Où êtes-vous chère amie ?

Chère âme ?

Nous vous avions rencontrée cet été 2014. Une chatte claire, avec une petite queue. À chaque fois, dans ce jardins des Hespérides, vous vous présentiez à nous. Cachée, à l'abri, dans un buisson, vous sortiez venir nous voir et vous blottir de nouveau sur nous, dans nos habits. Nous étions ces ignorants, d'instinct reconnaissants, nous vous apportions chaleur. Aviez-vous besoin de nous ? Non. Nous avions besoin de vous, à ce moment. Nous avions trouvé chaleureux vos salutations bien plus distinguées, que celles que nous recevions. Les êtres humains, vous saviez leur insensibilité. Vous vous cachiez. Nous êtres humains, nous ne savions pas que vous étiez pleine. Nous pensions que vous étiez abandonnée, et si domestiquée. Mais non. Vous preniez nos cuisses comme de confortables divans, nous étions un peu paralysés, sans vouloir vous déranger. Nous attendions votre sieste se terminer.

Quelles joies, vous nous aviez là données. Pas de ces joies pétillantes, mais celles aussi pleines d'interrogations. Alors nous avions décidé de vous protéger. À notre manière et si peu de fois, nous le faisions. Vous aviez besoin de repos, vous étiez sans arrêt fatiguée, vous dormiez. Vous sembliez si apaisée. Vous nous aviez beaucoup apaisés. Les êtres humains ne sont pas apaisés, ils cherchent des peluches, des canapés, et des papiers toilettes. Ils cherchent des coupables. L'été se terminait, nous vous avions perdue de vue. L'automne, nous avons trouvé un chaton fier parcourir, les remparts, une petite queue, comme la vôtre.

Vous étiez pleine de grâce et de vie. Par vous, les plus petits arriveraient, sans dire à personne qui vous étiez. Personne ne sera plus qui vous êtes, vous avez disparue.

Amie, chère âme disparue, pourquoi ce sobriquet m'était venu : Nougat.

Vous étiez mère et femelle de nombre de chatons qui portent votre marque.

À présent, nous le savons, nous ne vous ignorons plus. Nous avons pensé à vous.

La phase de l'ignorance, l'artiste exprime avec ses mains, ses pensées qui les dirigent, ce qu'il ne peut dire. Pourquoi des extraterrestres sont-ils arrivés ?

Ils étaient tendus, la tête haute, ils nous regardaient, avec de si grandes oreilles, ils nous entendaient, mais ils étaient murés dans le silence.

Était-ce des femmes ? Des hommes ?

Des enfants nés. Eux-aussi, par quelle mère ?

La création, la terre.

Le masque de la peinture vous a protégé, ainsi personne ne saurait qui vous a créé.

Le monde passerait son temps à chercher d'où venez-vous.

Les religions apporteraient un soutien, une ruine, la philosophie, un costume vénérable et inaccessible.

Et vous chère amie, chère âme, vous avec cette connaissance, depuis là où vous êtes.

Permettez-moi, de vous remercier.

Photographies et volumes © Sonia Marques