bmk

blog m kiwaïda

09/02/2020

ṔϴℳℙϴИ

Scroll down

En regardant le "Lapin courant" de l'artiste sculpteur Pompon, né le 9 mai 1855 à Saulieu (Côte-d'Or) et mort le 6 mai 1933 à Paris, j'ai fait des rêves de lapins pompons, cela ne s'invente pas...

Pendant la Première Guerre mondiale, René de Saint-Marceaux disparaît en 1915 (Pompon travaille alors pour plusieurs sculpteurs dont René de Saint-Marceaux), et Pompon, trop âgé pour être mobilisé, se retrouve sans travail. Sa femme Berthe est paralysée et ils ne peuvent donc plus aller dans leur petite maison de campagne à Cuy-Saint-Fiacre pour dessiner. Les animaux du jardin des plantes ayant été abattus, Pompon doit cesser son activité de sculpteur pour vivre de petits métiers : employé de la Samaritaine en 1916, puis ouvrier dans divers ateliers. Pompon meurt seul, veuf et sans descendance, le 6 mai 1933 à la suite d'une opération de la prostate, à la clinique Saint-Jean de Dieu, rue Oudinot à Paris. Il est enterré le 10 mai à Saulieu, et repose sous son Condor en bronze. La Ville de Saulieu créa quelque temps après un musée François-Pompon, qui lui permet d’accéder à titre posthume à la reconnaissance de sa ville natale, lui qui avait été meurtri de n'avoir pas été sollicité pour le Monument aux morts de Saulieu en 1919, alors qu'il vivait dans la pauvreté6. On reconstitue son atelier de la rue Campagne-Première au Muséum national d'histoire naturelle, dans l'attente des « dix ans pour entrer au Louvre ». Le chanoine Kir, maire de Dijon, fit transférer l'atelier au palais des ducs de Bourgogne, à Dijon en 1948, malgré les protestations de son exécuteur testamentaire et ami René Demeurisse dès 1936 pour que l’œuvre reste à Paris.


Pompon est né à Saulieu dans la Bourgogne française, d’un père ébéniste. Il entre à l’âge de 15 ans au service d’une entreprise de pompes funèbres à Dijon, où il apprend les rudiments de la sculpture. François Pompon fréquente le soir l’École des Beaux Arts. Parti cinq ans plus tard pour Paris, il continue de travailler dans la journée pour un entrepreneur de pompes funèbres, à Montparnasse, et se rend le soir à l’École Nationale des Arts Décoratifs. François Pompon travaille plus tard aux nouveaux ornements de l’Hôtel de Ville, incendié au moment de la Commune. C’est durant sa formation qu’il rencontre le sculpteur animalier Pierre-Louis Rouillard, probablement la source d’inspiration du travail qui le rendra beaucoup plus tard célèbre. François Pompon épouse Berthe Velain en 1882, couturière tout comme sa mère. Il tente de créer une œuvre dans son propre style et son premier objet de grande taille, « Cosette », attire l’attention du jury du Salon. Une carrière en tant que sculpteur indépendant semble toutefois encore éloignée. François Pompon entre enfin au service de Rodin, où il devient trois ans plus tard « chef d’atelier ». À partir de 1896, il travaille beaucoup pour le sculpteur alors célèbre René de Saint-Mareaux, jusqu’à la mort de ce dernier en 1916. Il continue ensuite de chercher un propre style, avec un penchant prononcé pour le modelage en plein air. Il met au point pour cela un atelier mobile de modelage très ingénieux. Il est en outre membre de la « Bande à Schnegg », un groupe de sculpteurs gravitant autour de Rodin, ce qui l’influence considérablement. Le groupe est à la recherche de nouvelles formes stylistiques basées sur la sérénité monumentale de la sculpture classique. Pompon se concentre alors de plus en plus sur les animaux mais tarde à être reconnu et traverse une période difficile. Ce n’est qu’à partir de 1919 que son œuvre commence à gagner en popularité. Il vend une sculpture de pierre représentant une tourterelle au Musée de Luxembourg puis, deux ans plus tard, trois sculptures animalières en plâtre au Musée de Grenoble. Sa véritable percée n’intervient qu’à l’âge de 67 ans avec l’exposition de « l’Ours blanc » (plâtre) au Salon des artistes français. François Pompon expose ensuite avec succès à Tokyo et Osaka et son ours de plâtre, devenu célèbres, est réalisé en marbre. Le musée de Saint-Omer achète quelques œuvres et l’ours blanc obtient en 1929 sa place dans le Musée de Luxembourg. Les presque 3 000 œuvres que Pompon légua à l’État français à sa mort sont finalement exposées dans le Musée des Beaux Arts à Dijon. Le Musée d’Orsay à Paris possède une collection étendue de modèles en plâtre.





Pompon et son pigeon "Nicolas"

Art Par kiwaïda at 03:09

08/02/2020

é́͋͆p͊͘͘i͆̿͆z͘͝ö́̚͠o̾͒͝t͑̿͑ì͑̐ë́̐̚

Scroll down

chat.jpg

Un homme dans son château, ne supportait pas les lapins. Afin de continuer à vivre sa vie de châtelain, dans sa propriété, il décida de les exterminer par un virus mortel. Il réussi, à exclure ainsi toute cette faune naturelle de sa vue, en les tuant, comme un nazi. Mais une volonté criminelle, son racisme, ne vient pas sans un drame écologique plus vaste que son petit château privé, tous les lapins du voisinage, puis tous les lapins de la région, puis tous les lapins de France furent touchés par la maladie du virus introduit par ce tueur en série, une sorte de Barbe Bleue (du conte celui qui tue les femmes et enferment les cadavres dans son château... le prédateur effrayant)

C'est une histoire vraie, et la maladie est toujours là, les lapins meurent toujours de cette maladie. On peut se demander comment les virus (que l'on pense inconnus) sont introduits sur un territoire... Voyons comment s'est passé, de plus près cette histoire vraie.

La myxomatose :

La Nièvre a eu son serial killer ! Le docteur Paul Armand-Delille, né à Fourchambault en 1874, était spécialiste des maladies infectieuses infantiles. Et il a, sans le vouloir, eu la peau de millions de lapins dans les années cinquante. Hors de tout contrôle En inoculant le virus de la myxomatose à la population animale aux grandes oreilles de sa propriété de Maillebois, en Eure-et-Loir, afin de mettre un terme à leur reproduction effrénée, il a diffusé la maladie dans toute l’Europe. Les murs de son domaine n’étaient pas si impénétrables et arriva ce qui devait arriver… En 1952, las de constater que les lapins pullulent dans le parc de son château, ce professeur et membre de l’Académie française de médecine leur prépare leur fête. Il se fait envoyer le virus de la myxomatose par un laboratoire de Lausanne, en Suisse. Les lapins ne bougeront bientôt plus une oreille, ni deux d’ailleurs… Il attrape deux cobayes et programme leur mort. En deux mois, la quasi-totalité de l’espèce présente sur son domaine est décimée. Une véritable machine de guerre est en route. Elle échappe à tout contrôle. En dix-huit mois, tout l’hexagone est infecté par la myxomatose. Les lapins succombent par millions. Adieu civets et autres pâtés. La production de peaux est en chute libre. Les chasseurs ne décolèrent pas. Pire, la maladie court se répandre à l’étranger. L’Angleterre, puis l’Italie, l’Espagne… sont tour à tour contaminées.

À la fin des années cinquante, toute l’Europe est touchée par le fléau. Même l’Afrique du Nord voit ses lapins passer de vie à trépas. Face à l’ampleur du phénomène, la réplique ne se fait pas attendre. Le docteur Paul Armand-Delille est visé par une action en justice d’une association de défense contre les épizooties. Elle sera déboutée. Le propriétaire d’un parc dans le département voisin de l’Eure l’attaque à son tour. La cour d’appel de Paris condamnera le Nivernais à 5.000 francs de dommages et intérêts. À l’inverse, des agriculteurs et forestiers se réjouissent de l’épizootie, provoquée en pleine période de reboisement d’après-guerre.

D’ailleurs, en 1956, lors d’une réception privée en son château, à laquelle assistent des personnalités du ministère de l’Agriculture, le Fourchambaultais reçoit une médaille d’or. Il y est écrit : « La sylviculture et l’agriculture reconnaissantes ». C’était sept ans avant sa mort. Renseignements pris, le docteur Paul Armand-Delille ne semble pas avoir laissé de souvenir dans sa commune natale de Fourchambault.

Les symptômes de la myxomatose

Cette maladie affecte aussi bien les lapins domestiques que les lapins de garenne. Après une période d’incubation pendant huit à dix jours, elle provoque une élévation de la température, une perte de l’appétit et des symptômes oculaires (inflammation des paupières, conjonctivite…). Un gonflement de la face, des organes génitaux et de l’extrémité des membres peut aussi apparaître.

Origine de l’épizootie française

Contrairement aux tentatives antérieures étrangères, l’épizootie provoquée en France au printemps 1952 ne repose sur aucun fondement officiel succédant à des essais scientifiques nationaux. Il s’agit de l’initiative individuelle d’un médecin résidant en Eure-et-Loir, le docteur Armand-Delille, membre de l’Académie de médecine et Vice-président de la Société de Biologie. Ce dernier, propriétaire du domaine de Maillebois, composé d’un château et d’un parc de 300 hectares, exploite avec son fils, ingénieur agronome, les surfaces non boisées. Bien que l’ensemble soit clos par sept kilomètres de murs, la destruction des lapins, principal nuisible de l’exploitation, correspond à une activité reproduite périodiquement. Ainsi, 3 à 4 000 Oryctolagus sont tués chaque année au sein de la propriété en particulier à l’aide des furets. Le Docteur Armand-Delille, ayant eu par ailleurs l’occasion de rencontrer Sanarelli826, connaît parfaitement les résultats des premiers essais australiens et souhaite découvrir une méthode de destruction aisément applicable en France. Souhaitant répandre, sur ses terres, un agent biologique inféodé aux lapins, il copie en cela, d’après ses propres déclarations, les agissements de l’Institut Pasteur qui produit le “virus Danisz” contre les rongeurs827. Étant en relation avec le Professeur Hauduroy, chef du Centre de collection de types microbiens, organisation internationale dont le siège se trouve à Lausanne, Armand-Delille s’adresse à ce confrère afin d’obtenir un échantillon du virus de Sanarelli. Le 19 janvier 1952, il reçoit de Suisse, « à titre personnel et gratuit », une ampoule d’une contenance d’environ 1 cm3. L’expéditeur se permet cependant d’opérer une ultime recommandation : « Je vous signale aussi, mais vous le savez probablement, que les lapins infectés sont éminemment contagieux, que la cage dans laquelle ils se trouvent doit pratiquement être détruite après leur mort, que les personnes qui soignent ces lapins risquent d’infecter d’autres animaux ». Le 2 ou le 3 juin, son fils ayant capturé deux garennes, le docteur Delille réalise l’inoculation et relâche les bêtes contaminées au centre du domaine, près d’un pont surplombant la rivière traversant la propriété828. Alors qu’aucune des personnes travaillant dans le parc ne connaît l’opération réalisée, « six semaine plus tard tout le monde constate que, dans une proportion que l’on peut évaluer à 90 %, les lapins qui infestaient Maillebois sont décimés par un mal mystérieux »829. Le 6 septembre 1952, un rapport du service forestier d’Eure-et-Loir soulève un étrange problème. L’auteur de ce texte affirme : « un propriétaire de la région de Chateauneuf en Thimerais, M…, m’a signalé au cours d’une conversation que les lapins de garenne “se suicidaient” dans le domaine de Maillebois ». De fait, l’aspect et le comportement de ces animaux ne peuvent que susciter l’interrogation : « Sans que l’on sache pourquoi, les lapins ont la tête enflée, ils paraissent sourds et aveugles et ils se jettent à la rivière »830. En septembre 1952, alors que la maladie se propage au sud d’Orléans, « on pensait alors et on disait même que les lapins, de sexualité si prononcée, avaient contracté, eux aussi, la syphilis, mais une syphilis mortelle ». L’explication populaire ne résiste pas aux analyses des microbiologistes de l’Institut Pasteur. L’identification scientifique a lieu à partir d’un cadavre récupéré dans les environs de Rambouillet dans les premiers jours du mois d’octobre 1952 par Henri Jacotot et André Vallée831. La découverte du myxome de Sanarelli engendre une certaine perplexité quant à son origine et aux possibilités d’extension de la maladie. Très rapidement, l’Eure-et-Loir apparaît comme étant le département d’origine de la myxomatose, sans toutefois que le lieu exact de l’introduction soit identifié par les pastoriens832. Les biologistes considèrent que « toutes les hypothèses sont permises, depuis l’éclosion spontanée de novo qu’en d’autres domaines des maladies infectieuses certains ont invoqué déjà, jusqu’à l’imprudence d’un propriétaire désireux de mettre fin à la pullulation des lapins sur ses terres et s’aidant, pour se faire, d’une arme bactériologique pour une fois efficace et, de surcroît, terriblement dangereuse »833. D’autres imaginent une acclimatation accidentelle quelque peu complexe. En Belgique, les chercheurs du laboratoire de diagnostic et de recherches vétérinaires de l’Etat (Uccle-Bruxelles) affirment quelques années après l’introduction : « On pensait à ce moment que la myxomatose avait été introduite en France par des lapins congelés importés d’Australie, où cette maladie était entretenue et propagée intentionnellement dans le but d’exterminer les lapins sauvages » 834. La communication du Docteur Armand-Delille, présentée le 24 juin 1953 à l’Académie d’Agriculture et intitulée « une méthode nouvelle permettant à l’agriculture de lutter efficacement contre la pullulation du lapin », met un terme aux multiples hypothèses avancées afin d’expliquer la présence du virus sur le sol français.

