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blog m kiwaïda

28/02/2019

ℙÅϴℕ

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L’œil du paon représente le troisième Œil, celui qui détruit l'illusion et apporte une compréhension de la vérité universelle.


Mon tableau préféré et une vue de plus près...


J'écrivais un article récemment située dans le décor de la gare Montparnasse avec les fresques de l'artiste Vasarely, sans savoir qu'une exposition monographique allait se dérouler au centre Pompidou quelques mois plus tard. Elle est très belle. Je n'avais jamais vu de réalisations en nombre de cet artiste visionnaire. Je découvre comment de nos démos de Téléférique, jusqu'à tant de réalisations programmées de tant d'artistes, graphistes, musiciens, informaticiens, de produits dérivés, de publicités, nous sommes imbibés de son art. QR code, mire télévisuelle, écrans de veille, signalétique urbaine, affiches, couvertures de livres philosophiques, assiettes, robes, tissus, motifs à répétition, il y a quelque chose d'obsessionnel et qui donne le vertige dans cette exposition. En sortant j'ai vu du Vasarely partout, dans l'architecture et les vitraux de métro, dans les grillages, et ne parlons même pas des logiciels et tous leurs effets visuels, dans l'architecture du centre Pompidou ses tubes et ses croisements, bref, on devient dingo complet. Un demomaker avant l'heure, un zèbre. Alors comment cet artiste est-il tombé en désuétude après avoir eu une renommée folle dans les années 60-70 avec ce début publicitaire où le graphisme et la mode vendaient tant de produits et le pixel télévisuel aussi, nous a tous fait tourner la tête. À la fois l'exposition fait renaître une nostalgie de ces formes géométriques connues, défier l'illusion et l'optique mais surtout elle nous donne une vision plus précise de ces aplats colorés et collages, dont on a oublié que c'étaient avant tout, de la peinture. Une espèce d'artisanat sensible de la programmation, avec un plaisir de la couleur non dissimulé, mais mieux : partagé. On ne peut comparer des Vasarely à l'écran ou imprimés sur catalogue avec la physicalité de ses peintures et la fragilité des assemblages. Voir les tableaux et se tenir en face, est une action de l’œil à l'esprit, une appréhension physique et kinesthésique, une rencontre avec la chromie, et les nuanciers divins des étalonnages fins et subtils qui font chavirer nos perceptions.
Vertige complet.
D'ailleurs, je me demande à quoi sert-il de le reproduire à ce point ? Même si l'on ne peut se poser la question, à quoi sert-il de reproduire autant de tableaux, une question Vasarelienne qui rejoint celle que j'ai entendue devant un très beau tableau composé de 3 cercles blanc cassé, noir et brun : Un enfant pourrait en faire autant. L'éternel commentaire iditot. Non, un enfant ne pourrait pas en faire autant, ni si peu, ni de façon aussi affirmée et décisive pour un long parcours artistique. Non Madame. Non, je me pose plutôt la question : à quoi sert-il de le reproduire à ce point ? Ou plutôt, il est incroyable qu'il ait autant été copié, aussi avidement que ses propositions ont été divulguées, vulgarisées, et partagées au Public. C'est peut-être plus un problème de discrimination, lorsque les institutions étatiques qui frisent avec la publicité et la communication, diffusent à outrance un artiste (masculin) durant une dizaine d'années en discriminant celles et ceux qui sont moins vendeurs, et adhèrent moins aux politiques et à la mode. J'ai eu du mal à faire une sélection de photographies et peut-être une seule suffisait. La multiplication nous fait rentrer dans la matrice de la folie. Je pensais à ces personnes qui ont la phobie des boutons, la fibulanophobie. Si leur plus grande phobie serait de tomber dans une piscine remplie de boutons, je pense que les tableaux de Vasarely ont cet effet vampiriques et angoissant. Ou bien aussi, ils sont méditatifs et par leur monotonie, peuvent faire planer l'habitué des rêves cosmiques, le contemplatif (ou la) en accédant au spirituel. Kandisky nous avait averti, il existe du spirituel dans l'art.
Tous ces chemins de l'abstraction, en passant par le cubisme, nous mènent à ce "dérèglement" esthétique et phénoménologique. On peut nommer cela le numérique, mais j'ai toujours trouvé ce terme inapproprié. Je pense que l'avènement du "programmable" de tout ce que l'on pense comme une liste de chose à faire, est de cet ordre et a transformé certaines représentations artistiques vers un art emprunt de chiffres et de nombres et de calculs savants. L'art de la programmation, pour y avoir laissé quelques plumes, dans mon modeste parcours artistique, est un art réalisé par les plus grands paresseux. On dit souvent que la souris, cet objet informatique, a été inventé par des paresseux, surtout pour la molette qui permet de circuler plus vite de haut en bas de la page de l'écran. Ces raccourcis, pour aller plus vite, sont aussi ceux de la pensée lorsqu'elle programme. Les tableaux de Vasarely me font penser à ces effroyables productions de paresses de la pensée, ce petit empire chiffré de carrés, ronds, couleurs et géométries multipliés. En circulant dans ces galeries de nombres peints, telle une synesthète, je voyais une ode morbide. On peut s'ennuyer ferme en circulant dans cet univers, comme lorsque l'on est face aux œuvres dites "numériques", on peut s'ennuyer ferme, je confirme. Et même, je dirai, en échangeant durant des années avec des informaticiens, et leur programmation du monde (car ce n'est pas une idée, des idées, mais des programmations), on s'ennuie fermement, on peut même mourir d'ennui s'ils prennent le contrôle. Ainsi, pour reprendre un autre article (Les clés de St Pierre) on donne souvent les clés des salles informatiques à de grands paresseux, dont on imagine qu'ils sont les seuls à savoir programmer, mais surtout, ils peuvent se sentir puissants avec ces clés, imaginant nous contrôler à distance plus facilement. Rassurons nous, ces grands paresseux ont une faille immense, elle est béante lorsque l'on regarde ces tableaux monomaniaques, c'est que la qualité du lien a disparu face à une efficacité redoutable et grandiose. Ne cherchez pas là l'inattendu et la complexité des relations humaines, non cherchons là, à nous rassurer, à nous divertir un peu, car ces tableaux apparaissent animés, tandis qu'ils sont inanimés, figés et déterminés. Ils se présentent face à nous tel le paon, cet oiseau qui fait la roue pour nous séduire. Avec tous ses yeux surgissant devant nous, nous sommes subjugués comme une femelle devant cette parade nuptiale. Cette efficacité comble une peur du vide. Ce monomaniaque peintre est tout de même singulier, sa production démentielle. Je ne sais si ces tableaux exposés ont été créés spécifiquement pour cette exposition, tant les peintures ont conservé quelque chose de très contemporain, comme si elles étaient peintes la veille. Les couleurs ne sont pas passées, et les découpages toujours impeccablement bien collés. Peut-être est-ce pour réparer la fondation Vasarely ? Bref, c'est une véritable histoire de l'art et de la programmation qui défile sous nos yeux, avec cette exposition, et de nos outils inventés pixelisés, écraniques et toutes ces animations captivantes, qui nous ont hypnotisées durant des années, en occident. Nous avons colonisé le monde avec ces myriades de formes et d'informations cathodiques et catholiques. Mais il est certain, que nous sommes passés à une autre époque. Nous ne pouvions plus nous mirer indéfiniment tandis que ce même monde s'écroulait sous nos pieds. De moins en moins de personnes, de public, peuvent regarder ces exploits, se divertir et faire perdurer l'illusion que ces miroirs tendus sont bien les nôtres. Tendus trop loins, trop distants, trop spirituels, trop intelligents. Dans notre ère matérialiste à souhait et du consommable, l'essence de la voiture et l'alimentation très près, sont devenus les seules ressources auxquelles la majorité croit, avec une confiance aveugle aux plus médiocres pour nous diriger. Je suis restée du côté du spirituel, même en me rapprochant de plus près de ma source de nourriture, c'est mon paradoxe humain.
À nos zébritudes à jamais incomprises.



Nous étions dans un abîme miroir  : celui de prendre en photo le tableau.



Nous étions nous même vêtus des tableaux. Les tableaux épousaient nos corps.





Ce jeu me faisait penser au dessin généalogique que je suis en train de faire et qui est resté... en attente.



C'est un extrait d'un dessin, un collage de sa période du tout début, première salle d'exposition. Il me faisait grandement penser à ce dessin décidément spirituel de ma généalogie et qui attend toujours d'être repris par le guide.



Zèbres toujours, zèbres figure des différents, des intelligents et des sensibles...



Charmant tableau premier (peut-être années 1932 !) Et dire que l'on protestait lorsque j'enseignais la ligne noire et j'apprenais à maîtriser les logiciels de création permettant de réaliser de grands dessins en noir et blanc. Nombre d'étudiantes que j'accompagnais ont réalisé de très beaux dessins, et les plus âgés craignaient de perdre leur pouvoir de supervision, n'ayant pas reçu ces enseignements.



C'est gonflé tout de même. Des tutoriels sur Photoshop sont dédiés à la réalisation de tels effets. Sacrés et sacrilèges, privilèges et démocratie.



C'est beau cet équilibre... C'est un peu comme si je pouvais tomber en regardant ce tableau, mais tout en ne tombant pas.



Et bien voilà, il fallait bien illustrer l'intelligence, et pas des livres romancés à l'eau de rose pour jeunes filles ou femmes à la maison. Pourtant, Monsieur Vasarely, votre défi futur est celui-ci, ne pas répéter, car la redondance c'est ronronnant. Il faudra prendre le risque de s'adresser à un public versatile et non rigide, non obsessionnel, mais complètement inculte... Attention à la littéralité ;.)

Art Par kiwaïda at 17:05

27/02/2019

ᴉʇʇnzɹǝɅ ɐʞᴉɹƎ

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Dans le cadre de la troisième édition de « Mutations / Créations », le Centre Pompidou vous propose de découvrir pour la première fois en France une riche exposition consacrée à l’artiste brésilienne Erika Verzutti reconnue internationalement pour son œuvre autour du vivant. Principalement composé de sculptures, le travail de l'artiste, non dénué d’humour, est caractérisé par la sensualité de ses formes, la tactilité des matériaux et l'inclusion de détails inattendus. Réalité et fiction, naturel et artificiel sont autant de relations de dualité qui sous-tendent ses recherches. Une scénographie inédite a été imaginée en étroite collaboration avec l’artiste pour cette exposition. S’articulant autour d’une sculpture qui fait office de socle pour les autres œuvres, telle une arche de Noé, elle revient sur dix-huit années de création foisonnante.



