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blog m kiwaïda

21/11/2021

ḰηüL℘

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C'est la journée de la fatigue. Enfin !

Relire Hermann Hess et son Knulp, ou bien l'éloge de l'oisiveté...

Knulp est un roman de Hermann Hesse paru en 1915 et narrant trois moments de la vie de Karl Eberhard Knulp, un vagabond volontaire. Le récit se compose de trois parties. La première, intitulée Printemps, relate la convalescence de Knulp chez son vieux camarade, le mégissier Émile Rothfuss. Il courtise Barbara Flick, une jeune domestique, mais finit par écourter son séjour chez son ami, la femme de ce dernier lui faisant de plus en plus d'avances. Dans Je me souviens de Knulp, raconté par un compagnon d'errance, Knulp livre quelques fragments de sa philosophie de vie. Les derniers jours de Knulp, atteint de la tuberculose, sont racontés dans La Fin. Il passe quelques jours chez son ancien condisciple, le docteur Machold qui tente de l'envoyer dans un hôpital. Knulp parvient à déjouer les plans de son ami et poursuit quelques semaines sa vie errante. À la fin du récit, faisant le bilan de sa vie, il dialogue avec Dieu avant de s'endormir apaisé dans la neige.

Extraits :

Il n'aimait pas faire de projets ou des promesses à long terme. Quand il ne pouvait disposer librement du lendemain, il en éprouvait un malaise. (...)
On le laissait aller. Ainsi, un beau chat partage, dans leur maison, la vie des maîtres qui croient le tolérer avec indulgence alors que, indifférent aux hommes accablés sous le poids du labeur, il mène une existence libre de tout souci, élégante, paresseuse et princière.

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J'ai songé souvent à mes parents. Ils croient que je suis leur enfant, que je suis comme eux. Mais malgré l'affection que je leur porte, je suis pour eux un étranger qu'ils ne peuvent comprendre. Et ce qui fait que je suis moi, ce qui, peut-être, constitue mon âme, c'est cela qui leur semble accessoire et qu'ils mettent sur le compte de la jeunesse ou d'un caprice passager. Ça ne les empêche pas de m'aimer et de me vouloir du bien. Un père lègue à son enfant son nez, ses yeux et même son intelligence : il ne lui transmet pas son âme. Tout être humain à une âme neuve.

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Knulp dit que nul ne peut mêler son âme à l'âme d'un autre. Deux êtres peuvent aller l'un vers l'autre, parler ensemble mais leurs âmes sont comme des fleurs enracinées, chacune à sa place; nulle ne peut rejoindre l'autre, à moins de rompre des racines; mais cela précisément est impossible.
Faute de pouvoir se rejoindre, elles délèguent leur parfum et leurs graines; mais la fleur ne peut choisir l'endroit où tombera la graine; c'est là l’œuvre du vent et le vent va et vient à sa guise : il souffle où il veut.

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Vois-tu, disait Dieu, je t'ai pris tel que tu étais. En mon nom tu as vagabondé, tu as communiqué aux sédentaires un peu de ton besoin de liberté. En mon nom, tu as fait des bêtises, tu t'es attiré des moqueries ; c'est moi-même dont on s'est moqué en toi et qu'on a aimé en toi. Car tu es mon enfant et mon frère et un morceau de moi-même et tu n'as goûté à rien et souffert de rien que je n'ai goûté et souffert avec toi.


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Tu sais que j’ai toujours eu des engouements ; quand j’avais fait une nouvelle découverte, plus rien au monde ne comptait sur le moment.

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Mais il n’aimait pas mettre son nez dans les affaires d’autrui et n’éprouvait point le besoin de corriger ses semblables ni de leur ouvrir les yeux.

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Il m'arrive de penser que la plus belle chose au monde, c'est un tel oiseau, un de ces oiseaux qui planent librement dans le ciel. Une autre fois, rien ne me paraît plus merveilleux qu'un papillon, un papillon blanc par exemple, avec des yeux rouges sur les ailes, ou bien un rayon de soleil couchant sur les nuages.

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Une chose est belle, quand on la regarde au bon moment.

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Je crois aussi que la plus belle chose qui soit, c’est de connaître, en dehors du plaisir, la tristesse ou l’angoisse.
— Comment cela ?
— Voici ce que je veux dire : une jeune fille, si belle soit-elle, on la trouverait peut-être moins belle si l’on ne savait que sa beauté est éphémère, qu’elle vieillira et mourra. Si la beauté demeurait éternellement, je m’en réjouirais, certes, mais je la contemplerais plus froidement et je penserais : tu la verras toujours, elle n’est pas liée à l’instant. Par contre, ce qui est passager, ce qui se transforme, je le contemple non seulement avec joie mais aussi avec compassion.
— Ma foi…
— C’est pourquoi je ne connais rien de plus admirable qu’un feu d’artifice : les fusées bleues et vertes s’élèvent dans les ténèbres et au moment précis où elles sont les plus belles, elles retombent et s’éteignent. Quand on assiste à ce spectacle, on éprouve de la joie et en même temps de l’angoisse : tout se passe très vite et il faut qu’il en soit ainsi ; si le spectacle durait plus longtemps, il serait beaucoup moins beau. Tu ne trouves pas ?

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Knulp avait raison de suivre sa nature. En cela, peu de gens étaient capables de l'imiter; il avait raison de parler à tout le monde, comme un enfant, et de gagner tous les cœurs, de raconter de belles histoires à toutes les femmes et de croire que chaque jour est un dimanche.

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L'art de l'oisiveté, écrits entre 1899 et 1962, les 37 textes du volume, la plupart inédits en français, parlent de la musique, de la peinture, de livres, de paysages, de rencontres avec des hommes. Hesse propose un nouveau rapport à l'existence, une sorte de programme qu'il nomme "l'art de l'oisiveté" : un art du regard qui prône l'humour, le scepticisme, l'esprit critique, bref, la liberté de l'individu.

Extraits :

J’appris qu’être aimé n’est rien et qu’aimer est tout ; je compris également de plus en plus clairement que seule notre capacité à sentir les choses, à éprouver des sentiments rendait notre existence précieuse et gaie. Quel que fût l’endroit sur terre où j’apercevais ce qu’on nomme « le bonheur », je constatais que celui-ci naissait de la richesse de nos impressions. L’argent n’était rien, le pouvoir n’était rien ; on rencontrait beaucoup de personnes qui possédaient les deux et demeuraient pauvres. La beauté n’était rien ; certains hommes et certaines femmes demeuraient pauvres, eux aussi, malgré tout leur éclat. La santé, elle non plus, n’avait pas beaucoup de poids ; la forme de chaque personne dépendait de son état psychologique ; bien des malades heureux de vivre prospéraient jusqu’à la veille de leur mort, et bien des hommes en bonne santé dépérissaient avec angoisse dans la crainte de la douleur. En revanche, quand un homme éprouvait des sentiments intenses et les acceptait en tant que tels, quand il les cultivait et en jouissait au lieu de les rejeter et de les tyranniser, il connaissait toujours le bonheur. De même, la beauté ne rendait pas heureux celui qui la possédait, mais celui qui était capable de l’aimer, de la vénérer.

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 Nous ne devons pas nous contenter de trouver la nature féconde et utile. Nous devons aussi voir qu’elle est belle et, plus encore, qu’elle est insondable, qu’elle est au-delà du beau et du laid.


