bmk

blog m kiwaïda

27/01/2022

Ḡℝ∃€ℭℰ

Scroll down














FONDUE DE SUCRE GLACE
Dessins, peintures © Sonia Marques

La cachette des amants

« Douce en un chaud midi une boisson de neige,
Doux au printemps les vents légers, les flots cléments,
Lorsque l’hiver enfin a levé son long siège.
Mais plus doux le manteau qui couvre deux amants,
Couchés sur le sol tiède, également épris,
Et se donnant l’un l’autre en offrande à Cypris. »

 Anthologie Palatine.
Traduction Marguerite Yourcenar (La couronne et la lyre)

Art Par kiwaïda at 00:13

18/01/2022

ṽ@ʟłø⊥☺η

Scroll down
 


 


 


 
 


   


 


   
Peintures de Félix Vallotton (1865-1925)

J'ai déjà publié sur Valloton, avec mes quelques vignettes de ses peintures, je trouve des points en commun avec mes photographies, dessins, un siècle plus tard, et avec de nouveaux outils ou manières de voir le monde. Dans ces vignettes figurent une douceur du regard et des facultés de coloriste indéniables. Il y a quelque chose de frais et d'enfantin, celui d'envisager les arbres, étendues d'eau, couchers de soleil, comme des éléments de couleurs. Ils s'agencent dans l'espace comme des objets en relation intime les uns avec les autres, liés par un sentiment paisible, qui masque bien des tourments. Il était écrit à son sujet, indépendant, secret, passionné, réfléchi et sensuel, misanthrope, dessinateur prolifique, il s’est essayé à la sculpture et aux arts appliqués, il a écrit dès son plus jeune âge (des critiques d’art et des essais, des pièces de théâtre et trois romans) Des capacités hors normes pour échelonner ses expressions sur différents médiums, médias...  Ses œuvres m’apparaissent comme des évidences, non parce qu'elles sont décrites comme "simples", mais parce qu'elles résument, elles sont la synthèse de ces sentiments sereins, après le chaos, d'un retour au calme et aux aspects savants de la méditation intérieure, du repos, d'un art complexe de saisir le moment opportun de la lumière ; d'un point de vue de découvreur, sur une vallée, ou celui d'un photographe ou d'un graveur, qui regarde d'en haut ; les petits hommes et les petites femmes, le sable depuis une falaise, des sortes de vues grand angle, ou télescopiques. Ses gravures en noir et blanc sont charmantes et esquissent cet art de poser le yin et le yan, de savoir déceler une émotion entre deux, et entre deux personnages, deux amoureux, une foule, la délectation d'une paresse, d'un chat noir qui s'étend comme un chemin d'abandon. 

L'abandon de soi, sublimé. 

Lorsque l'on est passionné, il nous reste encore de quoi partager, à d'autres passionnés de l'art. L'imagination libère d'autres temps pour les artistes et les doux rêveurs, rêveuses.


Art Par kiwaïda at 16:03

15/01/2022

$ṲИϟ€✞

Scroll down


























Photographies © Sonia Marques

*

La Diva, film de Jean-Jacques Beineix (1981) que j'ai adoré, la voix de la soprano Wilhelmenia Wiggins Fernandez est éblouissante, comme un coucher de soleil. Elle chante La Wally, un opéra en quatre actes (elle se déroule au Tyrol Autrichien) d'Alfredo Catalaniqui... L’histoire du film, met en scène un jeune postier fasciné par une diva qu’il enregistre à son insu et à laquelle il vole une robe lors d’un concert au Théâtre des Bouffes-du-Nord. Une intrigue sentimentale, policière assez marquante lorsque l'on n'a pas vingt ans, une expérience de différents domaines artistiques, et déjà l'idée de la copie et de l'original, de l'art inaccessible, de l'accès à ses émotions... intérieures.


Philosophie Par kiwaïda at 20:53

14/01/2022

A Lʊẕ ⅾα ṧ◎мßґ℮

Scroll down





Lourdes Castro

Nasceu na Madeira em 1930 e ficou conhecida sobretudo pelo trabalho com a sombra. Lourdes Castro fez com René Bertholo e com outros artistas a revista “KWY” em Paris, onde viveu durante 25 anos. Deu movimento à sombra através do teatro, fez livros de artista, conta com obras suas nas colecções mais importantes do mundo. E voltou para a Madeira em 1983, com Manuel Zimbro.Gosta de plantas e de árvores, de budismo e de ironia, de subtileza e de curiosidade. Acha que o mais importante é fazer as coisas sem intenção. Não sai de casa há dois anos e passa muito tempo a pensar na forma como tudo está ligado, como tudo vai nascendo de acaso em acaso. Aceitou esta entrevista chamando-lhe conversa e deixou que durasse duas tardes. Depois de um passeio pelo jardim, despediu-se com um raminho aromático que dá sorte aos viajantes.

“O que somos nós senão um agregado de mil coisas?”: a última entrevista de Lourdes Castro ao Expresso, em 2019





Foi também em Paris que começou a fazer teatro de sombras. Faz sombras de pessoas sentadas, a ler ou a fumar, usando plexiglas, ou deitadas, usando lençóis. As sombras dão título a grandes exposições: Além da sombra, na Fundação Calouste Gulbenkian, em 1992 ou Lourdes de Castro e Manuel Zimbro: a luz da sombra, no Museu de Arte Contemporânea de Serralves, em 2010. Realiza na Madeira, para onde tinha regressado em 1983, o Grand herbier d’ombres, que se tornaria um livro que apresenta um conjunto de plantas sobre papel heliográfico. E na Capela do Rato, em Lisboa, instala o seu Anjo de Berlim, que nunca tinha sido exposto.





Não sei porque, escuto o novo álbum da cantora Cat Power, que aprecio há muito tempo, enquanto descubro, ao mesmo tempo, as maravilhosas pinturas de Lourdes Castro. Uma de suas ilustrações para um álbum , se bem me lembro, estava mostrando retratos em forma de silhuetas, então fiz sinestesia ... esta noite ...O acaso mostra belas coincidências e surpresas...E eu, criei o blog "bmk" em 3 letras, e encontro muitas semelhanças entre suas belas e coloridas pinturas e meus gráficos e pinturas e desenhos. A sombra sempre foi minha luz...


Art Par kiwaïda at 03:45

10/01/2022

ℱ̪̺̫ℯ̪̻ł͔liℨ̻̞̝ ∀̼̝͜η̝͎◎̙̪̫ ℵ̟͖͍ø͖̞͜♥̡͙̟◎̙͓͔ 2̪̟͇0̺͉͇2̟͚͜2͓̫̠

Scroll down

(*•̀ᴗ•́*)و ̑̑

Grafismo e desenho © Sónia Marquès

Feliz Ano Novo !