Ce bactériologiste, professeur, membre de l'Académie française de Médecine et vice-président de la Société de biologie, est essentiellement connu pour avoir accidentellement provoqué l'effondrement de la population de lapins à travers une grande partie de l'Europe et au-delà dans les années 1950 pour les avoir infectés avec le virus de la myxomatose. La maladie a aussi touché le prédateur des lapins : le lynx ibérique.
Médaillé, on se souvient encore de lui, car aucun vaccin n'a été trouvé...

Parfois les virus sont introduis par une volonté de nuire et d'extermination d'une espèce, les êtres humains ont aussi été le laboratoire d'expériences de ce type, aussi gynécologiques sur des femmes, par les nazis... D'ailleurs si l'on pense à l'invention d'instrument (et là, je me suis toujours demandé comment se fait-il que des femmes n'inventent rien de mieux...) comme "le speculum", dont l'inventeur est un médecin térrifiant originaire de Caroline du Sud (qui a inventé plusieurs instruments de gynécologie et d’obstétrique) Ce spéculum, encore essentiel aujourd’hui à tout examen gynécologique ! J. Marion Sims, né James Marion Sims (25 janvier 1813 — 13 novembre 1883) est un pionnier de la chirurgie, considéré comme le père de la gynécologie américaine. Ses méthodes sont critiquées d'un point de vue éthique car il utilisait des esclaves noirs comme sujets d’expérimentation, et les opérait sans anesthésie. Ce médecin gynécologue qui torturait donc des femmes a eu sa statue en plein New York, et il a fallu attendre 2018 (il y a 2 ans) pour qu'elle soit enlevée !

Je pense aussi à ce médecin SS et ses délires racistes :

Joseph Mengele était un monstre, un de ces médecins nazis formés dans le mythe de la pureté de la race, prêt à toutes les absurdités scientifiques pour prouver la supériorité de l’Européen nordique, incarnation parfaite de la race aryenne.

Mengele est né le 16 mars 1911 à Günzburg, une cité médiévale bavaroise sur les bords du Danube. Issu d’une riche famille catholique et nationaliste, il arrive à Munich en 1931 où il adhère immédiatement aux thèses nationales-socialistes. On le retrouve ensuite à Francfort où il étudie la philosophie et la médecine. Il soutient sa thèse en 1935 en ayant choisi un sujet révélateur : « L’examen morphologique de la mâchoire inférieure dans quatre groupes raciaux ». En 1938, il obtient son doctorat et rentre dans la SS sous le matricule 317 885. La guerre déclarée, il s’engage dans la Waffen SS, servant comme médecin militaire sur le front de l’Est . Mais à la suite d’une blessure à la jambe, en 1942, il est déclaré inapte au combat. Il rentre en Allemagne avec le grade de SS Hauptstürmfürher et reçoit quatre décorations dont la Croix de fer.

Monstrueux, cruel et abject Le 30 mai 1943, il arrive à Auschwitz avec la fonction de médecin chef de Birkenau. Sa tache principale est de s’occuper de la sélection des déportés apportés par milliers de l’Europe entière. Désormais pour Mengele c’est une constante escalade dans la monstruosité, la cruauté et l’abjection. Les déportés survivants gardent de lui quelques images terrifiantes, fouettant de sa cravache les déportés refusant leur sort ou abattant froidement d’un coup de revolver une mère qui refuse d’être séparée de ses enfants. Parallèlement, on le croise régulièrement dans les salles de l’hôpital du camp déambulant « avec son manteau blanc immaculé qu’il porte par dessus son uniforme et sifflant du Wagner ». Il a droit de vie et de mort sur les malades qu’il envoie à la chambre à gaz d’un simple pouce baissé. Il fait aussi un jour tracer une ligne horizontale sur l’un des murs du block des enfants. Tous ceux dont la taille n’atteignent pas la limite fixée sont gazés. Des expériences sur les nains, les homosexuels et les bossus Mengele profite aussi de son passage à Auschwitz pour mettre en pratique l’enseignement qu’il a reçu à l’Institut de biologie héréditaire et d’hygiène raciale de Francfort où on lui a appris « que le meilleur moyen de repérer les influences héréditaires était d’étudier les jumeaux » . Mengele va ainsi entamer une série d’effroyables expériences sur les jumeaux, mais aussi sur les nains, les homosexuels, les bossus… Sinistre « collectionneur » d’anomalies physiques, il s’intéresse aussi à une maladie qui provoque de graves mutilations faciales, le noma. Pour en étudier l’évolution, il se sert d’enfants tziganes chez qui cette pathologie est fréquente et les gave de sulfamides et de vitamines. Mais dès que des progrès sont observés, attestant de l’efficacité de son traitement, il l’interrompt, envoyant ces enfants à la mort. Fasciné aussi par les jumeaux, Mengele les traite comme des rats de laboratoire, leur injectant ou appliquant sur leur peau diverses substances chimiques… Mengele va poursuivre ses épouvantables activités jusqu’en janvier 1945, peu avant la libération du camp par l’Armée rouge. Rentré dans sa famille, en Bavière, il vit quelques années paisibles, parents et voisins ne voyant en lui qu’un brave soldat qui avait fait son devoir. Mais, au fil des ans, les langues commencent à se délier et les témoignages des survivants d’Auschwitz remontent à la surface. Les preuves accablantes s’accumulant tant et plus, les Américains qui contrôlent la Bavière, se décident à se pencher sur son cas. Sentant le vent tourner, Mengele fuit l’Allemage. On le retrouve successivement à Merano, en Italie, puis en Espagne ou il organise son exil en Amérique du Sud. Pignon sur rue à Buenos Aires En 1952, il a pignon sur rue à Buenos Aires où il a ouvert un cabinet médical, fort de ses excellentes relations avec le président Juan Peron et sa police. Mais, à la chute du dictateur, en 1955, Mengele – tout comme la plupart des nazis exilés en Argentine - doit trouver un nouveau point de chute. Ce sera le Paraguay et le début d’une longue cavale, recherché par les autorités allemandes et poursuivi par les agents du Mossad israélien. Mais si ceux-ci ont réussi à mettre la main sur Adolf Eichmann, autre grand criminel de guerre, il ne pourront jamais capturer Mengele qui après avoir quitté Asuncion, se réfugie dans une province reculée du Paraguay où il vit sous divers noms d’emprunt : Dr Gregor Gregorry, Dr Fritz Fischer… Finalement, Mengele passe les dernières années de sa vie dans un modeste deux-pièces de la banlieue de Sao Paulo, au Brésil. C’est dans ce pays qu’il meurt noyé le 7 février 1979… D’autres monstres... Mengele est passé à la postérité comme « l’ange de la mort ». Mais bien d’autres médecins nazis auraient mérité cette appellation comme en attestent les extraits de ce rapport publié à Varsovie en 1948 sur « Les crimes allemands en Pologne » : « Il y a des preuves irréfutables qui démontrent que certaines expériences ont été faites sur des hommes vivants. Ce sont les dépositions de plusieurs témoins et le compte rendu de la séance de la Section de chirurgie du 16 décembre 1943 qui cite notamment: 90 castrations, 10 ablations d'ovaires et une ablation de l'oviducte. Les expériences avaient lieu dans le Block 10 du camp principal. On peut les classer comme suit : expériences visant à l'examen du cancer, expériences de stérilisation, expériences hématologiques et sérologiques. Le plus souvent, des juives étaient employées à cet effet. Beaucoup d'entre elles furent à plusieurs reprises l'objet d'expériences. On constata, après quelques essais, qu'une fois opérées, les femmes n'étaient plus bonnes pour les expériences et dès lors on les expédiait directement aux chambres à gaz. Les expériences de stérilisation au moyen de rayons étaient l'oeuvre du professeur Schumann de Berlin, lieutenant d'aviation de la Wehrmacht. Beaucoup de femmes vomissaient violemment après de telles expériences, beaucoup moururent peu après. Au bout de trois mois, chaque opérée subissait encore deux opérations de contrôle, pendant lesquelles une partie de leurs organes était incisée afin d'en vérifier l'état. C'est probablement à la suite de transformations hormonales provoquées par ces opérations que les jeunes filles vieillissaient précocement et faisaient l'impression de femmes âgées » « Quant aux hommes, un testicule seulement était soumis à l'insolation. Après cette opération, ils retournaient aux Blocks généraux et, après un repos d'une journée seulement, ils étaient remis au travail, sans qu'on tienne compte de leur état de santé. Beaucoup d'entre eux succombaient à la première expérience. Ceux qui y avaient survécu étaient au bout d'un mois castrés par le même Schumann, qui collectionnait les testicules coupés et les expédiait à Berlin. On choisissait pour ces expériences des hommes et des femmes jeunes et robustes, le plus souvent des Juifs de Grèce. Au cours d'une séance, trente femmes environ étaient soumises à l'insolation. De telles séances étaient organisées par Schumann deux ou trois fois par semaine. Mais c'est le Pr Clauberg, gynécologue allemand, qui fut le principal expérimentateur sur des êtres humains vivants. » Effroyable...

Que dire... L'histoire se répète...à différents niveaux, mais elle se répète...
Je suis partie des lapins, car en 2025, avec les hérissons, ces espèces seront en voix de disparition... On sait pourquoi...

On peut aussi prendre des institutions publiques, pour les privatiser, c'est-à-dire, croire qu'un service public devient "son" château, quand on est simplement nommé par l'État pour le diriger. Combien d'institutions publiques sont-elles alors défectueuses, et pourvoyeuses de souffrances au travail ? Pourquoi des fonctionnaires se sentent exclus de forteresses publiques où ils ont travaillé durant des années, où leur carrière s'est construite ? Les expériences dans un laboratoire ne sont pas rendues publiques, ni les modalités de recrutement et de licenciement. Cela reste une souffrance si l'on ne comprend pas que l'absurde est absurde, que le « turn over » est important. Le renouvellement de l’emploi ou ce qu’on appelle couramment la rotation de l’emploi, s'il est important, cela signifie que le rythme de renouvellement des effectifs est important et que le lieu de travail connait beaucoup de départ qui se sont suivis par des recrutements, ou pas. C’est un indicateur qui est étudié avec beaucoup de précision car il décrit l’ambiance au travail mais aussi les coûts des départs et des arrivées de ces effectifs. Un recrutement coûte cher et de nombreux départs coûtent cher, un montant important à l’organisation. Dans les cas de souffrance au travail, cet indicateur n'est pas étudié. Ainsi, les suicides et maladies graves, congés maladies, accidents de travail, ne sont pas écrits ni révélés, afin que les forteresses soient impénétrables. C'est notre myxomatose contemporaine. Il est absurde de croire qu'une carrière se construit dans ces conditions de travail. C'est une carrière construite sur du vent, des illusions, de la médiocrité des relations humaines (elles n'existent pas, il faut s'endurcir pour tenir, être insensible) On donne alors à de pauvres personnes l'idée que la puissance individuelle et l'accès à la propriété, s'acquière alors, dans ce respect de la hiérarchie (et quelle hiérarchie !) Mais il n'y a pas de méchant ici, car pour postuler dans ces forteresses de solitudes, il faut être dépourvu d'émotion. Il faut correspondre à une typologie psychologique, avoir une faille dans son parcours. Celle-ci est de l'ordre de l'affection, qui donne cette impression du re-devoir systémique, en échange d'une loyauté, la forteresse donne des échelles graduelles, dont les graduations seront, en permanence, le seul sujet de débats, de blocages, donc, une espèce de vide absolu, qui convient très bien à l'absurde. En échange du devoir discrétionnaire, ce qui fortifie une forteresse, et de sa communication effrénée du "tout va bien" (elle brille) l'individu vieilli parvient difficilement à ses rêves, c'est-à-dire qu'il s'aperçoit qu'il n'en a jamais eu, pour travailler dans ces conditions. Non seulement, il n'y a jamais pensé, mais en plus, arrivé si fatigué (certes avec une carrière... quelconque) il n'en a plus : il n'a pas de quoi réaliser ses rêves car il n'en a plus.

Et c'est au nom de communautés parfois, que se greffent les lois des forteresses maudites, car il faut bien cimenter, donner l'illusion de liens humains, dans ce qui n'a ni foi, ni spiritualité, ni labeur. C'est un autre sujet mais les sectes peuvent se formaliser dans ces lieux et demeurer longtemps dans des esprits limités.

Imaginer, reste, de mon point de vue, la capacité de retrouver ses rêves ou bien d'accéder à une part d'invention, non négligeable, car elle permet de se libérer des prisons, dans lesquelles tout s’appauvrit, car l'amour ne trouve grâce nulle part.

Ici on croit que la privatisation du service public arrive du ciel et est très débattue comme les méchants du privé. C'est sans compter l'histoire, les abus et les excès, de toutes ces privatisations déjà exercées à l'insu des employés, des espaces publiques, ou avec l'accord des employés, et pour des intérêts personnels, ce qui a engendré cette détérioration du service public. Cela n'arrive pas comme ça, d'un seul coup, ce sont toutes ces tolérances aux abus, et aussi, cet aveuglement général des employés mêmes, ou les niaiseries entretenues, qui ont fait perdre du temps sur l'analyse et la méthode et l'imaginaire (collectif) au profit d'illusions individuelles.