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Les périodes de grandes épreuves nous offrent l’occasion de constater que les hommes sont curieusement  plus nombreux à pouvoir mourir pour un bien idéal qu’à savoir vivre pour lui.


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L’écrivain ne doit pas aimé le public, mais l’humanité.

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[Les rêves] ont toujours retenu mon attention, et souvent, je me suis sentis étonné et triste de constater à quel point ils étaient fugaces, à quel point ils se dissipaient rapidement le matin et s’enfuyaient, effarouchés, au moindre contact avec la raison.


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J’ai longtemps surestimé la réflexion, et lui ai consacré beaucoup de mes forces ; parfois cela m’a nuit, parfois cela s’est révélé bénéfique. Mais j’aurais tout aussi bien ne rien faire du tout, le résultat serait exactement le même aujourd’hui.


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Cette position fait irrémédiablement de moi un ermite et vient de ce désir insondable  de pouvoir prendre l’existence au sérieux alors que tous les autres la considèrent comme un jeu de société amusant auquel il participe avec gaîté, obéissant en cela à des règles mystérieuses et inconnues.

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J’ai aussi appris entre autres choses que si on n’attend rien de lui, si on se contente simplement de l’observer en silence et avec attention, le monde peut nous offrir bien des trésors dont les gens comblés par le succès et par l’existence, n’ont pas idée.


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L’homme moyen d’aujourd’hui a trouvé la mode comme faible substitut à ces traditions perdues.

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Combien de fois encore me retrouverai-je ainsi allongé dans une chambre d’hôtel joliment tapissé, attendant le sommeil, éprouvant l’absurdité de mon existence mais aussi sa puissante magie ?

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Les nuits de veille sont précieuses. Elles seules en effet offrent l'occasion à l'âme de s'exprimer librement, sans que cela n'entraîne de bouleversements extérieurs violents. L'âme peut alors manifester son étonnement ou sa frayeur, sa désapprobation ou son affliction. Pendant la journée, notre vie émotive n'est jamais aussi clairement saisissable. Nos sens jouent un rôle très actif et notre raison cherche à s'imposer en mêlant aux sentiments qui nous agitent la voix de son jugement, le charme délicat de la comparaison, de l'esprit raffiné et subtil. L'âme à demi assoupie laisse les choses se faire. [...] Ainsi notre vie n'est-elle pas simplement superficielle. Notre être recèle un pouvoir que rien d'extérieur ne peut atteindre ni influencer. Au fond de nous-mêmes s'expriment des voix que nous ne maîtrisons pas, et il nous est salutaire d'en prendre conscience de temps à autre.
NUITS D'INSOMNIE ( 1905 )


+

Ce jour-là, je vis et je sentis dès le midi que la soirée serait propice à la peinture. Pendant quelque temps, le vent avait soufflé. Chaque soir, le ciel semblait d'une pureté cristalline, et chaque matin, il se couvrait à nouveau, mais à présent régnait une atmosphère douce, un peu brumeuse, formant un voile léger qui enveloppait les choses comme dans un rêve. Ah, ce voile léger, il m'était familier ; je savais que vers la fin de la journée, lorsque la lumière deviendrait oblique, le spectacle serait admirable.
AQUARELLE


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Aucune école n'apprend mieux à maîtriser son propre corps et ses propres pensées que celle à laquelle sont formés les insomniaques. On n'est capable de traiter les choses avec douceur, de les ménager, que lorsque soi-même on a besoin d'être traité ainsi. Seul celui qui s'est maintes fois senti livré au flot déchaîné de ses pensées dans le silence implacable de ces heures solitaires peut observer ce qui l'entoure avec bienveillance, examiner les choses avec amour, prendre en compte les motivations psychologiques des autres et être assez bon pour comprendre toutes les faiblesses humaines

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Par le terme d'artiste, j'entends tous ceux qui éprouvent le besoin et la nécessité de se sentir vivre et grandir, de savoir où ils puisent leurs forces et de se construire à partir de là suivant des lois qui leur sont propres.

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Littérature Par kiwaïda at 15:29

19/11/2021

ℙϴℒÅℜ & ѦÜℝ☮ℜÅ

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Polar / Série des Contemplations / © Sonia Marques Peinture infographique / 70 x 60 cm / 2012




Aurora / Série des Contemplations / © Sonia Marques Peinture infographique / 70 x 60 cm / 2012


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J'aime beaucoup ces deux peintures réalisées en 2012, le temps passe vite. Je me souviens du contexte de réalisations, de mes recherches, toujours d'actualité. J'écoutais de longues compositions minimalistes des années 70 de Terry Riley, je faisais de la méditation à travers la peinture. Elles étaient comme des pépites de joie, des bulles intenses d’éloquence. Les retrouver et se repositionner dans cette aventure est un bouleversement cosmique. Les pastels et les couleurs vives enfin réunies. Artiste, je peux avoir des dilemmes que personne ne connait, et qui ne touche personne d'autre que moi. Tandis que de grands problèmes, parfois collectifs, ne se représentent pas comme des dilemmes, de mon point de vue, car je peux trouver très vite la résolution du problème, il m'est très simple d'en résoudre certains, qui paraissent complexes et voués à se systématiser (ou se systémiser) Heureusement, je ne suis pas sollicitée pour cela, encore mieux depuis que je suis blonde et que je m'occupe des billes transparentes, ces idioties ne sont pas à la hauteur des enjeux où ils ont été établis, collectivement. Les nacs, ces nouveaux petits animaux de compagnies, ne leurs ai pas demandé de cogiter sur l'énergie nucléaire... Ils risqueraient d'émettre d'autres problématiques ignorées, impensées...
Là, il était question de couleurs et de blottissement de celles-ci, comme des pétales de fleurs, ou de lave volcanique sur une route, la nuit, lorsque l'on conduit et que le ciel nous guide. Contrastes éblouissants et simplicité des formes gonflées. Mon travail menait ces formes à la limite du chaos, disloquées, mais sans jamais faillir. Les transformations subies résultaient d'une aventure créative, de l'invention. Si mes gestes étaient dirigés, par un esprit concentré, tant il est minutieux d'en élaborer les tâches, il est resté ouvert, comme extasié par la découverte, sans jamais les empêcher d'advenir. Dans l'atmosphère, on peut prêter attention aux phénomènes colorés des gaz, l'azote et l'oxygène qui donnent des couleurs rouges et bleues et des teintes vertes. Ces cieux de feu sont comme des rêves où les formes s'entrechoquent. Toute chose se réjouit et se réjouit d'elle-même disait Plotin. Et elle se réjouit parce qu'elle contemple l'autre. Ainsi avais-je nommé ces peintures dans ma série : Les contemplations.

