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mercredi 18 janvier 2017

スヤスヤ, すやすや


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SUYA SUYA


Dialogue entre Shizuko et Yoshihiro

Je me suis longtemps demandé comment fallait-il l'écrire ? Déjà en parler.

Comment pouvait-on croire à d'intentionnelles nuisances quotidiennes, pendant que la vie continue, pendant que l’on aime ce que l’on fait, que l’on aime son métier et ses proches.

Je me suis longtemps demandé comment pendant la guerre invisible, nombre de personnes devaient choisir leur camp, dire, ne pas dire, faire semblant, se taire, ou bien dire et se faire tuer, déplacer.

Et puis, comme j'ai dû fuir, j'ai dû partir, j'ai été menacé, il fallait me taire, ou bien, il fallait endurer sans dire, ou devenir celui à qui l'on n'adresse plus la parole car il est ciblé, on change de place, on ne dit plus bonjour, on n'a plus de place, et dans le même temps on vous surveille plus que d'autres, on vous suit, on vous écrit souvent, très très souvent, on vous cible, on vous commente, on vous juge, on vous nomme très mal, on commence à supprimer votre nom, ou à le démanteler, le fracturer, le changer, on change votre sexe, votre adresse, puis on vous copie, on recopie, on prend votre place, on supprime vos outils, on supprime les accès, il y a des mots de passe, ils changent, puis il y a le mépris, on vous nomme par les majuscules de votre prénom et de votre nom, on vous oblige d'être là à telle heure, dans une heure, le lendemain, on vous accuse de ne pas être venu, de ne pas avoir lu, de ne pas avoir dit, d'avoir dit, d'avoir pris une pause, de ne pas avoir pris de café, d'être arrivé en avance, en retard, on vous accuse de ne pas être là alors qu'on ne vous attendait plus, on vous montre du doigt le dos tourné, on ne vous convie plus, on parle sur vous, sur ce que vous n'êtes pas, sur ce que vous devriez être, dans un coin, on vous demande de vous excuser, de vous expliquer, de vous justifier de vivre, de respirer, de travailler, de lire, de penser, de réfléchir, de ne rien dire, d'être en congé, d'être malade, on vous reproche de guérir trop vite, de prendre le bus et de sourire, d'aller aux toilettes, de vous lever, de regarder par la fenêtre, de ne pas répondre, on vous reproche de travailler trop tard, trop peu, trop vite, on vous reproche de trop bien travailler, de mal travailler, de ne pas dire bonjour quand on vous ne dit pas bonjour, on vous accuse d'avoir peur de venir, d'avoir peur de plaisanter, d'avoir peur d'être bien, de faire comme tous les autres, de mentir, de prendre un café, toute la journée, il faut prendre des cafés et discuter avec tout le monde, faire semblant de comprendre le mal de tous.

Il y a ça et il y a le bonheur. Il faut trouver le temps, se concentrer, emmener loin les autres, évoluer, comprendre, attendre, analyser, penser, apporter, traduire, entreprendre, apprécier, sourire, encourager, discerner, surpasser, exceller, le bel hiver, l'automne, la perfection, la bonté, la bénédiction, l'espoir véritable, l'enfant de la danse, la renaissance, la permission, l'approbation, la beauté éternelle, la neige légère, la petite vague, l'enfant du poney, le petit caillou, l'étoile étincelante, le garçon en or, l'épée du cœur, la défense de l'harmonie, le doux rêve, la fermeté, la fille luciole, l'intelligence, l'écho, la fleur du printemps...

C'est si peu, par rapport à tout le reste.

Un jour, on trouve la force de dire, plutôt de l'écrire, d'envoyer à tous ceux qui feignent.
Sans aucune réponse, on trouve la force de partir, d'aller ailleurs.
De recommencer.

Il faut trouver le temps, se concentrer, emmener loin les autres, évoluer, comprendre, attendre, analyser, penser, apporter, traduire, entreprendre, apprécier, sourire, encourager, discerner, l'enfant de la feuille d'arbre, l'enfant de la plage, l'ambition, la lettre de la lune, le message parfumé,  l'invulnérabilité, le vaisseau,  la tempête de neige, la beauté bénie, le divin sourire, le joyau éternel, le beau récit, la gloire, la chance durable, les milles générations, les cigognes, le splendide, le magnifique, le rouge écarlate, le lotus blanc, la soie tissée, la beauté du matin, le coucher du soleil, l'ange, la nuit de pluie, la confiance brillante...

