire de la publicité avait été conçue à l'époque où le modèle familial encore hégémonique était celui du couple hétérosexuel avec enfants. Mais qu'on se le tienne pour dit: la petite fée du logis qui, rouleau de pâtisserie en main et enfants accrochés à ses jupons, fit les belles heures de Moulinex, n'existe plus. Première étape décisive de cette petite révolution: le 11 décembre 2014, le comité Audimétrie, composé de 19 représentants de diffuseurs de télévision, annonceurs et publicitaires, prononce la mort sémantique de la «ménagère de moins de cinquante ans». La nature ayant horreur du vide, les «sages» de l'audimat se trouvent alors une nouvelle égérie en la personne de la «Femme Responsable principale Des Achats du foyer», également surnommée «FRDA». Son règne aura été de courte durée. Selon une étude réalisée par l'agence KR Media*, en partenariat avec le Celsa Paris Sorbonne, les professionnels du marketing lui préfèrent désormais le «responsable des achats».

(article 2017, Le Figaro)


La ménagère est de moins en moins accro au petit écran. En 2019, la cible préférée des annonceurs est même celle dont le temps passé quotidiennement devant la télévision a le plus diminué: 14 minutes volatilisées en un an, selon Médiamétrie. Soit davantage que les 13 minutes perdues sur la cible des 15-34 ans, pourtant réputés plus volages. Certes, la femme responsable des achats de moins de 50 ans, selon la formule consacrée, reste aux avant-postes avec 3 h 08 consacrées chaque jour aux programmes TV. Quasiment deux fois plus que les 15-34 ans, qui y sacrifient 1 h 43 de leur temps.

(article 2020, Le Figaro)

*

Les statistiques, cela n'a jamais été pour moi, je ne suis jamais rentrée dedans <3

Ma toute première fois, le confinement me fait repasser, ressasser, devenir une ménagère dans sa ménagerie, adorer le Lin, swinguer sur du textile, comme on parcoure des yeux les plus belles réalisations, comme on touche toutes les matières et on les détaille, les cajole, les expérimente, les froisse, les lave, les déchire, les dispose, tout ces corps et ces costumes, le temps d'une vie repassée et si bien ressassée. Merci le Portugal ! Vive Lisbonne !

Les statistiques, cela n'a jamais été pour moi, je suis trop haptique <3

Spéciale dédicace à ma famille <3

mardi 24 septembre 2019

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Photographie © Sonia Marques : Que Toi (dans le jardin de ma mère, été 2019)

Dans l'esprit : « Dorénavant, la femme n''est plus l'avenir de l'homme, qu'il se démmerde ! » avec les deux lettres M (à démmerde), découvertes sur la pancarte d'une manifestation, toute féministe, à en croire le sujet, je découvre de nouveau une belle fantaisie :

OCCITANIE #On Attend Que Toi, décrit comme une campagne touristique participative et digitale
L'Occitanie s'invente un langage et une identité.

Qu'on se le dise Que Toi, un monsieur ou une madame, aujourd'hui ce genre d'interrogation peut se poser, est attendu, dans la Région Occitanie.
L'Occitanie est une région administrative française créée par la réforme territoriale de 2014 comportant 13 départements, et qui résulte de la fusion des anciennes régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.
On invente bien des concepts pour faire vendre un peu plus de... voyages, même si les agences de voyages en France... font faillite.
Je m’égare, lorsque nous lisons : onattendquetoi, puisque notre nouveau mode de lecture est de tout accrocher avec un hashtag #, nous sommes en attente de Que Toi.
On l'attend, il ou elle est attendu-e. Car si nous attendions autre chose, toi, par exemple, nous pourrions dire : on t'attend !
Mais pas on attend que toi !
Alors si « On n 'attend plus que toi » (la bonne orthographe), ce cas de restriction implique le n' indissociable et synonyme de seulement: « On attend seulement toi ».
Dans notre langue française : on n'attend que toi, s'écrit ainsi, et non comme l'Occitanie nous l'informe partout (tous panneaux publicitaires, Internet, publicités vidéos...), on attend que toi.

À moins que l'on attende vraiment Quetoi, au subjonctif cette fois, ce monsieur ou cette madame si attendue, pour la photo en tous cas. Nous sommes bien entrés dans une ère digitale, et les régions s'inventent des identités, libérées de la grammaire et l'orthographe.
Si aujourd'hui, on peut se passer de 2 (NN) côte à côte pour inventer une nouvelle identité, on peut aussi ajouter 2 (MM) pour un effet remarquable.

Si on attend plus personne pour s’emmerder assez, dans ce pays, puisqu'on doit se démerder tout seul, il n'y a pas Que Toi qui est attendu au tournant !
Mais si, on attend plus de toi, sans le n', c'est que l'on attend davantage de toi, bien plus +, tu vois !

Alors Toi ou Que Toi méfie-toi, car cette publicité pour cette nouvelle Région Occitanie, qui existe depuis 2014 seulement, attend vraiment beaucoup de Toi.

Je ne saurai que trop te conseiller, Toi ou Que Toi, que je ne connais pas, de te méfier aussi du tutoiement.

Il existe des despotes, des maires ou mairesses qui se prennent pour ton pote, fausses et faux féministes. Ils et elles utilisent le tutoiement, car tu deviens ainsi un subalterne, si terne, que tu perds ta couleur en présence de ces horribles personnages élus par d'horribles lâches. Car le tutoiement non réciproque est très mal ressenti, dans le cadre d'un registre de langue familier, voire méprisant par sa familiarité. C'est l'effet remarquable.

Dans mon histoire, on a bien écrit par courrier, "saleté remarquable", conjugué avec le verbe être, confondu avec le verbe avoir, dans les missives reçues à plusieurs reprises. On est une saleté remarquable, bien plus que l'on a laissé des saletés remarquables sur un ordinateur. Cela n'enlève pas moins, que de l'être ou de l'avoir été, une saleté, qui plus est, remarquable, est très difficile à supprimer. Cela tâche, cela fâche. Mais qui est le plus souillé ? Celui qui tâche ou celui qui remarque la tâche ? Ou mieux, celui qui invente une tâche et la fait marquer, remarquer tant de fois, que le nom même de ces marques, seront marquées à jamais sur tous les outils.