Ces chimies savonneuses, de mon esprit, se sont trouvées matérialisées, dans des peintures vitrées (ce que l'on ne peut voir à l'écran) La beauté de la création, réside, lorsqu'elle marque l'esprit, dans le pouvoir de s'y replonger à tout moment, même si cette création est datée à un instant précis, il y a des années. C'est-à-dire, que la recherche, lorsqu'elle est éprouvée, l'est toujours, dans l'esprit du créateur, de la créatrice. Et ici, je n'ai point besoin de cacher le pouvoir de la création, il provoque un bonheur, et trouve en l'imaginaire, la possibilité de s'extraire de l'ennui, des choses qui se répètent, comme un disque rayé. Telle une écoute qui s'use à force d'entendre la même chose, les mêmes émissions, l'esprit devient aliéné, s'enroule sur lui-même, lorsqu'il n'invente plus. La poussière atténue la qualité d'écoute comme des pneus abîmés par les chemins de campagne jonchés de cailloux. Se retrouver sur le sillon des inventions est la plus belle source d'émerveillement. C'est le binky du lapin.

Art Par kiwaïda at 18:33

14/11/2021

℉ℓℯ☂¢нłḯᾔ❡ *

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Animal Par kiwaïda at 21:02

11/11/2021

тℯღ℘◎ ṽiᾔTαℊℯ*

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Photographies © Sonia Marques

HESPEROS HESPERUS VÊPRES VESPERTIN

Nous étions, nous serons, nous sommes, je suis passée par là, un autre temps, suranné, un coucher de soleil, une célébration du soir, inspiration raffinée, nous étions, nous serions, nous y sommes, je suis par là, quelque part, dans un temps moderne, dépassé, résolument orange, menthe à l'eau, fraise tricot.



Art Par kiwaïda at 20:33

06/11/2021

ρїηтʊґα﹩

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Photographies © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 21:16

02/11/2021

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Photographies © Sonia Marques


Art Par kiwaïda at 22:15

30/10/2021

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Photographies © Sonia Marques

Sentinelle du désert, petit suricate, la délicate. L'eau a éteint le feu, la baleine translucide devinait, son coucher de soleil une nuit étoilée, nous faisait parvenir ses pétales de papiers métallisés, pliés, reposés. Autant d'écus d'or sous nos pieds, les années ont passé, sans s'éterniser. Le minuscule éléphant n'en était pas un, il tournait le dos et regardait son ombre, très à l'écoute, son fessier éclairé, dans une marre émeraude, quelle merveilleuse tapisserie, elle-même assise, miroir de lignes turquoises, au flanc fléché. Esthète pierrot, merci les bons jours, adieux les subterfuges. Artistes, les ardeurs redoublent de mérites, des années de fabrications, de couleurs et d'inventions, imprévisibles et audacieuses, des intentions dédiées aux âmes fidèles. La baleine de cristal nous faisait parvenir ses pétales de paillettes, observés par les lapins du pays des merveilles.
Qu'il est doux d'être arrivé aussi loin, aussi haut, as-tu déjà vu un terrier qui vole ?


Art Par kiwaïda at 15:57

26/10/2021

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Mes petites roses pommes (Photographies © Sonia Marques)

Un dessert économique, sain et délicieux, comme de petits souvenirs chaleureux, mes petites pommes roses, sur une assiette de porcelaine fabriquée au Portugal... Elles sont entre le cinnamon bun  de Vancouver et le pastel de nata de Lisbonne. L'un et l'autre, ils viennent de mes souvenirs gustatifs, et se retrouvent, dans un présent Limousin automnal, puisque les pommes sont d'ici, et la cuisinière aussi. Bien que le cinnamon serait venu d'une recette scandinave, suédoise, c'est en Amérique du Nord, que je l'ai découvert, à Vancouver.

Dans l'espoir de trouver un logement, après un mois infructueux, je me désespérais. Puis j'ai entendu parler français, dans une cafétéria, où nous avions pris l'habitude de griller nos derniers deniers avec un grand café et un cinnamon bun, mon ami et moi, en étude en art, amoureux, dans cette ville inconnue. Je me suis retournée, osant saluer un couple qui parlait la même langue que nous, le français. Cela faisait un mois que nous n'avions pas entendu notre langue natale dans cette grande ville de Colombie Britannique. Une aventure féconde est partie de cette rencontre, puisque nous rencontrions des chercheurs scientifiques en études, aussi amoureux, mais presque sur la fin de leur histoire, et plus tard, nous héritions de leur logement, en location, durant plusieurs mois, et d'échanges sur de nouveaux mondes. La jeune femme menait des études sur les fonds sous-marins, son ami, sur un moratoire qui lui permettait d'étudier le comportement des mouches pour ou contre les organismes génétiquement modifiés. Il y avait une lutte souterraine dans le couple, nous étions encore au milieu des années 90, pourtant, dans mes relations, nombre de couples traversaient une transformation, des rapports entre les hommes et les femmes. J'admirais cette jeune femme, qui attendait de vivre sa vie. Son compagnon était tout puissant, pourtant, ils avaient le même niveau d'études, si ce n'est qu'elle avait réalisé un sujet atypique, tandis qu'il réalisait ce que l'on attendait de lui. Elle était bien plus petite, et très discrète et avait peu de latitude pour échanger avec moi, tant les hommes prenaient toute la place. Ainsi les F faisaient les M. Artiste, mes actions ont été une ouverture, mes photographies que je prenais sous l'eau, nageuse, et ma façon plus adoucie d'entrevoir le bleu du ciel. Ce que j'aimais, c'était explorer plusieurs milieux différents, plusieurs dimensions qui semblent ne pas pouvoir se côtoyer et pourtant, je les ressentais simultanément dialoguer ensemble. Parfois elle fut piquée d'envie d'entrer dans l'eau sans complexe, se délestant de la femme en prise avec la destinée toute tracée de ce que devait être un scientifique. En réalisant deux expositions de mes photographies, ces entrées aquatiques apportaient, lors de l'élaboration des mois auparavant de mes visions tirées en couleur, sur papier, des fenêtres d'ouverture à cette scientifique, qui faisait un pas de côté, discret pour observer ce que je fabriquais. Lorsqu'ils nous ont quittés, rejoignant la France, ils ont quitté aussi un peu de leurs certitudes et se sont ouverts, chacun, chacune, s'émancipant.
Le pastel de nata était déjà un dessert familier, puisqu'il était en vente sous le comptoir de ma tante, au Portugal, de son café-épicerie, qu'elle tenait comme les hommes pouvaient le faire de leur territoire, d'une main de fer, sans gants de velours. Nous attendions, enfants, le moment où elle se faisait livrer, les pasteis, bien plus frais que ceux qui restaient en exposition derrière la vitre de verre. Ils étaient à la portée de notre vue, seule. Les hommes prenaient des cafés très serrés chaque matin, midi, soir. Nous pensions donc que les adultes ne se nourrissaient que de cafés. Devenue adulte et professeure, bien des années plus tard, saupoudrés ou non de cannelle, ou de sucre glace, comme les cinnamon bun, je les ai dégustés à différentes reprises, dans la célèbre pasteleria de Lisbonne au bord du Tage, en emmenant des étudiants angevins en art, dont j'avais la responsabilité partagée de l'encadrement, avec mes collègues d'histoire de l'art et un sculpteur de bronze, entre autre, aujourd'hui, à la tête d'un centre d'art, c'était son rêve, nous en parlions ensemble lors de ce voyage, ses vœux ont été exhaussés. C'est une carte bleue, imperméable, aux nuances douces, d'un papier spécifique pour cartographies, trouvé par mes recherches assidues en imprimerie et avec l'imprimeur angevin, dépliée, qui se trouva devenir une porte d'accès magique, en favorisant l'entrée en études de jeunes lycéens, pour les forums dédiés. Il n'y avait pas, à l'époque, de site Internet. Cette carte a fait le tour des écoles d'art, en 2001, elle préfigurait d'un réseau social, avec les centaines de photographies des étudiants collectées et nos échanges par mail, en portugais et en français et avec leurs dessins, d'ailleurs, elle se nommait : "Mailing list".  J'avais créé un contact bilatéral, par la suite, quelques années plus tard, en faveur de tous les étudiants et les professeurs, pérennisé, pour tous. L'enseignement est lent dans ses paroles et diligent dans ses actes, quand il est sage, nous rapportait le premier d'entre eux.