Un peu par hasard, en passant devant la verrière transparente du centre Pompidou, sous un soleil éclatant traversant la salle d'exposition, je vois une installation étonnante. Je décide donc de privilégier une visite de cette salle d'exposition. C'est la brésilienne Érika Verzutti qui expose. J'ai beaucoup apprécié cette découverte. La lumière était limpide et donnait aux éléments exposés une animation toute particulière, ceux-ci déjà, habitant le lieu, et les visiteurs, aussi traversant que les rayons de soleil, invités à circuler entre les "choses", les bêtes, l'espèce de gros piano préhistorique (c'est mon interprétation) avec ses planètes à demi-sphériques posées dessus, ou ces morceaux de rues urbaines et ces colonnes infinies malicieuses. Entre ces pierres précieuses de roches ou ces familles ludiques, je voyais là une liberté assez joueuse de l'histoire de l'art qui la précède, sans en faire un plat, ni respecter bien des principes conceptuels. La couleur se pose partout même dans le mur d'exposition par des touches vives picturales intenses. Parfois je trouvais ses objets comme sortis d'une grotte, réalisés avec les matériaux récoltés sur le passage, à même la roche, ou dans les interstices des murs, tout de bronze et si jamais elle trouve des bananes, une papaye, ou des pavés, elle se raconte des histoires, dans lesquelles, oui, nous pouvons circuler. Le catalogue du centre n'est pas très bien réalisé (comme beaucoup de catalogues de Pompidou, hélas, format inadéquat, mise en page bâclée et iconographie pas bien prise en photo, bref, à ne pas acheter), ni l'article de la commissaire d'exposition très intéressant (Celle qui avait tant médis sur les femmes artistes, en compagnie de Bustamante et de Xavier Veilhan... s'est-elle repentie depuis ?) alors j'ai pris des photos et j'ai préféré lire les articles portugais.
















Extrait de "Um bicho de sete cabeças" (2016) de José Augusto Ribeiro

Para além de representar, as esculturas de Erika Verzutti dão forma
a sensações e fantasias – querem ser e fazer delícias e horrores...
Evocar um bicho, um monstro, aparentar-se com um objeto utilitário,
lúdico, ritualístico, incorporar à própria constituição física a moldagem
de frutas e legumes em bronze e concreto. Mas, ao fazê-lo, querem
revolver, combinar essas e outras coisas e matérias na construção de
unidades ativas, irresolúveis, que não se deixam apreender por uma
única identidade ou um significado só. Cada figura é uma e contém
diversas: num tripé de galhos de árvore, um avestruz; numa jaca, um
sólido com um desenho geométrico fatiado; e numa estrutura formada
por dois cocos e um cacho de bananas fundidos em metal, há uma
silhueta feminina e uma máscara africana. Ora, de início espanta
que a partir de poucas operações com elementos triviais essas peças
adquiram força sugestiva capaz de articular o que categorias, reinos
e classes separam nos domínios da arte, da natureza e da vida social.
Depois, são as experiências com pesos, consistências, texturas,
contornos, cores, brilhos e temperaturas que contribuem para a
indução de estímulos contraditórios e solicitam do observador um olhar
tátil, se possível gustativo, numa percepção quase sinestésica. O que
se desprende daí é tão composto quanto a própria obra: envolve humor,
beleza, erotismo, estranhamento e violência, a uma só vez. Para falar
de outra maneira, o trabalho é suculento e ácido e doce e amargo e
azedo, em vários sentidos.
Como realizações da libido, essas esculturas parecem também
cheias de vontades, e não é por acaso que assumem conformações
heterogêneas. Talvez nem seja exagero dizer que são dotadas de
comportamento, a julgar pela maleabilidade, movimentação e animação
interna que sugerem. Meio cambaleantes, meio desengonçadas,
adaptam chifres,
focinho, orelhas e pescoço compridos, forjam penas,
pelos, pintas, rabo, patas e genitália, casca, polpa, talo e caroço.
 Obtêm um caráter orgânico impetuoso e, numa estranha existência biológica,
insinuam estrelar um filme pornô, ser atração de parque temático,
dão pistas do ânimo para repousar na prateleira de uma estante, na
mesa de centro da sala, numa cozinha, ao ar livre, no museu. Usam as
ferramentas da educação artística, os pincéis, as tintas, a massa de
modelar, a espátula. Algumas têm pedestais próprios, outras refazem
um Pablo Picasso (1881-1973), uma Tarsila do Amaral (1886-1973), um
Constantin Brancusi (1876-1957), um Sergio Camargo (1930-1990)...
Umas vestem saia, outras maquiam-se, descansam, beijam e morrem.
Com a condição de que possam manter ainda, depois de tudo, as formas
frescas, tentativas e para sempre provisórias.
Esse vitalismo da produção de Erika Verzutti só podia surgir
mesmo de um desembaraço, uma desenvoltura que é por natureza
liberatória, tanto na lida com os materiais como nos modos de aparecer
em público. O trabalho não aspira a nenhum tipo de perfeição, e
o que nele parece primário não tem inocência, senão um tanto de
malícia. Fora as etapas de preparação do bronze e do concreto,
os procedimentos de formação das esculturas são elementares,
dispensam habilidades específicas. Consistem em justapor e empilhar
elementos, modelar formas simples, espichar as magricelas, tornear as
bojudas, espetar objetos ou imprimi-los em pedaços de argila. Tarefas
que requerem, se muito, a destreza de um aprendiz, um principiante.
Realizadas, porém, para tomar licenças, romper protocolos e
desautorizar as chamadas normas cultas; para abrir caminho à
coloquialidade e insolência de uma obra cuja linguagem opera em
desalinho com o suposto caráter edificante da cultura – seja aquela
de expressão sisuda e impostada, seja aquela atividade subsidiária
de benfeitorias, seja aquele passatempo mensageiro, do tipo que traz
ensinamentos “produtivos”.
Além de ambíguas, essas figuras são tortas, irregulares e
instáveis, aparentemente sujeitas a uma inversão. Seriam apenas
desajeitadas, não fossem a graciosidade e o garbo de suas posturas
Avestruz (2008), Henry (2008), Painted lady (2011) e Romana (2011)
são exemplos disso. A maioria dos trabalhos tem origem na montagem
precária de seus componentes, com equilíbrios frágeis e apoios
incômodos, em que prevalece o aspecto de uma solução temporária
ou variável. Outros, de fato, se arranjam com a simples disposição
de integrantes independentes, soltos no espaço, em relação um com
o outro. E preferem restar assim, vacilantes, disponíveis, a adotar
esquemas que possam cristalizar afirmações categóricas, posições
bem assentadas e, por consequência, um conforto. Não, nada disso.
Os acabamentos são rápidos e lambuzados, em especial nos processos
manuais com argila e tinta, a informar da urgência dos gestos, da
arbitrariedade em “chutes” e apostas e das deliberações para resolver
impasses. Resoluções que deixam evidentes as marcas de feitura, os
amassados, as dedadas, as contingências com a matéria pastosa, a
despeito de virtuosismos, de condicionamentos, da possibilidade de um
controle absoluto e da eficiência.
Os mesmos flagrantes se encontram na pintura das superfícies,
com o preenchimento parcial – a rigor, inacabado – para a subdivisão
das partes, em aplicações pontuais de cor; ora na produção de
manchas e efeitos, ora em retoques e detalhes; às vezes, em ações
largas e enérgicas, noutras, cheias de capricho. Um labor mas também
uma aventura prazerosa, entre a irresponsabilidade e a dedicação, sem
esconder hesitações, erros, acidentes (alguns ardilosamente previstos),
nem o enleio com motivos decorativos e outras extravagâncias. O
trabalho não acredita na pura espontaneidade, antes, está preocupado
em conquistar as condições de ser espontâneo. Para que componentes
sujos, grosseiros e ásperos se mostrem também planejados e
meticulosos, para que motivos delicados, afeitos à ornamentação,
guardem lá o seu tônus improvisado e intuitivo.  O fato é que as
arestas, as rebarbas, essa aparência de algo por terminar, concorrem
para a manutenção das formas em aberto e febris. Um pouco como se
o material viesse à tona ainda úmido, em secagem, com o processo
latente, vicejante, e as decisões expostas em palpitação. Até segunda
ordem, nada se calcifica, nada é definitivo nem está, assim como se
encontra, finalizado. O trabalho se recusa a considerar-se pronto.














Art Par kiwaïda at 22:01

ℊґυεṧ

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Photographies © Sonia Marques

Des milliers de grues dans le ciel, des vagues et des V, des sons, des courants d'airs, des points dans le ciel bleu, des lignes élégantes, déliées, reliées, solidaires, indéfectibles... Elles partent.
Leur son est très spécifique. À chaque fois, je dois bien être la seule à entendre leurs voix, et puis je lève la tête, et puis je les vois. Nombre de passants, à ras de terre, vaquent à leurs occupations, se disputent, regardent ce qu'il y a au cinéma sur les affiches, regardent le sol ou les passants, se comparent, marchent les courses remplies, mais aucun ne lève la tête. C'est qu'aucun ne les entend. Pourtant ce spectacle est grandiose, il envahi le ciel, pas de ces avions, mais de gestes très fins. Il me faut croire que c'est un privilège de les entendre arriver et de pouvoir les admirer. Par vague, tels des poissons argentés dans l'eau, ou des sardines, leur ventre au soleil s'irise, se métallise, chaque grue à son déplié, son vol et chaque miroir argent me renvoie une étincelle, de vie. Elles partent et on aimerait les suivre ces grues cendrées car elles semblent bien connaître le chemin. Après avoir passé l'hiver en France et en Espagne, ces oiseaux, mesurant environ un mètre de haut et deux mètres d'envergure, retournent vers l'Europe du nord pour se reproduire et y passer l'été.

Les clés de Pierre

Tant que Jésus vit parmi ses disciples, Pierre figure parmi les apôtres et témoigne avec eux. Il se distingue essentiellement en ce qu'il est le premier d'entre eux, celui auquel Jésus confie la destinée et les clefs de son Église : " Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du royaume des morts ne prévaudront point contre elle. " Quelques événements resteront attachés à son nom et continueront à le caractériser : la pêche miraculeuse et sa première rencontre avec Jésus : " Je vous ferai pêcheurs d'hommes " ; la marche sur les eaux : " Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? " ; sa résistance lors de l'arrestation de son maître en coupant l'oreille de Malchus ; son triple reniement : " Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois " ... Tous ces faits sont rapportés dans l'Évangile et font partie du message que l'Église a transmis jusqu'à nos jours.

Ces épisodes sont porteurs de leur propre symbolisme. Celui de la pierre de fondation tout d'abord ; mais les traditions populaires retiendront surtout le mot "pierre", et ce sera parfois l'existence d'anciennes pierres sacrées - pierres naturelles ou mégalithes érigés par l'homme - qui induira des consécrations à saint Pierre, ces pierres païennes devenant ainsi des "saintes pierres". Celui de la clef ensuite : " Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. " Saint Pierre est de fait le plus souvent représenté avec deux clefs (d'or et d'argent), parfois avec une seule (celle du Paradis), ou encore avec trois (celles du Ciel, de la Terre et de l'Enfer). Mais ce qu'on lui demande souvent de délier, c'est la fièvre, ou bien la rage (saint Pierre n'a-t-il pas mis en fuite les chiens enragés de Simon le Magicien, et n'est-il pas apparu à saint Hubert pour lui remettre les clefs ayant pouvoir contre ce mal ?) : on appose aux hommes ou aux bêtes les "clefs de saint Pierre" (en fait un fer chaud).

" Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. "

Drôle de grue, je retourne souvent dans les lieux où j'ai vécu, afin de reprendre le fil d'une pensée non élaborée, restée en filament et qui n'attend que mon retour pour poursuivre sa destinée. Ces filaments sont éternels. Je me retrouve dans une église que j'ai côtoyée durant au moins 10 années, sans jamais y mettre les pieds. Hors des églises, j'aime les rencontrer et les aborder comme lieux de représentations et de méditations et d'étranges défis de silence dans notre société. Pourquoi ne l'ai-je jamais visitée ? Elle possède des clés, notamment, la représentation des clés de St Pierre.

