Le Vagabond de Tokyo (東京流れ者, Tōkyō Nagaremono) est un film japonais réalisé par Seijun Suzuki, sorti en 1966.

Comme beaucoup d'autres films de Suzuki, ce polar met en scène des yakuza. Tetsu, yakuza et favori de Kurata, le chef de son clan, décide de se ranger. Kurata lui offre un travail régulier. Mais cette faveur leur vaudra les critiques d'Otsuka, un autre chef de clan. Ainsi Tesu est condamné à quitter Tōkyō, et devenir une sorte de yakuza errant, un vagabond, pour préserver l'honneur de Kurata. Mais ce dernier le trahira, et Tetsu devra déjouer de nombreux pièges mortels. Finalement, il n'aura d'autre choix que d'affronter son ancien patron.

Peu importe où il vit le vagabond,
À la dérive, toujours seul
Où sera-t-il demain ? Demande au vent
Demande au coeur de cette jolie fille
Aah, Le vagabond de Tokyo !
Parti  pour une dérive sans borne
Jusqu'à oublier tout de Tokyo
Ne pleure pas, pluie nocturne
Une vie d'homme, tourbillon rouge
Aah, Le vagabond de Tokyo !


Du bas latin vagabundus, de même sens, formé à partir de vagari, « vaguer », auquel on ajoute le suffixe -bundus, terminaison propre au gérondif. Attesté au XIVe siècle au sens propre et au XVIe siècle au sens figuré de « perpétuellement changeant ».

VAGUER

VAGABONDAGES

Photographies d'un pèlerinage en Limousin © Land art : JD & Kiki

SANS FEU NI LIEU

Le vagabondage désigne communément le style de vie de celui qui vit de manière permanente sans adresse et sans emploi fixe, volontairement ou non, le « sans feu, ni lieu », errant de ville en ville, à la différence du mendiant qui se fixe sur un territoire. Juridiquement, le vagabond était souvent celui qui était inconnu dans l'endroit où il se trouvait, qui ne possédait aucun passeport ou autre certificat d'identité ou de bonnes mœurs, et ne pouvait se faire « avouer » (reconnaître) par quelqu'un (curé d'une autre paroisse, etc.). Le vagabondage était alors lourdement réprimé; le délit de vagabondage n'a disparu du droit français qu'en 1992.

Le terme « vagabond » peut être utilisé, au sens péjoratif, pour représenter un sans-abri. Il peut aussi désigner celui qui part à l'aventure pour vivre une expérience de vie différente du mode de vie sédentaire; c'est pourquoi on dit qu'ils vivent de manière désordonnée, du moins en apparence. Des vagabonds célèbres ont existé, par exemple Gandhi, Nietzsche, Lanza Del Vasto, et d'innombrables philosophes-vagabonds. Le vagabond est celui qui décide de vivre pour une durée indéfinie sans attache, dans un but spirituel (voir Les Clochards célestes de Kérouac), social ou sous une contrainte matérielle. Au sortir de leur période vagabonde, certains d'entre eux ont produit telle ou telle œuvre, résultant de l'inspiration littéraire ou artistique découlant cette phase de vagabondage.

Vagabondage en France, le droit :

En France, selon le Code pénal de 1810 (art. 269 à 273), le vagabondage était un délit réprimé de trois à six mois d'emprisonnement. L'art. 270 donnait la définition juridique suivante : « Les vagabonds ou gens sans aveu sont ceux qui n'ont ni domicile certain, ni moyens de subsistance, et qui n'exercent habituellement ni métier, ni profession. » Ces trois conditions devaient être réunies pour qualifier le délit de vagabondage, excluant dès lors les nomades, qui ont fait l'objet d'une loi spécifique en 1912 (voir carte d'identité en France). En 1972, des décrets définissent la catégorie juridique des « gens du voyage ».

Ces articles ont été abrogés par une loi de décembre 1992, entrée en vigueur le 1er mars 1994, réformant le Code pénal15. À la suite de cette abrogation, de nombreuses municipalités, notamment dans les zones touristiques, ont mis en place des arrêtés anti-mendicité dès l'été 1995.

Pèlerinages : :

 Chemins de pèlerinage médiévaux vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins devaient se munir de certificats d'identité s'ils voulaient éviter d'être considérés comme des « vagabonds ».