Une incapacité à penser le mal, au sens philosophique. On n'en voit qu'un problème économique, quand on ne parvient pas à articuler le psychologique et les faits écologiques. Le châtelain, les nazis, ont une obsession psychologique qui les amènent à penser l'extermination et la torture sur ce qu'ils considèrent comme des espèces, races ou proies spécifiques à leurs obsessions. Les viols dans différentes institutions publiques (santé, sport, éducation) ou religieuses, sont aussi des obsessions psychologiques qui nuisent, et durant des dizaines d'années, trouvées dans des forteresses où "tout va bien", à l'économie, ou la relation écologique à son milieu, son habitat. C'est ce que je nomme de la niaiserie, c'est un peu ridicule, pour ce qui est plus grave, mais du ridicule on peut comprendre de plus grands principes.
Absurdité, simplicité, fadaise, stupidité.

Il est complètement stupide que penser éradiquer des lapins dans son jardin par l'introduction d'un virus (qui provoquera une maladie, sur une espèce saine), sera l'idée la plus adaptée à son milieu, son habitat.
On a beau avoir des médailles, des diplômes et des honneurs, être reconnu par ses pairs et sa communauté... scientifique, on n'en reste pas moins atteint de stupidité, très sévère, et ne parlons pas de toute la communauté qui valide ces niaiseries !

La stupidité arrive parfois à son comble quand on allume sa radio.

Monde absurde.



Enseignement Par kiwaïda at 19:02

07/02/2020

ℳÉℝϴṲ

Scroll down







Photographies de © Michael Patrick O'Neill

Le photographe est partie retrouver le Mérou Goliath de l'Atlantique, ils sont énormes et inoffensifs.

Aussi grand et aimé soit-il, le goliath est une énigme - ce que les scientifiques considèrent comme une «espèce pauvre en données». Les autorités semblent convenir que la surpêche a poussé l'espèce à presque s'effondrer. Ils ont convenu d'un moratoire de pêche mis en place en Floride en 1990 ce qui a permis au goliath de réaliser un retour impressionnant - le poisson repeuple les estuaires, les récifs coralliens et les récifs artificiels dans le sud de la Floride, contrecarrant la tendance dans le reste de son aire de répartition dans les régions tropicales et Atlantique subtropical.

Les écologistes croient que le moratoire devrait être permanent pour aider les goliaths à surmonter les problèmes d'origine naturelle et humaine qui menacent toujours la population en rétablissement, comme les coups de froid qui tuent les jeunes poissons dans les eaux peu profondes, le développement côtier qui détruit les zones d'alevinage, la marée rouge (particulièrement dévastatrice cette année) , braconnage, problèmes de qualité de l'eau et pollution. L'écologiste marin de l'Université d'État de Floride, Christopher Koenig, suggère que le nombre de poissons pourrait même baisser à nouveau.

En revanche, certains pêcheurs considèrent le poisson comme une nuisance, affirmant que les goliaths aspirent les récifs avec leurs bouches de la taille d'une poubelle. Ils soulignent que certains goliaths - dont beaucoup sont habitués par les gens - attendent sous des bateaux pour voler des poissons accrochés ou suivent des plongeurs pour attraper leurs homards collés et autres prises. Les recherches de Koenig et de l'écologiste des poissons de récif Felicia Coleman offrent une perspective différente: comme tout grand prédateur, les goliaths peuvent attraper un repas opportuniste d'une ligne de pêche, mais les géants se nourrissent principalement de crabes et de crevettes. Et Koenig montre que les récifs du golfe du Mexique où les goliaths sont présents jouissent d'une plus grande biodiversité que ceux où ils sont absents. D'autres pêcheurs réclament une récolte limitée, peut-être pour avoir la chance de poser pour des photos de trophées avec leurs prises sur le quai. Ou pour voir des filets de goliath étalés sur leurs assiettes, bien que la viande des gros goliaths puisse contenir plus de mercure que ne le permet la malbouffe des États-Unis.


+


Les éditions de l'île de Seuqramainos sont des nouvelles que j'ai écrites entre 2002 et 2005 : "Elle même", "La nage", "Les grincheux", "Tout contre vous", "Les épaves", "Une lexicographe à Gianguja", "Les inséparables" (et en bonus : "Jusqu'au bout du monde") Elles ont eu une maison d'édition (oLo) toujours évidente et active, dans mon esprit, comme très présente. Ces nouvelles, ont été aussi publiées dans des revues de littératures, voici un extrait retrouvé sur LES ÉPAVES...







PAGE 2 (Sonia Marques)


Que fallait-il accepter ?

Leur présence égarée, leurs rebuts déplaisants ?

Nous ne savions d’où venaient-elles et pourquoi choisissaient- elles d’échouer ici dans ce lieu sans importance où nous prenions vacances de nos emplois respectifs, en bord de mer. Peut-être que cet espace maritime avait la taille d’une terre comme l’île d’Ouessant et qu’en quelques années il avait pris l’ampleur de l’Angleterre avec toutes ces arrivées intempestives. Nous évaluions mal l’expansion de leur nouvelle terre flottante sur la mer. J’ai commencé à écrire sur elles. Mes connaissances étaient assez réduites en la matière. Je me suis empressé de les qualifier d’épaves au sens péjoratif du terme, mais j’étais un peu grossier et irrévérencieux, jusqu’au jour où j’ai été touché les voyant arriver, de mes propres yeux. Personne ne m’avait prévenu. De tout ce que l’on m’avait appris, de l’expérience de tous mes fiers amis et mes lâches ennemis, tous ces hommes qui ont compté dans ma vie, je m’avérais être complètement inculte. Comment ces vaisseaux de connaissances nous avaient-ils échappé ? Tous les spécialistes, chacun concentrés dans leur domaine savant respectif aux allures futuristes avaient donc évincé de leurs recherches, ces perles évidentes devenues des mastodontes prêtes à nous engloutir avec elles dans leurs histoires séculaires ? ! Mes collègues de bureau tous informaticiens plaisantaient sur ces phénomènes car sur Internet, une épave est un ordinateur dont le système n’a pas été mis à jour depuis de longs mois, de sorte qu’il est presque assurément criblé de failles de sécurité et infecté par toutes sortes de virus et de vers. Hors dans ce cas précis, les épaves étaient plutôt bien rodées. Les multiples virus avaient fortifié leur système immunitaire, de sortes qu’elles étaient invincibles sur ce point...


Littérature Par kiwaïda at 23:02

Ḻℯ ¢ḯᾔéM@

Scroll down

Musique Par kiwaïda at 02:29

29/01/2020

ℭѺ☾ḰѦ✝ϴ☮ ℜ€$℃Ṳℰ

Scroll down

Animal Par kiwaïda at 23:56

Ѧ฿ϟÜℛḎℰ

Scroll down
cam1.jpg

Albert Camus et Maria Casarès en 1948, à Paris, 148 rue de Vaugirard (Photo: © Collection Catherine Camus)


Tout est bien, tout est permis et rien n'est détestable. Ce sont des jugements absurdes.

Albert Camus



Camus (Albert) à Sartres (Jean-Paul) :

« Je commence à être un peu fatigué de me voir, et de voir surtout de vieux militants qui n’ont jamais rien refusé des luttes de leur temps, recevoir sans trêves leurs leçons d’efficacité de la part de censeurs qui n’ont jamais placé que leur fauteuil dans le sens de l’histoire, je n’insisterai pas sur la sorte de complicité objective que suppose à son tour une attitude semblable. »


Au mois d'octobre 1951, Le livre d'Albert Camu, "L'homme révolté" allait être publié chez Gallimard et 2 extraits sont parus en avant première dans des revues. Les critiques des intellectuels parisiens avaient déjà débutées, car Camus, intellectuel de gauche, se refusait à la solidarité avec le bloc de l'Est, mais aussi, son succès populaire faisait naître des jalousies, car il n'était ni du sérail, ni héritier. Ainsi on pouvait se permettre ce que l'on ne se serait pas autorisé à un autre intellectuel, du sérail et communiste. Il apparaissait relativement isolé, donc, incapable de contre-offensives...

Littérature Par kiwaïda at 03:01

27/01/2020

ϟḺ€€Ṕ

Scroll down

Femme couchée dormant

Félix Vallotton (1899) :  56,5 cm x 76 cm

L'art de la suspension...

Discret jusqu'à être secret....
Il donnait l'impression de promener son ennui, sans ennuyer personne...
Ses amis lui reprochait, amicalement, de ne pas être très effusif, il n'était pas d'une lecture très facile...

(citation du peindre Francis Jourdain)
Ce qui est retranché du monde... Vallotton enlève des détails, il introduit l'abstraction dans la figuration.
Ses gravures sont magnifiques. Il était aussi romancier et critique, très peu connu du grand public... français.
Valloton ne possède pas les femmes, nombre de nus de ce peintre, ce qui est rare, ne sont pas des femmes qui aguichent celles et ceux qui regardent ses nus.
Elles ne menacent pas les hommes dans leur virilité, en leur demandant d'être le maître à tous prix de la scène, de les dominer.
Elles sont aussi autonomes, et d'un riche intérieur. La plénitude, mais aussi une certaine forme de retranchement au monde s'expriment dans les ombres parfois angoissantes, mais aussi dans la lumière et les couleurs vives, étincelantes. Cette femme couchée dormant, me fait penser à Matisse, car il y a des motifs très présents, mais ses tissus forment un paysage d'émotions déformées, inaccessibles et silencieuses. Cet informe paisible, ce repos mérité, après de longues journées bavardes, signalées par ces tapisseries qui saturent toute la toile, me donnent ce sentiment de contemplation mais aussi de distance nécessaire à celle-ci : ne pas troubler, ni agir, juste contempler.
Une contemplation si simple, un accès déroutant, au silence retrouvé.

Art Par kiwaïda at 02:17

25/01/2020

M@ℓℯ ℊαẕℯ

Scroll down


Exercice du pouvoir : exclure


Quelques notions exposées dans le documentaire :

La culture geek dans un ordre social de masculinité hégémonique et ne correspondant pas à ce type, s'est donnée le pouvoir de l'expertise, le pouvoir de juger et donc exclure, selon des critères que les geeks créent. Une masculinité émasculée, sans sexualité…  Une masculinité dévirilisée, domestiquée, on reste chez soi, dans son espace domestique. La masculinité geek (dans les magazines, dans les conventions…) a ce discours de l'expertise qui se joue comme "excluant", l'exercice du pouvoir se joue à l'intérieur de la communauté et emprunte aux caractéristiques de la masculinité hégémonique.
Ce qui caractérise les représentants de nos gouvernements, c'est le discours de l'expertise, un discours de la performance, un discours donc  excluant !
Cela rejoint la masculinité hégémonique et la masculinité geek…
Une personne seule, recluse face à son écran, et le génie artiste (compétences techniques exceptionnelles : virtuoses du code, des représentations masculines > les concepteurs de jeux vidéos)
Ces valorisations, la passion chronophage : si l'on n'est pas engagé, dans le temps (passion chronophage) on n'est pas compétent, ni expert…
Le processus de création du film valorise aussi la figure de l'auteur, de l'homme, son contrôle sur toute une équipe, c'est prétendre au statut supérieur…
Prétendre au statut supérieur.
La masculinité fragilisée se trouve compensée dans les concepts des jeux vidéos : "tu vas être fort", ce sont des fantasmes viriles qui sont vendus.
"Je joue à être ce fantasme viril"
Hypermasculinité : héros d'action, courageux, aventureux, humour en toutes situations, le mec cool...
Les hommes renforcent leur masculinité et ne cherchent jamais à proposer d'autres formes de masculinité, en groupe…
Les bambis sont des débutants, nommés ainsi, associés aux homosexuels ou aux femmes, ce sont des injures pour les nouveaux, ainsi les expérimentés peuvent affirmer leur expérience (par l'exclusion et une volonté de compétition continuelle)
Si le geek domine sa masculinité dans un jeu vidéo, sa virilité en dépend. L'identité est consumériste. L'idée de difficulté, de maîtrise, de passionnés, sont liés à la virilité.
Les "casuals", les joueurs occasionnels, sont alors méprisés, et c'est là où l'on retrouve des femmes joueuses.
Le mépris est très important pour se viriliser. Il faut dévaloriser. Discerner ce qui est "vrai" jeu vidéo" et "faux jeu vidéo".
Si les femmes utilisent de façon morcelé le jeu vidéos, sous-entendu qu'elles font d'autres tâches (comme les tâches ménagères) elles ne sont pas considérées comme de vraies joueuses.
Si jamais elles parviennent à être compétitives et dépasser les hommes dans les jeux vidéos, elles seront harcelées et martyrisées, jusqu'à les faire partir.
Avoir le pouvoir, être rationnel, la logique froide, ce qui diffère de l'émotion, les femmes sont associées à l'hystérie.
Les formations d'ingénieurs sont guidées sur l'exclusion des sciences humaines et de la sociologie.
Dans les industries tek, le manque de femmes est conforté par ce manque de formation. Les privilèges doivent êtres conservés.
La violence sexiste est prédominante. L'esthétique virile ne peut exister qu'avec l'autre, parce que la femme est l'ennemie à abattre.
Les militantes féministes, dans les jeux vidéos, deviennent des femmes à abattre.
La capacité de l'hégémonie, est celle de se présenter "au centre", alors que l'histoire d'avant ou ce qui arrive après, n'existe plus, est invisibilisé.
C'est toujours comme si "l'extérieur" arrivait, alors que tout préexistait, mais l'hégémonie veut être au centre donc marginalise l'histoire.
La visibilité des femmes qui veulent parler devient alors insupportable.
La radicalisation arrive dans ce moment : la guerre culturelle.
Si le média est amené à évoluer à devenir plus mature, il y a une crise, et une guerre. La logique masculiniste arrive, comme les attentats réalisé,s par des hommes masculinistes contre des femmes (ex: Canada) Le terrorisme est une forme de violence utilisée par des mouvements de harcèlements organisés, dans le jeu vidéo, pour faire disparaitre les femmes.

