"Le 9 janvier 2018, à l’heure où Oprah Winfrey affirme aux États-Unis, lors des Golden Globes, « Nous avons tou•te•s vécu dans un monde brisé par des hommes puissants et brutaux… […] Mais leur temps est révolu. Leur temps est révolu ! », au même moment, en France, une tribune publiée dans Le Monde par des femmes majoritairement blanches et bourgeoises (qui n’emploient pas l’écriture inclusive) vient au secours de ces hommes puissants, revendiquant leur “droit à importuner” les femmes. Elles nous informent que de toute façon « les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité ». Et que « le viol est un crime. Mais… ». Mais quoi ? « La drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste. »

Extrait du texte : Les féministes peuvent-elles parler ? Des auteures : Hourya Bentouhami, philosophe, Isabelle Cambourakis, éditrice, Aurélie Fillod-Chabaud, sociologue, Amandine Gay, réalisatrice, Mélanie Gourarier, anthropologue, Sarah Mazouz, sociologue, Émilie Notéris, auteure et théoricienne queer.

Je suis signataire de ce texte, car ok, il en fallait un auquel je puisse un peu me référer en ce début d'année, avec des auteures dont les travaux ont un intérêt, intellectuel, que je peux suivre. Je déteste les pétitions et ne les signe pas, surtout lorsqu'il y a une pelleté d'artistes qui ne signent que pour valider leur intégration dans le système de l'art. Signer des textes que l'on juge, après lecture posée, comme faisant partie des paroles que l'on pourrait porter, ok, et après ? Le titre, je ne le trouve pas bien (Les féministes peuvent-elles parler ?) De mon point de vue, c'est de l'écriture que nous manquons, d'auteures et non de blablas, il y en a tant relayé par nos médias. Fatigance.
Le logo, peu faire mieux, le blog wordpress, bon, c'est vite fait. J'avais déjà signé le texte "Not surprised", versus américain, sur le site, il était vite fait aussi. J'avais écrit un article sur mon blog, Il pulcino nero, avec mon expérience, des dessins. Parfois je me dis, à quoi bon ? Je ne fais que devenir une aquoiboniste qui philosophe et questionne la nécessité d'entreprendre toute action, quelle qu'elle soit, au risque de parfois ne rien réaliser car est-ce que l'action mérite autant d'effort ? Tant de pédagogie après cette tribune, ce petit monde ne mérite pas tant d'attention, tant d'explication de textes... En tous cas, mes efforts ne vont pas dans ce sens, ainsi ne sont-ils pas lus de ce petit monde ;.) Poésie mon amie.