Mais qui est la plus souillée ? Celle qui tâche ou celle qui remarque la tâche ? Ou mieux, celle qui invente une tâche et la fait marquer, remarquer tant de fois, que le nom même de ces marques, seront marquées à jamais sur tous les outils.

Même les démarques n'y pourront rien, il n'y plus aucune valeur créditée sur ces arbitrages tutoyés. Le vouvoiement est la plus belle partie de jeu, que nous pouvons encore sauver.

Marques est le plus beau nom et même si c'est si difficile à admettre, à démettre, vous n'y pourrez rien. C'est le sceau de la beauté.

Le vouvoiement (« vous, votre, le vôtre, la vôtre », etc.) s'adresse plutôt aux personnes auxquelles on doit un certain respect ou avec lesquelles on désire maintenir une certaine distance sociale, ce qui peut comprendre les inconnus, les supérieurs, la plupart des collègues d'un grade différent (bien que certains supérieurs tutoient leurs subalternes), les personnes âgées et dans les contextes où un certain formalisme est de rigueur (réunions officielles, cérémonies...)

Par mon expérience, il existe, aujourd'hui, comme pour cette nouvelle Région Occitanie, des manipulations politiciennes, oublieuses de ce respect mutuel. De ces oublis ou incultures, nous constatons des exclusions, de celles et ceux qui vouvoient, lorsque le "tu" devient une obligation, lorsque la familiarité domine, la vulgarité, lorsque toi et moi, devenons les subalternes d'une communauté d'ignares.

Cet article, billet d'humour, est destiné au bel anniversaire de ce jour, et il n'y a bien que toi pour comprendre ce message :
Joyeux anniversaire ! Belle Marques !

Quand le sage désigne la lune, l'idiot ne voit que le doigt.

Ce proverbe chinois, ou confucéen, se trouve parfois interprété par : quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.

Dans le verbe désigner, que je préfère, et dans le contexte de mon expérience du procès, ou de l'accusation (la saleté sur l'ordinateur), ce verbe, avec une consonance appréciée avec le Design, discipline chère à l'école d'art de Limoges et que j'enseigne, il signifie :
Indiquer (qqn, qqch.) de manière à faire distinguer de tous les autres par un geste, une marque, un signe.

Marques est mon nom de famille, d'origine portugaise, et les accusations, par les idiots, ou les imbéciles, certainement racistes, dont j'ai été le sujet, ou bien dont ma fonction, professeure, sage, a été l'objet, on ne sait plus car, déjà utiliser un ordinateur du service public qui fonctionne très bien et être accusée de laisser des saletés remarquables, ou d'en être une, par la même occasion, et en faire un procès jusqu'à la cité judiciaire, me convoquer, en face de la prison de Limoges, en brisant mon nom (Marques) afin que je ne puisse passer à l'audience, et en enlevant ma profession de la convocation (professeure) et en substituant mon adresse, ma résidence principale, et la seule à Limoges, par celle de la Seine-Saint-Denis, dans le 93 ; c'était déjà indiquer, non pas la lune, ce design, dont ma profession et mon mérite sont ontologiquement liés, mais le doigt que les idiots regardent, et regardent toujours, sans grand dessein. C'est-à-dire, que depuis 10 ans, limougeaude, les imbéciles ne voyaient de moi qu'une étrangère, qui n'enseigne pas ce qu'ils souhaitent (épousseter les ordinateurs, les nettoyer, faire le ménage, et ne jamais les utiliser, en faire l'usage, afin qu'ils restent neufs, jamais enseigner aux étudiants comment s'en servir, les utiliser à leur tour, jamais désigner la lune, en faire un beau dessein), qui ne vit pas dans la ville où se trouve l'école, donc, ne participe ni de son économie, puisqu'elle n'y mange pas et n'y dort pas. Et comme elle demeure dans cette zone de non-droit : le 93, banlieue parisienne par excellence où les voleurs et malfrats mènent une vie moribonde parmi les étrangers, au banc de la société, elle ne mérite qu'un procès, parmi les autres accusés de la ville de Limoges, c'est-à-dire, des violeurs.

Le problème, c'est que, c'est tout l'inverse (parfait miroir inversé, quand le mal sévit, dans le seul but de salir un nom) : je suis professeure et artiste, j'ai passé des concours, j'ai réalisé de longues études et j'ai plutôt réussi celles-ci, j'en suis à une vingtaine d'années d'expérience, dans l'enseignement supérieur, je suis reconnue pour être en avance dans ma discipline, et experte, j'ai déjà transmis mes enseignements à plusieurs étudiants, j'habite à Limoges, je fais parie intégrante du paysage de cette région, je suis soutenue en tant qu'artiste et je n'ai jamais ni volé, ni souillé d'ordinateur et je n'ai commis aucune faute dans ma profession. Deux mois plus tard, la direction, en plus du procès, qui n'a pas fonctionné en faveur de la direction de l'école de Limoges, celle-ci me soutirait, à mon insu, une somme importante de mon salaire. Toujours sans avoir commis aucune faute professionnelle, sans aucune enquête ni médiation, au moyen d'un un décret directement obtenu et signé d'un membre de la DGCA (la direction de la création artistique), c'est-à-dire, la tutelle. Incroyable ! Dans un temps record. La seule signature de ce décret est émise par un greffier, spécialisé dans les affaires du "grand banditisme" et du "trafic de stupéfiants". Celui-ci quittera ses fonctions peu de temps après avoir signé le décret pour saisir mon salaire (un décret exécute un ordre du "gouvernement"), et que je demande pourquoi ne m'avait-il pas prévenu, afin que je sache, bien en amont qu'avais-je commis d'extrêmement grave pour que je sois la seule professeure des écoles nationales à avoir un tel traitement spécifique, une attention aussi répétitive et d'attaques digne des armées de singes. Et, sans qu'aucun de mes collègues ne soit averti de ma situation, ni les étudiants. On peut tuer un singe avec une armée de 12 singes, ai-je médité. Ce combat était déloyal en tous points, afin de me museler. Avais-je moi-même une arme, dont ces singes craignaient pour leur peau ? La parole ? Non : la voix.