Aujourd'hui le monde catholique est dynamité et son silence devient argent et la parole déliée d'or. La prise de risque des enfants devenus adultes touchés par la pédophilie dans l'église devient une parole précieuse, et l'irrévérencieuse injustice des autorités croyantes recevant la complicité de tous les pratiquants au silence partagé n'est pas encore questionnée. Je voyais donc ces clés partout. En donnant les clés à ces Saints et à tous ces curés, à ces autorités, étaient désignées également les personnes qui allaient fermer les portes aux innocents. Le plus souvent, des personnes qui se sont enrichies sur cette idée que les innocents ne savent pas et ne parlent pas. Et si un innocent parvient à faire entendre sa voix, c'est encore sous les vœux des puissants et des hautes autorités, la justice également, qu'il meurt, et en silence, oublié des siens. Pléthore de films ont été réalisés et arrivent avec ces nouveaux mouvements et les coupables éclairés. Mais n'est-ce pas encore s'enrichir sur le dos des innocents ? Comment se reconstruisent ces proies, en lutte à ne pas devenir prédatrices à leur tour, en lutte entre le pardon et la condamnation ? Ou la résignation ? En confiance en la vie ? Le bien et le mal sont réunis et intimement mêlés dans ces institutions coupables dont la vocation est de transmettre les comportements du bien, ce costume ecclésiastique sacré, qui enrobe ses déviances, sans trop de peine, pour les uns et la peine toute une vie pour les autres. Comment inverser la notion de pêché, comment remettre à l'innocent ses propres fautes, sous cette robe et ses sermons et forcer le respect derrière sa loge dorée, après avoir imposé le serment secret de se taire, après avoir violé, ces sermons et les valeurs du bien. Or violet vert blanc, des couleurs d'un drapeau, des capes et des toges, des simulacres, des illusions de toute une vie, des mensonges élevés au rang du sacré, des saints et des Dieux. Ni la faute, ni le mal ne sont nommés, effacés par les institutions de foi, ce sont les victimes innocentes qui payent, et ne prient pas assez, des pêcheurs et pécheresses, aux vies brisées.

La médiation est une entité forte et sur laquelle notre société contemporaine se repose complètement, sans jamais interroger, ni les outils, ni les personnes médiatrices, ni le message véhiculé. Les médias m'ont toujours intéressée pour ces raisons, les questionner. Dans des institutions, il n'est plus possible de questionner l’appareil. Ni même de travailler, d'enseigner. Les écoles de journalisme sont aussi gangrénées par ces "club de garçons" (boys club) qui deviennent les seuls modèles adoubés par les directions des publications et journaux, avec comme moteur principal, le harcèlement. Exclure l'autre du monde du travail, devient une profession active, puisqu'il n'y a pas assez de travail pour tout le monde et puisque le gouvernement nous oblige à trouver un travail. Il nous oblige à nous entretuer. Ce gouvernement entretien ce hiatus et ces harcèlements sous le vernis de la "justice pour tous", mais avec des niches bien protégées par la bienpensance.

Comme dans l'Église, il faut pour protéger son club, des règles, des règlements, des contrats, des lois, réservés qu'à certains, cela veut dire des arrangements entre amis, entre intérêt (le système de l'art ne fonctionne que dans cette opaque taciturne éthique, de l'arrangement et de l'implicite, il faut des dizaines d'années pour en saisir ne serait-ce qu'une règle commune, et quasi aucun contrat officiel. Des formations d'écoles publiques ou privées ne suffisent pas à sélectionner les héritiers des clés, les familles jouent leurs héritages. Il faut comprendre là, qu'il est interdit aux classes populaires d'y accéder, de participer et donner sa voix à ces enjeux économiques, éthiques, esthétiques. Ces classes ont une place attribuée : elles forment le public, qui paie un droit d'entrée aux Musées). Tout serait tacite, ou chuchoté dans des alcôves étriquées bourgeoises, et les grandes lois officielles seraient écrites en grand, sur des banderoles, et même gravées dans le marbre.

Innocence de celles et ceux qui ne connaissent pas ces ligues de pouvoir, ces clubs secrets, ces modèles impertinents et hors la loi, pour qui rire et se moquer n'est qu'un clin d’œil et qu'il n'y a pas mort d'homme. Le cynisme devient une marque de camaraderie, et trouver la cible idéale, l'enthousiaste, une recherche de tous les moments afin de consolider des liens mortuaires fugaces, l'envie que le bien disparaisse, que ce qui est bon devienne très mauvais, que ce qui est beau devienne la chose la plus dégueulasse à exclure de notre monde.

Inverser les principes peut être finalement ce que les institutions enseignent le mieux, mais pour le pire des individus sans discernement.

Être face à son ignorance.

N'est-ce pas ce Dieu qui dit à St Pierre : Mais qu'est-ce que tu as foutu !!! Trou du cul !!! Je t'avais donné les clés, ce n'était pas pour les enfoncer dans tous les trous !!!

Les Saints ne cherchent plus toute leur vie, ils s'amusent à trouver. La vie passe trop vite. Et comme plus personne ne distingue qui est Saint, les clés sont données et même vendues, sans qu'elles ne véhiculent plus de message, sans médiation.

Le Vatican est un temple troué, un panier percé... à jour. Un refuge d'humains complice dans l'inhumanité, une impunité totale.

Avoir les clés dans la tête sans jamais trouver de serrure dans la société.

Les cinémas abandonnés sont peut-être la plus belle idée du cinéma.

Les métros sont des expériences réelles de la vie souterraine.


Paysage Par kiwaïda at 15:27

21/02/2019

万引き家族

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Un film que j'ai bien apprécié (Une affaire de famille - 2018 de Hirokazu Kore-eda),
et des photos que j'ai réalisées d'une rose ci-dessous, de la St Valentin, avec une coquine cachée de la même couleur...


Film Par kiwaïda at 13:04

18/02/2019

$ѦṼѺiℝ iИ✞ℰℝḎi✝

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Les narines (Photographie © Sonia Marques - 2016)

Texte à propos des photographies nommées "Les narines", écrit en 2016

Tout d’abord il y a une marche sans carte dans le limousin, loin des villes et de la route. Tout en marchant, à la fin de l’hiver et en s’engouffrant dans un sentier qui traverse un hameau, il y a la découverte d’un trou. Plus précisément d’une porte, qui mène à un souterrain, tapie sous un arbre, ou plutôt d’où jaillissent des racines. Une petite colline recouvre cette ouverture, le paysage est bombé et plusieurs arbres autours semblent protéger l’issue de ce souterrain. Un être humain peu s’y engouffrer seulement s’il accepte de se baisser suffisamment pour être à la taille d’un petit enfant. Il faut qu’il rapetisse. D’ailleurs aucun adulte ne peut voir cette porte seuls les enfants et les petits animaux peuvent la voir. Tout cela me rappelait Alice au pays des merveilles, mais aussi la possibilité que ce souterrain ai servi lors de guerres où l’ennemi occupait les terres. Alors j’ai regardé à travers le trou. J’ai vu un passage, celui-ci devenait une grotte.

Le reste m’appartient, la suite de l’histoire. J’ai réalisé 4 photographies pour ce souvenir.

Puis j’ai pris des notes. Réaliser des photographies d’un tel paysage était auparavant inconcevable dans mon travail artistique. La réalité que représentent mes prises de vue documentaires, je m’en sers comme croquis ou point de vue, n’est jamais posée et travaillée comme une réalisation artistique. Hors, ce qui diffère ici, c’est cette ouverture. Même si cette ouverture est cachée, et tenue secrète, elle fait office d’un accès à l’imaginaire qui est devenu infini et propice à une trace, des photographies en guise de document de cet accès.

Le saut dans le monde de la fantaisie ou des fantasmes est spécifique, il est à l’écart de toute conscience. S’attarder dans ce domaine c’est accéder à la rêverie, lambiner, parvenir au monde des merveilles. Que celui-ci se situe dans un paysage naturel, que personne ne peut voir, en passant tout le temps devant, est d’autant plus surprenant et magique.

Pénétrer dans le trou, par la porte de l’impossible possible. S’avancer dans le tableau de l’origine du monde de Gustave Courbet pourrait exciter les psychanalystes, mais ce n’est pas de cet ordre là, dont s’occupe cette porte ouverte. Elle mène à un souterrain, rentrer sous terre par cet interstice c’est passer du côté des racines. Celles-ci sortent à l’extérieur, comme si elles n’avaient même pas le droit d’entrer sous terre.

Ce souterrain serait sans racines.

Ce trou désigne un savoir interdit, impossible. Il troue le savoir. Il est même hors de portée de toute analyse et des spécialistes des analyses, des psychanalystes. Et pourtant, hors-je, j’y ai eu accès très simplement. Je suis même revenue, le revoir et l’expérimenter. Ce savoir qui échappe, qui est bien là, retrouvable, quelque part, mais hors de portée, je l’ai bien trouvé. Et cette découverte est assez géniale.

La porte ne s’ouvre pas à tous, elle s’ouvre à l’ami et se resserre face à l’ennemi.

Retrouvable la porte s’entrouve de nouveau. Personne ne frappe à la porte car elle est ouverte à qui sait la voir. Sinon, elle reste le seuil impénétrable à qui n’est pas apte à se tenir face au nombre, à l’illimité, car elle n’a pas de limite.

S’il n’y a pas de porte, il y a le corridor à traverser, l’accès à une caverne, ou deux, ou trois, lieux de choix initiatiques, de transformations. Ces espaces-grottes sont des temporalités étendues de repos et extensibles.

Bachelard dit : « La grotte est un refuge dont on rêve sans fin. Elle donne un sens immédiat au rêve d’un repos tranquille, d’un repos protégé ». Elle a la fonction d’un « rideau naturel ». Lieu idéal de refuge pour les poètes et écrivains, les combattants, résistants ou terroristes.

Dans « Le roman d’un enfant », l’écrivain, Pierre Lotti décrit sa grotte (1890) avec affection, comme une régénérescence : “C'est aussi le coin du monde auquel je reste le plus fidèlement attaché, après en avoir aimé tant d'autres comme nulle part ailleurs, je m'y sens en paix, je m'y sens rafraîchi, retrempé de prime jeunesse et de vie neuve. C'est ma sainte Mecque, à moi, ce petit coin-là; tellement que, si on me le dérangeait, il me semble que cela déséquilibrerait quelque chose dans ma vie, que je perdrais pied, que ce serait presque le commencement de ma fin. La consécration définitive de ce lieu lui est venue, je crois, de mon métier de mer; de mes lointains voyages, de mes longs exils, pendant lesquels j'y ai repensé et l'ai revu avec amour.”

Ici, j’ai vu ces ventres, dans lesquels, je me suis endormie, acceptant de laisser la géographie terrestre pour accéder à la céleste, sans intermédiaire.

Un jour, je regarde sur un petit miroir mon visage. Ce que je vois est extraordinaire, je tombe nez à nez, avec mes narines. Je vois exactement ces 2 cavernes prises en photos, dans un jardin secret. Avoir du nez !

Il est dit de ce terme « narine » ce qui désigne chacun des deux orifices extérieurs du nez, bordés par les ailes du nez. Chez les vertébrés, les narines sont généralement des organes pairs situés au-dessus de la bouche. Elles sont impliquées dans les systèmes respiratoire et olfactif.

