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Honk Honk (Photographie © Sonia Marques)

(*•̀ᴗ•́*)و ̑̑

Je regardai le texte féministe que j'ai signé (déjà abordé lors d'un article, nommé "Les fessées") et l'évolution de ses traductions. Une version portugaise est mise en ligne, As feministas podem falar ?. Cela m'intéressait de savoir comment avaient-elles (ce sont des femmes) traduit cette drôle d'expression, à laquelle je ne souscris pas, de notre société française : "la drague lourde".

Le paragraphe en français :

De quel camp provient donc la confusion ? Elle agit sans doute davantage parmi celles qui croient voir dans le harcèlement une uniformisation de la « drague lourde ». Et on ne saurait imputer un tel contresens à de l’ignorance ou encore seulement à une méconnaissance de ces situations. Il y a là une volonté politique délibérée : nier la permanence des violences sexuelles et sexistes, surtout lorsque celles-ci sont le fait d’hommes de pouvoir et se perpétuent ainsi dans les milieux les plus privilégiés.

La traduction du paragraphe en portugais :

De que campo provém então a confusão? Ela está certamente presente entre aquelas que acreditam que o assédio é apenas uma forma de « engate / cantada pesado/a » Este absurdo não deve ser imputado à ignorância ou a um desconhecimento deste tipo de situações. Ele remete para uma vontade política deliberada: negar a permanência das violências sexuais e sexistas, sobretudo quando estas últimas são praticadas por homens de poder, perpetuando-se assim nos meios mais privilegiados.

La traduction de la drague lourde :

Uma forma de “engate / cantada pesado/a”

Étrange, je crois que cela n'existe pas ainsi.

Par ailleurs, je me suis souvenue de ce terme "faire du gringue". Il y a très longtemps que je ne l'ai entendu en France. Peut-être lorsque j'étais petite, dans des films des années 50 ? À ne pas confondre avec "faire la bringue" (faire la fête). Et je pensais aussi à celle-ci, "avoir du béguin" (être amoureux)

Originaire de Belgique, plus précisément de Liège, le mot « béguin » vient du premier couvent de béguines, au XIIe siècle, où les religieuses portaient cette coiffure faite d’une toile fine. Ainsi, croisée avec l’expression « être coiffé de quelqu’un », qui signifie « être aveuglé par quelqu’un », « avoir le béguin » est rapidement devenue une formule courante pour affirmer l’amour ressenti par une personne. 

J'émets l'hypothèse que la drague a bien changé, et si vite, à tel point que certain.es ne se sont pas aperçu.es du changement et ont ajouté "lourde". Mais il n'y a point de "lourd" ou "lourde", mais bien "violences" au pluriel. En fait, ce qui me gène dans ce texte, que j'ai signé, c'est le camp femmes d'un côté et hommes de l'autre : "nier la permanence des violences sexuelles et sexistes, surtout lorsque celles-ci sont le fait d’hommes de pouvoir et se perpétuent ainsi dans les milieux les plus privilégiés". La participation des femmes est omise, qu'elle soit sous une forme de pouvoir et d'emprise, ou bien de connivence et de complaisance, ou bien même lorsqu'elle est tue, ou que les femmes taisent ou dénient les actes physiques et/ou psychologiques, et donc les effets, sur les femmes ET sur les hommes, sur la société. Je préférai le texte américain "Not surprised", signé également, fin 2017, et dont j'ai publié le texte dans un de mes articles, intitulé "Il pulcino nero", dans lequel je joins un récit de mon expérience personnelle. D'ailleurs l'un semble copier l'autre, dans sa volonté de le traduire en plusieurs langues, mais aussi, dans sa forme publiée... J'observe qu'il y a des lacunes en graphisme et en multimédia, car les interfaces ne sont pas très modernes pour le coup (progressistes) ni pensées. Alors ces réunions de femmes qui se disent progressistes n'ont pas encore trouvé de femmes progressistes dans l'expression artistique. Elles n'interrogent pas non plus leurs signataires, ni même les commentaires. Alors peut-être n'est-ce qu'une recherche de pouvoir de plus : collectionner des signatures ? Lorsque j'ai enseigné à l'école d'art de Bourges, un collectif, mené par une femme (ou plus ?) s'est formé et un blog fut mis en ligne. Interface confuse et non actualisation des informations, ce qui laissa douter de l'activisme des instigatrices et instigateurs. D'ailleurs, ce blog s'est arrêté lorsque j'ai été amenée à partir. Un crash test en quelque sorte. Les revendications sur les statuts des professeurs n'étaient pas clairs non plus et ne représentaient pas la majorité de celles et ceux qui enseignent dans ces écoles. Ainsi tout est gelé, banquise des statuts, crises, crises. Le manque de transparence sur qui fait quoi et qui écrit quoi m'avait sidéré. Brouillon, brouillon.
Bref, ce qui diffère outre-Atlantique, c'est la conscience du jeu sexiste et régressif que les femmes (et oui !) et les hommes imposent sous des valeurs progressistes dont on loue le bienfondé de l’égalité entre femmes et hommes.

