Un des flyers du salon de Montrouge 2013 (À gauche, oeuvre de Théo Mercier "Idole nourricière", 2012 - artiste invité du salon cette année)

L'année dernière j'écrivais sur le Beffroi de Montrouge (ici et ici) en visite de ce nouveau lieu. Et cette année le salon de Montrouge a mis les bouchées doubles. J'ai pris quelques photographies de ce que j'ai apprécié. Celles-ci ne représentent en aucun cas les échelles des oeuvres, car, pour cet article j'ai tout redimensionné au format carré, donc mes excuses pour les artistes dont les installations sont représentées ici partiellement.

Le foisonnement d'idées et de formes artistiques, une des rares manifestation, en France, qui offre autant de showrooms des activités de jeunes femmes et jeunes hommes. Je suis toujours étonnée du courage de la participation à ce salon, après sélection de ces jeunes gens, dont j'ai rencontré l'une des plus âgée, née en 1965, sinon plutôt des années 80. Je termine mon année scolaire où j'ai accompagné les étudiants aux diplômes de l'école où j'enseigne, comme l'année dernière, en les laissant à leur jury, et je vois, dans ce salon, des exemples type de ce que nous travaillons, nous accrochons, et peut-être de ce que nous échangeons... J'ai vu également qu'un étudiant de l'école d'Angers où j'ai également enseigné y était sélectionné. Matali Crasset est toujours la scénographe de cette manifestation qui s'étend sur 2 à 3 étages. La nouvelle donne est celle de la participation de l'ANDÉA, l’Association nationale des directeurs d’écoles supérieures d’art, qui vient de refaire son identité visuelle et site Internet. Cette association s'est offerte une vitrine, un plan communication qui communique pas encore tout à fait bien, et une serre. Il y a eu des conférences et des performances et des choses programmées. Je remarque qu'au sein de mon école, rien n'est arrivé à destination des étudiants ou collègues (ni flyers, affiche, programme, rien). Dommage. Dans la serre magique, je n'ai rien vu non plus qui la représentait, parmi toutes les éditions et livrets scolaires... Il faut bien dire, qu'elle n'en a toujours pas ! Vivement que cela change. Et j'espère que l'intérêt pour l'art et l'enseignement reviendront au coeur de cette école, qui le mérite. L'année dernière, j'avais déjà embarqué mes photographies et les avait partagées avec les étudiants que j'accompagnais au diplôme. En même temps, je me dis toujours que si je me suis informée et j'ai même été visiter le salon, tout le monde peut le faire et, la non communication est juste une mise à l'écart, dans un sens ou dans l'autre, qui sait. Internet nous a tout de même facilité bien des choses et a rendu accessible le vol au-dessus des enclaves. Artistes et professeurs, nous avons la chance et la liberté, vis-à-vis de notre exigence d'enseignement, de nous déplacer aisément, et ce, bien plus par la réflexion, que par des moyens mirobolants. L'expérience tisse des liens qu'aucune direction ne peut défaire, et ce, dans le questionnement intellectuel et la relation humaine, toujours singulière et propre à chaque étudiant en art.

«Vitrine». Quelque 75% des sélectionnés sortent des écoles de l’ANdEA, Association nationale des écoles supérieures d’art françaises présidée par Emmanuel Tibloux, associée cette année au Salon. Les conditions de candidatures sont élastiques : être «en début de carrière» (l’artiste le plus âgé a 49 ans, la moyenne 30, un peu plus élevée que celle des étudiants diplômés) et avoir «un lien fort avec la France». Du coup, Stéphane Corréard voit la manifestation un peu comme une «vitrine» des tendances actuelles des écoles d’art. (article du 13 mai, Libération)

Le nouveau logo et la nouvelle identité visuelle de l'ANdEA ont été confiée à Extrafine, c'est-à-dire Tony Simoens-Relvas et Samuel Rambaud, graphistes diplômés de l'Ensba Lyon, qui ont par ailleurs réalisé la brochure de So School qui est distribuée sur le Salon, dont les textes portent sur la recherche en art et son enseignement.


