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blog m kiwaïda

22/09/2019

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Plus près d'ici, je revisite les peintures d'Eugène Alluaud et les poésies de son ami Maurice Rollinat


Eugène Alluaud (Gilbert-Eugène de son vrai nom) naît à Ribagnac, sur la commune de Saint-Martin-Terressus, dans une famille de porcelainiers et d’amateurs d’art. Son arrière-grand-père dirige la Manufacture royale de porcelaine de Limoges avant de fonder sa propre manufacture et son grand-père, François Alluaud, fonde, en 1816, la fabrique des Casseaux avec ses fils, Victor et Amédée.En 1897, Eugène Alluaud achète une manufacture à Limoges et y produit des pièces monumentales et architecturales qui lui valent de remporter la médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1900. Après la faillite de sa manufacture en 1903, il intègre la fabrique de Charles Haviland en tant que chef d’atelier décorateur. En 1919, il met en place une petite manufacture, d’abord à Solignac puis à Limoges, où il produit des pots de luxe destinés à la parfumerie.Mais Eugène Alluaud est un peintre avant tout, entouré dès son plus jeune âge des amitiés de son père, Amédée : Corot, que ce dernier reçoit à plusieurs reprises dans sa demeure de Ribagnac, le collectionneur Adrien Dubouché, les peintres de Crozant, Charles Donzel qui participe à la formation d’Eugène.Eugène Alluaud étudie à l’Académie Julian, notamment dans l’atelier de Bouguereau – le maître de l’académisme et l’organisateur des Salons officiels des années 1880-1890 – avant de parcourir l’Europe et l’Afrique du Nord.Eugène Alluaud découvre Crozant en 1887 et y retourne longuement en 1891. Il y fait construire, face au Puy-Barriou, sa maison, « La Roca », où il s’installe avec sa femme chaque été à partir de 1905 et y accueille de nombreux artistes : Paul Madeline, Léon Detroy, et surtout Armand Guillaumin et le poète Maurice Rollinat.Eugène Alluaud décède le 27 juillet 1947 à Crozant.










C’est à Châteauroux, le 29 décembre 1846, qu’est né Maurice Rollinat. Son père, François Rollinat est avocat, ancien député de l’Indre et ami de George Sand. Marqué par le décès de celui-ci en 1867 et le suicide de son frère, Maurice Rollinat se rend à Paris et commence à écrire et publier des poèmes. Le premier recueil, Les Brandes paru en 1877, décrit l’aspect paisible de la nature berrichonne. C’est à Fresselines, plus précisément à La Pouge, que Maurice Rollinat vient se réfugier après la publication de ses Névroses qui font scandale (1883). L’observation de la nature, la pêche et les longues promenades redonnent au poète un peu de sérénité et d’inspiration, malgré un naturel mélancolique qui ne s’estompe pas. Sa retraite creusoise ne l’empêche pas de rester en contact avec le monde de l’art : c’est à La Pouge, en compagnie de l’actrice Cécile Pouettre, dite de Gournay, qu’il recevra tous ses amis artistes, parisiens comme limousins, faisant de Fresselines un lieu et une étape incontournable de tout séjour creusois. Maurice Rollinat devient vite un personnage incontournable et des plus appréciés de cette vallée de la Creuse, et bien des gens se seront longtemps rappelés de lui, à l’image de l’aquarelliste Joseph Jeannot. Suite au décès de sa compagne, Maurice Rollinat tente à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours, mais Eugène Alluaud, en grand ami, veille sur lui. Le poète décède en 1903 à Ivry, atteint de maladie.

Extraits du poème :

Les rumination, prose d'un solitaire (1904)

A l’insu d’eux-mêmes, les vrais artistes, ces grands effarouchés insociables, ont une telle pudeur dans le travail qu’il leur faut la pleine solitude pour s’y mettre et s’y absorber. Ils sont tellement tout à la fois les fatals, les volontaires et les raisonneurs de leur instinct, qu’ils ne peuvent pas subir d’autres impulsions et influences que celles de leur propre esprit qui, furtivement, et comme en cachette, cherche le sujet, guette l’impression qu’une fois trouvés et couvés, ils étreignent, creusent et brassent avec la même dissimulation, les sentant presque déflorés par le hasard d’une allusion volontaire, et voyant redoubler leur doute angoisseux pour peu qu’on les questionne sur l’actualité de leur labeur : surombrageuses et extrasauvages personnalités, d’une si inexplicable et décevante contradiction, que, plantureux d’imagination quand ils tirent tout d’eux-mêmes, ils seraient incapables d’une collaboration quelconque, et que le fait de leur imposer un sujet suffirait pour aussitôt tarir leur verve et stériliser leur pensée.

On peut avoir beaucoup de sens imaginatifs et intellectuels, voire même le sens commun, mais être totalement dépourvu de sens moral : cela explique pourquoi tant de gens qui, le plus souvent auraient tout intérêt à se taire, attaquent si férocement la vie privée des autres. C’est l’éternelle histoire du bossu qui dit du mal du chameau, du chaudron qui se moque de la poêle. Au fond, il faut toujours plaindre ces produits de la méchante et bête vanité sociale, qui, bilieux indiscrets, médisants impulsifs, si fins voyeurs des tares du prochain et si aveugles à leurs propres misères, sont assurément, pour leur excuse, des abâtardis du cœur et des dégénères de la conscience.

Les gens vulgaires qui sont coutumiers des propos graveleux, les lâchent instinctivement devant n’importe qui, avec une bonne jovialité brutale et sans jamais guetter sur les visages l’impression de leurs paroles. Au contraire, les profonds scélérats de la luxure, intentionnellement toujours, pour tâter et préparer le terrain, ne débitent chatouilleusement leurs savantes obscénités que devant des femmes, de préférence devant des fillettes et des jeunes filles, épiant les rougeurs sur les physionomies, les malaises du regard, les gènes du maintien, et, les savourant, dès qu’ils se produisent, en dégustateurs raffinés de la pudeur confuse ; comme aussi, horriblement désappointés et crevant de dépit, quand, malgré tout leur effort de charme, au lieu d’éveiller la moindre surprise, ils ont reçu, dans un seul coup d’œil, le tranquille désaveu de l’ignorance virginale, ou tout le hautain glacial d’une âme de femme indifférente.

Quand, parmi des personnes de votre connaissance auxquelles vous avez la conscience de n’avoir jamais fait que des politesses, il s’en trouve qui, vous rencontrant, prennent la rue latérale, le sentier d’à côté, se retournent en se mettant à considérer un arbre ou une affiche, celle-ci fût-elle même si décolorément vieille, déchiquetée, râpée, qu’il n’y a plus rien à y lire… tenez-vous le pour dit une bonne fois : si ces gens-là ne sont pas vos débiteurs, vous pouvez être sûr qu’ils sont vos pires envieux, vos plus venimeux ennemis.

A côté du génie cultivé, extra-raffiné, supercivilisé de par tout le savoir et l’acquis de la société que son œuvre reflète et dont elle porte l’estampille, il y a le génie sauvage, resté le fruste volontaire, affranchi délibérément de tout principe et de toute règle, ne s’en rapportant qu’à la profondeur de ses écoutements et questionnements des choses, qu’à la seule bonne foi de ses regards et de ses pensées visionnaires, qu’au cri médité de son instinct encore plus que de son esprit, pour l’évocation du rêve et de la vérité.

    Ce génie-là ne mesure sa puissance que par le degré d’impression qu’il produit sur lui-même, sachant d’ailleurs que sa propre émotion lui vaudra, bon gré mal gré, l’empoignement de tous les autres. Aussi clairvoyant qu’il est doué, aussi conscient qu’il est naturel, il invente et crée de toutes pièces, et tous les sincères sensitifs s’en impressionnent et deviennent ses possédés, s’abandonnant avec des enthousiasmes et des effusions de reconnaissance à une sorte de besoin d’aimer et d’admirer son œuvre, sans se demander pourquoi ni comment ils sont saisis et hantés par elle.

    Il n’est haï, condamné, desservi que par les médiocres, les faiseurs, les appreneurs, par tous les manquants d’originalité naturelle qui savent trop ne pas compenser leur impuissance par la stricte application des seules règles et des seuls procédés de convention.

Vous sachant désintéressé, sentant que vous seriez prodigue pour les autres, la seule chose au monde qui puisse vraiment le plus vous humilier devant vous-même, c’est que les vœux de votre nature et les besoins de votre cœur soient perpétuellement rembarrés et bafoués par l’insuffisance de votre bourse.

Le plus honteux châtiment pour des parents coupables, c’est de se sentir jugés tels par le respectueux silence de leurs enfants.

Le chat, quoi qu’on en dise, est très aimant, mais, comme il est réservé, fier, indépendant et soupçonneux de sa nature, il faut, pour ainsi dire, sortir de lui ses bonnes dispositions à votre égard, les aider, les gagner peu à peu, provoquer l’éveil, la venue de sa sympathie, l’attirer, lui donner le goût, la confiance de vous la retémoigner davantage. Et cela, vous l’obtiendrez par beaucoup de prévenances d’amitié, surtout par une invariable égalité dans les compliments, les caresses, les attentions et les soins. Alors ainsi, vous aurez captivé son humeur, charmé sa suspicion, ensorcelé son naturel. Il aura l’abandon avec vous, il sera content de hanter votre présence ; à sa manière, il vous exprimera ses sentiments à lui, en y mettant aussi bien que tout le velours de ses griffes, tout l’affectueux râpement de sa langue rosette, tout l’exhalé de son cœur, dardé, si bénin, par la claire fixité de ses prunelles magnétiques – si fascinantes quand elles sont vertes ! – par toute la grâce et l’onduleuse douceur de son être discret, vous offrant sa petite âme de jolie bête élastique et mystérieuse.

    Au contraire, il fuira toujours ceux qui lui auront fait un accueil louche, en n’ayant pas l’air de tenir à lui.

    A cet égard, il y a un peu du chat, beaucoup même, chez le concentré timide, à la fois aimant et libre, tendre et ombrageux : jamais le cœur de celui-là ne recommencera son élancement vers vous, non pas même parce que vous l’aurez repoussé par votre abord hautain, sévère, dur ou glacial, mais seulement parce qu’il aura cru voir que vous paraissiez lui rester indifférent ou que vous aviez vaguement l’air de le subir.

L’amour s’aiguise et s’ennoblit, s’exalte et se transfigure par toutes les choses de haute et fine cérébralité, par le mystique et le religieux, la musique, la poésie, la littérature, par l’art sous toutes ses formes, mais, à la condition – dans les délais que les tempéraments lui assignent – d’aboutir à sa loi naturelle qui est, en même temps que l’union des cœurs et des esprits, le plein accomplissement du désir de ces deux corps avides l’un de l’autre, qui se cherchent pour se mêler et se fondre dans le crispé de leurs caresses et l’épanouissement de leurs étreintes ; sinon l’amour se ronge sur place, en dépit de ses pâmoisons d’idéal et de ses transports d’intellectualité. A s’être tellement refusé d’être humain, à jamais il se pleure dans la tristesse ou se maudit dans la démence.



Art Par kiwaïda at 23:48

21/09/2019

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Álvaro Joaquim de Melo Siza Vieira nasceu a 25 de junho de 1933 na cidade de Matosinhos, na costa nortenha portuguesa. Na Região Norte do país, os seus pais não podiam imaginar que a escolha do nome do filho era a previsão de um futuro de sucesso e reconhecimento internacional para ele. De origem nórdica, o nome “Álvaro”, significa “Gênio Protetor”. A sua educação decorreu naturalmente, no seio da zona portuense, onde estudou e onde viria a lecionar. Tudo isto na Escola Superior de Belas-Artes do Porto, estando como estudante de 1949 a 1955, e como professor assistente de construção de 1966 a 1969, e em 1976. Antes de se licenciar, começou a trabalhar em 1954, dando forma e vida a quatro habitações em Matosinhos, sua cidade-natal. Porém, foi como artista que se foi firmando. Tomando como referências o orgânico norte-americano Frank Lloyd Wright, o hierárquico austríaco Adolf Loos e o também naturalista finlandês Alvar Aalto, Álvaro Siza Vieira descobriu um caminho único e identitário nas lides da conceção e da construção. Assumindo uma perspetiva modernista e vanguardista, constatável nas suas formas e sentidos arquitetónicos, não se esqueceu das tradições portuguesas e dedicou-lhes especial atenção, em especial no que toca à sua minúcia e rigor. Casando-se com Maria Antónia Marinho Leite, viria a ter com ela dois filhos, Joana Marinho Leite Siza Vieira e o também artista Álvaro Leite Siza Vieira. A precoce morte da sua esposa, no ano de 1973, afetaria também a trajetória da sua carreira, levando-o a colaborar e a trabalhar mais vezes no estrangeiro. O seu registo arquitetónico tornou-se conhecido como “modernismo poético”, colaborando em ensaios onde exprimiu essa ideologia muito própria, e onde frisou também a influência do mexicano Luis Barragán naquilo que é o virtuosismo conceptual e formal deste. Recentemente, Siza Vieira envolveu-se na reabilitação arqueológica de vários monumentos da Cidade Velha, na ilha cabo-verdiana de Cabo Verde. Precedendo este trabalho, está a renovação da fachada e do centro de visitas de Alhambra, complexo com fortes influências islâmicas, em Granada.



O jovem Álvaro Siza Vieira, então com 26 anos, foi chamado para realizar um projeto de piscinas de águas salgadas na orla de Leça da Palmeira, em Matosinhos. O complexo, concluído em 1966, consiste em vestiários, um café e duas piscinas- uma para adultos e outra para crianças - e tornou-se um dos seus mais reconhecidos projetos, classificado como Monumento Nacional de Portugal em 2011. O detalhe poético da escada que coincide com a linha do horizonte é um dos "segredos" da Casa de Chá da Boa Nova. Antes de entrar há uma visão panorâmica, a última. No interior ele quer mostrar momento selecionados, e, lá dentro, quer criar várias atmosferas. É uma história da infância: Quando era pequeno teve pneumonia, teve de ir para o campo e tinha sempre a mesma vista - bonita, mas sempre a mesma - e ao fim de uns dias odiava-a. Por isso, não é o tipo de arquiteto que nos mostre toda a paisagem, antes seleciona.


L’architecte n’impose pas violemment sa personnalité dans ses réalisations.

Il exprime également que c’est la structure qui prévaut et que, attrapés par elle, nous en percevons les accidents

La figure de Siza disparaît, virtuellement et réellement.


Ses croquis sont presque aussi célèbres que ses constructions. Des lignes noires à main levée, une porte travaillée en haut d’un escalier, une silhouette en mouvement…Alvaro Siza aurait pu devenir peintre ou sculpteur. Après des études à l’école des Beaux-Arts de Porto, il s’est finalement tourné vers l’architecture « pour ne pas contrarier son père », peut-être aussi pour ne pas avoir à choisir. « Mes croquis me permettent d’émettre des hypothèses, de poser toutes mes idées, même les plus folles, sur le papier avant de revenir dessus ou même de les abandonner, explique-t-il. Ils ne sont que le commencement. »

Álvaro Siza est à l’origine du régionalisme critique. En effet, il se nourrit de l’architecture et des savoir-faire locaux ainsi que de l’artisanat portugais pour concevoir ses projets. Ensuite, il les combine à une architecture moderne, aux lignes épurées, dont le blanc est la couleur dominante. Le dessin et les croquis qu’il réalise sur site ou à l’atelier sont primordiaux dans son approche du projet. Il porte un regard attentif à l’analyse du site et à la topographie du lieu.