Et puis cela recommence :

Il faut se taire, ou bien, il faut endurer sans dire, ou devenir celui à qui l'on adresse plus la parole car il est ciblé, on change de place, on ne dit plus bonjour, on n'a plus de place, et dans le même temps on vous surveille plus que d'autres, on vous suit, on vous écrit souvent, très très souvent, on vous cible, on vous commente, on vous juge, on vous nomme très mal, on commence à supprimer votre nom, ou à le démanteler, le fracturer, le changer, on change votre sexe, votre adresse, puis on vous copie, on recopie, on prend votre place, on supprime vos outils, on supprime les accès, il y a des mots de passe, ils changent, puis il y a le mépris, on vous nomme par les majuscules de votre prénom et de votre nom, on vous oblige d'être là à telle heure, dans une heure, le lendemain, on vous accuse de ne pas être venu, de ne pas avoir lu, de ne pas avoir dit, d'avoir dit, d'avoir pris une pause, de ne pas avoir pris de café, d'être arrivé en avance, en retard, on vous accuse de ne pas être là alors qu'on ne vous attendait plus, on vous montre du doigt le dos tourné, on ne vous convie plus, on parle sur vous, sur ce que vous n'êtes pas, sur ce que vous devriez être, dans un coin, on vous demande de vous excuser, de vous expliquer, de vous justifier de vivre, de respirer, de travailler, de lire, de penser, de réfléchir, de ne rien dire, d'être en congé, d'être malade, on vous reproche de guérir trop vite, de prendre le bus et de sourire, d'aller aux toilettes, de vous lever, de regarder par la fenêtre, de ne pas répondre, on vous reproche de travailler trop tard, trop peu, trop vite, on vous reproche de trop bien travailler, de mal travailler, de ne pas dire bonjour quand on vous ne dit pas bonjour, on vous accuse d'avoir peur de venir, d'avoir peur de plaisanter, d'avoir peur d'être bien, de faire comme tous les autres, de mentir, de prendre un café, toute la journée, il faut prendre des cafés et discuter avec tout le monde, faire semblant de comprendre le mal de tous.

Que fait-on le mieux pour empêcher l'autre de vivre ?

On le tue.

Il y a différents moyens de le tuer.

Vivre c'est se nourrir.

Travailler c'est se nourrir.

 

On l'empêche de travailler.

On lui coupe les vivres.

On lui diminue le salaire, l'emploi.

On lui supprime les outils.

On l'envoie au tribunal pour être jugé.

On l'emprisonne, on l'empoisonne.

On le disqualifie, on le liquéfie.

On le vole, on le viole.

On le fait faire par d'autres, par plein d'autres.

Le nombre cela fait plus mal, un nombre incertain, vers d'incertitudes accusations.

Toutes en mêmes temps, pour décerveler.

 

La torture.

 

Je me suis demandé comment les résistants avaient résisté.

Comment pouvait-on savoir qui des collaborateurs, des dénonciateurs, des imposteurs, de celles et ceux qui tamponnent très loin sur un bureau, de celles et ceux qui mettent un timbre, de celles et ceux qui envoient un courrier avec un accusé, de celles et ceux qui signent et aujourd'hui qui relayent les mails, sans écrire leur point de vue, celles et ceux qui signent votre arrêt de mort en signant, mes cordiales salutations.

Je me suis demandé combien de grandes institutions avec de vénérables publicités, une presse qui collabore, un service de plusieurs personnes, pouvaient ne pas répondre aux suicides et aux morts annoncées, aux tortures et aux crimes, aux alertes, comment, elles pouvaient continuer à afficher leur bonne conduite.

Je me suis demandé, avant, comment les gens pouvaient voter et croire au gouvernement, tandis que la vie d'autres personnes étaient en danger.