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La serre au salon de Montrouge 2013 (à gauche la fresque de Moebius) / Photographie © Sonia Marques

éditer en école d’art
Lieux de formation et de recherche, les écoles supérieures d’art sont aussi des lieux de production. C’est même dans cette dimension de la production que les activités de formation et de recherche trouvent, sinon leur forme finale, du moins leur matérialisation. Parmi les divers types de production, le format éditorial papier est l’un des plus investis. Dans des espaces identifiés comme pôles ou ateliers édition, impression ou estampe, la plupart des écoles mettent à disposition des étudiants et des artistes enseignants ou invités, des outils de production d’où sont issus de multiples objets éditoriaux, généralement affectés d’un fort coefficient d’expérimentation. LIvre d’artiste, revue, reader, magazine, fanzine, poster, affiche ; impression numériques, offset, sérigraphie ; publication institutionnelle, initiative individuelle, entreprise collective, résultat de workshop, projet de diplôme : tels sont les principaux paramètres selon lesquels se configure la production éditoriale des écoles. Dans le module mis à disposition par le collectif la serre, composé d’étudiants et de jeunes artistes issus des Beaux-arts de Paris réunis autour d’un intérêt commun pour l’édition, c’est la richesse, la diversité et le foisonnement de cette production issue des écoles qu’il s’agit de donner à voir. La serre ouverte en 2012, la librairie la serre sélectionne et diffuse les productions éditoriales de jeunes artistes. C’est un espace de partage et de circulation de livres autoédités, difficilement trouvables dans les réseaux établis. Suite à l’initiative de quatre étudiants, cette librairie alternative doit s’implanter de façon permanente dans la cour des sculpteurs de l’ École des Beaux-arts de Paris. La librairie dans sa première version est une serre mobile, qui se monte et se démonte au fil des saisons, en fonction du lieu qui lui est donné pour s’étendre. Cet espace entièrement trans-parent occupe 12m 2. La serre, qui donne également son nom à la librairie, est un lieu à l’abri (de la pluie et du bruit), qui contient son propre éclairage et ne nécessite pas d’équipement technique spécifique, qui devient une vitrine dans son entièreté, petite, mais dont la transparence permet de se sentir, dedans comme dehors, toujours dans son enceinte. Les autoéditions défendues par son biais ont un lieu protégé pour vivre, mais non sécuritaire. u ne légèreté à leur mesure. Ce n’est pas un lieu de conservation. C’est un lieu vivant qui accueille en permanence des événements autour de l’édition, conçue dans son spectre le plus large.




J'ai remarqué plus d'oeuvres vidéographiques et d'illustrations, d'installations et de formes d'éditions, livres, poésies, textes, en plus des classiques médiums de la peinture et de la photographie. Il y a une porosité agréable entre les arts appliqués et les beaux-arts (origami, éditions, typographies, textiles, artisanat...), aussi par les parcours mixtes des exposants. On brise ces frontières-là, faute de briser d'autres plus actuelles. Toujours un cabinet de curiosité par-ci, un investissement des formulaires et critiques de nos sphères pôle emploi, carte de séjour, etc. Une archéologie, une forme de conservation muséale, des agencements photographiques façon grand 'tumblr', un fond vert d'incrustation télévisuel, une voiture, car il faut toujours à présent dans une exposition d'art contemporain, une voiture (qui brûle, cassée, lieu d'exposition, design, musicale...) Un peu de son, c'est bienvenu, avec une installation élégante, comme des bijoux dorés de microphones. Tous ces témoins de notre temps, des vases et des décors, des patterns et aussi des productions graffitis ou 'street art', des papiers colorés, des dépliés, des jeux, des interactions, des ellipses photographiques, avant et après, des mises en situations filmiques, Bref... le langage est là, très référencé, pas trop d'invention ni de changement profond, Internet s'est immiscé dans les dessins et les associations, mais rien qui ne laisse apparaître un langage trop numérique, ni même trop scientifique, comme si les écrans étaient mis de côté, afin de retrouver le plaisir de recopier sur une feuille, une toile, un caillou, d'archiver, d'être de sages artistes où la politique et le marchand, les autres pays, les autres cultures, les autres médias, les autres, ne sont pas invités à chahuter parmi les stands et les animations scolaires. Pas de féminisme déclaré, pas de mariage gay, pas de collectifs ni de manifestes, presque pas d'orientaux, ni de métisses, et personne qui naquit dans nos banlieues et nos villages perdus. Chacun son petit article écrit par un ou une critique d'art, mais rien de très personnel dans les textes, peur d'être singulier, il faut faire avec des intermédiaires, cela fait sérieux, reconnu. Ce qui est rassurant, c'est qu'il y a encore de beaux jours, pour inventer de nouvelles façons d'agir, écrire, diffuser, enseigner, et que les traditionnels formats, nous donne bien du travail, pour ouvrir d'autres paysages...