Vamos fazer desta virada de ano um recomeço de tudo que é bom.
Um renovar de sentimentos positivos, novos sonhos, nova Sónia !

Felicidade, saúde, paz, amor e prosperidade !

Bem-vindo 2022 !

Fotografias © Sónia Marquès

Art Par kiwaïda at 19:34

08/01/2022

ℒḯ¢☺ґiCℯ Ṕḯℨℨα

Scroll down




In 1973 San Fernando Valley, teenager Gary Valentine meets Alana Kane, a photographer's assistant in her 20s, at his high school on picture day. They become friends, start a waterbed company together, audition for films, and get involved with Joel Wachs' mayoral campaign. They navigate a changing time politically and culturally while also dealing with a gas crisis. Valentine and Kane's journey leads to them interacting with figures of both Old and New Hollywood, including Jon Peters and Jack Holden.


Republic Records has revealed the tracklist and release date for the Licorice Pizza soundtrack. The album features songs by David Bowie, Nina Simone, and Paul McCartney and Wings, Donovan, Sonny & Cher, Gordon Lightfoot, and more. Additionally, it features the new song “Licorice Pizza,” made by frequent Paul Thomas Anderson collaborator Jonny Greenwood. Find the tracklist for the Licorice Pizza soundtrack below.

*

Situé en 1973, dans la vallée de San Fernando, le film de Paul Thomas Anderson met en vedette Alana Haim et Cooper Hoffman... Super film ! Cool !
Vu Inherent Vice de 2014 et beaucoup apprécié (American period neo-noir crime film written and directed by Paul Thomas Anderson, based on the 2009 novel of the same name by Thomas Pynchon)
De quoi commencer l'année, back to 1973 ! De façon sympathique et optimiste !

True love deep in the winter white snow...




Film Par kiwaïda at 20:29

06/01/2022

ṽℯℊε⊥@ℓi﹩ღε

Scroll down

Illustrations © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 00:51

29/12/2021

♓∀Ṕℙ¥ ℋ∀ṔℙУ

Scroll down

feerie51.jpg

Um mar calmo e brilhante, uma mãe.

O mar, o oceano, a paisagem sem senha, sem palavra de passe, sem caixa eletrônico...

Mãezinha.

Illustration © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 22:32

27/12/2021

♭αηḓ℮ ḓε﹩﹩ḯηéε : iℓʟüμїᾔ@⊥ḯ☺ηṧ

Scroll down

Illuminations

































































































Illustrations de la bande dessinée © Sonia Marques




Art Par kiwaïda at 18:41

18/12/2021

ℬ☮Ѧϟ ℉∃$†Åϟ

Scroll down

Cette carte de vœux est toujours d'actualité. Je l'ai créée pour les fêtes de fin d'année en 2017 ou 2018, cela n'a pas d'importance, puisqu'elle fut intégrée à la page d’accueil de mon site Internet. Celui-ci, visionnaire, préfigurait une notion de confinement. Les bonnes fêtes étaient ainsi souhaitées à toutes celles et ceux avec qui j'ai travaillé, mes amis également, mes proches et très proches, et les amis très distants, celles et ceux, dont la distance kilométrique, de pays à traverser, ne permet, ces temps-ci, que d'être en relation, par écran interposés, bien plus que par la voix (le téléphone) Nous pouvons le regretter, notre société, n'a pas trouvé mieux que ces modes de communication qui font très mal aux yeux, et même, dans les milieux professionnels, il est recommandé de télétravailler. Imprimée et envoyée à plusieurs, cette carte fut aussi une (grande) carte de coordonnées. Chanceux et chanceuses à celles et ceux de l'avoir reçue, avec tendresse.

Au-delà de cette notion festive, chère à mon cœur, elle annonçait ma nouvelle compagnie. Je n'ai de cesse de m’intéresser au monde animal. Une nouvelle naissance, l'éthologue rencontrait le quotidien de l'artiste, quasi convalescente, après avoir donné tout son temps au service des autres humains, les animaux aussi se trouvaient rassemblés dans une arche providentielle.

La page d’accueil de mon site Internet n'a pas changé, elle exprime une certaine permanence, dans un monde en perpétuel changement.



La page de ma biographie à feuilleter, provient aussi d'une création, hors ligne, devenu textile, issue d'un dessin de grande taille (plus grand que ma taille humaine) d'un personnage, un magicien, en train de peindre avec des cymbales ("Domino") liée à la dominoterie et aux corps flottants, présents dans mon travail artistique, qui m'a accompagné dans la durée. Un merveilleux programme de recherche, qui m'habite. Comme des dominos, ce jeu étonnant d'adresse et d'imprévus, (autre terme utilisé pour des jeux spectaculaires de petits dominos) mes œuvres artistiques forment des réactions en chaîne. Souvent, un élément qui semble mineur, pour d'autres, provoque un changement de proximité à d'autres créations en chantier, qui provoque d'autres changements similaire, et ainsi de suite. Cet effet Domino, suite d'événements liés entre eux, est une métaphore intéressante, dans ma méthode de travail et d'expression artistique, car elle prévient du risque systémique, tout en exposant la faille d'un système. Mais il ne peut être décodé que par des sachants. L'expertise de l'image et des arts graphiques, de la communication, est un art de l'histoire des images et de leurs capacités à générer du lien et de traverser des frontières. C'est dans "le toucher", associé à une certaine acuité visuelle, que mon art tente d'ouvrir un champ d'émotions : c'est plus par les poils et les plumes, que j'ai le mieux réussi, à traverser la complexité des relations sociales, en explorant des langages, qui m'étaient totalement inconnus, et dont, je n'avais reçue aucune formation, si ce n'est, d'avoir été très jeune, confrontée à des animaux différents. Et ce, certainement dès ma naissance. Une de mes cousines plus âgée que moi m'avait raconté, qu'elle était restée très impressionnée par des portraits photographiques en noir et blanc agrandis et affichés chez mes parents (les auteurs), de moi, petite, sur un âne qui semblait immense, dans un chemin de terre. Est-ce que je semblais être à cheval (d'un âne), avant de savoir marcher, les mains dans les poils ? L'âne est déjà un animal très particulier, qui n'en fait qu'à sa tête.

N'en faire qu'à sa tête...

Extrait du dessin Domino.