Extrait de nouveau du texte "Not surprised" :

De nombreuses institutions et personnes en position de pouvoir dans le monde de l’art contemporain adhèrent en théorie et sans sourciller à la rhétorique féministe et au principe d’égalité. Souvent, ils ou elles tirent profit de cet engagement de façade en faveur de politiques progressistes, tout en préservant, en pratique, des conventions sexistes néfastes et oppressantes. Chaque jour, celles et ceux qui détiennent le pouvoir font le choix d’ignorer et d’excuser, quand ils ou elles ne commettent pas eux-mêmes des actes de harcèlement et d’humiliation. Ils ou elles créent ainsi un climat arrangeant, voire complice, envers des abus de pouvoir illégaux et potentiellement plus graves.

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Cette différence, entre autres, dans ces textes, me semble très importante. Dans mon expérience personnelle, en France, j'ai dû revoir les théories féministes, dès lors que j'ai été confrontée aux femmes féministes (je ne sais jusqu'à quel degré... étaient-elles brûlées, je ri un peu, sinon...) soutenant mordicus des théories diverses tout en harcelant et participant du harcèlement moral et sexuel des hommes sur certaines femmes, avec violence, abusant de leur pouvoir, sans jamais défendre les victimes. Ou pire : se taisant, tout en sachant comment elles pourraient leurs venir en aide. Dans les syndicats c'est assez révélateur de les trouver, du côté du pouvoir. Alors "mordicus" est très intéressant comme mot. Il date de la fin du XVIIe siècle et vient du latin 'mordere' signifiant 'mordre'. Au sens propre, il signifie "en mordant". Au figuré, il prend le sens de 'obstinément', à l'image de la chienne qui a planté ses dents dans le bras de celui qui voulait la caresser et qui ne veut plus du tout lâcher prise.

Les femmes qui ne lâchent prise ressemblent aux hommes qui ne lâchent prise, lorsque l'on dit :

"STOP, arrêtez vous me faites mal !"

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◟(◔ั₀◔ั )◞ ༘♡

Alors faire du gringue sinon c'est quoi ?

Origine :

Au milieu du XVIe siècle, le 'grignon', dérivé de 'grigner' qui a donné 'grignoter', désignait régionalement un morceau de pain (tout comme 'quignon' qui est étymologiquement lié). Et du 'gringue', mot dérivé de 'grignon', c'était du pain, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. C'est au tout début du XXe, chez Aristide Bruant, qu'on trouve le mot 'gringue' dans faire du gringue avec le sens de "chercher à plaire" qui a évolué vers "faire la cour, généralement de manière pressante" dix ans plus tard. Tout esprit un tant soit peu éveillé se demandera in petto comment on a pu ainsi passer du pain à la cour. D'autres esprits, éveillés également, se sont déjà posé la question, et la seule réponse, apportée par Gaston Esnault, mais hélas sans aucune certitude, viendrait d'un rapprochement avec l'ancienne locution "faire des petits pains pour quelqu'un" qui a d'abord voulu dire "faire l'aimable pour appâter" puis par extension, "faire la cour".

