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Littérature

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10/10/2017

ℓεṧ ßαмßḯṧ

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Les bambis (Visuel © Sonia Marques)

╭∩╮(︶︿︶)╭∩╮

Saint Dica Saint Dica  Saint dictat pleine de sainteté.
Comme les lapins nains blottis quelque part ou ces bambis aperçus par cinq s'évadant dans la brume automnale, merveilles insoupçonnées, le regard dérobe puis oublie.
Comme eux, on ne croit plus en ce pays, en ce monde, en ces contrées gouvernées par d'hideuses images, faites et surfaites par des tiers, logorrhées des divertissements, ici on s'amuse mais en vérité on peut ironiquement déclarer : Folle ambiance ! Comme ces avocats le savent si bien, depuis les coulisses de la corruption.
"h" aspiré qui empêche toute liaison ... harcelé, hardi, hargneux, hasardeux, hautain, hérissé, héros, heurté, hideux...
"h" muet, hagard, haïssable, hardi, haut, hideux, hongre.
Mais hideuses.
Souffrances au travail par milliers, des médecins, aux hôpitaux, aux juges, aux enseignants, aux policiers, aux sans dents et fainéants et aux riens qui puisse les distinguer du tout.
Comme tous ces rongeurs ne reste à trouver l'os, comme ces songeurs que mon correcteur d'orthographe préfère à rongeurs.
Viols, violeurs, terrorismes, attentats, enlèvements, égorgements, harcèlements, pervers et tout au féminin, ou au neutre, au défiguré, comme au figuré, au complément d'objet direct et surtout c'est indirect, involontaire et même avec consentement des morts, comment en êtes vous à ne plus pouvoir payer les taxes, comment devez-vous cacher que vous ne pouvez-plus quand d'autres sont montrés si fièrement en déplacements officiels officieux officiers.
Au ciel, vous ne pouvez plus.
On vous dira :

Saint Dica Saint Dica  Saint dictat pleine de sainteté.
L
a rue, la rue, la rue et vous lapins nains, vous avez déjà enterré la hache de guerre, d'ailleurs n'y êtes vous pas déjà six pieds sous terre ?
Cinq bambis plus loin.
On ne répond plus depuis longtemps, on ne vous voit plus tout en vous demandant de vous voir plus.
Allez vous faire voir !
Les tous et les toutes, les riens et les merveilles.
Comme un bambin de la voie lactée, les regards ne déroberont plus.
Rideau, paupière fermée. Bambou. Tabou.
Je mets ta cape pour dormir, faire dodo, faire dodo.
Laissez nous faire dodo, les piques assiettes !
Ne vous invitez plus nulle part.

Par kiwaïda at 18:15

19/12/2016

ШЇℒÐ

Max et les Maximonstres de l'illustrateur Maurice Sendak (Where the Wild Things Are, 1963)

À force de faire bêtise sur bêtise dans son terrible costume de loup, Max s’est retrouvé puni et enfermé dans sa chambre. Mais pas seulement. Voilà qu’il se retrouve aussi roi d’une armée de bêtes immondes, les Maximonstres. Max le maudit les a domptés. Ils sont griffus, dentus, poilus, vivent sur une île et ne savent rien faire que des sarabandes, des fêtes horribles où il n’y a rien à manger. Max a la nostalgie de son chez-lui, des bonnes odeurs de cuisine et de l’amour de sa mère. Que faut- il faire pour rentrer ? Peut-être commencer par le désirer…

Originaire d'une famille d'émigrants juifs polonais, Maurice Sendak est né à New York dans le quartier de Brooklyn en 1928. Son enfance, ses racines seront déclinées sous différentes formes dans ses histoires. Il est considéré comme l'un des plus grands auteurs illustrateurs de la deuxième partie du XXe siècle. Ses livres pour enfants sont connus dans le monde entier, notamment Max et les Maximonstres et ont marqué de façon tout à fait originale le monde des livres pour enfants. En 1970, il a reçu le "Prix Hans Christian Andersen", suprème récompense pour l'ensemble de son œuvre. Maurice Sendak a quitté New York il y a quelques années pour vivre au calme dans sa maison du Connecticut. Il s'est éteint le 8 mai 2012 à l'âge de 83 ans.