Gamer Gate


L'entre-soi gamer est devenu très fertile aux idées d'extrême droite. Des hommes qui se sentent floués (misogynie, racisme…) sont obsédés par la pureté et la "race blanche". Ces mouvements massifs en ligne, sont des mouvements de jeunes hommes qui se radicalisent en ligne. Les partis d'extrêmes droites recrutent énormément sur les réseaux en nourrissant les peurs de ces jeunes hommes, en les emmenant sur le terrain de "la décadence" de l'occident. La radicalisation progressive occupe ces espaces et rencontrent de grands succès. Le gamer gate peut servir à l'émergence de figures politiques aux idées extrémistes. Le pouvoir des jeunes hommes blancs déracinés : cette masse peut être utilisée et manipulée pour de futures élections…
Les laissés pour compte… S'enfermant dans leurs jeux vidéos, ces jeunes hommes recherchent à se remasculiniser, à se reviriliser.
Ces lieux de recrutements, des suprématistes, se trouvent dans ces entre-soi.

*

Intéressant, car on peut exactement retrouver ces méthodes, dans des entre-soi féministes, qui peuvent harceler et choisir un homme, pour cible, en utilisant toutes les femmes victimes, ou qui se victimisent, afin de faire disparaître certains hommes de pouvoir…
Lorsque l'on donne des clés politiques, dans une situation de fragilité, il faut s'inquiéter.
L'engagement sans faille dans sa passion en évitant la vie sociale est un moteur de la masculinité.



Le male gaze


Le regard concupiscent : les hommes regardent les femmes comme des objets de désir.
On part du principe que le joueur est masculin.
Les femmes sont des récompenses dans les jeux vidéos.
Mériter l'affection d'une femme, mériter le sexe !

*

Méditation... analyse :

Si ce concept est vu dans le milieu du cinéma, le jeu vidéo, aujourd'hui en 2020, on peut le voir en action dans les écoles d'art.

Des hommes d'un certain âge, derrière la caméra, filment de jeunes étudiantes, nues, avec un prétexte (l'histoire de l'art) La domination est telle, qu'il y a même crédit, c'est-à-dire mérite, les très jeunes étudiantes qui "doivent" se soumettre à ces regards (publiés sur Internet ensuite) sont même aidées par des enseignantes femmes, aussi d'un certain âge, donc des sortes de rabatteuses et complices de ces regards masculinisées. Le fait de mépriser les jeunes étudiantes, les prépare à une vie de victime, et de soumission, dans l'art et la culture, car le tout est entièrement subventionné par l'État, le gouvernement, parfois même sous le label "égalité entre hommes et femmes" ou avec une charte "contre les discriminations".

Comment une jeune étudiante (parmi les plus précaires) peut-elles comprendre ce qu'il se passe ? Puisqu'elle attend d'être reconnue ? Ce qu'elles comprennent, ces jeunes étudiantes mises à nues, c'est qu'elles ne pourront pas obtenir leur diplôme dans ce cadre subventionné, si elles ne se soumettent pas à ce cadre. Elles peuvent ainsi penser qu'il en sera toujours ainsi si elles souhaitent travailler  dans le domaine de l'art en France.

La question de l'exhibition obligée : montrer des jeunes femmes nues contre leur consentement à la vue de tous (Internet) à tous les pays, en chantage d'un diplôme, de la validation de leurs années d'études, d'une idée du supérieur ("échelon, grade, diplôme...), c'est aussi confirmer, qu'en France, l'exhibition est associée à l'exposition (au regard masculin, selon son désir sexuel)

L'immaturité des productions artistiques de certaines femmes (plus médiatisées que les autres) est liée à ces formations caduques ou extrémistes, qui préparent les femmes uniquement à la frustration, la dépression, la dépréciation, la souffrance ou la vengeance, mais ne favorisent pas à la création et à l'épanouissent, à la liberté des femmes et leur expression, leur qualité d'auteur. Celles qui ont ces qualités ne sont pas médiatisées.

Le milieu social, les fonctions et le statut social des parents, sont liés à cette "permission" de participer à ces cadres dévalorisants leurs enfants (car les jeunes hommes et les jeunes femmes participent, qu'elles soient nues ou qu'ils regardent) car ils ont également un regard participatif, ou laxiste, ou négligeant sur la qualité des études de leurs enfants et dans quels cadres s'inscrivent les étudiants, quelles sont leurs productions et pour quels regards.

Si aujourd'hui, nous subissons des écrits de littérature où des femmes d'un âge avancé se trouvent à révéler les violences subies enfants ou adolescentes ou étudiantes, c'est qu'elles sont à l’œuvre dans les écoles artistiques, encore et toujours, sans aucune véritable connaissance sur la culture du viol.
Le harcèlement sexuel dans les écoles d'art est liée à cette culture de tolérance. Par l'inaction, chacun, chacune participe à l'exclusion. Les écoles recrutent des personnes qui ressemblent à ces personnes tolérantes, elles doivent rigoler et participer de ledit "humour" du cadre qui souvent utilise "la transgression" comme mode de pression et d'emprise.

Ainsi le milieu social joue beaucoup, c'est pour cela qu'on ne trouve pas de diversité dans les écoles d'art. Car elles sont restées recluses à un même mode de sélection, dans les mêmes milieux ou la permissivité du viol, du harcèlement sur des plus jeunes est tolérée.

Les sévices sexuels, ne serait-ce que de la captation du regard, de tortures psychologiques, par étapes, par grades, par intrusion et défiguration, sont les prémices du consentement aux règles implicites. Il devient donc artistique d'avoir un tel regard, d'utiliser les outils de telle façon, pour assouvir des fantasmes sexuels, mais ce sont des fantasmes des professeurs, le plus souvent ceux et celles, qui sont parvenus à exclure toute diversité, en connaissance des règles démocratiques et réunions consultatives.

Le détournement devient un art, le dévoiement, la corruption, ce sont des valeurs enseignées : participer à toutes les réunions démocratiques, faire acte de présence, et faire tout autre chose dans la réalité, ne pas tenir compte des points de vue différents, les éliminer.

Le blocage est un moteur, mentir, salir, déshonorer, et pour cela il faut faire des sacrifices pour montrer l'exemple. Les étudiants ou enseignants qui restent concentrés sur les études, ne sont pas les bienvenus s'ils ne participent pas des cadres spécifiques de l'emprise psychologique. Ou bien si ceux-ci, celles-ci tolèrent, se taisent, accréditent, ou subissent, c'est possible. Mais ils et elles n'en seront pas moins atteints psychologiquement par cette complicité impossible à décrire et reconnaître. Il faut bien gagner sa vie, et pour mériter salaire, se soumettre. Sinon, c'est la saisie du salaire, en toute illégalité qui s’effectue, en connaissance de l’abandon des autorités, des instances de représentations, qui devraient sécuriser et protéger les établissements scolaires. L'impunité est totale, structurée dans l'histoire, interdite d'analyse et d'énoncer. Sans le dire, il faut subir et en plus s'extasier devant le pire.

Jouer sur l'impuissance de nos gouvernements à faire autorité, à punir des actes répréhensibles (violer, assouvir ses pulsions sexuelles dans le cadre de l'enseignement), est encore plus "jouissif" et c'est là où la transgression petite bourgeoise agit, dans ces limites d'entre-soi, quand l'État, l'institution qui la représente joue la carte de la "tolérance" et de la "liberté d'expression". En soutenant que cette liberté d'expression ne serait celle que le pouvoir d'importuner l'autre, sans son consentement ou avec un consentement sous emprise, décerné à l'enseignant.e, ou l'enseignant.e artiste, dénué de toute responsabilité, car le génie artistique prévaut sur ce que l'on voit, l'on dit, l'on lit, même si en fait, nous sommes face à la médiocrité, trop tard, les médailles ont été décernées et le pouvoir avec : légitimiser toutes formes artistiques, y compris lorsque nombre d'étudiants, les plus jeunes sont sommés d'être de simples objets de fantasmes, non pas de génies artistes, mais de personnes aux pathologies, parfois lourdes, sans arrêt maladie. C'est une façon de légaliser, tout en affichant le mantra "égalité, liberté, solidarité. Car la solidarité se joue effectivement à plein tube lorsqu'il s'agit de ne pas faire de vagues. Mieux vaut éliminer tout regard critique que d'être solidaire sur une analyse pertinente et courageuse sur des situations qui propagent le malaise. Ce sentiment de malaise est un parfum obligatoire, car il est très désobligeant de devoir travailler sur ces questions : mieux vaut ne rien faire et mieux : laisser faire. Au pire des cas, cautionner, légitimer, travailler pour trouver des arguments qui vont permettre l'assurance de la pérennité de pratiques délictuelles. Il faut éviter une fermeture, et très fermement. La terreur, faire peur à qui oserait dénoncer quoique ce soit, est une méthode très huilée et dont les extrêmes savent le mieux entreprendre, sans même que cela pose aucun problème ni sourcillement : c'est dans la culture de l'art, que de transgresser ! Après de quoi on parle exactement, il ne faut pas le dire. "Ça nous regarde"

Avec distance, on peut observer le silence sur ces pratiques rétrogrades, car, elles seraient, ces pratiques, le signe de reconnaissance de ce qui est "art" et de ce qui ne l'est pas. Donc, ces signes sont à présent très visibles et, la honte a cédé la place à la complicité. C'est-à-dire que "tout" le monde le sait, et par honte, tout le monde cherche à s'exclure même de toute publicité sur ces institutions, quand bien même, elles seraient encore le seul salaire, il faut s'en extraire, et la grève est un superbe paravent à tous ces actes honteux et si visibles encore. Une grève qui n'ose pas dire son nom, son "NON", tellement elle n'a pas l'analyse forte et intelligente. Une grève qui subit même, cette incapacité à nommer, ce qu'il ce passe, à dire. Un formidable écran de fumée, en attendant, que derrière, tout s'efface progressivement, sans mot dire.
Maudire serait souhaitable, par égalité, liberté et solidarité !



Internet Par kiwaïda at 02:56

24/01/2020

ℨèßяε à ℘@ґ⊥

Scroll down

© Photos Yasuyoshi Chiba

Mêmes les zèbres mutent !


Animal Par kiwaïda at 17:17

19/01/2020

Ш∀ℛ∀ ∀ℝ✝

Scroll down
Wara art festival

kiwaida.jpg

Photographie ©  Sonia Marques

Parfois on perd, parfois on trouve, dans le même temps...


Art Par kiwaïda at 18:09

17/01/2020

ℒÅ ÐѺℵℵ∀ ℙℑṲ’ ℬ∃ḺℒŠЀḺ ℳѺИḎѺ

Scroll down

Piero Fornasetti est un graveur et un décorateur d’intérieur d’origine italienne. Né le 10 novembre 1913 à Milan en Italie, il étudie à l’académie d’art de Brera dont il se fait expulser. Il se fait ensuite expulsé du pays tout entier durant la Seconde Guerre mondiale et se développe en tant qu’artiste en Suisse. Fornasetti est connu pour son éventail de motifs fantaisistes comme le soleil, la lune, des cartes à jouer, des animaux et d’autres imageries surréalistes. Il est surtout connu pour le visage de la chanteuse d’opéra Lina Cavalieri, qu’il crée à travers de nombreuses œuvres, notamment une série de 350 assiettes individuelles. La plupart des pièces de l’artiste sont réalisées en noir et blanc, pour un nombre total de dizaines de milliers. Le design intérieur est un de ses autres talents ; il crée des objets fantaisistes comme des porte-parapluies, des commodes et des pièces remplies à l’instar de la « Suite Zodiac » du casino de San Remo dont les murs sont recouverts des créatures du zodiaque. En 1959, Fornasetti reçoit un prix Neiman Marcus pour ses « services rendus dans le domaine de la mode ». ll meurt le 9 octobre à Milan en Italie.

Piero Fornasetti, Uccelli, épreuve d’impression, couleur sur papier, projet pour un foulard de soie, 1950

Le monde enchanté de Piero Fornasetti : Enfant, Piero Fornasetti avait fait de sa chambre le centre de son imaginaire, dessinant et peignant sur les murs et au plafond des machines volantes et des figures en trompe-l’œil. Ce monde merveilleux, nourri d’images venues des siècles passés, a fini par constituer une œuvre multiple et singulière, un décor aux mille facettes. Un univers. Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Brera, à Milan, brutalement interrompues pour cause d’indiscipline, Fornasetti fonde une imprimerie d’art. Il édite non seulement ses propres dessins mais aussi les œuvres d’artistes comme Carlo Carrà, Giorgio De Chirico, Lucio Fontana ou Marino Marini. Remarqué par Gio Ponti en 1933, à la Triennale de Milan où il présente ses foulards imprimés, Fornasetti devient le complice de l’architecte. À partir de 1940, ils réalisent ensemble meubles et décors, des fresques du Palazzo Bo (Padoue, 1942) aux cabines et salons du paquebot Andrea Doria (1952).