Partir d'une tribune mal écrite par des femmes désespérées et anciennement starisées, du porno à l'art au cinéma... c'est un mauvais départ. Surtout s'il n'y a que les extrêmes (droite) pour y adhérer ou les dictateurs (d'Italie à d'autres bientôt). Honte plutôt. Car, en fait, on ne s'y intéresse pas à cette tribune protégée dans le journal étatique LeMonde... Ces femmes veulent être frottées ? Qu'elles commencent par publier de façon autonomes, et non protégées, dans une presse entièrement conçue par des hommes aux portefeuille pas du tout riche, ni intérieurement puissants (à inverser aussi). Ce qu'il nous manque, évidemment c'est la visibilité d'auteures vraiment précises, sensibles, d'artistes de notre temps, d'inventeur.es, tout cela est effacé par ces starlettes tristounes que l'on doit supporter davantage, tant elles alourdissent toujours un peu plus les débats, rejointes par leurs copains, si ce ne sont leurs copains qui les commandent à distance (aller hop, au boulot ma grande ! Defend mon merdique comportement, et puis blanchie mon viol au passage, le tout en une phrase)  Et oui la Suède peut bien rire de ce qui est montré en France. Cela parle bien, blabla, inefficace, c'est cela que l'on montre fièrement. On préfère toujours maltraiter des femmes, les lyncher. Mais les plus intéressantes on ne les montre pas, car on ne sait les reconnaître. Gros problème de critères en France, c'est le foutoir en quelque sorte ! L'extrême désordre, la perte de sens, mais aussi ce foutoir, ce lieu de débauche. Tout débat se termine par des insinuations culculs inintéressantes. Le débat médiatique peut prendre en France, s'il contient ce supplément de sexe à l'ancienne et ces fantasmes d'un autre monde, un monde sadien, triste et peureux, dans de petits salons poussiéreux. Cacher ce sein que je ne saurai voir, ce sexe... Ha les femmes et leurs dures histoires de passations. La filiation... On écrit nos pairs, côté université, mais nos mairs, cela existe cela ? Marâtre oui, mais parâtre, on n'utilise pas ce mot, il existe pourtant. On préfère lyncher les femmes. Donc dures histoires, ça passe mal, ça fracasse et ça fait pleurer. Je ne suis pas pour le panthéon matriarcat, quelle horreur. Nombre de femmes veulent le pouvoir pour faire exactement la même chose que l'on a détesté chez les hommes, leurs décorations militaires, etc. Alors elles s'activent dans le mauvais sens, et vas-y que jt'e file une légion d'honneur de mère en fille, d'une année sur l'autre... Ridicule. Comme Harvey Weinstein, elles veulent la légion d'honneur. Ok. Chacun son truc. Observer ces tragiques circonvolutions post-mortem de femmes en groupe pour mettre un nom oublié sur Wikipédia, motiver les troupes pour écrire des textes sur des femmes, qui, de leur vivant, n'en aurait pas voulu, se battre pour obtenir la signature, son nom, son édition, en profitant des morts. Stop. Pfff ! Fatigance.
Gratter, gratter, faire les fonds de casseroles pour espérer avoir son icône, son effigie, qui représenterait toutes les autres, besoin d'un modèle, d'une présidente, à manipuler. Tout cela ne m'intéresse pas. Ainsi, la recherche au féminisme correct ou provoquant, politique ou archaïque, régressif, extrême, tout cela ne m'intéresse pas du tout. D'ailleurs tous ces textes qui cherchent des électeurs, électrices potentiel.les, savoir si l'on peut trouver des suiveurs et des suiveuses... Mais déjà tous les followers du monde à cliquer sont à disposition de façon virtuelle, pour celles et ceux que la recherche horripile, penser plus besoin, je te veux dans mes followers, le programme fera le reste. Le programme ? Mais par qui et comment est-il fait ? Cela intéresse-t-il ? Femmes artistes, actrices des hommes, comme les Catherine déchues, cliquent comme de jeunes connectées sur tous les réseaux sociaux, afin de récolter des suiveurs et suiveuses et exposer leurs photos, leurs trucs et babioles. A quoi bon ?

Ce que j'observe ce sont des monopoles, surtout dans l'art et les médias et la finance (ils marchent ensemble ces systèmes) Celles et ceux qui écrivent ou peuvent avoir une tribune dans un journal étatique sont celles et ceux en marge de notre monde. On a cru pouvoir nous faire croire l'inverse (cette phrase est un peu escarpée, croire pouvoir, mais cru, pas cuit). Pourtant ces gens, ces groupes, sont en marge de notre monde. On les regarde, on les lit, parfois on ne veut plus, on s'éloigne, trop c'est trop. Le "on" c'est l’anonyme, nous tous. Ils et elles ne savent pas, ils ne connaissent rien, ils ont peur de perdre, de vieillir, de mourir et font confiance aux images, ce sont leurs illusions. Pourquoi en marge ? Parce qu'ils et elles ne vivent plus mais aimeraient tant, tant être frottés aux autres, être violés, être sous une tente (combien de riches soutiennent haut et fort aider les migrants)... Halala. Et puis, ils et elles s'embarquent pour représenter les pauvres. Les artistes et leurs milles résidences et projets bien corrects. Ça craint non. Les images se brisent. Et les actrices comprennent qu'elles ont été manipulées, quand d'autres espèrent encore devenir actrices, être manipulées.

Fessées pour tous. Mais pas pour toutes !

J'aime bien l'image qui illustre cet article. Je n'ai pas de référence, c'est rare. Surtout les 2 souris qui regardent la fessée, attendent-elles leur tour ? Ou bien, leur tour est déjà passé. Peut-être que les 3 souris ont harcelé la grande souris juste avant ? Je ne sais rien, mais cette illustration me faisait penser à cette tribune débile donnée à ces femmes désespérées qui tapent au hasard, sans discernement, en commençant par la première souris qu'elle voit, le #metoo ou le #balanceonporc. Ces # ont terriblement réduit les phrases et les échanges. Enfin, cette illustration représente, de mon point de vue, toutes ces tentatives vaines de moralisations de la vie publique et privée, tandis que notre monde s’éteint, devient inaudible, dans ces tornades et coups de vent, ces naufrages métrologiques, ces inondations, ces violences, oui, tant et tant d'impunis. On ne sait pas, après ce monde... le grand jugement, transformation en carotte ou concombre selon tes fautes, en endive ou en ortie.
Tu piqueras plus tard, en attendant tu polis.

