Le Bouddha couché est un motif iconographique et statuaire important du Bouddhisme. Il représente le bouddha historique lors de sa dernière maladie, sur le point d'entrer dans le parinirvâna. Allongé sur le flanc droit, il a la tête posée sur un coussin ou s'appuie sur son coude droit, soutenant sa tête de la main. Ce motif semble être apparu en même temps que les autres représentations du Bouddha, dans l'art gréco-bouddhique du Gandhara.








Images de Sonia Marques d'après le Bouddha gisant de Polonnâruvâ au Sri Lanka

Polonnâruvâ, est une ville du district de Polonnaruwa dans la Province du Centre-Nord du Sri Lanka. Elle est l'un des sites du « triangle culturel » et l'une des anciennes capitales du Sri Lanka, dans le Royaume de Polonnaruwa. Le Gal Vihariya fait la célébrité de Polonnâruvâ. Il s'agit de trois grands bouddhas sculptés dans une paroi rocheuse. Le premier se présente assis en méditation, le deuxième debout les bras repliés sur la poitrine, posture synonyme de son illumination, et enfin le troisième couché. Le grand Bouddha gisant, parvenu au nirvāna, passe pour être à la fois la plus parfaite et la plus mystérieuse des statues du passé de Sri Lanka. Elle a été mise au jour il y a cent ans dans le site archéologique. Long de 15 mètres, le Bouddha est sculpté à même le roc.

