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blog m kiwaïda

05/11/2018

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Photographie Óscar Blanco

Solo hace falta tener interés por descubrir el cielo y observar las estrellas que se colocan ante la mirada. Y dejarse guiar por expertos en astronomía. Es lo que ofrece Astrotrevinca, las jornadas astronómicas que desde hace tres años organiza el Concello de A Veiga. (La voz de Galicia)

Pena Trevinca, avec une hauteur maximale de 2 127 mètres, est le point culminant de ce massif qui compte également d’autres montagnes importantes, telles que Pena Negra (2 121 mètres) ou Pena Surbia (2 095 mètres). Cette zone fait partie du réseau Natura 2000 et constitue un site d'importance communautaire (SIC), ainsi qu'une zone de protection spéciale pour les oiseaux (ZEPA). Le territoire protégé couvre une vaste superficie de près de 25 000 hectares situés dans les limites provinciales d'Ourense avec les villes de León et Zamora, dont la majeure partie est située dans la municipalité d'A Veiga et de Carballeda de Valdeorras. Paradis pour les sports nautiques, tels que le kayak, le paddle surf ou la natation, qui trouvent leurs paysages naturels dans le réservoir de Prada, ainsi qu'un territoire riche en culture, en gastronomie et en une riche ethnographie, un morceau de Galice préservé, résultat d’un enchantement...

Photographie Millán Dasairas

Photographie Emilio Blanco López

Photographie de la Revista Oxígeno

Paysage Par kiwaïda at 14:29

01/11/2018

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Canyon du fleuve sil à Orense, Galice, Espagne

Ceux qui vivent au milieu des pierres

Le Sil est un affluent du Minho en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne. Le Sil est long de 225 km, et est à leur jonction à Os Peares, plus important que lui tant par sa longueur que par son débit. La principale localité arrosée par le Sil est Ponferrada. Un peu de voyage, je prends le fleuve Sil, je pars dans la montagne, en Galice, en Espagne, voir mes arrières grands-parents maternels... Les premiers d'une recherche généalogique passionnante, je vais voyager, et il y a du pain sur la plancha !

<3


Il sont beaux, ce sont les parents de ma grand-mère maternelle, espagnols... Je m'arrête dans cette ville Orense :

    

Cité de l'or

Orense est un nœud de communication entre Madrid et la côte galicienne (Vigo, Pontevedra, La Corogne). Elle est une étape du chemin de Saint-Jacques, sur l'itinéraire qui vient d'Andalousie appelé Ruta da Prata. Réputée pour ses sources d'eau chaude connues depuis l'Antiquité. Baptisée par les Romains la « cité de l'or » (Auriense) à cause de l'abondance de ce métal, elle fut une importante cité de la province romaine d'Hispania jusqu'à ce que ses réserves d'or s'épuisent. Ancienne cité romaine et capitale des Suèves (VIe et VIIe siècles.), elle a été détruite par les Maures en 716. Elle a été reconstruite plus tard par Alphonse III des Asturies aux environs de 877. Les raids Vikings, ainsi que des attaques du chef de guerre arabe Al-Mansour, ont mis à mal la ville à plusieurs reprises. Ce n'est que sous Sanche II de Castille et sa sœur Elvira, dame de Toro, que la ville a été réinstallée au cours du XIe siècle. C'est au XIIe siècle qu'Ourense est devenue un important centre de services.

Les suèves :

Les Suèves (Suevi ou Suebi en latin) sont un groupe de peuples germaniques. Un fort contingent de Suèves suit le parti politique des Vandales qui franchissent le Rhin gelé en 406 pour traverser la Gaule de part en part vers les terres méditerranéennes. Les armées itinérantes sont refoulées dans la péninsule Ibérique. Elles se querellent pour la suprématie ; le parti Suève est écrasé par les Vandales à Mérida en 428-429. Les Suèves indésirables sont pourchassés et s'enfuient vers le nord-ouest de l'Espagne, trouvant des hôtes amicaux dans la forêt de Galice. Il semble que les Suèves pourtant germanisés n'aient pas perdu la langue et les rituels celtiques, facilitant leurs assimilations aux populations celtibères autochtones. Mieux, ils en deviennent indélogeables et lancent des expéditions guerrières réussies en Lusitanie et en Bétique. Le roi suève Réchiaire adopte la religion chrétienne du peuple galicien vers 448. Son royaume stable est toléré par les souverains wisigoths avant d'être annexé en 585. Il constitue le premier jalon du royaume de Vieille-Galice, à l'origine du Portugal.

Les vikings en Galice :

A presenza de viquingos en Galicia tivo lugar entre os séculos IX e XII, cando estes deviran unha potencia naval e militar, lanzando expedicións de saqueo e conquista polo océano Atlántico e subindo polo leito dos ríos até as cidades que pretendían saquear. Así chegaron até o mar Mediterráneo, e no camiño estaba Galicia.

Les Vikings sont des guerriers, navigateurs, pillards et commerçants venant de Scandinavie, qui se répandent en Europe occidentale à partir du VIIIe siècle. Ils s'implantent successivement dans différentes régions, en commençant par des raids le long des côtes et en remontant les fleuves. Ils s'installent ainsi dans ce qui devient la Normandie, un puissant duché qui leur sert de nouvelle base de départ pour continuer leur expansion. Ils sont à la fois Vikings par leur origine et Normands par ce nouvel État. Ayant comme nouvel objectif la Méditerranée, ils longent la Galice et ils y mènent de nombreux raids.

Les celtes :

A la pointe nord-ouest de l’Espagne, la Galice est une des régions les plus sauvages d’Espagne. Tandis que la côte, relativement peuplée, alterne falaises et rias bourrées de charme, le centre de la région est montagneux est désert.

Celtique, romantique, mystérieuse, la Galice est une région forte où sont nées des femmes de caractère qui ont marqué l’histoire de l’Espagne. Ici en Galice, une femme, inconnue éclaire le monde.

La Galice, région océanique du Nord-Ouest de l'Espagne est le septième pays celte. Les paysages de collines vertes, de rias profondes, de maisons dispersées aux toits d'ardoises, de croix au carrefour des chemins, ce peuple pendant longtemps marin ou paysan, conservateur et croyant rappellent bien d'autres pays celtiques.
Le caractère celtique de la Galice est fréquemment remis en cause. La grande majorité des 2 700 000 Galiciens parlent une langue latine proche du portugais. Le caractère celtique du peuplement de la Galice pendant l'Antiquité a parfois été contesté. Pourtant l'attachement des Galiciens à leurs racines celtiques ne se dément pas. Il s'appuie sur les traces celtiques dans la langue galicienne, des légendes comme celle de Bréogan suggérant des liens avec l'Irlande et la Bretagne, des traditions populaires et le souvenir d'une colonisation de certaines terres par les Bretons insulaires autour de l'évêque Maheloc. L'existence de nombreux villages nommés "bretoña", des découvertes archéologiques et jusqu'au goût des Galiciens pour la gaita, la cornemuse locale, les rapprochent des autres nations celtiques.
L'enjeu dépasse la simple affirmation d'un droit à la différence dans la Péninsule ibérique. Aujourd'hui, dans le cadre décentralisé de l'Espagne, la Galice est une région disposant de son drapeau, de son gouvernement et de son assemblée, la Xunta. Sa population n'émigre plus. Moins agricole qu'autrefois, elle se consacre davantage aux services et à la petite industrie. Les liens économiques avec les autres régions atlantiques, notamment celtiques se mettent en place. Cette volonté de renouer des liens tant économiques que culturels est bien revigorante pour l'ensemble de la communauté celtique.

Proches des bretons, de l'Écosse, de l'Irlande... (Galice : la part celte de l'Espagne)

Les Maures :

La Galice est une terre d’accueil. Elle est envahie par toutes sortes d’aliens depuis l’Antiquité. Les premiers écrits dont nous ayons connaissance font référence aux Kallaikois, un terme qui désigne quelque chose comme “ceux qui vivent au milieu des pierres”. Des Celtes s’installèrent en Galice, puis des Romains, qui baptisèrent la région Gallaecia, mais aussi des Bretons de Maeloc. A leur tour, les Suèves arrivèrent [qui y fondèrent un royaume au Ve siècle] et “ils déposèrent l’épée et s’emparèrent de la charrue”, pour reprendre la phrase de l’historien Sánchez Albornoz. Puis ils furent chassés par les Wisigoths. Il y eut aussi une succession de juifs, de musulmans, de Gitans et d’immigrés de la Maragatería [province de León, proche de la Galice]. Au XVIIIe siècle, les Catalans relancèrent la pêche et les Basques le tannage. Mais l’alien le plus célèbre reste incontestablement l’apôtre saint Jacques. La découverte de son tombeau a donné naissance au tourisme religieux : elle est à l’origine de la première grande route touristique, le chemin de Compostelle. Le tombeau fut découvert par un certain Paio, il y a plus de mille ans, et non par l’actuel président de la communauté autonome [Manuel Fraga Iribarne], comme certains le croient. Des siècles durant, la Galice fut ce que l’on appelle aujourd’hui un centre cosmopolite. Des Francs, des Génois, des Flamands et des Provençaux venaient en pèlerinage, certains s’y installaient. Le premier texte en galicien dont nous disposons est un poème d’amour composé par l’auteur provençal Rimbaud de Vaqueiras. Quand saint Jacques fut décapité par les autorités romaines, l’Espagne en fit son patron et le proclama capitaine matamoros [tueur de Maures]. Aussi étonnant que cela puisse paraître, on dit que “les Galiciens ne se reconnaissent pas dans leurs gracieux ancêtres”. Ce sont les Maures qui auraient habité les castros (villages celtes fortifiés datant de l’époque préromaine).

La Galice est morriña

Le Galicien est cyclothymique, il alterne entre états euphoriques et dépressifs, un peu comme les guerriers celtes, dont on disait qu’ils étaient à la fois enthousiastes au combat et enclins au découragement. La Galice est morriña, ou mélancolie. Tengo morriña, je suis mélancolique, nostalgique. Morriña est un terme que nous avons exporté et qui figure dans de nombreux dictionnaires, comme celui de l’Académie royale espagnole ou le Collins anglais. Ce mot, je vous l’offre pour que vous le diffusiez sur votre planète. Mais attention, employez-le à bon escient. Il évoque le regret, la nostalgie, la mélancolie. On l’utilise souvent pour parler d’une histoire douloureuse, comme la perte ou le départ d’un proche. La morriña est à la Galice ce que la morna est au Cap-Vert ou ce que la saudade est au fado portugais. Mais employez ce terme avec prudence, il a valu aux Galiciens la réputation de peuple triste. De plus, c’est un mot passe-partout, susceptible d’apparaître dans un discours politique ou d’être utilisé à propos d’un mal de dents.
Le dictateur Franco était galicien, Pablo Iglesias, le fondateur du socialisme espagnol, et Ricardo Mella, celui de l’anarchisme, aussi.
Deux autres personnages ont à tout jamais marqué l’histoire de la Galice. Tout d’abord, il y a Rosalía de Castro, qui incarne une mélancolie active et protestataire. La poétesse dénonçait “ceux qui, sans raison ni motif, nous déprécient” - le Galicien est en quelque sorte le “nègre” de l’Espagne.