Leur fonctionnement est assez magique :

L'air entre dans la cavité nasale en passant par les narines. Grâce à la présence de poils et de mucus, les narines permettent une filtration de l'air inspiré pour le débarrasser des particules étrangères. Les narines jouent aussi un rôle d'échangeur thermique : l'air inspiré est réchauffé et, en même temps, la fraîcheur de l'air peut être récupérée par le circuit sanguin pour rafraîchir le cerveau. 

Chez les mammifères, le nom change, on dit pour le cheval, les naseaux. Pour l'éléphant, le nez et la lèvre supérieure forment la trompe. L'animal peut dresser sa trompe en l'air afin de détecter des odeurs. Chez les cétacés, la narine forme l'évent, simple ou double, qui s'ouvre généralement au sommet de la tête.

Les trous de nez que j’ai observé sont semblables à ces cavités nasales que j’ai photographiées. Ce rafraîchissement de cerveau est d’autant plus surprenant, qu’il arrive dans un moment, ou respirer devenait très important, dans mes activités artistiques et pédagogiques.

Lorsque l'on se recroqueville dans un coin, sous un drap, dans un silence, dans la nuit, dans un abri confiné, la première chose que l'on entend, c'est sa propre respiration, son souffle, sa vie, son être vivant.

J’étais en disposition de changer d’école et mon enseignement trouvait une autre place. L’ambiance nauséabonde de l’école d’art de Limoges, me sortait littéralement par les trous de nez. D’où cette expression magnifique. Les marches dans le limousin furent des espaces de réflexions privilégiés et préservés, lors desquelles, j’ai fait plusieurs découvertes. L’acte de chercher en arpentant, tout en cheminant, à ouvert des portes, alors que je découvrais, comme pour ce travail, que les portes n’étaient même pas fermées.

J’étais assez dégoûtée de l’école d’art et sa direction, et jamais je n’aurai pu l’être autant si celle-ci ne m’avait pas accusée d’être une saleté remarquable, jusqu’à m’envoyer au tribunal de Limoges pour me faire payer, par l’intermédiaire d’une dette inventée, le droit d'enseigner et d'être honnête. Une punition déguisée, un abus de pouvoir, pour, en vérité, me juger d’être intelligente, créative et excellente professeure. Et comme ce n'était pas assez, celle-ci me saisi une part importante de mon salaire, le sel de la vie, sans me prévenir, jalouse que j'enseigne dans une autre école, avec un contrat règlementaire. Et comme ce n'était jamais assez, celle-ci me remplaça par un étudiant de l'école, afin que je reste sans travail, et que soit usurpée ma fonction. C'est ainsi que je suis restée dans ma ville, Limoges, tandis que cette école, dans cette même ville, tentait d'organiser ma disparition, d'effacer mes traces. Mais peut-on effacer la respiration singulière, invisible, de l'air que nous partageons, que nous respirons tous ? Il fallait bien que mes collègues trouvent une raison : j'étais devenue une feignasse, c'est pourquoi, il fallait absolument me remplacer et au plus vite, puisqu'on ne me voyait plus et puisque l'on m'avait trop vue, trop habiter ma ville, être là, présente au territoire. Les injonctions paradoxales qui pétrifient et sidèrent nous inclinent à l'immobilisme, à la mort. N'ayant pas cette habitude de paresser dans mon enseignement, je me suis lovée dans ce mot nouveau, de celle qui ne fait rien. Je n'ai rien fait. Plus rien. J'entendais juste ma respiration, la priorité des êtres vivants, gisants.

Cette connaissance du dégoût, je le découvrais par la discrimination en milieu professionnel. Je l’analysais comme dégoût de cette perversion de domination, de ce vouloir avoir un pouvoir sur l’autre. Ce qui était très loin de mes préoccupations poétiques.

Ce dégoût n’était pas de l’ordre esthétique ou hygiéniste comme ces accusations tentaient de m’emmener sur un terrain très confus, celui  du rejet de l’autre que cette direction avait clairement écrit.

Hors, des saletés remarquables sont l’apanage des œuvres d’art. L’histoire de l’art, la beauté et le laid, la mauvaise peinture, la mauvaise fille, sont des sujets forts recommandés pour s’affranchir des conventions et de la bienséance petite-bourgeoise.

Cette découverte fut le signe d’une grande respiration et aussi du couloir des possibles, afin de rejeter fermement les racismes et les maltraitances.

Les narines célestes sont le chemin sous terre pour accéder au divin, de façon directe et sans intermédiaire.


LES NARINES




(Photographies © Sonia Marques - 2016)

Que reposent en paix les narines.


Art Par kiwaïda at 12:52

17/02/2019

Ѧṧ☂яøη@ü⊥ℯ

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Les institutrices seront remplacées par le cinéma, la Tévé, l'électronique, des trucs comme ça, c'était aussi écrit dans le journal l'autre jour, n'est-ce pas Albertine ? Oui c'est vrai. Alors je serai astronaute. Voilà, faut être de son temps. je serai astronaute pour faire chier les martiens.


Film Par kiwaïda at 15:58

16/02/2019

Åηℊε﹩

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Film Par kiwaïda at 23:36

15/02/2019

ʝ❝ℯ✖℘łїḉiт℮

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C'était en juin 2006 je crois bien. Un professeur, et ami, Reynald Drouhin, m'avait invité à être membre du jury des diplômes de 5ème année à l'école supérieure d'art de Rennes où il enseignait, et enseigne toujours. Auparavant j'avais travaillé plusieurs fois avec lui, pour un workshop, et j'avais donné une conférence, dont résultait la publication : "Habiter Internet ?". J'avais publié un texte important sur la naissance de l'Île de Seuqramainos, ma découverte, ma séparation. À ce moment, plusieurs d'entre nous étions en réseau et amitié, dans ce que pouvait développer le multimédia dans les écoles d'art, intégrer, consteller, que ce soit à travers nos découvertes et réalisations artistiques en ligne, en le montrant à tous, en France et au-delà de nos frontières physiques mais aussi bien plus en dématérialisant nos apports en connaissances, avec Internet. Bref, nous communiquions, bien avant que les écoles obligent à "faire produit" et excluent les unes et les autres de ce qui serait "le numérique" institutionnel. Donc, ce mois de juin, toujours professeure à l'école supérieure d'art d'Angers, je participais activement à ce jury, durant 5 jours, il me semble. Le nombre d'étudiants était considérable, et j'ai encore quasiment toutes les réalisations des étudiants en tête. Le niveau était excellent. Ce qui m'amène à écrire sur ce sujet, ce n'est pas la création en école d'art, ni son accompagnement, puisqu'ils ont été toujours présents, et puis, car je suis à l'écart des écoles d'art à présent pour des faits de violences sur ma personne.
C'est cette rencontre avec Didier Larnac, le président du jury, de ce même jury. Il était alors professeur à l'école supérieure d'art d'Angers et s'occupait d'accompagner les étudiants de la 5 année dans l'option art. Personne ne se doutait que 2 professeurs seraient alors présents dans ce jury. Et Didier Larnac ne le savait pas, nous n'échangions pas beaucoup à ce moment, mais nous nous côtoyions chaque semaine à Angers. C'est que la hiérarchie entre professeurs, femme et homme, a toujours été très codifiée, normalisée. Il était tout à fait "normal" et attendu, que ce soit un homme qui soit président de jury, lequel était aussi attendu qu'il s'occupe des 5e année d'une école, ou qu'il soit directeur d'école d'art, tout cela est dans la norme. Donc qu'une même professeure de la même école soit membre de jury, ne faisait pas partie des mêmes réseaux, et il est arrivé que nous œuvrions là ensemble, alors que rien ne nous prédestinait à nous retrouver en jury. Cela dit, rien ne m'a jamais prédestiné à travailler en école d'art, ni poussé, ni cooptée.
Notre jury était très sérieux, nos échanges très riches. Mais il s'est passé quelque chose de pas comme d'habitude. Au bout du 3e jour, nous étions moins gelés les uns, les unes avec les autres, et nous remarquions que nous avancions bien ensemble, tout en nous respectant et en nous écoutant. Les étudiants et majoritairement les étudiantes, recevaient nos appréciations bien argumentées et nos conseils pour la suite, beaucoup de félicitations, de mentions. Je posais la question si Rennes était loin de la mer, un soir que nous dînions ensemble, sans jamais faire trop état de nos journées de travail, ce qui est rare. Nous étions plutôt à nous décontracter et à sortir des normes du ticket de défraiement pour notre dîner. Nous n'étions pas très "fonctionnaires" mais nous avions des projets différents et nous en parlions. Ce soir, Didier Larnac nous répondit que non ce n'était pas loin de la mer, en voiture. Nous avons eu cette idée folle, de programmer pour le lendemain, notre dîner à la mer, car Didier Larnac connaissait un restaurant en face de la mer. Les autres membres trouvaient cette idée dingue et craignaient d'être réprimandés si cela venait à être su par l'école. Pourtant, il n'y avait aucune faute à dîner où nous le souhaitions le soir, puisque notre travail était terminé. Mais il est vrai, que ces formules de jury, ou même ces drôles de formes d'intégration ou non, dans les écoles d'art, nous oblige presque à rester grouper, être ensemble, tout le temps et "dans les écoles", sans jamais en sortir. Ce que je nomme l'effet "secte". De mon point de vue, c'est ce côté sectaire qui est bien acquis inconsciemment par les employés, et c'est malheureusement ce qui nous donne des écoles trop fermées et non ouvertes vers l'extérieur. L'implicite est fort. Après réflexions, nous décidions donc de faire cet écart "méritant", aller dîner au bord de la mer, pour l'avant-dernière fois. Nous avions donc tout à payer à nos frais et le déplacement, aller et retour, mais nous étions certains de nous réserver un hors piste riche et salvateur. Nous nous sommes donnés RDV pour partir, je crois que c'était avec la voiture de Didier Larnac, nous allions diviser les frais d'essence et avec une carte mentale (la nôtre) nous sommes partis, sans connaître bien la route. L'une des membres du jury flippait un peu mais était excitée comme une puce, car elle redevenait un peu l'étudiante qui part sans prévenir ses parents (l'institution). Nous sommes arrivés dans ce restaurant vide, le coucher de soleil rose et orangé rayonnant sur la mer, effaçant notre tableau fonctionnaire, afin de créer une petite joie, une réjouissance modeste mais ensoleillée par la peinture, oui nous étions aimants de la peinture, quelque part, nous aimions l'art plus que tout. Chacun avec nos téléphones portables pour raconter le "devines où je suis" à la compagne, au compagnon, à la famille. Moi j'avais toujours un forfait de quelques minutes à ne pas dépasser, pour une professeure dans le multimédia, ne pas avoir le téléphone dernier cri est toujours suspect.

