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mardi 27 juillet 2021

Ḻε ґê♥℮ ⅾ❝υᾔ ℯηƒαη☂

Photographies © Sonia Marques

mercredi 9 juin 2021

฿€ℜḠ∃ℜϟ ÉℝÜÐЇ†$

Nous sommes apparus
comme les bergers érudits
à travers les sources et les champs
en transparence de la mémoire des lieux
installés dans les nuages mammatus
enterrés sous les herbes hautes
chaque pierre accueille l'affamé
et son goût divinatoire
chaque pas éloigne l'infâme
Nous sommes disparus
comme les gouttes de la pluie


Photographies & peintures © Sonia Marques


jeudi 27 mai 2021

ṧʊґṽḯ♥@ᾔ☂ℯ

Photographies © Sonia Marques


Elles arrivent, fulguropoing !

De quatre-vingt-onze façons d'aimer.

mardi 11 mai 2021

℘ʊηḱ Aηᾔi√℮ґṧαiяε

Distanciel



Présentiel


. Le temps passe vite.


Mes échecs personnels ne me privent pas du bonheur de participer à la réussite d'autrui. Je ne me soucie pas d'être sans emploi, mais d'être digne d'un emploi. Un brin de sollicitude peut vaincre de bien des solitudes. C'est ce qui anime ma conception d'une architecture humaine, complexe, où les interrelations sensibles sont révélatrices, de notre dépendance à l'autre, à sa santé. La solidarité est un art à cultiver. Je suis artiste et professeure, je peux savoir et ignorer dans le même temps, mais avec mes connaissances et mes recherches, j'admire en l'autre, voir grandir le meilleur et l'accompagner, le valoriser. Seuls et sans réponses sur notre avenir devenu incertain plus qu'hier, l'année passée nous a rapprochée dans ces sentiments d'incertitude et de solitude. Les années passées, j'ai perçu que l'attente était un obstacle, car elle me faisait négliger mon présent. Le temps passe vite, je ne souhaite plus espérer le lendemain, mais agir chaque jour. Les occasions m'ont déjà été données, en partageant mes recherches, en étant présente, dans chacun des moments si fragiles, ce qui fortifie considérablement mes liens d'amitiés, familiaux et professionnels, même s'ils se réduisent, même s'ils disparaissent, restent mes souvenirs si intenses. Si être patiente m'a fait avancer quoiqu'il arrive, c'était pour mieux descendre du pont de l'orgueil pour toucher la limpidité du bonheur. Les années passent si vite, elles s'écoulent en retardant parfois les grains des festivités et des retrouvailles. La meurtrissure des maladies, de celles dont on ne connait l'alchimie et les conséquences, nous a ouvert sur une dimension futuriste avec beaucoup d'inconnus. Je ne souhaitais plus revivre ce qui m'avait meurtris, je ne me doutais pas que tant de peuples vivraient également des évènements qu'ils ne souhaitaient plus revivre, des confinements et des isolements imposés, des désolations d'amour et d'amitié ; ce que j'avais éprouvé d'un point de vue individuel, avec une isolation de mon milieu professionnel et mes activités intellectuelles, dont il m'importait qu'elles soient partagées, motrices et altruistes, se généralisait, dans le monde entier. Mais au plus profond de moi, ce sont les espoirs et les rêves qui me motivent et me guident, ils s’imposent en même temps que grandit à cet instant l’envie ardente de les réaliser. Je suis créatrice et l’art conduit à bien des mouvements de bonne santé, d’exceptionnels élans de vitalité et d’optimisme, et, dans notre pays, nous avons bien besoin, de ces forces vives d’esprits innovants et joyeux. S'il pointe un sentiment de confiance moi, c'est qu'il remet en perspective les difficultés à surmonter avec celles des années passées, inscrites dans notre histoire collective. Je peux les relativiser et me savoir capable de mieux y faire face dorénavant. Le temps passe vite, suis-je vaccinée ? Ai-je l'âge d'être vaccinée contre la lâcheté, la cruauté, la perversité ? Non, pas plus ni moins qu'une autre personne, aucun vaccin, sauf une bonne immunisation et un moral fort de bienfaits accomplis, d'esprit curieux et généreux, de rigueur dans la connaissance dans le sens où nous ne sommes ni seuls, ni puissants, mais parmi tant d'inconnus, qu'il nous faudrait devenir des chercheurs de nectar de joie. Lâcher les ballons des prises sur les points négatifs et laisser les ficelles se détacher des prévisions météorologiques. S'il fera très chaud ou s'il fera très froid, nous nous adapterons. Ainsi, comme tous, serons-nous différents de ce que nous connaissons de nous-mêmes. Si aujourd'hui je mesure un peu le temps parcouru, il n'est pas de mesures pour le parcourir de nouveau, et il n'existe aucun instrument de mesure pour assurer de beaux lendemains, ni métronome, ni système mondial de géo-positionnement par satellite. Alors, le temps passe vite mes amis, aimons-le comme il se présente ! Il défie nos représentations et nos images et parfois, recevons-nous l'honneur de ressentir en nos cœurs, qu'il nous apporte une sagesse intérieure, sonnant un coup de grâce, celui de la sérénité retrouvée.