Il y a eu plusieurs textes, certains je trouve ok aussi :

"A vouloir les défendre (les hommes), vous les méprisez, au même titre que les femmes. Vous méprisez les hommes et leurs possibles remises en question, leurs réflexions et solutions sur la question. Voire leur pardon et prise de conscience! Pire vous les infantilisez... pour les élever au statut des enfants rois. De ceux qui ne géreraient ni leurs caprices et leurs agissements, si englués qu'ils sont dans leur misère sexuelle. Et donc n'en auraient à assumer encore moins les conséquences de leurs actes. La sentence. La punition!"

Mathilde Bourmaud, journaliste : article du 11/01/2018 , "Madame Deneuve, vous n'aurez ni notre peur, ni notre renoncement"


«Ceux qui s’inquiètent d’une disparition de la séduction à la française opèrent un glissement très problématique entre séduction et harcèlement, explique Catherine Achin. Même s’il y a eu quelques dénonciations brutales, ce mouvement ne veut pas dire qu’on refuse les relations de séduction mais qu’il n’est pas normal de penser que les femmes sont disponibles.» En toile de fond, la tribune d’un collectif de 100 femmes publiée par le Monde défendant «la liberté d’importuner». «La séduction, c’est l’art de s’assurer que l’autre veut aller plus loin, explique la sociologue Irène Théry. Ce qu’on reproche à DSK, Weinstein… ce n’est pas d’être des séducteurs, cette confusion doit cesser. C’est d’avoir agi comme des prédateurs sexuels.»
«Certes, sous l’ancien régime des femmes tenaient des salons, avaient des positions de pouvoir, mais elles étaient quand même exclues de la politique. On fait comme si l’universalisme républicain, l’idéal d’égalité, nous mettait à l’abri des discriminations. Ce n’est pas le cas», juge Catherine Achin, professeure de sciences politiques à Paris Dauphine.
«La France est l’endroit où naît l’amour courtois : le chevalier s’adresse à la femme du seigneur qui est inaccessible. Nous avons un système de pensée dans lequel il y a les femmes pour lesquelles la sexualité serait une souillure, et les autres.»
C’est aussi la thèse de l’historienne Michelle Perrot : «La galanterie est une merveilleuse invention du siècle des Lumières, qui fait des femmes les maîtresses des salons de la société en leur refusant l’égalité.»

Charlotte Belaich, journaliste : article du 11/01/2018, "La «séduction à la française» est-elle en danger ?"


"Or, loin d’être politique ou critique, ce texte semble l’expression d’un fantasme sexuel construit à l’époque où Catherine Deneuve, la signataire emblématique de cette tribune, tournait Belle de Jour (1967). En effet, la scène sexuelle qui hante ce pamphlet est née à l’époque où les femmes investirent en masse les universités et le monde du travail tandis que dans leur vie sexuelle et familiale, elles continuaient à être dominées par les hommes. Les femmes émancipées de l’époque fantasmaient un érotisme «ancillaire» qui leur servait de compensation à leur nouveau pouvoir social."
"Les signataires n’imaginent même pas une seconde que ce soient les femmes aux pulsions bestiales et incontrôlables qui importunent les hommes de leurs assauts. Ce sont toujours elles les objets que l’on convoite. On dira que c’est juste un tout petit détail qui n’entame en rien la revendication de la liberté d’importuner, le cœur de la liberté sexuelle que les signataires revendiquent avec tant d’ardeur."
"Pourtant, c’est cette inégalité supposée naturelle dans la position sexuelle des hommes et des femmes que rend cette tribune si réactionnaire, si terriblement ringarde. En effet, si les hommes et les femmes s’importunaient réciproquement, à égalité, il n’y aurait plus de domination de genre dans la scène érotique. Bien sûr, il y aurait toujours des abus sexuels liés à des situations de pouvoir, mais ils ne seraient plus du tout le reflet d’une domination structurelle exercée par les hommes sur les femmes, comme c’est le cas aujourd’hui."