(article 2004, courrier International)

Rosalía de Castro : À 19 ans elle part à Madrid, écrit la première série de Poèmes Flores, en espagnol, d'inspiration romantique. Puis elle rencontre et se marie avec le journaliste et intellectuel connu Manuel Martínez Murguía qui l'introduit dans le monde, l'encourage à écrire, à publier. Elle écrira en galicien.
Deux malheurs successifs, la mort de sa mère adorée et celle d'un enfant d'un an, la plongent dans une douleur immense. Elle écrira des poèmes déchirants.

 Negra sombra Rosalía de Castro
 
Cuando pienso que te fuiste,
negra sombra que me asombras,
a los pies de mis cabezales,
tornas haciéndome mofa.

Quand je pense que tu es partie,
ombre noire qui m'inquiètes,
à mon chevet,
tu reviens te moquer de moi.

Cuando imagino que te has ido,
en el mismo sol te me muestras,
y eres la estrella que brilla,
y eres el viento que zumba.

Quand j'imagine que tu t'en es allée,
en plein soleil tu te montres,
et tu es l'étoile qui brille,
et tu es le vent qui bruit. 

Si cantan, eres tú que cantas,
si lloran, eres tú que lloras,
y eres el murmullo del río
y eres la noche y eres la aurora.

S'ils chantent, c'est toi qui chantes,
s'ils pleurent, c'est toi qui pleures,
et tu es le murmure du ruisseau,
et tu es la nuit et l'aurore.

En todo estás y tú eres todo,
para mí y en mi misma moras,
ni me abandonarás nunca
sombra que siempre me asombras.

Tu es en tout et tu es tout,
pour moi et en moi tu vis,
jamais tu ne m'abandonneras
ombre qui toujours m'inquiètes. 

Par Luz Cazal

Carnaval :

C’est un des carnavals les plus traditionnels de Galice. Rites et personnages ancestraux relatent le passé de ces fêtes irrévérencieuses qui commencent ici plusieurs semaines avant les grands jours du carnaval, avec quatre Vendredi de « Folión » (pagaille). A Laza, le Carnaval se déroule entre la place da Picota, centre névralgique des actes du Carnaval, et les bars, assaillis par les jeunes de la ville qui créent une ambiance festive avec leurs virées autour d’un bon déjeuner, du vin, de la liqueur de café et les typiques eaux de vie galicienne. Les “peliqueiros” (personnage principaux  du carnaval), armés de zamarras (une espèce de fouet, avec un manche en bois travaillé) avec six « sonnailles » à la ceinture, sont les personnages phare du carnaval et ils attirent l’attention à cause de leur tenue à la foi particulière et impeccable qui peut peser jusqu’à quinze kilos et leurs masques démoniaques ornés d’images animalières. Ils font leur apparition le Dimanche de Carnaval, après la messe. Ils parcourent la ville en groupe en imposant leurs lois. Les gens peuvent les insulter mais en aucun cas les toucher ni tacher leurs costumes. Un des jours les plus animés est le Lundi de Carnaval ou jour “Da Borralleira”, lorsque, le matin, a lieu la “Farrapada” (bataille de torchons enduits de boue) et la “Xitanada” (une procession de couples montés à dos d’ânes) et, l’après-midi, “La Morena” descend depuis la Cimadevila, un homme recouvert  d’une couverture coiffé d’une tête d’une vache qui se consacre à lever les jupes des femmes, aidé par sa suite lançant sur la foule de la place Da Picota une pluie de Fourmies vivantes, parfois mélangées avec du vinaigre et de la farine, pour les rendre plus enragées.

Voyages à suivre...


Enseignement Par kiwaïda at 16:42

30/10/2018

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Un peu plus et nous n'étions plus de ce monde...

Asphyxiés par la négligence des autres, des cendres sous notre vie.
Le droit d'importuner l'autre, ici-bas à pris trop d'importance, au détriment de la vie.

 

Ma dernière sculpture...était noire, et cohabite avec mes gagas blanches...
Prémonitoire ? Elle m'a alertée... superbe oiseau noir cendré, figure de pierre et magicienne.
Halloween veille de la Toussaint, fête païenne célébrée dans la soirée du 31 octobre,
veille de la fête chrétienne de la Toussaint qui honore les saints, connus et inconnus...

Bonjour la vie <3 De retour les amis.

Fumer tue. Oublier les autres aussi.



Art Par kiwaïda at 17:23

29/10/2018

℃@ґḉαяá

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C'est un temps sans soleil... Souvenir


Paysage Par kiwaïda at 14:28

22/10/2018

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Main de Bouddha (© Sculpture Sonia Marques - 2016) Photographies (© Kiwa & JD)

Être de nouveau mère et père, donner à manger, calfeutrer les fenêtres pour l'hiver, humidifier l'air, aspirer les poussières, assainir les espaces des bêtes et des intelligents, arroser les plantes, faire des photographies, bouger son corps, ramer, pédaler, nager, marcher, regarder les nuages, trouver un nouveau groupe d'amitié avec les mêmes passions, couper les cheveux de l'amoureux, rencontrer des mexicains, se réveiller par les rayons de soleil du matin, se laisser photographier, dormir sans entendre les rumeurs, contempler la cathédrale au sons des mariachis, retrouver ses sculptures, laver les plumes, enlever les poils, caresser les peurs, protéger les proies, réchauffer les cœurs, soigner le monde dans une main, attendre qu'il roucoule et se berce de vos chants, le suya-suya arrive et le bonheur avec.

Vacances Toussaint, Pépino angevino.


Art Par kiwaïda at 10:25

13/10/2018

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OPALE

Une légende raconte que l'Éternel a changé en nuage magique une femme qui était convoitée par trois dieux. Le premier lui fit don de la couleur de l'azur afin de pouvoir la distinguer des autres nuages ; le deuxième la teinta de rouge ; quand au troisième il la para de la splendeur du soleil, l'Éternel la ramena alors sur terre sous la forme d'une opale.

L'opale est une pierre fine très spéciale et, contrairement aux autres minéraux, ses cristaux n'ont pas de forme particulière. Les lapidaires la taillent en cabochon afin de préserver ses jeux de lumières.

L'opale apparait dans des régions du monde très sèches. Lors de pluies, l'eau transporte de fines sphères de silice qui viennent s'accumuler dans des cavités rocheuses. Petit à petit ces sphères de silice s'organisent et s'assemblent entres elles pour former l'opale. Lorsque la lumière traverse l'opale, cette combinaison de sphères de silice et d'eau - l'opale peut être constituée jusqu'à 20% d'eau - vient créer des interférences lumineuses qui donnent à l'opale cet éclat multicolore arc-en-ciel.

Il n'existe pas deux opales identiques, chaque opale est unique avec son propre feu.

Couleur : Irisée, Multicolore, Bleu, Grise, Opalescence, Bleu fonce, Bleu clair, Orange, Jaune, Magenta, Rouge, Noire, Blanche, Violette, Bleu mauve, Rouge - magenta, Vert, Vert pomme, Vert clair, Vert fonce, Incolore

Elle ouvre l’esprit à la vie spirituelle et redonne de la vitalité aux personnes fatiguées. Elle calme et apaise, favorise l’amour et la tendresse. Elle a des profondeurs mystérieuses, donne de l’endurance et du courage, et rend… invisible.



Les couleurs de l’opale   :

Toute la splendeur de la nature est capturée dans la variété d’opales fines: du feu et des éclairs, toutes les couleurs de l’arc en ciel y sont représentées. Le gel de silice est incolore ou colore très légèrement. Les variétés incolores ou claires sont indiquées comme l’opale de verre ou opale de lait. Cependant, l’opale peut accepter des impuretés colorées de toutes sortes de couleurs sombres. Les incolores, transparentes, blanches, grises, bleues, vertes, rouges, orange, marron et noir se produisent rarement.

L’opale est inépuisable dans ses couleurs, ses motifs et sa diversité. Aucune autres pierres précieuses ne peuvent l’offrir. La valeur dépend de la fréquence des couleurs trouvées dans l’opale. La couleur la plus rare et la plus chère est le rouge. Surtout dans ses nuances. Si la couleur rouge attire l’œil, toutes les autres couleurs y sont représentées. A l’évaluation de l’opale, l’épaisseur de la couche d’opale, la beauté des dessins et des modèles, la taille et le poids sont aussi pris en considération.

Le responsable du jeu fantastique de couleurs est le gel de silice, causé par les phénomènes de fléchissement et d’interférence. Les perles de silices plus ou moins compactes ainsi disposées, réussissent à démonter la lumière dans la pierre précieuse en toutes les couleurs de l’arc-en – ciel, de manière toujours inédite. L’Opale avec une couleur de corps grise foncée ou noire montre le jeu des couleurs brillantes. L’opale cristal, qui vient sur l’échelle d’évaluation immédiatement après l’opale noire doit être transparente avec un jeu profond de couleurs. Les blanches où Milchopale montrent un jeu de couleurs plus diffus et sont le type d’opale la plus accessible.

L’opale, étant amorphe, n’est pas vraiment un minéral, mais un mineraloïde. Une des normes qui est acceptée scientifiquement définit qu’un minéral doit avoir une structure de cristal, ce que ne possède pas l’opale. Malgré ceci, pratiquement toutes les références scientifiques, y compris le système de Dana (classification des minéraux développée par James Dwight Dana), catégorisent l’opale avec l’ensemble des « vrais minéraux ».

Variétés d’opales


L’opale noble

“L’opale précieuse” projette des couleurs irisées quand elle est vue sous différents angles, quand la pierre est déplacée ou quand la source lumineuse est déplacée. Ce phénomène est connu comme un «jeu-de-couleurs”. L’opale précieuse peut projeter un certain nombre de couleurs comme jaune vif, orange, vert, bleu, rouge ou violet. Le jeu-de-couleurs est ce qui fait de l’opale une pierre précieuse populaire. La désirabilité de l’opale précieuse est basée sur l’intensité de la couleur, la diversité, l’uniformité, le modèle et la capacité à être vu de n’importe quel angle. L’opale précieuse est très rare et est trouvée dans un nombre limité d’emplacements dans le monde. L’opale la plus précieuse est extraite en Australie, des sources secondaires existent comme : le Mexique, le Brésil et les États-Unis. Le Canada, le Honduras, l’Indonésie, la Zambie, le Guatemala, la Pologne, le Pérou, la Nouvelle-Zélande et l’Éthiopie.

