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vendredi 20 février 2015

ᒪ'ᗴᗩᘮ, ᒪᗩ ᖰᒪ⋒ᓮᗴ, ᒪᙓᔕ ᒪᗩᖇᙢᙓᔕ

Image du film "L'histoire du chameau qui pleure", réalisé par Byambasuren Davaa et Luigi Falorni, 2003

La grande évasion, ce que nous montre le premier film de Thomas Salvador, "Vincent n'a pas d'écailles", en ce moment.
Savoir nager, capter l'eau, s'immerger, traverser, aller au-delà... Le pouvoir invisible. Rien à voir avec fuir, ou l'évitement.

Sortie des écailles ou des cicatrices branchiales, qui font que les pirates sont jolies femmes, nous aperçûmes un Aral. J'entendis l'homme qui pleure au téléphone. Étions-nous cette famille de nomades et mongols dans un désert urbain où tous les passants ignoraient cet autre film, dont je me suis souvenue : "L'Histoire du chameau qui pleure", film allemand réalisé par Byambasuren Davaa et Luigi Falorni, sorti en 2003. Des fictions à la réalité. Qui était malade, qui devait s'arrêter, qui devait être sauvé, qui devait recevoir des secours ? Lorsqu'on ne le peut pour soi, peut-être le peut-on pour d'autres ?

Je pensais à cet aquaboniste, ce faiseur de plaisantristes, qui dit toujours a quoi bon comme le chante Jane Birkin, ou le nouveau mot de l'oiseau bleu : Bah quoi ? Bah quoi ?

Si vous entendez un homme qui pleure, de ses sanglots, des accents étrangers, du sang dans ses larmes, bah quoi ? Les secours dans l'eau, la pluie, les larmes, se rassurer comme on peut, vivre encore un peu plus. Ne laisser place à l'injustice.
S'il est blanc, s'il est noir, s'il est caliméro, s'il est une femme, si elle est voilée, si elle ne parle plus, si ses cris sonnent dans l'indifférence, si nous sommes des aquabonistes, sans emplois, sans idéalisme, si la musique aide un peu, se secourir, mais rire de tout.
Soignons-nous bien. Il est beau, elle est belle et parfois il ne pleure pas, elle ne pleure pas. En secret ils aiment.

Si le présent est encore difficile à assumer :

Présent

    je secours
    tu secours
    il secourt
    nous secourons
    vous secourez
    ils secourent


Optons pour un futur proche :
 

Futur

    je secourrai
    tu secourras
    il secourra
    nous secourrons
    vous secourrez
    ils secourront

Et pour toutes les futures missives, je conseillerai, au futur simple, l'achat d'un livre de la collection Bescherelle, référence en grammaire française. Au lieu de le dépenser dans des timbres poste. Donnons des modes d'emploi à celles et ceux qui ne connaissent rien des premiers secours. En espérant qu'ils sachent un jour, avec tant de moyens, secourir vraiment afin de rire de tout.

jeudi 22 janvier 2015

ℓℯ ł@ηℊαℊε ∂εṧ ☺ḯ﹩ε@ʊ✖

Image du film Timbuctu, réalisé par Abderrahmane Sissako

Oualata (ou Walata, en arabe : ولاته) est une ville et une commune de la région (wilaya) Hodh Ech Chargui, dans le sud de la Mauritanie, ou furent tournées des scènes du beau film Timbuctu, un film dramatique franco-mauritanien réalisé par Abderrahmane Sissako, sorti en 2014. Seul film africain figurant parmi les dix-huit œuvres en compétition pour la Palme d'or de la 67e édition du Festival de Cannes, ça c'est pour le petit truc élitiste, mais c'est ainsi qu'il parvient à nos yeux. Je commence par Oualata, juste pour la sonorité. Sachant aussi que c'est un territoire, il m'est inconnu et de cette méconnaissance, je n'avance aucune certitude. Je ne sais rien.
En revanche, j'ai vu un film qui m'a conduite aux oiseaux, que je n'avais jamais quitté... des yeux.

Ce film Timbuctu est appelé aussi "Le chagrin des oiseaux"

Quelques mots me viennent à l'esprit :
Couleur terre et sable, désert, tente, murs en banco, résistance, chant, amour, visages, nomadisme, féminin, touaregs, humiliations, répression, folie, foi… violence.

Des questionnements :

- Comment mener une vie de nomade ?
- La poésie est-elle source de foi ?
- Être sage face à la répression ?
- Est-on toujours un homme ?
- Le rapport à la mort, au destin, se taire ou se défendre ?
- Le rapport à la foi, la vivre ou l'appliquer, la juger ou l'interpréter ?