Les expressions étrangères sont délicieuses :

Allemagne    "üßholz raspeln"    Râper de la réglisse
États-Unis    "To hit on (someone)"    Frapper sur (quelqu'un)
Espagne    "Ligar "   Draguer
Espagne    "tirar los tejos a alguien"    jeter les palets
Espagne   ""Hacer la corte" "   "Faire la cour"
Canada (Québec)   "Chanter la pomme"   
Italie    " Fare il filo/fare la corte"    Faire le fil/faire la cour
Belgique (Flandre)    " Zoete broodjes bakken"    Faire cuire des petits pains sucrés
Portugal    "Arrastar a asa "   Trainer l'aile
Roumanie    "A se da la cineva"    Se donner/frapper à quelqu'un/une

Chanter la pomme, râper de la réglisse, faire cuire des petits pains sucrés, trainer l'aile

Et oui, c'est pas mal, s'intéresser aux langues....

Si quelques femmes ont été lancées par des hommes de pouvoir, à écrire ou à parler à travers des médias qui détiennent le monopole de la diffusion (pas une seule femme ne dirige ces groupes de presse), c'est qu'elles correspondaient bien à ce qu'elles devaient dire et devaient taire, puisqu'elles n'ont pas de média autonome. Elles ont été choisies, c'est celles que l'on lit, que l'on voit, pour le meilleur et le pire, évidemment. Les médias se lèchent les babines de donner la parole sur un sujet très précis (= petit cadre) et se chargent de couper ensuite cette parole (très très petit cadre), ce qui ne nous donne pas le meilleur mais des phrases et des prises de positions littérale empruntées des réseau sociaux (j'aime, j'aime pas être frottée par les hommes, j'aime, j'aime pas être importunée par les hommes...) empêchant d'élever le niveau et d'y voir des femmes actives, celles qui font et réalisent des choses. On préfère montrer des hommes qui font et des femmes qui attendent que les choses se passent. Ainsi, cela reste sur cette horizontalité décidée, pas de relief, pas d'humour, pas de croisements de disciplines. Cela donne aussi l'occasion à d'autres d'écrire et de fédérer sur diverses tribunes, faute de mieux, répondre à ce que certain.es, une poignée, ont lancé comme joutes verbales. À ce petit jeu, personne ne sort gagnant.

Ce qui n'est pas abordé dans tous ces commentaires de femmes plus âgées qui disent "aimer" se faire importuner, ou vouloir que cela continue ainsi, sans broncher, par consentement muet de la société et des autorités en présence, parce qu'elles auraient "un joli petit cul", ou qu'elles sont (ont été) selon leur terme "une belle bombe", ou celles qui regrettent qu'à leur âge, elles ne sont plus importunées ou frottées dans le métro, c'est tout simplement qu'elles ne connaissent absolument pas comment les femmes plus jeunes vivent aujourd'hui. Et lorsque l'on dit plus jeunes... cela va loin dans l'âge. Il suffit de sortir en fait, d'être une femme active, de ne pas avoir de chauffeur, chauffeuse (?) et d'être souvent mêlée à la foule, ou à des groupes, dans le travail avec de de jeunes femmes, de jeunes hommes, et des plus vieilles, des plus vieux ; et faire du sport avec diverses personnes, oui ça change un peu les manières de faire et de penser. Tous âges, toutes religions, toutes cultures. Une certaine connaissance du brassage culturel est nécessaire et de l'évolution des migrations. Oui les rassemblements aujourd'hui, n'ont pas les mêmes effets que ceux d'hier. De toute évidence, ces femmes qui concoctent un pauvre texte entre elles pendant un réveillon arrosé pour le balancer au début de l'année nouvelle qui commence, l'exhibant fièrement à tous (en fait juste une communauté protégée) comme la pensée intellectuelle de 2018 pour tous... ont scié la branche sur laquelle elles végétaient un peu trop. Bim ! Nous voici donc avec des branches en moins. Finalement c'est pas plus mal.

Et puis, si se frotter, c'est draguer et si importuner, c'est draguer, alors un coup de pelle sur la tête, c'est du jardinage et un coup de guitare sur la figure, c'est de la musique...