"Opale blanche"  

L'opale blanche, translucide ou semi-translucide, de couleur blanche ou claire, c'est la plus connue des opales précieuses avec ses jeux de lumières.

"Opale noire"    

L'opale noire, translucide ou opaque, de couleur noire ou sombre avec un jeu de lumières spécifique à chaque opale.

"Opale d'eau" 

L'opale d'eau, transparente ou semi-transparente, de couleur blanche ou claire, elle est connue pour ses jeux de lumières exceptionnels.

"Opale boulder"   


L'opale "boulder" qui vient d'Australie, est un morceau de roche taillé dans lequel se trouve des fines veines d'opales avec leurs jeux de couleurs. Le contraste entre la roche brute et les veines multicolores d'opales est saisissant.

“Opale de feu”

L’opale de feu est un terme utilisé pour l’opale translucide qui possède une couleur comme le feu de couleur vive, de fond jaune, orange ou rouge. Elle peut ou non présenter un «  jeu-de-couleurs ». Aussi connue sous le nom d'opale mexicaine.

Certaines personnes sont désorientées par le terme «opale de feu”. Quand ils entendent le mot «feu» ils pensent immédiatement des éclairs de couleur spectrale, connue comme “le feu” qui est produit par le diamant de qualité. Où, ils pensent aux éclairs de couleur spectrale, connu sous le nom «jeu-de-couleurs » qui est produite par l’opale précieuse. L’opale de feu pourrait exposer des éclairs de couleur, mais un tel affichage est généralement faible ou absent. L’opale de feu est simplement un spécimen d’opale avec une merveilleuse couleur semblable à un feu en arrière-plan. La couleur est ce qui définit la pierre.

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Multicolored rough opal specimen from Virgin Valley, Nevada, US

Histoire :

L'opale tient son nom du latin opalus synonyme de pierre précieuse pour les romains, en passant par le grec « opallios » qui désignerait les changements de couleur. Mais l'origine du mot viendrait du Sanskrit upala. Elle a été surnommée Pandora, Lumière du Monde ou encore Impératrice en l'honneur de l'opale de feu surnommée "Incendie de Troie" que Napoléon Ier avait offert à l'impératrice Joséphine de Beauharnais.

L'histoire de l'opale est riche, et de nombreux écrivains l'ont comparée à des volcans, des galaxies ou encore des feux d'artifices. Les Romains la considéraient comme la plus précieuse des gemmes car l'opale possède toutes les couleurs, les bédouins disaient qu'elle contenait les éclairs et tombait du ciel pendant les orages, les grecs croyaient que l'opale offrait à son porteur des dons de prophétie et l'immunisait contre la maladie et les européens l'ont longtemps considérée comme symbole d'espoir, de pureté et de vérité.

Autres légendes :

> Certains groupes aborigènes d’Australie ont une légende très poétique dans leur mythologie : le dieu créateur serait un jour descendu sur la Terre en glissant sur un arc –en-ciel. A peine aurait-il posé le pied au sol que toutes les pierres se seraient mises à scintiller, des mêmes couleurs que l’arc-en-ciel…
> Pour Pline l’Ancien, l’opale était merveilleuse car elle combinait les couleurs et qualités de toutes les autres pierres précieuses.
> On raconte que Marc Antoine rêvait d’acquérir la magnifique opale bleue d’un sénateur appelé Nonius, avec pour but de l’offrir à la belle Cléopâtre. Mais le sénateur en question, plutôt que de céder sa pierre, préféra choisir l’exil…
> En Inde l’opale est le symbole de la Trinité (Trimûrti) formée par le dieu créateur Brahma, le conservateur Vishnu et le destructeur Shiva.
> Elle a longtemps été considérée comme un porte-bonheur et présente dans les trésors des Cours européennes. Cette belle réputation fut un temps brisée par l’influence d’un roman du XIXe siècle écrit par l’Ecossais Walter Scott, dans lequel une princesse est accusée d’être démoniaque. Elle porte une opale sur le front et, au contact de l’eau bénite, la gemme perd toutes ses couleurs et la princesse est prise de douleurs… avant de disparaître, ne laissant derrière elle qu’une poignée de cendres.
> Les Grecs considéraient que l’opale était porteuse d’espoir et symbole de pureté. Elle avait la réputation d’accroître la clairvoyance, de rendre plus faciles la méditation et la réflexion, d’améliorer l’intuition.
> Aujourd’hui en lithothérapie, on continue d’attribuer ces vertus à l’opale. Elle calme et apaise, favorise l’amour et la tendresse, améliore la vie sentimentale des gémeaux et des verseaux. Elle ouvre l’esprit à la vie spirituelle et redonne de la vitalité aux personnes fatiguées.

Astrologie :
L’opale est la pierre de naissance des personnes nées en octobre. On l’associe à plusieurs signes astrologiques : verseau, gémeaux, poissons, cancer, vierge… en astrologie chinoise, c’est la pierre du Serpent : elle a des profondeurs mystérieuses, donne de l’endurance et du courage, et rend… invisible.
Anniversaires de mariage : Les noces d’opale désignent le 21e anniversaire de mariage.

Merci pour la découverte... Sérendipité de l'amoureux, entre-deux, à trois, à quatre, entre le Portugal, la Dordogne et Limoges, de recherche en recherche, afin de trouver la précieuse opale.
Et toutes les déconvenues, erreurs de parcours...

Internet Par kiwaïda at 16:23

07/10/2018

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Limoges (Photographie © Sonia Marques)

Les cotons blancs et grisâtres, en couches successives, les regardaient et s'étalaient pour ombrer leurs petits costumes. Épouvantails tous, puisqu'ils étaient disposés pour faire peur aux oiseaux, c'est d'ailleurs ainsi qu'ils étaient élus, parce qu'ils imitaient les épouvantes afin de protéger les champs, largement intoxiqués par toutes ces manipulations et ces marâtres si gentilles. Rien ne pouvait les culpabiliser, ils étaient tous si généreux de semer ainsi leurs graines, et si habiles à filmer leurs progénitures, afin de montrer à tous, qu'ils savaient créer. Seuls les nuages les regardaient. Tableaux mouvants sans peintre et sans aucune intention de le prouver. Un art sans trace et sans référent, divinement offert et sans atteinte à la pudeur. C'était un jour plein, aux éclaircies spectaculaires, aux savoirs illimités, tout était transparent et se présentait devant nous, passants mis à nu, les clés dans nos mains. À découvert, ils nous donnèrent la météo de demain.
Nous n'avions jamais été aussi proches des inepties philosophiques, des injonctions paradoxales, des circonvolutions du féminisme et de l’intelligence artificielle, puisque la mode trépasse, du désir fou de la délinquance au pouvoir, du jouir sans entrave et de son exposition.

- En quoi tout cela nous concerne-t-il ?
Adieux fumeurs de mots, de dates et de voyages, carriéristes décervelés, aux bonjours sournoisement avalés.
Au loin petits points noirs sur le chemin des rapetissements, en pointillé marchant sur les cendres de leur histoire.
Ce jour là. Passants sans nous voir.


Enseignement Par kiwaïda at 22:49

05/10/2018

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 12:05

02/10/2018

Ⓑⓔⓘⓙⓐ-ⓕⓛⓞⓡ

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Art Par kiwaïda at 12:05

27/09/2018

Lø⑂Aυ⊥é

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Matinales de septembre (Photographies © Sonia Marques)


Art Par kiwaïda at 16:42

22/09/2018

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FABULA, exposition de Stephan Balkenhol

Je n'avais pas d’appareil photo, mais j'ai trouvé cette fonction sur mon téléphone portable vétuste et l'objectif de piètre qualité. Je me suis appliquée plus que de coutume et je trouve que c'est pas mal du tout, finalement. Drôles de flous et d'ombres parfois, de points de vue. C'est que je suis tombée par hasard, sans carte, ni programmation, sur des expositions en galeries à Paris que j'ai bien appréciées. Il faut bien entendu avoir une certaine expérience des chemins, se souvenir des trottoirs et des histoires, des amis, des années, des échanges, des évolutions de tous et tant de beaux chemins parcourus. Il y avait l'artiste Stephan Balkenhol, dont je connais les œuvres depuis très longtemps, mais celles-ci étaient assez étonnantes, toujours travaillées dans le bois. Un groupe d'étudiant en master, tel un troupeau a envahi l'espace nu et vide, où figurait une gigantesque sculpture impressionnante représentant Persée tenant la tête de méduse. Je trouve toujours cela très intéressant ce mélange d'étudiants ou d'êtres humains, avec les sculptures figuratives. Surtout pour ce géant carnavalesque, mais avec la touche habituelle de l'artiste (Persée ici a son petit pantalon Balkenhol, noir, très reconnaissable), car les échelles se trouvent encore plus éprouvées. La tête est d'une belle facture, légèrement colorée, ses cheveux, de grosses formes en bois et ces visages placides et sans expressions bien identifiables de l'iconographie du sculpteur. Cette scène fut assez fabuleuse, pour autant que le titre de cette exposition, Fabula, se montrait fière et au-dessus des autres, lors de ma première pause de rentrée. Une chance médusante. En continuant ma traversée fantastique dans des rayons de soleil perçants, après une pluie battante, Paris était comme endormi, enseveli dans un calme inquiétant, peut-être sous une buée d'articles de journaux peu fringants, en cette rentrée flop. Les rues vides, les galeries vides, les œuvres seules et bien visibles, avec quelques initiés condescendants mais pas de fête, ni de sourires. Il y a comme une tristesse qui fige Paris, dans des grilles et des mètres carrés très limités, très coûteux, qui ne permettent plus, à tous, de venir, de visiter. Il y a un sentiment d’épuisement et de sens perdu, de toutes ces individualités qui se côtoient sans jamais s'adresser un mot, se croisent et se bousculent pour ne pas être en retard. Il y a de la fatigue et ces personnes pouponnées au métro, les yeux endormis des matins très tôt, le dos tournés aux inconnus, pieds nus et quasi pourris, allongés quasi morts, tant de personnes considérées comme personne, abandonnées par le même corps de ces êtres humains. Et puis, il y a Balkenhol et ces galeries blanches, combien de corps exposés, vus, ignorés, valorisés, d’œuvres mortes aussi, abandonnées... Tous ces corps qui traversent la rue et n'ont pas trouvé de travail, perdent le sel de la vie. La vie est-elle plus palpable dans ces galeries parisiennes ? Quand on s'approche d'un corps taillé dans du bois, que l'on sent même l'odeur de ce bois travaillé ? Est-ce que l'expression artistique nous apporte du sel ? Oui, aujourd'hui, je peux l'écrire, dans ces rayons de soleil, des formes exprimées me donnent plus accès à un imaginaire, à mon imagination, à ce que la pensée peut produire, de sens, justement, de lignes prometteuses, et non de "projets". N'est-ce pas ainsi, que l'on se sent pousser des ailes, faute de devoir traverser la rue pour trouver un emploi ? Trouver un emploi. Sourions aux manigances faites de pailles, à ces épouvantails qui empêchent les oiseaux de se nourrir, de trouver du travail dans tous ces champs, qu'ils ont eux-même produits... Alors puisque l'on s'envole, partons de ces champs vers des horizons que Paula est partie chercher. Sans aucun doute.

