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blog m kiwaïda

11/12/2019

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Il y a différentes variétés de bois. Et il y a la langue de bois.

La langue n'est pas en bois, mais pourquoi est-elle celle entendue ? Est-elle dure ? Dure d'oreille ?

C'est un langage qui agit souvent lorsqu'il y a un rapport de force. En France, ces rapports de force, très connus, dans notre société, et traditionnels, avec les grèves et leurs syndicats, nous redistribuent donc, une parole dans le champ politique et le champ professionnel, plutôt en bois.
Ce langage est souvent là pour pacifier, rassurer, surtout dans des moments violents. C'est un peu le moyen de parler pour éviter la guerre. Les relations internationales utilisent la langue de bois, en diplomatie. Elle serait donc positive.

Mais, comme toute langue d'échange, elle a son côté négatif.

La langue de bois est perçue de manière négative lorsqu'il y a des décalages entre la manière dont l’entreprise se raconte dans son discours et la perception réelle qu’en ont les salariés. Elle se manifeste quand on ne comprend pas la réponse à une question posée, quand on ne parle que des trains qui arrivent à l’heure ou quand les problèmes sont euphémisés, quand on rend compte uniquement des projets menés à bien sans mentionner ceux qui ont échoué.

La langue de bois devient autoritaire, car, si, elle enferme les échanges, plutôt qu'elle ouvre, elle les prédéfinit aussi. Lorsque cette langue devient creuse et participe des non dits, des dénis même, elle devient un champ clos, imposé, elle appauvrit et dessèche les relations humaines.

Carole Thomas (Directrice de la Com et du marketing digital, Immobilière 3F), voit entre autres, des causes juridiques. Ainsi, « la loi qui interdit de dispenser des informations aux salariés sur un projet avant d’en informer le comité d’entreprise ou qui oblige l’assemblée générale d’un conseil d’administration à voter une décision comme un changement de gouvernance pour qu’elle s’officialise complique sérieusement notre tâche et pousse malheureusement à la langue de bois »

Plus généralement, ajoute Guillaume Aper, « deux facteurs ont contribué, à mon avis, à la généralisation de la langue de bois. D’abord, un discours d’entreprise beaucoup plus contrôlé, je dirais même, sur-validé. Ces précautions, vis-à-vis de l’externe ont rejailli sur l’interne. Ensuite, un management intermédiaire dépourvu des connaissances de base dans les domaines aujourd’hui essentiels, comme la finance, les ressources humaines, le dialogue social, et qui ne peut faire autrement que répéter le discours ».

Quant à Arnaud Benedetti (Directeur de la Com de l’INSERM)., il y voit aussi une explication davantage psychologique. « Elle peut se développer en réponse à des besoins réels. En premier lieu, elle veut rassurer. Par exemple, dans le cas d’une réorganisation d’entreprise, on évitera les mots ‘’réorganisation’’, ‘’plan social’’ ou ‘’restructuration’’, auxquels on substituera la notion d’’accompagnement du changement’’, censée les inquiétudes et les doutes du personnel…. Elle sert à réagir en cas de crises : dans une société qui accepte de moins en moins le risque, les organisations développent toute une ingénierie de la communication pour s’adresser aux parties prenantes lorsqu’une crise éclate. On le voit, la langue de bois répond surtout à un besoin de sécurité. Mais elle ne sécurise que l’émetteur, sans vraiment rassurer le récepteur »

Dans nombre de colloques et d'assises (debout sur pupitres, sans assises) et autre rassemblement de sociétés, d'affaires privées et publiques, d'associations, en liaison avec l'emploi, et donc les formations et le système éducatif, on assiste à des intervenant-es qui sont dans une forme répétée de la langue de bois. Car la question de l'emploi, en France est bloquée. Le nombre de chômeurs et chômeuses et les savoir faire qui disparaissent, ainsi que les pressions syndicales, toujours plus violentes, afin de conserver des statuts qui mettent en péril le bien commun, et la transition numérique qui ne s'est pas faite, nous donnent des conditions favorables pour lisser les rencontres à un niveau maximum de langues de bois. On peut ne rien apprendre de ces échanges convenus et sur-validés, qui se sur-valorisent, sinon, que rien ne peut s'ouvrir ni s'avancer dans une relative honnêteté. Car, pour ce faire, il faudrait que chacun, chacune, puisse reconnaître que sa participation aux échecs présents est entière.

Parfois, il est de bon ton, de se raccrocher à un mot, qui serait plus à la mode qu'un autre. Le langage "geek" et technocrate a aussi ses limites, tant ces mots ont trouvé leur limite, dans leur volonté même de "transformation" de nos administrations, afin de les moderniser. Ces mots ont enfermés de nouveau, dans un entre-soi incompréhensible, tous les possibles, interdits. Les langages de la langue de bois avec les langages du jargon informatique ont largement complexifié la compréhension des métiers. C'est-à-dire, que "nous" ne savons plus ce que "nous" faisons. Le public ne sait plus. Ce ralentissement de la diffusion des savoirs peut s'entendre. On l'écoute lors de conférences, exemple sur un mot tendance : le design. Il habille à présent toutes les entreprises, alors qu'il existe depuis la nuit des temps. Mais si le costume design permet de penser que tout le monde est designer, il continue d'ignorer le commun des mortels qui mange, s'habille, et se meut, sans costume de langue de bois, mais avec l'usage adapté.

Si les services publics numériques se sont embourbés dans des méthodes qui les empêchent de communiquer, nous ne sommes pas sur la meilleure longueur d'onde.

Tous les Hackatons, les Datathons et Openlabs, avec ses méthodologies agiles et leurs actions : pitcher, pivoter, pour des produits numériques, ne font que retarder nos possibles, dans un langage compréhensif.

Il me semble que la faculté d'être honnête reste une possibilité pour communiquer, et pour cela, la langue de bois, celle répétée, doit se renouveler et briser le silence, la chape de plomb, des formations jusqu'aux modalités de créer de l'emploi (cela passe par créer des offres d'emploi, le langage utilisé), employer qui, pourquoi, comment, aujourd'hui.

Il n'y a pas de connaissance des chercheurs d'emploi, donc les offres ne sont plus adaptées aux savoir faire. Les formations, les diplômes et le nombre d'années, pour effectuer des études sont "hors sol", c'est-à-dire, ils ne sont plus adaptés à la transformation sociale et à ses mobilités en augmentation.

Dans le travail (et les formations), lorsque les méthodes employées sont subies plutôt qu'elles sont pensées plus finement, on obtient des formes de harcèlement telles, que l'abandon des études et du travail, sont bien plus importantes que l'accord entre employé-e et employeur-e, formateur-e et formation.

Lorsque l'on commence à imaginer des stratégies internationales, la langue de bois s'installe dans un déni, celui de s'appuyer sur les plus démunis, une main d’œuvre précaires, parfois sur-diplômées, qu'on délocalise. La langue de bois va sur-valoriser les actions d'une entreprise, afin qu'elle se promotionne, et présenter des chiffres gonflés comme si les chefs se devaient de faire de la musculation. Cette gonflette apporte toujours un mot phare : "le rayonnement".

Comme un soleil, il serait tout à fait entendu, que l'on doit rayonner, au risque de cramer toutes les ressources et de faire du "burn out" ou du "brown out" son capital désastre assuré.

Les saisons nous donnent quelques indices : le rayonnement, en hiver est moindre. Lorsque la pression du rayonnement arrive en fin d'année, elle est propice à la faillite. Ce qui fait défaut, c'est une pression au moment inopportun du rythme naturel et de provoquer, non seulement une fatigue intense, mais un manque de concentration, et des abandons des exercices. Demander plus de "visibilité" à un moment (qui dure au moins 4 mois à 6 mois) de moindre "visibilité", car le soleil se couche plus tôt, est contre-productif. Favoriser la dépression par la fatigue, organiser une pression violente sur les corps et les modes de pensée, favorise des crises et incompréhension et affirme une langue de bois plus dure, qui, elle, s'installe dans le temps. Le repos n'est jamais accepté. Dès lors, il est organisé des modes de promotions à overdose, afin d'arroser tous les territoires et les étrangers, pour espérer convaincre de sa force et son rayonnement. Ce n'est là qu'un point faible et un niveau de compréhension médiocre de nos activités, de nos corps, de nos exercices et nos saisons.

Demander des profils de challenger sans arrêt, n'est plus possible. Relever le défi ("challenger") dans des situations difficiles c'est justement d'agir dans une confiance retrouvée, plutôt qu'une défiance affirmée, sans arrêt.

Sans arrêt je lis des choses sur comment valoriser les "chercheurs" (leurs attribuer plus de crédits, un meilleur salaire, une reconnaissance nationale et internationale).

Mais on ne parle jamais des chercheurs, les véritables : les chercheurs d'emploi.

Car s'ils existent des chercheurs, dans le domaine de ce que la recherche est quotidienne est expérimentée, c'est celui de la recherche d'emploi.

Et personne ne peut financer cette intelligence collective et partagée, car elle se trouve engagée pleinement par les relations humaines et les capacités d'introspection, et non de rayonnement en hiver (c'est loin d'être économique)

Hibernation obligatoire (nouvelle langue d'eau et de feu)

Aujourd'hui il y a une confusion entre le "design du discours" et celles et ceux qui savent faire.

L'argumentaire des discours vendeurs de méthodes (ou le designthinking) s'est éloigné de l'expérience de vie. La nécessité tactique de survivre est une légitimité éthique, qui n'a pas besoin de financer le "design".

On en est là, puisque la raréfaction a réduit toute idée de rayonnement, le soleil disparaît, ou plutôt il brûle et fond nos glaces, donc la sur-valorisation des discours sur le design sont à abandonner, pour prendre de l'avance, et ne pas perdre de nouveau, dans la qualité de nos conditions de vivre.

Car lorsque chacun (plus souvent les hommes) estime mettre en place "la première pierre", le premier portail, le premier service nationale (même mondial), chacun convoqué à parler la langue de bois, dans le design, c'est que, chacun peut faire une croix sur le bien fondé de la pierre posée au-dessus d'une histoire de petites pierres, dont l'issue de ne sera qu'un effondrement de la pensée. Et elle l'est, elle, invisible.

Tout est sensible !

Langue de bois

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Malena Ernman et sa fille Greta Thunberg chez elle...

Pour reprendre cette idée que le design serait désormais associé à la lutte contre le réchauffement climatique ou aux questions économiques et environnementales, écologiques, la langue de bois devient de plus en plus dure.

En regardant bien cette photographie, la mère et la fille sont sur des fauteuils de design. Chaque étudiant formé dans les écoles de design reconnaîtra les auteurs.
Le siège blanc, derrière, la Eames Lounge Chair, (Charles et Ray Eames en 1956) est en cuir (plus de 8600 euros) La chaise jaune où elles sont confortablement assises,l'Egg Chair d'Arne Jacobsen, est en cuir (1960), (plus de 9000 euros).

Être rebelles, c'est être belles deux fois, n'est-ce pas. Ne devient pas princesse qui n'a pas son siège en cuir (je n'ai pas compté le coût de la fabrication, les matières utilisées, ni de la production)

Pour avoir pu m'asseoir sur chacun de ces sièges (pas les leurs, hein) au gré de mes rencontres chez des enfants d'amis en études dans les écoles de design, à l'ancienne mais toujours à un rythme consuméristes très tape à l'oeil, je peux affirmer, qu'ils sont très confortables, agréables et que c'est un luxe de bénéficier de telles détentes après une journée ouvrière à transporter de lourdes charges. C'est pour cela, qu'à un autre et moindre coût, il y a toujours, dans les familles ouvrières, un siège dédié, plus confortable, au travailleur ouvrier, mais qui est loin du design, de ce design si inconséquent, destiné à faire "bonne" impression, pour affirmer sa classe sociale, celle qui peut l'ouvrir et quelque part fermer la boîte à camembert de tout un chacun.

Qui sont ces rebelles ?

Greta Thunberg née le 3 janvier 2003 à Stockholm, est une militante suédoise pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Malena Ernman, sa mère, est une chanteuse d'opéra mezzo-soprano lyrique suédoise, née le 4 novembre 1970 à Uppsala. Outre l'opéra, elle a exploré d'autres univers : le cabaret, la comédie musicale, le jazz, le lied ou la pop. En 2009, elle représente la Suède au Concours Eurovision de la chanson. Une active artiste internationale qui, formée en Suède et en France, a publié une quinzaine d'albums. Si sa fille l'a convaincu d'arrêter sa carrière (si,si) Malena Ernman a fini par mettre le faire, mettre un terme à sa carrière internationale en raison de l'impact négatif des avions qu'elle employait pour se déplacer, sur le changement climatique.  Malena Ernman s'était par ailleurs activée lors de la négociation des accords de Paris en 2016 en cosignant une virulente tribune en faveur de la signature des accords dans le quotidien suédois Dagens Nyheter.

Quant à Svante Thunberg, son père de 50 ans (de Greta et de sa sœur Beata), il est à la fois acteur, auteur et producteur. Sa carrière d'acteur a été brève : un peu de théâtre, une participation à Skärgårdsdoktornn, une série suédoise en 1998. Depuis, il travaille pour l'essentiel comme manager et producteur de son épouse Malena Ernman. Ensemble, ils ont co-écrit avec leurs deux filles en 2018 un livre, Scènes du cœur, au sujet de leur famille, du parcours de Greta et de la crise environnementale. L'ouvrage Scènes du cœur a été publié en France en novembre 2019 aux éditions Kero, avec le plan communication bien ficelé et l'image de Greta "pas contente" sous un ciré jaune et sa capuche.

