David Hockney
Bois de Woldgate, 21, 23 et 29 novembre 2006 (Woldgate Woods, 21, 23 & 29 November 2006)
Huile sur 6 toiles - 182 x 366 cm
© David Hockney

Aujourd'hui c'est l'équinoxe, (qui vient du latin æquinoctium, qui lie æequs (égal) à nox (nuit), le moment où la durée du jour est égale à celle de la nuit. C'est l'automne aussi et je me souviens de la très belle exposition de David Hockney.

Si les feuilles perdent leur couleur verte avec l'arrivée de l'automne et la disparition de la chlorophylle dans les cellules végétales causée par les baisses de température et de lumière, elles prennent quand même de la couleur en devenant rouge, jaune ou orange.
Pendant l'hiver, les arbres sont en état de "dormance", mais avant cela, jusqu'à fin octobre environ, ils passent d'abord par un état de transition appelé "paradormance" lors duquel sa croissance ralentit, avant de se stopper intégralement. L'arbre stocke aussi du soleil pendant les beaux jours, à la manière de carburant pour ses nouvelles pousses au printemps. Un peu comme un ours qui anticipe son hibernation de plusieurs mois. Un peu comme moi.


La dormance (photographies © Sonia Marques)


bet-hedging
Contrer la prédation
Forme de dispersion temporelle
Stratégies de dormance prolongée
Stratégie de minimisation des risques
Contrer les conditions environnementales




David Hockney
The Arrival of Spring in Woldgate, East Yorkshire in 2011 (twenty eleven) − 2 January

Dessin créé sur iPad puis imprimé sur papier
144,1 x 108 cm ; d’une série de 52 œuvres
© David Hockney

Et je me souviens de l'un de mes dessins de la série Mouvance, dont j'ai exposé une conférence à l'Ensa de Bourges en mai 2016.
Extrait :

"(...) Il n'y a pas d'à priori sur le final. Je ne me dis pas, je vais faire quelque chose de joyeux, coloré. Il en est que l'on peut dire, une fois abouti, que tel dessin est joyeux, frais, ou qu'un carnaval se prépare, une fête, des cerfs volants sont dans le ciel et se laissent porter par le vent. Mais je ne pense pas du tout à tout cela. Et pourtant pour certains, l'un d'eux même, je le regarde comme l'expression d'un sentiment de résignation, dans des tons chauds, d'automne, car je perçois le geste entropique. Celui-ci est plus engagé, car il m'inspire l'incertitude. De la glue verte presque fluorescente, dans un semblant de nez, au milieu d'un visage constitué de feuilles... Si je m'attarde sur l'un, il raconte une histoire. L'arbre transforme la lumière du soleil en énergie et en automne, il y a moins de lumière, il commence à faire froid, les feuilles ne fabriquent plus de nourriture pour l'arbre, les feuillent se dessèchent, fragiles elle tombent, tandis que l'arbre passera l'hiver au ralenti. Pour ce dessin, il figure le ralentit, car il manifeste en lui ces transformations. Il s'apprête à tomber. Il semble se dessaisir de lui-même, de ses peaux. Lorsque je dessine, je pense et je suis des gestes, je rêve d'amplitude, d'altitude, de diffusion, dispersion, de mélanges, et aussi de rassemblement de toutes les hétérogénéités produites. Mes gammes colorées sont les secrets de ma mémoire, de mon expérience de synesthète, et c'est un vrai plaisir de composer. Composer des dessins, chaque dessin serait le concert, depuis une partition unique. Pour que la surface apparaisse, il existe une source, dans la profondeur, qui connaît l'obscurité. Je pense souvent aux nénuphars, au lotus, cette fleur qui naît dans les eaux troubles. Ce sont ces images qui motivent l'expression de ces dessins mais surtout, plus finement, des expressions à visage humain."




Mouvance © Sonia Marques (2014-2015) - Série de dessins