Images du documentaire de la réalisatrice la réalisatrice allemande d'origine ghanéenne Mo Asumang "Les aryens" de 2013 

Documentaire à voir ici sur dailymotion, part.1 part.2, ou sur Arte, pour diffusion ces temps-ci.

En Allemagne, certaines localités, rebaptisées « zones nationales libérées », sont désormais sous le contrôle du NPD (Parti national-démocrate), qui a fait fuir les étrangers et imposé un climat de terreur. Aux États-Unis, les groupuscules d'extrême droite prolifèrent dans le sillage du Ku Klux Klan ou de suprématistes blancs tels que le fondateur de la White Aryan Resistance, qui affirme sans détours : « Notre religion, c'est notre race. » Si leurs dénominations et leurs méthodes diffèrent, ces mouvements reposent sur une idéologie commune : la croyance en la supériorité de l'homme blanc, et plus particulièrement de l'Aryen, qui fut glorifié par les nazis pour mieux rayer de la communauté nationale les juifs, les étrangers et tous les individus jugés inférieurs. Mais que signifie être aryen ?

Instrumentalisation

Descendant de grands-parents enrôlés dans la SS d'un côté, d'aïeuls ghanéens de l'autre, la réalisatrice, présentatrice et actrice Mo Asumang (The ghost writer) est confrontée depuis l'enfance à la haine raciale. De manifestations publiques en entretiens en tête-à-tête, bravant les intimidations et les silences obstinés, elle part à la rencontre des néonazis pour décrypter leurs motivations et les confronter à leurs incohérences. Au fil de son enquête, elle interroge le sens du mot « Aryen », popularisé au XIXe siècle par Joseph Arthur de Gobineau. Elle met ainsi en lumière l'instrumentalisation du terme, qui désigne en réalité une peuplade de bergers du IIIe millénaire avant J.-C., installée sur les hauts plateaux de l'Iran actuel. Une vérité anthropologique irréfutable qui ébranle les postulats nazis toujours en vogue aujourd'hui, qualifiés de « sinistre plaisanterie » par un archéologue persan.


Sur l'Encyclopédie Universalis, cette définition à "Aryen" :

Francisé en « aryen », le terme sanskrit ārya (avestique, airya) signifie « excellent, honorable, noble ». Ainsi se désignent, avec la morgue coutumière des conquérants, les populations de langue indo-européenne qui, vers la fin du III e millénaire avant l'ère chrétienne, s'établissent sur le plateau iranien pour pénétrer dans le Pendjab entre les ~ XVIII e et ~ XV e siècles. Une imposture de près de deux siècles allait accréditer chez des peuples européens, sensibles à l'impérialisme économique qui présidait à la conquête de colonies, l'idée qu'ils étaient de la race de ces lointaines tribus guerrières et se devaient d'imposer leur joug à des races qualifiées d'inférieures. L'aberrante identification que les milieux à vocation scientifique établirent entre la race et une communauté de langue, dont sont en effet issus le hittite, l'arménien, le celtique, le germanique, l'italique, l'albanais..., allait prêter sa caution au génocide érigé en système par le national-socialisme.