Communiqué de presse :

La Galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir de présenter une exposition de nouvelles oeuvres du sculpteur allemand Stephan Balkenhol à Paris.
Pour cette exposition, l'artiste a puisé son inspiration dans la démarche entreprise par Jean de La Fontaine dans ses célèbres Fables. Le regard critique que l’auteur du XVIIème siècle porte sur la société de son époque et sur la permanence des caractères humains devient un moyen pour le sculpteur de s’interroger sur l’état de notre propre société.
Si les nouvelles œuvres ne se rapportent pas nécessairement à une fable en particulier, elles mettent en scène le même rapport ambigu que les animaux entretiennent avec les humains chez La Fontaine. À l’instar du fabuliste, qui exerce son art de la feinte jusqu’à laisser au lecteur la liberté de son interprétation, Balkenhol ne cherche pas à être moraliste. Malgré son attachement à la figuration, il se place toujours dans un rapport distancié avec la réalité. Pour lui, « observer n’est pas juger. » Son regard se fait parfois ironique et cette légèreté apparente le rapproche du fabuliste. Parce qu’elles ne représentent personne en particulier et qu’elles semblent souvent attendre quelque chose, ses sculptures s’engagent dans une voie fictionnelle ; elles sont autant de supports pour enclencher une histoire.
Balkenhol taille ses personnages au maillet et au ciseau directement dans des troncs d’arbres, souvent en bois de wawa, sans chercher à gommer les traces d’outil, laissant à nu l’aspect brut du bois. Les sculptures uniques de l'artiste sont associées à de hauts socles qui les placent à hauteur d’homme. Les couleurs appliquées ensuite pour structurer les silhouettes sont totalement dénuées de valeur expressive et contribuent à faire oublier le matériau originel. Ses hommes, ses femmes et ses animaux semblent à la fois distants et à l’écoute du spectateur. « J’essaie de leur donner une expression ouverte aux autres, explique l’artiste. À partir de là, toutes les situations sont possibles. » Les reliefs sculptés, devant lesquels sont placées des figures en trois dimensions, sont un moyen pour l’artiste de créer des situations qui complexifient la lecture première des œuvres et ouvrent vers une narration poétique.
Pour accompagner ce nouvel ensemble d’œuvres, Balkenhol a réalisé une sculpture monumentale représentant le héros grec Persée tenant la tête de Méduse. Le traitement d’un sujet mythologique bien connu constitue une forme d’exception dans la carrière de l’artiste. Il s’inscrit ainsi dans la lignée d’artistes illustres qui, de Benvenuto Cellini à Camille Claudel, ont représenté ce mythe. Tout comme les fables, les mythes antiques forment un ensemble de récits qui appartiennent à la mémoire collective et dont l’interprétation s’est progressivement enrichie au cours de l’histoire. Au sentiment héroïque habituellement attaché aux représentations de Persée, Balkenhol répond ici par une forme de gravité existentielle. Il renouvelle ainsi une tradition de la sculpture davantage tournée vers la pure présence de la figure et vers son caractère éminemment humain.
 
Né en 1957 à Fritzlar, Stephan Balkenhol vit et travaille entre Karlsruhe (Allemagne), Kassel (Allemagne) et Meisenthal (France). Il commence à sculpter des personnages en bois en 1983, en réaction contre l’enseignement conceptuel dispensé à l’École des beaux-arts de Hambourg, où il fut l’élève du sculpteur minimal Ulrich Rückriem de 1976 à 1982. Ses premières sculptures en bois placent l’image du corps humain au centre de son art et réintroduisent la figuration dans la sculpture contemporaine. Dans les années 1990, son répertoire s’élargit aux animaux et créatures hybrides, puis il y ajoute aussi les motifs d’architecture et des reliefs.



























































Fleurs gravées et escaliers, peintures ou bois ? Illusionnisme et art de travestir les disciplines, poésie ou fleurs séchées. Peut-on être délicat quand on grave ? Comment une pétale peut sembler légère et de bois égratigné, comment le rouge à lèvre peut-il être suggéré et redessiner les lèvres telle une fin de journée ? Comment la peinture devient ébène.
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Autre lieu, autre surprise, une bonne rigolade, cachée, de gros pots coulants et avec mon vétuste appareil photo cela devenait très intéressant. Cela luit, brille, les spots en rajoutent, du trop, à l'excès, mais un alignement impeccable, pour ces fausses céramiques à haut pouvoir recouvrant d'ironie. On se trompe toujours, là où l'on croit que la technique se fie de la prouesse, elle nous rattrape lorsque l'on regarde de plus près et avec attention. Ce n'est pas parce que la technique n'est pas mise en avant comme l'ultime récompense au mérite de l'artisanat qu'elle ne dépasse pas même la méthode choisie, la technicité donc et son application. Le labeur aujourd'hui reste toujours inconnu. Comme ces personnes qui dorment dans les rues, au labeur inconnu.
Exclues et pourtant si exposées.



GRANT LEVY-LUCERO : “PÉRIPHÉRIQUE”


Communiqué de presse :
VNH Gallery est heureuse d’annoncer l’exposition personnelle de l’artiste Grant Levy-Lucero intitulée « Périphérique »  (6 - 22 septembre 2018) au sein de son Project space. « Reyner Banham a dit de Los Angeles qu’elle est dépourvue de « toutes les règles de « vie civilisée » entendues par les experts de la modernité. » En effet, la conscience collective internationale a depuis longtemps intégré le fait que L.A. soit une métropole moins raffinée que d’autres et l’œuvre de Grant Levy-Lucero vient incarner cet esprit unique et contemporain de LA ; son style pictural célèbre les logos et autres pancartes peintes à la main qu’il a vus en grandissant alors que les formes utilisées font référence à l’antiquité et à la tradition. Ainsi, il honore, tout comme le fait sa ville natale, d’autres histoires et différents mondes artistiques tout en faisant le choix de mettre en lumière un sujet qui lui se retrouve temporairement déconnecté. Connu pour son explication de l’évolution du langage dans l’iconographie quotidienne, Grant Levy-Lucero utilise pour ce nouveau corpus d’œuvres une dialectique interculturelle. Périphérique raconte l’histoire habituelle d’un artiste américain à Paris ; à la périphérie de la ville et en qualité d’expatrié temporaire, il évolue au sein d’une haute culture didactique. Ne faisant pas dans le cliché, Grant Levy-Lucero prend pleinement conscience de cette tradition et la retranscrit avec humour tout en apportant une attention particulière aux détails. Dans un genre de diaspora inversée, l’artiste ré-insert dans la culture française un concept dont elle n’a pas conscience d’en avoir été à l’origine – une perception extérieure de Paris dont le consumérisme tire profit avec des produits tels qu’Orangina ou Chanel No. 5.  Grant  Levy-Lucero  compile  ainsi  avec  chacune  de  ses  pièces  une  imagerie  –  que  Jasper  Johns  a  surnommée  «  les  choses que l’esprit connaît déjà » – révélant avec spécificité un certain inconscient collectif. Ces éléments significatifs de la culture pop deviennent alors, selon l’affirmation de l’artiste, la sémiotique qui relie toute communauté ou nation à une autre ; il joue avec ce qui définit notre conception d’un « lieu ». En développant cette idée, il teste les limites de la compréhension qui sont inhérentes à toutes les formes de communication : il étudie – aussi bien géographiquement, d’un pays à l’autre, qu’à travers une figure rhétorique – l’endroit où le sens cède au postulat, et où le postulat devient subséquemment une idée fausse. »
- Christie Hayden

Grant Levy-Lucero est né à Los Angeles (États-Unis) en 1981.Il vit et travaille actuellement à Los Angeles (États-Unis).














Et puis plein d'autres choses... Les plus beaux livres au CCS, dont un sélectionné qui m'a vraiment fait penser à mon catalogue Resign (qui est toujours visible sur la page d’accueil de mon site Internet... Et oui grand Resign !  ! Très belle édition !
Allez hop, journée sans voiture !

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Art Par kiwaïda at 13:19

13/09/2018

℘◎☂ ⅾε ¢☺LL℮ & ℘ℯїηтʊяℯ

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Une tâche de peinture :
Sato & Cafu sont dans un paysage. Ils font leur rentrée au pied des montagnes. Ils ne font qu'un.

Qui donne la couleur à l'autre ?  De jolies saletés dans le paysage décrivent comment prendre soin des mots et de la nature.
Il ne faut pas en faire tout un foin ! Ras-le-pompon !
L'amour fait des crottes et choisi un emplacement.
Au bord de la rivière, on se baigne et on se lèche pour être propre et briller au soleil.

Le reste, cela ne vaut pas un pet de lapin !

Trèfle de plaisanterie.

Propre en ses habits, comme un lapin dans sa fourrure.
Propre comme un lapin, vive les braves !

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Sans le savoir à priori, cela collait déjà, les couleurs, la peinture ! Rouge, bleu, jaune et de la lumière blanche...

© Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 16:09

12/09/2018

ℭѦℛḎÅℬ∃ḺḺ∃

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Le papillon était noir, il s'est posé là où tu vivais, sur le bord de ta fenêtre, il regardait comme toi, le ciel, la rue, les passants et les changements climatiques. Puis il a ouvert ses ailes, il n'était plus noir. Il indiquait une ouverture. Une belle amie viendra, à ta place et regardera ce que tu regardais. Elle viendra t'accompagner, ton amie, notre amie, aussi belle que ce papillon qui s'est posé, l'annonçant. Rouge et vive, curieuse et joyeuse, elle volera un peu de notre temps. Elle volera.