L'histoire de cette famille hissée à des grandes représentations mondiales, pourrait réaliser une introspection et faire la grève (de la promotion sur-validée et autoritaire) et se poser des questions : Et si la fille, n'avait tout simplement pas repris la carrière de la mère, ce qu'elle reprochait, avec tous ses vols afin de rejoindre les 4 coins du monde, en promotion (sur-valorisation) des individus et du privé, avec la langue de bois que nous connaissons bien, à présent, du bien commun.

Nous sommes là devant un cas de rivalité féminine, bien plus que d'autisme affirmé. La question des atypiques, des neuros-atypiques n'est pas exempte de nos névroses communes à tous et aux normaux-pensant.

Au moins, le bien commun me semble égalitaire dans ces affres de nos psychologies générationnelles, nous sommes égaux, dans ce qui nous échappe le plus, et surtout car notre inconscient est encore loin d'être mesuré et revendiqué comme exemple du "bon", du "bien".

Je termine en imaginant seulement m'améliorer demain, car aujourd'hui, j'ai subis la saturation intellectuelle de la langue de bois.

Voici ma langue asséchée, car l'eau vient à manquer, et les bouteilles en plastiques interdites, sont toujours là, vides, mais partout jonchée comme des cadavres d'écriture, sans ciré jaune, sans Eames Lounge Chair.

Et malgré tout, je garderai la Eames Lounge Chair, lorsqu'elle sera mise au rébut, car j'adore réparer. En fait c'est encore plus appréciable lorsque l'on peut prendre soin des objets, autant que des êtres vivants ou minéraux, mais est-ce si gratifiant de le montrer au monde entier ?

Demandons donc à notre inconscient. Pourquoi certain-es ont besoin d'autant d'exhibitions ?Mais aussi, pourquoi ces sujets sont-ils autant relayés, médiatisés ? Les idéologies sont toujours au service de.
Et le design, se trouve, dans ce relais, au service de.

Je sais, j'ai déjà mauvaise conscience d'avoir écorné des images de bien-pensance, et ce sera très mauvais, ou très "bon" pour une désintégration sociale...Mais d'un petit ordre social, éphémère, recyclable.


Enseignement Par kiwaïda at 15:15

10/12/2019

฿∀ИÅℵÅ

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La banane ne fait pas la grève

Les artistes ont faim

Ces jours-ci, se déroule la foire Art Basel, à Miami, en Floride (États-Unis)...

C'est quoi déjà cette foire ? Un paroxysme (dans le sens périodique d'une maladie ou d'une douleur où les signes atteignent leur maximum d'intensité)

Rappel du bilan carbone prestigieux (comme toutes les foires et biennales et triennales, quadruple saut dans les paradoxes des mouvements bienséants et de la pensée laborieuse de l'art ...)

Art Basel, foire internationale d’art contemporain de Suisse, 90 000 visiteurs chaque année, galeristes, commissaires d’expositions, directeurs de musées, acheteurs, collectionneurs, 300 galeries d’art qui viennent de 35 pays et de tous les continents pour présenter le travail de quelque 4 000 artistes. Un peu comme tous ces idiots qui gravissent les monts élevés enneigés, en même temps, en file indienne, dont quelques uns meurent en route, au même moment, comme si le mont élevé était en grève et qu'il fallait donc se bousculer pour le gravir...

Oui, il y a longtemps que les monts élevés sont en grève, ne le saviez-vous pas ? Mais tout le temps.

Il n'y a pas que les foires, mais nombre d'expositions foirent... L’absence de stratégie de numérisation, sur le développement durable, la réflexion éthique du rôle du musée dans la cité. Stratégie ? Non, juste un manque de bon sens. Nombre d'institutions n'ont jamais été concernées par l'idée en vogue : le green... le Greenwashing !

Le Greenwashing, aussi nommé écoblanchiment ou verdissage, est un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation (entreprise, administration publique nationale ou territoriale, etc.) dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse.  Tiens cela me dit quelque chose cette stratégie du blanchiment... Ou comment apparaître propre tout en nommant ce qui serait sale...

On se reprend, les expositions énormes sont foutues, et depuis longtemps, celles et ceux qui se déplacent pour aller les voir, aussi, pire si vous emmenez des écoles... Waou ! Tout en prônant des notions écologiques.

Exemple : Vous avez le pouvoir, vous demandez aux étudiants (aux pauvres) de trier les déchets de toute l'école, sur leur temps d'études, et vous leurs attribuez des bons points, car il y aura des vraiment mauvais, qui resteront donc sans crédits et ne passeront pas les années, ni même ne pourront bénéficier de gras coups de pouce, car ils ne seront ni délégués, ni intégrés dans les commissions pour voter pour leur direction (logique) Donc vous demandez cela, et en même temps, vous demandez à ces pauvres étudiants de partir dans un voyage obligatoire vers une destination au-dessus de leurs moyens : Venise, et sa biennale d'art. Le déplacement déjà coûtera bien plus cher et les repas très peu bios, que toute une année à passer à trier les déchets de l'école... Du bon sens je disais. Mais attention, ne soyez pas aveugles, car tout est pour les yeux : il faut photographier à toute allure, dépenser le tout dans les réseaux sociaux, oui les datas c'est aussi "pas gratuit", contrairement à ce que trop de... comment dire... trop de, et bien trop ! Pensent !

Après vous faites un superbe Greenwashing, vous repeignez en blanc, toutes les crottes, et vous avez de beaux nuages, dans un immense bloc de béton amianté, et on obtient : une école d'art !

Dans le Limousin ils ont annoncé un constat dingue : pas une seule école serait dénuée d'amiante ! Voui, voui... Alors le tri des déchets dans l'école... Peut-être qu'il vaut mieux, faire des cours dehors (je sais, c'est ce que j'ai fait...)

On revient le sujet, ce n'était pas le Greenwashing, ni Venise, on s'en fou, elle coule et c'est la dépression assurée.

Non, le sujet c'était Art Basel. J'avais un ami artiste, il est toujours là, hein, qui s'occupait d'installer tous les artistes à Basel, je ne me souviens plus du nom, mais c'est un métier. Donc lui il était payé, mais pas les artistes qui exposaient leurs œuvres... Greenwashing ?

Bon, le sujet ce n'est toujours pas cela, le sujet c'est : LA BANANE.

J'ai la banane en ce moment ? Vu le paroxysme génial dans lequel je me trouve ? Non je suis juste une artiste qui a faim, car j'ai du bon sens. Suis-je bonne pour autant ? Non, considérée comme mauvaise.

La mondialisation croissante des pratiques culturelles contraste avec le localisme de l’engagement écologique, et les institutions, préfèrent mettre au premier plan la liberté artistique (qui elle, n'est pas écologique ?)

Oui parce qu'on sait à présent que la "liberté d'expression", c'est la liberté d'importuner l'autre, quand on a le pouvoir (les experts en design, les bons, ont ce pouvoir là, tant pis pour celles et ceux qui la ferment, parce qu'ils et elles ne pourront jamais l'ouvrir dans un monde où tous les mauvais sont cachés ont disparu...)

C'est d'ailleurs la meilleure façon d'importuner la terre, et de continuer, avec la bonté qui préfigure dans tout portrait d'un bon designer aujourd'hui, sans être importuné... Liberté d'expression oblige ! Silence on tourne !

Disons, que comme je le remarquais, dans mon parcours professionnel, je rencontrais des personnes qui se disent expertes (on peut être expert en tout aujourd'hui, en design, même quand n'y connait rien, et qu'on n'a jamais été designer, et même, lorsque l'on souhaitait supprimer les options designs dans les écoles, et bien on devient expert en design, du moment qu'on a compris que c'est à la mode (la mode, non, mais que les crédits tombent) on peut devenir designer, et mieux, du meilleur côté, du côté du bon, du beau, de l'éco, éco, éco, et responsable, oui c'est dit, on n'est pas du côté des méchants.

Quelle responsabilité le greenwashing !

Qu'est-ce qu'on est bon. Oui parce qu'être beau, ce n'est plus à la mode, il faut être bon (pas dans le sens meilleur, non, dans le sens : il ne faut pas être mauvais méchant (oups, cachez cette force du mal, un coup de peinture blanche dessus, ou lavez la tâche, cela fait trop sale !)

Donc le beau, bof, être bon, oui.

Mais pour être bon, il faut designer (oui c'est bien écrit "designer") les mauvais, les méchants... presque : le mal. Et là, c'est très grave, ce qu'il se passe. Chacun, chacune de nous, risquons de passer du côté du mal. La ligne se trace par les décideurs (non pas les usagers, c'est pas encore à la mode) Donc pas de justice pour les pauvres, mais la ligne trace, comme l'on veut, il n'y a pas de règle, la limite du bien et du mal. Attention, seuls les experts en design, savent qui est bon, et qui est mauvais. Si vous vous opposez à la règle : la case prison vous méritez. Mieux, si vous n'avez pas lu la règle, introuvable, et que vous n'avez pas réagit (avec violence, c'est le but) et bien vous êtes exclus de la règle, des concons experts en conconnerie.

Et bien voilà, c'est mieux ! Il faut savoir toujours où l'on se sent le mieux. Même si l'on est considéré comme un mauvais, on peut se sentir mieux que les bons (pas les meilleurs, hein... vous suivez...)

Donc, on reprend, ce sujet est très sérieux, ce sujet c'est : J'AI LA BANANE !  Je suis en forme, de bonne humeur, souriante, j'ai la pêche, la patate.

J'AI LA BANANE

Non parce que je serai dans une position avantageuse, bien au contraire, je suis au mauvais endroit, au bon moment. Vous me suivez ?

Rénovations : les institutions n'ont jamais été conçues pour le développement durable, sinon, nous aurions pu y accéder plus naturellement.

En terme d'isolation, ça coince, même si le chauffage pourrait aider plusieurs sans domiciles fixes à passer les nuits d'hiver, car les institutions sont vides la nuit.

Mais souvenez-vous : les décideurs ont décidé que le "bon" côté du design c'était de peindre les crottes pour en faire des nuages blancs, pour les exposer à un public "averti"... pas "azerty".

On repend : PAROXYSME.

Ces derniers jours, c’est une banane scotchée à un mur de la foire Art Basel, à Miami, en Floride (États-Unis), qui a fait parler d’elle. L’œuvre, composée de ce seul fruit, immobilisé sur un mur à l’aide d’un épais ruban adhésif gris, et intitulée Comedian, est la création de l’artiste Maurizio Cattelan. L’Italien est déjà connu pour ses travaux subversifs, comme America, des toilettes en or 18 carats totalement fonctionnelles estimées entre 5 et 6 millions de dollars. Les visiteurs de l’exposition étaient ainsi nombreux à se presser devant l’œuvre comestible, quand l’un d’eux a tout simplement décidé de la manger.

C'est écrit un peu vite, mais ralentissons :

Avant de manger la banane qu’avait scotchée au mur l’artiste italien Maurizio Cattelan, une oeuvre vendue 120.000 dollars à la foire d’art contemporain Art Basel de Miami, David Datuna a attendu quelques heures, histoire d’"avoir faim", a expliqué lundi en riant l’artiste, de retour à New York. Né à Tbilissi et installé aux Etats-Unis depuis 22 ans, David Datuna s’est montré fier de ce geste qui a fait sensation après qu’il eut posté sur son compte Instagram une vidéo de lui savourant la fameuse banane.

Un italien de 60 ans, vend une banane scotchée à un mur 120 000 dollars (108 444 euros) et un géorgien de 22 ans la dé-scotche et la mange (ils sont tous deux habitants à New York)

Est-ce que cela a un rapport avec les grèves annuelles en France ? L'arrêt obligatoire du travail ? Le fait que les artistes ont faim ?

Oui, moi j'ai faim et je mange des bananes...

Il y a un artiste jeune qui a piqué la vedette de l'artiste vieux, et comme la banane a été mangée, il n'y avait plus d’œuvre.  Il a fallu rétropédaler, comme Magritte a su le faire, la banane ce n'est pas l'oeuvre, mais l'idée...
Ceci n'est pas une pipe !

Donc on peut remplacer la banane, par une autre !

C'est exactement comme les experts : plus besoin de savoir faire, on vous l'écrit, certes sur plusieurs pages, et avec confusion, mais ici, en France, comme à Basel ou New York, (disons, plutôt, à Paris, qu'en France) on peut être expert dans un domaine inconnu, et cela se nomme : l'invention, non plus l'innovation. Oui, il faut être curieux, plus besoin de "savoir" faire, il faut "faire" savoir. En s'aidant quand même des journalistes, aussi expert... en journalisme, parce que sinon, on ne pourra pas manger la banane, si ce n'est pas écrit avec autant de philosophie. Attention pour distinguer un expert, il faut tracer la limite, souvenez-vous : il y a le bien, et le mal. Oui parce qu'un bon designer, est un bon philosophe bien entendu.

Le mal,  c'est tout ce qu'on ne veut pas, on le cache, et le bien, c'était l'ancien "beau", mais l'esthétique n'a pas tenu au blanchiment (trop de produits chimiques), alors cela peut être laid, mais "bien" et du côté du "bon".

Je vois que ce n'est pas clair pour tous. La parité : c'est bien. L'égalité entre les femmes et les hommes : c'est bien. C'est impossible, mais c'est bien, un homme est une femme, une femme c'est comme un homme = égaux.

Désormais, on ne pourra plus cacher la femme laide derrière l'homme beau. Il faudra mettre en avant une laide, et ainsi, elle pourra cacher l'homme... mauvais ? Non, l'homme beau ? Non, l'homme con ? Non la laide cachera ce qui n'est pas recyclable.
Ok, et l'homme laid ? Il n'y en a pas. Si vous suivez bien, on créé des règles en fonction des modes, là où les crédits tombent.

