© Photographie de Sonia Marques sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

Vue d'avion de l'Île de Vassivière

Je suis partie visiter l'île un temps d'été au printemps. Quel beau lieu ! L'idée était de rendre hommage à Azulejo. C'était la première fois que je parcourais OTRO, le skatepark réalisé il y a un an non loin de chez moi à vol d'oiseau. Voici l'île, le lac artificiel, voici OTRO. La peinture s'écaille et c'est bien plus intéressant ainsi. Au début je ne le trouvais pas dans le champ vert. Comme pour les moutons et les ânes, il y a une clôture autours. Et comme l'oeuvre est construite, quasiment enterrée, elle ne se voit pas sur le même niveau. L'approchant je la trouvais toute petite par rapport aux maquettes et vidéos que j'avais pu voir, mais finalement en circulant dedans, et oui car ni BMX ni skate dans ma besace... déjà une voiture louée ce fut une belle épopée, c'était plutôt un paysage de dunes que nous offrait cette glace vanille. Plusieurs hommages, enterrements, vernissages dont le premier, la venue du beau temps * Puis découvrir OTRO avec OTRO, fut donc une double rencontre. Nous étions partis pour un vernissage au centre, mais l'exclusion des britanniques et des élus, nous a fait trouver de superbes alternatives, non loin de l'île et pour festoyer, dîner, réfléchir, sur le plateau de Millevaches. Il y a tant de surprises à commettre.

La poudre d'escampette et la liberté voilà ce qu'il faut inventer, prendre.
À bas les normes, le mariage pour personne ;.) Les alliances pour le paradis !

Mais des cercles en voici, en voilà !

Plans de L’Escaut Architecture, pour l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) pour le Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

Commande publique du Ministère de la culture et de la communication et de la Région Limousin en 2009, pour le bois de sculptures du Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière, l'artiste sud-coréenne Koo Jeong A (1967) a imaginé une sculpture en béton permettant entre autres la pratique du skate, du roller, du BMX. 

OTRO est une œuvre d’art skateable audacieuse, composées de différents bowls, d’un cradle et de trois tunnels. Koo Jeong-A invite débutants et confirmés à faire l’expérience physique et sensorielle de son œuvre en skatant le paysage. Lors de sa venue en 2007 pour son exposition Oussseux, Koo Jeong-A avait été marquée par les paysages hivernaux mystérieux de l’île et de l’atmosphère qui s’en dégage : Vassivière était devenu Oussseux, un paysage irréel, fantasmagorique et fortement onirique appartenant au monde imaginaire de l’artiste. Avec OTRO, Koo Jeong-A expérimente la fragile visibilité de l’œuvre, son apparence discrète qui met à l’épreuve notre perception, qui l’oblige à découvrir avec patience l’essence même de l’œuvre. Le concept de OTRO, sa forme ovoïde, l’utilisation de béton vert phosphorescent, sa lente découverte, son intégration dans la prairie de l’île font de cette œuvre un champ d’expérimentation infini, qui réfléchit au moindre détail tels que la lumière, le rapport au site, les atmosphères, le rêve et le fantastique. OTRO est une œuvre faite de bosses – le cradle – et de creux – les bowls et des tunnels. Cette œuvre de Koo Jeong-A renvoie à la définition même de la sculpture et de la représentation : creux et bosses, jeux d’ombres et de lumières, reliefs doux ou accentués. Il s’agit d’une œuvre d’art à vivre, à expérimenter, non seulement d’un point de vue sportif mais également d’un point de vue sensible, sensoriel, artistique. Faire le lien entre l’aspect urbain, praticable, sportif et ludique de l’œuvre en tant que skatepark et l’œuvre d’un point de vue artistique en tant qu’élément du monde de Koo Jeong-A. OTRO est réalisé durant l’automne 2010 par L’Escaut Architecture (Bruxelles) en collaboration avec les associations Brusk (Bruxelles) et Barricade (Poitiers).


Extrait du site Géoculture en limousin

> Côté Skate, lire l'article de Grégoire Basdevant
> Côté BMX, lire l'article sur Arnaud Malthieu et voir sa vidéo ici.

Ce qu'écrit la galerie de l'artiste.

KOO Jeong-A est aujourd’hui l’une des artistes vivant en France dont l’influence s’exerce dans le monde entier. Coréenne, étudiante de Christian Boltanski à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Koo a choisi un propos surprenant, à la fois humble par ses formats et ses interventions, et sûr à l’extrême par son parti pris esthétique. Depuis cinq ans, Koo Jeong-A a exposé un peu partout dans les grands musées du monde. Son oeuvre, souvent peu perceptible, porte cette esthétique conceptuelle surchargée de sensibilité qui fut, dès la première moitié des années 90, la grande alternative internationale contre l’emprise des idées, rapidement banalisées, du ’politiquement correct ’.

