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Tag - cartographie

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lundi 31 août 2015

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Images du film "La Vallée" réalisé par Barbet Schroeder, 1973 (bande son originale : Obscured by clouds, Pink Floyd)

dimanche 3 mai 2015

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Zai Kuning (Photographie au Palais de Tokyo... de nuit : Sonia Marques)

"Ma pratique artistique a toujours été multidisciplinaire, incluant notamment la danse, l'installation, le dessin, l'écriture, la vidéo, le film documentaire, la musique et le mensonge. J'ai toujours été intéressé par ce qui a été oublié, complètement ignoré, incompris, supprimé, discriminé, mystifié, violé et jeté. Cela ne choquera donc personne si je dis que ce dont je m'occupe depuis vingt-cinq ans est essentiellement à mettre à la poubelle. "

Zai Kuning


Au sein de l'exposition Archipel Secret du commissaire Khairuddin Hori, en ce moment au Palais de Tokyo

Communiqué :
L’exposition Archipel secret propose une rencontre avec la création contemporaine de l’Asie du Sud-Est, une région en transformation, dont les artistes, enracinés dans des traditions millénaires sont aussi, simultanément, plongés dans l’ultracontemporain. L’exposition explore, au travers d’une quarantaine d’oeuvres en majorité conçues pour l’occasion, les idées et les pratiques d’artistes contemporains originaires d’Asie du Sud-Est, qui n’ont pour la plupart encore jamais été montrés au-delà des frontières de leur pays d’origine. Si de plus en plus d’artistes originaires de cette région apparaissent aujourd’hui au sein des grands événements internationaux de l’art contemporain, le parti pris de cette exposition est de présenter des artistes restés secrets et dans l’ombre des radars du monde de l’art international. Leurs oeuvres témoignent d’un étirement entre passé et futur, et incarnent une tension féconde entre mémoire et tradition d’une part, et influences contemporaines occidentales d’autre part, tout en apportant à l’art d’aujourd’hui des langages particuliers. Bien que la plupart des artistes aient été initiés à l’art occidental, leurs sensibilités appartiennent à un héritage vernaculaire et se nourrissent de pratiques syncrétiques spirituelles et culturelles. L’exposition reflète cette porosité entre les cultures à l’échelle de l’archipel, ce palimpseste entre les époques, ces passerelles entre les influences spirituelles. Pluridisciplinaire, l’exposition sera composée d’installations, de vidéos, de sculptures, d’œuvres sonores, mais aussi de performances qui se tiendront de façon aléatoire au coeur de l’espace de l’exposition. Entrer dans le paysage de l’exposition Archipel secret invite à se défaire d’un regard et d’une lecture occidentale de l’art et à découvrir un langage, des codes et des expressions culturelles largement méconnus.

Aussi, il y a l'exposition, dans le même lieu Le bord des mondes de la commissaire Rebecca Lamarche-Vadel,

En allant chercher des artistes méconnus ou des créateurs venus de territoires extérieurs au monde de l’art, Le Bord des Mondes s’affranchit de l’idée d’un monde de l’art stable et délimité, au profit d’un monde pluriel questionnant sans cesse son extension et sa nature au gré de ce qui l’entoure. Ainsi, cette saison semble bien être une recherche avec l’intention de découvrir quelque chose d’inconnu : la recherche de nouvelles formes d’art libres et audacieuses jusqu’alors inconnues.

« L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle. »

(Jean Dubuffet. 1960)

J'ai bien aimé Les Sapeurs de Kinshasa présentés dans l’exposition. Ma déambulation de nuit, touchait à sa fin et seuls, les gardiens de l'exposition ont fermé un peu plus tôt. Personne dans ce vaste lieu d'exposition, le pavillon de Tokyo vide. Dans les sous-sol, pouvoir prendre le temps d'explorer ces expositions librement, fut une belle opportunité afin de relier mes études des mondes. J'ai pu marcher sur l'installation cartographique de Jerry Gretzinger.