Les énergies vont augmenter, les logements dont l'isolation n'est pas réalisée, le chauffage qui date de Mathusalem, les loyers coûteux, pour des habitants qui font, depuis si longtemps des économies et ne participent pas de polluer la planète, ni véhiculer, ni véhiculants de nuisances... C'est en cuisant ces fleurs, avec mon petit four acheté à mon arrivée à Limoges, parce qu'il était le dernier, en démonstration, avec une bosse sur le capot : personne ne le voulait, il était donc pour moi, et il est toujours là, que je pensais à tout cela, et à cette expression regardant ces feuilletés caramélisés du sucre de leurs pommes: des beautés fanées. Est-ce que ces petites roses pommes évoquent les fleurs fanées ? Peut-être. Mathusalem était le plus âgé de tous... Je ne savais pas que l'on pouvait dire d'une femme, que c'était une beauté fanée. Je ne savais pas ce que cela voulait dire, c'est un homme qui me l'a raconté :

Mon amoureux dans ma vingtaine d'années me proposa de retrouver sa collègue, pour se balader, une allemande, une artiste peintre. C'était à Paris, je ne l'avais jamais vue, il faut dire qu'à cette époque, il n'y avait pas Internet, enfin très certainement ce réseau était-il encore entre les mains des militaires. Donc, je posais cette question, afin de la reconnaître, car la place de la République était si grande que je ne pouvais pas savoir où était-elle située : À quoi ressemble-t-elle ? Oui à cette époque, il n'y avait pas, non plus de téléphone portable. Mon ami me dit, elle ressemble à une beauté fanée. Je suis restée très perplexe, il ajouta, parce qu'elle était plus âgée, peut-être la quarantaine, alors je ne comprenais pas trop. Serions-nous fanées, les femmes à l'approche de la quarantaine ? C'était un point de vue d'un jeune homme d'à peine trente années. Puis, en sortant du métro, en montant les marches, je vois une femme très belle, d'une allure et d'une grâce, elle était différente de tous les badauds, certainement car elle venait d'ailleurs, semblait étrangère. Je recherchais vainement une beauté fanée, que je ne trouvais point. Puis mon ami lui dit bonjour et me présente. C'était elle ? Une blonde élancée, moderne, d'une forte personnalité, à la fois élégante et sexy, une femme puissante. Oui, à cette époque, les acronymes LGBT... X Y Z, n'existaient pas, pour évoquer tant de petites cases, et les non binaires... Nous étions tous, sans à priori. Puis, nous sommes parties devant ensemble, laissant mon ami, étonné de voir que nous nous entendions déjà, et nous avions commencé par entrer dans toutes les boutiques de chaussures, à sa demande. Elle était quasi fétichiste d'un style très précis de bottines à talons, des années 70, elle a adoré mon regard détaché de tout et pas très sérieux. J'ai passé une après-midi inoubliable. Je ne me sentais pas femme, ni fleur, ni fanée, ni facile et je venais de voir qu'aucune femme ne pouvait être fanée. Les jeunes hommes se posent des questions sur leurs propres féminités. Certains pensent qu'elle est fanée en eux, ils trainent un tombeau. Peut-être que l'exploration de leur vie, leur donne une chance de faire revivre la femme perdue ? Un peu plus tard, pour un magazine d'art à la mode, on m'a posé quelques questions, la première : Quel est votre sexe ? C'était en 1999, mes premières lignes : "Entre M ou F, on m'a dit que j'étais F / Femme, Feu, Fourmi, Fraise, j'aurai même pu être Fête."

Bien plus tard, j'ai rencontré son œuvre, sa façon d'affirmer sa chambre à elle, son atelier de peintre, dans le Sud, d'imposer ses limites, afin que personne ne franchisse son atelier, sans porte avec sa pièce à vivre, mais que chacun, chacune puisse comprendre, que peindre c'était sa vie, et que déjeuner ou dîner avec elle, c'était avant tout partager le repas d'une peintre au travail, qu'elle accordait un moment aux invités, mais ce n'était pas "open bar", ni "buffet à volonté", ni "exposition gratuite" aux collègues enseignants, journalistes et commissaires d'exposition". Non, il y avait une limite, son espace privé était aussi son lieu de travail, à nous de le respecter. Sinon elle mordait. Le mordant n'arborait rien d'une beauté fanée.

J'ai acheté des tulipes, et non pas les chrysanthèmes de la Toussaint. Ces fleurs ne fanent pas, me disais-je, en pensant à elle, qui se faisait appelée IL, une autre beauté. Les pivoines sont mes préférées et lorsqu'elles fanent, elles sont encore plus belles.

À présent, je suis bien plus âgée que cette femme, à cette époque. Elle m'avait fait part de son vœux le plus cher, il a été exhaussé depuis. Nous avons largement dépassé les années 2000, elle continue de peindre, et moi je m'occupe des fanes de carottes pour mes lapins. Tout a changé, je pense même que tout a été dépassé depuis, pour un tas de raisons, de situations, de phénomènes terrestres et extra. Je ne fais plus les boutiques avec autant de légèreté, bien que les bottines des années 70, dans ce pays, sont revenues à la mode, en 2021. Je l'explique simplement car mon amie était certainement en avance, quand tout semble en retard. Je ne visite plus d'atelier de femme peintre, et je n'apprécie plus trop la place de la République à Paris. Il y a eu les attentats, j'ai eu beaucoup de peine à passer dans ces lieux, où j'ai vécu 5 années, arpentant le moindre recoin, naguère, avec frugalité et insouciance. D'ailleurs, j'ai eu le dos bloqué une semaine, dès le lendemain du grand drame parisien, son annonce médiatique, m'a empêchée de bouger, comme figée sur place. Je n'ai pas pu me rendre à mes cours, en province, ni à Paris. Un étudiant a profité de mes 3 jours d'absence pour me remplacer, en écrivant une lettre à la supérieure, pour la flatter. Elle avait perdu le caractère F, il allait combler la disparition. Personne ne m'avait prévenu, aucun collègue. Il était tout à fait normal d'être remplacée par un étudiant au caractère M sans expérience et sans qu'il n'ait eu à préparer et passer des concours, ni d'attendre des années d'être sélectionné pour enseigner à tant de caractères F. Depuis, j'ai perdu cette place, pas la mienne, ni le M ni le F, ni aucune autre lettre, j'adore le Scrabble. Nous n'avons pas tous les mêmes souvenirs, ni la même sensibilité. Je n'avais pas à me plaindre, d'autres étaient morts. Ce fut le début du remplacement des F par des M, des déplacements, jusqu'à ce que je lise ce qu'un policier avait retranscrit de la supérieure : Quand elle n'était plus là, nous étions tranquilles.