Et là c'est la maquette de l'idée avec l'artiste. La photo est pas mal, ils ont dû bien bosser les architectes ;.) Ousseux, c'est pas mal comme vision.

Un peu de glisse...

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographie de JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière

© Photographies de Kiwa et JD sur l'oeuvre de Koo Jeong (OTRO) au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière
De belles photographies. Fumer des nuages...

Parabéns pra Você

✺tr✺

Bon et puis une pensée pour Nat en Matinik qui vient de me donner de ses nouvelles, donc double soleils :

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© Photographies de Kiwa et JD

J'avais beaucoup apprécié La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel) de Yona Friedman (2009)

Marne en vrac non séchée, 324 m
Commande publique du ministère de la Culture et de la Communication pour le Centre national des arts plastiques - Cnap (propriété du Cnap/Fnac) en 2009.
© ADAGP, Paris, 2010 / Centre national des arts plastiques - Cnap / Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière.
Photo : Jean-Baptiste Decavèle © Ciap de l’île de Vassivière
Croquis : Yona Friedman © Ciap de l’île de Vassivière

Pour Vassivière, dans le cadre de l’exposition Etc. Balkis Island, Yona Friedman a créé La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel), une sculpture éphémère qui occupe l’espace entier devant le Centre international d’art et du paysage, tracée à terre avec une substance minérale, le carbonate, et uniquement visible dans sa totalité du sommet du phare de Aldo Rossi qui domine l’île. La silhouette du chien Balkis qui joue à distance de la Licorne a été réalisée en faisant pousser des graines de Sarrasin.

La Licorne de Vassivière (Licorne Eiffel) représente une paisible licorne anthropomorphe, aux allures féminines qui semblent tenir dans la main droite le Centre d’art. La référence à la civilisation des Incas est explicite tant son imaginaire est véhiculé à travers la figuration zoomorphe et anthropomorphe entourée par un labyrinthe de formes géométriques, comme on peut encore le voir dans le Sud du Pérou sur les hauts plateaux de Nazca.

Le corps élancé de la Licorne se termine avec une corne qui rappelle la tour construite par Gustave Eiffel et comme celle-ci mesure 324 mètres. Le poignet gauche de l’animal chimérique est orné par un bracelet de modules en plexiglas dessinés sur l’idée des Musées dans la rue.

Né en 1923 à Budapest en Hongrie, Yona Friedman vit et travaille à Paris en France.

Extrait du site Géoculture en limousin.

OſƎ˥∩Z∀†

R.I.P Azulejo © Photographie de Sonia Marques

SƎΛ∀∩OZ∀Z

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J'ai découvert un film des années 60, (merci OtrO !) Zazie dans le métro de Louis Malle, adapté du livre de Raymond Queneau. Ici une analyse pas trop mal qui rejoint ce que j'ai pu découvrir. Complètement précurseur du Trouble dans le genre de Judith Butler.

Zazie, une jeune adolescente aux manières délurées, arrive de sa province berrichonne, impatiente de connaître le métro parisien.

Ce film donne une super pêche intellectuelle fait d'argots...
Toutes les zazies roulent à 10 ans déjà. Bein oui, déjà à cet âge on a tout compris des cercles pickpockets.

On se demande comment se fait-il qu'il n'existe plus de film aussi contemporain... de nos jours ? Raymond Queneau raconte bien comment il a eu ce souhait de se faire plaisir avant tout en écrivant une histoire, même s'il se répétait, avec ses habitudes, avant tout pour lui et pas pour les autres. Le livre a eu un beau succès, le film adapté par Louis Malle quelques temps après n'a pas été bien compris. Cela n'est pas étonnant dans le contexte conservateur du cinéma de l'époque bien que la Nouvelle vague pointait son nez. Les sujets traités sont des sujets profonds et l'on voit aujourd'hui que la France n'a toujours pas pigé certains changements depuis le temps, et en même temps, dans le film, tout est dédramatisé, léger, amusant, espiègle, audacieux, malin. Le jeu de langage et l'argot est très rapide, tout comme l'animation plein d'inventions, inspirée par les Chaplins ou les dessins animés Tom & Gerry..."Les homossessuels" ou "les artisses", sont des mots qui illustrent bien la forme d'amateurisme des personnages. Il y a les peintres du dimanche disait Quenaud et là ce sont les artistes du samedi. Ils prennent plaisir à ne rien faire, ils changent de costumes, de genre. Il y a une belle inversion des statuts. Le zazinesque du film transforme la petite en adulte, se moquant bien du monde des adultes, lui-même amnésique de son identité. Zazie découvre les travers d'une vie de costumes, une mascarade qu'elle met à plat. Une superbe visite de Paris, des Puces, de tous ce que l'on se souvient comme être Paris, avant, lorsque l'on circulait librement, rien qu'à voir les plans graphiques tournés sur la Tour Eiffel. Les personnages sont interrogés par un faux flic, mais ne répondent jamais aux questions car ils changent de genre, de métier, de statut. La ménagère est styliste, le tonton est tata, Zazie raconte un tas d'histoires, de faits divers et peut même provoquer le chaos, chef d'orchestre ou gargantua mangeant des moules et des moules... frites. Le flic ne sait plus qui il est, sans doute la guerre le transforma en mythomane, nazis, cochon, chat botté... Le gridou est un cordonnier cireur de pompes, la veuve une chercheuse de flic de la circulation pour son seul plaisir...