Baromètre des renaissances

La cardabelle réagit à l’humidité de l’air (hydronastie) et sa (fausse) corolle se referme dés que la saturation en eau de l’air atteint un certain seuil. A la base des feuilles une des faces se gonfle d’eau et provoque une différence de pression osmotique et une tension entre les deux faces, entraînant ainsi un enroulement de la feuille et sa fermeture.
Cette propriété va perdure longtemps après la mort de la plante qui garde cette faculté de mouvement même une fois la fleur séchée et suspendue à la porte des bergeries, continuant son office de « Baromètre des Bergers ».



Son vrai nom est Carline à feuilles d’acanthe, c'est un chardon chardon , mais on l’appelle Cardabelle dans la région, près de chez nous !
Noms vernaculaires français : carline artichaut, baromètre chardousse, pinchinelle.
Son cœur pouvait être mangé, ses feuilles épineuses servaient à carder la laine de mouton et ses racines pouvaient être utilisées comme remède contre de nombreuses maladies, notamment contre la peste.
Ce chardon magique est un porte-bonheur.

Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 19:54

05/09/2018

♏Å℉∀ℒÐÅ

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Mafalda est une petite fille, personnage principal d'un comic strip argentin de Quino publié de 1964 à 1973. Comme son auteur, Mafalda est argentine, elle est issue de la classe moyenne. Mafalda est très populaire en Amérique latine, en Europe et au Québec.

Mafalda : Sa maturité et son pessimisme politique en étonnent plus d'un et dépassent totalement ses amis et ses parents. Elle développe une vision critique du monde, notamment à l'égard des conflits tels que la Guerre froide. Elle ambitionne de devenir haut fonctionnaire international pour changer le monde. Elle a du caractère et réagit à tout ce qui se passe autour d'elle et à ce qu'elle lit dans les journaux. Son objet préféré est sa mappemonde : elle la considère comme une représentation littérale du monde, lui appliquant des crèmes de beauté — « empruntées » à sa mère — à la suite de nouvelles particulièrement sombres. Elle a une aversion viscérale pour la soupe et raffole de la meringue. Mafalda est une jeune enfant de cinq ans mais elle est déjà très éveillé sur la façon dont tourne le monde. Elle discute avec ses parents et ses amis de tous les problèmes d'actualité et de société. Oubliant les loisirs de son âge, Mafalda se lance dans des discussions passionnées à propos de la culture, la religion, la politique, les problèmes de société. Elle découvre un monde en constante évolution, difficile à cerner et dont l'avis de la génération future semble exclue.
Sceptique et râleuse, la gamine rend la vie impossible à ses parents : elle intime à son père de donner l'exemple, juge sa mère médiocre car elle fait le ménage et la cuisine sans s'interroger sur sa condition.

La mère de Mafalda et de Guille est prénommée Rachel (Raquel en espagnol). Elle doit constamment faire face aux reproches de Mafalda, qui lui reproche d’avoir abandonné ses études pour une vie tranquille de femme au foyer, ainsi qu’aux nombreuses bêtises de Guille, qui ne peut s’empêcher de dessiner sur les murs. Rachel fait par ailleurs preuve d’un sens de la répartie inégalé, forgé par les nombreuses années de plaintes de Mafalda contre la soupe qu’elle lui sert régulièrement.

Le père de Mafalda et de Guille, dont le nom réel reste inconnu du lecteur. Il représente le stéréotype par excellence de la classe moyenne. Le père de Mafalda est constamment préoccupé par ses problèmes financiers, notamment en raison du retard que met son bureau à le payer et de sa voiture qu’il achète à crédit. Bien qu’il vive en appartement, ses plantes en pot constituent son hobby favori lorsqu’il n’est pas occupé à lire le journal ou à suivre un match de foot à la radio.

À l'école, ça n'est pas mieux. À sa maîtresse qui raconte qu'il y a 3 milliards d'hommes sur Terre, ­Mafalda demande la bouche en cœur: «Et combien de véritables humains?» Elle fait la morale à sa copine Susanita, l'un des personnages, égoïste et orgueilleuse, qui rêve lorsqu'elle sera grande d'avoir des enfants et de jouer au bridge, devenir mère au foyer, mariée au patron d'une grosse entreprise qui se tuera lors d'un voyage d'affaires et vivra dans un pavillon de banlieue, passionnée de commérage, elle se dispute constamment avec Manolito, qu'elle juge idiot, et est secrètement amoureuse de Felipe...

Mafalda a du mal à identifier qui sont les gentils et qui sont les méchants:
« Ça commence à m'exaspérer d'avoir constamment à choisir entre le capitalisme et le communisme »


C'est une idéaliste en herbe qui croit qu'on peut améliorer le ­monde et se sent très seule car autour d'elle personne ne partage ses ­préoccupations. Impertinente, irrévérencieuse, intelligente... attachante et si contemporaine... encore.


Art Par kiwaïda at 02:28

31/08/2018

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Jean-Jacques Grandville

Les Métamorphoses du jour : une série de soixante-dix scènes dans lesquelles des personnages humains sont représentés avec une tête d'animal en situation pour un rôle dans la comédie humaine.


Combat de deux raffinés : Gravure extraite de l’ouvrage de Grandville : Un autre monde – 1844
Mine de plomb, plume et encre brune, aquarelle

Capucine fées fleurs à genoux en prière devant une tombe

Une révolution végétale : Recueil de planches lithographiées en noir et en couleur de dessins zoomorphes, représentant des fleurs auxquelles l'artiste a donné le visage, le costume et les mœurs de la Parisienne et composant ainsi un herbier costumé. (1847)


Art Par kiwaïda at 23:40

26/08/2018

ℙℛℑℰℜ, ♏ѦℛℭĦ€ℛ, ℭѺℵ†ℰℳℙḺ€✞

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Marcher, je me suis demandée pourquoi partout où j'allais, je découvrais de nouvelles chaussures, parce que, de nouvelles marches, de nouveaux sols, de nouvelles façons de penser, de travailler, de savoir-vivre et de savoir-faire. Et ici, des sandales inspirées de l’univers maritime, basé sur le tressage artisanal et utilisant des matériaux réputés pour leur résistance, leur confort et leur ergonomie. La marche fut l'une de mes préoccupations dans l'enseignement, avant qu'un mouvement politique l'utilise comme nom. J'ai revu des photographies de l'un de mes ateliers de recherche avec des collègues et étudiants, rien n'a été publié, c'était une longue marche en périphérie de la ville de Limoges, dont j'avais donné la direction : sans aucune carte, ni repère. De cette longue balade de quelques jours, tant de lieux que nous avons découvert. J'ai gardé des traces, qui me semblent, à l'aune de ce qu'il s'est passé ensuite de dramatique pour moi, assez merveilleuses. De l'ordre du miracle, lorsqu'on y pense un peu plus. C'est juste après ce moment d'introspection pour tous, et de marche, ou du moins, pendant, que l'on fomentait des stratégies pour me pousser à bout et me trouver d'ignobles fautes dans ma profession, que j'aimais et j'aime toujours : enseigner. L'être humain est capable, par lâcheté et ignorance, des pires projets, pour détruire ce qu'il construit patiemment et dans une paix, paradoxale. Dans ce monde sont détruits des activités, chaque jour, pacifistes et remarquables, pendant qu'elles sont détruites, dans le même temps. La difficulté de l'enseignement, est de comprendre que l'ignorance et le savoir, sont intimement mêlés, et démêlés dans l'apprentissage. Ce tissage entre l'apprenti et le maître, lorsque le maître est une femme, est d'autant plus admirable, car il n'y a pas d'assurance de la reconnaissance, ni de traces, ni d'effet "mousse". Pourtant cela pétille, j'ai encore le goût des bulles et les traces délicates dessinées dans ma mémoire. Rien n'a été gâté de notre long chemin d’apprentissage, ni les obstacles, ni les destructions.

Photographies © Sonia Marques (merci à JD <3)


Enseignement Par kiwaïda at 10:58

23/08/2018

ⅾôмℯ ⅾü ღ☺ᾔⅾ℮

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Photographies © Sonia Marques (merci JD <3


Paysage Par kiwaïda at 15:22

εϰ◎тї¢ ρα¥ṧ@❡ℯ

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 15:06

20/08/2018

α ℘яεт⊥¥ ḟłƴ

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river.jpg

Image du film : La nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton

Once upon a time, there was a pretty fly
He had a pretty woman, this pretty fly
But one day she flew away, flew away, flew away
She had two pretty children
But one night these two pretty children
Flew away, flew away, into the sky, into the moon

Il était une fois une jolie mouche...

