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Dessins préparatoires © Sonia Marques - juin 2019

Voici mon nouveau projet artistique, il se nomme "faire des vagues".
Il est destiné à un 1% artistique pour lutter contre les discriminations.

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FAIRE DES VAGUES

Dessins préparatoires © Sonia Marques - juin 2019

Son inspiration provient de faits réels, on ne peut jamais tout expliquer, mais il m'est arrivé ces temps-ci de ne plus pouvoir payer mon loyer. Cela m'est déjà arrivé, et ici, c'est que mon salaire (qui a été impacté plusieurs fois par la direction de l'école nationale de Limoges, par abus de pouvoir) a été de nouveau impacté, par surprise. L'institution qui gère ce salaire, c'est le ministère de la culture. Comme à chaque fois, en essayant de joindre les ressources humaines, point de réponse. Mais, dans le même temps, un fait divers passé totalement inaperçu m'apprenait que les ressources humaines étaient elles-mêmes très impactées en ce moment, et ce, depuis des années, aucune fuite pourtant. Alors j'ai commencé à faire des vagues, des petites, des vaguelettes, à dessiner des vagues. Je suis artiste, pas autre chose, donc je dessine et je pense. Le sel de la vie, le salaire est quelque chose que j'étudie depuis un certain temps, puisqu'il est constamment utilisé, le mien, à mes dépends, par d'autres. Il est retenu parfois, sans que je ne le sache. On s'amuse peut-être, on retient puis on relâche, c'est toute une organisation. On le saisi (cela se nomme ainsi) au gré des envies. On enlève une petite partie, afin que cela se voit moins, et puis une plus énorme, afin que j'ai tout de même des difficultés dans mon quotidien. Il faut bien s'amuser. Parfois je trouve le temps de créer malgré ces soubresauts institutionnels. Alors je trouve que ma vague est intéressante, de ce point de vue. Non pas qu'elle résiste mais elle témoigne d'un mouvement. Elle témoigne des agissements, elle exprime une forme, une ligne, elle aspire à mieux ! Elle s'adapte mais peut devenir l'origine d'un tsunami. Il faut faire très attention, ce qui déferle n'est pas sans cause. Et comme il n'y a aucun 1% artistique de vraiment engagé, qui décrit des situations complexes de nos organisations sociales et artistiques devenues, elle témoigne d'un soutien indéfectible à toutes les femmes et les hommes exclus du monde du travail, par discriminations.

RETENIR

En effet, si les déferlantes vidéos et autres affichages du gouvernement sur ces inégalités de traitement, avec la belle parole qu'ils illustrent la priorité première du président pour son quinquennat, n'ont aucun impact dans notre quotidien, c'est qu'il y a un sadisme bien prononcé à en faire une priorité.
Ces communications ne parlent jamais des problèmes, donc cela ne résout rien. La distance c'est ne pas traiter les sujets. Lorsqu'un problème survient, la règle c'est : regarder le problème, de loin. Prendre sa bouée de sauvetage en cas de turbulences.
La première priorité c'est : se retenir.
Le résultat c'est : déferler, ou se soulager, après s'être trop retenu.

Les agents du ministère ont l'obligation de SE RETENIR. Lorsque se présentent des situations de discriminations et qu'elles ne font aucun débat, que c'est une évidence, le mot d'ordre reste le même : SE RETENIR
Les femmes, en particulier, engagées expressément dans ces questions de prévention ou d'actions (de lutte contre les inégalités de traitement) ont d'autant plus de mal à SE RETENIR.
Et ce sont des hommes qui les regardent faire. Ils ont donné pour mission à des femmes de lutter contre les discriminations. Sadisme.
Lorsqu'elles en viennent à décrire, raconter ce qu'il se passe, c'est souvent en déferlant, en se soulageant. Les observateurs et observatrices, complices de ce mode pervers bureaucrate, se délectent de tels encombrements. Plus ils retiennent les victimes, plus ils et elles leurs injectent du poison, pour voir les effets dévastateurs.
Le poison : leur demander de se soulager n'importe où et devant n'importe qui, pourvu que ces hommes puissent regarder, être en copie de toutes ces histoires sordides dans leurs institutions. L'emploi est le premier touché.

Une femme qui déferle est une femme que l'on retient encore plus. In fine, c'est une femme dont on bloque la carrière. C'est une femme qui ne sait pas. C'est une femme non initiée, non complice, maltraitée.

Lorsque l'on évoque le fait que les femmes ont une carrière en dents de scie, ou qu'elles gagnent moins que les hommes aux mêmes postes, aussitôt la question de la maternité arrive comme la cause sine qua none de ces inégalités de carrière.
D'où la phrase pittoresque "Mais qui va garder les gosses à la maison" lorsque Ségolène Royale se présentait à la présidence, par un homme se son parti politique socialiste. Mais lorsqu'une autre femme d'extrême droite arrive au pouvoir et gagne les élections européennes pour représenter la France, il y a quelques semaines, elle ne sera jamais retenue davantage.
C'est que l'une ne savait pas et fut retenue, l'autre savait et ne se retenait pas.

Savez-vous vous retenir, et combien de temps ?

