Corolle (© Photographie Sonia Marques - 2015)

Violences

Seraient-elles, celles qui nous forcent à réfléchir, agir mal, copier, imiter, répéter, détruire, manifester, tuer, violer...

Violences

Elles sont arrivées, elles sont là, ne pas vouloir les voir, dénier, devenir complice, aller dans leurs sens, transmettre leurs demandes, militariser les opprimés et les envoyer en chair à canon, exécutantes du mal, les violences...

Violences


Conjugales, raciales, policières, syndicales, extrémistes, politiques, médiatiques, éducatives, internationales, historiques, écologiques, économiques, elles sont conjuguées...

Violences

Elles se trouvent n'exécuter que le mal. Ce qui surgit, des violences, ce sont des faits violents, dont on ne peut comprendre le mal.
Le mal est bien en amont des violences, il est premier, non pas qu'il commande et qu'il gagne, car le bien serait alors donné au même niveau, premier, comme toutes les vertus, à notre disposition, données, et les vices.
Ce sont les articulations qui sont défaillantes, articuler plutôt que gesticuler, mais lorsque tout se conjugue mal, comment articuler mieux, et bien mieux, puisque articuler bien est impossible dans ces manifestations de violences éparses ?

Resign

Dans ce concept de "Resign", je ne l'opposais pas au "design" mais la consonance m'intéressait. Lorsque l'on se trouve dans un contexte démissionnaire, resign, c'est démissionner, on perd la faculté d'agir, mais aussi d'articuler bien mieux.

On peut le faire, en tout état de cause, dans son coin, pour se protéger également. Le design a été une fabrique à production, de choses, et d'objets inutiles en plus, mais aussi une production d'idéologies. Celles-ci se posaient inconditionnellement du côté du bien. Ce qui distinguait le bon et le mauvais goût, en matière d'esthétique, mais aussi du penser "bien" à la mauvaise pensée, celle qui capitalise. La culpabilité a donc nourrit ces idéologies. Le design se devait d'être du côté des pauvres, jamais de la violence. Pourtant être du côté des pauvres, c'est être du côté des violences conjuguées.

Donc, dans mon concept de "Resign" c'était comment ne plus penser au design, tout en regardant l'état démissionnaire dans lequel nous étions. Un contexte très favorable aux violences, plutôt qui favorise la répétition des violences.

Je pense que l'effort serait dans celui de penser la répétition. Comment telle violence n'est-elle que répétition d'une autre, qui n'a pas été arrêtée.

Les limites

La question des frontières est celle des limites. Une personne violentée qui tente de dire N-O-N aux formes de violences dont elle est atteinte, et d'ailleurs qui tente, mais de quelque manière que ce soit, par son silence, par ses cris, par son inaction, par sa démission, par sa défense et ses mots, par ses appels à l'aide, mais qui reste sans être comprise et continue à subir des formes différentes de violences, cela veut dire que les limites de cette personne ne sont pas respectées, et, que ce soit une personne dynamique, joyeuse, handicapée, timide ou courageuse, tout cela n'a pas d'importance, au final. Ce qui la caractérise n'a pas d'importance, ce sont ses limites qui donnent un signal, aux formes violentes qui se répandent.

Le territoire

La question des frontières fait partie de la protection à un moment donné, dans une histoire donnée, du refus des violences, qu'elles soient intrusives et invasives.

On ne peut plus considérer ces questions à l'aune d'une histoire culpabilisante du passé. Il y a des formes de violences présentes, dans un pays à un moment "x" de son histoire. Comme il y a des formes de violences présentes, qu'une personne rencontre à un moment "x" de son histoire. Parfois elle se conjugue et se répète, parfois elle arrive soudainement et il faut la traiter, sans conjugaison avec un passé.

Il faut les regarder, non plus comme des formes conjuguées au contexte, si imbriquées et intimement mêlées, dans une confusion pleine, mais les regarder au moment "x".

Les violences non traitées, trainent, les années, les siècles, l'histoire. De façon très "pépère", on peut se régaler, et une politique très pépère prospèrera longtemps, et les violences, et leurs formes se diversifieront sans cesse, sous un couvercle, sous une omerta.