Sou contra essa ideia de especialização. Gosto de diversificar o meu trabalho, quero e tenho feito um pouco de tudo. Não se pode fazer bem um bairro social ou um museu sem ter feito casas. A arquitetura é só uma. As mãos que desenham e as mãos que constroem, seja o que for, são sempre as mesmas.



Antes de haver legislação que determinasse tudo, os arquitetos usavam outras medidas. Na Piscina das Marés, Álvaro Siza usou a sua altura - pouco mais de 1,60 cm - como referência. A tipologia do edifício é quase a de um estábulo, em que os cavalos entram por um lado e saem do outro. Não espanta a inspiração. "Álvaro Siza adora cavalos, quando está aborrecido desenha-os", refere o investigador. Siza propôs usar a madeira que ficava para trás durante a recuperação da baixa do Porto, em que também esteve envolvido. Fica negra, depois de "mergulhada numa substância com petróleo". As divisórias não tocam no chão. "A água pode entrar no inverno sem danificar as madeiras". O balneário feminino tem um poço de luz que também impede os olhos de se habituarem à escuridão, criando assim maior intimidade.







De origem nórdica, o nome “Álvaro”, significa “Gênio Protetor”.


Também é o nome do meu pai. È uma das razões pelas quais, mais jovem, estudei essa arquitetura, também, porque meu pai era construtor de casas e chefe de vários estaleiros da obra, na França. Cresci com essa noção de construção e destruição, de transformação, de vidas inacabadas e de obras, de planos arquitetônicos e intuições de fabricação de objetos e adaptações locais e também deste imaginário, da casa de nascimento portuguesa, o do berço Português. A língua portuguesa que imagino e não falo, é a de projectos, sonhos, que posso incorporar nos meus desenhos, pois as artes plásticas, belas artes, foram uma formação que escolhi. Um dia vi os desenhos de meu pai, ingênuos e coloridos de seus barcos portugueses da travessia migratória; também vi essa cor, o ouro, todas essas expressões em alguns desenhos. Quem já viu os desenhos de seu pai uma vez se lembra toda a sua vida, que um homem é capaz de expressão visual, mesmo se ele não encontre as palavras para sua vida, para tomar forma, para suas filhas. Minha mãe também tem um nome original, que eu amo, e desses nomes, minha vida artística me pareceu, na França, sempre exótica e original.

Calmos, elegâncias modestas, não-espectaculares

Luz

Branco

Não é fácil expressar essa cultura para os franceses. As minhas origens em diferentes países, mas do Sul da Europa, desde o berço da Europa, desde a sua construção histórica e guerras, desde a sua intercriação e colonização, desde as suas ricas travessias e descobertas e de sucessivas empobreções, lembram-me de mil imagens e memórias, aprendizagens e tecelagens que os franceses não sabem, mas muito mais todos aqueles que se abrem para o mundo como um conhecimento nunca total, nunca determinado, nunca fechado, sempre em diálogo, sempre incompreendido, paradoxal e sensível. Não sei de nada e sei um pouco. Posso construir um pequeno castelo na areia, com um molde, porque sei de onde vem este molde. Posso esmagar este castelo ou multiplicá-lo, posso apenas fechar meus olhos e sentir a espuma do mar acariciando meus pés. O sonho da Sónia...

Sônia: Significa "sábia", ou "sabedoria" Sônia é um nome feminino que se originou a partir do russo Sonja, que por sua vez é uma variação (diminutivo) de Sofia. Sonja é um nome de origem escandinava mas outros também indicam que poderá ser originário da Rússia e ter origens eslavas. Sonja é uma variante do nome Sônia, bem mais comum em português. A raiz etimológica deste nome provém do termo grego sophia, que significa literalmente "sabedoria" ou "sabedoria divina".  Este último é o original grego partir do qual todos esses nomes, incluindo Sonja, vão buscar o seu significado, que é "sabedoria", ou mesmo "ciência". No russo Sonja é considerado um diminutivo de Sofia. Existe outra teoria que relaciona o surgimento do nome Sônia com o hindu sonāa, que por sua vez se originou do sânscrito suvarṇa, que significaria "dourado" ou "cor dourada". No Brasil, Sônia é um nome bastante popular, assim como a variante Sonya. Normalmente, os pais ​escolhem este nome para as suas filhas para passar uma ideia de sabedoria e inteligência através do nome.


1916 - Peinture de Robert Delaunay (le copain de Sonia Delaunay, célèbre peintre aussi, française) : Mulher portuguesa
Je ne connaissais pas cette peinture avant d'écrire cet article, comment arriver à ce tableau ?

Et bien, j'écris sur l'art.

Delaunay executou esta pintura, também conhecida como Mulher Alta Portuguesa, para além de várias naturezas mortas e outras cenas de vida ibérica, na época trágica da I Guerra Mundial. Acompanhado da esposa, a também artista Sonia Delaunay, e do filho de ambos, Charles, Delaunay estava de férias em Espanha quando a guerra deflagrou, tendo depois seguido para Portugal onde alugaram uma moradia com o seu amigo artista Eduardo Viana. O ritmo lento da vida, afastado da violência longínqua das trincheiras, atraiu a sensibilidade do pintor.

Ce tableau pourrait très bien être une représentation d'aujourd'hui, en 2019, de Sonia dans son atelier (celle qui écrit cet article, entre autres ;.) Cette découverte m'enchante, et rien ne m'avait guidé sur le chemin de cette peinture, si ce n'est la recherche des rêves et des prénoms portugais dont les étymologies refroidissent et se trouvent situées dans le Nord, les pays plus froids. Il y a bien là des voyages traversés... et des réchauffements climatiques...

Art Par kiwaïda at 22:33

20/09/2019

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Photographies © Sonia Marques

J'ai un nouveau téléphone

Delicata & Manjericão











J'entends ce qui est bon, les herbes sacrées, amoureuses, noisettes et cacahuètes...
Et un gâteau aux carottes : Râpez les carottes, 280g (3 grosses). Beurrez et farinez un moule, préchauffez le four à 180°C. Séparez les 5 blancs des jaunes d'oeufs. Saladier : fouettez les jaunes d’œuf et le sucre ensemble (100 ou 200g si on veut devenir grosse ou moins grosse) = mélange mousseux Ajoutez les carottes, la poudre d’amandes, 125g, et de coco 125g, grosso modo, un peu de vanille (comme on veut en gousse, ou en poudre) et le jus d'1 citron et son zeste. Tamisez la farine (80g), et la poudre à lever. Nouveau saladier : montez les 5 blancs en neige, avec une pincée de sel, incorporez-les à l’autre mélange délicatement. Versez le mélange dans votre moule et enfournez pendant 50 minutes, vérifiez la cuisson du gâteau ou cake à l’aide de la pointe d’un couteau Délicatement, délicatement...


Enseignement Par kiwaïda at 19:48

16/09/2019

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Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 22:53

14/09/2019

♏ϴϴИ

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Hier soir, j'ai vu un spectacle magnifique sur les toits de Limoges : La lune des moissons !

La lune était d'un jaune lumineux, pastel avec des tâches ocres, orangées, puis elle est montée lentement le long de la soirée jusqu'à devenir blanche phosphorescente.

Ce vendredi 13 septembre 2019, c'était la dernière pleine lune à illuminer les champs avant la moisson.

Elle semblait être blonde de blés, si pâle, et pourtant d'un grand éclat, quel paradoxe de cette teinte si douce et forte à la fois, unique.

Je n'avais pas d'appareil photographique, alors j'ai profité de cet instant, lors d'un dîner en plein air, elle était devant nous, comme invitée, fière et si protectrice.

Cette lune des récoltes est visible ce soir aussi.

Énergie.

Ne plus retenir le passé.

La beauté sans faire de bruit.


Paysage Par kiwaïda at 13:04

09/09/2019

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Photographies © Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 00:07

05/09/2019

éłéℊ@ηḉε

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Photographies © Sonia Marques

Élégance

Paix

Recherches

Textiles

Végétal


Enseignement Par kiwaïda at 23:02

21/08/2019

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Photographie © JD & Kiwa

Photographie © Sonia Marques

Image du film français  "Perdrix" réalisé par Erwan Le Duc - 2019

Nous sortions de visions du peintre américain Edward Hopper, pour naviguer dans des décors que nous retrouvions dans un film contemporain, magique, au nom d'un oiseau. Traverser des images, des décors, vivre dans des peintures et des films enveloppés dans le choix le plus doux, celui de la solitude de Purcell...


Film Par kiwaïda at 23:21

18/08/2019

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Dessins © Sonia Marques


Amore peniculus

Art Par kiwaïda at 23:46

17/08/2019

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Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 19:08

11/08/2019

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Musique Par kiwaïda at 20:21

07/08/2019

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Photographies © Sonia Marques

Sékou était assez surprise de lire un commentaire sur le blog de Yvonne à son sujet, puis finalement pas surprise du tout. Yvonne avait écrit un article, de façon indépendante, et sans l'interroger, sur la discrimination qu'elle subissait à l’hôpital Mary. Cela n'a fait qu'empirer sa situation ensuite, comme quoi, le féminisme dans ce pays est très rétrograde. Sékou avait écrit une circulaire dédiée à l'institution, c'était un S.O.S., et celle-ci expliquait clairement ce qu'il lui arrivait. Yvonne avait librement choisit un paragraphe où JALIL était cité, mais avait occulté l'essentiel, le contenu de Sékou, ses idées. Son article intitulait "Sékou contre l’hôpital Mary". Par cet article, Sékou découvrait une communauté qui ne la connaissait pas et qui protégeait celle qui lui avait envoyé des courriers insultants, la directrice de l’hôpital Mary : Georgette. Peut-être parce que "fille de" . Sa mère cardiologue Raymonde, avait la carte au parti politique Binto, reconnu comme le plus dictateur et démagogue du pays. En tous cas, Sékou était constamment insultée par Georgette, elle la méprisait comme si elle était un déchet social, impropre, mal née. Le harcèlement subit a été exponentiel, Sékou, chirurgienne a été remplacée par un de ses stagiaires qui ne savait pas encore opérer. Celui-ci se mit à prendre des airs supérieurs et a fomenté des complots contre elle, afin de prendre sa place. Georgette a commandé un procès, afin que Sékou soit humiliée dans son village, à Oumou, sans que cette directrice n'ait à se déplacer au tribunal. Il y avait des violeurs jugés, dans ce tribunal, et des femmes qui excisent les petites filles. Sékou, parce qu'elle aurait souillé un outil de travail pendant une opération s'est retrouvée parmi les violents de son village. Puis Georgette la remplacée dans sa fonction, par Roger, son ami qui rêvait depuis longtemps opérer, mais il n'avait jamais passé de concours, comme Sékou.

Sékou se retrouva sans emploi durant des années. Aucun de ses collègues n'avaient répondu à son S.O.S. Ni Fernand qu'elle avait aidé à s'intégrer, ni Gaston qui lui avait demandé tant de fois de le remplacer, ni Antoine qui l'avait mise à disposition dans un autre Hôpital, ni Anne qui ne savait pas parler la langue du village et dont Sékou l'avait épaulée plus d'une fois, ni Hélène qui ne savait pas opérer, ni Marcel, qui se faisait passer pour un dentiste en arrachant simplement toutes les dents.




Voici son S.O.S. :


Oumou, le 30 juin 2045,

 

Chers collègues,

   

Suite à un courrier reçu ce jour en recommandé avec accusé réception de Geogette m'indiquant que je suis en situation de faute professionnelle sans aucun motif, je vous informe que je n'envisage pas sereinement les opérations dans ces conditions de travail.

En février, j'écrivais une lettre à la direction de l'hôpital Mary, pour mettre un terme aux courriers administratifs, une vingtaine à ce jour, avec des mesures vexatoires et des remarques discriminantes, sans rapport avec  les modes opératoires, la pratique de la chirurgie, qui ont pour effet, une dégradation de mes conditions de travail. Je n'ai pu répondre de suite à ces courriers répétitifs en pensant qu'ils seraient relus, conjugués et corrigés. Ce retrait fut nécessaire à la réflexion. Dans ma lettre, j'attirais l'attention sur une notion à reconsidérer en cette période de confusion, celle de « prendre soin du langage ».

Extrait :

« Il y a des imprudences qui sont terriblement nuisibles de la part d'institution et conduisent à l'isolement des individus. Ces imprudences, si elles ne sont pas relues attentivement, et dans leur portée sémantique et dans leurs actes policiés, deviennent des incitations à la haine, au mépris de l'autre, surtout, si elles se trouvent relayées par des directions. Le manque de communication que nous subissons, médecins, urgentistes, dans cet Hôpital, ne peut se résoudre par des courriers administratifs, individualisés qui empêchent le dialogue et renient tout récit, toute histoire.

Les courriers que je reçois, de la direction, ne sont pas dédiés à une chirurgienne. Ils sont dans le déni de la fonction, de la transmission d'un savoir, de mon métier. Les mots écrits ne sont pas recevables et s'inscrivent dans une succession de travers administratifs indéfectibles qui provoquent de violentes nuisances au bon déroulement pédagogique en interrompant toute fonction de transmission du savoir de la médecine et en éradiquant le lien essentiel, par lequel, tout enseignant et enseigné, fonde sa confiance : la relation humaine. »

J'ai reçu aussitôt, une réponse signée de la direction, en recommandé avec accusé de réception, m'indiquant que ce courrier était écrit en « très petits caractères ». Toutes les questions de fond évoquées restent en suspend.

Je suis chirurgienne, diplômée de l'École de Djenaba, ayant travaillé durant neuf années à l'hôpital de Boubacar, intervenante dans différents hôpitaux de notre pays et à l’étranger. Je vis à Oumou depuis plus de dix années. Mon métier est basé sur la valorisation du travail des stagiaires, la bienveillance, le respect d’autrui et la non exclusion.

Ce courrier arrive une semaine après les réunions de juin auxquelles j'ai participé, et dans un moment où les hôpitaux questionnent les modalités des nominations des directions.

Mes échanges et les plus récents, avec différents collègues, directrices, inspecteurs, inspectrices, entreprises, et personnels des hôpitaux, m'invitent à leurs envoyer ce message d'alerte et de solidarité. Je suis très inquiète pour mon avenir et la paupérisation de mes fonctions au sein de l'hôpital Mary. J'assiste à la disparition de statuts, la non communication des résultats, malgré nos réalisations. Les tabula rasa successives chaque année, ne favorisent pas la pérennisation de nos savoir faire.

