Culs noirs - d'après un échange entre un père et sa fille (Peinture © Sonia Marques - novembre 2017)

CULS NOIRS

Dans l'histoire du porc limousin et d'après l’ouvrage publié en 1868 de Lefour inspecteur en agriculture,  le porc « Cul Noir » fait partie des 6 races anciennes locales répertoriées en France. Les animaux présentent une robe bicolore claire et noire. La tête, la croupe et les membres postérieurs présentent des parties noires. Son origine suit la Vallée de la Gartempe, rivière qui prend sa source en Creuse puis passe par la Haute-Vienne, l’Indre et l’Indre et Loire. Le « Cul Noir » a la noblesse de son ancienneté et de sa rusticité comme le cochon basque ou le noir de Bigorre, le corse à condition que toutes ces races anciennes soient élevées en plein air sur des grands espaces herbeux et boisés sans surnombre avec une nourriture naturelle. Sous l’appellation « Cul Noir » il existe deux types : le limousin et le périgourdin. Ce sont deux génétiques différentes mais très « cousines ». Le « Cul noir » est une race non génétiquement modifiée, résistante, et, particularité : race à croissance lente.

- Le limousin est un porc non gras (5 cm de lard pour 130 kg à 20 mois);
La tête est longue, conique, à chanfrein droit, à oreilles moyennes ou petites baissées mais non pendantes. La tête et l’ arrière sont à peau noire avec soies noires de 7 cm environ et corps blanc avec truitures (minuscules taches noires) avec soies blanches de 7 cm. Le corps est haut et long avec ossature fine. Il n’excède pas 180 kg adulte et il reste élégant.

- Le périgourdin est plus trapu et plus gras que le limousin. Il possède plus de taches noires sur le corps et peu de soies voire pas du tout. S’il n’a pas suffisamment d’espaces et d’herbe et suivant la nourriture c’est un porc qui fera du lard (dans mon élevage les périgourdins n’excèdent pas les 6 cm de lard pour 130 kg à 20 mois).

La reproduction des truies

Les porcs sont des animaux qui présentent un cycle de reproduction court, c'est-à-dire que la maturité sexuelle des porcs est atteinte dès l'âge de 6 mois. Les animaux reproducteurs pèsent autour de 100 kilogrammes. La truie n'a pas de cycle de reproduction saisonnier. En effet, elle peut se reproduire tout au long de l'année, contrairement à des espèces comme la brebis qui elle fait ses petits au printemps. De ce fait, la truie peut mettre bas (avoir des petits porcelets) plusieurs fois dans l'année (généralement deux fois par an). Après fécondation, la durée de gestation de la truie est de trois mois, trois semaines et trois jours soit 115 jours en moyenne. Lors de la mise bas, la truie donne naissance à une douzaine de porcelets qui pèse chacun à peu près 1,5 à 2 kilogrammes. Dans les premières heures de la naissance, les porcelets doivent téter le premier lait de la mère qui s'appelle le colostrum. Ce premier lait est important pour que les porcelets naissant acquièrent une immunité microbienne pour la suite de leur existence.

La truie reconnaît ses petits grâce à leur odeur. Elle s'allonge pour que les porcelets puissent téter chacun une mamelle.

Dans la littérature et dans le langage familier, on (qui ? > les porcs) a donné le nom de truie aux femmes. C'est une femme grosse et malpropre, une femme de mauvaise réputation. (Synonyme : souillon) C'est une femme sale qui souille ce qu'elle touche.
Mais c'est le premier, ou la première, qui dit qui est ;.)

Ha les belles souillons ! Les marâtres et matrones les adorent, jusqu'à les harceler.

#balancetonporc


En 2017, dans la période de l'automne, un vent de délation a soufflé sur les routes des réseaux sociaux. Les hachtag #balancetonporc , #MoiAussi au Canada francophone, ou #MeToo ont été largement diffusés pour dénoncer l'agression sexuelle et le harcèlement, à la suite d'accusations de cette nature portées contre le producteur américain Harvey Weinstein. C'est la version francophone de la campagne Me too, utilisée depuis 2007 en ce sens par l'activiste Tarana Burke et relancée en octobre 2017 sous forme du hashtag #MeToo par l'actrice Alyssa Milano, qui a encouragé les femmes à partager sur Twitter leurs expériences. Les messages portant l'un des mots-dièses de la campagne font état de « violences sexuelles de tous types, allant de l’interpellation salace au harcèlement, à l’agression ou au viol ». Les victimes évoquent des faits survenus au travail, dans le cadre familial et à l'école. Elles indiquent parfois leur âge au moment des faits, montrant la jeunesse des victimes de ces pratiques. Les milieux professionnels décrits comptent aussi bien le monde du divertissement que la politique, la finance, le sport et les nouvelles technologies.