Œuvres multimédias © Sonia Marques

*

Il y a toujours plus grand que soi. Le pouvoir des assujettis, dans le monde animal, et aussi, je l'éprouve, chez les êtres humains, est dominant. N'en déplaisent à celles et ceux qui continuent de penser, que seuls les dominants déclarés, décident de qui est dominé. Mon observation de certaines espèces animales et leur potentiel à communiquer sans aucune voix, et par leurs sensibilités, chatoyantes, m'ont beaucoup appris de langages dont nous nous trouvons assujettis, sans en avoir une once de contrôle, ni de domination. Cela confère aussi, au lien avec le paysage qui se transforme et le climat, sur terre.

*

J'écrivais ceci sur Domino, et ses couleurs flottantes (2013-2015) :

Domino est le nom que je livre à cette œuvre. Elle représente un magicien qui fait de la peinture. Je ne dirai pas un peintre, car avec ses outils, ses cymbales, cet instrument de musique percutant, il fait de la peinture, il ne la pratique pas, il la fait apparaître par hasard. Ses cymbales trempées dans la couleur sont les pinceaux qui mélangent les couleurs. Son costume et le fond sont la palette et le décor. On peut distinguer parfois des tracés qui s’effacent progressivement dans un ton uni et puis des contours qui cernent d’autres tons, jusqu’à former des motifs de camouflages. Cette création est issue de plusieurs études historiques. Je laisse flotter des notions lorsque je peins dans ma tête, des histoires qui n'ont pas de couleur, pas d'images, ni de représentation. Je leurs dédie un dessin, je leurs attribue des gammes et des nuances de couleurs. Pour ne pas perdre le rythme de cette pensée dansante, j’ai imaginé des couleurs qui seraient non miscibles entre elles, qui se repoussent et s'épousent, dont j'observais leur sensualité se dessiner avec Domino et ses instruments de musique jetés ensemble, comme des percussions synesthésiques. D'ailleurs, le mot Cymbales vient du grec, kumbalon, signifiant jetés ensemble, de la même origine que le mot Symbole. Si les cymbales sont utilisées dans la musique populaire, des fanfares folkloriques aux marches militaires, et au jazz, elles sont apparues pour la première fois dans l’ancienne Assyrie (le nord de l’actuel Irak), en Egypte et en Judée. On se servait également de petits instruments similaires en Occident. Ce n’est pourtant qu’au XVIIIe siècle que les grandes cymbales originaires de Turquie sont arrivées en Europe. Je voyage à travers la création. Et je stationne un moment dans une œuvre avant de repartir. La réalisation est une clôture, mais pas une finitude. Domino me laisse une fenêtre ouverte sur la peinture. Il me semble que la peinture maquille un drame, quelque chose de grave, afin de se sentir vivant. Ce personnage symbolise une cartographie, un paysage, des plaines et des surfaces agricoles vues de près, vues d'en haut, abstraites et parcellisées.


Au crépuscule ce jour, me viennent ces pensées...
Sommes-nous sensibles ? Seulement, si nous savons préserver nos qualités sensibles, l'ignorance balaie de son renoncement, l'accès sensuel à ces qualités intrinsèques à la vie et donc, à la condition de la meurtrissure. L'insensibilité est un paravent. Il suffit d'une rencontre pour ôter ce préjugé et parvenir à l'humilité. Défaillir d'amour, comme le jour se pâme au crépuscule.

Art Par kiwaïda at 14:36

16/12/2021

ßℯʟʟ ♄øøḱ﹩

Scroll down
Photographies © Sonia Marques

Bell Hooks n'est plus, il y a quelques années, son ouvrage m'avait marqué, par son intelligence et sa pertinence, il m'a beaucoup apporté dans l'étude féministe des noires américaines, je remarquais alors qu'il n'y avait rien, en France, dans les bibliothèques des écoles d'art à ce sujet, et pour cause. Elle avait utilisé son nom de plume (en minuscules) en hommage à son arrière-grand-mère, Bell Blair Hooks, née Gloria Jean Watkins le 25 septembre 1952 à Hopkinsville dans le Kentucky, elle a publié plus de 40 ouvrages au cours de sa vie, dont le recueil de poésie And There Wept (1978) et ainsi que Ain't I A Woman (1981) : Black Women and Feminism. Ses dernières réflexions portaient sur l'amour. En octobre dernier paraissait, traduit en français, son ouvrage : La volonté de changer - les hommes, la masculinité et l'amour, résumé ainsi :

Si pour beaucoup d’hommes, le féminisme est une affaire de femmes, bell hooks s’attelle ici à démontrer le contraire. La culture patriarcale, pour fabriquer de « vrais hommes », exige d’eux un sacrifice. Malgré les avantages et le rôle de premier choix dont ils bénéficient, ces derniers doivent se faire violence et violenter leurs proches pour devenir des dominants, mutilant par là-même leur vie affective. La volonté de changer est un des premiers ouvrages féministes à poser clairement la question de la masculinité. En abordant les préoccupations les plus courantes des hommes, de la peur de l’intimité au malheur amoureux, en passant par l’injonction au travail, à la virilité et à la performance sexuelle, bell hooks donne un aperçu saisissant de ce que pourrait être une masculinité libérée, donc féministe.

*

Conception et réalisation de l’œuvre en céramique Cendrillon à Limoges (Photographie © Sonia Marques - 2010)

Ainsi, j'ai pensé à l’œuvre d'art que j'ai réalisé en mai 2010, il y a 11 ans. Elle s'intitulait Cendrillon. Toute réalisée à la main, par mes soins, en céramique (4Mx4M), une prouesse technique qui matérialisait le transfert d'une icône informatisée et numérisée des arts du codage des années 80 à un véritable tapis carrelé, de 1600 biscuits peints à la main. Mon projet de recherche réalisé en un temps record, faisait participer les étudiants de l'école d'art nationale de Limoges-Aubusson, où je venais d'être professeure en infographie et création multimédia, sélectionnée sur concours national en 2009... J'ai travaillé quasiment tous les jours et mes nuits sur ce projet avec passion et avec une énergie canalisée très saine et vitale pour une collectivité. J'avais une grande confiance dans mes acquis artistiques et techniques, que je souhaitais, avec générosité, partager. J'ai aussi ouvert mes esprits aux différentes façons d'aborder les techniques de la céramique, et j'ai appris, autant que je formais d'autres personnes (techniciens, étudiants) Ma capacité à trouver des solutions, malgré mon nouvel habitat sommaire et l'inconnu de la nouvelle ville et mon déménagement rapide pour le poste, a été un superbe relancement pour les étudiants, les nouveaux collègues, et la direction, et celles et ceux qui étaient en place depuis longtemps. J'ai donné beaucoup de mon art et mon affection, ce qui forment la patience inouïe des artistes ingénieux, ici, ingénieuse, en dépit de la dégradation de la valeur de l'enseignement, de l'art et de l'ouvrage, de la culture, au fil des années.