Plus de batterie (photographe et derrière installation de Jerry Grezinger)
En 1963, Jerry Gretzinger (né en 1942, vit et travaille à Maple City, États-Unis) dessina le premier élément de la carte d’un monde imaginaire. Chaque jour ce dessin a été augmenté, étendant un monde et dessinant la physionomie d’une terre inconnue, qui donnait naissance à des villes telles que « Plaeides » ou « Ukrainia ». Cinquante ans plus tard, le cartographe travaille toujours sur ce même document, qui s’est métamorphosé en un espace constitué de près de trois mille feuilles de papier A4. Chaque matin, Jerry Gretzinger tire une carte d’un jeu qu’il a créé lui-même. Celle-ci lui indique la transformation qu’il devra réaliser : ajouter un immeuble, retirer des routes, créer des terres en friche. Le monde qu’il cartographie naît du développement de la carte elle-même, au gré de la superposition des couches sédimentées sur le papier. Ces métamorphoses sont recueillies dans un inventaire, mémoire des étapes successives de construction et de modification de cet univers.

Atrapanieblas

Il y avait aussi les attrapes-nuages du chilien Carlos Espinosa

Carlos Espinosa (né en 1924 à Taltal Vit et travaille à Antofagasta, Chili) est l’inventeur des «atrapanieblas», les «pièges à brume», que le physicien a disséminés dans le désert de l’Atacama au Chili où son modèle a fait école avant d’être propagé dans les régions les plus arides du monde. Captant le vaporeux, ces pièges permettent de capturer l’eau pour la répandre là où elle ne coulait pas. Ces créations favorisent ainsi le développement d’une vie organique dans des endroits où prédominait le monde minéral. Développée dans les années 1960 à la suite d’une terrible année de sécheresse, cette recherche consistait pour Carlos Espinosa à «trouver des solutions durables de cohabitation de l’homme avec son environnement, quand l’humanité toute entière commençait déjà à se lancer dans la conquête spatiale». Grâce aux attrapes-brouillard, Espinosa réalisait donc un défi quasi-prométhéen, celui de capturer une matière invisible, omniprésente et fugitive, et l’offrir à l’homme. L’invention fut brevetée en 1963 et son système offert en usage libre à l’UNESCO.

'Animaris Plaudents Vela II / Cerebrum Period' (2006-) | © THEO JANSEN

Strandbeasts

Et Téo Jansen et ses créatures de plages :

Depuis plus de vingt ans, Theo Jansen (né en 1948, vit et travaille à La Haye) se consacre à l’étude d’une espèce indépendante et autonome, les «Strandbeasts» ou «créatures de plage». Tous les étés, il transforme la plage de Scheveningen en un laboratoire où se déploient ces monumentales créatures. Construites uniquement à partir de tubes d’isolation électrique, et certaines de tiges de bambou, de serre-câbles et de voiles en Dacron, elles se meuvent par la force du vent. Les espèces «Strandbeasts» se développent selon les principes de l’évolution et de transformations génétiques, mettant en cause la division communément admise entre le naturel et l’artificiel, l’organique et le mécanique et dessinant un arbre généalogique complexe. Theo Jansen récuse notre anthropocentrisme spontané et considère que les «Strandbeasts» ont ainsi leur propre raison d’être, leurs propres mécanismes et principes d’évolution, dont il est moins l’inventeur que le passeur et le transmetteur.

Jesse Krimes (Photographie au Palais de Tokyo... de nuit : Sonia Marques)

Et les cartes mystérieuses de Jesse Krimes

Jesse Krimes, (Purgatory, 2009). Durant sa période d’incarcération dans une prison d’État américaine, Jesse Krimes (né en 1982, vit et travaille à Philadelphie, Etats-Unis) a inventé, au moyen du matériel qu’il s’est approprié dans la prison, un moyen pour que lui et ses codétenus puissent s’évader symboliquement.   Il a méthodiquement découpé les portraits de ses congénères dans le journal, les a transférés sur des savonnettes, qu’il a ensuite dissimulées dans les jeux de cartes préparés à cet effet. Il a ainsi trompé la vigilance des gardiens pour faire sortir ces portraits dissimulés dans des lettres envoyées au monde extérieur. Ces quelques trois-cents portraits sont devenus des preuves de l’existence de ces centaines d’individus devenus absents d’un monde dont ils ont été écartés. En contournant la privation de liberté et en réintégrant symboliquement l’existence de ces fantômes dans un territoire dont l’accès leur était physiquement interdit, Jesse Krimes a fait œuvre de résistance.

Un autre monde

Une autre réalité entre jardin et urbain... À l'abri des expositions...

Le soin © Photographie Sonia Marques)

Mirroir © Photographie Sonia Marques)

La marche et les jardins suspendus © Photographie Sonia Marques)