Le Sri Lanka pleure et moi aussi, depuis ce 21 avril 2019. Guerres de religions, christianophobie, un mot nouveau. Une île magnifique. Beauté du monde. Je faisais honneur au bouddha (de Chine) en porcelaine dans l'un de mes derniers articles. Au Sri Lanka, c'est la principale croyance. Nombre de site de tourisme relatent bien les différentes religions qui se côtoient, et ces crimes nous révèlent encore que le voisinage de croyances n'est pas sans violence. Vouloir atteindre la foi de l'autre en le tuant, c'est être sans foi, ni loi, c'est ne pas connaître, l'ignorance fait des dégâts. La foi ne se tue pas, en définitive. Atroces actes de violence.
En février dernier, le commerce du tourisme annonçait fièrement que le Sri Lanka était la destination n°1 et que le pays souhaitait atteindre les 3 millions de touristes d’ici 3 ans. La barre des 100.000 touristes français au Sri Lanka a été atteinte et dépassée en 2018. Le pays vise la clientèle des millenials en France et au Royaume-Uni. Les programmes et circuits touristiques couvrent désormais tout le pays. Je ne suis jamais allée dans ce pays. Je pense que le tourisme est néfaste dans tous ces pays et îles, dont l'histoire est complètement déniée. Je fus étonnée de découvrir des milliers d'images de touristes, sur Internet, au Sri Lanka et si peu de documents des habitants, de leurs origines. Seuls les sites touristiques ont un monopole sur l'information du pays. On peut déplorer les méconnaissances de ces masses de touristes au pouvoir économique grandissant, pour participer à ces tour-opérateurs et revenir avec des images d'eux, selfinesques, au milieu des paysages, sans s'inquiéter du climat, certes. Mais viser volontairement celles-ci, au nom d'une foi, afin de faire une démonstration de qui est le plus fort... Stupidité absolue de l'être humain, capable du pire, alors que la beauté même est accessible à tous, et sans tourisme. N'est-ce pas en cette foi intérieure qu'on la recherche et trouve ? Anéantir des civilisés en pleine prière, que ce soit en Nouvelle Zélande par islamophobie ou au Sri Lanka par christianophobie, au nom de la vengeance... On en est là, faire le mal à distance, par lâcheté absolue. Mais les guerres ne sont-elles pas souvent effectuées à distance, ordonnées par des lâches qui se cachent, élus par des ignorants ? La haine, les mauvaises rumeurs, sont des propagations de longues distances, d'interprétations, de médias en bouches à oreilles distraites et ennuyées, des passes-temps sans méditation, des obsessions vertigineuses et attractions du mal, des phobies de la vie, des amours funèbres. Quand vivre dans le corps d'un humain devient une peur, et quand l'extermination de l'autre et de soi entrent en symbiose dans un acte de folie, des individus persécutés en proies à la persécution. Peut-on enseigner la sagesse ?
Si je réfléchis, dans mon quotidien, ou dans ce qu'il m'est arrivé, en France, il est vrai que lorsque l'on reçoit des courriers malveillants, à distance, et outranciers, signés d'une institution qui se montre exempt de toute discrimination, par l'intermédiaire de sa propre direction, de son école d'art, dans sa propre ville, et que l'on est envoyé au tribunal sur de fausses accusations, et que l'on ne peut plus travailler dans sa ville où l'on aimait son métier, tout en y habitant... Des agissements qui ne choquent personne, dans l'indifférence même. Et bien, il est vrai que ce sont des appels à la violence, à la haine, à devoir réagir de manière encore plus négative, ou bien, il ne reste qu'à prier, prier pour apprendre de la sagesse et ne jamais copier ces actes malveillants, qui ordonnent la vengeance, qui donnent le plus mauvais modèle que l'on puisse voir de ses propres yeux, dans une école, dans un lieu de transmission du savoir. Comme dans toutes institutions, il y a des savoirs qui se transmettent, mais qui ne sont pas bons. Et il n'y a pas de justice pour tous. Le discernement est un apprentissage, long, mais salvateur. Comprendre s'il est bon d'enseigner dans de telles institutions, si les mauvais signes reçus ne sont-ils pas révélateurs d'un malaise devant des célébrations ou expositions sans aucun sens ? Chacun pour soi dans un égo affiché assez idiot ? Mais il faut célébrer, les célébrations sont importantes, comme les anniversaires. Les messages violents que j'ai reçus, j'ai compris, avec le temps, qu'ils m'ordonnaient d'y répondre avec violence, avec autant de procédures et injures. C'était là, le message. C'est là où j'ai compris la paix.
Ma réponse c'est la paix.
Je suis un peu gisant ces derniers temps. Il faut parfois méditer en paix. Cela impose un temps, non quantifiable, le temps de la méditation propre à chaque situation.
Chaque jour, une étape vers la paix. La limite est le dénuement, même s'il doit s'envisager. Ce sont dans des sociétés d'excès que l'on massacre les plus faibles (désignés comme tel), celles et ceux qui ne répondent pas à l'agression par l'agression. Cela me fait penser à la tuberculose, en ces temps où la sous-alimentation décimaient des victimes de la guerre, dans un état de dénuement total. Ce temps n'est jamais loin, il n'est point besoin d'être sous les bombes pour arriver dans un parcours de vie dans un état de dénuement total, en vivant et œuvrant dans une société d'abondance, parmi les ogres.
Le dénuement c'est aussi le manque. Apprendre à vivre dans le manque et la frustration, c'est très différent que combler un vide, en agressant les autres, en désirant prendre leurs places.

