iles-salut.jpg

En allant à la piscine ce matin, je découvre une photographie d’une carte postale ancienne nommée "Iles du Salut - L'île du Diable et le bain des forçats à l'île Royale" qui m'est adressée personnellement. Mon ami me dit que cela a sans doute un rapport avec les îles dont j'ai aimé développer la thématique dans mes activités artistiques il y a un certain temps. Au dos figurent en écriture manuelle imprimée un tas de noms de personnes, maire, adjointe à la culture… annonçant une exposition de l'artiste Étienne Cliquet, avec lequel j'ai vécu de longues années. Le tampon vient de Montauban, là où nous sommes allés chercher ma perruche indienne bleue, il y a 7 ans, Pépino.

Au début j'ai pensé "Île du Salut", salut pour qui ?
Et Île du diable, c'est qui le diable ?
Et qui sont les forçats, qui sont les personnes condamnées aux travaux forcés ?
En cherchant sur Internet je découvre que cette carte postale fait partie d'une archive à la bibliothèque spécialisée de Paris :

[Affaire Dreyfus]. Iles du Salut. L'Ile du diable et le bain des forçats à l'Ile royale
Carte postale, impression photomécanique en noir et blanc ; 9 x 14 cm
(Au verso, mention "Carte postale de la Guyane française”)
Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet

Tombée dans le domaine public.
Où sont ces îles ?
Sur Internet je trouve des réponses, puisque je n'en ai pas par l'artiste, ni par celui que j'ai connu.

Les îles du Salut forment un archipel constitué de trois îlots d'origine volcanique rattachés à la Guyane, et situés à quatorze kilomètres au large de Kourou. Seules les îles Royale et Saint-Joseph sont accessibles, l'île du Diable, la plus au nord, étant strictement interdite d'accès, notamment à cause des forts courants.

Les épidémies de fièvre jaune dues à l'insalubrité du climat guyanais, au manque de nourriture et d'eau potable, ainsi que les installations précaires et le manque d'organisation, avaient décimé la plus grande partie des colons d'origine française, convoyés en Guyane pour peupler le territoire. Les survivants, qui trouvèrent refuge sur ces îles au climat plus favorable et dépourvues de moustiques, les rebaptisèrent alors « Îles du Salut ».
Après les premiers colons, c'est aux esclaves noirs que fut confiée la lourde tâche de défricher ces territoires. Les rescapés furent autorisés à rejoindre ceux du continent, pour fonder les premières communautés le long du fleuve Maroni.
Mais ce « salut » fut de courte durée et la réputation de « triangle maudit » et de « terre d'enfer » allait être confirmée dès la Première République par la construction d'une forteresse, en 1793, pour y accueillir les premiers déportés politiques, à commencer par quelque deux cents prêtres réfractaires.
Ensuite, avec l'abolition de l'esclavage en 1848 et l'opposition politique grandissante aux bagnes sur le territoire métropolitain, l'idée de substituer des bagnards aux esclaves se fit jour.
Sous le Second Empire, à partir de 1854, l'administration pénitentiaire y instaura un des bagnes les plus durs au monde, où passeront environ 70 000 prisonniers.
L'île Royale accueillait l'administration ainsi que l'hôpital, l'île Saint-Joseph servait pour les « fortes têtes » et l'île du Diable pour les espions, les détenus politiques ou de droit commun.
Il s'agissait du bagne réputé le moins dur de Guyane. Le taux de mortalité y était inférieur à ceux des bagnes établis en pleine forêt guyanaise, comme le bagne des Annamites. Mais les conditions de détention n'en étaient pas moins humiliantes avec des cellules sans toit, recouvertes d'une simple grille, tout comme au bagne de Saint-Joseph, où tous les gestes des détenus étaient épiés par les gardes qui se tenaient au-dessus.
Alfred Dreyfus (1894) et Guillaume Seznec (1923) en furent les prisonniers les plus célèbres, ainsi qu'Henri Charrière (1933), qui décrivit dans son livre Papillon, son séjour et ses tentatives d'évasion (souvenirs en fait souvent « empruntés » à ses codétenus). Enfin, Benjamin Ullmo (1908) passera également les deux tiers de sa vie à l'île du Diable, dans la case même où vécut Dreyfus.
Après la fermeture du bagne qui, décidée par un décret-loi du gouvernement Daladier en 1938, ne fut réalisée qu'en 1947, les installations pénitentiaires seront laissées dans leur état de grand délabrement jusqu'à l'implantation du centre spatial guyanais en 1965 à Kourou. Devenues la propriété du Centre national d'études spatiales (CNES) en raison de leur intérêt stratégique, sur la trajectoire des fusées Ariane, les îles du Salut sont évacuées avant chaque lancement, à l'exception de la propriétaire de l'auberge de l'île Royale et de quelques gendarmes.
Depuis les années 1980, grâce à l'essor touristique des îles et à la volonté de sauvegarder une partie du patrimoine historique, le CNES a permis la remise en état de la Chapelle de Royale, de la maison Dreyfus (non visitable) ainsi que certaines cellules du quartier des condamnés. Enfin, la maison du Directeur a été aménagée en Musée du Bagne.