Enseigner est ma vocation. Apprendre toute la vie et apprendre à apprendre, éclairer les moins éclairés, les plus jeunes, initier, montrer la voix, montrer la lune.

Ainsi la charge m'était donnée, je suis passée d'une excellente professeure et artiste, à un bandit, dès que la nouvelle directrice à pris ses fonctions. Son pouvoir et son autorité étaient si faiblards, qu'elle n'a vu que le doigt, alors que je lui avais déjà désigné la lune, et ce depuis quelques années auparavant, enseignant dans cette école. Pourtant, sa communication ne s'est effectuée qu'avec des courriers écrits par des illettrés. J'avais là, à ma lecture, l'armée de singes qui regardaient le doigt. De cette école qui pouvait devenir celle des lettrées, dont j'ai longuement apprécié enseigner et transmettre mon savoir, des objets de recherches, j'observais la destinée, tout autre, celle menée par une armée de singes illettrés. Et bien qu'en montrant la lune, les idiots, toujours, ne voyaient que le doigt.

Dans cette flèche qui m'a blessée, il m'a fallu, non pas rechercher, qui me l'avait envoyée, puisque le harcèlement est systémique, mais enlever cette flèche. Ce ne fut pas chose simple, mais sage enseignement.

Avec ce proverbe, on apprend que le sage, ici, pour ma situation, la "sachante", exprime du bout du doigt, par son enseignement (le Design, le dessin à dessein), ce que la majorité de celles et ceux qui l'entourent (des secrétaires administratives, une direction, des employés et collègues jaloux, des représentants syndicalistes avides de pouvoir) ne peuvent appréhender : la création. Si l'art c'est la lune, où va-ton ?

Je suis l'école des lettrés. Suivre est aussi accompagné d'humour, même dans la trajectoire des flèches qui manquent leur cible. En soi-même on peut trouver la cause des manquements.

À la rencontre des plus faibles et faiblards, je devais continuer à montrer la voix. Parfois, le chemin est plus long que prévu, j'ai dû ralentir pour attendre les autres.

Des hostilités en obscénités, oublions ces doigts d'honneur car nous avons des doigts de fée : regardons la lune, elle se glisse entre Saturne et Jupiter.

Observons la pleine lune le 13 octobre prochain à 23:10...

dimanche 10 mai 2015

☺ґℊʊℯ

Orgue / cathédrale St Étienne (Photographie © Sonia Marques)

Concert d'orgue la nuit  (Photographie © Sonia Marques)

Les vitraux boubou (Photographie © Sonia Marques)

Les ogres (Photographie © Sonia Marques)

L'anniversaire (Photographie © Sonia Marques)

Mésange invitée (Photographie © Sonia Marques)

Atelier fleurs sculpture (Photographie © Sonia Marques)

Grand-mère Cajoline (Photographie © Sonia Marques)

Collection sentimentale (Photographie © Sonia Marques)

Le jumeau (Photographie © Sonia Marques)

La moule (Photographie © Sonia Marques)

Oyster ceramic (Photographie © Sonia Marques)

Les jumeaux (Photographie © Sonia Marques)

Des sentiments (Photographie © Sonia Marques)

vendredi 8 mai 2015

ᖇéᑕᖇéᗩ♈ᓮᗝﬡᔕ

pêle-mêle

Taureaux et cactus  (Photographie © Sonia Marques)
Jusqu’en 1914, le 67 rue de Turenne abritait la boucherie d’un certain Schuler. En façade, les sublimes têtes de taureaux et les crochets préservés font état de son ancienne fonction. Cet immeuble se situe non loin du Marché des Blancs Manteaux, construit sous l’Empire pour contrôler la distribution de viande dans le Marais. Cette organisation était devenue nécessaire pour offrir une alternative aux nombreux vendeurs à la sauvette qui sévissaient au coin des rues, depuis la suppression de la Corporation des Bouchers de Paris. Pour l’anecdote, on raconte que Napoléon III séjourna dans cet immeuble en 1848.





Exposition SPA à l'espace Le coeur, avec Sandra Berrebi, Anne Colomes, Vydia Gastaldon, Joseph Marzolla, Kleber Matheus, Maroussia Rebecq, Sarah Roshem, Clemence Seilles, Jeanne Susplugas, et Victoria Wilmotte.
(Photographies Sonia Marques)

Soif de soleil  (Photographie © Sonia Marques)

Toi & moi (Photographie © Sonia Marques)

Protecteur nature (Photographie © Sonia Marques, Masque © JD)

Le trompe-l'œil (Photographie © Sonia Marques, Masque © JD)

Grand-père Cajoline (Photographie © Sonia Marques)


Anniversaire, Kiwaïda, Kodama, Hokusaï (infographie © Sonia Marques)
Un peu de Hang (instrument de musique Suisse...)

samedi 10 mai 2014

øяℊüℯ

Retrato (Photographie © Sonia Marques)

mercredi 7 mai 2014

JÅℤℤ

Rythme en 7 (Photographie © Sonia Marques)

Logo du site de Dimitar Bodurov

Hasard : Trouver un endroit pour grignoter un sandwich... Il est déjà tard l'après-midi, tomber sur un théâtre derrière une friche, sur l'ardoise noire un concert est inscrit à la craie blanche pour le soir : Bodurov trio seven stamps (jazz) 20H30. C'est bon, on peut venir prendre des places à 20H.

Chance : Le trio devait jouer au château de La Borie, dans le lieu de création pour la musique des arts et du son en limousin et problème d'organisation, plus de place. Le théâtre Expression 7 à Limoges accueille le Trio seven, le 7 mai, qui nous fait découvrir le folklore bulgare sur le travail du rythme en 7. Il faut avoir 7 ans et savoir guider le hasard, car il ne rencontre pas la chance tout seul. Une découverte exotique et chic pour des oreilles veloutées.