Une autre différence, c'est qu'il fut un temps où les étudiants sortis des écoles n'avaient pas tous une adresse mail. À présent, ils ont et l'adresse mail et également un site Internet, des vidéos, ou même un réseau de diffusion de musique, au-delà de leurs histoires d'artistes de l'élite, ils bidouillent des musiques et les diffusent. Pas tous, mais une majorité possède son identité marquée par FaceBook... Tout comme l'ANDEA a son FB, le salon de Montrouge, la ville de Montrouge, l'école où je travaille et puis son twitter... Mais tout cela ne dit rien, ne raconte absolument rien. Il est très rare de rencontrer un peu d'âme...  Après pour celles et ceux qui savent lire les images, et être touchés par les sens, les secrets sont révélés.

Et dire que les africains musiciens rencontrés auparavant écrivent leur biographie et leur point de vue eux-mêmes et de façon très personnelle, une expérience de la vie (complexe) résumée avec tant de simplicité... À quand la vérité ?

Ils sont plus de 2700 à postuler et un peu plus de 70 à avoir été sélectionnés.

Photographies des oeuvres exposées par mes soins :



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Julien Grossmann
Né en 1983 à Metz (Lorraine, France)
Formation
2008-2006 : Dutch Art Institute, Arnhem (Pays-Bas)

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Sandra D.Lecoq
Née en 1972 au Cameroun

Formation

1996-1991 : Villa Arson, Nice


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Camille Girard et Paul Brunet
Nés en 1985 et 1980 à Quimper et Angoulême (Bretagne et Poitou-Charente, France)
Formation
2008-2003 : École Supérieure des Beaux-Arts de Cornouaille, Quimper


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Né en 1970 à Poitiers (Poitou-Charentes, France)
Formation
Autodidacte


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Aline Zalko
Née en 1980 à Paris (Ile-de-France, France)
Formation

2005-2000 : École Nationale supérieure des Arts Décoratif, Paris

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Grégoire Motte
Né en 1976 à Lille (Nord-Pas-de-Calais, France)
Formation

Ecole Régionale Supérieure d’Expression Plastique (ERSEP), Tourcoing

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Édouart Wolton
Né en 1986 à Paris (Ile-de-France, France)
Formation
2010-2005 : École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris


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Béatrice Dumiot
Née en 1965 à Angoulême (Poitou-Charentes, France)
Formation

1987-1981 : École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art
(ENSAAMA), Olivier-de-Serres


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Née en 1986 à Bayonne (Aquitaine, France)
Formation

2012-2007: École Nationale Supérieure des Beaux Arts, Paris


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Adrien Genty
Né en 1987 à Charenton-Le-Pont (Ile-de-France, France)
Formation
2012-2007 : École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris