Michael Sailstorfer

Sternschnuppe, 2002 (étoile filante) de l'artiste Michael Sails (photo prise depuis la tour du centre d'art de l'île de Vassivière)
Mercedes Benz, lampadaire, cable élastique, métal

Étoile filante est une des oeuvres les plus importantes du parcours de l'artiste allemand Michael Sailstorfer, né en 1979, que j'ai découverte en allant à l'île de Vassivière. La Mercedes est équipée d'une catapulte pour réverbère et placée en bas du Centre international d'art et du paysage. L'oeuvre porteuse d'un rêve, celui d'une potentielle éjection d'une étoile filante, littéralement un lampadaire retenu. Mais la mécanique fonctionne, en témoigne cette vidéo nocturne.

Pas au même endroit, mais dans le limousin, en étoile filante, je fais un lien avec l'exposition au Château de Rochechouart, magnifique lieu, magnifique campagne. Olivier Michelon a invité le jeune collectif IrmaVep Club à déployer dans les vastes salles du château les deux derniers volets d'un cycle d'expositions débuté en 2011 à la galerie schleicher+lange, Paris.

giovanni giaretta

Space time (The joke 1992-2010) de l'artiste Giovanni Giaretta, photo prise au Musée Rochechouart d'art contemporain  pour l'exposition IrmaWep Club

Les coupures des dessins encadrés de Giovanni Giaretta présentent des personnages isolés sur une île déserte. Ils ponctuent l’exposition, comme pour montrer l’écart entre ce que l’on voit et ce que l’on imagine exister ailleurs et autrement.

Dans le beau livret imprimé de papier fin de l'exposition IRMAWEP, on peut lire en préambule une citation d'Oscar Wilde :

"De nos jours, les gens voient les brouillards, non parce qu’il y a des brouillards, mais parce que peintres et poètes leur ont appris le charme dit mystérieux de tels effets. Sans doute y eut-il à Londres des brouillards depuis des siècles. C’est infiniment probable, mais personne ne les voyait, de sorte que nous n’en savions rien. Ils n’eurent pas d’existence tant que l’art ne les eut pas inventés."

Oscar Wilde, La Décadence du Mensonge, ed. L’Âge d’Homme, Lausanne, 1976

Et des "Messagers terrestres", intitulé du livret, un extrait :

1977, USA. Le Congrès américain accorde les fonds nécessaires à la construction du Large Space Telescope, premier nom du télescope spatial Hubble qui sera finalement assemblé en 1985. Lancé en orbite à près de six-cent kilomètres d’altitude au-dessus de l’atmosphère terrestre, le télescope fournit aujourd’hui les images les plus précises et détaillées de l’univers et constitue un fabuleux outil de communication pour la NASA. ponctuellement, dans les journaux : « le télescope Hubble a envoyé de nouvelles images de nébuleuses et de galaxies », « Exclusif ! les dernières images de Hubble ». puissante machine à remonter le temps, le télescope fait parvenir jusqu’à nous des images datant de plusieurs milliards d’années lumière, entre fresques baroques et délires pompiers futuristes : nébuleuses fluos (nébuleuse du Boomerang, de l’œil de chat), rubans de gaz pourpres, nuages de poussière céleste turquoise, ...
Les images obtenues par le Hubble sont en noir et blanc, et leurs couleurs leur sont en-suite assignées par ordinateur « pour différentes raisons ». Laurie Anderson, première (et dernière) artiste qui s’est vue allouée en 2003 une résidence d’un an à la NASA, avait demandé aux techniciens pourquoi l’emploi de ces bleus et de ces roses « Disney kitsch ». On lui a répondu qu'« on pensait que les gens aiment ça. » sur le site internet du Hubble, on peut ainsi lire : « Les couleurs des images Hubble (...) ne sont pas toujours celles que l’on pourrait voir si l’on était capable de visiter les objets imagés (imaged objects) dans un vaisseau spatial. Nous nous servons souvent de la couleur comme d’un outil (...) pour rendre visible ce qui ne pourrait normalement pas l’être par l’œil humain. (...) Créer des images en couleurs à partir de clichés en noir et blanc, c’est à mi-chemin entre l’art et la science. »

thomas merret

36°06'34'' N 5°20'42'' O
43°46'17'' N 7°52'09'' O
58°38'40'' N 3°01'31'' O
36°10'56'' N 6°02'01'' O
De l'artiste Thomas Merret (Photographie d'une vue de l'exposition IrmaVep, au Musée de Rochechouart, d'une des photographies de Thoma Merret)