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La drague disent-elles, ou disent-ils, ce n'est plus ces mots là grivois. C'est "J'te suce, j'te suce" le doigt majeur levé lorsque vous attendez le bus, par des bandes de jeunes ouvriers, ce sont des crachats par de jeunes étudiants habillés en cadre dynamique, des bousculements par de moins jeunes lorsque l'on ne répond pas aux avances et injures, et lorsque les dragueurs sont véhiculés, ils ne manquent pas de vous écraser. Et si vous ripostez pour vous sauver, c'est "Sale pute, ta mère la pute" , en boucle (c'est un refrain !) et j'en passe. En banlieue ? Et bien non, aussi à Paris et dans les villes de provinces, les grandes villes et les moyennes. Dans le métro parisien ? Et bien non, comme je l'écrivais plus haut, tout transport collectif. L'âge ? Il suffit d'être là, dans le bus aux sorties des collèges et lycées et observer les harcèlements qui s’effectuent à ciel ouvert. Il suffit d'assister à une réunion de travail, chez les plus grands, c'est-à-dire les adultes, dans leurs milieux professionnels, et à la pause "clope" ou pas clope, pour entendre que le joli petit cul, le devient moins et que des hommes sifflent les femmes comme s'ils sifflaient leur chien, ou leur chienne, devant un groupe, composé de femmes et d'hommes, acceptant ces modes de communications : se laisser importuner au travail. Cela va plus loin, il y a des paliers, jusqu'à l'irréversible. C'est un vocabulaire qu'on ne peut classer dans "drague", n'est-ce pas ? À moins que ce vocable, dans les parties privées avec invités de tous poils de Catherine Millet soit d'usage. Dans l'espace public, il n'y a pas d'invitations privées, de marivaudages ou troussages de domestiques collectifs. Devons-nous le rappeler ? Les rassemblements, des manifestations, dans des lieux même festifs, ne sont pas des terrains où celles et ceux qui importunent (synonyme de harcèlement) font leurs lois. Ces agressions ne sauraient devenir des modes de communication tolérés entre passant.es. Ainsi, avons-nous plus, en France, des tribunes de femmes célèbres, pas si décérébrées que cela, paresseuses peut-être (pourquoi penser plus et mieux ?)  qui imposent des allégeances rivales en y opposant les allégeances citoyennes. Et la violence terroriste est faite des mêmes ressorts : mettre à mal la distinction entre espace public et espace privé. La confusion entre l'espace intime et l'espace du politique, société civile et société d'État, entretient les violences terroristes. Si l'État tolère encore les troubles de rue, révélés ces temps-ci par des femmes en majorité, qui dénoncent ces violences quotidiennes de harcèlement de rue, c'est que le rapprochement et le passage ne s'est pas encore fait. Rien n'a été réalisé pour la mobilité des femmes dans l'espace public, alors que la libre circulation est menacée quotidiennement. La violence terroriste est la seule, qui n'est ni tolérée ni acceptée. Le mépris des femmes et de leurs mobilités dans l'espace public est devenu intolérable, pour nombre de femmes et d'hommes (on l'oublie hélas), car les violences se sont aggravées et n'ont pas été sanctionnées. Pourtant, elles empêchent les femmes d'aller au travail, de voir leurs amis, d'imaginer se rendre plus loin, voyager, former des circuits, faire du jogging, du sport, etc...

On peut qualifier ces violences, de violences interindividuelles car il existe des violences urbaines (rixes, émeutes, manifestations, etc) Elles augmentent. Pourquoi, hommes et femmes, et ce retour à l'état sauvage et belliqueux ? La consommation de masse opérée dès les années 50 (quand on faisait "du gringue") explique ces changements rapides, où le désir doit être satisfait immédiatement. Le capitalisme dominant encourage ces violences, le désir immédiat, pour des raisons commerciales, le rendement à court terme, et aussi les relations interpersonnelles dégagées de tout rapport hiérarchique. Ces transformations de vie en commun ont fragilisées les barrières entre communautaire et institutionnel. Cette décivilation des mœurs a gagné nos rues. Si aujourd'hui, des femmes disent "pas touche", cela ne veut pas révéler "un puritanisme", celui que quelques femmes protégées ont dénoncé, pétries dans un temps révolu, avec une galanterie et une drague si courtoise, le beau gringue bien élevé qui n'existe plus. Il faudrait plutôt le ré-introduire ? Est-ce à comprendre que ces dames ont échoué dans l'éducation de leurs fils ? Oui, certainement, et de leurs filles aussi, puisqu'elles ne leurs ont pas appris à dire "pas touche" assez tôt. Aujourd'hui, il ne suffit plus de le dire, il faut l'écrire. Car prendre un non pour un oui, ou penser que si on ne dit ni oui ni non, c'est qu'on peut violer et que même la justice valide un consentement lorsqu'une mineure est violée par un adulte, obéissant à son désir immédiat, sans penser à qui s'adressait-il... Oui, il y aura des contrats comme en Suède !

