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mardi 26 novembre 2019

ϟηℯℨℌᾔαƴ@ к☺яøʟ℮ṽα

La Reine des neiges

Titre original russe : Снежная королева / Snejnaya koroleva) est un long métrage d'animation soviétique de Lev Atamanov, sorti le 20 novembre 1957

La tendre complicité de Kay et Gerda est menacée lorsque, lors d'une tempête de neige, un éclat du miroir maléfique de la Reine des neiges pénètre dans l'œil du garçon et lui enlève toute émotion. Celui-ci se sent alors irrésistiblement attiré par la Reine et la suit dans le Grand Nord. Gerda surmontera de nombreux obstacles pour le retrouver mais, aidée par la rivière, les corbeaux, un renne et la fille d'un brigand, elle retrouve Kay, tout bleu, dans un château de glace. Ses larmes sont si chaudes et si abondantes qu'elles pénètrent jusque dans le cœur de Kay. L'éclat du miroir sort de son œil et, délivré du maléfice de la Reine des neiges, il repart avec Gerda.


Le film s'inspire du conte d'Andersen La Reine des neiges. C'est l'un des deux films (avec Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault) qui donnèrent envie à Hayao Miyazaki à se lancer dans le monde l'animation. Cela ne m'étonne pas, moi aussi je trouve les dessins super beaux, et j'ai aussi pas mal écrit sur Le roi et l'oiseau, et enseigné.

Dans le conte d'Andersen, publié en 1844 (c'est l'un des plus long de ses contes) : Le diable a fabriqué un miroir magique, dont les reflets sont déformés. Le miroir se casse et deux des morceaux ensorcelés se coincent dans l'œil et le cœur d'un garçon innocent, Kay, le rendant dur et indifférent, jusqu'au jour où il disparaît. Son amie Gerda entreprend de le chercher, jusqu'au château de la Reine des neiges dans le Grand nord où il est retenu. Dans sa quête, elle rencontre de nombreux personnages, dont la petite fille têtue, des brigands, quelques animaux qui parlent et une magicienne avec un jardin fantastique. La Reine des neiges est divisé en sept parties :

    1re partie : Qui traite d'un miroir et de ses morceaux
    2e partie : Un petit garçon et une petite fille
    3e partie : Le Jardin de la magicienne
    4e partie : Prince et Princesse
    5e partie : La Petite Fille des brigands
    6e partie : La Femme laponne et la Finnoise
    7e partie : Ce qui s'était passé au château de la reine des neiges et ce qui eut lieu par la suite

Il me semble que cela questionne les émotions, avec comme peur : l'affrontement avec la reine des neiges, une femme sans cœur, dans son palais de glace, qui gèle la fratrie, ou si ce n'est un frère et une sœur, ce sont des enfants très complices. Ce temps de glace, gelé, permet d'affronter ses peurs et briser cette glace. C'est la petite fille, par son courage qui a ce rôle de retrouver son ami qui a perdu ses émotions, de l'aider à faire fondre la glace. Beau !
Évidemment, il y a la question de l'amour et du miroir trompeur qui inverse et déforme les choses. L'accès aux hauteurs, une sorte de faux pouvoir et d'ambition qui ne sait rien de la sororité, des amitiés fraternelles, se positionne en despote des simples gens animés par quelque chose de l'histoire intime qui se file entre les êtres. La forteresse de la solitude, représentée par un palais de glaces déforme toute image à travers un miroir brisé, celui du diable.

C'est la philosophie de l'inversion, l'inversion maligne, (voir Michel Tournier, écrivain, philosophe) :
Chez Andersen, sa notion d’ «inversion maligne », est le miroir du diable de La Reine des neiges.

"La seconde d'après [.] il repoussait avec dégoût ce livre plein d'ordures et cette petite fille plus laide qu'une sorcière. Kay avait reçu dans l'oeil l'une des poussières du grand miroir diabolique pulvérisé."

Chez Michel Tournier, marqué par ce conte, il décrit ceci, dans son livre (Le vent paraclet) :

"Le Diable a fait un miroir. Déformant, bien entendu. Pire que cela : inversant. Tout ce qui s’y reflète de beau devient hideux. Tout ce qui paraît de mauvais semble irrésistiblement séduisant. Le Diable s’amuse longtemps avec ce terrible joujou, puis il lui vient la plus diabolique des idées : mettre cet infâme miroir sous le nez de... Dieu Lui-même ! Il monte au ciel avec l’objet sous le bras, mais à mesure qu’il approche de l’Etre Suprême, le miroir ondule, se crispe, se tord et finalement il se brise, il éclate en des milliards de milliards de fragments. Cet accident est un immense malheur pour l’humanité, car toute la terre se trouve pailletée d’éclats, de miettes, de poussières de ce verre défigurant les choses et les êtres. On en ramasse des morceaux assez grands pour faire des vitres de fenêtre –mais alors malheur aux habitants de la maison ! – et en plus grand nombre des éclats pouvant être montés en lunettes – et alors malheur à ceux qui portent ces sortes de lunettes ! "

Michel Tournier, à propos de ses œuvres, évoque « l'inversion bénigne-maligne », (dans Le Vent Paraclet). C'est « cette mystérieuse opération qui, sans rien changer apparemment à la nature d'une chose, d'un être, d'un acte, retourne sa valeur, met du plus où il y avait du moins, et du moins où il y avait du plus ».

Peut-être puis-je ajouter que cette forme de perversion, se trouve aussi dans les injonctions paradoxales, que l'on subit dans le monde du travail, une des spécificité du harcèlement.

Si les œuvres de Tournier sont formées sur l'idée du dépassement des apparences, le conte d'Andersen aussi, mais on a souvent ce leitmotiv, dans plusieurs contes. Après, la version Disney qui a été réalisée et la deuxième, je ne les ai pas vues, mais je crains que des idéologies de notre époque aient été gonflées pour l'audimat, qui rafle des records... Air du temps, parfois, revenir en arrière permet de ne pas trop "déformer" la trame de l'auteur, même si, évidemment, adaptation à son époque il y a. Mais nous nous sommes éloignés de cette inversion, qui me parait très intéressante et plutôt "intemporelle". Il parait que dans ce dessin animé, évoquant l'homosexualité, ou la sexualité féminine, entre frigide et froide dans sa cruelle intendance, désirant briser deux sœurs, solitaires mais non solidaires pour viser la sororité ? Entre repli, honte et coming out ? La “méchante” répond mieux aux exigences d’émancipation que la douce jeune fille enfermée dans un donjon ? Histoire que toutes les petites filles puissent se rêver en princesses, bien armées (prêtes à détester les hommes ?) À voir donc. Intrépides et recluses réconciliées. C'est quand même très ficelé comme marketing, et le féminisme serait ainsi bien étiqueté. Le dessin, bof. Sacré Disney !

Je préfère garder ceci, plutôt que la bataille politique des genres :

du plus où il y avait du moins, et du moins où il y avait du plus

mardi 29 décembre 2015

ⒷⓄⓃⓃⒺ ⒶⓃⓃÉⒺ ➋Ⓞ➊➏ !

jeudi 9 octobre 2014

ʟ@♭αᾔ ℓℯ ℘℮⊥їт ḟαηтôм℮