Bouddha affirme que la souffrance naît du désir ou de l'envie. La cause de la souffrance est l'envie basée sur l'ignorance. La suppression de cette envie doit donc faire disparaître la souffrance. Si la vacuité ne vide pas les choses de leur contenu, et qu'elle est leur véritable nature, c'est un grand effort pour un occidental animé par le monothéisme de comprendre la nature. Nous vivons dans l'appât du gain, de la productivité et de la surconsommation. Même les créations collectives, comme le bâti, récemment l'église Notre-Dame à Paris, perdent de leur spiritualité et, celui-ci, a révélé par son incendie, l'appât du gain et le moteur de l'argent comme seule source d'espoir, et le tourisme le transformant en machine à sous, ou storystelling politique, ce qui est pire. La montée de l’extrémisme religieux n’épargne pas les bouddhistes, théoriquement pacifistes. Les extrémistes bouddhistes sri-lankais (en Birmanie ou en Thaïlande) agissent aussi et ont commis des atrocités à l'encontre d'autres minorités religieuses, comme les musulmans. Et de même, sont utilisés des rumeurs et une propagande afin de semer un climat islamophobe. C'est de la terreur. Se radicaliser advient dans toute institution, religion, il n'y a pas de meilleure situation. On ne peut qu'être responsable de notre propre ignorance et de notre sagesse. Les lieux de prières n'ont encore pas mis en place des modes de sélections d'entrée, à savoir, qui est le plus croyant, écartant les pêcheurs et les âmes perdues de leurs antres, à l'aide de caméras, badges, tickets ou autre scanneurs de corps. Mais ces terreurs inclinent les responsables des pays de faire payer l'entrée, de monnayer l'accès au silence et à la prière. C'est-à-dire que les plus démunis seront exclus de ces lieux pour lesquels des bâtissent ont été construites par plusieurs et souvent, des esclaves. Déjà toute entrée dans une pyramide se paie. Mais on ne sait plus déchiffrer ce qu'il s'y trouve. Trésors et mystères. La recherche est infinie.

Les écoles publiques disparaissent.


Bouddhisme


Les bouddhistes, majoritairement cinghalais, représentent 74 % de la population du Sri Lanka. Religion et ethnie se confondent et être cinghalais, c’est être bouddhiste et vice versa même si une petite communauté cinghalaise embrasse le catholicisme sur la côte ouest autour de Negombo. Cette religion, à l’origine d’un fort sentiment identitaire qui perdure aujourd’hui, joue un rôle important dans le pays, à la fois spirituel, politique et culturel. Les arts, la littérature et l’architecture sont influencés par le bouddhisme.

Au Sri Lanka, le bouddhisme du « Petit véhicule » ou bouddhisme du Theravada suit la « voie des Anciens » en préservant la foi dans sa forme la plus orthodoxe comme à Myanmar ou en Thaïlande. Selon cette doctrine, le nirvana ne peut être atteint que par un effort spirituel de tous les instants et implique donc la responsabilité du fidèle dans son salut qu’il atteindra au fil de moult vies. Introduit au Sri Lanka au IIIe siècle av. J.-C. par les émissaires de l’empereur indien Ashoka, le bouddhisme s’est développé et enraciné grâce à la conversion du roi cinghalais, Devanampiya Tissa. Le Sri Lanka détient une dent de Bouddha, relique oh combien vénérée et protégée à Kandy dans le Sri Dalada Maligawa, plus connu sous le nom du Temple de la Dent. Les vestiges des cités anciennes d’Anuradhapura et de Polonnaruwa, les grottes du temple de Dambulla témoignent de la prééminence du bouddhisme au Sri Lanka depuis des siècles.

Statues de Bouddha, temples et dagobas sont omniprésents sur tout le territoire. Chaque jour de pleine lune, « poya » est un jour sacré et jour férié du calendrier sri lankais. Les fêtes religieuses adossées sur les jours de pleine lune ponctuent le calendrier annuel : Vesak, la fête des lumières en mai, Poson en juin qui célèbre l’introduction du bouddhisme dans l’île et les « Peraheras », « processions » en cinghalais, qui se déroulent tout au long de l’année dans les principaux temples du pays. La plus connue est celle de Kandy, l’éblouissante Esala Perahera aui a lieu en juillet ou août.

