FABULA, exposition de Stephan Balkenhol

Je n'avais pas d’appareil photo, mais j'ai trouvé cette fonction sur mon téléphone portable vétuste et l'objectif de piètre qualité. Je me suis appliquée plus que de coutume et je trouve que c'est pas mal du tout, finalement. Drôles de flous et d'ombres parfois, de points de vue. C'est que je suis tombée par hasard, sans carte, ni programmation, sur des expositions en galeries à Paris que j'ai bien appréciées. Il faut bien entendu avoir une certaine expérience des chemins, se souvenir des trottoirs et des histoires, des amis, des années, des échanges, des évolutions de tous et tant de beaux chemins parcourus. Il y avait l'artiste Stephan Balkenhol, dont je connais les œuvres depuis très longtemps, mais celles-ci étaient assez étonnantes, toujours travaillées dans le bois. Un groupe d'étudiant en master, tel un troupeau a envahi l'espace nu et vide, où figurait une gigantesque sculpture impressionnante représentant Persée tenant la tête de méduse. Je trouve toujours cela très intéressant ce mélange d'étudiants ou d'êtres humains, avec les sculptures figuratives. Surtout pour ce géant carnavalesque, mais avec la touche habituelle de l'artiste (Persée ici a son petit pantalon Balkenhol, noir, très reconnaissable), car les échelles se trouvent encore plus éprouvées. La tête est d'une belle facture, légèrement colorée, ses cheveux, de grosses formes en bois et ces visages placides et sans expressions bien identifiables de l'iconographie du sculpteur. Cette scène fut assez fabuleuse, pour autant que le titre de cette exposition, Fabula, se montrait fière et au-dessus des autres, lors de ma première pause de rentrée. Une chance médusante. En continuant ma traversée fantastique dans des rayons de soleil perçants, après une pluie battante, Paris était comme endormi, enseveli dans un calme inquiétant, peut-être sous une buée d'articles de journaux peu fringants, en cette rentrée flop. Les rues vides, les galeries vides, les œuvres seules et bien visibles, avec quelques initiés condescendants mais pas de fête, ni de sourires. Il y a comme une tristesse qui fige Paris, dans des grilles et des mètres carrés très limités, très coûteux, qui ne permettent plus, à tous, de venir, de visiter. Il y a un sentiment d’épuisement et de sens perdu, de toutes ces individualités qui se côtoient sans jamais s'adresser un mot, se croisent et se bousculent pour ne pas être en retard. Il y a de la fatigue et ces personnes pouponnées au métro, les yeux endormis des matins très tôt, le dos tournés aux inconnus, pieds nus et quasi pourris, allongés quasi morts, tant de personnes considérées comme personne, abandonnées par le même corps de ces êtres humains. Et puis, il y a Balkenhol et ces galeries blanches, combien de corps exposés, vus, ignorés, valorisés, d’œuvres mortes aussi, abandonnées... Tous ces corps qui traversent la rue et n'ont pas trouvé de travail, perdent le sel de la vie. La vie est-elle plus palpable dans ces galeries parisiennes ? Quand on s'approche d'un corps taillé dans du bois, que l'on sent même l'odeur de ce bois travaillé ? Est-ce que l'expression artistique nous apporte du sel ? Oui, aujourd'hui, je peux l'écrire, dans ces rayons de soleil, des formes exprimées me donnent plus accès à un imaginaire, à mon imagination, à ce que la pensée peut produire, de sens, justement, de lignes prometteuses, et non de "projets". N'est-ce pas ainsi, que l'on se sent pousser des ailes, faute de devoir traverser la rue pour trouver un emploi ? Trouver un emploi. Sourions aux manigances faites de pailles, à ces épouvantails qui empêchent les oiseaux de se nourrir, de trouver du travail dans tous ces champs, qu'ils ont eux-même produits... Alors puisque l'on s'envole, partons de ces champs vers des horizons que Paula est partie chercher. Sans aucun doute.