Dimitar Bodurov > piano /
Mihail Ivanov > contrebasse /
Jens Dueppe > batterie
Trois chats sophistiqués et élégants. Chacun excelle dans sa partie, tous s'initiant à l'autre en se mêlant intimement aux onomatopées sonores des cordes, des cymbales, de l'air, se connaissant depuis 10 ans, nous arrivant de Cologne, direct à Limoges, repartant pour l'Allemagne et Cologne, La Hollande à Utrecht, Tulcea en Roumanie, La Bulgarie, Berlin, Amsterdam... Un jeu joyeux, vif, excitant, fin, très subtil, complexe, des myriades de tons débridés, une contrebasse se transforme orientale, une batterie taquine et étincelante, un piano en cavale. Expérimentaux, ils touchent leurs cordes et tapent sur les caisses, avec délicatesse, imposent le silence humblement. Bel acoustique, belles personnes. Thank you !
Bulgarian pianist/composer /producer Dimitar Bodurov has resided in The Netherlands in 2000 and has already established artistic presence. Having both firm classical and jazz background Bodurov has received recognition with utilizing Bulgarian folklore. His musical scope omits the necessity of commitment to a particular style or genre but rather search for possible correlation of musical ideas.

jeudi 18 avril 2013

ϴтяϴ

© Photographie de Sonia Marques sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

Vue d'avion de l'Île de Vassivière

Je suis partie visiter l'île un temps d'été au printemps. Quel beau lieu ! L'idée était de rendre hommage à Azulejo. C'était la première fois que je parcourais OTRO, le skatepark réalisé il y a un an non loin de chez moi à vol d'oiseau. Voici l'île, le lac artificiel, voici OTRO. La peinture s'écaille et c'est bien plus intéressant ainsi. Au début je ne le trouvais pas dans le champ vert. Comme pour les moutons et les ânes, il y a une clôture autours. Et comme l'oeuvre est construite, quasiment enterrée, elle ne se voit pas sur le même niveau. L'approchant je la trouvais toute petite par rapport aux maquettes et vidéos que j'avais pu voir, mais finalement en circulant dedans, et oui car ni BMX ni skate dans ma besace... déjà une voiture louée ce fut une belle épopée, c'était plutôt un paysage de dunes que nous offrait cette glace vanille. Plusieurs hommages, enterrements, vernissages dont le premier, la venue du beau temps * Puis découvrir OTRO avec OTRO, fut donc une double rencontre. Nous étions partis pour un vernissage au centre, mais l'exclusion des britanniques et des élus, nous a fait trouver de superbes alternatives, non loin de l'île et pour festoyer, dîner, réfléchir, sur le plateau de Millevaches. Il y a tant de surprises à commettre.

La poudre d'escampette et la liberté voilà ce qu'il faut inventer, prendre.
À bas les normes, le mariage pour personne ;.) Les alliances pour le paradis !

Mais des cercles en voici, en voilà !

Plans de L’Escaut Architecture, pour l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) pour le Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

Commande publique du Ministère de la culture et de la communication et de la Région Limousin en 2009, pour le bois de sculptures du Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière, l'artiste sud-coréenne Koo Jeong A (1967) a imaginé une sculpture en béton permettant entre autres la pratique du skate, du roller, du BMX. 

OTRO est une œuvre d’art skateable audacieuse, composées de différents bowls, d’un cradle et de trois tunnels. Koo Jeong-A invite débutants et confirmés à faire l’expérience physique et sensorielle de son œuvre en skatant le paysage. Lors de sa venue en 2007 pour son exposition Oussseux, Koo Jeong-A avait été marquée par les paysages hivernaux mystérieux de l’île et de l’atmosphère qui s’en dégage : Vassivière était devenu Oussseux, un paysage irréel, fantasmagorique et fortement onirique appartenant au monde imaginaire de l’artiste. Avec OTRO, Koo Jeong-A expérimente la fragile visibilité de l’œuvre, son apparence discrète qui met à l’épreuve notre perception, qui l’oblige à découvrir avec patience l’essence même de l’œuvre. Le concept de OTRO, sa forme ovoïde, l’utilisation de béton vert phosphorescent, sa lente découverte, son intégration dans la prairie de l’île font de cette œuvre un champ d’expérimentation infini, qui réfléchit au moindre détail tels que la lumière, le rapport au site, les atmosphères, le rêve et le fantastique. OTRO est une œuvre faite de bosses – le cradle – et de creux – les bowls et des tunnels. Cette œuvre de Koo Jeong-A renvoie à la définition même de la sculpture et de la représentation : creux et bosses, jeux d’ombres et de lumières, reliefs doux ou accentués. Il s’agit d’une œuvre d’art à vivre, à expérimenter, non seulement d’un point de vue sportif mais également d’un point de vue sensible, sensoriel, artistique. Faire le lien entre l’aspect urbain, praticable, sportif et ludique de l’œuvre en tant que skatepark et l’œuvre d’un point de vue artistique en tant qu’élément du monde de Koo Jeong-A. OTRO est réalisé durant l’automne 2010 par L’Escaut Architecture (Bruxelles) en collaboration avec les associations Brusk (Bruxelles) et Barricade (Poitiers).


Extrait du site Géoculture en limousin

> Côté Skate, lire l'article de Grégoire Basdevant
> Côté BMX, lire l'article sur Arnaud Malthieu et voir sa vidéo ici.

Ce qu'écrit la galerie de l'artiste.

KOO Jeong-A est aujourd’hui l’une des artistes vivant en France dont l’influence s’exerce dans le monde entier. Coréenne, étudiante de Christian Boltanski à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Koo a choisi un propos surprenant, à la fois humble par ses formats et ses interventions, et sûr à l’extrême par son parti pris esthétique. Depuis cinq ans, Koo Jeong-A a exposé un peu partout dans les grands musées du monde. Son oeuvre, souvent peu perceptible, porte cette esthétique conceptuelle surchargée de sensibilité qui fut, dès la première moitié des années 90, la grande alternative internationale contre l’emprise des idées, rapidement banalisées, du ’politiquement correct ’.

