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vendredi 24 juin 2016

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Bergeronnette grise Motacilla alba - White Wagtail (Photographie c.c.: Luciano95)

34 degrés à l'ombre. Hier, J'ai rencontré une Bergeronnette grise. Elle volait du bas de la piscine jusqu'en haut du palmier. Bel oiseau élégant, délicat comme tous, haut sur pattes, noir et blanc. C'est un oiseau aquatique, il peut être bien près de l’eau pour chasser que dans les villes et les parcs urbains pour dormir dans les arbres. Là c'était un palmier, parfois, cette Bergeronnette marchait près de moi, avec son casque noir, puis s'envolait. Elle semblait vouloir me dire quelque chose du haut de son palmier, le bec s'ouvrait par intermittence et de petits cris ainsi (superbe site de sons, Xeno-Canto). La Bergeronnette grise fréquente une grande variété d’habitats humides ou secs mais ouverts comme les rives maritimes, les cours d’eau en altitude ou les rivières au cours lent en plaine, les bords des lacs. Mais cette espèce se trouve aussi dans les zones cultivées, les parcs urbains et les jardins, et près des villes et des grandes cités. Cet oiseau est commun dans les jardins, près des habitations. Pendant les migrations ou en hiver, elle fréquente aussi différentes zones humides comme les lisières des réservoirs, les lacs et les étangs, les rizières et les champs irrigués, les villes, les campings et les plages.
Cette espèce peut se reproduire depuis les basses terres jusqu’aux hautes montagnes (jusqu’à 5000 mètres d’altitude dans l’Himalaya). En anglais elle est nommée "White Wagtail", en allemand, "Bachstelze", en espagnol, "Lavandera Blanca", en italien, "Ballerina bianca"., en suédois, "Sädesärla"... Mais c'est une MOTACILLA ALBA et il existe plusieurs variétés :


Le soir, au hasard d'une ruelle à Limoges, je reconnais Pierre Belouïn attablé. Quel hasard, notre défunt, Jean-Luc Vimouth (dont j'ai écrit un long article RIP), chef d'atelier de l'Ensba de Paris, milieu des années 90, et artiste disparu en décembre dernier, qui nous avait fait réunir d'échanges entre anciens étudiants, m'a guidé afin que nous nous rencontrions, dans ma ville. Du haut du palmier cette bergeronnette me faisait des signes. JLV, le monsieur palmier, qui avait construit un escalier hélicoïdal pour que l'on puisse découvrir un autre point de vue.

Jean-Luc Vilmouth : Autour d'un palmier, 1989

Pierre avait monté une structure d'édition (Optical-sound) son blog présente en ce moment Acoustic Caméra, il nous a donné une carte de visite noire. Il nous a parlé de ses souvenirs et sa formation de sa culture musicale et la cold wave. Cette vague froide, dont Pierre en avait fait le titre de l'une de ses expositions. Je me souviens de son affiche à l'atelier (Ensba Paris) où nous étudions ensemble, "Ne me quitte pas" et tant d'autres évènements, manifestations. Je me demande si ma découverte de la vidéo en VHS, un weekend, dans notre atelier, Trash, qui m'a inspirée avec Joe Dalessandro, pour une bonne partie de mes Songes (vidéos aussitôt exposées dans une galerie avant le passage de mon diplôme et achetées par un collectionneur...), ne venait pas de Pierre. En février 1997, je réalisais une exposition, dans la galerie gauche de l'école, avec autorisation qu'elle soit ouverte le soir, nommée "Optique Valentine", avec Étienne Cliquet, le 14 février. J'avais compilé sur K7 plusieurs chansons d'amour, mais c'était un hommage féministe à la Valentine, que j'inventais, le jour de la Saint Valentin, mais surtout sur la chanson de Chet Backer, My Funny Valentine. Première dans l'école, la galerie gauche n'était utilisée que pour des accrochages de peinture et jamais ouverte le soir. Nous avions réalisé successivement une édition, complètement artisanale, j'étais dans une fine fabrique très près de la photocopieuse couleur aux halles, très remarquée, Claude Closky nous enviait. Elle nous a emmenée loin, jusqu'à Vancouver. Fête de pliages de papiers, de dragées installés de façon très spécifique, éclairés par des projecteurs de diapositive au sol, une légèreté, mais la majeure partie de notre diffusion sonore était techno, cold, hard, parsemée de bonbons (de mariage) à sucer, et de slows, où plusieurs danseurs se sont succédé pour inaugurer cette balade, ainsi que l'artiste qui étudiait avec nous Otobong Nkanga, en photo dans l'édition, avec Noëlle Pujol, qui porte des masques. C'est une période, après un passage où je fus hospitalisée, je souhaitais réaliser une fête à l'école et pour tous, mais une fête très inspirée et conceptualisée depuis mes références, l'artiste Félix González-Torres, ou Nan Goldin étaient dans mes bagages. Des masques en papier, une ouverture au public, premiers origamis, sans le savoir encore... Des billets de tombola tous gagnants, aux noms de saints, d'hommes et de femmes, étaient à piocher, bleus ou roses, afin que de nouvelles rencontres, sans à priori de genre s'inaugurent, et parsemaient après utilisation le sol. On y accédait par un bocal dont l'orifice était recouvert de pâte d'amande. J'avais vu plusieurs expositions de Matthew Barney, et vu le cycle de film de ses Cremasters et j'aimais beaucoup ses objets avec de la paraffine. Pierre Belouïn avait beaucoup apprécié le nom choisi de notre réception manifeste, avec le mot "Optique" et était venu m'annoncer qu'il avait trouvé le nom de sa structure d'édition : Optical Sound. Je crois qu'il fut le premier à m'inviter à danser un slow. En écrivant cet article, j'écoute "Light Speedream" de Blue Baboon (album HiTop (OS.005)