Alors ce temps où les Bardot et Deneuve étaient courtisées n'existent plus, il est aboli. Celui même, où elles perpétueraient leurs modes de communication, d'exposition et d'interdits de dire, d'écrire, tout en laissant d'autres les écraser, écrire à leur place et les former en images de leurs fantasmes. Nous sommes au temps où les femmes doivent se faire respecter, plutôt que se faire continuellement agressées, violées, rabaissées, dans leur vie professionnelle ou privée. Nous sommes dans ce temps où il y a des hommes qui ont oublié que les femmes étaient des êtres humains et où d'autres hommes en ont franchement marre de payer le prix de toutes ces agressions réduisant leur chance d'être en confiance avec une femme et qu'une femme soit en confiance avec un homme, et les gays et lesbiens et les transgenres, la confiance se perd aussi et pour longtemps, il n'est là pas question de genre justement, mais de comportements entre humains, de relation interindividuelles.

En fait, il se passe la même chose avec certaines femmes. Il y a des femmes agressives, ou très agressives, qui ont oublié que toutes les femmes et tous les hommes sont des êtres humains. Et si elles sont dans des situations de pouvoir, elles n'hésitent pas à sortir un arsenal, que l'on peut considérer comme machiste ou misogyne. C'est que l'on oublie ce qu'est le sexisme et qu'on peut le rencontrer dans un comportement féminin. Certaines femmes souhaitant accéder au pouvoir pensent qu'elles doivent copier un comportement, qu'elles ont dû observer et qui selon elles "fonctionnaient" bien pour assujettir d'autres personnes à leur désirs, souhaits, volontés… Elles n'ont pas reçu de bons modèles et ont été entourées de comportements abusifs. Elles répètent. De même pour les hommes, de tout individu.La question du genre me paraît vaine en fait. Ce sont des comportements agressifs, dans une société qui favorisent ces violences quotidiennes (accès au pouvoir par l'emprise, dans le monde du travail, le couple, la vie familiale, le voisinage, etc…) Et la drague, dites "lourdes" n'est autre qu'une emprise pour assujettir l'autre qui ne veut pas se subordonner. Car notre société s'est tournée vers une évolution où "la réussite sociale" devient celle de la visibilité de possessions de biens matériels, virtuels, et des êtres vivants, de leurs échanges, de leurs commercialisations. Des êtres vivants ou des parties des êtres vivants. Pour le côté virtuel, qui n'est nullement opposé au matériel, les réseaux sociaux participent de mêmes structures : acquérir, échanger, collectionner, vendre… Le nombre devient important.

೭੧(❛▿❛✿)੭೨    ໒( ͡ᵔ ▾ ͡ᵔ )७   ( ◑ٹ◐)   ( ՞ٹ՞)   (★^O^★)   ヾ(^-^)ノ   ヽ(*⌒∇⌒*)ノ  

D'autres valeurs ont été délaissées dans notre société, qui naguère créaient de la beauté, du bien, des partages et échanges… Le bonheur n'était pas une image, la beauté non plus, le bien également, n'était pas un concept pour vendre des aliments qui seraient meilleurs que d'autres, plus sains… Disons que les échanges, les idées, la discussion (et non le débat violent pour faire du "buzz" en opposant des antagonistes) les balades et promenades, les flâneries, l'imagination, la contemplation, les apprentissages, les études, l'enseignement… Tout cela disparaît peu à peu, ne parlons pas de la tendresse.