Ce que je relève d'instructif c'est que l'humour, ici, serait une forme d'intelligence, dont le pacifisme suffit à révéler l'injustice, sans la combattre avec les armes à feux, ou presque (et c'est la bascule). Elle est intimement liée à la sensibilité et la créativité (chant, danse, communication, dialogue, conciliation…) La résistance fait son cinéma, et ici image. Car elle insuffle de l'émotion : continuer à chanter… "Le chagrin des oiseaux", est un hommage aux souffrances et aux morts, une forme de célébration de la résistance des vivants. L'arme à feu réduit les échanges humains, les possibles de découverte de l'autre. Demain, déjà, les armes à feux seront invisibles, on entendra plus le signal. Tel des outils de colonisation, l'histoire le prouve, les assaillants d'un territoire souhaitent le modifier le changer (donc les us et coutumes) par la force. C'est l'histoire que l'on tue, que l'on souhaite faire taire pour imposer sa loi, ses codes (son expression ?)
Une expression assassine une autre, la réduit à néant. Ou commence et ou s'arrête la liberté desdites expressions ?
Le film fut supprimé des programmations ces temps-ci. Pourquoi ?
Par peur ? Qu'est-ce qui est autorisé ? Qui autorise ? Qui supprime ? Que nous reste-t-il pour penser ?
On supprime un conte ? Pacifiste ? Que garde-t-on ? Pour qui ? Pourquoi ?
Pourtant il est un bon outil, une forme d'expression bienvenue en ce moment confus.
Il a pu être interrogé fin de l'année 2014 comme la vision d'un conte pour occidentaux, vis-à-vis de l'idéalisme présenté des touaregs, si tant est que l'on se souvienne de la rébellion des touaregs de 2012.
Et donc, son interprétation, côté occident, je peux en témoigner, devient ces jours-ci, un outil indispensable… pour commencer à penser. Salle pleine, écran minuscule, à côté de grands écrans pour des films américains, avec des places vides.
Hormis l'exotisme du sable comme habitat, qui nous transporte dans un espace chaud, assis, allongé... très étrange pour l'urbain, des questionnements, une narration qui résonne dans l'actualité.
Est-elle douce ? Ou apporte-t-elle un visage humain à l'humain ? Comment le conte insère la cruauté à l'écran, sans écraser le merveilleux dans l'histoire. C'est réussi.
La chaleur, la nonchalance, la guerre, l'invasion, lente, violente.

Et beau remake cinématographique ou belle performance, ou bien humour : jouer au foot sans le ballon quand jouer au foot est prohibé (comme chanter...) Mais continuer à jouer, à créer.
Aussi l'intrusion juridique trouble, dans le film, l'accès à la spiritualité et à son enseignement.

Image du film Timbuctu, réalisé par Abderrahmane Sissako (Regardons bien cette image choisie : une cage... des oiseaux)

J'étais non loin, dans ma nouvelle tente, en méditation sur les humiliations, ces papiers qui se sont accumulés ces dernières années, des insultes qui déguisent l'ignorance. Dois-je enseigner avec ou sans ?
Sans, pour continuer de chanter, car ces signatures ne sont pas des poésies, elles ne se chantent pas, elles empêchent le chant.
Comment peut-on recevoir un enseignement, dans des conditions non favorables à sa bonne réception ?
Peut-on parler d'étudier, si l'on ne peut recevoir d'enseignement ?
L'intrusion administrative trouble l'accès à l'enseignement.
Enseigner c'est un beau métier. Continuer à chanter…

Des questionnements :

- Pourquoi exclut-on celles et ceux qui enseignent dans la paix et pour la paix ?
Celles et ceux qui n'éprouvent pas le besoin de crier ou forcer l'autre pour enseigner ?
- Pourquoi fait-on taire celles et ceux qui écoutent avant tout ? Les séparent-on du groupe ?
- La poésie est-elle source de foi ? Serait-elle prohibée dans le pays où l'on vit ?

Des histoires singulières ou partageables, partagées, que l'on tue, que l'on souhaite faire taire. Une expression assassine une autre, la réduit à néant.

- Ou commence et ou s'arrête la liberté d'expression ?
Méditation de longue haleine.
Le bruissement d'une foule n'apporte pas la réponse, si ce n'est que la liberté d'expression s'arrête là où la liberté de penser commence.

Autre différence, distinction :
L'expression artistique est là, souvent parsemée un peu partout à qui sait la voir. C'est un enseignement que de commencer à le percevoir. C'est une histoire de temps, de sédiments, du savoir qui n'est jamais acquis, du croyant à l'agnostique et j'ose espérer l'athée, chacun sait qu'il ne sait pas plus et surtout pas plus que celui, que celle qui étudie.