Mais peu importe, même si j'avais eu les outils techniques les plus chers et à la mode, on trouve toujours un moyen de vous envoyer au tribunal de votre ville comme l'accusation perverse, que vous auriez souillé un outil informatique, sans aucune preuve, et comment prouver le trop "sale" ? Sans se confondre avec les racistes ? À moins de marteler avec force et moyens administratifs que l'institution est la plus propre (dernière injonction de l'école limougeaude, nationale, de ses employés si fiers et si médiocres d'exclure les pauvres, de cibler au hasard la personne qui portera le costume général du ou de la coupable idéale) C'est l'implicite, il est interdit d'expliciter les choses. C'est sidérant, la cruauté est partout, nichée sous le vernis du dialogue social, de la diversité, en prônant l'écriture inclusive et en s'affichant contre les violences faites aux femmes, ou que sais-je, du "faire le potager ensemble" jusqu'à la popote "ensemble", ou s'afficher "aider les migrants", mais de très très loin, ou bien pire encore, en réclamant de gagner plus, tout en travaillant beaucoup moins, et en cachant ses cumuls d'emplois et son hors classe, sa légion d'honneur, et tutti quanti, la sauce "engagée", qui dégage la vérité. Vérité bien plus complexe, que la boîte à outil du parfait professeur en école d'art, prêt à la léguer, de force, aux petits étudiants qui ne savent pas quoi faire de leurs études : faites des banderoles pour nous, soyez nos communicants, effacer nos véritables traces, soyez du bon côté et pour cela, ciblez celles et ceux qui seraient du mauvais côté. Comment priver du sens et des études ? En privant les étudiants de leurs appréciations, de leur parcours différent, de leur histoire, de leur temps, en les prenant en otage de statuts qu'ils n'auront jamais et dont ils ne connaissent absolument rien et souvent de jeunes professeurs aussi, les premiers volontaires à se porter grévistes, alors qu'il n'y a jamais eu de grévistes véritablement, dans ces contrées bien huilées, et ce seront les premiers à en faire les frais réels. Pourquoi ces associations de malfaiteurs sont-elles pérennes ? C'est un système qui ne fonctionne plus et qui ne sait plus comment faire autrement, et qui ne tente même pas. C'est une aparté, celle qu'on ne peut plus communiquer aux défunts, s'ils partent c'est qu'ils savent.

Puis Didier a commandé des huitres (moi je n'aime pas les huitres, mais les voir, me donnait un goût de Noël familial, j'étais la plus jeune, alors je profitais de ce moment exceptionnel) Nous étions heureux et aucun de nous ne nous connaissions auparavant. Je dois dire qu'après cette expérience, nous n'avons pas non plus réitérer de partenariat, dans les écoles d'art ou ailleurs, en tous cas, je ne l'ai fait, ni repris contact. Je n'ai pas cette tendance, certes salvatrice, lorsque l'isolement nous gagne et que s'efface notre nom, par le gommage de l'implicite, son usure rappelle celle des sans abris. Ce fut comme un moment jalousement gardé, il devait solder notre travail commun, sachant que nous étions très mal payés pour nos emplois respectifs et nous avions la vie difficile avec tant de déplacements à nos frais, depuis des années. Nous sommes revenus par la route et nous avons certainement eu des étoiles dans les yeux, une liberté artistique, car ce rêve "voir la mer en une soirée", mine de rien, demande une organisation audacieuse et fulgurante, un moment où nous sommes tous d'accord, sans complicité aucune (ni syndicat), si ce n'est celle d'être dans ce manque de la mer. Pas d'implicite mais que de l'explicite. Les serveurs et serveuses ont été amusés de notre escapade et nous avions racontés notre emploi, nos métiers et la raison de notre volonté de vivre, notre gastronomie en coucher de soleil.
Le lendemain, Didier était devenu Didier. Je n'employais plus son nom de famille, quelque peu comique, mais son prénom, malgré la distance que nous mettions dans les formes de représentations et de vouvoiement. Il voulait que l'on dîne ensemble, et il me raconta son souhait de postuler à la direction d'Angers, mais d'avoir été exclu de la course. Il me disait être un éternel "outsider" et me parlait de la galerie qu'il avait créé, et moi du collectif Téléférique. Il était en admiration devant nos activités et surtout de ma passion du moment : le son. Cela ne se faisait pas dans les écoles d'art. Il me disait que j'étais aussi une outsider. J'ai vraiment retenu ce mot par l'incarnation qu'il en faisait, et je n'imaginais pas un seul instant qu'il y avait une course quelque part dans nos métiers. Est-ce un travers ? Le hors piste ?  J'avais été déboutée du concours à la fonction publique 2 fois (le cnfpt : je ne serai jamais titulaire des écoles territoriale, la 3e fois, le cnfpt a fait plusieurs erreurs administratives sur mon dossier puis sur le concours, je ne me suis pas présentée, in fine, les implicites n'ont pas besoin de tout ce parcours, on éloigne celles qui en savent trop et qui partagent leurs connaissances) car j'enseignais le son, entre autres et les membres de jury misogynes, ne supportaient pas qu'une femme enseigne, mais alors du son, on me disait "c'est interdit dans les écoles d'art", entre autre. J'étais aussi interdite d'enseigner le multimédia. Seuls des professeurs hommes et avec un entretien abscons également, pouvaient enseigner, ils étaient plus malins que moi, car il ne racontaient rien de leur enseignement. Et moi, j'expliquais tout et même je donnais des résultats, ce n'était pas envisageable de raconter ce que l'on fait dans une école d'art, cela ne pouvait pas avoir lieu, et si jeune, comment oser braver les conventions implicites de la sorte ? Hors j'enseignais depuis au moins 5 années toujours en CDD, en développant toute cette partie multimédia dans les écoles d'art, mais sans avoir le bénéfice d'une carrière soutenue et accompagnée, comme les autres. D'ailleurs celles et ceux qui parvenaient à être titularisés, ne trouvaient pas automatiquement de poste par la suite, voir jamais. Hors j'étais bel et bien à un poste, mais on avait décidé qu'il serait temporairement temporaire, que je devais m’efforcer de le garder ainsi, tandis que d'autres collègues étaient titularisés sur une fonction vide, sans qu'elle ne soit jamais inscrite dans une école. Le plus machiavélique c'est qu'en interrogeant les inspecteurs, le plus souvent les inspectrices accessibles sur cette situation impossible à vivre, celles-ci ne s'étonnaient guère et disaient : on ne peut rien faire, c'est ainsi, ce concours ne sert à rien, et les meilleurs enseignants ne sont jamais titularisés, on ne peut rien faire, rien changer. Des inspectrices chargées donc d'organiser et de soutenir ce genre de concours et de le valider, d'en réaliser même des rapports auprès du ministère, avec des grilles qui ne veulent rien dire.  Je redoublais de travail, j'étais convaincue de mes avancées, mais chaque année, mon salaire ne bougeait pas et je voyais mes collègues, même plus jeunes avoir une titularisation automatique et une carrière assurée. Ils étaient plus pantouflards d'ailleurs. Didier m'expliquait pourquoi il était si déçu de ne pas avoir été choisi pour la direction angevine. Je lui proposais de réitérer sa candidature pour un autre poste, il me disait qu'il y avait alors celle du Mans en lice. Je l'ai, à ce moment, vivement encouragé. Il m'a lu son projet, je l'ai conseillé. Je ne l'ai su que bien après, il a été reçu, et durant ces 12 années, je savais qu'il y était bien. Chose heureuse et inattendue, il a ouvert son projet sur le "son", et de nos échanges et des difficultés rencontrées il a compris qu'il y avait là, de nouveau, un risque à prendre, comme pour aller à la mer. Un hors piste.
Ces jours-ci j'ai appris sa disparition par Internet, derrière mon écran. Je ne savais rien de sa mise à l'écart de l'école, ni de sa maladie, son cancer. 62 ans c'est jeune je trouve. Mais lorsque je l'ai connu, il y a douze ans, il sortait déjà de cette maladie, cela doit être donc un retour. Un article non accessible indique qu'il était mis à la retraite seulement depuis 1 mois. Je pense à cela, mais aussi à toutes celles et ceux, qui n'atteignent pas la retraite dans les écoles d'art, que j'ai côtoyés, très jeunes ou moins, à la direction, à l'administration, aux professeurs, employés. Serait-ce des institutions qui ne souhaitent pas que leurs employés profitent d'une retraite méritée ? Sont-ils tous maltraités ? Comment comprendre alors qu'une poignée se bat pour la retraite et leur statut à carrière bien déroulée, une poignée qui a déjà reçu tous les bénéfices de cette carrière quand d'autres sont dans l'obligation d'arrêter par maltraitance, souffrance au travail ou à cause de plafonner à l'échelon 1 ou 2 ou 3 pendant des dizaines d'années ? Pourquoi se battre pour une fonction réservée d'office à quelques uns, unes, celles et ceux qui ont poussé les meilleurs vers la sortie, sans souvenir aucun, sans enseignement ?
Je pense à ces rencontres à ces personnes qui attendaient d'arrêter. Elles avaient des projets pour leur retraite et avaient peut-être économisé, enfin c'est rarement possible. Je pense à cela, à l'arrêt. Je suis comme figée et pétrifiée devant la violence de mon métier, devant cette impossibilité de dire et d'écrire la dureté d'un métier qui est si mal aimé et si méconnu. Le mal est dans ces écoles, hélas, ce n'est pas l'extérieur qui maltraite ces écoles d'art, ce sont, le plus souvent, les uns et les unes et les autres qui se désolidarisent implicitement, de l'explicite. Expliciter ne fait pas partie de cet enseignement qui a une tradition visuelle, du taire et de la sacralité des images. Communiquer, certes, mais ne surtout pas communiquer sur le sens de cet enseignement si particulier, ne rien écrire sur les liens qui nous unissent ni surtout sur les désolidarisations, oui nous sommes tous différents. Ces écoles montrent toujours qu'elles sont solidaires, ou que l'on vient du même milieux, de la même famille, le plus souvent celle qui fantasme mai 68, voir que le ministère nous connait si bien, hors il n'en est rien. De cet implicite autoritaire elles devront s'affranchir pour comprendre pourquoi tant d'étudiants sont abandonnés après leurs études, et perdent tout espoir de poursuivre leur création, en France. Hors, je pense que nous n'avons plus autant besoin d'images aujourd'hui, ni de slogans et ces écoles ne peuvent plus être le lieu des propagandes des syndicats en mal de communication. Et qu'il ne sert plus à grand chose d'apprendre à produire plus, ni à consommer autant de formations divergentes, avec une pensée implicite. C'est une question quasi écologique face au gâchis et à l'exclusion. Pour cela, l'explicite doit être moteur.
Quand douze années deviennent les plus précieuses, le hors piste dans la poudreuse est un champ des possibles pour les outsiders, et laisse une trace sensible et sonore. Navrée de ne pas avoir pu voir tout ce travail, certainement porteur pour celles et ceux qui en profitent encore.

De mon côté, en douze années que de changements, et je n'aurai même plus l'occasion de faire une virée à la mer pour raconter mes nouvelles avancées à Didier et lui donner un second souffle, ou bien, que je puisse à mon tour l'emmener en voiture, avec des collègues embarqués bienveillants, et que ce soit lui, qui me souffle une idée magique pour la suite. Quoique... je viens d'allumer ma lanterne. Parvient-on à le réaliser avec nos parents qui ne connaîtront jamais ce milieu si fermé ?

Didier Larnac appréciait les artistes, le plus souvent des hommes. On pourrait trouver cela étrange de ma part d'écrire à son sujet, car je n'ai aucun lien d'amitié avec lui, ni même avec les artistes dont il a réalisé l'accompagnement ou la publication. Ce serait encore là délimiter un terrain attendu. À travers cette rencontre et l'éloignement de nos activités centrées dans les sphères artistiques ou rémunérées par ce même système, je décris une tristesse, celle du grand écart entre l'étouffante proximité affichée des artistes et des acteurs de l'art, en réunion, en exposition, en mission, et l'indifférence glacée des conditions réelles de vie et du sel de la vie, qui elle, est signe d'un éloignement infini, il permet de ne pas être touché lorsque l'autre tombe à côté de vous, alors qu'il était assis là et assistait à la même conférence, la même réunion et semblait avoir les mêmes sentiments. Semblance et discrétion du réel, afin qu'il ne gâche pas la fête des apparences et des images. L'être humain peut revêtir cette lâcheté, mais c'est pour continuer sa route, sans doute, seul.