Rassurez-vous, les artistes ont toujours faim, donc ils suivront la mode, mangeront la banane, et ils scotcheront des bananes au mur, pour les vendre plus cher qu'au marché, dans une institution amiantée, où un nombre d'idiots, à la queue leu leu, viendront défiler pour la voir dans une période d'une maladie ou d'une douleur où les signes atteignent leur maximum d'intensité...

L'équation du paroxysme est ainsi résolue.

Signé : une experte en design éco-responsable (aucune banane n'a été maltraitée durant l'écriture de ce pamphlet sur... le design ? Non : La banane !!!)











Art Par kiwaïda at 00:16

08/12/2019

ϴℒÅℱ

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Disney-Frozen-Olaf-1.jpg

Finalement j'ai vu La reine des neiges 2 de Disney...

Vraiment bien ! Cette histoire de 2 sœurs, histoire fraternelle, histoire de sororité...
Et Olaf est le clown, l'artiste, celui qui emporte ma sympathie.
La scène de domptage du cheval de glace dans les mers par l'intrépide sœur blonde, qui doit apprendre à dompter ses pouvoirs magiques est extra ! Et le passage du pouvoir juste à la petite sœur qui s'estime lésée, sans pouvoir magique, est évidemment, toute l'histoire de cette sororité : le pouvoir redistribué à chacune, le pouvoir d'agir à son niveau de compétence, ce qui révèle la force de ces sœurs ayant eu accès à la connaissance, à la vérité, à l'histoire de leur famille, et de l'association de leur mère et père, des tribus qui, naguère, étaient entre guerre et trahison.

Ou, comment éviter la jalousie, comment ne pas freiner l'aînée, dans ses aventures, comment ne pas prendre toute la place, afin de reconnaître le pouvoir de la justice de la cadette, comment deux sœurs ensemble s'unissent pour trouver la vérité et réparer les dégâts d'une histoire mémorielle, des accidents familiaux secrets, à travers la mémoire de l'eau.

L'une est un modèle d'émancipation et de sensibilité pour l'autre, et l'autre, un modèle de justice et d'autorité, et ces modèles sont interchangeables, puisqu'elles partagent leurs connaissances, face à l’ennemi, afin de combattre ensemble et favoriser l'évolution de leurs peuples réunis, pour le bien de tous. Happy End.

Vraiment rien à voir avec ce que j'ai pu lire, dans la presse, sur ce film d'animation.
L'accès à la connaissance, est, de mon point de vue, la morale de cette histoire, ainsi que faire confiance en ses intuitions, évoluer dans un monde mouvant, émouvant, et des récits diverses et de diverses bouches, qu'il faut re-étudier à l'aune de sa propre expérience, de son ressenti et son désir d'apprendre de nouveaux mondes, comme découvrir son monde intérieur, spirituel, de l'autre côté du miroir...

Éprouver, les épreuves... Olaf est un bonhomme de neige qui ne fond pas, mais rêve de grandir et acquérir une sagesse et une maturité, qui, selon lui, l'empêcheraient d'avoir peur, s'il pouvait tout savoir.

Mais même en sachant beaucoup, rien ne remplace, l'expérience du cœur... Faire fondre les cœurs... serait-ce son pouvoir ?
Avec ou sans carotte ;.)

Un nombre considérable de produits dérivés en publicité avant le film, de factures polymorphes, poupées et châteaux et animaux, jeux de société, costumes et... que ces temps de cadeaux pour enfants sont loin... et ces produits ne me procurent aucune nostalgie. Si à notre tour, nous pouvions créer notre bonhomme de neige, notre ami, fait de patates blanches et de bouts de bois avec des légumes, oui. Créer un costume de fée, avec du tulle et des paillettes, ou de couleurs divinement contrastées, de maquillages et de gants, et se retrouver vendre des boules de neige, en cas de pénurie, sur un tapis, le châle de ses parents...
Que dire, la fée est en chacun, chacune de nous !


Film Par kiwaïda at 03:42

07/12/2019

ẘαт℮ґ ♭üḟf@ʟø

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Cape Buffalo And Oxpeckers is a painting by David Stribbling

Le buffle d'eau :


Le buffle, un bovin de grande taille, l'espèce-type du genre Bubalus, qui comprend plusieurs autres espèces endémiques d'Asie tropicale. Il est connu en français sous les noms de buffle d'Asie, buffle des marais (B. b. bubalis) et buffle des rivières (B. b. kerabau). La femelle est la bufflonne, le petit, le bufflon. En d'autres langues, et selon les races et les pays, il a plusieurs noms : arni, karbau, kerabaü... L'appellation pour cette espèce de « buffle d'eau », traduction littérale de l'anglais water buffalo que l'on rencontre parfois, est un pléonasme en français mais pas en anglais où elle sert à distinguer le buffle du bison également appelé buffalo. En effet le buffle, accoutumé à l'état sauvage aux milieux humides, reste très attiré par les zones aquatiques et il n'existe pas de « buffle de terre », à moins d'appeler ainsi l'espèce sauvage africaine Syncerus sp., qui forme un autre genre à la morphologie différente. À l'état sauvage, le buffle d'Asie est une espèce en danger, dont l'habitat typique est les marais d'Asie du Sud et du Sud-Est. Sous sa forme domestiquée, c'est un animal courant en Chine, dans le sous-continent indien et en Asie du Sud-Est, particulièrement apprécié pour son lait et en tant qu'animal de bât et de labour. La bufflonne est aussi élevée en Europe pour son lait en Roumanie et en Italie, notamment en Campanie, pour la production de la mozzarella. On a des os archéologiques attestant la présence du buffle domestique dès l'époque archaïque, à l'aube de l'Antiquité, tant dans les Balkans, en Anatolie, Syrie, Mésopotamie et Perse qu'en Italie. (Wikipédia)

Originaire d’Asie, le buffle d’eau a été domestiqué en Inde et en Chine il y a plus de 7000 ans. De nos jours, il est élevé sur tous les continents, notamment pour le lait de bufflonne. Plus digeste et plus doux que le lait de vache, le lait de bufflonne est aussi deux fois plus riche. Sa teneur élevée en caséines (substance protéique du lait) facilite la fabrication du fromage, comme la fameuse mozzarella originaire d’Italie.

Bubalus bubalis


Le Buffle est le deuxième signe du zodiaque chinois. Son élément est l'eau. C'est un signe à polarité Yin, animé par une énergie féminine. Les couleurs comme le bleu et le rouge lui apportent protection. Les fleurs qui le favorisent sont la rose ou encore la fleur de pêcher. Il est très proche du signe Capricorne dans l'horoscope occidental.  Selon la légende, l'Empereur Jade demanda aux animaux sélectionnés de traverser un cours d'eau pour déterminer leur position dans le zodiaque. Le rat monta sur la tête du Buffle et alors que ce dernier s'apprêtait à gagner la course, il sauta de son perchoir et atteint la rive en premier. La seconde place fut pour le Buffle.  



John Dyer Painting. Water Buffalo and Rice Terraces, the Philippines

Painted in the rice terraces of the Philippines this gorgeous John Dyer canvas captures the beautiful landscape and biodiversity of the area. The purple sky complements the orange hues of the rice straw. A water buffalo stands in the center of the composition and the farmers use palm leaves and straw hats to protect against the tropical sun. Read more below. * John Dyer is one of the UK's most exciting and well known postmodern plein-air painters. His work is collected internationally and his paintings have been the subject of popular television programmes and a wide range of merchandise.  John's environmental work studying the ethnobotanical relationships of plants with the Eden Project has firmly placed his work at the forefront of contemporary art and he is one of the UK's best known international environmental artists, having worked with leading scientific organisations across the globe. "There is an innocence and freshness to John Dyer's art that follows a tradition in Cornwall that includes the work of Alfred Wallis, Christopher Wood, Fred Yates and Bryan Pearce. Rather than trying to record what he sees, John sets out to capture the 'essence' of his subject. The 'essence' of seagulls, cats, dogs, bobbing boats, or exploding fireworks communicate far more strongly through John's brushstrokes than they would if drawn more traditionally. It is this ability to capture the 'essence' of what is important that seems to appeal to those who have shown great vision and originality in their own careers, such as Tim Smit, Alan Titchmarsh or Kim Wilde."

(text)


Animal Par kiwaïda at 01:09

03/12/2019

яøмαη☂iṧღℯ

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Thomas Cole


Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (Bolton-le-Moor, Lancashire, 1801 – Catskill, New York, 1848).

Sa famille émigra en 1819 d'Angleterre à Philadelphie, puis à Steubenville, dans l'Ohio. Cole travailla d'abord chez un graveur sur bois de Philadelphie ; ayant rejoint sa famille, il apprit ensuite les rudiments de la peinture auprès d'un portraitiste allemand nommé Stein. Vers 1822, il exécuta des portraits, sans grand succès, et travailla à quelques peintures religieuses. L'année suivante, il fréquenta la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie et eut sans doute connaissance, à ce moment, des paysages de Doughty et de Thomas Birch. Il s'établit peu après à New York (1825) et, après avoir effectué un voyage sur les bords de l'Hudson, exposa quelques peintures qui firent rapidement sa réputation ; Trumbull en acheta une et prévint William Dunlap et Asher B. Durand de sa découverte : ceux-ci firent immédiatement de même ; Cole était lancé et fut, en 1826, l'un des fondateurs de la National Academy of Design. De cette époque date le Dernier des Mohicans (1827, 2 versions : Hartford, Wadsworth Atheneum, et Cooperstown, New York State Historical Association), inspiré du roman de Fenimore Cooper, qui venait d'être publié. L'artiste fut dès lors tenu pour l'un des principaux paysagistes américains. En 1829, il s'embarqua pour l'Europe, où il resta jusqu'en 1832. Il exposa sans succès à Londres (Royal Academy et British Institution), visita Paris et l'Italie, séjournant longuement à Florence. Ce voyage eut une grande importance pour sa carrière. L'étude directe des maîtres anciens lui permit d'améliorer sa palette, et l'iconographie de ses tableaux se transforma. Outre de grands paysages panoramiques dans lesquels il se veut l'émule de Lorrain ou de Turner (The Oxbow [le Connecticut près de Northampton], 1836, Metropolitan Museum ; le Rêve de l'Arcadie, 1838, Saint Louis, City Art Museum), il exécuta des œuvres à sujets fantastiques (la Coupe de Titan, 1833, Metropolitan Museum) et philosophico-historiques (le Cours de l'Empire, 5 tableaux, 1836, New York, Historical Society, élaboré durant son voyage en Europe et commandité à son retour par le collectionneur new-yorkais Luman Reid ; le Voyage de la vie, première version, Utica, N. Y., Munson Williams-Proctor Institute, deuxième version, commandée par le banquier Samuel Ward, 1842, 4 tableaux, Washington, N. G. ; le Songe de l'architecte, 1840, Toledo, Ohio, Museum of Art). Cole retourna en Europe en 1841-42 et voyagea en France, en Grèce, en Suisse et en Italie. Il en revint encore plus désireux de créer des peintures religieuses, se convertit et vécut jusqu'à la fin de sa vie dans l'isolement des Catskill. Il y projeta une nouvelle série, The Cross and the World, jamais achevée, et réalisa des toiles telles que la Vue d'un lac américain (1844, Detroit, Inst. of Arts), la Croix dans la solitude (1845, Louvre), la Vision (1848, New York, Brooklyn Museum). Ces dernières œuvres, qui correspondent à une redécouverte du paysage américain, illustrent les théories que Cole avait exprimées dès 1841 dans un écrit poétique, Lecture on American Scenery. Thomas Cole est le principal représentant du romantisme américain en même temps que, par ses élèves, tels A. B. Durand ou F. G. Church, le fondateur de l'Hudson River School, groupe qui réunira différents paysagistes du deuxième quart du xixe s., aux États-Unis. Il est représenté principalement à New York (Metropolitan Museum et New York Historical Society) ainsi qu'à Washington, Baltimore, Chicago, Detroit, Hartford, Cleveland, Providence. Une exposition Thomas Cole a été présentée (Detroit, Institute of Arts) en 1996.

Sublimes paysages pour s'approprier sa destinée. Thomas Cole plaidait en faveur de la préservation de l’environnement naturel.


Une exposition soigneusement pensée met à l’honneur le fondateur de l’école de l’Hudson, Thomas Cole (1801–48), et inscrit dans une dimension internationale ce pionnier de la peinture de paysage américaine qui mérite d’être reconnu et apprécié des deux côtés de l’Atlantique. Après son succès au Metropolitan Museum of Art de New York, Thomas Cole: Eden to Empire [De l’Éden à l’Empire] est aujourd’hui à l’affiche à la National Gallery de Londres. À Londres comme à New York, les commissaires Tim Barringer et Elizabeth Mankin Kornhauser ont secoué l’image traditionnelle et nationaliste d’un peintre typiquement américain dont les sublimes paysages s’adressaient à une jeune nation de plus en plus prête à s’approprier sa destinée. Ils définissent un personnage plus complexe et pétri de contradictions, un immigrant ambitieux et conscient de sa position sociale, un homme imprégné des traditions religieuses et artistiques européennes et un grand admirateur des poètes romantiques, entre autres Byron. Loin de se faire le chantre de l’expansionnisme américain et en s'opposant à l’idéologie jacksonienne qui prévalait alors, Cole plaidait en faveur de la préservation de l’environnement naturel.