Un long-métrage d'après Where the Wild Things Are est sorti en 2009, réalisation de Spike Jonze

Quand Papa était loin (Outside over there) de Maurice Sendak (1981)


Voir son père s’en aller sur son navire et disparaître par-delà les mers est un vrai cauchemar pour Ida, qui en oublie de s’occuper de sa petite sœur. Heureusement, papa veille… C’est un conte qui fait mentir le dicton «Loin des yeux, loin du cœur ». Une comptine qui rime avec la pensée magique des enfants. Une histoire onirique riche en symboles et en références picturales, mais accessible aux tout-petits par sa puissance d’évocation des terreurs enfantines. Un album de légende.

The Frog King, or Iron Henry (illustration : Maurice Sendak, The Juniper Tree: And Other Tales from Grimm, 2003)

Le Roi Grenouille ou Henri de Fer (Les frères Grimm)

La fille d'un roi aime par dessus tout jouer avec une balle d'or au bord d'une fontaine. Un jour, à son grand désarroi, la balle tombe au fond de l'eau. Apparaît alors une grenouille qui lui propose de l'aider à condition que la princesse la laisse partager sa vie. La jeune fille accepte, pensant que l'animal ne se risquera pas à quitter la fontaine, et la grenouille plonge et lui rapporte la balle. Une fois qu'elle a récupéré son jouet, la princesse tourne les talons, sans plus se soucier de la grenouille. La grenouille, cependant, la suit jusqu'au château. La princesse refuse de la laisser entrer et raconte toute l'histoire à son père le roi, lequel la sermonne et lui ordonne de tenir sa promesse. De mauvaise grâce, elle accepte d'abord que la grenouille monte sur sa chaise, puis sur la table, où la grenouille mange dans la même assiette que la jeune fille, mais, plus tard, au moment où la grenouille veut la rejoindre dans son lit, la princesse, dégoûtée, se saisit de l'animal et le lance violemment contre le mur. Alors, la grenouille se transforme en beau prince. Le prince explique qu'une sorcière lui avait jeté un sort. Il décide d'emmener la princesse dans son royaume, à bord d'un carrosse attelé de huit chevaux blancs. Henri, le fidèle serviteur du prince, les accompagne. Désespéré au moment où son maître avait été envoûté, celui-ci s'était fait ceindre le cœur de trois cercles de fer de façon son cœur n'éclate pas sous l'effet de la douleur. Au cours du voyage en carrosse, les trois cercles de fer se brisent, libérant ainsi le cœur d'Henri.

À la fin, la grenouille dit : "J'ai mangé à satiété; maintenant, je suis fatiguée. Conduis-moi dans ta chambrette et prépare ton lit de soie; nous allons dormir." La fille du roi se mit à pleurer; elle avait peur du contact glacé de la grenouille et n'osait pas la toucher. Et maintenant, elle allait dormir dans son joli lit bien propre ! Mais le roi se fâcha et dit: "Tu n'as pas le droit de mépriser celle qui t'a aidée quand tu étais dans le chagrin." La princesse saisit la grenouille entre deux doigts, la monta dans sa chambre et la déposa dans un coin. Quand elle fut couchée, la grenouille sauta près du lit et dit : "Prends-moi, sinon je le dirai à ton père." La princesse se mit en colère, saisit la grenouille et la projeta de toutes ses forces contre le mur: "Comme ça tu dormiras, affreuse grenouille !"

Dans le conte intitulé Le Roi Grenouille, la grenouille dit à la princesse : « Mach dein Bettlein zurecht, da wollen wir uns hineinlegen », littéralement : « fais ton lit pour que nous puissions nous y coucher». La princesse, réalisant précisément ce qui l'attend, « s'effraie ». Dans la version de 1837, qui aujourd'hui reste la plus lue, on peut lire : « Mach dein seiden Bettlein zurecht, da wollen wir uns schlafen legen ». L'allusion à l'acte sexuel est occultée dans l'expression « schlafen legen », littéralement « aller au lit pour dormir ». Dans cette nouvelle version, c'est à cause des salissures des draps que la fille du roi se met à pleurer. Plus la grenouille s’approche physiquement de la jeune fille, plus celle-ci est dégoûtée et angoissée, surtout quand elle doit toucher la grenouille. L’éveil sexuel ne se fait pas sans dégoût, sans angoisse, ni même sans colère. L’angoisse se transforme en colère et en haine quand la princesse jette l’animal sur le mur. Dans ce conte, comme dans de nombreuses histoires du même cycle, c’est le père qui rapproche sa fille de son futur mari. Considérer la sexualité comme étant de nature animale a des conséquences très nocives, à tel point que certains individus ne parviennent jamais à débarrasser leurs expériences sexuelles, et celles des autres, de ce rapprochement. Conte pour enfant : lui faire savoir que les choses du sexe peuvent d’abord apparaître comme repoussantes mais qu’elles deviennent belles quand on a découvert la façon convenable de les aborder.