Toni Grand, la légende, dont il a publié un livre, n'est pas un moteur dans mon travail, et pourtant, comme d'autres, ce sont des hommes-racines parmi d'autres racines qui m'ont permis d'avoir un accès (intellectuel) à l'art, en côtoyant leur production, et cela, bien plus qu'ils n'auront jamais à côtoyer ce que je fais, ce que j'écris, ni même à dialoguer avec moi. Et cela, c'est aussi une norme, un attendu, que d'écrire seulement sur ses pairs. Tout m'est étranger dans le monde de l'art, ainsi tout m'est exotique, et il n'y a pas de linéarité dans mon approche, que seule ma curiosité peut expliquer l'intensité succincte du lien à une œuvre et à son auteur, au hasard d'une rêverie ou d'un souvenir, d'une information ou d'une antique histoire, d'un conte, d'un caillou trouvé sur le chemin. Et là, j'ai des cailloux plein les poches, Poucette a ramassé trop de trucs et n'avance pas vite du tout, elle devient pierre.

Peut-on se couper de ces histoires ? Refuser le père ou la mère et imposer le parent 1 et le parent 2. Les pères et les mères ne sont plus les bienvenus dans notre société, et il faut numériser le premier et le second, diviser, mais plus définir. Pourtant expliciter serait plus abordable et singulier. Je choisi d'être l'enfant zéro. L'éternel enfant de l'art, sans pairs et plein de petits repères, avec un père et une mère.


Enseignement Par kiwaïda at 16:33

14/02/2019

❤Ṽ∀ℒℰИ†Їℵℰ❤

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Photographies © Sonia Marques

Animal Par kiwaïda at 19:59

12/02/2019

ṧεїᾔ℮

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 12:46

05/02/2019

℃ϴѺḰ

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Betterave rouge et jaune crues, fenouil, céleri, panais, rutabaga, graines de chia, quinoa, pomme, poivron orange, poivron vert corne, fruits de la passion, aubergines chinoises, patate douce, bananes, pamplemousses, citron, kaki, courgettes, radis blanc, navet boule d'or... et Aloé véra...

Et puis des porcelaines du Brésil peintes à la main, lapin, chat et chien bleus et un chat vert mexicain en bois peint à la main, un perroquet peint, gravé sur un plat en céramique du Costa-Rica et un drap violet, en coton... une Cténanthe d'Oppenheim du Brésil et une boule disco miroir... des marionnettes à doigts, une étagère peinte à la main... Des natures mortes.

 

(Photographies © Sonia Marques)


Art Par kiwaïda at 18:06

30/01/2019

ℬṲÐḎ¥ ℬṲℵИẎ ℋѦℙṔ¥

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buddyとは「make happy」をコンセプトにかかげ、お客様から長く愛される「相棒(buddy)」です。
その為、品質にもこだわり全ての工程を日本国内(日本製)で行っています。
全てのお客様が笑顔になれるようにと。

buddy – built with the concept of “make happy”, to be your buddy.
All products are made in Japan.
Because we hope to see your smile.

Voici des Buddy, ces chaussures japonaises, un projet de Tetsuya Iizuka. Mon ami Makoto s'occupe de la partie européenne (https://www.instagram.com/buddyhappyeurope/ et https://www.buddyhappy.eu/fr/). Les Buddy sont devenus nos copains, et mes lapins, les ont essayés avant nous. Alors j'ai fait des photos Bunny Buddy. Mes copain-copine lapins lapines ont joué à cache-cache, se sont fait des bisous, racontés des secrets, se sont endormis sur les Buddy ! Sinon les chaussures, baskets et accessoires sont top !

Les 2 paires de baskets des photographies sont celles-ci :



https://www.buddyhappy.eu/fr/buddy/baskets/corgi/corgi-basses/78-corgi-smooth-basse-blanc.html
Corgi Smooth Basse Blanc
Tige - Cuir de vache
Doublure - Cuir de vache et cambrelle
Semelle - Caoutchouc naturel
Patch en cuir - Cuir tannage végétal (Tochigi leather)
Fabriqué au Japon

https://www.buddyhappy.eu/fr/buddy/baskets/corgi/corgi-mid/76-corgi-mi-montante-navy.html
Corgi Mi-montante Navy
Tige - Cuir velours suédé
Doublure - Cuir de vache et cambrelle
Semelle - Caoutchouc naturel
Patch en cuir - Cuir tannage végétal (Tochigi leather)
Fabriqué au Japon

Et les lapins modèles sont Cafuné et Satori, les photographies (© Sonia Marques) sont réalisées au chaud, quand la neige tombe à gros flocons dehors...

Buddy buddy love

cache-cache satori

bisous cafuné

pour moi !

pour nous !

cache-cache satori

cafuné cherche satori

secret buddy bunny

rangements

repos mérité !

make happy

et puis Velly Joonas, car j'écoutais ceci en même temps !


Animal Par kiwaïda at 18:53

22/01/2019

ⓋⒶⓋⒶ

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Photographies © Sonia Marques

Philosophie Par kiwaïda at 23:15

15/01/2019

ℳiИiℳÅℒ

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Carl Andre, Dan Flavin, Donald Judd, Sol LeWitt, Robert Mangold, Robert Morris à la Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin pour une exposition consacrée à l'art minimal. Mes amis me conduisent dans une balade en banlieue et de surprises en surprises, nous revisitons nos classiques et sommes devant des œuvres monumentales, qu'elles soient planes ou incurvées, creusées ou en volume, éclairées ou alignées, peintes ou brutes, toutes celles que nous connaissions sont manifestement là, présentes ou reproduites pour ces expositions. Cela fait du bien de se retrouver devant plus grand que soi, dans tous les sens du terme. Pousser une porte et voir un aplat rouge très bien posé, douter de sa réalité, des œuvres monumentales. On se dit, il y a de l'espace, du mental, et les finitions sont impeccables. J'ai beaucoup apprécié voir de près ces finitions, des côtés des tableaux, ces fissures dans le bois, ces attaches radicales, toutes ces lignes tracées, fines ou épaisses, qui dessinent des paysages et une bonne connaissance des étendues, du vide et des déserts, des espaces ouverts. Il y a un contraste avec ces vies ici, dans les petits coins et des jaloux partout, des divisions, des envieux, des petites histoires si petites, il n'y a aucune envergure, pouvons-nous observer : plus de paysages ? Le pays ne serait que blocage. Celles et ceux qui ne manifestent pas pour le prix de l'essence, pour gagner plus, pour garder leur emploi, ce sont celles et ceux qui ont les plus grands rêves, pas de voiture, pas de travail et parfois, pas de famille. Les rêves ne font pas de bruit, et ne sont pas visibles, ils circulent dans le déracinement, le dénuement, l’ascétisme, la méditation, le silence, ils s'attrapent en plein vol, si inattendus. Ils n'ont pas besoin d'un président, ni de syndicat, ni d'accessoire pour montrer leur appartenance, leur caste ou leur pédigrée, leur passe-droit. Les rêves, ce sont des accès infinis. Il n'y a pas de censure aux rêves, ni de petits rois élus pour les casser et se plaindre. Les rêves à discrétion. Et il n'y a aucune obligation de réalisation. La beauté à l'état pur.
Et de mon point de vue, la beauté mène à l'amitié. Merci les amis pour ces espaces-temps souvenirs et espoirs de fêter nos années vieillissantes et mûres comme des pommes infinies.


Né à New York dans les années 1960 en réaction à l'expressionnisme abstrait, l’art minimal se distingue par une radicalité formelle qui bouleverse les modes traditionnels de présentation de la sculpture. La sérialité, le privilège accordé au concept ainsi que l’emploi de matériaux industriels constituent le socle commun à partir duquel se déploie un ensemble de pratiques individuelles.

L’œuvre de Robert Morris, j'aime beaucoup celle-ci. Il est décédé en novembre 2018. Ses formes m'inspiraient lorsque je faisais de la danse contemporaine, en fait je pouvais voir et comprendre ses œuvres parce que je dansais. Il intitule « Anti Form », et s’oppose aux choix du Minimalisme et fait part au public d’un changement d’orientation de son travail en proposant une sculpture littéralement souple, parfois à la limite du périssable. Ses matières déclinent l'entropie, la dégradation, l’autodestruction. En même temps, venant des années 60, moi dans les années 80, je regardais aussi le travail d'Eva Hesse devenue un mythe car décédée très jeune, parmi tous ces hommes célébrés, je pensais que les choses changeraient, non elles se confirment, et je visite des expositions qui consacrent le parcours de ces hommes gilets blancs ou jaunes, finalement, débattre revient au même, puisque la structure porteuse reste la même. Son travail m'inspirait alors, il m'entrainait dans l'appréhension de la matière pas très nette, dirais-je, protéiforme. Pourtant la netteté ou la propreté de celles montrées à Pantin pour le minimal m'ont subjuguée. C'est que nous sommes dans un bazars effarant, alors comme le lapin pris dans les phares du minimal, ces œuvres américaines, très connues, vues et revues, m'ont apaisées, dans le foutoir politicien français. J'ai pensé avoir oublié qu'il fallait parfois ranger, être exigeant et ne pas transiger, ce que je faisais assez bien avant, jusqu'à ce que tout se corrompt sous mes yeux et que la sidération empêche tout geste quotidien, sans qu'il ne soit entâché de ce problème, des mauvais enseignements. Alors voir cette œuvre installée ici, celle de Morris, me semblait très actuel, car je l'avais souvent vue au centre Pompidou (Robert Morris, Wall Hanging, 1969-1970, Tenture de la série Felt Piece, Feutre découpé, 250 x 372 x 30 cm) et elle m’apparaissait comme un vieux tapis poussiéreux avachi. Je pense que c'était l'odeur du centre qui dominait, la poussière. Alors je préférais la voir sur catalogue. Souvent il y a des œuvres montrées qui m’apparaissent très poussiéreuses dans les Musées ici, peut-être les conditions de conservation ? Surtout dans les Frac. Mon odorat développé fait que l'odeur entre en jeu dans ce que je vois et ne s'en décolle pas. Je supporte difficilement les galeries ou espace qui viennent de poser un coup de blanc, de peinture aux murs et les vernissages sont très désagréables. Ainsi vais-je rarement aux vernissages, mais les finissages, l'odeur s’atténue et on voit mieux les œuvres.