Photographies © Sonia Marques

.Ciel.


Ces temps ont aboli les photographies en pied, et privilégié des images de caméras d'ordinateurs ou de téléphones ou de tablettes, sorties des visioconférences avec des portraits très petits de têtes. Nous sommes devenus de petites têtes déformées dans de petits carrés, des vignettes, des timbres-poste, de petites fenêtres à travers lesquelles faire un signe, devient un signe de présence. Les petits timbres-poste de nos proches si loin, avec leur timbre de voix, lorsque leurs présences physiques et leurs images avaient longtemps disparu par les confinements successifs, retiennent notre souffle, comme redécouvrir, la quintessence du manque, là où chacun de leur récit chantonne une musique affective, celle des charmes de la vie familiale, en société, tout s'illumine lorsque l'empathie renaît de ses cendres. - Comment vas-tu ? Une question éludée, si souvent, pourtant essentielle, bien plus que des gestes avec des barrières. Si bien, que le petit timbre renoue avec sa voix, à la tentative émue de faire sa place dans un dialogue inespéré et si estimable.
Présentiel et distanciel de nouveaux mots dont on ne sait pourquoi la présence première a supprimé le ciel et la distance a intégré le ciel, dans la langue française ? Si les distanciels se font sans couvre-chef le plus souvent, c'est à cause d'un couvre-feu... Bientôt les présidentielles, là aussi le ciel a disparu, oui le ciel prendra sa pause, son couvre-feu, laissant les couvre-chefs se chamailler, tirer la couverture à soi. Pourtant les présidentielles ont intégré les pronoms féminin au pluriel, toutes ces -elles-, pour élire des hommes. Est-ce que les ailes sont restées et le ciel a disparu ? Et si nous avions le pouvoir de couvrir et poser une couverture sur l'autre afin de le protéger, sans se voiler la face ni masquer son pouvoir ?

Jamais sont nues nos présidentielles, toujours masquées de bien de langues de bois. Pourquoi les programmes politiques dans mon pays ne convainquent plus ? Bien des voix sont exclues, ne se sentent représentées. Les artistes n'ont plus de voix. Les élections sont toujours des moments, où, les artistes doivent faire des choix, pour voter, contraires à leurs voix, puisque personne ne les représente ni ne les protège. Se sentir étrangers et pourtant si impliqués dans ses idées, ses créations, le partage de ses connaissances et demeurer exclus des orientations, des programmations mêmes des enseignements artistiques. Quelle étrange sensation de n'être ni reconnus, ni entendus, et pourtant nus, depuis toujours, exposés et copiés. Il y a quelques exceptions, mais je ne peux les comprendre. Elles ne nous représentent pas et pourtant figurent à la tête des orientations, elles ne créent pas de paysages où habiter et faire vivre les prochains artistes, elles tirent la couverture, mais ne se posent pas la question de nos points communs, seulement des divisions. Ce sont des maillons de pouvoir mais pas des maillons de forces communes et de valeurs culturelles. Il y a tant à faire, ce pays manque tellement de valeurs communes qui puissent nous rassembler. La paix me semble la plus importante.

Le temps passe vite et avec nous, les artistes, le temps s'allonge pour pouvoir guérir les dissensions.

Nous sommes retranchés depuis si longtemps, sans jamais avoir abandonné de lutter et montrer nos savoir-faire, il est indéniable, je vois l'amenuisement, de tous les artistes que j'ai connus. La création n'est plus essentielle, mais elle se joue ailleurs, c'est un début, dans tous ces liens que nous parvenons à créer et qui ne sont ni spectaculaires ni spéculateurs. C'est infiniment plus modeste, mais paradoxalement, bien plus grand.

mercredi 5 mai 2021

☾н@ηḉℯ & ℌαṧαґ∂










Photographies © Sonia Marques, dont celle prise par Étienne Cliquet (Conférence "Magic Ring", Musée du jeu de Paume à Paris, avril 2012) et paysage de Suisse lors de la conférence sur l'enseignement par Sonia Marques à Genève, mai 2012... Et 2021 (inversion de chiffre 2012-2021, effet nœud de Moebius, miroir du temps)



.L'imprévisible heureux.