Communiqué de presse :

La Galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir de présenter une exposition de nouvelles oeuvres du sculpteur allemand Stephan Balkenhol à Paris.
Pour cette exposition, l'artiste a puisé son inspiration dans la démarche entreprise par Jean de La Fontaine dans ses célèbres Fables. Le regard critique que l’auteur du XVIIème siècle porte sur la société de son époque et sur la permanence des caractères humains devient un moyen pour le sculpteur de s’interroger sur l’état de notre propre société.
Si les nouvelles œuvres ne se rapportent pas nécessairement à une fable en particulier, elles mettent en scène le même rapport ambigu que les animaux entretiennent avec les humains chez La Fontaine. À l’instar du fabuliste, qui exerce son art de la feinte jusqu’à laisser au lecteur la liberté de son interprétation, Balkenhol ne cherche pas à être moraliste. Malgré son attachement à la figuration, il se place toujours dans un rapport distancié avec la réalité. Pour lui, « observer n’est pas juger. » Son regard se fait parfois ironique et cette légèreté apparente le rapproche du fabuliste. Parce qu’elles ne représentent personne en particulier et qu’elles semblent souvent attendre quelque chose, ses sculptures s’engagent dans une voie fictionnelle ; elles sont autant de supports pour enclencher une histoire.
Balkenhol taille ses personnages au maillet et au ciseau directement dans des troncs d’arbres, souvent en bois de wawa, sans chercher à gommer les traces d’outil, laissant à nu l’aspect brut du bois. Les sculptures uniques de l'artiste sont associées à de hauts socles qui les placent à hauteur d’homme. Les couleurs appliquées ensuite pour structurer les silhouettes sont totalement dénuées de valeur expressive et contribuent à faire oublier le matériau originel. Ses hommes, ses femmes et ses animaux semblent à la fois distants et à l’écoute du spectateur. « J’essaie de leur donner une expression ouverte aux autres, explique l’artiste. À partir de là, toutes les situations sont possibles. » Les reliefs sculptés, devant lesquels sont placées des figures en trois dimensions, sont un moyen pour l’artiste de créer des situations qui complexifient la lecture première des œuvres et ouvrent vers une narration poétique.
Pour accompagner ce nouvel ensemble d’œuvres, Balkenhol a réalisé une sculpture monumentale représentant le héros grec Persée tenant la tête de Méduse. Le traitement d’un sujet mythologique bien connu constitue une forme d’exception dans la carrière de l’artiste. Il s’inscrit ainsi dans la lignée d’artistes illustres qui, de Benvenuto Cellini à Camille Claudel, ont représenté ce mythe. Tout comme les fables, les mythes antiques forment un ensemble de récits qui appartiennent à la mémoire collective et dont l’interprétation s’est progressivement enrichie au cours de l’histoire. Au sentiment héroïque habituellement attaché aux représentations de Persée, Balkenhol répond ici par une forme de gravité existentielle. Il renouvelle ainsi une tradition de la sculpture davantage tournée vers la pure présence de la figure et vers son caractère éminemment humain.
 
Né en 1957 à Fritzlar, Stephan Balkenhol vit et travaille entre Karlsruhe (Allemagne), Kassel (Allemagne) et Meisenthal (France). Il commence à sculpter des personnages en bois en 1983, en réaction contre l’enseignement conceptuel dispensé à l’École des beaux-arts de Hambourg, où il fut l’élève du sculpteur minimal Ulrich Rückriem de 1976 à 1982. Ses premières sculptures en bois placent l’image du corps humain au centre de son art et réintroduisent la figuration dans la sculpture contemporaine. Dans les années 1990, son répertoire s’élargit aux animaux et créatures hybrides, puis il y ajoute aussi les motifs d’architecture et des reliefs.



























