Par kiwaïda at 18:27

01/04/2016

ᒪᗴᔕ ᕈᓰᙅᗢᒪᗢᖇᙓᔕ

   

Les picolores : Conte et dessins, écrit et réalisés, édités par Sonia Marques (janvier 2016) > © Images couverture et première page

Ceci n'est pas un poisson d'avril

<・)))><<

Par kiwaïda at 21:22

05/08/2013

ℳéღ☺iя℮ ḓ‷υη ♭ḯ﹩☺ᾔ


Photographies © Sonia Marques

That day just before Jane and her father walked in she'd asked us to draw the body of a man. Unlike most brown buffalos, I couldn't draw worth a shit. The torso wasn't bad, but I just didn't know how to draw the crotch and legs. With Miss Rollins peering over my neck, I tried over and over. Finally she pulled her chair right in front of my desk and stood on it! She lifted her calf-length, purple skirt to nearly three inches above her fantastic knees.

"Now just look at my legs and try to copy them," the young woman said to me. Miss Rita Hayworth obviously didn't know that even nine-year old brown buffalos get horny when they see pure flesh. If it hadn't been for the sudden intrusion of Mr. Addison and his daughter who knows what I might have done.

Miss Rollins was cool as a cucumber. She dropped her skirt, took Jane's hand and introduced her to the class. To keep the roll in order, she made every one sitting behind me get up and move back to make room for Addison. Jane sat behind me for the next three years.

She was blonde, shy and had red acne all over her beautiful face. She was the smartest girl in the class and lived no more than seven blocks from me in the American sector. I never got to carry her books, but I found a new route to my house from that first day on. She didn't speak a single word to me for over a month. Then one day, during the afternoon recess she came up to me at the water fountain and said, "Do you know your mother works for my father?"

That did it. Despite her acne and the fact she got better grades than me, I knew from then on that some day we'd get married. I would work in her father's lumber mill until I proved myself. He'd make me foreman eventually and, who knows, perhaps I'd even inherit the business? The only problem would be my mother. I couldn't imagine my old ma taking orders from me.

That same night I went into the chicken coop, took my hooked knife which I used to pit peaches with, and carved her initials on the back side of my left hand. . . JA. Jane Addison. My first true love. The original Miss It.

Autobiography of a Brown Buffalo is a novel by Oscar Zeta Acosta.

ⒸⓁⓄⓌⓃⓈ

Visuels vintage (infographies © Sonia Marques)

We lived in a two-room shack without a floor. We had to pump our water and use kerosene if we wanted to read at night. But we never went hungry. My old man always bought the pinto beans and the white flour for the tortillas in 100-pound sacks which my mother used to make dresses, sheets and curtains. We had two acres of land which we planted every year with corn, tomatoes and yellow chiles for the hot sauce. Even before my father woke us, my old ma was busy at work making the tortillas at 5:00 a.m. while he chopped the logs we'd hauled up from the river on the weekends.

Reveille was at 6:00 a.m. sharp for me and my older brother, Bob. Radio Station KTRB came on the air each morning with "The Star Spangled Banner." A shrill, foggy whistle woke us to the odors of crackling wood in the cast iron stove cooking the perfectly rounded, soft, warm tortillas.

"All right, boys. Up and at 'em," the wiry indio calls out to me and Bob. Sleep is for the lazy, those whom my parents detest, the slow-minded types afraid of the sunlight. And so to prove my worth I'm always the first one to jump up, stand on the bed and place my hand respectfully over my heart -- I'm only a civilian -- to show my allegiance to my father's madness for a country that has given him a barge and a badge at Okinawa in exchange for an honorable discharge. And made him a citizen of the United States of America to boot.

After the salute we scramble to dress while on KTRB one of the Maddox brothers says to Rose, "Give us a great big smile, Rose." She giggles and they stomp away to an Okie beat. Roll call comes on the Acosta ship at exactly 6:10 on the button. My father waits for his crew outside. We stand in line, my brother, myself and my mother who is trying to lose weight.