Thomas Cole a déjà une formation de graveur lorsqu’il émigre avec sa famille en Amérique à 17 ans, il y a exactement 200 ans. Pendant son adolescence, il s’était rendu compte des dégâts environnementaux causés par l’industrialisation dans son Lancashire natal. Principalement autodidacte, l’artiste commence par peindre des paysages sauvages, puis il décide à 28 ans de repartir pour l’Europe afin d’étudier les maîtres anciens en Italie et en Grande-Bretagne. Cole est parmi les premiers à mettre en relief la beauté et l’échelle majestueuse des paysages nord-américains qu’il cadre et allégorise de nouvelles façons tout en remettant en question les comportements couramment liés à l’exploitation de la nature. Il forme aussi la nouvelle génération de paysagistes américains, notamment Frederic Edwin Church et Jasper Francis Cropsey, montrant la direction qu’allait la peinture de paysage américaine. Toutefois ses élèves admiratifs projettent souvent dans leurs œuvres des valeurs très différentes des siennes, tendant à exalter le nationalisme et à présenter une vue harmonieuse de l’occupation humaine. Centrée sur la période 1832­–37 qui suit le premier voyage d’études de Cole en Europe, l’exposition de Londres regroupe plus de 35 esquisses et tableaux de l’artiste. Mort relativement jeune à l’âge de 47 ans, ce peintre prolifique a réalisé plus de cent tableaux dont nous ignorons le sort d’une partie d’entre elles. L’exposition réunit aussi quelque 25 toiles de ses contemporains britanniques, notamment J.M.W. Turner et John Constable, qui entrent en dialogue avec les œuvres de Cole et les situent en contexte. Cole avait fait la connaissance de ces artistes et soigneusement étudié leurs techniques.
(extrait de l'exposition canadienne - 2018)

Paysage Par kiwaïda at 01:53

02/12/2019

ḯᾔ☂éґi℮üґ

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De toute évidence, il faut rester à l'intérieur, en ce moment...


Internet Par kiwaïda at 17:09

30/11/2019

ѦИÅ✞♓Èℳℰ

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Journée de Black Friday, journée de méditations sur l'anathème.


Ways of Worldmaking

Je garde un brin d'humour, je viens d'apprendre que c'est la journée du "Black Friday".
Aux États-Unis et au Canada, le Black Friday (littéralement le "Vendredi noir", parfois traduit par "Vendredi fou")
est un évènement commercial qui se déroule le lendemain de la fête de Thanksgiving,
le quatrième jeudi du mois de novembre. Ce jour marque traditionnellement le coup d’envoi de la période des achats de fin d’année.
Plusieurs commerçants profitent de ce moment pour proposer des remises importantes.

867


C'est arrivé en France. Et moi ce jour, un vendredi noir, devient un anathème.
Je vais méditer sur cette situation, avec ce silence, déconcertant, mais instructif.
Il m'impose de rester en retrait, je le prends comme bienfaiteur.
Non pas que je sois une fonctionnaire de l'État subitement soldée,
car je n'associe pas une mode américaine à notre belle francophonie,
mais peut-être une invendue, sincère dans ma démarche,
je reste très cohérente, discrète et loyale.

Meilleurs horizons, de toutes les manières et manières de faire des mondes (Ways of Worldmaking),
pour reprendre, le titre d'un célèbre livre, côté art, du philosophe américain Nelson Goodman, paru en 1978,
et pour réaliser cette boucle avec le Black Friday américain, mais plutôt, du côté de mon appréhension de l'art et de la philosophie,
et Nelson Goodman était également collectionneur d'art.

« Si, en outre, les mondes sont autant faits que trouvés,
alors connaître c’est autant refaire que rendre compte…
Découvrir des lois implique de les rédiger. »

Je pense à nos nombreux sujets qui nous préoccupent, dans notre culture, ce que nos avons de plus diversifié,
et de plus inattendu, en France, et tous ces talents, auxquels nous devons être attentifs, ensemble.

Je reprends ma place de poète.










Dessin > Sonia Marques © (Les incognitos - 2003)



Victor Hugo : Les travailleurs de la mer (1866) :

« Ne pas se faire montrer au doigt », voilà encore une loi terrible. Être montré au doigt, c'est le diminutif de l'anathème. Les petites villes, marais de commères, excellent dans cette malignité isolante, qui est la malédiction vue par le petit bout de la lorgnette. Les plus vaillants redoutent ce raca. On affronte la mitraille, on affronte l'ouragan, on recule devant Mme Pimbêche"



Les Travailleurs de la mer est un roman de Victor Hugo écrit à Hauteville House durant l'exil du poète dans l'île anglo-normande de Guernesey et publié en 1866. Dans l'édition de 1883, Victor Hugo adjoint une présentation de 80 pages à son roman, une « ode à la mer » intitulée « L'Archipel de la Manche ».

Philosophie Par kiwaïda at 00:50

27/11/2019

Ḱ☮ѦḺѦϟ

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Sommes-nous éteints ?


Animal Par kiwaïda at 20:58

26/11/2019

ϟηℯℨℌᾔαƴ@ к☺яøʟ℮ṽα

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La Reine des neiges

Titre original russe : Снежная королева / Snejnaya koroleva) est un long métrage d'animation soviétique de Lev Atamanov, sorti le 20 novembre 1957

La tendre complicité de Kay et Gerda est menacée lorsque, lors d'une tempête de neige, un éclat du miroir maléfique de la Reine des neiges pénètre dans l'œil du garçon et lui enlève toute émotion. Celui-ci se sent alors irrésistiblement attiré par la Reine et la suit dans le Grand Nord. Gerda surmontera de nombreux obstacles pour le retrouver mais, aidée par la rivière, les corbeaux, un renne et la fille d'un brigand, elle retrouve Kay, tout bleu, dans un château de glace. Ses larmes sont si chaudes et si abondantes qu'elles pénètrent jusque dans le cœur de Kay. L'éclat du miroir sort de son œil et, délivré du maléfice de la Reine des neiges, il repart avec Gerda.


Le film s'inspire du conte d'Andersen La Reine des neiges. C'est l'un des deux films (avec Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault) qui donnèrent envie à Hayao Miyazaki à se lancer dans le monde l'animation. Cela ne m'étonne pas, moi aussi je trouve les dessins super beaux, et j'ai aussi pas mal écrit sur Le roi et l'oiseau, et enseigné.

Dans le conte d'Andersen, publié en 1844 (c'est l'un des plus long de ses contes) : Le diable a fabriqué un miroir magique, dont les reflets sont déformés. Le miroir se casse et deux des morceaux ensorcelés se coincent dans l'œil et le cœur d'un garçon innocent, Kay, le rendant dur et indifférent, jusqu'au jour où il disparaît. Son amie Gerda entreprend de le chercher, jusqu'au château de la Reine des neiges dans le Grand nord où il est retenu. Dans sa quête, elle rencontre de nombreux personnages, dont la petite fille têtue, des brigands, quelques animaux qui parlent et une magicienne avec un jardin fantastique. La Reine des neiges est divisé en sept parties :

    1re partie : Qui traite d'un miroir et de ses morceaux
    2e partie : Un petit garçon et une petite fille
    3e partie : Le Jardin de la magicienne
    4e partie : Prince et Princesse
    5e partie : La Petite Fille des brigands
    6e partie : La Femme laponne et la Finnoise
    7e partie : Ce qui s'était passé au château de la reine des neiges et ce qui eut lieu par la suite

Il me semble que cela questionne les émotions, avec comme peur : l'affrontement avec la reine des neiges, une femme sans cœur, dans son palais de glace, qui gèle la fratrie, ou si ce n'est un frère et une sœur, ce sont des enfants très complices. Ce temps de glace, gelé, permet d'affronter ses peurs et briser cette glace. C'est la petite fille, par son courage qui a ce rôle de retrouver son ami qui a perdu ses émotions, de l'aider à faire fondre la glace. Beau !
Évidemment, il y a la question de l'amour et du miroir trompeur qui inverse et déforme les choses. L'accès aux hauteurs, une sorte de faux pouvoir et d'ambition qui ne sait rien de la sororité, des amitiés fraternelles, se positionne en despote des simples gens animés par quelque chose de l'histoire intime qui se file entre les êtres. La forteresse de la solitude, représentée par un palais de glaces déforme toute image à travers un miroir brisé, celui du diable.

C'est la philosophie de l'inversion, l'inversion maligne, (voir Michel Tournier, écrivain, philosophe) :
Chez Andersen, sa notion d’ «inversion maligne », est le miroir du diable de La Reine des neiges.

"La seconde d'après [.] il repoussait avec dégoût ce livre plein d'ordures et cette petite fille plus laide qu'une sorcière. Kay avait reçu dans l'oeil l'une des poussières du grand miroir diabolique pulvérisé."

Chez Michel Tournier, marqué par ce conte, il décrit ceci, dans son livre (Le vent paraclet) :

"Le Diable a fait un miroir. Déformant, bien entendu. Pire que cela : inversant. Tout ce qui s’y reflète de beau devient hideux. Tout ce qui paraît de mauvais semble irrésistiblement séduisant. Le Diable s’amuse longtemps avec ce terrible joujou, puis il lui vient la plus diabolique des idées : mettre cet infâme miroir sous le nez de... Dieu Lui-même ! Il monte au ciel avec l’objet sous le bras, mais à mesure qu’il approche de l’Etre Suprême, le miroir ondule, se crispe, se tord et finalement il se brise, il éclate en des milliards de milliards de fragments. Cet accident est un immense malheur pour l’humanité, car toute la terre se trouve pailletée d’éclats, de miettes, de poussières de ce verre défigurant les choses et les êtres. On en ramasse des morceaux assez grands pour faire des vitres de fenêtre –mais alors malheur aux habitants de la maison ! – et en plus grand nombre des éclats pouvant être montés en lunettes – et alors malheur à ceux qui portent ces sortes de lunettes ! "

Michel Tournier, à propos de ses œuvres, évoque « l'inversion bénigne-maligne », (dans Le Vent Paraclet). C'est « cette mystérieuse opération qui, sans rien changer apparemment à la nature d'une chose, d'un être, d'un acte, retourne sa valeur, met du plus où il y avait du moins, et du moins où il y avait du plus ».

Peut-être puis-je ajouter que cette forme de perversion, se trouve aussi dans les injonctions paradoxales, que l'on subit dans le monde du travail, une des spécificité du harcèlement.

Si les œuvres de Tournier sont formées sur l'idée du dépassement des apparences, le conte d'Andersen aussi, mais on a souvent ce leitmotiv, dans plusieurs contes. Après, la version Disney qui a été réalisée et la deuxième, je ne les ai pas vues, mais je crains que des idéologies de notre époque aient été gonflées pour l'audimat, qui rafle des records... Air du temps, parfois, revenir en arrière permet de ne pas trop "déformer" la trame de l'auteur, même si, évidemment, adaptation à son époque il y a. Mais nous nous sommes éloignés de cette inversion, qui me parait très intéressante et plutôt "intemporelle". Il parait que dans ce dessin animé, évoquant l'homosexualité, ou la sexualité féminine, entre frigide et froide dans sa cruelle intendance, désirant briser deux sœurs, solitaires mais non solidaires pour viser la sororité ? Entre repli, honte et coming out ? La “méchante” répond mieux aux exigences d’émancipation que la douce jeune fille enfermée dans un donjon ? Histoire que toutes les petites filles puissent se rêver en princesses, bien armées (prêtes à détester les hommes ?) À voir donc. Intrépides et recluses réconciliées. C'est quand même très ficelé comme marketing, et le féminisme serait ainsi bien étiqueté. Le dessin, bof. Sacré Disney !

Je préfère garder ceci, plutôt que la bataille politique des genres :

du plus où il y avait du moins, et du moins où il y avait du plus


Film Par kiwaïda at 03:37

25/11/2019

ℳαṧḉʊℓїᾔḯ⊥é ℘øṧї⊥ї♥ℯ

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Philosophie Par kiwaïda at 02:19

24/11/2019

ṔÅЇ✕

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Corolle (© Photographie Sonia Marques - 2015)

Violences

Seraient-elles, celles qui nous forcent à réfléchir, agir mal, copier, imiter, répéter, détruire, manifester, tuer, violer...

Violences

Elles sont arrivées, elles sont là, ne pas vouloir les voir, dénier, devenir complice, aller dans leurs sens, transmettre leurs demandes, militariser les opprimés et les envoyer en chair à canon, exécutantes du mal, les violences...

Violences


Conjugales, raciales, policières, syndicales, extrémistes, politiques, médiatiques, éducatives, internationales, historiques, écologiques, économiques, elles sont conjuguées...

Violences

Elles se trouvent n'exécuter que le mal. Ce qui surgit, des violences, ce sont des faits violents, dont on ne peut comprendre le mal.
Le mal est bien en amont des violences, il est premier, non pas qu'il commande et qu'il gagne, car le bien serait alors donné au même niveau, premier, comme toutes les vertus, à notre disposition, données, et les vices.
Ce sont les articulations qui sont défaillantes, articuler plutôt que gesticuler, mais lorsque tout se conjugue mal, comment articuler mieux, et bien mieux, puisque articuler bien est impossible dans ces manifestations de violences éparses ?

Resign

Dans ce concept de "Resign", je ne l'opposais pas au "design" mais la consonance m'intéressait. Lorsque l'on se trouve dans un contexte démissionnaire, resign, c'est démissionner, on perd la faculté d'agir, mais aussi d'articuler bien mieux.

On peut le faire, en tout état de cause, dans son coin, pour se protéger également. Le design a été une fabrique à production, de choses, et d'objets inutiles en plus, mais aussi une production d'idéologies. Celles-ci se posaient inconditionnellement du côté du bien. Ce qui distinguait le bon et le mauvais goût, en matière d'esthétique, mais aussi du penser "bien" à la mauvaise pensée, celle qui capitalise. La culpabilité a donc nourrit ces idéologies. Le design se devait d'être du côté des pauvres, jamais de la violence. Pourtant être du côté des pauvres, c'est être du côté des violences conjuguées.