Hypothèse : Je m'aperçois que je suis du côté des philosophes, des poètes, peut-être plus que du côté des artistes tel que ce côté se clôture à la hâte. Que souhaite-t-on protéger ? Qui ? Quelles formes artistiques exclusives ?
Regagner ce que l'on perd par la pensée. Initiation, mise à l'épreuve. Effort intérieur vs / extérioriser. Invention.

Couverture du manuscrit Mantiq al-Tayr (voir plus bas)


Je me suis souvenue de ce long et merveilleux poème auquel il me faut revenir : "La conférence des oiseaux", (en persan : منطق الطیر, Mantiq at-Tayr), un recueil de poèmes médiévaux en langue persane publié par le poète soufi persan Farid Al-Din Attar en 1177. Longuement, j'ai pu le lire et de façon intuitive, à des oiseaux. D'une part pour le lire, mais aussi pour apprivoiser un oiseau sauvage. Je ne saurai jamais, de cette expérience, ce qu'il est est resté, si ce n'est que l'oiseau m'a quitté, un jour où il avait changé de maison et où il n'entendait plus chanter ce livre. Aussi appelé Le « Langage des Oiseaux » ce recueil comprend 4 647 vers. C'est une épopée mystique où 30 000 oiseaux sont à la recherche de leur Roi. Il y a plusieurs vallée, la première est la vallée de la recherche :
   

Dans cette vallée, l'homme a le sentiment d'être en captivité. Il se sent séparé de quelque chose d'essentiel. Il est souvent un cherchant. Il cherche à se libérer, mais rencontre partout l'hostilité.

La Huppe dit et enseigne :
« Cent choses pénibles t'assailliront sans cesse. C'est seulement au prix de modifications profondes et lentes du comportement que des progrès sont possibles ».


Puis la vallée de l'amour, de la connaissance, de l'indépendance, de l'union, de la stupeur, du dénuement.

Et dans le dénuement, par exemple, on peut lire :

La Huppe dit encore :
« Ce que l'on peut considérer comme l'essence de cette Vallée c'est l'oubli, le mutisme, la surdité et l'évanouissement de toute choses ».


Étrangement, à chaque déménagement, je le redécouvre et dans des circonstances différentes, et de maturité différentes. Le soufisme est un joyaux. L'auteur Attar, retrace son âme, poète et mystique persan (v. 1140-v. 1230), de l'époque glorieuse du soufisme où la quête divine atteignit des sommets inégalés. On a beaucoup perdu de cette spiritualité.
Les oiseaux sont la légèreté, dans ce poème, l'essence des choses et des êtres.

Il y a 7 vallées merveilleuses, un extrait de celle de l'amour :

« Mais toi, dont l'esprit ne touche pas terre et qui se fout de tout, tu te moqueras de ce discours, tes dents n'y mordront pas avidement. Une personne qui a de la loyauté en elle tient son argent prêt, sa tête disponible, pour s'unir à ses amis. Les autres se contentent de brandir ce qu'ils feront pour toi... demain. Celui qui ne s'engage pas de cette façon là du côté de la loyauté, entier et sans retenue, ne sera jamais affranchi de la tristesse et de la mélancolie qui le plombent. Il sera agité et torturé jusqu'à ce que le faucon atteigne son but. Si un poisson est poussé par les vagues sur la plage, hors de l'eau, ne se débattra-t-il pas pour regagner l'onde ?

« Dans cette vallée, l'amour est représenté par le feu, la raison par la fumée. Quand vient l'amour, la raison s'efface. Car la raison ne peut vivre sous la folie de l'amour. L'amour n'a rien à faire avec la raison des hommes. Si tu avais la conscience claire et l'esprit tourné vers le dedans, tu saurais voir de tes yeux la structure atomique du monde visible. Mais si tu regardes les choses avec les yeux de la raison commune, tu ne comprendras jamais combien il est vital d'aimer.

Seul un homme qui a vécu et goûté la liberté peut accéder à ce bienfait. Celui qui veut venir jusque dans cette vallée doit y venir avec mille coeurs au moins, et être prêt à les sacrifier les uns après les autres à chaque seconde.

The_Mantiq_al-tair,_
Source: The Conference of the Birds: Page from a manuscript of the Mantiq al-Tayr (The Language of the Birds) of Farid al-Din Attar [Iran (Isfahan)] (63.210.11): Heilbrunn Timeline of Art History: The Metropolitan Museum of Art

Paix

lundi 25 août 2014

ℬυґᾔḯᾔ❡ ℳ@ᾔ

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