Mon métier d'enseignante m'a beaucoup appris des comportements, des critères d'évaluations, des objectifs qui ont changé, aussi de la forme de communication que devait prendre les études, les formations et à quoi devaient-elles servir. Le plus souvent à obtenir de l'argent, plus de crédit pour l'école, et tout peut être moteur pour valider certains cours, du moment que cela rapporte. Les moyens de pressions sont tels, que tous les comportements sont permis, afin que l'emprise fonctionne et que soient assujettis les plus faibles, c'est-à-dire celles et ceux qui ne partagent pas les mêmes valeurs (et non les plus "faibles")

Je pense qu'il n'y aura pas d'évolution dans l'égalité entre hommes et femmes. Car je me suis aperçue que dans cette course à l'égalité, des femmes ont réussi à ce que des quotas soient inscris et que des femmes accèdent ainsi au pouvoir, ne favorisait nullement de changement de comportement. La société est toujours de plus en plus agressive et des femmes au pouvoir ne changent pas la qualité des relations humaines. Elles peuvent, à contrario, rendre les relations encore plus cruelles et les détruire, plutôt que construire une meilleure société ensemble.

Alors tout est à la recherche de femmes au pouvoir et à des postes de directions, pour ces raisons d'égalités entre les femmes et les hommes. N'est-ce pas un argument supplémentaire qui empêche de comprendre et apprendre de ce que nous sommes capables de faire ensemble, en commun, en préservant les différences de tout à chacun, chacune ? Car oui, il y a des différences. Ces femmes sont choisies par des hommes qui se font juges et sélectionnent des manipulables et dont les engagements et la culture faiblards ne favoriseront pas l'intégration à l'emploi d'autres femmes parmi leurs salariés, bien au contraire.

Ce qui est positif, avec toutes ces actrices déchues, c'est le rapport à l'image créé par les hommes, que les femmes subissaient. Les apparences physiques et les comportements étaient dirigés, et le sont toujours, par des hommes. Elles devaient ressembler à ci ou à ça, selon les fantasmes des hommes, elles devaient également s'y conformer sans broncher : se taire. La Brigitte Bardot et la Catherine Deneuve ne comprennent pas que des femmes ne souhaitent pas ressembler à ci ou à ça, selon le fantasme d'une poignée d'hommes au pouvoir, et ne souhaitent pas se taire, ou passer leur temps à défendre ces hommes, les satisfaire en tous points. Elles n'ont jamais réalisé qu'elles pouvaient être libres de ces regards et directions, même ne pas être obligées de passer devant les caméras pour obtenir ce qu'elles souhaitaient dans la vie et s'imposer nombre de contraintes pour rentrer dans le petit cadre, le petit écran, ou grand écran, mais c'est le même. Le gendre (de Deneuve) Benjamin Biolay dit : "Ne brisez pas nos icônes". En fait il dit sagement : "Pas touche à la maman, la putain". Car, en France, pour être une icône il faut être à la fois, la maman et la putain. Il le dit très bien "nos" icônes, les siennes d'abord. L'esprit de possession s'est exprimé, affirmant encore plus l'enchaînement dans lequel, les hommes, les fils, attachent les femmes, leurs mères, belles-mères, leurs sœurs, leurs filles.

Alors elles se rebiffent et clament aux hommes inquiètent : "Miroir, miroir, suis-je toujours la plus belle ?" Mais ce n'est toujours pas au nom des apparences que la majorité des femmes aujourd'hui parlent. Il n'est pas question des formes, mais du fond. Et cela induit de nouvelles formes, que ces femmes de l'autre temps considèrent comme vulgaires, idiotes, violentes. Ce sont les coups reçus (le "j'te suce" ou "ta mère la pute") ces dragues vulgaires, idiotes, violentes. Elles ont engendré ces délations vulgaires, idiotes, violentes en pagaille et de nécessaires dénonciations de crimes comme les viols. Cela concerne le droit, la justice, notre vie civile, citoyenne.