She has been on a diet all my life. She has a definite concern about people being overweight. She has nagged me and my sisters -- my brother Bob was always skinny -- until we all ended up with some doctor or another; but I stayed fat and she has always had a fine body, even sexy you might say.

After we eat our scrambled eggs and chorizo guzzled down with Mexican chocolate, we trudged through the well-worn paths across empty lots with wild wheat to Riverbank Grammar School where I learned my p's and q's from Miss Anderson. At noon we ran down Patterson Road for lunch. Two miles in fifteen minutes flat. My mother was of the strict opinion that you cannot learn without a hot lunch in your stomach. So we were permitted exactly thirty minutes to finish up our daily fights at the old black oak tree. A tree with gnarled branches with small, cork-like, burnt balls we used for floaters when we waited for catfish down at the river near the Catholic church where the sisters taught us about sin and social politics.

Autobiography of a Brown Buffalo is a novel by Oscar Zeta Acosta.

Par kiwaïda at 22:24

19/03/2013

Ѻℤ

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Poupée de porcelaine dans le film américain : Oz the Great and Powerful, (2013 réalisé par Sam Raimi)

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China town dans le film Oz the Great and Powerful : Cela me rappelle une ville de porcelaine...
Grâce au magicien, la poupée est réparée, elle a même piqué une baguette magique à une belle sorcière pour la défendre !
Très belle scène de réparation. Un peu de glue et c'est reparti !


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Livre de Frank Baum : The wonderful Wizard of Oz  avec les illustrations de W.W. Denslow, Chicago ; New York, 1900.

Par kiwaïda at 00:59

27/03/2012

℘℮ṧṧøα

Antonio Tabucchi nous a quitté, un écrivain italien, quasi portugais...

Extraits :

Bureau de tabac, par Fernando Pessoa (Álvaro de Campos, 15-1-1928)

Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

Fenêtres de ma chambre,
de ma chambre dans la fourmilière humaine unité ignorée
(et si l’on savait ce qu’elle est, que saurait-on de plus ?),
vous donnez sur le mystère d’une rue au va-et-vient continuel,
sur une rue inaccessible à toutes les pensées,
réelle, impossiblement réelle, précise, inconnaissablement précise,
avec le mystère des choses enfoui sous les pierres et les êtres,
avec la mort qui parsème les murs de moisissure et de cheveux blancs les humains,
avec le destin qui conduit la guimbarde de tout sur la route de rien.

Je suis aujourd’hui vaincu, comme si je connaissais la vérité;
lucide aujourd’hui, comme si j’étais à l’article de la mort,
n’ayant plus d’autre fraternité avec les choses
que celle d’un adieu, cette maison et ce côté de la rue
se muant en une file de wagons, avec un départ au sifflet venu du fond de ma tête,
un ébranlement de mes nerfs et un grincement de mes os qui démarrent.

Je suis aujourd’hui perplexe, comme qui a réfléchi, trouvé, puis oublié.
Je suis aujourd’hui partagé entre la loyauté que je dois
au Bureau de Tabac d’en face, en tant que chose extérieurement réelle
et la sensation que tout est songe, en tant que chose réelle vue du dedans.

J’ai tout raté.
Comme j’étais sans ambition, peut-être ce tout n’était-il rien.
Les bons principes qu’on m’a inculqués,
je les ai fuis par la fenêtre de la cour.
Je m’en fus aux champs avec de grands desseins,
mais là je n’ai trouvé qu’herbes et arbres,
et les gens, s’il y en avait, étaient pareils à tout le monde.
Je quitte la fenêtre, je m’assieds sur une chaise. À quoi penser ?

Que sais-je de ce que je serai, moi qui ne sais pas ce que je suis ?
Être ce que je pense ? Mais je crois être tant et tant !
Et il y en a tant qui se croient la même chose qu’il ne saurait y en avoir tant !
Un génie ? En ce moment
cent mille cerveaux se voient en songe génies comme moi-même
et l’histoire n’en retiendra, qui sait ?, même pas un ;
du fumier, voilà tout ce qui restera de tant de conquêtes futures.
Non, je ne crois pas en moi.
Dans tous les asiles il y a tant de fous possédés par tant de certitudes !
Moi, qui n’ai point de certitude , suis-je plus assuré, le suis-je moins ?
Non, même pas de ma personne…
En combien de mansardes et de non-mansardes du monde
n’y a-t-il à cette heure des génies-pour-soi-même rêvant ?
Combien d’aspirations hautes, lucides et nobles -
oui, authentiquement hautes, lucides et nobles -
et, qui sait peut-être réalisables…
qui ne verront jamais la lumière du soleil réel et qui
tomberont dans l’oreille des sourds ?
Le monde est à qui naît pour le conquérir,
et non pour qui rêve, fût-ce à bon droit, qu’il peut le conquérir.
J’ai rêvé plus que jamais Napoléon ne rêva.
Sur mon sein hypothétique j’ai pressé plus d’humanité que le Christ,
j’ai fait en secret des philosophies que nul Kant n’a rédigées,
mais je suis, peut-être à perpétuité, l’individu de la mansarde,
sans pour autant y avoir mon domicile :
je serai toujours celui qui n’était pas né pour ça ;
je serai toujours, sans plus, celui qui avait des dons ;
je serai toujours celui qui attendait qu’on lui ouvrît la porte
auprès d’un mur sans porte
et qui chanta la romance de l’Infini dans une basse-cour,
celui qui entendit la voix de Dieu dans un puits obstrué.
Croire en moi ? Pas plus qu’en rien…
Que la Nature déverse sur ma tête ardente
son soleil, sa pluie, le vent qui frôle mes cheveux ;
quant au reste, advienne que pourra, ou rien du tout…

Esclaves cardiaques des étoiles,
nous avons conquis l’univers avant de quitter nos draps,
mais nous nous éveillons et voilà qu’il est opaque,
nous nous éveillons et voici qu’il est étranger,
nous franchissons notre seuil et voici qu’il est la terre entière,
plus le système solaire et la Voie lactée et le Vague Illimité.

(...)

Sempre uma coisa defronte da outra,
Sempre uma coisa tão inútil como a outra,
Sempre o impossível tão estúpido como o real,
Sempre o mistério do fundo tão certo como o sono de mistério da superfície,
Sempre isto ou sempre outra coisa ou nem uma coisa nem outra.

VOYAGES [mailing list]est un grand dépliant, une grande carte imprimée sur un papier indéchirable, imperméable à l'eau. Un voyage d'étude a été effectué en Espagne puis au Portugal avec 44 étudiants de l'École Supérieure des Beaux-Arts d'Angers (avril-mai 2002) et 5 professeurs et un chauffeur de car. Sonia Marques, artiste et professeur en multimédia a collecté des photographies des étudiants et échangé avec eux. Elle a conçu cette cartographie du voyage entre 3 pays différents, frontaliers. Les textes sont bilingues franco-portugais. Ils s'inspirent du célèbre poète portugais Fernando Pessoa. La réalisation imprimée s'est faite en étroite collaboration avec une imprimerie angevine. Le dépliant sous l'édition de l'école angevine ("Allons voir si"), située dans les Pays de la Loire, a été envoyé à d'autres écoles d'art en 2002. Tous les professeurs voyageurs n'enseignent plus dans cette école depuis et sont partis vers d'autres monts.