Astuces des graveurs :Né de sa fascination pour les livres à gravures, l’art de Fornasetti consiste à plaquer sur des formes modernes un répertoire issu de gravures anciennes. Architectures classiques, vases antiques, poissons, flacons de parfumeries, personnages divers, planches de botanique, tous ces motifs sont agrandis, multipliés, recadrés de manière inattendue ou cocasse, imprimés en lithographie puis collés sur l’objet à décorer, du célèbre cabinet Architettura (1951) aux petits meubles, porte-parapluies ou plateaux. Sérigraphiés, ces décors sont également appliqués sur le verre, le tissu, la porcelaine. Le génie de Fornasetti est d’avoir créé des objets d’un modernisme intemporel en les couvrant d’éléments décoratifs désuets. L’agrandissement des images laisse apparaître les trucs des graveurs anciens, les hachures, les pointillés. Ce vocabulaire graphique au service d’une représentation illusionniste devient, sous la loupe du créateur, un langage graphique en soi, une marque de fabrique. La grande réussite de l’exposition des Arts décoratifs réside incontestablement dans la mise en scène de l’accumulation, dans la présentation de séries vertigineuses, confrontées aux dessins et aux peintures de Fornasetti, à sa documentation. Aucun domaine n’échappe au facétieux créateur, de l’affiche publicitaire à la mode et au décor de théâtre. Jadis enfermées dans les livres, les images sagement didactiques ont pris le pouvoir et envahissent le monde, avec une allégresse teintée d’ironie. Elles colonisent les intérieurs modernistes des années 40 et 50, dans un superbe pied-de-nez au purisme. Fornasetti signe le retour massif de l’ornement à une époque qui croyait s’en être débarrassée à jamais. Mais son décor parfaitement lisse ne vient jamais troubler les surfaces qu’il habille, qu’elles soient de bois, de verre, de papier ou de porcelaine. Et ses trompe-l’œil ne trompent personne. Qu’il s’agisse de biscuits disposés sur un napperon en dentelle ou d’une Vénus antique ornant une feuille de paravent, ils exhibent le jeu des hachures et des pointillés des vieux maîtres de l’estampe. Fornasetti est un illusionniste qui captive son public en lui révélant les dessous de ses tours de magie. Superbe livre-objet, le catalogue reflète cette foisonnante inventivité. Saisi par le vertige de ces images multipliées, le visiteur sort de l’exposition hanté par un regard qui hanta Fornasetti lui-même :  elui de la cantatrice Lina Cavalieri, beauté fatale des années 1910-1920. Ses grands yeux impénétrables ornent des centaines d’assiettes, de cendriers et d’objets divers…

(Article dans Connaisance des Arts pour l'exposition de 2015 aux Arts Décoratifs de Paris)




La cantatrice Lina Cavalieri, beauté fatale des années 1910-1920







Et bien c'est lui !














Je l'ai découvert dans les années 90, alors que j'étudiais à l’École supérieure des arts appliqués Duperré, le design et la mode, le graphisme, à Paris... Dans laquelle j'ai poursuivi mes études 4 années jusqu'au diplôme supérieure des arts appliqués. En feuilletant des livres à la bibliothèque, et puis nous avions des enseignants cultivés qui nous enseignaient une période très féconde et créative en Italie. Je garde de merveilleux souvenirs de ces études, si précieuses, peut-être même plus formatrices que celles de l'école des beaux-arts de Paris, où entrent en jeux des phénomènes de pressions et de dominations masculines, et des jalousies féminines, avec lesquelles il faut soit se battre soit, les ignorer, soit se soumettre, mais cela n'aide pas à se concentrer pour étudier. Toutes les écoles des beaux-arts sont restées murées dans cet immobilisme. Aux arts appliqués, peut-être y avait-il plusieurs femmes et les designers hommes ou artistes plasticiens étaient respectueux, même si les esthétiques n'étaient pas du tout dogmatiques ou univoques. Peut-être est-ce aussi le lieu, mes découvertes, mes amis, la liberté de créer et d'inventer, sans autorité institutionnelle. La figure n'était pas interdite, et nous faisions de la peinture, le mot même de "l'art contemporain" n'était pas martelé dans nos têtes, et nous étions aussi avides de connaître des mouvements comme l'art brut, l’expressionnisme, les arts naïfs, la culture de la mode à travers des ethnies si éloignées, des tribus ancestrales, l'art minimal, tout ce qui était mou, ou vertical, ou le land art, un tas de choses comme l'art pauvre, celui d'Afrique et la musique, des instruments hybrides, les défilés de mode, les tendances, les motifs, les couleurs, tout était intense, joyeux, très créatif, sans arrêt, il n'y avait aucune barrière à produire des formes en volume, des dessins, je dessinais beaucoup, il n'y avait aucune pression ou difficulté liée à des partis politiques, comme nous pouvons en rencontrer dans les écoles des beaux-arts avec des revendications et des violences du côté de celles et ceux qui n'étaient pas doués pour créer, ils se tournaient vers l'activisme, quelque chose d'assez moche en fait, sans culture, mais juste l'envie d'être révolutionnaires, de quoi ? Et là, je découvre que Fornasetti avait également réalisé un cahier main. Moi aussi j'en ai fait, mais je ne savais pas qu'il avait réalisé des almanachs. Ces livres se vendent une fortune. Une enseignante, designer, m'avait demandé d'emprunter mon album de dessins réalisé et dessinés. Elle était partie avec, avait fait toute l'école pour faire des photocopies couleurs. À l'époque c'était très coûteux, personne ne pouvait en faire, que des photocopies en noir et blanc. D'ailleurs mes collages étaient en noir et blanc puis coloriés en couleur, avec des feutres et des crayons. Elle s'était fait un paquet pour elle, c'était pour elle. Elle jalousait mes albums. J'ai bien cru qu'elle allait les garder. Elle n'était pas méchante, mais j'avais perçu là une envie très forte. Alors que je ne savais même pas que c'était si bien, ce que je réalisais. Je ne le mesurais même pas avec son geste de prédation. C'est toujours ainsi, il en a toujours été ainsi. On ne peut dérober l'idée, l'esprit, la facture, le geste. Mon mémoire se nommait : l'énergie du geste. C'était aussi liée à la danse contemporaine que je découvrais, danseuse et scénographe. Cette époque est très lumineuse dans mes souvenirs, je parcourais de longs kilomètres à pieds pour étudier, et j'avais la soif d'apprendre, car nos enseignants étaient excellents, et ils s'entendaient tous très bien. C'était une élite, mais modeste, nous étions sélectionnés, mais peut-être aussi pour nos talents mais aussi parce que nous ne savions pas que nous avions un truc en plus, pour notre modestie aussi, pour notre capacité à travailler en équipe, à se stimuler. Les écoles des beaux-arts recrutent sur de tous autres critères, qui ne sont pas ceux de la modestie, mais la prétention et la prédation sont des facteurs qui sont à l'image des enseignants. Lorsque notre parcours vient d'ailleurs, on peut remarquer ces différences, et avoir une bonne distance, voire rire de la médiocrité et fuir les lubriques.
Fornasetti arrive à point dans mes souvenirs, car ces yeux et cette beauté, de la plus belle femme du monde, cette cantatrice qui sera aussi l'inspiratrice d'un film, où l'actrice italienne Gina Lolobrigida joua son rôle, restent des motifs très graphiques où la trame du noir et du blanc, est toujours remarquée et copiée à l'infini. Lui aussi, on voulait prendre ses dessins, et Fornasetti a lui aussi, désiré prendre le regard de sa plus belle femme du monde. Il l'a représentée. Ces jours-ci, on oublie tout de ce que la création fabrique, l'inspiration, ce qui subjugue, ce qui est sublimé, fantasmé, ce qui devient icône. On détruit les icônes, car on n'a plus de culture, on ne sait d'où viennent les choses, ce qui apparaît et on ne veut plus les voir, on les voile ou on les viole. Chez mes camarades, élèves et étudiants, je percevais souvent les manques de culture, la difficulté de dessiner, et puis parfois l'ennui, la jalousie, le dépits, l'envie. Cela ne fait pas forcément de bons artistes, ni de bons enseignants, pourtant on les retrouve en majorité enseigner et parfois même diriger des écoles. Que s'est-il passé en France pour que la beauté soit si voilée ou violée, avec violence ? Pour que l'on ne reconnaisse plus les œuvres et que l'on ne sache plus ni lire les images, ni les commenter ? Ne nous reste qu'un flux de police et d'attirance pour cette violence, et de médiocres groupes, qui se disent si éthiques, que la communauté et la participation sont  devenues autant de langues de bois pour accéder à un piètre pouvoir, que le sensible est rejeté, c'est-à-dire, que rien ne s'imprime plus.
Heureux sont celles et ceux, même sans avoir étudié en art, qui, par leur bon sens, et leur intelligence, peuvent encore discerner et admirer des œuvres, des écrits, doués d'imagination et de ce qui fait de nous des êtres humains, gracieux, éloquents, facétieux, dubitatifs, songeurs, paisibles, émerveillés, curieux, paresseux, nonchalants, résistants, troublants, endormis, vaillants,mystérieux, fantaisistes, informes, magiciens, volubiles, bavards et silencieux à la fois, secrets et spirituels, âpres, acétiques, économes et généreux, fous et savants, génies de personne et nul part, au monde, partout, et pour toujours.
La délation est en vogue, le lynchage, rien de bon, la volonté de bloquer, bloquer sans arrêt, interrompre, séparer, diviser, au nom de la solidarité, belle langue de bois, que de massacre de notre langue et de notre culture. Mon pays est en dépression au dessus du jardin, les français s'égarent et ne se reconnaissent plus, ils méprisent leur passé, leur histoire, et veulent s'en débarrasser à coup de justice, à coup de saisie, au régime sans sel, des gagnes petits sans visions, sans expression, mécaniques, ils volent la vedette aux robots, leur intelligence est devenue un artifice de mauvaise rumeurs, de bêtises et de murmures suicidaires. Des sabotages de nos vécus aux sabotages de notre avenir. Celles et ceux, plutôt celles, elles ont mon âge, sont aux abonnées absentes ou très consentantes, elles répètent et se taisent, ne répondent pas aux appels, mais se chargent de communiquer. C'est schizophrénique. D'un côté on veut montrer qu'on est féministe, qu'on est pour l'égalité, de l'autre, on est incapable d'énoncer un seul mot à ses comparses qui sont démunies, ou affaiblies par tant d'ignorance. Quelles ont été les éducations de ces personnes pour faire la morale et juger les unes et les autres et les dessaisir de leur passion, de leur souhait d'apprendre à apprendre ? Comment ce pays a-t-il pu former autant de décideurs, et décideuses très décidées à décider, qui ne savent pas qu'elles oppriment au nom de leur soumission aux communications héroïques. Point de héros, ni même éros, ni même une arme et des larmes, rien, c'est comme le pouvoir unilatéral de la sidération, une emprise telle, que personne n'ose plus bouger. Quel étrange sensation, celle de ne pas pouvoir articuler. Il y a comme un labeur à la réflexion, il choisi la facilité, et tape sur la gamelle, sur la femme ou l'homme, afin que la purée tombe dans l'écuelle. Chacun grappille sa portion individuelle, au nom d'une solidarité soliloque, un troupeau qui préfère couper ses membres que de les guider faire des réserves et s'assurer que tout le monde va bien.
Il y a eu des excès, des abus, et les "ok boomers" pleuvent, pourtant nous ne sommes pas au pays des "snowflakes", mais bien dans un pays où longtemps, les enfants et les femmes n'étaient pas entendus et servaient d'esclaves ou de manne à la prostitution, même couverte par des héritiers aux hautes fonctions de responsabilités. On s'étonne des plaintes dissonantes et tardives et vieillissantes, c'est qu'elles n'ont pas eu le temps de la maturité que toute personne ayant le beau rôle se fraye dans l'écriture, les médias, le politique et les arts, le sport, les religions. Alors une chaotique brume, chaque matin, s'essaie à dire. Quelles confusions ! Quels retards ! Les plus jeunes, déjà plus jeunes font le procès aux plus vieux : ils ne vivront pas dans leurs us et coutumes, sans emploi et sans miroir, caméra male-gaze. C'est la bataille à qui va copier ce regard, répéter celui-ci, hélas, des féministes, déjà, espèrent trouver la même place et s'évertuent à distribuer les bons et les mauvais points. Nous assistons alors à l'immaturité au pouvoir, comme la maîtresse qui se donne aux male-gaze pour excuser son mari, mauvais président. Quel bordel ! Tous au chômage du bon sens.
C'est un répétitif refrain, c'est une rengaine, chacun, répète ce que l'autre dit, en boucle, c'est comme si plus personne ne pouvait penser ni même avoir un point de vue différent. C'est une sorte de danse macabre, aux défilés de drapeau rouge, de comptes, de statistiques de sociologie mal dégrossie, de fiertés si mal placées.
Quel sale temps !

Heureusement, j'ai vu de superbes créatrices très inspirés de Fornasetti, qui sont autonomes, mais complètement invisibles. C'est peut-être mieux ainsi. Elles risqueraient d'être récupérées pour illustrer des drapeaux et des affichent pour des blocages et des violences, à leur insu. L'art se fait rare.
Mais oui la création est toujours là, mais elle est dans l'obligation de cacher sa joie, de replier ses connaissances, de faire des réserves, c'est la guerre des ignorants, nous entrons dans l'ère caverneuse du rase moquette.
Ambiance.

Art Par kiwaïda at 02:41

14/01/2020

ℯη⊥яℯ ʟ❝ℑηⅾґε ℮☂ ℓ℮ ☾нεґ

Scroll down

Nous étions garés là au numéro 7 : les timorés.

Où sont ces courageux du Cher ? Chère école d'art ? Les indignés, les syndicalistes, les grévistes, les écologistes, les féministes, les anarchistes, les artistes ? Tous ces ISTES ? Ne serait-ce que des bourgeois calfeutrés à Bourges, avec leurs images contre les policiers, pour toutes les ZAD, contre et contre et contre... Mais en fait, nul part, le courage, nul part. Le train train, avec ou sans train, refrain quotidien, zones privilégiées, confort rétro-viseur. Regarder, ne rien dire, ne pas voir, mais la délation... Toujours. L'imprévu est arrivé. Adieux timorés.