La pensée ne peut agir dans ces agressions quotidiennes lorsqu'elles sont permises par une société. D'ailleurs les comportements violents, et cette drague qualifiée de "lourde" pour minimiser ses effets ou ses motivations, révèlent cet embrasement d'une société violente, terrorisante. Ils nous indiquent toujours que quelque chose dans l'être humain est en train de disparaître et qui ne peut être résolu avec des arguments aussi débiles que ces histoires d'apparences et de querelles d'images. Une façon de faire diversion, tandis que l'on rattrape un retard et revoit des délais de prescription si courts qu'ils protègent toujours les agresseur.es., libres de continuer à importuner (mot emprunté à la tribune des quelques femmes célébrées mais pas très actives)

Je trouve d'ailleurs un peu ridicule les exemples fournis par le ministère pour l'égalité des femmes et hommes, qui tente d'expliquer la problématique. Il y a vraiment quelque chose qui est resté dans les stéréotypes et que l'on ne retrouve pas dans notre société.

Il est écrit :

Les stéréotypes de sexe

    Définition
    Préjugés, clichés, représentations réductrices et généralisantes qui essentialisent ce que sont et ne sont pas les filles et les garçons, les femmes et les hommes.
    Exemples
    – « Les jeunes filles ne lèvent pas la voix. »
    – « Un garçon, ça ne pleure pas. »
    – « Les filles sont plus douées pour s’occuper des bébés. »
    – « Les jeux vidéo, c’est pour les garçons. »
    – « Mécanicien ? Mais c’est un métier d’hommes ! »


( -̩̩̩͡˛ -̩̩̩͡ )

J'ai rencontré dans le milieu professionnel, qui relève d'un ministère donc, des actions très concrètes et irréversibles, lorsque l'on demande que les harcèlements s'arrêtent. Il n'y a plus de : Les jeunes filles ne lèvent pas la voix, mais : "Si vous parlez on vous attaquera en diffamation". Puis cela va très vite : suppression du mail professionnel, de l'accès aux mailing liste, du salaire, des outils pour travailler, des lieux… On ne s'embarrasse plus, lors de harcèlement moral, sexuel et de discrimination, de ces types de phrases niaises. Non, la radicalité de notre société et notre époque en 2018 est bien plus violente et moins séparée qu'elle n'est décrite sous ces lignes (filles et garçons de chaque côté) Ni même écrites en coquetteries des femmes souhaitant être importunées. Celles-ci ne sont plus dans le monde du travail pour dépeindre un décor suranné et sirupeux, destinés aux romans. C'est la guerre tout simplement et les armées choisissent leurs équipes pour faire la guerre. Et les violences au sein du couple participent de rapports de domination et de prise de pouvoir des un.es sur d'autres, les victimes, créant un climat de peur et de tension permanents. Et lorsque le couple œuvre dans le même domaine professionnel, des emprises s'activent d'autant plus, du privé à l'emploi, de l'emploi au privé. On le voit notamment dans le gouvernement français, et ce que médiatisent les différentes affaires de harcèlements. Ils sont prônés en modèles de société, où les couples de pouvoir engendrent des violences partout où ils se trouvent.

(´;︵;`)

S'il y a tant de chômage dans notre pays, depuis mon expérience, c'est que nombre de personnes en marge du monde du travail, ne partagent pas ces valeurs compétitives, ni ces comportements agressifs, ces images communiquées, ou ont été exclus par toutes ces armées et équipes, qui les ont considérés comme "faibles". S'il y a tant de personnes, dans notre pays, n'ayant pas eu la volonté, ni la motivation d'aller voter, ou ne se reconnaissaient pas dans les programmes de leurs représentants, c'est que quelque chose n'est plus possible dans notre société, la façon dont elle s'organise et avec quels comportements, quels moteurs, quelles visions et projections, quels outils, quels espaces, quelles règles, quelle justice, etc…

( ᵒ̴̶̷̥́ _ᵒ̴̶̷̣̥̀ )