Et là c'est la maquette de l'idée avec l'artiste. La photo est pas mal, ils ont dû bien bosser les architectes ;.) Ousseux, c'est pas mal comme vision.

Un peu de glisse...

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographies de Kiwa et JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière
De belles photographies. Fumer des nuages...

Parabéns pra Você

✺tr✺

Bon et puis une pensée pour Nat en Matinik qui vient de me donner de ses nouvelles, donc double soleils :

for_nat_two_suns.gif

© Photographies de Kiwa et JD

J'avais beaucoup apprécié La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel) de Yona Friedman (2009)

Marne en vrac non séchée, 324 m
Commande publique du ministère de la Culture et de la Communication pour le Centre national des arts plastiques - Cnap (propriété du Cnap/Fnac) en 2009.
© ADAGP, Paris, 2010 / Centre national des arts plastiques - Cnap / Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière.
Photo : Jean-Baptiste Decavèle © Ciap de l’île de Vassivière
Croquis : Yona Friedman © Ciap de l’île de Vassivière

Pour Vassivière, dans le cadre de l’exposition Etc. Balkis Island, Yona Friedman a créé La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel), une sculpture éphémère qui occupe l’espace entier devant le Centre international d’art et du paysage, tracée à terre avec une substance minérale, le carbonate, et uniquement visible dans sa totalité du sommet du phare de Aldo Rossi qui domine l’île. La silhouette du chien Balkis qui joue à distance de la Licorne a été réalisée en faisant pousser des graines de Sarrasin.

La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel) représente une paisible licorne anthropomorphe, aux allures féminines qui semblent tenir dans la main droite le Centre d’art. La référence à la civilisation des Incas est explicite tant son imaginaire est véhiculé à travers la figuration zoomorphe et anthropomorphe entourée par un labyrinthe de formes géométriques, comme on peut encore le voir dans le Sud du Pérou sur les hauts plateaux de Nazca.

Le corps élancé de la Licorne se termine avec une corne qui rappelle la tour construite par Gustave Eiffel et comme celle-ci mesure 324 mètres. Le poignet gauche de l’animal chimérique est orné par un bracelet de modules en plexiglas dessinés sur l’idée des Musées dans la rue.

Né en 1923 à Budapest en Hongrie, Yona Friedman vit et travaille à Paris en France.

Extrait du site Géoculture en limousin.

OſƎ˥∩Z∀†

R.I.P Azulejo © Photographie de Sonia Marques

SƎΛ∀∩OZ∀Z

zazie.jpg

J'ai découvert un film des années 60, (merci OtrO !) Zazie dans le métro de Louis Malle, adapté du livre de Raymond Queneau. Ici une analyse pas trop mal qui rejoint ce que j'ai pu découvrir. Complètement précurseur du Trouble dans le genre de Judith Butler.

Zazie, une jeune adolescente aux manières délurées, arrive de sa province berrichonne, impatiente de connaître le métro parisien.

Ce film donne une super pêche intellectuelle fait d'argots...
Toutes les zazies roulent à 10 ans déjà. Bein oui, déjà à cet âge on a tout compris des cercles pickpockets.

On se demande comment se fait-il qu'il n'existe plus de film aussi contemporain... de nos jours ? Raymond Queneau raconte bien comment il a eu ce souhait de se faire plaisir avant tout en écrivant une histoire, même s'il se répétait, avec ses habitudes, avant tout pour lui et pas pour les autres. Le livre a eu un beau succès, le film adapté par Louis Malle quelques temps après n'a pas été bien compris. Cela n'est pas étonnant dans le contexte conservateur du cinéma de l'époque bien que la Nouvelle vague pointait son nez. Les sujets traités sont des sujets profonds et l'on voit aujourd'hui que la France n'a toujours pas pigé certains changements depuis le temps, et en même temps, dans le film, tout est dédramatisé, léger, amusant, espiègle, audacieux, malin. Le jeu de langage et l'argot est très rapide, tout comme l'animation plein d'inventions, inspirée par les Chaplins ou les dessins animés Tom & Gerry..."Les homossessuels" ou "les artisses", sont des mots qui illustrent bien la forme d'amateurisme des personnages. Il y a les peintres du dimanche disait Quenaud et là ce sont les artistes du samedi. Ils prennent plaisir à ne rien faire, ils changent de costumes, de genre. Il y a une belle inversion des statuts. Le zazinesque du film transforme la petite en adulte, se moquant bien du monde des adultes, lui-même amnésique de son identité. Zazie découvre les travers d'une vie de costumes, une mascarade qu'elle met à plat. Une superbe visite de Paris, des Puces, de tous ce que l'on se souvient comme être Paris, avant, lorsque l'on circulait librement, rien qu'à voir les plans graphiques tournés sur la Tour Eiffel. Les personnages sont interrogés par un faux flic, mais ne répondent jamais aux questions car ils changent de genre, de métier, de statut. La ménagère est styliste, le tonton est tata, Zazie raconte un tas d'histoires, de faits divers et peut même provoquer le chaos, chef d'orchestre ou gargantua mangeant des moules et des moules... frites. Le flic ne sait plus qui il est, sans doute la guerre le transforma en mythomane, nazis, cochon, chat botté... Le gridou est un cordonnier cireur de pompes, la veuve une chercheuse de flic de la circulation pour son seul plaisir...