Les sans domiciles fixes :

On emploie en France, de manière usuelle, le sigle SDF (Sans domicile fixe), à propos de cette frange de la population qui, marginale sur le plan social, pose à la société et notamment aux municipalités de multiples problèmes quant à la manière la plus judicieuse et rationnelle de la traiter, tant en matière de police (troubles fréquents sur la voie publique…), que d'assistance médicale (difficulté à l'hospitalisation…), ou sociale (difficulté, allant souvent jusqu'à l'incapacité à la réinsertion…). Les SDF nécessitent souvent d'être assistés, secourus, aidés et soignés. Ils le sont le plus souvent par des organismes caritatifs privés, fonctionnant sur le principe du bénévolat social, surtout pendant les plus grands froids…

L'exclusion :

"Paysans et paysannes (...) regardaient le vagabond avec une haine allumée dans les yeux, et une envie de lui jeter des pierres, de lui arracher les peaux avec les ongles, de l'écraser sous leurs pieds. On se demandait s'il avait volé et s'il avait tué."

Guy de Maupassant, "Le vagabond" (1887) dans le Horla

"Le malade, le monstre social, le vagabond : la tare n'est plus une essence, un capital négatif et originaire, une hérédité chargée d'un poids de passé incoercible. La nouvelle tare c'est de n'avoir plus d'hérédité du tout, d'être finalement ce vagabond absolu et vague mais d'un autre monde qui socialement répond à quelque point zéro de l'humanité. (…) Le vagabond se fond dans l'indétermination sociale, la solitude absolue et silencieuse ou le génocide légitimé, objectif. Il ne reste plus rien du vagabond alors, de son indépendance même négative ; "s'en aller et se taire", les deux ultimes expressions de la liberté selon Beaudelaire n'ont même plus de sens. (…) S'en aller jusqu'à ces extrémités devenues aujourd'hui bien quotidiennes et quasiment universelles (l'antisémitisme, le racisme ont trouvé d'autres formules qui m'épargnent plus grand monde)"

Le vagabond et la machine. Essai sur l'automatisme ambulatoire, Médecine, Technique et société 1880-1910

EN VOIX DE DISPARITION

Charlot, personnage Charles Chaplin, Diogène de Sinope, Jean Genet, Gandhi, Jack Kerouac, Jack London, le Juif errant, immortel et condamné, de ce fait, à un éternel vagabondage...

... Il faut aimer la vie pour ce qu'elle est et n'avoir pas d'idée préconçue...

EN PERPÉTUEL CHANGEMENT

S'en aller et se taire

Depuis quarante jours, il marchait, cherchant partout du travail. Il avait quitté son pays, Ville- Avaray, dans la Manche, parce que l’ouvrage manquait. Compagnon charpentier, âgé de vingt-sept ans, bon sujet, vaillant, il était resté pendant deux mois à la charge de sa famille, lui, fils aîné, n’ayant plus qu’à croiser ses bras vigoureux, dans le chômage général. Le pain devint rare dans la maison ; les deux sœurs allaient en journée, mais gagnaient peu ; et lui, Le vagabond Jacques Randel, le plus fort, ne faisait rien parce qu’il n’avait rien à faire, et mangeait la soupe des autres. Alors, il s’était informé à la mairie ; et le secrétaire avait répondu qu’on trouvait à s’occuper dans le Centre. Il était donc parti, muni de papiers et de certificats, avec sept francs dans sa poche et portant sur l’épaule, dans un mouchoir bleu attaché au bout de son bâton, une paire de souliers de rechange, une culotte et une chemise. Et il avait marché sans repos, pendant les jours et les nuits, par les interminables routes, sous le soleil et sous les pluies, sans arriver jamais à ce pays mystérieux où les ouvriers trouvent de l’ouvrage. Il s’entêta d’abord à cette idée qu’il ne devait travailler qu’à la charpente, puisqu’il était charpentier. Mais, dans tous les chantiers où il se présenta, on répondit qu’on venait de congédier des hommes, faute de commandes, et il se résolut, se trouvant à bout de ressources, à accomplir toutes les besognes qu’il rencontrerait sur son chemin. Donc, il fut tour à tour terrassier, valet d’écurie, scieur de pierres ; il cassa du bois, ébrancha des arbres, creusa un puits, mêla du mortier, lia des fagots, garda des chèvres sur une montagne, tout cela moyennant quelques sous, car il n’obtenait de temps en temps, deux ou trois jours de travail qu’en se proposant à vil prix, pour tenter l’avarice des patrons et des paysans...

La suite ici (Le Vagabond est une nouvelle de Guy de Maupassant, parue en 1887)

Vagabonds du savoir

Ils vont, ils viennent, ils sont affamés, ils ne savent pas, ils vont là où ils peuvent apprendre, ils repartent s'il n'y a rien à apprendre, car ils sont affamés. Ils veulent faire des études, de belles études, de longues études, des études pour toute la vie. Toute la vie à étudier, à apprendre, comprendre, enseigner. Ce sont les vagabonds du savoir et du savoir vivre, les érudits du partage, sans rien posséder. Les sans violence. S'en aller et se taire... Les cents lieux du savoir, les sans feu ni lieu, sans garder les enseignés, sans tuer les savants. Étudiants, vagabonds du savoir.