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lundi 9 août 2021

ᗩᘉ☂ᕼᖇ〇ᖘ〇ᗰ〇ᖇᖘᕼᓰᙅ ᗩᒪᒪᕮᘐ〇ᖇᎩ 〇ℱ ᔕᕰᙢᙢᕮᖇ

 

À droite un dessin de l'artiste italien Giuseppe Arcimboldo (1527 - 1593)  : Costume de dessin d'une figure féminine avec torche
(1585, Plume, lavis bleu sur papier blanc)
À gauche photographie © Sonia Marques : Sourire cajou

Photographies © Sonia Marques

Nous avions décidé d'être des sourires cajoux, en pensant à Arcimboldi, le maniériste, qui, outre ses célèbres compositions de végétaux d'animaux, a inventé une méthode colorimétrique de transcription musicale... Doué d’un esprit inventif et ingénieux, il s'était fait connaître à 21 ans en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan, en réalisant des cartons de vitraux.

la prunelle des yeux, un sourire en banane, des cheveux en épi, des fesses en gousse d'ail, une patate de nez, la pomme d'adam

Écrivait Roland Barthes, dans son ouvrage publié en 1992 :  L'Obvie et l'Obtus, Essais critiques III. Ce volume d’essais critiques est consacré aux domaines du visible (image, photo, peinture) et de la musique.