Alors si l'affaire Dreyfus est mentionnée au dos, je me documente sur ce déporté politique :

Le déporté de l'île du Diable

L'incarnation d'un misérable


C'est dans les îles du Salut, utilisées comme bagne par le Directoire puis sous Napoléon III, qu'en vertu d'une loi promulguée le 9 février 1895, Alfred Dreyfus va vivre ce que le gouverneur de la Guyane appelle l'expiation du crime pour lequel il a été condamné. Transporté comme un vil gredin, il ne se révolte pas, écrivant à sa femme, le 12 mars : « ce n'est que justice. On ne saurait accorder aucune pitié à un traître ; c'est le dernier des misérables et tant que je représenterai ce misérable, je ne puis qu'approuver ».

Des tortures imméritées

Premier et seul déporté politique à ne pas être envoyé en Nouvelle-Calédonie où avaient notamment vécu les communards, il est installé sur l'île du Diable, ancienne léproserie où on lui aménage une cabane en pierres. Le 3 septembre 1896, la fausse nouvelle d'une évasion mobilise la hiérarchie de ses geôliers ; Dreyfus subit des tortures imméritées et, du 6 septembre au 20 octobre, la mise aux fers chaque nuit, le martyre de la double boucle. S'il dispose d'une case plus spacieuse après le 25 août 1897, la palissade de son promenoir lui masque toute vue sur l'île ou la mer ; seules les lettres des siens maintiennent son moral.

Un prisonnier modèle


Il passe 1517 jours sur l'île du 13 avril 1895 au 9 juin 1899. Trouvant épouvantable de n'avoir rien à faire, il lit beaucoup et écrit longuement à sa femme. Il demande aussi régulièrement justice. Dès le 5 octobre 1895, il sollicite du président de la République « qu'on fasse la lumière pleine entière, sur cette machination dont ma famille et moi sommes les malheureuses et épouvantables victimes ». Le 10 septembre 1896, il réitère sa demande au président Félix Faure pour qu'on recherche le « véritable coupable, l'auteur de cet abominable forfait ». Tenu dans l'ignorance du développement de l'Affaire en France, il continue d'être un prisonnier modèle. Le 26 janvier 1898, il l'explique à sa femme : « J'ai tout accepté, tout subi, bouche close. Je ne m'en vante pas, d'ailleurs, je n'ai fait que mon devoir, uniquement mon devoir ».

Le langage de la Vérité

S'il subit un processus de terreur qui coûte entre 50 000 et 60 000 francs-or annuellement (V. Duclert), s'il se sent cloué sur un chevalet de torture, Dreyfus résiste en tenant son journal, en dessinant, en écrivant plus de mille lettres. Le 26 décembre 1898, quand il peut espérer sa réhabilitation, il répète à sa femme : « si j'ai vécu, c'est pour vouloir mon honneur, mon bien propre, le patrimoine de nos enfants(...) Quand on a derrière soi tout un passé de devoir, une vie toute d'honneur, quand on n'a jamais connu qu'un seul langage, celui de la Vérité, l'on est fort, je te l'assure, et si atroce qu'ait été le destin, il faut avoir l'âme assez haute pour le dominer jusqu'à ce qu'il s'incline devant vous ».