Alors que les hôpitaux sont en en mutation, Mary s'installe dangereusement dans un silence assourdissant, où aucun sujet sociétal ne la traverse et ne circule dans ses arcanes internes. Ce mauvais signal reçu illustre nombre d'exclusions et la volonté d'amoindrir les forces vives de cet hôpital, tout acte de penser, d'échanger, de porter sa voix.

Si dans les Hôpitaux, comme dans le champ de l’enseignement  supérieur  en  général en médecine,  les conditions  peuvent être propices au harcèlement et à toutes sortes de domination,elles créent aussi  des contextes favorables pour les questionner et les combattre. Comme nous le documente la charte de JALIL, contre les discriminations, je suis engagée :

«… à la  mise  en  œuvre d'une  politique  structurelle  d’égalité  entre  les  femmes  et  les  hommes  et  de  lutte  contre toutes les discriminations, qui concerne aussi bien la gouvernance des établissements et l’ensemble des personnels  et intervenants, participe au travail  nécessaire de reconstruction  du  champ des représentations.Comme le monde de la médecine,nos écoles ont depuis longtemps ouvert leurs portes aux sciences politiques et sociales. »

J'ai informé la direction afin d'ouvrir les échanges, aborder ces questions urgentes, vis-à-vis des facteurs positifs de la diversité des médecins, accompagner et soutenir leurs réalisations et tissages entre les outils et histoires, investissant les laboratoires et trouver les moyens d’apprécier leurs évolutions, réunir ces différences et les conduire aux opérations en favorisant le développement de leurs recherches et projets plutôt que confirmer les inégalités de traitement, tout comme celles des scientifiques . Suite à ces apports écrits, à l’écoute des collègues, ce dernier courrier cautionne une nouvelle fois des méthodes d'exclusions, alors même que j’ai organisé ces années un cadre de recherche évolutif transversal à tous les niveaux, et que nous cherchons à faire résonner leurs opérations dans des contextes culturels contemporains et référencés.

Chers collègues, vous connaissez mes apports et mon engagement dans votre établissement, je reste sincèrement projetée dans cet avenir commun, et résolument, dans la situation présente, dans l'espoir que l'Hôpital Mary puisse se remettre en question et aller de l’avant.

Je vous invite à me répondre à mon adresse.

J'invite également tous les collègues des autres hôpitaux amis et partenaires, auxquels, j'envoie ce message, afin de me faire part de leur soutien et j'informe celles et ceux qui organisent les séminaires de JALIL à Taha de ma participation et de ma disponibilité aux débats.

Mes plus cordiales salutations,

Sékou

Copie à la Georgette, l'hôpital Mary, JALIL, les associations de Oumou, Boubakar...
(Ce texte est écrit en très petits caractères, veuillez porter vos lunettes)



L'article d'Yvonne sur son blog, a provoqué l'ire de Georgette, la furie, la directrice de l'hôpital Mary, qui évitait déjà tout dialogue, mais s'empressait de harceler Sékou par courrier et par son pouvoir de direction d'y émettre des menaces, non fondées, mais déjà de licenciement. Sous cet article un commentaire encore plus significatif d'une communauté aux pratiques étranges : "N'importe quelle incompétente comme ça va se servir de JALIL pour crier à la discrimination. Vous êtes déjà gâteuse ?" Un commentaire qui exprimait bien toute la bêtise que Sékou avait déjà reçu de cette directrice, en anonyme mais à peine anonyme. Déjà, tout comme la saleté reprochée par cette directrice, alors que Sékou est propre, c'est l'incompétence qui fut ici qualifiée comme critère, alors que Sékou est très compétente. Mais ce qui est plus intéressant c'est le jugement de "n'importe quelle". Comme s'il fallait, être quelqu'un de reconnu dans cette communauté obscure, mais démasquée, pour écrire, ou parler, ou s'y connaître sur les discriminations. C'est-à-dire que le n'importe qui n'avait pas le droit ni de vivre ni de décrire, ni d'avoir une expérience, puisque "l'incompétence" se trouvait là, en plus d'être "n'importe qui". Sékou trouvait cette façon pathologique de tordre les mots, assez accusatrice et du même ordre que tous les courriers qu'elle avait reçus, sidérants, mal conjugués. Et puis l'adjectif "gâteuse", au passage, histoire d'éliminer toute connaissance, décrite par Yvonne, toute re-connaissance, pensait Sékou.

Une femme déviante ou avec une pathologie grave, quérulente, qui fait des procès, et multiplie les actions en justice, va sans arrêt attaquer l'intelligence et déposer son mal être sur l'autre, qu'elle méprise et juge être n'importe qui. Elle a souvent surchargé les tribunaux, pour rien, in fine, et employé nombre de juges et greffières et comptable autours de ses procès, et d'un ou d'une accusée. Là l'accusée c'était Sékou, se demandant bien ce qu'elle fichait dans le tribunal d'Oumou. Un avocat lui avait dit, cette Georgette est complètement cinglée. Elle a une tendance pathologique à se croire victime d'injustice alors elle plaide en justice, elle est délirante.

Après l'idée de "se servir" dans le commentaire sur le blog d'Yvonne, est très intéressant aussi, car cette directrice se sert de l'argent public pour ses propres intérêts, privés donc et sa communauté Binto. Elle choisit les médecins, des hommes et fait partir les femmes. Il ne reste plus beaucoup de femmes qui peuvent opérer, à moins d'une soumission sans borne et contre chantage, afin d'espérer obtenir des crédits, puisque la despote est devenue un guichet. Le sexisme est arrivé à son apogée. Elle se trouve protégée, non pas par ce qu'elle croit (sa famille, son parti politique) mais par ces féministes qui, au nom de l'anti-sexisme, revendiquent, sans arrêt et avec une politique d'attaque, de disposer des femmes aux têtes des institutions. Mais pour faire "image" seulement. C'est donc ça le truc, pensait Sékou, quelle idée débile. Car, dans les arcanes du management, c'est un sexisme, qui ne peut alors se dénoncer. Ces féministes ont refermé le cadenas de la porte de la mixité sociale, à jamais, dans un écrin de stupidité. Ce sont des familles entières qui sont à la tête de ces directions, on pourra trouver le conjoint de Georgette, Sultan, à la tête de l'Hôpital Maurice, tous deux qui prônent l'horizontalité, la mort de la hiérarchie, s'amusant à se mêler aux secrétaires et aux assistants et stagiaires, comme si tous étaient au même niveau, ou eux intégrés aux inférieurs sociaux. Évidemment la directrice n'est pas du tout à l'horizontale, puisqu'elle exclue, grâce à sa seule signature, son pouvoir, l'employée qu'elle n'aime pas, qu'elle jalouse pour la remplacer par l'un des siens (pyramide hiérarchique donc, en contradiction avec l'horizontalité demandée) Il faut afficher que la liberté d'expression est là, Sékou voit bien, en fait, que c'est une vraie dictature, ils importunent l'autre, c'est leur liberté d'expression et l'autre doit se taire, et même se cacher pour mourir, comme les oiseaux.

Sékou se remémorait ce commentaire, sexiste et raciste. L'anonyme ne semble d'ailleurs rien connaître. Sékou fut déjà étonnée que Yvonne l'associe, dans son article à deux nom d'hommes, Tchoupi et Patchouli, lesquels ne l'ont pas aidé dans sa profession bien au contraire. Sékou se demandait si Yvonne craignait d'écrire sur son nom seul, comme si elle était tellement "n'importe qui" qu'il fallait y apposer deux noms d'hommes, pour faire plus sérieux, et "pas n'importe qui", des hommes qui ne sont pas du tout dans la reconnaissance des femmes médecins. Elle pensait aussi qu'elle l'avait infantilisée ainsi, comme il faut mettre le nom des tuteurs pour un enfant qui n'a pas encore grandi. Bref, le fait est que Sékou a été convoquée, deux mois plus tard, par la directrice de l'hôpital Mary, le lendemain du jour, où une femme secrétaire décédait, dans son équipe administrative, et soudainement, et jeune (elle lui avait donné une charge importante de travail pour son idée d'aller "tous", mais pas vraiment tous, à Coumba, afin d'afficher un club touristique monstrueux pour facebook) Cet entretien, Sékou pensait pouvoir pacifier la bête, mais Georgette l'accusait d'avoir fait passer une circulaire "à tire larigot", son expression, sans qu'elle le sache qui vient de "boire", connotait le problème de Georgette : elle buvait trop, et n'avait aucun savoir, elle répète. Personne n'aurait jamais dû être informé que Georgette maltraitait ainsi une chirurgienne. Cela devait rester secret. À discrétion donc et pour continuer à faire joujou comme elle l'entend, dans sa communauté.

Oui tout le monde et n'importe qui peut se cultiver et être cultivé. N'importe qui a connu des discriminations. N'importe qui peut vous démasquer, Madame la directrice, pensait Sékou.

Tout d'abord, Sékou ne connaissait pas bien la directrice et s’interrogeait sur le pourquoi avait-elle été choisie. Elle se demandait que se passait-il pour qu'une telle haine arrive, sans que la personne violente ne la connaisse. C'est que les pratiques de harcèlement sont systémiques. Il y avait bien plusieurs personnes cachées derrière Georgette, et certainement des collègues, qu'elle n'entendait plus. Elle en croisait parfois dans son village, en allant faire des courses, et même de ses stagiaires qui avaient réussi à séduire Georgette pour devenir assistants de l'hôpital sans avoir à passer des concours, et toutes ces personnes baissaient la tête, comme coupables devant Sékou, sans emploi. Ils avaient honte, et plus ils avaient honte, plus Sékou voyait qu'ils avaient mal, à une jambe, à un bras, les cheveux devenaient gris, ils ne savaient plus marcher, ni parler, il marchonnaient, ils merdouillaient, ils se trainaient comme de petits bébés hippopotames. Sékou aurait eu pitié, mais tout cela est passé, digne, elle est passée à d'autres sphères plus clémentes.

Elle commença à chercher qui était cette interlocutrice qui l'accusait d'avoir souillé l'équipement de l'hôpital. En l’occurrence, les recherches sont une mauvaise piste, car pour qu'une personne aussi faible comme Georgette, mauvaise médecin, mauvaise pédagogue, en vienne à tester son autorité auprès d'une chirurgienne, plutôt bonne, et humble, c'est qu'elle était sous influence, manipulée, puisque manipulatrice à son tour. Sékou s'aperçoit qu'un climat général de harcèlement structurait cet hôpital, et ce depuis, bien avant qu'elle y travaille. Ces pratiques du harcèlement sont transmissibles, et sont érigées comme seuls modèles qui statut sur les relations interpersonnelles. Le responsable d'une telle situation est le gouvernement, qui a totalement abandonné ces hôpitaux, et pour bien des raisons politiques. L'interlocutrice a commencé à invité sa mère Raymonde à l'hôpital, afin d'espérer faire autorité. Puis, elle a invité Catherine, la sexologue, au cas où, personne ne savait que la directrice faisait partie d'un réseau influent et caritatif, auquel elle n'est pas du tout intégrée, et ça, il faut le remarquer depuis longtemps, car son conjoint, qui a présidé le Grand Hôpital Zizito avec ses amis, pas très porté sur la cause des femmes, ou alors des très jeunes et soumises... ne l'a jamais intégré à son réseau. Sauf que lorsqu'il fut nommé directeur à la clinique Boghosse du pays Habib, elle s'est empressée de faire un partenariat avec l'hôpital Mary, et une des médecins fut sélectionnée, passée devant les autres candidats donc, pour un séjour à la clinique Boghosse du pays Habib. Premier problème, quand le privé et le public s'emmêlent les pinceaux. Donc Sékou se demandait pourquoi cet acharnement ? Lors du premier entretien qui a duré quelques minutes, parce qu'elle avait "mal au ventre", Georgette lui raconta, sans la regarder, qu'il y avait un "tas de rumeurs sur elle" à l'hôpital. C'était la première fois que Sékou apprenait cela. Elle lui dit "des mauvaises et des très bonnes" et "beaucoup de mauvaise foi". Mais Sékou n'a jamais su qu'elles étaient ces rumeurs ni de qui. Dans un doute consternant, au sujet de tous les employés de l'hôpital, Sékou ne pouvait plus saluer ses collègues comme avant. Georgette ne savait pas du tout qui était Sékou. Mais Sékou comprit qu'elle allait être harcelée, par des rumeurs dont elle ne saurait jamais qui les propage, ni comment et de quoi s'agissait-il, afin qu'elle soit remplacée par un homme chirurgien. Le problème c'est qu'elle ne connaissait pas la durée de ce harcèlement, qui allait la démettre de ses fonctions et la pousser à la démission. Dès lors, il n'y avait plus aucune confiance entre collègues. La suspicion prenait toute la place, et l'isolement.

Sékou découvrit les personnes qui avaient colporté toutes ces rumeurs, à partir de rumeurs qu'elle avait reçu sur d'autres collègues quand elle travaillait à l'hôpital Mary. La propagation était à son comble et chaque collègue avait un dossier. Incroyable découverte. Il y avait bien une personne complètement folle derrière tout cela. Cela avait pourri cet hôpital et bien d'autres encore, tant cette personne siégeait à tous niveaux. Quelle hideuse personne, malade, aucun psychiatre, même en l'épousant n'a pu la soigner. Comment pouvait-elle continuer à travailler ? En travaillant une image respectable, et cela prend tout le temps. Il faut être aux commandes partout et dès qu'une critique l'atteint, il faut la dévier sur quelqu'un d'autre. Ainsi, chaque employé avait un dossier bricolé, par rumeur, uniquement. L’effondrement du savoir, des trous de gruyère, devenait le lieu même des petites souris, à l'abri des chats. Des galeries souterraines avaient été creusées, si profondément, que le gouvernement devait envoyer des gros rats les pister, mais ils revenaient transformés en souris encore plus petites et si mauvaises, que le gouvernement ne pouvait voir de différence entre des rats et des souris. En même temps, Sékou aimait bien les souris, elle n'avait jamais pu en tuer aucune. Sékou n'était pas féline.

Lors d'une autre réunion de l'équipe avec la directrice, à laquelle Sékou participait, très houleuse, chacun des présents, s'évertuant, à se dire le meilleur médecin venant d'écoles prestigieuses, mais pendant laquelle, comme toutes, Sékou ne disait rien ; ceux-ci étaient tous embarrassés comme s'il y avait un malentendu sur un sujet, non-dit. Ils décrivaient que la médecine avait bien changé dans les écoles et que Georgette devait en prendre compte, que depuis ses études, il y a eu d'autres enseignements et l'école de Djenaba était devenue la meilleure. Et là elle arrêta toute discussion en s'exclamant : "il n'y a pas d'enseignement à l'école de Djenaba, ils ne sélectionnent que les meilleurs, et déjà étudiants ce sont de bons médecins, les profs n'ont plus rien à faire ensuite". Les collègues regardaient Sékou en coin effarés, s'apercevant que Georgette ne savait même pas que Sékou venait de cette école. Ils étaient face à une ignare complète qui tournait sur son siège en leurs disant "Moi je suis pénarde, il ne peut rien m'arriver".