© Sonia Marques

Un mois après mon arrivée, l'école limougeaude, suite à ma conférence publique, le directeur me proposait d’exposer dans l’école, une œuvre multimédia de mon choix, lors du WIF (Festival International du Webdesign) programmé pour le mois de mai 2010. J’ai ainsi imaginé un projet de production artistique, d’une œuvre de grande envergure (mais étapes par étapes, de façon très modeste et discrète), au sein de l’atelier céramique en transversal avec l’atelier d’infographie et d’arts graphiques dans lequel je donnais des cours régulier à tous les niveaux depuis quelques mois. Ce projet était une réflexion sur la céramique mais aussi sur mon histoire culturelle. Cette œuvre réalisée (Cendrillon) de 16 m2, composée de 1600 carreaux de céramique peints, a fait participer les étudiants, par la pratique plastique (couleurs, vibrations, nuances, motifs) et les techniques (céramique, cuisson, peinture) et, de façon théorique, questionner des processus innovants dans des ateliers techniques croisés, qui ne se côtoyaient pas dans leur conception pédagogique. L’aspect culturel et le métissage opéré résultaient d’une recherche iconographique sur les interfaces graphiques des années 80 et s’inspirait de l’art traditionnel de l’azulejaria portugaise, dans sa technique en mosaïque. Je revisitais l’artisanat du côté du sociologue américain Richard Sennet, de son livre, Ce que sait la main, La culture de l'artisanat, (The Craftsman) de 2008, et je posais des questions sur les métiers d'art et le numérique, bien que ces disciplines n'étaient pas, alors valorisées par les écoles d'art. Le laboratoire des couleurs et pigments de l’école limougeaude, historiquement abandonné mais en l’état, a ainsi été fonctionnel et l’assistant technicien sur le décor, a pu depuis, par cette recherche, investir ce lieu et en faire l’atelier du petit décor pour la céramique et les étudiants. Cette œuvre fut exposée à l’école, puis les mois d’été suivant, au Centre Culturel Jean-Pierre Fabrègue à Saint-Yrieix-la-Perche, invitée par la directrice de l’espace, qui avait beaucoup apprécié mes recherches, pour prendre place dans une exposition programmée avec de jeunes designers de la région, sur des questions d'éco-responsabilité, ce qui était manifeste dans ma proposition artistique. Le matériau principal utilisé provenait des déchets et des chutes de terre, destinés aux poubelles, que l'école produisait chaque jour. Ces rébus de terre, amalgamés sous formes de boudins et mis de côté, pour mon projet, devenaient ma matière première, une œuvre d'art qui posait, pour la première fois, le recyclage, au centre de ses intérêts, dans une école où le luxe et les excédents n'étaient pas envisagés, ni considérés. L’année suivante, en 2010-2011, l’équipe enseignante et la direction m’ont donné la mission de coordonner la première année, avec une quinzaine de professeurs et assistants des ateliers techniques et de remettre en fonction les fondamentaux (couleurs, volume, dessin) J’y ai ajouté les fondamentaux des « médias », pour lesquels j’ai valorisé les enseignements des modes d’impressions afin d’élever le niveau des étudiants dès cette année, jusqu’à l’initiation à l’infographie, d’un point de vue artistique, avec une émulation créative au sein de l’atelier.

Photographies © Sonia Marques (2010)
L’œuvre Cendrillon est née dans les cendres de cette école, telle que le conte se raconte encore, même en Afrique, et pourtant c’est devenue une princesse sur un trône avec une myriade de couleurs. La recherche de la couleur de sa peau (le brun) de la figurine de pixels, représentaient 2 mois consacrés de recherche afin d’obtenir un marron chaud très particulier. Ce qui m’a permis de classifier les pigments de l’école, et de vérifier, après cuisson, la tenue de la couleur. Quelques années plus tard, en 2016, je fis la rencontre d’une écrivaine, Élisabeth Lemirre, venue présenter son ouvrage à la médiathèque de Limoges, une anthologie « Sous la cendre, figures de Cendrillon », en partenariat avec l'Opéra-théâtre de Limoges, dans le cadre de la programmation autour de Cendrillon, quelle coïncidence, un spectacle lyrique chorégraphié par Ambra Senatore (qui a écrit le rôle du Prince pour un travesti, pour une voix de mezzo et non de ténor) auquel j’ai assisté. J’ai apprécié nos échanges entre son ouvrage très documenté, notamment dans les pays africains, et l’œuvre que j’avais réalisée en céramique.

Argentina & Alvaro © Sonia Marques (2010)

C'est un merveilleux souvenir et une étape formatrice, dans ma vie artistique. Il y a eu un point convergent entre ma vie privée, publique, enfantine, adulte, de femme, de conjointe, d'ex-conjointe, de partenaires professionnels très différents, entre périphérie et capitale, banlieue et insularité, individu et collectif, enseignante-enseigné.es, théorie et pratiques, faire et savoir, art et artisanat, médias numériques et couleurs écraniques et un incroyable passage entre les couleurs lumineuses de l'écran et les couleurs de la terre, dont je devais trouver, également la correspondance lumineuse (ce qui est un vrai défi technique, lorsque l'on maîtrise le décor) Une œuvre qui a dépassé toutes les frontières. Ma composition faisait appel à la lusophone. Raconter l'histoire de sa fabrication est un véritable conte de fée. Je suis aussi très heureuse, que les parties masculines aient transférées toute leur affection à ce projet et que mes parents aient pu voir le puzzle assemblé, que l'on peut désassembler à souhait. Une œuvre d'une mobilité déconcertante, manipulable, d'un poids certain, et en même temps, légère, volubile. Mouvante. Très chaude, vibrante, saturée, mathématique, digne d'une maçonne fantaisiste et appliquée à l'art.


Enseignement Par kiwaïda at 17:09

15/12/2021

ℒ❝нї√ℯґ ηʊ

Scroll down













































Photographies © Sonia Marques








(。♥‿♥。)

乂❤‿❤乂

╭(♡・ㅂ・)و ̑̑

Photograhier l'hiver nu, sa douceur rose, son soleil froid, sa lumière blanche, tout peut sembler décor cinématographique, mais tout provient de souvenirs, ou de dessins. Les incognitos, ces dessins, cette série, cette matrice, est comme un tampon, qui imprime aussi des images de la lumière du jour, des photographies. Ces motels, sont comme Noël, cette enseigne improbable, ces arbres devenus exotiques, comme ce déroulement des dessins aux dégradés, ils défilent, comme des exotiques otakus qui sommeillent de motels en motels, sur des plans, sans habitations. Ce sont des apartés dans des villes, des provinces, des morceaux de vie que l'on ne peut pas caser. Ces modes de vie et de cohabitation ne correspondent pas aux attendus. Où sont ces otakus ? Les échappées numériques s’effilochent, comme des vies non consumées dans la norme, assumées comme traversant, tout simplement, des regards qui traversent, sans s'attarder, sans prendre, ni regret.