Ci-dessous : Antropomorphic allegory of summer d'Arcimboldo

[...] Tout signifie et cependant tout est surprenant. Arcimboldo fait du fantastique avec du très connu : la somme est d'un autre effet que l'addition des parties : on dirait qu'elle en est le reste. Il faut comprendre ces mathématiques bizarres : ce sont des mathématiques de l'analogie, si l'on veut bien se rappeler qu'étymologiquement analogia veut dire proportion : le sens dépend du niveau auquel vous vous placez. Si vous regardez l'image de près, vous ne voyez que des fruits et des légumes ; si vous vous éloignez, vous ne voyez plus qu'un homme à l'œil terrible, au pourpoint côtelé, à la fraise hérissée (l'Été) : l'éloignement, la proximité sont fondateurs de sens. N'est -ce pas là le grand secret de toute sémantique vivante ? Tout vient d'un échelonnement des articulations. Le sens naît d'une combinatoire d'éléments insignifiants (les phonèmes, les lignes) ; mais il n e suffit pas de combiner ces éléments à un premier degré pour épuiser la création du sens : ce qui a été combiné forme des agrégats qui peuvent de nouveau se combiner entre eux, une seconde, une troisième fois. J'imagine qu'un artiste ingénieux pourrait prendre toutes les Têtes Composées d'Arcimboldo, les disposer, les combiner en vue d'un nouvel effet de sens, et, de leur arrangement, faire surgir par exemple un paysage, une ville, une forêt : reculer la perception, c'est engendrer un nouveau sens : pas d’ autre principe, peut -être, au défilé historique des formes (agrandir 5 cm2de Cézanne, c’est en quelque sorte "déboucher" sur une toile de Nicolas de Staël), et à celui des sciences humaines (la science historique a changé le sens des événements en les combinant à un autre niveau : les batailles, les traités et les règnes - niveau auquel s'arrêtait l'histoire traditionnelle - , soumis à un recul qui en diminuait le sens, n'ont plus été que les signes d'une nouvelle langue, d'une nouvelle intelligibilité, d'une nouvelle histoire). * En somme, la peinture d’Arcimboldo est mobile : elle dicte au lecteur, par son projet même, l'obligation de s'approcher ou de s'éloigner, lui assurant que dans ce mouvement il ne perdra aucun sens et qu'il restera toujours dans un rapport vivant avec l'image. Pour obtenir des compositions mobiles, Calder articulait librement des volumes ; Arcimboldo obtient un résultat analogue en restant à même la toile : ce n’est pas le support, c’est le sujet humain auquel il est demandé de se déplacer : Ce choix, pour être "amusant" (dans le cas d’Arcimboldo), n’en est pas moins audacieux, ou tout au moins très "moderne", car il implique une relativisation de l'espace du sens : incluant le regard du lecteur dans la structure même de la toile, Arci mboldo passe virtuellement d'une peinture newtonienne, fondée sur la fixité des objets représentés, à un art einsteinien, selon lequel le déplacement de l'observateur fait partie du statut de l'œuvre. * Arcimboldo est animé d'une énergie de déplacement si grande que, lorsqu'il donne plusieurs versions d'une même tête, il produit encore là des changements signifiants : de version en version, la tête prend des sens différents. Nous sommes ici en pleine musique : il y a bien un thème de base (l'Été, l’Automne, Calvin), mais chaque variation est d'un effet différent. Ici l'Homme saisonnier vient de mourir, l'hiver est encore roux d'un automne tout proche ; il est déjà exsangue, mais les paupières, encore gonflées, viennent de se fermer ; là (et si cette seconde version a précédé la première, peu importe), l'Homme -Hiver n'est plus qu'un cadavre avancé, en voie de décomposition ; le visage est crevassé, gris ; à la place de l’œil, même fermé, il n’y a plus qu'une cavité sombre ; la langue est blafarde. De la même façon, il y a deux Printemps (l’un est encore timide, décoloré ; l'autre, plus sanguin, affirme l'été proche) et deux Calvin : le Calvin de Bergame est arrogant, celui de Suède est hideux : on dirait que de Bergame à Stockholm (peu importe s'il s'agit de l'ordre réel de composition), l'horrible figure s'est délabrée, affaissée, engrisaillée ; les yeux, d'abord méchants, deviennent morts, stupides ; le rictus de la bouche s’accentue ; les liasses qui servent de collerette passent du parchemin jauni au papier livide ; l'impression est d’autant plus dégoûtante que cette tête est formée de substances comestibles : elle devient alors, à la lettre, immangeable : le poulet et le poisson tournent au déchet de poubelle, ou pire : ce sont les rebuts d'un mauvais restaurant. Tout se passe comme si, à chaque fois, la tête tremblait entre la vie merveilleuse et la mort horrible. Ces têtes composées sont des têtes qui se décomposent. * Reprenons une fois de plus le procès du sens - car après tout, c'est bien là ce qui intéresse, fascine et inquiète chez Arcimboldo. Les "unités" d'une langue sont là sur la toile ; contrairement aux phonèmes du langage articulé, elles ont déjà un sens : ce sont des choses nommables : des fruits, des fleurs, des branches, des poissons, des gerbes, des livres, des enfants, etc. ; combinées, ces unités produisent un sens unitaire ; mais ce sens second, en fait, se dédouble : d'une part, je lis une tête humaine (lecture suffisante puisque je peux nommer la forme que je perçois, lui faire rejoindre le lexique de ma propre langue, où existe le mot "tête"), mais d’autre part, je lis aussi et en même temps un tout autre sens, qui vient d'une région différente du lexique : "Été", "Hiver", "Automne", "Printemps", "Cuisinier", "Calvin", "Eau", "Feu" ; or, ce sens proprement allégorique, je ne puis le concevoir qu'en me référant au sens des premières unités : ce sont les fruits qui font l'Été, les souches de bois mort qui font l’Hiver, les poissons qui font l'Eau. Voilà donc déjà trois sens dans une même image ; les deux premiers sont, si l'on peut dire, dénotés, car, pour se produire, ils n'impliquent rien d'autre que le travail de ma perception, en tant qu’elle s'articule immédiatement sur un lexique (le sens dénoté d'un mot est le sens donné par le dictionnaire, et le dictionnaire suffit à me faire lire, selon le niveau de ma perception, ici des poissons, là une tête). Tout autre est le troisième sens, le sens allégorique : pour lire ici la tête de l'Été ou de Calvin, il me faut une autre culture que celle du dictionnaire ; il me faut une culture métonymique, qui me fait associer certains fruits (et non d’autres) à l’Eté, ou, plus subtilement encore, la hideur austère d'un visage au puritanisme calviniste ; et dès lors que l’on quitte le dictionnaire des mots pour une table des sens culturels, des associations d'idées, bref pour une encyclopédie des idées reçues, on entre dans le champ infini des connotations. Les connotations d’Arcimboldo sont simples, ce sont des stéréotypes. La connotation, cependant, ouvre un procès du sens ; à partir du sens allégorique, d’autres sens sont possibles, non plus "culturels", ceux -là, mais surgissant des mouvements (attractifs ou répulsifs) du corps. Au -delà de la perception et de la signification (elle - même lexicale ou culturelle), se développe tout un monde de la valeur : devant une tête composée d’Arcimboldo, j'en viens à dire, non seulement : je lis, je devine, je trouve, je comprends, mais aussi : j'aime, je n'aime pas. Le malaise, l'effroi, le rire, le désir entrent dans la fête. [...]