C'est une question fondamentale pour l'obtention d'un poste au ministère de la culture.
Un responsable haut fonctionnaire, avec complicité (tout le monde savait) recevait les candidates en les empoisonnant. Il leurs proposait un café où était mixé un diurétique si puissant, qu'elles étaient dans l'obligation de SE RETENIR. Mais certaines ne le pouvaient. Ce pervers bien placé et dont l'intégration fut pérenne, il a certainement donné des leçons de morale et bien plus autours de lui, le premier a se décerner son propre salaire (ressources humaines) et à mesurer le mérite dans ses fonctions, avait tout le temps pour travailler son sujet. Il notait les candidates selon leur physique et leur capacité à SE RETENIR ou bien SE SOULAGER. Il y a dans ce modèle institué un principe sadique qui trouve son plein emploi. En effet, s'il faut 10 années pour révoquer un haut fonctionnaire, dont la fonction première est celle d'évaluer des candidates à l'emploi, combien faudra-t-il pour révoquer tous les complices ? Femmes et hommes ? Combien de temps faudra-t-il pour s'apercevoir que ce détail présenté dans de petites lignes de journaux, comme une belle plaisanterie ou un divertissement pour grand public, est loin d'être un détail. Aucune femme employée dans des hautes fonctions pour lutter contre les fléaux des discriminations ne s'est prononcée sur ce fait, classé, fait divers, en été.
C'est qu'elles se retiennent. Des centaines de victimes. Dans ces mêmes sphères, on peut supprimer des outils de travail, un ordinateur à des femmes, ou les envoyer aux tribunaux parce qu'elles auraient souillé ceux-ci et se délecter des exclusions opérées par d'autres femmes. Et on peut aussi utiliser les outils à bon escient, afin de mesurer la rétention des femmes candidates. Les déferlantes, dehors. Pas de vagues.
Les femmes aux missions de prévention de lutte contre les discriminations sont d'autant plus destinées à SE RETENIR. Au risque de perdre leur emploi.
Ou bien destinées à être complices et demander à d'autres femmes "de modérer leurs propos" si il leurs venait l'idée de dénoncer des pratiques de harcèlement, de toutes formes.
Et l'inventivité, lorsque l'on s'ennuie et qu'il n'y a plus de sens à son travail, est là déployée.

Si la folie gouverne, qu'attend-t-on des gouvernés ? Faisons des dessins à dessein.

Comment dévier la trajectoire d'une carrière ? De déviations en déviances sexuelles, aux pratiques sues et tues, au point Godwin de l'emploi et des inégalités salariales...

Mon projet "faire des vagues" consiste à l'expression de signes bleus, des vagues dessinées, elles peuvent siéger devant une institution pour les droits des femmes et des hommes, en volume, sur un rond point.
Tourner autours de ces vagues c'est réfléchir sur ce sujet de la RETENTION et du DEFERLEMENT.
Ces vagues, petites, sont des mouvements favorables à une évolution des mœurs, mais aussi à la fierté de l'expression des situations d'oppression. Je travaille le juste milieu, la voix la plus juste pour mon expression artistique, selon des phénomènes observés, parfois éprouvés, c'est scientifique.

C'est mon projet, il s'inscrit dans toute une recherche et une lutte, de ma part, artiste engagée pacifiste, pour de meilleures conditions de travail dans notre pays. On est loin d'un logo de force ouvrière, parce que je suis une surfeuse, mais je questionne les signes qui nous entourent. Il y a des formules complexes, créer ou inventer, c'est pour moi comme faire des mathématiques, cela passe par l'abstraction, une vision cartographique, phénoménologique, mais aussi de sensations internes, d'ondes.
C'est ce matin que c'est arrivé, une fulgurance. Avec retenue et maîtrise de mon sujet et de mes outils de création, j'ai déployé mes ailes (mes nageoires)
Pourquoi devrait-on le plus souvent rendre admissible qu'un seul mode de pensée, et d'expression artistique ?
Il faut bien que je me serve de mes nageoires quelques fois.
Ce n'est pas comme tout le monde, c'est un mouvement différent, une façon de voir le monde différemment, et de l'exprimer singulièrement, avec humour.
Je fais souvent des gammes, je m'entraine, faire des croquis c'est aussi me perfectionner dans une langue graphique que j'invente. Le goût de la ligne claire, celui de délier des nœuds, comme les marins ou de relier des notions très différentes comme un philosophe. Confinée dans de petits espaces, en attendant le grand soir, réaliser une tarte aux courgettes zéphyr, car cette sublime œuvre fera 2 repas, pour 2 et un peu pour les animaux, la canicule au plus haut niveau, cette petite chienne Canicula, rechercher la beauté dans tous les terriers, le lotus tendu si fier, ouvert le jour et se ferme en soirée. Il n'y a pas un jour de vacances pour nos fringales. Il ne faut pas devenir indigent ou misérable, ni méprisant envers les excès. On ne peut savoir à l'avance ce que le temps joue, alors je dois méditer chaque jour pour vivre ce temps pleinement. Ne jamais se retenir d'aimer la vie.


Le déferlement des vagues est la déformation rapide du profil de l'onde, associé à la production de turbulence. L'onde qui déferle perd ainsi son énergie. On parle ainsi de déferlement pour des ondes de gravité de surface, comme les vagues, mais aussi pour les ondes internes.