J'ai pensé ces jours-ci à une collègue, artiste et professeure, IL, qui a mis fin à ses jours, il y a un an. Elle avait vécu cinquante années, elle était très belle. Nous avions essuyé les mêmes échecs aux concours avec les mêmes jurys, espérant être titularisées après plusieurs années d'enseignement, comme tous nos collègues M. Plusieurs arrivaient nouveaux et se trouvaient titularisés, tandis que notre expérience n'avait aucune valeur, sauf celle d'un F. Chaque année, nous subissions le risque que notre contrat soit le dernier, et d'années en années, notre salaire n'évoluait pas, nous ne bénéficions d'aucune échelle pour atteindre la retraite des fonctionnaires. Était-ce vraiment le paradis ? Elle vivait dans l'intranquilité. J'aurai aimé lui donner mon livre, celui do Desassossego de Bernardo Soares.

Quand personne ne manque, il manque toujours quelqu'un. Pessoa, comme personne, a multiplié les places et les possibilités d'habiter où personne ne nous nuit.
Puis je l'ai entendue, IL m'a glissé : Il n'y a pas de honte à vivre.

Quand la nuit nous cape, toutes les étoiles brillent.

C'est la fête de tous les saints.

Les petites roses pommades.



Art Par kiwaïda at 23:04

24/10/2021

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Le jour avant le bonheur


Nous sommes allés visiter l'exposition, qui porte bien son nom, Le jour avant le bonheur, au musée des Beaux-Arts de Limoges, de Louttre.B.

Marc-Antoine Bissière, dit Louttre.B (1926-2012) est imprégné par un milieu artistique parisien effervescent dès son plus jeune âge ; il côtoie notamment par l’intermédiaire de son père, le peintre Roger Bissière (1886-1964), des artistes tels que Georges Braque ou Louis Latapie. À partir de 1938, la famille part s’installer dans la maison familiale de Boissierette (Lot), où le tout jeune homme commence à peindre aux côtés de son père. Louttre.B développe rapidement une recherche abstraite qui lui permet d’étudier les rapports colorés et trouve son identité artistique dès les années 1960 en créant un vocabulaire pictural propre, continuellement renouvelé ; il expérimente sans cesse à travers une forme de figuration que l’on retrouve dans nombre de ses œuvres. Proche de la terre, il construit une approche artistique sensible et empathique, teintée d’humour. Il diversifie ses pratiques et multiplie les expériences, créant des sculptures monumentales, des gravures, des livres d’artistes ou encore une série de pièces en porcelaine pour la manufacture de Sèvres.

Ces toiles nous ont offert un écho éblouissant dans ce Musée au cœur du jardin de l’Évêché, en plein soleil, un écrin où la nature déployait, ce jour, de somptueuses parades colorées, sous des arbres exotiques, des pétales jonchaient le sol, des feuilles séchées qui se retournaient et nous révélaient l'envers du décor. Ravissantes peintures que celles de cette nature, mais encore plus charmantes, les peintures de Louttre B., qui résonnaient avec cet été, ou cet Automne, ou cet hiver qui grimpe sur les branches secouer ce qui doit partir. Ce qui n'est plus essentiel, n'est-ce pas, doit nous quitter, afin de faire une table rase pour préparer la nouvelle année. Alors en regardant chacune de ces peintures, je savais déjà, que j'allais garder celles-ci pour les années à venir, et balayer toutes les perfides manifestations, sans aucune commune mesure, avec cette ouverture proposée, honnête, dans cette jubilation des tons et des sablés : merveilleuses destinées, que celle de la peinture sauvegardée, et très peu connue.

Si les jaunes, dans cette nature étaient les favoris, parsemés de rouges et dans la disparition progressives de verts, dans les peintures très bien encadrées, je distinguais des mauves et des roses si doux, côtoyant les bleus francs et les coups de pinceaux rythmés, sur du sable chaud, des empreintes, des griffures. De petites maisons, des collines ou châteaux, des fleurs énormes, voici que j'étais presque dans mes photographies. Mon compagnon me disait que ces peintures ressemblaient aux miennes, oui, il y avait un air frais, et cela fait plaisir, une connivence quelque part, parmi les isolements. Alors on joue aussi, on rigole des tons et des mats, que c'est mat ! C'est fort et c'est graphique, terriblement enfantin, et sauvage, superbement maîtrisé et sans aucun complexe de la couleur. Tout se propose, sans jamais être frustré, tout nous expose à de nouvelles dimensions de nuances, des poésies frontales et de petites fenêtres sur des rêves ou des souvenirs, autant de portes ouvertes qui ne souhaitent jamais fermer notre regard. Que c'est beau de ne pas fermer sa porte, c'est assez rare, au pays où tant de portes se ferment, suppriment des couleurs non désirées, parce que différentes, exquises, singulières, vives, des prénoms divins, des noms marqueurs d'histoire, de lune et de ciel étoilé : pour tous. Rien n'est de trop, rien n'est à enlever. Matisse était tout proche, des motifs, des ciels rois et des traits noirs épais, des découpages poudrés, gouachés. Luxuriance et profondeur des verts dans des pluies de jaunes sablés lumineux. Les gestes saccadés, de surimpressions, couches et sous-couches, reliefs, collines surlignées, palmiers noirs, maisons blanches de craies, nuages jetés, épris de vitesse, un paysage penché parfois, comme si, par la vitre d'un véhicule qui roule très vite, et même doucement, ou d'un train, on apercevait le rayon du soleil repasser les arbres et les fleurs et les toits des maisons, juste avant que tout coule. Pfff !

Photographies © Sonia Marques






























































Alors, nous n'avions plus qu'à sortir du Musée, et entrer dans les peintures...







































































































































Photographies © Sonia Marques



En retard...

C'est les vacances !



Art Par kiwaïda at 22:28

20/10/2021

ЇḺ

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Photographies © Sonia Marques


Enseignement Par kiwaïda at 17:07

19/10/2021

ṧ◎ʟ ḓ℮ мαƴ☺

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Pour revenir à cette notion employée dans mes articles antérieurs, et mes autoportraits nommés "La fille du soleil", qui viennent aussi de poèmes et chansons, il y a ce dessin, ce symbole, qui figure, sur ces photographies, une broche en or... D'une main le soleil du bout des doigts, ou délicatement posé dans la paume de la main, la générosité, et de l'autre des feuilles de Ginkgo, cet arbre aux quarante écus... L'éternité. Mon compagnon me demande si je connais ce symbole du soleil choisi ? C'est le "sol de mayo", le soleil du mois de mai, symbole du pays de l'Argentine, aussi emblème national de l'Uruguay, on distingue ce soleil sur leur drapeau, il rappelle le Dieu Inca solaire. Il est aussi celui que j'avais dessiné dans un nuage (le soleil pluie) le mois de mai dernier... (le "moi" de mai) Quand j'écris, je suis la fille du soleil, quel est ce soleil ? Ma mère se nomme Argentina, un beau soleil, où le silence est d'or et la parole est d'argent. En cheminant dans ma vie, éclairée ou assombrie, ce soleil m'a présenté sa force. Son silence est plus éloquent que sa parole. L'enfant n'a pas toujours conscience de la valeur des actions, et craint les paroles. L'adulte en plein soleil, éclairé par sa force, entame sa reconnaissance. Ce prénom est si beau, comme celle qui le porte, que ma pensée reconnaissante est plus belle qu'un silence imposé, et me porte à l'écrire.