Roland Barthes, L’Obvie et l'obtu

jeudi 18 février 2021

ḯᾔтℯґ√εяṧї☺ᾔ


mardi 5 janvier 2021

ℒÅ ḠÅℒ∃✝T∃ Ḏ∃ϟ ℛ☮i$ ε⊥ ℜεḯηεṧ

Photographies © Sonia Marques

"L'épiphanie (du grec ancien ἐπιφάνεια, epiphaneia, « manifestation, apparition soudaine ») est la compréhension soudaine de l'essence ou de la signification de quelque chose. Le terme peut être utilisé dans un sens philosophique ou littéral pour signifier qu'une personne a « trouvé la dernière pièce du puzzle et voit maintenant la chose dans son intégralité », ou a une nouvelle information ou expérience, souvent insignifiante en elle-même, qui illumine de façon fondamentale l'ensemble. Les épiphanies en tant que compréhensions soudaines ont rendu possible des percées dans le monde de la technologie et des sciences. Une épiphanie célèbre est celle d'Archimède, qui lui inspira son fameux Eurêka ! (J'ai trouvé !)."

(Wikipédia)

mercredi 12 août 2020

ℭℋṲℭĦṲ

Cozinha da mãe e do mar paisagem do pai...

Pêras doces do jardim



O chuchu e o espírito santo



 

O amor em filigrana, arte de joalharia, para juntar fios de ouro...


Fotografías © Sonia Marques

mardi 14 juillet 2020

Ṽℰℛ✞ℐℭÅℒЇ†É

Photographies © Sonia Marques

En préparant ma tarte aux courgettes jaunes, au curcuma et poivre et comté, parsemé de persil, je pensais à ce besoin de verticalité, que je ressentais. Nous étions encore le 13 juillet, et lorsque je publie ma courgette, au 14 juillet, jour de la fête nationale française, ma courgette est encore horizontale... On dirait une banane, un panneau de signalisation, écologique. Il nous manque un nouveau système immunitaire, une sorte d'ascèse non plus dans son coin, mais coopérative. Il nous manque une figure d'autorité et non pas autoritaire, qui incarne le chemin le plus difficile que nous avons à réaliser les prochains mois. Ma courgette aimerait se lever et évoquer ce besoin de verticalité. La traction vers le haut. Car nous sommes las et pourtant bien là à attendre. Consommer comme des hébétés ne nous convient plus. Demeurés englués dans cette horizontalité chaotique non plus. Ma courgette va-t-elle réussir à incarner ce besoin d'autorité ?

*

Elle est bien bonne. J'aime cuisiner et les idées politiques ne manquent pas. Dommage que l'on a réduit à ne rien faire, tous les citoyens et citoyennes, de notre pays, qui avaient encore, un peu de vigueur. Ne nous reste que la cuisine pour rectifier le tir et apprécier récompenses de nos efforts, chacun, chacune, dans notre coin. Il est des goûts, des couleurs et des cultures, maintenues à l'écart des corporatismes. Le choix des ingrédients est plutôt bon, la méthode rapide et efficace, néanmoins fine, la cuisson parfaite, la mise en bouche délicate, quoique un peu trop chaude. L'impatience a brûlé l'étape du "laisser reposer", et l'hydratation glacée à fait exploser l'émail. Encore du chômage pour longtemps, de nouvelles recettes de cuisine en prévision. Ainsi va notre pays.

Mon besoin de verticalité arrive au moment même, où je perçois que l'on m'impose de demeurer inactive, comme tant d'autres. Je peux avoir des idées, mais pas les mettre en action. Car, il n'appartiendrait plus qu'aux corporations, d'agir. Pour ou contre notre bien.

Un peu de hauteur face à la densité.