Donc, dans mon concept de "Resign" c'était comment ne plus penser au design, tout en regardant l'état démissionnaire dans lequel nous étions. Un contexte très favorable aux violences, plutôt qui favorise la répétition des violences.

Je pense que l'effort serait dans celui de penser la répétition. Comment telle violence n'est-elle que répétition d'une autre, qui n'a pas été arrêtée.

Les limites

La question des frontières est celle des limites. Une personne violentée qui tente de dire N-O-N aux formes de violences dont elle est atteinte, et d'ailleurs qui tente, mais de quelque manière que ce soit, par son silence, par ses cris, par son inaction, par sa démission, par sa défense et ses mots, par ses appels à l'aide, mais qui reste sans être comprise et continue à subir des formes différentes de violences, cela veut dire que les limites de cette personne ne sont pas respectées, et, que ce soit une personne dynamique, joyeuse, handicapée, timide ou courageuse, tout cela n'a pas d'importance, au final. Ce qui la caractérise n'a pas d'importance, ce sont ses limites qui donnent un signal, aux formes violentes qui se répandent.

Le territoire

La question des frontières fait partie de la protection à un moment donné, dans une histoire donnée, du refus des violences, qu'elles soient intrusives et invasives.

On ne peut plus considérer ces questions à l'aune d'une histoire culpabilisante du passé. Il y a des formes de violences présentes, dans un pays à un moment "x" de son histoire. Comme il y a des formes de violences présentes, qu'une personne rencontre à un moment "x" de son histoire. Parfois elle se conjugue et se répète, parfois elle arrive soudainement et il faut la traiter, sans conjugaison avec un passé.

Il faut les regarder, non plus comme des formes conjuguées au contexte, si imbriquées et intimement mêlées, dans une confusion pleine, mais les regarder au moment "x".

Les violences non traitées, trainent, les années, les siècles, l'histoire. De façon très "pépère", on peut se régaler, et une politique très pépère prospèrera longtemps, et les violences, et leurs formes se diversifieront sans cesse, sous un couvercle, sous une omerta.

L'omerta promet le maintient de politiques qui génèrent des violences intrusives, dans tous le territoire, parce qu'elle sont devenues impossible à discerner dans la politique même.
Parce que les politiques installent une véritable charte et des codes moraux, ce sont des référents. Il devient impossible de briser la glace lorsque ces codes sont si rigidement prononcés et matraqués, surtout s'ils sont matraqués par des personnes qui les enfreignent, en toute impunité.

Il est complexe de situer, dans des institutions,  des responsables qui s'occupent de veiller ou prévenir, ou honorer la cause des égalités, entre les sexes, ou contre toutes formes de violences, ci ceux-ci et celles-ci, ont subit des violences mêmes au sein des ces institutions. Elles ne peuvent, ces nouvelles responsabilités que confirmer l'omerta.

Hormis, si un travail thérapeutique a favorisé une guérison. Résilier.

L'omerta est garantie, lorsque sont positionnés à des lieux du territoire stratège, des responsables, dans l'incapacité de résoudre un problème qui leur est donné, c'est-à-dire, le problème même, pour lequel, ils n'ont pas (encore) trouvé de solution tangible.

Lorsqu'une personne est ciblée par des violences de différentes formes, le lynchage peut se produire d'autant plus aisément, que les exécutants de formes de violence se sont positionnés, ou ont encerclé leur cible, pas de manière consciente, et c'est là où le stratège est violent, confirme au mal. Ces exécutants, de genre différents sont eux-même des personnes qui sont dans l'incapacité, dans le moment "x" de leur vie, de comprendre et résoudre le problème même de la violence instituée.

Les violences sont le résultat de ces rejets.

Le rejet, lorsque l'on rejette l'autre, c'est la limite, on rejette une partie de soi, que l'on ne veut pas voir. Ainsi les limites sont nos seules connaissances des situations problématiques.

Dans tout accès à la connaissance, il y a l'ignorance. Car on ne peut accéder à la connaissance qu'en acceptant d'être ignorant.

Une grande omerta, est plutôt le signe d'une volonté quasi absolue et collective de ne pas savoir, tout en se pensant sachant. C'est une résistance si forte qu'elle devient un bouclier conservateur. Parfois pour sauvegarder des traditions de violence, l'omettra, dans des familles est imposée, elle se transmet. Briser la glace nécessite d'être rejeté, d'accepter cette transformation, parfois salvatrice, parfois destructive, cela dépend du chemin.

Il existe des institutions qui se structurent comme des familles. Même si elles ne devaient pas induire le privé dans le public, la sphère professionnelle, elles se sont construites, dans leur histoire, avec leur famille. On peut aussi facilement observer que la notion de culture pour une élite s'est construite par des familles, et non par les cultures, cultivées, du terrain, du territoire où elles émergent. La fabrication "artificielle" d'une culture, décollée de son territoire, a eu pour effet de produire de l'insensé, c'est-à-dire de perdre le sens, et celui de la terre qui les a nourrit.

Phases de transit, ces instituons, même si elles souhaitent garder cet état d'aveuglement, sont dans l'obligation de changer, même si elles ne le voient pas. Tout change et se transforme.

Pour revenir aux violences, il y a des formes répétitives et le mal engendre le mal. Ces formes sont utilisées aussi pour véhiculer de nouvelles idéologies, de nouvelles politiques extrêmes. Dès qu'une manifestation d'une forme de violence est vue par un grand nombre, elle est utilisée, reprise, et répétée. Alors que, dans des situations moins visibles de formes de violences, moins visibles au grand nombre, la possibilité de mettre des limites, et que ces violences soient arrêtées est bien plus grande.

Ainsi, je pense que l'individu peut, avec des moyens limités, arrêter à son niveau des formes de violences, avec, un effort de discernement et d'interaction plus ou moins discret. L'agilité de l'esprit sensible peut sembler peut vendeur, puisque non récupérable, et non commercial, mais il a toujours été, dans les sociétés anciennes, celui qui faisait évoluer celles-ci sans dommages collatéraux. La recherche ne peut être menée que lorsque l'on est loin, ou à distance des agitations et des violences pré-existantes ou qui surviennent, toujours par surprise. La capacité de retrait est la porté de tous, même dans une société où l'on demande toujours plus. Sans attendre de bénéficier d'une étiquette de chercheur, nous pouvons chacun, chacune, être en quête de la paix.


Philosophie Par kiwaïda at 17:42

20/11/2019

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Madrigal ©  Annael Anelia Pavlova (2015)

"L’Aventure, l’Ennui et le Sérieux sont trois manières dissemblables de considérer le temps. Ce qui est vécu, et passionnément espéré dans l’aventure, c’est le surgissement de l’avenir. L’ennui, par contre, est vécu plutôt au présent : certes l’ennui se réduit souvent à la crainte de s’ennuyer, et cette appréhension, qui fait tout notre ennui, est incontestablement braquée vers le futur ; néanmoins le temps privilégié de l’ennui est bien ce présent de l’expectative qu’un avenir trop éloigné, trop impatiemment attendu a vidé par avance de toute sa valeur : dans cette maladie l’avenir déprécie rétroactivement l’heure présente, alors qu’il devrait l’éclairer de sa lumière. Quant au sérieux, il est une certaine façon raisonnable et générale non pas de vivre le temps, mais de l’envisager dans son ensemble, de prendre en considération la plus longue durée possible. C’est assez dire que si l’aventure se place surtout au point de vue de l’instant, l’ennui et le sérieux considèrent le devenir surtout comme intervalle : c’est le commencement qui est aventureux, mais c’est la continuation qui est, selon les cas, sérieuse ou ennuyeuse. Il s’ensuit naturellement que l’aventure n’est jamais « sérieuse » et qu’elle est à fortiori recherchée comme un antidote de l’ennui. Dans le désert informe, dans l’éternité boursouflée de l’ennui, l’aventure circonscrit ses oasis enchantées et ses jardins clos ; mais elle oppose aussi à la durée totale du sérieux le principe de l’instant. Redevenir sérieux, n’est-ce pas quitter pour la prose amorphe de la vie quotidienne ces épisodes intenses, ces condensations de durée qui forment le laps de temps aventureux ?"

Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, [1963]

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La destinée est du côté de la créativité. La contemplation : vivre une aventure. Dans ce qu'il y a de plus aventureux, ce qui a été une aventure, n'est plus, elle est esthétique, mais ne se vit plus. Alors que vivre l'aventure, ce rapport au temps, est celui de l'imprévisible. Dans ma façon de vivre les évènements, la lucidité, si elle est clarté, pour moi, elle se vit dans l'obscurité et dans l'invisible. C'est une aventure quotidienne que de penser et voir à travers le visible. C'est comme lire les astres. Les étoiles se configurent sans arrêt et l'aventure a un rapport, pour moi à la contemplation. Ainsi, je ne pouvais définir ce que j'invente qu'à travers des phénomènes. La phénoménologie m'intéressait, et dans celui du disparaissant ou de l'apparaissant, je retrouvais un peu, dans ce côté existentiel, ce que Jankélévitch a apporté à travers toutes son œuvre philosophique. Il a été marginalisé, si l'on considère les troupeaux de philosophes les plus lus. Pourtant c'est à travers sa pensée, que je me suis fait un chemin, car elle file si vite que j'ai pu partir à l'aventure en tirant des fils. Concernant le mal, il exprimait bien et assez longuement ses écrits sur ce thème : "Le mal, être insaisissable, intermittent et fugace comme l'intention même qui l'habite, le mal survient sans se faire annoncer, puis disparaît sans laisser de traces , le mal s'approche, s'éloigne, revient , absence présente, il n'a l'air mauvais que de loin, en gros ou dans sa démarche , vu de près et en détail, il est en somme plutôt sympathique , immobilisé dans sa morphologie statique et hypostasiée dans sa structure actuelle, il prend l'air innocent et il apparaît comme un hôte de bonne compagnie. Les stigmates de la méchanceté ne sont pas toujours visibles sur le visage bonasse du bourreau." Cela est éloigné de cette aventure, ce madrigal, dont cet article initiait une trame de pensée, et pourtant, dans mon aventure, ou mes aventures, différentes, il m'est arrivé d'arriver à la morale. Alors que je n'y accordais pas une pensée déterminée. C'est dans un chemin plutôt contemplatif, qu'est arrivé cette morale, car mon chemin fut interrompu. Si ce phénomène demeure insaisissable, sa cartographie dans mon présent, a pu dessiner des points de réflexions qui rejoignaient l'histoire et les histoires de nos sociétés guerrières. La résistance arrive, quand cette aventure est interrompue, si l'on se pose comme aventureuse et non comme l'aventurier qui en fait sa carrière, qui forclôt sa vie comme dans un film d'Indiana Jones. Alors j'ajouterai cette citation qui m'a éloignée de mes aventures, toujours du philosophe Jankélévitch, car elle résonne dans cette interruption : "Si on n’aboutit pas à la morale, ce n’est pas la peine de se réunir ni d’en parler, ni de chanter les louanges de quelqu’un. La morale est donc inséparable du refus, du non, N-O-N, de ces trois lettres. (…) Dans l’ensemble, le langage courant le confirme, la morale, d’accord avec la Résistance, consiste à dire non" Et dans une aventure qui se vit, il se peut qu'un point de rupture arrive, car le consentement n'est pas de mise, ni partagé, et que l'aventure se transforme en mésaventure. Ainsi, ma rencontre avec la résistance et le savoir dire N O N, fut une rencontre avec la morale, dans ce qu'il y a de plus philosophique. Si l'aventureuse est amoureuse, elle ne se souvient ni du premier baiser, ni ne pense au dernier, elle embrasse sa vie comme une aventure, où tout est possible. La créativité serait, dans ce cas, une suite intuitive d'émotions, lunaires, où l'écoute, bien plus que le "voir" et toute cette pulsion scopique du désespoir que l'on a en permanence devant nous, des médias, serait un accès, à cet invisible, toujours au plus profond, et donc, très éloigné du dire aussi, quasi muet. Comment écouter un muet, une muette, je pense aux lapins qui semblent ne pas avoir d'émissions sonores ou si peu, pourtant on peut être à l'écoute, et pourtant cela ne peut être considéré comme une musique ou une mélodie, ou même des cris d'animaux. Dans un silence, je ne peux qu'écouter, car cet instant aventureux me fait pénétrer dans une autre dimension, que je perçois beaucoup mieux que n'importe qu'elle rumeur. Ainsi vont les nuits, ainsi la connexions aux étoiles peut d'aventure filer entre mes cils.

Philosophie Par kiwaïda at 03:03

19/11/2019

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Mais oui mais c'est bien sûr !

EUREKA !

KIWAïDA !

Salut les gars ! Vous me reconnaissez ?

Un bizou sivouplé !

Un bijou ! Nom de nom d'un crabe !

Ça scrabouille, ça gribouillait déjà :

Poissons, écrevisses et crabes de diverses couleurs et figures extraordinaires que
l'on trouve autour des îles Moluques et sur les côtes des terres australes [...]
(Amsterdam)

1719

faune: thon faune: torpille faune: crabe faune: crevette
de avibus et piscibus. Traité des oiseaux et poissons
auteur : non identifié
1330 ?-1340 ?

Mon yéti crab, ma fabuleuse invention, ma kiwaïda...

Nous voici bien vernies !

Crabes vrais • crabes bleus • crabes violonistes • panier de crabes • soupe de crabes

-Crabe araignée • Crabe bleu • Crabe vert • Nébuleuse du Crabe • crabe appelant • crabe bleu • crabe chinois • crabe de moule • crabe des Sargasses • crabe des cocotiers • crabe des rochers • crabe enragé • crabe farci • crabe honteux • crabe marbré • crabe royal du kamchatka • crabe terrestre • crabe à signaux • en crabe • marcher en crabe • panier de crabe • sacculine du crabe • vieux crabe

-Debout les crabes, la mer monte !