La pensée concoure à des évènements remarquables. Mes déterminismes interfèrent aux évènements du monde, sans que je n'y prête attention, pourtant même lorsque ceux-ci sont lointains, ils ont une conséquence dans mon quotidien. Lorsqu'ils se rapprochent, les interférences sont telles, que la rencontre apparait, comme fortuite, au premier abord, mais très vite, cette contingence qui touche (émotionnellement), s'évapore et s'éloigne. Les conséquences de ces rencontres, des fruits du hasard, inscrivent l'imprévisibilité dans des cas bien plus subtils que je ne pouvais l'imaginer. La variabilité des facteurs en jeu mettent en scène un système complexe, dont les changements sont irréversibles. À moins que le retour à postériori, ma façon de penser la plus digne d'expérience, me permette de redimensionner les facteurs et les occurrences, leurs positions, leurs vitesses et de revoir ma copie : l'irréversibilité disparaît. L'assouplissement des croyances et manières de percevoir le monde à un instant "T", est revisité, par exemple, 9 années plus tard, détaché d'un évènement apparu et interférant, soudainement, rencontré donc 9 années plus tôt. La combinaison analysée, sans affectation, éloigne la dimension psychologique (joie, étonnement, indignation, désespoir, résignation, séparation…) et s'agrémente de nouvelles conceptions. Celles-ci, ont le pouvoir de changer la donne, du passé, par le souvenir et la conscientisation des effets et croisements. Les états instables provoqués par des évènements surgissants, balayent tout déterminisme, pourtant, dans ma pensée, celle-ci peut s'orienter de façon constante et sensiblement déterminée, malgré les contingences, et garder quelque chose de certain, parmi les incertitudes creusées par des évènements lointains ou se rapprochant, voire, chahutant ; et acquérir, par l'expérience, plus de paramètres, et donc, (elle peut ainsi) se retrouver affinée par les détails de l'imprévisible, dans ce qui se projetait, avant, dans de parfaites prévisibilités.

Le facteur de chance se retrouve ainsi bien diminué, devant les possibilités projetées, si sont quantifiées les probabilités de réussites.

Il en est que la question philosophique à laquelle un de mes dessins (des incognitos) tentait d'en évoquer le signe (la cité de la chance / la cité de dés / la cité 3D en 2D) représentait plusieurs dès de jeu, dont les ronds blancs étaient tombés à terre, devenus alors des points noirs, de sorte que l'on ne voyait que des dès noirs collés, et ceux-ci formaient une cité d'immeubles noirs (à l'encre de Chine). Les dés n'avaient donc plus aucune chance de jouer leur partie de hasard, pourtant, cette cité d'immeubles noirs, dont le sol était jonché de points noirs, comme des fleurs ou de petits trous noirs, ainsi dépourvue de nombres, devenait la plus chanceuse. Une façon d'abolir le hasard, par des coups de dés. Une façon de déterminer que tous les habitants de ces immeubles noirs avaient désormais toutes leurs chances de gagner leur vie.

Si je jette des ponts aujourd'hui sur des situations passées, c'est à travers mes conférences (2012-2021) que ma pensée déterminée alors, trouve quelques points (noirs) de variabilité, provoqués par les contingences, avec de forts degrés de changements et d'évènements (blancs), et pourtant, je la retrouve intacte, par bien des points (effet d'optique). La fiabilité de penser serait alors un repère, qui peut même orienter l'individu et également le structurer, avec de subtiles variations. C'est un peu comme traverser une guerre, ou des formes de guerres inédites, donc impossible à décrire, non dites, et être armé d'une manière de percevoir le monde qui demeure l'habitation la plus fidèle à ce que l'enfant soumettait déjà au monde à son arrivée : des réponses.

Ce sont les questions qui sont arrivées.
Les situations exposées "lui" arrivent toutes.

C'est un bonheur inachevé de paramétrer des possibilités et de savoir que celles-ci seraient affectées par l'imprévisible, car elles défient l'intelligence et imposent l'aléatoire. La confrontation aux phénomènes, à ce que je peux observer, ébranle tout rendez-vous calculé, et permet une marge de liberté fort agréable, et parfois désagréable. Les conséquences peuvent être dramatiques et fermer bien des dimensions, des avenirs, mais, si elles sont envisagées sous un prisme de variables du "pire", l'apparition, sous un certain angle, devient plus prévisible et ainsi, les portes s'ouvrent, celle de l'imprévisible heureux.

D'ailleurs, deux sessions de travail, dans mon enseignement, avec des étudiants, dans un paysage de zone humide, un marais, dans le département du Cher, peu profond et d'une végétation aquatique typique se nommaient "Disparitions", puis "Apparitions", dans la saison hivernale, en tenant compte des évènements surgissants que l'on ne pouvait ni exclure, ni ignorer, moments d'explorations de ses capacités à faire face et à engager sa voix singulière, en dépit des contingences. Les à priori écologiques nous sont vite apparus, à postériori, des sources phénoménologiques idéales pour des sujets à explorer comme le mimétisme et la coloration.