La galerie Gagosian présentait le travail de Mickael Heizer, artiste spécialisé dans les sculptures à grande échelle et dans le Land art, né en 1944, toujours contemporain. Aussi ces années 60, dans notre périple en banlieue jusqu'au Bourget au sol des avions en l'air, reflétaient un héritage qui se trouve complètement balayé aujourd'hui. On n'enseigne plus, on forme et je ne sais pas si c'est bien. Je pense que l'on s'adresse à des petits enfants, alors que les écoles supérieures d'art devraient être pensées pour des adultes. La récréation ne devrait pas s'éterniser ni l'image aseptisée des soixante-huitards ne devrait être autant diluée dans des revendications qui ont perdu le goût de vivre et l'envie de créer, prenant en chantage les étudiants pour la retraite des professeurs, étudiants sans avenir avec les sempiternelles empruntées références, trempées dans de lâches syndicats. Tourbillons des amertumes, le néant, pourtant pas nihilistes ces communes, juste aigries, vengeresses, démagogues. Mais bon, grâce à mes amis, je m'éloignais d'un microcosme pour rejoindre le macro ou l'espace des possibles. Être conduite était rassurant, une fois n'est pas coutume, se laisser porter par l'expérience de ces voyageurs, et si rapidement faire toute la banlieue avec leur sécurité, leurs désirs mêlés aux miens, nos choix concertés. Je me sentais comme l'enfant avec un papa et une maman qui m'enseignent en me demandant mon avis et en interrogeant mes souvenirs, ou les écoutant. C'est donc cela, la parentalité. La question n'est plus de se plaindre, ni de manifester un mécontentement, mais de confronter des envies et des rêves, des espaces, des lieux, des cultures, et de là, advient toujours quelque chose de nouveau, inattendu, ce que l'on peut nommer, la création. Dans la pâtisserie, il n'y a que des erreurs, dixit une experte <3

J'ai beaucoup apprécié ces 3 peintures de Mickael Heizer, vraiment splendides, le dessin sur la toile, celui de l'espace, rond et gonflé comme un souffle de liberté, tendu dans un châssis qui épouse la force du trait noir, c'est presque jouissif de l'observer. Cela créé une grande satisfaction en moi de comprendre que cela forme des espaces dans lesquels je partage les tenants et les aboutissants. Physicalité, invention de mots en présence des toiles tendues sans visiteurs, sans achat possible, juste imaginer comment cela a pu se faire, où et quand, combien de temps, quels matériaux, est-ce de la couleur ? Ou le gris et le blanc cassé se sont fondus admirablement avec le temps, ou tout simplement ne sont-ce que des reproductions réalisées pour cette exposition avec un protocole établi par l'artiste. Physical painting peut-être...

Belle surprise, l’œuvre de Seulgi Lee au Château de Rentilly. Je rêvais de pouvoir un jour les voir ces tissages. Elle fait partie de la lettre "L" tirée au sort pour le commissariat de cette exposition. De loin la meilleure de tous les artistes présentés. Quelle chance, elle nous a réunie ce jour-ci, 4 artistes et anciens étudiants qui nous sommes rencontrés au même moment à Paris, ici une vingtaine d'années plus tard. Je n'aurai jamais pensé cela possible, être toujours en contacts, malgré nos différences, mais aussi, avec un collectif en commun, et des aventures très singulières, inaudibles.

Là c'est une cachette : un bain Turc...

Nadar à la Bnf, ils sont arrivés à bien scénariser leurs familles et leurs histoires photo-généalogiques. Grâce aussi aux inventions scientifiques de cette époque, l'aérostatique photographie du ballon, premiers quadrillages cartographiques de vues du ciel. Je me suis dit que c'était une véritable épopée de la prédation et du contrôle. Celui par l'image (la photographie) et du miroir (un grand "selfie familial), le contrôle de son image, l'image de sa famille, son patrimoine photographique, breveté parfois, sa signature, ses costumes (ils sont souvent costumés, ils miment), même jusqu'à photographier les morts, les écrivains, et en faire des caricatures, bref, on a là, l'aventure même de l'écriture de soi et du souhait de sacraliser ses gènes. C'est un peu étrange, mais très "Das Unheimliche" de Freud, et son inquiétante étrangeté. C'est ce que l'on fait, on se mire, on se photographie, on trace sa famille, ses objets, ses cadavres (jusque dans les catacombes) et on classe, on juge (les photographies sur l'hermaphrodite, sont terrifiantes dans ce qu'elles montrent du contrôle et de la prédation du voir) en pensant documenter. L'association médicale à la photographie, et ses microscopiques trouvailles des virus... Entre progrès et régressions, de toute évidence. Quand la technique tue la création. Ou quand on remplace la création par l'innovation, on peut parfois obtenir une répétition, un mime, mais sans aucune création. Cela dit les costumes des pierrots m'ont séduit, j'aime beaucoup voir le grain du tissu derrière et ces amples vêtements, trop grands. Les voyages colonisateurs rappellent que nous ne sortons pas grandi de ces documents aujourd'hui, et que le progrès n'a pas été en faveur des colonisés. La prédation par la technique et la science a toujours pensé avoir un aval sur la connaissance. Hors ce n'est pas vrai. Elle ne peut être que l'effet d'une image déformante et la réalité est toujours à apprendre, car les points de vues sont divergeants.

Photographies : Sonia Marques (et un médiateur du château de Rentilly)

Tout cela me faisait penser à Velly Jonas, je ne saurais expliquer pourquoi, mais c'est très beau :


Art Par kiwaïda at 17:27

06/01/2019

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Felix-Vallotton-Sunset-Gray-Blue-High-Tide.jpg

Félix Valloton "Coucher de soleil, marée haute gris-bleu" (1911)

Ce tableau est celui de Félix Valloton peint en 1911 "Coucher de soleil, marée haute gris-bleu". Nous le retrouvons dans le premier film "Un beau voyou" de Lucas Bernard sorti ces jours-ci, dans le genre policier élégant nous embrigadant dans les ficelles du recel des tableaux à la valeur intermédiaire, d'artistes contemporains. Coïncidence ce tableau est montré par le père d'une restauratrice, lors d'un dîner où le commissaire s'aventure à rechercher un voleur, amateur d'art. J'avais publié quelques œuvres appréciées de Félix Valloton l'été dernier sur ce blog, mais ne figurait pas ce coucher de soleil. Au moment de son apparition, dans le film, le père demande au policier s'il connait le peintre très connu qui a réalisé cette toile. Mon ami me dit que cette toile ressemble à la peinture que je suis en train de réaliser. En fait je n'avais jamais fait le rapprochement avec Valloton. C'est une interprétation de ma part, d'un ciel étoilé en Galice, un point où les constellations sont le plus visibles. Donc ce film me révèle une de mes références, génial ! L'histoire est celle de nos non-dits, dans notre société et de la fragilité du "dire", de se "décrire" aujourd'hui, quand l'identité se masque pour mieux vivre. En effet, le jeune voleur, l'amoureux  transit, sur la pointe des pieds, ne dit mot de son mode de vie, où il vit, dort, comment il vit, se nourrit, et s'il travaille. Il dit de lui-même qu'il est entre 2 truc, en recherche personnelle, une façon d'éliminer toute question trop intrusive jusqu'à ce que ses parents ne sachent même pas de quoi vit-il, ni qui est son entourage. Dans tout le film, et par ricochet, les familles que l'on découvre sont elles-mêmes à cette lisière, n'être pas bien repéré ni vu, ni compris d'une société qui attend toujours que soient ciblés les objectifs de vie, d'amour, d'emploi. Les parents partent à la retraite, mais aussi sur la pointe des pieds et les enfants ne savent rien de ce nouvel élan vers le vide à programmer et laissent ceux-ci abandonnés à leur sort et leur pièce évidée où juste un avenir jonché de maladie et de décroissance les attend, sans plus aucun contact avec la vie professionnelle d'avant. D'ailleurs les collègues sont les premiers à oublier ceux-ci, dès leur pot de départ et à les empêcher de revenir comme s'ils devenaient un spectre proche de la mort et que le travail, seul, fait oublier ce spectre trop brillant. Je pensais ainsi au crépuscule. Ce film est crépusculaire, lunaire aussi avec des visions somnambules, seules élévations que l'on peut entrevoir peut-être, de ces logements si chers et inaccessibles. Tout comme les objets, les petits vols des petits cambrioleurs, des petits poucets qui ne souhaitent nullement retourner dans les maisons de ces parents qui les ont abandonnés à un avenir bouché. Cette société où les grands de ce monde, ces parents ont volontairement transmis un avenir miséreux aux enfants, sans aucun espoir, ni une espérance de vie saine. Les enfants, sans emploi, diplômés et pas près de trouver un "job" sont eux-mêmes incompris de leurs parents, pas de vie stable, ni d'amour porteur, ni de carrière et ni d'enfant pour lesquels les parents auraient encore un job à venir après leur retraite : s'occuper des petits enfants. Toutes ces habitudes et normes sociales disparaissent dans ces logements minuscules dans les greniers de grands immeubles dont il faut payer l'énorme somme, et personne n'a les moyens de les pourvoir, malgré la file indienne mascarade qui laisse à penser que les agences vampires ponctionnent sans penser comment reconfigurer tout ce système qui mène à la mort, de l'emploi et l'économie, voire des constructions familiales. Alors que reste-t-il ? L'art, une valeur plus sûre où investir, pas dans les grands artistes qui ont la côte, non, dans les intermédiaires. Voici ce que nous dit le film. D'ailleurs le voleur surdoué connait bien les failles. Il sort des radars technophiles, et surfe sur les toits de Paris, belles épopées nocturnes et agiles, à la recherche de la toile et des collectionneurs, des notables, des restaurateurs, toute une filière dans l'ombre des terreurs d'aujourd'hui, de ce qui fait peur et attise les haines. Car ce voleur illumine le temps et le regard. Il nous encline à voir, à mieux voir le tableau. Le commissaire aiguise son histoire de l'art à travers ses souvenirs de visites de Musée avec sa femme défunte, l'art cela sert à cela, aux souvenirs. Donc ce père truculent insiste face à ce policier néophyte, afin qu'il dise ce qu'il aime ou n'aime pas dans les tableaux qu'il montre. Le policier hésite, trébuche, n'ose pas penser, ni dire son point de vue, il tâtonne dans le noir, car il est sommé de ressentir, réfléchir et dire, tout un art, de contempler, d'observation. Nous y sommes, c'est notre métier, celui de l'expérience du regard. Tout commencerait ainsi, qualifier ce que l'on voit, apprendre à voir. Qu'est-ce que le goût ? Est-ce de l'art moderne ou contemporain, est-ce récent ? Nombre de portraits avec de petits points des visages un peu surréalistes sont présents dans ce film. On ne sait toujours pas quel est l'artiste, dont le réalisateur a emprunté ses tableaux pour scénariser une exposition. Cela donne envie de refaire un tour aux Musées et expositions avec les amis, en parler, écrire un bout dessus, vivre de ces contemplations et passer des soirées à admirer les œuvres d'inconnus, découvrir de nouveaux noms, de nouvelles histoires, se sentir faire partie d'une très grande famille, et pas celle qui nous est présentée avec un écran géant qui trône au milieu des salons, le son à fond et nous abruti, non, la famille des inventions, de l'imagination, de l'observation, de la sensibilité. Oui car chacun son parcours, son histoire, ses observations, ses ressentis. Cela se travaille et cela fait grandir. Il y a bien d'autres fenêtres et ce n'est pas une chance de les connaître et les ouvrir, afin de découvrir des paysages, c'est un travail. Oui c'est un travail, c'est par nos efforts, notre obstination, notre appétence et nos facultés à voir ce qui demeure, pour le plus grand nombre, invisible. Ces vies sont sorties des radars et des politiques, à jamais. Toujours cultiver.


Art Par kiwaïda at 20:38

05/01/2019

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Cela mérite réflexion

Parle à mon pompon

Le sel de la vie

La fabrique des pièces d'or

Créer de la richesse

Et des rebus

Pétales, poudre magique, chaque geste compte, replier, secret, cuisine

Lotus

Barques qui flottent sur le ciel étoilé

Fuck la jalousie !