Marcela Iacub, journaliste : article du 12/01/2018, "Que truies et porcs s’importunent réciproquement !"


Un autre article écrit quelques jour après cet article sur mon blog BMK, me paraît clair, celui de Françoise Vergès. Alors, je l'ajoute, en joutes. Il est intéressant, dans chacune des parties exposées, des articles de femmes (Iacub, Vergès) d'y lire leur "pâte" depuis leur parcours écrit (Iacub et son livre, "Belle et bête" de 2013, où déjà le porc était décrit depuis l'affaire de viol franco-américaine du politicien DSK ; Vergès et son parcours familiale de pouvoir, complexe, et ses récents engagements sur l'écriture post-coloniale) Cela dit, chacune défend sa paroisse, et là, aucune d'entre elles n'a souhaité être associée à cette tribune ringarde et a souhaité le dire et l'écrire... au cas où. Peut-être fallait-il, pour ces femmes, se mettre du côté du gouvernement, qui s'est tout de même engagé à faire bouger les lignes, contre les violences faites aux femmes...

Il est intéressant de noter qu'aucun homme, jeune ou vieux, ou pas tout à fait homme, ou nouvellement... que sais-je... ne s'est encore prononcé dans les médias. CQFD : Ils ne sont pas concernés par l'égalité entre femmes et hommes, ni par les violences faites aux femmes, ou bien, ils ont trop peu d'expérience pour la relater, trop peu de volonté politique pour se joindre, ou apposer un autre regard, avec celui de toutes ces femmes armées, ou désarmées, interrogées sans cesse.

"Le manifeste des 100 femmes (qui défend la « liberté d’importuner » est une ode à l’idéologie néolibérale. Dans leur perspective, l’individu.e fait librement son marché choisissant parmi toute une panoplie de possibilités. Cet individu.e vit dans un monde impartial où toutes les femmes jouissent des mêmes facilités, ressources, moyens, droits et opportunités. C’est un monde enchanté et enchanteur où ne s’exerce aucun pouvoir ni aucune distinction de classe, d’ethnicité ou d’âge. Mais ce monde-là n’existe pas."

"Il ne me semble pas qu’il soit utile de leur reprocher un manque d’empathie et de solidarité. Certes, il est tentant d’opposer l’action des actrices nord-américaines qui ont rassemblé plusieurs millions de dollars pour un fonds consacré à l’aide judiciaire de femmes victimes de violence et harcèlement sexuels (ouvrières agricoles, ouvrières dans les métiers de services…) à celle de ces actrices et auteurs françaises."

"Face au vide abyssal de leur argumentation, on aurait également envie de leur rappeler l’action des femmes salariées d’une entreprise effectuant le nettoyage des trains de la gare du Nord qui se sont battues pendant cinq ans pour faire reconnaître que le harcèlement sexuel — avec attouchements, gestes obscènes, humiliations, licenciements, et racket — n’était pas une attaque contre la « liberté d’importuner », mais une demande légitime de respect et de dignité.
"

"Elles sont persuadées que leurs fantasmes sont la preuve d’une culture, d’une éthique et d’une esthétique supérieures à celles de ces pauvres gens qui s’imaginent que faire l’amour dans un lit est source de plaisir ou qui n’ont rien compris au marivaudage. Ce sentiment profond de supériorité culturelle leur sert de bouclier. L’ennui nous saisit d’ailleurs à voir se recycler de vieilles lunes sur le pouvoir au cœur des jeux sexuels. Peut-on avouer la fatigue d’avoir affaire à des adversaires qui nous obligent à une pédagogie que pourtant nous savons être inutile ? Leur ignorance est intentionnelle — en effet, vouloir apprendre, vouloir comprendre c’est toujours d’abord, ne plus se mettre au centre — leur intérêt profond est d’ignorer des faits, de nier l’existence d’abus de pouvoir, de la manière dont sexisme et racisme agissent quotidiennement dans la vie de millions de femmes."

Françoise Vergès, politologue : article du 15/01/2018, « La liberté d’importuner est une ode à l’idéologie néolibérale »

Tuning et maquillage complet ce soir, paillettes et vestiges du chaos *