Quelques phrases et analyses de Lionel Labosse (article sur altersexualite.com)

« Je me demande pourquoi on représente la ville de Paris comme une femme. Avec un truc comme ça. Avant que ça soit construit, peut-être. Mais maintenant. C’est comme les femmes qui deviennent des hommes à force de faire du sport. On lit ça dans les journaux. »

Le scénario indique, ce qui n’est pas évident à l’image, que lorsqu’elle quitte la loge vêtue en motarde, Marceline est habillée avec un « chandail qui lui donne une allure très virile » et qu’elle a l’air « en pantalon, en pull et les cheveux plaqués vers l’arrière, très lesbienne » (p. 55). Sur le quai vue de dos, Albertine est masculine, mais si le scénario publié indique « Le train file. Albertine reste en amorce dos premier plan. Elle se retourne : c’est bien « elle » qui se frotte ses joues non razées » (sic, p. 62)

On apprendra par Zazie que Jeanne serait veuve d’un monsieur alcoolique, qu’elle aurait tué elle-même à l’aide d’une hache confiée par son amant d’alors, au moment où le père s’apprêtait à abuser de la petite ! (« Et les papouilles zozées de recommencer », p. 54). Gabriel se fait passer pour veilleur de nuit, mais on apprendra qu’il est en réalité (si l’on peut dire) « danseuse de charme » (p. 62) dans une « boîte de tantes » (p. 63), « boîte de pédales » (p. 81) ou « boîte de tapettes » (p. 144), à Pigalle, sous l’avatar de Gabriella. Il est dûment marié avec Marceline, mais Zazie se demandera tout au long du récit s’il n’est pas « hormosessuel ». Queneau s’amuse avec le lecteur, car les dénégations de Gabriel et de ses camarades sont malicieusement contrariées entre autres par l’apparition finale de Marceline sous l’appellation de Marcel, ce qui renvoie à Gabriel / Gabriella, sans oublier le « Tu as oublié ton rouge à lèvres » que Marceline lance à Gabriel (p. 29)


La présence d'un perroquet nommé Laverdure dans le texte de Queneau (une espèce d'Amazone dans le film de Louis Malle) illustre le principe d'incertitude. Il est doué de parole, intervient comme les autres dans le dialogue, et ses interventions sont commentées par les interlocuteurs. Comme tous les perroquet, il est doué de sentiment, dans le texte peut parler le latin, change de disque.  Son maître en est amoureux et se balade avec sa cage partout, il prend la mouche dès qu'on critique son perroquet Laverdure.  Il se met à le caresser en l'appelant sa petite poule verte. Dans le film, il se transforme en chien féroce ou en ours blanc. La métamorphose entre l'homme et l'animal, dans le film et le roman est présente.

Extraits :


Turandot entre accompagné de Laverdure. Il s’assoit sans qu’on l’en prie et pose la cage sur la table. Laverdure regarde la bouteille de grenadine avec une convoitise mémorable. Marceline lui en verse un peu dans son buvoir. Turandot refuse l’offre (geste). Gabriel qui a terminé le médius attaque l’index. Avec tout ça, on n’a encore rien dit. Laverdure a gobé sa grenadine. Il s’essuie le bec contre son perchoir, puis prend la parole en ces termes :
- Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire.
- Je cause mon cul, réplique Turandot vexé.

Un amiral en grand uniforme vint ouvrir les portières. Il s’esclama.
- Oh la mignonne, qu’il fit en apercevant le perroquet. Elle en est, elle aussi ?
Laverdure râla :

- Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire.
- Eh bien, dit l’amiral, on dirait qu’elle en veut.

- Vous qui, continua Gridoux, jetiez le voile pudique de l’ostracisme sur la circonscription de vos activités.
- Et qui, ajouta Madeleine, n’avez jamais voulu que nous vous admirassions dans l’exercice de votre art.
- Oui, dit Laverdure, nous ne comprenons pas le hic de ce nunc, ni le quid de ce quod.
Négligeant l’intervention du perroquet, Gabriel répondit en ces termes à ses précédents interlocuteurs.

- Alors, au revoir les gars ! dit Gridoux.
Et il s’éloigna dans la direction Etoile.
- Alors au revoir les gars ! dit Laverdure ;
- Tu causes, tu causes, dit Turandot, c’est tout ce que tu sais faire.
Et ils s’envolèrent dans la direction Bastille.


jeudi 10 mai 2012

Ḏ€ℙÅℜ†Üℜℰϟ

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)

✺ ☼ ☄ ✽ ♡ ♬ ♯ ❣ ♧ ♤ ♢ ✳ ✷ ✹ ☂ ♒ ❊

photo © Sonia Marques

En allant à Genève...  (photo © Sonia Marques)

Mois de mai, moi des mais si c’est possible, je pars à Genève. Invitée à la HEAD, Haute École d’Art et de Design dans le LAB.ZONE que mène l’artiste Lili Reynaud Dewar (article de sa dernière exposition au Magasin de Grenoble, interview filmée) au sein du Workmaster : « Enseigner comme un adolescent, étudier comme un adulte vieillissant », Inspiré par un catalogue d'exposition de Michael Krebber : Puberty in Teaching

Les méthodes de Krebber sont sujettes à une certaine mystification, mais elles sont simples : il s'agit de se retrouver, dans l'atelier collectif de la Stadt Schule et au bar, de discuter, de boire, de commenter ensemble des lectures et bien d'autres choses, comme un groupe d'amis. Krebber entretient un rapport de proximité avec ses étudiants, qu'il appelle, plus ou moins laconiquement, « ses amis ». Mais de cette proximité peuvent aussi naître des jalousies, des frustrations, des incompréhensions. A l'instar de célèbres groupes de travail fondés sur une apparente destruction des relations d'autorité et une mise en collectivité des moyens de production, comme la Factory de Warhol et l'Antiteater de Fassbinder* les rapports de domination et d'autorité ne sont jamais totalement éradiqués.

(...)

Qu'en est-il de ce type de méthodes pédagogiques lorsqu'elles sont incarnées par une jeune femme, française, dont l'influence est discutable : le professeur Lili. Comment la figure de l'artiste se manifeste comme un élément central dans ce type de pédagogie ? Cela nous amènera à considérer la question du « professeur » et à regarder des figures d'artistes enseignants, célèbres ou obscures.


(extrait de l'intitulé du LAB.ZONE)

C’est Camile Tsvétoukhine qui m’a invitée, en étude dans ce lab.zone. Elle fut une de mes étudiantes à l’ESBA d’Angers, où j’ai enseigné plusieurs années. Je l’ai connue motivée par le dessin, je la retrouve avec ces mêmes questions. Nous avons rétrospectivement évoqué tout un réseau de connaissances communes par ses études et mon enseignement. Que sont devenus celles et ceux que j’ai formés ? Que suis-je devenue, ayant quitté cette école ? Elle toujours étudiante et moi toujours professeur, artiste, réunies à Genève en train de montrer mes libres péripéties artistiques dans une chambre d’hôtel.