En 1997, à Vancouver, au Canada, du côté anglophone, je regardais pour la première fois le film, La nuit du chasseur. Il m'avait beaucoup marquée, et je me devais de le revoir. Chose faite ces jours-ci. J'avais quasiment oublié l'histoire et que des enfants étaient les héros de cette aventure. Il me restait en mémoire un conte avec un méchant qui jouait au bien, et c'est ce que l'on devrait encore retenir, mais d'autres personnages de l'ombre, jouent au bien et demeurent innocents. Je découvre cette image, avec les lapins et la barque, et cette chanson avec la voix de l'enfant à la poupée, enchanteresse. Une série de scènes sont impressionnantes, et très contemporaines au niveau du sens qu'elles provoquent. Lorsque le prêcheur fini par enrôler la femme, veuve, et l'épouser et poser sa loi dès la porte refermée, la nuit de noce. Il lui enlève sa dignité en lui demandant de se regarder dans le miroir, et lui rejetant la faute originelle de tout le mal du monde sur elle. Elle n'aura jamais d'affection de sa part, et sera sa pécheresse emprisonnée, sa médiatrice en inversant le mal en bien, jusqu'à être tuée par ce pervers criminel. Ce qui est intéressant, c'est le contexte, les rumeurs qui agissent et poussent une femme qui vit seule avec ses 2 enfants à endosser ce rôle du pêché, puisqu'une femme ne peut pas vivre seule, ni tenir sa maison, sans un homme qui la dirige, selon les croyances populaires. Le rôle de la vieille femme qui fabrique des gâteaux, Icey Spoon, pour laquelle le plaisir sexuel n'est qu'un leurre et un mensonge inventé par les hommes est très important pour la destinée dramatique de cette veuve. Son mari est quincailler et est dominé par cette femme qui ne sait pas garder un secret et s'agite comme un facebook, à créer des réseaux, des rumeurs et projette ce qui serait bon pour les uns et les autres. C'est une petite prêcheuse, niaise, qui va rencontrer le prêcheur machiavélique, celui qui sait mieux qu'elle manier la justice pour détruire tout ce qu'il rencontre. Cette Madame Spoon, un personnage qui n'est pas beaucoup analysé, pourtant ce film est une œuvre artistique très décortiquée, surtout pour les scolaires, est l'outil idéal pour le criminel. Il suffit de l'agiter. Aujourd'hui on peut comprendre ce personnage lorsque les médias valorisent telle ou telle information, qui tourne en boucle. Il faut toujours des personnes pour relayer ces informations, et les plus mauvaises. Et Madame Spoon serait aujourd'hui ce personnage. Un personnage qui poste sur sa page Facebook, tout ce qu'on lui demande de poster (les médias) et les pires informations, celles qui font peur, ou bien les petits préceptes bienséants, moralisateurs, comme des pastilles de gifs animés. Un personnage frustré, une femme castratrice, qui vit par procuration à travers les autres. Cette veuve va lui servir de réceptacle, elle a les outils, elle va faire son commerce, ses gâteaux, et en plus, c'est son employée. Elle la jette littéralement dans les mains du diable, pour à la fin du film, retourner sa veste et souhaiter la mort du prêcheur. Alors que le mal est fait et fait par sa volonté, ses mauvaises rumeurs, sa niaiserie.
Le personnage du prêcheur est un stéréotype, à la fois celui qui est le mal, dans ce qu'il a de plus nuisible, car il porte le masque du bien, beau parleur, et grâce à ses mains, son fameux tatouage duel (Love-Hate), il manipule les autres, un public conquit d'avance, crédule et enseveli sous la religion et la dépression. Il ne dort jamais, le remarquera l'enfant John, le mal ne s'arrête jamais, il harcèle et sonne à toutes les portes, vole, tue et pille, se camoufle, confesse les autres, conspire, simule, ne connait ni l'amour, le sensible... mais s'adosse à la sensiblerie facilement et endosse le beau rôle, celui du sauveur. On peut le voir de nos jours, comme celui ou celle qui se cache derrière le représentant de la justice, du pouvoir, un haut fonctionnaire, un curé, un médecin, un instituteur, un coach sportif, un ministre, un journaliste, un père, un maire, un élu forcément, un mari, avec tout costume honorable, et d'officielles médailles, c'est celui qui change d’institution, d'écoles, d'office, de pays, en détruisant tout sur son passage et toujours blanchi par l'opinion ou la justice (personnage au féminin, oui cela existe aussi). Aujourd'hui, il est même analysé comme un pervers narcissique, celui (ou celle) qui enferme sa proie dans sa toile d'araignée, telle une mouche qui se débat, sans comprendre qu'elle a été emprisonnée psychiquement, et, dans ce film, c'est un criminel. D'ailleurs, la toile d'araignée est un motif qui figure au moment de la barque, lorsque les enfants s'enfuient, et la chanson magique de la petite fille raconte cette histoire de la jolie mouche. Donc c'est un personnage-type, qui donne à ce film une atmosphère immuable et contemporaine, dans notre société, dominée par ces typologies et le phénomène de proies incarné par les enfants, et ici, les lapins.
Madame Spoon est pourtant un ingrédient essentiel, pour que ce gâteau qui gâche la vie, puisse être partagé par autant de lâches qu'il y a d'habitants dans une contrée... dans un facebook. Il y a toujours des disparitions d'enfants et de femmes, mais aucun réseau social ne peut résoudre ce mal, sauf à y participer.


Image du film, Le monde est à toi (2018) de Romain Gavras (l'actrice Gabyy Rose et l'acteur Karim Leklou, respectivement jouant les rôles de Britanny et danny)
Un autre film, vu récemment "Le monde est à toi", sorti en salle ces jours-ci, de Romain Gavras, met en scène une mère qui maltraite son fils, elle l'emprisonne psychiquement et régente sa vie, elle l'infantilise et pourtant, elle est attachante (il est difficile de s'en détacher). Bien que nous sommes très loin de La nuit du chasseur, ce film est une évolution. Aussi un questionnement sur la filiation (et au cinéma, en famille), le héros, Danny, joué par Karim Leklou, pourrait être ce garçon John Harper (l'acteur Billy Chapin), dans La nuit du chasseur, qui veut protéger sa sœur Pearl Harper (l'actrice Sally Jane Bruce), et elle serait cette fille (Brittany, jouée par l'actrice Gabby Rose) prise en otage avec son sac à la grenade terroriste (comme la poupée qui cache l'argent). Ce couple d'enfants maltraités par leurs parents est un duo solidaire qui va entrainer le film (Le monde est à toi) vers une réflexion sur l'émancipation des enfants prisonniers des systèmes familiaux. Ce qui m'intéresse, c'est la place des femmes et leurs rôles.
Brittany, jouée par l'actrice Gabby Rose, est ce syndrome de Stockholm tout en rondeur et en empathie, malicieuse, la part intérieure cachée du père truand manipulateur, que l'on peut retrouver dans Pearl Harper, jouée par l'actrice Sally Jane Bruce, et ses grands yeux clairs et candides, celle qui incarne la pureté, qui ne voit pas le mal, et nulle part (elle se jettera d'ailleurs dans les bras du prêcheur criminel, dès que celui-ci aura retrouver la trace des enfants en fuite) À travers ses yeux, Pearl nous conduit dans la poésie de la reconnaissance, celle qui attend sans cesse, qu'un re/père lui donne sa voix, mais déchante face à la cruauté, tout en s'y lovant, comme dans la main tatouée LOVE du prêcheur. À travers les yeux de Danny (joué par Karim Leklou), d’ailleurs tout aussi grands et clairs, comme la piscine dans laquelle il termine le film, en gros plan d'eau bleu, nous sommes rassurés que la séparation avec la main du mal, ce HATE, cette haine, soit loin derrière. Il est comme John Harper, à la fois conscient de ce qu'il se passe, en train de s'émanciper, et aussi celui qui sécurise, quelque part, dans tout ce chaos perverti. Il cherche un plan, une stratégie pour supprimer ce mal et protéger l'enfant, qui est en lui, mais aussi la petite sœur, ou l'amie de fortune, son double. Les regards en disent longs, et ne s’embarrassent pas de mots. La complicité des prisonniers, de celles et ceux qui savent, est toujours plus forte que les mots. Les prisonniers seraient lovés dans le silence que forment les juges verbeux insensibles, les plus savants.

J'avais réalisé un travail, nommé Hansel, il me fait penser à cette nuit du chasseur. Car il est question d'enfants solidaires, de nuit, de noir et de blanc et d’échappée à travers des images d'inuits, dans un registre très minimal, et poétique. On peut, sans avoir de moyens, créer et former des poétiques de l'espace, rien qu'avec un écran. C'est ce qui m'intéressait dans ce travail, que j'ai mené de façon très intuitive. C'est une économie, une façon magique de créer du sens, inventer une histoire, rien qu'avec une mémoire émotionnelle intérieure.


Image du film Hansel (mars 2013) © Sonia Marques

La chanson de Daniel Balavoine est à l'honneur dans le film de Gavras, elle questionne également les prêcheurs...

La vie ne m'apprend rien
Je voulais juste un peu parler, choisir un train
La vie ne m'apprend rien
J'aimerais tellement m'accrocher, prendre un chemin
Prendre un chemin

Mais je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là
Les lois ne font plus les hommes
Mais quelques hommes font la loi
Et je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là

A ceux qui croient que mon argent endort ma tête
Je dis qu'il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête
Ils croient peut-être que la liberté s'achète
Que reste-t-il des idéaux sous la mitraille
Quand les prêcheurs sont à l'abri de la bataille
La vie des morts n'est plus sauvée par des médailles

Dans son film, c'est dans un projet de vie, simple et non grandiloquent et ironique, que Danny  va tordre le cou à l'oseille facile, dont les caïds ne savent plus que faire (dans les décors filmés somptueusement décadents de la cité du Pont-de-Sèvre, emblématique de la fin des Trente Glorieuses en France et de la Costa Blanca en Espagne, avec Benidorm, ville touristique vorace) Son ambition : distributeur officiel de la franchise « Mister Freeze » sur le territoire marocain, cette marque de bâtonnets de glaces à l'eau sucrés créée en 1973 par LEAF à Chicago et vendue en France depuis 1973. Pour rester dans le rêve d'un enfant, de ce bonhomme de neige télévisuel (chacun son rêve de neige, sa boule de Noël). Dans ce film, les enfants et les adultes sont des pieds nickelés, une expression pour ceux qui ne veulent pas agir, les paresseux, les médiocres malfaiteurs. Filous, hâbleurs, indolents, pas fiables... mais sympathiques. Encore un souvenir, cette fois-ci, je devais avoir 5 ans, lorsque je découvre cette fameuse BD française, "Les pieds nickelés" de 1903, avec Croquignol, Filochard et Ribouldingue, je savais lire, et le remarquant on me donna cette BD d'adultes à lire, lors de mes vacances au club Mickey, au bord de la mer. Être en apprentissage de l'écrit en même temps que des pieds nickelés est fondateur de la compréhension de la société de l'information populaire, dans laquelle on est projeté. C'est avec des Croquignols, des Filochards et des Ribouldingues chanceux qu'il faut s'intégrer !

Ce film à l'avantage, très graphique, de nous rappeler ce que l'humain drogué construit et détruit en un clin d’œil, un peu comme Le Loup de Wall Street, le film de Martin Scorsese (2013), ici, par des vues plongeantes et immersives nocturnes où s'animent des parcours de vie dissolues et clinquantes, faisant miroiter la vacuité, comme autant d'étoiles filantes, des appâts du gain, qui saturent l'espace pour combler le vide sidéral des impensés. Un monde d’orgueil affamé d'oseille. Éblouissant, aveuglant et idiot à souhait, bref un bon divertissement.

* Avertissement : Hansel est âpre et nu et ne divertit pas.


Film Par kiwaïda at 11:10

18/08/2018

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L'Enlèvement des Sabines (1574-1580), Florence, Loggia des Lanzi > Sculpture réalisée par Jean Bologne (Giambologna)

L’enlèvement des Sabines est, pendant la mythologie romaine, le moment durant lequel la première génération des hommes de Rome se procure des femmes en les enlevant aux autres villes de la région, notamment aux Sabins. Cette histoire a inspiré de nombreuses œuvres d’art de la Renaissance et de la post-Renaissance, puisqu’elle réunit des exemples propres à montrer le courage et la hardiesse des anciens Romains tout en ayant l’opportunité de dépeindre des personnages à moitié nus et dans une lutte intense et passionnée. On retrouve des sujets artistiques similaires dans l’Antiquité, comme la bataille entre les Lapithes et les Centaures ou celle entre Thésée et les Amazones, ou dans le christianisme, avec le massacre des Innocents.