L'omerta promet le maintient de politiques qui génèrent des violences intrusives, dans tous le territoire, parce qu'elle sont devenues impossible à discerner dans la politique même.
Parce que les politiques installent une véritable charte et des codes moraux, ce sont des référents. Il devient impossible de briser la glace lorsque ces codes sont si rigidement prononcés et matraqués, surtout s'ils sont matraqués par des personnes qui les enfreignent, en toute impunité.

Il est complexe de situer, dans des institutions,  des responsables qui s'occupent de veiller ou prévenir, ou honorer la cause des égalités, entre les sexes, ou contre toutes formes de violences, ci ceux-ci et celles-ci, ont subit des violences mêmes au sein des ces institutions. Elles ne peuvent, ces nouvelles responsabilités que confirmer l'omerta.

Hormis, si un travail thérapeutique a favorisé une guérison. Résilier.

L'omerta est garantie, lorsque sont positionnés à des lieux du territoire stratège, des responsables, dans l'incapacité de résoudre un problème qui leur est donné, c'est-à-dire, le problème même, pour lequel, ils n'ont pas (encore) trouvé de solution tangible.

Lorsqu'une personne est ciblée par des violences de différentes formes, le lynchage peut se produire d'autant plus aisément, que les exécutants de formes de violence se sont positionnés, ou ont encerclé leur cible, pas de manière consciente, et c'est là où le stratège est violent, confirme au mal. Ces exécutants, de genre différents sont eux-même des personnes qui sont dans l'incapacité, dans le moment "x" de leur vie, de comprendre et résoudre le problème même de la violence instituée.

Les violences sont le résultat de ces rejets.

Le rejet, lorsque l'on rejette l'autre, c'est la limite, on rejette une partie de soi, que l'on ne veut pas voir. Ainsi les limites sont nos seules connaissances des situations problématiques.

Dans tout accès à la connaissance, il y a l'ignorance. Car on ne peut accéder à la connaissance qu'en acceptant d'être ignorant.

Une grande omerta, est plutôt le signe d'une volonté quasi absolue et collective de ne pas savoir, tout en se pensant sachant. C'est une résistance si forte qu'elle devient un bouclier conservateur. Parfois pour sauvegarder des traditions de violence, l'omettra, dans des familles est imposée, elle se transmet. Briser la glace nécessite d'être rejeté, d'accepter cette transformation, parfois salvatrice, parfois destructive, cela dépend du chemin.

Il existe des institutions qui se structurent comme des familles. Même si elles ne devaient pas induire le privé dans le public, la sphère professionnelle, elles se sont construites, dans leur histoire, avec leur famille. On peut aussi facilement observer que la notion de culture pour une élite s'est construite par des familles, et non par les cultures, cultivées, du terrain, du territoire où elles émergent. La fabrication "artificielle" d'une culture, décollée de son territoire, a eu pour effet de produire de l'insensé, c'est-à-dire de perdre le sens, et celui de la terre qui les a nourrit.

Phases de transit, ces instituons, même si elles souhaitent garder cet état d'aveuglement, sont dans l'obligation de changer, même si elles ne le voient pas. Tout change et se transforme.

Pour revenir aux violences, il y a des formes répétitives et le mal engendre le mal. Ces formes sont utilisées aussi pour véhiculer de nouvelles idéologies, de nouvelles politiques extrêmes. Dès qu'une manifestation d'une forme de violence est vue par un grand nombre, elle est utilisée, reprise, et répétée. Alors que, dans des situations moins visibles de formes de violences, moins visibles au grand nombre, la possibilité de mettre des limites, et que ces violences soient arrêtées est bien plus grande.

Ainsi, je pense que l'individu peut, avec des moyens limités, arrêter à son niveau des formes de violences, avec, un effort de discernement et d'interaction plus ou moins discret. L'agilité de l'esprit sensible peut sembler peut vendeur, puisque non récupérable, et non commercial, mais il a toujours été, dans les sociétés anciennes, celui qui faisait évoluer celles-ci sans dommages collatéraux. La recherche ne peut être menée que lorsque l'on est loin, ou à distance des agitations et des violences pré-existantes ou qui surviennent, toujours par surprise. La capacité de retrait est la porté de tous, même dans une société où l'on demande toujours plus. Sans attendre de bénéficier d'une étiquette de chercheur, nous pouvons chacun, chacune, être en quête de la paix.