Il est étonnant que je reçoive un tel objet de mémoire d'Alfred Dreyfus, capitaine de l'armée française, juif, prisonnier sur l'île du Diable, dans laquelle il fut torturé, déjà accusé, à tord, d'espionnage pour les allemands dès 1894. L'affaire Dreyfus, ce nom vient de ce conflit social et politique majeur de la Troisième République survenu à la fin du XIXe siècle, un symbole du nationalisme et de l'antisémitisme ambiants, qui trouveront tout leurs développements aux guerres suivantes. Le mot "intellectuel" viendra de cette affaire, car "J’accuse… !" est le titre d'un article rédigé par Émile Zola au cours de l'affaire Dreyfus et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 18981 sous la forme d'une lettre ouverte au président de la République française, Félix Faure.

Un homme de lettres s'engage résolument dans un combat pour la justice, politique et sociale. Le réquisitoire journalistique de Zola convainc. De nombreux intellectuels signent alors, à sa suite, une « protestation » en faveur de la révision du procès, publiée elle aussi par L'Aurore dès le lendemain de « J’accuse… ! ». C'est la première des nombreuses pétitions qui vont rassembler de plus en plus d'intellectuels. Parmi eux, Anatole France, Georges Courteline, Octave Mirbeau ou Claude Monet, mais aussi Charles Péguy, Lugné-Poe, Victor Bérard, Lucien Herr, ou Alfred Jarry. Les signatures ont été recueillies par des étudiants ou de jeunes écrivains comme Marcel Proust.

Ces pétitions rassemblent aussi d'éminents scientifiques tel Émile Duclaux, directeur de l'Institut Pasteur. Les pétitions des quarante écrivains, des artistes, de l'Université, des scientifiques totalisent 1 482 signatures. Mais l'engagement de l'élite ne dépassera pas les 2 000 intellectuels, du fait des pressions et des risques importants sur les carrières65. Ils formeront quand même l'ossature dreyfusarde, ceux qui par leur esprit et leur engagement vont parvenir à convaincre une partie des pouvoirs publics de la nécessité de réviser le procès d'Alfred Dreyfus. Cette affaire est celle de l'injustice militaire : Dreyfus est réintégré partiellement dans l'armée, au grade de chef d'escadron (commandant), par la loi du 13 juillet 1906. Ses cinq années d'incarcération ne sont pas prises en compte pour la reconstitution de sa carrière, et il ne peut plus prétendre à un grade d'officier général. Cette décision brise tout espoir d'une carrière digne de ses réussites antérieures à son arrestation de 1894. Il est donc contraint à une douloureuse démission en juin 1907. Les magistrats ne pouvaient rien contre cette ultime injustice volontairement commise. Le droit et l'égalité avaient été encore une fois bafoués215. Dreyfus n'a jamais demandé de dédommagement à l'État, ni de dommages-intérêts à qui que ce soit. La seule chose qui lui importait, c'était la reconnaissance de son innocence. Le 4 juin 1908, à l'occasion du transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon, Alfred Dreyfus est la cible d'un attentat. Louis Grégori, journaliste d'extrême droite, adjoint de Drumont, tire deux coups de revolver et blesse Dreyfus légèrement au bras. Il s'agissait, pour l'Action française, de perturber au mieux cette cérémonie en visant « les deux traîtres » : Zola et Dreyfus. Mais aussi de refaire le procès Dreyfus au travers d'un nouveau procès, une revanche en quelque sorte. Le procès aux Assises de la Seine, d'où Grégori sort acquitté, dernière d'une longue série de fautes judiciaires, est l'occasion de nouvelles émeutes antisémites que le gouvernement réprime mollement. Officier de réserve, Dreyfus participe à la guerre de 1914-1918 au camp retranché de Paris, comme chef d'un parc d'artillerie, puis affecté au Chemin des Dames et à Verdun. Il termine sa carrière militaire au grade de colonel. Il meurt le 12 juillet 1935 à l'âge de soixante-seize ans dans l'indifférence générale.