Quand il fait froid, quand il n'y a plus à manger, quand on est suspecté toute la journée, quand faire les poubelles est le pire des crimes, s'asseoir par terre aussi, dormir aussi, dehors comment était-ce possible ? Quand les uns et les autres ne vous aident plus, quand tout s'arrête, quand on n'a pas un sous pour un bout de pain mais qu'on ne demande rien, on ne demande plus rien car on n'a jamais rien demandé.

La raison de l'amour, la charité, le bénéfice, le gain, l'enfant de la longévité...

À présent je sais, je sais comment tout cela advient.

Je sais que la torture n'est pas visible, je sais que mourir est indicible, je sais que rire n'est pas une respiration, mais un cil bien rangé parmi les autres lorsque la paupière se ferme et que l'on entend le suya suya d'un petit enfant.


  • .凧抱たなりですやすや寝たりけり

  • tako daita nari de suya-suya netari keri


スヤスヤ, すやすや
SUYA SUYA : Onomatopée japonaise  qui exprime le sommeil du juste

Shizuko 静子 : enfant du calme

Yoshihiro 義啓  : révèle la justice / éclairé par la chance

vendredi 20 février 2015

ᒪ'ᗴᗩᘮ, ᒪᗩ ᖰᒪ⋒ᓮᗴ, ᒪᙓᔕ ᒪᗩᖇᙢᙓᔕ

Image du film "L'histoire du chameau qui pleure", réalisé par Byambasuren Davaa et Luigi Falorni, 2003

La grande évasion, ce que nous montre le premier film de Thomas Salvador, "Vincent n'a pas d'écailles", en ce moment.
Savoir nager, capter l'eau, s'immerger, traverser, aller au-delà... Le pouvoir invisible. Rien à voir avec fuir, ou l'évitement.

Sortie des écailles ou des cicatrices branchiales, qui font que les pirates sont jolies femmes, nous aperçûmes un Aral. J'entendis l'homme qui pleure au téléphone. Étions-nous cette famille de nomades et mongols dans un désert urbain où tous les passants ignoraient cet autre film, dont je me suis souvenue : "L'Histoire du chameau qui pleure", film allemand réalisé par Byambasuren Davaa et Luigi Falorni, sorti en 2003. Des fictions à la réalité. Qui était malade, qui devait s'arrêter, qui devait être sauvé, qui devait recevoir des secours ? Lorsqu'on ne le peut pour soi, peut-être le peut-on pour d'autres ?

Je pensais à cet aquaboniste, ce faiseur de plaisantristes, qui dit toujours a quoi bon comme le chante Jane Birkin, ou le nouveau mot de l'oiseau bleu : Bah quoi ? Bah quoi ?

Si vous entendez un homme qui pleure, de ses sanglots, des accents étrangers, du sang dans ses larmes, bah quoi ? Les secours dans l'eau, la pluie, les larmes, se rassurer comme on peut, vivre encore un peu plus. Ne laisser place à l'injustice.
S'il est blanc, s'il est noir, s'il est caliméro, s'il est une femme, si elle est voilée, si elle ne parle plus, si ses cris sonnent dans l'indifférence, si nous sommes des aquabonistes, sans emplois, sans idéalisme, si la musique aide un peu, se secourir, mais rire de tout.
Soignons-nous bien. Il est beau, elle est belle et parfois il ne pleure pas, elle ne pleure pas. En secret ils aiment.

Si le présent est encore difficile à assumer :

Présent

    je secours
    tu secours
    il secourt
    nous secourons
    vous secourez
    ils secourent


Optons pour un futur proche :
 

Futur

    je secourrai
    tu secourras
    il secourra
    nous secourrons
    vous secourrez
    ils secourront

Et pour toutes les futures missives, je conseillerai, au futur simple, l'achat d'un livre de la collection Bescherelle, référence en grammaire française. Au lieu de le dépenser dans des timbres poste. Donnons des modes d'emploi à celles et ceux qui ne connaissent rien des premiers secours. En espérant qu'ils sachent un jour, avec tant de moyens, secourir vraiment afin de rire de tout.

vendredi 9 décembre 2011

ℓε ηüαℊ℮ ⅾ℮ ƒüღéε

ß◎ηנ☺ʊґ łℯṧ αмїṧ ❣ кḯẘαï∂α

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ρґøтεḉ⊥ με ḟґ◎ღ ωнαт ḯ ẘαᾔ⊥
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