-Crabe (homonymie) • Crabe bleu • Crabe chinois • Crabe de cocotier • Crabe de tête • Crabe flèche • Crabe rouge • Crabe royal • Crabe royal du Kamtchatka • Crabe violoniste • Crise du crabe • En crabe • Fabia (crabe) • Guerre du crabe • La Confrérie du crabe • Le Crabe aux pinces d'or • Le Crabe aux pinces d'or (film, 1947) • Le Crabe sur la banquette arrière • Le Crabe-tambour • Le Crabe-tambour (film) • Le Crabe-tambour (roman) • Nébuleuse du Crabe • Tourteau (crabe) • Un crabe dans la tête • Île Crabe

Crabe est un nom vernaculaire ambigu utilisé en français pour désigner de nombreuses espèces de crustacés décapodes, pour la plupart comestibles. On distingue deux infra-ordres de crabes, en fonction des caractéristiques de leur abdomen : les Brachyura, ou vrais crabes, et les Paguroidea (crabes de cocotier, crabes royaux). Cependant toutes les espèces de ces infra-ordres ne sont pas spontanément qualifiées de crabe, par exemple les espèces appelées araignées de mer parmi les Brachyura ou les pagures, autrement appelé bernard l'hermite, parmi les Paguroidea.

Et aussi les crabes de mangrove (Goniopsis) ou les crabes nageurs...

Description La plupart des crabes sont marins, mais il existe quelques crabes d'eau douce et des crabes terrestres dont des crabes arboricoles. Ils disposent tous de cinq paires de pattes dont la première est modifiée pour former une paire de pinces. Certaines espèces sont toxiques spécialement les crabes très colorés du groupe des Xanthidae. Un crabe marin à carapace blanche (Demania toxica), que l'on rencontre aux îles Cook, est considéré comme le plus vénéneux des animaux marins.

Culture

Symbolique

Alors que le crabe est considéré durant l'Antiquité comme animal protecteur, sa réputation change au Moyen Âge, comme celle de l'ensemble des créatures marines. Il est même devenu maléfique, symbole des monstres marins marcheurs ; ce rejet est sûrement aggravé par ses habitudes nécrophages. Au contraire, en Asie, les espèces du genre Dorippe, sur la carapace desquelles on distingue un visage humain, sont très recherchées car, selon la légende, ils contiennent l'âme de guerriers défunts. Cancer vient du nom grec du crabe. Ce nom choisi pour la maladie de cancer témoigne qu'en Occident la symbolique liée à cet animal est plutôt négative. C'est aussi le nom d'une constellation et l'un des 12 signes astrologiques. Terminologie Le terme crabe proviendrait soit du néerlandais crabbe (krab en néerlandais moderne), via le picard et le wallon, soit du vieux norrois krabbi, via le normand. Ces décapodes ont donné naissance à plusieurs expressions en français. L'expression un panier de crabes désigne un groupe de personne collaborant mais en se nuisant les uns les autres. Cette expression est apparue en France au milieu du XXe siècle L'expression marcher en crabe signifie se déplacer de côté.

se déplacer de côté

afin d'éviter le panier de crabes...

ermitage programmé...

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Art Par kiwaïda at 01:47

18/11/2019

ᗩFᖇ〇Fᕰ☂ᑌᖇᓰᔕᗰ

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Rihanna, as an otherworldly warrior queen, in the September issue of W magazine.Credit...Steven Klein; styled by Edward Enninful

16 artistes sélectionnés pour la première résidence au Black Rock Sénégal


Art Par kiwaïda at 19:02

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https://journals.openedition.org/insitu/10303

Pour aller plus loin :

La fabrication du Patrimoine : l’exemple de Gorée (Sénégal)
Hamady Bocoum et Bernard Toulier

Résumé

L’île de Gorée est aujourd’hui un des symboles emblématiques de la mémoire de la traite atlantique. Dès la période coloniale, une « maison des esclaves » est proposée pour l’accueil des touristes et le « centre historique » de l’île protégé au titre des monuments historiques et des sites avec l’ouverture d’un musée historique de l’Afrique occidentale française. À partir de l’indépendance, l’État du Sénégal prend le relais. Le discours patrimonial national rejoint la demande de connaissance sur les « racines » de la diaspora noire des afro-descendants : le site est mis sur la liste du patrimoine mondial en 1978, un projet de mémorial est lancé sous l’égide de l’UNESCO et une campagne internationale de sauvegarde est initiée par l’organisation internationale. Mais seule une réplique, dont l’impact négatif est évident, a été édifiée sur l’île. Aujourd’hui, on assiste à une surenchère de cette construction de la mémoire et du patrimoine à travers le projet d’édification d’un nouveau « mémorial de Gorée » sur le site des Amaldies à Dakar. Au-delà du discours du célèbre conservateur du musée de la Maison des esclaves, Boubacar Joseph Ndiaye, aujourd’hui décédé, ne faut-il pas reconvertir l’ensemble des musées de l’île pour accompagner cette transmission de la mémoire et cette demande d’« histoire » ?


Enseignement Par kiwaïda at 18:36

ṧαʊṽ℮ℊαя∂ℯ ⅾ℮﹩ ρ☺η☂ṧ

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Mirepoix-sur-Tarn est sous le choc. Le pont suspendu qui permet de rentrer et sortir de cette commune au nord de Toulouse, s'est effondré ce lundi matin aux alentours de 8 heures. Un camion et une voiture sont tombés dans le Tarn. A l’entrée du pont, un panneau surplombait la chaussée indiquant « danger, un seul poids lourd sur le pont ».






Sauvegarder les ponts, sauvegarder les liens, plus de poids lourds, entretenir les ponts, soigner les liens, plus de poids lourds.
Et plus de lourdingues.

Philosophie Par kiwaïda at 13:46

16/11/2019

Åℳi∃

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Où êtes-vous chère amie ?

Chère âme ?

Nous vous avions rencontrée cet été 2014. Une chatte claire, avec une petite queue. À chaque fois, dans ce jardins des Hespérides, vous vous présentiez à nous. Cachée, à l'abri, dans un buisson, vous sortiez venir nous voir et vous blottir de nouveau sur nous, dans nos habits. Nous étions ces ignorants, d'instinct reconnaissants, nous vous apportions chaleur. Aviez-vous besoin de nous ? Non. Nous avions besoin de vous, à ce moment. Nous avions trouvé chaleureux vos salutations bien plus distinguées, que celles que nous recevions. Les êtres humains, vous saviez leur insensibilité. Vous vous cachiez. Nous êtres humains, nous ne savions pas que vous étiez pleine. Nous pensions que vous étiez abandonnée, et si domestiquée. Mais non. Vous preniez nos cuisses comme de confortables divans, nous étions un peu paralysés, sans vouloir vous déranger. Nous attendions votre sieste se terminer.

Quelles joies, vous nous aviez là données. Pas de ces joies pétillantes, mais celles aussi pleines d'interrogations. Alors nous avions décidé de vous protéger. À notre manière et si peu de fois, nous le faisions. Vous aviez besoin de repos, vous étiez sans arrêt fatiguée, vous dormiez. Vous sembliez si apaisée. Vous nous aviez beaucoup apaisés. Les êtres humains ne sont pas apaisés, ils cherchent des peluches, des canapés, et des papiers toilettes. Ils cherchent des coupables. L'été se terminait, nous vous avions perdue de vue. L'automne, nous avons trouvé un chaton fier parcourir, les remparts, une petite queue, comme la vôtre.

Vous étiez pleine de grâce et de vie. Par vous, les plus petits arriveraient, sans dire à personne qui vous étiez. Personne ne sera plus qui vous êtes, vous avez disparue.

Amie, chère âme disparue, pourquoi ce sobriquet m'était venu : Nougat.

Vous étiez mère et femelle de nombre de chatons qui portent votre marque.

À présent, nous le savons, nous ne vous ignorons plus. Nous avons pensé à vous.

La phase de l'ignorance, l'artiste exprime avec ses mains, ses pensées qui les dirigent, ce qu'il ne peut dire. Pourquoi des extraterrestres sont-ils arrivés ?

Ils étaient tendus, la tête haute, ils nous regardaient, avec de si grandes oreilles, ils nous entendaient, mais ils étaient murés dans le silence.

Était-ce des femmes ? Des hommes ?

Des enfants nés. Eux-aussi, par quelle mère ?

La création, la terre.

Le masque de la peinture vous a protégé, ainsi personne ne saurait qui vous a créé.

Le monde passerait son temps à chercher d'où venez-vous.

Les religions apporteraient un soutien, une ruine, la philosophie, un costume vénérable et inaccessible.

Et vous chère amie, chère âme, vous avec cette connaissance, depuis là où vous êtes.

Permettez-moi, de vous remercier.

Photographies et volumes © Sonia Marques

Philosophie Par kiwaïda at 22:34

14/11/2019

Ḻ ∀м◎üґ ∃ṧт Åü Ðεṧ﹩üṧ Ðε ℒ@ Fḯ℮ґ☂é

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Musique Par kiwaïda at 00:45

13/11/2019

À ʟ❝é¢øʊт℮ ∂ℯṧ øiṧ℮αü✖

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Philosophie Par kiwaïda at 20:26

10/11/2019

ṲИ€ F€ℳℳℰ ḠÉИiѦℒ€

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Spectacle/ Danse/ Théâtre



Conçu et interprété par La Ribot (née en 1962 à Madrid) avec la danseuse et chorégraphe française Mathilde Monnier, GUSTAVIA (née en 1959 à Mulhouse), 2008, a été décrit comme un « duo burlesque », mais il y a bien plus que cela. Des appareils burlesques y sont certes convoqués – un épisode de slapstick, par exemple, comprenant des chutes, des collisions et de quelques« lattes en bois » faits de mousse. Il y a aussi un drôle de « striptease » dans lequel Monnier et La Ribot dénudent à plusieurs reprises leurs genoux seulement. Pourtant, si la principale caractéristique du burlesque est de malmener le sérieux, Gustavia va dans le sens contraire. Éloignant ses artifices comiques en recourant à de longues répétitions et via d’autres stratégies, cela peut devenir intrigant, abrasif et même énervant à regarder. Un programme important est en jeu : Gustavia offre une critique féministe complexe aux demandes faites aux femmes de « jouer » leur genre de façon satisfaisante – à la fois au théâtre et dans la vie de tous les jours.

Grâce à leurs costumes de danse noirs identiques, leurs formes fines et leur teint pâle, Monnier et La Ribot ressemblent à des jumelles. Certains critiques les ont prises pour le double portrait de Gustavia, confondant l’héroïne et l’œuvre. « Gustavia » pourrait néanmoins être conçu comme un nom générique, plutôt qu’une identité féminine spécifique, la relation entre les deux protagonistes étant par ailleurs très changeante. Elles se tiennent comme des jumelles, des doubles, des divas en compétition, un duo comique – et lorsque La Ribot se met en action avec les lattes en polystyrène, frappant à plusieurs reprises Monnier, elles se muent en étrangères, ignorant vraisemblablement la présence de l’autre.

La dernière section de Gustavia voit Monnier et La Ribot donner un long duologue fait de phrases commençant toutes par les mots « Une femme… ». Certaines déclarations sont banales (« Une femme ferme sa porte avec une clé ») tandis que d’autre possèdent une dimension absurde (« une femme a trois seins »), mais elles exploitent toutes l’ambiguïté du fait qu’elles décrivent soit une femme en particulier soit qu’il s’agit d’une affirmation normative sur les femmes en général. Cette section est d’une drôlerie certaine, bien qu’elle là aussi implique un certain sérieux : que la performance de la féminité engendre un continuum de demandes sans fin et sont souvent sottes, conflictuelles ou simplement impossibles à accomplir. Sondant les états d’esprit lugubres et des problèmes de politique de genre aigus, l’œuvre collaborative Gustavia est peut-être le message le plus sombre en date de La Ribot.


Mathilde Monnier dit dans une interview (Elle mag) :

Chez nous, on ne parlait jamais d’art

  Je viens d’un milieu où ce métier-là n’était pas tenu en très haute estime. Une famille alsacienne un peu serrée, cinq enfants habillés pareil. Chez nous, on ne parlait jamais d’art. Mon père écoutait juste un peu de musique classique le soir avec son whisky. Le théâtre, on ne savait pas ce que c’était. La danse, j’en parle même pas !  Ah, si, ma mère disait souvent : « Les danseuses de l’Opéra de Paris, ce sont des filles de concierge. » Vous voyez l’ambiance. Je me suis extirpée de là grâce à la création. Quand je dansais, il y avait juste mon corps et la musique, je me sentais comme dépouillée, mais, en même temps, libérée de tous les carcans.


Un jour, je suis passée au CCS (Centre Culturel Suisse) par hasard, avec mon amoureux, notre train pour Limoges était quelques heures après. C'était l'été qui débutait, année 2013. La porte était ouverte et l'artiste La Ribot exposait et donnait une conférence. Nous ne le savions pas, quelques invités, journalistes informés, artistes, chorégraphes. C'est là que j'ai vu pour la dernière fois Nathalie Magnan, tacticienne des médias, professeure, elle m'a reconnue, elle est venue me voir et m'a demandé que l'on parle, s'asseoir près d'un arbre dans la cour.

Nous venions de voir l'exposition Despliegue, de cette espagnole incroyable.