La culture du viol :

La notion de culture du viol est un concept sociologique forgé aux États-Unis, et utilisé pour qualifier le lien entre les rapports sexuels non consentis et le tissu culturel d'une société. L'utilisation du terme viol pour y décrire une culture suggère l'existence d'un schéma comportemental appris qui a été créé, organisé et transmis d'une génération à l'autre comme faisant partie des attentes associées au fait d'être un homme ou d'être une femme. De plus, la culture du viol ne serait pas un phénomène du type optionnel en tout ou rien mais s'imposerait à différents degrés, allant de l'institutionnalisation du viol jusqu'à sa punition, considérée comme seulement de façade. Dans sa forme la plus véhémente, la culture du viol se manifesterait par le fait que les femmes sont la propriété des hommes qui leur refusent tout respect ainsi que le droit de contrôle et de maîtrise de leur propre corps. La culture du viol relie ainsi un concept établissant des liens entre le viol et la culture de la société où ces faits ont lieu dans laquelle prévalent des attitudes et des pratiques tendant à tolérer, excuser, voire approuver le viol, à un processus global de domination. En France, si les études sur les causes culturelles du viol existent, la communauté universitaire ne s'est pas encore saisie de la notion...

Origine du terme:
L’expression « culture du viol » est une traduction littérale de l’expression anglaise rape culture, introduite par des féministes américaines dans les années 1970. Le terme fut employé par la première fois dans l’ouvrage « Rape: The First Sourcebook for Women » publié aux Etats-Unis en 1974 par le groupe des New York Radical Feminists. En 1975, le documentaire américain Rape Culture popularise le terme.
Définition: La culture du viol, telle que définie par la théorie féministe, est la manière dont le viol est perçu/ représenté dans l’imaginaire collectif, dans une société donnée et à une époque donnée. C’est un concept qui établit que la représentation du viol dans une société dépend d’un ensemble de croyances et d’attitudes. La littérature existante sur le sujet montre que la culture du viol découle de «mythes» qui faussent la réalité du viol telle qu’elle est perçue par les chiffres. Selon la théorie féministe, ces mythes témoignent de la persistance des stéréotypes de genre. On peut entretenir la culture du viol sans pour autant être un violeur soi-même ou soutenir le viol de manière publique. La culture du viol découle de croyances et d’attitudes profondément ancrées dans nos sociétés et souvent relayées de manière inconsciente. Elle suppose que les individus entretiennent un certain nombre d’idées reçues concernant la notion de consentement à l’acte sexuel, le profil des victimes de viol et celui des agresseurs. S’il est communément admis que personne, dans la société, n’encourage le viol de manière publique, la recherche montre que les individus ont souvent du mal à « reconnaitre » le viol tel que défini par la loi. Ceci explique par exemple, que des chercheurs qui demandent à des individus s’ils ont déjà commis un viol puissent obtenir des résultats très différents que lorsqu’ils demandent à ce même groupe d’individus s’ils ont déjà forcé une personne à avoir des relations sexuelles (Edwards Sarah R., Bradshaw Kathryn A., and Hinsz Verlin B., 2014). De la même façon, dire que la culture du viol existe dans un pays ne signifie pas forcément que le viol n’est pas reconnu et puni par la législation de ce pays. En revanche, cela signifie qu’un certain nombre de stéréotypes existants sont susceptibles de biaiser les jugements rendus par les tribunaux et que dans les faits, un grand nombre de violeurs ne sont pas condamnés.

♡ méditations

Les porcs naissent des truies, les truies naissent des truies.
Balancer un porc c'est balancer la truie.