Ce soleil m'a dit  :  Si la parole que tu veux dire n'est pas plus belle que le silence : ne la dit pas.

Je suis la fille du soleil, et le prénom de ma mère est Argentina.
Partout, le silence m'accompagne dans sa beauté, comme le "sol de mayo".
L'écriture est un remède à la parole qui ne s'entend pas.
Savoir lire et écrire est la plus belle force que ce soleil m'a transmis.



Photographies © Sonia Marques : La fille du soleil


Art Par kiwaïda at 13:25

17/10/2021

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 19:24

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Photographies © Sonia Marques

Temps radieux, arbres ténébreux, majestueux, rabougris, tortueux, souverains, pétales de feuilles jaunes puis vertes magiciennes, loin des bruits et des expositions. Infinité de lumière, de crépitement d'or sur les chemins débroussaillés, poèmes fugaces incantés dans l'amour des pas aventuriers. Pensées profondes, légères, en forme de buissons, de souches immenses, de vérités éclatantes, toutes ces poussières sans aucune valeur jaillissent fontaine, sources des désirs, recueillies dans la cruche qui tinte creuse, de sa terre polie et rugueuse, fragile et oubliée. Petites palmes se baignent et dorment, sans mentir et sans forcer.


Paysage Par kiwaïda at 14:02

15/10/2021

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Récital

Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 19:24

09/10/2021

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Œuvres Leonor Fini... et photographie chez elle avec ses chats...


J'avais publié un bel autoportrait en peinture d'elle, je redécouvre certains pans de ses réalisations, très fines, et ses mises en scène, son art du déguisement et des masques et son affection pour la vie des chats, en sa compagnie. Fille d’un Argentin et d’une Italienne, Leonor Fini (1907-1996) passe son enfance à Trieste, dans la famille maternelle. Autodidacte, Fini apprend en copiant les quelques maîtres qu’elle admire avant de se lancer dans la peinture. Installée à Paris depuis 1937, elle rencontre fréquemment les surréalistes, mais n’adhère pas au mouvement afin de préserver sa liberté (André Breton la garda à l’écart, goûtant peu ses contacts avec la société mondaine et avec le monde de la mode, qu’il jugeait trop futiles). Elle réalise également des costumes de théâtre et écrit. Femme indépendante, surprenante, dont on ne fini pas (!) de découvrir une œuvre immense : peintures, dessins, costumes de théâtre, conception de décors… Elle a touché à tout, talentueuse, avec son monde fantastique, elle privilégie les figures féminines. Elle a évolué au sein du mouvement surréaliste, mais s'en détache sans jamais appartenir à un groupe, ni signer aucun manifeste. Elle tient à sa liberté aucune étiquette, ni celle de féministe. Leonor Fini ne veut pas être considérée comme une femme artiste, mais comme une une peintre. Elle refuse de s’enfermer dans une case en participant à des expositions réservées aux femmes. Pour elle, c’est accepté d’être marginalisée. « Je suis un peintre » affirmait-elle. Aux références antiques, méduses et mythologies grecques, androgynie, chevelures et drapés transparents, vaporeux, mises en scène de femmes s'observant, en duel, en couple, en miroir, jeunes filles secrètes, intrigantes, animales, malines, félidés... Sœurs fâchées, petites filles joueuses, un monde de jeu onirique, d'ailleurs certaines peintures sont des portraits de joueurs de dames ou de balançoire, de quilles, de théâtre. Il y a quelque chose d'envoûtant, et en même temps, qui ne se laisse pas capturer. Qui est le chat qui est la souris ?
Elle a accueilli jusqu’à dix-sept chats dans son atelier. Chats de compagnie, sauvages, chats humains, déguisés,  érotiques… Ses personnages ont des traits félins, se caressent, se lovent, les poils, les plumes, la sensualité de ses tableaux est tout aussi mystique. Il y a une vraie délicatesse et magie, un goût pour la mode, les costumes et les illusions, les apparences. Ce que je trouve remarquable c'est son art de se mettre en scène de façon déterminée. Elle se teignait souvent les cheveux de toutes les couleurs, aimait faire son entrée dans les soirées mondaines habillée en homme, avec ses grandes bottes blanches, iconique. Une habitude prise dès l’enfance puisque sa mère, s’étant enfuie de Buenos Aires à Trieste pour échapper à son mari, l’habillait en garçon afin de dissimuler la petite fille à son père, qui voulait la récupérer.

En 1941, elle fait la connaissance de Stanislao Lepri (1905-1980), alors consul d’Italie à Monaco. Ils entament une liaison, puis elle le pousse à abandonner sa carrière de diplomate pour vivre pleinement sa passion de la peinture. Il appartenait à une famille aristocratique conservatrice faisant partie du cercle hermétique de la “noblesse noire” de Rome, qui avait juré fidélité au pape. Stanislao pour sa part s’était très tôt distancé des contraintes sociales de son rang ; il s’engagea dans une relation à trois avec Leonor Fini et l’homme de lettres Constantin Jelenski à Paris et opta ainsi pour la vie de peintre maudit en se libérant totalement de toutes conventions restrictives. Ils s’installent à Paris où elle lui apprend tout sur la technique.
Bien qu’il soit devenu l'élève de Leonor Fini, Stanislao Lepri réussit à créer un univers onirique qui lui est propre, bien qu'ils aiment tous deux peindre les petits démons. Ils se vouent une admiration mutuelle. Lui est fasciné par l’autrice du Portrait romantique, dont il fit l’acquisition à leur première rencontre, un jour de 1941, il entrevit Leonor Fini, pour la première fois, dans un cinéma. Dès le lendemain, il se rendait à son atelier : Stanislao Lepri était fasciné par la femme, et par l’artiste. À leur première rencontre, il acheta Portrait romantique qu’elle venait d’achever. Elle trouve ses dessins « vifs, bizarres, spirituels ». Stanislao Lepri s'installa définitivement avec Leonor Fini en 1950 à Paris, la métropole qui resta le centre international et le meltingpot de la vie artistique longtemps après la guerre. Stanislao Lepri était cependant beaucoup plus que son élève. Les amants resteront ensemble jusqu’à la mort de Stanislao Lepri, en 1980. Stanislao Lepri est encore l’un des grands inconnus de l’histoire de l’art récent.
Une photo d'elle...

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Art Par kiwaïda at 23:55

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Photographies © Sonia Marques

La gare de Limoges...

« Une des plus belles gares du monde ». Monument historique depuis 1975, labélisé « Patrimoine du XXe siècle », la gare des Bénédictins à Limoge, entre Art Nouveau et Art Déco.