Berbères, marocains, algériens, années 50-60-70, broches de nacres et porte-bonheur cœur rose, la vie qui bat et qui s'arrête de battre. À la recherche de l'oasis, dans un désert d'amour et de dunes, aux tortures de sables mouvants et des maladies de mouches. Les gazelles en fuite car les cornes, je me souviens, artistes berruyers et berruyères encornés, qu'un correcteur informatique remplace par serruriers, parce qu'ils ont perdu les clés de la sincérité. Travestir la vérité et inventer des rumeurs, afin de fermer les portes à clés et qu'aucune joie ne souffle sa fantaisie. Aux militaires l'organisation, aux marais, les noyés sur fond d'explosions nostalgiques de guerres jamais déclarées. Le racisme file doux, on ne l'entend pas vous rejeter Cher Bourges, aux rives des silencieux des croches pattes ivres et rougeâtres, mais au trans punk politiquement correct.

Adieux le Cher, bonjour l'Indre. Une visite au hasard : « Je pense donc je suis » de l'artiste Paul Bonnin, à l’école municipale des Beaux-Arts de Châteauroux. Nous quittions Bourges, l'artiste fut diplômé de l'école des serruriers, mais non, des bourgeois, mais non, des cornes, mais non des manipulateurs de wikipédia... Les rois sont nus et les reines se prennent pour la crème des crâneuses en chiant sur les vieux art press. Qu'est-ce qu'ils écrivent mal...

Qui se souvient de lui ? Qui se souvient de moi ? Nous voici réunis par le plus grand des hasards, et celui-ci se nomme René, né une seconde fois. Persévérants, logiques et intelligents, ils sont efficaces, les Renatus. Réfléchis et raisonnables, ils ne prennent pas de décisions à la légère. Cent ans de réflexion. Qu'est-ce que le désert ?

RENATUS

Photographies de l’œuvre "Chaînon manquant" de Paul Bonnin

Photographie de sa documentation

Photographies de l’œuvre "Albinos" de Paul Bonnin

Vue de« l'exposition " Je pense donc je suis" de l'artiste Paul Bonnin, à l’école municipale des Beaux-Arts de Châteauroux

cogito ergo sum

Le vernissage allait se dérouler le soir, pendant que je discutais avec l'artiste, quelques interférences se sont produites, comme autant de bruits et de parasites. Les essais du micro pour la présentation du soir, un ancien enseignant interrompant notre échange, des visiteurs et visiteuses... Cela ne nous a pas empêché de continuer le lien de la conversation. Oui, car comme l'exprime si bien le titre, nous pensons, donc nous sommes. Descartes savait déjà supposer qu'un malin génie pouvait nous empêcher de penser, si nous nous arrêtions à ce que nous percevons, nous entendons, nous répétons :

“Je supposerai donc qu’un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, a employé toute son industrie à me tromper; je penserai que le ciel, l’air, la terre, les couleurs, les figures, les sons, et toutes les autres choses extérieures , ne sont rien que des illusions et rêverie dont il s’est servi pour tendre des pièges à ma crédulité; je me considérerai moi-même comme n’ayant point de mains, point d’yeux, point de chair , point de sang ; comme n’ayant aucun sens , mais croyant faussement avoir toutes ces choses; je demeurerai obstinément attaché à cette pensée ; et si, par ce moyen, il n’est pas en mon pouvoir de parvenir à la connaissance d’aucune vérité, à tout le moins il est en ma puissance de suspendre mon jugement : c’est pourquoi je prendrai garde soigneusement de ne recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce grand trompeur , que, pour puissant et rusé qu’il soit, il ne me pourra jamais rien imposer“

Sans évoquer sa pathologie, l'artiste est atteint de mucopolysaccharidoses, une maladie génétique dégénérative qui le contraint à se déplacer essentiellement en fauteuil roulant, je demandais si je pouvais photographier 2 de ses céramiques et quelles étaient leurs noms. "Chaînon manquant", une bête entre caniche et sirène et "l'Albinos" sont venus me dire bonjour. J'étais loin de savoir que nous aurions pu nous croiser à l'école supérieure des beaux-arts de Bourges, chassé-croisé au milieu de tant de courageux...

Ainsi, de ce périple, et nos échanges, je réfléchissais à la connexion entre la monstruosité et la beauté.

La peur que suscitent ces 2 entités phénoménologiques, le rejet, la haine, la cruauté, la jalousie, l'envie, le dégoût...

Pierre Ancet, (dans son livre : Phénoménologie  des  corps  monstrueux, 2006.) écrit :

Le monstre met en péril la confiance que nous avons placée en la régularité de la forme humaine, cette confiance qui nous empêche d’envisager une déformation trop impressionnante de notre propre corps ou de ceux des autres. La monstruosité va trop loin dans la plasticité du corps pour les capacités de tolérance de l’observateur, il se protège donc en portant ce jugement qui le nie dans son humanité : « c’est un monstre » (quand bien même il est évident pour tout le monde qu’il est un être humain avant tout). La condamnation de l’autre permet à peu de frais de se protéger soi-même contre une trop grande proximité. Sans être dite, cette même idée de monstre peut être suscitée par le grand handicap physique ou le polyhandicap. L’atteinte du visage est tout particulièrement frappante. Mais là encore, nous le nions : dans le discours commun, le monstre n’existe pas, il n’y a que des personnes. Nous sommes tous égaux. N’en parlons plus. Et le silence se substitue à l’effort de verbalisation. La bonne conscience peut elle aussi être redoutable. Elle peut condamner par avance tout effort pour comprendre l’origine des représentations associées au corps monstrueux, pour dévoiler ses propres craintes, ses propres tendances au recul, masquées sous le rappel forcé des principes moraux.


Je pensais à ce qui repousse et attire, et comment repousse-t-on une personne qui nous attire ? J'ai vécu cela, sans comprendre ce que cela signifiait, mais entre la saleté et la sexualité il n'y a qu'un pas, un pas d'un passé que j'ignore et dont j'ai été, un moment, le réceptacle, seul miroir de l'histoire d'une femme qui souffre. Le rejet s'effectue alors à l'insu de la personne qui souffre, elle n'ose s'avouer son désir envers l'autre, et cet autre devient un repoussoir qu'il faut rejeter hors du monde. Cette sorte d'accouchement involontaire ou d'avortement avant que le désir ne s'affiche, permet à la personne souffrante de ne pas ressentir sa souffrance. Et pour s'en convaincre, elle doit convaincre le groupe où elle se manifeste, c'est-à-dire, la communauté même qui avait vécu sans se soucier des vices cachés de la personne souffrante. Pour convaincre, il faut user de la langue de la communauté, il est interdit d'interdire, mais il faut interdire sans le dire, c'est-à-dire : au nom de la liberté d'expression. Priver l'expression du non-dit, c'est avorter du désir, avant qu'il naisse aux yeux de tous. Et comme le désir était déjà là, avant la souffrance, la communauté est témoin du vice, toute la communauté est sommée de se taire. Et par ce seul secret, elle devient communautaire. Taire.

Le  désir  que  cet  être  difforme  pourrait  avoir  pour  moi,  ou
pire, que je pourrais éprouver pour lui, est selon la psychanalyste
Simone  Sausse  l’une  des  grandes  peurs  associée  à  la  figure  du
monstre viable. La sexualité est en effet un lieu où l’étrangeté peut
être attirante (ne serait-ce que par l’étrangeté des organes de l’autre
sexe).  Mais  cette  attirance  pour  l’étrange  doit  rester  cachée.
Qu’elle  appartienne  à  notre  sexualité,  qu’elle  soit  partie  prenante
de  notre  désir,  voici  qui  est  aussi  inavouable  qu’inacceptable.  Et
pourtant, ce qui est repoussant peut aussi attirer, voire séduire.
Voilà  pourquoi  les  images  apparemment  valorisantes  des
portraits  de  famille  deviennent  grâce  aux  monstres  l’envers  exact
de  ce  qu’elles  sont  censées  être :  elles  sont  une  exhibition  de  la
différence. L’image permet de regarder à loisir cette scène étrangement 
inquiétante,  avec  l’excuse  de  valoriser  l’individu  et  son
intégration  sociale  réussie.  Ce  recul  historique  nous  permet  de
réfléchir aux formes contemporaines d’exhibition du handicap. La
frontière  est  ténue  entre  le  voyeurisme  et  le  fait  de  montrer  la
différence dans le but de la rendre acceptable.

(Pierre Ancet)



Ce que je percevais des lâches, c'était leur facultés mentales de la délation. Elle était rapide, et irrévocable, au seul doigt levé. Non pas que tous ne voyaient pas la lune et seulement le doigt, mais qu'ils se pensaient ainsi tous cachés derrière un doigt levé, pointé vers autrui. Cette faculté historique, laissait feutrés et calfeutrés, les uns et les unes et les autres, attendant qu'un doigt se lève et pointe l'ahuri, le désinvolte, le négligeant, le distrait, le rêveur, le paresseux, le naïf, le brut, le figurant, tout ce que l'art nous permet, lorsque l'on est artiste, d'être, afin de créer. Si la création disparaît peu à peu, c'est qu'elle est jugée, elle ne peut plus figurer, elle doit se draper, ne plus se montrer, monstrueuse, si belle et si intelligente, si rusée, que les philistins prirent peur, et rejetèrent ce dont ils n'avaient guère l’appréhension, sensible.

La question de la nature du monstre n'est donc pas à entendre dans un sens métaphysique. Elle n'est pas qu'est-ce que ?, mais plutôt qu'est-ce que c'est que ça ? : ça, cette chose que j'ai sous le regard, ici et maintenant. Elle formule une interrogation pratique qui nous met en quête d'autrui, de cette trace de notre propre corps qui est un constituant fondamental de notre perception. Percevoir autrui, c'est pouvoir se repérer dans son propre corps, ressentir ses actions possibles comme de l'intérieur, d'une manière beaucoup plus profonde que dans une simple projection de soi sur l'autre. Autrui est toujours déjà donné, y compris dans la manière dont nous nous rapportons à notre propre corps. La correspondance entre le corps d'autrui et le mien n'a pas à être constatée : elle est vécue avant d'être constatée. Elle se vit sur le mode d'une correspondance entre ses actions et mes actions possibles (réelles ou imaginaires, puisque je peux sentir cette correspondance en suivant les actes d'un sportif de haut niveau). Dans ce cadre, la forme précise du corps importe moins que l'ensemble des actions possibles . Ainsi Merleau-Ponty ne parle jamais directement de la saisie de la forme corporelle de l'autre dans la Phénoménologie de la perception, mais du corps propre, comme moyen d'appropriation du monde et d'autrui, saisi à travers son action et son dessein plus que sa forme.

Je pensais à cette forme de cet oiseau pataud en terre noire, d'un gris profond que j'ai formé les lendemains d'un incendie qui a mis en péril nos vie. J'apprenais les jours suivants une révélation qui changea ma compréhension, toute une défiance disparue, la lune enfin dévoilée, plus besoin de voir et d'être vue, puisque le précieux fut reconnu. Si la communication se veut sauver les plus faibles et les plus pauvres, si elle revêt le costume du parfait gauchiste, du gilet jaune, ou de l'écharpe rouge, si les filles sont aussi serveuses en boîte de nuits qu'aux directions des écoles d'art, nous sommes bien là devant des incendiaires, d'une volonté qui n'est ni courageuse ni une évolution, mais un masque terrifiant sous la bienséance, une nouvelle vilénie qui n'a d'opportunités que les amertumes d'un passé inassouvis. Ces interdits d'interdire et ces désirs d'importuner l'autre toujours plus, comme si l'autre était l'objet, l'étranger toujours, le monstre à jamais, que l'on montre du doigt, afin qu'il devienne l'immonde, jugé par tous dans un instant de folie pure, de terreur, nous sommes bien là devant un nouveau diktat, qui a tout l'apparence de la liberté, et qui cache les vices les plus vils. Si l'on te nomme le monstre, c'est que les désignants ne savent ni dessiner ni désigner la lune. Si l'on te conspue, aussi vite que l'éclair, sans que tu ne puisses sentir la foudre, c'est que ton corps est si répugnant, si monstrueux et beau, ton intelligence déforme la réalité crasse des désignants. Tu es chosifié, mais tu sais que tu es sujet, qu'il échappe à l'entendement des mortels déjà morts sans avoir été cette feuille sensible où s'imprime le ténu, le temps, le vide, l'ennui et le manque, et que c'est par ton ouverture d'esprit que la liberté de penser passe dans ton corps et ton esprit.

Pourquoi les vielles personnes sont-elles rejetées de notre société ? Pourquoi ces vielles personnes détournent-elles leurs regard ? Pourquoi les jeunes personnes sont-elles violées par notre société ? Pourquoi les jeunes personnes détournent-elles le regard ? Pourquoi le regard disparaît ? Pourquoi ne dit-on plus bonjour ? Pourquoi part-on sans rien dire, ni au revoir ? Parce que seuls les corps parlent et disent adieux, même en fauteuil roulant, parce que seules nos pensées se rejoignent lorsque le même sentiment d'injustice s’égare, lorsque ce même espoir d'être compris se conjugue à l'instant : cela nous regarde.

Renatus, Repose en paix.

Pourquoi alors, la beauté se voile ?