Sans retenir.


(。♥‿♥。)

乂❤‿❤乂

╭(♡・ㅂ・)و ̑̑


Art Par kiwaïda at 01:46

14/12/2021

†ℌℯ αℊℯ ☺ḟ ¢øη﹩℮ᾔ⊥

Scroll down

Musique Par kiwaïda at 01:19

11/12/2021

ѦℵḠ∃

Scroll down

 
Ange © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 20:20

08/12/2021

∀✔€И✞

Scroll down

Avent, advenir, arriver, préparation, attente, mémoire, pénitence, jeûne...

S'abstenir... de toute chose, regarder toute chose, être tout chose...

Photographies © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 00:40

03/12/2021

ḠÜЇℜℒ∀ИÐℰ$

Scroll down

Extase est un diaporama de photographies de vues de montagnes sur une plage sonore longue d'une composition musicale que j'ai nommée Island. Projeté sur grand écran et exécuté par un programme informatique, il était programmé lors des démos de Téléférique, un groupe d'artistes que j'ai co-fondé en 1999, dans plusieurs lieux à travers la France, sur une durée de quelques années. Une période de transition, fin des années 90 et début des années 2000. Une année charnière où pas mal d'expériences étaient tentées, un peu comme un feu d'artifice d'un siècle à une autre. Les photographies, que j'ai travaillées, s'organisaient, dans mon esprit, comme des espaces inventés, des paysages d'altitudes, bien que certaines vues se posent au sol. La couleur est la dimension picturale la plus remarquable de ces sites, qui, in fine, n'existent pas, sauf dans mon esprit. Si cet extrait représente ici des vignettes comme des timbres-postes, dans la programmation exposée, la projection était très grande, et nous étions en immersion dans ces paysages. La musique répétitive que j'ai créé, venait vraiment de mon esprit et je ne connaissais pas, à cette période Terrence Mitchell le compositeur contemporain américain, de la musique minimaliste californien, et pourtant, je pense que cette composition aurait pu en être issue. Étrange, non ?
Je n'écoutais pas alors, de musique minimaliste, mais plutôt technoïde. Plusieurs compositions sonores ont été réalisées ainsi, sans référence, et pourtant, c'est bien moi qui les ai composées. Il y a eu des journalistes qui venaient interroger mes amis, membres du collectif, pour leurs demander sans arrêt si c'était eux, les compositeurs, et ils souhaitaient vraiment rencontrer l'auteur, en pensant que cela devait être un homme. Mais leurs réponses les décevaient lorsqu'ils me montraient du doigt : c'est elle. Ils rebroussaient chemin, sans m'interroger, mais continuaient après à contacter chaque homme de mon collectif et finissaient par en inviter quelques uns dans leur programmation musicale, d'autres festivals. Cela ne me gênait pas, dans le sens où je n'aurai pas pu travailler avec des personnes obnubilées par le genre et ainsi, rien n'était dénaturé de ce qui sortait de mon esprit.
La période de décembre me fait penser à cette démo enneigée, que j'avais organisée, pour un festival, un symposium des arts électroniques international, avec mes amis. Le flyer, que j'avais dessiné, était à l'image d'une cartographie en montagne avec des téléphériques, icônes de notre groupe, qui préfigurait le mode de téléchargement d’œuvres d'art, dans un protocole de transfert, en FTP. C'était très ingénieux ! Un 8, 9, 10 décembre de l'année 2000, il faisait aussi froid que ces jours-ci, et nous étions très précaires, et pourtant avec des rêves immatérialistes, que nous avions réussi à matérialiser, avec une solidarité assez extraordinaire, mais aussi un enthousiasme plus fort que tout, une foi dans nos avancées, que je trouve toujours magique. Et pourtant si modestes. Il fallait avoir l'amour et la capacité de réunir des jeunes personnes si différentes, de culture et de genre, et aussi techniquement aux prémices du numérique, j'étais formatrice autant que je me formais. Mon appartement ressemblait à une table aux multiples entrées. Ma capacité d’accueil était naturelle. Puis le contexte à changé et en changeant de ville et de région, mes méthodes d'apprentissages, de formations, d’accueil, ont aussi changé. L'altitude se mesurait, plus j'explorais, moins j'étais suivie. Et mes traces s’effaçaient. Si j'étais un guide, celui-ci, la guide, celle-ci, est partie très loin devant. La cordée était si lourde, et tirait si fort que j'ai dû, à un moment, prendre appui sur de nouveaux repères, en laissant mes amis prospèrent sur les bases. Quand on voit loin, on doit se fier à sa ligne de crête, solitaire.

Là je regardais les années 2000. C'est loin et c'est aussi proche pour d'autres qui découvrent ces reliefs, bien plus tard.

Ce qui reste très vivant, c'est cette joie, je pense qu'elle est très vivante, et se manifeste au souvenir, mais aussi, dans ces moments de repos où j'estime qu'il faut se reposer. Pas beaucoup de cabanes dans la montagne, et un petit hélicoptère sauverait bien de difficultés inutiles, mais il est agréable aussi de grimper avec peu, d'être léger et croiser une chouette effraie. Blanche, et son bébé.
Souvent ces oiseaux, comme tant de perroquets, ou de toucans, dans les pays où il fait chaud, se posent des questions lorsqu'ils regardent la caméra de surveillance. On peut ainsi les voir, être filmés, à leur insu, regardant à travers l'objectif à plusieurs reprises, détournant ainsi la visée, s'imposant comme être vivant dans la majeure partie de l'image, de l'écran, de la vignette donc. Ces animaux nous regardent les regarder, sans savoir qu'ils occupent un espace non prévu pour eux. Ce comique de situation est exactement ma situation. Je regarde un appareil quelconque destiné à surveiller, de façon étrange, comme si cet objet n'avait pas d’intérêt pour moi, si ce n'est que parfois me gêner, parfois m'amuser, et en le titillant, j'agace les observateurs et les observatrices, qui ont conçu cet appareil, pour surveiller les routes, ou les voleurs, ou parfois je les amuse. Mais je suis vue comme un animal surprenant et idiot.