Selon la Légende, Rome fut fondée en 753 av.J.C. par Romulus et son frère jumeau Rémus, mais ce dernier  est tué lors d’une querelle entre les deux frères. La ville et son enceinte construites, Romulus se proclama roi, créa des lois et une armée. Dans le but d’agrandir la population et sa force guerrière, il accueillit toutes personnes de sexe masculin, hommes libres, proscrits, esclaves qui le désiraient, si bien que très rapidement la ville se trouva en manque de femmes. Romulus, désireux de régler ce problème, envoya des émissaires dans les cités voisines, leur proposant une alliance confortée par des mariages, mais celles-ci refusèrent unanimement cette proposition. Romulus invita alors les populations voisines à assister aux fêtes de Consualia qu’il venait de créer en hommage au dieu Consus, assimilé à Neptune sous son aspect de dieu des chevaux. Au moment où toute l’attention se portait sur les jeux équestres, les jeunes romains surgirent et s’emparèrent des Sabines non mariées dont les plus belles furent amenées aux sénateurs de la ville. Les Sabins, venus non armés, s’enfuirent en maudissant ce peuple qui venait ainsi de violer les lois de l’hospitalité. Romulus se rendit le lendemain auprès des captives les assurant que ce mariage qui leur était imposé les rendra heureuses par l’amour de leur mari romain, les intégrera à la Cité et leur donnera ce que toute femme désire, des enfants. Les cités de Cenina, Crustumérie et d’Antemne dont les filles avaient été enlevées entrèrent en guerre avec Rome mais furent défaites les unes après les autres. Lorsque le roi Sabin, Titus Tatius, après une longue et dissimulée préparation, attaqua Rome, celle-ci fut tout près de succomber, et seule l’intervention des épouses sabines, à présent romaines, se jetant entre leurs maris et leurs pères et frères, mit fin au combat. A la grande joie des Sabines, le conflit se termina par la signature d’un traité créant un seul Etat avec à sa tête Romulus et Titus Tatius.

Pour le philosophe et moraliste Plutarque (45 - 120 ap.J.C.) qui suit ainsi Tite-Live, cet événement marque l’acte fondateur de Rome et son hégémonie sur l’Italie. D’après lui, la tradition pour le mari de porter sa jeune épouse pour franchir le seuil de sa nouvelle demeure est directement liée au souvenir de l’enlèvement des Sabines.

Jean Bologne (né Jehan Boulongne, anciennement Jean de Bologne, Jean Boulogne, italianisé en Giovanni Bologna plus tard contracté en Giambologna), est un sculpteur maniériste d'origine flamande né à Douai Flandre romane en 1529 et mort à Florence le 14 août 1608. C'est lui qui réalisa "L’enlèvement des Sabines".



J'ai grandi avec une copie en marbre de cette sculpture, ramenée d'Italie, par ma mère et posée sur une table, celle-ci fabriquée par mon père, en partie en marbre et en bois. Le socle est noir. La petite table disposée devant la télévision. Je pense que sans avoir vu l'original, j'ai eu bien l'occasion d’observer celle-ci et son mouvement hélicoïdal. À la période de mon adolescence, le sens de cette sculpture m'interrogeait, ces 2 hommes et cette femme qui semblait vouloir toucher le plafond, ou grandir. Je ne savais pas, alors, que j'étudierai dans une école des beaux-arts, celle de Paris, ni même que je serai artiste et que j'enseignerai l'art, d'une toute autre manière, que le maniérisme. Cette œuvre n'a jamais été commentée, ni montrée, ni le contexte de cette période de l'histoire de l'art, lors de mes études, dans l'institution parisienne des beaux-arts, et pour cause, si la misogynie est structurelle à ses formations et directions, cette sculpture ne peut être montrée, le sens est dénié, sinon, plus aucune femme ne viendrait passer le concours, ou alors, celui-ci serait actualisé, aurait beaucoup évolué. De mon côté, cette copie avait présagé quelque chose, de familier, puisque familiale, non loin de la télé. Elle avait annoncé quelque chose, qui ne pouvait s'énoncer. Elle était un motif de l'art, dans un décor contemporain, un signe associé aux médias et à l'information en continu. Ces temps-ci, je suis dans une lecture passionnante d'une recherche précise, celle de Jérôme Deplanche. Il est chercheur en histoire de l’art, spécialisé dans l’art des XVIIe et XVIIIe siècles.

Donc son enseignement, et ses études, bien que dans le même domaine, furent très différentes de ce que j'ai pu expérimenter lors mes activités artistiques. Il a publié un livre (Le ravissement) qui m'a rappelé à cette sculpture familiale de Giambologna. Si personne ne m'avait proposé un point de vue sur le sujet, j'avais eu le temps de consteller des signes, associés à ma prime enfance de l'art et à ma volonté de suivre un autre chemin, que celui des Sabines et de leurs représentations, classiques. Son livre rassemble une recherche sur la représentation du désir sexuel dans les œuvres d'art exprimée à travers l'iconographie du rapt amoureux : enlèvement de Proserpine, enlèvement des Sabines, enlèvement d'Europe ... Mettant en scène les rapports entre les sexes sur un mode à la fois passionné et conflictuel. Ces sujets ont permis aux artistes de déployer leur virtuosité dans la description du mouvement, du muscle et de la fuite contrariée. Dans son étude, est noté que la qualité de victime n'est pas reconnue à la femme enlevée. Son corps ravissant provoque le désir de l'homme, lui enlevant ainsi toute responsabilité dans sa prédation. Le mot ravissement, titre du livre, entre violence et jouissance, raconte l'ambiguïté entretenue par les artistes et l'histoire de l'art, tout ce qui a fabriqué et modelé une forme, des peintures, selon le regard masculin et uniquement selon son désir.

D'ailleurs cette dame à la Licorne, sur cette tapisserie mystérieuse, n'avait-elle pas lancé un message codé : À mon seul désir... resté si secret et pourtant bien affiché, bouleversant toutes ces histoires des enlèvements ?

L’auteur explique « Les représentations d’enlèvement définissent un système entièrement masculin. Ce sont des œuvres d’art créées par des hommes, pour des hommes, et illustrant des récits imaginés par des hommes, pour des hommes. Elles présentent les femmes enlevées de telle sorte que nous sommes associés à la convoitise masculine, nous offrant l’image érotisée et complaisante d’une victime frémissante ». L’auteur raconte comment le « rapt » serait aussi une autre face, désuète, pour parler de viol. L’enlèvement, le ravissement est donc, comme il l’affirme, « une forme de viol ».


Prenant l'exemple du thème de l'enlèvement des Sabines, Lomazzo insiste sur la nécessaire représentation de la résistance des femmes :

 Elles doivent se défendre, mélancoliques et souffrantes, frapper avec leurs poings, faire des gestes vifs, en agitant les jambes, en voulant échapper. Elles doivent aussi mordre, tirer les barbes, crier, implorer humblement leur liberté. Les ravisseurs doivent les tenir dans les bras de diverses façons. Cela ne peut réussir sans montrer des jambes nues, des vêtements déchirés, des bras et des poitrines, et des gestes violents faisant gonfler les seins, tourner les cous et ouvrir les bras. Il y a également de la sueur, des morsures, des griffures, des coups. Tous ces gestes réunis ensemble produisent un agréable spectacle de robustesse et violence.


L'auteur offre ici une description fort détaillée des facteurs qui rendent érotique un enlèvement. Le rapt devient « un dilettosa mostra di violenza ». Cette violence n'est pas seulement une exigence de vraisemblance par rapport au sujet : elle joue le rôle d'amplificateur de la charge érotique en insistant sur l'invasion transgressive qu'elle représente dans la conquête du corps de l'autre.

Soulignons que le texte de Lomazzo parut tout juste un an après le dévoilement de l'Enlèvement d'une Sabine de Giambologna sous la Loggia dei Lanzi à Florence (1583). Dans ce célèbre groupe de marbre qui devint rapidement l'archétype de la représentation d'un enlèvement, la combinaison des mouvements opposés est aussi variée que savante. Il faut tourner autour de l'œuvre pour découvrir les effets ménagés par le sculpteur. Vue depuis l'intérieur de la loggia, on découvre le détail du bassin sensuel de la jeune femme que le Romain presse contre sa poitrine. Le corps-à-corps de l'enlèvement est une sensualité contrainte. Certains artistes décrivent le rapt comme une fusion des êtres : peau contre peau, chairs qui se collent.

Extrait de l'article "Images d'une pulsion. Les représentations d'enlèvement à travers les arts", par Jérôme Delaplanche, Libres cahiers pour la psychanalyse, vol. 25, no. 1, 2012, pp. 151-164.

Cette œuvre réalisée entre 1575 et 1580 dans un seul bloc de marbre de 4m10 de haut devait prouver l’habileté de Giambologna. Le groupe de trois personnages placé, difficulté supplémentaire, sur une base unique doit être regardé sous différents angles. En effet l’œuvre,  réalisée dans un mouvement giratoire s’élevant sur un seul axe en spirale avec des corps à la musculature puissante et des visages expressifs, ne peut être appréciée dans sa totalité que de cette manière.

C'est un groupe de corps nus. Le Sabin, à la barbe abondante, est écrasé entre les jambes puissantes du romain, et le visage effrayé, impuissant, il tend sa main dans un geste implorant. Le ravisseur, la chevelure et la courte barbe bouclées, bien campé sur ses jambes, regarde avec attention sa captive, comme pour s’assurer d’avoir fait le bon choix. La Sabine, aux cheveux bouclés, ceints d’un étroit bandeau, crie son désespoir en tendant vers le ciel sa main ouverte. Elle est étroitement maintenue par les bras de son ravisseur qui la tient fermement par le dos et le bas du corps.

Giambologna était un admirateur de l’œuvre de Michel Ange et de la sculpture hellénistique. Une scène d’enlèvement offre l’opportunité aux sculpteurs de rivaliser avec la statuaire antique et même de la surpasser. Mais représenter dans un seul bloc de marbre et en grandes dimensions des personnages saisis en plein déséquilibre constitue un véritable défi technique et esthétique. Le sculpteur risque de voir sa statue se briser. La réalisation d’une telle œuvre relève de savants calculs sur la répartition des masses et leur équilibre. Le premier artiste à relever ce défi, en 1583, est donc Giambologna, le sculpteur officiel des Médicis, avec L’Enlèvement des Sabines pour la Loggia dei Lanzi à Florence. Un jeune homme y enlève une femme à un autre plus âgé. En forme de spirale, la composition offre de multiples angles de vue sans en privilégier aucun. Sa virtuosité formelle et technique a valu à ce groupe un immense succès.