Par kiwaïda at 00:57

13/12/2011

Иїñα ღ☺ґ℮ηα

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Tile Designs / Barcelona

António Lobo Antunes, écrivain portugais, confiait à Maria Luisa Blanco, dans leur livre "conversations avec António Lobo Antunes" (2004), que la poésie espagnole avait eu une grande inspiration dans sa vie, qu'elle avait quelque chose de solaire et ressemblait beaucoup à la portugaise, à son climat, le même soleil, la même façon de dire les choses. Il a compris qu'il ne pouvait pas faire mieux que ces poètes et s'est mis à écrire de la prose, lire ces poètes l'encourageait à travailler, le protégeant de la vanité. J'ai traversé une culture métissée de voyages, racontés ou vécus. Mes parents d'origine portugaises et espagnoles, des membres voyageurs, entre la France, la Suisse, l'Allemagne, Brésil, de ma grand-mère espagnole à Cuba, jusqu'à mes parents devenus français et nos voyages imaginaires en lusitanie, en passant par le Cap Vert, l'Angola, Guinée-Bissau, Macau. Ce qui m'a entrainé à reprendre, un temps, des études universitaires à la Sorbonne, études lusophones. Lorsque je rencontre des personnes qui n'ont pas de culture des voyages, je vois alors le repli, la peur de l'étranger, de montrer même sa curiosité, de révéler son amour pour l'étranger, ou le révéler à d'autres, on reste entre-soi. Je vis en France, et j'ai eu cette chance que les voyages et les voix, les langues différentes parcourent mon coeur. Je le dois à ma famille et à mon aventure à travers les mots et la rencontre avec des amis bien différents. Il m'a fallu parfois les emmener au-delà des frontières, avec confiance ils m'ont suivi. Dans des circonstances bien sombres, je les supplie de m'emmener voyager ;.) Échange de bons procédés, la tonalité, les couleurs, se baigner dans l'urbain de l'autre, dans la mer inconnue. Des milliers de poèmes depuis parcourent mes oreillers blancs, ces pages électriques de mots, de fièvres, que j'ai récitées, en chantant, au creux d'une oreille captivée, ou en public avec des sons ténèbres et pétillants.

 

marcheur au bâton de rêve

 j'adore le silence
les hommes te l'arrachent et te le rongent
comme l'os
comme l'ongle

je vis au pays des affamés
dans un désert de plumes
ils arrivent sur leurs chars bricolés
même la nuit
ils rodent

 les médiocres dévalisent ton temps
heure d'hiver
ils cambriolent tes menus espaces
heure d'été

une île sans accès les terrifie
ils sonnent à toutes les portes
clip clop

vivre pieds nus
sans capteurs aux chaussettes
dans un désert de plumes
les ongles si longs
les cheveux si doux

 déposer du sable sur ton lit
attendre la mer te recouvrir
fait de beaux rêves

Sonia Marques (02/11/2010/ extrait des poèmes)




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Tile Designs / Barcelona

Nous travaillons les anneaux avec plusieurs. Invisible,secret, union...réversibilité, cycle... Et ici je vais prendre l'avion et parler un peu une langue qui a traversé mon enfance. De ce désir de réunir des langues différentes, des cultures que j'ai côtoyées, métissées devant mes yeux et mes oreilles, dans l'enfance, de mer je suis, de la terre je quitte. À celles et ceux qui sont dans la confidence, je serai ce poisson qui repêche l'anneau jeté.

Poema XIX

Niña morena y ágil, el sol que hace las frutas,
el que cuaja los trigos, el que tuerce las algas,
hizo tu cuerpo alegre, tus luminosos ojos
y tu boca que tiene la sonrisa del agua.

Un sol negro y ansioso se te arrolla en las hebras
de la negra melena, cuando estiras los brazos.
Tú juegas con el sol como con un estero
y él te deja en los ojos dos oscuros remansos.

Niña morena y ágil, nada hacia ti me acerca.
Todo de ti me aleja, como del mediodía.
Eres la delirante juventud de la abeja,
la embriaguez de la ola, la fuerza de la espiga.

Mi corazón sombrío te busca, sin embargo,
y amo tu cuerpo alegre, tu voz suelta y delgada.
Mariposa morena dulce y definitiva
como el trigal y el sol, la amapola y el agua.

Pablo Neruda (Santiago de Chile) © 1924 Pablo Neruda

J'ai lu cet été "La solitude lumineuse" de Pablo Neruda, qui en 1928, part à Colombo, Ceylan, Singapour, Batavia, accompagné de Kiria, sa fidèle mangouste, poète chilien découvrant aussi le sourire paisible des Bouddhas. Chacun sa mangouste dans une solitude lumineuse.






planer

rentrer dans les nuages
comme une porte de sortie
sans aucune drogue
au passage des oiseaux
je t’oublie la terre
et vous aussi

rentrer dans les nuages
comme dans un hôtel
paradis bleu de coton blanc
ils ferment tous les yeux
je veux te voir
encore

rentrer dans les nuages
de peur de mal finir
la gorge sèche
aucun regret en soute
ils planent et je pleure
de joie sans toi
loin

tel un âne je plane
sans toi sans loi

Sonia Marques (15/04/2008/ extrait des poèmes)