Il y a des chances d'apparition. Je m'oppose à toute science qui impose le déterminisme comme conquête, sachant que la pensée de l'individu évolue par son expérience, et ne peut être stable ou ignorer tous les facteurs de sa psychologie et des natures de l’environnement et de leurs phénomènes. Il va donc de sa capacité (de l'individu) à s'offrir en toute transparence à lui-même, pour explorer de plus fines probabilités de conquêtes. Connaître ses propres limites devient alors une phase obligatoire au dépassement, sans risquer la déchirure avec ses propres capacités.

Accompagner toute personne dans son épanouissement personnel, artistique, intellectuel, sportif… et développer ses dons, revient aussi à bien connaître les limites de ses capacités à engager l'autre dans une voix plus ambitieuse.

Le refus d'imaginer une once de liberté, serait peut-être vivre un mode "par défaut", bien plus confortable, afin de ne pas prendre de risque et demeurer au plus près de ce que l'on pense devoir aux attentes de l'autre, de la vie. C'est pourtant faire fausse route que de s'engoncer dans les pas formatés pour un temps "T" donné. Rester figé dans un temps dépassé, c'est mettre en danger sa pensée et la concevoir stable, en ignorant toutes les occurrences. L'exclusion du temps peut permettre de s'extraire de situations trop difficiles ou de la peur de l'échec, mais elle coupe la pensée de son interaction avec le chaos du monde et de son évolution, sa capacité à acquérir de l'expérience.

Par rencontre, j'ai pu imaginer ce que le mode "par défaut" imposé par le milieu informatisé, pouvait exclure et ignorer. Cette limitation de la pensée, pouvait, un temps donné, rendre plus confortable l'instabilité des milieux (matériaux-médiums-formes de vies sociales) et maintenir un socle, un support pour conserver une structure pensée par un groupe à une époque révolue. Mais elle réduisait au fur et à mesure la conscientisation et excluait toute sensualité et présence au monde et à ses contingences.

Afin de ne pas confondre les termes, il existe en neuroscience, un réseau nommé : du mode par défaut (MPD) Il désigne un réseau constitué des régions cérébrales actives lorsqu'un individu n'est pas focalisé sur le monde extérieur, et lorsque le cerveau est au repos, mais actif. Je le compare à ces moments où ma pensée vagabonde, mais elle s'apparente souvent à ma façon d'écrire et actionne l'hyper-latence (beau paradoxe) Ma pensée se déconcentre facilement, elle semble partir dans tous les sens, comme une dispersion, mais elle est tout à fait normale, chez tous (en particulier lors de l'endormissement) quand on n'a pas besoin de penser à quelque chose de particulier. À ne pas confondre avec ce mode par défaut, qu'utilisent beaucoup de conceptions informatiques et techniques, pour bâtir un réseau, et là je m'abstiendrai d'énoncer ce qu'est le mode sans échec, car, il est aussi très intéressant par rapport à la peur de l'échec... Belle traduction, pour les informaticiens, au contrôle des émotions. Ayant souvent utilisé ce mode, en informatique, c'est assez réussi.

Pourtant, si je reste du côté des neurosciences, le mode par défaut est un peu ce moment où il se passe plein de choses au niveau cognitif, une sorte de boucle mentale qui réassemble en permanence les pensées, de façon inconsciente. Il émane de cette dispersion, lorsque la pensée vagabonde (le cerveau serait alors au repos), cette faculté de l'idée ou de l'Euréka. Ainsi pensai-je, de la trouvaille, mais parfois bien plus, de façon fulgurante : j'ai trouvé.

Il me semble que de cette manière, ce que je nomme poétiquement l'imprévisible heureux, est plutôt de l'ordre de l'émerveillement aux choses, de mon point de vue, d'être tournée vers ce qu'il se passe, ailleurs ou chez l'autre, devant moi ou vraiment plus loin. Cet aspect vif, de la curiosité, serait, peut-être, charmé par l'aspect cognitif de ce moment semblant reposé, sans aucune activité (ce mode par défaut en neuroscience) et pourtant connecté à ce qui diffère = la différence. Tant de bifurcations mèneraient ainsi à la découverte, en passant par l'émerveillement.