En suivant les coordonnées GPS indiquant la séparation des mers, Thomas Merret a photographié des frontières invisibles, saisissant ce qui ne peut être vu et enregistrant des cloisonnements physiquement impossibles.

Des invisibles, du livret, un extrait :

Quand un photographe, qui parcourt le monde à la façon du géographe pour en rendre compte, livre le même cliché, toujours un peu le même, jamais vraiment le même, il intrigue par la monstration redondante de l’apparent indifférencié (une mer reste une mer, après tout) sauf que ses cadrages sont assortis de coordonnées géographiques ultra précises ; l’indice alors qu’il y aurait quelque chose d’autre. A voir, sûrement pas. On pointe là où l’œil ne remarque rien. A concevoir, peut-être. On pointe et soudain s’ouvre une béance : sur la cartographie mentale que l’on projette sur toutes les mers, n’importe quelle mer, se surimpressionne la géographie réelle de la frontière. Une vision fugace qui ne prend pas et ne peut résister à l’incommensurable ; l’espace de la mer (comme celui du ciel) est une immensité qui ne peut souffrir l’idée de délimitation. Ailleurs, un autre cadrage opaque qui tait ce que sa légende révèle.

Volko Kamensky

Volko Kamensky

Volko Kamensky

Volko Kamensky

Volko Kamensky

ORAL HISTORY de l'artiste Volko Kamensky
A report from the land of the Brothers Grimm
, 2009
22 min, 35 mm, couleur, allemand
Photographies prises à l'exposition IrmaVep, au Musée de Rochechouart
Extrait du livret de l'exposition :

Il était une fois un village à l’orée d’une forêt. Une caméra erre dans ses rues désertes, se fixe sur le clocher d’une église en pierre sur un arrière-plan de rochers ; l’église devient pierre, le village un générique de la terre a abandonnée. traversée lente dans un paysage sans âge, sans âmes qui vivent. Inquiétante étrangeté, les lieux ont quelque chose de familier. On dirait qu’on est déjà passés par là. Des récits sont sur le point de nous revenir mais des voix suaves, pudiques, envoient notre regard ailleurs.

J'ai beaucoup apprécié ce film étrange et envoûtant. L’artiste a demandé à des professionnelles du téléphone rose de lui confier l’histoire (fictive) d’un village qu’elles auraient fréquenté. Leur voix s’appose à de lents travellings qui révèlent à tour de rôle des lieux désertés et artificiels implantés en pleine nature. Ce film pose la question de la mémoire collective, si on peut la représenter. Ce film, « Oral History » est un reportage au pays des frères Grimm, filmé dans un village à la lisière de la forêt qui s'apparente à un décor de conte de fées. Sensualité des voix, de l'enregistrement sonore de qualité et celle des photographies, maisons comme abandonnées dans une nature envahissante. Sublime !

Rochechouart
Paysage d'une des fenêtre du château de Rochechouart (Photo : Sonia Marques)

LandscapeforFire LandscapeforFire

LandscapeforFire LandscapeforFire

Anthony McCall - Landscape for fire, 1972 Film 16mm transférésur dvd,  7mn et 30 sec.

Landscape for Fire est le premier film d'Anthony McCall (né en 1946, d'origine britannique vit et travaille à New York). Sur un terrain d'aviation militaire désaffecté flanqué d'une ancienne tour de contrôle, des hommes habillés de blanc mettent à feu de petits barils d'essence placés de manière géométrique à l'image d'une grille de jeu. On assiste à un ballet-technique, ces hommes sont présents pour les gestes qu'ils accomplissent : mise à feu des barils, enregistrement du son provoqué par celle-ci, élaboration d'une œuvre qui se frotte au land art. Par ces mimétismes, l'œuvre s'inclut dans une optique liée au process art, car le processus, l'instant de fabrication, n'est pas à étouffer mais à révéler.