D'autres objectifs de ce Lab.zone :

- Le second vise à articuler un rapport critique à l'école contemporaine et plus généralement à la circulation et la diffusion de l'art. En effet, ce lab.zone s'entourera d'un certain mystère, et contournera les injonctions de production et de visibilité qui accompagnent généralement tout projet artistique dans le cadre d'une institution. Les réunions ne se dérouleront pas dans l'école, mais dans des lieux plutôt destinés à la vie privée et/ou au divertissement : quelques bars genevois, ma chambre d'hôtel, les appartements et maisons des étudiants. Les objectifs principaux de ces rencontres seront la qualité de la conversation, de la soirée, de la boisson, de la complicité. En aucun cas la production d'une situation visible. Ce lab.zone est un terrain privé.

(...)

- Le dernier objectif, facultatif mais désirable, sera de proposer un moment d'école, une forme pédagogique ponctuelle, qui pourrait à la fois résumer l'expérience du lab.zone et modéliser une proposition de pédagogie auto-gérée, au sein de l'école ou ailleurs.

photo © Sonia Marques
En revenant de Genève...  (photo © Sonia Marques)

« Enseigner comme un adolescent » / Dreaming the dark, sex, magic and politic

Voici une action qui me correspond assez bien. Ayant gardé contact avec des étudiants, après l’école et étant devenue une professeur toujours étudiant. Les échanges ont été très rapides entre ce que fabriquaient les étudiants du master classe de Lili Dewar et avec elle, préparant leur exposition à l’espace Forde. Nous avions des lectures communes, féministes /

=> superbe livre : Femmes, magie et politique de Starhawk, dont ma commande du Canada, introuvable en France me prend 2 mois ! En attendant, vidéo ici, article ici
=> et texte de Dona Haraway, manifesto cyborg, qui a été l'une de mes lectures ces années d'enseignement angevines. Je n'ai toujours pas le livre avec la couverture bleue lagon et le gorille, dont l'anthologie a été co-écrite par Natalie Magnan : Manifeste cyborg et autres essais. Sciences, fictions, féminismes, mais le texte du manifesto cyborg d'Haraway fut accessible en ligne très vite, début des années 2000, date à laquelle je l'avais découvert

/ ou vraiment des réseaux communs de ce que fabriquent des femmes artistes. Mes activités parcourant nombre de médiums et de formes différentes, nous avons décodé ces formes dans mes oeuvres, qui ne se donnent pas d’emblée et dont l’accès n’est pas facilité. Mais la clé principale était là, invitée, j’ai ouvert toutes les portes secrètes une à une devant eux. Camille avait le béguin pour un concert auquel elle avait assisté (Kiwaïda Karaoké) au Musée des Beaux Arts d’Angers. C’est très étrange, car les étudiants venus d’Angers cette année (autre article "Hacking playground" de BMK), pour un atelier de recherche initié à l’ENSA de Limoges, où j’enseigne à présent, faisaient aussi ce rappel, ce souvenir de ce concert en live, où je jouais plusieurs de mes poèmes sur des compositions électroniques.

photo © Sonia Marques
En allant à au jardin botanique de Genève...  (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marquesphoto © Sonia Marques

Sourire (photo © Sonia Marques)

Saintes

Au retour du train de l’atlantique, j’écris cet article. Il fait beau, tout est plat, on voit très loin.

photo © Sonia Marques
Quelque part (photo © Sonia Marques)
Donc Camille voulait absolument que je fasse écouter « Célestine » et « Célestin », les 2 protagonistes de ce concert nommé « Monstrum », une sorte de bestiaire baroque, dont chaque personnage se transformait de l’un à l’autre. C’est un superbe feed-back, 6 ans en arrière, on ne sait pas ce qui marque celles et ceux qui écoutent, mais il est vrai, que Célestine, d’une douceur violente, donnait le rythme des départs et de la liberté, tandis que Célestin, plus enfermé, fantasmait seul devant son écran, de violentes douceurs. Camille aura une spéciale dédicace. Cendrillon, La Fée, Les Incognitos, toutes ces créatures ont été vues et écoutées. Le projet Magic-Ring et la connexion par intermittence de l’hôtel, devenait syncopée.

Extrait de Célestine (poème écrit le (05/06/2006, mis en musique pour l'album Monstrum) :

derrière ses lunettes

célestine pliait ce qui l'entourait

désarmant les plus piquants

parlant la langue des charmes

célestine se reconnaissait

dans d’autres

 

calmement

elle enlevait les épines

des bourdons qui le lui donnaient

contre un instant de douce violence

elle les enlevait célestine

 

une à une

sans pouvoir cacher ses piqûres

tâchant de ne pas savoir qui piquait

elle fermait les yeux

 

respirait doucement

 

elle ralentissait le temps

pour ces moments

qui la droguaient lentement

 

se rouler dans l'herbe

 

elle entraînerait n'importe qui

célestine

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo
© Sonia Marques)



Extrait de Célestin (poème écrit le (25/05/2006, mis en musique pour l'album Monstrum) :


les nuits et les jours s'empilaient

dans un mille feuille hypertextuel

il ne pensait plus la faim

 

boulimique d'électronique

il se cramponnait à son cou

à cran

accro

escroc

 

il devenait fin et rusé

trop fier pour se laisser aborder

il sabordait l'amour

 

lutin

mutin

mutant

 

célestin risquait

sa fortune - son crédit - sa santé

pour des fictions fantasmatiques

il mutait mytho

 

propice aux fabulations délirantes

il craignait l'aveu de la réalité

auto-mutilé de ses inventions

 

célestin

l'air de rien

charmait les serpents



photo © Sonia Marques
Lac de Genève...  (photo © Sonia Marques)

Genève et son lac, un jour l’été, un jour de pluie. Magnifique jardin botanique, sous la pluie, des flamands roses et des biches, un paon, de quoi ravir la lusophone, le chat botté. Je n’ai pas vu la tortue à deux têtes conseillée par Camille, il est vrai que Kiwaïda aurait apprécié voir cette espèce étrange. Au MAMCO de Genève, il y avait l'artiste suisse Thomas Huber d’exposé, "Vous êtes ici". Ils m’ont laissé visiter l’exposition qui se désinstallait, car elle était déjà terminée. Ce qui était intéressant, hormis l’exposition elle-même, c’était de rentrer dans l’espace de finissage et d’emballage, comme être privilégié d’un nouveau regard, celui de voir ce qui est interdit de voir.