Bref :

C'est un bonheur inachevé de paramétrer des possibilités et de savoir que celles-ci seraient affectées par l'imprévisible, car elles défient l'intelligence et imposent l'aléatoire. La confrontation aux phénomènes, à ce que je peux observer, ébranle tout rendez-vous calculé, et permet une marge de liberté fort agréable, et parfois désagréable. Les conséquences peuvent être dramatiques et fermer bien des dimensions, des avenirs, mais, si elles sont envisagées sous un prisme de variables du "pire", l'apparition, sous un certain angle, devient plus prévisible et ainsi, les portes s'ouvrent, celle de l'imprévisible heureux.

vendredi 16 avril 2021

℉ѺℒḰ


Photographie © Sonia Marques




jeudi 15 avril 2021

✔ϴ¥ÅḠ∃ Ðℰ ℒ❝∃И✔Ї€

Photographies © Sonia Marques

*

Singe pose sur l'autre, ses mains de fourrure
Palmes vertes balancent dans le ciel céruléen
Soleil ambré décline
Outremer s'étale
Rivières de pêches puis lentement indigos
Éclats de rire lunaires sous le masque bonbon diamant
Pompons neige festifs

Collines d'arbres émeraudes
Dragons fuchsias et cocos aubergines

Blancs cassés sous les ponts
Timides cascades dragées
Chat perché sur croisillons écarlates

Maisons de craies
Drapeaux tricolores

Poules grenades des villages
Coqs florentins acajous

Béret bleu de France
Officiers de la poésie
Coquille d’œuf

Hôtels mandarines
Paons mirifiques

Entendre la voix de l'eau
Jour crème tombe
Coucher fauve

Voix de l'autre
Levez-vous
Opalines

jeudi 8 avril 2021

✔ЇℰИℵ∃


































Photographies © Sonia Marques

jeudi 1 avril 2021

ẘε αяℯ ♭εα﹩☂

Alice et le masque rapetissant

Alice et la vie appétissante

Photographies © Sonia Marques

mardi 23 mars 2021

ᾔαḯṧṧαη¢℮ṧ

Photographies © Sonia Marques

lundi 22 mars 2021

Why ?






















Pourquoi ?
Être artiste aujourd'hui
Ne pas se reconnaître dans aucun artiste représentant un parti politique ou un syndicat (c'est pareil)
Un besoin de couleur, il n'y en a plus
Voir la couleur, la contempler
Croiser des personnes qui tentent de voir ce que l'on voit
C'est cela être artiste
Voir ce que d'autres ne voient pas, plus
Mais est-ce toujours voir ?
Percevoir aussi, ressentir et exprimer ce que l'on ressent
Sentir, les odeurs d'un paysage participent du chemin
Impossible à voir sur un écran
La promenade, riche de sens
Alors n'importe qui peut être cet artiste
Un, une artiste, c'est n'importe qui, plutôt que n'importe quoi
Parler, se balader, la marche libère les esprits, les muscles, la respiration
La rencontre des personnes ou des animaux, rares, mais partout si on regarde bien
Les insectes partout, ces cris d'oiseaux qui correspondent : nous sommes chez eux
Ils nous regardent d'en haut, nous devenons de petits animaux qui marchent et parcourent les sentiers
Être artiste aujourd'hui et comprendre que beaucoup sont prisonniers
La santé mentale en difficulté
Toujours à se soumettre à son parti, ses petits diktats inventés en dehors des lois
ses petites hiérarchies et ses revendications, pelletons par pelletons
Les pauvres toujours, le social, les bons arguments, de vente
Les pauvres et les slogans par-dessus, le mal de vivre, la solitude, l'abandon, le manque de soutien, l'incompréhension,
Alors, alors, marcher,
Aussi souvent dans le froid et dans le soleil, la pluie, tout est accessible
Qu'est-ce que c'est que cette idée de la culture payante ?
Avoir son badge partout, son échelon spécial, son exposition, sa médaille et perdre de vue, tout ce qui faisait l'artiste
Un artiste n'a pas de liens avec ce qui se vend, car ils et elles partent à la recherche de ce qui existe,
tout simplement, ce qui existe, pour le révéler

Pourquoi cela ne se vend pas ?
Car on ne peut vendre la couleur d'un ciel gris changeant, ni l'amertume des lieux mouillés,
ni l'angoisse des sentiers pas battus, ni le bonheur des retrouvailles ni le rideau noir de la nuit sur des peaux rouges confites,
ni ce sourire au gré d'un dialogue à bâton rompus qui perce les secrets à jour et illumine les naïfs visages
pour mieux les encourager à se tanner, le cuir, le temps, les buissons qui rampent, pourquoi ils rampent ?
Le temps brûle les calories, la vitesse les emporte dans l'eau des canards,
Ces perles liquides qui glissent le long de ces plumages
Comme ces temps qui changent et ces modes qui glissent le long des artistes
Tout se brouille comme les œufs au virus
Le lendemain un autre virus
Les modes trépassent
Rien ne passe plus
Il ne se passe plus rien
La machine est bloquée
À jamais
Les artistes passent leur chemin
Ils regardent le temps changer
Demain cela ne sert à rien
Après-demain non plus
Ne plus se fier aux temps des humains
Rien ne les vaccine plus
Des petites feuilles au gré du temps
Comme ces petites natures
De temps en temps
Va-et-vient
Incertains
Authentiques