Plus haute que la gare de Lyon (de Paris), elle est à 57 m de hauteur. Surnommée, « colosse à mille pattes », « bloc de saindoux »,« bosse de dromadaire »... J'ai toujours pensé à autre chose, la forme est vraiment érectile et toute en rondeur, et puis verte, qui tire vers le turquoise. J'ai apprécié y découvrir une maquette exposée ces jours-ci dans le hall d'entrée laissant la lumière à travers les vitraux se déposer sur les façades de carton. Musical. Coïncidence, l'horloge de la vraie gare annonce un trois heure moins dix, et la maquette, son horloge, de même, un trois heure moins dix. J'ai attendu pour vérifier s'il n'y avait pas une vraie horloge, à l'heure, miniaturisée, intégrée à la maquette. Mais non, c'était bien ma présence qui était à l'heure, au bon endroit, au bon moment. C'est-à-dire, à la bonne heure ! Tout départ et toute arrivée, est bienvenu, quasiment, une bénédiction.




La gare de Limoges a cette particularité d’être construite au-dessus des voies et non le long des voies comme les autres gares. Sous le dôme du hall, chaque angle de mur porte une sculpture allégorique représentant l’une des quatre provinces françaises desservies par la compagnie ferroviaire du Paris-Orléans : Limousin, Bretagne, Touraine et Gascogne. Chacune porte ses propres emblèmes. Le Limousin est représenté une femme portant un vase de porcelaine, des épis de blé, des châtaignes et des feuilles de châtaignier. Henri Varenne est l’auteur des décors de stuc qui habillent l’intérieur du hall. En mai 1919, une première étude de Roger Gonthier, réalisée en collaboration avec l’ingénieur Jullien, est acceptée sous réserve par la municipalité ; le projet final est adopté le 14 mars 1922. La construction est financée par la municipalité, le conseil général et la Compagnie du Paris-Orléans. Les travaux débutent en 1924. Le bâtiment est officiellement inauguré le 2 juillet 1929. La silhouette générale du bâtiment est reconnaissable avec son campanile, qui culmine à 57 m de hauteur, et son grand dôme (31 m) qui surmonte la coupole. Le programme décoratif est en grande partie dû à Henri-Frédéric Varenne, les verrières du hall sont de l’atelier de Francis Chigot.
L’immense hall, de près de 4 000 m2, frappe tout d’abord par son décor de verre dû à Francis Chigot. Ce dernier a privilégié, dans une composition de bandes horizontales ou verticales, un décor de feuillages, rappelant la végétation du Limousin : le chêne et le châtaignier. Roger Gonthier (1884-1978) en est l'architecte, il réalise aussi à Limoges en 1919, un pavillon frigorifique à viande dans le quartier du Verdurier.
Lorsque je suis arrivée à Limoges en 2009, par le train, seule, pour passer un concours, et que je m'y suis installée, j'ai de suite recherché comment la ville était construite et j'ai assisté à une conférence sur cet architecte, c'était passionnant. Quelques années auparavant, j'avais eu l'occasion de composter très rapidement un billet dans cette gare pour rejoindre Paris, car je travaillais dans un start-up, et je n'avais eu que 3 jours de congé l'été, passés en Creuse dans le gîte des parents de mon compagnon. Ils m'avaient raccompagnée en voiture dans cette gare, jamais je n'aurai imaginé que quelques années plus tard, je la traverserai souvent, aussi car je fais mes courses pas très loin, en ce jour, elle était ensoleillée. Les vitraux ont été nettoyés et ils sont magnifiques en plein soleil. Ainsi ai-je pu, depuis, avoir plus de temps, pour la contempler, depuis 12 ans.
La dernière photographie la fresque au sol est réalisée par Jordane Saget, sollicité par la ville, sur la placette de Fleurus une fresque, elle est pérenne de lignes noires sur un blanc. Nous avons ainsi un nouveau point de vue sur cette toute petite place, bienvenu.



Paysage Par kiwaïda at 00:33

07/10/2021

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Photographie © Sonia Marques

Soleil /


Je pensais à "La fille du soleil"... Cette chanson que j'avais écrite et chantée pour l'album "Cocotriste", dont la musique est composée par Rico Zerone, elle venait d'un de mes poèmes. Il habite à Vienne en Autriche.
Vienne et Haute-Vienne...
> Vienne, est la capitale de l'Autriche, située à l'est du Danube. Son héritage artistique et intellectuel d'après les encyclopédies : Mozart, Beethoven et Sigmund Freud. Réputée pour ses palais impériaux, dans ses Musées, sont exposés des œuvres d'Egon Schiele, de Gustav Klimt et d'autres artistes...
Et moi, je suis dans la Haute-Vienne.
> En France, la Haute-Vienne est un département français, situé dans la région Nouvelle-Aquitaine. Cela vient de la rivière Vienne (Vient-Vienne...), qui le traverse d'est en ouest. Sa préfecture et principale ville est Limoges. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 87...
Et voici que les arts décoratifs ne sont pas très loin, pour une artiste, tout est si proche !
Comme un mouvement, le va-et-vient, tout cela sonne déjà comme une musique !

Être la fille du soleil est un tout un programme, l'astre le plus important, tout tourne autours du soleil...
Très belle période que la création de cet album et des autres. J'avais fait écouter, le morceaux de Cocotriste, il y a quelques années, lors d'une conférence sur un ensemble de mes œuvres artistiques récentes, qui comprenait une pièce de théâtre pour enfant, des poèmes, des sculptures, des tapisseries, des dessins numériques et des compositions sonores, ainsi que tout un travail sur mon enseignement et les réalisations d'étudiants et l'on m'avait dit : Alors, quand est-ce que Coco n'est plus triste ? En souriant. C'était inattendu comme interprétation, plutôt littérale. La période était-elle triste ou gaie ? Et est-ce qu'il était question des cocos ? Rien de tout cela. Nous l'avions créée de façon très sérieuse et limpide. Cocotriste est une sorte de crocodile, les premières paroles sont : "Il vivait dans un fleuve, ses larmes l'avait formé..." C'est un animal exotique qui pleure, et sa sensibilité nous rappelle à quel point, les larmes sont des armes. J'avais d'ailleurs dessiné un très grand dessin de deux armées de crocodiles qui s'affrontaient à la ligne noire extrêmement fine et délicate, je pense me souvenir qu'il faisait deux mètres de long. Aujourd'hui ce coco, infiniment sensible et martial, je pense à lui. Plusieurs cycles de vies sont passées depuis. Il était quelque part un annonciateur, un animal majestueux et généreux, incapable de violence, contrairement aux crocodiles, pourtant il vient de cette famille. Sa défense en cas d'attaque, est en revanche, implacable, rien ne lui résiste, par sa gentillesse et son courage.

Ces beaux jours, artiste limougeaude, je réalisais des photographies ensoleillées, elles me faisaient penser à un peintre, né à Limoges, Paul-Élie Ranson (1861_1909) car ses œuvres ont un sens du décor, ce qui annonce l'Art nouveau, il appartenait aussi aux nabis. Je pensais aussi aux vitraux réalisés par le maître verrier américain Louis Comfort Tiffany. Lorsque l'on crée, on pense à beaucoup de choses, c'est une sorte de culture personnelle, on apprend où l'on vit, d'où l'on vient, où l'on rêve d'aller. J'écoute Claude Chalhoub, puis Bachar Mar-Khalifé, tous deux libanais. Bachar, j'ai eu l'occasion de le voir jouer à Poitiers, c'était magique. Récemment je découvrais ses interprétations des Gnossiennes d'Érik Satie, que j'ai pu jouer au piano, ou bien sa danse électro pour Musique de fête, très sympa et effectivement : on danse...