Antoine, Gaston et Marcel se frottaient les mains et pensaient, qu'ils allaient bien se marrer cette année. Ils étaient en face de la plus bête des directrices, ils n'en feront qu'une bouchée de pain, il fallait la mettre au trot et leur avenir serait ainsi facile, ils se voyaient déjà en haut de l'affiche en léchant les sabots de Georgette, autant qu'elle le souhaitait, ce n'était rien en comparaison à ce qu'ils obtiendraient d'elle. Personne d'autre ne laisserait de tels bandits s'emparer ainsi du pouvoir, de cette direction. Mais Georgette, c'était Georgette, une petite bière, une petite attention, un petit diner bien arrosé, une douceur, tout ce qu'elle n'avait pas eu, et cela suffisait. Georgette ne manquait de rien, sauf d'une affection. Et celle-ci serait toujours trompeuse, car Georgette officiait comme un guichet et proposait l'argent public, comme échange d'un peu d'attention. Elle s'entourait de tout ceux qui faisaient mine de l'aimer. Cette insincérité parfois retournait ses sabots à l'envers, et elle ne pouvait plus avancer. Elle s’affaissait comme une bête après une course pour être décorée, mais elle courait après une carotte. Cette ânesse devait confesser s'y être mal prise, ou bien que ses disciples étaient indisciplinés, ou infernaux. Ils lui menaient la vie si dure, qu'elle piquait des crises de rage. Les villages avoisinant, l'entendaient crier.

Cette phrase devait les éclairer pour la suite : je fais ce que je veux, je suis protégée, vous allez tous mourir. De ces présents à cette réunion première, ils ne reste que deux hommes médecins, tous les autres ont été amenés à partir, à discrétion, dans le conflit, mais à discrétion. Ces deux hommes, venant de la même famille, allaient pouvoir demander ce qu'ils voulaient, et ne pas faire d'opérations.

Les arguments mis en avant pour l'hôpital Mary par Georgette avec une injonction : un hôpital ça se regarde ! Tout est dit. La despote aime être regardée, mais elle ne voit rien.



Que fait le gouvernement : rien, Il ne sait rien et ne voit rien.

Ses inspecteurs ? Des hommes élus entre eux, qui ne visitent jamais les hôpitaux et écrivent des rapports médiocres à distance en recopiant ce qu'il y a écrit sur les sites Internet. Qui sont-ils ? Ce sont des retraités, anciens médecins ou directeurs, tous de l'école d'Imani, chacun avec un poulain, qui fut leur étudiant. Dans plus d'une centaine de pages sans aucune analyse, ces inspecteurs des hôpitaux du pays, vont mettre en avant le mérite de leur chouchou, les pauvres, nommés. Une affaire entre hommes, pommade logorrhée assez lisible, ou risible ? Mais qui les nomme ? Personne, ce système est bien clôturé, ils se nomment entre eux, les administratif, toutes des femmes (au gouvernement elles sont majoritaires) ne sont ni médecins, ni n'ont fait d'études de médecine mais, vont suivre à la lettre leurs recommandations : pas une seule femme ne doit être valorisée, pas une seule médecin. Depuis un siècle, il ne s'est rien passé, pour eux, ils n'ont d'ailleurs pas vu le temps passé et sont restés aux bancs de leurs écoles, avec un parterre de gourdes qui attendent leurs crédits. Et il faut pour cela sceller : ajouter des préconisations et une charte bien épaisse et inefficace à souhait contre les discriminations. Bref, un système, où aucune évolution n'est possible, tout est bien verrouillé. Il est tout à fait normal que ces écoles de médecine soient les plus conservatrices, sexistes et racistes qu'il existe dans ce pays, car ce sont les moins ouvertes, et les critères sont opaques, non pas parce qu'ils seraient définis, non, ils se basent sur le mépris du savoir (de l'analyse, du discernement, de la différence, des histoires)... Mépris des évolutions des techniques et des usages, des rapports sociaux. Bref il n'existe pas de rapport d'inspection aussi médiocres que ceux-ci. À quel date s'est arrêtée l'analyse ? Qu'est ce que l'on doit lire, qu'untel est devenu, reconnu par cette petite communauté et qu'elle doit, de cette petite lorgnette se passer une pommade bien chargée pour nous en convaincre : ils le méritent. Parfois des médailles d'honneur rajoute à cette charge, au cas où les doutes subsisteraient. Et ils subsistent, à force de ne voir que ces caduques rapports se lit un triste constat : personne ne peut plus rien faire pour les aider, il se sont enfermés.

Oumou ne sait même pas qui sont-ils et heureusement, car dans leur carrière chargée comme un mulet qui ramène les mauvaises herbes et que l'on pousse avec une branche afin qu'il avance un peu plus vite qu'un éclopé, ils n'ont pas su faire le tri. Sans distance critique, en oubliant bien la moitié de la population, les roues de leur charrette ne sont pas sorti de l'ornière des préjugés. Il fallait parfois bander les yeux de ces mulets pour parvenir à les bâter. Et là seulement, on pouvait lire, dans les rapports de ces inspecteurs d'hôpitaux, uniquement publiés pendant les vacances, lorsque tous les médecins et stagiaires sont partis, en évitant soigneusement qu'ils soient lus, de petites décorations qu'ils se donnaient, quelques pages dédiées sur leur fameuse carrière, sans aucun tri. Ils ne pouvaient pas être des modèles, tant leurs mauvais usages du service public, pour leurs seuls intérêts privés, ne pouvaient servir la médecine, mais bien accroître sa désertification auprès des plus jeunes. On ne pouvait plus s'engager dans ces ornières, ce n'était plus possible, ni attractif, ni économique, ni facteur de développement pour le pays.

Mais pour Oumou, si c'était redéfini, si la mixité sociale et l'ensemble du village se sentait concerné, si ses enfants pouvaient grandir par la médecine, le village se développerait et les enfants guériraient, assurément. Les rapports d'inspection ne mentionne jamais Oumou, ni ce qu'il s'y passe, ni les bons médecins.

Et Yvonne envie la place de Georgette, elle rêve depuis longtemps être l'une de ces femmes à la tête d'une institution structurée par les hommes, pour les hommes. Elle voulait être un homme, un médecin reconnu, comme son père. Mais elle est une femme qui s'ennuie et pour passer le temps, écrit des articles, sur ce qu'il n'y a plus à écrire, et se reçoit des commentaires qui l'assassinent, et la pousse à se sentir trop vieille pour sa communauté. Et pour se sentir différente de cette famille, elle suppose n'aimer que les femmes, mortes de préférences, tout en copiant chaque geste des hommes, leur musique, leur maladie, leur façon de gouverner, leur façon de patrimoiniser. Alors elle matrinoine. Mais à la différence de Georgette, qui ne sait rien, Yvonne a cheminé en terrain hostile et a pu observer son pays de loin, depuis Touchatou, ce pays où tout est possible et où tout est interdit aussi. Dans ses articles, il y a ce côté exotique, qui permet, à tous ces mulets chargés, d'imaginer un ailleurs, où ils auraient été mieux compris, et dans lequel, les interdictions leurs auraient donné un cadre, une reconnaissance, des étapes vers l'humilité.

Sékou voit la bougie.

Sékou regarde son village la nuit, tous les habitants, les commerçants qui la connaissent. Le soir une bougie s'allume seule, puis toute la nuit se consume. Sékou pense que tout ce qu'elle a fait était sans connaître les règles. Elle aurait bien voulu former d'autres femmes médecins, mais elle ne pouvait pas le faire seule, comme elle l'avait fait jusqu'à présent. Les bintos l'avait ciblé comme la sorcière, la chasse a été lancée, dans tous les hôpitaux du gouvernement et Sékou ne pouvait plus opérer. Personne ne pourra jamais plus être guéri.

Que va devenir Oumou ?

Sékou trouva Moussa qui lui dit : Tu sais, ces Georgette, Yvonne, Sultan et leurs inspecteurs, Chiasse, Euthanasia, Lampe et Clitorine, sont de la même génération et de la même famille. Ils ne représentent personne, qu'eux-mêmes, ils ne savent pas dans quel pays ils habitent, ni quelle culture les a formée. Ils ne guériront pas. Ne t'inquiète pas de leur destin, ils ne savent rien de toi, de nous tous.

Oumou les ignore et c'est pour cela qu'il sont si méchants. Ils dépensent toute leur énergie pour attirer les regards sur eux, mais ils s'adressent à des aveugles de cœur. Ils ne récoltent que leur reflet, et ce n'est pas beau. Ils sont furieux, elles sont furies.

Puis il regarde Sékou dans les yeux : Mais toi, ton chemin a croisé leur route, pourquoi ?

Sékou regarde la bougie qui vibre. Moussa ferma les yeux.


Enseignement Par kiwaïda at 12:41

05/08/2019

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Nadgélika et Coumbis échangent sur un mot nouveau : la misogynoire

Du côté de l'art... du retard toujours, on réalise des vidéos où rien ne se dit, des ouin ouin sur canapé récupérés. Et des questions tordues. Je comprends pourquoi ce milieu n'est pas prêt de changer, question de vocabulaire, de vécu, d'oppression même de qui filme et pour qui. La destination engage toujours la parole. Si tu es filmé et que tu sais que seul le petit milieu bourgeois de l'art va te regarder te confesser, c'est accepter d'être dans une position maso face à sado sur canapé rose. Si tu te sens plus libre de parler, comme à ton amie, mais une amie qui pense, et très vite, et qu'il y a un vrai dialogue d'expérience en terrain égal (et non pas je te filme, tu ne bouges plus et tu réponds à des phrases que je te demande, de façon autoritaire) et que tu sais que la diffusion et la destination ne sera pas exclusive et réservée qu'à une caste privilégiée, et bien cela peut même être une petite fête.

Lexique :

Misogynoir-e (formé [par Moya Bailey] à partir des mots grecs (μῖσος) misos : haine, (γυνή) gyné  : femme et du français : noir-e) :
Misogynie spécifiquement anti-noires, où la race et le genre combinés. Parfois, cette misogynie créée une opposition binaire avec les femmes blanches (femmes blanches qui représentent la « bonne » féminité quand les femmes noires ne le sont pas) ou a des niveaux qui incluent d'autres femmes racisées, mais seulement dans la mesure où les femmes noires sont les plus avilies et placées au bas de l'échelle. Cette opposition binaire rend invisible la douleur des femmes noires et hypervisible ce qui est considéré comme des défauts inhérents se basant sur la féminité noire comme conception ultime de la "non-féminité", telle qu'elle est possédée par une femme. C'est pourquoi même avec le privilège cis, la masculinisation ET l'hypersexualisation des femmes cis noires sont utilisées comme des outils de violence. Elles (les femmes cis noires) sont considérées simultanément comme des objets non-désirables à contrôler et disposer, et des objets hyper-désirables à usage sexuel et à disposition.

Colorisme :
Le colorisme est une forme de discrimination particulière qui place une hiérarchie parmi les personnes racisées entre les personnes ayant la peau claire et celles qui ont la peau la plus foncée, les personnes claires de peau étant considérées comme étant plus belles, plus désirables voire plus intelligentes entre autres choses, elles bénéficient d'avantages par rapport aux personnes à la peau plus foncée qui subissent moqueries, dédain, rejet. Le colorisme est d'ailleurs un facteur aggravant la misogynoire.

Colorblind
Description : Le « colorblindness » est une façon très confortable de ne pas se remettre en question en matière de racisme. Souvent utilisé comme une sorte de compliment, le fait de dire « Je ne vois pas les couleurs » ou « Je ne te vois pas comme noir-e, asiatique, arabe/maghrébin-e » est pourtant profondément raciste à plus d'un titre.

Suprématie blanche :
Loin d'être uniquement liées aux exactions du KuKluxKlan et autre néonazis, la suprématie blanche désigne la domination économique, politique, culturelle et sociale par les blanc-he-s. La suprématie blanche est ce qui est à la base et qui permet le racisme. Elle inclut (entre énormément d'autres choses) les critères de beauté qui poussent les individus à se rapprocher des canons de beauté blancs (clarté de la peau, cheveux lisses), l'universalisme prétendant que le mode de vie Occidental est le seul valable, l'hégémonie des blanc-he-s dans les représentations médiatiques, quitte à les déguiser pour prendre la place de racisé-e-s, l'utilisation des racisé-e-s qui valident ou justifient leur propres opinions, etc. Cette suprématie va souvent de pair avec la suprématie masculine (patriarcat) et est dans ce cas nommée : blantriarcat.

Passing / Passe (ex : whitepassing/Passe Blanc)
Le terme -passing est utilisé pour décrire toute personne qui "à l'air" d'un-e individu-e appartenant une catégorie dominante. Ici, concernant le white-passing, souvent traduit "passe blanc", ça signifie être pris-e pour un-e blanc-he. Cette personne bénéficie donc - potentiellement - de certains avantages refusés à d'autre personnes subissant une oppression, souvent raciale. Et ce, tant que l'identité de la personne en question n'est pas donnée.

Capacitisme :
Le capacitisme est une forme d'oppression qui résulte du fait qu'il est perçu comme normal et acceptable le fait que la société et les infrastructures sont pensés par des personnes valides pour des personnes valides, en ne prenant pas en compte les besoins et droits des personnes en situation de handicap, car c'est la société qui est handicapée / inadaptée pour les personnes ne correspondant pas à la norme valide. La norme est donc le modèle standard d'une personne n'ayant (et non pas « souffrant de ») aucun « handicap » physique ou mental. Les personnes ne correspondant pas à ce modèle se voient donc mis face à une infinité de difficultés. Enfin, le capacitisme est l'idéologie selon laquelle les personnes en situation de handicap sont « anormales », que le handicap est l'une des pires choses qui puissent nous arriver mais aussi et surtout qu'il n'est ni utile ni rentable de prendre en compte leurs particularités dans la construction de la société.

Validisme :
Le validisme est la forme du capacitisme qui discrimine les personnes en situation de handicap physique.

Psychophobie :
La psychophobie est la forme de capacitisme discriminant les personnes en situation de handicap mental, souffrant de troubles psy* ou se trouvant sur le spectre autistique.