Il ne se passe plus rien

Sauf ce que l'on invente

S'apercevoir qu'il n'y a que des petites natures

Et pas une seule nature à quelque chose

Brindilles accrochées au rien au vent à la chute
Perchoirs et maisonnées

Immeubles cramponnés aux collines
Pylônes dépassés téléphones périmés

Moutons cahutes souterrains sous autoroute

Hélicoptère urgence vagues de voitures et débris de cris

Héler au fin fond des confins

Sans voir venir l'avenir

Dormir au moindre retour en arrière

Jouir à la moindre étincelle de vie

ᔕᖘᖇᓮᘉG























Photographs © Sonia Marques

Spring came so fast and yet it’s cold. Our scarves envelop us like infants. Daffodils laugh to see us so chilly. Yet, it’s spring !








© Sonia Marques

dimanche 7 mars 2021

ṔℛѺϟ☮ÐЇℰ

Contre qui, ou bien, contre quoi, pour qui, comment, quand et pourquoi Pour retrouver le goût de vivre Le goût de l'eau, le goût du pain et celui du Perlimpinpin dans le square des Batignolles Et contre rien et contre personne, contre personne et contre rien, mais pour une rose entrouverte Pour l'accordéon qui soupire, et pour un souffle d'abandon et pour un jardin qui frissonne Et vivre, vivre passionnément, et de combattre seulement qu'avec les feux de la tendresse...

Pour qui, comment, quand et combien, contre qui, comment, et combien À en perdre le goût de vivre Le goût de l'eau, le goût du pain et celui du Perlimpinpin dans le square des Batignolles Mais pour rien, mais pour presque rien pour être avec vous et c'est bien Et pour une rose entr'ouverte Et pour une respiration, et pour un souffle d'abandon, et pour un jardin qui frissonne...

Rien avoir, mais passionnément, ne rien se dire éperdument, ne rien savoir avec ivresse Riche de la dépossession, n'avoir que sa vérité, posséder toutes les richesses Ne pas parler de poésie, ne pas parler de poésie, en écrasant les fleurs sauvages Et voir jouer la transparence au fond d'une cour au murs gris, où l'aube n'a jamais sa chance...

Contre qui, ou bien, contre quoi, pour qui, comment, quand et pourquoi Pour retrouver le goût de vivre Le goût de l'eau, le goût du pain et celui du Perlimpinpin dans le square des Batignolles Et contre rien et contre personne, contre personne et contre rien, mais pour une rose entrouverte Pour l'accordéon qui soupire, et pour un souffle d'abandon et pour un jardin qui frissonne Et vivre, vivre passionnément, et de combattre seulement qu'avec les feux de la tendresse...

Pour qui, combien, quand et pourquoi, contre qui, comment, contre quoi C'en est assez de vos violences D'où venez-vous, où allez-vous, qui êtes-vous, qui priez-vous Je vous prie de faire silence Pour qui, comment, quand et pourquoi, s'il faut absolument qu'on soit Contre quelqu'un ou quelque chose Je suis pour le soleil couchant, en haut des collines désertes Je suis pour les forêts profondes...

Pour qui, comment, quand et combien, contre qui, comment, et combien À en perdre le goût de vivre Le goût de l'eau, le goût du pain et celui du Perlimpinpin dans le square des Batignolles Mais pour rien, mais pour presque rien pour être avec vous et c'est bien Et pour une rose entr'ouverte Et pour une respiration, et pour un souffle d'abandon, et pour un jardin qui frissonne...

Pour qui, combien, quand et pourquoi, contre qui, comment, contre quoi C'en est assez de vos violences D'où venez-vous, où allez-vous, qui êtes-vous, qui priez-vous Je vous prie de faire silence Pour qui, comment, quand et pourquoi, s'il faut absolument qu'on soit Contre quelqu'un ou quelque chose Je suis pour le soleil couchant, en haut des collines désertes Je suis pour les forêts profondes...

Rien avoir, mais passionnément, ne rien se dire éperdument, ne rien savoir avec ivresse Riche de la dépossession, n'avoir que sa vérité, posséder toutes les richesses Ne pas parler de poésie, ne pas parler de poésie, en écrasant les fleurs sauvages Et voir jouer la transparence au fond d'une cour au murs gris, où l'aube n'a jamais sa chance...

Car un enfant qui pleure qu'il soit de n'importe où est un enfant qui pleure Car un enfant qui meurt au bout de vos fusils est un enfant qui meurt Que c'est abominable d'avoir à choisir entre deux innocences Que c'est abominable d'avoir pour ennemis, les rires de l'enfance...