Par kiwaïda at 15:52

10/10/2011

L'hirondelle de mer

Sonia Marques : L'hirondelle de mer

© Sonia Marques, L'Hirondelle de mer - 2011
"J'allai la voir le lendemain. Je la trouvai à son piano, la vieille tante brodant à la fenêtre, sa petite chambre remplie de fleurs, le plus beau soleil du monde dans ses jalousies, et une grande volière d'oiseaux à côté d'elle. 
Je m'attendais à voir en elle presque une religieuse, du moins une de ces femmes de province qui ne savent rien de ce qui se passe à deux lieues à la ronde, et qui vivent dans un certain cercle dont elles ne s'écartent jamais. J'avoue que ces existences à part, qui sont comme enfouies çà et là dans les villes sous des milliers de toits ignorés, m'ont toujours effrayé comme des espèces de citernes dormantes ; l'air ne m'y semble pas viable ; dans tout ce qui est oubli sur la terre, il y a un peu de la mort. 
Mme Pierson avait sur sa table les feuilles et les livres nouveaux ; il est bien vrai qu'elle n'y touchait guère. Malgré la simplicité de ce qui l'entourait, de ses meubles, de ses habits, on y reconnaissait la mode, c'est-à-dire la nouveauté, la vie ; elle n'y tenait ni ne s'en mêlait, mais tout cela allait sans dire. Ce qui me frappa dans ses goûts, c'est que rien n'y était bizarre, mais seulement jeune et agréable. Sa conversation montrait une éducation achevée ; il n'était rien dont elle ne parlât bien aisément ; en même temps qu'on l'y voyait naïve, on l'y sentait profonde et riche ; une intelligence vaste et libre y planait doucement sur un cœur simple et sur les habitudes d'une vie retirée. 
L'hirondelle de mer, qui tournoie dans l'azur des cieux, plane ainsi du haut de la nue sur le brin d'herbe où elle a fait son nid. 
Nous parlâmes littérature, musique, et presque politique. Elle était allée l'hiver à Paris ; de temps en temps elle effleurait le monde ; ce qu'elle en voyait servait de thème, et le reste était deviné. 
Mais ce qui la distinguait par-dessus tout, c'était une gaieté qui, sans aller jusqu'à la joie, était inaltérable ; on eût dit qu'elle était née fleur, et que son parfum était la gaieté. 
Avec sa pâleur et ses grands yeux noirs, je ne puis dire combien cela frappait, sans compter que de temps en temps, à certains mots, à certains regards, il était clair qu'elle avait souffert et que la vie avait passé par là. Je ne sais quoi vous disait en elle que la douce sérénité de son front n'était pas venue de ce monde, mais qu'elle l'avait reçue de Dieu et qu'elle la lui rapporterait fidèlement, malgré les hommes, sans en rien perdre ; et il y avait des moments où l'on se rappelait la ménagère, qui, lorsque le vent souffle, met la main devant son flambeau. 
Dès que j'eus passé une demi-heure dans sa chambre, je ne pus m'empêcher de lui dire tout ce que j'avais dans le cœur. Je pensais à ma vie passée, à mes chagrins, à mes ennuis ! J'allais et venais, me penchant sur les fleurs, respirant l'air, regardant le soleil. Je la priai de chanter ; elle le fit de bonne grâce. Pendant ce temps-là, j'étais appuyé à la fenêtre et je regardais sautiller ses oiseaux. Il me revint en tête un mot de Montaigne : « Je n'aime ni estime la tristesse, quoique le monde ait entrepris, comme à prix fait, de l'honorer de faveurs particulières. Ils en habillent la sagesse, la vertu, la conscience. Sot et vilain ornement. » 
- Quel bonheur ! m'écriai-je malgré moi ; quel repos ! quelle joie ! quel oubli ! "

(Alfred de Musset, dans La confession d'un enfant du siècle, 1836)

✴ 

Les Essais de Michel de Montaigne (1533-1592) Livre I, chapitre II, Sur la tristesse : 
"J'ignore tout de ce sentiment ; je ne l'aime ni ne l'estime, bien que les hommes aient pris l'habitude, comme si c'était un marché conclu d'avance, de lui faire une place particulière. Ils en habillent la sagesse, la vertu, la conscience. Sot et vilain ornement ! Les Italiens ont de façon plus judicieuse donné son nom à la malignité. Car c'est une façon d'être toujours nuisible, toujours folle. Et les Stoïciens, la considérant comme toujours lâche et vile, défendent à leurs disciples de l'éprouver."


Par kiwaïda at 22:43