Parce que la bêtise viole. Pourquoi les autorités se cachent derrière les indignés ou les policiers, parce qu'elles rejettent ce qu'elles sont, elles ne pensent plus, elles ne sont plus. Elles ont la fièvre.

La pudeur de se dire au revoir, comme baisser le regard au croisement d'un regard.

Et puis l'humour est arrivé d'un bateau d'Australie...

"Je pouvais me faire cueillir au moindre faut geste au moindre soupir. Il fallait faire très attention à la sécuritate. La sécuritate ramassait tout ce qui bougeait. Je me souviens les agents de la sécuritate de l'époque étaient tout en noir. Ils avaient des lunettes noires, des costumes, des chaussures et des voitures noires. Pour ressembler à l'ombre noire du pouvoir. Le rêve du dictateur de l'époque, c'était d'avoir un agent de la sécuritate par habitant. C'est-à-dire que la moitié de la population va surveiller l'autre moitié. Et vice-versa. Tu as fini de me surveiller, c'est à mon tour. Dans toute dictature, tout citoyen est présumé coupable tant qu'il n'a pas prouvé qu'il est innocent. Ce qui fait que les agents de la sécuritate circulent par millier au milieu de la population et ils ramassent n'importe qui au hasard, des échantillons de citoyens et ils les torturent pour voir s'ils sont innocents. Un gars de mon quartier a été emmené pendant 6 mois. Il a été torturé, comme il était innocent, il a été relâché, 3 jours après ils lui ont envoyé la facture pour rembourser l'électricité qu'il avait consommé durant les séances de… torture. Et en plus de cela il avait remboursé 14 matraques qu'il avait cassé avec son dos. Dans le procès verbal, c'était marqué : Pour détérioration, pour détournement de matériel de l'État à destination collective."

Extrait de Mohamed FELLAG - Un bateau pour l'Australie(spectacle complet)
Mohamed Saïd Fellag, de son vrai nom Muhand Fella, est né le 31 mars 1950 à Azeffoun, Kabylie, en Algérie est un acteur, humoriste et écrivain algérien. En 1991, Babor Australia est créé en kabyle, puis joué en arabe algérien à Paris. Au théâtre de l'Europe en 1992, il est joué alternativement en kabyle et en arabe algérien. Babor Australia, actualisé en Un bateau pour l'Australie en 2002, est basé sur une rumeur, évoquant l'arrivée prochaine à Alger d'un bateau australien supposé emmener des chômeurs pour leur procurer là-bas emploi et logement, qui provoqua une file d'attente devant l'ambassade d'Australie.

*

OPALE A ENVOYÉ SES VŒUX EN AUSTRALIE EN FEU

*

Photographies © Sonia Marques

Enseignement Par kiwaïda at 23:37

13/01/2020

ᔕᗩᕼᗩᖇᗩ

Scroll down

Jules BLANCPAIN (Villeret 1860 - Suisse 1914)
Mnounech - Biskra
- 1902
41 x 62 cm

Antoine GADAN (1854 -1934)
Bergère à Siraïdi, sur les hauteurs de Bône (Annaba),
Algérie ou Matinée de printemps à Bône

55 x 100 cm

Antoine GADAN (1854-1934)
Matinée dans les dunes, golfe de Bône
75 x 130 cm

La famille Gadan se fixa à Bône en 1886, Antoine Gadan explore la campagne bônoise mais aussi l'Aurès et le Sud algérien.
Il n'expose que rarement à Alger, et préfère rester à l'écart du milieu artistique. Un certain nombre de ses œuvres est conservé au musée de la Wilaya de Constantine.

Antoine GADAN (1854-1934)
Femmes et enfants sur une terrasse à Biskra, 1908


Eugène Alexis GIRARDET (1853-1907)

Sur le chemin du marché

Issu d'une famille suisse huguenote, Eugène Girardet est le fils du graveur Paul Girardet (1821-1893), et le frère des peintres Jules Girardet et Léon Girardet. Il étudie à l’École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Jean-Léon Gérôme (1824-1904). Gérôme l’incite à visiter l’Afrique du Nord dès 1874, notamment le Maroc, mais aussi la Tunisie ou encore l’Espagne. Il effectue huit séjours en Algérie à partir de 1879, essentiellement dans le Sud aux alentours des oasis de Biskra, Bou Saâda et El Kantara où il rencontre Étienne Dinet. En 1898, il se rend en Égypte et en Palestine. Il représente des scènes de la vie nomade ou du désert. Son œuvre est influencée par la lumière et l’atmosphère de l’Orient.

Eugène Alexis GIRARDET (1853-1907)
L'OUED À EL-KANTARA
- 1903

Eugène Alexis GIRARDET (1853-1907)
Une rue au clair de lune en Afrique du Nord

Marie AiméeLUCAS-ROBIQUET (1864 - 1959)
Récolte des dattes à Touggourt
 31 x 45,5 cm

Marie Lucas-Robiquet, née Marie Élisabeth Aimée Robiquet, à Avranches le 17 octobre 1858, morte à Saint-Raphaël (Var) le 21 décembre 1959, est une peintre française. Marie Lucas-Robiquet est la fille d'Henri Sébastien Robiquet, percepteur, officier de marine à la retraite, né à Lorient, et d'Honorine Aimée Doublet, de La Chapelle-en-Juger (commune déléguée de Thèreval depuis le 1er janvier 2016)1. Ne pouvant pas entrer à l'École nationale supérieure des beaux-arts en raison de son genre, elle suit une formation auprès de Félix-Joseph Barrias. Elle épouse le 24 septembre 1891 à Paris Maurice-Édouard-Louis-Henri Lucas1, membre de l'armée coloniale française en Algérie, qu'elle rejoint à Constantine. Celui-ci meurt en 1895, alors que le couple n'a pas d'enfant. Elle expose au Salon à partir de 1892. Elle séjourne en Amérique de 1914 à 1918 et fait de nombreux portraits à New York et à Chicago. La première partie de sa carrière, de 1880 à 1890, est consacrée aux portraits de personnalités françaises ; ensuite, de 1891 à 1909, sa production est essentiellement orientaliste ; enfin, de 1910 à la fin de sa vie, elle se consacre à la peinture de genre française et bretonne.


A. Maure, Vieux Biskra, c. 1875, Coll. GD

Auguste MAURE (1840-1907)
Auguste Maure fonde à Biskra dans les années 1860 le studio Photographie Saharienne. En 1870, il devient propriétaire à Biskra d'un immeuble au 33 de la rue Berthe. Il y installe le studio qui restera en activité jusque dans les années 1940. Auguste est à l'origine de nombreux clichés illustrant des quartiers, des monuments, des paysages ou des scènes de vie de Biskra et de ses environs (El Kantara, Tilatou, Sidi Okba, Chetma, Tolga, Touggourt ...).


Auguste MAURE (1840-1907)
Les membres de la tribu des Ouled Nails portent une tenue, une coiffe et des bijoux incomparables. Ces courtisanes arabes originaires du sahara animent la ville de spectacles de danses folkloriques très appréciés des touristes.

$
*
$
*
$




Paysage Par kiwaïda at 23:39

Ḻℯ ℘αłмїεя

Scroll down
palm.jpg
Puits à traction animale à Djanet. Montants en tronc de palmier (Photo G. Camps)

L'encyclopédie berbère

« Le palmier est un arbre monumental, puissant, royal ; il a en partage la force, la majesté et l’élégance parfaite ; sa tige isolée remplit un cadre de plusieurs lieues et peuple une solitude. » Ainsi s’exprimait L. Lehureaux dans les premières lignes d’un ouvrage consacré au palmier-dattier du Sahara algérien. Cette phrase, peut-être trop enthousiaste, révèle combien le palmier-dattier, l’arbre de l’oasis, a exercé tant auprès des autochtones que des touristes ou fonctionnaires des temps coloniaux une attirance quasi idolâtre. Dans l’imaginaire du voyageur ou de l’émigré, le dattier est inséparable du mystère bruissant de l’oasis qui n’existe que par lui... On surprendrait bien des Européens et bien des Maghrébins du Tell en leur affirmant qu’il peut exister des oasis sans palmier (il est vrai qu’on parle alors plutôt de jardins ou de centre de culture) et que cet arbre dactylifère n’est pas pansaharien. Il n’est vraiment prospère et productif que dans une large bande de territoires du Sahara septentrional, le Blad ed-djerid (le pays des palmes) ; ailleurs, dans le désert, il ne donne pas des produits de même qualité ni en quantité comparable ; au sud, domine et fructifie un autre palmier d’un genre différent, le palmier doum* qui est un Chamerops et non un Phœnix. Mais le palmier-dattier n’en est pas moins l’arbre roi du Désert et l’homme, dans sa reconnaissance, admet qu’il a une origine divine particulière puisqu’Allah le tira des débris d’argile dont il venait de modeler Adam, donnant ainsi au dattier une place prééminente dans la Création.

L’oued Rhir

Plus à l’ouest, l’oued Rhir, appartient au grand ensemble des régions berbérophones du Sahara septentrional qui comprend, outre le Mzab, le Touat, et tout le Sud Marocain, alors que les oasis des Zibans, comme le Souf, le Djerid et le Nefzawa, sont arabisés depuis longtemps. L’oued Rhir, qui pas plus que l’oued Souf n’est un cours d’eau, est le principal producteur de dattes du sud Constantinois, en particulier de la variété Deglet en-nour. L’oued Rhir est la première région mondiale exportatrice de dattes de qualité. Les 40 palmeraies qui s’égrènent du nord au sud, regroupent près d’un million et demi de dattiers dont le quart de Deglet en-nour, la production de cette variété atteint 57 % (en 1970). Dans cette vaste gouttière d’une vingtaine de km de large, l’irrigation est assurée par des puits artésiens qui, aujourd’hui, sont forés jusqu’à la nappe du Continental intercalaire (Albien). Pour éviter la stérilisation par les dépôts de sel, il est nécessaire de drainer en conduisant les eaux par un long canal depuis Touggourt jusqu’au chott Melrhir. L’ensemble de palmeraies le plus important entoure Touggourt, la seule ville de la région avec M’rayer, les autres sont voisines, jusqu’à l’oued Mya, de gros villages dont les maisons sont, comme dans le Djerid, en briques crues.

Les oasis de Ouargla* prolongent vers le sud celles de l’oued Rhir. Elles possèdent une demi-million de dattiers adultes (estimation de 1971) et produisent 50 à 60 000 t de dattes dont un cinquième de Deglet en-nour qui atteignent ici les limites méridionales de leur zone de prédilection. Les oasis de Ouargla bénéficient, comme celles de l’oued Rhir, de forages profonds qui suppléent les vieux puits artésiens ou à balancier. Le développement urbain de Ouargla et la croissance des secteurs secondaire et tertiaire, en relation avec l’exploitation pétrolière et gazière, réduisent l’importance des palmeraies dans l’économie locale.

Les Zibans

A l’extrême nord de la zone dactylifère, s’étendent les riches palmeraies des Zibans, de part et d’autre de Biskra* qui joue le rôle de capitale régionale. Dans la partie occidentale, piémont des monts du Zab, la culture des dattiers bénéficie d’importantes ressources hydrauliques ; dans le Zab oriental (chergui), autour de Sidi Okba, les conditions sont moins favorables ; l’apport en eau est assuré par le seul ruissellement et le pays souffre de crues souvent catastrophiques séparées de longues périodes de sécheresse qu’atténue le barrage de Foum el Gharsa. Les palmeraies les plus importantes se situent dans le Zab gharbi : Biskra, Tolga, Doucen et Ouled Djellal ; c’est, pour l’Algérie la région de plus forte production des Deglet en-nour. Les 750 000 palmiers font vivre une vingtaine de villages alors que le Zab chergui, sur le piémont aurasien, ne possède que 250 000 dattiers.

LES DOIGTS DE LUMIÈRE

La culture du palmier dattier

L’irrigation

Le dattier a besoin de soleil et d’eau. Si le premier ne fait jamais défaut, la seconde, en revanche, lui est fournie par le travail de l’homme. Pour irriguer leurs palmeraies les jardiniers sahariens (Harratin ou Chouchan) ont fait preuve d’une ingéniosité et d’un courage dignes d’admiration. Nous ne ferons que rappeler les différents procédés traditionnels pour amener l’eau au pied du palmier, en mettant à part le procédé inverse qui consiste, dans les ghout du Souf, à faire descendre le palmier au voisinage de la nappe. Les puits traditionnels à faible rendement sont de deux sortes :
- Le puits à balancier, appelé khottara dans l’Oued Souf, l’Oued Rhir et le Fezzan, Aroudid dans l’Ahaggar, utilise une longue perche dont une extrémité porte un contre-poids qui fait remonter sans trop d’effort la poche de cuir (tagnint, dalou*) remplie d’eau suspendue à l’autre extrémité ; c’est le principe du chadouf déjà figuré sur les peintures de l’Égypte pharaonique. Il ne fonctionne que lorsque la nappe phréatique est à faible profondeur, de trois à six mètres.
- Le puits à traction animale s’impose lorsque la nappe aquifère est trop profonde. Cet engin appelé tanout, en pays touareg dalou dans l’Oued Souf, khottara au Mzab (terme qui au Maroc désigne la foggara) nécessite une structure en bois et l’usage d’une poulie pour éviter une usure trop rapide de la corde ; la remontée de l’eau est assurée par le déplacement sur une rampe ou une allée d’un animal, chameau, bœuf ou âne, attelé à la corde qui remonte une grosse poche de cuir, le dalou (delou*), d’une contenance de 40 à 60 litres. La longueur de la rampe égale la profondeur du puits.
- La noria ou roue à manège à traction animale fut introduite à Ouargla vers 1920, mais sa fragilité relative et son coût l’ont fait progressivement abandonner ; en 1975 il en existait encore quelques-unes dans l’oasis de N’Goussa et une seule à Ouargla.