Neuroatypie :
La neuroatypie désigne un fonctionnement neurologique ou psychologique qui s’écarte de la norme. Ce terme a d’abord été inventé par et pour la communauté autistique pour souligner le caractère profondément différent de leur fonctionnement cognitif.  Il a ensuite servi à désigner toute personne s’écartant du fonctionnement neurologique ou psychologique majoritaire. Certaines neuroatypies sont au contraire perçues de façon favorable par la société. C’est le cas du haut potentiel intellectuel (HPI). Mais il y a là aussi un écart entre les représentations sociales du HPI et la réalité du vécu des personnes qui ont cette atypie. Il faut souligner également que ces perceptions sociales sont mouvantes. Ainsi l’autisme par exemple était considéré (et l’est toujours, par certains psychanalystes) comme une « psychose ». Il est davantage vu aujourd’hui comme un handicap. La grande majorité des neuroatypiques ont comme plus petit dénominateur commun d’avoir été perçues comme différentes et d’avoir fait face à des réactions de rejet ou d’exclusion. Ou du moins d’avoir du mettre en place une quantité considérable d’efforts et de stratégies pour masquer leur différence.Cet élargissement reste cependant controversé, certain-e-s autistes considérant cet élargissement comme étant une façon de les rendre invisible, une fois de plus. Certaines neuroatypies peuvent être perçues de façon favorable par la société. C’est le cas du haut potentiel intellectuel (HPI). Mais il y a là aussi un écart entre les représentations sociales du HPI et la réalité du vécu des personnes qui ont cette atypie. Il faut souligner également que ces perceptions sociales sont mouvantes. Ainsi l’autisme par exemple était considéré (et l’est toujours, par certains psychanalystes) comme une « psychose ». Il est davantage vu aujourd’hui comme un handicap. La grande majorité des neuroatypiques ont comme plus petit dénominateur commun d’avoir été perçues comme différentes et d’avoir fait face à des réactions de rejet ou d’exclusion. Ou du moins d’avoir du mettre en place une quantité considérable d’efforts et de stratégies pour masquer leur différence.

Grossophobie
et sa corollaire, le fatshaming :
Il s'agit des stigmatisations et des discriminations envers les personnes dites « en surpoids » selon les normes établies par la société dans laquelle les individus vivent. Là où la grossophobie est une norme sociale, le fatshaming (blâme des gros-se) s'acharne à infantiliser et à rendre les individus responsables, pour ne pas dire coupables, de leur prétendu surpoids, souvent en prenant leur santé comme prétexte.

Spécisme
Le spécisme est l'idéologie qui justifie et impose l'exploitation et l'utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines. Le spécisme est l'idéologie qui s'appuie sur une hiérarchisations des espèces en terme de supériorité et d'infériorité : l'humain au-dessus de toutes les autres espèces, puis vient une catégorie d'animaux séléctionnés selon des critères tels que la beauté / "mignonitude" par exemple. Ces individus seront protégées voire aimées, abritées, parquées dans des zoos ou autre réserve naturelle ou autre. Enfin, en bas de l'échelle, les espèces utilisées comme cobayes, comme outils, comme nourriture en faisant peu cas de leurs souffrances et plus largement de leur existence. La lutte contre ces pratiques et contre l'idéologie qui les soutient est la tâche que se donne le mouvement de libération animale. Le concept de spécisme a été forgé à partir du début des années 1970 par analogie avec les notions de racisme et de sexisme, dans le but de dénoncer une idéologie dominante, de la même manière que la notion de patriarcat a été reprise par le féminisme radical pour définir ce qui était jugé comme une idéologie omniprésente, invisible et à l'origine de diverses injustices. Le concept de spécisme est ainsi fondamentalement lié à celui d'antispécisme

Sinon sur le genre, dyadic, cisgenre, essntialisme, cissexisme, genderquur, intersexué-e-s, transgenre, non-binaire, neutrois, genre fluide, lgbt, mogai et mogii, a-romantique, asexualité, demisexualité, greysexualité...

On a défini des cases pour chacun...

LGBT+ :
Sigle qui souligne l’ouverture vers une pluralité de possibilités au-delà des identités et orientations conventionnelles. Le + est proposé pour éviter de beaucoup rallonger le sigle LGBTQQIA(& co !) mais est parfois vécu comme une façon de laisser dans l'ombre des identités déjà invisibles. LGBTQQIAP : Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Queer, en Questionnement, Intersexué-e-s, Assexuel-le/Agenre/Aromantique , Pansexuel-le, ou LGBTQIAGnC : Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Queer, Intersexué-e-s, Assexuel-le/Agenre/Aromantique, Genres Non-Conformes

Le terme MOGAI a été créé pour palier au problèmes d'invisibilisations et pour éviter d'allonger encore le sigle LGBTQQIAP qui semble déjà beaucoup trop long pour un certain nombre de personnes.

MOGAI / MOGII
:

MOGAI (Marginalized Orientations, Gender Alignements and Intersex) : Orientations romantico-sexuelles marginalisées, Genres Non-Conformes et Intersexes.
MOGII (Marginalized Orientations Gender Identities and Intersex) : Identités de genres et orientations romantico-sexuelles marginalisés et Intersexes

Être agenre ou neutrois signifie qu'on ne s'identifie à aucun genre. Ce genre ou plus exactement cette absence de genre fait partie des transidentités non-binaires (ni 100 % féminin, ni 100 % masculin).

Non-binaire :
Les termes non-binaire et genderqueer désignent les personnes dont l'identité de genre ne s'inscrit pas dans la norme binaire, c'est-à-dire qu'elles ne sont ni hommes ni femmes, sont entre les deux ou un « mélange » des deux. Les personnes non-binaires s'opposent à la binarité de genre et à la hiérarchie des genres qui peut l'accompagner (le patriarcat). Elle remettent aussi en cause l'assignation sexuelle à un genre donné. L'identité de genre non-binaire concerne la façon dont la personne se ressent, alors que l'androgynie fait référence à l'apparence (comment les autres personnes la voient) et l'intersexuation concerne les caractéristiques sexuelles (anatomiques, chromosomiques, etc.) : ce sont donc trois choses entièrement différentes. De plus, l'identité de genre est indépendante de l'orientation sexuelle : toutes les personnes, y compris celles qui se considèrent non-binaires, peuvent être hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, asexuelles, pansexuelles, etc.




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Toni Morrison

Aujourd'hui je suis un lapin éclectique, mi-perroquet éclectus mi-nain bélier, alors je n'ai pas encore vu de case pour cet effet. J'ai des amis mi-insectes et mi-livres, de la terre et de l'eau dans le corps, du feu dans ma bouche que je crache au premier merdeux qui m'embête, ou à la première merdeuse... qui suis-je ?

Le lendemain de la publication de cet article, j'apprends à la une de tous les journaux internationaux que Toni Morrison est décédée. Choc. Écrivaine dont j'avais juste intégré une photo ci-dessous, et un hyperlien sur son nom, sur une émission radio pour les français. Lundi matin j'écris mon article et le publie. Dans la nuit, Toni Morrison n'est plus sur terre. Avec Agnès Varda, j'avais eu la même sensation, secondant un article sur un de ses films, cléo de 4 à 7, elle disparaissait les lendemains. Mon ami, premier lecteur assidu, m'avait même dit qu'il ne connaissait pas cette auteure américaine (pas Varda, quoique peu référencée dans les écoles d'art, également en France). Je tentais de lui remémorer d'une lecture sur les noms et filiations des esclaves que nous avions écouté ensemble, distraitement, sans doute. On peut ne pas connaître, tout en travaillant avec une communauté noire, être le seul blanc. La connaissance d'auteur, aussi mal connus en France, peut être une mine d'or, de mots et de voyages dans l'histoire.

J'ai enseigné à de jeunes filles et garçons, durant plusieurs années, quasiment seule blanche face à ces jeunes. Pas un, pas une n'avait d'auteur en tête, qui pouvait les éclairer, mais j'étais là, à les accompagner, afin qu'ils et elles croient en eux. Nous étions de belles bandes de petits artistes, puisque nous réalisions des dessins ensemble, et j'ai beaucoup appris de l'enseignement avec eux. Dix ans plus tard, j'ai rencontré une Shéhérazade, devenue jeune femme, dans le bus, elle m'a interpellée, et m'avait reconnue. Elle était si heureuse, aînée d'une ribambelle de garçons, elle se posait des questions très tôt, sur l'impossibilité pour elle de faire des études, elle devait avoir 8 ans en paraissait 12 et me parlait sans cesse de comment faire sa vie. Voilà, je fus si étonnée de la voir. Avec Bell Hooks, Toni Morrison, sont des intellectuelles passeuses de culture et d'histoires construites. Elle m'ont beaucoup appris. Je n'ai jamais eu de professeur-es dans des écoles supérieures qui m'ont parlé d'elles, ni même, dans celles qui professent le féminisme en France. Alors on peut dire que les livres sont importants, évidemment en anglais, mais récemment il y a eu des traductions. J'étais amusée par le dialogue entre Nadgélika et Coumbis, de leur pratique des réseaux sociaux, de leur lutte (car Combis a reçu beaucoup de messages d'insultes, misogyne après la publication de cette vidéo toute récente, c'est assez hallucinant ce qu'il se passe en France, les mentalités sont assez attardées et leurs messages discriminants sur les réseaux sont très populaires et très violents, sans aucune modération) et aussi heureuse qu'elles avaient nommé Toni Morrison dans leur bagage, ce qui ne peut pas être celui des internautes cachés et haineux (ou très jaloux) Parfois, lorsqu'une personnalité meurt, femme artiste, on en fait tout un foin dans les médias, et rétrospectives, comme jamais ce n'était le cas de leur vivant. Et c'est ainsi que de jeunes habitants ou plus vieux d'un pays les découvrent pour la première fois, mortes. J'ai toujours été étonnée d'observer que l'on préférait les artistes femmes mortes à vivantes. je me suis longtemps demandé pourquoi. Parce qu'elles ne pouvaient plus parler, ni écrire, ni faire ce qu'elles aimaient faire. Enfin, alors les autres pouvaient parler sur elles et à leur place, enfin. Et parfois, je l'ai vu, ce sont des nuées de femmes qui se ruent sur la mort d'une femme qui a produit des choses intéressantes et peu reconnue (textes, œuvres d'art, danse, gestes, conférences... manifestes inconnues, échanges épistolaires géniaux et en avance) afin de briller à la place, parler à la place, apparaître à la place, afin de prendre une place, usurper... Il y a de l'ennui chez ces femmes, de l'envie, et de la bêtise, il faut bien l'écrire. Ce n'est pas seulement un rapport homme/femme inégalitaire, mais aussi un rapport femme/femme inégalitaire. Ces temps-ci, j'ai beaucoup appris, en France de ce dernier rapport inégalitaire qui fait des dégâts dans la pensée. L'incapacité de penser et d'énoncer des idées sont des sources de jalousies fortes, dans ce pays. Les femmes nommées par le patriarcat à des places de théoriciennes ou artistes, ou dites "hautes fonctionnaires", ne supportent pas que d'autres femmes plus indépendantes élaborent un travail fécond sur des sujets, sur lesquels, elles n'avancent pas. Elles préfèrent alors brider leur place acquise mais sans le pouvoir, car elle est acquise. Je décris là, ce qui est de l'ordre de l'invisible, ce qui peut différencier les dignitaires des dignes, dans l'expérience de la vie.





Internet Par kiwaïda at 10:28

30/07/2019

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J'ai vu ce documentaire qui passe sur Arte, visible en ligne, Tanzanie, l'enfance volée des albinos, réalisé en 2018 par Catherine Monfajon. Les images sont délicates, quelques unes sont en visuel de cet article. Mes derniers enseignements portaient sur un sujet que je nommais "Il pulcino nero". Cette histoire du poussin noir illustrée sous différents angles, de la fable au dessin animé, aux animations, aux films était un prétexte pour l'analyse des discriminations, un prétexte à dessiner. La vie réelle m'a rattrapée puisque j'ai été ostracisée des écoles nationales, du moins de deux, liées, par des rumeurs, dont j'ignore la portée, la couleur, mais certainement nauséabondes et fausses. Sujet tabou, sujet incompris, dessins trop noirs, trop beaux, trop parfait, trop et trop, tout en retrait et dans une ligne minimale, un trait, une idée. En toute inconscience, car il n'y a pas de lecture, on se sait plus regarder des images et les analyser, ni lire un texte, alors on coupe, sabre, raye, biffure, on rejette, on fantasme, on inverse, on perverti les faits. Cela reste, de mon côté, l'un des plus fort sujet que j'ai pu donner aux étudiants. C'est pour cela que l'on m'a pris mon salaire, afin de supprimer ce sel de la vie d'une intellectuelle, une artiste, une femme. "On" c'est une institution, c'est ce qui nous gouverne, ce qui devrait être un modèle, et nous protéger. Et qui plus est, cela s'est passé dans des écoles. Il y avait une sorte d'anticipation, de ma part, à vouloir apprendre, enseigner. Mais il est très difficile d'enseigner lorsque les institutions ont elles-mêmes abandonné d'apprendre.

Et puis je tombe sur ce documentaire et cette histoire que je connaissais des albinos rejetés, méprisés. Ils vivent enfants solidaires, parfois orphelins, ou très loin de leurs parents, en tous cas dans un lieu, une sorte de prison, mais il faut dire "école", institution où ils seraient protégés des leurs et c'est le gouvernement qui insiste sur le fait qu'ainsi, ces enfants sont protégés. Protégés ou abandonnés ? Oui, l'abandon a été, non pas autorisé, mais rendu obligatoire. Des parents disent que s'ils n'avaient pas été obligés d'abandonner ces enfants pour qu'ils soient enfermés dans ce lieu, cette "école", jamais ils n'auraient laissé leurs enfants loin de chez eux. Dans ce contexte terrorisant, puisqu'il s'agit bien de terreur instiguée, oui ils préfèrent imaginer que leurs enfants sont en sécurité dans cette "école", bien plus que chez eux, même s'ils admettent que la sécurité est revenue. Ces enfants souffrent de cet abandon familial en plus de leur ostracisme, mais cela va plus loin, c'est une ségrégation. Leur communauté, parce qu'ils sont nés albinos, les rejette, et les tue. Et plus pervers, c'est-à-dire que l'on a quasiment inversé les choses, ils sont recherchés et coupés en morceaux, car, selon une rumeur, "ils rendraient riches", ils sont devenus des objets, des marchandises. En pensant à ces poussins blancs, dans le cadre de mes enseignements du poussin noir, en pratiques artistiques à dessein, j'accédais à la connaissance de ce que les croyances d'un groupe peuvent avoir de mortel et stigmatisant. Est-ce seulement la couleur de la peau ? Non. Il y a une fragilité apparente chez ces enfants, même en grandissant, ils sont en quête d'amour, attachant, et déjà petits, leur regard peut avoir une maturité, et pourtant, ils ne savent rien faire (entendons, ni compter, ni lire, ni écrire) pour les institutions. D'ailleurs, le centre qui les enferme a cette ambiguïté, il ne faut pas dire que c'est un centre, mais bien une école qui "devrait" les protéger, justement de leur propre communauté qui les tue. Pourtant dans ce lieu clos aux barbelés de guerre, ils sont voués à eux mêmes, pacifistes, se solidarisent, s'entraident, voués aux tâches ménagères, esclaves enfants, sans aucun regard d'adultes, ils vivent en toute transparence, l'adulte ne les voie pas, mais les ignore. On peut dire, que les adultes sont ignorants. Ces enfants mangent la même chose, chaque jour, une monotonie, la diversité ce n'est pas pour eux, ils sont définis "semblables" et non autorisés au mélange, ni aux mets variés. Ils sont considérés invariables. Il fut un temps, où il n'y avait pas assez à manger pour tous. Ils pouvaient dormir à 3 dans un lit, enfants. Drôle d'école. Un pays peut faire cela, au nom de la protection : exclure. Cet ostracisme montre de petits êtres doués d'amour et entourés de mépris et de haine. Ce sont des insularités, de mon point de vue, ces terres humaines, sont des continents qui recèlent évidemment des trésors, des qualités que l'on ne peut trouver chez celles et ceux qui méprisent. La peur parcourt ces êtres, ils sont traqués, menacés, leur vie est une menace, leurs parents, certains, n'en veulent pas, ou plus. D'un point de vue d'artiste, ils sont très beaux et je pense à cette peinture de Marlène Dumas, que je dispose en visuel dans cet article. Dans le documentaire, je suis frappée par la manière qu'ils ont, ces jeunes, de se toucher, s’agripper, se grouper, comme se rassurer, comme s'ils avaient réussi à créer du lien, à former une fratrie par leurs sens et leur empathie, alors même que l'on a déployé une féroce manie, en œuvre du mal, de les démembrer et les séparer, de défaire leurs liens, leurs familles, de les désunir de la vie. C'est une capacité, "réunir", créer des liens, que l'on peut difficilement développer dans note société, par exemple, ou bien elle se trouve rejetée, ou convoitée. On valorise le guerrier qui désuni pas l'art de créer du lien, du sens. On peut mesurer les climats délétères, dans cette visée. Faculté aussi d'apprendre à apprendre, lorsque, tous débutants. Le pardon est tout proche, lorsque l'on reconnait les erreurs. Cette amabilité, rare, chez ces enfants qui se pardonnent en s'aidant à s'habiller, est nouée dans ces gestes simples et tendre, quelque chose de maternant alors qu'ils sont en âge d'être materné, protégés par leurs parents, par l'école, l'institution.