Quelques phrases et analyses de Lionel Labosse (article sur altersexualite.com)

« Je me demande pourquoi on représente la ville de Paris comme une femme. Avec un truc comme ça. Avant que ça soit construit, peut-être. Mais maintenant. C’est comme les femmes qui deviennent des hommes à force de faire du sport. On lit ça dans les journaux. »

Le scénario indique, ce qui n’est pas évident à l’image, que lorsqu’elle quitte la loge vêtue en motarde, Marceline est habillée avec un « chandail qui lui donne une allure très virile » et qu’elle a l’air « en pantalon, en pull et les cheveux plaqués vers l’arrière, très lesbienne » (p. 55). Sur le quai vue de dos, Albertine est masculine, mais si le scénario publié indique « Le train file. Albertine reste en amorce dos premier plan. Elle se retourne : c’est bien « elle » qui se frotte ses joues non razées » (sic, p. 62)

On apprendra par Zazie que Jeanne serait veuve d’un monsieur alcoolique, qu’elle aurait tué elle-même à l’aide d’une hache confiée par son amant d’alors, au moment où le père s’apprêtait à abuser de la petite ! (« Et les papouilles zozées de recommencer », p. 54). Gabriel se fait passer pour veilleur de nuit, mais on apprendra qu’il est en réalité (si l’on peut dire) « danseuse de charme » (p. 62) dans une « boîte de tantes » (p. 63), « boîte de pédales » (p. 81) ou « boîte de tapettes » (p. 144), à Pigalle, sous l’avatar de Gabriella. Il est dûment marié avec Marceline, mais Zazie se demandera tout au long du récit s’il n’est pas « hormosessuel ». Queneau s’amuse avec le lecteur, car les dénégations de Gabriel et de ses camarades sont malicieusement contrariées entre autres par l’apparition finale de Marceline sous l’appellation de Marcel, ce qui renvoie à Gabriel / Gabriella, sans oublier le « Tu as oublié ton rouge à lèvres » que Marceline lance à Gabriel (p. 29)


La présence d'un perroquet nommé Laverdure dans le texte de Queneau (une espèce d'Amazone dans le film de Louis Malle) illustre le principe d'incertitude. Il est doué de parole, intervient comme les autres dans le dialogue, et ses interventions sont commentées par les interlocuteurs. Comme tous les perroquet, il est doué de sentiment, dans le texte peut parler le latin, change de disque.  Son maître en est amoureux et se balade avec sa cage partout, il prend la mouche dès qu'on critique son perroquet Laverdure.  Il se met à le caresser en l'appelant sa petite poule verte. Dans le film, il se transforme en chien féroce ou en ours blanc. La métamorphose entre l'homme et l'animal, dans le film et le roman est présente.

Extraits :


Turandot entre accompagné de Laverdure. Il s’assoit sans qu’on l’en prie et pose la cage sur la table. Laverdure regarde la bouteille de grenadine avec une convoitise mémorable. Marceline lui en verse un peu dans son buvoir. Turandot refuse l’offre (geste). Gabriel qui a terminé le médius attaque l’index. Avec tout ça, on n’a encore rien dit. Laverdure a gobé sa grenadine. Il s’essuie le bec contre son perchoir, puis prend la parole en ces termes :
- Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire.
- Je cause mon cul, réplique Turandot vexé.

Un amiral en grand uniforme vint ouvrir les portières. Il s’esclama.
- Oh la mignonne, qu’il fit en apercevant le perroquet. Elle en est, elle aussi ?
Laverdure râla :

- Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire.
- Eh bien, dit l’amiral, on dirait qu’elle en veut.

- Vous qui, continua Gridoux, jetiez le voile pudique de l’ostracisme sur la circonscription de vos activités.
- Et qui, ajouta Madeleine, n’avez jamais voulu que nous vous admirassions dans l’exercice de votre art.
- Oui, dit Laverdure, nous ne comprenons pas le hic de ce nunc, ni le quid de ce quod.
Négligeant l’intervention du perroquet, Gabriel répondit en ces termes à ses précédents interlocuteurs.

- Alors, au revoir les gars ! dit Gridoux.
Et il s’éloigna dans la direction Etoile.
- Alors au revoir les gars ! dit Laverdure ;
- Tu causes, tu causes, dit Turandot, c’est tout ce que tu sais faire.
Et ils s’envolèrent dans la direction Bastille.