Le problème est que "le quelconque" a demandé beaucoup de techniques et de crédits, souvent à des fins politiques, qu'il y a des armées derrière (ou parfois justement plus personne, les caméras de surveillance ne sont pas surveillées et souvent abandonnées) et qu'agir ainsi peut sembler, se moquer de la politique. Hors, c'est une méprise, je ne parle pas le même langage et ne me meus pas dans la visée d'un tel appareil de surveillance. Avec mes patauds essais, parfois de virer l'engin et le mettre hors service, ma vie ne s'en trouve pas modifiée. Tandis que c'est un drame de ne plus voir ni pourvoir surveiller, ni d'être bien vus pour d'autres.

Les incognitos

L'autre visuel, est celui d'une double page, de mon édition, nommée Les incognitos, réalisée plus tard, en 2011, le collectif Téléférique était dissout, j'avais déménagé dans une ville que je ne connaissais pas, mais j'avais embarqué mes dessins commencés déjà en banlieue parisienne, dessinés à l'encre de Chine noire sur de grands formats. La réalisation de cette édition, permettait de passer à la couleur et de travailler les superpositions. Les 2 monstres choisis, en vert et rouge, me faisaient penser à Noël, et je ne les avais jamais évoqués avec Extase. Pourtant, ces dessins et ces inventions d'icônes, étaient déjà présentes dans d'autres projets présentés, collectif, je pense à Phosphène, un format très hallucinogène, que j'avais co-réalisé, et jouait en direct avec Robin Fercoq, devant un public très surpris, en pianotant nos claviers d'ordinateur. Je me souviens de toutes les phases de réalisations, dans mon appartement ou dans le sien, souvent le soir, car je travaillais le jour pour payer mon loyer, dans d'autres entreprises privées, pas facile de jongler, mais, c'était exceptionnel, quand on est jeune, on est capable de faire tellement de choses diverses, que l'on ne se rend pas compte, qu'elles seront un réservoir inépuisables d'acquis et de beaux souvenirs.

Cette édition s'inscrivait dans des éditions que je nommais Isolarii, et secondaient la création d'un site Internet sur les Îles : Nissologie. Toutes ces idées, riches, renvoyaient à d'autres idées, puis ces autres idées renvoyaient à d'autres idées. Autant dire que je m'amusais à penser à une université pour une seule personne, la plus isolée, n'était-ce pas là, la perception de l'exclusion que  j'abordais avec humour, ou de l'exclusif. Au plus loin, au plus haut, toujours pour prendre de l'altitude, n'y avait-il pas là de quoi se retrancher dans un espace difficile d'accès. Surtout si l'on doit affronter ces monstres rouge et vert ?

C'était ainsi sonné :

Isolarii : Nom des éditions nissologiques.
* Auteur : Sonia Marques, artiste, professeur
* Recherche : oLo (Observatoire du Langage des Oasis)

"Ces isolarii (insulaires) sont mes poussières de continents, des recueils, catalogues, cartographies, histoires, illustrations, poésies, curriculums, manifestes, essais, collaborations, toutes sortes de textes, images, enrichis par l'expérience personnelle de leurs auteurs. Comme les recueils d'îles du XVe siècle, dont est inspiré le nom de cette édition, ils concernent des unités "étroitement circonscrites et aisément descriptibles", ils s'adressent aux poètes, navigateurs, artistes, chercheurs et s'inscrivent dans l'Observatoire du Langage des Oasis, (oLo)"

* Isolarii : Name of the nissology's editions
* Author : Sonia Marques, artist, professor
* Research : oLo (Observatory of the Language of Oases)



Mon observatoire du langage des oasis n'a pas cessé, depuis, de s'agrandir.

Internet Par kiwaïda at 23:38

21/11/2021

ḰηüL℘

Scroll down

knulp.jpg

C'est la journée de la fatigue. Enfin !

Relire Hermann Hess et son Knulp, ou bien l'éloge de l'oisiveté...

Knulp est un roman de Hermann Hesse paru en 1915 et narrant trois moments de la vie de Karl Eberhard Knulp, un vagabond volontaire. Le récit se compose de trois parties. La première, intitulée Printemps, relate la convalescence de Knulp chez son vieux camarade, le mégissier Émile Rothfuss. Il courtise Barbara Flick, une jeune domestique, mais finit par écourter son séjour chez son ami, la femme de ce dernier lui faisant de plus en plus d'avances. Dans Je me souviens de Knulp, raconté par un compagnon d'errance, Knulp livre quelques fragments de sa philosophie de vie. Les derniers jours de Knulp, atteint de la tuberculose, sont racontés dans La Fin. Il passe quelques jours chez son ancien condisciple, le docteur Machold qui tente de l'envoyer dans un hôpital. Knulp parvient à déjouer les plans de son ami et poursuit quelques semaines sa vie errante. À la fin du récit, faisant le bilan de sa vie, il dialogue avec Dieu avant de s'endormir apaisé dans la neige.

Extraits :

Il n'aimait pas faire de projets ou des promesses à long terme. Quand il ne pouvait disposer librement du lendemain, il en éprouvait un malaise. (...)
On le laissait aller. Ainsi, un beau chat partage, dans leur maison, la vie des maîtres qui croient le tolérer avec indulgence alors que, indifférent aux hommes accablés sous le poids du labeur, il mène une existence libre de tout souci, élégante, paresseuse et princière.

+

J'ai songé souvent à mes parents. Ils croient que je suis leur enfant, que je suis comme eux. Mais malgré l'affection que je leur porte, je suis pour eux un étranger qu'ils ne peuvent comprendre. Et ce qui fait que je suis moi, ce qui, peut-être, constitue mon âme, c'est cela qui leur semble accessoire et qu'ils mettent sur le compte de la jeunesse ou d'un caprice passager. Ça ne les empêche pas de m'aimer et de me vouloir du bien. Un père lègue à son enfant son nez, ses yeux et même son intelligence : il ne lui transmet pas son âme. Tout être humain à une âme neuve.

+

Knulp dit que nul ne peut mêler son âme à l'âme d'un autre. Deux êtres peuvent aller l'un vers l'autre, parler ensemble mais leurs âmes sont comme des fleurs enracinées, chacune à sa place; nulle ne peut rejoindre l'autre, à moins de rompre des racines; mais cela précisément est impossible.
Faute de pouvoir se rejoindre, elles délèguent leur parfum et leurs graines; mais la fleur ne peut choisir l'endroit où tombera la graine; c'est là l’œuvre du vent et le vent va et vient à sa guise : il souffle où il veut.

+

Vois-tu, disait Dieu, je t'ai pris tel que tu étais. En mon nom tu as vagabondé, tu as communiqué aux sédentaires un peu de ton besoin de liberté. En mon nom, tu as fait des bêtises, tu t'es attiré des moqueries ; c'est moi-même dont on s'est moqué en toi et qu'on a aimé en toi. Car tu es mon enfant et mon frère et un morceau de moi-même et tu n'as goûté à rien et souffert de rien que je n'ai goûté et souffert avec toi.


+

Tu sais que j’ai toujours eu des engouements ; quand j’avais fait une nouvelle découverte, plus rien au monde ne comptait sur le moment.

+

Mais il n’aimait pas mettre son nez dans les affaires d’autrui et n’éprouvait point le besoin de corriger ses semblables ni de leur ouvrir les yeux.

+

Il m'arrive de penser que la plus belle chose au monde, c'est un tel oiseau, un de ces oiseaux qui planent librement dans le ciel. Une autre fois, rien ne me paraît plus merveilleux qu'un papillon, un papillon blanc par exemple, avec des yeux rouges sur les ailes, ou bien un rayon de soleil couchant sur les nuages.

+

Une chose est belle, quand on la regarde au bon moment.

+

Je crois aussi que la plus belle chose qui soit, c’est de connaître, en dehors du plaisir, la tristesse ou l’angoisse.
— Comment cela ?
— Voici ce que je veux dire : une jeune fille, si belle soit-elle, on la trouverait peut-être moins belle si l’on ne savait que sa beauté est éphémère, qu’elle vieillira et mourra. Si la beauté demeurait éternellement, je m’en réjouirais, certes, mais je la contemplerais plus froidement et je penserais : tu la verras toujours, elle n’est pas liée à l’instant. Par contre, ce qui est passager, ce qui se transforme, je le contemple non seulement avec joie mais aussi avec compassion.
— Ma foi…
— C’est pourquoi je ne connais rien de plus admirable qu’un feu d’artifice : les fusées bleues et vertes s’élèvent dans les ténèbres et au moment précis où elles sont les plus belles, elles retombent et s’éteignent. Quand on assiste à ce spectacle, on éprouve de la joie et en même temps de l’angoisse : tout se passe très vite et il faut qu’il en soit ainsi ; si le spectacle durait plus longtemps, il serait beaucoup moins beau. Tu ne trouves pas ?

+

Knulp avait raison de suivre sa nature. En cela, peu de gens étaient capables de l'imiter; il avait raison de parler à tout le monde, comme un enfant, et de gagner tous les cœurs, de raconter de belles histoires à toutes les femmes et de croire que chaque jour est un dimanche.

+

L'art de l'oisiveté, écrits entre 1899 et 1962, les 37 textes du volume, la plupart inédits en français, parlent de la musique, de la peinture, de livres, de paysages, de rencontres avec des hommes. Hesse propose un nouveau rapport à l'existence, une sorte de programme qu'il nomme "l'art de l'oisiveté" : un art du regard qui prône l'humour, le scepticisme, l'esprit critique, bref, la liberté de l'individu.

Extraits :

J’appris qu’être aimé n’est rien et qu’aimer est tout ; je compris également de plus en plus clairement que seule notre capacité à sentir les choses, à éprouver des sentiments rendait notre existence précieuse et gaie. Quel que fût l’endroit sur terre où j’apercevais ce qu’on nomme « le bonheur », je constatais que celui-ci naissait de la richesse de nos impressions. L’argent n’était rien, le pouvoir n’était rien ; on rencontrait beaucoup de personnes qui possédaient les deux et demeuraient pauvres. La beauté n’était rien ; certains hommes et certaines femmes demeuraient pauvres, eux aussi, malgré tout leur éclat. La santé, elle non plus, n’avait pas beaucoup de poids ; la forme de chaque personne dépendait de son état psychologique ; bien des malades heureux de vivre prospéraient jusqu’à la veille de leur mort, et bien des hommes en bonne santé dépérissaient avec angoisse dans la crainte de la douleur. En revanche, quand un homme éprouvait des sentiments intenses et les acceptait en tant que tels, quand il les cultivait et en jouissait au lieu de les rejeter et de les tyranniser, il connaissait toujours le bonheur. De même, la beauté ne rendait pas heureux celui qui la possédait, mais celui qui était capable de l’aimer, de la vénérer.

+

 Nous ne devons pas nous contenter de trouver la nature féconde et utile. Nous devons aussi voir qu’elle est belle et, plus encore, qu’elle est insondable, qu’elle est au-delà du beau et du laid.


+
 
Les périodes de grandes épreuves nous offrent l’occasion de constater que les hommes sont curieusement  plus nombreux à pouvoir mourir pour un bien idéal qu’à savoir vivre pour lui.


+

L’écrivain ne doit pas aimé le public, mais l’humanité.

+

[Les rêves] ont toujours retenu mon attention, et souvent, je me suis sentis étonné et triste de constater à quel point ils étaient fugaces, à quel point ils se dissipaient rapidement le matin et s’enfuyaient, effarouchés, au moindre contact avec la raison.


+

J’ai longtemps surestimé la réflexion, et lui ai consacré beaucoup de mes forces ; parfois cela m’a nuit, parfois cela s’est révélé bénéfique. Mais j’aurais tout aussi bien ne rien faire du tout, le résultat serait exactement le même aujourd’hui.


+

Cette position fait irrémédiablement de moi un ermite et vient de ce désir insondable  de pouvoir prendre l’existence au sérieux alors que tous les autres la considèrent comme un jeu de société amusant auquel il participe avec gaîté, obéissant en cela à des règles mystérieuses et inconnues.

+

J’ai aussi appris entre autres choses que si on n’attend rien de lui, si on se contente simplement de l’observer en silence et avec attention, le monde peut nous offrir bien des trésors dont les gens comblés par le succès et par l’existence, n’ont pas idée.


+

L’homme moyen d’aujourd’hui a trouvé la mode comme faible substitut à ces traditions perdues.

+

Combien de fois encore me retrouverai-je ainsi allongé dans une chambre d’hôtel joliment tapissé, attendant le sommeil, éprouvant l’absurdité de mon existence mais aussi sa puissante magie ?

+

Les nuits de veille sont précieuses. Elles seules en effet offrent l'occasion à l'âme de s'exprimer librement, sans que cela n'entraîne de bouleversements extérieurs violents. L'âme peut alors manifester son étonnement ou sa frayeur, sa désapprobation ou son affliction. Pendant la journée, notre vie émotive n'est jamais aussi clairement saisissable. Nos sens jouent un rôle très actif et notre raison cherche à s'imposer en mêlant aux sentiments qui nous agitent la voix de son jugement, le charme délicat de la comparaison, de l'esprit raffiné et subtil. L'âme à demi assoupie laisse les choses se faire. [...] Ainsi notre vie n'est-elle pas simplement superficielle. Notre être recèle un pouvoir que rien d'extérieur ne peut atteindre ni influencer. Au fond de nous-mêmes s'expriment des voix que nous ne maîtrisons pas, et il nous est salutaire d'en prendre conscience de temps à autre.
NUITS D'INSOMNIE ( 1905 )


+

Ce jour-là, je vis et je sentis dès le midi que la soirée serait propice à la peinture. Pendant quelque temps, le vent avait soufflé. Chaque soir, le ciel semblait d'une pureté cristalline, et chaque matin, il se couvrait à nouveau, mais à présent régnait une atmosphère douce, un peu brumeuse, formant un voile léger qui enveloppait les choses comme dans un rêve. Ah, ce voile léger, il m'était familier ; je savais que vers la fin de la journée, lorsque la lumière deviendrait oblique, le spectacle serait admirable.
AQUARELLE


+

Aucune école n'apprend mieux à maîtriser son propre corps et ses propres pensées que celle à laquelle sont formés les insomniaques. On n'est capable de traiter les choses avec douceur, de les ménager, que lorsque soi-même on a besoin d'être traité ainsi. Seul celui qui s'est maintes fois senti livré au flot déchaîné de ses pensées dans le silence implacable de ces heures solitaires peut observer ce qui l'entoure avec bienveillance, examiner les choses avec amour, prendre en compte les motivations psychologiques des autres et être assez bon pour comprendre toutes les faiblesses humaines

+

Par le terme d'artiste, j'entends tous ceux qui éprouvent le besoin et la nécessité de se sentir vivre et grandir, de savoir où ils puisent leurs forces et de se construire à partir de là suivant des lois qui leur sont propres.

+


Littérature Par kiwaïda at 15:29

19/11/2021

ℙϴℒÅℜ & ѦÜℝ☮ℜÅ

Scroll down



Polar / Série des Contemplations / © Sonia Marques Peinture infographique / 70 x 60 cm / 2012




Aurora / Série des Contemplations / © Sonia Marques Peinture infographique / 70 x 60 cm / 2012


*


J'aime beaucoup ces deux peintures réalisées en 2012, le temps passe vite. Je me souviens du contexte de réalisations, de mes recherches, toujours d'actualité. J'écoutais de longues compositions minimalistes des années 70 de Terry Riley, je faisais de la méditation à travers la peinture. Elles étaient comme des pépites de joie, des bulles intenses d’éloquence. Les retrouver et se repositionner dans cette aventure est un bouleversement cosmique. Les pastels et les couleurs vives enfin réunies. Artiste, je peux avoir des dilemmes que personne ne connait, et qui ne touche personne d'autre que moi. Tandis que de grands problèmes, parfois collectifs, ne se représentent pas comme des dilemmes, de mon point de vue, car je peux trouver très vite la résolution du problème, il m'est très simple d'en résoudre certains, qui paraissent complexes et voués à se systématiser (ou se systémiser) Heureusement, je ne suis pas sollicitée pour cela, encore mieux depuis que je suis blonde et que je m'occupe des billes transparentes, ces idioties ne sont pas à la hauteur des enjeux où ils ont été établis, collectivement. Les nacs, ces nouveaux petits animaux de compagnies, ne leurs ai pas demandé de cogiter sur l'énergie nucléaire... Ils risqueraient d'émettre d'autres problématiques ignorées, impensées...
Là, il était question de couleurs et de blottissement de celles-ci, comme des pétales de fleurs, ou de lave volcanique sur une route, la nuit, lorsque l'on conduit et que le ciel nous guide. Contrastes éblouissants et simplicité des formes gonflées. Mon travail menait ces formes à la limite du chaos, disloquées, mais sans jamais faillir. Les transformations subies résultaient d'une aventure créative, de l'invention. Si mes gestes étaient dirigés, par un esprit concentré, tant il est minutieux d'en élaborer les tâches, il est resté ouvert, comme extasié par la découverte, sans jamais les empêcher d'advenir. Dans l'atmosphère, on peut prêter attention aux phénomènes colorés des gaz, l'azote et l'oxygène qui donnent des couleurs rouges et bleues et des teintes vertes. Ces cieux de feu sont comme des rêves où les formes s'entrechoquent. Toute chose se réjouit et se réjouit d'elle-même disait Plotin. Et elle se réjouit parce qu'elle contemple l'autre. Ainsi avais-je nommé ces peintures dans ma série : Les contemplations.

Ces chimies savonneuses, de mon esprit, se sont trouvées matérialisées, dans des peintures vitrées (ce que l'on ne peut voir à l'écran) La beauté de la création, réside, lorsqu'elle marque l'esprit, dans le pouvoir de s'y replonger à tout moment, même si cette création est datée à un instant précis, il y a des années. C'est-à-dire, que la recherche, lorsqu'elle est éprouvée, l'est toujours, dans l'esprit du créateur, de la créatrice. Et ici, je n'ai point besoin de cacher le pouvoir de la création, il provoque un bonheur, et trouve en l'imaginaire, la possibilité de s'extraire de l'ennui, des choses qui se répètent, comme un disque rayé. Telle une écoute qui s'use à force d'entendre la même chose, les mêmes émissions, l'esprit devient aliéné, s'enroule sur lui-même, lorsqu'il n'invente plus. La poussière atténue la qualité d'écoute comme des pneus abîmés par les chemins de campagne jonchés de cailloux. Se retrouver sur le sillon des inventions est la plus belle source d'émerveillement. C'est le binky du lapin.

Art Par kiwaïda at 18:33

14/11/2021

℉ℓℯ☂¢нłḯᾔ❡ *

Scroll down

Animal Par kiwaïda at 21:02

11/11/2021

тℯღ℘◎ ṽiᾔTαℊℯ*

Scroll down









































Photographies © Sonia Marques

HESPEROS HESPERUS VÊPRES VESPERTIN

Nous étions, nous serons, nous sommes, je suis passée par là, un autre temps, suranné, un coucher de soleil, une célébration du soir, inspiration raffinée, nous étions, nous serions, nous y sommes, je suis par là, quelque part, dans un temps moderne, dépassé, résolument orange, menthe à l'eau, fraise tricot.



Art Par kiwaïda at 20:33

- page 1 de 27