Ce film des années 70 m'a fait pensé à l'album musical de Nico : Desertshore, qui est superbe (notamment "Janitor of Lunacy" et "Le Petit Chevalier")

Rochechouart
Paysage derrière le château de Rochechouart (Photo : Sonia Marques)
Rochechouart
Salle des fresques du château de Rochechouart (Photo : Sonia Marques)
De son décor intérieur, le château conserve un ensemble important de fresques du XVIème siècle. La salle d'Hercule constitue un des rares exemples de peintures murales en grisaille. La salle des chasses renferme des fresques légèrement plus anciennes qui relatent une chasse à courre. Elles sont un des plus beaux ensembles de fresques murales à thème profane.
Très beaux dessins que j'ai photographiés, il y avait une lumière traversante. Une sculpture de Stephan Balkenhol, d'un personnage tenant sa tête comme un ballon de foot, bien aimé retrouver une de ses sculptures là.


Rochechouart
Salle des fresques du château de Rochechouart (Photo : Sonia Marques)

Rochechouart
Pas dans la salle des fresques du château de Rochechouart, mais comme je n'avais pas de documents pour savoir ce que je photographiais, cela reste mystérieux mais très beau, visages sans visages (Photo : Sonia Marques)


Parc Zoologique et Paysager du Reynou © Sonia Marques
Parc Zoologique et Paysager du Reynou (Photo : Sonia Marques) Mon ami le singe siamang, poseur, modèle effronté, frondeur, clown, taquin, avec ses longs bras, peut-être pour un futur projet artistique...

Parc Zoologique et Paysager du Reynou © Sonia Marques

Salut ! Un autre copain au Parc Zoologique et Paysager du Reynou (Photo : Sonia Marques)

ZOO © Sonia Marques

Des miroirs copines dans des zoos diverses (Photomontage : Sonia Marques, photo de droite : Étienne Cliquet)

palaisdetokyo.jpg  palaisdetokyo2.jpg

Vernissage à la réouvertture du Palais de Tokyo à Paris, c'est grand, très grand, quelqu'un joue aux mikados avec des planches de bois, d'autres performances toute la nuit, mais trop de monde... (Photo : Sonia Marques)


ola-billgren.jpg

Ça c'est une photo que j'ai prise d'une peinture d'Ola Billgren, au Musée du Centre Pompidou à Paris, je suis restée scotchée, elle date de 1973, date de ma naissance et je ne connaissais pas cette artiste (1940-2001) (Photo : Sonia Marques) Les imbéciles de wikipédia n'ont même pas traduit sa biographie, ni en anglais, ni en français, ici en suédois !

Ola Billgren

Le Centre Pompidou propose un nouvel accrochage de ses collections des années 1960 à nos jours. Une présentation qui se veut plus aérée, plus contemporaine et plus ouverte sur la diversité de la création, organisée autour d'une galerie centrale chronologique. Le Musée national d'art moderne en profite pour montrer de nombreuses acquisitions récentes, que le public n'a pas pu encore voir. J'ai des photographies de jeunes designers et des architectes... Un bon moment. Je n'ai pu photographier dans l'exposition de Matisse, dont les couleurs, les motifs et les formes (la liberté des femmes qui dansent, qui lisent, qui dorment) sont toujours aussi contemporaines et remarquables, luxe calme et volupté. Sacrés lignes ! Des roses clairs et des bleus sombres avec des poissons rouge vifs ! Et dire qu'il vivait avec des oiseaux en cage... Je l'imagine faire la connaissance des ailés dans mon studio ;.) en 2012 ! Cette fois-ci, les modèles sont masculins, en dansant, lisant, dormant, comme les princes charmants.

Un gigantesque champignon, oeuvre de 2010 de Carsten Höller très récemment acquise (Giant Triple Mushroom), se dresse en point de fuite de la galerie centrale.

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"Giant Triple Mushroom"  de Carsten Höller (Photo : Sonia Marques)

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