« Au signal donné, la jeunesse romaine s’élance de toutes parts pour enlever les jeunes filles. » Raconté par l’historien Tite-Live, l’enlèvement des Sabines par les premiers Romains est un récit fondateur de l’histoire de Rome. Afin de former des familles, la première génération de Romains doit se procurer des épouses. Ici, la femme est une prise de guerre. Le fait de la considérer comme un objet, un bien à convoiter, vient d’un choc. Celui de la prise de conscience de la responsabilité des hommes dans la reproduction, racine de la fierté virile. Vers 330 av. J.-C, le philosophe grec Aristote l’explique dans De la Génération des animaux: les hommes possèdent le « pneuma », la puissance créatrice, dans leur sperme. Ce qui laisse au corps féminin le rôle de « contenant ». Cette vision de la femme-objet ne s’est pas éteinte avec l’Antiquité.

Au contraire, les thèmes antiques reviennent en force dans l’art après la Renaissance. Au XVIIe, sous le marbre sculpté par Le Bernin, les femmes sont des proies, comme dans L’Enlèvement de Proserpine. Elles le sont aussi sous le pinceau de Jean-Léon Gérôme, peintre du XIXe, avec sa Phryné devant l’Aréopage: le procès d’une prostituée mise à nue devant une assemblée d’hommes. Au cours du XXe siècle, malgré les mouvements pour l’égalité, cette violence symbolique perdure. Et elle se traduit en actes. Le 21 août 1974, dans les calanques de Marseille, deux femmes belges sont violées par trois hommes. Médiatisé, le procès de cette affaire révèle que la société, toutes sensibilités confondues, semble tolérer ces agissements et met en cause les victimes. « Le fait de porter des jeans moulants, de se parfumer, de se maquiller est-il sans effet? » s’interroge un commentateur classé à gauche, cité dans Et le viol devint un crime de Jean-Yves Le Naour et Catherine Valenti (éd. Vendémiaire). Le procès permet de faire évoluer les mentalités. Mais ce n’est qu’à partir de 1980 que le viol est défini dans le Code pénal comme un crime.

(Extrait de l'article de Anne-Laure Pineau, paru le 8 mars 2018, dans Ça m’intéresse)

Dans ces représentations du désir de l'homme, celui de la femme n'existe pas. Françoise Héritier, nous disait qu'il n'est pas moindre : Il est occulté et redouté.

"On observe toujours une image "duplice" des femmes : elles sont à la fois la vierge folle et la vierge sage. Ce sont des stéréotypes, des instruments de contrôle. Mais il existe aussi un stéréotype masculin dont les répercussions sont désastreuses : celle du mâle à la libido exacerbée, naturellement irrépressible, qui a besoin de corps disponibles pour s'épancher. Tous les hommes ne sont pas ainsi. Dans un autre discours, l'homme est un être de raison capable de se dominer et de résister à l'appel des sens. Il reste que ce discours dominant justifie le port du voile, du hidjab, la clôture des femmes, voire le viol : seule la femme est responsable du désir qu'elle suscite."

Pour exprimer le rapport orienté et hiérarchique entre les sexes, Françoise Héritier parle de la "valence différentielle des sexes". Ce rapport, profondément inscrit dans la structure sociale, a été construit sur la première différence observable, celle du corps des hommes et des femmes. Il s'ensuit que toute pensée de la différence est aussi une classification par doublets, comme on peut le voir dans les catégories cognitives : haut/bas, chaud/froid, sain/malsain, etc. C'est ainsi qu'hommes et femmes partagent des catégories "orientées" pour penser le monde. Or les valeurs masculines sont valorisées et les féminines dévalorisées. Ainsi en Europe, la passivité, assimilée à de la faiblesse, serait féminine tandis que l'activité, associée à la maîtrise du monde, serait masculine. Selon Françoise Héritier, ce rapport émanerait de la volonté de contrôle de la reproduction de la part des hommes, qui ne peuvent pas faire eux-mêmes leurs fils. Les hommes se sont appropriés et ont réparti les femmes entre eux en disposant de leur corps et en les astreignant à la fonction reproductrice.

Je me souvenais, et je glanais, ce que Françoise Héritier, notre anthropologue, ethnologue et féministe française racontait :

"Je ne nie pas le pouvoir des hormones, le fait que les femmes ont la voix douce et une pilosité réduite par exemple. Mais si elles n'avaient pas été culturellement contraintes, la différence de force si souvent évoquée n'aurait pas une telle importance. Le travail de Priscille Touraille, dont la thèse vient d'être publiée aux éditions de la Maison des sciences de l'homme, montre que la différence morphologique de poids et de taille entre homme et femme n'est pas une question de nature mais d'accès à la nourriture. Depuis la préhistoire, les hommes prennent pour eux les protéines, la viande, les graisses, tout ce qui est nécessaire pour fabriquer les os ; tandis que les femmes ont eu accès aux féculents, à ce qui est calorique, qui donne des rondeurs. C'est cette alimentation différentielle qui, au fil des millénaires, a " anormalement " et progressivement produit une sélection dangereuse pour les femmes au moment de l'accouchement. Aujourd'hui, dans les pays occidentaux, où les enfants des deux sexes ont accès à la même nourriture, la différence a tendance à se gommer. Mais il faudra encore des générations avant que les femmes atteignent leur réelle stature."

"Dans la majorité des sociétés, on a pensé que les hommes mettaient l'enfant dans la femme, par le sperme. Les hommes sont à l'origine des enfants et de la société. On trouve cette idée partout : chez Aristote et dans la culture grecque, par exemple, dans la tribu des Samos d'Afrique de l'Ouest, l'actuel Burkina Faso, ou chez les populations indiennes ou asiatiques… Dans certaines cultures, on disait que les ancêtres, petits dieux ou génies, mettaient dans le corps des femmes des graines déjà sexualisées, arrosées ensuite par le sperme de l'homme. Il faut l'intermédiaire masculin, pour que ces graines viennent au monde. On observe des traces de cette manière de penser dans des gravures du XVIe siècle, où l'on voit un corps de femme, habillée d'époque, dans un costume fait de collerettes, avec l'utérus ouvert, et des étagères, où sont rangés des petites filles en vertugadin et des petits garçons en pourpoint… « L'homme met l'enfant dans le corps de la femme » signifiait à leurs yeux que la nature ou les dieux le voulaient. Et cela avec le but de leur faire des fils. L'idée parcourt toute l'histoire de l'humanité : les femmes sont des corps, matrices, matériaux, marmites - métaphore culinaire que l'on retrouve en Afrique ou en Grèce, pour expliquer le rôle de marmite où l'homme fait cuire ce qu'il a de plus précieux, obtenir un descendant. A partir de là s'opère un dangereux glissement de la pensée qui va alors presque de soi : les hommes ont autorité et droit absolu sur le corps des femmes. Les femmes sont vues à la fois comme des cadettes et des enfants. Soumises doublement. On disait, dans beaucoup de sociétés, que les hommes sont aux femmes comme les parents aux enfants, et les aînés aux cadets. Ils sont donc supérieurs et elles sont inférieures. Tout se passe comme cela, avec cette représentation, pour que les hommes puissent avoir un droit sur leur corps."

"Le genre est ce que l'on attend de l'un et l'autre sexe en fonction d'une culture donnée. Cela n'est rien de plus, mais ça marche extrêmement fort. Prenez un exemple qu'on trouve dans les médias, quand on y parle de la place des femmes ou des hommes dans l'entreprise. On annonce qu'il est bien d'embaucher davantage de femmes. Pourquoi ? Parce qu'on apprécie les « qualités féminines » qu'elles apportent au fonctionnement de l'entreprise : l'attention portée au travail des autres, par exemple… La capacité de décider seul ou occuper la place du chef demeure des qualités listées dans l'entreprise comme étant principalement masculine. Si la parité est de principe, le leadership revient toujours à l'homme, perçu comme meilleur pour mener les projets. Or, les qualités réelles, l'homme et la femme les possèdent tous les deux, de manière égale, par le jeu naturel des gènes."

"Je fais le constat historique et anthropologique que le corps des femmes est mis à la disposition des hommes. Et cela, sur l'enchaînement des millénaires, a entraîné un destin. Cette position a perduré. La conséquence culturelle et sociale est terrible : c'est l'impossibilité pour les femmes de décider de ce qu'il advient de leur corps. Tout mon travail sert à mettre au jour comment les femmes sont conçues comme des cadettes. Au mieux des objets à protéger, au pis des objets à exploiter. Non pas des objets comme un vase - encore qu'on dise bien des femmes qu'elles sont parfois « potiches » -, mais je dis bien « objet », en ce sens que les femmes ne sont pas encore, loin de là, les sujets de leur propre vie. Il faudra encore longtemps avant d'y parvenir."

"Dans nos pays à nous, un phénomène reste puissant : l'inégalité d'accès des femmes aux situations de pouvoir. Monter dans l'échelle professionnelle ou politique reste difficile. Il y a là encore beaucoup à faire. Cette injustice et cette inégalité sont parallèles à un système de représentations mentales, système permanent de mépris et de dénigrement. Les stéréotypes sur les femmes sont tenaces : « frivoles », « paresseuses », « fragiles », « menteuses », « coquettes », « imprévisibles », « dénuées du sens de l'orientation, au volant »."

Et puis, je me disais que c'est tout un rapport au pouvoir qui change, et non pas d'égalité. Cette copie de sculpture me fait penser à tout cela, c'est un poids, mais la copie est très légère. Je ne crois pas qu'un monde qui continue à glorifier le pouvoir et l'échelle professionnelle, l'exploitation des uns, des unes, des ressources, soit un monde meilleur, qu'il soit diriger par des femmes ou des hommes. Et puis, je me suis dit, que le droit à la paresse était formidable. Ne dit-on pas de femmes dévouées qui travaillent trop, au bord du burn out, qu'elles sont "faignasses" ? Histoire d'entretenir tout harcèlement ? C'est une rumeur qui confirme le mode du pouvoir et l'exploitation des uns des unes et des autres, les animaux, les organismes... Surtout si ces rumeurs sont relayées par des femmes, c'est que le pouvoir est bien en place, il est confirmé. Il y a celles et ceux qui seraient observateurs-trices et dicteraient leurs lois, celles de la performance, de la prédation, et décideraient que les autres seraient corvéables à merci et toujours traités de faignants, de ratés, celles et ceux qui n'ont pas réussi... Réussi à quoi déjà ?

La paresse de penser est au pouvoir, et chacun, chacune à le pouvoir de changer.
Et là, ont grandi des sujets, près de cette sculpture en copie. Elles ont quitté la destinée des objets et ne seront jamais des marmites.

Art Par kiwaïda at 17:25

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