On le sait, il existe des ravages dans le faux maternage de nos institutions, c'est de faire pour les personnes, sans les personnes. La critique du fonctionnement de la plupart de nos institutions, de soins, de formations, d’accueils, politiques, se trouvent dans la gratuité, l'infantilisation, le sur-handicape, c'est-à-dire chosifier l'autre. Il existe des écoles où l'on n'apprend plus rien, les enseignants ont déserté leur condition civique et sont rivés dans leurs intérêts personnels, les jeunes sont quasiment voués à eux-mêmes et à l'entretien des murs, du patrimoine. Ils sont surprotégés, c'est-à-dire, enfermés. Ils évoluent entre eux durant quelques années, de même milieu social, parfois de même famille, à l'abri du monde extérieur, et on les décrit "en liberté", libres de s'exprimer. Évidemment que c'est faux. On peut même rajouter "ils ont tout gratuit", accès aux salles, aux matériaux, ils sont véritablement libres. Libre de quoi exactement ? Si les enseignants ne pensent qu'à se servir de ces établissements, pour leurs propres intérêts, en laissant les petits prisonniers se débrouiller, ceux-ci, en sortant, ne savent pas grand chose pour faire société, prendre des décisions, mais ils peuvent devenir de véritables soldats d'idées nauséabondes, tant ils ne savent pas discerner, ils n'ont rien appris et seront les plus aptes à être dociles d'idées extrêmes, sans le savoir. Dans ces écoles, dans notre pays, les critères de sélection sont toujours racistes, sexistes, sinon nous ne nous retrouverions pas dans cette situation de se demander pourquoi la reproduction de ces critères sociaux fonctionne aussi bien. Devenues des machines de tri sélectif, comment s'étonner encore, sans jamais interroger les critères de sélection par les enseignants, les institutions, que l'ascenseur social est en panne depuis longtemps.

En France, on a cette triste et fâcheuse tendance à penser à des pédagogies alternatives, où l'enfant serait libre et découvrirait la vie, qu'il serait même adulte plus tôt en se frottant aux autres adultes, plutôt que les adultes restent dans leur rôle d'enseignant un savoir. Le résultat est toujours le même : ce sont les adultes enseignants qui se frottent aux enfants, les dérives s'accumulent, les déviances cachées, se trouvent donc être protégées par l'institution même, qui a abandonné son rôle de contrôle, ou plutôt, l'institution ne sait plus, elle n'apprend plus. C'est justement dans cette défaillance que s'installent des confusions entre liberté et apprentissage. Non le viol n'est pas un rite de passage obligatoire pour atteindre cette liberté (de penser souvent aboyée à gauche), mais ce sont bien les enseignements et les savoirs sur ces questions qui doivent être r-enseignés. Il y a un retard considérable, car sont cachés et inavoués des pratiques condamnables, et l'institution ne sait pas regarder, avoir un regard instruit, sur les violences à l'école. On le voit surtout, partout où ces écoles déviantes, accusent à tort des enseignants qui font juste leur travail : enseigner. Pour cacher la forêt, on lynche, en groupe, l'arbre innocent. Car cela prend du temps de lyncher, juger, et cela en fait perdre aux bonnes actions, cela masque une profonde désertion de la pensée, avec la force d'un groupe ignare, dans le costume de l'école, l'institution, vénérable donc. Tout semble respectable, mais on a laissé des enseignants avec de lourdes pathologies exercer, des directions, des chercheurs, tout ce qui encadre. D'ailleurs, lorsque l'on enseigne, on doit souvent s’accommoder avec des collègues aux pathologies remarquables, les élèves en font les frais, en premier lieu.

Pour protéger un des leurs, qui déconne, un petit nombre va s'organiser pour faire sortir d'un corps enseignant la personne morale, puisque l'immoralité doit perdurer et les pratiques rester secrètes. L'école en bateau créée en 1969, est un exemple de structure pédagogique pédophile mais pas si exceptionnel, puisque cela a donné plusieurs autres écoles alternatives. L'objectif masqué est toujours le même, soumettre des jeunes à la déviance d'adultes. Pour que cela fonctionne, il faut en faire bonne publicité. La communication devient le fer de lance de ces lieux clos. Liberté, création, joie même et pourquoi pas le bonheur absolu, tout est possible en matière de communication. On peut même inventer des chartes qui décrivent la bonne tenue morale de ces lieux : pas de racismes, pas de sexisme, pas de violence et de discrimination. Bientôt, à force de révélations, il faudra écrire sur ces chartes : pas de pédophilie, même si...

J'ai lu récemment un petit paragraphe de syndicat d'école d'art qui m'a fait réfléchir :

Au titre de ses forces, se trouve la neutralité des fonctionnaires qui préserve tout citoyen de la corruption, du favoritisme, du népotisme, du fait du prince. Certes, il arrive que des fonctionnaires trahissent leur devoir de neutralité, mais il s’agit de cas isolés et relevant de pratiques déviantes, d’individus eux même déviants, qui, quel que soit le cadre juridique de leur action, aurait agit de façon identique. Hormis ces cas anecdotiques et regrettables, la fonction publique est globalement exemplaire du point de vue de sa neutralité et de sa probité.

Il y a une peur, dans ce paragraphe, car insister sur la neutralité semble effectivement, de mon point de vue et de mon expérience, manquer de lucidité ou mentir car l'institution ne se réforme pas, a du mal, avec toutes ces anecdotes accumulées qui finissent par donner une mauvaise forme globale. Mentir afin que les mêmes gardent leurs privilèges et leurs déviances, protégés. Les problèmes sont posés depuis longtemps, seuls les syndicats craignent de perdre leurs avantage dans une réforme, pas les victimes d'un système caduque. Qu'est-ce qui est exemplaire lorsque les déviants sont aux manettes ? Probité ou opprobre ? Neutralité ou coups de canifs dans la déontologie ?

Albino (1986) Artist: Marlene Dumas
South African, born 1953
About this artwork :
Since the early 1980s, Marlene Dumas has created figurative paintings and ink-wash drawings that raise provocative questions about gender, beauty, sexuality, race, and the resultant conditions of oppression and violence. The artist takes her images from the mass media, particularly newspapers and television, and she manipulates them to achieve her desired effect. Characterized by spontaneous brushwork and a subjective use of color, her works merge art-historical and popular-culture references with private, autobiographical allusions. As a white woman who was raised under Apartheid rule in South Africa, some of her strongest works tackle the complicated themes of racial politics. This representation of a black African albino exposes race as a social construct that fails to correspond to identity. By choosing a subject whose very existence complicates the notion of racial categorization, and by rendering his skin tone and hair color in a sickly green hue, Dumas insisted on destabilizing the division between black and white. This work ultimately questions the ability of both skin color and paint to carry meaning.

Évidemment, j'étudie ces croyances, comment elles arrivent à obtenir l'adhésion de plusieurs. Ils semblerait que pendant les élections, les massacres des albinos décuplent, car, une des croyances serait que l'on peut gagner des élections, plus on obtient de morceaux d'humains, d'albinos. Nombre d'enfants sont mutilés, et se retrouvent sans un membre, sans bras, car des hommes sont rentrés dans leur maison pour leur prendre un bras, ou un autre membre. Évidemment, c'est extrapoler que d'écrire que me couper une partie de mon salaire, par derrière, par surprise, relèverait d'une même ignominie. Pourtant je vis depuis avec une prothèse invisible, psychique et elle est assez efficace : l'écriture. Il faut le penser. Couper le salaire, couper un bras. Car de toutes les formes de rejets, nombre d'illustrations et actions s'avèrent possibles, selon la communauté, le pays, les croyances et les outils mis à disposition. Manière de faire des mondes. Dans des administrations, ce sera le papier administratif, la forme la plus usitée, et inodore, ou presque, par décrets, on signe votre arrêt, votre mort psychique, jusqu'au rejet social, vous devenez un déchet, même on vous l'écrit, au cas où, comme vous savez lire, on ne vous le dit plus, on vous le fait parvenir, par la poste. Cinglés, piqués, sonnés, toqués, des courriers timbrés, qui sonnent faux, le mensonge et la mauvaise foi, alambiqués à souhait.

Les formes de rejets de harcèlements, en France sont inscrites dans la gouvernance du pays. Une société étatique comme France Telecom (vers Orange), les télécoms, un service industriel de l'État français, dont le procès n'est arrivé que cette année, a laissé des suicides en série (35 en une année, et certain par immolation, période 2009), un nombre infini d'employés cassés, on peut dire démembrés, sans ressources, ni soutiens, et cela touche d'autres membres de leurs familles, leurs amis, leurs conjoints, bref, cela revient à exterminer, par le seul mouvement étatique. C'est une forme de gouvernance maltraitante de notre pays, à l’organisation kafkaïenne. Il faut comprendre là, que nombre d'autres entreprises, administrations, que ce soit du service public ou privé, sont du même modèle. Un modèle en sourdine, avec la complicité, de tous les employés, à tous niveaux. C'est une société entière qui ne sait pas, elle tue, mais elle ne le sait pas, et pire, ne sait pas faire autrement.

On peut décrire qu'est-ce qu'un esprit faible pour être embobiné dans des croyances qui créent le mal, sans le savoir ? Faible parce que manipulable et manipulateur, les deux coexistent. Il est là le rôle de l'école, qu'on se le dise, le rôle d'apprendre, le rôle du savoir transmettre. S'il n'y a plus de savoir, comment peut-on apprendre aux plus jeunes, à discerner, à penser, à acquérir une critique nécessaire pour plus de clairvoyance. Étudier, les études c'est très important. Pourquoi sacrifier le fruit de nos savoirs vieillissants au profit d'exclusions de nos savoirs débutants ? Ce serait penser instruire sans l'autre, sans les personnes même qui demandent à être instruites.
Penser faire le bien en accusant une personne, parce que d'autres personnes se plaignent, par jalousie, par haine, par ignorance, par lâcheté, et penser devenir grand dans cette obsession de l'accusation, du procès, jusqu'à devenir un modèle avancé dans le procédé criminel. Qui a décrété que ces enfants albinos avaient un pouvoir ? Il devient convoité ce pouvoir. Ce serait des sorciers qui commencèrent ces rumeurs. Des sorciers sont déjà ceux qui se sont élus, sans électeurs. Ces représentants, très peu, deviennent des guerriers, ou mieux, désignent les guerriers qui vont aller chercher les albinos. Les sorciers ces syndicalistes qui manipulent les gouverneurs grâce à leurs rumeurs. Je reprécise : ces syndicalistes, petits sorciers déviants et méprisants, notre pays a fabriqué ces âmes en peine, petit scribouillards sans esprit. Par laxisme et raccourcis, on dira juste : esprits brouillons. Par affection ou histoires communes, on donne bien des médailles à des nazillons. Allez une récompense, et qu'on n'en parle plus. Allez, on enlève la récompense d'un bien moindre mal pour en faire un modèle de rigueur et protéger les plus mauvais, chut.

Le lynchage est devenu un outil bien rodé, dans notre pays, il trouve adhésions et d'ailleurs bien plus que dans des bonnes idées (qui n'attirent pas foule ici) C'est une force centrifuge, au moindre virage, tout le monde est emporté, peu importe les arguments, ils peuvent être discordants, c'est même mieux, incohérents, la lâcheté de désigner un coupable, au hasard, ou au gré des opinions affadies et psychorigides, car le chaos doit l'emporter, plus besoin de démocratie. Nous pouvons observer le tourniquet politique, toujours en mouvement et les passagers immanquablement attirés vers l'extérieur, force centrifuge encore. Mais dans un vrai tourniquet, il y a des barrières de protections, dans la politique, seuls les plus hauts placés s'accrochent à une barrière, sinon tout est emporté, dans un même mouvement centrifuge, vers l'extérieur. On connait le programme essorage d'une machine à laver. Chaque virage politique et contradictoire entraîne un essorage définitif, on lave les cerveaux. Les procès sont basés sur du flou, de la fumée, des cendres, et une rumeur en remplace une autre comme si la fin d'un ou d'une des nôtres ne nous touchait plus, comme enjamber des corps sans domicile fixe afin d'acheter sa baguette de pain et revenir en marchant sur ces mêmes corps gisants, jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que ces corps sont des proches, des membres de notre famille. Non, il faut bien nommer une différence, celui-ci est blanc, moi je suis noir, par exemple.