Despliegue montre l’artiste en train d’errer dans un petit espace du studio, « peignant » le sol avec les divers éléments que l’on trouve dans les Pièces distinguées. La robe vert menthe à froufrous de Oh! Compositione, 1997 y apparaît, suivie du harnachement de cheval écarlate de Another Bloody Mary, 2000. Un miroir reflétant le plafond du studio, et des écrans plats rejouant la vidéo Pa amb tomàquet, 2000, placés au sol ajoutent une complexité à la composition multicolore des propriétés de l’espace. Construisant son tableau néobaroque, La Ribot récapitule les gestes clé des Pièces distinguées, leurs poses et leurs variations.

La performance a été filmée sans interruption du début à la fin grâce à deux caméras : la première attachée au plafond, à peu près cinq mètres au-dessus du sol et la seconde tenue à la main par La Ribot. L’installation prévoit que la vue d’en haut soit projetée sur le sol de la galerie alors que les plans tournés avec la caméra portée soient diffusés sur un moniteur proche. L’attention des spectateurs est partagée entre une vue à vol d’oiseau et une perspective très dissemblable, que l’artiste relie aux « yeux du corps ». Ce point de vue penché, tournant à gauche ou à droite, ignorant la gravité, fait parfois écho au regard de la personne tenant la caméra (regardant le livre qu’elle lit par exemple) alors qu’à d’autres moments il objectifie son corps, s’introduisant dans son « espace défendable » – avec un irrespect carnavalesque.

Despliegue déploie une grandeur somptueuse, bizarre, et un plaisir visuel à partir d’une sélection éclectique d’objets de tous les jours et d’un répertoire excentrique d’actions physiques. L’œuvre compile environ dix ans d’expérimentations au-delà des frontières de la danse, de l’art de la performance et de l’installation en un cycle de quarante-cinq minutes. Ce parcours se déploie dans la fragmentation, la désorientation et la déstabilisation, allant jusqu’à bousculer l’œuvre même de l’artiste.

Maria Ribot dite La Ribot, née le 19 juillet 1962 à Madrid en Espagne, performeuse, danseuse et chorégraphe suisso-espagnole de danse contemporaine, metteuse en scène, réalisatrice, artiste-vidéaste et enseignante. Elle me faisait penser au côté de ma famille maternelle, ma mère et ma grand-mère, dès qu'elle est passée devant moi pour exprimer son stress, sa joie, en même temps son impatience, son agacement, tout en même temps, d'une furieuse envie d'en découdre avec la vie et l'art. Elles ont cela dans le sang, elles sont passionnées, de belles femmes, de fortes têtes. Son expo. Géniale ! J'enseignais à l'école nationale d'art de Limoges, depuis 3 années, tant de projets, tant de forces discrètes. J'ai acheté plus tard le DVD "Gustavia" afin de le montrer aux étudiants, à mes frais donc, comme toujours. J'ai cherché une salle pour le projeter, impossible dans l'amphithéâtre, le grand, pour les grands, comme toujours, quelqu'un m'avait déjà pris ma place réservée. Avec un petit groupe d'étudiantes et d'étudiants de 4e et 5e année et de 3e année en art, nous avons arpenté les salles, moi avec mon DVD en main. Ils et elles ne savaient pas ce que j'allais montrer. Nous avons trouvé une petite salle, avec une vidéoprojection, rien ne fonctionnait, dans toutes nos déambulations, nous étions exactement comme dans Gustavia. Ils et elles m'ont vu monter sur les tables, afin de piloter le vidéoprojecteur, dont il manquait la télécommande, une chaise sur une table, très dangereux. Tous mes gestes étaient chorégraphiques. Les étudiants ne bougeaient pas, des pierres, aucun n'est venu m'aider, c'était comme un spectacle. Les étudiants voyant qu'une professeure n'a pas les outils à sa disposition et doit aller les chercher, pensent que ce n'est pas une personne soutenue par l'école, et, ils et elles se disent, si je reste, je n'aurai pas de crédit à la fin de l'année avec ce cours, donc, ils et elles restent, mais assis en manteau, comme s'ils allaient quitter la salle à tout moment. Je n'ai jamais eu peur, car aucun étudiant ne quittait la salle de mes cours. J'avais confiance en mon enseignement. Il n'a pas changé depuis ces petits élèves en banlieue, dans le 93, avec leurs manteaux qui jetaient des ciseaux aux animateurs en arts plastiques. Les arts plastiques, ce n'est jamais très bien accueilli ici, ni déjà à l’œuvre dans les familles. Être en manteau, être sur la partance. J'étais comme eux professeure, toujours dans les réunions, en manteau sur la partance. On me surveillait. J'ai reçu des courriers qui mentionnaient à quelle heure je me levais d'une réunion (11H30) afin d'espérer que je puisse enfin avoir "une faute professionnelle" dans mon dossier administratif, quand tous les professeurs étaient déjà dehors à fumer leurs clopes. On regardait si je revenais des toilettes, au cas où, si j'avais trouvé une sortie et si je m'étais évadée avant les 5 minutes de la fin de la réunion, pendant laquelle, personne n'avait le droit de parler. Je découvrais le monde syndicaliste. Certains professeurs, des hommes, en nombre avaient une écharpe rouge. Je ne connaissais pas l'importance de ce signe. "Tu" pouvais "te" lever des réunions à tous moments si "tu" portais une écharpe rouge et même déjeuner au restaurant américain McDonald's, sans que ce soit une injure au FoodTruck bio (ces camions-restaurants qui remplacent à présent les cantines pour les écoles) Et le tutoiement était obligatoire, camarade. Moi je vouvoyais, sans louvoyer. La directrice ne voulait pas que je la nomme, La directrice, mais par son petit prénom. Je n'ai jamais réussi, surtout en lisant les courriers que j'ai reçus, avec sa signature. Ils étaient bien signés de Madame La directrice, pas de son petit prénom. Il y avait le tampon du ministère de la culture, c'était très sérieux : Je constate qu'à la réunion X vous vous êtes levée sans explication à 11H30, vous êtes redevable d'une amende qui va vous coûter très cher, et si vous ne répondez pas (à mes avances) vous serez convoquée à un procès, dont vous supporterez les frais, ils vont augmenter, sans cesse. Je constate que vous ne vous êtes pas exécutée, dans les 24H, vous êtes en situation de faute professionnelle.

Rien que ça ! Bing un tampon du ministère, une photocopie un peu tiède et c'est bon, un petit logo rigolo du professeur graphiste, avec un arc-en-ciel en haut, histoire que le contenu de la lettre conjure avec la ligne graphique "créative" du choix de la direction, et hop ! Je suis devenue le loup à abattre. Waou ! Pire, une louve. J'ai cherché partout si j'avais une écharpe rouge, non, rose oui, verte, bleue, avec des motifs, violette, bordeaux, crème, pourtant, elles sont belles mes écharpes. Puis je me suis mise à créer des foulards en satin, de beaux foulards, remarquables (La vérité) mais fabriqués à Londres, oui parce qu'ici, "tu" peux pas.

Puis, une régisseuse est entrée, nous disant que nous n'avions pas réservé cette salle, elle n'était pas réservée, ni utilisée, alors nous ne pouvions pas faire cours dedans. C'est paradoxal, mais c'est la règle. Nous lui expliquions un peu tout, dans tous les sens, l'heure filait, on venait de se faire virer de l'amphi. Je suis professeure tout de même, j'ai un peu le droit de donner un cours programmé pour les étudiants que j'encadre, pouvais-je dire si discrètement et avec diplomatie. Mais il ne fallait pas trop le dire haut et fort, sinon, la salle resterait fermée et vide, alors il fallait que j'explique bien ce que j'allais montrer. La régisseusse semblait regretter, que lorsqu'elle était étudiante, dans cette école, elle n'avait pas pu avoir accès à de tels objets d'études et de culture, alors elle devenait plus sèche, et en même temps, elle se disait, quelle chance ! Même si plus tard, une rumeur courrait, selon laquelle,  je n'enseignais pas ce que je devais enseigner, c'est-à-dire, rien. Puisqu'il n'y avait personne, pouvait-on s'asseoir dans cette salle et regarder un film artistique de deux femmes magnifiques ? Elle nous dit, que la veille, il y a eu une formation pour les administratifs, et rien n'a été remis, donc c'est pour cela, qu'on ne trouve plus la télécommande, et que le son, rien n'est pas branché. Elle nous a fait venir le responsable. Le temps qu'il vienne, je remonte sur ma chaise, elle était toujours sur la table et je repilotais le vidéoprojecteur. Un étudiant arrive en retard, mais avec toutes les péripéties, il nous a cherché dans toute l'école, il s’assoit épuisé, c'est le seul étudiant noir de l'école, il fait de la peinture, j'aime son procédé et sa réflexion sur les codes, les tableaux de maîtres et les modèles noirs d'hommes et de femmes, et de nus qu'il peint en très grands formats dans l'école, cela gène. Il s'installe avec un sac de courses de supermarché, il arrive plus tard, car il travaille avec des jeunes, il donne des cours d'arts plastiques, la boucle est bouclée. Il y a la fille d'une critique d'art renommée, la seule qui lèvera la main lorsque je poserai la question de qui connait Mathilde Monnier ou La Ribot ? Mais elle n'a jamais vu de spectacle et ne connait pas Gustavia. Elle dit connaître un peu ce qu'est la danse contemporaine, il faut qu'elle se démarque un peu, sa mère est très connue du milieu, et elle a déjà été sélectionnée dans plusieurs écoles d'art. Elle a déjà un petit copain en design, qui espère ainsi être connu, en sortant avec elle. Plus tard, sans expérience aucune, il sera fier de devenir professeur dans cette école, au sortir de son diplôme. Par contre, sa copine devra partir, et n'ira pas au niveau supérieur, on a beau avoir de la famille dans le milieu, c'est le même statut qu'ont toutes les étudiantes, dans les écoles d'art, elles ne sont pas soutenues.

Personne dans la salle n'a jamais vu de spectacle de danse contemporaine, ni même des femmes à 50 ans ainsi performer. Elles sont musclées, belles, élégantes, clowns, inventives. Une étudiante réalise des volumes, je pensais aussi à elle, car dans Gustavia, les femmes déplacent des volumes sans arrêt. Dans la salle il y a le chouchou des professeurs en art, c'est toujours un garçon, pas encore un homme, il ne le sait pas, mais nous savons tous qu'il aura les félicitations à son diplôme, c'est ainsi que les écoles d'art se structurent, même s'il est installé à côté d'au moins 5 étudiantes meilleures que lui, c'est lui que les professeurs ont choisi, pour leur filiation, et les secrétaires de l'administration, il est très bien suivi, il porte tout le poids des enseignements, qui retardent. Il voudrait être artisan, mais il est poussé à être artiste. Il est très mal à l'aise. Il ne comprend pas pourquoi le livret de l'étudiant de cette école date d'il y a 2 ans. Il le dit tout fort avant que l'on commence. Malheureusement je ne puis rien y faire, de mon côté tout fut déjà prêt pour publication, ce n'est pas à moi qu'il faut demander pourquoi cela bloque. Là je débloque le vidéoprojecteur. Mais il ne le dira jamais aux autres professeurs, ni même lorsqu'il sera élu représentant des autres étudiants, sinon, il n'obtiendra plus la confiance de toute l'école et ne sera pas soutenu lors de son passage au diplôme, il faut tenir le rôle et ne pas déroger aux privilèges patriarcaux. Il est sympathique, je comprends sa situation, il sera plus libre après, s'il devient adulte. Il sort avec une étudiante, elle a peur de toutes les femmes professeures, alors elle les évite et reste scotchée à son copain, au moins, lui, il est bien vu. Nous sommes là pour voir une création. Je présente un peu ces femmes, au passage, je leurs dit que j'ai été danseuse contemporaine, ils ne savent rien de moi, ils ne se renseignent pas sur les femmes professeures artistes, ils pensent que je suis celle qui doit leur apprendre à éclaircir ou effacer une image ou publier un dessin, ce que j'ai fait avec brio. Oui, j'efface et j’éclaircis, tout est dit. Le responsable régisseur arrive, il est plus grand, plus fort que la régisseuse, elle qui est plus diplômée que lui, elle est soumise à ce responsable, il a d'énormes responsabilités, son travail c'est le plus important de toute l'école, il peut virer qui il veut. Nous n'avons plus besoin de lui, nous commençons la projection tardivement. Ils sont assis sur des chaises dures et ce qu'ils voient est inattendu, saugrenu, ils sont complètement désorientés, ils n'ont jamais vu cela. C'est trop long pour eux, cela ne se consomme pas comme d'habitude. La projection terminée, leur ventre gargouille, le mien aussi, déjà 13H après nos échanges, les jeunes hommes sont complètement abasourdis, ils ne savent pas comment accepter que cela existe, qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire de ce truc ? Le jeune homme qui revenait de ses courses et donne des cours d'arts plastiques, médite et dit que cela lui donne beaucoup de matière à réflexion. Les jeunes femmes sont excitées comme des puces, l'une veut montrer qu'elle savait qu'il y a des choses formidables dans le domaine de la danse, sa mère le lui a dit, une autre qui réalise des volumes est épatée et même en colère, personne ne lui a jamais montré qu'on pouvait faire cela. Une autre est très timide et a l'impression que j'ai montré quelque chose d'interdit, elle ne sait pas si elle doit me dénoncer. Alors que cette même étudiante est plutôt sous emprise de professeurs pas très nets, qui n'arrêtent pas de lui dire qu'elle n'est pas capable de créer mais plus d'écrire, ce qui les amènent à penser, qu'elle n'est pas faite pour l'art... J'ai entendu la coordinatrice de la culture générale dire cela à son attention, de la plus intelligente, curieux, non ? Son travail artistique est doux, féérique, silencieux. Les danseuses sont vieilles, artistes bien plus dynamiques que ces jeunes étudiants, parfois brutales, elles nous réveillent, elles ont une expérience, et moi, je ne suis que celle qui transmet, je leurs montre à mon tour, je sais que c'est très important de "savoir". Plus vieille aussi, je me dis que peut-être, ils et elles sauront à leurs tour prendre des risques, être autonomes, oser, ne pas avoir peur, dépasser les obstacles, devenir fiers de leurs gestes, de leurs corps, de leurs voix. Je n'ai pas pu les emmener à Paris voir l'exposition de La Ribot, je n'ai pas pu les emmener rencontrer d'autres artistes que je connaissais, mais j'ai fait ce que j'ai pu, là à Limoges. Puis ensemble, elles sont allées, ensemble, elles sont parties, ils et elles ont travaillé sur d'autres formes, ils et elles ont fait des recherches. Ils et elles ont fondé leur studio de création, avec ces souvenirs d'enseignements, mon pilotage, génial ! Je n'ai plus de nouvelles d'aucun des ces étudiants. Jamais je ne leurs ai confié les difficultés dans lesquelles je me trouvais à enseigner, afin qu'ils et elles continuent de se concentrer dans leurs études. La propagande, ce n'est pas pour moi.