Donc être la fille... du soleil : tout un programme, chantant et dansant <3
Être photographe, écrivain, dessinatrice, danseuse... tout un programme, composer des musiques... et travailler avec des amis... ou enseigner... tout un programme, sans jamais se prendre au sérieux... Paul-Élie Berthet, était aussi un curieux de tout, il s'intéressait à la théosophie, au spiritisme, à la magie, à l'occultisme, ce qui le distinguait des autres nabis (Nabi est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier, vers 1888. Le terme nabi, en arabe, ou nevi'im, נביאים en hébreu, signifie dans un sens actif « orateur » ou « annonciateur », ou, dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». En Occident, nabi a été traduit par « prophète », « illuminé », ou encore « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ») Il avait donc plusieurs activités et les arts décoratifs furent aussi des voix explorées dans des matériaux et arts appliqués variés : panneaux décoratifs, papiers peints, tapisseries, vitraux, décors de théâtre...







Des peintures de Paul-Élie Berthet

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Ravi dans une extase /



La fille du soleil
Photographie © Sonia Marques (octobre 2021)

Art Par kiwaïda at 00:11

01/10/2021

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Dessins © Sonia Marques : Octobre rouge

C'était en octobre 2018, je portais un sweat comme on dit en anglais, un vêtement du vestiaire des sportifs américains avant et après l'effort. J'en avais bien besoin, il a une écriture en éponge "Slow" sur la poitrine et est de couleur brique, d'un rouge profond, un peu terre de Sienne, pas encore terre brûlée. Résistant au lavage, le sweat a remplacé nos chandails d'ici. Cette "slow life" était arrivée, j'allais y glisser ma vie doucement et plus durablement. J'étais allée chercher mes ailes, à nourrir, avec une petite salopette bleue. C'était en octobre 2018, encore une rentrée slow, où l'éponge, cette matière très particulière, un tissu qui absorbe l'eau, les larmes, les corps mouillés, et symbolise, le réconfort, ou bien, après une bonne nage, ou après avoir bien transpiré, un séchage plus rapide, me parle de la mer. Elle me parle de la mère. L'éponge constituée de petites bouclettes, devenait le nid de la découverte, des jouets en bois, de la pâtée douce, des yeux noirs attendris et sauvages. En ce jour du premier octobre 2021, nous avons bien grandis. Bientôt nous ouvrirons nos ailes. Mon amoureux regardait des dessins de David Hockney, des années 70, très beaux. Moi aussi j'admirais la finesse et l'importance des vides et du papier légèrement jaune, un blanc cassé, mais un peu plus jaune. Nous avons décidé, avec Opale, aujourd'hui de l'épater. Voici nos desseins délicats, voici comment la vie se dessine, une vie pas tout à fait comme les autres.

Opale parle comme un homme, elle la voix de mon amoureux. On pourrait dire qu'elle est particulièrement attentive à l'émancipation des femelles, mais non, elle est tout simplement attentive à la voix des hommes.

C'est sa période d'adolescence : ça promet !

Bonjour octobre, voici notre rentrée.


Animal Par kiwaïda at 15:47

30/09/2021

ґεηтґé℮

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Au temps des donjons

Poésie de Robert DESNOS
Recueil : "État de veille"  (1942)

As-tu déjà perdu le mot de passe ?

Le château se ferme et devient prison,
La belle aux créneaux chante sa chanson
Et le prisonnier gémit dans l’in pace.
Retrouveras-tu le chemin, la plaine,
La source et l’asile au cœur des forêts,
Le détour du fleuve où l’aube apparaît,
L’étoile du soir et la lune pleine ?
Un serpent dardé vers l’homme s’élance,
L’enlace, l’étreint entre ses anneaux,
La belle soupire au bord des créneaux,
Le soleil couchant brille sur les lances,
L’âge sans retour vers l’homme jaillit,
L’enlace, l’étreint entre ses années.
Amours ! Ô saisons! Ô belles fanées !
Serpents lovés à l’ombre des taillis.

Enseignement Par kiwaïda at 01:22

27/09/2021

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Charles Jencks AB ’61 BArch ’65 is a cultural theorist, landscape designer, and architecture historian. Among his many influential books are Meaning in Architecture (1969), The Language of Post-Modern Architecture (1977), Adhocism: The Case for Improvisation (with Nathan Silver, 1972), The Daydream Houses of Los Angeles (1978), Bizarre Architecture (1979), and The Architecture of the Jumping Universe (1997). He is also co-founder of the Maggie’s Cancer Care Centres, named for his late wife Maggie Keswick, and has written about this project in The Architecture of Hope (2015). Jencks has taught and lectured widely and served on numerous juries and selection committees; his work has been recognized with numerous awards and honorary degrees. As a landscape designer, Jencks has completed several projects in Scotland, including the Garden of Cosmic Speculation (2007) and Jupiter Artland (2010). In his lecture, he will speak about his ongoing project the Crawick Multiverse, about which he writes: The cosmos is almost the measure of all things and provides a referent and subject, a focus otherwise hard to find in present day society. With a few architects the patterns of nature and the architecture of the universe have partly reemerged as a shared meaning and iconography. At the same time the Multiverse has emerged on the agenda among scientists. Is this now a subject of thought and ultimate meaning? I have explored it in the architecture of the multiverse, an unfinished project. Where it leads, the imagination follows.
Superbe conférence de l'architecte Charles Jencks (2016) Sa "maison cosmique" londonienne de cet historien de l'architecture et théoricien a ouvert ses portes au public en tant que musée (il est décédé en 2019) à partir du 24 septembre 2021 (il y a quelques jours ! Réservation sur le site Internet : https://www.thecosmichouse.org/) Il était un écrivain, un critique et plus tard un paysagiste, qui a contribué à formuler les idées et la théorie autour du postmodernisme et, à travers ses livres, à rendre ces idées accessibles et universelles. Dans le quartier de holland park à Londres, Jencks et sa femme Maggie, artiste, ont acheté une villa victorienne en 1978. le couple a travaillé avec l'architecte Terry Farrell pour concevoir la maison cosmique qui présente des contributions et des collaborations avec d'autres architectes et des artistes tels que Michael Graves, Piers Gough, Eduardo Paolozzi et Allen Jones. À partir des années 1980, la propriété est devenue le foyer spirituel du design postmoderniste au Royaume-Uni et a régulièrement accueilli des conversations avec les principaux architectes et penseurs de l'époque. Enfant sa fille se souvient parcourir chaque recoin et voir son lapin domestique se cacher, tout comme elle, dans la maison conçue par son père et tous ses amis, un fada, fan des mathématiques et des trous noirs et des planètes et astrologies. La bibliothèque est incroyable, l'escalier digne d'une conception d'un phare, toutes les salles dédiées aux saisons, le dôme eau, complètement dingue, une architecture très provocatrice, polémique, ludique, hybride, avec tant de métissages et de culture, une pizza très garnie et complète, comme il aimait le dire. Charles Jencks Alexander a conçu des jardins inspirés de Wiliam Blake, peintre et poète britannique, établissant des relations entre le grand et le petit, la science et la spiritualité, ou encore l’univers et le paysage, ils sont spectaculaires, défiant les lois de la physique et de la nature.

Paysage Par kiwaïda at 16:35

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