Indouisme


Les Tamouls représentent 15 % de la population sri lankaise et sont majoritairement hindous. Les rois tamouls d’Inde du Sud ont introduit l’hindouisme dans le nord de l’île. Cette religion existait bien avant l’arrivée du bouddhisme, favorisée par les incessants échanges culturels avec l’Inde voisine. Aujourd’hui, la communauté hindoue se concentre principalement dans le nord de l’île, l’Est et la région centrale des plantations de thé où les Tamouls immigrèrent pour y travailler au XIXe siècle. Au Sri Lanka, les Hindous vénèrent principalement Shiva, ses deux fils, Skanda aussi dénommé Murugan et Ganesha, le dieu à tête d’éléphant. Les temples appelés « kovils » sont généralement très colorés. C’est dans la péninsule de Jaffna qu’ils sont les plus nombreux : le Kandaswamy de Nallur est le plus imposant.

Islamisme


On dénombre près de 2 millions de musulmans au Sri Lanka. L’islam est pratiqué par environ 9% de la population sri lankaise. Cette religion monothéiste a été introduite dans l’île par les premiers colons arabes qui, dès le VIIIe siècle, créèrent des comptoirs sur la côte Ouest, de Galle à Jaffna. A l’arrivée des Portugais, ces premiers musulmans sri lankais, autrefois appelés Maures, sont contraints de migrer vers la région montagneuse de l’île et de se placer sous la protection des rois kandyens.

Pendant la colonisation hollandaise, des colons Malais viennent grossir la communauté musulmane alors que des Indiens originaires du Kerala, du Tamil Nadu, du Gujarat et du Pakistan s’installent sur l’île à l’époque britannique. Aujourd’hui, les musulmans sont implantés un peu partout et surtout présents à Colombo, Puttalam, Galle, la côte Est et la région de Kandy. Majoritairement sunnites, ils suivent les paroles et actes du Prophète et respectent les 5 piliers de l’islam : la prière, le ramadan, le pèlerinage à la Mecque, la shahada (déclaration de foi) et la zakat (donation sous forme de taxe). Les musulmans sri lankais célèbrent les grandes fêtes islamiques dans l’une des 5000 mosquées que compte le pays. La plus grande, celle de Kachimalai, se trouve à Beruwela, là où s’établirent les premiers colons arabes.

Les grandes fêtes religieuses comme celles du Vel à Colombo, de Kataragama ou du temple Kandaswamy donnent lieu à de longues processions de chars bariolés. Les pénitents se livrent à d’impressionnants actes de mortification : ils marchent sur les braises ou se criblent le corps de broches métalliques.

Christianisme


Le christianisme représente environ 7,5% de la population sri lankaise. Il a été introduit au XVIe siècle par les missionnaires portugais qui déployèrent un zèle considérable à convertir les pêcheurs de l’île de Colombo jusqu’à Jaffna. Ces catholiques romains vivent essentiellement sur la côte Ouest de l’île. Negombo et sa multitude d’églises est même surnommée « la petite Rome ».

La communauté catholique de l’île est aussi fortement représentée chez les Tamouls des plantations de thé tout comme chez les Burghers de la côte ouest, ces sri lankais largement minoritaires d’origine portugaise, hollandaise ou britannique. Les Hollandais ont introduit le calvinisme prôné par l’Eglise Réformée et les colons britanniques sont à l’origine de la création de l’Eglise anglicane de Ceylan et de l’introduction des confessions chrétiennes pentecôtiste, baptiste et méthodiste. Aujourd’hui, le catholicisme reste prépondérant et représente 90% des fidèles chrétiens.

L’une des églises les plus importantes, « Notre dame de Madhu », fut érigée en 1872 dans le nord de l’île, près de Mannar. Madhu est un haut-lieu saint pour les pèlerins catholiques qui s’y rendent chaque 15 août. Au Sri Lanka, les religions se mêlent les unes aux autres joyeusement. Les statues du panthéon hindou se retrouvent dans les temples bouddhistes, Jésus côtoie Bouddha. Les pèlerins hindous, bouddhistes, chrétiens et musulmans s’acheminent ensemble vers le sommet de l’Adam’s Peak, lieu de pèlerinage pour les quatre confessions.