*

J'essayais de me souvenir de tous ces mots nouveaux, de comment on faisait des dattes, des palmeraies... SOUF, BISKRA, OUARGLA, M'RAYER, TOUGGOURT...

"Il faut aller chercher de l'eau, là où il y en a..."

Les zibans :

Le nom de la région se réfère à un groupe d'oasis (en berbère, zab (pluriel ziban) signifie « oasis »). Il n'aurait aucun rapport avec la thèse arabisante ; la racine zâba indique l’instabilité et signifie, en outre, boire à grands traits, en se dépêchant ; ou la racine zâba peut signifie "couler", en parlant d’eau.

matisse.jpg

Rue de Biskra - Matisse (vers 1907)

Henri Matisse part en direction de l'oasis de Biskra au printemps 1906 avec l'intention d'y séjourner une quinzaine de jours mais la durée de la traversée en bateau jusqu'à Alger puis le voyage en train jusqu'à Constantine lui prennent une semaine. Lorsque Matisse arrive enfin à Biskra il éprouve un sentiment qui marquera à jamais son imaginaire. Il ignore le folklore et l'exotisme de pacotille pour se concentrer sur les sujets développés par l'orientalisme post - moderne (le harem, les bédouins et le désert). Durant cette période il peindra deux tableaux majeurs "Rue de Biskra" et "Nu bleu (souvenirs de Biskra)" dans lesquels il schématise le corps de la femme. Présenté au Salon des Indépendants en 1907 le "Nu bleu" sera en concurrence avec "les demoiselles d'Avignon" de Picasso. Cependant la critique sera virulente et Matisse décidera pour un temps de délaisser les problèmes plastiques.

« Dans l’oasis de Biskra, surprenante
de fraîcheur au milieu du désert,
l’eau court dans une rigole, qui
serpente dans les palmiers [...]
Au bord d’un ruisseau, dans un coin
ombreux, un jeune arabe enveloppé
de lainages blancs était étendu,
et une jeune femme lui épongeait
le front. Je pense que l’Arabe pouvait
avoir un accès de fièvre. En tout
cas, c’est cette image, transformée
par mon imagination, qui m’a
donné l’idée du tableau « Souvenir
de Biskra. » L’oasis de Biskra est très
belle. Mais on a bien conscience
qu’il faudrait passer plusieurs années
dans ces pays pour en tirer quelque
chose de neuf et qu’on ne peut
prendre sa palette et son système
et l’appliquer. »
biskra.jpg
Emile FRECHON (1848-1921) Algérie, Biskra, photographie vers 1920

Paysage Par kiwaïda at 17:55

07/01/2020

ʝøüїṧ﹩їḟ

Scroll down

La Femme de mon frère est un film canadien réalisé par Monia Chokri, sortie en 2019.


Film Par kiwaïda at 18:41

06/01/2020

ℋℐ✔€ℝ

Scroll down

Photographies (Kiwa &JD)

Mon bel hiver lunaire

Les arbres économes

Il arrive le printemps

Comment peux-tu le voir ?

Sous le froid d'hiver

Et le ciel clair

Dans les jaunes et les roses

Dans les verts et les mousses

Dans tes yeux verts et bleus


Paysage Par kiwaïda at 13:24

05/01/2020

ℒ❝ℯηḟ@η☂

Scroll down

Artiste : Francisco GOYA (1746 - 1828) -  Titre de l’œuvre : Don Manuel Osorio Manrique de Zuniga - Date de création : vers 1787 / Technique : Huile sur toile - Dimensions : Hauteur 127 cm x Largeur 101 cm - Lieu de conservation : Metropolitan Museum of Art, New York

GARÇON ROUGE


Don Manuel Osorio Manrique de Zuniga, également connu sous le nom de «Garçon rouge», est un portrait d'un garçon vêtu de vêtements rouges de son époque. Le comte d'Altamira a commandé plusieurs portraits de famille à Goya de 1756 à 1816, le Garçon rouge étant l'un d'eux. Altamira était bien respecté à l'époque et détenait de nombreux titres dont celui de directeur de Banque de San Carlos. Cette peinture était celle du plus jeune fils du comte nommé Manuel qui a rencontré une mort tragique à l'âge de huit ans en 1792. Le tableau représente le garçon vêtu d'un costume rouge tenant une ficelle attachée à une pie qui semble être son oiseau de compagnie. La pie tient une carte dans son bec qui est la carte d'invitation de Goya. Il y a trois chats qui regardent attentivement l'oiseau à gauche du tableau. Sur le côté droit de la pièce se trouve une cage à oiseaux verte au sol abritant plusieurs pinsons. Les animaux du tableau ont eu de nombreuses interprétations différentes au fil des ans. Certaines personnes croient que les oiseaux dans la cage sont un symbole de l'âme tandis que d'autres pensaient que cela symbolisait l'innocence du garçon. On pense que les chats sont une représentation du mal ou d'une force maléfique. Cette connexion des chats étant une force sombre vient d'une gravure de Goya intitulé "Le sommeil de la raison engendre des monstres" où un chat est montré parmi les créatures maléfiques.
> El sueño de la razon produce monstruos : une gravure de la série Los caprichos du peintre espagnol Francisco de Goya. On pense que la peinture dans son ensemble dépeint la nature éphémère de la jeunesse et de l'innocence couplée aux frêles frontières qui séparent le mal du monde de l'enfant.

Lors de sa visite à la galerie d'art Joseph Duveen à Paris, Kathryn Bache Miller a beaucoup aimé la peinture. Jules Bache, la plus éloignée de Kathryn, lui a acheté la pièce pour 275 000 $. Elle a décidé de garder le Garçon rouge dans son salon où elle l'a affiché avec fierté. L'œuvre d'art a été décrite comme un être vivant pour Kathryn par son décorateur d'intérieur, Billy Baldwin. La peinture a été donnée au Metropolitan Museum of Art par elle plus loin, mais Kathryn a été autorisée à montrer périodiquement la peinture dans sa maison jusqu'à son décès en 1979.

Francisco José de Goya y Lucientes est un graveur et peintre espagnol né le 30 mars 1746 à Fuendetodos, près de Saragosse, et mort le 16 avril 1828 à Bordeaux, en France, d’un père doreur et d’une mère descendante de propriétaires terriens. Ses œuvres sont considérées comme de style romantique et il est l'un des artistes les plus influents et importants à sortir d'Espagne de du 18e au 19e siècle. L'art qu'il a créé est considéré par beaucoup comme le récit de l'époque où il a vécu. Goya a été vénéré par tous de son vivant, en particulier en Espagne, et a connu un grand succès tout au long de sa carrière d'artiste. Il a été chargé par de nombreuses personnes influentes de son époque de créer des portraits et d'autres œuvres d'art. De nombreux historiens de l'art se réfèrent à Goya comme le premier des artistes modernes et le dernier des maîtres anciens.

Beaucoup de biographes ont suggéré que les affres de la maladie, la proximité avec la mort et la perte de l’audition ont rendu Goya plus sensible à la cruauté du monde et à la vanité de l’existence. Sa vision du monde était plus distanciée, plus acérée, plus tranchante, plus subversive et sa vision de ses contemporains plus féroce. Malraux écrivait que Goya était « brutalement sensible aux démons que reconnaît du premier coup l’angoisse commune des hommes : non seulement la torture, mais l’humiliation, le cauchemar, le viol, la prison » La série de gravures des Caprices et les peintures noires, réalisées après les deux épisodes dépressifs —jamais présentées au public de son vivant — sont particulièrement caractéristiques de ces changements.

*

Cette magnifique peinture, du côté français, a inspiré le mari de la chanteuse Chantal de Guerre (née à Saïgon), lui demandant de prendre le nom "Goya" pour ses spectacles... destinés aux enfants.




Art Par kiwaïda at 19:33

03/01/2020

➋Ⓞ➋Ⓞ

Scroll down

an2020.jpg

* doucement mais sûrement..

Animal Par kiwaïda at 13:55

02/01/2020

ℕϴ†ℛ∃ ÐѦℳ€

Scroll down
crayon.jpg

Synopsis du film sorti ces jours-ci de Valérie Donzelli :
Maud Crayon est née dans les Vosges, mais vit à Paris. Elle est architecte, mère de deux enfants, et remporte sur un énorme malentendu le grand concours lancé par la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre-Dame... Entre cette nouvelle responsabilité, un amour de jeunesse qui resurgit subitement et le père de ses enfants qu’elle n’arrive pas à quitter complètement, Maud Crayon va vivre une tempête. Une tempête, qu’elle devra affronter pour s’affirmer et se libérer.

Valérie Donzelli, sur son film :

C’est un peu Adèle de La Reine des Pommes  qui a grandi. Une parisienne, mère de famille de classe moyenne, qui travaille. Maud a une énergie folle, elle gère tout ! Ses enfants et son ex, Martial, qui vient squatter chez elle chaque fois qu’il se dispute avec sa nouvelle copine ; elle est constamment en train de courir. Elle est increvable, elle ne se pose jamais, elle remplit le temps - c’est une femme qui court mais sans savoir après quoi. Elle est incapable de s’arrêter un moment pour regarder les choses et prendre les décisions qui s’imposeraient pour se rendre la vie plus douce. En ne voulant rien perdre, elle ne peut rien gagner. Je tenais à rendre cette sensation de vitesse et d’énergie dans le film parce que Maud a cette force en elle, et cette névrose qui l’empêche de s’arrêter. Maud Crayon c’est un peu moi, mais aussi un peu toutes ces femmes qui vivent dans de grandes villes, qui travaillent, qui assument tout.

Une femme qui vit en permanence dans un sentiment de culpabilité, si bien qu’elle donne beaucoup à tout le monde sans réussir à se faire respecter. Mais, elle ne se laisse jamais abattre et c’est ce qui m’amuse. Les personnes un peu soumises ont toujours de fortes personnalités : si elles ne se rebellent pas, c’est précisément parce qu’elles sont capables d’encaisser cette soumission. Maud prend sur elle, c’est une vraie force de la nature.

Je voulais traiter de l’histoire d’un échec lié à l’architecture. Qu’est- ce qui pouvait faire scandale dans ce domaine aujourd’hui ? Cela ne pouvait concerner qu’un monument ancien auquel on proposait d’apporter de la modernité. Le seul endroit réaliste qui me paraissait à la fois symbolique de Paris et qui pouvait permettre un projet architectural était le Parvis de Notre-Dame. Je me suis beaucoup renseignée sur les polémiques, innombrables, autour d’aménagements urbains à Paris : le plug de Paul McCarthy place Vendôme en 2014, Beaubourg, la Pyramide du Louvre, l’Opéra Bastille, les colonnes de Buren dans la cour d’honneur du Palais-Royal en 1986... C’est finalement le concours de l’Opéra Bastille et le scandale autour de l’œuvre de Daniel Buren qui m’ont le plus inspirés.

Le 15 avril 2019, Notre Dame de Paris brûle...

J’étais catastrophée. J’ai filmé un monument que j’aime. J’ai vécu avec Notre-Dame pendant toute l’écriture du film, qui a été longue. J’allais régulièrement lui rendre visite, je m’y suis attachée, je ressentais la blessure de l’incendie. Je savais que tourner là-bas ne serait pas simple, que les autorisations seraient longues, bref que c’était un peu la star de mon film. Filmer dans Notre-Dame et sur son parvis, c’était un vrai défi. En fait, dès l’écriture, en faisant ce choix, j’ai vécu dans la hantise d’un événement de ce type. C’est drôle mais j’ai réalisé un documentaire pour Arte « Le cinéma de maman » en 2017, qui parle de l’acte de filmer, pour laisser une trace, une mémoire, pour ne pas mourir. Je ne pensais pas pouvoir l’illustrer à ce point avec un de mes films. Aujourd’hui, Notre dame a cet écho particulier avec Notre-Dame, c’est vrai. Je crois que je suis la dernière personne à avoir filmé la cathédrale telle qu’elle était, ce n’est pas un film sur Notre-Dame. Tout ça est un pur hasard, et depuis la polémique qui oppose modernistes et conservateurs, le film est au cœur du sujet. Cela me dépasse un peu..

BIOGRAPHIE :
Après des études d’architecture, Valérie Donzelli commence une carrière d’actrice (avec Sandrine Veysset, Thomas Bardinet, Guillaume Nicloux...). Son premier court-métrage comme réalisatrice, Il fait beau dans la plus belle ville du monde est sélectionné à Cannes en 2008. Puis elle tourne La Reine des Pommes, son premier long-métrage (Locarno, 2009). Son deuxième long-métrage, La Guerre est déclarée fait l’ouverture de la semaine de la critique à Cannes en 2011 et connaît un succès international. Son troisième long-métrage, Main dans la main est sorti en France en décembre 2012. Elle réalise en 2013 un téléfilm Que d’amour ! en collaboration avec la Comédie Française et Arte qui fut projeté à Locarno. Son quatrième long-métrage Marguerite et Julien a été présenté en première mondiale en sélection officielle au festival de Cannes 2015, en compétition.

*

J'ai vu tous ses films :.) Quel peps !

Énergie, entrain, vitalité, dynamisme, voici une belle année 2020 qui commence sous un astre optimiste !

Film Par kiwaïda at 16:31

01/01/2020

➋0➋0

Scroll down

2020.jpg

Photographie © Sonia Marques

Paysage Par kiwaïda at 21:15

- page 2 de 32 -