Et, riche de dépossession, n'avoir que sa vérité, posséder toutes les richesses Ne plus parler de poésie, ne plus parler de poésie mais laisser vivre les fleurs sauvages Et faire jouer la transparence, au fond d'une cour aux murs gris Où l'aube aurait enfin sa chance...

Pour qui, comment, quand et combien, contre qui, comment, et combien À en perdre le goût de vivre Le goût de l'eau, le goût du pain et celui du Perlimpinpin dans le square des Batignolles Mais pour rien, mais pour presque rien pour être avec vous et c'est bien Et pour une rose entr'ouverte Et pour une respiration, et pour un souffle d'abandon, et pour un jardin qui frissonne...

Et vivre, vivre passionnément, et de combattre seulement qu'avec les feux de la tendresse

Photographies © Sonia Marques /// Texte (Barbara - "Perlimpinpin")

jeudi 4 mars 2021

ϟϴḺϴ FiℵѦℒ

Photographies © Sonia Marques

Duo finaux

Soleil d'été en hiver

Coucher rose pastel

Piano solo final




dimanche 7 février 2021

ℳѦḠЇ☾













Photographies © Sonia Marques

mercredi 3 février 2021

ℊ♄◎ṧ☂ ☤η ⊥нℯ ṧ♄℮ʟʟ



Coquillage

Photographie © Sonia Marques

dimanche 27 décembre 2020

ḺЇℳϴḠ€$ ∃ℕИ€ℐḠÉ





De bons souvenirs, Limoges sous la neige, un février, en 2012. Mon appareil photo était un petit Sony, j'aime beaucoup le format de ces photographies, légèrement carré. Étonnée par cette neige tombée, j'ai arpenté la ville endormie. Cela faisait plus d'un an que je découvrais cette ville, peu d'image d'elle sous la neige, mais c'était comme si je retrouvais un esprit, de mon Canada, à Vancouver, mais aussi un peu d'esprit de neige exotique. Mes amis, qui ne connaissaient pas cette ville, avaient donc des vues enneigées de cette nouvelle ville. Mais, ce qu'il ne savaient pas, c'est que ces vues demeurent celles d'une journée, et ce sont des pures vues de mon esprit.

Au moment même où je fini d'écrire cet article et sélectionner mes photographies, j'entends craquer des gouttelettes de pluies sur ma vitre : ce ne sont pas des gouttes de pluies, mais de neige !
Photographies (© Sonia Marques - 2012)
























Photographies (© Sonia Marques - 2012)

Ainsi cette carte postale ancienne, de ces paysages, me faisait penser à mes pures vues d'esprit... Peut-être il y a un siècle, une femme photographe, comme moi a pris ce cliché, devenu, un cliché sans auteur, ou d'auteur inconnu. Et en général, ce sont souvent des femmes qui sont inconnues, dont la notion d'auteure n'était pas connue du public, ni des élus...




Vue de l'esprit
est une expression signifiant que l'on développe une vision théorique sans fondement véritablement concret.
Exemple : Pour certains, l'existence de Dieu n'est qu'une simple vue de l'esprit alors que d'autres sont convaincus de son existence.


vendredi 18 décembre 2020

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I lived in a house like this in Vancouver, Canada...

