Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Les cotons blancs et grisâtres, en couches successives, les regardaient et s'étalaient pour ombrer leurs petits costumes. Épouvantails tous, puisqu'ils étaient disposés pour faire peur aux oiseaux, c'est d'ailleurs ainsi qu'ils étaient élus, parce qu'ils imitaient les épouvantes afin de protéger les champs, largement intoxiqués par toutes ces manipulations et ces marâtres si gentilles. Rien ne pouvait les culpabiliser, ils étaient tous si généreux de semer ainsi leurs graines, et si habiles à filmer leurs progénitures, afin de montrer à tous, qu'ils savaient créer. Seuls les nuages les regardaient. Tableaux mouvants sans peintre et sans aucune intention de le prouver. Un art sans trace et sans référent, divinement offert et sans atteinte à la pudeur. C'était un jour plein, aux éclaircies spectaculaires, aux savoirs illimités, tout était transparent et se présentait devant nous, passants mis à nu, les clés dans nos mains. À découvert, ils nous donnèrent la météo de demain.
Nous n'avions jamais été aussi proches des inepties philosophiques, des injonctions paradoxales, des circonvolutions du féminisme et de l’intelligence artificielle, puisque la mode trépasse, du désir fou de la délinquance au pouvoir, du jouir sans entrave et de son exposition.

- En quoi tout cela nous concerne-t-il ?
Adieux fumeurs de mots, de dates et de voyages, carriéristes décervelés, aux bonjours sournoisement avalés.
Au loin petits points noirs sur le chemin des rapetissements, en pointillé marchant sur les cendres de leur histoire.
Ce jour là. Passants sans nous voir.