Donc je me demandais, pourquoi avais-je reçu cette carte ? Mes derniers travaux se nomment "La vérité" et sont issus d'une affaire de harcèlement moral dans mon domaine professionnel : une école d'art dépendante du ministère. Étienne Cliquet est aussi professeur en école d’art. Je ne peux qu'y voir dans cette carte adressée un signe, même si j'imagine que tous les destinataires, les 800, ont reçu la même carte. D’ailleurs l’adresse mail associée présente un site Internet qui ne fonctionnera que le 9 février 2018 :
grisolles.cc

Mystère...

L'annonce est celle-ci :

Par travail extrêmement documenté, Etienne Cliquet est invité à porter son regard sur les collections d’arts et traditions populaires du musée Calbet et sur l’histoire de Grisolles. Dans une démarche proche de l’artiste en résidence par la fréquence de ses déplacements, sa curiosité à découvrir Grisolles et son souci de la collecte iconographique, il nous dévoile sa géographie grisollaise personnelle moins comme une carte routière à tracés que comme une carte postale à vignettes donnant différentes perceptions d’un lieu de villégiature.

Sinon j'ai pu lire que la spécialité de cette ville, Grisolles, c'est les balais, sur le site Internet d'un artiste, David Michael Clarke, qui avait été invité en 2016 et réalisé un hérisson géant :

L’histoire industrielle de la ville de Grisolles est celle des balais. Les balais traditionnels de Grisolles, fabriqués en sorgho sont reconnus dès le XVIIe siècle. Au milieu du XIXe siècle la production des balais passe en mode industrielle. Au plus haut point, on a pu compter une vingtaine d’ateliers, environ 400 ouvriers et une production de 6000 balais par jour. Jean-Marc Coulom est le dernier fabricant de balais toujours en activité à Grisolles.

Je me suis souvenue de plusieurs choses dans ces histoires d'îles et celle que j'avais découverte : Seuqramainos. Plusieurs publications et articles, workshops et conférences, dans différentes villes de France ont relaté mes développements insulaires. J'avais également ouvert une université, pour une personne, nommée Nissologie (la science des îles) D'ailleurs kiwaïda, vient d'un yéti crabe découvert en eaux profondes est une extension de ces recherches artistiques. Un site Internet et ce blog bmk sont des partitions d'écritures de ces recherches quotidiennes. Ces recherches sont issues d'une réflexion sur le groupe et le collectif, car avec Étienne Cliquet, nous avions fondé un collectif d'artistes, d'informaticiens, de musiciens, d'amateurs, dans les arts numériques, un réseau social artisanal avant l'heure, nommé Téléférique, d'une vision poétique de l'informatique sur l'espace et ses téléchargements (avant que le mot ne soit courant !) Cette réflexion séparatiste du groupe, après avoir partagé toutes mes recherches intellectuelles et artistiques fut salutaire. Elle a engagé de plus ouvertes destinées et laisser les histoires informaticiennes aux informaticiens. Mon île du salut.
Ma liberté.
Alors j'étais étonnée de recevoir une carte postale, parmi les 800 envoyées d'après l'artiste, avec cette île en visuel d'une exposition. Même si Étienne Cliquet, après lui avoir demandé des explications, dit de cette carte qu'elle "fait référence à la commune de Paris qui a été réprimée courant 1871, et que et que celles-et ceux qui ont eu la vie sauve ont été envoyé sur l'île du diable en Guyane comme prisonniers politiques" Je n'en sais pas plus. Il faudra attendre le 9 février et se rendre sur le site Internet au nom de la ville, dont le projet semble issue d'un parcours touristique. Je n'ai pas le même point de vue sur "la commune" puisque des communistes m'ont bannie de ma vie d'enseignante en utilisant le harcèlement moral, le tribunal, les saisies sur mon salaire, des injustices sidérantes couvertes par le ministère (à ses dépends ou avec sa participation ?) Je me suis demandée si cette carte postale n'était pas le signe qu'une communauté pouvait lyncher une personne et la condamnée au bagne, une injustice d'État.
Amnésie.
Un article écrit en 2006, sur son blog décrit sa découverte de ma pensée, de l'île de Seuqramainos, et aussi quelques tissages personnels de ce regard sur cette solitude artistique.