Je me suis concentrée sur des mouvements rectilignes afin d'économiser mes forces. Il n'y a pas de raison d'essorer ou pressuriser un employé, une femme, un homme. Dans un mouvement rectiligne, tout doit pouvoir se déplier et se replier, selon son rythme. Les problèmes doivent pouvoir être posés, ouverts et étudiés. Le repos est mérité, de la durée qu'il convient pour replier les énergies, après les avoir transmises, le temps que chacun chacune les étudie. Je préfère la glisse, parce que je n'ai pas d'autre moyen, je vais parfois trop vite. Mais enseigner le dessin et la ligne claire, c'est visualiser des desseins sur lesquels on peut glisser ensuite, penser avec aisance et maîtriser des outils, ses gestes et ses logiciels, ou petits outils pratiques, il n'y a pas de sacré dans la technique, il y a sa propre technique, son adaptation entre la manipulation et son confort des gestes, c'est ce qui fait l'unique possibilité d'être en phase avec ses outils, sa pensée, selon mon expérience, dans la création et la capacité d'être en possession de ses moyens, et d'en être fier. L'erreur que j'ai commise, c'est de croire, que l'on pouvait aller aussi vite, penser aussi rapidement, et donc, d'imaginer qu'il serait possible à un plus grand nombre d'être égal à ce rythme. Sauf qu'un nombre très infime de la population à des fulgurances de pensées. J'ai dénié nombre de jalousies et de frustrations, dans des écoles qui peinent encore et ont un passé lourd de cachoteries inutiles et peu glorieuses. Je suis passée trop vite, là où des institutions demandent plus de temps, voire s'enlisent en attendant doucement la fermeture. Parce que l'on pense possible que cela reste ouvert, on oublie, avec lucidité de mesurer les forces en présence, et beaucoup sont dans l'incapacité de penser l'avenir d'une école et de l'orienter à bien. C'est pour cela, qu'il y a des mouvements où toute idée d'ouverture ne peut qu'être clôturée, parce que la majorité des participants au mouvement institutionnel ont déjà décidé de mettre fin à leur parcours, (et donc par mauvais ricochet aux parcours des autres, même des plus jeunes) puisque la majorité part à la retraite et décide de l'avenir, toujours élus et décisionnaires, ils n'ont pas su passer la main, transmettre et ne peuvent que réduire les effectifs. On inaugure plus facilement des édifices architecturaux énormes, que l'on souhaite lumineux et transparents et vastes, on s'amuse à couper tant de rubans, mais jamais on a pensé aux êtres qui allaient travailler dedans, en effectif bien réduit, aux pressions inhumaines à venir. C'est pour la photo, un futur patrimoine classé, une signature, mais lorsque l'on regarde qui va travailler dans ces lieux, et comment, on comprend qu'il y a là des manques, les forces en présence ont toutes été exclues par les tourniquets politiques. Peu importe, car la photo sera toujours la même, l'édifice magnifié encore des années, la complexité des relations humaines qui s'y trame, jamais montrée ni valorisée, puisqu'il faut pour cela un dessein clairvoyant, du vivant avec le minéral, et non plus minéraliser les matériaux, seuls. On trouve toujours un benêt pour couper le ruban et une cohorte de benêtes pour pousser l'autre et rester dans le petit cadre d'une petite photo. Ils suivent de bonne foi toute machination et force centrifuge, c'est pour cela qu'ils semblent si bien incarner, à ce moment seulement, le geste de l'inauguration afin d'enterrer la politique passée et nous permettre de croire que tout sera bien mieux, c'est promis.

Que fabrique-t-on, des écoles ? Vraiment ? Ou des centres de rétentions (d'idées) ? Des Musées ou des écoles ? Des cimetières d’œuvres climatisés au milieu de villes étouffantes habitées par des migrants, nous tous ? Des lieux sacrés de culture pour qui, pourquoi, quand leur accès sont interdits, quand les objets enfermés ne représentent qu'une famille ou un groupement de benêts. Des études pour qui, pourquoi ? Pour décorer ces Musées interdits et nettoyer les traces des pas, les toilettes ? Et insulter à loisir tout employé, le traiter de saleté parce qu'il n'aurait pas assez bien nettoyer la merde des autres ? Bel édifice, écrin de bêtises et de niaiseries.

Une question plus large comme notre vaste monde, pour revenir à ce documentaire : pourquoi ne faisons-nous rien pour ces enfants albinos ? Mais nous pouvons faire des images, ce qui sous-entend que nous pouvons (pas moi, hein) être payés pour ces images capturées. Mais pas ces enfants. Jamais ces enfants. Est-ce que ces images, ces films iront dans ces Musées interdits ? Est-ce que des enfants albinos deviendront les employés de ces Musées, afin d'en nettoyer les toilettes ? Si j'intègre des images de ces enfants (c'est moi, hein), je suis dans ce même rapport au monde et aux images, ce sont des images mais elles viennent de ces conflits, elles sont conflictuelles, hors, elles n'ont aucune apparence d'un conflit. Il y a des personnes malintentionnées qui veulent à tous prix mettre du conflit, là où il n'y en a pas, à priori. Des personnes qui passent leur temps à décréter un conflit là où le pacifisme règne. Envenimer une situation, pour passer le temps. Ces personnes s'ennuient assurément.

Comme la première image, un enfant albinos qui porte une casquette, où il est écrit : Angry birds... Nous ne pouvons qu'être des oiseaux en colère, nous aussi, très en colère. Je suis en colère. Mes pensées filent à toute allure et posent des questions à l'épreuve de mon vécu, arborescence, petites feuilles qui poussent, déjà un jardin en une nuit, le matin, est arrivé.

Ce qui emmerde les gens, celles et ceux témoins, ou auteurs des méfaits, ou complices, c'est de voir ces enfants albinos, devenus forts, en faire une vie, un parcours de ces attaques, de ces questions du rejet et de les porter fièrement à un niveau politique, beaucoup rêvent d'être avocats, des femmes, elles ont des idées, elles savent. Ce qui emmerde les gens, c'est de voir ces oiseaux en colère, de toujours les voir, c'est ce miroir constant tendu, consternant, une femme avec un bras en moins qui écrit ou s'habille en toute beauté. Ce n'est pas seulement physique c'est aussi entendre ces idées. Ce qui emmerde les gens, c'est que constamment ils sont face à ce que produit leur haine, et cela leurs est insupportable. Comme l'épée Damoclès, tant que les choses ne changeront pas, ils seront toujours face à des oiseaux en colère, qui leurs rappelleront leurs manquements à la question "être humain".

Et qu'on puisse y réfléchir sans cesse, cela emmerde profondément celles et ceux qui n'ont rien fait, qui n'ont pas avancé d'un iota. Que l'on puisse se hisser sur les traces des crimes et raconter notre histoire, depuis ce que l'on a victimisé, peut être insupportable et les gens préfèrent être sourds et aveugles et illettrés, ne pas savoir, pour pouvoir continuer à faire semblant, semblant de vivre. Vivre c'est reconnaître la colère d'où l'on vient. Et des visages d'anges naissent les colères et la rage de vivre.

À l'ombre du soleil...

Dans les villages reculés de Tanzanie, toutes sortes de conseillers, guérisseurs, sorciers ou devins, appelés waganga en swahili, sont consultés pour des problèmes allant de la vache tarie à l’épouse abstinente. Les prescriptions peuvent inclure des racines pulvérisées, des infusions d’herbes ou encore du sang d’animal. Mais aussi des restes humains de personnes atteintes d’albinisme.
Certains waganga pensent que les cheveux, les os, les organes génitaux ou les pouces de personnes albinos auraient des pouvoirs spécifiques. Séchés, pilés et empaquetés, ou répandus en mer, ces morceaux d’êtres nés avec un déficit de production de mélanine dans un pays ou la majorité des habitants ont la peau noire sont réputés gonfler un filet de pêche, révéler la présence d’or dans un terrain ou faire gagner des voix à un politicien.
Comment ces parties corporelles ont-elles acquis leur réputation magique ? Nul ne le sait précisément, mais des chercheurs en situent l’usage comme marchandise vers le début du XXe siècle, quand les petits agriculteurs ont pensé que la pêche ou l’extraction de l’or offraient davantage d’opportunités, mais comportaient plus de risques.

https://www.nationalgeographic.fr/photographie/tanzanie-pourquoi-les-albinos-sont-ils-persecutes

Enseignement Par kiwaïda at 00:24

25/07/2019

ḺṲИÅℜ

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Photographies © Sonia Marques

Art Par kiwaïda at 21:39

24/07/2019

ß℮αʊ m@ü♥ε

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barbylurique.jpg

que de drôles de sensations, de drôles de situations, que de drôles d'oiseaux…
je vis dans le pli d'un éventail fermé
qu'il est beau ce murano, ce geste sensuel, comme une goutte d'eau, un bec
et cet œil qui nous regarde
son corps n'est que le prolongement de ce geste premier artisanal

transparence
froid
eau

ce bleu si mauve, cette allure si babylurique
il me donne envie d'inventer un mot
babylurique
parce que c'est encore un bébé perroquet
je le sais je connais
parce qu'il fait confiance en son regard en la personne qui le regarde et accompagne ses interrogations
comme ce blog, mon écriture se fait témoin de la personne qui le lit, elle la regarde
et seulement cette écriture la regarde
"vois-tu comme je te vois me lire"

un verre d'eau
s'il te plait

un verre de mauve
il me plait

cet éventail peut s'ouvrir
mais il reste fermé même lorsqu'il fait assez chaud
il ne reste plus beaucoup d'air, d'espace pour respirer
dans ce pli

nous avons appris à demeurer pliés
nous avons connu les dépliés

nous ne pouvons plus nous déplier
nous sommes repliés

babylurique
mon bébé qui parle dans ce repli
ventriloque ermite

nous ne connaissons pas les sédatifs
ni l'anesthésie des sens

nous ne connaissons pas les barbituriques
nous vivons dans l'intensité des recoins de nos potentiels
oui nous pouvons

bébé clin d’œil
ailes repliées
grands éventails

nos œuvres s'ombrent
laissant les malmoches parader
cela nous protège

encore un mot inventé
malmoches

nos œuvres s'ombrent
à la lecture des robots

mots transparents
mots froids
m'eaux

être loin
être petit
dans l'immensité d'un tableau bleu
horizon bleu
mon mauve
mon beau

nous attendons cette humilité
dignement nous sommes pliés
de rire
repliés d'espoir
de vivre


Philosophie Par kiwaïda at 17:28

18/07/2019

ℒℰ ḠѺÛ† ℯт łℯ ṧα♥◎ḯя

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D'après une photo de George Barris de Marylin Monroe sur la plage de Santa Monica le 13 juillet 1962. Elle a 36 ans.

C'était dans ce pays où les lumières avaient éclairé une bonne partie des inventions, les sciences, la littérature et les beaux-arts, durant des années, peut-être 2 siècles...

Que restait-il de ces étoiles ? Il n'était pas bon avoir du goût, il n'était pas bon savoir, en ces temps de lynchage. Alors à quoi servaient ces études, si longues et complètes, si épanouissantes, si elles se trouvaient lapidées par des bricoles pour appâter le maire alcoolique du coin, nommé le "trouduc" ? Il fallait remonter un peu plus loin dans l'histoire, les habitants avaient perdu le goût mais aussi, ne savaient plus rien, si bien qu'ils se penchaient, depuis des années vers les idées présentées toutes cuites, ou parfois recuites, des idées très simples que l'on peut répéter. Une des idées reçues, est celle la plus adulée comme on adulait des images. Ce sont des sortes d'iconodules de la pensée toute faite, à l'aide de drapeaux et d'oripeaux, ils ont assombri une partie du ciel, ne gardant que celle où les étoiles ne sont plus. Donc une de ces idées faciles à assimiler, par n'importe quel icono cono, c'est que l'argent est volé. Qu'est-ce que cela veut dire ? L'argent est volé ou s'envole ? Non, l'argent d'où qu'il vienne, transformé en mets coûteux ou vins, ou vêtements de luxe ou propriétés, enfin de ce que les habitants peuvent encore voir, là où il est encore visible et montré en image, dans les magazines, sur Internet, cet argent n'est jamais gagné, mais volé.

C'est la première idée, et elle, cette idée, gagne du terrain, remporte toute les adhésions. Il suffit d'alimenter l'hystérie des eaux troubles dans laquelle ce pays des lumières éteintes se trouve béni, par les icono cono, et l'adhésion populaire est quasiment définitive et peut tuer n'importe quel icono cono ! Cette idée simple qu'on "nous vole notre argent" s'illustre depuis des années à différents niveaux et elle fonctionne comme un rouage nanofacturé, imprimé en 3D, parce que l'idée ne coûte pas cher à fabriquer, et s'étend comme feu aux poudres en un éclair de temps : elle est très rapide à diffuser, ça marche de suite, et de plus en plus vite.

Donc sur cette thèse, nombre de docteurs (celles et ceux qui écrivent des thèses, pas celles et ceux qui auscultent des corps nus, voire plus) se complaisent à la nourrir et à s'inviter experts en commentaires, de tous poils donc. Aujourd'hui, une thèse s'achète par imprimante 3D, pas besoin d'étudier, il faut copier l'idée la plus répandue. Elle se décline ainsi : un homme pauvre ne peut pas devenir riche, une femme belle ne peut pas être intelligente, une femme savante n'a pas de goût, un homme de goût est un homme riche, les riches sont celles et ceux qui ont volé aux pauvres, les pauvres n'ont ni goût ni savoir, le savoir et le goût ne vont jamais ensemble, mieux vaut vivre sans goût et sans savoir pour rester vivant et sans être lynché...

Le pays se laissait ainsi mordre de tous côtés par l'irrésistible envie de tuer ce qui semblait beau, ce qui semblait intelligent, mais de toutes ces semblances, les habitants icono cono ne tuaient que des images, en bons iconodules. C'est que l'icono trash faisait, justement fortune. Et pour les habitants d'un pays où l'idée première la plus entendue était que l'argent s'envole, il fallait le rattraper et le dépenser très vite, avant qu'il ne se perde...

Pour ce qui n'était plus matériel, c'est-à-dire l'argent lui-même, point de problème, les habitants ne s'en occupaient pas, car ils ne croyaient que ce qu'ils voyaient.

La deuxième idée quelle était-elle ? Oui, le savoir. On imagine qu'il est plus difficile d'émettre une idée simpliste sur le savoir, et bien non. Il faut garder souvenir, que ces habitants sont quasiment dans l'ombre et qu'ils ne voient plus les étoiles. Ils ont conçu des statistiques et des questionnaires afin de mesurer le quotient intellectuel des habitants. Évidemment ceux-ci sont complètement caduques et bien désuets, ne serait-ce que pour mesurer le niveau de culture générale, ils se sont basés sur d'anciens modèles masculins de bande-dessinées misogynes ou sur des femmes écrivains féministes, dont le mot féministe ne pouvait même pas exister étant donné que le féminisme n'existait pas lorsqu'elles ont été publiées par des hommes. Il y a plusieurs points très discutables, mais revenons à cette deuxième idée, pourquoi mesurer l'intelligence des habitants ? Afin de créer une cloche, d'un côté en bas de la cloche, les débiles, au milieu la population en majeure partie, celle qui paye les impôts et peut travailler dans la société des lumières éteintes et de l'autre côté, toujours en bas de la cloche mais à l'opposé, les précoces, celles et ceux qui ont un haut potentiel, définis, par les icono cono comme les débiles, celles et ceux dont on ne peut rien faire et qui emmerdent le bon fonctionnement de l'extinction générale des lumières !

En gros, après avoir effectué ces mesures, il faut éliminer, de la société tout élément, en bas de la cloche dingdong. On peut aller chercher des écrivains, des femmes renommées, déjà publiées depuis des lustres avec l'aide de leur mari bien placé, jalouse d'une précocité, d'un enfant même disposé à l'analyse de ses faits et gestes quotidiens, l'enfant en sait bien plus que l'écrivain. Et pousser ces femmes sans talent à écrire sur leur proie : un enfant surdoué. Ce sera une arme afin de combattre tous les enfants qui espèrent grandir dans cette société et qui imaginent pouvoir rallumer les lumières. Il n'est point question là des enfants avec un porte-voix tendu par des adultes manipulateurs pour passionner les foules coupables à la découverte écologique de ce sur quoi ils marchent depuis leur naissance : la terre. Non, il est question des enfants non manipulables, ils savent en avance mais ne peuvent être désignés comme savants, car les savants se désignent entre eux, entre adultes plutôt débiles, et votent à qui sera le génie d'un siècle ou d'un quart d'heure américain.