De même, les violences sexuelles sont révélatrices de cette société qui n'est plus fondée sur des principes que l'on partage, dans l'usage, car les lois ne sont pas appliquées. Les heurts et confrontations deviennent criminelles. La suppression d'un individu (psychiquement, ou physiquement), parce qu'il ou elle ne se serait pas soustrait aux volontés d'autrui, est un acte définitif qui n'a pas pensé d'autres solutions pour exprimer la colère. Violences verbales, menaces, viols conjugaux, harcèlements sexuels au travail, harcèlement moral et dans la rue, au quotidien, sur Internet, en lisant les mails privés et ceux des groupes professionnels, les silences, les lynchages, les meutes.. On ne peut qu'être étonné, de la façon dont notre société, parvient à lisser, effacer ces actes odieux et criminels, à les remplacer par des images bienséantes et dont les élus s'appliquent à arborer un discours de langue de bois. Si ces discours sont portés au gouvernement et diffusés aux moments de grandes écoutes, ils font très mal : ils clôturent l'aventure de la libération de la parole et délivrent un message extrême : l'obligation d'obéir aux diktats (l'exigence absolue imposée par le plus fort au plus faible et n'ayant pour appui et justification que la force)

( ´•̥̥̥ω•̥̥̥` )

En amont d'actes criminels, nombre de comportements institués permettent de supprimer la vie professionnelle, privée d'autrui, en éliminant toute trace. Ces subtilités et insidieux réflexes de survies que le monde du travail à bien développé ne sont pas expliqués, on les découvre par l'expérience ou par les faits relatés. Ainsi les agresseur.es peuvent écrire aisément "ni plaies, ni blessures", avant de vous supprimer d'un milieu social.

/(=✪ x ✪=)\   /(^ x ^)\

Ma réflexion s'étend davantage en observant le monde animal. Depuis que Cafuné fait son honk honk, sa parade amoureuse et que la plus jeune Satori subit ses assauts, en observant ces lapins et en complétant ces observations et hypothèses scientifiques avec des professionnels, ou des lectures éthologiques d'experts, je prends conscience du rapport hiérarchique. La nécessité d'établir des règles de vie commune, même lors d'assauts sexuels et de rétablir des périodes de jeux, sans à priori de genre. Une autorité peut agir sur une vie en société et pour son bien.

(/(°∞°)\)   、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ 、., ⌒ /( =゚ェ゚=)ヽ

Je conclue par le constat des effets de l'amenuisement d'autorité dans notre société, afin que la vie sociale, soit une vie sociale possible. Évidemment, cela arrange une frange sociale, et elle s'offusque que l'on souhaite participer de notre société pour son évolution, également, en faveur de tous, et pas que d'une minorité de protégés, d'intouchables (mot utilisé par les fonctionnaires hauts placés) Les lois ne sont plus appliquées et sortir des tas de textes produits pendant des années avec de micro-changements de virgule n'y changeront rien, voire augmentent le retard d'une vie sociale possible. Les écarts se creusent, les radicalisations sont devenues des modes de gouvernances (on radie sans prévenir, on exclu tout salarié de tout, on exclu définitivement les sans-ressources de la vie en société en les désignant comme "faibles")
Mais les désignations approximatives des "faibles" m'ont toujours posé question. Mes hypothèses vont dans le sens que cette désignation cache en fait les valeurs attribuées à ces faibles. Elles ne correspondraient pas ou plus aux modes de gouvernance du pays, qui sont des modes violents, radicaux.
Je m'appuie sur mon expérience personnelle, celle d'autres personnes que je connais moins et dont j'ai vu le traitement, mais aussi de toutes les communications réalisées, du gouvernement, au sein de structures, qui sont en décalage avec ce que nous vivons.

(♥x♥*)

Cet article est dédicacé aux efforts de gringue de Cafou le joyeux qui a le béguin pour Sato qui s'éveille et commence à jouer librement. C'est sûr, il en pince pour elle <3
Et merci à Virginie pour ses conseils avisés et Julien pour ses idées de mises en situations.

(´∀`)♡   ღƪ(ˆ◡ˆ)ʃ♡ƪ(ˆ◡ˆ)ʃ♪   ⁽ ¨̮⁾⁽¨̮ ⁾*˚‧♡

♡⑅*ॱ˖•. ·͙*̩̩͙˚̩̥̩̥*̩̩̥͙·̩̩̥͙*̩̩̥͙˚̩̥̩̥*̩̩͙‧͙ .•˖ॱ*⑅♡ ♡。゚.(*♡´◡` 人´◡` ♡*)゚♡ °・

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Cafuné & Satori à quelques semaines, en 2017