Optical Sound est une structure hybride et atypique, furtive et mobile qui dessine ses propres frontières entre musique expérimentale et art contemporain. Bien avant l'exode des musiciens vers les contrées plus accueillantes des arts plastiques - crise du disque oblige et soif insatiable de nouveauté - Optical Sound œuvre depuis 1997 au mixage interdisciplinaire .../...

Blue Baboon c'est aussi Olivier Huz, dont j'avais adoré son album : "Frz & Blue Baboon & Etereo Expandeum Club ‎– Machine That Also Let You Draw !" qu'il m'avait passé en 2001 (label Vacum), période où il a fait partie de mon collectif Téléférique. En fait, je pense que c'est Étienne qui l'avait invité pour son programme informatique, pastiche d'un virus pour Mac, sonore, dont la composition était très fine, tous les dossiers allaient à la poubelle. Makoto Yoshihara, notre ami artiste, membre du collectif, était fan de ce petit objet ludique. C'est ainsi qu'il m'a parlé de ses compositions que je trouvais vraiment réussies. Il avait remarqué mes compositions sonores et m'avait encouragé à continuer. Il est aussi graphiste sous le nom à présent de Huz & Bosshard (Huz & Bosshard est le diminutif pour Olivier Huz et Ariane Bosshard, graphistes associés depuis 2008-09). Années 1997 donc c'était l'année de l'Aspic Record aussi. J'ai connu le couple Claire Moreux et Olivier Huz avant sous le nom de Blue Baboon, de Lyon, graphistes et aussi ils composaient de la musique (Aspic record les archives : Aspic Records was a label dedicated to Cd-r. Now, it is the place where you can have news and hear sounds of all the people involved in the label, their friends and all the people we like. All the past releases are now online, help yourself! ) Puis, ils se sont associés à Optical sound.
De cette fête amoureuse dans toute l'école, inauguratrice de ces années festives et derniers éclats d'un siècle, période Sida (l'année 2000 se profilait avec moins de partage et voici où nous en sommes arrivés !), Optique Valentine, je suivais les cours de critique d'art d'Élisabeth Lebovici, entre autres, je faisais des études à pas d'heures et un peu plus qu'il était prodigué dans l'école, je l'avais conviée à la fête, et elle, également à ses fêtes. Il y avait aussi la Gay Pride à Paris, et dans l'une de ses fêtes, j'avais convié d'autres amis, qui ne connaissaient aucun trouble dans le genre.
Sinon, cela faisait donc presque 20 ans que je n'avais pas vu Pierre, tout de suite je l'ai reconnu, dans la nuit noire, éclairée par un repas bien mérité. JLV roublard, devait bien rigoler du haut de son palmier céleste. Nous remercierons la bergeronnette élégante de cette nouvelle rencontre impromptue et à mes qualités de physionomiste. À cet instant je me suis souvenue d'avoir rencontré dans les rues de Berlin, Martine Maffetti, artiste aussi de cette école d'art parisienne, avec laquelle j'avais tant et tant marché et tourné en rond, à l'espace d'art contemporain de la Fondation Cartier, embauchées toutes deux à garder les expositions, seule je l'avais reconnue, une dizaine d'années plus tard, en plein hiver, alors que j'exposais, invitée par mon ami Johannes Buss, artiste et commissaire d'exposition. Il m'a fait découvrir Berlin. J'avais effectué mes études à Vancouver, sur l'île plus exactement avec lui, puis nous étions constamment en contact, entre le Brésil, l'Allemagne et la France. C'est important tous ces changements, les artistes sont des vagabonds très sensibles et sympathiques, qui changent beaucoup et ont une belle expérience de vie. Et tout cela en toute indépendance des institutions, assez libres en fait, précaires mais plein d'idées. Cela n'a pas changé pour tous ces artistes. J'ai l'impression que nous sommes en période de résistance, chacun dans notre coin, mais on ne peut rien montrer, nous sommes interdits, le sensible n'a plus droit à la parole, seul les discours militaires et les forces armées des technologies invincibles des marchés signés sont acceptés, avec objectifs et résultats, des copies de copies de copies. Il me faut continuer ce recueil de poésie, j'ai vu la vidéo de ma conférence, malgré leur problème de captation, c'est vraiment pas mal, ça grouille d'idées. Je vais tenter d'insérer mes visuels ce sera mieux...