La troisième idée, c'est celle, encore plus complexe que l'on croit, mais en fait toujours aussi simpliste, c'est que le spirituel devienne un sujet de guerre. Les icono cono nés aveugles de cœur, mais dans l'impossibilité de comprendre l'invisible, ils ont beaucoup perdu de leur sensibilité, ont décidé que des religions différentes devaient s'affronter et s'entretuer, afin d'atteindre l'invisible, puisqu'ils ne le voyaient pas. Ils pensent que seule l'identité, l'appartenance à une religion, une communauté, une secte, un club de golf même, pouvait résumer le parcours social et professionnel d'une personne. Donc tout ce qui n'était pas visible, et la sensibilité en fait partie, et le goût, parce qu'avoir du goût c'est aussi savoir goûter, sentir, devait être en guerre et les icono cono devaient militer, s'associer, afin de faire la guerre à tout individu qui ne déclinerait pas son identité.

De ces 3 idées illustrées à tous niveaux et dans toute la presse, gouvernait de plus en plus un pouvoir simplifié, qui attribuait des droits aux icono cono, simplifiés. Dans le domaine de la simplification, on trouve des simplets, mais aussi plusieurs autres petites unités, ou parties réduites de façon différentes et c'est là où la simplification, si l'on y regarde d'un peu plus près, c'est-à-dire, en se baissant un peu, en rapetissant, après avoir bu la potion magique "buvez-moi", peut devenir complexe. Oui, la simplification, quand on change d'échelle de valeur, de crédit, peut devenir complexe. Pour cela il faut savoir lire "buvez-moi", et on sait à présent, que les habitants ne savent plus rien, ni même lire la notice d'une boisson. Les dégâts dans ce pays, sont innombrables, et les maires trouduc ont dépassé la dose prescrite. Un mode de gouvernance simplifié se décline en plusieurs élus sur des terres, non écologiques, définitivement non écologiques. Les votes sont simplifiés, contre avantages et crédits, ajoutés puis enlevés après élections, et se réalisent avec des boutons incrustés au creux des poignets. c'est rapide et non anonyme. Ainsi l'ostracisation peut également s’effectuer en temps réel. On peut un peu mieux observer que la jalousie, l'envie, la haine, toutes ces qualités, devenaient les meilleurs outils pour adhérer à un pouvoir, dit vertueux, un pouvoir simplifié, au service de l'extinction des lumières, mais pas des feux. Seul le savoir pouvait donner des clés de lectures, afin de comprendre et non pas seulement voir (ça voir), que sous ces vertus affichées sans goût de luxe, ou ces slogans syndicaux qui défendent la veuve et l'orphelin, officiaient les idées simplistes les plus viles et vulgaires, détruisant à petits feux les savoirs et savoirs faire de ce pays. L'argent ayant perdu le monopole et le socle divin des échanges et procédures par intérêt, les repères et les pères s’effondraient sous ces jours de plus en plus incertains, ces genres indéfinis et ces transformations rapides, sans aucun savoir, dans la semi-obscurité.

Les éclipses peuvent générer des moments, quelques secondes seulement, de lumière. C'est pour cela que les habitants se précipitent tous à regarder le ciel, dans des points névralgiques différents des plateaux et sommets, ou même aux fenêtres, afin de tendre vers cet espoir que la sagacité toucherait la fêlure d'un de leur cerveau, et que le plus fêlé d'entre eux parviendrait à avoir, ou recevoir, une idée, cette lumière non prosaïque, dénuée de prose, d'une force poétique inouïe comme le bouleversement d'un mode de penser terne et fonctionnaire, servile et sans transparence. Mais cette limpidité, ce fluide sensuel et intellectuel n'arrivait jamais. Et même s'il arrivait, le fêlé d'un coup devenu un génie ne délivrerait jamais son idée, il serait lapidé sur le champ ou torturé. Il finirait ses jours dans l'obscurité la plus totale, ce qui, finalement ne l'atteindrait pas, puisque la lumière, il la trouverait dans son cœur, les yeux fermés, l'insularité incassable du diamantaire et non du lapidaire.

Si les lumières s'éteignaient et qu'étaient tués dans l'oeuf les enfants et les animaux doués d'une intelligence sensible, les seuls pour sauver les icono cono, ces derniers ne pouvaient même plus comprendre que l'argent ne leur était jamais volé, mais que les efforts payent, et pas ceux visibles, mais ceux éprouvés de l'intérieur, en interrogeant même leur sensibilité. Alors les icono cono perdaient leur beauté première, celle qui demeure à l'intérieur, celle qui sait, qui a du goût, qui travaille parce qu'elle aime et qui se repose en paix. La beauté première rongée par l'idée que toute beauté n'a aucune spiritualité, serait même illusoire, une image à détruire, avait beaucoup de mal à perdurer, elle devenait jetable, utilisable mais jamais regardée pour ce qu'elle était. Pourtant la beauté qui siège dans les cœurs est celle encore qui allume les lumières. Tout le ciel n'est pas obscur puisque ce sont les étoiles qui font la nuit. L'obscurité totale advient lorsque la prison des idées simples prend trop de place.

Si sont montrés des lingots d'or aux icono cono, par jalousie, ils chercheront sans fin à savoir qui les a. Le lynchage, leur seule passion, devient alors leur seule recherche. Mais un lingot d'or, même l'image d'un lingot d'or, n'est pas une étoile (inaccessible) dans le ciel de la nuit, il n'éclaire pas grand chose, et n'a pas trop de goût. Ce serait même un mauvais goût. De même savoir que son voisin vit sur un tas de lingots d'or, ce n'est pas savoir grand chose. De même si ce voisin s'est identifié à une religion et la placarde un peu partout où il passe, ne fait pas de lui un gage de spiritualité et de sagesse accomplie et il n'est pas non plus utile, quoique l'utilitaire ici est coquin, de le vilipender, d'inciter à la haine de ce que l'on ne sait pas.

Sur le sable, les beautés drapées dans des serviettes usées par le temps, les cheveux lumineux et sans pigments, dessinent des étoiles, des grains de sable, sur lesquels nous marchons en oubliant ce temps qui passe.


Philosophie Par kiwaïda at 16:02

16/07/2019

ϴℝÅℝ∃

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Statue de l'intendant Ebih-Il, les mains jointent, en position d'orant. Époque des dynasties archaïques, vers 2400 av. J.-C. Mari, temple d'Ishtar Gypse, lapis-lazuli, coquille H. : 52,50 cm. ; L. : 20,60 cm. ; Pr. : 30 cm

Et nous devrions lui en savoir gré car son sujet qui porte sur la guerre et sur un siège et, par conséquent, sur un problème de virilité supérieure, se passerait avantageusement de cette déliquescence qu’est la prière, laquelle représente la situation de soumission la plus extrême puisque l’orant s’y abandonne sans lutte, s’étant livré à Dieu une bonne fois pour toutes

— (José Saramago, Histoire du siège de Lisbonne, 1989 ; traduit du portugais par Geneviève Leibrich, 1992, p. 20)

orant

\ɔ.ʁɑ̃\ masculin (Religion) (du latin ōrāre, prier)
Qui est en prière ; qui prie.

Toute la vie de l'ermite est contenue dans cette tension vers Dieu, cette attention de l'âme orante pour la fidélité de laquelle les anciens moines d’Égypte avaient inventé l'oraison jaculatoire.

— (Nathalie Nabert, Les larmes, la nourriture, le silence, Éditions Beauchesne, 2001, page 110)



 

Statue d’Ebih-Il

(alabaster, seashell, bitumen, lapiz lazuli)

Hauteur: 52.5 cm Largeur : 20.6 cm
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/statue-d-ebih-il-nu-banda


De nombreux fidèles ont déposé des statues à leur effigie dans les temples de Mari, perpétuant ainsi leur présence devant la divinité. Ces statues d'orants et d'orantes les représentent, la plupart du temps, les mains jointes et vêtus d'un vêtement appelé kaunakès. La statue d’Ebih-Il est, sans conteste, un chef-d'oeuvre par la qualité de son exécution, par son état de conservation et par le caractère expressif de son style.

Le chef-d'oeuvre de la sculpture de Mari
 

Les fouilles menées dès 1933 par André Parrot sur le site de Mari, en Syrie ont permis de mettre au jour des temples consacrés à différentes divinités (Ishtar, Ishtarat, Ninni.ZAZA..), datant des environs de 2340 av. J.-C. La statue d’Ebih-Il a été découverte dans le temple de la déesse Ishtar virile, premier sanctuaire fouillé à Mari. De ce dernier provient une autre statue de la même période représentant le roi Ishqi-Mari, dont l'inscription permit d'identifier Tell Hariri comme étant le site de l'ancienne Mari.
Ebih-Il est assis sur un tabouret en vannerie. Il est torse nu et porte une jupe longue de kaunakès, vêtement fait d'une peau de mouton ou de chèvre ou encore d'un tissu imitant par ses longues mèches la toison de l'animal. Le kaunakès était aussi bien porté par les hommes que par les femmes. La manière dont sont traitées les mèches laineuses du kaunakès d'Ebih-Il, ainsi que la présence d'une queue à l'arrière de ce vêtement, confirment bien qu'il s'agit d'un vêtement en peau d'animal, rendu ici avec un réalisme rare. Le personnage a le crâne rasé et arbore une longue barbe qui devait être incrustée d’un autre matériau. Seuls les yeux ont conservé leurs incrustations de coquille et de lapis-lazuli enchâssés dans une monture de bitume. Le lapis-lazuli, provenant d'Afghanistan, témoigne des relations établies sur de longues distances, dès cette époque ancienne au Proche-Orient. L'albâtre translucide, dans lequel cette oeuvre est façonnée, donne beaucoup de subtilité au modelé du buste comme au léger sourire qu’esquisse le personnage. Au dos de la statue se trouve une inscription qui identifie l'oeuvre : « Ebih-Il, nu-banda, a offert sa statue pour Ishtar Virile ». Autrefois traduit par le terme d’intendant, le titre d’Ebih-Il a récemment été compris comme celui de nu-banda. Les fonctions d’un nu-banda pouvaient inclure des responsabilités importantes, notamment reliées à l’armée. Avec cette nouvelle distinction, il est désormais acquis qu’Ebih-Il appartenait aux plus hautes élites du royaume, ce qui rentre en cohérence avec la qualité de sa statue. Celle-ci fut l’objet de soins importants, restaurée dans l’antiquité à la suite d’un accident. De récentes études ont montré le lien qu’il convient de dresser entre la présence de ce nu-banda dans le temple de la déesse de la guerre et du pouvoir et celle du roi Ishqi-Mari.
 

Les statues d'orants
 

Les statuettes d'orants étaient destinées à être déposées dans les temples, vouées à leurs divinités tutélaires. L'attitude des mains jointes, la plus fréquente, est interprétée comme celle de la prière et visait sans doute à perpétuer l'acte de dévotion dans le temple. Le personnage peut également tenir dans ses mains un gobelet, comme sur les reliefs perforés figurant une scène de banquet, également déposés dans les temples. Ce type de statuaire, inauguré à l'époque des dynasties archaïques (essentiellement aux phases II et III, soit vers 2800-2340 av. J.-C.), perdurera aux époques postérieures et les nombreuses statues représentant le prince Gudea de Tello (musée du Louvre) illustrent ce phénomène. Malgré des variantes, les représentations d'orants répondent à un même schéma. Elles figurent le fidèle, homme ou femme. La plupart sont en pierre, mais il existe aussi des exemplaires en métal. Leur hauteur varie de quelques centimètres à plus d'un mètre ; la statue d'Ebih-Il mesure 52 cm. Les personnages peuvent être représentés debout ou assis. Certaines statues portent des inscriptions qui permettent d'identifier les personnages représentés et de les faire revivre dans leur fonction. A Mari, ces inscriptions ne concernent que les hommes, les femmes restant toutes anonymes. Ces hommes et ces femmes appartenaient aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale : ils possédaient de hautes fonctions dans l'administration de l'état ou de la cour (rois, frères du roi, nu-banda, grand chantre, intendants, officiers, chefs du cadastre, scribes, échansons...), ou bien pouvaient faire partie du clergé (telles les prêtresses représentées par la statuaire féminine de Mari), ou bien encore appartenir à des couches aisées de la société (marchands).






Découverte de la tête de la statue de l'intendant Ebih-Il le 22 janvier 1934. La statue est aujourd'hui conservée au musée du Louvre. Département des Antiquités orientales.


Cela me fait penser à une de mes réalisations artistiques, un conte, un livre qui se nomme Les picolores.
Il existe plusieurs statues (comme les gisants) d'orants, dans cet acte de prier, que je trouve très beau.
Par exemple, dans la prière chrétienne, l'acte de communication, la prière, invoque un interlocuteur invisible et convoque une communauté virtuelle. Toute sa rhétorique habilite l'orant à recevoir un don qui lui est proposé ; par son aspect pragmatique, elle ouvre une béance dans l'orant et accroît sa capacité à recevoir le don. Parole sauvée, elle demande le salut qui lui est déjà donné.
(dans "Quand la réponse précède la demande, la dialectique paradoxale de la parole chrétienne d'Olivier Boulnois)
Dans ce blog d'écriture, sont comme des prières mes articles, il s'adresse à l'invisible et convoque une communauté virtuelle. Ses paroles sont sauvées et demandent le salut qui leurs est déjà donné. Je deviens ce que je dis, ce que j'écris, ce sont mes prières...
Je devine.

Rhétorique de la prière :

 La place de l'énonciation La prière suppose-t-elle des paroles ou constitue-t-elle une simple attitude de l'être humain ? Le sommet de la prière, est-ce parler ? se taire ? penser ? sentir ? agir ? désirer ? voir ? La prière s'inscrit dans un corps : elle implique des postures, des pestes, une imitation corporelle du Christ. Elle agit sur celui qui prie : elle réoriente ses sentiments intérieurs sur ce qu'il signifie. Ainsi, ce ne sont pas les paroles qui se règlent sur l'intériorité, mais la pensée qui peu à peu s'accorde avec la parole ruminée par l'orant. La prière n'est pas seulement la traduction des états subjectifs de l'orant en leur donnant forme objective, elle les ordonne, les décante, les pacifie. Le locuteur s'efface devant ce qu'il énonce, il devient ce qu'il dit.

Il devient ce qu'il dit


Enseignement Par kiwaïda at 23:48

14/07/2019

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Fraîcheur de vivre
Photographies © Sonia Marques

Animal Par kiwaïda at 23:51

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La maman montre à ses petits comment se baigner

Photographies © Sonia Marques


Paysage Par kiwaïda at 23:36

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