"Sonia Marques a créé en 2001 un site web qui s'appréhende comme une île sur le réseau. Seuqramainos est un isolat dans un monde interconnecté dont il n'existe pas de cartes sur les moteurs de recherches. On y échoue plutôt par hasard et la navigation y est plus qu'hasardeuse. L'image prégnante qui sous-tend Seuqramainos, une île sur Internet, permet d'évoquer avec force qu'Internet recèle une part invisible et nous rappelle que les secrets sont encore possibles. Ce hors-champ ouvre tout un imaginaire dont la présence symbolique est égale à son invisibilité. Pour reprendre Filliou, on pourrait écrire à propos de l'île de Seuqramainos un nouveau principe d'équivalence, Bien vu, Mal vu, Pas vu. L'invisibilité sous différentes formes poétiques apparaît chez Sonia et certaines communautés sur le net comme une réponse nécessaire au spectacle des mass-médias, à l'hypertrophie du visible, la visibilité annexée à la surveillance. Cette recherche des limites de la visibilité sociale n'est pas un acte de paranoïa mais plutôt une indifférence sereine en ce qui concerne la médiatisation de l'art et sa visibilité, omniprésente ou absente, permanente ou temporaire, dithyrambique ou assassine. Le travail de Sonia prend place dans les médias tout en se préservant paradoxalement de la médiatisation. La manière dont elle formule cette défiance me semble très singulière et m'a convaincu d'en décrire certains exemples, principes, perspectives ainsi que les conditions qui permettent de comprendre en quoi cette invisibilité ou relativité des visibilités est amené à exister de plus en plus. "

Je l'inscris ici, afin d'y contextualiser ses références à ce moment. Mes références étaient différentes.

Comment les écoles d'art ont-elles pu exclure ces pensées et pourquoi, après s'en être servi sans rien y comprendre ?
Je vis sans doute un moment où la bêtise a le beau rôle, celui de punir, bannir, anéantir, et où les intellectuel.les sont leurs prisonniers. Libérez-nous !


 ww

Ce qui est assez mignon, c'est de me souvenir en redécouvrant cet article, que j'avais réalisé un origami, un lotus rose en papier, depuis un mode d'emploi sur Internet (on était vers les années 2000) pour réaliser de jolies serviettes (en tissus) sur la table d'un restaurant chinois ou tibétain. J'avais pris plusieurs photographies, comme souvent, de cette réalisation posée dans le creux de ma main. Elles étaient en ligne sur l'île de Seuqramainos (Le secret dans la main) C'est l'une de ces photographies qu'a retenue l'attention d'Étienne Cliquet à un moment où il ne connaissait pas encore l'origami. C'est chou !

Et là, en écrivant cet article, une odeur de coriandre, de menthe... Ou est-ce les lapins et leurs herbes fraîches ? Ou les nouvelles soupes que je prépare ? Oui c'est l'odeur d'un restaurant thaïlandais si délicieux, notre QG, du collectif Téléférique, après une démo, ou une session de travail, ou juste à deux en marchant longuement depuis notre logement et vers le périphérique. Ce restaurant est resté unique dans mes saveurs et ma découverte de cultures asiatiques différentes. Avec Makoto et Yoshinori, Aki et tant d'autres baladins que nous avions embarqués dans ce petit joyau caché exotique, affamés toujours et reconnaissants. Banlieusards.

À mes hôtes japonais, qui m'ont fait retrouver le goût des herbes fraîches aromatiques.
À ma sœur et son cadeau magique et réconfortant pour cuisiner.
Aux quatre amis, l'éléphant, le singe, le lapin et un perroquet.
À nous.

Au périph !

"Sans cette relativité, nous serions complices d'une amnésie"