Paraganba (photographie © Sonia Marques)

Encore une boutique qui ferme, désuète à souhait, j'aimais beaucoup son enseigne et cette typographie déliée, ses pictogrammes charmants :

La maison Parangaba, qui ne date pas d'aujourd'hui, attire toujours une clientèle BCBG et exigeante sur la qualité. Côté parapluies, c'est Piganiol qui offre, avec sa collection L'Aurillac, une belle diversité qui va du traditionnel parapluie de berger à des modèles sobres ou plus fantaisistes, droits ou pliants, imprimés ou unis. L'élégance est toujours au rendez-vous avec de jolis gants de cuir et de la petite maroquinerie signés entre autres Buscarlet, Azzaro. En soierie, des carrés chic sont griffés par de grands couturiers (Inès de la Fressange, Pier Olivier). Etoles et écharpes complètent le panel.

Aujourd'hui il pleut tant que je pensais à mon "Monstre de la pluie" dessin déclencheur d'une longue série (Les incognitos) qui n'a pas fini de raconter des histoires et de donner des leçons d'enseignement. Juste avant de rencontrer Pierre, je vois dans une librairie de livres pour enfants, une illustration de Maurice Sendak. Cette série, de mes incognitos, avait inspiré mon ami Johannes, ainsi avait-il le souhait de voir figurer une partie de mes dessins à Berlin, ensuite il s'est mis à dessiner aussi, ce qu'il ne faisait pas habituellement. Des dessin de couleurs, queers et transgenres. Un jour, j'avais exposé tous mes dessins en cours dans mon appartement, cela prenait tout le mur. Mon ami avait invité ses collègues, dont Bertrand Lamarche et Katarina Schmidt, moi j'avais invité Régine Kolle, un peu de l'Allemagne. Nous apprécions tous ces artistes et étions amenés à travailler ensemble, souvent dans l'enseignement. Bertrand s'est exclamé en voyant l'un des dessins le
"Monstre de la pluie" qu'il ressemblait à un dessinateur américain qu'il aimait beaucoup depuis l'enfance : Maurice Sendak, que je ne connaissais pas du tout, surtout le succès international avec Max et les maximonstres (Where the Wild Things Are) publié en 1963. Plusieurs de mes amis, connaissaient cet ouvrage. En France cela a dû être un des livres de la jeunesse. En arrivant à Limoges, en décembre, dans cette ville inconnue, en pleine neige et Noël, le premier film que j'ai été voir c'est l'adaptation de son histoire Max et les maximonstres, réalisée par Spike Jonze, fin 2009. J'ai beaucoup aimé ce film.

Spéciale dédicace aux rencontres et hasards bienheureux... au monstre de la pluie et à la bergeronnette du palmier.



Monstre de la pluie  (dessin © Sonia Marques - 2006)

samedi 11 mai 2013

♭ℓ☺ẘ

Ceci n'est pas un couple de palmiers.
Une banane, deux kiwis, du chocolat à la noix de coco, une assiette orange, un siège rouge, une photographe, une cuisinière, une idée, un anniversaire...

Gueules de loups (Photographies © Sonia Marques)