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Oeuvre de Thomas Huber (Photo de Sonia Marques, in situ à son exposition au MAMCO de Genève, mai 2012)

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Gros plan de l'oeuvre de Thomas Huber (Photo de Sonia Marques, in situ à son exposition au MAMCO de Genève, mai 2012)

Et comme je rentrais dans un espace où la peinture et les décors sont principalement peints sur les toiles, j’étais dans une mise en abîme. Les toiles emballées, au sol et les peintures encore accrochés où figurent des peintures au sol retournées dans des ateliers ou des installations d’expositions. Une femme lève sa robe et laisse entrevoir son sexe poilu noir, des personnages sont sous un tapis, seuls leurs pieds sortent. Des perspectives et des perspectives, des losanges et des céramiques sous une cage… De quoi donner des idées aux étudiants de l’école dédiée à ce médium où j’enseigne.

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Oeuvre de Thomas Huber (Photo de Sonia Marques, in situ à son exposition au MAMCO de Genève, mai 2012)
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Gros plan de l'oeuvre de Thomas Huber (Photo de Sonia Marques, in situ à son exposition au MAMCO de Genève, mai 2012)

« Je fais tout le temps de l’ordre ici. Je considère l’ordre du tableau comme indispensable. Vous pouvez sans problème me nommer concierge de l’espace pictural ! Les tableaux doivent être propres et ordonnés. Je balaie deux fois par jour, il n’y a rien de pire que les endroits sales dans un tableau. Je déteste aussi les espaces picturaux étouffants, c’est pourquoi j’aère toujours abondamment. Pour le reste, je me sens bien dans le tableau, j’ai toujours à faire. Quelques fois seulement, je suis un peu seul ici. » (Thomas Huber)

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Maurizio Nannucci, Art, Text, Light, Sign  (Photo de Sonia Marques, au MAMCO de Genève) / HEAD : Haute École d'Art et de Design de Genève (photo © Sonia Marques)

Ces 2 photographies n'ont rien à voir entre elles à priori puisque non situées dans le même lieu, mais dans le même temps à Genève, et quasiment dans la même configuration : elles se trouvent au mur, au fond d'un escalier. L'une est une oeuvre de néons située au MAMCO, l'autre est une annonce manifeste située à la HEAD. C'est de l'ART dit la photographe, du néon au feutre... Le professeur cherchera ce qu'est un rat-électrique et l'artiste remarquera que dans le néon, les lettres sont aussi le RAT-ÉLÉCTRIQUE...

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photo © Sonia Marquesphoto © Sonia Marquesphoto © Sonia Marquesphoto © Sonia Marques
Quelque part (photo © Sonia Marques)

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Mais… Mois de mai, moi des mais si c’est possible, je pars à la mer. Retour de Suisse, de passage au centre de la France, à Limoges, atterrir dans des réunions de grilles à remplir. Un anniversaire plus loin, la mer. Le chat botté arrivé au pays du soleil, les gâteaux émiétés sablés sous les pieds, le sel et la mer sur la peau. Nage. Courage.


photo © Sonia Marques
Plage (photo © Sonia Marques)
Nous sommes bien seul quand personne n’ose aller dans l’eau.
Mais… Mois de mai, moi des mais si c’est possible, je plonge. C’est bon, c’est doux, c’est douxdoux, comme dirait Pépino.

papillons © Sonia Marques
C'est douxdoux (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marques

Sourire (photo © Sonia Marques)
photo © Sonia Marques

photo © Sonia Marques

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)
Le cadre est celui des années cinquante, les couleurs pastels, jaune citron et bleu tropique, rouge vif et des sièges de designers de ces années mytiques et créatives. Un garçon joue de la musique, il a une chemise citron vive et déambule librement dans cet espace clair face à la mer. Il écoute des chansons italiennes et me demande comment ça va. Après avoir contemplé une coccinelle courir sur le sable, un jeune homme qui sort de l’eau et de son canoë comme dans un dessin animé, deux personnes âgés se raconter leur vie et leurs différents mariages, voyages et parler de leurs sentiments à cœur ouvert, je prends des sardines grillées et une bière pression face au miroir scintillant, l’infiniment bleu.

photo © Sonia Marques

Quelque part (photo © Sonia Marques)

photo © Sonia Marques


La mer me drague, elle va et vient, mais à peine vient-elle m’annoncer un secret, qu’elle me quitte aussitôt rejoindre sa longue histoire, celle que je ne récolte que petit bout par petit bout, dès qu’elle revient vers moi, dès que je vais vers elle. Lasse de tant de courtoisie, frustrée de tant de départures et de séparations abruptes, je fini toujours par plonger en elle et c’est à ce moment qu’enfin, le plaisir est partagé. Elle me rend forte. Je suis pour elle un poisson parmi d’autres qu’elle caresse et draine jusqu’aux souhaits inavoués.

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Gâteau d'anniversaire 2012 (photo © Sonia Marques)

Cognac

Au retour du train de l’atlantique, j’écris cet article. Il fait beau, tout est plat, on voit très loin, un gâteau de roses et de litchis, de framboises et chocolat blanc, m’attend, des oiseaux azul, orange, vert et il paraît des fleurs. J’ai quitté la terre un bref moment, mais je prépare déjà mon retour à large vers l’infinie bleue.

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Gâteau d'anniversaire 2012 (photo © Sonia Marques)

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lundi 23 avril 2012

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Fleur de l'arbre du jardin du Musée Adrien Dubouché  (photo © Sonia Marques)

atelier © Sonia Marques

Atelier (photo © Sonia Marques)

isoloir © Sonia Marques

Isoloir (photo © Sonia Marques)