Fleurs gravées et escaliers, peintures ou bois ? Illusionnisme et art de travestir les disciplines, poésie ou fleurs séchées. Peut-on être délicat quand on grave ? Comment une pétale peut sembler légère et de bois égratigné, comment le rouge à lèvre peut-il être suggéré et redessiner les lèvres telle une fin de journée ? Comment la peinture devient ébène.
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Autre lieu, autre surprise, une bonne rigolade, cachée, de gros pots coulants et avec mon vétuste appareil photo cela devenait très intéressant. Cela luit, brille, les spots en rajoutent, du trop, à l'excès, mais un alignement impeccable, pour ces fausses céramiques à haut pouvoir recouvrant d'ironie. On se trompe toujours, là où l'on croit que la technique se fie de la prouesse, elle nous rattrape lorsque l'on regarde de plus près et avec attention. Ce n'est pas parce que la technique n'est pas mise en avant comme l'ultime récompense au mérite de l'artisanat qu'elle ne dépasse pas même la méthode choisie, la technicité donc et son application. Le labeur aujourd'hui reste toujours inconnu. Comme ces personnes qui dorment dans les rues, au labeur inconnu.
Exclues et pourtant si exposées.



GRANT LEVY-LUCERO : “PÉRIPHÉRIQUE”


Communiqué de presse :
VNH Gallery est heureuse d’annoncer l’exposition personnelle de l’artiste Grant Levy-Lucero intitulée « Périphérique »  (6 - 22 septembre 2018) au sein de son Project space. « Reyner Banham a dit de Los Angeles qu’elle est dépourvue de « toutes les règles de « vie civilisée » entendues par les experts de la modernité. » En effet, la conscience collective internationale a depuis longtemps intégré le fait que L.A. soit une métropole moins raffinée que d’autres et l’œuvre de Grant Levy-Lucero vient incarner cet esprit unique et contemporain de LA ; son style pictural célèbre les logos et autres pancartes peintes à la main qu’il a vus en grandissant alors que les formes utilisées font référence à l’antiquité et à la tradition. Ainsi, il honore, tout comme le fait sa ville natale, d’autres histoires et différents mondes artistiques tout en faisant le choix de mettre en lumière un sujet qui lui se retrouve temporairement déconnecté. Connu pour son explication de l’évolution du langage dans l’iconographie quotidienne, Grant Levy-Lucero utilise pour ce nouveau corpus d’œuvres une dialectique interculturelle. Périphérique raconte l’histoire habituelle d’un artiste américain à Paris ; à la périphérie de la ville et en qualité d’expatrié temporaire, il évolue au sein d’une haute culture didactique. Ne faisant pas dans le cliché, Grant Levy-Lucero prend pleinement conscience de cette tradition et la retranscrit avec humour tout en apportant une attention particulière aux détails. Dans un genre de diaspora inversée, l’artiste ré-insert dans la culture française un concept dont elle n’a pas conscience d’en avoir été à l’origine – une perception extérieure de Paris dont le consumérisme tire profit avec des produits tels qu’Orangina ou Chanel No. 5.  Grant  Levy-Lucero  compile  ainsi  avec  chacune  de  ses  pièces  une  imagerie  –  que  Jasper  Johns  a  surnommée  «  les  choses que l’esprit connaît déjà » – révélant avec spécificité un certain inconscient collectif. Ces éléments significatifs de la culture pop deviennent alors, selon l’affirmation de l’artiste, la sémiotique qui relie toute communauté ou nation à une autre ; il joue avec ce qui définit notre conception d’un « lieu ». En développant cette idée, il teste les limites de la compréhension qui sont inhérentes à toutes les formes de communication : il étudie – aussi bien géographiquement, d’un pays à l’autre, qu’à travers une figure rhétorique – l’endroit où le sens cède au postulat, et où le postulat devient subséquemment une idée fausse. »
- Christie Hayden

Grant Levy-Lucero est né à Los Angeles (États-Unis) en 1981.Il vit et travaille actuellement à Los Angeles (États-Unis).














Et puis plein d'autres choses... Les plus beaux livres au CCS, dont un sélectionné qui m'a vraiment fait penser à mon catalogue Resign (qui est toujours visible sur la page d’accueil de mon site Internet... Et oui grand Resign !  ! Très belle édition !
Allez hop, journée sans voiture !

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