Ce sont des animaux, les humains les tuent pour les manger. Ils sont roses mais pas toujours, ils sont adorables, ils sont vivants, ils ont des émotions, une histoire. Ils ont joué un rôle très important dans l'agriculture. Ils sont interdits dans certaines religions, on ne peut les manger, dans d'autres ils sont sacrés. C'est une sous-espèce du sanglier sauvage, un mammifère domestique omnivore de la famille des porcins, ou suidés. Appelé porc (du latin porcus) ou cochon ou encore cochon domestique.
Le cochon : Le terme désigne aussi la viande fournie par cet animal qui est la viande la plus consommée dans le monde alors même que le porc fait l'objet d'un interdit alimentaire dans certaines religions (dans le judaïsme et l'islam notamment).
La production se concentre dans trois zones : l’Europe (y compris la Russie), l’Asie (notamment la Chine) et l’Amérique du Nord (le Canada - l'un des plus grands producteurs, avec notamment le Québec - et les États-Unis). La Chine avec 46 millions de tonnes (2003) produit presque la moitié du total mondial.

"Cochon" est une insulte remontant au Moyen-Âge. Un cochon "serait", par nature, un animal sale et répugnant vivant dans la crasse. On soulignera plus loin, que c'est faux. C'est au XIIIe siècle que cette expression apparaît : celui qui ne respecte pas ses engagements ne vaut pas mieux qu'un porc, un cochon. Souvent le terme est classé X, dans la pornographie, dans l'obscène. Un cochon est un débauché, dégoûtant, dépravé, égrillard, érotique, goret, grivois, grossier, inconvenant, leste, licencieux, malpropre, marcassin, nauséabond, obscène, ordure, ordurier, paillard, pécari, pervers, polisson, porc, porcelet, porno, pornographique, pourceau, raide, répugnant, sagouin, sale, salé, sordide, verrat, vicieux...
Et la cochonne, dans le style péjoratif et vulgaire est une baiseuse, salope, sauteuse, lubrique... 

Le cri des porcs et des truies : ils et elles grognent ! Avec ce grand débarras social, il y a de quoi !
Les cochons ont un comportement social très différent de la plupart des espèces domestiques. Ils ont une vie sociale très hiérarchisée, et ce dès leur naissance : ils vont s’affronter pour se répartir les différentes mamelles de leur mère. Ils naissent avec des dents très aiguisées pour pouvoir se battre entre eux !
Une fois qu’ils se sont répartis les différentes mamelles entre eux (ils tètent toujours la même mamelle), ils se battront à chaque fois qu’un de leurs frères ou sœurs essayera de la leur voler ! A priori, le fait d’établir cet ordre aide à prévenir le besoin de toute autre agression concernant l’allaitement en assurant à chacun assez de lait. En général, le plus gros de la portée gagne la mamelle la plus productive. Du coup, il grandit et grossit plus vite que les autres et garde ainsi son statut de dominant jusqu’au sevrage. L’agressivité commençant dès les premières heures de la naissance joue un rôle très important dans la vie des cochons.
Et pour tordre les préjugés : Les cochons et cochonnes sont des animaux très propres malgré leur réputation. Ils apprennent à faire leurs besoins loin de leur nourriture et de leur couchage dès le premier jour de leur naissance et retournent toujours à ce même endroit tant qu’il n’est pas trop sale. Une fois que cet endroit est trop souillé à leurs yeux, ils vont faire à un autre endroit jusqu’à ce que ce nouveau coin toilette devienne sale à son tour. (S’ils ont le choix bien évidement. Dans une étable sale, ils feront où ils peuvent)
La propreté est apprise aux petits par leur mère. Les cochons font leurs besoins là où leur odeur d’urine se trouve. La première fois, ils feront là où la mère a déjà fait. Puis, ils y retourneront car l’odeur de leurs propres excréments s’y trouve. Les cochons sevrés trop tôt (moins de 6 semaines) peuvent avoir des problèmes quant à la propreté.
Les cochons se roulent dans la boue…  C’est vrai car c’est le seul moyen pour eux de réguler leur température corporelle lorsqu’il fait trop chaud, comme anti-parasitaire et crème solaire !

L'insulte marque une profonde inculture. Comme toute insulte, pour fonctionner elle doit être très "bête". Les bêtes, ces animaux le savent bien.

♡ PORCELAINE

Revenons dans le Limousin... et ce début de l'article qui aborde le cul noir, ce cochon si particulier, qui a les fesses noires mais aussi la tête ! Quel cochon !