Si c'est dans l'action que nait la pensée, le petit être humain, pour s'élever, se hisser sur ses jambes, doit trouver des appuis pour s'agripper. Mais comment s'élever lorsque tous les appuis, de notre société, ont été détruis ? Une marche réduite, des réflexes psychomoteurs réduits, un développement réduit. Nos éprouvés de l'instant à vivre ont conduit à de toniques actions, de survie, une pandémie nous condense dans un état d'impuissance et d'inaction collectifs. L'infiniment lointain, la vision à long terme, cette vue d'ensemble, n'est pas l'infini hautain. La liberté d'initiative, sans crainte, nous a été enlevée, par tant de blocages. Pourtant, les acquisitions de connaissances de plus en plus élaborées et "prothésées" par les machines, n'ont pas encore relié l'intelligence à l'habilité des actions. Ma liberté d'action s'est réduite, tandis que ma liberté de penser s'est élevée. C'est un ratio tout à fait plausible, car il s'inscrit dans une société assistée, qui se construit sur l'idée que nous serions de plus en plus assistés par des machines, que nos emplois seraient supprimés. Dans cette espèce de "fatum", tout blocage le rempli assez bien, les manifestations s'impriment comme seules activités entendues. La politique des platrâges a effacé toutes les aspérités des niveaux et marches à gravir. On oublie les exercices, par facilité. L'ascèse n'est plus le chemin envisagé. Alors, pour celles et ceux qui demeurent dans leur cuisine, dont on a confisqué tout outil de travail, il ne reste qu'à retrouver le manche. Un simple outil, par lequel on le tient, afin de trouver de nouveaux appuis, pour s'élever et viser des hauteurs... de la courgette, viser de meilleurs cieux.

*

Bon appétit !

(un brin de fatuité mais point de connotation sexuelle, il faut bien crâner un peu, tout en cuisinant sa pensée)

mercredi 15 avril 2020

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Parfois, il faut entrer dans le vif du sujet !

Photographies et gâteau © Sonia Marques

mardi 30 janvier 2018

☾εґḟεʊ☤ł тʊ♭éяεü✖

Le cerfeuil tubéreux est un délicieux légume racine de culture, ancien et oublié dit-on. Une petite carotte conique, terreuse. Elle possède une chaire excellente, sucrée et fondante entre châtaigne et pomme de terre. Je le cuisine cuit puis revenu dans du beurre à la poêle, c'est exquis. Tout d'abord je les lave les tubéreux, vite fait hein ! Puis je les dispose dans une casserole qui accueillera de l'eau bouillante : 15 minutes d'ébullition, je rajoute une pincée de bicarbonate de soude, histoire de conserver plein de bonnes choses. Puis je les épluche (non, nous les épluchons, c'est plus sympa à deux) et je les coupe en deux. je les dispose dans une grande poêle, j'aime quand il y a de l'espace, comme pour tout finalement ! Avec une bonne dose de beurre (non salé), un beurre Échiré, le beurre AOP Charente Poitou, par exemple, puis je fais délicatement revenir (pas le feu à fond évidemment) Puis je saupoudre d'une pincée de fleur de sel de Guérande et nous dégustons la préparation, à deux c'est plus sympa. C'est doux, c'est délicieux, c'est fondant et d'un goût très rare, un peu artichaut aussi. Avec un bon vin blanc. Même si ce soir c'était du rouge, un Big Red Beast, avec une étiquette digne de Shoboshobo (s'il m'entendait ;.) Vin du Languedoc, millésime 2016, ouh c'est quoi ce truc !

Satori fait ses premiers pas de découverte, sans cage. Et c'est plein de "binkies" qui s'offrent au regard. Tandis que Cafuné m'avait habituée à de superbes flops. Il est devenu un bonze, un gros bouddha. Satori, son éveil, c'est surtout l'éveil de sa libido. Il ressemble à un yéti blanc de neige, très curieux et très câlin, avec une rayure couleur café sur son pyjama nuage. Elle, à une petite malicieuse satinée, très délicate, mordorée rosée, pas si facile à cerner. Méthodique et reconnaissante, ne donne pas sa confiance à n'importe qui : il faut montrer patte blanche, ce que Cafuné s'évertue à réaliser assez maladroitement pour l'instant. Il est foufou, bien dans ses pattes, et il toise, les yeux bleus en amande, d'un air supérieur, mais pas condescendant. Il ressemble à une sculpture animiste, impassible, roi en son temps, en sa langue, quand ce n'est pas à un adolescent qui cherche comment circuler hors passage piétons, avec ses nouvelles grosses baskets blanches. Il est intrépide mais pas belliqueux. Elle est rapide et très prudente, elle demande la permission, puis s'en passe largement : parle à mon pompon ! Ces petits hôtes japonais mangent principalement du foin de Grau, aussi des granulés, puis en ce moment c'est découverte des plantes aromatiques fraîches, menthe, thym, persil, cerfeuil, romarin, coriandre, fleurs de soucis...

Photographies © Sonia Marques