On s'en fou de mai 68 !

97 ans c'est beaucoup ! Avec toi c'est mieux <3

Photographies © Sonia Marques

Merci pour la chanson :

An-ton, I-van, Bo-ris et moi

Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi

moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi

Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi

Ivan, Boris et moi

1. Lors-que nous é-tions en-core en-fants
Sur le che-min de bruy-ères
Tout le long de la ri-vière
On cueil-lait la mi-ra-belle
Sous le nez des tour-te-relles
An-ton, I-van, Bo-ris et moi
Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi
moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi
Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi.

2. Le di-man-che pour al-ler dan-ser

On met-tait tous nos sou-liers
Dans le mê-me pa-nier
Et pour pas les a-bi-mer
On al-lait au bal à pied
An-ton, I-van, Bo-ris et moi
Re-bec-ca, Po-la, Yo-han-na et moi
moi Sa-cha, So-nia, Da-vid et moi
Di-mi-tri, Ya-ni, Na-ta-cha et moi.

3. Ça compliquait bien un peu la vie

Trois garçons pour quatre filles
On était tous amoureux
Toi de moi et moi de lui
L'une hier l'autre aujourd'hui

Au refrain

4. Dir' qu'au moment de se marier

On est tous allé chercher
Ailleurs ce que l'on avait
À portée de notre main
On a quitté les copains

Au refrain

5. Aujourd'hui chaque fois qu'on s'écrit

C'est qu'il nous vient un enfant
Le monde a beau être grand
C'est à peine s'il contient
Nos enfants et leurs parrains

Au refrain
Paroliers : Emile Stern / Eddy Marnay

Art Par kiwaïda at 16:22

03/01/2019

ϟ☺ᾔї@ ℳαґⓠʊε﹩ ➸ Ḱ☤ẘ@ïⅾα

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Un texte de Julien Ducourthial sur mon travail artistique :

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Double-page du catalogue de photographie RESIGN © Sonia Marques - 2017



Sonia

Je connais bien l'artiste Sonia Marques. Mais son imaginaire me semble insaisissable, multidisciplinaire, passant d'une technique à une autre, d'une théorie a un concept, de l’éphémère au concret, du doute au rêve. Une artiste fascinante parce qu'elle réinvente toujours le perceptible et le sensible.
J'aime sa créativité de l'instant, pulsation et hybride dans une recherche pleine du sens et du dire. Son parcours et ses différents travaux sont un panel éclectique de visions et de poèmes dans lesquels il faut s'isoler pour en capter l'essence et la singularité.
Il n’y a pas de facilité dans l'approche de ses travaux, mais une implication du sens et de la réflexion plastique, qui ne se laisse pas 'juger et estimer' au premier coup d’œil. Pourtant des questions se posent face à son œuvre, la jubilation des couleurs, une donnée précise, un concept qui semble faire sens ou une démarche tellement radicale qu'elle convainc. Ici son travail s'amorcerait sous la forme d'une apnée, éphémère et périlleuse ou l'on découvrirait un palais aux multiples entrées au fond des mers. Des images fugaces et persistantes, celles de découvrir chaque pièce de ce palais des océans ou se présentent des travaux artistiques minutieux, riche d'inventivité et d'originalité comme ses écrits. Il faut donc se projeter dans ces univers parallèles complexes et sensibles. J’apprécie sa vision exotique, radiale, parfois ombrée de la vie qui se reflète dans ses travaux et éditions photographiques Bonjour, Jungle, Deep (catalogues, 2011) et dans son travail photographique constitué via son blog Bmk, épicentre d’évolution et de mutation visuelle quotidienne avec ses séries en cours. Les photos sont souvent directes, posant la question du documentaire et de la recherche, des excursions et des voyages avec des cadres serrés, précis sur des tableaux transformés de l'espace urbain ou naturel. Il y aussi cette transition plus récente vers l'artificiel, qui transcende ses photographies, une action posée sur ce qu'elle voit et comment elle veut le voir par des retouches colorées qui intensifient les détails et le ressenti comme le ferait une peintre. Reste une notion de distance, le regard du spectateur qui connaît ou reconnaît par fragment les éléments modifiés et doit décrypter l'inversion de ses artefacts photographiques. Passer du réalisme de l'image au post-media digital, dérangeant, fluctuant, magma volcanique de couleurs en cycle. Sonia Marques semble apprécier ce trouble qu'elle instigue comme si le sens des images devaient devenir plus profond, plus mystique, vers une quête intérieure spirituelle qui s'affranchirait du sens premier de l'image vers des entrées poétiques et polysémiques. Alors on bascule dans des univers de science-fiction, non sans humour car il y a toujours un pied de nez à l'évidence ou au ressort comique de la chute. Des travaux comme Ghost ringneck (vidéo, 2012), Ready for the meeting (photographie, 2013), Les grands écoutants (sculptures, 2014) invoquent la révolution du temps, réalités différées par le mimétisme animal, visions scénarisées du quotidien, parfois du cauchemar. On se plaît dans ces multiples, aux couleurs inversées qui sèment le désordre des sens et nous emmènent vers de nouvelles prospections visuelles et sensorielles. Son travail est un mélange subtil de connaissances, aussi bien en peinture, dessin, son, graphisme et art vidéo. Le digital et les nouveaux médias y prennent une part importante et singulière tant l'outil devient vecteur, prolongement cyber sensoriel pour appuyer les scénarios qu'elle invente. Il y a une tension des éléments dans ses tableaux usant de picturalité et de frénésie colorimétrique, une éclosion de merveilles similaire à la nature et sa diversité de fleurs, fruits et paysages. Complexe à la base et complexifié par l'artiste qui s'inspire de ces mystères que sont la faune et la flore, revisitées par son imaginaire dans un déluge de sciences phosphorescentes. Chaque travail artistique cache un désir, intime, de dépasser la vie pour créer et tenter de délivrer une vision singulière dans le foisonnement de nos connaissances et de nos acquis personnels ou savants.
Les éléments de représentation en mouvement comme Domino (dessin, peinture, 2013), Contemplations (digital print, 2012) ou Topaze (digital print, 2012), visions oniriques, cosmiques, abstraites ou galactiques nous sont transmis en ondulations, lumières, collages pyrographiques tant la précision et le choix des couleurs abordent la kinesthésie. Si la couleur est un motif central de son kaléidoscope, le son, les mots et la musique y occupent aussi une place importante. Elle réalise plusieurs albums (Château, Monstrum, Pépino, Insonia Verao), échos vibrants de multiples variations, brutes, discrètes, changements de voix, du minimalisme ambient à la dystopie bruitiste, fantasque de carnaval et de couleurs allant du sombre au clair et inversement. Le travail Hansel (vidéo, 2013), poème conte, cristallise les tensions et les lignes réflexives inhérentes à son travail. Soutenu par une narration lente, vocale et continue, on s'aventure dans une zone fictive et infinie, un paysage inconnu et tragique , mêlant le cognitif et le crash mental.
Chaque partie de son œuvre est savamment pensée, pierres précieuses brutes ayant toutes un lien secret entre elles. On peut ne pas voir leurs éclats, ou ne pas y prêter attention et pourtant chacun de ses travaux est  de l'ordre de la sublimation, d'un objet, d'une vision, d'un animal, d'une fleur, d'une émotion. Ces voyages ésotériques, denses, véhiculent un sens profond lié à la beauté du monde et à la transmission de son observation.

Resign

Resign, édition numérique de photographies en noir & blanc solarisées, nous fait entrer dans une histoire avec ses fragments, sa conscience et ses tensions. Quand on découvre cette publication il n'y a que le fil des pages qui relie les images mais on devine un long processus de réflexion qui amène l'agencement de ces photos. On se trouve en présence d'éléments familiers : une ville, des animaux, des fleurs, des enfants, des portraits; des scènes presque quotidiennes qui se succèdent. On perçoit un leitmotiv du temps, de l'attente, de l'indécision, d'une captation soutenue du détail et peut-être comme le suggère le titre d'une résignation. Hors le titre veut dire démissionner en anglais. Alors s'agit t'il d'une démission du réel pour mieux le fantasmer ou d'une démission légitime d'un monde agonisant et sombre? Ce projet pose des questions et témoigne de la finesse de l'artiste et son hypersensibilité à l’égard de ses sujets, à la fois tendre et puissant. On s’inquiète de ces photos en négatif, qui viennent s'intercaler comme des flashs et rythment ces essences du réel. C'est beau et dramatique à la fois amenant un climax qui ne lâche plus jusqu'à la dernière page. Fleurs qui contrastent, temps irrésolus, beautés spatiales, accidents de contradiction. La photo de couverture rappelle le christ rédempteur, ici en figure humaine, tangible, c'est l'ouverture du bon. Suit un sourire, des fleurs, des personnages, des fenêtres sur un réel / digital que j'aimerais penser post-internet mais qui ne l'est pas vraiment puisque l'on peut y ressentir des sentiments. Les éléments technologiques (drone, tablettes, téléphones portables) présentes dans le cadre, interfèrent avec ces scènes du quotidien et nous les présentent comme critiques, à la fois technologie inoffensives mais omniprésentes comme un état permanent de surveillance. Le travail de photographie de Sonia Marques se concentre sur ces éléments avec un iris panoramique, grandiose de nuance et du souffle qui murmure parce que finalement il valait peut-être mieux démissionner du faux pour mieux rattraper le réel.

Ready for the meeting

Voilà un rendez-vous pas comme les autres, loin des hangars débarras d’art contemporain normatif. Ici commence vraiment la fête avec "Ready for the meeting" et ses joyeux drilles. On y aperçoit une famille de big brother animalier débonnaire dans des salles de réunion au design moderne qui amènent leur esprit pince-sans-rire dans les piles de dossiers disparus de réunions importantes. Finalement que restent-ils de ces réunions ? Pas grand-chose, et ces perturbateurs endocriniens involontaires semblent se manifester pour poser la vraie question. Sonia Marques ne sacralise pas ces lieux tendances, elle les présente comme des showrooms spongieux et étouffants, lieux d’action d’un imaginaire en devenir où un ours avec ses yeux noirs surveille le vide intersidéral d’une salle. Sous leur aspect mutique, ces animaux en carton en savent beaucoup mais ils n'ont pas l'air décidés à nous dire quoi que ce soit. D'ailleurs ils n'existent que comme objet de représentation, mais leur mimétisme rappelle beaucoup les humains et cette pièce crée une situation comique et burlesque, moqueuse de la technocratie et de son sérieux convenu. On cherche les pièces du puzzle, un peu déstabilisé devant ce réalisme sauvageon, à la fois potache et véridique parce que la perception est remise en question par une imbrication de l'animal et de l'enfantin dans le normé, l'adulte et le décisionnaire. Sous la satire sociale on attend presque un coup d'état révolutionnaire de la part de ces personnages fictifs, mais peut-être sont-ils tout simplement pacifiques.

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texte © Julien Ducourthial (juin 2018)

Photographie de READY FOR THE MEETING © Sonia Marques - 2013

Art Par kiwaïda at 16:58

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à tous les pigeons
© Kiwaïda

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28/12/2018

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Poema de Natal (Photographies © Sonia Marques & JD)


Paysage Par kiwaïda at 16:48

24/12/2018

Dḯṽїη

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Animal Par kiwaïda at 14:09

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