En regardant le "Lapin courant" de l'artiste sculpteur Pompon, né le 9 mai 1855 à Saulieu (Côte-d'Or) et mort le 6 mai 1933 à Paris, j'ai fait des rêves de lapins pompons, cela ne s'invente pas...

Pendant la Première Guerre mondiale, René de Saint-Marceaux disparaît en 1915 (Pompon travaille alors pour plusieurs sculpteurs dont René de Saint-Marceaux), et Pompon, trop âgé pour être mobilisé, se retrouve sans travail. Sa femme Berthe est paralysée et ils ne peuvent donc plus aller dans leur petite maison de campagne à Cuy-Saint-Fiacre pour dessiner. Les animaux du jardin des plantes ayant été abattus, Pompon doit cesser son activité de sculpteur pour vivre de petits métiers : employé de la Samaritaine en 1916, puis ouvrier dans divers ateliers. Pompon meurt seul, veuf et sans descendance, le 6 mai 1933 à la suite d'une opération de la prostate, à la clinique Saint-Jean de Dieu, rue Oudinot à Paris. Il est enterré le 10 mai à Saulieu, et repose sous son Condor en bronze. La Ville de Saulieu créa quelque temps après un musée François-Pompon, qui lui permet d’accéder à titre posthume à la reconnaissance de sa ville natale, lui qui avait été meurtri de n'avoir pas été sollicité pour le Monument aux morts de Saulieu en 1919, alors qu'il vivait dans la pauvreté6. On reconstitue son atelier de la rue Campagne-Première au Muséum national d'histoire naturelle, dans l'attente des « dix ans pour entrer au Louvre ». Le chanoine Kir, maire de Dijon, fit transférer l'atelier au palais des ducs de Bourgogne, à Dijon en 1948, malgré les protestations de son exécuteur testamentaire et ami René Demeurisse dès 1936 pour que l’œuvre reste à Paris.


Pompon est né à Saulieu dans la Bourgogne française, d’un père ébéniste. Il entre à l’âge de 15 ans au service d’une entreprise de pompes funèbres à Dijon, où il apprend les rudiments de la sculpture. François Pompon fréquente le soir l’École des Beaux Arts. Parti cinq ans plus tard pour Paris, il continue de travailler dans la journée pour un entrepreneur de pompes funèbres, à Montparnasse, et se rend le soir à l’École Nationale des Arts Décoratifs. François Pompon travaille plus tard aux nouveaux ornements de l’Hôtel de Ville, incendié au moment de la Commune. C’est durant sa formation qu’il rencontre le sculpteur animalier Pierre-Louis Rouillard, probablement la source d’inspiration du travail qui le rendra beaucoup plus tard célèbre. François Pompon épouse Berthe Velain en 1882, couturière tout comme sa mère. Il tente de créer une œuvre dans son propre style et son premier objet de grande taille, « Cosette », attire l’attention du jury du Salon. Une carrière en tant que sculpteur indépendant semble toutefois encore éloignée. François Pompon entre enfin au service de Rodin, où il devient trois ans plus tard « chef d’atelier ». À partir de 1896, il travaille beaucoup pour le sculpteur alors célèbre René de Saint-Mareaux, jusqu’à la mort de ce dernier en 1916. Il continue ensuite de chercher un propre style, avec un penchant prononcé pour le modelage en plein air. Il met au point pour cela un atelier mobile de modelage très ingénieux. Il est en outre membre de la « Bande à Schnegg », un groupe de sculpteurs gravitant autour de Rodin, ce qui l’influence considérablement. Le groupe est à la recherche de nouvelles formes stylistiques basées sur la sérénité monumentale de la sculpture classique. Pompon se concentre alors de plus en plus sur les animaux mais tarde à être reconnu et traverse une période difficile. Ce n’est qu’à partir de 1919 que son œuvre commence à gagner en popularité. Il vend une sculpture de pierre représentant une tourterelle au Musée de Luxembourg puis, deux ans plus tard, trois sculptures animalières en plâtre au Musée de Grenoble. Sa véritable percée n’intervient qu’à l’âge de 67 ans avec l’exposition de « l’Ours blanc » (plâtre) au Salon des artistes français. François Pompon expose ensuite avec succès à Tokyo et Osaka et son ours de plâtre, devenu célèbres, est réalisé en marbre. Le musée de Saint-Omer achète quelques œuvres et l’ours blanc obtient en 1929 sa place dans le Musée de Luxembourg. Les presque 3 000 œuvres que Pompon légua à l’État français à sa mort sont finalement exposées dans le Musée des Beaux Arts à Dijon. Le Musée d’Orsay à Paris possède une collection étendue de modèles en plâtre.





Pompon et son pigeon "Nicolas"