Today I was thinking of Vancouver, Canada. I spent 6 months studying at Emily Carr University of Art + Design, on Vancouver Island, in 1997, selected by photographers and filmmakers. I came with my lover, also a student at the School of Fine Arts in Paris (l'École des beaux-arts de Paris). I had made an artistic dossier for him, his work and for myself, and I wrote a dialogue between our 2 very different artistic practices, so that we could be selected together. Each had chosen a different school, even very far from each other, for him, it was the university. I had made these artistic records in my parents' house, my mother had a computer, long before the others, it was rare, she was ahead of her time. We didn't need schools to make the models, I had already studied graphic arts at Masters level, I was doing quite well. We lived in a house, after having lived for 1 month in a youth hostel, the women on one side and the men on the other. I had never opened my large suitcase and I had met a Brazilian stripper, who spoke Portuguese, she was staying in one of the 6 women's beds in the compartment where I was. So many stories. I followed the courses of the photographer Sandra Semchuk (born in 1948), during these 6 months and we realized with the team of students, from divergent backgrounds, I made many friends, a very beautiful exhibition of photographs, in a gallery. I had made a panorama of 400 color photographs displayed on top of each other like a large mandala (the mandala represents a perfect universe full of precious objects, in the Hindu and Buddhist usually circular) exhibited by color, named "Vancouver lover". One of my photographs had been selected by the group and Sandra, for the invitation card of the group exhibition named "Story". It was an underwater view as I was swimming in the open blue pools of Vancouver. I loved the attention of this photographer, she taught me so much. In France, I never had a teacher photographer, but there was a photographer recognized in my jury of fine arts diploma (Valérie Jouve) who said this sentence: "Your work is so open that I am lost". It represented me well. In Vancouver, my photographic views went beyond the intimate and public setting, underwater, in the air, airplane views, views of a couple of artists working, sometimes naked, winter landscapes, summer, autumn, there was an intense love and a vision of the artist woman at work, in front of her camera and behind, in the landscape, as if, love was part of nature, the human nature. In total destitution. I pay tribute to this photographer, who loves genealogy, in search of her culture, migrations, cultural mixing, bisons and bears, I learned that she had received a prize 2 years ago. I rediscover her, she hasn't changed, her voice, her face.
I learned to photograph at a very young age with my father, who had a good quality camera, and my mother made Super 8 films. Long before I passed competitions to study in Parisian art schools, I practiced in the image, in a very natural way, adopting an open-minded, and without preconceived ideas, nor any culture of the history of the photographers. So I kept this strange freedom, which needs no artistic recognition, on the images produced. Because it's almost as a family that we approach the images, but without claiming authority. We did images, as we did cooking, it was a question of framing, technique, color and above all, for me, it was a real pleasure, which I have always kept. I thus had a good artistic record
Sandra Semchuk is second generation Canadian of Ukrainian and Polish ancestry. She has been a photographer for 40 years, and is a co-founder of the Photographers Gallery in Saskatoon, Saskatchewan, Canada and a teacher at Emily Carr University. When I met Sandra, my teacher, she was making an exhibition on her relationship with her father, she showed me her work and that impressed me a lot, because in France, this relationship is almost taboo, and no artist works on this subject. She wrote this :

My father suffered from a serious heart attack in July, 1988. In Coming to Death’s Door: A Daughter/Father Collaboration (a series of work which includes the piece entitled Death is a Natural Thing, Sweetheart, was shown at Presentation House Gallery, 199 ), he and I look together at the event, which led to my helping him escape from the hospital. In the photographic images I trace my own responses to my father and to his inevitable death. This investigation occurs within the simple experiences of moving from the tent where I slept separate from my father’s home, overlooking a lake in northern Saskatchewan, and of situating myself in his bedroom. I use the camera gesturally as a way sustaining the experience from the inside, and of leaving a trace as an outside observer. The broken image, like the broken self, hastens the processes of reconstruction and synthesis.







Bio : Sandra Semchuk is a Ukrainian Canadian photographer and video artist born in Meadow Lake, Saskatchewan. She was a co-founder of the Photographers Gallery artist run gallery in Saskatoon. Semchuk often works collaboratively using the familial, autobiography, and dialogue across generations, cultures and species. She worked collaboratively for fifteen years with her late husband, James Nicholas, Rock Cree actor and orator, to consider potential conciliations within the self and between the indigenous and non-indigenous. Their dialogue was grounded in experience–in the primary knowledges of place–land, flora and fauna and weather–and in human stories. The wider-than-human is the larger context. In her most recent 3D stereographic video poems she collaborates to resuscitate familial connections with the tree and forest. Semchuk’s book on the internment of Ukrainians in Canada: The Stories Were Not Told, Canada’s WW I Internment Camps will be published by the University of Alberta Press in 2018. This book brings together stories by internees and descendants with Semchuk’s photographs, cross cultural writing and historical documents. Semchuk has exhibited her work and collaborations at Presentation House, the Belkin, Vancouver and Comox Valley Art Galleries, British Columbia, the Photographers Gallery, the Mendel, Chapel, Mann, Godfrey Dean and McKenzie Art Galleries of Saskatchewan, Urban Shaman in Manitoba, the Canadian Museum of Contemporary Photography in Ottawa, the Center for Creative Photography, Arizona, the Museum of Modern Art, New York; the San Francisco Museum of Modern Art, fotofeis in Scotland and the Museu D’art Contemporani in Spain. Sandra teaches at Emily Carr University in Vancouver.


jeudi 15 octobre 2020

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Photographie de Nusch Eluard  par Man Ray



 Les Larmes, 1932 de Man Ray


Juliet par Man Ray (1946)

Merci pour le collier, le mien vient de Ourense, de Galice d'Espagne...


mercredi 19 août 2020

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Fotografías © Sónia Marquès, e poema...

ir onde tudo começa
passar uma camisa branca
de linho em Limoges
e nos encontrarmos
uma noite em Lisboa
duas cidades
duas mesmas letras
dois começos
levante-se uma manhã
e veja o Tejo
a luz branca
reconhecereis você
aérea é a silhueta
de uma cidade
memória branca
o tempo passa
renascido

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