Plus tard je rencontrais Claudia Triozzi, danseuse, chorégraphe et plasticienne, italienne à l'école d'art de Bourges, lorsque j'y ai enseigné. Malgré sa notoriété, elle n'avait pas beaucoup l'occasion de s'exprimer lors des réunions, tout ce qu'elle apportait était juste. Elle attendait de partir de cette école, la parole des femmes était verrouillée. Pourtant, c'est bien la seule école, où j'ai vu autant de femmes féministes énoncer fièrement qu'elles l'étaient et que leurs cours et leurs contenus avaient une portée nationale voire internationale. Simples voisinages. Et finalement est-ce cela vraiment efficient ? Non. Pas une seule d'entre nous, lorsque nous étions en difficulté, n'était défendue par une autre, par un autre. Pleurer, c'est tout ce que l'on veut. Comment ces écoles d'art en sont-elles venues à rejeter les artistes femmes et les théoriciennes ? Comment se fait-il que l'on ne parvienne plus, en France à enseigner. Les femmes ne sont pas solidaires tout simplement et les hommes pas solidaires non plus, personne n'est solidaire, les hommes se taisent, on ne les entend jamais sur ces questions, c'est comme si la vie et l'art ne les concernaient pas. Ils gardent jalousement leurs privilèges, ils se font petits comme de tous petits garçons, ils préfèrent être maltraités ainsi, en tant que petits et non pas adultes. L'infantilisation est totale et partagée. Tout le monde est triste et tout le monde se plaint. On a bien lu, ces temps-ci qu'il y avait un sérieux problèmes dans les ressources humaines du ministère de la culture depuis des dizaines d'années et que rien n'est encore analysé, c'est systémique, c'est d'une perversité hallucinante à un haut niveau. C'est-à-dire que les femmes, qui cherchent un emploi dans la culture sont bloquées depuis très longtemps. Complicités, dénis, tortures, intoxications, arrêts maladies... Il y a des pipigates qui sont comme de mauvais scénarios de films, glauques, prônés dans de hauts conseils "à l'égalité entre les femmes et les hommes", dont les médias raffolent (ici et ici), et dont l'analyse est oubliée. L'heure est grave, mais ce n'est pas grave. Tout cela ne sont que des fantaisies ou des troussages de domestiques. Ne perdons pas de vue que cela concerne "le sel de la vie", ce salaire, dont j'ai fait une étude très détaillée, sur des parcours de femmes que l'on abîme en toute impunité. Twitters de plus, on oublie, tout, mais finalement le Monsieur diplômé en pipi, il vaut mieux l'oublier. On s'étonne que nombre de femmes sont encore assez nunuches pour supporter de tels collègues. Les peu dégourdies seraient les meilleures. J'adore le mot "dégourdi", car en céramique il désigne un terme technique très usité : "Première cuisson d'une céramique avant l'émaillage et la pose du décor ; céramique ainsi traitée". Lorsque j'enseignais, j'entendais souvent cela "le dégourdi" par-ci, le "dégourdi" par-là. Les dégourdis sont très recherchés pour manipuler un peu les nunuches.

Puis, je verrais ses conditions de travail, elle, la danseuse, la performeuse, elle n'obtiendra pas de salle pas souvent, une lutte. J'ai assisté à un de ses cours pour des étudiants de première année. Je circulais dans l'école depuis 1 mois, personne ne m'avait présentée, le directeur m'emmenait voir les salles, je n'étais programmée nul part, je n'avais aucun étudiant. En assistant à son cours, j'ai présenté mon studio : Il pulcino nero. C'était en 2016, en février, Claudia italienne connaissait bien le petit Caliméro, et n'arrêtait pas de dire que c'était une triste histoire et qu'elle avait les figurines des lessives italiennes et qu'elle voulait m'en donné, elle n'aura pas le temps, dans la foulée, Nathalie Magnan est décédée, Claudia avec d'autres femmes professeures théoriciennes et artistes sont parties ou se sont mise en disponibilité, et moi aussi j'ai arrêté d'enseigner. Mais ainsi, lors de son cours, tous les étudiants présents sont devenus aussi mes étudiants pour Il pulcino nero. Claudia était ravie. Grâce à elle, j'ai pu commencer une belle aventure et nouvelle, pédagogique. La question de la transmission et de la filiation, dans les écoles d'art, n'est jamais officielle, elle est tue. Mais elle existe, par des biais, inattendus, ce sont des liens les plus forts et ce sont ces liens qui font les créations les plus modernes, car elles ne sont pas attendues. La salle, cette chapelle que Claudia ne parvenait pas à réserver, seule professeure qui avait besoin de cet espace, était parasité par un ancien étudiant devenu artiste, vidéaste, ou grand gourou des écoles d'art dans les régions. Il a pour habitude de prendre par force les espaces des écoles d'art et ramener toute sa clique et se servir des étudiants comme main d’œuvre de ses films expérimentaux, où il se met le plus souvent à poil. Les professeurs lui font la guerre, gentiment, cela fait une animation scolaire, un divertissement, de l'agitation, cela gueule, ce n'est pas féérique ni doux, attention. Les étudiants partent même le week-end l'aider à réaliser ses tournages, il a l'accord des directions, même à Limoges, que ce soit des femmes ou des hommes qui dirigent, cela perdure. Il n'a pas le niveau de Gustavia, ni des autres artistes, alors il pique le matériel et les études. Des étudiantes qui participaient à mes cours ont été obligés de travailler avec cet artiste invité. Ce qu'elles ont vu ne les a pas incité à poursuivre leurs études, manifestement, elles ont arrêté. Pourquoi n'y-t-il pas plus de femmes artistes en France ? Il y en a partout !

Alors oui, dans les écoles d'art, comme dans le cinéma, le phénomène de l'emprise est dominant. Le male gaze domine. Les étudiantes, jeunes, en recherche d'emploi à côté de leurs études, en recherche de crédits, en recherche d'apprendre, se tournent vers des pygmalions et pygmalionnes, les rabatteuses sont nombreuses, sans le savoir, les Catherines nous le disent bien, les prédateurs ont le droit à l'oubli, pas les victimes, elles sont blessées ou mortes, et puis c'est bien connu, il faut faire la différence entre l’œuvre et l'homme. Vous n'avez donc pas un cerveau capable de séparer un violeur de sa création médaillée par notre pays ? Sacrées nunuches que vous êtes. Et comment ils font dans les églises ? Ils séparent aussi, on se confesse toujours auprès des pervers, ils n'attendent que cela, ils séparent bien les hommes en robe, de leurs actes criminels. Aux ressources humaines, ils ont compris cela : Montrez-moi votre curriculum, et je vous donnerai votre chance. Certaines feraient n'importe quoi, même vendre des gâteaux pour partir au bout du monde avec trois professeurs, trois hommes. Elles ne connaissent rien, ni leurs droits, ni les dangers, ni qu'elles peuvent décider elles-mêmes de leur propre méthodologie de recherche. Il n'y a aucune sécurité dans ces écoles, aucun cadre d'autorité pour protéger les dérives. Et il y a des femmes pour observer, diriger, payer tous ces hommes. Ont-ils eu une seule fois une idée de leur responsabilité ? Non, cela se passe comme cela, en famille, aussi.

Si j'avais cette autorité, les études seraient privilégiées et l'accès à la connaissance aussi. On a peur des femmes libres, très peur, et de celles qui ont une expérience.
Les femmes sans expérience sont placées aux directions, manipulées, sexistes à souhait, il faut que les règles perdurent et le male gaze... Ou bien il faut qu'elles soient déjà riches, c'est très important, avec un réseau... de riches. Argenteries, luxes et plaisanteries. Là, on s'incline, on leur donne directement une charte "contre les discriminations" et les féministes leur fichent la paix. mais cela ne résous absolument rien. C'est le but.

On aime voir les femmes victimes, mais on n'aime pas les voir s'élever, gagner, réussir.

On aime regarder longuement parler les femmes victimes d'abus, sexuels, moraux, on aime leur donner la parole, les encourager à porter plainte : PORTER PLAINTE. Sans arrêt.

On n'aime pas les voir jouer, vibrer, jouir, décider, programmer, inventer des lois, des règles, on ne leurs donne comme avenir seulement qu'elles appliquent les règles écrites par d'autres et à l'encontre de leur volonté. Ce sont mêmes les femmes les premières qui vont ordonner aux autres femmes à ne pas utiliser les salles vides, car c'est la règle, la seule qu'elles ont apprises pour garder leur travail, avoir un salaire. Oui, il y a des petites dérogations, des solidarités parfois, cela reste très discret, et surtout ne rendre rien visible. On interdit le voile, dans les institutions, mais on continue de voiler et violer les femmes, à visage découvert, les petites, et les petits, c'est tout le paradoxe. La France se voile la face. Ce sont même ces femmes aux ressources humaines, elles-mêmes abusées depuis des années par d'autres hommes pervers, recrutées par ceux-ci, qui vont ordonner aux artistes femmes de réduire leur curriculum, réduire leur parcours, ce sont elles qui vont leurs demander de "modérer" leurs propos, de ne pas dire et jamais s'exprimer, de ne pas rire de situations grotesques, de ne pas montrer du doigt les affreux, et surtout de ne pas avoir l'espoir de décider de leur carrière, car ce sont elles, les femmes désignées par des pervers qui appliquent les règles. Elles sont fatiguées, elles sont fragiles, elles ne savent pas ce qu'elles disent, elles disent n'importe quoi, ce sont des femmes. Comme dans Gustavia, ce sont des femmes... géniales.

La mode est à la délation et on donne aux femmes un rôle dévastateur pour elles : donner les noms, les situations, les dates, nommer les règles mêmes, dans lesquelles on les a placées, juste pour les regarder pleurer.

Alors, que pour la plupart, elles savent créer, elles sont créatrices, elles n'ont d'ordre à recevoir de personne et ni des médias. Et pire : elles sont en nombre. Elles sont si nombreuses, mais elles continuent à se faire gonfler les seins et monter sur des échasses sur des tapis rouge à Cannes, des portes-manteaux du monde du luxe, des sacs à mains... de fortunes, des entremetteuses. Et elles doivent sourires. Elles ont leurs armes, ne les croyez pas si nunuches, elles sont bien armées et bien décidées à changer le monde même handicapées.

Dans Gustavia, ces 2 artistes qui miment l'action de pleurer, ces pleureuses, sont magnifiques. Le jeu à 2 de ces femmes qui décrivent ce que c'est qu'être une femme qui pense et ne pense à rien, j'adore.

Vive la création !

Dernières créations en dates de ces artistes :

Please Please Please
[Danse]

Mobilisant le texte autant que la danse, La Ribot et ses deux complices passent un accord non contractuel qui, à coup sûr, ne tiendra aucune de ses promesses. Une manière pour eux de sonder l’indocilité première du corps et de l’opposer à la discipline des institutions.

Dans Please Please Please, sa dernière création en date de 2019, La Ribot s’allie à nouveau à la chorégraphe Mathilde Monnier, avec qui elle avait collaboré sur Gustavia, et pour la première fois au metteur en scène portugais Tiago Rodrigues. Ils signent ensemble un pacte dérégulé par lequel tous trois s’engagent à préserver ce que la danse a de plus indomptable. Comme une contre-proposition au contrat social, l’accord déjoue les normes du spectacle pour laisser s’exprimer des corps rendus à leur seul désir, incluant le public à son insu. La pièce s’interroge sur ce que l’institution (de l’école au centre d’art) peut faire au corps en déclinant des figures de marginalité, présentées comme autant de façons de contourner la norme. Please Please Please mutualise, selon leurs propres termes, la danse du beau et celle de l’exécrable dans une performance polymorphe qui prend le sauvage pour prisme de lecture. Au cours de cette négociation, les clauses du spectacle se redéfinissent sans cesse. Placé en situation d’autonomie, chacun éprouve alors seul son corps, au risque assumé du ridicule, de l’incertitude et du dysfonctionnement.

Et...

Tiago Rodrigues, né en 1977, est dramaturge, producteur, metteur en scène et acteur portugais.
Auteur, il écrit des pièces de théâtre, des scénarios, de la poésie, des chansons ou encore des billets d'opinion publiés dans la presse.
Également pédagogue, il est régulièrement invité pour enseigner la dramaturgie notamment à l'université d'Évora.
A 38 ans, il est devenu le nouveau directeur artistique du Théâtre National Dona Maria II à Lisbonne, une des plus anciennes et prestigieuses institutions du Portugal.



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La Ribot © 2019

Une femme ferme sa porte avec sa clé



Art Par kiwaïda at 19:58

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