Au XVe siècle, les premiers vases en provenance de la Chine arrivèrent à Venise, et l'on se demandait de quoi était faite cette céramique translucide comme l'albâtre, sonore comme le cristal. Les Italiens appelèrent la matière "porcellana" et tout l'occident adopta le vocable sans se poser de questions quant à l' origine du mot. Pendant plus de 2 siècles, une véritable fièvre parcourt toute l'Europe. Chaque Prince veut trouver et détenir le secret de cette porcelaine considérée comme aussi précieuse que l'or. Et c'est en effet un alchimiste qui trouve - ou croit avoir trouvé - la formule magique tant convoitée. Il s'appelle Böttger et travaille pour la manufacture de Meissen en Saxe. Aussitôt, les ateliers français, notamment ceux de Sèvres, s'empressent d'imiter cette "porcelaine de Saxe". Mais il faut attendre encore un demi siècle avant que des géologues trouvent dans la région de Limoges le précieux Kaolin, matière de base de la porcelaine de Chine...

Ainsi le mot "porcelaine" cette histoire commence par le "porcus" latin, "le porc".
"Porcella" fut d'abord le terme italien pour la "truie". Puis "porcella" devint un mot vulgaire pour désigner la vulve, le sexe féminin. Changement de nouveau du vocable : on appela "porcella" un coquillage univalve et fendu - que les Français connaissent d'ailleurs sous le nom de "porcelaine". Et lorsque les premières céramiques de Chine furent déchargées à Venise, les marchands vénitiens supposèrent - à tort comme on voit - que ces objets fabuleux étaient faits de coquillages broyés et ils appelèrent la matière "porcellana" : " porcelaine ".


Dans l’édition de 1832, du Nouveau dictionnaire de la langue française rédigé par messieurs Noël (inspecteur général de l’Université, chevalier de la Légion d’honneur) et Chapsal (professeur de grammaire générale), on trouvait cette unique définition, méconnue de nos jours (et peut-être de ces jours anciens), du mot “pucelage” : Dans un dictionnaire de 1832... Balades en bord de mer ? Ou aventures dans le Dictionnaire raisonné et universel des animaux, ou dans le règne animal, paru à Paris en 1759, est détaillé l’aspect de ce pucelage ? “La porcelaine & le pucelage", chez M. d’Argenville, ne font qu’un genre. C’est une coquille univalve, ainsi nommée à cause de la longue fente, avec une bouche garnie de dents des deux côtés, de forme ronde, oblongue, quelquefois bossue, quelquefois terminée par des mamelons.

Mais ce n'est pas fini !
Porcellana est un genre de crabes de la famille des Porcellanidae. Ils sont souvent appelés « crabes porcelaine », même si ce sont en réalité des galathées.
Tout comme Kiwaïda, le nom de mon pseudonyme, mais aussi du nom de domaine choisi pour mon site Internet, et tant de poésies, vient de La Galathée yéti (Kiwa hirsuta) ou crabe yéti. C'est un crustacé décapode habitant dans les profondeurs abyssales de l'océan Pacifique sud. Elle mesure 15 centimètres de long. Ses yeux très atrophiés et sans pigmentation laissent supposer qu'elle est aveugle. Elle est reconnaissable aux soies abondantes qui couvrent ses pattes, à l'origine de la deuxième partie de son nom. Ces soies semblent abriter des bactéries. Vivant auprès des sources hydrothermales à 2 500 mètres de profondeur, ce crustacé des grandes profondeurs est probablement carnivore et nécrophage. Le premier spécimen a été découvert en avril 2005 à 1 500 km au sud de l'île de Pâques, à l’occasion d’une mission organisée par Robert Vrijenhoek, du centre de recherche de l’Aquarium de Monterey Bay, en Californie, et par Michel Segonzac, biologiste de l'Ifremer. Il est le premier représentant d'une nouvelle famille, les Kiwaidae (de Kiwa, divinité des nacres et crustacés, dans la mythologie polynésienne). De nouveaux spécimens ont été observés dans les profondeurs de l'Océan Antarctique en 2010.
Et c'est bien avant que mon Yéti Crabe fut adopté, car Kiwaïda, reine des nacres et crustacés en a fait son principe même, habitante des profondeurs abyssales, aveugle et aux soies abondantes qui couvrent ses pattes...

little_yeti_crab_kiwaida.gifDessin de mon Crabe Yéti